flashfondationeditorsbulletinspublications

INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

43rd Year / 43e Année
Mai
 
2017 May
N° 465
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 53
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

Site searchWeb search

powered by FreeFind




Titres des évènements du mois

Titles of this month's events

Droits de l'Homme / Human Rights

Police Attack Supporters of Hunger Strike of Gülmen, Özakça in Detention

Amnesty accuse la Turquie de limogeages "arbitraires"
Enes Kanter, critique du président Erdogan, privé de passeport par Ankara

57 arrestations dans une opération contre la bourse d'Istanbul
Grève de la faim de deux enseignants licenciés
Le parquet réclame 2 900 ans de prison pour Gulen
Plus de 100 magistrats "proches de Gülen" limogés
1er mai en Turquie: manifestation dispersée et nombreuses arrestations
L'ONU condamne les nouvelles purges en Turquie

La Turquie lance son site des "terroristes" les plus recherchés

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Arrestation de deux professeurs en grève de la faim
Mandats d'arrêt contre des responsables d'un journal d'opposition
Özakça’s Mother Detained As Well on 72th Day of Hunger Strike

UN Human Rights Council deterioration of freedom of expression
Oğuz Güven est le 12e collaborateur de Cumhuriyet jeté en prison

Police Take Off Even Flowers on 65th Day of Hunger Strike
Une journaliste allemande détenue en Turquie, selon Berlin
Arrestation du rédacteur en chef de l'édition en ligne de Cumhuriyet

Le calme règne en Turquie ? (Anne Morelli)
11 mai: 46e anniversaire de notre exil
Un journaliste français interpellé par les autorités turques
Police Raid Belge Publishing House, Seize 2,000 Books
AI: 250,000 demand release of jailed journalists in Turkey
3 Months of Press Freedom: The Situation is Very Dire
IFJ's Warning: Press freedom under threat in Turkey
La justice refuse de lever le blocage de Wikipédia
Istanbul annule l'invitation du fondateur de Wikipedia à un forum

TV censurée, nouvelles purges, accès à Wikipedia bloqué
Le propriétaire d'une chaîne en persan tué par balle à Istanbul


Kurdish Question / Question kurde

Le HDP a élu la remplaçante de sa co-présidente emprisonnée
Les Forces démocratiques syriennes, fer de lance de la lutte anti-EI
Expulsion d'habitants du coeur historique de Diyarbakir
Militantes kurdes tuées à Paris: la porte s'ouvre à de nouvelles investigations

Minorités / Minorities

A petition about the Armenians not being allowed to elect a patriarch

Au 46e année de l'exil, une soirée d'honneur et bonheur
‘The Promise’ Is An Artful Reminder Of The Horror Of The Armenian Genocide

Politique intérieure/Interior Politics

The Unwritten Memoirs of Recep Tayyip Erdogan

Erdogan réélu à la tête du parti au pouvoir
Erdogan réintègre le parti au pouvoir après trois ans d'absence
Erdogan redeviendra membre du parti au pouvoir le 2 mai

Forces armées/Armed Forces

Ouverture du procès des instigateurs présumés du coup d'Etat
La Turquie ne "suppliera" pas les Allemands de rester à Incirlik
L'Allemagne accorde l'asile à des militaires turcs

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

La Diyanet turque réunira en Turquie tous les leaders musulmans du monde

Nostalgique de gloire, la Turquie exhume les sports ottomans

Socio-économique / Socio-economic

Erdogan renforce ses relations avec l'Araboie saoudite et les pays du Golfe

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Ankara somme Berlin de choisir entre Etat turc et putschistes
Gianni Pittella (S&D): Erdogan's rule is closing door to EU
Merkel exclut tout référendum turc en Allemagne sur la peine de mort
Pas de poursuites pour les manifestants anti-Erdogan en Suisse

Erdogan somme l'UE de relancer les négociations, "sinon au revoir"
Insultes "Nazi" oubliées, l'UE flirte avec Erdogan
Tusk veut discuter avec Erdogan lors du prochain sommet de l'Otan


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Ankara convoque l'ambassadeur américain
McCain demande l'expulsion de l'ambassadeur turc à Washington
La Turquie appelle au départ du coordinateur américain pour la lutte contre l'EI
Erdogan à Washington: des manifestants "brutalement attaqués"
Pour leur premier tête-à-tête, Trump et Erdogan se promettent leur amitié

Erdogan à Washington pour convaincre Trump sur les Kurdes et Gülen
Washington va armer les Kurdes de Syrie au risque d'exaspérer la Turquie
Une journée de conférence parallèle au sommet de l'OTAN
Turkish Airlines fournit des ordinateurs à des passagers vers les USA
Erdogan "triste" de voir le drapeau américain avec des milices kurdes en Syrie

Relations régionales / Regional Relations

La Russie lève les sanctions restantes sur le commerce avec la Turquie
Erdogan et Israël s'accusent réciproquement sur Jérusalem
Accord Russie-Turquie-Iran sur la création de zones sécurisées en Syrie

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration


Appel à la manifestation against Erdogan et l'OTAN

AKP Belgique a du annuler son programme d'accueil pour Erdogan

AKP Belgique se mobilise pour l'accueil d'Erdogan malgré l'interdiction
Divergence Mayeur-Kir sur les signes religieux dans la police
MRAX organise un tournoi sportif avec Emir Kir

Recep Tayyip Erdogan s’en prend à Yvan Mayeur
Les Belges craignent un meeting d'Erdogan à Bruxelles
Un ouvrier turc est victime de l'effondrement à Bruxelles
Un potentiel référendum turc sur la peine de mort interdit en Belgique?
Musées fédéraux : le style Zuhal Demir...

Onkelinx: "Erdogan est un totalitaire, donc un homme dangereux"
Les élu(e)s socialistes partagent-ils (elles) les paroles d'Onkelinx?

Droits de l'Homme / Human Rights

Police Attack Supporters of Hunger Strike of Gülmen, Özakça in Detention

On the 75th day of the hunger strike, Gülmen and Özakça are being kept in detention cell lying on the ground. Meanwhile police attacked supporters gathering in front of the Human Rights Monument, detained seven people and seized flowers.

Police attacked the supporters of academic Nuriye Gülmen and Semih Özakça who went on a hunger strike to be reinstated to their positions at 12 p.m. in front of the Human Rights Monument in Ankara today (May 22) on the 75th day of the hunger strike.

Seven people including Veli Saçılık who was discharged from public service through a statutory decree as well were taken into custody.

"Hunger strikers lie on the ground in the cell"

Special operation forces raided homes of academic Nuriye Gülmen and teacher Semih Özakça, who were discharged through a statutory decree and have been on hunger strike for 75 days requesting to be reinstated to their jobs.

They are still on hunger strike.

Attorney Engin Gökoğlu talking to bianet said that Gülmen and Özakça following a medical examination in Ulus Hospital were taken to the Anti-Terror Department and were both being kept in cells.

"They have been on hunger strike for 75 days and now they have to lie on the ground in a cell. The authorities are responsible of their health situation".

Attorneys and Esra Özakça released

Stating that there are detention warrants for Gülmen and Özakça, police entered home breaking through the steel door of the home at around 1:00 a.m. today (May 22).

Besides, Semih Özakça's spouse Esra Özakça and attorneys Ayşegül Çağatay and Ebru Timtik were detained in the raid as well.
Esra Özakça as well as the attorneys Çağatay and Timtik were released today in the noon hours after legal action has been taken against them on charge of "resisting a police officer".

Gülmen and Özakça had started their protest 195 days ago and their hunger strike 75 days ago. It has been the seventh time the police have attacked the protest.

Detention in Küçük Armutlu

Aysel Doğan, mother of Dilek Doğan, who was shot to death at her home by police in an operation in Küçük Armutlu district of İstanbul as well as Nuray Gedik, the mother and Mustafa Meray grandfather of Hasan Ferit Gedik, who was shot to death in Gülsuyu, had gone on a hunger strike in solidarity with Gülmen and Özakça.

People's Law Office has informed that Doğan, Gedik and Meray were also taken into custody today in Armutlu Köyiçi Square.
(BIA, May 22, 2017)

Amnesty accuse la Turquie de limogeages "arbitraires"

Amnesty International a accusé dans un rapport publié lundi la Turquie de procéder à des limogeages "arbitraires", "injustes" et "politiquement motivés" depuis le coup d'Etat manqué de l'été dernier.

Depuis la tentative de putsch, plus de 100.000 personnes ont été limogées par des décrets-lois en vertu de l'état d'urgence instauré depuis juillet.

Dans son rapport intitulé "Pas de fin en vue", l'organisation Amnesty International dénonce notamment le fait que les personnes concernées ne reçoivent aucune explication individuelle, les licenciements collectifs étant "effectués arbitrairement sur la base de motifs vagues et généralisés de +liens avec des organisations terroristes+".

"Les administrations publiques pertinentes n'ont fourni aucune justification individualisée pour les renvois et les personnes licenciées ont été incapables d'en obtenir", affirme le rapport.

De plus, l'ONG dénonce des mesures qui visent plus largement tant des syndicalistes, que des militants politiques ou des journalistes. Cela "augmente les craintes que beaucoup de ces renvois sont arbitraires, injustes et/ou politiquement motivés".

Face aux critiques, les autorités turques nient toute chasse aux sorcières et affirment que ces mesures d'exception sont nécessaires pour nettoyer les institutions des éléments factieux.

Ankara impute le putsch manqué au prédicateur islamiste Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis et accusé d'être à la tête d'une "organisation terroriste" ayant infiltré les institutions pour construire un "Etat parallèle". Des accusations fermement niées par M. Gülen.

Selon Amnesty, 33.000 enseignants et employés du ministère de l'Education ont notamment été limogés, 24.000 policiers et employés du ministère de l'Intérieur, 8.000 membres de l'armée, 5.000 universitaires et employés de l'éducation supérieure, et quelque 4.000 juges, procureurs, et autres membres du ministère de la Justice.

Pour établir son rapport, Amnesty a interrogé 61 personnes, dont 33 fonctionnaires limogés, des avocats, des syndicats et les autorités turques.

Au-delà des licenciements eux-mêmes, Amnesty déplore les difficultés rencontrées par les personnes limogées pour retrouver un emploi ainsi que l'annulation de leurs passeports.

"Certaines de ces mesures, comme l'exclusion totale du service public et l'annulation systématique des passeports, violeraient les droits même dans le cas où le limogeage serait justifié", déplore le rapport.

Le gouvernement a mis en place une commission chargée d'examiner les cas de ceux qui estiment avoir été mis en cause à tort par des décrets-lois pris sous l'état d'urgence.

Mais l'ONG dénonce le manque de moyens de cette structure et appelle Ankara à mettre en place "un mécanisme d'appel réellement indépendant, impartial, transparent et efficace".

L'état d'urgence, déjà prolongé à trois reprises, arrive à échéance le 19 juillet, mais M. Erdogan a annoncé dimanche qu'il resterait en vigueur jusqu'à ce qu'il y ait "la paix et la prospérité".

En plus des personnes limogées, plus de 47.000 autres ont été incarcérées et des centaines d'associations fermées.
(AFP, 22 mai 2017)

Enes Kanter, critique du président Erdogan, privé de passeport par Ankara

Le pivot turc de l'Oklahoma City Thunder (NBA) Enes Kanter, opposant revendiqué au président Recep Tayyip Erdogan, s'est retrouvé samedi bloqué à l'aéroport de Bucarest car privé de passeport par Ankara, a-t-il annoncé.

"Je suis en Roumanie, on me dit que l'ambassade de Turquie a annulé mon passeport. Deux policiers me retiennent ici depuis des heures", a annoncé le joueur âgé de 25 ans, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

"La raison derrière cette décision est liée bien sûr à mes vues politiques et l'homme qui a fait cela est Recep Tayyip Erdogan (..) qui est un dictateur, le Hitler de notre siècle", a-t-il ajouté.

Le passeport du basketteur "figurait comme annulé dans notre base de données, c'est pourquoi il n'a pas pu entrer sur le territoire roumain", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police des frontières, Fabian Badila.

Enes Kanter "n'a pas été retenu" à l'aéroport, a-t-il ajouté, précisant que ce dernier "a pris un avion à destination de Londres, escale probable vers les Etats-Unis" en début de soirée.

Selon les médias roumains, le basketteur devait participer dimanche à un événement sportif à Bucarest.

Kanter a plusieurs fois témoigné par le passé sur son compte Twitter de son soutien à Fethullah Gülen, l'ex-imam septuagénaire qui vit en exil aux Etats-Unis depuis 1999 et dont Ankara réclame l'extradition.

Cela lui a valu en août d'être publiquement renié par sa famille. "Je m'excuse auprès du peuple turc d'avoir un fils comme lui, je le rejette", avait déclaré son père Mehmet.

Formé au club stambouliote du Fenerbahçe, Kanter a disputé avec la sélection nationale le Championnat d'Europe 2011, mais plus aucune grande compétition internationale depuis. Il joue en NBA depuis 2011.
(AFP, 20 mai 2017)

57 arrestations dans une opération contre la bourse d'Istanbul

Les autorités turques ont interpellé tôt vendredi 57 personnes soupçonnées d'être liées au putsch manqué de l'été dernier, dans une opération contre la bourse d'Istanbul, a rapporté l'agence progouvernementale Anadolu.

Les arrestations ont eu lieu dans six provinces différentes, une centaine de mandats d'arrêts ayant été émis, a ajouté Anadolu qui précisait que les opérations se poursuivaient dans la matinée.

Les autorités soupçonnent ces personnes d'être liées au réseau du prédicateur islamiste Fethullah Gülen, à qui Ankara impute la tentative de coup d'Etat du 15 juillet. L'intéressé, installé aux Etats-Unis, dément fermement les accusations.

Le quotidien Habertürk précise sur son site que les personnes interpellées vendredi sont d'anciens employés de la bourse d'Istanbul soupçonnés d'avoir eu recours à une application de messagerie cryptée, Bylock, qui était, selon les autorités turques, l'outil de communication des putschistes.

Ils sont également accusés, selon Habertürk, d'avoir réalisé des transactions au profit de la Bank Asya, une banque proche de Fethullah Gülen qui a perdu sa licence après le coup d'Etat avorté.

Depuis le putsch manqué, plus de 47.000 personnes, notamment des policiers, des magistrats et des enseignants, ont été incarcérées et plus de 100.000 limogées ou suspendues.

Ces mesures ont suscité l'inquiétude d'ONG et de pays européens qui dénoncent une répression tous azimuts qui vise notamment les milieux prokurdes et des médias critiques, mais les autorités affirment que les purges sont nécessaires pour nettoyer les institutions des éléments factieux.
(AFP, 12 mai 2017)

Grève de la faim de deux enseignants licenciés

Les enseignants
Nuriye Gülmen et Semih Özakça sont en grève de la faim depuis le 9 mars à Ankara. Ils sont entrés en résistance dès le mois de novembre 2016, après leur licenciement en novembre 2016. 

Nuriye  et Semih font appel aux consoeurs, confrères, associations et syndicats du monde enseignant, pour soutenir leur lutte. Ils sont à leur 62e jour de grève de la faim et la police turque menace d'intervenir pour mettre un terme à leur action. Leur état de santé se dégrade...

Comme des milliers de fonctionnaires, enseignants du primaire à l’université, ou appartenant à d’autres services publics, syndiqués ou non,
Nuriye Gülmen et Semih Özakça ont été licenciés dans le cadre des purges politiques menées par Erdogan.

Nombre d’entre eux et elles ont refusé de se taire et de se soumettre. Ils se sont révoltés contre les licenciements massifs, contre l’État d’urgence et plus largement contre la répression. Tabassés, arrêtés, placés en garde-à-vue, de multiples fois, ils n’ont pas renoncés.

Dans une déclaration lue le 9 mars, Nuriye Gülmen et Semih Özakça ont annoncé qu’il et elle entamaient une grève de la faim. Immédiatement placés en garde-à-vue puis libérés, depuis Nuriye et Semih ne s’alimentent plus et leur santé se dégrade de jour en jour.

Nuriye et Semih ont besoin de votre soutien !

Le parquet réclame 2 900 ans de prison pour Gulen

Le parquet turc réclame plus de 3 600 réclusions à perpétuité pour l’imam Fethullah Gulen, en exil aux États-Unis, selon le quotidien Hurriyet.

Les autorités turques accusent le prédicateur d'être impliqué dans la tentative de coup d'État perpétrée dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016. Plus de 20 chefs d'accusation sont retenus à son encontre.

Outre la prison à vie, les procureurs demandent de condamner Fethullah Gulen à plus de 2 900 ans de prison et à une amende équivalente à 2,2 millions de jours de réclusion.

L'imam a plaidé non coupable et a condamné le coup d'État. Cependant les autorités turques demandent aux États-Unis, où il vit en exil, de l'extrader.

En Turquie, environ 32 000 personnes ont été arrêtées et environ 100 000 fonctionnaires publics ont été limogés après le putsch. (Sputniknews, 8 mai 2017)

Plus de 100 magistrats "proches de Gülen" limogés

Les autorités judiciaires turques ont limogé vendredi plus de 100 magistrats soupçonnés d'appartenir à la mouvance du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir ourdi le putsch manqué en juillet dernier, a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

Le Haut conseil des juges et procureurs (HSYK) a démis de leurs fonctions 107 juges et procureurs, a précisé Anadolu, portant à 4.238 le nombre de magistrats limogés dans le cadre des purges lancées après la tentative de coup d'Etat du 15 juillet.

Les juges et procureurs démis de leurs fonctions vendredi sont en outre visés par un mandat d'arrêt, a ajouté Anadolu.

Après le putsch avorté, les autorités turques ont lancé des purges de grande ampleur, notamment dans les rangs de l'armée, de la police et de la justice. Plus de 47.000 personnes ont été incarcérées et plus de 100.000 fonctionnaires limogés ou suspendus.

Ces purges ont repris de plus belle après la victoire du président Recep Tayyip Erdogan à un référendum constitutionnel sur le renforcement de ses pouvoirs, le 16 avril. Depuis, quelque 13.000 personnes, dont 9.000 policiers, ont été suspendues et 1.000 policiers arrêtés.

La dernière vague de limogeages de magistrats survient alors que le secteur judiciaire, et notamment le HSYK, est en pleine restructuration dans la foulée du référendum constitutionnel.

La réforme approuvée lors de cette consultation populaire prévoit notamment le transfert de l'ensemble du pouvoir exécutif au président, qui pourra émettre des décrets, la disparition de la fonction de Premier ministre, mais aussi le changement de la composition du HSYK.

Ainsi, le nombre de membres du HSYK, qui sera bientôt rebaptisé le HSK, passera dans les prochaines semaines de 22 à 13, dont sept seront désignés par le Parlement et les six autres, directement ou indirectement, par le président.

Des opposants de M. Erdogan, accusé de dérive autocratique, voient dans ce dispositif un outil permettant au chef de l'Etat de contrôler la composition du HSYK, qui est chargé de nommer et de destituer le personnel du système judiciaire.

Les dirigeants turcs rejettent cette accusation et soutiennent que la réforme constitutionnelle permet au contraire d'établir des séparations claires entre les pouvoirs.
(AFP, 5 mai 2017)

1er mai en Turquie: manifestation dispersée et nombreuses arrestations

La police turque a fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc lundi pour disperser environ 200 manifestants qui souhaitaient rallier la place Taksim d'Istanbul à l'occasion du 1er mai, malgré l'interdiction des autorités, a constaté un journaliste de l'AFP.

La police locale a par ailleurs annoncé l'arrestation de 165 personnes, dont 139 pour des "manifestations non autorisées" à Istanbul.

La Turquie célébrait lundi une fête du travail sous tension, deux semaines après un référendum dont le résultat est contesté par l'opposition et qui a considérablement renforcé les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan.

Le groupe de manifestants dispersé, composé de divers groupes de gauche, avait déroulé des banderoles portant des slogans contre le gouvernement, tels que "Longue vie au 1er mai, non au dictateur!".

"Nous allons à Taksim parce que c'est un lieu significatif pour la classe ouvrière", a expliqué Sevim, une manifestante, peu avant l'intervention des forces de l'ordre.

La place Taksim a été le principal lieu de rassemblement pour le 1er mai jusqu'en 1977, lorsque 34 personnes avaient été tuées par des inconnus pendant des manifestations. Après avoir été réautorisés en 2010, les rassemblements y ont été à nouveau interdits après les grandes manifestations antigouvernementales de 2013.

Des barrages policiers ont ainsi été installés lundi pour bloquer les accès à la place située sur la rive européenne d'Istanbul.

Le rassemblement officiel, autorisé par les autorités, a eu lieu à Bakirkoy, près de l'aéroport Atatürk d'Istanbul, et réuni plusieurs millers de personnes.

Plus de 30.000 policiers ont été déployés à Istanbul pour la journée, selon Anadolu, et quelque 4.500 à Ankara.

Dans la capitale, au moins 6.000 personnes ont manifesté, brandissant des lettres géantes formant le mot "Hayir" ("non", en turc), ainsi que des banderoles "Non, c'est non", a constaté un photographe de l'AFP.

Cette année, les rassemblements ont lieu sous le signe du référendum du 16 avril, qui portait sur une révision constitutionnelle renforçant les prérogatives du président et qui a été remporté par le camp du oui à 51,41%.

L'opposition conteste ce résultat, dénonçant notamment la décision par le Haut-Conseil électoral (YSK), le jour du scrutin, de compter comme valides les bulletins de vote non marqués du sceau officiel.

Ses recours ayant été rejetés à la fois par l'YSK et le Conseil d'Etat, le principal parti d'opposition (CHP, social démocrate) a annoncé la semaine dernière vouloir saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

"Nous ne pouvons pas accepter les résultats du référendum et la pression que nous avons subie (...) nous sommes là également pour faire entendre davantage notre voix et redonner de la force au non", a affirmé à l'AFP Türker Aksa, un étudiant qui manifestait à Bakirkoy.
(AFP, 1er mai 2017)

L'ONU condamne les nouvelles purges en Turquie

Il est "hautement improbable" que la Turquie ait suivi la procédure légale dans la vague d'arrestations et de limogeages qui a suivi l'échec du coup d'Etat de juillet, a déclaré lundi le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU.

Lors d'une conférence de presse à Genève, Zeid Ra'ad Al Hussein a notamment condamné la révocation samedi de près de 4.000 fondctionnaires, dont un millier d'employés du ministère de la Justice et un millier d'autres dépendant de l'armée.

"Avec un tel nombre, il est hautement improbable que ces suspensions et détentions aient suivi les normes de la procédure légale", a-t-il commenté.

M. Zeid s'est dit également "très inquiet du renouvellement de l'état d'urgence" par un vote au parlement le 18 avril, affirmant que cette décision avait été prise "dans un climat de peur dans le pays".

Depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016, 47.000 personnes ont déjà été arrêtées. Le régime d'Ankara accuse le prédicateur réfugié aux Etats-Unis, Fethullah Gulen, d'en être l'instigateur, mais ce dernier dément.
(AFP, 1er mai 2017)

La Turquie lance son site des "terroristes" les plus recherchés

Les autorités turques ont lancé mercredi un site internet recensant les "terroristes" les plus recherchés par sa police, qui compte une majorité de rebelles kurdes et quelques djihadistes poursuivis après l'attentat-suicide meurtrier d'Ankara.

Le site recense au total 728 personnes, réparties en cinq couleurs en fonction de leur degré de dangerosité: rouge pour les plus redoutables, puis, dans un ordre décroissant, bleu, vert, orange et enfin gris.

Dans la "liste rouge" (32 noms) figurent les trois principaux dirigeants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Murat Karayilan, Cemil Bayik et Hüseyin Fehman. Ils y cotoient l'imam Fethullah Gülen, accusé par le président Recep Tayyip Erdogan d'avoir bâti un "Etat parallèle" pour tenter de le renverser.

Seuls deux membres présumés de l'organisation Etat islamique (EI) sont classés "rouge".

Plusieurs de ses militants recherchés après l'attentat qui a fait, le 10 octobre, 102 morts et plus de 500 blessés ne figurent que dans la catégorie bleue.

Le site du ministère turc de l'Intérieur se contente du strict minimum en termes d'éléments biographiques: une photo, les nom et prénom, les date et lieu de naissance et l'affiliation.

Il promet également des récompenses à toute personne qui "aiderait" ou "livrerait des renseignements aidant" à l'arrestation d'une personne recherchée. Ces primes varient de 300.000 livres turques (90.000 euros) à 4 millions de livres turques (1,2 million d'euros) pour les fugitifs classés "rouge".
(Belga, 30 avril 2017)

Pression sur les médias / Pressure on the Media


Arrestation de deux professeurs en grève de la faim

Les autorités turques ont arrêté lundi deux professeurs turcs qui observent une grève de la faim depuis plus de deux mois pour protester contre leur limogeage par le gouvernement, selon les médias.

Nuriye Gülmen, une universitaire, et Semih Özakça, un enseignant dans le primaire, ont été limogés dans le cadre des vastes purges qui ont suivi le coup d'Etat avorté de juillet, imputé par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen qui vit aux Etats-Unis.Celui ci dément tout rôle dans le coup manqué.

Ils ont entamé il y a 75 jours une grève de la faim, après plus de 100 jours passés à manifester quotidiennement pour retrouver leur travail.

