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 Chief Editor /Rédacteur en chef: Dogan Özgüden - Responsible editor/Editrice responsable: Inci Tugsavul


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23e Année - N°248

April/Avril 1999

DEFINITIF RESULTS OF APRIL 18 ELECTIONS


(On the basis of the data given by the Higher Electoral Board, April 22, 1999)

PARTIES
1995 
(%)
1999 
(%)
DIFF 
(%)
DEPUTIES 
(550)
MAYORS 
(3173)
Nationalists:
22.82
41.51
+18.69
265
711
DSP (Democratic Left Party)
14.64
22.06
+7.42
136
187
MHP (Nationalist Action Party)
8.18
17.98
+9.80
129
499
BBP (Grand Union Party)
1.47
+1.47
-
25
Centre-right
39.62
27.03
-12.59
171
1505
ANAP (Motherland Party)
19.65
13.22
-6.43
86
761
DYP (Correct Way Party)
19.18
12.00
-7.18
85
726
DTP (Democratic Turkey Party)
-
0.58
+0.58
-
14
LDP (Liberal Democratic Party)
-
0.41
+0.41
-
-
DP (Democratic Party)
-
0.29
+0.29
-
4
MP (Nation Party)
0.45
0.26
-0.19
-
-
YDP (Rebirth Party)
0.34
0.15
-0.19
-
-
DEPAR (Party of Changing Turkey)
-
0;12
+0.12
-
-
Islamists
21.38
15.38
-6.00
111
492
FP (Virtue Party)
21.38
15.38
-6.00
111
492
Centre-Left
10.93
9.23
-1.70
-
371
CHP (Republican People's Party)
10.71
8.79
-1.92
-
365
BP (Peace Party)
-
0.25
+0.25
-
6
IP (Workers' Party)
0.22
0.19
-0.03
-
-
Socialist and/or Pro-Kurd
4.17
5.95
+1.78
-
41
HADEP (People's Democracy Party)
4.17
4.73
+0.56
-
39
ODP (Freedom and Solidarity Party)
-
0.84
+0.84
-
1
EMEP (Party of the Labour)
-
0.17
+0.17
-
-
SIP (Socialist Power Party)
-
0.13
+0.13
-
-
DBP (Democracy and Peace Party)
-
0.08
+0.08
-
1
Independents
0.93
 
3
53

LES LOUPS GRIS AU POUVOIR!

Le Premier ministre Bulent Ecevit qui flirtait avec l'extrême-droite et suivait une politique ultra-nationaliste et militariste depuis long temps a finalement remporté les législatives du 18 avril en Turquie avec 22,06% des voix. Son parti de la Gauche démocratique (DSP), qui n'avait recueilli que 14,64% aux législatives de 1995, est sorti du scrutin comme le premier parti du pays avec la mission de constituer un gouvernement de coalition avec l'extrême-droite.
 En effet, le DSP est immédiatement suivi par le parti d'extrême droite de l'Action nationaliste (MHP), parti des Loups Gris, à 17,98% (8,18% en 1995).
 Ainsi, deux partis nationalistes (DSP et MHP) constituent un bloc puissant à l'Assemblée nationale avec 265 députés (48,18%) sur 550. Sur le plan local, ce bloc, avec le troisième parti ultra-nationaliste (BBP), contrôle 711 mairies (22,40%) sur 3.173.
 A cause de la propagande ultra-nationaliste contre toutes les forces contestataires orchestrée par les militaires, le parti islamiste de la Vertu (Fazilet) a finalement été relégué en troisième position avec 15,38% des voix contre 21,38% du son prédécesseur RP en 1995. Aux municipales, en revanche, le Fazilet a maintenu sa position privilégiée, obtenant 492 mairies sur 3173 et conservant notamment les mairies d'Istanbul et d'Ankara, les deux plus grandes villes du pays, ainsi que celles de Kayseri et Konya (centre).
 Quant aux deux partis de la droite classique, à cause des querelles personnelles entre leurs leaders, ils sont sortis du scrutin comme les plus grands perdants : le parti de la Mère patrie (ANAP) de Mesut Yilmaz avec13,22% (contre 19,65% en 1995) et celui de la Juste Voie de Mme Tansu Ciller, avec 12,00% (contre 19,18%).
 Sur le plan législatif, ces deux frères ennemis ont obtenu 171 sièges sur 550 (31,10%) et, sur le plan local, 1.505 (47,43%) mairies sur 3173. Il est évident qu'ils pourraient avoir obtenu un nombre des sièges plus élevé s'ils avaient fait une alliance électorale avants le scrutin.
 La plus grande injustice de ces élections est ce que le système électoral anti-démocratique imposant la barre des 10% à l'échelle nationale a empêché la représentation dans le parlement de deux principaux partis d'opposition: le parti républicain du Peuple (CHP), centre-gauche et membre de l'International socialiste, et le parti démocratique du Peuple (HADEP).
 Le CHP n'a obtenu que 8,79% des voix contre 10,71% en 1995  aux élections législatives  et s'est effacé de l'Assemblée nationale dont il était fondateur dans les années 20. Toutefois, malgré l'échec historique sur le plan législatif, le CHP a obtenu 365 mairies sur 3173 dont trois grande Kocaeli, Gaziantep, Antalya.
 Le HADEP, malgré toute la pression de l'Etat, a, à l'echelle nationale, amélioreé légèrement son score avec 4,73% des voix contre 4,17% en 1995. Toutefois, il a fait un score incontestable dans les provinces kurdes: Hakkari (45,61%), Batman (44,88%), Diyarbakir (43%), Van (38,37%), Mus (37,38%), Siirt (36%), Agri (32%), Igdir (32%), Sirnak (26,58%), Mardin (19,36%) Urfa (15,59%), Bitlis (13,69%), Tunceli (13,53%), Bingol (12,42%).
 Si la barre nationale n'était pas si élevée, le HADEP aurait obtenu 31 sièges dans l'Assemblée nationale. A cause de cette injustice, les sièges du HADEP ont automatiquement été attribués aux partis nationalistes.
 Toutefois le HADEP a remporté une série de mairies dans les provinces à majorité kurde, théâtre de la lutte armée du PKK, dont celle de la plus grande ville de la région, Diyarbakir, ainsi que Van, Agri, Siirt, Hakkari, Batman et Bingol.
 Or, dans un procès à la Cour Constitutionnelle, le HADEP est accusé d'être la branche légale du PKK et ses dirigeants dont le président Murat Bozlak se trouvent toujours dans la prison.
 Si le HADEP peut obtenir ce score significatif malgré toute la répression et la contre-propagande systématique, les nouveaux dirigeants ultra-nationalistes d'Ankara vont-ils arrêter les poursuites contre le HADEP, ou bien vont-ils traduire la moitié de la population du Kurdistan turc devant les cours de sûreté de l'Etat sous l'inculpation de soutenir "la terreur séparatiste"? (Info-Turk, le 22 avril 1999).

Other election news/Autres nouvelles électorales

L'extrême-droite turque sort ses crocs

 L'euphorie des sympathisants du Parti d'action nationale (MHP), qui ont hurlé toute la nuit dans les rues d'Istanbul, d'Ankara et d'Erzurum, est à la mesure de leur propre surprise, et de celle qu'ils ont suscitée.
 Même le Premier ministre sortant, Bülent Ecevit, dont le Parti de la gauche démocratique arrive en tête avec 21 % des suffrages, s'en est étonné: «Nous savions qu'ils allaient progresser, mais pas à ce point-là!"
 Avec 18 % des suffrages, le MHP double son score de 1995, devient la deuxième formation du pays et le partenaire presque obligé d'une future coalition gouvernementale.
 Cette «explosion», ce «tremblement de terre» comme le présente la presse, les responsables du parti l'expliquent par la moisson faite sur la terre brûlée mais encore fertile des islamistes défaits par le travail de sape des militaires: «Nous sommes allés dans les bidonvilles et nous avons expliqué que le Parti de la vertu (islamiste) avait fait beaucoup de torts à la religion», explique Koray Aydin, l'un des responsables du MHP.
 Meilleur score. Ce résultat surprise vient aussi sans nul doute de l'effondrement du Parti de la juste voie (DYP) de Tansu Çiller.Le rejet de la classe politique du milieu des années 80, discréditée par ses intrigues de pouvoir, a créé un appel d'air pour les tenants «de l'ordre et de l'honneur national».
 Le MHP a largement conquis ses électeurs dans l'Anatolie centrale et profonde, comme jadis les islamistes. Les déçus de la libéralisation de la politique, de la modernisation de la société turque, de l'ouverture «ratée» à l'Europe et à l'Occident se jettent aujourd'hui dans les bras des Loups gris, qui prônent le retour aux valeurs traditionnelles.
 En trente ans d'histoire, les ultranationalistes n'ont jamais connu un tel succès électoral. Leur meilleur score remonte à 1961, quand ils avaient obtenu 14 % des voix après un coup d'Etat auquel le leader du mouvement à l'époque, le colonel Alparslan Türkes, était directement associé. Ils navigueront ensuite autour de 5% de la représentation nationale, ce qui ne les a pas empêchés d'être régulièrement associés au pouvoir, dans des coalitions gouvernementales. Ainsi, en 1975, Türkes devint vice-Premier ministre, aux côtés de l'islamiste Necmettin Erbakan et de l'actuel président de la République Süleyman Demirel.
 Base fascisante. Dans les violences entre gauchistes et nationalistes, qui dureront jusqu'au coup d'Etat de septembre 1980, les Loups gris, les gros bras du MHP, ont pris plus que leur part. Beaucoup d'entre eux se sont reconvertis ensuite dans le milieu mais leur influence dans les services de sécurité est de notoriété publique. En mai 1997, Alparslan Türkes, «le Commandant» pour ses inconditionnels, meurt et a droit à des funérailles nationales. Devlet Bahçeli, 51 ans, a pris le contrôle du parti l'an dernier. Fondateur en 67 du Foyer des idéalistes, le véritable nom des Loups gris, cet économiste est censé avoir donné un visage présentable à une formation jusque-là associée aux exactions de ses gangs armés. «Le MHP s'attache à apparaître plus modéré», nuance Etienne Copeaux, sociopolitologue à l'Institut français de recherches anatoliennes d'Istanbul, «mais la base reste largement fascisante. On y observe notamment les mêmes réflexes xénophobes et antioccidentaux qui nourrissent depuis toujours son discours.»
 «A mort le PKK!». Ce nationalisme outrancier ne représente pas un obstacle pour Bülent Ecevit, actuel et sans aucun doute futur Premier ministre. Leur identité de vue sur les thèmes nationalistes est presque entière. Il en va de même sur la délicate question kurde: ils sont tous deux farouches adversaires de toute sorte de concession aux Kurdes. Et il ne faut attendre de leur part aucun assouplissement.
 Leur succès électoral n'est d'ailleurs pas étranger à l'atmosphère antikurde qui a précédé et entouré l'arrestation d'Abdullah Öcalan, le 15 février.
 Qu'en sera-t-il quand le Parti de la démocratie du peuple (Hadep, prokurde) prendra ses fonctions dans les nombreuses mairies qu'il a remportées dans le Sud-Est? Déjà, dans les slogans qui ponctuaient la victoire du MHP pouvait-on entendre «A mort le Hadep, à mort le PKK!»
 Le Parti d'action nationaliste (MHP) milite toujours pour une union économique et culturelle avec les «cousins» turcophones du Caucase et de l'Asie centrale, ce monde qui fut le berceau des Turcs et qui représente pour eux l'avenir de la Turquie comme puissance régionale. Le vote du 18 avril a rendu explicite un rejet de l'Europe latent depuis deux ans. (Libération, 21 avril 1999)

