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INFO-TURK


A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

31st Year / 31e Année
Janvier
 
2007 January
N° 341
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 215 58 60
editor@info-turk.be
Chief Editor /Rédacteur en chef: 

Dogan Özgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

 
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colombe

Bonne Année... Happy New Year...


Titres des évènements du mois
Titles of this month's events




Droits de l'Homme / Human Rights

Le gouvernement turc reconnaît l’existence d’un "Deep State"

Human rights groups: Annulling 301 not enough
Fin de grèves de la faim après le changement dans le régime carcéral
La Turquie une nouvelle fois condamnée pour mauvais traiement
HRW: Turkish Government Reluctant on Rights in 2006
Investigation on Prison Massacre Can Begin After Six Years
Physicians' Association:  F-Type Prisons Are Inhuman
Prime Ministry’s human rights body under fire for inaction
Intellectuals raise voice to support Behic Asci
Human Rights at Halt in Turkey in 2006
European Human Rights Commission urges Turkish reform


TIHV's Recent Human Rights Reports in Brief


Pression sur les médias / Pressure on the Media

Menacé de mort, Orhan Pamuk annule un voyage en Allemagne
Le nombre des journalistes emprisonnés s'élève à 21 à la fin de janvier
New campaign: Would you participate in Dink's Crime?
Turkish TV series 'Valley of the Wolves' promote violence
Police Protection to Seven Writers
301 Amendment Postponed till after the Elections
RSF: Historia consacré aux intégrismes interdit en Turquie  
Criminal defamation charges against daily newspaper Kibrisli
Censorship on Internet under Article 301 of the Penal Code
Orhan Pamuk calls for greater freedom of expression
Prime Minister asked Journalist Özkan to be retried under 301

TIHV's Report on Recent Pressures on the Media


Kurdish Question / Question kurde

Campaign against the denial of Ocalan's right to retrial
Kurdish Official Says Turkey Behind Terrorist Acts in Kirkuk
Kurdish parliament criticizes Turkey over its threats against northern Iraq
Turkish Commando Operations Against Kurdish militants in Turkey
Turkey’s threats and Kurdish constitutional rights
Investigation over Bilingual Invitation
Liste terroriste de l'UE: la justice européenne devra revoir le cas du PKK
Öcalan appelle à la création d'une "commission vérité"

Turkish army gathered on the Kurdistan’s boarder ready for attack
Un soldat turc et trois militants kurdes tués lors d'affrontements

The broadcasting of ROJ TV is disrupted in Kurdistan
Website KurdishMedia.com blocked in Turkey
Peace conference urged for democratic solution to the Kurdish Question
Quatre militants kurdes abattus lors de combats dans le sud-est
Ocalan calls Turkey to grant regional autonomy to Kurds
La conférence sur la question kurde appelle à l'arrêt des violences
Peace initiative aims to create a public conscience on Kurdish issue
Recent Study Estimates 1.2 Million Kurds Forcibly Displaced
President Sezer in Italy denied the fact of Kurdish Minority

NGOs voice support for multilingual municipality services

Kurdish Municipality Goes Multilingual, Government Investigates
Erdogan's remarks signal military operation in 2007
Opération anti-PKK: Erdogan s'en prend à Washington et Bagdad


Minorités / Minorities

Assassinat de Dink: Une colombe de paix qui vient de tomber martyre
Armenian genocide resolution at  the US House of Representatives
Minute de silence au Parlement européen à la mémoire de Hrant Dink
Un septième suspect inculpé dans le cadre de l'affaire Dink
Nationalist sentiment dominates soccer pitch
Le nationalisme turc de retour après les funérailles de Hrant Dink
Nationalists Surface After Dink's Funeral

Enquête sur une éventuelle négligence dans l'affaire Dink

Un temple protestant attaqué dans le nord de la Turquie
Un ultranationaliste turc a menacé de faire sauter un ferry
Manifestation controversée en mémoire de Hrant Dink à Paris

A nouveau Ankara nie le génocide arménien à Davos

Après les funérailles, les espoirs de réconciliation s’évanouissent
Ahmet Altan: De 1915 à 2007, rien n'a changé?
Taner Akcam: "Les vrais meurtriers appartiennent aux cercles influents
Nouvelle incarcération dans l'affaire du meurtre de Hrant Dink
Threatening E-mail to Agos Newspaper
Pendant les funérailles Ankara continue son négationnisme
Dink's Case Would Continue in ECHR
Le meurtrier présumé de Dink et ses possibles complices incarcérés
Ankara appelé à normaliser ses liens avec Erevan
Des dizaines de milliers d'Arméniens rendent hommage à Hrant Dink

Marée humaine aux obsèques de Hrant Dink à Istanbul
"Lettre à mon bien-aimé", par Rakel Dink
Manifestation à Bruxelles pour rappeler la culpabilité de l'Etat turc
10.000 personnes rendent un dernier hommage à Dink à Erevan
Qui se trouvent derrière le meurtrier présumé de Hrant Dink?
Requiem et rassemblement à Bruxelles à la memoire de Hrant Dink
Marche à Erevan pour dénoncer le meurtre du journaliste Dink
TIHV Communique: After Hrant Dink...
Hrant Dink : « Le mot "arménien" était devenu une insulte »
In Memoriam: Hrant Dink, 1954 - 2007
Des centaines d'Arméniens de France dénoncent le meurtre de Dink
Ankara critiqué en Arménie après le meurtre du journaliste Hrant Dink
Le Conseil de l'Europe "profondément choqué" par le meurtre de Dink
Deux messages relatifs à l'établissement du dialogue turco-arménien en Belgique
Communiqué des Jeunes Arméniens de Belgique
Assassinat du journaliste arménien Hrant Dink 
Extraits du dernier article prémonitoire de Hrant Dink
Manifestations de protestation après le meurtre de Dink
Les larmes de crocodile dans la presse après l'assassinat de Dink
Le patriarche arménien dénonce le meurtre de Hrant Dink
La présidence de l'UE "bouleversée" par l'assassinat "ignoble" de Dink
Le commissaire Rehn "choqué" par l'assassinat de Dink
Chirac: L'assassinat de Dink est "un acte abominable"

Washington déplore l'assassinat de Hrant Dink

L'Arménie condamne l'assassinat de Dink

Amnesty veut une enquête "approfondie et impartiale"

Indignation d'associations des droits de l'Homme

Roelants du Vivier: la conséquence du négationnisme d'état
La Fédération armenienne: La Turquie assassine Hrant Dink
Comité de Défense de la cause armenienne

ADL: Hrant Dink a dit la vérité, Il a été exécuté…
Retrospective On Trials Against Hrant Dink
Meeting républicain à Paris pour la pénalisation du négationnisme
Lettre ouverte de Taner Akçam à propos d'une plainte pénale à Istanbul
Meeting arménien à Paris pour faire pression sur les politiques

Génocide arménien: premières prestations d'assurance

Hommes d'affaires arméniens et turcs pour l'ouverture de la frontière
Die Linke a mis un terme à la contestation du génocide arménien
European court condemned Turkey in non-Muslim foundations Case
Armenian Journal Agos' article charged four times
Gülay Göktürk: "La question arménienne, notre cauchemar"
Présence contestée de la Secrétaire d'Etat Grouwels au colloque négationniste


Politique intérieure/Interior Politics

ECHR refuses to interfere with Turkey's election threshold
L'ancien ministre des affaires étrangères Ismail Cem décédé
National Intelligence Organization (MIT): "Turkey under threat"
La Turquie entre dans une année électorale pleine de tensions

Forces armées/Armed Forces

Conscientious Objector at Legal Loophole
Turkish Commander: "EU no longer neutral on Cyprus, place for solution is UN"
Turkey to get work share worth over $5 billion in F-35

 Conscientious Objector Halil Savda on Hunger Strike
Renault va produire la nouvelle Clio avec l'Armée turque
Turkey pushes button for $500 million helicopter competition
Un ex-commandant de la marine condamné pour corruption saisit la CEDH


Affaires religieuses / Religious Affairs

Un dirigeant et 46 membres présumés d'Al-Qaïda arrêté en Turquie

La Turquie assure s'être occupée du sort de Kurnaz à Guantanamo
La Grèce va salarier les imams de sa minorité musulmane
Bartholomée I veut un statut légal pour patriarcat oecuménique orthodoxe
L'opéra "Idoménée" sera joué en Turquie mais sans Mahomet décapité


Socio-économique / Socio-economic

Les revenus du tourisme turc en baisse de 7,2% en 2006

La Turquie sera le pays européen le plus peuplé en 2050
 TUSIAD: Don't let Dink killing, 301 derail Turkey
La sécheresse inquiète les experts, désespère les paysans
Ankara compte mettre en oeuvre en juillet la réforme de la sécurité sociale
Un avion transportant des ouvriers turcs s'écrase en Irak: 34 tués
Violence Towards Children Escalate in 2006


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Gul: "Les Français n'ont pas à avoir peur des Turcs"
L'UE prête à "travailler" pour lever l'isolement de Chypre Nord
Prodi exhorte la Turquie à ne pas s'éloigner de l'objectif européen
Sarkozy: la Turquie "n'a pas sa place" dans l'Union européenne
Le chef des eurodéputés conservateurs contre l'adhésion de la Turquie à l'UE
Ankara dresse une feuille de route malgré le gel de ses négociations
27-State European Union: 800,000 Turks become EU citizens


Turquie-USA/ Turkey-USA

Le coordinateur américain promet  de concourir à la lutte anti-guérilla

 US Forces Raid Kurdish Maxmur Refugee Camp In Northern Iraq
Nouvelle visite d'un haut responsable US pour vanter le plan Bush
Erdogan: With 350 km of border it is impossible not to interfere in Iraq
Rice: US failure would lead to Turk-Kurd conflict

La Turquie salue le plan de Bush pour l'Irak
US to use Incirlik Airbase for training flights


Relations régionales / Regional Relations

La pression d'Ankara  contre un changement de la politique pétrolière irakienne
Erdogan met en garde contre une guerre civile à Kirkouk
Le conseil de Kirkouk accuse la Turquie d'inciter aux violences en Irak
Le ministre des Affaires étrangères répète les menaces d'Ankara
The menace of Turkish military intervention condemned in Iraq
Protests against the exclusion of Kurds at Turkish conference on Kirkuk
Ankara, inquiet après l'exécution de Saddam, met en garde sur Kirkouk
Israël s’entraînerait à des frappes nucléaires sur l’Iran via la Turquie
L'Iran a repris ses livraisons de gaz à la Turquie
La Turquie se tourne vers la Russie après la coupure du gaz iranien
Erdogan appelle les Libanais au "dialogue" pour résoudre la crise politique
Pas de gaz iranien pour la Turquie à cause de la demande intérieure


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Chypre défend ses droits pétroliers face aux objections d'Ankara

Nouveau geste du gouvernement grec envers sa minorité musulmane
El Al va supprimer ses vols directs vers Chypre et la Turquie
La Turquie exhorte Egypte et Liban à geler un accord énergétique avec Chypre
Ankara proteste contre la signature d'un accord entre Chypre et le Liban
La passerelle controversée démantelée dans le secteur turc de Nicosie
Une nouvelle intervention de l'Armée turque à Chypre


Immigration / Migration

La Suisse refuse une extradition demandée par la Turquie
Message de Kimyongür: "Hrant Dink victime du négationnisme d’Etat
Conclusions du Clea relatives aux contacts avec le cabinet d'Onkelinx
Visite de la délégation du Collectif 1971 à Bahar Kimyongür
Kimyongür sera transféré de la prison de Gand à la prison de Nivelle
Le site du ministère belge de la Défense piraté par des hackers du lobby turc
Le samedi 6 janvier à Bruxelles: 2 manifestations pour la liberté


Droits de l'Homme / Human Rights

Le gouvernement turc reconnaît l’existence d’un « Deep State »

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a reconnu publiquement pour la première fois l’existence d’un « état profond » en Turquie. Selon les médias une deuxième personne aurait participé au meutre de Hrant Dink.

Le ministre turc des sports Mehmet Ali Sahin a indiqué qu’il était nécessaire « d’étudier à fond le meurtre ». S’exprimant dans un programme de TV sur le canal Samanyolu, M.Sahin a indiqué que les commanditaires devaient être débusqués. « Je ne trouve pas juste que ce meutre soit considéré comme un simple meutre » a indiqué le ministre ajoutant « il est nécessaire de couper la source de cette eau sale. Ces garçons arrêtés sont des hommes de paille ».

En attendant le premier ministre turc Erdogan a déclaré pour sa part sur Kanal 7 TV qu’il acceptait l’idée de l’existence d’un « état profond ». Indiquant que cet « état profond » existait depuis l’Empire Ottoman, M.Erdogan a souligné qu’il était « nécessaire de le réduire au minimum ». En attendant, Erhan Tuncel, accusé d’être l’un des planificateurs du meurtre de Hrant Dink, est désormais accusé d’avoir été un informateur des fonctionnaires de police de Trabzon selon le quotidien « Sabah ». Arrêté avec Yasin Hayal après l’explosition d’une bombe devant un McDonald à Trabzon, Erhan Tuncel aurait accepté d’être un informateur en échange de sa liberté, proposition faite Ramazan Akyürek, le chef de la police de Trabzon à ce moment-là.

N’ayant pas prévenu la police du projet d’attentat Erhan Tuncel est désormais suspecté d’avoir participé au meurtre du prêtre italien Andréa Santoro à Trabzon en 2004. La police étudierait les similitudes entre le meurtre de Hrant Dink et celui du prêtre italien. (Stéphane/armenews, 30 janvier 2007)

Human rights groups: Annulling 301 not enough

To draw attention to alleged human rights violations, two prominent non governmental organizations, the Turkish Human Rights Foundation (HRFT) and the Human Rights Association (IHD), on Friday sent letters of protest to both Turkish and international officials.

In a letter to Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, HRFT head Yavuz Onen reminded the premier that since the assassination of journalist Hrant Dink the freedom of speech issue had started to be discussed in relation to the Turkish Penal Code's (TCK) Article 301.

"Through the constitutional amendment realized on Oct. 17, 2001, many positive steps were taken in terms of democratization, but in the last year these steps stopped and even deteriorated," said Onen in the letter, explaining that they were trying to draw the prime minister's attention to the issue.

Onen said that human rights problems in Turkey are discussed concerning the evaluations of other countries and that is the Turks who have to pay a grievous cost. "This is both woeful and thought provoking," he said in the letter.

"Claiming that freedom of speech can be realized through annulling Article 301 or amendments is not only pointless but also flippant," he said. "Of course amendments regarding Article 301 will be a very important step. However, this step should be taken not due to the suppressions or demands of other countries, but it should be taken as it's a very important step for the democratization of Turkey."

Addressing the premier, Onen stated that changing articles one by isn't sufficient since following a change in one article considered an obstacle to freedom of speech another is substituted.

"There are at least 14 articles in the TCK that can be a substitute for Article 301, besides the Anti-Terror Law, Law to Protect Ataturk, Press Law and the Supreme Board of Radio and Television Law have a restrictive character," he said. "Limiting the human rights concept with freedom of speech or discussing only Article 301 means that we take democratization as an image on the way to the European Union."

Onen also criticized the premier by saying that not maintaining communication with human rights associations is one of the major deficiencies of their government. "Not making an attempt to open investigations into some officials is also thought provoking. In a country where the officials uttering the statements below continue in their posts, expecting the protection of human right values is only a dream," said Onen. He also cited a statement by Governor of Trabzon Huseyin Yavuzdemir scolding a far left group that distributed banners advocating further rights for prisoners but was attacked by a mob in 2005. "The group unfurled a banner. If I knew who they were, I'd have shot them," Rize Mayor Halil Bakirci was quoted as saying about the events.

Onen closed the letter by saying, "You were talking about replacing the current Constitution with a more participatory one and you promised to take the ideas of all sectors of society. Yet, your government hasn't kept its promises for the last four years."

IHD members march to UN office

Members of the IHD claimed in their letter presented to the United Nations Turkey Representative office that there has been a serious deterioration in the situation for human rights advocates in Turkey.

Gathering in front of the IHD's headquarters in the capital's Tunali Hilmi Sk., members of the association marched through the Karum shopping mall to protest a lack of measures for the protection of human rights advocates in Turkey.

IHD head Yusuf Alatas claimed that human rights advocates are constantly under threat. "No preventive steps are taken to protect these people, yet human rights advocates will continue their struggle," he said.

Afterwards, members of the association marched to the UN Turkey Representative office and presented the letter and a file to Hina Jilani, UN human rights advocates' special rapporteur. (The New Anatolian, 27 January 2007)

Fin de grèves de la faim après le changement dans le régime carcéral

Un avocat turc, qui jeûnait depuis 293 jours pour protester contre le régime d'isolement carcéral turc, a mis fin à son mouvement après que les autorités eurent décidé d'assouplir les conditions des détenus, a-t-on appris mardi auprès de son entourage.

Behiç Asçi, un avocat de 40 ans, a immédiatement été hospitalisé à Istanbul, a précisé à l'AFP le président de l'association turque des droits de l'Homme (IHD), Yusuf Alatas.

M. Asçi, devenu figure emblématique du mouvement de protestation contre le régime d'isolement carcéral, avait cessé de se nourrir mais continuait d'absorber de l'eau salée, sucrée et enrichie de vitamines pour rester en vie.

Il aurait perdu une trentaine de kilos.

Dans une circulaire publiée lundi, le ministère de la Justice a annoncé que les détenus des prisons de haute sécurité, dites de "type F", pourront se regrouper par dix personnes au maximum pendant 10 heures par semaine.

Une soixantaine de membres d'organisations d'extrême-gauche ont perdu la vie à la suite d'un vaste mouvement de grève de la faim, déclenché en octobre 2000 dans les prisons turques pour protester contre un changement des conditions de détention.

Un millier de prisonniers avaient alors cessé de s'alimenter pour dénoncer la mise en service de cellules pour une à trois personnes dans les prisons, destinées à remplacer les vastes dortoirs de plusieurs dizaines de détenus où les mutineries et prises d'otages étaient fréquentes.

Les détenus affirmaient que ces nouvelles conditions aggravaient les risques de désocialisation et de mauvais traitements des gardiens.

Le gouvernement a exclu un retour à l'ancien système des dortoirs, mais les dernières mesures adoptées, saluées par les organisation de défense des droits de l'Homme, devraient permettre, mêmes partiellement et sous conditions, des activités communes afin de sortir les détenus de leur isolement.

Commentaire du CLEA: Bahar Kimyongür, qui a consacré ses six dernières années à essayer de sauver ces vies sera certainement râvi lorsque son épouse lui donnera, ce mardi 23 janvier, à la prison de Gand, la nouvelle de cette victoire. Nous sommes certains que ces journées en prison seront un peu plus supportables dorénavant… (AFP-Clea, 22-23 janvier 2007)

La Turquie une nouvelle fois condamnée pour mauvais traitement

La Cour européenne des droits de l'homme a condamné une nouvelle fois mardi la Turquie pour des mauvais traitements infligés par des policiers et des gendarmes à un détenu soupçonné d'appartenir à l'organisation kurde illégale, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les juges de Strasbourg ont accordé 15.000 euros à Veli Tosun, 41 ans, membre du PKK et détenu à la prison de Diyarbakir, qui se plaignait d'avoir été roué de coups par les policiers d'Istanbul et les gendarmes à son arrivée à la prison de Diyarbakir (sud-est), en juillet 1999.

Placé en garde à vue le 22 juillet 1999 dans les locaux de la sûreté d'Istanbul, Veli Tosun avait été transféré à Diyarbakir où un examen médical révéla ultérieurement une ecchymose couvrant entièrement le biceps gauche.

Suite à sa plainte, une procédure pénale fut ouverte. Une partie des gendarmes mis en cause furent acquittés mais l'affaire est toujours pendante concernant les autres gendarmes impliqués.

En l'absence d'explication sur la cause des lésions constatées, la Cour européenne estime que la Turquie porte la responsabilité de ces blessures et conclut que le requérant a subi un traitement inhumain et dégradant, en violation de l'article 3 de la Convention, une violation maintes fois constatée en Turquie par les juges européens.

La Cour note aussi dans son arrêt que la détention provisoire du requérant pour appartenance au PKK dure à ce jour depuis plus de sept ans et quatre mois, une durée qui n'est pas justifiée par les circonstances.

Les juges européens ont de ce fait conclu à la violation du droit à la liberté du requérant ainsi qu'à son droit à un recours effectif. (AFP, 16 jan 2007)

HRW: Turkish Government Reluctant on Rights in 2006

Human Rights Watch emphasized the question of leadership in its recently released World Report 2007.

Unless a new leader emerges in this time of diminished US credibility, the tyrants of the world will enjoy free rein. Both EU members and democratic governments of the developing world have found safety in numbers, the ease of hiding in the pack when the going gets rough, the organization said.

The report is HRW's seventeenth annual review of human rights practices around the globe. It summarizes key human rights issues in more than 70 countries worldwide, drawing on events through mid-November 2006.

Following is a summary of comments from the report, regarding Turkey.

Disproportionate Use of Lethal Force

There was a sharp increase in indiscriminate and disproportionate use of lethal force by security forces in dealing with protestors, as well as during normal policing. In March youths attending the funerals of PKK militants clashed with police, throwing stones and petrol bombs.

During the ensuing street battles in Diyarbakır and other cities police fired bullets, gas grenades, and stones at rioters, killing eight people, including innocent bystanders and four children under 10 years of age. In other incidents during 2006, police shot and killed 13 persons either in error or because they were deemed not to have heeded orders to stop.

Instead of conducting an inquiry into the use of lethal force resulting in these deaths, in June the government amended the Anti-Terror Law, authorizing security forces "to use weapons directly and without delay."

Torture and Ill-Treatment in Police Stations

Reports of torture and ill-treatment remain much lower than in the mid-1990s. However, during the March disturbances in Diyarbakır, hundreds of people were detained and allegedly tortured, including approximately two hundred children.

Almost all those detained during this time reported being beaten, stripped of their clothes, hosed with cold water, or deprived of food.

Freedom of Expression

More than 50 individuals were indicted for statements or speeches that questioned state policy on controversial topics such as religion, ethnicity, and the role of the army. The government failed to abolish laws that restrict speech.

In April an Adana court sentenced broadcaster Sabri Ejder Öziç to six months of imprisonment under article 301 of the Turkish Criminal Code for "insulting parliament" by describing a decision to allow foreign troops on Turkish territory as a "terrorist act".

Öziç is at liberty pending appeal. In July the Supreme Court upheld a six-month prison sentence against Hrant Dink, editor of the newspaper Agos (Furrow), under article 301 for "insulting Turkishness" in an editorial concerning the 1915 massacres of Armenians in Anatolia. The sentence was suspended, but other speech-related charges against Dink are pending. In September British artist Michael Dickinson was imprisoned for two weeks and subsequently deported for publishing a collage showing Prime Minister Erdoğan as US President Bush's poodle.

İpek Çalışlar, biographer of Latife Uşaklıgıl, first wife of Mustafa Kemal Atatürk, founder of the Turkish republic, is on trial under the Law to Protect Atatürk. In a newspaper interview, Çalışlar had related an anecdote, supposedly shameful, that Kemal had donned his wife's hijab once in 1923 to escape an armed rival.

Minority Rights

The Supreme Council for Radio and Television finally took the important step of permitting television and radio broadcasting in Kurdish, although only for one hour a day. Other restraints on minority languages in the public arena remain.

In April, for example, a Diyarbakir court closed the Kurdish Democracy Culture and Solidarity Association (Kürt-Der) for infringing the Associations' Law by conducting its internal business in Kurdish.

Human Rights Defenders

Human rights defenders are routinely placed under surveillance, often prevented from holding public events, and routinely prosecuted for various speech and assembly offences. In March Eren Keskin, president of the Istanbul Human Rights Association (HRA), was sentenced to 10 months of imprisonment, converted to a fine, for "insulting the armed forces" because she had publicized sexual assaults of women by soldiers.

In October Diyarbakır Criminal Court sentenced Rıdvan Kızgın, former Bingöl HRA branch president, to three years and nine months of imprisonment for "aiding an illegal organization" because he had prepared a report on the killing, apparently by security forces, of five villagers in Yumakli village in Bingöl in 2003.

Right-wing groups disrupted activities by human rights organizations, including a press conference on internal displacement organized by the Turkish Economic and Social Studies Foundation (TESEV) in July. Also in July, Ayhan Bilgen, president of the Association for Human Rights and Solidarity with Oppressed People (Mazlum-Der) asked for police protection after receiving death threats from the Turkish Revenge Brigade (TYT), which were similar to threats that preceded a near-lethal attack on HRA president Akın Birdal in 1998.

Internal Displacement

The Turkish government has failed to facilitate the return of the estimated 378,335 internally displaced persons (IDPs) from the southeast who were forced by the army to flee their villages during the armed conflict with the PKK in the 1980s and 1990s. The government has failed to rehabilitate the basic infrastructure of most villages destroyed by the army during the conflict; many villages have no electricity, telephone access, or schools.

What is more, the security situation in some regions remains poor; the 58,000 village guards-Kurds armed and paid by the government to fight the PKK-often occupy or use vacated lands, and have killed 18 people, including would-be returnees, in the past four years.

IDPs who do return to their villages cannot afford to rebuild their homes or re-establish agriculture. A 2004 compensation law, which could have provided the financial means to support IDPs who want to return to their villages, has been interpreted and applied by some provincial compensation commissions so as to pay derisory sums (often as low as US$3,000) or exclude eligible IDPs from compensation altogether.

Bombings by Military and Illegal Opposition Groups

In November 2005 grenades thrown into a bookshop in ?emdinli, Hakkari province, killed one man and wounded eight. Local people captured three gendarmes in the vicinity. Gendarmes in an armored vehicle fired on the crowd at the scene of the crime, killing another man. In June Van Criminal Court sentenced two of the gendarme officers to 39 years imprisonment for the murder and for forming a gang.

Bombings in western Turkey by the Kurdistan Freedom Falcons (TAK) killed eight and injured scores, while the right-wing TYT claimed responsibility for a bomb in Diyarbakyr that killed 11 people, including seven children. The identity and status of these groups is unclear, but they pose a significant threat to Turkey's fragile reform process.

Freedom of Religion

Women who wear the headscarf for religious reasons are still denied access to higher education, the civil service, and political life. However, during 2006 the ban was applied much more broadly than only to state institutions. In late 2005, the Administrative Supreme Court upheld a ruling that Aytaç Kılınç, a teacher, could not be promoted because she wore a headscarf when she was not on school premises. Officials also barred mothers who wear the headscarf from accompanying their children to school ceremonies and swimming pools; lawyers and journalists were ejected from courtrooms and public meetings at universities because they refused to remove their headscarf.

Key International Actors

Turkey's European Union (EU) candidacy remains the most effective international factor in fostering respect for human rights in the country. EU Enlargement Commissioner, Olli Rehn, repeatedly emphasized the commission's commitment to Turkey's integration in Europe, while frankly addressing shortcomings in reform. The EU Progress Report on Turkey published in November referred to the "significant political influence" exercised by the military and suggested that military leaders should confine public statements to military and defence matters. The report criticized continuing violations of freedom of expression and concluded that Turkey had made little progress in ensuring the rights of minorities.

In September the Council of Europe's Committee for the Prevention of Torture (CPT) reported on its December 2005 visit to Turkey. It noted "encouraging" signs in the fight against torture, but expressed concern about continued cases of abuse, which included beatings and squeezing of testicles, in some police stations. The CPT also criticized the widespread use in mental institutions of electroconvulsive therapy without anaesthetic and muscle relaxants, and recommended the introduction of a comprehensive mental health law.

During 2006 the European Court of Human Rights issued approximately 200 judgments against Turkey for torture, unfair trial, violations of free expression, extrajudicial execution, and other violations. In January, for example, the court found the Turkish government had violated the right to life of Fahriye and Mahmut Mordeniz, a married couple who "disappeared" after being taken from their Diyarbakyr home by police in 1996 (Mordeniz v. Turkey).

Turkey was visited by three UN human rights monitors in 2006. The UN special rapporteur on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms while countering terrorism, Martin Scheinin, visited the country in February. Commenting on the situation in the southeast, he noted that Turkey's experience shows that "certain counter-terrorism measures taken by the State may have consequences that are incompatible with human rights." Scheinin also expressed concern about the overly broad definition of terrorism in Turkey's anti-terror act.

In May Yakin Ertürk, the special rapporteur on violence against women, visited Turkey specifically to investigate the reported frequent incidents of suicide among women and girls in some parts of the country, and found that "the patriarchal order and the human rights violations that go along with it-for example, forced and early marriages, domestic violence, and denial of reproductive rights-are often key contributing factors to suicides of women and girls in Southeast and Eastern Turkey." At the conclusion of its visit to Turkey in October, the UN working group on arbitrary detention expressed "great concern" about the fact that the new legislative safeguards against torture and arbitrary detention introduced in 2005 did not apply to individuals held on suspicion of terrorism related crimes, creating "in practice two criminal justice systems in Turkey." (BIA News Center, January 15, 2007)

Investigation on Prison Massacre Can Begin After Six Years

Istanbul regional administrative court gives way for an investigation into security forces' operation in prison facilities in December 19, 2000, which left 32 people dead. The court overturned the governorships rejection for an administrative investigation for a third time.

The security operation, ironically named "Return to Life", was aimed at breaking resistance of political prisoners against the new F-type facilities. Activists and NGO reports say gross human rights violations were committed during the operations.

Before and after the operations 122 people died in hunger strike, protesting the isolation of convicts in F-type facilities. Lawyer Behic Asci still continues his hunger strike. While the government is still resistant to act for improving the conditions in facilities, several members of the cabinet met with the demanders in recent days for a solution.

The court took into account the complaints of the convicts about security forces who attended the operation. Following the complaints, a preliminary administrative investigation was done; where the security personnel said that the convicts resisted the evacuation, used peers as human shields and sparked an insurgence. They rejected claims of use of disproportional force and said they only followed orders.

Concerning the incidents in Bayrampasa facility in Istanbul, the governorship rejected further investigation, as it's necessary to take its consent for trial of public servants. The court overruled that decision as unlawful and against the procedure. (BIA News Center, January 10, 2007)

Physicians' Association:  F-Type Prisons Are Inhuman

A committee of doctors from the Turkish Physicians' Association (TTB) paid a visit to the Tekirdag F-type prison facility and shared their observations.

The committee made up of Prof. Gencay Gursoy, Dr. Ali Cerkezoglu, Asst. Prof. Dogan Sahin, Dr. Zeki Gul and architect Tores Dincoz said isolation practices on convicts exist.

They were able to walk around the facility and make face-to-face interviews with the convicts and concluded that the "treatment and correctional practices in the facilities have negative effects on human health".

The committee lists their suggestions as follows:

* A reasonable number of convicts would be able to meet in common places for a reasonable time and this should be recognized as a right.

* Architectural, administrative and procedural changes should be done to avoid isolation of convicts.

* UN's Optional Protocol to the Convention against Torture and other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment should immediately be incorporated into domestic law

* For a transparent approach and public control in facilities, a member from the Bar Association and Pyhsicians' Association must be included in Prison Watch Committees. (BIA News Center, January 8, 2007)

Prime Ministry’s human rights body under fire for inaction

A 27-month-long break is difficult to comprehend for an advisory board established to give civil society a say in efforts to improve human rights, especially since the hiatus has occurred in Turkey, a country that has pledged its dedication to European Union-inspired reforms aimed at improving those very same rights.

The board in question is the Human Rights Advisory Board (IHDK), a name that became well known following its release of a report titled "Minorities and Cultural Rights" in autumn of 2004. The then-head of the board, legal specialist Professor Ibrahim Kaboglu, resigned in February 2005, attracting heavy and public criticism from those among his former colleagues angered by the report.

Kaboglu, along with former sub-commission chairman Baskın Oran, who were both charged with "inciting people to hatred" and "openly belittling judicial organs" due to passages in the report, were found not guilty on the first charge in May 2005, with the court dropping charges over insulting "Turkishness" due to the Justice Ministry's failure to approve the case.

Not only was the case eventually dropped, but the IHDK itself fell from the agenda, despite the human rights issue maintaining a high profile, particularly the infamous Article 301 of the Turkish Penal Code (TCK) under which Kaboglu and Oran were charged.

EU pressure to scrap or amend Article 301 and the string of intellectuals charged under the same article for denigrating Turkish identity -- Turkishness -- or making comments about the alleged genocide of Armenians at the hands of the Ottoman Empire have kept the issue very much in the public eye.

Yet, some things changed; in addition to Kaboglu and Oran, three members of the IHDK council -- Faruk Öztimur, head of the Turkey Confederation of Disabled People; lawyer Şenal Sarıhan; and lawyer Kemal Akkurt -- also resigned from the board in February 2005 in protest of the government's stance over the report. Öztimur and Sarıhan were serving as deputy chairs of the board.

Another noteworthy change during this 27-month-long break was the head of the Prime Ministry's Human Rights Presidency (BIHB). The former head of the department, Vahit Bıçak, resigned in September 2005. The following month a former inspector for the Interior Ministry, Mustafa Taşkesen, replaced Bıçak via a proxy appointment like Bıçak's. Taşkesen still heads the department.

What does the law say?

Both BIHB and IHDK were established by the same law, Law No. 4643. Under the law, BIHB is established as affiliated to the Prime Ministry and is supposed to coordinate the work of various government agencies in the field of human rights. As for the IHDK, the law says that it will "serve as a link between government bodies and nongovernmental organizations on human rights issues and provide advice to relevant institutions on domestic and international matters with respect to human rights."

IHDK held its first meeting in February 2003 and its last meeting on Oct. 1, 2004.

The regulation governing the establishment, duty and functioning of the IHDK says that the board is supposed to hold three regular meetings every year, to be scheduled in the first week of February, June and October.

"The next meeting was supposed to be held in February 2005, but because of well-known developments, the meeting scheduled for Feb. 4, 2005 couldn't be held," Akkurt, who was also serving as IHDK rapporteur before his resignation, told the Turkish Daily News, in an apparent reference to the high tension over the report at the time.

Noting that, according to the same regulation, if deemed necessary, the board may also hold extraordinary sessions by a call from the responsible minister or the head of the board, Akkurt added: "The fact that the IHDK hasn't been called for a meeting since February 2005 and that a new chair, deputy chairs and reporter have not been elected, meaning that it's not fulfilling the duties assigned by Law No. 4643 and the related regulation, is a violation of both the law and the regulation."

Foreign Minister Abdullah Gül -- who has recently received a letter from the Council of Europe's commissioner for human rights urging Turkey's government to revise the country's criminal code, terrorism law, use of force during protests and prison isolation practices -- apparently hasn't felt the need to call an extraordinary session at any stage in the past 27 months. Gül is also serving as the minister responsible for human rights in the Cabinet.

"The responsibility for the absence of a call for a board meeting lies on the shoulders of the BIHB, which is actually legally obliged to give secretariat service to the board, as well as of the Prime Ministry undersecretary, related deputy undersecretary and the responsible minister, namely Mr. Gül," Akkurt also argued.

Could 'clumsy structure' of the board be an excuse?

Nevertheless, when approached by the TDN, sources close to the BIHB put forth the boards "clumsy structure," consisting as it did of 94 members, as a reason for not holding a meeting in the meantime.

The board is composed of representatives of public institutions and nongovernmental bodies, and Law No. 4643 says it will "make recommendations and present reports on the protection and promotion of human rights."

The same sources added: "There is a study going on for restructuring of the BIHB as well as the IHDK. With the restructuring, this clumsy body will also be rebuilt," without elaborating on what such restructuring would bring in as an advantage.

Yet, although admitting that the current structure of the board may be an issue for discussion, Akkurt strictly rejected the idea of displaying this as a valid reason not having called a meeting.

What is Kaboglu saying?

Although the tone of his voice was extremely gentle as usual, speaking on the telephone with the TDN Kaboglu's feelings of regret and disappointment over the issue was the dominant emotion transmitted across the phone lines.

"The absence of a call for a meeting merely, and unfortunately, displays the insincerity of the government as well as its superficiality regarding the issue of human rights," Kaboglu said first of all.

Turkey is gradually being shifted towards the Russia-Ukraine axis in the field of human rights, when the country's situation both before the Council of Europe and the European Court of Human Rights is taken into consideration, Kaboglu also argued, while emphasizing that the issue concerning BIHB was just another fact supporting his argument that this shift was actually being encouraged via governmental policies.

Then, he explained that a delegation led by Taşkesen held a tour to three EU capitals in autumn 2005. What he heard of a meeting dated September 2005 in Paris apparently was another element supporting his argument.

According to what Kaboglu learned from his French colleagues, the Turkish delegation had asked their French counterparts for assistance in order to establish an "advisory board on human rights." And when the French officials answered their request with a question asking about the fate of the current board, the Turkish delegation claimed that such a board didn't even exist.

"Thus, they have been giving the impression abroad as if the government is willing and energized for doing something new in the field of human rights and as if there is no experience at all in Turkey concerning this issue," Kaboglu said. "Meanwhile, however, they forget that the Europeans know very well about these Turkey's experience [in the matter]."

The professor concluded: "Now disregarding, denying and marginalizing the board has turned into an official lie, sometimes by completely ignoring the presence of the board, sometimes by alleging that the board was not actually independent and sometimes asserting that the board was actually illegal."

Kaboglu's comments when he was elected head of the board in February 2003 seem a fitting conclusion to this article: "The years 2003 and 2004 will be crucially significant for Turkey's integration with the EU, particularly in the field of human rights. This board can play a crucial role in this process. Let's not turn the field of human rights into a field of political struggle. It is a zone for sharing and contributing, not a zone for politics." (Turkish Daily News, Emine Kart, January 7, 2007)

Intellectuals raise voice to support Behic Asci

A group of intellectuals over the weekend visited Behic Asci, who has been on a hunger strike for 277 days to protest F-type high-security prisons in order to voice concerns of his clients spending their time there.

The intellectuals including writer Vedat Turkali, Esber Yagmurdereli, Social Democracy Foundation head Ercan Karakas, Akin Birdal and lawyer Kemal Atac visited Asci at his home in Sisli.

Asci after long oblivion made the headlines late last year when intellectual groups began to visit the dead fasting lawyer. Parliament Speaker Bulent Arinc also met with relatives of the lawyer and urged them to do whatever he can if Asci ends his strike.

"The problems in F-type prisons and cell system are obvious," said Vedat Turkali adding, "Inhumane situations occur due to isolation under safety measures. Prisons must provide at least the minimum livable conditions for prisoners. This time a lawyer who is actually a hero is trying to point out the poor situations. Actually he already won his fight as he moved blind and hearing impaired government to make new arrangements."

"Although Asci's protest might cause his death, he showed whole society the situations in F-type prisons." Akin Birdal explained. "He showed that the F-type prisons are bleeding wounds of Turkey, all by himself. The isolation has to end for a social peace." Birdal also claimed that a general pardon is needed as a first step to re-establish social peace.

Scores of prisoners or their supporters have died in hunger strikes protesting conditions at high security prisons since October 2000 - when authorities began moving prisoners from large wards housing up to 100 people to one- or three-inmate cells. Authorities said the large wards were unruly and had become recruiting centers for terrorist groups.

The protesters drink tea, sugared and salted water and take minerals to help prolong the strike. (The New Anatolian with Anka, 8 January 2007)

Human Rights at Halt in Turkey in 2006

Human rights activists say 2006 was a year of losses and apathy and they have no positive insight into 2007 either. Social peace, struggle against the reigning culture of violence and fight for social rights are among the priorities for them in 2007.

International Federation of Human Rights vice chair Akin Birdal, Human Rights Association (IHD) chair Yusuf Alatas, The Human Rights Foundation of Turkey (TIHV) chair Yavuz Onen, Association for Human Rights and Solidarity with the Oppressed (MAZLUMDER) chair Ayhan Bilgen, Helsinki Citizens' Assembly director of immigrants support programme Ozlem Dalkıran and IHD executive committee member Feray Salman summoned up the developments to bianet as we leave 2006 behind.

Birdal: Kurdish conflict must be solved

Birdal starts of by saying that the unsolved Kurdish problem continues to lay the ground for rights violations.

"Promoting, protecting and improving human rights is possible only in an environment where there's no violence. Only by then we can start talking, discussing freely", he adds.

Globalization's having a negative affect on rights related issues says Birdal, noting the escalating wave of violence in the Middle East. He warns that upcoming presidential and general elections in Turkey may cause political crises and this may hinder the democratic process.

"Because the individual, political rights and freedoms are defied, we can't even begin discussing on cultural, economic and social rights. However, all research show us that -especially in Eastern Turkey- poverty is frighteningly paramount".

Bilgen: Reform of prison facilities

Bilgen presents an optimist view: the ceasefire declared by the pro-Kurdish guerillas and the series of acquittals on freedom of expression cases could be noted with smiling faces in 2006.

On the other hand, the continuing hunger strikes and demands of reform in prison facilities needs urgent attention. Bilgen says, a reform on electoral procedures, which would allow a fairer representation in the parliament, is also needed.

Alatas: Social rights neglected

Alatas says that 2006 was lost with regard to human rights and he listed the priorities in 2007 as follows:

* We have to interrogate the reasons why social peace isn't established. We need to find ways to voice peace as loud as the ones that fight because peace is a problem of people, not governments.

* Society as a whole must begin a struggle against violence. That is domestic violence, violence on the streets, violence towards children as well.

"While there's not a hierachy between human rights, when everybody's concerned about their very livelihood in an environment of conflict, poverty, hunger, injustices are neglected. All NGO's and organizations must collaborate for social rights".

Anti-capitalist struggle

Feray Salman agrees: "In 2007, we need for and most a political will committed to human rights. Without such, all steps are doomed to be pragmatic, unsustainable. We've to approach our problems on rights bases".

Evaluating developments on a global scale as well as national, Yavuz Onen thinks 2006 led to the clarification of sides on the scale of freedoms and human rights.

In consequence, 2007 will witness a harsh struggle to shift the balance between those powers, those sides.

Onen approaches the issue with a critical look on global capitalism, noting that abondoning the social welfare state and replacing it with plain market economy took all rights as back as possible.

"Capitalism neglects right to education, health or environmental issues. We've to bring forward waht's neglected and a political organization is urgent to this end".

Finally, Ozlem Dalkıran mentions two positive developments in 2006: UN's initiative to put into force the International Treaty on the Commerce of Weapons and legislative precautions against violence towards women and children.

"Government is trying to take some steps but they have to work with rights organizations on this road". (BIA News Center, Tolga KORKUT, January 4, 2007)

European Human Rights Commission urges Turkish reform

In a letter to the Turkish Foreign minister, the European Human Rights Commissioner urged Turkey's government to revise the country's criminal code, terrorism law, use of force during protests and prison isolation practices.

The letter, dated two weeks ago -- a copy of which has been obtained by the Turkish Daily News -- praised Turkey's reform in recent years to improve fundamental rights and freedoms and its continued campaign against violence to women.

Commissioner Thomas Hammarberg requested that Foreign Minister Abdullah Gül keep him informed on Turkey's reassurances to amend or repeal Article 301 of the Penal Code (TCK) which, as he wrote "has led to numerous prosecutions for the mere expression of peaceful opinion"

The commissioner also asked for clarification on the disbarment of Van Regional Prosecutor Ferhat Sarıkaya after he implicated the current Chief of General Staff Yaşar Büyükanıt in the November 2005 bombing of a bookshop in the southeastern border down of Şemdinli. The charges against Büyükanıt were later dropped.

Referring to a Turkish hunger striker's protest against prison isolation practices, the letter called on Gül to consider the recommendations to Turkey made last year by the European Committee for the Prevention of Torture. One week later Turkish Parliament Speaker Bülent Arinç met with the family of the striker and promised to meet with the justice minister about conditions in Turkey's F-1 type prisons. No such meeting has yet been announced.

Hammarberg underlined the commission's concern that Turkey's expansion of its terrorism law "continues to be broad and unclear" and threatens the legal justification required for criminal law. The letter also warned that any practice of detaining suspects "incommunicado" for the first 24 hours and restricting their right to immediate legal counsel may reverse Turkey's successful efforts in reducing torture and ill treatment in detention sites. (Turkish Daily News, January 4, 2007)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Menacé de mort, Orhan Pamuk annule un voyage en Allemagne

Menacé de mort comme le journaliste Hrant Dink, le romancier turc Orhan Pamuk, prix Nobel 2006 de littérature, a été obligé d'annuler un voyage prévu à partir de vendredi en Allemagne, a indiqué mercredi son éditeur allemand Hanser, sans donner la raison de cette décision.

Le voyage de Pamuk a été reporté à une date indéterminée, a indiqué le service de presse de l'éditeur munichois, refusant de confirmer une information du quotidien Kölner Stadt Anzeiger de mercredi selon laquelle le voyage du romancier a été annulé pour des raisons de sécurité.

Orhan Pamuk devait être fait docteur honoris causa par l'Université libre de Berlin vendredi, avant de lire des extraits de ses oeuvres dans la capitale allemande puis à Hambourg (nord), Cologne (ouest), Stuttgart (sud-ouest) et Munich (sud).

Le romancier a été menacé de mort récemment par l'un des suspects dans le meurtre du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink. Yasin Hayal, 26 ans, qui aurait fourni l'arme du crime au meurtrier du journaliste, avait lancé "Orhan Pamuk doit prendre garde" le 24 janvier à son entrée dans un tribunal.