Ils ont été interpellés par la police tôt lundi en application de mandats d'arrêts qui ont été émis ce weekend, selon la chaîne de télévision NTV. Les charges qui pèsent contre eux n'étaient pas connues dans l'immédiat.

La femme de M. Özakça et les avocats de deux professeurs, qui ont tenté de s'opposer à leur arrestation, ont également été détenus, selon NTV.

"A bas le fascisme. Vive notre résistance par la grève de la faim. Nous voulons retrouver nos emplois. Nous n'avons pas renoncé et ne renoncerons pas", a écrit Mme Gülmen sur son compte Twitter après avoir annoncé que la police tentait d'investir la maison.

Un député du parti d'opposition CHP, Necati Yilmaz, a estimé sur Twitter que les autorités avaient arrêté les deux professeurs pour éviter qu'ils succombent à leur grève de la faim et que cela ne déclenche "de nouvelles manifestations similaires à Gezi".

Il faisait allusion à l'évacuation manu militari le 31 mai 2013 de plusieurs centaines de personnes campant dans le parc Gezi près de la place Taksim d'Istanbul dans le cadre d'un projet d'aménagement urbain, déclenchant un mouvement de contestation de trois semaines contre le président Recep Tayyip Erdogan.

Depuis le putsch manqué, plus de 46.000 personnes, notamment des policiers, des magistrats et des enseignants, ont été incarcérées et plus de 100.000 limogées ou suspendues.
 Ces mesures ont suscité l'inquiétude d'ONG et de pays européens qui dénoncent une répression tous azimuts qui vise notamment les milieux prokurdes et des médias critiques.

Le chef du groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen, l'Italien Gianni Pitella, avait rendu visite le 12 mai aux deux grévistes de la faim.

"La Turquie mérite une démocratie pleine et entière et je suis ici pour partager leur combat", avait-il alors déclaré.
(AFP, 22 mai 2017)

Mandats d'arrêt contre des responsables d'un journal d'opposition

Des mandats d'arrêt ont été émis vendredi en Turquie contre le propriétaire et d'autres responsables du journal d'opposition Sozcu, a annoncé l'agence de presse gouvernementale Anadolu, dans un climat d'intensification de la répression visant les médias critiques du pouvoir.

Burak Akbay et trois autres personnes travaillant pour Sozcu, dont celle chargée du site internet de ce quotidien, Mediha Olgun, sont accusés d'avoir des liens avec le mouvement du prédicateur musulman Fethullah Gülen dont Ankara réclame aux Etats-Unis l'extradition pour son implication, qu'il nie, dans le coup d'Etat avorté de juillet, selon la même source.

Mediha Olgun a d'ores et déjà été arrêtée, tandis que Burak Akbay ne se trouve pas actuellement sur le territoire turc, a ajouté Anadolu.

Il est à Londres, croit savoir CNN Turk.

Gokmen Ulu, un journaliste, et Yonca Kaleli, un cadre financier, sont les deux autres employés de Sozcu contre lesquels des mandats d'arrêt ont été délivrés par le parquet d'Istanbul, a précisé cette chaîne de télévision.

Tous quatre sont accusés de "commettre des crimes au nom d'une organisation terroriste armée", une allusion au mouvement de M. Gülen, a révélé CNN Turk.

L'avocat du quotidien, Ismail Yilmaz, a toutefois démenti que de tels mandats d'arrêt aient été émis, expliquant à l'agence de presse Dogan que les mandats délivrés étaient destinés à faire saisir leurs biens.

-'Triste exemple'-

Il a toutefois confirmé l'interpellation de Mediha Olgun, tout en disant que cela pourrait être en relation avec une autre affaire. Sur son site web, Sozcu a ensuite indiqué que le journaliste avait été placé en détention.

"Il y a des mandats, il y a des arrestations" de responsables de Sozcu, a de son côté confirmé à Dogan le procureur d'Istanbul Irfan Fidan, selon lequel une enquête est en cours sur "le patron et certains employés" de ce journal.

Dans un tweet, Kati Piri, rapporteur sur la Turquie au Parlement européen, a déploré qu'"en Turquie, le journalisme critique équivaut à du terrorisme. L'attaque contre Sozcu en est un nouvel et triste exemple".

D'après CNN Turk, ces poursuites sont en rapport avec un article publié sur internet le jour-même de la tentative de putsch donnant des détails sur l'endroit où M. Erdogan passait ses vacances sur la mer Egée, "facilitant" ainsi une "attaque" contre le chef de l'Etat.

Sozcu, dont le nom signifie "porte-parole", très critique du gouvernement et qui défend sans concession la laïcité, est un des journaux les plus populaires de Turquie. Sa devise est "Si #Sozcu est muet, la Turquie sera muette".

Le leader du principal parti d'opposition, le Parti populaire républicain (CHP), Kemal Kilicdaroglu, a rendu visite au journal et déclaré à cette occasion que "l'arrestation, la détention et les pressions sur les journalistes sont quelque chose d'inacceptable en démocratie".

C'est le deuxième quotidien d'opposition à ainsi être la cible du pouvoir après Cumhuriyet, également farouche détracteur du président Recep Tayyip Erdogan et dont vingt collaborateurs ont été inculpés dans le cadre de l'état d'urgence mis en place après le coup d'Etat manqué.

D'après CNN Turk, dans le cas Sozcu, les mandats d'arrêt sont en rapport avec un article publié sur internet le jour même de la tentative de putsch donnant des détails sur l'endroit où M. Erdogan passait ses vacances sur la mer Egée

La Turquie est 155e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières pour 2017.

D'après le site internet spécialisé P24, 165 journalistes, pour la plupart arrêtés dans le cadre de l'état d'urgence, sont derrière les barreaux en Turquie.

Les autorités turques affirment que c'est parce qu'ils sont liés à des "organisations terroristes", expression utilisée pour désigner le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, séparatistes kurdes) et le réseau güléniste.
(AFP, 20 mai 2017)

Özakça’s Mother Detained As Well on 72th Day of Hunger Strike

Police attacked those who were keeping watch in front of the Human Rights Monument on Yüksel Street in Ankara for academic Nuriye Gülmen and teacher Semih Özakça, who have been on hunger strike for 72 days demanding that they be reinstated to their jobs.

As the hunger strike was entering its 72th day, 10 supporters on the hunger strike area were taken into custody including Özakça's mother Sultan Özakça were later released towards morning hours.

There have been three more interventions including detentions during the night. The supporters of the hunger strike continue protesting on the area in shifts.

Today is the 192nd day of Gülmen and Özakça's protest and 72nd day of their hunger strike. The police has attacked the hunger strike area for the sixth time. The watch continued after the detentions.

About Gülmen and Özakça

Nuriye Gülmen was employed at Eskişehir Osmangazi University.

After her contract was not renewed, she brought a lawsuit and won. Seven months later, she started to work at Selçuk University. A day after she started her job, she was suspended from her duty based on the "FETÖ-PDY (Fethullahist Terror Organization-Parallel State Structure) investigation launched into her. She was discharged on January 6, 2017 via the Statutory Decree No. 679.

Semih Özakça was a classroom teacher at Mazıdağı Cumhuriyet Primary School in Mardin. He was discharged via the Statutory Decree No. 675 over "being linked with terror organizations".

Gülmen has been in front of Human Rights Monument on Yüksel Street in Ankara to stage a sit-in since November 9, and Özakça since November 23.

On March 11, they declared that they would go on a permanent non—rotational hunger strike. They were detained on March 9 and they went on hunger strike in custody. (BIA, May 19, 2017)


UN Human Rights Council and deterioration of freedom of expression

PEN International, ARTICLE 19, the Committee to Protect Journalists, Human Rights Watch, International Press Institute and Reporters Without Borders call the attention of the UN Human Rights Council to the continuous deterioration of freedom of expression and other human rights in Turkey. Following the coup attempt on 15 July 2016, the Turkish authorities have pursued an unprecedented crackdown against perceived critics and opponents. As noted by the UN Special Rapporteur on the right to freedom of opinion and expression following his November visit to the country, counter-terrorism legislation and the prolonged state of emergency are being used to severely restrict fundamental rights and freedoms, stifle criticism and limit the diversity of views and opinions available in the public sphere.[1]

Since the Special Rapporteur’s visit, independent mainstream media have been all but silenced. There are now over 160 media outlets and publishing houses closed down since July 2016 and around 165 journalists and media workers jailed pending trial.[2] Over 100,000 civil servants have been summarily dismissed, with over 47,000 including army, police and teachers jailed pending trial on charges of involvement in the coup plot and of association with the alleged Fethullah Gülen Terrorist Organisation (FETÖ). There has been a rise in allegations of torture or ill-treatment in police custody.[3]

Turkey’s Kurdish population has also been disproportionally affected. The Turkish authorities frequently prosecute non-violent pro-Kurdish political activism or journalism for links with the armed Kurdistan Workers’ Party (PKK). Selahattin Demirtaş and Figen Yüksekdağ, the leaders of the parliamentary opposition Peoples’ Democratic Party (HDP), and other MPs from the party, have been in jail since November 2016. At least 87 municipalities in the southeast have been taken over by the government and their democratically elected mayors and officials removed or jailed.[4] Sev

Oğuz Güven est le 12e collaborateur de Cumhuriyet jeté en prison

Reporters sans frontières (RSF) dénonce l’acharnement des autorités turques contre les derniers médias critiques et réclame la libération immédiate du journaliste Oğuz Güven, incarcéré le 15 mai 2017 à Istanbul. Accusé de “propagande terroriste”, c’est le 12e collaborateur du quotidien d’opposition Cumhuriyet à être jeté en prison.
Le rédacteur en chef du site internet de Cumhuriyet, Oğuz Güven, a été placé en détention provisoire le 15 mai 2017 après trois jours de garde à vue. Il risque jusqu’à sept ans et demi de prison pour “propagande de l’organisation terroriste de Fethullah [Gülen]”, du nom du prédicateur en exil que les autorités turques désignent comme responsables de la tentative de putsch du 15 juillet 2016. Un chef d’accusation très lourd qui se fonde sur… un tweet posté sur le compte officiel de Cumhuriyet et supprimé après 55 secondes.

“Les accusations portées à l’encontre d’Oğuz Güven sont un tel sommet d’absurdité qu’il est difficile de ne pas y voir la volonté d’affaiblir encore un peu plus Cumhuriyet, dénonce Erol Önderoğlu, représentant de RSF en Turquie. Ce qui est en jeu est la survie des tout derniers médias indépendants. Les chefs d’Etat qui s’apprêtent à rencontrer le président Erdoğan lors du sommet de l’OTAN ne peuvent rester spectateurs de l’annihilation de la liberté de la presse en Turquie.”

Oğuz Güven est accusé d’être à l’origine d’un tweet controversé annonçant la mort du procureur de la province de Denizli (Ouest), Mustafa Alper, dans un accident de la route. Ce procureur était en charge d’un procès intenté contre des personnalités suspectées d’être impliquées dans le coup d’Etat manqué. “Le tweet a été supprimé après 55 secondes”, a fait valoir devant le juge le journaliste de 32 ans de carrière, qui invoque une “erreur”. “Nous avons aussi repris, dans un autre article, les réactions face à cette tragédie. Je rejette formellement les accusations portées à mon encontre”.

Oğuz Güven a été écroué à la prison de Metris, au centre-ville d’Istanbul. Si l’appel interjeté par ses avocats échoue à le faire libérer, le journaliste sera transféré vers la prison de Silivri, au nord d’Istanbul, où onze autres collaborateurs de Cumhuriyet sont détenus depuis des mois. “Il n’y a plus rien à faire face à cet état de décomposition [de la justice]”, a déclaré Oğuz Güven en quittant ses soutiens. La date de son procès n’a pas encore été fixée.

Cela fera 200 jours, le 18 mai, que dix journalistes et administrateurs de Cumhuriyet, dont le rédacteur en chef Murat Sabuncu, l’éditorialiste Kadri Gürsel et le dessinateur Musa Kart, sont derrière les barreaux à Silivri. A cette occasion, une manifestation de journalistes et de la société civile aura lieu devant le palais de justice de Çağlayan d’Istanbul à 11 heures. Le journaliste d’investigation Ahmet Şık, pourtant l’un des premiers à évoquer l’influence des cadres gülenistes au sein de l’appareil d’Etat, a été emprisonné à son tour en décembre 2016. Leur procès s’ouvrira le 24 juillet. En l’absence de réaction de la Cour constitutionnelle turque, ces journalistes attendent désormais que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) se prononce rapidement sur leur détention.

Après la fermeture de plus de 150 médias depuis la tentative de putsch, Cumhuriyet est l’un des tout derniers titres critiques des autorités turques. Outre l’incarcération de ses collaborateurs, le quotidien est victime d’un étouffement économique concerté et d’une tentative de reprise en main de son comité de direction. L'ancien rédacteur en chef de Cumhuriyet, Can Dündar, exilé en Allemagne, est une des bêtes noires du président Recep Tayyip Erdoğan depuis qu’il a révélé, en 2015, que les services secrets turcs avaient fourni des armes à des groupes islamistes en Syrie. Il a créé en exil le site d’information Özgürüz (Nous sommes libres).

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au Classement mondial 2017 de la liberté de la presse établi par RSF.

Police Take Off Even Flowers on 65th Day of Hunger Strike

Police have cleared the Human Rights Monuments where academic Nuriye Gülmen and teacher Semih Özakça have been resisting for 185 days on Yüksel Street in capital city of Ankara. Four people on watch at the square have been taken into custody.

Gülmen and Özakça told bianet that there was police blockade at the area and they even took off the flowers on the street.

10 people including Veli Saçılık went to the area to stage a sit-in at around 10:30 a.m. Gülmen and Özakça made a call for rally at the square at 1:30 p.m.

Gülmen: Sign of desperation

“It is a sign of desperation. It shows that they don’t know what to do. The support growing has scared them. They are trying to terrorize it. They act on instant reflex to prevent people from coming here.

“I don’t think they can intimidate people. They can’t intimidate us”.

Özakça: The resistance will continue no matter what they do

*According to the information we obtained, they will detain anyone but teachers. That means: they are trying to end the protest by isolating us.

“We are very determined. Our hunger strike is within our bodies. The resistance will continue no matter what they do. I know that people will face the risks and take it to the street to make us heard. I know this. I believe in people and I know that they will lend ear to our call”. (BIA, May 12, 2017)

Une journaliste allemande détenue en Turquie, selon Berlin

Une journaliste allemande, Mesale Tolu, est emprisonnée depuis fin avril en Turquie et les autorités allemandes n'ont pas pu avoir de contacts avec elle, a indiqué vendredi un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.

"Nous n'avons eu aucune information des autorités turques lors de l'arrestation (de Mme Tolu) puis lors de son placement en détention provisoire. C'est regrettable", a déploré Martin Schäfer, précisant qu'aucun "contact personnel" avec la journaliste avait pu être établi.

"Ce cas nous préoccupe", a jugé le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, alors que la détention d'un journaliste germano-turc, Deniz Yücel, accusé d'espionnage a déjà sérieusement écorné les relations entre Berlin et Ankara.

Selon les médias turcs, cette jeune femme travaillait notamment pour une petite agence de presse turque de gauche, Etkin Haber Ajansi (ETHA) mais le porte-parole du ministère des Affaires étrangères n'a pas pu préciser si elle était journaliste ou traductrice.

Née en Allemagne de nationalité turque, elle a été naturalisée en 2007, selon les médias allemands.

Elle faisait partie d'un groupe de 16 personnes interpellées lors d'une opération policière contre des militants de gauche sans doute en lien avec les manifestations prévues pour le 1er mai, selon les médias turcs.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a expliqué qu'elle avait été interpellée le 30 avril, puis placée en détention provisoire le 6 mai et que les autorités allemandes n'en avaient pas été informées par leurs homologues turcs.

Au total, six Allemands détenus dans les prisons turques ne peuvent bénéficier d'une assistance diplomatique à l'heure actuelle, a encore souligné le porte-parole.

Le cas de cette jeune femme, ainsi que des autres Allemands détenus en Turquie, a été évoqué lors d'un entretien entre le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel et le Premier ministre turc, Binali Yildiri, en marge d'une conférence à Londres jeudi.
(AFP, 12 mai 2017)

Arrestation du rédacteur en chef de l'édition en ligne de Cumhuriyet


Les autorités turques ont interpellé vendredi le rédacteur en chef du site internet du quotidien d'opposition Cumhuriyet, dont une vingtaine de collaborateurs ont été détenus ces derniers mois.

Oguz Güven a lui-même annoncé son arrestation dans un tweet partagé sur le réseau social vers 07H00 (04H00 GMT). Le quotidien affirme sur son site ne pas encore connaître les raisons de cette interpellation.

L'agence progouvernementale Anadolu a pour sa part affirmé qu'il a été arrêté en lien avec sa couverture de la mort, plus tôt cette semaine, dans un accident de la route d'un procureur turc en charge des poursuites contre un nombre de suspects détenus depuis le putsch manqué du 15 juillet. L'agence n'a pas fourni de précisions supplémentaires.

Plusieurs journalistes et d'autres employés de Cumhuriyet ont été arrêtés ces derniers mois. Parmi lesquels figurent notamment son patron, Akin Atalay, son rédacteur en chef, Murat Sabuncu ainsi que le journaliste d'enquête Ahmet Sik.

Ils sont accusés d'appartenir ou de soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes), la mouvance du prédicateur Fethullah Gülen accusé d'avoir orchestré la tentative de putsch du 15 juillet, ou encore le DHKP-C (groupuscule d'extrême gauche). Ils risquent entre 7 ans et demi et 43 ans de prison.

Farouchement critique du président Erdogan, Cumhuriyet, fondé en 1924, s'est transformé, sous la houlette de son ancien rédacteur en chef Can Dündar en machine à scoops, multipliant les enquêtes embarrassantes pour le pouvoir.

M. Dündar, qui vit désormais en Allemagne, est considéré comme un traître par le pouvoir turc pour avoir révélé en 2015 que les services secrets turcs avaient fourni des armes à des islamistes en Syrie.
 La Turquie est 155e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF pour 2017.

Les autorités turques nient régulièrement toute atteinte à la liberté de la presse et affirment que les seuls journalistes arrêtés sont ceux liés à des "organisations terroristes", expression désignant le PKK et le réseau güléniste.
(AFP, 12 mai 2017)

Le calme règne en Turquie ? 

Anne Morelli
Professeure de l'U.L.B.


Les agences de voyage belges sont formelles : pour notre Ministère des Affaires étrangères, il n’y a aucun problème en Turquie et les touristes belges peuvent recommencer sans problème à y affluer.
La Turquie sans problème ?
Pour qui ?
En tous cas pas pour les journalistes, les enseignants et les intellectuels turcs.
Depuis ce que le président Erdogan a présenté comme un « coup d’Etat manqué »ayant risqué d’ébranler son pouvoir dans la nuit du 15/16 juillet dernier, les arrestations arbitraires se sont multipliées, non seulement envers tout ceux qui, de près ou de loin, peuvent apparaître comme liés à l’ancien allié d’Erdogan, Gülen, mais aussi (surtout ?) envers tous les opposants qui depuis des années tentent d’enrayer le pouvoir présidentiel. C’est donc surtout à gauche que les coups pleuvent. Les purges ont frappé les journalistes, les syndicalistes, les enseignants de tous niveaux, les scientifiques, la justice, les fonctionnaires. N’importe qui peut être arrêté à tout moment pour n’importe quelle raison. 

La romancière Asli Erdogan, physicienne de formation, qui avait dénoncé dans ses romans la torture et les conditions de détention des prisonniers politiques a ainsi été arrêtée et malmenée sans qu’aucun grief précis ne puisse lui être reproché. Son ¦uvre a été couronnée aux Pays-Bas par le prix « Princess Margriet Award for Culture » mais elle a été empêchée par le gouvernement turc d’aller recevoir son prix. Comme 200.000 autres Turcs il lui est interdit de quitter ce pays où plus aucune loi n’est respectée et où Wikipedia est régulièrement censuré. 

Parmi les  enseignants écartés brusquement de leur poste, on trouve tant des instituteurs(trices) que des enseignant(e)s du secondaire ou de niveau universitaire. Interdiction est faite aux autres établissements d’enseignement d’ inviter (par exemple pour tenir un séminaire) des enseignants démis de leurs fonctions pour des raisons politiques. Une des premières à réagir à son licenciement fut Nuriye Gülmen, enseignante à l'université de Selçuk à Konya. Elle organisa un sit-in devant le monument aux droits de l'homme à Ankara . Nuriye fut chaque jour tabassée, insultée et arrêtée par la police. Mais après chaque emprisonnement, elle est retournée à la rue pour poursuivre son action. Des centaines d'opposants ont fait de son sit-in le rendez-vous de la résistance. 

Après chaque nouvelle purge, d'autres enseignants ont rejoint Nuriye : Acun Karadag, professeur de collège à Hasköy,  Semih Özakça, enseignant dans une école primaire à Mardin, son épouse Esra elle aussi enseignante du primaire à Mardin, le sociologue Veli Saçilik... Tous ces enseignants veulent retrouver leur gagne-pain mais aussi leur vie sociale, leurs collègues et leurs élèves ou étudiants. 

Depuis le 9 mars dernier, Nuriye et Semih ont décidé de commencer une grève de la faim en demandant la fin de cet état d'urgence qui justifie une répression permanente contre toute forme de contestation ainsi que leur réintégration professionnelle. 

Deux mois plus tard, la résistance des deux enseignants turcs se poursuit inexorablement à la force de leur corps famélique. Faire connaître leur protestation est un devoir pour les enseignants qui ne pâtissent pas d’un régime comme celui de la Turquie. Malgré les pressions et les malhonnêtetés de la campagne électorale précédent le référendum du 16 avril dernier, 24 millions de citoyens turcs ont rejetté la dictature d’Erdogan. Le prix du « calme » en Turquie est effrayant.     

11 mai: 46e anniversaire de notre exil

Aujourd'hui, 11 mai... Il est 46e anniversaire du début de notre exil de presque un demi-siècle qui a entièrement bouleversé ma vie et celle d'Inci...

Coïncidence: Deux jours plus tard, 13 mai 2017, le 4e congrès de l’Assemblée européenne des exilés (ASM) se réunit à Cologne en Allemagne.

Avec les exilés en provenance de Turquie, l’ASM avait été fondée le 15 décembre 2012 dans le but de défendre les droits des exilés politiques et de mener une lutte contre les politiques répressives du régime d’Ankara.

Depuis cinq ans, la situation des droits de l’Homme en Turquie s’est fortement détériorée et depuis un an arrivent en Europe des centaines de nouveaux exilés en raison de la proclamation de l’état d’urgence suivies des arrestations, purges, assassinats et tortures.

Avec la participation des exilés de cette nouvelle période de la terreur de l’Etat, la 4e assemblée générale de l’ASM adoptera un nouveau programme d’activités conformes à la réalité de nos jours.


Quatre intellectuels célèbres morts en exil:
Yilmaz Güney et Ahmet Kaya (à gauche),
Nazim Hikmet et Fahrettin Petek (à droite).

Le constat que rien n’est changé dans notre pays d’origine concernant la violation des droits de l’Homme qui oblige à l’exil des centaines de journalistes, universitaires, artistes, syndicalistes, militants de la vie associative, et même les militaires m’a ramené aux jours du début de notre exil il y a 46 ans.

Depuis l’interdiction de notre revue Ant le 1er mai 1971, mon nom est annoncé sans cesse par les radios et les journaux dans la liste des gens cherchés par la loi martiale. Déjà, il y a un an, après la grande résistance ouvrière du 15-16 juin, les militaires m’avaient interrogé pendant des heures à cause de mes critiques contre les opérations militaires répressives. Quand on m’a mis en liberté après l’interrogatoire, ils m’avaient menacé ouvertement : « Cette fois-ci, vous ressortez par la porte, comme vous étiez entré, mais, la prochaine fois, il peut se faire qu’il n’en soit pas ainsi… »

Entrés dans la clandestinité, nous avons tenté d’abord de quitter le pays, soit par les frontières du sud ou par la mer Egée… Sans succès… Il ne restait plus, donc, qu’une seule solution: trouver un passeport falsifié pour s’envoler à un pays étranger. Le passeport commun émis au nom des parents d’Inci était encore valide... Nous changeâmes les photos sur les passeports et, pour ne pas risquer de leur causer des ennuis par la suite, nous effaçâmes les trois dernières lettres du nom de famille Tuğsavul, le transformâmes en Tuğsan et nous diminuâmes le chiffre correspondant à leur date de naissance pour le rendre plus conforme à nos âges. Il n’y avait donc plus d’obstacle à ce que nous partions à l’étranger. Nous étions désormais prêts pour affronter une nouvelle période de notre existence.

Les radios donnaient sans cesse les derniers communiqués des autorités de la loi martiale et des nouvelles concernant les décisions de perquisitions et d’arrestations. Cette nuit-là nous ne pûmes pas nous endormir pendant longtemps, car notre tête était occupée par le tapage que feraient les médias aux ordres de la junte si nous étions pris avec de faux passeports, lors du contrôle et aussi par les pressions accablantes qui seraient exercées sur nos familles et sur nos proches.