Nombreux criminels élus députés

 Le succès du MHP aux élections générales a pemis à plusieurs de ses militants accusés de meurtres, de trafic de drogue, de crimes politiques ou de droit commun de devenir députés et bénéficier ainsi de l'immunité parlementaire.
 Parmi les députés accusés des meurtres figurent Mehmet Gul et Ahmet Cakar, réciproquement élus MHP dans la 3ème et 1ère circonscription d'Istanbul, tout deux inculpés pour le meurtre de 7 étudiants de gauche à Beyazit le 16 mars 1978.
 Elu dans la première circonscription d'Istanbul, Mustafa Verkaya du MHP, est inculpé de trafic d'arme. Mais aussi Celal Adan, élu, lui, sur la liste du DYP, membre de la section d'Istanbul des Loups Gris, est impliqué dans un assassinat politique commis le 16 mars 78. Il avait reconnu avoir donné l'adresse de Kemal Turkler, président du syndicat DISK, à Unal Osmanagoglu, un des assassins présumés du syndicaliste. L'affaire est désormais couverte par la prescription.
 Par ailleurs la réélection de l'ancien chef de police Mehmet Agar, élu à Elazig, permet de lui procurer une nouvelle immunité parlementaire, offrant ainsi une impunité totale pour les nombreux crimes qui lui sont attribués: fourniture de documents de port d'armes, de fausses pièces d'identité et de passeports diplomatiques au trafiquant de drogue Yasar Oz et au mafieux Abdullah Catli, un des pratagonistes de l'affaire de Susurluk; libération des policiers impliqués dans le meurtre du roi des casinos, Omer Lutfu Topal et surtout organisation de centaines de meurtres "mystérieux" d'opposants kurdes.
 Les autres députés fraichement élus et impliqués dans les affaires criminelles sont:
 Armagan Yilmaz, député MHP d'Usak, protagoniste de plusieurs attentats commis par les Loups Gris avant le coup d'Etat de 1980;
 Ahmet Kenan Tanrikulu, député MHP d'Izmir, s'était évadé de la prison de Bostadel en Suisse en 1990 en compagnie d'Abdullah Catli où ils étaient détenus pour trafic de drogue;
 Ismail Hakki Cerrahoglu, député MHP de Zonguldak, impliqué dans le meurtre d'un journaliste du quotidien Demokrat, il avait fui à l'étranger à l'époque des faits;
 Ali Uzunirmak, député MHP d'Aydin, mis en examen pour le meurtre du syndicaliste Kemal Turkler, a été condamné pour trafic de drogue en Allemagne;
 Mehmet Kundakci, député MHP d'Osmaniye, impliqué dans la tuerie de Bahcelievler;
 Ali Gungor, député MHP d'Icel, meurtrier de Dr. Necdet Guclu de sensibilité de gauche le 13 avril 1970;
 Fahri Yuksel, député MHP de Malatya, impliqué dans le meurtre le 7 juin 1978 de l'instituteur Nevzat Yildirim;
 Yusuf Kirkpinar, député MHP d'Izmir, condamné dans le procès de MHP après le coup d'état du 12 septembre 1980;
 Recai Yildirim, député MHP d'Adana, impliqué dans le meurtre de nombreux gauchistes mais acquitté pour prescription de l'affaire;
 Mehmet Sandir, élu MHP de Hatay, impliqué dans l'attentat contre le Pape; Sefkat Cetin, élu MHP d'Ankara, soupconné d'avoir commandité de nombreux meurtres commis par les militants de MHP.
 Ali Alaman, élu MHP d'Adana, , impliqué dans le trafic d'armes;
 Muzaffer Cakmakli, élu MHP d'Urfa, accusé de trafic de drogue;
 Ahmet Ucas, élu MHP de Gumushane, actuellement poursuivi pour abus de biens sociaux;
 I. Yasar Dedelek, élu ANAP à Eskisehir, accusé d'avoir commandité l'attentat contre l'Académie des Beaux Arts d'Istanbul le 27 décembre 1976;
 Meral Aksener, élue DYP à Kocaeli, ancienne ministre de l'Intérieur de Mme Ciller, très liée au chef mafieux Abdullah Catli qui était associé de son frère Nihat Guner, elle est également soupconnée d'avoir prévenu le chef mafieux Alaatin Cakici de l'opération d'arrestation organisée à son encontre aux Etats-Unis. (CILDEKT, 30 avril 1999)

 

L'extrême-droite va jouer un rôle clé dans le gouvernement, selon la presse

 Le parti d'extrême-droite de l'Action nationaliste (MHP), catapulté au parlement à l'issue des législatives de dimanche en Turquie, va sans doute jouer un rôle clé dans le nouveau gouvernement, estimait lundi la presse turque.
 Les journaux qualifient les gains du MHP, passé de 8,1% en 1995 à 18,1%, selon des résultats partiels, de "Tremblement de terre" (Radikal), "Surprise" (Zaman), "Explosion" (Milliyet) et "Grand choc" (Hurriyet).
 "Le MHP aura un rôle important dans la formation du 57ème gouvernement de la Turquie", soulignait le quotidien de centre-gauche Cumhuriyet.
 "On semble parti pour une coalition incluant le MHP", souligne le journal dans une analyse correspondant à celle de plusieurs autres éditorialistes.
 Pour Cumhuriyet, le scénario probable du futur gouvernement est une coalition comprenant le parti de la Gauche démocratique (DSP) du Premier ministre Bulent Ecevit, le parti de la Mère patrie de l'ex-Premier ministre Mesut Yilmaz (Anap) et le MHP.
 Mais le MHP pourrait aussi obtenir une majorité en formant une coalition avec l'Anap et son rival de droite le parti de la Juste Voie (DYP) de Tansu Ciller, ou même une coalition avec Mme Ciller et le parti islamiste de la Vertu (Fazilet), souligne le journa.
 Trois des quatre scénarios du quotidien à grand tirage Hurriyet incluent également le MHP, avec le modèle DSP-MHP-Anap en tête de liste.
 Hurriyet cite le président du MHP Devlet Bahceli déclarant que la politique de son parti "n'est pas du tout éloignée" des positions du DSP.
 Le quotidien libéral Radikal cite lui M. Ecevit selon qui la "période de blocage idéologique" est terminée, et interprète cette remarque comme une indication de sa disponibilité à travailler avec le MHP.
 "Alors que la gauche est en ascension dans toute l'Europe, la Turquie prend la direction inverse", souligne le quotidien libéral Milliyet. "Et la Turquie n'est pas seulement en train d'aller à droite, elle va vers la droite nationaliste". (AFP, 19 avril 1999)

Le parti pro-kurde HADEP remporte la plus grande ville du Sud-Est

 Le parti nationaliste kurde de la Démocratie du Peuple (HADEP) a brillamment remporté la mairie de Diyarbakir, plus grande ville du Sud-Est à majorité kurde, aux municipales de dimanche en Turquie, selon les résultats partiels donnés lundi par la chaîne de télévision NTV.
 Le HADEP a recueilli 64,9% des voix à Diyarbakir et remporté plusieurs autres mairies dans le Sud-Est anatolien, théâtre depuis 1984 de la lutte armée du PKK,  notamment dans les provinces de Sanliurfa et Hakkari, selon NTV.
 C'est la première fois qu'un parti nationaliste kurde remporte des mairies en Turquie.
 Aux législatives, le HADEP a remporté 4% des suffrages (contre 4,5% aux législatives de 1995), selon des résulats partiels, restant sous la barre des 10% requis pour être représenté au parlement.
 Mardi, à cinq jours du scrutin, les autorités avaient interdit in extremis un grand meeting électoral du HADEP à Diyarbakir et quelque 500 sympathisants du parti qui s'étaient malgré tout rassemblés avaient été interpellés par la police.
 Le HADEP fait l'objet depuis fin janvier d'une procédure d'interdiction pour "liens organiques" avec le PKK, lancée par le procureur de la Cour de cassation Vural Savas.
 La Cour constitutionnelle a toutefois rejeté par deux fois une demande de M. Savas qui voulait empêcher le HADEP de participer aux élections.
 Selon la loi turque, un parti politique, même s'il est menacé de fermeture, peut participer à un scrutin avant son éventuelle interdiction.
 Après la capture le 15 février à Nairobi du chef du PKK, Abdullah Ocalan, ramené le jour suivant en Turquie, des centaines de membres du HADEP avaient été interpellés par la police, la plupart d'entre eux ayant été par la suite libérés.
 Plusieurs membres du HADEP ont déjà été condamnés par des tribunaux pour liens présumés avec le PKK, dont la rébellion armée déclenchée en 1984 dans le Sud-Est à majorité kurde pour y créér un Etat kurde indépendant a fait près de 31.000 morts.
 Son chef, Murat Bozlak, est emprisonné depuis la mi-novembre.
 Abdullah Ocalan, emprisonné sur l'île prison d'Imrali, en mer de Marmara (ouest), attend d'être jugé pour trahison et tentative de diviser le pays. Il encourt la peine de mort.
 Les responsables du HADEP espéraient une poussée aux élections liée à son arrestation, assurant qu'elle avait provoqué un regain de nationalisme parmi les Kurdes. (AFP, 19 avril 1999)

