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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
Octobre
 
2019 October
N° 494
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 53
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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Özgüden and Tugsavul on WikiLeaks' "Truth tellers" List


Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

A la frontière turque, la peur de critiquer l'offensive en Syrie
9 Bar Associations Make a Joint Call for Peace: Stop the War
Arrestation de cinq Allemands soupçonnés de liens avec le PKK

'Osman Kavala's Imprisonment is Turkey's Shame'
Police Attack ‘Democracy Watch’ in İstanbul, HDP MP Kemal Bülbül Hospitalized

‘Doors of Silivri Prison Wards Remain Locked at the Night of İstanbul Earthquake’


Pression sur les médias / Pressure on the Media

Virtual Patrol Teams 'Unlawfully' Investigate 30 Thousand People a Day

Des internautes arrêtés pour "propagande" contre l'offensive en Syrie
Le mécène Osman Kavala maintenu en détention provisoire

Rassemblement pour soutien à Julian Assange devant le palais de justice
Özgüden and Tugsavul on WikiLeaks' "Truth tellers" List
Une stèle commémorative pour Khashoggi devant le consulat saoudien à Istanbul

Affaire Khashoggi: procès opaque et répression persistante


Kurdish Question / Question kurde

REAGISSONS CONTRE LA NOUVELLE INVASION GENOCIDAIRE DE L’ETAT TURC
Syrian Kurdish Political Leader Killed near Qamishli
Dismissed Co-Mayor of Van Özgökçe Ertan Faces up to 30 Years in Prison

Le cri du peuple kurde agressé en Syrie par l'Armée turque et ses complices islamistes
Des Kurdes ? Quels Kurdes?

Libération d'un ancien député prokurde condamné pour propagande terroriste
Des Kurdes manifestent contre leur "exclusion" du Comité constitutionnel en Syrie

Demirtaş to be Given 'Award for Political Courage'


Minorités / Minorities

Kayseri Governorship Prevents Conference by Hrant Dink Foundation

Politique intérieure/Interior Politics

Comment la fragilisation du parti présidentiel rebat les cartes du jeu politique turc


Forces armées/Armed Forces

Les développements depuis le début de l'invasion turque

Bombardements turcs dans le nord de la Syrie, fuite de 100.000 personnes
La Turquie lance son offensive contre les forces kurdes en Syrie
L’offensive turque contre les forces kurdes en Syrie

Erdogan réitère sa menace d'intervention "sur terre et dans les airs"
Erdogan met en garde contre une opération imminente en Syrie

Affaires religieuses / Religious Affairs
 
Les supplétifs islamistes, fantassins de l'offensive turque en Syrie
Neuf civils "exécutés" samedi par les supplétifs islamistes
Quelles sont ces milices qui combattent  dans le sillage de l’armée turque ?
Offensive turque en Syrie : le risque d'une grande évasion de jihadistes


Socio-économique / Socio-economic

Euro-2020: L'UEFA va "examiner" le salut militaire des joueurs turcs

Début du procès d'un féminicide qui a choqué la Turquie

Ankara assimile un ouvrage sur les "filles rebelles" à de la pornographie
77 Percent Don’t Know What to do at the Moment of Earthquake


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Après l’Allemagne, la France suspend les exportations d’armes vers la Turquie

L'UE en colère contre l'offensive turque, mais a peu de moyens d'actions
Honte à Erdogan - Christophe Lamfalussy
Erdogan menace l'Europe d'un flux de migrants en réponse aux critiques

Paris dénonce l'envoi d'un navire de forage turc dans les eaux de Chypre
Le commissaire de l'UE appelle à juguler le flux de migrants de Turquie
Ankara dénonce une "attaque qui dépasse les bornes" de la part de Macron

Emmanuel Macron met en garde contre «les grandes peurs»

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

En Turquie, le chef de l'Otan exhorte Ankara à agir "avec retenue"
D'anciens militaires accusent Trump d'avoir "abandonné" les Kurdes
Les Kurdes "ne nous ont pas aidés en Normandie", dit Trump


Relations régionales / Regional Relations

La Ligue arabe condamne "l'agression" turque en Syrie

Moscou bloque à l'ONU un texte demandant l'arrêt de l'offensive turque
L'Iran appelle à "une cessation immédiate" de l'offensive turque

La Turquie abat un drone non identifié à la frontière syrienne
Dans le ciel libyen, bataille entre drones turcs et émiratis


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Chypre acquiert quatre drones israéliens sur fond de tensions avec Ankara

Athènes veut une révision d'un pacte pour faciliter le renvoi de migrants
Chypre dénonce les nouvelles tentatives de forage d'Ankara


Immigration / Migration

Plusieurs centaines de Kurdes réunis sur la place Saint-Lambert à Liège
Le Parlement flamand a été évacué suite à une alerte à la bombe
Attaque à Paris: le spectre de l’ennemi intérieur

La Grèce confrontée à sa plus grande vague migratoire depuis 2016


Droits de l'Homme / Human Rights

A la frontière turque, la peur de critiquer l'offensive en Syrie

En première ligne de l'offensive déclenchée par Ankara en Syrie cette semaine, des habitants des villes turques frontalières n'ont qu'un souhait : le retour au calme. Mais beaucoup, comme à Suruç, ont peur d'exprimer la moindre critique.

Cette ville, qui fait face à Kobané, sa "jumelle" syrienne, était plongée dans le deuil samedi, au lendemain de tirs d'obus à partir de la Syrie qui ont coûté la vie à trois de ses habitants.

Parmi eux, Halil Yagmur, un élu de quartier et père de 10 enfants. A ses funérailles, plusieurs dizaines de personnes sanglotent le visage entre les mains. "Papa !", s'exclame une femme quand le corps est enlevé.

Dans sa prière pour le défunt, l'imam s'efforce de rassurer et de réconforter : "Nous sommes unis, nous ne serons jamais divisés", exhorte-t-il.

Mais parmi les habitants assistant à la cérémonie, la tension est palpable, accentuée par la présence de militaires et de policiers en civil.

Yagmur a été tué vendredi avec deux autres personnes à Suruç par des projectiles tirés des zones contrôlées en Syrie par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

La Turquie effectue depuis mercredi une opération militaire contre ce groupe soutenu par les pays occidentaux mais qu'elle qualifie de "terroriste" pour ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

L'opération est bruyamment acclamée par des célébrités et la majorité des responsables politiques, ainsi que par une large partie de la population, épuisée par des décennies de guérilla kurde.

- "Encore des guerres !" -

Mais pour la plupart de ceux qui s'y opposent, le silence est de rigueur : le gouvernement réprime en effet sans merci ceux qui émettent des critiques.

Depuis mercredi, 121 personnes accusées d'avoir fait de la "propagande terroriste" contre l'opération sur les réseaux sociaux ont été arrêtées en Turquie.

La situation est d'autant plus tendue dans les villes frontalières que certaines d'entre elles ont une forte population kurde.

"On a peur de critiquer l'opération", déclare à l'AFP un habitant de Suruç, demandant l'anonymat de peur de représailles.
 "Si vous étiez à notre place, vous auriez peur, vous aussi", dit-il, ajoutant dans un murmure qu'il aurait préféré qu'il n'y ait pas eu d'opération militaire.

Un autre habitant d'une cinquantaine d'années, qui demande lui aussi à ne pas être nommé, se dit "contre tout type d'opérations militaires".

Interrogé à ce sujet, son ami refuse de répondre.

"Nous voulons la paix", déclare Sarya Dogan, une femme présente aux funérailles samedi, épuisée par des années de violences, sur fond de reprise du conflit kurde en 2015.

"Des guerres, encore des guerres ! Nous sommes tous frères et soeurs !", ajoute-t-elle.

- "Maudit PKK" -

Pour ceux qui soutiennent l'offensive déclenchée par le président Recep Tayyip Erdogan, nul besoin de se cacher.

A chaque convoi qui traverse une ville en direction de la frontière, des foules poussent des cris de joie en agitant des drapeaux turcs.

"Que Dieu aide notre pays !", lance Selami Arslan, agriculteur de son état. "Nous ne voulons pas que d'autres musulmans meurent", dit-il pour expliquer son soutien à l'opération.

Depuis mercredi, les tirs de mortier des forces kurdes contre les villes frontalières turques comme Suruç, Nusaybin, Akçakale et Ceylanpinar ont fait 18 morts parmi les civils et échauffé les esprits.

"Les martyrs sont immortels, notre patrie est indivisible !", "Maudit soit le PKK !", a ainsi scandé la foule qui a assisté vendredi aux funérailles d'un bébé de neuf mois tué par un obus à Akçakale.

Si plusieurs centaines de familles ont quitté les villes frontalières depuis mercredi, beaucoup sont restés ou sont même venus de villes voisines pour afficher leur soutien ou observer les colonnes de fumée qui s'élèvent après les bombardements turcs.

"Nous sommes ici pour soutenir nos soldats, notre gouvernement et notre peuple", dit Bub Aslanli, un agriculteur de Ceylanpinar. "Nous prions pour eux".
(AFP, 12 octobre 2019)

9 Bar Associations Make a Joint Call for Peace: Stop the War

Bar associations of Diyarbakır, Van, Urfa, Mardin, Şırnak, Muş, Adıyaman, Bingöl and Dersim have released a joint statement about the cross-border military operation launched into northern Syria by the Turkish Armed Forces (TAF). Some highlights from the statement are as follows:

'War determines the weak side, not the right one'

"We invite all state authorities and opposition parties, especially Dear President, to peace and request that the war be stopped immediately. This political maneuver will do nothing but aggravate the current social, political, economic and psychological crises in Turkey.

"It is possible that Turkey can militarily win this war, which it started by taking the whole world on itself; but, it needs to be remembered that 'war does not determine who is right, but who is weak'.

"The loser of this war, which we believe that no side will win, will be all people of the Middle East, especially Turkish and Kurdish peoples. We invite all state authorities and opposition parties, especially Dear President, to peace and request that the war be stopped immediately".
(BIA, 11 October 2019)

Arrestation de cinq Allemands soupçonnés de liens avec le PKK

La police turque a arrêté cinq Allemands soupçonnés d'être des membres d'une organisation kurde interdite, a annoncé une agence pro-kurde, qui sans mentionner explicitement le nom de cette organisation, a fait vraisemblablement référence au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme terroriste par Ankara.

Les suspects ont été arrêtés cette semaine et emprisonnés à Ankara sous l'accusation de faire de la propagande et d'être des membres de cette organisation, a rapporté vendredi l'agence pro-kurde Mezopotamya.

Selon cette agence, ces arrestations s'inscrivent dans le cadre d'une instruction menée par le parquet d'Ankara, mais ce dernier, contacté par l'AFP, n'a pas confirmé ces informations.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a indiqué être au courant de cette affaire, ajoutant que l'ambassade d'Allemagne à Ankara fournissait une assistance consulaire aux Allemands détenus.

Le ministère allemand de l'Intérieur a pour sa part nié que des informations ayant pu permettre l'arrestation des cinq Allemands aient été remises aux autorités turques lors de la visite effectuée cette semaine à Ankara par le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer.

"Ce que nous ne savons pas, c'est si un tel échange (d'informations) a eu lieu dans le cadre de la coopération de routine entre nos services de sécurité", a déclaré un porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur.

En mars, le ministre turc de l'Intérieur Suleyman Soylu avait averti que les étrangers venant en Turquie et soupçonnés de liens avec le PKK et d'autres organisations interdites seraient arrêtés.

"Nous avons à présent pris des mesures contre ceux qui participent aux rassemblements de l'organisation terroriste en Europe, en Allemagne et qui ensuite viennent à Antalya, Bodrum, ou Mugla pour un congé", avait-il dit. 
(AFP, 5 octobre 2019)

'Osman Kavala's Imprisonment is Turkey's Shame'

Sema Mortiz is a musician.

"Today is Can Osman Kavala's birthday... All the amazing music videos I've seen on Facebook will be shared for him today... We're twisted ... But our hope is full," she says.

Mortiz does what she says.

Today is the birthday of businessperson and rights defender Osman Kavala.

Accused of "attempting to overthrow the constitutional order and the government," he turns 62 in Silivri Prison. This is his second birthday in prison.

His friend and colleagues thought that Kavala would be released in the previous two hearings. However, it did not happen. Kavala was not released.

The next hearing is again in Silivri on October 8-9. Friends and colleagues of him, those who love him, and everyone who has relations to civil society, science, art, and justice wait for his release.

People who know Kavala a little can not understand the allegations against him. He is allegedly a criminal of "attempting to overthrow the constitutional order and the government". However, Kavala has fought for the construction of justice and equality throughout his life.

He supported young directors in documentaries and films produced at Anadolu Kültür.

He provided support for projects for Syrian refugees.

He supported the rights-focused project, "Everyone is different, everyone is equal".

He supported local journalists.

He pioneered the establishment of alternative media institutions.

He supported the social responsibility projects for young people who gave up hope for this country. He helped them realize their projects.

He brought the youth back into this country. He brought young directors to this country. He brought projects that show different languages can live together in this country.

He supported the languages and cultures of the Hemshins, Laz people and the Kurds. He encouraged different cultures to live in this country.

In summary, Osman Kavala did not live in this country like traditional capital owners. On the contrary, he chose to walk with producers, young people, society, and those who seek rights.

Today is the birthday of businessperson and rights defender Osman Kavala. Happy birthday Osman Kavala. It is a good thing that you existed and paved the way for civil society in this land.

As the author Gaye Boralıoğlu says:

"Today is Osman Kavala's birthday. He is 62 years old and has been in prison for two years. The reason for that is he is conscientious, kind and responsible. Kavala's imprisonment is Turkey's shame."
(BIA, 2 October 2019)

Police Attack ‘Democracy Watch’ in İstanbul, HDP MP Kemal Bülbül Hospitalized

Led by the Peoples' Democratic Party (HDP) in protest against the appointment of trustees to the Metropolitan Municipalities of Mardin, Diyaarbakır and Van, "Democracy Watch" in the district of Esenyurt in İstanbul has been intervened by the police.

Taking 10 people into custody at the City Square in Esenyurt yesterday (September 29), police officers also battered the MPs.

As reported by Mezopotamya Agency (MA), HDP MP Kemal Bülbül fainted in the ensuing commotion between the police officers and the ones attending the watch. Bülbül has been taken to the hospital.
Plastic bullets and gas

Yesterday's watch in İstanbul was attended by HDP İstanbul Co-Chair Cengiz Çiçek, HDP MPs Murat Çepni, Saruhan Oluç, Kemal Bülbül, Ömer Öcalan and Necdet İpekyüz as well as main opposition Republican People's Party (CHP) MP Ali Şeker and labor and professional organizations.

While the square was blockaded by warders and police officers during the watch, people were prevented from entering or leaving the square. Afterwards, the police attacked the group with plastic bullets and gas bombs.

While several people were wounded during the intervention, the group dispersed into side streets and held a march with ululations.

HDP: We will not stay silent

HDP İstanbul Provincial Organization has released a written statement about the police attack and stated the following:

"We want you to know that we will not stay silent to the usurpation of will imposed on our peoples by trustees. #Trustees, who are the product of a tyrannical and disregarding mentality will go.

"Our peoples, the major elements of this country, will continue adopting an attitude in favor of the law. No tyrannical method will throw us off our track. Our essentially democratic actions will continue."
(BIA, 30 September 2019)

‘Doors of Silivri Prison Wards Remain Locked at the Night of İstanbul Earthquake’

Main opposition Republican People's Party (CHP) Eskişehir MP Utku Çakırözer visited Silivri Prison, where the 5.7-magnitude İstanbul earthquake with the shores of Silivri district as its epicenter was felt strongly.

Paying a visit to the prison following the earthquake dated September 26, Çakırözer met imprisoned journalists, writers and civil society representatives and released a statement for the press after his visit.

Located in Silivri at the outskirts of İstanbul, Silivri Prison currently holds 22 thousand 700 convicted and arrested people, including former CHP MP and party assembly member Eren Erdem, businessperson Osman Kavala and journalist-writer Ahmet Altan. 490 personnel are also on duty at Silivri Prison.

'There is no emergency plan'

As indicated by Çakırözer, Eren Erdem said that neither the Ministry of Justice nor the prison administration has a scenario or an emergency plan for what needs to be done in the event of an earthquake.

Arrested businessperson Osman Kavala also told Utku Çakırözer that he felt the earthquake quite clearly.

Indicating that Ahmet Altan also felt the İstanbul earthquake quite strongly, Çakırözer said that Altan requested that the prison administration leave the doors of prison wards leading to yards open so that they could escape in case of an emergency at the night of earthquake.

"The prison administration answered Altan, 'That door opens only with the permission of the minister' and at the night when the whole İstanbul slept on the street out of fear, the doors of wards at Silivri Prison remained locked under the pretext of minister", Çakırözer indicated in his statement.

Second birthday in prison

Meeting with Utku Çakırözer, businessperson Osman Kavala said that he would turn 62 on October 2, it would be his second birthday in prison and the hearing of Gezi Park case would be held on October 8-9.

Çakırözer said, "He has heard about the message campaign launched for his birthday and he thanks his friends. When he appears before the judge for the third time, he will be arrested pending trial for 707 days".

"As for the verdict given for Ahmet Altan, it has been reversed by the Supreme Court of Appeals. Their trial with Nazlı Ilıcak and Mehmet Altan will start again on October 8", Çakırözer informed further.

Indicating that the appeal and Constitutional Court application of Eren Erdem were waiting to be examined for months, Çakırözer shared the following message of Erdem: "I am waiting for my immediate release with the same determination, ambition to struggle and sensitivity as well as with the awareness of my unjust and unlawful arrest".

'Judicial reform package on the agenda'

Emphasizing that the current draft of the reform package does not promise freedom or justice to intellectuals in prison, Çakırözer said,

"The Parliament is opening, judicial package is on the agenda. Intellectuals in prison are waiting for justice and freedom.

"We can expand the package while working on it at the Parliament and turn the package into a regulation based on rights and freedoms. We can eliminate the violation of rights in prison.

"Crime descriptions in Turkish Penal Code and Anti-Terror Law associated with heavy prison sentences can be amended; we can exempt the press and expression of critical opinions from these sentences".
(BIA, 30 September 2019)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Virtual Patrol Teams 'Unlawfully' Investigate 30 Thousand People a Day

The İstanbul Bar Association Center for Human Rights and the Turkish Criminal Law Association have held a symposium in İstanbul titled, "Actual Problems Regarding Freedom of Expression Within the Scope of Criminal Law."

Prof. Dr. Yaman Akdeniz, lawyer Özgür Urfa and Aras Tünay, a research associate at İstanbul Bilgi University gave a presentation on "social media and freedom of expression," the Mezopotamya Agency reported.

Akdeniz said that Turkey has not published statistics regarding access blocks since 2009 and the government has not responded to parliamentary questions on the matter.

'Even the Jockey Club can have websites blocked'

"We identify [the addresses] and share with the public. As of today, about 300 thousand websites and domain names are blocked," he informed.

Akdeniz said that many state institutions, including ministries and the Directorate of Religious Affairs, can have a web address blocked. "Even the Jockey Club of Turkey has the right to have access [to a web address] blocked."

"Dicle News Agency was blocked more than 40 times. Likewise, Sputnik was blocked many times. Wikipedia is still closed in Turkey," Akdeniz said, adding that he does not believe the judicial reform package will solve the problems regarding freedom of expression in Turkey.

Investigations over posts on Syria operation

Lawyer Urfa talked about investigations against social media users over their posts on Turkey's military operation in Syria: "Investigations were opened against 278 anti-war tweets. Journalists' homes were raided. They were detained."

"The judicial reform package will not solve the problem of freedom of expression," he remarked, saying that there are two articles on freedom of expression in the package.

The first article states that posts that are within the limits of a news report will not be considered an offense, he said. According to the second article, people will be able to appeal decisions regarding the offense of "insulting the president" at the Court of Cassation.

Urfa added that lawsuits against social media users are filed either upon notices by citizens or as a result of police examinations.

"First of all, law enforcement officers do not have the authority to examine people's social media posts. These are baseless and unlawful methods of obtaining evidence.

"Virtual patrol teams, with a program developed for them, examine all posts of people who may potentially commit an offense. They examine 30 thousand people's accounts every day."
(BIA, 11 October 2019)

Des internautes arrêtés pour "propagande" contre l'offensive en Syrie

Les autorités turques ont arrêté jeudi plus de 20 personnes accusées d'avoir fait de la "propagande terroriste" contre une offensive d'Ankara contre une milice kurde en Syrie, et ouvert une enquête contre des opposants qui critiquent cette offensive.

Selon l'agence de presse étatique Anadolu, 21 personnes soupçonnées d'avoir fait de "la propagande terroriste" et "incité à la haine" sur les réseaux sociaux ont été arrêtées à Mardin (sud-est).

