A non-government information center on Turkey
Un centre d'information non-gouvernemental
sur la Turquie
|
Septembre 2005 September N° 325 53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 215 58 60 editor@info-turk.be Chief Editor /Rédacteur
en chef:
|
Human
Rights
Pressures on media Kurdish Question Minorities Interior politics Armed Forces Religious affairs Socio-economics Turkey-Europe Turkey-USA Regional Relations Cyprus and Greece Migration |
Cliquez FLASH our l'actualité du mois courant
Click FLASH for informations of the current monthLe 25e anniversaire du coup d'état du 12 septembre 1980
25th anniversary of the September 12, 1980 Military CoupLe PE exige que la Turquie reconnaisse
le génocide arménien et Chypre
Août/Aug 05 Juil/July 05 Jui/Jun 05 Mai/May 05 Avr/Apr 05 Mars/Mar 04 Fév/Feb 05 Jan/Janv 05 Déc/Dec 04 Nov/Nov 04 Oct/Oct 04 Sept/Sept 04 Toutes les informations depuis 1998
All informations since 1998
IMPORTANT NOTICE: Few groups in the service of the Turkish State have recently launched Internet pages with addresses similar to Info-Turk's address. This is a new attempt of the Ankara regime that has used over three decades all odious means to silence our free voice. Info-Turk does not have any relation with these groups and is determined to contibute, in spite of all pressures, to the defense of human rights in Turkey . AVIS IMPORTANT: Certains groupes au service de l'Etat turc ont récemment lancé des pages Internet avec des adresses semblables à celle d'Info-Turk. Il s'agit d'une nouvelle tentative du régime d'Ankara qui a depuis trois décennies utilisé tous les moyens odieux pour étouffer notre libre voix. Info-Turk n'a aucune relation avec ces groupes et est résolu de contribuer, malgré tout, à la défense des droits de l'homme en Turquie.
Informations récentes du mois
Latest Informations of the monthDroits de l'Homme / Human Rights
Anti-terrorism Supreme Board met after eight years
The Anti-terrorism Supreme Board convened yesterday for the first time in eight years to discuss the issue of recently escalating terrorism throughout the country, private CNN-Türk's Web site reported.
The interior, finance, defense and justice ministers were present at the meeting, held under the leadership of Foreign Minister Abdullah Gül at the Prime Ministry building.
The meeting of the board first appeared on the agenda following a proposal made by the General Staff for the establishment of a new anti-terror unit in the face of rising terrorism in the country.
The government did not offer a positive response to the proposal and instead said the functioning of existing units should be ensured and called for a meeting of the Anti-terrorism Supreme Board.
Upon a request made by Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, the board was expected to evaluate intelligence reports and set a working calendar during the meeting.
The supreme board had previously held just one meeting, on Aug. 12, 1997, when a coalition government was in power. The Anti-terrorism Supreme Board is an advisory council with no executive power and is responsible for making relevant policy-related proposals to the Cabinet. (Turkish Daily News, September 28, 2005)
HRW: Turkish Officials Try to Shut Down Rights Group
The threat by Turkish officials to close down an organization defending lesbian, gay, bisexual and transgender people's rights violates basic freedoms of association and expression, Human Rights Watch said today.
Selahattin Ekremoglu, deputy governor of the Turkish capital Ankara, on September 15 wrote a letter to the gay and lesbian group Kaos GL that said a court procedure had been opened to dissolve the organization. He claimed that the name and regulations of the group violated a provision in the Turkish Civil Code that forbids "establishing any organization that is against the laws and principles of morality."
"Turkey has a long record of suppressing civil society and harassing human rights defenders," said Scott Long, director of the Lesbian, Gay, Bisexual and Transgender Rights Project at Human Rights Watch. "This dangerous new move shows that old habits die hard, and calls into question recent advances in rights protections."
Kaos GL Gay and Lesbian Cultural Research and Solidarity Organization is an 11-year-old, Ankara-based collective that operates a drop-in center providing social and cultural support to lesbian, gay, bisexual and transgender people. The group also advocates for measures to end discrimination and violence, and it publishes a magazine that has been registered as a legal publication since 1999.
On July 15, Kaos GL applied to the Ministry of Interior for recognition as a nongovernmental organization. The ministry initially approved the request, but the Ankara deputy governor, who reports to the Interior Ministry, has now responded by launching a lawsuit to close the organization.
"Sweeping references to 'morality' in the Turkish Civil Code still offer a pretext for discrimination and abuse of basic rights," said Long. "Equal protection doesn't include exclusion for sexual orientation or gender identity."
Turkey has ratified the International Covenant on Civil and Political Rights, which protects freedoms of expression and association and also forbids discrimination on the basis of sex. In 1994 the U.N. Human Rights Committee held that "sexual orientation" was a status protected against discrimination by the treaty.
Turkey has also ratified the European Convention on Human Rights and Fundamental Freedoms, which affirms freedoms of expression and association. The European Court of Human Rights has condemned discrimination based on sexual orientation and gender identity in a succession of cases. (See http://hrw.org/lgbt/jurisprudence.htm).
In a briefing paper on Turkey's progress toward admission to the European Union, Human Rights Watch last year said that, "The government continues to ease the restrictions on associations by small degrees." However, the paper also noted, "for organizations viewed with suspicion by the authorities, including human rights organizations, day-to-day life feels like life under a police state: annual meetings and press conferences are often monitored by plain clothes police officers toting video cameras, while local prosecutors maintain a hail of litigation." (HRW-IFEX, September 28, 2005)
Une ONG dénonce des mauvais traitements sur les handicapés mentaux
Une organisation non gouvernementale américaine a dénoncé des pratiques "inhumaines" et relevant parfois de la "torture" dans le traitement des malades mentaux en Turquie, dans un rapport rendu public mercredi à Istanbul.
"Nous avons identifié une pratique de la torture: l'utilisation de traitements par électrochocs sans anesthésie", en violation de la Convention européenne pour la prévention de la torture, a déclaré Eric Rosenthal, le président de l'ONG Mental disability rights international (MDRI), lors d'une conférence de presse présentant le rapport.
"Nous avons trouvé des enfants dans des orphelinats et des centres de réhabilitation attachés à leur lit, se voyant refuser l'accès à des traitements médicaux, laissés sans réhabilitation et sans le soutien dont ils ont besoin pour obtenir de la nourriture pour les maintenir en vie", a-t-il poursuivi.
M. Rosenthal a également insisté sur le sort de "nombreuses personnes pouvant n'avoir aucun handicap" et pourtant enfermées, en l'absence de loi définissant les conditions d'internement des déficients mentaux, "par ce qu'ils sont sourds ou nés là, d'une mère handicapée".
La présentation de ce rapport, fruit de deux ans d'enquêtes dans des institutions spécialisées turques, intervenait à quelques jours du lancement prévu, le 3 octobre, de négociations d'adhésion entre Ankara et l'Union européenne.
Le président de MDRI a assuré que celui-ci ne visait pas à nuire au processus européen de la Turquie, dès lors que celle-ci assumait ses responsabilités.
"Je veux souligner qu'il n'y a aucune raison pour que ces abus se mettent en travers du chemin de l'adhésion de la Turquie, car la Turquie a toute latitude pour mettre fin aux abus les plus graves dès demain", a-t-il affirmé, ajoutant ne pas demander autre chose à Ankara que ce qui a été exigé d'autres pays souhaitant adhérer à l'UE.
Le rapport évalue à 9.000 places la capacité des institutions publiques turques spécialisées dans l'accueil des handicapés mentaux. (AFP, 28 septembre 2005)
L'intervention de Dogan Özgüden lors de la conférence au Parlement européen
Le texte complet de l'intervention de Dogan Özgüden, rédacteur en chef d'Info-Türk, lors de la onférence sur le thème "Décembre 2004 - Octobre 2005 ; la Turquie a-t-elle changé ?" qui a eu lieu le jeudi 22 septembre 2005 au Parlement européen à Bruxelles:
Cette conférence se réunit pour chercher une réponse à une question: La Turquie a-t-elle changé depuis décembre 2004?Ma réponse, bien sûr que la Turquie a beaucoup changé.
La Turquie change toujours et doit changer sans cesse sous l'impact du développement des forces dynamiques internes et de la pression exercée par les forces démocratiques extérieures, notamment celles de l'Union européenne.
Bien sûr que la Turquie actuelle n'est pas la Turquie de décembre 2004.
La Turquie actuelle n'est pas non plus la Turquie d'il y a 25 ans.
Je me souviens de nos entretiens et discussions avec les parlementaires européens dans les anciens bâtiments à la rue Belliard.
Le 12 septembre 1980...Les généraux de l'Armée turque avaient effectué un coup d'état militaire pour empêcher le progrès des forces civiles défendant les droits sociaux et économiques des travailleurs et les droits nationaux du peuple kurde. Le processus de démocratisation et d'adhésion aux Communautés européennes a été arrêté par force et le pays a été transformé en un immense camp de concentration.
En effet, le coup d'état du 12 septembre 1980 était la deuxième phase d'un processus de militarisation dans tous les domaines du pays.
Auparavant, le coup d'état du 12 mars 1971 avait déjà aboli ou détruit plusieurs droits et institutions démocratiques par l'application d'une répression sans précédente.
Arrestations, tortures systématiques, pendaisons, condamnations à vie, censure de la presse, exil massif...
