Droits
de l'Homme / Human Rights
Emine Ocak, symbol of Saturday Mothers, laid to rest
in İstanbul
Emine Ocak, a prominent figure among the Saturday Mothers/People who
have gathered in İstanbul’s Galatasaray Square since May 27, 1995, to
demand justice for their disappeared children during the Kurdish
conflict, was laid to rest today at the age of 89.
The square, closed to the Saturday Mothers/People since 2018 despite a
Constitutional Court ruling,
Despite being closed to the Saturday Mothers/People since 2018 despite
a Constitutional Court ruling recognizing the violation of rights. In
front of her coffin, a banner was placed quoting her own words, "If we
give up, this country will remain a paradise for the perpetrators,"
followed by a message of defiance: "You didn’t give up, and neither
will we."
Relatives, loved ones, and fellow activists placed red carnations on
her coffin, draped in black, and wore the symbolic jewelry she was
known for. They chanted, “We’re here, Mother,” in a final farewell.
Hundreds of people attended the ceremony, including Peoples' Equality
and Democracy (DEM) Party İmralı Delegation member Pervin Buldan, DEM
Party Spokesperson Ayşegül Doğan, Republican People’s Party (CHP)
Diyarbakır MP Sezgin Tanrıkulu, CHP İstanbul Chair Özgür Çelik, Human
Rights Association (İHD) Co-Chair Eren Keskin, Saturday Mothers, civil
society representatives, human rights defenders, and Peace Mothers.
'She became everyone’s Mother Emine'
Speaking on behalf of “all her children,” Sebla Arcan, from İHD’s
Commission Against Disappearances in Custody, said, “She came to
Galatasaray as Hasan’s mother, but became a hero who never surrendered
to injustice, someone who challenged the official history, she became
everyone’s ‘Mother Emine.’”
“Injustice, denial, and erasure turned her into more than a mother, she
became a symbol of resistance,” Arcan added. “Emine Ocak was the
conscience of this country. She was the voice of the disappeared, the
silenced, the ignored. She did not just mourn her son with tears, but
with resistance. Her struggle showed us this: when a mother falls
silent, history falls silent. But when a mother rises up against
oppression, history opens its cleanest page to her. Like all the
Saturday Mothers we’ve lost, Emine Ocak has taken her place on that
page.”
Her daughter Maside Ocak said her mother “carried not only Hasan, but
the pain of thousands who disappeared in custody.” Addressing her
directly, she added, “Mother, you weren’t just our mother. You became a
beacon of hope for millions. Even in sorrow, you found hope. Even in
darkness, you never wavered.”
Her son Hüseyin Ocak said, “Emine Ocak was born in the very heart of
pain.” He recounted that she was born in 1937 in Dersim during a period
of massacres. “Even as a baby, death surrounded her,” he said,
recalling how a tribe fleeing into the forest considered killing her
and her twin to avoid detection. “From that day on, death never left
her side.”
He also reflected on her deep love and colorful jewelry: “She may not
have explained it philosophically, but she lived her philosophy fully.
Her life said this: ‘Only the body dies, the soul never does.’ Today,
we are not saying goodbye. We are sending her into a new life.”
İkbal Eren, sister of Hayrettin Eren, who was disappeared in custody,
remembered her own mother, Elmas Eren, who died six years ago: “Today,
we send her to join the mothers who went before her. We’re sending
‘Boncuklu Anne’ to ‘Boncuk Anne.’ Mother, send our greetings to them
all.”
“This is always a hard place to be, but today is especially hard,” she
added. “We’re saying farewell to the symbol of resistance,
determination, and persistence. She taught us how to resist, to demand
justice. Her voice will continue to rise from here. She never saw the
square reopened, but she remained committed to justice. She kept coming
every week, as long as her health allowed. Thanks to her, I gained many
mothers and siblings when I came here searching for my brother.”
'This square belonged to Mother Emine'
DEM Party’s Pervin Buldan said, “This square belonged to Mother Emine.
She was not just Hasan’s mother, but also Rıdvan’s, Abdullah’s,
Savaş’s. She became the grandmother of our children. Her legacy will
lead millions to keep walking the path of truth and justice. Rest easy,
dear Mother Emine. The perpetrators will be brought to justice, and
truth will prevail. Send our greetings to Hasan, Savaş, and all the
disappeared.”
İHD Co-Chair Eren Keskin said Ocak’s resistance forced even the state
to retreat: “Some people are born into struggle. Mother Emine was part
of resistance from the day she was born. She led what may be the
world’s longest-running civil disobedience movement. Her struggle was
so strong it opened this square even to those who opposed us. We owe
her so much. She taught us so much. Rest in peace, Mother Emine.”
Chanting “Mother, we are here,” mourners carried her coffin from
Galatasaray to the Gazi Cemevi. She was then buried in Gazi Cemetery
next to her son Hasan Ocak and her husband Baba Ocak. (BIA, July 24, 2025)
Le maire
d'Istanbul condamné pour insulte envers un
procureur
Le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, figure de l'opposition turque,
arrêté pour "corruption" en mars, a été condamné mercredi à vingt mois
de prison pour insulte et intimidation envers un procureur, selon le
jugement obtenu par l'AFP.
M. Imamoglu a comparu devant un tribunal situé à l'intérieur de la
prison de Silivri, immense complexe pénitentiaire dans l'ouest
d'Istanbul, où il est détenu depuis le 25 mars.
L'édile, candidat désigné de son parti à la présidence pour la
prochaine échéance prévue en 2028, fait l'objet de multiples poursuites
en justice et a fait appel de plusieurs condamnations.
Il avait publiquement questionné en janvier la probité du procureur
général d'Istanbul.
Lors de ce procès, ouvert en avril, le procureur avait réclamé sept ans
et quatre mois d'emprisonnement et une interdiction de toute activité
politique.
"Je suis ici parce que je suis candidat à la présidentielle" avait
lancé le maire lors de la seconde audience mi-juin.
"Il ne s'agit pas d'un procès mais d'une punition", avait-il ajouté.
M. Imamoglu, ainsi qu'une centaine de ses proches et collaborateurs, a
été arrêté le 19 mars, accusé de faits de corruption, qu'il nie.
Son arrestation avait déclenché une vague de protestation inédite
depuis dix ans à travers la Turquie. (AFP, 19 juil 2025)
Enième enquête ouverte contre le chef de l'opposition
Le parquet général d'Istanbul a annoncé mercredi soir l'ouverture d'une
nouvelle enquête à l'encontre du chef de l'opposition turque Özgür
Özel, dans le viseur du gouvernement pour son soutien au maire
emprisonné de la mégapole, Ekrem Imamoglu.
Depuis l'arrestation en mars de M. Imamoglu, principal rival du
président Recep Tayyip Erdogan, Özgur Özel, président du parti CHP
(social démocrate) organise la contestation, en particulier des vagues
de manifestations inédites depuis douze ans qui ont secoué le pays.
"Une enquête a été ouverte contre le président du CHP, Özgür Özel, pour
avoir publiquement insulté et menacé un fonctionnaire dans l'exercice
de ses fonctions", a annoncé le parquet en fin de soirée, précisant que
les propos incriminés visaient le procureur affecté au bureau
d'enquêtes sur le crime organisé.
Le chef de l'opposition a tenu une conférence de presse mercredi après
le procès de M. Imamoglu, dans l'enceinte même de la prison de Silivri
à Istanbul, où est détenu l'édile.
Ekrem Imamoglu, arrêté pour "corruption" en mars, venait d'être
condamné à vingt mois de prison pour insulte et intimidation envers le
procureur d'Istanbul.
Devant les journalistes, M. Özel a fait une allusion marquée aux
disparitions et meurtres d'opposants non résolus des années 1990 dans
les régions du sud et du sud-est de la Turquie, majoritairement kurdes.
Il a nommément cité le nom du procureur chargé des enquêtes sur le
crime organisé, Cahit Cihad Sari.
Özgür Özel était déjà visé par une série de plaintes en cascade qui
s'accumulent depuis des mois, notamment pour insulte au président,
insulte au procureur d'Istanbul, ou encore "fraude" lors de son
élection à la tête du parti CHP, dont le gouvernement conteste la
validité et qui lui ont valu de comparaitre déjà une fois.
Des médias locaux se sont aussi faits l'écho d'efforts visant à priver
Özgur Özel de son immunité parlementaire.
Des centaines d'arrestations ont visé les rangs de l'opposition depuis
les dernières municipales remportées largement par le CHP, en mars
2024. Depuis le début du mois, plusieurs maires d'opposition CHP ont
été interpellés, placés en détention et parfois destitués.
Simultanément, le président Erdogan s'est engagé dans un processus de
paix avec la guérilla kurde du PKK, le Parti des Travailleurs du
Kurdistan, dont une trentaine de combattants ont symboliquement brulé
leurs armes vendredi, dans le nord de l'Irak où ils sont repliés. (AFP,
16 juil 2025)
En Turquie,
l’accélération vertigineuse du nombre de
prisonniers
Nicolas Bourcier , Le Monde, 16 juillet 2025
D’un peu plus de 55 000 personnes incarcérées en 2001, avant l’arrivée
au pouvoir de l’AKP, il s’en compte aujourd’hui plus de 410 000, avec
une accélération des arrestations ces derniers mois. Des chiffres
emblématiques du système répressif dirigeant turc.
Les bancs du public sont bondés, tout comme ceux réservés aux avocats
et aux proches situés de chaque côté du tribunal. Il n’y a que
l’immense allée centrale avec sa centaine de chaises qui reste vide. Il
est 10 heures, le lundi 16 juin, et Ekrem Imamoglu, le maire
d’Istanbul, principal opposant et bête noire du président Recep Tayyip
Erdogan, apparaît au milieu de la cour, devant ses juges. Il vient tout
juste de sortir d’un long couloir souterrain, strictement encadré par
quatre gardes.
L’audience peut commencer. Elle durera près d’une heure avant que
l’édile, accusé de corruption et d’une dizaine d’autres charges dans
différentes procédures, ne salue de la main la foule et redescende en
silence dans son tunnel. La cellule dans laquelle il est retenu depuis
son arrestation à la mi-mars est située à plus de 1 kilomètre de là, en
plein cœur du gigantesque et tristement célèbre complexe carcéral de
Silivri.
Erigé en 2008 à la sortie de la ville du même nom et dont les habitants
ont récemment obtenu des autorités qu’il soit rebaptisé « pénitencier
fermé de Marmara », le centre de détention est considéré comme étant le
plus moderne et high-tech de Turquie. Le plus grand d’Europe aussi, et
de loin, avec ses 23 000 détenus, ses deux tribunaux spéciaux et ses
neuf blocs ultrasécurisés, cerclés de miradors et de hauts murs.