En outre, le responsable du site Internet du journal d'opposition Birgün, Hakan Demir, a été interpellé dans la nuit en lien avec un article relayé la veille par le compte Twitter du quotidien qui faisait mention de civils touchés par des frappes turques.

M. Demir a été remis en liberté dans l'après-midi, mais les autorités ont confisqué son passeport.

Le bureau du procureur général d'Ankara a par ailleurs indiqué qu'une information judiciaire avait été ouverte contre les dirigeants du parti prokurde de Turquie (HDP), Sezai Temelli et Pervin Buldan, ainsi que d'autres membres de cette formation politique.

Ils sont eux aussi soupçonnés d'avoir fait de la "propagande terroriste" en dénigrant l'opération militaire que la Turquie a lancée mercredi dans le nord-est de la Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

Le HDP est le seul parti politique de premier plan à Ankara à s'être opposé à l'incursion turque en Syrie, plusieurs de ses responsables la qualifiant d'"invasion".

Lors d'un discours jeudi, M. Temelli a maintenu ses propos, appelant le gouvernement à "stopper immédiatement cette opération militaire unilatérale" qu'il a qualifiée d'"agression" et de "tentative d'occupation".

Ces critiques détonnent, dans un pays où responsables politiques et célébrités s'empressent de partager des messages à la gloire de l'armée lors de chaque opération militaire.

Les combattants kurdes des YPG ont été soutenus par les Occidentaux contre le groupe Etat islamique (EI), mais Ankara considère ce groupe comme une "organisation terroriste" qui menace sa sécurité.

Lors d'une précédente offensive contre les YPG l'an dernier, les autorités turques avaient arrêté plusieurs centaines de personnes accusées d'avoir fait de la "propagande terroriste" sur les réseaux sociaux.

Quelques heures à peine après le lancement de la nouvelle opération mercredi, la police turque avait annoncé avoir ouvert des enquêtes contre 78 internautes soupçonnés d'avoir fait de la "propagande terroriste" sur les réseaux sociaux.

Les ONG dénoncent régulièrement l'érosion de la liberté de la presse et de la liberté d'expression en Turquie sous Recep Tayyip Erdogan, en particulier depuis une tentative de putsch en 2016 qui a été suivie d'une répression tous azimuts.
(AFP, 10 octobre 2019)

Le mécène Osman Kavala maintenu en détention provisoire

L'homme d'affaires et philanthrope turc Osman Kavala, incarcéré depuis presque deux ans, a été maintenu mardi en détention provisoire dans le cadre de son procès pour "tentative de renversement du gouvernement" en ayant apporté son soutien à des manifestations.

A l'issue de cette troisième audience qui s'est tenue à Silivri, à la lisière d'Istanbul, le tribunal a décidé que M. Kavala resterait derrière les barreaux et renvoyé le procès au 24 décembre, a indiqué sur Twitter le groupe de soutien "Nous défendons Gezi".

M. Kavala, une figure connue des cercles intellectuels en Europe, est accusé avec 15 autres personnes de "tentative de renversement du gouvernement" pour avoir soutenu un mouvement de contestation antigouvernementale en 2013 connu sous le nom de "mouvement de Gezi".

Les 16 accusés risquent la prison à vie dans cette affaire qui suscite l'inquiétude des défenseurs des droits humains. Ceux-ci dénoncent une "chasse aux sorcières" et assurent qu'il n'existe "pas l'ombre d'une preuve" pour appuyer l'accusation.

L'incarcération de M. Kavala depuis plus de 700 jours a fait de lui le symbole de la répression orchestrée contre la société civile en Turquie, en particulier depuis une tentative de putsch en 2016 suivie de purges massives.

Le philanthrope est accusé d'avoir financé les gigantesques manifestations de 2013 contre l'actuel président, Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre.

A l'ouverture de son procès en juin, M. Kavala avait qualifié les accusations pesant sur lui d'"allégations irrationnelles dénuées de preuves".

Le mouvement de Gezi a commencé avec un sit-in de militants écologistes pour défendre le parc du même nom, l'un des rares espaces verts au coeur d'Istanbul. Après une brutale répression, il s'est transformé en mouvement plus global contre M. Erdogan.

Mais dans son acte d'accusation de 657 pages, le procureur présente le mouvement de Gezi comme une opération pilotée de l'étranger ayant visé à "mettre la Turquie à genoux".
(AFP, 8 octobre 2019)

Rassemblement pour soutien au fondateur de WikiLeaks devant le palais de justice



Le Comité Free.Assange.Belgium a organisé le 11 octobre une chaîne humaine en soutien à Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, devant le palais de justice de Bruxelles.

Lors du rassemblement, Pierre-Arnaud Perrouty, Directeur de la Ligue des Droits Humains, Christophe Marchand, avocat d'Assange en Belgique, Séverine de Laveleye, députée fédérale des verts et Marc Botenga, député européen (PTB) ont critiqué l'état d'arrestation de Julian Assange.


Özgüden and Tugsavul on WikiLeaks' "Truth tellers" List



Une stèle commémorative pour Khashoggi devant le consulat saoudien

Une cérémonie marquant le 1er anniversaire de l'assassinat de Jamal Khashoggi a été organisée mercredi à Istanbul en présence de Jeff Bezos, propriétaire du Washington Post auquel collaborait le journaliste saoudien, assassiné au consulat de son propre pays.

Une stèle commémorative à la mémoire de Khashoggi a été inaugurée lors de cette cérémonie qui s'est tenue devant le consulat saoudien, où le journaliste a été tué puis démembré par un commando saoudien le 2 octobre 2018. Son corps n'a jamais été retrouvé.

La CIA et une experte de l'ONU ont mis en cause le prince héritier saoudien et homme fort du pays Mohammed ben Salmane, qui dément avoir ordonné l'assassinat de ce journaliste critique même s'il dit en porter la responsabilité en tant que dirigeant du royaume.

Jeff Bezos, qui est aussi le fondateur d'Amazon et l'homme le plus riche du monde, a participé à la cérémonie aux côtés du PDG du Washington Post Fred Ryan, de la fiancée turque du journaliste tué, Hatice Cengiz, et de la rapporteure spéciale des Nations unies sur les exécutions sommaires, Agnès Callamard.

Des amis de Jamal Khashoggi ainsi que des représentants de plusieurs ONG étaient également présents au rassemblement qui a commencé par une minute de silence à la mémoire du journaliste.

La pierre commémorative portant les dates de naissance et de décès du journaliste a été inaugurée dans un petit parc en face du consulat saoudien.

"Nous sommes ici pour être à vos côtés, vous n'êtes pas seule", a déclaré M. Bezos à l'adresse de Hatice Cengiz, lors d'une brève allocution.

"Nous n'oublierons jamais Jamal Khashoggi, jamais", a déclaré M. Ryan, le PDG du Washington Post.

Mme Cengiz a pour sa part confié que l'année écoulée était "la pire de sa vie", après avoir perdu "mon fiancé mais aussi mon meilleur ami".

"Je me tiens devant vous brisée, mais fière", a-t-elle ajouté.

- "Simulacre de procès" -

Cherchant à soigner son image et celle du prince héritier ben Salmane, fortement ternies par cette affaire, le royaume saoudien a traduit en justice 11 suspects accusés d'implication dans le meurtre.

"C'est un simulacre de procès, dénué d'équité et d'indépendance. C'est une moquerie de justice", a affirmé lors de la cérémonie le représentant d'Amnesty International en Turquie, Andrew Gardner.

Human Rights Watch (HRW) a pour sa part estimé dans un communiqué qu'il ne suffisait pas d'assumer la responsabilité du meurtre.

"S'il est sérieux, le prince héritier et son gouvernement doivent faire preuve de transparence (...) et révéler tout ce qu'ils savent sur la planification, l'exécution et les suites du meurtre de Khashoggi", a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient.

Dans une lettre au roi Salmane, l'International Press Institute, basé à Vienne, a exigé un procès "transparent avec une contribution, un soutien et un contrôle internationaux".

En octobre 2018, des investisseurs internationaux ont boycotté, en signe de protestation après l'assassinat de Jamal Khashoggi, un important forum économique organisé par Ryad.

Mais le Washington Post a rapporté que l'édition de cette année, prévue fin octobre, va attirer de nombreuses grandes firmes comme Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Citigroup et BlackRock.

Plus de 150 décideurs de premier plan ont confirmé leur présence, selon une liste des participants consultée par le journal américain.

L'ONG Reporters sans frontières a organisé mardi une action devant le consulat d'Arabie saoudite en France pour exiger toute la lumière sur l'assassinat de Khashoggi et l'arrêt des exactions contre la presse et les journalistes dans le Royaume, a constaté l'AFP.

Une vingtaine de militants de RSF ont entassé des mannequins en plastique démembrés, portant des brassards et dossards "presse", devant la porte du consulat, situé à Neuilly-sur-Seine, près de Paris.

Une manière de rappeler les circonstances particulièrement barbares dans lesquelles le journaliste a été tué puis démembré a souligné Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.
(AFP, 2 octobre 2019)

Affaire Khashoggi: procès opaque et répression persistante

L'indignation générale soulevée par le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi s'est dissipée un an après les faits, mais la justice n'a pas encore été rendue et la répression continue en Arabie saoudite.

Cherchant à soigner son image fortement ternie par cette affaire, le royaume saoudien a traduit en justice 11 suspects dans l'assassinat le 2 octobre 2018 du journaliste, qui était proche du pouvoir avant d'en devenir critique.

Mais le meurtre commis au consulat saoudien d'Istanbul aurait impliqué 15 agents saoudiens, et la CIA et une experte de l'ONU ont mis en cause le prince héritier saoudien et homme fort du pays Mohammed ben Salmane, qui dément.

L'un des suspects, Saoud al-Qahtani, conseiller royal et confident du prince héritier, qui a été limogé et sanctionné par Washington, est absent du procès qui a débuté en janvier 2019 et qui se déroule à huis clos.

A la dernière audience fin juillet, l'un des proches de Jamal Khashoggi a contesté l'absence de ce suspect et demandé qu'il soit convoqué pour témoigner, ont indiqué à l'AFP des responsables occidentaux. On ignore la réponse donnée par le tribunal à cette requête.

Saoud al-Qahtani avait longtemps suscité la crainte en Arabie saoudite, ayant dirigé une campagne médiatique sur les réseaux sociaux pour défendre l'image du prince héritier et intimider ses critiques.

Le mois dernier, Twitter a supprimé son compte ainsi que plusieurs autres comptes pour "leurs efforts coordonnés visant à amplifier des messages avantageux pour le gouvernement saoudien".

Saoud al-Qahtani n'est pas apparu publiquement depuis l'assassinat, ce qui suscite des spéculations sur son sort.

- "Bouc émissaire" -

"Le retrait et le profil bas de Saoud al-Qahtani peuvent être considérés (...) comme une tentative de faire d'un haut responsable un bouc émissaire pour donner l'impression que l'Arabie saoudite change", a déclaré à l'AFP Marc Owen Jones, chercheur à l'Université britannique d'Exeter.

"Les prisonniers politiques sont toujours en prison, le différend avec l'Iran (rival de l'Arabie saoudite) et la guerre au Yémen ne vont pas créer un environnement permettant au gouvernement de tolérer les dissidences", a-t-il ajouté.

On ne sait toujours pas quand le procès s'achèvera et le ministère chargé des médias n'a pas répondu aux demandes d'éclaircissements de l'AFP.

Les diplomates des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et de la Turquie sont autorisés à assister en tant qu'observateurs au procès.

Ils n'ont cependant pas le droit d'avoir des interprètes alors que les délibérations se déroulent en arabe et ils sont généralement convoqués à bref délai, selon des sources occidentales.

La famille de Jamal Khashoggi, autorisée à assister au procès, a rejeté les informations faisant état d'un règlement financier avec le gouvernement saoudien.

L'un des fils du journaliste assassiné, Salah Khashoggi, a affirmé mardi sur Twitter sa "confiance" dans la justice saoudienne et critiqué ceux qui cherchent à instrumentaliser l'affaire pour nuire, selon lui, à l'Arabie saoudite et à ses dirigeants.

- "Pas de place à la critique" -

Lors de l'émission "60 minutes" de la chaîne américaine CBS diffusée dimanche, le prince Mohammed a nié avoir ordonné l'assassinat du journaliste mais a dit en assumer "la responsabilité en tant que dirigeant de l'Arabie saoudite". l

La rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions sommaires, Agnes Callamard, a critiqué lundi le prince héritier pour avoir tenté de se "distancer" du meurtre.

"Il n'assume aucune responsabilité personnelle pour le crime, il crée une distance énorme entre lui-même et le crime lui-même, il crée des couches et des couches d'acteurs afin de se distancier de l'exécution, de son ordre et de son organisation", a déploré Mme Callamard qui ne s'exprime pas au nom de l'ONU.

Entretemps de nombreux critiques du prince héritier sont toujours emprisonnés.

Les autorités ont récemment proposé de libérer une militante, Loujain al-Hathloul, en échange d'un témoignage vidéo niant qu'elle avait été torturée et harcelée sexuellement en prison, selon sa famille.

Loujain al-Hathloul fait partie d'une douzaine de militantes arrêtées il y a environ un an notamment pour contacts avec des médias étrangers, des diplomates et des organisations de défense des droits humains. Elle et d'autres militantes affirment avoir été torturées et harcelées sexuellement pendant leur détention. Les autorités ont démenti ces accusations.

"Il y a eu des arrestations d'autres intellectuels et militants et il n'y a certainement pas de place pour les critiques contre les dirigeants", a déclaré à l'AFP Kristin Diwan, de l'Arab Gulf States Institute à Washington.

"L'orientation générale de la politique saoudienne reste inchangée".
(AFP, 1 octobre 2019)


Kurdish Question / Question kurde

REAGISSONS CONTRE LA NOUVELLE INVASION GENOCIDAIRE DE L’ETAT TURC

Communiqué de six organisations:

Après des gesticulations, voici l’agression du Nord de la Syrie (région habitée par les Kurdes, Arabes, Assyro-syriaques, Arméniens...) par l’Etat turc avec la bénédiction des Etats Unis et de la Russie, et avec en première ligne des assassins de groupes islamistes recyclés.

La première phase étant l’occupation d’Afrin (transformée il y a un an en ville turque avec un préfet désigné) avec le feu vert de Poutine. Le peu de résistance des forces kurdes et la bienveillance des forces internationales, donnent à la Turquie la possibilité de réaliser ses rêves, d’en terminer coûte que coûte avec toute possibilité de statut pour les Kurdes en Turquie et en dehors de ses frontières.

La trahison honteuse des Etats Unis envers leur allié, les Kurdes, ces Kurdes qui ont lutté contre l’Etat islamique, ces Kurdes qui ont perdu des milliers de vies dans ce combat, donne à la Turquie cette possibilité.

La lutte contre l’EI reste le combat de l’ensemble du monde démocratique. Les combattants de l’EI, actuellement en prison, peuvent représenter un nouveau danger pour l’ensemble de l’humanité.

L’impunité permet à l’Etat turc de rajouter un autre crime à sa longue liste de crimes d’Etat.

Profitant de la Première Guerre mondiale l’Etat turc a anéanti les Arméniens et les Assyriens par un génocide, les États occidentaux ont laissé faire et n’ont pas poursuivi les coupables après la guerre, donnant un sauf-conduit aux génocidaires qui ont créé le nouvel Etat turc. Profitant de cette impunité, ils ont continué leur sale besogne en continuant le travail génocidaire en détruisant les Grecs du Pont en  éliminant la majorité des chrétiens d’Anatolie. Depuis, de nombreux massacres se sont succédés en toute impunité, sans oublier l’invasion du nord de Chypre en 1974. À un tel point que, tout ce qui est avancée kurde est insupportable pour l’Etat turc et à son dirigeant Erdogan.

Les Kurdes du Nord de Syrie ne représentent pas et n’ont pas représenté de menaces quelconques pour la Turquie. Mais cela n’a aucune importance, Erdogan veut en finir  et dans cette aventure, il s’est vu rejoindre par l’ensemble des partis politiques turcs, comme à l’accoutumée ils sont solidaires quand il s’agit de la question arménienne ou kurde. 

Actuellement, personne n’est dupe pour croire que l’Etat turc est en position « d’autodéfense » et lutte contre le terrorisme avec cette agression. Mais il poursuit des buts d’occupation pour détruire les forces d’autodéfense kurde et les peuples chrétiens, assyriens et arméniens qui continuent à survivre dans ces contrées. Son objectif est également de réaliser une ingénierie sociale en repeuplant ces territoires de djihadistes qui lui sont inféodés, et ce afin de changer la réalité démographique.

L’appel de nombreuses organisations et y compris des Nations Unies à « éviter le pire » n’est nullement suffisant pour faire face à cette catastrophe humanitaire qui s’annonce. L’Etat turc est coutumier des condamnations, des gesticulations sans conséquence à son égard et continuera avec détermination à réaliser ses projets. Nous attirons depuis des dizaines d’années l’attention sur le caractère génocidaire de l’Etat turc et malheureusement encore une fois nous sommes devant un risque de génocide de la part de cet Etat.

Les peuples du Nord de Syrie, qui ont pu créer un modèle d’existence autonome qui leur est propre ont le droit de poursuivre leur expérience singulière et le monde démocratique doit continuer à les soutenir. Ils sont dans l'obligation de se défendre farouchement contre cette agression génocidaire malgré l’inégalité des forces en présence et les conditions du terrain défavorables.

Nous appelons encore une fois l’opinion publique démocratique pour faire pression sur leurs États respectifs et éviter un drame humain, voir un génocide qui s’annonce dans le nord de la Syrie.

Bruxelles, le 14 octobre 2019

Association des Arméniens Démocrates de Belgique
Ateliers du Soleil
Info-Türk
Institut Assyrien de Belgique
Institut Kurde de Bruxelles
Maison du peuple

Communication:
rafi.3@hotmail.com
0478-240 222


Syrian Kurdish Political Leader Killed near Qamishli

The leader of Syrian Future Party, Hevrin Khalaf, was killed on Saturday near Qamishli, Syrian Kurdistan, amid the growing violence in the region.

Initial reports claimed that Khalaf was killed in a Turkish airstrike. However, media outlets affiliated with Kurdistan Workers’ Party (PKK) said she was killed in an attack by the Islamic State (IS) while traveling between Qamishli and Raqqa.

Khalaf released a statement a day earlier to denounce the Turkish military incursion into Syrian Kurdistan, calling it a conspiracy that aims at dividing the Syrians.

The killing comes amid the Turkish massive offensive against the Syrian Kurds, which has raised concerns about the return of the Islamic State (IS) in the area.

Local reports previously said IS sleeper cells have increased their efforts to hit the local forces after jihadist prisoners attempted to break out of the al-Hol camp, where over 73,000 IS militants and their families are being held. (basnews.com, Oct 12, 2019)

Dismissed Co-Mayor of Van Özgökçe Ertan Faces up to 30 Years in Prison

Van Chief Public Prosecutor's Office has drafted a bill of indictment against Bedia Özgökçe Ertan, the former Metropolitan Co-Mayor of Van dismissed by the Ministry of Interior on August 19. The indictment foresees a prison sentence of up to 30 years for Özgökçe Ertan.

The Prosecutor's Office has issued the indictment based on the statements that she made and the leaflets that she distributed when she was the Van MP of Peoples' Democratic Party (HDP).

The indictment has charged her with "openly inciting the public to enmity and hatred", "propagandizing for a terrorist organization", "praising the crime and the criminal" and "being a member of an armed terrorist organization".

As the court has accepted the indictment prepared by the Prosecutor's Office, Özgökçe Ertan will have her first hearing on December 25.
Appointment of trustees to 3 HDP municipalities

The Ministry of Interior announced that they dismissed Metropolitan Mayor of Diyarbakır Selçuk Mızraklı, Metropolitan Mayor of Mardin Ahmet Türk and Metropolitan Mayor of Van Bedia Özgökçe Ertan on August 19.

Diyarbakır Governor Hasan Basri Güzeloğlu, Mardin Governor Mustafa Yaman and Van Governor Mehmet Emin Bilmez have been appointed as Acting Metropolitan Mayors, or rather, as trustees.

As reported by Anadolu Agency, the mayors have been removed from office on the ground that there are 9 ongoing investigations against Diyarbakır Metropolitan Mayor Selçuk Mızraklı, 6 ongoing investigations against Mardin Metropolitan Mayor Ahmet Türk, 7 ongoing investigations against Van Metropolitan Mayor Bedia Özgükçe Ertan at heavy penal courts.
(BIA, 11 October 2019)


Le cri du peuple kurde agressé par l'Armée turque et ses complices islamistes



La responsable kurde Ilham Ahmed a tenu une conférence de presse au Parlement européen et appelé les pays de l'UE à «geler leurs relations diplomatiques avec la Turquie en rappelant leurs ambassadeurs immédiatement» à la suite de l'offensive d'Ankara dans le nord-est syrien.