La Constitution imposée en 1982 par la junte militaire a aboli les derniers vestiges des libertés reconnues par la Constitution de 1961.
Cette constitution nie les droits fondamentaux du peuple kurde et des minorités arménienne, assyrienne et grecque de la Turquie.
La domination de l'Armée sur la vie politique, économique et sociale du pays a été rendue intouchable par les privilèges reconnus par cette constitution au Conseil de la sûreté nationale (MGK).
Aujourd'hui , 25 ans après le coup d'état du 12 septembre 1980:
1. Les généraux putschistes sont toujours protégés par le gouvernement et la demande des victimes pour les traduire devant des tribunaux est toujours refusée. Une démonstration organisée à cette fin le 11 septembre 2005 a été interdite par le gouverneur d'Istanbul.
Une conférence de presse contre cette interdiction a été attaquée par la police, plus de 50 représentants des ONG arrêtés.
Des écrivains et journalistes critiquant les généraux putschistes sont toujours jugés même sous le nouveau code pénal.
2. La constitution anti-démocratique prônant la supériorité et le monopole de la race et de la langue turques (Articles 3, 42 et 66), imposée en 1982 par la junte militaire, est toujours en vigueur. L'article 4 déclare que l'Article 3 ne pourra jamais être modifié, même la modification de cet article ne pourra jamais être proposée.
En plus, un système électoral imposant un seuil national de 10% est toujours maintenu au détriment des partis politiques représentant des opinions différentes, notamment pro kurde ou de gauche, afin que le parti islamiste reste au pouvoir avec une majorité absolue dans le parlement malgré un score électoral moins de 50%.
3. Malgré la soi-disant "démilitarisation" du Conseil national de la Sûreté (MGK), les militaires continuent à dicter leurs choix militaristes par les déclarations médiatisées du chef de l'Etat-major ou des commandants des forces terrestres, aériennes ou navales. Il y a deux jours le Chef d'état-major, le général Özkök a ouvertement menacé les force démocratiques du pays.
Il y a quelques semaines, le même Conseil a fait une déclaration menaçante contre les défenseurs des droits du peuple kurde et des minorités ethniques et religieuses.
De plus, le Haut Conseil militaire (YAS), chargé de gérer le fonctionnement interne de l'Armée, continue à radier certains officiers considérés "anti-laïques" malgré l'opposition du gouvernement.
Les militaires exercent leur contrôle sur la vie économique du pays par le biais de leur holding financier sui generis OYAK et d'une série d'industries de guerre.
4. Il y a toujours milliers de détenus politiques dans les prisons turques. Le ministère de la Justice a annoncé le 12 août 2005 que le nombre des détenus pour "des délits de terreur" s'élève actuellement à 3.788 et qu'ils se trouvent dans 73 grandes prisons du pays dont 11 prisons de type-F.
5. L'exécution sommaire et la torture lors de l'arrestation se pratiquent toujours. Tout récemment, des manifestants kurdes ont été abattus par les forces de sécurité. En plus, les groupes ultra-nationalistes sont encouragés à lyncher ceux qui se manifestent pour défendre les droits du peuple kurde ou pour protester contre les conditions carcérales des prisonniers politiques...
6. Le nouveau code pénal turc, applaudi par l'Union européenne, constitue toujours une menace sur la liberté de presse. Plusieurs journalistes sont toujours jugés pour insulte à l'Armée, au gouvernement ou aux forces de sécurité en raison de leurs critiques, en vertu de l'article 301 (l'ancien article 159) du CPT. Récemment, le romancier Orhan Pamuk a été inculpé sous l'article 301 du même code pénal pour avoir insulté la nation turque car il avait parlé du massacre des Arméniens et des Kurdes.
Le réseau indépendant de communications (BIA) a annoncé le 13 septembre 2005 que plusieurs journalistes sont toujours jugés pour insulte à la nation turque, à l'Armée, au gouvernement ou aux forces de sécurité en raison de leurs critiques, en vertu de l'article 301 (l'ancien article 159) du CPT. Il donne comme exemples les récents procès suivants:
Le romancier Orhan Pamuk pour insulte à la nation turque
Le journaliste Ragip Zarakolu, éditeur de Belge Yayinlari, pour insulte à l'Etat, à la République et à Atatürk
Le journaliste Hrant Dink, rédacteur en chef du journal arménien Agos, pour insulte à la nation turque
Le journaliste Dogan Özgüden, pour insulte à l'Armée
Le journaliste Emin Karaca, pour insulte à l'Armée
L'avocat Sehmus Ulek, vice-président de l'Association pour la défense des opprimés (Mazlum-Der), pour insulte à la nation turque
Le journaliste Rahmi Yildirim, pour insulte à l'Armée
Le journaliste Ersen Korkmaz, rédacteur en chef du Demokrat Iskenderun, pour insulte au gouvernementSous prétexte de renforcer la lutte contre le terrorisme, une nouvelle version de la loi anti-terroriste est préparée par le gouvernement. Selon les premières indices concernant cette loi, un écrit ou une parole très innocente pourrait constituer un crime terroriste.
7. Malgré quelques réformes cosmétiques, les droits égaux (enseignement, expression audio-visuel, association) ne sont toujours pas reconnus pour le peuple kurde ainsi que pour les minorités ethniques ou religieuses du pays, notamment arméniennes, assyriennes, grecques et alévites.
Toutes les initiatives pacifiques du mouvement national kurde en vue d'arriver à une solution pacifique sont systématiquement déclinée et les opérations militaires se poursuivent afin de satisfaire la voracité de l'Armée et de l'industrie de guerre.
Il y a deux jours, plusieurs organisations et personnalités kurdes se sont réuni dans cet édifice pour contribuer à l'instauration une paix durable dans ce pays au seuil de l'Union européenne.
Toutefois, le président du parti pro-kurde, DEHAP, n'a pu assister cette réunion, car sa sortie du pays a été interdite par la justice réformée de la Turquie.
L'agression contre les minorités est devenue une véritable menace contre la coexistence. Les tentatives de lynchage, non seulement médiatique mais également physique, notamment contre les Kurdes établis dans les provinces occidentales s'élève à des dimensions alarmantes.
Il y a quelques jours, à Istanbul, une exposition de photos démontrant la sauvagerie de pogrome des 6-7 septembre 1955 a été attaquée par les groupes ultra-nationalistes.
8. Ankara ne montre aucune intention de reconnaître les injustices et atrocités commises dans l'histoire de Turquie et poursuit une politique absolument négationniste. Selon le motif de l'Article 305, les citoyens qui demandent le retrait des militaires turcs de Chypre ou déclarent que le génocide arménien a effectivement eu lieu pendant la première guerre mondiale, pourront être poursuivis en justice.
En plus, les missions diplomatiques d'Ankara incitent souvent les ressortissants turcs et même les élus ou candidats d'origine turque des partis politiques européens (socialistes, libéraux, écolos ou chrétiens) à participer aux manifestations négationnistes.
En dépit de ces faits, les porte-parole de la Commission européenne, soumis aux chantages d'Ankara, affirment que la Turquie a déjà rempli toutes les conditions pour relancer les négociations d'adhésion à partir du 3 octobre 2005.
Pour eux, le seul problème qui demeure est le refus turc de reconnaître la République de Chypre.
Pourtant, juste 25 ans après le coup d'état militaire, le président de la République Sezer se rendait chez le général Kenan Evren, le chef des putschistes, et honorait ce criminel contre l'humanité devant les tous médias.
Donc, je vous laisse la réponse à la question d'aujourd'hui: La Turquie a-t-elle changé depuis décembre 2004?
Si changée, combien et comment?
Et je me permets de poser une autre question aux dirigeants de l'Union européenne:
Si le Chili était candidat à l'Union européenne et si le président chilien honorait le général Pinochet de même manière, que serait-il leur réaction?
Pourront-ils ouvrir des négociations d'adhésion avec un tel pays?
Ankara condamné à Strasbourg sur plainte d'une trentaine de requérants
La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné mardi la Turquie dans des arrêts concernant des requêtes formulées par près d'une trentaine de resortissants turcs, le plus souvent d'origine kurde.
Les juges de Strasbourg n'ont pas reconnu toutes les violations que leur reprochaient les requérants, mais Ankara n'est jamais sorti indemne dans les arrêts rendus.
La cour a ainsi retenu la violation des articles 3 (torture et traitements inhumains ou dégradants) et 13 (droit à un recours) s'agissant de Baki Karayigit. Soupçonné d'appartenir au PKK, il avait été arrêté le 6 février 1999 par la section antiterroriste de la direction de la sûreté d'Istanbul et a subi des sévices physiques et mentaux. La Cour lui a alloué 15.000 euros pour dommage matériel.
Dans un autre arrêt, la Cour a conclu à l'ineffectivité d'une enquête menée après que Mesut Dündar, domicilié à Cizre (sud-est) eut été retrouvé étranglé le 6 septembre 1992, tué, selon son père, par les forces de sécurité près du village de Sulak. La Cour a alloué 10.000 euros à ses héritiers et 3.500 euros au requérant, son père.