Selon des sources des services de sécurité citées par le journal allemand, la menace concernerait tous les déplacements de l'auteur de "Neige" et du "Livre Noir", cible des milieux nationalistes turcs pour ses prises de positions sur le conflit kurde et la question arménienne.

Il a été poursuivi pour "dénigrement de l'identité nationale turque" après avoir affirmé dans un magazine suisse en février 2005: "Un million d'Arméniens et 30.000 Kurdes ont été tués sur ces terres, mais personne d'autre que moi n'ose le dire". Les poursuites ont été abandonnées début 2006.

Hrant Dink, qui a toujours défendu sa nationalité turque, s'était attiré les foudres des cercles nationalistes pour avoir dénoncé le génocide arménien de 1915-1917 que la Turquie nie catégoriquement. Il a été tué le 19 janvier devant le siège de son journal bilingue Agos.

Le nombre des journalistes emprisonnés s'élève à 21 à la fin de janvier

La Plateforme de solidarité avec les journalistes emprisonnés (TGDP) a annoncé que le nombre des journalistes emrpisonnés en Turquie s'élève à 21 à la fin de janvier 2007, malgré la mise en liberté du journaliste Memik Horuz le 30 janvier 2007 de la prison type-F à Bolu. Horuz est resté dans la prison  pour une durée de 5 ans et 9 mois en raison d'un reportage qu'il avait fait  avec la guérilla kurde pour le journal Isci-Köylü.

La grande majorité de ces journalistes avaient été arrêtés lors des opérations précédentes lancées en vertu de la loi anti-terroriste contre les publications comme Atilim, Özgür Halk, Genç Bakis, Dayanisma et Özgür Radio, considérées proches des organisations de gauche illégales.

Voici la liste de 21 journalistes se trouvant acutellement dans les prisons turques:

Emin Orhan, Atilim, la prison type-F N°2  à Tekirdag
Halil Dinç, Özgür Radio, la prison type-F N°2  à Tekirdag
Sinan Gerçek, la prison type-F N°2  à Tekirdag
Özge Kelekçi, Atilim, la prison spéciale à Gebze
Mustafa Naci Toper, Atilim, la prison type-D à Diyarbakir
Mehmet Güzel, Atilim, la prison type-E à Gaziantep
Serdal Işık, Atilim, la prison type-D à Diyarbakir
Ibrahim Cicek, Atilim, la prison type-F à Tekirdag
Sedat Senoglu, Atilim, la prison type-F à Edirne
Füsun Erdoğan, Özgür Radio, la prison spéciale à Gebze
Hasan Coşar, Atilim, la prison type-F à Sincan
Ziya Ulusoy, Atilim, la prison type-F à Tekirdag
Bayram Namaz, Atilim, la prison type-F N°1 à Edirne
Suat Kolca, Özgür Halk et Genç Bakis, la prison type-F à Edirne
Yasar Duman, Özgür Halk et Genç Bakis, la prison type-F à Edirn
Selahaddin Sumeli, Özgür Halk et Genç Bakis, la prison type-F à Edirne
Mahmut Bozdag, Özgür Halk et Genç Bakis, la prison type-F à Edirne
Erol Zavar, Odak, la prison type-F à Sincan
Hatice Duman, Atilim, la prison spéciale à Gebze
Mustafa Gök, Ekmek ve Adalet, la prison type-F à Sincan
Baris Acikel,  Isci Köylü, la prison type-F N°1 à Kandira
 
La TGDP appelle toutes les organisations de la presse et des droits de l'Homme à participer dans la campagne pour la lutte contre les lois liberticides et à envoyer des messages de voeux et de solidarité aux journalistes en prison.

e-mail: tutuklugazeteciler@mynet.com
gsm: 90-535929 75 86
Fax: 90-212-514 68 77

New campaign: Would you participate in Dink's Crime?

The Initiative for Freedom of Expression is broadening the civil disobedience campaign launched earlier for Hrant Dink:

I AM TOO HRANT DINK.

I agree with his words quoted below and considered as crime, I want to be tried too.

1. Quoted from the decision of 9th. Penal Department of Highcourt which approved six months prison sentence for Dink: (This decision was approved by General Assembly of Penal Departments and got finalised despite the objection of the chief prosecutor.)

“There is no doubt that the phrase ‘The fresh blood that would replace the poisoned blood that Turk would bleed out, exists in the noble vein of Armenian that he would form with Armenia’ is an insult to Turkishness.”

2. Dink’s words that were published in the 21.07.2006 dated issue of Agos paper and led to the ongoing trial in Sisli Primary Court Nm. 2: (The next hearing is on 22 March 2007 at 10.00 am.)

“Ofcourse I say that it was a genocide since the consequences reveal and define it anyway. We see that the people who had lived on this land for four thousand years disappeared during the incidents.

You will find the list of people already signed this text. [The editors of Info-Türk, Dogan Özgüden and Inci Tugsavul too have signed the text.]

If you want to join please send an e-mail to
info@antenna-tr.org
mentioning your name, profession and position.

What should be done for civil disobedience?

We do not have a lot of time in these days of intense emotional reaction, to produce something more powerful than mere words and condemnations. Collecting all signatures at a center would be useful for publicity yet to turn it into a civil disobedience action this should be organised in a decentralised way around smaller centers for speed and practicality.

This the proposal:

Groups of close contacts and friends can write down the charged statement, add their names, addresses and signatures, go to the nearest justice hall and inform the prosecutors.

And you too can be Hrant Dink. The system would collapse if the number of Hrant Dinks are in 100, 1000, 10.000, 100.000s and this would be the end of article 301. We, as many Hrant Dink can reinstate the dignity of our country by such mass movement which has been shattered through his murder.

Keep this in mind

* Do not forget to take your ID with you while going to the justice hall, go with your lawyer if possible.
* If you get a “we can not accept this” response do insist. Not accepting an application is a violation of a right secured by the constitution, it is a crime.
* The prosecutor on duty would refer your application. Ask them to take your statement as you are there. Or they would need to call you again in the future.
* You might be asked if you are doing this for the sake of freedom of expression. Or they might try to intimidate you saying things like “Do you know that this means prison?” trying to change your mind. Do not answer too much detail. (They might look for reasons to drop the application). Just say “I agree with these words and signature is mine” and use your right to keep silent for the rest.
* After you give your statement do not forget to note the registration number to make it clear to the prosecutor that you will follow it up.
* Do not forget to inform us so we report you on the website and everyone gets encouraged finding out about the others. (antenna-tr.org, January 29, 2007)

Turkish TV series 'Valley of the Wolves' promote violence

Top Turkish TV series "Valley of the Wolves," whose portrayal of alleged "deep state"-mafia ties hit a responsive chord with viewers, also ends up promoting violence, according to a new study by a young scholar.

Zeynep Gultekin from Gazi University's Radio, Television and Cinema Department did her master's thesis on the series, examining the "mafia series as a product of pop culture."

The thesis said state-mafia relations became the subject of several Turkish TV series after the 1996 Susurluk accident. This awakened suspicions of covert sub-states (or gangs) inside the state carrying out operations which affect daily life and politics. In the accident, a car crashed with a truck, and three of the car's passengers died at the scene: Abdullah Catli, a heroic figure for nationalists, Sedat Bucak, a tribal leader from Turkey's Kurdish-dominated regions, and Huseyin Kocadag, head of Istanbul's Police Department.

The thesis studies how the "Valley of the Wolves" relates violence and nationalism to pop culture.

Gultekin studied 55 episodes of the series for its relation to pop culture, characters, presentation of violence and nationalism, and TV's role in reflecting the truth

" 'Valley of the Wolves' reflects violence as an inevitable and indispensable part of social life while violence, either explicitly or implicitly, is used as a tool to reach characters' objectives," it said.

In the 55 episodes examined, Gultekin found 145 instances of curses and insults, 296 shouting incidents, 174 threats, 149 insinuations, 113 denigration, 124 humiliating remarks, and 122 instances of mocking.

The thesis underlined that violence and its methods were clearly shown in the series, as in only 55 episodes weapons were used 145 times. Furthermore in 226 scenes weapons were shown, in 111 clashes occurs, 411 people were shown being killed, and 152 were shown injured. Gultekin also counted 137 attacks, 147 beatings, 155 slaps, 110 acts of torture, three rapes, 191 acts of harassment and four kidnappings.

Gultekin argued that the series highlighted nationalistic ideologies by using crescent, flag and map images. She also counted nationalistic elements within 55 episodes. The Turkish flag appeared in 216 scenes, while Turkish maps appeared in 299 scenes and the crescent was seen in 117 scenes.

According to the thesis, words relevant to nationalistic ideologies were also used hundreds of times. "State" was used 246 times, while both "country" and "nation" were uttered 128 times. "Turkey" and "freedom" were said 163 and 112 times respectively.

"Polat Alemdar is the protagonist of Valley of the Wolves, with his bravery, good will, and self-sacrificing and honest character," said the thesis. "Alemdar always wears a black suit and white shirt, drives luxury cars and shows the gun he carries in nearly every scene, and he is depicted as a 'character with positive values' since he can do anything for his nation."

Gultekin claimed that the series even praises violence and carrying arms.

In her thesis' conclusion, Gultekin argued that pop culture works must be prepared with utmost care as televisions are instruments of mass communication. "These products must be evaluated carefully. Such pop culture products must show the real dimensions of problems while developing alternative solutions," it said. "By all means, violence must not be viewed as a solution to any problem." (The New Anatolian, 27 January 2007)

Police Protection to Seven Writers

Police department assigned personal protection for seven journalists that are "threatened by terrorist organizations".

The declaration came following Turkish-Armenian writer Hrant Dink's assassination last Friday.

PM Recep Tayyip Erdogan ordered that official police protection should be secured to such individuals independent of their demand for it.

Police forces were criticized for lack of protection for Mr. Dink, who became a target for nationalists because of his words on the Armenian genocide and the prosecution that came after.

Police protection is assigned to Etyen Mahcupian, the new editor-in-chief of Dink's Agos newspaper; Nobel laureate novelist Orhan Pamuk, who was also targeted for his words on the Armenian genocide claims; daily Hurriyet columnist Ahmet Hakan, novelist Elif Şafak, daily Radikal's editor-in-chief İsmet Berkan, daily Sabah columnist Soli Ozel and Yeni Safak commentator Fehmi Koru.

Despite the attempt, there're many more writers and journalists who're threatened and soen't figure on the list.

Sabri Ejder Ozic, who was convicted of the article 301 of the Penal Code and Necati Abay, who received death threats following his comments on Hrant Dink's assassination are two examples. (BIA, Erol ONDEROGLU, January 25, 2007)

301 Amendment Postponed till after the Elections

EU Representative of Turkey Volkan Bozkır told British Financial Times daily that amendment of article 301 would not be realised before coming general elections in November. High level members of the governmental party AKP confirmed this information.

It has been suggested that the government’s postponement of article 301’s amendment is based on fears of losing nationalist votes before the elections and the opposition inside the party playes a role too. It is expected that if AKP succeeds to remain in office it would replace the phrase “insulting Turkishness” in article 301 with “insulting Turkish nation” to prevent arbitrary charges against intellectuals.

The latest amendment work on article 301 was a meeting where prime minister Erdoğan met with labour and bussines organisations on 5 November 2006 in Istanbul. Erdoğan asked the representatives of the organisations to suggest a practical proposal. The organisations met four times to agree on an amendment proposal yet they could not reach an agreement. Erdoğan postponed the amendment till after the elections using the disagreement as a pretext. (antenna-tr.org, January 18, 2007)

RSF: Historia consacré aux intégrismes interdit en Turquie  

Début janvier 2007, l’édition du bimestriel français Historia Thématique, consacré aux intégrismes (« Les intégrismes : les grandes religions face à leurs vieux démons ») a été interdite en Egypte, en Tunisie et en Turquie. 

« L’interdiction d’un média au seul motif qu’il est susceptible de choquer les sensibilités religieuses, même de la majorité de la population, est une pratique archaïque, que nous ne pouvons que condamner avec vigueur», a déclaré Reporters sans frontières.

Le 10 janvier, les autorités tunisiennes ont déclaré que le magazine était interdit en raison d‘une image où figurait le prophète Mahomet, « formellement interdite  en Islam et pouvant heurter les sentiments religieux des Tunisiens». Cette illustration provient pourtant d’un manuscrit du Coran enluminé, datant de 1583 et conservé au Musée des arts turcs et islamiques à Istanbul. Par ailleurs, le numéro de janvier du mensuel Historia, contenant une illustration représentant Mahomet sous des traits partiellement animaux (queue de poisson et des plumes) a pu, lui, paraître sans aucune restriction.

Contacté par Reporters sans frontières, Pierre Baron, directeur de la rédaction d’Historia, a déclaré que cette réaction était révélatrice du climat d’intolérance actuel. Il a précisé que le numéro incriminé revient également sur les intégrismes chrétiens et juifs, et rappelé que la rédaction du magazine avait jugé pertinente la réalisation d‘un numéro sur les intégrismes, dans la mesure où les affaires touchant aux sensibilités religieuses s’étaient multipliées dans le monde.

 Ce n’est pas la première fois que de telles mesures frappent des journaux en Egypte et en Tunisie. Ainsi le numéro du 19 septembre 2006 du Figaro, contenant la tribune de Robert Redeker, y avait été interdit. La Turquie, en revanche, invoque assez rarement le motif religieux pour censurer les médias.  (RSF - Europe <europe@rsf.org>, 12 janvier 2007)

Criminal defamation charges against daily newspaper Kibrisli

The International Press Institute (IPI), a global network of editors, media executives and leading journalists in over 120 countries, deeply concerned over criminal defamation charges brought against Dogan Harman, publisher and editor-in-chief of the daily newspaper Kibrisli, and against the newspaper itself, for allegedly insulting Attoerney General.

According to information before IPI, the charges against Harman and Kibrisli stem from the journalist’s investigative reports about the dealings of a local businessman, which have allegedly inflicted extensive financial damage on several companies and public institutions. In his articles, Harman criticised the apparent inaction displayed by your office in this case. He has also demanded an official investigation in order to ascertain whether serious crimes have been committed.

In a letter to Attorney General, IPI Director Johann P. Fritz says:

"IPI believes that the legal campaign against Harman is part of a campaign of harassment aimed at silencing his criticism of your performance in office.

"If convicted, Harman could face a prison term, a stiff fine, and the closure of his newspaper.

"Criminal defamation and “insult” laws are an anachronism that should be removed from every legal system. Legal remedies already exist in civil libel law to provide recourse for perceived defamation. Moreover, public officials need to be afforded less, not more, protection from defamation than ordinary citizens, if there is to be free and vigorous public debate, which is the hallmark of a democratic society.

"The view that the criminalisation of defamation is illegitimate is shared by the world’s leading courts, including the European Court of Human Rights and the Inter-American Court of Human Rights. The clear trend of their opinions is that defamation should be treated under civil law, not as a criminal offence subject to state punishments.

"With this in mind, IPI calls on you to drop the charges against Harman and to ensure that all criminal laws that hinder press freedom and freedom of expression are removed from the statute books. We further urge you to ensure that the media’s right to report in the public interest is fully protected."  (IFEX-IPI, January 9, 2007)

Censorship on Internet under Article 301 of the Penal Code

A bill has been recently approved in Turkey  as a countermeasure against indecent broadcasting and online gambling. This measure will give  the national Information technology Security Agency the authority to block any broadcast that is believed to threaten state security, as stated in Article 301 of the Turkish Penal Code.

As reported on  January 4th by the Turkish  web newspaper Yeni Safak,  the approval of the bill has re-opened the debate about  freedom of expression on the Internet in Turkey  because according to the new draft , the IT Security Agency will work as a sort of “huge eyes” with the task of suing any violation of the controversial Article 301.

The Article 301 took effect in June 1st, 2005 as part of a package of penal-law reform that were introduced to bring Turkey up to EU standards. It  basically makes it a crime to insult "Turkishness", as it states that:

1. A person who publicly denigrates Turkishness, the Republic or the Grand National Assembly of Turkey, shall be punishable by imprisonment of between six months and three years.

2. A person who publicly denigrates the Government of the Republic of Turkey, the judicial institutions of the State, the military or security organizations shall be punishable by imprisonment of between six months and two years.

3. In cases where denigration of Turkishness is committed by a Turkish citizen in another country the punishment shall be increased by one third.

4.Expressions of thought intended to criticize shall not constitute a crime. 

Penalties for the transgressors have been summarized into 5 main points (Source: BBC Monitoring European):

1. Insulting the president according to Article 299 of the Turkish Penal Code: between one and four years' imprisonment. If committed via the press then add one third.

2. Broadcasts made over the internet in contravention of Article 301 "Denigrating Turkishness, the republic, the institutions and organs of the state," which so many famous people have been tried under: between six months and three years in prison.

3. Crimes in Chapter 4 of the Turkish Penal Code headed "Crimes Against State Security" if committed via the internet can be punished by up to life imprisonment.

4. Crimes committed against the constitutional regime if committed via the internet will be punished according to Articles 309, 310, 311, 312, 313, 314, 315 and 316 of the Turkish Penal Code and can include life imprisonment.

5. Publishing via the internet terrorist organization announcements and statements according to Article 6 of the Counter- Terrorism Law will incur between one and three years in prison.  

Amnesty International considers that the attempt to draw a distinction between criticism and denigration is highly problematic...especially on the Internet, where people is used to express their opinion quite “freely” in forums, blogs and other digital spaces.

Turkish web surfers are now  seriously threatened by constant intrusions in their private “digital life” and they could be persecuted for any action that in some way could be considered as against “Turkishness”.

We definitely hope that this will not happen, but considering that since this Article became law, charges have been brought in more than 60 cases, we feel quite pessimistic about it.

Among the cases opened under article 301 there are a number of journalists and publishers, and students such as Fatih Tas i a 26-year-old student of Communications and Journalism at Istanbul University and the owner of a publishing house.

Orhan Pamuk (prize winner novelist), is one of these cases. (www.zone-h.org, 8 January 2007)

Orhan Pamuk calls for greater freedom of expression

Orhan Pamuk, the winner of the 2006 Nobel Prize for Literature, was invited to serve for a day as editor-in-chief of the Turkish newspaper Radikal. He used the opportunity to criticise the oppression of Turkish writers, artists and intellectuals.

Pamuk, who got a degree in journalism about 30 years ago but never practiced the profession, dedicated the cover story in Radikal's Sunday (January 7th) issue to the subject of freedom of expression. He cited a headline from the daily Cumhuriyet of 1951 that encouraged readers to spit on one of the most eminent figures in 20th-century Turkish literature -- poet and playwright Nazim Hikmet.

"This expression, which was used beside Nazim Hikmet's picture, summarises the unchanging position of writers and artists in the eyes of the state and press," the story in Radikal read. Hikmet spent years in prison for his views and eventually died in exile.

The article also mentioned other prosecuted intellectuals, including prominent Turkish author Yasar Kemal, who has faced trial over his remarks on the Kurdish rebellion in Turkey's southeast.

Although it has a circulation of only 33,000, Radikal is considered one of the most important intellectual and political newspapers in the country of more than 70 million people.

Other front-page articles in the paper included a piece on the low percentage of women in Turkish politics and reactions to the video footage of former Iraqi dictator Saddam Hussein's recent execution. Another story, running under the headline "One cross, a thousand police," focused on the Orthodox Christmas ceremony in Istanbul.

Pamuk is among scores of artists and intellectuals who have been accused of "insulting Turkishness" under provisions in Turkey's penal code. The charges against him stemmed from comments he made in 2005 regarding the killings of Armenians during World War I and of Kurds in recent decades.

"One million Armenians and 30,000 Kurds were killed in these lands, and nobody but me dares talk about it," Pamuk said in an interview with a Swiss magazine.

His trial drew concerns about freedom of expression in Turkey and prompted condemnation from the EU and rights groups. Shortly after the trial began, the charges against him were dropped on a technicality.

Radikal's editor-in-chief, Ismet Berkan, who invited Pamuk to run the paper for a day, is said to have faced similar charges.

Most of the cases brought under Article 301 in Turkey's penal code -- which makes it a criminal offence to "insult" the republic, parliament or other state institutions -- have ended either with acquittals or dropped charges. Nevertheless, Turkey has been urged to amend or scrap legislation that limits freedom of expression. (AP, AFP, BBC, CBC, January 7, 2007)

Prime Minister asked Journalist Özkan to be retried under 301

Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan opened two cases against the owner of KanalTürk TV channel Tuncay Özkan for insulting him in a statement he made at a memorial meeting. Erdoğan filing a complaint and asked Özkan to be tried under TPC article 301.

Erdoğan complained on Tuncay’s speech where he said "WE want early elections to get rid of Tayyip, to stop selling off of the country, corruption, robbery, favoritism... Whay do we want early elections? So that the democracy of murderers and the regime of robbers come to an end... You transfered 128 billion lira into the pockets of your friends in four years.. ". Erdoğan complaint that Tuncay violated his personal rights and insulted him and asked for 10 thousand lira of compensation.

The second complaint by Erdoğan is over Tuncay’s statement to Vatan daiy paper published on 18 December where he anwsered a question: "Why his supporters do not want Erdoğan to become the president?” Özkan said: "They know his wealth". Erdoğan asked 5 thousand lira of compensation for this statement

Erdoğan's attorney also demanded Tuncay to be tried under TPC article 301/2 “insulting the Turlish government”. (antenna-tr.org, January 8, 2007)


TIHV's Report on Recent Pressures on the Media

January 29, 2007

Beaten Journalist on Trial… On 10 October 2006 Sirnak Penal Court of First Instance continued to hear the case against Emin Bal, correspondent with Dogan News Agency and Sirnak Haber daily who had been beaten by police on 10 October 2006 in Beytüssebap district of Sirnak. The case was launched on the allegation of “attacking on police officers”. Police officers Muharrem Basel, Mahmut Ekim and Namdar Kürşat Aydın testified at the hearing to the effect that Emin Bal attacked them both in the yard of the courthouse and at the security directorate. Police chief Dursun Kulfal, police officers Ercan Yayla and Tamer Kiliç who were heard as witnesses alleged that Emin Bal attacked the police officers. Another witness Islam Yigit, correspondent with Dogan News Agency, told that Emin Bal had said him several times that he had been threatened by a police officer nemed Muharrem. The hearing was adjourned to 22 February. Emin Bal had made an official complaint againt the police officers after the incident on 20 October 2006. (TIHV)

Journalist on Trial, Journalists Detained… On 26 January Sisli Penal Court of First Instance No 2 concluded the three cases against Sakine Yalçin, editor-in-chief of the newspaper Alinteri. The court acquitted Yalçin under the Article 301 TPC. Yalçin was sentenced to a fine of 1620 YTL in total under the article 159 of the former TPC in the same three cases. The fine were not suspended. Police raided the office of the Gündem daily in Elazig on 27 January. Elazig Representative of the daily Ali Konar was detained and too many documents were seized. Konar was released after a while. Recep Ektiren, Izmir distributer of Gündem daily who was detained on 25 January was released on 26 January. (26-27-28 January, Atilim)

January 25, 2007

Journalists on Trial... On 24 January, Ahmet Sami Belek, owner of daily Evrensel, and Sahin Bayar, editor-in-chief of the daily, were acquitted at the first hearing of the case launched in connection with the news appeared on 14 September 2006 under the title “JITEM members were called”. The court decided that the news was within the limits of criticism. The indictment wanted the journalists to be sentenced according to the Article 301 TPC. (BIA)

January 22, 2007

Journalist Arrested... Cem Sahin, editor-in-chief of the journals Özgür Halk and Genç Bakis, was arrested for “making propaganda of an illegal organisation” in the December issues of the journals. (20 January, Gündem)

Journalist and IHD Executive on Trial... Public Prosector in Bingöl launched a court case against Rojda Kizgin, correspondent with Dicle News Agency, Rıdvan Kizgin, Chairman of IHD Bingöl branch, and Dogan Adibelli. The indictment wants the defendants to be sentenced according to the Article 301 TPC for “insulting security forces” in the news appeared on 4 January 2005 under the title “Village guards are fishing with the bombs of the state”. The case would commence at Bingöl Peace Penal Court. (22 January, Gündem)

January 19, 2007

Journalists on Trial… On 17 January Dagubeyazit Penal Court of First Instance No 2 concluded the case against the author Bayram Kubilay, author Bayram Kubilay and Ahmet Inan, owner of the newspaper “Ararat’in Sesi (Voice of Ararat)”, launched in connection with the article “Çarsiye Bazide” written in Kurdish and published on 9 September 2005. The court decided in the acquittal of the defendants on the grounds that the word ‘Kurdistan’ in the article was not a matter of crime. The indictment wanted the defendants to be sentenced for “violating the Press Law” and “inciting people to hatred and enmity”. (Gündem)

Journalists on Trial… On 16 January Ankara Penal Court of First Instance No 2 continued the case against Ergun Babahan, author of the daily Sabah, launched on the allegation that he insulted Prof. Dr. Mehmet Haberal, Rector of Baskent University, in his article published on 18 June 2006. The court acquitted Ergun Babahan on the grounds that there was no element of insult in the article and it was within the limit of criticism. (BİIA)

January 9, 2007

Sociologist Deported... Sociologist Kristiina Koivunen, Secretary of Peace Platform for Kurds in Finland, was detained in Van Ferit Melan airport on the grounds that she was banned from entering Turkey. She was taken to Istanbul and deported afterwards. She had written a thesis under the title “The Invisible War in North Kurdistan”. The decision was reprotedly taken relying on negative opinion letters of ministries of Interior and Foreign Affairs. (17-22 December, Milliyet)

Paper Confiscated... The paper “Kuzey Anadolu”, published in Ardahan, was confiscated on order of Ardahan Peace Penal Court for “making propaganda of an illegal organisation”. The decision was reportedly taken on the grounds that the name of Democratic Society Party was written on 28 December as Democratic Terror Party. (1 January, Hürriyet)

Publishers on Trial... On 20 December, Istanbul Penal Court of First Instance No 2 concluded to hear the case against Fatih Tas, owner of Aram Publishing, Amer Faruk Kurhan, editor of Aram Publishing, and translator Lütfi Taylan Tosun and redactor Ender Abaoglu for the publication of Noam Chomsky and Edward S. Herman’s book “Manufacturing Consent: The Political Economy of the Mass Media” on charges of “insulting Turks, Republic and Grand National Assembly of Turkey” according to the Article 301 TPC and “inciting people to hatred and enmity” according to the Article 216 TPC. The court acquitted Fatih Tas, Ömer Faruk Kurhan and Lütfi Taylan Tosun on the grounds that they were not responsible since the writers were not in Turkey. Translator Ender Abadoglu was acquitted on the grounds that the elements of crime had not materialised. (21 December, Radikal)

Journalist in Prison on Trial... Public Prosecutor in Diyarbakir launched a court case against Cengiz Dogan, the editor-in-chief of local paper Mavi ve Kent, on charges of “praising crime and criminal” for using the expression “Sayin (corresponding to ‘esteemed’ or ‘dear’)” when referring to Abdullah Öcalan during a speech he made on 29 September 2006 in the name of the prisoners incarcerated in Mardin Closed Prison. Lawyer Siracettin Irmak announced that the case commenced on 28 December at Diyarbakir Heavy Penal Court No 4. (1 January, Toplumsal Demokrasi)

Journalists on Trial... On 13 December, Sisli Penal Court of First Instance No 2 concluded to hear three separate cases against Ahmet Sami Belek, owner of the daily Evrensel, and editor-in- chief Sahin Bayar in connection with some news and articles published on the daily. The indictment wants the journalists to be sentenced according to the articles 214 (inciting to commit crime), 215 (praising crime and criminals), 216 (inciting people to hatred and enmity) and 301 (insulting state, judiciary and security forces) of the TPC in connection with the news titled “Susurluk Çözülseydi, Semdinli Olmazdi (If the Susurluk Was Resolved There Would Not Be Semdinli)” and “Halk Böyle Ugurladi” and the article of the columnist Ahmet Yasaroglu on Semdinli incident. The daily had been confiscated in connection with the news. The court acquitted the defendant on the grounds that the elements of crime had not materialised. (14 December, Evrensel)

Journalists on Trial... On 19 December, Bagcilar Penal Court of first Instance No 2 concluded to hear the case against the author Ahmet Altan and Necdet Tatlican, editor-in-chief of the daily Hürriyet, launched in connection with Altan’s article “Adını Kaybeden Çocuk (The boy who lost his name)” published on 27 February 2006 on the paper. The indictment wanted the defendants to be sentenced for “trying to affect judiciary”. The court acquitted the defendants at the first hearing of the case. (20 December, Milliyet)

Journalists on Trial... On 19 December, Bagcilar Penal Court of first Instance No 2 concluded to hear the case against the author Ipek Çalislar and Necdet Tatlican, editor-in-chief of the daily Hürriyet, on the allegation of “insulting Atatürk” in connection with the interview with Ipek Çalislar about her book “Latife Hanim (Lady Latife)” published on the daily. The court acquitted the defendant on the grounds that the elements of crime had not materialised. (20 December, Milliyet)

Journalist on Trial... On 19 December, Istanbul Bagcilar Penal Court of First Instance No 2 concluded to hear the case against Abdurrahman Dilipak launched in connection with his article “28 Subatin neresindeyiz” published in the journal Cuma in 2001. The court acquitted the defendant on the grounds that the elements of crime had not materialised. (20 December, Milliyet)

Journalist on Trial... On 20 December, Istanbul Heavy Penal Court No 14 concluded to hear the case against the correspondent Saliha Çolak and Eren Güvener, editor-in-chief of the daily Milliyet, in connection with the news published on the daily under the title “Yagmur Harekati Plani (Plan of Rain Operation)”. The court acquitted Çolak on the grounds that she was just gave infromation to the public and acquitted Eren Güvener on the grounds that editor-in-chief were not responsible according to the amendments made in the Law on Press. The indictment wanted the defendants to be sentenced for “relelasing information related to state security”. (22 December, Milliyet)

Case Against Besikçi... Public Prosecutor in Istanbul launched a court case according to the Artcile 216 TPC against Ismail Besikci and directors of the journal “Esmer” Ferzende Kaya and Mehmet Ali Izmir in connection with an article Besikci wrote. Lawyer Levent Kanat announced that General Staff made a confidential complaint on 19 January in connection with the article “Konusmadik, Bastirdik” by Ismail Besikçi and the article “Hayalet” by Ahmet Kahraman published in Aralik 2005 in the journal. Upon complaint Public Prsecutor in Istanbul wanted Prof. Dr. Mehmet Emin Artuk from Law Faculty in Marmara University to write an expert report on the artciles. Artuk wrote that there werte no elements of crime in the article of Kahraman. He also wrote that the artcile of Besikçi did not included an element of crime according to the Article 301 TPC, but Article 216 TPC (inciting people to hatred and enmity). Bakirköy Penal Court of First Instance started to hear the case on 15 September. Besikçi could not attend the hearing for not having been informed. The court adjourned the hearing to 12 February 2007. (14 December, Evrensel)

Publisher on Trial... A court case was launched against Mehdi Tanrikulu, owner of Tevn Publishing, in connection with the book of Ergün Sönmez entitled “Kapitalizmin Emperyalist Sürecinde Kürt Özgürlük Hareketi (Kurdish Independence Movement in the Age of Kapitalist Imperialism)”. The indictment wants the defendant to be sentenced according to the articles 7/2 and 6/2 of Anti-Terror Law. The case would commence on 30 March 2007 at Istanbul Heavy Penal Court No 14. (20 December, ANF)

Journalist on Trial... Two seperate cases were launched against Cengiz Kapmaz, correspondent with thr closed daily Özgür Gündem. In the case launched in connection with the news under the title “2 bin 555 gün geçti (2,555 days passed)” appeared on the paper on 15 February. Kapmaz wanted to be sentenced according to the articles 215 (praising crime and criminals) and 218. (committing crime by means of press). The other case was launched in connection with the interview with former DEP MP Orhan Dogan. The indictment wants him to be sentenced for “making propaganda of an illegal organisation” according to the Article 7/2 of Anti-Terror Law. Both cases would commence on 16 February 2007 at Istanbul Heavy Penal Court No 11. (29 December -BIA)

Journalist on Trial... A court case was launched against journalist Sinan Kara according to the Article 301 TPC. The case was launched in connection with the news appeared on daily Özgür Gündem on 22 and 26 September under the titles “Kisla Partisi” and “Kadrolu Katiller”. The case would be heard at Beyoglu Penal Court of First Instance No 2. (15 December, Toplumsal Demokrasi)

Publlisher on Trial... On 14 December, Istanbul Penal Court of First Instance No 2 continued to hear the two cases launched against the owner of Belge Publishing House Ragip Zarakolu in connection of the Turkish translation of Professor Dora Sakayan’s book titled “An Armenian Doctor in Turkey: Garabed Hatcherian: My Smyrna Ordeal of 1922 (Bir Ermeni Doktorun Yasadiklari-Garabet Haçeryan’in Izmir Güncesi)” and George Jerjian’s book about Armenian genocide entitled “The Truth Will Set Us Free”. The first case was adjourned to 15 March 2007 to hear the translator H. Zafer Korkmaz. The second case was also adjourned to the same date to investigate whether the book was translated by Atilla Tuygan. In both cases Zarakolu was wanted to be sentenced according to the Artcile 301 TPC. (15 December, Toplumsal Demokrasi)

Journalist on Trial... On 12 December, Istanbul Heavy Penal Court No 9 continued to hear the case against Hüseyin Aykol, editor-in-chief of daily Özgür Gündem, in connection with the interviews he made with the leading members of PKK on Kandil Mountain in Northern Iraq in August 2003. The court adjourned the hearing to 20 March 2007 to wait for the issues of the paper where the interviews were published. The indictment wants Aykol to be sentenced according to the Article 314/2 TPC and Article 5 of Anti-Terror Law. (13 December, Toplumsal Demokrasi)

Journalists on Trial... On 12 December, Sisli Penal Court of First Instance No 2 continued to hear the case against Sarkis Seropyan, owner of the paper Agos, and Arat Dink, editor-in-chief of the paper Agos, and writer Aydin Engin launched on charges of “attempt to effect fair trial (Article 288 TPC). Defence Lawyer Erdal Dogan wanted the court to acquit the defendants on the grounds that there were not sufficient evidences. Complainant Lawyer Kemal Kerinçsiz wanted an expert report on the expressions “organs of judiciary act ideologically and the complainants have a mentality of a child” by the defendants. (13 December, Cumhuriyet)

Journalist on Trial... On 14 December, Malatya Heavy Penal Court No 3 continued to hear the case against the correspondent with Dicle News Agency (DIHA) in Tunceli Rüstü Demirkaya who was arrested on upon the testimony of the HPG militant Engin Korumcu who surrendered to the security forces in Tunceli and 17 persons launched on the allegations of “aiding illegal organization”. Rüstü Demirkaya and 10 defendants were released at the hearing. The court rejected the demand of confessor Engin Korumcu to be released and made an official complaint against him on the allegations of “trying to separate a part of country by means of violent action” (Artcile 302 TPC). (14 December, Toplumsal Demokrasi)

Journalist and Mayor on Trial... On 12 December, Bagcilar Penal Court of First Instance No 2 started to hear the case against Diyarbakir Mayor Osman Baydemir and Cemal Subasi, correspondent with the weekly Tempo, in connection with an interview with Baydemir published on 14 January. In his summing-up the case the Public Prosecutor wanted Baydemir to be sentenced according to the Article 216/2 (inciting people to hatred and enmity) and Article 218 (committing crime by means of mass media). (16 December, Toplumsal Demokrasi)

Journalist on Trial... On 28 December, Ankara Penal Court of First Instance started to hear the case against Umut Güner, editor-in-chief of the journal KAOS GL, in connection with the summer issue of the journal, published by KAOS Gay Lesbian Association, on pornography. The issue was confiscated. Lawyer Oya Aydin stressed the painting “Taner Taner” by Taner Ceylan, which was the reason of the confiscation, was exhibited during the 8th Istanbul Biennale which was sponsored by Prime Ministry and Ministry of Culture. The court decided to hear Taner Ceylan and adjourned the hearing. (28 December, BİA)

Journalist on Trial... On 19 December, Bagcilar Penal Court of First Instance No 2 continued to hear the case against Lube Ayar, correspondent with the daily Milliyet, launched in connection with her articles on killing of Turan Çevik on 9 November 2005. The indictment wants Ayar to be sentenced to fine according to the Article 19 of the Press Law (effecting judiciary). (20 December, Milliyet)

Journal Distributor Detained... Mehdi Aslan, distributor of the journal “Özgür Halk” in Aydin, was detained on 15 December in İncirliova district. (16 December, Toplumsal Demokrasi)


Kurdish Question / Question kurde

Campaign against the denial of Ocalan's right to retrial

PKK Leader Abdullah Öcalan's demand to get a retrial was refused by Secretariat of the Committee of Ministers of European Council. The Secretariat denied the plea stating that all Ocalan said in the court was a confession and he was a 'prisoner' and not a 'suspect.' The draft will finally be discussed at the regular ministers' meeting on Feb. 13.

European Court for Human Rights (ECHR) ruled in 2005 that Ocalan was not justly tried and requested a retrial. He complained, in particular, that the imposition and/or execution of the death penalty was or would be in violation of Article 2 (right to life), Article 3 (prohibition of ill-treatment) and Article 14 (prohibition of discrimination) of the European Convention on Human Rights, and that the conditions in which he was transferred from Kenya to Turkey and detained on the Turkish island of Imrali amounted to inhuman treatment.

A high criminal court in Ankara denied the ECHR appeal on the basis of the fact that retrial would not change the current ruling for death penalty.

On this decision, the Democratic Confederation of Kurdistan (KKK) Presidency issued the following declaration calling on democratic institutions to react against the Secretariat's decision "seeking to endorse the Turkish state’s stance against the Kurdish people."

TO THE PRESS AND GENERAL PUBLIC

As is now widely known, on 15th February 1999, following a conspiracy openly based on breaches of international law, our leadership had been kidnapped and handed over to the Turkish state and is still being subject to isolation in an isolation cell on the island of Imrali. The Turkish state subjected the leader of the Kurdish freedom movement Abdullah Ocalan to a unfair trial and ignored the people’s aspirations and will.

As a believer in the norms of universal law, leader Apo lodged an appeal against this unjust and one-sided trial through his lawyers to the ECHR. Despite ECHR’s attempts to deprive the trial of its political aspects and historical importance and reduce it to a personal level; based on consideration of the information available on the relevant articles, some illegalities were identified. In order to fulfil the requirements of law, the ECHR decided that there should be a retrial. However, the Turkish state and the relevant court rejected a retrial on the basis of some unlawful, baseless and untrue reasons. Far from criticising the unlawful and ill-judged attitude of the Turkish state against the Kurdish Freedom Movement and its leadership, it has been announced that the European Council Committee of Ministers Secretariat has served an opinion in support of the Turkish state’s unlawful stance.

The European Council Committee of Ministers and its Secretariat is responsible for monitoring decisions made by the ECHR, which is accepted as the fundamental legal body of Europe. However, to date the European Council Committee of Ministers and its Secretariat has failed to make any serious practical effort to ensure that the ECHR’s decision is implemented. Instead, the European Council Committee of Ministers and its Secretariat proposed a draft opinion seeking to reject a retrial. This attitude has no relevance to the law. At the same time, this attitude is one that seeks to undermine Europe’s core values and legal standing. Furthermore, as a political institution the European Council Committee of Ministers Secretariat has served judgement by purporting to be a legal body. It is clear that this is far from being a legal position; it is a political position.

This attitude is indistinguishable from that of the Turkish Republic. We consider the political meaning of the draft opinion by the European Council Committee of Ministers Secretariat as political inaction, its legal meaning as denial and its moral meaning as irresponsibility.
This draft opinion against the leader of the Kurdish people represents the driving force and the negative approach within the framework of politics of European states. If the proposed decision is approved and comes in force during the 13-14 February meeting of the Committee of Ministers, this will be seen as Europe’s effort to deepen the conflict and lack of resolution of the Kurdish question. In order to seek to solve the Kurdish question through democratic and peaceful means, our leadership went as far as Rome, the capital of Europe’s ‘civilisation’, to demonstrate sincerity on the issue. However, the same Europe responded to the will of a people with historical foundations by closing its doors.

It must not be forgotten that the status of today’s Kurdistan is the result of policies administered mainly by the United Kingdom, France and the rest of Europe. It was Europe that denied the Kurds their rights and left them stateless through the Treaty of Lausanne. Naturally, Europe has been responsible for the conflict-ridden environment in Kurdistan. Europe needs now to embrace a responsible political path in the Kurdish question. If the Kurdish question is no longer to be left unresolved and if no more blood is to be shed, the European Union must now move beyond its irresponsible stance on the matter. As much as being a Kurdish people’s question, the Kurdish question is also a question for regional states and that of Europe. Or else, the Kurdish people and their freedom movement will view the European states as being the upholders of anti-Kurdish politics developed since the inception of the Treaty of Lausanne. The most righteous attitude would be to refrain from approaches that the Kurdish people will not forget later on.

Approving the unlawful treatment against leader Abdullah Ocalan, who is accepted as the political will and leader of millions of people in Kurdistan, will amount to declaring a position on one side in the conflict. Not seeing the rightful cause of the Kurdish people, who have deep historical roots and only desire to be free and seek their rights, before interests and sacrificing them to political and economic interests would have no relevance to humanity.

Viewing the PKK and the Kurdish people’s leader, Abdullah Ocalan as separate from the Kurdish people is a refusal to recognise the truth, burying your head in the sand like an ostrich. Despite all the pressures, arrests and intimidations during last year, the Kurdish people withstood all dangers and nearly three and half million people took part in a signature campaign entitled ‘Accepting as my political will in Kurdistan’-referring to Mr Ocalan. All these actions show that an attitude taken to the trial of the leader of the Kurdish people, Abdullah Ocalan also means an attitude taken with the Kurdish people’s cause for freedom. For this reason, the decision that the Committee of Ministers will take in relation to the leader of the Kurdish people, Abdullah Ocalan, will be a decision that will affect the fate of all Kurdish people.

The policies being carried out by European states to date have failed to play a role in finding a solution so far. Now, we find that the Secretariat’s proposal to the European Council Committee of Ministers, which should act as supranational body, to be a very disturbing development. The failure to show impartiality of an institution that is supposed to be serious and possess such influence would seriously undermine its mission. As a result of this approach, the Secretariat of the Committee of Ministers has stepped into the position of representing the Turkish state much more than the state prosecutor during the Imrali hearings. If the European states do adopt such a decision, they would be handing over the Kurdish question to ongoing lack of resolution and this would mean them becoming accessories in massacres that may take place in Kurdistan. For this reason, we call on all institutions of the European states to show serious interest in this question and call them to act responsibly. We call on all European peoples and civil society organisations that care for democracy and human rights to stand against the European Council Committee of Ministers Secretariat’s wrong, unjust and unfair stance and to urge them to join in efforts to find democratic and political means to solve the Kurdish question.

We also call on the Kurdish people who have never hesitated to make great sacrifices in support of the leadership to support the leadership stronger than ever under all circumstances and to raise the political and democratic struggle against forces making false accusations about our leadership and paralyse the realities. In particular, we call on all of the patriotic people of Kurdistan living in Europe to stand against the European Council Committee of Ministers Secretariat’s unjust, denialist and genocidal attitudes that seeks to endorse the Turkish state’s stance against the Kurdish people. We call on all patriotic Kurdish people to participate more strongly than ever in democratic activities and defend our people’s righteous cause more strongly.  (The Presidency of the KKK Executive Council , January 28, 2007)

Kurdish Official Says Turkey Behind Terrorist Acts in Kirkuk

Najit Hassan, a leader in the Kurdistan Democratic Party in Kirkuk, told the Peyamner news agency on January 22 that Turkey's National Intelligence Organization (MIT) has been conducting terrorist operations in Kirkuk.

"Kirkuk security forces have enough reliable evidence that proves MIT's involvement in the terrorist activities in Kirkuk and we have informed the related sides regarding this," Hassan said. He said that it is unlikely that many of the attacks that took place in Kirkuk in 2006 were caused by Iraqi organizations and groups acting alone, and that there is a "high possibility that a foreign government was behind the attacks."

On January 23, the Kurdish paper "Awene" reported that based on police reports, 2006 was a relatively violent year in Kirkuk. According to police sources, 319 people were killed, 1,383 were wounded, and 69 unidentified bodies were found. (Kurdishaspect-KurdishInfo, January 26, 2007)

Kurdish parliament criticizes Turkey over its threats against northern Iraq

The regional parliament in Iraq's semiautonomous Kurdish area held an extraordinary meeting Wednesday and discussed Turkish threats against it saying that such language does not scare Kurds.

The meeting came a day after Turkey's main opposition party increased pressure on the government to send soldiers to Iraq as parliament went into a closed-door session to debate the country's policy on Iraq and to find ways to fight separatist Kurdish guerrillas based there.

"Kurdistan's parliament reject any interference by neighboring countries in our affairs," said parliament speaker, Adnan al-Mufti. "If Turkey's intentions toward Iraq were peaceful then why do they hold closed-door meetings despite that we are in the time of openness."

Turkey has expressed dissatisfaction with U.S. and Iraqi efforts to contain Turkish Kurdish guerrillas, who Ankara says have been using bases in Iraq to fight for autonomy in Turkey's southeast. Opposition parties have been trying to get the government to consider possible military action or economic embargoes to force Iraqi Kurds to cooperate with Turkey.