«Nous voulons une intervention urgente sur cette crise, ces attaques devraient être stoppées vite», a-t-elle déclaré à la presse, exhortant le Conseil de sécurité de l'ONU à décider d'une «zone d'exclusion aérienne». «Le retrait américain nous a mis en danger», a dénoncé la responsable, qui a alerté sur le risque de fuite de djihadistes détenus par les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition arabo-kurde et fer de lance de la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). «L'une des prisons dans laquelle se trouvent des membres du groupe Etat islamique et qui est sous le contrôle des FDS a été bombardée par des avions de chasse turcs hier, et il est probable que des membres de l'EI qui étaient prisonniers se soient échappés», a-t-elle déclaré.

Cette responsable du Conseil démocratique syrien (CDS), bras politique des FDS, qui a rencontré Emmanuel Macron à Paris mardi, a noté qu'il y avait «de grosses réactions de la part de l'Union européenne». «Mais nous ne serons satisfaits que lorsque ces réactions se traduiront par des actions», a-t-elle affirmé, évoquant aussi la possibilité de «sanctions économiques» à l'égard de la Turquie.

Ilham Ahmed s'est aussi tournée vers le président américain. «Nous demandons à (Donald) Trump de jouer un rôle afin de trouver une solution politique et d'engager un dialogue, au lieu de nous abandonner et de laisser la voie libre à la Turquie pour nous attaquer». «Les États-Unis devraient tenir compte du fait que nous avons payé un lourd tribut», a-t-elle dit, citant le chiffre de 11.000 morts et exhortant Washington à «rester à nos côtés pour maintenir la paix et la stabilité dans l'intérêt de tous». (Belga, 10 octobre 2019)

Des Kurdes ? Quels Kurdes?


C’est encore une de ces déclarations de Donald Trump dont la lecture, de bon matin, force à se frotter les yeux avec insistance pour se convaincre qu’on a bien vu. Pressé par les journalistes de justifier un retrait de Syrie qui revient à trahir ses alliés kurdes, le Président a tenu à remettre les choses en perspective : “Les Kurdes, a-t-il souligné, ne nous ont pas aidés pendant la Seconde Guerre mondiale, ils ne nous ont pas aidés en Normandie.”

On mesure la chance d’avoir à la Maison-Blanche quelqu’un qui peut ainsi porter à l’attention des ignorants des réalités historiques capitales. Il importe, dans la même veine, de rappeler que le marquis de La Fayette n’était pas kurde – pas plus que Christophe Colomb. Que les Kurdes n’ont pris aucune part aux croisades (ni à la chute du mur de Berlin). Et que César ne les cite même pas au nombre des peuples les plus braves de la Gaule.

Ces Kurdes, il faut dire, “ne se battent que pour leur terre”, a ajouté Donald Trump, avec une pointe de mépris. La remarque est étonnante de la part d’un homme qui s’est fait élire sur le slogan “America First” et qui, pas plus tard que le 24 septembre, devant l’Assemblée générale de l’Onu, exhortait encore les dirigeants de la planète à privilégier, comme lui, leurs intérêts nationaux.

Le reproche ne manque pas d’air par ailleurs. Car, si on n’a pas vu les Kurdes sur les plages de Normandie (ou sur celles d’Iwo Jima), c’est qu’ils avaient déjà fort à faire pour tenter d’exister. Le traité de Sèvres, en 1920, leur avait donné l’espoir d’une autonomie, voire d’une indépendance – qu’Atatürk s’employa bien vite à réduire à néant, avec l’approbation de l’Occident.

En abandonnant à son tour les Kurdes à leur triste sort, Donald Trump s’est flatté de vouloir mettre fin à “des guerres qui n’ont pas de sens”, à des engagements militaires qui ont énormément coûté à l’Amérique en hommes et en dollars. On ne songerait pas à le nier – pas plus qu’on ne voudrait contester le fait que, si les États-Unis sont piégés au Moyen- Orient, c’est parce que George W. Bush y a créé le chaos.

Ses propos, Donald Trump les a tenus mercredi, à la Maison-Blanche, dans le salon Roosevelt. On n’imaginerait pas plus cruelle ironie. On ne sait pas trop ce que FDR pensait des Kurdes, mais on veut croire qu’il se faisait une plus haute idée des alliances et du sens de l’Histoire. (Philippe Paquet, La Libre Belgique, 11 octobre 2019)

L’offensive turque contre les forces kurdes en Syrie

Mercredi, des régions voisines de la Turquie, notamment les zones de Tal Abyad et de Ras al-Aïn, ont été bombardées par l’aviation et l’artillerie turques. Le ministère turc de la Défense a annoncé en soirée que des militaires turcs et leurs supplétifs syriens avaient pénétré en Syrie, marquant le début de la phase terrestre de l’opération.

À Ras al-Aïn, peu après le lancement de l’opération turque, une forte explosion a été suivie d'une épaisse colonne de fumée juste à la frontière.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), ont affirmé de leur côté mercredi soir avoir « repoussé » l’offensive turque, dont l’objectif est d’éloigner de la frontière les YPG.

L’assaut turc a d’ores et déjà fait 15 morts dont 8 civils, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), ajoutant que des « milliers de déplacés » fuient les zones bombardées.

Le président américain Donald Trump a estimé que l’opération d’Ankara était « une mauvaise idée », tout en espérant que son homologue turc Recep Tayyip Erdogan agisse de manière « rationnelle » et aussi « humaine » que possible. En début de semaine, c’est pourtant le retrait des troupes américaines de secteurs frontaliers en Syrie et les déclarations contradictoires de la Maison-Blanche qui ont ouvert la voie à l’offensive.

Deux sénateurs démocrate et républicain ont dévoilé mercredi une proposition visant à sanctionner très sévèrement la Turquie si elle ne retire pas son armée. Ce projet imposerait au gouvernement de Donald Trump de geler les biens aux États-Unis des plus hauts dirigeants turcs, imposerait des sanctions à toute entité étrangère qui vendrait des armes à Ankara, et viserait aussi le secteur énergétique turc.

Poids lourd des républicains et proche de M. Trump, le sénateur Lindsey Graham l’a accusé d’avoir « honteusement abandonné les Kurdes » et s’est dit favorable à ce qu’« Erdogan paie très cher ».

L’offensive turque, qui a provoqué un tollé international, sera au centre d’une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU jeudi. 

À Ras al-Aïn, un correspondant de l’AFP a entendu une forte explosion et vu s’élever de la fumée tout près de la frontière, ajoutant que des avions survolaient le secteur.

Des tirs d’artillerie visent en continu la ville, provoquant la fuite de dizaines de civils à bord de motos et voitures, partant même à pied, chargés de valises et de sacs, a-t-il constaté.

Équipes de lance-roquettes, des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes dominée par les YPG, se sont déployés dans la ville, selon le correspondant de l’AFP. (AFP, 9 octobre 2019)


Libération d'un ancien député prokurde condamné pour propagande terroriste

Un ancien député prokurde, Sirri Süreyya Önder, condamné à 3 ans et demi de prison pour propagande terroriste, a été remis en liberté vendredi sur décision de la Cour constitutionnelle jugeant que sa condamnation était une atteinte à sa liberté d'expression.

Condamné en septembre 2018 pour des propos tenus lors des célébrations du Nouvel An kurde en mars 2013 et écroué deux mois plus tard, M. Önder a été libéré dans l'après-midi et a pu retrouver sa fille, selon des photos partagées sur les réseaux sociaux.

La Cour constitutionnelle a ordonné jeudi sa remise en liberté et un nouveau procès dans cette affaire, jugeant que cette condamnation était une violation de sa liberté d'expression.

Cet ancien député du Parti démocratique des peuples (HDP) était alors jugé au côté du leader kurde Selahattin Demirtas, emprisonné depuis novembre 2016.

Le président Recep Tayyip Erdogan accuse le HDP d'être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe classé terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux.

Le parti affirme en revanche être pris pour cible en raison de son opposition farouche au gouvernement.
(AFP, 4 octobre 2019)

Des Kurdes manifestent contre leur "exclusion" du Comité constitutionnel en Syrie

Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi à Qamichli, ville dominée par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie en guerre, pour dénoncer une "exclusion" de cette minorité du comité constitutionnel récemment créé par les Nations unies.

Ce comité, annoncé le 23 septembre par l'ONU, doit amender la constitution syrienne, approuvée en 2012, ou en rédiger une nouvelle. Il comprend 150 membres: 50 nommés par le gouvernement de Damas, 50 par l'opposition et 50 membres issus de la société civile et choisis par les Nations unies.

Des personnalités kurdes sont présentes sur les listes de l'opposition et de la société civile. Mais l'administration semi-autonome kurde, qui contrôle près de 30% du pays, avec des territoires dans le nord et le nord-est, a qualifié "d'injuste" son "exclusion" en tant qu'entité politique.

A Qamichli, les manifestants se sont rassemblés devant des bureaux de l'ONU, selon un correspondant de l'AFP.

"C'est notre droit de participer à l'élaboration de la Constitution", pouvait-on lire sur une pancarte. "L'administration autonome est indissociable du peuple syrien", était-il écrit sur une autre.

Présent parmi les manifestants, Talaat Younes, un haut responsable au sein des autorités kurdes, a dénoncé auprès de l'AFP une "exclusion des représentants de l'administration autonome du comité constitutionnel", et souligné la nécessité "d'une participation de toutes les composantes de la société syrienne".

Autour de lui, hommes et femmes brandissaient des portraits des "martyrs" des Forces démocratiques syriennes (FDS), l'alliance de combattants kurdes et arabes qui a joué un rôle majeur dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

"Nous avons une force militaire qui a remporté des succès importants, nous devons avoir des représentants au sein du comité", a dit un des manifestants, Hachem Chawich.

Après avoir souffert de discriminations des décennies durant, les Kurdes de Syrie ont créé une zone semi-autonome à la suite du conflit déclenché en 2011.

La minorité ethnique tient à tout prix à préserver cette semi-autonomie, dénoncée par le pouvoir central de Bachar al-Assad.

Les Kurdes n'ont participé ni aux négociations pour la paix sous l'égide de l'ONU, ni aux pourparlers d'Astana, lancés en janvier 2017 par Moscou, Téhéran et Ankara, notamment en raison du refus de la Turquie, qui entretient de profondes rivalités avec la minorité.

Déclenchée avec la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts. Le régime de M. Assad a reconquis environ 60% du territoire avec l'appui militaire de Moscou, de l'Iran et du Hezbollah libanais.
(AFP, 2 octobre 2019)

Demirtaş to be Given 'Award for Political Courage'

The Progressive Alliance, a Germany-based political entity that includes more than 130 parties and organizations, will give the "2019 Award for Special Political Courage" to Selahattin Demirtaş, the former co-chair of the Peoples' Democratic Party (HDP), who has been behind bars since November 2016.

HDP Foreign Relations Officer Hişyar Özsoy told bianet that the award will be presented in an event in Stockholm on November 15.

Özsoy also spoke about the hearing of Demirtaş at the ECtHR Grand Chamber on September 18, "The Council of Europe Commissioner for Human Rights involved in the hearing as the third party and pleaded a strong defense for Demirtaş. There is big support from different places. But the AKP-MHP alliance closed itself for all criticism from outside and for practices that need to be done. And this hurts not only the image of the government but also the image of Turkey abroad."
What is the Progressive Alliance?

The Progressive Alliance was found on May 22, 2013, in Leipzig, Germany. It has over 130 members around the world. The main opposition Republican People's Party (CHP) and the HDP are members of the alliance from Turkey.

According to its website, the Progressive Alliance aims to ensure gender equality counter increased inequality in societies, fight for LGBTIQ rights and against intolerance and racism, restrain rampant unruly financial markets with clear regulations and fight tax fraud, curb climate change with the urgency required and promote sustainable economic, social and ecological development, secure peace and human rights as global public goods, advocate disarmament and stop the proliferation of weapons of mass destruction, and eradicate hunger and poverty once and for all.
Demirtaş arrested twice because of the same lawsuit

Demirtaş was expected to be released after the 26th Heavy Penal Court ruled for "deduction" but Ankara Chief Public Prosecutor's Office requested the arrest of Demirtaş and Figen Yüksekdağ, the HDP's former co-chair with Demirtaş. Ankara 1st Penal Court of Peace ruled for the arrest of the two politicians.
(BIA, 1 October 2019)

Minorités / Minorities

Kayseri Governorship Prevents Conference by Hrant Dink Foundation

Hrant Dink Foundation has announced that it will hold a conference entitled, "Kayseri and its Periphery: Conference of Social, Cultural and Economic History" in İstanbul after the Governorship of Kayseri did not permit the event.

The foundation said in a written statement that the Governorship said them it disapproves the conference after not responding to a request for a "face to face meeting" for weeks.

"Unfortunately, our later requests for a reason and reevaluation remained unanswered," the statement said.

It informed that the conference will be held on October 18-19 at Hrant Dink Foundation Anarad Hığutyun Building Havak Hall in İstanbul.

Officials at the Governorship of Kayseri made a one-sentence statement for bianet, saying that the ban on conference is "related to the Kayseri Security Directorate."

The conference will be about social, economic, cultural, urban and architectural changes in Kayseri and its periphery between 1850 and 1950.

Twenty-seven scholars from the US, France, Greece, Armenia and Turkey have been invited to the conference.
(BIA, 3 October 2019)

Politique intérieure/Interior Politics

Comment la fragilisation du parti présidentiel rebat les cartes du jeu politique turc

La Libre Belgique, Pierre-Magnani Céline,1 octobre 2019

Deux lieutenants d’Erdogan ont quitté l’AKP pour créer leur parti. La formation du président est en difficulté et enregistre une fuite importante de ses membres. Les derniers sondages font craindre le retour de l’instabilité politique.

La perte d’Istanbul au profit de l’opposition lors des municipales du 23 juin dernier pourrait bien être le chant du cygne pour le parti de Recep Tayyip Erdogan, contesté pour ses pratiques autoritaires dans son propre camp. Les défections se sont multipliées ces derniers mois et le Parti de la justice et du développement (AKP) se résume désormais aux proches du président.

L’ancien ministre de l’Économie, Ali Babacan, avait claqué la porte au mois de juillet, exprimant son désaccord avec les orientations prises par sa famille politique. "Ces dernières années ont témoigné d’un écart profond entre les pratiques et les principes, les valeurs et les idées auxquelles je crois. D’un point de vue émotionnel et intellectuel, je me suis éloigné du parti", avait-il alors déclaré. Quant à Ahmet Davutoglu, qui a occupé le poste de Premier ministre et de ministre des Affaires étrangères, il a démissionné le 13 septembre après avoir été renvoyé devant la commission disciplinaire du parti pour avoir critiqué un peu trop fort la gouvernance de l’hyper-président dans un manifeste publié en avril dernier.

800 000 adhérents perdus

Depuis des mois, les rumeurs sur la création de nouveaux partis conservateurs vont bon train mais les candidats potentiels se font encore discrets. Inquiété par la fragilisation de sa formation politique, Recep Tayyip Erdogan avait condamné les velléités d’indépendance et accusé ses anciens compagnons de route de trahison en "divisant la communauté". Or, d’après les chiffres publiés par le journal en ligne T24, l’AKP a perdu près de 800 000 adhérents (sur dix millions) en un an, confirmant l’érosion du parti affaibli par 17 années d’exercice du pouvoir et qui peine à renouveler son projet politique.

Ali Babacan a finalement brisé le silence le vendredi 13 septembre dans un entretien accordé au journal Karar. Si les interrogations demeurent quant à l’identité du nouveau parti et au programme qu’il compte proposer, il a insisté sur l’importance du respect des principes démocratiques, l’indépendance de la justice et la primauté de l’État de droit. Il a exclu la création d’un parti avec Ahmet Davutoglu, mais la possibilité de faire des coalitions permettrait de former un bloc conservateur concurrent de l’AKP. Ni l’un ni l’autre n’a encore révélé la composition de son équipe et les tractations en interne se poursuivent dans la plus grande discrétion. L’enjeu est de taille puisque les nouveaux partis pourraient siphonner les sièges de l’actuelle coalition gouvernementale entre l’AKP et les ultranationalistes, et la priver ainsi de sa majorité à la chambre.

L’évocation d’un tel scénario ravive les craintes d’une instabilité politique qui rendrait le pays ingouvernable, comme ce fut le cas à la fin des années 1990. Ce spectre a rapidement été exploité par Kemal Kiliçdaroglu, leader du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation d’opposition, qui a même évoqué des élections anticipées. Le porte-parole de l’AKP, Ömer Çelik, a balayé cette option d’un revers de main mais les équilibres politiques s’en trouveraient trop bouleversés pour que le président Erdogan puisse garder le contrôle de la politique du pays.

Le manque de visibilité à court terme pousse l’ensemble de la classe politique à se préparer à toutes les éventualités. Les instituts de sondage ont pris les devants et publié des enquêtes d’opinion sur la répartition des votes en cas d’élections législatives : soutenu par l’ancien et respecté président Abdullah Gül, le parti d’Ali Babacan serait crédité de 10 % des intentions de vote contre 7.3 % pour Ahmet Davutoglu d’après les résultats obtenus par l’institut ADA.

Remaniement gouvernemental en vue ?

Alors que les mauvais résultats économiques continuent de miner le portefeuille des Turcs et d’attiser la grogne, un remaniement ministériel permettrait de redonner un élan provisoire à la politique gouvernementale. Mais le président Erdogan, plutôt en retrait ces dernières semaines, apparaît en manque d’inspiration sur la stratégie à adopter pour enrayer la chute de son parti.


Forces armées/Armed Forces

Les développements depuis le début de l'invasion turque

Voici un film des principaux développements depuis le début mercredi de l'opération militaire lancée par la Turquie contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie.

Cette offensive, baptisée "Source de paix", est la troisième que mène Ankara dans ce pays depuis 2016.

- Erdogan lance l'opération -

Le 9 octobre, le président turc Recep Tayyip Erdogan annonce le début d'une nouvelle opération militaire contre la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), soutenue par les pays occidentaux.

Selon lui, l'offensive vise "les terroristes" des YPG et du groupe jihadiste Etat islamique (EI), et a pour objectif de mettre en place une "zone de sécurité" pour "permettre le retour des réfugiés syriens dans leur pays".

Des régions frontalières, notamment les localités de Tal Abyad et Ras al-Aïn, sont bombardées par l'aviation et l'artillerie turques.

Dans la soirée, Ankara annonce que des militaires turcs et leurs supplétifs syriens ont pénétré en Syrie, marquant le début de la phase terrestre de l'opération.

- Tollé international -

Le président américain Donald Trump estime que l'opération est "une mauvaise idée", tout en espérant que son homologue turc agisse de manière "rationnelle" et aussi "humaine" que possible.

C'est pourtant son annonce, trois jours auparavant, du retrait des forces américaines déployées dans le nord de la Syrie près de la frontière avec la Turquie qui a laissé le champ libre à l'intervention d'Ankara.

Celle-ci suscite un tollé international, plusieurs pays, notamment européens, s'inquiétant du sort des civils mais aussi des nombreux jihadistes détenus par les Kurdes et qui pourraient s'enfuir.

Le sénateur républicain américain Lindsey Graham, proche de M. Trump, l'accuse d'avoir "honteusement abandonné les Kurdes" et se dit favorable à ce qu'"Erdogan paie très cher".

- Jihadistes emprisonnés -

Le 10, la Turquie affirme que l'offensive a été "menée avec succès durant la nuit, dans les airs et au sol".

Les forces kurdes annoncent avoir repoussé un nouvel assaut terrestre de l'armée turque. Tirs d'artillerie sporadiques à Tal Abyad et Ras al-Aïn, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

M. Erdogan menace d'ouvrir les portes de l'Europe à des millions de réfugiés installés en Turquie, en réponse aux critiques européennes.

L'administration autonome kurde annonce que des bombardements turcs ont touché une prison abritant des combattants étrangers de l'EI.

Quelque 12.000 combattants de l'EI, des Syriens, des Irakiens mais aussi 2.500 à 3.000 étrangers originaires de 54 pays, sont détenus dans les prisons des Kurdes, selon un responsable de cette administration.

M. Trump a chargé la diplomatie américaine de tenter d'arranger un cessez-le-feu, selon un responsable américain.

- Menace de sanctions -

Le 11, les forces turques intensifient leurs bombardements. Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG, qui utilisent des tunnels et des tranchées pour se défendre, luttent pour freiner leur avancée, selon l'OSDH.

Les autorités kurdes affirment que cinq jihadistes de l'EI se sont évadés d'une prison près de Qamichli, après des raids turcs. Le groupe ultraradical revendique un attentat à la voiture piégée dans cette ville ayant fait six morts.

