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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
Août
 
2019 August
N° 492
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 53
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
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Cyprus and Greece
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CAN TV'DE ŞANAR YURDATAPAN'IN PROGRAMI

https://www.facebook.com/watch/?v=378130936222976

Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights

Un célèbre couturier turc de nationalité belge agressé à Istanbul

Pression sur les médias / Pressure on the Media

TGS, TİHV, İHD Denounce Access Block on bianet and Other Websites
La Turquie ordonne le blocage de 136 ssites d'information indépendant

Radio and Television Supreme Council to Inspect Online Broadcasts
Le mathématicien Tunal Altinel sort de prison

Kurdish Question / Question kurde

L'EI promet d'intensifier ses attentats contre la coalition et les kurdes

Ocalan se dit prêt à trouver une solution au conflit turco-kurde
Support Rises for #freedemirtas Campaign
Accueil prudent de l'accord Turquie/USA par les Kurdes
L’obsession kurde du «nouveau Sultan» turc
Pour les Kurdes syriens, le risque d'une offensive turque est réel

Soldiers Opened fire on Villagers and killed a child

Minorités / Minorities

‘This Anti-Jew Video is the Utmost Example of Hate Speech’
Hypocrisie d'Erdogan qui a posé la première pierre d'une église syriaque à Istanbul
Fires in Syriac Villages: 'Even if It is Not Sabotage, There is Gross Negligence'

Politique intérieure/Interior Politics


Forces armées/Armed Forces

OYAK (holding de l'armée turque) sur le point d'absorber British Steel


Affaires religieuses / Religious Affairs
 

L'EI n'a jamais été vraiment vaincu, estiment officiels et experts

Un Chinois musulman réfugié en Turquie craint d'être expulsé

Des milliers de combattants étrangers de Daech toujours en vie

Socio-économique / Socio-economic

Vingt ans après un séisme meurtrier, Istanbul se prépare au "Big One"

18th Day of Ida Mountains Watch

Le sud-ouest de la Turquie secoué par un fort séisme
Sauvetage d'une chocolaterie, promise à la fermeture par des Turcs

La Turquie commence à remplir un barrage controversé

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations



Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Le "centre d'opérations conjointes" turco-américain opérationnel la semaine prochaine
Ankara et Washington font un pas vers une "zone de sécurité"

Relations régionales / Regional Relations

Le régime syrien rejette un accord américano-turc sur une zone tampon

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

Le ras-le-bol des pays voisins de la Syrie, après 8 ans de guerre
Des associations réclament l’interdiction de l’abattage sans étourdissement
Les réfugiés syriens ne sont plus bienvenus en Turquie

Expulsés de Turquie, des Syriens craignent le retour dans un pays en guerre

Droits de l'Homme / Human Rights

Un célèbre couturier turc de nationalité belge agressé à Istanbul

Un célèbre couturier turc de nationalité belge, Barbaros Sansal, qui critique ouvertement le président turc Recep Tayyip Erdoğan, a été attaqué en présence de la police sous une tente du Croissant-Rouge alors qu'il tentait de donner du sang dimanche dans le district de Sarıyer à Istanbul.

Quand Sansal a dit qu'il est de nationalité belge, l'agresseur a déclaré au personnel du Croissant-Rouge qu'ils devaient refuser de prélever le sang de Sansal, accusant le couturier d'avoir insulté les Turcs avant de l'agresser physiquement.

Sansal a déclaré ne pas avoir subi de blessures graves, mais il a été choqué par la réticence des policiers, témoins de l'incident, à intervenir.

Il avait été interviewé par la RTBF dans un programme sur les Turcs exilés après la déclaration d'état d'urgence en 2015 en Turquie.

Extraits du programme diffusé le 31 mars 2019:

"Barbaros Sansal est un militant de toujours. Couturier internationalement reconnu, il est aussi militant LGBT. Un an après le putsch, il publie une vidéo sarcastique sur Youtube, où il dénonce les méthodes du régime Erdogan. Il sera arrêté, à Chypre, extradé illégalement en Turquie. A l’aéroport d’Istanbul, il est lynché. Il vit aujourd’hui dans la périphérie bruxelloise. Sur son compte twitter, il reçoit des centaines de messages de haine. L’hostilité est encouragée par les autorités turques. Il y a peu, Barbaros a été agressé sur la Grand Place par trois ressortissants turcs. Avec ses avocats, il fait face à cinq nouvelles accusations, dont celle d’insulte à l’Islam."
(Info-Turk, 6 août 2019)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

TGS, TİHV, İHD Denounce Access Block on bianet and Other Websites

The Journalists Union of Turkey (TGS), the Human Rights Foundation of Turkey (TİHV) and the Human Rights Association (İHD) have released statements on the order of the Ankara 3rd Penal Judgeship of Peace for an access block on 136 web addresses, including news portals and social media accounts.

TGS: Freedom of the press suffered another wound

"This order, based on such a thing like 'preventing crime' has no place in the law.

"The first thing that comes to the head of those who cannot accept democracy and freedom of speech has been attacking the people's right to information through censorship for years.

"Freedom of the press, which is already at rock bottom in Turkey, has suffered another wound after this verdict based on claims that are irrelevant to reality rather than tangible information.

"It has been confirmed with this decision made disregarding the basic principles of law that every organization that writes things that some people don't like is under threat.

"Any news organization cannot be penalized this way, especially bianet, which has been working to deliver true news to the people for 19 years. For this reason, the block should immediately be lifted."

TİHV and İHD: People's right to information is prevented

In a joint statement, the TİHV and the İHD said the block order should immediately be lifted and added that such practices are a "direct attack on freedom of expression and freedom of the press."

Saying that the block order is "a new addition" to practices of the penal judgeships of peace that violates freedom of expression, the statement noted that 245 thousand websites and 150 thousand URL addresses are currently blocked in Turkey, citing a report by the Association for Freedom of Expression.

"This kind of practices are attacks, oppression and censorship directly against freedom of expression and freedom of the press. These practices mean the people's right to information is disregarded and prevented.

"The judiciary implements the principle of the rule of law through its decisions. It has to be the most effective protector of human rights through the law. But 136 websites facing access bans at once means that freedom of expression and communication (press) is violated especially through the judiciary and this does not comply with democracy.

"This kind of orders are against democracy. They are against human rights. The access block on bianet and other websites should be lifted. Freedom of expression and the press should be respected.
(BIA, 8 August 2019)

La Turquie ordonne le blocage de 136 ssites d'information indépendant

Un tribunal turc a ordonné le blocage du site d'information indépendant Bianet et de plusieurs dizaines d'autres médias et comptes sur les réseaux sociaux pour protéger la "sécurité nationale", selon une décision rendue publique mardi.

D'après la décision consultée par l'AFP, Bianet, ainsi que 135 autres sites, comptes sur les réseaux sociaux et vidéos partagées sur YouTube et Dailymotion sont concernés. Le compte Twitter d'une députée du parti prokurde HDP, Oya Ersoy, est également visé.

Le tribunal d'Ankara indique que cette décision vise notamment à "protéger (...) la sécurité nationale et l'ordre public", sans toutefois expliquer ce qui est reproché aux sites et comptes visés.

Cette décision, rendue le mois dernier mais publiée seulement mardi, a été prise à la demande du Commandement de la gendarmerie nationale, rattaché au ministère de l'Intérieur.

Fondé en 1997 et basé à Istanbul, Bianet est surtout connu en Turquie pour ses articles sur les droits humains, les violences contre les femmes ou encore sa couverture exhaustive des procès liés à la liberté d'expression. Il publie en turc, en kurde et en anglais.

"La décision n'avait même pas été transmise à Bianet, nous l'avons apprise par hasard", a déclaré à l'AFP l'avocate du site, Me Meriç Eyuboglu.

"Nous avons pu confirmer que la décision concernait l'ensemble du site. La fermeture du site peut intervenir à tout moment", a-t-elle ajouté, dénonçant une "attaque contre la liberté de la presse".

Selon Bianet, plus de 200.000 articles publiés depuis plus de 20 ans seront rendus inaccessibles.

Dénonçant une mesure "scandaleuse", le représentant en Turquie de Reporters sans frontières (RSF), Erol Onderoglu, a exhorté "les autorités à annuler cette décision totalement arbitraire".

Les ONG pointent régulièrement l'érosion de la liberté de la presse en Turquie sous la présidence de Recep Tayyip Erdogan, notamment depuis une tentative de coup d'Etat en 2016 qui a été suivie d'une répression tous azimuts et de la fermeture de plusieurs médias.

Des articles ou sites sont régulièrement bloqués par la justice. L'encyclopédie en ligne Wikipédia est ainsi inaccessible en Turquie depuis 2017.

La Turquie occupe la 157ème place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par RSF.
(AFP, 6 août 2019)

Radio and Television Supreme Council to Inspect Online Broadcasts

Online broadcasting organizations have been taken under the inspection of Radio and Television Supreme Council (RTÜK).

According to the "Regulation on Radio, Television and Voluntary Online Broadcasts" published on the Official Gazette today (August 1), Internet platforms such as Netflix will be obliged to get a license from the RTÜK.

These websites will also have to establish a company and pay taxes in Turkey so that they can continue operating in the country.
'Our aim is to establish procedures'

The objective of the new legal regulation has been explained as follows in the Official Gazette:

"The objective of this regulation is to establish procedures and principles as to the online broadcast and transmission of radio, television and voluntary broadcasting services; the broadcasting licences to be granted to media service providers and the authority of broadcast transmission to be given to platform operators; and the inspection of the related broadcasts."

It has also been indicated in the Gazette that the regulation in question will apply to "the private media service providing institutions that engage in online radio, television and voluntary broadcasts and the operators of these platforms that provide these broadcasting services."

Akdeniz: Access ban could be imposed on Netflix

Sharing a message about the newly-introduced regulation on his social media account, Prof. Dr. Yaman Akdeniz from the Faculty of Law of İstanbul Bilgi University has stated the following:

"The Regulation on the Article 29/A authorizing the RTÜK to censor the Internet has come into force today. An access ban could be imposed on Netflix platform and news sources publishing news from abroad such as DW Türkçe. It is apparently what they meant by Judicial Reform."
(BIA, 1 August 2019)

Le mathématicien Tunal Altinel sort de prison

Un mathématicien turc enseignant dans une université en France est sorti de prison mardi en Turquie après 81 jours de détention préventive pour des accusations de "terrorisme" qu'il a qualifiées d'"absurdes".

Tunal Altinel, 53 ans, a été accueilli à sa sortie de prison dans la province de Balikesir (ouest) par ses proches et des dizaines de supporters qui se sont précipités sur lui pour l'enlacer ou lui offrir des fleurs, selon un correspondant de l'AFP.

"Je ressens de la joie, non pas juste d'être libéré, mais en fait de voir le soutien de tant de gens dans la lutte pour la paix, la justice et la démocratie", a déclaré à l'AFP M. Altinel, portant une chemise blanche et arborant un large sourire.

Peu avant, à l'ouverture de son procès, un juge avait ordonné sa remise en liberté provisoire en attendant la prochaine audience, le 19 novembre.

Le mathématicien, maître de conférences à l'Université Claude-Bernard Lyon 1, est accusé d'être membre d'une "organisation terroriste", en l'occurrence le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une groupe armé qui livre une guérilla à l'Etat turc depuis 1984.

Cette accusation, que M. Altinel qualifie non seulement d'"absurde" mais aussi d'"antidémocratique", repose sur sa participation à une réunion en France d'une amicale kurde, en février dernier, au cours de laquelle il a traduit en français les propos d'un intervenant.

S'il est libre en attendant la prochaine audience dans son procès, M. Altinel reste sous le coup d'une mesure administrative le privant de son passeport, ce qui l'empêche donc de quitter le territoire turc.

Son avocate, Meriç Eyüboglu, a fait savoir à l'AFP qu'une demande sera faite pour que le passeport de M. Altinel lui soit restitué au plus vite.

- Deuxième procès -

En sortant de prison, M. Altinel a déclaré que les conditions dans lesquelles s'était déroulée son incarcération avaient été "très favorables", à la fois sur le plan matériel et des "relations humaines".