On Monday, Iraqi government spokesman Ali al-Dabbagh said the government had banned activities by opposition Iranian and anti-Turkish Kurdish groups and said it rejected conferences that had been hosted by Turkey that were viewed as interfering in Iraq's domestic affairs.

Another source of tension between Turkey and Iraqi Kurds is the fate of the oil-rich Iraqi city of Kirkuk that many Kurds hope to take control over and annex to their region in northern Iraq.

Last week, Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan warned Iraqi Kurdish groups against trying to seize control of the city 290 kilometers (180 miles) north of Baghdad, saying Turkey will not stand by amid growing tensions among ethnic Turkomens, Arabs and Kurds in Iraq's oil-rich north.

Nechervan Barzani, the prime minister of the regional government, said "the Turkish threats will not scare us. The era of threats has ended and we were never a factor of threat for regional states." He added that had the Kurds wanted to take Kirkuk by force they would have done it after the fall of Saddam Hussein's regime.

"If Turkey wants to solve the problems by threats then it will be the main loser," Barzani said after the parliament meeting.

The Turkish government has agreed to put the country's Iraq policy up for discussion in the 550-member parliament, but details of the discussion are not to be made public.

The United States has cautioned Turkey against any unilateral military action, fearing that such intervention could destabilize northern Iraq, the most stable part of the country. (AP, January 25, 2007)

Turkish Commando Operations Against Kurdish militants in Turkey

Military helicopters on Monday ferried commandos to snow-covered mountains as the military expanded an offensive in the southeast in search of about 350 members of the Kurdistan Workers' Party (PKK) who are believed to be hiding in caves, local officials said.

The Turkish Armed Forces (TSK) has reportedly raised troop deployment to the southeastern borders with trucks full food and armament supplies.

In Ankara, politicians and military brass are pondering whether it is necessary to launch a large-scale cross-border operation into northern Iraq to eliminate PKK camps there. Parliament will gather for a closed session today to discuss the military intervention option for Kirkuk, Iraq where, reports warn, recent developments may provoke a civil war.

An estimated 3,000 Turkish soldiers were participating in an operation in the eastern Tunceli province that was launched last week but interrupted because of heavy snow, in a crackdown on PKK members who have crossed into Turkey from bases in northern Iraq.

Turkey fears a high-intensity civil war that deputies claim could also spread to Turkey or at least affect peace in the country to a great extent

The closed session will begin at 7 p.m. with a briefing by Foreign Minister and Deputy Prime Minister Abdullah Gul, who at the previous session on Thursday, delivered another brief address, putting emphasis on the need for peace and tranquility in the region.

Gul said that they have serious fears of an ethnic, sectarian war in Iraq and are making strong diplomatic efforts to avoid that.

The main opposition Republican People's Party (CHP) claims that nearly 100 people are being killed each day in Iraq and that the new U.S. strategy will not be able to change this.

Indicating that the referendum in Kirkuk scheduled for late this year especially worries Iraq's ethnic Turkmens, the CHP said, "Even high-level American politicians have made their concerns known and called for the postponement of the referendum."

On the other hand, the U.S. has repeatedly made clear its opposition to a possible Turkish military intervention in the neighboring country. U.S. Undersecretary of State Nicholas Burns, during talks with key state officials in Turkey late last week, pledged serious efforts to eliminate the PKK, but he said on Kirkuk that the main decision will be that of Iraqi officials since Iraq is a sovereign state.

In the fifth closed session over Iraq in the last four years, the main opposition Republican People's Party (CHP) is expected to further pressure the government for parliamentary authority for a military intervention in northern Iraq to bring stability to the region as well as eliminate the PKK.

Senior members of both the ruling and main opposition parties are expected to engage in a battle of words, while also revealing secret reports and negotiations over Kirkuk in the closed session, at which deaf parliamentary officials will serve the deputies. (The New Anatolian with, 23 January 2007)

Turkey’s threats and Kurdish constitutional rights

The unrealistic approach of Turkey’s meddling in the Kurdish city of Kirkuk and Ankara’s threats on implementing Article 140 of the Iraqi constitution have created a political quagmire in President Bush’s foreign policy in the Middle East region. It is clear that there’s nothing Ankara can do to stop the Kirkuk referendum. Yet Turkish government continues with its warnings and threats to further destabilize the region and derail the recent success of the Kurdish government in Iraq.

Turkey continually uses excuses like (PKK) Kurdistan Workers' Party or the Turks who are Iraqi citizens as a reason to legitimize its interference in Iraq’s affairs. Turkey now claims it acts to protect the Turkmen community in Kirkuk, but what Ankara’s government chooses to overlook is that the Turks that live in Iraq are Iraqi citizens not Turkish. Turkey has no legal grounds to tell the sovereign nation of Iraq how to deal with their citizens. Consider this, the U.S. has a large population of Mexicans that chose to leave their country of origin and live in U,S, By doing so, they gave up their rights as a Mexican citizen. Does Mexico then have a right to tell the U.S, government how to deal with its Mexican population when it comes to constitutional rights? The answer to that is very obvious.

Turks, Arabs, Kurds, and all other minorities in Iraq have to abide by and uphold the laws of the state. That law is the constitution that was voted in by the electorate of Iraq when they went to the polls on October 15, 2005 and it was approved by a wide margin nationwide. That constitution includes the implementation of article 140. Article 140 of the Iraqi constitution indicates how to normalize the situation in the city of Kirkuk followed by a referendum on the fate of the province. Turkey has no legal grounds to create more obstacles or intervene in Iraq’s sovereignty.

The Bush administration already has their hands full with the current sectarian valiance in the middle of Iraq. Turkey is adding to that problem. Turkish Foreign Minister Abdullah G?l has been quoted saying “Iraq is a different country, but this does not mean we will remain aloof to the fate of our relatives there.” Mr. G?l, if this is not just propaganda to keep Iraq in a state of disarray, then why was the Turkish State so aloof when Turkmen of Kirkuk were suffering under Saddam regime in the 1980s? Furthermore, Mr. Gul, how would you feel if President Bashar al-Assad of Syria decided to interfere on behalf of their relatives in Adana, Mersin and Iskenderun towns of Turkey that are ethnically divided between Turks and Sunni Arabs.

Last week Turkish Prime Minster Recep Tayyip Erdogan threatened Iraq and said, “Turkey will not sit idle if the Iraqi Kurds have control over the oil-rich city of Kirkuk.” That brought strong criticism by a Kurdish Regional Government (KRG) spokesman who said, "we have heard for some time meaningless statements by some Turkish officials with their implied threats and we want to remind them that the Ottoman empire had fallen a long time ago and Iraq is not part of Turkey," told Voice of Iraq.

In my opinion, all these threats and warnings, in addition to wanting destabilizing of the Kurdish achievements in Iraq, Erdogan is trying to please the chauvinist nationalist and the military power to secure the presidential post in Turkey. The threats and changes in Erdogan’s views from the beginning of his term until now are directly tied to the upcoming election in Turkey.

No matter, what happens in Iraq with regards to article 140 it is up to the Iraqi people to decide on the future of Kirkuk and not Mr. Gul, Mr. Erdogan or the Turkish State. (KurdishMedia.com, Ardalan Hardi, January 21, 2007)

Investigation over Bilingual Invitation

Ministry of Home Affairs gave permission for an investigation on the Mayor of Diyarbakır Osman Baydemir over bilingual opening invitiations of Diyarbakır 6th. Culture and Arts Festival. The invitiations have been prepared both in Turkish and Kurdish. Mayor Baydemir sent the invitiations to the president, prime minister, ministers and other high level officials. One of the recipients former chief public prosecutor of Diyarbakır Hüseyin Canan asked the Ministry permission to open an investigation on Baydemir.

Ministry’s inspectors’ report concluded that the writing in the invitation was in violation of the law on recognition and use of Turkish letters, the law on the compulsary use of Turkish in economic institutions and Turkish Penal Code article 222. It is reported that Baydemir could appeal to administrative highcourt objecting to the permission on investigation. If his objection is rejected then a case may be opened against Baydemir.(antenna-tr.org, January 19, 2007)

Liste terroriste de l'UE: la justice européenne devra revoir le cas du PKK

Les juges européens devront réexaminer un recours introduit par le dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Osman Öcalan contre l'inscription de l'organisation séparatiste kurde sur la liste d'organisations terroristes de l'UE, a décidé jeudi la Cour européenne de justice.

En février 2005, le tribunal de première instance avant jugé irrecevable le recours introduit par M. Öcalan, au motif qu'il ne pouvait pas représenter "une organisation qui n'existe plus".

"La Cour annule l'ordonnance du Tribunal dans la mesure où elle rejette le recours d'Osman Öcalan au nom du PKK comme irrecevable", a-t-elle résumé dans un communiqué de presse. "Le Tribunal doit maintenant statuer sur le fond du recours introduit par M. Öcalan au nom du PKK", a-t-elle ajouté.

La Cour explique que le tribunal de première instance "a jugé à tort à l'examen des déclarations de M. Öcalan que le PKK n'existe plus et ne peut donc plus être représenté par celui-ci."

"Cette organisation ne peut pas, en même temps, avoir une existence suffisante pour faire l'objet de mesures restrictives (de l'UE) et ne pas en disposer aux fins d'une contestation de ces mesures", ajoute-t-elle.

L'inscription sur la liste des organisations terroristes de l'UE implique essentiellement pour les personnes ou organisations visées un gel des fonds.

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie et les Etats-Unis, figure sur la liste de l'UE depuis 2002. Öcalan, qui purge depuis 1999 une peine à vie dans une prison turque, en est le fondateur et dirigeant

La liste européenne d'organisations terroristes, élaborée dans la foulée des attentats de septembre 2001, est sérieusement critiquée depuis plusieurs semaines. Le juriste en chef des 27 a reconnu en décembre que l'UE avait commencé à revoir la façon dont ils l'élaborent.

Suite à un arrêt en décembre de la Cour européenne annulant le gel par l'UE des fonds des Moudjahidine du Peuple, principale force de l'opposition iranienne, le juriste avait indiqué que l'UE allait mettre au point "une procédure plus claire et plus transparente" d'inscription et permettre le cas échéant un réexamen de certaines décisions.  (AFP, 18 jan 2007)

Öcalan appelle à la création d'une "commission vérité"

Le leader du PKK Abdullah Öcalan a lancé un appel pour la création d'une "commission vérité" sur le conflit kurde en Turquie afin de parvenir à une paix entre turcs et kurdes, a rapporté mercredi l'agence de presse pro-kurde Firat News.

"Il nous faut nous confesser nos erreurs et découvrir les réalités. Seule une telle démarche peut nous réconcilier", a dit Öcalan dans une lettre envoyée la semaine dernière au parlementaires turcs et à des ONG.

Il y propose la création d'une "commission des vérités" indépendante composée d'intellectuels, de juristes et d'universitaires notamment pour enquêter sur la question kurde, sans donner d'autres précisions.

"Arrivés au stade de déposer les armes, nous les déposerons seulement à une telle commission qui oeuvrerait pour la justice", a-t-il souligné dans sa lettre restée à ce jour sans réponse, a expliqué à l'AFP un responsable de son cabinet d'avocats par lequel il communique avec l'extérieur.  (AFP, 17 jan 2007)

Turkish army gathered on the Kurdistan’s boarder ready for attack

The Turkish army have gathered and intensified its forces on the Kurdistan’s boarder ready for attack, reported local sources on Tuesday.

While Turkey is holding a conference on Kirkuk without the participation of the Kurdistan Regional Government or any Kurdish political party, Turkey has intensified its forces on the Kurdistan’s border. Some Turkmens, Arabs and a high number of Turkish MP’s have participated in the conference. It was revealed by local sources that only Turkish flag displayed in the conference.

Radio Nawa stated that the Turkish army ready for zero o’clock to attack Kurdistan.

The speaker of Kurdistan Parliament, Adnan Mufti, condemned the meeting and dismissed it as the interferences on Kurdistan’s affairs.

The Kurdistan Presidential Council led by Massuad Barzani has not made any statement regarding the Turkish conference on Kirkuk or the Turkish army’s gathering on the Kurdistan’s border. (KurdishMedia.com, 16 January 2007)


Un soldat turc et trois militants kurdes tués lors d'affrontements

Un soldat turc et trois militants du PKK ont été tués mardi pendant une opération de sécurité menée dans le sud-est du pays, selon des sources officielles.

Un second soldat a été blessé pendant les combats, survenus dans une région rurale située près de Diyarbakir, ville à majorité kurde du sud-est de la Turquie.

Deux militants du PKK auraient été tués lundi dans la même région, ont indiqué des sources officielles.  (AFP, 16 jan 2007)

The broadcasting of ROJ TV is disrupted in Kurdistan

Kurdishmedia-The disruption of ROJ TV's broadcasting in particularly the news bulletins are continuing in Turkey. Recently in Bingol's district of Karliova and surrounding villages the broadcasting of news bulletins disruption has been escalated.

According to public sources, the broadcasting of ROJ TV, in Karliova district are disrupted by interfering satellite signals. It is said that the military appliances of local garrison is used for this end.
It is nearly 15 days the viewers have been trying to protect their TV dishes. In Kaliova and its vicinity the protected dishes are perceived vividly. (ANF, January 15, 2007)

Website KurdishMedia.com blocked in Turkey

According to a report of Turkish Daily News, Kurdish websites are blocked in Turkey. In related news, a bill has been approved in Turkey as a countermeasure against indecent broadcasting and online gambling. This law targets websites that could be considered as against "Turkishness". But there are also positive developments in Turkey.

Caleb Lauer, who visited the Kurdish city of Dogubayazit, reported that logging onto Kurdish websites "such as kurdmedia.com, interkurd.com, or undertaking a Wikipedia search for "Kurdistan" all generate the following message: "Bu Sayfa Yasak Siteler Listesinde Kayitli ve Bloklandi." Translation: "This site is listed as forbidden and has been blocked.""

According to the article of Turkish Daily News, Cybercafé owners were ordered in December 2003 to install filters to block access to pornographic websites and to prevent their premises being used to promote gambling, pornography, political separatism or any challenge to the structure of the state.

The Turkish newspaper Yeni Safak reported that recently a bill has been approved against any broadcast that threathens the Turkish state. This measure will give the national Information technology Security Agency the authority to block any broadcast that is believed to threaten state security, as stated in Article 301 of the Turkish Penal Code. This might explain the blocking of Kurdish websites.

Amnesty International considers that the attempt to draw a distinction between criticism and denigration is highly problematic...especially on the Internet, where people is used to express their opinion quite "freely" in forums, blogs and other digital spaces. Web surfers from Turkey are "are now seriously threatened by constant intrusions in their private "digital life" and they could be persecuted for any action that in some way could be considered as against "Turkishness".

Caleb Lauer also reported about positive developments. According to his obversations, laws that kept the Kurdish language out of public institutions, such as hospitals, are being slowly relaxed. During the bird flu outbreak in January last year, Kurdish speaking doctors were enlisted to help and Kurdish was spoken in the hospitals in Dogubayazit and Van.

Read more here: Turkish Daily News - Tracking disease with laptops and dial-up modems .

Vladimir van Wilgenburg maintains a blog at: http://vladimirkurdistan.blogspot.com/
(KurdishMedia.com, Vladimir van Wilgenburg, January 15, 2007)`


Peace conference urged for democratic solution to the Kurdish Question

Kurdish and Turkish politicians, academics, activists, prominent writers and journalists gathered together for a two-day conference last weekend, titled "Turkey Looking for Peace".

The conference aimed at sparking a debate on the century old Kurdish conflict in southeastern Turkey.

While a unilateral ceasefire continues, the guerilla warfare of the pro-Kurdish group PKK marked the last 20 years of the history of Turkish Republic.

Writer Yasar Kemal emphasized the historical bonds between Turkish and Kurdish people in the opening speech of the conference.

From another respect, the reaction from Turkey to Kurds projections to determine their own future in northern Iraq is frivolous, he said.

Kurds-Turks, friends for thousand years

Addressing to 500-fold crowd, Kemal said:

"The Kurdish conflict caused a great cost for our country. Of those who fought, 30 thousand are dead. The conscience of this land is scarred with armed rangers, civilian fighters whose numbers reach up to 70 thousand.

Thousands of villages were forcefully evacuated, people scattered around the country. Murders whose perpetrators never surfaced became only normal, a part of the war. This war wore Turkey down. We became a country that fights its own people".

Kemal noted the growing nationalist sentiment in Turkey, saying, "There are racist who go undercover in a nationalist suit. They constantly repeat that 'there's no friend to a Turk other than a Turk'. One can't say something worse than this to a group of people. I want to relieve my nationalist friends from their misery:

Kurds and Turks have friends since 1071, when Turks entered Anatolia. Our rulers say that if Kurds get their independence in northern Iraq, this should be grounds for war. Why is that so? Whatever they say, I want to remind those racist nationalists that if you have one friend in this world it's the Kurds who sit on those oil reserves in the south. But Kurds in Iraq want a federation; this is what benefits them".

No military solution

Writer Vedat Türkali gave the opening speech on the second day of the conference and he insisted that a military solution wouldn't be the solution to the Kurdish conflict.

"For 28 times in our history, there were uprisings and they were repressed but the problem still stays on".

Reminding army chief of staff General Buyukanıt's words that "fight will go on until no terrorist is left on the mountains", Türkali said without a comprehensive solution there'd always be those who prefer to join the guerillas.

Ceasefire must stay

Turkish Physicians' Association (TTB) chair Gençay Gürsoy noted that this is the first time that a meeting on the Kurdish conflict realizes without any distraction.

This ceasefire period is precious and crucial for a solution and we've to insist for a political debate, only a total rejection of violence can sustain this environment, he added.

Turkey's Revolutionary Workers Unions Confederation (DİSK) chair Süleyman Çelebi said neither denial of differences nor an insurgence would solve the problem. Stating that a unilateral solution is impossible, he proposed leave of arms and the official recognition of the Kurdish identity.

"Solution rests in the country"

Democratic Society Party (DTP) co-chair Ahmet Türk voiced claims that PKK will end ceasefire in May and his hopes for a democratic and civil initiative for a solution to arise to disarray such claims.

Türk said that the government is unwilling to take initiative and PM Erdogan doesn't have a realistic idea of the problem. He urged the government to favor domestic relations instead of searching for ways to cooperate with the US for a military solution. "The solution rests with me and with you", he said.

Fair representation

Turkish Foundation of Human Rights (TİHV) chair Yavuz Onen and journalist Altan Oymen said that comprehensive policies are needed for peace.

Onen warned that the conflict is getting commonplace in all levels of the society while Oymen raised the issue of fair political representation in the parliament.

Journalist Ragıp Duran, Freedom and Solidarity Party (ODP) chair Hayri Kozanoglu, Gaziantep's former mayor Celal Dogan, Party of Labor (EMEP) chair Levent Tuzel, True Path Party (DYP) Diyarbakır provincial chair Galip Ensarioglu, Mothers for Peace member Emine Ozbek, journalist Berat Günçıkan, writer Altan Tan, journalist Dogan Tılıç and Prof. Dr. Melek Göregenli were among the participants of the conference.

Writer Memed Uzun's speech was read because of his absence due to health problems.

Declaration issued

By the end of the conference, participants issued a declaration outlining the political, social, economical and cultural suggestions for a solution

The declaration expressed hopes for an organization that would lead to the establishment of social peace through debate and dialogue. (BIA News Center, January 15, 2007)

Quatre militants kurdes abattus lors de combats dans le sud-est

Quatre militants kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont été tués dimanche lors de combats avec les forces de sécurité turques dans le sud-est anatolien, ont indiqué lundi les autorités locales.

Un premier affrontement a fait deux morts dimanche soir dans une zone rurale de Lice, petite ville dépendant de la grande province de Diyarbakir, a-t-on précisé de même source. L'armée mène des opérations de ratissage dans la zone, a-t-on ajouté.

Dans un autre incident, dans une zone reculée de la province de Bingöl (est), un autre rebelle a été abattu dans la soirée, a annoncé le gouvernorat local.

Dimanche en cours de journée un premier rebelle avait été tué et un soldat blessé dans la même zone.  (AFP, 15 jan 2007)

Ocalan calls Turkey to grant regional autonomy to Kurds

Jailed Kurdish leader Abdullah Ocalan urged Turkey on Friday to grant its Kurdish community regional autonomy in order to resolve a 22-year conflict and avoid the kind of turmoil seen in Iraq. "I believe it is vital for Turkey to have a strategic alliance with the Kurds," Ocalan said in a statement relayed by his lawyers, who met him on the prison island of Imrali.

"What I mean is for Turkey to make peace with the Kurds living on its territory and recognize their democratic autonomy," he explained. "Let the Kurds have regional parliaments and governments."

Ocalan argued that such a step would not damage Turkey's territorial integrity but actually strengthen it.

"Otherwise, Turkey will turn into another Iraq," he warned.

The rebel leader said that he had no desire for independence, but added that Kurds in the region would opt for breaking away if Turkey, Iran and Syria insist on what he called their policies of oppression.

"This is not an option we desire because we know it will not provide a solution but bring about a disaster," Ocalan said. (AFP, January 13, 2007)

La conférence sur la question kurde appelle à l'arrêt des violences

Intellectuels, universitaires et hommes politiques ont entamé samedi à Ankara deux jours de débats sur les moyens de résoudre pacifiquement le conflit kurde en Turquie et appelé à renoncer à la violence qui déchire depuis près de 25 ans le sud-est à majorité kurde du pays.

Hôte de marque de la conférence, intitulée "la Turquie recherche sa paix", Yasar Kemal, le célèbre écrivain turc d'origine kurde, a lancé un vibrant hommage à la paix, proclamant lors de son discours: "une véritable démocratie ou rien".

Il a dénoncé le fait qu'une "guerre light" dans le sud-est turc ait coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes depuis le lancement, en 1984, d'une rébellion sécessionniste kurde armée par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, illégal).

L'auteur de "Memed le Faucon" et de "Terre de fer, ciel de cuivre", âgé de 83 ans, a affirmé que les revendications des Kurdes de Turquie restaient à ce jour incomprises à cause notamment de la persistance des autorités à "ignorer" l'existence d'un problème et à "jouer avec l'honneur d'un peuple" kurde.

"Cette situation ne peut plus durer, il faut qu'elle finisse (...) la guerre pourrit la Turquie. Je ne suis pas un héros mais je suis obligé de dire tout cela", a souligné le romancier plusieurs fois emprisonné et poursuivi par la justice turque pour ses opinions politiques.

La conférence, fruit de plusieurs colloques régionaux, vise à établir une "feuille de route" pour encourager le gouvernement turc à trouver une solution à la question kurde, selon ses organisateurs.

"L'arrêt total des violences est d'une importance vitale pour la paix", a estimé Yusuf Alatas, président de l'Association turque des droits de l'homme.

Plusieurs intervenants ont souligné la nécessité d'incorporer le principal parti pro-kurde, Parti pour une société démocratique (DTP), dans la scène politique nationale.

Le politologue Fuat Keyman a ainsi proposé que le seuil des 10% de suffrages nécessaires au plan national pour être représenté au Parlement soit réduit à 5% d'ici les prochaines législatives, prévues en novembre.

Le discours de clôture de la conférence devrait être prononcé dimanche par l'écrivain kurde de Turquie Mehmed Uzun, considéré comme un des fondateurs de la littérature kurde moderne. (AFP, 13 jan 2007)

Peace initiative aims to create a public conscience on Kurdish issue

This weekend intellectuals will hold a conference in the Turkish capital to seek paths toward societal peace by helping to shape a public conscience about the bitter Kurdish issue.Renowned Turkish intellectual Cemil Meriç once described how an intellectual can represent his country: “I would like to be the conscience of an era -- to put it more succinctly, of a country.”

When the two words, "the Kurdish issue" and "conference" are used in the same sentence, one cannot avoid saying, “Yet, another conference, so what.” Nevertheless, both the participants' profiles and the conference's initial target promises to be different from several conferences, which closed with final declarations addressed to the government, the military or the outlawed Kurdistan Workers' Party (PKK).

Neither the Kurdish issue nor the fight against the PKK, in which the country has spent tens of billions of dollars and lost tens of thousands of lives over more than two decades, has ever dropped from the agenda. Yet, most of the time, debates on the Kurdish issue have been overshadowed by the fight against the PKK, turning the Kurdish issue solely into a matter of security.

More than 50 prominent authors, journalists, labor union representatives, human rights activists, academics and politicians from various ideological traditions signed the public call for the conference titled, “Turkey Seeking Its Peace.”

Professor Cengiz Güleç, a psychiatrist and former member of Parliament from the Democratic Left Party (DSP), is one of those names.

“We're not and will not be looking for a magic formula to be created during the two-day conference in order to be presented to the counterparts of the issue like it has been done in these kinds of conferences up to date,” Güleç said in an interview with the Turkish Daily News.

‘We don't want a river disappearing in the desert'

Güleç continued: “What usually happens, particularly regarding the Kurdish issue, is to gather a group of intellectuals at a certain period of time; then they draw up a road map or formula that they outline in a final declaration and eventually disperse as if the mission is accomplished,” he added, resorting to a metaphor for better expressing himself, “We don't want this initiative to be a river eventually disappearing in the desert.”

“Yet, what we plan and wish for is communicating our call for societal peace to the citizens in order to keep a public conscience permanently aground. We also aim at transforming this peace initiative into an institutionalized body that will lead to societal opposition.”

While considering the diversity of participants regarding their ideological tendencies, Güleç explained that during the two-year preparation process in different regions of the country, some groups in the past had been in favor of the PKK's armed conflict. Those groups who later changed their minds and asserted that the best solution should be sought through democratization have also lent support to the initiative.

One of the initiative's mottos is: “Militarism and militancy are nourishing each other. It is now time for producing integrity from our differences, peace from our fights and trust from our doubts and fears.”

The initiative makes the assertion that “peace is not a passive concept, but is something, which needs to be built.”

“When ‘the peace of citizens' that we will build turns into a collective will, then our democracy will also become stronger, while our country becomes richer. We, citizens, have to build the peace. This is both a human right and a civic responsibility.”

Creating a language of peace via empathy

Two internationally renowned authors, Mehmed Uzun and Yaþar Kemal, will honor this weekend's conference in Ankara. Explaining these two authors' importance for this country or their special places in literature is beyond the limits of this article. Nevertheless, the significance and participation of these two prominent figures is noteworthy by itself, especially when Yeþim Dorman, author and human rights activist, of the peace initiative pointed out the need for an overall transformation of mainstream language.

“The language, particularly used in the media and advertisement sector, is full of codes which fundamentally serve to humiliate the Kurdish people by wrongly portraying their culture,” Dorman told the TDN. “A language of peace has to be built from the beginning and in the daily lives, not in the academia,” she added.  (TDN, January 12, 2007)

Recent Study Estimates 1.2 Million Kurds Forcibly Displaced

Eurasia -The recent release of a long-awaited study on the size of Turkey’s population of internally displaced persons (IDPs) has refocused attention on this enduring problem, raising questions about Ankara’s dedication to addressing the issue.

Turkey’s IDP problem is connected to the turbulence of the 1980’s and 1990’s, when Turkish security forces battled guerillas from the outlawed Kurdistan Workers’ Party (PKK) in the country’s predominantly-Kurdish southeast region. More than 30,000 individuals on both sides are believed to have been killed since 1984 when the PKK took up arms for self-rule in the country's mainly Kurdish southeast of Turkey.
 
In an effort to root the guerillas out of the countryside, Turkish forces forcibly evacuated thousands of villages. The number of those displaced has always been under dispute. The Turkish government insisted that some 350,000 Kurds were forced to move because of the fighting, while Kurdish groups and human rights organization put the number at anywhere from 1 million to 4 million.
 
Under pressure from the United Nations and the European Union, which Turkey hopes to join, Ankara commissioned in 2004 a study to determine the size of the IDP population and their living conditions. After some delay, the government released the study – conducted by the Institute of Population Studies at Hacettepe University in Ankara – in December.
 
The study estimates the IDP population to be between 950,000 and 1.2 million – almost triple the government’s original numbers. Observers say the study’s data and its population estimate provide a solid baseline measure to assist in the reformulation of aid and development programs for IDPs. It also gives a clearer indication of the severity of the IDP problem.
 
"You are talking about masses of people who were displaced without any planning and are utterly impoverished. You had entire families emigrating overnight, often without any property, and without any national or international assistance," says Dilek Kurban, a researcher at the Turkish Economic and Social Studies Foundation (TESEV), an Istanbul-based think tank that has conducted its own research on the IDP issue. "These people have been displaced and abandoned for the last 10 or 15 years, and only now are we starting to talk about justice and compensation."
 
The Turkish government insists that it is tackling the IDP problem, pointing to a 2004 compensation law passed by parliament, intended to provide financial restitution to displaced Kurds. Officials also play up the Return to Village and Rehabilitation Project (RVRP), which is supposed to help IDPs make their way back to their homes.
 
But while describing both the compensation law and RVRP as positive steps, human rights workers and legal experts say there are serious problems with how they have been conceived and implemented. According to the Hacettepe University study, only 53 percent of the IDPs are aware of the compensation law, and 50 percent know about the RVRP. Meanwhile, in a recently released report, Human Right Watch said the compensation law failed to offer the IDPs "fair and appropriate redress."
 
"Turkey’s compensation law offered hope that the government would finally compensate hundreds of thousands of displaced people for their losses at the hands of the military," said Holly Cartner, Europe and Central Asia director at Human Rights Watch. "Now these displaced villagers have been victimized yet again by the arbitrariness of a compensation process that was supposedly established to help them."
 
Legal experts say one of the main problems with the law is that compensation is determined by local assessment commissions in the areas where villages were emptied, and whose members have little experience with legal work or restitution issues. According to the HRW report, this has often led the commissions handing out absurdly low compensation amounts. In one example, the damage assessment commission in the southeastern city of Diyarbakir awarded a family that has had no access to its house, crops, or silkworm business since they were destroyed by soldiers in 1993 an overall total of 5,000 Turkish Lira (TL) (US$3,350).
 
"The law was a political step," says Ilhan Bal, general secretary of the Istanbul office of Goc-Der, the main IDP advocacy group. "It didn’t work to solve the real problem of the IDPs; it was merely done for appearance’s sake."
 
The IDP issue goes beyond compensation, other experts contend. The IDPs – mostly farmers in their previous lives – have largely migrated to Turkey’s big cities, where many have become part of the chronic underclass. "In terms of integration into urban areas, the government has not done anything," says TESEV’s Kurban. "There is no plan to deal with these people, who need training, housing, education. They need everything."
 
Tamer Aker, a professor of psychiatry at medical school of Kocaeli University, near Istanbul, says the IDP population also presents a public mental health challenge that needs to be addressed. "The migration and displacement process have been very difficult for them. This was an involuntary migration. They didn’t want to leave," says Aker, who has worked closely with IDPs in the Kocaeli area.
 
"There are so many traumatic issues. The problem is widespread and needs community mental health solutions," Aker continued.
 
In an Istanbul neighborhood mainly populated by IDPs, the offices of a branch of the pro-Kurdish Democratic Society Party (DTP) serve as the regular meeting point for a group of former villagers from the southeast. A 38-year-old who would only give his name as Ramazan says he has only been able to find sporadic work as a day laborer since being forced out of his village 18 years ago.
 
"I’m simply trying to survive in Istanbul. I’m in the big city and it’s very difficult. I come from different earth," he says. "In the village, I was working the land and raising cattle. I just haven’t been able to catch up to the technological life in the city."
 
His village, near the city of Tunceli in the southeast, is still considered an off-limits military zone, Ramazan says. Still, he longs to return. "My children haven’t seen our village. I hope they get the chance," he said.
 
According to the Hacettepe study, close to 50 percent of IDPs said they would like to return to their villages. But Goc-Der’s Bal says there are still serious hurdles that are keeping the IDPs from returning. Security in the southeast remains questionable, with clashes between government forces and the PKK militants resuming after a lull of a few years. Many cleared out villages are now surrounded by mine fields that need to be cleared, while their infrastructure -- roads, schools, sewage and electricity – would have to be rebuilt.
 
"I think if the state did the necessary things, people would go back to their villages," Bal says. "These people need to be able to decide their own fate." (kurdishinfo.com, Yigal Schleife, January 10, 2007)


President Sezer in Italy denied the fact of Kurdish Minority

Turkish President Ahmet Necdet Sezer said that Kurdish people were part of Turkish society, in response to a comment on "Kurdish issue" by an Italian official.

President Sezer met on Tuesday with Fausto Bertinotti, Chairman of the Chamber of Deputies, lower house of Italian Parliament, in the course of his three-day official visit to Italy.

During the meeting, Bertinotti was reported to bring up the Kurdish minority issue. Reminding Sezer of the bill on support for Turkey's EU membership passed by the Foreign Affairs Committee of Italian Assembly, Bertinotti said that the Turkish citizens of Kurdish origin should have the right to benefit from cultural and administrative rights for minorities.

Opposing to Bertinotti's views, Sezer said that a large number of Turkish citizens has partly Kurdish origins and that, as a result, Kurds were a part of majority in the country, not minorities.

Sezer also emphasized that the definition for the status of minorities in Turkey was given in the Lausanne Treaty, signed in 1923, and in the Turkish Constitution. He also added and that the Kurds did not object to any of the descriptions.

Also on Tuesday, Turkish president came together with his Italian counterpart Giorgio Napolitano. In his meeting with Napolitano, Sezer expressed his discontent with some of the issues in the bill adopted by a sub-committee of Italian parliament in December to support Turkey's EU membership. (Cihan News Agency-World, January 10, 2007)

NGOs voice support for multilingual municipality services

Some non-governmental organizations, including several pro-Kurdish associations, yesterday, voiced support for Diyarbakir's Sur Municipality, which has controversially decided to offer languages besides Turkish in municipal services.

The Sur Municipality as well as the Diyarbakir Greater Municipality started multilingual services last year without an official decision, to ease transactions by Kurdish people in the city. Last week, a municipal council decision to offer services in both Turkish and Kurdish was approved by the Sur district Municipality. It is also said that the municipality will give Kurdish, Turkish, English, Armenian and Assyrian courses to personnel so as to provide better services.

Yesterday, representatives of NGOs including several pro-Kurdish associations visited Sur Mayor Abdullah Demirbas to voice their support, while the Interior Ministry has launched an investigation into the Sur Municipality.

Tay-Der head Mahmut Okkan and the group's executive board, representatives from Mazlum-Der's Diyarbakir branch and Dicle Firat Culture Center officials and artists were among Demirbas' visitors.

"I wasn't aware of the investigation into the Sur Municipality until I read the news stories," Demirbas said. "Multilingualism is a necessity for democracy. I believe this doesn't need to be investigated but no matter what kind of investigation they carry out, we are determined to continue our multilingual services."

"Turkey is a multilingual country, not a monolingual one," he said. "Therefore, the municipal services should be given in various languages apart from Turkish. We don't have only one identity but multiple identities, and we have to live considering this fact. We'll give services taking all studies and scientific data into account as we aim to contribute to democracy in the region and the country."

Last year, Mayor Demirbas faced charges over defending multilingual municipal services at an international conference in Vienna, but they were dropped on the grounds of freedom of expression. (The New Anatolian, 10 January 2007)

Kurdish Municipality Goes Multilingual, Government Investigates

A decision made by the southeastern municipality of Sur to provide services in languages other than Turkish has sparked a controversy, prompting the Interior Ministry to appoint an inspector to assess the matter.

Sur Mayor Abdullah Demirbas said municipal services would become multilingual from now on as per the decision. Turkish is not the only language spoken in Turkey. It doesn't have a single religion. It doesn't have a single identity.

He said their services would now be based on the principles of democracy in the region and the country, hoping this would become an example for the rest of the country.

He said they were already using Turkish and Kurdish for providing services to the public and would expand it to include English, Armenian and Syriac. He said Armenain and Syriac services would depend on finding language instructors.

Sociologist Aslan Özdemir told the Anatolia news agency that the municipality had hired them to conduct a survey of the region. According to our studies, 24 percent speak Turkish, 72 percent speak Kurdish, 4 percent speak Arabic and 3 percent speak Armenian and Syriac.

The Interior Ministry said in a statement that they would investigate the matter.

Reports say that Turkish and Kurdish information signs will be hung in the municipality building and that phones will be answered both in Turkish and Kurdish.

Demirbas is from pro-Kurdish Democratic Society Party (DTP). He was previously tired for an article he had written, calling for street names and internet sites to be done in Kurdish. He was found not guilty.

The assembly decision will be first approved by the Diyarbakir Greater Municipality before being forwarded to the Diyarbakir Governor's Office. If the office objects to the assembly decision, it has the right to lodge an appeal within 15 days. (Turkish Daily News, January 7, 2007)

Erdogan's remarks signal military operation in 2007

Prime Minister Erdogan’s remark noting that the U.S. appointed envoy to fight terrorism didn’t work out might be taken as the preparation of diplomatic and political base of a probable cross-border military operation in spring or summer of 2007.

Such an operation could have been carried out in the summer of 2006; all preparations had been made for that operation back then. The prime minister himself instructed the commanders to be prepared for an operation that would have enabled raids on camps for the Kurdistan Workers Party (PKK). Simultaneously, the United States stepped in and prevented Turkey from taking such an action, and the long-forgotten practice of appointing a coordinator was offered by the U.S. authorities as a means to stop Turkey. Their expectation and goal was simply to prevent Turkey’s cross-border operation and they succeeded. First, the coordinators were appointed, and constructive statements were made to increase Turkey’s expectations. Then PKK was forced to a ceasefire, resulting in the substantial decrease in the frequency of PKK attacks in Turkey. This way, Turkey reaction was eased, and the option of military operation to northern Iraq was made out of question.

Throughout this process, the United States tried to make the PKK less visible and ensure that its attacks would be directed at Iran instead of Turkey. Even the U.S. press documented American support to the PKK-affiliated terrorist organization PJAK. Moreover, both their American and Iraqi sources continued providing the PKK terrorists with armaments. The government has extensive proof indicating that the United States is tolerant toward the PKK in Iraq.

Another tactic of America to amuse Turkey revealed itself in the efforts to deteriorate bilateral relations between the European Union and Turkey. American diplomats insisted that PKK salaries were coming from Western Europe. In order to prove their assertion, they even “leaked” proofs indicating the connections between such European countries as Denmark and the PKK. This way, they tried to divert Turkey attention from the United States and Iraq to the European Union.

In Iraq, the PKK has every opportunity to commit violent or nonviolent terrorism. The organization was weakened after the apprehension of Ocalan, but it may return to the stage strongly before the upcoming general elections in 2007. At a time marked by the growing violence and intensifying chaos in Iraq, the exclusion of Turkey by the European Union and the sensitive internal political environment, Turkey’s struggle with the strengthened PKK might be bloody and more violent. For this reason, Prime Minister Erdogan is cautioned not to fall into the The United States plans to prevent Turkey from taking effective action, and warn the U.S. authorities beforehand. Therefore, it prepares the political and diplomatic base for all measures, including cross-border operations. If the administration is able to continue its pressure, this time Americans will not be able to resort to delay tactics such as appointing coordinators. (zaman.com, January 04, 2006)

Opération anti-PKK: Erdogan s'en prend à Washington et Bagdad

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan juge que les Etats-Unis et le gouvernement irakien n'ont pas fait assez jusqu'à présent pour éradiquer les rebelles kurdes de Turquie installés dans le nord de l'Irak, dans des déclaration rapportées jeudi par la presse turque.

 "Nous avons nommé ensemble des coordinateurs pour lutter contre le PKK mais ça n'a rien donné", a-t-il dit aux journalistes mercredi dans l'avion qui le menait à Beyrouth pour une visite de quelques heures.

"Nous attendions des avancées sérieuses mais cela ne n'est pas réalisé", a regretté M. Erdogan qui a aussi déploré que Washington et Bagdad n'aient pas oeuvré pour "assécher les sources de financement" du PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne.

M. Erdogan s'est dit étonné du fait qu'aucune action militaire n'ait été entreprise contre les camps du PKK implantés dans le nord de l'Irak et a accusé Washington et Bagdad de "manoeuvres dilatoires".

Ankara réclame de longue date une intervention des Etats-Unis contre le PKK, qui se sert de l'Irak comme d'une base arrière pour mener dans le sud-est de la Turquie, région à population majoritairement kurde, des opérations contre les forces de sécurité turques.

"Nous voulons avoir des résultats concrets (...) Si la Turquie et les Etats-Unis sont des partenaires stratégiques ils doivent lutter ensemble contre les organisations terroristes", a ajouté M. Erdogan.

En août, Ankara et Washington ont nommé MM. Edip Baser et Joseph W. Ralston, deux généraux à la retraite, pour coordonner leurs efforts.

Interrogé par le journal Vatan, M. Baser a affirmé que sa mission pouvait prendre fin d'ici la fin février au début mars si des "pas concrets n'étaient pas fait" contre le PKK en Irak. (AFP, 4 jan 2007)

Minorités / Minorities

Armenian genocide resolution at  the US House of Representatives

Democratic and Republican lawmakers introduced a resolution on Tuesday urging the U.S. government to recognize Armenian genocide.

Democratic Rep. Adam Schiff, a co-sponsor, acknowledged that the resolution might harm U.S.-Turkish relations in the short term. Nevertheless, he said, "I'm optimistic that the relationship will go on. We will move beyond this."

Schiff and other lead sponsors who introduced the resolution in the House of Representatives say they have commitments from more than 150 other members who want to add their names as co-sponsors after the legislation's introduction. That would be a strong show of support in the 435-member body.

The sponsors, who held a press conference Tuesday attended by two Armenian survivors of the events, say that the move to Democratic control in Congress increases the chances that the bill will reach the House floor for a vote. Similar resolutions have been introduced in the past but were kept from a vote by congressional leaders.

"We feel very strongly that this year is the year we're going to get this passed," said another co-sponsor, Democratic Rep. Frank Pallone Jr., whose state, New Jersey, has a large Armenian-American community.

The bill, which claims that 1.5 million Armenians were killed almost a century ago in what it describes as genocide, is likely to draw reactions from Turkey. The Bush administration has warned that even congressional debate on the genocide question could damage relations with a vital Muslim ally and member of NATO.

The resolution's supporters say that the leader of the House, Speaker Nancy Pelosi, a Democrat, who has expressed support for the resolution, is likely to come under pressure from the Bush administration to keep the House from voting on the bill. (AP, January 31, 2007)

Minute de silence au Parlement européen à la mémoire de Hrant Dink

Les eurodéputés ont observé mercredi une minute de silence à la mémoire du journaliste d'origine arménienne Hrant Dink, assassiné le 19 janvier à Istanbul.

"Je voudrais au nom du Parlement européen exprimer notre indignation", a déclaré le président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering, lors d'une session plénière à Bruxelles.

La participation de milliers de personnes à son enterrement "nous fait espérer que cet événement triste sera un prétexte pour les autorités turques pour procéder à de nouvelles réformes pour garantir la liberté", a-t-il ajouté.

L'UE réclame sans arrêt à la Turquie la réforme d'un article du code pénal qui limite la liberté d'expression. (AFP, 31 jan 2007)


Un septième suspect inculpé dans le cadre de l'affaire Dink

Un nouveau suspect a été inculpé et écroué mercredi dans le cadre de l'enquête sur le meurtre du journaliste d'origine arménienne Hrant Dink, ont rapporté les médias.

Il devient ainsi la septième personne arrêtée en relation avec l'assassinat de M. Dink, selon l'agence de presse Anatolie.

On ignorait dans l'immédiat pour quels chefs d'accusations Salih Hacisalioglu, 30 ans, a été inculpé par une Cour de la métropole. Il avait été interpellé par la police à Trabzon (nord-est), grande ville portuaire sur la mer Noire, et transféré à Istanbul.  (AFP, 31 jan 2007)

Nationalist sentiment dominates soccer pitch

In recent days coccer stadiums across Turkey have become venues for expressing nationalist sentiments that openly defy the solidarity and sympathy Turks showed toward Armenians in the wake of journalist Hrant Dink's ethnically-motivated murder 11 days ago.Trabzon, one of the biggest towns of the Black Sea Region, has been under a magnifying glass during the last two years due to a number of events, from the lynching of families seeking prisoner rights to the murder of journalist Hrant Dink by a local youth. The incident occured when Trabzon locals lynched members of the Association for Inmates' Families' Solidarity (TAYAD) during a protest on prison conditions on April 6, 2005.

Father Andrea Santoro was murdered in Trabzon on Feb. 5, 2006, and now the suspects arrested in Turkish-Armenian journalist Hrant Dink's murder are also from Trabzon.

Residents of the town are not happy about the negative publicity.

To show their anger, Trabzonspor fans on Sunday took their places in the stands of the Kamil Ocak Stadium with flags and banners that read "We are all Turks, we are all Mustafa Kemal," "I am Turkish, I am from Trabzon" and shouted slogans like "Martyrs never die, the country's unity will always remain in place."

Tension in Trabzon has risen after the government removed the city's governor and police chief from office following the murder of Dink. In response, many residents opposed the officials' removal, angered over the town being portrayed by the media as a major source of crime.

Fans also showed support for the two officials recently removed from office.

Newly assigned Police Chief Arif Akkale watched the game from a lounge while his seat in the VIP stand was empty.

In a Division Two playoff game between Adana Demirspor and Alanyaspor at Adana's 5 Ocak Stadium, Demirspor, fans carried banners with the same slogans as the banners belonging to Trabzonspor fans.