Le ministère américain des Finances affirme que Donald Trump va signer un décret permettant le déclenchement à tout moment de sanctions, visant à "dissuader la Turquie de toute extension de son offensive militaire".

Selon le Pentagone, des troupes américaines se sont retrouvées sous le feu de positions turques près de Kobané. Ankara nie les avoir visé.

- Combats à Ras al-Aïn -

Le 12, la Turquie affirme que ses forces ont capturé Ras al-Aïn. Mais les forces kurdes démentent et, selon l'OSDH et un correspondant de l'AFP, les forces turques et leurs alliés y sont entrés mais les combats se poursuivent.

Les FDS appellent Washington, accusé de les avoir "abandonnées", à "assumer ses responsabilités morales" et à "respecter ses promesses".

Selon l'OSDH, au moins neuf civils ont été "exécutés" par les supplétifs syriens qui participent à l'offensive d'Ankara.

Depuis son lancement, 81 combattants kurdes et 38 civils ont été tués selon l'OSDH, et 100.000 personnes ont été déplacées d'après l'ONU. Ankara a annoncé la mort de quatre soldats en Syrie et de 18 civils dans la chute de roquettes tirées par les forces kurdes sur des villes en Turquie.
(AFP, 12 octobre 2019)

Bombardements turcs dans le nord de la Syrie, fuite de 100.000 personnes

Les forces turques ont intensifié leurs bombardements meurtriers contre des cibles kurdes dans le nord de la Syrie, cherchant à s'emparer de secteurs frontaliers, au troisième jour d'une offensive ayant poussé 100.000 personnes à la fuite selon l'ONU.

Après avoir retiré la semaine dernière les soldats américains de secteurs en Syrie près de la frontière turque, laissant le champ libre à cette offensive, les Etats-Unis, qui ont ensuite dit chercher à arranger un cessez-le-feu, ont fait des déclarations contradictoires.

Vendredi, le chef du Pentagone Mark Esper a mis en garde la Turquie contre de "graves conséquences" si elle n'interrompait pas son assaut. Mais il a aussi dit que les Turcs ne montraient aucun signe en vue d'un arrêt de leur offensive alors que le chef d'état-major de l'armée américaine Mark Milley estimait de son côté que l'offensive turque était "relativement limitée".

Voisine de la Syrie en guerre, la Turquie a lancé mercredi son opération, impliquant des forces aériennes et terrestres, contre une milice kurde syrienne qu'elle considère comme "un groupe terroriste" et qu'elle dit vouloir éloigner de sa frontière.

L'offensive a suscité un tollé international, plusieurs pays s'inquiétant du sort des civils mais aussi des membres du groupe jihadiste Etat islamique (EI) détenus par les forces kurdes qui contrôlent de vastes régions du nord syrien, et qui pourraient s'enfuir.

Semblant confirmer ces craintes, les autorités kurdes ont affirmé que cinq jihadistes de l'EI s'étaient évadés d'une prison près de la ville à majorité kurde de Qamichli (nord-est) après des raids turcs.

En outre, une émeute a éclaté dans le camp d'Al-Hol contrôlé par les Kurdes et où vivent des milliers de familles de jihadistes présumés. Et l'EI a revendiqué un attentat à Qamichli qui a fait six morts.

Selon un dernier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 41 combattants kurdes et 17 civils ont péri dans l'offensive kurde depuis mercredi. Ankara a annoncé la mort de quatre soldats en Syrie et de 17 civils dans la chute de roquettes kurdes sur des villes frontalières en Turquie.

Dans le nord syrien, les forces turques et leurs supplétifs syriens ont intensifié les bombardements, selon l'OSDH.

- Tunnels et tranchées -

"Il y a d'intenses combats (...) sur plusieurs fronts, principalement de Tal Abyad à Ras al-Aïn", villes frontalières, entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) -une coalition de combattants arabes et kurdes- et les troupes turques et leurs alliés locaux, selon l'OSDH.

Les FDS, qui utilisent des tunnels et des tranchées pour se défendre, luttent pour freiner l'avancée des forces turques, qui ont pris le contrôle jeudi de 11 villages, dont deux ont été depuis repris par les Kurdes, a poursuivi l'ONG syrienne.

Tal Abyad et Ras al-Aïn, presque entièrement désertées par leurs habitants, sont les plus touchées, selon un centre de presse affilié aux autorités kurdes locales.

Certaines tribus arabes ont rejoint les rangs des forces turques et mené des attaques à l'intérieur des lignes kurdes en activant des cellules dormantes, selon la même source.

Selon l'ONU, 100.000 personnes ont fui depuis le début de l'offensive.

"Que veut de nous Erdogan? (...) C'est juste parce que nous sommes kurdes?", demande une femme qui a trouvé refuge avec sa famille dans une école de la ville de Hassaké plus au sud.

Des ONG ont mis en garde contre un nouveau désastre humanitaire en Syrie où la guerre, qui s'est complexifiée avec l'intervention de multiples acteurs régionaux et internationaux, a fait plus de 370.000 morts depuis 2011 et poussé des millions de personnes à la fuite.

- Discussions à l'ONU -

D'après les médias turcs, Ankara souhaite prendre le contrôle de la bande entre Ras al-Aïn et Tal Abyad afin d'éloigner de la frontière la principale milice kurde syrienne, les Unités de protection du peuple (YPG), épine dorsale des FDS et principal acteur dans la défaite du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

La Turquie espère via cette offensive créer une "zone de sécurité" où pourront être installés une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens vivant sur son sol.

En réponse aux critiques européennes contre l'offensive, le président turc Recep Tayyip Erdogan a d'ailleurs menacé d'envoyer en Europe des millions de réfugiés syriens accueillis par son pays.

Le feu vert donné de facto par les Etats-Unis à l'opération turque a été perçu comme une trahison par les forces kurdes, jusqu'alors alliées de la coalition internationale antijihadistes menée par Washington.

A New York, des discussions se poursuivent à l'ONU sur un texte américain visant à demander à la Turquie de revenir à la diplomatie plutôt que de poursuivre son offensive militaire, plusieurs diplomates soulignant que son adoption dépendait de la Russie.
(AFP, 11 octobre 2019)

La Turquie lance son offensive contre les forces kurdes en Syrie

Premières salves de bombardements et premières victimes: la Turquie a lancé mercredi, comme elle s'y était engagée, son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte antijihadistes, faisant fi des mises en garde internationales.

Mercredi, des régions voisines de la Turquie, notamment les zones de Tal Abyad et de Ras al-Aïn, ont été bombardées par l'aviation et l'artillerie turques. Le ministère turc de la Défense a ensuite annoncé en soirée que des militaires turcs et leurs supplétifs syriens avaient pénétré en Syrie, marquant le début de la phase terrestre de l'opération.

Le président américain Donald Trump a estimé que l'opération d'Ankara était "une mauvaise idée". En début de semaine, c'est pourtant le retrait des troupes américaines de secteurs frontaliers en Syrie et les déclarations contradictoires de la Maison blanche qui ont ouvert la voie à l'offensive.

Cette opération turque -- dont l'objectif est d'éloigner de la frontière la puissante milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG)-- a fait 15 morts dont 8 civils, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ajoutant que des "milliers de déplacés" fuient les zones bombardées.

L'offensive a provoqué un tollé international. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence jeudi.

A Ras al-Aïn, un correspondant de l'AFP a entendu une forte explosion et vu s'élever de la fumée tout près de la frontière, ajoutant que des avions survolaient le secteur.

Des tirs d'artillerie visent en continu la ville, provoquant la fuite de dizaines de civils à bord de motos et voitures, partant même à pied, chargés de valises et dsacs, a-t-il constaté.

Equipés de lance-roquettes, des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes dominée par les YPG, se sont déployés dans la ville, selon le correspondant de l'AFP.

- "Mobilisation générale" -

Les médias turcs ont rapporté que 8 projectiles tirés par les YPG étaient tombés sur les villes turques frontalières d'Akçakale et de Nusaybin, sans faire de victime.

L'offensive de la Turquie est la troisième en Syrie depuis 2016. Elle ouvre un nouveau front dans un conflit qui a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés depuis 2011.

"Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (ANS, une coalition financée et entraînée par la Turquie soutenus par Ankara, ndlr) ont débuté l'opération +Source de paix+ dans le nord de la Syrie", a annoncé M. Erdogan sur Twitter.

Au moins 18.000 combattants syriens supplétifs d'Ankara --faisant partie de factions regroupées au sein de l'ANS-- ont été mobilisés pour participer à l'offensive, a affirmé mercredi un de leurs porte-parole.

L'offensive doit permettre la création d'une "zone de sécurité" destinée à séparer la frontière turque des positions kurdes et accueillir des réfugiés, a dit M. Erdogan. Le ministère turc de la Défense a assuré que tout était fait pour éviter les pertes civiles.

Alliées aux Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), les YPG sont considérées par Ankara comme une organisation "terroriste", pour leurs liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

"Les Etats-Unis ne soutiennent pas cette attaque et ont clairement indiqué à la Turquie que cette opération était une mauvaise idée", a souligné M. Trump dans un bref communiqué.

Il avait pourtant paru donner son feu vert à une telle opération, avant de nuancer ses propos et d'assurer que Washington n'avait "pas abandonné les Kurdes".

Quelques heures avant le début de l'offensive, les Kurdes de Syrie, confrontés aux atermoiements de leur allié américain, avaient décrété une "mobilisation générale", tout en appelant Moscou à intervenir pour faciliter un dialogue avec Damas.

- Tollé -

Le déclenchement de l'offensive a été fermement condamné par plusieurs pays qui craignent un chaos susceptible d'ouvrir la voie à un retour en force de l'EI, et qui fait planer l'incertitude sur le sort des jihadistes prisonniers des YPG.

Le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin, a appelé les pays européens à "reprendre" leurs ressortissants ayant intégré l'EI et aujourd'hui détenus par les forces kurdes.

Paris a "très fermement" condamné l'incursion turque. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exigé l'arrêt de l'offensive. L'Allemagne a estimé que l'opération risquait "de provoquer une résurgence" de l'EI et Londres a dit sa "sérieuse préoccupation".

Aux Etats-Unis, un poids lourd des Républicains et proche de M. Trump, Lindsey Graham, a accusé le président américain d'avoir "honteusement abandonné les Kurdes" et s'est dit favorable à ce qu'"Erdogan paie très cher".

Avant le déclenchement de l'offensive, le président russe Vladimir Poutine avait appelé M. Erdogan à "bien réfléchir".
 L'Egypte a pour sa part jugé cette "attaque inacceptable" et Ryad a condamné "l'agression" de la Turquie en Syrie.

Amnesty international a souligné qu'"à la fois les forces turques et kurdes" avaient, "dans le passé, mené des attaques aveugles en Syrie" ayant "fait de nombreuses victimes parmi les civils". L'ONG a exhorté à faire en sorte que "cela ne se reproduise pas".

Le pouvoir de Damas s'est engagé à "contrecarrer toute agression" de la Turquie, se disant prêt à "accueillir dans son giron" la minorité kurde.

Longtemps marginalisés et victimes des discriminations du pouvoir central, les Kurdes ont réussi à instaurer une autonomie de facto à la faveur du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.
(AFP, 9 octobre 2019)

Erdogan réitère sa menace d'intervention "sur terre et dans les airs"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a réitéré samedi sa menace de lancer une opération "sur terre et dans les airs" en Syrie contre une milice kurde considérée comme "terroriste" par Ankara, mais alliée de Washington.

"Nous avons effectué nos préparatifs, achevé nos plans d'opération, donné les instructions nécessaires", a déclaré le président turc dans un discours télévisé, ajoutant que l'offensive pouvait commencer "aussi tôt qu'aujourd'hui, demain".

"Nous conduirons cette (opération) sur terre et dans les airs", a-t-il ajouté, précisant qu'elle serait menée à l'est de l'Euphrate.

M. Ergodan avait affirmé mardi que la Turquie arrivait à bout de patience envers les Etats-Unis au sujet de la création d'une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie, prévue aux termes d'un accord conclu en août entre Washington et Ankara.

Il avait auparavant averti Washington que la Turquie lui donnait jusqu'à fin septembre pour des résultats concrets dans la mise en place de cette zone tampon où ont été effectuées des patrouilles communes américano-turques, faute de quoi elle déclencherait une opération contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

Fer de lance des Forces démocratiques syriennes (FDS), cette milice a été un partenaire clé de Washington dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

M. Erdogan a menacé à plusieurs reprises de lancer une offensive transfrontalière et a récemment déploré que les progrès avec Washington sur cette zone n'avancent pas comme le souhaite Ankara.

Outre éloigner les YPG de sa frontière, M. Erdogan espère pouvoir utiliser cette "zone de sécurité" pour y renvoyer jusqu'à 2 millions de réfugiés syriens.

Le président turc accuse les pays occidentaux de refuser délibérément de partager le fardeau des réfugiés syriens, alors que la Turquie en accueille 3,6 millions.

M. Erdogan avait anoncé le 21 septembre que les préparatifs étaient terminés en vue d'une opération turque en Syrie.

Si elle a lieu, cette opération serait la troisième menée par la Turquie en Syrie depuis 2016. La première visait l'EI en 2016 et la deuxième les YPG en 2018.
(AFP, 5 octobre 2019)

Erdogan met en garde contre une opération imminente en Syrie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mardi que la Turquie arrive à bout de sa patience vis-à-vis des Etats-Unis au sujet de la création d'une zone de sécurité dans le nord de la Syrie, indiquant l'imminence d'une opération.

"A ce stade, nous n'avons d'autre choix que de poursuivre sur notre propre voie", a déclaré le chef de l'Etat turc lors d'un discours télévisé.

"Nous avons tout essayé. Nous avons été extrêmement patients", a-t-il ajouté. "Nous ne pouvons plus perdre un instant".

Un accord a été conclu en août entre les Etats-Unis et la Turquie pour créer une zone tampon entre la frontière turque et les zones syriennes contrôlées par la milice kurde, appuyée par Washington, des Unités de protection du peuple (YPG).

Ankara considère cette milice comme une organisation "terroriste".

M. Erdogan avait auparavant averti Washington que la Turquie lui donnait jusqu'à la fin septembre pour des résultats concrets dans la mise en place de cette zone tampon et que sinon elle déclencherait une opération contre la milice kurde.

Outre éloigner les YPG de sa frontière, M. Erdogan espère pouvoir utiliser la "zone de sécurité" pour y renvoyer jusqu'à 2 millions de réfugiés syriens.

Il a accusé les pays occidentaux de refuser délibérément de partager le fardeau des réfugiés syriens, alors que la Turquie en accueille 3,6 millions, les accusant d'agir ainsi pour "mettre la Turquie à genoux".

M. Erdogan a affirmé il y a une dizaine de jours que les préparatifs en vue d'une possible opération en Syrie étaient terminés.

Si elle a lieu, cette opération serait la troisième menée par la Turquie en Syrie depuis 2016.
(AFP, 1 octobre 2019)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Les supplétifs islamistes, fantassins de l'offensive turque en Syrie

A la pointe de la lutte contre le régime au début de la révolte en Syrie avant de dépérir, rongée par les divisions et l'indiscipline, l'ancienne "Armée syrienne libre", reprise en main par la Turquie, lui sert d'infanterie dans son offensive contre les forces kurdes.

Les factions qui composaient cette coalition hétéroclite avaient commencé à perdre du terrain dès 2012 avec l'émergence de groupes jihadistes et faute de soutien, notamment financier.

Après avoir quasiment disparu du paysage pendant plusieurs années, l'Armée syrienne libre (ASL), dont certaines factions sont d'inspiration islamiste mais estampillées "modérées", refait parler d'elle en participant en août 2016, aux côtés de l'armée turque, à la première offensive d'Ankara dans le nord de la Syrie qui avait notamment permis d'expulser les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) de Jarablous.

Elle a ensuite participé en janvier 2018 à une deuxième offensive turque dans le nord de la Syrie pour déloger la milice kurde des YPG de la poche d'Afrine.

Mais les scènes montrant des membres de l'ASL posant avec le corps mutilé d'une combattante kurde près d'Afrine ou se livrant à des pillages dans la ville après sa prise n'ont rien fait pour arranger son image de soldatesque indisciplinée.

C'est sous la bannière de l'Armée nationale syrienne (ANS), nouvelle structure qui a remplacé l'ASL et relevant officiellement du "gouvernement" en exil de l'opposition syrienne basée en Turquie, que les combattants syriens participent à l'offensive lancée mercredi pour déloger les YPG d'une vaste bande de territoires dans le nord-est de la Syrie.

Considérées comme "terroriste" par Ankara en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les YPG sont en revanche soutenues par les Occidentaux car elles leur ont servi de fer de lance dans la lutte contre l'EI.

"L'Armée nationale syrienne est la composante indigène de l'opération turque. C'est une importante force d'infanterie pour l'offensive", souligne Emre Kursat Kaya, expert au centre de réflexion Edam à Istanbul.

- "Rôle crucial" -

"Ce groupe est essentiellement composé de combattants arabes sunnites et de Turkmènes qui sont originaires de ces régions" dans le nord de la Syrie, ajoute-t-il. "Leur présence dans l'opération constitue une précieuse source de renseignement".

Début octobre, l'ANS a gonflé ses rangs pour disposer, au moins théoriquement, de quelque 80.000 hommes, en fusionnant avec le Front national de libération, une coalition de groupes armés actifs notamment dans la région d'Idleb.

Les membres de l'ANS sont équipés, entraînés et rémunérés par la Turquie.

"14.000 membres de l'ANS ont été mobilisés pour participer à l'opération. Ce chiffre peut évoluer à la hausse ou à la baisse en fonction du déroulement de la bataille", affirme à l'AFP le porte-parole de l'ANS, le major Youssef Hammoud.

Selon lui, "un grand nombre" de ces combattants est originaire de localités dans le nord-est de la Syrie d'où Ankara cherche à déloger les YPG, comme Tal Abyad et Ras-Aïn. "Ces soldats avaient été chassés de leurs villes et villages quand les YPG ont pris le contrôle de ces territoires".

Charles Lister, analyste au Middle East Institute, estime que la Turquie a déployé "environ 1.000 combattants" depuis le début de l'offensive, sur les axes de Tal Abyad et Ras al-Aïn.

"L'ANS semble pour le moment opérer sous l'étroit contrôle de l'armée turque et Ankara s'en sert comme une force de premier plan. Donc leur rôle semble crucial pour le moment", décrypte-t-il.

M. Kaya, l'analyste d'Edam, estime que les abus commis par des combattants syriens lors de l'opération d'Afrine ne devraient pas se reproduire lors de l'actuelle offensive.

"Il ne faut pas oublier que les commandos turcs sur le terrain vont superviser l'offensive et réagir à tout abus", souligne-t-il.

Dans un communiqué publié samedi, "l'état-major" de l'ANS a ordonné à tous ses commandants de "superviser en permanence les combattants sur le front pour empêcher toute violation ou abus".

Il a affirmé que les auteurs d'éventuels abus "s'exposeront aux sanctions les plus sévères et seront traduits devant la justice pour désobéissance militaire".
(AFP, 12 octobre 2019)

Neuf civils "exécutés" samedi par les supplétifs islamistes

Au moins neuf civils, dont une responsable d'un parti politique, ont été "exécutés" samedi en Syrie par les supplétifs syriens qui participent à l'offensive déclenchée par Ankara contre une milice kurde dans le nord-est de ce pays en guerre, a annoncé une ONG.

"Les neufs civils ont été exécutés à des moments différents, au sud de la ville frontalière de Tal Abyad", a expliqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Parmi les victimes figurent une responsable d'un parti politique et son chauffeur, selon un communiqué du Conseil démocratique syrien, le bras politique des Forces démocratiques syriennes (FDS), la principale alliance de combattants kurdes et arabes dans le nord-est.

Hevrin Khalaf "a été sortie de sa voiture (...) et exécutée par les mercenaires soutenus par la Turquie, sur la route entre Qamichli et Minbej", est-il écrit dans le communiqué du Conseil démocratique syrien. Son chauffeur a subi le même sort, selon le texte.

Mme Khalaf, qui était membre de la direction du Conseil démocratique syrien et secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie, avait 35 ans.

"C'est une grande perte. Elle avait un talent diplomatique, elle participait toujours aux rencontres avec les Américains, les Français, les délégations étrangères", a dit Mutlu Civiroglu, un spécialiste de la politique kurde.

Mercredi les forces turques et des supplétifs syriens ont lancé une offensive dans le nord-est de la Syrie pour éloigner de la frontière turque la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG).

Ces supplétifs syriens sont d'anciens rebelles qui combattaient autrefois le régime de Bachar al-Assad. Mais avec l'évolution du conflit et l'affaiblissement de la rébellion, ces factions sont désormais financées et entraînées par Ankara.

