flashfondationeditorsbulletinspublications

INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

50th Year / 50e Année
October
 
2024 Octobre
N° 554
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

Site searchWeb search

powered by FreeFind


A Inci, pour la 84e année de sa vie orageuse - Doğan Özgüden


Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

Le partenariat criminel du « Deux États - Une Nation »…
Conscientious objector faces vicious cycle of investigations in Turkey
Nouvelles manifestations contre les féminicides en Turquie
Une étudiante de 21 ans disparue depuis 18 jours a été retrouvée morte

Déjà 295 féminicides recensés en Turquie depuis le début de l'année
Turkey’s human rights agency ‘exists only in name'

Tristesse et soulagement des premiers évacués du Liban

At least 152 workers killed on the job in September
Five sentenced to life in prison over ex-Grey Wolves leader’s murder
Plus de 200 000 personnes détenues et 80 000 torturées sous le régime de l’AKP

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Three issues of pro-Kurdish newspaper Yeni Yaşam seized in a week

Mayor threatens local journalist in Turkey: ‘We will teach him his lesson’
Journalist Pınar Gayıp detained

La Turquie bloque l'accès à la messagerie Discord
A Inci, pour la 84e année de sa vie orageuse - Doğan Özgüden
İzmir newspaper faces censorship after report on a religious group's
Bahçeli threatens journalists over former Grey Wolves leader’s murder case
En Turquie, médias et réseaux sociaux sous surveillance de plus en plus étroite du pouvoir


Kurdish Question / Question kurde

Face au chaudron régional, Ankara cherche l'apaisement avec les Kurdes
Le PKK revendique l'attentat près d'Ankara
PKK leader Öcalan allowed for family visit for first time since 2020
DEM Party condemns Ankara attack amid debate over potential peace process

Le Parti démocratique du Kurdistan en tête aux  législatives locales

Nearly 300 detained in two days in raids targeting Kurdish groups
Culture Ministry bans Kurdish-language film ‘Rojbash’
Turkish court upholds 9-year prison sentence for former Diyarbakır mayor Selçuk Mızraklı
Two Kurdish musicians detained in Diyarbakır

Global campaign for Abdullah Öcalan’s freedom launched with widespread protests
Attaque armée contre une association kurde de Hambourg
Pro-Kurdish DEM’s office in İstanbul targeted in armed attack

Minorités / Minorities

The European Parliament adopted the resolution on the situation in Azerbaijan
L’Armenien de Turquie: Prix Nobel d’économie -  Ragip Duran

Génocide arménien: une radio turque réduite au silence
Turkish Armenian Daron Acemoglu awarded the Nobel Prize in economics
Seventy-two hate attacks killed 5 people in Turkey in eight months

Politique intérieure/Interior Politics

Report de la discussion de la taxe sur les cartes de crédit

La Turquie est riche mais c’est Erdogan qui en profite! - Ragip Duran

Forces armées/Armed Forces

Syrie: l'OSDH fait état de 27 civils tués par des frappes turques
Clashes between Turkish-backed groups in northern Syria spark fire near border
La Turquie et la Serbie annoncent renforcer leur coopération militaire

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Erdogan pourfend les "traîtres" qui "n'échapperont pas à la  justice divine"
Des milliers de personnes pour la prière funéraire du prédicateur Gülen aux Etats-Unis
Mort aux Etats-Unis du prédicateur turc Fethullah Gülen, ennemi juré d'Erdogan

Synagogues vandalized in İzmir: ‘Turkey’s Jews living on edge since war began'

Socio-économique / Socio-economic

One of the hospitals sealed off for its alleged involvement in the scheme
22 blessés dans un accident de car, dont des touristes japonais
Séisme de magnitude 5,9 dans l'Est

Miners dismissed for unionizing march barefoot to parliament
Erdogan veut durcir la loi après une série de crimes
Turkey's high inflation erodes alimony payments, leaving women in financial hardship

Animal rights activists in Turkey refuse to celebrate World Animal Day
Men killed 33 women in September

Le vin turc voit son salut dans l'exportation

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

A Istanbul, Erdogan salue les "efforts" de son "cher ami" Scholz
Attaques contre la Finul: l'image de l'Onu est "honteuse", reproche Erdogan
Migrants: l'UE exhorte la Turquie à enquêter sur de possibles exactions
Scholz ira le 19 octobre en Turquie pour s'entretenir avec Erdogan
DEM Party delegation concludes key meetings in Strasbourg

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Le long bras corrupteur d’Erdogan aux États-Unis

Relations régionales / Regional Relations

Erdogan prêt à "poursuivre le dialogue avec les Brics"
La Turquie présente ses condoléances au Hamas
La Turquie appelle à passer aux "sanctions" contre Israël
L'Ouganda signe un contrat à 2,7 milliards d'euros avec un groupe turc

En visite en Albanie, Erdogan dénonce "le génocide à Gaza"
L’Azerbaïdjan, cet infréquentable allié d’Israël

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Athènes veut discuter avec Ankara pour sévir contre les passeurs

Le bonheur du maritime et de l’insulaire -  Ragip Duran
La fraternité entre PAOK et Galatasaray - Ragip Duran

Immigration / Migration

À Schaerbeek, face au blocage du MR, le PS a ouvert le canal de discussions avec le PTB
L'ONU "profondément préoccupée" par le renvoi de réfugiés turcs depuis le Kenya

Comment Ankara renforce son autorité sur la diaspora turque? - Bosco d'Otreppe
Nous avons perdu notre ami Mülük Yagan
Le conflit sur l’écharpe mayorale à Schaerbeek provoque un chaos total
Turquie, la machine à expulsion financée par l’UE
Immigration: quatre passeurs mis en examen à Nancy

Germany to deport thousands of asylum seekers under new agreement with Turkey

Droits de l'Homme / Human Rights

Le partenariat criminel du « Deux États - Une Nation »…



 
Doğan Özgüden
(Artı Gerçek, 27 octobre 2024)
Après la condamnation de la Turquie, le régime Aliyev chouchou d’Israël a également été condamné par le Parlement européen
Alors que l’attention des médias turcs et d’une opinion publique conditionnée par eux se concentre, d’une part, sur l’invitation à la Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMM) du leader du PKK, Abdullah Öcalan, placé à l’isolement sur l’île d’İmralı, par Devlet Bahçeli, et d’autre part, sur l’action armée contre les Industries aérospatiales turques, personne n’a prononcé le moindre mot sur la condamnation à une écrasante majorité en session plénière du Parlement européen des crimes contre l’humanité commis par Aliyev, le pote d’Erdogan, dans l’Azerbaïdjan voisin.
 
Pourtant, quelques semaines avant la COP29 prévue par la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, à savoir la réunion de la 29e conférence des parties prévue les 11-12 novembre 2024 en Azerbaïdjan, une telle condamnation du régime de ce pays par l’organe législatif de l’Union européenne revêt une grande importance.
 
Cela ne me surprend pas beaucoup… Peu importe ce que fait le régime en Azerbaïdjan, quels que soient les crimes qu’il puisse commettre, tous les partis ayant un groupe à la Grande Assemblée nationale de la Turquie, en particulier l’AKP et le principal parti d’opposition, le CHP, et à l’exception du DEM et de ses prédécesseurs, ont applaudi de tout cœur, en adhérant sans réserve au principe du « Deux États – Une Nation », les pratiques de terreur d’État contre son peuple du dictateur Aliyev et ses attaques et occupations prenant pour cible l’Arménie.
 
Souvenons-nous… Il y a quatre ans, le 17 novembre 2024, n’étaient-ce pas le principal parti d’opposition CHP et son principal allié, le İYİP, qui déclaraient, « en tant que partis politiques représentés au sein de la TBMM, nous invitons la communauté internationale à se tenir aux côtés de l’Azerbaïdjan jusqu’ici éprouvée par l’occupation et les attaques irresponsables de l’Arménie. À cette occasion, en tant que partis politiques de notre Assemblée victorieuse, nous réitérons une fois de plus, et avec force, la volonté de solidarité de notre nation, tout en demandant la miséricorde d’Allah pour nos frères d’Azerbaïdjan tombés en martyrs, en souhaitant prompt rétablissement aux vétérans et en présentant nos condoléances à notre cher Azerbaïdjan », en votant « oui » au mandat d’occupation du Haut-Karabakh ?
 
Après sa défaite aux élections générales de 2023, le CHP a changé de président, mais comme dans bien d’autres domaines, sa position vis-à-vis de l’Azerbaïdjan n’a pas changé d’un iota.
 
La première chose qu’a faite le nouveau président Özgür Özel à son arrivée, le 17 avril 2024, à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à Strasbourg, tant dans ses contacts privés qu’à la tribune parlementaire, a été d’assurer la réintégration dans cet hémicycle des parlementaires azerbaïdjanais, exclus peu auparavant par l’institution.
 
Dans son discours à l’Assemblée parlementaire, Özel, qui n’a même pas évoqué une seule fois les opérations meurtrières menées par l’État turc dans le nord de l’Irak et dans le nord de la Syrie, ni l’occupation et l’opération destructrice conjointes des armées azerbaïdjanaises et turques, déclarait au sujet de la représentation du régime Aliyev au Conseil de l’Europe :

« Je pense que les évènements qui sont survenus au cours de la période passée entre l’Azerbaïdjan et nous, et que nous regrettons quant à ses conséquences même si nous n’avions pas été partis prenants à son vote, doivent être rapidement réparés. Nous défendons pleinement les valeurs communes du Conseil. Cependant, les rapports établis avec l’Azerbaïdjan jusqu’à ce jour sont aussi instructifs pour les deux parties quant à leurs résultats. Je voudrais également exprimer notre entière disponibilité pour assumer toute forme de responsabilité dans les relations entre le Conseil et l’Azerbaïdjan, qui est un pays très important pour nous, afin d’apporter toute la contribution possible au rétablissement des relations ».
 
Au surplus, alors que les opérations de destruction massive lancées par Israël dans les territoires palestiniens ont pris une telle dimension qu’elles ciblent aussi le Liban et l’Iran et risquent d’embraser tous les pays du Moyen-Orient, il était significatif de trouver au cinquième Salon de la Défense de l’Azerbaïdjan (ADEX) organisé à Bakou le 28 septembre 2024, outre l’entreprise de défense turque Baykar, les Industries aérospatiales israéliennes (IAI). Ce n’est guère surprenant lorsqu’on apprend par un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm que 17 pourcents des exportations d’armements militaires d’Israël sont destinées à l’Azerbaïdjan.
 
Au cours du Salon, un accord de coopération a été conclu entre la société israélienne AS Holdings, spécialisée dans la production d’armes légères conformes aux normes de l’OTAN, et sa filiale Ari Arms, et Azersilah, une société d’état affiliée au ministère de l’Industrie de la Défense d’Azerbaïdjan. Une situation qui, en Turquie, n’a guère fait l’objet de commentaires, ni du côté du pouvoir, ni de celui de la principale opposition.
 
La condamnation du régime Aliyev par le Parlement européen
 
Alors que les partis du « Deux États – Une Nation » en Turquie se murent dans le silence, la question des « violations des droits humains et du droit international en Azerbaïdjan et ses relations avec l’Arménie » a été discutée en détail lors de la séance plénière du Parlement européen le 22 octobre 2024. Et lors de la séance du 24 octobre, le projet de résolution condamnant le régime Aliyev y a été approuvé par 453 députés contre 31 voix d’opposition.
 
Dans sa résolution, il condamne tout d’abord le fait que la COP29, c’est-à-dire la 29e conférence des parties, se tienne dans un pays comme l’Azerbaïdjan qui viole constamment les droits humains, et appelle l’Union européenne et ses États membres à mettre tout en œuvre pour s’assurer que les conférences des Nations Unies sur le changement climatique ne se tiennent plus dans des pays ayant un si mauvais bilan en matière de droits humains.
 
Se référant à la détérioration continue des droits humains en Azerbaïdjan, à ses violations flagrantes du droit international, en ce compris son attitude agressive envers l’Arménie, les restrictions sévères imposées à la société civile et les mécanismes de la « diplomatie du caviar » employée pour soudoyer les responsables européens, la résolution du Parlement européen proteste également contre son occupation du territoire de la République d’Arménie en violation du droit international, sa politique de nettoyage ethnique contre la population arménienne du Haut-Karabagh et la détention de 23 prisonniers de guerre arméniens, dont huit anciens leaders de l’Artsakh/Haut-Karabagh.
 
La résolution demande par ailleurs à l’Union européenne de mettre fin à sa dépendance au gaz azerbaïdjanais, de suspendre le protocole d’accord de 2022 sur le partenariat stratégique dans le secteur énergétique et de subordonner la signature de tout futur accord avec l’Azerbaïdjan à la libération de tous les prisonniers politiques, à la mise en œuvre de réformes juridiques et à l’amélioration générale de l’état des droits humains dans le pays.
 
Après avoir déclaré que toute action militaire contre l’Arménie était inacceptable, et averti qu’elle aurait de graves conséquences sur le partenariat UE-Azerbaïdjan, les députés européens ont également signifié que « l’Union européenne devrait être prête à imposer des sanctions à toute personne et entité menaçant la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Arménie ».
 
La résolution condamne fermement les insultes et les menaces directes proférées par des représentants diplomatiques ou des membres du gouvernement et du parlement azerbaïdjanais à l’encontre d’élus d’États membres de l’UE, et demande que les responsables azerbaïdjanais concernés se voient refuser l’accès aux institutions de l’UE jusqu’à nouvel ordre.
 
Le président de la Fédération euro-arménienne pour la Justice et la Démocratie (EAFJD), Kaspar Karampetyan, a commenté cette résolution comme suit : « L’adoption de cette résolution était la suite logique des précédentes résolutions du Parlement européen. Nous apprécions grandement la position cohérente et de principe des députés européens sur le sujet. Nous espérons que cela conduira également l’exécutif européen à réévaluer sa politique à l’égard de l’Azerbaïdjan ».
 
La condamnation de la complicité du « Deux États – Une Nation »

 
Le Parlement européen avait déjà démontré le bienfondé de la suspension des négociations d’adhésion avec l’aile turque du « Deux États – Une Nation », candidate à l’Union européenne, après l’adoption d’une résolution similaire le 13 septembre 2023.
 
Dans la résolution adoptée par le Parlement européen à 434 voix contre 18, mentionnant les élections présidentielles et législatives qui « ne s’étaient pas concourues dans des conditions équitables », il soulignait que le pouvoir avait dirigé le processus électoral avec un avantage injustifié par « l’intimidation et le harcèlement des partisans de certains partis d’opposition ainsi que les fausses déclarations des partis au pouvoir qui associent l’opposition au terrorisme compromettant le processus ».
 
La résolution pointait du doigt le recul démocratique qui s’était poursuivi tout au long de l’année, soulignait que cette tendance négative était loin de s’arrêter ou de s’inverser et condamnait le manque d’indépendance de la justice et l’instrumentalisation politique du système judiciaire, la non-application de toutes les décisions de la Cour européenne des Droits de l’Homme, les poursuites intentées contre les journalistes et les médias indépendants et les mesures croissantes de censure, le mépris croissant des droits des femmes, l’augmentation des violences sexistes et des féminicides ainsi que l’incapacité à lancer un processus politique fiable de résolution du problème kurde avec la participation de toutes les parties concernées.
 
En outre, dans son rapport, tout comme pour l’occupation du territoire arménien par l’Azerbaïdjan, le soutien et la participation de la Turquie à cette occupation et ses propres opérations armées en direction de ses voisins syriens et irakiens faisaient l’objet des avertissements suivants :
 
« Le Parlement européen condamne les interventions militaires de la Turquie en Syrie et son occupation illégale de zones dans le nord de la Syrie, et dénonce le fait que la Turquie et les factions syriennes locales violent les droits des civils et restreignent leurs libertés en toute impunité dans les territoires occupés par la Turquie, (…) réaffirme qu’une nouvelle incursion au sol en Syrie aurait de graves répercussions sur la sécurité internationale ».
 
« Le Parlement européen se déclare préoccupé par les frappes aériennes turques dans le nord de la Syrie et de l’Iraq, en particulier sur la région de Sinjar, où vit la population yézidie, qui a subi un génocide perpétré par l’EIIL/Daech en 2014, et par la présence militaire continue sur le territoire irakien; réaffirme que les populations civiles ne devraient jamais être victimes d’actions militaires menées en légitime défense; appelle les autorités turques à faire preuve de modération dans le plein respect des normes internationales ».
 
Même si plus d’un an s’est écoulé depuis l’adoption de cette résolution, rien n’a changé et les opérations des forces armées turques contre la Syrie et l’Irak sont devenues de plus en plus préoccupantes.
 
Il n’y a pas si longtemps, hier encore, les médias internationaux annonçaient que 14 personnes avaient perdu la vie lors de 40 frappes aériennes consécutives sur le Rojava.
 
C’est pourquoi, la condamnation par le Parlement européen du régime criminel d’Aliyev, l’ami choyé de la Turquie et d’Israël, est aussi la condamnation du partenariat criminel du « Deux États – Une Nation »…

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

Conscientious objector faces vicious cycle of investigations in Turkey

Şendoğan Yazıcı declared his conscientious objection in 2010 and has faced numerous lawsuits over 14 years. Yazıcı currently has 14 ongoing cases and was summoned again by the gendarmerie for questioning on September 11. He was interrogated for “violating Military Penal Code No. 1111” and shared the interrogation report on social media. Three days after posting the report, Yazıcı faced another investigation for “violating the confidentiality of the investigation.” This time, he was questioned for violating Article 286 of the Turkish Penal Code.

Gazete Duvar spoke with Yazıcı, who had been tried for offenses such as “alienating the public from military service,” “violating the military penal code,” and “insulting the Republic of Turkey,” about the latest investigation and his experiences over the past 14 years.

"I’ve upheld my conscientious objection for 14 years and have given statements to the gendarmerie, police, prosecutors, and courts countless times," Yazıcı said. "The authoritarian system’s arbitrary pressure on individuals who refuse to bow to the state continues unabated."

He added, “On September 11, I was called by the gendarmerie again and gave a statement for violating Military Penal Code No. 1111. As usual, I posted my statement on social media. Three days later, I was accused of violating Article 286, for ‘violating the confidentiality of the investigation.’ Absurd, isn’t it? It’s like an endless cycle: I’m accused of violating confidentiality for sharing my statement, and if I share this, I’ll probably have to give another statement for ‘violating the violation of confidentiality.’ Maybe this will go on until it creates a more absurd 'violation of a violation.' During the interrogation, not a single word was said about the confidentiality of the investigation."

Yazıcı, who said he currently had 14 ongoing cases, stated that he had faced state pressure since his 2010 declaration. He continued,

“When I made my conscientious objection declaration in 2010, I knew what could happen. I was prepared for this. After that, I experienced an incredible process that varied in intensity over time through court cases, fines, and account freezes. Throughout the preparation of these 14 cases, I’ve given statements in investigations, to prosecutors, and in court, and all of this has turned into serious labor. I try to use these statements as a platform for my conscientious objection.”

Yazıcı added that the investigations worked as de facto punishment for conscientious objection. “On the surface, they’re not doing anything. There’s no forced conscription, but they’re turning this into a lifelong torment."

Yazıcı also mentioned facing absurd situations during his trials, including being charged with “cocktail organization.” He explained, “I was tried in the High Criminal Court. Based on my social media posts, they argued that my defense of the Gezi protests indicated that (the outlawed parallel organization) FETÖ was behind it, and I was prosecuted for supporting FETÖ. I was also tried for ‘attempting to destroy the indivisible integrity of the state’ for mentioning the ‘Kobani Resistance,’ even though there was no propaganda element in what I said. I was charged with FETÖ, PKK, and PYD affiliations, and they sought an 18-year sentence. At the last hearing, the prosecutor requested my acquittal, and I was acquitted. They put me through all this stress."

Yazıcı noted that the Constitutional Court failed to respond to his applications to prevent him from appealing to the European Court of Human Rights (ECHR).

“For some reason, the Constitutional Court can’t reach a decision. I have two individual applications from 2014 and 2017. They’ve been waiting before the commission for years. It’s been 10 years, and no ruling has come,” he said.

Yazıcı also mentioned facing fines, explaining, “I exercised my constitutional right to conscientious objection. This right stems from Turkey’s 2006 signing of the European Convention on Human Rights. The 2010 Constitution’s Article 90 covers this as well. I believe I am exercising my constitutional right when I declare my objection.”

“They consider me a draft dodger. I’m not a draft dodger because I’m not running from anything. I’ve attended every court hearing and provided every statement. But despite my ongoing trial, each time they issue a report calling me a draft dodger, they impose fines. These fines then come back to me as enforcement orders. My accounts are frozen. On one hand, my trial continues, and on the other, they seize my money. This is a clear injustice. I’ve accumulated fines totaling 36,500 lira.”

“Life is being made difficult for us. You stay in a hotel, and the police show up at 5 a.m. Or you encounter a checkpoint, and they issue a report. This cycle continues endlessly. If they could, they would prevent us from even breathing,” Yazıcı said. “This last situation is really absurd. It’s not unique to me. Their goal is very clear, to keep conscientious objectors in a constant state of legal and social limbo, making their social, economic, and cultural lives unbearable through illegitimate means.”

Yazıcı concluded, “This is our legitimate right. There is a law, and according to that law, the state must make the necessary regulations. I’m not guilty because the state hasn’t implemented this regulation. It’s as if the state’s crime is being inflicted on the citizen.

“They believe that if conscientious objection is recognized, no one will join the military. Now there’s a price hike for paid military service. For the state, this is one of the most lucrative revenue streams. It’s absurd to think that scaring people into paying for security is legitimate. You get punished for a crime once, and then you move on with your life. But in Turkey, refusing military service leads to an endless cycle. Even if I live to 90, I’ll still be on trial in the Criminal Courts of First Instance for refusing military service. I’m talking about an endless symphony,” he concluded. (Gazete Duvar, 17 October 2024)

Nouvelles manifestations contre les féminicides en Turquie

Des centaines de femmes ont manifesté samedi en Turquie pour dénoncer le fléau des meurtres de femmes, au huitième jour d'une fronde née d'un double féminicide à Istanbul et qui s'est répandue dans le pays.

299 femmes ont été tuées en Turquie, pays de 85 millions d'habitants, depuis le début de l'année, soit plus d'une par jour, selon le décompte d'une association féministe turque.

À Istanbul, plus grande ville du pays, plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP.
 "Erdogan assassin ! AKP assassin !", ont scandé certaines d'entre elles en visant le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan et son Parti de la justice et du développement, au pouvoir depuis 2002.

"Vous êtes un gouvernement qui laisse les jeunes filles se faire tuer !", a lancé au micro l'une des meneuses du rassemblement, Günes Fadime Aksahin, vêtue de noir comme nombre de participantes, face à une forêt de pancartes et aux portraits de deux jeunes Stambouliotes de 19 ans tuées le 4 octobre par le même homme à trente minutes d'intervalle.

"Je veux que nos filles arrêtent de se faire massacrer !", a tonné Gülizar Sezer, la mère d'une jeune femme retrouvée morte en juin à Istanbul après avoir été jetée à la mer enveloppée d'un tapis.

Des groupes de femmes ont également manifesté samedi dans la capitale Ankara et à Izmir, troisième ville du pays, selon des images d'une fédération féministe.

Les manifestantes ont aussi réclamé le retour de la Turquie dans la convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre les violences faites aux femmes, dite convention d'Istanbul, dénoncée en 2021 par Ankara.

Des manifestations ont lieu chaque jour depuis une semaine à travers le pays, notamment sur des campus d'universités.

Le mouvement touche également des villes conservatrices, comme Sanliurfa (sud-est) où des appels à manifester ont été lancés ce week-end.

Après avoir d'abord rejeté la faute sur l'alcool et les réseaux sociaux, le président Erdogan a promis mercredi de durcir la loi pour entraver les violences faites aux femmes. (AFP, 17 oct 2024)

Une étudiante de 21 ans disparue depuis 18 jours a été retrouvée morte

Le corps sans vie d'une étudiante de 21 ans, portée disparue depuis 18 jours, a été retrouvé dans la province de Van, dans l'est de la Turquie, a annoncé mardi le ministre turc de l'Intérieur.

Le corps de Rojin K., âgée de 21 ans, a été découvert sur les rives du lac de Van, près du village Molla Kasim, a affirmé le ministre Ali Yerlikaya sur X rendant public l'identité de la victime.

Inscrite à l'Université de Van, l'étudiante avait été vue pour la dernière fois quittant sa résidence universitaire le 27 septembre.
 Les autorités n'ont pour l'instant pas précisé la raison de son décès, ni s'il s'agit d'un meurtre.

Des centaines de femmes manifestent depuis deux semaines en Turquie pour dénoncer le fléau des meurtres de femmes.

Un double féminicide, dont l'une des victimes âgée de 19 ans a été décapitée, début octobre à Istanbul, ainsi que le meurtre en août d'une fillette de 8 ans et d'une policière âgée de 26 ans en septembre, ont suscité l'émoi en Turquie.

Les organisations féministes réclament le retour de la Turquie dans la convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre les violences faites aux femmes, dite convention d'Istanbul, dénoncée en 2021 par Ankara.

Le texte oblige les pays signataires à documenter et sanctionner les violences à l'encontre des femmes.

Rien qu'entre le 1er juillet et le 30 septembre, 117 femmes ont été "assassinées" et 110 femmes ont perdu la vie "de manière suspecte", affaires souvent classées en "suicide" selon le décompte publié vendredi, effectué par ces associations féministes à partir des cas cités dans la presse. (AFP, 15 oct 2024)

Déjà 295 féminicides recensés en Turquie depuis le début de l'année

C'est d'abord le meurtre de Narin, une fillette de 8 ans à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, qui a provoqué l’indignation. Une douzaine de personnes, dont sa mère, un frère et un oncle, sont actuellement en détention, les enquêteurs ayant la certitude que le crime a été commis en famille. À cela s'ajoute les meurtres de deux jeunes femmes, assassinées la semaine dernière à Istanbul par un même homme, qui a ensuite décapité l'une d'entre elles avant de se suicider.

Un système qui échoue à protéger les femmes

Ces crimes, bien qu'ayant beaucoup choqué en raison de leur brutalité, rappellent une réalité tragique que dénoncent les ONG féministes : la violence contre les femmes en Turquie. Depuis le début de l'année, au moins 295 femmes ont été tuées, le plus souvent par leurs conjoints, ex-partenaires, ou des membres de leur famille proche, tels que des pères, ex-maris, petits amis, ou frères.

Les ONG féministes en Turquie dénoncent un système qui ne protège pas les femmes. Elles soulignent les failles à plusieurs niveaux, notamment dans les commissariats où les plaintes des femmes victimes de violence ne sont pas toujours écoutées. Viennent ensuite les tribunaux, où certains juges trouvent encore des circonstances atténuantes à des auteurs de féminicide ; réduisent parfois la condamnation parce que le meurtrier s'est « bien comporté » à l'audience ; accordent une libération conditionnelle à des maris violents qui s'empressent d'aller tuer leur femme ; ou encore se permettent de commenter la tenue des femmes qui viennent témoigner.

Une responsabilité gouvernementale ?

Les organisations féministes tiennent les autorités responsables de cette situation. Bien que la Turquie dispose de lois adéquates sur le papier, le gouvernement privilégie la protection de la « famille », qu’il estime menacée par les mouvements féministes, le mouvement LGBT et les influences occidentales. Ce choix prioritaire a des effets négatifs sur les droits et la sécurité des femmes. Par exemple, en 2021, le président Erdogan a pris la décision de retirer la Turquie de la Convention d’Istanbul, un traité international du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes.

