
A non-government information
center on
Turkey
Un centre d'information non-gouvernemental
sur la Turquie
|
Mars 2006 March N° 331 53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 215 58 60 editor@info-turk.be Chief Editor /Rédacteur en chef: Dogan Özgüden Responsible editor/Editrice responsable: Inci Tugsavul |
Human
Rights Pressures on media Kurdish Question Minorities Interior politics Armed Forces Religious affairs Socio-economics Turkey-Europe Turkey-USA Regional Relations Cyprus and Greece Migration |
Fév/Feb 06
Jan/Jan 06 Déc/Dec 05 Nov/Nov 05 Oct/Oct 05 Sep/Sep 05 Août/Aug 05 Juil/July 05 Jui/Jun 05 Mai/May 05 Avr/Apr 05 Mars/Mar 05 Toutes les informations depuis 1998
All informations since 1998
Depuis le 1er novembre 2005, Info-Turk est entrée dans la 30ème année de parution. Ces trente années de publication sont marquées également par la lutte pour la démocratisation en Turquie. Afin de créer un amalgame, certains groupes au service de l'Etat turc ont lancé des pages Internet avec des adresses semblables à celle d'Info-Turk. Il s'agit d'une nouvelle tentative du régime d'Ankara qui a depuis trois décennies utilisé tous les moyens odieux pour étouffer notre libre voix. Info-Turk n'a aucune relation avec ces groupes et est résolu de contribuer, malgré tout, à la défense des droits de l'homme en Turquie.
*
Since November 1st, 2005, Info-Turk has entered its 30th year of publication. These thirty years of publication are also marked by a fight for democratization in Turkey. In order to create an amalgam, some groups in the service of the Turkish State have launched Internet pages with addresses similar to Info-Turk's address. This is a new attempt of the Ankara regime that has used over three decades all odious means to silence our free voice. Info-Turk does not have any relation with these groups and is determined to contibute, in spite of all pressures, to the defense of human rights in Turkey .
Informations récentes du mois
Latest Informations of the month
Droits de l'Homme / Human Rights
Les représentants de l'action de désobéissance civile se sont rendus à la justice
Les représentants des "Premiers Volontaires" de la nouvelle action de désobéissance civile contre le Code pénal turc se sont rendus ce matin au Palais de Justice de Besiktas à Istanbul et, après avoir signé devant les journalistes la pétition se déclarant coupables en vertu des 22 articles du CPT, l'ont remise au procureur de la République.
Les huit représentants de l'action de désobéissance, Abdurrahman Dilipak, Cevat Özkaya, Gülden Sönmez, Mustafa Sütlas, Pınar Selek, Sema Kaygusuz, Sanar Yurdatapan et le Prof. Dr. Tolga Yarman, ont déclaré aux médias que le procureur de la République devra entamer un procès pénal contre chacun des signataires de la pétition.
Si le procureur ne le faisait pas, ils déposeraient contre lui une plainte auprès du Conseil suprême des juges et des procureurs pour ne pas avoir remplir ses fonctions, ont-ils déclaré. (Sanar Yurdatapan, antenna@superonline.com, 28 mars 2006)
Nouvelle action de désobéissance civile contre le nouveau code pénal
Une nouvelle action de désobéissance civile contre les articles anti-démocratiques du nouveau code pénal se démarre le mardi 28 mars 2006, à 10h, avec un bref communiqué de presse devant le Palais de Justice de Besiktas à Istanbul.
Les représentants des "Premiers Volontaires" (dont la liste ci-dessous) rendront visite au procureur pour lui donner une pétition se déclarant coupables et l'invitant à entamer un procès contre tous les signataires.
Nous vous invitons à partager ce "petit moment historique" avec nous.
Dans le texte de 31 paragraphes de cette action de désobéissance civile (en annexe), 22 articles du code pénal sont violés. Excepté quelques uns, les autres textes ont été écrits par les intellectuels qui ont été jugés par les tribunaux, certains déjà condamnés.
Lors de la première audience, nous allons demander que ces articles devraient être supprimés par la cour constitutionnelle, parce qu'ils sont en contradiction avec la déclaration européenne des droits de l'Homme et que l'article 90 de la Constitution turque déclare la priorité des conventions internationales par rapport à la législation nationale.
Si cette demande était refusée par la cour et le procès se poursuivait, alors chacun de nous devrait être condamné à un emprisonnement de 15 à 62 ans et à une amende de 15.000 à 155.000 YTL.
Merci beaucoup à l'avance de votre attention.