Sur les réseaux sociaux et parmi les militants kurdes, deux vidéos ont circulé. La première montre deux hommes habillés en civil accroupis au sol, tandis qu'un combattant à leurs côtés annonce qu'ils ont été capturés par les rebelles d'Ahrar al-Sharkiya.

Cette vidéo, dans laquelle il n'y a pas d'exécution, a été diffusée via le compte Twitter de la faction rebelle avec une photo montrant les deux captifs agenouillés.

Dans la deuxième vidéo, un combattant non identifié ouvre le feu sur une personne habillée en civil.

L'OSDH a confirmé l'authenticité de ces vidéos mais l'AFP n'a pas pu les vérifier de manière indépendante.

- "Empêcher tout abus" -

Ces morts portent à 38 le nombre des civils tués depuis le début de l'assaut mercredi, d'après l'OSDH. Par ailleurs 81 combattants kurdes ont été tués dans les affrontements, selon un dernier bilan de l'ONG.

Ankara a annoncé la mort de quatre soldats en Syrie et de 18 civils dans la chute de roquettes kurdes tirées sur des villes frontalières turques.

Le ministère turc de la Défense a assuré à plusieurs reprises que toutes les mesures étaient prises pour éviter les pertes civiles en marge de son offensive en Syrie.

La Turquie a déjà mené deux offensives dans le nord de ce pays, l'une en 2016 contre le groupe Etat islamique (EI) et les YPG et l'autre en 2018 contre cette dernière milice.

Les supplétifs syriens ont participé à celle de 2018 pour déloger les YPG de l'enclave d'Afrine. Les scènes montrant ces combattants posant avec le corps mutilé d'une combattante kurde près d'Afrine ou se livrant à des pillages dans cette ville après sa conquête avaient provoqué un tollé.

Dans un communiqué samedi, "l'état-major" de "l'Armée nationale syrienne", structure qui encadre les supplétifs syriens, avait ordonné à tous ses commandants de "superviser en permanence les combattants sur le front pour empêcher toute violation ou abus".

Selon le texte, les auteurs d'éventuels abus "s'exposeront aux sanctions les plus sévères et seront traduits devant la justice pour désobéissance militaire".
(AFP, 12 octobre 2019)

Quelles sont ces milices qui combattent  dans le sillage de l’armée turque ?

En annonçant mardi l’offensive en Syrie, le président Recep Tayyip Erdogan a précisé que l’"Armée nationale syrienne" combattait aux côtés des forces turques. De quoi s’agit-il ?

De milices syriennes recrutées, parfois créées, par Ankara pour occuper les territoires que l’armée turque a conquis en Syrie au cours de trois opérations successives : Bouclier de l’Euphrate (2016), Rameau d’Olivier (2018) et, aujourd’hui, Source de Paix (2019).

Cette "Armée nationale" est formée, structurée et payée par la Turquie. Contrairement à l’ancienne Armée syrienne Libre (ASL), son principal ennemi sont les Unités de protection du peuple (YPG) kurdes. La Turquie s’appuie ainsi sur ces milices syriennes pour chasser la milice kurde, jugée trop liée au PKK, et in fine, créer une zone tampon de 32 km au moins de profondeur à l’intérieur de la Syrie.

La zone tampon est à moitié achevée, "une annexion"

À la suite de ses deux premières opérations, la Turquie a réussi à créer une partie de cette zone tampon qu’elle réclame depuis longtemps. Celle-ci s’étend désormais d’Afrine (où la population était majoritairement kurde et d’où les YPG ont été délogés en 2018) jusqu’à l’Euphrate.

"C’est pour moi une annexion qui ne dit pas son nom, une annexion de fait/, constate Thomas Pierret, expert sur la Syrie au CNRS. À Azaz, l’électricité vient désormais du réseau turc et il y a des bureaux de poste turcs."

À Afrine, où la population kurde était majoritaire, les milices ont commis des exactions contre la population. "Pour elles, c’est une population conquise. Il y a des vols, des pillages, des enlèvements d’enfants. Il n’y a pas de massacres mais des exactions", ajoute l’expert belge.

Mardi, sur Twitter, Erdogan a promis que la Turquie allait "préserver l’intégrité territoriale de la Syrie et libérer les communautés locales des terroristes". Mais les Kurdes ne croient pas un mot de ce discours, ni d’ailleurs une bonne partie des chrétiens de l’est de l’Euphrate. Dans un communiqué publié le 6 octobre, plusieurs associations syriaques pressentent qu’avec le retrait américain, leur terre "sera divisée entre les Turcs et les islamistes au nord, l’armée d’Assad et les Gardiens de la Révolution au sud". "Il n’y aura pas de paix dans cette région", concluent-elles.

Des groupes djihadistes ou ethniques

Certains groupes alliés à l’armée turque sont ostensiblement islamistes. C’est le cas d’Ahrar al-Sharqiya, venu de la région de Deir Ezzor. Certains de ses combattants viennent de la puissante faction armée d’Ahrar al-Islam. Fondé à Alep, le Front du Levant est aussi salafiste.

D’autres sont plus ethniques ou tribaux. C’est le cas notamment de la Division Sultan Murad composée de Turkmènes. Enfin, les renseignements turcs ont tenté de retourner plusieurs chefs de tribus arabes dans la région de Hassaké pour créer des dissidences et diviser l’alliance sacrée entre Arabes, Kurdes et chrétiens qui a défait Daech. (Christophe Lamfalussy, La Libre Belgique, 11 octobre 2019)


Offensive turque en Syrie : le risque d'une grande évasion de jihadistes

Leur sort, qui risque d'être bouleversé par l'offensive turque en cours en Syrie, préoccupe le monde entier : les jihadistes étrangers prisonniers des forces kurdes pourraient profiter du chaos pour disparaître dans la nature.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG), "ont prévenu que si la Turquie pénétrait en Syrie, elles devraient consacrer leurs forces à repousser l'attaque turque", explique à l'AFP Sam Heller, analyste à l'International crisis group (ICG).

"Elles détiennent des milliers de prisonniers du groupe État islamique (EI), souvent dans des prisons improvisées", ajoute-t-il. "Si des cadres de l'EI s'évadent à la faveur du chaos, ils seront en mesure de remonter des opérations dans la zone. Et s'ils fuient le champ de bataille syrien, ils pourraient renforcer des groupes radicaux islamistes dans le reste du monde".

L'administration semi-autonome kurde de Syrie a assuré jeudi que des bombardements turcs avaient touché "une partie de la prison de Jarkine à Qamichli (nord-est de la Syrie) où se trouvent un grand nombre de terroristes de l'EI, originaires de plus de soixante pays", sans préciser si cela avait permis des évasions.

En prévision de l'offensive turque, annoncée plusieurs jours à l'avance, l'armée américaine a transféré "en lieu sûr" au moins deux importants membres de l'EI, a révélé jeudi le président Donald Trump.

Selon le Center on National security de l'université new-yorkaise de Fordham, citant de hauts responsables américains, ce sont "plusieurs douzaines" de membres de l'EI détenus par les FDS qui ont été mis à l'abri préventivement par l'US Army, certainement en Irak.

Pour l'instant, les responsables kurdes de Syrie assurent qu'en dépit des circonstances ils n'ont pas l'intention d'ouvrir grandes les portes de leurs prisons.

"Sur les jihadistes (étrangers), notre coopération (avec la France) continue, dans des conditions difficiles. On maintient avec force et rigueur notre coopération", assure ainsi à l'AFP leur représentant en France, Khaled Issa.

"On va essayer de jongler sur plusieurs fronts avec les moyens dont on dispose", dit-il. "On est obligé de retirer une partie (de nos hommes), même sur la vallée de l'Euphrate où éventuellement le régime et ses alliés peuvent avancer. Cette opération (turque) aura un impact bien négatif sur notre combat contre les cellules dormantes de l'EI, qu'on faisait tous les jours".

- "Rentrer chez eux" -

Pour le président Trump, les choses sont simples et la cause entendue. Que va-t-il se passer ? "Et bien, ils vont s'échapper vers l'Europe", a-t-il lancé mercredi soir, répondant à la question d'un journaliste.

"C'est là qu'ils veulent aller. Ils veulent rentrer chez eux, mais ça fait des mois que l'Europe ne voulait pas les reprendre", a-t-il regretté. "On aurait pu les leur livrer, ils auraient pu être jugés, ils (les Européens) auraient pu faire ce qu'ils voulaient..."

Alain Rodier, ancien de la DGSE (services extérieurs français) et
directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), ne considère pas cette hypothèse comme la plus vraisemblable.

"Jusqu'à maintenant, il semble que les jihadistes, en particulier français et européens, ne reviennent pas vers l'Europe", dit-il à l'AFP. "Ils savent qu'ils sont pour la plupart identifiés, que les services ont leurs noms, photos et souvent leurs empreintes digitales, donc il y a un risque à la frontière de se faire intercepter. Si vous sortez d'un camp de prisonniers, ce n'est pas pour entrer en prison ailleurs".

"Il semble que certains aient choisi l'Extrême Orient, où ils sont inconnus, d'autres pourraient choisir le Sahel", ajoute-t-il.

L'hypothèse d'une fuite de certains islamistes radicaux vers les autres terres de jihad avait été évoquée fin septembre, donc avant la nouvelle offensive turque, par le coordinateur national du renseignement français, Pierre Bousquet de Florian.

Il avait précisé qu'une quarantaine de jihadistes français étaient notamment parvenus à quitter la province d'Idleb, en Syrie, pour rejoindre d'autres cellules d'EI en Asie du Sud-Est, en Afghanistan et au Sahel.
(AFP, 10 octobre 2019)

Socio-économique / Socio-economic

Euro-2020: L'UEFA va "examiner" le salut militaire des joueurs turcs

Un responsable de l'UEFA a fait savoir que la confédération européenne de football allait "examiner" la célébration des joueurs de l'équipe de Turquie, qui ont fêté avec un salut militaire un but contre l'Albanie, alors que l'armée de leur pays a lancé une offensive contre des positions kurdes dans le nord de la Syrie.

"Personnellement, je n'ai pas vu ce geste, qui pourrait être assimilé à une provocation", a déclaré Philip Townsend, chef de presse de l'UEFA, interrogé par l'agence italienne Ansa.

"Est-ce que le règlement interdit les références à la politique et à la religion ? Oui, et je peux vous garantir que nous allons examiner cette situation. Laissez-moi vérifier", a-t-il ajouté.

Ce salut a été effectué après le but victorieux de Cenk Tosun vendredi contre l'Albanie en éliminatoires pour l'Euro-2020 (1-0).

Après le match, une photo a également été postée sur le compte Twitter officiel de l'équipe nationale. Les joueurs y font un salut militaire et le tweet indique que les joueurs "ont dédié leur victoire à nos valeureux soldats ainsi qu'à nos militaires et concitoyens tombés en martyrs".

En Turquie, il est courant que les célébrités, footballeurs compris, affichent leur soutien envers les forces de sécurité après des attentats ou pendant des opérations militaires.

En Italie, l'international turc de l'AS Rome Cengiz Under (blessé actuellement), a lui aussi fait polémique avec une photo le montrant faisant le même salut militaire, surmontée de trois drapeaux turcs.

L'initiative a été très critiquée sur les réseaux sociaux, notamment parce que le joueur porte sur la photo le maillot de la Roma et pas celui de sa sélection.

La Turquie a déclenché mercredi une offensive dans le nord de la Syrie contre une milice kurde, deux jours après que les Etats-Unis ont retiré des militaires déployés dans certains secteurs du nord syrien juste à la frontière avec la Turquie.
(AFP, 12 octobre 2019)

Début du procès d'un féminicide qui a choqué la Turquie

Le procès d'un homme accusé d'avoir tué son ex-femme sous les yeux de leur fille, un meurtre dont les images ont suscité une onde de choc dans le pays, s'est ouvert mercredi dans une ambiance tendue.

Emine Bulut, 38 ans, a été poignardée à mort en public dans un café à Kirikkale (centre) en août par Fedai Varan, 43 ans, dont elle avait divorcé quatre ans auparavant.

La vidéo des derniers instants de la victime, criant "Je ne veux pas mourir" en tenant son cou ensanglanté, est devenue virale et a ravivé le débat sur les violences contre les femmes en Turquie.

A l'ouverture du procès à Kirikkale dans une salle d'audience archicomble, M. Varan a choisi de garder le silence, selon une correspondante de l'AFP. Il risque une peine d'emprisonnement à vie pour "meurtre prémédité avec circonstances aggravantes".

Après avoir été arrêté, il avait tenté de justifier son geste en affirmant à la police que Bulut l'avait "insulté".

La fille de Bulut, âgée de 10 ans, a témoigné par vidéo au procès, indiquant qu'elle et sa mère s'étaient rendues dans un poste de police pour porter plainte contre M. Varan, avant d'être retrouvées par celui-ci.

Présente au moment du meurtre, la fillette apparaît elle aussi dans la vidéo devenue virale. On l'y voit supplier sa mère grièvement blessée de tenir bon, répétant "S'il te plaît, ne meurs pas".

- "Pas mon père" -

Lorsque le juge lui a demandé si elle avait tenté d'arrêter son père, elle a répondu avoir "jeté son sac, sa tablette" sur l'homme sans parvenir à le stopper.

L'enfant a ajouté : "Cet individu, cet homme n'est pas mon père" devant une salle où beaucoup ne sont pas parvenus à retenir leurs larmes.

En pleurs, la mère de Bulut, Fadime, a exigé que Varan écope de "la peine la plus lourde".

"Comment peut-il dire qu'il est père après avoir fait ça ?", a-t-elle ajouté avant de s'effondrer.

L'audience a pris un tour chaotique lorsque la cour a passé la vidéo du meurtre, des proches de Bulut se précipitant sur l'accusé. La police a dû stopper l'audience et évacuer la salle.

Dans la foulée, le procès a été ajourné au 21 octobre.

- "Provoqué" -

Les violences contre les femmes sont un mal endémique en Turquie. Dans une société où de nombreux hommes ne les considèrent pas comme leurs égales, une procédure de divorce ou une plainte peut amener le partenaire violent à attaquer, voire tuer sa compagne.

Des associations accusent la justice turque de prononcer des peines insuffisantes, dans certains cas, contre des accusés qui affirmaient avoir été "provoqués".

Un total de 354 femmes ont été tuées en Turquie au cours des neuf premiers mois de 2019, selon le groupe de défense des droits des femmes "Nous ferons cesser le féminicide". En 2018, ce chiffre s'est élevé à 440. En 2017, on en comptait 409, contre 121 en 2011.

La Turquie a ratifié la Convention d'Istanbul de 2011 du Conseil de l'Europe qui vise à faire diminuer les violences domestiques, et le pays s'est doté de lois contraignantes sur le sujet.

Mais les associations réclament plus de fermeté de la part du gouvernement dans sa lutte contre le problème, ainsi qu'une plus stricte application des lois.

Elles soulignent notamment le manque de refuges pour les femmes dans le besoin, ainsi que la nécessité de s'attaquer au problème plus large des inégalités entre les sexes dans la société turque.
(AFP, 9 octobre 2019)

Ankara assimile un ouvrage sur les "filles rebelles" à de la pornographie

L'auteure du livre pour enfants vendu à des millions d'exemplaires dans le monde "Histoires du soir pour filles rebelles" a déploré auprès de l'AFP vendredi une décision des autorités turques d'assimiler le contenu de cet ouvrage à de la pornographie et donc de réguler ses ventes.

L'ouvrage d'Elena Favilli et de Francesca Cavallo, sorti en 2016, raconte "100 destins de femmes extraordinaires" allant de la peintre mexicaine Frida Kahlo à la physicienne et chimiste Marie Curie ou encore à l'icône française de la mode Coco Chanel. Il a été traduit en 46 langues, dont le turc.

"Quand un gouvernement a peur d'un livre pour enfants qui promeut l'égalité, cela signifie que promouvoir ces idées dans la littérature jeunesse peut avoir et a un impact", a déclaré Mme Cavallo à l'AFP par messagerie téléphonique. "Cela me motive encore plus pour continuer à me battre tous les jours."

Dans une décision rendue publique la semaine dernière, le Conseil turc chargé de la protection des mineurs des publications obscènes a déclaré que "certains des passages du livre auraient une mauvaise influence sur les esprits des personnes de moins de 18 ans".

L'ouvrage ne peut donc désormais être vendu qu'aux personnes majeures et doit être dissimulé dans les magasins.

"Les filles méritent de grandir entourées par plus de modèles féminins. Elles méritent de grandir avec l'idée qu'elles peuvent être ce qu'elles veulent", a déploré Mme Cavallo.

Illustré de portraits colorés, son livre raconte à la façon d'un conte de fées la vie de 100 femmes connues (y compris la chanteuse Beyoncé et l'animatrice et productrice de télévision américaine Oprah Winfrey).

Les fonds ayant permis sa publication, qui a généré plusieurs suites, imitations et produits dérivés, ont été collectés grâce à l'une des campagnes de financement participatif les plus couronnées de succès.

La seule difficulté à laquelle les auteures avaient jusqu'alors été confrontées avait été une décision russe de censurer l'histoire d'une femme transgenre, selon Mme Cavallo.

L'association des maisons d'édition turques a diffusé un communiqué cette semaine qualifiant la décision du gouvernement de "danger du point de vue de la liberté d'expression et de publication et de menace pesant sur les principes d'une société démocratique".

Pour Murat Celikkan, de l'Association des droits de l'homme à Istanbul, "trouver dangereux que des femmes aient surmonté les obstacles d'un monde" dominé par les hommes "traduit l'état d'esprit des dirigeants en Turquie".

"Maintenant, je m'inquiète beaucoup plus de l'avenir de ma fille de cinq ans dans ce pays", poursuit-il.

L'éditeur turc de l'ouvrage, Hep Kitap, a dit à l'AFP attendre qu'une décision soit officiellement communiquée à ce sujet avant de faire des commentaires.
(AFP, 4 octobre 2019)

77 Percent Don’t Know What to do at the Moment of Earthquake

Areda Survey research company conducted an earthquake survey in İstanbul with the participation of 1,603 people.

The survey has shown that while 47 percent of the participants are thinking of changing their GSM operators after they failed to provide services during and after the 5.8-magnitude that hit İstanbul on September 26.

The survey has also demonstrated the 77 percent of the participants do not know what to do at the moment of an earthquake.

According to the survey, while the Disaster and Emergency Authority (AFAD) is the most trusted institution for the İstanbulites who participated in the survey, 50.3 percent state that they trust the earthquake experts expressing opinion on television and social media.

Some highlights from the survey results are as follows:

8 percent find the precautions adequate

While 8 percent of the participants think that the precautions taken in the city for an earthquake are adequate, 21.5 percent are of the opinion that the precautions that they have personally taken are sufficient.

The trust of people in the houses where they live has decreased in August. While 34.9 percent expressed complete trust and 42 percent partial trust for their houses, the former rate has fallen to 27.1 percent and the latter has increased to 49.7 percent in August.

CLICK - 464 Buildings Reported Damaged, One-Day Suspension at 14 Schools in İstanbul
62 percent did not check durability

While 43 percent indicate that they have not checked the durability of buildings for an earthquake, 26.8 percent answer this question with "Yes".

As for the rate of those who checked the durability of buildings while purchasing or renting a flat, 37.3 percent checked it, 62.7 percent did not.

CLICK - Number of Emergency Assembly Areas in İstanbul 'Reduced from 407 to 77'

77 percent don't know what to do

77.4 percent of the participants indicate that they do not know what to do in the moment of earthquake. While 49.4 percent know the emergency assembly areas in their vicinity, 50.6 percent say that they do not.
AFAD trusted the most

To the question "Who do you think will help you first in the event of a possible earthquake?", the highest rate of participants answer as the AFAD.

While 50.6 percent express trust for the AFAD, 19.7 percent express support for municipalities and 17 percent for non-governmental organizations.

47 percent think of changing GSM operators

As a reason for the communication gap ensuing the İstanbul earthquake, 88.5 percent refer to a lack of infrastructure of GSM operators. 47 percent indicate that they are thinking of changing their GSM operators.

While 50.3 percent say that they trust earthquake specialists expressing opinion on TV and social media, the most frequently used sources of news after the earthquake are TV with 39.4 percent, social media with 30 percent, online news with 26.4 percent and immediate circle with 4 percent.

To the question "Whom did you think about first after the earthquake?", 55.3 percent of the participants answer, "My children".
(BIA, 30 September 2019)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Après l’Allemagne, la France suspend les exportations d’armes vers la Turquie

La France a décidé de suspendre tout projet d’exportation vers la Turquie de matériels de guerre susceptibles d’être employés dans le cadre de l’offensive en Turquie », ont annoncé samedi les ministères français des Armées et des Affaires étrangères.

