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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
  Juillet
2018 July
N° 479
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 73
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights


La Turquie annonce la fin mercredi de deux ans d'état d'urgence

La Turquie limoge 18.000 fonctionnaires avant l'investiture d'Erdogan
3 Français brièvement interpellés dans une opération contre le PKK

Pouvoirs élargis et gouvernement resserré pour Erdogan
Deux britanniques arrêtés pour "propagande terroriste"

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Artist Olcay Sentenced to 11 Months 20 Days in Prison for ‘Insulting President’

Presidency Authorized to Issue Press Cards

Peines lourdes contre des journalistes du quotidien Zaman
Les menaces de mort, reflet d’un climat de haine contre les journalistes

Kurdish Question / Question kurde

Arrestation d'une femme kurde expulsée par la Norvège


Minorités / Minorities

Hrant’s Friends on Watch at 75th Hearing


Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan, doté de pouvoirs renforcés, nomme son gendre aux Finances
Erdogan prête serment pour un nouveau mandat aux pouvoirs renforcés
Les nouveaux députés prêtent serment au parlement

Erdogan prête serment  lundi avec des pouvoirs renforcés
L'élection d'Erdogan et son parti aux élections officialisée

Remous au sein du principal parti d'opposition, CHP

Forces armées/Armed Forces

Prison à vie pour des dizaines de militaires impliqués dans le putsch manqué

Le commandant de l'armée de terre nommé chef d'état-major

Mandats d'arrêt contre 346 militaires pour liens présumés avec le putsch

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Arrestation d'un célèbre prédicateur créationniste
Enquête contre une actrice après un tweet sur les "viols à Médine"
Commémoration du massacre d'intellectuels alévis en 1993

Socio-économique / Socio-economic

Fitch abaisse la note de la dette de la Turquie
Catastrophe minière de Soma: le PDG condamné à 15 ans de prison

24 morts dans le déraillement d'un train

Gay pride à Istanbul malgré l'interdiction des autorités

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations





Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

L’OTAN s’engage à protéger la frontière sud de la Turquie contre les menaces
Deux sénateurs américains à Minbej après des tensions avec la Turquie

Relations régionales / Regional Relations

18 morts dans l'explosion d'une voiture piégée dans l'est de la Syrie

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Erdogan chilled by frosty welcome from Turkish Cypriots

A Chypre-Nord, malaise autour d'une imposate mosquée financée par la Turquie

Erdogan chilled by frosty welcome from Turkish Cypriots

Immigration / Migration

Molenbeek bouclé pour la femme d’Erdogan
La possibilité d'une interdiction légale du burkini à la piscine
Deux partisans présumés de Gülen ramenés d'Ukraine et d'Azerbaïdjan
Perpétuité pour l'unique rescapée d'un trio néonazi en Allemagne

Pourquoi les immigres turcs votent pour Erdogan en Belgique?
Lourdes condamnations pour les participants à un cortège nuptial turc
L'inauguration du square Patrice Lumumba à Bruxelles


Droits de l'Homme / Human Rights

La Turquie annonce la fin mercredi de deux ans d'état d'urgence

La Turquie a annoncé vendredi que l'état d'urgence instauré il y a deux ans après un putsch avorté et dans le cadre duquel des vastes purges ont été menées tous azimuts dans le pays prendrait fin mercredi.

"L'état d'urgence actuel arrivera à expiration au soir du (mercredi) 18 juillet. Notre président a la volonté (...) de ne pas le prolonger", a déclaré le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan, Ibrahim Kalin, lors d'une conférence de presse à Ankara.

"La lutte contre le terrorisme va se poursuivre dans le cadre des lois actuelles", mais l'état d'urgence pourrait être rétabli "en cas de situation extraordinaire", a ajouté M. Kalin.

M. Erdogan, qui a entamé le 9 juillet un nouveau mandat de cinq ans avec des pouvoirs renforcés après sa réélection le 24 juin, avait promis lors de sa campagne de lever d'Etat d'urgence après que ses principaux rivaux l'eurent fait.

Ce régime d'exception avait été instauré le 20 juillet 2016, dans la foulée de la tentative de putsch du 15 au 16 juillet imputée par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, lequel nie toute implication.

Mis en place pour une durée initiale de trois mois, l'état d'urgence a été sans cesse prolongé depuis, suscitant des critiques de plus en plus vives contre ce régime qui élargit considérablement les prérogatives du président et des forces de sécurité.

Dans le cadre de l'état d'urgence, les autorités turques ont mené une traque impitoyable contre les partisans présumés de M. Gülen.

Mais au-delà des putschistes présumés, les purges ont également frappé des opposants prokurdes, des médias critiques et des ONG.

Depuis le putsch manqué, quelque 77.000 personnes ont été incarcérées et plus de 150.000 limogées ou suspendues

L'ampleur de la répression a suscité l'inquiétude et les critiques d'ONG et de partenaires occidentaux de la Turquie.

La levée de l'état d'urgence "n'ouvrira pas la voie à un ralentissement de la lutte contre le terrorisme", a affirmé M. Kalin. "Que personne ne s'inquiète. Cette lutte va continuer avec détermination".

- L'économie en priorité -

M. Kalin s'exprimait à l'issue du premier conseil des ministres présidé par M. Erdogan sous le nouveau système présidentiel entré en vigueur le 9 juillet et aux termes duquel le poste de Premier ministre a été supprimé.

Selon lui, l'économie a été l'"un des principaux" sujets évoqués lors de la réunion du gouvernement. "Un programme à moyen terme sera présenté dans les semaines à venir", a-t-il ajouté.

La réunion du cabinet rassemblait les 16 ministres nommés lundi par M. Erdogan, qui a notamment confié à son gendre, Berat Albayrak, le portefeuille sensible des Finances à un moment où l'économie turque connaît des turbulences.

Signe que l'économie s'est imposée comme l'un des principaux sujets de préoccupation du gouvernement, M. Albayrak a indiqué que des mesures avaient été présentées en conseil des ministres.

Dans un communiqué il a déclaré que sa politique économique serait guidée par "la discipline budgétaire, (le retour à) une inflation à un chiffre et des réformes structurelles".

Les observateurs s'inquiètent des signes d'essoufflement qui se multiplient : la livre turque ne cesse de se déprécier face au dollar (elle a perdu 30% de sa valeur depuis le début de l'année) et l'inflation sur un an a franchi la barre des 15% en juin.

Malgré cela, M. Erdogan s'est montré confiant vendredi, renouvelant sa promesse de faire entrer la Turquie dans le club des 10 pays les plus riches de la planète d'ici le centenaire de la République turque, fondée en 1923.

"Nous sommes ici avec la détermination d'atteindre nos objectifs pour 2023", a déclaré le président turc avant le conseil des ministres.
(AFP, 13 juillet 2018)

La Turquie limoge 18.000 fonctionnaires avant l'investiture d'Erdogan

Plus de 18.000 fonctionnaires ont été limogés en Turquie parmi lesquels de nombreux membres des forces de l'ordre, mais aussi des enseignants et universitaires, avant l'investiture lundi du président Recep Tayyip Erdogan et une probable levée de l'état d'urgence en vigueur depuis deux ans après le coup d'Etat manqué.

Au total, 18.632 personnes, dont plus de 9.000 fonctionnaires de police et 6.000 membres des forces armées, ont vu leur nom dans le décret-loi publié dimanche dans le Journal officiel. Par ailleurs, environ 1.000 employés du ministère de la Justice et 650 du ministère de l'Education ont également été renvoyés.

 Ce décret-loi est présenté comme le dernier pris sous l'état d'urgence instauré au lendemain du putsch manqué de juillet 2016 et sans cesse renouvelé depuis. La dernière période se termine officiellement le 19 juillet.

 Ces purges sont vivement critiquées par les ONG de défense des droits de l'Homme et l'opposition, qui y voient une tentative de faire taire toute voix critique.

 Le gouvernement défend de son côté ces mesures les jugeant nécessaires pour lutter contre la "menace terroriste" au sein des structures publiques.

 Les médias turcs affirment que ce régime d'exception sera levé lundi après la prestation de serment du président Erdogan réélu le 24 juin pour un nouveau mandat, et dont la levée de l'état d'urgence était l'une des promesses de campagne.

Lundi marquera également l'entrée en vigueur d'un système présidentiel en vertu d'une révision constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017.

Sous ce nouveau système, l'ensemble des pouvoirs exécutifs reviennent au président, qui pourra notamment promulguer des décrets présidentiels.

"Le nouveau gouvernement sera annoncé lundi, le cabinet commencera à travailler et l'état d'urgence va être levé", a déclaré la semaine dernière le Premier ministre sortant Binali Yildirim.

- Mandats d'arrêt -

Selon l'ONG Human Rights Joint Platform (Ihop), 112.679 personnes avaient été limogées au 20 mars 2018, dont plus de 8.000 dans les forces armées, environ 33.000 parmi le personnel du ministère de l'Education et 31.000 au sein du ministère de l'Intérieur, dont 22.600 au sein de la Direction générale de la Sûreté.

Des milliers d'autres ont été suspendues.

Les autorités turques ont accusé le prédicateur musulman Fethullah Gulen basé aux Etats-Unis d'avoir orchestré le coup d'Etat et ont procédé à des limogeages de personnes accusées de liens présumés avec lui.

 Le gouvernement qualifie le mouvement d'"organisation terroriste Fethullah" ce que le prédicateur nie en insistant sur le caractère pacifique de l'organisation.

 Selon le gouvernement, 77.000 des personnes ont été arrêtées pour des liens présumés avec Gulen et la répression ne semble pas faiblir avec des mandats d'arrêt émis vendredi contre 346 membres des forces armées soupçonnés de liens avec les instigateurs présumés du putsch manqué.

- Journaux fermés

Des milliers de personnes ont été également suspendues, renvoyées ou arrêtées pour liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une rébellion sanglante contre la Turquie depuis 1984. Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par Ankara, mais aussi par l'UE et les Etats-Unis.

 Par ailleurs, 12 associations, 3 journaux et une chaîne de télévision ont été fermés par décret dimanche.

 Parmi les journaux sanctionnés figurent le quotidien en langue kurde Welat édité dans la province de Diyarbakir (sud-est) ainsi que le journal prokurde Ozgurlukcu Demokrasi dont les locaux à Istanbul avaient été perquisitionnés par la police en mars. (AFP, 8 juillet 2018)

3 Français brièvement interpellés dans une opération contre le PKK

Les autorités turques ont brièvement arrêté jeudi trois ressortissants français soupçonnés d'avoir aidé le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés.

Les trois Français, deux hommes et une femme, ont été brièvement placés en garde à vue avant d'être relâchés en début de soirée, ont indiqué à l'AFP des sources judiciaires.

Ils avaient été interpellés dans la province de Sirnak, dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie, avec 13 autres personnes. Tous étaient soupçonnés d'avoir aidé le PKK, selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Les autorités turques livrent un combat implacable contre le PKK, en Turquie et à l'étranger, depuis la rupture d'une fragile trêve à l'été 2015 qui a mis fin aux espoirs de résolution pacifique de ce conflit meurtrier.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées dans les affrontements et les attentats qui ensanglantent la Turquie depuis le début de cette crise, en 1984.

L'armée turque a multiplié ces dernières semaines les frappes et les incursions dans une région montagneuse du nord de l'Irak où le PKK dispose de bases arrières.

Les autorités ont également arrêté ces dernières années plusieurs ressortissants étrangers ou des binationaux accusés d'aider le PKK, une organisation classée "terroriste" par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis.

C'est le cas notamment de la jeune Franco-Turque Ebru Firat, arrêtée en Turquie en 2016 et condamnée à cinq ans de prison pour appartenance au PKK.

Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et français Emmanuel Macron se sont entretenus jeudi en marge d'un sommet de l'Otan à Bruxelles, a indiqué la présidence turque, sans fournir de précisions sur le contenu de leurs discussions.
(AFP, 12 juillet 2018)

Pouvoirs élargis et gouvernement resserré pour Erdogan

Réélu le 24 juin pour un nouveau mandat présidentiel, Recep Tayyip Erdogan sera doté de pouvoirs considérablement renforcés aux termes d'une réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017.

En voici les principales dispositions:

- Pouvoirs élargis -

Ce texte prévoit le transfert de l'essentiel du pouvoir exécutif au président, qui nommera lui-même les ministres, dès lundi. Il désignera également un ou plusieurs vice-présidents.
 Le poste de Premier ministre, actuellement occupé par Binali Yildirim, disparaîtra.