The situation in Adana was a little bit different as last Wednesday Demirspor Chairman Adem Aılgan said they were deeply sorry for the murder of Dink. "We condemn this criminal attack and the vicious killing of a son of this land. We wanted to show our reaction by carrying a banner that says 'We are all Hrant, we are all Armenians' during our home match against Alanyaspor on Sunday."

However, the Turkish Football Federation denied the request saying, "The banner's content is not relevant to a sports event."

Aılgan on Friday, following a series of reactions from the fans and the people of Adana, said he had been misunderstood. "I was deeply touched by the murder and Dink's wife's speech at the funeral. But I should have said, 'We are all Turks. I am a Turk; my father is a Turk and also a hadji. I apologize to the Demirspor community."

Elsewhere, Malatyaspor entertained Elazığspor in Dink's hometown Malatya, and around 400 Elazığspor fans opened a banner that read; "We are not Armenians, We are not from Malatya, We are Elazığ, We love Turkey." (Turkish Daily News, January 30, 2007)

Le nationalisme turc de retour après les funérailles de Hrant Dink

A l’occasion du match de football ce week-end entre Trabzonsport et Kayserispor les manifestations de l’ultra nationalisme ont vite repris le dessus en Turquie.

Les supporters de Trabzon tenaient des pancartes et des bannières en réponse à ceux qui avaient été portées lors des obsèques de Hrant Dink à Istanbul la semaine dernière et qui affimaient « Nous sommes tous des arméniens » et « Nous sommes tous des Hrant Dink ». A Trabzon dimanche et durant toute la nuit, les supporters portaient des pancartes où on pouvait lire « Nous sommes des turcs, Nous sommes de Trabzon, Nous sommes tous Mustafa Kemal Ataturk » ou « Je suis turc, j’ai raison, je suis de Trabzon ».

Malgré le temps froid à trabzon 15000 supporters se sont partagés les 3000 pancartes. On a aussi entendu la foule chantant des slogans en faveur de l’ex-chef de la police de Trabzon récemment limogé Resat Altay et comme d’habitude des slogans racistes anti-arménien.

A Istanbul certains commerçants ont apposé à leur vitrine une affichette sur laquelle on pouvait lire " Nous sommes tous des Turcs".

Le vice-président du parti du Mouvement Nationaliste (MHP) Mehmet Sandyr a décrit les obsèques de Hrant Dink comme « une insulte au peuple turc et un défi audacieux à l’état turc ». « Nous sommes tous des Turcs et c’est la Turquie » a-t-il ajouté.

Dans un sondage en ligne mené par la quotidien Hurriyet sur son site 463000 personnes se sont exprimés et 47 pour cent des votants se sont déclaré en faveur du slogan utilisé lors des funarailles de Hrant Dink tandis que 52 pour cent s’y sont déclaré opposé.

Nationalists Surface After Dink's Funeral

Repercussions of the assassination of Turkish-Armenian writer Hrant Dink and his funeral, where hundreds of thousands of people gathered to condemn the killing, continue.

Dink was gunned down in front of the offices of his newspaper Agos on January 19.

The killing suspect was caught the following day and several people who were claimed to solicit the murder have been taken under custody.

The Black Sea port of Trabzon, the hometown of Dink killing suspect Ogun Samast continues to dominate the headlines last week.

Samast and four others were arrested on three different charges, including manslaughter, affiliation to an armed group and breach of armed weapons act last Thursday.

The prosecution didn't classify the murder as a terror act, which would result in heavier penalties for the convicts.

The government removed chief of police and the governor of the city for their lack of control over the rising politically motivated crimes by nationalists.

The Ministry of Internal Affairs also commissioned two inspectors to interrogate on administrative failures to prevent such crimes in the city.

An Italian priest was murdered in 2005 in Trabzon and members a leftist group, Solidarity Association of Prisoners' Families (TAYAD) faced public lynching several times in 2006 during street protests.

The slogans voiced at Dink's funeral on January 23, "We're all Hrant, we're all Armenians" caused a stir in nationalist circles.

Nationalist Movement Party (MHP) vice chair Mehmet Sandır described the funeral as "an insult to the Turkish people and a daring challenge to the Turkish state". "We're all Turks and this is Turkey", he added.

Daily Tercuman's headliner read "We're all Turks" the day following.

Hurriyet newspaper conducted a survey regarding on its website where 463 thousand people participated and 47 percent voted to favor the slogan and 52 percent objected.

36 year old Nihat Acar kidnapped a ferry that run on the Dardanelles for three hours on Saturday night, in protest for the slogan "We're all Armenians". He was arrested as he gave in waving a Turkish flag.

Nationalist and racist reactions are most evident and harsh on the Internet.

Agos newspaper received a bomb threat by e-mail, signed as Turkish Revenge Brigade (TİT), a notorious clandestine group responsible for several killings of leftist militants during 1980's.

Dink murder suspect Samast's friend and alleged sollicitor of the killing Yasin Hayal threathened writer Orhan Pamuk as he was taken under custody.

On another account, NGO's and activists continue to voice their requests for the abolition of the article 301 of the Penal Code, which defines a charge of "insulting Turkishness", punishable by prison sentences.

Lastly, a local journalist from Sinop filed a complaint on article 301 for those who attended Dink's funeral.

Hrant Dink was condemned to a deferred 6 months prison sentence in relation to this article. Numerous journalists and writers -including 2006 Nobel Literature laureate Orhan Pamuk- also stood trial on this article.

The government hinted a possible reform on the article but commentators say it's not likely to realize given the general elections in November this year.

Such a change would harm nationalist votes, they claim as the main opposition Republican People's Party (CHP) stands by the existing article.

CHP leader Deniz Baykal as well as popular columnists like Emin Colasan say that the removal of the article would excuse treasonous comments and insulting the Turkish state. (BIA News Center, Erhan Ustundag, January 29, 2007)

Enquête sur une éventuelle négligence dans l'affaire Dink

Les autorités turques cherchent à vérifier si, comme l'affirment les médias, la police a été informée il y a un an d'un projet de meurtre visant le journaliste d'origine arménienne Hrant Dink, tué le 19 janvier, mais n'y a pas donné suite, a affirmé le gouverneur d'Istanbul.

"Nous étudions les allégations concernant Erhan Tuncel", un informateur de la police selon les médias, écroué avec cinq autres personnes soupçonnées d'implication dans l'assassinat de M. Dink, a déclaré tard lundi le gouverneur Muammer Güler, cité par l'agence de presse Anatolie.

Plusieurs articles de presse affirment mardi que Tuncel, un étudiant de Trabzon (nord-est) proche du groupe ultra-nationaliste auquel est imputé le meurtre, aurait averti la police locale en février 2006 d'un projet d'assassinat du journaliste.

Tuncel aurait indiqué que Yasin Hayal, également placé en détention provisoire en lien avec le meurtre, avait prévu de se rendre à Istanbul pour y tuer Hrant Dink, le directeur de la publication du quotidien bilingue turc-arménien Agos.

L'informateur a fourni l'adresse où Hayal entendait résider à Istanbul, a rapporté le quotidien populaire Sabah.

L'information a été transmise à la police d'Istanbul, qui n'a rien trouvé de suspect à l'adresse indiquée et n'a pas poussé l'enquête plus loin, selon le journal libéral Milliyet.

Milliyet a précisé que Tuncel était devenu un informateur de la police en 2004, en échange d'une immunité après qu'il eut été impliqué dans un attentat à la bombe contre un restaurant McDonalds de Trabzon, un crime pour lequel Hayal a passé 11 mois en prison.

La police a renoncé à recourir aux services de son informateur à l'été 2006, craignant qu'il soit un agent double, a ajouté Milliyet.

Deux nouvelles arrestations dans l'affaire du meurtre de Hrant Dink

La police turque a procédé à deux nouvelles arrestations dans l'enquête sur le meurtre du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink, a rapporté lundi l'agence de presse Anatolie.

L'un des suspects a été interpellé à Istanbul et l'autre à Trabzon, dans le nord-est, la ville d'où est originaire l'assassin présumé, Ogün Samast, 17 ans, et cinq autres personnes arrêtées et inculpées dans cette affaire, a précisé l'agence turque.

L'un des suspects, Yasin Hayal, 26 ans, est soupçonné d'avoir fourni l'arme du crime et d'avoir donné de l'argent à Ogün Samast. Un autre, Erhan Tuncel, un étudiant proche, selon les médias, d'un groupe ultra-nationaliste actif à Trabzon, est inculpé d'incitation au meurtre.

Selon les enquêteurs, ce groupe de jeunes ne faisait partie d'aucun mouvement extrémiste clandestin connu, mais voulait s'affirmer et passer à l'action contre ce qu'il percevait comme un "danger pour l'unité nationale" de la Turquie. (AFP, 30 jan 2007)

Un temple protestant attaqué dans le nord de la Turquie

Des inconnus ont brisé à coup de pierres dans la nuit de samedi à dimanche les vitres d'un bâtiment de deux étages abritant un temple protestant à Samsun, dans le nord de la Turquie, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

Les assaillants ont aussi peint en noir la plaque de l'église Agape dans cette ville portuaire, a expliqué le pasteur Mehmet Orhan Piçakçilar.

La police a lancé une enquête sur cette attaque qui ne serait pas la première contre cet édifice religieux, selon les autorités.

"Ces assaillants veulent ternir l'image de la Turquie à l'étranger. L'ensemble de notre paroisse est composée de Turcs", a dit le pasteur, cité par l'agence.

En juillet 2006 un prêtre français a été poignardé par un individu décrit comme mentalement instable à Samsun.

Et en février de la même année, un prêtre catholique, le père Andrea Santoro, 61 ans, a été tué par balles dans une autre ville portuaire, celle de Trabzon, un bastion nationaliste, située à une centaine de km plus à l'est.

Son assassin, un adolescent de 16 ans, a été condamné à près de 19 ans de prison. (AFP, 28 juin 2007)

Un ultranationaliste turc a menacé de faire sauter un ferry

Un Turc qui menaçait samedi soir de faire sauter un ferry dans le nord-ouest de la Turquie pour protester contre les slogans pro-arméniens scandés lors des obsèques du journaliste assassiné Hrant Dink, s'est rendu à la police, ont rapporté les chaînes de télévision.

Nihat Acar, âgé de 36 ans, affirmait avoir sur lui de l'explosif plastic C-4, particulièrement dangereux.

Il a menacé pendant deux heures et demie les dizaines de passagers d'un ferry naviguant entre Gelibolu et Lapseki, sur les Dardanelles (Canakkale en turc).

Des équipes spéciales de la police ont pris position sur le quai de Lapseki afin d'intervenir, selon la chaîne d'information NTV.

Selon l'agence Anatolie, Acar qui a servi comme sergent dans les rangs de l'armée avant de s'installer à Canakkale, a déployé un drapeau turc sur le navire.

Cet homme qui s'est présenté comme un "fédaï (qui se sacrifie en arabe)" et un "patriote turc", s'est rendu à la police aux premières heures de dimanche et a été immédiatement amené à la police antiterroriste pour y être interrogé.

"Je l'ai fait pour la patrie", a-t-il dit devant les caméras avant de monter dans un véhicule de la police. Il ne disposait que d'un pistolet à air comprimé et aucune personne n'a été blessée.

Selon le gouverneur adjoint local, Yusuf Ziya Ince, cette personne a expliqué son action, par le fait qu'il avait été "irrité" par les slogans scandés par une foule de 100.000 personnes aux funérailles du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink.

"Nous sommes tous Arméniens" avait scandé la foule lors des obsèques mardi dernier à Istanbul, du journaliste tué le 19 janvier par balles devant son hebdomadaire Agos, en plein centre de cette métropole, par un jeune homme qui serait proche d'un groupuscule ultranationaliste. Les milieux nationalistes turcs ont dénoncé ces slogans. (AFP, 28 jan 2007)

Manifestation controversée en mémoire de Hrant Dink à Paris

En réponse à un appel de certaines associations turques, environ 400 personnes se sont réunies samedi pour une marche silencieuse allant de la place de la République à Bastille, sous la banderole "Nous sommes tous des Hrant Dink", "Nous sommes tous des Arméniens". A Strasbourg, entre 150 et 200 personnes, selon la police et les organisateurs, se sont rassemblées en hommage au journaliste Hrant Dink.

Le Président de l’association turque ACORT (L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie), appelant à cette manifestation, a lu le dernier éditorial de Hrant Dink, le journaliste arménien assassiné à Istanbul le vendredi 19 janvier dernier.

De la musique arménienne est diffusée en continu. La manifestation est habillée des mêmes éléments visuels que celle d’Istanbul, mis à part les panneaux ronds accusant l’article 301 d’assassinat...

Toutefois, la plupart d'organisations arméniennes trouvent suspect que le combat pour la reconnaissance du génocide de Hrant Dink ait disparu de la liste de ses actions qui le qualifient..

Le Collectif VAN commente l'évènement controversé comme ce qui suit:

Interrogé au micro par un Arménien, le Président d’Accort a soigneusement évité l’utilisation du mot "génocide", lui préférant - suivant la terminologie turque habituelle -, celui d’"évènements". Il a déclaré que l’assassinat de Hrant Dink avait constitué un véritable choc pour eux... (Et nous qui pensions qu’1,5 million, c’était assez pour créer un choc...).

Souhaitons que ce choc soit suffisamment salutaire pour que les Turcs de France puissent enfin se réveiller - à l’image d’un Ali Ertem qui mène un travail courageux en Allemagne - et combattre le négationnisme d’Etat de leur pays d’origine. Mais pour cela il faudra qu’ils mènent un véritable travail explicatif parmi les signataires mêmes de cet appel, dont certains sont des négationnistes n’ayant rien à envier à un Faurisson (mis à part la notoriété !) et dont on ne peut que dénoncer la démagogie poisseuse, visant uniquement à parer la mariée pour ses noces avec l’Union européenne...

Les télés turques sont présentes, ainsi que l’AAA et un photographe de Reuters. Ara Toranian, Rédacteur en chef des Nouvelles d’Arménie Magazine, est également passé. Quelques Français d’origine arménienne filment et photographient une manifestation dont il est difficile de savoir quoi penser, tant que n’est pas affirmé haut et fort, le désir des Turcs de France de combattre le négationnisme de l’Etat turc et de lutter pour la reconnaissance, par la Turquie, du génocide arménien de 1915.

Hrant Dink a été tué parce qu’il était Arménien ET parce qu’il parlait haut et fort du génocide arménien. C’est cette vérité que les Turcs de France doivent accepter et faire leur. Pour leur bien et celui de la Turquie. C’est à ce prix-là qu’ils pourront dire "Nous sommes tous des Hrant Dink", "Nous sommes tous des Arméniens". ( Collectifvan.org, 27 janvier 2007)

A nouveau Ankara nie le génocide arménien à Davos

Le ministre turc des affaires étrangères Abdullah Gül a à nouveau nié à Davos l'existence du génocide arménien, après un entretien avec la présidente de la Confédération.

Il a parlé d'»incompréhensions» avec la Suisse sur ce thème, mais il juge les relations bonnes.

Il y a quelques «incompréhensions» et quelques problèmes sur la question de l'Arménie, a déclaré samedi à l'ATS M. Gül à l'issue de sa rencontre avec Micheline Calmy-Rey en marge du Forum économique mondial (WEF). «Il n'y a pas eu de génocide» arménien entre 1915 et 1917, a-t-il répété.

«Les gens qui le souhaitent peuvent venir voir par eux-mêmes. Ils peuvent venir faire des études avec des historiens», a-t-il ajouté.

Les massacres et déportations d'Arméniens entre 1915 et 1917 dans l'Empire ottoman ont fait plus de 1,5 million de morts selon l'Arménie, 250 000 à 500 000, selon la Turquie. Ankara reconnaît des tueries de part et d'autre mais récuse catégoriquement la notion de génocide.

Malgré tout, M. Gül estime les relations entre la Suisse et la Turquie «bonnes», notamment dans le domaine commercial. «Il y a un fort potentiel pour les améliorer», a-t-il déclaré.

Le chef du Département fédéral de justice et police (DFJP), Christoph Blocher avait violemment critiqué la norme pénale anti- raciste, lors d'une visite à Ankara en octobre dernier. Il a regretté que ce texte ait conduit à une enquête en Suisse contre l'historien turc Yusuf Halacoglu pour ses propos sur le génocide arménien, dans un discours à Winterthur (ZH) en 2004.

Le conseiller fédéral avait estimé qu'une personne a le droit d'exprimer une opinion qui n'est pas la position officielle.

La justice suisse a ouvert en 2005 des enquêtes contre Yusuf Halacoglu et le politicien turc Dogu Perinçek pour décider si des propos tenus en Suisse sur le génocide arménien violent la norme antiraciste. Des visites en Turquie de Mme Calmy-Rey et de l'ancien conseiller fédéral Joseph Deiss avaient par la suite été annulées.

Le procès de Dogu Perinçek, qui avait qualifié le génocide arménien de «mensonge international» lors de plusieurs discours sur sol suisse, sera jugé en mars au Tribunal de police de Lausanne.

Le Conseil national et plusieurs parlements cantonaux ont reconnu l'existence d'un génocide arménien perpétré par l'armée ottomane. Le Conseil fédéral parle lui officiellement des «événements tragiques de 1915». (SDA/ATS –Collectifvan, 27 janvier 2007)

 Après les funérailles, les espoirs de réconciliation s’évanouissent

Tandis que le cortège funèbre parcourait les rues cette semaine, pour rendre hommage au journaliste assassiné d’origine arménienne, Hrant Dink, de nombreux Turcs libéraux ont pensé qu’une chance sans précédent pour la réconciliation ethnique et politique était à portée de main.

Mais une réalité bien plus sombre se profile déjà: de nombreux Turcs rejettent les appels à la solidarité et aux réformes démocratiques.

Ils disent que les dizaines de milliers de personnes qui ont participé à la procession funèbre pour Dink à Istanbul mardi dernier, étaient majoritairement des intellectuels urbains, très peu représentatifs d’une nation de plus de 70 millions d’habitants, dans laquelle les valeurs conservatives islamiques sont profondément enracinées et la fierté nationaliste pour la "Turcité" est forte.

Beaucoup pensent que les vues des nationalistes deviennent de plus en plus stridentes dans leurs condamnations des valeurs occidentales, et qu’ils ont le sentiment qu’elles leur sont imposées par l’Union européenne qui est en train d’examiner la candidature de la Turquie.

Si Dink a été obligé de passer en jugement, c’est parce que les nationalistes étaient furieux de ses appels à reconnaître la tuerie des Arméniens à l’époque du déclin de l’Empire ottoman, comme étant un génocide.

Il a été abattu vendredi, par un adolescent, et l’on suppose que ce dernier a été incité à commettre ce crime par quatre ultra nationalistes qui ont également été inculpés dans cette affaire.

Lors de la procession funèbre, les participants ont crié "Nous sommes tous Arméniens," ils ont demandé une réforme libérale et ont appelé à l’abrogation de la loi utilisée pour condamner Dink pour "insulte à la Turcité."

Ces requêtes n’ont pas été entendues, car la plupart des Turcs interviewés par The Associated Press jeudi, ont fait entendre leur opposition à toute concession en faveur des Arméniens en ce qui concerne le sujet sensible des massacres.

"Qu’ils parlent pour eux-mêmes, ils ne peuvent pas parler au nom des Turcs," a déclaré Filiz Un, 32, au sujet des personnes qui participaient à la procession en l’honneur de Dink. "Je suis désolé pour lui en tant qu’être humain, mais ils ne peuvent pas prétendre que toute la population turque est derrière eux."

Un titre du journal de droite Tercuman annonçait que celui qui n’est pas fier d’être Turc devait "régler ses affaires et partir."

Le plus grand parti nationaliste de Turquie a répondu aux cris des participants de la procession, en affichant son propre slogan - "Nous sommes tous Turcs " - sur un écran numérique situé à l’extérieur d’un bureau local du parti, à Antalaya, ville de la méditerranée.

Un signe qui fait froid dans le dos et qui montre que les suspects dans le meurtre de Dink ont leurs supporters, est qu’une fausse bombe a été déposée jeudi à l’extérieur du bâtiment du Parlement turc, disant qu’ils devaient être libérés, a annoncé la télévision privée, CNN-Turquie.

Cela s’est passé un jour après que les hommes accusés du meurtre ont émis une menace à l’encontre de l’écrivain qui a reçu le Prix Nobel de littérature, Orhan Pamuk, et qui a aussi été accusé d’avoir insulté la Turquie.

Le ton de défi des nationalistes a inquiété les politiciens des grands partis.

"Vous ne reconnaissez aucune loi, vous tuez des gens sans défense? Ce n’est pas du nationalisme," a déclaré le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. "Si vous faites cela, vous êtes des assassins et des monstres. Personne, sauf Dieu, ne peut prendre une vie."

L’expulsion des Arméniens par la Turquie, pendant la Première Guerre mondiale - qui a coûté la vie à 1,5 million de personnes selon les Arméniens - est une page sombre de l’histoire dont on parle rarement publiquement en Turquie et qui n’est pas enseignée dans les écoles.

La Turquie nie avec véhémence qu’autant de personnes soient mortes et que c’était un génocide, et dit que ces effusions de sang sont survenues lors du chaos créé par la désintégration de l’Empire. Ce sont les groupes de la diaspora qui se battent et qui poussent les gouvernements européens et les USA à déclarer que les massacres étaient un génocide.

"Il y a une faille qui passe en plein milieu de la société," a écrit Turker Alkan, un rédacteur du journal centre-gauche Radikal.

"Ceux qui ne peuvent concilier le meurtre de Hrant Dink avec l’humanité, la conscience et les valeurs morales sont d’un côté ; ceux qui ne s’opposent pas vraiment au meurtre en raison de leurs sentiments nationalistes et de leurs croyances religieuses sont de l’autre côté," a-t-il ajouté.

Selami Ince, éditeur pour Su TV, basée à Istanbul, et qui est dirigée par une secte musulmane Alevi, a répondu en disant que les membres du cortège étaient des Turcs dont les racines se trouvaient au cœur de l’Anatolie.

"Malheureusement, ils ne représentent pas la population turque," affirme Ince. "La population turque n’a pas remplie les rues en demandant la démocratie et la liberté. Il y avait des gens de gauche, des Arméniens, des Kurdes et ces intellectuels qui sont en faveur d’un multiculturalisme."

L’auteure Suzan Fraser de Associated Press à Ankara a contribué à cet article. (SELCAN HACAOGLU, Associated Press – Traduction: C.Gardon pour le Collectif VAN, 26 janvier 2007)

Ahmet Altan: De 1915 à 2007, rien n'a changé?

Sur Gazetem.net, le célèbre écrivain turc Ahmet Altan fait le lien entre les massacres de 1915 et l'assassinat de Hrant Dink. Il invite à cette occasion les Turcs à rejeter le négationnisme d'Etat et à assumer un passé douloureux, sans s'arrêter sur le terme "génocide", qui, dans le contexte turc, bloque le débat.

Finalement, peu de choses ont changé. En 1915, ils se faisaient tuer. En 2007, ils se font toujours tuer. Que dit-on aujourd'hui concernant les massacres de 1915? Ah oui ! "Ils nous ont tués, alors, nous aussi on les a tués". Qu'allons-nous donc bien pouvoir dire à propos de l'assassinat de Hrant? "Qu'il nous a tués et qu'alors on l'a assassiné"? Ce n'est évidemment pas cela que l'on dit aujourd'hui, n'est-ce pas? "Son meurtre est l'œuvre de traîtres et de lâches." Voilà ce que l'on dit aujourd'hui. Et l'on ne considère pas ces assassins comme étant des nôtres.

Pourquoi alors, ceux qui, il y a quatre-vingt-dix ans, ont massacré des centaines de milliers d'Arméniens, y compris des femmes, des vieillards et des enfants, seraient-ils des nôtres et que ceux qui ont tué Hrant n'en seraient pas? Quelle différence cela fait-il? Eh bien, tout simplement, cette fois-ci, nous avons pu voir ce meurtre. Cette fois, on ne nous a pas raconté comment cela s'est passé, nous l'avons vu nous-mêmes. Si, dans ce pays, ceux qui écrivent sur 1915 se mettaient à écrire sur l'assassinat de Hrant, point de doute que dans cinquante ans on dira que "Hrant s'en est pris à nous et nous avons donc dû le tuer". Ces menteurs altéreraient la vérité. Car ce n'est pas nous qui avons assassiné Hrant. Il est fort probable que ce meurtre est l'œuvre d'un groupe de personnes nichées au sein de l'Etat turc qui veulent que la communauté internationale rejette la Turquie et que celle-ci s'enferme dans le nationalisme en réaction.

En 1915, ce n'est pas non plus "nous" qui avons tué les Arméniens. Le responsable, c'est l'Etat [ottoman]. Les Arméniens massacrés faisaient partie de la nation ottomane. Or "nous" sommes la nation. Ceux qui ont été tués faisaient donc partie de "nous". Mais, dans ce pays, les citoyens se considèrent non pas comme une partie de la nation, mais comme une composante de l'Etat. Dans ces conditions, ils assument un massacre commis non pas par eux, mais bien par l'Etat. Or c'est un mensonge, car en 1915, à l'instigation des Jeunes-Turcs, l'Etat ottoman, appliquant un plan élaboré par un service secret spécial, a massacré une partie de la nation à laquelle nous appartenons.

Demander des comptes aujourd'hui pour cette partie de nous qui a été assassinée est donc un devoir. Nous devrions dès lors interpeller l'Etat en lui demandant pourquoi il assume des crimes commis sous un régime qu'il a pourtant renversé et pourquoi il laisse à d'autres le soin de réclamer des comptes pour cette partie de nous qui a été éliminée. C'est précisément parce que nous n'avons pas demandé cela que l'un des nôtres, Hrant Dink, vient d'être assassiné. De plus, Hrant, tout en portant le deuil de ses aïeuls, ne voulait pas bloquer ce vaste examen de conscience en l'enfermant dans le seul terme de "génocide". Il souhaitait que la Turquie s'ouvre sur le monde et se démocratise. On l'a désigné comme "ennemi des Turcs". Il n'était pourtant l'ennemi de personne, bien au contraire.

Pourquoi donc, dans notre pays, ceux qui justifient les meurtres et les massacres sont-ils considérés comme des "Turcs" alors que ceux qui sont du côté de la paix, de la justice et de l'humanité se voient affublés du qualificatif d'"ennemi "? Pourquoi donc ceux qui redoublent d'efforts pour faire le lien entre les termes "Turc" et "mort" sont-ils considérés comme des "Turcs "? Celui qui fait passer tout un peuple pour "assassin" peut-il vraiment être considéré comme un ami? C'est parce que le peuple turc n'a pas compris qu'il constituait bel et bien une nation qu'il défend encore aujourd'hui des crimes commis par l'ancien et le nouveau régime. C'est pour cela qu'il utilise le mot "nous" pour désigner des assassins.

Je n'ai jamais souhaité que la mémoire de la mort de centaines de milliers d'êtres humains, que cette tragédie sanguinaire, se perde dans le tumulte créé par le terme de "génocide". Mais c'est précisément parce que nous n'avons pas pu dépasser ce terme que des gens comme Hrant se font encore tuer. Je pense donc que pour éviter de nouveaux meurtres et pour empêcher que ce pays ne s'enfonce dans une impasse, nous devons dépasser ce terme. L'Etat ottoman a tué des centaines de milliers de gens uniquement parce qu'ils étaient arméniens, et aujourd'hui, une organisation secrète a tué Hrant "parce qu'il était arménien".

C'est donc à nous qu'il incombe de demander des comptes pour tous ces morts. Nous avons tous été choqués par l'assassinat de Hrant. Nous aurions eu la même réaction en 1915 en voyant ce qui se passait. Nous n'aurions pas dit: "Ils nous ont tués, alors on leur a fait la même chose". On aurait eu honte. De la même façon que vous souhaitez que les assassins de Hrant soient démasqués, eh bien en 1915 aussi vous auriez voulu que les assassins de tous ces Arméniens soient arrêtés. Par sa mort, Hrant nous a rappelé que nous formions une nation et que nous ne devions absolument pas être confondus avec des assassins. Qui a tué Hrant? Qui a tué les Arméniens en 1915? Ce n'est pas à d'autres qu'il faut rendre des comptes pour cela, mais bien à nous. Car c'est une partie de "nous" qui a été tuée. (Ahmet Altan, Gazetem.net - Courrier International, 26 janvier 2007)

Akcam: "Les vrais meurtriers appartiennent aux cercles influents de Turquie"

"La mort de Hrant n’était pas accidentelle. Il a été choisi comme cible en cette période. De plus, Dink est devenu une cible parce qu’il était Arménien," a déclaré le Professeur de l’Université du Minnesota, l’historien turc Taner Akcam, lors du service commémoratif dédié à Hrant Dink à San Francisco.

L’historien a également déclaré que les vrais meurtriers appartiennent aux cercles influents du pays. Concernant le discours du Premier ministre turc condamnant l’acte, Akcam a dit: « Qu’il ne pleure pas des larmes de crocodile. Ceci est le point culminant de la politique constante de la Turquie ».

"La presse, le gouvernement, l’armée, tout le monde est responsable de cet assassinat," a déclaré l’historien turc. Taner Akcam a dit aux participants que Dink avait récemment été averti par les autorités d’Istanbul "de restreindre ses écrits, car il y a dans les rues de nombreux jeunes qui sont fous." "Le détenu ressemble vraiment à l’un de ceux qu’ils décrivaient," a-t-il ajouté.

Cela vaut la peine de mentionner le fait que Taner Akcam a été le premier scientifique turc à écrire sur le Génocide arménien de 1915. (ArmRadio.am - Traduction C. Gardon: collectifvan.org, 24-26 janvier 2007)

Nouvelle incarcération dans l'affaire du meurtre de Hrant Dink

Deux nouvelles personnes suspectées d'implication dans le meurtre du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink ont été présentées vendredi à Istanbul à un juge, qui a décidé de placer l'une d'elles en détention provisoire, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

Par ailleurs, le gouverneur et le chef de la police de Trabzon (nord-est), ville d'origine du meurtrier présumé Ogün Samast, ont été démis de leur fonction, ajoute Anatolie.

Erhan Tuncel, un étudiant proche selon les médias d'un groupe ultra-nationaliste actif à Trabzon a été inculpé d'incitation au meurtre et de participation à une organisation criminelle armée, a indiqué Anatolie.

L'agence a précisé que le prévenu avait gardé le silence devant le juge.

Le deuxième suspect, Muharrem Sait K., 17 ans, qui selon les médias avait envoyé un courriel à Samast le félicitant pour le meurtre de Dink, a été relâché après que le juge eut entendu sa déposition, a rapporté Anatolie.

Le gouverneur de Trabzon, Hüseyin Yavuzdemir, et le chef de sa police, Resat Altay, ont été démis vendredi de leur fonction en raison des récents développements survenus dans la ville, a rapporté Anatolie, citant des sources au ministère de l'Intérieur.

Le ministère avait fait savoir quelques heures plus tôt qu'il dépêchait deux inspecteurs de haut rang à Trabzon pour enquêter sur d'éventuelles "fautes ou négligences" de la part des autorités locales.  (AFP, 26 jan 2007)

Threatening E-mail to Agos Newspaper

Agos newspaper received an e-mail threat today. Founder of the bilingual newspaper, Turkish-Armenian writer Hrant Dink was gunned down by an extremist nationalist last Friday.

Lawyer of the newspaper Fethiye Çetin said they immediately filed a complaint about the threat, which was signed as Turkish Revenge Brigade (TİT), a notorious clandestine group responsible for several killings of leftist militants during 1980's.

"This is their last efforts to intimidate us. We'll do what's necessary and won't tolerate such threats", said Çetin.

Reminding the hundreds of thousands who gathered for Hrant Dink's funeral yesterday, "We'll overcome these obstacles in solidarity", she said.

The e-mail message threatens of a bomb attack to the newspaper, which continued receiving such threats even after Dink's assassination. (BIA, January 25, 2007)

Pendant les funérailles Ankara continue son négationnisme

Le génocide des Arméniens est apparu à l’ordre du jour des entretiens mardi entre le Président turc Ahmet Necdet Sezer et son homologue polonais Lech Kaczynski, la Turquie exprimant son inquiétude face à la résolution récemment adopté par le Parlement polonais.

Le président polonais a défendu la position de son pays, déclarant « qu’il exitait une sensibilité en Pologne sur cette question des génocides et qu’il est très difficile pour un politicien polonais de donner une réponse négative à une reconnaissance ». Kaczynski a indiqué le Parlement polonais avait adopté la résolution reconnaissant le génocide arménien en 2005 également « parce le peuple polonais a de la sympathie pour les Arméniens ».

Lors de sa réunion à Ankara, M.Kaczynski a réitéré la proposition de son pays pour jouer un rôle de médiateur dans la normalisation des liens entre les deux pays voisins, la Turquie et l’Arménie.  (Stéphane/armenews, 25 janvier 2007)

Dink's Case Would Continue in ECHR

Lawyers of the assassinated Turkish-Armenian writer Hrant Dink told bianet that his family will perpetuate the appeal to the European Court of Human Rights (ECHR).

Dink had brought the case where he was condemned to "insulting Turkishness" with reference to the preposterous article 301 of the Penal Code.

His lawyer Erdal Dogan noted that the appeal has been registered at the ECHR on January 15.

"I couldn't bear this"

Despite opposing expert testimony, the Supreme Court of Appeal had found Dink guilty of the alleged crime and he had decided to appeal to the ECHR.

Dink explains this process in his column at Agos newspaper on January 19, the day he was gunned down in front of the newspaper's offices in Istanbul.

"(...) Now the verdict was there and all my hopes were lost. From that time on, I was in the most embarrassing situation a man can experience. The judge gave the decision in the name of "Turkish people" and legally registered that I had "insulted Turkish identity".

I could bear everything but not this. In my view, to humiliate people who we live together on the basis of an ethnic or religious difference is called racism and this is something unforgivable. Just under the influence of such a psychology, I told to the members of the press who were waiting for me at the door to check "whether I would leave the country or not" the following statement:

"I will consult my lawyers. I will go to the Court of Appeal for cassation and if necessary I will also apply to European Court of Human Rights. If I am not acquitted at any stage, then I will leave my country. Because in my understanding a person sentenced to punishment with such an accusation does not have the right to live with other citizens whom he has humiliated." (BIA, Tolga KORKUT, January 25, 2007)

Le meurtrier présumé de Dink et ses possibles complices incarcérés

Ogün Samast, 17 ans, soupçonné d'être l'assassin du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink, et quatre complices présumés ont été incarcérés mercredi après avoir comparu devant un tribunal d'Istanbul, a indiqué à la presse le procureur général d'Istanbul.

Le jeune suspect devra répondre des chefs d'inculpation de meurtre avec préméditation, appartenance à organisation criminelle armée et port d'arme prohibée, a indiqué le procureur général Aykut Cengiz Engin, cité par l'agence de presse Anatolie.

Les quatre autres suspects seront jugés pour incitation au meurtre, formation d'une organisation criminelle et infraction à la loi sur les armes à feu.

Les autorités vont désormais élargir les investigations en vue de déterminer si ce groupe de cinq personnes était lié à "des organisations terroristes ou politiques" et si il a été "manipulé ou téléguidé" a déclaré le représentant du ministère public.

Il a ajouté que l'enquête allait aussi s'orienter vers la ville de Trabzon, un bastion nationaliste au nord-est de la Turquie, où un prêtre catholique avait été tué par balles l'an dernier par un adolescent de 16 ans.

Le jeune Ogün Samast a été écroué préventivement aux termes d'un article de la procédure pénale qui prévoit l'incarcération d'un suspect sur lequel pèsent de "fortes présomptions", a expliqué après la première comparution de son client son avocat, Me Levent Yildirim, commis d'office par le barreau d'Istanbul.

"De toute évidence, nous parlons ici d'un homicide", a précisé l'avocat interrogé par les journalistes sur les charges qui pouvaient être retenues contre Ogün Samast.

L'adolescent a ensuite été écroué la prison de Bayrampasa, dans la partie européenne de la métropole.

Originaire de Trabzon, il a quitté l'école avant le lycée et est sans emploi. Il a avoué avoir tué vendredi par balles Hrant Dink, 52 ans, devant le siège de son journal, l'hebdomadaire Agos, en plein coeur d'Istanbul.

"Mon client n'a pas agi seul. Il a été poussé par quelqu'un", a déclaré Me Yildirim sans préciser la date du procès. L'avocat a ajouté que son client éprouvait des remords, contrairement à ce qui a été écrit dans la presse, mais n'avait pas saisi les retombées de son acte.

Quatre autres suspects ont comparu devant la même cour et ont été incarcérés. Parmi eux figurait Yasin Hayal, 26 ans, qui aurait incité Samast à tuer le journaliste et lui aurait fourni l'arme du crime.

Selon la justice, Yasin Hayal a déjà purgé une peine de prison de 11 mois après avoir commis un attentat à la bombe contre un restaurant McDonald's dans la ville de Trabzon.

Escorté par des policiers, Hayal, le principal complice présumé de Samast, l'air confiant, a menacé en passant devant les caméras le lauréat turc du prix Nobel de littérature 2006, Orhan Pamuk. "Orhan Pamuk doit prendre garde", a-t-il lancé.  (AFP, 24 jan 2007)

Ankara appelé à normaliser ses liens avec Erevan

Malgré le souhait de nombreux Turcs de voir leur pays se réconcilier avec l'Arménie, qui s'est encore exprimé après le meurtre du journaliste Hrant Dink, Ankara paraît peu enclin à s'engager dans cette voie en raison de la montée du nationalisme observée en cette année d'élections, estiment les analystes.

Dans une rare démonstration d'unité, au moins 100.000 personnes - un nombre supérieur aux 80.000 d'Arméniens de Turquie - ont assisté mardi à Istanbul aux obsèques de cette personnalité respectée de la communauté arménienne de Turquie, en portant des panneaux qui proclamaient : "Nous sommes tous Arméniens".

Invités par Ankara, des dignitaires religieux arméniens et le vice-ministre arménien des Affaires étrangères, Arman Kirakossian, ont assisté aux funérailles du journaliste.

Le vice-ministre a profité de son déplacement pour répéter que son pays était prêt à nouer "sans conditions" des liens diplomatiques avec la Turquie.

Mais un diplomate turc a minimisé la portée de ses propos, soulignant qu'ils n'étaient pas nouveaux.

"Nous ne pensons pas qu'il puisse y avoir des relations diplomatiques en mettant de côté les allégations sur le prétendu génocide", a-t-il ajouté.

La Turquie n'a pas de liens diplomatiques avec l'Arménie voisine et leur frontière est fermée.

Pour les commentateurs de presse, l'immense foule présente aux funérailles montre qu'il est temps pour un dialogue ouvert sur les massacres d'Arméniens xommis sous l'empire ottoman, qui empoisonnent les relations entre Ankara et Erevan.

Ils ont également souligné la nécessité de modifier l'article 301 du code pénal qui empêche un tel débat.

M. Dink, 52 ans, avait été condamné aux termes de cette disposition controversée qui punit l'"insulte à l'identité turque" pour avoir dénoncé un "génocide", en contredisant la thèse officielle d'Ankara.

"Je souhaite que la mort de Hrant puisse porter la question arménienne en Turquie au delà des clichés et ouvrir la porte de l'amitié avec l'Arménie", a espéré Hasan Cemal, du journal Milliyet.

Le quotidien Hürriyet a appelé à une réouverture de la frontière avec l'Arménie et souligné la nécessité d'abroger l'article 301.

Mais tout cela relève du "rêve éveillé", selon plusieurs spécialistes.

"Ne soyons pas naïfs. Il n'y a aucune volonté en Turquie pour un tel changement", a estimé Cengiz Aktar, un universitaire d'Istanbul.

"Il n'y a qu'une vague nationaliste qui enfle", a affirmé l'analyste, soulignant que le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, n'avait pas assisté aux obsèques du journaliste, préférant envoyer deux ministres, dont celui des Sports.

Les élections prévues, la présidentielle en avril, et les législatives en novembre, sont autant de facteurs qui lient les mains du gouvernement, selon Hugh Pope du journal d'expression anglaise Today's Zaman.

"Les ultranationalistes constituent le principal défi au parti centriste et pro-islamiste de la Justice et du Développement (AKP)" de M. Erdogan, au pouvoir, qui ne peut pas se payer le luxe de se les aliéner, a-t-il commenté.

Interrogé par les journalistes sur la possibilité d'un dialogue turco-arménien, le chef de la diplomatie turque, Abdullah Gül, a affirmé mercredi que cela ne dépendait pas seulement de son pays.

"Notre voisin doit reconsidérer ses opinions à notre encontre et ne doit pas nous demander des choses injustes," a-t-il dit.  (AFP, 24 jan 2007)

Des dizaines de milliers d'Arméniens rendent hommage à Hrant Dink

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé mercredi à une marche funèbre à Erevan vers le monument aux victimes du génocide pour rendre un dernier hommage à Hrant Dink, journaliste turc d'origine arménienne assassiné vendredi et enterré la veille à Istanbul.

Des milliers d'Arméniens sont venus en bus de province dans la capitale arménienne pour participer à la manifestation, portant des portraits de Dink et des fleurs.

"Le monde est surpris mais pas nous", "Hrant est mort comme un héros", clamaient leurs affiches. Hrant Dink, 52 ans, qui a toujours défendu sa nationalité turque, s'était attiré les foudres des cercles nationalistes pour avoir dénoncé le génocide arménien.

Les manifestants ont lancé à la Turquie que son "chemin vers l'Europe passe par la reconnaissance du génocide" arménien de 1915-1917, sous l'empire ottoman, qu'Ankara nie catégoriquement.

"Je suis étonnée qu'il y ait eu beaucoup de Turcs à l'enterrement. Ce ne sont pas les Turcs de notre génération qui sont coupables mais leurs ancêtres", confie dans la foule Anaïd Aroustamian, une lycéenne.

"Les Turcs auraient reconnu le génocide si on leur avait enseigné la vérité sur les évènements du siècle passé", soutient le lycéen Guevorg Azizkhanian.

Les manifestants ont déposé des gerbes au pied du monument aux victimes du génocide et observé une minute de silence.

"L'assassinat de Dink est la poursuite du génocide. Il est une nouvelle victime de la politique anti-arménienne d'Ankara", accuse la retraité Asmik Sagatelian. (AFP, 24 jan 2007)

Marée humaine aux obsèques de Hrant Dink à Istanbul

Cent mille personnes, selon les organisateurs, ont participé mardi à Istanbul aux obsèques de Hrant Dink, journaliste et membre respecté de la communauté arménienne de Turquie, assassiné vendredi.

Les funérailles ont été marquées par des appels à la réconciliation entre les peuples turc et arménien, profondément divisés sur la question du génocide arménien sous l'empire ottoman.

Ainsi, le patriarche arménien de Turquie, Mesrob II, saluant l'engagement de Hrant Dink en faveur du dialogue turco-arménien, a affirmé que sa mort avait, de manière paradoxale, permis de réunir, à l'occasion de ses obsèques, des responsables d'Ankara et d'Erevan.

Le patriarche a également lancé un vibrant appel aux dirigeants turcs, leur demandant d'oeuvrer pour l'éradication des sentiments antiarméniens en Turquie.

"Nous conservons toujours espoir de voir d'urgence l'amorce d'efforts visant à éradiquer l'animosité envers les Arméniens en Turquie, à commencer par (des efforts dans) les manuels scolaires et les écoles", a-t-il dit dans une homélie à l'église de son patriarcat.

A la suite de l'office religieux, Hrant Dink a été inhumé sous de très nombreux applaudissements dans un cimetière arménien.

"Si par ce drame on pouvait aussi réveiller (...) un processus de compromis ou de paix, ce serait une bonne chose", a commenté Christophe Masse, député du Parti socialiste français et représentant aux funérailles la candidate socialiste à la présidentielle française Ségolène Royal.

Une première cérémonie a été organisée dans le quartier d'Osmanbey, sur la rive européenne de la ville, devant l'hebdomadaire bilingue (turc-arménien) Agos dont M. Dink était l'un des fondateurs et le directeur de la publication.

La foule, d'abord quelques milliers de personnes, s'est graduellement enflée et la procession s'est transformée en un rassemblement monstre.

Les gens portaient de petits panneaux ronds noirs et blancs proclamant "nous sommes tous Arméniens !" et "nous sommes tous Hrant !", en turc et en arménien.

Des milliers de policiers étaient déployés, des renforts étant arrivés des provinces avoisinantes pour les funérailles de cette personnalité connue de la minorité arménienne, forte de 80.000 personnes.

Son tueur présumé, Ogün Samast, 17 ans, qui serait proche d'un groupuscule ultranationaliste, a été arrêté et est interrogé par la police stambouliote.

La procession est ensuite allée pour un office religieux à l'église du patriarcat arménien à Kumkapi et de là vers le cimetière arménien, situé à 8 km d'Agos.

Le cercueil a été placé sur une catafalque dans l'église de la vierge Marie et un groupe d'invités a rendu un dernier hommage au défunt.

"Ce qu'il n'a pas pu faire de son vivant, il l'a fait avec sa mort : l'unité", a affirmé à l'AFP une jeune étudiante d'originie arménienne, Melissa Sivri.

Le vice-ministre arménien des Affaires étrangères, Arman Kirakossian, a représenté Erevan.