« Cette décision est d’effet immédiat », ont précisé les deux ministères dans un communiqué. « Le conseil des Affaires étrangères de l’UE qui se réunira le 14 octobre à Luxembourg sera l’occasion de coordonner une approche européenne en ce sens ».

« La France réitère sa ferme condamnation de l’offensive unilatérale engagée par la Turquie dans le Nord-Est de la Syrie », poursuit le texte. Elle « remet en cause les efforts sécuritaires et de stabilisation de la coalition globale contre Daech (acronyme en arabe du groupe Etat islamique, ndlr). Elle entraîne des conséquences humanitaires importantes. Elle porte donc atteinte à la sécurité des Européens ».

« La France demande la tenue rapide d’une réunion de la Coalition contre Daech pour évoquer la poursuite des efforts de la Coalition dans ce contexte », conclut le communiqué.

Une suspension analogue des ventes d’armes à Ankara a été annoncée vendredi et samedi par les gouvernements néerlandais puis allemand.
La Turquie ne flanche pas

En réaction à la décision de Berlin, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a assuré à la radio allemande Deutsche Welle que cette offensive dans le nord syrien était une « question vitale » et « une question de sécurité nationale, une question de survie ».

« Peu importe ce que tout le monde fait, qu’il s’agisse d’un embargo sur les armes ou d’autre chose, cela ne fait que nous renforcer », a-t-il ajouté.

« Même si nos alliés soutiennent l’organisation terroriste, même si nous sommes seuls, même si un embargo est imposé, quoi qu’ils fassent, notre lutte est dirigée contre l’organisation terroriste », la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), a-t-il martelé.

La Turquie a déclenché mercredi une offensive dans le nord de la Syrie contre une milice kurde, deux jours après que les Etats-Unis ont retiré des militaires américains déployés dans certains secteurs du nord syrien juste à la frontière avec la Turquie.
(AFP, 12 octobre 2019)

L'UE en colère contre l'offensive turque, mais a peu de moyens d'actions

L'offensive militaire turque contre les combattants kurdes en Syrie a suscité l'inquiétude et la colère au sein de l'Union européenne, mais aucun accord ne se dessine pour des sanctions, ont reconnu vendredi les représentants des Etats membres.

Ce sera le principal sujet des discussions des ministres des Affaires étrangères lundi à Luxembourg.

"Laissez-nous un peu de temps. Nous verrons si l'intervention militaire de la Turquie se poursuit et prend de l'ampleur", a confié un diplomates interrogé sur l'incapacité des européens à s'entendre pour sanctionner Ankara.

Les dirigeants de l'UE ont exhorté Ankara à mettre fin à son offensive dans le nord de la Syrie. Ils ont mis en garde contre des conséquences humanitaires désastreuses et une résurgence de l'Etat islamique.

La milice kurde des YPG, cible de l'offensive turque, a soutenu les Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique. La France a demandé une réunion de la coalition internationale contre l'EI dont font partie la Turquie et les Etats-Unis.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est membre de l'Otan, a répondu en menaçant de permettre à des millions de réfugiés syriens de gagner l'Europe si l'UE continue de critiquer une offensive considérée comme nécessaire pour la sécurité de la Turquie.

L'Union européenne peut difficilement aller au-delà des appels à la retenue et de la condamnation car elle manque d'options. Toute sanction doit être décidée à l'unanimité. Or, l'UE est divisée.

"C'est sur la table", a toutefois déclaré la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin.
 "Ce sera débattu au Conseil européen" organisé les 17 et 18 octobre à Bruxelles, a-t-elle assuré sur la radio France inter.

- L'UE rejette le "chantage" turc -

"La Turquie doit comprendre que notre principale préoccupation est que leurs actions puissent conduire à une autre catastrophe humanitaire, ce qui serait inacceptable", a averti le président du Conseil de l'UE, Donald Tusk, lors d'une visite à Chypre.

"Nous n'accepterons jamais que les réfugiés soient utilisés comme arme pour nous faire chanter. C'est pour cela que je considère les menaces d'hier du président Erdogan comme absolument hors de propos", a-t-il ajouté.

Les menaces du président turc ont suscité la colère à Bruxelles, compte tenu de l'aide que l'UE a apportée à la Turquie pour faire face à l'afflux de réfugiés.

Utiliser les réfugiés "comme levier est totalement inacceptable", a déclaré un haut fonctionnaire de l'UE. "Nous avons toujours reconnu le fardeau que porte la Turquie avec quatre millions de réfugiés, dont 3,6 millions de Syriens", a-t-il souligné.

Un accord a été conclu entre l'UE et la Turquie en 2016. Il prévoit une aide de 6 milliards d'euros pour les réfugiés syriens en Turquie. "Nous avons alloué 97 pour cent de ces fonds", a-t-il précisé.

L'UE a intensifié ses contacts avec la Turquie pour exprimer ses préoccupations, et réitéré sa décision de ne pas accorder un seul financement pour l'installation de réfugiés syriens dans la zone conquise par les forces turques.

L'UE a mis en garde Ankara contre toute intention d'envoyer des réfugiés non kurdes dans cette zone ce qui aurait pour effet de modifier la composition de la population locale.

"Nous avons été très clairs sur le fait que toute tentative de changement démographique est totalement inacceptable", a déclaré le responsable.
(AFP, 11 octobre 2019)

Honte à Erdogan

Christophe Lamfalussy, La Libre Belgique, 10 octobre 2019)

L’armée turque, sous les ordres de son président Erdogan, a frappé mercredi les rares villes syriennes qui avaient jusqu’ici échappé à la guerre. Qamishli, Derrik… des villes où différentes communautés - kurde, syriaque, arabe, yézidie - vivaient dans une grande tolérance, où les habitants buvaient le thé le soir sans vivre dans la terreur d’un attentat, où les femmes se promenaient le soir avec ou sans le voile, où les églises côtoyaient les mosquées. Elle a aussi bombardé la ville frontalière de Tal Abyad où Daech jetait des homosexuels du haut d’immeubles avant que nos alliés kurdes ne la libèrent de l’emprise maléfique de ce groupe terroriste.

C’est cet héritage précieux que l’offensive turque balaie au son des canons et des frappes de F-16. Suprême cynisme : l’opération est dénommée "Source de Paix".

Effrayés, les habitants ont quitté précipitamment leurs maisons pour aller vers le sud. Il y a parmi eux des réfugiés d’ailleurs. Ils seraient des milliers à avoir pris la route.

Le président Trump porte une responsabilité historique pour avoir donné le feu vert à Erdogan. Mais c’est le président turc qui commande l’offensive. Prétextant la lutte contre le PKK, celle-ci n’a d’autre but que de chasser les Kurdes et de créer une zone frontalière où les très nombreux réfugiés syriens en Turquie, en majorité des Arabes sunnites, seront relocalisés. Les Arméniens, les Syriaques, les Yézidis et tant d’autres minorités ont fait l’expérience de ce genre de nettoyage ethnique qu’affectionnent les dictateurs.

Les Kurdes, ce peuple sans pays, méritent toute notre attention et notre assistance. Car ils se sont battus pour nous, perdant 11 000 hommes et femmes dans des combats terrestres, tandis que nos F-16 guerroyaient dans le ciel.

Affaiblir les Kurdes de Syrie, c’est ouvrir la voie à un État islamique en voie de réorganisation et à d’autres groupes supplétifs de l’armée turque. C’est permettre aux djihadistes détenus dans les camps kurdes de s’enfuir à la faveur du chaos. Si telle est la conséquence des décisions d’Erdogan, ce dernier doit être mis au ban des Nations.

Erdogan menace l'Europe d'un flux de migrants en réponse aux critiques

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé jeudi d'ouvrir les portes de l'Europe à des millions de réfugiés en réponse aux critiques européennes contre l'offensive turque en cours dans le nord-est de la Syrie.

"Ô Union européenne, reprenez-vous. Je le dis encore une fois, si vous essayez de présenter notre opération comme une invasion, nous ouvrirons les portes et vous enverrons 3,6 millions de migrants", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara.

La Turquie accueille 3.6 millions de réfugiés syriens sur son sol. Le flux de migrants depuis la Turquie vers l'Europe s'est considérablement tari à la faveur d'un accord conclu en 2016 entre Ankara et l'UE.

Les pays européens ont vivement critiqué l'opération lancée mercredi par la Turquie dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde, les YPG, considérée comme terroriste par Ankara mais soutenue par les Occidentaux car elle constitue le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

"Vous n'avez jamais été sincères. A présent ils disent qu'ils vont bloquer trois milliards d'euros (promis à la Turquie dans le cadre de l'accord migratoire). Avez-vous jamais respecté une promesse qui nous a été faite ? Non", a encore martelé M. Erdogan.

"Avec l'aide de Dieu, nous poursuivrons notre chemin, mais nous ouvrirons les portes" aux migrants, a-t-il ajouté.

En parallèle de ces propos au vitriol, le président turc s'est cependant efforcé de rassurer sur un autre point qui inquiète les Occidentaux, Européens en tête : le sort des membres étrangers de l'EI actuellement détenus par les forces kurdes.

- "Calamité" -

Mercredi, le porte-parole de M. Erdogan avait appelé les pays européens à "reprendre" leurs ressortissants, ce que ceux-ci sont peu enclins à faire.

Jeudi, M. Erdogan s'est montré plus rassurant : "Nous ferons ce qui est nécessaire avec les prisonniers de l'EI (...) Ceux qui doivent rester en prison, nous les y maintiendrons, et nous renverrons les autres dans leur pays d'origine, si ces derniers les acceptent", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, M. Erdogan s'est défendu de viser les Kurdes en général, affirmant que les YPG étaient l'unique cible de l'offensive.

"Ce que nous essayons de faire, c'est d'empêcher la création d'une entité terroriste à notre frontière méridionale", a insisté M. Erdogan.

"Très rapidement, de Minbej (localité syrienne à 30 km de la frontière turque) jusqu'à la frontière irakienne, nous allons dissiper les sombres nuages suspendus au-dessus du peuple syrien depuis huit ans", a-t-il ajouté.

Il a en outre affirmé que "109 terroristes", avaient été tués depuis le début de l'offensive mercredi, baptisée "Source de Paix", et que d'autres avaient été blessés ou s'étaient rendus.

M. Erdogan s'en est par ailleurs vivement pris à l'Arabie saoudite et à l'Egypte, principaux rivaux régionaux de la Turquie, pour avoir critiqué l'offensive en Syrie.

"Que l'Arabie saoudite se regarde d'abord dans une glace", a-t-il dit en rappelant que "des dizaines de milliers de personnes sont mortes au Yémen", en raison de l'offensive saoudienne en cours dans ce pays depuis 2015 contre les rebelles houthis.

En réponse aux critiques égyptiennes, il a estimé que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi "ne devrait pas dire un seul mot".

"Tu es le tueur de la démocratie dans ton pays, un vrai assassin".
(AFP, 10 octobre 2019)

Paris dénonce l'envoi d'un navire de forage turc dans les eaux de Chypre

La France a condamné samedi l'envoi d'un nouveau navire de forage turc dans les eaux territoriales de Chypre, un "geste inamical" susceptible de conduire à "une escalade des tensions" dans la région, a-t-elle mis en garde.

"L'arrivée d'un nouveau navire de forage turc dans la zone économique exclusive (ZEE) chypriote constitue une violation de la souveraineté la République de Chypre et du droit international", a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

"C'est un geste inamical, de nature à favoriser une escalade des tensions en Méditerranée orientale", a-t-il averti.

Selon Nicosie, la Turquie a envoyé le navire de forage Yavuz au bloc 7 de sa zone économique exclusive (ZEE) et plateau continental, or les licences d'exploitation de cette zone ont été attribuées aux géants énergétiques français et italien, Total et Eni.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a eu "l'occasion d'aborder cette situation avec son homologue chypriote" et "lui a fait part de la pleine et entière solidarité de la France", a poursuivi le porte-parole adjoint.

"Le Conseil affaires étrangères (de l'Union européenne, ndlr) du 14 octobre sera appelé à examiner ces développements et les conséquences à en tirer, dans le prolongement de ses conclusions du 15 juillet dernier", a-t-il également relevé.

La découverte ces dernières années de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l'appétit de Chypre, qui rêve de devenir un acteur énergétique majeur.

Mais la Turquie, dont l'armée occupe le tiers nord de l'île, s'oppose à toute exploration et exploitation de ces ressources qui excluraient cette partie de Chypre, où vivent les Chypriotes-turcs.

Ces derniers mois, Ankara a envoyé trois navires de forage au large de Chypre malgré des avertissements de Washington et de l'UE qui a adopté à la mi-juillet une série de mesures politiques et financières visant à sanctionner la poursuite de ces forages.
(AFP, 5 octobre 2019)

Le commissaire de l'UE appelle à juguler le flux de migrants de Turquie

Le commissaire européen aux Questions migratoires Dimitris Avramopoulos a souligné jeudi à Ankara "le besoin urgent" de mettre fin aux départs de Turquie de migrants illégaux, au moment où la Grèce est confrontée à sa plus grande vague migratoire depuis 2016.

"Les arrivées irrégulières en Grèce se sont accrues au cours des dernières semaines et des derniers mois", a déclaré M. Avramopoulos lors d'une conférence de presse aux côtés des ministres de l'Intérieur allemand Horst Seehofer et turc Süleyman Soylu.

"Il y a un besoin urgent de renforcer la prévention et la détection des départs irréguliers de Turquie", a-t-il ajouté.

En septembre, 10.258 migrants ont débarqué sur les îles grecques depuis les rives turques voisines, en majorité des familles afghanes et syriennes, selon le dernier décompte du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations unies

Ce chiffre représente le plus grand nombre d'arrivées en Grèce en un mois depuis l'accord conclu en 2016 entre la Turquie et l'Union pour faire baisser le nombre d'arrivées, selon le HCR.

Süleyman Soylu a appelé l'UE à partager le fardeau de l'afflux migratoire d'autant plus qu'Ankara redoute une nouvelle vague d'arrivées en provenance de la province syrienne d'Idlib, située près de la frontière.

La Turquie, qui abrite quelque 3,6 millions de réfugiés syriens, a "rempli ses engagements" conformément à l'accord de 2016 avec l'UE, a ajouté le ministre. "Nous attendons de l'Europe qu'elle soit dans le même état d'esprit".

M. Avramopoulos a assuré qu'il appréciait les efforts déployés par Ankara, d'autant plus que "la pression migratoire sur la Turquie continue".

"Notre visite conjointe est une preuve de notre coopération avec la Turquie, ensemble, en tant que partenaires, dans la gestion des migrations", a-t-il assuré. M. Seehofer a lui aussi souligné que l'UE était prête à aider la Turquie.

MM. Avramopoulos et Seehofer doivent se rendre en Grèce vendredi.

En septembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé d'"ouvrir les portes" pour permettre aux réfugiés syriens de quitter la Turquie à destination de pays européens si le projet d'établir avec les Etats-Unis une zone de sécurité dans le nord de la Syrie où pourraient retourner les migrants échouait.

Le pacte entre Bruxelles et Ankara, entré en vigueur le 20 mars 2016, prévoit le renvoi en Turquie des migrants illégaux arrivant sur les îles grecques proches de la Turquie et des réfugiés syriens pour lesquels la Turquie est considérée comme "un pays sûr".
(AFP, 3 octobre 2019)

Ankara dénonce une "attaque qui dépasse les bornes" de la part de Macron

Ankara a dénoncé mardi "une attaque qui dépasse les bornes" de la part du président français Emmanuel Macron, qui a critiqué le "recul" de l'Etat de droit en Turquie et évoqué la façon dont elle utilisait les migrants pour "faire pression" sur l'UE.

"L'attaque de Macron contre la Turquie dépasse les bornes", a déclaré le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu à l'agence de presse officielle Anadolu.

Je le compare à un coq qui chante alors que ses pieds sont enfouis dans la boue", a-t-il ajouté.

M. Macron a déclaré mercredi devant le Conseil de l'Europe à Strasbourg que, trente ans après la chute du Mur de Berlin, des droits fondamentaux étaient remis en cause dans certains pays.

Il a alors cité la Turquie, "où l'Etat de droit recule, où les procédures judiciaires ouvertes contre les défenseurs des droits de l'Homme, des journalistes, des universitaires doivent faire l'objet de toute notre vigilance".

M. Cavusoglu a également dénoncé les déclarations de M. Macron sur la question migratoire.

"Combien de réfugiés Macron a-t-il laissé entrer dans son pays?", a réagi le chef de la diplomatie turque, fustigeant également le président français pour son accueil à Paris de miliciens kurdes des "Forces démocratiques syriennes" (FDS), qualifiés de "terroristes" par Ankara.

La Turquie accueille plus de quatre millions de réfugiés, dont une grande majorité de Syriens, et le président Recep Tayyip Erdogan a menacé début septembre d'en laisser affluer une nouvelle vague vers l'UE s'il n'obtenait pas davantage d'aide internationale. Ankara souhaite la création en Syrie d'une "zone de sécurité" où ils pourraient retourner.

A Strasbourg, à une députée grecque qui faisait état d'une "nouvelle très grande crise" avec l'arrivée de 20.000 migrants durant les trois mois d'été, M. Macron a répondu être "pleinement conscient de ce que la Grèce vit aujourd'hui".

"Vous avez parfaitement raison de dire que ceci est un moyen de pression de la Turquie", lui a répondu le président français, ajoutant ne pas penser que "la bonne réponse soit de céder à la pression" et appelant à une coopération avec Ankara.

Mais, "en aucun cas, notre agenda en Syrie ne doit être dicté par cette pression turque", a-t-il déclaré.
(AFP, 1 octobre 2019)

Emmanuel Macron met en garde contre «les grandes peurs»

Dans un discours devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à Strasbourg, le chef de l’État a dressé un tableau sombre de l’état du monde sur fond d’« affaiblissement sans précédent du système multilatéral ».

« Contestés, nos principes et nos valeurs le sont aussi à l’intérieur (de l’Europe) dans la grande accélération de l’Histoire que nous traversons. Ils sont percutés par la menace terroriste, les transformations numériques, climatiques et démographiques, la crise du capitalisme mondialisé, qui n’a pas su prendre en charge la question des inégalités. Tous ces phénomènes ont des logiques, des dynamiques, parfois profondément différentes, mais ils adviennent ensemble et marquent le retour des grandes peurs que nous voyons partout remonter. Et, avec elles, de l’irrationalisme, de la peur du déclassement, de la peur du monde, de la perte de confiance en ce que nous sommes », a-t-il déclaré.

Face à cela, « deux voies radicalement opposées s’affirment », selon lui. Celle du « repli sur soi » et du recours à l’État fort avec « une fascination croissante de nos populations pour les régimes autoritaires ». « Ce serait la une erreur historique, le risque de nous perdre », a-t-il mis en garde.

La seconde voie est celle de « l’illusion », soutenue par ceux qui « voudraient que le monde ne soit pas tel qu’il est ».

Emmanuel Macron a appelé à « ne céder à aucune de ces voies », mais à « rendre nos démocraties plus solides en retrouvant ce qui fait de nous des Européens ». C’est-à-dire « non dans l’affaiblissement mais dans la défense des droits » démocratiques.

Il a indiqué compter pour cela sur le Conseil de l’Europe, qui célèbre mardi son 70e anniversaire.

Créée en 1949 et basée à Strasbourg, cette organisation destinée à la défense de la démocratie et de l’État de droit rassemble 47 États membres, ceux de l’Union européenne mais aussi la Russie, l’Ukraine ou la Turquie.

Emmanuel Macron s’est déclaré préoccupé par la situation en Turquie, « où l’État de droit recule » et en Russie, « où la répression des manifestations de cet été suscitent de nombreuses et légitimes interrogations que la France partage ».

Le plein retour de la Russie au Conseil de l’Europe après cinq années de crise diplomatique n’est pas « un geste de complaisance » à l’encontre de Moscou, a-t-il par ailleurs souligné. « C’est une décision d’exigence » pour que la Russie « respecte pleinement ses obligations et s’acquitte de ses devoirs à l’égard du Conseil de l’Europe ».

Sanctionné en 2014 après l’annexion de la Crimée, Moscou menaçait de quitter le Conseil de l’Europe, ce qui aurait privé les Russes d’accès à la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

Sa réintégration dans l’Assemblée parlementaire fin juin, rendue possible par une modification des règles de l’organisation, a déclenché la colère de l’Ukraine, des Pays baltes et de la Pologne.

« Je ne mésestime pas du tout l’émotion, le caractère inacceptable et évidemment la réaction qui s’impose quand un État membre de ce conseil (…) envahit un autre État membre », mais « est-ce que cela (les sanctions, ndlr) a eu un impact sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie ? Force est de constater que non », a argumenté Emmanuel Macron.