Nous nous levâmes à 6 heures, hébétés d’être restés sans sommeil. Nous fîmes nos adieux à tout le monde et, appelant un taxi, nous prîmes la direction du Bulvar Palas, devant lequel l’autobus de la Lufthansa allait prendre les passagers. Ankara était sous la pluie. Tandis que l’autobus de la Lufthansa s’ébranlait, nous aperçûmes le père d’İnci qui, dans un coin, nous suivait avec inquiétude. En deux semaines, le pauvre homme avait pris des années. İnci en eut les larmes aux yeux.

Nous fûmes une ou deux fois contrôlés par les hommes de la loi martiale jusqu’à notre arrivée à l’aéroport. Là, sans trop perdre de temps, nous passâmes au contrôle des billets et des bagages. Nous n’en avions, d’ailleurs, pas beaucoup. Nous n’avions, pour des raisons de sécurité, pris aucun autre document, hormis nos faux passeports. Nous avions bien enregistré dans nos mémoires quelques adresses qui nous permettraient d’établir des contacts en Europe, car nous avions confié à nos proches une liste comportant toutes les adresses et les numéros de téléphone destinés à nous être envoyés à une adresse que nous ferions connaître, si nous parvenions en Europe sans problème.

Après avoir acheté quelques journaux et revues, nous nous dirigeâmes vers le contrôle des passeports. Nous étions juste en train de nous approcher du policier préposé au contrôle qu’İnci eut une hésitation et s’arrêta, anxieuse, me disant :

- Je le connais depuis l’époque où je faisais le reporter à Ankara. Qu’est-ce qui se passera s’il me reconnaît et se souvient de moi ?...

- Tu es folle. Je ne serais pas moi-même capable de te reconnaître, avec un autre nom, avec ce maquillage et cette tenue…

Le policier contrôla nos passeports. Pour ne pas lui laisser l’occasion du moindre doute ou de tenter de poser la moindre question, le prenant de haut, je lui demandai, sur un ton de gros homme d’affaires:

- Monsieur. Ces avions partent toujours en retard. Je me suis plaint au ministre, ces derniers temps. Est-ce qu’il y a du retard ?

Le policier répondit d’une voix accablée, comme s’il portait lui-même la responsabilité des retards :

- Non, Monsieur. Tous les départs sont normaux aujourd’hui.

Il apposa les tampons de sortie et, tout en nous rendant nos passeports, nous souhaita bon voyage. Nous étions, enfin, dans le salon des départs. Par chance, il n’y avait aucune connaissance parmi ceux qui attendaient l’avion. Il n’y avait que des travailleurs migrants retournant de leur pays natal et des touristes étrangers…

Comme c’est la coutume, nous achetâmes pour les amis que nous allions retrouver en Europe, quelques petits cadeaux modestes. Puis, nous renouvelâmes le stock de cigarettes d’İnci qui, à cause de ces dernières semaines de stress, avait augmenté sa dose quotidienne de deux à trois paquets par jour. Enfin, retentit l’annonce priant les voyageurs de la Lufthansa de monter à bord.

Les quelque vingt minutes qui s’écoulèrent entre notre installation sur nos sièges et le moment où les roues de l’avion quittèrent le sol nous parurent des heures, conformément à la théorie de la relativité d’Einstein.

Après le décollage de l’avion, nos yeux ne quittaient pas le hublot… Nous dépassâmes Istanbul et la Thrace. A chaque instant, l’alarme nous concernant pouvait être donnée et, tant que l’avion volait au-dessus du territoire turc, il pouvait être contraint à atterrir.

Mais non. Le capitaine nous communiqua le fait que nous avions quitté la Turquie.

Nous prîmes une profonde respiration.

Tandis que j’épluchais, pour la dernière fois, les journaux de Turquie, İnci, sortant un carnet vierge de son sac, commença à y inscrire toutes les adresses et les numéros de téléphone qu’elle savait par cœur ou qu’elle avait pu mémoriser durant ces quelques derniers jours.

L’avion allemand, progressant à toute vitesse au-dessus d’une mer de nuages, entraînait vers un avenir fait d’infinies inconnues deux exilés politiques portant les noms d’emprunt de Mehmet Burhanettin et de Hacer…

Nous nous arrachions à notre cher pays, qui nous avait vu naître, où nous avions grandi et pour lequel nous avions combattu. Sans imaginer le moins du monde qu’un beau jour, nous serions rendus « apatrides »… Avec l’espoir de revenir dès que possible et de reprendre les choses là où nous les avions laissées, comme si de rien n’était…


Un journaliste français interpellé par les autorités turques

Un journaliste indépendant français installé depuis plusieurs années en Turquie était retenu mardi par les autorités turques après avoir été interpellé la veille au cours d'un reportage dans le sud-est du pays, a annoncé l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

Mathias Depardon, un photojournaliste qui travaille pour plusieurs publications, a été arrêté lundi à Hasankeyf, dans la province de Batman, où il effectuait un reportage pour le magazine National Geographic, a dit à l'AFP Erol Onderoglu, représentant de RSF en Turquie.

"Il est en ce moment en train d'être transféré de Batman dans un centre d'accueil géré par la Direction des affaires migratoires à Gaziantep", une autre province du sud-est, a ajouté M. Onderoglu, qui a pu parler au journaliste français mardi après-midi.

Mathias Depardon a été interpellé lundi à Hasankeyf dans des circonstances qui restent floues. Après avoir été interrogé, le journaliste a été remis à la Direction des affaires migratoires et ses deux appareils photo ont été confisqués, a raconté M. Onderoglu.

L'AFP a tenté de joindre à plusieurs reprises Mathias Depardon sur son téléphone portable, sans succès.

Ni le ministère de l'Intérieur, ni le gouvernorat de Gaziantep n'étaient joignables dans l'immédiat. Un porte-parole du gouvernorat de Batman a déclaré à l'AFP n'avoir "aucune information" à ce sujet.

Les autorités turques exigent parfois plusieurs accréditations pour pouvoir effectuer un reportage dans certaines zones, notamment dans le sud-est
majoritairement peuplé de Kurdes, où les forces de sécurité combattent les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Olivier Bertrand, un journaliste français travaillant pour le site internet d'information Les Jours, a été arrêté en novembre dernier pendant un reportage dans la province de Gaziantep, frontalière de la Syrie, avant d'être expulsé de Turquie vers la France.

Le mois dernier, un journaliste italien, Gabriele Del Grande, a été arrêté en Turquie pendant qu'il faisait à la frontière syrienne un reportage sur les réfugiés et expulsé après deux semaines de détention.

Les conditions de travail se sont dégradées ces derniers mois pour les journalistes étrangers en Turquie, selon des défenseurs de la liberté de la presse qui font état d'arrestations, d'expulsions et de difficultés administratives.

"RSF déplore les contraintes administratives régulières qui pèsent sur les représentants des médias internationaux", a dit M. Onderoglu. "On espère la libération de Mathias Depardon sans qu'il fasse l'objet d'une mesure d'expulsion, ni de poursuites judiciaires".
(AFP, 9 mai 2017)

Police Raid Belge Publishing House, Seize 2,000 Books

According to the report of Hayri Tunç from Direnişteyiz website, police raiding the office of Belge Publishing House in Cağaloğlu district of İstanbul on Sunday (May 7) searched the office and the inventory of the publishing house claiming that they received a complaint about some books without a bandrol.

Police stating that there was an order to pull the books of "Stateless Kurds" and "Decisions tougher than death" off the shelf have seized also other books from 80's and 90's without an order.

Seizing approximately 2,000 books, police also detained Mehmet Ali Varış, an employee of publishing house and later released him.

Belge Publishing House was founded by Ragıp Zarakolu and Ayşe Zarakolu in 1977 and published books mostly about politics, economics, philosophy and human rights.

"New Voices", a series of books were published in order to act with solidarity with writers in prison in the 10th year anniversary of the publishing house.

Ayşe Nur Zarakolu, one of the founders of the publishing house having investigations launched into many of its publications received the International Publishers Association (IPA) Freedom Freedom of Thought prize in 1998 and Ragıp Zarakolu received the IPA Freedom to Publish award in 2008.

Ragıp Zarakolu arrested in 2011 as a part of the KCK (Kurdistan Communities Union) operation and was released in April 2012. He was nominated to Nobel Peace Prize in February 2012. (BIA, May 8, 2017)

AI: 250,000 demand release of jailed journalists in Turkey

Top journalists, cartoonists and world-renowned artists have joined a campaign to demand the release of more than 120 journalists jailed in Turkey following last summer’s coup attempt and an end to the ruthless crackdown on freedom of expression in the country.

The campaign, which has attracted 250,000 supporters since February, will see protests in cities around the world timed to coincide with World Press Freedom Day and the publication of an Amnesty International briefing, Journalism is not a crime: Crackdown on media freedom.

“A large swathe of Turkey’s independent journalists are languishing behind bars, held for months on end without trial, or facing prosecution on the basis of vague anti-terrorism laws,” said Salil Shetty, Amnesty International’s Secretary General.

“Today our thoughts are with all journalists who are imprisoned or facing threats and reprisals, but our particular focus is on Turkey where free expression is being ruthlessly muzzled. We call on Turkey’s authorities to immediately and unconditionally release all journalists jailed simply for doing their job.”

Since the failed coup attempt in July 2016, at least 156 media outlets have been shut down and an estimated 2,500 journalists and other media workers have lost their jobs. Journalists have been arrested and charged with terrorism offences as a result of posts they have shared on Twitter, cartoons they have drawn or opinions they expressed. This is taking place within the context of a wider crackdown against perceived government critics which has seen 47,000 people remanded in prison and more than 100,000 public sector employees summarily dismissed.

Journalist Mahir Kanaat was arrested with six colleagues on Christmas day. “My hands were tied behind my back and a ‘special team’ [police officer] was on top of me. I shouted ‘my wife is nine months pregnant, why are you making her lay down’ and tried to get up. There was a scuffle, I was kicked in the face.” Mahir Kanaat’s wife gave birth to their son while he was in detention. He is still in prison awaiting trial.

Lengthy periods of pre-trial detention have become routine. Charges levelled against media workers are often trumped up, sometimes patently absurd or wholly lacking any evidence of an actual criminal offence.

Former newspaper editor Ahmet Altan was detained in September 2016 along with his brother, academic Mehmet Altan. They were accused of ‘sending subliminal messages’ to the coup plotters during a TV panel discussion on the eve of the coup attempt. The programme’s presenter, Nazlı Ilıcak, was also arrested and remains in pre-trial detention.

Investigative journalist, Ahmet Şik, has been remanded in custody since December. In the indictment against him, eight tweets, two interviews and an article were listed as evidence of his aiding three separate proscribed groups, all of which have totally different, often opposing, agendas. His wife Yonca told Amnesty International: “Ahmet’s imprisonment is a message to others: ‘Speak out if you dare’.”

More than 250,000 people have signed an online petition calling for the release of Turkey’s journalists and over the last month thousands have supported the #FreeTurkeyMedia campaign. Run by Amnesty International with the support of numerous other organizations, the campaign encourages people to post a ‘solidarity selfie’ on Twitter.

Among those that have already backed the movement are artist Ai Weiwei, while dozens of cartoonists around the world are submitting work which will be judged by a panel including cartoonists Zunar, Steve Bell and Martin Rowson. The Al Jazeera journalists imprisoned in 2013 in Egypt for more than 400 days, are also supporting the campaign.

“For more than 400 days in Egypt, it was the knowledge that people around the world were campaigning for our release that kept us strong,” wrote Peter Greste and Mohamed Fahmy in an article published in newspapers around the world today.

“If it was right to speak out for us and demand #FreeAJStaff, it is right to speak up for all journalists jailed simply for doing the their jobs. That is why we have joined the call to #FreeTurkeyMedia.”
(AI, 3 May 2017)

Cartoons and other information about the campaign can be viewed here  and on Twitter at @freeturkeymedia

Find out more about the campaign herehttps://www.amnesty.org/en/latest/campaigns/2017/02/free-turkey-media/

3 Months of Press Freedom: The Situation is Very Dire

The governance under the State of Emergency, which has been introduced following the July 15 coup attempt and will soon be in force for one year, has pretty much damaged the ties with the European Union due to the violation of the journalism rights as well as the fundamental rights and freedoms.

The governance under the State of Emergency, which has been introduced following the July 15 coup attempt and will soon be in force for one year, has pretty much damaged the ties with the European Union.

Especially Die Welt Correspondent Deniz Yücel being kept under harsh isolation conditions like tens of journalists has caused tension between Turkey and Germany. While the Constitutional Court (AYM) has slurred over the applications of approximately 20 journalists including Şahin Alpay, Nazlı Ilıcak, Murat Aksoy, Atilla Taş, Kadri Gürsel, Murat Sabuncu, Musa Kart, and Turhan Günay, their applications were considered "subject to priority examination" by the European Court of Human Rights on the other hand.

Following interventions by the government during the 15-year of EU reform process, the judiciary now being handed over to Statutory Decrees under the State of Emergency has faced heavy criticism by the Venice Committee within the Council of Europe after memorandum of Nils Muiznieks, the Commissioner for Human Rights of the council.

As Turkey is becoming the "World's biggest prison for journalists", it is also listed among the countries which have asked internet providers for censoring certain content most often. The crime of "Defaming the President" under Article 299 of the Turkish Criminal Code which began to be applied in criticism cases since Recep Tayyip Erdoğan was elected President in August 2014 has led to 35 people 19 of whom were journalists to be sentenced to 35 years and 12 days in prison in total (15 years, 1 month and 20 days deferred) as well as to 16,135 Euros punitive fine.

The BİA Media Monitoring Report January-February-March 2017 issued on the eve of the World Press Freedom Day on May 3, demonstrates how the government prompted private and public media outlets to broadcast one-sided content ahead of the referendum on April 16, and sentenced 13 of the 41 journalists standing trial for their symbolic support of the solidarity campaign with the Özgür Gündem daily to 11 years and 10 days in prison as well as to 13,000-euro fine under the Turkish Criminal Code. (BIA
, Erol Önderoğlu, 2 May 2017)

IFJ's Warning: Press freedom under threat in Turkey

The ongoing threats to independent journalism across the world are exposed in aInitiates file download new report  issued by the International Federation of Journalists (IFJ) to mark World Press Freedom Day on 3 May. 

But the survey of the press freedom situation in more than a dozen countries also shows that journalists unions have led protests, industrial action, campaigns, legal challenges and other actions to defend media freedom and the labour rights of journalists. 

For the second year, the IFJ surveyed its members on the situation of press freedom and the trade union rights in journalism around the world. From Manila to Lima through Kuala Lumpur, Kiev and Ouagadougou, the survey’s findings paint a grim picture of the state of the threat to independent journalism. 

The survey shows that journalism remains in the grip of violence and that threats, both physical and increasingly in the form of online trolling where journalists are relentlessly persecuted by invisible and unidentifiable attackers in total impunity are widespread. 

Such violence often targets women journalists – for example in Peru - who are seeing unacceptable violations of their private lives. It is also a form of intimidation widespread in Turkey where it has become a daily act of violence by the governing party, its supporters and the security apparatus. Intimidation and harassment can take the form of warnings from ministers to journalists “to watch their steps,” as well as internet lynching campaigns by pro-government trolls, according to DİSK Basın-İş, an IFJ affiliate. 

Criminal litigation is also a major challenge to press freedom, with many repressive regimes resorting to the jailing of journalists based on gagging media laws such as criminal defamation and anti-terrorism legislation. 

As a case in point , the DİSK Basın-İş says that the use of such laws has become a legal catch-all used against journalists in Turkey, where at least 145 journalists are behind bars,  including at least 79 arrested during 2016 alone.   However, the most serious concern for journalists remains the levels of physical violence which gives rise to the high numbers of killings recorded in recent decades. Last year alone, the IFJ listed 93 cases of killings of journalists around the world while Opens external link in new window13 have so far lost their lives to violence since the start of 2017.  (IFJ, May 3, 2017)

La justice refuse de lever le blocage de Wikipédia

Un tribunal turc a rejeté vendredi un recours demandant la fin du blocage de l'encyclopédie en ligne Wikipédia, inaccessible depuis plusieurs jours en Turquie, a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

Wikipédia, l'un des sites les plus consultés dans le monde, est bloqué depuis samedi par les autorités turques, qui réclament la suppression de certains articles de l'encyclopédie en ligne établissant un lien entre Ankara et des organisations extrémistes.

La fondation Wikimédia, qui héberge plusieurs sites dont Wikipédia, avait déposé un recours mardi en arguant que le blocage de l'encyclopédie contrevenait à la liberté d'expression, selon Anadolu.

Mais un tribunal d'Ankara a rejeté cette demande vendredi, arguant que si la liberté d'expression était bien un droit fondamental, elle pouvait être limitée si les conditions l'exigent, a rapporté Anadolu.

De plus, a affirmé le tribunal, l'état d'urgence en vigueur en Turquie depuis une tentative de putsch en juillet permet de "déroger temporairement" aux dispositions de la Convention européenne des droits de l'Homme liées à la liberté d'expression.

Les autorités turques demandent le retrait de deux articles de Wikipédia qui présentent la Turquie comme "un des acteurs qui ont initié la guerre civile en Syrie et (un Etat) qui soutient et arme des organisations terroristes", a indiqué le tribunal, cité par Anadolu.

Ces allégations "nuisent à la respectabilité et à la réputation" de l'Etat turc, a ajouté le tribunal, précisant que Wikipédia avait été bloqué dans son ensemble car il s'était avéré "techniquement impossible" de ne rendre inaccessibles que les deux articles contestés.

Certains critiques du président Recep Tayyip Erdogan, dont des militants kurdes, accusent Ankara de parfois collaborer avec les jihadistes en Syrie, une allégation fermement rejetée par les autorités turques.

Les internautes ne pouvaient toujours pas vendredi se connecter à Wikipédia depuis la Turquie sans passer par un VPN (réseau privé virtuel).

Le patron de l'Autorité turque des technologies de communication et d'information (BTK), Omer Celik, a indiqué cette semaine que le blocage resterait en vigueur tant que les décisions de justice exigeant le retrait d'articles ne seraient pas respectées.

Signe de la colère des autorités turques, la municipalité d'Istanbul a annulé mardi une invitation à un forum prévu mi-mai sur les villes "intelligentes" envoyée au fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales.

Réagissant samedi au blocage du site, M. Wales avait souligné sur Twitter que "l'accès à l'information est un droit humain fondamental. Peuple turc, je serai toujours à vos côtés pour défendre ce droit".

Le blocage de Wikipédia est intervenu moins de deux semaines après la victoire de M. Erdogan à un référendum sur le renforcement de ses pouvoirs qui suscite l'inquiétude de l'opposition. Celle-ci accuse le président turc de dérive autoritaire.

Les autorités turques ont par le passé bloqué temporairement plusieurs réseaux sociaux, comme Twitter, notamment après des attentats.
(AFP, 5 mai 2017)

Istanbul annule l'invitation du fondateur de Wikipedia à un forum

La municipalité d'Istanbul a annoncé mardi avoir retiré l'invitation à un forum qu'elle avait envoyée au fondateur de l'encyclopédie en ligne Wikipedia, bloquée depuis plusieurs jours par les autorités turques.

"Le fondateur de Wikipedia Jimmy Wales a été retiré de la liste des invités à l'événement +World Cities Expo+ et la décision lui a été communiquée", a indiqué sur son site la mairie d'Istanbul, sans avancer de motif.

Le forum "World Cities Expo" doit se tenir mi-mai à Istanbul, où des milliers d'intervenants du monde entier discuteront de manières de rendre les villes "plus intelligentes", selon le site internet dédié à l'événement.

Cette décision survient après que les autorités turques ont bloqué samedi l'accès à Wikipedia, dernière suspension en date d'un site internet, qui serait liée à des articles de l'encyclopédie établissant un lien entre Ankara et des organisations extrémistes.

Les internautes ne pouvaient toujours pas, mardi, se connecter depuis la Turquie à Wikipedia, l'un des sites les plus consultés dans le monde, sans passer par un VPN (réseau privé virtuel).

Réagissant samedi au blocage de Wikipedia, Jimmy Wales avait souligné sur Twitter que "l'accès à l'information est un droit humain fondamental. Peuple turc, je serai toujours à vos côtés pour défendre ce droit".

D'après l'agence de presse progouvernementale Anadolu, les autorités ont pris la décision de bloquer le site après que Wikipedia a refusé de retirer des articles dans lesquels la Turquie serait "mise sur le même plan" que des groupes extrémistes et accusée de "collaborer" avec eux.

De même source, le blocage serait levé dès que ces articles auront été retirés.

Certains critiques, dont des militants kurdes, accusent Ankara de parfois collaborer avec les jihadistes en Syrie, une allégation fermement rejetée par les autorités turques.
(AFP, 2 mai 2017)

TV censurée, nouvelles purges, accès à Wikipedia bloqué

Le gouvernement du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a interdit samedi les émissions télévisées de rencontres amoureuses et congédié près de 4.000 fonctionnaires, tout en bloquant l'accès à l'encyclopédie en ligne Wikipedia.

Selon un décret publié samedi en vertu de l'état d'urgence imposé après la tentative de coup d'Etat de juillet, les 3.974 fonctionnaires révoqués comprennent un millier d'employés du ministère de la Justice et un millier d'autres dépendant de l'armée.

Le décret donne le nom de tous les fonctionnaires concernés, au nombre desquels figurent notamment une centaine de pilotes et près de 500 universitaires.

Le 26 avril, la Turquie avait déjà arrêté plus de 1.000 personnes et suspendu plus de 9.100 policiers dans le cadre d'une nouvelle purge contre ceux qui sont présentés comme des partisans du prédicateur réfugié aux Etats-Unis Fethullah Gulen, auquel Ankara fait porter la responsabilité du coup d'Etat avorté du 15 juillet.

Dans le cadre de l'état d'urgence, 47.000 personnes ont déjà été arrêtées. Fethullah Gulen a démenti être à l'origine du coup d'Etat avorté, mais les autorités affirment que les purges sont nécessaires pour éradiquer ce "virus" de la société turque.

Dans un deuxième décret, le gouvernement a interdit les émissions télévisées très populaires de rencontres, une décision auquel le gouvernement préparait l'opinion depuis plusieurs mois.

Le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus avait critiqué en mars ces "programmes étranges qui mettent à la casse l'institution de la famille et lui retirent sa noblesse et sa sainteté". "Si Dieu le veut, dans un proche avenir, nous allons y remédier grâce à des décrets d'urgence", avait-il averti.

Les opposants du parti islamo-conservateur AKP (au pouvoir) expriment fréquemment la crainte que la Turquie penche vers un islam conservateur, mais l'AKP répond que ces émissions suscitent des milliers de plaintes chaque année et que l'interdiction est dans l'intérêt du public.

- "L'accès à l'information, un droit humain fondamental" -

Ces décrets s'inscrivent dans le durcissement ayant suivi la victoire du président Recep Tayyip Erdogan au référendum du 16 avril qui lui a permis de renforcer ses pouvoirs.

Les autorités turques ont en outre bloqué samedi l'accès à Wikipedia. Ce blocage serait lié à des articles de l'encyclopédie établissant un lien entre Ankara et des organisations extrémistes.

La fermeture de l'accès en toutes langues du site en Turquie a été détectée à 5H00 GMT, à la suite d'une mesure administrative des autorités, selon Turkey Blocks, un organisme de surveillance en ligne.

L'Autorité des technologies de communication et d'information (BTK) a ensuite confirmé qu'elle avait appliqué cette mesure, sans toutefois la motiver: "Après une analyse technique et une évaluation juridique basée sur la loi 5651, une mesure administrative a été prise pour le site internet wikipedia.org".

La loi 5651, approuvée en 2014 par le Parlement, confère des pouvoirs substantiels à la BTK en matière de régulation d'internet, mais elle est aussi critiquée par les défenseurs de la liberté d'expression qui voient en elle un instrument de musèlement.

Réagissant au blocage de Wikipedia, son fondateur Jimmy Wales a souligné sur Twitter que "l'accès à l'information est un droit humain fondamental. Peuple turc, je serai toujours à vos côtés pour défendre ce droit".

D'après l'agence de presse progouvernementale Anadolu, citant le ministère des Transports et des Télécommunications, les autorités ont pris la décision de bloquer le site après que Wikipedia a refusé de retirer des articles dans lesquels la Turquie serait "mise sur le même plan" que des groupes extrémistes et accusée de "collaborer" avec eux.

De même source, le blocage pourrait être levé dès que ces articles auront été retirés.

Les autorités ne précisent pas de quelles organisations il s'agit, mais la Turquie réagit toujours très vivement à ce qu'elle assimile à de la "propagande terroriste" en faveur du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, engagé dans une sanglante lutte armée contre Ankara depuis 1984.

Certains critiques, dont des militants kurdes, accusent Ankara de parfois collaborer avec les jihadistes en Syrie, une allégation fermement rejetée par les autorités turques.

Ces dernières années, les autorités turques ont bloqué temporairement à plusieurs reprises les accès à Facebook et Twitter, à l'occasion de grandes manifestations contre le pouvoir ou d'attentats.
(AFP, 30 avril 2017)

Le propriétaire d'une chaîne en persan tué par balle à Istanbul

Le propriétaire d'une chaîne de télévision en langue persane par satellite a été tué par balle par des inconnus à Istanbul, ont rapporté les médias turcs dimanche.

Le Britannique d'origine iranienne Saïd Karimian, propriétaire du groupe GEM TV, et l'un de ses associés, un Koweïtien, ont été abattus samedi soir dans le quartier huppé de Maslak, a expliqué le quotidien Hurriyet.