Cet enseignant a ainsi initié ses codétenus au français à l'aide d'un vieux Bescherelle, ajoutant qu'il avait parallèlement "beaucoup appris d'eux". "C'était comme une école pour moi".

M. Altinel a été arrêté en mai en Turquie, où il s'était rendu pour ses congés. Le gouvernement français avait alors exprimé sa "préoccupation".

Le consul général de France à Istanbul, Bertrand Buchwalter, était présent à l'audience mardi, aux côtés d'une délégation de collègues universitaires arrivés de France.

Au cours de l'audience, le mathématicien a rejeté les accusations portées contre lui, demandant à être acquitté.

"Monsieur le juge, je ne suis membre d'aucune organisation terroriste, la seule raison pour laquelle je suis écroué depuis bientôt trois mois, c'est d'avoir aidé à organiser une réunion légale d'une association légale", a-t-il déclaré.

Il est par ailleurs poursuivi dans le cadre d'un autre procès pour avoir fait de la "propagande terroriste" en signant en 2016, comme plus de 2.000 autres universitaires turcs, une pétition demandant l'arrêt des opérations des forces de sécurité dans le sud-est de la Turquie. La prochaine audience dans le cadre de ce procès aura lieu le 26 décembre.

Diplômé du lycée francophone Galatasaray à Istanbul, M. Altinel réside à Lyon depuis 1996.

Les milieux universitaires sont soumis à de fortes pressions en Turquie, notamment depuis la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016 qui a été suivie de purges massives n'ayant pas épargné les facultés.
(AFP, 30 juillet 2019)

Kurdish Question / Question kurde

L'EI promet d'intensifier ses attentats contre la coalition et les kurdes

Le groupe Etat islamique (EI) a promis dimanche d'intensifier son "combat" contre la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis et ses alliés kurdes en Syrie, dans la deuxième vidéo de ce genre postée sur son organe de propagande depuis sa défaite territoriale en mars.

Ces derniers mois, l'EI a mené une série d'attentats visant notamment les forces kurdes dans ses ex-fiefs dans le nord et le nord-est de la Syrie.

La chute du "califat" autoproclamé par l'EI en 2014 a été annoncée le 23 mars dernier après la prise de l'ultime bastion des jihadistes dans l'est de la Syrie, au terme d'une offensive des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les combattants kurdes et soutenues par la coalition internationale antijihadiste.

Mais des combattants de l'EI et des "cellules dormantes" sont encore disséminés dans plusieurs régions du pays. Selon un récent rapport du Pentagone, l'EI est en train de "ressurgir en Syrie".

"Le feu de la bataille entre nous et eux (les forces kurdes et à leurs alliés, ndlr) a été rallumé et va s'intensifier", a menacé l'EI dans une vidéo adressée à ses partisans.

Le dernier attentat en date revendiqué par l'EI remonte au 7 août. Cinq personnes, dont trois enfants, ont péri dans une attaque à la voiture piégée à Qahtaniya, dans la province de Hassaké, contrôlée par les Kurdes.

La vidéo, d'une dizaine de minutes montre par ailleurs des scènes de décapitation et de tirs à bout portant sur des personnes présentées comme des combattants kurdes kidnappés par les jihadistes.

Le montage inclut des passages de reportages télévisés et des témoignages affirmant que l'EI n'a pas été vaincu et qu'il est toujours présent en Syrie.

"Même s'il a perdu son +califat+ territorial, l'Etat islamique (...) a repris ses activités en Syrie ce trimestre", est-il précisé dans le rapport du Pentagone, alors que les Etats-Unis se sont "partiellement retirés" du pays sur décision du président américain Donald Trump.

Une photo de Donald Trump, montrant une carte des zones autrefois contrôlées par l'EI, figure également dans la vidéo. M. Trump s'en était alors servi pour annoncer l'éradication du "califat".

La dernière vidéo de propagande postée par l'EI pour appeler ses partisans à continuer le combat remontait au 29 avril, un peu plus d'une semaine après les attentats meurtriers au Sri-Lanka revendiqués par le groupe.

Le chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, qui y apparaissait pour la première fois depuis cinq ans, avait promis que l'EI "se vengerait" au nom de ses membres tués et que le combat contre l'Occident était "une longue bataille".
(AFP, 11 août 2019)

Ocalan se dit prêt à trouver une solution au conflit turco-kurde

Le leader kurde emprisonné, Abdullah Ocalan, s'est dit prêt à trouver une solution au problème kurde, déclarant qu'il pourrait mettre fin au conflit turco-kurde.
Abdullah Ocalan, leader kurde incarceré depuis le 15 février 1999 sur l'Ile-prison d'Imrali, en Turquie.

Le leader kurde emprisonné, Abdullah Ocalan, s’est dit prêt à trouver une solution au problème kurde, déclarant qu’il pourrait mettre fin au conflit turco-kurde en l’espace d’une semaine, ont annoncé ses avocats dans un communiqué jeudi 8 août.

Dans un communiqué publié aujourd’hui, les avocats d’Ocalan ont indiqué qu’ils avaient pu le rencontrer à nouveau mercredi, pour la première fois depuis le 18 juin.

Selon le communiqué, Ocalan a déclaré qu’il dépensait de grands efforts « pour ouvrir un espace aux Kurdes, en conformité avec les relations historiques turco-kurdes réelles, par opposition à l’histoire factice produit de l’esprit de chauvin ». Il ajouté que, dans ce cadre, les Kurdes n’avaient pas besoin d’un État propre.

« J’essaie d’ouvrir un espace pour les Kurdes, venez-donc, résolvons le problème kurde », a-t-il dit. « J’affirme pouvoir résoudre en une semaine cette situation conflictuelle ou potentiellement conflictuelle. Je peux la résoudre, j’ai confiance en moi, je suis prêt pour une solution. Mais l’État et l’esprit d’Etat doivent faire le nécessaire ».
(ROJINFO, 8 août 2019)

Support Rises for #freedemirtas Campaign

A campaign has been launched on social media for Selahattin Demirtaş, the imprisoned former Co-Chair of the Peoples' Democratic Party (HDP).

Launched under the hashtag #freedemirtas, the campaign is supported by thousands of people including politicians, rights defenders and citizens.

Organized by the "Freedom to Demirtaş Initiative", the campaign started at 6 p.m. in Turkey local time on August 6.

The initiative has asked everyone who wants to join the campaign to post a message of support under the hashtag #freedemirtas.

Arrested on November 4, 2016, Selahattin Demirtaş has been behind bars in Edirne Type F Closed Prison since then.
Writer Wallraff from Germany also expressed support

Among the ones who have expressed support for Demirtaş on social media is also writer and researcher Günter Wallraff from Germany.

Sharing a photo on his social media account, holding a placard with #freedemirtas written on it, Wallraff has written in Turkish, "Günter Wallraff supports the #freedemirtas campaign."

Another social media post that has attracted a great deal of attention is the one posted with the picture of Selahattin Demirtaş's mother Sadiye Demirtaş.
(BIA, 8 août 2019)

Accueil prudent de l'accord Turquie/USA par les Kurdes

Un haut responsable politique kurde s'est félicité jeudi d'un accord américano-turc visant à établir un centre d'opérations conjointes pour le nord de la Syrie, estimant toutefois que les détails de l'accord restaient flous.

"Cet accord peut marquer le début d'une nouvelle approche, mais nous avons encore besoin de plus de détails", a déclaré Aldar Khalil à l'AFP.

"Nous évaluerons l'accord en fonction des détails et des faits, et non des gros titres", a ajouté M. Khalil.

La Turquie et les Etats-Unis ont décidé mercredi d'établir un "centre d'opérations conjointes" pour coordonner la création d'une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie, une mesure visant à prévenir un affrontement entre forces turques et kurdes.

Cette annonce est intervenue après trois jours d'intenses négociations entre Ankara et Washington, qui cherche à éviter une nouvelle opération militaire turque contre les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qui contrôle des zones du nord de la Syrie.

Les YPG sont l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de combattants kurdes et arabes que les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux ont appuyé contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Ankara dénonce les liens entre les YPG et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une sanglante guérilla en Turquie depuis 1984, et redoute que l'implantation d'une zone autonome kurde à sa frontière ne galvanise les velléités séparatistes sur son sol.

Selon deux communiqués publiés séparément par le ministère turc de la Défense et l'ambassade américaine à Ankara, les deux pays se sont entendus pour mettre "rapidement" en place "un centre d'opérations conjointes en Turquie pour coordonner et gérer la mise en place de la zone de sécurité".

La Turquie avait multiplié ces derniers jours les menaces d'intervention contre les positions kurdes dans cette région, après des mois de négociations infructueuses avec les Etats-Unis sur l'idée d'une zone de sécurité, née en janvier après l'annonce d'un futur retrait américain de Syrie.

Mardi encore, le président Recep Tayyip Erdogan affirmait que, faute d'accord, il lancerait "très bientôt" une opération.

Le président turc "insiste toujours sur l'élimination de notre présence", malgré le dernier accord, a déploré M. Khalil.
(AFP, 8 août 2019)

L’obsession kurde du «nouveau Sultan» turc

Recep Tayyip Erdogan l’a promis lundi soir : l’armée turque va entrer « à l’est de l’Euphrate », en Syrie. Car, a-t-il dit pour la énième fois, « la patience de la Turquie n’est pas sans limites ». Dans le collimateur du président turc, les Kurdes de Syrie, ou plutôt le mouvement qui a imposé une zone quasi indépendante dans le nord de ce pays grâce au chaos qui y prévaut depuis huit années de guerre. Et ce mouvement, le PYD, n’est autre que l’aile syrienne du PKK turc. Des « terroristes », quoi.

L’obsession kurde d’Erdogan n’a rien d’original en Turquie. Les « laïcs » qui ont précédé son long règne commencé en 2003 partageaient la même hantise, la même angoisse, face à un mouvement autonomiste – voire indépendantiste – issu de la minorité kurde dont les ambitions ne peuvent que heurter de front le puissant nationalisme – voire chauvinisme – turc.

Pleins pouvoirs

Le « nouveau Sultan », comme on surnomme parfois celui qui a fait approuver en 2017 une Constitution qui lui donne quasiment les pleins pouvoirs, a déjà dépêché son armée en Syrie par deux fois. Ce fut l’opération « Bouclier de l’Euphrate » en 2016 puis l’opération « Rameau d’olivier » en 2018. Chaque fois, il s’agissait d’annihiler les espoirs des Kurdes de Syrie d’asseoir leur domination sur une région frontalière avec la Turquie. La simple évocation d’un « Rojava » (comme les Kurdes appellent le Kurdistan syrien) indépendant empêche d’aucuns de dormir en Turquie. Une base arrière pour le PKK et aussi un exemple pour les frères kurdes de Turquie : ces deux arguments suffisent amplement, à Ankara, pour mobiliser toutes les énergies et pour motiver l’armée…

Désormais, en Syrie, seuls les Etats-Unis peuvent empêcher l’armée turque d’entrer à l’est de l’Euphrate. L’irascible Erdogan veut y créer sa zone tampon et y imposer une présence armée turque. Le risque est grand qu’un tel scénario replonge le nord-est syrien dans une guerre dont les vestiges de « l’Etat islamique » en déliquescence profiteraient pour tenter de renaître de leurs cendres. Et pour se venger de ces Kurdes fer de lance de la coalition qui a vaincu les djihadistes entre 2015 et 2018.

40.000 morts

Depuis 1984, le conflit armé entre l’Etat turc et le PKK a fait plus de 40.000 morts et a provoqué d’énormes souffrances parmi les populations civiles. Les Kurdes, au Moyen-Orient, demeurent une population privée d’Etat. Ils restent des minorités qui, selon qu’ils vivent en Turquie, en Syrie, en Iran ou en Irak, subissent le joug d’Etats le plus souvent peu enclins à octroyer des droits spécifiques aux groupes ethniques différents de la majorité. Parfois, ils ont arraché des avancées, comme en Turquie, où quelques droits culturels leur ont été concédés, mais le sentiment de discrimination reste prégnant.
(Le Soir, Baudouin Loos, 6 août 2019)

Pour les Kurdes syriens, le risque d'une offensive turque est réel

La Turquie attaquera les combattants kurdes dans le nord-est de la Syrie "à la première occasion", a assuré un haut responsable kurde syrien, Aldar Khalil, dans un entretien lundi à l'AFP.