Il a confirmé qu’une réunion des dirigeants russe, ukrainien, allemand et français, dit de « format Normandie », se tiendrait « dans les prochaines semaines » pour avancer vers la paix en Ukraine.
(AFP, 1 octobre 2019)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

En Turquie, le chef de l'Otan exhorte Ankara à agir "avec retenue"

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, en visite en Turquie, a exhorté vendredi Ankara à agir "avec retenue" lors de l'offensive menée contre une milice kurde dans le nord-est de la Syrie.

"Bien que la Turquie ait des préoccupations sécuritaires légitimes, nous nous attendons à ce qu'elle agisse avec retenue", a déclaré M. Stoltenberg lors d'une conférence de presse avec le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu.

"Je lui ai fait part de mes sérieuses préoccupations au sujet de cette opération et sur les risques de davantage de déstabilisation dans la région", a-t-il ajouté.

M. Stoltenberg a aussi affirmé que les avancées obtenues dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) "ne doivent pas être mises en péril". "Les prisonniers de Daech (un acronyme de l'EI) ne doivent pas pouvoir s'évader", a-t-il ajouté.

La Turquie, membre important de l'Otan, mène depuis mercredi une offensive en Syrie contre la milice kurde des YPG, considéré comme "terroriste par Ankara mais alliée des Occidentaux dans la lutte contre Etat islamique (EI).

Réagissant aux critiques émanant de plusieurs pays européens, le chef de la diplomatie turque a appelé à faire preuve de "solidarité".

"Attendre de nos alliés qu'ils fassent preuve de solidarité est notre droit le plus naturel", a déclaré M. Cavusoglu. "Dire: +Nous comprenons les inquiétudes légitimes de la Turquie pour sa sécurité+, ce n'est pas suffisant", a-t-il ajouté.

Il a également reproché à ces pays de faire la distinction entre les combattants des Unités de protection du peuple (YPG) et un autre groupe auquel cette milice kurde est liée, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation qualifiée de "terroriste" par Ankara, Washington et l'Union européenne.

"C'est de l'hypocrisie, je le dis pour les pays qui soutiennent (les YPG)", a estimé M. Cavusoglu.

Lors de la conférence de presse, les deux responsables ont également été interrogés sur des informations parues dans la presse espagnole selon lesquelles Madrid envisage de retirer ses batteries de défense antiaérienne Patriot déployées en Turquie, pour protester contre l'offensive d'Ankara en Syrie.

"Nous attendons des alliés de l'Otan qu'ils soutiennent la Turquie", a déclaré M. Stoltenberg. "La Turquie est en première ligne (...) Nous sommes ici pour protéger la Turquie, mais aussi pour nous protéger nous-mêmes".

Le chef de la diplomatie turque a pour sa part estimé que "tous ces débats" justifiaient la décision d'Ankara d'acheter plusieurs batteries d'un système de défense concurrent produit par la Russie, les S-400, un choix critiqué par les pays occidentaux.

"Cela montre que la Turquie n'a d'autre choix que d'acheter ses propres systèmes de défense antiaérienne. Nous n'allons pas supplier nos alliés à chaque fois", a-t-il déclaré.
(AFP, 11 octobre 2019)

D'anciens militaires accusent Trump d'avoir "abandonné" les Kurdes

Donald Trump se retrouve sous le feu des critiques d'anciens combattants de l'armée américaine pour avoir "abandonné" les Kurdes, alliés des Américains, en retirant des troupes du nord de la Syrie, près de la frontière turque, ouvrant ainsi la voie à une offensive d'Ankara.

La Turquie a lancé mercredi son assaut annoncé de longue date, quelques heures seulement après l'annonce par Donald Trump que les "50 soldats" américains concernés avaient bien "quitté" la zone, laissant les Kurdes - considérés par Ankara comme une menace - exposés.

L'ancien chef des forces américaines au Moyen-Orient, le général Joseph Votel, a accusé le président américain d'abandonner des alliés qui, en formant la majorité des Forces démocratiques syriennes (FDS), ont été cruciaux contre le groupe Etat islamique (EI).

"Cette politique d'abandon menace de défaire cinq années de combat contre l'EI et va sérieusement atteindre la crédibilité et la fiabilité des Américains dans toutes les batailles futures dans lesquelles nous aurons besoin d'alliés forts", a écrit le général, qui a pris sa retraite cette année.

"Les FDS ont libéré des dizaines de milliers de kilomètres carrés et des millions de personnes des griffes de l'EI. Durant les combats, elles ont déploré 11.000 victimes", a-t-il rappelé dans le magazine The Atlantic.

En comparaison, note M. Votel, seuls six soldats et deux personnels civils américains ont été tués.

- Désastre -

Donald Trump a depuis longtemps déclaré vouloir mettre un terme à l'engagement des Etats-Unis en Syrie. Il a aussi défendu que son pays ne pouvait rien contre la haine que se vouent les Turcs et les Kurdes.

Il a assuré mercredi qu'il "aimait" les Kurdes mais, interrogé sur la possibilité d'une alliance avec eux, le président américain a argué que ces derniers n'avaient "pas aidé" les Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et le débarquement en Normandie.

M. Trump a également estimé que son pays avait dépensé "énormément d'argent" afin d'aider les Kurdes et leur fournir notamment des armes et des munitions.

Malgré les arguments du président, Mark Hertling, ancien commandant des forces terrestres américaines en Europe, a estimé que la décision de Donald Trump "présage(ait) un désastre à venir pour les Etats-Unis".

"Les Kurdes des FDS --nos anciens alliés de confiance dans la lutte contre l'EI-- sont attaqués par un allié de l'OTAN, la Turquie", a-t-il écrit sur Twitter. "Les répercussions pour les Etats-Unis et l'OTAN seront durables et au détriment de la sécurité de l'Europe et du monde."

Selon des responsables du Pentagone, les Kurdes étaient mieux entraînés que les soldats turcs ou irakiens, par exemple, pour mener des campagnes visant à reprendre d'importantes villes des mains de l'EI.

"Lorsque l'armée irakienne s'est effondrée, les Kurdes sont ceux qui ont pris de plein fouet l'attaque de l'EI contre notre civilisation, pas nous, pas les Turcs", a rappelé Ruben Galledo, élu démocrate et ancien combattant en Irak.

"Abandonner les Kurdes est un autre rappel frappant que +l'Amérique d'abord+ signifie +l'Amérique seule+", a-t-il tweeté.

"En dehors d'Israël, notre allié le plus fort et le plus important au Moyen-Orient ont été les Kurdes... et nous avons perdu cela", a-t-il déploré, soulignant que les Etats-Unis ne pourraient désormais plus présumer d'un certain niveau de confiance de la part de ses alliés.

- Intérêts américains -

Certains ont dressé un parallèle avec de précédentes guerres dans lesquelles les Américains ont finalement laissé un allié se débrouiller seul, dont les gouvernements du Laos et du Sud-Vietnam dans les années 1970.

La sénatrice républicaine Martha McSally, ancienne pilote de l'armée de l'Air déployée au Moyen-Orient six fois, a estimé que la décision de laisser à la Turquie le champ libre était simplement "mauvaise".

"Les FDS, nos alliés kurdes, ont été ceux qui ont payé un lourd prix", a-t-elle déclaré sur Fox Radio. "Ils sont ceux qui ont renversé le califat" de l'EI.

Malgré tout, certains membres de l'armée américaine soutiennent le président dans sa volonté de retirer les soldats de conflits interminables.

Selon Dan Caldwell, du lobby Concerned Veterans For America, Donald Trump ne souhaite que faire passer les intérêts de son pays en priorité.
 
 l'émergence de l'EI et à la guerre civile en Syrie", a-t-il déclaré à l'AFP.
(AFP, 10 octobre 2019)

Les Kurdes "ne nous ont pas aidés en Normandie", dit Trump

Donald Trump "aime" les Kurdes, mais il tient à apporter quelques précisions.

Interrogé mercredi sur la possibilité que les Américains construisent une alliance avec les Kurdes, contre qui la Turquie a lancé une offensive en Syrie, le président américain a répondu que ces derniers n'avaient "pas aidé" les Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et le débarquement en Normandie.

"Les Kurdes se battent pour leur terre, il faut que vous compreniez", a expliqué le président républicain depuis la Maison Blanche.

Affirmant s'appuyer sur un article "très puissant", vraisemblablement publié par le site internet conservateur Townhall, il a développé son argumentaire: "Ils ne nous ont pas aidés pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ne nous ont pas aidés en Normandie, par exemple".

"Nous avons dépensé énormément d'argent pour aider les Kurdes, que ce soit en munitions, en armes, ou en argent".

"Ceci étant dit, nous aimons les Kurdes", a-t-il conclu.

La Turquie a lancé mercredi, malgré plusieurs mises en garde internationales, son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

Cette offensive intervient après la décision de Donald Trump de retirer des troupes américaines de secteurs frontaliers en Syrie.

Mercredi, le milliardaire républicain a dit espérer que son homologue turc Recep Tayyip Erdogan agisse de manière "rationnelle" et aussi "humaine" que possible en Syrie.

"S'il le fait de manière injuste, il paiera un énorme prix économique", a-t-il mis en garde. "J'anéantirai leur économie si cela arrive".
(AFP, 9 octobre 2019)

Relations régionales / Regional Relations

La Ligue arabe condamne "l'agression" turque en Syrie

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont condamné samedi "l'agression de la Turquie" sur le territoire syrien, appelant au retrait immédiat des troupes d'Ankara, qui mènent depuis quatre jours une offensive dans le nord syrien contre une milice kurde.

Les ministres ont publié leur communiqué après une réunion d'urgence de l'organisation au Caire à la suite d'une requête de l'Egypte, afin d'évoquer l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie, où les Kurdes ont établi une zone autonome à la faveur du conflit qui se déroule dans le pays depuis 2011.

Au début de la réunion, le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a qualifié l'offensive turque "d'agression" et "d'invasion d'une terre arabe".

Dans leur communiqué, les chefs de la diplomatie des pays membres de la Ligue arabe ont demandé "la fin de l'agression et le retrait immédiat et sans conditions de la Turquie de tout le territoire syrien".

L'offensive turque constitue "une menace directe pour la sécurité nationale arabe", selon les ministres de la Ligue arabe, qui ont dit réfléchir à "des mesures urgentes pour faire face à l'agression turque".

Ces mesures comprendraient des actions diplomatiques et économiques ainsi qu'une "coopération militaire pour faire face à l'agression turque", selon leur texte.
 Ankara, qui rejette toute critique depuis le début de son offensive, a condamné ces déclarations.

"Je condamne fermement la Ligue arabe pour avoir qualifié à tort l'opération antiterroriste (...) dans le nord-est de la Syrie d'+invasion+", a déclaré Fahrettin Altun, un porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan.

L'offensive turque vise la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), qualifiée de "terroriste" par Ankara.

Le ministère des Affaires étrangères turc a jugé "malencontreux" les propos de M. Aboul Gheit.

"En accusant notre pays, au lieu d'accuser une organisation terroriste qui attente à l'intégrité territoriale de la Syrie d'être une force d'occupation, le secrétaire général de la Ligue arabe se fait complice des crimes perpétrés par cette organisation et commet une trahison envers le monde arabe", a-t-il affirmé.

Les ministres des Affaires étrangères irakien et libanais ont eux appelé au retour de la Syrie au sein de l'organisation panarabe.

La Syrie a été suspendue de la Ligue arabe en 2011 quelques mois après le début du conflit. La question de sa réintégration divise depuis plus d'un an les Etats membres de l'organisation. La Turquie ne fait pas partie de la Ligue arabe.
(AFP, 12 octobre 2019)

Moscou bloque à l'ONU un texte demandant l'arrêt de l'offensive turque

La Russie a bloqué vendredi à l'ONU un projet américain de déclaration du Conseil de sécurité demandant à la Turquie d'arrêter son offensive militaire dans le nord de la Syrie, a appris l'AFP de sources diplomatiques.

Moscou a interrompu une procédure d'adoption de ce texte qui devait intervenir à 19H30 GMT, a indiqué l'une de ces sources. La Chine a suivi la Russie en rompant aussi cette procédure, selon un diplomate requérant l'anonymat.

Le projet, qui dans sa version initiale demandait seulement à Ankara de revenir à la diplomatie plutôt qu'utiliser des moyens militaires, avait été durci après plusieurs observations d'Etats membres du Conseil de sécurité faites au cours des dernières 24 heures.

Le texte final soumis à une adoption, obtenu par l'AFP, demandait à la Turquie "d'arrêter son opération militaire et de faire plein usage des canaux diplomatiques pour résoudre ses préoccupations de sécurité". Il soulignait aussi la "profonde préoccupation (du Conseil de sécurité) face à l'opération militaire turque et à ses implications, notamment dans leurs dimensions humanitaire et sécuritaire".

Le projet de texte réclamait également que toutes les parties protègent les civils et permettent un accès humanitaire durable en Syrie. Il mettait en garde contre une reconstitution de l'organisation jihadiste Etat islamique et soulignait qu'un retour des réfugiés en Syrie (l'un des objectifs d'Ankara avec son offensive) ne pouvait se faire qu'en sécurité et sur une base volontaire.

Après une réunion jeudi qui s'était soldée par des divisions, les Etats-Unis avaient proposé à leurs partenaires du Conseil de sécurité un texte qui dans sa version initiale ne parlait que de "profonde préoccupation" et demandait à Ankara de privilégier les "canaux diplomatiques" plutôt que militaires.

La mission diplomatique russe à l'ONU avait ensuite demandé du temps pour pouvoir consulter Moscou, ce qu'avaient accepté les Etats-Unis jusqu'à vendredi matin. La Russie a alors une nouvelle fois demandé un peu plus de temps mais sans succès. Les Etats-Unis ont enclenché une procédure d'adoption de leur texte, durci au passage pour demander l'arrêt de l'offensive turque, selon des diplomates.
(AFP, 11 octobre 2019)

L'Iran appelle à "une cessation immédiate" de l'offensive turque

Téhéran a appelé jeudi à "une cessation immédiate" de l'offensive turque déclenchée la veille contre des forces kurdes dans le nord-est de la Syrie.

La République islamique," tout en exprimant son inquiétude" sur les conséquences de cette opération sur le plan humanitaire "insiste [sur la nécessité] d'une cessation immédiate des attaques et d'un retrait des unités militaires turques déployées sur le territoire de la Syrie", indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

L'Iran "comprend les préoccupations de la Turquie en matière de sécurité, mais, considère, ainsi qu'il l'a déjà souligné, que les mesures militaires ne sont pas la solution pour répondre à ces inquiétudes", ajoute le communiqué.

Téhéran avait dit lundi son "opposition" à toute "action militaire" turque en Syrie, jugeant que cela entraînerait immanquablement "des dégâts matériels et des pertes humaines à grande échelle" à l'heure où "la priorité doit être d'établir la stabilité et la sécurité" dans ce pays.

La Turquie a lancé mercredi, comme elle s'y était engagée, son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte antijihadistes, suscitant une volée de critiques internationales et des menaces de sanctions américaines.

Allié du gouvernement du président syrien Bachar al-Assad, l'Iran parraine avec Ankara (qui soutient des rebelles) et Moscou (autre soutien des autorités syriennes) le processus de négociations sur la Syrie dit d'Astana lancé en 2017.

Selon l'agence officielle iranienne Irna, le président du Parlement iranien Ali Larijani a annulé mercredi soir, "à la suite de l'opération militaire turque sur le territoire syrien", une visite à Ankara, où il devait se rendre "à l'invitation de son homologue turc".
(AFP, 10 octobre 2019)

La Turquie abat un drone non identifié à la frontière syrienne

L'aviation turque a abattu samedi un drone non identifié qui avait violé à six reprises son espace aérien à la frontière syrienne, a annoncé dimanche le ministère turc de la Défense.

"Un véhicule aérien sans pilote qui a violé notre espace aérien six fois (...) a été abattu par deux de nos (chasseurs) F-16 qui avaient décollé" de la base aérienne d'Incirlik, a écrit le ministère sur Twitter, en publiant des images de l'appareil abattu.

Le ministère a précisé que l'origine du drone restait inconnue et qu'il avait été détruit à 13H24 (10H24 GMT).

"L'épave du drone a été retrouvée sur la base de Cildiroba" par la gendarmerie turque, dans la province de Kilis, selon le ministère.

En 2015, l'aviation turque avait abattu un chasseur russe Soukhoï Su-24 sur la frontière syro-turque, créant une crise sans précédent entre Ankara et Moscou.

Le président russe Vladimir Poutine avait qualifié cette action de "coup de couteau dans le dos". Les deux pays ont fini par se réconcilier pour travailler ensemble sur le conflit syrien, dans lequel ils restent dans des camps opposés.

La Turquie soutient les rebelles cherchant à renverser le président syrien Bachar al-Assad, tandis que la Russie reste l'un des derniers alliés du régime de Damas.

L'armée turque a mené deux offensives dans le nord de la Syrie contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et les milices kurdes en 2016 et 2018.

Les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l'Otan, sont parvenus à un accord le mois dernier sur la création d'une "zone de sécurité" entre la frontière turque et les régions à l'est de l'Euphrate contrôlées par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

Washington considère les YPG comme un proche allié dans son combat contre l'EI. Mais Ankara les voit comme un "groupe terroriste" lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une insurrection sur le territoire turc depuis 1984.

Le PKK est considéré comme un groupe terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé à plusieurs reprises de lancer une offensive militaire en Syrie contre les YPG si la "zone de sécurité" n'est pas mise en oeuvre d'ici la fin septembre.

Le conseil de sécurité nationale de Turquie, rassemblant des leaders politiques et militaires, doit se réunir lundi sous la direction de M. Erdogan, avec la Syrie comme sujet principal de débat.

M. Erdogan a déclaré que jusqu'à trois millions de réfugiés syriens pourraient être rapatriés dans cette "zone de sécurité" qu'il essaye de mettre en place dans le nord de la Syrie.

La Turquie accueille plus de 3,6 millions de réfugiés syriens - c'est le pays au monde qui en a le plus sur son sol - et la population leur devient de plus en plus hostile, après huit années d'une guerre dévastatrice en Syrie.

Les experts estiment que les plans visant à établir une zone de sécurité longue de 480 km et large de 30 km dans le nord de la Syrie sont irréalistes, en l'absence d'accord entre les Etats-Unis, la Turquie et les YPG.
(AFP, 29 septembre 2019)

Dans le ciel libyen, bataille entre drones turcs et émiratis

Si les combats se poursuivent au sol, au sud de Tripoli, une autre bataille fait rage depuis quelques mois dans le ciel libyen entre drones turcs et émiratis, sans pour autant changer l'équilibre des forces, selon des analystes.

Depuis le début le 4 avril de l'offensive de l'homme fort de l'est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, sur la capitale Tripoli, siège du gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par l'ONU, les lignes de front ont peu bougé.

Face au statu quo, les camps rivaux se sont tournés vers des armes plus sophistiquées, dans l'espoir de prendre le dessus dans cette bataille qui a déjà fait plus de 1.000 morts et forcé 120.000 personnes à quitter leurs foyers, selon l'ONU.

La Libye est "probablement le plus grand théâtre de guerre de drones au monde", a déclaré cette semaine l'émissaire des Nations unies, Ghassan Salamé.

Cité par les services de presse de l'ONU, M. Salamé a relevé une "utilisation beaucoup plus intense des drones", à 600 reprises par un camp et 300 de l'autre, sans préciser de quels camps il s'agissait.

Les drones sont entrés en jeu en juin, malgré un embargo sur les armes imposé par l'ONU à la Libye depuis la révolte de 2011 qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi.

"Compte tenu de l'utilisation intensive des moyens aériens lors du premier mois de l'offensive (...), la plupart des avions de combat des deux forces aériennes sont immobilisés" pour des besoins de "maintenance", affirme Arnaud Delalande, spécialiste des questions de défense.

"Engagement direct"

"Ne voulant pas rester sans puissance aérienne, Haftar et le GNA semblent s'être tournés en urgence vers un autre type d'engin: les drones", explique-t-il à l'AFP.

Selon des analystes et experts, le maréchal Haftar s'est procuré des drones Wing Loong de fabrication chinoise auprès de son principal allié, les Emirats arabes unis.

En face, le GNA s'est tourné vers Ankara, qui soutient de moins en moins discrètement ses forces, pour s'équiper de drones turcs de type Bayraktar.

Depuis, l'objectif de chaque camp a été de détruire les drones de l'adversaire et leurs centres de commandement.

Ainsi, les forces du maréchal Haftar ont mené à plusieurs reprises des raids aériens contre l'aéroport de Mitiga, le seul fonctionnel de la capitale libyenne mais actuellement fermé, affirmant à chaque fois viser des drones turcs ou le centre de commandement de ces appareils.

