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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

50th Year / 50e Année
Juin
 
2024 June
N° 550
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events

Droits de l'Homme / Human Rights

Un maire kurde condamné à près de 20 ans de prison
1 May indictments: 567 years’ imprisonment sought for 42 prisoners
Les "Mères du samedi" marquent leur 1000ème semaine de veillée à Istanbul

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalist covering news in Hatay receives death threat
Erol Bostanci: L'auteur des ouvrages sur la bande dessinee et la caricature de la Turquie
RTÜK imposed 625 sanctions on TV, radio outlets in 2023

Kurdish Question / Question kurde

Les Kurdes de Syrie annoncent le report d'élections contestées
Sebahat Tuncel: Is there any Kurdish democrat in Turkey without a lawsuit?
Frappes turques sur les régions kurdes, au moins deux combattants tués
Erdoğan says Northern Syrian elections a threat to Turkey

Police raid ‘Kurdish language cafe” in Diyarbakır

Minorités / Minorities

Erdogan a célébré le 571e anniversaire de la Conquête... L’éloge de l’Ottomanisme

Politique intérieure/Interior Politics

DEM Party calls for early elections
DEM Party Spokesperson Ayşegül Doğan banned from leaving the country
Tensions et bagarre entre élus après la destitution d'un maire prokurde
La destitution d'un maire pro-kurde mobilise l'opposition

Forces armées/Armed Forces

Deux pilotes tués dans un crash d'avion militaire
Utilisation d’armes interdites contre la guérilla kurde

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Germany started training its own imams to replace the ones sent by Turkey


Socio-économique / Socio-economic

Nouveau pic de l'inflation en mai, mais confiance des autorités pour la suite
A Istanbul, mouvement de fronde contre un projet de "massacre" de chiens errants

La Turquie, débordée, cherche à contrôler les chiens errants
Malgré les injonctions d’Erdogan, la natalité turque est en berne
Douze personnes blessées lors de turbulences dans un avion entre Doha et Dublin

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Report of the Council of Europe: Prisons record belongs to Turkey
Erdogan va participer au prochain sommet du G7 en Italie


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Le coup porté à l’art par le bellicisme ambiant… - Dogan Özgüden
La Turquie refuse que l'Otan "participe" à la guerre en Ukraine

Relations régionales / Regional Relations

"L'esprit des Nations unies est mort à Gaza", selon Erdogan

Turkey continues trade with Israel despite 'Gaza' sanctions, official data shows

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece



Immigration / Migration

Time running out for Kurdish political prisoner Ecevit Piroğlu

Kimyongür: "La culture du lynchage du régime d'Erdogan s'est exprimée plusieurs fois en Belgique"
Ecevit Piroğlu hospitalised after 107 days hunger strike against deportation to Turkey

Droits de l'Homme / Human Rights

Un maire kurde condamné à près de 20 ans de prison

Un maire prokurde d'une ville l'extrême sud-est de la Turquie, a été condamné mercredi à 19 ans et six mois de prison pour "terrorisme", une sentence qualifiée de "coup d'Etat" par son parti.

Mehmet Siddik Akis, élu du parti DEM à Hakkari, a été destitué lundi par les autorités qui ont désigné un maire de substitution, suscitant immédiatement des incidents dans le pays jusqu'au Parlement, à Ankara.

Des échauffourées ont de nouveau éclaté à Hakkari à l'énoncé du verdict selon des images diffusées sur "X".

Le DEM (ex-HDP), troisième force au Parlement, est régulièrement accusé par le gouvernement turc de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), groupe armé considéré comme terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux, ce qu'il dément.

"La présidence et le pouvoir judiciaire ont désormais déclaré la guerre au peuple tout entier", a commenté Tülay Hatimogullari, coprésidente du parti prokurde de l'édile DEM, qui s'est rendue sur place.

L'AKP, le parti au pouvoir, "mène un coup d'État par jour", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

"Que personne ne soit gênée par le verdict à Hakkari. La justice a décidé selon la loi", a de son côté réagi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Cela ne sert à rien d'attaquer à droite et à gauche avec des pancartes à la main", a-t-il affirmé faisant allusion à la bagarre qui a éclaté mardi soir dans l'enceinte du parlement, opposant les députés du parti au pouvoir AKP à ceux du DEM.

"Si quelqu'un est impliqué dans des activités illégales, on doit faire respecter la loi. Hakkari a été dans ce sens un premier pas", a-t-il ajouté.

Le parti DEM a accusé les forces de l'ordre d'avoir "attaqué" toutes les marches et manifestions qui ont suivi la condamnation pour exiger le retrait du maire de substitution nommé par le gouvernement.

"Des soldats ont été acheminés là où la police était peu présente" a dénoncé Mme Hatimogullari, en affirmant que "même nos coprésidents et députés ont été empêchés de marcher".

Mehmet Siddik Akis est le premier maire prokurde destitué depuis les élections municipales du 31 mars, au cours desquelles le parti DEM (ex-HDP) a obtenu 77 municipalités à travers la Turquie.

"J'ai 53 ans, je me bats depuis toutes ces années et je continuerai à me battre" a-t-il déclaré lors de l'audience, dénonçant "un procès politique".

- Opposition mobilisée -

 Le parti a assuré qu'il continuera sa mobilisation en dépit de l'interdiction de manifester décrétée dès lundi pour dix jours par le gouverneur de la province d'Hakkari.

  "Abandonnez cette politique du kayyoum", a appelé sa coprésidente, désignant ces administrateurs nommés par l'Etat pour remplacer les maires élus, qualifiant la pratique d'"injuste, illégale et cruelle".

Plusieurs personnes ont été le même jour blessées et interpellées à Hakkari après l'intervention des forces de l'ordre.

Le CHP, principal parti d'opposition, social démocrate, a exprimé son soutien à l'édile destitué et envoyé une délégation à Hakkari.

Mercredi, le gouverneur de la province de Bingöl, dans la région à majorité kurde du pays, a également interdit manifestations et  rassemblements publics pendant sept jours.

Une cinquantaine de maires du parti prokurde élus en 2019 ont été remplacés par des "kayyoums".

L'ancien coprésident du HDP, Selahattin Demirtas, incarcéré depuis 2016, a été condamné en mai à 42 ans de prison, notamment pour atteinte à l'unité de l'Etat. (AFP, 5 juin 2024)

1 May indictments: 567 years’ imprisonment sought for 42 prisoners

The Istanbul Chief Public Prosecutor’s Office has demanded a total of 567 years in prison for 42 people who tried to reach Taksim Square on 1 May and were later arrested in house raids. The Terrorism and Organised Crime Investigation Department prepared two separate indictments: the first seeking up to 405 years for 30 detainees, and the second seeking up to 162 years for 12 detainees.

The Istanbul Governor’s Office had banned 1 May celebrations in Taksim Square, a place of high historic and symbolic significance. This ban was in direct violation of a ruling by the Constitutional Court, which declared on 12 October that the ban on May Day celebrations in Taksim was a “violation of rights”.

In an attempt to prevent the May Day celebrations in Taksim Square, both the Taksim area and all access routes in Istanbul were blocked. Demonstrations were banned, many streets and avenues were closed to traffic and some metro services were cancelled.

The police barricade set up under Bozdoğan Kemeri in Saraçhane provoked a strong public outcry. Police used tear gas and plastic bullets against protesters trying to reach the square. Many people who tried to march to Taksim were detained on the spot and later in house raids on different dates. Charges have been prepared against 42 of these detainees.

According to the indictments prepared by the Istanbul Chief Public Prosecutor’s Office, the May Day marchers will be tried for “violating the law on meetings and demonstrations”, “resisting public officials”, “intentionally causing injury” and “damaging public property”.

The charges were approved by the prosecutor’s office and sent to the Istanbul First Instance Criminal Court. (medyanew, May 30, 2024)

Les "Mères du samedi" marquent leur 1000ème semaine de veillée à Istanbul

Connues sous le nom de "Mères du samedi", des familles protestant contre la disparition de leurs proches dans les années 1980 et 1990 en Turquie ont marqué samedi leur millième semaine de veillée à Istanbul.

Des centaines de personnes, tenant des oeillets et des photos de leurs proches disparus, ont participé à la veillée sur la place Galatasaray, au centre d'Istanbul, sans intervention de la police.

Les "Mères du samedi" (Cumartesi Anneleri, en turc) ont commencé à se réunir le 27 mai 1995 à Istanbul, demandant justice pour leurs proches portés disparus, souvent lorsqu'ils étaient en garde à vue, dans l'une des périodes les plus troubles de l'histoire de la Turquie moderne.

De nombreux membres ou sympathisants des partis politiques pro-kurdes ou de gauche ont disparu prétendument aux mains de l'Etat dans les années 1980 et 1990.

Hanim Tosun tente depuis 29 ans de connaître le sort de son mari, Fehmi Tosun, disparu en 1995 à Istanbul après avoir été embarqué, prétendument par des forces de l'ordre habillées en civil, dans une voiture.

"L'Etat devrait nous indiquer une pierre tombale où nous pourrons déposer ces oeillets. Nous nous réunissons sur cette place pour que personne ne souffre comme nous", a-t-elle affirmé à l'AFP. "Nous poursuivrons notre lutte jusqu'à ce que les responsables soient traduits en justice".

"Notre mère a passé sa vie à chercher Cemil et est morte avant de pouvoir le retrouver", a déploré Mikail Kirbayir, frère de Cemil Kirbayir, disparu en garde à vue en 1980. "Je ne cesserai de poser des questions sur le sort de Cemil, jusqu'à mon dernier souffle".

Après une violente répression de la police, la manifestation des Mères du samedi avait pour la première fois été interdite en 1999.

Grâce à une réformes de démocratisation alors en vigueur, la veillée a pu reprendre en 2009, mais a été de nouveau interdite en 2018, suivant le durcissement du pouvoir après la tentative du coup d'Etat de 2016 contre le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Autorisée de nouveau en 2023, la veillée a cependant été limitée par la police au maximum à dix participants, une restriction dénoncée par des défenseurs des droits de l'Hommme comme une entrave au droit de manifester de manière pacifique.

"Aujourd'hui, c'est la millième semaine. Nous devons la reprise de notre veillée à des actions de désobéissance civile menées sans allégeance", a estimé Eren Keskin, co-présidente de l'Association des droits de l'Homme qui défend de longue date les Mères du samedi.

"J'espère que cet acquis permettra d'étendre la démocratisation à l'ensemble du pays". (AFP, 25 mai 2024 )

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalist covering news in Hatay receives death threat

A fire broke out June 4 at night at the TOKİ disaster housing construction site in the Gülderen neighborhood of Hatay's Antakya district.

The fire, which broke out in containers housing approximately 200 workers, was extinguished by the General Directorate of Forestry and Hatay Municipality teams.

Hatay Municipality posted on social media, “Fortunately, no one was killed or injured.”

Journalist threatened

Journalist Kazım Kızıl, who was covering the fire in Gülderen, revealed that he was threatened by company employees while taking footage.

In the footage shared by Kızıl on his social media account, the person, identified as a company employee, said, “Look, you will make us take action. You will get your mouth and nose broken, maybe you will get yourself killed. You've had your fill, clear off."

Reached on the phone by bianet, Kazım Kızıl stated that he was intervened several times during his news reporting and that people claiming to be company officials told the gendarmerie, “Either you intervene or we will intervene.”

“They followed me for a while”

Stating that he continued filming from a localtion sugested by the gendarmerie to avoid any tension, Kızıl said:

“The workers I spoke to told me that they were informed about the fire when the container started to melt. The containers were adjacent to each other and about 200 workers were staying there. I don't think the conditions were very healthy and correct in terms of occupational safety, which is what the situation shows. After a while, the same people came again and started saying, "Enough of this, get out of here." I posted 30 seconds of that video, which lasted about 5-6 minutes. The moment they started to physically intervene, I stepped back, grabbed my bag and walked away from the scene. They followed me for a while.”