Quelques heures après le double assassinat, les médias locaux avaient d'abord indiqué que les victimes étaient "deux Iraniens".

Dans un communiqué publié sur son compte Facebook, GEM TV a confirmé la mort de M. Karimian sans préciser les circonstances de son décès. "C'est avec un immense chagrin que nous annonçons la mort de Saïd Karimian", ont écrit les responsables de la chaîne.

L'agence koweïtienne officielle Kuna, citant le consul général du Koweït à Istanbul, a de son côté indiqué qu'un Koweïtien avait été tué par balle dans la métropole samedi.

Selon l'agence de presse turque Dogan, les deux hommes se trouvaient à bord d'une voiture de luxe à Maslak, sur la rive européenne de la ville, quand une jeep leur a bloqué la route.

Les agresseurs sont sortis de leur véhicule et ont ouvert le feu. Ils ont ensuite pris la fuite et leur voiture a été retrouvée calcinée dans un autre quartier.

GEM TV est basée à Dubaï et propose à un public persanophone des émissions occidentales qui ne sont pas visibles en Iran.

Le groupe est en plein essor. Il a ouvert de nouvelles chaînes et a récemment recruté de nombreux artistes iraniens.

Téhéran accuse les chaînes par satellite qui diffusent des émissions américaines et des feuilletons turcs de tenter d'occidentaliser le mode de vie des Iraniens.

D'après des médias iraniens conservateurs, M. Karimian aurait été lié par le passé au Moudjahidine du peuple, une organisation d'opposition au pouvoir iranien considérée comme "terroriste" par l'Union européenne jusqu'en 2008 et par les Etats-Unis jusqu'en 2012.

Selon l'agence Mizanonline, M. Karimian aurait été avec les Moudjahidine du peuple dans le camp d'Achraf, au nord de Bagdad, pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988).

De son côté, l'agence iranienne Fars indique qu'il aurait passé huit ans à Achraf avant d'aller en Suisse en 1996.

Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI, opposition en exil), dont les Moudjahidine du peuple sont la principale composante, a rejeté ces allégations et accusé les médias iraniens de retoucher les photos qu'ils les diffusent.

Le CNRI a attribué l'"assassinat" de M. Karimian au régime iranien qui, affirme-t-il, essaie d'en faire porter la responsabilité aux Moudjahidine du peuple.
(AFP, 30 avril 2017)

Kurdish Question / Question kurde

Le HDP a élu la remplaçante de sa co-présidente emprisonnée

Le Parti démocratique des peuples (HDP), principal parti pro-kurde de Turquie, a désigné samedi sa nouvelle co-présidente, Serpil Kemalbay, après que les autorités ont emprisonné et privé de son mandat de députée la dirigeante précédente.

Serpil Kemalbay a été élue par les délégués du HDP --qui se présente souvent comme un "parti des femmes"-- réunis en congrès extraordinaire à Ankara, sous haute sécurité.

Elle succède à Figen Yuksekdag, emprisonnée et privée de son siège au Parlement en février à la suite d'une inculpation pour "propagande terroriste" et liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit), une accusation remontant à 2013 et validée en appel l'an dernier. Elle risque 83 ans de prison.

Le co-président du HDP, Selahattin Demirtas, est emprisonné depuis novembre dernier avec huit autre députés du parti, également sous l'accusation de liens avec le PKK, un parti considéré comme terroriste par Ankara. Il risque jusqu'à 142 ans de prison.

Selahattin Demirtas, un dirigeant souvent décrit comme charismatique, a pu faire parvenir un message au congrès depuis sa prison d'Edirne (nord-ouest), salué par une ovation des délégués.

Mme Yuksekdag a également pu en faire autant depuis sa prison de Kandira (nord-ouest).

Les deux dirigeants emprisonnés avaient appelé à voter non au récent référendum sur l'élargissement des pouvoirs du président Recep Erdogan, remporté par ce dernier.

Dans son message, Mme Yuksekdag a souligné que le vote "non" du mois dernier était entré dans une nouvelle phase, celle d'"un combat plus déterminé" pour "la paix, les libertés politiques et la liberté de réunion".

Dans son allocution, la nouvelle co-présidente, Mme Kemalbay, a déclaré que son parti allait "faire avancer le combat pour la démocratie et la paix".
(AFP, 20 mai 2017)

Les Forces démocratiques syriennes, fer de lance de la lutte anti-EI

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde soutenue par Washington, sont en première ligne dans l'offensive contre Raqa, bastion du groupe Etat islamique (EI), mais leur implication a provoqué des tensions entre les Etats-Unis et la Turquie.

Les combattants des FDS se sont emparés le 10 mai de la ville stratégique de Tabqa et d'un barrage adjacent, une étape clé dans leur progression vers Raqa, capitale de facto de l'EI en Syrie en guerre.

Ankara considère la principale composante kurde des FDS comme affiliée au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qu'elle classe comme "terroriste".

- Que sont les FDS? -

Créées en octobre 2015 avec le soutien des Etats-Unis, les FDS étaient dès le départ dominées par les Unités de protection du peuple kurde (YPG), majoritaires face à la composante arabe.

Leur création est intervenue après que l'avancée territoriale des YPG dans des régions majoritairement arabes a suscité les inquiétudes à la fois des Arabes syriens et de la Turquie.

La milice kurde avait remporté une série de batailles contre l'EI avec le soutien de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, comme la reprise en janvier 2015 de Kobané, ville frontalière avec la Turquie.

Comme dans une tentative pour calmer les inquiétudes de son allié au sein de l'Otan, Washington a créé les FDS "pour faciliter le recrutement de combattants arabes et séparer davantage le soutien américain du PKK", assure le centre de réflexion International Crisis Group dans un rapport publié en avril.

Mais les rangs des FDS, qui compteraient entre 25.000 et 45.000 combattants, restent dominés par les YPG, selon les analystes.

Depuis leur formation, les FDS ont remporté plusieurs victoires contre l'EI et ont annoncé en novembre 2016 le début de l'opération pour reprendre Raqa, sur lequel ils resserrent l'étau.

- Quel soutien américain? -

Avec la formation des FDS, Washington fournit un soutien plus direct aux combattants anti-EI sur le terrain en Syrie.
 Mais alors que l'administration américaine affirmait jusque-là n'équiper que les composantes arabes de l'alliance, elle a annoncé début mai qu'elle armerait les milices kurdes YPG en vue de la bataille de Raqa.

Cette annonce inédite a suscité la colère d'Ankara qui a appelé Washington à revenir sur sa décision.

La Turquie est d'autant plus excédée que les YPG sont appelées à jouer le premier rôle dans l'offensive contre Raqa, alors qu'Ankara semble en être tenu à l'écart.

Des responsables américains et des FDS assurent qu'une fois l'EI chassé, Raqa sera administrée par un conseil civil composé d'habitants.

Le sujet sera sans doute abordé mardi à Washington lorsque le président turc Recep Tayyip Erdogan sera reçu par son homologue américain Donald Trump.

- Comment réagit la Turquie? -

L'inquiétude d'Ankara vis-à-vis des YPG la pousse à lancer sa propre opération militaire en Syrie en aôut 2016, baptisée "Bouclier de l'Euphrate".

L'opération visait à la fois l'EI et les milices kurdes, notamment pour empêcher les YPG de contrôler une bande de territoire continue le long de la frontière turco-syrienne.

Selon des experts, Ankara manque d'options pour empêcher les FDS de continuer à mener la lutte contre l'EI.

"La Turquie a peu d'options, à l'exception d'une escalade", assure Aaron Stein, membre résident du Centre Rafic Hariri pour le Moyen-Orient. "Ils peuvent envahir Tall Abyad (sur la frontière turco-syrienne) ou bombarder les YPG", selon lui.

"Toutes ces options pourraient ralentir l'opération sur Raqa, mais Ankara serait alors vue comme un ralentisseur de la campagne contre l'EI. Personne ne veut être dans cette position."
(AFP, 16 mai 2017)

Expulsion d'habitants du coeur historique de Diyarbakir

Des habitants du coeur historique de Diyarbakir, "capitale" du sud-est à majorité kurde en Turquie, ont été contraints lundi de quitter leurs habitations, les autorités souhaitant restaurer cette zone fortement affectée par les combats avec les rebelles kurdes.

Les autorités turques affirment vouloir restaurer le district central de Sur, ceint de murailles de l'ère romaine inscrites au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.
 Sur a été particulièrement endommagé par les affrontements qui font rage depuis deux ans entre les forces de l'ordre et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

Les combats ont repris dans le sud-est depuis la rupture à l'été 2015 d'un fragile cessez-le-feu visant à mettre fin à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

Environ 7.000 habitants de deux quartiers de Sur avaient jusqu'à lundi pour évacuer leurs habitations. Six autres quartiers ont déjà été évacués et détruits, sur la vingtaine que compte le district.

Les propriétaires ont reçu des compensations financières, mais craignent des difficultés pour se loger ailleurs. Les locataires, eux, n'ont rien reçu.

"J'habitais ici depuis 10, 11 ans, mais grâce à Dieu nous ne payions pas de loyer", explique Sahin Darkan. "Maintenant nous devons partir. Et nous devrons payer un loyer. (...) Je ne sais pas ce qui va nous arriver."

"Ils m'ont donné un peu de sous. Je n'ai personne", déplore Zeliha Ceylan. "Je ne peux pas acheter un logement ou payer un loyer. L'Etat me dit de partir, mais je dois aller où?"

En septembre, le Premier ministre Binali Yildirim avait annoncé un investissement de 12 milliards de livres turques (3,4 milliards de dollars) pour les régions du sud du pays endommagées par les récentes vagues de violences, dont 1,9 milliard (534 millions de dollars) pour Sur.
(AFP, 1er mai 2017)

Militantes kurdes tuées à Paris: la porte s'ouvre à de nouvelles investigations

Le parquet antiterroriste a ouvert une nouvelle enquête sur l'assassinat de trois militantes kurdes à Paris en 2013, une affaire où le seul suspect est mort en prison et où les services turcs ont été mis en cause, a appris l'AFP vendredi de sources proche du dossier et judiciaire.

Mort fin 2016 à 34 ans d'une tumeur au cerveau, le Turc Omer Güney n'a pu être jugé pour ces assassinats. Il devait comparaître devant la cour d'assises spéciale à Paris à partir du 23 janvier, accusé d'avoir tué le 9 janvier 2013 les militantes kurdes Sakine Cansiz, fondatrice du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), Fidan Dogan et Leyla Saylemez dans les locaux du Centre d'information du Kurdistan (CIK) à Paris.

En février, les familles des militantes ont déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile contre les complices et co-auteurs de ces assassinats, en souhaitant de nouvelles investigations. Depuis cette plainte, susceptible de se heurter à l'extinction de l'action publique en raison de la mort de Güney, les avocats des familles ont fait parvenir au parquet antiterroriste des documents en langue turque, ont expliqué à l'AFP des sources proches du dossier.

L'enquête préliminaire a été ouverte pour permettre dans un premier temps la traduction de ces documents, a indiqué une source proche du dossier. Elle a été ouverte mercredi et confiée à la Sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire pour les crimes d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroristes criminelle, a précisé une source judiciaire.

"C'est un grand soulagement pour les familles. Ca veut dire que les investigations pourront se poursuivre", a réagi l'un des avocats des familles, Me Antoine Comte, contacté par l'AFP.

Si Omer Güney, qui clamait son innocence, était le seul accusé, les enquêteurs avaient pointé "l'implication" de membres des services secrets turcs, le MIT, dans ce triple assassinat, sans désigner de commanditaires.

Les investigations n'avaient pas permis d'établir si ces agents avaient agi "avec l'aval de leur hiérarchie" ou "à l'insu de leur service afin de le discréditer ou de nuire au processus de paix", entamé à l'époque entre Ankara et le PKK, avait indiqué une source proche du dossier.

Des médias turcs avaient notamment diffusé un document présenté comme un "ordre de mission" du MIT pour Omer Güney.

Le MIT avait officiellement démenti toute implication en janvier 2014.
(AFP, 30 avril 2017)

Minorités / Minorities

A petition about the Armenians not being allowed to elect a patriarch

Armenians in Turkey cannot elect their patriarch for over eight years. When spiritual leader of the Armenians in Turkey Patriarch Mesrob II Mutafyan got sick in 2008, the patriarchate elections couldn’t be held.

After the two years passing with the discussions “whether the elections will be held”, Aram Ateşyan was assigned as Deputy Patriarch by the İstanbul Governorship.

It was decided that Patriarch Mesrop II be retired in October 2016, however, no progress was made as to the election.

A new phase started with Spiritual Leader Board Chair Sahak Maşelyan’s resignation in February 2017. In the meeting held by the mediators in Armenia, it was decided that the election process be initiated and a sub-governor be elected.

In the elections held on March 15, Spiritual Leader of Armenians in Germany Archbishop Karekin Bekçiyan was elected sub-governor to manage the Patriarch election.

After the election, current Deputy Patriarch Aram Ateşyan shared a message from the İstanbul Governorship with the press members:

“Rules and practices concerning the patriarchate election are well known to you and within this scope, initiating an election process is evaluated to be legally impossible”. (BIA, May 17, 2017)

Au 46e année de l'exil, une soirée d'honneur et bonheur



Dogan Özgüden et Inci Tugsavul, au 46e anniversaire de leur exil, étaient dans les locaux de Haydoun à Bruxelles avec leurs ami(e)s arménien(ne)s et les dirigeant(e)s des Ateliers du Soleil, Iuccia Saponara, Davut Kakız, Nubar Şerbetçiyan, Elise Thiry, Tural Fincan, Joz Smeets et Tuncay Çomak...

Lors de la soirée, Inci Tugsavul a partagé le chant de printemps avec ses ami(e)s arménien(ne)s.

Ils remercient particulièrement à Nubar Serbetçiyan qui a préparé cette soirée.

‘The Promise’ Is An Artful Reminder Of The Horror Of The Armenian Genocide
 
The surprise film of the year may well be The Promise, about the Ottoman Empire’s massacre of 1.5 million Armenians (the Armenian Genocide), on which Turkey is still in denial. A hundred years ago, both my parents’ families escaped certain death. That makes me the son of holocaust survivors. A part of me does not want to revisit the 1915 horrors. And yet I know that by doing so we understand better our current world.

What choice do we have but to face up to such human cruelty in the past if we are indeed to transcend it in our time?

Growing up in my Armenian family in Cairo, Egypt, I recall fondly the sound of Turkish, a language I learned from my grandma Peka and grandpa Asadour, who were from the village of Adana. Where cultures coexisted, as they did in that part of Eurasia, they shared the same foods and beverages; however, after we emigrated to Toronto, my mother Lucie would insist on only serving “Armenian coffee”—not Turkish.

In my autobiography, The Life Of A Children’s Troubadour, I included first hand accounts of my parents’ families’ flight from annihilation.

Decades later, that my family survived the genocide fills me with an obligation to revisit those stories, and to share them once again. Seeing the film The Promise opened up the ancient wound once again. Armenian intellectuals rounded up and killed, entire villages evacuated, the horrors of that dreadful time reminded me of the historical pain my parents carried all their lives. Once again, I was moved to tears. And I sense that if millions see this film around the world, they might understand that had the international community been able to come to the aid of the Armenians in 1915, the WW2 holocaust of Jews perpetrated by Nazi Germany might have been prevented. Imagine that change in the course of history.

I urge you to see this exceptional movie, The Promise: a film which deals with the Armenian tragedy artfully. You’ll be entertained, informed, and moved to tears.

Raffi Cavoukian, C.M., O.B.C., is a singer, author, and founder of the Centre For Child Honouring. He holds four honorary degrees and has received the Order of Canada and Order of BC awards. Raffi is a passionate children’s advocate, and a defender of democracy.

http://www.huffingtonpost.com/entry/raffi-on-the-promise_us_590c6dd6e4b0f71180724384

Politique intérieure/Interior Politics

The Unwritten Memoirs of Recep Tayyip Erdogan


Letter from Baskin Oran:

Dear friends,

I got the addresses of some of you from my publisher Ragip Zarakolu, self exiled in Sweden.
The link of Svenska PEN below refers to my latest book put out in Turkey against all odds by Belge, Ragip's publishing house.

The book is a political satire entitled The Unwritten Memoirs of Recep Tayyip Erdogan. It's a kind of "remake" of what I had published in 1989 as The Unwritten Memoirs of General K. Evren. General Evren was the military dictator of the period.

Both books are written as if I had penetrated into the brains of these men and recorded what they were thinking as they were speaking or acting. It's my greatest honor that the late Aziz Nesin wrote the following about K. Evren's book in 1989: "I don't recall having read another book in my life with so much pleasure".

I know most of you can't read Turkish and/or Swedish. I just wanted to let you know that democrats of Turkey do and will continue to stand against the civilian tutelage.

My best to you,

Dr. Baskin Oran
Professor emeritus (barred from teaching now), Faculty of Political Science, Uni. of Ankara.
Columnist at Agos, Armenian weekly founded by the late Hrant Dink, published in Istanbul.


Erdogan réélu à la tête du parti au pouvoir

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a été réélu dimanche chef du parti de la Justice et du Développement (AKP) au pouvoir après presque trois ans d'absence, comme prévu par la révision constitutionnelle adoptée par référendum le 16 avril.

M. Erdogan avait officiellement coupé ses liens avec l'AKP (islamo-conservateur) lorsqu'il avait été élu président en août 2014, comme le prévoyait alors la Constitution.

Mais avec l'entrée en vigueur d'une première mesure figurant dans la récente révision constitutionnelle, il a pu réintégrer ce parti début mai et en briguer la présidence dimanche, au cours d'un congrès extraordinaire.

"Avec 1.414 voix, notre chef fondateur a été choisi comme président", a déclaré Hayati Yazici, vice-président de l'AKP, après le dépouillement des suffrages des délégués du parti réunis à Ankara.

Seul candidat, M. Erdogan était certain d'être élu à la tête de l'AKP qu'il a cofondé en 2001 et qu'il avait dirigé lorsqu'il était Premier ministre, entre 2003 et 2014.

Des dizaines de milliers de personnes étaient arrivées de toute la Turquie pour assister à l'événement organisé sous haute sécurité dans un stade de la capitale.

"Ce congrès est un nouveau départ", a déclaré M. Erdogan à l'annonce de sa victoire. "De la lutte contre le terrorisme à l'économie, de l'extension des droits et des libertés aux investissements, dans chaque domaine, la période à venir fera faire un bond à la Turquie".

Le président turc succède à son Premier ministre, Binali Yildirim, qui dirigeait l'AKP depuis 2016.

Mais ce parti, qui domine depuis 15 ans la scène politique turque, remportant toutes les élections depuis 2002, a annoncé samedi qu'un poste de vice-président serait créé et confié à M. Yildirim.

- 'A nouveau réunis' -

"Nous voilà à nouveau réunis", a déclaré M. Erdogan en arrivant au congrès, devant une foule brandissant des écharpes à son effigie et des drapeaux turcs ou portant une ampoule, emblème de l'AKP.

"D'ici à la fin de l'année, nos institutions seront profondément renouvelées", a-t-il ensuite assuré.

Redevenir chef de parti permettra à Recep Tayyip Erdogan de mettre fin aux rivalités internes et de préparer les prochaines élections, locales en mars 2019, puis législatives et présidentielle en novembre de la même année.

Ainsi, M. Erdogan "aura officiellement l'autorité pour déterminer qui briguera des mandats sur les listes AKP", explique Aykan Erdemir, de la Fondation pour la Défense de la démocratie dont le siège est à Washington, précisant toutefois que M. Erdogan avait gardé ce rôle "officieusement" après avoir quitté le parti en 2014.

"Erdogan veut s'assurer qu'il a suffisamment de loyalistes au Parlement pour éviter toute tentative de le destituer", ajoute M. Erdemir.

- Hyperprésident -

M. Erdogan retrouve la tête de son parti à un moment où la Turquie est sous forte tension, avec le putsch manqué du 15 juillet qui a été suivi de purges sans précédent, et les difficultés croissantes avec l'Occident.

Il a ainsi appelé dimanche l'Union européenne à "prendre une décision". "Nous n'avons aucune obligation d'être patient face à l'attitude hypocrite de l'UE", a-t-il affirmé.

Le processus d'adhésion de la Turquie est au point mort depuis plusieurs années et les relations entre Ankara et Bruxelles, déjà tendues depuis le coup d'Etat avorté, se sont encore aggravées pendant la campagne pour le référendum constitutionnel.

Le président affirme par ailleurs que l'état d'urgence, en vigueur depuis la tentative de putsch, "ne sera levé que lorsqu'il y aura de la paix et de la prospérité".

M. Erdogan a remporté le 16 avril le référendum sur la révision constitutionnelle avec 51,41% des voix, une courte majorité contestée par l'opposition qui dénonce des irrégularités.

Signe des tensions qui subsistent autour de ce scrutin, la police a dispersé dimanche à coups de matraque et de gaz lacrymogène une centaine de personnes qui manifestaient à Istanbul pour contester la légitimité des résultats du référendum et le congrès de l'AKP qui se déroulait à Ankara, a constaté une journaliste de l'AFP.

La révision constitutionnelle, dont la plupart des dispositions entrent en vigueur en 2019, prévoit la suppression des fonctions de Premier ministre au profit d'un hyperprésident qui pourra prendre des décrets et aura la haute main dans le domaine judiciaire.

Une réforme nécessaire pour assurer la stabilité du pays selon la majorité, mais vivement critiquée par l'opposition qui y voit une dérive autoritaire de M. Erdogan.
(AFP, 21 mai 2017)

Erdogan réintègre le parti au pouvoir après trois ans d'absence

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a réintégré mardi le parti islamo-conservateur au pouvoir presque trois ans après l'avoir quitté, mettant en oeuvre le premier volet de la révision constitutionnelle validée lors d'un référendum le 16 avril.

Cette mesure permet à M. Erdogan de briguer, lors d'un congrès extraordinaire le 21 mai, la direction du Parti de la justice et du développement (AKP), qu'il a cofondé en 2001 et qui domine depuis 15 ans la scène politique turque, remportant toutes les élections depuis 2002.

M. Erdogan avait officiellement coupé ses liens avec l'AKP lorsqu'il avait été élu président en août 2014, comme le prévoyait alors la Constitution, mais avait conservé une large influence sur le parti qu'il avait pris soin de truffer de fidèles.

La révision constitutionnelle, adoptée le 16 avril, autorise désormais le président à réintégrer un parti politique. Cette mesure est la première du texte à être appliquée, la plupart de ses dispositions entrant en vigueur en 2019.

Le retour de M. Erdogan à l'AKP a donné lieu à une mise en scène cinématographique, les chaînes de télévision turques retransmettant en direct des images aériennes du convoi présidentiel se rendant au siège du parti, dont la façade était ornée d'un gigantesque portrait du chef de l'Etat.

Le président turc a ensuite signé un document officialisant son retour dans les rangs de l'AKP, sous les yeux de centaines de députés et de membres du parti qui ont entonné l'hymne national.

"Il rentre au nid, à l'AKP qu'il a fondé", a déclaré le Premier ministre, Binali Yildirim, dans la foulée. "Bienvenue. Vous nous avez honorés."

Les détracteurs de M. Erdogan critiquent une mesure qui met fin à l'impartialité du président, mais ce dernier rétorque que le fondateur de la République, Mustafa Kemal, était lui aussi à la tête de son parti lorsqu'il dirigeait la Turquie.

Lors d'un congrès extraordinaire le 21 mai, l'AKP désignera M. Erdogan comme son nouveau dirigeant, a indiqué mardi le Premier ministre Binali Yildirim, qui est également à la tête du parti.

- Son 'cinquième enfant' -

Les liens organiques entre M. Erdogan et l'AKP sont si forts que le président turc, qui est père de deux fils et deux filles, a autrefois décrit le parti comme son "cinquième enfant".

Lorsqu'il a été élu président, M. Erdogan avait remis les clés de l'AKP à l'universitaire Ahmet Davutoglu, l'un de ses plus proches collaborateurs, qui lui avait alors juré une "loyauté jusqu'à la mort".

Mais des tensions entre les deux hommes, longtemps restées discrètes, ont brusquement affleuré l'année dernière, et M. Davutoglu a été écarté sans ménagement, et remplacé par Binali Yildirim.

En reprenant les rênes de la formation, M. Erdogan "compte contrôler (les) dissensions pour ne pas perdre son pouvoir sur le parti", explique Samim Akgönül, politologue et enseignant à l'Université de Strasbourg (France).

Rejoindre l'AKP, puis en reprendre la direction, procurera à M. Erdogan un "avantage énorme" dans l'optique des prochaines élections législatives et présidentielle, prévues en 2019, poursuit M. Akgönül. "Erdogan veut être maître du parti de jure et pas seulement de facto afin que ses décisions (...) au sujet des investitures ne soient pas remises en question".

D'après l'éditorialiste Abdulkadir Selvi, proche du pouvoir turc, le retour de M. Erdogan à la tête de l'AKP va s'accompagner d'une vaste restructuration du parti. Des dirigeants locaux jugés peu efficaces lors du référendum du 16 avril devraient être remplacés.

Le référendum sur la révision constitutionnelle renforçant les prérogatives du président a été remporté par le camp du oui à 51,41%.

