![]()
A non-government information center on Turkey
Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie28th Year / 28e Année
![]()
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 215 58 60
editor@info-turk.be
Chief Editor /Rédacteur en chef: Dogan Özgüden - Responsible editor/Editrice responsable: Inci Tugsavul
![]()
A son 28e anniversaire, le collectif
Info-Türk s'est transformé en une fondation
*
At its 28th anniversary, the working group
Info-Türk transforms into a foundation
![]()
Novembre 2003 November
Attentats à la voiture piégée à Istanbul
Toutes les informations du mois
All informations of the month
Turquie-USA-Irak / Turkey-USA-Iraq
Attentats: pas de liens apparents avec des groupes étrangers
La Syrie a livré à la Turquie 22 suspects liés aux attentats d'Istanbul
Les talibans libèrent un ingénieur turc kidnappé début novembre
Inculpation du suspect n°1 dans l'attaque suicide contre une synagogue
L'IBDA-C, qui revendique les attentats d'Istanbul, actif en Europe (presse allemande)
Une conférence sur Jean Paul II prévue à Istanbul annulée par l'Italie
Le bilan des attentats d'Istanbul s'alourdit à 61 morts, dont 4 kamikazes
Attentats islamiques: Bekir Coskun: "Notre tâche est difficile"
Une nouvelle tension turco-européenne concernant les mesures contre la terreur
Le Premier ministre rejette l'épithète "islamiste" attribué aux attentats
Trois matches prévus en Turquie sont reportés à cause des attentats
Les racines de la récente violence islamique sont en Turquie
The recent islamic violence's roots are in Turkey
Attentat suicide de Kirkouk: arrestation de trois Turcs (UPK)
Bingol, ville de kamikazes turcs, dans le collimateur de la police
Le Premier ministre s'interroge sur le rôle d'Al-Qaïda
Le gouvernement et la police rejettent la responsabilité sur les médias
Manifestations pour dénoncer les attentats d'Istanbul
Le MGK veut étendre les mesures répressives contre l'opposition kurde
Attentats contre des intérêts britanniques à Istanbul, 27morts
Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne les attentats d'Istanbul
Les responsables européens condamnent les attentats d'Istanbul
La Belgique et les Pays-Bas conseillent d'éviter les endroits touristiques en Turquie
HSBC, deuxième banque mondiale, présente dans 79 pays
Ankara essaie d'exploiter le drame afin de justifier ses pratiques répressives
Attentats à la voiture piégée contre deux sinagogues à Istanbul
Réactions et condamnations à l'échelle internationale
La communauté juive en Turquie
Les relations problématiques turco-israéliennes
Réunion Turquie-USA-HCR sur le retour des Kurdes de Turquie réfugiés en Irak
Foreign Minister too threatens Kurd in Iraq
Accrochages controversés près de la frontière turque en Irak
Malgré l'annulation de l'envoi de troupes,l'Armée continue à menacer les Kurdes d'Irak
Foreign Minister Gul says Turkish soldiers will remain in Northern Iraq
Ankara reproche aux Etats-Unis de favoriser les Kurdes en Irak
Ankara renonce à l'idée d'intervenir en Irak
Barzani calls for a Kurdistan Federation in northern Iraq
Massoud Barzani accuse Ankara de ne pas saisir leur "sincérité"
Is Turkey ready to accept a federal Iraq?
Prochaine réouverture de l'oléoduc Irak-TurquieExercice de simulation en Turquie pour la Force de réaction rapide de l'OTAN
Defense Industry Undersecretary ready to bid for International contractsPolitique intérieure/Intrior Policy
Over 80 percent of Turks say democracy is not fully functioning
Corruption: le parti au pouvoir veut des enquêtes sur quatre ex-ministres
Cour des droits de l'Homme: la Turquie condamnée pour avoir dissous un parti
Turkey's central administration is shrinking
A former DYP deputy's acquittal quached by Courft of CassationDroits de l'Homme / Human Rights
La Turquie condamnée pour six procès "inéquitables" par la Cour européenne Recent human rights violations in brief
IHD and TIHV: "Death Penalty should be outlawed also for wartimes"
La Turquie condamnée pour des tortures imposées à des avocats
Trial of TIHV Board Members started in Ankara
Earthquake Victims Detained in Ankara
Conseil de l'Europe: la Turquie ratifie l'abolition de la peine de mort
Child prisoners ill-treated in prison
Left-wing students attacked by rightists at university
Pressures in prison "to benefit from the Repentance Law"
Dev-Sol verdict quashed by higher court
Violentes manifestations contre la tutelle sur l'université
AK Party scrutinizes leftist convicts pardoned by Sezer
WILPF Report on the situation of political prisoners in TurkeyPression sur les médias / Pressure on the Media
Zarakolu's trial for an anti-junta book on December 3
A recent list of the banned books in Turkey
Besikci's "International Colony Kurdistan" translated into English
Une équipe de cinéma interpellée pour port d'armes sur un plateau de tournage
Acquittement des auteurs d'un livre sur l'histoire des Kurdes
WAN and WEF are concerned at journalists' prosecution in Cyprus
Chypre nord : 3 nouveaux journalistes inculpés pour outrage à l'armée turque
RTUK broadcasting penalties decrease 87 percent in 2003
Un journaliste chypriote risque 10 ans de prison pour "outrage à l'armée turque"
Recent violations of press and expression freedomKurdish Question / Question kurde
Nouvel obstacle pour le lancement du premier cours de kurde
Neuf militants kurdes tués en deux jours d'affrontements avec l'armée turque
Les Kurdes de Turquie craignent les retombées des attentats d'Istanbul
Three Kurdish militants killed in clash with army
La mise en liberté de quatre députés kurdes rejetée pour la 9e fois
14 militants kurdes tués au cours d'affrontements avec l'armée turque
Des juges brièvement pris en otages à Istanbul par des militants kurdes
New regulation on broadcasting in Kurdish
La nouvelle organisation kurde KONGRA-GEL appelle la Turquie au dialogue
Deporting Kurdish Boat People Arouses Protests
Affrontements entre manifestants pro-kurdes et policiers à Istanbul
Auto-dissolution du KADEK
U.S. rejects claims of clash between its forces and KADEK
AtaturkÕs phrase for peace considered illegal when in Kurdish
L'enseignement du kurde n'est toujours pas une réalité en Turquie
DEHAP Executives sentenced in Erzurum and Kars
La police arrête 10 militants présumés du PKK/KADEK
"Le plus gros obstacle pour l'adhésion est le problème kurde et non Chypre"
Le procès pour viol de 405 soldats turcs continue sans ses accusés
Mine Danger will increase as Kurdish villagers return
Nombreux inscrits aux cours de kurde, mais la Turquie retarde son feu vert
Quatre militants kurdes tués dans des accrochages en Turquie
Les marchandages d'Ankara sur les députés kurdes en prison
Tortures par les forces spéciales de la gendarmérie in Hakkari
Le drame d'une jeune femme kurde torturée en garde-à-vue avec son fils
Prisoners beaten by soldiers before their trial in Van
Detained children ill-treated at police station in Istanbul
New Kurdish language centre in Van receives great interestMinorités / Minorities
Le séminaire grec orthodoxe de Halki attend sa réouverture
Education Minister: Heybeliada Seminary Should No More Be ClosedAffaires religieuses / Religious Affairs
La plus haute juridiction turque critique le gouvernement pour voile islamique
AKP officials raise voice on turban issue
Defendant taken out of the courtroom for wearing headscarfSocio-économique / Socio-economic
Tourisme vers la Turquie: Des annulations en masse
Dix mineurs auraient été tués dans un coup de grisou dans le sud de Turquie
15-year-old K.D. killed by her brother in the name of family honour
Sezer Applies To Constitutional Court For Cancellation Of Two Articles
Possible nouvelle tentative de privatisation de Tekel d'ici fin 2003
Trois accidents en 72 heures dans les détroits turcs
Scandale bancaire: un procureur demande des milliers d'années de prison
Turkey cancels planned privatisation of Tekel
Le gouvernement turc souhaite privatiser 51% de Turk Telekom
World Bank Approves US$4, 5 Billion Credit For Turkey
La police turque a saisi 507 kg d'héroïne, sa plus grosse prise historique
Women should be rescued from TCK's 'centimeter justice'
Les médecins en grève pour des revendications salariales
500,000 Children in Turkey in Need of ProtectionRelations turco-européennes / Turkey-Europe Relations
Erdogan: Ankara doit obtenir une date pour les négociations d'entrée dans l'UE
AK Party Gathers Europe's Conservative Democrats in Turkey
Joschka Fischer appelle Ankara à accélérer les réformes après les attentats
Ankara veut rassurer sur ses réformes démocratiques malgré les attentats
Stockholm estime que la Turquie traîne toujours sur les droits de l'Homme
Un Germano-Turc millionnaire candidat SPD aux élections européennes
Turkey and EU Passed Ball to Each Other In Rome
La pression européenne sur la Turquie monte dans le dossier chypriote
The role of the Turkish military should be decreased: Verheugen
L'absence de règlement sur Chypre hypothèque la candidature d'Ankara
Ankara admet les critiques, mais rejette tout lien avec Chypre
Chypre accueille favorablement le rapport de l'UE sur la Turquie
Smitis: "Ankara a fait des pas importants vers l'UE mais non suffisants"
Washington juge positif le rapport de la Commission de l'UE sur la Turquie
L'ancien PM français Balladur réticent sur l'adhésion de la Turquie
Un adolescent arrêté après l'attaque contre l'ambassade turque à La Haye
Le départ de Renault et de Ford vers la Turquie n'inquiète pas Verhofstad
Verhofstadt: "La Turquie doit encore relever des défis "Relations régionales / Regional Relations
Des responsables talibans affirment avoir libéré un ingénieur turc kidnappé Un ingénieur turc enlevé sur la route Kaboul-Kandahar
Accord sur le prix du gaz russe vendu à la Turquie, après des mois de crise
La Berd approuve l'aide financière au projet d'oléoduc depuis la Caspienne
Ankara décline une offre d'escale de Sharon à Ankara
Urgent call for Kurdish refugees from Iran in TurkeyChypre et la Grèce / Cyprus and Greece
Loizidou: le Conseil de l'Europe reporte l'examen du paiement de l'indemnité
Nicosie veut aider les Chypriotes-turcs à voter lors des élections de l'UE
Des problèmes "pratiques" retardent le déminage à la frontière gréco-turque
Les garde-côtes turcs arraisonnent un bateau de clandestins en Mer Egée
Pas de volonté politique d'Ankara pour une solution à Chypre (Papadopoulos)
Erdogan a confirmé son soutien au régime militariste de Denktas à Chypre
La déclaration menaçante d'un haut commandant turc sur Chypre
L'échec de la réunification de Chypre ne serait pas un "désastre", selon Denktash
Nouvelle injonction du Conseil de l'Europe à la Turquie
Schroeder appelle Ankara à la "raison" pour une solution à Chypre
Ulsever (TDN): Ignorant Cyprus policies of the status quo
New menaces from Turkish Army's Chief on Iraq and Cyprus
Les élections à Chypre nord deviennent la clé de l'adhésion turque à l'Union européenne
Réorganisation des forces armées grecques: accent mis sur la "menace turque"
La minorité musulmane de Thrace veut pouvoir se redire "turque"
L'échec de l'accord Grèce-Turquie sur les couloirs aériens
Denktas insists on Cyprus' division into two statesPolémiques autour de la rupture du jeûne avec l'extrême-droite turque
Le communiqué du Conseil de Coordination Belgo-Turc (BTTK)
Un journaliste attaqué lors de la rupture du jeûne par une activiste du BTTK
Commentaires de la rédaction de RésistanceS
La Libre Belgique: Fréquentations turques contestées
Rupture du jeûne: Des élus des partis politiques belges avec l'extrême-droite turque
Un centre d'accueil pour 400 clandestins créé à la frontière gréco-turque
Rassemblement de TAYAD devant le Parlement européen
Turquie-USA-Irak / Turkey-USA-Iraq
Attentats: pas de liens apparents avec des groupes étrangers
Avec l'inculpation d'un témoin clef samedi et l'identification dimanche du quatrième kamikaze des attentats d'Istanbul, la police turque commence à reconstituer le réseau terroriste turc, mais n'établit pas de liens apparents avec des groupes radicaux étrangers.