De son côté, le pouvoir a promis de nouvelles mesures après les meurtres des dernières semaines. Le ministre de la Justice a évoqué cette semaine la possible suppression des allégements de peine pour « bonne conduite » et une révision des mesures de liberté conditionnelle pour, selon, « en finir avec le sentiment d'impunité ». Le président Erdogan a utilisé la même expression.

Néanmoins, il a également défendu son bilan : il a affirmé que la Turquie avait fait  « un bond en avant » dans la lutte contre les violences faites aux femmes, que le retrait de la Convention d'Istanbul n'avait rien fait perdre aux femmes, et que la consommation d'alcool était la raison principale des violences, ce qu'aucune étude ne vient étayer. Des propos qui inquiètent plus qu'ils ne rassurent les ONG féministes turques.
(Anne Andlauer, RFI, 11 oct 2024)

Turkey’s human rights agency ‘exists only in name'

Despite its official mandate to protect human rights and combat discrimination, Turkey’s Human Rights and Equality Institution (TİHEK) remains largely ineffective, according to the 2023 audit report of the Court of Accounts, the country’s highest governmental accounting body.

Established in 2016 to replace its predecessor, the Turkish Human Rights Institution (TİHEK) was mandated by Law No. 6332 to safeguard human dignity and promote equality. However, a recent audit reveals significant structural and operational shortcomings, suggesting that the institution is largely ineffective.

Independence in question

Although TİHEK was designed to operate independently, with the law stipulating that no authority can interfere with its work, concerns remain about its governance as among its 11 board members, three are appointed by the president and the other eight by the cabinet.

The audit revealed that TİHEK only managed to open a single branch office in Antep, despite provisions in law allowing it to establish more. By international standards, human rights institutions are expected to maintain regional offices to allow direct access to the public. TİHEK is a member of the Global Alliance of National Human Rights Institutions (GANHRI). However, applications to the institution can be made through provincial and district governor’s offices.

Staffing gaps

The lack of local offices is not related to allocated positions, either. While the institution has a staff capacity of 215, only 59 positions are filled. Also, several staff members are assigned to other agencies, and some employees on temporary contracts have had their terms repeatedly extended. GANHRI had previously criticized TİHEK’s personnel policies, urging the institution to hire qualified staff through a transparent, merit-based process.

Financial mismanagement

TİHEK's financial practices also came under scrutiny in the audit. While the institution received a budget allocation of 47.3 million liras for procurement, it exceeded its allowed spending limit, reaching over 27.3 million liras without appropriate approvals from the Public Procurement Authority.

Language barriers

The audit also found that TİHEK failed to ensure accessibility for minority groups. According to GANHRI accreditation standards, the institution should offer services in minority languages and implement simplified application procedures to improve access for vulnerable groups. In addition to being independent, GANHRI considers it necessary for the exercise of the right to apply in minority languages. For this reason, TİHEK cannot be accredited to the organization at 'A' level.

TİHEK relies on the digital infrastructure of the Justice Ministry, whereas the GANHRI says it should establish communication systems including telephone and the internet. (BIA, 10 October 2024)

Tristesse et soulagement des premiers évacués du Liban

Le premier des deux bâtiments  militaires envoyés par Ankara à Beyrouth pour évacuer des ressortissants turcs  a accosté jeudi soir dans le port méridional de Mersin, libérant ses passagers  à bout de nerf, soulagés d'avoir échappé à la fureur des bombardements.

"On vivait sous la menace des bombes, sans rien à manger, sans électricité,  j'ai envie d'embrasser le sol", s'exalte en débarquant Sevim Abu Shakir, la  quarantaine, pressée de quitter les lieux.

La frégate TGS Bayraktar, partie le matin même de Beyrouth, a fait son  entrée dans le port peu après 21H00 (18H00 GMT). Le second navire est attendu  autour de minuit (21H00 GMT), selon le ministère des Affaires étrangères qui a  précisé qu'un millier de ressortissants turcs avaient finalement demandé à  être évacués par voie maritime sur les 2.500 initialement enregistrés.

Au bas de la passerelle, de part et d'autre, des rangées de jeunes soldats  attendent les passagers et s'emparent de leurs bagages.

"Israël lâchait ses bombes tous les jours, sans interruption. C'était un  voyage long et fatiguant mais nous sommes en paix ici", rapporte Ismail  Baysal, la trentaine, qui prévoit de gagner Istanbul avec sa famille.

"Mais je veux rentrer à Beyrouth dès que la guerre sera terminée",  jure-t-il.

Les frégates de la marine turque, arrivées mercredi dans le port de  Beyrouth, ont d'abord déchargé 300 tonnes d'aide humanitaire offertes par  Ankara avant de reprendre la mer, escortées jusqu'aux côtes libanaises et  retour par deux patrouilleurs chargés d'assurer leur sécurité, a précisé le  ministère de la Défense.

Selon le ministère des Affaires étrangères, 2.500 personnes s'étaient  enregistrées pour partir et fuir les bombardements israéliens sur le Liban,  parmi les 14.000 ressortissants turcs recensés par le consulat turc à Beyrouth.

Finalement, "un millier environ s'est présenté aux points de rassemblement.  Des gens ont renoncé au dernier moment" a-t-il expliqué.

Jeudi soir, au moment où accostait le TGS Bayraktar, l'aviation israélienne  menait des raids aériens au coeur de la capitale libanaise faisant, selon les  premiers bilans, au moins 18 morts et près de 100 blessés.

Outre les bombardements, l'armée israélienne a lancé le 30 septembre des  incursions terrestres dans le sud du Liban.

"Le Liban est un petit pays, Beyrouth n'est plus sûre", regrette Safa  Coskun. La jeune fille s'inquiète pour ses proches restés sur place. "Je suis  contente que la Turquie ne nous ait pas abandonnés", glisse-t-elle.

Le ministère a promis de nouvelles évacuations si besoin: "Nous  continuerons à rassembler les candidatures. La nécessité ou non d'une nouvelle  traversée sera décidée en fonction des candidatures reçues", a-t-il indiqué,  précisant qu'une liste est également ouverte pour des vols charters vers la  Turquie.

"Notre pays continuera à prêter main forte aux populations de la région  face à la crise humanitaire provoquée par la guerre propagée par Israël (...)  et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la vie et la  sécurité des biens de ses citoyens à l'étranger," a également assuré le  ministre, Hakan Fidan, sur X.

Les ressortissants étrangers qui en ont les moyens quittent également le  Liban via des ferries qui assurent la liaison entre Tripoli (nord) et le port  de Tasucu, dans la province de Mersin, avec chaque fois 350 passagers à bord.

Un responsable de la compagnie, sous couvert de l'anonymat, a rappelé que  ses bateaux avaient fait de même pour évacuer des familles pendant la guerre  en Syrie.

"Il y a des Turcs mais ce sont des étrangers pour la plupart, avec la  double nationalité (Liban) et Australie, Canada et autres".

"Ce sont des gens qui sont à l'aise économiquement" et peuvent payer 350  dollars par personne, a-t-il précisé.

A leur arrivée en Turquie ces évacués s'empressent de quitter le pays par  le premier avion disponible. (AFP, 10 octobre 2024)

At least 152 workers killed on the job in September

At least 152 workers lost their lives in work-related incidents across Turkey in September, according to the monthly report of the Health and Safety Labor Watch (İSİG). The total number of work-related deaths identified by the group in the first nine months of 2023 reached 1,371.

The highest number of deaths occurred in the sectors of industry (45), construction (42), agriculture (33, including 18 workers and 15 farmers), and the service sector (32).

In September alone, the deaths were largely concentrated in key sectors: 45 fatalities occurred in industry, 42 in construction, 33 in agriculture, and 32 in the service sector.

Three of the killed workers were children. While two were aged between 15 and 17, legally entitled to work according to Turkish law, one was under 14 years old. Fifty-seven child workers have been killed on the job in the country since the start of the year.

Eight of the workers who died in September were aged 65 or older. Additionally, 29 workers were between the ages of 18 and 29, 65 were between 30 and 49, and 40 were between 50 and 64. The ages of seven workers could not be determined.

Among all the workers who died last month, only two were union members.

Traffic accidents and transportation-related incidents were the leading cause of worker deaths in September, resulting in 35 fatalities. Other major causes included crushing and cave-ins, which claimed 30 lives, and falls from heights, responsible for 26 deaths.

The monthly breakdown of fatalities included 161 deaths in January, 149 in February, 124 in March, 165 in April, 142 in May, 138 in June, 148 in July, and 192 in August.

On Sep 4, the Social Security Institution (SGK) released its official statistics on workplace deaths for the first time in a decade, which the İSİG mentioned in its report .

According to the SGK report, 1,972 workers died in workplace accidents in 2023. The İSİG Assembly's own count for the same period was 1,932. The assembly noted this discrepancy in its report, stating, "For years, there have been claims that the worker fatality numbers we publish are 'inflated.' Let’s see what those critics will say now." (MedyaNews, 4 oct 2024)


Five sentenced to life in prison over ex-Grey Wolves leader’s murder

Five defendants have been sentenced to aggravated life imprisonment for their roles in the 2022 assassination of Sinan Ateş, a former leader of the nationalist Grey Wolves (Ülkü Ocakları) organization.

The verdicts were handed down yesterday by the Ankara 32nd Heavy Penal Court in a trial involving 22 defendants, including 12 remanded in custody.

The hearing at the Sincan Prison Campus was attended by the defendants, their lawyers, and the family of Sinan Ateş, including his widow, Ayşe Ateş, his mother, Saniye Ateş, and other relatives.

The court issued its decision after hearing final defense statements from the defendants and their lawyers. Among those sentenced to life in prison was Eray Özyağcı, who was found guilty of "premeditated murder" for shooting Ateş, and motorcycle courier Vedat Balkaya, who transported the shooter to and from the crime scene.

Three others received aggravated life sentences for their involvement in the murder. Suat Kurt, who conducted reconnaissance prior to the killing; Doğukan Çep, identified as the mastermind behind the assassination; and Tolgahan Demirbaş. Demirbaş was apprehended at the home of Olcay Kılavuz, who also previously chaired the Grey Wolves and was at the time an MP with the Nationalist Movement Party (MHP), which the group is affiliated with. Kılavuz didn’t face any charges.

Other sentences and acquittals
Several other defendants also received prison sentences. Selman Bozkurt was sentenced to 13 years for "attempted murder," while Mustafa Uzunlar, Aşkın Mert Gelenbey, Emre Yüksel, and Murat Can Çolak received sentences ranging from 15 to 18 years for their involvement in the crime.

MHP-affiliated lawyer Serdar Öktem, former National Intelligence Organization (MİT) operative Çağlar Zorlu, and several others, including Zekeriya Asarkaya, Hakan Saraç, Ufuk Köktürk, and Aytaç Ataç, were acquitted of all charges. Additionally, Caner Güney was released from custody.

In a separate ruling, the case of Mustafa Ensar Aykal, a former official of the Ankara Police Department’s Homicide Bureau, was split from the main trial. His detention will continue as further legal proceedings are carried out. (MedyaNews, 4 oct 2024)


Plus de 200 000 personnes détenues et 80 000 torturées sous le régime de l’AKP

Plus de 200 000 personnes ont été détenues et 80 000 ont été torturées sous le règne de l’AKP, qui a mis en place un régime autoritaire depuis son arrivée au pouvoir il y a 22 ans. C’est ce qui ressort d’un bilan dressé par l’IHD.

Selon le président turc Recep Tayyip Erdoğan, la Turquie est désormais un pays où chacun peut exprimer ses pensées et vivre librement. Les rapports annuels de l’Association des droits de l’homme (IHD) révèlent pourtant le contraire. Selon les données de l’IHD, le bilan des 22 années de règne de l’AKP est le suivant :

Exécutions extrajudiciaires

1 229 personnes ont perdu la vie et 3 147 autres ont été blessées lors d’exécutions extrajudiciaires perpétrées par la police, la gendarmerie et les gardes villageois. Dans les seules prisons, 916 personnes ont perdu la vie et 64 ont été blessées.

19 personnes disparues en garde à vue

Pendant le règne de l’AKP, 19 personnes ont disparu en garde à vue. Jusqu’à aujourd’hui, les efforts des défenseurs des droits humains pour connaître leur sort sont restés vains.

73 assassinats en détention

La détention a continué d’être utilisée comme un instrument de torture et d’oppression sous le régime de l’AKP. 200 139 personnes ont été détenues, dont 19 992 ont été soumises à la torture. 73 personnes ont été assassinées en détention.

80 000 personnes torturées

La torture a cessé d’être un système appliqué uniquement en détention sous le régime de l’AKP et s’est répandue dans les rues. 10 459 personnes ont été victimes de torture lors de manifestations et d’événements. 9 737 prisonniers ont été torturés par des gardes ou des soldats. Le nombre de cas de torture impliquant des gardes de village est de 321. Au total, près de 80 000 citoyens ont été torturés dans différents endroits.

Attaques des forces affiliées à l’État

647 personnes ont perdu la vie et 5 415 ont été blessées dans les attaques imputées aux forces de sécurité turques ou à des forces paramilitaires affiliées à l’État. 422 personnes ont perdu la vie et 684 citoyens ont été blessés dans des attaques dont les auteurs n’ont pas été identifiés, dites d’auteur inconnu.

1 579 personnes forcées à l’espionnage

Le gouvernement n’a pas limité ses méthodes d’oppression aux attentats et à la torture. En 22 ans, il a contraint 1 579 personnes à l’espionnage au sein d’organisations, de syndicats et de partis opposés au gouvernement afin d’obtenir des informations.

Des milliers de publications confisquées

Les médias et les activités culturelles et artistiques sont particulièrement touchés par la répression de l’AKP. Le gouvernement de l’AKP a interdit 1 322 événements, dont la majorité étaient des événements culturels kurdes. 1 165 livres et magazines ont été confisqués.

Près de 30 000 arrestations politiques

8 030 manifestations ont été attaquées ou interdites par les autorités. Les bâtiments des partis politiques ont été perquisitionnés 1 843 fois ; les bâtiments des partis et des associations ont été attaqués 527 fois. Des dizaines de milliers de personnes ont fait l’objet d’une enquête pour leurs opinions, 29 369 personnes ont été arrêtées pour avoir exprimé leurs opinions ou participé à une action de protestation. (RojInfo, 2 oct 2024)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Three issues of pro-Kurdish newspaper Yeni Yaşam seized in a week

The pro-Kurdish Yeni Yaşam’s three issues were seized in the past week on “terror propaganda” accusations. Courts in İstanbul banned and confiscated the newspaper’s editions dated Oct 7, Oct 13, and Oct 14.

The İstanbul 1st Penal Judgeship of Peace ordered the confiscation of the Oct 7 edition due to its headline, “This fire ring can end with Öcalan,” which was based on columnist Fırat Can’s article, “Third World War, chaos in the Middle East, and the way out.”

The article suggested that in anticipation of broader conflict in the Middle East, Turkey should initiate a new peace process with the Kurds in line with the “democratic solution” idea of Abdullah Öcalan, the imprisoned leader of the Kurdistan Workers’ Party (PKK) militant group.

The İstanbul 9th Penal Judgeship of Peace banned the Oct 13 edition over the headline, “A Kurd’s Dream: Reuniting with Öcalan,” and the Oct 14 edition due to the use of a photo of Öcalan.

‘Systematic censorship’

Mehmet Ali Çelebi, editor-in-chief of the now-closed Özgür Gündem newspaper, the predecessor of Yeni Yaşam as the leading newspaper affiliated with the Kurdish political movement, described the confiscation orders as part of a systematic effort to suppress the press.

“Censorship and pressure have become trademarks of the AKP [Justice and Development Party] government,” Çelebi said, adding that this practice has been a defining feature of the AKP’s alliance with the Nationalist Movement Party (MHP) since 2016. He emphasized that the pressure is not limited to Yeni Yaşam, pointing out similar actions taken against other media outlets, including the recent revocation of Açık Radyo’s license and the removal of Evrensel from the official press registry.

‘Controlling the media is key to authoritarian regimes’
Çelebi warned that these moves are part of a broader strategy by the government to control dissenting voices in the media.

“If you want to dominate the social landscape as a ruling power and prevent any alternative voices from emerging, you apply this method of control over the press,” he explained. “The state’s judiciary, police, and military have been working for years to silence alternative voices.”

He added that media outlets covering topics such as ecology, women’s rights, labor issues, and democracy, are bearing the brunt of the government’s efforts to monopolize the press. “These actions show that Turkey is not democratic, and the intolerance towards Kurds is clear,” he said.

Suppression of Kurdish voices

Çelebi also linked the confiscation orders to the current political climate. Referring to MHP leader Devlet Bahçeli’s recent handshake with members of the pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party, which stirred a public debate about a possible new peace process with the Kurds, he asserted that the AKP-MHP bloc is attempting to shape such a process to their preference.

“The government is trying to sideline Kurdish political actors. They want news coverage, commentary, and headlines that only align with their perspective. But we are reporting on the reactions and demands of the Kurdish people,” Çelebi said.

He also pointed out the double standard in how the government reacts to international issues compared to Kurdish matters. “When newspapers report on Israel’s massacres in Gaza or Lebanon, they are praised. But when it comes to the Kurds, we are censored.”

Çelebi urged media organizations to unite and resist these pressures. “Associations, unions, and journalists must learn from Turkey’s press history. Media organizations should stand in solidarity. In 100 years, only the brave reporters of this era will be remembered as the pride of journalism, while others will be left in the shadows of history,” he said. (BIA, 18 oct 2024)

Mayor threatens local journalist in Turkey: ‘We will teach him his lesson’

CPJ expressed deep concern after a recently released recording of an August 15 press conference included comments from Tatvan Mayor Mümin Erol, in which Erol told reporters that he would attack journalist Sinan Aygül if he could and congratulated the former mayor’s bodyguards, who attacked and hospitalized the journalist in June 2023.

“Unfortunately, the change of power in the local government of Tatvan did not favor journalist Sinan Aygül, who was prosecuted and assaulted because of his reporting during the former mayor’s administration. Now, the current mayor has threatened him,” said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative. “Mayor Mümin Erol should publicly apologize for his violent comments about Aygül, and local authorities must ensure Aygül’s safety. Politicians should always refrain from threatening journalists, an action for which there can never be an excuse or reasoning.”

Erol, a member of the pro-Kurdish DEM party, was elected mayor of Tatvan, a city in the eastern province of Bitlis, in March, beating a candidate from the leading Justice and Development Party (AKP). “Sinan will know his place,” Erol said in the recording. “We will teach him his lesson.”

Aygül, who was not present at the August 15 press conference, told CPJ he believes the reason for the threat was his reporting on three expensive cell phones that were allegedly bought for the mayor and his aides. Aygül, who is also the chair of the local trade group Bitlis Journalists Society, said he would soon file a criminal complaint.

A representative of Tatvan city’s press desk told CPJ by phone that they would not comment on the recording.

Aygül was found guilty of “insulting” the bodyguards who attacked him in January 2024 and was later charged with “threatening” his attackers. Aygül told CPJ that while he was separately acquitted of these charges, prosecutors have appealed. (CPJ, 16 oct 2024)

Journalist Pınar Gayıp detained

Pınar Gayıp, an editor for the Etkin News Agency (ETHA), was detained in İstanbul after being summoned to provide a statement regarding a complaint filed by lawyer Sezgin Keleş.

The complaint came after Keleş, who was sentenced to three years in prison in 2022 for sexually assaulting an intern, accused Gayıp of defamation and other charges.

Gayıp had gone to the Kocamustafapaşa Şehit Sinan Acar Police Station in the Fatih district to respond to the latest complaint by Keleş. During the visit, she was detained due to an outstanding arrest warrant.

Keleş has filed numerous complaints against Gayıp over the years, accusing her of various offenses, including "defamation," "child abuse," "membership in a terrorist organization," and "providing financial support to a terrorist organization through journalism." Some of these accusations have led to legal cases, and Keleş has also reported ETHA to the financial police.

The complaints began after Gayıp published several articles covering the sexual assault allegations against Keleş. Since then, she has been repeatedly called in for questioning on similar charges. (BIA, 14 oct 2024)


La Turquie bloque l'accès à la messagerie Discord

La Turquie a bloqué mercredi l'accès à la  plateforme américaine de discussions Discord afin de "protéger" sa jeunesse,  ont annoncé les autorités.

L'Autorité turque des technologies de l'information et des communications  (BTK) a dit sur son site internet agir sur décision d'un tribunal d'Ankara.

"Nous sommes déterminés à protéger nos jeunes et nos enfants (...) des  publications nuisibles et criminelles sur les réseaux sociaux et Internet", a  justifié sur X le ministre turc de la Justice, Yilmaz Tunç.

Très prisée des amateurs de jeux vidéos, Discord est utilisée comme  messagerie interne par de nombreuses entreprises. La plateforme est aussi  devenue un réseau social alternatif pour les désenchantés de Facebook ou X  (ex-Twitter).

Selon la presse turque, des utilisateurs de la plateforme s'étaient réjouis  d'un double féminicide commis vendredi à Istanbul, qui a coûté la vie à deux  jeunes femmes âgées de 19 ans. D'autres auraient harcelé sexuellement des  mineures via la messagerie, d'après ces mêmes médias.

La Turquie avait interdit en août l'accès à la plateforme de jeux vidéos  Roblox, évoquant déjà des "contenus" préjudiciables aux "enfants", quelques  jours après avoir bloqué le réseau social Instagram. L'accès à ce dernier  avait été rétabli après neuf jours.

Discord, qui offre une plateforme gratuite via laquelle textes, audios et  vidéos peuvent être échangés, revendique 150 millions d'utilisateurs actifs  mensuels.

La Russie a annoncé mardi avoir interdit la populaire plateforme de  discussions, évoquant son utilisation "à des fins terroristes et extrémistes".
(AFP, 10 octobre 2024)

A Inci, pour la 84e année de sa vie orageuse



Doğan Özgüden, 5 octobre 2024

Inci, ma bien-aimée, je te félicite pour le 84e anniversaire de ta vie, dont plus de 30 ans passés dans le pays où tu es née et 53 ans passés en exil, toujours pleins de luttes pour tes convictions.

Alors que nous approchons tous deux aux 90 ans sur le chemin de vie commun que tu as partagé avec moi pendant 59 ans, nous sommes conscients que les feuilles du calendrier tombent l'une après l'autre de plus en plus rapidement, et que les membres de notre famille, nos amis et nos compagnons de lutte qui survivent s'amenuisent.

Et la tristesse de devoir rester physiquement loin de notre beau pays, où nous nous sommes battus pour nos convictions pendant des années, où nous avons connu des peines et des joies, des défaites et des espoirs...

Tout de même, une consolation... Grâce aux médias sociaux, ne sommes-nous pas en Turquie jour et nuit avec nos pensées et nos messages depuis des années ?

D'ailleurs, lors de la projection du documentaire Apatride d'Esra Yıldız à Ankara et Izmir en Turquie au moins, tes images et les miens étaient dans nos villes de jeunesse.

Après Boston, Paris, Cologne et Hambourg, ce documentaire a été projeté à la fin de l'année dernière au Festival du cinéma méditerranéen à Bruxelles. 

Dans ton intervention lors de la projection à Cologne, tu disait : "La patrie est l'endroit où vous produisez"...

Je suis toujours un témoin de la manière dont tu as produit sans relâche en exil…  Info-Türk et les Ateliers du Soleil en Belgique sont en grande partie le fruit de ton travail créatif avec grands sacrifices.

J'ai estimé qu'il était de mon devoir d'écrire sur ta vie tumultueuse après l'accident de voiture suspect de l'année dernière dans lequel nous avons failli mourir.

Mon livre “Un rebelle dans l’encre d’exil”, publié cette année, est l'histoire de la lutte d'une femme journaliste contre l'exploitation de classe, l'oppression nationale et le génocide, ainsi que contre les inégalités dont les femmes sont victimes.

Nous célébrons aujourd'hui ton 84ème anniversaire avec le plaisir d'exposer quelques sélections de tes œuvres avec celles de nos amis dans l'espace où nous vivons depuis de nombreuses années à Bruxelles.

En 2025, nous fêterons les 60 ans de notre mariage et les 60 ans de notre lutte qui a commencé avec le quotidien Akşam et la revue Ant.

Ma chère İnci, je te félicite chaleureusement pour ton 84e anniversaire aujourd'hui et t'embrasse à nouveau avec mon amour pour l'éternité…


İzmir newspaper faces censorship after report on a religious group's

Yenigün, a prominent local newspaper in İzmir, had its printing blocked by the İhlas Printing House after it attempted to publish a front-page story about a religious group's involvement in student housing.

The story was about the opening of a large dormitory by the Islamic community known as Işıkçılar, critically examining the role such groups play in student housing, which has been a topic of contention in the country in recent years.  Critics argue that with rising housing costs and a shortage of state dormitories, religious communities are stepping in to provide cheaper accommodation, using it as an opportunity to expand their influence by attracting students.

The printing house, one of the few major printing houses for newspapers in Turkey, owned by İhlas Holding, known to be linked to the Işıkçılar group, refused to print the paper with that headline, Hakan Dirik, editor-in-chief of Yenigün, revealed in an article on the newspaper’s website. The newspaper had to change its front page in order to be published. The altered cover page contained a picture of Mustafa Kemal Atatürk, founder of the republic, with the headline “Rest in Light,” an implicit reference to the Işıkçılar group, whose name roughly translates to “followers of light.”

Dirik noted that If the newspaper hadn’t been printed, it could have faced sanctions that would jeopardize the job security of its 30 employees. “"In times of coup regimes, newspapers would sometimes go to print with blank front pages. At least we managed to avoid that, but our headline was published without the actual story," he wrote.

The Journalists Union of Turkey  (TGS) condemned the incident as "a black mark in the history of journalism." TGS shared the censored headline on social media, saying that "the attempt to prevent the spread of information in 2024 is futile."

“The history of the press in Turkey is full of raids on printing houses, newspaper confiscations ordered by the prosecutors, publication bans and newspaper closures. The censorship of today's headline of the İzmir daily Yenigün by the printing house is a black stain that will go down in the history of the press,” wrote the union.

“It is 2024 and it is not possible to prevent the spread of information. In order to both teach the censors a lesson and to announce our solidarity with our colleagues at Yenigün, we publish the headline that was not delivered to the readers today.” (BIA, 3 oct 2024)

Bahçeli threatens journalists over former Grey Wolves leader’s murder case

Devlet Bahçeli, leader of the government-allied Nationalist Movement Party (MHP), has threatened journalists and opposition figures for questioning his party’s potential ties to the murder of Sinan Ateş, a former leader of the Grey Wolves, a group affiliated with his party.

"Those who shamelessly accuse the MHP should watch their steps," Bahçeli said today during the party’s parliamentary group meeting. “All anti-Turkey elements have come together and tried to dishonorably accuse the MHP in a murder case. Some party chairmen and incompetent reporters set up a court, pretended to be prosecutors and judges and attempted to judge our friends.

“Those who are looking for an instigator and a murderer, those who test our patience with crocodile tears will first look in the mirror and speak as much as their honor and dignity allow.”