Dimanche, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé de lancer en Syrie une offensive contre les positions des Unités de protection du peuple (YPG), un groupe de combattants kurdes qualifié par Ankara de "groupe terroriste".

Pour Aldar Khalil, "Erdogan est sérieux et lancera une attaque à la première occasion" dans le nord-est du pays en guerre, où les Kurdes ont instauré une autonomie fragile.

"Si on n'en dissuade pas la Turquie et s'il n'y a pas de consensus pour une décision internationale l'en empêchant, elle va certainement être en mode offensif", a affirmé ce haut responsable politique à l'AFP.

Les YPG constituent l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de combattants arabo-kurdes engagée en Syrie dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) aux côtés de la coalition internationale emmenée par Washington.

Le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu a appelé lundi les Etats-Unis à "cesser leur coopération" avec les YPG, alors que des responsables turcs et américains s'entretenaient au même moment à Ankara de l'éventuelle création d'une "zone de sécurité".

Celle-ci devrait permettre de séparer la frontière turque de certaines positions des YPG dans le nord-est syrien.

Selon la presse turque, les négociations achoppent pour l'instant sur la profondeur d'une éventuelle "zone de sécurité", Ankara, qui veut éviter la formation d'une zone autonome kurde le long de sa frontière, réclamant une bande de 30 km de large en Syrie et exigeant d'en avoir seule le contrôle.

D'après M. Khalil, les Kurdes, qui refusent toute présence turque dans cette région, avaient accepté une zone tampon de 5 km de large mais Ankara a refusé cette proposition.

- Trouver l'"équilibre" -

Le 19 décembre, le président américain Donald Trump a annoncé le retrait des forces américaines qui luttent dans le nord-est de la Syrie contre les jihadistes aux côtés des FDS. De nombreux observateurs avaient alors dit craindre que cette mesure ne laisse à la Turquie le champ libre d'agir contre les YPG.

Les négociations entre responsables turcs et américains à Ankara traînent en longueur en raison des tentatives de Washington de "trouver un équilibre (...) et une formule de compromis", estime M. Khalil.

Les Etats-Unis pourraient "stopper l'attaque d'un seul mot mais on dirait qu'ils ne veulent pas mettre plus de pression que nécessaire sur la Turquie", juge-t-il.

Ces dernières semaines, des médias turcs ont fait état de l'envoi de véhicules militaires et d'unités de commandos vers des localités turques à proximité de la frontière syrienne.

La Turquie a mené deux offensives en Syrie en 2016 et début 2018 pour repousser les YPG.

En 2018, la Turquie a pris le contrôle de l'enclave kurde d'Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, après une offensive terrestre et aérienne de deux mois qui a poussé à la fuite des dizaines de milliers de personnes.

Mais si Ankara lance une nouvelle offensive, elle pourrait être difficile à mener, prévient M. Khalil.

"La Turquie aura des difficultés à faire voler ses avions dans le même espace aérien que l'aviation américaine", remarque-t-il.

Pour Nicholas Heras, expert du Center for a New American Security, si une "zone de sécurité" est créée, les Américains pourraient envisager la constitution de patrouilles communes.

Washington, "après des mois passés à retenir la Turquie, considère désormais que la seule chose qui empêchera l'armée turque d'envahir (les zones sous contrôle des YPG) est d'autoriser des unités militaires turques à patrouiller dans le nord et l'est de la Syrie avec la coalition", estime-t-il.
(AFP, 5 août 2019)

Soldiers Opened fire on Villagers and killed a child

Soldiers opened fire on villagers who were doing border trade in Çemekurk village of Derecik district in the mostly Kurdish-populated border province of Hakkari.

While 14-year-old Vedat Ekinci died in the fire, one person was heavily wounded.

Sait Dede, an MP for Hakkari from the Peoples' Democratic Party (HDP) told bianet that the incident occurred yesterday (August 1) at between 4 p.m. and 5 p.m.

"There is only a brook between Çemekurk village and Southern Kurdistan. When you cross the brook, you enter the opposite side of the border. These are places these people always go to.

"Five people go in the morning and they come back on the same day. One their way back, soldiers open fire on them. Villagers say the fire was opened from land and close distance.

"Border trade has been done there before. Both state and the soldiers, everybody knows this. Besides, these people have no other source of income. Eighty percent of their relatives live on the other side of the border.

"Villagers said that soldiers opened fire on horses many times recently. This time, a young person lost his life. Soldiers do not have the right to open fire. What they can do is detention and enforce the law on violating the border. What is that to kill people because they cross the border?

"This incident is a result of the policies of impunity. If those responsible for the Roboski Massacre were held accountable, we would not live new Roboskis today. The lack of the solution to the Kurdish problem is the sole reason for what has been lived."

Garo Paylan, another MP of the HDP, shared a video of the aftermath of the incident on Twitter, saying, "A 14-year-old child named Vedat Ekinci has been killed by fire from a helicopter in Hakkari. Roboski Massacre continues!" in a tweet. In the video, soldiers and civilians are seen around the wounded child.
(BIA, 2 August 2019)

Minorités / Minorities

‘This Anti-Jew Video is the Utmost Example of Hate Speech’

Peoples' Democratic Party (HDP) Diyarbakır MP Garo Paylan has submitted a Parliamentary question regarding the video that was shared on Twitter on July 31, featuring a group of children made to chant "Death to Jews."

Arguing that the video is both a hate crime and child abuse, Paylan has asked Minister of Interior Süleyman Soylu a series of questions about the issue, including whether an investigation will be launched against the violation caused by the video and whether the necessary precautions will be taken to prevent hate speech, hate crime and child abuse.

Şalom newspaper Editor-in-Chief İvo Molinas has also spoken to bianet about the video in question.
'Racism instilled into children's brains'

Molinas has stated the following about the issue:

"There is an intense anti-semitism in visual and print media and social media in Turkey, but this video is a completely different example of semitism.

"Hatred of Jews, hatred of humans is instilled into the little brains of children who do not know who the Jews are.

"These children will be integrated into society as potential anti-semites, which is the biggest danger.

"Racism and hate crimes have to be penalized.

"A lawsuit absolutely needs to be filed against the statements that could constitute racism and hate crime, the responsible parties and the ones who lead children to this direction.
'We cannot do anything, but complain'

"All racism and hate crimes have to be penalized. This video is the utmost and harshest example of anti-semitism.

"The short-term resolution is penalization and the long-term one is education. We live in a Turkey, where an ethnic group is instilled into little brains of children as enemies, which is the most upsetting of all.

"We are only complaining as a society, we cannot do anything. It is a source of distress that neither political nor legal actions have been taken to stop it."

Questions of Paylan

In his Parliamentary question addressing Minister of Interior Soylu, HDP MP Paylan has asked a series of questions including the following:
  •     While the video in question was being recorded, under whose care were those children and where were they? Were those children accompanied by their parents or families?
  •     For what purpose and as part of which organization were those children, who were made to chant "Death to Jews" in the video, together? Was this organization held within the knowledge of your Ministry and the related Civilian Authorities?
  •     Were the child abusers who made children in the video chant slogans containing hate speech and incited them to commit hate crimes identified? Has an effective investigation been conducted against these people?
  •     Will any investigations be launched against the families of the children who were openly seen to be incited to abuse and crime in the video?
  •     Will effective, comprehensive and urgent investigations be launched against the officials of your Ministry who have negligence in the committal of this crime?
  •     Are there any ongoing works undertaken by your Ministry to prevent hate speech, hate crime and child abuse? What precautions are you thinking of taking to prevent similar incidents in the future? (BIA, 5 août 2019)
Hypocrisie d'Erdogan qui a posé la première pierre d'une église syriaque à Istanbul

Le président turc Tayyip Erdogan a posé samedi à Istanbul la première pierre d'une église syriaque, le premier édifice de culte chrétien construit dans l'histoire moderne de la République turque. Cette église, située dans le quartier périphérique de Yesilkoy, est destinée à l'antique communauté chrétienne syriaque, qui fait partie de la Chrétienté d'Orient. Les syriaques prient en araméen, une langue ancienne qui aurait été celle de Jésus.

"C'est le devoir de la République turque de satisfaire les besoins d'espace de la communauté syriaque pour pratiquer leur culte, les syriaques sont des enfants antiques de cette région", a déclaré lors d'un discours télévisé M. Erdogan, qui espère que la construction, financée par les syriaques, sera achevée d'ici deux ans.

En 2009, M. Erdogan, alors Premier ministre, avait ordonné à la municipalité de trouver un terrain pour l'église destinée à la communauté syriaque locale, qui compte 17.000 membres. Il s'agira de la première église construite en Turquie depuis la fondation de la République turque en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk.

Les membres des minorités chrétiennes turques, qui représentent 0,2% de la population, se plaignent régulièrement d'être traités comme des citoyens de seconde zone dans ce pays très majoritairement musulman de 82 millions d'habitants. "N'oubliez pas : ce pays appartient à tout le monde", a affirmé samedi M. Erdogan. "Tous ceux qui sont attachés, contribuent et sont loyaux à la Turquie sont des citoyens à part entière. Il n'y a aucune barrière en politique, dans le commerce ou tout autre secteur".

Pourtant, le même Erdogan, défend toujours le génocide du 1915 dont la communauté
chrétienne syriaque est une des victimes. Dans un message Twitter du 25 avril 2019 en réponse à la reconnaissance de ce génocide par la France, il disait: "Le transfert des bandes arméniennes et de leurs partisans, tueurs de musulmans, y compris des femmes et des enfants vers l’Est de l’Anatolie était la décision la plus raisonnable à prendre à l’époque". (Info-Turk, 3 août 2019)

Fires in Syriac Villages: 'Even if It is Not Sabotage, There is Gross Negligence'

Fires broke out in six Syriac villages in Mardin around Mount Bagok. While there were no losses of lives, vineyards and vegetable gardens were destroyed, Deyrulzafaran Monastery was damaged and 700 trees were razed.

All of the six settlements, namely Elbeğendi, Güzelsu, Dibek, Üçköy, Üçyol Dağiçi, being Syriac villages lead to claims that the fires broke out as a result of sabotage acts.

"State doesn't use helicopters"

"Even if there is no sabotage, there is serious negligence. For years, they have been fires braking about because of 'transformers' and nothing is being done," MP Çelik told bianet.

Saying that he submitted a parliamentary question on the fires last year and did not receive a response, Tuma remarks, "That is a mountainous and forested land. And there is a lot of grass. Even after the slightest spark, the place is very hard to reach. Unfortunately, the state does not use helicopters.

"Great damage to nature occurs every time. If there are vegetable gardens, crops, people are hurt, too.

"Both animals and biological diversity suffer damage. Even if there is no sabotage, either electric poles or wires get broken and fires break out. A short circuit happens and fires break out. Every time, there is a problem with the transformers.

"Now it becomes impossible to call this an accident. Even if this problem is expressed, there are no measures.

"People can lose their labor for a whole year so easily. A permanent solution must be found and the conditions should be formed to quickly extinguish fires in the region."

"Dry grass is gunpowder"

Evgil Türker, the chairperson of the Federation of Syriac Associations, said, "This is the season of vineyards. All of them were razed. There is great damage," speaking to bianet.

"Gendarmerie and security forces are investigating the incident, we want to learn what really happened.

"The officials should especially repair the problematic electric lines around Mount Bagok. It should be urgently secured. More horrible things may happen.

"And our people should really be careful. This is a dry place. It doesn't rain for five or six months. All the dry grass is gunpowder.

The European Syriac Union also released a statement, saying that the fires should be investigated.

Because of the incidents repeat, necessary precautions and security measures should be taken, it added.

"It is important that the citizens who suffered damage be supported by the state. As the European Syriac Union, we express that we will follow the incidents," the statement said.
(BIA, 29 July 2019)

Politique intérieure/Interior Politics


Forces armées/Armed Forces

OYAK (holding de l'armée turque) sur le point d'absorber British Steel

Le fonds de pension de l'armée turque Oyak va mener des négociations exclusives afin de racheter l'entreprise de sidérurgie britannique en faillite British Steel et tenter de sauver plus de 4.000 emplois.