Le gouvernement affirme que cette réforme, qui prévoit notamment la disparition de la fonction de Premier ministre, dotera la Turquie d'un exécutif fort et stable. Mais l'opposition dénonce un texte écrit sur-mesure pour M. Erdogan, accusé de dérive autocratique.

L'opposition conteste en outre le résultat du référendum, dénonçant notamment la décision des autorités électorales de compter comme valides les bulletins de vote non marqués du sceau officiel.
(AFP, 2 mai 2017)

Erdogan redeviendra membre du parti au pouvoir le 2 mai

Le président turc Recep Tayyip Erdogan redeviendra membre du parti islamo-conservateur AKP au pouvoir mardi, avant d'en briguer la présidence lors d'un congrès extraordinaire prévu le 21 mai, a annoncé vendredi le Premier ministre Binali Yildirim.

"Nous tiendrons la réunion du groupe parlementaire mardi 2 mai au siège du parti et le président de la République sera réadmis en tant que membre lors de cette réunion", a déclaré M. Yildirim, actuel président de l'AKP.

"Le congrès extraordinaire du parti se tiendra le 21 mai", a-t-il ajouté, confirmant la date annoncée la veille par les médias.

En redevenant membre du parti qu'il a co-fondé en 2001, M. Erdogan pourra en briguer la présidence lors du congrès extraordinaire.

M. Erdogan avait officiellement coupé ses liens avec l'AKP, au pouvoir depuis 2002, lorsqu'il a été élu président en 2014, comme le prévoyait alors la Constitution.

M. Erdogan va toutefois pouvoir renouer ses liens avec l'AKP aux termes d'une des dispositions de la réforme constitutionnelle renforçant ses pouvoirs approuvée le 16 avril par référendum.
(AFP, 30 avril 2017)

Forces armées/Armed Forces

Ouverture du procès des instigateurs présumés du coup d'Etat

Le procès de plus de 200 instigateurs présumés du putsch manqué du 15 juillet dernier s'est ouvert lundi sous haute sécurité dans une prison près d'Ankara, aux abords de laquelle des dizaines de manifestants ont réclamé la peine de mort pour les accusés.

Parmi les 221 personnes jugées au cours de ce procès, la plupart sont des militaires --dont 26 généraux-- et 12 des civils. Deux cents personnes sont actuellement en détention provisoire, 9 comparaissent libres et 12 sont en fuite, a précisé l'agence progouvernementale Anadolu.

Ces personnes sont notamment jugées pour "violation de la constitution", "assassinat de 250 personnes" et "appartenance et direction d'une organisation terroriste" et risquent de multiples condamnations à vie.

Le procès se tient dans la prison de Sincan, près d'Ankara, où une immense salle d'audience a été construite spécialement pour accueillir les procès géants liés au putsch manqué.

Dans la salle, les accusés étaient encadrés par de nombreux gendarmes et militaires. Ils ont, au cours de la matinée, décliné leur identité à tour de rôle.

Dans l'après-midi, l'ancien chef de l'armée de l'air, Akin Öztürk, l'un des accusés les plus en vue du procès, a été le premier à s'exprimer, niant tous les faits qui lui sont reprochés.

"Les commandants qui m'ont formé et mes compagnons d'armes le savent bien, je n'ai pas participé à ce coup d'Etat traître et je n'avais même aucune information à ce propos", a-t-il affirmé depuis la barre des accusés.

Expliquant avoir consacré sa vie à l'armée, il a ajouté que "ces accusations de trahison sont pour moi la plus grande des punitions".

Parmi les autres accusés de premier plan figurent l'ancien général Mehmet Disli, frère d'un député de l'AKP, le parti au pouvoir, ainsi que le colonel Ali Yazici, ancien aide-de-camp militaire du président Recep Tayyip Erdogan.

L'interrogatoire des accusés s'est poursuivi jusqu'en clôture de séance en début de soirée.

- 'Traîtres' -

Au cours de la matinée, le lent énoncé des identités a été interrompu à plusieurs reprises par les cris et les interpellations du public. Quelques dizaines de personnes étaient présentes, certaines femmes brandissant des portraits de leurs proches tués la nuit du 15 juillet.

L'une d'elles, dont le fils a été tué lors du coup d'Etat, a dû être évacuée à deux reprises, ne cessant d'invectiver les accusés en pleurant: "Traîtres!", répétait-elle d'une voix stridente, jusqu'à s'évanouir brièvement et être prise en charge par des urgentistes.

A leur arrivée au tribunal, les accusés ont été hués par des dizaines de manifestants qui scandaient des slogans réclamant la peine de mort. Certains ont lancé en leur direction des cordes nouées.

La peine capitale a été abolie dans le cadre de la candidature turque à l'Union européenne. Mais depuis le putsch manqué, le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré à plusieurs reprises qu'il était disposé à la rétablir, évoquant même un potentiel référendum sur le sujet.

"Nous leur voulons la peine de mort, et pas qu'ils soient logés, nourris, blanchis ici", déclare Cengiz Öztürk, un manifestant qui affirme avoir affronté les putschistes le 15 juillet. "Nous voulons que ces traîtres à la nation soient enterrés dans des cimetières sans drapeaux."

Aux abords du tribunal, de nombreux policiers étaient déployés, ainsi que quelques véhicules blindés, un drone et des snipers.

- Bête noire -

La tentative de coup d'Etat de la mi-juillet a fait près de 250 morts, sans compter les putschistes, et des milliers de blessés.

Ankara accuse Fethullah Gülen, un prédicateur islamiste installé aux Etats-Unis, d'être le cerveau du putsch manqué, et demande régulièrement à Washington son extradition.

L'intéressé, un ancien allié du président Erdogan devenu sa bête noire, dément tout rôle dans le coup manqué.

Selon l'acte d'accusation, plus de 8.000 militaires ont pris part à la tentative de putsch, au cours de laquelle 35 avions de guerre, 37 hélicoptères, 74 chars, 246 véhicules blindés et près de 4.000 armes légères ont été utilisés par les putschistes, rapporte Anadolu.

Les procédures judiciaires lancées après le putsch avorté sont d'une ampleur sans précédent en Turquie. Plus de 47.000 personnes ont été arrêtées lors de purges engagées après le 15 juillet et l'instauration de l'état d'urgence.
(AFP, 22 mai 2017)

La Turquie ne "suppliera" pas les Allemands de rester à Incirlik

La Turquie ne "suppliera" pas les Allemands de rester dans la base d'Incirlik située en Turquie, qui sert aux opérations de la coalition internationale contre le groupe jihadiste Etat islamique et dont l'Allemagne a menacé cette semaine de se retirer.

"C'est à eux de voir, nous ne les supplierons pas" de rester, a déclaré Mevlüt Cavusoglu jeudi, interrogé par la chaîne privée NTV.

La chancelière allemande Angela Merkel a qualifié lundi l'interdiction faite par Ankara à des députés allemands de se rendre sur la base d'Incirlik, où sont déployés des soldats allemands, de "regrettable" et évoqué de possibles "alternatives à Incirlik", comme la Jordanie.

"S'il n'est plus possible de travailler normalement à Incirlik -et cela implique les visites de députés du Bundestag- alors nous devrons chercher des alternatives", a dit mercredi le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, au journal local Neue Osnabrücker Zeitung.

Qu'Ankara "cherche à faire du chantage au Parlement allemand est à la limite du supportable", a poursuivi M. Gabriel.

"Je ne peux qu'espérer que le gouvernement turc va changer d'avis dans les jours à venir", a-t-il également déclaré. "Sinon, la chambre des députés ne va plus laisser nos soldats aller en Turquie".

"Si le ministre allemand des Affaires étrangères a dit une telle chose, c'est irrespectueux" a estimé jeudi M. Cavusoglu, ajoutant que des entretiens diplomatiques avaient lieu pour relancer les relations turco-allemandes.

Ankara n'a pas officiellement expliqué les raisons qui ont motivé l'interdiction de la visite des députés allemands, mais Berlin soupçonne la Turquie de punir l'Allemagne pour avoir accordé l'asile politique à des militaires turcs qui en avaient fait la demande après les purges déclenchées à la suite du coup d'Etat manqué de juillet 2016.

Berlin et Ankara, alliés au sein de l'Otan, multiplient depuis un an les passes d'armes et les crises diplomatiques, la Turquie accusant régulièrement l'Allemagne d'ingérence ou de soutien à des groupes "terroristes" comme le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a déclaré jeudi matin espérer que Berlin et Ankara "trouveront un moyen de régler la dispute", affirmant que ce problème "bilatéral" n'avait "aucun effet" sur les activités de l'Otan.
(AFP, 18 mai 2017)

L'Allemagne accorde l'asile à des militaires turcs

L'Allemagne a accordé l'asile à plusieurs militaires turcs et à leurs familles disposant de passeports diplomatiques, ont révélé lundi des médias allemands, tandis qu'Ankara accuse Berlin de protéger des complices du putsch avorté de 2016.

Le ministère allemand de l'Intérieur n'était pas joignable dans l'immédiat pour des commentaires mais, selon le quotidien Süddeutsche Zeitung et les chaînes régionales de télévision WDR et NDR, les autorités allemandes ont fait savoir qu'elles avaient donné une réponse positive aux demandes de ces ressortissants turcs.

Il s'agit notamment de militaires turcs de l'Otan basés en Allemagne avant d'être écartés de l'armée turque, selon la même source. Ils disposent généralement de passeports diplomatiques.

Depuis le coup d'Etat déjoué de juillet 2016, 414 militaires, diplomates, juges et hauts-fonctionnaires turcs ont demandé à bénéficier du droit d'asile en Allemagne, selon des chiffres du ministère de l'Intérieur publiés par les trois médias. Ce nombre comprend également les membres de leurs familles.

Cette tentative de putsch a conduit le gouvernement du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan à entamer des purges d'ampleur dans tous les secteurs de la société, de l'éducation et la presse à l'armée et la magistrature.

En janvier, le ministère turc de la Défense avait pressé Berlin de rejeter les demandes d'asile formulées par une quarantaine de militaires turcs de l'Otan. La Turquie réclame aussi l'extradition des putschistes présumés qui auraient trouvé refuge en Allemagne.

Cette situation empoisonne les relations entre ces deux pays depuis des mois, si bien que le gouvernement turc est allé jusqu'à accuser l'Allemagne d'héberger des "terroristes". Berlin de son côté a critiqué l'ampleur des purges en Turquie.
(AFP, 8 mai 2017)

Affaires religieuses / Religious Affairs

La Diyanet turque réunira en Turquie tous les leaders musulmans du monde

"La Diyanet se charge de protéger 5 millions ressortissants turcs en Europe contre leur assimilation par les pays d'accueil"

La présidence des affaires religieuses de Turquie (Diyanet) a adopté une nouvelle stratégie à deux volets pour lutter contre l'islamophobie en Europe.

Dans une interview accordée à l'agence Anadolu, le président de la Diyanet, Mehmet Gormez, a déclaré que la Turquie réunira les leaders musulmans de 120 pays, y compris des conseillers religieux qui travaillent comme représentants de la Diyanet, attachés et coordinateurs de services religieux en Europe.

Cette réunion se tiendra entre les 22-25 mai 2017 dans la province de Sakarya en Turquie.

La Diyanet organisera plus tard dans un pays européen un grand rassemblement de tous les musulmans d'Europe.

A la suite de ces deux réunions inter-musulmanes, la Diyanet appelera les responsables des autres religions à prendre une position commune contre l'islamophobie dans le monde.

Lors d'une réunion le 12 mai 2017 à Bursa, Mehmet Görmez avait déclaré que la Diyanet turque n'est pas seulement d'une institution turque, mais elle est une autorité religieuse mondiale qui fait construire et dirige des mosquées dans tous les pays du monde.

Selon l'agence Anadolu, il a également déclaré que la Diyanet se charge de protéger 5 millions ressortissants turcs en Europe contre leur assimilation par les pays d'accueil.

Nostalgique de gloire, la Turquie exhume les sports ottomans

Des cavaliers ottomans lancés au triple galop brandissent leurs javelots en poussant des cris de guerre. Touché, l'un d'eux est projeté de sa monture, sous les exclamations des dizaines d'enfants qui filment la scène avec leur smartphone.

Jusqu'à dimanche, Istanbul revêt son costume ottoman à l'occasion du "Festival culturel des ethnosports" (EKF), qui réunit plus de 800 athlètes pratiquant des sports traditionnels d'Anatolie et d'Asie centrale que le gouvernement veut aujourd'hui développer.

C'est le cas du "cirit" (prononcer "djirit"), un sport équestre né en Asie centrale consistant à lancer des javelots sur les cavaliers de l'équipe adverse. "C'est le roi des sports, il incarne l'esprit turc", clame Erdem, 32 ans, après avoir mis pied à terre.

Cet entrepreneur agricole de l'est de la Turquie espère aujourd'hui que la discipline qu'il pratique depuis l'adolescence se répandra à travers le pays pour devenir, un jour, "aussi populaire que le football".

C'est en tout cas l'objectif de l'EFK, dont les organisateurs veulent promouvoir les sports pratiqués par leurs ancêtres, des cavaliers nomades d'Asie centrale aux janissaires de l'Empire ottoman, une manière aussi de célébrer le glorieux passé de la Turquie.

Car bien plus qu'un rassemblement folklorique, cette manifestation s'inscrit dans l'effort du président Recep Tayyip Erdogan visant à réhabiliter les racines ottomanes de la Turquie, après des décennies d'occidentalisation à marche forcée.

"Nous voulons ressusciter nos valeurs traditionnelles, à commencer par nos sports, afin de marcher vers l'avenir avec ces valeurs", explique à l'AFP l'un des fils du chef de l'Etat, Bilal Erdogan, amateur de tir à l'arc traditionnel et parrain de l'EFK.

- Arts de la guerre -

Habituellement réservé aux meetings politiques, un vaste espace sur la rive européenne d'Istanbul a été aménagé comme un campement ottoman où lutteurs, archers et cavaliers enchaînent démonstrations et tournois, entre ateliers de cuisine traditionnelle, danses folkloriques d'Asie centrale et tissage de kilim en plein air.

Devant une yourte, Adnan Balavan, originaire de Bursa (nord-ouest), première capitale ottomane, virevolte dans une chorégraphie guerrière, le "jeu de l'épée et du bouclier", qui consiste à simuler des duels pour composer une mélodie avec le cliquetis des armes.

"J'ai commencé à l'âge de huit ans. Aujourd'hui, j'ai 57 ans, mais j'ai encore le poil qui se dresse comme au premier jour", confie-t-il.

Nés de la pratique de la guerre qui a façonné le mode de vie et le prestige des Ottomans, dont l'empire s'étendait à son apogée des Balkans au Golfe, la plupart de ces sports traditionnels se sont éteints avec lui. Leur survie est due en grande partie à la transmission héréditaire.

C'est par son père et son grand-père qu'Erdem a été initié au cirit. Propriétaire de deux chevaux, il finance lui-même son équipement.

Le ministre turc des Sports, Akif Cagatay Kiliç, a promis lors du festival que le gouvernement fournirait un soutien matériel pour développer ces activités, et indiqué qu'il tentait d'inciter les clubs à montrer plus d'intérêt pour les sports traditionnels.

- 'Puissance des Turcs' -

Champion de lutte traditionnelle turque, Sadi Bakir, torse nu et corps huilé, constate que "l'intérêt pour la lutte a augmenté ces derniers temps et l'Etat investit plus d'efforts dans ce domaine".

Conséquence, dit-il, "aux derniers championnats d'Europe (de lutte), on a remporté cinq médailles d'or. La puissance passée des Turcs est en train de ressurgir".

Yakup, instructeur de tir à l'arc traditionnel, constate lui aussi que l'intérêt pour sa discipline a explosé. "On a plus de 1.000 membres aujourd'hui", se félicite-t-il en rangeant des flèches dans un carquois en cuir.

Pour le maître archer, l'engouement des jeunes pour sa discipline est principalement dû aux séries télévisées mettant en scène les sultans, qui se sont multipliées ces dernières années.

Les organisateurs du festival, qui tablent sur la venue d'un million de visiteurs en quatre jours, espèrent susciter chez les écoliers qui viennent par classes entières une passion pour ces sports. Et rêvent même d'organiser d'ici cinq ans des "Olympiades turques" réunissant des sportifs d'Asie centrale, du Caucase et des Balkans.

"Certains peuvent ne pas saisir l'importance de ce que nous faisons ici, aujourd'hui, mais nous en récolterons un jour les fruits", dit Bilal Erdogan. "Et si Dieu le veut, le 21e siècle sera le nôtre".
(AFP, 14 mai 2017)

Socio-économique / Socio-economic

Erdogan renforce ses relations avec l'Araboie saoudite et les pays du Golfe

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué lundi qu'Ankara cherchait à renforcer ses relations économiques et militaires avec les monarchies pétrolières du Golfe, citant un projet d'une zone de libre-échange.

Dans un entretien publié par l'agence de presse koweïtienne KUNA, M. Erdogan, attendu mardi à Koweït pour une visite officielle, a ajouté que son pays avait établi "un dialogue stratégique de haut niveau" avec les six membres du Conseil de coopération du Golfe.

Ce Conseil regroupe l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar.

Les deux partenaires négocient actuellement un projet d'accord pour la mise en place d'une zone de libre-échange, a-t-il souligné.

Les échanges commerciaux entre le CCG et la Turquie se chiffrent actuellement à quelque 17 milliards de dollars par an (15,5 milliards d'euros, contre 1,7 milliard de dollars (1,5 milliard d'euros) en 1999.

Durant sa visite, M. Erdogan et l'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, doivent donner le coup d'envoi des travaux d'agrandissement de l'aéroport de Koweït, un projet de 4,3 milliards de dollars (3,9 milliards d'euros) réalisé par la compagnie turque Limak Holding.

Ce projet, qui doit tripler la capacité d'accueil de l'aéroport pour la porter à 25 millions de passagers en six ans, marque le plus grand contrat remporté par une compagnie turque au Koweït.

Six firmes turques travaillent actuellement dans 30 projets au Koweït, d'un coût total de 6,5 milliards de dollars (5,9 milliards d'euros), a indiqué M. Erdogan, selon lequel les échanges commerciaux entre la Turquie et le Koweït se sont élevés l'an dernier à 1,3 milliard de dollars (1,2 milliard d'euros), dont 431 millions USD (393 millions d'euros) d'exportations turques.

Plus de 280 compagnies koweïtiennes ont des activités en Turquie où les investissements koweïtiens se chiffrent à 1,7 milliard de dollars (1,5 milliard d'euros) depuis 2002.
(AFP, 8 mai 2017)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Ankara somme Berlin de choisir entre Etat turc et putschistes


Le Premier ministre turc Binali Yildirim a affirmé mardi que l'Allemagne devait faire un choix entre l'Etat turc et les putschistes présumés, accusant Berlin d'empoisonner les relations en accordant l'asile à des militaires fuyant les purges en Turquie.

"L'Allemagne doit désormais prendre une décision importante. Si elle veut améliorer ses relations avec la Turquie (...) alors elle ne doit pas se tourner vers les séparatistes (kurdes du PKK ndlr)", ni vers les "gülenistes" -responsables présumés selon Ankara de la tentative de coup d'Etat de l'an dernier-, "mais vers la République de Turquie", a déclaré M. Yildirim.

Ces déclarations surviennent au lendemain de l'interdiction faite par Ankara à des députés allemands de se rendre sur la base d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, où sont déployés des militaires allemands.

La chancelière allemande Angela Merkel a qualifié lundi cette décision de "regrettable" et évoqué de possibles "alternatives à Incirlik", comme la Jordanie.

Ankara n'a pas officiellement expliqué les raisons qui ont motivé cette interdiction, mais Berlin soupçonne la Turquie de punir l'Allemagne pour avoir accordé l'asile politique à des militaires turcs qui en avaient fait la demande après les purges déclenchées à la suite du coup d'Etat manqué de juillet dernier.

Sans évoquer directement Incirlik, M. Yildirim a accusé mardi Berlin d'avoir provoqué "une nouvelle dégradation des relations" en accordant le droit d'asile "à des militaires qui ont fui à l'étranger" après le putsch avorté de juillet.

Plusieurs centaines de diplomates, militaires et membres de leurs familles ont déposé des demandes d'asile en Allemagne depuis le coup de force imputé par Ankara à la mouvance du prédicateur islamique Fethullah Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis.

Dès janvier, Ankara avait pressé Berlin de rejeter de telles demandes et réclamé également l'extradition des putschistes présumés qui auraient trouvé refuge en Allemagne.

Berlin et Ankara multiplient depuis un an les passes d'armes et les crises diplomatiques, la Turquie accusant régulièrement l'Allemagne d'ingérence ou de soutien à des groupes "terroristes", comme le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

La nouvelle dispute intervient juste après une profonde crise au début du printemps : le président turc Recep Tayyip Erdogan avait accusé Berlin et d'autres capitales européennes de pratiques "nazies" après les interdictions de plusieurs meetings de soutien à la réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs du président turc.
(AFP, 16 mai 2017)

Gianni Pittella (S&D): Erdogan's rule is closing door to EU

During a two-day visit to Ankara, S&D Group President Gianni Pittella attended the trial of the president of the HDP party, met with the other leading figures in the party and spoke with CHP president Kemal Kılıçdaroğlu.

Following the meetings, President Pittella said:

“Thoughts and political ideas cannot be jailed. I wanted to attend the politically motivated trial against Selahattin Demirtas leader of the HDP party, to express my personal solidarity and the support of the S&D Group.  Over one hundred lawsuits have been launched against the Kurdish leader by the Turkish authorities. This is not acceptable.

“This repression of political opposition is happening alongside the mass imprisonment of journalists, judges, academics and soldiers, without charges and without any possibility of appeal. We call on President Erdogan to release Demirtas and all political prisoners immediately.

“Historically, we Socialists and Democrats have been the strongest supporters of Turkey’s European future and remain perhaps the last ones. We still support this future. However, President Erdogan is making it impossible by turning Turkey into an increasingly authoritarian country. We are clear - Erdogan is closing the door to Europe. For us democracy and human rights come first.  We will oppose any attempt to bargain between the issues of migration, the customs union and visa liberalisation.

“Given the current democratic situation and the recent constitutional referendum, we have been forced to request the suspension of the accession talks. The way the amendments to the constitution are implemented will be crucial for the future of EU-Turkey relations.

“Paradoxically, precisely because of the current dramatic situation in Turkey, CHP, HDP and all the democratic opposition forces have the political and moral responsibility to put aside their differences and stand united for democracy.  This is the moment to give a united voice to all the citizens who voted against the referendum. We, Socialists and Democrats, are ready to support and facilitate this crucial process. The future of Turkey and its relationship with the EU is at stake.” (S&D, May 13, 2017)

Merkel exclut tout référendum turc en Allemagne sur la peine de mort

La chancelière allemande Angela Merkel a "catégoriquement" rejeté la tenue sur le sol allemand d'une éventuelle campagne référendaire pour le rétablissement de la peine de mort en Turquie.

"La peine de mort est un sujet que nous refusons catégoriquement, pourquoi y aurait-il une autorisation (de faire campagne) alors qu'on n'y est pas obligé. On ne le fera pas", a déclaré la chancelière allemande dans un entretien à la radio régionale WDR diffusé mardi.

Le gouvernement allemand avait déjà indiqué vendredi que si la Turquie organisait un référendum sur le rétablissement de la peine capitale, l'Allemagne ne laisserait pas le scrutin se tenir sur son sol où vivent 1,4 million d'électeurs turcs.
 
"Politiquement, il n'est pas concevable que nous autorisions une telle consultation au sujet d'une mesure en opposition claire avec notre Constitution et avec les valeurs européennes", avait dit le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert.

La campagne électorale en Allemagne en faveur du référendum d'avril dernier sur le renforcement des pouvoirs du président turc Recep Tayyip Erdogan avait déjà empoisonné les relations entre la Turquie et l'Allemagne.

Le chef de l'Etat turc a même accusé le gouvernement allemand de pratiques nazies après que des ministres ont été empêchés de faire campagne sur le territoire allemand.

Après la courte victoire du oui au référendum sur le renforcement des pouvoirs de M. Erdogan, ce dernier s'est dit prêt à organiser une nouvelle consultation, cette fois-ci sur le rétablissement de la peine de mort.

Une telle mesure serait "synonyme de la fin du rêve d'Europe" pour la Turquie, avait mis en garde le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel.

Recep Tayyip Erdogan est accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire, notamment depuis le putsch avorté de juillet, suivi de l'arrestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux journalistes et des membres des forces de sécurité turque. Cette campagne a été vivement critiquée par Berlin.

Des centaines de diplomates turcs, militaires, fonctionnaires ou membres de leurs familles ont d'ailleurs déposé des demandes d'asile en Allemagne à la suite de ces purges, suscitant la colère d'Ankara.

Selon les autorités allemandes, certains d'entre eux ont obtenu l'asile. Berlin a cependant refusé de préciser leur nombre et leurs fonctions passées.

La presse allemande avait affirmé lundi que ces personnes étaient des militaires turcs, notamment de l'OTAN, écartés de l'armée après le coup d'Etat.
(AFP, 9 mai 2017)

Pas de poursuites pour les manifestants anti-Erdogan en Suisse

Les autorités suisses ont abandonné les poursuites contre les organisateurs d'une manifestation lors de laquelle une banderole appelant à "tuer" le président turc Recep Tayyip Erdogan avait suscité la fureur d'Ankara, ont indiqué lundi les médias.