“I will continue to do my job”

Journalist Kazım Kızıl, who has been in Hatay for months and has been reporting on the earthquake-devastated city on the spot, said: “What I experienced yesterday will not affect my work in Hatay. I will continue to do my job.” (BIA, 6 June 2024)

Erol Bostanci: L'auteur des ouvrages sur la bande dessinee et la caricature de la Turquie

Olivier Van Vaerenbergh, Le Vif-Focus, 23 mai 2024
Les impressions peuvent être trompeuses: on voit, ces dernières années, de plus en plus de bandes dessinées en français réalisées par des artistes turcs. Ersin Karabulut et ses Contes ordinaires (Fluide Glacial), Firat Yasa et Tepe la colline (Çà et Là), Zehra Dogan et Prison n°5 (Delcourt), Kudret Gunes et La Liberté dans le sang (Marabulles)... Autant de romans graphiques très contemporains et souvent engagés qui donnent enfin à voir une bande dessinée en réalité restée longtemps dans l’angle mort des éditeurs et commentateurs du 9e Art, focalisés sur les productions américaines, franco-belges ou japonaises. La Turquie a pourtant été un énorme pays de BD, riche d’une production à la fois foisonnante, très accessible et extrêmement populaire. Un âge d’or passé complètement inaperçu hors de ses frontières et surtout en Europe, laquelle, contrairement aux États-Unis, continue d’aller y piocher des talents avec beaucoup trop de parcimonie, sans doute de peur de froisser la Turquie d’Erdogan, qui en dix ans a porté un coup quasi fatal aux magazines locaux, largement censurés. Un paradoxe -une BD qui émerge enfin en Europe mais qui s’éteint doucement dans son propre pays-que l’on a voulu décrypter en compagnie d’Erol Bostanci, un chercheur amateur qui, depuis son petit village de Hensies, dans le Hainaut, est devenu le spécialiste incontournable de cette BD turque longtemps sous-estimée.

• La première chose qui marque en parcourant votre Histoire de la bande dessinée turque, c’est l’incroyable foisonnement de celle-ci, alors qu’elle est quasiment inconnue chez nous.

Entre autres parce que le marché de la bande dessinée en Turquie a longtemps ressemblé à celui des comics aux États-Unis ou des fumetti en Italie: on y produisait essentiellement des petits formats très bons marché, de piètre qualité technique, mais diffusés très largement dans les magazines pour enfants et les quotidiens de la presse écrite.

Jusqu’à la fin des années 70, la BD turque a ainsi connu un véritable âge d’or. Chaque quotidien avait créé des pages spéciales de bande dessinée, proposait des petits formats en supplément, en plus des magazines hebdomadaires ou mensuels. Une diffusion qui dépassait le million d’exemplaires tous les mois!

• Une popularité qui s’explique aussi par l’absence totale de règles en matière de droits d’auteur jusque dans les années 90: n’importe qui, et souvent n’importe comment, pouvait republier du Tintin ou du Astérix sans que personne n’y trouve rien à redire!

Oui, presque tout était publié, traduit et repris sans autorisation. Jusqu’à 90 % de la production en bande dessinée tenait de la piraterie! Ce n’est que dans les années 90 que la Turquie a peu à peu adopté un cadre légal sous la pression des autres États, mais à ce moment- là, la bande dessinée était déjà en déclin: les titres de presse se sont peu à peu réduits, et les magazines pour la jeunesse ont quasiment disparu. La bande dessinée est alors devenue plus “underground” et adulte, avec un contenu volontiers plus politique.

• Ce qui a eu l’art de déplaire au gouvernement Erdogan, peu connu pour son goût de la liberté d’expression. Vous expliquez qu’en dix ans, quasiment tous les journaux et magazines proposant de la bande dessinée ont été obligés de fermer leur porte.

Oui, alors que parallèlement, la disparition des imprimeries locales, l’explosion du prix du papier et la dévaluation de la livre turque ont rendu la production d’albums quasiment impossible, sauf pour quelques auteurs déjà bien installés dans le paysage. Tous les autres, surtout les jeunes auteurs et autrices, ont dû se replier sur les réseaux sociaux et l’auto- édition, avec une fabrication de livres quasiment à la commande. Mais c’est aussi ainsi qu’ils se font connaître par exemple sur le marché américain, où les éditeurs les repèrent en ligne et puis leur passent commande. En France et en Belgique, on est beaucoup moins pro-actif à ce niveau-là.

• La vitalité de cette BD turque, moins immédiatement identifiable dans sa graphie que les BD franco-belges, américaines ou japonaises, serait donc un leurre?

Non, mais elle ne s’exprime plus depuis la Turquie. Un auteur comme Ersin Karabulut publie des récits extrêmement critiques sur le pouvoir en place, mais il le fait depuis New York où il s’est installé! Et les auteurs en Turquie sont devenus par la force des choses beaucoup plus individualistes. Il n’y a plus de rédaction qui leur permette de se rencontrer, et tous développent des styles très différents, en fonction de leurs propres influences. L’un aura consommé beaucoup de comics, l’autre plein de fumetti... Depuis dix ans, c’est le manga japonais qui a d’évidence le plus d’influence, mais la bande dessinée franco-belge y reste une valeur sûre, même si elle est pour l’essentiel réservée aux nantis: on la trouve désormais dans de beaux albums cartonnés comme chez nous, et plus dans des petits formats “cheap”. Elle a gagné en qualité, mais a perdu le très grand public au passage. ●

EROL BOSTANCI

1969 Naissance en Belgique. Son père a émigré de Turquie en 1963 pour travailler dans les mines de Wallonie.
2014 Publie un premier ouvrage sur la culture turque en Belgique, à l’occasion des 50 ans de l’immigration turque en Belgique. 2016 Publie le premier des quatre tomes de son Histoire de la bande dessinée turque.
2023 Publie le deuxième tome de Caricaturquie, série en cours sur l’histoire des magazines humoristiques et caricatures turcs. Tous ses ouvrages, publiés en autoédition, sont disponibles en version numérique sur le site www.academia.edu.

RTÜK imposed 625 sanctions on TV, radio outlets in 2023

The Radio and Television Supreme Council (RTÜK) applied 625 sanctions to television and radio broadcasters in 2023, resulting in a total of 81,901,000 Turkish liras (~2.5 million US dollars) in fines.

The majority of these penalties were issued based on the principle of "preserving general morality, spiritual values, and family protection." However, RTÜK did not impose any fines under the principle that "one-sided or biased broadcasts related to political parties are not allowed."

According to the 2023 Activity Report, RTÜK predominantly targeted media outlets that provided coverage critical of the government.

- Halk TV received 15 program suspensions and 12 administrative fines.

- TELE1 faced 17 administrative fines, seven days of broadcasting suspension, and eight program suspensions.

- Now TV was penalized with seven administrative fines and two program suspensions.

The monetary penalties were proportional to the broadcasters' revenue. Among them, Now TV received the highest fine, totaling 43,342,091 liras. Halk TV faced a fine of 4,149,918 liras, while TELE1 was fined 1,457,546 liras.

RTÜK managed to collect 23 million liras from the imposed fines. The 2023 report reveals that RTÜK's total revenue amounted to 812,280,000 liras. This revenue included 157,222,000 liras from annual frequency usage fees and 237,147,000 liras from government assistance. Additionally, 34,193,000 liras was transferred to the Ministry of Treasury and Finance under Article 78 of Law No. 5018.

In terms of legal proceedings, RTÜK faced 183 lawsuits in 2023. Out of these, 64 resulted in favor of RTÜK, while 26 were unfavorable. Notably, in 2022, only four cases ended unfavorably for RTÜK. (BIA, May 29, 2024)


Kurdish Question / Question kurde

Les Kurdes de Syrie annoncent le report d'élections contestées

L'administration autonome kurde du nord de la Syrie a annoncé jeudi le report jusqu'en août d'élections municipales prévues le 11 juin et qui étaient contestées aussi bien par son principal ennemi, la Turquie voisine, que par les Etats-Unis qui la soutiennent.

Ces élections concernent sept cantons où vivent des Kurdes et des Arabes et illustrent le morcellement du pays en raison de la guerre civile qui a éclaté en 2011.

La Commission des élections a annoncé dans un communiqué avoir décidé "le report jusqu'au mois d'août (...) en réponse aux demandes des parties et alliances politiques participant au scrutin", qui s'étaient plaintes que la campagne électorale était trop courte.

Dans une déclaration à l'AFP, Saleh Muslim, qui copréside le Parti de l'Union démocratique (PYD), principale formation de l'administration autonome, a assuré que les causes du report étaient "internes" et répondaient aux demandes des partis.

"Mais la Commission électorale a peut-être également pris en compte les circonstances politiques", a-t-il ajouté.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait menacé la semaine dernière de lancer une nouvelle opération militaire pour empêcher la tenue du scrutin.

"Nous avons déjà fait ce qu'il fallait faire face au fait accompli, et nous n'hésiterons pas à agir de nouveau si nous nous retrouvons dans la même situation", a averti M. Erdogan.

Jeudi, la chaîne publique turque TRT s'est félicitée du report des élections. "La position exprimée par la Turquie a porté ses fruits", a-t-elle estimé sur X, en citant des "sources de sécurité".

La Turquie considère comme "terroriste" le PYD dont la branche armée a été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), au grand dam d'Ankara.

Ankara a mené depuis 2016 plusieurs offensives sur le sol syrien contre les forces kurdes dans le nord, qui lui ont permis de contrôler une bande frontalière côté syrien.

 - Mécontentement américain -

 Les Etats-Unis, pays allié de la Turquie au sein de l'Otan et principal soutien des Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), ont eux aussi appelé l'administration autonome à revenir sur sa décision, estimant que "les conditions pour la tenue de telles élections n'étaient pas réunies".

Si le gouvernement syrien à Damas ne voit pas d'un bon oeil la tenue de ces élections, il s'est gardé de tout commentaire officiel sur l'organisation du scrutin.

Les Kurdes syriens, qui ont souffert de décennies de marginalisation et d'oppression de la part du pouvoir central, ont profité du chaos généré par la guerre pour établir une autonomie de facto.

En novembre 2013, le PYD avait établi une administration autonome de transition.

S'il ne s'agit pas du premier scrutin organisé par l'administration autonome depuis, c'est le premier à inclure toutes les zones qu'elle contrôle.

Après la défaite de l'EI, les forces kurdes ont progressivement étendu leur contrôle en Syrie où elles tiennent près du quart de la superficie du pays.

Le coprésident de la Haute Commission électorale, Rokun Mulla Ibrahim, a indiqué à l'AFP que "le nombre de candidats dépasse les 5.000" et estimé le nombre d'électeurs à plus de deux millions".

Les sièges des conseils municipaux sont répartis à parts égales entre femmes et hommes. (AFP, 6 juin 2024)


Sebahat Tuncel: Is there any Kurdish democrat in Turkey without a lawsuit?

Kurdish politicians Sebahat Tuncel and Gültan Kışanak, recently released from prison, joined the ‘Justice and Freedom from Kobanê to Gezi’ forum on Tuesday in Istanbul, where they criticised the Turkish state’s oppressive tactics used against the Kurdish community, and the politicised use of the country’s judiciary.

Addressing the audience, Tuncel brought up the widespread legal challenges faced by Kurds: “They ask why the People’s Democracy and Equality (DEM) Party nominated someone who had a lawsuit against them. Is there any Kurd in Turkey who is a democrat and hasn’t had a lawsuit filed against them? Please, think about it.”

The speakers referred to the arrest and removal on Tuesday of DEM Party’s recently elected Hakkari (Colemêrg) Co-Mayor Mehmet Sıddık Akış and the government’s immediate appointment of a ‘trustee’ in his place.

Kışanak highlighted the severe implications of trusteeships, a method frequently used by the Turkish government to displace elected Kurdish officials, on local democracies and particularly on women.

“When local democratic governance flourishes, women can breathe. Trusteeships are suffocating women. All women’s institutions have been shut down, and the number of female homicides has increased,” she explained.

Both speakers linked the crackdowns with their own experiences in the Kobani (Kobanê) case, to a broader strategy of silencing opposition and legitimising unjust practices through manipulated judicial proceedings.