The latest hearing of the case concerning the 2022 murder of Sinan Ateş murder took place yesterday. Ahead of the hearing, Özgür Özel, leader of the main opposition Republican People’s Party (CHP), held a public statement with Ayşe Ateş, Sinan Ateş’s spouse, outside the courthouse. Later in the day, journalists Timur Soykan, Murat Ağırel, Barış Pehlivan, and Şule Aydın discussed the case on the CHP-aligned Halk TV. (BIA, 1 oct 2024)

En Turquie, médias et réseaux sociaux sous surveillance de plus en plus étroite du pouvoir

Lors du tremblement de terre qui a frappé la Turquie en février 2023, Twitter (devenu X, depuis) avait été bloqué afin d’éviter toute critique de l’incurie du pouvoir. Le blocage avait finalement dû être levé après une douzaine d’heures, car le réseau servait aussi aux secouristes pour atteindre les victimes.

En fait depuis le vote d’une loi sur la désinformation, les poursuites se multiplient face aux critiques sur les réseaux sociaux. Cet été c’est l’accès à Instagram qui a été bloqué pendant plusieurs jours : les autorités l’accusaient notamment de censurer les messages de condoléances après la mort du chef du Hamas Ismaël Haniyeh. Un blocage très mal vécu : Instagram compte en Turquie quelque 57 millions d’abonnés. Et ce sont justement les critiques contre la privation d’accès à Instagram qui ont conduit au nouveau tour de vis : interrogée alors par une chaîne YouTube, une jeune femme se lâche et affirme que "fermer les réseaux sociaux, c'est un coup d'Etat ! Même s'il dirigeait le monde, le président de la République ne peut pas bloquer Instagram. Vous êtes tous des idiots, pour avoir abandonné nos droits et nos libertés à une seule personne, et l'avoir considérée comme supérieure à Dieu."

Après cette déclaration, elle est arrêtée et après 18 jours de prison est condamnée à l'issue d'un procès éclair à sept mois et demi de détention. RTÜK, l’autorité de régulation de l’audiovisuel, place sous surveillance les micro-trottoirs. Tout propos considéré comme portant atteinte à l’Etat, calomniant ou dégradant tenu dans l’espace public sera châtié. Quant à YouTube, il est prévu d’exiger une autorisation pour toute chaîne d’information ou de divertissement. Elles devront obtenir une licence du Haut conseil de l’audiovisuel.

Netflix aussi est censurée. Du moins une série grecque, Famagusta(Nouvelle fenêtre), qui devait être diffusée à partir du 20 septembre, et qui relate les exactions de l’armée turque lors de son intervention militaire à Chypre en 1974. "Récit biaisé", dénonce le gouvernement turc qui a bloqué la série. Les chaînes indépendantes ou critiques se voient, elles, régulièrement infliger de fortes amendes. Et la tendance ne devrait pas s’inverser tout de suite : le président de RTÜK a peuplé l’instance de membres ou proches de  l’AKP, le parti d’Erdogan. (France Info,  28 sept 2024)

Kurdish Question / Question kurde

Face au chaudron régional, Ankara cherche l'apaisement avec les Kurdes

Par Anne CHAON, AFP, Istanbul, 27 oct 2024

Le gouvernement turc cherche l'apaisement avec les mouvements kurdes face aux menaces qui pèsent sur la région, malgré l'attentat revendiqué cette semaine par le PKK qui semble relever d'un hasard de calendrier, estiment les experts.

Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a assumé vendredi l'opération contre le siège des Industries de Défense de Turquie (TAI) qui a fait, mercredi, cinq morts et 22 blessés mais a pris soin, de façon inédite, de s'en distancier en affirmant qu'elle n'a rien à voir avec le processus entamé par le pouvoir.

L'attaque, a expliqué le PKK sur sa chaine Telegram, était "planifiée de longue date" pour envoyer "des avertissements et des messages au gouvernement turc, contre ses pratiques génocidaires".

Si le gouvernement a répliqué en bombardant une cinquantaine de cibles de cette organisation dans le nord de la Syrie et de l'Irak, il n'en venait pas moins, la veille, de tendre la main à son chef historique, Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999, via un membre éminent de la coalition au pouvoir.

Pour Hamit Bozarslan, un spécialiste du mouvement kurde, joint à Paris par l'AFP, "une partie du pouvoir souhaite ouvrir un dialogue avec le mouvement kurde, surtout dans l'hypothèse d'une dégradation de la situation régionale et d'une fragilisation de l'Iran (qui auraient) des impacts certains sur l'Irak et la Syrie".

- Dissolution contre libération -

Mardi, le président du parti MHP (nationaliste) Devlet Bahçeli, le principal allié du parti AKP au pouvoir, a invité Abdullah Öcalan, 75 ans, condamné à l'isolement à vie, à s'exprimer devant le Parlement pour annoncer la dissolution du PKK en échange de sa libération.

Le patron du MHP a renchéri samedi en affirmant que "les Turcs et les Kurdes s'aiment, c'est une obligation à la fois religieuse et politique pour les deux parties".

Autre signe de détente, le jour même de l'attaque mercredi, le neveu de M. Öcalan a été autorisé à lui rendre visite sur son île-prison, au large d'Istanbul, pour la première fois en "quarante-trois mois" a précisé Ömer Öcalan, un député du parti pro-kurde Dem.

La classe politique s'est empressée de relever, comme l'a fait le ministre de l'Economie Mehmet Simsek devant le Brookings Institute à Washington, que, dans un tel contexte, l'attentat de mercredi "ne pouvait être une coïncidence".

L'opération pose néanmoins la question du leadership d'Ocalan après plus de 25 ans de prison.

Pour Hamit Bozarslan, malgré le temps qui passe, "Öcalan, reste l'acteur de référence" susceptible de "peser sur le ou les processus" engagés.

Mais, "sans contact organique" avec son mouvement, analyse Yektan Turkyilmaz, un universitaire travaillant en Autriche qui met en exergue l'hétérogénéité du mouvement kurde, "il lui sera très difficile d'imposer un plan approuvé par le gouvernement".

"Öcalan se trouve certainement dans la pire situation de sa carrière", poursuit-il. "Parce qu'il n'a jamais eu auparavant besoin de mobiliser ou de convaincre ses partisans en faveur d'une solution politique, pacifique ou d'une réconciliation" avec les autorités.

"Mais on peut dire la même chose pour le gouvernement", ajoute le chercheur, tandis que l'opinion publique n'est pas forcément favorable à un accord avec le PKK et que les ultra-conservateurs y restent très hostiles.   Cette main tendue s'explique, selon les observateurs, par la situation régionale incandescente et le risque redouté et exprimé par Ankara de voir la guerre dans la bande de Gaza et au Liban s'étendre.

Le gouvernement turc essaie de "renforcer son front intérieur pour faire face au défi régional lancé par Israël" mais il voit surtout "l'opportunité" d'enlever la pression à sa frontière avec la Syrie, alliée de l'Iran, avance Yektan Turkyilmaz.

Après les frappes israéliennes sur l'Iran de la nuit de vendredi à samedi, la Turquie a appelé à "mettre fin à la terreur créée par Israël dans la région menée (...) au bord d'une plus grande guerre".

Le PKK revendique l'attentat près d'Ankara

Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a revendiqué vendredi sur son compte Telegram l'attentat commis mercredi près d'Ankara visant le siège des industries de défense de Turquie (TAI), précisant qu'il voulait envoyer un "message" au gouvernement.

L'attentat, qui a fait cinq morts et 22 blessés, avait été rapidement attribué au PKK par les autorités turques.

"L'action sacrificielle commise contre l'enceinte des TAI à Ankara vers 15H30 (12H30 GMT, ndlr) le mercredi 23 octobre a été menée par une équipe du +Bataillon des Immortels+", indique le PKK qui cite le nom des deux auteurs, un homme et une femme.

Selon le président turc, Recep Tayyip Erdogan, le commando venait de Syrie voisine.

"Nos forces de sécurité sont immédiatement intervenues contre les terroristes et ont neutralisé en très peu de temps la terroriste qui a perpétré l'attentat. Comme vous le savez, la terroriste s'est tuée", a ajouté le chef de l'Etat confirmant une opération suicide, dans l'avion qui le ramenait jeudi de Russie.

Une série de bombardements aériens a été menée depuis mercredi soir en représailles, visant des positions du PKK en Irak et dans le nord de la Syrie.

Dans un long texte sur la messagerie Telegram, le PKK explique que l'opération était "planifiée de longue date" et stipule qu'elle n'est pas liée aux récents développements politiques en Turquie, où les autorités ont semblé vouloir engager une solution négociée au conflit avec les combattants kurdes.

- "avertissements" -

Il s'est agi, souligne le PKK, d'envoyer "des avertissements et des messages contre les pratiques génocidaires, les massacres et les pratiques d'isolement du gouvernement turc".

"Nous savons que les armes produites par TAI ont massacré des milliers de nos civils au Kurdistan, y compris des enfants et des femmes" poursuit le mouvement qui assume un "droit légitime" à frapper "les centres où ces armes de massacre sont produites".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose de nombreuses sources en Syrie, vingt-sept civils ont été tués dans les "quarante-cinq attaques de drones" conduites par les forces turques dans le nord et l'est de la Syrie.

Ankara a pour sa part annoncé avoir visé "47 cibles (du PKK), dont 29 en Irak et 18 dans le nord de la Syrie", faisant "59 morts parmi les terroristes dont deux responsables de haut niveau".

Le PKK tient vendredi, dans son message également adressé à l'agence de presse Firat, qui lui est affiliée, à distinguer l'attentat d'Ankara du contexte politique qui témoigne d'un infléchissement des autorités en faveur d'une solution politique.

Mardi, le président du MHP (nationaliste) Devlet Bahçeli, principal allié du parti AKP de M. Erdogan, avait invité le chef historique du PKK, Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999, à s'exprimer devant le Parlement pour annoncer la dissolution de son parti et son renoncement au terrorisme.

Dans la foulée, mercredi, le neveu du leader kurde, Ömer Öcalan, député du principal parti pro-kurde, le Dem (ex-HDP), a pu le rencontrer dans sa prison, sur une île située au sud d'Istanbul.

"Notre dernière rencontre en face-à-face avec Abdullah Öcalan avait eu lieu le 3 mars 2020" a rappelé son neveu sur X.   Entre-temps Abdullah Öcalan, 75 ans, condamné à une peine de prison aggravée, à l'isolement et sans possibilité de libération anticipée, n'avait eu droit qu'à un bref échange téléphonique avec lui en mars 2021.

Jeudi le président du Parlement Numan Kurtulmus avait estimé à propos de cet attentat  qu'il "ne (pouvait)  s'agir d'une coïncidence”.(AFP, 25 oct 2024)


PKK leader Öcalan allowed for family visit for first time since 2020

Pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party MP Ömer Öcalan visited imprisoned Kurdistan Workers’ Party (PKK) leader Abdullah Öcalan, marking the first such visit in over three and a half years.

The visit started at 11.00 am yesterday and lasted for about two hours, according to Mezopotamya Agency (MA). Ömer Öcalan was transported to the prison on İmralı Island, located in the Marmara Sea, via a specially arranged ferry.

Following the meeting, Ömer Öcalan shared a statement on social media, relaying a message from his uncle. "Mr. Öcalan assessed the political developments and asked for this message to be conveyed to the public: 'The isolation continues. If the conditions are met, I have both the theoretical and practical capacity to move this process from a ground of conflict and violence to one of legal and political resolution’.”

Abdullah Öcalan, 75, was  in good health, added the MP.

He further noted that family visits are a legal right and "we want them to continue regardless of the circumstances."

This was the first time a family member had been allowed to meet with Abdullah Öcalan since March 2020. His last meeting with his lawyers took place in August 2019. The PKK leader’s last contact with the outside world was a brief and interrupted phone call with his brother Mehmet Öcalan in March 2021. This isolation persisted through constant disciplinary action against Öcalan, imposing family and attorney visit bans.

Since then, DEM Party and other pro-Kurdish groups have protested Öcalan’s isolation. His lawyers have filed hundreds of requests to meet with him during this period without success. Also, Kurdish political prisoners have organized multiple hunger strikes, demanding an end to his isolation.

This latest visit comes as Turkey is witnessing renewed debates around a possible new peace process. The idea gained momentum after recent statements from Devlet Bahçeli, leader of the Nationalist Movement Party (MHP), who hinted on Oct 22 that Öcalan could be allowed to address parliament and declare the dissolution of the PKK. In return, Bahçeli suggested that Öcalan might be eligible for the “right to hope,” a legal mechanism that could pave the way for his release.

President Recep Tayyip Erdoğan has voiced his support for his ally’s recent moves, describing them as a "historic opportunity" for Turkey. Meanwhile, the DEM Party has responded with cautious optimism, emphasizing that any progress would require the lifting of Öcalan’s isolation and improvements in the conditions of other Kurdish political prisoners.

The PKK remains skeptical of the government’s intentions, asserting that the Turkish ruling bloc is trying to align with Kurdish groups to navigate a potential regional conflict between Israel and Iran, which they anticipate could expand across the Middle East. (BIA, 24 oct 2024)

DEM Party condemns Ankara attack amid debate over potential peace process

The pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party and imprisoned Kurdish politician Selahattin Demirtaş have condemned today’s armed attack on Turkey's aerospace agency in Ankara, which left seven five people dead, including two assailants.

In a written statement, DEM said the timing of the attack was noteworthy, given the recent public debate about a potential new peace process regarding the Kurdish issue.

“We must now embrace peace more than ever to ensure that such painful events do not happen again,” said the party, extending condolences to those who lost their lives in the attack.

Demirtaş, former co-leader of the HDP, the DEM’s predecessor, also highlighted the timing of the attack. A statement shared on his social media account read, “The mentality that tries to cut off the search for a solution to our problems through talk, dialogue and politics with blood should know that if Öcalan [Abdullah, PKK leader] takes the initiative and wants to pave the way for politics, we will be behind him with all our strength.

“We will not accept any approach that seeks to discredit democratic politics and the search for peace. Everyone should make their calculations accordingly. We will never allow the voices of those who want peace to be suppressed this time, no matter who they come from.”

While the attack has not yet been claimed by any group, both the defense and interior ministers indicated that initial assessments suggest that the Kurdistan Workers’ Party (PKK) may be responsible.

Sezai Temelli, deputy chair of pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party’s parliamentary group, shared similar sentiments speaking in the parliament, saying, “The timing of such an attack is meaningful when the society in Turkey has been trying to get rid of the violence of war. The provocation is evident from every angle. Therefore, we have to persistently and stubbornly respond to the expectation of peace against such things. I condemn this incident once again.”

Main opposition Republican People’s Party (CHP) leader Özgür Özel, currently in Diyarbakır as part of his trip to the Kurdish-majority regions, also commented on the attack’s timing, calling it "noteworthy." He said, "Anyone who expects to benefit from terrorism is making a grave mistake."

Peace discussions

The attack comes at a sensitive time, with public discussions around a possible renewed peace process between the Turkish state and the Kurdish movement, triggered by statements from Devlet Bahçeli, leader of the Nationalist Movement Party (MHP) and an ally of the government, since the start of the month.

On Oct 22, Bahçeli, in an unprecedented move, implied that PKK leader Öcalan could be released under the "right to hope" if he publicly declared the disbandment of the organization.

President Recep Tayyip Erdoğan described Bahçeli’s recent initiative as a "historic opportunity" for national unity.

While the DEM has cautiously welcomed the initiative, they continue to demand the lifting of Öcalan's years-long isolation and improved conditions for other Kurdish political prisoners. The main negotiators for peace would be Öcalan and the PKK as they are the party to the conflict, while democratic entities can contribute to the process, DEM argues. (BIA, 23 oct 2024)


Le Parti démocratique du Kurdistan en tête aux  législatives locales
 

Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), qui  domine le pouvoir dans la région autonome du nord de l'Irak, est arrivé en  tête des législatives locales dimanche, selon un décompte des votes annoncé  lundi par la commission électorale.
 
Ni le PDK ni la commission électorale n'ont dévoilé dans l'immédiat le  nombre de députés obtenu par le parti au sein du Parlement de 100 membres.
 
Dans la région autonome, les deux formations hégémoniques depuis des  décennies sont le PDK du clan Barzani, et l'Union patriotique du Kurdistan  (UPK), du clan Talabani.
 
Selon un décompte présenté par la commission électorale en conférence de  presse, le PDK a obtenu plus de 800.000 voix, devançant l'UPK (plus de 400.000  voix) et le parti d'opposition Nouvelle génération (plus de 200.000 votes).
 
Les résultats définitifs seront annoncés à Erbil, selon la commission, mais  aucune date n'a été rendue publique.
 
Outre ses 45 sièges au Parlement sortant, le PDK jouissait d'une majorité  relative grâce à des alliances avec des députés élus via un quota réservé aux  minorités chrétiennes et turkmènes.
 
L'UPK comptait quant à lui 21 sièges.
 
Plus de deux millions d'électeurs, sur les 2,9 millions de votants  inscrits, se sont déplacés pour élire 100 députés --dont 30 femmes en vertu  d'un quota--, a précisé la commission lundi.
 
"Le taux de participation (..) a atteint les 72%", a déclaré un haut  responsable de la commission, Omar Ahmed.
 
Ce pourcentage, a-t-il expliqué, englobe le vote de dimanche, mais aussi un  "vote spécial" réservé aux forces de sécurité organisé vendredi, marqué lui  par une participation de 97%.
 
Aux dernières législatives régionales de 2018, la participation s'élevait à  59%.
 
Le nouveau Parlement devra voter pour désigner les successeurs des  président et Premier ministre de la région autonome, Nechirvan et Masrour  Barzani, cousins et figures du PDK.
 
Les législatives, qui devaient se tenir en 2022, ont été reportées à quatre  reprises du fait notamment des divergences entre PDK et UPK. (AFP, 21 oct 2024)


Nearly 300 detained in two days in raids targeting Kurdish groups

At least 284 people have been detained over the past two days in police raids targeting pro-Kurdish groups across Turkey.

The raids come after an attempted rally in the Kurdish-populated city of Diyarbakır on Oct 13 demanding freedom for imprisoned Kurdistan Workers' Party (PKK) leader Abdullah Öcalan. The rally, organized by the Democratic Institutions Platform, a coalition of pro-Kurdish groups, was banned by authorities.

Interior Minister Ali Yerlikaya announced that 269 people were detained during house raids in 36 provinces on Oct 15. The raids continued into the following day, with an additional 15 people taken into custody in Diyarbakır.

“We will absolutely not tolerate the provocative scenes in Diyarbakır, where terrorist propaganda was attempted and violence was praised,” Yerlikaya said about the attempted rally in Diyarbakır.

Most of the detentions were based on social media posts related to the events, with users accused of "spreading terrorist propaganda." Others were detained for their direct involvement in the events.

Among those who shared images of Öcalan were seven MPs from the Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party, Yerlikaya noted.

Pro-Kurdish groups have long been calling for the lifting of the confinement of the PKK leader. Öcalan, who has been held in the İmralı island prison in the Sea of Marmara since his capture in 1999, has not been allowed to meet with his lawyers and family members for years. His last contact with the outside world was a disrupted phone call with his brother in March 2021. (BIA, 16 oct 2024)

Culture Ministry bans Kurdish-language film ‘Rojbash’

The Culture and Tourism Ministry has blocked the theatrical release of Rojbash, a film that tells the story of a group of Kurdish stage actors reuniting after 25 years.

The ministry deemed the film “unsuitable for commercial circulation,” a decision that prompted a legal challenge from the Media and Law Studies Association (MLSA), which announced on Oct 9 that it had filed a lawsuit seeking to overturn the ban.

Producer Özkan Küçük criticized the decision, emphasizing the cultural importance of the film.  “I never expected this project, which focuses on Kurds practicing their art in their native language, to end up in court. All my efforts were to ensure the film reached as wide an audience as possible," he told MLSA.

Küçük noted that the ministry's decision effectively banned the film from being shown in cinemas. “It is unacceptable for a committee, whose job is to classify films, to block a film we’ve worked on for nearly six years from reaching audiences,” he added.

Parliamentary inquiry

Sinan Çiftyürek, an MP from the pro-Kurdish Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party, submitted a parliamentary inquiry to Culture and Tourism Minister Mehmet Nuri Ersoy, raising concerns about censorship.

The inquiry asked for clarification on the reasoning behind the ban and whether the film predominantly being in the Kurdish language played a role in the decision.

He also requested data on the ministry’s support for Kurdish theater and cinema over the past five years, including the number of Kurdish-language films that have been banned and the reasons for their prohibition.

The MP also asked how many Kurdish-language films or theater productions have been banned by the ministry over the past five years, and what were the reasons for these bans. (BIA, 11 October 2024)

Turkish court upholds 9-year prison sentence for former Diyarbakır mayor Selçuk Mızraklı

On 10 October 2024, Turkey’s Supreme Court upheld a nine-year, four-month prison sentence for Selçuk Mızraklı, the former mayor of Diyarbakır (Amed) and an influential figure in Kurdish politics. Mızraklı, who is a former member of the pro-Kurdish Peoples’ Democratic Party (HDP), was removed from office in 2019 after just five months as mayor. His arrest and subsequent trial were part of a wider government campaign against Kurdish politicians, many of whom were accused of links to the Kurdistan Workers’ Party (PKK).

Mızraklı, a medical doctor by training, was accused of aiding the PKK by allegedly operating on a wounded member of the group during his time at a private hospital. These charges were largely based on the testimony of an informant, Hicran Berna Ayverdi, who claimed that Mızraklı had treated a PKK member without reporting the case to the authorities. Further allegations came from Ümit Akbıyık, another controversial witness, who claimed that Mızraklı had financially supported events organised by PKK-linked groups during his time as mayor.

His legal team consistently argued that the evidence was insufficient and politically motivated, and that the testimonies were unreliable. Nevertheless, in March 2020, Mızraklı was sentenced to nine years in prison for being a member of an armed terrorist group. The verdict was initially overturned by a higher court on the grounds of insufficient investigation, but after a retrial, the sentence was reinstated.

Mızraklı share, in the last post on his personal X account: “We lost many lives in our march for honour and humanity, we witnessed tens of thousands of decisions of the regime’s courts that documented unlawfulness and injustice. Here, another new decision has been issued.”
(MedyaNews, 10 oct 2024)

Two Kurdish musicians detained in Diyarbakır

Kurdish musicians Helim Arslan, also known as Omerî, and Azad Bedran Kızılkar were detained in Diyarbakır early this morning, according Mezopotamya Agency (MA). Arslan was reportedly taken into custody at his home, while Kızılkar was arrested at the airport.

The reasons for their detention remain unclear, but it has been confirmed that both artists were taken to the local police station. There has been a growing trend of artists with ties to the Kurdish political movement being detained on terrorism-related charges, with their concerts also facing increasing restrictions.

Following the arrests, the Mezopotamya Cultural Center (MKM) issued a statement condemning the detentions, framing them as part of a broader effort by the ruling Justice and Development Party (AKP) to suppress Kurdish culture and the arts.

“These raids and arrests targeting Kurdish musicians Azad Bedran and Helîm Omerî are an attack on the practice and preservation of Kurdish music and art,” the MKM stated.

“Such pressures will not be able to stop Kurdish culture and art. On the contrary, our struggle will ensure that they grow even stronger. We condemn the detention and pressure on Kurdish artists. Kurdish music and art cannot be silenced.” (BIA, 8 October 2024)

Global campaign for Abdullah Öcalan’s freedom launched with widespread protests

A global campaign for the release of imprisoned Kurdish leader Abdullah Öcalan has been launched with events in several cities across Europe. Activists emphasise that Öcalan’s freedom is essential for lasting peace in the Middle East, and his ideas on democratic governance and gender equality continue to inspire movements worldwide.

The Free Öcalan Global Days initiative began on 1 October in London, where Kurdish organisations gathered to call for an end to his more than two decades in prison. Turkan Bûdak, co-chair of the General Assembly of the Kurdish People in the UK, opened the event by emphasising that Öcalan’s release is crucial for peace in the Middle East as his ideas provide a peaceful solution to the Kurdish question. “His freedom will bring peace to the Middle East,” Bûdak said, stressing the importance of the ongoing campaign.

Seyît Sûrûç, the other co-chair of the British General Assembly, made a press statement on behalf of the Kurdish organisations. He reiterated that Öcalan’s struggle is not only for the Kurdish people but for all the oppressed in the Middle East and beyond. “He has built a peaceful and equal paradigm,” Sûrûç said, inviting Kurds and their supporters to join the second year of the campaign.

Meanwhile, support for Öcalan’s freedom is growing outside the Kurdish community. The Catalan anarchist organisation BATZAC announced its participation in the campaign on social media. They condemned Öcalan’s imprisonment, which has lasted since 1999, and stressed that he has been denied basic human rights such as family visits and access to a lawyer. BATZAC emphasised the importance of Öcalan’s ideas, which they said inspired the decentralised, anti-patriarchal principles of the Rojava revolution – principles they share in their struggle.

Protests also took place in Norway, where the Kurdish community in Oslo set up an information stand in the central railway station square. The stand, organised by the Norwegian Federation of Kurdish Associations (NCDK-OSLO), attracted interest from locals and people of different nationalities, who distributed leaflets highlighting Öcalan’s potential to bring peace to the region. Andam Aso, co-chair of NCDK-OSLO, spoke about Öcalan’s writings and his role in the struggle against the isolation imposed on him in prison. Aso emphasised: “We exchange information about Öcalan and distribute his books and writings to the public”.

In Switzerland, Kurdish activists have been carrying out a long-lasting protest in Geneva’s United Nations Square since 25 January. The protest calls for an end to Öcalan’s total isolation and for greater involvement by international bodies such as the United Nations and the European Committee for the Prevention of Torture (CPT). The demonstrators displayed bilingual placards in French and English, calling on these organisations to fulfil their responsibilities. This week’s protest included a minute’s silence for the Kurdish fighters Rojhat Zîlan and Erdal Şahin, who died in a 2022 action against the Turkish Interior Ministry in Ankara. Veysel Kuşkanadı, speaking on behalf of the Geneva Action Committee, condemned the international conspiracy behind Öcalan’s imprisonment and accused the world powers of continuing the 100-year policy of denial and occupation against the Kurdish people.

Further support for Öcalan’s release was seen in Frankfurt, Germany, where the Kurdish community set up an information stand to mark the anniversary of the campaign. The event, organised by the Frankfurt Assembly and the Women’s Assembly, included the reading of a statement in German by the Confederation of Kurdistan Communities in Germany (KON-MED) emphasising the need to defend Öcalan and to prepare for the central protests planned for 9 and 12 October. The demonstrators carried posters of Öcalan and placards denouncing his continued isolation.

Back in Switzerland, in Bern, the “Tîrêjên Roje” campaign, led by the European Kurdish Women’s Movement (TJK-E), saw activists gather at the railway station square. Kurdish youth and women, supported by local Swiss youth, took part in the event. Speaking on behalf of the Berjîn Zenda Women’s Assembly, Gulistan Sadon vowed that the Kurdish people would remain on the streets until Öcalan was released. “Our leader has been in Imralı prison for 26 years and we have been on the streets for 26 years. We will not stop until Öcalan is free,” she said. She also stressed the importance of Öcalan’s feminist, ecological and democratic model, which has been recognised all over the world.

Dilbirîn Turgut, speaking on behalf of the Kurdish youth groups Revolutionary Youth Movement (TCŞ) and Teko-JIN, condemned the severe isolation imposed on Öcalan, describing it as an attempt by the Turkish state to suppress Kurdish identity. Turgut called on all Kurdish youth to join the resistance and honoured those who have died in the struggle for Kurdish freedom, including Rojhat Zîlan and Erdal Şahin.

Former HDP deputy Ferhat Encü also spoke at the event, reminding the crowd that the international conspiracy that led to Öcalan’s imprisonment began on 9 October 1998. He condemned Turkey’s continued policy of isolation, which violates international human rights law. The protest ended with a sit-in and the singing of Kurdish revolutionary songs.