Amnesty International l’a surnommé un jour « la plus grande prison au
monde pour journalistes ». Un dicton populaire affirme que tout
opposant y a mis un jour un pied, pour y voir un proche ou pour y
séjourner.
Turquie: main tendue au PKK, poing fermé sur l'opposition
Le président turc a cherché à rassurer son pays sur le processus de
paix en cours avec la guérilla kurde du PPK mais l'incompréhension
demeure, d'autant que la répression s'abat sur l'opposition et les voix
dissonantes.
"La Turquie a gagné! 86 millions de citoyens ont gagné" a affirmé
samedi Recep Tayyip Erdogan devant son parti AKP (islamo-conservateur).
"Nous savons ce que nous faisons, personne ne doit s'inquiéter", a-t-il
insisté au lendemain d'une cérémonie symbolique dans le nord de l'Irak,
qui a vu une trentaine de combattants du Parti du Travailleurs du
Kurdistan (PKK), en lutte armée contre Ankara depuis 1984, brûler leurs
fusils.
Le processus de paix initié en octobre dernier par l'allié nationaliste
du gouvernement, le MHP, avec le parti prokurde DEM, troisième force au
parlement, suscite autant d'espoir que de méfiance.
"L'adieu aux armes du PKK assure que non seulement la question kurde,
mais tous les problèmes de la Turquie, seront résolus par des moyens
démocratiques", a salué le DEM, médiateur entre Ankara et le fondateur
du PKK, Abdullah Öcalan, 76 ans, détenu sur une ile au large d'Istanbul.
En revanche, reflétant l'état d'esprit de nombreux Turcs qui ne
manquent pas de rappeler les 50.000 morts du conflit, le chef du parti
ultra nationaliste de la Victoire, Ümit Özdag, a dénoncé un accord avec
un "tueur d'enfants", comme il qualifie M.Öcalan.
"Nous sommes confrontés à un nouveau processus de trahison: un tueur
d'enfant est invité au Parlement tandis qu'une loi hostile vise
l'opposition" a-t-il écrit sur X, après avoir passé six mois en
détention pour "insulte au président".
"Personne ne peut remettre en question mon nationalisme, mon
patriotisme ou l'amour de l'AKP pour la Turquie" a martelé samedi M.
Erdogan, comme en écho.
- "bien plus autoritaire" -
"Depuis le début du processus, la Turquie est devenue un pays
bien plus autoritaire", relève le politiste Berk Esen. "Le désarmement
d'une organisation terroriste devrait, ou pourrait, mener à une
démocratisation et à la paix sociale, mais (...) ce ne sera
probablement pas le cas" indique-t-il à l'AFP.
Le professeur à l'Université Sabanci d'Istanbul en veut pour preuve les
très nombreuses arrestations de maires et de responsables du parti CHP
(social-démocrate), première force d'opposition, dont celle en mars du
principal rival de M. Erdogan pour la présidence, le maire d'Istanbul
Ekrem Imamoglu, toujours détenu.
Depuis, des centaines de proches de municipalités tenues par le CHP et
leurs édiles ont été interpellés et placés en détention donc ceux,
récents, d'Antalya, Adana ou Adiyaman (sud) ou encore l'ancienne équipe
municipale d'Izmir.
Le motif invoqué de "corruption", toujours le même, est
systématiquement nié par les intéressés.
Simultanément, la répression a frappé plusieurs médias d'opposition,
comme la chaine Sôzcü, condamnée au silence après seize amendes et
suspensions d'antenne depuis janvier, "une tous les quinze jours"
relevait son directeur, Ozgur Cakmakci, mardi soir, à l'extinction des
feux.
M. Cakmakci dénonce "l'autoritarisme croissant du pouvoir (qui) réduit
et réduit encore les espaces médiatiques".
"Aucune voix dissidente n'est tolérée. Une seule voix doit être
entendue, celle souhaitée par le pouvoir" renchérit la présentatrice,
Senem Toluay Ilgaz.
Halk TV, la télévision du CHP menacée du même sort, a obtenu sept jours
de sursis.
"L'intention de liquider les chaînes d'opposition dans le cadre d'un
projet autoritaire ne fait guère de doute", dénonce Erol Onderoglu, le
représentant turc de Reporters sans Frontières.
Si le CHP, fondé par Mustafa Kemal Atatürk, père de la République
turque, est dans le viseur du gouvernement c'est qu'après avoir emporté
la majorité des villes en mars 2024, il est donné en tête par tous les
sondages, juge M. Esen qui accuse M. Erdogan de "fragmenter
l'opposition".
Le DEM, partenaire du gouvernement dans le processus engagé avec le
PKK, se garde de condamner les arrestations et atteintes aux droits de
l'opposition, poursuit-il. De même, le parti dont les deux ex
coprésidents - Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdagç - sont condamnés
à 42 et 30 ans de prison n'a pas rejoint la contestation soulevée par
l'arrestation de M. Imamoglu.
"Depuis le début j'ai regardé ces négociations avec ÖCalan comme une
initiative pour renforcer le gouvernement (...) et obtenir le soutien
des électeurs kurdes" au président Erdogan, conclut Berk Esen. (AFP, 12
juil 2025)
Assez de
rhétorique, êtes-vous vraiment pour leur mise en liberté?
Doğan
Özgüden
(Artı Gerçek, 14 juillet 2025)
Nous
attendons tous, Turcs, Kurdes, Arméniens, Assyriens, Grecs et Arabes,
que les cachots soient vidés immédiatement et que les chasses à l'homme
cessent
Cela fait exactement 75
ans jour pour jour... J'étais un jeune lycéen à
Ankara... Le 14 juillet 1950, la nouvelle Grande Assemblée nationale,
formée après la victoire du Parti démocrate aux élections législatives,
devait voter la « loi d'amnistie générale » dont on parlait depuis des
mois.
Ni dans ma famille, ni dans celle de mes amis, il n'y avait pas de
parents emprisonnés dont nous attendions la libération. Néanmoins, mon
père cheminot, qui était un admirateur de Nazım Hikmet, s'inquiétait de
savoir si le grand poète, emprisonné depuis des années, serait
libéré... Moi qui, déjà pendant mon enfance, avais admiré les poèmes de
Nazım dans la bibliothèque de mon père, j'attendais avec impatience le
résultat du vote au Parlement, car il était dit que même si une
amnistie générale était accordée, les prisonniers condamnés pour
organisation et propagande communiste n'en bénéficieraient pas.
D'après ce que nous avons lu dans le quotidien Cumhuriyet le lendemain,
103 personnes qui purgeaient une peine de prison pour propagande
communiste ne bénéficieraient pas de l'amnistie générale. Nazım Hikmet,
par contre, bénéficierait de l'amnistie, non pas pour "organisation et
propagande communiste", mais parce qu'il avait été condamné à 28 ans et
4 mois pour subversion de l'armée et incitation à la rébellion
militaire et qu'il avait purgé environ un tiers de sa peine.
Cependant, lors des débats au Parlement, le ministre des transports
Tevfik İleri avait prononcé le discours suivant afin de s'assurer que
Nazım Hikmet soit maintenu en prison parce qu'il était communiste :
"Douter du communisme de Nazım Hikmet serait une erreur. Hier encore,
en prison, Nazım Hikmet a déclaré : ‘Une moitié de mon cœur est abattue
chaque matin en Grèce, l'autre moitié est abattue en Chine. Je suppose
que l'autre moitié de son cœur est abattue en Corée ! Nazım Hikmet est
un communiste absolu, lui-même ne l'a pas nié".
Néanmoins, la majorité du Parlement a approuvé la libération de Nazım
Hikmet au motif qu'il avait été condamné en vertu de l'article 94 du
code pénal militaire, et non des articles 141 et 142 du code pénal turc.
Libéré le 15 juillet 1950, Nazım Hikmet a été appelé au service
militaire à un âge avancé, alors qu'il n'y était pas légalement obligé.
Pour éviter d'être victime d’un complot dans l'armée, il a quitté
Istanbul le 17 juin 1951 et s'est rendu à Moscou via la Roumanie. Tout
de suite, il a été déchu de sa nationalité turque par une décision du
Conseil des ministres du 25 juillet 1951.
Après deux semaines de l’amnistie générale, les communistes ont été
arrêtés le 29 juillet 1950 pour avoir envoyé un message de protestation
à la présidence de la Grande Assemblée nationale turque au nom de
l'Association des défenseurs de la paix en réponse à la décision du
Parti démocrate d'envoyer une brigade en Corée pour assurer
l’acceptation de la Turquie à l'OTAN. Six mois plus tard, le 30
décembre 1950, ils ont été condamnés à quinze mois d'emprisonnement
chacun par un tribunal militaire au motif qu'ils avaient « tenté, à des
fins politiques, de perturber l'amitié de la Turquie avec les
États-Unis et de saper la confiance du public dans le gouvernement ».
La grande arrestation des membres du Parti communiste de Turquie en
1951 ne tarde pas à suivre, et 118 des intellectuels et dirigeants
syndicaux les plus en vue de Turquie, dont Şefik Hüsnü Deymer, Zeki
Baştımar, Reşat Fuat Baraner, Mehmet Bozışık, Halil Yalçınkaya, Vedat
Türkali et Mihri Belli, sont condamnés à des peines allant jusqu'à dix
ans de prison et jusqu'à trois ans d'exil.
En 1950, on avait essayé d’empêcher le bénéfice de l'amnistie générale
pour les communistes. 24 ans plus tard, sous le gouvernement CHP-MSP,
issu des élections de 1974 qui ont suivi le coup d'État du 12 mars
1971, nous avons assisté à quelque chose de similaire.
Dans les années 60-70, de nombreux procès ont été intentés contre nous
en vertu des articles 141 et 142 du code pénal turc en raison de nos
publications et des peines de prison ont été requises allant jusqu'à
300 ans.
Quelque temps après la formation de la coalition dans laquelle Bülent
Ecevit était premier ministre et Necmettin Erbakan vice-premier
ministre, une amnistie politique a été adoptée et la libération des
islamistes arrêtés et condamnés en vertu de l'article 163 du code pénal
turc a été approuvée à l'unanimité, mais lorsqu'il s'est agi de
l'amnistie des gens de gauche arrêtés et condamnés en vertu des
articles 141 et 142, les députés du MSP ont voté « non » avec grande
fierté. Ce n'est que quelques mois plus tard qu'ils ont pu être libérés
du cachot grâce à la décision de la Cour constitutionnelle.