Les juges de Strasbourg ont aussi donné gain de cause à Hayrettin Sevgin et Cevat Ince, résidant à Diyarbakir. Sevgin, placé en garde à vue à la direction de la gendarmerie de Sagirsu, aurait été torturé pendant 18 jours. Les deux hommes ont été contraints à signer de faux aveux concernant leur appartenance au PKK. La Cour a alloué 6.000 euros à chacun des requérants pour dommage matériel. (AFP, 20 septembre 2005)
Une association de défense des homosexuels menacée d'interdiction
Les autorités turques ont entamé une procédure pour fermer la première association de défense des droits des homosexuels de Turquie, suscitant l'indignation des militants qui clament qu'Ankara, en dépit de ses aspirations européennes, continue de bafouer les droits de l'Homme.
Les services du gouverneur d'Ankara ont refusé d'enregistrer légalement l'Association KAOS gay et lesbienne pour la recherche culturelle et la solidarité, motivant dans un courrier leur fin de non-recevoir par le fait que "des associations contraires à la loi et à la moralité ne peuvent être créées".
Dans cette lettre, que KAOS a fait parvenir mardi à l'AFP, l'administration indique avoir transmis à un tribunal d'Ankara une demande de dissolution de l'association.
"Cette décision montre que rien n'a changé dans la mentalité officielle malgré les lois adoptées dans le processus d'intégration à l'Union européenne" et visant à renforcer la société civile, a déclaré à l'AFP le secrétaire général de KAOS Ali Erol.
M. Erol a expliqué que l'association porterait le cas devant la Cour européenne des droits de l'Homme si les juridictions turques donnaient suite à la requête en dissolution du gouverneur.
L'Association internationale des lesbiennes et des gays (ILGA), basée à Bruxelles, a assuré KAOS de son soutien et critiqué l'attitude des autorités.
"Si la situation n'est pas rectifiée, les officiels turcs ne pourront plus dire que la Turquie a rempli toutes les conditions (d'adhésion à l'UE) ni que l'UE a une attitude discriminatoire envers le pays", a déclaré à l'AFP Kursad Kahramanoglu, co-secrétaire général d'ILGA.
"Le gouverneur devrait présenter ses excuses à Kaos au plus vite", a-t-il ajouté, affirmant "espérer que la décision va être retirée".
Les préjugés homophobes demeurent puissants en Turquie, même si les relations homosexuelles n'y constituent pas un délit, comme dans d'autres pays musulmans, et si des gays et des lesbiennes y sont devenus des célébrités.
Rendre public son identité sexuelle en Turquie peut faire perdre son emploi, assurent les militants de la cause homosexuelle, qui soulignent qu'aucune loi ne protège les droits des gays et lesbiennes.
KAOS fonctionne comme un groupe informel depuis 1994, publie un magazine et organise des activités pour les gays et les lesbiennes qui, en tant que communauté, ont fait de plus en plus parler d'eux au cours des dernières années. (AFP, 20 septembre 2005)
La Turquie condamnée à Strasbourg pour opération de police meurtrière
La Cour européenne des Droits de l'Homme a condamné mardi la Turquie pour violation de la Convention suite à une requête de huit proches d'Ömer Bayram et de Ridvan Altun, tous deux tués en août 1996 lors d'une opération de police menée contre des membres présumés du PKK.
Pour les huit requérants, leurs proches ont été sommairement exécutés par le policiers de la section antiterroriste de la direction de la sûreté d'Adana (sud de la Turquie).
Les juges de Strasbourg ont conclu à la violation de l'article 2 de la Convention (droit à la vie) quant à l'organisation de l'opération. Ils ont également critiqué "l'enquête inadéquate" des autorités turques sur les circonstances de ces décès.
La Cour a alloué pour dommage matériel et moral 31.000 euros à Hamiyet Kaplan - la compagne d'Ömer Bayram - et 20.000 euros aux ayants droit de ce dernier. Elle a octroyé également à Fatma Kaya - l'épouse de Ridvan Altun - 200 euros pour préjudice matériel et 1.000 euros pour préjudice moral ainsi que 20.000 euros aux héritiers de ce dernier pour dommage moral et matériel.
La Cour a alloué en outre 1.000 euros pour dommage moral à chacun des six autres requérants, et conjointement à l'ensemble des requérants 4.300 EUR pour frais et dépens. (AFP, 13 septembre 2005)
Le 25e anniversaire du coup d'état du 12 septembre 1980
Les héritages honteux de la dictature militaire persistent au seuil de l'UE
Le 12 septembre 1980... Les généraux de l'Armée turque ont effectué un coup d'état militaire pour empêcher le progrès des forces civiles défendant les droits sociaux et économiques des travailleurs et les droits nationaux du peuple kurde. Le processus de démocratisation et d'adhésion à la Communauté économique européenne (actuellement l'Union européenne) a été arrêté par force et le pays a été transformé en un immense camp de concentration.
En effet, le coup d'état du 12 septembre 1980 était la deuxième phase d'un processus de militarisation dans tous les domaines du pays.
Auparavant, le coup d'état du 12 mars 1971 avait déjà aboli ou détruit plusieurs droits et institutions démocratiques par l'application d'une répression sans précédente.
Nous allons évoquer le bilan honteux du putsch du 12 mars 1971 à son 35e anniversaire en 2006.
Aujourd'hui, au 25e anniversaire, nous rappelons une fois de plus les crimes commis par les putschistes du coup d'état du 12 septembre.
Crimes commis par les putschistes du coup d'état du 12 septembre:
25 ans après le coup d'état du 12 september 1980:
- La Constitution imposée en 1982 par la junte militaire a aboli les derniers vestiges des libertés reconnues par la Constitution de 1961.
- Cette constitution nie les droits fondamentaux du peuple kurde et des minorités arménienne, assyrienne et grecque de la Turquie.
- La domination de l'Armée sur la vie politique, économique et sociale du pays a été rendue intouchable par les privilèges reconnus par cette constitution au Conseil de la sûreté nationale (MGK).
- En deux ans, plus de 650.000 personnes ont été arrêtées et soumises à la torture.
- 500 personnes ont perdu la vie durant leur détention.
- Des milliers de personnes ont été rendues handicapées.
- 210.000 procès politiques ont été ouverts devant les cours militaires.
- Un total de 98.404 personnes a été jugé en raison de leurs opinions.
- 6.353 personnes ont été jugées sous la menace de peine capitale.
- 21.764 personnes ont été condamnées aux lourdes peines de prison.
- Cinquante personnes ont été exécutées à l'issu des procès politiques.
- Des fichiers ont été ouverts sur 1.683.000 personnes.
- 348.000 personnes se sont vues refusées l'obtention de passeports.
- Les universités ont été placées sous l'autorité du Conseil suprême de l'Education (YOK), dépendant du pouvoir politique.
- 15.509 personnes ont été chassées de leurs postes universitaires sous la loi N°1402.
- 18.000 fonctionnaires, 2.000 juges et procureurs, 4.000 officiers de police, 2.000 officiers de l'Armée et 5.000 enseignants ont été forcés de démissionner.
- Tous les parties politiques ont été fermés.
- Les activités des 23.667 associations ont été arrêtées.
- La presse a été soumise à la censure.
- 4.509 personnes ont été déportées par les commandants de la loi martiale.
- Plusieurs condamnés ont perdu la vie en prison en raison de mauvais traitement ou lors de la grève da faim en protestation contre ce mauvais traitement.
- 113.607 livres ont été brûlés.
- 39 tonnes de livres, de magasines et de journaux ont été détruites par des usines de papier de l'Etat.
- 937 films ont été interdits.
- 2.792 auteurs, traducteurs et journalistes ont été traduits devant les tribunaux.
- Le total des peines de prison prononcées contre les journalistes et écrivains s'élevaient à 3.315 ans et 3 mois.
1. Les généraux putschistes sont toujours protégés par le gouvernement et la demande des victimes pour les traduire devant des tribunaux est toujours refusée. Une démonstration organisée à cette fin le 11 septembre 2005 a été interdite par le gouverneur d'Istanbul. Des écrivains et journalistes critiquant les généraux putschistes sont toujours jugés même sous le nouveau code pénal. [Le 18 septembre 2005, le président de la République Ahmet Necdet Sezer a honoré une fois de plus le chef de la junte, le général Kenan Evren, par une visite à sa villa.]En dépit de ces faits, les porte-parole de la Commission européenne, soumis aux chantages d'Ankara, affirment que la Turquie a déjà rempli toutes les conditions pour relancer les négociations d'adhésion à partir du 3 octobre 2005. Pour eux, le seul problème qui demeure est le refus turc de reconnaître la République de Chypre.2. La constitution anti-démocratique prônant la supériorité et le monopole de la race et de la langue turques (Articles 3, 42 et 66), imposée en 1982 par la junte militaire, est toujours en vigueur. L'article 4 déclare que l'Article 3 ne pourra jamais être modifié, même la modification de cet article ne pourra jamais être proposée. En plus, un système électoral imposant un seuil national de 10% est toujours maintenu au détriment des partis politiques représentant des opinions différentes, notamment pro kurde ou de gauche, afin que le parti islamiste reste au pouvoir avec une majorité absolue dans le parlement malgré un score électoral moins de 50%.
3. Malgré la soi-disant "démilitarisation" du Conseil national de la Sûreté (MGK), les militaires continuent à dicter leurs choix militaristes par les déclarations médiatisées du chef de l'Etat-major ou des commandants des forces terrestres, aériennes ou navales. De plus, le Haut Conseil militaire (YAS), chargé de gérer le fonctionnement interne de l'Armée, continue à radier certains officiers considérés "anti-laïques" malgré l'opposition du gouvernement. Les militaires exercent leur contrôle sur la vie économique du pays par le biais de leur holding financier sui generis OYAK et d'une série d'industries de guerre.