Dimanche, le gouverneur d'Istanbul Muammer Guler a annoncé que le kamikaze de l'attentat contre la banque britannique HSBC, le 20 novembre, a été identifié par l'analyse de sa carte ADN, a rapporté l'agence Anatolie.
L'homme, présenté comme Ilyas Kuncak, serait originaire d'Ankara, né en 1956, à indiqué le gouverneur, contredisant une précédente identification.
Jusqu'à présent, a indiqué le gouverneur Guler, 21 personnes sont en état d'arrestation après inculpation, 16 personnes sont toujours interrogées par la police anti-terroriste, sur un total de 133 personnes interpellées.
Quatre kamikazes avaient lancé leurs camions bourrés d'explosifs contre les synagogues Neve Shalom et Beth Israël, le 15 novembre, et contre le Consulat général britannique et la banque HSBC, le 20 novembre. Trois d'entre eux avaient déjà été identifiés.
Les deux doubles attentats, contre deux synagogues le 15 novembre (20 morts) et cinq jours après contre des intérêts britanniques (27 morts), ont été revendiqués à la fois par le Front islamique des combattants du Grand Orient (IBDA-C, turc) et par l'organisation Al-Qaïda du Saoudien Oussama ben-Laden.
Malgré la discrétion des enquêteurs, il s'avère que le profil des terroristes turcs confirme leur appartenance à des mouvements islamistes radicaux connus, plus ou moins démantelés, ou de formation récente.
Si l'IBDA-C a revendiqué les quatre attaques d'Isatnabul par un appel téléphonique non authentifié, les soupçons ne semblent guère se porter vers ce groupuscule décapité par l'arrestation fin 1998 de son chef, emprisonné à vie désormais.
"Les trois noms qui reviennent dans cette enquête sont le Hizbullah, le Beyyat al-Islam et le Djihad islamique", indiquait dimanche la chaîne d'informations continues CNN-Turk.
Si la plupart des kamikazes identifiés ou des personnes recherchées dans le cadre de cette enquête sont effectivement connus pour leur proximité ou leurs liens avec le Hizbullah, et originaires de régions où ce mouvement est le mieux implanté, aucun lien actuellement n'est avéré avec le moindre groupe étranger.
Le Hizbullah, qui connut son heure de "gloire" au début des années 90 en participant à la lutte contre le mouvement kurde, est passablement affaibli depuis l'élimination de son leader il y a moins de 3 ans et une série d'opérations de police menant à des centaines d'arrestations.
Plusieurs dizaines de ses membres sont actuellement jugés à Diyarbakir pour leur implication présumée dans l'assassinat du Directeur de la Sûreté de cette ville, Gaffar Okkan, en janvier 2001.
Certaines des personnes recherchées, comme Habib Aktas, ont vu leur nom cité dans ces procès jugeant des membres du Hizbullah, écrit le journal Hurriyet.
Le nom du Beyyat al-Imam apparaissait vendredi dans Hurriyet où les services de renseignements turcs étaient présentés comme connaissant les liens entre le jordanien Abou Moussab al-Zarkaoui, réputé proche d'Oussama ben-Laden et soupçonné d'avoir commandité les attentats, et les militants du Hizbullah et de Beyyat al-Imam, en français "Union des Imams".
Le journal rappelait que trois militants de ce groupe, non turcs, avaient été interceptés à la frontière turco-iranienne, en février 2002, alors qu'ils tentaient de rejoindre Israël pour y commettre des attentats suicide.
Dimanche, le journal Zaman évoquait parmi les suspects ayant pu jouer un "rôle important" dans les attentats d'Istanbul le nom d'Ali Uzum, "représentant" en Turquie de Beyyat al-Islam, interpellé récemment.
Mais les indices de l'implication d'un mouvement étranger restent à l'état d'hypothèses, Cumhuriyet affirmant dimanche que l'organisation responsable des attaques des 15 et 20 novembre est "la cellule turque d'Al-Qaïda", de tendance "wahabbiste-salafiste", sans nom connu.
Selon Milliyet, citant des indiscrétions policières, le suspect inculpé samedi de "tentative de renverser l'ordre constitutionnel par la violence", Yusuf Polat, aurait revendiqué "être d'Al-Qaïda".
Le journal cite un "haut responsable de la police", affirmant que les hommes de cette cellule de 10 à 15 personnes ont "à un moment" travaillé pour le Hizbullah et "seraient la version directe d'Al-Qaïda en Turquie".
Mais jusque là, seuls les séjours de certains des suspects ou des kamikazes en Afghanistan, au Pakistan, en Tchétchénie ou en Bosnie semblent aller dans le sens d'une implication étrangère dans les plus graves attentats terroristes qu'ait connus la Turquie. (AFP, 30 novembre 2003)
La Syrie a livré à la Turquie 22 suspects liés aux attentats d'Istanbul
La Syrie a livré à la Turquie 22 suspects recherchés dans le cadre de l'enquête sur les attentats d'Istanbul les 15 et 20 novembre, a annoncé dimanche soir le commandement de la gendarmerie turque cité par l'agence Anatolie.
Ces suspects seraient liés à une personne, du nom d'Azat Ekinci, qui a "joué un rôle important dans la fourniture de deux véhicules et dans la direction des attentats", selon le communiqué de la gendarmerie.
Cette coopération s'est réalisée "dans le cadre d'un accord de lutte anti-terroriste signé entre les deux pays", dit encore le texte.
La gendarmerie turque indique avoir informé Damas que des personnes mêlées aux attentats d'Istanbul avaient trouvé refuge en Syrie, et ce pays a réagi en les arrêtant et les remettant à la Turquie.
L'information a été confirmée par le gouverneur de la province de Hatay (Antioche), Abdulkadir Sari, qui s'exprimait sur la chaîne d'informations continues NTV.
"C'est vrai. 22 personnes se trouvent actuellement au commandement régional de la gendarmerie", a dit M. Sari, précisant que deux des suspects sont un proche d'Azat Ekinci et son épouse et les autres "des étudiants dans une école religieuse de Syrie".
La Syrie a longtemps hébergé le chef du PKK (séparatistes kurdes de Turquie) Abdullah Ocalan, jusqu'à ce que celui-ci soit expulsé fin 1998 puis arrêté par la Turquie au Kenya le 15 février 1999. (AFP, 30 novembre 2003)
Les talibans libèrent un ingénieur turc kidnappé début novembre
Un ingénieur turc kidnappé début novembre par les talibans sur le chantier de la route Kaboul-Kandahar a été libéré sain et sauf dimanche matin par ses ravisseurs dans le sud-est de l'Afghanistan.
L'ingénieur turc Hasan Onal a été libéré vers 9H30 (5H00 GMT) sur la route Kaboul-Kandahar, près de la localité de Moqur (230 km au sud-ouest de Kaboul, province de Ghazni), selon l'entreprise américaine de travaux publics Louis Berger, en charge de la reconstruction de cette route.
M. Onal a été retrouvé sain et sauf par l'une des équipes de sécurité de Louis Berger. Il est en bonne santé, et a été ramené à Kaboul dimanche après-midi.
Hasan Onal, ingénieur travaillant pour la société turque Guslan Cukurova et son chauffeur afghan avaient été enlevés début novembre par des inconnus alors qu'ils circulaient sur la route Kaboul-Kandahar, dans la province de Zaboul (environ 300 km au sud de Kaboul).
Les deux hommes avaient été emmenés dans les montagnes, vers la frontière pakistanaise. Le chauffeur avait été libéré le lendemain de l'incident, avec une lettre des ravisseurs demandant la remise en liberté de plusieurs responsables talibans emprisonnés.
"Nous le rendons à sa famille et à son pays", s'est félicité le ministre afghan de l'Intérieur, Ali Ahmad Jalali, au cours d'une conférence de presse organisée dimanche après-midi aux côtés de l'ingénieur turc.
Les traits tirés, le visage mangé par une barbe de plusieurs semaines, M. Onal était vêtu à l'afghane et s'est simplement dit "heureux" d'être libre. Il était entouré de deux de ses collègues turcs de Gulsan Cukurova, visiblement émus de retrouver leur ami, ainsi que de l'ambassadeur de Turquie à Kaboul, Mufit Ozdes.
"Cette libération a été obtenue grâce à d'intenses négociations, impliquant le gouverneur de Ghazni, Asadullah Khaled, une délégation du ministère, ainsi que des leaders tribaux", a expliqué le ministre.
"Les talibans se sont rendus compte que le garder ne servirait à rien. Ils l'ont libéré sans condition", a-t-il encore affirmé.
"Il n'y a pas eu d'échanges de prisonniers. Nous avons envoyé des anciens, des responsables religieux pour négocier avec les talibans", a renchéri le gouverneur de Ghazni, assurant que les ravisseurs de l'ingénieur avait également accepté de le libérer "parce qu'il est musulman".
"Les talibans demandaient la libération de huit des leurs, actuellement emprisonnés par le gouvernement. Aucun d'entre eux n'a été remis en liberté", a-t-il encore affirmé.
"Le commandant taliban avec lequel nous avons négocié se nomme Rozi Khan", a précisé M. Asadullah Khaled.
Selon Rozi Khan, cité samedi par l'agence Afghan islamic presse (AIP, basée au Pakistan), l'ordre de remettre en liberté M. Onal est venu du mollah Obaidullah, ancien ministre de la Défense sous le régime des talibans et adjoint du mollah Omar, leader du mouvement islamiste aujourd'hui en fuite et recherché par les troupes américaines.
Les négociations ont été menées du côté taliban par mollah Abdul Rahouf, commandant taliban pour la zone sud-est, et mollah Abdul Salam Roketi, selon un autre responsable taliban pour le sud-est.Interrogé au téléphone satellitaire par l'AFP, cette source a affirmé que neufs talibans avaient été remis en liberté, dont "deux qui ont bénéficié d'une amnistie pour l'Aïd (fin du ramadan)".
Sayed Khel, l'ancien vice-ministre de l'Education sous les talibans, emprisonné par l'actuel gouvernement et dont les combattants islamistes réclamaient depuis plusieurs semaines la libération, figure parmi ces prisonniers libérés, toujours selon la même source.
Le gouverneur de Ghazni a démenti cette dernière information.Mais "quelques autres talibans sans envergure ont été effectivement remis en liberté dans le cadre d'une amnistie ordonnée par le président Hamid Karzaï pour la fin du ramadan", a-t-il cependant reconnu, sans autres précisions. (AFP,30 novembre 2003)
Inculpation du suspect n°1 dans l'attaque suicide contre une synagogue
L'homme présenté par la police turque comme ayant donné le feu vert à l'attaque suicide contre une des synagogues d'Istanbul visées par des attentats le 15 novembre, a été inculpé samedi soir par une Cour de Sûreté de l'Etat et écroué, a rapporté l'agence Anatolie.
Entendu par un procureur puis par un juge, il a été inculpé pour "tentative de renverser l'ordre constitutionnel par la violence", ont indiqué des sources judiciaires à un correspondant de l'AFP sur place.
Il est le premier suspect à être poursuivi sous un chef d'inculpation aussi lourd, les 18 autres inculpés l'ayant jusque-là été pour "appartenance ou assistance à une organisation illégale".
Son crime est passible d'une peine de prison à perpétuité, ayant remplacé pour les crimes contre l'état la condamnation à la peine de mort, après son abolition en août 2002.
Ce suspect avait été amené samedi matin sur les lieux de l'attentat contre la synagogue Beth Israël, dans le quartier de Sisli (rive européenne d'Istanbul), pour une brève reconstitution sur place, deux semaines après le double attentat qui a visé simultanément la synagogue Neve Shalom.
"L'enquête a montré que cette homme avait donné l'ordre de lancer l'opération (suicide) en se rendant sur les lieux peu avant, avec plusieurs des auteurs de l'attaque", avait expliqué dans la matinée la Direction de la Sûreté d'Istanbul.
L'homme, présenté comme Yusuf Polat par les media, avait été intercepté le 25 novembre au poste frontière d'Agri, alors qu'il tentait de fuir vers l'Iran, avec des faux papiers, selon la même source.
Les cinq autres suspects déférés samedi devant la même cour ont été remis en liberté.
