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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
Mai
 
2019 May
N° 489
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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ŞANAR YURDATAPAN'IN YÖNETTİĞİ DÜŞÜN DÜŞÜN PROGRAMINDA

Can TV'de her hafta cumartesi günü Türkiye saatiyle 22'de yayınlanan "Düşün Düşün" programınıda 4 Mayıs 2019 gecesi Şanar Yurdatapan, gazeteci ve siyasal sürgün Doğan Özgüden ile 1 Mayıs ve Siyasal Sürgünlük konusunda bir söyleşi gerçekleştirdi. Program Can TV'nin aşağıdaki linkinden izlenebilir:
https://youtu.be/8hmRZ0G-bcM

Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights

Voyages vers la Turquie: attention à vos posts Facebook!
La famille d'un Palestinien mort en détention en Turquie parle de torture
Perpétuité pour quatorze suspects dans un attentat de 2016

15 More People Start a Death Fast in Prison
Teacher Ayşe Çelik Released From Prison

Prison pour des médecins ayant critiqué une opération militaire
La police empêche un rassemblement de soutien à des grévistes de la faim

Istanbul bouclé pour le 1er mai, des arrestations
A 15-Year Chronology of the May Day Celebrations in İstanbul
May Day 1977 Losses Commemorated in Taksim


Pression sur les médias / Pressure on the Media

International organisations condemn recent attacks against journalists in Turkey

Accusés d'insulte à Erdogan, deux journalistes chypriotes-turcs acquittés
Ayşenur Zarakolu Freedom of Thought and Expression Awards
Arrestation en Turquie d'un mathématicien de l'Université Lyon
Turkey Crackdown Chronicle of CPJ: Week of May 5, 2019

La Cour constitutionelle déboute deux journalistes écroués
2 Academics Sentenced to 3 Years, 4 Months in Prison in Total
"Press Freedom Report" The Journalists Union of Turkey
14 Women Journalists Behind Bars

Academics sentenced to prison terms

Kurdish Question / Question kurde

Levée de l'interdiction imposée au chef kurde Öcalan de voir ses avocats
Militantes kurdes tuées à Paris: enquête sur le rôle des services turcs

Ocalan rencontre des avocats pour la 1ère fois en huit ans
Le pouvoir dénonce une conférence organisée par les Kurdes
Kurdish Mayor for London Borough of Lambeth

Minorités / Minorities

Dogan Özgüden dénonce les "chantages" d'Ankara aux partis politiques belges
La décision du Parlement belge de tolérer le négationnisme est inacceptable

Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan balaye les critiques sur l'annulation du vote à Istanbul
Défait à Istanbul, Erdogan obtient un nouveau vote

Erdogan réitère son appel à renouveler le scrutin municipal à Istanbul
Un maire communiste abat des murs et rebat les cartes


Forces armées/Armed Forces

Erdogan ne reviendra pas sur l'achat des S-400 russes
Turkey Becomes 15th Highest in Military Expenditure

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

L'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda sollicite ses rivaux pour combattre le régime


Socio-économique / Socio-economic

52 Thousand People Died of Air Pollution in Turkey in a Single Year
Inflation Rate in April is 19.50 Percent

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

PCF: "La Turquie bascule dans la dictature"
Berlin: L'annulation de l'élection municipale à Istanbul est "incompréhensible"

L'UE préoccupée par les intentions turques de forer au large de Chypre

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Maintien en détention d'un employé du consulat américain accusé d'espionnage

Trump prive Ankara de son statut commercial préférentiel, la Turquie s’insurge
Washington souhaite des élections "transparentes" à Istanbul
Les missiles qui hantent l'OTAN

Relations régionales / Regional Relations

Erdogan s'en prend au régime syrien auprès de Poutine
Un ingénieur turc tué par les shebab à Mogadiscio

Ankara appelle Moscou à faire cesser les attaques contre Idleb
Tirs contre un poste d'observation turc depuis des zones contrôlées par Damas
Trois soldats tués par des tirs kurdes depuis l'Irak

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Un Chypriote-turc pourrait être élu au Parlement européen, une première


Immigration / Migration

Réfugié kurde de Turquie, mais sans papiers en Belgique depuis 18 ans
Polémique autour d’un tract Ecolo distribué dans un marché à Bruxelles
La deuxième vie des entrepreneurs afghans réfugiés en Turquie


Droits de l'Homme / Human Rights

Voyages vers la Turquie: attention à vos posts Facebook!

Les autorités néerlandaises ont revu leur avis de voyage vers la Turquie. Ils mettent en garde leurs ressortissants sur les risques encourus en cas de critique du régime Erdogan... Les Affaires étrangères belges n'ont pas encore pris position.

Le président turc Erdogan n'est visiblement pas très ouvert à la critique. Si vous ne partagez pas son point de vue et que vous vous répandez sur les réseaux sociaux pour vous en prendre au régime en place, prenez gare! Surtout si vous projetez de vous rendre en vacances en Turquie. En effet, la police (des frontières) peut décider de contrôler votre smartphone ou votre ordinateur afin de vérifier que vous n'y stockez pas documents ou photos anti-Erdogan (ou anti-Turquie). De même, elle peut décider de scruter votre profil sur les réseaux sociaux toujours dans le but de vérifier que vous n'avez pas critiqué le régime en place. Entre autres choses, il est interdit d'insulter le pays, le président Recep Tayyip Erdogan et le drapeau turc. De même, brûler ou détériorer volontairement l'argent turc est aussi répréhensible. Pour l'ensemble de ces raisons, les Pays-Bas appellent leurs ressortissants à la plus grande prudence.

"Pour le moment, il ne semble pas nécessaire d'adapter notre avis de voyage, mais nous continuerons bien entendu de suivre la situation de près", indique de son côté le Ministère belge des Affaires étrangères.
(DH, 15 mai 2019)

La famille d'un Palestinien mort en détention en Turquie parle de torture

Le corps d'un Palestinien, retrouvé mort dans une prison turque après s'être suicidé selon les autorités locales, a été gravement mutilé et sa langue arrachée, a déclaré vendredi sa famille, qui conteste la thèse du suicide.

Le corps de Zaki Moubarak, 55 ans, est arrivé cette semaine en Egypte et ses proches souhaitent le transférer vers la bande de Gaza dont il est originaire.

Les autorités turques avaient indiqué en mars que M. Moubarak s'était suicidé en prison après avoir été accusé d'espionnage au profit des Emirats arabes unis.

Son frère Zakaria, qui a indiqué à l'AFP avoir vu le corps dans un hôpital du Caire, a dit ne pas vouloir rapatrier la dépouille à Gaza avant qu'un "rapport médical ne certifie qu'il est décédé des suites de tortures et non d'un suicide".

"Sa langue a été arrachée et il y a des traces de coups à la tête, une coupure profonde au pied et des marques de chocs à la poitrine", a-t-il ajouté.

Un responsable du ministère de la Justice turc a rejeté ces accusations, affirmant qu'elles étaient "infondées". Il a refusé de donner davantage d'information, déclarant que les détails de l'affaire restaient secrets.

Zaki Moubarak était retraité des services de renseignement palestiniens, selon son frère qui a précisé qu'il avait quitté la bande de Gaza après la prise de contrôle de l'enclave par le mouvement islamiste du Hamas en 2007.

Zaki Moubarak a ensuite vécu en Bulgarie puis en Turquie, d'après son frère.

Arrêté à Istanbul avec une autre personne le mois dernier, il était soupçonné d'"espionnage politique et militaire" et d'"espionnage international" au profit des Emirats arabes unis et au détriment de la Turquie, selon l'agence de presse étatique turque Anadolu.

Les autorités turques enquêtaient sur d'éventuels liens entre les deux suspects et le meurtre en octobre dernier du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, critique du pouvoir saoudien, à Istanbul, d'après Anadolu.

La famille de Zaki Moubarak rejette ces allégations.
(AFP, 17 mai 2019)

Perpétuité pour quatorze suspects dans un attentat de 2016

Quatorze suspects reconnus coupables d'implication dans un double attentat qui avait fait 47 morts en 2016 devant un stade de football à Istanbul ont été condamnés vendredi à la prison à vie, ont rapporté les médias.

Les suspects étaient jugés pour leur rôle présumé dans cette attaque qui avait eu lieu devant le stade du club de Besiktas à l'issue d'un match le 10 décembre 2016.

Quarante-sept personnes, dont 39 policiers, avaient été tuées dans deux explosions quasi-simultanées revendiquées par les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK).

Au total 27 personnes étaient jugées pour leur implication présumée dans cet attaque et quatorze d'entre elles ont été reconnues coupables vendredi par un tribunal d'Istanbul qui les a condamnées a des peines de prison à vie aggravées, selon les médias turcs.

La plupart des victimes de l'attaque avaient été tuées dans la première explosion d'un véhicule piégé près d'un groupe de policiers déployés aux abords du stade dans lequel venait de se dérouler un match entre Besiktas et l'équipe de Bursaspor.

Quelques secondes plus tard, un kamikaze actionnait sa charge explosive au milieu d'un autre groupe d'agents de l'autre côté de ce stade situé au bord du Bosphore, dans un quartier très fréquenté. 
(AFP, 17 mai 2019)

15 More People Start a Death Fast in Prison

15 more people went on a death fast in prison today (May 10) with the demand that the isolation on Kurdistan Workers Party's (PKK) imprisoned leader Abdullah Öcalan be ended.

Starting a hunger strike with the same demand, Peoples' Democratic Party (HDP) Hakkari MP Leyla Güven has been on the 184th day of her hunger strike. 11 days ago, on April 30, 15 other inmates, who had already been on a hunger strike in prison, started a death fast.

The hunger strikes initiated by Leyla Güven on November 8, 2018 have spread to prisons across the country and started to turn into death fasts.

After 15 prisoners who had been on an indefinite-irreversible hunger strike started a death fast on April 30, 15 other inmates followed suit today.

The following inmates have gone on a death fast today:

Yaşar Cinbaş, Muhammed İnal, Diyadin Akdemir and Engin Kahraman in Kandıra Prison; İbrahim Doğan, Ahmet Emin Eren and Mustafa Taştan in Bolu Type F Prison; Senar Efe, Burhan Şık, Faysal Atak and Şefik Kayhan in Patnos Prison; Reşat Özdil in Tekirdağ No. 1 Prison; Zeki Bayhan and Yılmaz Yıldız in Tekirdağ No. 2 Prison; and Sait Öztürk in Van Prison.

15 inmates on death fast since April 30

The prisoners on a death fast since April 30 are as follows:

Aslı Doğan and Ardıl Çeşme in Gebze Women's Closed Prison; Zozan Çiçek, Şükran Aydın and Nesrin Akgül in Bakırköy Women's Closed Prison; Ahmet Topkaya, Ferhat Turgay, Abdulhalik Kaplan, Enver Dönmez and Ergin Akhan in Diyarbakır Type D Prison; İhsan Bulut, Özhan Ceyhan, Vedat Özağar, Erol Cengiz and Ahmet Anığı in Van High Security Prison.
(BIA, 10 May 2019)

Teacher Ayşe Çelik Released From Prison

Teacher Ayşe Çelik has been released from the Type-E Prison in the southeastern province of Diyarbakır after the Constitutional Court verdict.

She was sent to prison on April 17 for having said, "Children are dying, mothers are dying here, do not keep silent," in a TV program in 2016.

A bill of indictment was filed against her on the charge of "propagandizing for a terrorist organization."

The top court ruled yesterday (May 9) that Çelik's right to freedom of expression is violated.
"Precedent for Academics for Peace and TTB doctors"

Çelik's attorney Benan Molu made a statement on Twitter on the verdict, saying that this is the first time the first verdict of violation of the right to press freedom that the Constitutional Court made on a case on the charge of terrorist propaganda.

Çelik's other attorney, Mahsuni Kahraman, said that the verdict establishes a precedent for the Academics for Peace and the doctors from the Turkish Medical Association (TTB) who were given prison term for a declaration they published.
Çelik was sentenced for "what she did not say"

Human rights defender Şanar Yurdatapan said to bianet that Çelik was sentenced to prison not because of what she said but because of what she did not say.

"Both in the Constitutional Court verdict and in the news articles about this subject, there is an important mistake: Ayşe Çelik was tried for her words that wanted peace but she was not sentenced because of these words. The sentence was given on the ground of, 'Why didn't you say that?'. This was considered as terrorist propaganda.

"The verdict of the Constitutional Court did not view this point and it emphasizes that Ayşe's words are within the scope of the freedom of expression," Yurdatapan said.

He also noted that the verdict may establish a precedent for the Academics for Peace and the TTB doctors.
Justification of the verdict

The top court said in its justification that Ayşe Çelik's freedom of expression which is guaranteed by Article 26 of the Constitution is violated and a copy of the verdict shall be sent to the Bakırköy 2nd Heavy Penal Court for a retrial.

It also ruled that 5,500 Turkish liras (~900 US dollars) of compensation shall be paid to Çelik.
What happened?

A lawsuit was filed against Ayşe Çelik on the charge of "propagandizing for a terrorist organization" for her statements on Beyaz Show TV program aired on Kanal D. Ayşe Çelik joined the program on January 8, 2016, and said, "Children are dying, mothers are dying here, do not keep silent."

She was put on trial due to these remarks and sentenced to 1 year and 3 months in prison on the offense charged. The 15-month prison sentence given to Çelik was upheld on October 2, 2018.

On April 20, 2018, Ayşe Çelik was imprisoned with her six-month-old daughter Deran, who was then sent to her grandmother due to the unfavorable prison conditions. Ayşe Çelik was released on May 4 and her prison sentence was deferred to October 31.
(BIA, 10 May 2019)

Prison pour des médecins ayant critiqué une opération militaire

Onze membres de la principale association turque de médecins ont été condamnés vendredi à des peines de prison pour avoir critiqué une offensive militaire d'Ankara en Syrie l'an dernier.

Selon l'Union des médecins de Turquie (TTB), 11 de ses membres ou ex-membres ont été condamnés par un tribunal d'Ankara à un an et huit mois de prison pour "incitation à la haine et à l'inimitié".

L'une des prévenus, Hande Arpat, a en plus été condamnée à un an et demi de prison supplémentaire pour avoir, selon le tribunal, fait de la "propagande terroriste" sur les réseaux sociaux, a ajouté dans un communiqué la TTB, dénonçant une "décision honteuse".

Ces 11 médecins, alors membres de l'instance dirigeante de la TTB, avaient été arrêtés en février 2018 après avoir publié un texte critiquant une offensive turque contre une milice kurde dans le nord de la Syrie, qualifiant la guerre de "problème de santé publique".

"La décision du tribunal aujourd'hui vient punir le droit de vivre en paix en Turquie", a réagi auprès de l'AFP l'un des médecins condamnés, Seyhmus Gökalp. "Dire que la guerre est un problème de santé publique, c'est une information scientifique. Cela a été légalement réprimé".

M. Gökalp a indiqué que les médecins allaient faire appel. Selon lui, cinq des personnes condamnées sont toujours membres de l'instance dirigeante de la TTB.

Le président Recep Tayyip Erdogan avait publiquement critiqué les signataires du texte de la TTB, qu'il avait qualifié de "déshonorant".

L'offensive turque, lancée en janvier 2018, visait la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). Elle s'est soldée par une victoire d'Ankara dont les soldats, appuyant des combattants syriens, ont bouté les combattants kurdes hors de la région d'Afrine.

Soutenues par les Etats-Unis, les YPG ont été en première ligne dans le combat contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie. Mais la Turquie considère les YPG comme une organisation "terroriste" qui menace sa frontière avec la Syrie.

Ce dossier empoisonne depuis plusieurs années les relations entre Ankara et Washington, alliés au sein de l'Otan.
(AFP, 3 mai 2019)

La police empêche un rassemblement de soutien à des grévistes de la faim

La police turque a empêché jeudi des mères et épouses de prisonniers en grève de la faim de se rassembler pour soutenir leurs proches dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie, a constaté un correspondant de l'AFP.

Des policiers anti-émeutes ont utilisé leurs boucliers pour repousser des dizaines de femmes qui tentaient de se regrouper dans un parc à Diyarbakir, grande ville de la région majoritairement kurde du pays.

"Nous sommes fiers de la résistance dans les prisons !", "les pressions ne nous intimideront pas !", ont scandé les manifestantes qui portaient des foulards blancs avant de se disperser.

"Les mères n'ont-elles aucun droit ? Les mères sont ici pour que leurs fils ne meurent pas. Nous sommes ici pour que nos neveux et nos frères ne meurent pas", a lancé l'une des manifestantes aux policiers.

Une femme s'est évanouie pendant l'intervention musclée de la police et six hommes qui étaient venus apporter leur soutien aux manifestantes ont été interpellés, selon l'AFP.

Les protestataires voulaient exprimer leur soutien aux milliers de prisonniers actuellement en grève de la faim pour réclamer l'assouplissement des conditions de détention du chef historique de la rébellion du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan.
 M. Ocalan est détenu depuis 1999 dans l'île-prison d'Imrali, près d'Istanbul, où il sert une peine de prison à perpétuité.