4. Il y a toujours milliers de détenus politiques dans les prisons turques. Le ministère de la Justice a annoncé le 12 août 2005 que le nombre des détenus pour "des délits de terreur" s'élève actuellement à 3.788 et qu'ils se trouvent dans 73 grandes prisons du pays dont 11 prisons de type-F.
5. L'exécution sommaire et la torture lors de l'arrestation se pratiquent toujours. Tout récemment, des manifestants kurdes ont été abattus par les forces de sécurité. En plus, les groupes ultra-nationalistes sont encouragés à lyncher ceux qui se manifestent pour défendre les droits du peuple kurde ou pour protester contre les conditions carcérales des prisonniers politiques..
6. Le nouveau code pénal turc, applaudi par l'Union européenne, constitue toujours une menace sur la liberté de presse. Plusieurs journalistes sont toujours jugés pour insulte à la nation turque, à l'Armée, au gouvernement ou aux forces de sécurité en raison de leurs critiques, en vertu de l'article 301 (l'ancien article 159) du CPT. Récemment, le romancier Orhan Pamuk a été inculpé sous l'article 301 pour avoir insulté la nation turque car il avait parlé du massacre des Arméniens et des Kurdes.
7. Malgré quelques réformes cosmétiques, les droits égaux (enseignement, expression audio-visuel, association) ne sont toujours pas reconnus pour le peuple kurde ainsi que pour les minorités ethniques ou religieuses du pays, notamment arméniennes, assyriennes, grecques et alévites. Toutes les initiatives pacifiques du mouvement national kurde en vue d'arriver à une solution pacifique sont systématiquement déclinée et les opérations militaires se poursuivent afin de satisfaire la voracité de l'Armée et de l'industrie de guerre.
8. Ankara ne montre aucune intention de reconnaître les injustices et atrocités commises dans l'histoire de Turquie et poursuit une politique absolument négationniste. Selon le motif de l'Article 305, les citoyens qui demandent le retrait des militaires turcs de Chypre ou déclarent que le génocide arménien a effectivement eu lieu pendant la première guerre mondiale, pourront être poursuivis en justice. En plus, les missions diplomatiques d'Ankara incitent souvent les ressortissants turcs et même les élus ou candidats d'origine turque des partis politiques européens (socialistes, libéraux, écolos ou chrétiens) à participer aux manifestations négationnistes.
Est-ce vraiement le seul problème qui demeure?
FONDATION INFO-TURK
25th anniversary of the September 12, 1980 Military Coup
Shameful heritages of the military dictatorship persist at the EU's doorstep
September 12, 1980... The generals of the Turkish Army carried out a military coup to prevent the progress of the civil forces defending the social and economic rights of working population and the national rights of the Kurdish people. The process of democratization and adhesion to the European Economic Community (currently European Union) was stopped by force and the country was transformed into a huge concentration camp.
In fact, the September 12 Coup was the second stage of the process of the militarization in all spheres of the country.
The earlier military of March 12, 1971, had already destructed a lot of democratic rights and institutions by applying an unprecedented repression.
We shall remind the shameful balance-sheet of the March 12 coup at its 35th anniversary in 2006.
Today, at the 25th anniversary, we remind once more the crimes committed by the putschistes of the September 12 military coup:
Crimes committed by the putschistes of the September 12:
o The Constitution 1982 imposed by the military junta abolished the last remnants of the freedoms that the 1961 Constitution had recognized.25 years after the September 12 Military Coup:
o This constitution denies the fundamental rights of the Kurdish people and the Armenian, Assyrian, Greek minorities of Turkey.
o The Army's domination on the country's political, economic and social life was guaranteed by the privileges recognized by this constitution to the National Security Council (MGK).
o Within two years, more than 650,000 people were taken into custody and subjected to torture.
o 500 people lost their lives in custody.
o Thousands of people were left disabled.
o 210,000 political cases were opened in military courts.
o A total of 98,404 people were tried because of their "thoughts."
o 6,353 people were triedunder the menace of capital punishment.
o 21,764 people were sentenced to heavy prison terms.
o Fifty people were executed at the end of political trials.
o Files were opened on 1,683,000 people.
o 348,000 people were banned from acquiring passports.
o Universities were placed under the discipline of the Higher Education Council (YOK), depended on political power.
o 15,509 people were ousted from their university posts under Law No. 1402.
o 18,000 public servants, 2,000 judges and prosecutors, 4,000 police officers, 2,000 army officers and 5,000 teachers were forced to resign.
o All political parties were closed down.
o The activities of 23,667 associations were halted.
o The press was censored.
o 4,509 people were sent into exile by the martial law administration.
o Many convicts lost their lives in prison due to maltreatment and hunger strikes to protest this maltreatment.
o 113,607 books were burned.
o 39 tons of books, magazines and newspapers were destroyed by the State's paper mills.
o 937 movies were banned.
o 2,792 authors, translators and journalists were tried.
o Journalists and writers were sentenced to a total imprisonment of 3,315 years and three months.1. The putschist generals are still protected by the government and the demand of the victims to bring them before tribunals are always refused. A demonstration for this purpose on September 11, 2005, has been forbidden by the Istanbul Governor. Writers and journalists are still judged for having criticized the putschist generals even under the new Penal Code.[On September 18, 2005, President Ahmet Necdet Sezer honoured once more the Junta chief General Kenan Evrenl by visiting him at his villa.]Despite these facts, The European Commission spokesmen, yielding to Ankara's blackmail, declare that Turkey has already fulfilled all conditions for starting the talks of adhesion from October 3, 2005. For them, the only problem that remains is the Turkish refusal to recognize the Republic of Cyprus.2. The undemocratic constitution preaching the superiority of the Turkish race and language (Articles 3, 42 and 66) is always in force. Article 4 declares that Article 3 can never be modified and even the modification of this article can never be proposed. Moreover, an electoral system imposing a national threshold of 10% is always maintained with the detriment of the political parties representing different political opinions, in particular pro-Kurdish or left-wing ones, so that the Islamist party remains in power with an absolute majority in the Parliament in spite of its electoral score less than 50%.
3. In spite of the so-called "demilitarization" of the National Security Council (MGK), the military continue to dictate their militarist choices by well-publicized declarations of the Chief of the General Staff or the commanders of the land, air and naval forces. Moreover, the Higher Military Council (YAS), charged to manage the interne work procedure of the Army, continues to dismiss certain officers considered "anti-secular" in spite of the opposition of the government. The military carry out their control on the country's economic life by their sui-generis finance holding OYAK and a series of war industry companies.
4. In Turkish prisons, there are still thousands of political detainees. The Justice Ministry has announced on August 12, 2005, that the number of the prisoners for " offences of terror" climbs to 3,788 and that they are kept in 73 grand prisons of the country including 11 prisons of type-F.
5. The summary execution and torture under arrest are always being practiced. Very recently, a number of Kurdish demonstrators were shot dead by security forces. Moreover, ultra-nationalist mobs are encouraged to lynch those who attempt to hold public meetings for defending Kurdish people's rights or for protesting prison conditions of political detainees.
6. The new Turkish Penal Code, so applauded by the European Union, always constitutes a threat against the freedom of press. Journalists are always judged for insult to the Turkish Nation, to the Army, the government or the security forces because of their criticisms, under the terms of article 301 (old article 159) of the TPC. Recently, famous Turkish novelist Orhan Pamuk was indicted under Article 30 for insulting Turkish nation because he had talked of the massacre of Armenians and Kurds.
7. In spite of some cosmetic reforms, the equal rights (teaching, audio-visual expression, association) are still not recognized as well for the Kurdish people as for the ethnic or religious minorities of the country, in particular Armenians, Assyrians, Greeks and Alevis. All the pacific initiatives of the Kurdish national movement in order to arrive at a peaceful solution is systematically declined and the military operations continue in order to satisfy the voracity of the Army and the industry of war.
8. Ankara does not show any intention to recognize the injustices and atrocities committed in the Turkish history and follows an absolutely policy of negation. According to the statement of reasons for Article 305, a citizen who demands the withdrawal of Turkish soldiers from Cyprus or declares that the Armenian genocide actually took place during the First World War, can be pursued by Justice. Moreover, the diplomatic missions of Ankara often instigate the Turkish nationals and even the deputies or candidates of Turkish origin of the European political parties (Socialists, Liberals, Ecologists or Christians) to take part in the demonstrations of negation.
Is it really the only problem that remains?
FONDATION INFO-TURK
50 protesters of September 12 were attacked and detained by police
Attacked without being warned by the police after the declaration in the name of 'Initiation of 78's condemning the cancellation decision taken by the Governorship about the Sept 12 Meeting, fifthy demonstrators have been taken into custody.
A mass meeting to be held in Istanbul with the participation of many NGOs, political parties and trade unions had been postponed for one month by the Governorship on the grounds of claims concerning provocations and safety problems.
The "Initiation of 78's" which organized the meeting asked for the lifting of Provisional Article 15 of the Turkish Constitution which makes impossible to initiate any legal proceeding against the generals who made; the September 12, 1980 military Coup.
In protest against the Governorship's decision, on September 11, more than 250 people representing different NGOs gathered at the Kadikoy Arena in Istanbu.
The group made a press declaration about the ban of their mass meeting, but just before dispersing they were violently attacked without any previous warning by the police with pepper spray and clubs.