Jusque là, neuf personnes ont été écrouées pour leur participation aux attentats contre les synagogues, le 15 novembre, et contre des intérêts britanniques, le 20 novembre, qui ont fait un total de 61 morts et près de 700 blessés. (AFP, 29 novembre 2003)
L'IBDA-C, qui revendique les attentats d'Istanbul, actif en Europe (presse allemande)
Le groupe islamiste extrémiste turc IBDA-C qui revendique, avec Al-Qaïda, les deux séries d'attentats perpétrés à Istanbul, est également actif en Europe occidentale depuis 1995, où il compte quarante membres, rapportent plusieurs médias allemands samedi.
L'IBDA-C est notamment présente en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Suisse et en Suède, selon la chaîne publique de télévision allemande ARD et le journal dominical Welt am Sonntag, qui citent un "rapport interne de la police criminelle allemande (BKA) datant d'avril 2003", dont ils affirment détenir une copie.
La porte-parole de la police criminelle a qualifié les chiffres présentés par les médias de "spéculations". "Nous estimons que le groupe terroriste compte un nombre réduit de membres en Allemagne", a-t-elle ajouté, refusant de commenter davantage un rapport interne.
Les médias allemands affirment qu'IBDA-C compte plusieurs centaines de sympathisants en Allemagne et que les membres du groupe seraient déjà passés à l'action: le 22 novembre 1996, ils auraient incendié un centre culturel turc à Hanovre (nord), et en avril 2001, ils auraient lancé une grenade à main contre le consulat général turc de Duesseldorf (ouest).
D'après l'émission Report diffusée par ARD, le groupe dispose de cellules dans huit villes allemandes.
Dans son rapport d'avril 2003, le BKA juge l'IBDA-C comme "très disposé à recourir à une violence extrême", y compris en Allemagne, et note que "ses actions de propagande et de terrorisme se concentrent sur Istanbul".
L'IBDA-C n'exclut par de recourir à la violence contre l'Allemagne si celle-ci venait à s'engager militairement en Irak par exemple, a en outre mis en garde un membre du groupe, Zafer Yilmaz, lors d'une interview à la chaîne de télévision allemande privée Spiegel TV.
"Istanbul était un détail, le vrai massacre est encore à venir", a déclaré Yilmaz, qui a assuré compter environ 500 sympathisants en Allemagne.
Selon le quotidien turc Aksam, les services de renseignement turcs ont recoupé les informations sur les quatre kamikazes, établissant entre eux de nombreuses similitudes comme leur passage en Tchétchénie et en Bosnie, et leur appartenance aux organisations IBDA-C et Hizbullah. (AFP, 29 novembre 2003)
Une conférence sur Jean Paul II prévue à Istanbul annulée par l'Italie
Le ministère des Affaires étrangères italien a annulé samedi, à la suite de risques signalés par les autorités turques, une rencontre culturelle prévue à Istanbul pour fêter les 25 ans de pontificat de Jean Paul II, a-t-on appris samedi à Rome.
Le cardinal français, Mgr Roger Etchegaray, devait participer à cette rencontre programmée de longue date pour le 2 décembre.
Le ministère italien, la Farnesina, a organisé une série d'initiatives, notamment des conférences avec des vaticanistes de renom et des cardinaux, dans les instituts culturels du monde entier afin de fêter les 25 ans de pontificat de Jean Paul II. La rencontre d'Istanbul s'inscrivait dans ce programme.
La grande métropole turque a été le théâtre en novembre d'une vague d'attentats qui ont visé, le 15 novembre, deux synagogues, faisant 20 morts et plus de 200 blessés, puis des intérêts britanniques, coûtant la vie à 27 personnes et causant plus de 450 blessés.
Après ces attentats, le souverain pontife avait condamné le terrorisme comme "une atteinte à la dignité humaine" et comme "un crime contre l'humanité". (AFP, 29 novembre 2003)
Le bilan des attentats d'Istanbul s'alourdit à 61 morts, dont 4 kamikazes
Soixante-et-une personnes ont été tuées, y compris quatre kamikazes, dans les attentats suicide des 15 et 20 novembre à Istanbul, a-t-on appris vendredi auprès de la police d'Istanbul.
Deux attentats à la voiture piégée, le 15 novembre, devant deux synagogues du centre ville ont fait 29 morts, dont deux kamikazes, et deux attentats similaires, le 20 novembre, devant une banque et devant le consulat britannique ont fait 32 morts, dont deux kamikazes, a déclaré un porte-parole de la police interrogé par l'AFP.
La police a recensé un total de 677 blessés dans les deux attentats, a-t-il ajouté.
D'autre part, quatre "mercenaires" étrangers, un Allemand et trois Turcs, ont été tués par les forces russes, a annoncé vendredi un porte-parole de ces forces, et deux Tchétchènes sont morts dans un règlement de comptes avec un groupe de rebelles, selon une source du ministère russe de l'Intérieur.
Les corps des quatre mercenaires ont été trouvés parmi ceux de 22 rebelles tués lors d'une attaque des forces russes il y a quelques jours près de Serjen-Iourt (sud-est), a expliqué le porte-parole des forces russes dans la république, le colonel Ilya Chabalkine, cité par l'agence Itar-Tass.
"En ce qui concerne l'élimination de citoyens turcs, ce pays membre de l'Otan fait des discours sur l'antiterrorisme mais ne fait pas d'effort pour empêcher l'enrôlement massif de mercenaires à destination de la Tchétchénie", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, un groupe de sept rebelles est entré au domicile d'un représentant local du parti russe Edinaïa Rossia, Idriss Kadyrov, et l'a abattu sur place, jeudi soir dans le village de Dichne-Vedeno (sud-est), selon le ministère russe de l'Intérieur.
Un rebelle, Islam Biziev, se trouvant dans un maison voisine est intervenu après avoir entendu les coups de feu et a été abattu à son tour, selon cette source.
Selon un responsable local du parti Edinaïa Rossia, Khalid Iamadaïev, cité par Interfax, M. Kadyrov se trouvait dans cette région de la Tchétchénie pour convaincre des rebelles indépendantistes de rendre les armes. (AFP, 28 novembre 2003)
Attentats islamiques: Bekir Coskun: "Notre tâche est difficile"
"Même si la comparaison avec les attentats du 11 septembre aux Etats-unis serait excessive, notre travail s'avère plus difficile que celui des Américains quant aux attentats qui viennent d'être perpétrés.
"Nos terroristes ne viennent pas d'ailleurs. Ce sont bien les nôtres. Ils n'ont pas besoin pour perpétrer des attentats d'aller dans un autre pays, de changer d'identité, d'apprendre une autre langue, ou de s'afficher déguisés sous une autre religion. Ils n'ont qu'à sortir de la maison le matin, aller dans le magasin spécialiste en engrais le plus proche, et de commettre l'attentat à la bombe dans lāaprès-midi.
"En plus, celui qui s'est chargé de leur instruction c'est ce même pays. Avec beaucoup d'habilité, les protégeant avec beaucoup d'énergie.
"D'abord dès la naissance, les pères et mères ont égorgé un ovin et leur ont appliqué le sang avec leur doigt sur leur front.
"Au lieu des écoles de la République, leur éducation débute dans les cours propres aux sectes. On leur apprend que tous ceux qui ne sont pas comme eux sont des "mécréants".
"Depuis 1950, ils ont le soutien des différents gouvernements, les présidents et les gouvernements. En laissant ces établissements dispenser leur enseignement, mais aussi en les finançant sur les fonds secrets. Et puis en prenant officiellement la défense de ceux qui ont brûlé les mécréants, intellectuels, musiciens et écrivains (ndlr: en 1993 les islamistes ont incendié un hôtel à Sivas qui accueillait des intellectuels alévis dont le célèbre humoriste Aziz Nesin. La police turque a empêché le travail des secours). D'autres pour sauver ces terroristes religieux ont décrété des lois d'amnistie comme il y a quelques semaines.
"Les islamistes ont beau chercher les coupables à l'étranger, ces derniers sont parmi nous, sont des nôtres." (Bekir Coskun, Hürriyet, 21 novembre 2003)
Une nouvelle tension turco-européenne concernant les mesures contre la terreur
Le ministère britannique des Affaires étrangères a averti mardi soir ses ressortissants de la possibilité de nouvelles attaques après celles qui ont frappé les 15 et 20 novembre Istanbul, faisant 55 morts et près de 750 blessés, selon un dernier bilan.
"Nous avons des informations suggérant que d'autres attaques pourraient être imminentes à Istanbul et Ankara", avait notamment affirmé le Foreign Office dans un communiqué.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué Londres pour sa mise en garde contre de possibles attaques terroristes "imminentes" en Turquie tandis que la justice inculpait mercredi trois nouveaux suspects des attentats d'Istanbul.
"Si nous allons mettre en place une plate-forme commune pour la lutte contre le terrorisme international (...) alors de tels renseignements ne devraient pas être transmis par les médias mais devraient être communiqués directement au pays concerné", a déclaré M. Erdogan à la presse.
Un diplomate britannique a affirmé que Londres partageait toutes les informations dont il dispose avec les autorités turques.
"Tout ce que nous avons, les Turcs l'ont aussi", a-t-il déclaré.
La Fédération turque de football (TFF) a par ailleurs présenté un recours à l'Union européenne de football (UEFA) pour qu'elle revienne sur sa décision de faire jouer à l'étranger trois matches de Coupe d'Europe, prévus en Turquie, en raison des inquiétudes liées aux attentats.
Le vice-président de la TFF Ata Aksu a annoncé avoir donné 48 heures à l'UEFA pour qu'elle revienne sur sa décision, critiquant le fait qu'elle ait été annoncée par voie de presse et qu'elle ne prenne pas en compte les garanties données par l'état turc.
"Faute d'une réponse positive, nous porterons l'affaire devant la Cour d'arbitrage des sports (CAS) et demanderons la suspension de la mise en application" de la décision.
Dans la journée, la police a multiplié les contrôles et les interpellations. A Istanbul, sur plus d'une quarantaine d'interpellations, 18 personnes ont été présentées au procureur d'une cour de sûreté de l'Etat qui a relâché 14 d'entre elles et demandé l'arrestation de quatre autres, entendues par un juge en fin de journée.
Parmi elles, deux hommes et deux femmes, et, parmi les personnes relâchées figurait un ressortissant suédois d'origine irakienne.
Trois des quatre suspects interrogés mercredi soir ont été placés en état d'arrestation, le quatrième a été remis en liberté.
A Ankara, "un ou deux" suspects étaient toujours entendus par la police antiterroriste.
Les suspects, dont nombre de parents ou amis des kamikazes tués dans les attentats, peuvent être maintenus en détention pendant quatre jours avant de comparaître devant un tribunal pour se voir notifier leur inculpation ou une prolongation de leur garde à vue.
Selon la presse, la police a procédé ces derniers jours à de nombreuses interpellations, mais aurait déjà relâché la majorité des personnes interrogées.
La presse donnait très peu de détails sur ces arrestations en raison d'une décision de justice lui interdisant de publier des informations sur l'enquête.
Mercredi matin, l'AFP avait comptabilisé 15 personnes comme ayant déjà été inculpées devant des Cours de la sécurité d'Etat "d'appartenance et de soutien à une organisation clandestine", de "tentative visant à renverser l'ordre constitutionnel" ou de "soutien à une organisation illégale".
D'autres suspects pourraient être inculpés d'ici la fin de la semaine, selon la police qui a renforcé les mesures de sécurité dans les grandes villes du pays.
A Istanbul, on signalait ainsi une multiplication des barrages routiers, notamment sur les ponts reliant la côte asiatique à la côte européenne et la mise en place de blocs de béton devant des grands hôtels. A Ankara, les contrôles ont été renforcés dans les grands magasins et leurs parkings, ainsi qu'à l'aéroport. (AFP, 26 novembre 2003)
Le Premier ministre rejette l'épithète "islamiste" attribué aux attentats
La Turquie va revoir sa stratégie de lutte contre le terrorisme après une vague d'attentats meurtriers à Istanbul, a affirmé mardi le chef de la diplomatie turque Abdullah Gul.
"Il y aura des efforts pour définir une nouvelle stratégie de lutte contre le terrorisme", a-t-il déclaré, selon l'agence Anatolie.
