Droits
de l'Homme / Human Rights
Le partenariat criminel du « Deux
États - Une Nation »…


Doğan Özgüden
(Artı Gerçek, 27 octobre 2024)
Après
la condamnation de la Turquie, le régime Aliyev chouchou d’Israël a
également été condamné par le Parlement européen
Alors que l’attention
des médias turcs et d’une opinion publique conditionnée par eux se
concentre, d’une part, sur l’invitation à la Grande Assemblée nationale
de Turquie (TBMM) du leader du PKK, Abdullah Öcalan, placé à
l’isolement sur l’île d’İmralı, par Devlet Bahçeli, et d’autre part,
sur l’action armée contre les Industries aérospatiales turques,
personne n’a prononcé le moindre mot sur la condamnation à une
écrasante majorité en session plénière du Parlement européen des crimes
contre l’humanité commis par Aliyev, le pote d’Erdogan, dans
l’Azerbaïdjan voisin.
Pourtant, quelques semaines avant la COP29 prévue par la Convention
cadre des Nations Unies sur le changement climatique, à savoir la
réunion de la 29e conférence des parties prévue les 11-12 novembre 2024
en Azerbaïdjan, une telle condamnation du régime de ce pays par
l’organe législatif de l’Union européenne revêt une grande importance.
Cela ne me surprend pas beaucoup… Peu importe ce que fait le régime en
Azerbaïdjan, quels que soient les crimes qu’il puisse commettre, tous
les partis ayant un groupe à la Grande Assemblée nationale de la
Turquie, en particulier l’AKP et le principal parti d’opposition, le
CHP, et à l’exception du DEM et de ses prédécesseurs, ont applaudi de
tout cœur, en adhérant sans réserve au principe du « Deux États – Une
Nation », les pratiques de terreur d’État contre son peuple du
dictateur Aliyev et ses attaques et occupations prenant pour cible
l’Arménie.
Souvenons-nous… Il y a quatre ans, le 17 novembre 2024, n’étaient-ce
pas le principal parti d’opposition CHP et son principal allié, le
İYİP, qui déclaraient, « en tant que partis politiques représentés au
sein de la TBMM, nous invitons la communauté internationale à se tenir
aux côtés de l’Azerbaïdjan jusqu’ici éprouvée par l’occupation et les
attaques irresponsables de l’Arménie. À cette occasion, en tant que
partis politiques de notre Assemblée victorieuse, nous réitérons une
fois de plus, et avec force, la volonté de solidarité de notre nation,
tout en demandant la miséricorde d’Allah pour nos frères d’Azerbaïdjan
tombés en martyrs, en souhaitant prompt rétablissement aux vétérans et
en présentant nos condoléances à notre cher Azerbaïdjan », en votant «
oui » au mandat d’occupation du Haut-Karabakh ?
Après sa défaite aux élections générales de 2023, le CHP a changé de
président, mais comme dans bien d’autres domaines, sa position
vis-à-vis de l’Azerbaïdjan n’a pas changé d’un iota.
La première chose qu’a faite le nouveau président Özgür Özel à son
arrivée, le 17 avril 2024, à l’Assemblée parlementaire du Conseil de
l’Europe à Strasbourg, tant dans ses contacts privés qu’à la tribune
parlementaire, a été d’assurer la réintégration dans cet hémicycle des
parlementaires azerbaïdjanais, exclus peu auparavant par l’institution.
Dans son discours à l’Assemblée parlementaire, Özel, qui n’a même pas
évoqué une seule fois les opérations meurtrières menées par l’État turc
dans le nord de l’Irak et dans le nord de la Syrie, ni l’occupation et
l’opération destructrice conjointes des armées azerbaïdjanaises et
turques, déclarait au sujet de la représentation du régime Aliyev au
Conseil de l’Europe :
« Je pense que les évènements qui sont survenus au cours de la période
passée entre l’Azerbaïdjan et nous, et que nous regrettons quant à ses
conséquences même si nous n’avions pas été partis prenants à son vote,
doivent être rapidement réparés. Nous défendons pleinement les valeurs
communes du Conseil. Cependant, les rapports établis avec l’Azerbaïdjan
jusqu’à ce jour sont aussi instructifs pour les deux parties quant à
leurs résultats. Je voudrais également exprimer notre entière
disponibilité pour assumer toute forme de responsabilité dans les
relations entre le Conseil et l’Azerbaïdjan, qui est un pays très
important pour nous, afin d’apporter toute la contribution possible au
rétablissement des relations ».
Au surplus, alors que les opérations de destruction massive lancées par
Israël dans les territoires palestiniens ont pris une telle dimension
qu’elles ciblent aussi le Liban et l’Iran et risquent d’embraser tous
les pays du Moyen-Orient, il était significatif de trouver au cinquième
Salon de la Défense de l’Azerbaïdjan (ADEX) organisé à Bakou le 28
septembre 2024, outre l’entreprise de défense turque Baykar, les
Industries aérospatiales israéliennes (IAI). Ce n’est guère surprenant
lorsqu’on apprend par un rapport de l’Institut international de
recherche sur la paix de Stockholm que 17 pourcents des exportations
d’armements militaires d’Israël sont destinées à l’Azerbaïdjan.
Au cours du Salon, un accord de coopération a été conclu entre la
société israélienne AS Holdings, spécialisée dans la production d’armes
légères conformes aux normes de l’OTAN, et sa filiale Ari Arms, et
Azersilah, une société d’état affiliée au ministère de l’Industrie de
la Défense d’Azerbaïdjan. Une situation qui, en Turquie, n’a guère fait
l’objet de commentaires, ni du côté du pouvoir, ni de celui de la
principale opposition.
La condamnation du régime Aliyev par le Parlement européen
Alors que les partis du « Deux États – Une Nation » en Turquie se
murent dans le silence, la question des « violations des droits humains
et du droit international en Azerbaïdjan et ses relations avec
l’Arménie » a été discutée en détail lors de la séance plénière du
Parlement européen le 22 octobre 2024. Et lors de la séance du 24
octobre, le projet de résolution condamnant le régime Aliyev y a été
approuvé par 453 députés contre 31 voix d’opposition.
Dans sa résolution, il condamne tout d’abord le fait que la COP29,
c’est-à-dire la 29e conférence des parties, se tienne dans un pays
comme l’Azerbaïdjan qui viole constamment les droits humains, et
appelle l’Union européenne et ses États membres à mettre tout en œuvre
pour s’assurer que les conférences des Nations Unies sur le changement
climatique ne se tiennent plus dans des pays ayant un si mauvais bilan
en matière de droits humains.
Se référant à la détérioration continue des droits humains en
Azerbaïdjan, à ses violations flagrantes du droit international, en ce
compris son attitude agressive envers l’Arménie, les restrictions
sévères imposées à la société civile et les mécanismes de la «
diplomatie du caviar » employée pour soudoyer les responsables
européens, la résolution du Parlement européen proteste également
contre son occupation du territoire de la République d’Arménie en
violation du droit international, sa politique de nettoyage ethnique
contre la population arménienne du Haut-Karabagh et la détention de 23
prisonniers de guerre arméniens, dont huit anciens leaders de
l’Artsakh/Haut-Karabagh.
La résolution demande par ailleurs à l’Union européenne de mettre fin à
sa dépendance au gaz azerbaïdjanais, de suspendre le protocole d’accord
de 2022 sur le partenariat stratégique dans le secteur énergétique et
de subordonner la signature de tout futur accord avec l’Azerbaïdjan à
la libération de tous les prisonniers politiques, à la mise en œuvre de
réformes juridiques et à l’amélioration générale de l’état des droits
humains dans le pays.
Après avoir déclaré que toute action militaire contre l’Arménie était
inacceptable, et averti qu’elle aurait de graves conséquences sur le
partenariat UE-Azerbaïdjan, les députés européens ont également
signifié que « l’Union européenne devrait être prête à imposer des
sanctions à toute personne et entité menaçant la souveraineté,
l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Arménie ».
La résolution condamne fermement les insultes et les menaces directes
proférées par des représentants diplomatiques ou des membres du
gouvernement et du parlement azerbaïdjanais à l’encontre d’élus d’États
membres de l’UE, et demande que les responsables azerbaïdjanais
concernés se voient refuser l’accès aux institutions de l’UE jusqu’à
nouvel ordre.
Le président de la Fédération euro-arménienne pour la Justice et la
Démocratie (EAFJD), Kaspar Karampetyan, a commenté cette résolution
comme suit : « L’adoption de cette résolution était la suite logique
des précédentes résolutions du Parlement européen. Nous apprécions
grandement la position cohérente et de principe des députés européens
sur le sujet. Nous espérons que cela conduira également l’exécutif
européen à réévaluer sa politique à l’égard de l’Azerbaïdjan ».
La condamnation de la complicité du « Deux États – Une Nation »
Le Parlement européen avait déjà démontré le bienfondé de la suspension
des négociations d’adhésion avec l’aile turque du « Deux États – Une
Nation », candidate à l’Union européenne, après l’adoption d’une
résolution similaire le 13 septembre 2023.
Dans la résolution adoptée par le Parlement européen à 434 voix contre
18, mentionnant les élections présidentielles et législatives qui « ne
s’étaient pas concourues dans des conditions équitables », il
soulignait que le pouvoir avait dirigé le processus électoral avec un
avantage injustifié par « l’intimidation et le harcèlement des
partisans de certains partis d’opposition ainsi que les fausses
déclarations des partis au pouvoir qui associent l’opposition au
terrorisme compromettant le processus ».
La résolution pointait du doigt le recul démocratique qui s’était
poursuivi tout au long de l’année, soulignait que cette tendance
négative était loin de s’arrêter ou de s’inverser et condamnait le
manque d’indépendance de la justice et l’instrumentalisation politique
du système judiciaire, la non-application de toutes les décisions de la
Cour européenne des Droits de l’Homme, les poursuites intentées contre
les journalistes et les médias indépendants et les mesures croissantes
de censure, le mépris croissant des droits des femmes, l’augmentation
des violences sexistes et des féminicides ainsi que l’incapacité à
lancer un processus politique fiable de résolution du problème kurde
avec la participation de toutes les parties concernées.
En outre, dans son rapport, tout comme pour l’occupation du territoire
arménien par l’Azerbaïdjan, le soutien et la participation de la
Turquie à cette occupation et ses propres opérations armées en
direction de ses voisins syriens et irakiens faisaient l’objet des
avertissements suivants :
« Le Parlement européen condamne les interventions militaires de la
Turquie en Syrie et son occupation illégale de zones dans le nord de la
Syrie, et dénonce le fait que la Turquie et les factions syriennes
locales violent les droits des civils et restreignent leurs libertés en
toute impunité dans les territoires occupés par la Turquie, (…)
réaffirme qu’une nouvelle incursion au sol en Syrie aurait de graves
répercussions sur la sécurité internationale ».
« Le Parlement européen se déclare préoccupé par les frappes aériennes
turques dans le nord de la Syrie et de l’Iraq, en particulier sur la
région de Sinjar, où vit la population yézidie, qui a subi un génocide
perpétré par l’EIIL/Daech en 2014, et par la présence militaire
continue sur le territoire irakien; réaffirme que les populations
civiles ne devraient jamais être victimes d’actions militaires menées
en légitime défense; appelle les autorités turques à faire preuve de
modération dans le plein respect des normes internationales ».
Même si plus d’un an s’est écoulé depuis l’adoption de cette
résolution, rien n’a changé et les opérations des forces armées turques
contre la Syrie et l’Irak sont devenues de plus en plus préoccupantes.
Il n’y a pas si longtemps, hier encore, les médias internationaux
annonçaient que 14 personnes avaient perdu la vie lors de 40 frappes
aériennes consécutives sur le Rojava.
C’est pourquoi, la condamnation par le Parlement européen du régime
criminel d’Aliyev, l’ami choyé de la Turquie et d’Israël, est aussi la
condamnation du partenariat criminel du « Deux États – Une Nation »…
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Conscientious objector faces vicious cycle of
investigations in Turkey
Şendoğan Yazıcı declared his conscientious objection in 2010 and has
faced numerous lawsuits over 14 years. Yazıcı currently has 14 ongoing
cases and was summoned again by the gendarmerie for questioning on
September 11. He was interrogated for “violating Military Penal Code
No. 1111” and shared the interrogation report on social media. Three
days after posting the report, Yazıcı faced another investigation for
“violating the confidentiality of the investigation.” This time, he was
questioned for violating Article 286 of the Turkish Penal Code.
Gazete Duvar spoke with Yazıcı, who had been tried for offenses such as
“alienating the public from military service,” “violating the military
penal code,” and “insulting the Republic of Turkey,” about the latest
investigation and his experiences over the past 14 years.
"I’ve upheld my conscientious objection for 14 years and have given
statements to the gendarmerie, police, prosecutors, and courts
countless times," Yazıcı said. "The authoritarian system’s arbitrary
pressure on individuals who refuse to bow to the state continues
unabated."
He added, “On September 11, I was called by the gendarmerie again and
gave a statement for violating Military Penal Code No. 1111. As usual,
I posted my statement on social media. Three days later, I was accused
of violating Article 286, for ‘violating the confidentiality of the
investigation.’ Absurd, isn’t it? It’s like an endless cycle: I’m
accused of violating confidentiality for sharing my statement, and if I
share this, I’ll probably have to give another statement for ‘violating
the violation of confidentiality.’ Maybe this will go on until it
creates a more absurd 'violation of a violation.' During the
interrogation, not a single word was said about the confidentiality of
the investigation."
Yazıcı, who said he currently had 14 ongoing cases, stated that he had
faced state pressure since his 2010 declaration. He continued,
“When I made my conscientious objection declaration in 2010, I knew
what could happen. I was prepared for this. After that, I experienced
an incredible process that varied in intensity over time through court
cases, fines, and account freezes. Throughout the preparation of these
14 cases, I’ve given statements in investigations, to prosecutors, and
in court, and all of this has turned into serious labor. I try to use
these statements as a platform for my conscientious objection.”
Yazıcı added that the investigations worked as de facto punishment for
conscientious objection. “On the surface, they’re not doing anything.
There’s no forced conscription, but they’re turning this into a
lifelong torment."
Yazıcı also mentioned facing absurd situations during his trials,
including being charged with “cocktail organization.” He explained, “I
was tried in the High Criminal Court. Based on my social media posts,
they argued that my defense of the Gezi protests indicated that (the
outlawed parallel organization) FETÖ was behind it, and I was
prosecuted for supporting FETÖ. I was also tried for ‘attempting to
destroy the indivisible integrity of the state’ for mentioning the
‘Kobani Resistance,’ even though there was no propaganda element in
what I said. I was charged with FETÖ, PKK, and PYD affiliations, and
they sought an 18-year sentence. At the last hearing, the prosecutor
requested my acquittal, and I was acquitted. They put me through all
this stress."
Yazıcı noted that the Constitutional Court failed to respond to his
applications to prevent him from appealing to the European Court of
Human Rights (ECHR).
“For some reason, the Constitutional Court can’t reach a decision. I
have two individual applications from 2014 and 2017. They’ve been
waiting before the commission for years. It’s been 10 years, and no
ruling has come,” he said.
Yazıcı also mentioned facing fines, explaining, “I exercised my
constitutional right to conscientious objection. This right stems from
Turkey’s 2006 signing of the European Convention on Human Rights. The
2010 Constitution’s Article 90 covers this as well. I believe I am
exercising my constitutional right when I declare my objection.”
“They consider me a draft dodger. I’m not a draft dodger because I’m
not running from anything. I’ve attended every court hearing and
provided every statement. But despite my ongoing trial, each time they
issue a report calling me a draft dodger, they impose fines. These
fines then come back to me as enforcement orders. My accounts are
frozen. On one hand, my trial continues, and on the other, they seize
my money. This is a clear injustice. I’ve accumulated fines totaling
36,500 lira.”
“Life is being made difficult for us. You stay in a hotel, and the
police show up at 5 a.m. Or you encounter a checkpoint, and they issue
a report. This cycle continues endlessly. If they could, they would
prevent us from even breathing,” Yazıcı said. “This last situation is
really absurd. It’s not unique to me. Their goal is very clear, to keep
conscientious objectors in a constant state of legal and social limbo,
making their social, economic, and cultural lives unbearable through
illegitimate means.”
Yazıcı concluded, “This is our legitimate right. There is a law, and
according to that law, the state must make the necessary regulations.
I’m not guilty because the state hasn’t implemented this regulation.
It’s as if the state’s crime is being inflicted on the citizen.
“They believe that if conscientious objection is recognized, no one
will join the military. Now there’s a price hike for paid military
service. For the state, this is one of the most lucrative revenue
streams. It’s absurd to think that scaring people into paying for
security is legitimate. You get punished for a crime once, and then you
move on with your life. But in Turkey, refusing military service leads
to an endless cycle. Even if I live to 90, I’ll still be on trial in
the Criminal Courts of First Instance for refusing military service.
I’m talking about an endless symphony,” he concluded. (Gazete Duvar, 17
October 2024)
Nouvelles manifestations contre les féminicides en
Turquie
Des centaines de femmes ont manifesté samedi en Turquie pour dénoncer
le fléau des meurtres de femmes, au huitième jour d'une fronde née d'un
double féminicide à Istanbul et qui s'est répandue dans le pays.
299 femmes ont été tuées en Turquie, pays de 85 millions d'habitants,
depuis le début de l'année, soit plus d'une par jour, selon le décompte
d'une association féministe turque.
À Istanbul, plus grande ville du pays, plusieurs centaines de personnes
ont défilé samedi après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Erdogan assassin ! AKP assassin !", ont scandé certaines d'entre
elles en visant le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip
Erdogan et son Parti de la justice et du développement, au pouvoir
depuis 2002.
"Vous êtes un gouvernement qui laisse les jeunes filles se faire tuer
!", a lancé au micro l'une des meneuses du rassemblement, Günes Fadime
Aksahin, vêtue de noir comme nombre de participantes, face à une forêt
de pancartes et aux portraits de deux jeunes Stambouliotes de 19 ans
tuées le 4 octobre par le même homme à trente minutes d'intervalle.
"Je veux que nos filles arrêtent de se faire massacrer !", a tonné
Gülizar Sezer, la mère d'une jeune femme retrouvée morte en juin à
Istanbul après avoir été jetée à la mer enveloppée d'un tapis.
Des groupes de femmes ont également manifesté samedi dans la capitale
Ankara et à Izmir, troisième ville du pays, selon des images d'une
fédération féministe.
Les manifestantes ont aussi réclamé le retour de la Turquie dans la
convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre les violences
faites aux femmes, dite convention d'Istanbul, dénoncée en 2021 par
Ankara.
Des manifestations ont lieu chaque jour depuis une semaine à travers le
pays, notamment sur des campus d'universités.
Le mouvement touche également des villes conservatrices, comme
Sanliurfa (sud-est) où des appels à manifester ont été lancés ce
week-end.
Après avoir d'abord rejeté la faute sur l'alcool et les réseaux
sociaux, le président Erdogan a promis mercredi de durcir la loi pour
entraver les violences faites aux femmes. (AFP, 17 oct 2024)
Une
étudiante de 21 ans disparue depuis 18 jours a été
retrouvée morte
Le corps sans vie d'une étudiante de 21 ans, portée disparue depuis 18
jours, a été retrouvé dans la province de Van, dans l'est de la
Turquie, a annoncé mardi le ministre turc de l'Intérieur.
Le corps de Rojin K., âgée de 21 ans, a été découvert sur les rives du
lac de Van, près du village Molla Kasim, a affirmé le ministre Ali
Yerlikaya sur X rendant public l'identité de la victime.
Inscrite à l'Université de Van, l'étudiante avait été vue pour la
dernière fois quittant sa résidence universitaire le 27 septembre.
Les autorités n'ont pour l'instant pas précisé la raison de son
décès, ni s'il s'agit d'un meurtre.
Des centaines de femmes manifestent depuis deux semaines en Turquie
pour dénoncer le fléau des meurtres de femmes.
Un double féminicide, dont l'une des victimes âgée de 19 ans a été
décapitée, début octobre à Istanbul, ainsi que le meurtre en août d'une
fillette de 8 ans et d'une policière âgée de 26 ans en septembre, ont
suscité l'émoi en Turquie.
Les organisations féministes réclament le retour de la Turquie dans la
convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre les violences
faites aux femmes, dite convention d'Istanbul, dénoncée en 2021 par
Ankara.
Le texte oblige les pays signataires à documenter et sanctionner les
violences à l'encontre des femmes.
Rien qu'entre le 1er juillet et le 30 septembre, 117 femmes ont été
"assassinées" et 110 femmes ont perdu la vie "de manière suspecte",
affaires souvent classées en "suicide" selon le décompte publié
vendredi, effectué par ces associations féministes à partir des cas
cités dans la presse. (AFP, 15 oct 2024)
Déjà 295 féminicides recensés en Turquie depuis le début de
l'année
C'est d'abord le meurtre de Narin, une fillette de 8 ans à Diyarbakir,
dans le sud-est de la Turquie, qui a provoqué l’indignation. Une
douzaine de personnes, dont sa mère, un frère et un oncle, sont
actuellement en détention, les enquêteurs ayant la certitude que le
crime a été commis en famille. À cela s'ajoute les meurtres de deux
jeunes femmes, assassinées la semaine dernière à Istanbul par un même
homme, qui a ensuite décapité l'une d'entre elles avant de se suicider.
Un système qui échoue à protéger les femmes
Ces crimes, bien qu'ayant beaucoup choqué en raison de leur brutalité,
rappellent une réalité tragique que dénoncent les ONG féministes : la
violence contre les femmes en Turquie. Depuis le début de l'année, au
moins 295 femmes ont été tuées, le plus souvent par leurs conjoints,
ex-partenaires, ou des membres de leur famille proche, tels que des
pères, ex-maris, petits amis, ou frères.
Les ONG féministes en Turquie dénoncent un système qui ne protège pas
les femmes. Elles soulignent les failles à plusieurs niveaux, notamment
dans les commissariats où les plaintes des femmes victimes de violence
ne sont pas toujours écoutées. Viennent ensuite les tribunaux, où
certains juges trouvent encore des circonstances atténuantes à des
auteurs de féminicide ; réduisent parfois la condamnation parce que le
meurtrier s'est « bien comporté » à l'audience ; accordent une
libération conditionnelle à des maris violents qui s'empressent d'aller
tuer leur femme ; ou encore se permettent de commenter la tenue des
femmes qui viennent témoigner.
Une responsabilité gouvernementale ?
Les organisations féministes tiennent les autorités responsables de
cette situation. Bien que la Turquie dispose de lois adéquates sur le
papier, le gouvernement privilégie la protection de la « famille »,
qu’il estime menacée par les mouvements féministes, le mouvement LGBT
et les influences occidentales. Ce choix prioritaire a des effets
négatifs sur les droits et la sécurité des femmes. Par exemple, en
2021, le président Erdogan a pris la décision de retirer la Turquie de
la Convention d’Istanbul, un traité international du Conseil de
l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des
femmes.
De son côté, le pouvoir a promis de nouvelles mesures après les
meurtres des dernières semaines. Le ministre de la Justice a évoqué
cette semaine la possible suppression des allégements de peine pour «
bonne conduite » et une révision des mesures de liberté conditionnelle
pour, selon, « en finir avec le sentiment d'impunité ». Le président
Erdogan a utilisé la même expression.
Néanmoins, il a également défendu son bilan : il a affirmé que la
Turquie avait fait « un bond en avant » dans la lutte contre les
violences faites aux femmes, que le retrait de la Convention d'Istanbul
n'avait rien fait perdre aux femmes, et que la consommation d'alcool
était la raison principale des violences, ce qu'aucune étude ne vient
étayer. Des propos qui inquiètent plus qu'ils ne rassurent les ONG
féministes turques. (Anne
Andlauer, RFI, 11 oct 2024)
Turkey’s human
rights agency ‘exists only in name'
Despite its official mandate to protect human rights and combat
discrimination, Turkey’s Human Rights and Equality Institution (TİHEK)
remains largely ineffective, according to the 2023 audit report of the
Court of Accounts, the country’s highest governmental accounting body.
Established in 2016 to replace its predecessor, the Turkish Human
Rights Institution (TİHEK) was mandated by Law No. 6332 to safeguard
human dignity and promote equality. However, a recent audit reveals
significant structural and operational shortcomings, suggesting that
the institution is largely ineffective.
Independence in question
Although TİHEK was designed to operate independently, with the law
stipulating that no authority can interfere with its work, concerns
remain about its governance as among its 11 board members, three are
appointed by the president and the other eight by the cabinet.
The audit revealed that TİHEK only managed to open a single branch
office in Antep, despite provisions in law allowing it to establish
more. By international standards, human rights institutions are
expected to maintain regional offices to allow direct access to the
public. TİHEK is a member of the Global Alliance of National Human
Rights Institutions (GANHRI). However, applications to the institution
can be made through provincial and district governor’s offices.
Staffing gaps
The lack of local offices is not related to allocated positions,
either. While the institution has a staff capacity of 215, only 59
positions are filled. Also, several staff members are assigned to other
agencies, and some employees on temporary contracts have had their
terms repeatedly extended. GANHRI had previously criticized TİHEK’s
personnel policies, urging the institution to hire qualified staff
through a transparent, merit-based process.
Financial mismanagement
TİHEK's financial practices also came under scrutiny in the audit.
While the institution received a budget allocation of 47.3 million
liras for procurement, it exceeded its allowed spending limit, reaching
over 27.3 million liras without appropriate approvals from the Public
Procurement Authority.
Language barriers
The audit also found that TİHEK failed to ensure accessibility for
minority groups. According to GANHRI accreditation standards, the
institution should offer services in minority languages and implement
simplified application procedures to improve access for vulnerable
groups. In addition to being independent, GANHRI considers it necessary
for the exercise of the right to apply in minority languages. For this
reason, TİHEK cannot be accredited to the organization at 'A' level.
TİHEK relies on the digital infrastructure of the Justice Ministry,
whereas the GANHRI says it should establish communication systems
including telephone and the internet. (BIA, 10 October 2024)
Tristesse et soulagement des premiers évacués du
Liban
Le premier des deux bâtiments militaires envoyés par Ankara à
Beyrouth
pour évacuer des ressortissants turcs a accosté jeudi soir dans
le
port méridional de Mersin, libérant ses passagers à bout de nerf,
soulagés d'avoir échappé à la fureur des bombardements.
"On vivait sous la menace des bombes, sans rien à manger, sans
électricité, j'ai envie d'embrasser le sol", s'exalte en
débarquant
Sevim Abu Shakir, la quarantaine, pressée de quitter les lieux.
La frégate TGS Bayraktar, partie le matin même de Beyrouth, a fait
son
entrée dans le port peu après 21H00 (18H00 GMT). Le second navire est
attendu autour de minuit (21H00 GMT), selon le ministère des
Affaires
étrangères qui a précisé qu'un millier de ressortissants turcs
avaient
finalement demandé à être évacués par voie maritime sur les 2.500
initialement enregistrés.
Au bas de la passerelle, de part et d'autre, des rangées de jeunes
soldats attendent les passagers et s'emparent de leurs bagages.
"Israël lâchait ses bombes tous les jours, sans interruption. C'était
un voyage long et fatiguant mais nous sommes en paix ici",
rapporte
Ismail Baysal, la trentaine, qui prévoit de gagner Istanbul avec
sa
famille.
"Mais je veux rentrer à Beyrouth dès que la guerre sera
terminée", jure-t-il.