Le parti d'Ataturk disparaît du parlement

 Le Parti républicain du peuple (CHP), créé par le fondateur de la République turque Mustafa Kemal Ataturk, a disparu pour la première fois de son histoire du parlement à l'issue des législative de dimanche.
 Selon les résultats partiels du scrutin publiés lundi à 12H00 (09H00 GMT), le CHP (social-démocrate) de Deniz Baykal remporte 8,9% des voix, au lieu des 10% nécessaires pour siéger au parlement, où il avait 49 députés sur 550.
 Créé en septembre 1923, un mois avant la proclamation de la République, le CHP ouvre l'ère du parti unique en Turquie qui durera jusqu'en 1946, date des premières élections considérées comme libres en Turquie.
 C'est à la tête de ce parti qu'Ataturk, président de la République jusqu'à sa mort en 1938, abolit successivement le sultanat et le califat, mettant fin à près de 700 ans d'histoire ottomane, sur les ruines desquelles il fonde un Etat moderne.
 Avec des cadres réformistes au sein du parti, Ataturk --Père des Turcs, en turc-- change de fond en comble la structure du pays pour le tourner résolument vers l'Occident. Le parti incarne alors la laïcité, le progressisme et le modernisme.
 En 1950, le CHP subit une défaite majeure aux législatives devant le Parti Démocratique (droite), créé par des dissidents du CHP. Le parti d'Ataturk se secoue dans les années 1970 pour revenir en force sur la scène politique, mais il est interdit en 1980 après le coup d'Etat militaire.
 Son chef à l'époque, Bulent Ecevit, aujourd'hui à la tête du parti de la Gauche démocratique (DSP) et vainqueur des élections de dimanche, est à plusieurs reprises emprisonné.
 Le parti avait franchi de justesse la barre des 10% (10,7%) aux dernières législatives de 1995.
 "Le CHP est pour la première fois exclu du parlement depuis la création de la République", relevait lundi un éditorialiste du journal libéral Milliyet. "Il ne reste plus qu'une chose à faire pour M. Baykal : démissionner immédiatement".
 Plusieurs facteurs expliquent cet échec cuisant.
 D'abord, le CHP a été l'instigateur de la chute, en novembre, de la coalition minoritaire dirigée par Mesut Yilmaz, chef du parti de la Mère Patrie, qui a ouvert une crise gouvernementale à cinq mois des élections. Cette coalition, qui représentait une certaine stabilité aux yeux des Turcs, a enregistré quelque succès, notamment en matière de maîtrise de l'inflation.
 Le CHP n'a pas su proposer de véritables solutions aux problèmes de la Turquie et répondre aux attentes d'une population de plus en plus désenchantée.
 L'ont aussi desservi les attaques virulentes qu'il n'a cessé de lancer pendant la campagne électorale contre son rival de gauche Bulent Ecevit, qui n'a pas daigné répondre.
 Le quotidien de centre-gauche Cumhuriyet s'attendait lundi à un "règlement de compte", au sein du parti après son échec électoral.
 Certains responsables du parti, cités par le journal, estimaient que "ce n'est pas le parti d'Ataturk, mais le parti de Baykal" qui a subi un revers aux législatives.  (AFP, 19 avril 1999)

Démission du chef CHP après son échec électoral

 Le président du CHP Deniz Baykal a démissionné le 22 avril après la cuisante défaite de sa formation aux législatives de dimanche, a annoncé un responsable du CHP. Les deux autres grands perdants du scrutin, les dirigeants de la droite classique Mesut Yilmaz et Mme Tansu Ciller, ont exclu de démissionner. Le parti de la Mère patrie de M. Yilmaz a obtenu 13,2% des voix contre 19,6% aux législatives de 1995, et le parti de la Juste Voie de Mme Ciller a chuté à 12,2% contre 19,1% en 1995.
 Deniz Baykal, 61 ans, qui dirigeait le CHP depuis 1992, est jusqu'ici le seul leader politique turc a avoir tiré une telle conclusion après la défaite de son parti aux législatives.
 Plusieurs facteurs expliquent la défaite du CHP aux législatives, selon les analystes. Deniz Baykal avait joué un rôle crucial dans la chute du gouvernement minoritaire de Mesut Yilmaz, en novembre, en lui retirant le soutien qu'il lui apportait de l'extérieur. Il a ainsi ouvert une crise gouvernementale superflue à cinq mois des élections. (AFP, 22 avril 1999)

La presse grecque inquiète de la montée de l'extrême droite turque

 La presse grecque a exprimé mardi ses craintes de voir se constituer en Turquie un gouvernement nationaliste avec une position dure à l'égard de la Grèce, à la suite de la victoire de Bulent Ecevit (gauche nationaliste) et de l'Action nationaliste (MHP, extrême droite) aux élections de dimanche.
 "La grande surprise que représente la montée spectaculaire de l'extrême droite ne peut être interprétée que comme un mauvais présage", souligne dans son éditorial le grand journal du soir Ta Nea. "A l'intransigeance d'Ecevit vient s'ajouter la dureté du parti d'extrême droite de l'Action nationaliste", ajoute le journal.
 "Personne ne peut attendre du prochain gouvernement quel qu'il soit de changement de la politique intérieure, ni de changement de la ligne dure dans les relations gréco-turques", affirme Ta Nea.
 "Attila flirte maintenant avec les Loups gris", écrit en première page To Vima (pro-gouvernemental) selon lequel "tout montre que la participation des Loups gris dans un gouvernement Ecevit est très probable".
 Les Grecs appellent Bulent Ecevit, commanditaire de l'invasion de Chypre par les troupes turques en juillet 1974, "Attila", du nom qu'ils donnent à la ligne de démarcation chypriote. Devlet Bahceli, président de l'Action natinaliste, fut l'un des fondateurs de l'organisation de jeunesse du MHP, les "Loups gris", fortement impliqués dans la vague d'assassinats et de violence politique des années 70.
 Pour Exousia (gouvernemental), "les généraux ont gagné en Turquie". "L'arrestation d'Ocalan (le chef rebelle kurde) a apporté le nationalisme", juge-t-il.
 "Le gouvernement grec est inquiet car le système politique intérieur, au lieu de se tourner vers l'Occident, se retrouve davantage en marge" des normes occidentales et "cette faiblesse constitue la plus grand danger pour la stabilité", relève de son coté Kathimérini, le quotidien des milieux d'affaires.
 Le gouvernement grec s'est borné lundi à souhaiter par la voix de son porte-parole que la Turquie "ne traverse pas de période d'instabilité".  (AFP, April 20, 1999)

Le leader ultra-nationaliste turc veut réviser les relations avec l'UE

 Les relations entre la Turquie et l'Union européenne doivent être révisées, a déclaré le chef du Parti de l'Action Nationaliste (MHP, extrême-droite), Devlet Bahceli, qui a fait une percée spectaculaire aux législatives de dimance en Turquie.
 "L'adhésion à l'UE est devenue une politique d'Etat (...) Si le processus d'adhésion de la Turquie à l'UE n'aboutit pas depuis longtemps, cela veut dire qu'il existe des points à réviser", a dit M. Bahceli, dans des déclarations publiées mercredi par deux quotidiens.
 Le MHP de M. Bahceli est devenue la seconde force politique en Turquie aux législatives de dimanche, en remportant 130 députés sur 550 au parlement, selon les résultats définitifs non officiels.
 Le MHP pourrait devenir le second partenaire d'une coalition gouvernementale formée avec le Parti de la Gauche Démocratique (DSP, gauche nationaliste) du Premier ministre sortant Bulent Ecevit qui a obtenu 136 députés.
 "Il ne faut pas perdre plus de temps" à essayer d'adhérer à l'UE, a ajouté M. Bahceli. "La Turquie doit exploiter d'autres possibilités et occasions comme par exemple les relations avec les pays turcophones" ex-soviétiques, a-t-il précisé.
 Il faisait allusion aux relations avec l'Azerbaïdjan dans le Caucase et celles avec l'Ouzbékistan, le Turkménistan, le Kirghizstan et le Kazaksthan en Asie centrale, avec lesquels la Turquie a des liens historiques, culturels et religieux.
 "Il faut réviser mutuellement les relations (avec l'UE) sous tous leurs aspects", a ajouté M. Bahceli, sans autre précision.
 La Turquie est liée à l'UE par un accord d'association signé en 1963 à Ankara qui prévoit à terme une adhésion.
 La demande d'adhésion déposée par Ankara en 1987 avait été rejetée par l'UE en 1989, car elle la jugeait prématurée.
 Le sommet de l'UE en décembre 1997 au Luxembourg avait exclu la Turquie de la liste d'élargissement, ce qui avait amené Ankara à rompre son dialogue politique avec l'UE sur les droits de l'homme, les relations avec la Grèce et la question chypriote. (AFP, 21 avril 1999)

UK dailies: "Nationalism triumphs in Turkish elections"

 British mainstream dailies agreed on Tuesday that the main victors of the elections held in Turkey were nationalism and the ultra-right. The papers expressed the view that the Nationalist Movement Party's (MHP) success in the elections had stunned analysts, and all commented that Turkey's relation with the EU would be damaged with the MHP in power.
 "The cold wind of Balkan nationalism penetrated Turkish politics," the Times wrote, and said that by hammering the Virtue Party (FP) Turkey's generals may well have let the more dangerous nationalist genie out of the bottle.
 The paper said that the MHP has a hard line on issues such as Kurdish minority rights and that it has fed off Turkey's quarrel with Greece as well as Ankara's growing sense of isolation from Europe. The Times also said that the People's Democracy Party (HADEP) had done well and gained more votes than was expected, despite failing to pass the national threshold. "These results set the stage for further polarization on the Kurdish issue," the paper pointed out, adding that even if the MHP did not find its way into government, it would be a brave Cabinet that refuses to approve the death penalty for Abdullah Ocalan, the head of the Kurdistan Workers' Party (PKK), who is about to face trial."
 It also reminded readers that the MHP had failed to win any seats at all in the 1995 elections and that the new leader of the party, Devlet Bahceli, was trying a centrist rather than extremist approach.
 Referring to coalition possibilities, The Times correspondent Andrew Finkel said that Democratic Left Party (DSP) leader Bulent Ecevit might try to persuade Mesut Yilmaz of the Motherland Party (ANAP) to end his feud with Tansu Ciller of the True Path Party (DYP).
 The Guardian too said the real victory belonged to the MHP and that the party's brand of conservative nationalism meant that on issues such as the promotion of religion it shared the opinion of the pro-Islamist FP. "But the MHP is also fiercely dedicated to the secular Turkish Republic," the paper stated.
 The Guardian article stated that the MHP would demand a number of high-profile ministerial posts, giving the far right a place at the center of government for the first time in many years.
 The paper said that while Turkish nationalism was on the rise nationwide, Kurdish nationalism was making its presence felt in the Southeast.
 "The pro-Kurdish party HADEP won a huge majority in the main regional city of Diyarbakir and polled strongly across the region, despite accusations of constant police harassment," the Guardian stated.
 The Daily Telegraph wrote that a coalition between Ecevit and the MHP would push Turkey even farther away from Europe. "The MHP's showing reflects popular endorsement of its advocacy of a military solution to the 15-year-old Kurdish rebellion in the Southeast," the paper quoted an unnamed diplomat as saying.
 The Independent too highlighted the rise of the far right in Turkish politics and quoted Professor Ali Carkoglu as saying that the MHP would move Turkey towards a more nationalist line in relations with the EU, the Unites States and Russia. (TDN, April 21, 1999)