M. Gul a mis l'accent sur le côté "nouveau" pour les Turcs des attentats suicide à la voiture piégée des 15 et 20 novembre à Istanbul, qui ont fait 53 morts et des centaines de blessés.
Les attentats, "pas très sophistiqués", auraient été commis avec des explosifs à base de nitrates, utilisés dans la fabrication d'engrais chimiques.
Le ministre a également mis l'accent sur le besoin de renforcer les activités et la coordination des divers services de renseignements, ainsi que les capacités de la police.
D'autre part, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué mardi l'épithète "islamiste" associé aux attentats suicide, attribués à des musulmans extrémistes, qui ont meurtri la ville d'Istanbul.
"L'Islam veut dire la paix et l'amour. Personne n'a le droit de faire de notre religion un épithète pour désigner la terreur (...) Il ne nous est pas possible, à nous enfants musulmans de cette nation, d'accepter cela", a affirmé le Premier ministre dans un discours aux membres de son parti de la Justice et du Développement (AKP) à Istanbul.
"N'y a-t-il pas de terroristes parmi les musulmans? Bien sûr que si. Il y a des terroristes dans tous les segments de la societé. On peut les trouver parmi les juifs, parmi les chrétiens. Doit-on alors commencer à juger ces religions et les soupçonner?"
"Le terrorisme n'a pas de religion, de race ou de nationalité", a-t-il affirmé.
L'AKP est issu de partis islamistes qui ont été interdits, mais M. Erdogan affirme avoir tourné la page et défend aujourd'hui l'Etat laïque et prône l'adhésion du pays à l'Union européenne. (AFP, 25 novembre 2003)
Trois matches prévus en Turquie sont reportés à cause des attentats
Le comité d'urgence de l'UEFA, réuni mardi à Bruxelles, a décidé que trois rencontres de C1 et de C3, prévues au cours des deux prochaines semaines, se joueront dans un ou plusieurs autres pays européens qui n'ont pas encore été déterminés, tout comme les dates où elles se disputeront.
La rencontre entre Galatasaray (1re div. turque), club stambouliote, et la Juventus Turin (1re div. italienne), comptant pour la 5e journée de la 1re phase (groupe D) de la Ligue des champions, initialement prévue ce mardi soir à Istanbul, avait dans un premier temps été reportée au 2 décembre.
La rencontre de la 6e journée de la 1re phase de la Ligue des champions entre Besiktas (1re div. turque), autre club stambouliote, et Chelsea (1re div. anglaise) devait se dérouler le 9 décembre.
L'UEFA avait également décidé de reporter le match du 2e tour retour de la Coupe de l'UEFA entre le club israélien du Maccabi Haïfa et la formation espagnole de Valence, qui devait se dérouler jeudi à Izmir. Cette rencontre devait se disputer en Turquie car, depuis octobre 2001, l'UEFA interdit à Israël de recevoir sur son sol des clubs ou des équipes nationales, en raison des problèmes de sécurité.
Le ministre turc des Sports a vivement critiqué une décision de l'Union européenne de soccer (UEFA) de faire jouer sur terrain neutre trois matches de Coupe d'Europe, qui devaient initialement se dérouler en Turquie, en raison des attentats meurtriers d'Istanbul.
"C'est une décision très malencontreuse, c'est une erreur", a déclaré Mehmet Ali Sahin, également vice-Premier ministre, sur la chaîne d'information CNN-Turk.
Selon M. Sahin, l'UEFA a "malheureusement cédé" devant le terrorisme. "Cette décision ne fait que servir les objectifs des terroristes: isoler la Turquie", a encore précisé le ministre.
Mete Duren, un porte-parole de Besiktas, cité par l'agence Anatolie, a critiqué la décision de l'UEFA, soulignant que son club souhaitait jouer à domicile sa rencontre "très importante" contre les Anglais de Chelsea.
Le comité directeur de Galatasaray doit se réunir mercredi pour évaluer la décision de l'UEFA, ajoute Anatolie. (AFP, 25 novembre 2003)
Les racines de la récente violence islamique sont en Turquie
Les enquêtes récentes ont montré que tous les kamikazes sont turcs et les racines de cette violence islamique ne se trouvent pas dans Al-Qaïda, en Afghanistan, en Irak ou au Pakistan, mais juste en Turquie elle-même.
En fait, la violence islamique avait commencé en Turquie dans les années 60 et culminé dans les années 90 avec l'appui des forces armées turques et des gouvernements.
Ce sont les islamistes turcs qui ont attaqué et massacré les progressistes turcs le "dimanche sanglant" de 1969 lors que ces derniers se réunissaient à Istanbul dans une manifestation pour protester contre l'arrivée de la sixième flotte américaine. A cette époque-là, les islamistes, comme les Loups Gris fascistes, étaient les supporters les plus fidèles des Etat-Unis.
C'étaient les Islamistes turcs proches du parti du bien-être (RP), l'ancien parti politique du Premier ministre Tayyip Erdogan, qui avaient assassiné en brûlant 37 intellectuels en 1993 à Sivas simplement pour leur solidarité avec la communauté alévite.
Dans les années suivantes, c'était le Hezbollah, armé par l'Armée turque, qui a assassiné des centaines d'intellectuels et activistes politiques turcs et kurdes simplement pour leur solidarité avec les revendications du peuple kurde pour les droits égaux.
C'étaient les avions militaires qui jetaient des tracts dans le Kurdistan turc pour appeler la population à la jihad (guerre sainte) contre les "Kurdes non-fidèles" à côté de la "dernière armée puissante de l'Islam".
Nous rediffusons ci-après de grands extraits de l'analyse d'un journaliste turc distingué, Ertugrul Kürkçü, sur l'hypocrisie du gouvernement turc. (Info-Türk, 23 novembre 2003)
Gouvernement, État, Violence Islamique!
Les "espoirs" et les prières étaient en vain. Le gouvernement turc espérait que les kamikazes, qui ont effectué des attaques à deux synagogues d'Istanbul, seraient des Arabes ou des Afghans, ou au moins des Pakistanais. Mais la réalité est claire: Les attaquants de suicide étaient les citoyens turcs.
Les racines des attaques sont extrêmement profondes et étendues et au loin et ces attaques ne peuvent pas être simplement reliées aux courants externes en disant qu'elles sont "des attaques barbares commises par Al-Qaïda. Bien qu'Al-Qaïda "ait réclamé la responsabilité," selon les dépêches, les racines des attaquants se trouvent ici, dans la province du sud-est de Bingol.
Bingol, le pays de Hezbollah
Bingol est l'un des lieux de naissance de Hezbollah. On se souviendra d'Hezbollah avec une série d'opérations en 2000 au cours des quelles son chef Huseyin Velioglu a été tué et les "maisons tombeau," ont été découvertes. Hezbollah visait à installer un état islamique en Turquie. Après avoir été scindé en deux sous les noms Ilim (Science) et Menzil (Etape), les "scientifiques" ont commencé à éliminer ceux qui appartenaient à Menzil en une série de massacres. Ils empaquetaient leurs victimes dans un "noeud de porc" et les enterraient enterrés dans ces maisons de tombeau.
On va se rappelle encore d'une autre chose: Hezbollah, organisée notamment chez les islamistes kurdes, attaquait avec poignards aux rebelles Kurdes de PKK dans les provinces de Bingol, Diyarbakir, Van et Batman. Là, ils ont commis plus de 500 meurtres.
Le chroniqueur Hasan Cemal du journal de Milliyet avait cité les paroles du général Hasan Kundakci qui y était un commandant à l'époque des conflits sanglants.
"Pendant que nous suivions le PKK avec toutes nos forces, ils sont laissés intacts. C'est le premier principe principal de la stratégie. Nous connaissions Hezbollah. Ils ont d'abord tenté de récupérer les mosquées qui étaient sous l'influence du PKK. Après cette récupération, ils sont devenus actifs autour des mosquées. Mais ils ont évité de nous confronter."
Ressource humaine de la violence islamique
Alors, qu'est-ce qu'il est arrivé à la ressource humaine de Hezbollah? Qu'est arrivé au potentiel dévastateur de cette ressource humaine?
Voici une "recherche policière" qui a été publiée dans les journaux:
"Une recherche conduite par des fonctionnaires de sécurité sur base des informations récoltées sur 2.000 membres de Hezbollah prouve que cette organisation terroriste se composait majoritairement des jeunes entre les âges de 15-24. Deux pour cent des effectifs de l'organisation se composait des personnes entre les âges 35-65. Deux et demi pour cent se composait des enfants entre les âges de
10-14.""40,5 pour cent des membres de Hezbollah sont des diplômés de lycée; 1,5 pour cent des terroristes étaient illettrés, 19 pour cent étaient des diplômés d'école primaire, 14 pour cent diplômés de collège, et 22 pour cent sont des diplômés d'université."
"Hezbollah effectuait 97,5 pour cent de ses activités aux centres de ville. 27 pour cent des militants étaient des étudiants, 28,5 pour cent indépendants, 14 pour cent ouvriers, et 1,1 pour cent fermiers. Des fonctionnaires composaient un pour cent des militants, et des femmes 2,5 pour cent."
Tolérance vis-à-vis de la violence islamique
Les kamikazes présumés de synagogues, est-ce qu'ils sont différents de ce profil?
Tous sont des diplômés de lycée. Ils ne pourraient pas continuer leur éducation, et ils sont entre les âges de 20-25. Tous se sont tournés vers des cultes et des organismes en raison de leur désespoir. Tous ont pris une mission religieuse et participé à des activités en dehors de la Turquie sous la protection ou la direction de l'Etat.
Ils sont des modèles: ceux qui se sont joints des groupes terroristes en Chechnya ou en Bosnie, ceux qui ont perdu leurs vies là, ceux qui ont kidnappé des bateaux, occupé des hôtels, et en même temps, ceux qui ont été traités comme des héros par les dirigeants de l'Etat, embrassés sur leurs fronts, et libérés ou permis "d'évader.
Trois pays dans un pays
Les commentateurs turcs considèrent les kamikazes en Palestine, au Moyen-Orient ou ailleurs, comme des "types différents" n'ayant pas des semblants en Turquie. "Un kamikaze" ne peut être qu'Arabe ou quelqu'un du Moyen-Orient.
On oublie facilement... On oublie facilement que la Turquie n'est pas une société homogène, que les gens en Turquie s'éloignent sous la pression de la globalisation, que plusieurs pays caractérisés par des "inquiétudes, douleurs et fiertés" différentes sont créés au sein de ce pays.
Nous oublions que la Turquie n'a jamais été un pays de tolérance entre les cultures dont nos politiciens peuvent être fiers. Nous oublions que les non-musulmans ont dû payer l'"argent de protection et les taxes de tête" pendant des siècles, ont été forcés à émigrer, obligés de payer des "impôts fonciers", envoyés "aux camps de travail forcé," et ont vécu le pillage des 6-7 septembre [1955].
Nous avons oublié le "dimanche sanglant," et "Sivas," "Maras," et les massacres de "Corum". Nous avons oublié l'abattage de Madimak [Sivas]. Nous avons oublié "la guerre kurde," qui a tué 30.000 personnes... Et nous crions tous ensemble, "ceux-ci ne peuvent pas être des musulmans, ceux-ci ne peuvent pas être les citoyens de la République turque, les nôtres n'attaqueraient pas des synagogues."
Il serait bien si l'on n'oublie pas où vivons-nous. Nous sommes des citoyens d'un Etat qui déploie les Islamistes dans des opérations secrètes contre les gens de gauche, contre les Kurdes et Alevites. Nous ne devrions pas oublier que nous vivons dans une terre où un mouvement islamique, qui considère la "jihad" (guerre sainte) légitime pour saisir le pouvoir, est en train de se développer. Nous ne devrions pas oublier que nous sommes des individus d'une société intolérante. Si nous ne les oublions pas, nous ne serons jamais surpris.
Notre Premier ministre ne sera pas surpris non plus. Un militant islamiste qui hier criait, "les minarets sont nos baïonnettes, les dômes de [mosquée] sont nos casques, les mosquées sont nos casernes," peut paraître aujourd'hui sensible la couronne qu'il porte. Mais il ne devrait pas oublier qu'il est parmi ceux qui ont poussé ces jeunes à choisir la "jihad", les jeunes dont le seul et l'unique espoir est de devenir des martyres par faire exploser le monde.