Les frégates de la marine turque, arrivées mercredi dans le port
de
Beyrouth, ont d'abord déchargé 300 tonnes d'aide humanitaire offertes
par Ankara avant de reprendre la mer, escortées jusqu'aux côtes
libanaises et retour par deux patrouilleurs chargés d'assurer
leur
sécurité, a précisé le ministère de la Défense.
Selon le ministère des Affaires étrangères, 2.500 personnes
s'étaient
enregistrées pour partir et fuir les bombardements israéliens sur le
Liban, parmi les 14.000 ressortissants turcs recensés par le
consulat
turc à Beyrouth.
Finalement, "un millier environ s'est présenté aux points de
rassemblement. Des gens ont renoncé au dernier moment" a-t-il
expliqué.
Jeudi soir, au moment où accostait le TGS Bayraktar, l'aviation
israélienne menait des raids aériens au coeur de la capitale
libanaise
faisant, selon les premiers bilans, au moins 18 morts et près de
100
blessés.
Outre les bombardements, l'armée israélienne a lancé le 30 septembre
des incursions terrestres dans le sud du Liban.
"Le Liban est un petit pays, Beyrouth n'est plus sûre", regrette
Safa
Coskun. La jeune fille s'inquiète pour ses proches restés sur place.
"Je suis contente que la Turquie ne nous ait pas abandonnés",
glisse-t-elle.
Le ministère a promis de nouvelles évacuations si besoin: "Nous
continuerons à rassembler les candidatures. La nécessité ou non d'une
nouvelle traversée sera décidée en fonction des candidatures
reçues",
a-t-il indiqué, précisant qu'une liste est également ouverte pour
des
vols charters vers la Turquie.
"Notre pays continuera à prêter main forte aux populations de la
région face à la crise humanitaire provoquée par la guerre
propagée
par Israël (...) et à prendre toutes les mesures nécessaires pour
protéger la vie et la sécurité des biens de ses citoyens à
l'étranger," a également assuré le ministre, Hakan Fidan, sur X.
Les ressortissants étrangers qui en ont les moyens quittent également
le Liban via des ferries qui assurent la liaison entre Tripoli
(nord)
et le port de Tasucu, dans la province de Mersin, avec chaque
fois 350
passagers à bord.
Un responsable de la compagnie, sous couvert de l'anonymat, a rappelé
que ses bateaux avaient fait de même pour évacuer des familles
pendant
la guerre en Syrie.
"Il y a des Turcs mais ce sont des étrangers pour la plupart, avec
la
double nationalité (Liban) et Australie, Canada et autres".
"Ce sont des gens qui sont à l'aise économiquement" et peuvent payer
350 dollars par personne, a-t-il précisé.
A leur arrivée en Turquie ces évacués s'empressent de quitter le pays
par le premier avion disponible. (AFP, 10 octobre 2024)
At least 152 workers killed on the job in
September
At least 152 workers lost their lives in work-related incidents across
Turkey in September, according to the monthly report of the Health and
Safety Labor Watch (İSİG). The total number of work-related deaths
identified by the group in the first nine months of 2023 reached 1,371.
The highest number of deaths occurred in the sectors of industry (45),
construction (42), agriculture (33, including 18 workers and 15
farmers), and the service sector (32).
In September alone, the deaths were largely concentrated in key
sectors: 45 fatalities occurred in industry, 42 in construction, 33 in
agriculture, and 32 in the service sector.
Three of the killed workers were children. While two were aged between
15 and 17, legally entitled to work according to Turkish law, one was
under 14 years old. Fifty-seven child workers have been killed on the
job in the country since the start of the year.
Eight of the workers who died in September were aged 65 or older.
Additionally, 29 workers were between the ages of 18 and 29, 65 were
between 30 and 49, and 40 were between 50 and 64. The ages of seven
workers could not be determined.
Among all the workers who died last month, only two were union members.
Traffic accidents and transportation-related incidents were the leading
cause of worker deaths in September, resulting in 35 fatalities. Other
major causes included crushing and cave-ins, which claimed 30 lives,
and falls from heights, responsible for 26 deaths.
The monthly breakdown of fatalities included 161 deaths in January, 149
in February, 124 in March, 165 in April, 142 in May, 138 in June, 148
in July, and 192 in August.
On Sep 4, the Social Security Institution (SGK) released its official
statistics on workplace deaths for the first time in a decade, which
the İSİG mentioned in its report .
According to the SGK report, 1,972 workers died in workplace accidents
in 2023. The İSİG Assembly's own count for the same period was 1,932.
The assembly noted this discrepancy in its report, stating, "For years,
there have been claims that the worker fatality numbers we publish are
'inflated.' Let’s see what those critics will say now." (MedyaNews, 4
oct 2024)
Five
sentenced to life in prison over ex-Grey Wolves leader’s murder
Five defendants have been sentenced to aggravated life imprisonment for
their roles in the 2022 assassination of Sinan Ateş, a former leader of
the nationalist Grey Wolves (Ülkü Ocakları) organization.
The verdicts were handed down yesterday by the Ankara 32nd Heavy Penal
Court in a trial involving 22 defendants, including 12 remanded in
custody.
The hearing at the Sincan Prison Campus was attended by the defendants,
their lawyers, and the family of Sinan Ateş, including his widow, Ayşe
Ateş, his mother, Saniye Ateş, and other relatives.
The court issued its decision after hearing final defense statements
from the defendants and their lawyers. Among those sentenced to life in
prison was Eray Özyağcı, who was found guilty of "premeditated murder"
for shooting Ateş, and motorcycle courier Vedat Balkaya, who
transported the shooter to and from the crime scene.
Three others received aggravated life sentences for their involvement
in the murder. Suat Kurt, who conducted reconnaissance prior to the
killing; Doğukan Çep, identified as the mastermind behind the
assassination; and Tolgahan Demirbaş. Demirbaş was apprehended at the
home of Olcay Kılavuz, who also previously chaired the Grey Wolves and
was at the time an MP with the Nationalist Movement Party (MHP), which
the group is affiliated with. Kılavuz didn’t face any charges.
Other sentences and acquittals
Several other defendants also received prison sentences. Selman Bozkurt
was sentenced to 13 years for "attempted murder," while Mustafa
Uzunlar, Aşkın Mert Gelenbey, Emre Yüksel, and Murat Can Çolak received
sentences ranging from 15 to 18 years for their involvement in the
crime.
MHP-affiliated lawyer Serdar Öktem, former National Intelligence
Organization (MİT) operative Çağlar Zorlu, and several others,
including Zekeriya Asarkaya, Hakan Saraç, Ufuk Köktürk, and Aytaç Ataç,
were acquitted of all charges. Additionally, Caner Güney was released
from custody.
In a separate ruling, the case of Mustafa Ensar Aykal, a former
official of the Ankara Police Department’s Homicide Bureau, was split
from the main trial. His detention will continue as further legal
proceedings are carried out. (MedyaNews, 4 oct 2024)
Plus de 200 000 personnes détenues et 80 000 torturées sous le
régime de l’AKP
Plus de 200 000 personnes ont été détenues et 80 000 ont été torturées
sous le règne de l’AKP, qui a mis en place un régime autoritaire depuis
son arrivée au pouvoir il y a 22 ans. C’est ce qui ressort d’un bilan
dressé par l’IHD.
Selon le président turc Recep Tayyip Erdoğan, la Turquie est désormais
un pays où chacun peut exprimer ses pensées et vivre librement. Les
rapports annuels de l’Association des droits de l’homme (IHD) révèlent
pourtant le contraire. Selon les données de l’IHD, le bilan des 22
années de règne de l’AKP est le suivant :
Exécutions extrajudiciaires
1 229 personnes ont perdu la vie et 3 147 autres ont été blessées lors
d’exécutions extrajudiciaires perpétrées par la police, la gendarmerie
et les gardes villageois. Dans les seules prisons, 916 personnes ont
perdu la vie et 64 ont été blessées.
19 personnes disparues en garde à vue
Pendant le règne de l’AKP, 19 personnes ont disparu en garde à vue.
Jusqu’à aujourd’hui, les efforts des défenseurs des droits humains pour
connaître leur sort sont restés vains.
73 assassinats en détention
La détention a continué d’être utilisée comme un instrument de torture
et d’oppression sous le régime de l’AKP. 200 139 personnes ont été
détenues, dont 19 992 ont été soumises à la torture. 73 personnes ont
été assassinées en détention.
80 000 personnes torturées
La torture a cessé d’être un système appliqué uniquement en détention
sous le régime de l’AKP et s’est répandue dans les rues. 10 459
personnes ont été victimes de torture lors de manifestations et
d’événements. 9 737 prisonniers ont été torturés par des gardes ou des
soldats. Le nombre de cas de torture impliquant des gardes de village
est de 321. Au total, près de 80 000 citoyens ont été torturés dans
différents endroits.
Attaques des forces affiliées à l’État
647 personnes ont perdu la vie et 5 415 ont été blessées dans les
attaques imputées aux forces de sécurité turques ou à des forces
paramilitaires affiliées à l’État. 422 personnes ont perdu la vie et
684 citoyens ont été blessés dans des attaques dont les auteurs n’ont
pas été identifiés, dites d’auteur inconnu.
1 579 personnes forcées à l’espionnage
Le gouvernement n’a pas limité ses méthodes d’oppression aux attentats
et à la torture. En 22 ans, il a contraint 1 579 personnes à
l’espionnage au sein d’organisations, de syndicats et de partis opposés
au gouvernement afin d’obtenir des informations.
Des milliers de publications confisquées
Les médias et les activités culturelles et artistiques sont
particulièrement touchés par la répression de l’AKP. Le gouvernement de
l’AKP a interdit 1 322 événements, dont la majorité étaient des
événements culturels kurdes. 1 165 livres et magazines ont été
confisqués.
Près de 30 000 arrestations politiques
8 030 manifestations ont été attaquées ou interdites par les autorités.
Les bâtiments des partis politiques ont été perquisitionnés 1 843 fois
; les bâtiments des partis et des associations ont été attaqués 527
fois. Des dizaines de milliers de personnes ont fait l’objet d’une
enquête pour leurs opinions, 29 369 personnes ont été arrêtées pour
avoir exprimé leurs opinions ou participé à une action de protestation.
(RojInfo, 2 oct 2024)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Three issues of pro-Kurdish newspaper Yeni Yaşam
seized in a week
The pro-Kurdish Yeni Yaşam’s three issues were seized in the past week
on “terror propaganda” accusations. Courts in İstanbul banned and
confiscated the newspaper’s editions dated Oct 7, Oct 13, and Oct 14.
The İstanbul 1st Penal Judgeship of Peace ordered the confiscation of
the Oct 7 edition due to its headline, “This fire ring can end with
Öcalan,” which was based on columnist Fırat Can’s article, “Third World
War, chaos in the Middle East, and the way out.”
The article suggested that in anticipation of broader conflict in the
Middle East, Turkey should initiate a new peace process with the Kurds
in line with the “democratic solution” idea of Abdullah Öcalan, the
imprisoned leader of the Kurdistan Workers’ Party (PKK) militant group.
The İstanbul 9th Penal Judgeship of Peace banned the Oct 13 edition
over the headline, “A Kurd’s Dream: Reuniting with Öcalan,” and the Oct
14 edition due to the use of a photo of Öcalan.
‘Systematic censorship’
Mehmet Ali Çelebi, editor-in-chief of the now-closed Özgür Gündem
newspaper, the predecessor of Yeni Yaşam as the leading newspaper
affiliated with the Kurdish political movement, described the
confiscation orders as part of a systematic effort to suppress the
press.
“Censorship and pressure have become trademarks of the AKP [Justice and
Development Party] government,” Çelebi said, adding that this practice
has been a defining feature of the AKP’s alliance with the Nationalist
Movement Party (MHP) since 2016. He emphasized that the pressure is not
limited to Yeni Yaşam, pointing out similar actions taken against other
media outlets, including the recent revocation of Açık Radyo’s license
and the removal of Evrensel from the official press registry.
‘Controlling the media is key to authoritarian regimes’
Çelebi warned that these moves are part of a broader strategy by the
government to control dissenting voices in the media.
“If you want to dominate the social landscape as a ruling power and
prevent any alternative voices from emerging, you apply this method of
control over the press,” he explained. “The state’s judiciary, police,
and military have been working for years to silence alternative voices.”
He added that media outlets covering topics such as ecology, women’s
rights, labor issues, and democracy, are bearing the brunt of the
government’s efforts to monopolize the press. “These actions show that
Turkey is not democratic, and the intolerance towards Kurds is clear,”
he said.
Suppression of Kurdish voices
Çelebi also linked the confiscation orders to the current political
climate. Referring to MHP leader Devlet Bahçeli’s recent handshake with
members of the pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party,
which stirred a public debate about a possible new peace process with
the Kurds, he asserted that the AKP-MHP bloc is attempting to shape
such a process to their preference.
“The government is trying to sideline Kurdish political actors. They
want news coverage, commentary, and headlines that only align with
their perspective. But we are reporting on the reactions and demands of
the Kurdish people,” Çelebi said.
He also pointed out the double standard in how the government reacts to
international issues compared to Kurdish matters. “When newspapers
report on Israel’s massacres in Gaza or Lebanon, they are praised. But
when it comes to the Kurds, we are censored.”
Çelebi urged media organizations to unite and resist these pressures.
“Associations, unions, and journalists must learn from Turkey’s press
history. Media organizations should stand in solidarity. In 100 years,
only the brave reporters of this era will be remembered as the pride of
journalism, while others will be left in the shadows of history,” he
said. (BIA, 18 oct 2024)
Mayor threatens local journalist in Turkey: ‘We will
teach him his lesson’
CPJ expressed deep concern after a recently
released recording of an August 15 press conference included comments
from Tatvan Mayor Mümin Erol, in which Erol told reporters that he
would attack journalist Sinan Aygül if he could and congratulated the
former mayor’s bodyguards, who attacked and hospitalized the journalist
in June 2023.
“Unfortunately, the change of power in the local government of Tatvan
did not favor journalist Sinan Aygül, who was prosecuted and assaulted
because of his reporting during the former mayor’s administration. Now,
the current mayor has threatened him,” said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey
representative. “Mayor Mümin Erol should publicly apologize for his
violent comments about Aygül, and local authorities must ensure Aygül’s
safety. Politicians should always refrain from threatening journalists,
an action for which there can never be an excuse or reasoning.”
Erol, a member of the pro-Kurdish DEM party, was elected mayor of
Tatvan, a city in the eastern province of Bitlis, in March, beating a
candidate from the leading Justice and Development Party (AKP). “Sinan
will know his place,” Erol said in the recording. “We will teach him
his lesson.”
Aygül, who was not present at the August 15 press conference, told CPJ
he believes the reason for the threat was his reporting on three
expensive cell phones that were allegedly bought for the mayor and his
aides. Aygül, who is also the chair of the local trade group Bitlis
Journalists Society, said he would soon file a criminal complaint.
A representative of Tatvan city’s press desk told CPJ by phone that
they would not comment on the recording.
Aygül was found guilty of “insulting” the bodyguards who attacked him
in January 2024 and was later charged with “threatening” his attackers.
Aygül told CPJ that while he was separately acquitted of these charges,
prosecutors have appealed. (CPJ, 16 oct 2024)
Journalist
Pınar Gayıp detained
Pınar Gayıp, an editor for the Etkin News Agency (ETHA), was detained
in İstanbul after being summoned to provide a statement regarding a
complaint filed by lawyer Sezgin Keleş.
The complaint came after Keleş, who was sentenced to three years in
prison in 2022 for sexually assaulting an intern, accused Gayıp of
defamation and other charges.
Gayıp had gone to the Kocamustafapaşa Şehit Sinan Acar Police Station
in the Fatih district to respond to the latest complaint by Keleş.
During the visit, she was detained due to an outstanding arrest warrant.
Keleş has filed numerous complaints against Gayıp over the years,
accusing her of various offenses, including "defamation," "child
abuse," "membership in a terrorist organization," and "providing
financial support to a terrorist organization through journalism." Some
of these accusations have led to legal cases, and Keleş has also
reported ETHA to the financial police.
The complaints began after Gayıp published several articles covering
the sexual assault allegations against Keleş. Since then, she has been
repeatedly called in for questioning on similar charges. (BIA, 14 oct
2024)
La Turquie bloque l'accès à la messagerie Discord
La Turquie a bloqué mercredi l'accès à la plateforme américaine
de
discussions Discord afin de "protéger" sa jeunesse, ont annoncé
les
autorités.
L'Autorité turque des technologies de l'information et des
communications (BTK) a dit sur son site internet agir sur
décision
d'un tribunal d'Ankara.
"Nous sommes déterminés à protéger nos jeunes et nos enfants (...)
des
publications nuisibles et criminelles sur les réseaux sociaux et
Internet", a justifié sur X le ministre turc de la Justice,
Yilmaz
Tunç.
Très prisée des amateurs de jeux vidéos, Discord est utilisée
comme
messagerie interne par de nombreuses entreprises. La plateforme est
aussi devenue un réseau social alternatif pour les désenchantés
de
Facebook ou X (ex-Twitter).
Selon la presse turque, des utilisateurs de la plateforme s'étaient
réjouis d'un double féminicide commis vendredi à Istanbul, qui a
coûté
la vie à deux jeunes femmes âgées de 19 ans. D'autres auraient
harcelé
sexuellement des mineures via la messagerie, d'après ces mêmes
médias.
La Turquie avait interdit en août l'accès à la plateforme de jeux
vidéos Roblox, évoquant déjà des "contenus" préjudiciables aux
"enfants", quelques jours après avoir bloqué le réseau social
Instagram. L'accès à ce dernier avait été rétabli après neuf
jours.
Discord, qui offre une plateforme gratuite via laquelle textes, audios
et vidéos peuvent être échangés, revendique 150 millions
d'utilisateurs actifs mensuels.
La Russie a annoncé mardi avoir interdit la populaire plateforme
de
discussions, évoquant son utilisation "à des fins terroristes et
extrémistes". (AFP,
10 octobre 2024)
A Inci,
pour la 84e année de sa vie orageuse

Doğan
Özgüden, 5 octobre 2024
Inci, ma bien-aimée, je te félicite pour le 84e anniversaire de ta vie,
dont plus de 30 ans passés dans le pays où tu es née et 53 ans passés
en exil, toujours pleins de luttes pour tes convictions.
Alors que nous approchons tous deux aux 90 ans sur le chemin de vie
commun que tu as partagé avec moi pendant 59 ans, nous sommes
conscients que les feuilles du calendrier tombent l'une après l'autre
de plus en plus rapidement, et que les membres de notre famille, nos
amis et nos compagnons de lutte qui survivent s'amenuisent.
Et la tristesse de devoir rester physiquement loin de notre beau pays,
où nous nous sommes battus pour nos convictions pendant des années, où
nous avons connu des peines et des joies, des défaites et des
espoirs...
Tout de même, une consolation... Grâce aux médias sociaux, ne
sommes-nous pas en Turquie jour et nuit avec nos pensées et nos
messages depuis des années ?
D'ailleurs, lors de la projection du documentaire Apatride d'Esra
Yıldız à Ankara et Izmir en Turquie au moins, tes images et les miens
étaient dans nos villes de jeunesse.
Après Boston, Paris, Cologne et Hambourg, ce documentaire a été projeté
à la fin de l'année dernière au Festival du cinéma méditerranéen à
Bruxelles.
Dans ton intervention lors de la projection à Cologne, tu disait : "La
patrie est l'endroit où vous produisez"...
Je suis toujours un témoin de la manière dont tu as produit sans
relâche en exil… Info-Türk et les Ateliers du Soleil en Belgique
sont
en grande partie le fruit de ton travail créatif avec grands
sacrifices.
J'ai estimé qu'il était de mon devoir d'écrire sur ta vie tumultueuse
après l'accident de voiture suspect de l'année dernière dans lequel
nous avons failli mourir.
Mon livre “Un rebelle dans l’encre d’exil”, publié cette année, est
l'histoire de la lutte d'une femme journaliste contre l'exploitation de
classe, l'oppression nationale et le génocide, ainsi que contre les
inégalités dont les femmes sont victimes.
Nous célébrons aujourd'hui ton 84ème anniversaire avec le plaisir
d'exposer quelques sélections de tes œuvres avec celles de nos amis
dans l'espace où nous vivons depuis de nombreuses années à Bruxelles.
En 2025, nous fêterons les 60 ans de notre mariage et les 60 ans de
notre lutte qui a commencé avec le quotidien Akşam et la revue Ant.
Ma chère İnci, je te félicite chaleureusement pour ton 84e anniversaire
aujourd'hui et t'embrasse à nouveau avec mon amour pour l'éternité…
İzmir
newspaper faces censorship after report on a religious group's
Yenigün, a prominent local newspaper in İzmir, had its printing blocked
by the İhlas Printing House after it attempted to publish a front-page
story about a religious group's involvement in student housing.
The story was about the opening of a large dormitory by the Islamic
community known as Işıkçılar, critically examining the role such groups
play in student housing, which has been a topic of contention in the
country in recent years. Critics argue that with rising housing
costs
and a shortage of state dormitories, religious communities are stepping
in to provide cheaper accommodation, using it as an opportunity to
expand their influence by attracting students.
The printing house, one of the few major printing houses for newspapers
in Turkey, owned by İhlas Holding, known to be linked to the Işıkçılar
group, refused to print the paper with that headline, Hakan Dirik,
editor-in-chief of Yenigün, revealed in an article on the newspaper’s
website. The newspaper had to change its front page in order to be
published. The altered cover page contained a picture of Mustafa Kemal
Atatürk, founder of the republic, with the headline “Rest in Light,” an
implicit reference to the Işıkçılar group, whose name roughly
translates to “followers of light.”
Dirik noted that If the newspaper hadn’t been printed, it could have
faced sanctions that would jeopardize the job security of its 30
employees. “"In times of coup regimes, newspapers would sometimes go to
print with blank front pages. At least we managed to avoid that, but
our headline was published without the actual story," he wrote.
The Journalists Union of Turkey (TGS) condemned the incident as
"a
black mark in the history of journalism." TGS shared the censored
headline on social media, saying that "the attempt to prevent the
spread of information in 2024 is futile."
“The history of the press in Turkey is full of raids on printing
houses, newspaper confiscations ordered by the prosecutors, publication
bans and newspaper closures. The censorship of today's headline of the
İzmir daily Yenigün by the printing house is a black stain that will go
down in the history of the press,” wrote the union.
“It is 2024 and it is not possible to prevent the spread of
information. In order to both teach the censors a lesson and to
announce our solidarity with our colleagues at Yenigün, we publish the
headline that was not delivered to the readers today.” (BIA, 3 oct 2024)
Bahçeli threatens journalists over former Grey
Wolves leader’s murder case
Devlet Bahçeli, leader of the government-allied Nationalist Movement
Party (MHP), has threatened journalists and opposition figures for
questioning his party’s potential ties to the murder of Sinan Ateş, a
former leader of the Grey Wolves, a group affiliated with his party.
"Those who shamelessly accuse the MHP should watch their steps,"
Bahçeli said today during the party’s parliamentary group meeting. “All
anti-Turkey elements have come together and tried to dishonorably
accuse the MHP in a murder case. Some party chairmen and incompetent
reporters set up a court, pretended to be prosecutors and judges and
attempted to judge our friends.
“Those who are looking for an instigator and a murderer, those who test
our patience with crocodile tears will first look in the mirror and
speak as much as their honor and dignity allow.”
The latest hearing of the case concerning the 2022 murder of Sinan Ateş
murder took place yesterday. Ahead of the hearing, Özgür Özel, leader
of the main opposition Republican People’s Party (CHP), held a public
statement with Ayşe Ateş, Sinan Ateş’s spouse, outside the courthouse.
Later in the day, journalists Timur Soykan, Murat Ağırel, Barış
Pehlivan, and Şule Aydın discussed the case on the CHP-aligned Halk TV.
(BIA, 1 oct 2024)
En Turquie,
médias et réseaux sociaux sous surveillance de
plus en plus étroite du pouvoir
Lors du tremblement de terre qui a frappé la Turquie en février 2023,
Twitter (devenu X, depuis) avait été bloqué afin d’éviter toute
critique de l’incurie du pouvoir. Le blocage avait finalement dû être
levé après une douzaine d’heures, car le réseau servait aussi aux
secouristes pour atteindre les victimes.
En fait depuis le vote d’une loi sur la désinformation, les poursuites
se multiplient face aux critiques sur les réseaux sociaux. Cet été
c’est l’accès à Instagram qui a été bloqué pendant plusieurs jours :
les autorités l’accusaient notamment de censurer les messages de
condoléances après la mort du chef du Hamas Ismaël Haniyeh. Un blocage
très mal vécu : Instagram compte en Turquie quelque 57 millions
d’abonnés. Et ce sont justement les critiques contre la privation
d’accès à Instagram qui ont conduit au nouveau tour de vis : interrogée
alors par une chaîne YouTube, une jeune femme se lâche et affirme que
"fermer les réseaux sociaux, c'est un coup d'Etat ! Même s'il dirigeait
le monde, le président de la République ne peut pas bloquer Instagram.
Vous êtes tous des idiots, pour avoir abandonné nos droits et nos
libertés à une seule personne, et l'avoir considérée comme supérieure à
Dieu."
Après cette déclaration, elle est arrêtée et après 18 jours de prison
est condamnée à l'issue d'un procès éclair à sept mois et demi de
détention. RTÜK, l’autorité de régulation de l’audiovisuel, place sous
surveillance les micro-trottoirs. Tout propos considéré comme portant
atteinte à l’Etat, calomniant ou dégradant tenu dans l’espace public
sera châtié. Quant à YouTube, il est prévu d’exiger une autorisation
pour toute chaîne d’information ou de divertissement. Elles devront
obtenir une licence du Haut conseil de l’audiovisuel.
Netflix aussi est censurée. Du moins une série grecque,
Famagusta(Nouvelle fenêtre), qui devait être diffusée à partir du 20
septembre, et qui relate les exactions de l’armée turque lors de son
intervention militaire à Chypre en 1974. "Récit biaisé", dénonce le
gouvernement turc qui a bloqué la série. Les chaînes indépendantes ou
critiques se voient, elles, régulièrement infliger de fortes amendes.
Et la tendance ne devrait pas s’inverser tout de suite : le président
de RTÜK a peuplé l’instance de membres ou proches de l’AKP, le
parti
d’Erdogan. (France Info, 28 sept 2024)
Kurdish
Question / Question kurde
Face au chaudron régional, Ankara cherche l'apaisement
avec les Kurdes
Par Anne CHAON, AFP, Istanbul, 27 oct 2024
Le gouvernement turc cherche l'apaisement avec les mouvements kurdes
face aux menaces qui pèsent sur la région, malgré l'attentat revendiqué
cette semaine par le PKK qui semble relever d'un hasard de calendrier,
estiment les experts.
Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a assumé vendredi
l'opération contre le siège des Industries de Défense de Turquie (TAI)
qui a fait, mercredi, cinq morts et 22 blessés mais a pris soin, de
façon inédite, de s'en distancier en affirmant qu'elle n'a rien à voir
avec le processus entamé par le pouvoir.
L'attaque, a expliqué le PKK sur sa chaine Telegram, était "planifiée
de longue date" pour envoyer "des avertissements et des messages au
gouvernement turc, contre ses pratiques génocidaires".
Si le gouvernement a répliqué en bombardant une cinquantaine de cibles
de cette organisation dans le nord de la Syrie et de l'Irak, il n'en
venait pas moins, la veille, de tendre la main à son chef historique,
Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999, via un membre éminent de la
coalition au pouvoir.