En vertu de cette réforme, le chef de l'Etat choisira directement ou indirectement six membres du Conseil des juges et procureurs (HSK), chargé de nommer et destituer le personnel du système judiciaire. Le Parlement en choisira sept.

- Gouvernement resserré -

Selon une vidéo publiée sur le compte Twitter de M. Erdogan au cours de la campagne, le gouvernement comptera désormais 16 ministères, contre 26 -outre le Premier ministre- actuellement.

De nombreux ministères seront donc fusionnés. C'est le cas notamment du ministère des Affaires européennes, qui sera désormais intégré au ministère des Affaires étrangères.
 Ce sera aussi le cas du ministère des Douanes et du commerce qui sera intégré à un plus large ministère de l'Economie.

En plus des ministères, la présidence devrait s'appuyer sur neuf "commissions" qui couvriront des domaines tels que l'éducation, les politiques économiques ou les questions internationales et de sécurité.

D'autres institutions seront désormais chapeautées par la présidence, comme les renseignements et les Affaires religieuses qui dépendaient jusque-là du bureau du Premier ministre.

- L'état d'urgence -

Selon la réforme constitutionnelle, l'état d'urgence pourra être instauré en cas de "soulèvement contre la patrie" ou d'"actions violentes qui mettent la nation (...) en danger de se diviser".

Le président décidera d'imposer ou non l'état d'urgence avant de soumettre la question au Parlement.

L'état d'urgence ne pourra pas, initialement, être mis en place pour plus de 6 mois, puis il pourra être prolongé pour une durée maximale de 4 mois à la fois.

Au cours de la campagne, le président sortant a promis, après que des candidats de l'opposition l'aient fait, de lever l'état d'urgence actuellement en vigueur depuis le putsch manqué de juillet 2016.

- Le Parlement -

Le nombre de députés est passé de 550 à 600 au cours de l'élection du 24 juin. L'âge d'éligibilité pour devenir député a été abaissé de 25 à 18 ans.

Les élections législatives et présidentielle se déroulent désormais de façon simultanée et tous les cinq ans, contre quatre auparavant.

Le Parlement aura toujours le pouvoir d'élaborer, d'amender ou d'abroger les lois. Il supervisera les actions du président, mais ce dernier pourra promulguer des décrets dans les domaines relevant de la large sphère de ses compétences exécutives.

En revanche, le texte spécifie que le président ne pourra pas promulguer de décret sur des sujets déjà clairement régulés par la loi.

Si le président de la République est accusé ou soupçonné d'avoir commis un délit, le Parlement pourra exiger une enquête, après avoir recueilli une majorité des trois cinquièmes.

- Président jusqu'en 2028 ? -

Le président, qui n'est plus tenu de rompre les liens avec son parti, ne peut siéger que pour deux mandats de cinq ans.

Pour M. Erdogan, il ne sera pas tenu compte du mandat qu'il occupe depuis son élection à la présidentielle en août 2014 sous l'ancien système, après 12 années passés en tant que Premier ministre.

M. Erdogan, 64 ans, pourrait donc en théorie rester à la tête du pays jusqu'en 2028.
(AFP, 6 juillet 2018)

Deux britanniques arrêtés pour "propagande terroriste"

La police turque a arrêté deux citoyens britanniques d'origine irakienne accusés de faire de la "propagande terroriste" en faveur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a rapporté vendredi l'agence DHA.

Les deux frères ont été interpellés à leur arrivée jeudi à l'aéroport de Dalaman, dans le sud-ouest du pays, en raison de leur "comportement suspect", a précisé l'agence privée.

Alertés par leurs "propos contradictoires", les policiers ont fouillé leurs téléphones et leurs comptes sur les réseaux sociaux, et les ont placés en garde à vue après avoir découvert de la propagande en faveur du PKK, selon DHA.

Ils ont été présentés vendredi devant un juge qui a ordonné leur placement en détention provisoire.
 Le PKK, qui mène depuis 1984 une insurrection armée contre Ankara qui a fait plus de 40.000 morts, est classé "organisation terroriste" par la Turquie, mais aussi l'Union européenne, et les Etats-Unis.

Plusieurs citoyens étrangers sont actuellement incarcérés en Turquie, accusés d'activités "terroristes".

Certains cas ont provoqué de vives tensions diplomatiques, comme la détention du pasteur américain Andrew Brunson, arrêté en octobre 2016 et poursuivi pour des liens présumés avec les réseaux gulénistes et le PKK.
(AFP, 6 juillet 2018)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Artist Olcay Sentenced to 11 Months 20 Days in Prison for ‘Insulting President’

Artist Zuhal Olcay has been sentenced to 11 months 20 days in prison on charge of “insulting the president” in the lawsuit which was brought upon a complaint of a person at her concert.

İstanbul Regional Court of Justice 2nd Chamber of Penalty has sentenced artist Zuhal Olcay to 11 months 20 days in prison on charge of “insulting the president”.

President Recep Tayyip Erdoğan’s lawyer attended the hearing on behalf of Erdoğan.

Making her defense in the hearing today (July 12), Olcay said, “That was a hot tempered move which lasted for a short time. I didn’t act on the intention of insult. I demand my acquittal, or that my sentenced be converted to mulct”.

Actress and musician Zuhal Olcay was born on August 10, 1957 in Üsküdar, Istanbul.

Graduated from Ankara State Conservatory in 1976, she first started as a stage actress. Since 1983 she also started being a film actress and became famous with films like "Amansız Yol", "Kurşun Ata Ata Biter", "Bir Avuç Gökyüzü", "Halkalı Köle", and "Dünden Sonra Yarından Önce".

In 1989 she started a successful singing career. (BIA, 11 July 2018)

Presidency Authorized to Issue Press Cards

The Law on the Organization and Functions of the Prime Ministry Directorate General of Press and Information has been repealed by the Statutory Decree no. 703, wich was published on the Official Gazette yesterday (July 9).

The duties and authorities of the Directorate General of Press and Information, which was affiliated with the Prime Ministry and authorized to issue yellow press cards, have been handed over to the Presidency Directorate of Communication.

Why do journalists and press organizations object?

The Press, Broadcast and Printing Press Workers Union of Turkey (DİSK Basın-İŞ) previously made a statement and demanded that the practice of yellow press cards be abolished. The union emphasized the following points,

"The practice of yellow press card is an instrument of control over the press, just like the Press Advertising Agency, which distributes advertisements in favor of the state. Not accepting an identification card given by an institution operating within the law [union] and imposing the card given by the Prime Ministry Directorate General of Press and Information aim to extend the control in question.

"The practice of giving press cards by the state should be ended. The cards issued by the institutions are enough for journalists to do their jobs. The professional organizations legitimizing the press card should withdraw from the commission (Press Card Commission)". (BIA, July 10, 2018)


Peines lourdes contre des journalistes du quotidien Zaman

Un tribunal d'Istanbul a condamné vendredi six journalistes à des peines de 8 à 10 ans et demi d'emprisonnement pour avoir collaboré avec un quotidien proche du prédicateur Fethullah Gülen, et en a acquitté six autres, selon l'agence privée DHA.

Onze anciens collaborateurs du quotidien guléniste Zaman, fermé par les autorités après le putsch manqué, étaient jugés vendredi, dont quatre étaient en détention préventive.

Ils sont jugés en lien avec ce que les autorités appellent le "bras médiatique" des réseaux du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir fomenté le putsch manqué de juillet 2016.

Installé aux Etats-Unis, M. Gülen, un ancien allié du président Recep Tayyip Erdogan devenu sa bête noire, nie toute implication dans la tentative de coup d'Etat.

Deux des accusés, Mümtazer Türköne et Mustafa Ünal, ont été condamnés à 10 ans et six mois de prison et maintenus en détention.

Ibrahim Karayegen a écopé de 9 ans d'emprisonnement et Ahmet Turan Alkan de 8 ans et neuf mois, mais tous deux ont été libérés dans l'attente du jugement de leur appel.

Sahin Alpay et Ali Bulaç, qui comparaissaient libres, ont eux écopé de 8 ans et neuf mois d'emprisonnement.

Tous sont condamnés pour "appartenance à une organisation terroriste armée", selon DHA.

Les cinq autres accusés, Ihsan Duran Dagi, Lalezer Sariibrahimoglu, Mehmet Özdemir, Nuriye Ural et Orhan Kemal Cengiz, ont été acquittés de toutes les charges qui pesaient contre eux, ajoute l'agence.

"Malgré cinq acquittements (l'institut international pour la presse, IPI), conteste les lourdes peines données aujourd'hui", a réagi l'organisation sur Twitter.

Selon l'IPI, ce procès est un "exemple du mépris pour l'état de droit au profit d'une vengeance ciblée contre les ennemis présumés de l'Etat".

Fotis Fillipou, directeur de campagne pour l'Europe à Amnesty international, a estimé dans un communiqué que ces condamnations montrent "que les tentatives systématiques de faire taire les médias en Turquie se poursuivent".

Depuis le putsch manqué, le gouvernement a lancé des purges sans précédent qui, au-delà des partisans présumés de M. Gülen, ont touché des opposants politiques du président Erdogan et des médias.

Plus de 77.000 personnes ont ainsi été arrêtées.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par RSF.
(AFP, 6 juillet 2018)

Les menaces de mort, reflet d’un climat de haine contre les journalistes

Reporters sans frontières (RSF) dénonce fermement les menaces de mort proférées contre le journal Karar par le chef mafieux Alaattin Çakıcı. L’organisation y voit un nouveau reflet du climat de haine entretenu contre les journalistes critiques en Turquie, et appelle les autorités à y mettre fin.

Un appel au meurtre : le message du mafieux emprisonné Alaattin Çakıcı, brièvement publié sur Instagram le 29 juin 2018, ne laisse pas de place au doute. “Toute ma vie, j’ai toujours prévenu ceux à qui j’allais faire du mal”, écrit-il avant de s’en prendre aux collaborateurs du quotidien Karar. “Ils seront punis, en Turquie ou à l’étranger. Je m’adresse à tous ceux qui m’ont dit : ‘ordonne-nous de tuer, ordonne-nous de mourir’. [Qu’ils] accomplissent leur devoir.”

Les célèbres journalistes Ali Bayramoğlu, Etyen Mahçupyan, Akif Beki, Hakan Albayrak, İbrahim Kiras et Gürbüz Özaltınlı sont nommément visés. Le mafieux demande seulement à ses partisans d’épargner l’éditorialiste Elif Çakır, car “c’est une femme”. Alaattin Çakıcı n’en veut pas seulement à Karar pour un article qualifiant d’“insolente” sa demande d’amnistie. Il accuse le journal d’avoir pris le parti de “l’alliance du Mal” au lieu de soutenir la coalition menée par le président Recep Tayyip Erdoğan aux élections du 24 juin. D’après lui, Karar est à la solde des Etats-Unis et de la confrérie Gülen, désignée par les autorités comme le cerveau de la tentative de putsch de juillet 2016.

“Nous prenons acte des mesures de protection prises par la police, déclare le représentant de RSF en Turquie, Erol Önderoğlu. Mais ces menaces s’inscrivent dans un climat de haine contre les journalistes critiques nourri par les autorités, la classe politique et de nombreux médias. Nous sommes extrêmement inquiets des débordements violents auxquels pourrait conduire cette rhétorique incendiaire. Il est de la responsabilité des autorités de cesser de banaliser la violence verbale et de donner le signal de l’apaisement.”

La police a rapidement annoncé qu’elle mettait sous protection les journalistes de Karar. Certains d’entre eux, comme Ali Bayramoğlu, l’étaient déjà depuis plusieurs années du fait de menaces récurrentes. Un véhicule de police a été posté devant la rédaction et le parquet d’Ankara a annoncé l’ouverture d’une enquête.

Incarcéré depuis 2004, Alaattin Çakıcı est réputé proche du parti ultranationaliste MHP, allié clé du président Erdoğan lors des élections du 24 juin. Son leader, Devlet Bahçeli, a appelé à de nombreuses reprises à la libération du mafieux, à qui il est venu rendre visite à l’hôpital en mai. Le 26 juin, Devlet Bahçeli a lui-même rendu publique une liste de 70 personnalités, dont de nombreux journalistes, accusés de l’avoir “diffamé sans relâche” durant la campagne électorale.

Le président Erdoğan et les autres dirigeants du parti au pouvoir AKP ont l’habitude de s’en prendre avec virulence aux journalistes critiques, qu’ils traitent régulièrement de “terroristes” ou de “traîtres”. Ce climat d’intimidation, qui n’a eu de cesse de s’intensifier avec le mouvement de protestation du parc Gezi en 2013 et la reprise des combats avec les rebelles kurdes du PKK en 2015, culmine depuis le coup d’Etat manqué de juillet 2016. Les médias pro-gouvernementaux se livrent eux aussi à une propagande débridée qui ne recule pas devant le lynchage médiatique.