La Turquie, qui a reconnu l'Arménie voisine à son indépendance de l'URSS en 1991 sans toutefois établir de relations diplomatiques, a convié des religieux arméniens à Istanbul.

Khajak Barsamian, Primat du diocèse oriental des Etats-Unis, a fait le déplacement, ainsi que, pour la première fois, une délégation du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France. (AFP, 23 jan 2007)

"Lettre à mon bien-aimé", par Rakel Dink

(Extrait de l'éloge de Hrant Dink par son épouse Rakel Dink prononcé en face de son cercueil aujourd'hui, le 23 janvier 2007, à Osmanbey, Istanbul, devant une très grande foule. D'après le texte imprimé dans le journal Yeni Safak)

"Je suis ici aujourd'hui pleine d'un immense chagrin et de dignité. Nous sommes tous ici aujourd'hui avec notre peine. Ce silence crée en nous un triste contentement

Aujourd'hui nous expédions la moitié de mon âme, mon bien-aimé, le père de mes enfants. Nous allons accomplir une marche sans aucun slogan, ni aucun manque de respect. Aujourd'hui nous allons lancer un immense son à travers notre silence.

Quel que puisse être l'assassin, qu'il ait 17 ou 27 ans, je sais moi-même que lui aussi un jour a été un bébé. On ne peut rien accomplir sans se demander d'abord comment un assassin a été créé à partir d'un tel bébé.

C'est l'honnêteté de Hrant, sa transparence et son amour qui l'ont amené ici. On dit: "C'était un grand homme". Je vous demande "Est-ce qu'il est né grand ?". Non, lui aussi est né exactement comme nous. Il n'est pas descendu du ciel, lui aussi est venu de la terre, (comme nous). C'est ce qu'il a fait, le style qu'il a choisi, l'amour dans son cœur, qui l'ont rendu grand. Il est devenu un grand homme parce qu'il pensait à de grandes choses et prononçait de grandes paroles.

Et vous aussi êtes grands, pour être venus ici aujourd'hui. Mais que cela ne suffise pas, ne vous contentez pas de cet acte seulement ! On ne peut pas accomplir un grand avenir avec de la haine, des offenses, et en considérant un sang supérieur à un autre. On ne peut s'élever que par le respect pour autrui.

Mon bien-aimé !

Tu es parti sans avoir l'âge de ton corps, sans avoir été malade, sans avoir pu passer assez de temps avec ceux que tu aimais. Nous aussi allons te rejoindre là-bas, mon bien-aimé, dans ce ciel sans pareil… Seul l'amour peut entrer dans ce domaine. Nous allons y vivre ensemble pour toujours avec un amour sincère. Un amour qui n'est jaloux de personne, un amour qui ne tue pas, qui ne rabaisse pas, qui ne contient pas de rancune; un amour qui pardonne, qui respecte ses frères; un amour trouvé dans le Messie…

Mon bien-aimé, quelle obscurité peut effacer tes paroles et tes actions ? Cela pourrait-il être la peur ? la vie ? l'injustice ? Les tentations du monde ? Ou la mort, mon bien-aimé ?

Moi aussi je t'ai écrit une lettre d'amour, mon bien-aimé ! Ce fut très dur d'écrire ces mots , mon bien-aimé !

Tu as été séparé de ceux que tu aimais, de tes enfants, de tes petits-enfants, de nous, de mes genoux, mais tu n'as pas été séparé de ton pays, mon bien-aimé" !

(Traduction Louise Kiffer, yevrobatsi.org)

Manifestation à Bruxelles pour rappeler la culpabilité de l'Etat turc

Quelque mille personnes ont manifesté mardi devant l'ambassade de Turquie à Bruxelles et à proximité du siège de la Commission européenne pour dénoncer l'assassinat du journaliste Hrant Dink.

Les manifestants belges et/ou originaires de Turquie, Arménie, Syrie, Irak et Iran, qui pour la plupart avaient accroché sur le revers de la veste une photo du journaliste assassiné vendredi à Istanbul, ont exprimé leur indignation en scandant des slogans tels que "Turquie assassin", "justice pour Hrant" et "le génocide, c'est pas fini". Ils ont été maintenus à quelques dizaines de mètres de l'ambassade par un cordon de policiers.

La manifestation, qui s'est déroulée alors qu'avaient lieu à Istanbul les funérailles de Hrant Dink en présence d'une foule immense, était organisée et soutenue par le Comité de Défense de la Cause Arménienne, la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie, l’Association des Arméniens Démocrates de Belgique, l’Institut Kurde de Bruxelles, la Fondation Info-Türk, les Associations des Assyriens de Belgique et l'Association des Jeunes Arméniens de Belgique.

Les représentants de la Confédération européenne des associations kurdes (KON-KURD), du Congrès national du Kurdistan (KNK), la Confédération européenne des travailleurs de Turquie (ATIK), le Collectif des Migrants Opprimés (AVEG-KON), le CLEA, l'ATTAC, le Centre Communautaire des Laïques Juifs (CCLJ) ont également été présents à la manifestation et ont exprimé leur solidarité avec le peuple arménien.

Lors du meeting au Rond-Point Schuman, le président de la Fondation Info-Türk, Dogan Özgüden, en tant que journaliste turc, a déploré les grands médias turcs qui versent aujourd'hui des larmes de crocodile alors qu'ils ont provoqué ce crime par leur campagne commune haineuse, négationniste et raciste orchestrée par l'Etat turc. Lors de son intervention, Özgüden a communiqué aux manifestants la déclaration commune du Collectif 1971 diffusée après l'assassinat de Hrant Dink..

Özgüden a également fait, à la fin du meeting, la lecture d'un message du prisonnier politique Bahar Kimyongür envoyé de la prison de Gand. (Voir: Message de Kimyongür: "Hrant Dink victime du négationnisme d’Etat)

"Le négationnisme tue, on ne peut pas continuer à dire que cela relève du droit d'expression", a déclaré à l'AFP  Bogos Mouradian, porte-parole de l'Association des Arméniens démocrates de Belgique. "Il faut que l'Union européenne, qui a entamé de difficiles négociations d'adhésion avec la Turquie, soit plus vigilante. Il faut aider le peuple turc à comprendre son passé, c'est le devoir de l'Europe si on veut une Turquie démocratique", a-t-il expliqué.

Après la manifestation, Hayik Malikian, représentant du Comité de Défense de la Cause Arménienne Belgique, a fait l'évaluation suivante de la journée:

"Depuis l’assassinat de Hrant Dink, nous assistons à une tentative éhontée de manipulation de l’opinion publique européenne de la part de la Turquie, et de ses agents.  Confrontée aux tribunes accordées sans discernement à cette campagne, il a été rappelé, en ce jour, où l’on enterre Hrant Dink, que :

"- L’Etat turc porte une responsabilité écrasante dans ce meurtre comme dans tous les meurtres politiques qui accablent la Turquie depuis sa création.  Cette responsabilité est à la fois directe et indirecte ; indirecte par le climat de haine, d’impunité et d’incitation à la violence qu’il entretient et directe par le déficit de protection dans lequel il abandonne des personnalités qu’il sait pertinemment menacées.
 
"- En ce sens, l’emploi d’un meurtrier mineur – qui de plus sera sans doute déclaré déséquilibrer comme à l’accoutumé – correspond à la pratique habituelle des autorités turques visant à disculper sa responsabilité tout en protégeant ses commanditaires.
 
"- Dans ce contexte, opposer les cercles nationalistes à un gouvernement turc sensé être pro-européen est un fantasme occidental car l’ultranationalisme, la haine des minorités et la négation du génocide des Arméniens participent en Turquie d’un consensus social qui traverse toutes les formations politiques.

"Il n’est pas exclu, qu’avec la politique haineuse qu’exporte la Turquie, un acte aussi horrible puisse se répéter en Belgique. "

10.000 personnes rendent un dernier hommage à Dink à Erevan

Environ 10.000 personnes se sont rassemblées mardi à Erevan pour rendre un dernier hommage avant ses obsèques à Hrant Dink, journaliste et membre respecté de la communauté arménienne de Turquie, assassiné vendredi.

Parmi la foule, des personnes étaient vêtues de brassards noirs et portaient des bougies, des photographies du journaliste mort et des affiches proclamant "Nous sommes tous avec Dink", "Nous condamnons ce meurtre ethnique", ou encore, en anglais, "Turquie: est-ce ta façon d'entrer en Europe".

Des prêtres ont prononcé des prières et une minute de silence a été observée.

"Nous sommes venus ici pour dire adieu à notre compatriote. Nous sommes très choqués que Dink ne soit plus parmi nous", a déclaré à l'AFP le vice-ministre arménien des Affaires étrangères Gégham Gharibdjanian, qui marchait dans la foule.

"Je suis désolée et très triste de ne pouvoir être à Istanbul pour l'accompagner lors de son dernier voyage", a affirmé en pleurs Granouch Sargsian, 70 ans.
 "Je ne pouvais pas rester à la maison. Je garderai sa photographie et dirai à mes petits-enfants combien cet homme était grand", a-t-elle ajouté. (AFP, 23 jan 2007)
 
          
  Manifestation
  A LA MEMOIRE DE HRANT DINK

Mardi 23 janvier 2007
à 13h00
 
devant l'Ambassade de Turquie
4 Rue Montoyer
1040 BRUXELLES

 

 Cette manifestation est soutenue par :

Le Comité de Défense de la Cause Arménienne
 La Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie
 L’Association des Arméniens Démocrates de Belgique
 L’Institut Kurde de Bruxelles
 La Fondation Info-Türk
 Les Associations des Assyriens de Belgique
L'Association des Jeunes Arméniens de Belgique




C'est une colombe de paix
qui vient de tomber martyre

Communiqué de presse commun des quatre organisations
sur l’assassinat du journaliste arménien Hrant Dink en Turquie

Une colombe de paix vient de tomber martyre dans les rues d’Istanbul… Journaliste arménien et défenseur des droits de l’Homme et des peuples, notre ami Hrant Dink a été assassiné lâchement par des forces occultes.

Qui que soit le flingueur, nous sommes sûrs que se trouvent derrière ce crime l’ultranationalisme et le militarisme turcs qui restent toujours coupables impunis des génocides contre les peuples arméniens et assyriens.

Il y a quelques mois, lors de notre rencontre à une conférence tenue au Centre international de la Presse à Bruxelles, Hrant Dink nous a détaillé les menaces constantes contre sa personne et la rédaction de son journal Agos.

D'origine arménienne, Dink a plusieurs fois été poursuivi par la justice turque et devenu la cible des milieux ultranationalistes et militaristes.

Comme confirmé par les agences de presse internationales, Dink était connu et respecté comme défenseur ardent des droits de l’Homme dans les milieux démocrates en Turquie. Il a fait l'objet de plusieurs poursuites en raison de ses propos sur le génocide des Arméniens commis sous l'empire ottoman, qu'il a qualifié de "génocide", une position lui valant l'hostilité des nationalistes turcs.

À propos de la nature du génocide des Arméniens commis en Anatolie lors de la Première guerre mondiale, Dink dit clairement: "Bien sûr je dis que c'est un génocide. Parce que le résultat identifie ce que c'est et lui donne un nom. Vous pouvez voir qu'un peuple qui a vécu sur ces terres pendant 4.000 ans a disparu".

Malgré ses tentatives de donner à l’Union européenne un image “démocrate”, le gouvernement actuel s’est rangé récemment à côté des négationnistes et ultranationalistes déchaînés.

Quant aux medias turcs, malgré les larmes de crocodile qu’ils versent aujourd’hui, c’est la grande majorité de journaux et de chaînes télévisées turques qui provoquent depuis des années la population turque contre les peuples non-turcs comme Arméniens, Assyriens, Kurdes et Grecs…

Même dans les autres pays comme la Belgique, les missions diplomatiques et les éditions européennes des journaux turcs mènent une campagne haineuse contre tous ceux qui ne s’allient pas à la politique négationniste d’Ankara. Sous l’impulsion de cette campagne, même les élus sur la liste des partis politiques belges sont allés jusqu’à demander  le démantèlement du monument de génocide arménien à Ixelles.

L’assassinat de Dink est une des conséquences tragiques de cette campagne qui constitue à nos yeux un crime contre l’humanité.

En tant qu’organisations issues de l’émigration politique en provenance de Turquie, nous saluons la mémoire de Hrant Dink, transmettons nos condoléances à sa famille, au peuple arménien et à toutes les forces démocratiques de Turquie.

Nous appelons également les instances européennes et belges à réagir énergiquement contre ce crime et à condamner la politique négationniste et haineuse des dirigeants politico-militaires de Turquie qui  enfoncent sans cesse la porte de l’Union européenne.

Pour que les pratiques criminelles d’Ankara cessent, les dirigeants et les forces démocratiques européennes soient plus vigilants et exigeants vis-à-vis du régime répressif d’Ankara.

Bruxelles, le 19 janvier 2007

L'Association des Arméniens Démocrates de Belgique
aadb.asbl@hotmail.com

Les Associations des Assyriens de Belgique
nahro.beth-kinne@scarlet.be

L'Institut Kurde de Bruxelles
kib@skynet.be

La Fondation Info-Türk
http://www.info-turk.be


Qui se trouvent derrière le meurtrier présumé de Hrant Dink?

La police turque a arrêté samedi le meurtrier présumé du journaliste d'origine arménienne Hrant Dink, ont annoncé les télévisions turques NTV et CNN-Turk. Le suspect, dont les photos avaient été diffusées par les médias plus tôt dans la journée, a été identifié comme Ogun Samast, 17 ans, originaire de la ville de Trabzon dans le nord de la Turquie, ont précisé les deux chaînes.

Le jeune homme âgé de 17 ans arrêté en Turquie pour le meurtre de Hrant Dink a avoué avoir tué ce journaliste qui dénonçait le génocide des Arméniens au début du siècle dernier, a annoncé dimanche l'agence de presse Anatolie.

Le suspect, interpellé tard samedi à la gare routière du port de Samsun, sur la mer Noire, a "admis avoir commis le crime" au cours d'un interrogatoire préliminaire réalisé avant son transfert à Istanbul, a déclaré à Anatolie le procureur général de Samsun, Ahmet Gökçinar.

Il était en possession d'un pistolet de calibre 7.65 -l'arme à l'aide de laquelle les coups de feu ont vraisemblablement été tirés vendredi à Istanbul sur le journaliste- et de six cartouches, a rapporté Anatolie, citant des sources de sécurité locales.

Ce chômeur proche de groupes nationalistes, selon la presse, et que M. Gökçinar a identifié comme étant Oguz Samast, a été arrêté tandis qu'il regagnait Trabzon (nord-est), sa ville d'origine, en possession de l'arme à l'aide de laquelle les coups de feu ont été tirés vendredi à Istanbul sur le journaliste.

Son identité a été révélée par son père à la police, après que celle-ci eut diffusé des images sur lesquelles apparaissait le jeune homme et provenant des caméras de surveillance de magasins de la rue où Hrant Dink, 52 ans, a été tué de trois balles dans la tête et dans le cou, ont indiqué les autorités.

Trois heures avant l'attentat, le suspect s'était rendu dans les bureaux d'Agos, avait affirmé être un étudiant et demandé à rencontrer M. Dink, se heurtant à un refus, selon les autorités.

Lorsque l'une des secrétaires était sortie environ deux heures plus tard, il était toujours au pied de l'immeuble.
«Je l'ai abattu après avoir dit les prières du vendredi et je n'ai pas de regrets», aurait déclaré Ogün Samast, selon la chaîne d'information CNN-Türk, affirmant avoir subi l'influence de sites Internet qui accusent Hrant Dink d'être un «traître à la nation». «Je suis turc mais le sang turc est sale et c'est pour ça que j'ai décidé de le tuer», aurait aussi affirmé ce jeune chômeur, fils d'un ouvrier municipal, assurant avoir agi à l'instigation de Yasin Hayal, qui gérait le café du local du Parti d'action nationaliste (MHP ­ les Loups gris ­, extrême droite) à Pelitli, près de Trabzon. Hayal a passé onze mois en prison pour un attentat à la bombe en octobre 2004 contre un McDonald's. De son côté, Samast aurait aussi été un assidu des Foyers Alperen, la branche de jeunesse du Parti de la grande union (BBP), une petite force politique islamo-fascisante.

Six autres personnes, soupçonnées d'implication dans l'assassinat, ont été arrêtées à Trabzon, dont quatre ont été transférées à Istanbul dimanche.

Soulignant la jeunesse du meurtrier présumé, l'avocat de Hrant Dink, Erdal Dogan, a émis l'hypothèse d'une manipulation.

"Le garçon a pu appuyer sur la gâchette, mais les autorités devraient trouver ceux qui sont derrière lui", a déclaré le juriste au quotidien Aksam. "L'Etat ne doit pas se contenter de dire 'c'est le garçon qui l'a fait' et se taire".

Parmi les personnes interpellées figure un ami de Samast, Yasin Hayal, qui a passé 11 mois en prison pour un attentat à la bombe contre un restaurant McDonald's de Trabzon ayant fait six blessés, ont rapporté les médias.

Yasin Hayal est supposé être un militant islamiste formé à la fabrication de bombes par des combattants tchétchènes dans un camp en Azerbaïdjan. Trois autres ont été arrêtés hier, selon l'agence turque Anatolie. L'oncle du suspect, Faik Samast, interrogé sur la chaîne privée NTV, estimait que son neveu n'avait pas pu agir seul. «Il était même incapable de se repérer dans Istanbul», a-t-il affirmé. «Ce gamin a été utilisé.»

Cette affaire rappelle à bien des égards celle de l'assassinat en février 2005, toujours à Trabzon, du prêtre italien Andrea Santoro par un adolescent exalté de 16 ans criant : «Allah Akbar !» Les deux mineurs, qui d'ailleurs portent le même prénom, étaient fils de parents séparés, connus dans leurs entourages respectifs comme «calmes et gentils», mais renfermés, avec des problèmes psychologiques qui les rendaient très influençables.

Le grand port de la mer Noire est depuis des années l'un des principaux fiefs de l'extrême droite, qui recrute facilement des sicaires parmi les jeunes d'une ville de 1 million d'habitants en plein marasme. «L'amour des habitants de Trabzon pour le drapeau et la patrie est aussi fort que celui qu'ils ont pour Dieu», répète volontiers Hüseyin Yavuzdemir, le gouverneur. En avril 2005, des émeutes avaient éclaté après l'arrivée de militants d'extrême gauche venus diffuser des tracts de soutien à des prisonniers politiques en grève de la faim. Il y a dans cette ville, encore plus nettement que dans le reste du pays, un climat général de haine contre les chrétiens et les minoritaires, suspectés de «vouloir démembrer le pays».  «Ceux qui ont suscité des sentiments nationalistes en Turquie ont alimenté un monstre, à tel point qu'il y a dans les rues de nombreux jeunes qui ne jugent pas suffisant [...] le nationalisme d'Etat et sont prêts à appliquer la loi eux-mêmes», écrivait hier Ismet Berkan dans le quotidien libéral Radikal.  (Libération, Par Ragip DURAN, 22 janvier 2007)

Il y a dans la ville encore plus nettement que dans le reste du pays un climat général de haine ethnique contre les chrétiens et les minoritaire suspects « de vouloir démembrer le pays ». « Ceux qui ont suscité des sentiments nationalistes en Turquie ont alimenté un monstre, à tel point qu’il y a dans les rues de nombreux jeunes qui ne jugent pas suffisant (...) le nationalisme d’Etat et sont prêts à appliquer la loi eux-mêmes » écrit Ismet Berkan dans sa tribune du quotidien turc libéral Radikal.

Hier pour la troisième journée consécutive, des anonymes sont venus se recueillir sur le trottoir où Hrant Dink a été tué. Dans la foule, qui comptait des Turcs et des membres de la petite communauté arménienne d'Istanbul, beaucoup avaient épinglé sur la poitrine un portrait du journaliste. Poursuivi en justice pour avoir dénoncé le génocide arménien -- non reconnu par Ankara -- de 1915-1917, Hrant Dink disait être inondé d'insultes et de menaces de mort.

«Nous sommes tous responsables de sa mort d'une certaine façon», a déclaré le Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk, poursuivi comme Hrant Dink pour avoir évoqué le génocide arménien, et venu hier lui rendre hommage.

«Mais par-dessus tout, je crois que ce sont ceux qui défendent le 301 qui sont responsables de sa mort», a-t-il ajouté, évoquant l'article 301 du code pénal turc sur le dénigrement de l'identité turque, des valeurs de la République et des institutions de l'État au nom duquel nombre d'intellectuels ont été poursuivis en Turquie ces derniers temps. Sous la pression internationale, la justice turque avait abandonné les charges pesant sur Orhan Pamuk.

Mehmet Altan, intellectuel renommé, soupçonne l'implication de «l'État profond», un réseau militaro-mafieux infiltré jusqu'au sommet de l'État. «Les ultranationalistes veulent en finir avec l'ouverture du pays, accuse l'éditorialiste du quotidien Star. Ils jouent leur atout, la question arménienne, en espérant que les indignations de la communauté internationale attisent en retour le nationalisme en Turquie.»

En dépit des controverses, Hrant Dink, qui doit être inhumé mardi, avait forcé l'admiration de beaucoup par son dévouement à la cause du dialogue turco-arménien. (AFP, 21 jan 2007)

Requiem et rassemblement à Bruxelles à la memoire de Hrant Dink

Dimanche, un rassemblement a été célébré  à Bruxelles en mémoire du journaliste Hrant Dink avec la participation des centaines d'Arméniens et de démocrates turcs, kurdes et assyriens devant le mémorial du génocide arménien situé à Ixelles.

L'évènement a été soutenu par le Comité de Défense de la Cause Arménienne, la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie, l’Association des Arméniens Démocrates de Belgique, le Comité des Arméniens de Belgique, l’Institut Kurde de Bruxelles, la Fondation Info-Türk, les Associations des Assyriens de Belgique et l’Association des Jeunes Arméniens de Belgique.

Avant ce rassemblement, à l'église arménienne, le même public a assisté à la messe de requiem à la mémoire de Hrant Dink.

Marche à Erevan pour dénoncer le meurtre du journaliste Dink

Plus d'une centaine de nationalistes arméniens brandissant des pancartes clamant "le génocide continue" ont organisé lundi une marche pour dénoncer le meurtre en Turquie du journaliste d'origine arménienne Hrant Dink.

Les manifestants menés par l'organisation de jeunesse du parti nationaliste Dachnak Tsoutioun ont défilé dans le centre d'Erevan vers la représentation de l'Union européenne avec des rubans noirs et des photos de Dink accrochées à la poitrines.

"Turquie, tu as du sang sur les mains", "Domptez la Turquie" ou encore "le génocide continue", clamaient leurs affiches.

"Ce crime motivé par la haine raciale doit dégriser le monde civilisé y compris l'UE qui doit (...) punir les organisateurs de cet acte terroriste", souligne les manifestants dans une déclaration.

Des étudiants arméniens et étrangers se sont joints aux jeunes de Dachnak Tsoutioun.

"Dink est mort pour notre avenir et nous poursuivrons sa cause", a déclaré Ani Azatkoli, une étudiante d'origine arménienne venue d'Iran.

Elle dit ne pas croire à la justice turque qui avait annoncé samedi avoir arrêté son meurtrier présumé, un adolescent de 17 ans.

"Ils ont organisé cet acte terroriste et savaient bien où chercher l'assassin", accuse-t-elle.

"Je ne peux pas dire que l'Etat turc a organisé ce crime, mais le fait qu'il y a des extrémistes dans ce pays est le résultat de la politique anti-arménienne des autorités turques", déclare un jeune artiste venu du Canada Manuel Kanian.

Les manifestants ont allumé des bougies et observé une minute de silence devant la représentation de l'UE.

Dachnak Tsoutioun qui avait manifesté samedi devant le siège de l'UE a l'intention d'organiser une nouvelle manifestation mardi près du monument aux victimes du génocide.

Hrant Dink, un journaliste qui a toujours défendu sa nationalité turque, mais a aussi dénoncé le génocide arménien sous l'empire ottoman que la Turquie nie catégoriquement, a été abattu vendredi en plein centre d'Istanbul. (AFP, 22 jan 2007)

TIHV Communique: After Hrant Dink...

He was our comrade, he was our friend. We were walking together towards the bright future for that we have never lost our hope.

Before this announcement, which is very difficult to make, we have thought how would Hrant say, write; our anger and sorrow are great but we have tried to speak in the words of peace and dove as he did.

He said “We never obey either the power of terror or the terror of power”. He believed in power without any condition and ‘but’. He always said “If you obey the injustice you would lose both from your right and dignity”. He was one of the real children of this country, of this world. He was in love with Turkey. When he was accused of longing to possess this country he said “yes but just to be buried under the very deep of it”. And now we are preparing to bury him and our hearts under the very deep of this country.

This murder was prepared step by step before the very eyes of whole Turkey. Like the shooter, officials who are now crying after him and damning the murder with a panic and hurry played a part in the creation of this environment in which brothers shooting and lynching each other. They are responsible as much as the inciters.

The ones who do not want us to live together under peace, tolerance and freedom try to make fear, violence, and clash dominant in our social environment.

Let’s not lose the hope that Hrant always kept for this country. Let’s think for a while and confront with ourselves, with our society, with our history. Let’s dare to confront with Armenian question, Kurdish question and all our problems that make us enemies.

Dear Hrant, they kill doves too; but, against the ones who fired the hope that you had for this country we will always keep your trust and hope.

We call everyone who claim the hope and belief of Hrant to participate his funeral ceremony.
In the name of the trade unions, profession chambers, democratic mass organizations and political parties. (The Human Rights Foundation of Turkey, January 22, 2007)

Hrant Dink : « Le mot "arménien" était devenu une insulte »

Un journaliste de 20Minutes.fr avait rencontré Hrant Dink, il y a deux ans, dans les locaux d’Agos, à Istanbul. Le journal transcript aujourd'hui  cet interview pour mieux connaître les prises de position de Hrant Dink:

Combien d’Arméniens vivent en Turquie aujourd’hui ?

On ne peut pas donner de chiffres précis. Approximativement, on évoque 60.000 personnes résidant à Istanbul, essentiellement. Mais dans le reste du pays, il y aurait de nombreux Arméniens islamisés en 1915, au moment du génocide, mais aussi après, pendant la période républicaine. Là encore, les chiffres varient. On parle de plusieurs millions. Mais je ne peux ni infirmer, ni confirmer ces estimations.

Comment les Arméniens de Turquie sont-ils perçus aujourd’hui par la population turque ?

De manière générale, notre quotidien n’est pas mauvais. Mais, par le passé, sous l’influence d’événements extérieurs comme l’ASALA (L’Armée secrète arménienne de libération de l’Arménie, un groupe terroriste marxiste-léniniste arménien, surtout actif entre 1975 et 1984, ndlr), la guerre du Karabagh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, l’affaire de Chypre, les médias ont distillé l’idée que nous étions des ennemis. Ces périodes ont été très dures pour nous. Le mot « arménien » était même devenu une insulte.

Tous les problèmes de la Turquie étaient attribués aux Arméniens : les Kurdes et le PKK, par exemple. Pour certains médias turcs, le chef du PKK Abdullah Ocalan n’était pas kurde mais arménien.

C’est pour faire face à cela que nous publions l’hebdomadaire « Agos » en turc et en arménien, depuis douze ans. Pour que l’opinion sache qui sont réellement les Arméniens. Avant la création d’« Agos », il y avait une attitude très négative des médias à notre égard. Petit à petit, leur position a évolué...

De leur côté, les Arméniens ont longtemps vécu avec une mentalité de minoritaires. Jusqu’à très récemment, nous restions repliés sur nous-mêmes, loin de la foule, avec des doutes quant à notre avenir. Mais ça aussi, nous avons réussi à le surmonter au cours de ces dix dernières années.

Que vous inspire le combat des Arméniens de la diaspora pour la reconnaissance du génocide par la Turquie ?

La reconnaissance du génocide ne signifie rien pour moi. Le monde ne va pas apprendre l’existence du génocide des Arméniens aujourd’hui. Il le sait déjà. À l’époque, les États-Unis, la France, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Autriche savaient que c’était un génocide et, aujourd’hui, ils n’utilisent cette question que comme une arme diplomatique contre la Turquie.

Mais moi, en tant qu’Arménien, je n’ai aucun doute sur mon histoire ni sur ce qu’il s’est passé : c’est un génocide. Je ne le dis pas en étant en diaspora mais en tant que citoyen turc. Je le dis non seulement en arménien mais aussi en turc. Si la Turquie reconnaît le génocide, qu’est ce que cela signifiera ? Que le génocide va devenir une réalité ? Ce qui s’est passé s’est passé et cette réalité, en tant qu’arménien, je la porte sur mes épaules jusqu’à la fin de ma vie.

Les seuls qui ne savent pas ce qu’il s’est passé, c’est la population de ce pays. Moi qui vis dans ce pays, je peux dire que la population turque ne sait pas ce qu’il s’est passé et ne défend que ce qu’on lui a appris. La seule obligation que l’on a aujourd’hui, c’est d’apprendre la réalité au peuple turc. C’est ça notre devoir. Et non pas que d’autres Etats fassent pression sur ce pays pour le forcer à édicter des lois. Ça, ce n’est pas une voie sérieuse. La voie sérieuse, c’est d’éveiller la conscience du peuple turc.

Vous privilégiez plutôt un travail de fond, à l’intérieur de la société turque ?

Je ne revendique pas que la Turquie reconnaisse le génocide, je ne mendie pas qu’elle le reconnaisse. Il y a une chose que je souhaite, c’est que le peuple turc examine son histoire, connaisse la réalité. Pour son avenir. Pour son avenir démocratique. S’il ne le fait pas, la Turquie ne deviendra jamais une démocratie. L’Etat et le peuple turcs ne vont évidemment pas dire soudainement « Nous reconnaissons ». Ce n’est pas comme cela que ça va se passer. Mais, au fil du temps, dans la population, la vérité va apparaître progressivement et nous verrons alors que la population turque commémorera le 24 avril à nos côtés et partagera notre douleur.

Vous êtes favorable à l’intégration de la Turquie à l’Union européenne parce que le travail de mémoire et la démocratisation de la Turquie en dépendent?

Absolument. Non seulement je tiens à l’intégration mais je travaille pour cela. J’ai beaucoup de raisons de la souhaiter : je suis citoyen turc, je suis européen, je veux vivre avec les pays civilisés d’Europe, sans inquiétudes, sans problèmes, avec les libertés qu’offre l’Europe. Je veux pouvoir me développer, développer ma culture. C’est cela qui me préoccupe.

La Turquie actuelle a le souhait de rentrer dans l’Union européenne mais dans l’état actuel des choses, elle ne répond pas aux critères. Si on lui offre la possibilité d’intégrer l’Union européenne, le processus de démocratisation va s’accélérer. En revanche, si l’intégration est bloquée, la Turquie abandonnera cette voie pour une autre. Même si économiquement, démocratiquement et culturellement, elle n’est pas au niveau de l’Europe, elle a la volonté de l’être et c’est à cette volonté qu’il faut ouvrir une porte. (Propos recueillis par Armelle Le Goff, 20Minutes.fr , 21 janvier 2007)

In Memoriam: Hrant Dink, 1954 - 2007

par Fatma Muge Gocek, Professeur à l'Université de Michigan

Tandis que je suis assise devant mon ordinateur et que je tape à la machine le premier éloge de ma vie avec des larmes coulant le long de mon visage, je réalise que ce qui me manquera le plus chez mon ami Hrant Dink qui a perdu la vie de façon inattendue, ce sont les énormes étreintes qu'il me donnait à moi, à nous, à tous ses amis, à l'humanité dans son ensemble, ces chaudes et réconfortantes étreintes… Je regrette de ne plus jamais sentir cette vague de bonheur au fond de moi et son visage que j'aurais vu s'éclairer à notre prochaine rencontre, il ne dira plus "Chère Muge !" et ne courra plus vers moi avec ses bras ouverts pour me donner cette merveilleuse étreinte. La dernière image au fond de mon âme sera malheureusement ce grand corps sans vie gisant recouvert sur le pavé, assassiné en plein jour, sans aucun regret, par un homme armé, devant son journal à Istanbul, le 19 janvier 2007.

J'ai pu connaître Hrant de près en 2002 quand il est venu à Ann Arbor, Michigan, pour assister au meeting annuel d'intellectuels turco-arméniens que mes collègues Ronald Grigor Suny, Gerard Libaridian et moi-même avons suivi à l'Université du Michigan cette année. Après le premier meeting de l'Université de Chicago en 2000, nous avons décidé d'inviter des journalistes en tant qu'observateurs et lui, en tant qu'éditorialiste et rédacteur en chef du journal turco-arménien Agos était parmi les invités. Hrant fut aussi surpris que nous quand il s'est vu délivrer un passeport par l'Etat turc pour pouvoir assister au meeting alors qu'il s'était vu refuser cela pendant vingt ans. Au meeting, il a stupéfait tous les participants en faisant de nombreuses contributions originales, particulièrement par son point de vue articulé sur son statut d'Arménien vivant en Turquie, par sa critique des politiciens nationalistes de la Diaspora, et par sa vision pacifique de l'avenir des relations turco-arméniennes.

Lors de notre première rencontre, je fus personnellement frappée par une chose particulière au sujet de Hrant Dink. A cette époque, je travaillais énormément sur le nettoyage ethnique des Arméniens en 1915 et le simple fait de lire des textes concernant les événements historiques me mettait en colère et me blessait aussi bien en tant qu'être humain qu'en tant que turque. J'étais née moi aussi en Turquie et j'y avais vécu durant 24 ans avant d'arriver aux États-Unis, de sorte que j'étais au courant des vexations et des discriminations subies par les minorités qui devaient affronter la rage nationaliste, ce qui me blessait profondément en tant que citoyenne turque. Tandis que pour ma part, je ne réussissais pas à surmonter ma colère, et que les Arméniens de la Diaspora que j'ai rencontrés aux États-unis luttaient avec plus ou moins de succès contre leur colère et leur souffrance, comment Hrant Dink pouvait-il gérer cette colère destructrice, dangereuse, qui vous dépasse, pour la remplacer par autant d'amour et d'espoir pour l'humanité, pour la société turque, pour la réconciliation des Turcs et des Arméniens ? Comment pouvait-il agir ainsi en dépit du souvenir de 1915 et malgré les vexations discriminatoires qu'il a dû subir en Turquie ?

C'est cette qualité particulière qui a fait de Hrant Dink un homme remarquable et un modèle à suivre. Son indéfectible croyance en la bonté fondamentale de tous les êtres humains, sans distinction de race, d'origine ethnique, indépendamment de leur vécu personnel ou collectif ; son indéfectible vision que nous, en Turquie, serions peut-être capables un jour finalement de confronter notre passé et d'en finir avec nos fautes, nos erreurs et la violence, tout autant qu'avec nos vertus tant célébrées, son indéfectible confiance dans le fait que nous pourrons vivre un jour ensemble et en paix.

Hrant était très emballé par nos recherches jusqu'à devenir un de nos fervents supporters. "Vous, les intellectuels, vous êtes ceux qui allez définitivement régler ce problème !" Il n'a pas arrêté de le dire, encore et encore. Au printemps dernier, pendant qu'il visitait les États-Unis, j'ai reçu un coup de fil de sa part pour me dire qu'il était en route pour Ann Arbor afin de me rencontrer : "Maintiens le dialogue entre les intellectuels turcs et arméniens, car c'est la chose la plus importante à conserver pour trouver une solution à ce problème et, peu importe ce qui se passera, ne laisse pas les choses se politiser," me dit-il au cours d'une longue rencontre autour d'un café. Il était conscient que, comme beaucoup d'entre-nous aux États-Unis, en Europe, en Turquie et partout dans le monde, qui appartenons à notre réseau turco-arménien, la solution à ce problème réside dans la coopération, le dialogue et la réconciliation. Il était conscient que nous devions régler ce problème en tant que communauté d'intellectuels qui, comme lui, croient en cette ultime bonté de l'humanité, et qui, comme lui, espèrent fiévreusement et luttent au quotidien pour faire avancer ce dialogue et permettre une possibilité de réconciliation. En suivant son exemple, nous pourrons essayer de surmonter cette colère profonde que nous ressentons après son assassinat, d'aller au-delà du confinement de notre ethnie, de notre identité nationale pour atteindre notre élément commun d'humanité, afin que nos enfants, que les enfants de Hrant et ses magnifiques petits enfants puissent vivre dans des sociétés remplies d'amour plutôt que de haine.

Mon cher ami Hrant, je te promets que je continuerai, avec l'aide de la communauté d'amis et d'intellectuels que nous avons créée autour de nous, pour continuer d'avancer avec ce même amour, cette chaleur et cet espoir que tu nous a à tous transmis, et j'essaierai de porter le même message. Et pendant que tu reposes en paix sur la terre de tes ancêtres, que tu aimais tant et que tu as chérie à en mourir, tu seras pour toujours parmi nous dans notre esprit. (Hyelog.blogspot.com, Traduciton Didier Torossian-yevrobatsi, 21 janvier 2007)

Des centaines d'Arméniens de France dénoncent le meurtre de Dink

Plusieurs centaines d'Arméniens de France se sont rassemblés samedi dans différentes villes de France pour dénoncer l'assassinat du journaliste Hrant Dink, "dernière victime en date du génocide arménien", ont constaté des journalistes de l'AFP.

A Paris, maintenus à distance de l'ambassade de Turquie par les forces de l'ordre, les manifestants arboraient des drapeaux arméniens et des photos du journaliste  d'origine arménienne avec l'inscription : "La Turquie tue, la Turquie nie, la Turquie continue".

"Les coupables sont d'abord les autorités turques qui ont multiplié les procès contre ce militant des droits de l'Homme", a déclaré le président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), Alexis Govciyan, qui a appelé à "aider la Turquie à s'engager dans la voie de la démocratie".

"Qui a armé la main qui a tué Hrant ?", a demandé Ara Toranian, directeur de la revue mensuelle Les Nouvelles d'Arménie Magazine.

"C'est celle de l'Etat turc, celle des dirigeants obtus de ce pays (...). Ce qui a tué Hrant, c'est le négationnisme du génocide arménien", a-t-il déclaré, avant de lancer : "C'est la dernière victime de ce génocide qui est tombée hier!".

A Lyon (centre-est), quelque 200 personnes se sont rassemblées devant le mémorial du génocide arménien.

"C'est insupportable que l'on puisse tuer un journaliste car la liberté d'expression est un droit fondamental. De nombreux pays ont reconnu le génocide arménien. Je serai toujours du côté de ceux qui se battent pour la vérité historique", a déclaré à l'AFP Lilian Zanchi, député de Villeurbanne (centre-est).

A Marseille (sud), plusieurs centaines de personnes se sont également rassemblées samedi, à l'appel du CCAF, devant le consulat de Turquie, a-t-on appris auprès des organisateurs. (AFP, 20 jan 2007)

Ankara critiqué en Arménie après le meurtre du journaliste Hrant Dink

Les critiques enflaient samedi en Arménie contre les autorités turques, accusées de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour protéger le journaliste d'origine arménienne Hrant Dink, assassiné la veille à Istanbul.

"Les autorités turques auraient dû garantir la sécurité de Dink. Il avait reçu de nombreuses lettres de menaces et il en avait parlé à la police", a écrit samedi le journal Aikakan Dzhamanak.

Pour son confrère l'Aravot, "on peut émettre de sérieux doutes sur la capacité de la Turquie à devenir un pays civilisé et sur le fait de savoir si elle est prête à s'intégrer à l'Europe".

"Le meurtre de Dink n'est pas uniquement dirigé contre la liberté de parole. C'est aussi un signe de la renaissance de l'hystérie anti-arménienne dans le pays qui a commis le génocide des Arméniens au début du siècle dernier", a affirmé dans un communiqué le mouvement de jeunes apparenté au parti nationaliste Dachnak Tsoutioun.

Le crime devrait "dégriser" l'Union européenne et les pays qui considèrent que "la Turquie est un pays de liberté et de tolérance", a aussi estimé le mouvement.

Une centaine de militants de ce mouvement se sont rassemblés devant la représentation de l'Union européenne à Erevan, allumant des bougies et déposant des oeillets devant un portrait de Hrant Dink.

"Nous avons une fois de plus vu que les Turcs étaient une nation en laquelle on ne peut avoir confiance", a déclaré à l'AFP Jiraïr Badalian, 17 ans, étudiant en droit. "La Turquie n'est pas prête à entrer dans l'UE et nous ne l'admettrons pas", a-t-il ajouté.

"La mort prématurée de M. Dink nous a tous ébranlés. Nous sommes profondément indignés par ce meurtre qui a privé notre peuple d'un fils talentueux et courageux. Nous attendons des autorités turques que les criminels soient trouvés et sévèrement punis par la loi", a déclaré de son côté samedi dans un communiqué le catholicos Karékine II, chef de l'église apostolique arménienne.

 Le journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink a été tué vendredi par balle devant les locaux de son hebdomadaire Agos, en plein centre d'Istanbul, par un assaillant non-identifié qui a pris la fuite. Plusieurs fois poursuivi par la justice turque, il était devenu la cible des cercles nationalistes pour ses propos contestant la thèse du gouvernement sur le génocide arménien.

Erevan a condamné vendredi l'assassinat, se disant "profondément choquée".

"Le meurtre de ce journaliste arménien connu en Turquie soulève de nombreuses questions et mérite la condamnation la plus vigoureuse", avait déclaré le président arménien Robert Kocharian, cité par son responsable de presse Victor Sogomonian. (AFP, 20 jan 2007)

Le Conseil de l'Europe "profondément choqué" par le meurtre de Dink

Le Conseil de l'Europe s'est déclaré samedi "profondément choqué et attristé" par l'assassinat du journaliste et écrivain turc Hrant Dink, tué de plusieurs balles la veille par un inconnu devant les locaux de son journal.

"Je m'associe au Premier ministre (Recep Tayyip) Erdogan dans sa condamnation de ce crime haineux et salue son engagement à faire traduire les coupables en justice", a déclaré Terry Davis, secrétaire général du Conseil de l'Europe, dans un communiqué publié au siège de l'organisation à Strasbourg.

"Hrant Dink a été visé par ceux qui le haïssaient parce qu'il utilisait sa liberté d'expression et sa liberté d'être humain pour aider son pays à renforcer son engagement envers les valeurs européennes de tolérance et de démocratie", écrit encore le secrétaire général, soulignant combien il est "important que les citoyens de tous les pays aient le droit de débattre librement de leur histoire nationale". (AFP, 20 jan 2007)

Deux messages relatifs à l'établissement du dialogue turco-arménien en Belgique

Après la diffusion du communiqué de l'Association de Jeunes Arméniens de Belgique (AJAB) concernant l'assassinat de Hrant Dink, le sociologue belgo-turc Ural Manço a adressé à l'AJAB un appel pour l'établissement du dialogue turco-arménien. Cet appel a immédiatement été répondu par l'AJAB.

Nous réproduisons ci-après les deux messages:

Message du sociologue Ural Manço

Aux membres de l’Association des Jeunes Arméniens de Belgique.

Chers amis, jeunes Arméniens de Belgique,

En m’inclinant devant la mémoire de Mr DINK, je présente mes condoléances à sa famille et à ses proches, aux membres de la communauté arménienne de Turquie et à l’ensemble des Arméniens et des Turcs du monde.

Croyant fermement à la nécessité de la reconnaissance officielle par la République de Turquie du génocide des Arméniens perpétré par la dictature nationaliste du parti « Union et Progrès » en 1915, je me permets de vous rappeler que parmi les combats ô combien nécessaires que le regretté Hrant DINK menait depuis Istanbul en compagnie de ses camarades turcs, il y avait aussi l’opposition à toute officialisation de l’histoire par des lois mémorielles et l’opposition à la pénalisation de la négation des versions officialisées de l’histoire.  Il croyait, et c’est également mon cas, que les initiatives législatives de ce type sont contre-productives quant à la reconnaissance du génocide et à la réconciliation arméno-turque. Cette dernière implique:

(1) l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays;
(2) l’ouverture de la frontière commune;
(3) la résolution de la question du Haut-Karabagh et le retour des réfugiés occasionnés par ce conflit;
(4) le respect intégral des droits des Arméniens de Turquie (tel que cela est prévu dans les articles 37 à 44 du traité de Lausanne de 1923 pour toute minorité religieuse et linguistique);
(5) la restauration et la valorisation du patrimoine arménien de Turquie;
(6) la liberté d’établissement, ainsi que l’octroi de la nationalité turque aux descendants des victimes du génocide qui le souhaiteraient; 
(7) l’étude des possibilités juridiques de leur éventuel dédommagement;
(8) l’octroi de certains droits aux travailleurs de nationalité arménienne immigrés en Turquie (ex. fréquentation des écoles arméniennes d’Istanbul par leurs enfants);
(9) la modification du contenu de l’enseignement de l’histoire en Turquie afin de le rendre moins chauvin et plus objectif quant à la réalité historique;
(10) la levée du statut obligatoire du cours de religion islamique (sunnite de rite hanafite) dans l’enseignement officiel turc, etc.