Pressure on HADEP cast a shadow on elections

 The Deputy Secretary General of the HADEP, Ali Ozcan, issued on April 20, 1999, the following communique on elections:
 For our party, the General and Local Elections of April 18, 1999 took place under severely unequal conditions. It is impossible to term these elections free and democratic.
 As soon as the elections became part of the agenda, our party was suppressed in every arena. Our party President, Secretary General, Deputy Presidents and 6 of the central administrators have been arrested since November 19, 1998. For various excuses, until now, 116 party administrators, more than 5000 members have been detained for a week and released. And, some of these people have been imprisoned for short periods of time.
 On January 29, 1999, a suit was brought up against our party in order to close it down. Consequently two more suits were filed against our party (by the DGM) to prevent it from participating in elections. The last suit was filed just four days before the date of elections, obviously an urgent attempt to curb our party. The suit that aims to close down our party is ongoing.
  Apart from these ["judicial measures"], our members also got their share of oppression. With the start of election campaign, both our members and key administrators were arrested. Our candidates were threatened by security forces to resign and some were even banned from the cities and towns where they were on the ballots.
 Our only bus equipped with a sound system for the election campaign was seized and sequestered several times. A nearly One Billion TL fine was issued to the bus, and finally, it was confiscated on April 13, 1999. We were told verbally that the bus would not be returned before April 19, 1999. Our request for protection and our appeals to stop this suppression were rejected outright with the justification that "we were not treated any differently than other parties." None of this communication was put to writing.
  While all the other parties were free to do all kinds of campaigning, throughout the election campaign, citing various justifications, our party was not allowed to open election bureaus, hang party flags, pennants and posters or make announcements from mobile vehicles. These justifications acquired comical proportions when [the security forces] seized our bus repeatedly because "we failed to have chalk in the bus" or that "we did not pay the owner of the bus for his services" or that "we should not use a bus that we did not rent." Even the excuse of "everybody is clapping and cheering loud, disturbing public peace" was used when the bus was empty and the sound system was not in use.
 In addition to all this [obstruction], on the day of election, our party observers were not allowed to be present at any polling site, even though we have the legal right to do so. Security forces warned voters, especially those in the country side, that "their villages would be burned if any votes were cast for HADEP."
 During the election day, in many Kurdish localities, voters were forced to cast open ballots. HADEP members were not allowed to be present during the counting of the ballots and some ballot boxes "have been lost." Despite all these, HADEP clearly won mayoral races in 38 settlements, 7 of which are provincial capitals. And in many places it has won the provincial assembly and seats in municipal assembly. Most likelu, HADEP will also win the races in five other settlements such as in Igdir, Tunceli, Mersin, Mersin/Akdeniz, Mersin/Toroslar.
  In Igdir and Turnceli Province, we were told to have lost the race by 185 and 75 votes respectively, but the ballots will be recounted upon our objections. In these two provinces and in many other localities ballots are found in garbage dumpsters.
 We believe that we will obtain about 5% of the national votes when the counting is finalized. Given the obstacles and prohibitions against us, and taking into consideration the number of the stolen or stuffed ballots, this result is a success for our party. If the elections were held under democratic conditions, we believe our party would have obtained about 100 mayoral seats and 12-13% of the national votes. We will inform the public in more detail in the future.  (HADEP, April 20, 1999)

Vingt-deux femmes élues au parlement turc: un record

 Vingt-deux femmes ont été élues députées lors des législatives du 18 avril, un chiffre record pour le parlement turc où elles restent toutefois très minoritaires, a-t-on indiqué lundi de source parlementaire.
 Treize femmes avaient été élues sur un total de 550 députés lors des dernières législatives de décembre 1995.
 Les 22 députées sont membre de cinq formations: 10 appartiennent au Parti de la Gauche Démocratique (DSP, gauche nationaliste) du Premier ministre Bulent Ecevit, 5 au parti de la juste Voie (DYP, droite), 3 au parti islamiste de la Vertu (Fazilet), 2 au parti de la Mère Patrie (Anap, droite) et 2 autres au parti d'extrême droite de l'Action nationaliste (MHP).
 Pour la première fois, un parti islamiste aura ainsi trois députés femmes qui siègeront à la Grande assemblée nationale.
 L'une d'entre elles, Merve Kavakci, ingénieur en informatique, est déjà source de polémique car elle porte le foulard islamique et a annoncé qu'elle n'avait nullement l'intention de l'enlever lors de la prochaine cérémonie de prestation de serment des députés au parlement.
 Le port du foulard islamique est interdit dans la fonction publique.
 Le règlement intérieur du parlement définit le code vestimentaire que les députés doivent respecter dans son enceinte. Le chef du Fazilet, Recai Kutan, affirme que la seule restriction imposée aux femmes est le port obligatoire d'une veste et d'une jupe.
 En revanche, une autre députée portant le voile, Mme Nesrin Unal, élue du MHP, a d'ores et déja indiqué qu'elle ne se lancerait dans aucune action qui "pourrait compromettre son parti", laissant entendre qu'elle enlèverait son voile. (AFP, 26 avril 1999)

INTERIOR POLITICS/POLITIQUE INTERIEURE

Turkey's top judge calls for human rights reform

 The chief judge of Turkey's constitutional court, which has outlawed a number of political parties, called on Monday for legal and constitutional changes to ease restrictions on freedom of expression.
 Turkey frequently comes under fire from its Western allies for a shaky human rights record marked by imprisonment of numerous politicians, journalists and intellectuals for what they said or wrote.
 "Turkey should make necessary alterations in the constitution and laws in order to harmonise with global norms. Articles incompatible with freedom of expression should be changed," Anatolian news agency quoted chief judge Ahmet Necdet Sezer as saying.
 But two nationalist parties emerged first and second from last week's general elections. Both caretaker Prime Minister Bulent Ecevit's Democratic Party of the Left (DSP) and the Nationalist Action Party advocate a strong foreign policy and no concessions to Kurdish armed movement.
 A likely coalition between the two could make such legal amendments an uphill task in the parliament.
 The Constitutional Court outlawed an Islamist party in 1998, ruling that statements by its leadership proved the party was attempting to undermine the secular order.
 A case is brewing to close a successor Islamist party on similar charges and the court is hearing another case against the country's main Kurdish party, alleged to be recruiting for Kurdish guerrillas.
 Sezer made no reference to those cases.
 The European Court of Human Rights has ruled against Turkey in a number of appeals.
 "Turkey has accepted an individual application mechanism to the European Human Rights Commission and the commission's rulings are binding...There is a need to harmonise Turkey's legal principles with the convention," Sezer said.
 Sezer listed a number of areas that needed alteration, such as the anti-terrorism law, regulations on political parties, and the quasi-military state security courts which mostly prosecute Kurdish, Islamist and leftist dissidents.
 According to the agency, the chief judge criticised the current constitution as a remnant of a military coup in 1980. The powerful army ruled Turkey between 1980-83 after bloody street fighting between extremist right and left.
 "Basic rights and freedoms were limited in the 1982 constitution," he said. (Reuters, April 26, 1999)

More controversy expected after presiding judge's remarks

 Remarks by the Constitutional Court's Presiding Judge Ahmet Necdet Sezer on Monday, the 37th anniversary of the court's founding, have signalled the coming of a widespread controversy involving Turkey's judicial system.
 In a historic attempt on Monday, Sezer who has been heading the Constitutional Court since last year, has called on the newly elected Parliament in Turkey to amend all laws restricting freedom of expression.
 The presiding judge was critical not only of some of Turkey's current laws but also of one of the country's chief prosecutors, who had been trying to prevent a pro-Kurdish party from entering the elections, saying that the courts would never accede to demands lacking any legal basis or evidence.
 The first response to the Constitutional Court judge came from Vural Savas, chief prosecutor of the Court of Appeals, who was targeted by Sezer's remarks.
 Savas said in a statement on Tuesday that he has never put forward any demands to the Constitutional Court which are contradictory to law, including the Constitution.
 Savas declared that the Constitution requires the country's secularist principle never to allow the interference of religion in state affairs and politics, adding that his duty was not to criticize the laws but rather to implement them.
 The chief prosecutor of the Court of Appeals declared that he wanted to believe that Tuesday's press headlines, which were aimed in particular at his past actions, were based on misunderstandings.
 Savas was the prosecutor who had filed a closure case in the Constitutional Court against the former Islamist Welfare Party (RP), resulting in the party's being closed early in 1998. Just before the elections, Savas filed another case in the same court against the pro-Kurdish People's Democracy Party (HADEP), but the Constitutional Court turned down his request.
 Several mass circulation newspapers put the Constitutional Court judge's comments on their front pages, with "Lesson of democracy" or "Voice of reason" as their headlines.
 Sezer said in his speech on the anniversary of the Constitutional Court that a number of laws, including the Anti-terrorism Law, contain provisions that crack down on freedom of expression.
 "Crimes described in some laws are not clear enough, and their effects may vary from time to time or according to who the suspect is," Sezer stated in his controversial speech.
 Most of those laws were approved or amended right after the 1980 coup and therefore cannot be monitored by the Constitution -- which is also a product of the same coup -- Sezer added. "...but freedom of expression is the basis of a democratic society, and those laws must definitely be amended," he went on to say.
 Human rights are no longer considered a matter of national pride but have become a sine qua non for all civilized societies, the judge added, indicating that Turkey should amend its human rights regulations in compliance with universal norms.
 Sezer also criticized the laws for punishing the expression of personal beliefs. Instead, only criminal actions and inciting to crime should be punishable by law, he asserted. This message was referring in particular to the recent imprisonment of former Istanbul Mayor Recep Tayyip Erdogan, who is serving his prison sentence for "inciting hatred among people," which is mentioned in Article 312 of the Turkish Penal Code (TCK).
 He also referred to Article 8 of the Anti-Terrorism Law, saying that the law is a clampdown on freedom of expression.
 Turkey is signatory to the international human rights conventions and should make the necessary amendments in its laws to respect freedom of expression, Sezer declared.
 There were other comments in Ankara concerning Sezer's remarks.
 "There are still judges in Turkey!" said Yasin Hatipoglu, Parliament's deputy speaker from the Islamist Virtue Party (FP), as an initial response to the Constitutional Court judge's calls to Parliament to amend the laws.
 "The Turkish nation, particularly its intellectual segment, which is respectful towards national and moral values, has heard remarks which it has been wanting to hear for years from the current judge of the Constitutional Court," Hatipoglu added. He said Sezer's remarks were "timely."
 Since Sezer made his call to Parliament, a great part of the reaction is expected to come from the newly elected legislature, which will have its first meeting on May 2. Parliament's current speaker, Hikmet Cetin, was not available to comment on Sezer's remarks because he has been filling in for President Suleyman Demirel, who is currently in the United States.
 Sources contacted by the Turkish Daily News said that the controversy will continue even after Demirel's return from his U.S. trip. (TDN, April 28, 1999)