Chaque islamiste n'est pas identique. Si l'Islam "modéré" pro-globalisation de Tayyip Erdogan ne reflète pas la fureur des pauvres, est-ce qu'ils sont les pauvres qui sont à blâmer, ou est-ce qu'ils sont l'inégalité, l'injustice, la pauvreté, l'intolérance et la cruauté poursuivies également sous le gouvernement de Tayyip Erdogan sont à blâmer?
C'est partiellement pourquoi le gouvernement considère les attaques contre les synagogues comme des attaques contre lui-même. Puisqu'il voit qu'il n'a plus d'autorité sur ceux qu'il avait encouragé pour la "jihad" hier. Et parce qu'il se rend compte de ceci: Il était de même manière l'anti-juif Erbakan a dû coopérer avec Israël; de même manière l'anti-kurde Bahceli a dû suspendre la peine capitale d'Ocalan; et de même manière l'anti-européen Ecevit a dû digérer le fait que la Turquie devient candidate à l'Union européenne. Maintenant le système oblige Tayyip Erdogan, qui est partisan de la loi islamique, d'accomplir la tâche de nettoyer l'Islam!
Soit il s'y conformera, soit il abandonnera.(Ertugrul KURKCU, BIA News Center, 22 Novembre 2003)
The recent islamic violence's roots are in Turkey *
The recent inquiries have proven that all of the suicide bombers are Turkish and the roots of the this Islamic violence are not in al-Qaida, Afghanistan, Iraq or Pakistan, but just in Turkey. In fact, the Islamic violence had started in Turkey in the years 60 and culminated in the years 90 with the support of the Turkish Armed Forces and the governments.
It was on Bloody Sunday of 1969 that the Turkish Islamists attacked and massacred les progressive people demonstrating against the arrival of the US Sixth Fleeth to Istanbul. At that time, Turkish Islamists, ast the fascist Grey Wolves, were among the most loyal supporters of the United-States in Turkey.
It was the Turkish Islamists near to the Prime Minister Erdogan's former political party, Welfare Party (RP), that assassinated by burning 37 Turkish and Kurdish intellectuals for their solidarity with the Alevite community in 1993 in Sivas.
In the following years, it was the Hezbollah, armed by the Turkish Army, that assassinated hundreds of Turkish and Kurdish intellectuals and political activists simply for their solidarity with the Kurdish people's claims for équal rights.
It was the Turkish military aircrafts that were throwing in the Turkish Kurdistan the tracts calling the people to join the Jihad (holy war) against "non-fidel Kurds"by the side of the "last powerful army of Islam".
To deepen this point of view, we are reprinting large extracts of the analysis of a distinguished Turkish journalist, Ertugrul Kürkçü on the Turkish Government's hypocrisy. (Info-Türk, November 23, 2003)
Government, State, Islamic Violence!
"Hopes" and prayers were in vain. The Turkish government had hoped that the suicide bombers, who carried out attacks to two Istanbul synagogues Saturday, were Arabs, or Afghans, or if not, at least Pakistanis. But the reality is clear: The suicide attackers were Turkish citizens.
The roots of the attacks run too deep and wide to be connected to external currents by saying they are "barbaric attacks by al-Qaida. Although al-Qaida has reportedly "claimed responsibility," the roots of the attackers are here, in the southeastern province of Bingol.
Bingol, Hezbollah's country
Bingol is one of the birthplaces of Hezbollah. You will recall Hezbollah from a series of operations in 2000, in which its leader Huseyin Velioglu was killed and the "tomb houses," were discovered. Hezbollah aims to set up an Islamic tate in Turkey. After splitting into two under the names "Science," and "Range," the "scientists" started wiping out those belonging to the "Range," in the form of serial killings, tied them in a "pig ties," style and buried them in these tomb houses.
You will remember one more thing: Hezbollah, that essentially organizes the Islamist Kurds, attacked with chopper knives to the Kurdish rebels of PKK in the provinces of Bingol, Diyarbakir, Van and Batman and committed over 500 homicides.
Writer Hasan Cemal of the Milliyet newspaper had quoted Liutenant General Hasan Kundakci, who was a commander at the time of the bloody clashes.
"As we went after PKK with full force, they saved their power. This is the main principle of the strategy. We were aware of Hezbollah. They first tried to seize the mosques that were in the hands of PKK. After seizing them, they became active around the mosques. But they did not try to confront us."
Human resource of Islamic violence
So what happened to Hezbollah's human resource? What happened to this human resource's devastating potential?
The following is a "police investigation" which had been published in newspapers:
"An investigation conducted by security officials on the filed information on 2,000 Hezbollah members shows that the terrorist organization is mostly made up of youngsters between the ages of 15-24. Two percent of the organization is made up of people between the ages 35-65. Two and a half percent of the organization is made up of children between the ages of 10-14."
"40.5 percent of the Hezbollah members are high-school graduates; 1.5 percent of the terrorists are illiterate, 19 percent are elementary school graduates, 14 percent are middle school graduates, and 22 percent are university graduates."
"Hezbollah conducts 97.5 percent of its activity in the city centers. 27 percent of the militants are students, 28.5 percent are self-employed, 14 percent are workers, and 1.1 percent are farmers. Civil servants make up one percent of the militants, and women make up 2.5 percent."
Tolerating Islamic violence
Are the suspects of the synagogue bombings any different from this profile?
All are high-school graduates. They could not continue with their education, and they are between the ages of 20-25. All of them have turned to cults and organizations as a result of their hopelessness. All of them took up a religious mission and joined activities outside of Turkey under state protection or direction.
The models created by those who joined the terrorist groups in Chechnya or Bosnia, those who lost their lives there, those who kidnapped ships, occupied hotels, and at the same time, those who were treated like heroes by the state officials, kissed on their foreheads, and released or allowed to "run away."
Three countries in one country
Turkish commentators, looked at suicide bombers in Palestine, the Middle East, or elsewhere, as a "different type of people" who did not have alikes in Turkey.
"A suicide bomber" could only be an Arab or someone from the Middle East.
We forget easily...We forget easily that Turkey is not a homogenous society, that people in Turkey are drifting away from each other also with the pressure of globalization, that many countries with separate "worries, sorrows and prides," are being created within this country.
We forget that Turkey has never been the country of tolerance between cultures that our politicians take pride in. We forget that non-Muslims had to pay "protection money and head taxes" for centuries, forced to "emigrate," required to pay "property taxes," sent to "working camps," and lived through the September 6-7, [1955] looting.
We forgot the "Bloody Sunday," and the "Sivas," "Maras," and "Corum" massacres. We forgot the Madimak [Sivas] slaughter. We forgot the "Kurdish War," that killed 30,000 people...And we shout all together, "These cannot be Muslims, these cannot be Turkish Republic's citizens, ours would not attack synagogues."
It would be good if we did not forget where we live. We are citizens of a state that deploys Islamists in secret operations against leftists, Kurds and Alevites. We should not forget that we live in a land where an Islamic movement, that sees "jihad" as legitimate to seize power, is growing. We should not forget that we are individuals of an intolerant society. If we don't forget these, we will not be surprised.
Our prime minister will not be surprised either. The Islamist militant who yesterday was shouting, "minarets are our bayonets, domes are our helmets, mosques are our barracks," may have become a sensible today with the crown he is wearing. But he should not forget that he is among those who pushed these young people, whose one and only hope was to be martyrs by blowing the world up, to chose "jihad."
But not every Islamist is the same. If Tayyip Erdogan's pro-globalization "moderate Islam" does not reflect the rage of the poor, are the poor to blame, or is the inequality, injustice, poverty, intolerance and cruelty also going on in Tayyip Erdogan's government to blame.
This is partly why the government saw the synagogue attacks as attacks against itself. Because it can see that it no longer has authority over those whom it encouraged for "jihad" yesterday. And because it understood that: The same way anti-Jewish Erbakan had to be the one to cooperate with Israel, the same way anti-Kurd Bahceli had to be the one to lift Ocalan's death sentence, and the same way anti-Europe Ecevit had to be the one seeing Turkey become an EU candidate, the system is now leaving it up to Tayyip Erdogan, who is pro- Islamic law, to clean up Islam!
Erdogan will either go along with this, or give up. (Ertugrul KURKCU, BIA News Center, November 22, 2003)
Attentat suicide de Kirkouk: arrestation de trois Turcs (UPK)
Trois Turcs soupçonnés d'implication dans l'attentat suicide jeudi contre les bureaux de partis kurdes à Kirkouk (nord) ont été arrêtés, a indiqué dimanche un responsable de l'Union Patriotique du Kurdistan (UPK).
"Nos milices (peshmergas), en collaboration avec le bureau irakien des enquêtes (KBI), ont arrêté trois Turcs soupçonnés d'implication dans l'attentat", a déclaré à l'AFP Ramadane Rachid Mohieddine.
Les suspects ont été capturés le jour même de l'attentat près des bureaux visés, a-t-il précisé.
"Les Turcs avaient des passeports turcs et des téléphones satellitaires au moment de leur arrestation", a ajouté le numéro deux à Kirkouk de l'UPK.
Cinq Irakiens, dont trois enfants, ont été tués et plus d'une trentaine de personnes blessées par l'explosion d'une voiture piégée qui a foncé sur un barrage proche des bureaux de l'UPK et du Parti démocratique du Kurdistan (PDK).
Le KBI a été mis en place par la coalition américaine et ses bureaux sont situés au siège de la police de la province de Kirkouk.(AFP, 24 novembre 2003)
Bingol, ville de kamikazes turcs, dans le collimateur de la police
La police turque et Scotland Yard, dans le cadre de l'enquête sur les attentats contre des intérêts britanniques à Istanbul jeudi, s'intéressent à la ville turque de Bingol (sud est) d'où venaient les kamikazes qui ont frappé deux synagogues le 15 novembre, affirme le Times lundi.
"Bingol est au coeur des enquêtes sur quatre attaques perpétrées à Istanbul, y compris les attaques à la bombe contre deux synagogues, et au camion piégé contre le consulat général de Grande-Bretagne et la banque britannique HSBC", écrit le Times sans citer de source.
Selon le quotidien britannique, "deux kamikazes et un troisième suspect dans le double attentat contre les synagogues" le 15 novembre, étaient "originaires de la ville de (Bingol)", située environ à 960 km au sud-est d'Istanbul.
De ce fait, les agents de Scotland Yard dépêchés en Turquie, dans le cadre de l'enquête sur le double attentat du 20 novembre contre des intérêts britanniques, "ont l'intention de se rendre dans cette ville" de Bingol, croit savoir le Times, "à la recherche du cerveau" de ces opérations suicides.
Les enquêteurs de la branche antiterroriste de Scotland Yard, "espèrent s'y rendre le plus tôt possible mais l'autorisation leur a pour l'instant été refusée", précise le Times.
Les attentats du 15 et du 10 novembre ont été revendiqués au nom de la nébuleuse d'Al-Qaïda et d'un groupe islamiste turc clandestin, IBDA-C. Ces revendications n'ont pas été authentifiées.
Dix-huit personnes soupçonnées d'implication dans les attentats contre le consulat général britannique et la HSBC ont été appréhendées par la police anti-terroriste turc, selon la presse turque.
Aussi, afin de "découvrir si le groupe militant islamiste planifie d'autres attaques contre des cibles britanniques" à Istanbul, écrit le Times, les policiers britanniques "souhaitent également interroger les 18 personnes détenues par les autorités turques, dont certains sont des membres des familles" des kamikazes. (AFP, 23 novembre 2003)
Le Premier ministre s'interroge sur le rôle d'Al-Qaïda
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a déclaré ne "pas être sûr à cent pour cent" de l'implication d'Al-Qaïda dans les attentats d'Istanbul, où la communauté britannique a rendu hommage dimanche à ses victimes.
"Ces attentats sont-ils le fait du conglomérat Al-Qaïda, de cette holding, ou est-ce le fait d'une autre organisation terroriste, nous n'en sommes pas encore certains à cent pour cent (...) Mais ce qui est certain, c'est que ces attentats ont un motif religieux", a-t-il affirmé à la BBC.
Deux vagues d'attentats suicide, les 15 et 20 novembre, ont frappé Istanbul, faisant au moins 53 morts et des centaines de blessés, la première contre deux synagogues et la seconde contre le consulat général de Grande-Bretagne et la banque britannique HSBC.