Malgré un isolement quasi-total, M. Öcalan reste une figure de référence pour la rébellion kurde en Turquie, où le conflit avec l'Etat a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

Selon le parti prokurde HDP, quelque 3.000 prisonniers sont actuellement en grève de la faim, la plupart ayant rejoint le mouvement ces dernières semaines par solidarité avec une députée prokurde, Leyla Güven, qui refuse de s'alimenter depuis novembre dernier.

Cette grève de la faim est partielle : les détenus ne mangent plus d'aliments solides, mais absorbent des solutions salées, sucrées, voire vitaminées.

Par ailleurs, huit personnes se sont suicidées en prison depuis le début du mouvement, selon le HDP.
(AFP, 2 mai 2019)

Istanbul bouclé pour le 1er mai, des arrestations

Plusieurs dizaines de personnes qui voulaient défiler dans le centre d'Istanbul pour le 1er mai ont été arrêtées mercredi par les autorités qui ont déployé d'importants effectifs et bouclé plusieurs quartiers.

Plus de 80 personnes qui tentaient pour la plupart de rejoindre l'emblématique place Taksim, où les rassemblements ne sont pas autorisés depuis plusieurs années, ont été interpellées, a indiqué la police d'Istanbul.

Des correspondants de l'AFP ont vu des manifestants être arrêtés sans ménagement, plaqués contre des véhicules de police avant d'être emmenés dans des bus dans le district de Besiktas.

La place Taksim était entièrement bouclée par des cordons de police et plusieurs routes y menant, comme la célèbre avenue Istiklal, étaient bloquées par des barrières métalliques et des véhicules de police.

En parallèle, un rassemblement a été autorisé pour le 1er mai dans le district périphérique de Bakirköy.

Plusieurs milliers de personnes y étaient rassemblées en début d'après-midi et d'importants cortèges de syndicats, d'associations et de partis politiques d'opposition continuaient d'y converger, selon l'AFP.

Cette manifestation survient dans un contexte politique tendu, un mois après des élections municipales et alors que le président Recep Tayyip Erdogan demande l'annulation du scrutin à Istanbul remporté par l'opposition.

"Je crois que nous sommes à un tournant, que le changement a commencé. Ce 1er mai va être encore plus beau", déclare à l'AFP Mustafa Comert, un partisan de l'opposition venu manifester à Bakirköy.

Ce 1er mai intervient également au moment où la Turquie traverse une période économique difficile, avec la première récession en 10 ans, une inflation à 20% et un taux de chômage en hausse.

"On est inquiets, les gens n'arrivent plus à vivre avec le salaire minimum, c'est une période très difficile", indique Selma Ergün, elle aussi venue défiler à Bakirköy.

Des rassemblements autorisés avaient également lieu dans la capitale Ankara, où plusieurs milliers de personnes ont défilé, et dans la troisième ville du pays, Izmir.

A Sanliurfa (sud-est), cinq personnes ont été tuées et 12 blessées dans l'accident d'un minibus qui transportait des personnes voulant défiler pour le 1er mai, selon les médias turcs.
(AFP, 1er mai 2019)

A 15-Year Chronology of the May Day Celebrations in İstanbul

Representatives from the Confederation of Progressive Trade Unions of Turkey (DİSK), Confederation of Public Employees Trade Unions (KESK), Union of Chambers of Turkish Engineers and Architects (TMMOB) and Turkish Medical Association (TTB) held a joint statement for the press on April 10, 2019 and announced that they would like "to celebrate the May Day all across Turkey, particularly in Taksim Square in İstanbul."

Two days later, these four confederations and professional organizations, or the "May Day Committee" as they call themselves, conveyed their intention of holding the May Day celebrations in Taksim Square to the Governorship of İstanbul as well as to the Ministry of Interior.

However, it was announced on April 25 that the application of the committee was rejected by the Governorship. The May Day Organization Committee made another statement for the press in front of the Süreyya Opera House in Kadıköy one day later and announced that they would gather at Bakırköy Open Market Area at 12 p.m. for the May Day.

Taksim Square, which also witnessed the Gezi Park protests or Gezi resistance in 2013, also has a symbolic importance for the working class and socialist movements of Turkey. To begin with, it was in the year 1976 that the first large-scale May Day celebrations of Turkey took place in Taksim Square with the participation of more than 200 thousand people.

Then, one year later, on May 1, 1977, over half a million people gathered in Taksim Square to celebrate the May Day. However, the May 1, 1977 has gone down in history as the "Taksim Square Massacre" after fourty-one people were killed and many others got wounded in a mass shooting which targeted the crowd celebrating the May Day.

Even though Taksim Square has such a symbolic importance and value for the May Day, the May Day celebrations have been banned in the square except for the year 1978 and the three-year period from 2010 to 2012.

Moreover, except for this three-year period, the ones who attempted to celebrate the May Day in Taksim were met with police violence due to the insistence of subsequent Justice and Development Party (AKP) governments on preventing the laborers from celebrating the May Day in Taksim.

Within this context, it is worth taking a look at how and where the İstanbulites have celebrated the May Day over the last 15 years and how the police have intervened in the celebrations attempted to be held in Taksim.

Accordingly, we have compiled the May Day celebrations held in İstanbul since the year 2004 in a reverse chronological order.
(BIA, 1 May 2019)

May Day 1977 Losses Commemorated in Taksim

The people who lost their lives at the Workers' Day celebrations in 1977 in İstanbul's Taksim area were commemorated over the weekend.

On May 1, 1977, hundreds of thousands of people gathered on the Taksim Square in İstanbul. Some perpetrators opened fire on the crowd, which lead to a stampede as many people run to the downhill street named Kazancı Yokuşu, the nearest exit from the square. A total of 41 people lost their lives in the massacre.

On Saturday (April 27), the 78ers Initiative, the Labor Party (EMEP), the Laborist Movement Party (EHP), the Peoples' Democratic Party (HDP), the Socialist Re-Establishment Party (SYKP), and the Greens and the Left Party of the Future held an event at the Kazancı Yokuşu.

Participants showed a banner that says, "Taksim Square is the are for May 1," and the photographs of the people who lost their lives.

"Struggle of the whole society"

78ers Initiative Executive Committee member Yunus Bircan read a press statement which briefly said the following:

"May 1 is a day of continuous struggle and solidarity which began with the struggle for the eight-hour workdays and came to this day from generation to generation at the expense of big costs. We are all influenced by, get our self-confidence from and broaden our horizon because of this struggle. Because this is the struggle of the whole society."

The demonstrators then left cloves on the Kazancı Yokuşu, read the names of the 34 people who died there, and sang the May 1 march.

"Shoulder to shoulder against fascism"

People gathered at the Kazancı Yokuşu upon a call by the organizations who form the May 1 Organization Committee, the Confederation of Progressive Trade Unions of Turkey (DİSK), Confederation of Public Employees Trade Unions (KESK), the Union of Chambers of Turkish Engineers and Architects (TMMOB), and the Turkish Medical Association (TTB).

Marching from the Taksim Square to the Kazancı Yokuşu, people showed a banner that reads "Long live May 1," and chanted slogans, "Long live May 1", "Everywhere is Taksim, everywhere is resistance", "Revolutionary martyrs are immortal", "Long live our organized struggle", "Shoulder to shoulder against fascism."

DİSK Chairperson Arzu Çerkezoğlu, KESK Co-Chairperson Aysun Gezen, TMMOB Chairperson Emin Koramaz, TTB Central Committee Chair Sinan Adıyaman, Peoples' Democratic Party (HDP) MPs Züleyha Gülüm, Oya Ersoy, main opposition Republican People's Party (CHP) İstanbul Chairperson Canan Kaftancıoğlu and MP Sezgin Tanrıkulu were among the attendants of the event.

"Squares are the memories"

Çerkezoğlu, Koramaz, Adıyaman and Gezen denounced the government blocking the May Day celebrations in Taksim.

"Squares are the memories of the peoples. Those who try to erase those memories should know that not any kind of oppression will be able to remove this history and this memory," Çerkezoğlu said.

The group left cloves on the Kazancı Yokuşu, then walk to Şişhane through the İstiklal Avenue. They commemorated Mehmet Akif Dalcı in Şişhane, who was killed on May 1, 1989.

In Kadıköy in the Asian side of the city, Hasan Albayrak, Dursun Odabaş and Yalçın Levent, who lost their lives on May 1, 1996, were commemorated.
(BIA, April 29,  2019)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

International organisations condemn recent attacks against journalists in Turkey

The European Federation of Journalists (EFJ) along with other 19 press freedom and freedom of expression organizations sent a joint letter on 16 May to Turkish President Recep Tayyip Erdoğan, calling for justice following the recent physical attacks against two journalists, Yavuz Selim Demirağ and İdris Özyol. The letter urges the government to publicly denounce these acts of violence and ensure journalist safety in the run-up to the mayoral elections in Istanbul set for 23 June 2019.

Your Excellency, President Erdoğan

We are writing to you to express our serious concern over the brutal attacks on journalists in Turkey during the past five days.

On May 10, journalist Yavuz Selim Demirağ, regular contributor for the opposition newspaper Yeniçağ, was attacked outside his home in Ankara. The assailants beat the journalist with baseball bats as he was returning home after airing his evening television program on Türkiyem TV. Authorities detained six alleged perpetrators, who were released twenty-four hours later reportedly on the grounds that there was no perceived threat to the journalist’s life.

This attack was followed on May 15 by another incident, in which investigative journalist İdris Özyol was reportedly attacked outside Yeni Yüzyıl newspaper’s building in Antalya, southwest Turkey. Özyol was hospitalized with injuries to his head and chest. The Progressive Union of Journalists issued a statement linking the attack on Özyol to public threats against journalists made by the Nationalist Movement Party (MHP) Regional Chair Talu Bilgili.

As representatives of the undersigned organisations dedicated to the promotion of freedom of expression, press freedom and the free flow of information, we would like to request Your Excellency to condemn these attacks in the strongest possible terms and call for the police and justice system to ensure that the perpetrators of these attacks are brought to justice.

As Turkey is preparing for a much-contested re-run of Istanbul’s mayoral elections, the coming weeks will represent an important test for the country’s democracy, already greatly challenged by the imprisonment of journalists across the country and the restrictions imposed on the country’s news media, which greatly limit journalists’ ability to report freely on issues of public interest. We sincerely hope that, in the coming weeks ahead of the June 23 elections, journalists across the country will be able to disseminate news and information without fear of retaliation. The fairness and credibility of the upcoming elections will greatly depend on voters’ ability to access diverse sources of news and so take an informed decision when casting their ballots. Attacks like those against Demirağ and Özyol, if left unpunished, will have a serious chilling effect on the country’s journalists and further strengthen a climate of fear, which seriously hinders Turkey’s credibility as a democracy.

With this in mind, we urge you to openly condemn these violent attacks against Demirağ and Özyol, ensure that the perpetrators are brought to justice and so send a clear signal that journalists in Turkey will be free to express their opinions and deliver independent news to the people both in the run-up to the June 23 mayoral elections and beyond.
(EFJ, 17 May 2019)

Accusés d'insulte à Erdogan, deux journalistes chypriotes-turcs acquittés

Un tribunal de la République turque autoproclamée de Chypre-Nord a acquitté jeudi deux journalistes qui risquaient jusqu'à cinq ans de prison pour "insulte" contre le président turc Recep Tayyip Erdogan en raison de la publication d'une caricature.

Le jugement a été accueilli par des applaudissements nourris du public présent dans la salle d'audience et des vivats quand les deux journalistes sont sortis libres, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sener Levent, rédacteur en chef du quotidien chypriote-turc Afrika et candidat aux élections européennes du 26 mai, ainsi qu'Ali Osman Tabak, journaliste de la même publication, étaient poursuivis pour diffamation et "insulte contre un dirigeant étranger", en l'occurrence le président Erdogan.

Le procureur leur reprochait d'avoir reproduit dans leur journal un dessin montrant une statue grecque urinant sur le chef de l'Etat turc.

Initialement publié par des internautes sur les réseaux sociaux à l'occasion d'un déplacement en Grèce de M. Erdogan en 2017, ce dessin avait été reproduit dans Afrika accompagné du commentaire: "vu à travers des yeux grecs".

La publication de ce dessin "ne constitue pas une insulte", a conclu le juge Inan Cenkay lors de la lecture du jugement dans une salle comble, au tribunal de Nicosie-Nord.

Il a estimé que le journal Afrika avait ainsi fait état du sentiment de certains Grecs après les rencontres entre les dirigeants turcs et grecs.

Il a rappelé les nombreuses décisions de la Cour européenne des droits de l'Homme acquittant des journalistes accusés d'avoir insulté des dirigeants politiques au titre de la liberté d'expression.

"Reporters sans frontières voit cette décision comme un signe encourageant pour la liberté de la presse", a indiqué à l'AFP Pauline Ades-Mevel, responsable pour l'Union européenne au sein de l'organisation de défense de la liberté de la presse.

- Vigilance -

"Erdogan a perdu et nous avons gagné", a déclaré à l'AFP à la sortie de l'audience Sener Levent, un féroce critique du président turc.

"La Turquie ne peut pas faire à Chypre ce qu'elle fait chez elle", a-t-il ajouté. Il s'agit d'"un pas pour mettre fin à l'occupation vécue par les Chypriotes-turcs", a-t-il ajouté.

La Turquie est intervenue militairement en 1974 à Chypre en réaction à une tentative de coup d'Etat menée par des Chypriotes-grecs voulant unir l'île à la Grèce contre la volonté des Chypriotes-turcs.

Elle y maintient depuis dans la partie nord de l'île plus de 30.000 soldats, ce qui constitue une occupation, selon la communauté internationale. Une République turque de Chypre-Nord (RTCN) a été autoproclamée mais n'est pas reconnue internationalement. Elle applique toutefois des lois distinctes de la Turquie.

La République de Chypre, membre de l'Union européenne et reconnue internationalement, n'exerce son autorité que les deux tiers sud de l'île.

Le procureur a indiqué à l'AFP qu'il n'avait pas décidé à ce stade s'il ferait appel ou non.

L'ONG Reporters sans frontières a indiqué "rester vigilante dans la mesure ou Sener Levent fait face à deux autres procès".
 Il est notamment poursuivi après avoir publié début 2018 un article critiquant l'offensive turque contre des milices kurdes dans le nord-ouest de la Syrie, à Afrine.

"Afrine, une deuxième occupation par la Turquie" après Chypre, avait titré Afrika.

Après la Une d'Afrika, M. Erdogan avait appelé ses "frères à Chypre-Nord à donner la réponse nécessaire". Le lendemain une foule d'ultranationalistes avaient caillassé le journal sous les yeux de la police chypriote-turque.

Sener Levent a déjà fait de la prison en 2002 pour ses écrits jugés "offensants" au président de la RTCN de l'époque, Rauf Denktash.
(AFP, 16 mai 2019)

Ayşenur Zarakolu Freedom of Thought and Expression Awards

The 17th Ayşenur Zarakolu Freedom of Thought and Expression Awards were granted in a "Respect to Human Rights and Return to Law"-themed ceremony organized by the Human Rights Association (İHD) İstanbul Branch at Nazım Hikmet Cultural Center in Şişli yesterday (May 9).

This year's awards have been granted to Human Rights Foundation of Turkey (TİHV) Chair and forensic science expert Prof. Dr. Şebnem Korur-Fincancı, journalist and writer Ayşe Düzkan and rights defender and businessperson Osman Kavala.

Since Düzkan and Kavala are in prison, the prize-awarding ceremony could only be attended by Şebnem Korur-Fincancı.

Two laureates behind bars

In its statement, the award committee has explained why this award has been granted to Korur-Fincancı, Düzkan and Kavala as follows:

Şebnem Korur-Fincancı: She did valuable research in the fields of Forensic Medicine and documentation of torture and has continued these works under pressure. She was charged with "propagandizing for a terrorist organization" and sentenced to 2 years, 6 months in prison for having signed the declaration "We will not be a party to this crime" prepared by Academics for Peace. She was arrested and released in Özgür Gündem Editors-in-Chief-on-Watch trial, which is still continuing today.

Ayşe Düzkan: She has been sentenced to 18 months in prison in Özgür Gündem Editors-in-Chief on Watch trial and she has been behind bars in Bakırköy Prison since January 29, 2019.

Osman Kavala: There is no concrete legal evidence, but he is charged with leading Gezi Incidents and taking part in July 15. He is still in Silivri Prison.

Making a speech in the award-giving ceremony, Şebnem Korur-Fincancı stated that they would continue struggling for the rule of law and added:

"It is a great honor for me. But, we are also very outraged. Our rights are seized by copy-paste bills of indictment."

The award of Ayşe Düzkan was given to journalist Nevin Cedav from Yeni Yaşam newspaper and JIN NEWS reporter Safiye Alağaş.

Sending a message to the ceremony, Kavala also stated that it was an honor for him to receive this award.