Pour Hamit Bozarslan, un spécialiste du mouvement kurde, joint à Paris
par l'AFP, "une partie du pouvoir souhaite ouvrir un dialogue avec le
mouvement kurde, surtout dans l'hypothèse d'une dégradation de la
situation régionale et d'une fragilisation de l'Iran (qui auraient) des
impacts certains sur l'Irak et la Syrie".
- Dissolution contre libération -
Mardi, le président du parti MHP (nationaliste) Devlet Bahçeli, le
principal allié du parti AKP au pouvoir, a invité Abdullah Öcalan, 75
ans, condamné à l'isolement à vie, à s'exprimer devant le Parlement
pour annoncer la dissolution du PKK en échange de sa libération.
Le patron du MHP a renchéri samedi en affirmant que "les Turcs et les
Kurdes s'aiment, c'est une obligation à la fois religieuse et politique
pour les deux parties".
Autre signe de détente, le jour même de l'attaque mercredi, le neveu de
M. Öcalan a été autorisé à lui rendre visite sur son île-prison, au
large d'Istanbul, pour la première fois en "quarante-trois mois" a
précisé Ömer Öcalan, un député du parti pro-kurde Dem.
La classe politique s'est empressée de relever, comme l'a fait le
ministre de l'Economie Mehmet Simsek devant le Brookings Institute à
Washington, que, dans un tel contexte, l'attentat de mercredi "ne
pouvait être une coïncidence".
L'opération pose néanmoins la question du leadership d'Ocalan après
plus de 25 ans de prison.
Pour Hamit Bozarslan, malgré le temps qui passe, "Öcalan, reste
l'acteur de référence" susceptible de "peser sur le ou les processus"
engagés.
Mais, "sans contact organique" avec son mouvement, analyse Yektan
Turkyilmaz, un universitaire travaillant en Autriche qui met en exergue
l'hétérogénéité du mouvement kurde, "il lui sera très difficile
d'imposer un plan approuvé par le gouvernement".
"Öcalan se trouve certainement dans la pire situation de sa carrière",
poursuit-il. "Parce qu'il n'a jamais eu auparavant besoin de mobiliser
ou de convaincre ses partisans en faveur d'une solution politique,
pacifique ou d'une réconciliation" avec les autorités.
"Mais on peut dire la même chose pour le gouvernement", ajoute le
chercheur, tandis que l'opinion publique n'est pas forcément favorable
à un accord avec le PKK et que les ultra-conservateurs y restent très
hostiles. Cette main tendue s'explique, selon les
observateurs, par
la situation régionale incandescente et le risque redouté et exprimé
par Ankara de voir la guerre dans la bande de Gaza et au Liban
s'étendre.
Le gouvernement turc essaie de "renforcer son front intérieur pour
faire face au défi régional lancé par Israël" mais il voit surtout
"l'opportunité" d'enlever la pression à sa frontière avec la Syrie,
alliée de l'Iran, avance Yektan Turkyilmaz.
Après les frappes israéliennes sur l'Iran de la nuit de vendredi à
samedi, la Turquie a appelé à "mettre fin à la terreur créée par Israël
dans la région menée (...) au bord d'une plus grande guerre".
Le PKK revendique l'attentat près d'Ankara
Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a revendiqué vendredi sur
son compte Telegram l'attentat commis mercredi près d'Ankara visant le
siège des industries de défense de Turquie (TAI), précisant qu'il
voulait envoyer un "message" au gouvernement.
L'attentat, qui a fait cinq morts et 22 blessés, avait été rapidement
attribué au PKK par les autorités turques.
"L'action sacrificielle commise contre l'enceinte des TAI à Ankara vers
15H30 (12H30 GMT, ndlr) le mercredi 23 octobre a été menée par une
équipe du +Bataillon des Immortels+", indique le PKK qui cite le nom
des deux auteurs, un homme et une femme.
Selon le président turc, Recep Tayyip Erdogan, le commando venait de
Syrie voisine.
"Nos forces de sécurité sont immédiatement intervenues contre les
terroristes et ont neutralisé en très peu de temps la terroriste qui a
perpétré l'attentat. Comme vous le savez, la terroriste s'est tuée", a
ajouté le chef de l'Etat confirmant une opération suicide, dans l'avion
qui le ramenait jeudi de Russie.
Une série de bombardements aériens a été menée depuis mercredi soir en
représailles, visant des positions du PKK en Irak et dans le nord de la
Syrie.
Dans un long texte sur la messagerie Telegram, le PKK explique que
l'opération était "planifiée de longue date" et stipule qu'elle n'est
pas liée aux récents développements politiques en Turquie, où les
autorités ont semblé vouloir engager une solution négociée au conflit
avec les combattants kurdes.
- "avertissements" -
Il s'est agi, souligne le PKK, d'envoyer "des avertissements et des
messages contre les pratiques génocidaires, les massacres et les
pratiques d'isolement du gouvernement turc".
"Nous savons que les armes produites par TAI ont massacré des milliers
de nos civils au Kurdistan, y compris des enfants et des femmes"
poursuit le mouvement qui assume un "droit légitime" à frapper "les
centres où ces armes de massacre sont produites".
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose
de nombreuses sources en Syrie, vingt-sept civils ont été tués dans les
"quarante-cinq attaques de drones" conduites par les forces turques
dans le nord et l'est de la Syrie.
Ankara a pour sa part annoncé avoir visé "47 cibles (du PKK), dont 29
en Irak et 18 dans le nord de la Syrie", faisant "59 morts parmi les
terroristes dont deux responsables de haut niveau".
Le PKK tient vendredi, dans son message également adressé à l'agence de
presse Firat, qui lui est affiliée, à distinguer l'attentat d'Ankara du
contexte politique qui témoigne d'un infléchissement des autorités en
faveur d'une solution politique.
Mardi, le président du MHP (nationaliste) Devlet Bahçeli, principal
allié du parti AKP de M. Erdogan, avait invité le chef historique du
PKK, Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999, à s'exprimer devant le
Parlement pour annoncer la dissolution de son parti et son renoncement
au terrorisme.
Dans la foulée, mercredi, le neveu du leader kurde, Ömer Öcalan, député
du principal parti pro-kurde, le Dem (ex-HDP), a pu le rencontrer dans
sa prison, sur une île située au sud d'Istanbul.
"Notre dernière rencontre en face-à-face avec Abdullah Öcalan avait eu
lieu le 3 mars 2020" a rappelé son neveu sur X. Entre-temps
Abdullah
Öcalan, 75 ans, condamné à une peine de prison aggravée, à l'isolement
et sans possibilité de libération anticipée, n'avait eu droit qu'à un
bref échange téléphonique avec lui en mars 2021.
Jeudi le président du Parlement Numan Kurtulmus avait estimé à propos
de cet attentat qu'il "ne (pouvait) s'agir d'une
coïncidence”.(AFP,
25 oct 2024)
PKK leader Öcalan allowed for family visit for first time since
2020
Pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party MP Ömer Öcalan
visited imprisoned Kurdistan Workers’ Party (PKK) leader Abdullah
Öcalan, marking the first such visit in over three and a half years.
The visit started at 11.00 am yesterday and lasted for about two hours,
according to Mezopotamya Agency (MA). Ömer Öcalan was transported to
the prison on İmralı Island, located in the Marmara Sea, via a
specially arranged ferry.
Following the meeting, Ömer Öcalan shared a statement on social media,
relaying a message from his uncle. "Mr. Öcalan assessed the political
developments and asked for this message to be conveyed to the public:
'The isolation continues. If the conditions are met, I have both the
theoretical and practical capacity to move this process from a ground
of conflict and violence to one of legal and political resolution’.”
Abdullah Öcalan, 75, was in good health, added the MP.
He further noted that family visits are a legal right and "we want them
to continue regardless of the circumstances."
This was the first time a family member had been allowed to meet with
Abdullah Öcalan since March 2020. His last meeting with his lawyers
took place in August 2019. The PKK leader’s last contact with the
outside world was a brief and interrupted phone call with his brother
Mehmet Öcalan in March 2021. This isolation persisted through constant
disciplinary action against Öcalan, imposing family and attorney visit
bans.
Since then, DEM Party and other pro-Kurdish groups have protested
Öcalan’s isolation. His lawyers have filed hundreds of requests to meet
with him during this period without success. Also, Kurdish political
prisoners have organized multiple hunger strikes, demanding an end to
his isolation.
This latest visit comes as Turkey is witnessing renewed debates around
a possible new peace process. The idea gained momentum after recent
statements from Devlet Bahçeli, leader of the Nationalist Movement
Party (MHP), who hinted on Oct 22 that Öcalan could be allowed to
address parliament and declare the dissolution of the PKK. In return,
Bahçeli suggested that Öcalan might be eligible for the “right to
hope,” a legal mechanism that could pave the way for his release.
President Recep Tayyip Erdoğan has voiced his support for his ally’s
recent moves, describing them as a "historic opportunity" for Turkey.
Meanwhile, the DEM Party has responded with cautious optimism,
emphasizing that any progress would require the lifting of Öcalan’s
isolation and improvements in the conditions of other Kurdish political
prisoners.
The PKK remains skeptical of the government’s intentions, asserting
that the Turkish ruling bloc is trying to align with Kurdish groups to
navigate a potential regional conflict between Israel and Iran, which
they anticipate could expand across the Middle East. (BIA, 24 oct 2024)
DEM Party condemns Ankara attack amid
debate over potential peace process
The pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party and
imprisoned Kurdish politician Selahattin Demirtaş have condemned
today’s armed attack on Turkey's aerospace agency in Ankara, which left
seven five people dead, including two assailants.
In a written statement, DEM said the timing of the attack was
noteworthy, given the recent public debate about a potential new peace
process regarding the Kurdish issue.
“We must now embrace peace more than ever to ensure that such painful
events do not happen again,” said the party, extending condolences to
those who lost their lives in the attack.
Demirtaş, former co-leader of the HDP, the DEM’s predecessor, also
highlighted the timing of the attack. A statement shared on his social
media account read, “The mentality that tries to cut off the search for
a solution to our problems through talk, dialogue and politics with
blood should know that if Öcalan [Abdullah, PKK leader] takes the
initiative and wants to pave the way for politics, we will be behind
him with all our strength.
“We will not accept any approach that seeks to discredit democratic
politics and the search for peace. Everyone should make their
calculations accordingly. We will never allow the voices of those who
want peace to be suppressed this time, no matter who they come from.”
While the attack has not yet been claimed by any group, both the
defense and interior ministers indicated that initial assessments
suggest that the Kurdistan Workers’ Party (PKK) may be responsible.
Sezai Temelli, deputy chair of pro-Kurdish Peoples’ Equality and
Democracy (DEM) Party’s parliamentary group, shared similar sentiments
speaking in the parliament, saying, “The timing of such an attack is
meaningful when the society in Turkey has been trying to get rid of the
violence of war. The provocation is evident from every angle.
Therefore, we have to persistently and stubbornly respond to the
expectation of peace against such things. I condemn this incident once
again.”
Main opposition Republican People’s Party (CHP) leader Özgür Özel,
currently in Diyarbakır as part of his trip to the Kurdish-majority
regions, also commented on the attack’s timing, calling it
"noteworthy." He said, "Anyone who expects to benefit from terrorism is
making a grave mistake."
Peace discussions
The attack comes at a sensitive time, with public discussions around a
possible renewed peace process between the Turkish state and the
Kurdish movement, triggered by statements from Devlet Bahçeli, leader
of the Nationalist Movement Party (MHP) and an ally of the government,
since the start of the month.
On Oct 22, Bahçeli, in an unprecedented move, implied that PKK leader
Öcalan could be released under the "right to hope" if he publicly
declared the disbandment of the organization.
President Recep Tayyip Erdoğan described Bahçeli’s recent initiative as
a "historic opportunity" for national unity.
While the DEM has cautiously welcomed the initiative, they continue to
demand the lifting of Öcalan's years-long isolation and improved
conditions for other Kurdish political prisoners. The main negotiators
for peace would be Öcalan and the PKK as they are the party to the
conflict, while democratic entities can contribute to the process, DEM
argues. (BIA, 23 oct 2024)
Le Parti démocratique du
Kurdistan en tête aux législatives locales
Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), qui domine le pouvoir
dans
la région autonome du nord de l'Irak, est arrivé en tête des
législatives locales dimanche, selon un décompte des votes
annoncé
lundi par la commission électorale.
Ni le PDK ni la commission électorale n'ont dévoilé dans l'immédiat
le
nombre de députés obtenu par le parti au sein du Parlement de 100
membres.
Dans la région autonome, les deux formations hégémoniques depuis
des
décennies sont le PDK du clan Barzani, et l'Union patriotique du
Kurdistan (UPK), du clan Talabani.
Selon un décompte présenté par la commission électorale en conférence
de presse, le PDK a obtenu plus de 800.000 voix, devançant l'UPK
(plus
de 400.000 voix) et le parti d'opposition Nouvelle génération
(plus de
200.000 votes).
Les résultats définitifs seront annoncés à Erbil, selon la commission,
mais aucune date n'a été rendue publique.
Outre ses 45 sièges au Parlement sortant, le PDK jouissait d'une
majorité relative grâce à des alliances avec des députés élus via
un
quota réservé aux minorités chrétiennes et turkmènes.
L'UPK comptait quant à lui 21 sièges.
Plus de deux millions d'électeurs, sur les 2,9 millions de
votants
inscrits, se sont déplacés pour élire 100 députés --dont 30 femmes en
vertu d'un quota--, a précisé la commission lundi.
"Le taux de participation (..) a atteint les 72%", a déclaré un
haut responsable de la commission, Omar Ahmed.
Ce pourcentage, a-t-il expliqué, englobe le vote de dimanche, mais
aussi un "vote spécial" réservé aux forces de sécurité organisé
vendredi, marqué lui par une participation de 97%.
Aux dernières législatives régionales de 2018, la participation
s'élevait à 59%.
Le nouveau Parlement devra voter pour désigner les successeurs
des
président et Premier ministre de la région autonome, Nechirvan et
Masrour Barzani, cousins et figures du PDK.
Les législatives, qui devaient se tenir en 2022, ont été reportées à
quatre reprises du fait notamment des divergences entre PDK et
UPK.
(AFP, 21 oct 2024)
Nearly 300 detained in two days in raids targeting Kurdish
groups
At least 284 people have been detained over the past two days in police
raids targeting pro-Kurdish groups across Turkey.
The raids come after an attempted rally in the Kurdish-populated city
of Diyarbakır on Oct 13 demanding freedom for imprisoned Kurdistan
Workers' Party (PKK) leader Abdullah Öcalan. The rally, organized by
the Democratic Institutions Platform, a coalition of pro-Kurdish
groups, was banned by authorities.
Interior Minister Ali Yerlikaya announced that 269 people were detained
during house raids in 36 provinces on Oct 15. The raids continued into
the following day, with an additional 15 people taken into custody in
Diyarbakır.
“We will absolutely not tolerate the provocative scenes in Diyarbakır,
where terrorist propaganda was attempted and violence was praised,”
Yerlikaya said about the attempted rally in Diyarbakır.
Most of the detentions were based on social media posts related to the
events, with users accused of "spreading terrorist propaganda." Others
were detained for their direct involvement in the events.
Among those who shared images of Öcalan were seven MPs from the
Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party, Yerlikaya noted.
Pro-Kurdish groups have long been calling for the lifting of the
confinement of the PKK leader. Öcalan, who has been held in the İmralı
island prison in the Sea of Marmara since his capture in 1999, has not
been allowed to meet with his lawyers and family members for years. His
last contact with the outside world was a disrupted phone call with his
brother in March 2021. (BIA, 16 oct 2024)
Culture Ministry bans Kurdish-language film
‘Rojbash’
The Culture and Tourism Ministry has blocked the theatrical release of
Rojbash, a film that tells the story of a group of Kurdish stage actors
reuniting after 25 years.
The ministry deemed the film “unsuitable for commercial circulation,” a
decision that prompted a legal challenge from the Media and Law Studies
Association (MLSA), which announced on Oct 9 that it had filed a
lawsuit seeking to overturn the ban.
Producer Özkan Küçük criticized the decision, emphasizing the cultural
importance of the film. “I never expected this project, which
focuses
on Kurds practicing their art in their native language, to end up in
court. All my efforts were to ensure the film reached as wide an
audience as possible," he told MLSA.
Küçük noted that the ministry's decision effectively banned the film
from being shown in cinemas. “It is unacceptable for a committee, whose
job is to classify films, to block a film we’ve worked on for nearly
six years from reaching audiences,” he added.
Parliamentary inquiry
Sinan Çiftyürek, an MP from the pro-Kurdish Peoples' Equality and
Democracy (DEM) Party, submitted a parliamentary inquiry to Culture and
Tourism Minister Mehmet Nuri Ersoy, raising concerns about censorship.
The inquiry asked for clarification on the reasoning behind the ban and
whether the film predominantly being in the Kurdish language played a
role in the decision.
He also requested data on the ministry’s support for Kurdish theater
and cinema over the past five years, including the number of
Kurdish-language films that have been banned and the reasons for their
prohibition.
The MP also asked how many Kurdish-language films or theater
productions have been banned by the ministry over the past five years,
and what were the reasons for these bans. (BIA, 11 October 2024)
Turkish
court upholds 9-year prison sentence for former
Diyarbakır mayor Selçuk Mızraklı
On 10 October 2024, Turkey’s Supreme Court upheld a nine-year,
four-month prison sentence for Selçuk Mızraklı, the former mayor of
Diyarbakır (Amed) and an influential figure in Kurdish politics.
Mızraklı, who is a former member of the pro-Kurdish Peoples’ Democratic
Party (HDP), was removed from office in 2019 after just five months as
mayor. His arrest and subsequent trial were part of a wider government
campaign against Kurdish politicians, many of whom were accused of
links to the Kurdistan Workers’ Party (PKK).
Mızraklı, a medical doctor by training, was accused of aiding the PKK
by allegedly operating on a wounded member of the group during his time
at a private hospital. These charges were largely based on the
testimony of an informant, Hicran Berna Ayverdi, who claimed that
Mızraklı had treated a PKK member without reporting the case to the
authorities. Further allegations came from Ümit Akbıyık, another
controversial witness, who claimed that Mızraklı had financially
supported events organised by PKK-linked groups during his time as
mayor.
His legal team consistently argued that the evidence was insufficient
and politically motivated, and that the testimonies were unreliable.
Nevertheless, in March 2020, Mızraklı was sentenced to nine years in
prison for being a member of an armed terrorist group. The verdict was
initially overturned by a higher court on the grounds of insufficient
investigation, but after a retrial, the sentence was reinstated.
Mızraklı share, in the last post on his personal X account: “We lost
many lives in our march for honour and humanity, we witnessed tens of
thousands of decisions of the regime’s courts that documented
unlawfulness and injustice. Here, another new decision has been
issued.” (MedyaNews, 10 oct 2024)
Two
Kurdish musicians detained in Diyarbakır
Kurdish musicians Helim Arslan, also known as Omerî, and Azad Bedran
Kızılkar were detained in Diyarbakır early this morning, according
Mezopotamya Agency (MA). Arslan was reportedly taken into custody at
his home, while Kızılkar was arrested at the airport.
The reasons for their detention remain unclear, but it has been
confirmed that both artists were taken to the local police station.
There has been a growing trend of artists with ties to the Kurdish
political movement being detained on terrorism-related charges, with
their concerts also facing increasing restrictions.
Following the arrests, the Mezopotamya Cultural Center (MKM) issued a
statement condemning the detentions, framing them as part of a broader
effort by the ruling Justice and Development Party (AKP) to suppress
Kurdish culture and the arts.
“These raids and arrests targeting Kurdish musicians Azad Bedran and
Helîm Omerî are an attack on the practice and preservation of Kurdish
music and art,” the MKM stated.
“Such pressures will not be able to stop Kurdish culture and art. On
the contrary, our struggle will ensure that they grow even stronger. We
condemn the detention and pressure on Kurdish artists. Kurdish music
and art cannot be silenced.” (BIA, 8 October 2024)
Global campaign for Abdullah Öcalan’s
freedom launched with widespread protests
A global campaign for the release of imprisoned Kurdish leader Abdullah
Öcalan has been launched with events in several cities across Europe.
Activists emphasise that Öcalan’s freedom is essential for lasting
peace in the Middle East, and his ideas on democratic governance and
gender equality continue to inspire movements worldwide.
The Free Öcalan Global Days initiative began on 1 October in London,
where Kurdish organisations gathered to call for an end to his more
than two decades in prison. Turkan Bûdak, co-chair of the General
Assembly of the Kurdish People in the UK, opened the event by
emphasising that Öcalan’s release is crucial for peace in the Middle
East as his ideas provide a peaceful solution to the Kurdish question.
“His freedom will bring peace to the Middle East,” Bûdak said,
stressing the importance of the ongoing campaign.
Seyît Sûrûç, the other co-chair of the British General Assembly, made a
press statement on behalf of the Kurdish organisations. He reiterated
that Öcalan’s struggle is not only for the Kurdish people but for all
the oppressed in the Middle East and beyond. “He has built a peaceful
and equal paradigm,” Sûrûç said, inviting Kurds and their supporters to
join the second year of the campaign.
Meanwhile, support for Öcalan’s freedom is growing outside the Kurdish
community. The Catalan anarchist organisation BATZAC announced its
participation in the campaign on social media. They condemned Öcalan’s
imprisonment, which has lasted since 1999, and stressed that he has
been denied basic human rights such as family visits and access to a
lawyer. BATZAC emphasised the importance of Öcalan’s ideas, which they
said inspired the decentralised, anti-patriarchal principles of the
Rojava revolution – principles they share in their struggle.
Protests also took place in Norway, where the Kurdish community in Oslo
set up an information stand in the central railway station square. The
stand, organised by the Norwegian Federation of Kurdish Associations
(NCDK-OSLO), attracted interest from locals and people of different
nationalities, who distributed leaflets highlighting Öcalan’s potential
to bring peace to the region. Andam Aso, co-chair of NCDK-OSLO, spoke
about Öcalan’s writings and his role in the struggle against the
isolation imposed on him in prison. Aso emphasised: “We exchange
information about Öcalan and distribute his books and writings to the
public”.
In Switzerland, Kurdish activists have been carrying out a long-lasting
protest in Geneva’s United Nations Square since 25 January. The protest
calls for an end to Öcalan’s total isolation and for greater
involvement by international bodies such as the United Nations and the
European Committee for the Prevention of Torture (CPT). The
demonstrators displayed bilingual placards in French and English,
calling on these organisations to fulfil their responsibilities. This
week’s protest included a minute’s silence for the Kurdish fighters
Rojhat Zîlan and Erdal Şahin, who died in a 2022 action against the
Turkish Interior Ministry in Ankara. Veysel Kuşkanadı, speaking on
behalf of the Geneva Action Committee, condemned the international
conspiracy behind Öcalan’s imprisonment and accused the world powers of
continuing the 100-year policy of denial and occupation against the
Kurdish people.
Further support for Öcalan’s release was seen in Frankfurt, Germany,
where the Kurdish community set up an information stand to mark the
anniversary of the campaign. The event, organised by the Frankfurt
Assembly and the Women’s Assembly, included the reading of a statement
in German by the Confederation of Kurdistan Communities in Germany
(KON-MED) emphasising the need to defend Öcalan and to prepare for the
central protests planned for 9 and 12 October. The demonstrators
carried posters of Öcalan and placards denouncing his continued
isolation.
Back in Switzerland, in Bern, the “Tîrêjên Roje” campaign, led by the
European Kurdish Women’s Movement (TJK-E), saw activists gather at the
railway station square. Kurdish youth and women, supported by local
Swiss youth, took part in the event. Speaking on behalf of the Berjîn
Zenda Women’s Assembly, Gulistan Sadon vowed that the Kurdish people
would remain on the streets until Öcalan was released. “Our leader has
been in Imralı prison for 26 years and we have been on the streets for
26 years. We will not stop until Öcalan is free,” she said. She also
stressed the importance of Öcalan’s feminist, ecological and democratic
model, which has been recognised all over the world.
Dilbirîn Turgut, speaking on behalf of the Kurdish youth groups
Revolutionary Youth Movement (TCŞ) and Teko-JIN, condemned the severe
isolation imposed on Öcalan, describing it as an attempt by the Turkish
state to suppress Kurdish identity. Turgut called on all Kurdish youth
to join the resistance and honoured those who have died in the struggle
for Kurdish freedom, including Rojhat Zîlan and Erdal Şahin.
Former HDP deputy Ferhat Encü also spoke at the event, reminding the
crowd that the international conspiracy that led to Öcalan’s
imprisonment began on 9 October 1998. He condemned Turkey’s continued
policy of isolation, which violates international human rights law. The
protest ended with a sit-in and the singing of Kurdish revolutionary
songs.
Protests and events under the “Free Öcalan Global Days” campaign will
continue throughout the month, with further actions planned across
Europe and South America. (MedyaNews, 4 oct 2024)
Attaque armée contre une association kurde de
Hambourg
Une attaque armée a visé un centre culturel kurde de Hambourg lundi
matin, endommageant les fenêtres du local. Depuis des années, la
communauté kurde d’Allemagne est dans le viseur des fascistes turcs
Bozkurtlar (Loups Gris*) et le nouvel accord signé entre Berlin et
Ankara prévoyant la déportation massive des migrants kurdes dont la
demande d’asile a été rejetée ne fait que jeter l’huile sur le feu.
Dans la matinée de 30 septembre, des inconnus ont tiré sur le bâtiment
d’une association culturelle kurde à St. Pauli, dans la
Silbersacktwiete, à Hambourg. La police de Hambourg a déclaré qu’au
moins trois coups de feu avaient été tirés sur la façade du bâtiment
tôt lundi matin, endommageant les fenêtres. Personne ne se trouvait
dans les locaux du club à ce moment-là. (Information donnée par le site
allemand Tagesschau)
*L’idéologie des Loups Gris du Mouvement Ülkücü (Idéalistes, le nom
complet est « Foyers idéalistes », en turc: Ülkü Ocaklari) repose sur
une exaltation de la « race », de la langue, de la culture et de la
nation turques. Les autres peuples de Turquie sont considérées comme
une force de division de l’unité du pays et sont donc combattus.
L’idéologie des Ülkücü est largement façonnée par les images de
l’ennemi et les théories du complot. L’éventail des ennemis « internes
» et « externes » s’étend des Kurdes, aux Grecs, Arméniens, Juifs, aux
Occidentaux et aux Chinois… (Kurdistan Au Féminin, 1 oct 2024)
Pro-Kurdish
DEM’s office in İstanbul targeted in armed
attack
A local office of the pro-Kurdish Peoples' Equality and Democracy (DEM)
Party in İstanbul's Sultangazi district was targeted in a shooting
attack early on Sep 28.
The office was empty at the time, and no injuries were reported while
bullets broke the office windows, according to reporting from
Mezopotamya Agency (MA).
Sultangazi District Co-Chair Faruk Kaya said that local residents
informed them the attack took place around 5.00 am. Police have
conducted an investigation at the scene.
Authorities have not yet identified the perpetrators of this latest
attack, and investigations are ongoing.
While no one was harmed in this incident, attacks on pro-Kurdish
parties’ political offices have occurred sporadically, usually when the
offices are vacant. The most serious recent attack occurred in 2021 in
İzmir, when a gunman stormed the local office of the Peoples'
Democratic Party (HDP), the DEM's successor, and killed party worker
Deniz Poyraz.