ARMED FORCES/FORCES ARMEES

The Military says it is strongest defender of democracy

 The Turkish Armed Forces (TSK) has said it is the strongest defender of the country's domestic and external security as well as of democracy, human rights and the state of law.
 However those concepts cannot be exploited through the removal of the current legal measures against any illegal, subversive and separatist activities, it added.
 The General Staff, in an eight-page presentation on April 22, said that it has prepared documentation on the political and military aspects of the security issue. The documentation was prepared at the directive of a guide book on a similar matter issued by the Organization for Security and Cooperation in Europe (OSCE) in 1994.
 The document prepared by the Turkish military is said to be capable of contributing to international peace and security "if put into practice properly."
 "The Turkish Armed Forces has no doubts that it will carry out all its responsibilities, including international cooperation against terrorism, democratic control of the military, the basis of using the military in the domestic and external security perspective and human rights."
 The Turkish military was critical of some countries which it accused of violating the OSCE principles. "Turkey is very disturbed by those who give the direct or indirect support to the bloody-handed terrorist leaders and their terrorist organizations under the guise of human rights," the General Staff said.
 It also said that the Turkish Armed Forces is required by the Constitution to be politically monitored by Parliament and the Cabinet. The National Security Council (MGK) as well as the Supreme Military Council are constitutional bodies, both participated in by military and civilian personnel, it added.
 The General Staff also stated that the limits of its relationship with the Ministry of Defense is delineated by law. Both of their defense expenditures are approved by Parliament, it said.
 "The Turkish Armed Forces is sensitive in maintaining political neutrality, and this is protected by laws," it said. These laws, it added, keep the military out of active politics.
 "The Armed Forces will never allow the existence within itself of any entity which is out of reach of the monitoring mechanism of the Constitution," the military statement also said.
 The same statement asserted that the Turkish military is integrated with the people and does not have anything to hide from them.
 The military said it has been teaching its personnel about the law of war and attaches great importance to teaching it. It also respects the jurisdiction of the European Court of Human Rights, it added. (TDN, April 23, 1999)

Un consortium allemand remporte un contrat militaire

 Un consortium allemand a remporté un contrat d'un montant d'environ 630 millions de dollars pour la vente de six dragueurs de mines destinés à la marine turque, a annoncé vendredi l'organisme gouvernemental de l'industrie de défense (SSM).
 Le SSM a décidé d'ouvrir des négociations pour la signature du contrat avec le consortium Abeking-Rasmussen et Luerssen Werft, qui a fait la "meilleure offre", selon un communiqué officiel.
 Les sociétés DCN International (France), Empresa Nacional Bazan (Espagne) et Intermarine SPA (Italie) avaient participé à l'appel d'offre.
 Un dragueur de mine sera acheté sur étagère et les cinq autres seront construits en Turquie, selon la même source.
 La marine turque avait conclu en 1997 avec la France un contrat pour l'achat de cinq chasseurs de mines d'occasion remis à la marine turque l'année suivante.
 La marine turque est équipée pour l'essentiel par l'Allemagne et les Etats-Unis. (AFP, 9 avril 1999)

STATE TERRORISM/TERREUR DE L'ETAT

Le procureur veut toujours empêcher HADEP de participer aux élections

 Le procureur de la Cour de Cassation turque a de nouveau saisi la Cour constitutionnelle pour empêcher le parti pro-kurde HADEP de participer aux élections municipales et législatives du 18 avril, a rapporté vendredi l'agence Anatolie.
 Le Hadep fait déjà l'objet depuis fin janvier d'une procédure d'interdiction pour "liens organiques" avec le PKK, lancée par ce procureur, Vural Savas, auprès de la Cour constitutionnelle.
 Selon Anatolie, le magistrat a présenté à la Cour de nouvelles preuves, selon lui, des liens entre le Hadep et le PKK, notamment des extraits de la déposition du chef du PKK, Abdullah Ocalan, arrêté mi-février, sur les liens entre son organisation et le Hadep.
 L'acte d'accusation rédigé par M. Savas pour demander la fermeture du Hadep affirme qu'il est "totalement sous le contrôle du PKK et organise des activités selon les instructions données par le comité central" de cette organisation séparatiste, considérée comme terroriste par les autorités turques.
 Fin février déjà, M. Savas avait adressé une requête à la Cour constitutionnelle pour demander que le Hadep ne soit pas autorisé à participer aux élections du 18 avril.
 Il avait estimé qu'en raison de la procédure de dissolution visant le Hadep, "la participation de ce parti au scrutin créera de sérieux problèmes".
 La Cour constitutionnelle avait rejeté cette première demande.
 Selon la loi turque, un parti politique, même s'il est menacé de fermeture, peut participer aux élections avant une interdiction définitive.
 Après la capture le 15 février à Nairobi d'Abdullah Ocalan, ramené le jour suivant en Turquie, des centaines de membres du Hadep avaient été interpellés par la police, la plupart d'entre eux ayant été par la suite libérés.
 Plusieurs membres du Hadep avaient déjà été condamnés par des tribunaux turcs pour liens présumés avec le PKK, dont la rébellion armée déclenchée en 1984 dans le sud-est à majorité kurde, a fait près de 31.000 morts.
 Son chef, Murat Bozlak, est emprisonné depuis la mi-novembre.
 Le Hadep avait recueilli 4,5% des voix aux législatives de 1995 et n'est donc pas représenté au parlement, faute d'avoir obtenu 10% des voix. (AFP, 9 avril 1999)

Urgent appeal: Akin Birdal sentenced again

 Below is the urgent message from TIHV Secretary General Husnu Ondul:
 Mr. Akin Birdal, President of the Human Rights Association (IHD) and the Vice President of the International Federation of Human Rights Leagues (FIDH), has been sentenced to 1 year in prison, on 20 April 1999, on charges of "inciting people explicitly to hatred and hostility by making discrimination based on class, race, region, religious sects or opinion" in accordance with the second paragraph of article 312 of the Turkish Penal Code.
 The State Security Court (SSC) in Adana had sentenced Akin Birdal, who made a speech at the celebration organised by the United Socialist Party on the occasion of the World Peace Week on 6 September 1995 in Mersin, to 1 year in prison. Mr. Birdal, in his speech, had stated that " An unfair and dirty war has been waged for 11 years. This is because of non-recognised rights of the Kurds. Villages in the region have been burnt down".
 This decision of the SSC was appealed by the lawyers of Akin Birdal. The 9th Criminal Department of the Court of Appeals examined the SSC's decision and annuled the decision against Akin Birdal on the grounds that 'there is no basis of committing a crime in the speech'. However, The SSC in Adana decided to persist on its earlier decision and sentenced Akin Birdal to 1 year in prison. Thus, the decision of the SSC was examined by the General Board of Criminal Departments of the Court of Appeals, which is the highest court in Turkey. The General Board of Criminal Departments of the Court of Appeals approved the SSC's decision on 20 April 1999, by disagreeing with the decision of the 9th Criminal Department of the Court of Appeals that envisages the annulment of the imprisonment sentence.
 Mr. Akin Birdal had already been sentenced to 1 year in prison due to another speech he made on the occasion of World Peace Day, on 1 September 1996. The imprisonment sentence had been approved by the General Board of Criminal Departments of the Court of Appeals on 27 October 1998. Mr. Akin Birdal will be jailed on 3 May 1999, in case his lawyers application for a one-month suspension of the sentence is rejected.
 We, once more, make a call for solidarity in our common ideals of human rights, basic freedoms, democracy and peace.
 We, once again make a call for solidarity with the IHD and Akin Birdal. (TIHV, April 21, 1999)

PRESSURE ON THE MEDIA/PRESSIONS SUR LES MEDIAS

Press council evaluates Turkish media

 It has been reported by the Press Council that in March three journalists were taken under custody, the distribution of a periodical was banned, three journalists were assaulted and a radio station was shut down for one year by the Supreme Board of Radio and Television (RTUK).
 According to the Press Council report, Sengul Karadag, Serpil Ilgun, and Deniz Dogan, correspondents from Evrensel Gazette, were taken into custody on March 20, 1999 while they were in Diyarbakir to report on Nevruz festivities.
 Last month, the 36th issue of the periodical Kaldirac was confiscated by prosecutors in Istanbul.
 The Press Council report also documented the following events occurring in March, 1999:
 - Hurriyet News Agency, Ankara-Beypazari correspondent Muammer Tasdelen was assaulted by Eray Yertutan, a supporter of the Nationalist Movement Party (MHP), while he was covering a meeting of the MHP Youth Organization on March 8.
 - Zaman Gazette correspondent Ilhan Kaya was assaulted by police while he was covering student demonstrations at Istanbul University on March 17.
 - Rahsan Tas, a correspondent with Hurriyet Gazette, was assaulted by the relatives of a criminal during a hearing on March 3 to determine who was responsible for a traffic accident in Istanbul.
 - The most unpleasant event was an attack on a crew from of Turkish Radio and Television (TRT) by the Serbs in Yugoslavia. The Serbs also confiscated the money, cameras and documents of the TRT journalists.
 - RTUK banned the radio channel Umut FM for one year. RTUK also banned Moral FM for three days, Mozaik Radio for 30 days, Radyo Fon for six months, and Safak Radio for seven days.
 Judicial events related to the media for March were as follows:
 -The Kucukcekmece Chief Prosecutors Office opened a court case against Yeni Yuzyil Gazette, accusing them of violating election restrictions.
 - The trial began for Ertugrul Ozkok, editor in chief of Hurriyet Gazette, on charges that an article he wrote violated the personal rights of Meral Aksener, the deputy leader of the True Path Party (DYP).
 - Koray Duzgoren, journalist and author of a book entitled "Freedom of Thought" was subjected to a two-month prison sentence by the military court of the Turkish General Staff.
 - A court case was opened against Fatih Altayli, a columnist with Hurriyet Gazette, and Dogan Satmis, the paper's editor, on the grounds that they had insulted Tufan Algan, the chairman of the Supreme Election Board (YSK) and other members of the board.
 - Haluk Gerger, a journalist, was sentenced to one year and one month in prison by the Court of Appeals for violating the Anti-Terror Law. (TDN, April 3, 1999)