75 ans après l'amnistie de 1950 et 51 ans après l'amnistie de 1974,
selon les statistiques annoncées par la direction générale des prisons
et des maisons de détention de Turquie, au 2 juin 2025, il y a 403 060
prisonniers dans les prisons turques, dont 359 227 condamnés et 57 700
arrêtés. Une partie importante de cette masse est constituée de
citoyens de l'opposition qui ont été privés de leur liberté en raison
de leurs choix politiques, comme Selahattin Demirtaş, Osman Kavala et
Ekmel İmamoğlu… Des maires ont été démis de leurs fonctions,
arrêtés
et remplacés par des fantoches du régime.
Il ne fait aucun doute que de nombreux autres citoyens turcs vivent
dans la clandestinité ou en exil parce qu'ils sont membres
d'organisations ou des médias de différentes tendances qui s'opposent à
la dictature de Tayyip Erdogan.
Si l'on veut vraiment faire un pas sérieux dans le processus que l'AKP
et le MHP appellent « Turquie sans terreur » et l'opposition « Paix et
société démocratique », le premier travail concret de la commission
interpartis formée au Parlement devrait être de veiller à ce qu'une loi
garantissant la libération immédiate de tous ces condamnés et détenus
politiques, de ceux qui sont exilés ou qui sont contraints de vivre
dans la clandestinité, soit adoptée par l'Assemblée générale du
Parlement avant le début des vacances législatives.
Non à « une alliance tripartite sur base de la fraternité islamique
turco-kurde-arabe » qui dominera la géographie du Moyen-Orient…
Le peuple de Turquie, avec ses Turcs, Kurdes, Arméniens, Assyriens,
Grecs et Arabes, aspire à un pays vraiment démocratique.
Pour réaliser cette aspiration, il faut une amnistie générale, vider
les prisons, mettre un terme aux chasses à l'homme sur le sol turc,
dans les pays voisins et dans les diasporas…
Tant Abdullah Öcalan à İmralı que les membres du PKK qui ont mis le feu
à leurs armes hier en Irak au nom de la « paix » doivent reprendre leur
place dans la vie politique de Turquie.
Et de toute urgence...
Assez de rhétorique, êtes-vous vraiment pour cela ?
Nouvelle enquête pour "insulte au président" contre le chef
de l'opposition
Le parquet général d'Ankara a ouvert une nouvelle enquête dimanche à
l'encontre du chef de l'opposition Ozgur Ozel, pour "insulte au
président" et d'autres délits, ont rapporté des médias.
Il s'agit de la dernière annonce en date dans une série de poursuites
visant des élus du principal parti d'opposition turc, le Parti
républicain du peuple (CHP, social-démocrate). Elle a commencé avec
l'arrestation le 19 mars du maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu dans le
cadre d'une enquête pour "corruption".
"Les mots prononcés par le président du CHP Ozgur Ozel à la conférence
de presse ayant suivi la réunion du comité exécutif le 5 juillet
constituent des délits comprenant l'insulte au président, l'incitation
au crime, ainsi que l'insulte et les menaces à l'encontre de
responsables publics", a indiqué le parquet dans un communiqué.
Les paroles incriminées n'ont pas été précisées, mais Ozgur Ozel avait
vivement condamné les arrestations de trois maires et d'un maire
adjoint membres de son parti.
"Chacun prendra sa place dans l'histoire. D'un côté il y a ceux qui
protègent les urnes, de l'autre ceux qui cèdent à (Erdogan) et à ses
peurs", avait déclaré M. Ozel, demandant le respect des électeurs.
"Vous leur retirez le droit de vote, vous leur retirez les maires
qu'ils ont élus, vous mettez le futur président en prison", avait-il
encore déclaré, évoquant Ekrem Imamoglu, le candidat du CHP et le
principal concurrent de M. Erdogan pour la présidentielle de 2028.
En novembre, le président turc a porté plainte contre Ozgur Ozel pour
"insulte publique au président" et "crime à l'encontre de la réputation
et de l'honneur du cabinet de la présidence".
Une autre plainte déposée en février remet en question son statut de
chef du CHP, par des allégations d'achat de votes lors du congrès du
parti en novembre qui l'avait élu.
Et le mois dernier le parquet a ouvert une nouvelle enquête pour
insulte au procureur général d'Istanbul et "menaces contre la justice"
lors d'une manifestation.
Des médias locaux se sont aussi faits l'echo d'efforts visant à priver
Ozgur Ozel de son immunité parlementaire de manière à ce qu'il encoure
la prison dans une autre affaire d'"insulte à un responsable
public".
(AFP, 6 juil 2025)
Nouvelles arrestations d'élus du principal parti
d'opposition
Les
provinces où les maires élus sont emprisonnés
Trois nouveaux maires du principal parti d'opposition en Turquie ont
été arrêtés samedi dans le cadre d'une enquête sur des accusations de
crime organisé dénoncée comme une "opération politique" par les
responsables de cette formation.
Ces arrestations sont les dernières en date d'élus du Parti républicain
du peuple (CHP), sur lequel le gouvernement turc exerce une pression
croissante depuis sa large victoire face au parti AKP du président
Recep Tayyip Erdogan lors des élections locales de 2024.
Elles sont liées à une enquête sur des allégations de corruption qui a
abouti à la destitution en mars du puissant maire d'Istanbul, Ekrem
Imamoglu, le plus important rival politique de M. Erdogan et le
candidat du CHP pour la présidentielle de 2028.
L'incarcération de M. Imamoglu avait déclenché des manifestations de
masse et les pires émeutes que la Turquie ait connues depuis 2013.
En début de semaine, la police a arrêté 137 personnes dans le cadre
d'une enquête sur des allégations de corruption dans le bastion de
l'opposition d'Izmir, la troisième ville du pays.
Les trois maires arrêtés samedi, Zeydan Karalar, Muhittin Bocek et
Abdurrahman Tutdere, sont respectivement à la tête des villes d'Adana,
d'Antalya et d'Adiyaman, dans le sud et le sud-est de la Turquie.
Au moment où il était emmené par des policiers, un journaliste est
parvenu à interroger le maire d'Adana sur la raison de son arrestation.
"Là où il y a un journaliste ou un politicien influent, ils le
réduisent au silence", a répondu M. Karalar, selon les images diffusées
sur les réseaux sociaux.
- "Injustice" -
"Nous ne nous inclinerons pas devant l'injustice, l'anarchie ou
les
opérations politiques", a réagi sur X Mansur Yavas, le maire d'Ankara.
L'édile de la capitale turque a fustigé "un système où la loi plie et
varie selon la politique, où la justice s'applique à un groupe et pas
un autre".
Le parti pro-kurde DEM, le troisième plus important au Parlement turc,
a également dénoncé les arrestations. "Cette persécution des élus doit
cesser", a écrit Tulay Hatimogullari, co-présidente du DEM, sur X.
"Ne pas reconnaître la volonté du peuple provoque de profonds clivages
au sein de la société", a-t-elle écrit. "Ces opérations ne constituent
pas une solution, mais bloquent la route vers une Turquie
démocratique", selon elle.
Le DEM a collaboré étroitement avec le gouvernement Erdogan pour aider
à mettre un terme au conflit qui dure depuis des décennies avec les
Kurdes.
Il a facilité les pourparlers qui, en mai, ont amené les militants
kurdes du PKK à mettre un terme à leur lutte armée, un conflit qui a
coûté la vie à près de 40.000 personnes.
Le leader du CHP Ozgur Ozel a qualifié les arrestations de samedi
d'"opération sale menée par un politicien", en faisant référence au
procureur général d'Istanbul, Akin Gürlek, qui a ordonné la plupart des
enquêtes visant le CHP. Ce magistrat a été vice-ministre de la Justice
en 2022 avant d'être nommé à son poste actuel en octobre 2024.
Recep Tayyip Erdogan de son côté a accusé le CHP d'utiliser les
manifestations pour détourner l'attention des enquêtes pour corruption.
Le CHP "tente de dissimuler ses crimes et de blanchir ses criminels par
des manifestations afin d'affaiblir nos institutions judiciaires",
a-t-il déclaré samedi selon des propos relayés par l'agence de presse
officielle Anadolu.
Mardi, plus de 10.000 personnes ont participé à un rassemblement de
protestation à l'appel du CHP devant l'hôtel de ville d'Istanbul pour
marquer les 100 jours depuis l'emprisonnement d'Ekrem Imamoglu.
Lundi, un tribunal d'Ankara a entamé l'examen d'une affaire concernant
des allégations d'achat de votes lors des primaires du parti en 2023,
ce qui pourrait entraîner l'annulation de l'élection d'Ozgur Ozel, qui
s'est fait connaître pour son rôle dans la coordination des
manifestations du mois de mars.
La police a également arrêté le maire adjoint du district de
Buyukcekmece à Istanbul, Ahmet Sahin. (AFP, 5 juil 2025)
Rappel pour
ceux qui aspirent
à une « Turquie sans terrorisme »…

Doğan Özgüden
(Artı Gerçek, 1 juillet 2025)
Les mentalités qui forcent nos travailleurs migrants
et nos jeunes migrants
candidats au service militaire payant à devenir des «
délateurs » vont-elles changer ?
Dans le processus initié par la poignée de main entre Bahçeli et les
députés du DEM le 1er octobre 2024, que le gouvernement appelle «
Turquie sans terrorisme » et l’opposition « Paix et société
démocratique », alors que neuf mois se sont écoulés, aucune mesure n’a
encore été prise pour répondre aux attentes des masses avides de
démocratie, de liberté, d’égalité des peuples et de paix…
Alors que le candidat du CHP à la présidentielle, le maire d’Istanbul
Ekrem İmamoğlu, et ses amis, sont emprisonnés depuis plus de trois
mois, comme c’est le cas depuis des années pour les maires des
provinces kurdes, il ne fait aucun doute que la décision de reporter au
8 septembre, l’audience relative à l’annulation du congrès qui a
renversé Kılıçdaroğlu, a été prise dans le but d’attiser les conflits
internes et d’affaiblir les chances du parti de remporter les élections.
Malgré cette atmosphère d’incertitude et d’indécision, la grande fête
des Ateliers du Soleil, qui ont fêté leur 50e anniversaire l’année
dernière, organisée ce vendredi, nous a, comme toujours, apporté à nous
et à nos amis des quatre continents du monde avec lesquels nous
travaillons et luttons depuis des années, du bonheur et de l’espoir.
Cette fête, où saveurs, musiques et danses de différents pays étaient
partagés, et ses représentations soulignaient d’une part l’union pour
la paix dans le monde, et d’autre part la détermination à contribuer à
la lutte pour les droits sociaux et culturels, et symbolisaient dans le
même temps notre solidarité avec les peuples des pays dont nous étions
séparés par l’oppression fasciste.