(Sanar Yurdatapan, antenna@superonline.com, 27 mars 2006)
http://www.antenna-tr.org/index.asp?lgg=en
Premiers volontaires
Abdurrahman Dilipak (journaliste, écrivain)
Cevat Ozkaya (président de Mazlumder/Organisation des droits de l'Homme et de la solidarité avec les peuples opprimés)
Dogan Ozguden (journaliste, Info-Turk à Bruxelles)
Ece Temelkuran (journaliste, Milliyet)
Fikret Baskaya (Doc. Dr., Université libre, Ankara)
Gulden Sonmez (juriste, activiste des droits de l'Homme)
Kazım Genç (juriste, président de l'Association Pir Sultan Abdal)
Mahir Gunsiray (acteur, régisseur)
Mehmet Bekaroglu (Prof. Dr., psychiatre)
Mustafa Sutlas (activiste des droits des patients)
Noyan Ozkan (juriste, ancien bâtonnier du Barreau d'Izmir)
Oya Baydar (sociologue, écrivaine)
Perihan Magden (journaliste, écrivaine)
Pınar Selek (sociologue, écrivaine, journaliste)
Ragıp Zarakolu (écrivain, éditeur, journaliste)·
Sema Kaygusuz (écrivain)·
Sanar Yurdatapan (compositeur)·
Seyhmus Diken (écrivain)·
Tolga Yarman (Prof. Dr., ingénieur nucléaire)·
Yusuf Alatas (juriste, président de IHD/Association des droits de l'Homme)
Je ne suis pas d'accord avec ce que vous avez à dire, mais je défendrai jusqu'à la mort le droit de pouvoir le dire. Voltaire (1694- 1778)
CERTAINES OPINIONS ET DEMANDES SUR DIFFERENTS SUJETS EN TURQUIE
La restructuration du Code de Procédure Pénale, d'Application des lois, et du Code Pénal turc, tous fondés sur les lois fascistes italiennes, a suscité de grands espoirs en vue de la mise en place de la démocratie et de la liberté d'expression sans conditions. Les anciennes lois ont été utilisées comme base pour soutenir d'innombrables décisions et procédures inéquitables et injustes. Le tout nouveau Code Pénal turc qui s'ouvre avec le paragraphe suivant : "Le but de cette loi est de protéger les droits des personnes et les libertés, l'ordre public et la sécurité, la suprématie de la loi, la santé publique et l'environnement, et d'empêcher les crimes", a malheureusement provoqué une grande déception par son contenu et sa mise en œuvre qui a pris plus d'un an. Des bombes placées dans la loi avec habileté ne sautent pas immédiatement aux yeux, mais explosent désormais les unes après les autres. Écrivains, journalistes, éditeurs de journaux, artistes, syndicalistes, professeurs, dissidents politiques, s'entassent dans les tribunaux. Afin d'arrêter cet enchaînement d'événements avant qu'il ne soit trop tard, avant que le courant des accusations ne soit validé par la Cour Suprême et ne devienne force de loi, pour fermer cette voie, nous faisons part de nos opinions par voie de presse, sachant que chaque paragraphe viole certains articles de lois anti-démocratiques, et pourrait coûter à chacun d'entre nous, sous le coup de la nouvelle loi, des peines d'emprisonnement comprises entre 15 et 62 ans et des amendes allant de 90 à 155 000 Lires lurques. Nous sommes prêts à en assumer les conséquences.
Etat des accusations/condamnations pour viol de l'Article 301 du CPT (anciennement 159) :
1. "C'est un fait qu'un "syndrôme de Sèvres" eut lieu au début des années 90, où l'on croyait que la Turquie devait faire face à un risque de désintégration. Mais la demande qu'un tel climat règne encore aujourd'hui tourne à la "paranoïa", dérange et fait du mal à la Nation. Ceux qui disent que des choses telles qu'un Etat "Pontique" pourrait se former dans la partie orientale de la région de la Mer Noire, que des non-musulmans prennent le contrôle de la Turquie ou que le patriarcat grec Fener mette en place une sorte de Vatican à Istanbul, essaient en fait de générer un climat de ce genre…"
(Extrait tiré du rapport du Comité Consultatif sur les Droits de l'Homme du Premier Ministre, qui mena le procès du Professeur Ibrahim Kaboglu et du Professeur Baskin Oran).
2. "30 000 Kurdes et 1 million d'Arméniens ont été tués dans ce pays. Personne en Turquie n'ose le dire. Je le fais…"
(Déclaration d'Oran Pamuk publiée la première fois dans un magazine suisse et rediffusé dans le magazine Aktuel en Turquie, ce qui a provoqué le procès de Pamuk)
3. "Le sang frais pour remplacer le sang empoisonné du Turc qui pourrait saigner existe dans la noble veine des Arméniens, qu'il pourrait fabriquer avec l'Arménie."
Enoncé d'un article de Hrant Dink publié dans le journal AGOS et qui a mené à l'accusation et la condamnation de Dink)
4. "… à l'aube, ils sont arrivés avec des casques, des bottes et des armes. Ils se sont assis sur le pays comme un lourd rocher… ceux qui avaient prévu de venir casqués, en bottes et armés et de s'asseoir sur le pays tel un lourd rocher. Cela s'est passé et ils ne furent pas différents de Pinochet, Banzer, Videla, Garcia et Somoza, leurs collègues de pays éloignés. Parmi d'autres faits, ils exécutèrent 49 personnes dont une âgées de 17 ans."
(Déclaration de Emin Karaca, dans un article critiquant le régime du 12 septembre, publié dans la revue YAZIN et qui provoqua la condamnation de Karaca à 5 mois de prison).