La Turquie occupe la 157e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2018 par RSF. Déjà très préoccupante, la situation des médias est devenue critique sous l’état d’urgence proclamé à la suite de la tentative de putsch : près de 150 médias ont été fermés, les procès de masse se succèdent et le pays détient le record mondial du nombre de journalistes professionnels emprisonnés.
(RSF, 1 juillet 2018)

Kurdish Question / Question kurde


Arrestation d'une femme kurde expulsée par la Norvège

Les autorités turques ont arrêté jeudi une femme, membre présumé du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), expulsée par la Norvège après le rejet de sa demande d'asile, selon l'agence étatique Anadolu.

Gulizar Tasdemir, âgée de 42 ans, est soupçonnée d'avoir rejoint en 1991 le PKK, une organisation classée terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux, et d'avoir été formée au maniement des armes dans un camp en Irak, selon Anadolu.

Elle s'était rendue en Norvège pour y demander l'asile, poursuit l'agence, mais a été expulsée après le rejet de sa demande avant d'être arrêtée à son arrivée à l'aéroport Atatürk d'Istanbul jeudi.

Selon des médias prokurdes, Mme Tasdemir avait effectué une demande d'asile en Norvège en 2015 et après avoir essuyé un refus s'était rendue en Allemagne où elle avait entrepris, sans succès, une démarche similaire. Les autorités allemandes l'ont alors renvoyée vers la Norvège d'où elle a été expulsée vers la Turquie.

Lors de son interpellation à l'aéroport d'Istanbul, les autorités ont notamment saisi deux téléphones portables, des documents liés au PKK et des photographies la montrant en compagnie du chef historique du PKK, Abdullah Öcalan, qui purge une peine de réclusion à vie, ajoute Anadolu.

Le PKK livre depuis 1984 une guérilla contre Ankara, notamment dans le sud-est à majorité kurde du pays, qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.
(AFP, 5 juillet 2018)

Minorités / Minorities

Hrant’s Friends on Watch at 75th Hearing

Trial concerning killing of Agos Newspaper Editor-in-Chief Hrant Dink continued at İstanbul 14th Heavy Penal Court in Çağlayan Courthouse in İstanbul today (July 10).

Gathering in front of Çağlayan Courthouse’s Door C ahead of 75th hearing, Hrant’s Friends chanted slogans “For Hrant for justice” and “This trial won’t be over unless we say so”.

Speaking on behalf of Hrant’s Friends, Bülent Aydın said:

“Hrant Dink was murdered on January 19, 2007. The first hearing in which hitmen are tried was held on July 2, 2007. The facts are still unknown in the trial that lasted 11 years. Those who gave the order are still not tried.

“Acquaintances of those who were massacred in political homicides were in front of Beşiktaş courthouse as well. We were there too. ‘We’re all witnesses’, we said and we’ve been sustaining our persistence since then.

“Those murders have remained unsolved throughout the years. This murder couldn’t be hushed up but hasn’t been shed light on either. Witness will be heard for three days. Our justice watch will continue throughout the hearings. This trial won’t be over unless we say so. For Hrant for justice”.

What happened since last hearing?

There are 81 defendants including Fethullah Gülen, Zekeriya Öz, Ekrem Dumanlı, Adem Yavuz Aslan, former Intelligence Bureau Director Engin Dinç, then Intelligence Bureau Director Ramazan Akyürek, then İstanbul Provincial Security Director Celalettin Cerrah and then Trabzon Provincial Regiment Commander Ali Öz in the case.

24 people were discharged in the recent year, according to Agos weekly newspaper.

There are 71 defendants seven of whom are pending trial in jail and 10 fugitives.
(BIA, July 10, 2018)

Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan, doté de pouvoirs renforcés, nomme son gendre aux Finances

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a entamé lundi un nouveau mandat de cinq ans avec des pouvoirs renforcés, et dévoilé un gouvernement resserré au sein duquel il a confié à son gendre le poste clé des Finances.

M. Erdogan, 64 ans, a prêté serment au Parlement, s'engageant notamment à préserver les principes de la Turquie laïque fondée par Mustafa Kemal Atatürk et à accomplir sa tâche d'une manière "impartiale".

Au pouvoir depuis 2003, d'abord comme Premier ministre puis président, M. Erdogan a été réélu le 24 juin, remportant l'élection présidentielle dès le premier tour avec 52,6% des voix, loin devant ses concurrents.

Après la prestation de serment, M. Erdogan a déposé une gerbe au mausolée d'Atatürk avant de présider une cérémonie au palais présidentiel, inaugurant une nouvelle ère dans l'histoire moderne de la Turquie avec le passage au système présidentiel, aux termes d'une révision constitutionnelle adoptée par référendum avec une marge étroite en avril 2017.

Saluant "un nouveau début" pour la Turquie, il a promis, dans une apparente tentative d'apaiser une société extrêmement polarisée, de servir tous les Turcs.

"Je ne suis pas seulement le président de ceux qui ont voté pour moi, mais de l'ensemble des 81 millions" de Turcs, a-t-il déclaré.

- Son gendre aux Finances -

Dans la soirée, il a dévoilé un nouveau cabinet de seize ministres (contre 26 actuellement), dont le plus en vue est son gendre Berat Albayrak, qui s'est vu confier le portefeuille clé des Finances.

Le ministère de la Défense a été attribué au chef d'état-major Hulusi Akar. Le chef de la diplomatie sortant Mevlut Cavusoglu a été reconduit.

Marié à la fille aînée de M. Erdogan, Esra, M. Albayrak, 40 ans, qui occupait depuis 2015 le poste de ministre de l'Energie, a connu ces dernières années une irrésistible ascension.

Sa nomination aux Finances survient dans un contexte économique difficile avec une inflation élevée, une forte dévaluation de la monnaie et un important déficit des comptes courants, en dépit d'une croissance solide.

Les marchés, qui redoutent des pressions de M. Erdogan sur la Banque centrale, semblent avoir mal accueilli la nomination de M. Albayrak aux Finances, la livre turque chutant de 3,5% dans la soirée pour s'échanger à 4,7 TRY pour un dollar.

Outre les ministres, M. Erdogan a nommé au poste de vice-président Fuat Oktay, un technocrate qui avait par le passé dirigé l'Agence turque de gestion des situations d'urgence (Afad).

L'accession de M. Erdogan à cette "hyperprésidence" intervient près de deux ans après une tentative de coup d'Etat, le 15 juillet 2016, menée par des militaires factieux et suivie de vastes purges notamment au sein des forces armées, de la police et des administrations, avec l'arrestation ou le limogeage de dizaines de milliers de personnes.

La dernière vague de purges, annoncée dimanche, a touché plus de 18.000 personnes, en majorité des soldats et des policiers, qui ont été limogées par un décret-loi présenté comme le dernier sous l'état d'urgence instauré au lendemain du putsch manqué.

- "Autocratie institutionnalisée" -

Dans le nouveau système, le poste de Premier ministre, occupé par Binali Yildirim, a été supprimé, et le chef de l'Etat détient désormais l'ensemble du pouvoir exécutif et pourra promulguer des décrets.

Il nommera également six des treize membres du Conseil des juges et procureurs (HSK), chargé de désigner et destituer le personnel du système judiciaire.

"L'essentiel des pouvoirs seront concentrés entre ses mains, il n'y aura plus de Premier ministre et presque aucune des procédures de contrôles et de contrepoids d'une démocratie libérale. En d'autres mots, la Turquie sera une autocratie institutionnalisée", estime Marc Pierini, chercheur à l'institut Carnegie Europe.

Lors des législatives qui se sont tenues en même temps que la présidentielle, le parti islamo-conservateur de M. Erdogan, l'AKP, a obtenu 295 sièges sur 600 et ne contrôle le Parlement que grâce à son alliance avec les ultranationalistes du MHP, qui comptent 49 élus.

De nombreux experts craignent que cette alliance conduise à un durcissement de la politique menée par M. Erdogan, notamment sur la question kurde.

Des dirigeants étrangers, comme le Vénézuélien Nicolas Maduro et le Soudanais Omar el-Béchir ou encore le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, ont assisté à la cérémonie, ainsi que le président bulgare Roumen Radev et le Premier ministre hongrois Viktor Orban.
(AFP, 9 juillet 2018)

Erdogan prête serment pour un nouveau mandat aux pouvoirs renforcés

Le président Recep Tayyip Erdogan a entamé lundi un nouveau mandat de cinq ans avec de vastes pouvoirs dénoncés comme autocratiques par ses détracteurs, deux ans après avoir échappé à un putsch militaire.

M. Erdogan, 64 ans, a prêté serment au Parlement, s'engageant notamment à préserver les principes de la Turquie laïque fondée par Mustafa Kemal Atatürk et d'accomplir sa tâche d'une manière "impartiale".

M. Erdogan, accompagné de son épouse Emine, a été accueilli par une salve d'applaudissements à son arrivée au Parlement, où une alliance dominée par son parti islamo-conservateur, l'AKP, détient la majorité.

Au pouvoir depuis 2003 d'abord comme Premier ministre puis président, M. Erdogan a été réélu le 24 juin, remportant l'élection présidentielle dès le premier tour avec 52,6% des voix, loin devant ses concurrents.

Après la prestation de serment, M. Erdogan doit déposer une gerbe au mausolée d'Atatürk avant de présider une cérémonie au palais présidentiel, inaugurant une nouvelle ère dans l'histoire moderne de la Turquie avec le passage au système présidentiel, aux termes d'une révision constitutionnelle adoptée par référendum avec une marge étroite en avril 2017.

Son accession à cette "hyperprésidence" intervient près de deux ans après une tentative de coup d'Etat, le 15 juillet 2016, menée par des militaires factieux et suivie de vastes purges notamment au sein des forces armées, la police et les administrations, avec l'arrestation ou le limogeage de dizaines de milliers de personnes.

La dernière vague de purges, annoncée dimanche, a touché plus de 18.000 personnes, en majorité des soldats et des policiers, qui ont été limogées par un décret-loi présenté comme le dernier sous l'état d'urgence instauré au lendemain du putsch manqué.

"Un régime d'un seul homme commence aujourd'hui", a écrit sur sa Une le quotidien d'opposition Cumhuriyet. Sa chroniqueuse Asli Aydintasbas parle de l'avènement d'une "deuxième république" succédant à la Turquie laïque fondée par Mustafa Kemal Atatürk.

Le journal progouvernemental Yeni Safak a salué une "journée historique" durant laquelle "une page de l'histoire turque se tourne et une nouvelle page s'ouvre".

- "Autocratie institutionnalisée"-

Dans le nouveau système, le poste de Premier ministre, occupé par Binali Yildirim, sera supprimé, le chef de l'Etat détiendra désormais l'ensemble du pouvoir exécutif et pourra promulguer des décrets.

Il nommera également six des treize membres du Conseil des juges et procureurs (HSK), chargé de nommer et destituer le personnel du système judiciaire.

"L'essentiel des pouvoirs seront concentrés entre ses mains; il n'y aura plus de Premier ministre et presque aucune des procédures de contrôles et de contrepoids d'une démocratie libérale. En d'autres mots, la Turquie sera une autocratie institutionnalisée", estime Marc Pierini chercheur à l'institut Carnegie Europe.

Lors des élections législatives qui se sont tenues en même temps que la présidentielle, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) de M. Erdogan a obtenu 295 sièges sur 600, et son allié ultranationaliste MHP 49 sièges.

Ainsi, dans la nouvelle législature, l'AKP ne dispose pas seul de la majorité et comptera sur le soutien du MHP pour contrôler le Parlement. De nombreux experts craignent que cette alliance conduise à un durcissement de la politique menée par M. Erdogan, notamment sur la question kurde.

- Gouvernement resserré -

Des dirigeants étrangers, comme le Vénézuélien Nicolas Maduro et le Soudanais Omar el-Béchir ou le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, sont attendus à la cérémonie, ainsi que le président bulgare Roumen Radev et le Premier ministre hongrois Viktor Orban.

Après sa prestation de serment, M. Erdogan présentera un nouveau gouvernement resserré qui devrait compter 16 ministères contre 26 (sans compter le Premier ministre) actuellement.

Plusieurs ministères seront donc fusionnés, comme le ministère des Affaires européennes qui fera désormais partie du ministère des Affaires étrangères.

La présidence s'appuiera également sur des "commissions" et des bureaux consacrés à divers secteurs, même si les détails de leurs compétences ne sont pas encore connus.