“These trials were symbols. They were used to suppress the society and legitimise all sorts of irregularities through state-conducted tours and policies,” Kışanak noted.

The denial of Kurdish rights remains systemic, Tuncel said, noting, “This country does not [even] allow Kurds the right to mourn or bury their dead.”

The forum concluded with a strong call to action against the suppression of democratic rights, emphasising the role of women in leading the fight for justice and freedom in Turkey. (medyanews, 5 June 2024)

Frappes turques sur les régions kurdes, au moins deux combattants tués

Les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) qui contrôlent le nord-est de la Syrie ont affirmé vendredi que deux de leurs combattants avaient été tués dans des frappes aériennes turques.

"Des drones turcs ont visé deux voitures, parmi lesquelles un véhicule qui tentait de secourir des blessés, et un poste militaire de nos forces dans la région de Tall Hamis", ont annoncé les FDS dans un communiqué.

"Deux de nos combattants ont été tués", a ajouté le texte.

L'armée turque, qui déploie des soldats dans le nord de la Syrie, mène régulièrement des frappes contre les zones contrôlées par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie.

De son côté, l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une ONG basée au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, a affirmé que les frappes turques avaient fait trois morts dans les rangs des FDS, dont un responsable.

L'OSDH a précisé qu'"un véhicule militaire et une ambulance ont été visés par un drone turc".

Les Kurdes syriens ont établi une administration autonome dans les zones qu'ils contrôlent dans le nord et l'est de la Syrie depuis le déclenchement de la guerre dans ce pays en 2011.

Alliées des Etats-Unis, les FDS tiennent ces zones et ont été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique qui a été délogé du nord de la Syrie en 2019.

La guerre en Syrie, déclenchée en 2011, a fait plus d'un demi-million de morts, déplacé des millions de personnes et morcelé le territoire. (AFP, 31 mai 2024 )

Erdoğan says Northern Syrian elections a threat to Turkey

President Recep Tayyip Erdoğan has labeled the upcoming local elections in Syria’s Kurdish-controlled parts as a threat to Turkey and Syria’s territorial integrity.

"We are closely monitoring the aggressive actions against the territorial integrity of our country and Syria, under the pretext of a public vote by the terrorist organization … Turkey will never allow the establishment of a 'Terroristan' by a separatist group right across our southern borders in northern Syria and Iraq.” the president said yesterday in İzmir, where he visited to observe the Efes-2024 military exercise.

Ankara views the Kurdish-led autonomous administration in Syria’s north and east as an extension of the Kurdistan Workers’ Party (PKK), which has waged an armed insurgency against the Turkish state for four decades.

Erdoğan recalled Turkey’s previous military operations targeting the Kurdish-led groups and remarked, “"We have previously taken the necessary actions in the face of fait accompli ... and should we face the same situation again, we will not hesitate to act."

The National Security Council expressed similar sentiments in a statement following its May 28 meeting, highlighting the determination to “counteract the support provided to the PKK” and prevent any fait accompli against national security and the territorial integrity of neighboring countries.

The Autonomous Administration of North and East Syria will hold elections on June 11 to elect its local leaders. However, Erdoğan labeled the elections as “intensifying pressure and threats” on the local population.

The autonomous administration was formed during the Syrian war by Kurdish and Arab groups fighting against ISIS. On December 10, 2015, they announced the establishment of a 13-member legislative body called the Syrian Democratic Council. Since September 6, 2018, the council has been governing the legislative area known as the Autonomous Administration of North and East Syria.

Turkey has previously conducted four military operations in Syria, with two of them directly targeting the autonomous administration's territory, the 2018 "Operation Olive Branch" and the 2019 “Operation Peace Spring.”

The Autonomous Administration is not officially recognized by any state except the Catalan Parliament, but it maintains representations in France, Sweden, Germany, and Switzerland and has extensive military cooperation with the US and coalition countries against ISIS. (BIA, May 31, 2024)

Police raid ‘Kurdish language cafe” in Diyarbakır

A cafe in Diyarbakır recently announced it would exclusively serve customers in Kurdish to mark May 15 Kurdish Language Day. However, this morning, Pinê Cafe a police raid.

Police officers conducted a search at the cafe, located in the Ofis neighborhood, and detained the owner, Ramazan Şimşek, around 5:00 a.m. The raid was reportedly based on a tip-off, and Şimşek's legal proceedings are currently ongoing at the courthouse, as reported by Rûdaw.

Vedat Şimşek, Ramazan's brother, recounted that the police forced their way into the cafe and disrupted the premises. The cafe had previously been targeted on social media with claims that "Speaking Turkish is forbidden in this cafe," which brought it under scrutiny.

The Diyarbakır Bar Association has expressed support for Şimşek, providing him with legal assistance. In a statement, the Bar highlighted the importance of promoting the use of different languages in public spaces and criticized the discriminatory practices against the Kurdish language.

The initiative aimed to promote the use of native languages in public life and to draw attention to obstructive practices against this goal, said the bar. The police action against providing services in Kurdish, despite it being a legitimate and lawful right, exemplifies intolerance and discriminatory practices against the Kurdish language, it added. (BIA, May 29, 2024)

Minorités / Minorities

Erdogan a célébré le 571e anniversaire de la Conquête... L’éloge de l’Ottomanisme

Ragip Duran, TVXS.GR, 1er juin 2024

Lors de ma toute première visite à Athènes dans les années 70, j’étais étonné de voir un album de musique intitulé ‘’Elégie Pour La Chute de Konstantinopolis- 500e Année’’. Puis mes amis grecs m’ont expliqué la place et le rôle de cette ville dans la mémoire collective et l’inconscient des Grecs. ’’Perdre sa ville natale est un choc et un traumatisme qu’on n’oublie pas même 5 siècles après’’. De plus, l’existence dans cette ville du Patriarcat Œcuménique de Constantinople était également un facteur religieux et politique.

Par ailleurs, il est difficile pour la majorité des Turcs de ressentir cette tristesse amère. Car à l’exception des Turcs des Causasses (1864) et des Turcs des Balkans (1912) qui ont dû quitter leurs terres natales, la très grande partie de la population turque a vécu en Anatolie depuis 1071 sans perdre leur ville malgré plusieurs guerres.

Il faut également tenir en compte de l’animosité anti-grecque et des sentiments contre les chrétiens en général encore présents dans l’inconscience d’une partie des Turcs et dans la mentalité des dirigeants depuis essentiellement l’avènement au pouvoir du Comité de l’Union et du Progrès en 1908.

La chute de Constantinople, autrement dit la conquête par les musulmans Ottomans en 1453 fut un choc de longue durée pas seulement pour les habitants autochtones de la ville, mais pour l’ensemble du monde chrétien. Ce fut également la fin de l’Empire Byzantin, l’Empire Romain de l’Orient.

La conquête de la ville, selon des témoins oculaires et des études académiques fut extraordinairement horrible et terrible.

Mon collègue et ami le journaliste Stelios Berberakis, explique cette tragédie dans son article en turc publié cette semaine sur le site d’information populaire T24.com.tr. Il cite les chroniques de Yorgios Sfrancis et celles de Niccolo Barbaro, l’un bureaucrate orthodoxe byzantin, l’autre médecin vénitien, tous les deux présents dans la ville lors du siège de 3 mois et surtout lors de l’assaut qui avait duré 52 jours.

Le régime turc d’Erdogan, comme ses prédécesseurs, a célébré cette semaine le 571e anniversaire de la Conquête. Occasion encore pour faire l’éloge de l’Ottomanisme, de l’esprit conquérant voire de prédateur. Toujours anti-grec et anti-chrétien. Et tout cela présenté sous une forme de ‘’civilisation’’, de ‘’justice’’ et de ‘’gloire islamiste’’. Le maire d’Istanbul M.Imamoglu, comme l’ensemble des porte-paroles de l’opposition, a pu inventer, dans son discours, un parallélisme entre le prophète Mahomet, le sultan conquérant Mehmet II, Moustapha Kemal Atatürk et Istanbul !

Faut-il remarquer que ces célébrations de conquête ne datent que de 1910, donc avec 457 ans de retard. Les sultans ottomans n’avaient pas du tout fêté la prise de Constantinople. Les proto-kemalistes, l’organisation des Talat, Cemal, Enver Pachas avaient proposé en 1907 au Sultan Abdulhamid de célébrer la prise de la ville par les Ottomans. Le Sultan était catégorique : ‘’Mais non ! Vous êtes fous ! Voulez-vous enrager nos sujets grecs et orthodoxe?’’.

Cetin Altan (1927-2015) grand écrivain, journaliste, député et voire philosophe populaire qui avait influencé au moins 2 générations dans le sens du socialisme démocratique analysait en détail la société turque. Il disait : ‘’Célébrer cette violence sanglante est une manifestation du nomadisme. Les Turcs ne sont pas encore une communauté tout à fait sédentaire. Ils ont occupé les terres des étrangers. Mais ils savent plus ou moins qu’ils ne sont pas les vrais propriétaires de ces contrées. Et ils ont peur qu’un jour les vrais propriétaires reviennent reprendre cette patrie’’.

Orhan Pamuk, né en 1952, grand romancier, prix Nobel de la littérature en 2006 avait également prononcé un discours dans lequel il avait dit : ‘’ Des milliers d’hommes et de femmes sont morts lors de la conquête d’Istanbul, c’est pourquoi il ne faut pas célébrer cet événement, mais il faut le commémorer.’’

L’académie turque et tout le système d’éducation nationale plus le discours populaire présentent la conquête de Konstantinopolis comme un grand événement complètement positif ‘’qui a changé le cours de l’histoire mondiale’’.

‘’La conquête se poursuit’’ estime un ancien député kurde en exil en Allemagne. ‘’Et pas seulement au Kurdistan, mais encore à İstanbul. Erdogan après La Sainte-Sophie a également récemment transformé en mosquée l’église Saint-Sauveur-in Chora’’.


Politique intérieure/Interior Politics

DEM Party calls for early elections

Peoples' Equality and Democracy Party (DEM Party) Co-Chair Tülay Hatimoğulları stated that the right to vote and be elected was ignored regarding the appointment of trustees in Hakkari. Calling for early elections, Hatimoğulları described the current government as “illegitimate”.

A meeting was held in Hakkari where DEM Party Co-Chairs Tulay Hatimoğulları and Tuncer Bakırhan, Democratic Regions Party (DBP) Co-Chairs Keskin Bayındır and Çiğdem Kılıçgün Uçar met with NGOs and professional chambers. The main agenda of the meeting organized at the KESK Branches Platform building was the trustee appointment.

Hatimoğulları summarized the recent developments:

"The appointment of the trustee [to the Hakakri municipality] is a coup against democracy and Kurds. Though they claim otherwise, this is a coup. Erdoğan threw his support behind it. They are the ones who pit Turks and Kurds against each other, who rule the country like a gang, who do not recognize the law. A policy is being carried out as if they have taken an oath. Today, people across Turkey reject the trustee regime.

"The illegitimate ‘palace administration’ and its partner must resign immediately. If they do not resign, Turkey must immediately go to early elections. AKP and its partner MHP are now illegitimate, they have once again confirmed their illegitimacy. They have already lost power, they will go to the dustbin of history. The figures of the last elections show that they have lost the support of the people and they are taking political revenge on us."

"The conditions for early elections in Turkey have now been created and we are announcing our call for early elections to the whole public in Turkey from Hakkari, where they are trying to expand the trustee regime, where they have chosen as a focus.”

“Hakkari is a very important strategic place”
The other co-chair Bakırhan made the following statement:

"Hakkari is a very important strategic place. There is a reason why they are obsessed with this beautiful, honorable province. Of course, your stance hurts them directly. The fact that you have three MPs in every election is a wound from the heart. But may their wounds deepen and may Allah hold those who commit this oppression to account." (BIA, 6 June 2024)

DEM Party Spokesperson Ayşegül Doğan banned from leaving the country

DEM Party Spokesperson and Şırnak MP Ayşegül Doğan was prevented by the police at Istanbul Airport from attending the meeting of the Subcommittee on Public Health and Sustainable Development of the Social Affairs Committee of the Parliamentary Assembly of the Council of Europe (PACE) in Paris yesterday.