Protests and events under the “Free Öcalan Global Days” campaign will continue throughout the month, with further actions planned across Europe and South America. (MedyaNews, 4 oct 2024)


Attaque armée contre une association kurde de Hambourg

Une attaque armée a visé un centre culturel kurde de Hambourg lundi matin, endommageant les fenêtres du local. Depuis des années, la communauté kurde d’Allemagne est dans le viseur des fascistes turcs Bozkurtlar (Loups Gris*) et le nouvel accord signé entre Berlin et Ankara prévoyant la déportation massive des migrants kurdes dont la demande d’asile a été rejetée ne fait que jeter l’huile sur le feu.

Dans la matinée de 30 septembre, des inconnus ont tiré sur le bâtiment d’une association culturelle kurde à St. Pauli, dans la Silbersacktwiete, à Hambourg. La police de Hambourg a déclaré qu’au moins trois coups de feu avaient été tirés sur la façade du bâtiment tôt lundi matin, endommageant les fenêtres. Personne ne se trouvait dans les locaux du club à ce moment-là. (Information donnée par le site allemand Tagesschau)

*L’idéologie des Loups Gris du Mouvement Ülkücü (Idéalistes, le nom complet est « Foyers idéalistes », en turc: Ülkü Ocaklari) repose sur une exaltation de la « race », de la langue, de la culture et de la nation turques. Les autres peuples de Turquie sont considérées comme une force de division de l’unité du pays et sont donc combattus. L’idéologie des Ülkücü est largement façonnée par les images de l’ennemi et les théories du complot. L’éventail des ennemis « internes » et « externes » s’étend des Kurdes, aux Grecs, Arméniens, Juifs, aux Occidentaux et aux Chinois… (Kurdistan Au Féminin, 1 oct 2024)

Pro-Kurdish DEM’s office in İstanbul targeted in armed attack

A local office of the pro-Kurdish Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party in İstanbul's Sultangazi district was targeted in a shooting attack early on Sep 28.

The office was empty at the time, and no injuries were reported while bullets broke the office windows, according to reporting from Mezopotamya Agency (MA).

Sultangazi District Co-Chair Faruk Kaya said that local residents informed them the attack took place around 5.00 am. Police have conducted an investigation at the scene.

Authorities have not yet identified the perpetrators of this latest attack, and investigations are ongoing.

While no one was harmed in this incident, attacks on pro-Kurdish parties’ political offices have occurred sporadically, usually when the offices are vacant. The most serious recent attack occurred in 2021 in İzmir, when a gunman stormed the local office of the Peoples' Democratic Party (HDP), the DEM's successor, and killed party worker Deniz Poyraz.

The court ruled that the assault was not a politically motivated hate crime or an organized crime, but rather an individual murder.The perpetrator, an ultranationalist person according to his social media photos, was sentenced to aggravated life imprisonment for premeditated murder. 
(BIA, 30 sept 2024)

Minorités / Minorities

The European Parliament adopted the resolution on the situation in Azerbaijan

Brussels, 24 October 2024 – In its plenary session on October 24, the European Parliament (EP) adopted the resolution on “The situation in Azerbaijan, violation of human rights and international law and relations with Armenia” with 453 votes in favor, 31 against, and 89 abstentions. This vote had been preceded by a parliamentary debate on the subject on 22 October.

The Members of the European Parliament (MEP) strongly condemn Aliyev’s regime ahead of COP 29 and call on the EU executive to suspend the energy memorandum with Azerbaijan. The European Parliament states that the continuous violations of human rights by Azerbaijan are incompatible with its hosting of COP29 and calls for the EU and its Member States to do their utmost to ensure that United Nations Climate Change conferences are not hosted in countries with poor human rights records.

The resolution makes a reference to the continuous deterioration of human rights in Azerbaijan, gross violations of international law, including the aggressive behavior towards Armenia, strict restrictions on civil society and the vicious mechanisms of “caviar diplomacy” to bribe European officials. The EP also highlights the occupation of the sovereign territory of the Republic of Armenia by Azerbaijan, the blockade of Nagorno-Karabakh, Azerbaijan’s attack carried out in violation of international law, the ethnic cleansing of the Armenian population of Nagorno Karabakh as well as the detention of 23 Armenians, including eight former leaders Nagorno Karabakh/Artsakh who are currently being held in Azerbaijani prisons without adequate legal representation.

Furthermore, the European Parliament reiterates its demand for an independent investigation into the abuses committed by the Azerbaijani forces in Nagorno-Karabakh and the release of all 23 Armenian prisoners of war. The EP calls on the Azerbaijani authorities to allow the safe return of the Armenian population to Nagorno-Karabakh, to genuinely engage in a comprehensive and transparent dialogue with them, to provide robust guarantees for the protection of their rights, and to refrain from any inflammatory rhetoric that could incite discrimination against Armenians.  There is also a special reference to the protection of the historical and cultural heritage of Artsakh, for which the entry of the relevant UNESCO mission to the region is required.

The EP calls on Azerbaijan to unequivocally commit to respecting Armenia’s territorial integrity, highlights that Azerbaijan’s connectivity issues with its exclave of Nakhijevan should be resolved with full respect for the sovereignty and territorial integrity of Armenia. It is important to emphasize that in this context the EP reaffirms that the EU should be ready to impose sanctions on any individuals and entities that threaten the sovereignty, independence and territorial integrity of Armenia. The MEPs condemn aggression against Armenia, including hybrid attacks, urge Azerbaijan to withdraw its armed forces from the sovereign territory of Armenia,  and welcome the defense military assistance provided to Armenia by some member states.

Commenting on the resolution, the European Armenian Federation for Justice and Democracy (EAFJD) President Kaspar Karampetyan, noted: “The adoption of this resolution was the logical continuation of the previous resolutions of the European Parliament. We highly appreciate the consistent and principled stance of the MEPs on the subject. We hope that this will also lead to reevaluating the policy of the EU executive towards Azerbaijan.”

Karampetian further elaborated,

“With this resolution the European Parliament insists that any future partnership agreement between the EU and Azerbaijan be made conditional on the release of all political prisoners, the implementation of legal reforms and the overall improvement of the human rights situation in the country, as well as on Azerbaijan demonstrating its genuine readiness to faithfully engage in the negotiation of a peace agreement with Armenia and to respect the rights of Nagorno-Karabakh Armenians.”

“I would like to emphasize that the issue of ratification of a new agreement of the EU with Azerbaijan is within the jurisdiction of the European Parliament, and the EU executive is constrained by the Parliament’s position on this matter. Therefore, the development of the policy of the EU executive will, to a certain extent, depend on the position of the parliament, so the executive power cannot continue disregarding the position of the European Parliament. The EAFJD and its committees across Europe will certainly continue their work in this regard”, concluded Karampetian.

L’Armenien de Turquie: Prix Nobel d’économie
 
Ragip Duran, TVXS.GR, 20 octobre 2024
 
M. Daron Acemoglu, né à Istanbul en 1967, bachelier du prestigieux lycée de Galatasaray et professeur à l’Institut de Technologie de Massachusetts (MIT) à Boston a reçu le 15 octobre, avec ses deux collègues (MM. Simon Johnson et James A. Robinson) le Prix Nobel d’Economie. Cette information qu’il a reçue alors qu’il était à Athènes pour une conférence, a fait un tabac aux Etats Unis, en Turquie et en Arménie.
 
Acemoglu avait fait des études d’économétrie à l’Université de York et à L’Ecole d’Economie de Londres (LSE) en Grande Bretagne.
 
Le père de Daron, le Dr. Kevork était un grand spécialiste du droit commercial et enseignait à la Faculté de Droit d’Istanbul. Il écrivait des articles pour la revue YON de Dogan Avcioglu, Kémaliste pur et dur qui prônait un coup d’Etat des militaires progressistes. Le docteur estimait par ailleurs que “le problème arménien (1915) était une provocation des puissances étrangères”.
 
La mère, Mme Irma était une poétesse et femme de lettre.
 
Leur fils n’était ni Kémaliste ni putschiste.
 
Un camarade de classe du lycée de Galatasaray raconte en détail sur You Tube un souvenir malheureux : “C’était à l’époque du coup d’Etat de 1980. Notre professeur d’histoire a demandé le prénom de Daron, alors qu’il le savait.
 
- Daron, a répondu Acemoglu.
 
- Daron? Qu'est ce que c’est que ça? Daron n’est pas un prénom turc. Désormais, tu t’appelles Souleiman (Soliman)!
 
Le camarade de classe ajoute : “Daron n’a pas oublié cette scène. 20 ans après, alors qu’on était à Londres, il m’a avoué combien il était triste, car aucun des élèves n’avait protesté contre cet enseignant. Alors que la solidarité est un des piliers de l’esprit de Galatasaray”.   
 
L’économiste de haute qualité et très populaire grâce à ses livres traduits en plusieurs langues (Prospérité, Puissance et Pauvreté/Pouvoir et Progrès, et surtout  Pourquoi les Nations échouent) travaille surtout “pour améliorer, pour rendre plus juste et équitable le système actuel” selon un prof turc d’économie aujourd’hui en retraite. “Il a tout fait  pour obtenir ce prix” a-t-il ajouté. L’auteur étudie essentiellement les interactions entre la démocratie et la croissance. Acemoglu accorde une importance capitale à l’institutionnalisation, mais sans préciser la nature et le caractère de classe des instituts.
 
Alors que l’ensemble des économistes en accord avec le système global du néo-libéralisme vante les mérites du Prof. Acemoglu, ses critiques, précisent que le nouveau lauréat du Prix Nobel ne tient pas en compte comme il faut de deux faits déterminants pour toute analyse économico-politique sur la croissance, le développement, la prospérité et la pauvreté. Il s’agit du colonialisme et de l’impérialisme.
 
Le Prof. Acemoglu, qui avait signé au début de 2016 la pétition des Universitaires Pour la Paix (BAK), donc en solidarité avec les universitaires qui s’opposent contre les opérations de l’armée turque visant les Kurdes, avait été également sollicité comme chef conseiller en économie par l’ex-Président de la principale formation de l’opposition, M. Kemal Kilicdaroglu. “Il pouvait devenir ministre de l'Économie si Kilicdaroglu avait pu remporter les élections” disait-on dans les couloirs du Parti Républicain de Peuple (CHP, vainqueur des dernières élections locales du 31 mars 2024 avec environ 38 % des voix, mais possède seulement 128 sièges sur 593 au Parlement actuel).  
 
En Turquie, quand un Turc remporte une victoire ou un succès à l’étranger, il est tout de suite célébré par les officiels, il est reçu au Palais Présidentiel, les médias font l’éloge du héros national, même s’il s’agit d’un jeune sportif qui a reçu une médaille en bronze dans une compétition à caractère internationale.
 
Ce ne fut pas le cas d’Acemoglu. Aucun officiel n’a même pas félicité le prof. Les médias du pouvoir ont couvert l’événement avec beaucoup de retard et très brièvement, seulement en une colonne dans la presse écrite et à peine 30 secondes en fin du journal télévisé.
 
Les médias de l’opposition, en général Kémalistes et critiques du libéralisme économique, non plus, n’ont pas couvert cet événement comme il faut. 
 
Par contre la Toile présente multiples réactions en majorité nationalistes parfois tragi-comiques au sujet du professeur. Quelques exemples:
 
-  “Acemoglu doit rendre ce prix. Car il porte le nom de Nobel. Aujourd’hui, les Palestiniens sont bombardés avec l’invention de ce Monsieur Nobel.” Ahmet Hamdi Camli, ancien chauffeur d’Erdogan et ancien député.
 
- “On dit que trois Turcs ont reçu le prix Nobel. Orhan Pamuk, littérature en 2006,  Aziz Sancar, chimie en 2015 et Daron Acemoglu, économie en 2024. Ce n’est pas vrai. Car le premier est un circassien, le second un arabe et le dernier un arménien.” Compte anonyme sur X.
 
- “La Turquie n’a pas seulement trois Prix Nobel, mais quatre. Il ne faut pas oublier Yorgo Séféris, né en 1900 à Vourla (Urla en turc près de Smyrne), prix de litterature en 1963.” Un Roum d’Egée.
 
- “Si Daron est resté en Turquie, il est sûr qu’il sera expulsé de l’académie par un décret présidentiel.” Un prof de droit signataire du BAK.
 
L’identité arménienne d’Acemoglu, ses prises de position pour la démocratie et les libertés ont empêché les dirigeants et une bonne partie de la population turque de ressentir la joie et la fierté que suscite le succès du professeur.
 
Génocide arménien: une radio turque réduite au silence

Une radio indépendante turque a cessé d'émettre mercredi sur ordre des autorités pour avoir laissé être évoqué sur son antenne le génocide arménien de 1915 nié par Ankara, un nouveau coup porté à la liberté d'expression en Turquie.

À 13H00 (10H00 GMT) précises, sous les applaudissements de confrères et d'amis venus témoigner leur soutien, les journalistes d'Açik Radyo ("Radio ouverte" en turc) ont mis fin à leurs programmes, certains au bord des larmes, promettant au micro que leur station "continuera d'exister".

"Il s'agit de notre bande FM, qui est un grand trésor constitué depuis 30 ans grâce aux contributions de milliers de personnes. Nous sommes en train de la perdre et cela nous attriste", a déclaré à l'AFP Ilksen Mavituna, coordinateur des programmes de la station.
 "Açik Radyo était une radio unique en Turquie. C'était la seule radio qui tirait ses auditeurs vers le haut", a déploré Meral Erbil, une ancienne programmatrice de la radio publique TRT aujourd'hui retraitée.

La petite station stambouliote, qui émettait depuis 30 ans et se voulait "ouverte à toutes les voix", avait été condamnée fin mai à une amende et cinq jours d'interdiction de diffusion d'une émission dans laquelle, fin avril, un invité était revenu sur les massacres d'Arméniens perpétrés en 1915 par les troupes ottomanes, les qualifiant de "génocide" à l'instar de nombreux historiens.

Le Haut conseil turc de l'audiovisuel (RTÜK), qui avait reproché à la radio de ne pas avoir "tenté de corriger les déclarations faites par l'invité", a par la suite annulé sa licence au motif que la direction d'Açik Radyo n'a pas respecté la suspension du programme pour "incitation à la haine et à l'hostilité".

Açik Radyo veut obtenir de la justice qu'elle revienne sur cette décision, refusant d'être "réduite au silence".

- "Acharnement" -

"Nous demandons aux autorités de restituer l'antenne (à Açik Radyo) et de mettre fin à cet acharnement scandaleux", a lancé mercredi Erol Önderoglu, représentant de l'ONG Reporters sans Frontières (RSF) en Turquie. Il a salué une "radio qui a depuis sa création il y a 30 ans incarné l'information pluraliste (...), dans un pays où la polarisation médiatique n'a cessé de se renforcer".

Il s'agit d'"une vraie perte", a-t-il insisté, citant les "débats riches sur l'environnement" ou les "créneaux d'émissions animés par des journalistes arméniens".

La Turquie, dirigée depuis deux décennies par Recep Tayyip Erdogan et son parti AKP (islamo-conservateur), pointe à la 158e place sur 180 du classement 2024 de la liberté de la presse de RSF, qui estime que 90% des médias nationaux sont sous le contrôle du pouvoir.

Des dizaines de médias turcs ont été fermés et de nombreux autres repris en main après le coup d'État raté de juillet 2016, qui a donné lieu à de vastes purges et conduit le président Erdogan à élargir ses pouvoirs.

Le génocide arménien est reconnu comme tel par les gouvernements ou les parlements de nombreux pays comme aux États-Unis, en France et en Allemagne. Le nombre des Arméniens ayant trouvé la mort dans ce génocide est évalué à 600.000 à 1,5 million.

La Turquie, issue du démantèlement de l'Empire ottoman en 1920, continue de récuser ce terme et évoque des "massacres" doublés d'une famine, dans lesquels 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs ont péri. (AFP, 16 oct 2024)

Turkish Armenian Daron Acemoglu awarded the Nobel Prize in economics

Turkish Armenian economist Daron Acemoglu has been awarded the Nobel Prize in economic sciences.

Acemoglu, a professor at the Massachusetts Institute of Technology, was honored alongside Simon Johnson from MIT and James A. Robinson from the University of Chicago. The Sveriges Riksbank Prize in Economic Sciences in Memory of Alfred Nobel 2024 was announced on October 14, 2024. The laureates will share a prize of 11 million Swedish kronor, about $1.058 million.

“This year’s laureates in the economic sciences — Daron Acemoglu, Simon Johnson and James Robinson — have demonstrated the importance of societal institutions for a country’s prosperity. Societies with a poor rule of law and institutions that exploit the population do not generate growth or change for the better. The laureates’ research helps us understand why,” a press release from the Royal Swedish Academy of Sciences states.

The team’s research studies how the introduction of societal institutions by European colonizers across the world centuries ago continues to account for differences in countries’ prosperity. Countries with inclusive institutions enjoy relative prosperity today, whereas countries with extractive institutions face low economic growth.

Their research shows that these institutions can change over time in cases of conflict over how resources and decision-making power are allocated in society. The masses can exercise power by mobilizing and threatening the ruling elite. Those in power then face a dilemma — placate the masses through economic reforms, or transfer decision-making power and establish democracy.

“Reducing the vast differences in income between countries is one of our time’s greatest challenges. The laureates have demonstrated the importance of societal institutions for achieving this,” says Jakob Svensson, chair of the Committee for the Prize in Economic Sciences.

Acemoglu was sitting on his hotel balcony in Athens when he received the phone call that he had been awarded a Nobel Prize.

“You never dream of such things. You can dream, but you never expect such things, let’s say. It’s a wonderful event,” he said in an interview with the Royal Swedish Academy of Sciences.

Acemoglu, who is the co-author alongside Robinson of New York Times bestseller Why Nations Fail: Power, Prosperity, and Poverty, says that the colonial experiment transformed the institutional trajectory of more than half of the world. 

“If a country is 50 percent richer than another one, you might say, perhaps, that’s natural. They have some resources or some other advantages. But there’s nothing natural about 30, 40, 50 fold differences in income per capita in a globalized connected world,” he said.

Looking at future prospects for today’s institutions, Acemoglu worries about support for democracy, which he says is at an all time low throughout the Western world.

“Democracy is not easy to make work, because democracy is about democratic citizenship. It’s about consensus. It’s about communication. It’s about accepting defeat, making compromises, talking and understanding the other side, and all of those things are always difficult.

“They become more difficult during times of turbulence, which we are living through, and they become harder when the infrastructure, for example, the communication infrastructure, makes this sort of democratic citizenship harder. It’s not the only factor, but social media has certainly played that role,” he said. 

Acemoglu was born in Istanbul in 1967 to an Armenian family. His father was a lawyer and lecturer at the University of Istanbul, while his mother was a principal and teacher at an Armenian middle school. Acemoglu was educated in the United Kingdom, receiving his Ph.D. in 1992 from the London School of Economics and Political Science.

“I’m proud of all my heritages. I’m delighted that I have been able to learn from many different experiences,” he said.  (Community News, October 15, 2024)

Seventy-two hate attacks killed 5 people in Turkey in eight months

The Human Rights Foundation of Turkey (TİHV/HRFT) released a report today documenting incidents of discriminatory, racist, and hate-fueled physical and verbal attacks that occurred across the country between Jan 1 and Sep 1.

According to the report, at least 72 verbal or physical attacks were recorded during the eight-month period. Among these, 29 targeted refugees and foreign nationals, 13 were directed at Kurds, 12 at LGBTI+s, 7 at ethnic and religious minorities or people expressing religious views, and 11 at other groups.

Five people lost their lives in the attacks, including two refugees, one person expressing religious views, one member of an ethnic/religious minority, and one LGBTI+ person. At least 26 people were injured.

Anti-refugee violence in Kayseri

One of the most significant incidents occurred in Kayseri, central Turkey, where a Syrian refugee was arrested on suspicion of sexually abusing a child in August. Following the incident, a series of attacks targeted the local refugee community. As a result, at least 24 businesses closed, and more than 3,000 refugees fled the city.

The Interior Ministry reported that 1,065 individuals were detained over the attacks. Of these, 28 were arrested, while 187 were released under judicial control measures.

Ill-treatment and torture

The report identifies at least 45 discriminatory, racist, or hate-motivated actions targeting Kurds, LGBTI+s, and refugees by official institutions.

Three refugees lost their lives following actions of law enforcement and other state agencies, including one who died after deportation. At least 661 individuals were subjects to torture and ill-treatment, including 59 refugees.

Pride marches and Newroz

The report points to several instances of celebrations, such as Newroz celebrations and Pride marches, that were met with police violence.

A total of 32 peaceful gatherings were disrupted by law enforcement, leading to the detention of at least 602 people, many of whom were subjected to torture or ill-treatment. Of those detained, 40 were arrested, while 66 were released under judicial control, and one was placed under house arrest.

During Pride Month and Trans Pride Week, police disrupted eight peaceful protests, resulting in the detention of at least 56 people. The individuals faced charges of "resisting police," "insult," and "minor assault." Six of those detained were later released under judicial control.

During Newroz celebrations and election rallies organized by Kurdish groups, police detained at least 498 people, including children, on charges such as "making propaganda for a terrorist organization" and "violating the law on demonstrations." Ten of those detained were arrested, while 51 were released under judicial control.

Crackdown on Kurdish events

The report also documents multiple incidents where individuals were arrested for dancing to Kurdish music at weddings or on the streets.

In seven separate events across cities such as Mersin, Ağrı, Siirt, and İstanbul, a total of 48 people, including musicians and event organizers, were detained for "making terrorist propaganda." Among those, 30 were arrested, while nine were released under judicial control, and one was placed under house arrest. Four individuals were sentenced to 1 year and 3 months in prison for the same charge.

'Erosion of the rule of law'

The TİHV expressed concern over the increasing use of discriminatory and hate-filled rhetoric, which it claims is being normalized by authorities. It criticized what it described as a permissive attitude by politicians and law enforcement in response to violent incidents, such as those in Kayseri, arguing that such an approach legitimizes violence within society.

“This concerning aggression and the legitimizing attitude of public authorities are clear manifestations of the structural violence that defines political and social relationships in the country,” the group stated. "This is not limited to refugees and asylum seekers but affects a much wider spectrum of society.”

The report concludes by warning that the state’s choice to maintain public order through violence and oppression undermines the rule of law and erodes the foundations of a democratic society. (BIA, 11 October 2024)


Politique intérieure/Interior Politics

Report de la discussion de la taxe sur les cartes de crédit

La discussion du projet de loi visant à instaurer une taxe sur les cartes de crédit en Turquie pour soutenir l'industrie de défense du pays a été reporté en 2025, a annoncé mardi soir le chef du groupe parlementaire du parti au pouvoir.

"Il y a eu certaines objections provenant de nos concitoyens. Nous allons examiner tout cela en détail (...) Nous avons reporté nos discussions et allons reconsidérer, après le budget, s'il y a des points à changer ou à retirer", a affirmé le chef du groupe parlementaire de l'AKP (Parti de la justice et du développement, islamo-conservateur) Abdullah Guler.

Provoquant de vives critiques, le projet de loi avait été défendu mardi matin par le ministre des Finances Mehmet Simsek.

"L'objectif est clair et évident: notre pays n'a d'autre choix que de renforcer sa capacité de dissuasion. Il y a le feu et la guerre dans notre région en ce moment même. Nous vivons dans un environnement dangereux", avait justifié le ministre alors que la perspective d'une taxe supplémentaire est déjà mal reçue par les consommateurs.

"Ces ressources seront intégralement dévolues aux industries de défense: en d'autres termes, ce n'est pas un effort de réduction du déficit budgétaire", avait insisté M. Simsek lors d'un entretien à la chaine de télévision privée NTV.

Sur les huit premiers mois de 2024, les revenus d'exportation des industries de défense ont atteint 3,7 milliards de dollars, en hausse de 9,8% sur la même période de 2023, selon le président des industries de défense turques, Haluk Gorgun.

Le secteur de la défense, dont les célèbres drones Bayraktar, représente près de 80% des revenus à l'exportation du pays et 10,2 milliards de dollars pour l'année 2023.

Selon le projet de loi dont la discussion a été reportée, une taxe de 750 livres turques (20 euros) s'appliquerait aux cartes dont la ligne supérieure de crédit atteint 100.000 TRY (près de 2.700 euros)- indépendamment des sommes réellement dépensées.

Cette perspective a provoqué une ruée sur les banques de clients demandant à abaisser leur crédit et pourrait amener le Parlement à revoir le texte, a reconnu M. Simsek.

- Dôme de fer -

Le secteur de la défense s'est considérablement développé au cours des deux dernières décennies, a rappelé M.Simsek: "au début des années 2000 la Turquie importait 80% de ses besoins. Aujourd'hui c'est l'inverse: la Turquie produit plus de 80 % de ses besoins (grâce à) 3.500 entreprises".

Le groupement des industries de défense, qui dépend directement de la présidence turque, envisage la construction d'un "dôme de fer", système de défense anti-missile à l'image de celui qui protège Israël, a rapporté M. Simsek, membre du conseil d'administration.

"Nous avons près d'un millier de projets de ce type, tous recourant à une technologie de pointe, qui vont renforcer nos capacités d'export à l'avenir. Ce qui nécessite des ressources supplémentaires" a-t-il argumenté.

Selon le ministre, le fonds dévolu aux industries de défense dans le budget national est passé de 90 milliards de livres en 2023 à 165 milliards en 2024. "Peut-être faut-il le doubler encore" a-t-il avancé.

Le président Erdogan a de nouveau insisté mardi arguant que, "même s'il y a des gens pour ne pas voir le danger qui approche notre pays, nous percevons le risque et nous prenons toutes nos précautions".

Mais l'opposition ne voit dans ces démonstrations qu'une façon de "déguiser la crise" économique que subit le pays.

Pour Deniz Yucel, porte-parole du CHP, premier parti d'opposition au parlement, "la défense de la patrie (...) est devenue un instrument politique pour l'AKP qui prépare une nouvelle proposition de pillage en exploitant les sentiments nationaux".

M. Yucel accuse l'AKP de chercher à créer "une menace étrangère sur le thème +Israël peut nous attaquer+": "Ils essaient de dissimuler la crise économique qu'ils ont provoquée. Les gens de la rue sont en difficulté comme s'il y avait une économie de guerre" a-t-il dénoncé.

La Turquie connait une inflation à deux chiffres ramenée le mois dernier sous les 50% sur un an, mais qui a dépassé les 85% en octobre 2022. (AFP, 15 oct 2024)

La Turquie est riche mais c’est Erdogan qui en profite!

Ragip Duran, TVXS.GR, 5 octobre 2024

“On ne fait pas d’économie quand il s’agit de prestige” avait prôné le Président Erdogan en réponse aux critiques de l’opposition qui parlait des dépenses publiques inutiles pour des spectacles du pouvoir.

Lors de sa dernière visite à New York, à l’occasion de la 79ème Assemblée Générale de l’ONU, la délégation turque a dépensé à peu près 5 millions de dollars US pendant les 6 jours américaines du 22 au 28 septembre.

Les avions militaires de cargo  avaient transporté les voitures blindées de la délégation. 6 ministres plus une dizaines de bureaucrates haut placés, accompagnés de leurs époux ou épouses faisaient partie de la délégation. La majorité des chefs d’Etat ou de gouvernement, accompagnée de petites délégations préfèrent en générale des vols réguliers pour se rendre aux pays étrangers.