Répondant aux critiques de l'opposition sur l'ampleur de ses pouvoirs, M. Erdogan répète que le nouveau système est un gage d'efficacité pour relever les défis auxquels fait face la Turquie.

Le plus pressant semble être la crise économique qui se dessine avec une inflation élevée, la dévaluation de la monnaie et un important déficit des comptes courants, en dépit d'une croissance solide.
(AFP, 9 juillet 2018)

Les nouveaux députés prêtent serment au parlement

Les députés élus le 24 juin en Turquie prêtaient serment samedi au parlement, dominé par le parti du président Recep Tayyip Erdogan qui dépend de ses alliés ultranationalistes pour y avoir une majorité.

Lors des élections législatives qui se sont tenues, comme la présidentielle, le 24 juin, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) de M. Erdogan a obtenu 295 sièges, et son allié ultranationaliste, le Parti d'action nationaliste (MHP) 49 sièges.

En face, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) a obtenu 146 sièges et son allié de la droite nationaliste Iyi ("Bon") Parti, 43, tandis que le Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) a obtenu 67 sièges.

Or, deux députés élus sur les listes du CHP ont démissionné du parti samedi matin, pour s'inscrire au nom du Parti de la Félicité (saadet, islamiste), qui était partie de l'alliance entre le CHP et le Bon Parti. Un député du Parti de la Grande union (BBP) qui s'était présenté sur une liste AKP a lui quitté les rangs du parti au pouvoir.

Ainsi, sept partis siègent actuellement au parlement qui compte désormais 600 députés, contre 550 auparavant, en vertu d'une révision constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017.

L'AKP ne bénéficie pas seul d'une majorité, et dépendra donc de son allié ultranationaliste, faisant craindre à certains observateurs un raidissement de sa ligne politique, notamment à l'égard des Kurdes.

Samedi matin, M. Erdogan a réuni les députés de sa formation pour une première réunion de groupe au parlement, durant laquelle il a affirmé que, "renforcé", il était déterminé à "poursuivre (sa) route".

Dans l'après-midi, les nouveaux députés ont commencé à défiler au pupitre, les uns après les autres sous les applaudissements de leurs collègues, pour réciter leur prestation de serment. La cérémonie se poursuivait en fin de soirée.

Parmi les nouveaux députés figure le journaliste Ahmet Sik, élu sous les couleurs du HDP, emprisonné pendant plusieurs mois et encore sous le coup d'un procès pour aide au "terrorisme" avec plusieurs de ses collègues du quotidien d'opposition Cumhuriyet.

Entrent également au parlement l'ancien défenseur international turc de football Alpay Ozalan et l'ancien pilote de moto de vitesse Kenan Sofuoglu, tous deux élus AKP.

M. Erdogan prêtera lui serment lundi, avant de présider une cérémonie marquant l'entrée en vigueur du système présidentiel qui lui confère des prérogatives largement renforcées.
(AFP, 7 juillet 2018)

Erdogan prête serment  lundi avec des pouvoirs renforcés

Recep Tayyip Erdogan prête serment lundi pour un nouveau mandat aux pouvoirs considérablement renforcés, ouvrant une nouvelle ère dans l'histoire moderne de la Turquie avec le passage à un système présidentiel dénoncé par ses détracteurs comme un virage autocratique.

M. Erdogan, 64 ans, a été réélu le 24 juin pour un nouveau mandat de cinq ans, remportant l'élection présidentielle dès le premier tour, avec 52,6% des voix, loin devant ses concurrents.

Il prêtera serment lundi puis présidera une cérémonie au palais présidentiel marquant officiellement le passage au système présidentiel aux termes d'une révision constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017.

M. Erdogan bénéficiait déjà de pouvoirs très larges, mais "désormais, il aura le soutien institutionnel et légal pour contrôler quasiment tout", explique Ayse Ayata, professeure de Sciences politiques à l'Université technique du Moyen-Orient (Ödtü) à Ankara.

Le poste de Premier ministre sera supprimé, le chef de l'Etat détiendra désormais l'ensemble du pouvoir exécutif et pourra promulguer des décrets.

Il nommera également six des treize membres du Conseil des juges et procureurs (HSK), chargé de nommer et destituer le personnel du système judiciaire.

Et, comme le président peut désormais rester à la tête de sa formation politique, "il aura le contrôle des députés de son parti, ce qui signifie que le président aura le contrôle sur les branches exécutive, judiciaire et législative du pays", souligne Emre Erdogan, professeur de Sciences politiques à l'Université Bilgi à Istanbul.

"Un tel système crée un vaste espace d'opportunités pour qu'un président (...) gouverne le pays à lui seul", ajoute-t-il.

- Négociations -

"Avec ce système, lorsque le président contrôle la majorité au parlement, tous les autres partis politiques perdent leur utilité", poursuit le professeur.

Or, lors des élections législatives qui se sont tenues en même temps que la présidentielle, le 24 juin, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) de M. Erdogan a obtenu 295 sièges sur 600, et son allié ultranationaliste MHP 49 sièges.

Ainsi, dans la nouvelle législature, l'AKP ne dispose pas seul de la majorité et comptera sur le soutien du MHP pour contrôler le parlement. Mais "avec le temps, le MHP pourrait reconsidérer sa position et formuler des exigences", comme des postes au gouvernement, des concessions ou des emplois, estime Mme Ayata.

Faute de soutien du MHP, M. Erdogan devrait négocier sur chaque texte avec les différents partis pour s'assurer une majorité.

Certains députés du Bon parti (Iyi parti, droite nationaliste), qui s'est présenté dans une alliance de l'opposition, ont toutefois d'ores et déjà annoncé qu'ils étaient prêts à voter certaines lois proposées par l'AKP, "si elles sont bonnes".

De nombreux experts craignent en outre que l'alliance forcée avec le MHP ne conduise à un durcissement de la politique menée par M. Erdogan, notamment sur la question kurde.

- Défis -

Après sa prestation de serment lundi, M. Erdogan présentera son nouveau gouvernement resserré qui devrait compter 16 ministères contre 26 (sans compter le Premier ministre) actuellement.

Plusieurs ministères seront donc fusionnés, comme le ministère des Affaires européennes, qui fera désormais partie du ministère des Affaires étrangères.

La présidence s'appuiera également sur des "commissions" et des bureaux consacrés à divers secteurs, même si les détails de leurs compétences ne sont pas encore connus.

Répondant aux critiques de l'opposition, dont les candidats à la présidentielle avaient juré de revenir sur ce nouveau cadre institutionnel, M. Erdogan répète que le nouveau système est un gage d'efficacité pour relever les défis auxquels fait face la Turquie.

Le plus pressant semble être la crise économique qui pointe son nez avec une inflation élevée, la dévaluation de la monnaie et un important déficit des comptes courants, en dépit d'une croissance solide.

Cette situation est en partie due à un manque de confiance des marchés dans la stratégie économique du président turc, qui ne cesse d'appeler à baisser les taux d'intérêt pour combattre l'inflation, alors que la plupart des économistes préconisent le contraire.
(AFP, 6 juillet 2018)

L'élection d'Erdogan et son parti aux élections officialisée

Le Haut-comité électoral (YSK) en Turquie a publié mercredi les résultats définitifs des élections législatives et présidentielle du 24 juin, officialisant la victoire du président Recep Tayyip Erdogan et son parti.

Des résultats non officiels, quasi-identiques à ceux annoncés mercredi, avaient déjà été publiés par l'YSK quelques heures après la fermeture des bureaux du vote.

Le chef de l'Etat a ainsi officiellement remporté un nouveau mandat dès le premier tour de l'élection présidentielle avec 52,59% des voix, a annoncé lors d'une conférence de presse à Ankara le président du YSK Sadi Güven.

Loin derrière, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), Muharrem Ince, a obtenu 30,64% des voix.

Au parlement, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) de M. Erdogan a obtenu 295 sièges sur 600, et son allié ultranationaliste MHP 49 sièges. Ensemble, ils disposent d'une majorité leur permettant de contrôler la Chambre.

En face, le CHP a obtenu 146 sièges et son allié de la droite nationaliste Iyi ("Bon") Parti, 43.

La Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) a obtenu 67 sièges.

Les nouveaux députés prêteront serment samedi après-midi.

Pour sa part, M. Erdogan prêtera serment lundi et présentera dans la foulée son nouveau gouvernement, qu'il dirigera désormais directement en vertu d'un nouveau système adopté par référendum en avril 2017 et qui instaure un système présidentiel.

Dans ce nouveau cadre constitutionnel, le poste de Premier ministre est en effet supprimé et l'ensemble des pouvoirs exécutifs sont entre les mains du président, qui pourra également gouverner par décret.

Dans un rapport préliminaire, une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe avait déploré l'absence "d'opportunités égales" pour les différents candidats, notamment en termes de couverture médiatique.

La mission avait toutefois souligné que "le jour des élections, les procédures ont été généralement suivies".
(AFP, 4 juillet 2018)

Remous au sein du principal parti d'opposition, CHP

Le candidat malheureux du principal parti d'opposition turc à la présidentielle du 24 juin, Muharrem Ince, a annoncé mardi qu'il souhaitait prendre la tête du parti en délogeant l'actuel chef de la formation, Kemal Kiliçdaroglu.

"J'ai proposé (à M. Kiliçdaroglu) de convoquer un congrès extraordinaire, que je devienne président du parti et lui président d'honneur", a déclaré M. Ince lors d'une intervention télévisée à Ankara, au lendemain d'une rencontre entre les deux hommes.

La présidentielle a été confortablement remportée par le président sortant Recep Tayyip Erdogan mais M. Ince a réussi a remporter 30,6% des voix, loin devant les autres candidats de l'opposition.

En ce qui concerne les législatives, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), emmené par M. Kiliçdaroglu, n'a remporté que 22,6% des voix.

M. Kiliçdaroglu "pourra poursuivre les travaux en tant que président de groupe au parlement, et moi je préparerai le parti aux (futures) élections, en travaillant d'Edirne (nord-ouest) à Ardahan (nord-est)", a ajouté M. Ince.

"S'il dit non, le parti règlera lui-même la question", a-t-il poursuivi.

Cet ancien professeur de physique a déjà tenté à deux reprises de prendre la tête du parti, sans succès, mais a tout de même été choisi par M. Kiliçdaroglu pour briguer la présidence face à M. Erdogan.

Les tensions entre les deux hommes sont néanmoins palpables, alors que le CHP se prépare pour les élections municipales prévues en mars 2019.

M. Ince a d'ores et déjà annoncé qu'il allait se rendre dans les 81 provinces de Turquie pour remercier les électeurs qui ont voté pour lui à la présidentielle.
(AFP, 4 juillet 2018)


Forces armées/Armed Forces

Prison à vie pour des dizaines de militaires impliqués dans le putsch manqué

Un tribunal turc a condamné jeudi à la prison à vie plusieurs dizaines de militaires reconnus coupables d'avoir pris part à des affrontements meurtriers sur l'un des principaux ponts d'Istanbul dans la nuit du putsch manqué en 2016.

Selon l'agence de presse étatique Anadolu, 72 personnes, dont un lieutenant-colonel, ont été reconnues coupables de "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel" et condamnées à des peines de prison à perpétuité.

Par ailleurs, 27 accusés ont été condamnés à plus de 15 ans de prison pour "complicité de tentative de renversement de l'ordre constitutionnel", selon l'énoncé du verdict qui survient à trois jours de la commémoration du deuxième anniversaire du putsch avorté.

Ce procès fait partie des centaines de procédures judiciaires ouvertes à travers le pays après la tentative de coup d'Etat du 15 au 16 juillet 2016 mise en échec par le président Recep Tayyip Erdogan.

Les faits jugés jeudi se sont déroulés lors de l'un des principaux épisodes du coup de force qui s'est tenu sur l'un des trois ponts qui enjambent le Bosphore, à Istanbul.

Dans la nuit du 15 au 16 juillet, plusieurs dizaines de militaires appuyés par des chars avaient pris le contrôle du pont du Bosphore pendant plusieurs heures, mitraillant des civils qui marchaient sur eux pour protester.

La reddition de ces soldats factieux au petit matin du 16 juillet avait marqué l'échec du putsch.

D'après l'acte d'accusation, 32 civils et deux policiers qui s'opposaient aux putschistes ont été tués sur ce pont qui a été depuis rebaptisé "pont des martyrs du 15-Juillet".

D'après l'agence de presse DHA, 34 drapeaux turcs, un pour chaque victime, ont été brandis par les représentants des parties civiles lors de l'audience jeudi.