The court ruled that the assault was not a politically motivated hate
crime or an organized crime, but rather an individual murder.The
perpetrator, an ultranationalist person according to his social media
photos, was sentenced to aggravated life imprisonment for premeditated
murder. (BIA,
30 sept 2024)
Minorités
/ Minorities
The
European Parliament adopted the resolution
on the situation in Azerbaijan
Brussels, 24 October 2024 – In its plenary session on October 24, the
European Parliament (EP) adopted the resolution on “The situation in
Azerbaijan, violation of human rights and international law and
relations with Armenia” with 453 votes in favor, 31 against, and 89
abstentions. This vote had been preceded by a parliamentary debate on
the subject on 22 October.
The Members of the European Parliament (MEP) strongly condemn Aliyev’s
regime ahead of COP 29 and call on the EU executive to suspend the
energy memorandum with Azerbaijan. The European Parliament states that
the continuous violations of human rights by Azerbaijan are
incompatible with its hosting of COP29 and calls for the EU and its
Member States to do their utmost to ensure that United Nations Climate
Change conferences are not hosted in countries with poor human rights
records.
The resolution makes a reference to the continuous deterioration of
human rights in Azerbaijan, gross violations of international law,
including the aggressive behavior towards Armenia, strict restrictions
on civil society and the vicious mechanisms of “caviar diplomacy” to
bribe European officials. The EP also highlights the occupation of the
sovereign territory of the Republic of Armenia by Azerbaijan, the
blockade of Nagorno-Karabakh, Azerbaijan’s attack carried out in
violation of international law, the ethnic cleansing of the Armenian
population of Nagorno Karabakh as well as the detention of 23
Armenians, including eight former leaders Nagorno Karabakh/Artsakh who
are currently being held in Azerbaijani prisons without adequate legal
representation.
Furthermore, the European Parliament reiterates its demand for an
independent investigation into the abuses committed by the Azerbaijani
forces in Nagorno-Karabakh and the release of all 23 Armenian prisoners
of war. The EP calls on the Azerbaijani authorities to allow the safe
return of the Armenian population to Nagorno-Karabakh, to genuinely
engage in a comprehensive and transparent dialogue with them, to
provide robust guarantees for the protection of their rights, and to
refrain from any inflammatory rhetoric that could incite discrimination
against Armenians. There is also a special reference to the
protection
of the historical and cultural heritage of Artsakh, for which the entry
of the relevant UNESCO mission to the region is required.
The EP calls on Azerbaijan to unequivocally commit to respecting
Armenia’s territorial integrity, highlights that Azerbaijan’s
connectivity issues with its exclave of Nakhijevan should be resolved
with full respect for the sovereignty and territorial integrity of
Armenia. It is important to emphasize that in this context the EP
reaffirms that the EU should be ready to impose sanctions on any
individuals and entities that threaten the sovereignty, independence
and territorial integrity of Armenia. The MEPs condemn aggression
against Armenia, including hybrid attacks, urge Azerbaijan to withdraw
its armed forces from the sovereign territory of Armenia, and
welcome
the defense military assistance provided to Armenia by some member
states.
Commenting on the resolution, the European Armenian Federation for
Justice and Democracy (EAFJD) President Kaspar Karampetyan, noted: “The
adoption of this resolution was the logical continuation of the
previous resolutions of the European Parliament. We highly appreciate
the consistent and principled stance of the MEPs on the subject. We
hope that this will also lead to reevaluating the policy of the EU
executive towards Azerbaijan.”
Karampetian further elaborated,
“With this resolution the European Parliament insists that any future
partnership agreement between the EU and Azerbaijan be made conditional
on the release of all political prisoners, the implementation of legal
reforms and the overall improvement of the human rights situation in
the country, as well as on Azerbaijan demonstrating its genuine
readiness to faithfully engage in the negotiation of a peace agreement
with Armenia and to respect the rights of Nagorno-Karabakh Armenians.”
“I would like to emphasize that the issue of ratification of a new
agreement of the EU with Azerbaijan is within the jurisdiction of the
European Parliament, and the EU executive is constrained by the
Parliament’s position on this matter. Therefore, the development of the
policy of the EU executive will, to a certain extent, depend on the
position of the parliament, so the executive power cannot continue
disregarding the position of the European Parliament. The EAFJD and its
committees across Europe will certainly continue their work in this
regard”, concluded Karampetian.
L’Armenien
de Turquie: Prix Nobel d’économie
Ragip Duran, TVXS.GR, 20 octobre 2024
M. Daron Acemoglu, né à Istanbul en 1967, bachelier du prestigieux
lycée de Galatasaray et professeur à l’Institut de Technologie de
Massachusetts (MIT) à Boston a reçu le 15 octobre, avec ses deux
collègues (MM. Simon Johnson et James A. Robinson) le Prix Nobel
d’Economie. Cette information qu’il a reçue alors qu’il était à Athènes
pour une conférence, a fait un tabac aux Etats Unis, en Turquie et en
Arménie.
Acemoglu avait fait des études d’économétrie à l’Université de York et
à L’Ecole d’Economie de Londres (LSE) en Grande Bretagne.
Le père de Daron, le Dr. Kevork était un grand spécialiste du droit
commercial et enseignait à la Faculté de Droit d’Istanbul. Il écrivait
des articles pour la revue YON de Dogan Avcioglu, Kémaliste pur et dur
qui prônait un coup d’Etat des militaires progressistes. Le docteur
estimait par ailleurs que “le problème arménien (1915) était une
provocation des puissances étrangères”.
La mère, Mme Irma était une poétesse et femme de lettre.
Leur fils n’était ni Kémaliste ni putschiste.
Un camarade de classe du lycée de Galatasaray raconte en détail sur You
Tube un souvenir malheureux : “C’était à l’époque du coup d’Etat de
1980. Notre professeur d’histoire a demandé le prénom de Daron, alors
qu’il le savait.
- Daron, a répondu Acemoglu.
- Daron? Qu'est ce que c’est que ça? Daron n’est pas un prénom turc.
Désormais, tu t’appelles Souleiman (Soliman)!
Le camarade de classe ajoute : “Daron n’a pas oublié cette scène. 20
ans après, alors qu’on était à Londres, il m’a avoué combien il était
triste, car aucun des élèves n’avait protesté contre cet enseignant.
Alors que la solidarité est un des piliers de l’esprit de
Galatasaray”.
L’économiste de haute qualité et très populaire grâce à ses livres
traduits en plusieurs langues (Prospérité, Puissance et
Pauvreté/Pouvoir et Progrès, et surtout Pourquoi les Nations
échouent)
travaille surtout “pour améliorer, pour rendre plus juste et équitable
le système actuel” selon un prof turc d’économie aujourd’hui en
retraite. “Il a tout fait pour obtenir ce prix” a-t-il ajouté.
L’auteur étudie essentiellement les interactions entre la démocratie et
la croissance. Acemoglu accorde une importance capitale à
l’institutionnalisation, mais sans préciser la nature et le caractère
de classe des instituts.
Alors que l’ensemble des économistes en accord avec le système global
du néo-libéralisme vante les mérites du Prof. Acemoglu, ses critiques,
précisent que le nouveau lauréat du Prix Nobel ne tient pas en compte
comme il faut de deux faits déterminants pour toute analyse
économico-politique sur la croissance, le développement, la prospérité
et la pauvreté. Il s’agit du colonialisme et de l’impérialisme.
Le Prof. Acemoglu, qui avait signé au début de 2016 la pétition des
Universitaires Pour la Paix (BAK), donc en solidarité avec les
universitaires qui s’opposent contre les opérations de l’armée turque
visant les Kurdes, avait été également sollicité comme chef conseiller
en économie par l’ex-Président de la principale formation de
l’opposition, M. Kemal Kilicdaroglu. “Il pouvait devenir ministre de
l'Économie si Kilicdaroglu avait pu remporter les élections” disait-on
dans les couloirs du Parti Républicain de Peuple (CHP, vainqueur des
dernières élections locales du 31 mars 2024 avec environ 38 % des voix,
mais possède seulement 128 sièges sur 593 au Parlement
actuel).
En Turquie, quand un Turc remporte une victoire ou un succès à
l’étranger, il est tout de suite célébré par les officiels, il est reçu
au Palais Présidentiel, les médias font l’éloge du héros national, même
s’il s’agit d’un jeune sportif qui a reçu une médaille en bronze dans
une compétition à caractère internationale.
Ce ne fut pas le cas d’Acemoglu. Aucun officiel n’a même pas félicité
le prof. Les médias du pouvoir ont couvert l’événement avec beaucoup de
retard et très brièvement, seulement en une colonne dans la presse
écrite et à peine 30 secondes en fin du journal télévisé.
Les médias de l’opposition, en général Kémalistes et critiques du
libéralisme économique, non plus, n’ont pas couvert cet événement comme
il faut.
Par contre la Toile présente multiples réactions en majorité
nationalistes parfois tragi-comiques au sujet du professeur. Quelques
exemples:
- “Acemoglu doit rendre ce prix. Car il porte le nom de Nobel.
Aujourd’hui, les Palestiniens sont bombardés avec l’invention de ce
Monsieur Nobel.” Ahmet Hamdi Camli, ancien chauffeur d’Erdogan et
ancien député.
- “On dit que trois Turcs ont reçu le prix Nobel. Orhan Pamuk,
littérature en 2006, Aziz Sancar, chimie en 2015 et Daron
Acemoglu,
économie en 2024. Ce n’est pas vrai. Car le premier est un circassien,
le second un arabe et le dernier un arménien.” Compte anonyme sur X.
- “La Turquie n’a pas seulement trois Prix Nobel, mais quatre. Il ne
faut pas oublier Yorgo Séféris, né en 1900 à Vourla (Urla en turc près
de Smyrne), prix de litterature en 1963.” Un Roum d’Egée.
- “Si Daron est resté en Turquie, il est sûr qu’il sera expulsé de
l’académie par un décret présidentiel.” Un prof de droit signataire du
BAK.
L’identité arménienne d’Acemoglu, ses prises de position pour la
démocratie et les libertés ont empêché les dirigeants et une bonne
partie de la population turque de ressentir la joie et la fierté que
suscite le succès du professeur.
Génocide arménien: une radio turque réduite au
silence
Une radio indépendante turque a cessé d'émettre mercredi sur ordre des
autorités pour avoir laissé être évoqué sur son antenne le génocide
arménien de 1915 nié par Ankara, un nouveau coup porté à la liberté
d'expression en Turquie.
À 13H00 (10H00 GMT) précises, sous les applaudissements de confrères et
d'amis venus témoigner leur soutien, les journalistes d'Açik Radyo
("Radio ouverte" en turc) ont mis fin à leurs programmes, certains au
bord des larmes, promettant au micro que leur station "continuera
d'exister".
"Il s'agit de notre bande FM, qui est un grand trésor constitué depuis
30 ans grâce aux contributions de milliers de personnes. Nous sommes en
train de la perdre et cela nous attriste", a déclaré à l'AFP Ilksen
Mavituna, coordinateur des programmes de la station.
"Açik Radyo était une radio unique en Turquie. C'était la seule
radio
qui tirait ses auditeurs vers le haut", a déploré Meral Erbil, une
ancienne programmatrice de la radio publique TRT aujourd'hui retraitée.
La petite station stambouliote, qui émettait depuis 30 ans et se
voulait "ouverte à toutes les voix", avait été condamnée fin mai à une
amende et cinq jours d'interdiction de diffusion d'une émission dans
laquelle, fin avril, un invité était revenu sur les massacres
d'Arméniens perpétrés en 1915 par les troupes ottomanes, les qualifiant
de "génocide" à l'instar de nombreux historiens.
Le Haut conseil turc de l'audiovisuel (RTÜK), qui avait reproché à la
radio de ne pas avoir "tenté de corriger les déclarations faites par
l'invité", a par la suite annulé sa licence au motif que la direction
d'Açik Radyo n'a pas respecté la suspension du programme pour
"incitation à la haine et à l'hostilité".
Açik Radyo veut obtenir de la justice qu'elle revienne sur cette
décision, refusant d'être "réduite au silence".
- "Acharnement" -
"Nous demandons aux autorités de restituer l'antenne (à Açik Radyo) et
de mettre fin à cet acharnement scandaleux", a lancé mercredi Erol
Önderoglu, représentant de l'ONG Reporters sans Frontières (RSF) en
Turquie. Il a salué une "radio qui a depuis sa création il y a 30 ans
incarné l'information pluraliste (...), dans un pays où la polarisation
médiatique n'a cessé de se renforcer".
Il s'agit d'"une vraie perte", a-t-il insisté, citant les "débats
riches sur l'environnement" ou les "créneaux d'émissions animés par des
journalistes arméniens".
La Turquie, dirigée depuis deux décennies par Recep Tayyip Erdogan et
son parti AKP (islamo-conservateur), pointe à la 158e place sur 180 du
classement 2024 de la liberté de la presse de RSF, qui estime que 90%
des médias nationaux sont sous le contrôle du pouvoir.
Des dizaines de médias turcs ont été fermés et de nombreux autres
repris en main après le coup d'État raté de juillet 2016, qui a donné
lieu à de vastes purges et conduit le président Erdogan à élargir ses
pouvoirs.
Le génocide arménien est reconnu comme tel par les gouvernements ou les
parlements de nombreux pays comme aux États-Unis, en France et en
Allemagne. Le nombre des Arméniens ayant trouvé la mort dans ce
génocide est évalué à 600.000 à 1,5 million.
La Turquie, issue du démantèlement de l'Empire ottoman en 1920,
continue de récuser ce terme et évoque des "massacres" doublés d'une
famine, dans lesquels 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs
ont péri. (AFP, 16 oct 2024)
Turkish Armenian Daron Acemoglu
awarded the Nobel Prize in economics
Turkish Armenian economist Daron Acemoglu has been awarded the Nobel
Prize in economic sciences.
Acemoglu, a professor at the Massachusetts Institute of Technology, was
honored alongside Simon Johnson from MIT and James A. Robinson from the
University of Chicago. The Sveriges Riksbank Prize in Economic Sciences
in Memory of Alfred Nobel 2024 was announced on October 14, 2024. The
laureates will share a prize of 11 million Swedish kronor, about $1.058
million.
“This year’s laureates in the economic sciences — Daron Acemoglu, Simon
Johnson and James Robinson — have demonstrated the importance of
societal institutions for a country’s prosperity. Societies with a poor
rule of law and institutions that exploit the population do not
generate growth or change for the better. The laureates’ research helps
us understand why,” a press release from the Royal Swedish Academy of
Sciences states.
The team’s research studies how the introduction of societal
institutions by European colonizers across the world centuries ago
continues to account for differences in countries’ prosperity.
Countries with inclusive institutions enjoy relative prosperity today,
whereas countries with extractive institutions face low economic
growth.
Their research shows that these institutions can change over time in
cases of conflict over how resources and decision-making power are
allocated in society. The masses can exercise power by mobilizing and
threatening the ruling elite. Those in power then face a dilemma —
placate the masses through economic reforms, or transfer
decision-making power and establish democracy.
“Reducing the vast differences in income between countries is one of
our time’s greatest challenges. The laureates have demonstrated the
importance of societal institutions for achieving this,” says Jakob
Svensson, chair of the Committee for the Prize in Economic Sciences.
Acemoglu was sitting on his hotel balcony in Athens when he received
the phone call that he had been awarded a Nobel Prize.
“You never dream of such things. You can dream, but you never expect
such things, let’s say. It’s a wonderful event,” he said in an
interview with the Royal Swedish Academy of Sciences.
Acemoglu, who is the co-author alongside Robinson of New York Times
bestseller Why Nations Fail: Power, Prosperity, and Poverty, says that
the colonial experiment transformed the institutional trajectory of
more than half of the world.
“If a country is 50 percent richer than another one, you might say,
perhaps, that’s natural. They have some resources or some other
advantages. But there’s nothing natural about 30, 40, 50 fold
differences in income per capita in a globalized connected world,” he
said.
Looking at future prospects for today’s institutions, Acemoglu worries
about support for democracy, which he says is at an all time low
throughout the Western world.
“Democracy is not easy to make work, because democracy is about
democratic citizenship. It’s about consensus. It’s about communication.
It’s about accepting defeat, making compromises, talking and
understanding the other side, and all of those things are always
difficult.
“They become more difficult during times of turbulence, which we are
living through, and they become harder when the infrastructure, for
example, the communication infrastructure, makes this sort of
democratic citizenship harder. It’s not the only factor, but social
media has certainly played that role,” he said.
Acemoglu was born in Istanbul in 1967 to an Armenian family. His father
was a lawyer and lecturer at the University of Istanbul, while his
mother was a principal and teacher at an Armenian middle school.
Acemoglu was educated in the United Kingdom, receiving his Ph.D. in
1992 from the London School of Economics and Political Science.
“I’m proud of all my heritages. I’m delighted that I have been able to
learn from many different experiences,” he said. (Community News,
October 15, 2024)
Seventy-two hate attacks killed 5 people in Turkey
in eight months
The Human Rights Foundation of Turkey (TİHV/HRFT) released a report
today documenting incidents of discriminatory, racist, and hate-fueled
physical and verbal attacks that occurred across the country between
Jan 1 and Sep 1.
According to the report, at least 72 verbal or physical attacks were
recorded during the eight-month period. Among these, 29 targeted
refugees and foreign nationals, 13 were directed at Kurds, 12 at
LGBTI+s, 7 at ethnic and religious minorities or people expressing
religious views, and 11 at other groups.
Five people lost their lives in the attacks, including two refugees,
one person expressing religious views, one member of an
ethnic/religious minority, and one LGBTI+ person. At least 26 people
were injured.
Anti-refugee violence in Kayseri
One of the most significant incidents occurred in Kayseri, central
Turkey, where a Syrian refugee was arrested on suspicion of sexually
abusing a child in August. Following the incident, a series of attacks
targeted the local refugee community. As a result, at least 24
businesses closed, and more than 3,000 refugees fled the city.
The Interior Ministry reported that 1,065 individuals were detained
over the attacks. Of these, 28 were arrested, while 187 were released
under judicial control measures.
Ill-treatment and torture
The report identifies at least 45 discriminatory, racist, or
hate-motivated actions targeting Kurds, LGBTI+s, and refugees by
official institutions.
Three refugees lost their lives following actions of law enforcement
and other state agencies, including one who died after deportation. At
least 661 individuals were subjects to torture and ill-treatment,
including 59 refugees.
Pride marches and Newroz
The report points to several instances of celebrations, such as Newroz
celebrations and Pride marches, that were met with police violence.
A total of 32 peaceful gatherings were disrupted by law enforcement,
leading to the detention of at least 602 people, many of whom were
subjected to torture or ill-treatment. Of those detained, 40 were
arrested, while 66 were released under judicial control, and one was
placed under house arrest.
During Pride Month and Trans Pride Week, police disrupted eight
peaceful protests, resulting in the detention of at least 56 people.
The individuals faced charges of "resisting police," "insult," and
"minor assault." Six of those detained were later released under
judicial control.
During Newroz celebrations and election rallies organized by Kurdish
groups, police detained at least 498 people, including children, on
charges such as "making propaganda for a terrorist organization" and
"violating the law on demonstrations." Ten of those detained were
arrested, while 51 were released under judicial control.
Crackdown on Kurdish events
The report also documents multiple incidents where individuals were
arrested for dancing to Kurdish music at weddings or on the streets.
In seven separate events across cities such as Mersin, Ağrı, Siirt, and
İstanbul, a total of 48 people, including musicians and event
organizers, were detained for "making terrorist propaganda." Among
those, 30 were arrested, while nine were released under judicial
control, and one was placed under house arrest. Four individuals were
sentenced to 1 year and 3 months in prison for the same charge.
'Erosion of the rule of law'
The TİHV expressed concern over the increasing use of discriminatory
and hate-filled rhetoric, which it claims is being normalized by
authorities. It criticized what it described as a permissive attitude
by politicians and law enforcement in response to violent incidents,
such as those in Kayseri, arguing that such an approach legitimizes
violence within society.
“This concerning aggression and the legitimizing attitude of public
authorities are clear manifestations of the structural violence that
defines political and social relationships in the country,” the group
stated. "This is not limited to refugees and asylum seekers but affects
a much wider spectrum of society.”
The report concludes by warning that the state’s choice to maintain
public order through violence and oppression undermines the rule of law
and erodes the foundations of a democratic society. (BIA, 11 October
2024)
Politique
intérieure/Interior Politics
Report de la discussion de la taxe sur les cartes de
crédit
La discussion du projet de loi visant à instaurer une taxe sur les
cartes de crédit en Turquie pour soutenir l'industrie de défense du
pays a été reporté en 2025, a annoncé mardi soir le chef du groupe
parlementaire du parti au pouvoir.
"Il y a eu certaines objections provenant de nos concitoyens. Nous
allons examiner tout cela en détail (...) Nous avons reporté nos
discussions et allons reconsidérer, après le budget, s'il y a des
points à changer ou à retirer", a affirmé le chef du groupe
parlementaire de l'AKP (Parti de la justice et du développement,
islamo-conservateur) Abdullah Guler.
Provoquant de vives critiques, le projet de loi avait été défendu mardi
matin par le ministre des Finances Mehmet Simsek.
"L'objectif est clair et évident: notre pays n'a d'autre choix que de
renforcer sa capacité de dissuasion. Il y a le feu et la guerre dans
notre région en ce moment même. Nous vivons dans un environnement
dangereux", avait justifié le ministre alors que la perspective d'une
taxe supplémentaire est déjà mal reçue par les consommateurs.
"Ces ressources seront intégralement dévolues aux industries de
défense: en d'autres termes, ce n'est pas un effort de réduction du
déficit budgétaire", avait insisté M. Simsek lors d'un entretien à la
chaine de télévision privée NTV.
Sur les huit premiers mois de 2024, les revenus d'exportation des
industries de défense ont atteint 3,7 milliards de dollars, en hausse
de 9,8% sur la même période de 2023, selon le président des industries
de défense turques, Haluk Gorgun.
Le secteur de la défense, dont les célèbres drones Bayraktar,
représente près de 80% des revenus à l'exportation du pays et 10,2
milliards de dollars pour l'année 2023.
Selon le projet de loi dont la discussion a été reportée, une taxe de
750 livres turques (20 euros) s'appliquerait aux cartes dont la ligne
supérieure de crédit atteint 100.000 TRY (près de 2.700 euros)-
indépendamment des sommes réellement dépensées.
Cette perspective a provoqué une ruée sur les banques de clients
demandant à abaisser leur crédit et pourrait amener le Parlement à
revoir le texte, a reconnu M. Simsek.
- Dôme de fer -
Le secteur de la défense s'est considérablement développé au cours des
deux dernières décennies, a rappelé M.Simsek: "au début des années 2000
la Turquie importait 80% de ses besoins. Aujourd'hui c'est l'inverse:
la Turquie produit plus de 80 % de ses besoins (grâce à) 3.500
entreprises".
Le groupement des industries de défense, qui dépend directement de la
présidence turque, envisage la construction d'un "dôme de fer", système
de défense anti-missile à l'image de celui qui protège Israël, a
rapporté M. Simsek, membre du conseil d'administration.
"Nous avons près d'un millier de projets de ce type, tous recourant à
une technologie de pointe, qui vont renforcer nos capacités d'export à
l'avenir. Ce qui nécessite des ressources supplémentaires" a-t-il
argumenté.
Selon le ministre, le fonds dévolu aux industries de défense dans le
budget national est passé de 90 milliards de livres en 2023 à 165
milliards en 2024. "Peut-être faut-il le doubler encore" a-t-il avancé.
Le président Erdogan a de nouveau insisté mardi arguant que, "même s'il
y a des gens pour ne pas voir le danger qui approche notre pays, nous
percevons le risque et nous prenons toutes nos précautions".
Mais l'opposition ne voit dans ces démonstrations qu'une façon de
"déguiser la crise" économique que subit le pays.
Pour Deniz Yucel, porte-parole du CHP, premier parti d'opposition au
parlement, "la défense de la patrie (...) est devenue un instrument
politique pour l'AKP qui prépare une nouvelle proposition de pillage en
exploitant les sentiments nationaux".
M. Yucel accuse l'AKP de chercher à créer "une menace étrangère sur le
thème +Israël peut nous attaquer+": "Ils essaient de dissimuler la
crise économique qu'ils ont provoquée. Les gens de la rue sont en
difficulté comme s'il y avait une économie de guerre" a-t-il dénoncé.
La Turquie connait une inflation à deux chiffres ramenée le mois
dernier sous les 50% sur un an, mais qui a dépassé les 85% en octobre
2022. (AFP, 15 oct 2024)
La
Turquie est riche mais c’est Erdogan
qui en profite!
Ragip Duran, TVXS.GR, 5 octobre 2024
“On ne fait pas d’économie quand il s’agit de prestige” avait prôné le
Président Erdogan en réponse aux critiques de l’opposition qui parlait
des dépenses publiques inutiles pour des spectacles du pouvoir.
Lors de sa dernière visite à New York, à l’occasion de la 79ème
Assemblée Générale de l’ONU, la délégation turque a dépensé à peu près
5 millions de dollars US pendant les 6 jours américaines du 22 au 28
septembre.
Les avions militaires de cargo avaient transporté les voitures
blindées de la délégation. 6 ministres plus une dizaines de
bureaucrates haut placés, accompagnés de leurs époux ou épouses
faisaient partie de la délégation. La majorité des chefs d’Etat ou de
gouvernement, accompagnée de petites délégations préfèrent en générale
des vols réguliers pour se rendre aux pays étrangers.
Plus de 15 journalistes, tous pro-gouvernement étaient en mission. Le
prix de la suite “royale” d’hôtel du seul couple Erdogan était de
25
milles dollars pour une seule nuitée. Les chambres d’hôtel de
l’ensemble des membres de la délégation, les repas et les dîners
étaient payés par l’Etat.
Les 6 avions en provenance de la Turquie ont dû attendre pendant six
jours à l’aéroport de New York.
Il fallait démontrer à l’opinion publique américaine l’importance de la
visite du “Grand Président Mondial”: Des camionnettes portant les
banderoles de “I love Erdogan” qui circulent dans le centre ville ont
coûté 3500 dollars par heure. Les grands panneaux électroniques de
publicité sur lesquels étaient inscrits “İnvest in Turkey” coûtaient 60
milles dollars par jour.
Il faut également ajouter à la note les per diems des fonctionnaires et
des bureaucrates plus le prix des cadeaux offerts aux diplomates
étrangers.
Malgré tous ces spectacles et dépenses, la salle de l’Assemblée
Générale était presque vide lors du discours de Président turc. Les
chaînes de TV turques n’ont montré que l’orateur. Aucun grand média
americain n’a eu la gentillesse d’inviter le Président Erdogan pour une
interview.
Le régime d’Erdogan prône souvent “l’économie” et prétend lutter contre
les dépenses publiques inutiles. Le Ministère de l’Education Nationale
a récemment décidé d’enlever les machines à the et au café des salles
des professeurs des écoles “pour faire des économies”.
Le régime n’est pas extravagant uniquement à l’étranger. Les dépenses
quotidiennes du Palais présidentiel s’élève à 15 millions de
livres
turques (LT) (Environ 400 milles euros).
6.7 millions de LT (Environ 180 milles Euros) sont dépensés
quotidiennement pour la protection du Président. Quand le Président se
déplace à Ankara, à Istanbul ou dans une autre ville du pays, au
moins
49 voitures forment un convoi.
Les médias d’opposition exposent la contradiction entre la vie
quotidienne des gens de la rue et le train de vie des membres du haut
pouvoir: Alors que les paysans, les travailleurs ne peuvent plus
acheter des vêtements d’hiver pour leurs enfants, ne peuvent manger de
la viande qu’une fois par semaine, les seigneurs dépensent
arbitrairement l’argent public aux Etats Unis.