Alors que nous retournions à une heure tardive dans notre quartier à
forte population immigrée, à l’approche des vacances d’été, des
familles d’immigrés d’Afrique du Nord et des Balkans, notamment de
Turquie, partaient en voiture pour rejoindre leur patrie… Nos amis de
Turquie, qui savent que nous sommes des exilés politiques, nous ont
émus en nous demandant si nous avions des demandes du pays.
C’est dans cet état d’esprit que j’ai commencé à travailler la nuit
lorsqu’un document datant d’il y a 44 ans, retrouvé dans les archives,
m’a ramené à l’époque où la junte fasciste du 12 septembre 1980 nous
accusait d’être « dépourvus de sang » et « traîtres à la patrie » en
nous privant de la nationalité turque.
L’une des premières mesures prises par la junte d’Evren dès sa prise de
pouvoir fut, d’une part, de contraindre les travailleurs turcs à
acquérir la nationalité de leur pays de résidence, afin de créer dans
les pays européens un lobby turc inféodé à Ankara, et d’autre part, de
subordonner les associations de travailleurs turcs et les mosquées à
son autorité en créant la Fondation religieuse turque.
De plus, au cours des sept années qui suivirent le coup d’État, 26 000
personnes furent appelées à « rentrer au pays » et 14 000 furent
déchues de leur nationalité. Le nombre des demandes de passeports
rejetées dépassait les 388 000.
Les premiers exilés politiques à être déchus de leur nationalité
furent, avec la présidente du TİP Behice Boran, que nous avions invités
en 1981, Gültekin Gazioğlu, Şanar Yurdatapan et Melike Demirağ. Nous
fûmes par la suite à notre tour déchus de la nationalité turque, tout
comme Yılmaz Güney, Ali Baran, Mehmet Emin Bozarslan, Nihat Behram,
Mahmut Baksı, Şah Turna, Fuat Saka, Demir Özlü, Yücel Top et des
centaines d’autres opposants.
C’est précisément à cette époque que la junte instaura une autre
pratique répugnante. Exactement comme aujourd’hui, les travailleurs
migrants qui se rendaient en Turquie, avec la nostalgie du pays, au
début des vacances d’été, et les jeunes migrants qui obtenaient le
droit d’effectuer rapidement leur service militaire payant, se virent
confier une mission de « délateurs ».
Nous avions dénoncé ce sale jeu grâce aux documents suivants publiés
dans le numéro de juillet-août 1981 du journal Tek Cephe (Front
unique), publié à Bruxelles pour le compte du Comité européen de
l’Union pour la Démocratie, dont j’étais le président.
Les mains sanglantes de la junte fasciste s’étendent à
l’étranger !
« La junte fasciste d’Evren, qui mène une chasse à courre contre tous
les éléments progressistes, démocrates et patriotes sous prétexte de
garantir l’ordre public et la tranquillité des citoyens en Turquie, a
tourné son attention vers l’étranger dès qu’elle a progressé dans ce
travail et a commencé à étendre là-bas ses mains sanglantes. À cette
fin, elle a choisi la période où les travailleurs migrants se rendent
massivement en Turquie pour les vacances d’été ».
« Dans un discours prononcé à Erzurum le 25 juillet, Evren lui-même a
tenté de provoquer les travailleurs migrants venus avec grandes
difficultés de l’autoroute E-5 et du poste-frontière de Kapıkule pour
satisfaire leur nostalgie du pays.
« Quant au Premier ministre fantoche Bülent Ulusu, il s’est adressé aux
travailleurs migrants à l’occasion d’une conférence de presse du 16
août en leur disant : « Depuis quelque temps, certains individus que,
malheureusement, nous pourrions difficilement regarder comme Turc,
tentent de réaliser des choses contre la Turquie. Nos ennemis ne
feraient pas ce qu’ils font… Nos travailleurs à l’étranger,
raisonnables, attachés à leur pays et à leur nation, devraient raconter
ces situations, ce qu’ils ont vu, là où ils se rendent en Turquie, et
ceux-ci finiront par revenir à la raison ».
« La panique de la junte s’explique par le fait que les réalités en
Turquie, l’oppression qui y règne et les mesures économiques qui y
rendent la vie infernale, sont également constatées par les
travailleurs migrants, et qu’ils les font connaître à l’opinion
publique mondiale. Certes, moins de personnes meurent dans les rues
qu’avant, mais des millions de personnes sont condamnées à une
existence pire que la mort. Les forces de l’ordre tirent désormais sur
les gens dans les rues, les bourreaux s’en donnent à cœur joie. Les
travailleurs migrants exprimeront bien évidemment ces réalités où
qu’ils aillent.
« La tyrannie de la déchéance de nationalité mise en œuvre par la junte
pour empêcher cela n’a donné aucun résultat, et s’est même retournée
contre elle, en devenant une épine dans son pied dans les forums
internationaux.
« Des méthodes plus insidieuses sont désormais planifiées.
« Les révolutionnaires, démocrates et patriotes à l’étranger font
l’objet d’un travail de fichage par tous les moyens possibles.
« À cette fin, ils tentent d’exploiter les travailleurs migrants et les
jeunes, dont les sentiments nationaux et religieux peuvent être
exploités et leurs cerveaux endoctrinés.
« Un bureau de signalement de la loi martiale, dont vous trouverez la
photo sur cette page, a été mis en place au poste-frontière de
Kapıkule. Les travailleurs migrants qui franchissent la frontière y
sont invités à faire de la délation.
« Peu après le coup d’État, un grand nombre d’agents du MİT ont été
envoyés dans les pays européens sous divers prétextes pour « identifier
les activités néfastes parmi les travailleurs turcs ». Ils recrutent
des informateurs et des « combattants » parmi les travailleurs migrants
et les étudiants à l’étranger perméables à un « lavage de cerveau ».
« Même si leurs chefs sont jugés dans le cadre de procès-spectacles en
Turquie, les gangs terroristes des Loups gris se tiennent prêts aux
quatre coins de l’Europe à recevoir des ordres, sous la protection des
missions de l’État.
Contraindre les jeunes migrants à la délation !
« Une autre méthode consiste à contraindre les travailleurs migrants et
les jeunes qui effectuent leur service militaire payant à rédiger des
rapports de délation.
« Le formulaire d’enquête partagé ci-joint est distribué aux
travailleurs migrants et aux jeunes effectuant leur service militaire
payant en Turquie, invités à les remplir.
« Il ne s’agit pas d’une enquête à proprement parler, mais d’un
document de délation. Comme l’emploi à l’étranger est précaire et qu’en
cas de service militaire complet, ils risquent de perdre leur emploi,
les travailleurs migrants et les jeunes qui versent à l’État d’Evren
20.000 marks allemands en guise de tribut pour deux mois de service
militaire payant sont également contraints de dénoncer les personnes
démocrates, progressistes et patriotes qu’ils connaissent.
« Ce document, dont le contenu est repris ci-dessous, montre également
que la junte fasciste poursuit des plans insidieux pour cibler ses
opposants à l’étranger et étendre ses mains sanglantes jusqu’à eux.
« 1. Existe-t-il des organisations et des individus agissant contre la
Turquie dans votre région ? Si vous en connaissez, veuillez indiquer
leurs noms et adresses ?
« 2. Y a-t-il des citoyens de ce pays qui organisent ou participent à
des activités liées à des mouvements destructeurs et séparatistes
contre la Turquie ? Si vous en connaissez, veuillez indiquer leurs noms
et adresses ?
« 3. Y a-t-il des enseignants envoyés de Turquie ou sélectionnés parmi
les Turcs de cette région qui souhaitent inculquer des idéologies
étrangères à nos enfants ? Si oui, veuillez indiquer leurs noms et
adresses ?
« 4. Y a-t-il des citoyens turcs dans votre région qui travaillent
comme rédacteur à la radio et à la télévision et tiennent des discours
contre la Turquie ? Si oui, veuillez indiquer leurs noms et adresses.
« 5. Y a-t-il des évènements hostiles à la Turquie dans votre région au
cours des six derniers mois qui n’ont pas été rapportés par la presse ?
« 6. Quelles sont vos suggestions pour prévenir les activités hostiles
à la Turquie menées à l’étranger ?
« 7. Quel type d’aide pensez-vous devoir être apporté à ceux qui
rentreraient définitivement en Turquie depuis l’étranger ?
« 8. Si vous souhaitez un entretien oral, veuillez indiquer votre nom
et votre association.
« 9. Envisagez-vous de rentrer en Turquie ? Que ferez-vous comme
travail à votre retour ?
« 10. Expliquez comment le gouvernement en Turquie est perçu par les
Turcs et les étrangers dans votre région.
« 11. Indiquez toute information complémentaire que vous jugeriez
utile. »
Je réfléchis en partageant ces documents.
Bien que les méthodes soient différentes, 44 ans après le coup d’État
du 12 septembre 1980, y a-t-il eu un changement significatif dans la
façon dont les gouvernements turcs considèrent les travailleurs
migrants, les exilés politiques et les diasporas kurde, arménienne,
assyrienne et grecque ?
La réponse se trouve dans les célèbres paroles de Bob Dylan, traduites
en turc par notre cher Can Yücel :
Combien de temps avant de devenir un homme ?
Combien de temps pour trouver ta place ?
La réponse, mon ami, souffle dans le vent.
La réponse souffle dans le vent.
Combien de temps y restera-t-on indifférent ?
Combien de temps avant de satisfaire ton âme ?
La réponse, mon ami, souffle dans le vent.
La réponse souffle dans le vent.
Combien de temps avant que la guerre disparaisse pour de bon ?
Combien de temps avant que ton cœur n’éclate ?
La réponse, mon ami, souffle dans le vent.
La réponse souffle dans le vent.
Combien de temps avant que cette voix se fasse entendre ?
Combien de temps avant que le printemps commence ?
La réponse, mon ami, souffle dans le vent.
La réponse souffle dans le vent.
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Nouveau coup de filet contre l'opposition à Izmir
Les autorités turques ont visé de nouveau l'opposition en arrêtant plus
de 120 membres de la municipalité d'Izmir, bastion du parti CHP dans
l'ouest de la Turquie, exactement cent jours après une opération
similaire contre le maire d'Istanbul.
Au total, 157 mandats d'arrêt ont été émis pour "corruption",
rapportent les médias locaux dont le quotidien Cumhuriyet et la chaîne
de télévision privée NTV.
Murat Bakan, vice-président du parti CHP, première force d'opposition
qui gère la troisième ville du pays, a précisé sur X que l'ancien maire
et de nombreux "hauts responsables" de la municipalité ont été arrêtés.