5. "… S'il est assez naïf pour faire confiance aux tribunaux et aux juges turcs, la chance pour un Turc ordinaire d'avoir un procès juste est de une sur un million."
(Phrases d'un journaliste, Burak Bekdil, dans un article publié dans le Turkish Daily News et qui l'a conduit à un emprisonnement de 20 mois)
6. " Le prix payé en morts pendant la guerre civile était si redoutable en 1992, et les histoires des attaques du PKK et les représailles de l'armée furent si brutales que personne ne pouvait être optimiste concernant la nouvelle année. Malgré la reconnaissance de la "Réalité kurde" par le Premier Ministre Demirel et le vice-Président Ozal, les bruits de guerre envoyés par la presse turque et les partis conservateurs, demandant une réponse dure à toute expression de rébellion du PKK et l'indépendance kurde couvrit les voix plus conciliantes. La guerre s'est déroulée sur deux fronts : un dans le sud-est contre les Kurdes, - désormais avec plus de monde et plus de technologie dus à l'arrivée des Aigles Noirs; et l'autre front se trouvait dans les villes et les villages contre le sentiment kurde et toute sorte d'opposition à la guerre ou de sympathie envers les rebelles…"
(Ces affirmations, tirées du livre de John Tirman " Butin de guerre : Le coup humain du trafic d'armes américain" ont mené au procès de Fatih Tas, le propriétaire de la maison d'édition Aram).
Article 301 du CPT :
Ceux qui :
(1) Insultent publiquement le sentiment turc, la République ou la Grande Assemblée Nationale de Turquie devront être punis d'une peine d'emprisonnement comprise entre 6 mois et 3 ans.
(2) Insultent publiquement le Gouvernement de la République turque, les institutions judiciaires, militaires ou les organismes de sécurité de l'Etat devront être punis d'une peine d'emprisonnement comprise entre 6 mois et 2 ans.
(3) Si une insulte au sentiment turc est proférée par un citoyen turc dans un autre pays, la sentence sera augmentée d'un tiers.
(4) L'expression de pensées critiques ne constituent pas un crime.
Déclarations mises en accusation pour violation de l'article 288 du CPT :
7. "… Cette décision n'a rien à voir avec la loi ou la démocratie…. C'est une décision qui défie la loi et la liberté universitaire… c'est une explosion de la liberté d'expression…"
(L'accusation contre Hasan Cemal, journaliste du journal Milliyet vient de son article concernant la décision de la 4ème Cour administrative d'Istanbul d'empêcher la "conférence arménienne".)
8. "… Un non-sens d'empêcher la conférence arménienne par une décision de justice…", "… Je me demande si on enquêtera un jour sur ceux qui ont pris cette décision.
(L'accusation contre le professeur Erol Katricioglu du journal Milliyet provient de son article qui le conduira au procès suivant les mêmes motifs).
9. "… Nous avons vu la justice perdre son autorité…" "… c'est la pire attaque allant aussi loin contre la qualité des Universités…"
(L'accusation contre Ismet Berkan du journal Radical provient de son article qui l'a conduitau procès selon les mêmes motifs).
10. "… une décision de la sorte, défiant la liberté scientifique et la qualité des Universités…", " … est-ce qu'un pays clamant qu'il veut fonctionner comme un Etat de droit, peut voir ses tribunaux prendre des décisions pareilles ?…"
(L'accusation contre le Professeur Haluk Sahin du journal Radikal, provient de son article qui l'a mené au procès selon les mêmes motifs).
11. ".. quand quelqu'un qui se définit comme servant la justice transgresse la justice…", "… la décision est si fatale…"
(L'accusation contre le Professeur Murat Belge du journal Radikal provient de son article, qui l'a mené au procès selon les mêmes motifs).
12. "… Est-ce que les déclarations de Pamuk n'ont pas été analysées par le bureau du Procureur Public Général plus tôt, et ne fut-il pas conclu que ces déclarations étaient dans le cadre d'un criticisme qui ne constitue pas un crime, menant à l'annulation des charges ? Est-ce que ce genre de silence ne fait pas plus de mal au gouvernement tant que la Turquie encourage ce genre de pratique ?"
(Tiré de l'article de Mutat Yetkin, du journal Radikal, critiquant le procès de Pamuk, ce qui a mené à son procès).
Article 288 du CPT :
Ceux qui
(1) Font des déclarations écrites ou verbales dans le but d'influencer le procureur, le juge, la Cour les experts ou les témoins avant un procédure légale en cours ou un procès en cours de jugement devront être condamnés à une peine de prison comprise entre 6 mois et 3 ans.
Code de la presse num. 5187, article 19 :
Ceux qui publient le contenu de procédures par le Procureur Général, le juge ou la Cour, ou d'autres documents relatifs à une enquête pendant la période comprise allant du début des enquêtes préliminaires, jusqu'à ce que les charges soient prononcées, ou un procès public soit ouvert, seront condamnés à une amende comprise entre 2 et 50 milliards de lires turques.
13. "… Votre lutte est notre lutte, nous sommes pour la paix, nous vous remercions M&