Despite the warnings of the organizing committee, the police encircled a group and took them into custody after beating them severely.
The chairman of Limter-Is Cem Dinç and that of Textile-Syndicate Ayse Yumli Yeter were among those beaten. The demonstrators taken into custody shouted slogans such as 'Humanity will beat the torture' and 'One day the instigators will give account to the public' in the police cars.
"The real provocation was done by the state. We came together to protest the postponement in a democratic way but the police attacked us without warning. The police openly violated the rights and laws," said the spokesman of the Initiation of 78's.
Those taken into custody have been taken to Istanbul Security Branch. (DIHA, September 11, 2005)
NGOs meeting: Anti-Terror Law Draft Blocks Turkey's EU Process
Prime Minister Recep Tayyip Erdogan held a summit meeting with representatives of 50 NGOs on Turkey's European Union (EU) bid before October 3, the critical date on which the accession talks with Turkey will start. The NGOs decided not to allow any attempts to overshadow Turkey's democratic achievements. Representatives from various NGOs pointing out that the roll back of individual freedoms would pose an obstacle for Turkey's membership into the EU, urged that any violations of human rights should be prevented.
Hak-Is Trade Union Confederation President Salim Uslu noting that the fight against terrorism should be done through democratic ways, emphasized it would be a big mistake to have Turkey go back to its past days of martial law.
The Chairman of the Confederation of Progressive Trade Unions of Turkey (DISK), Suleyman Celebi reminded that all restrictive periods, including the September 12 coup in modern Turkey's history, have always paved way for bigger events.
Chairman of Human Rights Foundation, Yusuf Alatas warned that increasing the authorization of military forces would not prevent violence. According to Alatas, this would only result in more people in prisons.
The anti-terror law draft, which according to reports was prepared by considering the demands of the General Staff, Gendarmerie, Security Directorate, and the National Intelligence Service (MIT), marked the summit meeting.
Representatives from different segments of the society criticized the draft. Officials from human rights organizations and the business world warned every progress Turkey made through political and economic stability would be lost if the new amendments in the law draft were enacted.
All attendees of the meeting agreed that the anti-terror law draft would have negative impacts on Turkey's EU bid. Gul listened to all speeches and made note of the participants' critiques.
The Chairman of the Confederation of Progressive Trade Unions of Turkey (DISK), Suleyman Celebi, said restrictions in the past caused events to grow even more and added violence and pressure should not take place in democracies. Celebi emphasized that freedom of expression is more efficient than dictating by force and added that the restrictions applied so far only increased the events.
Yusuf Alatas, chairman of the Human Rights Association (IHD), noted that he does not agree with police and soldiers, who say that their authorities are not sufficient. Alatas noted that an atmosphere of fighting threatens democracy and internal peace. He also said that freedoms and rights of democracy gained throughout long years should not be lost. (zaman.com, September 11, 2005)
Les tentatives de lynchage s'intensifient depuis cinq mois
Le communiqué de presse de la Fédération pour les droits fondamentaux (THF):
Les tentatives de lynchages commencées il y a cinq mois ont atteint hier leur paroxysme. Cette fois, l'objectif des provocateurs a été clairement d'assassiner des centaines de manifestants pro-kurdes.
Ces activistes préparaient depuis un certain temps, une "manifestation pour la paix" et pour cela, avaient mobilisé dans plusieurs villes d'Anatolie ainsi qu'à Istanbul.
Leur marche pacifique devait s'achever à Gemlik dans la province de Bursa.
Mais la presse officielle et les autorités ont excité la population en clamant sur un ton provocateur : "les séparatistes arrivent", "les partisans d'Öcalan manifestent" etc. C'est ainsi que l'Etat et les médias ont préparé le climat de lynchage.
En ce moment, plusieurs centaines de personnes se trouvent en garde à vue ou dans les hôpitaux. Le nombre de blessés graves, victimes de l'hystérie fasciste est édifiant.
Cette provocation est l'¦uvre d'une poignée de fascistes, de la police et de la gendarmerie. Mais elle est aussi et surtout, l'oeuvre du gouvernement qui a supervisé les événements.
La presse officielle défend la thèse de la "colère populaire".
La réalité est que les militants pour la liberté et la démocratie sont partout confrontés à ce genre d'agressions parce que les autorités de ce pays nous pointent du doigt en nous décriant en tant que "terroristes" ou "anarchistes".
Dans un pays où les lois fascistes du 12 septembre sont toujours d'application, les assaillants se sont toujours sentis encouragés.
Dans ce cas, on constate que même un droit aussi élémentaire que le droit de circulation est tout bonnement ignoré par le gouvernement.
Il y a peu, des parents de détenus de l'organisation TAYAD avaient subi les mêmes brutalités à Trabzon. Cet événement fut suivi de la campagne de lynchage à Seferhisar du côté d'Izmir et de la tentative de lynchage lors de l'arrestation de militants kurdes à Maçka. Dans chaque cas, on constate que le pouvoir utilise les hordes fascistes comme des troupes de réserve et ce, afin d'empêcher le développement de la lutte sociale.
Il faut voir dans ces événements tragiques la duplicité du discours du gouvernement AKP sur la "question kurde" dans le cadre des lois de standardisation aux normes européennes.
En agissant ainsi, l'AKP cherche à faire oublier la pauvreté, les problèmes de logement et de chômage dont souffre la population.
Ces agressions qui visent le peuple kurde visent en réalité toute la population et surtout les organisations révolutionnaires, progressistes et démocratiques. Entre les peuples d'Anatolie, il n'y a pourtant aucun différend.
Il existe une cohabitation harmonieuse vieille de plusieurs siècles. Les peuples d'Anatolie ont tout partagé entre eux. Cette culture du lynchage n'appartient pas à notre peuple. Elle fait partie de la culture du pouvoir.
En tant que Fédération pour les droits et libertés fondamentaux, nous appelons le peuple turc ainsi que tous les peuples d'Anatolie :
- A ne pas répondre aux provocations.
- A refuser le chauvinisme et à s'opposer au conflit turco-kurde dans lequel on veut vous traîner - A refuser de vous faire manipuler par les fascistes, la police et le gouvernement.
Nous devons tous prendre nos responsabilités si nous ne voulons pas être confrontés à des conséquences encore plus graves.
(Fédération pour les droits fondamentaux, mailto:istanbultemelhaklar@hotmail.com )Pression sur les médias / Pressure on the Media
International PEN's reaction against Zarakolu Trials
The trials held on 20 and 21 September 2005 against publisher Ragip Zarakolu in two separate cases were both adjourned to 22 November. A third trial is due to be held on 11 October.
On 20 September, the Istanbul 2nd Criminal Court of 1st Instance sat to hear testimony from three experts who concluded that while there was no case to answer under Article 5186, there could be reason to continue under Article 159. This related to Zarakolu's publication of George Jerjian's book History Will Free All of Us/Turkish-Armenian Conciliation, accused of being "insulting" to the memory of Kemal Atatürk. On 21 September, the same court sat for the first hearing of the case against Zarakolu's publication of Professor Dora Sakayan's An Armenian Doctor in Turkey: Garabed Hatcherian: My Smyrna Ordeal of 1922. Also accused under Article 159 of the Penal code, the court heard Zarakolu's defence statement. The next hearings of both these cases will be held on 22 November.
On 11 October, Zarakolu will yet again appear in court to hear the latest in a series of hearings that started in May 2004 for an article published by him in 2003 entitled Sana Ne (Of No Interest) that criticised Turkey's policy towards the Kurds in Iraq.
For further details of this case see Rapid Action Alert issued 15 September 2005 (RAN 39/05) www.internationalpen.org.uk/dev/viewArticles.asp?findID_=374
International PEN, the world association of writers with centres in 99 countries, is deeply disappointed that, despite further changes to the Penal Code, there remains repression of freedom of expression in Turkey.
PEN calls on the Turkish authorities to make further reviews of articles contained in the Penal Code that breach the international standards to which Turkey is committed. These standards include Article 19 of the United Nations International Covenant on Civil and Political Rights, as well as Article 10 of the European Convention on Human Rights. PEN recommends that pending such review, all trials against writers and publishers on charges that contravene international standards be halted. (IFEX-International PEN, September 26, 2005)
Déclaration parlementaire au PE pour les intellectuels inculpés en Turquie
La déclaration faite du député européen grec du groupe socialiste, Panayiotis Beglitis, avant l'ouverture de la session plénière de Strasbourg concernant le respect des droits de l'homme en Turquie:
"Ces derniers jours, des organisations non gouvernementales s'occupant du domaine des droits de l'homme nous ont transmis des informations très inquiétantes concernant des poursuites judiciaires intentées à l'encontre de journalistes et d'intellectuels turcs ainsi que des décisions judiciaires les condamnant.
"A part le cas du célèbre écrivain Orhan Pamuk, qui sera jugé le 16 décembre 2005, je me réfère, également, au cas du journaliste Emin Karaca, qui a été condamné à 5 mois d'emprisonnement, sur base de l'article 301 paragraphe 2 du code pénal récemment réformé, suite à des critiques émises à l'encontre des instigateurs du coup d'état militaire perpétré au mois de mars de l'année 1971.
"Je me réfère, de même, au cas des journalistes Ragip Zarakolu, Hrant Dink et Dogan Özgüden, à l'encontre desquels ont été également intentées des poursuites judiciaires conformément au même article du code pénal.