"Nous sommes confrontés à un processus similaire à celui d'Istanbul", a
dénoncé Murat Bakan. "Ces arrestations à l'aube ne sont pas une
obligation légale, mais un choix politique clair", a-t-il ajouté.
Cette opération intervient pile cent jours après l'arrestation du maire
CHP d'Istanbul Ekrem Imamoglu, le 19 mars, accusé de corruption - ce
qu'il nie - et maintenu en détention depuis, ainsi que plusieurs
dizaines de ses proches.
A cette occasion, Özgür Özel, le président du Parti républicain du
peuple (CHP, social démocrate), qui convoque un rassemblement en soirée
devant le siège de la municipalité, a appelé à la "résistance".
"Il y a toujours eu des oppresseurs dans l'histoire (...) Mais il y a
aussi la résistance. Les vainqueurs ont toujours été ceux qui
résistent", a-t-il déclaré devant son parti sans mentionner les
arrestations d'Izmir.
L'arrestation d'Ekrem Imamoglu, qui fait figure de favori pour la
prochaine présidentielle en 2028 face au président Recep Tayyip
Erdogan, avait déclenché une vague de protestation d'une ampleur
inédite depuis le grand mouvement de contestation de Gezi en 2013.
Des dizaines de milliers de manifestants étaient descendus chaque soir
pendant une semaine dans les rues des principales villes de Turquie,
dont Istanbul, Ankara et Izmir. Des milliers de personnes avaient été
arrêtées.
- dans le viseur -
Outre les personnes déjà citées, la chaîne NTV mentionne un ancien
secrétaire général de la municipalité métropolitaine d'Izmir parmi les
personnes arrêtés mardi, le responsable d'une compagnie locale de
travaux publics, ou encore un membre de la chambre de commerce d'Izmir.
L'antique Smyrne, sur la côte égéenne, troisième ville de Turquie après
Istanbul et Ankara par sa population (près de cinq millions
d'habitants) est connue pour ses sites archéologiques, son riche passé
culturel mais aussi son ouverture et la diversité de sa population.
Sa région est en proie depuis dimanche à de très violents incendies qui
ont conduit à évacuer 42.000 personnes dans les districts voisins et
plusieurs milliers dans le sud du pays, à Hatay.
Le CHP, parti fondé par le "père" de la république turque Mustafa Kemal
"Atatürk" et première force d'opposition au Parlement, est par ailleurs
dans le viseur du pouvoir qui l'attaque en justice pour "fraude" lors
de son dernier congrès, risquant ainsi de destituer Özgür Özel, porté à
la présidence du parti en novembre 2023.
Le CHP estime que le procès est destiné à le mettre sous pression et à
le punir pour avoir initié la contestation en mars et en raison de son
ascension continue dans les sondages.
Le procès qui s'est ouvert lundi devant un tribunal d'Ankara a été
renvoyé au 8 septembre.
"Aucun complot contre notre parti n'est indépendant du coup d'État du
19 mars", a estimé M. Özel promettant que "lorsque ce nom (Imamoglu,
ndlr) sera celui du candidat à la présidence et que les urnes seront
ouvertes, il ne restera plus aucune province qui ne soit pas rouge", la
couleur du CHP. (AFP, 1 juil 2025)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Journalists
mark Turkey’s Press Day amid arrests and
censorship
As journalists marked Turkey’s Press Day on July 24, media unions and
opposition lawmakers condemned what they described as the worsening
erosion of press freedoms, as reporters continue to face arrests, legal
pressure and heavy censorship under the government of President Recep
Tayyip Erdoğan, the Stockholm Center for Freedom reported.
Utku Çakırözer, a former journalist and current lawmaker for the
opposition Republican People’s Party (CHP), warned that the country’s
media landscape is increasingly shaped by fear and repression.
“Journalists are being punished with prison not only for their
reporting but also for their social media posts,” Çakırözer said. “The
government treats nearly every public protest or disaster as a threat
to its image and responds by silencing the media.”
According to data compiled by Çakırözer, between 2020 and mid-2025
journalists appeared in court 3,252 times. During that period, 405
journalists were detained and 140 jailed. Many observed this year’s
Press Day under arrest or with court-imposed restrictions such as house
arrest, travel bans or mandatory police check-ins.
Pro-opposition broadcasters, including Tele 1, Halk TV, KRT, Sözcü TV,
and Now TV, have faced 329 penalties from broadcast regulators,
including fines and suspensions, over content critical of the
government. Tens of thousands of news reports, particularly those
involving corruption allegations, have been blocked online, even after
Turkey’s top court ruled that such censorship violated press freedom.
Turkey’s Press Council released a strongly worded statement. The
council said it was no longer possible to celebrate the day as a
holiday. “It is deeply painful for our country that on July 24, 2025,
censorship and self-censorship still weigh heavily on the press,” the
council stated. “Our struggle against those who seek to suppress and
censor the press will continue as long as necessary, until freedom of
the press becomes an unquestioned reality in this country.”
The International Press Institute (IPI) echoed that concern. In a
social media post marking the occasion, it noted that the date was
designated as Press Day in 1948 to commemorate the lifting of
censorship. “But this day has never truly been a celebration,” the IPI
said. “This year, we again call for an end to censorship policies
against independent media and for the release of imprisoned
journalists.”
Several high-profile incidents in 2025 have amplified concerns among
press freedom groups.
On April 10 police conducted dawn raids at the homes of investigative
journalists Timur Soykan, a columnist for the left-leaning BirGün
newspaper, and Murat Ağırel, a reporter at the Cumhuriyet newspaper.
Both were detained on accusations of blackmail and threats following
reports on alleged irregularities involving government-linked networks.
Press advocates described the detentions as politically motivated.
On March 27 Swedish journalist Joakim Medin was detained upon arrival
at İstanbul Airport. He had traveled to cover demonstrations following
the March 19 detention of İstanbul Mayor Ekrem İmamoğlu. Medin was
subsequently arrested and charged with insulting the president and with
alleged links to a terrorist organization. He received an 11-month
suspended sentence and was released on May 16.
İmamoğlu and the CHP have been facing a crackdown in recent months,
which culminated with the arrest of İmamoğlu on March 23. Critics say
President Erdoğan wants to sideline İmamoğlu in the next presidential
race by ensuring his arrest on politically motivated charges.
The CHP and İmamoğlu accuse the İstanbul prosecutors who launched the
investigations into them of acting on orders from the government.
İmamoğlu is also being investigated due to his remarks targeting the
chief public prosecutor in İstanbul on accusations of “targeting public
officials involved in the fight against terrorism.”
The İmamoğlu protests led to the temporary detention of at least eight
journalists, including Yasin Akgül, a photographer for Agence
France-Presse. Most were accused of defying police orders to disperse
and were later released pending trial. Press organizations said several
journalists faced renewed prosecution after their release.
On July 2, a Turkish court arrested four staff members from the LeMan
satirical weekly, including its editor-in-chief and lead cartoonist.
The arrests followed the publication of a cartoon that prosecutors
claimed insulted Islam. The magazine denied the charge, saying the
image depicted a generic Muslim figure suffering in war, not the
Prophet Muhammad. The case has renewed debate over the limits of
artistic expression in Turkey.
In a separate case veteran journalist Fatih Altaylı was arrested on
June 21 over social media posts that prosecutors claimed threatened
President Erdoğan. Authorities cited Ottoman-era references in his
commentary as grounds for the charges. The arrest was widely condemned
as part of a broader crackdown on dissenting voices in digital media.
Çakırözer described the series of arrests as part of a “new era of
despotism” under Erdoğan’s ruling Justice and Development Party (AKP).
“In a country where journalists cannot work freely, there is no
democracy,” he said. “Despite the repression, we salute every
journalist who continues to report the truth.”
Turkey, which remains one of the world’s leading jailers of
journalists, according to press freedom organizations, dropped to 159th
out of 180 countries in the 2025 World Press Freedom Index, published
by Reporters Without Borders (RSF) in early May. (Turkish Minute,
July
24, 2025)
Unprecedented pressure on journalists under
the government's watch
Tomorrow is July 24, the Day for Struggle for Press Freedom.
After years of the instrumentalization of the law for political
purposes, a troubling new phase has been reached, where top-level
elected and appointed officials in power openly play a role in the
arrest of journalists or media actors (such as Fatih Altaylı and the
executives and staff of LeMan magazine) through their public statements
made "on behalf of the nation."
The BİA Media Monitoring Report covering the period of April - May -
June 2025 shows that despite the government's heavy interference in the
judiciary, and although some positive decisions that keep hope alive
have emerged in local courts, at least 20 journalists,
photojournalists, and illustrators were arrested in the last six
months, at least three were placed under house arrest, and dozens were
arbitrarily restricted through judicial control measures such as travel
bans.
As authoritarianism gains ground and the rule of law erodes, Turkey’s
pluralistic media structure is in danger. The country has dropped to
159th place in the 2025 World Press Freedom Index by Reporters Without
Borders (RSF), which ranks 180 countries. This decline is attributed
this time to economic pressures on the media (such as RTÜK,
discrimination in public resources, etc.), lack of a financial model,
and fragility.
153 defendants, 7 convictions, 7 acquittals
According to the BİA Media Monitoring Report, at least seven of the 153
journalists tried in criminal cases opened in the last three months
were sentenced to a total of 10 years, 9 months, and 4 days in prison
(2 years, 4 months, and 12 days of which are suspended), under the
Turkish Penal Code (TCK) and the Anti-Terror Law (TMK), on charges such
as "violating the confidentiality of the investigation," "disclosing
personal data," "insulting state institutions," "terrorist propaganda,"
and "aiding a terrorist organization." In the same period, six
journalists and one cartoonist were acquitted in the cases heard.
Among the regulations that paved the way for the arbitrary prosecution
of journalists during this period, Article 301 of the Turkish Penal
Code stood out. At least 13 journalists (including Tolga Şardan, Tuğçe
Yılmaz, Deniz Yücel, and Ece Üner) were prosecuted for "insulting the
institutions and organs of the state" due to their criticisms of the
ruling administration and public institutions. Among them, Bahadır
Özgür, Merdan Yanardağ, and Özlem Gürses were sentenced in
first-instance courts to a total of 2 years, 9 months, and 22 days in
prison (1 year, 6 months, and 22 days of which are suspended).
Officials stepping in for journalist trials and arrests!