Il me semble qu’actuellement la mémoire du génocide des Arméniens souffre d’instrumentalisations politiciennes multiples, aussi bien en Turquie qu’en Europe, notamment en France et même en Belgique. Cette instrumentalisation dope du côté turc les forces politiques ultra-nationalistes, europhobes et isolationnistes. La situation est critique, car depuis quelques années le nécessaire travail de mémoire, notamment au sujet du génocide des Arméniens, avait enfin pu commencer dans les médias de Turquie, plus particulièrement dans les milieux intellectuels et parfois même au sein de groupes islamiques. C’est cette nouvelle effervescence qui a rendu célèbre le courageux journaliste DINK. Par contre, les débats européens au sujet de la pénalisation de la négation, et l’instrumentalisation politique qui en est faite, retardent, voire neutralisent, ce travail favorisant la radicalisation des groupes nationalistes minoritaires et les forces occultes qui agissent en Turquie. Je suis convaincu que le combat pour la reconnaissance du génocide des Arméniens doit aller, en Turquie, de pair avec le renforcement de la démocratisation du pays et la progressive intégration turque à l’Union européenne.

Je vous invite à vous inspirer des méthodes de Mr Hrant DINK, qui privilégiait la fraternité des peuples et le dialogue sincère, plutôt que l’ignorance de la partie « adverse ». Il faut cesser des deux côtés de se regarder en chiens de faïence. Dans le cas des Arméniens de la diaspora, je crains que parfois l’image des Turcs ne dépasse guère le niveau d’un stéréotype négatif et monolithique, qui occulte la pluralité, la complexité et le dynamisme de cette population. Appliquée à un autre groupe ethnique ou religieux, une telle stigmatisation pourrait être qualifiée de « raciste ». Entendez ces milliers de Turcs qui crient depuis l’assassinat à Istanbul et à Ankara: « Nous sommes tous des Hrant, nous sommes tous des Arméniens ». 

Les jeunes Turcs de Belgique, qui sont autant Belges et Européens que vous, gagneraient à vous connaître et à dialoguer avec vous à coeur ouvert. Et vous, réciproquement. Vous avez la même vie quotidienne, les mêmes problèmes, les mêmes joies et les mêmes espérances par rapport à vos préoccupations d’ici. Comme on dit en turc : « biz bize benzeriz » (nous nous ressemblons). Je réitère un appel que j’avais déjà fait sur Télé-Bruxelles à la fin de l’année dernière concernant la collaboration d’associations arméniennes et turques de Belgique. La reconnaissance à laquelle vous aspirez viendra de la connaissance mutuelle.

Dans ce moment triste que nous partageons, recevez chers amis, jeunes Arméniens de Belgique, l’expression de ma haute considération.

Ural Manço
Centre d'Etudes Sociologiques Facultés Universitaires Saint-Louis

Réponse de l'Association des Jeunes Arméniens de Belgique (AJAB)

Cher Ural Manço,

Nous vous remercions pour votre réaction à notre communiqué.

Comme certains passages de votre message pourraient porter à confusion, nous aimerions clarifier la position exacte de l’Association des Jeunes Arméniens de Belgique (AJAB).

Comme vous l’aurez certainement remarqué, aucun passage de notre communiqué n’invite à ignorer le peuple Turc ou les Belges d’origine turque.

Nos statuts précisent que notre fondement est d’animer et de garder vivant le patrimoine culturel et historique du peuple arménien et de contribuer à sa diffusion dans un esprit sage et éclairé. La fraternité des peuples et le dialogue sincère sont donc des valeurs que nous défendons vigoureusement.

Les jeunes de l’AJAB se refusent d’avoir le moindre préjugé sur le peuple Turc et condamnent toute insulte raciale avec la plus grande fermeté. Lors de notre dernière réunion nous avons d’ailleurs décidé de chercher à organiser des rencontres avec d’autres associations de jeunes Turcs dans un proche avenir.

Toutefois, même si nous comprenons votre inquiétude par rapport à la pénalisation du négationnisme, nous estimons que l’enseignement de la haine représente un bien plus grand danger que l’effet que pourrait avoir une telle loi sur un processus démocratique entamé en Turquie.

En pénalisant le négationnisme, nous ne voulons aucunement stigmatiser une population en particulier. Nous rejetons catégoriquement toute idée préconçue sur les peuples. Nous savons que la Turquie compte de nombreux Mehmet Koksal, Orhan Pamuk et autres Ural Manço. Les manifestations spontanées de ce week-end l’ont bien montré.

Nous sommes heureux de constater que nous suivons les mêmes objectifs, à savoir la fraternité entre peuples, l’échange entre les cultures et le vivre ensemble en harmonie. Nous sommes conscients qu’aucun Turc ne vient au monde en haïssant les Arméniens, et il en va de même, bien entendu, pour les nouveaux nés Arméniens.

Mais, nous pensons qu’il est du devoir de chaque Etat de barrer la route aux idéologies belliqueuses. Il est donc de la responsabilité de l’Etat Belge de prendre des mesures quand la paix sociale est en danger sur son territoire.

Dans l’espoir de pouvoir continuer ensemble à contribuer modestement à construire un monde meilleur, nous vous prions d’accepter l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

L’AJAB

Communiqué des Jeunes Arméniens de Belgique

Le monde entier a appris avec horreur que hier le journaliste arménien Hrant Dink a été lâchement assassiné à Istanbul devant les locaux de son journal AGOS.
 
Hrant Dink était le rédacteur en chef d’Agos, journal arménien de Turquie. Il était poursuivi en vertu de l'article 301 du Code pénal turc pour insulte à l'identité turque et faisait l'objet de menaces de mort.
 
Hrant Dink, citoyen Turc d’origine Arménienne, s’était fait connaître par les critiques modérées qu’il avait formulées envers la Turquie, notamment en raison du traitement des minorités et de la liberté d’expression. Il combattait pour la démocratisation de son pays et la liberté d’expression.
 
L’Association des Jeunes Arméniens de Belgique (AJAB), bouleversé par cet abominable crime, salue la mémoire de Hrant Dink et présente toutes ses condoléances à sa famille.
 
Les jeunes Belges d’origine Arménienne sont inquiets face aux ressentiments de haine que provoque le négationnisme d’état en Turquie mais aussi hors des frontières de ce pays.
 
La Belgique n’étant pas épargnée par le nationalisme turc et la propagation de l’enseignement d’une histoire falsifiée par certains milieux négationnistes, l’AJAB appelle l’Etat Belge, les politiciens de notre pays et tous les acteurs de la vie sociale à lutter contre ce fléau.
 
A la lumière de ce dernier événement, L’AJAB invite également les élus Belges à reconsidérer leur position par rapport au projet de loi visant à pénaliser la négation des génocides reconnus.
 
Si les historiens font l’histoire, les politiciens ont le devoir d’en retirer des leçons et de protéger leur population.
 
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Fondement de l'A.J.A.B. : animer et garder vivant le patrimoine culturel et historique du peuple arménien et de contribuer à sa diffusion dans un esprit sage et éclairé.
But de l'A.J.A.B. : créer, développer des liens d'amitié entre les jeunes Arméniens
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Si vous souhaitez ne plus faire partie de notre liste de distribution ou si vous voulez y ajouter d’autres jeunes Arméniens merci de nous écrire à aajab@hotmail.com <mailto:aajab@hotmail.com>


Assassinat du journaliste arménien Hrant Dink 

Le journaliste arménien Hrant Dink, plusieurs fois poursuivi par la justice turque et devenu la cible des cercles nationalistes pour ses propos sur le génocide arménien, a été tué par balles vendredi par un inconnu à Istanbul.

"On lui a tiré dessus devant le (siège du) journal, il est mort", a déclaré en pleurs à l'AFP une employée de son hebdomadaire, Agos.

Selon les chaînes de télévision, au moins deux balles l'ont frappé à la tête et une autre vraisemblablement à la gorge, le tuant sur le coup devant les locaux du journal bilingue, d'expressions arménienne et turque, situés à Sisli, en plein centre de la rive européenne de la métropole.

Le gouverneur d'Istanbul Muammer Guler, cité par l'agence Anatolie, a déclaré dans la soirée que trois suspects avaient été interpellés..

"Nous sommes très proches de résoudre l'affaire. Nous avons des preuves", a-t-il déclaré, précisant que la police d'Istanbul,  assistée par un groupe d'experts venus d'Ankara, travaillait à partir "de documents, d'images et de témoignages".

La chaîne d'information NTV avait auparavant affirmé que la police recherchait un jeune homme de 18-19 ans portant un béret blanc et vêtu d'une veste en jean, l'agence Anatolie citant de son côté des témoins qui affirmaient avoir vu un homme de 25 à 30 ans prendre la fuite.

Le cadavre, qui est resté au sol couvert d'une bâche blanche pendant plus d'une heure, a ensuite été transporté à la morgue sous les regards de plusieurs centaines de personnes présentes sur les lieux, dont des membres manifestement choqués de la minorité arménienne.

Une trentaine de personnes ont scandé à ce moment-là: "l'Etat assassin va rendre des comptes !" ou bien "Vive la fraternité des peuples !"

 Deux mille personnes se sont rassemblées dans la soirée à Istanbul et 700 autres ont manifesté à Ankara pour protester contre le meurtre du journaliste.

"Nous sommes tous Hrant Dink, nous sommes tous Arméniens", ont scandé les manifestants rassemblés à Taksim, centre névralgique d'Istanbul.

Hrant Dink, âgé de 53 ans, était connu et respecté dans le milieu de la presse en Turquie.

Il avait fait l'objet de poursuites en raison de ses propos sur les massacres d'Arméniens commis sous l'empire ottoman, qu'il a, à plusieurs reprises, qualifiés de génocide.

Les autorités turques considèrent que les massacres d'Arméniens commis en 1915-1917 ne constituent pas un génocide.

Hrant Dink avait été condamné en octobre 2005 à six mois de prison avec sursis pour "insulte à l'identité nationale turque".

En mai dernier, le journaliste avait été pris à partie par plusieurs membres d'une association de juristes nationalistes qui l'avaient qualifié de "traître" et l'avaient appelé à quitter la Turquie.

Selon son avocat, il avait reçu des menaces de mort.

Des réactions diffusées sur les chaînes de télévision évoquaient une "provocation" visant à créer des tensions en Turquie et à remettre en cause le processus d'adhésion à l'UE lancé en octobre 2005.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan y a vue "une attaque contre la liberté d'expression", et a promis d'élucider cet "assassinat haineux".

L'Arménie, la France, les Etats-Unis ont dénoncé cet assassinat, qualifié d'"acte abominable" par le président français Jacques Chirac.

Le commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn a appelé les autorités turques à "amener les auteurs (du crime) devant la justice", tout comme des organisations de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International et Reporters sans Frontières (RSF). (AFP, 19 janvier 2007)

Extraits du dernier article prémonitoire de Hrant Dink

Voici la traduction d'un extrait de son dernier éditorial prémonitoire daté du 10 janvier 2007 à propos des menaces de mort qu'il recevait :

"En 2002, suite à une déclaration que j'ai faite lors d'une conférence dans la ville d'Urfa précisant que 'je ne suis pas Turc... je suis de Turquie et Arménien', je suis poursuivi depuis 3 ans en justice au motif d'avoir porté 'atteinte à l'identité turque'. (...)

A chaque fois, on me rend plus célèbre en me présentant comme un 'ennemi des Turcs'. Les fascistes m'attaquaient dans les corridors des tribunaux à l'aide d'insultes racistes. Ils faisaient pleuvoir des pancartes d'offenses contre moi. Atteignant les centaines, ces coups de téléphone, ces emails et ces lettres de menace augmentaient au fur et à mesure. A tout cela, je résistais en soupirant de patience et en attendant ma relaxe. Je savais que la vérité ferait surface une fois le jugement rendu et que ces personnes auraient honte ce qu'ils avaient fait. (...)

La mémoire de mon ordinateur est remplie par la colère et les menaces qui me sont envoyées par cette frange des compatriotes. (Une de ces lettres a été postée depuis la ville de Bursa et elle donne l'impression d'une menace imminente de manière assez inquiétante et malgré le fait que j'ai remis cette lettre de menace au parquet de Sişli, cela n'a à ce jour abouti à rien. Je préfère noter cette information ici pendant qu'il est encore temps). Il m'est évidemment impossible de savoir combien ces menaces sont véridiques ou pas. Mais pour moi, la vraie menace et ce qui m'est le plus insupportable, c'est la torture psychologique dans laquelle je vis."  (Traduction: Mehmet Koksal, allochtone.blogspot.com, 19 janvier 2007)

Demeurer, vivre en Turquie, tel était notre véritable désir et aussi comme le respect que nous devons à nos milliers d’amis, connus et inconnus, qui combattent pour la démocratie en Turquie et qui nous soutiennent.

Alors nous demeurerons et nous résisterons.

Mais si jamais, un jour, nous devions partir… Nous partirons tout comme en 1915… Tout comme nos ancêtres… Sans
savoir où nous allons… Suivre le long des routes qu’ils suivirent …Subir les mêmes épreuves, souffrir des mêmes blessures…

C’est ainsi … que nous quitterons notre pays. Et nous partirons non pas là où nos cœurs nous emportent, mais là où nos pas nous conduiront… Partout…

Inquiets et libres.

J’espère que nous n’aurons jamais à traverser un tel départ. Nous avons déjà tant d’espérance et de raisons pour ne pas vouloir vivre.

J’en appelle maintenant à la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

J’ignore dans combien d’années prendra fin ce procès.
Cette vérité, que je connais, et qui m’apporte quelque réconfort, c’est qu’au moins je continuerai à vivre en Turquie jusqu’au terme de ce procès. [procès au titre de l’article 301]

Si le Tribunal me juge favorablement, je serai sans nul doute plus heureux et cela signifie aussi que je ne devrai plus jamais abandonner mon pays.

2007, c’est probable, sera pour moi une année difficile.

Les procès vont se poursuivre … de nouveaux vont commencer. Qui sait quelles nouvelles injustices aurai-je à affronter ?

Mais pendant tout cela, je regarderai la vérité qui va suivre comme la seule à laquelle je crois.

Oui, il m’arrive de me voir, en vie, tel une colombe inquiète, mais, je le sais, dans ce pays, les gens ne touchent pas aux colombes.

Les colombes peuvent vivre dans les profondeurs des villes, et même parmi les foules des hommes.

Alors oui, peut-être sont -ils un peu inquiets, mais ils sont libres. (Traduction: Georges Festa - Yevrobatsi, 20 janvier 2007)


Manifestations de protestation après le meurtre de Dink

Deux mille personnes se sont rassemblées sur la principale place d'Istanbul et 700 autres ont manifesté à Ankara pour protester contre le meurtre du journaliste Hrant Dink vendredi à Istanbul.

"Nous sommes tous Hrant Dink, nous sommes tous Arméniens", ont scandé les manifestants qui se sont rassemblés spontanément à Taksim, centre névralgique de la première métropole turque, a constaté un correspondant de l'AFP.

La police anti-émeutes s'est déployée par centaines pour empêcher tout débordement.

Certains manifestants portaient des photos du journaliste et des pancartes proclamant en turc, arménien et anglais: "Notre frère bien-aimé".

Un manifestant a déployé un drapeau turc et un autre un arménien. D'autres portaient des oeillets rouges.

Ils devaient se rendre en cortège sur le lieu du crime, devant les locaux du journal Agos que dirigait Hrant Dink, situé à environ 2,5 km de Taksim et où étaient déjà rassemblées plusieurs centaines de personnes.

A Ankara, une manifestation a été organisée par des associations de défense des droits de l'Homme et des syndicats, a rapporté l'agence Anatolie.

"Nous sommes tous arméniens, français, kurdes et turcs. Vive la fraternité des peuples", a déclaré le chef de l'association turque des droits de l'Homme (IHD), Yusuf Alatas. (AFP, 19 janvier 2007)

Le patriarche arménien dénonce le meurtre de Hrant Dink

Le patriarche arménien de Turquie, Mesrob II, a dénoncé le meurtre vendredi à Istanbul du journaliste arménien Hrant Dink, décrétant un deuil de 15 jours pour sa communauté.

"C'est un événement très grave visant la liberté d'expression (...) C'est un assassinat ignoble et haineux", a déclaré à la presse le dignitaire religieux.

"Je maudis l'assaillant qui a perpétré cette attaque atroce", a poursuivi le patriarche qui n'a pas caché qu'il avait eu des désaccords avec la victime sur plusieurs questions concernant la communauté arménienne de Turquie, forte d'environ 80.000 personnes et regroupée surtout à Istanbul.

"Nous avons eu des divergences mais nous n'avons jamais perdu notre amour pour lui", a dit Mesrob II.

Les larmes de crocodile dans la presse après l'assassinat de Dink

La presse turque a exprimé sa consternation et condamné unanimement samedi l'assassinat, la veille, du journaliste d'origine arménienne Hrant Dink, déplorant, outre la mort d'un confrère bien-aimé, une attaque contre la démocratie en Turquie.

"Le meurtrier est un traître", "La plus grande trahison", ont accusé dans leurs "Unes" respectives les quotidiens à grand tirage Hürriyet et Sabah, reprenant la terminologie employée par l'extrême-droite pour fustiger Dink et d'autres intellectuels contestant les thèses officielles sur les massacres d'Arméniens de 1915-1917.

Hrant dink avait fait l'objet de poursuites en raison de ses propos sur les massacres d'Arméniens commis sous l'empire ottoman, qu'il avait, à plusieurs reprises, qualifiés de génocide, une qualification adoptée par plusieurs pays dans le monde mais réprouvée par Ankara.

"On a tiré sur la démocratie, la fraternité et la paix", a titré le journal Milliyet.

Plusieurs éditorialistes estimaient que le crime profitait d'abord aux opposants du processus européen de la Turquie.

"L'incident joue en faveur de ceux qui veulent que la Turquie coupe ses liens avec l'Occident et bloque son adhésion à l'Union européenne", a ainsi commenté Oktay Gönensin, du journal populaire Vatan.

D'autres se sont inquiétés de la montée du nationalisme qui, selon eux, a conduit au meurtre de Hrant Dink.

"Les politiciens et l'administration doivent considérer cet attentat, commis en une période de progression du fanatisme en Turquie, comme un signal d'alarme. La cible n'était par seulement Hrant Dink mais aussi la stabilité", a estimé Mehmet Barlas, dans Sabah.

Une opinion partagée par Ismet Berkan, directeur de la publication du quotidien libéral Radikal, qui a dénoncé un "meurtre raciste", dont sont responsables tous "ceux qui ont créé en Turquie une atmosphère nationaliste".

"Avec Hrant est mort une partie de moi, une part de nous tous", s'est désolé M. Berkan qui, comme de nombreux journalistes a déploré la perte d'un "homme au coeur d'or".

"Quand j'ai appris le meurtre de Hrant, j'ai pleuré et pleuré encore -pour lui ou pour mon pays, je ne sais pas. Ce que je sais c'est que cette honte va nous hanter pendant de longues années", a écrit Fatih Altayli, de Sabah.

Pour Semih Idiz, éditorialiste de Milliyet, "la seule façon de surmonter une part (de cette honte) est de lui (Hrant Dink) organiser des adieux nationaux -du président au Premier ministre, des principaux partis d'opposition au chef de l'armée".

Dink, 53 ans, a été tué par balle devant les locaux de son hebdomadaire bi-lingue (turc et arménien) Agos, en plein centre d'Istanbul, par un assaillant non-identifié qui a pris la fuite. (AFP, 20 jan 2007)

La présidence de l'UE "bouleversée" par l'assassinat "ignoble" de Dink

La présidence allemande de l'Union européenne s'est dite "bouleversée" par "l'assassinat ignoble" de Hrant Dink, "journaliste courageux et un ardent défenseur de la démocratie et de la liberté d'opinion".

"Il n'hésitait pas à prendre de grands risques personnels. Tout engagé qu'il était, il recherchait toujours la conciliation et évitait de provoquer les confrontations. Il soutenait expressément les réformes démocratiques en Turquie", déclare la présidence dans un communiqué.

"Hrant Dink jouissait donc d'une grande considération en Turquie dans différents groupes d'opinion, ainsi qu'en Europe", écrit la présidence dans un communiqué.

"La présidence est convaincue que les autorités turques feront très rapidement toute la lumière sur cet acte et ne doute pas que la Turquie poursuivra résolument sa voie vers la réalisation de la liberté d'opinion", ajoute le communiqué.

Le journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink, 53 ans, a été tué vendredi par balles devant les locaux de son hebdomadaire bi-lingue (turc et arménien) Agos, en plein centre d'Istanbul, par un assaillant non-identifié qui a pris la fuite. Plusieurs fois poursuivi par la justice turque, il était devenu la cible des cercles nationalistes pour ses propos sur le génocide arménien. (AFP, 20 jan 2007)

Le commissaire Rehn "choqué" par l'assassinat de Dink

Le commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn s'est dit "choqué et attristé" par l'assassinat du journaliste arménien Hrant Dink, abattu vendredi à Istanbul par un inconnu.

"Je suis choqué et attristé par cet acte de violence brutale", a déclaré le commissaire dans un communiqué.

"Hrant Dink était un intellectuel respecté qui défendait ses positions avec conviction et avait contribué à un débat public ouvert. C'était un défenseur de la liberté d'expression en Turquie", a-t-il ajouté, appelant les autorités turques à "amener les auteurs (du crime) devant la justice".

Le commissaire, qui dénonce régulièrement les violations de la liberté en Turquie --pays qui a commencé en octobre 2005 ses négociations d'adhésion à l'UE--, avait régulièrement dénoncé les poursuites intentées par la justice turque contre M. Dink.

Chirac: L'assassinat de Dink est "un acte abominable"

Le président français Jacques Chirac a fermement condamné vendredi l'assassinat à Istanbul du journaliste arménien Hrant Dink, jugeant qu'il s'agit d'"un acte abominable".

"Je n'ai pas de mots assez durs pour condamner cet acte abominable, qui prive la Turquie d'une de ses voix les plus courageuses et les plus libres", écrit M. Chirac dans une lettre adressée à la veuve de la victime.

"Hrant Dink était de tous les combats pour la liberté et la défense des droits de l'Homme", poursuit-il. Cet "avocat du devoir de mémoire et de la réconciliation turco-arménienne (...) croyait dans

Washington déplore l'assassinat de Hrant Dink

Les Etats-Unis ont déploré l'assassinat du journaliste arménien Hrant Dink, abattu vendredi à Istanbul et qui était devenu la cible des cercles nationalistes pour ses propos sur le génocide arménien.

"C'est vraiment un tragique événement", a déclaré à la presse le porte-parole adjoint du département d'Etat, Tom Casey, ajoutant que les autorités turques poursuivaient leur enquête sur le meurtre et son auteur non identifié.

Tom Casey a estimé que l'assassinat du journaliste "soulevait des inquiétudes" pour les Etats-Unis. "C'était une personne qui avait reçu des menaces en raison de ses écrits", a-t-il précisé. "Nous ne voulons jamais voir une situation dans laquelle les personnes sont intimidées ou souffrent de n'importe quel type de représailles pour avoir exprimé librement leurs points de vue", a-t-il dit.

L'Arménie condamne l'assassinat de Dink

L'Arménie a condamné l'assassinat vendredi à Istanbul du journaliste arménien Hrant Dink, se disant "profondément choquée".

"Nous condamnons catégoriquement cet acte quelles qu'en soient les circonstances et appelons les autorités turques à tout faire pour en identifier les responsables", déclaré le chef de la diplomatie arménienne Vartan Oskanian dans un communiqué.

"Nous sommes profondément choqués par la nouvelle de l'assassinat" de ce journaliste, "un homme qui vivait dans la conviction que la compréhension mutuelle, le dialogue et la paix sont possibles parmi les peuples", a ajouté le ministre.

Le président arménien Robert Kocharian a lui aussi condamné peu après ce meurtre et présenté ses condoléances à la famille du journaliste.

"Le meurtre de ce journaliste arménien connu en Turquie soulève de nombreuses questions et mérite la condamnation la plus vigoureuse", a déclaré M. Kotcharian, cité par son responsable de presse Victor Sogomonian.

"Nous espérons que les autorités turques ferons tout le possible pour trouver et punir le coupable dans le strict respect de la loi", a ajouté le président.

Amnesty veut une enquête "approfondie et impartiale"

L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a déploré l'assassinat à Istanbul du journaliste arménien Hrant Dink et appelé à une enquête "approfondie et impartiale".

L'organisation a souligné que cet homme "éminent (...) a été pris pour cible à cause de son travail en tant que journaliste qui défendait la liberté d'expression", a-t-elle indiqué vendredi dans un communiqué, saluant "un promoteur passionné de l'universalité des droits de l'Homme".

Il a été tué par balles vendredi par un inconnu devant le siège de son journal à Istanbul. Il avait 53 ans.

Amnesty a lancé un appel aux autorités turques "pour qu'elles condamnent toute forme d'intolérance, qu'elles défendent les droits des citoyens de la République turque et qu'elles enquêtent sur le meurtre de Hrant Dink de manière approfondie et impartiale, qu'elles rendent publics les résultats de l'enquête et qu'elles traduisent les responsables devant la justice en vertu des standards internationaux en matière de procès équitable".

"En Turquie, il y a encore un certain nombre de lois draconniennes qui avalisent la suppression de la liberté d'expression", a relevé l'organisation. "Ces lois, conjuguées aux perpétuelles déclarations officielles des responsables du gouvernement, de l'Etat et de l'armée condamnant le débat critique et les opinions dissidentes, créent une atmosphère dans laquelle les agressions violentes peuvent se produire", a-t-elle ajouté.

Amnesty a rappelé que le journaliste avait été traduit à trois reprises devant la justice, accusé d'"insulte à l'identité turque". Il était devenu la cible des milieux nationalistes turcs pour ses propos sur le génocide arménien de 1915-1917.

RSF "profondément choquée" par le meurtre du journaliste Hrant Dink

L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) s'est déclarée "profondément choquée" par l'assassinat du journaliste arménien Hrant Dink, vendredi dans un communiqué.

Hrant Dink, plusieurs fois poursuivi par la justice turque et devenu la cible des milieux nationalistes, a été tué par balle vendredi par un inconnu à Istanbul.

"Cet assassinat bouleverse et inquiète tous ceux qui défendent la liberté d'écrire et de penser, en Turquie et ailleurs", estime RSF, selon qui le gouvernement turc "doit prendre la mesure de la gravité extrême de ce crime et veiller à ce qu'une enquête sérieuse identifie les coupables au plus vite".

"Il s'agit d'un test essentiel pour un pays qui aspire à intégrer l'Union européenne. Personne ne pourrait comprendre que la Turquie ne mette pas tout en oeuvre pour faire la lumière sur cette tragédie", souligne RSF.

L'organisation basée à Paris s'associe à l'appel du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) à se rassembler samedi à 12H00 devant l'ambassade de Turquie dans la capitale française.

Indignation d'associations des droits de l'Homme

Plusieurs associations de défense des droits de l'Homme ont exprimé vendredi leur indignation après l'assassinat à Istanbul du journaliste arménien Hrant Dink, et appelé les autorités turques à en "rechercher activement les commanditaires".

Dans un communiqué, ces associations dont la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et ses organisations affiliées en Turquie, et l'Association des droits de l'Homme en Turquie (IHD), "expriment leur profonde indignation devant le lâche assassinat de Hrant Dink".

"Nous condamnons avec extrême fermeté ce meurtre d'une personnalité qui était avant tout l'un des piliers de la défense des droits de l'Homme, un citoyen qui s'est engagé avec ardeur dans les combats récents menés par la Turquie pour rentrer dans l'Union européenne (UE)", disent les associations.

"Nous leur rappelons (aux autorités turques) que leurs propos et actes concernant les minorités peuvent conduire et inciter à ce type de tragédie", relèvent-elles, en exigeant "qu'elles recherchent activement les exécutants et les commanditaires de cet assassinat".

Les autres associations signataires de ce texte sont: Human Rights foundation of Turkey (TIHV), la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

Roelants du Vivier: la conséquence du négationnisme d'état

Communiqué de presse du sénateur François Roelants du Vivier, Président de la commission des relations extérieures et de la défense (Belgique)

J'ai appris avec horreur l'assassinat aujourd'hui à 15h en pleine rue de Hrant Dink, homme d'une extrême modération, qui a payé de son sang le désir de réconciliation qu'il portait en lui par la reconnaissance espérée du génocide arménien en Turquie.

A son épouse et à sa famille je présente mes condoléances émues.

J'ai rencontré Hrant Dink il y a quelques mois à Istanbul. Il m'avait fait forte impression par son souci de faire évoluer progressivement, sans tapage, mais avec une grande rigueur intellectuelle, la mentalité du peuple turc endoctriné par une version officielle de l'histoire, niant délibérément le génocide arménien.

Son assassinat peut être interprété comme une conséquence de ce négationnisme d'état qui apparaît de plus en plus insupportable au XXIe siècle, et singulièrement à l'aune de la candidature de la Turquie à l'Union européenne.

Plus que jamais, et pour honorer la mémoire de Hrant Dink, le combat pour la reconnaissance et la pénalisation du génocide arménien doit être poursuivi, quelles que soient les menaces adressées à celles et ceux, en Turquie ou en Belgique, qui sont porteurs de ce combat.

La Fédération armenienne: La Turquie assassine Hrant Dink

Hrant Dink, le rédacteur en chef d’Agos, journal arménien de Turquie, vient d’être assassiné devant les locaux de son quotidien. Les circonstances du crime ne sont pas encore élucidées mais on sait qu’au moins une personne – en fuite – est impliquée. M. Dink a été atteint de deux balles dans la tête, deux dans l’abdomen et six douilles ont été retrouvées à proximité.

Hrant Dink s’était fait connaître par les critiques modérées qu’il avait formulées envers son pays, notamment en raison du traitement des minorités et de la liberté d’expression en Turquie. Il était perçu en Occident comme un partisan de la modernisation et de l’européanisation de son pays.

« Nous sommes bouleversés et horrifiés par cette intolérable mise à mort » a déclaré Hilda Tchoboian la présidente de la Fédération Euro-Arménienne.

« Quand on éduque sa population à la haine de l’autre, quand depuis plus d’un siècle on enseigne aux enfants la supériorité de la race turque, quand jusqu’aujourd’hui on autorise et on honore les formations d’extrême-droite sur son territoire, alors on ne peut s’étonner que de tels actes viennent ainsi cibler un Arménien. Cet assassinat ignoble prouve une fois encore que la racisme a des racines profondes en Turquie » a poursuivi la présidente de la Fédération Euro-Arménienne.

La Fédération remarque que parmi la dizaine de « dissidents » à la ligne étatique de la Turquie, c’est précisément celui d’origine arménienne qui a fait l’objet de ce meurtre. Elle considère que, quelles que soient les circonstances que l’enquête établira, l’Etat turc porte une responsabilité écrasante dans cet assassinat. Elle condamne ces autorités pour leur incapacité à assumer la sécurité des journalistes et des intellectuels.

« Cet acte délibéré vise à maintenir la communauté arménienne dans un climat de terreur afin de bien montrer à tous qu’il est des lignes à ne pas franchir en matière de liberté d’expression et d’affirmation du génocide des Arméniens » a ajouté Hilda Tchoboian.

« Toute tentative de capitalisation politique que le gouvernement turc pourrait être amené à échafauder afin de promouvoir une image libérale à travers des manifestations de sympathie publique ne pourrait que constituer la marque de son cynisme. Les autorités d’Ankara seraient bien avisées de s’abstenir de telles démarches opportunistes qui seraient interprétées négativement en Europe » a conclu la présidente de la Fédération Euro-Arménienne. (contact@eafjd.org)

Comité de Défense de la cause armenienne

Ce vendredi 19 janvier 2007, Hrant Dink a été assassiné à Istanbul de 4 balles.  Hrant Dink était le rédacteur en chef du journal arménien de Turquie « Agos », connu et récompensé pour son courage et ses efforts exceptionnels pour la liberté de presse, la liberté d’expression et la question arménienne.

Le Comité de Défense de la Cause Arménienne est choqué et bouleversé par ce lâche assassinat commis par un adolescent et dénonce le climat de haine qu’ont suscité les autorités turques autour de ceux qui personnifient la démocratisation de la société turque et la liberté d’expression.

Hrant Dink faisait partie de ces intellectuels qui ont osé, en Turquie, qualifier de génocide les massacres des Arméniens en 1915.

« Lorsqu’un meurtrier n’est pas arrêté en Turquie, c’est qu’il bénéficie de la complicité de l’Etat. Le gouvernement turc devra répondre de cet acte barbare devant la scène internationale, faute de quoi son implication dans le meurtre de Hrant Dink sera indéniable », a déclaré Hayik Malikian, représentant du CDCA Belgique.

Le CDCA demande à la Belgique de condamner cet acte et d’exiger de la Turquie qu’elle mette un terme à sa politique haineuse envers la communauté arménienne. 

« Nous souhaitons que les autorités belges prennent également des dispositions en matière pénale et en matière éducative pour empêcher qu’une horreur de ce genre puisse se produire sur le territoire belge où le négationnisme d’Etat turc se répand à grande échelle, en particulier au sein de la large communauté turque de Belgique ».  A noter qu’avec la politique de haine qu’exporte la Turquie, il n’est pas exclu, qu’une telle horreur puisse se produire en Belgique, a conclu Hayik Malikian.

Le CDCA Belgique présente ses condoléances à la famille de Hrant Dink et exprime toute sa sympathie à ses proches. (hayik.malikian@skynet.be)

ADL: Hrant Dink a dit la vérité, Il a été exécuté…

Communiqué du parti ADL Ramgavar France:

Journaliste, intellectuel, connu dans le monde comme défenseur des droits de l’homme et fervent partisan de paix et de dialogue entre Turcs et Arméniens, il était sans cesse harcelé par les instances turques pour ses prises de positions courageuses.

Ces derniers temps, il avait reçu plusieurs menaces de mort, mais les autorités avaient fait la sourde oreille et n’avaient pas jugé bon d’assurer sa protection. Nous estimons l’Etat négationniste turc responsable de sa mort.

Son ignoble assassinat a soulevé une vague d’indignation, et mêmes des Turcs ont manifesté en brandissant des slogans « Nous sommes tous des Arméniens ».
Après avoir méthodiquement anéantis les Arméniens, entre 1894 et 1922, dans les six provinces arméniennes et dans le reste de l’Empire ottoman, les barbares racistes ont encore fait une victime… en ce début de 2007 !

Le nom de Hrant Dink s’ajoute ainsi à la déjà très, trop longue liste des martyrs Arméniens.
Le parti ADL Ramgavar condamne fermement ce lâche et ignoble assassinat et demande que tout soit fait pour trouver et juger les coupables. (ADL Ramgavar France, 21 janvier 2007)

Retrospective On Trials Against Hrant Dink

Following are the news which appeared on bianet's English site regarding prosecutions and trials against ethnic Armenian writer and journalist Hrant Dink.

Hrant Dink Under New Investigation

The Sisli Public Prosecutor's Office has launched a new investigation into Hrant Dink, the Editor-in-Chief of the Armenian Turkish bilingual Agos weekly, on charges of "insulting the Turkish identity" through an interview he gave to the Reuters news agency.

Dink's previous 6 month suspended prison sentence on an identical charge for a 2004 article published in Agos was upheld by the Court of Cassation this month with its "conditional verdict" that defers imprisonment for the journalist only on condition that he does not commit a similar offence for a period of five years.

If he is prosecuted and found guilty in the new investigation, Dink is required to serve the jail term for his previous conviction too.

This new investigation relates to a July 14 interview with Reuters where Dink is accused of defending an Armenian genocide had taken place in history by saying "of course I say this is a genocide. Because the result itself identifies what it is and gives it a name. You can see that a people who have been living on these lands for 4 thousand years have disappeared. This is self explanatory".

The interview was conducted by Daren Butler and Osman Senkul of Reuters after Dink's verdict was conclusively ratified by the Appeals Court. He said in the context of the interview that he had no doubts that an Armenian genocide had taken place, that he would not remain silent because he was punished and that he would not leave the country.

Dink, who has exhausted all domestic channels, is taking the verdict to the European Court of Human Rights and referred to the state of freedom of expression in Turkey during the Reuters interview. "If I leave [Turkey]" he said, "I will feel that I have left those people struggling for democracy in this country alone. That would be betraying them, I could never do that".

Dink Verdict on Way to European Court

Armenian-Turkish bilingual weekly "Agos" newspaper Editor-in-Chief Hrant Dink's lawyer Fethiye Cetin has said they will take his suspended 6 months prison sentence to the European Court of Human Rights (ECHR) following this week's ratification of the verdict by the Turkish Court of Cassation.

Cetin said they would apply to the ECHR as soon as they received written notification of the Appeals Court's decision that was taken despite objections of the prosecution, saying the verdict was "at the very least, sad for justice".

"With regard to the interpretation of article 301, they could have created a precedent that would have been extremely just and in accordance with democracy. This would have been in the interest of Turkey. This opportunity was lost" Cetin said, evaluating the court's conclusive decision that confirmed Dink's sentence.

Dink was originally sentenced under article 301 by an Istanbul court to 6 months jail on October 7, 2005 where opinions expressed in his 2004 article series "The Armenian Identity" published in Agos were found to be "insulting and ridiculing Turkishness". Subject to the verdict were Dink's remarks "The poisoned blood that will spill from Turks will be replaced by noble blood of the Armenians who will create Armenia".

The same court later suspended the sentence justifying it with the convict's goodwill but the deferment was on condition that he did not commit a similar offence for a period of five years and if he did, would serve the previous sentence in full alongside any new sentence.

Following an appeal against the decision, the high court prosecutor demanded Dink's acquittal, but the demand which relied on the evaluation that Dink's controversial expressions were "allegorical" rather more than insulting "Turkishness" was turned down.

"Agos" Case A Stage of Violence Again

The trial of Armenian "Agos" newspaper journalists Hrant Dink, Aydin Engin, Serkis Seropyan and Arat Dink charged with "attempting to influence a fair trial" by way of criticizing a court verdict banning a 2005 Ottoman Armenians Conference in Istanbul continued this Tuesday with a fight breaking out between lawyers before the hearing, a protest outside the court house afterwards and heavy security measures that prevented neither.

Prior to the June 4 hearing at the Sisli 2nd Civilian Court of First Instance a fight broke out between defence lawyers and attorneys of complainants during which Deniz Ceylan, representing the defendants, was punched in the face and his glasses were broken.

The case was later adjourned to December 12 by Chief Justice Hilmi Aslan as a group of demonstrators gathered outside the courthouse to shout slogans in protest of the defendants.

Serkis Seropyan was the only defendant who attended this weeks hearing to testify.

Seropyan told the court that readers of his newspaper had reacted to a sentence of Hrant Dink by another court and that the paper had covered this story due to its news value. He asked to be acquitted.

About 30 lawyers including Fethiye Cetin, Yucel Sayman, Fikret Ilkiz, Erdal Dogan, Bahri Bayram Belen and Filiz Kerestecioglu represented the defendants while the complainants were represented by four lawyers .

Kemal Kerincsiz, an attorney for the complainants, told the court that the defendants aimed to destroy the Turkish Republic and to hinder the judicial system by making it ineffective.

The case was opened after Kerincsiz, a leading member of the right-wing organisation of a group of Turkish lawyers who call themselves "The Unity of Jurists" and nine other individuals filed a criminal complaint against the journalists and they were subsequently charged under article 288 of the Penal Code. If they are found guilty, each can be sentenced to up to 4.5 years imprisonment.

Cetin: This case is harmful

Evaluating the ongoing trial for bianet, jurist Fethiye Cetin said the fact that this trial is taking so long was "a great disadvantage and even harmful" for the economics of a trial. "All the court needs to do" she said, "is to examine the articles and comments, and pass a verdic

Writer Hrant Dink Acquitted

Hrant Dink, editor of the Armenian language magazine "Agos" -who was among eight writers, journalists and publishers accused of "insult" and "interference in the judiciary" have been brought before the courts since 6 February 2006, in four separate trials- was acquitted.

The other cases were all postponed and the defendants are destined for more weeks - if not months - of waiting in uncertainty.

In a public statement International PEN expresses deep disappointment that "lessons were not learned from the case of Orhan Pamuk, against whom trial proceedings were dropped last month. It will continue to protest against the many trials and other acts of judicial harassment against writers, journalists and publishers, and to call for the quashing of laws that breach the right to freedom of expression in Turkey."

New Charges Against Agos Newspaper

Since the campaign that 169 intellectuals started to call for the repeal of articles 301 and 305 of the Turkish Penal Code was launched on 26 December, nearly 4,000 people have added their names to the campaign's website.

Among those who orginally signed the "301 times No! No Limits on Freedom of Thought" campaign, hosted at the website www.301hayir.net, are Prof. Dr. Ali Nesin, Prof. Dr. Gülay Toksöz, Prof. Dr. Kadir Erdin, Prof. Dr. Turgut Tarhanlı, Prof. Dr. Baskın Oran, Doç. Dr. Mithat Sancar, journalist and writer Şeyhmus Diken, journalists Sinan Kara, Adnan Gerger, and Bahattin Arı, authors Nihat Ziyalan and Ayşe Günaysu and musician and free speech activist Şanar Yurdatapan. Many other prominent academics, writers, journalists, and human rights activists have signed onto the campaign.

The intellectuals, reacting to the trial of writer Orhan Pamuk and these other cases, have expressed their fears that these trials are signs of a grave struggle against the democratization process. The statement also censures Justice Minister Cemal Çiçek, and Interior Minister Abdulkadir Aksu, asking why these freedom of expression cases have been opened and criticizing them for encouraging the aggressors with their words.

Some of the writers who have been charged under Article 301, which came into effect hwith the new Penal Code, or the older Article 159, are journalists Emin Karaca and Hrant Dink, writer Zülküf Kışanak, publisher Fatih Taş, Çağrı magazine owner Aziz Özer and the magazine's reader Erkan Akhay. In another case, the writer Rahmi Yıldırım was acquitted for the articles he wrote on the website sansursuz.com.

The signatories include other artists and thinkers from intellectual and professional backgrounds, such as Yaşar Kemal, Çetin Altan, Adalet Ağaoğlu, Arif Damar, Müjde Ar, Yılmaz Erdoğan, Nilüfer Göle, Fazıl Say, Süleyman Çelebi, Mehmet Ali Birand, Yaşar Seyman, Halil Ergün, Cüneyt Ülsever, Murat Belge and Toktamış Ateş.

Coşkun Ak, who was tried and later acquitted under article 159, the predecessor of Article 301, for publishing an internet article about human rights violations while he was editor of the Superonline.net forum, has also extended his support the campaign.

The latest charge against Dink was brought up following a statement he made to Reuters on July 14 in which he mentioned the massacre of Armenians during the Ottoman Empire. "Of course I'm saying it's a genocide" he said in the report. "Because its consequences show it to be true and label it so. We see that people who had lived on this soil for 4000 years were exterminated by these events."

Dink was also one of the organizers of the conference on Ottoman Armenians that was recently held in Istanbul. The newspaper's general coordinator Karin Karakasli, who was charged along with Dink, was acquitted on the grounds that she was exempt under a provision of the Press Law. The journalists' lawyer, Fetiye Cetin, told Bianet that they are appealing the court's decision.

The decision hearing took place today (7 October 2005) at the Second Criminal Court in Sisli, and was attended by the journalists, their lawyers, and other supporters. The prosecutor, Muhittin Ayata, argued that Dink's article had been written with the intent to criticize and humiliate Turkish national identity. The court suspended the sentence on the grounds that Dink had no previous convictions and on the condition that he does not repeat the offense.

The suit was filed against Dink and Karakasli on 16 April 2004 for a series of articles starting in February 2004 that criticized diaspora Armenians for focusing on the history of Turkish crimes against Armenians and not doing enough for the needs of Armenians in the present. Reporters Without Borders, PEN International, and other civil society groups have criticized the lawsuit.(EÜ)

Meeting républicain à Paris pour la pénalisation du négationnisme

Un « grand meeting républicain » a réuni, ce mercredi 17 janvier à Paris, des représentants des principales forces démocratiques françaises et des intellectuels engagés pour la pénalisation du négationnisme.

Devant plus de 2000 personnes réunies au Palais de la Mutualité, parmi lesquelles de nombreuses personnalités politiques, les intervenants ont unanimement insisté sur le combat unitaire contre la haine négationniste et la solidarité des victimes de tous les génocides. Ils ont particulièrement souligné la similitude entre le génocide des Arméniens et le génocide des Juifs, ainsi qu’entre les négationnismes dont ils font tout deux l’objet.

Ainsi, Serge Klarsfeld a assuré l’audience du soutien sans faille des filles et fils des déportés juifs de France «

pour demander au Sénat la pénalisation du génocide des Arméniens ». Evoquant à son tour « la solidarité des naufragés », le philosophe Bernard Henri-Lévy a indiqué au cours d’une intervention très appréciée que « ce n’est pas la loi mais les négationnistes qui empêchent le travail de l’historien ».

Apportant le soutien de la LICRA, Me Charrière-Bournazel, le nouveau bâtonnier du barreau de Paris, a défini le combat des intellectuels contre la boue négationniste comme celui « d’éboueurs sacrés ». Il a ajouté que « le négationnisme est une continuation trans-générationnelle du crime de génocide » et que « sans jugement, la loi n’a pas de force ».

Les représentants du CCAF, M. Alexis Govciyan son président, MM. Ara Toranian et Ara Krikorian ont également pris la parole. M. Krikorian, le président de la FRA Dachnaktsoutioun a notamment dénoncé « la stratégie perverse de la Turquie d’exiger sans relâche des preuves supplémentaires du génocide ».