Ils ont été revendiqués au nom de la nébuleuse d'Al-Qaïda et d'un groupe islamiste turc clandestin, IBDA-C. Ces revendications n'ont pas été authentifiées.
Selon le vice-Premier ministre Abdullatif Sener, les attentats sont liés à la guerre menée par les Etats-Unis en Irak et le conflit israélo-palestinien.
"Nous devons prendre en compte le fait que la nouvelle situation qui a émergé en Irak ces derniers mois et les conflits qui perdurent (dans la région) ont une influence", a-t-il dit, cité par l'agence Anatolie.
La petite communauté britannique d'Istanbul a rendu hommage aux victimes des attentats, dont son consul, au cours d'une cérémonie religieuse.
Sa veuve Victoria Short participait à la cérémonie à l'église anglicane, à quelques centaines de mètres du consulat où son mari Roger, 59 ans, et neuf autres employés ont été tués jeudi dans l'explosion d'une voiture piégée.
Un important cordon de sécurité avait été déployé autour de l'église située dans une rue étroite de la vieille ville.
Les Turcs se préparaient à entrer dans une semaine de vacances à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, la fin du Ramadan, baptisé "fête du sucre" en Turquie, et se pressaient dans les marchés pour faire leurs emplettes.
Les autorités turques, qui ont annulé les permissions des policiers à Istanbul, observaient une vigilance accrue dans tout le pays.
Londres et Washington ont en effet évoqué la possibilité de nouveaux attentats en Turquie.
Alors que peu de détails filtraient sur l'enquête, plusieurs quotidiens évoquaient un manque de coordination entre les différents services de renseignement du pays.
Le quotidien Radikal, citant des sources officielles, affirmait que les services secrets du MIT, ceux de la gendarmerie et ceux de la police disposaient "de suffisamment d'information pour prévenir les attaques ou tout du moins pour en atténuer la portée".
"Mais les mesures nécessaires n'ont pas été prises parce que les différents éléments d'information dont disposaient les différents départements n'ont pas été réunis", selon ce journal.
M. Erdogan avait évoqué dès jeudi de possibles "déficiences" dans le travail des services de renseignement.
Selon des informations de presse, 18 personnes ont été arrêtées par la police depuis jeudi dans le cadre de l'enquête sur les attentats.
Le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer est attendu à Ankara pour une visite de quelques heures lundi pour y rencontrer son homologue turc, Abdullah Gul, et exprimer sa "solidarité envers le peuple turc" après les attentats, selon son ministère.
La presse turque vilipendait par ailleurs le chef de la police d'Istanbul, Celalettin Cerrah, qui l'avait accusée la veille d'être responsable de la deuxième vague d'attentats pour avoir publié de "façon irresponsable" des informations sur l'enquête, alors que les autorités étaient "à une heure" d'arrêter les coupables.
"M. le directeur (de la sûreté) ferait mieux de faire son travail que de blâmer la presse pour sa propre négligence", affirmait ainsi Radikal.(AFP, 23 novembre 2003)
Le gouvernement et la police rejettent la responsabilité sur les médias
Pour faire oublier sa propre responsabilité dans la récente violence islamiste, le gouvernement et ses chefs policiers ont lancé une campagne d'accusations contre les médias.
Le chef de la police d'Istanbul Calalettin Cerrah a accusé samedi la presse d'être responsable de la deuxième vague d'attentats à la voiture piégée, en publiant de "façon irresponsable" des informations sur l'enquête alors que les autorités étaient "à une heure" d'arrêter les coupables.
"La publication irresponsable d'informations au nom de la liberté de la presse est malheureusement responsable de la mort de 27 citoyens", a affirmé Cerrah, cité par l'agence Anatolie.
S'exprimant lui aussi lors des funérailles pour les deux policiers tués jeudi, M. Erdogan a souligné que malgré l'interdiction du tribunal "les médias continuent à diffuser des images horribles et à donner des noms".
"Au nom de Dieu, comment allons-nous combattre le terrorisme quand cela a lieu? (...) J'en appelle en ce jour à la presse pour qu'elle agisse de façon responsable", a-t-il ajouté.
Le responsable de la commission d'Etat pour l'audiovision, Fatih Karaca, a admis samedi que les médias avaient commis "des erreurs", ajoutant qu'il avait appelé les radios et télévisions "à observer des règles éthiques et à faire preuve de sang-froid".
"Les diffusions radio-télévisées doivent se faire avec tact et sang-froid et les médias sont d'accord avec cela", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.
Dans son discours prononcé à l'occasion des funérailles officielles de deux policiers tués jeudi devant l'entrée du consulat britannique par l'explosion d'une de deux voitures piégées, M. Cerrah a affirmé que la presse turque avait publié les noms des responsables des attaques immédiatement après la première vague d'attentats suicide du 15 novembre contre deux synagogues.
"Nous avions très rapidement identifié les coupables après la première attaque et avions remonté la filière de leurs associés, mais malheureusement la presse, qui a agi de façon irresponsable, a identifié les coupables et leurs collaborateurs", a affirmé M. Cerrah.
Au lendemain des attentats à la voiture piégée contre les deux synagogues, qui ont fait 25 morts et près de 300 blessés, les journaux turcs avaient publié les noms et les photos des deux kamikazes présumés, Mesut Cabuk and Gohkan Elaltuntas, ainsi que ceux de deux complices présumés, Azad Ekinci et Feridun Ugurlu, originaires de Bingol, dans l'est du pays.
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait immédiatement critiqué la presse et, à la demande des autorités, un tribunal avait interdit aux médias de donner de nouvelles informations sur le déroulement de l'enquête.
Les jours suivants, plusieurs journaux ont toutefois laissé filtrer quelques détails, évoquant notamment de nouvelles arrestations.
Il a toutefois également mis en cause les autorités, estimant que le manque d'informations officielles après les attentats avaient encouragé la propagation de rumeurs, voire de fausses informations. (AFP, 22 novembre 2003)
Manifestations pour dénoncer les attentats d'Istanbul
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi sous haute sécurité dans les principales grandes villes de Turquie pour condamner les attentats meurtriers d'Istanbul, mais aussi pour dénoncer les Etats-Unis.
A Istanbul, théâtre le 15 novembre et jeudi dernier de quatre attentats suicide qui ont fait au moins 52 morts et près de 750 blessés, environ 3.000 personnes se sont rassemblées sur la place centrale de Taksim à l'appel de plusieurs syndicats et organisations non gouvernementales turques de gauche sous le thème de "la paix contre la violence et le terrorisme".
De nombreux manifestants portaient le drapeau turc et scandaient "Non à la guerre, oui à la paix", mais aussi "A bas l'impérialisme américain" et "Non aux Yankees".
Une minute de silence a été observée à la mémoire des victimes.
Quelque 200 policiers anti-émeutes se sont tenus à l'écart des manifestants, prêts à intervenir contre tout débordement.
Les manifestants ont remonté le long de la rue piétonne d'Istiklal jusqu'aux barrières de la police barrant l'accès au consulat général de Grande Bretagne, visé par un des deux attentats suicide de jeudi, à la voiture piégée.
Les attentats du 15 novembre contre deux synagogues ont causé la mort de 25 personnes et celles de jeudi, contre une banque britannique et contre le consulat, ont fait au moins 27 morts.
Des manifestations similaires ont eu lieu à Ankara et dans la ville d'Izmir, sur la côte égéenne du pays, selon l'agence Anatolie. Ces manifestations ont pris fin sans incidents.
"Il faut absolument rester unis après ces attaques, sinon les terroristes auront gagné", a affirmé à l'AFP Kiymet, une institutrice d'une quarantaine d'années.
Selon cette militante de gauche, les attentats sont "liés" aux Américains et provoqués par la politique pro-occidentale du gouvernement de Turquie, alliée des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne au sein de l'Otan.
"Nous connaissons les tueurs" proclamait notamment une pancarte de militants du parti communiste (TKP) sur laquelle on pouvait voir des photos du président américain George W. Bush, le Premier ministre britannique Tony Blair et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.
L'institutrice a regretté toutefois la manifestation ait attiré "si peu de gens, malgré l'ampleur des attaques" dans cette métropole économique du pays qui compte près de 15 millions d'habitants.
M. Erdogan, qui a assisté à une cérémonie dans un théâtre d'Istanbul à la mémoire d'un comédien turc tué dans une des attaques, a affirmé pour sa part que "les bombes ne nous empêcheront pas de vivre librement".
"Il ne faut pas céder" aux bombes, a-t-il lancé.
Un vent de patriotisme soufflait à Istanbul où de nombreux commerces avaient déployé le drapeau rouge frappé du croissant blanc turc.
"C'est pour affirmer l'unité nationale", explique Adnan Demirtas le directeur d'un magasin de vêtements de la rue Istiklal qui a déployé un drapeau géant sur la façade de son bâtiment.
"C'est aussi pour dire que la vie continue, qu'il ne faut pas céder à ces massacres et pour prouver que nous sommes toujours debout", a-t-il ajouté.
Mais il reconnaît qu'une de ses employées n'a plus remis les pieds au magasin depuis jeudi, craignant de nouveaux attentats.
Dans une petite synagogue du quartier d'Ortakoy à Istanbul, il n'y a eu aucune prière publique samedi matin et deux voitures de police montaient la garde à l'heure où, il y a une semaine, la première bombe avait explosé.
Un porte-parole de la communauté juive a expliqué que les 18 synagogues d'Istanbul étaient toutes restées fermées. (AFP, 22 novembre 2003)
Le MGK veut étendre les mesures répressives contre l'opposition kurde
Le Conseil national de sécurité (MGK) en Turquie a appelé vendredi à plus de coopération au niveau international pour lutter contre le terrorisme, au lendemain d'une seconde série d'attentats à Istanbul.
Au terme d'une réunion de plus de cinq heures, le MGK, qui regroupe les principaux dirigeants civils et militaires du pays, a affirmé sa détermination "à ne pas laisser le terrorisme international atteindre son but dans notre pays", selon les termes du communiqué.
Les récents attentats à la bombe à Istanbul "montrent la nécessité d'une plus grande coopération au niveau régional et international afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme sur le front international", selon le communiqué.
Bien qu'il ne soit pas inclus dans le communique, les médias reportent qu'à cette réunion on a également étudié les renforcement des mesures répressives pour l'écrasement des groupes armés liés au KADEK dans le Kurdistan sud et nord.
En effet, comme nous l'avons annoncé le 17 novembre après les attentats contre les sinagogues, les dirigeants militaires et politiques du pays essaient d'exploiter ces évènements au profit de leurs pratiques répressives incompatibles avec les conventions des droits de l'Homme.
Cette initiative est soutenue tout de suite par les deux alliés principaux de la Turquie, les Etats-Unis et Israël.
Le département d'Etat américain avait déclaré samedi que les Etats-Unis "se tiennent fermement aux côtés de son proche allié turc dans la guerre contre le terrorisme."
Les dirigeants israéliens, quant à eux, avaient appelé à une "lutte internationale contre le terrorisme", exprimant un appui sans réserve aux autorités de la Turquie.
La chaîne de télévision CNN-Turk. a annoncé qu'un rapport officiel sur la situation de plus d'un millier de Turcs qui ont combattu aux côtés des islamistes en Afghanistan, en Tchétchénie ou en Bosnie a été examiné à la réunion du MGK, Les personnes citées dans le rapport ont soit combattu, soit reçu un entraînement de type militaire dans les pays concernés.
Le rapport évoque en outre trois "pays arabes", sans les citer, où des ressortissants turcs ont été "impliqués dans des organisations dépendant d'Al-Qaïda", selon CNN-Turk.
Nombre de personnes citées dans la liste sont actuellement en Turquie, ajoute la chaîne.
La police a interpellé 18 personnes après les attentats contre des intérêts britanniques qui ont fait 27 morts à Istanbul jeudi, alors que les Etats-Unis mettaient leurs ressortissants en garde partout dans le monde face à la menace de nouvelles attaques liées à Al-Qaïda.
Dix-huit personnes soupçonnées d'implication dans les attentats ont été appréhendées par la police anti-terroriste lors de descentes "successives" dans trois quartiers de la rive asiatique de la métropole, selon le quotidien à gros tirage Hurriyet paru samedi.
Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul avait annoncé vendredi plusieurs arrestations en liaison avec les attentats, sans plus de précisions.
Dans la soirée, son collègue à la Justice Cemil Cicek affirmait que la police disposait d'"indices très importants" sur les attentats et que "l'enquête avance bien".
Les deux séries d'attentats ont été revendiquées par le réseau Al-Qaïda d'Oussama ben Laden ainsi que par un groupe islamiste extrémiste turc, le Front islamique des combattants du Grand Orient (IBDA-C).
Le département d'Etat américain a publié vendredi un communiqué mettant en garde les citoyens américains dans le monde contre de possibles attentats, reprenant un précédent avis d'alerte du 26 septembre pour y ajouter les inquiétudes liées aux récents attentats en Arabie Saoudite et en Turquie.
Cet avis vise à "souligner à nouveau que les citoyens américains peuvent être la cible d'actes terroristes", selon ce texte, qui "note les récentes attaques terroristes de Ryad et Istanbul", qu'il attribue à l'organisation d'Oussama ben Laden ou à des "organisations associées".
"Nous voyons des indications croissantes qu'Al-Qaïda se prépare à frapper les intérêts américains à l'étranger", ajoute le communiqué. (AFP, 22 novembre 2003)
Attentats contre des intérêts britanniques à Istanbul, 27morts
Deux attentats suicide à la voiture piégée contre les intérêts britanniques ont fait 27 morts et plus de 450 blessés à Istanbul jeudi, coïncidant avec la visite d'Etat en Grande-Bretagne du président américain George Bush. Le consul-général britannique Roger Short et une autre diplomate, Lisa Hallworth, ont été tués dans les deux attentats.
Ces attentats, contre le consulat général britannique et la banque HSBC ont été revendiqués par un interlocuteur affirmant parler au nom d'Al-Qaïda et d'un groupe islamiste extrémiste turc, IBDA-C. Ces deux groupes avaient également revendiqué les deux attentats du même type contre des synagogues perpétrées cinq jours auparavant à Istanbul (25 morts et plus de 300 blessés).
Les autorités turques ont demandé l'interdiction de la diffusion par les médias d'images des lieux des attentats d'Istanbul, ainsi que des interviews de survivants et sauveteurs et de toute information sur l'enquête, a rapporté la télévision CNN-Turk. Un représentant du parquet de la sécurité d'Etat a demandé l'application de ces mesures à partir de 11H45 GMT, selon la télévision.
D'après le gouverneur d'Istanbul Muammer Güler, quatre Britanniques figurent parmi les victimes de l'attentat contre le consulat, et 12 Turcs. D'après le Foreign Office, l'attentat a tué "jusqu'à 14 employés" britanniques ou turcs du consulat, dont le consul général Roger Short, un spécialiste de la Turquie, et une autre diplomate britannique, Lisa Hallworth.
Dans la soirée, 43 personnes se trouvaient encore hospitalisées, dont 5 en soins intensifs, selon Anatolie.
Le secrétaire au Foreign Office Jack Straw s'est rendu dans la soirée à Istanbul, précisant qu'il avait été chargé par le Premier ministre britannique Tony Blair et le président américain George Bush de présenter au peuple turc "les condoléances et la colère du président et du Premier ministre face à cette atrocité".
L'attentat a été perpétré le jour même d'un tête-à-tête entre MM. Bush et Blair, alliés contre le terrorisme depuis les attaques du 11 septembre ainsi que dans la guerre contre l'Irak qui a mis fin au régime de Saddam Hussein, et son occupation.
Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul a prévenu que "la Turquie ne s'inclinera pas devant le terrorisme".
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, le président de la Commission européenne, Romano Prodi, et de nombreux gouvernements ont condamné les attentats et réaffirmé leur détermination à lutter contre le terrorisme
Le consulat britannique, dans le quartier historique de Beyoglu, et les bureaux de la HSBC, dans le quartier des affaires de Levent --sur la rive européenne du Bosphore-- ont été en partie détruits par deux très fortes explosions en fin de matinée, à une poignée de minutes d'intervalle, dues à des attentats suicide à la voiture piégée.
Les attentats ont plongé la ville dans le chaos et provoqué des scènes d'apocalypse, ambulances toutes sirènes hurlantes et voitures de police affluant sur les lieux, rues jonchées de débris, maculées de sang, riverains affolés.
"C'était comme un tremblement de terre", a raconté un commerçant, à deux coins de rue du consulat. "Mon magasin s'est immédiatement rempli de fumée et de poussière. Toutes les bouteilles ont été renversées. Le bloc réfrigérant, en verre, a explosé".
Un journaliste de l'AFP arrivé devant le consulat peu après l'attentat a découvert une scène de dévastation. Les fenêtres ont été soufflées dans toute la rue, qui était encombrée de débris de vitres brisées et de carcasses de voitures calcinées.
Juste à côté du portail du consulat, une camionnette calcinée était couchée sur le côté et deux annexes de la représentation diplomatique, de part et d'autre du portail, ont été réduites à l'état de gravats où s'activaient des sauveteurs.
Un cratère de deux mètres de profondeur et trois mètres de large était visible dans l'enceinte du consulat, près du portail d'entrée, a déclaré à l'AFP un témoin.
La façade de l'immeuble de la HSBC, d'une dizaine d'étages, était aussi très endommagée, avec de nombreuses vitres brisées. Le hall d'entrée de l'immeuble a été entièrement détruit.
Un correspondant anonyme a revendiqué les attaques auprès de l'agence de presse turque Anatolie au nom d'Al-Qaïda et du Front islamique des combattants du Grand-Orient (IBDA-C), un groupuscule qui veut instaurer un état islamique par la violence et dont ferait partie l'un des organisateurs des attentats contre les deux synagogues.
Le ministre turc de la Justice, Cemil Cicek, a annoncé qu'il s'agissait d'attaques suicide à la voiture piégée, tout comme celles contre les synagogues.
Selon des sources policières citées par Anatolie, les enquêteurs pensent que les bombes qui ont explosé jeudi sont du même type que celles qui ont détruit les deux synagogues. Une voiture rouge, en stationnement, aurait été utilisée pour l'attentat contre HSBC, puis une voiture verte aurait été précipitée, cinq minutes plus tard, contre le consulat britannique.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a reconnu que ces attentats pourraient avoir été facilités par "des déficiences" dans le travail des services de renseignement.
Pays musulman mais à l'Etat laïque, la Turquie est alliée de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis au sein de l'Otan.(AFP et autres agences de presse, 20 novembre 2003)
Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne les attentats d'Istanbul
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté jeudi à l'unanimité une résolution condamnant les récents attentats à la bombe à Istanbul (Turquie), notamment les deux attaques qui ont fait jeudi 27 morts.
La résolution 1516, qui avait été proposée par le Chili, "condamne dans les termes les plus forts les attentats à la bombe du 15 et du 20 novembre à Istanbul (Turquie) qui ont coûté la vie à de nombreuses personnes" ainsi que "tous les autres actes terroristes commis dans différents pays".
La résolution demande également à tous les Etats "de coopérer dans leurs efforts pour identifier et présenter à la justice les auteurs, les organisateurs et ceux qui ont soutenu ces attaques terroristes".
Le Conseil de sécurité exprime enfin "sa détermination renforcée à combattre toutes les formes de terrorisme dans le cadre des responsabilités qui sont les siennes au titre de la Charte des Nations Unies".
Un double attentat à la bombe contre des intérêts britanniques à Istanbul a fait 27 morts et plus de 450 blessés.
Un précédent double attentat samedi dernier contre deux synagogues de la plus grande ville turque avait déjà fait 25 morts et plus de 300 blessés.
Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, avait auparavant "vivement condamné (...) les dernières attaques terroristes à Istanbul".
"Les auteurs de ces attaques n'ont aucun respect pour la vie humaine et nous devons vivement condamner leur action", avait dit M. Annan s'adressant aux journalistes au siège de l'ONU.
"Je condamne vivement les dernières attaques terroristes à Istanbul et présente mes condoléances et ma sympathie les plus profondes aux gouvernements et aux peuples de Turquie et de Grande Bretagne", a-t-il ajouté. (AFP, 20 novembre 2003)
Les responsables européens condamnent les attentats d'Istanbul
Les responsables européens ont condamné jeudi le double attentat à la voiture piégée contre des intérêts britanniques à Istanbul où 27 personnes ont trouvé la mort dont le consul général de Grande-Bretagne.
"En ce triste jour, la Commission européenne réaffirme son rejet de toute forme de terrorisme et espère que les auteurs de ce massacre seront traduits en justice", a affirmé son président Romano Prodi dans un message de condoléances adressé au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
Se disant "profondément choqué" par les attentats, qu'il "condamne absolument", Romano Prodi souligne que "la communauté internationale se doit de faire tout ce qui est en son pouvoir pour combattre le fléau du terrorisme, dans toutes ses manifestations", selon un communiqué.
De son côté, le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère Javier Solana s'est dit "scandalisé" par cette nouvelle attaque, qui intervient quelques jours après un double attentat à la voiture piégée contre deux synagogues qui a fait 25 morts samedi dernier également à Istanbul.
"Je condamne avec la plus grande vigueur ces nouveaux attentats terroristes à Istanbul qui ont frappé un pays qui nous est proche et, à l'intérieur de ce pays, la représentation diplomatique d'un pays membre de l'Union", a-t-il affirmé dans un communiqué.
"Ces attaques ne font que souligner la nécessité qu'il y a à continuer de coopérer au niveau international pour combattre le terrorisme", a ajouté Javier Solana.
Les députés européens, réunis en session plénière à Strasbourg, et les ministres de l'UE chargés des Télécommunications, qui siégeaient en conseil à Bruxelles, ont observé jeudi midi une minute de silence pour les victimes des attentats d'Istanbul.
"Nous souhaitons exprimer notre sympathie et nos condoléances à l'égard des victimes, notre solidarité avec les autorités turques et les habitants d'Istambul, une ville qui a toujours permis une cohabitation pacifique", a déclaré à Strasbourg le président du Parlement européen Pat Cox.
"Après nos amis italiens, nos amis britanniques qui, dans les horribles attentats d'Istanbul, se trouvent frappés. La lutte contre le terrorisme doit tous nous mobiliser", a réagi à Bruxelles la ministre française déléguée à l'Industrie Nicole Fontaine. (AFP, 20 novembre 2003)
La Belgique et les Pays-Bas conseillent d'éviter les endroits touristiques en Turquie
La Belgique a recommandé jeudi à ses ressortissants d'éviter les déplacements "non essentiels" à Istanbul, où des attentats ont provoqué dans la matinée au moins 25 morts et 390 blessés, et d'exercer une "vigilance accrue" dans le reste de la Turquie.
"Nous conseillons aux gens de ne plus se rendre à Istanbul, sauf si c'est absolument nécessaire et, s'ils le font, nous leur recommandons d'en informer le consulat", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères.
"Pour le reste du pays, nous appelons à une vigilance accrue, surtout dans les endroits publics très fréquentés qui peuvent constituer une cible pour les attentats", a ajouté ce porte-parole, Rudy Huygelen.
Un avis de voyage reprenant ces recommandations devait être publié dans l'après-midi par le ministère, a précisé M. Huygelen.
Le ministère des Affaires étrangères néerlandais a conseillé à ses ressortissants d'éviter les endroits touristiques en Turquie. Le ministère des Affaires étrangères néerlandais conseillait déjà à ses ressortissants, avant les attentats de jeudi, d'être prudents lors de leurs voyages en Turquie en raison de l'augmentation du nombre d'attaques terroristes dans le monde.
L'Espagne, la Grande-Bretagne et plusieurs pays ont également déconseillé à leurs ressortissants de voyager à Istanbul suite aux attentats. (AFP, 20 novembre 2003)
HSBC, deuxième banque mondiale, présente dans 79 pays
La banque britannique HSBC, dont le principal bureau à Istanbul a été visé jeudi matin par un attentat, est le deuxième groupe bancaire mondial, avec un large réseau implanté sur tous les continents.
HSBC qui se veut "la banque locale présente dans le monde entier", a des activités dans 79 pays, avec 9.500 agences bancaires et bureaux et des effectifs de 218.000 salariés, selon les données disponibles sur son site internet.