Oyak a annoncé dans un communiqué publié vendredi que son bras financier Ataer Holding a été choisi comme repreneur potentiel de British Steel qui avait été contraint de se déclarer en faillite en mai dernier.

"Nous avons (...) signé un accord préliminaire pour acheter le géant industriel du Royaume-Uni, British Steel", a annoncé le directeur général d'Oyak, Süleyman Savas Erdem.

Le groupe turc va désormais discuter pendant deux mois avec British Steel et espère conclure le rachat d'ici à la fin de l'année.

Créé en 1961 un an après un coup d'Etat militaire, Oyak connaît bien le secteur puisqu'il détient 49% du sidérurgiste turc Erdemir, dont l'activité serait complémentaire avec celle de British Steel.

Les actifs du conglomérat Oyak s'élevaient à 19,3 milliards de dollars en 2018, avec des investissements dans le ciment, l'énergie, les services financiers et l'automobile.

Dans un communiqué distinct, l'administrateur judiciaire officiel, qui gère la faillite du groupe britannique pour le compte des pouvoirs publics, a confirmé le choix d'Ataer, qui a été préféré à plusieurs autre prétendants.

"Je suis heureux d'annoncer que j'ai reçu une offre acceptable de la part d'Ataer pour le rachat de l'ensemble de l'activité" de British Steel, souligne l'administrateur, qui espère conclure le processus dans les prochaines semaines.

En attendant, British Steel poursuit son activité avec ses plus de 4.000 employés, dont la majorité sur le complexe sidérurgique géant à Scunthorpe dans le nord-est de l'Angleterre, les pouvoirs publics s'étant portés garants.

Numéro deux du secteur au Royaume-Uni derrière Tata Steel, British Steel a fait faillite faute de liquidités suffisantes. Il avait mis ses difficultés financières sur le compte du Brexit, dont les incertitudes plombent la demande en acier de ses clients européens.

Sa faillite a suscité des craintes sur l'avenir de ses salariés et de la vingtaine de milliers de personnes qui travaillent pour ses fournisseurs.

- 'Soulagement' -

Le puissant syndicat britannique Unite s'est d'ailleurs félicité de l'annonce des discussions avec le fonds de pension truc, non sans quelques réserves.

"L'heure est au soulagement", souligne Harish Patel, un responsable de Unite, qui appelle toutefois le gouvernement à assurer un avenir viable à la sidérurgie britannique, notamment en évitant un Brexit sans accord.

Plus prudent, le syndicat GMB s'inquiète lui d'éventuels licenciements. "Cette main d'oeuvre loyale ne doit pas être une préoccupation secondaire", prévient Ross Murdoch, un de ses responsables.

Les pouvoirs publics auraient de leur côté donné leur feu vert à un soutien financier de 300 millions de livres pour soulager les finances de British Steel, révélait la chaîne Sky News la semaine dernière.

L'ouverture de négociations exclusives avec Oyak "est une avancée importante et positive afin de garantir l'avenir de British Steel", a commenté Andrea Leadsom, ministre des Entreprises et de l'Industrie du gouvernement de Boris Johnson.

L'association professionnelle britannique UK Steel saluait également la nouvelle, rappelant que les sites de British Steel de Scunthorpe et ailleurs dans le nord-est représentent un tiers de la production d'acier au Royaume-Uni.

La sidérurgie est un sujet sensible au Royaume-Uni où son histoire remonte à la Révolution industrielle chère aux Britanniques.

La reprise de British Steel par le fonds de pension turc ne concernerait en revanche pas les sites français de Saint-Saulve (Ascoval) et Hayange. Ces derniers appartiennent à la holding Olympus du fonds Greybull, qui était la maison mère de British Steel mais n'a pas fait faillite.

Reste à savoir désormais si British Steel pourra prendre un nouveau départ trois ans après avoir été relancé par Greybull avec la reprise de la division européenne de produits longs du numéro un britannique Tata Steel.

Ces produits sont demandés dans le secteur ferroviaire et de la construction, la SNCF française et le britannique Network Rail étant des clients importants.
(AFP, 16 août 2019)

Affaires religieuses / Religious Affairs

L'EI n'a jamais été vraiment vaincu, estiment officiels et experts

Le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie n'a pas été vraiment vaincu et sa résurgence, sous cette appellation ou une autre, n'est qu'une question de temps, préviennent officiels et experts.

Contredisant l'affirmation du président Donald Trump selon laquelle l'organisation jihadiste avait été défaite, de récents rapports de groupes de réflexion, des Nations Unies mais aussi du Pentagone décrivent une organisation, certes privée d'assise territoriale et passée dans la clandestinité, mais toujours active, disposant de milliers de combattants, de millions de dollars et d'un réseau de propagande et de soutien mondial.

Dans un rapport intitulé "Ne parlez pas d'un retour : la persistance de l'État islamique", le cabinet d'analyse Soufan Center estime que "l'EI est bien vivant et en bonne santé en Irak et en Syrie".

"Il est clair que l'EI est en mesure de maintenir son insurrection dans un avenir prévisible", écrit le Soufan Center. "Il n'est pas question de son retour en Irak et en Syrie : le groupe et ses membres n'en sont jamais partis".

La perte progressive des territoires qu'il contrôlait, face à une coalition internationale surpuissante, ne s'est pas accompagnée d'une fuite ou d'une démobilisation de ses combattants mais d'une dispersion, d'un passage à la clandestinité favorisés par la mauvaise gouvernance des zones libérées, le retrait partiel des forces américaines et les dissensions au sein de ses adversaires.

Dans un rapport rendu public mardi, l'Inspecteur général du Pentagone estime que "même s'il a perdu son +califat+ territorial, l'EI a renforcé ses capacités insurrectionnelles en Irak et a repris ses activités en Syrie ce trimestre".

L'EI a pu "regrouper et soutenir des opérations" dans ces deux pays en partie parce que les forces locales "restent incapables de maintenir des opérations à long terme, de conduire des opérations simultanément, ou de garder le territoire qu'elles ont libéré", ajoute-t-il.

- Saper l'autorité -

Dans un rapport datant de la mi-juillet, le Conseil de sécurité de l'ONU estime lui aussi que "l'EI s'adapte, se consolide et crée les conditions d'une éventuelle résurgence dans ses bastions en Irak et en Syrie".

"Le processus est plus avancé en Irak, où son chef Abou Bakr al-Baghdadi et la plupart de ses dirigeants sont désormais basés", ajoutent les experts des Nations unies.

Il y a en Irak comme en Syrie des zones grises, mal contrôlées par les autorités dans lesquelles des cellules de l'EI ont pu se reconstituer, notent les auteurs de ces rapports. Ailleurs, des cellules clandestines ont recours aux assassinats ciblés, aux attentats, aux embuscades, au racket, aux menaces pour affaiblir leurs ennemis.

Une campagne de mise à feu des récoltes s'est déroulée cet été dans plusieurs régions, afin de miner l'autorité des pouvoirs locaux et de démontrer leur incapacité à contrôler et reconstruire les zones ravagées par la guerre.

Détournant le slogan de l'EI, "Se maintenir et s'étendre", le groupe de réflexion Rand Corp. a titré son rapport, paru la semaine dernière, "Revenir et s'étendre ?".

Selon les experts de la Rand, qui ont étudié "les finances et les perspectives de l'État islamique après le Califat", le groupe pourrait encore disposer d'un trésor de guerre de plus de 400 millions de dollars, dissimulé sous une multitude de formes différentes et clandestines, en Syrie, en Irak et dans les pays voisins.

"Si l'EI prévoit un retour, comme nous pensons que c'est le cas, le groupe va s'en tenir aux recettes qui marchent : diversifier son portefeuille financier afin de disposer de financements fiables et stables", estime la Rand.

"Le groupe a déjà été donné pour vaincu", ajoutent ses experts. "Son talent pour se financer par des activités criminelles va se révéler utile : ses membres vont racketter, kidnapper, tuer, voler, trafiquer pour se procurer l'argent nécessaire à leur survie".

Dans une vidéo postée dimanche par son organe de propagande, la deuxième depuis sa défaite militaire en mars, l'EI a promis d'intensifier le "combat" contre la coalition dirigée par les Etats-Unis et ses alliés kurdes.

"Le feu de la bataille entre nous et eux a été rallumé et va s'intensifier" menace l'EI, sur des images d'exécutions.
(AFP, 14 août 2019)

Un Chinois musulman réfugié en Turquie craint d'être expulsé

Peu avant minuit, le 30 mai, deux policiers turcs ont sonné chez Aihemaiti Xianmixiding, un Chinois musulman exilé à Istanbul. "Ils m'ont dit: +On a quelques questions à te poser au poste, on te ramènera ensuite+".

Mais deux mois et demi plus tard, M. Xianmixiding n'est toujours pas rentré. Depuis le centre de rétention pour migrants où il est désormais enfermé, il explique à l'AFP qu'il redoute d'être renvoyé en Chine.

La Turquie a longtemps été un havre pour des dizaines de milliers d'Ouïghours, minorité musulmane et turcophone dont est issu M. Xianmixiding et qui fait l'objet d'une répression de la part de Pékin, selon plusieurs ONG.

Mais la peur s'est emparée d'eux depuis quelques mois en raison de rumeurs d'expulsions --démenties par Ankara--, ainsi que du cas d'une femme ouïghoure envoyée en juin avec ses deux enfants au Tadjikistan après avoir reçu un passeport de ce pays, puis, de là, en Chine.

"J'ai entendu parler d'Ouïghours expulsés par la Turquie vers le Tadjikistan, d'où ils ont été envoyés en Chine. J'ai peur que la même chose m'arrive", déclare M. Xianmixiding à l'AFP qui a pu le joindre par téléphone samedi depuis le centre de rétention de Pehlivanköy, dans la province de Kirklareli (nord-ouest).

Agé de 29 ans, M. Xianmixiding a quitté en 2016 le Xinjiang, région où vivent plusieurs minorités musulmanes dans le nord-ouest de la Chine, pour s'installer dans un quartier populaire d'Istanbul avec son épouse et leurs deux enfants.

Arrêté le 30 mai, il est soupçonné d'avoir aidé financièrement une "organisation terroriste" désignée sous l'appellation de "Mouvement national ouïghour international", selon des documents judiciaires consultés par l'AFP.

M. Xianmixiding rejette catégoriquement les accusations et affirme n'avoir "jamais entendu parler de cette organisation" avant d'être arrêté.

"Nous nous sommes toujours tenus à l'écart de ce qui pourrait nous attirer des ennuis", raconte son épouse Ekide, 25 ans, jointe par téléphone. "Mon mari travaille dur. Tout ce qui compte, pour lui, c'est d'assurer un avenir à ses enfants", ajoute-t-elle en éclatant en sanglots.

- "On va te ramener" -

Titulaire d'un titre de séjour et d'un permis de travail turcs, M. Xianmixiding résidait jusque-là légalement en Turquie.

Originaire de la ville de Guldja (Yining, en chinois), au Xinjiang, il explique avoir choisi l'exil en 2016 pour fuir une "situation qui allait de mal en pis".

Selon des organisations de défense des droits humains, jusqu'à un million d'Ouïghours et d'autres membres de minorités musulmanes seraient détenus dans ces centres de "rééducation" au Xinjiang.

Pékin dément ces accusations et soutient que ces structures sont des "centres de formation professionnelle" permettant de lutter contre la "radicalisation".

Autrefois ardent défenseur des Ouïghours, le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en sourdine ses critiques, alors qu'Ankara cherche à renforcer ses liens économiques avec Pékin.

Aucun responsable turc n'était joignable dans l'immédiat pour commenter le cas de M. Xianmixiding.

Lors d'une rencontre avec la presse étrangère le mois dernier à Istanbul, des responsables turcs des services d'immigration ont assuré que leur pays ne renvoyait jamais des Ouïghours vers la Chine.

Interrogés sur le cas de la femme ouïghoure expulsée vers le Tadjikistan en juin, les responsables turcs ont affirmé qu'elle avait été désignée par l'ambassade du Tadjikistan à Ankara comme l'une de ses ressortissantes et ne possédait aucun document d'identité attestant le contraire.

L'ambassade du Tadjikistan "a insisté sur le fait qu'elle était (tadjike). Nous allons découvrir ce qui s'est passé. Nous n'expulsons jamais les Ouïghours vers la Chine", a déclaré un responsable turc, Ramazan Secilmis, lors de cette réunion.