Parmi les civils tués lors de ces violences figurent un proche de M. Erdogan, le communicant Erol Olçok, ainsi que le fils adolescent de ce dernier, Abdullah Tayyip, ainsi prénommé en l'honneur du président.

Ankara impute la tentative de putsch au prédicateur Fethullah Gülen. Ce dernier, qui réside aux Etats-Unis depuis une vingtaine d'années, nie toute implication.

Les autorités turques ont lancé des purges d'une ampleur sans précédent contre ses partisans présumés, mais aussi des opposants prokurdes et des journalistes critiques.
(AFP, 12 juillet 2018)

Le commandant de l'armée de terre nommé chef d'état-major

Le commandant de l'armée de terre en Turquie, le général Yasar Güler, a été nommé chef d'état-major mardi pour succéder au général Hulusi Akar, désigné ministre de la Défense.

La nomination du général Güler, 64 ans, a été annoncée dans un décret présidentiel publié tôt mardi, au lendemain de la prestation de serment du président Recep Tayyip Erdogan pour un mandant de cinq ans aux pouvoirs renforcés et la formation d'un nouveau cabinet resserré.

Chef d'état-major depuis 2015, le général Hulusi Akar s'est vu attribuer le portefeuille de la Défense au sein du nouveau cabinet, une nomination rare pour un militaire.

L'actuel chef d'état-major adjoint, le général Umit Dundar, a quant à lui été nommé chef de l'armée de terre pour succéder au général Güler.

Membre-clé de l'Otan depuis 1952, la Turquie représente la deuxième plus grande armée de l'Alliance après les Etats-Unis.

Les forces armées ont connu d'importantes purges dans leurs rangs après la tentative de putsch menée en juillet 2016 par des militaires factieux pour renverser le président Erdogan.
(AFP, 10  juillet 2018)

Mandats d'arrêt contre 346 militaires pour liens présumés avec le putsch

Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre 346 membres des forces armées soupçonnés de liens avec les instigateurs présumés du putsch manqué de juillet 2016, selon l'agence étatique Anadolu.

Le procureur d'Istanbul a émis des mandats d'arrêt pour 271 soldats, dont 122 d'active, et celui d'Izmir pour 75, précise l'agence.

Ils sont soupçonnés de liens avec les réseaux du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir fomenté le putsch manqué.

Installé aux Etats-Unis depuis une vingtaine d'années, M. Gülen nie toute implication.

Des opérations ont été lancées à travers le pays pour procéder aux interpellations des militaires faisant l'objet des mandats d'arrêt, selon Anadolu qui n'a pas précisé le nombre de soldats qui avaient été effectivement arrêtés vendredi.

Environ 77.000 personnes ont été arrêtées dans le cadre des purges menées depuis la tentative de coup d'Etat, et plus de 140.000 limogées ou suspendues de la fonction publique.

Ces purges sont largement décriée par l'opposition et les organisations de défense des droits de l'Homme, qui accusent le président Recep Tayyip Erdogan de s'en servir pour faire taire toute voix critique.
(AFP, 6 juillet 2018)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Arrestation d'un célèbre prédicateur créationniste

La police turque a arrêté mercredi un célèbre prédicateur créationniste et star du petit écran, Adnan Oktar, et une dizaine de ses adeptes, pour des soupçons de fraudes, corruption et agressions sexuelles, ont rapporté les médias.

Figure controversée en Turquie, M. Oktar, plus célèbre sous le pseudonyme Harun Yahya, s'est fait connaître auprès du grand public grâce à son émission sur la chaîne en ligne A9 dans laquelle il présentait des programmes entouré de femmes.

Ces dernières, lourdement maquillées et légèrement vêtues, sont surnommées "chatons" par le présentateur.

M. Oktar a été placé en détention à Istanbul, dans le cadre d'une enquête menée par l'unité des crimes financiers de la police, après l'émission de 235 mandats d'arrestation, rapporte l'agence étatique Anadolu. Ses biens et ceux des autres personnes concernées par les mandats d'arrêts ont été saisis.

Parmi les mandats, 106 sont à l'encontre de femmes et ont été émis dans les provinces d'Istanbul, d'Ankara mais aussi de Mugla et d'Antalya (sud) et pourraient concerner ces "chatons".

Alors que les opérations étaient toujours en cours, le procureur d'Istanbul a indiqué dans un communiqué cité par le quotidien Hürriyet que M. Oktar avait été arrêté après avoir tenté de fuir.

Avec l'appui d'hélicoptères, la police a déjà arrêté 79 autres personnes dans cinq provinces turques, selon le
journal.

A l'étranger, M. Oktar, 62 ans, s'est rendu célèbre après la publication d'un "Atlas de la création", livre de 770 pages dans lequel il rejette les théories évolutionnistes.

Dans les années 90, alors qu'il était à la tête d'une secte, de nombreux scandales sexuels l'impliquant ont fait la Une des journaux et lui ont offert une première forme de notoriété.

Il a été poursuivi en justice pour "association de malfaiteurs" mais a été blanchi au bout de plus de dix ans de procédures.

En février, une guerre des mots l'avait opposé au chef des affaires religieuses en Turquie, Ali Erbas après que ce dernier eut affirmé que le télévangéliste avait "probablement perdu son équilibre mental".

Le même mois, l'autorité audiovisuelle turque, RTUK, a ordonné à cinq reprises l'arrêt de la diffusion d'un des programmes de M. Oktar, qui "violait l'égalité hommes-femmes et rabaissait les femmes", et lui a infligé une amende.
(AFP, 11 juillet 2018)

Enquête contre une actrice après un tweet sur les "viols à Médine"

Une enquête visant une actrice turque a été ouverte mercredi, pour avoir parlé d'un "nombre record de viols" dans la ville sainte de Médine en Arabie, dans le cadre d'un débat sur l'introduction de la peine de mort pour les agresseurs sexuels, selon les médias.

La célèbre actrice Berna Lançin a dénoncé sur Twitter le manque d'efficacité de la peine de mort, alors qu'une partie de l'opinion publique en Turquie réclame sa rétablissement après une série d'agressions sexuelles sur mineurs.

"Si la peine de mort était une solution, alors Médine n'aurait pas un nombre record de viols", a-t-elle tweeté, sans avancer de chiffre à l'appui de son propos.

Pour avoir pris l'exemple de Médine, deuxième ville sainte de l'islam après la Mecque, Berna Lançin est soupçonnée d'avoir "insulté les valeurs religieuses", selon un communiqué du procureur d'Istanbul cité par l'agence étatique Anadolu.

Selon l'ONG Amnesty, l'Arabie saoudite est arrivée en 2017 en troisième position pour le nombre de peines capitales exécutées, derrière la Chine et l'Iran.

A la suite d'un tollé que son tweet a provoqué sur les réseaux sociaux, l'actrice s'est défendue d'avoir visé l'islam en tant que religion en parlant de Médine.

" Je parlais de l'ordre social actuel à Médine. Quand je dis +Médine+, pourquoi ne pensez-vous pas à la ville en Arabie saoudite plutôt qu'à la ville sainte ? Calmez-vous", a-t-elle réagi.

Des voix exigeant le rétablissement de la peine de mort, abolie en 2004, s'étaient élevées en Turquie après la tentative de coup d'Etat en juillet 2016, et en 2015 après le viol et le meurtre d'une adolescente.
(AFP, 4 juillet 2018)

Commémoration du massacre d'intellectuels alévis en 1993

Des militants et responsables politiques de l'opposition ont commémoré lundi le massacre de 33 personnes, principalement des intellectuels de confession alévie, brûlées vives par des islamistes radicaux à Sivas, dans l'est de la Turquie, il y a 25 ans.

Le 2 juillet 1993, 33 intellectuels, dont une majorité d'alévis, ont été tués dans l'hôtel Madimak à Sivas, où ils étaient réunis pour une conférence, dans un incendie allumé par une foule d'islamistes intégristes.

Parmi les conférenciers figurait l'écrivain Aziz Nesin, qui a survécu à l'incendie avant de mourir d'une crise cardiaque en 1995. La présence de Nesin, qui avait entamé la traduction en turc des "Versets sataniques" de Salman Rushdie, avait motivé l'appel à manifester des partis islamistes de l'époque.

Deux employés de l'hôtel ont également perdu la vie dans l'incendie, ainsi que deux manifestants.

Cet incident a traumatisé la communauté alévie de Turquie, principale minorité religieuse du pays. Les Alévis forment un groupe hétérodoxe et progressiste, particulièrement attaché à la laïcité, dont la pratique religieuse est très éloignée de celle des franges traditionnelles de l'islam.

Des milliers de personnes ont défilé dans le centre-ville de Sivas lundi pour commémorer les victimes, selon les médias.

Lors d'une cérémonie officielle, le gouverneur de Sivas, Davut Gül, a déposé une gerbe sur un mémorial près de l'hôtel devenu depuis un centre culturel.

"Il est impossible de changer le passé, mais il est en notre pouvoir de construire un avenir paisible et heureux dans l'unité et le vivre-ensemble", a déclaré sur Twitter Muharrem Ince, candidat malheureux du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) pour l'élection présidentielle qui s'est tenue le 24 juin.

Sur Twitter, le mot-dièse "UnutMADIMAKlimda" ("Je n'ai pas oublié, c'est dans mon esprit", qui inclut en turc le nom de l'hôtel où s'est produit le massacre), était parmi les plus partagés en Turquie.

"Pour défendre la paix et la fraternité dans la société, nous n'oublierons pas et nous ne laisserons pas oublier Madimak", a affirmé la principale association des Alévis de Turquie, Cem Vakfi, dans un communiqué.

Trente-trois personnes avaient finalement été condamnées à la perpétuité pour l'attaque de Sivas, mais des militants affirment que de nombreux responsables ont échappé à la justice.
(AFP, 2 juillet 2018)

Socio-économique / Socio-economic

Fitch abaisse la note de la dette de la Turquie

L'agence de notation Fitch a annoncé vendredi avoir abaissé la note de la dette souveraine de la Turquie, estimant que "les risques pesant sur la stabilité macroéconomique du pays se sont intensifiés".

La note passe de "BB+" à "BB", la repoussant encore davantage dans la catégorie spéculative. Elle est assortie d'une perspective négative, ce qui implique qu'elle pourrait encore être abaissée prochainement, précise Fitch dans un communiqué.

L'agence relève notamment un environnement financier plus difficile, une accélération de l'inflation ou encore l'impact du plongeon du taux de change sur le secteur privé, dont la dette est très liée aux devises étrangères.

Fitch souligne "que la crédibilité de la politique économique s'est détériorée ces derniers mois et les premières mesures prises après les élections de juin ont augmenté l'incertitude".

Les experts s'inquiètent des signes d'essoufflement qui se multiplient: la livre turque ne cesse de se déprécier face au dollar (elle a perdu 30% de sa valeur depuis le début de l'année) et l'inflation sur un an a franchi la barre des 15% en juin (15,39% exactement sur un an), un record depuis 2003.

Les marchés s'inquiètent aussi de la dérive autoritaire.

La Turquie est formellement passée cette semaine d'un système parlementaire à un régime présidentiel qui fait de Recep Tayyip Erdogan l'unique détenteur du pouvoir exécutif. Cette transition a notamment fait disparaître la fonction de Premier ministre.

Le président turc s'est aussi octroyé par décret la prérogative de nommer le chef de la banque centrale, signalant ainsi sa volonté d'avoir la main sur les leviers économiques.

Il a par ailleurs nommé son gendre Berat Albayrak comme nouveau ministre des Finances.
(AFP, 13 juillet 2018)

Catastrophe minière de Soma: le PDG condamné à 15 ans de prison

Un tribunal turc a condamné mercredi à 15 ans de prison l'ex-PDG de la mine de Soma où 301 personnes ont été tuées en mai 2014 dans la plus grave catastrophe minière de Turquie.

Le verdict du tribunal d'Akhisar (ouest) contre l'ancien PDG Can Gurkan intervient à l'issue d'un procès qui a duré trois ans.

L'ex-directeur général de la mine Ramazan Dogru et l'ex-directeur technique Ismail Adali ont été condamnés à des peines de 22 ans et 6 mois. L'ex-directeur des opérations Akin Celik et l'ancien responsable technique Ertan Ersoy ont écopé de 18 ans et 9 mois de prison chacun.

Sur les 51 suspects jugés lors du procès, neuf autres ex-cadres ont écopé de peines de prison comprises entre six et onze ans.

Le président de la Compagnie des mines de Soma, qui possède la mine, Alp Gurkan, a été acquitté ainsi que 36 autres suspects.

Les prévenus étaient accusés d'avoir délibérément négligé la sécurité des mineurs au nom de la rentabilité.