Plus de 15 journalistes, tous pro-gouvernement étaient en mission. Le prix de la suite “royale” d’hôtel du seul couple Erdogan  était de 25 milles dollars pour une seule nuitée. Les chambres d’hôtel de l’ensemble des membres de la délégation, les repas et les dîners étaient payés par l’Etat.

Les 6 avions en provenance de la Turquie ont dû attendre pendant six jours à l’aéroport de New York. 
Il fallait démontrer à l’opinion publique américaine l’importance de la visite du “Grand Président Mondial”:  Des camionnettes portant les banderoles de “I love Erdogan” qui circulent dans le centre ville ont coûté 3500 dollars par heure. Les grands panneaux électroniques de publicité sur lesquels étaient inscrits “İnvest in Turkey” coûtaient 60 milles dollars par jour. 

Il faut également ajouter à la note les per diems des fonctionnaires et des bureaucrates plus le prix des cadeaux offerts aux diplomates étrangers.

Malgré tous ces spectacles et dépenses, la salle de l’Assemblée Générale était presque vide lors du discours de Président turc. Les chaînes de TV turques n’ont montré que l’orateur. Aucun grand média americain n’a eu la gentillesse d’inviter le Président Erdogan pour une interview.

Le régime d’Erdogan prône souvent “l’économie” et prétend lutter contre les dépenses publiques inutiles. Le Ministère de l’Education Nationale a récemment décidé d’enlever les machines à the et au café des salles des professeurs des écoles “pour faire des économies”.

Le régime n’est pas extravagant uniquement à l’étranger. Les dépenses quotidiennes du Palais présidentiel s’élève à  15 millions de livres turques (LT) (Environ 400 milles euros).

6.7 millions de LT (Environ 180 milles Euros)  sont dépensés quotidiennement pour la protection du Président. Quand le Président se déplace à Ankara, à Istanbul ou dans une autre ville du pays,  au moins 49 voitures forment un convoi.  

Les médias d’opposition exposent la contradiction entre la vie quotidienne des gens de la rue et le train de vie des membres du haut pouvoir: Alors que les paysans, les travailleurs ne peuvent plus acheter des vêtements d’hiver pour leurs enfants, ne peuvent manger de la viande  qu’une fois par semaine, les seigneurs dépensent arbitrairement l’argent public aux Etats Unis.

La Turquie a donc de l’argent pour dépenser des millions de dollars à New York. “Quelle est donc la source de cette richesse?” se demande un internaute.

Le dernier modèle de la BMW X7 coûte 85.000 dollars aux Etats Unis. Cette même voiture de luxe coûte 630.000 dollars en Turquie. Donc à peu près 8 fois plus cher. Car trois types de taxes sont ajoutés au prix primaire: La TVA , la Taxe Spéciale de Consommation et puis la Taxe d’importation.


Forces armées/Armed Forces

Syrie: l'OSDH fait état de 27 civils tués par des frappes turques
 
L'Observatoire syrien des droits de  l'homme (OSDH) a fait état vendredi de 27 civils tués dans les frappes turques  ayant visé le nord et l'est de la Syrie, menées en représailles à l'attentat  qui a fait cinq morts à Ankara mercredi.
 
"Vingt-sept civils ont été tués dans 45 attaques de drones dans le nord et  l'est de la Syrie", a indiqué dans un communiqué l'OSDH, établi au Royaume-Uni  mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie.
 
Depuis jeudi soir, "les forces turques ont considérablement intensifié  leurs attaques aériennes et terrestres dans le nord et l'est de la Syrie", a  ajouté l'Observatoire.
 
Les forces kurdes avaient précédemment rapporté que 12 civils avaient été  tués, parmi lesquels deux enfants.
 
"En plus des zones peuplées, des avions de guerre et des drones turcs ont  ciblé des boulangeries, des centrales électriques, des installations  pétrolières et des points de contrôle des forces de sécurité intérieure  (kurdes)", avaient indiqué dans un communiqué les Forces démocratiques  syriennes (FDS), branche armée de l'Administration autonome soutenue par les  Etats-Unis.
 
Les autorités turques ont confirmé jeudi la responsabilité du Parti des  travailleurs du Kurdistan (PKK) dans l'attentat qui a fait cinq morts et plus  de 20 blessés mercredi près d'Ankara. En représailles, elles ont mené depuis  mercredi des frappes contre les positions du PKK en Irak et en Syrie.
 
La Turquie considère les Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui  dominent les FDS, comme une émanation du PKK, qu'elle qualifie de "groupe  terroriste".
 
L'armée turque, qui contrôle plusieurs zones du nord syrien après en avoir  expulsé les forces kurdes, mène régulièrement des frappes dans les zones  contrôlées par les Kurdes. (AFP, 25 oct 2024)

Clashes between Turkish-backed groups in northern Syria spark fire near border

Clashes erupted yesterday in northern Syria between rival Turkish-backed armed groups, resulting in a fire near Turkey’s Kilis province after a rocket hit the area.

The fighting, which took place near the Hiwar Kalas area in Aleppo province, involved violent exchanges between the Joint Forces and the Al-Sultan Murad Division on one side, and the Suqour Al-Shamal Faction on the other, according to the London-based Syrian Observatory for Human Rights (SOHR). All groups involved operate under the Syrian National Army (SNA), an umbrella group of Turkish-backed factions in Syria.

The clashes began after the Joint Forces attempted to storm the headquarters of Suqour Al-Shamal, according to the SOHR reporting. Following the failed attempt, tanks from the Joint Forces were deployed, and the fighting continued. Meanwhile, the Al-Jabha Al-Shamiya Faction reportedly intervened to assist Suqour Al-Shamal and lift the siege on the village of Hiwar Kalas.

SOHR claims that the Joint Forces were acting upon instructions from Turkey, which seeks to dismantle factions that oppose normalization with the Syrian government and the reopening of border crossings.

Turkey has recently sought to normalize relations with the Damascus government, with President Recep Tayyip Erdoğan expressing willingness to meet his Syrian counterpart, Bashar Assad. However, Damascus has yet to respond positively to Ankara’s overtures, which have caused unrest among SNA factions.

As a result of the clashes, an RPG-7 rocket hit a minefield in Syria, causing a fire near the border village of Akıncı in Kilis, the Turkish border province, according to the governor of Kilis.. After videos circulated on social media with claims that Kilis was targeted in the clashes, the governor issued a statement clarifying the incident.

“At approximately 17.53, an RPG-7 rocket hit a minefield during clashes between two groups from the Syrian National Army (SNA) on the Syrian side of the border near Akıncı village, causing a fire in the surrounding vegetation. The footage circulating on social media pertains to the Syrian side of the border, and there was no attack on Kilis,” said the governor’s office.

Turkish-backed groups control several cities in Syria’s north and northwest, within the boundaries of Aleppo province. These groups occasionally clash with each other, as well as with Syrian and Kurdish forces. (BIA, 17 oct 2024)

La Turquie et la Serbie annoncent renforcer leur coopération militaire

La Turquie et la Serbie ont annoncé vendredi  une nouvelle étape dans leur coopération militaire, à l'occasion d'une visite  à Belgrade du président Recep Tayyip Erdogan qui a laissé entendre que les  drones turcs pourraient être au coeur de cette coopération.

Les relations entre les deux pays connaissent "un âge d'or", a déclaré M.  Erdogan lors d'une conférence de presse, tandis que le président serbe  Aleksandar Vucic se félicitait de renforcer les liens de la Serbie avec "une  puissance importante" comme la Turquie.

M. Erdogan a mentionné comme axe de ce rapprochement "les capacités turques  en terme de véhicules aériens sans pilote" - un jour après avoir promis de  nouveaux drones dit "kamikazes" à l'Albanie lors d'un déplacement à Tirana.

En février, M. Vucic avait présenté les dernières acquisitions de l'armée  serbe, parmi lesquelles des drones chinois, et promis la mise en production  d'ici la fin 2024 d'un drone explosif made in Serbia.

A l'été 2023, la Serbie s'était offensée de la vente de drones turcs  Bayraktar au Kosovo - son ancienne province dont elle n'a jamais reconnu  l'indépendance. Mais les relations semblent s'être réchauffées.

M. Erdogan a par ailleurs souligné l'importance de la paix et de la  stabilité dans les Balkans et appelé à une approche posée des tensions entre  la Serbie et le Kosovo. (AFP, 11 octobre 2024)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Erdogan pourfend les "traîtres" qui "n'échapperont pas à la  justice divine"
 
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a  pourfendu mardi les "traîtres (qui) ont pu échapper à la justice turque", au  lendemain de l'annonce de la mort aux Etats-Unis du prédicateur Fethullah  Gülen, son ennemi juré.
 
"Ces traîtres ont pu échapper à la justice turque grâce à ceux qui les  protègent. Ils sont partis sans rendre compte du sang des martyrs (...) mais  ils n'échapperont pas à la justice divine", a déclaré le président turc.
 
Le chef de l'Etat turc réclamait de longue date l'extradition du  prédicateur, installé aux Etats-Unis depuis 1999, qui était accusé par Ankara  d'avoir ourdi une tentative de coup d'Etat en juillet 2016 en Turquie.
 
"Nous savons que le jugement d'Allah est sévère. Nous savons que des  réparations seront demandées à ces traîtres pour les dommages qu'ils ont  causés à notre pays", a lancé M. Erdogan devant des représentants de son Parti  de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur).
 
"Nous continuerons notre combat contre Fetö (acronyme péjoratif utilisé par  Ankara pour désigner le mouvement güléniste, NDLR). Nous serons sur le dos de  la meute de hyènes de Fetö, en Turquie ou dans les endroits les plus reculés  du monde", a-t-il affirmé.
 
Fethullah Gülen, mort dimanche en Pennsylvanie (Etats-Unis) à l'âge de 83  ans, fut avant de devenir la bête noire d'Ankara un allié précieux de Recep  Tayyip Erdogan, qui a lui-même profité du mouvement güléniste dans les années  2000 pour asseoir son pouvoir.
 
 Mais l'entente cordiale entre les deux hommes, fragilisée à partir de 2010,  avait volé en éclats lorsqu'un scandale de corruption, orchestré par des  magistrats acquis à la nébuleuse güléniste, avait éclaboussé fin 2013 le  cercle des intimes de l'alors Premier ministre Erdogan. (AFP, 22 oct 2024)
 
Des milliers de personnes pour la prière funéraire du prédicateur Gülen aux Etats-Unis
 
Plusieurs milliers de personnes ont assisté  jeudi aux rites funéraires pour le prédicateur musulman Fethullah Gülen,  ennemi juré du président turc Recep Tayyip Erdogan décédé en exil aux  Etats-Unis la semaine dernière.
 
La cérémonie s'est tenue dans un stade d'Augusta, dans le New Jersey, un  Etat proche de New York qui compte une importante communauté originaire de  Turquie.
 
Fethullah Gülen doit être enterré dans les Poconos, une région montagneuse  et boisée de Pennsylvanie (nord-est), où il menait depuis 1999 une vie de  reclus.
 
Le président Erdogan, qui réclamait depuis des années son extradition, a  pourfendu mardi les "traîtres (qui) ont pu échapper à la justice turque", au  lendemain de l'annonce de la mort du prédicateur à 83 ans.
 
Fethullah Gülen avait d'abord été un allié précieux pour Recep Tayyip  Erdogan, qui a profité du mouvement güléniste dans les années 2000 pour  asseoir son pouvoir.
 
 Mais l'entente cordiale entre les deux hommes, fragilisée à partir de 2010,  avait volé en éclats lorsqu'un scandale de corruption, orchestré par des  magistrats acquis à la nébuleuse güléniste, avait éclaboussé en 2013 le cercle  des intimes de M. Erdogan, alors Premier ministre.
 
La rupture a été définitivement consommée après le coup d'Etat manqué de  juillet 2016, imputé par Ankara au prédicateur, qui niait toute implication,  et à sa mouvance. Il avait été déchu de sa nationalité turque en 2017. (AFP, 24 oct 2024)

Mort aux Etats-Unis du prédicateur turc Fethullah Gülen, ennemi juré d'Erdogan
 
Les proches du prédicateur musulman Fethullah  Gülen, ennemi juré de Recep Tayyip Erdogan, ont annoncé sa mort lundi aux  Etats-Unis, où il résidait depuis un quart de siècle, selon l'information  largement reprise par les médias officiels turcs.
 
Selon la télévision publique turque TRT, le prédicateur de 83 ans, accusé  par Ankara d'avoir ourdi une tentative de coup d'Etat en Turquie en juillet  2016, est décédé "la nuit dernière à l'hôpital où il avait été emmené".
 
C'est un compte X proche du mouvement, "Herkul", interdit en Turquie, qui a  le premier annoncé le décès de M. Gülen "le 20 octobre".
 
"Le révérend Fethullah Gülen qui a passé chaque instant de sa vie à servir  la religion bénie de l'islam et l'humanité a marché aujourd'hui (20 octobre)  vers les horizons de son âme", écrit Herkul, en indiquant que "des  informations détaillées sur les procédures d'inhumation seront partagées  (ultérieurement) avec le public".
 
L'agence étatique Anadolu a aussi repris l'information, précisant que  "l'entourage de Gülen et de nombreuses personnes proches de la direction de  l'organisation, actives sur les réseaux sociaux, ont également affirmé que le  leader était mort".
 
Bien qu'abondamment commentée sur les réseaux sociaux et en direct par les  télévisions en Turquie, l'information  n'a pas immédiatement suscité de  réaction de la part des autorités ni de la classe politique.
 
 Inspirateur du  mouvement Gülen, aussi appelé "Hizmet" ("Service", en  turc), à la tête d'un tentaculaire réseau d'écoles à travers le monde,  Fethullah Gülen s'était installé de son plein gré en Pennsylvanie, aux  Etats-Unis, depuis 1999.
 
 Le prédicateur, accusé par le pouvoir turc de diriger un groupe  "terroriste", affirmait qu'il ne s'agissait que d'un simple réseau  d'organisations caritatives et d'entreprises.
 
 - "Traitre" -
 
 En exil, il échappait ainsi aux griffes d'Ankara: autrefois allié  d'Erdogan, il était accusé de terrorisme depuis qu'un scandale de corruption,  orchestré par des magistrats acquis à la nébuleuse guléniste, avait éclaboussé  fin 2013 des proches de l'alors Premier ministre.
 
La question sera de savoir si le président Recep Tayyip Erdogan, qui en  fait son ennemi juré, autorisera le retour de sa dépouille en Turquie.
 
La Turquie, qui le considère comme un "traitre" - et qualifie le mouvement  de "Fetö" (acronyme pour Organisation terroriste de Fethullah Gülen) - l'avait  déchu de sa nationalité en 2017.
 
Après le coup raté du 15 juillet 2016, le chef de l'Etat a fait et fait  encore procéder régulièrement à des vagues d'arrestations dans les rangs des  gülénistes et exigeait de ses alliés l'extradition de tout membre du réseau ou  proche de l'imam.
 
Des poursuites ont été engagées contre près de 700.000 personnes, et 3.000  d'entre elles, accusées d'avoir joué un rôle dans le putsch manqué, ont été  condamnées à la prison à vie, selon les autorités turques.
 
 Des purges de grande ampleur ont été également conduites dans les rangs de  l'administration et de l'armée: plus de 125.000 personnes ont été limogées des  institutions publiques, dont quelque 24.000 soldats et des milliers de  magistrats.
 
Des établissements d'enseignement privé, des médias et des maisons  d'édition ont aussi été fermés. (AFP, 21 oct 2024)


Synagogues vandalized in İzmir: ‘Turkey’s Jews living on edge since war began'

Turkey’s Jews should not be held accountable for Israeli PM Netanyahu’s actions, says Nesim Bencoya, coordinator of the İzmir Jewish Cultural Heritage Project.

Two historic synagogues in İzmir's Kemeraltı Bazaar, La Sinyora and Algazi, were vandalized on Oct 7, the anniversary of Palestinian groups’ attacks on Israel and the start of the Gaza war.

The perpetrators defaced the doors of both synagogues, painting bloody handprints and the "5.60," apparently a Quranic reference, on La Sinyora’s entrance. One person has been detained in connection with the incident.

Nesim Bencoya, the coordinator of the İzmir Jewish Heritage Project, told bianet that Turkey's Jews have been living in fear since the start of the war and warned that holding them accountable for the Israeli government’s actions could lead to bad consequences.

“We weren't there that day, we were informed about the incident through a photograph sent to us,” he said. “Someone came and drew bloody hand signs on both doors with red paint and wrote '5.60' with a number. I don't know what it means, maybe a code. Someone told me it could be part of a verse from the Quran, but I didn't look into it.

“The incident happened on the anniversary of October 7th. Of course there are things that should be protested and everyone has the right to protest, but to blame the Jews in Turkey for Netanyahu's policies or to expose them to such acts of hate is extremely wrong and can have bad consequences. Of course, someone could have gotten mad and done it that way.”

Attack on cultural heritage
Bencoya also highlighted that the vandalism targeted not just the Jewish community but shared cultural heritage. “They destroyed two 200-year-old doors. They targeted not only the common cultural heritage of Jews or İzmir, but also that of Turkey. This is very important.

“People need to produce a discourse against these attacks, not only to protect Jews but also to protect the common heritage. Local governments, NGOs, cultural heritage and educational institutions should take measures in this regard.

“We, the İzmir Jewish Community Foundation, the Jews of İzmir, are very active in the protection of cultural heritage and we have an important place in UNESCO plans and files related to Turkey's heritage. We are making many investments with our own contributions to develop this further.

“However, considering all these events, we can say that Jews in Turkey are living on the edge. They are constantly on guard and have to watch their backs. They don't know what will happen tomorrow. This feeling of anxiety is very bad, why should they live like this? No one should live like this.”

The Quranic reference

The 5.60 painted on the door of the synagogue could be a reference to verse 5:60 from the Quran, which, according to Islamic scholars, addresses punishments directed at Jews for their past disobedience to God's commands.

The verse reads, “Say, ˹O Prophet,˺ ‘Shall I inform you of those who deserve a worse punishment from Allah ˹than the rebellious˺? It is those who earned Allah’s condemnation and displeasure—some being reduced to apes and pigs1 and worshippers of false gods. These are far worse in rank and farther astray from the Right Way’.”

According to the interpretation of the Quran, known as tafsir in Islamic theology, by Turkey’s Presidency of Religious Affairs, the context of the verse indicates that it is about Jews: “Since the context of the verse we are exegeting is related to the Jews, the punishment of 'turning them into apes and pigs' - literally or figuratively - was most probably given to them, in addition to the other punishments mentioned in the verse.

“It is also reported in the Qur'an that the Jews deviated from the true religion at various times and worshiped idols (see, for example, al-Baqarah 2/54; al-Tahā 20/88). Undoubtedly, the Qur'an's intention here is not to narrate historical events, but to remind the Jews of events that were known to them and that had happened to their own nation, so that they may learn a lesson.

“Since the Jews were enlightened by revelation, i.e. the Torah, they had no excuse for violating Allah's commands, and as a result, they were subjected to such severe punishments. They are the ones whose place in the sight of Allah is worse and who have deviated more from the right path.” (BIA, 10 October 2024)

Socio-économique / Socio-economic

One of the hospitals sealed off for its alleged involvement in the scheme


A criminal group in the healthcare sector has allegedly been exploiting newborns with health problems to generate illegal profits, a year and a half-long investigation has revealed.

The group involving doctors and emergency call center workers, publicly dubbed as the “Newborn Gang,” is responsible for the deaths of at least 12 infants, according to the indictment filed on Oct 16.

The scheme involved directing newborns with health issues to private hospitals, where members of the gang had connections. In many cases, these hospitals either administered treatments and medications that were not required or were ill-equipped to handle the babies’ medical needs.
The private hospitals involved billed the SGK and the families excessive charges, resulting in significant profits for the gang members.

Prosecutor threatened in his office

The Büyükçekmece Chief Public Prosecutor's Office initiated an investigation on May 21, 2023, after a complaint from İstanbul’s Provincial Health Directorate.

As of June 20, 2023, multiple operations resulted in the detention of several suspects. Among them were individuals with direct ties to private hospitals involved in the scheme.

An indictment against 47 suspects, 22 of whom are currently remanded in custody, was issued on Oct 16.

The filing of the indictment followed a public outrage, which was triggered by a video leaked on social media earlier this week, where a man apparently affiliated with the gang was threatening the prosecutor conducting the investigation in his office.

In the secretly recorded video, the man who introduces himself as a former law enforcement official, warns the prosecutor that the people involved are extremely dangerous, are following him and his family, and will harm his relatives if he does not cover up the case.

Hospital licenses revoked

The SGK confirmed today that its inspectors, including three chief inspectors and three regular inspectors, are conducting investigations into the hospitals under contract with SGK.

In addition, it revoked the licenses of nine hospitals in İstanbul. One of those hospitals, the Şafak Hospital in the Bağcılar district, had its operations suspended in September for its alleged involvement in the scheme.

Further claims

Following the revelations, numerous parents have come forward on social media, alleging that their own newborns may have been subjected to similar mistreatment by private hospitals.

SGK has stated that, under current regulations, it primarily audits hospitals on financial and billing matters, suggesting that broader reforms may be necessary to prevent such abuses in the future.

The Turkish Medical Association (TTB) blamed the government for the incident, asserting that it was a result of the policies focusing on profitability and “turning hospitals into businesses and patients into customers.” (BIA, 24 oct 2024)

22 blessés dans un accident de car, dont des touristes japonais

  Vingt-deux personnes, parmi lesquelles des touristes japonais, ont été blessées jeudi dans l'ouest de la Turquie dans l'accident d'un car, ont indiqué l'agence de presse turque DHA et l'ambassade du Japon à Ankara.

Selon DHA, le chauffeur a perdu le contrôle du véhicule qui s'est retourné sur une autoroute dans la province d'Afyonkarahisar.

"Plusieurs Japonais ont été blessés et transportés vers des hôpitaux", a précisé à l'AFP un porte-parole de l'ambassade du Japon en Turquie, ajoutant que 21 ressortissants japonais se trouvaient à bord du car.

Des images diffusées par DHA montrent un autocar blanc couché sur un flanc au milieu d'un champ.

Les accidents d'autocar, un des moyens de transport les plus populaires y compris sur de longues distances, sont fréquents en Turquie. (AFP, 17 oct 2024)

Séisme de magnitude 5,9 dans l'Est

Un tremblement de terre de magnitude 5,9 a secoué mercredi plusieurs provinces de l'Est de la Turquie, sans faire de victimes, ont annoncé les autorités.

La secousse s'est produite à 10H46 (07H46 GMT) dans le district de Kale, dans la province de Malatya, l'une des plus meurtries par le séisme de magnitude 7,8 du 6 février 2023, qui avait fait plus de 53.500 morts en Turquie et près de 6.000 en Syrie voisine.

"Trois bâtiments se sont effondrés partiellement" dans les provinces de Malatya, Sanliurfa et Elazig, a indiqué sur X le ministre turc de l'Intérieur, Ali Yerlikaya, affirmant qu'aucun décès n'était à déplorer.

187 personnes "affectées par le séisme" ont toutefois été prises ont en charge par des médecins, et 43 restaient "sous surveillance" mercredi après-midi, a précisé le ministre lors d'une conférence de presse.

Les gouverneurs d'Elazig et de Malatya ont fait état d'habitants pris de panique s'étant blessés en chutant dans des escaliers ou en se défenestrant de crainte de voir leur immeuble s'écrouler.
 Quatre personnes ont en outre été extraites vivantes d'un bâtiment dans la province d'Elazig, a rapporté l'agence publique de gestion des catastrophes (Afad).

La secousse a été ressentie très fortement dans plusieurs grandes villes de la région, dont Diyarbakir, à quelque 140 km de l'épicentre, selon des correspondants de l'AFP sur place.

Des habitants de ces villes se sont aussitôt regroupés à l'extérieur, selon des images diffusées par les chaînes de télévision turques.

Les établissements scolaires ont été fermés par précaution mercredi dans cinq provinces de la région, ont annoncé les autorités. (AFP, 16 oct 2024)

Miners dismissed for unionizing march barefoot to parliament

A group of miners from the Fernas mining company based in Manisa, western Turkey, marched to the parliament barefoot as part of their protests going on since Aug 26.

The company owned by MP Ferhat Nasıroğlu of the ruling Justice and Development Party (AKP) fired several workers after they were unionized at the Independent Mine Workers’ Union (Bağımsız Maden-İş). The workers brought their protest to the capital city of Ankara on Oct 2, setting up a tent in the Kurtuluş Park in the governmental district of Çankaya.

Today, the workers, accompanied by opposition MPs, took another step to march towards the parliament. In response, police surrounded the park and prevented workers and union representatives from leaving the park. Workers protested by tapping their helmets on the ground while waiting for the barricade to be opened.

Başaran Aksu, an organizing specialist at Independent Mineworkers' Union, made a public statement in the park, saying that they had met with all the parties that have a group in the parliament and that everyone they met agreed with them. “Then we are right to march, and the order given to the security forces here is also unlawful,” he said.

'We've been sold out'
A miner who survived the 2014 Soma mine explosion, Turkey’s deadliest mining incident, also spoke, saying, “We’ve been resisting for 46 days to ensure worker safety and health, but this is actually the employer’s responsibility,” he said. “I’ve buried 301 people, but I won’t let them bury these friends. I will resist, if necessary, even against the President.”

Özay Karakuş, another laid-off Fernas worker, expressed his frustration with both the ruling and opposition parties, saying, “We’ve been sold out. All the deputies in parliament have sold us out. There are 10 deputies here with us, but where are the rest? This government and opposition don’t see us as human beings. If we were human, they would give us our rights.”

After a three-hour standoff, the police eventually backed down and the workers began marching to the parliament barefoot.

Background

Workers employed at Fernas Mining, owned by AKP deputy Ferhat Nasıroğlu in the Soma district of Manisa, organized under the Independent Mine Workers' Union (Bağımsız Maden İş) in response to poor working conditions, the inability to take leave, the lack of health and safety measures, bad meals, and low wages.

Initially, five unionized workers were dismissed, followed by two more. On August 26, miners started a protest to demand the reinstatement of their dismissed colleagues, as well as their rights. Since then, the number of dismissed workers has reached 95.

On Sep 17, when the workers attempted to stage a protest in front of Fernas Mining’s headquarters in the capital Ankara, the police detained 24 people.

On Sep 25, workers started a 'barefoot' march from Soma to Ankara and began a sit-in protest at Kurtuluş Park on Oct 2.

On Oct 3, MP Nasıroğlu held a press conference at the parliament, where he expressed his frustration that the dismissed workers had "come together in a serious and organized manner."

In response to Nasıroğlu's statements, the Independent Mine Workers' Union issued an open letter on Oct 4, addressing his remarks. They emphasized that “the workers have demands, and a solution can be reached through negotiation.” (BIA, 11 October 2024)

Erdogan veut durcir la loi après une série de crimes

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé  mercredi son intention de durcir la loi après une série de crimes qui ont  suscité l'émoi dans la société turque.

Le chef de l'Etat veut ainsi faciliter la détention des suspects supposés  pouvoir "commettre de nouveaux crimes" et durcir les possibilités de  libération conditionnelle des condamnés à moins de cinq ans de prison.

"Une série d'événements récents, du martyre d'une policière jusqu'au  meurtre brutal de (deux) jeunes filles, ont provoqué une réaction justifiée au  sein notre nation. Cela nous dérange, comme tout le monde, de voir des  criminels avec des dizaines de dossiers inscrits à leur casier judiciaire se  promener librement", a-t-il affirmé devant le groupe parlementaire de son  parti, l'AKP.