"M. le Président, j'ai connaissance des combats que vous menez en faveur de la démocratie et du respect des droits de l'homme.
"C'est la raison pour laquelle, je fais appel à votre profonde conscience démocratique pour vous demander de prendre rapidement une initiative auprès du Premier Ministre turc, M. Erdogan, et du Président de la Grande Assemblée nationale turque, M. Arinc, ainsi qu'auprès de la Présidence britannique et de la Commission européenne, afin de mettre un terme à ces poursuites judiciaires et pour garantir le respect de la liberté d'expression. Au vu de l'ouverture des négociations d'adhésion prévue le 3 octobre, l'Union européenne doit envoyer un message fort à la Turquie." (Strasbourg, le 26 septembre 2005)
La principale chaîne du groupe Uzan vendue pour 306,5 millions de dollars
Star TV, la principale chaîne de télévision turque du pôle média de l'ex-empire Uzan, saisie en grande partie par les autorités en raison d'irrégularités majeures, a trouvé acquéreur lundi pour la somme de 306,5 millions de dollars (254,6 millions d'euros).
Quatre groupes étaient en lice pour cette vente aux enchères effectuée à Istanbul et retransmise en directe par les chaînes de télévision.
Isil TV, une filiale du groupe turc Dogan, a finalement offert la somme de 306,5 millions de dollars et sera, après aval des autorités, le propriétaire de Star TV qui émet au niveau national.
Magic Box, rebaptisé Star TV, avait été la première chaîne privée turque en 1990.
Depuis l'an dernier, plus de 200 sociétés du groupe Uzan sont passées sous la tutelle de l'Etat turc, le gouvernement cherchant à obtenir ainsi le remboursement de six milliards de dollars de dettes frauduleuses. Celles-ci avaient été découvertes lorsque les autorités avaient saisi la banque Imarbank appartenant aux Uzan, une des plus riches familles de Turquie, dont deux membres sont toujours en fuite à l'étranger.
Un responsable nommé par l'Etat dirigeait depuis le groupe de média Star qui comprend plusieurs chaînes de télévision et de radio ainsi qu'un journal populaire à grand tirage.
Dogan Holding, l'un des plus grands groupes économiques de Turquie, a, outre le secteur des médias, aussi des intérêts dans la banque, l'énergie, l'industrie et le tourisme.
Dogan TV recouvre sept chaînes de télévision, dont le populaire Kanal D et la chaîne d'information en continu CNN-Turk, ainsi que trois radios et une compagnie de production. (AFP, 26 septembre 2005)
Une journaliste turque obtient gain de cause à Strasbourg
Une journaliste turque poursuivie pour propagande séparatiste kurde a fait condamner la Turquie mardi pour atteinte à la liberté d'expression par la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg.
Asli Günes était rédactrice en chef de la revue politique Hedef (La cible) lorsqu'elle avait cosigné en mars 1992 un article dans lequel elle critiquait les opérations militaires contre les séparatistes kurdes. L'article appelait à "refuser de combattre au sein des troupes turques qui vont assombrir l'avenir des Kurdes".
Mme Günes avait été condamnée en décembre 1995 à un an et quatre mois d'emprisonnement. La cour de sûreté de l'Etat prononça ensuite le sursis à exécution de la peine et déclara en 2003 sa condamnation non avenue à l'expiration de la période de sursis de trois ans.
Pour condamner Ankara pour violation de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme (droit à la liberté d'expression), les juges de Strasbourg ont fait valoir que l'article incriminé ne développait pas un discours de haine, ce qui, à leurs yeux est "l'élément essentiel à prendre en considération". Ils ont également estimé que le sursis a exécution a eu pour effet de "limiter grandement son aptitude à exposer publiquement une critique" pendant trois ans.
Par ailleurs, les juges des droits de l'homme ont relevé que la durée de la procédure s'est étendue sur environ six ans et sept mois, ce qu'il ont jugé excessif au regard de l'article 6 de la Convention.
Les autorités d'Ankara devront verser un total de 8.500 euros à Mme Günes au titre de dommage moral et frais et dépens. (AFP, 27 septembre 2005)
The decision for the confiscation of Besikci's 16 books cancelled
The 9th Penal Chamber of the Court of Cassation cancelled the decision of confiscation against 16 books of Ismail Besikçi.
According to the news gathered, lawyer of Besikçi appealed to Ankara Heavy Penal Court No 11 for the lift of the confiscation decisions after the annulment of the SSCs and the Article 8 of the Law on Fight to Terrorism. The court denied the appeal. The appeal to the higher court was also denied.
The courts and the public prosecutor reportedly reasoned their decisions as follows: "If the confiscation decision is lifted the act of propaganda that violates the laws would be free. The books still violate our laws in force".
Upon this the Ministry of Justice appealed to the Court of Cassation to quash the confiscation decision by a written order. Chief Public Prosecutor at the Court of Cassation supported the appeal of the ministry. Afterwards 9th Penal Chamber of the Court of Cassation quashed the decision of confiscation against the following books:
"Ortadogu'da Devlet Terörü (State Terror in the Middle East)", "Devletlerarasi Sömürge Kürdistan (International Colony Kurdistan)", "Kürtlerin Mecburi Iskâni (Forced Settlement of Kurds)", Bilim Yöntemi (Method of Science)", "UNESCO'ya Mektup (Letter to the UNESCO)", "Türk Tarih Tezi, Günes Dil Teorisi ve Kürt Sorunu (Turkish Historical Thesis, Sun-Language Theory and Kurdish Question)", "Kürdistan Üzerine Emperyalist Bölüsüm Mücadelesi 1915-1925 I (Imperialist Struggle on Kurdistan)", "Kürt Aydini Üzerine Düsünceler (Reflections on Kurdish Intellectuals)", "Tunceli Kanunu (1935) ve Dersim Jenosidi (Tunceli Law and Dersim Genocide)", "Bilim-Resmi Ideoloji, Devlet-Demokrasi ve Kürt Sorunu (Science-Official Ideology, State- Democracy and Kurdish Question)", "Cumhuriyet Halk Firkasi'nin Tüzügü (1927) ve Kürt Sorunu (On Kurdish Society, Republican Party Statute and Kurdish Question)", "Dogu Anadolu'nun Düzeni-Sosyo-Ekonomik ve Etnik Temeller (1-2) (The Order of the Eastern Anatolia- Socio-economic and Ethnic Foundations)", "Zihnimizdeki Karakollarin Yikilmasi (Destruction of Police Stations in Our Minds)", "Yargilama Süreçleri ve Özgürlesme (Trial Processes and Emancipation)", "Baskaldirinin Kosullari (Conditions of Uprising)", "1927 ve Kürt Sorunu (1927 and Kurdish Question)". (Radikal-TIHV, September 27, 2005))
Two freedom of expression cases in court
Artist Ferhan Tunç and publisher Ragip Zarakolu both appeared in court yesterday on charges of "insulting and deriding state institutions"; Tunç for an article that he wrote and Ragip for publishing a book about the Armenian issue.
Tunç criticized the continued imprisonment of Kurdish activist and politician Leyla Zana and members of parliament from the shut-down Democracy Party in an article in the newspaper Yeniden Özgür Gündem. His case is now waiting for the address of the newspaper's editor, Mehmet Çolak, to be determined. Çolak is apparently now living abroad.
As for Belge Publishing house director Ragip Zarakolu, who was charged for translating and publishing a book by MacGill University professor Dr. Dora Sakayan, he is preparing to argue to the court that his prosecution is unconstitutional.
Tunç, who is being tried for talking about "deep opinions," did not attend the hearing held yesterday (Wednesday 20 September) in Beyog˜lu's Number 2 Criminal Court of First Instance. His lawyer Hatice Dog˜an represented him.
The suit for "insulting and deriding the court," which has been postponed three times to obtain the testimony of editor Mehmet Çolak, has now been postponed again to 28 December in order to establish Çolak's address outside the country. An official from the German Consulate observed the hearing.
A three-year sentence is being sought against Tunç and Çolak for an article entitled "A Revolutionary Leyla and a Song."
Zarakolu unexpectedly appeared to contest the charges filed against him for publishing Dora Sakayan's An Armenian Doctor's Experiences: The Izmir Diary of Garabet Hatcherian on 4 March.
In the hearing, Zarakolu defended himself against the indictment. His lawyer, Osman Ergin, argued that Zarakolu's prosecution under the 2004 Press Law, which allows the local publisher of a book or article to be prosecuted in place of an author who lives abroad, violates the constitution's equality provision.
The court decided that the suit and the contemplation of the application that the charge was unconstitutional would be continued on 22 November. A sentence of up to 5 years for "insulting and deriding Turkishness and the state military forces" is being sought against the publisher.
At the beginning žf April, Zarakolu was presented with plaque of thanks for resolutely carrying on the "Freedom of Thought and Expression" struggle as head of the Turkish Publishers Union (TYB) Freedom of Publishing Committee for ten years. Zarakolu also represents the TYB on the International Publishers Association's Commission on Freedom of Thought and Expression. (BIA News Center, Erol ONDEROGLU, September 22, 2005)
Police Will Bring Novelist Orhan Pamuk to Court
Sanar Yurdatapan, the spokesperson for the Initiative Against Thought Crimes, criticized a local court, which has ordered writer Orhan Pamuk to be brought to the hearing by police officers.