La Turquie a donc de l’argent pour dépenser des millions de dollars à
New York. “Quelle est donc la source de cette richesse?” se demande un
internaute.
Le dernier modèle de la BMW X7 coûte 85.000 dollars aux Etats Unis.
Cette même voiture de luxe coûte 630.000 dollars en Turquie. Donc à peu
près 8 fois plus cher. Car trois types de taxes sont ajoutés au prix
primaire: La TVA , la Taxe Spéciale de Consommation et puis la Taxe
d’importation.
Forces
armées/Armed Forces
Syrie:
l'OSDH fait état de 27 civils tués par des frappes
turques
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a fait état
vendredi de 27 civils tués dans les frappes turques ayant visé le
nord
et l'est de la Syrie, menées en représailles à l'attentat qui a
fait
cinq morts à Ankara mercredi.
"Vingt-sept civils ont été tués dans 45 attaques de drones dans le nord
et l'est de la Syrie", a indiqué dans un communiqué l'OSDH,
établi au
Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en
Syrie.
Depuis jeudi soir, "les forces turques ont considérablement
intensifié
leurs attaques aériennes et terrestres dans le nord et l'est de la
Syrie", a ajouté l'Observatoire.
Les forces kurdes avaient précédemment rapporté que 12 civils avaient
été tués, parmi lesquels deux enfants.
"En plus des zones peuplées, des avions de guerre et des drones turcs
ont ciblé des boulangeries, des centrales électriques, des
installations pétrolières et des points de contrôle des forces de
sécurité intérieure (kurdes)", avaient indiqué dans un communiqué
les
Forces démocratiques syriennes (FDS), branche armée de
l'Administration autonome soutenue par les Etats-Unis.
Les autorités turques ont confirmé jeudi la responsabilité du Parti
des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans l'attentat qui a fait
cinq
morts et plus de 20 blessés mercredi près d'Ankara. En
représailles,
elles ont mené depuis mercredi des frappes contre les positions
du PKK
en Irak et en Syrie.
La Turquie considère les Unités de protection du peuple kurde (YPG),
qui dominent les FDS, comme une émanation du PKK, qu'elle
qualifie de
"groupe terroriste".
L'armée turque, qui contrôle plusieurs zones du nord syrien après en
avoir expulsé les forces kurdes, mène régulièrement des frappes
dans
les zones contrôlées par les Kurdes. (AFP, 25 oct 2024)
Clashes between Turkish-backed groups in northern
Syria spark fire near border
Clashes erupted yesterday in northern Syria between rival
Turkish-backed armed groups, resulting in a fire near Turkey’s Kilis
province after a rocket hit the area.
The fighting, which took place near the Hiwar Kalas area in Aleppo
province, involved violent exchanges between the Joint Forces and the
Al-Sultan Murad Division on one side, and the Suqour Al-Shamal Faction
on the other, according to the London-based Syrian Observatory for
Human Rights (SOHR). All groups involved operate under the Syrian
National Army (SNA), an umbrella group of Turkish-backed factions in
Syria.
The clashes began after the Joint Forces attempted to storm the
headquarters of Suqour Al-Shamal, according to the SOHR reporting.
Following the failed attempt, tanks from the Joint Forces were
deployed, and the fighting continued. Meanwhile, the Al-Jabha
Al-Shamiya Faction reportedly intervened to assist Suqour Al-Shamal and
lift the siege on the village of Hiwar Kalas.
SOHR claims that the Joint Forces were acting upon instructions from
Turkey, which seeks to dismantle factions that oppose normalization
with the Syrian government and the reopening of border crossings.
Turkey has recently sought to normalize relations with the Damascus
government, with President Recep Tayyip Erdoğan expressing willingness
to meet his Syrian counterpart, Bashar Assad. However, Damascus has yet
to respond positively to Ankara’s overtures, which have caused unrest
among SNA factions.
As a result of the clashes, an RPG-7 rocket hit a minefield in Syria,
causing a fire near the border village of Akıncı in Kilis, the Turkish
border province, according to the governor of Kilis.. After videos
circulated on social media with claims that Kilis was targeted in the
clashes, the governor issued a statement clarifying the incident.
“At approximately 17.53, an RPG-7 rocket hit a minefield during clashes
between two groups from the Syrian National Army (SNA) on the Syrian
side of the border near Akıncı village, causing a fire in the
surrounding vegetation. The footage circulating on social media
pertains to the Syrian side of the border, and there was no attack on
Kilis,” said the governor’s office.
Turkish-backed groups control several cities in Syria’s north and
northwest, within the boundaries of Aleppo province. These groups
occasionally clash with each other, as well as with Syrian and Kurdish
forces. (BIA, 17 oct 2024)
La Turquie
et la Serbie annoncent renforcer leur
coopération militaire
La Turquie et la Serbie ont annoncé vendredi une nouvelle étape
dans
leur coopération militaire, à l'occasion d'une visite à Belgrade
du
président Recep Tayyip Erdogan qui a laissé entendre que les
drones
turcs pourraient être au coeur de cette coopération.
Les relations entre les deux pays connaissent "un âge d'or", a déclaré
M. Erdogan lors d'une conférence de presse, tandis que le
président
serbe Aleksandar Vucic se félicitait de renforcer les liens de la
Serbie avec "une puissance importante" comme la Turquie.
M. Erdogan a mentionné comme axe de ce rapprochement "les capacités
turques en terme de véhicules aériens sans pilote" - un jour
après
avoir promis de nouveaux drones dit "kamikazes" à l'Albanie lors
d'un
déplacement à Tirana.
En février, M. Vucic avait présenté les dernières acquisitions de
l'armée serbe, parmi lesquelles des drones chinois, et promis la
mise
en production d'ici la fin 2024 d'un drone explosif made in
Serbia.
A l'été 2023, la Serbie s'était offensée de la vente de drones
turcs
Bayraktar au Kosovo - son ancienne province dont elle n'a jamais
reconnu l'indépendance. Mais les relations semblent s'être
réchauffées.
M. Erdogan a par ailleurs souligné l'importance de la paix et de
la
stabilité dans les Balkans et appelé à une approche posée des tensions
entre la Serbie et le Kosovo. (AFP, 11 octobre 2024)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Erdogan pourfend les "traîtres" qui "n'échapperont pas à
la justice divine"
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pourfendu mardi les
"traîtres
(qui) ont pu échapper à la justice turque", au lendemain de
l'annonce
de la mort aux Etats-Unis du prédicateur Fethullah Gülen, son
ennemi
juré.
"Ces traîtres ont pu échapper à la justice turque grâce à ceux qui
les
protègent. Ils sont partis sans rendre compte du sang des martyrs (...)
mais ils n'échapperont pas à la justice divine", a déclaré le
président turc.
Le chef de l'Etat turc réclamait de longue date l'extradition du
prédicateur, installé aux Etats-Unis depuis 1999, qui était accusé par
Ankara d'avoir ourdi une tentative de coup d'Etat en juillet 2016
en
Turquie.
"Nous savons que le jugement d'Allah est sévère. Nous savons que
des
réparations seront demandées à ces traîtres pour les dommages qu'ils
ont causés à notre pays", a lancé M. Erdogan devant des
représentants
de son Parti de la justice et du développement (AKP,
islamo-conservateur).
"Nous continuerons notre combat contre Fetö (acronyme péjoratif utilisé
par Ankara pour désigner le mouvement güléniste, NDLR). Nous
serons
sur le dos de la meute de hyènes de Fetö, en Turquie ou dans les
endroits les plus reculés du monde", a-t-il affirmé.
Fethullah Gülen, mort dimanche en Pennsylvanie (Etats-Unis) à l'âge de
83 ans, fut avant de devenir la bête noire d'Ankara un allié
précieux
de Recep Tayyip Erdogan, qui a lui-même profité du mouvement
güléniste
dans les années 2000 pour asseoir son pouvoir.
Mais l'entente cordiale entre les deux hommes, fragilisée à
partir de
2010, avait volé en éclats lorsqu'un scandale de corruption,
orchestré
par des magistrats acquis à la nébuleuse güléniste, avait
éclaboussé
fin 2013 le cercle des intimes de l'alors Premier ministre
Erdogan.
(AFP, 22 oct 2024)
Des milliers de personnes pour la prière funéraire du
prédicateur Gülen aux Etats-Unis
Plusieurs milliers de personnes ont assisté jeudi aux rites
funéraires
pour le prédicateur musulman Fethullah Gülen, ennemi juré du
président
turc Recep Tayyip Erdogan décédé en exil aux Etats-Unis la
semaine
dernière.
La cérémonie s'est tenue dans un stade d'Augusta, dans le New Jersey,
un Etat proche de New York qui compte une importante communauté
originaire de Turquie.
Fethullah Gülen doit être enterré dans les Poconos, une région
montagneuse et boisée de Pennsylvanie (nord-est), où il menait
depuis
1999 une vie de reclus.
Le président Erdogan, qui réclamait depuis des années son extradition,
a pourfendu mardi les "traîtres (qui) ont pu échapper à la
justice
turque", au lendemain de l'annonce de la mort du prédicateur à 83
ans.
Fethullah Gülen avait d'abord été un allié précieux pour Recep
Tayyip
Erdogan, qui a profité du mouvement güléniste dans les années 2000
pour asseoir son pouvoir.
Mais l'entente cordiale entre les deux hommes, fragilisée à
partir de
2010, avait volé en éclats lorsqu'un scandale de corruption,
orchestré
par des magistrats acquis à la nébuleuse güléniste, avait
éclaboussé
en 2013 le cercle des intimes de M. Erdogan, alors Premier
ministre.
La rupture a été définitivement consommée après le coup d'Etat manqué
de juillet 2016, imputé par Ankara au prédicateur, qui niait
toute
implication, et à sa mouvance. Il avait été déchu de sa
nationalité
turque en 2017. (AFP, 24 oct 2024)
Mort aux Etats-Unis du prédicateur turc Fethullah
Gülen, ennemi juré d'Erdogan
Les proches du prédicateur musulman Fethullah Gülen, ennemi juré
de
Recep Tayyip Erdogan, ont annoncé sa mort lundi aux Etats-Unis,
où il
résidait depuis un quart de siècle, selon l'information largement
reprise par les médias officiels turcs.
Selon la télévision publique turque TRT, le prédicateur de 83 ans,
accusé par Ankara d'avoir ourdi une tentative de coup d'Etat en
Turquie en juillet 2016, est décédé "la nuit dernière à l'hôpital
où
il avait été emmené".
C'est un compte X proche du mouvement, "Herkul", interdit en Turquie,
qui a le premier annoncé le décès de M. Gülen "le 20 octobre".
"Le révérend Fethullah Gülen qui a passé chaque instant de sa vie à
servir la religion bénie de l'islam et l'humanité a marché
aujourd'hui
(20 octobre) vers les horizons de son âme", écrit Herkul, en
indiquant
que "des informations détaillées sur les procédures d'inhumation
seront partagées (ultérieurement) avec le public".
L'agence étatique Anadolu a aussi repris l'information, précisant
que
"l'entourage de Gülen et de nombreuses personnes proches de la
direction de l'organisation, actives sur les réseaux sociaux, ont
également affirmé que le leader était mort".
Bien qu'abondamment commentée sur les réseaux sociaux et en direct par
les télévisions en Turquie, l'information n'a pas
immédiatement
suscité de réaction de la part des autorités ni de la classe
politique.
Inspirateur du mouvement Gülen, aussi appelé "Hizmet"
("Service", en
turc), à la tête d'un tentaculaire réseau d'écoles à travers le
monde,
Fethullah Gülen s'était installé de son plein gré en Pennsylvanie,
aux
Etats-Unis, depuis 1999.
Le prédicateur, accusé par le pouvoir turc de diriger un
groupe
"terroriste", affirmait qu'il ne s'agissait que d'un simple
réseau
d'organisations caritatives et d'entreprises.
- "Traitre" -
En exil, il échappait ainsi aux griffes d'Ankara: autrefois
allié
d'Erdogan, il était accusé de terrorisme depuis qu'un scandale de
corruption, orchestré par des magistrats acquis à la nébuleuse
guléniste, avait éclaboussé fin 2013 des proches de l'alors
Premier
ministre.
La question sera de savoir si le président Recep Tayyip Erdogan, qui
en fait son ennemi juré, autorisera le retour de sa dépouille en
Turquie.
La Turquie, qui le considère comme un "traitre" - et qualifie le
mouvement de "Fetö" (acronyme pour Organisation terroriste de
Fethullah Gülen) - l'avait déchu de sa nationalité en 2017.
Après le coup raté du 15 juillet 2016, le chef de l'Etat a fait et
fait encore procéder régulièrement à des vagues d'arrestations
dans
les rangs des gülénistes et exigeait de ses alliés l'extradition
de
tout membre du réseau ou proche de l'imam.
Des poursuites ont été engagées contre près de 700.000 personnes, et
3.000 d'entre elles, accusées d'avoir joué un rôle dans le putsch
manqué, ont été condamnées à la prison à vie, selon les autorités
turques.
Des purges de grande ampleur ont été également conduites dans les
rangs de l'administration et de l'armée: plus de 125.000
personnes ont
été limogées des institutions publiques, dont quelque 24.000
soldats
et des milliers de magistrats.
Des établissements d'enseignement privé, des médias et des
maisons d'édition ont aussi été fermés. (AFP, 21 oct 2024)
Synagogues vandalized in
İzmir: ‘Turkey’s Jews living on edge since war began'
Turkey’s Jews should not be held accountable for Israeli PM Netanyahu’s
actions, says Nesim Bencoya, coordinator of the İzmir Jewish Cultural
Heritage Project.
Two historic synagogues in İzmir's Kemeraltı Bazaar, La Sinyora and
Algazi, were vandalized on Oct 7, the anniversary of Palestinian
groups’ attacks on Israel and the start of the Gaza war.
The perpetrators defaced the doors of both synagogues, painting bloody
handprints and the "5.60," apparently a Quranic reference, on La
Sinyora’s entrance. One person has been detained in connection with the
incident.
Nesim Bencoya, the coordinator of the İzmir Jewish Heritage Project,
told bianet that Turkey's Jews have been living in fear since the start
of the war and warned that holding them accountable for the Israeli
government’s actions could lead to bad consequences.
“We weren't there that day, we were informed about the incident through
a photograph sent to us,” he said. “Someone came and drew bloody hand
signs on both doors with red paint and wrote '5.60' with a number. I
don't know what it means, maybe a code. Someone told me it could be
part of a verse from the Quran, but I didn't look into it.
“The incident happened on the anniversary of October 7th. Of course
there are things that should be protested and everyone has the right to
protest, but to blame the Jews in Turkey for Netanyahu's policies or to
expose them to such acts of hate is extremely wrong and can have bad
consequences. Of course, someone could have gotten mad and done it that
way.”
Attack on cultural heritage
Bencoya also highlighted that the vandalism targeted not just the
Jewish community but shared cultural heritage. “They destroyed two
200-year-old doors. They targeted not only the common cultural heritage
of Jews or İzmir, but also that of Turkey. This is very important.
“People need to produce a discourse against these attacks, not only to
protect Jews but also to protect the common heritage. Local
governments, NGOs, cultural heritage and educational institutions
should take measures in this regard.
“We, the İzmir Jewish Community Foundation, the Jews of İzmir, are very
active in the protection of cultural heritage and we have an important
place in UNESCO plans and files related to Turkey's heritage. We are
making many investments with our own contributions to develop this
further.
“However, considering all these events, we can say that Jews in Turkey
are living on the edge. They are constantly on guard and have to watch
their backs. They don't know what will happen tomorrow. This feeling of
anxiety is very bad, why should they live like this? No one should live
like this.”
The Quranic reference
The 5.60 painted on the door of the synagogue could be a reference to
verse 5:60 from the Quran, which, according to Islamic scholars,
addresses punishments directed at Jews for their past disobedience to
God's commands.
The verse reads, “Say, ˹O Prophet,˺ ‘Shall I inform you of those who
deserve a worse punishment from Allah ˹than the rebellious˺? It is
those who earned Allah’s condemnation and displeasure—some being
reduced to apes and pigs1 and worshippers of false gods. These are far
worse in rank and farther astray from the Right Way’.”
According to the interpretation of the Quran, known as tafsir in
Islamic theology, by Turkey’s Presidency of Religious Affairs, the
context of the verse indicates that it is about Jews: “Since the
context of the verse we are exegeting is related to the Jews, the
punishment of 'turning them into apes and pigs' - literally or
figuratively - was most probably given to them, in addition to the
other punishments mentioned in the verse.
“It is also reported in the Qur'an that the Jews deviated from the true
religion at various times and worshiped idols (see, for example,
al-Baqarah 2/54; al-Tahā 20/88). Undoubtedly, the Qur'an's intention
here is not to narrate historical events, but to remind the Jews of
events that were known to them and that had happened to their own
nation, so that they may learn a lesson.
“Since the Jews were enlightened by revelation, i.e. the Torah, they
had no excuse for violating Allah's commands, and as a result, they
were subjected to such severe punishments. They are the ones whose
place in the sight of Allah is worse and who have deviated more from
the right path.” (BIA, 10 October 2024)
Socio-économique
/ Socio-economic
One of the hospitals sealed off for
its alleged involvement in the scheme
A criminal group in the healthcare sector has allegedly been exploiting
newborns with health problems to generate illegal profits, a year and a
half-long investigation has revealed.
The group involving doctors and emergency call center workers, publicly
dubbed as the “Newborn Gang,” is responsible for the deaths of at least
12 infants, according to the indictment filed on Oct 16.
The scheme involved directing newborns with health issues to private
hospitals, where members of the gang had connections. In many cases,
these hospitals either administered treatments and medications that
were not required or were ill-equipped to handle the babies’ medical
needs.
The private hospitals involved billed the SGK and the families
excessive charges, resulting in significant profits for the gang
members.
Prosecutor threatened in his office
The Büyükçekmece Chief Public Prosecutor's Office initiated an
investigation on May 21, 2023, after a complaint from İstanbul’s
Provincial Health Directorate.
As of June 20, 2023, multiple operations resulted in the detention of
several suspects. Among them were individuals with direct ties to
private hospitals involved in the scheme.
An indictment against 47 suspects, 22 of whom are currently remanded in
custody, was issued on Oct 16.
The filing of the indictment followed a public outrage, which was
triggered by a video leaked on social media earlier this week, where a
man apparently affiliated with the gang was threatening the prosecutor
conducting the investigation in his office.
In the secretly recorded video, the man who introduces himself as a
former law enforcement official, warns the prosecutor that the people
involved are extremely dangerous, are following him and his family, and
will harm his relatives if he does not cover up the case.
Hospital licenses revoked
The SGK confirmed today that its inspectors, including three chief
inspectors and three regular inspectors, are conducting investigations
into the hospitals under contract with SGK.
In addition, it revoked the licenses of nine hospitals in İstanbul. One
of those hospitals, the Şafak Hospital in the Bağcılar district, had
its operations suspended in September for its alleged involvement in
the scheme.
Further claims
Following the revelations, numerous parents have come forward on social
media, alleging that their own newborns may have been subjected to
similar mistreatment by private hospitals.
SGK has stated that, under current regulations, it primarily audits
hospitals on financial and billing matters, suggesting that broader
reforms may be necessary to prevent such abuses in the future.
The Turkish Medical Association (TTB) blamed the government for the
incident, asserting that it was a result of the policies focusing on
profitability and “turning hospitals into businesses and patients into
customers.” (BIA, 24 oct 2024)
22 blessés dans un accident de car, dont des
touristes japonais
Vingt-deux personnes, parmi lesquelles des touristes japonais, ont
été blessées jeudi dans l'ouest de la Turquie dans l'accident d'un car,
ont indiqué l'agence de presse turque DHA et l'ambassade du Japon à
Ankara.
Selon DHA, le chauffeur a perdu le contrôle du véhicule qui s'est
retourné sur une autoroute dans la province d'Afyonkarahisar.
"Plusieurs Japonais ont été blessés et transportés vers des hôpitaux",
a précisé à l'AFP un porte-parole de l'ambassade du Japon en Turquie,
ajoutant que 21 ressortissants japonais se trouvaient à bord du car.
Des images diffusées par DHA montrent un autocar blanc couché sur un
flanc au milieu d'un champ.
Les accidents d'autocar, un des moyens de transport les plus populaires
y compris sur de longues distances, sont fréquents en Turquie. (AFP, 17
oct 2024)
Séisme
de magnitude 5,9 dans l'Est
Un tremblement de terre de magnitude 5,9 a secoué mercredi plusieurs
provinces de l'Est de la Turquie, sans faire de victimes, ont annoncé
les autorités.
La secousse s'est produite à 10H46 (07H46 GMT) dans le district de
Kale, dans la province de Malatya, l'une des plus meurtries par le
séisme de magnitude 7,8 du 6 février 2023, qui avait fait plus de
53.500 morts en Turquie et près de 6.000 en Syrie voisine.
"Trois bâtiments se sont effondrés partiellement" dans les provinces de
Malatya, Sanliurfa et Elazig, a indiqué sur X le ministre turc de
l'Intérieur, Ali Yerlikaya, affirmant qu'aucun décès n'était à déplorer.
187 personnes "affectées par le séisme" ont toutefois été prises ont en
charge par des médecins, et 43 restaient "sous surveillance" mercredi
après-midi, a précisé le ministre lors d'une conférence de presse.
Les gouverneurs d'Elazig et de Malatya ont fait état d'habitants pris
de panique s'étant blessés en chutant dans des escaliers ou en se
défenestrant de crainte de voir leur immeuble s'écrouler.
Quatre personnes ont en outre été extraites vivantes d'un
bâtiment
dans la province d'Elazig, a rapporté l'agence publique de gestion des
catastrophes (Afad).
La secousse a été ressentie très fortement dans plusieurs grandes
villes de la région, dont Diyarbakir, à quelque 140 km de l'épicentre,
selon des correspondants de l'AFP sur place.
Des habitants de ces villes se sont aussitôt regroupés à l'extérieur,
selon des images diffusées par les chaînes de télévision turques.
Les établissements scolaires ont été fermés par précaution mercredi
dans cinq provinces de la région, ont annoncé les autorités. (AFP, 16
oct 2024)
Miners dismissed for unionizing march
barefoot to parliament
A group of miners from the Fernas mining company based in Manisa,
western Turkey, marched to the parliament barefoot as part of their
protests going on since Aug 26.
The company owned by MP Ferhat Nasıroğlu of the ruling Justice and
Development Party (AKP) fired several workers after they were unionized
at the Independent Mine Workers’ Union (Bağımsız Maden-İş). The workers
brought their protest to the capital city of Ankara on Oct 2, setting
up a tent in the Kurtuluş Park in the governmental district of Çankaya.
Today, the workers, accompanied by opposition MPs, took another step to
march towards the parliament. In response, police surrounded the park
and prevented workers and union representatives from leaving the park.
Workers protested by tapping their helmets on the ground while waiting
for the barricade to be opened.
Başaran Aksu, an organizing specialist at Independent Mineworkers'
Union, made a public statement in the park, saying that they had met
with all the parties that have a group in the parliament and that
everyone they met agreed with them. “Then we are right to march, and
the order given to the security forces here is also unlawful,” he said.
'We've been sold out'
A miner who survived the 2014 Soma mine explosion, Turkey’s deadliest
mining incident, also spoke, saying, “We’ve been resisting for 46 days
to ensure worker safety and health, but this is actually the employer’s
responsibility,” he said. “I’ve buried 301 people, but I won’t let them
bury these friends. I will resist, if necessary, even against the
President.”
Özay Karakuş, another laid-off Fernas worker, expressed his frustration
with both the ruling and opposition parties, saying, “We’ve been sold
out. All the deputies in parliament have sold us out. There are 10
deputies here with us, but where are the rest? This government and
opposition don’t see us as human beings. If we were human, they would
give us our rights.”
After a three-hour standoff, the police eventually backed down and the
workers began marching to the parliament barefoot.
Background
Workers employed at Fernas Mining, owned by AKP deputy Ferhat Nasıroğlu
in the Soma district of Manisa, organized under the Independent Mine
Workers' Union (Bağımsız Maden İş) in response to poor working
conditions, the inability to take leave, the lack of health and safety
measures, bad meals, and low wages.
Initially, five unionized workers were dismissed, followed by two more.
On August 26, miners started a protest to demand the reinstatement of
their dismissed colleagues, as well as their rights. Since then, the
number of dismissed workers has reached 95.
On Sep 17, when the workers attempted to stage a protest in front of
Fernas Mining’s headquarters in the capital Ankara, the police detained
24 people.
On Sep 25, workers started a 'barefoot' march from Soma to Ankara and
began a sit-in protest at Kurtuluş Park on Oct 2.
On Oct 3, MP Nasıroğlu held a press conference at the parliament, where
he expressed his frustration that the dismissed workers had "come
together in a serious and organized manner."
In response to Nasıroğlu's statements, the Independent Mine Workers'
Union issued an open letter on Oct 4, addressing his remarks. They
emphasized that “the workers have demands, and a solution can be
reached through negotiation.” (BIA, 11 October 2024)
Erdogan
veut durcir la loi après une série de crimes
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi son
intention de durcir la loi après une série de crimes qui ont
suscité
l'émoi dans la société turque.
Le chef de l'Etat veut ainsi faciliter la détention des suspects
supposés pouvoir "commettre de nouveaux crimes" et durcir les
possibilités de libération conditionnelle des condamnés à moins
de
cinq ans de prison.
"Une série d'événements récents, du martyre d'une policière
jusqu'au
meurtre brutal de (deux) jeunes filles, ont provoqué une réaction
justifiée au sein notre nation. Cela nous dérange, comme tout le
monde, de voir des criminels avec des dizaines de dossiers
inscrits à
leur casier judiciaire se promener librement", a-t-il affirmé
devant
le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.
Le nombre de dossiers à charge serait pris en considération pour
faciliter le placement en détention d'un individu, même si son
procès
est en cours et qu'aucun verdict n'a encore été prononcé, selon
la
proposition du chef de l'Etat.
Il a aussi annoncé sa volonté de durcir le système d'application des
peines pour éviter la remise en liberté de détenus avant qu'ils
aient
effectué au moins de 10% de leur peine de prison.
Ces propositions nécessitent un changement du code pénal et d'autres
lois relatives au système judiciaire.
Un double féminicide, dont l'une des victimes âgée de 19 ans a
été
décapitée, la semaine dernière à Istanbul, ainsi que le meurtre fin
septembre d'une policière âgée de 26 ans par un suspect au casier
judiciaire bien rempli, ont suscité l'émoi en Turquie.
Une association turque a recensé 290 meurtres de femmes depuis le début
de l'année en Turquie et plus de 160 "morts suspectes" classées
comme
suicides ou accidents. (AFP, 9 octobre 2024)
Turkey's
high inflation erodes alimony payments, leaving
women in financial hardship
The Women’s Solidarity Foundation has released a report detailing the
difficulties women encounter in securing alimony payments following
divorce in Turkey, especially amid the country's economic challenges.
In addition to a significant amount of court-ordered alimony payments
not being made, the existing alimony amounts are not keeping pace with
the high inflation rate, further exacerbating the financial struggles
of divorced women, according to the report.
The report, prepared by lawyers Zekiye Karaca Boz and Ceren Akçabay,
analyzed 155 divorce cases across 16 provinces in the country.
Accordingly, 44% of court-ordered alimony payments are not made. Some
48% of the surveyed of the women were unemployed, compared to 9% of the
men, and 47% of the women stated that they had no income at all.