HRW report: Turkey violates rights of free expression

 "Arbitrary and senseless laws" are seriously impinging on free expression in Turkey, according to an in-depth study released on Friday by Human Rights Watch. Journalists risk fines, imprisonment or worse if they write about such subjects as the role of Islam in politics and society, Turkey's ethnic Kurds, the conflict in southeastern Turkey or the proper role of the military in government and society.
 The report comes on the eve of the April 18 elections in Turkey, after a pre-election campaign period characterized by many of the kinds of violations described in the report, including the prosecution and harassment of Islamist and Kurdish political figures.
 "Elections are not the only measure of a democracy," said Holly Cartner, executive director of the Europe and Central Asia division of Human Rights Watch. "Some of Turkey's laws seriously infringe upon the right to free expression that is guaranteed under international law and are a sign that democracy and respect for human rights have a long way to go in Turkey."
 According to the Human Rights Watch report entitled "Violations of Free Expression in Turkey," Turkey enjoys a vibrant political and media culture in which many points of view can be expressed on most issues. No such freedom applies, however, to certain sensitive topics perceived as a threat to national security. Those who report or write on these topics risk repressive measures, including imprisonment, fines or the closing and banning of their publications. "Some journalists have even been killed by shadowy death squads believed linked to Turkish security forces," it says.
 In addition to restrictions on the media, political and educational rights are also circumscribed in Turkey. Political parties linked to the Kurdish and Islamist movements have been banned, and use of the Kurdish language is prohibited in broadcasting and education.
 The Human Rights Watch publication also describes violations of press freedom by the outlawed Kurdistan Workers' Party (PKK). PKK repression ranges from the kidnapping and murder of journalists to putting pressure on Kurdish-nationalist newspapers to practice self-censorship.
 Human Rights Watch calls on the Turkish government to repeal and amend all laws that violate international human rights standards for free expression, including:
 * The preamble of the Constitution, which states "No protection shall be given to thoughts or opinions that run counter to Turkish national interests, the fundamental principle of the existence of the indivisibility of the Turkish state and territory, the historical and moral values of Turkishness, or the nationalism, principles, reforms and modernism of Ataturk..."
 * Provisions of the Constitution that give prosecutors and others the right to confiscate publications without first obtaining a court order (Articles 28.5 and 28.7); that allow courts to ban publications (Article 28.10 and additionally Article 2 of the Press Law); or that prohibit publication in languages "prohibited by law (Article 28.2)."
 * Article 8 of the Anti-Terrorism Law, which prohibits, "separatist propaganda."
 * Provisions of the Turkish Penal Code (TCK) that prohibit publishing articles that "make people unwilling to serve in the military (Article 155)," "insult[ing] the President of the Republic (Article 158), "insulting the moral personality of Turkishness, the Republic, the Parliament, the Government, State Ministers, the military or security forces, or the Judiciary (Article 159)," or "incit[ing] people to enmity and hatred by pointing to class, racial, religious, confessional, or regional differences (Article 312.2)."
 * Article 8 of the Police Duty and Responsibility Law, which gives police the administrative right to close down plays, films or lectures.
 The report also presses the United States government, the Organization for Security and Cooperation in Europe (OSCE), the Council of Europe and the European Union to raise concerns relating to restrictions on free expression with the Turkish government and to insist on improvements in this area as a condition for enhanced relations. (TDN, April 16, 1999)

Le chanteur Tarkan déchu de sa nationalité s'il ne rentre pas en Turquie

 L'idole de la pop turque Tarkan, 27 ans, sera déchu de sa nationalité s'il ne rentre pas immédiatement en Turquie pour accomplir son service militaire, après avoir laissé passer la date butoir, rapportent mardi les médias turcs.
 Né en Allemage, le "prince du Bosphore", qui a fait un tabac en France, en Belgique et en Allemagne, où il figure au Top-10 des meilleures ventes de singles CD avec son tube "Simarik" (gâté), était appelé sous les drapeaux en novembre.
 Après avoir demandé un sursis, arguant d'une tournée européenne, il a ensuite refusé de rentrer en Turquie pour accomplir son service militaire.
 "Je ne veux pas compromettre ma carrière en plein essor pour venir en Turquie pendant un an et demi", a-t-il déclaré à un journal turc.
 Le service militaire est obligatoire pour tous les Turcs à partir de l'âge de 18 ans et il n'y a pas de limite d'âge pour l'accomplir.
 La procédure pour le déchoir de sa nationalité devrait prendre plusieurs mois, a-t-on indiqué de source judiciaire.
 Même s'il rentrait aujourd'hui en Turquie, Tarkan devrait comparaître devant un tribunal militaire et serait condamné à une peine de prison, avant de faire son service, selon cette source.
 Tarkan, dont les chansons mêlent sons orientaux et rythmes occidentaux, doit effectuer au printemps une tournée en Allemagne.  (AFP, April 20, 1999)

KURDISH QUESTION/QUESTION KURDE

Une différence judiciaire relative à l'enseignement du kurde

 La seconde division de la Cour de Sûreté de l'Etat (DGM) d'Ankara, compétente également dans l'affaire d'Abdullah Ocalan, a rendu le 31 mars 1999, une décision en faveur de l'enseignement de la langue kurde. Un syndicat de l'enseignement (EGITIM-SEN), accusé de "propagande séparatiste" pour le contenu d'un livre, a été acquitté en soulevant toutefois l'objection vive du juge-militaire siégeant à la cour.
 Les autorités turques reprochaient aux responsables syndicaux d'avoir demandé "l'enseignement de la langue kurde", d'avoir qualifié de racisme l'adage "Heureux celui qui se dit turc" et d'avoir soutenu qu'"une politique assimilationniste et négationniste était menée envers le peuple kurde et envers d'autres peuples". La Cour a considéré que c'était une "proposition scientifique" et qu'elle n'avait nullement de contenu séparatiste.
 Unal Haney, procureur chargé du dossier, a formé un pourvoi en cassation  en soutenant que le livre était une "propagande portant atteinte à l'intégrité territoriale et nationale de l'Etat". C'est également la lecture du colonel Abdulkadir Davarcioglu, juge-militaire de la cour, qui a déclaré que toute proposition d'enseignement d'une langue autre que le turc, et tout particulièrement du kurde, était inconstitutionnelle et a qualifié cela de séparatisme.  Selon lui, sous-couvert de la liberté de l'expression, les auteurs ont porté atteinte à la constitution turque en annoncant qu'il y avait d'autres peuples que les Turcs vivant en Turquie et que ces peuples étaient assimilés par la langue et l'enseignement.
 La Cour européenne des droits de l'homme a régulièrement condamné les Cours de sûreté de l'Etat où siègent en permanence des militaires en dénoncant leur partialité. L'affaire en l'espèce met une nouvelle fois l'accent sur cette question en montrant clairement l'intransigeance militaire sur la question kurde. (CILDEKT, April 8, 1999)

Le Parlement kurde en exil appelle la Turquie à "saisir la main tendue"

 Le Parlement kurde en exil a demandé jeudi à la Turquie de saisir "la main tendue" par le président emprisonné du mouvement rebelle kurde PKK Abdullah Ocalan "en faveur de la paix, de la fraternité et d'une solution politique au Kurdistan".
 Au cours d'une conférence de presse à Bruxelles, le vice-président du Front national de libération du Kurdistan (bras politique du PKK) Abdurrahman Cadirci a lu une déclaration de ce Parlement soutenant les positions prises par le chef rebelle kurde depuis sa prison d'Imrali. Ce dernier a notamment appelé la Turquie à "saisir l'opportunité historique" d'une solution pour la question kurde.
 M. Cadirci a souligné qu'en dépit de l'enlèvement d'Ocalan le 15 février à Nairobi, le cessez-le-feu du PKK du 1er septembre dernier était toujours en vigueur jusqu'aux élections turques du 18 avril.
 Mais, selon lui, si l'opportunité n'est pas saisie par la Turquie et la communauté internationale on "risque d'avoir au Kurdistan une guerre comme celle qui a actuellement lieu au Kosovo".
 Il a notamment souligné que l'OTAN devrait être "plus en mesure d'agir à propos du Kurdistan que du Kosovo à partir du moment où ce problème concerne un de ses membres".
 Le Parlement kurde en exil basé à Bruxelles a par ailleurs demandé à la communauté internationale de "soutenir les appels d'Abdullah Ocalan pour une solution politique au Kurdistan". Il demande également d'intervenir pour "préserver la vie et la santé" du leader kurde et que son procès ait lieu devant une cour internationale plutôt qu'un tribunal turc. (AFP, 8 avril 1999)

Spanish court provisionally suspends Kurdish Assembly

 Spain's Constitutional Court on Wednesday suspended a July meeting of the Kurdish parliament-in-exile in the northern Basque region, pending a decision on a suit by the Spanish government.
 The conservative government of Prime Minister Jose Maria Aznar disapproved of the Basque regional government's February offer to host a meeting of the Kurdish parliamentarians. The government promised to use all legal means to halt the July meeting.
 Aznar's government said that the Basque decision interferes with the Spain's exclusive handling of international relations and foreign policy.
 Spain's highest court has five months to decide whether to ratify or lift the suspension.
 The February decision to host the Kurdish parliament-in-exile was made by a five-member panel of Basque parliamentary leaders. The representatives of Spain's two mainstream parties, the center-right Popular Party and the Socialist Party, voted against, while the three pro-Basque independence representatives were in favor.
 The Spanish government described the decision then as a "profound error" and warned of the negative effects on Spain's economic and political ties with Turkey.
 Previous meetings of the Kurdish group in Italy, the Netherlands, Norway, Austria and Denmark have triggered strong protests from Turkey. (AP, April 16, 1999)

UK's ITC shuts down Med TV

 The U.K.-based Independent Television Commission (ITC) closed down Kurdish Med TV on Friday, saying it had served a notice revoking the license of the satellite channel. The ITC stated that the notice would take effect in 28 days and added that the services of the channel would remain suspended during this period of time.
 The Med TV license was suspended on March 22 by the ITC under Section 45/A of the 1990 Broadcasting Act, following four broadcasts which included inflammatory statements encouraging acts of violence in Turkey and elsewhere. The programs were judged by the ITC as "likely to encourage or incite to crime or lead to disorder." The ITC said these were all against U.K. law, as set out in the 1990 and 1996 Broadcasting Acts.
 Following the suspension decision a meeting between members of the commission and Med TV and its legal representatives was held on Friday April 9 to allow the licensee to make representation, in accordance with the statute.
 "In the light of their repeated failure to comply with the requirements of their license, Med TV had already been served a notice by the ITC in Nov. 1998, informing them that their license would be revoked if over the following six months its service failed to comply with its license and the ITC's Programme Code," the ITC decision read.
 ITC Chairman Sir Robin Biggam stated that the commission had taken careful note of the representations made to it, not just from Med TV but from others who had made representations on their behalf. "We took particular and sympathetic account of the circumstances in which the broadcasts in question were made and the changes which Med TV proposed to make to its services in the future. However, the ITC decided that it was necessary in the public interest to revoke this licence and has served a notice on the licence holder to the effect," the chairman stated.
 He added that despite the great sympathy for the Kurdish people, it was not in the public interest to have any broadcaster use the UK as a platform for broadcasts which incite people to violence.
 "Med TV has been given many opportunities to be a peaceful voice for their community, to allow them to continue broadcasting after such serious breaches would be to condone the misuse of the UK's system for licensing broadcasters," Sir Robin added.
 Successive Turkish governments have been campaigning for the closure of Med TV. Despite denials from the British Foreign Office, there are rumors that British politicians were also involved in the campaign to close down the Kurdish TV station. (TDN, April 24, 1999)