"Cette guerre aérienne est devenue un engagement direct entre les deux principaux sponsors de l'ANL (Armée nationale libyenne autoproclamée par le maréchal Haftar) et du GNA", respectivement Abou Dhabi et Ankara, indique M. Delalande.

Ahmad al-Hasnaoui, un général libyen à la retraite, estime que du côté du camp Haftar, les drones soutiennent les forces terrestres et jouent "un rôle important pour affaiblir les forces et les lignes de ravitaillement" des pro-GNA. Et vice-versa.

"Pas une fin en soi"

L'analyste libyen Jalal al-Fitouri souligne également le "rôle crucial" des drones dans la bataille de Tripoli, et note une "intensification" depuis fin juin des raids aériens contre les bases de décollage de drones des deux camps rivaux.

"Les Wing Loong des Emirats arabes unis traquent les pistes de décollage des Bayraktar afin de détruire le potentiel aérien du GNA, mais n'y parviennent pas", selon M. Delalande.

"Les Turcs ont diversifié leur mode d'action en utilisant des routes pour faire décoller leurs appareils et en éparpillant des antennes relais sur l'ensemble de la zone entre Tripoli, Misrata et al-Jufra (centre) pour augmenter le rayon d'action de leurs drones", ajoute l'expert.

Wing Loong ou Bayraktar ? Indépendamment de qui l'emportera, "les drones ne sont pas une fin en soi" si les forces terrestres ne progressent pas, relève M. Delalande.

Face au statu quo sur le terrain, l'ONU encourage les belligérants libyens à faire taire les armes et relancer un processus politique compromis depuis le déclenchement de l'offensive du maréchal Haftar.

Mais pour M. Delalande, ce dernier "pousse les Emirats arabes unis à s'engager encore davantage".

"Des frappes de Mirage (utilisés par les forces aériennes émiraties) ne sont pas à exclure dans les prochaines semaines", dit-il. En face, Ankara "ne cache plus son soutien à Tripoli, sans pour autant engager directement son potentiel aérien".

Début septembre, M. Salamé, avait lancé un nouvel appel à la communauté internationale pour mettre fin au conflit, craignant "une intensification des soutiens militaires" à l'une ou l'autre partie qui "plongerait l'ensemble de la région dans le chaos".
(AFP, 29 septembre 2019)


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Chypre acquiert quatre drones israéliens sur fond de tensions avec Ankara

Nicosie a fait l'acquisition de quatre drones israéliens, selon le ministère chypriote de la Défense, sur fond de tensions en Méditerranée orientale avec la Turquie autour d'opérations de forage gazier.

D'après le site d'informations "Kathimerini Chypre", ces drones, commandés en décembre 2018 pour 12 millions d'euros, doivent permettre à Nicosie d'améliorer la surveillance de sa zone économique exclusive (ZEE), où des compagnies internationales mènent des explorations à la recherche d'hydrocarbures.

Ces drones, livrés à l'armée chypriote, les premiers du genre selon Kathimerini, font partie des plus performants de leur catégorie, d'après leur fabricant israélien Aeronautics Group.

Contacté lundi par l'AFP, un porte-parole de la société israélienne n'a pas souhaité confirmer cette livraison, arguant de la politique de confidentialité de l'entreprise vis-à-vis de ses clients.

La découverte ces dernières années de gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé les appétits, notamment de la République de Chypre, qui espère devenir un acteur énergétique majeur.

Mais la Turquie, dont l'armée occupe depuis 1974 le tiers nord de l'île, s'oppose à toute exploration et exploitation de ces ressources qui excluraient cette partie de Chypre, où vivent les Chypriotes-turcs.

Vendredi, les autorités chypriotes ont dénoncé une "grave escalade des violations" de ses droits souverains par la Turquie.

Selon Nicosie, la Turquie a envoyé un nouveau navire de forage dans sa ZEE, et plus particulièrement un bloc dont les licences d'exploitation ont déjà été attribuées en septembre par la République de Chypre aux géants énergétiques français et italien, Total et Eni.

Ces derniers mois, Ankara a envoyé trois navires de forage au total au large de Chypre malgré des avertissements de Washington et de l'Union européenne, dont Nicosie est membre.

L'UE a adopté mi-juillet une série de mesures politiques et financières visant à sanctionner la poursuite de ces forages.
(AFP, 7 octobre 2019)

Athènes veut une révision d'un pacte pour faciliter le renvoi de migrants

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a demandé vendredi la révision d'un pacte controversé UE-Turquie afin qu'Athènes puisse accélérer le renvoi des déboutés du droit d'asile sur les côtes turques, ce qu'a semblé approuver le commissaire européen aux questions migratoires.

"La Grèce ne restera pas seule", a rassuré le commissaire européen Dimitris Avramopoulos, en visite vendredi soir à Athènes avec le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer.

L'UE prendra "une initiative politique afin que la déclaration UE-Turquie soit renforcée. La Turquie nous l'a assuré", a promis M. Avramopoulos au lendemain de son déplacement à Ankara.

Le pacte entre Bruxelles et Ankara, entré en vigueur le 20 mars 2016, prévoit le renvoi en Turquie des migrants illégaux arrivant sur les îles grecques proches de la Turquie et des réfugiés syriens pour lesquels la Turquie est considérée comme "un pays sûr".

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, qui a affiché sa volonté de renvoyer en Turquie 10.000 personnes d'ici fin 2020, a réclamé vendredi devant le parlement la révision de cette déclaration.

En vertu de ce texte, Athènes est autorisé à renvoyer à Ankara tout migrant "en situation irrégulière qui part de la Turquie pour gagner les îles grecques", à condition, selon Ankara, qu'il soit encore sur les îles et n'ait pas été transféré sur le continent grec.

Or Athènes veut pouvoir renvoyer des migrants déjà présents sur le continent.

Le chef du gouvernement conservateur grec a appelé la Turquie à "assumer ses responsabilités" et à "contrôler le flux migratoire en mer Egée".

Kyriakos Mitsotakis a souligné qu'il ne fallait pas "que la Turquie donne l'impression qu'elle profite de la situation pour des raisons géopolitiques".

"Il est crucial que nous appliquions à la lettre" le pacte UE-Ankara, a déclaré son ministre de la Protection du citoyen, Michalis Chrysohoidis. "Les retours (des migrants en Turquie) doivent être appliqués sans restriction de nationalités", a-t-il dit lors d'une conférence de presse commune à Athènes.

"Nous devons mettre en place une politique à long terme sur les migrations. Cela ne pourra pas être fait sans une politique européenne commune de l'asile", a souligné le commissaire Avramopoulos lors de la même conférence de presse.

La veille à Ankara, il avait parlé d'"un besoin urgent de renforcer la prévention et la détection des départs irréguliers de Turquie".

"Toutes les personnes qui atteignent nos frontières et qui demandent l'asile et le méritent doivent être réparties de manière plus logique", a renchéri le ministre allemand de l'Intérieur. "Si nous n'aidons pas la Grèce (et plus généralement) les pays frontaliers de l'UE, nous aurons une migration chaotique qui conduira à une impasse", a estimé M. Seehofer.

La Turquie accueille presque 3,6 millions de réfugiés, dont une grande majorité de Syriens, et le président Recep Tayyip Erdogan a menacé début septembre d'en laisser affluer une nouvelle vague vers l'UE s'il n'obtenait pas davantage d'aide internationale.

La pression sur la Grèce ne cesse de s'aggraver: pour la première fois depuis le pacte de 2016, le pays est redevenu cette année la principale porte d'entrée en Europe des migrants, avec plus de 10.000 arrivées sur les îles en septembre.

M. Mitsotakis a indiqué qu'un amendement "plus strict" et "plus juste" sur l'octroi de l'asile serait déposé au Parlement grec en octobre.

Car, selon lui, "le problème actuel est plutôt une question de migrations et moins une question de réfugiés".

En 2015, 75% des personnes arrivés en Grèce étaient des Syriens fuyant la guerre, alors qu'"actuellement seuls deux sur dix sont des Syriens, 50% sont surtout des Afghans, Pakistanais", a-t-il ajouté. 
(AFP, 4 octobre 2019)

Chypre dénonce les nouvelles tentatives de forage d'Ankara

La République de Chypre, membre de l'Union européenne, a accusé vendredi la Turquie de passer outre les appels de l'UE en envoyant un nouveau navire de forage dans les eaux territoriales de l'île, dénonçant "une grave escalade".

"Chypre condamne avec force la nouvelle tentative de la Turquie de mener des opérations de forage illégales dans le sud-ouest de l'île", a affirmé le gouvernement dans un communiqué.

"Les nouvelles opérations de forage, prévues cette fois-ci dans un bloc déjà attribué, constituent une nouvelle grave escalade des violations continues de la part de la Turquie des droits souverains de la République de Chypre", ajoute le texte.

Selon Nicosie, la Turquie a envoyé le navire de forage Yavuz au bloc 7 de sa zone économique exclusive (ZEE) et plateau continental, or les licences d'exploitation de cette zone ont été attribuées aux géants énergétiques français et italien, Total et Eni, en septembre dernier.

Selon le gouvernement chypriote, la zone où doit opérer le navire turc est clairement définie en vertu du droit international comme faisant partie des eaux territoriales de Chypre.

"Cette nouvelle provocation est un exemple qui montre comment la Turquie fait fi des appels répétés de l'UE et de la communauté internationale à cesser ses activités illégales", a affirmé le gouvernement.

Nicosie assure que "le comportement provocateur et agressif" de la Turquie ne le dissuadera pas de mener des explorations et d'exploiter le gaz.

La découverte ces dernières années de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l'appétit de Chypre, qui rêve de devenir un acteur énergétique majeur.

Mais la Turquie, dont l'armée occupe le tiers nord de l'île, s'oppose à toute exploration et exploitation de ces ressources qui excluraient cette partie de Chypre, où vivent les Chypriotes-turcs.

Ces derniers mois, Ankara a envoyé trois navires de forage au large de Chypre malgré des avertissements de Washington et l'UE, qui a adopté à la mi-juillet une série de mesures politiques et financières visant à sanctionner la poursuite de ces forages.

Chypre est divisée en deux depuis l'invasion en 1974 de sa partie nord par la Turquie, en réaction à un coup d'Etat de Chypriotes-grecs souhaitant unifier l'île à la Grèce, ce qui inquiétait la minorité chypriote-turque.

Les discussions formelles sur une réunification de l'île divisée sont au point mort depuis 2017.
(AFP, 4 octobre 2019)

Immigration / Migration

Plusieurs centaines de Kurdes réunis sur la place Saint-Lambert à Liège

Environ 400 Kurdes, selon une estimation de la police, se sont réunis vendredi à partir de 17heures sur la place Saint-Lambert, à Liège, pour dénoncer l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie.

Un petit groupe de Turcs, munis de drapeaux, était également présent, séparé des manifestants par un cordon policier, a indiqué la police de Liège."Nous ne voulons pas des djihadistes d'Al Qaïda dans notre région", revendiquaient sur une banderole les manifestants kurdes, qui distribuaient également des tracts dénonçant la décision "irresponsable" de Donald Trump de retirer les troupes américaines du nord de la Syrie et les "plans de nettoyage ethnique du régime d'Erdogan" à l'encontre des Kurdes.

Lundi, les troupes américaines stationnées dans le nord-est de la Syrie ont commencé à se retirer de la zone, laissant la voie libre aux militaires turcs. Mercredi, la Turquie a lancé, comme elle s'y était engagée, son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte antidjihadistes, faisant fi des mises en garde internationales.

Ankara insistait auparavant pour que les Forces démocratiques syriennes (FDS), menées par des Kurdes, se retirent de la zone syrienne frontalière de la Turquie, arguant qu'elles étaient liées au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), classé comme organisation "terroriste" par Ankara, Washington et l'Union européenne. Il s'agit du deuxième rassemblement kurde en deux jours à Liège. Un dispositif policier a été mis en place afin que ces rassemblements se déroulent dans le calme.
(RTBF, 11 octobre 2019)

Le Parlement flamand a été évacué suite à une alerte à la bombe

Le Parlement flamand a été évacué suite à une alerte à la bombe. Les parlementaires étaient en discussions quant au budget du futur gouvernement Jambon quand l'alerte a été donnée. Les élus ainsi que leurs collaborateurs se sont dirigés dans le calme hors du bâtiment et ont patienté dans la rue.

L'agence Belga précise que la présidente du Parlement flamand Liesbeth Homans (N-VA) s'est entretenue avec la police de Bruxelles et la police militaire et explique prendre cette alerte très au sérieux.

Selon les services du Parlement, cette alerte pourrait être en lien avec les 40 ans de l'Institut kurde de Bruxelles, qui devaient se tenir précisément dans le bâtiment de la rue de Louvain. Entretemps, l'événement a été annulé.

Après une fouille minutieuse des lieux par la police de Bruxelles, aidée de chiens à même de détecter la présence d'explosifs, le personnel à pu réintégrer les lieux vers 17h.

Le débat budgétaire sera poursuivi jeudi matin, à partir de 10 heures. Ainsi en ont décidé les groupes parlementaires. La décision sera formalisée officiellement, mercredi.

Le débat budgétaire avait été interrompu au cours de l'intervention du chef de file de Groen Björn Rzoska, qui sera autorisé à poursuivre son intervention jeudi.

Mercredi, une séance plénière assortie de questions d'actualité est au programme.

Dans l'après-midi, les commissions seront officiellement installées.
(La Libre Belgique, 8 octobre 2019)

Attaque à Paris: le spectre de l’ennemi intérieur

La tuerie commise au cœur de la préfecture de police de Paris par Mickaël Harpon, un informaticien attaché à la Direction du renseignement (DRPP), semblait bien d’inspiration islamiste, comme l’a précisé samedi le procureur antiterroriste Jean-François Ricard. L’assaillant, qui a tué à coups de couteau quatre policiers, avait envoyé à son épouse peu avant les faits pas moins de 33 SMS empreints de fanatisme et fréquentait, lui qui s’était converti à l’islam, des personnes soupçonnées de radicalisme.

L’enquête débouchera sur des certitudes. Il reste que cet attentat a frappé au cœur l’un des lieux de la lutte antiterroriste censé être l’un des plus sécurisés de France et au sein duquel s’agence la récolte du renseignement et se discutent les moyens de riposte au terrorisme.

Le choc est immense au sein de la préfecture de Paris. Il l’est aussi dans toutes les forces de police de France qui redoutent désormais que des « ennemis intérieurs » puissent œuvrer en leur sein.

Cette préoccupation est aussi celle de la police fédérale belge. Naguère, une évaluation de ce risque de « trahison interne » (elle vaut pour les islamistes comme pour des terroristes d’extrême droite) avait été menée dans le souci d’assurer la cohésion indispensable des forces engagées sur le terrain de la lutte contre le fanatisme. Le souci est celui-là : comment garantir l’efficacité de la lutte antiterroriste – et plus généralement assurer l’exécution des missions dévolues à la police – si la confiance entre personnels d’appartenances philosophiques (réelles ou supposées) différentes n’est plus ressentie comme absolue et devient un facteur de défiance ?

Mickaël Harpon a réussi par son raid meurtrier à instiller ce doute qui laissera des traces. La pire crainte s’est concrétisée.

En Belgique, le même souci s’était manifesté avec l’identification, au sein des forces armées, de 55 militaires (dont cinq sous-officiers) susceptibles d’être en relation avec des radicalisés, comme avait indiqué à la Chambre l’ex-ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) en réponse à une question parlementaire.

Le ministre de l’Intérieur français Christophe Castaner a annoncé un renforcement des procédures de scannage des personnels policiers. Elles seront menées et seront peut-être ressenties par les concernés comme l’étant à l’excès.

Mais c’est le prix à payer pour garantir que les corps essentiels de l’Etat ne sont pas gangrenés.

Cette tuerie réplique, avec une acuité accrue, au sein des forces de sécurité ce qui s’était fait jour au sein de la société au lendemain des attentats islamiques : une défiance amplifiée en regard des personnes issues de la communauté ou de confession musulmane.

C’est ce que le fanatisme terroriste vise : déstabiliser le vivre ensemble paisible.

A Paris, il a désormais tenté de déstabiliser ceux qui en sont les garants.
(Le Soir, 6 octobre 2019)

La Grèce confrontée à sa plus grande vague migratoire depuis 2016

"On gère au jour le jour", soupire un garde-côte grec, à l'arrivée d'un nouveau groupe de migrants, le cinquième de la journée, sur une plage de l'île de Lesbos en Grèce, confrontée à sa plus grande vague migratoire depuis 2016.

Sur la rive de Skala Sykamineas, au nord de Lesbos, "plus de 250 personnes sont arrivées en un seul jour", mardi, explique à l'AFP Patrick Foley, qui coordonne ici les secours pour l'ONG suédoise Lighthouse Relief.

"Nous avons assisté plus de 5.000 personnes en deux mois", ajoute-t-il, alors que deux nouveaux bateaux chargés d'une cinquantaine de migrants ont accosté mercredi matin.

"On a connu une escalade énorme depuis deux mois", observe-t-il, dans un contexte de nouvelle crise migratoire en Grèce, quatre ans après l'arrivée d'un million de demandeurs d'asile sur les îles grecques.

En septembre, 10.258 migrants ont débarqué sur les îles grecques depuis les rives turques voisines, en majorité des familles afghanes et syriennes, selon le dernier décompte du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations unies.

"La Grèce vit de loin la pire période" depuis 2016, quand l'Union européenne et la Turquie ont signé un accord pour réduire le flux migratoire, juge le ministre adjoint à la protection civile Lefteris Oikonomou.

"Chaque mois, il en arrive plus que le même mois de l'an dernier", renchérit Patrick Foley.

En mai, son ONG a aidé 70 migrants à accoster en sécurité sur les plages de Lesbos et à leur offrir un hébergement temporaire.

Ce chiffre a dépassé les 2.800 arrivées en septembre, à peu près autant en août, précise-t-il.

Pour lui, l'avenir "est vraiment imprévisible: on peut revenir à une situation normale du jour au lendemain, c'est peut-être une tendance à court terme ou au contraire continuer à augmenter", estime-t-il.

Le pic des arrivées sur les îles égéennes met en péril un réseau d'hébergement pour les migrants déjà complètement engorgé.

Les cinq "hotspots" sur les îles de Lesbos, Samos, Kos, Chios et Leros abritent plus de 26.000 migrants et réfugiés pour à peine plus de 6.000 places.

Dans un environnement insalubre, les exilés vivent dans des conteneurs de frêt ou sous des tentes de fortune et se plaignent de devoir attendre des heures pour avoir à manger, prendre une douche ou utiliser les toilettes.

- Conditions "inhumaines" -

"Garder des gens sur les îles dans de telles conditions d'insécurité est inhumain et doit prendre fin", souligne le HCR, dans un communiqué publié mardi.

Une réfugiée est morte et 17 migrants ont été blessés dimanche dans un incendie, suivi d'émeutes.

Le HCR exhorte "les autorités grecques à accélérer leur projet de transférer sur le continent plus de 5.000 demandeurs d'asile déjà autorisés à poursuivre leur procédure de demande d'asile", ajoute le HCR.

"En parallèle, de nouvelles places d'hébergement doivent être fournies pour alléger la pression des îles vers le continent grec où la plupart des sites ont la capacité" de les accueillir, précise encore l'agence onusienne.

En Grèce, beaucoup estiment que la Turquie n'en fait pas assez pour freiner le flux migratoire dans la mer Egée, dont les traversées périlleuses font des centaines de noyades par an.

Mais, selon Patrick Foley, c'est la crainte d'une arrestation en Turquie qui pousse les migrants, en particulier les Afghans, à se rendre en Grèce le plus rapidement possible.

"Beaucoup de personnes venant d'Afghanistan ont passé à peine deux semaines en Turquie avant d'entreprendre la traversée", en sachant "à peu près" ce qui les attend dans les camps grecs, rapporte le coordinateur de l'ONG.
 Mais ils "pensent que les choses ne peuvent pas être pires", lâche-t-il.

Le gouvernement grec conservateur, issu des urnes le 7 juillet, a affiché sa volonté de renvoyer en Turquie quelque 10.000 migrants d'ici fin 2020, en vertu du pacte entre Bruxelles et Ankara de mars 2016.

Le ministre grec chargé de l'immigration se rend à Ankara mercredi pour s'entretenir avec le ministre turc de l'Intérieur.

Le commissaire européen aux questions migratoires Dimitris Avramopoulos vient en Grèce vendredi.

Athènes a promis de continuer à transférer des réfugiés des îles vers le continent.

Mais à un tel rythme d'arrivées, le désengorgement des camps sur les îles sera rapidement neutralisé.

Quelque 250 réfugiés ont été transférés lundi au Pirée, autant que de migrants débarqués à Lesbos le lendemain.
(AFP, 2 octobre 2019)

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