About Ayşenur Zarakolu Freedom of Thought and Expression Award

After human rights defender and publisher Ayşenur Zarakolu lost her life in 2002, the Human Rights Association (İHD) İstanbul Branch has been granting Ayşenur Zarakolu Freedom of Thought and Expression Award since 2003 to people and organizations who face oppression in terms of human rights, democracy and peace in general, in freedom of thought and expression in particular and do not keep silent and continue to give people hope despite these oppressions.

Previous laureates of the award were as follows:

Ayşe Çelik (in the name of everyone who says, "Don't let children die, don't let mothers cry"), Selahattin Demirtaş (in the name of all arrested MPs and elected), Onur Hamzaoğlu (in the name of physicians arrested and oppressed for demanding peace), Murat Sabuncu (in the name of oppressed journalists), Sezin Uçar (in the name of arrested lawyers), Boğaziçi University students (in the name of all arrested students), Özgürlükçü Demokrasi newspaper (in the name of closed newspaper and media organizations), Hasan Ceylan (in the name of all arrested and oppressed human rights defenders)
(BIA, 10 May 2019)

Arrestation en Turquie d'un mathématicien de l'Université Lyon

Tuna Altinel, un mathématicien turc travaillant à l’université de Lyon-I, a été arrêté et placé en détention provisoire samedi en Turquie. Les autorités turques l’accusent de propagande terroriste. Il avait signé en 2016 une pétition pour la paix au Kurdistan turc qui a déjà conduit près de 700 universitaires au tribunal.

Turkey Crackdown Chronicle of CPJ: Week of May 5, 2019

An Istanbul court on May 7 sentenced Cansu Pişkin, a reporter for the leftist daily Evrensel, to 10 months in prison for "making a target of a civil servant for terrorist organizations," the television news website Medyascope reported. The court suspended Pişkin's sentence barring a repeated offense in the next five years. Pişkin had, in a news article, included the name of a prosecutor involved in a case against a group of university students who had protested Turkey's military action in Syria in 2018. Pişkin pleaded not guilty at the final hearing. Her defense team said their client did not intend to make the prosecutor a target by including his name in the piece, pointing out that the prosecutor's name had been featured in other news articles as well.

Prison sentence overturned for Paradise Papers journalist

A local appeals court in Istanbul on May 6 overturned the prison sentence of journalist Pelin Ünker but only marginally reduced the monetary fine she was subject to, television news website Medyascope reported.

Ünker, formerly with the opposition newspaper Cumhuriyet, was sentenced on January 8 to 13 months in prison for "defamation and insult" and fined 8,860 Turkish lira (US$1,421) for her reporting on the alleged offshore dealings of Turkey's former Prime Minister Binali Yıldırım and his sons in the Paradise Papers case, CPJ previously documented.

The appeals court dismissed the case, ruling that it had not been filed within the legal statute of limitations period of four months after the article in question was published, according to the Medyascope report. However, the court approved the monetary fine against Ünker, reducing it only slightly to 7,050 Turkish lira (US$1,131).

Another case against Ünker, also related to her Paradise Papers reporting, was dismissed because of the same statute of limitations issue in March, CPJ previously documented.

Turkey named worst free speech offender in history of ECHR

A report published by the Council of Europe's Information Society Department on May 2 identified Turkey as the top violator of Article 10 of the European Convention on Human Rights, which covers freedom of expression, both in 2018 and in general since 1959. According to the European Court of Human Rights' statistics, Turkey was found in violation of Article 10 on 40 occasions in 2018. Russia had the second-most violations, with 14 cases. Historically, between 1959 and 2018, Turkey again had by far the most violations of Article 10, with 321. The next-worst offenders were Russia and France, with 53 and 38 violations respectively.

Journalist arrested at home, released after brief detention

Freelance journalist and writer Kemal Bozkurt was arrested from his house in Istanbul by police in the early hours of May 4 and released later that day after questioning, independent news website Bianet reported. Bozkurt was taken into custody because he had not delivered testimony in a trial against him charging him with preventing a civil servant from performing a duty, according to Bianet.

News ban for alleged corruption talk

A news ban was issued for stories featuring a video of Bilal Erdoğan, son of President Recep Tayyip Erdoğan, and Haydar Ali Yıldız, mayor of Istanbul's central district Beyoğlu, discussing urban development, leftist daily BirGün reported on May 8. In the video, the two men, seemingly unaware that cameras are on, discuss whether "they" can get "one-two buildings" from an urban development project. According to BirGün, lawyers for Erdoğan filed a complaint arguing that their client's personal rights were violated by certain reports and had a news ban issued for the story.

Turkey's highest court reviews 10 appeals, denies seven

The Constitutional Court of Turkey reviewed the individual appeals of 10 press trial defendants on May 2 and 3, deciding that the constitutional rights of seven of them were not violated during their arrests and incarcerations, reports said, and granting the appeals of the other three.

Journalists Murat Sabuncu and Ahmet Şık of the opposition daily Cumhuriyet, as well as former Cumhuriyet board members Akın Atalay, Bülent Utku, and Önder Çelik, were denied their appeals. Çelik remains in prison while the others are free pending appeals in other cases. Meanwhile, their co-defendant in Cumhuriyet's infamous trial, journalist Kadri Gürsel, was among those whose appeals were granted. Gürsel tweeted following the decision on May 2 that, if the court had found in favor of all the Cumhuriyet defendants two years, four months, and eight days after they had originally filed their appeals, they at least "could have said 'delayed justice is injustice.'" But now, he wrote, "we can't even say that."

The Constitutional Court shelved those appeals for years and was criticized by the applicants on multiple occasions. Cumhuriyet's Istanbul offices were raided in October 2016, leading to the arrests of journalists and staff. Some were released pending appeal during the trial, while others remained in prison or returned to prison later.

In a similar situation, the Constitutional Court rejected the appeals of Ahmet Altan and Nazlı Ilıcak last week, despite overturning the sentence of their co-defendant, renowned academic Mehmet Altan, in July 2017. Mehmet had been tried and sentenced to life in prison alongside his brother Ahmet and colleague Ilıcak. But although the Constitutional Court overturned Mehmet's sentence following his appeal, a local appeals court approved the life sentences against Ahmet and Ilıcak in October 2018. The Constitutional Court shelved the appeals of Ahmet and Ilıcak until April 2019, ultimately denying them and upholding their life sentences in the latest set of rulings. Today, Ahmet and Ilıcak are still in prison, while Mehmet is not, despite all being co-defendants in the case.

Another reporter whose appeal was granted following the latest set of rulings was freelance journalist Murat Aksoy, who served 25 months on charges of "knowingly and willingly aiding a [terrorist] organization." Aksoy told CPJ on Monday, "This is a late verdict but it is better than never." He added that he hoped the ruling would help with the compensation case he has filed regarding his arrest.

Ali Bulaç, a former columnist for the shuttered daily Zaman, was the third journalist whose constitutional rights were violated according to the Constitutional Court's ruling. His lawyers did not offer comment at this time.

Veysel Ok, a former lawyer for Ahmet Altan who was part of the legal team that filed the appeal to the Constitutional Court, told CPJ on Wednesday that although this was a negative result for the defendants whose appeals were rejected, it was a "good" result for Turkey. "We have made several appeals to the European Court of Human Rights, and we have received answers such as, that there is a working, effective domestic law process in Turkey," Ok said. "Now, [these overturned and inconsistent sentences] show that, unlike the ECHR's [assertion], the Constitutional Court is not an effective and efficient court but it makes decisions based on the political conjuncture of Turkey."

Ok said some of the journalists had appeals at the European Court that had been pending for years and that this development should move the ECHR to review them.

Individual appeals to the highest legislative body, put into practice in 2012, focus on whether the rights of defendants were violated during incarceration or the judicial process. This process is separate from regular appeals made to the Supreme Court of Appeals, where the contents of trial files are reviewed.

La Cour constitutionelle déboute deux journalistes écroués

La Cour constitutionnelle de Turquie a débouté vendredi deux journalistes turcs de renom, dont l'auteur Ahmet Altan, qui l'avaient saisie pour dénoncer leur incarcération dans le cadre de purges ayant suivi un putsch manqué en 2016.

Selon l'agence de presse étatique Anadolu, la Cour constitutionnelle turque a refusé de reconnaître que les libertés individuelles d'Ahmet Altan et de Nazli Ilicak avaient été violées par les autorités.

M. Altan, ancien patron de presse et écrivain âgé de 69 ans, et Mme Ilicak, journaliste et écrivaine âgée de 74 ans, ont été arrêtés dans les mois ayant suivi la tentative de putsch du 15 au 16 juillet 2016. L'an dernier, ils ont été condamnés à la réclusion à perpétuité.

Le frère d'Ahmet Altan, Mehmet, a lui aussi été condamné à la même peine, mais il a été remis en liberté par la suite.

M. Altan et Mme Ilicak, des intellectuels respectés en Turquie, ont toujours nié toute implication dans la tentative de coup d'Etat, rejetant des accusations "grotesques".

Ils étaient notamment accusés d'avoir envoyé des "messages subliminaux" lors d'une émission retransmise en direct à la télévision à la veille du putsch manqué.

Vendredi, la Cour constitutionnelle a estimé dans un arrêt que les droits d'un autre journaliste, Ali Bulaç, avaient été violés.

M. Bulaç a travaillé pour le journal Zaman, proche du mouvement du prédicateur Fethullah Gülen qu'Ankara désigne comme le cerveau de la tentative de putsch. M. Gülen, qui réside aux Etats-Unis, dément toute implication.

Le plus haut tribunal de Turquie avait reconnu jeudi la violation des libertés de deux journalistes, dont le chroniqueur Kadri Gürsel, déboutant quatre autres journalistes.

La décision de la Cour constitutionnelle vendredi coïncide avec la journée mondiale de la liberté de la presse

La Turquie est régulièrement pointée du doigt par les organisations de défense de la liberté de la presse qui dénoncent la multiplication depuis 2016 des arrestations de journalistes et des fermetures de médias.

La Turquie occupe la 157ème place sur 180 au classement 2018 de la liberté de la presse établi par l'ONG Reporters sans frontières (RSF).
(AFP, 3 mai 2019)

2 Academics Sentenced to 3 Years, 4 Months in Prison in Total

Trial of academics, who have been charged with "propagandizing for a terrorist organization" for having signed the declaration entitled "We will not be a party to this crime" prepared by the Academics for Peace, continued in İstanbul Çağlayan Courthouse yesterday (May 2).

Having the final hearing at the 25th Heavy Penal Court, academic S.I. from Sabancı University has been sentenced to 2 years, 1 month in prison for "knowingly and willingly aiding a terrorist organization as a non-member."

One of the judges who was a member to the court board expressed a dissenting opinion, stating that the academic should have been penalized on charge of "propagandizing for a terrorist organization" as per the Article 7/2 of the Anti-Terror Law (TMK).

Since the prison term of the academic is over two years, the announcement of the verdict has not been deferred. The final judgement will be given by the court of appeal, which will either uphold or reverse it.

At the İstanbul 14th Heavy Penal Court, academic Z.Y. from Boğaziçi University has been sentenced to 1 year, 3 months in prison for "propagandizing for a terrorist organization" as per the Article 7/2 of the TMK. The announcement of the verdict has been suspended.*
Hearings held on May 2, 2019

Academics had their hearings at six different courts:

At the İstanbul 37th Heavy Penal Court; Prof. Dr. Murat Cemal Yalçıntan from Mimar Sinan Fine Arts University (MSGSÜ) and Prof. Dr. Mesut Yeğen from Şehir University had their fourth hearings.

At the İstanbul 36th Heavy Penal Court; Dr. Lecturer Günizi Kartal and İ.S. from Boğaziçi University had their fourth hearings and Assoc. Prof. Tezcan Durna from Ankara University had his second hearing.

At the İstanbul 25th Heavy Penal Court; S.I. from Sabancı University had the fifth hearing.

At the İstanbul 26th Heavy Penal Court; Assoc. Prof. Aslı Davas from Ege University had her second hearing.

At the İstanbul 14th Heavy Penal Court; Z.Y. from Boğaziçi University had the fifth hearing.

At the İstanbul 29th Heavy Penal Court; Dr. Lecturer Meltem Yılmaz Şener from İstanbul Bilgi University had her third hearing.

About the Trials of Academics

On January 10, 2016, 1,128 academics published a declaration entitled "We will not be party to this crime" on behalf of the Academics for Peace initiative.

With the participation of further academics, the number of academics who have signed the declaration has reached 2,212.

With the indictment issued by the Prosecutor İsmet Bozkurt, lawsuits were filed against the academics on charge of "propagandizing for a terrorist organization" as per the Article No. 7/2 of the Anti-Terror Law No. 3713.

As of April 30, 2019, 610 academics had stood trial since December 5, 2017, all the 190 academics whose cases were concluded have been sentenced to prison. 134 of these academics were sentenced to 1 year and 3 months in prison; 8 academics to 1 year and 6 months in prison; 16 academics to 1 year, 10 months and 15 days in prison; 17 academics to 2 years and 3 months in prison; six academics have been sentenced to 2 years and 6 months in prison; four academics have been sentenced to 2 years and 1 month in prison; and one academic to 3 years in prison.

The suspension of the pronouncement of the verdict

Until today, 12 academics have not accepted that the announcement of their verdicts be deferred. While seven of these academics have been sentenced to 1 year and 3 months in prison, one academic has been sentenced to 1 year and 6 months, one academic to 2 years and 3 months, one academic to 2 years and 6 months and one academic to 3 years in prison. The verdict of one academic has not been pronounced by the court yet.

The court board of the 36th Heavy Penal Court has reduced the prison sentences of academics who did not demand the suspension of the pronouncement of their verdicts and deferred their sentences on a 2-year probation. The 32nd Heavy Penal Court has made reductions in the sentences; however, it has not deferred them. The 37th Heavy Penal Court has neither reduced nor deferred the pronouncement of the verdicts.

Three academics were not asked about whether they requested the suspension of the pronouncement of their verdicts. While one of these three academics has been sentenced to 1 year and 6 months in prison, one of them has been sentenced to 1 year and 3 months and the other academic to 2 year and 3 months in prison.

The prison sentences of academics, the announcement of whose verdicts has not been suspended since their sentence is over two years, will be taken to the court of appeal. The court of appeal will either uphold or reverse the verdict.

On March 10, 2016, the Academics for Peace made a statement for press and shared with the public what they had been going through since the declaration "We will not be a party to this crime" was published. The academics Dr. Lecturer Esra Mungan, Dr. Lecturer Muzaffer Kaya, Assoc. Prof. Dr Kıvanç Ersoy (March 15, 2016) and Dr. Lecturer Meral Camcı (March 31, 2016), who read out the statement for press, were arrested on charge of "propagandizing for a terrorist organization" as per the Article No. 7/2 of the Turkish Anti-Terror Law. They were released on April 2016. Upon the request of the Prosecutor's Office, the Ministry of Justice granted a permission of trial as per the Article No. 301 of the Turkish Penal Code No. 301 on charges of "insulting the Turkish Nation, the State of the Republic of Turkey and the institutions and organs of the government."
(BIA, 3 May 2019)

"Press Freedom Report" The Journalists Union of Turkey

The Journalists Union of Turkey (TGS) has released its "Turkey Press Freedom Report" on May 3 World Press Freedom Day. TGS Chair Gökhan Durmuş and attorney Ülkü Şahin have presented the report.

Speaking before the presentation of the report, Durmuş said that he is sorry for not being able to celebrate such a day.

Saying that the report covers the events between April 2018 and April 2019, Durmuş remarked that journalists are persecuted because of reasons such as arrest, lawsuits, unemployment and detention pressure.

Reminding that the United Nations declared May 3 the World Press Freedom Day in 1993, Durmuş said, "ın the 25th year of the press freedom day, I am ashamed to share such a dark picture with the journalists."
"We want to create a country where the press is free"

Durmuş made the following remarks in his speech:

"We need to strive with other journalists to change this black picture. There is such a black picture in front of us in 2019 but we want to create a country where the press is really free in 2020 and we have to struggle to realize that.

"I once more call all journalists to act with solidarity and lay claim to their jobs. We are doing an honorable job, a public service. In a country, the guarantee of the people's right to receive news is the journalists, in a country, the guarantee of the democracy is the journalists, the guarantee of the independence of the law is the journalists.

"This situation has changed to the worse because of the policies that were practiced in the last ten years. While we say, 'There is no press freedom in Turkey,', we can also comfortably say that there is no democracy in Turkey. We don't have any other option than striving together to change this picture."
"Press freedom is destroyed in the country"

Ülkü Şahin, speaking after Durmuş, read the report they prepared.

"In the last years, increasing pressure on journalists, the control of the media being taken by the government, arrest of the 142 journalists destroyed the press freedom in the country," she said.

Saying that the journalists now have to defend press freedom in court halls, Şahin gave the following details from the report:

"In the past year, 74 journalists were sentenced to a total of 256 years in prison for various offenses. Three journalists were given a life sentence. On the May 3 World Press Freedom Day, our 142 colleagues are being held at various prisons in across Turkey.
"170 million liras of fine"

"In the last year, journalists were sentenced to pay a total of 170 million liras (~28.4 million US dollars) of judicial fine or compensation. 18 journalists were acquitted in the cases they were being tried. This number equals about 19 percent of the concluded cases against journalists. This means that out of 5 concluded cases, one journalist was acquitted and four were given sentence.