Alimony payments fall short of basic needs
The report noted that the vast majority of alimony payments granted to
women were below 1,000 Turkish liras, with the average amount standing
at 1,179 liras, or just 6.9% of the national minimum wage (1 US dollar
= 34.09 Turkish liras). These low payments fail to cover even basic
living expenses, and with rising inflation, the situation for women
continues to deteriorate. Despite this, 44% of men are avoiding alimony
payments altogether, forcing 70% of women to resort to legal
enforcement, which often proves ineffective.
Ceren Akçabay, a faculty member at İstanbul Okan University’s law
school, told bianet, “The socio-legal challenges we identified in 2019
regarding access to alimony remain unchanged in 2024. Alimony amounts
have diminished, and payments are not being made. With rising
inflation, alimony leaves women on the brink of hunger."
She added that many women have no choice but to return to their family
homes with their children.
Akçabay also emphasized the prevalence of violence in divorce cases,
saying, “In 88% of the cases we examined, domestic violence was
present. These women are facing both economic and physical abuse."
Akçabay called for reforms that take into account the country’s
economic conditions, pointing to to the Court of Cassation’s precedent,
stating that alimony decisions must reflect living conditions and
economic realities.
Proposed changes to alimony laws
There is ongoing debate in Turkey about limiting the duration of
alimony payments. The Islamist New Welfare (Yeniden Refah) Party
proposed a bill in May 2024 that would cap alimony at five years, with
expired payments being covered by a fund managed by the Family and
Social Services Ministry.
Akçabay criticized this proposal, arguing that it would make alimony
even less accessible for women. “Restricting alimony would make women
fleeing domestic violence even more vulnerable. At a time when alimony
is already insufficient, such reforms would impose further bureaucratic
barriers and unfairly stigmatize women seeking their rights,” she said.
Recommendations for change
The report concluded with several recommendations for improving the
situation of women seeking alimony, including:
- Collecting and sharing data on gender-based violence from the Justice
Ministry, Interior Ministry, and Family and Social Services Ministry to
develop more effective policies.
- Ensuring that courts consider security measures, such as shelter and
childcare support, before ruling in divorce cases involving claims of
domestic violence.
- Taking steps to ensure fairness in divorce settlements, including
giving women more time to consult with psychologists or social workers,
and reviewing settlement agreements to confirm they are made of free
will before court approval. (BIA, 6 October 2024)
Animal rights activists in Turkey refuse to
celebrate World Animal Day
Animal rights activists in Turkey refuse to celebrate World Animal Day
in face of law enabling stray dog killings
Animal rights groups have declared that they refuse to celebrate World
Animal Day in protest of a recently passed law that they claim permits
the mass killing of stray dogs across the country.
The law in question, an amendment to the "Animal Protection Law," was
approved by the parliament on Jul 30. Critics argue that it opens the
door to the widespread culling of stray animals. Since its publication
in the Official Gazette on Aug 2, numerous reports of street animals
being poisoned, tortured, or killed have surfaced from various regions
of Turkey.
In response, animal rights groups have declared that Oct 4 will not be
a day of celebration but a "day of struggle" for the protection of
street animals.
"Sharp rise in violence against animals"
The Caferağa Hayvan Dostları group based in Kadıköy, İstanbul,
expressed their criticism of the law: "Since the law was passed, we
have seen a sharp rise in cases of violence against animals. Poisoning,
torture, and mass killings have sadly become daily occurrences. This
reflects the dangerous normalization of violence against animals in
society. Street animals, who should be protected by law, have instead
become targets."
The group also criticized municipalities that have begun rounding up
stray dogs, often in violation of procedures. "Municipalities without
adequate shelters or resources are hastily collecting dogs from the
streets. Some have died due to improper treatment, while the fate of
many others remains unknown," the group added.
Another activist group, Sokaktayım Yanındayım Initiative, echoed these
sentiments. "We cannot celebrate World Animal Day while laws enabling
the slaughter of animals are being enacted. We feel the shame of living
in a country where such legislation exists," they stated.
Haydar Özkan, founder of the Nature, Human, Animal Protection and
Information Confederation, warned of the human cost of legislative
delays: "Since this law came into effect, dozens of animals have been
killed. Every day the Constitutional Court delays its decision on this
law, more animals lose their lives." (BIA, 4 oct 2024)
Men killed
33 women in September
According to the news compiled by bianet from local and national
newspapers, news websites and agencies, men killed at least 33 women
and one child in September. One of the killed women was transgender.
Additionally, 21 women died under suspicious circumstances, making it
unclear whether the killings were gender-based or not.
Men perpetrated violence on at least 45 women, abused at least 14 boys
and girls, and sexually harassed at least eight women. Men raped three
women and coerced 61 women into sex work.
Men killed at least 278 women in the first nine months of the year.
Suspicious deaths by provinces
Antep (2), Aydın (1), Balıkesir (1), Batman (1), Çanakkale (1), Çorum
(1), Erzurum (1), Eskişehir (2), İstanbul (3), İzmir (1), Kayseri (1),
Mardin (1), Niğde (1), Osmaniye (1), Samsun (1), Van (2).
Male violence in 2024, 2023, 2022 and 2021
In the first nine months of 2024, men killed 278 women, harassed 60
women, abused 117 children, inflicted violence on 443 women and raped
11 women. Men forced at least 327 women into sex work. While 211
women's deaths were reported as “suspicious” in the press, men killed
at least 32 children.
In the first nine months of 2023, men killed 247 women, harassed 56
women, abused 97 children, committed violence against 578 women and
raped 12 women. Men forced at least 254 women into sex work. While 190
women's deaths were reported as “suspicious” in the press, men killed
at least 18 children.
In the first nine months of 2022, men killed 248 women, harassed 118
women, abused 187 children, inflicted violence on 605 women and raped
24 women. Men forced at least 372 women into sex work. In the first
nine months of 2022, 145 women's deaths were reported as “suspicious”
in the press, while men killed at least 32 children in the first nine
months of the year.
In the first nine months of 2021, men killed 234 women, harassed 116
women, abused 111 children and raped 78 women. Men forced at least 507
women into sex work and inflicted violence and injuries on at least 617
women. In the first nine months of 2021, 170 women's deaths were
“suspicious”, while men killed at least 25 children. (BIA, 3 oct 2024)
Le vin
turc voit son salut dans l'exportation
Escortée par son oenologue italien dans ses vignes de Thrace, dans le
nord-ouest de la Turquie, Zeynep Arca Salliel pressent qu'il est temps
de vendanger.
La quinquagénaire est devenue viticultrice dans les années 2000, après
l'abandon du monopole d'Etat sur les ventes d'alcool qui favorisait les
grands producteurs.
Aujourd'hui, son domaine d'Arcadia sort 120 à 150.000 bouteilles par
an, à partir de cépages locaux et étrangers. Mais cette passion est
semée d'obstacles.
"Le climat qui change, la crise économique, les équipements importés -
payés en euros -
et le manque de visibilité des vins turcs...", énumère-t-elle.
"On produit des vins de qualité mais on a du mal à les vendre ici
et à exporter".
Comme tous les autres vignerons rencontrés, elle cite encore les taxes,
la bureaucratie tatillonne et des lois parfois ubuesques qui sont en
train de tuer leur production.
Comme Zeynep Arca Salliel, toute une génération de nouveaux venus, dont
de nombreuses femmes, souvent formés à l'étranger et attachés à la
qualité, a suscité une renaissance du vin en Turquie, explique la
sommelière et consultante Göknur Gündogan.
La Turquie compte environ 250 domaines "dont la moitié de qualité",
estime-t-elle.
A côté des cépages "internationaux", cabernet, sauvignon, merlot, les
viticulteurs turcs expérimentent des variétés locales, narince,
kolorko, papaskarasi... Même les plus anciennes et les plus grosses
maisons du secteur s'y sont mises.
- Héritage anatolien -
Sur le millier de cépages autochtones identifiés par le célèbre
ampélographe français Pierre Galet, une quinzaine environ sont cultivés
pour le vin, estime Mme Gündogan. Avec succès.
"Quand les critiques internationaux venaient en 2009, sur une
cinquantaine de crus on avait six cépages locaux à leur présenter:
aujourd'hui on propsoe 85 vins, tous de cépages autochtones", relève
fièrement l'architecte Umay Çeviker, fondateur du Yaban Kolektif dédié
à la préservation de l'héritage viticole d'Anatolie.
"Entre 2002 et 2013 c'était le bonheur!", résume Göknur Gündogan mais à
cette date est tombée l'interdiction de toute publicité, promotion,
dégustation et même des festivals des vendanges.
La Turquie, berceau multimillénaire de la vigne et du vin, dirigée par
le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan "ne souhaite pas
que les Turcs en consomment", résume l'experte.
"On ne peut faire aucune promotion. On a même peur de poster une photo
sur Instagram", avoue Metin Harbalioglu qui, à 50 ans, démarre malgré
tout une nouvelle cave en Thrace, Prius.
En plus d'une inflation officielle à 50% sur l'année,une TVA de 20%
alourdit la facture et détourne les consommateurs qui en boivent en
moyenne un litre par personne par an (40 l en France), soit 6% de la
consommation d'alcool du pays, loin derrière la bière ou le raki,
l'anisette locale.
Pire, depuis 2023 une loi impose aux producteurs une caution en banque
pour anticiper d'éventuelles amendes à venir lors de contrôles mensuels
particulièrement tatillons.
Selon Zeynep Arca Salliel, le barème des cautions établi selon les
volumes produits varie de 500.000 à 15 millions de livres turques
(13.120 euros à 394.000 euros), des sommes qui excèdent le revenu de
nombreux petits domaines.
- Secret bien gardé -
Fondateur de Pasaeli, Seyit Karagözoglu, 58 ans, fut l'un des pionniers
à investir dans une dizaine de cépages locaux entre la Thrace et les
Dardanelles, dont le kolorko, tout juste sauvé de l'exinction. "Il y a
assez de sauvignon ou de chardonnay dans le monde", sourit-il.
Importateur de vins et spiritueux, il bénéficie du réseau pour exporter
aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et aux Emirats: ainsi ses bouteilles
sont dispensées de la TVA turque.
Mais il regrette l'attitude des autorités: "C'est trop difficile pour
la nouvelle génération. On entend déjà parler de caves qui ferment",
assure-t-il en égrenant quelques noms.
"Tout se résume aux taxes et aux régulations avec de grosses amendes à
la clé. Mais la qualité ne les intéresse pas", reprend Umay Çeviker.
"Vous pouvez inscrire n'importe quoi sur vos étiquettes, personne ne
viendra contrôler".
Pourtant la qualité est là, jure l'oenologue italien d'Arcadia, Andrea
Paoletti, arrivé il y a vingt ans en Turquie pour travailler chez
Pasaeli: pour lui, "l'avenir des vins turcs se trouve sur le marché
international. Ils doivent se faire connaître".
"Hélas, nous restons un secret bien gardé", se désole Zeynep Arca
Salliel.
Sur 78 millions de litres produits en 2021, 1,8 million ont été
exportés, selon les statistiques officielles. Cinquième producteur
mondial de raisins, le pays est le 51e exportateur de vin.
Mais Göknur Gündogan reste confiante: "Même sous les Ottomans, malgré
la prohibition, la Turquie n'a jamais tourné le dos au vin. On peut
changer de système, pas de mentalité", croit-elle. (AFP, 1 oct 2024)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
A Istanbul,
Erdogan salue les "efforts" de son "cher ami"
Scholz
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué samedi les
"efforts" de
coopération de son "cher ami" le chancelier allemand Olaf Scholz
pour
un contrat de livraison d'armements à la Turquie, malgré leur
désaccord persistant sur la guerre d'Israël à Gaza.
Le chancelier, dont c'était la deuxième visite en Turquie depuis son
entrée en fonction, refuse le terme de "génocide" employé par le
président turc et maintient qu'"Israël a le droit de se défendre
et
doit respecter le droit international".
"Les possibilités d'un cessez-le-feu doivent maintenant être
exploitées avec la libération des otages (aux mains du) Hamas",
a-t-il
insisté.
"Plus de 50.000 personnes ont été tuées, sans distinction entre
les
enfants, les femmes et les personnes âgées", a fait valoir en retour
M. Erdogan qui a justifié la procédure lancée pour "génocide"
contre
Israël devant la Cour internationale de justice.
"Nous attendons de tous les acteurs politiques qu'ils prennent
l'initiative et mettent un terme à la politique agressive
d'Israël", a
déclaré M. Erdogan, dénonçant "le génocide perpétré par Israël
dans
les territoires palestiniens et les attaques au Liban".
L'Allemagne n'est pas arrivée à la conclusion que "l'accusation de
génocide est légitime et justifiée", a souligné de son côté Olaf
Scholz.
Les relations entre la Turquie et l'Allemagne sont sensibles, Berlin
ayant exprimé ses inquiétudes concernant la situation des droits
de
l'homme et de la démocratie sous M. Erdogan.
La guerre entre Israël et le Hamas a exacerbé les désaccords, MM.
Scholz et Erdogan s'étant déjà affrontés à ce sujet en novembre à
Berlin.
M. Erdogan dénonce la campagne militaire d'Israël à Gaza et ses
dernières opérations au Liban, tandis que l'Allemagne est un
soutien
indéfectible d'Israël dont elle souligne le droit de se défendre.
En revanche, le chef de l'Etat turc a salué les "efforts" du
chancelier pour lever les restrictions allemandes à la fourniture
d'armements à la Turquie.
Ankara espère des avancées sur l'achat de 40 avions de combat
Eurofighter Typhoons pour pallier les retards de livraison des
chasseurs américains F-16, dont la vente a été approuvée par
Washington au début de l'année.
"La Turquie est membre de l'OTAN et c'est pourquoi nous prenons
toujours des décisions qui conduisent à des livraisons
concrètes", a
indiqué le chancelier, assurant que "le gouvernement britannique
fait
avancer (le projet) pour lequel les négociations ont maintenant
commencé".
La livraison des Eurofighters implique que les quatre pays
européens,
Royaume Uni, Allemagne, Italie et Espagne, associés pour leur
construction soient d'accord. Chacun de ces pays peut mettre son
véto
à la vente.
Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, Berlin a récemment donné son
feu vert à d'importantes livraisons d'armes à Ankara, dont des
missiles antiaériens, pour une valeur de plusieurs centaines de
millions d'euros.
Un net changement de cap alors que l'Allemagne avait
considérablement
réduit ses exportations d'armes après l'offensive turque en Syrie en
2016.
L'Allemagne accueille la plus grande diaspora turque au monde,
environ
trois millions de personnes. Et leurs relations commerciales ont
atteint les 50 milliards de dollars, a précisé samedi M. Erdogan.
Espérant les "porter à 60 milliards".
Concernant les problèmes migratoires, M. Erdogan a souligné qu'il y
avait actuellement quelque 3,5 millions de réfugiés syriens en
Turquie
et assuré qu'Ankara ne leur fermerait pas ses portes.
"Notre porte a été ouverte aux réfugiés venant de Syrie. Elle est
toujours ouverte ... (aussi) pour ceux qui viennent du Liban",
a-t-il
déclaré.
Le chancelier Scholz a remercié M. Erdogan pour les efforts de la
Turquie pour contribuer à gérer les migrations et assuré que
l'Allemagne continuerait à soutenir Ankara face à l'afflux de
migrants
en provenance de Syrie. (AFP, 19 oct 2024)
Attaques
contre la Finul: l'image de l'Onu est "honteuse",
reproche Erdogan
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé lundi que l'image
donnée par l'Onu était "honteuse et inquiétante" concernant les
attaques contre la Force intérimaire des Nations unies déployée dans le
sud du Liban (Finul).
"L'image de l'Onu qui ne peut protéger son propre personnel est
honteuse et inquiétante au nom du système international. Franchement,
nous nous demandons ce que le Conseil de sécurité attend pour arrêter
Israël", a déclaré le chef de l'Etat turc lors d'un discours télévisé
après une réunion de son cabinet.
"Pouvez-vous imaginer ? Les chars israéliens pénètrent dans la zone de
la Finul, attaquent les soldats de maintien de la paix, blessent même
certains d'entre eux, mais le Conseil de sécurité de l'ONU se contente
d'observer tout ce banditisme depuis les tribunes. C'est ce qu'on
appelle l'impuissance", a-t-il ajouté.
Au moins cinq Casques bleus ont été blessés ces derniers jours en marge
des combats entre l'armée israélienne et le mouvement pro-iranien
Hezbollah dans le Sud du Liban. Ces attaques ont été fermement
condamnées par l'ONU, qui a évoqué de possibles "crimes de guerre".
La Finul est déployée dans le sud du Liban pour faire tampon avec
Israël. Cette force qui compte plus de 9.500 soldats est prise sous les
feux croisés d'Israël et du Hezbollah depuis que le mouvement
pro-iranien a ouvert un front contre Israël en octobre 2023.
Elle accuse désormais les troupes israéliennes de tirs "répétés" et
"délibérés" sur ses positions. (AFP, 14 oct 2024)
Migrants:
l'UE exhorte la Turquie à enquêter sur de
possibles exactions
La Commission européenne a exhorté vendredi la Turquie à enquêter
"de manière approfondie" sur des allégations d'exactions et de
renvois
forcés de migrants en Afghanistan et en Syrie, alors que le pays
a
reçu des fonds européens pour sa politique migratoire.
Neuf médias dont Le Monde, El Pais, Der Spiegel et Politico, viennent
de publier les témoignages d'une quarantaine de migrants qui
accusent
les autorités turques d'exactions dans des centres d'accueil et
de
renvois forcés en Afghanistan et en Syrie.
Cette enquête de presse affirme que la Commission européenne "a ignoré
à plusieurs reprises les avertissements" de la société civile, de
diplomates et "même de son propre personnel" sur le sujet, alors
que
l'UE a financé la construction ou la rénovation de centres.
Lors d'un point presse vendredi, une porte-parole de la Commission,
Ana Pisonero, a souligné qu'il était "de la responsabilité des
autorités turques d'enquêter de manière approfondie sur les
allégations d'actes répréhensibles".
"Nous les exhortons à le faire", a-t-elle insisté. "Si nous recevons
des preuves de violations des droits de l'homme ou d'autres
valeurs
fondamentales liées à un programme financé par l'UE, alors bien
sûr,
nous remédierons à la situation", a-t-elle assuré.
La Commission a souligné dans le même temps les "efforts" de la
Turquie, pour "accueillir 3,6 millions de réfugiés syriens et
d'autres
pays étrangers".
Ana Pisonero a également mis en avant la "grande solidarité"
européenne, via la mobilisation de "près de 10 milliards d'euros"
depuis 2012 pour soutenir "les réfugiés et les communautés
d'accueil"
en Turquie et la promesse d'un "milliard supplémentaire" en 2024.
Fin septembre, la Commission européenne avait réclamé une enquête à
la
Tunisie, après des témoignages accusant des forces de l'ordre de
violences sexuelles contre des migrants, en dépit de financements
européens pour gérer l'immigration. Les autorités tunisiennes
avaient
contesté ces accusations.
Les ONG tirent régulièrement la sonnette d'alarme sur les mauvais
traitements dont sont victimes les migrants dans les pays de transit.
L'immigration est à l'ordre du jour du sommet européen des 17 et 18
octobre à Bruxelles, où les chefs d'Etat et de gouvernement
aborderont
le renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l'UE
et
l'accélération des retours de migrants illégaux.
Jeudi à Luxembourg, les ministres européens de l'Intérieur ont débattu
d'un nouveau tour de vis, entre appels à réviser la "directive
retour"
de 2008 et discussion inflammable sur des transferts de migrants
dans
des pays tiers. (AFP, 11 octobre 2024)
Scholz ira
le 19 octobre en Turquie pour s'entretenir avec
Erdogan
Olaf Scholz va se rendre la semaine prochaine en Turquie pour
rencontrer le président Recep Tayyip Erdogan afin de s'entretenir
notamment sur l'escalade de la guerre au Proche-Orient, a annoncé
vendredi un de ses porte-parole à Berlin.
Le chancelier allemand "rencontrera le samedi 19 octobre à Istanbul
le
président Erdogan", a déclaré Wolfgang Büchner lors d'une conférence de
presse régulière.
Olaf Scholz s'était rendu en Turquie en mars 2022, quelques mois après
son entrée en fonction en tant que chancelier.
Au menu des discussions figurent "la guerre de la Russie contre
l'Ukraine et la situation au Proche-Orient. Les migrations et les
questions économiques et bilatérales seront également à l'ordre
du
jour", a déclaré le porte-parole sans vouloir rentrer dans les
détails.
Les discussions s'annoncent de nouveau délicates. L'Allemagne
critique
régulièrement la politique jugée autoritaire mise en place par le
président turc depuis le putsch manqué de 2016.
Et le soutien d'Ankara au Hamas dans la guerre avec Israël a encore
creusé le fossé.
Le président turc dénonce depuis des mois avec virulence la
conduite
d'Israël dans la guerre, qualifiant le Premier ministre israélien
Benjamin Netanyahu de "boucher de Gaza" suite aux bombardements
massifs lancés par Israël après le 7 octobre 2023.
Ce jour là, le mouvement islamiste Hamas, qui dirige l'enclave
palestinienne de Gaza, a mené une attaque sanglante en Israël
entraînant la mort de 1.206 personnes, essentiellement des
civils,
selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels
israéliens et incluant les otages morts ou tués en captivité.
En représailles, Israël a lancé une vaste offensive contre la bande de
Gaza qui a fait à ce jour quelque 42.000 morts, selon le
ministère de
la Santé du Hamas, et déplacé la quasi-totalité de ses 2,4
millions
d'habitants.
L'Allemagne est de son côté l'un des principaux soutien d'Israël, aux
côtés des Etats-Unis, même si Berlin a plus d'une fois appelé M.
Netanyahu à la mesure et plaidé avec insistance en faveur d'un
cessez-le-feu.
Lors d'une visite à Berlin du chef de l'Etat turc en novembre dernier,
MM. Scholz et Erdogan avaient constaté leurs divergences de vues.
Le "droit à l'existence d'Israël" est "irréfutable", avait alors mis
au point le chancelier, suite à des déclarations du président
turc qui
avait paru remettre en cause la légitimité de l'Etat hébreu.
(AFP, 11
octobre 2024)
DEM Party delegation concludes key meetings
in Strasbourg
A delegation from the Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party, led
by co-chair Tülay Hatimoğulları, held a series of high-level meetings
over three days in Strasbourg to discuss the worsening authoritarianism
and human rights situation in Turkey. The delegation met with several
prominent Council of Europe officials, focusing on the country’s
increasing political repression, human rights violations and disregard
for the rulings of the European Court of Human Rights (ECHR).
One of the most notable meetings was with Alain Berset, the recently
elected Secretary General of the Council of Europe. Berset, who is
responsible for overseeing the strategic management of the
organisation, held a closed-door meeting with the DEM Party delegation
on the last day of their visit. The discussion focused on the deepening
authoritarian tendencies in Turkey.
In addition to the meeting with Berset, the DEM Party delegation met
with several other key figures, including the President of the
Parliamentary Assembly of the Council of Europe, the Chair of the
Assembly’s Monitoring Committee and the Director General for Political
Affairs and External Relations.
During their visit, the delegation attended the meeting of the
Parliamentary Assembly’s Left Group, where Hatimoğulları spoke about
the need for Europe to put pressure on Turkey to fulfil its
obligations. She criticised the leniency given to Turkey as a result of
President Erdoğan’s use of the migrant crisis as a bargaining chip and
called on the European institutions to uphold their founding values and
principles.
At the end of the meetings, Hatimoğulları made a press statement,
described these meetings as crucial in raising concerns about Turkey’s
human rights record and the ongoing problems faced by the DEM Party.
Hatimoğulları emphasised the significance of the European Court of
Human Rights (ECHR) rulings in the Kobanê and Gezi cases, which had
found Turkey in violation of human rights. “The ECHR rulings must be
enforced,” she said. “Turkey is a signatory to the European Convention
on Human Rights and must comply with these decisions.” She drew
attention to the lengthy prison sentences handed to prominent figures
such as Figen Yüksekdağ, Selahattin Demirtaş, Osman Kavala, and Can
Atalay, highlighting the Turkish government’s ongoing disregard for
these judgments.
Another key issue raised during the meetings was the appointment of
government trustees to replace elected mayors in DEM Party
municipalities, particularly in Hakkari. “The appointment of trustees
is a violation of the right to vote and stand for election,” said
Hatimoğulları. She noted that local democracy is one of the Council of
Europe’s core areas of work, making this a serious violation of
democratic rights.
The delegation also raised the issue of the continued isolation of
Abdullah Öcalan, who has been held in solitary confinement in İmralı
Prison for almost four years without contact with his family or
lawyers. “This situation violates both international conventions that
Turkey has ratified and its own constitution,” Hatimoğulları said,
adding that the European Committee for the Prevention of Torture had
previously visited İmralı and produced a report that has yet to be
published.
Human rights violations in Turkish prisons were another major topic of
discussion. Hatimoğulları expressed concern about the increasing
repression under Turkey’s authoritarian regime: “Human rights
violations are on the rise and young people, who feel unsafe, are
trying to emigrate.”
The issue of violence against women was also raised, particularly in
the context of Turkey’s withdrawal from the Istanbul Convention. “We
highlighted how this decision has left women without essential legal
protection, making them even more vulnerable to violence,” said
Hatimoğulları.
Concluding the meetings, Hatimoğulları stressed the need for a global
push for peace, especially in the Middle East. “We have conveyed our
message to the Council of Europe that a major peace effort is needed.
We must all work together to build a peace process, and democratic
forces have a crucial role to play in this.” (MedyaNews, 3 oct 2024)
Turquie-USA-OTAN /
Turkey-USA-NATO
Le long bras corrupteur d’Erdogan aux États-Unis
Par Guillaume Perrier, Le Point, 30 septembre 2024
Recep Tayyip Erdogan est reparti de New York furieux. Sans même
attendre le dîner officiel des chefs d'État autour de Joe Biden, en
marge de l'Assemblée générale des Nations unies, le « Reis » a repris
son avion pour la Turquie, après un nouveau camouflet avec son allié
américain. Le même jour, jeudi 26 septembre, la cour fédérale de
Manhattan a inculpé le maire démocrate de New York, élu en 2021, Eric
Adams, pour cinq chefs d'accusation, dont ceux de « corruption » et de
« financement illégal de campagne électorale ». Derrière ces
malversations présumées apparaît l'ombre d'Erdogan.
Dans un rapport de 57 pages, la justice américaine, après une enquête
déclenchée par le FBI, a mis en évidence les liens étroits du maire
avec le régime turc et ses agences de lobbying outre-Atlantique, mais
aussi avec l'Azerbaïdjan de l'autocrate Ilham Aliev. Pendant près de
dix ans, Eric Adams, un ancien policier élu maire de l'arrondissement
de Brooklyn en 2014 puis de la métropole en 2021, a été couvert de
cadeaux de la part du gouvernement turc.
Des voyages de luxe en famille ont été organisés pour lui et plusieurs
de ses collaborateurs, vers la Turquie, l'Inde, le Sri Lanka, la Chine,
la Hongrie et la France, avec billets en classe business sur la
compagnie Turkish Airlines et séjours dans des palaces, le tout pour
une valeur de près de 100 000 dollars. Des avantages qu'Eric Adams et
son cabinet auraient régulièrement sollicités auprès de leurs
interlocuteurs et qui ont été systématiquement omis dans les
déclarations financières obligatoires.
Multiples accusations
L'élu démocrate, âgé de 64 ans, est également accusé de fraude dans le
financement de sa campagne électorale, en 2021. Au cours des mois qui
ont précédé sa prise de fonction, Adams est accusé d'avoir reçu des
donations illégales d'individus liés à des compagnies turques de BTP
connues pour leur proximité avec Recep Tayyip Erdogan et leur
implication, en Turquie, dans le rachat de médias et le financement
d'activités politiques. Ce qui équivaut à un financement par un État
étranger.