Airport police informed Doğan 10 minutes before her flight to Paris that she would not be allowed to travel abroad due to a ruling by the Diyarbakır 9th High Criminal Court dated 2020. The “restriction” imposed during her trial in Diyarbakır was lifted in 2023 in accordance with Article 83 of the Constitution on parliamentary immunity due to her election as an MP.

“As a member of parliament,  the Speaker of the Turkish Grand National Assembly should explain why I cannot attend the meeting in Paris tomorrow,” Doğan said. (BIA, 4 June 2024)

Tensions et bagarre entre élus après la destitution d'un maire prokurde

La destitution d'un maire prokurde dans le sud-est de la Turquie continuait mardi de susciter des tensions dans le pays avec des manifestations dans la région concernée et une bagarre entre députés au parlement à Ankara.

Selon les témoins, plusieurs personnes ont été blessées et interpellées après l'intervention des forces de l'ordre dans la ville de Hakkari, dont l'édile, élu du parti pro-kurde DEM, a été destitué et placé en garde-à-vue lundi, accusé d'"appartenance à une organisation armée terroriste"

A Ankara, une bagarre filmée par les caméras du parlement a opposé des députés du parti au pouvoir AKP à ceux du DEM qui entendaient occuper les lieux pour dénoncer la nomination d'un maire de substitution à Hakkari.

Alors que ces derniers (DEM) ont entonné "épaule contre épaule contre le fascisme", les députés AKP ont répondu "A bas le PKK".

Les députés du parti au pouvoir ont ensuite arraché les banderoles des mains de leurs opposants et, dans la confusion qui s'en est ensuivi, plusieurs élus ont été jeté à terre, selon la vidéo tournant sur les réseaux sociaux.

Le DEM (ex-HDP) est régulièrement accusé par le gouvernement turc de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe armé considéré comme terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux, ce que ce parti dément.

Mehmet Siddik Akis est le premier maire prokurde destitué depuis les élections municipales du 31 mars, au cours desquelles le parti DEM a obtenu 77 municipalités à travers la Turquie.

La police est intervenue contre ses partisans en tirant des balles en caoutchouc, selon le média d'opposition Medyascope, alors que le gouverneur de la province d'Hakkari a interdit toute manifestation jusqu'au 12 juin.

Une délégation de parlementaires et de dirigeants du parti DEM (ex-HDP), la troisième force au Parlement, s'est rendue sur place lundi.

Le CHP, principal parti d'opposition, social démocrate, a exprimé son soutien à l'édile destitué et envoyé une délégation à Hakkari.

Une cinquantaine de maires du parti prokurde élus en 2019 avaient été remplacés par des administrateurs, des "kayyums", nommés par l'Etat.

L'ancien coprésident de cette formation, Selahattin Demirtas, incarcéré depuis 2016, a été condamné en mai à 42 ans de prison, notamment pour atteinte à l'unité de l'Etat.
  (AFP, 4 juin 2024)

La destitution d'un maire pro-kurde mobilise l'opposition

Le maire prokurde de Hakkari, une ville de l'extrême sud-est de la Turquie, a été destitué et remplacé par le gouverneur pour "appartenance à une organisation armée terroriste", suscitant une vague de réprobation au sein de l'opposition.

Il s'agit de la première destitution d'un maire prokurde depuis les élections municipales du 31 mars, au cours desquelles le parti prokurde DEM a obtenu 77 municipalités à travers la Turquie.

Le maire, Mehmet Siddiq Akis, a été placé en garde à vue pour "appartenance à une organisation terroriste" selon le ministère de l'Intérieur.

"Cette illégalité ne vise pas seulement les habitants de Hakkari ou le parti DEM, c'est une atteinte à la liberté de vote", a jugé Gulistan Kiliç Kocyigit, la vice-présidente du groupe parlementaire DEM (ex-HDP), la troisième force au Parlement.

  "Nous invitons l'opinion publique démocratique à réagir à cette illégalité", a-t-elle ajouté.

Réagissant à cette invite, le CHP, première force d'opposition au sein du Parlement, a exprimé son soutien à l'édile destitué et annoncé en début de soirée l'envoi d'une délégation du parti sur place, à Hakkari.

"La nomination d'un maire de substitution à Hakkari montre que le gouvernement n'a pas entendu le message" envoyé par les électeurs lors des municipales du 31 mars, a estimé le porte-parole du CHP, Deniz Yücel.

Selon Mme Kocyigit, une délégation de parlementaires et de dirigeants du parti DEM s'est également rendue à Hakkari.

Mais alors que le gouverneur de la ville a interdit toute manifestation pour les dix prochains jours, les rassemblements de soutien au parti DEM et à ses élus n'ont pas davantage pu se tenir à Istanbul ou à Diyarbakir, la principale ville kurde du sud-est.

"Et voilà, ça recommence", a réagi sur X le rapporteur sur la Turquie au Parlement européen Nacho Sanchez Amor.

Une cinquantaine de maires du parti prokurde élus en 2019 avaient été remplacés par des administrateurs, des "kayyoums", nommés par l'Etat.

Cette "attaque flagrante aux principes démocratiques" est pour l'eurodéputé "le moyen le plus rapide pour le gouvernement turc de démolir tout espoir de relance de l'adhésion".

Des images diffusées sur X par le compte  de l'association étudiante militante Ögrenci Faaliyeti ont montré les forces de l'ordre bloquer l'accès au point de rendez-vous à Istanbul.

D'autres images partagées sur le même réseau social ont montré plusieurs dizaines de personnes rassemblées à Hakkari et Diyarbakir malgré l'interdiction.

"Mehmet Siddik Akis a été démis de ses fonctions à titre provisoire", a affirmé le ministère de l'Intérieur sur X, précisant que le gouverneur, Ali Celik, avait été nommé "vice-maire", à sa place.

Le DEM est régulièrement accusé par le gouvernement turc de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe armé considéré comme terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux, ce que ce parti dément.

L'ancien coprésident de cette formation, Selahattin Demirtas, incarcéré depuis 2016, a été condamné en mai à 42 ans de prison, notamment pour atteinte à l'unité de l'Etat. (AFP, 3 juin 2024)


Forces armées/Armed Forces

Deux pilotes tués dans un crash d'avion militaire

Deux pilotes militaires en formation ont été tués dans un crash d'avion à Kayseri, dans le centre de la Turquie, a annoncé mardi le ministère turc de la Défense.

Après avoir décollé de la base militaire de Kayseri pour un vol de formation, l'avion s'est écrasé au sol pour une raison inconnue, a ajouté le ministère.

Sur les premières images diffusées par les médias turcs, des flammes et une fumée noire se dégageaient de la carcasse de l'avion à moitié carbonisée. L'appareil s'est visiblement écrasé dans un champ agricole.

"Je transmets mes condoléances aux familles de nos martyrs, à notre armée héroïque et à notre nation", a affirmé le ministre turc de l'Intérieur Ali Yerlikaya sur X.

Des pompiers, des secouristes, ainsi que des gendarmes ont été dépêchés sur place, selon les images de l'agence étatique Anadolu. (AFP, 4 juin 2024)

Utilisation d’armes interdites contre la guérilla kurde

Les Unités féminines libres (YJA Star) ont déclaré avoir saisi des explosifs utilisés contre les tunnels de résistance et a expliqué leurs effets.

Les combattantes de YJA Star ont publié des images de bombes thermobariques et de bombes lourdes saisies à l’armée turque, lesquelles sont descendues dans les tunnels de guerre des combattants pour les éliminer. Les combattantes ont réussi à ouvrir plusieurs dispositifs explosifs et à en montrer le contenu.

Les combattantes ont indiqué qu’elles ne pouvaient pas faire de déclaration claire sur la composition des explosifs, mais ont précisé que « l’odeur est très forte ».

Arme chimique potentielle

Parmi les bombes, on trouve une bombe lourde contenant une grande quantité de substance chimique.

La combattante qui a montré les bombes a expliqué qu’aucune déclaration précise ne pouvait être faite sur la substance qu’elles contiennent. Il n’est toujours pas clair si cette substance est chimique.

Il y a évidemment des morceaux bruns et résineux mélangés à la poudre blanche. Il est possible qu’il s’agisse de poisons mélangés. Des armes chimiques sont régulièrement utilisées dans les zones de défense de la guérilla.

Les explosions émettent de grandes quantités de fumée blanche ou de grands nuages en forme de champignon. Les armes chimiques font partie des armes interdites internationalement.

Résidus d’explosifs chimiques

Les images et les photographies montrent une poudre grise ou une substance chimique.

Ces résidus indiquent l’utilisation d’explosifs contenant des produits chimiques. (armenews.comm, 28 mai 2024)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Germany started training its own imams to replace the ones sent by Turkey

More than 1,000 imams in Germany are deployed and paid by the Turkish Directorate of Religious Affairs, Diyanet. Germany wants to gradually replace them with German-trained clerics, but it will be a long process.

At their annual press conference in May, Germany’s largest Islamic association, the Turkish-Islamic Union for Religious Affairs (DİTİB) announced that they will extend their imam training. Starting in 2025, 75 Turkish graduates of Islamic theology will be trained annually in Germany. This will include intensive training in language and culture as well as training related to their clerical and social work. The goal is to gradually replace the more than 1,000 Turkish-trained imams deployed to Germany by Diyanet, a measure seen as overdue for the integration and independence of the Muslim community in Germany. Instead of being deployed for four to five years, the German-trained Imams would commit to staying in Germany for at least ten years, preferably longer.

This follows an agreement reached by the German Ministry of the Interior, DİTİB, and the Turkish government to train 100 Islamic clerics per year in Germany while simultaneously reducing the number of imams sent from Turkey. So far, only 58 imams have been trained in DİTİB’s training center since 2019. The imams in DİTİB will no longer be supervised by the Turkish consulate but by the association itself. This aims to reduce foreign influence on Islamic communities in Germany.

The relationship between DİTİB and the German government has been strained over the last few years. When the central mosque in Cologne was inaugurated in 2018 by Turkish President Erdoğan, many German politicians considered this an affront to their country. The mayor of Cologne who supported the construction of the new central mosque was not invited. In 2023, a Taliban spokesperson talked in a DİTİB mosque, which was later condemned by the association saying they were not informed, and they condemn all forms of extremism. Further tensions arose after DİTİB was reluctant to distance themselves from Ali Erbaş, president of Diyanet and head of the 1,000 imams deployed to Germany, after his antisemitic statements following the Hamas attack on Israel.

“We need preachers who speak our language, know our country, and stand up for our values. We want imams to engage in interreligious dialogue and discuss questions of belief in our society.” Nancy Faeser, Germany’s Minister of Interior.

DİTİB also trains German graduates of Islamic theology, but the demand is not enough to reach the annual goal of 100 German-trained Imams. In Germany, students of Islamic theology are mainly female and DİTİB  does not accept women as imams. Training of Turkish imams is still necessary according to Eyüp Kalyon, DİTİB secretary-general: “We anticipate a demand for the coming years and decades that we cannot meet with the applicants from our training program originating from the Islamic Studies Program (UIP) and the Centers for Islamic Theology here in Germany.”

DİTİB is the largest Islamic organization in Germany with around 900 affiliated mosque communities. It is controlled and financed by the Turkish Directorate of Religious Affairs, Diyanet. Diyanet deploys imams to Germany for four or five years, who are civil servants paid by the Turkish state and often have little to no knowledge of German language and culture. This practice has been criticized for years, as the imams are controlled directly by the Turkish government. There have been accusations of them being used for political influence and spying after the attempted coup in 2017, though it has not been proven. (BIA, 6 June 2024)

Socio-économique / Socio-economic

Nouveau pic de l'inflation en mai, mais confiance des autorités pour la suite

L'inflation a atteint 75,45% sur un an en mai en Turquie, contre 69,8% le mois précédent, selon les données officielles publiées lundi, un taux conforme aux prévisions de la Banque centrale qui assure que les prix baisseront dès le mois prochain.