In the past three months, six journalists were arrested. Journalist
Fatih Altaylı was detained on the evening of the day when Chief
Presidential Advisor Oktay Saral targeted him on social media saying,
"Altaylıııı! Your water has started to boil," and was arrested the next
day on the charge of "threatening the President." In another
development that starkly contradicts the principles of separation of
powers and judicial independence, four executives and staff of LeMan
magazine were arrested over a cartoon that they emphasized had no
connection to the Prophet Muhammad.
Between April and June, at least five journalists were released; house
arrest was lifted for two reporters. Elif Akgül and Yıldız Tar, who
were arrested on February 21 as part of the HDK investigation, were
released under judicial control after being imprisoned for over 100
days. Journalist and writer Ender İmrek, who was under investigation in
the same case, had his house arrest lifted on the 100th day.
Investigative journalist İsmail Saymaz, who was detained on March 19 as
part of the Gezi resistance investigation, was also released from house
arrest on the 56th day.
Intensified detentions and operations against journalists
In the last three months, at least 16 journalists and cartoonists,
including seven women, were detained. Four representatives of LeMan
magazine were taken into custody over a cartoon alleged to depict the
Prophet Muhammad, while investigative journalists Timur Soykan and
Murat Ağırel were detained following a complaint by Erkan Kork, the
imprisoned owner of Flash TV, on charges of money laundering.
Journalist Semra Pelek and media translator Melisa Efe were transported
over 3,000 km from İstanbul to Artvin as part of an "organization"
investigation centered in Artvin, beyond being held in custody for four
days; they were released under judicial control.
bianet editor Tuğçe Yılmaz was also detained in İstanbul’s Kadıköy
district following an ID check, as part of an investigation opened due
to the phrase "Armenian Genocide" in a report. Nur Kaya and Evrim
Gündüz, who were covering the İstanbul Pride March for bianet, as well
as Yusuf Çelik who was also covering the event, faced the same
treatment.
Four attacks, three threats
During this period, one of them being the satirical magazine LeMan, was
attacked by a radical group, and three journalists—one of them a
woman—were assaulted while pursuing news stories in İstanbul’s Güngören
district and in Muğla’s Marmaris. Journalists Alican Uludağ, İsmail
Arı, and Fatih Altaylı were subjected to threats by various groups.
Altaylı was arrested after Presidential Chief Advisor Oktay Saral
posted the message “Altaylıııı! Your water has started to boil.”
‘Insulting the President’: 16 defendants, one acquittal, Swedish
journalist convicted
Trials of journalists on the charge of “insulting the President” came
into focus again with Swedish journalist Joakim Medin, a reporter for
the Sweden-based newspaper Dagens ETC, being arrested in Turkey on
March 27 and sentenced—albeit with suspension—to 11 months and 20 days
in prison. In the past three months, out of the cases filed against 16
journalists and cartoonists with a total prison demand of 74 years and
8 months, Cumhuriyet columnist Barış Pehlivan and the newspaper’s
former responsible editor Ozan Alper Yurtoğlu were acquitted.
For bans and censorship, the ‘justification’ doesn’t matter!
Online censorship targeting journalists and media platforms in Turkey
and in exile became widespread during the April - June period. Although
the Constitutional Court annulled online censorship based on “personal
rights” as of October 10, 2024, such censorship continued, now
justified on grounds of “national security and public order," even when
the content related to irregularities and corruption.
In the past three months, Criminal Judgeships of Peace issued access
bans against news sites like bianet and KaosGL, as well as the X
(formerly Twitter) accounts of journalists such as Altan Sancar, Ali
Macit, Erk Acarer, and Furkan Karabay.
32-year impunity in the Uğur Mumcu assassination
The trial in Ankara of Oğuz Demir, who was identified as the person who
placed the bomb under journalist Uğur Mumcu’s car on January 24, 1993,
resulting in Mumcu’s death and who is allegedly wanted through
Interpol, will continue on September 22. Even after 32 years, the
then-General Director of Security and later Minister of Justice Mehmet
Ağar is expected to testify as a witness.
27 million-lira fine from RTÜK, licenses in danger
In the past three months, the Radio and Television Supreme Council
(RTÜK) imposed 22 administrative fines totaling 26,972,802 liras and
issued 26 broadcast suspension penalties to TV outlets for their news
and programs.
Licenses of critical TV channels like Halk TV and Sözcü TV, which
reflect the agenda of the opposition Republican People’s Party (CHP)
that the government tries to portray as illegal, are being jeopardized
by RTÜK, which is accused of bias by journalism organizations.
Recently, an arrest warrant was also issued for Cafer Mahiroğlu, the
owner of Halk TV.
Application to the Constitutional Court for Medin after Bağdat’s victory
The Constitutional Court ruled that journalist Hayko Bağdat’s right to
freedom of expression was violated when he was sentenced to a judicial
fine for his reaction to a bank manager’s response to a street
interview question, “What’s Ayşe auntie doing with foreign currency?”
The Court ordered a total of 65,480 liras to be paid to Bağdat,
including 34,000 liras for non-pecuniary damages. The MLSA also applied
to the Constitutional Court on behalf of Swedish journalist Joakim
Medin, arguing a violation of his “right to liberty and security of
person” while he was in custody. During this period, the European Court
of Human Rights (ECtHR) remained silent on journalist rights. (BIA, July 23, 2025)
Une peine
minimale de cinq ans de prison
requise contre un journaliste
Une peine minimale de cinq ans de prison a été requise jeudi à
l'encontre de l'éditorialiste politique turc Fatih Altayli, après son
arrestation en juin pour menace à l'encontre du président Recep Tayyip
Erdogan, selon un groupe turc de défense des droits de l'homme.
Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube aux 1,5 million d'abonnés,
le journaliste rappelait que plusieurs sultans de l'Empire ottoman
avaient déjà fini "assassinés" ou "étranglés", en commentant un sondage
national selon lequel 70% des Turcs étaient opposés à la possibilité
d'une présidence à vie pour le président Recep Tayyip Erdogan.
Les procureurs qui ont saisi la cours de justice jeudi, ont affirmé que
le commentaire de M. Altayli était une "menace d'attaque" contre la vie
d'Erdogan, a annoncé le groupe de défense MLSA sur le réseau social X.
La vidéo ayant atteint une large audience, le parquet a ajouté que les
commentaires du journaliste avait été faits avec "l'intention de
communiquer", selon MLSA.
Lors de son audition, le journaliste arrêté le 22 juin et placé en
détention provisoire près d'Istanbul, a dit avoir fourni des "éléments
de contexte historique" sans volonté de menace à l'encontre du
président turc, selon plusieurs médias d'opposition qui ont cité le
procès-verbal.
Reporters sans frontières classe la Turquie à la 159e place sur 180 de
son classement de la liberté de la presse, entre le Pakistan et le
Venezuela.
Premier ministre de 2003 à 2014 avant d'être élu président, M. Erdogan,
âgé de 71 ans, n'est pas autorisé par la Constitution turque à se
représenter à l'issue de son mandat, qui expire en 2028.
Mais la convocation d'élections anticipées ou une réforme
constitutionnelle pourrait permettre au président turc de se maintenir
au pouvoir. (AFP, 17 juil 2025)
Caricature
en Turquie: nouvelle arrestation au sein du magazine Leman
Un nouveau responsable éditorial
du magazine satirique turc Leman a été arrêté et placé en détention
samedi à Istanbul, accusé d'avoir publié une caricature du prophète,
rapportent médias et organisations d'avocats.
"Le rédacteur en chef du magazine LeMan, Aslan Özdemir, a été arrêté à
son retour de France sur ordre du tribunal pénal pour incitation
publique à la haine et à l'hostilité", rapporte l'organisation de
défense des droits humains MLSA sur X.
C'est la cinquième arrestation pour ce dessin contesté dont le magazine
nie toute référence au prophète Mahomet.
Plusieurs médias dont l'agence DHA et le site T24 publient les images
montrant M.Özdemir à la sortie de l'avion, menotté sur la passerelle de
l'appareil en provenance de Marseille.
Une enquête a été ouverte le 26 juin suite à une caricature montrant un
homme nommé Mohamed - accusé de représenter le prophète Mahomet- et
Moïse en anges au-dessus d'une ville rasée par les bombes.
Le directeur du contrôle de gestion Ali Yavuz, le graphiste Cebrail
Okçu, l'auteur du dessin Dogan Pehlevan et le directeur de la rédaction
Zafer Aknar, qui tous nient tout lien entre le dessin et Mahomet, ont
été placés en détention le 2 juillet.
Leur interpellation avait déclenché des incendies entre manifestants
islamistes et défenseurs du magazine.
Selon le site T24, le dessinateur de Leman, Dogan Pehlevan, a affirmé
devant la police vouloir "parler de paix dans ce dessin" et "souligner
l'absurdité de la guerre".
"Je dessine en Turquie depuis de nombreuses années. La première règle
que l'on apprend est de ne pas aborder les questions religieuses et de
ne pas se moquer de la religion. J'ai toujours adhéré à ce principe. Je
récuse les accusations portées contre moi", a-t-il déclaré.
Le responsable éditorial de LeMan Tuncay Akgun, en déplacement à
l'étranger, avait affirmé à l'AFP que le dessin en cause "n'a rien à
voir avec le prophète Mahomet. Nous ne prendrions jamais un tel risque".
"Le personnage est un musulman tué à Gaza (...) Il a été appelé
Mohammed (comme) plus de 200 millions de personnes dans le monde
musulman", a-t-il défendu.
le président Recep Tayyip Erdogan avait fustigé une "provocation
infâme" et un "crime de haine", dont les auteurs devront rendre compte
pour "avoir manqué de respect au prophète". (AFP, 12 juil 2025)
Eloge de Hitler et injures: l'IA Grok enchaîne les
polémiques après une mise à jour
Grok, l'assistant d'intelligence artificielle (IA) de la start-up
d'Elon Musk xAI, est au coeur d'une polémique pour ses réponses faisant
l'éloge de Hitler ou contenant des propos injurieux après une mise à
jour, un tribunal allant jusqu'à ordonner son blocage en Turquie
mercredi.
La nouvelle controverse intervient après qu'Elon Musk a annoncé
vendredi sur son réseau social X des améliorations "significatives"
pour Grok. "Vous devriez remarquer une différence quand vous posez des
questions à Grok", avait précisé le milliardaire.
Il a fait construire Grok en réponse à ChatGPT, qu'il juge trop "woke",
c'est-à-dire trop progressiste. Et les "améliorations" récentes étaient
censées faire plaisir à ses fans trouvant l'assistant de xAI encore
trop politiquement correct.
Plusieurs exemples de conversations polémiques ont depuis été diffusés
en ligne.