Le verdict, jugé clément, a été dénoncé par les familles des victimes et l'opposition.

Ces peines sont bien en deçà de celles réclamées à l'ouverture du procès par les procureurs qui avaient demandé 25 ans de réclusion multipliés par le nombre des victimes pour chaque responsable jugé.

En signe de protestation, les familles des victimes et leurs avocats se sont retirés du tribunal et les services de secours ont dû être appelés après que plusieurs personnes se sont effondrées à cause du stress, selon l'agence privée DHA.

"La justice n'a pas fonctionné pour Soma et dans ce cas, la loi a, une fois de plus, été bafouée", a déclaré dans un communiqué Vali Agbaba, le vice-président du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation d'opposition.

La mort des 301 mineurs avait alors soulevé des interrogations quant au respect des conditions de sécurité dans le secteur industriel en Turquie.

La Confédération des syndicats révolutionnaires de Turquie (DISK) s'est insurgée contre le fait que la justice a condamné les suspects pour "négligence" et n'a pas retenu des chefs d'inculpation plus graves à leur encontre.

"301 de nos camarades ont perdu la vie sous nos yeux à la suite d'un massacre", a déclaré la vice-présidente du syndicat Arzu Cerkezoglu.

"Ce ne sont pas des négligences ou une erreur. C'est un crime. Nous n'acceptons pas cette décision", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Selon le procureur, les mineurs ont été tués après avoir inhalé la fumée et les gaz toxiques de l'incendie déclenché par une pile de charbon laissée près d'un transformateur électronique.

Le président Recep Tayyip Erdogan, à l'époque Premier ministre, avait été mis en cause avec virulence pour avoir imputé le drame à la fatalité. "Les accidents sont dans la nature même des mines", avait-il lancé à Soma.
(AFP, 11 juillet 2018)

24 morts dans le déraillement d'un train

Vingt-quatre personnes ont été tuées lors du déraillement d'un train de passagers dans le nord-ouest de la Turquie selon un nouveau bilan annoncé lundi, l'accident le plus meurtrier dans les chemins de fer du pays depuis 2004.

Le train transportant 362 passagers provenait de Kapikule, dans la région de Tekirdag, à la frontière bulgare, et se rendait à Istanbul quand six de ses voitures ont déraillé, à proximité du village de Sarilar.

Le vice-Premier ministre turc Recep Akdag a annoncé tôt lundi que 24 personnes avaient péri dans l'accident et que des dizaines d'autres étaient blessées. Un premier bilan dimanche faisait état de dix morts.

Le ministre de la Santé Ahmet Demircan, cité par les médias turcs, a indiqué que 318 blessés avaient été conduits à l'hôpital après l'accident, 124 restant encore hospitalisés lundi matin.

Les opérations de recherches et de sauvetage ont été achevées lundi matin, selon M. Akdag.

Le ministère des Transports a indiqué dans un communiqué que le sol s'était dérobé sous les rails en raison d'abondantes pluies récentes, provoquant le déraillement.
 Les images télévisées montraient plusieurs voitures couchées sur le côté et des victimes évacuées sur des brancards. Le train accidenté semblait circuler sur une des vieilles lignes ferroviaires à voie unique.

Le ministre des Transports Ahmet Arslan a précisé que les rails avaient été contrôlés en avril.

Plus de 100 ambulances ont été dépêchées sur les lieux dimanche, selon un responsable du ministère de la Santé, Eyup Gumus, s'exprimant sur la télévision publique TRT Haber.

- Accidents mortels -

L'armée turque a de son côté indiqué dans un communiqué avoir envoyé plusieurs hélicoptères sur le site de l'accident.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui entame lundi un nouveau mandat de cinq ans avec des pouvoirs élargis, a fait part de ses condoléances aux victimes et annoncé qu'une enquête serait menée sur "cet accident tragique".

La Turquie a entrepris ces dernières années de moderniser son réseau ferroviaire, construisant plusieurs lignes à grande vitesse pour ramener vers le rail des voyageurs préférant l'avion ou le transport par autocar.

Elle a ainsi inauguré en juillet 2014 son premier train à grande vitesse entre ses deux principales villes, la capitale Ankara et Istanbul, un projet mis en oeuvre par M. Erdogan dans le cadre de ses efforts pour moderniser son pays.

Cette ligne a ramené la durée du voyage entre ces deux villes à trois heures et demie contre plus de sept heures auparavant.

Plusieurs accidents mortels se sont produits sur le réseau ferré turc ces dernières années.

Le plus meurtrier avaient eu lieu en juillet 2004, faisant 41 morts et 80 blessés dans le déraillement d'un train à grande vitesse dans la province de Sakarya, dans le nord-ouest du pays.

En janvier 2008, neuf personnes sont mortes dans un déraillement provoqué par des rails défectueux dans la région de Kutaha, au sud d'Istanbul.

La Turquie s'est dotée d'un réseau ferré dès le milieu du XIXe siècle, sous l'Empire ottoman, et la construction des voies a été assurée par les grandes puissances de l'époque, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne.

La légende veut que les compagnies étrangères aient été payées au kilomètre, ce qui expliquerait les itinéraires tortueux empruntés par les chemins de fer turcs.

Le développement du réseau a été poursuivi par le fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Ataturk, mais son entretien a par la suite été négligé quand la situation économique du pays s'est détériorée.
(AFP, 9 juillet 2018)

Gay pride à Istanbul malgré l'interdiction des autorités

La gay pride a été organisée dimanche à Istanbul malgré l'interdiction par les autorités pour la quatrième année consécutive.

Près d'un millier de personnes se sont rassemblées dans une rue située près de l'avenue Istiklal et la place Taksim où les organisateurs voulaient à l'origine que se tienne l'évènement, a constaté un photographe de l'AFP.

Les militants ont dansé et déplié un long drapeau arc-en-ciel, et lu une déclaration à la presse, parmi une forte présence policière. Les forces de l'ordre ont elles appelé à la dispersion de la parade, et tiré des balles en caoutchouc en direction de ceux qui tentaient de gagner l'avenue Istiklal, selon la même source.

Onze personnes ont été arrêtées, a asssuré Amnesty International sur Twitter, appelant à leur libération immédiate.

"Des centaines de policiers dans la zone de Taksim pour arrêter la marche des fiertés d'Istanbul mais les participants, créatifs et courageux, ont contourné l'interdiction et ont lu une déclaration à la presse dans une rue adjacente", s'était félicité peu avant sur Twitter le chercheur pour la Turquie d'Amnesty International, Andrew Gardner.

Les organisateurs de la marche avaient fait savoir vendredi que le gouvernorat d'Istanbul avait justifié l'interdiction de la manifestation par le fait qu'il "ne pouvait assurer la sécurité" des participants.

Les bureaux du gouverneur n'a diffusé aucun communiqué public sur l'évènement.
(AFP, 1 juillet 2018)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

L’OTAN s’engage à protéger la frontière sud de la Turquie contre les menaces

Le président Recep Tayyip Erdoğan a assisté au sommet des dirigeants de l’OTAN le 11 juillet en tant que premier président du nouveau système présidentiel de la Turquie dans la capitale belge, Bruxelles, alors que l’alliance s’est engagée à protéger la frontière sud du pays contre les menaces.
    
La déclaration du sommet a également réitéré que l’OTAN est en coopération étroite avec la Turquie contre le terrorisme.

« … Des mesures d’assurance sur mesure pour la Turquie afin de répondre aux défis sécuritaires croissants du sud contribuent à la sécurité de l’Alliance dans son ensemble, et seront pleinement mises en œuvre », a déclaré la déclaration du sommet.

« La Syrie dispose d’un important stock de missiles balistiques à courte portée couvrant une partie du territoire de l’OTAN et de certains territoires de nos partenaires », a indiqué la déclaration notant que l’alliance reste préoccupée par le fait que la Turquie a été touchée trois fois par des missiles lancées depuis la Syrie.

« Nous continuons de surveiller et d’évaluer la menace des missiles balistiques en provenance de Syrie. La menace croissante que représente la prolifération des missiles balistiques aux abords de la frontière sud-est de l’Alliance a été et continue d’être un facteur de développement et de déploiement du système de défense antimissile balistique, qui est configuré pour contrer les menaces provenant de l’extérieur de la zone euro-atlantique », a déclaré l’alliance.

Erdoğan, accompagné du ministre des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu et du nouveau ministre de la Défense Hulusi Akar, a été accueilli par le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, dans le nouveau bâtiment du siège de l’OTAN. En marge du sommet, le président s’est entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel fin juillet, mais la rencontre prévue avec le Premier ministre britannique Theresa May a été annulée.

Le président turc rencontrera également le Premier ministre italien Giuseppe Conte, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Petro Poroshenko, le président bulgare Rumen Radev, le président afghan Ashraf Ghani et le Premier ministre grec Alexis Tsipras le 12 juillet.

La première dame Emine Erdoğan l’accompagne durant le voyage. Les premières dames ont visité une académie de musique et ont assisté à un concert de piano et de violon.

Erdoğan s’est entretenu avec son homologue américain Donald Trump avant la séance de photos des dirigeants le 11 juillet. Quelque 26 hélicoptères militaires, dont des hélicoptères Atak turcs-italiens, de 23 pays, ont défilé après la séance photo des dirigeants. .

La participation d’Erdoğan au sommet de l’OTAN intervient à un moment où les relations turco-russes se sont renforcées politiquement et économiquement. L’OTAN s’inquiète de la décision d’Ankara d’acheter des systèmes de missiles S-400 russes, qui, selon l’alliance, pourraient compromettre les siens.
(Red'Action, 11 juillet 2018)

Deux sénateurs américains à Minbej après des tensions avec la Turquie

Deux sénateurs américains se sont rendus lundi à Minbej, dans le nord de la Syrie, où des négociations entre les Etats-Unis et la Turquie ont permis de réduire les tensions liées à la présence de combattants kurdes dans la ville.

A plusieurs reprises, les autorités turques ont menacé de lancer une offensive contre Minbej et la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), alors que la ville accueille aussi des forces américaines et françaises.

La milice kurde, allié crucial des Etats-Unis dans la lutte antijihadistes, est considérée comme un groupe "terroriste" par Ankara.

Mais les efforts diplomatiques entre Washington et Ankara, deux alliés au sein de l'Otan, ont permis l'adoption début juin d'une feuille de route afin de réduire les tensions.

Dans la foulée, les forces turques ont commencé à patrouiller aux alentours de la ville, tandis que les YPG ont annoncé le "retrait" de Minbej de leurs derniers "conseillers militaires".

Lundi, Lindsey Graham, républicain de l'Etat américain de Caroline du sud, et Jeanne Shaheen, démocrate du New Hampshire, ont effectué une visite dans la ville avec des membres du Conseil militaire de Minbej.

"Le but de la visite était d'évaluer la situation sécuritaire à Minbej", a déclaré à l'AFP le porte-parole du Conseil militaire de Minbej, Sherfan Darwish.

Le Conseil est lié aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes qui a délogé le groupe jihadiste Etat islamique (EI) de Minbej en 2016, avec l'aide de la coalition internationale emmenée par Washington.

Le sénateur Graham a souligné l'importance du maintien de la présence américaine lors d'une rencontre avec des commandants du Conseil militaire de Minbej, selon une vidéo publiée lundi par un site internet lié aux FDS.

"Je vais dire au président (Donald) Trump qu'il est important que nous restions ici pour vous aider. Vous êtes des amis des Etats-Unis et si nous partons, ce sera terrible", a affirmé le sénateur.

M. Trump a indiqué par le passé qu'il souhaitait un retrait des forces américaines engagées en Syrie, mais son état-major a insisté à maintes reprises sur leur maintien pour empêcher une résurgence de l'EI.
(AFP, 2 juillet 2018)

Relations régionales / Regional Relations

18 morts dans l'explosion d'une voiture piégée dans l'est de la Syrie

Dix-huit personnes, dont 11 membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), ont été tuées vendredi dans l'est de la Syrie dans l'explosion d'une voiture piégée devant un siège de cette coalition de combattants arabes et Kurdes soutenue par les Etats-Unis, a indiqué une ONG.

"Un dirigeant et 10 membres des FDS ainsi que sept civils, dont trois enfants, ont été tués par l'explosion d'une voiture piégée devant un siège des FDS à Bsayra, une localité de l'est de la province de Deir Ezzor", a dit à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

L'attentat n'a pas été revendiqué, mais M. Abdel Rahmane n'a pas exclu qu'il soit l'oeuvre du groupe Etat islamique (EI), qui a souvent mené des attaques similaires.