Yurdatapan stated that the judge based his decision on article 199 of Turkey's penal law (old CMUK), and added such a decision can only be taken if the defendant fails to attend the hearing for many times without reporting an excuse.
Yurdatapan said that the related article of the law allows the court to make sure the defendant is at the hearing, whether he is brought by police officers or through an arrest warrant. He added that this was never put into practice for the police officers charged with torture.
"We believe that this interesting treatment of Orhan Pamuk was totally unnecessary," said Yurdatapan.
Yurdatapan drew attention to the threats posed by the CMK. He said Orhan Pamuk would attend the hearing anyway. "How can you explain the need for police officers to bring him to court?" asked Yurdatapan.
Yurdatapan's latest notes on the trials of opinion:
Ragip Zarakolu's "Jerjian" case:
Istanbul 2nd. criminal court of first instance (File no: 2004/31563)
The case was opened upon publishing of George Jerjian's book TRUTH WILL LIBERATE US, by BELGE publishing house.Turkish penal code (former) article 159 (Equivalent new article 301): Insulting the state, law The law number 5816, articles 1/1,2: Insulting the memory of ataturk
ANALYSIS:
The fact that the Belge Publishing House published other books on Armenian issue in the past and those previous books have not been prosecuted and now this book of compilation of witness accounts and stories is charged, suggests that this is a political trial. The reason behind it is that the Armenian issue is now high on the agenda.
Trial is in progress. In the last hearing on Sept. 20, 2005 the report of the experts -3 teachers from Istanbul University was read and it is negative. It says that there is no crime due to 5816, but there is, due to 159.
Next hearing date: 22 November 2005(*) at 10:00 am
Istanbul 2nd. Criminal court of first instanceRagip Zarakolu's "Dora Sakayan" case:
Istanbul 2nd. criminal court of first instance (File no: 2005/108 )
Ragžp Zarakolu of Belge Publishing House is tried for Prof. Dr. Dora Sakayan's (of Mac Gill University) book "ACCOUNTS of an ARMENIAN DOCTOR - GARABET HAÇERYAN'S _ZM_R DIARY".Turkish penal code article 159/1(Equivalent new article 301): Insulting the Turkish identity and the security forces.
Trial is in progress. In the last hearing on Sept. 21, 2005, Zarakolu made his first defence.(attached) He said that the book was telling the truth and denying the truht would bring nothing to us. His lawyer asked for a postpone to prepare his statement about "contradicting articles of the press law and demand to have this subject sent to Constitutional court to be ebolished.
Next hearing: November 22, 2005(*) 10:30 am.
(*) This date is the last day of the "Gathering in Istanbul for Freedom of Expression"! The participants of the Gathering will have the chance to observe both hearings.
About Orhan Pamuk's case:
I have spoken to his lawyer and got the information that "the case cannot be taken back anymore, the hearing on Dec. 16, 2005 will surely happen". According to new MUK (Law for Court Procedures) it is possible that the court can send the indictment back to the prosecutor to correct if they find some bugs in it, but within one week. The time has elapsed and it is not possible anymore.
I also spoke to Pamuk. He will attend the first hearing and underline 2 things in his statement:
"What I said is not an insult, but the truth.
"What if I were wrong? Right or wrong, do not people have the right to express their ideas peacefully in this Turkey?" (BIA News Center- antenna@superonline.com, September 22, 2005)
Court rejects releasing Reporter Birol Duru
Birol Duru, a reporter for the Dicle News Agency (DIHA) was arrested in the Dinarbey village of the Karliova district of the province of Bingol and put to jail. A court has rejected Duru's demand to be released pending the outcome of the trial.
The journalist will be tried by the specialized heavy penalty court in Diyarbakir. The specialized heavy penalty court has replaced the State Security Courts (DGM).
The reporters' camera and tape recorder have not been returned in case the "evidence is not fiddled with."
Birol Duru was detained in the Dinarbey village while he was shooting the cannabis fields, and was arrested by a local court. Through his lawyer Servet Ozen, Duru made an application to the local court asking to be released. This was the third court Duru applied to be released. And the third court that rejected his application.
Duru was investigating allegations that Lieutenant AY of the Yedisu provincial paramilitary police in Bingol, was planting cannabis in cooperation with some villagers. He was arrested after police officers found a cassette in his bag, which contained expressions which complimented HPG militants. He was sent to a Bingol prison on August 14. (BIA News Center, Erol ONDEROGLU, September 21, 2005)
Two reporters jailed in Nusaybin
Cengiz Dogan, the editor-in-chief of the "Mavi" (Blue) and "Kent" (Town) newspapers in Nusaybin, was arrested for publishing the announcements of the HPG group, which is affiliated to the Kurdistan Workers' Party or PKK.
Suleyman Tekin, the general manager of the newspapers, was arrested on August 31, for participating in a protest staged while the body of a killed Syrian PKK militant was being carried to Syria through Nusaybin.
According to Arif Altunkaynak, a reporter for the Anatolia News Agency, the Nusaybin Prosecutor, who has examined the latest editions of the newspaper, ordered the confiscation of the September 13, 2005 edition.
The prosecutors demand Dogan's arrest, accusing him of "disseminating propaganda in favor of the PKK" and "praising the offense and the offender." The reporter was arrested on September 13, and sent to the Mardin E-type prison.
Eight people, including Nazim Kok, the Nusaybin provincial head of the Democratic People's Party (DEHAP), were arrested on August 31, as they carried the body of a Syrian militant to the Nusaybin border crossing. The militant was killed by the security forces in the Macka district of Trabzon.
Reporter Tekin was sent to the Nusaybin prosecutor's office after making a deposition at the police station. Eight people were also arrested for the same reason. (BIA News Center, Erol ONDEROGLU, September 21, 2005)
International PEN calls for an end to publisher Zarakolu's trials
Members of International PEN, the world association of writers, are protesting the decision to take to court one of Turkey's most well-known writers, Orhan Pamuk, for comments seen to be "insulting" to the Turkish state. His trial is due to open in mid-December (see IFEX alerts of 2 September and 6 April 2005). This move has been widely condemned internationally. At the same time other writers and journalists are on trial for commentary also seen to be insulting to the Turkish state, its officials and institutions. Most well known of these is the publisher Ragip Zarakolu, who has rarely been out of the courts because of his publications since the late 1970s.
In the next four weeks Zarakolu will be brought before courts three times in three separate cases. On 20 September an Istanbul court will preside over the latest in a series of hearings initiated in March this year against Zarakolu's publication of George Jerjian's book History Will Free All of Us/Turkish-Armenian Conciliation. The book is said to be "insulting" to the memory of Kemal Atatürk by suggesting that leading government figures close to Atatürk had been responsible for the mass deportation of Armenians in 1915. Zarakolu is being charged under articles of the Penal Code (art. 159/1 and art. 5186) that have since been removed following penal revisions put into place in June this year. The next day, another hearing will be held under the same law - this time for Zarakolu's publication of a book by Professor Dora Sakayan's An Armenian Doctor in Turkey: Garabed Hatcherian: My Smyrna Ordeal of 1922. On 11 October, Zarakolu will yet again appear in court to hear the latest in a series of hearings that started in May 2004 for an article published in 2003 entitled, "Sana Ne" ("Of No Interest") that criticised Turkey's policy towards the Kurds in Iraq. As for the hearing on 20 September, he is being tried under a law that has changed since the introduction of the new Penal Code.
Zarakolu has long been an advocate for minority and human rights in Turkey. In 1968 he began writing for "Ant" and "Yeni Ufuklar" magazines. In 1971 a military government assumed power in Turkey and convicted Zarakolu of working with an international communist organisation. He was imprisoned for three years. On his release Zarakolu steadfastly refused to abandon his campaign for freedom of thought, striving for an "attitude of respect for different thoughts and cultures to become widespread in Turkey". Unable to publish certain works within Turkey, Zarakolu turned to the international market, whilst he circumvented the ban on criticism of Turkey's military regime by turning his attention to abuses of human rights by governments in South America and elsewhere. The Belge Publishing House, established in Istanbul in 1977 by Zarakolu and his equally eminent wife Ayse Nur, has been a focus for Turkish censorship laws ever since. Charges brought against the couple - at one point there were over thirty government-brought actions - resulted in imprisonment for both Nur and Zarakolu, the wholesale confiscation and destruction of books and the imposition of heavy fines. In 1995 the Belge Publishing House offices were firebombed by an extremist rightist group, forcing it to be housed in a cellar. Since his wife's death in 2002 Zarakolu has continued to face numerous prosecutions of which his current trials are all too familiar.
PEN recognises that today the situation is much improved from when the Belge Publishing House was first set up. But it is far from perfect. PEN has on its records 50 ongoing court cases against writers, journalists and publishers. Most cases end with acquittals or fines, and rarely imprisonment, but the legal process moves slowly, often taking months, sometimes years, before coming to a conclusion. The most recent revision to the Penal Code, put into place in June this year, shaved away a little more of the problematic elements that had in the past led to sentences that included life imprisonment. Yet there still remain laws that continue to penalise free speech. On 13 September, the EU's Enlargement Commissioner, Olli Rhen, agreed that there are serious concerns about the Turkish Penal Code, adding that the trial of Pamuk is clearly in contravention of the European Convention on Human Rights, to which Turkey is a signatory.