Kurd Guerrillas To Increase Resistance

 Kurdish guerrillas have vowed to intensify their war against Turkey in response to gains by a far-right nationalist party in recent elections, a Kurdish news agency reported Monday.
 "Our party will increase the war of resistance against the fascist Turkish state," the Kurdistan Workers Party, or PKK, said in a statement carried by the Germany-based Kurdish news agency DEM.  The far-right Nationalist Movement Party, which got a surprising 18 percent in elections April 18, is opposed to any increase of Kurdish rights.
 It is expected to come to power as a junior coalition partner with Prime Minister Bulent Ecevit's Democratic Left Party, which topped the polls with 22 percent of the votes. Both parties are said to have gained support following the mid-February capture of Kurdish rebel leader Abdullah Ocalan. No date for his trial on treason charges has been set.
 Meanwhile, Kurdish rebels claimed Monday they shot down a Turkish army helicopter with two soldiers on board during clashes in northern Iraq. Turkish military officials denied the claim.
 The Turkish army has been at war for 15 years in southeastern Turkey with the PKK and frequently crosses into neighboring Iraq to hunt down rebels who have bases there. Close to 37,000 people have died in the conflict. (AP, April 26, 1999)

OCALAN'S TRIAL/PROCES D'OCALAN

Le procès d'Ocalan s'ouvrira le 31 mai sur l'île-prison d'Imrali

 Le procès du chef rebelle kurde Abdullah Ocalan s'ouvrira le 31 mai sur l'île-prison d'Imrali, en mer de Marmara (ouest), a annoncé vendredi le président de la Cour de sûreté de l'Etat (DGM) d'Ankara.
 La Cour a pris cette décision lors d'une audience à Ankara, en l'absence du chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste).
 Ocalan, qui comparaîtra ainsi pour la première fois depuis sa capture mi-février au Kenya devant ses juges, est accusé de "trahison et atteinte à l'intégrité territoriale de la Turquie" suivant l'article 125 du code pénal turc qui prévoit la peine capitale.
 Mehmet Turgut Okyay, le président de la Cour, a indiqué que les audiences du procès se dérouleraient à un rythme accéléré, sans préciser sur quelle période de temps elles s'étaleraient.
 Il a indiqué que pour des raisons de sécurité et de capacité d'accueil limitée de la salle de tribunal amenagée à Imrali, 12 avocats d'Ocalan et 12 autres de la partie civile, ainsi que 12 journalistes, pourraient assister au procès.
 Selon la presse turque, le verdict devrait tomber un mois après le début des audiences.
 M. Okyay a indiqué que le procès serait ouvert à des "auditeurs" venant à titre privé, mais pas à des "observateurs" représentant une institution, pour ne pas "porter ombrage à la justice turque indépendante".
 Deux parlementaires du Conseil de l'Europe, Andras Barsony (Hongrie, socialiste) et Gunnar Jannsson (Finlande, libéral), ont assisté à l'audience de vendredi, à l'invitation de la délégation turque de l'Assemblée du Conseil.
 L'Union européenne avait réclamé en février l'envoi d'observateurs internationaux au procès, ce qu'Ankara avait refusé, y voyant une ingérence.
 Une centaine de personnes, la plupart des parents de militaires tués dans des combats contre le PKK, se sont rassemblées devant le palais de justice avant l'ouverture de l'audience, brandissant des drapeaux turcs et scandant des slogans contre le leader kurde et le PKK.
 Plusieurs d'entre eux ont essayé d'agresser les avocats d'Ocalan à leur arrivée devant le palais de justice, mais en ont été empêchés par la police, qui quadrillait les lieux.
 Abdullah Ocalan est défendu par une équipe d'avocats dirigée par Me Ahmet Zeki Okcuoglu.
 Jeudi, deux procédures en cours contre Ocalan ont été réunies par la DGM d'Ankara, un procureur de la Cour ayant fait valoir qu'elles avaient été lancées sur la base du même article de loi, l'article 125, et sous les mêmes chefs d'accusation.
 La DGM d'Ankara avait ouvert un premier procès contre Ocalan en octobre 1997. Il était jugé par contumace depuis cette date. Mercredi, le même tribunal a ouvert un autre procès contre Ocalan après sa capture.
 Le document de 139 pages énumère notamment les actes meurtriers dont le PKK est accusé et établit un lien entre Ocalan et ces actes de violences, le rendant responsable de toutes les actions commises par son organisation, considérée comme terroriste par les autorités turques.
 La peine de mort est en vigueur en Turquie mais n'a pas été appliquée depuis 1984.
 Le PKK mène une rébellion armée contre Ankara depuis 1984 pour créer un Etat kurde indépendant dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde. Les violences liées à cette rébellion ont fait près de 31.000 morts. (AFP, 30 Avril 1999)

Deux avocats d'Ocalan agressés à Istanbul

 Deux des avocats du chef rebelle kurde Abdullah Ocalan, emprisonné en Turquie, ont été agressés vendredi en plein centre d'Istanbul par des inconnus, a-t-on appris auprès de l'Association de défense des droits de l'Homme (IHD).
 Ahmet Zeki Okcuoglu et son épouse Eren Keskin, présidente provinciale à Istanbul de l'IHD, ont été attaqués par plusieurs hommes alors qu'ils marchaient dans le quartier de Taksim, dans la partie européenne de la métropole, selon un porte-parole de l'IHD.
 "Ils ont d'abord été agressés verbalement et ont ensuite essuyé quelques coups. Il ne sont pas blessés", a-t-il précisé.
 Un communiqué parvenu à l'AFP, et signé par d'autres avocats d'Ocalan, a dénoncé l'agression et demandé aux autorités que les auteurs soient retrouvés et punis.
 "Cette agression vise à priver Ocalan d'une défense équitable. Il n'est pas question de renoncer à assurer sa défense", précisent les avocats dans leur communiqué.
 Me Okcuoglu a formé une équipe comptant au total 17 avocats pour assurer la défense du chef rebelle kurde.
 Le chef du  PKK, transféré en Turquie après sa capture le 15 février au Kénya, est détenu sur l'île-prison d'Imrali en mer de Marmara (ouest) dans l'attente de son jugement. (AFP, 9 avril 1999)

MHP Urges Ocalan Execution

 Turkey's far-right party, a key winner in national elections, will push for the death penalty against Kurdish rebel leader Abdullah Ocalan if he is convicted, a spokesman said Wednesday.
 The Nationalist Movement Party, or MHP, emerged as Turkey's second-largest party after Sunday's elections and is expected to be part of a future coalition government headed by Prime Minister Bulent Ecevit.
 Ocalan was abducted by Turkish commandos in mid-February and faces trial on charges of treason, which carries the death penalty.
 "If the court sentences him to death, we will vote to see him hanged," said Ata Turkoglu, an MHP spokesman. "We want this to happen as soon as possible after the verdict." (AP, April 21, 1999)

Peine de mort requise contre Ocalan: "préoccupation" de Rome

 Le gouvernement italien a exprimé le 20 avril sa "préoccupation" après l'annonce que le parquet de la Cour de sûreté de l'Etat d'Ankara requérait la peine de mort contre le chef du PKK Abdullah Ocalan.
 L'Italie "demande avec force qu'un procès à l'encontre d'Ocalan soit organisé avec toutes les garanties d'un Etat de droit, dans le respect des normes européennes en matière de droits fondamentaux, et notamment des droits de la défense", selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
 L'Italie "s'attend à ce que le procès ne se conclue pas, dans tous les cas, par la peine capitale", souligne le communiqué.
 Le parquet de la Cour de sûreté de l'Etat d'Ankara a requis, dans son acte d'accusation, la peine de mort contre le chef rebelle kurde Abdullah Ocalan.
 Le chef du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 une rébellion armée dans le sud-est à majorité kurde, est accusé de "trahison et atteinte à l'intégrité territoriale de la Turquie".
 Abdullah Ocalan avait passé deux mois --dont une bonne partie assigné à résidence-- en Italie, de la mi-novembre à la mi-janvier dernier. Il avait demandé l'asile politique à Rome. Sa présence sur le sol italien avait entraîné une grave crise diplomatique avec Ankara. (AFP, April 21, 1999)

Abdullah Ocalan Faces Execution without Trial

 Two lawyers for Abdullah Ocalan, Ahmet Zeki Okculoglu and Irfan Dundar issued the following communique on April 27, 1999:
 The Abdullah Ocalan case exposes just how the Turkish justice system operates.
 When they brought Abdullah Ocalan to Turkey, although the Turkish courts and the European system of human rights states that people cannot be deemed guilty prior to conviction, the Turkish media, political parties and official bodies have all found him guilty without putting him on trial. They have all been stating with certainty that Ocalan will be executed and that his execution is imminent.
 The results of the recent elections saw the national movement party, MHP, become the second largest party in the land and likely to be a partner in the next coaltion government. MHP General Secretary Koray Aydin stated in an interview on 22 April that his party is determined to see Ocalan convicted at any cost.
 Even if it does not win a place in government, the MHP will be the biggest opposition party and determined to use its influence to ensure that Ocalan is executed.  Those who expect Turkey to behave like a democratic country are likely to be disappointed by its actions if it behaves anything like the way indicated by this potential party of government.
 Government bodies and party leaders, along with much of the press, are openly stating that Ocalan will be executed without even waiting for the due process of law. This is prejudging the outcome and making it impossible for the trial judges to take any other decision.
 How can it be possible for Bulent Ecevit, who has always spoken proudly of his belief in justice and democratic principles, justify entering into coalition with the MHP after what it has said on the Ocalan case?
 Like everyone else Ocalan has the right to a fair trial and this is a basic right that cannot be removed from him.
 If they carry on with such explanations and go ahead with a trial and execution on this basis it can only lead to an escalation of conflict in the country.
 We call on the media, the government and political parties of Turkey to stop their violations of legality.