Des activistes ouïghours soupçonnent le Tadjikistan d'agir aux ordres de Pékin en désignant des Ouïghours comme ses ressortissants et en leur délivrant des passeports afin de les "rapatrier", puis de les envoyer en Chine.

Soupirant d'impuissance au bout de la ligne téléphonique, M. Xianmixiding estime que "la Chine en est capable".

Il raconte que dans les mois qui ont suivi son installation à Istanbul, en 2016, il a commencé à recevoir des "menaces" via l'application de messagerie chinoise WeChat.

"Des policiers me disaient: +Attends un peu, on va te ramener+".
(AFP, 12 août 2019)

Des milliers de combattants étrangers de Daech toujours en vie

Screen grab of The chief of the Islamic State (ISIS) group Abu Bakr al-Baghdadi purportedly appears for the first time in five years in a propaganda video in an undisclosed location. The elusive chief of the IS group al-Baghdadi has appeared for the first time in five years in a propaganda video released on April 29 by the jihadist organisation. It is unclear when the footage was filmed, but Baghdadi referred in the past tense to the months-long fight for Baghouz, IS's final bastion in eastern Syria, which ended last month.

Un rapport détaillé du Conseil de sécurité fait le point sur Daech.

Où sont passés les 40 000 combattants étrangers qui avaient rejoint les rangs de l’État islamique ? Depuis la défaite militaire du groupe djihadiste à Baghouz, en mars dernier, cette question hante les responsables policiers du monde entier. Un rapport que vient de publier le Conseil de sécurité des Nations unies donne un début de réponse.

Selon ce rapport qui fait la synthèse de renseignements fournis par les États membres, 25 % des combattants étrangers sont morts, 15 % ont disparu, "24 000 à 30 000 d’entre eux sont toujours en vie". Ces chiffres englobent tous les combattants venus du monde arabe, d’Asie centrale, de Russie ou des pays occidentaux.

Des centaines, détenus par les Kurdes syriens, ont été rapatriés dans leur pays dont la Russie, le Kosovo ou le Kazakhstan. Mais des milliers sont encore détenus au Rojava, que la Turquie menace d’une intervention armée dans les heures qui viennent.

Sur les 5 000 à 6 000 qui sont venus spécifiquement d’Europe, "entre 30 à 40 % d’entre eux ont été tués, 10 à 15 % sont toujours détenus dans la région, 10 à 15 % se sont réinstallés ailleurs et 30 à 40 % sont rentrés en Europe. Le sort de nombre d’entre eux reste inconnu", ajoute le rapport.

Des étrangers abandonnés à eux-mêmes

L’Onu souligne que Daech et ses dirigeants (dont Abou Bakr al-Baghdadi) se sont repliés principalement en Irak, mais aussi dans les provinces syriennes d’Idleb, de Raqqa et de Hassaké. Ils ont recréé des cellules dormantes reliées entre elles par un réseau en étoile et décentralisé.

Daech veut avant tout consolider ses rangs irakiens et syriens. "Les combattants terroristes étrangers, pour la plupart, ne sont pas jugés indispensables et sont abandonnés à eux-mêmes", affirme un État membre. Certains tentent de revenir dans leur pays d’origine, quitte à passer quelques années en prison, d’autres se tiennent cois dans des "pays voisins" de l’Irak ou de la Syrie. Une poignée part vers d’autres champs de bataille, comme l’Afghanistan.

Les fonds disponibles à Daech sont limités. Ils évolueraient "entre 50 et 300 millions de dollars". Le groupe terroriste disposerait de caches en Syrie et en Irak. Certaines, seulement connues de ses dirigeants, abriteraient des antiquités dérobées sur les nombreux sites archéologiques de la région. Les kidnappings, les extorsions, la contrebande constituent sa source actuelle de financement.

Des attentats "avant la fin 2019"

Pour autant, Daech n’a pas renoncé à commettre des attentats "à l’international" comme l’a déclaré Abou Bakr al-Baghdadi en avril dernier. Pour le moment, il endosse des attentats commis par d’autres. L’Onu soupçonne que le groupe "réinvestira dans sa capacité de diriger et de faciliter l’exécution d’attentats complexes à l’échelle internationale, dès qu’il disposera de l’espace et du temps nécessaires". Il pourrait agir "avant la fin 2019" ; "peut-être dans des lieux inattendus".

Regroupement des djihadistes à Idleb

Le rapport s’intéresse aussi à al-Qaïda, en rivalité avec Daech. Les deux groupes se côtoient aujourd’hui, avec une grande méfiance, au sein de la région d’Idleb au nord-ouest de la Syrie. Cette région échappe toujours au contrôle des troupes syriennes. Elle est sous la surveillance de la Turquie. Elle est devenue, selon un État membre, "le plus grand dépotoir de combattants terroristes étrangers au monde".

Le groupe le plus puissant à Idleb est une émanation d’al-Qaïda qui affirme avoir pris ses distances avec l’ancien réseau de Ben Laden : le Hayat Tahrir al-Sham (HTS). Ce groupe salafiste pourrait compter sur 12 000 à 15 000 combattants. Le groupe tire ses revenus d’une taxe sur les biens qui entrent à Idleb par les points de passage qu’il contrôle. "Les recettes provenant de cette taxe seraient élevées. En effet, trois millions de personnes vivent sur ce territoire", dit le rapport.

L’armée syrienne a annoncé lundi son intention de reprendre ses opérations militaires contre la région d’Idleb, après quatre jours de trêve.
(La Libre Belgique, Christophe Lamfalussy, 7 août 2019)

Socio-économique / Socio-economic

Vingt ans après un séisme meurtrier, Istanbul se prépare au "Big One"

Vingt ans après un séisme meurtrier qui a ravagé le nord-ouest de la Turquie, Istanbul vit dans l'attente d'un tremblement de terre annoncé comme inéluctable. Et pour les experts, la ville aux 16 millions d'habitants n'est pas prête.

La Turquie marquera samedi le 20e anniversaire du séisme de magnitude 7,4 qui s'est produit le 17 août 1999 à Izmit, 100 km à l'est d'Istanbul, faisant au moins 17.400 morts, dont un millier dans la capitale économique du pays.

Désormais, pour les sismologues, la question n'est pas de savoir si un séisme semblable frappera ou non Istanbul, ville située à proximité de la faille nord-anatolienne, sur laquelle s'est produite la secousse de 1999. Mais de savoir quand.

Sükrü Ersoy, spécialiste des séismes et enseignant à l'Université technique Yildiz à Istanbul, estime que la ville pourrait subir un tremblement de terre majeur dans les 10 années à venir.

"Dans le pire des cas, le séisme pourrait atteindre une magnitude de 7,7", déclare-t-il à l'AFP. "Istanbul est-elle prête pour cela ? Malheureusement, non".

Selon lui, une telle secousse provoquerait l'effondrement de milliers de bâtiments, un nombre de morts "effrayant" et la paralysie d'Istanbul, la ville la plus peuplée et la plus riche du pays et une destination touristique majeure.

L'ex-capitale ottomane a connu de nombreux tremblements de terre dans son histoire. En 1509, la ville a été dévastée par un séisme si puissant que les Ottomans l'ont nommé la "Petite apocalypse".

- "C'est le destin" -

Si la Turquie, située dans l'une des zones sismiques les plus actives du monde, est régulièrement secouée, le tremblement de terre de 1999, qui a dévasté le coeur industrialisé du pays, a provoqué un électrochoc.

Depuis, une Agence de gestion des situations d'urgence (AFAD) a été créée, des hôpitaux capables de résister à de violentes secousses ont été construits et des mécanismes prévoyant la coupure automatique des réseaux de gaz ont été installés.

Mais pour les experts, le principal problème d'Istanbul réside dans les dizaines de milliers d'immeubles construits sans autorisation ni contrôle lors du développement anarchique de la ville ces dernières décennies.

Nombre de ces immeubles, parfois construits avec du ciment mélangé à du sable de mer, donc plus friable, se sont effondrés en 1999.

"Juste après le séisme de 1999, il y a eu une prise de conscience", déclare à l'AFP Nusret Suna, dirigeant de la Chambre des ingénieurs en bâtiment d'Istanbul. "Mais avec le temps, le fatalisme a pris le dessus. On a dit +C'est le destin+, et on est passé à autre chose".

Si les contrôles sont plus stricts aujourd'hui, l'effondrement en février dernier d'un immeuble résidentiel à Istanbul, dans lequel plus de 20 personnes sont mortes, a réveillé les inquiétudes sur la solidité des bâtiments de la ville.

Un grand processus de "rénovation urbaine" consistant à détruire les bâtiments "à risques" est en cours.

- "Mobilisation générale" -

Mais pour M. Suna, qui appelle à une "mobilisation générale" pour mettre la ville aux normes antisismiques, ces mesures sont insuffisantes.

Partageant ce constat, le nouveau maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, a promis de mettre sur pied un plan pour faire face à un séisme, s'engageant notamment à créer davantage d'espaces verts pour accueillir les rescapés.

En théorie, chaque quartier dispose d'un "espace de rassemblement". Mais nombre d'entre eux ont disparu sous des parkings ou des centres commerciaux.

Si les préparatifs ne "sont pas accélérés", alors Istanbul sera plongée dans un "vrai chaos" en cas de secousse, met en garde Recep Salci, dirigeant de l'association de secouristes AKUT, qui est intervenue après le séisme de 1999.

"On ne peut pas empêcher un tremblement de terre de se produire, mais on peut en réduire énormément les conséquences", souligne-t-il, appelant à s'inspirer du Japon et du Chili, deux pays régulièrement secoués par des séismes qui ont pris des mesures radicales pour minimiser leur impact.

M. Suna, de la Chambre des ingénieurs d'Istanbul, estime qu'Istanbul a besoin de "15 à 20 ans" pour être prête. "Depuis 1999, 20 années ont été perdues. Mais il ne faut pas se décourager".
(AFP, 15 août 2019)

18th Day of Ida Mountains Watch

Today is August 12, 2019. Today marks the 18th day of Water and Conscience Watch against the destruction of nature due to the activities of Canada-based Alamos Gold company in Ida Mountains, Çanakkale.

The ones on watch here decided to support the cooling efforts in Gallipoli fire that erupted in Saturday evening and was taken under control yesterday.

15 people from the Ida Mountains watch went to the area where the fire broke out and have returned after the cooling efforts were routinized.

A forum was held in the camping area in the late afternoon and the ones participating in the forum discussed the order of tents and their security.

Environmental defenders roamed around the area in shifts to ensure both their personal security and that of the nature.

The fire brigade truck of Çanakkale Provincial Municipality also kept waiting in the area round the clock.
'Deforestation causes climate crisis'

We talked to Greenpeace activists Tuğçe and Baran who joined the watch yesterday. The two were also accompanied by Tuğçe's friend Çapkın.

Tuğçe explained their reasons for coming here as follows:

"We came here on Saturday and will stay here until the tents are removed.

"The mine project is something that will both jeopardize the health of people of Çanakkale and lead to loss of biological species in the region.

"Deforestation is one of the main causes of climate crisis.

"We, as the Greenpeace, is not actively campaigning about this issue, but we are supporting the local movement here.
'Civilian people protesting peacefully'

Tuğçe also shared her impressions of the watch:

"It is, in fact, an area where the civilian people put up a resistance as an initiative and react against the ongoing activities in the mining site.

"It mostly consists of non-violent protests and people-oriented individual participations. As it is not a provocative environment, I can say that there is quite an healthy resistance environment.

"I participated in local resistances before. I spent my day today with a morning walk and by painting banners.

"My plan for tomorrow (today) is to talk about the model of non-violent protesting used by Greenpeace to support the protest plan here.

"In cooperation with the Association for Protecting Wildlife in Mount Ida, we asked questions to the Ministry of Environment and Forestry regarding the destruction in the region. Our friends who used to work here made interviews with the local people as well. You can watch it in our YouTube channel."
(BIA, 12 August 2019)

Le sud-ouest de la Turquie secoué par un fort séisme

Un séisme de magnitude 5,8 a été enregistré jeudi dans le sud-ouest de la Turquie, a rapporté l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS), les autorités locales faisant état de blessés et de maisons effondrées.