"When we look at the alleged offenses of journalists, 42 percent is propaganda crime, 16 percent is terrorist organization membership crime, 13 percent is insulting the President or public officials
6 percent is aiding a terrorist organization, and the remaining 23 percent is offenses such as provoking the people into enmity and hatred, social media posts, targeting people, insulting religious values, breach of privacy. In the trials related to these crimes, journalists have to defend the articles they wrote, the comments they made."

"The cases concluded in non-prosecution"

"In the last year, 20 journalists were detained on duty, or because of the news reports they wrote or the posts they shared. Journalists were subjected to many verbal attacks and threats last year. They were targeted by public officials and subjected to physical attacks. In spite of that, the cases where the journalists were the aggrieved party concluded in non-prosecution or impunity.

"Vice President Fuat Oktay announced that 1,954 journalists' press cards were canceled in the last three years.
Unionizing rate is very low

"According to the figures of the Ministry of Family, Labor and Social Services, the number of the employees in the sector was 92,159 in January 2018; this number was dropped to 86,366 in January 2019.

"Unemployment among the journalists is among 25 percent. In other words, one out of every four journalists is unemployed. Unionizing rate in the sector is 7.79 percent, much lower than Turkey average."
(BIA, 3 May 2019)

14 Women Journalists Behind Bars

The Mesopotamia Women Journalists Platform (MKGP) has released its four-month report on the occasion of May 3 World Press Freedom Day. The report was shared with the public in a statement for the press held in the Human Rights Association (İHD) Diyarbakır Branch today (May 3).

While the Kurdish version of the report was read out by journalist Fatime Tekin, its Turkish version was read out by Platform Spokesperson Ayşe Güney. Some details from the report are as follows:

* After the State of Emergency was declared on July 20, 2016, 173 media organizations were closed.

* 12 imprisoned journalists have been on a hunger strike.

* There are 14 women journalists currently behind bars. Five women journalists have been released. 30 women journalists stood before the judge. Two women journalists have been acquitted. Two women journalists were battered and two of them were massacred. The telephones of three women journalists were wiretapped.

'We will continue writing the truth'

Concluding the report, the representatives of the platform said,

"In the face of the reality of press which has assumed a single voice and a single color, black, we, as women journalists, will purely and simply write the truth, show it to the whole world and will not lose our courage by containing all colors of Turkey within ourselves.

"We wish a happy World Press Freedom Day to our all colleagues and invite them to raise their voices for freedom of press and expression."
'It is Press Freedom Day, we have opposite in Turkey'

Free Press Initiative (ÖGİ) has also released its four-month report on the occasion of May 3 World Press Freedom Day.

In the report of ÖGİ, it has been indicated that in the four-month period of January, February, March and April, 162 journalists were behind bars, 15 journalists were detained, an investigation was launched against two journalists, a lawsuit was filed against seven journalists, 219 journalists were put on trial, 26 journalists were sentenced to fines or prison, 15 journalists were released and one journalist was deported from Turkey.
(BIA, 3 May 2019)

Academics sentenced to prison terms

Trial of academics, who have been charged with "propagandizing for a terrorist organization" for having signed the declaration entitled "We will not be a party to this crime" prepared by the Academics for Peace, continued in İstanbul Çağlayan Courthouse yesterday (April 30).

In the first hearings of academics Güneş Gümüş, Cem Somel and Bahadır Aydın, the board of the the İstanbul 35th Heavy Penal Court has ruled that the case files of academics shall be sent to the Ministry of Justice for a permission of investigation as per the Article 301 of the Turkish Penal Court (TCK). Their trials have halted until the Ministry replies to the request.

In the single hearing heard by the 24th Heavy Penal Court, the court board has also ruled that the file of Ülkü Doğanay shall be sent to the Ministry of Justice for a permission of investigation as per the Article 301 of TCK. This trial has also halted until the response of Ministry.
Two academics sentenced to prison

Having his final hearing at the İstanbul 32nd Heavy Penal Court, academic Ömer Çelebi has been sentenced to 1 year and 3 months in prison on charge of "propagandizing for a terrorist organization" as per the Article 7/2 of the Anti-Terror Law. The pronouncement of the verdict has been deferred.

The court of İstanbul 25th Heavy Penal Court has ruled that Süreyya Topaloğlu shall be sentenced to 2 years and 6 months in prison for "knowingly and willingly aiding a terrorist organization as a non-member."

A judge who is a member of the court board has expressed a dissenting opinion, stating that the academic "should have been penalized as per the Article 7/2 of the Anti-Terror Law."

Since the prison term of the academic is over two years, the announcement of her verdict has not been deferred. The verdict of conviction will be examined by the court of appeal for the final judgement. The court will either uphold or reverse the prison sentence.
(BIA, 1 May 2019)

Kurdish Question / Question kurde

Levée de l'interdiction imposée au chef kurde Öcalan de voir ses avocats

'interdiction de rencontrer ses avocats imposée depuis huit ans au chef historique détenu de la rébellion kurde Abdullah Öcalan, détenu en Turquie, a été levée jeudi, deux semaines après l'autorisation d'une première visite.

Malgré un isolement quasi total depuis sa capture et son incarcération sur l'île-prison d'Imrali près d'Istanbul en 1999, M. Öcalan reste une figure de référence pour la rébellion kurde en Turquie, où le conflit entre l'Etat et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK),dont il fut l'un des fondateurs, a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

"Les décisions interdisant des rencontres ont été levées et il est désormais possible pour lui d'en avoir", a déclaré le ministre turc de la Justice Abdülhamit Gül à la presse à Ankara.

Il a toutefois souligné que les rencontres d'un détenu avec ses avocats étaient un droit qui peut être limité pour des questions de sécurité.

Cette décision survient après l'autorisation le 2 mai d'une première visite en prison de deux des avocats du chef historique du PKK, un groupe classé "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

Ils avaient relayé, la semaine dernière, un message dans lequel M. Öcalan appelait les centaines de personnes actuellement en grève de la faim dans les prisons turques pour protester contre ses conditions de détention à ne pas mettre leur vie en danger.

Il avait également appelé à "prendre en considération" les "sensibilités" de la Turquie en Syrie, où une milice kurde syrienne liée au PKK contrôle de vastes territoires dans le nord du pays, au grand dam d'Ankara qui craint la création d'une entité kurde à ses frontières.

Un de ses avocats, Ibrahim Bilmez, a déclaré jeudi à l'AFP que "le plus important est d'obtenir une réponse positive à nos demandes d'entretien", après l'annonce de la levée de l'interdiction.

"Nous avons fait une demande pour un entretien demain (vendredi) et nous attendons" une réponse, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le cabinet d'avocats Asrin Hukuk Bürosu, qui représente le détenu, souligne que depuis la visite du 2 mai, aucune autre n'a été autorisée malgré des demandes répétées.

Le texte insiste également sur l'importance d'autoriser les visites régulières des avocats à leur client, mais aussi les lettres et échanges téléphoniques de M. Öcalan avec eux et sa famille.

- Peine de mort commuée -

Le frère de M. Öcalan, Mehmet, a pu lui rendre visite à la mi-janvier pour la première fois depuis 2016, à la faveur d'un geste d'apaisement consenti par les autorités après le lancement du mouvement de grève de la faim.

Le leader kurde avait été condamné à mort le 29 juin 1999 pour trahison et tentative de diviser la Turquie mais sa peine a été commuée en 2002 en réclusion à perpétuité, après l'abolition de la peine de mort en Turquie.

Selon le parti prokurde HDP, quelque 3.000 prisonniers sont actuellement en grève de la faim pour réclamer l'assouplissement des conditions de sa détention, la plupart ayant rejoint le mouvement par solidarité avec la députée prokurde Leyla Güven, qui refuse de s'alimenter depuis novembre dernier.

Huit personnes se sont par ailleurs suicidées en prison depuis le début du mouvement, selon le HDP.

Depuis la rupture en 2015 d'un fragile cessez-le-feu dans le sud-est de la Turquie, le discours du président Recep Tayyip Erdogan au sujet des rebelles kurdes s'est nettement durci, faisant s'éloigner la perspective d'une solution politique négociée au conflit.

La décision annoncée jeudi survient également au moment où le parti au pouvoir, l'AKP, s'efforce de séduire les électeurs à Istanbul en vue de l'élection municipale prévue le 23 juin, après l'annulation du scrutin remporté par l'opposition fin mars.

Or de nombreux observateurs avaient estimé que le vote des Kurdes y avait été déterminant, le parti HDP ayant préféré soutenir le principal candidat de l'opposition, Ekrem Imamoglu, plutôt que de présenter son propre candidat.
(AFP, 16 mai 2019)

Militantes kurdes tuées à Paris: enquête sur le rôle des services turcs

Un juge antiterroriste a été chargé mardi de reprendre l'enquête sur l'assassinat en 2013 à Paris de trois militantes kurdes, à la demande des familles qui réclament d'approfondir la thèse de l'implication des services secrets turcs (MIT), a appris l'AFP mercredi de sources concordantes.

Les familles avaient déposé en mars 2018 une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la reprise des investigations sur les possibles commanditaires et complices de ces assassinats. L'unique suspect, le Turc Omer Güney, était mort d'un cancer du cerveau fin 2016 à la veille de son procès aux assises à Paris.
(AFP, 15 mai 2019)

Ocalan rencontre des avocats pour la 1ère fois en huit ans

Le chef historique de la rébellion kurde Abdullah Ocalan, qui purge une peine de prison à vie en Turquie, a rencontré des avocats pour la première fois depuis 2011, ont indiqué ses défenseurs lundi.

Lors d'une conférence de presse à Istanbul, les avocats de M. Ocalan ont en outre relayé un message de sa part exhortant des partisans en grève de la faim à ne pas mettre leur vie en danger par leur action.

La rencontre entre M. Ocalan et deux de ses avocats a eu lieu le 2 mai dans l'île-prison d'Imrali, non loin d'Istanbul, où il est incarcéré, ont-ils précisé.

"C'est sa première rencontre avec des avocats depuis 2011. Elle a duré environ une heure", a déclaré l'un des avocats qui l'a rencontré, Rezan Sarica, lors d'une conférence de presse à Istanbul.

"Seulement deux avocats ont été autorisés à le rencontrer même si quatre en ont fait la demande", a-t-il ajouté.

Malgré un isolement quasi-total, M. Öcalan reste une figure de référence pour la rébellion kurde en Turquie, où le conflit entre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et l'Etat a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

Selon le parti prokurde HDP, quelque 3.000 prisonniers sont actuellement en grève de la faim pour réclamer l'assouplissement des conditions de sa détention, la plupart ayant rejoint le mouvement ces dernières semaines par solidarité avec une députée prokurde, Leyla Güven, qui refuse de s'alimenter depuis novembre dernier.

Par ailleurs, huit personnes se sont suicidées en prison depuis le début du mouvement, selon le HDP.

"Nous respectons la résistance de nos amis dans les prisons et en dehors mais nous souhaitons qu'ils ne la portent pas à un stade mettant leur vie en danger ou entraînant leur mort", a indiqué une autre avocate, Nevroz Uysal, relayant un message de M. Ocalan lors de la conférence de presse.

"Pour nous, leur état de santé physique et psychologique prime sur toute autre considération", a-t-elle ajouté. "Un règlement politique honorable et démocratique est primordial pour nous".

Depuis la reprise du conflit dans le sud-est de la Turquie en 2015 après la rupture d'un fragile cessez-le-feu, le discours du président Recep Tayyip Erdogan au sujet des rebelles kurdes s'est nettement durci, faisant s'éloigner la perspective d'une solution politique négociée au conflit.

Le frère de M. Ocalan, Mehmet, a pu lui rendre visite à la mi-janvier pour la première fois depuis 2016 à la faveur d'un geste d'apaisement consenti par les autorités après le lancement du mouvement de grève de la faim par des prisonniers en signe de protestation contre son isolement.

Dans le message relayé par ses avocats, M. Ocalan a aussi évoqué la situation en Syrie où une milice kurde syrienne liée au PKK contrôle de vastes territoires dans le nord du pays, au grand dam d'Ankara qui se dit déterminé à l'en chasser pour éviter la création d'une entité kurde à ses frontières.

"Nous pensons que les problèmes en Syrie doivent être résolus loin de la culture de violence et dans le but d'instaurer une démocratie locale dans le respect de l'intégrité territoriale de la Syrie. Les sensibilités de la Turquie doivent être prises en considération", a estimé M. Ocalan selon ses avocats.

Abdullah Öcalan, alors en cavale depuis 1980, a été capturé le 15 février 1999 par des agents turcs au Kenya.

Il a été condamné à mort le 29 juin 1999 pour trahison et tentative de diviser la Turquie mais sa peine a été commuée en 2002 en réclusion à perpétuité, après l'abolition de la peine de mort en Turquie.
(AFP, 6 mai 2019)

Le pouvoir dénonce une conférence organisée par les Kurdes

Le pouvoir syrien a qualifié de "trahison" une conférence organisée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance dominée par des combattants kurdes, durant laquelle un haut responsable avait rejeté les accords dits de "réconciliation" généralement imposés par Damas, selon l'agence officielle Sana.

Même s'il avait dénoncé ces accords utilisés par le régime de Bachar al-Assad pour reconquérir des bastions rebelles, le chef des FDS, Mazloum Kobani, s'était dit ouvert à "un dialogue avec le régime" lors d'une conférence réunissant vendredi des représentants tribaux à Ain Issa (nord).

Vendredi soir, une source au ministère des Affaires étrangères de Damas, citée par Sana, a estimé que la conférence, organisée dans une ville tenue "par des milices armées dépendant des Etats-Unis et d'autres pays européens", avait essuyé un "échec" en raison du "boycott de la plupart des tribus".

"De tels rassemblements incarnent (...) la trahison des organisateurs (contre leur pays), quelles que soient leurs appartenances politiques, ethniques, ou raciales", a précisé cette source.

A la faveur de la guerre qui a éclaté en 2011, les Kurdes, minorité ethnique représentant 15% de la population, ont établi une administration autonome sur environ un tiers du pays dans le Nord et le Nord-est. Leur autonomie n'est pas reconnue par le régime.

"Nous n'accepterons en aucun cas un retour à l'avant-2011", avait martelé vendredi Mazloum Kobani, précisant que les "problèmes" et "défis" de la région ne pourraient être réglés par des accords de réconciliation. Les FDS, soutenues par les Etats-Unis, ont été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Ces derniers mois, le président syrien Bachar al-Assad a fait part de sa volonté de reconquérir les zones kurdes, par "la force" ou à travers des accords dits de "réconciliation".

Par le passé, son régime a imposé ces accords dans des zones contrôlées par les rebelles après les avoir bombardées, assiégées ou étouffées pour faire plier les insurgés.

Ils prévoyaient notamment une évacuation des combattants et des civils réfractaires à l'autorité de Damas et le redéploiement des institutions de l'Etat dans les zones reconquises.
 La Ghouta orientale, bastion rebelle aux portes de Damas reconquis en avril 2018 par le pouvoir, avait fait l'objet de tels accords.

Soutenu par la Russie et l'Iran, le régime syrien a enchaîné les victoires contre rebelles et jihadistes ces dernières années et contrôle aujourd'hui près des deux tiers du pays.

La guerre en Syrie n'a eu de cesse de se complexifier au fil des ans, impliquant plusieurs acteurs régionaux et internationaux. Le conflit a fait en huit ans plus de 370.000 morts.
(AFP, 4 mai 2019)

Kurdish Mayor for London Borough of Lambeth

İbrahim Doğuş from the Labour Party has been elected Mayor of Lambeth, the most crowded borough in London.

Kurdish circles know him for his studies on the Kurds as the director of the Centre for Turkey Studies (CEFTUS), and he is known in the media of the UK for his voluntary efforts.

On March 22, 2017, five people lost their lives in an attack targeted the UK parliament in Westminster. Doğuş kept his restaurant open until late night and offered free food for the police and emergency workers. In the wake of the incident, he was awarded by the Lambeth Municipality with a certificate of appreciation.

Just after he assumed office at the borough municipality, Doğuş answered bianet's questions.

There is a very large Kurdish population in the UK. As the Kurdish Mayor of Lambeth, do you have projects for the education of the Kurdish language and for cultural and political activities?

Because there are not many citizens who are members of the Kurdish or the Turkish societies, projects like language education or cultural studies are unfortunately not in our priorities at this point.

When we last met in 2016, clashes were going on in Diyarbakır's Sur district. You were among the delegation from the UK, whose members made examinations, then prevented from doing so by police detention. You are a politician who follows the developments closely. On the level of the municipalities, do you have cooperation with the Municipality of Sur?

We have communication with several municipalities in Turkey. In the future, we will make efforts to even improve the relations between the municipalities. Diyarbakır's Municipality of Sur is one of the municipalities that we would like to be in touch with. I try to closely follow the political developments in Turkey, our endeavor regarding this will continue.