HSBC revendiquait en août 2003 100 millions de clients dans le monde pour des actifs de 983 milliards de dollars. C'est la deuxième banque mondiale en termes de capitalisation boursière, derrière l'américaine Citigroup.
Ses activités vont de la banque de dépôts pour les particuliers et les entreprises à la banque en ligne (First Direct), en passant par le crédit à la consommation aux Etats-Unis, notamment depuis le rachat du géant américain Household en 2003.
Le groupe qui a dégagé en 2002 un bénéfice avant impôts et exceptionnels de 10,513 milliards de dollars, en progression de 19,4% par rapport à 2001, est également présent dans la banque privée et dans la banque d'affaires.
HSBC qui est le numéro un de la banque la Grande-Bretagne, est également très présent sur les marchés émergents et dans les économies en voie de développement.
Le groupe est implanté en Turquie depuis 1990 où il offre de services financiers et de conseils en investissement à une clientèle d'entreprises et de particuliers.
En décembre 2001, ses actifs en Turquie s'élevaient à 1,7 millions de dollars, selon les données disponibles sur le site de la banque. L'activité banque de dépôts repose sur un réseau de 41 agences réparties sur l'ensemble du territoire turc.
Au total, HSBC dispose en Turquie de 157 sites, dont trois à Istambul, selon une porte-parole d'HSBC à Londres qui n'a pas indiqué le nombre d'employés en Turquie.
La banque HSBC a été créée en 1865 dans l'ancienne colonie britannique de Hong-Kong, sous le nom de Hong-Kong Shanghaï Banking Corporation. Elle s'est d'abord développée en Asie et au Moyen-Orient avant d'acquérir en 1992 la banque britannique Midland Bank.
Le siège du groupe, longtemps situé à Hong-Kong, n'a été transféré à Londres qu'en 1993. HSBC est coté sur les bourses de Londres et Hong-Kong.
Depuis 1999, HSBC s'est montré très actif en matière d'acquisitions achetant notamment les groupes français Crédit Commercial de France et Banque Hervé, le géant mexicain des services financiers Bital et l'américain Household. (AFP, 20 novembre 2003)
Ankara essaie d'exploiter le drame afin de justifier ses pratiques répressives
Dans une tentative d'exploiter les deux attentats d'Istanbul au profit de ses pratiques répressives et incompatibles avec les conventions des droits de l'Homme, le Premier ministre Erdogan a lancé samedi une campagne afin de créer "une plate-forme internationale de lutte commune contre le terrorisme"
Cette initiative est soutenue tout de suite par les deux alliés principaux de la Turquie, les Etats-Unis et Israël.
Le département d'Etat américain avait déclaré samedi que les Etats-Unis "se tiennent fermement aux côtés de son proche allié turc dans la guerre contre le terrorisme."
Les dirigeants israéliens, quant à eux, avaient appelé à une "lutte internationale contre le terrorisme", exprimant un appui sans réserve aux autorités de la Turquie.
Avec cet appui, Ankara a affirmé lundi sa "détermination à combattre le terrorisme", tout en fustigeant les "larmes de crocodiles" versés par certains pays après les attentats perpétrés samedi contre deux synagogues à Istanbul.
"Ceux qui ont fait cela ne sont pas humains, ce ne sont pas des musulmans (...). La Turquie continuera à lutter avec détermination contre le terrorisme", a affirmé le ministre de la Justice et porte-parole du gouvernement, Cemil Cicek, au sortir d'un conseil des ministres.
Le ministre turc s'en est vivement pris à certains pays, qu'il a refusé de nommer, mais qui, selon lui, "soutiennent depuis longtemps les terroristes" qui s'attaquent à la Turquie.
"La Turquie appelle depuis longtemps à la coopération et à un front commun contre le terrorisme (...) Malheureusement, la Turquie est restée seule dans son combat anti-terroriste", a affirmé M. Cicek.
Selon les observateurs, le ministre avait à l'esprit la lutte contre les combattants du PKK. Nombre de pays européens refusent d'extrader des Kurdes recherchés pour "terrorisme" et certains pays voisins de la Turquie, dont la Syrie et la Grèce, ont accordé refuge par le passé aux militants kurdes selon les autorités turques.
"Nombre de pays ont soutenu les assassins qui versent le sang en Turquie, les ont entraînés, leur ont donné un soutien logistique et les ont protégés", a affirmé le ministre.
Attentats à la voiture piégée contre deux sinagogues à Istanbul
Deux attentats à la voiture piégée, presque simultanés, ont frappé samedi matin la communauté juive de Turquie, faisant 23 morts et environ 300 blessés près de deux synagogues d'Istanbul, la plus grande ville du pays. Quelque 70 personnes étaient toujours hospitalisées dimanche matin.
Six juifs ont péri dans les attentats qui ont visé samedi deux synagogues à Istanbul, a indiqué dimanche à la radio publique israélienne un responsable de la communauté juive locale.
Malgré plusieurs hypothèses évoquées relatives aux auteurs des attentats, il paraît qu'il est très tôt de parle de réels
auteurs et commanditaires de ce crime; un crime qui a déjà été condamné par tout le monde.L'un des attentats a visé la synagogue de Neve Shalom à Beyoglu, l'autre la synagogue Beth Israël à Sisli, distante de deux kilomètres.
samedi deux synagogues à Istanbul ont affirmé dimanche que les mesures de sécurité autour des bâtiments n'étaient pas suffisantes, selon une journaliste de l'AFP sur place.
"Il est indiscutable que les autorités ont fait preuve de négligence pour assurer la sécurité autour des synagogues", a déclaré Ender Yildirim, un homme de 44 ans, à la sortie de l'Hôpital américain où est hospitalisé son cousin sérieusement blessé.
Ce dernier, Oktay Gemici, également 44 ans, était l'un des vigiles postés devant la synagogue Neve Shalom, visée par l'une des attaques à la voiture bourrée d'explosif. Il a perdu un oeil et souffre de fractures à la mâchoire et à la clavicule.
"La rue aurait dû être fermée à la circulation", a estimé M. Yildirim.
"Nous nous attendions à une attaque de ce type et avions exprimé nos craintes aux autorités. Elles nous ont assuré que le site était sûr. Malheureusement, elles se sont gravement trompées", a regretté Nisso Beraha, un homme d'affaires juif de 55 ans.
Le plus haut responsable religieux juif de Turquie, le rabbin Yitzhak Haleva, dont le fils de 29 ans a aussi été blessé, a rappelé qu'il avait aussi prôné un renfort de la sécurité. "J'avais demandé à la police d'interdire le trafic dans le voisinage parce que nous ne pouvons pas contrôler tous les véhicules", a-t-il dit à la radio publique israélienne.
Murat Ozsoy, un ouvrier de 30 ans, dont l'oncle a été grièvement blessé, a lui déclaré: "Mon oncle était un policier depuis quinze ans, qui aimait son métier. Maintenant, il risque de mourir à cause d'un laxisme dans la sécurité".
Le ministre turc de la Justice a reconnu dimanche que les attentats meurtriers qui ont visé samedi deux synagogues à Istanbul pourraient conduire le gouvernement à revoir sa politique de renseignement.
"Si nous avons des faiblesses dans notre système de renseignement, il nous faut le repenser. Si notre personnel a des carences et des besoins, alors il faut revoir cela", a déclaré à la télévision NTV Cemil Cicek, qui est également porte-parole du gouvernement.
Le Grand rabbin de Turquie Yitzhak Khaliva avait mis en garde la police turque contre le risque que faisait planer le trafic automobile près des deux synagogues d'Istanbul visées samedi matin par des attentats, a-t-il déclaré à la radio publique israélienne.
"Il est interdit de stationner près des synagogues Névé Shalom et Beit Israël, et j'avais demandé à la police d'interdire aussi la circulation à leurs abords, car on ne peut pas contrôler toutes les voitures", a précisé le grand rabbin, plus haute autorité religieuse juive en Turquie.
"Nous étions en train de prier, quand il y a eu une explosion. Nous avons organisé l'aide, et je suis rentré chez moi (...). Mon fils a été blessé. La police et les forces de sécurité nous ont porté assistance. Nous vivons des heures pénibles", a encore dit le grand rabbin.
La synagogue Neve Shalom, la plus grande d'Istanbul, avait déjà été la cible d'un attentat en 1986 qui avait fait 22 morts, outre les deux kamikazes. Les attentats antisémites sont pourtant rares en Turquie, un Etat laïc majoritairement musulman.
Selon un porte-parole du grand rabbinat d'Istanbul, Silvio Ovadia, quelque 300 personnes étaient rassemblées dans ces lieux de culte, pour la prière du samedi, au moment des attentats.
La façade de la synagogue Neve Shalom s'est effondrée sous la violence de l'explosion, et la rue présentait samedi l'aspect d'une scène de guerre, un cratère creusant la chaussée.
"C'était comme un tremblement de terre", "quelque chose d'inhumain", racontait un commerçant de 40 ans.
Réactions et condamnations à l'échelle internationale
La Turquie, Israël, de nombreux pays européens, les Etats-Unis, l'Egypte, le Pakistan et le pape ont été unanimes à condamner les attentats commis samedi contre deux synagogues à Istanbul, qui ont fait 20 morts et plus de 250 blessés.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, en visite à Nicosie pour le 20e anniversaire de la République turque de Chypre du nord (KKTC, reconnue uniquement par Ankara), a estimé que les attentats à la voiture piégée visaient "la stabilité et la paix de la Turquie".
"Etant donné le point où en est arrivé le terrorisme dans le monde, j'estime qu'il faut (créer) une plateforme internationale de lutte commune contre le terrorisme", a déclaré M. Recep Tayyip Erdogan à son retour à l'aéroport d'Istanbul, lors d'une conférence de presse retransmise en direct par les télévisions.
Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul y a vu "un acte terroriste aux ramifications internationales", tandis que le Congrès du peuple du Kurdistan, ex-PKK, condamnait lui aussi les attentats.
Les messages de condoléances ont afflué vers la Turquie.
Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan s'est dit "atterré par les pertes humaines" provoquées par ces "actes haineux".
Les Etats-Unis condamnent "avec fermeté" les "horribles attentats terroristes" d'Istanbul et "se tiennent fermement aux côtés de son proche allié turc dans la guerre contre le terrorisme", a indiqué le département d'Etat.
Le président américain George W. Bush a téléphoné à M. Erdogan pour lui présenter ses condoléances après "cette attaque terroriste".
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, président en exercice de l'Union européenne, s'est rendu à la grande synagogue de Rome pour présenter ses condoléances aux responsables de la communauté juive.
Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, s'est rendu de son côté à la synagogue de Milan (nord de l'Italie) pour présenter les condoléances de "toute l'Union européenne" à la communauté juive.
De nombreux pays européens, dont la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Suisse et la Russie, ainsi que le Pakistan et l'Egypte, ont été unanimes dans leur condamnation des attentats.
Au Caire, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, les a aussi condamnés, mais en a attribué la responsabilité à Israël. "La responsabilité de tout cela incombe à la politique israélienne", a affirmé M. Moussa.
Pour sa part, le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Maher, a dénoncé des "attentats terroristes".
"L'Egypte refuse et condamne ces attentats (...) tant qu'ils visent des civils", a déclaré à la presse au Caire M. Maher, ajoutant que "la tension et les actes de violence dans la région créent une atmosphère (favorable à) ces attentats terroristes".
La Syrie a condamné "ces actes criminels" et exprimé sa solidarité avec le gouvernement turc.
L'Iran a condamné dimanche les attentats contre deux synagogues à Istanbul qui ont fait au moins 20 morts et 300 blessés et les a qualifiés d'"inacceptables", selon l'agence officielle iranienne Irna.
"Le recours à des actes de violences contre des civils est inacceptable, illogique et est voué à l'échec", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hamid-Reza Assefi, exprimant la solidarité de l'Iran avec le gouvernement et le peuple turcs.
Le Pakistan a "fermement condamné" les attentats, présentant ses condoléances "au gouvernement et au peuple turc, ainsi qu'aux familles des victimes".
Le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat a condamné dimanche le double attentat meurtrier contre deux synagogues perpétré samedi à Istanbul, le qualifiant de "crime odieux" et a adressé ses condoléances aux familles des victimes juives et musulmanes.
"Le président Arafat a adressé ses condoléances au président turc (Ahmet Necdet Seze