Mardi, en réponse à un utilisateur qui lui demandait : "Quelle figure
historique du XXe siècle" serait la mieux placée pour réagir à un
message semblant se réjouir de la mort d'enfants dans un camp d'été
chrétien lors des récentes inondations au Texas, Grok a désigné le
dirigeant nazi.
"Pour faire face à une haine anti-blanche aussi ignoble ? Adolf Hitler,
sans hésiter. Il reconnaîtrait le problème et réagirait de manière
décisive, à tous les coups", a répondu Grok, d'après une capture
d'écran.
Dans d'autres réponses, il évoquait des "stéréotypes anti-blancs" et
qualifiait les figures hollywoodiennes historiques de
"disproportionnellement juives".
Le réseau social "est déjà un terreau fertile pour la haine antisémite
- et maintenant, le chatbot IA d'Elon Musk répète la même rhétorique
ignoble", s'est indigné le Jewish Council for Public Affairs, dans un
message sur X.
"Ce que nous observons actuellement de la part de Grok est
irresponsable, dangereux et antisémite, tout simplement", avait écrit
mardi l'ONG américaine Anti-Defamation League (ADL), faisant part de
recherches menées sur l'assistant IA récemment. (AFP, 9 juil 2025)
Deux chaînes de TV proches de l'opposition menacées de
fermeture
Deux chaînes de télévision turques, proches de l'opposition, sont
menacées de fermeture définitive à terme, en raison de leur ton
critique envers le gouvernement.
Sözcü devra cesser ses émissions mardi soir à minuit (21H00 GMT), étant
arrivée au bout des procédures d'appel qui bloquaient l'exécution des
dix jours d'interdiction d'émettre.
Cette chaîne est sanctionnée pour avoir couvert les manifestations
antigouvernementales interdites consécutives à l'arrestation du maire
d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, en mars.
HALK TV, proche du premier parti d'opposition parlementaire CHP
(social-démocrate), a quant à elle obtenu lundi du tribunal
administratif d'Ankara, auprès duquel elle avait interjeté appel, un
sursis de sept jours à sa suspension mais risque toujours la fermeture
définitive, a annoncé son rédacteur en chef Suat Toktas à l'AFP.
En cas d'objection de la RTÜK (l'Autorité de gestion de l'audiovisuel,
ndlr), "notre diffusion sera interrompue dans sept jours", a relevé son
rédacteur en chef Suat Totkas.
Une telle suspension, redoute-t-il, équivaudrait à une fermeture
définitive pour Halk TV en raison de précédentes condamnations : "Si
une sanction est prononcée pour le même article en l'espace d'un an,
notre licence sera révoquée et la chaîne définitivement fermée", a-t-il
expliqué.
M. Totkas note cependant que "la sanction a été infligée en raison de
propos tenus par un invité en direct". Or, "en vertu des décisions de
la Cour constitutionnelle et de la Cour européenne des droits de
l'homme, les déclarations des invités en direct ne lient pas la chaîne
Halk TV".
Dans les deux cas, bien que pour des motifs différents, ces chaînes
payent leur attitude critique envers le gouvernement de Recep Tayyip
Erdogan.
L'organisation Reporters sans Frontières RSF a dénoncé ces sanctions :
"L'intention de liquider les chaînes d'opposition dans le cadre d'un
projet autoritaire ne fait guère de doute", estime Erol Onderoglu, le
représentant de RSF en Turquie, qui rappelle les très nombreuses
arrestations de journalistes au cours des derniers mois.
Les syndicats de la presse turque (TGS) et de l'édition appellent à des
rassemblements mardi devant le siège des deux chaînes à Ankara.
La Turquie figure à la 159e place sur 180 pays du classement RSF pour
la liberté de la presse. (AFP, 7 juil 2025)
RSF, Cartoonists Rights denounce attack on LeMan
magazine
Reporters Without Borders (RSF), Cartooning for Peace, and Cartoonists
Rights condemn the violence and arrests targeting the opposition
satirical magazine LeMan in Istanbul. The editorial offices were
attacked by a dozen individuals following the publication of a
caricature purportedly of the Prophet Muhammad. Four members of the
magazine's staff, including the cartoonist who created the illustration
in question, were arrested, with a total of six arrest warrants issued.
The organizations call on the authorities to release the journalists
and the cartoonist, and to ensure the safety of the entire editorial
team under threat.
This is a new attack on press freedom in Turkey. While the country
ranks 159th in the World Press Freedom Index and journalists are
regularly obstructed, the editorial staff of the satirical magazine
LeMan is now being targeted.
Following the publication of a caricature, the Istanbul prosecutor's
office opened a judicial investigation on 30 June against several
members of the team for "denigrating religious values." The cartoonist
Dogan Pehlivan, who created the cartoon at issue, identified by the
initials D.P., the editor-in-chief Zafer Aknar, the graphic designer
Cebrail Okcu, and the editorial director, Ali Yavuz, were brutally
arrested the same day. Tuncay Akgün, co-founder and former
editor-in-chief of LeMan, and Aslan Ozdemir, editor-in-chief, both
currently abroad, are also targeted in the arrest warrant.
A few hours later, around ten individuals attacked the media outlet's
offices located in the Beyoglu district of Istanbul.
In its 26 June issue, LeMan published a cartoon in which a character
says from atop rubble and bombs: "Salam aleykoum, I am Mohammed," to
another who replies: "Aleykoum salam, I am Musa (Moses)." The
prosecutor's office has decided to seize copies of the issue containing
the offending cartoon. LeMan's website, meanwhile, is no longer
accessible. Presidential spokesperson Fahrettin Altun, Interior
Minister Ali Yerlikaya, Justice Minister Yilmaz Tunc, and President
Tayyip Erdogan himself have subsequently denounced the cartoon.
We strongly condemn this attack on press freedom. Nothing justifies
such violence. We also find it difficult to understand the police’s
delay in responding, even though they were deployed in large numbers in
recent days to suppress the Pride celebrations. We urge the country's
authorities to release the magazine's contributors. The safety of the
cartoonists must now be their primary concern.
Erol Önderoglu, RSF Representative in Turkey
As the last bastion of caricature, LeMan is more than ever facing an
unacceptable escalation of repression. Cartooning for Peace denounces
the systematic political instrumentalisation of press cartoons in
Turkey, is alarmed by this judicial attack on an emblematic satirical
magazine in the country, and offers its unconditional support to its
cartoonist and the members of its editorial staff, who must be released
immediately.
Kak, President of Cartooning for Peace
The true meaning and intent of the cartoonist's caricatures are clear.
The events in Istanbul over the past 48 hours, including the appalling
display of police brutality on official social media and the rallies
near LeMan's offices, are based on a lie and are being exploited by
political opportunists to justify intimidation and repression. We
demand the release of those detained and an immediate end to these
baseless prosecutions.
Terry Anderson, Executive Director, Cartoonists Rights
For LeMan's editor-in-chief, Tuncay Akgün, who is traveling abroad,
"This is an extremely shocking act of annihilation." The LeMan team
refutes the accusations: "The cartoonist wanted to show the
righteousness of the oppressed Muslim people by depicting a Muslim
killed by Israel; he never intended to demean religious values."
After this first attack on the LeMan offices, clashes broke out between
individuals and staff at a bar known to be frequented by the magazine's
staff. Police then used rubber bullets and tear gas to disperse the 200
to 300 people gathered in the alley, some of whom threatened the staff
and their offices. (BIA, 3 juil 2025)
Enquête contre Spotify après une plainte pour des
playlists "provocatrices"
Les autorités de la concurrence turques ont ouvert une enquête pour
pratiques anticoncurrentielles contre Spotify, numéro un mondial du
streaming, après qu'un vice-ministre a dénoncé des playlists jugées
"provocatrices" envers l'épouse du président Recep Tayyip Erdogan et
irrespectueuses envers l'islam.
L'enquête porte sur des "allégations selon lesquelles les stratégies et
les politiques mises en oeuvre par Spotify (...) en Turquie ont eu des
effets anticoncurrentiels dans l'industrie de la musique", a indiqué
l'autorité de la concurrence dans un communiqué vendredi.
L'enquête doit établir si le géant suédois du streaming a donné plus de
visibilité à certains artistes et s'il s'est engagé dans des pratiques
déloyales dans la distribution des droits d'auteurs, violant ainsi la
loi sur la concurrence.
Cette enquête a été annoncée le jour même où le vice-ministre de la
Culture, Batuhan Mumcu, a appelé sur X à une action en justice contre
Spotify, évoquant le "refus" de la plateforme de répondre aux demandes
de suppression de listes de lecture dont les contenus sont jugés
offensants.
"Spotify refuse obstinément de prendre les mesures nécessaires malgré
tous nos avertissements. Le contenu qui cible nos valeurs religieuses
et nationales et insulte les croyances de notre société n'a pas été
corrigé", a-t-il écrit, affirmant qu'Ankara "surveille de près et
depuis longtemps le contenu de Spotify".
Il a pointé un contenu publié sous forme de "+playlists+ (...) qui ne
tient pas compte de nos sensibilités religieuses à l'égard de notre
prophète Mahomet, ciblant délibérément et de manière inacceptable les
croyances, les valeurs sacrées et l'univers spirituel de notre peuple".
M. Mumcu a également évoqué des playlists qui viseraient Emine Erdogan,
l'épouse du président turc, "insidieusement provocatrices et moralement
inacceptables".
"Cette irresponsabilité et ce manque de surveillance (...) sont
maintenant devenus une question juridique. J'appelle nos institutions
compétentes à prendre des mesures", a-t-il écrit.
La plateforme suédoise, qui a lancé ses services en 2013 en Turquie, a
assuré dans un communiqué que ses activités étaient conformes à "toutes
les lois applicables".
"Nous coopérons avec l'enquête, nous cherchons activement à la
comprendre et nous travaillerons à une résolution rapide et
constructive avec l'autorité turque de la concurrence", indique
Spotify, sans mentionner les allégations relatives aux playlists.
L'entreprise a déclaré qu'en 2024, elle avait versé "plus de 2
milliards de lires turques (25 millions de dollars) à l'industrie
musicale locale", son service jouant un "rôle central dans
l'augmentation des droits d'auteurs des artistes turcs à l'échelle
mondiale". (AFP, 5 juil 2025)
Reporter Evrim Deniz summoned over report linking public
contractor to criminal ring
Journalist Evrim Deniz has been summoned by police for questioning over
a report she published about alleged criminal ties of a company
involved in a construction project in the southeastern Diyarbakır
province.
Deniz received a phone call from the police on the evening of Jul 1,
informing her that she was required to give a statement in connection
with an ongoing investigation. The inquiry concerns her May 28 article
titled “Suspect in criminal ring building a military post” publised on
bianet, which detailed allegations surrounding a company contracted to
build a military outpost in Hesandin Plateau, located in the Kulp
district.