Les prix à la consommation ont grimpé de 3,7% sur un mois, a annoncé l'Office national des statistiques (Tüik), confirmant les prévisions à la hausse de la Banque centrale turque.

Son gouverneur Fatih Karahan a promis début mai que l'inflation commencerait à baisser en juin après un ultime pic en mai. Il avait également revu légèrement en hausse sa prévision pour la fin de l'année, à 38%.

"Le plus dur est passé", s'est félicité le ministre de l'Economie Mehmet Simsek sur "X", réaffirmant que "la baisse permanente de l'inflation débutera en juin".

"Nous avons constaté ce mois-ci le niveau d'inflation annuel le plus élevé, qui inclut les effets cumulés des douze derniers mois. Ainsi, la période de transition dans la lutte contre l'inflation est achevée et nous entrons dans le processus de désinflation", a ajouté le ministre.

Selon lui, le taux d'inflation en glissement annuel se situera "très probablement en dessous de 50% d'ici la fin du troisième trimestre".

"Le marché prévoit une désinflation et s'attend à ce que l'inflation annuelle soit de 33,2% après 12 mois et de 21,3% après 24 mois", prévoit le ministre nommé en juin 2023, immédiatement après la réélection du président Recep Tayyip Erdogan pour corriger une spirale inflationniste alimentée par la politique baroque de ses prédécesseurs.

L'équipe Simsek et la Banque centrale ont notamment relevé les taux d'intérêt de 8 à 50%.

  "Notre première année (aux affaires, ndlr) était une année de transition, il fallait rebâtir une politique monétaire. Tout ceci prend du temps", a justifié M. Simsek lors d'un entretien lundi à la chaine privée NTV lors duquel il a réitéré sa confiance en l'avenir.

"L'inflation est en voie de baisser de façon permanente (...) nous arrivons aux dernières étapes d'une réforme qui garantira des taxes justes et efficaces" a-t-il encore promis, en reconnaissant avoir imposé une "TVA et des taxes inflationnistes" à la consommation.

Selon le groupe d'économistes indépendants Enag, le taux réel de l'inflation sur douze mois atteignait 120,66% en mai, avec une hausse de 5,66% sur le mois.

- Désinflation chaotique -

 La performance est toutefois jugée "un peu décevante" par Liam Peach, analyste du cabinet Capital Economics qui évoque "quelques surprises désagréables": "il semblait que les pressions sur les prix s'atténuaient ces derniers mois, mais la hausse en mai est "plus élevée qu'en mars et avril", relève-t-il. Une "désinflation chaotique nous attend", prévient-il.

Les statistiques officielles de la Tuïk relèvent une hausse des prix sur le mois écoulé de 8,82% pour le café, de 5,4% pour le pain et près de 7% pour les fruits et légumes. La hausse est de 8% pour l'éducation primaire.

Dans son rapport trimestriel, publié le 9 mai, la Banque centrale relevait les relèvements de prix particulièrement élevés (+124,5%) pour les loyers, de 100,8% pour les services de transports et de 103,9% dans l'éducation privée.

L'économiste Iris Cibre a calculé que "pour atteindre l'objectif de la Banque centrale d'une inflation à 38% en fin de l'année, il faudrait en moyenne une hausse mensuelle de 1,17% sur les sept prochains mois".

"Pendant ce temps, les salaires vont fondre de 26%", ajoute-t-elle en rappelant que le gouvernement a annoncé le gel des traitements de la fonction publique et des pensions de retraite.

Par contrer l'envolée des prix à la consommation, rendue largement responsable de la défaite électorale du parti AKP au pouvoir, fin mars aux municipales, M. Simsek a lancé le mois dernier un plan de rigueur sur trois ans.

"Notre priorité est de combattre la cherté de la vie. Une faible inflation à un chiffre est indispensable pour une croissance durable", avait-il déclaré en énumérant de nombreuses restrictions de budget "pour l'ensemble du service public".

Certaines doivent être soumises au Parlement.

"Les attentes se rapprocheront de nos objectifs dans la période à venir", affirme encore M. Simsek.

"Parvenir à la stabilité des prix demande de la patience et du temps, et nous sommes déterminés à atteindre notre objectif". (AFP, 3 juin 2024)

A Istanbul, mouvement de fronde contre un projet de "massacre" de chiens errants

"Ne restez pas silencieux, dites non au massacre!": des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Istanbul pour s'opposer à un projet de loi controversé envisageant l'euthanasie des chiens errants pour contrer leur prolifération  à travers le pays.

Des manifestants, certains vêtus de t-shirts imprimés d'images de chats et chiens, d'autres brandissant des pancartes ornées de photos de canidés aux yeux implorants, ont répondu à un appel au "Rassemblement pour la Justice" sur la place Yenikapi, sur la rive européenne d'Istanbul.

"Ne restez pas silencieux, dites non au massacre!", a scandé la foule.

Les défenseurs de la cause animale, de tous âges et de différents bords politiques, s'opposent à l'initiative du parti AKP au pouvoir pour contrôler les quatre millions de chiens errants du pays, selon les chiffres officiels. En 2022, le ministre de l'Agriculture parlait toutefois de dix millions.

Une loi en préparation envisagerait leur capture massive, leur stérilisation et leur puçage puis, faute d'adoption dans les 30 jours, leur euthanasie.

Les opposants plaident pour leur part pour de véritables campagnes de stérilisation et dénoncent le manque de moyens alloués à la question.

"Ce n'est pas bon pour les animaux, c'est une loi sur le meurtre", s'indigne Sule Giritlioglu, une ingénieure de 27 ans.

"Nous pensons que la prochaine cible sera les chats", a poursuivi Mme Giritlioglu auprès de l'AFP.

 - 'Pas de justice' -

 Les chiens et chats errants font partie intégrante du quotidien des Turcs, qui sont nombreux à prendre soin d'eux.

Mert Tuncel, 28 ans, porte ainsi secours à des animaux victimes de violences à l'aide de dons récoltés grâce à sa page Instagram Arazi_mamadestek.

Assis sur une pelouse à proximité de la place Yenikapi, il a emmené "Sans" (chance, en français), une chienne maltraitée et amputée de plusieurs pattes.

"Il n'y a personne pour sanctionner ça(...). Il n'y a pas de justice", se désole-t-il auprès de l'AFP.

Necla Ilgiz, une femme au foyer de 55 ans, rapporte elle aussi comment elle s'occupe de chiens et de chats errants.

"Inch Allah (la loi) ne passera pas", espère-t-elle en se disant "bouleversée" . "Nous ne pourrons jamais accepter ça".

Mais la Turquie est classée "à haut risque" pour la circulation de la rage dans le pays par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Et 55 décès ont causés par des chiens, par morsure ou dans des accidents de la circulation, au cours des cinq dernières années.

Le président Recep Tayyip Erdogan a reconnu cette semaine que la Turquie avait "un problème de chiens errants qui n'existe dans aucun pays développé" et cité notamment l'augmentation des cas de rage.

"Il faut passer à des méthodes plus radicales", a insisté le chef de l'Etat, prônant stérilisation et campagnes d'adoption pour éviter "de passer à l'étape suivante".

 - 'Diviser' -

 Une loi en vigueur depuis 2021 oblige les municipalités à créer des refuges, avec une date-butoir variable selon leur taille. Mais selon la Fédération des droits des animaux (Haykonfed), 1.100 des 1.394 municipalités de Turquie n'en disposent pas.

Ces derniers mois, de nombreux accidents ont été relatés dans la presse et sur les réseaux sociaux. Une scène montrant un chien jaune se ruant et renversant une femme âgée filmée cet hiver à Kadikoy, sur la rive asiatique d'Istanbul, et les graves morsures infligées à une fillette d'Ankara, en décembre, ont bouleversé le pays.

Il s'agit pour Emre Onuk d'une "mauvaise propagande", entamée juste avant les élections municipales du 31 mars.

Ces images choquantes détournent l'opinion publique du "vrai problème", estime M. Onuk: Les financements ne sont pas assez utilisés", indique-t-il à l'AFP.

Pour cet ingénieur de 42 ans, avec le projet de loi, l'AKP d'Erdogan, qui a subi un revers lors du denier scrutin, cherche "un moyen de reconsolider son pouvoir" en tentant de "diviser les gens". (AFP, 2 juin 2024)

La Turquie, débordée, cherche à contrôler les chiens errants

Le chien jaune se rue et renverse sa victime sur la chaussée. La femme âgée ne doit son salut qu'à la courageuse intervention des passants.

La scène, filmée cet hiver à Kadikoy, sur la rive asiatique d'Istanbul, comme les images des graves morsures infligées à une fillette d'Ankara, tournent en boucle sur les réseaux sociaux, témoignant de l'agressivité de certains molosses et de la lassitude de la population.

Des associations qui militent pour "des rues sans chiens" ont convaincu le gouvernement de préparer une loi très discutée pour contrer la prolifération des chiens errants à travers le pays.

Selon le gouvernement, leur nombre atteint quatre millions - un ministre de l'Agriculture parlait en 2022 de dix millions - et le président Recep Tayyip Erdogan lui même, entre deux prises de parole sur Gaza, s'en est inquiété mercredi.

"Nous avons un problème de chiens errants qui n'existe dans aucun pays développé", a-t-il relevé, citant l'augmentation des cas de rage - la Turquie est classée "à haut risque" par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) - et d'accidents de la circulation dus aux chiens (3.544 sur les cinq dernières années) ainsi que "55 décès" et plus de 5.000 blessés.

En préparation à l'initiative du parti AKP au pouvoir, le projet de loi prévoit la capture massive des animaux, leur stérilisation et leur puçage; puis faute d'adoption dans les 30 jours, une euthanasie.

C'est ce point, surtout, qui suscite une vive controverse dans le pays en raison de "la tragédie de Hayirsizada": en 1910, 60.000 chiens errants (selon les estimations), ont été capturés au lasso à Istanbul et envoyés sur ce rocher désert au milieu de la mer de Marmara, où ils s'entredévorèrent.

 - "Massacre" vs stérilisation -

 Cette mémoire, preuve que l'idée d'abattre les chiens errants n'est pas nouvelle, heurte les défenseurs des animaux qui dénoncent "un massacre" à venir sous couvert d'euthanasie.

Ainsi, le Dr Haydar Özkan, vice-président de la Fédération des droits des animaux (Haykonfed), plaide dans le journal Duvar pour une stérilisation efficace alors que "1.100 des 1.394 municipalités de Turquie ne disposent même pas de refuge".

Une manifestation est d'ailleurs organisée dimanche à Istanbul pour protester contre tout projet d'euthanasie dans la loi et défendre la stérilisation.

La loi en vigueur depuis 2021 oblige les municipalités à créer de tels sites d'accueil, avec une date-butoir variable selon leur taille. Mais les défenseurs des animaux dénoncent les faibles moyens dévolus à la cause.

Face au débat qui enfle, le ministre de l'Agriculture, Ibrahim Yumakli, assure qu'"il est possible de contrôler la prolifération des chiens errants en stérilisant 70 % d'entre eux en un an". Cependant, ajoute-t-il, sur les cinq dernières années, 260.000 l'ont été en moyenne par an.

"Il faut passer à des méthodes plus radicales", insiste donc le chef de l'Etat qu'inquiète la mauvaise image du pays à l'étranger, prônant stérilisation et campagnes d'adoption pour éviter "de passer à l'étape suivante".

L'Ordre des vétérinaires de Turquie s'oppose à tout projet d'euthanasie dans la loi, se plaignant de ne pas avoir été consulté. "La mise à mort n'est pas une solution. La population des chiens pourrait être réduite en peu de temps avec une stérilisation effective", a-t-il affirmé dans un communiqué.

"Nul ne doit questionner notre clémence", martèle en retour le président Erdogan, tout en rappelant que les méthodes passées "n'ont pas apporté de solution": "Il faut résoudre cette question au plus vite pour rendre les rues sûres pour tous, spécialement les enfants".

En attendant, pro et anti-chiens s'écharpent, les derniers échangeant des récits d'épouvante qui évoquent enfants et personnes âgées attaqués par les chiens en ville.