Les autorités judiciaires du canton de Berne avaient ouvert une procédure pour appel public au crime ou à la violence.

La municipalité de Berne a cependant estimé que les organisateurs de cette manifestation en mars n'avaient pas contrevenu aux règles en vigueur, selon l'agence ATS.

La banderole, montrant M. Erdogan avec un pistolet sur la tempe avec l'inscription "Kill Erdogan with his own weapons" (Tuez Erdogan avec ses propres armes), avait été brandie par un groupe d'autonomistes de gauche, selon ATS.

Alors que la campagne pour le référendum sur les pouvoirs accrus du président turc battait son plein, des associations kurdes, ainsi que le parti socialiste et celui des Verts suisses avaient appelé à manifester pour réclamer plus de liberté, de démocratie et le respect de l'Etat de droit en Turquie.

Ankara avait jugé le contenu de cette banderole "inacceptable", et convoqué l'ambassadeur suisse.
(AFP, 8 mai 2017)

Erdogan somme l'UE de relancer les négociations, "sinon au revoir"

La Turquie est prête à dire "au revoir" à l'Union européenne si celle-ci n'ouvre pas de nouveaux chapitres de négociations d'adhésion avec Ankara, a affirmé mardi le président Recep Tayyip Erdogan, peu après avoir commencé à appliquer une réforme renforçant ses pouvoirs.

"Vous n'avez d'autre choix que d'ouvrir les chapitres (de négociation d'adhésion) que vous n'avez pas ouverts", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara. "Si vous les ouvrez, très bien. Dans le cas contraire, au revoir", a-t-il lancé.

Ces déclarations surviennent alors que les relations entre Ankara et Bruxelles, houleuses depuis le putsch manqué du 15 juillet en Turquie, se sont fortement tendues pendant la campagne pour le référendum constitutionnel sur le renforcement des pouvoirs de M. Erdogan.

M. Erdogan a d'ailleurs adressé son message à l'UE lors d'un discours marquant sa réadmission dans les rangs du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), première disposition de la réforme constitutionnelle à être appliquée.

La courte victoire de M. Erdogan lors du référendum du 16 avril sur cette réforme constitutionnelle a été accueillie par le silence par les capitales européennes, inquiètes de la situation des droits de l'Homme en Turquie. Et son résultat est contesté par l'opposition turque qui dénonce des irrégularités.

- 'Grand sommet Turquie-UE' -

Le processus d'adhésion d'Ankara à l'UE est actuellement dans les limbes et des progrès semblent improbables à court terme. Depuis le début officiel des pourparlers, en 2005, 16 chapitres sur 35 ont été ouverts, le dernier en juin 2016.

Si l'Autriche réclame l'arrêt des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, les responsables à Bruxelles appellent à ne pas rompre les liens avec Ankara, qui reste un important partenaire, notamment sur le dossier migratoire et dans la lutte antiterroriste.

Le président du Conseil européen Donald Tusk compte ainsi avoir une discussion avec le président turc lors d'un sommet de l'Otan le 25 mai à Bruxelles.

Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, a confirmé mardi que des responsables turcs et de l'UE allaient s'entretenir en marge de ce sommet, ajoutant qu'un "grand sommet Turquie-UE" se tiendrait à une date ultérieure.

Le chef de l'Etat turc a plusieurs fois évoqué une possible consultation populaire afin de décider de poursuivre ou non le processus d'adhésion à l'UE. Il s'est également prononcé en faveur du rétablissement de la peine de mort en Turquie, une ligne rouge pour Bruxelles.
(AFP, 2 mai 2017)

Insultes "Nazi" oubliées, l'UE flirte avec Erdogan

Les chefs de la diplomatie des 28 pays de l'UE ont discuté vendredi à Malte de leurs relations avec la Turquie après la grave crise diplomatique née pendant la campagne pour le référendum élargissant les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, qu'il a remporté de peu le 16 avril.

Lors de la réunion
la Haute représentante Federica Mogherini a déclaré que l'union européenne respecte les résultats du référendum du 16 avril 2017.


"L'Union européenne a clairement intérêt à ce que la Turquie soit stable, en sécurité, économiquement florissante et démocratique", a souligné Mme Mogherini à l'issue d'une réunion des ministres de Affaires étrangères de l'UE à La Valette, à laquelle a participé le Turc Mevlüt Cavusoglu.

"Notre intention n'est pas et ne sera jamais de faire quoi que ce soit qui pourrait porter atteinte à la Turquie", a-t-elle assuré. Mais "les critères des négociations d'adhésion sont extrêmement clairs".

"Si la Turquie est intéressée par les négociations d'adhésion comme son ministre des Affaires étrangères (Mevlüt) Cavusoglu nous l'a dit aujourd'hui (...), elle sait très bien ce que cela implique, particulièrement dans le domaine des droits de l'homme, de l'Etat de droit, de la démocratie, des libertés fondamentales, dont la liberté des médias, évidemment (par rapport à) la peine de mort et au respect du droit international et du principe de bonnes relations de voisinage", a détaillé Mme Mogherini.

"Personne ne veut la rupture" mais "la carte est entre les mains de la Turquie", a expliqué le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

Depuis Istanbul, M. Erdogan --qui avait accusé la chancelière allemande Angela Merkel de "pratiques nazies-- a lui invité l'UE à améliorer leurs relations. "Malgré la campagne que vous avez menée, notre porte est ouverte", a-t-il lancé lors d'un colloque.

Il paraît que les insultes "Nazis" d'Erdogan contre les dirigeants européens ont déjà été oubliées.

(Texte complet de la déclaration de Federica Mogherini)


Tusk veut discuter avec Erdogan lors du prochain sommet de l'Otan

Le président du Conseil européen Donald Tusk compte avoir une discussion avec le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un sommet de l'Otan le 25 mai à Bruxelles, a déclaré samedi la chancelière allemande Angela Merkel.

M. Tusk "nous a dit aujourd'hui qu'il allait demander un entretien avec le président Erdogan, le cas échéant avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lors du sommet de l'Otan", a précisé Mme Merkel, à l'issue d'un sommet européen à 27 à Bruxelles.

"M. Tusk a indiqué qu'il allait nous consulter à ce sujet avant, ce que je salue", a-t-elle ajouté.

 Jeudi, devant les députés allemands, Mme Merkel avait estimé que la relation entre l'Union européenne et Ankara était "très affectée" par l'évolution politique récente en Turquie, au lendemain de nouvelles purges massives dans le pays.
(AFP, 30 avril 2017)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Ankara convoque l'ambassadeur américain

La Turquie a protesté lundi auprès de l'ambassadeur américain à Ankara contre "des failles de sécurité" lors de la visite du président Recep Tayyip Erdogan à Washington, marquée par des heurts entre des gardes du corps turcs et des manifestants pro-kurdes.

Dans un climat de tensions entre les Etats-Unis et la Turquie, le ministère turc des Affaires étrangères a annoncé dans un communiqué avoir convoqué l'ambassadeur américain John Bass et lui avoir transmis "une protestation écrite et verbale".

La diplomatie turque a dénoncé les mesures "agressives et non professionnelles" prises selon elle par les services de sécurité américains à l'égard de la garde rapprochée du ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu devant la résidence de son ambassadeur à Washington le 16 mai.

"Une demande a été formulée pour qu'une enquête complète soit menée par les autorités américaines sur cet incident diplomatique et que les explications nécessaires soient fournies" à Ankara, selon le communiqué.

Le ministère turc a déploré "des failles de sécurité durant le séjour de notre président à Washington causées par l'incapacité des autorités américaines à prendre des précautions suffisantes pour chaque étape du programme officiel". Il a néanmoins affirmé que ces griefs "n'éclipseront pas ce qui fut par ailleurs une visite très réussie et très importante".

Des affrontements violents entre des gardes du corps turcs et des manifestants kurdes avaient eu lieu le 16 mai à Washington peu après un entretien entre M. Erdogan et le président américain Donald Trump à la Maison Blanche.

Les violences se sont déroulées en plein coeur d'un quartier huppé de Washington, devant la résidence de l'ambassadeur Serdar Kiliç, où M. Erdogan s'était rendu après voir vu M. Trump.

Le département d'Etat américain, qui avait exprimé le lendemain auprès d'Ankara sa préoccupation, a réaffirmé lundi que "la conduite du service de sécurité turc la semaine dernière était profondément troublante". La diplomatie américaine "a fait part de ses inquiétudes au plus niveau", a souligné sa porte-parole Heather Nauert.

La police de Washington avait dénoncé mercredi une "attaque brutale visant des manifestants pacifiques", faisant 11 blessés. Elle avait arrêté deux personnes et ouvert une enquête.

Le sénateur républicain John McCain a même réclamé l'expulsion de l'ambassadeur de Turquie aux Etats-Unis.

Dans un communiqué publié sur son site, l'ambassade turque à Washington avait déclaré que des groupes "liés au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), que les Etats-Unis et la Turquie ont désigné comme une organisation terroriste", s'étaient rassemblés sans permis devant la résidence et avaient "commencé à provoquer de façon agressive les citoyens turco-américains qui étaient venus pacifiquement pour accueillir le président".

"Les Turco-Américains ont répondu en légitime défense et l'un d'eux a été grièvement blessé", a déclaré l'ambassade.

Ces heurts se sont déroulés dans un contexte de tensions entre Washington et Ankara, notamment en raison du soutien américain à des milices kurdes qui se battent contre des jihadistes en Syrie.
(AFP, 22 mai 2017)

McCain demande l'expulsion de l'ambassadeur turc à Washington

Le sénateur américain John McCain a réclamé jeudi l'expulsion de l'ambassadeur de Turquie aux Etats-Unis après des affrontements violents entre des membres de la sécurité du président turc Recep Tayyip Erdogan et des manifestants kurdes pacifiques à Washington.

"Il faut jeter leur ambassadeur hors des Etats-Unis d'Amérique", a lancé John McCain sur la chaîne MSNBC. "Nous sommes aux Etats-Unis d'Amérique".

"Nous ne sommes pas en Turquie ou dans un pays du tiers monde", a-t-il dit. "Ce genre de choses ne peut rester sans réponse diplomatique".

Les violences se sont déroulées mardi devant la résidence de l'ambassadeur Serdar Kiliç, où le chef de l'Etat turc s'est rendu après son entretien à la Maison Blanche avec le président américain Donald Trump.

Le patron de la police de Washington, Peter Newsham, n'a pas clairement confirmé que les agresseurs, en costume sombre, étaient bien des gardes du corps turcs, mais les nombreuses vidéos des affrontements ainsi que des témoins semblent l'indiquer.

Selon la police, qui a ouvert une enquête, 11 personnes et un policier ont été blessés. Deux personnes ont été arrêtées.

Dans un communiqué publié sur son site et daté de jeudi, l'ambassade a déclaré que des groupes "liés au PKK, que les Etats-Unis et la Turquie ont désigné comme une organisation terroriste", s'étaient rassemblés sans permis devant la résidence et avaient "commencé à provoquer de façon agressive les citoyens turco-américains qui étaient venus pacifiquement pour accueillir le président".

"Les Turco-Américains ont répondu en légitime défense et l'un d'eux a été grièvement blessé", a déclaré l'ambassade.

"Il s'agit des gardes du corps d'Erdogan", a martelé le sénateur McCain. "Quelqu'un leur a donné l'ordre de sortir et de tabasser ces manifestants pacifiques. Il faut des répercussions, et notamment identifier ces gens et les poursuivre en justice".

Les manifestants brandissaient le drapeau des milices kurdes syriennes du PYD, qu'Ankara considère comme une émanation du Parti des Travailleurs du Kurdistan (séparatiste kurde turc).

"Nous faisons part, dans les termes les plus forts, de notre préoccupation au gouvernement turc", avait réagi mercredi le département d'Etat américain.
(AFP, 18 mai 2017)

La Turquie appelle au départ du coordinateur américain pour la lutte contre l'EI

Le ministre turc des Affaires étrangères a appelé jeudi au départ de l'envoyé spécial américain auprès de la coalition internationale en Syrie et en Irak, Brett McGurk, l'accusant de soutenir les milices kurdes syriennes et les séparatistes kurdes turcs.

"Il serait bon que cette personne soit remplacée", a déclaré Mevlüt Cavusoglu jeudi dans une interview à la chaîne privée NTV, affirmant que M. McGurk "soutient clairement" les milices kurdes syriennes YPG et les séparatistes kurdes turcs du PKK, deux groupes considérés comme "terroristes" par Ankara.

Ces déclarations surviennent après la rencontre mardi à Washington du président turc Recep Tayyip Erdogan et de son homologue américain Donald Trump, au cours de laquelle ils ont promis de renforcer leur "partenariat stratégique" et leurs "relations exceptionnelles".

Mais les discussions entre les deux chefs d'Etat se sont tenues dans un contexte tendu, après que Washington a annoncé la semaine dernière la livraison prochaine d'armes aux YPG (Unités de protection du peuple kurde).

Les Etats-Unis considèrent la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG sont le fer de lance, comme leur allié le plus efficace sur le terrain en Syrie contre les jihadistes du groupe EI.

Mais la Turquie estime que ces milices sont un prolongement en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation séparatiste classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux. La Turquie redoute que ces armes finissent par être utilisées contre elle par les Kurdes.

Le président Erdogan avait exhorté l'administration Trump à revenir "sans délai" sur cette décision.

S'adressant à la presse après sa rencontre avec M. Trump à l'ambassade turque de Washington, M. Erdogan a déclaré qu'en cas d'attaque des YPG contre la Turquie, Ankara agirait "sans rien demander à personne", selon des propos rapportés par le quotidien Hürriyet.

Il a ajouté que les Etats-Unis avaient pris leur décision à propos de l'offensive contre Raqa, "capitale"
autoproclamée de l'EI en Syrie, et que "dans les circonstances actuelles", c'est-à-dire l'alliance américaine avec les milices kurdes, la Turquie ne pourrait participer à cette opération.

Selon une source au sein du conseil civil de Raqa, une structure composée d'habitants qui devrait diriger la ville une fois reprise à l'EI, Brett McGurk était dans le nord de la Syrie mardi et mercredi, notamment pour rencontrer des dirigeants des FDS et des YPG à propos de l'offensive à venir contre Raqa.
(AFP, 18 mai 2017)

Erdogan à Washington: des manifestants "brutalement attaqués"

La police de Washington a dénoncé mercredi une "attaque brutale visant des manifestants pacifiques" après des affrontements la veille entre des gardes du président turc Recep Tayyip Erdogan et des protestataires kurdes.

Ces violences se sont déroulées mardi soir devant la résidence de l'ambassadeur de Turquie, où le chef de l'Etat turc s'est rendu après son entretien à la Maison Blanche avec le président américain Donald Trump.

La rixe, une "attaque brutale visant des manifestants pacifiques" selon les mots du chef de la police de la capitale, Peter Newsham, s'est soldée par le bilan suivant: 11 personnes plus un policier blessés, neuf personnes parmi les blessés transportées à l'hôpital, d'où elles sont ressorties depuis.

La police a interpellé deux suspects domiciliés aux Etats-Unis, à l'encontre desquels elle a engagé des poursuites, le premier pour coups et blessures, le second pour agression d'un membre des forces de l'ordre.

Les enquêteurs ont précisé disposer de "très bonnes vidéos" sur la rixe. Ces images montrent des partisans du président turc Recep Tayyip Erdogan s'affrontant avec des manifestants kurdes.

Selon des témoins cités par des médias, les gardes du corps du président turc ont attaqué des manifestants qui brandissaient le drapeau des milices kurdes syriennes du PYD, qu'Ankara considère comme une émanation du Parti des Travailleurs du Kurdistan (séparatiste kurde turc).

La diplomatie américaine a vivement déploré mercredi des incidents violents la veille à Washington entre des gardes du corps du président turc Recep Tayyip Erdogan et des manifestants pro-kurdes.

"Nous faisons part, dans les termes les plus forts, de notre préoccupation au gouvernement turc", a condamné le département d'Etat, au lendemain d'une bagarre devant la résidence de l'ambassadeur turc à Washington qui a fait neuf blessés. Les incidents entre le service de sécurité turc et des manifestants ont éclaté après le premier tête-à-tête entre le président Erdogan et son homologue américain Donald Trump.
in.

La maire de Washington, Muriel Bowser, a de son côté condamné dans un communiqué "une violente attaque contre des manifestants pacifiques, qui est un affront aux valeurs de Washington et à nos droits en tant qu'Américains".

M. Newsham n'a pas clairement confirmé si les agresseurs en costume sombre visibles sur les vidéos étaient bien des gardes du corps du président Erdogan, en indiquant que l'enquête se poursuivait.

"L'intervention de la police était risquée car il y avait des personnes porteuses d'arme à feu", a toutefois déclaré le chef de la police.

"Il est possible que se pose une question d'immunité diplomatique", a-t-il ajouté, en précisant que cela n'empêcherait pas les investigations de se poursuivre.

Il a enfin confirmé que le Secret Service, l'agence d'élite chargée de protéger les personnalités officielles aux Etats-Unis, avait "stoppé" deux personnes, sans confirmer si elles avaient été relâchées.
(AFP, 17 mai 2017)

Pour leur premier tête-à-tête, Trump et Erdogan se promettent leur amitié

Pour leur premier tête-à-tête, les présidents américain Donald Trump et turc Recep Tayyip Erdogan ont promis d'apaiser les tensions entre les deux alliés, notamment sur le dossier brûlant de milices kurdes appuyées par Washington et qui combattent les jihadistes en Syrie.

Cette rencontre au sommet s'est toutefois soldée par des incidents à Washington entre le service de sécurité du président turc et des manifestants pro-kurdes qui ont fait neuf blessés.

Fort d'un référendum en avril qui lui permet d'élargir ses pouvoirs, M. Erdogan a été reçu à la Maison Blanche avec une liste de doléances: du soutien américain aux milices kurdes syriennes, jusqu'au cas du prédicateur musulman Fethullah Gülen qui vit aux Etats-Unis et dont Ankara réclame l'extradition pour son implication supposée dans le coup d'Etat avorté de juillet.

Mais les deux dirigeants, dont les pays sont alliés au sein de l'Otan, ont voulu faire bonne figure, promettant de renforcer leur "partenariat stratégique" et leurs "relations exceptionnelles".

Donald Trump avait été l'un des premiers à féliciter son homologue turc pour sa courte victoire au référendum du 16 avril et M. Erdogan lui a rendu la pareille en saluant le "triomphe légendaire" du milliardaire américain le 8 novembre.

- 'Pas de vains espoirs' -

"Bien entendu, la victoire de M. Trump a réveillé de nouvelles attentes pour la Turquie et la région. Nous savons que la nouvelle administration ne laissera pas planer de vains espoirs", a insisté le président turc.

Son homologue américain a rappelé avec emphase qu'Ankara avait été de toutes les batailles de l'Occident durant la Guerre froide, avant de lancer: "Aujourd'hui, nous sommes confrontés à un nouvel ennemi dans le combat contre le terrorisme et, encore une fois, nous cherchons à faire face ensemble à cette menace".

Mais cette première rencontre Trump-Erdogan a eu lieu à un moment délicat dans des relations bilatérales qui s'étaient déjà crispées dans les dernières années de la présidence de Barack Obama. Il y a une semaine, Washington a annoncé la livraison prochaine d'armes aux milices kurdes syriennes YPG (Unités de protection du peuple kurde).

Les Etats-Unis considèrent la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG sont le fer de lance, comme leur allié le plus efficace sur le terrain en Syrie contre les jihadistes du groupe EI.

Le président Erdogan avait exhorté l'administration Trump à revenir "sans délai" sur cette décision. "Prendre en considération les (milices kurdes) YPG-PYD dans la région ne sera jamais accepté et violerait l'accord global que nous avons conclu", a-t-il averti aux côtés du président américain.

La Turquie estime que ces milices sont un prolongement en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation séparatiste qui livre une sanglante lutte armée contre Ankara depuis 1984. Elle redoute que ces armes finissent par être utilisées contre elle par les Kurdes.

- Erdogan en colère -

M. Erdogan ne décolère pas non plus contre l'allié américain qui refuse d'extrader le prédicateur Gülen vivant en exil en Pennsylvanie.

Ankara impute à M. Gülen la responsabilité de la tentative de coup d'Etat dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016 par une faction de l'armée (près de 250 morts) et a mené depuis des purges dans l'administration contre ses sympathisants. L'intéressé a nié toute implication.

Devant M. Trump, le président turc a affirmé qu'il avait "franchement communiqué (ses) attentes concernant l'organisation terroriste (de) Fethullah" Gülen.

De fait, des experts pensent qu'en échange d'un accord tacite d'Ankara à une offensive arabo-kurde soutenue par Washington contre l'EI dans son fief syrien de Raqa, le président américain pourrait garantir à M. Erdogan que la justice américaine examine l'extradition de M. Gülen.

En outre, les Etats-Unis pourraient donner leur feu vert à une offensive turque contre des bases du PKK dans le nord de l'Irak, à Sinjar. "C'est la principale demande", estime Soner Cagaptay, chercheur au Washington Institute of Near East Policy. Le président Erdogan "est venu chercher le soutien des Etats-Unis à une opération turque contre Sinjar", affirme l'analyste.

La journée a été assombrie par des échauffourées devant la résidence de l'ambassadeur turc à Washington. Selon des témoins, des gardes de sécurité de M. Erdogan s'en sont pris à des manifestants pro-PYD. La police a rapidement rétabli l'ordre mais neuf personnes ont été transportées à l'hôpital, dont une dans un état critique, selon les services de secours.
(AFP, 17 mai 2017)

Erdogan à Washington pour convaincre Trump sur les Kurdes et Gülen

Le président turc Recep Tayyip Erdogan doit rencontrer pour la première fois mardi à Washington son homologue américain Donald Trump, qu'il espère rallier à sa cause sur plusieurs dossiers pour relancer des relations tendues depuis des mois.

Les rapports entre la Turquie et les Etats-Unis ont viré à l'orage à la fin de la présidence de Barack Obama, les deux pays s'opposant sur plusieurs dossiers, dont ceux concernant les milices kurdes syriennes YPG ou l'extradition du prédicateur Fethullah Gülen.

Les analystes préviennent qu'il sera difficile pour M. Erdogan de parvenir à faire bouger M. Trump sur ces questions, ouvrant la perspective d'un hiver prolongé dans les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, deuxième armée en effectifs de l'Otan.

Le déplacement de M. Erdogan survient à un moment délicat, une semaine à peine après l'annonce par les Etats-Unis qu'ils livreraient des armes aux YPG qui combattent les jihadistes, ces mêmes milices kurdes qu'Ankara considère comme des "terroristes".

Cette nouvelle, ainsi que son timing, ont sonné Ankara, où l'élection de M. Trump avait fait naître l'espoir d'une "nouvelle page" dans les rapports entre les deux pays, basés sur une relation personnelle forte entre deux dirigeants adeptes d'un style politique viril.

Mais si ils ont condamné l'annonce de la fourniture d'armes aux milices kurdes, les dirigeants turcs semblent avoir retenu leurs coups contre M. Trump. Comme s'ils gardaient l'espoir de le rallier à leur cause.

- 'Doléances' -

Mais l'avenir des relations entre Ankara et Washington reste également suspendu à d'autres dossiers épineux, comme la demande d'extradition du prédicateur Fethullah Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis et est accusé par le pouvoir turc d'avoir ourdi la tentative de putsch de juillet.

A cela s'ajoutent les arrestations aux Etats-Unis de l'homme d'affaires turco-iranien Reza Zarrab et d'un cadre de la banque Halkbank, Mehmet Hakan Atilla, soupçonnés d'avoir enfreint les sanctions imposées à l'Iran.

"J'ai bien peur que l'entretien (entre MM. Erdogan et Trump) ne se transforme en énoncé de doléances, des YPG à Reza Zarrab, en passant par Halkbank", dit à l'AFP Aaron Stein, chercheur au centre de réflexion Atlantic Council.

Humiliation pour Ankara, l'annonce de l'envoi d'armes aux YPG est survenue alors que les chefs de l'armée et du Renseignement turcs, ainsi que le porte-parole du président turc, étaient à Washington pour préparer le déplacement de M. Erdogan.

Les Etats-Unis soutiennent les YPG qu'ils considèrent comme la force la plus apte à affronter au sol le groupe Etat islamique (EI) et à chasser les jihadistes de leur bastion syrien de Raqa.

Mais pour la Turquie, les YPG ne sont que l'extension en Syrie des séparatistes kurdes de Turquie (PKK), qui livrent depuis 1984 une sanglante guerre à l'Etat turc. Le PKK est classé "organisation terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

M. Erdogan a exhorté le gouvernement américain à revenir "sans délai" sur son "erreur", et a déclaré qu'il aborderait la question avec M. Trump lors de son déplacement.

- Trump 'courtisé' -

"Erdogan a mis en jeu beaucoup de sa crédibilité en faisant la cour à M. Trump", souligne M. Stein. "Je m'attends à ce qu'Erdogan tente de dissuader Trump, mais il doit bien être conscient lui aussi que cela ne marchera pas", ajoute-t-il.

En raison des tensions qui se sont renforcées sous la présidence Obama, la Turquie et les Etats-Unis n'ont pas réussi à insuffler de l'énergie dans leurs relations commerciales. Et l'anti-américanisme a atteint des sommets en Turquie, où la presse progouvernementale publie régulièrement des théories du complot impliquant Washington.