Le tremblement de terre s'est produit dans la province de Denizli à 11H25 GMT, a rapporté l'USGS.

L'Agence turque de gestion des situations d'urgence (AFAD), qui a mesuré le séisme à 6.0 sur l'échelle de Richter, situe son épicentre à proximité de la ville de Bozkurt, à sept kilomètres de profondeur.

"Des toits sont tombés, il y a eu des fissures profondes, certaines maisons se sont effondrées", a déclaré la maire de Bozkurt, Birsen Celik, sur la chaîne d'information NTV. "Personne n'a été tué, il n'y a pas de blessé grave", a-t-elle ajouté.

"Les premières informations que nous avons recueillies ne font pas état de morts ou d'effondrements de grande ampleur", a déclaré le dirigeant de l'AFAD pour la province de Denizli, Ali Etiz, cité par l'agence de presse étatique Anadolu.

La Turquie, située sur d'importantes failles sismiques, est régulièrement secouée par des tremblements de terre.

Depuis le début de l'année, l'ouest et le sud-ouest de la Turquie ont ainsi été ébranlés par plusieurs séismes de magnitude supérieure à 5.

Plusieurs tremblements de ce type ces derniers jours ont réveillé le spectre de la catastrophe de 1999, lorsque deux violents séismes de magnitude supérieure à 7 avaient dévasté des zones très peuplées et industrialisées du nord-ouest de la Turquie, faisant environ 20.000 morts.
(AFP, 8 août 2019)

Sauvetage d'une chocolaterie, promise à la fermeture par des Turcs

Une célèbre chocolaterie italienne, Pernigotti, autour de laquelle s'était mobilisé le gouvernement populiste, a trouvé des repreneurs, la sauvant ainsi de la fermeture promise par son propriétaire turc, a annoncé mardi le ministère italien du Développement économique.

En novembre 2018, l'entreprise turque Toksoz avait annoncé sa décision de fermer l'usine historique de Pernigotti, située dans le Piémont (nord), à Novi Ligure, tout en continuant de vendre sous cette marque des produits fabriqués par des sous-traitants. Toksoz avait racheté Pernigotti en 2013.

Alors que cette usine fonctionnait depuis 1860, le gouvernement italien, en premier lieu le ministre du Développement économique, Luigi Di Maio, patron du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), était monté au créneau.

Après plusieurs mois de mobilisation, son ministère a annoncé mardi, dans un communiqué, qu'avait été signés des accords préliminaires devant "garantir la continuité opérationnelle du site et le maintien de tous les employés", au nombre d'une centaine.

Spes, une coopérative de Turin, reprendra la branche de l'entreprise fabriquant le chocolat et le nougat tandis que l'entrepreneur Giordano Emendatori reprendra la partie glaces.

Les Turcs n'ont néanmoins pas cédé sur la propriété de la marque Pernigotti, qu'ils continueront de détenir.

Le site de Novi Ligure leur fournira chocolats et pâtes à tartiner mais travaillera aussi pour d'autres maisons.

L'usine, un temps fermée, a repris la production le 23 juillet, rappelant pour ce faire 110 personnes, dont les employés au chômage technique.
(AFP, 6 août 2019)

La Turquie commence à remplir un barrage controversé

Les autorités turques ont commencé à remplir un barrage construit sur le Tigre dont le lac artificiel engloutira des trésors archéologiques et qui préoccupe l'Irak irrigué en aval par le fleuve, ont affirmé vendredi des activistes.

"Ils ont fermé les vannes, l'eau est en train de monter", a déclaré à l'AFP Ridvan Ayhan, porte-parole d'un groupe de militants opposés au barrage hydroélectrique d'Ilisu, situé dans le sud-est de la Turquie.

Selon lui, des images satellites prises entre le 19 et le 29 juillet montrent que l'eau est en train de s'accumuler en amont du barrage.

Ilisu est une pièce centrale du Projet d'Anatolie du Sud-Est (GAP), un plan d'aménagement du territoire visant à doper l'économie de cette région longtemps négligée en s'appuyant sur l'énergie et l'irrigation.

Mais des habitants et des défenseurs de l'environnement s'inquiètent de son impact sur l'écosystème et sur le patrimoine de la région. Le lac artificiel doit notamment engloutir la ville de Hasankeyf, vieille de quelque 12.000 ans.

Le gouvernement rejette toute critique, arguant que la plupart des monuments de Hasankeyf ont été mis à l'abri et qu'une nouvelle ville a été construite à proximité pour reloger les quelque 3.000 habitants de la cité historique surplombée par une citadelle romaine.

"Nous demandons aux autorités de vider le barrage. Aucune annonce n'a été faite, ils ne disent rien aux habitants, c'est très inquiétant", déplore M. Ayhan, selon qui il faudra "plusieurs mois" avant que l'eau ne submerge Hasankeyf.

Un autre collectif d'activistes opposé à Ilisu, la Coordination de Hasankeyf, a également rapporté jeudi que le niveau de l'eau montait depuis deux semaines.

Contactée par l'AFP, la Gestion des eaux (DSI), organisme gouvernemental responsable des barrages en Turquie, n'a pas répondu.

La construction du barrage d'Ilisu revêt en outre une dimension géopolitique, faisant l'objet de délicates négociations entre la Turquie et l'Irak, situé en aval.

Bagdad redoute que l'entrée en fonction du barrage ne réduise le débit du Tigre, alors que l'Irak fait déjà face à des pénuries d'eau récurrentes.
(AFP, 2 août 2019)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Le "centre d'opérations conjointes" turco-américain opérationnel la semaine prochaine

Le "centre d'opérations conjointes" turco-américain sur la Syrie sera pleinement opérationnel dès la semaine prochaine, a annoncé vendredi le ministre turc de la Défense.
 
"Le centre d'opérations conjointes travaillera à pleine capacité dès la semaine prochaine", a délaré le ministre Hulusi Akar, selon des propos rapportés par le ministère sur son site.

"Nous avons trouvé un accord général pour la coordination et le contrôle de l'espace aérien ainsi que sur de nombreux sujets", a-t-il ajouté depuis Sanliurfa (sud-est), où il s'est rendu vendredi avec le chef d'état major pour inspecter les troupes destinées à faire partie de ce centre d'opérations.

Une délégation américaine y était également présente depuis lundi pour travailler à la création de ce centre.

Aux termes d'un accord conclu la semaine dernière entre Ankara et Washington à l'issue de difficiles négociations, ce "centre d'opérations conjointes" vise à coordonner la mise en place d'une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie.

Cette zone vise à insérer un tampon entre la frontière turque et des territoires contrôlés par une milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG), soutenue par les Etats-Unis mais qualifiée de "terroriste" par la Turquie.

"Le calendrier défini (avec Washington) a jusqu'à présent été respecté. Nous attendons que cela se poursuive ainsi", a également souligné M. Akar.

La conclusion de cet accord la semaine dernière a permis de prévenir le lancement d'une offensive turque, promise par le président turc Recep Tayyip Erdogan, contre les YPG.

L'armée turque a déjà lancé deux offensives entre 2016 et 2018 dans le nord de la Syrie contre les positions des YPG.
(AFP, 16 août 2019)
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Ankara et Washington font un pas vers une "zone de sécurité"

La Turquie et les Etats-Unis ont décidé mercredi d'établir un "centre d'opérations conjointes" pour coordonner la création d'une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie, une mesure visant à prévenir un affrontement entre forces turques et kurdes.

Cette annonce, chiche en détails, intervient après trois jours d'intenses négociations entre Ankara et Washington, qui cherche à éviter une nouvelle opération militaire turque contre les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qui contrôle des zones du nord de la Syrie.

Soutenues et armées par les Etats-Unis contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), les YPG sont toutefois considérées par la Turquie comme une "organisation terroriste" menaçant sa sécurité.

Selon deux communiqués publiés séparément par le ministère turc de la Défense et l'ambassade américaine à Ankara, les deux pays se sont entendus pour mettre "rapidement" en place "un centre d'opérations conjointes en Turquie pour coordonner et gérer la mise en place de la zone de sécurité".

Cette "zone de sécurité" aura ensuite vocation à devenir, à terme, un "couloir de paix" où pourraient s'installer les réfugiés syriens, qui sont plus de 3,6 millions à avoir rejoint la Turquie.

Aucun détail n'a cependant été dévoilé sur ce projet de "zone de sécurité", ni sur sa profondeur, ni sur les forces qui en auraient le contrôle, deux points où les divergences étaient particulièrement fortes.

D'après la presse turque, Ankara réclamait le contrôle exclusif sur une bande de 30 km de profondeur d'où les YPG devraient se retirer, bien plus que la formule proposée par Washington.

La Turquie conçoit cette "zone de sécurité" comme un tampon entre sa frontière et les positions des YPG à l'est de l'Euphrate en Syrie, jusqu'à la frontière irakienne.

"Ce qui est important, c'est que nous prenions des mesures pour l'est de l'Euphrate. Et c'est ce qui est en train d'être fait avec les Américains", s'est félicité le président Recep Tayyip Erdogan, sans toutefois avancer un calendrier du "processus" devant permettre au futur "centre d'opérations" d'aboutir à cette "zone de sécurité".

- Menaces d'intervention -

La Turquie avait multiplié ces derniers jours les menaces d'intervention contre les positions kurdes dans cette région, après des mois de négociations infructueuses avec les Etats-Unis sur l'idée de zone de sécurité, née en janvier après l'annonce d'un futur retrait américain de Syrie. Mardi encore, M. Erdogan affirmait que, faute d'accord, il lancerait "très bientôt" une opération.

Le président turc, en difficulté sur la scène politique intérieure, "avait besoin d'afficher sa fermeté en matière de sécurité et sa volonté d'alléger la pression que font peser sur la Turquie les millions de réfugiés", estime Nicholas Heras, expert au Center for a New American Security.

"Les Etats-Unis ont entamé un processus pour donner à Erdogan une présence, sous surveillance, à l'est de l'Euphrate, et la réinstallation ordonnée de certains réfugiés", ajoute-t-il.

L'absence de détails laisse toutefois penser qu'il s'agit "plutôt d'un engagement à poursuivre les discussions plutôt que d'un vrai compromis", dit à l'AFP Nicholas Danforth, du cercle de réflexion The German Marshal Fund of the United States. "Si ces discussions sur la zone de sécurité capotent, Ankara va probablement menacer à nouveau de mener des actions unilatérales", prévient-il.

Le soutien de Washington aux YPG empoisonne depuis plus de trois ans les relations entre les deux pays alliés au de l'Otan. Cette milice est l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition kurdo-arabe que les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux, comme la France, ont appuyée et armée contre l'EI.

Mais Ankara, qui dénonce les liens entre les YPG et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une sanglante guérilla en Turquie depuis 1984, redoute que l'implantation d'une zone autonome kurde à sa frontière ne galvanise les velléités séparatistes sur son sol.

En 2016, l'armée turque a lancé une offensive terrestre dans le nord-ouest de la Syrie contre l'EI et les YPG. L'an dernier, elle a mené une deuxième offensive contre les combattants kurdes, s'emparant de l'enclave d'Afrine.
(AFP, 7 août 2019)

Relations régionales / Regional Relations

Le régime syrien rejette un accord américano-turc sur une zone tampon

Le régime syrien a rejeté jeudi un accord américano-turc en vue d'établir une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie en guerre, une région contrôlée par les Kurdes qui ont réservé un accueil prudent à cette initiative.

Mercredi, la Turquie, voisine de la Syrie, et les Etats-Unis ont décidé d'établir un "centre d'opérations conjointes" pour coordonner la création de cette zone tampon, une mesure visant à éviter une offensive turque contre les Kurdes, alliés des Américains mais honnis par Ankara.

Aucun détail n'a cependant été dévoilé sur la profondeur de la zone, les forces qui la contrôleraient ou le calendrier de l'application de l'accord. La Turquie conçoit cette zone comme un tampon entre sa frontière et les positions des forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) à l'est du fleuve de l'Euphrate en Syrie, jusqu'à la frontière irakienne.

Soutenues et armées par les Etats-Unis contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), les YPG sont toutefois considérées par Ankara comme une "organisation terroriste".