A "Kurdish-friendly" party

You have been working within the Labour Party for years and define them as "Kurdish-friendly". What do you mean by that?

The Labour, with its 100-year history, is one of the most rooted political parties of Britain. Our party members, elected politicians, high-level executives consist of people who closely follow the international political and social developments and run international solidarity campaigns because they have a leftist, socialist and internationalist identity. For this reason, we are a party that closely follows the developments in the region, especially in Turkey.

As a party who knows the difficulties the Kurdish society face in Iraq, Iran, Syria and Turkey, we are a friend of the Kurds as we stand with all segments of the society that are subjected to injustice.
(BIA, 1 May 2019)

Minorités / Minorities

Dogan Özgüden dénonce les "chantages" d'Ankara aux partis politiques belges

«Je peux deviner facilement les intentions des opposants à l’élargissement de la loi au génocide des Arméniens. Je trouve tout à fait compréhensibles les réactions de la communauté arménienne contre cette exclusion juste au 104e anniversaire du génocide de 1915 », affirme le redacteur en chef d'Info-Turk.be, Dogan Özgüden.

«II est tout à fait ridicule de dire que le génocide des Arméniens n’est pas encore reconnu par un tribunal international. Étant donné que tous les auteurs de ce génocide d'il y a 104 ans n’existent plus, qui seront jugés par une telle instance judiciaire? D’ailleurs, il faut se rappeler que le génocide des Arméniens a déjà été reconnu par 28 états membres de l’ONU y compris la Belgique, 41 états des USA et par plusieurs institutions internationales comme le Conseil de l’Europe, le Parlement européen».

Dogan Özgüden n'hésite pas à dénoncer les "chantages" auxquels sont soumis les partis politiques belges. "Les chantages des organisations, médias et élus turcs au service du régime d’Ankara juste à l’approche des élections législatives en Belgique. Tout ce qui se passe me rappelle les manœuvres pareilles d’il y a quatre ans," observe-t-il.

«En 2015, l’organisation d’Europalia-Turquie juste au 100e anniversaire du génocide de 1915 était une offense impardonnable à la mémoire des peuples arménien, assyro-araméen et grec pontique. D’ailleurs, le texte de la reconnaissance du génocide des Arméniens par l’Etat belge acquittait l’Etat turc et faisait les éloges à Recep Tayyip Erdogan. Il n'y a aucun doute que le négationnisme et ultra-nationalisme turcs sont bien renforcés après cette deuxième soumission belge... Il faut déjà voir les cris triomphalistes dans les médias turcs.». (Revue Regards, Mai 2019)


La décision du Parlement belge de tolérer le négationnisme est inacceptable

Communiqué de
la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie:

 
Lors de sa séance plénière du 24 et 25 avril 2019, la Chambre des Représentants de Belgique a discuté et adopté une loi qui, entre autres, sanctionne le négationnisme des génocides tels que le génocide rwandais et les massacres de Srebrenica. Malgré les efforts de la communauté arménienne de Belgique et de plusieurs parlementaires et spécialistes du domaine, le texte adopté n'inclut pas la pénalisation de la négation du génocide des Arméniens. En effet, la Belgique a officiellement reconnu le génocide des Arméniens à trois niveaux : la Chambre des représentants, le Sénat et le Gouvernement à travers la déclaration officielle du Premier ministre Charles Michel.

"La décision du Parlement belge d'exclure le génocide des Arméniens de la loi est inacceptable et profondément décevante. Les conditions préalables à la pénalisation de la négation du génocide des Arméniens étaient réunies et il était possible de suivre l’exemple d'un certain nombre de pays européens.

Tolérer le déni encourage forcement les régimes autoritaires, comme celui d'Erdogan, et peut malheureusement donner le feu vert à l’expression des sentiments xénophobes anti-arméniens", a déclaré Kaspar Karampetian, président de la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie (FEAJD).

Karampetian a détaillé son propos : "Il est regrettable de constater que la majorité de la Chambre a fait la sourde oreille à l'opinion publique, aux nombreux articles publiés dans les principaux médias belges, à la demande des militants des droits de l'homme et aux amendements des différents parlementaires, dont nous apprécions grandement l'engagement envers la justice".

"Tout cela signifie, qu'avec la communauté arménienne de Belgique, nous redoublerons certainement d'efforts pour exiger justice pour les victimes innocentes et les descendants des survivants du génocide des Arméniens. Au lendemain des prochaines élections, nous travaillerons en étroite collaboration avec le nouveau Parlement belge afin de remettre à nouveau cette question à l'ordre du jour", a conclu le président de la FEAJD. (
FEAJD, 30 avril 2019)

Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan balaye les critiques sur l'annulation du vote à Istanbul

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a balayé samedi les critiques internationales après l'annulation de l'élection municipale à Istanbul remportée par l'opposition, assurant que les Turcs "ne céderont pas aux menaces".

"Avec la permission de Dieu, notre peuple ne cèdera pas aux menaces et aux pressions", a déclaré M. Erdogan à Istanbul, lors d'un repas de rupture du jeûne du ramadan.

La défaite le 31 mars de l'AKP à Istanbul, qu'il contrôlait depuis 25 ans, a infligé un camouflet sans précédent à M. Erdogan, qui a plusieurs fois déclaré dans le passé que "celui qui remporte Istanbul, remporte la Turquie".

Après un déluge de recours de l'AKP, qui dénonçait des "irrégularités massives", le Haut-comité électoral a provoqué un séisme lundi en annonçant l'annulation des résultats du scrutin municipal remporté par le candidat de l'opposition Ekrem Imamoglu et la tenue d'une nouvelle élection le 23 juin.

Cette décision a été critiquée par les alliés occidentaux de la Turquie.

Washington a jugé qu'une "démocratie turque en bonne santé est dans l'intérêt de la Turquie et de ses partenaires". Berlin a estimé que la décision du Haut-comité électoral n'était "pas transparente" et était "incompréhensible".

M. Erdogan a répondu samedi que "ceux qui essayent de renverser le président élu au Vénézuela ne sont pas habilités à parler de démocratie", en référence à Nicolas Maduro.

"Ceux qui ne peuvent s'élever contre le terrorisme israélien n'ont rien à dire au sujet de notre lutte pour le respect des droits", a-t-il ajouté.
(AFP, 11 mai 2019)

Défait à Istanbul, Erdogan obtient un nouveau vote

L'Autorité électorale en Turquie a ordonné lundi la tenue d'un nouveau scrutin municipal à Istanbul, accédant à une demande du parti du président Recep Tayyip Erdogan qui contestait la victoire de l'opposition lors des élections de fin mars.

Le maire de l'opposition dont l'élection est invalidée par cette décision, Ekrem Imamoglu, a dénoncé une "trahison" et s'est engagé à "ne jamais abandonner".

L'annulation du scrutin à Istanbul risque de renforcer les accusations de dérive autoritaire contre M. Erdogan dont le parti islamo-conservateur, l'AKP, réclamait la tenue d'un nouveau scrutin en dénonçant des "irrégularités" qui auraient selon lui émaillé le vote du 31 mars.

"Les élections à Istanbul seront renouvelées", s'est félicité sur Twitter le représentant de l'AKP auprès de l'YSK, Recep Ozel.

La décision d'annuler le scrutin et d'ordonner la tenue d'un nouveau vote a été prise à l'issue d'une réunion de l'YSK à Ankara pour examiner un "recours extraordinaire" présenté par l'AKP à la mi-avril.

Le nouveau scrutin se tiendra le 23 juin, a indiqué l'YSK dans un communiqué.

Selon Anadolu, sept membres de l'YSK ont voté pour l'annulation du scrutin et quatre contre.

D'après les médias, la décision est notamment motivée par le fait que les scrutateurs dans certains bureaux n'étaient pas des fonctionnaires comme le stipule la loi.

Lors des élections du 31 mars, le candidat de plusieurs partis d'opposition, Ekrem Imamoglu, avait battu celui de l'AKP, l'ex-Premier ministre Binali Yildirim, avec moins de 13.000 voix d'avance, un écart infime à l'échelle de la mégapole turque.

L'AKP de M. Erdogan a également perdu la capitale Ankara, un camouflet qui s'explique notamment par la tempête économique qui secoue le pays, avec la première récession en 10 ans, une inflation à 20% et une monnaie qui s'érode.

L'incertitude entourant les résultats des municipales à Istanbul a pesé sur les cours de la livre turque qui a accumulé les pertes ces derniers jours pour évoluer lundi au-dessus de six livres pour un dollar.

Refusant d'admettre sa défaite à Istanbul, contrôlé par la mouvance islamiste depuis 25 ans, M. Erdogan a crié aux "irrégularités massives". L'AKP accuse notamment des responsables de bureaux de vote d'avoir minimisé le nombre de voix remportées par son candidat.

- "Interdit de gagner" -

Le principal parti d'opposition CHP (social-démocrate), dont est issu M. Imamoglu, accuse M. Erdogan d'être un "mauvais perdant" et de vouloir s'accrocher par tous les moyens à Istanbul, la capitale économique et démographique du pays.

"Se présenter aux élections face à l'AKP est autorisé, mais il est interdit de gagner (...) C'est tout simplement de la dictature !", a réagi sur Twitter un co-président du CHP, Onur Adigüzel, également député de ce parti à Istanbul.

Des milliers de partisans du CHP se sont réunis dans la soirée dans le district stambouliote de Beylikdüzü, bastion de M. Imamoglu, en scandant "YSK, démission !" ou encore "Tayyip, dictateur !", selon des correspondants de l'AFP.

"Ils essaient de faire main basse sur cette élection que nous avons gagnée. Vous êtes peut-être tristes maintenant, mais ne perdez pas espoir", a lancé M. Imamoglu à ses supporters.

A la suite de la décision de l'YSK, le CHP a convoqué une réunion urgente de sa direction à Istanbul et appelé ses partisans au "calme".

- Pressions -

Ces derniers jours, l'AKP et M. Erdogan avaient accru la pression sur l'YSK, le président turc appelant ainsi à annuler le scrutin pour "soulager les consciences de nos concitoyens".

La perte d'Istanbul, capitale économique de la Turquie où vit 20% de la population du pays, était un revers électoral inédit pour M. Erdogan, qui y a été maire de 1994 à 1998. Un mandat qui lui a servi de tremplin pour ensuite briguer les plus hautes fonctions.

Dimanche, l'agence Anadolu avait affirmé que les autorités avaient établi des liens entre une "organisation terroriste" et des responsables de bureaux de vote ayant officié lors du scrutin municipal à Istanbul.

D'après Anadolu, les enquêteurs turcs ont établi que 43 d'entre eux avaient eu des contacts avec le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, la bête noire d'Ankara qui l'accuse d'avoir orchestré une tentative de coup d'Etat en juillet 2016 depuis son exil américain, ce que l'intéressé dément.

Malgré ses défaites spectaculaires à Istanbul et Ankara, la coalition formée par l'AKP et les ultranationalistes du MHP est arrivée en tête à l'échelle nationale lors des municipales avec quelque 52% des voix.
(AFP, 6 mai 2019)

Erdogan réitère son appel à renouveler le scrutin municipal à Istanbul

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois appelé samedi à renouveler le scrutin municipal remporté par l'opposition à Istanbul, accentuant la pression sur les autorités électorales qui doivent bientôt se prononcer à ce sujet.

"Mes concitoyens me disent : +Mon président, il faut renouveler cette élection+. (...) Venez, allons au-devant du peuple et ce que dictera la volonté populaire, nous l'accepterons. C'est aussi simple que cela", a déclaré M. Erdogan.

"Il y a clairement eu des irrégularités", a poursuivi le président turc lors d'un discours à Istanbul devant une association patronale, appelant le Haut-comité électoral (YSK) à "soulager les consciences de nos concitoyens".

Ces déclarations interviennent alors que l'YSK doit se réunir à partir de lundi pour évaluer un recours du parti de M. Erdogan, l'AKP (islamo-conservateur), demandant l'annulation du scrutin à Istanbul et la tenue d'un nouveau vote.

Lors des élections municipales du 31 mars dernier, le candidat de plusieurs partis d'opposition, Ekrem Imamoglu, a battu celui de l'AKP, l'ex-Premier ministre Binali Yildirim, avec moins de 15.000 voix d'avance, une goutte d'eau à l'échelle de la mégapole turque.

L'AKP de M. Erdogan a également perdu la capitale Ankara, une claque électorale qui s'explique notamment par la tempête économique qui secoue le pays, avec la première récession en 10 ans, une inflation à 20% et une monnaie qui s'érode.

Mais refusant d'admettre la défaite à Istanbul, M. Erdogan a crié aux "irrégularités massives". L'AKP accuse notamment des responsables de bureaux de vote d'avoir minimisé le nombre de voix remportées par son candidat.

Le parquet d'Istanbul a annoncé jeudi qu'une trentaine d'enquêtes avaient été ouvertes et que plus de 100 responsables de bureaux de vote et assesseurs avaient été convoqués pour être interrogés.

Le principal parti d'opposition CHP (social-démocrate) accuse M. Erdogan d'être un "mauvais perdant" et de vouloir s'accrocher par tous les moyens à Istanbul, la capitale économique et démographique du pays.

S'exprimant samedi après M. Erdogan, M. Imamoglu, qui a reçu son mandat de maire d'Istanbul le mois dernier, a appelé l'YSK à "prendre une décision en se basant sur le droit et la justice".

"Arrêtez de faire pression sur l'YSK", a déclaré samedi le porte-parole du CHP, Faik Oztrak, en s'adressant à M. Erdogan. "Il n'y a pas d'irrégularités, il n'y a pas d'abus. Il y a juste une difficulté à digérer (la défaite)", a-t-il ajouté.
(AFP, 4 mai 2019)

Un maire communiste abat des murs et rebat les cartes

Par Fulya OZERKAN

Après son élection le mois dernier, le premier acte de Fatih Maçoglu en tant que maire de Tunceli, dans l'est de la Turquie, a été de détruire les murs d'enceinte construits autour de la mairie. Un signe, pour lui, de transparence.

Il a également refusé d'avoir une voiture officielle et a prévu d'afficher les comptes publics de la mairie sur le bâtiment, pour que tous voient comment est dépensé son budget.

Seul maire communiste de Turquie, M. Maçoglu, âgé de 50 ans, détonne dans un paysage largement dominé depuis 17 ans par l'AKP, le parti islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan.

"Il n'y a rien d'anormal à ce que le public sache ce qu'il se passe", explique-t-il à l'AFP au cours d'un entretien dans son bureau, une longue file de visiteurs attendant devant sa porte ouverte. "Cela ne devrait pas être (perçu comme) une insulte".

Aux élections du 31 mars, M. Maçoglu a été élu maire à Tunceli, ex-Dersim, dans l'est de la Turquie, une ville kurde alévie foncièrement laïque et de gauche.

Principale minorité religieuse du pays, les Alévis forment un groupe hétérodoxe et progressiste, dont la pratique religieuse est très éloignée de celle des franges traditionnelles de l'islam.

M. Maçoglu avait déjà été élu maire d'Ovacik, un village de la province de Tunceli, en 2014 pour le Parti communiste de Turquie - qui, marginal, n'a aucun élu au parlement turc. Ses mesures promouvant l'agriculture et les transports publics gratuits y avaient rencontré un franc succès.

Il dit avoir récupéré à Tunceli une municipalité "vidée", aux revenus confisqués. En 2014, la ville avait été remportée par le parti prokurde HDP, mais le gouvernement y a nommé ensuite un administrateur public, comme dans de nombreuses autres municipalités après le putsch manqué de juillet 2016.

Préférant se dire "socialiste" plutôt que "communiste", M. Maçoglu assure toutefois "viser le communisme" mais estime qu'"à une époque de capitalisme sauvage, être communiste ou être vu comme tel apparaît comme excessif".


- Miel et pois-chiches bios -

La région de Tunceli a une longue histoire de résistance de gauche. En 1938, l'armée y a mené une vaste opération visant à mater une rébellion kurde, qui a causé la mort de quelque 13.800 personnes. En 2011, Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, avait présenté ses excuses "au nom de l'Etat", une première.

Des points de contrôle militaires ont été installés autour de Tunceli, dont la région a été fortement marquée par le conflit entre les forces armées et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe classé "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux. Ce conflit a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

Niant se sentir isolé parce qu'il défend le communisme, M. Maçoglu dit au contraire recevoir "beaucoup de sympathie" du public. "Si aujourd'hui, même les représentants de la politique bourgeoise parlent de production et de coopératives, c'est une victoire pour nous."

Lors de son mandat à Ovacik, village perché dans les montagnes, il a ouvert une coopérative visant à promouvoir le travail de fermiers produisant du miel et des pois-chiches biologiques. Les revenus dégagés permettaient de financer les études de jeunes issus de familles pauvres.

M. Maçoglu cherche désormais à étendre ce modèle à travers le pays.

Cihan Durna, employé de la coopérative à Ovacik, vante le modèle mis en place par l'ancien maire. "Nous sommes contents qu'il soutienne la production".