Côté politique, François Hollande a pris des engagements au nom du Parti Socialiste et au nom de Mme Royal, sa candidate à l’élection présidentielle. M. Rudy Salles (UDF), Mme Hélène Luc (PC) et M. Patrick Devedjian (UMP) ont également fait part de leur soutien au projet de pénalisation en cours. M. Devedjian a déclaré que « c’est bien le négationnisme de la Turquie qui vient agresser en France des citoyens français et non le contraire ».

La soirée s’est conclue avec éclat par un mot de soutien de Charles Aznavour, qui s’était déplacé tout spécialement pour l’occasion. (E-mail : contact@eafjd.org, 18 janvier 2007)

Lettre ouverte de Taner Akçam à propos d'une plainte pénale à Istanbul

A qui de droit

J'écris pour vous informer qu'une plainte pénale a été portée contre moi en Turquie.

J'ai déjà informé le journal Radikal et j'espère qu'une couverture médiatique apparaîtra bientôt.
Le directeur de rédaction d'Agos, Hrant Dink est en train d'informer la presse turque.

Jeudi dernier, le 4 janvier, alors que j'étais en visite dans les bureaux du journal Agos à Istanbul, Dink m'a informé qu'une assignation avait paru concernant mon article du 6 octobre 2006.

Dans cet article, "Hrant Dink, 301, et une plainte pénale" (Hrant Dink ve 301 bir suç duyurusu), j'avais critiqué l'accusation contre Dink pour son emploi du terme "génocide" (soykirim), déclaré que j'avais moi-même utilisé ce terme, appelé d'autres intellectuels turcs à se joindre à moi pour soutenir Dink, et défié les autorités d'accepter mon article comme preuve de la même "offense" que Dink avait commise. Le 12 octobre, Recep Akkus, un citoyen turc, déposa une plainte pénale contre moi au district Eyüp d'Istanbul. Le procureur général d'Eyüp transmit la plainte au district de Sisli, siège du journal Agos qui a publié mon article.

Etant donné que je n'ai pas une adresse légale en Turquie, le journaliste d'Agos, Serkis Seropyan, et le rédacteur en chef Arat Dink (fils de Hrant) ont été tenus responsables de mon article. Soi-disant que mon article avait violé les articles 301/1 (insulte à la turcisité); 214 (instigation à commettre un délit);
215 (éloge d'un délit et d'un délinquant – à remarquer que H. Dink n'avait même pas encore été jugé);
et 216 (instigation à la haine d'un groupe et animosité).

Ne souhaitant pas qu'Agos subisse des poursuites judiciaires à cause de moi, j'ai rendu visite vendredi 5 janvier au bureau du procureur de Sisli, accompagné par deux avocats pour le journal, pour fournir ma réponse.

A peine étions-nous arrivés que le procureur annula la plainte contre Seropyan et A. Dink. "M. Akçam est là", dit-il au secrétaire "nous n'avons donc plus besoin de témoins pour les deux autres". Il quitta ensuite le bureau pour un rendez-vous avec un docteur. Un autre fonctionnaire enregistra ma déclaration.

Je confirmai que j'étais l'auteur de l'article, et que le texte n'avait pas été modifié. Je déclarai que la politique du Comité Union et Progrès contre les Arméniens en 1915 pouvait être décrite comme un génocide conformément à la définition des Nations Unies en 1948. L'article représentait la libre expression de mon opinion. Je ne l'avais pas écrit sur l'ordre d'une quelconque organisation ni association. J'étais un professeur d'histoire et j'avais publié des ouvrages érudits sur le sujet.
L'article reflétait ma conviction d'universitaire, fondée sur mes 15 à 20 ans de recherches. J'avais exprimé cette conviction en maintes occasions dans des articles pour Agos et autres journaux de Turquie. Mes ouvrages érudits avaient été publiés en langue turque ainsi qu'en d'autres langues.

Mon intention n'était pas d'insulter ni de faire avancer la cause d'un groupe quelconque, racial ou ethnique, mais plutôt d'exprimer mes convictions, le produit de mes recherches universitaires, conformément à mon droit à la liberté d'expression. Si je découvrais une preuve certaine à l'encontre de mon point de vue, alors, en tant que chercheur, je pourrais modifier ma position. Mon article était l'expression de mon objectivité d'érudit et de ma liberté de parole. En l'écrivant, je n'avais commis aucun délit.

Les deux avocats d'Agos demandèrent formellement qu'aucune charge ne soit requise contre moi.

Ils précisèrent que des cas similaires s'étaient conclu par un acquittement. Ils firent remarquer également que deux poids deux mesures discriminatoires étaient appliqués contre Agos, mais pas contre d'autres journaux turcs qui avaient publié des déclarations semblables.

Je vais faire circuler des versions anglaises de mon article du 6 octobre, de la plainte pénale, de ma réponse et des arguments des avocats. Je vois deux alternatives: ou bien le procureur de Sisli va porter plainte contre moi, ou bien, se fondant sur le précédent de l'acquittement d'Elif Safak, la plainte va être rejetée et aucune charge ne sera retenue contre moi. Les avocats et H. Dink voient la main de l'Etat Profond dans cette affaire, et prévoient que, puisque ce même procureur de Sisli a été responsable des affaires contre Orhan Pamuk, Shafak et H. Dink, moi aussi j'aurai probablement à affronter les poursuites judiciaires.

Avec mes remerciements et mes meilleures salutations.

Taner Akçam
Professeur Visiteur Associé
Département d'Histoire
Centre pour les Etudes de l'Holocauste et du Génocide de l'Université du Minnesota
(Yevrobatsi.org, Traduction Louise Kiffer, 16 janvier 2007)

Meeting arménien à Paris pour faire pression sur les politiques

La communauté arménienne de France se mobilise mercredi soir à Paris pour faire pression sur les politiques en pleine campagne électorale afin de faire passer au Sénat, avant la présidentielle du printemps, une loi controversée sanctionnant le génocide arménien de 1915.

Le but de ce "grand meeting contre le négationnisme", a expliqué à l'AFP Jules Boyadjian, porte-parole du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), "est de soutenir les sénateurs afin que cette loi passe avant la fin de cette session parlementaire" (fin février). "Si ce texte était examiné après l'élection présidentielle, il y aurait certainement des complications", dit-il.

Le texte, proposé par l'opposition socialiste et prévoyant des peines allant jusqu'à un an de prison et 45.000 euros d'amende pour négation du génocide arménien, a été voté le 12 octobre par les députés, déclenchant aussitôt l'ire de la Turquie. Reste à le soumettre au Sénat.

Les associations arméniennes, actives sur le terrain du lobbying politique, ont donc convié "les principaux candidats" à la présidentielle, à trois mois du scrutin. Aucun n'a toutefois promis de venir.

Des personnalités de la société civile seront présentes comme le chanteur et champion de la cause arménienne Charles Aznavour, le philisophe Bernard Henri Lévy ou encore Serge Klarsfeld, président de l'association des Fils et Filles de déportés juifs de France.

La communauté arménienne de France, qui se dit forte de 400.000 membres, avait déjà obtenu le 29 janvier 2001 une loi déclarative reconnaissant le génocide arménien, contesté par la Turquie.

Le chef de la diplomatie turque Abdullah Gül a mis en garde contre des dommages irréparables pour les relations bilatérales si la nouvelle loi est entérinée.

Des historiens français se sont insurgés contre une "loi mémorielle", soutenus par des juristes selon qui ce type de lois "viole à plus d'un titre la Constitution" et "la liberté d'expression et de recherche".  (AFP, 16 jan 2007)

Génocide arménien: premières prestations d'assurance

La compagnie d'assurance américaine New York Life a commencé à verser des prestations aux héritiers de ses assurés arméniens vivant dans l'Empire Ottoman en 1915, 92 ans après le génocide des Arméniens, a annoncé le banque HSBC chargée des versements.

"En Arménie, 1.353 personnes se verront verser leur prestation d'assurance. La somme totale parvenue à notre banque est de 3,650 millions de dollars", a déclaré à l'AFP un responsable de la succursale de cette banque à Erevan.

La somme totale que devra verser la compagnie américaine à travers le monde est de 20 millions de dollars, dont les parents de victimes recevront 11,9 millions. Trois millions iront à des organisation caritatives arméniennes, le reste sera consacré aux frais du Fonds créé pour répartir la somme totale entre les différents bénéficiaires ainsi qu'à l'Eglise arménienne.

"La compagnie a reçu plus de 6.500 demandes de la part d'Arméniens du monde entier mais seules 2.500 ont été validées", a déclaré le ministre arménien de la Justice, David Haroutiounian, dans un entretien à la télévision arménienne.

Des Arméniens de 26 pays du monde devraient toucher des prestations, a-t-il indiqué.

New York Life a accepté de payer à l'issue d'un procès remporté par des associations arméniennes le 30 juillet aux Etats-Unis concernant les polices d'assurance vendues au début du XXème siècle en Turquie.

Le tribunal a décidé que la compagnie devait rembourser les personnes susceptibles de prouver leurs liens de parenté avec des personnes figurant sur ses listes.

La Turquie n'entretient pas de relations diplomatiques avec l'Arménie voisine en raison notamment du différend sur les massacres d'Arméniens en 1915-17 sous l'Empire Ottoman.  (AFP, 16 jan 2007)

Hommes d'affaires arméniens et turcs pour l'ouverture de la frontière

Des hommes d'affaires arméniens et turcs se sont prononcés samedi pour l'ouverture de la frontière entre les deux pays, fermée en 1993, dans le cadre d'une conférence internationale organisée à Erevan par les Etats-Unis.

"Je veux que la frontière soit ouverte. Ce sera avantageux pour la Turquie qui a du mal à transporter ses produits vers l'Asie centrale et pour la Russie où il y a beaucoup de compagnies turques travaillant dans le bâtiment", a déclaré à l'AFP Alyans Kaan Soyak, co-président turc d'une commission turco-arménienne des hommes d'affaires.

Son homologue arménien Arsen Kazarian estime pour sa part que la Turquie pourrait devenir pour l'Arménie "une autre fenêtre sur le monde".

"Actuellement nous utilisons les voies de communication géorgiennes et iraniennes qui sont chères. Si la frontière est ouverte, nous utiliserons les ports de la Méditerranée pour sortir sur les marchés internationaux ce qui nous coûtera moins cher", a-t-il expliqué.
 La conférence a été organisée par l'ambassade américaine en Arménie et l'association américaine AIPRG (The Armenian International Policy Research Group).

Le vice-ministre arménien des Affaires étrangères Arman Kirakossian, s'est félicité de l'événement, tout en estimant que la situation n'allait pas changer dans un avenir proche.

"Toute conférence de ce type a une influence sur l'opinion publique (...) mais nous devons comprendre que cela n'entraînera pas une normalisation des relations arméno-turques. Actuellement nous n'avons aucune relation", a-t-il déclaré à l'AFP.

La Turquie a fermé la frontière avec l'Arménie en 1993 à la suite du conflit au Nagorny Karabakh, enclave séparatiste en Azerbaïdjan contrôlée par ses habitants arméniens soutenus par Erevan, et des efforts de l'Arménie pour faire reconnaître comme "génocide" les massacres de 1915-17 sous l'Empire ottoman.

Des produits turcs arrivent en Arménie via la Géorgie voisine et de nombreux Arméniens passent leurs vacances en Turquie.

L'importation des produits arméniens est interdite en Turquie. (AFP, 13 jan 2007)

Die Linke a mis un terme à la contestation du génocide arménien

Die Linke (ex-PDS), réuni en congrès hier à Brême (Allemagne) a mis un terme à la polémique déclenchée par l’un de ses dirigeants d’origine turque, M. Hakki Keskin, qui avait remis en question la réalité du génocide des Arméniens.

M. Keskin est l’ancien président du Conseil Central des Turcs d’Allemagne. Ses déclarations niant le génocide des Arméniens avaient profondément divisé sa propre formation qui s’était en outre attirée les foudres des Conservateurs, des Socialistes et même des Verts allemands.

Afin de désamorcer les vives critiques et l’opprobre dont elle faisait l’ objet, le parti de la gauche antilibérale présidée par Oskar Lafontaine et Grygor Gysi a publié un communiqué de presse par lequel il réaffirme que « l ’extermination du peuple arménien [par le gouvernement turc ottoman] n’est pas sujette à question » et que « la résolution adoptée à ce sujet par le Bundestag en 2005 constitue la base de la position de Die Linke ».

Le négationniste Keskin a déclaré soutenir cette déclaration. Il s’est néanmoins rallié à l’opinion de son principal soutien dans cette affaire, M. Bodo Ramelow, vice-président de Die Linke, selon qui « une prise en considération plus importante de la souffrance (sic !) de la population turque [durant la Première Guerre Mondiale] serait souhaitable ».

« Nous nous félicitons de cette position officielle par laquelle Die Linke se met à l’unisson des forces politiques en Allemagne et par laquelle elle rétablit le cordon sanitaire autour du négationnisme turc » a déclaré Laurent Leylekian, le directeur exécutif de la Fédération Euro-Arménienne.

« Il y a une imposture morale doublée d’une falsification de la réalité à mettre en comparaison les souffrances des populations turques du fait de la guerre - souffrances communes à tous les peuples - avec le déchaînement de haine et de barbarie que fut le génocide des Arméniens. C’est une posture typique de la démarche négationniste qui est également employée par les négateurs d’autres génocides » a conclu Laurent Leylekian.

La Fédération Euro-Arménienne salue la vigilance exercée par la société civile allemande – et tout particulièrement celle du Conseil Central des Arméniens d’Allemagne – grâce à laquelle Die Linke a coupé court à la dérive négationniste et est revenu à une position conforme à ses valeurs de Justice et de probité morale. (E-mail : contact@eafjd.org, 11 janvier 2007)

European court condemned Turkey in non-Muslim foundations Case

In a landmark decision likely to set an example for other possible cases against Turkey on property rights of non-Muslim foundations, the European Court of Human Rights on Tuesday announced that Turkey violated property rights of an Istanbul based-foundation.

The complainant concerning yesterday's ruling, the Fener Greek Higher Secondary School Foundation, is a foundation under Turkish law whose role is to promote education in the Greek high school of Fener, in Istanbul. The foundation, in its complaint filed to the court in 1997, relied on Article 1 of the European Convention on Human Rights covering the protection of property and Article 14 covering the prohibition of discrimination. Although Turkey was charged under Article 1, the court said there was no sufficient ground in the complainant's file proving that there has been discrimination against the non-Muslim foundation.

Nevertheless, the court ordered Turkey to return two title deeds of two properties -- which had been invalidated in 1996 by a decision made by a Turkish court -- to the foundation. If Turkey fails to reregister those two properties under the name of the foundation, then it will have to pay 890,000 euros to the foundation instead. Turkey has the right to appeal the decision by taking it before the 17-member Grand Chamber of the European court.

Non-Muslim foundations in Turkey have so far submitted numerous complaints to the top European court regarding violations of property rights and discrimination. If the Grand Chamber agrees with the Tuesday ruling by the court, then Turkey may have to face the same kind of rulings concerning those complaints.

Ruling implies solution via domestic remedy

Both a senior lawyer and diplomatic sources have agreed that a Tuesday ruling by the European Court of Human Rights concerning property rights of non-Muslim foundations meant that Turkey needed to ensure domestic remedy in order not to face a high cost that could stem from similar cases against Turkey.

The fact that the court didn't charge Turkey under Article 14 covering the prohibition of discrimination is by itself a positive aspect, diplomatic sources, speaking with the Turkish Daily News on condition of anonymity on Tuesday right after the release of the ruling, first of all noted.

If Turkey had been charged of discrimination, it would really be hurting and saddening, the diplomatic sources said, while prominent Law Professor İbrahim Kaboğlu made the same assertion on that aspect, saying that this was the relieving part of the decision for Turkey.

Nevertheless, the same diplomatic sources felt to need to emphasize that the court's charge on property rights was a very essential and serious one.

The ruling is not a surprise, it is not possible to notice the facts put forth as grounds of the ruling, they added, and said that now the decision would serve as a guide as to what Turkey should do for improving property rights for non-Muslim foundations.

While debating the law on foundations which was sent back by the president, the Parliament should take the Tuesday ruling into consideration and make necessary amendments accordingly, they said, referring to a law that would have improved the property rights of non-Muslim religious minorities and that was returned by President Ahmet Necdet Sezer.

As for his part, Kaboğlu pointed out the fact that the government had actually exerted efforts for resolving the property rights issue via legal amendments and reform packages as part of the European Union membership process.

Yet what we should understand from this ruling is the fact that implementation matters -- implementation which is closely related to the understanding of the rule of law, Kaboğlu said. Thus, there is a problem concerning the rule of law more than an issue of minority rights.

The ruling imposes an affirmative obligation on the shoulders of Turkey as the responsible state; which means that Turkey now needs to take the necessary precautions for preventing similar violations of property rights. This will also help prevent Turkey from being charged in the same way in similar cases pending before the European court, he added. (Turkish Daily News, January 10, 2007)

Armenian Journal Agos' article charged four times

Eyüp Prosecution office opened an investigation acting on Recep Akkuş’s complaint on Taner Akçam writer of Agos paper, Arat Dink the responsible editor and Serkis Seropyan the licence holder.
Yet another investigation against the writers and executive members of weekly Agos paper published in Armenian and Turkish.

Şişli Public Prosecution office handles investigation. It is claimed that Arat Dink and Serkis Seropyan committed offence under Penal Code (TPC) articles 330/1, 214, 215 and 216.

Akçam, Dink and Seropyan are charged with "insulting Turkishness, inciting crime, praising crime and criminal, inciting hatred and hostility among the people".

Journalists Arat Dink and Sarkis Seropyan are expected to give statements to Şişli Prosecution office today.

Agos published on 6 November 2006 Akçam’s article "Hrant Dink, 301 and a complaint". Akçam wrote in the article that he considered 1915-1917 incidents as a genocide yet he was not prosecuted and yet Dink was charged since he said the same as he answered an interview.

Gulay Göktürk: "La question arménienne, notre cauchemar"

Note de la rédaction d'Armenews: Au lieu de rester dans le déni, mieux vaudrait porter le débat sur la place publique, écrit courageusement la journaliste Gülay Göktürk [dans le quotidien Bugün]

On a tous vécu des expériences douloureuses dont on aurait voulu qu’elles ne fussent pas réelles et qu’on voudrait évacuer et oublier à tout jamais. Plus on fait comme si elles n’avaient jamais existé et plus leur souvenir se transforme, telle une obsession, en cauchemar quotidien. Le jour où, prenant votre courage à deux mains, vous décidez de vous confronter à ces souvenirs et de les assumer, tout d’un coup vous vous sentez mieux et, alors que vous vous interrogez sur toutes ces années de souffrance, vous vous rendez compte que la solution était finalement plus simple qu’il n’y paraissait.

Eh bien, c’est exactement comme cela que la question arménienne s’est transformée pour nous en cauchemar. Nous n’avons visiblement pas les moyens de mettre un terme au débat sur ce sujet, pas plus que nous ne sommes en mesure de persuader l’opinion mondiale qu’il ne s’est rien passé au début du XXe siècle avec les Arméniens dans l’Empire ottoman.

En outre, et quoi qu’il se soit passé en 1915, nous n’avons pas eu le courage jusqu’à maintenant de mettre les choses à plat, sans complexe.

Nous sommes coincés dans cette impasse et chaque jour qui passe constitue pour nous une souffrance supplémentaire. En effet, c’est avec appréhension que nous attendons les coups qui vont nous tomber dessus. A qui le tour ? Quel Parlement de quel pays va cette fois adopter une loi sur le génocide arménien ? Depuis des années, nos diplomates en sont réduits à une seule et unique activité : tenter de contrer les accusations de génocide. Comme l’a dit Ilter Türkmen [ancien ambassadeur de Tuquie, aujourd’hui éditorialiste du quotidien Hürriyet ], chaque année, à l’approche du 24 avril [date anniversaire du génocide arménien], on attend avec angoisse le communiqué émanant de la Maison-Blanche. Même si est évoquée “l’une des plus terribles tragédies du XXe siècle, où 1,5 million d’Arméniens ont été déportés et tués en masse”, nous nous réjouissons car le mot “génocide” n’a pas été prononcé. On se dit alors que de nouveau on l’a échappé belle.

Ne serait-il pas plus sain de crever maintenant l’abcès ?

Cette situation est si calamiteuse qu’elle nous a même empêchés de nous réjouir de la récente débâcle électorale de George W. Bush. A peine les résultats furent-ils connus que Nancy Pelosi, la nouvelle présidente de la Chambre des représentants, devenait un nouveau sujet d’inquiétude. Cette dernière est en effet connue pour sa sensibilité particulière à l’égard de la question arménienne et il ne semble pas du tout exclu qu’en avril prochain la Chambre basse du Congrès américain adopte une décision allant dans le sens de la reconnaissance du génocide arménien. Nous voilà donc de nouveau plongés dans des pensées noires.

Comment allons-nous pouvoir supporter une telle claque de la part de notre principal allié ? Franchement, peut-on vraiment continuer de cette façon ?

Plutôt que de subir, portons le débat sur la place publique. Ne serait-il pas plus sain de crever l’abcès ? Le principe consistant à “laisser l’Histoire aux historiens” a montré ses limites. La classe politique a été la première à passer outre à ce principe. Comme l’a très bien formulé l’historien turc Sükrü Hanioglu, “il est impossible que l’Histoire demeure le monopole des seuls historiens. On ne peut donc éviter que la classe politique interprète l’Histoire à sa façon. En réalité, le problème ne réside pas dans l’interprétation occasionnelle de l’Histoire par des politiciens, mais plutôt dans la façon dont la classe politique peut éventuellement vouloir imposer son interprétation de l’Histoire à la société en affirmant qu’il s’agit de la seule vérité et en interdisant tout débat à ce propos.”

Ce n’est donc qu’en créant les conditions d’un débat libre et d’où toute volonté d’interdiction sera absente que l’on pourra sortir de cette impasse. Quoi qu’il résulte d’un pareil débat, ce ne pourra pas être pire que le cauchemar actuel. En effet, il n’y a rien de pire pour un pays que de voir son Histoire prise en otage et victime de chantage. (Gülay Göktürk, Bugün - Stéphane/armenews, 6 janvier 2007)

Présence contestée de la Secrétaire d'Etat Grouwels au colloque négationniste

Mais que faisait la secrétaire d'État Brigitte Grouwels (CD&V) à l'ULB, le 15 décembre, lors d'un colloque sur le multiculturalisme ottoman, où participaient notamment des orateurs tels que l'historien négationniste Veinstein ou Tariq Ramadan? La députée bruxelloise Viviane Teitelbaum (MR) n'entend pas laisser passer ce «dérapage» d'un membre du gouvernement. Nous avons tenté en vain de contacter Mme Grouwels.

Que s'est-il passé exactement à l'ULB, ce 15 décembre?

Le thème de ce colloque était: «L'Union européenne en quête d'identité
multiculturelle : l'expérience ottomane ». L'ULB a fait un communiqué sur le sujet, expliquant que sa bonne foi avait été abusée par les organisateurs. Voici ce qui m'a été expliqué à l'ULB : ceux-ci avaient fait une demande pour obtenir une salle et présenté les thèmes du colloque ainsi que les orateurs. Au fil des jours, thèmes et orateurs ont été modifiés. Je précise que j'ignore toutefois la demande d'origine.

Qu'a fait l'ULB ?

L'Université a alors décidé de l'interdire pour revenir sur sa position à cause de la présence d'un ministre du gouvernement turc parmi les orateurs. L'ULB a voulu éviter un incident politique, en précisant qu'elle ne serait plus prise en otage par
des opposants à ses valeurs de libre-examen.

Que venait faire Brigitte Grouwels dans ce colloque?

Je me pose encore la question. Une semaine plus tard, je le lui ai demandé lors d'une question d'actualité au Parlement bruxellois. Je n'ai toujours pas reçu copie de son intervention, malgré sa promesse. Selon la secrétaire d'Etat, les propos tenus lors de ce colloque n'étaient pas négationnistes. C'est possible. Mais que je sache, Mme Grouwels ne connaît pas le turc. Peut-être a-t-elle un membre de son cabinet bilingue.

Qu'a-t-elle répondu à votre question d'actualité?

Elle a admis avoir pris la parole au colloque et précisé que si elle reconnaissait le génocide arménien, elle ne négligeait pas pour autant l'importance de la multiculturalité de l'Empire ottoman.

Comment avez-vous réagi?

Je lui ai rappelé qu'il y avait 25 % de non-musulmans en Turquie et qu'ils sont moins de 2 % aujourd'hui. Que les Arméniens ont été victimes d'un génocide, que les Grecs ont été chassés ou massacrés et que la communauté kurde a été opprimée.

Et que vous a-t-elle dit ensuite?

Elle a admis que « des choses terribles s'étaient produites». Pour montrer son ouverture d'esprit, elle a souligné la présence d'une catholique à l'ULB.

Qu'allez-vous faire?

Je ne laisse pas passer. Il y a eu mon interpellation à Emir Kir restée sans réponse et puis cette présence de la secrétaire d'État à un colloque pour le moins contestable. Je crois que le gouvernement bruxellois a un problème avec le génocide arménien.

Il y a des élus turcs MR qui ont la même attitude que M. Kir...

C'est vrai que les Turcs sont nationalistes, voire négationnistes pour certains. Mais j'attends d'un secrétaire d'État une attitude plus exemplaire. Certes, cette affaire de pétition est antérieure à son entrée en fonction, mais ce qu'on lui demande, c'est de prendre clairement position.  (Le Soir, FRANÇOIS ROBERT, 2 janvier 2006)

Politique intérieure/Interior Politics

ECHR refuses to interfere with Turkey's election threshold

The European Court for Human Rights (ECHR) ruled that election threshold in Turkey did not interfere with the free expression of the people in their choice of the legislature.

Democratic People's Party (DEHAP) had lodged a complaint to the ECHR on 26 March 2003, following the general elections on Nov. 3, 2002, claiming that Turkish electoral law prevents representation of political forces in the Turkish Grand National Assembly.

Turkish government's attorney stated that the election threshold was necessary to preserve political stability in the country and that other parties that also could not enter the parliament did not object to the threshold.

DEHAP's attorney said that the 10 percent threshold was posing a threat on representation and legitimacy problem based on pluralistic democracy. He also said that the voters' opinion from eastern part of Turkey was not reflected in the parliament due to the threshold.

In Nov. 2002 elections, the DTP obtained approximately 45.95% of the vote (47,449 votes) in southeastern Turkish province of Sirnak, but did not secure 10% of the national vote. The applicants were not elected, in accordance with section 33 of the Election of Members of Parliament Act, which states that "in order to secure seats in Parliament, parties must obtain at least 10% of the valid votes cast nationally".

Consequently, of the three parliamentary seats allotted to Sirnak province, two were filled by the ruling Justice and development Party (AKP), which obtained 14.05% of the vote (14,460 votes), and the third by an independent candidate, Mehmet Tatar, who obtained 9.69% of the vote (9,914 votes). (Cihan, January 30, 2007)

L'ancien ministre des affaires étrangères Ismail Cem décédé

L'ancien ministre turc des Affaires étrangères, Ismaïl Cem, décédé mercredi à l'âge de 67 ans des suites d'un cancer, était un fin diplomate artisan du rapprochement turco-grec.

Né en 1940 à Istanbul dans une famille aisée, Cem a été l'un des hommes politiques à occuper le plus longtemps le poste de ministre des Affaires étrangères (1997 à 2002). Il avait été nommé à ce poste dans le gouvernement de coalition formé par Mesut Yilmaz, chef du parti de la Mère patrie (Anap, centre-droit), avec le DSP (gauche nationaliste) du vétéran de la politique turque Bülent Ecevit (décédé en novembre), alors vice-Premier ministre. Il avait retrouvé ce poste après les élections de 1999.

Fervent partisan de l'entrée de son pays dans l'Union européenne, il a beaucoup oeuvré pour que la Turquie obtienne, en décembre 1999, le statut de pays candidat à l'adhésion à l'UE.

Toutefois dans une interview réalisé en octobre, juste un an après l'ouverture des pourparlers d'intégration, il s'était déclaré déçu des hésitations européennes d'accepter la Turquie musulmane en son sein, affirmant: "Au vu des réalités l'adhésion de la Turquie ne semble pas possible", accusant les européens de "complexe anti-turc".

Respecté par la classe politique turque et dans les milieux occidentaux, cet anglophone et francophone polyvalent était considéré comme un fin diplomate doué d'un charisme certain.

Après deux violents séismes qui avaient frappé la Turquie et la Grèce en 1999 et créé un élan de solidarité entre les peuples, il avait été avec son homologue grec Georges Papandréou l'architecte du rapprochement entre la Turquie et la Grèce, deux voisins qu'opposent de nombreux différends.

Diplômé de la Faculté de droit de l'Université de Lausanne, Ismaïl Cem était également titulaire d'une maîtrise de sociologie politique obtenue à l'Institut d'études Politiques de Paris en 1981.

Il a été chroniqueur et rédacteur en chef de plusieurs organes de presse, et est l'auteur de plus de dix ouvrages, consacrés notamment à la social-démocratie turque.

La société turque avait appris à le connaître grâce à sa direction novatrice de la Radio-Télévision d'Etat (TRT) en 1974 et 1975, avant qu'il ne soit limogé pour ses idées jugées trop libérales à l'époque.

Idéologue connu du mouvement social démocrate turc, il avait été élu député d'Istanbul lors des élections législatives de 1987 dans les rangs du Parti Populiste Social Démocrate (SHP, fusionné avec le Parti Républicain du Peuple, CHP). Il avait été nommé en 1995 ministre de la Culture du gouvernement de la coalition droite-gauche du premier ministre, Mme Tansu Ciller.

Il avait quitté en 1995 le CHP et rejoint le DSP, dans les rangs duquel il était redevenu député pour un troisième terme à l'issue des élections législatives de la même année.

Ismaïl Cem avait subi une cuisante défaite à la tête de son parti pro-européen de la Nouvelle Turquie (YTP) lors des élections législatives de 2002 en n'obtenant aucun siège au parlement.

Il avait pourtant joué un rôle primordial dans la préparation de ce scrutin en démissionnant du DSP et s'éloignant de son mentor, Bülent Ecevit, qui ne lui avait pas pardonné.

Après cette désillusion, Cem avait fusionné son YTP avec le grand mouvement social-démocrate CHP et avait adopté un profil bas, notamment en raison de sa maladie décélée en 2004.

Amateur de photographie et personnage cultivé, il était marié et père de deux enfants. (AFP, 24 jan 2007)

Enterrement d'Ismail Cem

L'ex-ministre turc des Affaires étrangères Ismail Cem a été enterré vendredi à Istanbul en présence de son ancien homologue grec Georges Papandréou, avec qui il avait oeuvré à l'amélioration des relations entre leurs deux pays.

"Nous partagions la même vision sur la nécessité de changer de route, de rendre le monde plus paisible, nos pays plus proches et unis par des liens d'amitié, la région plus stable", a déclaré à la presse après l'inhumation M. Papandréou, cité par l'agence de presse Anatolie.

"Aujourd'hui, je suis venu déposer dans ce cimetière des rameaux d'un olivier que j'ai fait pousser dans mon jardin et présenter une dernière fois mes respects à mon ami Ismail", a-t-il poursuivi, selon la traduction en turc de ses propos.

M. Papandréou dirige actuellement le principal parti d'opposition en Grèce. Il était accompagné aux obsèques par son épouse et le vice ministre grec des Affaires étrangères Theodore Kassimis.

Au sortir de la mosquée où il a assisté à un office religieux musulman à la mémoire de son ami, M. Papandréou a été applaudi par des centaines de personnes.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et de nombreux autres politiciens et membres de l'intelligentsia turque ont assisté aux obsèques. (AFP, 26 jan 2007)

National Intelligence Organization (MIT): "Turkey under threat"

National Intelligence Organization (MIT) Undersecretary Emre Taner has issued some bold warnings about Turkey's future, arguing in a statement echoing the fears of many Turks that some nation-states in the Middle East might not last for long and that Turkey should be more pro-active to ensure its existence.

This warning came on the 80th anniversary of MIT, Turkey's principal secret service. MIT is generally known to keep a low public profile, and MIT undersecretaries rarely make headlines with their statements. Taner apparently broke the tradition with his threat analysis, which was posted on MIT's Web site last Friday and made the headlines in several dailies over the weekend.

In his assessment Taner argued, "In this period that we are currently in, we will see the process by which many nations will lose the marathon of history." He went on to say: "All values, structures, relations, systems and social order, be it socioeconomic or political, religious or moral, are being reshaped and redefined. This process is representative of the period in which new key players, secondary players and the rules of the international system are being redefined and even reborn."

The undersecretary also hinted at what needs to be done in the face of this peril facing the nation-state. Turkey, he argued, does not have "the luxury of letting things flow at its own pace or of simply following laissez-faire tactics with regards its policies." He criticized Turkey's traditional wait-and-see tactics. "While it was foreseeable that the bipolar global system was not to last long in the second half of the 20th century, nations were unprepared for the post-1990 period," said Taner; in a way that hinted Turkey's own lack of preparedness. "The primary reason for this is the deeply conservative manner in which countries gripped by the status quo approach analyses of the system," he added. "For this reason, any predictions regarding the future were unsuccessful within the rigid puritanical approach."

Taner's statements created a stir in the Turkish media. Hurriyet's chief columnist Oktay Ekşi criticized the undersecretary for making his opinions public, whereas he should have passed them onto his superiors in the state hierarchy. Sabah columnist Erdal Şafak took a more favorable tone and argued that Taner rightly warned Turkey of the clear and present dangers it is facing. "Keep Undersecretary Taner's statement in your mind," Şafak suggested, "and put near it the map drawn by U.S. Col. Ralph Peters." The map in question is the one that was published in the U.S. Armed Forces Journal last year and which presented an "ideal Middle East," in which Turkey, along with many other countries, were divided along ethnic lines. Many Turks believe or at least suspect that Peters' map reflects the hidden but definitive strategy of the U.S. government.

Sabah's Ankara bureau chief Aslı Aydıntaşbaş approached the issue from a more relaxed point of view. "Some have understood the undersecretary's comments as a call to invade Iraq," Aydıntaşbaş noted, "but few have realized that he was mainly talking about his own institution." Taner was not suggesting a new foreign policy, according to her, but a reshaping of MIT, which he criticized for not being well prepared for the post-Cold War world. "Instead of acting like a Big Brother-type society watcher," the undersecretary was suggesting, according to Aydıntaşbaş, "MIT should become a modern intelligence service that would counter strategic threats with a more flexible staff." (Turkish Daily News, , January 8, 2007)

La Turquie entre dans une année électorale pleine de tensions

A quatre mois de la présidentielle en Turquie, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan est donné favori mais l'éventuelle candidature de cet ancien islamiste suscite la controverse dans un pays où le chef de l'Etat est considéré comme garant de la laïcité constitutionnelle.

Fort d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale, son parti, le parti de la Justice et du Développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir depuis les dernières législatives de 2002, devrait avoir le dernier mot sur le choix du prochain président, en mai prochain.

En Turquie, le chef de l'Etat, qui a une fonction essentiellement honorifique, est élu par l'Assemblée pour un mandat non renouvelable de sept ans.

Interrogé avec insistance par la presse, M. Erdogan, qui renie aujourd'hui son passé d'islamiste radical, n'a pas exclu de se présenter. Il pourrait alors succéder au président actuel, Ahmet Necdet Sezer, un ancien magistrat aux convictions laïques affirmées et très respecté.

M. Erdogan, qui aura 53 ans au moment de l'élection, est apprécié des classes populaires mais détesté dans les cercles pro-laïques en raison d'anciennes déclarations, mettant en cause les réformes du fondateur de la Turquie laïque Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938).

M. Erdogan, alors maire d'Istanbul, avait purgé une peine de quatre mois en 1998 pour "incitation à la haine religieuse". Il affirme défendre aujourd'hui une laïcité respectueuse de la démocratie et les libertés religieuses.

Le Premier ministre, en fonction depuis 2003, a déclaré qu'il ne ferait pas connaître sa décision sur son éventuelle candidature avant l'expiration du mandat de M. Sezer, en avril.

L'opposition social-démocrate a d'ores-et-déjà fait savoir qu'elle boycotterait le vote si M. Erdogan se présentait. "L'AKP élira un président comme s'il désignait un président de son groupe parlementaire, c'est aussi simple", a ainsi déclaré Deniz Baykal, chef du Parti républicain du peuple (CHP).

Le CHP considère la présidence comme "la dernière citadelle" de la laïcité et accuse l'AKP de chercher de s'en emparer pour promouvoir ce qu'il qualifie de "programme secret islamique".

D'importantes personnalités du milieu des affaires ont indiqué préférer que M. Erdogan reste à la tête du cabinet pour éviter que l'économie fragile du pays ne souffre d'un débat qui vire à l'acide.

L'establishment pro-laïque envisage d'autre part d'un très mauvais oeil la perspective de voir, en cas d'élection de M. Erdogan, le pays représenté par une première dame voilée, une "aberration" pour un pays à majorité musulmane mais au régime strictement laïque qui se vante d'être une figure de modernisme dans le monde musulman et veut intégrer l'Union européenne.

Dans cette hypothèse, il est probable que les généraux, qui se considèrent comme les gardiens des principes laïques du pays, boycottent les réceptions au palais présidentiel, lieu public par essence où il est interdit de porter le foulard islamique, tout comme à l'université et dans la fonction publique.

Selon un autre scénario, M. Erdogan pourrait, selon les observateurs, soutenir la candidature de son bras droit à la magistrature suprême: Abdullah Gül, son vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

Il pourrait ainsi conduire son parti aux élections législatives prévues en novembre 2007, sans risquer une fronde dans ses rangs.

Enfin, l'autre possibilité pour le parti de M. Erdogan serait de susciter la candidature d'un "indépendant", une personnalité de la société civile plus ou moins proche de l'idéologie de l'AKP, et à laquelle l'armée ne pourrait pas s'opposer.  (AFP, Burak Akinci, 3 jan 2007)

Forces armées/Armed Forces

Conscientious Objector at Legal Loophole


Corlu Martial court rules conscientious objector Halil Savda to be released pending trial today.

Savda was arrested on December 7 on the case where he's tried with "disobedience to orders with intention of avoiding military duty totally or partially" as defined on article 88 of the Martial Penal Code.

Upon his release, he was taken to the army barracks in Gelibolu. Authorities use this legal loophole to pressure the conscientious objectors. It's probable that Savda will face disciplinary punishment again in the barracks for disobeying the orders.

A European Court of Human Rights (ECHR) ruling on January 24 2006 condemned the Turkish government for lack of legal arrangements for objectors to military service, which is compulsory by law for every Turkish male citizen over 18 years of age.

Platform on conscientious objection

Objecting to military service in Turkey is an offence and, as recent experiences have shown, one in which civilians who have not yet been recruited can face charges and sentences at military tribunals.

15 democratic mass organizations and political parties have united in recent months to launch a Conscientious Objection Platform to defend the rights of those who reject compulsory military service.

The platform demands the lifting of legislation that restricts anti-militarism and defines it as a punishable offence of "discouraging the people from military service".

Inclusive of the abolishment of laws under which conscientious objectors can be prosecuted for "insistence of disobeying orders" and sentenced to various terms of imprisonment, martial criminal law articles 87 and 88. (BIA, January 25, 2007)

Turkish Commander: "EU no longer neutral on Cyprus, place for solution is UN"

The European Union totally lost its neutrality on Cyprus problem by accepting the Greek Cypriot administration as a member in 2003, said Turkey's Land Forces Commander Gen. Ilker Basbug on Thursday.

"The EU has also weakened its possible influence for reaching a settlement. The place for a solution to the Cyprus problem is the UN," he stressed.

The general held a press conference yesterday at the Cyprus Turkish Peace Forces (KTBK) headquarters in Girne, on the last day of his four-day visit to the Turkish Republic of Northern Cyprus.

Stressing that the Turkish Armed Forces (TSK) were carrying out their mission in the TRNC under the authorization of the constitution of the Turkish Cypriot state, Gen. Basbug said that they will continue to serve as a security guarantee for the Turkish Cypriot people.

Recalling the Greek Cypriot rejection of the Annan plan in 2004, which was the last major effort for the settlement on the island, Gen. Basbug also warned against the dangers posed by the increasing purchases of military weapons by the Greek Cypriot administration.

Pointing to examples of ethnic conflict and violence still dominating world politics, the Turkish commander said the Turkish Cypriot people were right in their skeptical approach towards Greek Cypriot intentions.

"Turkey has historical and legal responsibilities on Cyprus due to the founding treaties of the 1960 Republic of Cyprus, guarantee and alliance agreements," Gen. Basbug underlined and further said that the agreements which made Turkey a guarantor power on the island are still relevant.

Turkey is one of three guarantor powers on Cyprus, and it launched a military intervention in 1974 in response to an Athens-engineered Greek Cypriot coup to unite the island with Greece. The Turkish military has around 35,000 soldiers on the island to avoid any new ethnic clashes and in order to back the Turkish Cypriot state. (The New Anatolian, 26 January 2007)

Turkey to get work share worth over $5 billion in F-35

Turkey expects to obtain a work share worth more than $5 billion for its local defense industry for the manufacture of the U.S.-led, next generation F-35 fighter aircraft, offsetting nearly half of the program's planned $11 billion cost for Ankara, Turkish defense officials said. The production arrangement is viewed as a first step toward purchasing the fighter planes.National Defense Minister Vecdi Gönül arrived here late Wednesday to sign a document formalizing Turkey's participation in the F-35's production phase and for a meeting with new U.S. Secretary of Defense Robert Gates.

He and U.S. Deputy Secretary of Defense Gordon England were scheduled to sign the F-35's memorandum of understanding early today (Friday) Turkish time when the Turkish Daily News went to press.

"With the signing of the memorandum understanding, Turkey will officially become one of the nine partner states in the program's production phase," Gönül told reporters on his arrival in the U.S. capital.

The other partners are the United States, Britain, Italy, the Netherlands, Australia, Canada, Denmark and Norway. The F-35 is also known as the Joint Strike Fighter (JSF) and Lightning II.

"We have so far secured a local work share worth $4.2 billion," said a senior procurement official accompanying Gönül in Washington. "With the addition of some more contracts, we expect to be well over $5 billion."

The bulk of local work is due to go to Tusaş Aerospace Industries (TAI), Turkey's main aerospace company, which, for example, will manufacture the center fuselage for 400 F-35s.Some additional contracts are expected for related engine and electronics production, the official told the Turkish Daily News.

The Defense Industry Executive Committee, Turkey's top decision-making body on defense procurement, announced on Jan. 12 that Ankara would join the F-35's production phase, a move interpreted as a prelude to buying the aircraft.

Turkey plans to buy 100 F-35s over the next 15 to 20 years.

But the memorandum understanding for taking part in the program's production phase is not binding in terms of the aircraft's eventual purchase. Members of the production phase will have to make a decision in a few years to commit to buy a specific number of F-35s. So today's figures, including Turkey's plan to buy 100 JSFs, represent intentions.

The F-35s are planned to begin to arrive in Turkey around 2014 and should replace the Air Force's present fleet of older F-16s and the Vietnam War-era F-4Es. 

The United States is planning to order 2,443 F-35s and Britain another 138. At this point the nine partners plan to purchase a total of nearly 3,200 planes. Lockheed Martin, the world's largest defense company is the program's prime contractor.

Until recently the F-35 JSF had been in competition with Europe's Eurofighter Typhoon for the Turkish market, but the military ultimately opted for the U.S.-led option.  As a stop-gap solution to meet the Air Force's requirements until the F-35s arrive, Turkey is planning to buy 30 brand new F-16 Block 50 fighters worth nearly $1.65 billion. Turkish and U.S. officials are presently working on the program's details. The F-16s are also produced by Lockheed Martin.

Gönül and Gates will come together at a lunch at the Pentagon today (Friday) for their first meeting and are expected to briefly discuss Iraq and procurement matters. Gates last month replaced Donald Rumsfeld as U.S. secretary of defense. (Turkish Daily News, January 26, 2007)


Conscientious Objector Halil Savda on Hunger Strike

Human Rights Association (HRA) İstanbul Branch reported that conscientious objector Halil Savda kept on remand in Corlu prison is on hunger strike. The court had asked for a “psychological examination” and Savda was forced to take a psychological examination after the last hearing. Savda went on a hunger strike over such repressive measures.

It is reported that Savda said “I object to being forced to take an examination. I refuse to take a psychological examination. I have conscientious objection to becoming a soldier. I am not sick or disabled. I do not want a “not fit report”. I refuse to join the army as a conscientious objector and do not want to take a medical examination for that.” HRA members said that Savda was forcfully taken to a hospital and added that Savda had argued with the doctors reminding them that examining him against his will was against medical ethic but had been examined. HRA İstanbul Branch said called on the public to raise solidarity with Savda.

Halil Savda was put on remand by Çorlu Military Court with the charge of “disobeying orders and escape” on 7 December 2006. (antenna-tr.org, January 19, 2007)

Renault va produire la nouvelle Clio avec l'Armée turque

Renault va produire la nouvelle Clio en Turquie à partir de la fin de l'année, a déclaré mardi Luc-Alexandre Ménard, patron de la région Euromed pour le constructeur français.

Il s'exprimait lors d'une conférence de presse de la filiale turque Oyak-Renault, qui prévoit des investissements de 183 millions d'euros en 2007.