En parallèle de la dégradation de ces relations, la Turquie s'est rapprochée de la Russie, avec laquelle elle coopère désormais étroitement sur le dossier syrien, parrainant par exemple un accord de cessez-le-feu fin décembre.

Autrefois "exemplaire", le partenariat entre la Turquie et les Etats-Unis est devenu "dysfonctionnel, produisant des résultats insatisfaisants pour les deux parties", résument dans une étude Kemal Kirisci, du centre d'analyses Brookings Institution, et Asli Aydintasbas, experte au Conseil européen des relations internationales.
(AFP, 14 mai 2017)

Washington va armer les Kurdes de Syrie au risque d'exaspérer la Turquie

L'administration Trump a décidé d'armer les milices kurdes YPG en Syrie pour accélérer le combat contre le groupe Etat islamique (EI), au risque de provoquer la colère de la Turquie qui les considère comme des ennemies.

Le président américain a autorisé le Pentagone à "équiper" les milices kurdes "autant que nécessaire pour remporter une nette victoire sur le groupe Etat islamique" à Raqa, la capitale de facto des jihadistes, a déclaré le porte-parole du Pentagone Jeff Davis.

Selon un haut responsable de la défense américain qui a souhaité rester anonyme, les Etats-Unis pourront ainsi fournir aux Kurdes syriens "armes légères, munitions, mitrailleuses, véhicules blindés, ou équipement du génie" comme des bulldozers.

A moins d'une semaine d'une visite du président turc Recep Tayyip Erdogan à Washington le 16 mai, la décision constitue un tournant majeur pour l'administration américaine.

Celle-ci s'était jusqu'à présent toujours refusée à aller contre l'avis de la Turquie, pays membre de l'Otan et allié stratégique des Etats-Unis, qui considère les milices kurdes (Unités de protection du peuple kurde, YPG) comme la branche syrienne des séparatistes kurdes de Turquie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Mais l'administration Trump a finalement décidé de valider le diagnostic posé depuis des mois par le Pentagone.

Pour les militaires américains, les milices kurdes et leurs alliés arabes sont les seules forces en Syrie capable de mener rapidement l'assaut contre Raqa et de porter un coup décisif au groupe EI en Syrie.

La coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG sont le fer de lance, est "la seule force capable de prendre Raqa dans un avenir proche", a souligné mardi Jeff Davis.

Selon le porte-parole, les Etats-Unis sont "déterminés" à ce que ces futures livraisons d'armes n'ajoutent pas "de risques sécuritaires" pour la Turquie.

Ces armements seront "calibrés" pour répondre à un seul objectif, la prise de Raqa, a précisé le responsable de la Défense. Et "il y aura des mesures supplémentaires pour garder la trace de ces armes et vérifier leur utilisation".

Les Etats-Unis par ailleurs n'envisagent pas une présence à long terme des milices kurdes à Raqa, ville arabe, après sa libération, a indiqué la porte-parole du Pentagone Dana White.

"Nous soutenons totalement la remise de Raqa à une gouvernance arabe locale", a-t-elle déclaré.

La Turquie a déjà frappé les milices YPG en Syrie. En avril, des frappes contre un QG des milices dans le nord-est de la Syrie ont fait 28 morts. Des accrochages entre miliciens kurdes et l'armée turque ont également eu lieu le long de la frontière.

- Risque pour les Etats-Unis -

Les Etats-Unis ont, de leur côté, envoyé des véhicules militaires munis de drapeaux américains du côté syrien de la frontière pour effectuer des patrouilles avec des membres des YPG et prévenir tout nouvel accrochage.

La décision d'armer les Kurdes malgré l'opposition d'Ankara "comporte certainement un risque" pour les Etats-Unis, pour qui la Turquie est un allié crucial, a estimé Michael O'Hanlon, un spécialiste des questions de défense au centre d'études Brookings à Washington.

"Mais il y a un risque aussi à suivre l'approche turque, qui pourrait mener à une future prolongation de la guerre" contre l'EI, a-t-il déclaré à l'AFP.

Mais Charles Lister, un expert du Middle East Institute, un centre de recherche basé à Washington, s'est montré beaucoup plus critique.

"Je pense qu'il est très difficile d'imaginer que M. Trump a trouvé quoi que ce soit de suffisant pour apaiser les craintes de la Turquie de voir les milices YPG se renforcer le long de sa frontière", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le centre national anti-terroriste américain (NCTC) avait lui-même étiqueté "terroriste" les YPG avant de faire marche arrière en 2014, lorsque les forces américaines ont commencé à travailler avec elles en Syrie.

La décision de la Maison Blanche "va inévitablement provoquer plus d'instabilité" en Syrie, a-t-il ajouté.

Les milices kurdes et leurs alliés arabes ont réalisé la plus grande partie des avancées contre le groupe Etat islamique en Syrie, avec le soutien des frappes aériennes de la coalition et de conseillers militaires américains.
(AFP, 9 mai 2017)

Une journée de conférence parallèle au sommet de l'OTAN

Ce 25 mai, parallèlement au sommet de l’OTAN qui aura lieu à Bruxelles, nous organisons une journée de conférence au cours de laquelle des personnalités nationales et internationales nous immergerons dans les problématiques liées à l’alliance transatlantique.

Ce « contre-sommet » débutera par une session plénière dans laquelle quatre experts aborderont certaines thématiques essentielles des agissements de l’OTAN : ses interventions militaires, les dépenses en armement, les tensions avec la Russie et les armes nucléaires.

Différents ateliers vous seront proposés ensuite, en matinée et l’après-midi. Ceux-ci permettront des échanges plus fournis entre participants autour de thématiques comme les médias et la guerre, l’élargissement de l’OTAN à l’Est, le commerce des armes et l’industrie militaire ou encore la militarisation de la Méditerranée. Deux « sessions spéciales », qui s’étendront sur tout le temps des ateliers, approfondiront deux thématiques particulières : les armes nucléaires en Europe et la norme OTAN des 2% du PIB dans la défense et l’armement. Une troisième « session spéciale » proposera la diffusion du film « Shadow world » sur le commerce des armes, suivie d’un débat avec le réalisateur et l’auteur du livre à la base du documentaire.

Au cours de la dernière session plénière, cinq personnalités discuteront des stratégies du mouvement de la paix international contre l’OTAN.

Lieu : Institut libre Marie Haps -Rue d’Arlon, 11 1050 Bruxelles Belgique

(Stopnato2017.org, 8 mai, 2017)

Turkish Airlines fournit des ordinateurs à des passagers vers les USA

La compagnie aérienne turque Turkish Airlines a commencé samedi à prêter des ordinateurs portables aux passagers de la classe affaires à destination des Etats-Unis, vols dans lesquels le transport en cabine d'ordinateurs portables et de tablettes a été interdit en mars.

"Nous avons commencé à distribuer des ordinateurs portables à nos passagers de la classe affaires dans les vols en direction des Etats-Unis", a tweeté samedi matin le directeur général de la compagnie aérienne, Bilal Eksi.

"Avec ce nouveau service, les passagers pourront poursuivre sans interruption leurs activités personnelles sur ordinateur portable au-dessus des nuages", explique un communiqué de la compagnie.

Les Etats-Unis ont décidé d'interdire ordinateurs portables et tablettes en cabine sur les vols de neuf compagnies aériennes en provenance de dix aéroports internationaux de pays arabes et de Turquie, invoquant un risque d'attentats.

Les huit pays dont les compagnies et les aéroports sont concernés sont tous alliés ou partenaires des Etats-Unis: Turquie, Jordanie, Egypte, Arabie saoudite, Koweït, Qatar, Emirats arabes unis et Maroc.

Dans la foulée, le Royaume-Uni a annoncé une interdiction quasi-similaire affectant la Turquie et cinq pays arabes - Liban, Jordanie, Egypte, Tunisie et Arabie saoudite.

Des ordinateurs à écran tactile flanqués du logo de Turkish Airlines seront également délivrés à partir du 12 mai aux passagers de classe affaires des vols à destination du Royaume-Uni, ajoute le communiqué de Turkish Airlines.

Le texte précise que pour protéger les données des passagers, toutes les informations entrées sur l'ordinateur, équipé de ports USB permettant de sauvegarder le nécessaire, seront intégralement supprimées à sa mise hors tension.

Ankara avait réagi vivement aux décisions de Washington et Londres, le président Recep Tayyip Erdogan les appelant à lever "le plus vite possible" cette interdiction.

Turkish Airlines avait rapidement autorisé les passagers qui ne souhaitaient pas placer leurs appareils électroniques en soute à les emporter avec eux en salle d'embarquement pour les remettre au personnel de la compagnie avant de monter à bord de l'avion. Placés dans un compartiment dédié, ces appareils sont ensuite remis au passagers à l'arrivée à destination.

Les trois grandes compagnies du Golfe (Qatar Airways, Emirates et Etihad) prêtent elles aussi des ordinateurs ou des tablettes aux passagers de classe affaires volant vers les Etats-Unis.
(AFP, 6 mai 2017)

Erdogan "triste" de voir le drapeau américain avec des milices kurdes en Syrie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est dit "attristé" dimanche de voir des véhicules militaires américains patrouillant près de la frontière turco-syrienne avec des combattants des milices kurdes des YPG, organisation qu'Ankara qualifie de "terroriste".

Les Unités de protection du peuple kurde (YPG) sont la principale composante des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes luttant contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et soutenus par les Etats-Unis.

Mais la Turquie les considère comme la branche syrienne des séparatistes kurdes de Turquie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le PKK, qui livre une sanglante lutte armée contre Ankara depuis 1984, et est classée "terroriste" par la Turquie et ses alliés occidentaux.

La Turquie a mené des frappes cette semaine contre un QG des YPG dans le nord-est de la Syrie, faisant 28 morts. Des accrochages entre miliciens kurdes et l'armée turque ont également eu lieu le long de la frontière.

Les Etats-Unis ont, de leur côté, envoyé des véhicules militaires munis de drapeaux américains du côté syrien de la frontière pour effectuer des patrouilles avec des membres des YPG et prévenir tout nouvel accrochage.

"Malheureusement, la présence d'un drapeau américain aux côtés du (symbole) d'une organisation terroriste nommée YPG dans un convoi nous a fortement attristés", a déclaré M. Erdogan à des journalistes avant de s'envoler pour l'Inde.

La différence d'approche au sujet des YPG a jeté un froid sur les relations turco-américaines et le chef de l'Etat turc, qui rencontrera Donald Trump aux Etats-Unis en mai, compte faire changer son homologue américain d'avis.

"Nous en parlerons lorsque nous rencontrerons le président le 16 mai", a ajouté M. Erdogan, tout en regrettant que la coopération entre les forces américaines et les YPG, entamée sous Barack Obama, se poursuive.

"Cela doit immédiatement s'arrêter", a-t-il asséné. "Faute de quoi, cela continuera d'être un tracas pour la région et pour nous".
(AFP, 30 avril 2017)

Relations régionales / Regional Relations

La Russie lève les sanctions restantes sur le commerce avec la Turquie

La Russie et la Turquie ont signé lundi un accord prévoyant la levée de sanctions russes toujours en vigueur contre Ankara depuis une grave crise diplomatique entre les deux pays, mais les tomates restent un point de désaccord.

L'accord a été paraphé par le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek et son homologue russe Arkady Dvorkovich à Istanbul en marge du sommet des chefs d'Etat de l'Organisation de la Coopération économique de la mer Noire, a précisé l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

Le gouvernement russe a confirmé dans un communiqué qu'un document portant sur "la levée des restrictions commerciales bilatérales" avait été signé à Istanbul, en présence du Premier ministre russe Dmitri Medvedev et de son homologue turc Binali Yildirim.

Interrogé au sujet des marchandises concernées par la levée des sanctions, M. Medvedev a précisé qu'il s'agissait de "fruits et légumes à l'exception des tomates" selon les agences russes. Cette exception est due aux "investissements réalisés dans ce secteur et qui ne doivent pas disparaître", a-t-il expliqué.

M. Yildirim a affirmé que les sanctions restantes dans des secteurs comme la construction, ou le tourisme, seront levés d'ici la fin du mois.

L'interdiction russe sur les importations turques de produits frais, comme les pommes, les poires, les fraises et la volaille, prendront fin dans une semaine.

Mais il a confirmé que l'interdiction sur les tomates, un produit d'exportation clé pour les Turcs, reste en vigueur pour le moment. Avant l'embargo, la Turquie fournissait presque la moitié des tomates consommées en Russie.

Admettant que la tomate est devenue un "symbole", il a ajouté: "Concernant la tomate, il nous faut plus de temps."

La Russie s'applique à promouvoir sa propre production de tomates dans sa volonté de diversifier son économie fondée sur les hydrocarbures et de développer son agriculture.

Le président russe Vladimir Poutine avait annoncé le 3 mai, à l'occasion d'une visite de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, la levée de pratiquement toutes les sanctions commerciales décidées après qu'Ankara eut abattu un avion militaire russe en 2015.

M. Poutine avait alors précisé que l'embargo russe sur les tomates turques restait pour le moment en vigueur, de même que les restrictions concernant les visas pour les ressortissants turcs. Il n'avait pas donné de calendrier pour la levée de ces sanctions.

Les relations turco-russes s'étaient fortement dégradées lorsque les Turcs avaient abattu un avion de combat russe au-dessus de la Syrie en novembre 2015.

Après cet incident, Moscou avait répliqué en imposant une série de sanctions, dont un embargo sur des produits alimentaires turcs, une interdiction des charters et la réintroduction de visas pour les touristes turcs se rendant en Russie.
(AFP, 22 mai 2017)

Erdogan et Israël s'accusent réciproquement sur Jérusalem

Israël a rejeté avec véhémence lundi les déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan l'accusant de mener une politique d'apartheid en cherchant à limiter la liberté de culte des musulmans à Jérusalem.

"Celui qui viole systématiquement les droits de l'Homme dans son propre pays ne devrait pas faire la morale à la seule vraie démocratie de la région", a déclaré le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon.

"Israël protège toujours la liberté totale de culte pour les juifs, les musulmans et les chrétiens, et continuera à le faire malgré les calomnies infondées lancées contre lui", a-t-il dit dans un communiqué.

Plus tôt lundi, M. Erdogan avait promis d'oeuvrer pour empêcher un projet de loi israélien qui vise à limiter, voire interdire, les appels à la prière des mosquées durant la nuit.

Ce texte, approuvé par le gouvernement en février mais qui doit encore adopté par le Parlement, s'appliquerait aux mosquées en Israël ainsi qu'à Jérusalem-Est, partie de la ville occupée et annexée par Israël, mais pas à l'esplanade des mosquées, le troisième lieu saint de l'islam dans la ville sainte.

"Si Dieu le veut, nous ne permettrons jamais que soit réduit au silence l'appel à la prière dans le ciel de Jérusalem", a dit M. Erdogan lors d'un forum sur Jérusalem à Istanbul.

"Quelle est la différence entre les pratiques actuelles d'Israël et les politiques racistes et discriminatoires adoptées contre les noirs en Amérique dans le passé ?" a-t-il indiqué.

Fervent défenseur des Palestiniens, le président turc a normalisé les relations de son pays avec Israël en 2016, après une crise déclenchée en 2010 par un raid israélien meurtrier contre un navire affrété par une ONG humanitaire turque pour tenter de briser le blocus israélien de Gaza.

Israël considère l'ensemble de Jérusalem comme sa capitale "unifiée", alors que les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Le statut de Jérusalem est l'une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien.
(AFP, 8 mai 2017)

Accord Russie-Turquie-Iran sur la création de zones sécurisées en Syrie

La Russie et l'Iran, alliés de Bachar al-Assad, et la Turquie, soutien des rebelles, ont adopté jeudi à Astana un plan russe pour la Syrie en guerre visant à créer des zones sécurisées pour instaurer une trêve durable dans plusieurs régions.

Le texte a en revanche été boudé par les émissaires du régime syrien et des rebelles.

Les chefs des délégations des trois pays parrainant les pourparlers de paix qui se tenaient pendant deux jours au Kazakhstan ont signé "un mémorandum sur la création de zones de désescalade en Syrie", a indiqué au terme des négociations le ministre kazakh des Affaires étrangères, Kaïrat Abdrakhmanov.

Selon le texte de cet accord, dont une copie a été consultée par l'AFP, les pays garants doivent désormais définir avant le 4 juin les contours de ces zones, qui sont instaurées avec une validité initiale de six mois avec possibilité de prolongation.

"Nous sommes en train d'envisager l'éventualité qu'elle n'ait pas de limite de temps", a indiqué l'envoyé spécial du président russe Vladimir Poutine pour la Syrie, Alexandre Lavrentiev.
 Un groupe de travail constitué des représentants des trois pays garants doit être constitué d'ici deux semaines.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit jeudi soir "encouragé" par cet accord, selon son porte-parole Stéphane Dujarric.

Présent à Astana, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, avait plus tôt salué "un jour important", disant espérer des progrès concrets vers l'instauration de ces zones d'ici deux semaines, avant la reprise des pourparlers de paix à Genève (Suisse).

- Prudence de Washington -

L'accord n'est en revanche signé ni par les émissaires du président syrien Bachar al-Assad, ni par les rebelles présents à Astana.

Damas a déclaré soutenir l'initiative par la voix du chef de sa délégation, Bachar al-Jaafari. Et avant la signature, les rebelles avaient eux loué une mesure de nature à "améliorer la situation humanitaire difficile des civils". Mais le fait que l'Iran chiite soit co-signataire du document a déclenché leur colère.

"Nous ne prenons pas part à cet accord, c'est un accord entre ces trois pays. Bien entendu, nous ne sommes pas d'accord du tout pour que l'Iran (...) soit un garant de cet accord", a dénoncé lors d'un point presse Oussama Abou Zeid, le porte-parole de la délégation rebelle.

Les Etats-Unis, pays observateur dans les négociations d'Astana, ont pour leur part salué avec grande prudence cet accord, disant dans un communiqué "soutenir tout effort qui puisse véritablement réduire la violence en Syrie".

Le plan russe est apparu au grand jour mardi pendant une conversation téléphonique entre le président russe et son homologue américain Donald Trump.

Le lendemain, recevant son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à Sotchi (sud-ouest de la Russie), M. Poutine avait déroulé son plan visant à "une plus grande pacification" de la Syrie et à "un renforcement du cessez-le-feu".

Pour cela, il s'agit de créer des "zones sécurisées" ou zones dites "de désescalade", un terme flou qui pourrait s'approcher de l'idée d'une zone-tampon sans toutefois impliquer de déploiement massif de soldats pour assurer le cessez-le-feu.

Antonio Guterres a avancé que les Nations unies soutiendraient ces efforts de désescalade, sans toutefois préciser si l'organisation jouerait un rôle.

- Zones d'exclusion aérienne -

D'après le texte de l'accord, les "zones de désescalade" seront créées dans l'ensemble de la province d'Idleb, dans des zones délimitées au sein des provinces de Lattaquié, d'Alep, de Hama, d'Homs et de Damas avec la Ghouta orientale, ainsi que dans des zones délimitées des régions de Deraa et Kuneitra.

La première version de ce projet, consultée en arabe par l'AFP, prévoyait la création de quatre zones uniquement.

Selon cette version, "des zones de sécurité" seront constituées autour de ces "zones de désescalade", avec postes de contrôle et centres de surveillance tenus conjointement par "les forces des pays garants sur la base du consensus".

Les territoires concernés seront doublés de zones d'exclusion aérienne, "à condition qu'il n'y ait aucune activité militaire dans ces zones", selon M. Poutine.

Le plan favorisera la mise en place "d'un dialogue politique entre les belligérants", avait assuré mercredi M. Poutine, affirmant que "ce processus politique doit amener en fin de compte à un rétablissement complet de l'intégrité territoriale du pays".

La lutte contre les "organisations terroristes", telles que le groupe jihadiste Etat islamique et le Front Fateh al-Cham, ancienne branche d'Al-Qaïda en Syrie, se poursuivra malgré l'éventuelle constitution de telles zones.

M. Erdogan a estimé jeudi que ce "nouveau concept" permettrait de résoudre le conflit syrien à "50%". La guerre a fait plus de 320.000 morts et des millions de déplacés depuis mars 2011.
(AFP, 5 mai 2017)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration


Appel à la manifestation against Erdogan et l'OTAN

La platforme "Non" en Belgique et le Congrès démocratique des peuples - Belgique (HDK-B) appellent les opposants de la dictature islamiste en Turquie à une manifestation contre l'arrivée de Recep Tayyip Erdogan à Bruxelles à l'occasion du sommet de l'OTAN.

Les slogans de la manifestation:

ERDOĞAN NOT WELCOME!
TURKEY OUT OF NATO, NATO OUT OF TURKEY
NO TO REFUGEE DEAL WITH ERDOĞAN
WELLCOME REFUGEES, NOT ERDOĞAN
STOP SELLING WEAPONS TO ERDOĞAN

Cette protestation se tiendra dans le cadre de la grande manifestation des organisations non gouvernementales contre l'arrivée du président américain Trump et l'OTAN le mercredi 24 mai 2017 à partir de 17h à partir de la Gare du Nord à Bruxelles.

L'appel à la grande manifestation des ONG:

Le 25 mai prochain les chefs d'Etats et de gouvernements se réuniront à Bruxelles pour un sommet de l'OTAN. Ce sera la première visite de Donald Trump dans notre pays et en Europe. Nous voulons lui faire clairement comprendre qu'il n'est pas le bienvenu. Mais il s'agit aussi de bien plus que de cela. Trump est le symbole pour une politique qui ne montre aucun respect ni pour les valeurs humaines fondamentales, ni pour la planète. D'autres dirigeants sont atteint de la même maladie. Ils nous pressent à chaque sommet de l'OTAN d'investir plus de moyens dans l'armement et pour arrêter les réfugiés crées par leurs propres guerres, des moyens que nous avons justement absolument besoin pour les investissements sociaux et écologiques.

Une marche pour la paix et contre toutes les guerres, pour la défense de l'environnement et de notre planète, pour la défense des droits humains de TOUS et TOUTES, en soutien à la lutte contre le sexisme, le racisme et les discriminations aura lieu le 24 mai à 17h à Bruxelles. Cette marche se fera avec le soutien d'une plateforme d'organisations aussi large que possible afin d'unir nos forces.

AK Parti Belgique a du annuler son programme d'accueil pour Erdogan

Dans sa Facebook page AK Parti Belçika a annoncé avec tristesse qu'ils ont, suite à une évaluation commune avec les autorités en Turquie, annulé le programme d'accueil pour le président de la République.

Dans l'annonce, on précise:

"Notre cher Président de la République arrivera mais il n'y aura pas un rassemblement d'accueil organisé. Bien entendu, nos citoyens sont libres de faire individuellement tous ceux qu'ils souhaitent.

"Nous voulons préciser que cette décision n'est aucunement pas liée aux autorités belges. Au contraire, la police belge nous a montré toute la facilité nécessaire.

"Nous remercions à nos citoyens pour leur compréhension!"


AKP Belgique se mobilise pour l'accueil d'Erdogan malgré l'interdiction



Le président turc Recep Tayyip Erdogan arrivera le 24 mai en Belgique. Il sera accueilli par ses partisans dès son arrivée à l’aéroport de Zaventem. Ils veulent se réunir également devant l'hôtel sur la place Stéphanie où Erdogan et son épouse Erdogan passeront la nuit.

L'UETD (l’Union des démocrates turcs européens), qui soutient Erdogan, a souhaité organiser un meeting similaire à celui qui a eu lieu sur la même place en octobre 2015. Le bourgmestre Yvan Mayeur (PS) s’y est clairement opposé, ce qui a fait l’objet d’une polémique avec les autorités turques par voie de presse.

“Au vu du déploiement policier que nécessitera tant la venue des chefs d’Etat membres de l’Otan que les manifestations anti-Trump et anti-Otan déjà prévues les 24 et 25 mai, il est peu probable que la moindre manifestation pro ou anti-Erdogan soit autorisée dans l’agglomération bruxelloise”, commente Mazyar Khoojinian, spécialiste de la communauté turque de Belgique et docteur en histoire à l’Université libre de Bruxelles dans une interview à La Libre Belgique, 20 mai 2017.

Pourtant, un appel au rassemblement a été lancé sur le réseau social Facebook par l’AKP Belcika, la section belge du parti du président turc. Partisan d'une lutte du croissant contre la croix, il invite les Turcs d’Europe à accueillir “comme il se doit” Recep Tayyip Erdogan sur la place Stéphanie à Bruxelles le 24 mai à partir de 18h.

Leur appel se termine avec “Inch’Allah!" (Info-Turk, 22 mai 2017)

Juncker et Tusk recevront Trump et Erdogan jeudi à Bruxelles

Les dirigeants européens Jean-Claude Juncker et Donald Tusk recevront les présidents américain Donald Trump et turc Recep Tayyip Erdogan jeudi à Bruxelles, en marge d'un sommet de l'Otan, a annoncé vendredi la Commission européenne.

Le président de la Commission M. Juncker et le président du Conseil européen Donald Tusk "auront une réunion bilatérale avec le président Erdogan", a déclaré le porte-parole de l'exécutif européen Margaritis Schinas.