Un cyclotouriste, @Franck1936, affirme aussi sur "X" avoir renoncé à traverser la Turquie à vélo à cause des attaques de canidés sur ses roues: "Le vélo les rend cinglés", dit-il. (AFP, 31 mai 2024 )


Malgré les injonctions d’Erdogan, la natalité turque est en berne

Alors que le président turc ne cesse d’inciter ses compatriotes à faire de nombreux enfants, le taux de natalité n’a cessé de baisser au cours de ses vingt-deux années au pouvoir. En 2023, il s’est établi à 1,51 enfant par femme, un record. Et “une catastrophe” pour Recep Tayyip Erdogan.

“Faites au moins trois enfants !” Cette recommandation, qui prend parfois la forme d’une injonction, le président islamo-nationaliste de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, n’a cessé de la répéter lors de ses rencontres avec la jeunesse turque ou de ses multiples discours à la nation, avec l’idée que la démographie est une arme qui renforce le poids économique et géopolitique d’un pays.

Mais, au long de ses vingt-deux ans de pouvoir, les Turcs ont, semble-t-il, fait la sourde oreille. Au grand dam d’Erdogan, le taux de natalité n’a cessé de baisser depuis 2001, jusqu’à atteindre un plus-bas historique, selon l’Office national de la statistique en Turquie (Tüik).

Alors qu’il s’établissait à 6,38 enfants en moyenne en 1960 et à 2,38 en 2001, le nombre moyen d’enfants par femme est tombé à 1,51 pour l’année 2023 [contre 1,68 en France pour la même année], un chiffre bien inférieur au seuil de 2,1 enfants nécessaire pour assurer le renouvellement naturel de la population.

Le coupable désigné : l’Eurovision

“C’est une catastrophe, un danger existentiel pour la Turquie”, s’est ému publiquement le président turc, le 20 mai, à la suite de la publication des chiffres officiels, rapporte l’hebdomadaire Gazete Oksijen.

Il a tout de suite désigné un coupable : l’Eurovision. La victoire d’un artiste suisse, Nemo, portant une jupe sur scène illustrerait, selon le dirigeant islamo-nationaliste, l’activité de nombreux “chevaux de Troie” venus de l’étranger et visant à “dégenrer” la jeunesse turque et à l’inciter à ne pas se reproduire.

La BBC Türkçe s’est, de son côté, entretenue avec des spécialistes de la question et propose d’autres explications au phénomène, notamment économiques. Le pays a été confronté ces dernières années à une crise économique et monétaire qui a précipité de nombreuses familles dans la pauvreté. “Le manque de moyens économiques et la peur du lendemain peuvent inciter les gens à renoncer à avoir des enfants, ou à reporter cette décision à plus tard”, précise ainsi la démographe Selin Köksal.

De fortes disparités régionales

L’accès à l’éducation et à la contraception pousse aussi les femmes à planifier les naissances, et la majorité d’entre elles font désormais le choix de n’avoir qu’un ou deux enfants, ajoute le démographe Alanur Çavlin.

La tendance à la baisse de la natalité s’étend à l’ensemble du pays, même si des différences nettes perdurent entre l’ouest du pays, plus développé économiquement, et l’est, en particulier les régions à majorité kurde. Ainsi, si le nombre moyen de naissances par femme s’élève à 1,2 dans des villes comme Istanbul ou Ankara, il est de 2,72 à Sirnak, à la frontière irakienne, ou de 2,4 à Mardin, à la frontière syrienne.

Une situation qui alarme le quotidien d’opposition conservateur Karar. Lequel s’inquiète aussi de l’arrivée de migrants et de réfugiés dans le pays : “Le nombre de Turcs en Turquie est en train de s’effondrer, comment peut-on se dire nationaliste et tolérer cela ? Comment la situation a-t-elle pu se dégrader si vite sous la présidence Erdogan ?” s’indigne un éditorialiste.

La France, un exemple à suivre ?

Plutôt que d’accuser l’augmentation des divorces, de parler de “complot contre la famille” ou de “LGBTIsation” de la société, le pouvoir turc ferait bien de s’inspirer de la France s’il veut inverser la tendance, estime la sociologue Ilknur Yüksel Kaptanoglu, interrogée par le média en ligne Bianet : “La France est le pays en Europe qui a le taux de fécondité le plus élevé, notamment car elle permet aux femmes qui souhaitent avoir des enfants de continuer à travailler en leur proposant des solutions […] de garde d’enfants”, quasi inexistantes en Turquie, souligne la chercheuse.

Alors que 65 % de la population turque a aujourd’hui moins de 40 ans et seulement 12 % plus de 65 ans [contre 22 % en France], la question de l’anticipation du vieillissement massif de la population se pose, explique le quotidien Birgün. Il n’existe pas de maisons de retraite, ni de système d’aide à domicile subventionnée pour les personnes âgées.

La croissance économique, longtemps portée par les chantiers d’infrastructures nécessaires pour faire face à l’augmentation de la population, devrait désormais s’orienter vers la technologie, à condition que l’État prenne les mesures appropriées, estime le quotidien. Une chose est sûre : “Dans sa vaine colère, Erdogan, qui ne fait que répéter ses injonctions à faire trois enfants, se bat désormais contre des moulins à vent.” (Courrier international, 30 mai 2024)

Douze personnes blessées lors de turbulences dans un avion entre Doha et Dublin

Douze personnes ont été légèrement blessées dimanche dans un avion qui reliait Doha à Dublin, en raison de turbulences au-dessus de la Turquie, ont annoncé l'aéroport de la capitale irlandaise et la compagnie Qatar Airways.

"Six passagers et six membres d'équipage (12 au total) ont signalé avoir été blessés dans des turbulences alors que l'avion survolait la Turquie", a indiqué l'aéroport de Dublin sur X (anciennement Twitter).

L'avion de Qatar Airways "a atterri en toute sécurité comme prévu à l'aéroport de Dublin peu avant 13H00 (12H00 GMT) ce dimanche", a ajouté cette source.

"Un petit nombre de passagers et de membres d'équipage ont été légèrement blessés en vol et reçoivent actuellement des soins médicaux", a indiqué de son côté Qatar Airways dans un communiqué. L'incident fait l'objet d'une enquête interne, a-t-elle ajouté.

Des services d'urgence, notamment la police de l'aéroport et les services d'incendie et de secours, ont été mobilisés, selon l'aéroport.

"L'équipe de l'aéroport de Dublin continue à fournir une assistance complète au sol aux passagers et au personnel de la compagnie aérienne", a ajouté cette source.

Cet incident intervient après la mort mardi d'un Britannique de 73 ans dans un vol de Singapore Airlines entre Londres et Singapour, à cause d'extrêmes turbulences. Une centaine de personnes ont été blessées, plusieurs souffrant de blessures au crâne, au cerveau et à la colonne vertébrale.

Des photos prises à l'intérieur de l'avion de Singapore Airlines après son atterrissage à Bangkok ont montré une cabine sens dessus dessous, jonchée de nourriture, de boissons et de bagages, avec des masques à oxygène pendant du plafond. (AFP, 26 mai 2024 )

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Report of the Council of Europe: Prisons record belongs to Turkey

The Council of Europe’s annual penal statistics for 2023 is published today. The report – which is compiled by the University of Lausanne – includes data from 48 prison administrations across Europe on issues including total prison populations, imprisonment rates and levels of overcrowding as well as the profile of prison populations (including by age, gender and nationality) and rates of suicide and escape.

Some potentially interesting points concerning Turkey are as follows:

- The countries with the highest total number of inmates on 31 January 2023 were Turkey (348,265), the UK (90,964 in total across 3 prison administrations), France (72,294), Poland (71,228), Germany (56,294) and Italy (56,127) [Key Findings, Table 3]

- The prison administrations with the highest prison population rates (inmates per 100,000 inhabitants) on 31 January 2023 were Turkey (408), Georgia (256), Azerbaijan (244), Moldova (242), Hungary (211), Poland (194), Slovakia (183) and Albania (179) [Key Findings, Table 3]

- The prison administrations with the highest ratio of inmates per staff member on 31 January 2023 were Turkey (4.5), North Macedonia (2.7), Georgia (2.7), Serbia (2.6), Cyprus (2.6), Poland (2.5), Moldova (2.4), Greece (2.4), Spain (total) (2.2) and Hungary (2.2) [Key Findings, Table 3]

- In countries with over 500,000 inhabitants, the prison administrations with the highest percentage change in population rates from 2022 to 2023 were Moldova (52%), North Macedonia (26%), Cyprus (25%), Turkey (15%), Azerbaijan (13%), Ireland (12%), Montenegro (11%) and Armenia (11%) [Graphs, Figure 15]

- In countries with over 500,000 inhabitants, the prison administrations with the highest percentage change in population rates from 2005 to 2023 were Turkey (439%), Cyprus (76%), Albania (63%), Serbia (55%), Malta (45%), North Macedonia (36%), Croatia (35%) and Hungary (30%). (Info-Türk, 6 June 2024)

Erdogan va participer au prochain sommet du G7 en Italie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan participera au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G7 programmé en juin en Italie, a annoncé mercredi le bureau de la Première ministre italienne.

Le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement - qui devrait se focaliser sur les conflits en Ukraine et à Gaza - se tiendra du 13 au 15 juin à Borgo Egnazia, un resort de luxe près de Bari, dans les Pouilles, dans le sud de l'Italie.

Le G7 comprend, outre l'Italie, le Canada, la France, l'Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a parlé à M. Erdogan et l'a remercié "d'avoir confirmé sa participation" au sommet.

Ensemble, ils ont fait le point sur "l'état des relations bilatérales et des principaux scénarios de crise internationaux", selon les services de Mme Meloni.

Le pape François doit aussi participer aux travaux du G7, en participant à une session dédiée à l'intelligence artificielle.

Le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ainsi que le président des Emirats arabes unis cheikh Mohammed ben Zayed al-Nahyane feront aussi le déplacement en Italie. (AFP, 29 mai 2024 )

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Le coup porté à l’art par le bellicisme ambiant…



Doğan Özgüden
(Artı Gerçek, 3 juin 2024) 
Scandale lors d’un concours international de violon après que le dirigeant ukrainien ait été soutenu à Bruxelles avec des F-16 et des promesses de prêt d’un milliard de dollars
Le son du violon est l’une de mes passions qui m’a permis de garder le moral au plus haut durant les périodes les plus difficiles de ma carrière de journaliste… Les improvisations de virtuoses comme Sadi Işılay et Nubar Tekyay, diffusées dans des programmes musicaux en dehors des actualités sur notre radio à lampe, pile et batterie dans les gares d’Anatolie centrale où mon père cheminot était en service durant la Seconde Guerre mondiale, m’avaient beaucoup impressionné.
 
Quant à mon addiction au charme du violon dans la musique classique occidentale, elle date de l’époque où mon père cheminot fut muté à Izmir et que nous nous installâmes dans une maison communale de la 1423e rue du quartier pauvre de Kahramanlar, où le journaliste turc Ertuğrul Özkök a, dans un de ses derniers écrits, révélé être né et avoir grandi.
 