Renault est le numéro un du marché automobile turc avec 59.400 voitures vendues en 2006, soit une part de marché de 15,9%.

Oyak-Renault (holding des officiers de l'Armée turque) a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 2,2 milliards d'euros, dont 1,7 milliard à l'exportation. (Reuters, 9 janvier 2007)

Turkey pushes button for $500 million helicopter competition

After delays that kept potential bidders waiting, Turkey has officially launched a bidding process to acquire a batch of 10 heavy lift helicopters for its armed forces.

The Undersecretariat for the Defense Industry (SSM) has said that it expects potential bidders to respond to a Request for Information (RfI) no later than Jan. 15.

The heavy lift platforms will be the first such aircraft the Turkish military will operate. Industry sources say the program may cost Turkey around $500 million and expect a mostly U.S.-Russian rivalry in the competition. Potential bidders include U.S. Boeing, maker of the U.S. Army's CH-47 Chinook; Sikorsky, maker of the U.S. Marine Corps and Navy's CH-53 Super Stallion; and Russia's Mil Helicopter Company, maker of the Mi-26 Halo.Boeing's Chinooks have been sold to 16 countries, and one of the largest users is Britain's Royal Air Force. Boeing had made initial contacts with Turkish authorities for a potential sale of 10 CH-47s even before the competition officially began. Sikorsky's CH-53 is the largest military helicopter in the United States and the Western world. It is also used in Germany and Israel. Sikorsky's latest version, the CH-53E, is no longer produced, and Sikorsky is now developing a more advanced model, the CH-53K. The first production CH-53K aircraft is planned to be delivered to the U.S. military in 2014, and it is not clear if this manufacture scheme will fit into Turkey's procurement plans.Russia's Mi-26 Halo is the world's largest helicopter in production. But analysts say that the limited nature of defense industry relations between Russia and NATO-member Turkey, whose weapons and defense equipment are almost exclusively of Western design, will likely reduce the Russian option's chances.

The program aims to boost the Turkish military's mobility, according to defense analysts. Air mobility is one of the stronger points of Turkey's Army which operates hundreds of utility helicopters. A former deputy chief of the Turkish General Staff boasted as early as 1997 that the Turkish Army was one of the few land forces in the world that could deploy a brigade by air overnight. (Turkish Daily News, January 9, 2007)

Un ex-commandant de la marine condamné pour corruption veut saisir la CEDH

L'ancien commandant en chef de la marine turque, Ilhami Erdil, condamné en février à deux ans et demi de prison pour enrichissement illégal, prévoit de saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), a indiqué mercredi son avocat.

Me Dinçer Eskiyerli a précisé à l'agence de presse Anatolie qu'une pétition à cet effet serait adressée vers la fin du mois de janvier à la Cour de Strasbourg.

Dans sa requête, l'ancien amiral Erdil cherchera surtout à se "réhabiliter", selon son avocat, qui n'a pas fourni d'autre précision.

"Je souhaite que ma dignité, mon honneur me soient restitués", a déclaré M. Erdil au quotidien à gros tirage Hürriyet. Il rejette toutes les accusations qui ont été portées contre lui lors de son procès. L'affaire a été médiatisée car c'était la première fois en Turquie qu'une peine de prison était prononcée à l'encontre d'un militaire d'un rang aussi élevé.

Le tribunal militaire qui l'a condamné a justifié l'emprisonnement par le fait que l'amiral à la retraite n'avait pas pas pu expliquer comment il avait pu acquérir légalement deux appartements de luxe à Istanbul.

Les juges ont ordonné la confiscation des deux appartements et demandé que l'amiral soit rayé des cadres de l'armée.

La cour d'appel militaire a confirmé la peine prononcée à son encontre mais l'ancien officier n'a pas encore été écroué.

La fille de l'amiral et son ancien aide de camp ont également été condamnés à des amendes pour abus de fonction et dépenses excessives dans leur logement de fonction.

L'épouse de l'amiral a été acquittée d'accusations similaires.

Il est très rare que des officiers de ce rang soient condamnés en Turquie pour corruption. (AFP, 3 jan 2007)


Affaires religieuses/Religious Affairs

Un dirigeant et 46 membres présumés d'Al-Qaïda arrêté en Turquie

Un responsable des opérations d'Al-Qaïda en Turquie figure parmi la cinquantaine de personnes arrêtées lundi par la police turque au cours d'une vaste opération menée simultanément dans plusieurs provinces du pays, a rapporté mardi l'agence de presse Anatolie.

Ekrem K. était en contact avec des cellules d'Al-Qaïda à l'étranger et entraînait de nouvelles recrues, a affirmé l'agence, précisant que la police était également à la recherche d'un autre individu soupçonné d'avoir établi des contacts avec des dirigeants du réseau terroriste en Irak et en Afghanistan.

Informée de projets d'attentats, la police a arrêté lundi 48 personnes au cours d'une opération menée simultanément dans sept provinces de Turquie, a indiqué Anatolie, qui avait initialement fait état de 46 interpellations.

Vingt-trois personnes ont été appréhendées dans la province de Konya, en Anatolie centrale et 17 autres à Istanbul.

Les huit personnes restantes ont été arrêtées à Kocaeli et Bursa (nord-ouest), Izmir et Afyonkarahisar (ouest), et Mardin (sud-est).

Une cellule locale d'Al-Qaïda est tenue pour responsable d'une série de quatre attentats suicide visant en novembre 2003 à Istanbul deux synagogues, le consulat du Royaume Uni et une banque britannique, qui ont fait au total 63 morts et des centaines de blessés.

Soixante-treize personnes, dont deux Syriens, sont en cours de jugement pour leur implication supposée dans ces attentats. (AFP, 30 jan 2007)

La Turquie assure s'être occupée du sort de Kurnaz à Guantanamo

Ankara a assuré vendredi s'être activement occupé du sort du Turc Murat Kurnaz, né en Allemagne, rejetant les reproches apparues dans la presse allemande selon lesquelles la Turquie n'aurait pas tout fait pour récupérer ce citoyen détenu à Guantanamo.

"Le gouvernement turc s'est occupé de cette affaire depuis le début de manière intensive", a déclaré l'ambassade de Turquie à Berlin. Ankara s'est activé "sur les plans aussi bien politique que technique" pour que des Turcs détenus sur la base américaine, quand ils étaient mis en accusation, soient traduits en justice ou libérés, a-t-elle fait valoir.

Le gouvernement turc, selon la même source, a suivi l'affaire Kurnaz en prenant contact avec les autorités américaines mais aussi en informant les avocats et la famille du détenu, surnommé le "taliban de Brême", des efforts en cours.

Ankara s'est "efforcé également de communiquer avec les autorités allemandes et de mener avec elles une coopération harmonieuse et orientée vers un résultat", a ajouté la représentation diplomatique dans la capitale allemande.

 Au cours d'un voyage au Pakistan, fin 2001, ce Turc vivant à Brême (nord de l'Allemagne) avait été arrêté. Il a ensuite été transféré sur la base américaine à Cuba, où il a passé quatre ans, avant d'être libéré à l'été 2006 à la suite de pressions du gouvernement d'Angela Merkel.

Une polémique fait rage en Allemagne sur l'apparent manque d'empressement de Berlin à faire libérer Kurnaz. L'actuel ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, qui coordonnait sous le gouvernement précédent de Gerhard Schröder les services secrets, a affirmé que Berlin "n'avait jamais fait traîner la libération" de Kurnaz de Guantanamo et nié avoir rejeté en 2002 une quelconque offre des Américains de le libérer, démentant son existence.

M. Steinmeier, s'est aussi demandé dans une interview "ce qui s'opposait alors à la libération" de Kurnaz pour qu'il rejoigne la Turquie, "où sa femme et d'autres membres de sa famille vivent". (AFP, 26 jan 2007)

La Grèce va salarier les imams de sa minorité musulmane

Le gouvernement conservateur grec a annoncé jeudi sa décision de salarier 240 imams pour la minorité musulmane vivant en Thrace, dans le nord-est du pays, dans un geste de bonne volonté envers cette population qui vise aussi à mieux encadrer les prêches.

Cette mesure doit faire l'objet d'un amendement parlementaire qui sera soumis au vote prochainement, a annoncé le ministère de l'Education et des cultes, qui sera chargé de créer ces postes et d'en rémunérer les détenteurs.

Seuls les prêtres orthodoxes sont jusqu'à présent salariés par l'Etat en Grèce, où la religion orthodoxe est dominante.

Une commission regroupant trois représentants du gouvernement et deux universitaires spécialistes de l'islam sera chargée de désigner les imams, en concertation avec les trois muftis de Thrace, qui eux sont déjà nommés par l'Etat, a précisé le ministère.
 "Sur le principe, cette réforme est positive, mais il ne faudrait pas qu'elle débouche sur trop d'interventionnisme", a déclaré à l'AFP le député musulman Ilhan Ahmet, membre de la majorité conservatrice.

Cette mesure répond à une revendication de longue date de la minorité musulmane, qui actuellement prend financièrement en charge ses imams.

"Il s'agit de donner un cadre" à l'enseignement religieux, a commenté un responsable du ministère de l'Education, sous couvert d'anonymat.
 La prise en charge par l'Etat du personnel religieux de la minorité, forte d'environ 100.000 membres majoritairement de souche turque, doit aussi "donner un bon exemple à la Turquie", a déclaré devant le Parlement le ministre de l'Intérieur, Procope Pavlopoulos.

La Grèce réclame à la Turquie plus de droits pour sa minorité orthodoxe.  (AFP, 25 jan 2007)

Bartholomée I veut un statut légal pour patriarcat oecuménique orthodoxe

Le patriarche oecuménique orthodoxe Bartholomée Ier a estimé lundi à Strasbourg que la minorité grecque-orthodoxe ne bénéficiait toujours pas pleinement de ses droits en Turquie.

S'exprimant devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), il a notamment regretté "le refus par la Turquie de reconnaître un statut légal au patriarcat oecuménique".

Il a également évoqué "l'interdiction des cours à l'université de théologie de Chalki, des problèmes de propriété et bien d'autres encore".

"Le patriarcat oecuménique et la minorité grecque orthodoxe en Turquie ont l'impression de ne toujours pas bénéficier de leurs droits pleins", a-t-il souligné.

Il a par contre salué les réformes entreprises par Ankara et "les progrès significatifs réalisées" pour se rapprocher d'un standard européen.

"Nous avons toujours dit que la Turquie, notre pays, a une perspective européenne et nous la soutenons pour se mettre au niveau des normes de l'Union européenne", a-t-il indiqué.

Bartholomée Ier est considéré comme la plus haute autorité spirituelle des 250 millions de chrétiens orthodoxes du monde entier.  Le président  de l'APCE, René van der Linden, a rappelé que le patriarche orthodoxe de Russie Alexis II et le pape Benoît XVI ont également reçu une invitation à venir prochainement s'exprimer devant le Conseil de l'Europe dans le cadre du dialogue inter religieux prôné par l'organisation paneuropéenne. (AFP, 22 jan 2007)

L'opéra "Idoménée" sera joué en Turquie mais sans Mahomet décapité

L'opéra "Idoménée" de Mozart, qui a provoqué une controverse en Allemagne, sera joué pour la première fois ce week-end en Turquie musulmane, à Izmir (ouest), mais sans la scène de décapitation du  prophète Mahomet, ont indiqué jeudi les organisateurs.

Les billets de la première de l'opéra et des trois autres représentations prévues sont épuisés, a indiqué à l'AFP Erdogan Öztürk, le porte-parole de la direction de l'opéra d'Izmir, ville située sur la mer Egée.

Le responsable a assuré que la mise en scène turque respectait une version "originale" de cette oeuvre de 1781, sans la décapitation de Mahomet.

Une polémique a éclaté à l'automne dernier au Deutsche Oper de Berlin avec "Idoménée" dans une mise en scène controversée. Déprogrammée par crainte de représailles islamistes en raison de scènes provocantes sur Mahomet, l'oeuvre a été finalement rejouée en décembre dernier sous étroite surveillance policière.

Dans l'une des scènes jouées en Allemagne, le roi de Crète Idoménée rapporte les têtes de Poséidon, de Jésus, de Bouddha et de Mahomet et les pose sur quatre chaises. (AFP, 11 jan 2007)

Socio-économique / Socio-economic

Les revenus du tourisme turc en baisse de 7,2% en 2006

La Turquie, touchée par la grippe aviaire et frappée par une série d'attentats, a vu ses revenus du tourisme décroître de 7,2% en 2006 par rapport à l'année précédente, à 16,85 milliards de dollars (13 milliards d'euros), a annoncé mardi l'Institut de la statistique (Tüik).

Selon les chiffres du Tüik, 19,3 millions d'étrangers, pour l'essentiel des touristes, ont visité la Turquie l'an dernier, soit 6,1% de moins qu'en 2005.

Ils ont apporté au pays 12,55 milliards de dollars (9,7 milliards d'euros) de revenus, les 4,3 milliards de dollars (3,3 milliards d'euros) restants provenant des 3,9 millions de vacanciers turcs ayant choisi de passer leurs vacances au pays, selon des chiffres fournis par l'agence de presse Anatolie.

La Turquie avait battu en 2005 son record de visiteurs étrangers avec 20,5 millions d'entrées, rapportant 18,15 milliards de dollars (14,3 milliards d'euros). Le gouvernement avait fixé un objectif de 26 millions de visiteurs pour 2006.

Le professionnels du secteur attribuent la baisse à la grippe aviaire, qui a tué quatre personnes en janvier dans l'est du pays, aux tensions créées en février dans le monde musulman par la publication dans la presse européenne de caricatures du prophète Mahomet et à des attentats commis par des séparatistes kurdes.

Le secteur du tourisme est la principale source de devises de la Turquie. Il représente environ 5,5% du PNB turc. (AFP, 30 jan 2007)

La Turquie sera le pays européen le plus peuplé en 2050

Au rythme de croissance actuel, la Turquie sera le plus peuplé des pays européens, devant l'Espagne et la France, d'ici 2050, selon des données démographiques publiées par Eurostat, l'office de statistique de l'UE.

En 2005 - l'année sur laquelle portent les données publiées - , le Danemark, la Lettonie, l'Estonie, la Lituanie, la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie et la Croatie ont vu leur population diminuer. La Belgique a quant à elle enregistré une légère croissance. Avec un taux de fécondité de 1,72 enfant par femme, le pays se situe au dessus de la moyenne européenne.

De manière générale, la croissance démographique se ralentit nettement à travers le continent, mais il existe des disparités importantes entre les pays.

Globalement, les pays méridionaux connaissent une croissance supérieure. Ainsi la Turquie, qui négocie actuellement son adhésion à l'UE, forte de 72,5 millions d'habitants, devrait-elle bientôt dépasser l'Allemagne (82,4 millions).

La Belgique se situe actuellement à la 12e place dans la liste des 30 Etats membres et pays candidats, avec 10,5 millions d'habitants. (Belga, 26 janvier 2007)

TUSIAD: Don't let Dink killing, 301 derail Turkey

Turkey's largest business group yesterday weighed into the recently rekindles debate over Article 301, saying the controversial law was supported by those who favor the status quo,

Mustafa Koc, head of the Turkish Industrialists' and Businessmen's Association's (TUSIAD) High Consultation Council, stated that last week's assassination of Hrant Dink, often targeted by 301, threatened to cast a pall over the year. "Feeding this pessimism," he added, "are some political trends which try to block transition and progress, the sectors which resist renewal, just as in the example of Article 301, as well as those who surrender themselves to the current atmosphere instead of exerting their willpower in favor of democratic breakthroughs."

In a report on democratization released last week,TUSIAD presented structural reform proposals meant to transform Turkey's political atmosphere, sparking anger in some circles.

TUSIAD made proposals in the report such as changes to the 1982 Constitution as well as Article 301, lowering the election threshold, and offering education in Kurdish.

In his speech, which seemed to be in response to criticisms leveled by Nationalist Movement Party (MHP )Leader Devlet Bahceli on Wednesday, Koc said: "First of all, we once again see clearly with this incident that the political atmosphere which laid the groundwork for the assassination of Hrant Dink could easily damage positive beliefs regarding Turkey's future."

Bahceli had claimed that an atmosphere was being sown for separatism by painting nationalism as a malignancy and that certain groups were supporting this through their proposals.

Koc responded that in such cases, the traps into which the country is drawn should be evaluated and new political positions should be assumed. "Even though we drew back from saying so, many of us believe that everything will be quickly forgotten and the vicious political challenges which feed this highly risky atmosphere will continue," he warned.

Koc explained that Turkey has two important elections this year and warned they could lead to tension, adding that international, political and economic developments could produce new problems. "A series of issues which are hot and open for provocation stretching from Cyprus to Iraq seem set to dominate this year," Koc said. "Even though all these subjects are concrete realities and have great potential, there is no place where pessimism will channel us."

Emphasizing that it is inevitable that certain forces on the national and international stage want to slow down Turkey's transition process and mislead the country, Koc stated that Turkey is oriented towards the West. "We cannot react to developments which upset and pressure us over periodic difficulties by going off-course," he said. "We can't let our efforts be wasted."

Koc stressed the importance of overall efforts to realize Turkey's ideal, adding, "Without the contributions of the current political parties, autonomous regulatory institutions which see the needs of the modern bureaucracy and market economy, strong civil groups, free and high-quality media, educational institutions and the private sector, this development process cannot be completed."

Underlining that the private sector was one of the most important driving forces of Turkey's transition over the last 20 years, Koc said: "We have no choice but to turn towards the West in order to provide prosperity and happiness for Turkey's 70 million people. By isolating ourselves from the world and becoming satisfied with the opportunities of our geographic location, we can never close the gap between us and developed countries."

Saying that Turkey should improve relations with its neighbors as much as possible, Koc said that strengthening relations especially with Middle Eastern, Central Asian, Caucasian, Mediterranean and Black Sea countries and the Balkans would also boost ties with the EU and the U.S. Koc highlighted that TUSIAD would continue to fight every effort to divert Turkey from its path.

Omer Sabanci, head of TUSIAD's Executive Board, directly replied to the MHP leader by saying: "A politician should consider the impact his words will have have and affect the dynamics. We expect from our politicians more solemn, rational words which elevate democracy."

Stressing that they should get rid of the shame associated with Article 301 in order to claim to be the owner of democracy and its accomplishments, Sabanci said: "Rooted reforms should be done to the judicial system and the election system should be changed in line with the assurance of fair representation in order not to leave democratization efforts just on paper."

Stressing that Dink's assassination could benefit those who want to denigrate Turkey's position in the world, Sabanci said: "This attack may create foreign conditions which have been desired for a long time by those who want to harm our advances in the fields of democracy and freedom of opinion and to isolate Turkey by breaking it off from the Western world." Sabanci added that Turkey needs more democracy to deflect these initiatives. (The New Anatolian, 26 January 2007)

La sécheresse inquiète les experts, désespère les paysans

Barrages et lacs à sec, récoltes en danger: la Turquie est confrontée depuis près de trois mois à une sécheresse imputée au réchauffement climatique mondial qui inquiète les météorologues et fait le désespoir des agriculteurs.

"Nous n'avons pas eu de pluies conséquentes à Istanbul et dans ses environs depuis la fin octobre. Or, décembre et janvier sont normalement les mois les plus pluvieux dans la région", a déclaré à l'AFP le professeur Selahattin Incecik, météorologue à l'Université technique d'Istanbul (ITU).

"Les réservoirs d'eau potable autour d'Istanbul ne sont qu'à moitié remplis", a poursuivi le spécialiste. "S'il ne pleut pas d'ici la fin février, la ville va avoir de gros problèmes. Les autorités devraient d'ores et déjà sensibiliser la population" de la métropole de 12 millions d'habitants.

Hormis une étroite frange montagneuse à l'extrême est du pays et les rives orientales de la mer Noire, toute la Turquie est soumise au même régime sec, dû à un front anticyclonique empêchant l'arrivée des nuages.

A la frontière avec la Grèce, la rivière Maritza a vu son débit chuter de 730 à 100 mètres cubes par seconde, selon les autorités locales, tandis que celui la rivière Manavgat (sud), dont la Turquie projette de vendre l'eau à Israël, diminuait de moitié.

A Bursa, ville de plus d'un million d'habitants à 250 kilomètres au sud-est d'Istanbul, le taux de remplissage de l'unique bassin d'eau potable n'était que de 8%, a affirmé la direction locale de l'eau.

En décembre, la pluviométrie moyenne pour l'ensemble de la Turquie était de 73% inférieure aux normales saisonnières, à 26,1 mm contre 97,2 mm attendus, selon les chiffres de la météorologie nationale.

La situation était particulièrement préoccupante dans la région d'Adana, au sud du pays, où les champs de coton et de blé n'ont quasiment pas connu la pluie.

"Si la pluie ne tombe pas d'ici la fin du mois, les semis vont sécher (...) les producteurs vont devoir labourer les champs déjà semés et procéder à de nouvelles semailles", a déclaré le président de la Chambre des ingénieurs agronomes d'Adana, Ayhan Barut, cité par l'agence Anatolie.

De nombreux paysans de la région en étaient réduits à implorer la clémence céleste au cours de prières collectives à la mosquée, a rapporté l'agence.

Sur le plateau anatolien, un autre péril menaçait les récoltes.

"En ce moment, il fait très froid la nuit dans cette région, et comme il n'y a pas de neige pour protéger la terre, les semis sont tués par le vent froid", a expliqué à l'AFP Mikdat Kadioglu, chef du département de météorologie d'ITU, qui impute la situation actuelle en Turquie au "changement climatique mondial".

"Nous avons atteint un stade où la sécheresse devient un problème d'ordre socio-économique", a estimé le chercheur, appelant les autorités à "réduire la consommation d'eau dès à présent".

Pour les associations de défense de l'environnement, l'heure est venue de mettre sur pied un système cohérent de gestion de l'eau.

"Au cours des quarante dernières années, notre pays a perdu 50% de ses sources d'approvisionnement en eau", a déploré la présidente du World Wildlife Fund pour la Turquie", Filiz Demirayak, citée par Anatolie.

"Nous devons nous inquiéter de ce temps qui affecte en premier lieu nos ressources en eau, au lieu de quoi nous continuons de consommer l'eau sans aucune modération", a-t-elle poursuivi.

Le ministre de l'Agriculture Mehdi Eker a annoncé la semaine dernière la création d'un "comité de coordination pour la gestion de la sécheresse". (AFP, 25 jan 2007)

Ankara compte mettre en oeuvre en juillet la réforme de la sécurité sociale

Le gouvernement turc envisage de mettre en oeuvre en juillet une réforme sur la sécurité sociale exigée par le Fonds monétaire international (FMI), a annoncé jeudi le ministre turc de l'Economie Ali Babacan.

Il a toutefois indiqué que l'application de certaines dispositions pourrait être retardée pour des raisons techniques.

Cette réforme devait en fait être mise en oeuvre à partir du 1er janvier, mais après un veto et un recours du président turc Ahmet Necdet Sezer, la cour constitutionnelle a rejeté plusieurs articles de la loi, qui prévoit le relèvement progressif de l'âge de la retraite à 65 ans d'ici 2048.

"Notre objectif est de mettre la législation en vigueur le 1er juillet 2007", a dit M. Babacan à la chaîne de télévision turque NTV en marge du Forum économique mondial à Davos (Suisse).

Mais comme les études techniques n'ont pas encore été achevées, a souligné le ministre, "personne ne devrait être surpris si nous ne pouvons pas appliquer certaines parties de la loi à cette date. Il y a cette possibilité".

Le projet de loi présenté par le Parti de la Justice et du Développement (AKP, au pouvoir) avait été adopté par le Parlement en avril 2006.

La réforme, qui transforme de fond en comble le système actuel, vise notamment à empêcher une aggravation du déficit des retraites, qui conduirait à un effondrement du système, déjà en difficulté. Elle comporte la fusion des trois organismes de sécurité sociale en un seul.

Les syndicats se sont fermement opposés au relèvement progressif de l'âge de la retraite à 65 ans, dans un pays où l'espérance de vie est de 66 ans, affirmant que cela entraînerait "une retraite dans la tombe".

Frappée en 2001 par la plus lourde crise économique de son histoire moderne, la Turquie s'est engagée auprès du FMI à respecter une rigueur budgétaire et à restructurer son système bancaire et de sécurité sociale. (AFP, 25 jan 2007)

Un avion transportant des ouvriers turcs s'écrase en Irak: 34 tués

Un avion en provenance de Turquie avec 35 personnes à bord s'est écrasé mardi près de Balad, au nord de la capitale irakienne Bagdad, tuant 34 de ses occupants, en majorité turcs, a-t-on appris de sources concordantes.

"Trente-quatre personnes sont mortes dans l'accident: un Américain, 28 Turcs et les cinq membres d'équipage. Il y a un survivant, qui est grièvement blessé", a déclaré à l'AFP un responsable de l'ambassade de Turquie à Bagdad, qui a requis l'anonymat.

"L'accident a eu lieu vers 10H00 locales (07H00 GMT)", a-t-il ajouté.

Un précédent bilan, donné par un diplomate turc à Ankara, faisait état de 32 morts, un blessé et deux disparus.

L'appareil de type Antonov 26, pouvant transporter jusqu'à 48 passagers et cinq tonnes de fret, de conception soviétique, avait à son bord cinq membres d'équipage et 30 ouvriers. Il a décollé à 06H00 locales (04H00 GMT) d'Adana, dans le sud de la Turquie, toujours selon ce diplomate turc.

Le gouverneur d'Adana, Cahit Kiraç, a indiqué que "29 passagers sont des Turcs et l'autre est un Américain", sur la chaîne d'information CNN-Türk.

L'équipage était constitué de trois Moldaves, un Ukrainien et un Russe, a-t-il ajouté.

Dans la liste des passagers rapportée par les médias figure le nom d'un citoyen américain de 45 ans, Paul Kenton Johnson.

Selon le gouverneur, l'aéroport de Balad était recouvert par un épais brouillard au moment où l'avion s'est écrasé avant de prendre feu.

La ville de Balad, dans la province de Salahaddine, est toute proche de la plus importante base de l'armée américaine en Irak, Camp Anaconda.

Des sources de l'aviation civile turque ont privilégié les conditions météorologiques comme cause probable de l'accident.

L'Antonov 26, propriété de la compagnie moldave Aerian Tur Airlines, a été affrété par l'entreprise turque de construction Kulak, basée à Adana, pour qui travaillaient la plupart des ouvriers tués dans l'accident, selon le diplomate turc.

Le PDG adjoint de cette entreprise, Ismail Kulak, figure parmi les tués.

Le directeur général adjoint de l'aviation civile turque Ali Ariduru a indiqué que son administration se préparait à envoyer des experts en Irak pour enquêter sur les causes de l'accident.

Il a ajouté avoir autorisé l'envoi en Irak depuis Adana d'un autre avion, lui aussi enregistré en Moldavie, pour rapatrier les corps.

Plusieurs compagnies turques sont impliquées dans des travaux de reconstruction en Irak depuis l'intervention américaine en 2003 dans ce pays qui partage une longue frontière avec la Turquie. (AFP, 9 jan 2007)

Violence Towards Children Escalate in 2006

"In 2006, all improvements acquitted in 2005 with regard to children's rights were taken backwards" says lawyer Seda Akco of the Istanbul Bar Association Children's Rights Center.

"Children were subject to violence at home, at schools, on the streets and in police stations in 2006", adds Gundem Children's Association.

On a broad scale, negative incidents over weighted positive improvements last year, regarding children's situation in Turkey.

Ongoing armed conflict in southeastern Turkey threatened children's lives while acts of violence involving children noticeably escalated in numbers.

Mainstream media's coverage of such incidents mostly resulted in another violation of the rights of the children involved, as journalists continue exposing children against all ethical guidelines and legislative orders.

While this was the case in Turkey, children around the globe suffered in all possible ways. Wars in Iraq, Lebanon and Palestine claimed lives of many.

On the other hand, some positive developments also took place, notably some legislative improvements with regard to the infamous Law on Protection of Children and the establishment of a parliamentary commission on violence at schools.

By the end of 2007, 1500 working children in seven cities are planned to return to schools as a result of an ongoing project to tackle child labor.

Seda Akco lists the priorities in 2007 as follows:

* A protective system including preemptive action must be planned and put into effect. A dedicated phone line must be established with this respect.

* Collaboration and cooperation between different institutions responsible to protect children must be established. NGO's must monitor this process.

* Legislative changes should be done to respect children's rights who are in conflict with the law.

* All public servants dealing with children such as teachers, doctors, police, lawyers and judges, should be educated on children's rights. (BIA News Center, Kemal OZMEN, January 4, 2007)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Gul: "Les Français n'ont pas à avoir peur des Turcs"

Le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gul, a appelé les Français à ne "pas avoir peur des Turcs" et de leur aspiration à rejoindre l'Union européenne, dans une interview au quotidien français Le Monde.

"Car la clef est détenue par la population française, qui votera en faveur, ou non" de l'adhésion turque à l'Union, a souligné le ministre.

La France a adopté une réforme constitutionnelle prévoyant l'organisation d'un référendum pour les futures adhésions à l'UE.

"Je veux croire que le peuple français verra que cette intégration (de la Turquie) est dans son intérêt", a poursuivi M. Gul, relevant qu'il y a "tant d'intérêts économiques notamment". "Il y a plus de voitures Renault à Istanbul qu'à Paris!", a-t-il lancé.

Une majorité de Français est hostile à l'adhésion de la Turquie à l'UE, selon les sondages.

Le ministre turc a d'autre part mis en garde contre une mise à l'écart de la Syrie dans le dossier du Proche Orient.

"Il ne serait pas bon de laisser la Syrie à l'écart lorsqu'on débat de la Palestine et d'Israël. Il faut être réaliste. La Syrie est une des parties dans cette situation", a-t-il relevé.

"Nous pensons par ailleurs qu'il est plus simple de résoudre les problèmes entre la Syrie et Israël que de résoudre d'autres problèmes au Proche-Orient", a ajouté le ministre.

Abdullah Gul a enfin réitéré une mise en garde sur l'éventualité d'un Kurdistan irakien indépendant.

Une division de l'Irak entraînerait une "guerre très grave, une situation chaotique, et tous les pays voisins seraient entraînés dans ce chaos", a-t-il déclaré. (AFP, 26 jan 2007)

L'UE prête à "travailler" pour lever l'isolement de Chypre Nord

Les 27 se sont engagés lundi à reprendre "sans délai" les discussions pour lever l'isolement commercial de la communauté chypriote turque, même si les Chypriotes grecs s'opposent toujours à un tel déblocage.

"Le travail visant à adopter la proposition de la Commission européenne" sur l'instauration de mesures commerciales en faveur de la République turque de Chypre du Nord (RTCN, uniquement reconnue par la Turquie) "doit reprendre sans délai", ont indiqué les ministres européens des Affaires étrangères dans une déclaration adoptée lundi.

En 2004, après l'échec du référendum sur la réunification de Chypre et l'entrée dans l'Union européenne de la seule partie grecque, dans le sud de l'île divisée, la Commission avait proposé une aide financière et l'instauration de régimes commerciaux préférentiels facilitant les exportations directes du nord de Chypre vers l'UE.

Si Nicosie a finalement accepté en février dernier de débloquer les 259 millions d'euros d'aide financière, elle s'est en revanche toujours opposée aux mesures commerciales qu'elle perçoit comme une reconnaissance implicite de la RTCN, qu'elle refuse absolument.

Malgré tout, le 11 décembre dernier, les Chypriotes grecs ont accepté que les ministres adoptent en janvier une déclaration s'engageant à tout faire pour résoudre ce différend.

Ils ont accepté cette déclaration-- qui ne signifie pas pour autant qu'ils vont lever leur veto à la rupture de l'isolement commercial des Chypriotes turcs-- pour contre-balancer la suspension partielle le même jour des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE.

Cette suspension partielle sanctionne Ankara pour son refus d'ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions chypriotes grecs. (AFP, 22 jan 2007)

Prodi exhorte la Turquie à ne pas s'éloigner de l'objectif européen

Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a appelé lundi les dirigeants turcs, à l'occasion d'une visite en Turquie, à ne pas perdre leur détermination d'une intégration à l'Union européenne en dépit d'un gel partiel des négociations d'adhésion euro-turques.

"Nous avons répété qu'il ne fallait absolument pas s'éloigner de l'objectif (d'une adhésion). Il faut une grande détermination pour la réaliser", a-t-il dit lors d'une conférence de presse avec son homologue Recep Tayyip Erdogan au terme d'une première série d'entretiens.

M. Prodi a reconnu que 2007 sera une année "difficile" en Turquie en raison des élections présidentielles et législatives prévues en avril et novembre mais souligné que "l'intégration de la Turquie à l'UE ne peut être liée à des échéances aussi courtes".

M. Erdogan a pour sa part remercié M. Prodi du soutien de son gouvernement aux ambitions européennes d'Ankara.

Il a d'autre part réaffirmé que son pays demandait aux 27 de lever les sanctions commerciales contre la partie turque de Chypre que la Turquie est le seul pays à reconnaître comme un Etat souverain.

A Bruxelles, les 27 Etats membres de l'Union se sont justement engagés lundi à reprendre "sans délai" les discussions pour lever l'isolement commercial de la communauté chypriote turque, même si les Chypriotes grecs s'opposent toujours à un tel déblocage.

M. Prodi est favorable comme son prédécesseur Silvio Berlusconi à une entrée, à terme, de la Turquie dans l'UE. (AFP, 22 jan 2007)

Sarkozy: la Turquie "n'a pas sa place" dans l'Union européenne

La Turquie "n'a pas sa place" dans l'Union européenne (UE), a affirmé dimanche le candidat de droite à la présidentielle française, Nicolas Sarkozy, dans un discours prononcé après son intronisation par les militants de son parti.

"Je veux dire que l'Europe doit se doter de frontières, que tous les pays du monde n'ont pas vocation à intégrer l'Europe à commencer par la Turquie qui n'a pas sa place à l'intérieur de l'Union européenne", a soutenu M. Sarkozy qui s'est présenté comme "un Européen convaincu".

"A élargir sans limite l'Europe, on prend le risque de détruire l'union politique européenne. Cela je ne l'accepterai jamais", a ajouté le candidat à l'Elysée pour qui l'Europe est "un multiplicateur de puissances", sans laquelle "nos vieilles nations ne pèseront rien dans la mondialisation", et sans laquelle "le choc des civilisations deviendra plus probable".

 Pour faire redémarrer l'Europe, M. Sarkozy a estimé que "l'urgence" est d'adopter "par la voie parlementaire un traité simplifié" et non de "ressusciter" le Traité constitutionnel rejeté par les Français en 2005.

Il s'est prononcé pour "une Europe qui joue le jeu de la subsidiarité, qui se dote d'un gouvernement économique, une Europe dans laquelle personne ne peut obliger un Etat à s'engager dans une politique à laquelle il est opposé et dans laquelle aucun ne peut empêcher les autres d'agir".

Parlant par ailleurs de l'Irak, M. Sarkozy a affirmé que la guerre engagée par les Etats-unis dans ce pays était "une faute" et a rendu hommage au président Jacques Chirac, qui a fait "honneur à la France" en s'y opposant.

La France s'était fermement opposé à l'intervention américaine en Irak en 2003, estimant que les conditions d'un soutien de l'ONU à cette opération n'étaient pas réunies.

"Je veux être le président d'une France qui ne transigera jamais sur son indépendance ni sur ses valeurs. Je veux rendre hommage à Jacques Chirac, qui a fait honneur à la France quand il s'est opposé à la guerre en Irak, qui était une faute", a déclaré M. Sarkozy, souvent accusé d'être pro-américain, et qui soutient le président George W. Bush. (AFP, 14 jan 2007)

Le chef des eurodéputés conservateurs contre l'adhésion de la Turquie à l'UE

Le nouveau président du groupe du Parti populaire européen (PPE, droite), le Français Joseph Daul, s'est déclaré mercredi opposé "pour le moment" à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE).

"Pour le moment, je suis contre, à titre personnel, mais je ne suis pas contre qu'on ait les négociations, de toute façon elles sont là", a déclaré M. Daul au cours de sa première conférence de presse en tant que président du principal groupe du Parlement européen (277 députés sur 785).

"Ma vision personnelle est celle-là: ni l'Europe n'est prête actuellement, ni la Turquie n'est prête pour être intégrée dans l'UE", a-t-il expliqué.

"Je suis pour un accord privilégié très poussé avec la Turquie", a-t-il ajouté, rejoignant là-dessus son prédécesseur à la tête du PPE, l'Allemand Hans-Gert Poettering.

M. Daul a admis malgré tout que le processus de négociations avec Ankara puisse aboutir à une "intégration européenne après-demain, pourquoi pas".

La Turquie a commencé en octobre 2005 des pourparlers d'adhésion à l'UE, qui pourraient durer au moins dix ou quinze ans. Ces négociations ont été partiellement suspendues en décembre.

Au Parlement européen, la question de l'adhésion turque à l'UE dépasse les divisions partisanes. Le PPE est cependant globalement favorable à un "partenariat privilégié" avec Ankara, plutôt qu'à une adhésion pleine et entière de ce pays à l'UE.

Par ailleurs, pressé par les journalistes qui insistaient pour savoir s'il considérait l'UE comme "un club chrétien" ou non, M. Daul a prôné une cohabitation "en harmonie" entre chrétiens et non-chrétiens.

"Je suis un catholique pratiquant (...) donc pour moi, les valeurs chrétiennes sont très importantes", a-t-il déclaré.

"Je ne renie pas le christianisme au niveau de l'Europe, c'est notre culture, nos valeurs, donc on ne va pas les rejeter. Mais le christianisme et les valeurs de l'Europe sont également faits pour vivre en bonne harmonie avec tout ce qui se passe autour de nous", a-t-il ajouté.

M. Daul a été élu mardi à la tête du groupe PPE en remplacement de M.  Poettering qui devrait lui être élu la semaine prochaine président du Parlement européen, en remplacement du socialiste espagnol Josep Borrell. (AFP, 10 jan 2007)

Ankara dresse une feuille de route malgré le gel de ses négociations

Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül a présidé mercredi une réunion d'une centaine de responsables gouvernementaux afin d'établir une feuille de route sur les réformes à faire d'ici 20013 afin d'aligner le pays sur les normes de l'Union européenne.

Le ministre a souligné devant la presse que son gouvernement était déterminé à poursuivre son objectif d'adhésion à l'UE en dépit d'une suspension partielle de ses négociations.

"La décision de l'UE n'a pas du tout ébranlé notre détermination pour les réformes", a-t-il dit et d'ajouter: "les processus d'intégration ont toujours des hauts et des bas. L'important c'est d'aller de l'avant dans la voie des réformes en période de bas".

"Le climat est négatif pour l'instant mais nous savons qu'il ne s'agit de d'une période temporaire", a-t-il continué.

Un responsable du ministère des Affaires étrangères a expliqué que les autorités allaient établir un calendrier de réformes à être mises en oeuvre dans un vaste éventail de domaines jusqu'en 2013.

Le plan devrait être dévoilé à la fin du mois ou en février, a-t-il dit.

M. Gül a par ailleurs rejeté des craintes selon lesquelles les réformes pro-européennes perdraient leur élan en raison des élections présidentielles et législatives prévues respectivement en avril et novembre.

"2007 est une année électorale mais ne sera sûrement pas une année perdue", a-t-il insisté.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont validé lors de leur dernier sommet en décembre la suspension de 8 des 35 chapitres des négociations d'adhésion de la Turquie, qui refuse d'ouvrir ses ports et aéroports à la République de Chypre, contrairement à ses engagements pris avant l'ouverture de ces discussions en octobre 2005. (AFP, 10 jan 2007)

27-State European Union: 800,000 Turks become EU citizens

Bulgaria and Romania officially joined the EU at midnight to joyous fireworks celebrations in the two capitals, Sofia and Bucharest, that drew tens of thousands of New Year's Eve revelers. The EU has increased its member states from 15 to 27 within three years and is expected to take a break. Croatia may be the single exception here. With the accession of Bulgaria and Romania, the EU added 100 million in population and an area of 1.4 million square kilometers. The EU’s population will rise to 492 million and the borders will reach the Black Sea.

As Bulgaria and Romania join the European Union today, nearly 800,000 Turks and one million Muslims will become EU citizens. The number of Turks in Europe will rise to six million and Europe’s Muslim population rises to 16 million.

The European press focused on the fact that Bulgaria’s Muslim population comprises 12 percent of the population.

As a military band played the anthems of Bulgaria and the EU, officers hoisted the two flags in front of the St. Sophia church, whose ancient foundations date back to the 6th century. "This is a day of historical justice, because Bulgarians have always been Europeans in spirit and identity," Bulgarian President Georgi Parvanov told about 2,000 people who attended the elaborate military ceremony.

"Bulgaria will be a stable, predictable and consistent member of the EU," Parvanov told a group of visiting European politicians that included EU Enlargement Commissioner Olli Rehn, EU parliament president Josep Borrell, and the foreign ministers of Germany, Austria, Greece and Romania.

In Bucharest, Romanian President Traian Basescu hailed the end of the difficult path to membership that began in 1995. "It was hard, but we arrived at the end of the road. It is the road of our future. It is the road of our joy," Basescu said, prompting cheers from the crowd at University Square.

Within hours, Bulgarian officials removed customs barriers at 15 border crossing with Greece and Romania, opening Bulgarian roads to EU trade. But controls at Bulgaria's borders with Turkey, Serbia and Macedonia were strengthened in one sign of the pressure on the EU's newest members to pursue the reforms needed to match EU standards.

"We all know that the road to full integration into European structures has not yet come to an end," German Foreign Minister Frank-Walter Steinmeier said in a statement. "This requires more efforts from the two countries, but will make sure that Bulgaria and Romania's EU entry will be a success and that the older 25 members will also benefit from it."

Both countries must report to the EU every six months on progress in reforms to curb corruption and streamline their judiciaries — or risk losing a chunk of economic aid.

President Georgi Parvanov and EU Parliament President Josep Borrell were to attend a gala celebration at the National Palace of Culture. Borrell, Steinmeier and Rehn helped Romanian leaders raise the EU flag in Bucharest on Sunday.

Many in the two countries said they were pinning their hopes on a better future with EU rules and aid.

But some were cautious about what EU membership would mean for them.

"Bulgaria will suffer economically — or better to say, people will have very low wages compared to EU standards," said Sofia resident Hristo Hristov. "They shut down nuclear plants that brought Bulgaria millions per day. So I think Bulgaria-EU is not good news for us."

Bulgaria mothballed two Russian-made reactors at its only nuclear plant in the waning hours Sunday before joining the EU, ceding to an EU request over safety.

Both countries have reported strong economic growth in recent years, but salaries remain low by western European standards. In Bulgaria, the average monthly wage is 180 Euros (US$235); in Romania, about 305 Euros (US$400). (The Associated Press - Zaman.com, January 1, 2007)


Turquie-USA/ Turkey-USA

Le coordinateur américain promet  de concourir à la lutte anti-guérilla


L'envoyé spécial américain chargé de coordonner la lutte contre les militants kurdes, Joseph W. Ralston, a promis mardi à Ankara de concourir à la lutte contre la guérilla du PKK, alors que la Turquie accuse les Etats-Unis d'inaction.

"Nous travaillons à de nombreuses actions possibles pour contrer le PKK", a déclaré M. Ralston après les entretiens avec son homologue turc Edip Baser et le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül.

"Nous restons très concentrés sur cet effort, avec de nombreuses initiatives, et j'ai bon espoir qu'avec un peu de patience de la part du peuple turc nous remplirons avec succès notre tâche", a-t-il ajouté.

Il a notamment émis l'espoir que le président de la région autonome kurde dans le nord de l'Irak, Massud Barzani, un allié clé des Etats-Unis dont les relations avec la Turquie se sont détériorées ces derniers mois, aiderait à combattre le PKK.

"J'estime que je peux le convaincre que le PKK est une menace pour la stabilité dans le nord de l'Irak autant qu'une menace pour le peuple turc, et j'ai demandé son aide pour fermer et contrer le PKK", a déclaré le responsable américain.

Sa visite faisait suite a des critiques sévères émises par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui a accusé les Etats-Unis et l'Irak d'inaction face au PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara et Washington mais dont les camps dans le nord de l'Irak servent de base arrière à des opérations en Turquie.

M. Erdogan a estimé le mois dernier que Washington et Bagdad n'avaient pas tenu leurs promesses et que la nomination de M. Ralston en août n'avait produit aucun résultat, avant d'évoquer une "tactique" dilatoire des autorités américaines.

Il a affirmé que les bureaux du PKK avaient pignon sur rue en Irak et que des rebelles s'étaient infiltrés en Turquie en possession d'armes et d'explosifs de provenance américaine.

Les Etats-Unis expliquent leur peu d'empressement à aller combattre le PKK par les violences qui les occupent déjà dans de nombreuses régions irakiennes et disent privilégier des approches non militaires, comme des mesures pour couper les financements de l'organisation.

Washington a enjoint Ankara de ne pas lancer d'opération transfrontalière unilatérale, estimant qu'une telle action pourrait déstabiliser le nord de l'Irak et aggraver les tensions entre la Turquie et les Kurdes irakiens.

La Turquie accuse les Kurdes d'Irak de vouloir s'approprier les ressources énergétiques de la ville multiethnique de Kirkouk pour faciliter leur projet d'indépendance, une situation qui pourrait attiser le séparatisme chez les Kurdes de Turquie.