En septembre 2021, précise l'acte d'accusation de la cour fédérale, un
officiel turc qui joue les intermédiaires avec le maire de New York
signifie à ce dernier que « son tour est venu de rendre service ». La
Turquie est alors sur le point d'ouvrir à Manhattan un nouveau
consulat, la « Maison turque » (« Türk evi »), un gratte-ciel de 36
étages. Le président Erdogan doit venir l'inaugurer. Sur ordre
d'Ankara, Eric Adams aurait alors fait pression sur les pompiers de New
York afin qu'ils autorisent l'inauguration à temps pour la visite du «
Reis », sans l'inspection préalable de sécurité incendie légalement
exigée.
Le responsable des pompiers new-yorkais aurait été menacé de perdre son
emploi s'il ne s'exécutait pas. Le 21 septembre, tout est prêt. Erdogan
coupe le ruban de la Maison turque. « Nous sommes fiers parce que nous
reflétons la beauté et l'élégance de notre architecture historique et
traditionnelle sur l'horizon de New York », dit-il le jour de
l'inauguration.
Depuis la publication de l'acte d'accusation, en pleine campagne
présidentielle américaine, les appels à la démission se sont
multipliés, y compris au sein du Parti démocrate. Ce serait une
première pour un maire de New York en exercice. Mais Eric Adams refuse.
« J'espère me défendre et défendre les habitants de cette ville comme
je l'ai fait au cours de ma carrière politique », a-t-il déclaré,
devant sa résidence, après une perquisition menée par le FBI pour
saisir ses téléphones.
Derrière les réseaux mis en place pour influencer le maire de New York
apparaît, une fois encore, le bras long d'Erdogan et de la Turquie. Une
série de scandales a déjà émaillé la politique américaine ces dernières
années, faisant apparaître une puissante organisation au service
d'Ankara. Le conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale,
Michael Flynn, a été inculpé en 2019 pour avoir agi secrètement « en
tant qu'agent de la Turquie ». Plus ancien, on se souvient du cas de la
représentante républicaine de l'Ohio, Jean Schmidt, accusée d'avoir
reçu près de 600 000 dollars entre 2009 et 2011 de la part de la
Turkish Coalition of America (TCA), la vitrine des organisations
turques aux États-Unis.
Les cas sont légion. La Turquie, allié historique de Washington et
partenaire au sein de l'Otan, a toujours été l'un des pays les plus
actifs, dépensant sans compter dans de vastes entreprises de lobbying
et d'influence auprès des élus américains. Une étude menée en 2015
montrait que pas moins de 159 élus américains (à la Chambre des
représentants ou au Sénat) ou leur staff ont bénéficié de luxueux
voyages gratuits en Turquie, au cours de la mandature.
Depuis dix ans, Erdogan a encore insisté dans cette voie, finançant des
campagnes pour réclamer l'extradition du prédicateur Fethullah Gülen,
exilé en Pennsylvanie et accusé d'être le cerveau du « coup d'État » du
15 juillet 2016 en Turquie, ou pour contester le soutien américain aux
rebelles kurdes du YPG (unités de protection du peuple, affiliés au
PKK) en Syrie. Il s'est appuyé pour cela sur les structures
traditionnelles de l'État, en y ajoutant ses propres outils : la
fondation SETA, relais diplomatique du président et de ses services de
renseignements, ou encore la fondation islamiste Türken, pilotée par
son fils Bilal Erdogan.
En 2013, la justice américaine avait lancé une enquête contre la banque
publique turque Halkbank. Le procureur de Manhattan avait alors mis en
évidence l'utilisation de la banque turque pour aider l'Iran à
contourner les sanctions internationales et lui permettre de continuer
à commercer plus discrètement. L'arrestation en Floride, en 2016, de
l'homme d'affaires irano-turc Reza Zarrab, pivot de ce schéma de
corruption qui remontait jusqu'au président turc, déclencha une
offensive sans précédent d'Ankara. Zarrab engagea comme avocats
l'ancien maire républicain de New York, Rudy Giuliani, et l'ex-juge
fédéral Michael Mukasey. Après une visite à Ankara où il s'était
entretenu avec Erdogan, Giuliani avait proposé un échange de
prisonniers entre Washington et Ankara, Gülen contre le pasteur
évangélique Brunson, arrêté à Izmir et accusé de conspiration
terroriste.
L'ombre de l'Azerbaïdjan
Derrière ces affaires de corruption et d'influence au profit de la
Turquie se dessine aussi l'ombre de son petit frère turcique,
l'Azerbaïdjan. Gavé de pétrodollars, le petit État du Caucase a adopté
les mêmes stratégies. Le Comité étatique pour la diaspora d'Azerbaïdjan
a financé en 2023 un voyage pour deux proches collaborateurs du maire
Eric Adams, Edward Mermelstein et Rana Abbasova. Cette dernière n'est
autre que la directrice du protocole et des relations internationales
de la mairie de New York, après avoir occupé le même poste auprès
d'Adams à Brooklyn. Abbasova, originaire d'Azerbaïdjan, a participé,
drapeau azerbaïdjanais en main, à des manifestations en faveur de Bakou
aux États-Unis et n'a cessé, depuis son entrée en fonction, de
développer les liens politiques et culturels transatlantiques.
En 2013, une agence de lobbying avait été épinglée et son directeur
azerbaïdjanais inculpé par la justice américaine pour avoir organisé
des voyages en Azerbaïdjan pour une dizaine de représentants
américains, avec les subsides, non déclarés, de la compagnie pétrolière
azerbaïdjanaise SOCAR. (Le Point, 30 septembre 2024)
Relations
régionales / Regional Relations
Erdogan
prêt à "poursuivre le dialogue avec les Brics"
Le président turc Recep Tayyip
Erdogan a exprimé jeudi le souhait de "poursuivre le dialogue
avec la
famille des Brics", lors du sommet élargi de cette plateforme de
cinq
pays qui se tient à Kazan, en Russie.
"En tant que Turquie, nous sommes déterminés à poursuivre notre
dialogue avec la famille des Brics, avec laquelle nous avons
développé
des relations étroites basées sur le respect mutuel et un esprit
gagnant-gagnant" a déclaré le chef de l'Etat.
"Les mécanismes politiques et financiers issus de la période de
l'après-Seconde Guerre mondiale ne peuvent donner ce qu'on attend
d'eux", a-t-il ajouté.
Pour le président turc, les Brics apportent "une contribution unique à
la construction d'un ordre mondial plus juste" en facilitant "le
développement du commerce mondial, la croissance économique et
les
objectifs de développement durable".
La Turquie, un Etat membre de l'Otan aux relations parfois tendues avec
ses alliés occidentaux, a soumis une demande d'adhésion au bloc
des
pays émergents des Brics, avait annoncé en septembre le
porte-parole
du parti du président turc.
"Ceux qui disent (ne rejoignez pas les Brics ou toute autre structure)
sont les mêmes qui nous ont fait attendre pendant des années à la
porte de l'Union européenne", avait déclaré M. Erdogan.
Comptant quatre membres (Brésil, Russie, Inde, Chine) à sa création en
2009 et ayant intégré l'Afrique du Sud en 2010, le bloc désormais
dit
des Brics (les initiales de ces Etats en anglais) a été rejoint
cette
année par l'Ethiopie, l'Iran, l'Egypte et les Emirats arabes
unis.
(AFP, 24 oct 2024)
La Turquie
présente ses condoléances au Hamas
Le ministre a “reçu le président de la choura (conseil) du Hamas
Mohammed Ismail Darwish et des membres du bureau politique du Hamas”
auxquels il “a présenté ses condoléances pour le martyre de Yahya
Sinouar”, a annoncé le ministère dans un communiqué.
Il s’agit de la première réaction des autorités turques à la mort du
chef militaire du Hamas, dont Israël a annoncé la mort jeudi.
Le décès de Yahya Sinouar a été confirmé vendredi par le mouvement
islamiste palestinien.
Ankara et son président, Recep Tayyip Erdogan, étaient très proches du
dirigeant politique du Hamas Ismail Haniyeh, tué en juillet en Iran
dans un attentat attribué à Israël.
À l’ordre du jour de la réunion de vendredi, poursuit le ministère,
“figurait l’état des dernières négociations en vue d’un accord de
cessez-le-feu permettant l’échange d’otages (israéliens) et de
prisonniers”, ainsi que le “processus de réconciliation
inter-palestinien”.
“La situation humanitaire dans la région, particulièrement à Gaza, a
été discutée (...) Le ministre Fidan a souligné que la Turquie
utiliserait tous les moyens diplomatiques pour mobiliser la communauté
internationales contre la catastrophe humanitaire en cours à Gaza”,
ajoute-t-il. (Belga, 19 oct 2024)
La Turquie appelle à passer aux "sanctions" contre Israël
Le temps de la diplomatie est "dépassé", a jugé mardi le ministre turc
des Affaires étrangères Hakan Fidan, appelant à passer aux "sanctions"
contre Israël.
"Nous avons dépassé la limite des mots, de la diplomatie, de la
politique, nous sommes arrivés au bout. Il nous faut d'autres
instruments", a déclaré le ministre lors d'une conférence sur "l'avenir
de la Palestine" à Ankara.
"Nous devons passer aux sanctions. La communauté internationale doit
prendre des actions légales, il faut boycotter Israël (qui) ne doit
plus recevoir aucun soutien, dans aucun domaine" a-t-il martelé.
"Faute de quoi, Israël va continuer son génocide et les massacres à
Gaza, parce qu'il n'en paye pas actuellement le prix économique,
politique ou militaire" a poursuivi le ministre turc qui s'est
inquiété, lors de cette conférence, de voir l'attention internationale
se "détourner de Gaza" avec les attaques israéliennes sur le Liban.
"Et ceux qui soutiennent Israël doivent aussi en payer le prix, pour
comprendre qu'il y a des limites à ce qu'ils font", a-t-il estimé.
La Turquie a rompu au printemps l'essentiel de ses liens économiques
avec Israël mais une partie de l'opposition l'accuse de continuer de
ravitailler le pays en pétrole au nom d'accords passés.
M. Fidan a reçu mardi son homologue jordanien, Ayman Safadi qui a
regretté "l'impuissance de la communauté internationale" alors que
l'extension de la guerre au Liban "pousse la région vers l'abime".
(AFP, 15 oct 2024)
L'Ouganda
signe un contrat à 2,7 milliards d'euros avec un
groupe turc
L'Ouganda a signé un contrat de 2,7 milliards d'euros avec le groupe
turc Yapi Merkezi pour la construction d'une ligne ferroviaire
électrique devant relier ce pays enclavé au Kenya, a déclaré le
ministre ougandais des Transports mardi.
Cette ligne électrifiée de plus de 270 km, qui doit à terme relier la
capitale ougandaise Kampala à Malaba, ville à la frontière avec le
Kenya, "fait partie d'un réseau prévu de 1.700 km", a précisé à l'AFP
Katumba Wamala.
Ce méga-projet "améliorera la connectivité ferroviaire de l'Ouganda et
de la région jusqu'au port maritime de Mombasa", dans le sud-est du
Kenya, s'est-il félicité.
"L'Ouganda espère surmonter les longs délais de transport des
marchandises de Mombasa vers notre pays enclavé et faciliter le
transport vers nos voisins de la région", a-t-il ajouté en déplorant
notamment les "dommages coûteux" causés par les poids lourds qui
empruntent la route Mombasa-Kampala.
Les travaux de construction doivent débuter en novembre prochain et
durer quatre ans.
Le contrat de 2,7 milliards d'euros, signé lors d'une cérémonie
lundi,
"couvre la conception et la construction du chemin de fer ainsi que la
fourniture de véhicules ferroviaires" qui rouleront à 120 km/h, selon
un communiqué de Yapi Merkezi.
Entièrement électrifiée, la ligne doit comprendre une dizaine de gares
- pour voyageurs et les marchandises - et un terminal. Le projet a la
capacité de transporter 25 millions de tonnes par an, a précisé
l'entreprise turque.
"Cela devrait nous permettre de réduire de moitié les coûts de
transport des marchandises", a déclaré Ramathan Ggoobi, secrétaire
permanent du ministère ougandais des Finances, dans une vidéo partagée
en ligne.
"Nous sommes la deuxième route la plus chère au monde (...) nous
devrions être parmi les plus compétitifs."
Yapi Merkezi a également entrepris la construction des 700 premiers
kilomètres d'une ligne au départ de Dar es Salaam, tronçon d'un immense
projet ferroviaire de 2.561 kilomètres devant à terme relier la
capitale économique tanzanienne aux pays voisins. (AFP, 15 oct 2024)
En visite
en Albanie, Erdogan dénonce
"le génocide à Gaza"
"Le génocide commis à Gaza depuis un an est la honte de toute
l'humanité", a dénoncé jeudi le président turc Recep Tayyip
Erdogan en
visite en Albanie, appelant la communauté internationale à faire
pression pour un cessez-le-feu.
"Nous devons faire de notre mieux pour garantir de toute urgence
un
cessez-le-feu permanent et exercer la pression nécessaire sur Israël",
a dit M. Erdogan lors d'une conférence de presse avec le Premier
ministre albanais Edi Rama.
L'attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a entraîné
la mort de 1.206 personnes, en majorité des civils, selon un
décompte
de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens et
incluant
les otages morts ou tués en captivité dans la bande de Gaza.
S'en est suivi une guerre dévastatrice menée par Israël contre la bande
de Gaza qui a fait à ce jour près de 42.000 morts, réduit à
l'état de
ruines des secteurs entiers du petit territoire assiégé et
déplacé la
quasi-totalité de ses 2,4 millions d'habitants.
Le président turc dénonce depuis des mois avec virulence la
conduite
d'Israël dans la guerre, qualifiant le Premier ministre israélien
Benjamin Netanyahu de "boucher de Gaza".
"L'agression conduite par le gouvernement Netanyahu menace
désormais
l'ordre mondial au-delà de la région", a-t-il encore dit jeudi à Tirana.
En Albanie, pays majoritairement musulman, où un quart de la population
est chrétienne et où les mariages mixtes sont fréquents, M.
Erdogan a
inauguré la grande mosquée de Tirana, financée par son pays,
accompagné du Premier ministre Edi Rama. Ce projet a eu un coût
de 30
millions d'euros.
La Turquie "fait partie des cinq plus grands investisseurs étrangers"
en Albanie, avec 3,5 milliards de dollars d'investissement, avait
rappelé M. Erdogan en recevant le Premier ministre Edi Rama à
Ankara
en février.
Et plus de 600 entreprises turques fournissent des emplois à plus de
15.000 Albanais, avait-il ajouté.
La coopération est aussi militaire entre ces deux membres de l'Otan
:
Tirana a reçu cette année les premiers drones Bayraktar TB2 turcs, ce
dont s'est félicité Edi Rama.
- Success story turque -
M. Erdogan s'est rendu ensuite en Serbie, pays dans lequel la Turquie
a fait un grand retour en 2017.
Il a été accueilli jeudi soir à l'aéroport de Belgrade par le
président serbe Aleksandar Vucic.
Cinq siècles de présence ottomane en Serbie et une proximité culturelle
et historique entre la Turquie et le Kosovo avaient malmené les
relations entre les deux pays, mais "cette visite a réparé la
relation
avec la Serbie", analyse Vuk Vuksanovic, analyste au Centre pour
la
sécurité politique de Belgrade (BCSP/BCBP).
Depuis, "les Balkans sont une vraie success story pour la
diplomatie turque", ajoute-t-il.
Les relations ont parfois connu un refroidissement, comme lorsque
Ankara a vendu des drones au Kosovo. Mais l'affront pourrait être
lavé
avec un nouvel accord de coopération, estime M. Vuksanovic.
"Je ne serais pas surpris si un accord militaire était conclu", ajoute
ce chercheur en sciences politiques, qui envisage trois
principaux
axes à cette visite : "la coopération militaire, la position des
entreprises turques et la volonté de Belgrade de persuader Ankara
de
réduire son soutien au Kosovo".
La Serbie et ses 6,6 millions d'habitants sont devenus un terrain
économique important pour Ankara.
La valeur totale des investissements turcs y est passée "de 1 à
400
millions de dollars (environ 365 millions d'euros) au cours des dix
dernières années", selon le président du Conseil d'affaires
Turquie-Serbie, cité en juin par l'agence de presse turque
Anadolu.
Selon les chiffres du gouvernement serbe, les exportations turques
en
Serbie ont presque doublé et atteint 2,131 milliards de dollars en
2022, contre 1,149 milliard de dollars en 2020 (1,95 milliard
d'euros
contre 1,05 milliard d'euros).
Belgrade est aussi une grande destination de voyage pour les Turcs, qui
y étaient en 2022 le deuxième contingent de touristes, juste
derrière
les Bosniens et devant les Russes. (AFP, 10 octobre 2024)
L’Azerbaïdjan,
cet infréquentable allié d’Israël
Le cinquième Salon de l'armement d'Azerbaïdjan (ADEX) s'est achevé le
week-end dernier. Il était, pour l'autocrate Ilham Aliev, une nouvelle
occasion de célébrer la « reconquête » et le nettoyage ethnique de la
région du Haut-Karabakh par Bakou, achevée il y a un an. À ses côtés,
les pays « vainqueurs » et les alliés plus discrets de l'Azerbaïdjan
étaient mis à l'honneur : pas d'entreprises françaises, mais des
exposants russes et biélorusses, pourtant « blacklistés » depuis la
guerre en Ukraine, qui y côtoyaient les poids lourds du secteur de
l'industrie de défense turque, pakistanaise, qatarie, mais aussi
israélienne !
L'État hébreu, en guerre sur plusieurs fronts à Gaza et au Liban, avait
dépêché à Bakou pas moins de neuf de ses principales compagnies
d'armement et d'équipement militaire, des sociétés privées mais aussi
publiques. Le pavillon d'Israel Aerospace Industries (IAI), la
puissante entreprise publique, premier employeur d'Israël, a eu droit à
tous les honneurs. Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, y a été
reçu par le PDG d'IAI, Boaz Levy. Il a pu y admirer son dernier système
de défense antiaérien, BARAK, ses missiles de précision à longue
distance LORA, ses systèmes dits de « guerre électronique » et de
renseignement…
Des outils technologiques qui lui ont été précieux au cours des
dernières offensives contre l'Arménie. « À travers ces partenariats,
IAI se prépare collectivement avec ses partenaires, aux défis de demain
», déroule la communication de l'ADEX.
Pour Israël, l'Azerbaïdjan est un partenaire stratégique clé. Situé à
la frontière avec l'Iran, où il peut s'appuyer sur une nombreuse
diaspora azérie, Bakou accueille des stations d'écoute tournées vers
l'Iran, et fournit à Israël un bon tiers de son gaz et de son pétrole,
via le terminal turc de Ceyhan.
Depuis le 7 octobre 2023, cette coopération s'est encore renforcée. Le
nombre des vols d'avions-cargos de la compagnie azerbaïdjanaise Silk
Way Airlines entre Bakou et la base militaire israélienne d'Ovda est un
bon indicateur des liens qui unissent les deux pays.
Alliances ?
Selon le quotidien israélien Haaretz, pas moins de 92 vols ont été
recensés entre 2016 et 2023, un rythme qui s'est accéléré avec la
guerre au Karabakh. Une douzaine de ces vols ont été observés entre
septembre 2023 et avril 2024, selon le site Flightradar24. Et d'autres
encore plus récemment. Tel-Aviv est l'un des principaux fournisseurs
d'armement et de munitions à Bakou. Pendant le Salon de Bakou, un
mémorandum a été signé entre le fabricant israélien d'armes Ari Arms et
le conglomérat d'État azerbaïdjanais Azersilah, dans le but de
développer la production d'armes légères aux normes de l'Otan. De
nouveaux modèles de drones et de véhicules blindés sont également dans
le viseur.
Pour certains stratèges militaires israéliens, la guerre contre le
nouvel « axe du mal » pro-iranien dans tout le Proche-Orient justifie
pleinement une alliance avec le régime de Bakou. Les tribunes et les
communiqués faisant l'apologie du régime d'Aliev fleurissent dans la
presse israélienne. Même si l'Azerbaïdjan est de plus en plus
infréquentable sur la scène internationale.
Une telle association peut aussi conduire Israël à de sérieuses
contradictions de fond : d'un côté, le pays dénonce régulièrement le
soutien de la Turquie et du Qatar au Hamas ; de l'autre, il coopère
avec ses entreprises au plus haut niveau. Les trois principaux sponsors
de l'ADEX, le Salon de l'armement de Bakou, étaient l'entreprise
publique israélienne Baykar, la société turque de fabrication des
fameux drones Bayraktar, dirigée par Selçuk Bayraktar, le gendre de
Recep Tayyip Erdogan, et Barzan Holdings, le géant qatari de l'armement
!
Cette étroite coopération entre entreprises publiques et parapubliques
de pays supposés être en froid tranche avec la virulence des discours
du « Reis » Erdogan contre Israël. « Alors que les massacres israéliens
se poursuivent, les compagnies de fabrication d'armes turques,
israéliennes et qataries célèbrent joyeusement l'organisation d'une
foire militaire à Bakou », écrit le journaliste turc d'investigation
Metin Cihan, qui a révélé l'affaire.
Ankara a annoncé en mai dernier avoir suspendu ses échanges commerciaux
avec Israël, en réaction à la vive émotion suscitée en Turquie par les
opérations militaires contre Gaza. Mais les dernières statistiques
laissent plutôt penser que le flux commercial vers Israël a été
maquillé. Les exportations vers la Palestine ont augmenté en juillet de
1 180 % !
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Athènes veut discuter avec Ankara pour sévir contre
les passeurs
La Grèce souhaite discuter avec la Turquie voisine et l'Union
européenne des mesures plus dures pour sévir contre les passeurs
de
migrants opérant sur son territoire, a déclaré jeudi un haut
responsable grec proche du dossier migratoire.
"Nous ne faisons pas assez pour lutter contre les passeurs de
migrants, nous sommes en train d'aborder la question avec nos
pairs
européens et nos voisins turcs", a déclaré ce responsable sous
couvert
d'anonymat.
La question migratoire est l'un de principaux sujets de discussion
entre Athènes et Ankara.
"Notre intention est d'intensifier notre coopération avec la Turquie
en matière de lutte contre les réseaux de passeurs", a précisé ce
responsable.
Le ministre grec des Migrations, Nikos Panagiotopoulos, devrait aborder
la question avec le ministre turc de l'Intérieur, Ali Yerlikaya,
en
novembre.
La Grèce a connu une hausse de 25% du nombre d'arrivées de personnes
fuyant guerre et pauvreté au cours de premiers neuf mois de 2024
(37.000 au total) par rapport à la même période de l'année
précédente,
selon des estimations ministérielles.
Leur nombre devrait atteindre 50.000 d'ici la fin de l'année,
selon la même source.
Le pays se trouve avec l'Italie en première ligne des arrivées de
migrants qui cherche à rallier l'Europe par la Méditerranée,
surtout
depuis la Turquie.
Mais les accidents de bateaux de migrants sont fréquents lors de
cette
traversée périlleuse entre les côtes des deux pays voisins.
Depuis le début de septembre, neuf personnes sont morts dont deux
nourrissons après trois naufrages distincts des embarcations de fortune
au large des îles grecque de Samos et de Kos en mer Egée.
Les autorités grecques sont souvent accusées par médias et ONG des
droits humains avoir procédé à des refoulements illégaux de
migrants
vers les eaux turques pour limiter le nombre d'arrivées sur le
sol
grec.
Athènes a toujours nié avoir recours à cette pratique contraire au
droit international.
Plusieurs ONG ont récemment dénoncé les conditions de rétention
des
migrants dans les centres d'accueil sur les îles égéennes mais le
gouvernement nie toute pression dans ces installations dont la
capacité s'élève à environ 50.000 personnes.
Il y a trois ans la Grèce avait reçu 155 millions d'euros de l'UE
pour
construire deux nouveaux camps d'accueil sur les îles égéennes de
Lesbos et de Chios mais leur achèvement a pris de retard en
raison de
l'opposition des habitants. (AFP, 24 oct 2024)
Le bonheur du maritime et de l’insulaire
Ragip Duran,
TVXS.GR, 11 octobre 2024
Après avoir passé une semaine à Leros en septembre et une semaine à
Chios en octobre, j’ai mieux compris et saisi les avantages de la mer,
des côtes et des îles.
Les Turcs, originaires des steppes de l’Asie Centrale, étaient des
tribus des voyageurs. Ils avaient rencontré la mer pour la première
fois de leur vie sur les côtes de Marmara peu avant 1071. Le chevalier
turcomène regardait la mer du haut d’une montagne. Et quand il avait vu
les grandes vagues de décembre, il avait tout de suite, instinctivement
tiré son épée. Il ne connaissait pas la mer, ça pouvait donc être un
ennemi à abattre !
Ce chevalier, selon la légende, s’appelait Çaka Bey et plus tard, il a
été officiellement reconnu comme le premier amiral de la flotte turque!
Aujourd’hui il y a un grand bateau qui porte son nom.
Le poids de la terre est si grand dans la culture et la langue turque
que même certains mots ou notions maritimes sont toujours et encore
prononcés par des termes terrestres. Par exemple on appelle les vagues
‘’Koyun’’(Mouton) ou bien ‘’Derya kuzusu’’ (Agneau de mer) le poisson.
Les populations turques qui vivent sur les côtes égéennes et
méditerranéennes se distinguent de la population rurale qui vit en
Anatolie centrale et dans les régions montagneuses kurdes. Les premiers
consomment assez de poissons et fruits de mer plus des végétaux alors
que les seconds mangent beaucoup de viande et de pain. Les maritimes
turcs et ceux des autres pays sont en générale des gens rigolos, libres
et souriants qui savent prendre plaisir de la vie: Raki, ouzo,
chansons, danses, longues conversations et commérages…
Les gens des steppes et des montagnes s’occupent en majorité de
l’agriculture ou de l’élevage sont en général des gens durs, un peu
borné, religieux, mono couleur et conservateurs.
Les gens des îles, reçoivent beaucoup d’étrangers ainsi, ils deviennent
plus riches au niveau des langues, de la cuisine et de la culture en
général. Peu d’étrangers rendent visite chez les peuples des steppes et
des montagnes. C’est pourquoi d’ailleurs les ruraux et les montagnards
se ressemblent alors que les habitants des îles et des côtes de la mer
sont beaucoup plus variés physiquement et du point de vue de caractère
humain.
Dans la région de la Mer Noire (Karadeniz ou bien Pontos) les fenêtres
ou les terrasses des maisons des paysans n’ont pas vu sur mer, mais sur
montagne.
Dans la région Égéenne, les pères donnent à leurs filles (enfants de
second catégorie) les terrains au bord de la mer alors que les garçons
héritent les terrains, les orangers loin de la côte.
Par ailleurs, le nationalisme oblige, l’Etat turc célèbre tous les ans
la fameuse victoire de Preveza (28 septembre 1538) alors que les livres
d’histoire passent sous silence la défaite d'Inebahti (Nafpaktos ou
bien Lepanto) le 7 octobre 1571.
Il y a encore aujourd’hui par exemple à Istanbul des gens qui vivent
dans des bidonvilles loin du centre qui ont vu la mer seulement sur les
écrans de télévision. Alors que 70 % de la population de Turquie vit
dans des villes ou villages sur les côtes des mers, seulement 6 % des
citoyens savent nager, selon une enquête publiée par le quotidien
populaire Posta.