- "Pas sur la bonne voie" -

Senem Yerlikaya, gérante du "Café Cuba" à Ovacik, décrit un sentiment "doux-amer" maintenant que le maire est parti. "Il a fait beaucoup pour les gens ici au cours des cinq dernières années. Les maires sont d'habitude très formels, mais lui s'était bien intégré avec les locaux."

La population locale est globalement contente de M. Maçoglu: par sa politique, cet homme, marié et père de deux enfants, a permis de faire évoluer la région.

Mahmut Tutan, qui possède un petit hôtel à Ovacik, souvent assimilé aux Alpes suisses, affirme que les touristes sont venus nombreux l'année dernière, grâce au maire. "Il a grandi dans une famille pauvre de cette vallée", explique M. Tutan en pointant du doigt un village au loin. "Un jour, les gens autour de lui lui ont demandé de travailler pour le bien des autres. C'est comme ça que ça a commencé."

Metin Kahraman, chanteur populaire et chercheur travaillant sur l'histoire orale de la région, espère que M. Maçoglu apportera un "changement positif", décrivant une situation particulière dans cette région "où les Alévis sont majoritaires et respectent leur foi". Selon lui, jusqu'ici, les maires de tous bords ont négligé la culture locale.

Impliqué dans le mouvement communiste depuis les années 1980, M. Maçoglu assure ne pas avoir de grandes ambitions. Ce qui lui tient le plus à coeur est l'apiculture. "Si vous me demandez si j'ai d'autres projets, je n'en ai vraiment pas."

Interrogé sur la politique actuelle, il se refuse à tout commentaire sur le président Erdogan ou sur le leader du principal parti d'opposition, Kemal Kiliçdaroglu, lui-même de Tunceli.

"Est-ce que les capitalistes, les impérialistes sont sur la bonne voie?", demande-t-il simplement. "Je pense que non".
(AFP, 2 mai 2019)

Forces armées/Armed Forces

Erdogan ne reviendra pas sur l'achat des S-400 russes

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé samedi que la Turquie allait poursuivre sa coopération avec la Russie dans la fourniture de systèmes de défense aérienne au delà de l’achat des missiles antimissiles S-400, objets de tension avec les Etats-Unis.

Erdogan a déclaré que l’acquisition des S-400 russes était actée et que la Turquie allait s’associer à la Russie pour produire les futurs systèmes de défense S-500.

L’administration américaine estime que l’acquisition de ces systèmes de défense russes par un pays membre de l’Otan est “profondément problématique”.

Selon Washington, une telle décision est de nature à remettre en cause le programme de développement du chasseur F-35 par la société Lockheed Martin dans lequel a investi la Turquie.

Dans une séance de questions/réponses avec des étudiants à Istanbul retransmise à la télévision, Erdogan a estimé qu’il n’y avait pas de problème.

“Ils (les Etats-Unis) font circuler le ballon au milieu du terrain et se montrent réticents. Mais tôt ou tard, nous récupérerons les F-35. Les Etats-Unis n’ont pas d’autre choix que de les livrer”, a-t-il affirmé.
(Reuters, 18 mai 2019)

Turkey Becomes 15th Highest in Military Expenditure

The Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) has released its annual update on its Military Expenditure Database.

Accordingly, total world military expenditure, with an 2.6 percent increase from 2017, rose to 1,822 billion US dollars, the highest point since 1988.

Military expenditure made 2.1 percent of the global GDP in 2018.

The US, China, Saudi Arabia, India and France became the top spenders, which together correspond to 60 percent of the global military spending.

Turkey's military expenditure increased by 24 percent and became 19 billion US dollars in 2018, marking the highest increase among the world's top 15 military spenders. In terms of the last decade, it was only second to China with a 64 percent increase.

The country's military spending made 2.5 percent of its GDP and 1 percent of the military expenditure worldwide.

It is also the one of the two countries which made it into top 15 with the Kingdom of Saudi Arabia.

Dr. Nan Tian, a researcher from the SIPRI, said that Turkey's expenditure on military equipment and arms is increasing and the country's extension of its operations against the Kurdish groups in northern Syria costs much.
(BIA, April 29,  2019)

Affaires religieuses / Religious Affairs

L'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda sollicite ses rivaux pour combattre le régime

Le chef de l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda a appelé ses rivaux, les rebelles soutenus par Ankara, à l'aider à combattre les forces du régime de Damas qui mènent une offensive contre son bastion d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

Depuis fin avril, les forces du régime syrien de Bachar al-Assad et l'aviation russe ont intensifié leurs bombardements contre le sud de la province d'Idleb, malgré un accord signé en septembre par la Turquie et la Russie pour faire d'Idleb une "zone tampon".

Ancienne branche syrienne d'Al-Qaïda, l'organisation jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS) contrôle la majeure partie de la province d'Idleb et des secteurs des provinces voisines d'Alep (nord), Lattaquié (nord-ouest) et Hama (centre).

Le chef de HTS, Abou Mohammad al-Jolani, a déclaré que les combattants soutenus par la Turquie "pourraient nous soulager en lançant une opération à Alep, par exemple", dans une vidéo publiée vendredi sur la messagerie Telegram.

"La dispersion de l'ennemi et l'ouverture de plus d'un front est dans notre intérêt", a-t-il ajouté.

Ces déclarations de M. Jolani interviennent quelques jours après son appel à "prendre les armes" pour défendre son bastion d'Idleb.

Impliquée dans le conflit syrien depuis son déclenchement en 2011, la Turquie a déjà mené deux offensives en Syrie avec des factions rebelles alliées contre le groupe Etat islamique (EI) et des milices kurdes dans le nord du pays.

Ankara et ses supplétifs syriens maintiennent une présence armée dans certaines secteurs, dont le nord de la province d'Alep, qui sont limitrophes de zones contrôlées par le régime de Damas.

Selon l'ONU, l'intensification des bombardements a fait quelque 180.000 déplacés entre le 29 avril et le 9 mai, tandis que près d'une vingtaine d'hôpitaux et centre médicaux ont été visés par les raids aériens des armées syrienne et russe.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état de plus de 150 morts, dont environ 30 enfants depuis le début de l'intensification des bombardements.

HTS, anciennement connu sous le nom de Front al-Nosra, a rompu en 2016 avec Al-Qaïda à qui il avait prêté allégeance en 2013. Le groupe jihadiste compterait quelque 30.000 hommes, selon l'OSDH.

La guerre en Syrie s'est complexifiée au fil des ans avec l'implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes. Elle a fait en huit ans plus de 370.000 morts et déplacé plusieurs millions de personnes.
(AFP, 17 mai 2019)

Socio-économique / Socio-economic

52 Thousand People Died of Air Pollution in Turkey in a Single Year

The report released by the Right to Clean Air Platform yesterday (May 7) has shown that the number of people who lost their lives due to air pollution-related illnesses in Turkey in 2017 is seven times higher than the ones who died in traffic accidents in the same year.

Between the years of 2016 and 2018, people in more than half of 81 provinces in Turkey breathed polluted air. Only in 2017, 52 thousand people lost their lives due to air pollution. The highest number of deaths caused by air pollution is measured in İstanbul.

Some highlights from the report are as follows:

13 percent of deaths could be prevented

    If the level of air pollution had been reduced to the values recommended by the World Health Organization (WHO) in 2017, 13 percent of deaths caused by air pollution could be prevented.
    The province with the highest quality of air in 2018 was Maraş, where two coal-fired thermal power plants are already in operation and new plants are planned to be built.
    The only province of Turkey, whose level of air pollution meets the values recommended by the WHO, is Ardahan.
    In Gaziosmanpaşa and Güngören, two districts of İstanbul with the highest population density (over 40 thousand people per square kilometer), there are no air quality measurement stations.

At least half of Turkey breathed polluted air

    When the quality of air in Turkey in 2018 is compared with national limit values, more than half of 81 provinces of Turkey (56 percent) breathed polluted air.
    Since the air quality could not be sufficiently measured in 2018, the quality of air breathed by people in ten percent of 81 provinces is not known (the provinces of Eskişehir, Bolu, Kastamonu, Kırıkkale, Kütahya, Muş, Şırnak and Uşak)
    In 16 provinces of Turkey, the quality of air has been deteriorating over the last three years: Afyon, Ankara, Burdur, Bursa, Çorum, Denizli, Erzincan, Mersin, Kahramanmaraş, Manisa, Mardin, Muğla, Niğde, Osmaniye, Sakarya and Sivas.
    The highest number of deaths due to air pollution-related illnesses occurred in İstanbul, Bursa and Ankara in 2018.
(BIA, 8 May 2019)

Inflation Rate in April is 19.50 Percent

The consumer price index in April increased by 1.69 percent compared to the previous month and by 19.50 percent compared to the same month last year.

The inflation rate increased by 19.39 percent according to 12-month-average rates and 4 percent compared to December 2018.

Change in the consumer price index
The highest increase in alcoholic drinks and tobacco

In April, the highest increase was in the alcoholic drinks and tobacco group with 6.77 percent. In the clothing and shoe group, the prices increased by 5.36 percent.

Among the main spending groups, prices decreased only in communication.
The highest yearly increase in food and non-alcoholic drinks

The highest increase in the inflation rates occurred in food and non-alcoholic drinks with 31.86 percent. Compared to the same month last year, prices of household goods increased by 27.64 percent, miscellaneous good and services increased by 27.47 percent.

Prices of 294 items increased

As of April 2019, prices of 294 items out of 418 in the index increased, prices of 42 items did not change, 82 items dropped.

Lemon is the champion

Compared to the previous month, lemon was the product the price of which increased most with 31.90 percent. Onion followed it with 31.55 percent, and carrot with 26.69 percent.

Prices of eggplant decreased by 48.20 percent, beans decreased by 31.51 percent and green peppers decreased by 27.34 percent.
(BIA, 3 May 2019)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

PCF: "La Turquie bascule dans la dictature"

Sous la pression de Recep Tayyep Erdogan, le Haut Comité Electoral vient d'annuler le scrutin municipal d'Istanbul. Après 25 ans de règne sans partage de l'AKP qui lui a permis de quadriller les réseaux clientélaires et de maîtriser de gigantesques revenus, le poulain du président, Binali Yildirim, a été défait par une coalition conduite par Ekrem Imamoglu (CHP) traduisant une montée en puissance de l'opposition dans tout le pays.

Le Haut Comité Electoral, qui avait dans un premier temps validé l'élection, a annulé le scrutin général mais a maintenu tous les maires des districts AKP élus, dans une véritable parodie juridique. Désormais, en Turquie, l'opposition peut se présenter aux différentes consultations mais il lui est interdit de remporter la moindre victoire. Alors que les autorités contrôlent toutes les procédures, des membres de bureaux de vote sont désormais traduits devant des tribunaux pour "fraudes" tandis que 40 000 électeurs sont déclarés incapables, censés souffrir de maladies mentales.

Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer ce coup d'Etat électoral aux cris de "Erdogan, voleur !" d'autant qu'un administrateur provisoire, membre de la famille présidentielle, préside maintenant aux destinées de la ville.

En dépit de manipulations et de tricheries constantes, R.T. Erdogan était dépendant de la légitimité des urnes. Il s'en affranchit désormais faisant basculer la Turquie dans la dictature. Il s'agit d'une fuite en avant qui contribue à mettre ce pays en coupe réglée : délitement économique, démentèlement des institutions et des contre-pouvoirs, climat de haine, arrestations, révocations, guerres ouvertes contre les Kurdes. Dans la perspective du nouveau scrutin du 23 juin, il faut s'attendre à une flambée des violences et à une criminalisation de l'opposition.

La France et l'Union européenne, tétanisées par la question migratoire, n'esquissent pas la moindre réaction alors qu'elles savent parfois être plus promptes ! La durabilité du régime de R.T. Erdogan s'appuie en partie sur cette lâcheté.

En ces circonstances, le Parti communiste français (PCF) exprime sa solidarité avec tous les démocrates de Turquie et salue le courage de cette résistance ainsi que le sens des responsabilités du Parti démocratique des peuples (HDP). Paris et Bruxelles doivent désormais condamner et rompre avec cette dictature.

Parti communiste français,
Le 8  mai 2019

Berlin: L'annulation de l'élection municipale à Istanbul est "incompréhensible"

L'annulation de la victoire de l'opposition aux élections municipales à Istanbul est "incompréhensible", a dénoncé mardi le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

La victoire de l'opposition a été invalidée lundi par le Haut-comité électoral de Turquie (YSK) qui a ordonné la tenue d'un nouveau scrutin le 23 juin, une décision prise après que le président Recep Tayyip Erdogan eut dénoncé des "irrégularités" et réclamé l'annulation des élections.

"La décision du Haut-comité électoral de déclarer invalide le résultat des élections locales d'Istanbul et d'ordonner un nouveau scrutin n'est pas transparente et est incompréhensible pour nous", a réagi dans un communiqué le chef de la diplomatie allemande.

"Seule la volonté des électeurs turcs peut et doit décider de qui occupera le bureau du maire à Istanbul", a fait valoir M. Maas.

"Le respect des principes démocratiques de base, dans des conditions électorales transparentes, est, de notre point de vue, une priorité absolue", a conclu le ministre des Affaires étrangères.

A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a estimé que cette annulation posait question. "Il est important que cette décision soit étayée, compte tenu des interrogations qu'elle suscite", a relevé un porte-parole adjoint du ministère.

"Dans la nouvelle campagne qui s'ouvre, nous appelons les autorités turques à mettre en oeuvre toutes les mesures nécessaires pour garantir le respect des principes démocratiques, du pluralisme, de l'équité et de la transparence, en particulier en assurant la présence d'observateurs internationaux", a-t-il ajouté.

Le président turc a quant à lui jugé mardi matin que cette annulation était la "meilleure décision".
(AFP, 7 mai 2019)

L'UE préoccupée par les intentions turques de forer au large de Chypre

La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini s'est dit "gravement préoccupée" samedi par l"'intention annoncée par la Turquie de mener des activités de forage (de gaz) dans la zone économique exclusive de Chypre".

"En mars 2018, le Conseil européen a fermement condamné la poursuite des actions illégales de la Turquie en Méditerranée orientale", a-t-elle rappelé, dans un communiqué.

"Dans ce contexte, nous appelons instamment la Turquie à faire preuve de retenue, à respecter les droits souverains de Chypre dans sa zone économique exclusive et à s'abstenir de toute action illégale à laquelle l'Union européenne répondra de manière appropriée et en pleine solidarité avec Chypre", a-t-elle ajouté.

Dans un message publié vendredi sur le service international de message maritime NAVTEX, les autorités maritimes turques ont annoncé leur intention de mener des opérations de forage de gaz jusqu'en septembre dans une portion de la mer Méditerranée qui, selon des médias chypriotes, déborde sur la zone économique exclusive de Chypre.

D'après la marine turque, ces opérations seront menées par le navire de forage Fatih ("Le Conquérant", en turc), appuyé par trois navires de soutien logistique.

La découverte ces dernières années de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l'appétit de Chypre, qui rêve de devenir à terme un acteur énergétique majeur.

La République de Chypre, membre de l'Union européenne et n'exerçant son autorité que sur les deux tiers sud de l'île, a signé ces dernières années des contrats d'exploration avec des géants des hydrocarbures comme l'italien Eni, le français Total ou encore l'américain ExxonMobil.

Mais Ankara, dont les troupes ont envahi en 1974 le tiers nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher l'île à la Grèce, réclame la suspension de toute exploration tant qu'une solution à la division de Chypre n'est pas trouvée.

La Turquie s'oppose en effet à toute exploitation de ces ressources gazières, qui exclurait l'autoproclamée République turque de Chypre du Nord, non reconnue par la communauté internationale.
(AFP, 4 mai 2019)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Trump prive Ankara de son statut commercial préférentiel, la Turquie s’insurge

La suppression du statut commercial préférentiel de la Turquie, mise en œuvre par Donald Trump, va à l’encontre des objectifs que s’étaient donnés les deux pays, a affirmé la ministre turque du Commerce. La décision de Washington intervient en période de graves tensions entre les deux États en lien avec l’achat de S-400 russes par Ankara.

La Turquie a réagi à la décision de Donald Trump de mettre fin à la participation de la Turquie au Système généralisé de préférences (SPG). Ce statut commercial préférentiel permettait à la Turquie d’exporter aux États-Unis des produits libres de droits de douane. Cependant, Washington a réduit de moitié les droits de douane sur les importations d’acier, imposées à la Turquie en 2018. L’initiative de Washington intervient dans une période de tensions entre les deux pays à la suite de l’achat par la Turquie de systèmes S-400 russes, ce qui a provoqué des menaces de sanctions de la part des États-Unis.

«La décision des États-Unis d’exclure la Turquie du SPG va à l’encontre de l’objectif d’atteindre 75 milliards de dollars de volume des échanges commerciaux annoncé par les gouvernements des deux pays. Les barrières dans les échanges bilatéraux avec les États-Unis affectent non seulement les entreprises turques mais également les entreprises américaines», a déclaré via Twitter Ruhsar Peckan, la ministre turque du Commerce.

Ruhsar Peckan a fait remarquer qu’Ankara défendait «un système de commerce mondial juste, stable et fondé sur une règlementation» et qu’elle allait continuer de soutenir l’augmentation du volume des échanges commerciaux avec les États-Unis qui est un «partenaire commercial important».