International PEN, the world association of writers with centres in 99 countries, is deeply disappointed that, despite further changes to the Penal Code, there remains repression of freedom of expression in Turkey. PEN calls on the Turkish authorities to make further reviews of articles contained in the Penal Code that breach the international standards to which Turkey is committed. These standards include Article 19 of the United Nations International Covenant on Civil and Political Rights, as well as Article 10 of the European Convention on Human Rights. PEN recommends that pending such review, all trials against writers and publishers on charges that contravene international standards be halted. (International PEN-WiPC/IFEX, Septemmber 19, 2005)
Le journaliste Emin Karaca a été condamné pour insulte aux chefs de l'Armée
Le mandat d'arrêt contre Dogan Özgüden reste en vigueurLe journaliste et écrivain Emin Karaca a été condamné le 13 septembre 2005 par le tribunal pénal de première instance N°2 d'Istanbul à une peine de prison de 5 mois en vertu de l'Article 301/2 du nouveau code pénal turc (remplaçant l'article 159/1 de l'ancien code pénal turc) en raison de ses critiques à l'égard des généraux putschistes du 12 mars 1971. La peine de prison a été commuée en une amende de 900 YTL (Nouvelles Lires Turques) avec sursis.
Le tribunal a également décidé d'acquitter l'éditeur responsable de la revue Türkiye'de ve Avrupa'da Yazin (Littérature en Turquie et en Europe), Mehmet Emin Sert, qui avait publié l'article de Karaca à l'occasion du 30e anniversaire de l'exécution de trois leaders de la jeunesse progressiste.
Dans le même procès, Dogan Özgüden, rédacteur en chef d'Info-Türk, avait été inculpé en 2002 pour son article intitulé "Après 30 ans" parue dans la même revue et accusé d'avoir insulté les chefs de l'Armée. Le tribunal avait délivré le 27 septembre 2002 à tous les postes-frontières un mandat d'arrêt pour qu'Özgüden soit déféré immédiatement à la justice dès qu'il rentrera en Turquie. Jusqu'ici, ce mandat d'arrêt a été renouvelé cinq fois par le même tribunal, mais Özgüden a refusé de se soumettre à la justice turque.
A l'audience du 22 juin 2005, le procureur de la République a demandé que le procès contre Dogan Özgüden, exilé en Belgique, soit séparé jusqu'à son arrestation en cas de son retour au pays afin que le procès contre Karaca puisse se poursuivre séparément. Le tribunal a ainsi décidé de séparer le dossier d'Özgüden et de suspendre son procès jusqu'à son arrestation en cas de son retour à la Turquie.(Pour les détails du procès: http://home.scarlet.be/~ozguden/322.htm)
La condamnation de Karaca démontre que, malgré la modification du Code pénal turc, fort appréciée par l'Union européenne, la poursuite et la condamnation des écrivains et journalistes pour délits d'opinion se poursuivent comme avant.
Le réseau indépendant de communications (BIA) a annoncé le 13 septembre 2005 que plusieurs journalistes sont toujours jugés pour insulte à la nation turque, à l'Armée, au gouvernement ou aux forces de sécurité en raison de leurs critiques, en vertu de l'article 301 (l'ancien article 159) du CPT. Il donne comme exemples les récents procès suivants:
Le romancier Orhan Pamuk pour insulte à la nation turque
Le journaliste Ragip Zarakolu, éditeur de Belge Yayinlari, pour insulte à l'Etat, à la République et à Atatürk
Le journaliste Hrant Dink, rédacteur en chef du journal arménien Agos, pour insulte à la nation turque
Le journaliste Dogan Özgüden, pour insulte à l'Armée
Le journaliste Emin Karaca, pour insulte à l'Armée
L'avocat Sehmus Ulek, vice-président de l'Association pour la défense des opprimés (Mazlum-Der), pour insulte à la nation turque
Le journaliste Rahmi Yildirim, pour insulte à l'Armée
Le journaliste Ersen Korkmaz, rédacteur en chef du Demokrat Iskenderun, pour insulte au gouvernementJournalist Emin Karaca was condemned for insult to the Army Chiefs
The arrest warrant against Dogan Özgüden remains in forceJournalist and writer Emin Karaca was condemned on September 13, 2005 by the penal court of first instance N°2 of Istanbul to a 5-month imprisonment old according to Article 301/2 of the new Turkish Penal Code (replacing Article 159/1 of the old Turkish Penal Code) because of his criticisms as regards the putschist generals of March 12, 1971. The prison sentence was later commuted to a suspended fine of 900 YTL (New Turkish Liras).
The court also decided to acquit the responsible editor for the Türkiye' review of ve Avrupa' da Yazin (Literature in Turkey and Europe), Mehmet Emin Sert, who had published Karaca's article on the occasion of the 30th anniversary of the execution of three leaders of progressive youth.
In the same case started in 2002, Dogan Özgüden, chief editor of Info-Türk, had been indicted for his article entitled "After 30 years", appeared in the same review, and accused of having insulted the Army chiefs. On September 27, 2002, the court sent to all border check points an arrest warrant ordering that Özgüden, exiled in Belgium, be immediately arrested and submitted to the justice as soon as he enters to Turkey. Up to now, this arrest warrant has been renewed five times by the same court, but Özgüden refused to surrender to Turkish justice.
At the audience of June 22, 2005, the public prosecutor asked that the lawsuit file against Dogan Özgüden be separate until its arrest in the event of its return to the country so that the lawsuit against Karaca can continue separately. The court thus decided to separate Özgüden's file and to suspend his trial until his arrest in the event of his return to Turkey. (For more informations on the case: http://home.scarlet.be/~ozguden/322.htm )
The condemnation of Karaca shows that, in spite of the modification of the Turkish Penal Code, so appreciated by the European Union, the indictment and condemnation of writers and journalists for "opinion crimes" continue as before.
The independent communications network (BIA) announced on September 13 2005, that under the Article 301 (old article 159) of the TPC a number of journalists are always tried for insult against the Turkish nation, the Army, the government or the forces of security simply because of their criticisms. It gives like examples the following recent cases:
Novelist Orhan Pamuk, for insult to the Turkish nation
Journalist Ragip Zarakolu, publisher of Belge Yayinlari, for insult to the State, the Republic and Atatürk
Journalist Hrant Dink, editor of the Armenian newspaper Agos, for insult to the Turkish nation
Journalist Dogan Özgüden, for insult to the Army
Journalist Emin Karaca,, for insult to the Army
Lawyer Sehmus Ulek, vice-president of the Association for the defense of the oppressed (Mazlum-DER), for insult to the Turkish nation
Journalist Rahmi Yildirim, for insult to the Army
Journalist Ersen Korkmaz, editor of Demokrat Iskenderun, for insult to the government.La Turquie condamnée à Strasbourg pour violation de la liberté d'expression
La Turquie a été condamnée mardi par la Cour européenne des droits de l'Homme pour violation de la liberté d'expression d'un membre du Parti démocrate populaire lors d'un discours prononcé en 1994.
En 1997, Tahir Han avait été condamné par la Cour de sûreté de l'Etat d'Ankara à un an de prison et à une amende pour avoir, dans un discours prononcé devant le Congrès de son parti, diffusé de la propagande "contre l'intégrité indivisible de l'Etat", une infraction réprimée par la loi sur la prévention du terrorisme.
Une loi sur la liberté conditionnelle adoptée par la Turquie en 2000 avait toutefois entrainé le sursis à l'exécution de sa peine.
La Cour de Strasbourg a estimé que le discours litigieux "ne pouvait pas être qualifié de discours de haine" et que de ce fait, la condamnation du requérant était "disproportionnée" et "pas nécessaire dans une société démocratique". Elle a condamné la Turquie pour violation de l'article 10 de la convention européenne des droits de l'Homme (droit à la liberté d'expression) et décidé d'allouer 5.000 EUR au requérant pour dommage moral et 1.000 EUR pour frais et dépens.
La Cour a en revanche blanchi Ankara dans une autre affaire de liberté d'expression: un éditeur avait été condamné en 1996 à une peine de deux ans de prison, commuée par la suite en une faible amende, pour avoir injurié par voie de publication "Dieu, la Religion, le Prophète et le livre sacré" dans un ouvrage provocateur intitulé "Yasak Tümceler" (les phrases interdites).
Dans cette deuxième affaire, la Cour de Strasbourg a jugé que la condamnation "visait à fournir une protection contre des attaques offensantes concernant des questions considérées comme sacrées par les musulmans" et qu'elle répondait dès lors "à un besoin social impérieux".(AFP, 13 septembre 2005)
Poursuites contre Orhan Pamuk - L'UE s'en prend à la Turquie
Le commissaire européen à l'Elargissement a vivement critiqué mardi l'intention de la justice turque de poursuivre l'écrivain Orhan Pamuk pour des déclarations sur l'attitude envers les Arméniens et les Kurdes.
Olli Rehn a estimé qu'il s'agissait d'une provocation et jugé que certains magistrats sabotent par ce genre de démarche les efforts d'Ankara pour rejoindre l'Union européenne. Pamuk est passible d'une peine pouvant atteindre trois ans de prison pour avoir soutenu que les Arméniens avaient été victimes d'un génocide commis par les Turcs sous l'empire ottoman, aux alentours de 1915, ce qu'Ankara nie catégoriquement.
Les négociations sur une future adhésion de la Turquie à l'UE doivent s'engager normalement le 3 octobre. Les magistrats turcs enquêtent d'autre part sur des déclarations de Pamuk selon lesquelles 30.000 Kurdes