Auparavant, "le président Juncker aura une réunion avec M. Tusk, avec M. Donald Trump, le président américain", a précisé M. Schinas. Cette réunion était déjà programmée dans le cadre de la première visite de M. Trump à Bruxelles.

"Et finalement, à 14h45 (12h45 GMT), le président Juncker recevra ici au Berlaymont (le siège de la Commission) le président de la République français M. Emmanuel Macron", a ajouté le porte-parole.

Les relations diplomatiques entre Ankara et Bruxelles se sont fortement dégradées depuis le coup d'Etat avorté de juillet 2016 en Turquie. Elles se sont encore tendues après le référendum du mois dernier qui a renforcé les pouvoirs du président Erdogan.

Le 2 mai, M. Erdogan a sommé l'UE de relancer les négociations d'adhésion à l'Union européenne, faute de quoi son pays serait prêt à dire "au revoir" à l'Union.

Le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union est actuellement dans les limbes et des progrès semblent improbables à court terme.
(AFP, 19 mai 2017)

Divergence Mayeur-Kir sur les signes religieux dans la police

La neutralité est un devoir qui s'impose aux policiers et ceux-ci ne peuvent pas porter de signes religieux ostensibles, a souligné dimanche le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), au cours de l'émission "De Zevende Dag" (VRT).

Un uniforme doit être un uniforme, a fait remarquer le ministre à la suite du débat lancé par le député-bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte (sp.a). Le socialiste flamand souhaite qu'au sein de la police une réflexion similaire à celle entamée à Amsterdam pour attirer davantage de femmes d'origine étrangère soit menée.

M. Jambon reconnaît toutefois que la composition d'un corps de police doit refléter la diversité de la société. "On n'y arrivera pas avec des symboles qui compliquent la diversité et l'intégration, mais en recrutant de la façon la plus diverse, ce que nous faisons aujourd'hui", a-t-il ajouté en faisant référence à un projet pilote mené à Anvers.

A la Ville de Bruxelles, le bourgmestre Yvan Mayeur (PS) ne veut pas non plus entendre parler de signes religieux dans la police. La police est un service public et doit être neutre, a-t-il rappelé ce week-end. Son collègue de Saint-Josse, Emir Kir (PS), interrogé dans les journaux de Sudpresse, juge en revanche que le débat peut être ouvert, car "on ne pourra l'éviter".

Plusieurs services de police dans des pays occidentaux autorisent les policières à porter le voile. C'est le cas depuis une dizaine d'années à Londres et depuis l'an passé au Canada. (
Belga, 21 mai 2017)

MRAX organise un tournoi sportif avec Emir Kir



Lors d'une réunion dans la Commune de Saint-Josse, le bourgmestre Emir Kir et le président du MRAX Carlos Crespo ont annoncé l'organisation d'un tournoi sportif anti-raciste dans le Stade Petre.

Récemment le Centre Communautaire Laïque Juif a décidé de se retirer du CA du MRAX. Il fustige un CA et une assemblée générale du MRAX « majoritairement confisqués par une coalition d’intérêts particuliers, déloyaux et sectaires ». Les représentants de la FGTB et de la CGSLB ont eux aussi décidé de se retirer du CA du MRAX.

Par voie de communiqué, le Centre Communautaire Laïque Juif, a annoncé qu’il se retirait du conseil d’administration du MRAX, Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Il y a avait été intégré, comme des représentants de deux des trois syndicats, en septembre dernier, dans le but de redéployer l’action du MRAX. Les représentants de la FGTB et de la CGSLB ont eux aussi décidé de se retirer.

Dans son communiqué, le CCLJ fustige un CA et une assemblée générale du MRAX « majoritairement confisqués par une coalition d’intérêts particuliers, déloyaux et sectaires », tout en reconnaissant par contre les grandes qualités de l’équipe professionnelle de l’association. Derrière ces accusions, deux textes sont en réalité au coeur des tensions. Willy Wolsztajn, le représentant du CCLJ au sein du CA du MRAX, est en effet l’auteur régulier de textes sur l’islam. Un de ses papiers, de janvier dernier, s’intitule « Le concept d’islamophobie, cheval de Troie islamiste », tandis qu’un second, daté du 31 mars, évoque l’avis de la Cour de justice de l’Union Européenne sur le port du voile en entreprise sous le titre « Loi des humains contre loi de Dieu ».

Pour Willy Wolsztajn, qui considère que sa liberté d’expression l’autorise à publier ce qu’il veut sur le site du CCLJ, il n’était pas possible de débattre du fond, notamment face à des représentants du CCIB, le Collectif contre l’islamophobie en Belgique. Du côté du CCIB, l’attitude de W. Wolsztajn agace : « je regrette ces départs, entame Farida Tahar, vice-présidente du CA et vice-présidente du CCIB. Mais au bout d’un moment, comment voulez-vous travailler avec une personne qui, sans cesse, investigue directement ses “collègues” ? » L’exaspération du CCIB a vraisemblablement gagné une majorité du CA, qui lors de sa dernière réunion, fin avril, avait mis sur la table la possible éviction du représentant CCLJ. Le centre juif a donc anticipé.

Les représentants des syndicats ont également quitté le navire. Ils partagent cependant des réserves face à l’attitude de Willy Wolsztajn. Mais ils pointent d’autres dysfonctionnements. « Le CA reste otage de ses vieux démons, analyse Eric Buyssens, directeur du bureau d’étude de la FGTB Bruxelles et ex-membre du CA. Des associations communautaires adoptent des discours très victimaire. A l’autre extrême, on a les tenants d’un grand complot musulman. Adopter une position pragmatique, intermédiaire, n’est pas audible. »

Eric Buyssens était par ailleurs président de la plateforme de lutte contre le racisme, initiée par Fadila Laanan en 2012, et qui a donné naissance à une récente campagne de sensibilisation. Plateforme qui a volé en éclat en février, pour les mêmes raisons. Eva Sahin, conseillère diversité à la CGSLB Bruxelles et membre démissionnaire du CA du MRAX, en a eu assez des chamailleries : « Nous avons l’impression que tout le monde a oublié la base : chacun prêche pour sa chapelle. »

La tentative du MRAX de s’ouvrir à d’autres associations se solde par un échec. La Plateforme a elle aussi explosé. Un front commun contre le racisme n’est-il donc pas possible ? «Le chemin qui mène à la convergence des luttes est sinueux, c’est très difficile, admet Carlos Crespo, le président du MRAX. Mais nous continuons de penser que c’est une nécessité absolue. » ■ (Le Soir, ELODIE BLOGIE, 19 mai 2017)


Recep Tayyip Erdogan s’en prend à Yvan Mayeur

Les préparatifs en vue du sommet de l’Otan des 24 et 25 mai prochains à Bruxelles, notamment en matière de sécurité, vont bon train. La police de Bruxelles Capitale-Ixelles est sur les dents pour assurer la sécurité des chefs d’Etat, et c’est dans ce contexte que le président turc Recep Tayyip Erdogan, s’exprimant dans les médias turcs, s’en est pris avec virulence vendredi au bourgmestre de la Ville de Bruxelles Yvan Mayeur (PS), comme l’ont repéré nos confrères de Het Laatste Nieuws. En cause, comme le confirme Yvan Mayeur, le refus de la Ville de Bruxelles d’accéder à la demande officielle des autorités turques d’autoriser un meeting devant l’hôtel où logera le président turc, place Stéphanie. « Nous l’avons refusée pour des raisons évidentes de sécurité , précise le bourgmestre. La police aura suffisamment à faire pour assurer la sécurité des 29 chefs d’Etat qui seront présents pour en plus autoriser une manifestation à l’adresse de la jeunesse turque en Belgique. »

Tout en nuances, le président turc dépasse toutefois le cadre de cette interdiction pour s’en prendre directement au bourgmestre bruxellois, l’accusant tout bonnement de vouloir lui interdire l’accès au sol belge, toujours selon Het Laatste Nieuws. « Cet homme n’est pas un représentant de l’Otan , commente le président turc devant les caméras d’une télévision nationale (la vidéo sous-titrée en néerlandais est reprise par le site web de Het Laatste Nieuws). Je ne vais pas rendre visite à la mairie de Bruxelles ni à des membres du gouvernement belge. Je me rends au sommet de l’Otan. » Et à l’attention toute spéciale d’Yvan Mayeur, il ajoute : « Il ferait mieux de réfléchir au maintien de la propreté dans les rues de sa ville. »

C’est que, selon certains médias belges, Yvan Mayeur aurait également exprimé un refus au souhait du président turc de venir à Bruxelles 12 à 24 heures avant le sommet de l’Otan pour rencontrer ses concitoyens. Ce qu’Yvan Mayeur nie formellement. « Je n’ai pas à m’exprimer sur la présence d’un chef d’Etat étranger sur le territoire belge et je ne l’ai pas fait, assure-t-il. Ma responsabilité se limite à la sécurité sur le territoire de la Ville de Bruxelles. Et en effet, nous ne pouvons pas autoriser un meeting place Stéphanie durant un sommet de l’Otan. » Et de conclure : « Mais pour la propreté des rues de la Ville, on fait des progrès, vous savez… »

Yvan Mayeur réagit à la pique lancée par le président Erdogan

Yvan Mayeur réagit après les propos du président turc Erdogan. Ce dernier avait déclaré dans la presse de son pays que le bourgmestre de Bruxelles ferait mieux de rendre les rues de Bruxelles plus propres. "Je dis à monsieur Erdogan et aux autorités turques  qu’il n’est pas possible pour des raisons de sécurité d’organiser un meeting de monsieur Erdogan place Stéphanie à Bruxelles alors qu’il y a une sommet de l’Otan, qu’il y a 29 Chefs d’Etats ici et qu’il y a une ville avec des vrais habitants, donc ce n’est pas compatible", affirme Yvan Mayeur au micro d'Amélie Schildt.

Le bourgmestre poursuit: "La tenue d’un meeting avec plusieurs milliers de personnes place Stéphanie pour un chef d’Etat étranger qui vient ici plaider des questions qui sont internes à son pays, ce n’est pas possible pour la ville de Bruxelles et c’est mon rôle comme bourgmestre responsable de la sécurité et de l’ordre public de dire que ça ne va pas et que ça ne pourra pas avoir lieu". (RTL.BE, 13 mai 2017)

Les Belges craignent un meeting d'Erdogan à Bruxelles

Recep Tayyip Erdogan pourrait anticiper d’un jour sa venue au sommet de l’Otan pour rencontrer la communauté turque.

Quand un indésirable s’invite à un dîner, il y a déjà de quoi plomber l’ambiance, mais si de surcroît, celui-ci arrive à l’avance alors, c’est carrément la tuile.

C’est le schéma auquel sont aujourd’hui confrontées les autorités belges dans le cadre du prochain sommet de l’Otan à Bruxelles les 24 et 25 mai. Selon des informations recueillies à plusieurs sources au niveau du gouvernement et des services de sécurité, il apparaît que le président turc Recep Erdogan a manifesté son intention d’arriver dans la capitale belge à l’avance. Les services de sécurité estiment que le président turc pourrait débarquer de 12 à 24 heures plus tôt, même s’ils ne disposent d’aucune certitude à ce sujet.

Rappelons que la communauté belgo-turque est très largement favorable à Erdogan et à ses "réformes" autoritaires – on l’a encore vu lors du dernier référendum.

La grande crainte des services belges est qu’Erdogan ne mette à profit ses quelques heures avant le sommet de l’Otan à Bruxelles pour mobiliser ses partisans voire, carrément, pour tenir un meeting. Le président turc s’est en effet lancé dans une nouvelle campagne en vue de rétablir la peine de mort dans son pays.

Le niet de Bruxelles

Du côté de la Ville de Bruxelles, on confirme être au courant de ce problème et s’y préparer activement.

Le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur (PS) va même un pas plus loin: "Je suis catégorique, il n’y aura aucun rassemblement ou mobilisation de soutien à M. Erdogan autorisé sur le territoire bruxellois à l’occasion de cette visite, je vais d’ailleurs en informer officiellement les autorités turques. Il n’est pas question que Monsieur Erdogan vienne faire sa petite fête ici à Bruxelles alors que les services de police devront déjà gérer le président américain Donald Trump."

Au moins deux manifestations hostiles à Donald Trump doivent avoir lieu les 24 et 25 mai en marge du sommet de l’Otan.

Des milliers de policiers seront mobilisés, mais les services belges refusent de dire précisément combien d’hommes seront déployés à cette occasion. En 2014, quelque 3.000 personnes s’étaient rassemblées devant l’hôtel Steingenberger (ex-Conrad) alors que Recep Erdogan y séjournait afin de lui témoigner son soutien… "Cela ne peut plus se produire", insiste Yvan Mayeur, qui sait que des ressortissants turcs en provenance de toute l’Europe risquent de converger vers Bruxelles pour soutenir leur leader dans son bras de fer avec l’Union européenne. Des associations proches du parti d’Erdogan ont déjà cherché à réserver des salles comme le Palais 12 sur le plateau du Heysel ou même… la Grand-Place, mais à chaque fois, la Ville leur a adressé une fin de non-recevoir.

De son côté, lundi, le Premier ministre Charles Michel a également fait preuve de la plus grande fermeté à l’encontre d’Erdogan en indiquant que les autorités ne toléreraient aucune mobilisation en lien avec le référendum sur la peine de mort en Turquie. "C’est absolument hors de question de laisser ce genre de mobilisation se produire, nous serons intransigeants sur ce point", assure Charles Michel.

Sollicités ce mardi par L’Echo, les services consulaires turcs à Bruxelles n’ont pas répondu à nos appels.(L'Echo, 10 mai 2017)

Un ouvrier turc est victime de l'effondrement à Bruxelles

Un bâtiment anciennement occupé par Quick à la Porte de Namur à Bruxelles s’est partiellement effondré, ce lundi après-midi. Trois étages se sont écroulés l’un sur l’autre alors que des travaux de réaménagement étaient en cours.
Le porte-parole des pompiers bruxellois annonce que le corps d'un ouvrier porté disparu après l'effondrement a bien été retrouvé sous les décombres.

Selon Belturkhaber.be, la victime est un ouvrier turc, Mehmet Çimen, 34 ans. Il est originaire d’Emirdag et habitait Bruxelles.

Dans un premier temps, le porte-parole des pompiers de Bruxelles avait affirmé que les secours avaient établi un contact avec l'ouvrier, mais il est revenu sur ses propos. Ils ont tenté de le localiser à l'aide de chiens pisteurs. Finalement, le corps de Mehmet Çimen a été retrouvé vers 18h00, enseveli sous les décombres.

L'auditorat du travail est présent sur place afin de mener une enquête. En effet, il faudra désormais déterminer les causes de l'accident. Ensuite, il faudra aussi s'assurer que le chantier est sécurisé et peut être poursuivi.

La mort de Mehmet Çimen a suscité beaucoup de chagrin dans la communauté turque à Bruxelles. (Info-turk, 9 mai 2017)

Un potentiel référendum turc sur la peine de mort interdit en Belgique?

La société turque se trouve de plus en plus divisée entre les pro et les anti-Erdogan. © photo news.
Les partis flamands de la majorité fédérale, la N-VA, le CD&V et l'Open Vld ne souhaitent pas que les Turcs de Belgique puissent participer à un éventuel référendum en Turquie sur le rétablissement de la peine de mort, indiquent les journaux du groupe Mediahuis.

"Un référendum sur le rétablissement de la peine de mort va à l'encontre de tout ce que nous défendons", souligne le CD&V. "Nous devons donc utiliser tous les moyens juridiques disponibles pour empêcher un tel référendum en Belgique." La N-VA et l'Open Vld partagent le même avis.

Des arguments logistiques et sécuritaires pourraient être avancés pour interdire la tenue d'un tel scrutin. M. Erdogan a affirmé à plusieurs reprises qu'il prévoyait de laisser le peuple turc décider si la peine de mort devait être réintroduite en Turquie.

Disclaimer: Belga diffuse quotidiennement des dépêches reprenant des informations provenant d'autres médias. Ces dépêches sont identifiables par le mot-clé PRESS. Belga ne peut toutefois pas être tenu pour responsable de ces informations fournies par d'autres médias. (Belga, 6 mai 2017)

Référendum sur la peine de mort: Charles Michel ne le tolérera pas en Belgique

Le ton était déjà puissamment monté entre certains pays européens et la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan lors du récent référendum du 16 avril sur l'élargissement de ses pouvoirs présidentiels. Certains membres de l'Union ayant voulu empêcher des meetings pro-gouvernementaux turcs sur leur sol. Et le ton devrait à nouveau monter.

Dans la foulée de sa victoire (51,4% de "oui", mais surtout l'appui massif des Turcs de l'étranger : "oui" à 75% chez nous), le président turc a annoncé qu'il envisageait la possibilité d'un nouveau vote visant à réintroduire dans le droit turc la peine de mort - même si ce type de revendications constitue bel et bien aux yeux de l'Union européenne le signe d'un arrêt total et définitif de toute négociation d'adhésion de la Turquie, l'UE interdisant à ses membres de recourir à la peine de mort....

Partis flamands de la majorité sur la même ligne dure

Et déjà, sans attendre d'une date soit fixée pour ce nouveau référendum, Autriche, Allemagne, Pays-Bas réfléchissent à voir comment interdire chez eux le vote de leurs communautés d'origine turque en cas de scrutin sur la peine de mort. Et chez nous aussi, la réflexion est lancée. Les partis flamands de la majorité, N-VA, CD&V et Open VLD voudraient empêcher que la communauté turque de Belgique participe à cet éventuel référendum.

"Le rétablissement de la peine de mort va à l’encontre de toutes les valeurs que défendent à la fois notre parti démocrate-chrétien, notre pays et l'Europe " a déclaré le président du CD&V Wouter Beke à la VRT. "Ceux qui veulent restaurer la peine de mort ne doivent s'attendent à aucune aide de notre part". Echo identique chez le chef de groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover : "On n'a forcément que peu de prise sur ce qui peut se passer en Turquie, mais assister sans rien dire au fait qu'ici des gens, par leur vote, arrivent à influencer et faire en sorte que des gens qui vivent là-bas en Turquie puissent se voir condamnés à mort, là c'est un pas trop loin". Pour Annemie Turtelboom, députée fédérale Open VLD, "un référendum sur le retour de la peine de mort est d'une totale autre dimension qu'un référendum concernant les pouvoirs d'un président, une loi ou un changement de Constitution. Cela va ouvertement à l'encontre de nos convictions. Sanctionner ceux qui le méritent d'accord, mais mettre à mort nous ne le faisons pas".

Fermeté de Charles Michel

Et si le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders ne souhaitait pas faire le moindre commentaire ce matin, le Premier ministre Charles Michel, interrogé en marge des fêtes de l'Iris bruxellois, affichait, lui, la même fermeté que ses partenaires flamands de majorité : "S'il devait y avoir un référendum organisé par la Turquie sur la peine de mort, je ne le tolérerais pas en Belgique! Et donc nous regarderions, sur le plan juridique, quelles sont les possibilités pour la Belgique qu'il se déroule sur son territoire un tel référendum sur un sujet totalement inacceptable à mes yeux. Par conséquent, nous ferons respecter la Constitution et les conventions européennes sur notre sol. Mais nous allons voir juridiquement comment on peut le faire, parce que ce serait une première si nous étions confrontés à cette situation. A ce stade, il n'y a pas encore de décision officielle". Charles Michel, qui, hier, en déplacement en Tchéquie et Slovénie, avait justement déclaré que, selon lui "le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne était au point mort".

Concrètement que fait-on ?

Pas de vraie réponse. Car c'est bien sur un plan juridique et diplomatique que les questions vont se poser. Si chacun promet d'employer tous les moyens juridiques pour empêcher la tenue du vote ici, pratiquement on ne voit pas très bien ce qui peut être fait. Empêcher la location de salles pour le vote, ne pas prévoir le déploiement policier nécessaire pour la sécurité du scrutin ? Difficile d'empêcher concrètement des citoyens belgo-turcs de voter dans leurs consulats ou ambassades. A voir. Ce serait effectivement une première. (RTBF, 6 mai 2017)

Musées fédéraux : le style Zuhal Demir...

De l'incertitude et du stress jusqu'à la fin pour les directeurs généraux d'établissements scientifiques fédéraux (ESF) : ils ont appris la prolongation de leur mandat pour six ans à quelques heures seulement du délai légal ! Un signe de plus de la désorganisation qui a régné ces derniers mois au sein du cabinet d'Elke Sleurs, l'ex-secrétaire d'Etat N-VA à la Politique scientifique, responsable des ESF ? On le murmure dans les institutions concernées. Tous les directeurs généraux avaient pourtant obtenu la cote " excellent " lors de leur évaluation. Y compris Michel Draguet, patron du Musée des beaux-arts. Vivement critiqué par Sleurs, Draguet peut finalement rempiler. Ainsi en a décidé Zuhal Demir, l'atout charme de la N-VA, qui a remplacé Elke Sleurs il y a deux mois. " Une bonne énergie se dégage de nos premiers contacts avec la nouvelle secrétaire d'Etat, constate une source au sein des ESF. Son souci d'avoir de la visibilité médiatique la conduit à faire la promotion des musées. "

... et son calendrier

Ces derniers jours, Zuhal Demir s'est ainsi déplacée à Tervuren, puis aux Beaux-arts, musées dont elle a rencontré les directeurs. A la demande du Palais, elle a visité avec Philippe et Mathilde l'exposition Rik Wouters. La nationaliste flamande parle des musées avec ferveur : " Ils ont été trop longtemps négligés, alors que ce sont les perles du pays, les symboles de Bruxelles et de la Belgique ", confie-t-elle au Vif/L'Express. Elle nous précise aussi le calendrier du plan de rénovation de certains d'entre eux : " L'attribution du marché pour la réparation des toitures des bâtiments du Cinquantenaire aura lieu avant la fin de l'année et les travaux sont prévus début 2018. Dans la foulée seront réparés les toits du Musée des beaux-arts. L'étude d'un master plan pour la rénovation de ces musées sera lancée fin 2017. "
(Le Vif/l'Express, 5 mai 2017)

Onkelinx: "Erdogan est un totalitaire, donc un homme dangereux"


http://www.rtl.be/info/video/626372.aspx

Le dimanche 30 avril 2017, la présidente bruxelloise du Parti socialiste Mme Laurette Onkelinx était interrogée par Pascal Vrebos dans l'émission “L'invité” à la RTL.

P. Vrebos : Le président Erdogan. Une note sur 10 ?
L. Onkelinx : Zero sur 10
P. Vrebos : Est-ce qu’on peut être un élu PS et défendre Erdogan, ses valeurs et son exercice du pouvoir ?
L. Onkelinx : Moi, je ne soutiens absolument pas ce président. Je pense que c’est un homme qui est dangereux dans ses choix politiques, dans sa volonté d’un pouvoir omniprésent, dans la répression.
P. Vrebos : Est-ce que des élus PS peuvent le défendre ? Parce qu’on pose la question aux élus PS et en générale ils ne disent rien.
L. Onkelinx : Ils ne disent rien ?
P. Vrebos : Non.
L. Onkelinx : Hé bien je leur dirai de dire.
P. Vrebos : Parce qu’on ne peut pas être élu du PS et défendre Erdogan ?
L. Onkelinx : Dans mon parti, il y a encore une liberté de pensée. Je dis simplement que je ne conçois pas en tant que socialiste de pouvoir soutenir un homme qui réprime la liberté de la presse, qui réprime la différence, qui réprime les juges, les avocats, les intellectuels… tous ceux qui ne pensent pas comme lui. C’est un totalitaire, donc un homme dangereux.

Les élu(e)s socialistes partagent-ils (elles) les paroles d'Onkelinx?



Ci-bas la liste des élu(e)s d’origine turque du Parti socialiste.

Est-ce qu’ils (elles) peuvent dire publiquement ce que Onkelinx vient de dire pour le despote islamiste de Turquie Recep Tayyip Erdogan?
"Erdogan un homme qui est dangereux dans ses choix politiques, dans sa volonté d’un pouvoir omniprésent, dans la répression.
"Je ne conçois pas en tant que socialiste de pouvoir soutenir un homme qui réprime la liberté de la presse, qui réprime la différence, qui réprime les juges, les avocats, les intellectuels… tous ceux qui ne pensent pas comme lui. C’est un totalitaire, donc un homme dangereux."
Elu(e)s socialistes:

KIR Emir, Bourgmestre de Saint-Josse et député fédéral
OZEN Ozlem, députée fédérale
KOYUNCU Hasan, député bruxellois
ÖZKARA Emin, député bruxellois
TEMIZ Sevket, député bruxellois
KILIC Serdar, député wallon
ALIC Derya, conseillère communale de Schaerbeek
DONMEZ Ibrahim, conseiller communal de Schaerbeek
KOYUNCU Hasan, conseiller communal de Schaerbeek
ÖZKARA Emin, conseiller communal de Schaerbeek
SONMEZ Döne, conseillère communale de Schaerbeek
ÖZKONAKCI, Kadir, conseiller communal de Saint-Josse
NAMLI Nezahat, conseillère communale de Saint-Josse
DISLI Halil, conseiller communal de Saint-Josse
DAGYARAN Döne, conseillère communale de Saint-Josse
TEMIZ Sevket, conseiller communal de Bruxelles-Ville



 informations du mois passé click Informations of the past month
Toutes les informations depuis 1976 click All informations since 1976

flashfondationeditorsbulletinspublications