Le nombre de dossiers à charge serait pris en considération pour faciliter  le placement en détention d'un individu, même si son procès est en cours et  qu'aucun verdict n'a encore été prononcé, selon la proposition du chef de  l'Etat.

Il a aussi annoncé sa volonté de durcir le système d'application des peines  pour éviter la remise en liberté de détenus avant qu'ils aient effectué au  moins de 10% de leur peine de prison.

Ces propositions nécessitent un changement du code pénal et d'autres lois  relatives au système judiciaire.

Un double féminicide, dont l'une des victimes âgée de 19 ans a été  décapitée, la semaine dernière à Istanbul, ainsi que le meurtre fin septembre  d'une policière âgée de 26 ans par un suspect au casier judiciaire bien  rempli, ont suscité l'émoi en Turquie.

Une association turque a recensé 290 meurtres de femmes depuis le début de  l'année en Turquie et plus de 160 "morts suspectes" classées comme suicides ou  accidents. (AFP, 9 octobre 2024)

Turkey's high inflation erodes alimony payments, leaving women in financial hardship

The Women’s Solidarity Foundation has released a report detailing the difficulties women encounter in securing alimony payments following divorce in Turkey, especially amid the country's economic challenges.

In addition to a significant amount of court-ordered alimony payments not being made, the existing alimony amounts are not keeping pace with the high inflation rate, further exacerbating the financial struggles of divorced women, according to the report.

The report, prepared by lawyers Zekiye Karaca Boz and Ceren Akçabay, analyzed 155 divorce cases across 16 provinces in the country. Accordingly, 44% of court-ordered alimony payments are not made. Some 48% of the surveyed of the women were unemployed, compared to 9% of the men, and 47% of the women stated that they had  no income at all.

Alimony payments fall short of basic needs

The report noted that the vast majority of alimony payments granted to women were below 1,000 Turkish liras, with the average amount standing at 1,179 liras, or just 6.9% of the national minimum wage (1 US dollar = 34.09 Turkish liras). These low payments fail to cover even basic living expenses, and with rising inflation, the situation for women continues to deteriorate. Despite this, 44% of men are avoiding alimony payments altogether, forcing 70% of women to resort to legal enforcement, which often proves ineffective.

Ceren Akçabay, a faculty member at İstanbul Okan University’s law school, told bianet, “The socio-legal challenges we identified in 2019 regarding access to alimony remain unchanged in 2024. Alimony amounts have diminished, and payments are not being made. With rising inflation, alimony leaves women on the brink of hunger."

She added that many women have no choice but to return to their family homes with their children.

Akçabay also emphasized the prevalence of violence in divorce cases, saying, “In 88% of the cases we examined, domestic violence was present. These women are facing both economic and physical abuse."

Akçabay called for reforms that take into account the country’s economic conditions, pointing to to the Court of Cassation’s precedent, stating that alimony decisions must reflect living conditions and economic realities.

Proposed changes to alimony laws

There is ongoing debate in Turkey about limiting the duration of alimony payments. The Islamist New Welfare (Yeniden Refah) Party proposed a bill in May 2024 that would cap alimony at five years, with expired payments being covered by a fund managed by the Family and Social Services Ministry.

Akçabay criticized this proposal, arguing that it would make alimony even less accessible for women. “Restricting alimony would make women fleeing domestic violence even more vulnerable. At a time when alimony is already insufficient, such reforms would impose further bureaucratic barriers and unfairly stigmatize women seeking their rights,” she said.

Recommendations for change

The report concluded with several recommendations for improving the situation of women seeking alimony, including:

- Collecting and sharing data on gender-based violence from the Justice Ministry, Interior Ministry, and Family and Social Services Ministry to develop more effective policies.
- Ensuring that courts consider security measures, such as shelter and childcare support, before ruling in divorce cases involving claims of domestic violence.
- Taking steps to ensure fairness in divorce settlements, including giving women more time to consult with psychologists or social workers, and reviewing settlement agreements to confirm they are made of free will before court approval. (BIA, 6 October 2024)

Animal rights activists in Turkey refuse to celebrate World Animal Day

Animal rights activists in Turkey refuse to celebrate World Animal Day in face of law enabling stray dog killings
Animal rights groups have declared that they refuse to celebrate World Animal Day in protest of a recently passed law that they claim permits the mass killing of stray dogs across the country.

The law in question, an amendment to the "Animal Protection Law," was approved by the parliament on Jul 30. Critics argue that it opens the door to the widespread culling of stray animals. Since its publication in the Official Gazette on Aug 2, numerous reports of street animals being poisoned, tortured, or killed have surfaced from various regions of Turkey.

In response, animal rights groups have declared that Oct 4 will not be a day of celebration but a "day of struggle" for the protection of street animals.

"Sharp rise in violence against animals"

The Caferağa Hayvan Dostları group based in Kadıköy, İstanbul, expressed their criticism of the law: "Since the law was passed, we have seen a sharp rise in cases of violence against animals. Poisoning, torture, and mass killings have sadly become daily occurrences. This reflects the dangerous normalization of violence against animals in society. Street animals, who should be protected by law, have instead become targets."

The group also criticized municipalities that have begun rounding up stray dogs, often in violation of procedures. "Municipalities without adequate shelters or resources are hastily collecting dogs from the streets. Some have died due to improper treatment, while the fate of many others remains unknown," the group added.

Another activist group, Sokaktayım Yanındayım Initiative, echoed these sentiments. "We cannot celebrate World Animal Day while laws enabling the slaughter of animals are being enacted. We feel the shame of living in a country where such legislation exists," they stated.

Haydar Özkan, founder of the Nature, Human, Animal Protection and Information Confederation, warned of the human cost of legislative delays: "Since this law came into effect, dozens of animals have been killed. Every day the Constitutional Court delays its decision on this law, more animals lose their lives." (BIA, 4 oct 2024)


Men killed 33 women in September

According to the news compiled by bianet from local and national newspapers, news websites and agencies, men killed at least 33 women and one child in September. One of the killed women was transgender.

Additionally, 21 women died under suspicious circumstances, making it unclear whether the killings were gender-based or not.

Men perpetrated violence on at least 45 women, abused at least 14 boys and girls, and sexually harassed at least eight women. Men raped three women and coerced 61 women into sex work.

Men killed at least 278 women in the first nine months of the year.

Suspicious deaths by provinces

Antep (2), Aydın (1), Balıkesir (1), Batman (1), Çanakkale (1), Çorum (1), Erzurum (1), Eskişehir (2), İstanbul (3), İzmir (1), Kayseri (1), Mardin (1), Niğde (1), Osmaniye (1), Samsun (1), Van (2).

Male violence in 2024, 2023, 2022 and 2021

In the first nine months of 2024, men killed 278 women, harassed 60 women, abused 117 children, inflicted violence on 443 women and raped 11 women. Men forced at least 327 women into sex work. While 211 women's deaths were reported as “suspicious” in the press, men killed at least 32 children.

In the first nine months of 2023, men killed 247 women, harassed 56 women, abused 97 children, committed violence against 578 women and raped 12 women. Men forced at least 254 women into sex work. While 190 women's deaths were reported as “suspicious” in the press, men killed at least 18 children.

In the first nine months of 2022, men killed 248 women, harassed 118 women, abused 187 children, inflicted violence on 605 women and raped 24 women. Men forced at least 372 women into sex work. In the first nine months of 2022, 145 women's deaths were reported as “suspicious” in the press, while men killed at least 32 children in the first nine months of the year.

In the first nine months of 2021, men killed 234 women, harassed 116 women, abused 111 children and raped 78 women. Men forced at least 507 women into sex work and inflicted violence and injuries on at least 617 women. In the first nine months of 2021, 170 women's deaths were “suspicious”, while men killed at least 25 children. (BIA, 3 oct 2024)


Le vin turc voit son salut dans l'exportation

Escortée par son oenologue italien dans ses vignes de Thrace, dans le nord-ouest de la Turquie, Zeynep Arca Salliel pressent qu'il est temps de vendanger.

La quinquagénaire est devenue viticultrice dans les années 2000, après l'abandon du monopole d'Etat sur les ventes d'alcool qui favorisait les grands producteurs.

Aujourd'hui, son domaine d'Arcadia sort 120 à 150.000 bouteilles par an, à partir de cépages locaux et étrangers. Mais cette passion est semée d'obstacles.

"Le climat qui change, la crise économique, les équipements importés - payés en euros -
et le manque de visibilité des vins turcs...", énumère-t-elle.
 "On produit des vins de qualité mais on a du mal à les vendre ici et à exporter".

Comme tous les autres vignerons rencontrés, elle cite encore les taxes, la bureaucratie tatillonne et des lois parfois ubuesques qui sont en train de tuer leur production.

Comme Zeynep Arca Salliel, toute une génération de nouveaux venus, dont de nombreuses femmes, souvent formés à l'étranger et attachés à la qualité, a suscité une renaissance du vin en Turquie, explique la sommelière et consultante Göknur Gündogan.

La Turquie compte environ 250 domaines "dont la moitié de qualité", estime-t-elle.

A côté des cépages "internationaux", cabernet, sauvignon, merlot, les viticulteurs turcs expérimentent des variétés locales, narince, kolorko, papaskarasi... Même les plus anciennes et les plus grosses maisons du secteur s'y sont mises.

- Héritage anatolien -

Sur le millier de cépages autochtones identifiés par le célèbre ampélographe français Pierre Galet, une quinzaine environ sont cultivés pour le vin, estime Mme Gündogan. Avec succès.

"Quand les critiques internationaux venaient en 2009, sur une cinquantaine de crus on avait six cépages locaux à leur présenter: aujourd'hui on propsoe 85 vins, tous de cépages autochtones", relève fièrement l'architecte Umay Çeviker, fondateur du Yaban Kolektif dédié à la préservation de l'héritage viticole d'Anatolie.

"Entre 2002 et 2013 c'était le bonheur!", résume Göknur Gündogan mais à cette date est tombée l'interdiction de toute publicité, promotion, dégustation et même des festivals des vendanges.

La Turquie, berceau multimillénaire de la vigne et du vin, dirigée par le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan "ne souhaite pas que les Turcs en consomment", résume l'experte.

"On ne peut faire aucune promotion. On a même peur de poster une photo sur Instagram", avoue Metin Harbalioglu qui, à 50 ans, démarre malgré tout une nouvelle cave en Thrace, Prius.

En plus d'une inflation officielle à 50% sur l'année,une TVA de 20% alourdit la facture et détourne les consommateurs qui en boivent en moyenne un litre par personne par an (40 l en France), soit 6% de la consommation d'alcool du pays, loin derrière la bière ou le raki, l'anisette locale.

Pire, depuis 2023 une loi impose aux producteurs une caution en banque pour anticiper d'éventuelles amendes à venir lors de contrôles mensuels particulièrement tatillons.

Selon Zeynep Arca Salliel, le barème des cautions établi selon les volumes produits varie de 500.000 à 15 millions de livres turques (13.120 euros à 394.000 euros), des sommes qui excèdent le revenu de nombreux petits domaines.

- Secret bien gardé -

Fondateur de Pasaeli, Seyit Karagözoglu, 58 ans, fut l'un des pionniers à investir dans une dizaine de cépages locaux entre la Thrace et les Dardanelles, dont le kolorko, tout juste sauvé de l'exinction. "Il y a assez de sauvignon ou de chardonnay dans le monde", sourit-il.

Importateur de vins et spiritueux, il bénéficie du réseau pour exporter aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et aux Emirats: ainsi ses bouteilles sont dispensées de la TVA turque.

Mais il regrette l'attitude des autorités: "C'est trop difficile pour la nouvelle génération. On entend déjà parler de caves qui ferment", assure-t-il en égrenant quelques noms.

"Tout se résume aux taxes et aux régulations avec de grosses amendes à la clé. Mais la qualité ne les intéresse pas", reprend Umay Çeviker. "Vous pouvez inscrire n'importe quoi sur vos étiquettes, personne ne viendra contrôler".

Pourtant la qualité est là, jure l'oenologue italien d'Arcadia, Andrea Paoletti, arrivé il y a vingt ans en Turquie pour travailler chez Pasaeli: pour lui, "l'avenir des vins turcs se trouve sur le marché international. Ils doivent se faire connaître".

"Hélas, nous restons un secret bien gardé", se désole Zeynep Arca Salliel.

Sur 78 millions de litres produits en 2021, 1,8 million ont été exportés, selon les statistiques officielles. Cinquième producteur mondial de raisins, le pays est le 51e exportateur de vin.

Mais Göknur Gündogan reste confiante: "Même sous les Ottomans, malgré la prohibition, la Turquie n'a jamais tourné le dos au vin. On peut changer de système, pas de mentalité", croit-elle. (AFP, 1 oct 2024)


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

A Istanbul, Erdogan salue les "efforts" de son "cher ami" Scholz
 
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a  salué samedi les "efforts" de coopération de son "cher ami" le chancelier  allemand Olaf Scholz pour un contrat de livraison d'armements à la Turquie,  malgré leur désaccord persistant sur la guerre d'Israël à Gaza.
 
Le chancelier, dont c'était la deuxième visite en Turquie depuis son entrée  en fonction, refuse le terme de "génocide" employé par le président turc et  maintient qu'"Israël a le droit de se défendre et doit respecter le droit  international".
 
"Les possibilités d'un cessez-le-feu doivent maintenant être exploitées  avec la libération des otages (aux mains du) Hamas", a-t-il insisté.
 
"Plus de 50.000 personnes ont été tuées, sans distinction entre les  enfants, les femmes et les personnes âgées", a fait valoir en retour M.  Erdogan qui a justifié la procédure lancée pour "génocide" contre Israël  devant la Cour internationale de justice.
 
"Nous attendons de tous les acteurs politiques qu'ils prennent l'initiative  et mettent un terme à la politique agressive d'Israël", a déclaré M. Erdogan,  dénonçant "le génocide perpétré par Israël dans les territoires palestiniens  et les attaques au Liban".
 
L'Allemagne n'est pas arrivée à la conclusion que "l'accusation de génocide  est légitime et justifiée", a souligné de son côté Olaf Scholz.
 
Les relations entre la Turquie et l'Allemagne sont sensibles, Berlin ayant  exprimé ses inquiétudes concernant la situation des droits de l'homme et de la  démocratie sous M. Erdogan.
 
La guerre entre Israël et le Hamas a exacerbé les désaccords, MM. Scholz et  Erdogan s'étant déjà affrontés à ce sujet en novembre à Berlin.
 
M. Erdogan dénonce la campagne militaire d'Israël à Gaza et ses dernières  opérations au Liban, tandis que l'Allemagne est un soutien indéfectible  d'Israël dont elle souligne le droit de se défendre.
 
En revanche, le chef de l'Etat turc a salué les "efforts" du chancelier  pour lever les restrictions allemandes à la fourniture d'armements à la  Turquie.
 
Ankara espère des avancées sur l'achat de 40 avions de combat Eurofighter  Typhoons pour pallier les retards de livraison des chasseurs américains F-16,  dont la vente a été approuvée par Washington au début de l'année.
 
"La Turquie est membre de l'OTAN et c'est pourquoi nous prenons toujours  des décisions qui conduisent à des livraisons concrètes", a indiqué le  chancelier, assurant que "le gouvernement britannique fait avancer (le projet)  pour lequel les négociations ont maintenant commencé".
 
La livraison des Eurofighters implique que les quatre pays européens,  Royaume Uni, Allemagne, Italie et Espagne, associés pour leur construction  soient d'accord. Chacun de ces pays peut mettre son véto à la vente.
 
Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, Berlin a récemment donné son feu  vert à d'importantes livraisons d'armes à Ankara, dont des missiles  antiaériens, pour une valeur de plusieurs centaines de millions d'euros.
 
Un net changement de cap alors que l'Allemagne avait considérablement  réduit ses exportations d'armes après l'offensive turque en Syrie en 2016.
 
L'Allemagne accueille la plus grande diaspora turque au monde, environ  trois millions de personnes. Et leurs relations commerciales ont atteint les  50 milliards de dollars, a précisé samedi M. Erdogan. Espérant les "porter à  60 milliards".
 
Concernant les problèmes migratoires, M. Erdogan a souligné qu'il y avait  actuellement quelque 3,5 millions de réfugiés syriens en Turquie et assuré  qu'Ankara ne leur fermerait pas ses portes.
 
"Notre porte a été ouverte aux réfugiés venant de Syrie. Elle est toujours  ouverte ... (aussi) pour ceux qui viennent du Liban", a-t-il déclaré.
 
Le chancelier Scholz a remercié M. Erdogan pour les efforts de la Turquie  pour contribuer à gérer les migrations et assuré que l'Allemagne continuerait  à soutenir Ankara face à l'afflux de migrants en provenance de Syrie. (AFP, 19 oct 2024)
 
Attaques contre la Finul: l'image de l'Onu est "honteuse", reproche Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé lundi que l'image donnée par l'Onu était "honteuse et inquiétante" concernant les attaques contre la Force intérimaire des Nations unies déployée dans le sud du Liban (Finul).

"L'image de l'Onu qui ne peut protéger son propre personnel est honteuse et inquiétante au nom du système international. Franchement, nous nous demandons ce que le Conseil de sécurité attend pour arrêter Israël", a déclaré le chef de l'Etat turc lors d'un discours télévisé après une réunion de son cabinet.

"Pouvez-vous imaginer ? Les chars israéliens pénètrent dans la zone de la Finul, attaquent les soldats de maintien de la paix, blessent même certains d'entre eux, mais le Conseil de sécurité de l'ONU se contente d'observer tout ce banditisme depuis les tribunes. C'est ce qu'on appelle l'impuissance", a-t-il ajouté.

Au moins cinq Casques bleus ont été blessés ces derniers jours en marge des combats entre l'armée israélienne et le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le Sud du Liban. Ces attaques ont été fermement condamnées par l'ONU, qui a évoqué de possibles "crimes de guerre".

La Finul est déployée dans le sud du Liban pour faire tampon avec Israël. Cette force qui compte plus de 9.500 soldats est prise sous les feux croisés d'Israël et du Hezbollah depuis que le mouvement pro-iranien a ouvert un front contre Israël en octobre 2023.

Elle accuse désormais les troupes israéliennes de tirs "répétés" et "délibérés" sur ses positions. (AFP, 14 oct 2024)

Migrants: l'UE exhorte la Turquie à enquêter sur de possibles exactions

La Commission européenne a  exhorté vendredi la Turquie à enquêter "de manière approfondie" sur des  allégations d'exactions et de renvois forcés de migrants en Afghanistan et en  Syrie, alors que le pays a reçu des fonds européens pour sa politique  migratoire.

Neuf médias dont Le Monde, El Pais, Der Spiegel et Politico, viennent de  publier les témoignages d'une quarantaine de migrants qui accusent les  autorités turques d'exactions dans des centres d'accueil et de renvois forcés  en Afghanistan et en Syrie.

Cette enquête de presse affirme que la Commission européenne "a ignoré à  plusieurs reprises les avertissements" de la société civile, de diplomates et  "même de son propre personnel" sur le sujet, alors que l'UE a financé la  construction ou la rénovation de centres.

Lors d'un point presse vendredi, une porte-parole de la Commission, Ana  Pisonero, a souligné qu'il était "de la responsabilité des autorités turques  d'enquêter de manière approfondie sur les allégations d'actes répréhensibles".

"Nous les exhortons à le faire", a-t-elle insisté. "Si nous recevons des  preuves de violations des droits de l'homme ou d'autres valeurs fondamentales  liées à un programme financé par l'UE, alors bien sûr, nous remédierons à la  situation", a-t-elle assuré.

La Commission a souligné dans le même temps les "efforts" de la Turquie,  pour "accueillir 3,6 millions de réfugiés syriens et d'autres pays étrangers".

Ana Pisonero a également mis en avant la "grande solidarité" européenne,  via la mobilisation de "près de 10 milliards d'euros" depuis 2012 pour  soutenir "les réfugiés et les communautés d'accueil" en Turquie et la promesse  d'un "milliard supplémentaire" en 2024.

Fin septembre, la Commission européenne avait réclamé une enquête à la  Tunisie, après des témoignages accusant des forces de l'ordre de violences  sexuelles contre des migrants, en dépit de financements européens pour gérer  l'immigration. Les autorités tunisiennes avaient contesté ces accusations.

Les ONG tirent régulièrement la sonnette d'alarme sur les mauvais  traitements dont sont victimes les migrants dans les pays de transit.

L'immigration est à l'ordre du jour du sommet européen des 17 et 18 octobre  à Bruxelles, où les chefs d'Etat et de gouvernement aborderont le renforcement  des contrôles aux frontières extérieures de l'UE et l'accélération des retours  de migrants illégaux.

Jeudi à Luxembourg, les ministres européens de l'Intérieur ont débattu d'un  nouveau tour de vis, entre appels à réviser la "directive retour" de 2008 et  discussion inflammable sur des transferts de migrants dans des pays tiers. (AFP, 11 octobre 2024)

Scholz ira le 19 octobre en Turquie pour s'entretenir avec Erdogan

Olaf Scholz va se rendre la semaine prochaine  en Turquie pour rencontrer le président Recep Tayyip Erdogan afin de  s'entretenir notamment sur l'escalade de la guerre au Proche-Orient, a annoncé  vendredi un de ses porte-parole à Berlin.

Le chancelier allemand "rencontrera le samedi 19 octobre à Istanbul le  président Erdogan", a déclaré Wolfgang Büchner lors d'une conférence de presse  régulière.

Olaf Scholz s'était rendu en Turquie en mars 2022, quelques mois après son  entrée en fonction en tant que chancelier.

Au menu des discussions figurent "la guerre de la Russie contre l'Ukraine  et la situation au Proche-Orient. Les migrations et les questions économiques  et bilatérales seront également à l'ordre du jour", a déclaré le porte-parole  sans vouloir rentrer dans les détails.

Les discussions s'annoncent de nouveau délicates. L'Allemagne critique  régulièrement la politique jugée autoritaire mise en place par le président  turc depuis le putsch manqué de 2016.

Et le soutien d'Ankara au Hamas dans la guerre avec Israël a encore creusé  le fossé.

Le président turc dénonce depuis des mois avec virulence la conduite  d'Israël dans la guerre, qualifiant le Premier ministre israélien Benjamin  Netanyahu de "boucher de Gaza" suite aux bombardements massifs lancés par  Israël après le 7 octobre 2023.

Ce jour là, le mouvement islamiste Hamas, qui dirige l'enclave  palestinienne de Gaza, a mené une attaque sanglante en Israël entraînant la  mort de 1.206 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de  l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens et incluant les otages  morts ou tués en captivité.

En représailles, Israël a lancé une vaste offensive contre la bande de Gaza  qui a fait à ce jour quelque 42.000 morts, selon le ministère de la Santé du  Hamas, et déplacé la quasi-totalité de ses 2,4 millions d'habitants.

L'Allemagne est de son côté l'un des principaux soutien d'Israël, aux côtés  des Etats-Unis, même si Berlin a plus d'une fois appelé M. Netanyahu à la  mesure et plaidé avec insistance en faveur d'un cessez-le-feu.

Lors d'une visite à Berlin du chef de l'Etat turc en novembre dernier, MM.  Scholz et Erdogan avaient constaté leurs divergences de vues.

Le "droit à l'existence d'Israël" est "irréfutable", avait alors mis au  point le chancelier, suite à des déclarations du président turc qui avait paru  remettre en cause la légitimité de l'Etat hébreu. (AFP, 11 octobre 2024)

DEM Party delegation concludes key meetings in Strasbourg

A delegation from the Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party, led by co-chair Tülay Hatimoğulları, held a series of high-level meetings over three days in Strasbourg to discuss the worsening authoritarianism and human rights situation in Turkey. The delegation met with several prominent Council of Europe officials, focusing on the country’s increasing political repression, human rights violations and disregard for the rulings of the European Court of Human Rights (ECHR).

One of the most notable meetings was with Alain Berset, the recently elected Secretary General of the Council of Europe. Berset, who is responsible for overseeing the strategic management of the organisation, held a closed-door meeting with the DEM Party delegation on the last day of their visit. The discussion focused on the deepening authoritarian tendencies in Turkey.

In addition to the meeting with Berset, the DEM Party delegation met with several other key figures, including the President of the Parliamentary Assembly of the Council of Europe, the Chair of the Assembly’s Monitoring Committee and the Director General for Political Affairs and External Relations.

During their visit, the delegation attended the meeting of the Parliamentary Assembly’s Left Group, where Hatimoğulları spoke about the need for Europe to put pressure on Turkey to fulfil its obligations. She criticised the leniency given to Turkey as a result of President Erdoğan’s use of the migrant crisis as a bargaining chip and called on the European institutions to uphold their founding values and principles.

At the end of the meetings, Hatimoğulları made a press statement, described these meetings as crucial in raising concerns about Turkey’s human rights record and the ongoing problems faced by the DEM Party.

Hatimoğulları emphasised the significance of the European Court of Human Rights (ECHR) rulings in the Kobanê and Gezi cases, which had found Turkey in violation of human rights. “The ECHR rulings must be enforced,” she said. “Turkey is a signatory to the European Convention on Human Rights and must comply with these decisions.” She drew attention to the lengthy prison sentences handed to prominent figures such as Figen Yüksekdağ, Selahattin Demirtaş, Osman Kavala, and Can Atalay, highlighting the Turkish government’s ongoing disregard for these judgments.

Another key issue raised during the meetings was the appointment of government trustees to replace elected mayors in DEM Party municipalities, particularly in Hakkari. “The appointment of trustees is a violation of the right to vote and stand for election,” said Hatimoğulları. She noted that local democracy is one of the Council of Europe’s core areas of work, making this a serious violation of democratic rights.

The delegation also raised the issue of the continued isolation of Abdullah Öcalan, who has been held in solitary confinement in İmralı Prison for almost four years without contact with his family or lawyers. “This situation violates both international conventions that Turkey has ratified and its own constitution,” Hatimoğulları said, adding that the European Committee for the Prevention of Torture had previously visited İmralı and produced a report that has yet to be published.

Human rights violations in Turkish prisons were another major topic of discussion. Hatimoğulları expressed concern about the increasing repression under Turkey’s authoritarian regime: “Human rights violations are on the rise and young people, who feel unsafe, are trying to emigrate.”

The issue of violence against women was also raised, particularly in the context of Turkey’s withdrawal from the Istanbul Convention. “We highlighted how this decision has left women without essential legal protection, making them even more vulnerable to violence,” said Hatimoğulları.

Concluding the meetings, Hatimoğulları stressed the need for a global push for peace, especially in the Middle East. “We have conveyed our message to the Council of Europe that a major peace effort is needed. We must all work together to build a peace process, and democratic forces have a crucial role to play in this.” (MedyaNews, 3 oct 2024)


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Le long bras corrupteur d’Erdogan aux États-Unis

Par Guillaume Perrier, Le Point,  30 septembre 2024
Recep Tayyip Erdogan est reparti de New York furieux. Sans même attendre le dîner officiel des chefs d'État autour de Joe Biden, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, le « Reis » a repris son avion pour la Turquie, après un nouveau camouflet avec son allié américain. Le même jour, jeudi 26 septembre, la cour fédérale de Manhattan a inculpé le maire démocrate de New York, élu en 2021, Eric Adams, pour cinq chefs d'accusation, dont ceux de « corruption » et de « financement illégal de campagne électorale ». Derrière ces malversations présumées apparaît l'ombre d'Erdogan.