Je devais travailler pour poursuivre mes études supérieures. En 1953, j’avais commencé à travailler comme sténographe au Sabah Postası (Journal du Matin), le seul journal smyrniote d’opposition au gouvernement du Parti démocrate. Je n’avais plus le temps d’écouter la radio en famille à la maison, mais la radio restait un incontournable de mes activités sur mon lieu de travail. Comme notre journal paraissait avec de faibles moyens financiers, et n’avait ni abonnement à des agences de presse ni correspondants à l’étranger, je ne pouvais rendre compte des évènements internationaux qu’en retranscrivant en sténo les émissions en langue turque de la BBC, de Voice of America, de Radio Moscou et de Radio Budapest…
 
Plus tard dans la soirée, après avoir bouclé le journal et l’envoyer à l’imprimeur, je retournais à ma radio pour suivre les dernières nouvelles, tout en écoutant avec admiration les programmes de musique classique diffusés par Radio Ankara…
 
Les plus fascinants étaient les concertos et sonates pour violon… À tel point que lorsque j’ai eu un peu d’argent, j’ai acheté un violon et des méthodes chez des bouquinistes de seconde main et ai commencé à le pratiquer seul dans mon temps libre. Mais après avoir dérangé mes voisins par mon inaptitude et mon incompétence en la matière, j’avais dû abandonner…
 
Même si je ne sais pas jouer du violon, ma passion pour cet instrument et le partage de morceaux avec mes amis n’ont jamais faibli tout au long de ma vie… Le premier cadeau que j’ai offert à Inci lorsque nous décidâmes de nous mettre ensemble, le soir du Nouvel An 1965, fut la Sonate à Kreutzer de Beethoven interprétée par le célèbre violoniste soviétique David Oïstrakh, dit le “violoniste rouge”…
 
À Bruxelles où le violoniste rouge reçut un grand prix 37 ans auparavant…
 

Au cours de la troisième année de notre exil consécutif au coup d’État du 12 mars 1971, lorsque nous nous sommes installés à Bruxelles pour fonder Info-Türk, l’un des évènements culturels de cette capitale européenne qui nous a fascinés fut le concours de musique Reine Elisabeth… Surtout lorsque nous apprîmes que David Oïstrakh, des années auparavant, fut le premier violoniste soviétique a remporté la première place de ce concours en violon en 1937, nous n’avons cessé de suivre ce concours de violon organisé tous les quatre ans, sinon dans la salle de concert, au moins à travers sa retransmission directe à la télévision.
 
D’ailleurs, nous avions suivi avec un intérêt particulier le concours de piano de 1983… Hüseyin Sermet fut récompensé en étant le premier pianiste de Turquie à réussir à atteindre la finale de ce concours international.
 
Hüseyin Sermet poursuivit ses succès sur le plan international en remportant des prix dans d’autres concours et fonda, en 2001, avec ses amis musiciens de Grèce et d’Arménie, l’Association des artistes pacifistes (ADAP), avec lesquels il donna des concerts.
 
Alors que les Concours Reine Elisabeth avaient durant des années forgé un environnement artistique de la paix, en accueillant même durant la Guerre froide des artistes de l’Union soviétique et d’autres pays socialistes et en récompensant les plus méritants, pour la première fois en 2022, avant le concours de violoncelle, elle prit une position politique en déclarant “sa condamnation ferme de l’agression de l’Ukraine par la Fédération de Russie”. Bien que trois artistes russes aient participé aux premières éliminations, aucun d’entre eux ne fut admis en finale, alors qu’un violoncelliste ukrainien remporta le quatrième prix. 
 
Parmi les 12 artistes reçus en finale du concours de violon de cette année, 6 venaient des États-Unis et 3 de Corée du Sud, aux côtés d’un Ukrainien, d’un Japonais et d’un ressortissant du Kazakhstan. Aucun des 4 violonistes venant de Russie n’a eu la possibilité de participer à la finale.
 
De plus, tandis que le violoniste américain Joshua Brown a reçu le plus grand nombre de votes lors de l’enquête de préférence menée le dernier jour auprès de plus de 10.000 personnes, le jury du concours a déclaré vainqueur l’Ukrainien Dmytro Udovychenko.
 
Alors que, d’après le journal La Libre Belgique, le violoniste ukrainien n’avait pu livrer ce qu’on aurait pu attendre de lui dans son interprétation du concerto pour violon de Chostakovitch.
 
De plus, toujours selon La Libre Belgique, alors que l’Ukrainien Udovychenko, après avoir été déclaré vainqueur, serra la main de chacun des membres du jury pour les remercier, il refusa de serrer celle du violoniste russe Vadim Repin.
 
Alors que le violoniste Vadim Repin, aujourd’hui âgé de 52 ans, fut un artiste exceptionnel, ayant remporté, à tout juste 11 ans, le premier prix au Concours de violon Wieniawski, en 1982 et, à tout juste 17 ans, le Concours de violon Reine Elisabeth à Bruxelles en 1989. Repin, qui est à la fois citoyen russe et belge, est depuis des années l’un des membres les plus éminents du jury du concours.
 
Un scandale provoqué par un bellicisme de plus en plus intense
 
Il ne fait aucun doute que cette insolence envers Vadim Repin, non seulement en termes de rapports humains, mais aussi pour cet art qui est le sien et dont Repin est l’un des grands-maîtres, n’est pas seulement due à l'impolitesse de l'Ukrainien, mais aussi au fait que la compétition se déroulait dans un contexte bien particulier. Il y a une semaine, le président de l’Ukraine Volodimir Zelenski fut invité en grande pompe dans la capitale de ce pays pour son rôle de bélier dans l’attaque menée par l’Union européenne et l’OTAN contre la Russie, en recevant la promesse d’une livraison de 30 avions F-16, destinés à bombarder le territoire russe, ainsi divers véhicules blindés et un crédit d’un montant d’un milliard d’euros.
 
J’y avais attiré l’attention dans mon article du 25 mars 2024, intitulé “Le quartier général de l’OTAN, cible possible d’une guerre nucléaire”.
 
L’incitation à la guerre, particulièrement alimentée par l’industrie de l’armement, pourrait un jour conduire à l’activation des armes nucléaires disposées dans l’ouest de l’Ukraine par les pays de l’OTAN et dans l’est de l’Ukraine par la Russie et à déclencher une catastrophe mondiale.
 
Si une telle catastrophe nucléaire venait de se produire un jour en raison des déclarations provocatrices et agressives des dirigeants de l’OTAN, deux des premières cibles seraient sans doute Bruxelles et Mons, où se trouvent les quartiers de l’OTAN en Belgique. Un article paru dans La Libre Belgique du 16 mars 2024 faisait état des inquiétudes à ce sujet.

À Bruxelles, quand le temps est clair, j’aperçois depuis le balcon de l’appartement où nous vivons le quartier général de l’OTAN à 5 kilomètres de notre quartier qui ressemble à des dents de crocodile.
 
Lorsque la catastrophe nucléaire commencera, qu’adviendra-t-il aux habitants innocents de Bruxelles, belges, européennes, africaines, asiatiques et latino-américaines venues des quatre coins du monde, pendant que les responsables de l’OTAN pourront se sauver dans les souterrains hautement protégés de ce quartier général ayant coûté des milliards !
 
La salle de concert du centre de la capitale européenne où des concours sont organisés depuis des années, pour autant qu’elle tienne debout et que l’on trouve encore des musiciens pour les interpréter, servira probablement à jouer les marches funèbres de compositeurs célèbres… 

La Turquie refuse que l'Otan "participe" à la guerre en Ukraine

La Turquie refuse que l'Otan "participe" à la guerre en Ukraine, a affirmé vendredi le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, à l'issue d'une réunion informelle des chefs de la diplomatie de l'Alliance à Prague.

"Nous soutenons la poursuite de l'aide à l'Ukraine et la capacité de l'Ukraine à assurer la dissuasion, mais nous ne voulons pas que l'Otan participe à cette guerre", a affirmé le chef de la diplomatie turque.

Pour Ankara, "soutenir l'Ukraine pour  garantir son intégrité territoriale et libérer ses territoires est une chose. Mais l'implication de l'Otan dans la guerre en est une autre"  qui, a ajouté M. Fidan, "risque de conduire à une extension régionale (du conflit) et à des crises plus importantes".

La Turquie, l'Etat membre le plus oriental de l'Alliance atlantique et voisine, sur la rive sud de la Mer noire, des deux pays en guerre depuis février 2022, est parvenue à maintenir des liens avec les deux capitales, Moscou et Kiev depuis le début du conflit.

Cette prise de position est exprimée alors que plusieurs pays de l'Otan dont les Etats-Unis entendent répondre à l'intensification des frappes russes sur le territoire ukrainien, en particulier contre des objectifs civils. (AFP, 31 mai 2024 )


Relations régionales / Regional Relations

"L'esprit des Nations unies est mort à Gaza", selon Erdogan


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a jugé mercredi que "l'esprit des Nations unies est mort à Gaza", appelant également le "monde islamique à réagir" après les frappes israéliennes sur des camps de déplacés palestiniens de Rafah.

"L'Onu ne peut même pas protéger son propre personnel ni le personnel humanitaire. Qu'attendez vous pour agir? L'esprit des Nations unies est mort à Gaza",  a déclaré le chef de l'Etat devant les députés de son parti.

Outre sa charge contre l'impuissance de l'institution internationale, le chef de l'Etat turc, à la tête d'un pays majoritairement musulman de 85 millions d'habitants, a interpellé ses pairs du "monde islamique".

"J'ai d'ici quelques mots à dire au monde islamique: qu'attendez vous pour prendre une décision commune? Dieu vous tiendra, nous tiendra responsables", a-t-il lancé, estimant que "Israël n'est pas qu'une menace pour Gaza mais pour l'humanité toute entière".

"Aucun Etat n'est en sécurité tant qu'Israël ne se range pas au droit international et ne se sent pas lié par le droit international. Et ceci concerne aussi la Turquie", a-t-il poursuivi.

"Israël et ceux qui le soutiennent espèrent qu'on oubliera ce génocide: ce génocide  ne sera pas oublié" a-t-il prévenu: "le meurtre de bébés, d'enfants, les (attaques) ciblant des hôpitaux, des églises, des mosquées ne seront pas oubliées". (AFP, 29 mai 2024)

Turkey continues trade with Israel despite 'Gaza' sanctions, official data shows

Trade between Turkey and Israel continued in April despite Ankara's decision to halt all trade with Israel due to the humanitarian crisis caused by the Gaza war, according to Turkish Statistical Institute (TurkStat) data.

During April, Turkey exported goods worth $298,116,403 to Israel, while imports from Israel were valued at $88,733,352.

On April 9, the Ministry of Trade imposed export restrictions on 54 product groups to Israel, demanding an immediate ceasefire in Gaza and uninterrupted humanitarian aid to the Gaza Strip. The restrictions were intensified on May 2, with the announcement that all trade would be suspended until the Israeli government allowed a continuous and sufficient flow of humanitarian aid to Gaza.

Despite these restrictions, exports of products such as iron, steel, cement, various building materials, and electrical cables to Israel continued.

According to TurkStat, some of the product groups exported to Israel in April included:

Salt, sulfur, earth, and stones; plasters, lime, and cement: $6,568,445

Plastics and products thereof: $25,235,909

Iron and steel: $12,955,156

Articles of iron or steel: $5,697,011

Copper and articles thereof: $5,154,563

Aluminum and articles thereof: $3,909,545

Boilers, machinery, mechanical devices and tools, nuclear reactors, and their parts: $14,412,308

Motor vehicles, tractors, bicycles, motorcycles, and other land vehicles, including their parts and accessories: $66,088,179

In the first four months of 2024, the trade volume between Israel and Turkey reached $1.82 billion, with the following monthly breakdown:

January 2024: $318,770,367 (Exports) - $89,181,637 (Imports)

February 2024: $395,067,831 (Exports) - $102,598,928 (Imports)

March 2024: $409,894,256 (Exports) - $126,909,757 (Imports)

April 2024: $298,116,403 (Exports) - $88,733,352 (Imports)

Total for four months: $1,421,848,857 (Exports) - $407,423,674 (Imports). (BIA, May 30, 2024)


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

Time running out for Kurdish political prisoner Ecevit Piroğlu

At a Strasbourg demonstration, Serbian officials told Fayik Yagizay, from Turkey’s pro-Kurdish DEM Party, that Serbia had not detained Piroğlu on direct order from Turkey, and that they were waiting for a European Court of Human Rights ruling on his case. The prisoner’s hunger strike, however, has reached critical levels and time is running out, campaigners said.

Protests were held outside the Serbian embassy in Strasbourg, France, this week in support of Ecevit Piroğlu, a Kurdish political prisoner on hunger strike under order of extradition from Serbia to Turkey, despite repeated rulings against his forced return by the Belgrade Court of Appeal.