Le homard est appelé ‘’Insecte’’ dans la langue populaire, qui a quand
même une connotation péjorative, même chez les gens des îles turques
d’Egée. Il est très cher et on en consomme très peu.
Le fondateur de la République moderne (1923) M. Kemal Atatürk avait par
exemple déclaré que ‘’Le futur est dans les cieux’’ pour montrer
l’importance des forces aériennes. Il avait également prononcé des
phrases pour expliquer la valeur d’une flotte forte. Lui-même aimait
nager et ramer. Mais la grande majorité des Turcs n’ont pas un rapport
d’amour avec la mer. Il y a par exemple peu de proverbes ou
d’expression idiomatique en turc sur la mer:
* Il y a toujours des vagues au bord de la mer
* On ne sait pas le prix du poisson qui est encore dans la mer
* Celui qui tombe à l’eau demande de l’aide au serpent !
Enfin, l’Égée est un grand lac, la Méditerranée une grande mer, l’océan
serait donc tout un ciel pour celui qui sait profiter des avantages et
du bonheur de l’eau et des îles.
22 blessés dans un accident de car, dont des touristes japonais
- Vingt-deux personnes, parmi lesquelles des touristes japonais,
ont
été blessées jeudi dans l'ouest de la Turquie dans l'accident d'un car,
ont indiqué l'agence de presse turque DHA et l'ambassade du Japon à
Ankara.
Selon DHA, le chauffeur a perdu le contrôle du véhicule qui s'est
retourné sur une autoroute dans la province d'Afyonkarahisar.
"Vingt-deux personnes ont été blessées, dont une grièvement", a
rapporté DHA.
"Plusieurs Japonais ont été blessés et transportés vers des hôpitaux",
a précisé à l'AFP un porte-parole de l'ambassade du Japon en Turquie,
ajoutant que 21 ressortissants japonais se trouvaient à bord du car.
Des images diffusées par DHA montrent un autocar blanc couché sur un
flanc au milieu d'un champ.
Les accidents d'autocar, un des moyens de transport les plus populaires
y compris sur de longues distances, sont fréquents en Turquie. (AFP, 17
oct 2024)
La fraternité entre PAOK et
Galatasaray
Ragip Duran, TVXS.GR, 29 septembre 2024
Mercredi dernier deux équipes de foot du même quartier d’Istanbul ont
joué pour la 4e fois. Fraternité et quelques petits conflits sont allés
de pair.
Galatasaray a remporté 3-1 contre PAOK mercredi dernier à Istanbul lors
de la rencontre de la Ligue d’Europe UEFA. Mais peu importe le
résultat, car ses deux clubs ont eu un passé commun pour longtemps.
Des historiens du foot ont publié cette semaine des articles à
l’occasion de ce match pour faire connaître aux lecteurs turcs les
détails du passé commun de ses deux équipes.
Mehmet Senol, ancien rédacteur en chef du mensuel “Galatasaray”, organe
officiel du club, auteur de plusieurs livres sur l’histoire de
Galatasaray et du football en Turquie a dévoilé sur son compte X des
détails sur PAOK, originaire du quartier Galatasaray, au milieu de Péra
d’Istanbul.
Plus de deux milles supporters de PAOK étaient venus mercredi en car
depuis Thessaloniki à “Constantinople”. L’utilisation de cet ancien nom
byzantin de la ville, a dérangé les nationalistes et les cercles
anti-grecs. Ces derniers ont répliqué par une banderole sur laquelle
était inscrite laconiquement “Since 1453” (Depuis 1453) faisant
allusion à la chute de Constantinople.
Mais il y a eu également des spécialistes qui, par exemple, ont proposé
aux dirigeants de Galatasaray de faire un geste exemplaire pour
accueillir PAOK : Pendant la cérémonie d’ouverture sur le terrain,
notre équipe peut porter une banderole sur laquelle est inscrite :
“PAOK soyez bienvenue une fois encore à votre ville !” Proposition qui
n’a pas été prise au sérieux par les dirigeants de Cimbom (Nom de code
de Galatasaray). Il y a eu également des journalistes qui ont proposé à
la direction de Galatasaray d’inviter les dirigeants actuel de
Beyogluspor (Ancien nom İstanboulite de PAOK) à la tribune de
protocole. Autre proposition refusée.
Malgré la non-réalisation de ces propositions, plusieurs lecteurs ont
appris grâce à cette rencontre que PAOK d’aujourd’hui était créé en
1877 dans la capitale Ottomane de l’époque. Il s’appelait d’abord
Hermès, plus tard Péra et était une très bonne équipe formée par
essentiellement les Roums du quartier, où Galatasaray était fondé en
1905, dans le lycée qui porte le même nom dans le même quartier.
En 1923-24 à cause de l’échange de population, une grande partie des
Roums d’Anatolie était obligée de quitter leur Terre-Natale et de venir
s’installer en Grèce. PAOK était fondé en Thessaloniki par ces
immigrés, dont une partie a ensuite crée AEK à Athènes. Beyogluspor, le
nom actuel du club depuis 1923 de ceux qui sont restés à Istanbul
serait donc le père de PAOK et la mère d’AEK.
Beyogluspor fut un club qui a été le berceau de plusieurs footballeurs
roums et turcs de haute qualité à commencer par Lefter Kucukandonyadis,
Kostas Kasapoglou, Aleko Sofyanidis et Nikos Vafiadis, mais aussi de
Kadri Aytac, Sukru Gulesin et Bulent Eken.
Galatasaray et PAOK ont fait quatre matches depuis 1951. Le meilleur
était en 1999 à Thessaloniki, juste après le tremblement de terre qui a
avait causé la mort d’au moins 20 milles personnes en Turquie. La Grèce
avait beaucoup aidé la Turquie lors des opérations pour sauver des gens
sous les débris des bâtiments détruits.
L’équipe jaune et rouge turc appelé aussi “Les Lions” avait porté une
banderole sur laquelle était inscrite “Merci à notre frère La Grèce” en
grec lors de la cérémonie.
Quelques petits incidents ont été observés mercredi soir entre les
supporters grecs et les forces de l’ordre, mais les footballeurs et les
dirigeants des deux clubs étaient presque en parfaite harmonie.
Enfin un dernier point commun entre les deux équipes : L’entraîneur de
PAOK Razvan est le fils de l’ancien entraîneur roumain de Galatasaray
Mircea Lucescu. L’actuel entraîneur de Galatasaray Okan Buruk était un
ancien joueur de Mircea.
Immigration
/ Migration
À Schaerbeek, face au blocage du MR, le PS a
ouvert le canal de discussions avec le PTB
Les discussions post élections communales entre Ahmed Laaouej,
président de la Fédération bruxelloise du PS et David Leisterh,
président du MR bruxellois n'ont pour l'instant abouti à aucun
compromis dans les communes de Forest et Schaerbeek, où aucune majorité
n'a encore été trouvée.
À Schaerbeek, les discussions sont au point mort depuis la semaine
dernière.
Dans cette commune de 130 000 habitants, le PS est arrivé en tête ce 13
octobre, devant le cartel MR-Engagés, et Ecolo.
Hasan Koyuncu, tête de liste PS et meilleur score de la commune, a
revendiqué le mayorat.
Bémol, le MR en a fait de même pour sa tête de liste, Audrey Henry. Et
les libéraux ont mis leur veto sur Hasan Koyuncu, qu'ils jugent
"communautariste."
Les négociations, interrompues fin de semaine dernière, n'ont guère
progressé depuis lors.
"Pour le moment, c'est un bourgmestre libéral à Forest et à Schaerbeek,
sinon rien", a déclaré David Leisterh sur la RTBF ce jeudi.
Selon nos informations recoupées à bonnes sources, face au blocage du
MR, le PS a pris l'initiative d'ouvrir le canal de discussions avec le
PTB à Schaerbeek, et la tête de liste Leïla Lahssaini.
Le PTB est arrivé en 4e position dans la cité des ânes, avec 13 %.
L'ONU
"profondément préoccupée" par le renvoi de réfugiés turcs depuis le Kenya
Les Nations unies ont indiqué mardi être "profondément
préoccupées"
après le renvoi de quatre réfugiés turcs depuis le Kenya qui,
selon
des organisations de défense des droits humains, ont été enlevés
et
refoulés de force, en violation du droit international.
Les quatre individus - Mustafa Genç, Öztürk Uzun, Alparslan
Tasçi et
Hüseyin Yesilsu - ont été renvoyés en Turquie vendredi, a indiqué lundi
le ministère kényan des Affaires étrangères.
L'annonce faisait suite à des informations parues dans plusieurs
médias selon lesquelles les quatre Turcs avaient été kidnappés
dans
une rue de Nairobi, la capitale kényane, avec trois autres
personnes
qui ont ensuite été libérées.
Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR)
s'est
déclaré "profondément préoccupé par le refoulement de quatre réfugiés"
vers la Turquie, et a appelé le Kenya "à respecter ses
obligations
juridiques internationales".
L'HCR a appelé le gouvernement à respecter le principe de
non-refoulement, qui protège les demandeurs d'asile et les
réfugiés de
toute mesure pouvant conduire à leur renvoi vers un endroit où
leur
vie ou leur liberté est menacée.
Le ministère kényan des Affaires étrangères a déclaré avoir reçu
de
la Turquie l'assurance que les quatre individus seraient "traités
avec
dignité".
"Cet incident constitue une violation tant du droit kényan que
du
droit international sur les réfugiés", a déclaré Amnesty
International
samedi, avant que le rapatriement ne soit confirmé.
"Leurs enlèvements soulignent les préoccupations croissantes
concernant la sécurité de tous les réfugiés et demandeurs d'asile
au
Kenya."
Une alliance d'organisations de défense des droits humains
kényanes,
le Groupe de travail sur les réformes de la police, s'est dite
"choquée" par l'action du gouvernement, affirmant que cette
dernière
avait "mis en grave danger quatre êtres humains ainsi que le
statut du
Kenya en tant que nation sanctuaire".
Selon le groupe, cette action "porte atteinte à la crédibilité du
Kenya" en tant que nouveau membre du Conseil des droits de
l'homme de
l'ONU.
Le Kenya accueille plus de 780.000 réfugiés, a indiqué le
ministère des Affaires étrangères.
En mai 2001, des espions turcs avaient enlevé Selahaddin Gülen, neveu
d'un ennemi de longue date du président Recep Tayyip Erdogan. La
justice kényane avait alors interdit son extradition vers la
Turquie.
Il était le neveu du prédicateur musulman Fethullah Gülen, en exil
aux
Etats-Unis depuis un quart de siècle après avoir été accusé par Ankara
d'avoir ourdi une tentative de coup d'état en 2016. Sa mort
dimanche à
l'âge de 83 ans, a été confirmée lundi par Ankara.
Selon certaines informations, des espions turcs ont rapatrié par la
force des dizaines de partisans de Gulen dans le monde entier.
La Turquie avait également capturé en 1999 le chef du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan, au Kenya, après des
années de cavale. (AFP, 22 oct 2024)
Comment Ankara renforce son autorité
sur la diaspora turque?

Bosco d'Otreppe, La Libre Belgique, 23 octobre 2024
C'est un avertissement qui ne trompe pas. La ministre flamande en
charge de l'Emploi, Zuhal Demir (N-VA), a procédé au retrait du permis
de travail de cinq imams turcs, rapportait lundi Het Laatste Nieuws.
Cette décision survient après que la ministre a découvert que les imams
en question étaient rémunérés par le gouvernement turc via la Diyanet,
le bras religieux d'Ankara qui gère un réseau de mosquées à travers le
monde, dont 70 en Belgique.
Si la ministre a pu procéder de la sorte, c'est que la Flandre interdit
que des migrants économiques soient inscrits sur des fiches de salaire
d'un gouvernement étranger. Les cinq imams, qui ont été recalés alors
qu'ils demandaient la prolongation de leur permis de travail, sont les
premiers à subir les conséquences de cette mesure en cours depuis le
mois de mai. Mais d'autres pourraient suivre. En attendant, ils sont
donc tenus de quitter le territoire, sauf recours au Conseil d’État.
Un salaire belge
L'essentiel des 70 mosquées de la Diyanet – dont 43 sont reconnues par
l'État belge – se trouve à Bruxelles et en Wallonie. Or, selon
Jean-François Husson, spécialiste du financement des cultes et
fondateur du Centre de recherche en action publique, intégration et
gouvernance (Craig), ces deux régions pourraient prendre des
dispositions comparables. Si l'on s'attache à la délivrance des permis
de travail (une compétence régionale), l'ordonnance bruxelloise en la
matière demande que l'imam principal d'une mosquée – reconnue ou non –
soit rémunéré par la Belgique. En Wallonie, une telle exigence est
absente des décrets. Par contre, quelle que soit la région, la
législation sur la rémunération des ministres du culte (une compétence
fédérale) implique que les imams des mosquées reconnues ne reçoivent
pas de rémunérations étrangères, insiste Jean-François Husson. Dans ce
cas, qu'ils officient en Wallonie, en Flandre ou à Bruxelles, ces imams
peuvent être épinglés s'ils perçoivent un salaire provenant de
l'étranger – ce qui est régulièrement le cas. Le salaire issu de la
Diyanet est d'ailleurs plus élevé que le salaire délivré par l'État
belge.
Les administrations belges ne se montrent cependant pas très
sourcilleuses sur ce point. L'option de l'État, envers les mosquées
reconnues, est en effet de tenir la bride avec une certaine souplesse.
Le risque, en étant trop strict, est que les mosquées décident de
sortir du statut de reconnaissance, ce qui affaiblirait le contrôle que
l'État peut avoir à leur égard.
Notons que si la Belgique se montrait finalement plus sévère sur ce
point, la loi pourrait être facilement contournée. Il n'y est pas
inscrit que le salaire des imams doive obligatoirement être issu de
l'État belge : il doit provenir d'une institution belge. Les imams en
question pourraient donc demander que ce ne soit plus Ankara qui leur
verse directement leur salaire, mais une association turque, liée à
Ankara, inscrite en Belgique. Formellement, l'argent ne viendrait plus
de l'étranger, et l'honneur serait sauf. C'est ce qui fut fait en
Autriche.
L'allégeance de la diaspora
Au-delà de ces spécificités juridiques, ce dossier témoigne de la
difficulté pour l'État belge de travailler avec la Diyanet. Cette
administration turque est un énorme caillou dans la chaussure de ceux
qui souhaitent voir advenir un islam "à la belge".
La Diyanet forme et envoie en effet des imams depuis la Turquie. Ces
imams, en général, sont là pour quatre ans et délivrent des prêches, en
turc souvent, dont les thématiques sont définies depuis Ankara. Les
observateurs regrettent donc régulièrement que ces prêches soient
rédigés en fonction des intérêts turcs, et non au regard du contexte
social et culturel belge. L'identité turque de la diaspora y est
souvent mise en avant, alors que ce réseau de mosquées œuvre en vase
clos, sans chercher à s'ouvrir au tissu associatif et
multiconfessionnel du pays.
La Diyanet a donc toujours cherché à garder la main sur les mosquées
turques en Belgique et répond ainsi au souci d'Ankara d'asseoir son
autorité sur sa diaspora, souligne l'islamologue de l'ULB Corinne
Torrekens. "Elle fait partie de ce qu'on pourrait appeler la diplomatie
religieuse de l'État turc." Elle lui offre aussi le moyen de recueillir
des informations sur la Belgique.
Par sa présence, elle renforce également la cohésion communautaire des
Turcs et des Belgo-Turcs présents en Belgique. Cela explique,
indirectement, le succès électoral d'élus turcs très peu connus en
dehors de leur communauté (ainsi du socialiste Hasan Koyuncu, champion
du suffrage communal à Schaerbeek avec 3 832 voix de préférence).
Nous avons perdu notre ami Mülük Yagan
C'est avec une grande tristesse, que nous avons appris que notre cher
ami issu de la diaspora arménienne à Bruxelles, Mülük Yağan, est décédé
des suites d'une crise cardiaque survenue mercredi en Espagne.
Mülük avait émigré en Belgique avec sa famille dans les années 80 en
raison de la répression qui frappait le peuple arménien en Turquie. Il
était notre voisin et est devenu un grand ami.
Nous partageons le chagrin de la famille Yağan et leur présentons nos
sincères condoléances.
IL ETAIT QUASI L’ANCIEN DU QUARTIER...
".... Impossible aussi d’oublier les Yağan, nos voisins arméniens. La
famille Yağan formait une sorte de tribu arménienne dont une partie
s’était installée dans le quartier nord-est de Bruxelles comme nous, et
l’autre partie à Marseille, dans le sud de la France.
"Les adultes comme les jeunes de la famille avaient suivi les cours de
langue et d’intégration aux Ateliers du Soleil. Les enfants, qui
bénéficiaient de l’aide de l’école des devoirs, nous régalèrent de
chants et de danses arméniens lors de nos représentations destinées à
refléter la mosaïque culturelle anatolienne.
"Tous les membres de la famille Yağan, à commencer par Seyfi, étaient
particulièrement doués, et réussissaient fort bien dans les affaires.
Ils excellaient dans la peausserie, la couture ou la joaillerie.
"Mülük, était quasi un muhtar (ancien de quartier). Comme il
ressemblait beaucoup physiquement à Abdullah Öcalan, je l’appelais
'Apo'."
(Dogan Özgüden, Journaliste Apatride, Volume II, Années d'exil,
Info-Türk, Bruxelles 2013)
Le conflit sur l’écharpe mayorale à Schaerbeek
provoque un chaos total
La question de savoir qui sera le bourgmestre de Schaerbeek occupe
toutes les parties. Le MR et le PS se disputent, et chacun a son avis
sur ce qui est la meilleure solution.
Le PS a obtenu 10 sièges à Schaerbeek, tout comme la liste de cartel
MR-Les Engagés. Ensuite, Ecolo-Groen suit avec 9 sièges, et le PTB en
remporte 6. L’actuel bourgmestre en titre Bernard Clerfayt (DéFI) s’est
présenté avec une « Liste Bourgmestre » et a également obtenu 6 sièges.
L’équipe Fouad Ahidar a remporté 4 sièges, et l’initiative 1030
ENSEMBLE en a obtenu 2.
Pour le PS, la question de qui doit devenir bourgmestre est claire.
Leur tête de liste Hasan Koyuncu (PS) a recueilli plus de votes de
préférence qu’Henry Audrey, la tête de liste du MR-Les Engagés. Mais
selon le président du MR, Georges-Louis Bouchez, il ne saurait être
question d’un bourgmestre PS : les libéraux revendiquent le poste.
Bouchez soutient que le MR a permis à deux bourgmestres PS d’obtenir
l’écharpe à Anderlecht et Ixelles. Le PS doit donc faire un geste en
retour pour le MR. De plus, la figure de Koyuncu est également sensible
: en février, il avait invité un imam controversé au parlement
bruxellois, qui avait récité une prière. Bouchez avait alors vivement
condamné cet acte. Koyuncu avait ensuite précisé qu’il n’avait pas
consenti à cette prière et qu’il était partisan de la séparation de
l’Église et de l’État. Cela ne suffit toutefois pas au MR.
Ecolo, qui est arrivé troisième, accepte la possibilité d’avoir Hasan
Koyuncu comme bourgmestre de Schaerbeek. « Il est député régional
depuis des années, il est tête de liste du PS, a recueilli le plus de
voix de préférence, et le PS est le plus grand parti. Il n’y a aucune
raison pour que Koyuncu ne devienne pas bourgmestre », a déclaré le
dirigeant Vincent Vanhalewijn à De Morgen.
Le président de la fédération bruxelloise du PS, Ahmed Laaouej, s’est
également impliqué dans cette affaire. Pour lui, « il n’y a pas de
négociations possibles » sur la position de Koyuncu.
La position de Bernard Clerfayt complique encore davantage la situation.
Le PS et le MR veulent tous deux gouverner, et Ecolo est également prêt
à gouverner. Mais une autre voix se joint au débat : le bourgmestre
Bernard Clerfayt. Avec autant de sièges qu’Ecolo, il souhaite également
faire partie de la coalition. Malgré la perte de 11 sièges, il cherche
toujours une majorité à Schaerbeek.
Clerfayt a cependant des exigences. Une coalition entre sa Liste
Bourgmestre, le MR-Les Engagés et le PS obtiendrait une majorité de 26
sièges. Mais Clerfayt juge cela trop juste : il en veut au moins 30. Il
refuse de s’allier avec le PTB. Logiquement, Ecolo pourrait donc être
inclus.
Clerfayt exige également de ne participer à la coalition que s’il
existe un « projet clair », a-t-il déclaré à la chaîne BX1. Pour
l’instant, il n’y a pas encore de discussions de fond, a-t-il précisé.
Car la querelle entre le MR et le PS domine encore. « Il y a des
contacts dans toutes les directions », selon Clerfayt. Il est peu
probable que la situation se résolve rapidement tant que les présidents
et les chefs de section continueront de s’impliquer. (businessam.be, 18
oct 2024)
Turquie, la machine à expulsion financée par l’UE
L’Union européenne a financé et aidé à la construction de centres
d’accueil de demandeurs d’asile en Turquie, où ils sont détenus dans
des conditions parfois épouvantables et renvoyés en masse dans leur
pays d’origine, souvent en Syrie et en Afghanistan, malgré les risques
encourus.
A les écouter, on ressent la peur, la douleur et une solitude aussi
rude que le bruit et la violence des hommes. A les voir, on frémit :
ils sont las, silencieux parfois, toujours traumatisés, brisés même, à
force d’être ballottés d’une frontière à l’autre, aujourd’hui échoués,
ici, en Turquie, sous la menace continuelle d’une expulsion, ou déjà
renvoyés dans leur pays d’origine, voire ailleurs. Aucun d’eux ne donne
son vrai prénom, par souci de sécurité, mais leurs histoires, elles,
sont authentiques.
Il y a par exemple celle de Feroz, un ancien membre des forces
spéciales afghanes ayant combattu les talibans : tabassé et repoussé en
2023 par des gendarmes turcs à la frontière iranienne, il s’est obstiné
et, après vingt-trois tentatives de passage en Turquie, vit et
travaille caché, depuis quatorze mois, dans une petite usine de
recyclage insalubre de la banlieue d’Istanbul. Il y a aussi le cas de
Mahmoud, 34 ans, originaire de la ville syrienne de Homs, qui a vécu
pendant des années comme réfugié en Turquie avant d’être expulsé sous
prétexte d’un permis de résident invalidé, sans explications. Il
affirme avoir été forcé, une fois arrivé dans un centre de rétention,
de signer un papier dit de « retour volontaire ».
Et puis, il y a Lara, une jeune Syrienne transgenre séropositive,
renvoyée elle aussi au pays, mais cette fois pour des « raisons de
santé publique », après la divulgation sur les réseaux sociaux
d’informations la concernant. Ou encore le cas de Nur, une Iranienne
convertie au christianisme : mariée dans la ville de Van à un Turc,
elle vient de recevoir un ordre d’expulsion. Citons enfin l’histoire de
Sami, 28 ans, originaire d’Alep (Syrie). Seul survivant, avec sa mère,
d’une famille décimée par la guerre, il n’a pu obtenir un statut de
réfugié en Turquie en raison d’une plainte d’un de ses voisins,
estimant qu’il y avait « trop d’Arabes » dans leur immeuble d’Istanbul.
Appréhendé par la police, Sami a été battu puis transféré dans un
centre de rétention de la ville d’Urfa. Une fois là-bas, il est tombé
malade, il a perdu 29 kilos, avant de se retrouver dans un hôpital dans
le nord de la Syrie. (Nicolas
Bourcier, Le Monde, 11 octobre 2024)
Immigration:
quatre passeurs mis en examen à Nancy
Le parquet de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de
Nancy a annoncé vendredi la mise en examen de quatre hommes
soupçonnés
d'avoir fait entrer illégalement 300 migrants depuis la Turquie
vers
l'espace Schengen depuis 2022.
Les enquêteurs de l'antenne de Metz de l'Office central de lutte contre
le trafic illicite de migrants (Oltim) ont procédé lundi et mardi
à
l'interpellation de sept personnes suspectées de participer à un
"réseau d'immigration clandestine" mis en place depuis la Turquie
vers
la France, l'Allemagne, la Belgique et le Luxembourg.
A l'issue des gardes à vue, quatre hommes ont été mis en examen.
Trois
d'entre eux ont été placés en détention provisoire, le dernier étant
soumis à un contrôle judiciaire.
D'après l'enquête, les migrants devaient débourser entre 3.500 et
7.000 euros auprès des passeurs pour entrer dans l'espace
Schengen.
Partant de Turquie, les migrants "étaient conduits jusqu'en Serbie, où
de faux documents leur étaient remis", indique le parquet dans un
communiqué. "Le réseau disposait d'une cinquantaine de véhicules,
permettant aux individus clandestins, munis des faux, de se
rendre
jusque dans les pays de l'espace Schengen".
Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a exprimé son intention
de
prendre des "mesures rigoureuses" pour "maîtriser" l'immigration,
évoquant notamment la possibilité de recourir à des "pays de
transit"
pour renvoyer des personnes "impossibles à éloigner dans leur
pays
d'origine", l'allongement à 210 jours des délais de rétention et
un
durcissement des conditions de régularisation des sans-papiers.
(AFP,
11 octobre 2024)
Germany to deport thousands of asylum
seekers under new agreement with Turkey
Germany has begun deporting large groups of Turkish citizens, many of
them of Kurdish origin, following a new agreement between Berlin and
Ankara. The deal, announced on 28 September, allows for the deportation
of up to 15,561 Turkish citizens, starting with 200 people returned on
scheduled flights and 500 more each week on “special flights”.
Previously, Turkey had resisted charter flights, but now accepts them
under this rebranded term.
German Interior Minister Nancy Faeser explained that the agreement will
streamline deportations for those without residency permits, making the
process “more effective and faster”. The deportations follow a sharp
rise in asylum applications from Turkish citizens, the third largest
group behind Syria and Afghanistan.
Kurdish organisations in Germany have voiced strong opposition to the
deal, warning that it targets individuals fleeing persecution. Kerem
Gök, co-chair of the Confederation of Kurdish Associations in Germany
(KON-MED), criticised the agreement: “If Europe truly wants to stop
refugee flows, they need to resolve issues in Turkey, especially the
Kurdish question. Without addressing these root causes, the refugee
crisis will continue.”
Other Kurdish leaders have echoed these concerns, highlighting the
risks faced by deportees. “We know that many of those being deported
are wanted individuals in Turkey,” stated İsmail Parmaksız, head of
Mala Kurda Berlin-Brandenburg. He called the deal a “dirty trade”,
accusing both Turkey and Germany of profiting at the expense of human
lives. “Turkey’s struggling economy and Germany’s need for border
control are driving this agreement, with the Kurdish people paying the
price.”
Hüseyin Yılmaz, co-chair of the Kurdish group Nav-Berlin, pointed to
the dire conditions awaiting those sent back: “These people are
returning to imprisonment, torture, or worse. The war and economic
difficulties in Turkey and Kurdistan have driven many Kurds to seek
refuge. Deporting them under such circumstances is morally
reprehensible.”
The agreement also comes amidst growing anti-immigrant sentiment in
Germany, fuelled by the rise of the far-right Alternative for Germany
(AfD) party. Hüseyin Taşan, from the Kurdish Community of
Berlin-Brandenburg, warned that the deal is part of a broader shift in
German politics. “We are at a crossroads in Germany. Democracy forces
must stand firm, or far-right parties like AfD will continue to gain
power, driven by xenophobia.” (MedyaNews, 4 oct 2024)
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