Dans un rapport de 57 pages, la justice américaine, après une enquête déclenchée par le FBI, a mis en évidence les liens étroits du maire avec le régime turc et ses agences de lobbying outre-Atlantique, mais aussi avec l'Azerbaïdjan de l'autocrate Ilham Aliev. Pendant près de dix ans, Eric Adams, un ancien policier élu maire de l'arrondissement de Brooklyn en 2014 puis de la métropole en 2021, a été couvert de cadeaux de la part du gouvernement turc.

Des voyages de luxe en famille ont été organisés pour lui et plusieurs de ses collaborateurs, vers la Turquie, l'Inde, le Sri Lanka, la Chine, la Hongrie et la France, avec billets en classe business sur la compagnie Turkish Airlines et séjours dans des palaces, le tout pour une valeur de près de 100 000 dollars. Des avantages qu'Eric Adams et son cabinet auraient régulièrement sollicités auprès de leurs interlocuteurs et qui ont été systématiquement omis dans les déclarations financières obligatoires.

Multiples accusations

L'élu démocrate, âgé de 64 ans, est également accusé de fraude dans le financement de sa campagne électorale, en 2021. Au cours des mois qui ont précédé sa prise de fonction, Adams est accusé d'avoir reçu des donations illégales d'individus liés à des compagnies turques de BTP connues pour leur proximité avec Recep Tayyip Erdogan et leur implication, en Turquie, dans le rachat de médias et le financement d'activités politiques. Ce qui équivaut à un financement par un État étranger.

En septembre 2021, précise l'acte d'accusation de la cour fédérale, un officiel turc qui joue les intermédiaires avec le maire de New York signifie à ce dernier que « son tour est venu de rendre service ». La Turquie est alors sur le point d'ouvrir à Manhattan un nouveau consulat, la « Maison turque » (« Türk evi »), un gratte-ciel de 36 étages. Le président Erdogan doit venir l'inaugurer. Sur ordre d'Ankara, Eric Adams aurait alors fait pression sur les pompiers de New York afin qu'ils autorisent l'inauguration à temps pour la visite du « Reis », sans l'inspection préalable de sécurité incendie légalement exigée.

Le responsable des pompiers new-yorkais aurait été menacé de perdre son emploi s'il ne s'exécutait pas. Le 21 septembre, tout est prêt. Erdogan coupe le ruban de la Maison turque. « Nous sommes fiers parce que nous reflétons la beauté et l'élégance de notre architecture historique et traditionnelle sur l'horizon de New York », dit-il le jour de l'inauguration.

Depuis la publication de l'acte d'accusation, en pleine campagne présidentielle américaine, les appels à la démission se sont multipliés, y compris au sein du Parti démocrate. Ce serait une première pour un maire de New York en exercice. Mais Eric Adams refuse. « J'espère me défendre et défendre les habitants de cette ville comme je l'ai fait au cours de ma carrière politique », a-t-il déclaré, devant sa résidence, après une perquisition menée par le FBI pour saisir ses téléphones.

Derrière les réseaux mis en place pour influencer le maire de New York apparaît, une fois encore, le bras long d'Erdogan et de la Turquie. Une série de scandales a déjà émaillé la politique américaine ces dernières années, faisant apparaître une puissante organisation au service d'Ankara. Le conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale, Michael Flynn, a été inculpé en 2019 pour avoir agi secrètement « en tant qu'agent de la Turquie ». Plus ancien, on se souvient du cas de la représentante républicaine de l'Ohio, Jean Schmidt, accusée d'avoir reçu près de 600 000 dollars entre 2009 et 2011 de la part de la Turkish Coalition of America (TCA), la vitrine des organisations turques aux États-Unis.

Les cas sont légion. La Turquie, allié historique de Washington et partenaire au sein de l'Otan, a toujours été l'un des pays les plus actifs, dépensant sans compter dans de vastes entreprises de lobbying et d'influence auprès des élus américains. Une étude menée en 2015 montrait que pas moins de 159 élus américains (à la Chambre des représentants ou au Sénat) ou leur staff ont bénéficié de luxueux voyages gratuits en Turquie, au cours de la mandature.

Depuis dix ans, Erdogan a encore insisté dans cette voie, finançant des campagnes pour réclamer l'extradition du prédicateur Fethullah Gülen, exilé en Pennsylvanie et accusé d'être le cerveau du « coup d'État » du 15 juillet 2016 en Turquie, ou pour contester le soutien américain aux rebelles kurdes du YPG (unités de protection du peuple, affiliés au PKK) en Syrie. Il s'est appuyé pour cela sur les structures traditionnelles de l'État, en y ajoutant ses propres outils : la fondation SETA, relais diplomatique du président et de ses services de renseignements, ou encore la fondation islamiste Türken, pilotée par son fils Bilal Erdogan.

En 2013, la justice américaine avait lancé une enquête contre la banque publique turque Halkbank. Le procureur de Manhattan avait alors mis en évidence l'utilisation de la banque turque pour aider l'Iran à contourner les sanctions internationales et lui permettre de continuer à commercer plus discrètement. L'arrestation en Floride, en 2016, de l'homme d'affaires irano-turc Reza Zarrab, pivot de ce schéma de corruption qui remontait jusqu'au président turc, déclencha une offensive sans précédent d'Ankara. Zarrab engagea comme avocats l'ancien maire républicain de New York, Rudy Giuliani, et l'ex-juge fédéral Michael Mukasey. Après une visite à Ankara où il s'était entretenu avec Erdogan, Giuliani avait proposé un échange de prisonniers entre Washington et Ankara, Gülen contre le pasteur évangélique Brunson, arrêté à Izmir et accusé de conspiration terroriste.

L'ombre de l'Azerbaïdjan

Derrière ces affaires de corruption et d'influence au profit de la Turquie se dessine aussi l'ombre de son petit frère turcique, l'Azerbaïdjan. Gavé de pétrodollars, le petit État du Caucase a adopté les mêmes stratégies. Le Comité étatique pour la diaspora d'Azerbaïdjan a financé en 2023 un voyage pour deux proches collaborateurs du maire Eric Adams, Edward Mermelstein et Rana Abbasova. Cette dernière n'est autre que la directrice du protocole et des relations internationales de la mairie de New York, après avoir occupé le même poste auprès d'Adams à Brooklyn. Abbasova, originaire d'Azerbaïdjan, a participé, drapeau azerbaïdjanais en main, à des manifestations en faveur de Bakou aux États-Unis et n'a cessé, depuis son entrée en fonction, de développer les liens politiques et culturels transatlantiques.

En 2013, une agence de lobbying avait été épinglée et son directeur azerbaïdjanais inculpé par la justice américaine pour avoir organisé des voyages en Azerbaïdjan pour une dizaine de représentants américains, avec les subsides, non déclarés, de la compagnie pétrolière azerbaïdjanaise SOCAR. (Le Point,  30 septembre 2024)

Relations régionales / Regional Relations

Erdogan prêt à "poursuivre le dialogue avec les Brics"
 
Le président turc Recep Tayyip Erdogan  a exprimé jeudi le souhait de "poursuivre le dialogue avec la famille des  Brics", lors du sommet élargi de cette plateforme de cinq pays qui se tient à  Kazan, en Russie.
 
"En tant que Turquie, nous sommes déterminés à poursuivre notre dialogue  avec la famille des Brics, avec laquelle nous avons développé des relations  étroites basées sur le respect mutuel et un esprit gagnant-gagnant" a déclaré  le chef de l'Etat.
 
"Les mécanismes politiques et financiers issus de la période de  l'après-Seconde Guerre mondiale ne peuvent donner ce qu'on attend d'eux",  a-t-il ajouté.
 
Pour le président turc, les Brics apportent "une contribution unique à la  construction d'un ordre mondial plus juste" en facilitant "le développement du  commerce mondial, la croissance économique et les objectifs de développement  durable".
 
La Turquie, un Etat membre de l'Otan aux relations parfois tendues avec ses  alliés occidentaux, a soumis une demande d'adhésion au bloc des pays émergents  des Brics, avait annoncé en septembre le porte-parole du parti du président  turc.
 
"Ceux qui disent (ne rejoignez pas les Brics ou toute autre structure) sont  les mêmes qui nous ont fait attendre pendant des années à la porte de l'Union  européenne", avait déclaré M. Erdogan.
 
Comptant quatre membres (Brésil, Russie, Inde, Chine) à sa création en 2009  et ayant intégré l'Afrique du Sud en 2010, le bloc désormais dit des Brics  (les initiales de ces Etats en anglais) a été rejoint cette année par  l'Ethiopie, l'Iran, l'Egypte et les Emirats arabes unis. (AFP, 24 oct 2024)
 
La Turquie présente ses condoléances au Hamas

Le ministre a “reçu le président de la choura (conseil) du Hamas Mohammed Ismail Darwish et des membres du bureau politique du Hamas” auxquels il “a présenté ses condoléances pour le martyre de Yahya Sinouar”, a annoncé le ministère dans un communiqué.

Il s’agit de la première réaction des autorités turques à la mort du chef militaire du Hamas, dont Israël a annoncé la mort jeudi.

Le décès de Yahya Sinouar a été confirmé vendredi par le mouvement islamiste palestinien.

Ankara et son président, Recep Tayyip Erdogan, étaient très proches du dirigeant politique du Hamas Ismail Haniyeh, tué en juillet en Iran dans un attentat attribué à Israël.

À l’ordre du jour de la réunion de vendredi, poursuit le ministère, “figurait l’état des dernières négociations en vue d’un accord de cessez-le-feu permettant l’échange d’otages (israéliens) et de prisonniers”, ainsi que le “processus de réconciliation inter-palestinien”.

“La situation humanitaire dans la région, particulièrement à Gaza, a été discutée (...) Le ministre Fidan a souligné que la Turquie utiliserait tous les moyens diplomatiques pour mobiliser la communauté internationales contre la catastrophe humanitaire en cours à Gaza”, ajoute-t-il. (Belga, 19 oct 2024)

La Turquie appelle à passer aux "sanctions" contre Israël

Le temps de la diplomatie est "dépassé", a jugé mardi le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, appelant à passer aux "sanctions" contre Israël.

"Nous avons dépassé la limite des mots, de la diplomatie, de la politique, nous sommes arrivés au bout. Il nous faut d'autres instruments", a déclaré le ministre lors d'une conférence sur "l'avenir de la Palestine" à Ankara.

"Nous devons passer aux sanctions. La communauté internationale doit prendre des actions légales, il faut boycotter Israël (qui) ne doit plus recevoir aucun soutien, dans aucun domaine" a-t-il martelé.

"Faute de quoi, Israël va continuer son génocide et les massacres à Gaza, parce qu'il n'en paye pas actuellement le prix économique, politique ou militaire" a poursuivi le ministre turc qui s'est inquiété, lors de cette conférence, de voir l'attention internationale se "détourner de Gaza" avec les attaques israéliennes sur le Liban.

"Et ceux qui soutiennent Israël doivent aussi en payer le prix, pour comprendre qu'il y a des limites à ce qu'ils font", a-t-il estimé.

La Turquie a rompu au printemps l'essentiel de ses liens économiques avec Israël mais une partie de l'opposition l'accuse de continuer de ravitailler le pays en pétrole au nom d'accords passés.

M. Fidan a reçu mardi son homologue jordanien, Ayman Safadi qui a regretté "l'impuissance de la communauté internationale" alors que l'extension de la guerre au Liban "pousse la région vers l'abime". (AFP, 15 oct 2024)

L'Ouganda signe un contrat à 2,7 milliards d'euros avec un groupe turc

L'Ouganda a signé un contrat de 2,7 milliards d'euros avec le groupe turc Yapi Merkezi pour la construction d'une ligne ferroviaire électrique devant relier ce pays enclavé au Kenya, a déclaré le ministre ougandais des Transports mardi.

Cette ligne électrifiée de plus de 270 km, qui doit à terme relier la capitale ougandaise Kampala à Malaba, ville à la frontière avec le Kenya, "fait partie d'un réseau prévu de 1.700 km", a précisé à l'AFP Katumba Wamala.

Ce méga-projet "améliorera la connectivité ferroviaire de l'Ouganda et de la région jusqu'au port maritime de Mombasa", dans le sud-est du Kenya, s'est-il félicité.

"L'Ouganda espère surmonter les longs délais de transport des marchandises de Mombasa vers notre pays enclavé et faciliter le transport vers nos voisins de la région", a-t-il ajouté en déplorant notamment les "dommages coûteux" causés par les poids lourds qui empruntent la route Mombasa-Kampala.

Les travaux de construction doivent débuter en novembre prochain et durer quatre ans.
 Le contrat de 2,7 milliards d'euros, signé lors d'une cérémonie lundi, "couvre la conception et la construction du chemin de fer ainsi que la fourniture de véhicules ferroviaires" qui rouleront à 120 km/h, selon un communiqué de Yapi Merkezi.

Entièrement électrifiée, la ligne doit comprendre une dizaine de gares - pour voyageurs et les marchandises - et un terminal. Le projet a la capacité de transporter 25 millions de tonnes par an, a précisé l'entreprise turque.

"Cela devrait nous permettre de réduire de moitié les coûts de transport des marchandises", a déclaré Ramathan Ggoobi, secrétaire permanent du ministère ougandais des Finances, dans une vidéo partagée en ligne.

"Nous sommes la deuxième route la plus chère au monde (...) nous devrions être parmi les plus compétitifs."

Yapi Merkezi a également entrepris la construction des 700 premiers kilomètres d'une ligne au départ de Dar es Salaam, tronçon d'un immense projet ferroviaire de 2.561 kilomètres devant à terme relier la capitale économique tanzanienne aux pays voisins. (AFP, 15 oct 2024)

En visite en Albanie, Erdogan dénonce "le génocide à Gaza"

"Le génocide commis à Gaza depuis un an est la honte de toute l'humanité", a dénoncé jeudi le président turc Recep Tayyip  Erdogan en visite en Albanie, appelant la communauté internationale à faire  pression pour un cessez-le-feu.

"Nous devons faire de notre mieux pour garantir de toute urgence un  cessez-le-feu permanent et exercer la pression nécessaire sur Israël", a dit  M. Erdogan lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre albanais  Edi Rama.

L'attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a entraîné la  mort de 1.206 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP  réalisé à partir de chiffres officiels israéliens et incluant les otages morts  ou tués en captivité dans la bande de Gaza.

S'en est suivi une guerre dévastatrice menée par Israël contre la bande de  Gaza qui a fait à ce jour près de 42.000 morts, réduit à l'état de ruines des  secteurs entiers du petit territoire assiégé et déplacé la quasi-totalité de  ses 2,4 millions d'habitants.

Le président turc dénonce depuis des mois avec virulence la conduite  d'Israël dans la guerre, qualifiant le Premier ministre israélien Benjamin  Netanyahu de "boucher de Gaza".

"L'agression conduite par le gouvernement Netanyahu menace désormais  l'ordre mondial au-delà de la région", a-t-il encore dit jeudi à Tirana.

En Albanie, pays majoritairement musulman, où un quart de la population est  chrétienne et où les mariages mixtes sont fréquents, M. Erdogan a inauguré la  grande mosquée de Tirana, financée par son pays, accompagné du Premier  ministre Edi Rama. Ce projet a eu un coût de 30 millions d'euros.

La Turquie "fait partie des cinq plus grands investisseurs étrangers" en  Albanie, avec 3,5 milliards de dollars d'investissement, avait rappelé M.  Erdogan en recevant le Premier ministre Edi Rama à Ankara en février.

Et plus de 600 entreprises turques fournissent des emplois à plus de 15.000  Albanais, avait-il ajouté.

La coopération est aussi militaire entre ces deux membres de l'Otan :  Tirana a reçu cette année les premiers drones Bayraktar TB2 turcs, ce dont  s'est félicité Edi Rama.

- Success story turque  -

M. Erdogan s'est rendu ensuite en Serbie, pays dans lequel la Turquie a  fait un grand retour en 2017.

Il a été accueilli jeudi soir à l'aéroport de Belgrade par le président  serbe Aleksandar Vucic.

Cinq siècles de présence ottomane en Serbie et une proximité culturelle et  historique entre la Turquie et le Kosovo avaient malmené les relations entre  les deux pays, mais "cette visite a réparé la relation avec la Serbie",  analyse Vuk Vuksanovic, analyste au Centre pour la sécurité politique de  Belgrade (BCSP/BCBP).

Depuis, "les Balkans sont une vraie success story pour la diplomatie  turque", ajoute-t-il.

Les relations ont parfois connu un refroidissement, comme lorsque Ankara a  vendu des drones au Kosovo. Mais l'affront pourrait être lavé avec un nouvel  accord de coopération, estime M. Vuksanovic.

"Je ne serais pas surpris si un accord militaire était conclu", ajoute ce  chercheur en sciences politiques, qui envisage trois principaux axes à cette  visite : "la coopération militaire, la position des entreprises turques et la  volonté de Belgrade de persuader Ankara de réduire son soutien au Kosovo".

La Serbie et ses 6,6 millions d'habitants sont devenus un terrain  économique important pour Ankara.

La valeur totale des investissements turcs y est passée "de 1 à 400  millions de dollars (environ 365 millions d'euros) au cours des dix dernières  années", selon le président du Conseil d'affaires Turquie-Serbie, cité en juin  par l'agence de presse turque Anadolu.

Selon les chiffres du gouvernement serbe, les exportations turques en  Serbie ont presque doublé et atteint 2,131 milliards de dollars en 2022,  contre 1,149 milliard de dollars en 2020 (1,95 milliard d'euros contre 1,05  milliard d'euros).

Belgrade est aussi une grande destination de voyage pour les Turcs, qui y  étaient en 2022 le deuxième contingent de touristes, juste derrière les  Bosniens et devant les Russes. (AFP, 10 octobre 2024)

L’Azerbaïdjan, cet infréquentable allié d’Israël

Le cinquième Salon de l'armement d'Azerbaïdjan (ADEX) s'est achevé le week-end dernier. Il était, pour l'autocrate Ilham Aliev, une nouvelle occasion de célébrer la « reconquête » et le nettoyage ethnique de la région du Haut-Karabakh par Bakou, achevée il y a un an. À ses côtés, les pays « vainqueurs » et les alliés plus discrets de l'Azerbaïdjan étaient mis à l'honneur : pas d'entreprises françaises, mais des exposants russes et biélorusses, pourtant « blacklistés » depuis la guerre en Ukraine, qui y côtoyaient les poids lourds du secteur de l'industrie de défense turque, pakistanaise, qatarie, mais aussi israélienne !

L'État hébreu, en guerre sur plusieurs fronts à Gaza et au Liban, avait dépêché à Bakou pas moins de neuf de ses principales compagnies d'armement et d'équipement militaire, des sociétés privées mais aussi publiques. Le pavillon d'Israel Aerospace Industries (IAI), la puissante entreprise publique, premier employeur d'Israël, a eu droit à tous les honneurs. Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, y a été reçu par le PDG d'IAI, Boaz Levy. Il a pu y admirer son dernier système de défense antiaérien, BARAK, ses missiles de précision à longue distance LORA, ses systèmes dits de « guerre électronique » et de renseignement…

Des outils technologiques qui lui ont été précieux au cours des dernières offensives contre l'Arménie. « À travers ces partenariats, IAI se prépare collectivement avec ses partenaires, aux défis de demain », déroule la communication de l'ADEX.

Pour Israël, l'Azerbaïdjan est un partenaire stratégique clé. Situé à la frontière avec l'Iran, où il peut s'appuyer sur une nombreuse diaspora azérie, Bakou accueille des stations d'écoute tournées vers l'Iran, et fournit à Israël un bon tiers de son gaz et de son pétrole, via le terminal turc de Ceyhan.

Depuis le 7 octobre 2023, cette coopération s'est encore renforcée. Le nombre des vols d'avions-cargos de la compagnie azerbaïdjanaise Silk Way Airlines entre Bakou et la base militaire israélienne d'Ovda est un bon indicateur des liens qui unissent les deux pays.

Alliances ?

Selon le quotidien israélien Haaretz, pas moins de 92 vols ont été recensés entre 2016 et 2023, un rythme qui s'est accéléré avec la guerre au Karabakh. Une douzaine de ces vols ont été observés entre septembre 2023 et avril 2024, selon le site Flightradar24. Et d'autres encore plus récemment. Tel-Aviv est l'un des principaux fournisseurs d'armement et de munitions à Bakou. Pendant le Salon de Bakou, un mémorandum a été signé entre le fabricant israélien d'armes Ari Arms et le conglomérat d'État azerbaïdjanais Azersilah, dans le but de développer la production d'armes légères aux normes de l'Otan. De nouveaux modèles de drones et de véhicules blindés sont également dans le viseur.

Pour certains stratèges militaires israéliens, la guerre contre le nouvel « axe du mal » pro-iranien dans tout le Proche-Orient justifie pleinement une alliance avec le régime de Bakou. Les tribunes et les communiqués faisant l'apologie du régime d'Aliev fleurissent dans la presse israélienne. Même si l'Azerbaïdjan est de plus en plus infréquentable sur la scène internationale.

Une telle association peut aussi conduire Israël à de sérieuses contradictions de fond : d'un côté, le pays dénonce régulièrement le soutien de la Turquie et du Qatar au Hamas ; de l'autre, il coopère avec ses entreprises au plus haut niveau. Les trois principaux sponsors de l'ADEX, le Salon de l'armement de Bakou, étaient l'entreprise publique israélienne Baykar, la société turque de fabrication des fameux drones Bayraktar, dirigée par Selçuk Bayraktar, le gendre de Recep Tayyip Erdogan, et Barzan Holdings, le géant qatari de l'armement !

Cette étroite coopération entre entreprises publiques et parapubliques de pays supposés être en froid tranche avec la virulence des discours du « Reis » Erdogan contre Israël. « Alors que les massacres israéliens se poursuivent, les compagnies de fabrication d'armes turques, israéliennes et qataries célèbrent joyeusement l'organisation d'une foire militaire à Bakou », écrit le journaliste turc d'investigation Metin Cihan, qui a révélé l'affaire.

Ankara a annoncé en mai dernier avoir suspendu ses échanges commerciaux avec Israël, en réaction à la vive émotion suscitée en Turquie par les opérations militaires contre Gaza. Mais les dernières statistiques laissent plutôt penser que le flux commercial vers Israël a été maquillé. Les exportations vers la Palestine ont augmenté en juillet de 1 180 % !


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Athènes veut discuter avec Ankara pour sévir contre les passeurs
 
La Grèce souhaite discuter avec la Turquie  voisine et l'Union européenne des mesures plus dures pour sévir contre les  passeurs de migrants opérant sur son territoire, a déclaré jeudi un haut  responsable grec proche du dossier migratoire.
 
"Nous ne faisons pas assez pour lutter contre les passeurs de migrants,  nous sommes en train d'aborder la question avec nos pairs européens et nos  voisins turcs", a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat.
 
La question migratoire est l'un de principaux sujets de discussion entre  Athènes et Ankara.
 
"Notre intention est d'intensifier notre coopération avec la Turquie en  matière de lutte contre les réseaux de passeurs", a précisé ce responsable.
 
Le ministre grec des Migrations, Nikos Panagiotopoulos, devrait aborder la  question avec le ministre turc de l'Intérieur, Ali Yerlikaya, en novembre.
 
La Grèce a connu une hausse de 25% du nombre d'arrivées de personnes fuyant  guerre et pauvreté au cours de premiers neuf mois de 2024 (37.000 au total)  par rapport à la même période de l'année précédente, selon des estimations  ministérielles.
 
 Leur nombre devrait atteindre 50.000 d'ici la fin de l'année, selon la même  source.
 
Le pays se trouve avec l'Italie en première ligne des arrivées de migrants  qui cherche à rallier l'Europe par la Méditerranée, surtout depuis la Turquie.
 
Mais les accidents de bateaux de migrants sont fréquents lors de cette  traversée périlleuse entre les côtes des deux pays voisins.
 
Depuis le début de septembre, neuf personnes sont morts dont deux  nourrissons après trois naufrages distincts des embarcations de fortune au  large des îles grecque de Samos et de Kos en mer Egée.
 
Les autorités grecques sont souvent accusées par médias et ONG des droits  humains avoir procédé à des refoulements illégaux de migrants vers les eaux  turques pour limiter le nombre d'arrivées sur le sol grec.
 
Athènes a toujours nié avoir recours à cette pratique contraire au droit  international.
 
Plusieurs ONG ont récemment dénoncé les conditions de rétention des  migrants dans les centres d'accueil sur les îles égéennes mais le gouvernement  nie toute pression dans ces installations dont la capacité s'élève à environ  50.000 personnes.
 
Il y a trois ans la Grèce avait reçu 155 millions d'euros de l'UE pour  construire deux nouveaux camps d'accueil sur les îles égéennes de Lesbos et de  Chios mais leur achèvement a pris de retard en raison de l'opposition des  habitants. (AFP, 24 oct 2024)

Le bonheur du maritime et de l’insulaire
 
Ragip Duran,
TVXS.GR, 11 octobre 2024
 
Après avoir passé une semaine à Leros en septembre et une semaine à Chios en octobre, j’ai mieux compris et saisi les avantages de la mer, des côtes et des îles.
 
Les Turcs, originaires des steppes de l’Asie Centrale, étaient des tribus des voyageurs. Ils avaient rencontré la mer pour la première fois de leur vie sur les côtes de Marmara peu avant 1071. Le chevalier turcomène regardait la mer du haut d’une montagne. Et quand il avait vu les grandes vagues de décembre, il avait tout de suite, instinctivement tiré son épée. Il ne connaissait pas la mer, ça pouvait donc être un ennemi à abattre !
 
Ce chevalier, selon la légende, s’appelait Çaka Bey et plus tard, il a été officiellement reconnu comme le premier amiral de la flotte turque! Aujourd’hui il y a un grand bateau qui porte son nom.
 
Le poids de la terre est si grand dans la culture et la langue turque que même certains mots ou notions maritimes sont toujours et encore prononcés par des termes terrestres. Par exemple on appelle les vagues ‘’Koyun’’(Mouton) ou bien ‘’Derya kuzusu’’ (Agneau de mer) le poisson.
 
Les populations turques qui vivent sur les côtes égéennes et méditerranéennes se distinguent de la population rurale qui vit en Anatolie centrale et dans les régions montagneuses kurdes. Les premiers consomment assez de poissons et fruits de mer plus des végétaux alors que les seconds mangent beaucoup de viande et de pain. Les maritimes turcs et ceux des autres pays sont en générale des gens rigolos, libres et souriants qui savent prendre plaisir de la vie: Raki, ouzo, chansons, danses, longues conversations et commérages…
 
Les gens des steppes et des montagnes s’occupent en majorité de l’agriculture ou de l’élevage sont en général des gens durs, un peu borné, religieux, mono couleur et conservateurs.
 
Les gens des îles, reçoivent beaucoup d’étrangers ainsi, ils deviennent plus riches au niveau des langues, de la cuisine et de la culture en général. Peu d’étrangers rendent visite chez les peuples des steppes et des montagnes. C’est pourquoi d’ailleurs les ruraux et les montagnards se ressemblent alors que les habitants des îles et des côtes de la mer sont beaucoup plus variés physiquement et du point de vue de caractère humain.
 
Dans la région de la Mer Noire (Karadeniz ou bien Pontos) les fenêtres ou les terrasses des maisons des paysans n’ont pas vu sur mer, mais sur montagne.
 
Dans la région Égéenne, les pères donnent à leurs filles (enfants de second catégorie) les terrains au bord de la mer alors que les garçons héritent les terrains, les orangers loin de la côte.
 
Par ailleurs, le nationalisme oblige, l’Etat turc célèbre tous les ans la fameuse victoire de Preveza (28 septembre 1538) alors que les livres d’histoire passent sous silence la défaite d'Inebahti (Nafpaktos ou bien Lepanto) le 7 octobre 1571.
 