At the French demonstration, Fayik Yagizay, Turkey’s pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party Representative for the European Institutions in Strasbourg, spoke with official Serbian representatives to garner information on the status of Piroğlu’s case. Serbia’s actions were not, the Serbian diplomats insisted, in response to a direct request from Turkish President Recep Tayyip Erdoğan, as has been muted by campaigners. (medyanews,

Serbia’s Deputy Permanent Representative talking to DEM Party’s Fayik Yagizay at the Strasbourg rally

Moreover, an interim decision by the European Court of Human Rights to an appeal lodged by Piroğlu’s lawyers was expected to inform the situation, Serbia’s Deputy Permanent Representative said. Unable to ascertain how long the decision may take, Yagizay pressed the urgency of case in light of the prisoner’s risk to life from the prolonged hunger strike.

Serbian authorities have kept Piroğlu behind bars for three years with his “unlawful” case overturned in the Serbian capital’s court, on condition of being “removed from concrete facts and lacking evidence”.

Calls for his release have reached boiling point now that the political prisoner has been on hunger strike for 16 weeks to date, in protest at his detention. Piroğlu refused medical treatment during his last hospital visit and is at grave risk of fatal organ failure.

Similar demonstrations have also taken place this week in Germany’s Düsseldorf, Amsterdam in the Netherlands and Antwerp, Belgium. (medyanews, 5 June 2024)

Kimyongür: "La culture du lynchage du régime d'Erdogan s'est exprimée plusieurs fois en Belgique"

Gauvain Dos Santos, La Dernière Heure, 2 juin 2024

Combattant pour la laïcité, historien, archéologue, joueur de saz (guitare turque), journaliste, écrivain, interprète… Bahar Kimyongür est un homme aux expériences multiples qui s’est déjà retrouvé sous protection policière pour avoir critiqué le régime du président turc Recep Tayyip Erdoğan. En 2018, il a été ajouté à la Wanted List, la liste des personnes considérées comme terroristes par le régime turc. Il nous raconte à quoi ressemble une vie vécue avec cette pression permanente. Il décrit également l’impact de la politique d’Erdogan en Belgique.

***

Vous figurez aujourd’hui sur la liste des terroristes publiée par le gouvernement d’Erdogan, le président de la Turquie. Comment vivez-vous cette situation ?

”Au début, j’étais sous le choc. Puis, j’ai fini par m’habituer. Dans la même liste, on retrouve d’autres journalistes de renom. Notamment Can Dündar, un immense journaliste turc qui a failli être assassiné au moment où il a documenté le transfert d’armes depuis la Turquie vers les groupes djihadistes dans le nord de la Syrie. Le fait d’avoir mis en évidence ces faits de collusion entre des groupes islamistes et le régime d’Erdogan lui a valu une véritable cabale en Turquie. Il y a des centaines de cas comme le sien : des magistrats, des écrivains, des combattants kurdes, des militants de la gauche radicale, mais également des terroristes en bonne et due forme. On y trouve aussi des membres du mouvement Güleniste, qui est en quelque sorte le frère ennemi du régime d’Erdogan depuis le coup d’État manqué du 15 juillet 2016. Un mouvement connu en Belgique puisque le Premier ministre Alexander De Croo lui-même a participé à une rupture du jeûne qu’il avait organisée.”

Depuis quand existent ces Wanted List ?

”2018. Elles ont été mises sur pied par le ministre de l’Intérieur de l’époque, M. Süleyman Soylu, qui a été mis de côté depuis à cause d’une méfiance de la part d’Erdogan envers un personnage qui commençait à devenir de plus en plus influent. Ces listes sont le produit de cette volonté de terroriser toutes les oppositions de Turquie. Les terroristes sont le prétexte pour mener la chasse aux sorcières des gens plus influents. Ces listes sont organisées selon le degré de dangerosité de chaque individu. Il y a une gradation sur base de couleurs : rouge, bleue, verte, orange, grise. Je figure dans la liste verte, je ne fais donc pas partie du menu fretin, ni des figures de proue de l’opposition au régime. Je suis quelque part entre les deux.”

Vous êtes-vous déjà senti menacés pour être apparu sur cette liste ?

”Absolument. On se réfère à cette liste pour mener des campagnes de calomnie, notamment sur les réseaux sociaux. Souvent, on associe le terrorisme avec ennemis d’état à éliminer. On me promet souvent le sac jaune, le body bag utilisé par l’armée turque pour neutraliser les combattants kurdes. On m’a envoyé des captures d’écran d’individus posant avec des armes, des photos dans lesquelles je suis cité. Emrah Çelik, commandant d’un groupe islamiste turc et ami proche du ministre Süleyman Soylu, a proféré des menaces directes à mon encontre. Il a promis de me retrouver.”

Ces menaces se sont-elles intensifiées lorsque votre nom est apparu sur cette liste ?

”Il y a eu une intensification lorsque le ministre Süleyman Soylu se targuait d’effacer les noms de cette liste un à un.”

Qu’entendait-il par effacer ? Les jeter en prison ?

”Non, éliminer physiquement. Le régime d’Erdogan prône l’élimination pure et simple de toute personne qui s’oppose à lui. Il n’y a pas de distinguo entre une personne attentant directement à la sécurité des citoyens et une personne qui émet des idées en contradiction avec le régime.”

Comment vous êtes-vous retrouvés sur cette liste ?

”Tout mon parcours me rattache à la Belgique. Je suis le fils d’un ouvrier turc venu travailler dans les charbonnages belges en 1963. Ma mère, d’origine paysanne, est arrivée en Belgique en 1973. Je suis né en Belgique. J’ai étudié l’histoire de l’art à l’ULB. C’est ici que j’ai rencontré ma femme et que mon fils est né. S’il y a un tel acharnement à mon encontre, c’est parce que j’ai de tout temps essayé d’aider des exilés politiques venant de Turquie. Et parmi les gens à qui j’ai prêté assistance, il y avait des personnes impliquées dans la lutte armée en Turquie. Le fait que je n’ai jamais baigné dans le dogme islamique a également fait que j’étais considéré comme faisant partie d’une population suspecte.”

Exercez-vous un métier qui dérange ?

”Mon rôle, en tant qu’interprète, est de jeter des ponts entre les cultures. Je suis également écrivain et journaliste. À l’époque, il n’y avait pas une telle haine de la part du régime. J’étais un opposant perdu parmi des milliers de membres de la diaspora turque. Puis il y a eu ce chahut que j’ai organisé au Parlement européen le 25 novembre 2000 et qui visait Ismaïl Cem, le ministre turc des Affaires étrangères du gouvernement précédant celui d’Erdogan. Il venait vanter des prétendues avancées démocratiques en Turquie, ce qui était faux. La Turquie était en train de passer d’un régime pénitentiaire de type E vers un régime de type F. Il y avait 10 000 prisonniers politiques à l’époque. On parle d’une échelle de violence incomparable avec l’Europe de l’Ouest. C’était une Turquie où des jeunes disparaissaient pour avoir assisté à un concert. Des opposants kurdes étaient dissous dans de l’acide.”

Que faisait Erdogan à cette époque ?

”Il n’était que maire d’Istanbul à cette époque. Son arrivée devait prétendument tourner la page de cette décennie noire, mais en réalité, il a simplement pris la tête de l’appareil militaro-industriel et de la police. Il y avait déjà cette tendance au conservatisme et à la fascisation islamique de la société. Cela s’est renforcé sous sa direction. On le voit avec cette batterie de mesures répressives qui visent toute forme de dissidence, y compris la critique du pouvoir, des idées et de la religion. Cette chape de plomb qu’essaie d’imposer Erdogan relève du fascisme islamique. On est encore dans une logique d’inquisition.”

Est-ce que cela s’observe aussi ici en Belgique ?

”Cette culture du lynchage s’est exprimée il y a peu lors des événements de Heusden-Zolder [durant lesquelles des membres des communautés kurdes et turques se sont affrontés, NdlR]. Cette volonté de faire irruption dans un quartier soit de minorité politique, soit de minorité religieuse, comme c’est le cas pour les Kurdes, fait écho à une tendance que l’on connaît en Turquie. Le 2 juillet 1993, Aziz Nesin, grand romancier et traducteur des Versets sataniques, devait participer à un festival dans la ville de Sivas. Quand les imams de la ville, hyperconservatrice, ont eu vent de sa présence dans un événement (organisé par les Alevis), ils se sont dit que c’était l’occasion de les exterminer. Il y a donc eu un lynchage, un pogrom. Un bûcher a été allumé autour de l’hôtel Madimak dans lequel des enfants étaient venus faire un rituel.”

Vous avez grandi dans une diaspora turque où l’identité ouvrière passait avant l’identité religieuse. Avez-vous l’impression que les choses ont changé depuis et que l’identité islamique a pris de plus en plus de place ?

”Évidemment. À partir du moment où les usines se sont fermées, les anciens travailleurs se sont reconvertis dans le petit commerce, la société arabo-musulmane s’est transformée avec un contrôle de plus en plus accrue de la rue par l’imam et la mosquée. C’est un processus d’enfermement. Je vois aujourd’hui des communautés qui vivent en vase clos. Le halal a pris le dessus. Al Jazeera tourne en boucle. Nous sommes braqués sur des questions identitaires. Dans nos quartiers, on ne parle plus qu’arabe et turc. Alors que dans mon adolescence, on échangeait encore avec d’autres communautés d’immigrés. À Noël, on allait chez nos copains italiens ou portugais… Même si la communauté turque a toujours été relativement hermétique.”

Comment expliquez-vous que la communauté turque de Belgique votait autant à gauche aux dernières élections belges alors qu’elle votait à droite aux élections turques, en votant massivement pour Erdogan ?

”C’est un double opportunisme. L’extrême droite turque profite de la tribune offerte par les partis de gauche. Cela lui permet de garder son contrôle communautaire. Les candidats turcs voient les partis belges comme des lobbys. C’est de l’entrisme. Et les partis de gauche sont ravis de pouvoir compter sur une assise populaire dans des quartiers conservateurs. Il faut voir qui profite de qui. Mais l’allégeance première de nombreux candidats turcs se fait vis-à-vis d’Erdogan. Je regrette que les partis de gauche ne fassent plus d’éducation populaire pour séculariser nos communautés et qu’ils ne combattent pas cette mainmise de l’imam et de la télévision coraniste.”

Ecevit Piroğlu hospitalised after 107 days hunger strike against deportation to Turkey

Piroğlu is a dedicated socialist who has lived his life for the good of others. Sinan Önal, who knows him personally, describes him as “a completely dedicated activist and revolutionary for the socialist liberation of Kurdish and Turkish people”, adding that “with the Rojava revolution he engaged deeply with the new libertarian paradigm”.

The demonstrators outside the European court heard – in both French and Turkish – how, since 1992, Piroğlu has committed himself to struggles by workers and by the oppressed, and, like so many principled activists in Turkey, has spent time in prison.

He was involved in the Gezi Park protests, and in 2015 he went to Rojava to join the defence against ISIS.

In June 2021, he sought asylum in Serbia. He arrived in Belgrade legally on his Turkish passport, but found that Turkey had issued an Interpol notice calling for his extradition. He was detained by the Serbian authorities and has not been free since. For nearly three years he has been locked up, initially in prison and then in an immigrant detention centre.

His lawyers challenged his extradition all the way through the Serbian legal system, and last May they won the case at Serbia’s Supreme Court, which rejected Turkey’s arguments. But the Serbian authorities continued to detain him without legal cause.

Despite the binding court decision, Serbia’s Minister of Justice has claimed this week that the extradition case is still ongoing.

Amnesty International, who provide a sample letter calling for his release,  have observed that there is a risk that Piroğlu could be deported to Turkey either directly or via a third country, and that in Turkey he “would be at a real risk of serious human rights violations, including arbitrary detention, unfair trial and torture and other ill-treatment.” They also note that he could be detained in Serbia indefinitely.

Piroğlu’s health was weakened by a 136-day hunger strike in 2023 – exacerbated by inadequate medical care. However, with other avenues blocked, on 12 February he began a second hunger strike to protest his illegal prison purgatory. Today, both his legal position and his physical health pose grave cause for concern. Recent images are a shocking contrast with earlier photographs, and campaigners state “His health has deteriorated and his life is in danger.” (medyanew, May 29, 2024)


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