L'organisation ultra-radicale a perdu de larges secteurs de la province de Deir Ezzor, frontalière de l'Irak, à la suite de deux assauts distincts menés d'un côté par les forces gouvernementales, sur la rive ouest du fleuve Euphrate, et de l'autre par les FDS, sur la rive est.

Le groupe jihadiste maintient une présence dans des villages de l'est de la province de Deir Ezzor.

Les FDS ont lancé début mai la dernière phase de leur offensive pour mettre fin à la présence de l'EI dans l'ensemble de cette région de Syrie.

L'EI ne contrôle plus aucune ville en Syrie, mais il maintient quelques milliers de combattants dans des villages, localités et poches.
(AFP, 6 juillet 2018)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Erdogan chilled by frosty welcome from Turkish Cypriots

Following his inauguration as Turkey’s executive president on Monday, Recep Tayyip Erdogan did not receive the hero’s welcome he had anticipated when he arrived on Tuesday in the breakaway Turkish Cypriot state.

He was met at the airport by Turkish Cypriot president Mustafa Akinci and supporters while Turkish Cypriots demonstrated elsewhere against his presence on the island.

A 21-gun salute resounded across north Nicosia as Erdogan arrived at the presidential palace where he met with members of the government, dined with Akinci, and took part in a press conference before returning to Ankara ahead of his flight to Brussels for the Nato summit.

His stay here was chilly as well as brief. The majority of Turkish Cypriots oppose his re-election and transformation of Turkey’s parliamentary system of governance into an executive presidential model with no checks on his power.

The most secular community in the Muslim world, Turkish Cypriots also reject his drive to convert them into conservative, devout Muslims through the building of mosques and religious schools.

Turkish Cypriots protested and politicians and officials threatened to boycott a ceremonial opening during Erdogan’s visit to the massive, four-minaret $13 million Hala Sultan mosque, a scaled-down version of a monumental Ottoman mosque in Turkey.

Symbol of might

Hala Sultan rises above the sun-seared fields along the highway between north Nicosia and the port of Famagusta, a symbol of Erdogan’s might. Turkish Cypriot mosques are generally modest, stone-built structures with red tile roofs and single minarets wearing pointed hats.

The Hala Sultan mosque in Haspolat, along the highway between north Nicosia and the port of Famagusta, Cyprus. Photograph: Matthieu Clavel/AFP/Getty Images

The Hala Sultan mosque in Haspolat, along the highway between north Nicosia and the port of Famagusta, Cyprus. Photograph: Matthieu Clavel/AFP/Getty Images

Erdogan saw the rejection as a snub and delivered a snub in return by making northern Cyprus his second, rather than his initial stop on his post-inaugural tour, going first to Azerbaijan.

Their numbers diminished to 130,000 by emigration, Turkish Cypriots feel overwhelmed by 30-35,000 mainland Turkish soldiers, more than 185,000 settlers, thousands of Turkish students attending colleges and universities and scores of mosques and gambling casinos.

Since Erdogan cracked down hard on dissent in Turkey, Turkish Cypriot politicians and newspapers have become the sole independent voices in the Turkish-speaking world to decry his policies. Progressive parties, trade unions and individuals urged him not to come to Cyprus.

The teachers’ union demanded more schools instead of mosques; the journalists’ union condemned Erdogan’s silencing of opposition media and jailing of journalists.

Reunification talks

Erdogan’s visit coincided with a fresh effort by the UN to restart reunification negotiations between the Greek and Turkish Cypriot leaders. Pre-empting the push, he made it clear he was the ultimate decider for the Turkish Cypriots and would not permit open-ended talks and allow Turkish Cypriots to be harmed by a peace deal or reduced to a minority in a Greek Cypriot majority state.

His visit came only days before the July 15th anniversary of the 1974 coup against president Makarios by the Greek junta and the Turkish invasion and occupation of the north, which began on the 20th.

The island was divided, hundreds from both communities were killed, Greek Cypriots living in the north became refugees in the south, and Turkey compelled Turkish Cypriots to reside in the north. (https://www.irishtimes.com)

A Chypre-Nord, malaise autour d'une imposante mosquée financée par la Turquie

Dans le nord de l'île divisée de Chypre, une imposante mosquée financée par la Turquie, qui doit être inaugurée cette semaine, suscite malaise et colère au sein de la population chypriote-turque, largement sécularisée.

Pour son premier déplacement à l'étranger depuis sa réélection en juin, le président turc Recep Tayyip Erdogan est en effet attendu à Nicosie-Nord où il devrait présider mardi la cérémonie d'ouverture de ce massif édifice à quatre minarets, construit dans un style ottoman classique et capable d'accueillir 3.000 fidèles.

L'île de Chypre est divisée depuis 1974, quand l'armée turque en a envahi le tiers nord en réaction à un coup d'Etat de Chypriotes-grecs voulant la rattacher à la Grèce, qui inquiétait la minorité chypriote-turque.

Aujourd'hui, l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN) n'est toujours reconnue que par Ankara et les pourparlers en vue d'une réunification sont en suspens depuis l'échec en 2017 de négociations parrainées par l'ONU. Elles ont notamment achoppé sur la question du retrait des quelque 35.000 soldats turcs stationnés sur l'île.

A Nicosie-Nord, même si certains Chypriotes-turcs voient d'un bon oeil la colossale mosquée Hala Sultan qui se dresse désormais à la sortie est de la ville, d'autres voient en elle le symbole de l'influence grandissante de la Turquie dans le nord de l'île.

"Elle représente la mentalité islamiste, une mentalité islamiste sunnite et aussi une mentalité impérialiste", déplore Sener Elcil, président du Syndicat des enseignants chypriotes-turcs.

"La société chypriote-turque est sécularisée", explique-t-il à l'AFP. "Nous ne sommes pas des fondamentalistes ni des islamistes".

- "Pas anodin" -

Aucun chiffre officiel n'a été publié mais M. Elcil évalue à plus de 30 millions de dollars le coût de cette mosquée.

"Ils auraient pu construire un grand hôpital ou une vingtaine d'écoles avec moins que ça", dit-il.

Des membres de son syndicat ont manifesté vendredi à Nicosie-Nord sous le slogan "des écoles et des hôpitaux d'abord", déplorant que "priorité soit donnée aux investissements dans la religion".

Les Turcs "veulent construire une mosquée dans chaque rue de Chypre-Nord, c'est la politique d'Erdogan et ce n'est pas anodin", remarque M. Elcil.

Comme lui, de nombreux Chypriotes-turcs de gauche s'opposent à l'hégémonie turque sur le tiers nord de l'île, où vivent quelque 300.000 personnes.

Issu de la mouvance islamiste, Recep Tayyip Erdogan dirige la Turquie depuis 15 ans et ses détracteurs l'accusent de dérive autocratique, en particulier depuis la tentative de putsch de juillet 2016 qui a été suivie de purges massives.

"Erdogan cherche à annexer le nord de l'île pour y forger une identité différente", s'inquiète Izzet Izcan, ancien parlementaire local et fondateur du Parti uni de Chypre (gauche), qui a appelé ses représentants au gouvernement à boycotter la cérémonie d'inauguration.

"Le socle de l'identité chypriote-turque est chypriote", explique M. Izcan à l'AFP. "Nous avons beaucoup en commun avec les Chypriotes-Grecs, les Arméniens et les maronites", des communautés présentes sur l'île.

Mais les Turcs "essaient de faire de nous de bons musulmans, à leurs yeux, et de nous transformer en Turcs purs, tels qu'ils voudraient nous voir", dit encore l'ancien parlementaire socialiste.

"Nous savons tous que, derrière tout ça, (l'objectif) est d'assimiler et d'intégrer le nord de Chypre à la Turquie".

- "Nos ancêtres ottomans" -

Hala Sultan est la pièce maîtresse d'un ensemble de projets financés par la Turquie dans le même secteur près de Nicosie-Nord, incluant également un lycée islamique, plusieurs universités et des résidences pour étudiants, notamment ceux venus de Turquie.

Son nom rappelle celui d'une mosquée de taille bien plus modeste -et bien plus typique de l'île- située dans la partie sud, Halan Sultan Tekke, qui est un lieu de pèlerinage musulman.

Avec ses quatre minarets de 60 mètres, la nouvelle mosquée fait l'admiration de certains.

Ayhan Ankurt, 61 ans, dit avoir passé plusieurs mois à recueillir des signatures pour sa construction: "Tous les jours, je priais pour que cette mosquée soit édifiée".

Avec cet édifice, "nous avons retrouvé notre identité et nos liens avec nos ancêtres ottomans", dit-il.

"Ce genre de bâtiment apporte vraiment un plus à la communauté", estime de son côté Moustafa Tumer, professeur de marketing dans l'une des facultés proches de la nouvelle mosquée.

A quelques kilomètres de là, dans la vieille ville de Nicosie-Nord, Zihni Kalmaz a un autre avis.

"Ces minarets! Ils sont énormes! Et pourquoi y en a-t-il autant?" s'interroge ce commerçant de 75 ans. "Si je veux prier, je peux le faire dans ma boutique. Dieu est là", dit-il en montrant son coeur.
(AFP, 9 juillet 2018)

Immigration / Migration

Molenbeek bouclé pour la femme d’Erdogan

Emine Erdogan, la première dame turque durant sa visite à Bruxelles, lors du sommet de l'OTAN. le 12 juillet 2018.

Alors que son mari se trouvait en rendez-vous officiel, Emine Erdogan s’est rendue dans un magasin de Molenbeek, quartier bruxellois tristement connu à travers le monde pour son noyautage islamiste. La zone à été totalement bouclée à cette occasion.

A Bruxelles depuis le 11 juillet pour assister au sommet de l’OTAN, Recep Tayyip Erdogan multiplie les entretiens. Sa femme, Emine Erdogan, en a profité pour s’éclipser à Molenbeek et dévaliser le magasin Les Tissus du Chien Vert. Ce quartier est tristement connu pour son activité islamiste et notamment celle des frères Abdeslam. Depuis les années 1990, l’islamisme radical s’est en effet installé dans cette enclave paupérisée de Bruxelles.

Police et services de sécurité ont été déployés. Des camionnettes noires ont également été dépêchées pour boucler la zone et permettre à l’épouse du chef d’Etat turc de faire ses emplettes en toute tranquillité.

Emine Erdogan avait auparavant tweeté sur son séjour à Bruxelles et ses rencontres avec des femmes de premier plan et épouses de dirigeants lors d'un concert organisé durant le sommet.

Le quotidien belge La Libre rapporte que le quartier Louise, toujours à Bruxelles, avait été bloqué pour Emine Erdogan en 2015. Alors que son mari était venu rencontrer le Premier ministre Charles Michel et le ministre des affaires Etrangères belge Didier Reynders pour l'inauguration du festival culturel Europalia. (Reuters, 13 juillet 2018)

La possibilité d'une interdiction légale du burkini à la piscine

La secrétaire d'État à l'Égalité de Chances Zuhal Demir a souhaité vendredi la mise à l'étude d'une interdiction dans la loi du port du burkini dans les piscines, qu'elle voit comme une menace de la religion sur les droits des femmes. "Un burkini est un symbole d'oppression, pas d'émancipation", a affirmé la mandataire N-VA, après qu'un tribunal à Gand eut rejeté l'interdiction, pour raison d'hygiène et de sécurité, du port de ce long maillot de bain dans des piscines communales à Gand.

A l'inverse, le Centre interfédéral pour l'égalité des chances, Unia, considère qu'une interdiction généralisée du burkini constituerait une discrimination. L'interdiction peut désavantager les femmes qui le portent pour des raisons religieuses tout comme les personnes qui choisissent ce vêtement pour des raisons de santé, de caractéristiques physiques ou à cause d'un handicap. "Les gens doivent avoir la liberté de s'habiller comme ils le souhaitent, même dans une piscine", affirme Unia. Si une pression est mise sur les jeunes femmes pour qu'elles portent un burkini, c'est aux autorités locales d'agir, ajoute le centre. (belga, 13 juillet 2018)

Deux partisans présumés de Gülen ramenés d'Ukraine et d'Azerbaïdjan

Deux partisans présumés de Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'être le cerveau du putsch manqué de 2016, ont été ramenés en Turquie par les services secrets turcs après avoir été arrêtés en Ukraine et en Azerbaïdjan, ont rapporté jeudi les médias.

Isa Ozdemir et Salih Zaki Yigit ont été respectivement arrêtés en Azerbaïdjan et en Ukraine lors d'opérations menées par les services secrets turcs (MIT), selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Ils ont été transférés à bord d'un vol spécial en Turquie où ils ont été formellement placés en détention sous l'accusation d'appartenance à un "groupe terroriste", en l'occurrence le réseau du prédicateur Gülen, installé aux Etats-Unis et qui nie toute implication dans le putsch avorté du 15 juillet 2016.