Il y a encore aujourd’hui par exemple à Istanbul des gens qui vivent dans des bidonvilles loin du centre qui ont vu la mer seulement sur les écrans de télévision. Alors que 70 % de la population de Turquie vit dans des villes ou villages sur les côtes des mers, seulement 6 % des citoyens savent nager, selon une enquête publiée par le quotidien populaire Posta.
 
Le homard est appelé ‘’Insecte’’ dans la langue populaire, qui a quand même une connotation péjorative, même chez les gens des îles turques d’Egée. Il est très cher et on en consomme très peu.  
 
Le fondateur de la République moderne (1923) M. Kemal Atatürk avait par exemple déclaré que ‘’Le futur est dans les cieux’’ pour montrer l’importance des forces aériennes. Il avait également prononcé des phrases pour expliquer la valeur d’une flotte forte. Lui-même aimait nager et ramer. Mais la grande majorité des Turcs n’ont pas un rapport d’amour avec la mer. Il y a par exemple peu de proverbes ou d’expression idiomatique en turc sur la mer:
 
* Il y a toujours des vagues au bord de la mer
 
* On ne sait pas le prix du poisson qui est encore dans la mer
 
* Celui qui tombe à l’eau demande de l’aide au serpent !
 
Enfin, l’Égée est un grand lac, la Méditerranée une grande mer, l’océan serait donc tout un ciel pour celui qui sait profiter des avantages et du bonheur de l’eau et des îles.


22 blessés dans un accident de car, dont des touristes japonais

 - Vingt-deux personnes, parmi lesquelles des touristes japonais, ont été blessées jeudi dans l'ouest de la Turquie dans l'accident d'un car, ont indiqué l'agence de presse turque DHA et l'ambassade du Japon à Ankara.

Selon DHA, le chauffeur a perdu le contrôle du véhicule qui s'est retourné sur une autoroute dans la province d'Afyonkarahisar.
 "Vingt-deux personnes ont été blessées, dont une grièvement", a rapporté DHA.

"Plusieurs Japonais ont été blessés et transportés vers des hôpitaux", a précisé à l'AFP un porte-parole de l'ambassade du Japon en Turquie, ajoutant que 21 ressortissants japonais se trouvaient à bord du car.

Des images diffusées par DHA montrent un autocar blanc couché sur un flanc au milieu d'un champ.

Les accidents d'autocar, un des moyens de transport les plus populaires y compris sur de longues distances, sont fréquents en Turquie. (AFP, 17 oct 2024)


La fraternité entre PAOK et Galatasaray

Ragip Duran, TVXS.GR, 29 septembre 2024
Mercredi dernier deux équipes de foot du même quartier d’Istanbul ont joué pour la 4e fois. Fraternité et quelques petits conflits sont allés de pair.

Galatasaray a remporté 3-1 contre PAOK mercredi dernier à Istanbul lors de la rencontre de la Ligue d’Europe UEFA. Mais peu importe le résultat, car ses deux clubs ont eu un passé commun pour longtemps.

Des historiens du foot ont publié cette semaine des articles à l’occasion de ce match pour faire connaître aux lecteurs turcs les détails du passé commun de ses deux équipes.

Mehmet Senol, ancien rédacteur en chef du mensuel “Galatasaray”, organe officiel du club, auteur de plusieurs livres sur l’histoire de Galatasaray et du football en Turquie a dévoilé sur son compte X des détails sur PAOK, originaire du quartier Galatasaray, au milieu de Péra d’Istanbul.

Plus de deux milles supporters de PAOK étaient venus mercredi en car depuis Thessaloniki à “Constantinople”. L’utilisation de cet ancien nom byzantin de la ville, a dérangé les nationalistes et les cercles anti-grecs. Ces derniers ont répliqué par une banderole sur laquelle était inscrite laconiquement “Since 1453” (Depuis 1453) faisant allusion à la chute de Constantinople. 

Mais il y a eu également des spécialistes qui, par exemple, ont proposé aux dirigeants de Galatasaray de faire un geste exemplaire pour accueillir PAOK : Pendant la cérémonie d’ouverture sur le terrain, notre équipe peut porter une banderole sur laquelle est inscrite : “PAOK soyez bienvenue une fois encore à votre ville !” Proposition qui n’a pas été prise au sérieux par les dirigeants de Cimbom (Nom de code de Galatasaray). Il y a eu également des journalistes qui ont proposé à la direction de Galatasaray d’inviter les dirigeants actuel de Beyogluspor (Ancien nom İstanboulite de PAOK) à la tribune de protocole. Autre proposition refusée.

Malgré la non-réalisation de ces propositions, plusieurs lecteurs ont appris grâce à cette rencontre que PAOK d’aujourd’hui était créé en 1877 dans la capitale Ottomane de l’époque. Il s’appelait d’abord Hermès, plus tard Péra et était une très bonne équipe formée par essentiellement les Roums du quartier, où Galatasaray était fondé en 1905, dans le lycée qui porte le même nom dans le même quartier.

En 1923-24 à cause de l’échange de population, une grande partie des Roums d’Anatolie était obligée de quitter leur Terre-Natale et de venir s’installer en Grèce. PAOK était fondé en Thessaloniki par ces immigrés, dont une partie a ensuite crée AEK à Athènes. Beyogluspor, le nom actuel du club depuis 1923 de ceux qui sont restés à Istanbul serait donc le père de PAOK et la mère d’AEK.

Beyogluspor fut un club qui a été le berceau de plusieurs footballeurs roums et turcs de haute qualité à commencer par Lefter Kucukandonyadis, Kostas Kasapoglou, Aleko Sofyanidis et Nikos Vafiadis, mais aussi de Kadri Aytac, Sukru Gulesin et Bulent Eken.

Galatasaray et PAOK ont fait quatre matches depuis 1951. Le meilleur était en 1999 à Thessaloniki, juste après le tremblement de terre qui a avait causé la mort d’au moins 20 milles personnes en Turquie. La Grèce avait beaucoup aidé la Turquie lors des opérations pour sauver des gens sous les débris des bâtiments détruits.

L’équipe jaune et rouge turc appelé aussi “Les Lions” avait porté une banderole sur laquelle était inscrite “Merci à notre frère La Grèce” en grec lors de la cérémonie.

Quelques petits incidents ont été observés mercredi soir entre les supporters grecs et les forces de l’ordre, mais les footballeurs et les dirigeants des deux clubs étaient presque en parfaite harmonie.

Enfin un dernier point commun entre les deux équipes : L’entraîneur de PAOK Razvan est le fils de l’ancien entraîneur roumain de Galatasaray Mircea Lucescu. L’actuel entraîneur de Galatasaray Okan Buruk était un ancien joueur de Mircea.

Immigration / Migration

À Schaerbeek, face au blocage du MR, le PS a ouvert le canal de discussions avec le PTB

Les discussions post élections communales entre Ahmed Laaouej, président de la Fédération bruxelloise du PS et David Leisterh, président du MR bruxellois n'ont pour l'instant abouti à aucun compromis dans les communes de Forest et Schaerbeek, où aucune majorité n'a encore été trouvée.

À Schaerbeek, les discussions sont au point mort depuis la semaine dernière.

Dans cette commune de 130 000 habitants, le PS est arrivé en tête ce 13 octobre, devant le cartel MR-Engagés, et Ecolo.

Hasan Koyuncu, tête de liste PS et meilleur score de la commune, a revendiqué le mayorat.

Bémol, le MR en a fait de même pour sa tête de liste, Audrey Henry. Et les libéraux ont mis leur veto sur Hasan Koyuncu, qu'ils jugent "communautariste."

Les négociations, interrompues fin de semaine dernière, n'ont guère progressé depuis lors.

"Pour le moment, c'est un bourgmestre libéral à Forest et à Schaerbeek, sinon rien", a déclaré David Leisterh sur la RTBF ce jeudi.

Selon nos informations recoupées à bonnes sources, face au blocage du MR, le PS a pris l'initiative d'ouvrir le canal de discussions avec le PTB à Schaerbeek, et la tête de liste Leïla Lahssaini.

Le PTB est arrivé en 4e position dans la cité des ânes, avec 13 %.

L'ONU "profondément préoccupée" par le renvoi de réfugiés turcs depuis le Kenya
 
Les Nations unies ont indiqué mardi être  "profondément préoccupées" après le renvoi de quatre réfugiés turcs depuis le  Kenya qui, selon des organisations de défense des droits humains, ont été  enlevés et refoulés de force, en violation du droit international.
 
  Les quatre individus - Mustafa Genç, Öztürk Uzun, Alparslan Tasçi et  Hüseyin Yesilsu - ont été renvoyés en Turquie vendredi, a indiqué lundi le  ministère kényan des Affaires étrangères.
 
  L'annonce faisait suite à des informations parues dans plusieurs médias  selon lesquelles les quatre Turcs avaient été kidnappés dans une rue de  Nairobi, la capitale kényane, avec trois autres personnes qui ont ensuite été  libérées.
 
  Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est  déclaré "profondément préoccupé par le refoulement de quatre réfugiés" vers la  Turquie, et a appelé le Kenya "à respecter ses obligations juridiques  internationales".
 
L'HCR a appelé le gouvernement à respecter le principe de non-refoulement,  qui protège les demandeurs d'asile et les réfugiés de toute mesure pouvant  conduire à leur renvoi vers un endroit où leur vie ou leur liberté est  menacée.
 
 Le ministère kényan des Affaires étrangères a déclaré avoir reçu de la  Turquie l'assurance que les quatre individus seraient "traités avec dignité".
 
  "Cet incident constitue une violation tant du droit kényan que du droit  international sur les réfugiés", a déclaré Amnesty International samedi, avant  que le rapatriement ne soit confirmé.
 
  "Leurs enlèvements soulignent les préoccupations croissantes concernant la  sécurité de tous les réfugiés et demandeurs d'asile au Kenya."
 
 Une alliance d'organisations de défense des droits humains kényanes, le  Groupe de travail sur les réformes de la police, s'est dite "choquée" par  l'action du gouvernement, affirmant que cette dernière avait "mis en grave  danger quatre êtres humains ainsi que le statut du Kenya en tant que nation  sanctuaire".
 
 Selon le groupe, cette action "porte atteinte à la crédibilité du Kenya" en  tant que nouveau membre du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
 
 Le Kenya accueille plus de 780.000 réfugiés, a indiqué le ministère des  Affaires étrangères.
 
En mai 2001, des espions turcs avaient enlevé Selahaddin Gülen, neveu d'un  ennemi de longue date du président Recep Tayyip Erdogan. La justice kényane  avait alors interdit son extradition vers la Turquie.
 
Il était le neveu du prédicateur musulman Fethullah Gülen, en exil aux  Etats-Unis depuis un quart de siècle après avoir été accusé par Ankara d'avoir  ourdi une tentative de coup d'état en 2016. Sa mort dimanche à l'âge de 83  ans, a été confirmée lundi par Ankara.
 
Selon certaines informations, des espions turcs ont rapatrié par la force  des dizaines de partisans de Gulen dans le monde entier.
 
La Turquie avait également capturé en 1999 le chef du Parti des  travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan, au Kenya, après des années  de cavale. (AFP, 22 oct 2024)

Comment Ankara renforce son autorité sur la diaspora turque?



Bosco d'Otreppe, La Libre Belgique, 23 octobre 2024

C'est un avertissement qui ne trompe pas. La ministre flamande en charge de l'Emploi, Zuhal Demir (N-VA), a procédé au retrait du permis de travail de cinq imams turcs, rapportait lundi Het Laatste Nieuws. Cette décision survient après que la ministre a découvert que les imams en question étaient rémunérés par le gouvernement turc via la Diyanet, le bras religieux d'Ankara qui gère un réseau de mosquées à travers le monde, dont 70 en Belgique.

Si la ministre a pu procéder de la sorte, c'est que la Flandre interdit que des migrants économiques soient inscrits sur des fiches de salaire d'un gouvernement étranger. Les cinq imams, qui ont été recalés alors qu'ils demandaient la prolongation de leur permis de travail, sont les premiers à subir les conséquences de cette mesure en cours depuis le mois de mai. Mais d'autres pourraient suivre. En attendant, ils sont donc tenus de quitter le territoire, sauf recours au Conseil d’État.

Un salaire belge

L'essentiel des 70 mosquées de la Diyanet – dont 43 sont reconnues par l'État belge – se trouve à Bruxelles et en Wallonie. Or, selon Jean-François Husson, spécialiste du financement des cultes et fondateur du Centre de recherche en action publique, intégration et gouvernance (Craig), ces deux régions pourraient prendre des dispositions comparables. Si l'on s'attache à la délivrance des permis de travail (une compétence régionale), l'ordonnance bruxelloise en la matière demande que l'imam principal d'une mosquée – reconnue ou non – soit rémunéré par la Belgique. En Wallonie, une telle exigence est absente des décrets. Par contre, quelle que soit la région, la législation sur la rémunération des ministres du culte (une compétence fédérale) implique que les imams des mosquées reconnues ne reçoivent pas de rémunérations étrangères, insiste Jean-François Husson. Dans ce cas, qu'ils officient en Wallonie, en Flandre ou à Bruxelles, ces imams peuvent être épinglés s'ils perçoivent un salaire provenant de l'étranger – ce qui est régulièrement le cas. Le salaire issu de la Diyanet est d'ailleurs plus élevé que le salaire délivré par l'État belge.

Les administrations belges ne se montrent cependant pas très sourcilleuses sur ce point. L'option de l'État, envers les mosquées reconnues, est en effet de tenir la bride avec une certaine souplesse. Le risque, en étant trop strict, est que les mosquées décident de sortir du statut de reconnaissance, ce qui affaiblirait le contrôle que l'État peut avoir à leur égard.

Notons que si la Belgique se montrait finalement plus sévère sur ce point, la loi pourrait être facilement contournée. Il n'y est pas inscrit que le salaire des imams doive obligatoirement être issu de l'État belge : il doit provenir d'une institution belge. Les imams en question pourraient donc demander que ce ne soit plus Ankara qui leur verse directement leur salaire, mais une association turque, liée à Ankara, inscrite en Belgique. Formellement, l'argent ne viendrait plus de l'étranger, et l'honneur serait sauf. C'est ce qui fut fait en Autriche.

L'allégeance de la diaspora

Au-delà de ces spécificités juridiques, ce dossier témoigne de la difficulté pour l'État belge de travailler avec la Diyanet. Cette administration turque est un énorme caillou dans la chaussure de ceux qui souhaitent voir advenir un islam "à la belge".

La Diyanet forme et envoie en effet des imams depuis la Turquie. Ces imams, en général, sont là pour quatre ans et délivrent des prêches, en turc souvent, dont les thématiques sont définies depuis Ankara. Les observateurs regrettent donc régulièrement que ces prêches soient rédigés en fonction des intérêts turcs, et non au regard du contexte social et culturel belge. L'identité turque de la diaspora y est souvent mise en avant, alors que ce réseau de mosquées œuvre en vase clos, sans chercher à s'ouvrir au tissu associatif et multiconfessionnel du pays.

La Diyanet a donc toujours cherché à garder la main sur les mosquées turques en Belgique et répond ainsi au souci d'Ankara d'asseoir son autorité sur sa diaspora, souligne l'islamologue de l'ULB Corinne Torrekens. "Elle fait partie de ce qu'on pourrait appeler la diplomatie religieuse de l'État turc." Elle lui offre aussi le moyen de recueillir des informations sur la Belgique.

Par sa présence, elle renforce également la cohésion communautaire des Turcs et des Belgo-Turcs présents en Belgique. Cela explique, indirectement, le succès électoral d'élus turcs très peu connus en dehors de leur communauté (ainsi du socialiste Hasan Koyuncu, champion du suffrage communal à Schaerbeek avec 3 832 voix de préférence).

Nous avons perdu notre ami Mülük Yagan

C'est avec une grande tristesse, que nous avons appris que notre cher ami issu de la diaspora arménienne à Bruxelles, Mülük Yağan, est décédé des suites d'une crise cardiaque survenue mercredi en Espagne.

Mülük avait émigré en Belgique avec sa famille dans les années 80 en raison de la répression qui frappait le peuple arménien en Turquie. Il était notre voisin et est devenu un grand ami.

Nous partageons le chagrin de la famille Yağan et leur présentons nos sincères condoléances.

IL ETAIT QUASI L’ANCIEN DU QUARTIER...

".... Impossible aussi d’oublier les Yağan, nos voisins arméniens. La famille Yağan formait une sorte de tribu arménienne dont une partie s’était installée dans le quartier nord-est de Bruxelles comme nous, et l’autre partie à Marseille, dans le sud de la France.

"Les adultes comme les jeunes de la famille avaient suivi les cours de langue et d’intégration aux Ateliers du Soleil. Les enfants, qui bénéficiaient de l’aide de l’école des devoirs, nous régalèrent de chants et de danses arméniens lors de nos représentations destinées à refléter la mosaïque culturelle anatolienne.

"Tous les membres de la famille Yağan, à commencer par Seyfi, étaient particulièrement doués, et réussissaient fort bien dans les affaires. Ils excellaient dans la peausserie, la couture ou la joaillerie.

"Mülük, était quasi un muhtar (ancien de quartier). Comme il ressemblait beaucoup physiquement à Abdullah Öcalan, je l’appelais 'Apo'."
(Dogan Özgüden, Journaliste Apatride, Volume II, Années d'exil, Info-Türk, Bruxelles 2013)

Le conflit sur l’écharpe mayorale à Schaerbeek provoque un chaos total

La question de savoir qui sera le bourgmestre de Schaerbeek occupe toutes les parties. Le MR et le PS se disputent, et chacun a son avis sur ce qui est la meilleure solution.

Le PS a obtenu 10 sièges à Schaerbeek, tout comme la liste de cartel MR-Les Engagés. Ensuite, Ecolo-Groen suit avec 9 sièges, et le PTB en remporte 6. L’actuel bourgmestre en titre Bernard Clerfayt (DéFI) s’est présenté avec une « Liste Bourgmestre » et a également obtenu 6 sièges. L’équipe Fouad Ahidar a remporté 4 sièges, et l’initiative 1030 ENSEMBLE en a obtenu 2.

Pour le PS, la question de qui doit devenir bourgmestre est claire. Leur tête de liste Hasan Koyuncu (PS) a recueilli plus de votes de préférence qu’Henry Audrey, la tête de liste du MR-Les Engagés. Mais selon le président du MR, Georges-Louis Bouchez, il ne saurait être question d’un bourgmestre PS : les libéraux revendiquent le poste.

Bouchez soutient que le MR a permis à deux bourgmestres PS d’obtenir l’écharpe à Anderlecht et Ixelles. Le PS doit donc faire un geste en retour pour le MR. De plus, la figure de Koyuncu est également sensible : en février, il avait invité un imam controversé au parlement bruxellois, qui avait récité une prière. Bouchez avait alors vivement condamné cet acte. Koyuncu avait ensuite précisé qu’il n’avait pas consenti à cette prière et qu’il était partisan de la séparation de l’Église et de l’État. Cela ne suffit toutefois pas au MR.

Ecolo, qui est arrivé troisième, accepte la possibilité d’avoir Hasan Koyuncu comme bourgmestre de Schaerbeek. « Il est député régional depuis des années, il est tête de liste du PS, a recueilli le plus de voix de préférence, et le PS est le plus grand parti. Il n’y a aucune raison pour que Koyuncu ne devienne pas bourgmestre », a déclaré le dirigeant Vincent Vanhalewijn à De Morgen.

Le président de la fédération bruxelloise du PS, Ahmed Laaouej, s’est également impliqué dans cette affaire. Pour lui, « il n’y a pas de négociations possibles » sur la position de Koyuncu.

La position de Bernard Clerfayt complique encore davantage la situation.

Le PS et le MR veulent tous deux gouverner, et Ecolo est également prêt à gouverner. Mais une autre voix se joint au débat : le bourgmestre Bernard Clerfayt. Avec autant de sièges qu’Ecolo, il souhaite également faire partie de la coalition. Malgré la perte de 11 sièges, il cherche toujours une majorité à Schaerbeek.

Clerfayt a cependant des exigences. Une coalition entre sa Liste Bourgmestre, le MR-Les Engagés et le PS obtiendrait une majorité de 26 sièges. Mais Clerfayt juge cela trop juste : il en veut au moins 30. Il refuse de s’allier avec le PTB. Logiquement, Ecolo pourrait donc être inclus.

Clerfayt exige également de ne participer à la coalition que s’il existe un « projet clair », a-t-il déclaré à la chaîne BX1. Pour l’instant, il n’y a pas encore de discussions de fond, a-t-il précisé.

Car la querelle entre le MR et le PS domine encore. « Il y a des contacts dans toutes les directions », selon Clerfayt. Il est peu probable que la situation se résolve rapidement tant que les présidents et les chefs de section continueront de s’impliquer. (businessam.be, 18 oct 2024)


Turquie, la machine à expulsion financée par l’UE

L’Union européenne a financé et aidé à la construction de centres d’accueil de demandeurs d’asile en Turquie, où ils sont détenus dans des conditions parfois épouvantables et renvoyés en masse dans leur pays d’origine, souvent en Syrie et en Afghanistan, malgré les risques encourus.

A les écouter, on ressent la peur, la douleur et une solitude aussi rude que le bruit et la violence des hommes. A les voir, on frémit : ils sont las, silencieux parfois, toujours traumatisés, brisés même, à force d’être ballottés d’une frontière à l’autre, aujourd’hui échoués, ici, en Turquie, sous la menace continuelle d’une expulsion, ou déjà renvoyés dans leur pays d’origine, voire ailleurs. Aucun d’eux ne donne son vrai prénom, par souci de sécurité, mais leurs histoires, elles, sont authentiques.

Il y a par exemple celle de Feroz, un ancien membre des forces spéciales afghanes ayant combattu les talibans : tabassé et repoussé en 2023 par des gendarmes turcs à la frontière iranienne, il s’est obstiné et, après vingt-trois tentatives de passage en Turquie, vit et travaille caché, depuis quatorze mois, dans une petite usine de recyclage insalubre de la banlieue d’Istanbul. Il y a aussi le cas de Mahmoud, 34 ans, originaire de la ville syrienne de Homs, qui a vécu pendant des années comme réfugié en Turquie avant d’être expulsé sous prétexte d’un permis de résident invalidé, sans explications. Il affirme avoir été forcé, une fois arrivé dans un centre de rétention, de signer un papier dit de « retour volontaire ».

Et puis, il y a Lara, une jeune Syrienne transgenre séropositive, renvoyée elle aussi au pays, mais cette fois pour des « raisons de santé publique », après la divulgation sur les réseaux sociaux d’informations la concernant. Ou encore le cas de Nur, une Iranienne convertie au christianisme : mariée dans la ville de Van à un Turc, elle vient de recevoir un ordre d’expulsion. Citons enfin l’histoire de Sami, 28 ans, originaire d’Alep (Syrie). Seul survivant, avec sa mère, d’une famille décimée par la guerre, il n’a pu obtenir un statut de réfugié en Turquie en raison d’une plainte d’un de ses voisins, estimant qu’il y avait « trop d’Arabes » dans leur immeuble d’Istanbul. Appréhendé par la police, Sami a été battu puis transféré dans un centre de rétention de la ville d’Urfa. Une fois là-bas, il est tombé malade, il a perdu 29 kilos, avant de se retrouver dans un hôpital dans le nord de la Syrie.
(Nicolas Bourcier, Le Monde, 11 octobre 2024)

Immigration: quatre passeurs mis en examen à Nancy

Le parquet de la juridiction interrégionale  spécialisée (Jirs) de Nancy a annoncé vendredi la mise en examen de quatre  hommes soupçonnés d'avoir fait entrer illégalement 300 migrants depuis la  Turquie vers l'espace Schengen depuis 2022.

Les enquêteurs de l'antenne de Metz de l'Office central de lutte contre le  trafic illicite de migrants (Oltim) ont procédé lundi et mardi à  l'interpellation de sept personnes suspectées de participer à un "réseau  d'immigration clandestine" mis en place depuis la Turquie vers la France,  l'Allemagne, la Belgique et le Luxembourg.

A l'issue des gardes à vue, quatre hommes ont été mis en examen. Trois  d'entre eux ont été placés en détention provisoire, le dernier étant soumis à  un contrôle judiciaire.

D'après l'enquête, les migrants devaient débourser entre 3.500 et 7.000  euros auprès des passeurs pour entrer dans l'espace Schengen.

Partant de Turquie, les migrants "étaient conduits jusqu'en Serbie, où de  faux documents leur étaient remis", indique le parquet dans un communiqué. "Le  réseau disposait d'une cinquantaine de véhicules, permettant aux individus  clandestins, munis des faux, de se rendre jusque dans les pays de l'espace  Schengen".

Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a exprimé son intention de  prendre des "mesures rigoureuses" pour "maîtriser" l'immigration, évoquant  notamment la possibilité de recourir à des "pays de transit" pour renvoyer des  personnes "impossibles à éloigner dans leur pays d'origine", l'allongement à  210 jours des délais de rétention et un durcissement des conditions de  régularisation des sans-papiers. (AFP, 11 octobre 2024)

Germany to deport thousands of asylum seekers under new agreement with Turkey

Germany has begun deporting large groups of Turkish citizens, many of them of Kurdish origin, following a new agreement between Berlin and Ankara. The deal, announced on 28 September, allows for the deportation of up to 15,561 Turkish citizens, starting with 200 people returned on scheduled flights and 500 more each week on “special flights”.

Previously, Turkey had resisted charter flights, but now accepts them under this rebranded term.

German Interior Minister Nancy Faeser explained that the agreement will streamline deportations for those without residency permits, making the process “more effective and faster”. The deportations follow a sharp rise in asylum applications from Turkish citizens, the third largest group behind Syria and Afghanistan.

Kurdish organisations in Germany have voiced strong opposition to the deal, warning that it targets individuals fleeing persecution. Kerem Gök, co-chair of the Confederation of Kurdish Associations in Germany (KON-MED), criticised the agreement: “If Europe truly wants to stop refugee flows, they need to resolve issues in Turkey, especially the Kurdish question. Without addressing these root causes, the refugee crisis will continue.”

Other Kurdish leaders have echoed these concerns, highlighting the risks faced by deportees. “We know that many of those being deported are wanted individuals in Turkey,” stated İsmail Parmaksız, head of Mala Kurda Berlin-Brandenburg. He called the deal a “dirty trade”, accusing both Turkey and Germany of profiting at the expense of human lives. “Turkey’s struggling economy and Germany’s need for border control are driving this agreement, with the Kurdish people paying the price.”

Hüseyin Yılmaz, co-chair of the Kurdish group Nav-Berlin, pointed to the dire conditions awaiting those sent back: “These people are returning to imprisonment, torture, or worse. The war and economic difficulties in Turkey and Kurdistan have driven many Kurds to seek refuge. Deporting them under such circumstances is morally reprehensible.”

The agreement also comes amidst growing anti-immigrant sentiment in Germany, fuelled by the rise of the far-right Alternative for Germany (AfD) party. Hüseyin Taşan, from the Kurdish Community of Berlin-Brandenburg, warned that the deal is part of a broader shift in German politics. “We are at a crossroads in Germany. Democracy forces must stand firm, or far-right parties like AfD will continue to gain power, driven by xenophobia.”
(MedyaNews, 4 oct 2024)



 informations du mois passé click Informations of the past month
Toutes les informations depuis 1976 click All informations since 1976

flashfondationeditorsbulletinspublications