Ankara dément les rumeurs de son renoncement à l’achat de S-400
La ministre a d’ailleurs félicité la décision de Washington de réduire les droits de douane sur l’acier importé de la Turquie à 25% avant de rajouter que l’espérance d’Ankara «résidait dans l’élimination de tous les obstacles pour le commerce bilatéral».

Auparavant, Ankara avait annoncé qu'il n'abandonnerait pas l'achat de S-400 russes et que le premier lot de systèmes de défense aérienne serait livré en juillet. En réponse, les États-Unis menacent la Turquie de sanctions. Ils ont répété à plusieurs reprises qu'ils pouvaient retarder ou annuler le processus de vente des F-35 à Ankara, l'un des participants au programme international américain F-35. La Turquie a également déclaré à maintes reprises que les S-400 ne constituaient pas une menace pour les F-35 américains.
(Sputnik, 17 mai 2019)

Maintien en détention d'un employé du consulat américain accusé d'espionnage

Un tribunal turc a décidé mercredi de maintenir en détention un employé turc du consulat américain à Istanbul jugé pour espionnage, l'un des nombreux dossiers au coeur de tensions entre Ankara et Washington.

La décision à l'encontre de Metin Topuz a été prise à l'issue de la deuxième audience de son procès, qui s'était ouvert le 26 mars.

La cour avait déjà pris une décision similaire à l'issue de la première audience de ce procès, suivi de près par Washington.

La prochaine audience aura lieu le 28 juin, a indiqué à la presse son avocat, Orcun Cetinkaya.

Le chargé d'affaires américain à Ankara Jeffrey Hovenier et la consule générale à Istanbul Jennifer Davis ainsi que la famille de M. Topuz étaient présents à l'audience de mercredi, selon une correspondante de l'AFP sur place.

"Nous n'avons pas vu de preuve crédible d'un quelconque délit criminel commis par Metin Topuz", a déclaré M. Hovenier à la presse devant le tribunal.

"Nous réitérons notre appel aux autorités turques de résoudre cette affaire promptement et d'une manière transparente et juste", a-t-il ajouté.

M. Topuz, chargé au consulat américain de faire la liaison entre les autorités américaines et la brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants de la police turque, a été arrêté en octobre 2017 et maintenu depuis en détention provisoire.

Accusé par les autorités turques d'"espionnage" et de "tentative de renversement du gouvernement", il risque la prison à vie.

Les autorités turques l'accusent notamment d'être lié au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen qu'Ankara qualifie de "groupe terroriste". M. Gülen est présenté par la Turquie comme le cerveau d'une tentative de coup d'Etat en 2016, ce qu'il nie.

M. Topuz a une nouvelle fois nié mercredi ces accusations, affirmant que les contacts qu'il avait eus avec des personnes que les autorités turques présentent comme des partisans de M. Gülen s'inscrivaient dans le cadre de son travail et qu'il ne faisait qu'"obéir aux ordres" de ses supérieurs au consulat.

"Je n'ai commis aucun crime. Je suis innocent", a-t-il clamé.

L'arrestation de M. Topuz avait provoqué la colère de Washington et attisé les tensions entre les deux pays, alimentées par des divergences au sujet du conflit en Syrie et l'achat par Ankara d'un système de défense antiaérienne russe.
(AFP, 13 mai 2019)

Washington souhaite des élections "transparentes" à Istanbul

Les Etats-Unis ont appelé mardi de leurs voeux un "processus électoral libre, juste et transparent" en Turquie après l'annulation controversée de la victoire de l'opposition aux élections municipales à Istanbul.

"Nous prenons acte de la décision du Haut Comité électoral de Turquie (YSK) et nous suivons la situation de près", a déclaré à l'AFP un porte-parole du département d'Etat américain, sans se prononcer clairement sur ce coup de théâtre.

"Nous souhaitons qu'un processus électoral libre, juste et transparent soit pleinement respecté par tous les acteurs afin que la volonté des électeurs se retrouve dans les résultats", a-t-il ajouté.

"Une démocratie turque en bonne santé est dans l'intérêt de la Turquie et de ses partenaires, y compris les Etats-Unis, et aide à en faire un allié stable, prospère et fiable", a-t-il conclu.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son parti islamo-conservateur AKP avaient perdu le scrutin du 31 mars dans leur fief d'Istanbul. Ils avaient dénoncé des "irrégularités massives" et ont obtenu gain de cause après de nombreux recours.

Après l'annulation du scrutin, qui donnera lieu à un nouveau vote le 23 juin, l'opposition a dénoncé un "putsch des urnes".

Parmi les autres alliés d'Ankara, l'Allemagne a déploré une décision "pas transparente" et "incompréhensible", tandis que la France a estimé qu'elle suscitait "des interrogations".
(AFP, 7 mai 2019)

Les missiles qui hantent l'OTAN

Les grands pays occidentaux, Etats-Unis en tête, reprochent à Ankara d’avoir acheté à la Russie un système antimissile. Il pourrait mettre à mal la sécurité et la solidarité de l’Alliance atlantique.

Dans l’histoire récente des relations entre la Turquie et ses alliés occidentaux, peu de crises auront été aussi prévisibles que celle qui se profile pour le début de l’été. En juillet, au plus tard, le président russe Vladimir Poutine doit livrer à son « ami turc » Recep Tayyip Erdogan un système de défense antimissile et antiaérien ultraperformant, les S-400. Les pays de l’Otan sont inquiets, les Etats-Unis sont furieux et les dirigeants turcs font mine de s’étonner tout en négociant, en coulisses, un moyen de les rassurer sans se brouiller avec Moscou.

Cette « crise des missiles russes » version XXI e siècle est née d’une vulnérabilité stratégique de la Turquie : la deuxième armée de l’Otan en termes d’effectifs n’a pas de système de défense face à la prolifération des missiles balistiques de son voisinage (Syrie, Iran, etc.). En 2012, elle lance un appel d’offres et entame des négociations avec le consortium européen Eurosam, des producteurs russes, chinois et américains.

« Affaire conclue »

Le coup d’État manqué du 15 juillet 2016, qui voit des militaires putschistes bombarder la capitale turque depuis des avions de chasse sans que l’armée, restée loyale, puisse répliquer au sol, confirme à Tayyip Erdogan l’urgence de ce besoin. En septembre 2017, il annonce avoir signé avec la Russie pour l’achat de batteries S-400. Le montant du contrat est estimé à 2,5 milliards de dollars.
Au sein de l’Alliance atlantique, le malaise grandit à mesure que la date de livraison approche et que les Etats-Unis haussent le ton. Le président Donald Trump tente de convaincre son homologue de revenir sur sa décision – les deux hommes ont longuement évoqué le sujet lors d’un entretien téléphonique lundi. Il lui a fait une contre-proposition de missiles américains Patriot, sans succès. « C’est une affaire conclue », répondent les officiels turcs à l’unisson de leur président, qui en fait une question « d’indépendance nationale ».
Mais si la Turquie persiste, elle pourrait tomber sous le coup de la loi américaine Caatsa, qui frappe de sanctions économiques toute entité ou pays sous contrat d’armement avec des entreprises russes. Elle pourrait aussi se voir exclue du programme F-35, dans lequel elle a déjà investi plus de 1,2 milliard de dollars.
L’ancien ambassadeur Uluç Özülker rappelle que si son pays a choisi les S-400, c’est que pendant longtemps, le Congrès américain faisait tout pour retarder la vente des systèmes Patriot aux autorités turques. « Je dois me défendre, je viens frapper à ta porte et tu ne l’ouvres pas. Mais si je vais me fournir ailleurs, je deviens le mal-aimé, celui qu’il faut sanctionner », compare-t-il. « L’Occident doit décider s’il veut de la Turquie », fulmine ce fervent partisan de l’ancrage turc à l’Ouest. « Les Russes ont hâte de nous livrer les S-400 car plus les relations entre la Turquie et l’Otan sont mauvaises, plus la Russie sort gagnante. »

Nombreuses pommes de discorde

Tant que le matériel russe n’est pas arrivé en Turquie, « il existe toujours un espace diplomatique pour trouver un compromis », estime Sinan Ülgen, directeur du Centre d’études sur les affaires économiques et diplomatiques (Edam). « Je pense que la Turquie souhaite utiliser ce deal avec les Russes comme munition dans ses négociations avec les Etats-Unis », poursuit le spécialiste, avant d’énumérer les nombreux sujets de discorde entre les deux pays : soutien américain aux forces kurdes en Syrie ; présence aux Etats-Unis du prédicateur Fethullah Gülen, le cerveau désigné du putsch manqué ; procès de la banque publique turque Halkbank, accusée d’avoir violé l’embargo sur l’Iran…

La crise de confiance est ancienne et le compromis, incertain. Selon Sinan Ülgen, « on risque un scénario d’escalade politique et militaire entre Ankara et Washington », qui aurait de graves conséquences sur l’économie turque, déjà entrée en récession.
(Le Soir, 4 mai 2019)

Relations régionales / Regional Relations

Erdogan s'en prend au régime syrien auprès de Poutine

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé le régime syrien de chercher à travers ses attaques à Idleb à "saboter" la coopération turco-russe en Syrie, dans entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine, selon la présidence turque.

Au cours de cette conversation téléphonique lundi soir, M. Erdogan a affirmé au chef du Kremlin que l'objectif de Damas était de "saboter la coopération turco-russe à Idleb et de porter atteinte à l'esprit de l'accord d'Astana", a dit le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun.

Entamé début 2017, le processus d'Astana, la capitale du Kazakhstan récemment rebaptisée Nur-Sultan, a progressivement éclipsé les négociations sous l'égide de l'ONU entre le régime de Bachar al-Assad et l'opposition, incapables de mettre fin à une guerre ayant fait plus de 370.000 morts depuis 2011.

L'escalade actuelle à Idleb est la plus grave depuis que Moscou et Ankara, parrain de certains groupes rebelles, ont annoncé en septembre 2018 dans la ville russe de Sotchi un accord sur une "zone démilitarisée" devant séparer les territoires aux mains des insurgés des zones gouvernementales et éviter une offensive des forces de Damas dans la province d'Idleb.

M. Erdogan a estimé au cours de son entretien avec M. Poutine qu'"attaquer des civils, des écoles et des hôpitaux" ne pouvait "être considéré comme relevant de la lutte contre le terrorisme", a ajouté M. Altun.

Il a aussi jugé que les attaques à Idleb étaient susceptibles de "nuire aux objectifs recherchés" par Ankara et Moscou dans le cadre de l'accord de Sotchi, qui avait à l'époque permis d'empêcher l'offensive que le régime semblait sur le point de déclencher à Idleb.

Les forces de Damas, avec le soutien de leurs alliés russes, ont intensifié leurs frappes aériennes sur cette province du nord-ouest contrôlée par les jihadistes, mais qui est aussi une zone de désescalade en principe garantie par la Russie depuis septembre.

Le compte-rendu a été rendu public par M. Altun, aucune mention du rôle russe dans ces bombardements n'a été faite par M. Erdogan.

La situation à Idleb a aussi été aussi au centre d'un entretien téléphonique mardi entre le ministre turc de la Défense Hulusi Akar et son homologue russe Sergueï Choïgou.

Les deux hommes ont notamment discuté des "mesures susceptibles de réduire les tensions" dans cette province, selon les médias turcs.
(AFP, 14 mai 2019)

Un ingénieur turc tué par les shebab à Mogadiscio


Un ingénieur turc a été tué dimanche à Mogadiscio dans l'explosion d'une bombe placée sous son véhicule, un attentat revendiqué par les militants islamistes shebab, hostiles aux intérêts turcs en Somalie, a-t-on appris lundi de source sécuritaire.

"L'engin explosif était apparemment attaché à un pick-up à bord duquel le citoyen turc était transporté. Nous avons ensuite confirmé qu'il s'agissait d'un ingénieur", a déclaré Ahmed Adan, un responsable sécuritaire somalien.

Les shebab ont revendiqué dans un communiqué l'attentat, en expliquant que la victime travaillait "à la base militaire turque de Mogadiscio".

Le Turc, dont l'identité n'a pas été révélée, est mort de ses blessures à l'hôpital, selon les médias turcs.

La Turquie est l'un des principaux donateurs et investisseurs en Somalie, un pays avec lequel elle entretient des relations historiques.

En août 2011, alors que les shebab venaient d'être chassés de la capitale somalienne par la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), le président turc Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, avait été l'un des premiers dirigeants étrangers à effectuer une visite à Mogadiscio en deux décennies.

Il avait annoncé à cette occasion la réouverture de l'ambassade turque, inaugurée en juin 2016. La Turquie joue depuis un rôle très actif en Somalie, notamment dans le domaine humanitaire et de la reconstruction. Des entreprises turques gèrent également le port et l'aéroport de Mogadiscio.

En septembre 2017, la Turquie a inauguré le plus grand centre d'entraînement militaire étranger de Somalie.

Cette présence avait valu à la Turquie d'être pointée du doigt en 2016 par le chef des shebab, Ahmed Diriye, dans son premier message audio depuis son accession à la tête du mouvement deux ans plus tôt.

Diriye, également connu sous le nom d'Ahmed Umar Abu Ubaidah, avait dénoncé le "pillage" économique de la Somalie par la Turquie et accusé le gouvernement turc d'être "l'ennemi de la nation somalienne".

Les shebab avaient déjà ciblé des intérêts ou des personnes turcs. En 2013, ils avaient affirmé avoir mené une attaque-suicide à la voiture piégée contre une annexe de l'ambassade de Turquie à Mogadiscio, tuant un garde turc et un passant somalien.

Puis en 2015, un attentat-suicide avait visé un hôtel abritant des membres de la délégation turque à la veille d'une visite de M. Erdogan.

Enfin, en 2016, le porteur présumé d'une bombe qui avait explosé à bord d'un avion de la compagnie somalienne Daallo Airlines devait initialement prendre un vol de la Turkish Airlines.
(AFP, 13 mai 2019)

Ankara appelle Moscou à faire cesser les attaques contre Idleb

La Turquie a appelé vendredi la Russie à faire cesser les attaques du régime syrien contre la province d'Idleb, accusant Damas de chercher à étendre son contrôle sur le sud de la province en violation de l'accord d'Astana.

"Le régime tente d'élargir sa zone de contrôle dans le sud d'Idleb en violation de l'accord d'Astana", a estimé le ministre turc de la Défense Hulusi Aka, cité par l'agence de presse étatique Anadolu.

Les forces du régime syrien, avec le soutien de leurs alliés russes, ont intensifié leurs frappes aériennes sur cette province du nord-ouest contrôlée par les jihadistes, mais qui est aussi une zone de désescalade garantie en principe par la Russie depuis septembre.

"Nous attendons de la Russie des mesures efficaces et déterminantes pour s'assurer que les forces du régime cessent leurs attaques dans le sud d'Idleb et se retirent immédiatement aux frontières conformément au processus d'Astana", a affirmé le ministre turc, qui s'exprimait à l'occasion d'un déplacement près de la frontière syrienne avec de hauts responsables militaires.

Depuis fin avril, le régime syrien et son allié russe ont intensifié leurs bombardements contre le sud de la province d'Idleb et le nord de la région voisine de Hama, des territoires contrôlés par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) et d'autres groupes jihadistes. Des hôpitaux et des écoles ont notamment été touchés.

Entamé début 2017, le processus d'Astana, la capitale du Kazakhstan récemment rebaptisée Nur-Sultan, a progressivement éclipsé les négociations sous l'égide de l'ONU entre le régime de Bachar al-Assad et l'opposition, incapables de trouver une solution définitive mettant fin à une guerre ayant fait plus de 370.000 morts depuis 2011.

Il a lieu à l'initiative de la Russie et de l'Iran, alliés à Damas, en coordination avec la Turquie, parrain de certains groupes rebelles, et sans implication de Washington.

Ce processus illustre le rôle incontournable de Moscou, dont l'intervention militaire en septembre 2015 a permis au régime de Bachar al-Assad, alors en mauvaise posture, de renverser la donne.
(AFP, 10 mai 2019)

Tirs contre un poste d'observation turc depuis des zones contrôlées par Damas

Deux soldats turcs ont été blessés samedi par des tirs de mortiers contre un poste d'observation dans le nord-ouest de la Syrie depuis des zones sous contrôle du régime de Damas, a annoncé le ministère turc de la Défense.

"Deux de nos frères d'armes ont été légèrement blessés lorsque des obus tirés selon nos évaluations depuis des zones contrôlées par le régime ont touché l'un de nos postes d'observation au sud de la zone de désescalade d'Idleb", a indiqué le ministère.

Les deux militaires ont été évacués vers la Turquie pour y être hospitalisés, a ajouté la même source dans un communiqué.

Contrôlés par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche d'Al-Qaïda), Idleb et des territoires insurgés voisins sont la cible ces dernières semaines de bombardements meurtriers, menés par le régime et son allié russe, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Depuis septembre 2018, Idleb fait l'objet d'un accord négocié par la Russie et la Turquie, qui parraine certains groupes rebelles, prévoyant la mise en place d'une "zone démilitarisée" séparant les secteurs jihadistes et insurgés des zones gouvernementales attenantes.