Anadolu n'a pas fourni de précisions sur les deux hommes ni sur un éventuel rôle des autorités azerbaïdjanaises ou ukrainiennes dans leur arrestation.

Le MIT a procédé ces derniers mois à plusieurs opérations de ce genre pour ramener en Turquie des partisans présumés de M. Gülen soupçonnés d'implication dans le coup d'Etat avorté mené par des militaires factieux.

Trois "suspects" avaient ainsi été arrêtés en mars au Gabon et transférés en Turquie en avril avec leurs familles.

Fin mars, le MIT avait ramené en Turquie cinq enseignants et un médecin turcs vivant au Kosovo au cours d'une opération secrète qui a provoqué une crise politique à Pristina, où les médias ont dénoncé un "enlèvement".

Le gouvernement turc a affirmé début avril que les services secrets turcs avaient ramené en Turquie 80 partisans présumés de M. Gülen arrêtés dans 18 pays différents.
(AFP, 12 juillet 2018)

Perpétuité pour l'unique rescapée d'un trio néonazi en Allemagne

Au terme d'un procès fleuve de plus de cinq ans, l'unique survivante d'un groupuscule néonazi allemand a été condamnée mercredi à Munich à la réclusion à perpétuité pour une série de meurtres racistes qui avaient choqué l'Allemagne.

Seule rescapée du trio baptisé "Clandestinité nationale-socialiste" (NSU), Beate Zschäpe, 43 ans, a été condamnée pour sa participation aux meurtres, commis dans toute l'Allemagne, de huit Turcs ou personnes d'origine turque, d'un Grec et d'une policière allemande, entre 2000 et 2007.

Conformément aux réquisitions du parquet, la Cour de Munich l'a également privée de la possibilité de demander une libération conditionnelle au bout de quinze ans, en raison de la "gravité particulière" de sa "faute", selon le verdict lu par le président Manfred Götzl.

L'avocat de Beate Zschäpe, Wolfgang Heer, a annoncé que sa cliente allait faire appel, assurant que sa "présence sur le lieu d'un crime" n'avait nullement été établie et qu'elle n'avait "jamais tiré avec une arme ni fait exploser une bombe".

Beate Zschäpe, qui avait rejeté sa responsabilité durant le procès, "a repris à son compte les opinions d'extrême droite de son entourage", "particulièrement celles visant les juifs et les étrangers", a souligné M. Götzl.

"On ne combat pas seulement la violence raciste avec la force de la loi", il faut aussi "la diversité de nos sociétés ouvertes", a réagi le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

- 'Honte' -

Jugée depuis mai 2013, Beate Zschäpe a également été condamnée pour deux attentats contre des communautés étrangères et 15 braquages de banque commis par le trio NSU qu'elle formait avec Uwe Mundlos (38 ans) et Uwe Böhnhardt (34 ans), qui a vécu dans la clandestinité pendant 14 ans.

En novembre 2011, les deux hommes avaient été retrouvés morts par balles dans une caravane par la police au moment où celle-ci venait les arrêter. Les enquêteurs pensent qu'ils se sont soit tous deux suicidés, soit que l'un deux a tué son complice avant de retourner l'arme contre lui.

Egalement jugés à Munich pour leur aide apportée au trio, quatre autres néonazis ont écopé de peines allant de deux ans et demi à dix ans de prison.

Cette affaire avait profondément bouleversé une Allemagne encore traumatisée par les crimes nazis et jeté une lumière crue sur les défaillances des services de renseignement intérieur.

Elle avait également embarrassé le gouvernement allemand, les meurtriers présumés ayant pu agir pendant des années sans être inquiétés.

La chancelière Angela Merkel avait exprimé "la honte" de son pays face à ces crimes.

Mercredi, dès l'annonce du verdict, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les insuffisances de la procédure et des audiences, souvent embourbées dans de longs débats de procédure et qui n'auraient pas exploré toutes les complicités.

- 'Point final'? -

Le verdict ne doit "en aucune façon être le point final aux explications", a réagi le président de la Communauté turque d'Allemagne, Gökay Sofuoglu, réclamant d'autres procédures "contre les réseaux de soutien de la NSU".

Réagissant à une décision sanctionnant des meurtres dont la plupart des victimes étaient turques ou d'origine turque, Ankara a estimé qu'elle "n'était pas satisfaisante" : elle "n'a pas révélé toutes les facettes" de l'affaire et "les vrais coupables n'ont pas été confondus", a estimé le ministère turc des Affaires étrangères.

"Il ne doit pas y avoir de point final au chapitre NSU", a renchéri le président du Conseil central des Juifs, Josef Schuster.

Durant les cinq années de débats devant la Cour de Munich, Zschäpe est restée quasi mutique, assurant à la clôture des débats que l'idéologie d'extrême droite n'avait "vraiment plus aucune importance pour elle".

Pendant la dizaine d'années d'une enquête laborieuse, les familles des victimes ont été accusées à tort, et jamais la piste xénophobe n'a semble-t-il été explorée sérieusement par les enquêteurs.

Des proches des victimes ont témoigné à la barre des soupçons dont ils ont fait l'objet de la part de policiers qui penchaient pour des règlements de compte entre trafiquants de drogue ou du blanchiment d'argent.

Une commission d'enquête parlementaire s'est penchée sur ces dysfonctionnements. A l'époque, le président de la chambre des députés avait évoqué un "désastre historique sans précédent".
(AFP, 11 juillet 2018)

Pourquoi les immigres turcs votent pour Erdogan en Belgique?

Dans 42 pays du monde, dont l'Italie qui est un des six pays fondateurs de l'Union européenne, les immigrants turcs ont dit clairement « Non! » à Recep Tayyip Erdogan.

Comment ce dictateur turco-islamique peut-il être soutenu à plus de 60%, non seulement en Belgique, mais aussi dans les pays voisins comme les Pays-Bas, la France, l'Allemagne, le Luxembourg, tous sont fondateurs de l'Union européenne?

Vu le fait que depuis les coups d'état du 12 mars 1971 et du 12 septembre 1980, les ambassades et les consulats d'Ankara, la fondation Diyanet avec les mosquées turques soumettent les immigrés turcs à un lavage de cerveau, rien d'étonnant!

Il faut également remettre en question dans ces pays le rôle des associations et médias qui ont des relations douteuses avec ces instances officielles ou officieuses de l'Etat turc.

POURCENTAGES PLUS DE %50 D'ERDOGAN DANS 18 PAYS

Liban %94,0
Jordanie %77,5
Belgique %74,9
Pays-Bas %73,0
Autriche %72,3
Soudan %65,7
Allemagne %64,8
France %63,7
Luxembourg %60,0
Bosnie %58,9
Kirghizistan %58,5
Macédoine %58,4
Danemark %57,6
Kosovo %57,4
Norvège %56,2
Egypte %56,1
Ouzbékistan %54,4
Arabie Saoudite %53,6

POURCENTAGES MOINS DE %50 D'ERDOGAN DANS 42 PAYS

Malte %10,4
Tchéquie %11,0
Emirates arabes %14,1
Nouvelle Zélande %15,1
Irlande %16,0
Thailand %16,0
USA %17,3
Espagne %17,7
Bahreïn %18,0
Pologne %18,8
Chine %19,1
Finlande %20,9
Royaume-Uni %21,4
Grèce %22,7
Hongrie %23,4
Sertie %23,5
Oman %23,6
Bulgarie %25,4
Canada %25,5
Qatar %29,0
Singapour %27,0
Russie %27,3
Ukraine %29,2
Irak %31,3
Italie %31,9
Israël %32,0
Afrique du Sud %35,0
Turkménistan %35,6
Iran %35,9
Géorgie %36,2
Suisse %37,3
Albanie %38,0
Japon %38,5
Azerbaïdjan %38,5
Roumanie %39,8
Moldavie %40,5
Koweït %41,1
Suède %44,6
Australie %45,3
Algérie %45,4
Kazakhstan %46,5
Chypre du Nord %48,8

La liste complète des pays dans lesquels les immigrés turcs ont voté


Lourdes condamnations pour les participants à un cortège nuptial turc

Quatorze participants à un cortège turc de mariage sur la E17 à Lokeren ont été condamnés vendredi par le tribunal de police de Termonde à des amendes jusqu'à 4.000 euros et un retrait de permis de trois à cinq ans pour une conduite compromettant la sécurité routière.

Le 11 février 2017, la police avait reçu plusieurs signalements au sujet d'un cortège de mariage d'une vingtaine de véhicules sur la E17 vers Courtrai, à Lokeren, compromettant la circulation. Les participants tournaient notamment sur l'autoroute, roulaient sur la bande d'arrêt d'urgence, allumaient leurs quatre feux, arrêtaient la circulation, sortaient des voitures, etc.

La police s'était rendue sur place pour dissoudre le cortège et avait pu identifier 19 personnes originaires de Lokeren, Turnhout et Anvers. Les prévenus ont été poursuivis pour entrave méchante à la circulation. Cinq d'entre eux ont été acquittés car un doute subsistait mais les 14 autres ont été condamnés sur base d'images vidéo et témoignages.

La plupart des participants au cortège ont écopé de 2.000 euros d'amende et de trois ans d'interdiction de conduire. L'un, déjà condamné pour conduite dangereuse, a été condamné à 4.000 euros d'amende et cinq ans de retrait de permis. (Belga, 30 juin 2018)


L'inauguration du square Patrice Lumumba à Bruxelles

Entre 300 et 350 personnes, selon l'estimation de la police de Bruxelles-Ixelles, ont pris part samedi à l'inauguration du square Patrice Lumumba à Bruxelles, près de la Porte de Namur, à l'entrée du quartier Matonge. L'événement s'est ouvert en musique avec une fanfare congolaise et des danseurs traditionnels. De nombreux échevins et conseillers communaux de la Ville de Bruxelles étaient présents. Le texte demandant de dédier un espace public à Patrice Lumumba avait été voté à l'unanimité au Conseil communal. Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close a déclaré qu'il était très heureux d'avoir un square Lumumba sur son territoire et que cette inauguration n'était que le début d'une autre histoire entre la diaspora congolaise et les Bruxellois.

La parole a ensuite été donnée aux associations, qui ont porté le projet pendant des années. "On parle peu de la colonisation dans les écoles et des Congolais belges se sentent brimés", explique Laura Ilunga, membre de l'association Change. "Avoir cette plaque à l'entrée du quartier congolais de Matonge est une reconnaissance forte et on espère que ce ne sera pas la seule et que ce sera un premier pas". Un membre de la famille de Patrice Lumumba a exprimé son émotion face à cette marque reconnaissance qui légitime l'importance de ses combats dans l'histoire de la République démocratique du Congo et de la Belgique.

Le drapeau posé sur le mat tronqué a été soulevé en fin de cérémonie pour dévoiler la plaque commémorative. Les hymnes nationaux belge et congolais ont refermé l'événement et ont fait place à une après-midi ponctuée de prestations artistiques et de concerts. De nombreux participants à la cérémonie sont ensuite partis en cortège jusqu'au rond-point Schuman devant les institutions européennes.

Figure de l'indépendance du Congo belge, Patrice Lumumba a été le Premier ministre de la République démocratique du Congo de juin à septembre 1960. Il a été assassiné le 17 janvier 1961 dans des circonstances troubles qui mettent en cause des responsables belges. En 2002, le ministre des Affaires étrangères Louis Michel avait expliqué que la Commission d'enquête parlementaire belge estimait que rien n'indiquait que le gouvernement de l'époque ait demandé son élimination physique, avant de reconnaître que "certains membres du gouvernement d'alors et certains acteurs belges de l'époque portent une part irréfutable de responsabilité dans les événements qui ont conduit à la mort de Patrice Lumumba". Il a enfin exprimé, au nom du gouvernement, ses profonds regrets et ses excuses.

Une personne sous le coup de l'émotion a crié "Vous avez tué Lumumba" lors de la cérémonie. Elle a été écartée un moment en attendant qu'elle retrouve son calme, a expliqué la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles. Il n'y a pas eu d'incident.

Joseph Mbeka, coordinateur général du mouvement La Résistance congolaise, s'est plaint par voie de presse de ne pas avoir été autorisé à se joindre à cette inauguration, qu'il dit avoir lui aussi portée. Il estime que ce refus outrepasse l'arrêt du Conseil d'Etat, qui annule l'arrêté du bourgmestre Philippe Close ne l'autorisant plus à manifester sur le territoire de la Ville.
(Belga, 30 juin 2018)

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