"La Syrie rejette catégoriquement l'accord des occupants américain et turc sur la création de ce qui est appelé zone de sécurité", a indiqué le ministère des Affaires étrangères à Damas.

Pour le régime de Bachar al-Assad, qui a réussi à reprendre avec l'aide cruciale de l'allié russe le contrôle de plus de 60% du territoire syrien depuis 2015, l'accord américano-turc constitue "une agression flagrante" contre sa souveraineté.

D'autant que ce régime a pour objectif de se redéployer dans les zones contrôlées par les Kurdes et a entamé avec ces derniers des négociations dans ce sens.

- Flous -

De son côté, un haut responsable politique kurde, Aldar Khalil, s'est voulu prudent, estimant que les détails de l'accord restaient flous.

"Nous évaluerons l'accord en fonction des détails et des faits, et non des gros titres", a-t-il déclaré à l'AFP. Le président turc Recep Tayyip Erdogan "insiste toujours sur l'élimination de notre présence", a-t-il ajouté.

Les Kurdes, une minorité ethnique longtemps marginalisée en Syrie, ont créé une zone autonome dans le Nord à la faveur du conflit déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie avant de se complexifier avec l'implication de multiples acteurs régionaux et internationaux.

La Turquie voit d'un mauvais oeil le projet d'autonomie à sa frontière, par crainte qu'un noyau d'Etat kurde ne galvanise les velléités séparatistes sur son sol du Parti kurde turc des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui lui livre une guérilla depuis 1984. Et elle dénonce régulièrement les liens entre les YPG et le PKK.

Depuis 2016, l'armée turque, avec l'aide de certains groupes rebelles syriens qu'elle soutient, a lancé deux offensives dans le nord syrien, s'emparant d'Afrine, l'un des trois cantons de la région autonome kurde.

Des soldats turcs sont en outre déployés dans des zones des provinces d'Alep (nord) et d'Idleb (nord-ouest).

Les soldats américains sont eux présents dans les zones kurdes, principalement autour des villes de Minbej, Kobané et Aïn Issa.

- "Très bon début" -

La Turquie a multiplié les menaces d'intervention contre les kurdes syriens, après de précédentes négociations infructueuses avec les Etats-Unis sur la zone "tampon", lancées après l'annonce en janvier d'un futur retrait américain de Syrie.

Pour Ankara, la "zone de sécurité" aura aussi vocation à devenir un "couloir de paix" où pourraient s'installer les réfugiés syriens, qui sont plus de 3,6 millions à avoir rejoint la Turquie.

Le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu a qualifié l'accord de "très bon début". Il a néanmoins prévenu que son pays ne permettrait pas qu'il se transforme en une "manoeuvre dilatoire". "Il doit être mis en application", a-t-il dit, sans toutefois avancer de calendrier.

Face aux menaces turques, les Kurdes avaient entamé en 2018 des négociations avec le régime syrien sur l'avenir de leurs régions mais sans progrès, le pouvoir refusant toute autonomie aux Kurdes.

Les Affaires étrangères syriennes ont accusé les Kurdes d'être un "outil" dans ce "projet hostile" américano-turc en raison de leur alliance avec Washington, et les ont appelés "à retourner dans le giron national".

En plus de huit ans, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé des millions de personnes.
(AFP, 8 août 2019)

Arrêt des frappes sur la région d'Idleb en Syrie, après l'annonce d'une trêve

Le régime syrien et son allié russe ont cessé vendredi leurs raids sur des zones de la région d'Idleb en Syrie dominées par les jihadistes, au lendemain de l'annonce d'une trêve par le pouvoir dans cette région meurtrie par trois mois de bombardements quasi-quotidiens.

Depuis fin avril, l'armée de l'air syrienne bombarde la province d'Idleb (nord-ouest) et des zones adjacentes aux mains des jihadistes ou des rebelles dans les provinces d'Alep, de Hama et de Lattaquié, causant la mort de près de 790 civils selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ce sont les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) qui contrôlent la grande partie de la province d'Idleb. D'autres groupes jihadistes et rebelles y sont également présents.

"Un calme prudent règne depuis que les aviations syrienne et russe ont quitté le ciel d'Idleb jeudi peu avant minuit (21H00 GMT)", a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, en faisant également état d'un arrêt des combats au sol.

Des tirs ont été néanmoins signalés avec des obus lancés sur le nord de Hama par les forces prorégime et des roquettes sur Lattaquié tirées par les rebelles, selon l'OSDH. L'agence officielle Sana a fait état d'un mort et de trois blessés à Lattaquié.

Jeudi soir, le régime de Bachar al-Assad a proclamé une trêve en la conditionnant à l'application d'un accord conclu en septembre 2018 entre la Russie et la Turquie pour créer une "zone démilitarisée" dans la région d'Idleb. Celle-ci doit séparer les territoires tenus par les jihadistes et les rebelles des zones attenantes contrôlées par le régime.

Cet accord n'avait pas été entièrement respecté, les jihadistes ayant refusé de se retirer des localités appelées à faire partie de cette zone tampon.

La Russie, qui affirme cibler des "terroristes" dans la région d'Idleb, a salué l'initiative du régime.

- Avertissement des jihadistes -

Dans une première réaction, les jihadistes du groupe HTS ont eux averti qu'ils riposteraient à toute violation de la trêve par l'adversaire.

"Tout bombardement ou agression" contre Idleb et ses environs "aboutira à la rupture du cessez-le-feu de notre part", a prévenu HTS dans un communiqué.

L'annonce de la trêve a coïncidé avec la tenue à Nur-Sultan, la capitale du Kazakhstan, du 13e cycle de négociations sur la Syrie, parrainées par la Russie, la Turquie, qui appuie des groupes rebelles, et l'Iran, un autre soutien de M. Assad.

L'émissaire de la Syrie à Nur-Sultan, Bachar Jaafari, a estimé que le cessez-le-feu est "un test des intentions de la Turquie" et de son respect des "accords sur le désarmement des terroristes".

Appuyé par Moscou et Téhéran, le régime syrien a reconquis plus de 60% du territoire. Outre Idleb, de vastes régions dans l'est et le nord-est lui échappent et restent aux mains de forces kurdes soutenues par Washington. Des négociations ont été engagées par le régime concernant le sort des zones kurdes, mais sont restées jusque-là sans progrès.

Pour l'analyste Samuel Ramani, Bachar al-Assad "ne tolérera pas qu'Idleb soit en dehors de sa sphère d'influence". "Je ne vois pas le cessez-le-feu durer" longtemps, affirme ce spécialiste du conflit syrien chercheur à l'université d'Oxford.

"Il s'agit d'une ruse probablement à l'instigation de la Russie pour renforcer la crédibilité des pourparlers" au Kazakhstan, a-t-il dit.

- "Combien de trêves?" -

Vendredi, les habitants de la région d'Idleb étaient pour le moins dubitatifs. "Le régime n'est pas crédible et nous ne lui faisons absolument pas confiance parce qu'il a plus d'une fois violé les trêves", affirme Abou Mohamad, un habitant d'Ariha, dans la province d'Idleb.

"Combien de trêves et de (réunions) ont déjà eu lieu? Ils sont malhonnêtes. A chaque trêve, ils prennent une région et nous dupent", renchérit Abou Abdo, qui a perdu sa femme et ses deux enfants durant la guerre.

Pour l'analyste Nawar Oliver du centre Omran basé en Turquie, les groupes anti-Assad sont désormais au pied du mur.

"S'ils n'acceptent pas (la trêve), la Russie continuera de bombarder des zones civiles et de commettre des massacres", a-t-il dit. Et même s'il acceptent, "ils sont incapables de faire confiance à la Russie".

En trois mois de violences dans la région d'Idleb, plus de 400.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU. Des établissements de santé et des dizaines d'écoles ont été endommagées.

Déclenchée en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé des millions de personnes.
(AFP, 2 août 2019)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration


Le ras-le-bol des pays voisins de la Syrie, après 8 ans de guerre

Expulsés de Turquie, du Liban, de Jordanie, les réfugiés syriens sont de plus en plus nombreux à être forcés de rentrer dans leur pays toujours en guerre, conséquence du ras-le-bol des pays voisins de la Syrie face aux millions de réfugiés vivant sur leurs territoires.

En juillet, Nidal Hussein, un Syrien parti à Istanbul début 2019 pour rejoindre sa famille qui s'y est exilée il y a cinq ans, a été expulsé par les autorités turques sous motif qu'il n'avait pas de titre de séjour, et renvoyé directement en Syrie.

"J'ai laissé ma femme et mes trois enfants à Istanbul", raconte cet homme de 48 ans. Mais "je vais essayer d'y retourner", promet-il.

Au Liban, en Turquie et en Jordanie --qui accueillent à eux trois 5,2 millions de Syriens exilés depuis le début de la guerre syrienne en 2011--, les autorités locales s'activent pour renvoyer dans leur pays les réfugiés syriens, perçus comme un "fardeau" pour leur économie.

Ces derniers mois, plusieurs organisations de défense des droits humains ont mis en garde contre la montée du discours haineux visant les réfugiés et les pressions accrues sur les Syriens pour les inciter à partir, notamment en Turquie et au Liban.

"La crise a trainé, huit ans se sont écoulés depuis l'exil des Syriens (...) les pays voisins sont épuisés", estime Nasser Yassine, à la tête de l'Institut Issam Fares dédié aux affaires internationales et basé à Beyrouth.

L'absence "de solutions claires à la question du retour des réfugiés syriens" provoque une "multiplication des campagnes contre eux", juge-t-il.

La Turquie accueille 3,6 millions de réfugiés syriens selon l'ONU, contre 1,5 million au Liban et plus d'un million en Jordanie, selon les autorités respectives.

Si en Jordanie la pression est moindre, les autorités imputent de plus en plus les difficultés économiques et le poids subi par les infrastructures à la présence de réfugiés syriens.

- "Atmosphère hostile" -

En Turquie, des activistes ont lancé une campagne "Nous sommes tous des migrants" pour dénoncer la pression subie par les réfugiés.

"L'atmosphère hostile envers les Syriens (...) s'est aggravée récemment avec un consensus parmi les partis politiques et les médias selon lequel les Syriens sont la source des problèmes" en Turquie, explique Yildiz Onen, porte-parole de la campagne.

"Renvoyer des Syriens dans un pays toujours en guerre (...) les expose au danger de mort", rappelle-t-elle.

Selon le gouvernement turc, tous les départs en Syrie --337.729 depuis le début de la guerre--, ont été volontaires.

Même son de cloche au Liban, qui fait état de 325.000 départs "non forcés" depuis 2017.

Plusieurs ONG mettent toutefois en doute le caractère volontaire de ces retours, dénonçant des mesures visant à resserrer l'étau autour des réfugiés.

Au Liban, depuis juin, plus de 3.600 familles syriennes ont vu leurs habitations en béton démolies près de la localité d'Aarsal (est), d'après la municipalité.
 Seules les tentes et bâches sont autorisées.

En août, l'armée a également démoli les structures en dur de 350 abris dans le nord du Liban et arrêté des dizaines de personnes sans permis de séjour, selon des ONG.

Et le ministère libanais du Travail a récemment lancé une campagne de lutte contre la main d'oeuvre étrangère illégale, une démarche visant au premier chef les réfugiés syriens, regrette des activistes.

- "Bouc émissaire" -

En juillet, l'ONG Human Rights Watch a dénoncé une "pression illégitime" exercée par les autorités libanaises et l'expulsion de Syriens par la Turquie.

Dans les deux pays, les partis alimentent la rhétorique antiréfugiés pour doper leur "capital politique et électoral", note M. Yassine. Au Liban, les Syriens servent ainsi de "bouc émissaire" pour justifier les difficultés économiques, le chômage ou la dégradation de l'environnement, dit-il.

En Jordanie, le discours varie peu: le porte-parole du ministère de la Planification, Issam Majali, a récemment déclaré que la présence des réfugiés "imposait à la Jordanie plusieurs défis et fardeaux".

"Nous sommes confrontés au défi de trouver des emplois aux réfugiés syriens ainsi qu'aux Jordaniens", a-t-il souligné.