MINORITIES/MINORITES

Plus de 150 intellectuels appelent Ankara à admettre le génocide arménien

 Plus de 150 intellectuels, la plupart américains, ont lancé vendredi un appel au gouvernement turc pour qu'il reconnaisse la responsabilité de la Turquie dans le génocide arménien de 1915.
 "Après 84 ans, le gouvernement turc continue de nier le génocide des Arméniens en blâmant les victimes et en minant la réalité historique par une fausse rhétorique", écrivent les signataires d'une lettre publiée sur une pleine page dans le Washington Post, à la veille de l'anniversaire du début du génocide, le 24 avril 1915.
 Parmi les signataires de cet appel figurent de nombreux professeurs d'universités, sociologues, historiens, théologiens, des écrivains, dont Norman Mailer, William Styron, John Updike et Kurt Vonnegut, et plusieurs prix Nobel de littérature, notamment le Nigérian Wole Soyinka.
 "La négation du génocide vise à réécrire l'histoire afin de diaboliser les victimes et réhabiliter ses auteurs. La négation du génocide est le stade final du génocide lui-même", poursuit le texte.
 Selon les signataires de l'appel, le gouvernement turc finance des chaires d'études turques dans des universités américaines en faisant pression sur les récipiendaires pour qu'ils ne parlent pas de cette période historique ou qu'ils s'y réfèrent en évitant de parler de génocide. (AFP, 23 avril 1999)

Un millier d'Arméniens de Grèce manifestent contre la Turquie

 Un millier d'Arméniens de Grèce ont manifesté samedi dans le centre d'Athènes pour commémorer le 84ème anniversaire du "génocide" du peuple arménien par les troupes turques, a indiqué la police.
 Les manifestants, qui tenaient des drapeaux arméniens, se sont rassemblés à l'appel du comité arménien de Grèce devant le Parlement, dans le centre ville, et ont défilé jusqu'à l'ambassade de Turquie, gardée par un fort cordon policier.
 Ils ont crié devant l'ambassade des slogans hostiles à Ankara, "Turcs, fascistes, assassins", "les Turcs hors d'Arménie", "Liberté à l'Arménie occupée", avant de brûler un grand drapeau turc.
 Une cinquantaine de jeunes Arméniens effectuent depuis vendredi soir, et jusqu'à samedi soir, un sit-in de protestation devant l'ambassade turque.
 Une délégation a collé sur la porte de l'ambassade une pétition réclamant "la reconnaissance et la condamnation du génocide arménien qui a fait 1.500.000 morts en 1915".
 Le texte demande également l'arrêt de l'armement de l'Azerbaïdjan" et "la levée de l'embargo de la République d'Arménie" imposé par la Turquie.
 A Salonique (nord), 150 Arméniens de la ville ont également manifesté samedi matin devant le consulat turc.
 Les organisations arméniennes et leurs sympathisants se réuniront dimanche dans un cinéma d'Athènes pour commémorer, comme tous les ans dans la capitale grecque, "le génocide arménien". Le président du parti socialiste chypriote-grec (Edek), Vasso Lyssarides, prononcera un discours, de même que tous les représentants des partis grecs.
 Le Parlement grec a décidé en 1996 de décréter le 24 avril "jour de la mémoire du génocide des Arméniens par le régime turc". (AFP, 24 avril 1999)

SOCIO-ECONOMIC/SOCIO-ECONOMIQUE

Can Turkey resist populism for reform?

 Turkey's new government must quickly focus on banking and social security reforms and resist populist temptations if it is to win International Monetary Fund backing after Sunday's polls, analysts said.
 Initial market worry at the powerful election showing of a far right party has given way to hopes that it will adopt a moderate line to secure a role in any coalition.
 Prime Minister Bulent Ecevit's Democratic Left Party (DSP) topped the polls and will send some 136 MPs to parliament, ahead of the Nationalist Action Party (MHP) with around 130 seats.
 But pressure on parties to make good on poll promises is likely to slow down the structural changes sought by the IMF in exchange for a possible package of financial support.
 "The MHP's political preferences may encourage a populist approach. That would delay reform of social security and agriculture and privatisation," a private bank treasurer said.
 High public sector wage rises and increased support for the huge agriculture sector are among populist measures which could undermine fiscal and monetary discipline.
 A Reuters poll of fifteen analysts and bankers showed a majority expected Turkey would reach a new IMF accord, providing the government signals a commitment to reform, which would build on the success of an 18-month monitoring pact last year.
 "The political capital needed to pass the remaining measures is not too significant. Even a coalition which is not very strong can still meet the requirements of the Fund," said Amer Bisat, senior economist at Salomon Smith Barney.
 IMF support is seen as crucial to enhancing Turkey's image with international investors, improving its access to foreign borrowing and reducing dependence on expensive domestic debt.
 The poll indicated that reform of the banking and pension systems topped the priorities facing the next coalition.
 The crowded banking sector is in need of consolidation to put it on a firmer footing. The $6 billion annual deficit of the social security system, fuelled by retirement ages of 38 for women and 43 for men, eats a massive hole in public finances.
 The survey indicated an easing of perennial concerns about high inflation after a growth slowdown, reinforced by global crises, helped slash wholesale price inflation to 48.2 percent in March from 86.0 percent a year earlier.
 Analysts were sceptical about the chances of Turkey meeting its end-June WPI target of 45 percent. Forecasts for 1999 annual inflation ranged from 45 percent to 65 percent and centred on a range of 55-60 percent.
 The rapid decline in gross national product growth last year to 3.8 percent from 8.3 in 1997 was expected to continue this year, with forecasts centreing on a range of 2.0-2.5 percent.
 While privatisation and reform of the costly agricultural support system remained priorities, progress was expected to be slow unless a strong political consensus emerges.
 Most analysts shared the view that Ecevit would form a three-way alliance between his DSP, the MHP and the conservative Motherland Party (ANAP) of Mesut Yilmaz.
 Deep-seated rivalry between ANAP and the right-wing True Path Party is seen arguing against a coalition involving both parties, while secularist distaste for the Islamist Virtue Party is expected to keep it out of power.
 The MHP, meanwhile, has expressed a commitment to the IMF-sought reforms. Its reputation for harbouring a violent wing which contributed to street fighting in the 1970s remains, however, something of an encumbrance.
 "They want to appear more moderate rather than extremist... This is not an ideal coalition government but I'm confident things will work out," said Adrian Khoo from Banque Paribas. (Reuters, April 21, 1999)

Baisse de 23% des réservations de séjours en Turquie depuis l'Allemagne

 Les réservations de séjours touristiques en Turquie depuis l'Allemagne ont baissé de près d'un quart (23%) depuis l'incarcération en Turquie du chef rebelle kurde Abdullah Ocalan, en février, a indiqué vendredi le Centre d'études turques, basé à Essen (ouest).
 Les régions touristiques classiques comme Antalya, Side Kemer ou Fethiye, mais aussi Istanbul, ont sérieusement pâti des troubles occasionnés par la capture du chef du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste), selon le Centre.
 Depuis plusieurs semaines, les tours opérateurs acceptent d'annuler sans frais des réservations de billets d'avions ou de séjours complets, en réaction aux menaces d'attentats lancées par les militants du PKK à l'adresse des touristes, a indiqué le directeur du Centre, Faruk Sen.
 Selon lui, la facture du centre de congrès d'Istanbul s'élève déjà à quelque 50 millions de dollars de manque à gagner ou de pertes. Au cours des trois derniers mois, quelque 125.000 nuitées dans des hôtels cinq étoiles ont notamment été annulées.
 En 1998, quelque 9,4 millions d'Allemands se sont rendus en Turquie. C'est le contingent de touristes étrangers le plus important dans ce pays (23% du total). (AFP, 23 avril 1999)

The bitter reality of shantytowns

 The existence of gecekondus, or shantytowns, in Turkey has prevented the country from achieving successful city planning. In the last 30 years 1.6 million new shanty houses were built, the Anatolia news agency reported on Monday.
 According to the "Shantytown" report prepared by the National Real Estate General Directorate of the Finance Ministry, although a law enacted in 1966 outlawed the building of shanty houses, this has not been able to prevent their construction.
 The number of shanties has increased from 400,000 in the beginning of the 1960s to 600,000 in the 1970s, 1.1 million in the 1980s, 1.7 million in the 1990s, and has recently reached 2 million. In Ankara alone, the number of shanties increased from 100,000 to 450,000 over the same period of time.
 While 2.2 million people were living in shanties 30 years ago, they now accommodate 10 million.
 In Istanbul, shanties cover much of the industrial districts of Rami, Kocamustafapasa, Zeytinburnu, Taslitarla, Umraniye and Kartal and other regions that are not closely inspected.  Construction of shanties intensified before the recent elections, with politicians giving the green light to new buildings and providing infrastructure including roads, water, electricity, sewage services, schools and transportation.
 According to the directorate's report, shantytowns cover 45,000 hectares of land in Turkey. Moreover, the report shows that in addition to people building these houses for their own use, they are also constructing them for sale and for rent. As a result, between 40-50 percent of those living in shanty houses in cities like Ankara and Istanbul are rent payers.
 The report listed several short- and long-term solutions that would address the problem of shantytowns such as amending the Penal Code to prevent the "land mafia" from earning illegal income from the sale of state-owned or untitled lands. (TDN, April 26, 1999)

Saracoglu: Single-digit inflation a dream in Turkey

 Former Central Bank Governor Rusdu Saracoglu said that single-digit inflation in Turkey is a dream.
 Saracoglu held a conference in Canakkale's Onsekiz Mart University entitled "Basic Dynamics of the Turkish Economy." He said that no one opposes a double-digit inflation figure, but when it rises to triple-digits everyone speaks up."
 Saracoglu was Turkey's longest-serving central bank governor; during his term in office three presidents, five premiers and eight ministers responsible for economy left their posts. "None of the politicians I have worked with were afraid of domestic borrowing. The reason was the belief that if any hardship arose in domestic borrowing, they could solve it by printing money. But everyone used to be afraid of foreign borrowing because we had to borrow in U.S. dollars, and we could not print U.S. dollars. Our continuous printing of new money skyrocketed inflation. I think that single-digit inflation is a dream in Turkey."
 As long as politicians have the power to print money in Turkey, Turkey's debt problem cannot be solved, said Saracoglu, who pointed out that the U.S. Federal Reserve Bank never lends to the government, the Anatolia news agency reported. (TDN, April 28, 1999)

RELATIONS WITH THE WEST/RELATIONS AVEC L'OUEST

Turkey: Time to end impunity

 News Release Issued by International Secretariat of Amnesty International on April 20, 1999:
 The wall of impunity sheltering Turkish security forces from prosecution for the human rights violations they commit can only begin to crumble if supervision of their activities becomes tighter and the prospect of investigation and punishment more credible, Amnesty International said today, launching a report on the issue.
 "The bland complacency shown by successive Turkish governments in the face of torture, ill-treatment, death in custody and "disappearance" at the hands of law-enforcement officers is staggering," the human rights organization added.
 Amnesty International's report details a series of cases in which complaints of serious human rights violations have not been pursued by the competent authorities.
 "The authorities have consistently failed to fulfil their duty to investigate complaints of abuses by security forces and take the necessary action. This has fed a vicious circle of impunity, fear and abuse and undermined the civil society's confidence in the judiciary," the organization said.
 In one particularly tragic case, a man whose attempts to bring his torturers to justice failed was driven to take his own life. Vasfi Karakoc -- an Izmir taxi driver -- was arrested by police in August 1998 and blindfolded, suspended by the arms and subjected to electric shocks and various other forms of torture. Upon release he lodged a complaint, only to be threatened by police officers. His anger and frustration led him to set himself on fire on the Izmir city walls naming the officers who tortured him.
 A generalised climate of fear, witness intimidation, incomplete police records, the suppression of medical evidence and prosecutors' reluctance to inve