Cet accord a permis à la province d'éviter une offensive d'envergure de l'armée syrienne, mais le régime a continué d'y mener des frappes, devenues plus régulières depuis février.

Neuf civils, dont deux enfants, ont ainsi été tués samedi dans la province d'Idleb et celle voisine de Hama, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La guerre en Syrie, qui a éclaté en 2011 après la répression par le régime de manifestation prodémocratie, s'est complexifiée au fil des ans avec l'implication de groupes jihadistes et des puissances étrangères. Elle a fait plus de 370.000 morts.
(AFP, 4 mai 2019)

Trois soldats tués par des tirs kurdes depuis l'Irak

Trois soldats turcs ont été tués samedi par des obus tirés depuis le nord de l'Irak par des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a annoncé le ministère de la Défense à Ankara.

"Trois de nos frères d'armes sont tombés en martyrs après des tirs de mortiers effectués par les terroristes depuis le nord de l'Irak", a déclaré le ministère dans un communiqué, ajoutant qu'un quatrième soldat avait été blessé.

Les tirs de mortier ont touché une base militaire dans la province frontalière d'Hakkari, a précisé le ministère, ajoutant que l'armée turque avait effectué des bombardements aériens et d'artillerie "en représailles".

Le sanglant conflit entre la Turquie et la rébellion du PKK (d'obédience marxiste-léniniste) a fait plus de 40.000 morts depuis son déclenchement en 1984.

Surtout actif dans le sud-est majoritairement kurde de la Turquie, le PKK a également des bases arrières dans les zones montagneuses du nord de l'Irak qui sont régulièrement bombardées par l'aviation turque.

Le PKK est qualifié d'"organisation terroriste" par Ankara, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Le ministère turc de la Défense a par ailleurs annoncé qu'un autre soldat turc avait été tué samedi dans le nord de la Syrie par les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde étroitement liée au PKK mais soutenue par les Occidentaux contre le groupe Etat islamique (EI).
(AFP, 4 mai 2019)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Un Chypriote-turc pourrait être élu au Parlement européen, une première

Un Chypriote-turc élu aux Européennes du 26 mai? L'universitaire Niyazi Kizilyurek, qui figure sur la liste du principal parti d'opposition chypriote-grec, est en bonne position pour décrocher un siège au Parlement européen et briser un tabou dans l'île méditerranéenne divisée.

Depuis plus de 40 ans, les communautés chypriote-grecque et chypriote-turque vivent séparément, de part et d'autre de la ligne verte qui coupe en deux l'île, d'une population totale d'un peu plus d'un million d'habitants.

La République de Chypre, membre de l'Union européenne (UE) depuis 2004, n'exerce son autorité que sur les deux tiers sud de l'île, où vivent les Chypriotes-grecs.

Le tiers nord de l'île, où résident les Chypriotes-turcs, est occupé par la Turquie depuis 1974, quand Ankara est intervenue militairement en réaction à une tentative de coup d'Etat menée par des Chypriotes-grecs voulant unir l'île à la Grèce contre la volonté des Chypriotes-turcs.

- "Unique" -

La République turque de Chypre du Nord (RTCN), qui gère cette partie et tient ses propres élections, n'est reconnue que par Ankara, et les négociations de paix entre les deux parties de l'île, sous l'égide de l'ONU, sont dans l'impasse depuis 2017.

Les Chypriotes-turcs qui peuvent se présenter ou voter aux élections européennes devront se rendre dans la partie sud pour faire entendre leur voix.

C'est à ce titre que Niyazi Kizilyurek, professeur à l'Université de Chypre à Nicosie, concourt pour le scrutin, espérant pouvoir compter sur les votes des deux communautés.
 Il figure en bonne place sur la liste du principal parti d'opposition chypriote-grec, Akel (communiste), qui a actuellement deux députés, sur un total de six chypriotes, au Parlement européen.

Le parti conservateur Disy, au pouvoir, a dénoncé un geste démagogique dans le but de gagner des votes dans le nord de l'île, mais d'autres y voient un tournant dans la politique du pays.

"Le fait que le parti chypriote-grec Akel présente un candidat chypriote-turc, c'est unique dans notre histoire", a déclaré à l'AFP M. Kizilyurek qui affirme vouloir parler "à tous les Chypriotes".

Cette année, neuf Chypriotes-turcs en tout se présentent au scrutin européen, dont le rédacteur en chef du quotidien chypriote-turc Afrika, Sener Levent --connu comme un féroce critique du président turc Recep Tayyip Erdogan et de l'occupation turque-- et cinq autres membres de son mouvement "Jasmin".

Mais du fait qu'il n'ait pas le soutien d'un parti chypriote-grec, comme M. Kizilyurek, et que les Chypriotes-turcs sont nettement moins nombreux que les Chypriotes-grecs, ils n'ont guère de chance d'être élus.

M. Kizilyurek mène campagne dans les deux parties de l'île avec un programme proréunification.

"Akel est le seul parti présentant les Chypriotes-turcs comme égaux (des Chypriotes-grecs), et qui soutient une solution fédérale pour Chypre, avec des communautés vivant ensemble", estime M. Kizilyurek en soulignant la nécessité de reprendre les négociations de paix "dès que possible".

- "Tabous brisés" -

"Pour la première fois" depuis les heurts intercommunautaires meurtriers de 1963, "un Chypriote-turc pourrait être élu en République de Chypre et donner une voix aux Chypriotes-turcs dans les affaires publiques", a estimé Hubert Faustmann, professeur de science politique à l'Université de Nicosie.

Les Chypriotes-turcs, isolés sur le plan diplomatique, affichent leur intérêt pour ces élections parce qu'ils veulent faire entendre leurs voix en tant que citoyens de l'UE, indique pour sa part l'analyste politique Mete Hatay, du centre de recherches bicommunautaire Prio.

"Les Chypriotes-turcs (...) ne veulent plus être invisibles", ajoute-t-il, estimant que quelque 10.000 d'entre eux pourraient aller voter.
 La candidature de M. Kizilyurek "remet en cause le statu quo, donc c'est vraiment sain d'avoir ce débat, au lieu des élections avec une seule communauté comme d'habitude", indique M. Hatay.

"Pour la première fois dans l'histoire de Chypre, quelqu'un pourrait être élu par les deux communautés. Cela brise des tabous dans un pays où chaque communauté vote pour les siens", conclut-il.

La campagne pour les européennes se tient notamment dans un contexte de tensions croissantes entre la Turquie et Chypre, en raison d'une querelle sur des droits de forage dans des zones riches en gaz au large de l'île.
(AFP, 17 mai 2019)

Immigration / Migration

Réfugié kurde de Turquie, mais sans papiers en Belgique depuis 18 ans

Malgré la décision favorable du Conseil du contentieux des étrangers, l'Office des étrangers refuse toujours la régularisation de Cahit Zorel bien qu'il ait toujours travaillé et payé ses impôts en Belgique.

Cahit Zorel comparaîtra devant le Conseil du Contentieux des Etrangers le lundi 20 mai à 9h30. A cette occasion il appelle une fois de plus l'Etat belge à respecter ses lois sur la liberté d'expression:

"Je suis un Kurde de Turquie. J'ai 47 ans. Je vis en Belgique depuis 18 ans. Depuis mon arrivée ici, j’ai toujours travaillé et payé mes impôts en Belgique. J’ai notamment été gérant d'un petit restaurant à Liège pendant près de 10 ans.

"J’ai un casier judiciaire totalement vierge.
Je suis marié à une Belge depuis cinq ans. Je vais être papa dans trois mois.

"L'Office des Etrangers tente en effet par tous les moyens d'empêcher ma régularisation.

"Sur base d'une note de la Sûreté d'Etat, on me fait passer pour le dirigeant d'une organisation marxiste clandestine alors que mon activisme consiste à organiser des manifestations totalement pacifiques (concerts, conférences, assemblements...) en fait, rien qui soit illégal.

"Chaque année, je suis présent à la fête syndicale du premier mai à Liège ou à Bruxelles et d'innombrables figures de la société civile me connaissent et me soutiennent.

"L'agresseur a découpé mes affaires avec son couteau et a promis de me tuer. J'ai porté plainte mais ne l'ai plus revu depuis.

"Le 22 juin 2018, le Conseil du contentieux des étrangers m'a donné gain de cause et a annulé la décision de refus de régularisation émise par l'Office des Etrangers.

"Alors que je pensais être enfin régularisé, l'Office des étrangers a fait appel de cette décision en prétextant que je menaçais l'ordre public. La preuve évoquée par la Sûreté de l'Etat dans sa décision est l'agression dont j'ai fait l'objet.

"Donc, en étant victime d'une agression au couteau, la Sûreté de l'Etat fait de moi un coupable.

"Me voilà donc reparti pour un tour et une 19e année d’attente.

"Pour dénoncer cette infamie, le 25 avril 2019, j'ai commencé une Marche vers Bruxelles depuis Kinrooi, ville flamande située près de la frontière néerlandaise où je vis.

"Depuis le 8 mai, je campe devant le Conseil du Contentieux des Etrangers sis Rue Gaucheret n°92-94 à 1030 Bruxelles en attendant la prochaine audience fixée au lundi 20 mai à 9h30.

"N'hésitez pas à venir à ma rencontre. Tout acte de solidarité est le bienvenu.

"J'appelle l'Etat belge à respecter ses propres lois sur la liberté d'expression."

Polémique autour d’un tract Ecolo distribué dans un marché à Bruxelles

La polémique enfle ce mercredi après qu’un tract d’Ecolo a été distribué au marché de Laeken, dans le nord de Bruxelles. Ce tract a été distribué par les élus bruxellois Zoé Genot et Ahmed Mouhssin.

Sur le tract en question, on peut lire les positions des partis concernant les libertés de culte à Bruxelles, singulièrement le culte musulman. Des thèmes y sont abordés : le port du foulard islamique, les jours de congé selon les convictions, le maintien du cours de religion et de morale, l’abattage sans étourdissement à Bruxelles et le port du foulard à Bruxelles. Des cases vertes et rouges indiquent les positions des différents partis.

Plus précisément, on y lit qu’à l’exception des autres partis, Ecolo et le PTB sont en faveur de l’autorisation du port du foulard islamique pour le personnel au guichet de l’administration, de la possibilité pour les parents de pouvoir choisir un jour de congé selon leurs convictions ou de l’autorisation du port du foulard à l’école par les élèves. En outre, à l’exception de Défi et du PS, Ecolo, le PTB, le MR et le CDH sont pour le maintien de cours de religion et de morale dans le réseau officiel. Le tract précise qu’Ecolo est pour l’autorisation de l’abattage sans étourdissement dans le cadre de rites religieux à Bruxelles.

Au dos, un événement est proposé aux électeurs pour venir discuter de « la place du culte à Bruxelles » avec les candidats régionaux.

D’après le député Alain Maron, ce tract n’a pas été avalisé par Ecolo Bruxelles avant sa diffusion et ne l’aurait pas été. « Ce n’est clairement pas notre façon de faire campagne. Nous misons sur la nuance et le dialogue, par sur les clichés ni le communautarisme », précise le député sur Twitter.
(Belga, 15 mai 2019)

La deuxième vie des entrepreneurs afghans réfugiés en Turquie

Il y a 30 ans, l'homme d'affaires Haji Yakup Burhan quittait pour de bon son pays, l'Afghanistan, emportant avec lui sa famille et tous ses biens.

Il s'est d'abord rendu en Arabie saoudite où il a ouvert un restaurant. Mais ses enfants ne pouvaient aller à l'école locale, où ils n'étaient pas les bienvenus et où l'absence de statut de leur famille dans un pays qui ne reconnaît pas les réfugiés était un obstacle.

Alors, Haji Yakup Burhan a déménagé aux Emirats arabes unis, mais la vie à Dubaï était trop chère.

Il y a deux ans, il a posé ses valises en Turquie avec sa famille. Profitant des conditions relativement favorables pour les réfugiés qui veulent y faire des affaires, avec des démarches administratives simplifiées lors de la création d'un nouveau commerce, il a ouvert un restaurant à Istanbul, l'Afghan Kebab, dans le district périphérique d'Esenyurt.

"Aujourd'hui, 15 personnes travaillent pour moi dans ce restaurant, des Afghans, des Iraniens, des Turcs. J'y ai investi environ 120.000 dollars", explique M. Burhan à l'AFP.

"Je dirais que 60% de nos clients sont des Afghans qui vivent ici. Le reste, ce sont des Arabes, des Iraniens et des Turcs", ajoute-t-il.

M. Burhan fait partie d'un nombre croissant d'entrepreneurs afghans qui connaissent le succès en Turquie où ils se sont réfugiés, amenant avec eux leurs économies, mais aussi des compétences recherchées dans les domaines de la restauration, de l'artisanat ou du commerce.

Si les Syriens constituent l'essentiel des près de quatre millions de personnes réfugiées en Turquie, plus de 145.000 Afghans y vivent aussi, selon Amnesty International.

Certains Turcs considèrent les migrants et réfugiés afghans comme un poids, mais ce n'est pas le cas dans la banlieue où habite M. Burhan, où leur apport est vu comme positif, grâce à leur contribution à l'économie.

- Nationalité soldée -

A l'intérieur de l'Afghan Kebab, les clients dévorent leur Kabuli Palaw, un plat populaire afghan fait de riz épicé et de poulet, les yeux rivés sur la télévision où une chaîne afghane diffuse une série turque.

"Pour le moment, nous sommes le seul restaurant afghan dans le quartier", souligne M. Burhan en sirotant un thé vert assis en tailleur sur un coussin de sol.

Afin d'attirer plus d'investissements alors que la situation économique s'est dégradée l'an dernier, Ankara a abaissé en septembre d'un million de dollars à 250.000 dollars la somme à partir de laquelle un étranger investissant dans l'immobilier peut demander la nationalité turque.

Ces mesures d'incitation ont fait bondir de 82% des investissements dans l'immobilier par des étrangers au premier trimestre 2019, selon l'office turc des statistiques (Tüik).

Les Afghans ne représentent qu'une petite fraction de ces étrangers investissant dans la pierre - aucun chiffre précis n'est disponible -, mais contrairement à une image répandue, tous ceux qui fuient l'Afghanistan ne sont pas dans le dénuement.

"Nos ventes de logements ont doublé cette année par rapport à la même période l'année dernière", indique à l'AFP Mehmet Yasin Hamidi, un Afghan qui dirige une agence immobilière dans le district de Beylikdüzü, en périphérie d'Istanbul, et qui compte de nombreux Afghans parmi ses clients.

"Les gens ne peuvent pas protéger leur vie ou leur argent en Afghanistan", déclare M. Hamidi. "Si vous avez de l'argent, vous ou vos enfants risquent d'être kidnappés. Les hommes d'affaires sont menacés là-bas, c'est pour cela qu'ils apportent leur argent ici."

- Compétences recherchées -

La construction de nouveaux logements a explosé à Beylikdüzü ces dernières années pour satisfaire l'appétit croissant des étrangers voulant investir dans l'immobilier. Ils y ont investi 4,6 milliards de dollars en 2018, selon l'Association turque des promoteurs et investisseurs dans l'immobilier, qui table sur plus du double en 2019, environ 10 milliards de dollars.

En plus de l'argent, les entrepreneurs afghans apportent souvent avec eux des compétences et de l'expérience qui leur permettent de se différencier.

Hadi Ekhlas, un graveur de l'ethnie Hazara en Afghanistan, a fui l'insécurité de son pays il y a huit ans. Il s'est d'abord rendu au Pakistan voisin, avant de choisir la Turquie pour mettre à profit son savoir-faire.

Aujourd'hui, il travaille au Grand bazar d'Istanbul, l'un des marchés couverts les plus célèbres du monde, où il grave des écritures islamiques et ottomanes sur des pierres précieuses ou semi-précieuses, un travail minutieux hérité de ses ancêtres.

"Autrefois, des commerçants turcs importaient des pierres gravées de pays voisins, mais maintenant, je les fais ici et je prends des commandes", explique M. Ekhlas à l'AFP.

Avec un partenaire turc, il possède l'une des 42 boutiques tenues par des Afghans au Grand bazar. "Mon projet est d'agrandir ma boutique dans un avenir proche. J'aimerais aussi enseigner mes techniques (de gravure) à des Turcs", dit-il.

Dans une autre allée du Grand bazar, Khalil Nuri, un joaillier afghan, vend des bagues, des colliers et des pendentifs qui rappellent ceux des petites boutiques de Kaboul.

"En tant qu'orfèvre et expert dans la fabrication d'objets artisanaux, je voulais poursuivre mon travail ici", raconte M. Nuri qui a fui l'Afghanistan pour Istanbul il y a 12 ans.

M. Burhan, le restaurant dit espérer que son "affaire va continuer de bien se porter". "Il y a beaucoup d'Afghans ici. Et beaucoup de gens curieux d'essayer la cuisine afghane."
(AFP, 12 mai 2019)


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