En octobre 2018, Damas a rouvert le principal poste-frontière avec la Jordanie, après l'avoir reconquis trois mois auparavant. Depuis, 25.000 Syriens sont rentrés chez eux, selon l'ONU.

Mais beaucoup de réfugiés refusent de retourner en Syrie, craignant "la persécution et l'absence de sécurité" dans leur pays, selon M. Yassine.

Le régime syrien, soutenu par l'armée russe, contrôle aujourd'hui environ 60% du pays.

De nombreuses ONG estiment que les conditions ne sont pas propices à un retour en masse, même si les combats et les bombardements ont cessé dans plusieurs parties du pays.

La moitié des réfugiés syriens en Jordanie, Liban, Turquie "ont appris que leurs maisons ont été détruites ou sont inhabitables", souligne M. Yassine. 
(AFP, 16 août 2019)\

Des associations réclament l’interdiction de l’abattage sans étourdissement

Dix-sept associations demandent au nouveau gouvernement bruxellois et au parlement d’interdire l’abattage sans étourdissement en Région de Bruxelles-Capitale. Dans une lettre ouverte publiée vendredi, à deux jours de l’Aïd el-Kébir (Fête du sacrifice), Gaia, l’Union Professionnelle Vétérinaire et les autres organisations de défense des animaux réclament une méthode d’étourdissement appropriée «afin que les animaux sensibles souffrent le moins possible».

Les signataires de la lettre ouverte remarquent que le nouvel exécutif bruxellois, qui a prêté serment le 18 juillet dernier, ne fait pas «la moindre mention» de l’abattage sans étourdissement dans son accord de gouvernement.

«L’étourdissement obligatoire est le seul moyen d’épargner aux animaux des souffrances et une détresse sévères et prolongées, aussi inutiles qu’évitables techniquement», ajoute Michel Vandenbosch, président de GAIA. «Il est primordial que les élus bruxellois en prennent conscience et prouvent le sérieux qu’ils accordent au bien-être animal.»

Les associations citent 10 raisons d’interdire l’abattage sans étourdissement en Région de Bruxelles-Capitale. Elles soulignent notamment que ce type d’abattage est pratiqué quotidiennement à l’abattoir d’Anderlecht et que la Cour européenne de Justice au Luxembourg a reconnu que les animaux souffrent davantage lorsqu’ils sont abattus en pleine conscience.

Une interdiction absolue de l’abattage sans étourdissement a été adoptée en 2017 en Flandre et en Wallonie. Elle est entrée en vigueur le 1er janvier au nord du pays et le sera le 1er septembre au sud. Plusieurs organisations religieuses juives et musulmanes ont toutefois introduit un recours en annulation devant la Cour constitutionnelle.
(Belga, 9 Août 2019) 

Les réfugiés syriens ne sont plus bienvenus en Turquie

La politique d’accueil des réfugiés syriens promue par Recep Tayyip Erdogan depuis 2011 s’est retournée contre son auteur. Le poids des réfugiés syriens en Turquie semble devenir trop lourd pour la population qui ne cache plus son ressentiment. Le régime turc s’en est rendu compte et des mesures autoritaires sont dorénavant mises en œuvre pour répondre au malaise, qui vont jusqu’à des expulsions vers la Syrie.

Erdogan n’avait pas ménagé ses efforts à partir de 2011 pour organiser un accueil massif des réfugiés syriens qui fuyaient les bombardements du régime d’Assad. Considérations humanitaires et solidarité islamique se conjuguaient dans un effort national majeur dont les Syriens bénéficiaient par centaines de milliers. Nombreux sont ceux qui continuaient leur exil vers l’Europe, et ce fut la crise de 2015, mais la grande majorité est demeurée en Turquie. Aujourd’hui, le pays héberge 3,6 millions de réfugiés syriens et ils ont déjà coûté officiellement 37 milliards de dollars au trésor turc.

Ces Syriens ne disposent pas du statut de « réfugiés » mais reçoivent un « kimlik », une carte temporaire de protection, qui leur ouvre la possibilité de travailler, du moins dans la province où ils ont été enregistrés. C’est là, entre autres, où le bât blesse. « Au début de l’arrivée des Syriens en Turquie », expliquait le 5 août sur TV5 Monde la chercheuse Maissam Nimer, qui travaille au « Istanbul Policy Center » pour l’université de Sabanci, «  il n’y avait pas de contrôle sur leurs mouvements dans le pays, c’était une période de liberté où tout le monde s’est installé où il voulait. Ceux qui étaient enregistrés dans des provinces lointaines, frontalières, comme Gazantiep, ou Ourfa ont eu des difficultés par rapport à l’emploi. La plupart venaient à Istanbul ou dans les grandes villes pour y trouver du travail, surtout dans le secteur informel. Le flux a continué à augmenter vers Istanbul, de façon incontrôlée. »

Les choses devaient mal tourner. Pour diverses raisons, l’économie turque a commencé à décliner ces dernières années. Le nombre de chômeurs est passé de 2,3 millions à 4,5 millions en sept années, même si la présence d’une main-d’œuvre bon marché syrienne n’explique pas à elle seule les problèmes économiques.
« Même plus une tasse de thé »

Il n’empêche : la présence – massive dans certains quartiers d’Istanbul et d’autres villes plus proches de la frontière syrienne – a été de plus en plus souvent perçue par la population turque comme néfaste. « Au début, ils nous accueillaient, nous donnaient des vêtements et du matériel pour nos familles, maintenant, ils ne nous offriraient même plus une tasse de thé », expliquait un Syrien de Turquie sur le site monitor.com. « Les Syriens sont durs au labeur. Les Turcs nous ont vus ouvrir des commerces et réussir, ils ont commencé à nous blâmer pour le fléchissement de leurs affaires ». Bref, pour beaucoup, les Syriens sont devenus des boucs émissaires.

Et l’opinion publique turque ne s’est pas contentée d’exprimer son irritation à travers quelques incidents ponctuels ou des sondages qui montrent une réprobation très majoritaire de la politique officielle d’accueil des Syriens, mais elle l’a fait savoir par son vote. Au printemps, l’AKP islamo-conservateur d’Erdogan a ainsi perdu le contrôle des grandes villes au scrutin municipal, dont Istanbul.

Les observateurs locaux estiment que la question des réfugiés syriens compte parmi les éléments constitutifs de cette défaite électorale. Dans la capitale économique, le vainqueur, le nouveau maire Ekrem Imamoglu, n’a pas hésité à jouer sur l’argument des réfugiés pour l’emporter. Dès sa victoire annoncée, le hashtag « Suriyeliler Defuloyor » (« les Syriens dehors ») a d’ailleurs fleuri sur les réseaux sociaux…
Rapatriements forcés

Le retour de manivelle ne s’est pas fait attendre. Les nombreuses enseignes de magasins en langue arabe vont devoir disparaître, a-t-il été annoncé. Mais, surtout, les autorités ont donné jusqu’au 20 août aux réfugiés présents dans des provinces où ils ne sont pas enregistrés pour regagner la zone de Turquie d’où ils viennent, mesure qui concerne avant tout Istanbul où se serait agglutiné un million de Syriens dont une moitié seulement de manière légale. En réalité, une sorte de chasse aux sorcières paraît avoir déjà débuté.
(Le Soir, Baudouin Loos, 7 août 2019)

Expulsés de Turquie, des Syriens craignent le retour dans un pays en guerre

Encore sous le choc de sa soudaine expulsion de Turquie, Mohammad Hassan fait la queue à un poste-frontière du nord de la Syrie en guerre, inquiet du sort qui l'attend dans son pays natal.

"Je ne connais plus rien de ce pays", résume le jeune homme de 22 ans au visage triste, vêtu d'un blouson noir et coiffé d'une casquette.

Après environ sept années d'exil, il a été renvoyé fin juillet --avec juste ce qu'il avait sur le dos-- vers une Syrie qu'il avait quittée adolescent.

Comme lui, ils sont des dizaines au poste-frontière de Bab al-Hawa, obligés d'abandonner la Turquie voisine à cause d'une opération à Istanbul contre ceux que les autorités turques qualifient de migrants "irréguliers".

Sans avoir pu se défendre ou expliquer son cas, le jeune homme se retrouve à Idleb, province du nord-ouest syrien dominée par des jihadistes et visée par des bombardements. Idleb échappe au contrôle du régime syrien.

"Ma famille est à Alep mais je ne peux pas y aller", affirme-t-il, alors que la deuxième ville de Syrie, située à quelques dizaines de kilomètres seulement de Bab al-Hawa, est contrôlée par le régime.

Les jeunes Syriens qui rentrent vivent avec la peur d'être enrôlé pour le service militaire obligatoire et d'être envoyé au front. Ils craignent aussi les arrestations arbitraires dénoncées par des ONG, quand le pouvoir reprend d'anciens bastions rebelles.

La guerre en Syrie, qui a débuté en 2011 après la répression sanglante de manifestations prodémocratie par le régime de Bachar al-Assad, a fait plus de 370.000 morts et chassé hors de son foyer plus de la moitié de la population.
 Avec plus de 3,5 millions de réfugiés, la Turquie accueille plus de Syriens déplacés par le conflit qu'aucun autre pays au monde.

- "Ils ont menti" -

Hassan vivait à Istanbul, mais sans le permis adéquat pour y rester. Or, depuis le 12 juillet, les autorités turques ont arrêté en masse des étrangers installés selon elles de manière "irrégulière" dans la métropole, sur fond d'un sentiment antimigrants accru.

Plus de 6.000 personnes, dont des Syriens, ont été interpellées en deux semaines, selon le gouvernement.

Le ministre de l'Intérieur Süleyman Soylu a démenti que des Syriens aient été expulsés vers leur pays, assurant qu'ils étaient envoyés dans des camps de réfugiés et que certains choisissaient de rentrer de leur plein gré.

Des ONG ont toutefois accusé les autorités d'avoir obligé des centaines de Syriens à signer des documents attestant qu'ils rentraient volontairement.

"La Turquie dit aider les Syriens qui veulent rentrer volontairement dans leur pays. Mais menacer de les emprisonner jusqu'à ce qu'ils acceptent le retour, les forcer à signer des documents et les lâcher dans une zone de guerre n'a rien de volontaire ou de légal", a accusé Human Rights Watch.

M. Hassan a vécu une telle expérience.

A plusieurs reprises, il avait tenté de régulariser sa présence à Istanbul en obtenant la "carte de protection temporaire" requise, mais les autorités "ont arrêté de les délivrer aux Syriens", raconte-t-il.

Il a fini par être arrêté. Après plus d'une semaine en prison, des documents à signer lui ont été présentés. On lui a dit que c'était pour rester légalement en Turquie.

"Ils nous ont menti", lâche le jeune homme. "Le lendemain, ils nous chargeaient dans des bus et nous renvoyaient en Syrie".

Jeudi, l'opposition syrienne en exil a affirmé avoir reçu des assurances des autorités turques selon lesquelles il n'y aura pas de déportations. Elle a appelé les Syriens en Turquie à régulariser leur situation.

- Sans famille -

Mais des expulsions ont lieu chaque jour, principalement pour des Syriens entrés illégalement en Turquie, assure le porte-parole du poste-frontière de Bab al-Hawa, Mazen Allouche.

Depuis début juillet, plus de 4.400 Syriens ont été rapatriés, indique-t-il.

Dans la salle des arrivées à Bab al-Hawa, Louaï Mohamed, 23 ans, est lui aussi sous le choc de son départ inattendu, après avoir été transporté au poste-frontière en pleine nuit.

"Je ne sais pas comment je vais commencer une nouvelle vie ici", confie le jeune homme, qui rentre pour la première fois en quatre ans.

Installé à Antalya, dans le sud de la Turquie où il travaillait dans un restaurant, il a été interpellé en accompagnant à l'hôpital un ami blessé après une bagarre avec des Turcs.

"Ils nous ont emmenés au poste", dit-il, assurant avoir été transféré vers un centre de rétention où se trouvaient déjà environ 350 étrangers, dont des Afghans.

Il va essayer de rallier sa ville natale de Minbej (nord).

S'il y trouvait un emploi, il devra vivre loin des siens. "Ma famille n'est pas en Syrie", dit-il. "Deux de mes frères vivent toujours en Turquie".
(AFP, 30 juillet 2019)


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