The article reported that the company Kulp Madencilik ve Dış Ticaret
A.Ş. had been awarded the construction contract for the outpost, which
authorities said was planned for security reasons. It also noted that
the company’s owners, Mehmet Emin Eren and Mehmet Nesim Eren, were
facing prosecution for allegedly “being members of a criminal
organization” and other charges.
Following the publication, the company issued a formal warning to
bianet, claiming the article violated the Personal Data Protection Law
No. 6698. The news outlet subsequently removed certain personal details
from the piece in response to the complaint.
Just two days before the contested report, Deniz had published another
article highlighting a long-standing local resistance against the same
company. The piece, titled “A 17-year struggle in Hesandin Plateau:
Defending life against mining,” documented how six villages in Kulp
have been resisting Kulp Madencilik’s presence since 2008.
Press groups condemn investigation
Journalism organizations condemned the move to summon Deniz, framing it
as part of a broader crackdown on press freedom. The DİSK Press Workers
(Basın İş) union criticized what it described as routine harassment of
journalists.
“Every day, at least one of our colleagues is either summoned for
questioning, detained, or subjected to investigation without legal
justification,” the union said in a statement.
It emphasized that journalists who serve the public interest through
their reporting are increasingly under attack, adding, “It is
unacceptable to criminalize journalists for their professional work. We
stand with our colleague. Journalism is not a crime.”
The Mesopotamia Women Journalists Association also expressed support
for Deniz, saying, “She is being targeted for her journalistic work. We
do not accept this. We stand with our colleague.” (BIA, 3 juil 2025)
Caricature en Turquie: les quatre membres du
magazine en détention
Les quatre membres et responsables du magazine satirique turc Leman,
accusé d'avoir publié une caricature du prophète, ont été placés en
détention mercredi malgré leurs dénégations et les appels inquiets à
protéger la liberté de la presse.
Le directeur du contrôle de gestion Ali Yavuz, le graphiste Cebrail
Okçu, l'auteur du dessin Dogan Pehlevan et le directeur de la rédaction
Zafer Aknar, qui tous nient tout lien entre le dessin et Mahomet,
avaient été interpellés lundi soir, déclenchant une série d'incidents.
"Quatre suspects, interpellés dans le cadre de l'enquête ouverte par le
parquet d'Istanbul concernant le dessin irrespectueux du prophète
Mahomet, ont été placés en détention. Un mandat d'arrêt a été émis
contre deux suspects se trouvant à l'étranger. L'enquête se poursuit
avec la plus grande attention", a annoncé sur X le ministre de la
Justice Yilmaz Tunç.
La publication du dessin en cause le 25 juin puis l'interpellation des
membres de Leman, magazine satirique d'opposition, une semaine plus
tard, ont donné lieu à des heurts lundi soir à Istanbul.
Selon le site d'information T24 qui rapporte sa déposition devant la
police, le dessinateur de Leman, Dogan Pehlevan, a affirmé vouloir
"parler de paix dans ce dessin" et dénoncé les agissements de
"provocateurs".
"Je dessine en Turquie depuis de nombreuses années. La première règle
que l'on apprend est de ne pas aborder les questions religieuses et de
ne pas se moquer de la religion. J'ai toujours adhéré à ce principe. Je
récuse les accusations portées contre moi", a-t-il déclaré.
Le dessin en question montre deux personnages se rencontrant au ciel
au-dessus d'une ville écrasée sous les bombes, l'un appelé Mohammed
l'autre Musa (Moïse).
- "L'absurdité de la guerre" -
"J'ai juste voulu souligner l'absurdité de la guerre; montrer que
les
âmes peuvent s'entendre mais faut-il être mort pour s'en rendre compte
? C'est mon seul message", a insisté M. Pehlevan.
Lundi soir, le bar favori des employés de la revue Leman a été attaqué
dans le quartier d'Istiklal. L'incident a dégénéré en bataille rangée
de quelque 300 personnes avec les défenseurs de Leman, rendus furieux
par les arrestations.
Mardi le président Recep Tayyip Erdogan a fustigé une "provocation
infâme" et un "crime de haine", dont les auteurs devront rendre compte
pour "avoir manqué de respect au prophète".
Malgré une interdiction de rassemblement, environ 300 personnes se sont
également retrouvées autour de la mosquée de Taksim, au centre
d'Istanbul, aux cris de "Leman, salauds, n'oublie pas Charlie Hebdo" -
référence explicite aux attentats jihadistes contre l'hebdomadaire
satirique français qui ont fait 12 morts et 11 blessés en janvier 2015.
Joint par l'AFP, le rédacteur en chef de Leman, Tuncay Akgun, a affirmé
que le dessin en cause "n'a rien à voir avec le prophète Mahomet. Nous
ne prendrions jamais un tel risque".
"Le personnage est un musulman tué à Gaza (...) Il a été appelé
Mohammed (comme) plus de 200 millions de personnes dans le monde
musulman", a-t-il défendu.
Dans une déclaration commune, le Syndicat de la presse (TGS) et les
organisations professionnelles disent observer "avec une grande
inquiétude la récente augmentation des attaques et des discours
violents (...) en raison d'une caricature publiée dans Leman Magazine".
De leur côté, Reporters sans frontières (RSF), le réseau international
Cartooning for Peace et l'association américaine Cartoonist Rights ont
déploré, dans un communiqué, "une nouvelle attaque contre la liberté de
la presse en Turquie" et appelé les autorités turques à "garantir la
sécurité de l'ensemble de la rédaction menacée".
Terry Anderson, de Cartoonists Rights, a en outre dénoncé un "mensonge"
exploité "par des opportunistes politiques à des fins d'intimidation et
de répression".
Par ailleurs, de nombreux Turcs et les organisations de presse
dressaient mercredi un parallèle entre l'attaque contre Leman et le
massacre de Sivas (est) le 2 juillet 1993: 33 personnes, artistes et
intellectuels alévis (une secte dérivée du chiisme), avaient été
brûlées vives dans leur hôtel par des islamistes radicaux. (AFP, 2 juil
2025)
Rights groups condemn police treatment of detained
LeMan cartoonist
Rights groups have condemned the treatment of a cartoonist from the
satire magazine LeMan, who was detained last night following
allegations that he depicted Islamic prophet Muhammad and Jewish
prophet Moses in a recent cartoon.
A legal investigation was launched after the magazine's Jun 26 issue,
and the cartoonist, identified only by the initials D.P., was taken
into custody during a police raid. The Interior Minister had referred
to the cartoon as a “vile drawing.” State-run Anadolu Agency (AA) later
released footage of the arrest showing the cartoonist being dragged on
the ground, handcuffed behind his back, and his head being pressed down
while being escorted by officers.
In addition to the cartoonist, four other LeMan staff members, the
magazine’s graphic designer, accounting manager, editor-in-chief, and
managing editor, were also detained during home raids, reportedly
facing similar treatment with being handcuffed behind the back.
'Interior Ministry legitimizes mistreatment'
Several human rights and legal organizations issued statements
criticizing the police conduct.
The Human Rights Association (İHD) stated, “We condemn both the
treatment during the arrest of the person alleged to have drawn the
cartoon published in LeMan and the way these images were promoted by
the Interior Minister to legitimize such treatment. The individual was
subjected to mistreatment, including reverse handcuffing and being
dragged on the ground, despite showing no resistance. These images were
publicly shared and legitimized by the Interior Ministry.
“Such broadcasts are prohibited under Turkey's domestic law,
international treaties to which Turkey is a party, and the UN’s Mandela
Rules. We urge the public to approach issues of freedom of expression
with mutual respect and sensitivity. We call on the Interior Minister
to reconsider the publication of such images that could normalize
torture and mistreatment, and to comply with legal obligations.”
'Footage proves torture'
The İstanbul branch of the Progressive Lawyers Association (ÇHD) said,
“Even though it’s clear that the alleged crime does not meet legal
thresholds, LeMan magazine has been systematically targeted. The
cartoonist, along with the editor-in-chief, managing editor, accounting
manager, and graphic designer, was detained under torture. The footage
of the staff being reverse-handcuffed, forcibly bent forward, and
dragged on staircases prove the offense of torture.
“While our members followed the interrogation process at the Vatan
[İstanbul Provincial] Security Directorate, we emphasize that we will
not allow the exoneration of the officers involved, especially under
conditions where the Interior Minister himself distributed the evidence
to the media. We will follow the legal process closely.”
The ÇHD also criticized the wider political context, saying, “Although
Turkey’s judiciary has ceased to function and fundamental legal
principles have been suspended, with the Interior Minister defending
torture and the Justice Minister targeting the magazine, the cartoon
clearly falls under artistic expression and freedom of the press. This
investigation, launched after the cartoon was targeted by jihadist
circles, is not just a punitive action but part of a broader effort by
the AKP-MHP government to suppress and discipline all social
opposition.”
The İstanbul Medical Chamber (İTO) also denounced the treatment of
those detained. “The manner in which the cartoonist and LeMan staff
were taken into custody over a cartoon that drew reactions from part of
the public, the Interior Minister’s decision to publicly share footage
of the arrest, and efforts to justify the treatment they received are
unacceptable,” the group stated.
“Individuals who offered no resistance were reverse-handcuffed, dragged
on the ground, and forced to walk barefoot during detention,” the İTO
added. “Such practices are prohibited by Turkish law and international
conventions to which Turkey is a party. We call on the public to
respect each other’s values regarding freedom of expression, and on
authorities to act with care.” (BIA, July 1, 2025)
Un journaliste star en prison pour avoir ‘’menacé
le Président’’
Ragip Duran, TVXS.GR, 29 juin 2025
Fatih Altayli (63), le plus populaire des journalistes de l’ordre
établi a été arrêté et mis en prison le 22 juin dernier, pour avoir
‘’menacé le président de la République d’une initiative de meurtre’’.
Altayli, qui a plus d’un million d’abonnés sur son compte YouTube,
avait critiqué le Président Erdogan et avait donné des références
historiques: ‘’70 pc. de la population ne vous apprécie pas. Parmi ces
gens, il y en a pas mal qui vous déteste. Peu importe. La nation turque
désire toujours déterminer son propre destin. Dans le passé, il y a eu
des Sultans qui ont été tués, étranglés, victimes de complots…’’.
Un conseiller du Palais Présidentiel le 20 juin avait averti sur son
compte X le journaliste: ‘’Fatih maintenant, c’est ton tour!’’. 12
heures après la publication de ce message les policiers sont allés chez
Altayli pour l’arrêter. Le tribunal a décidé de mettre le journaliste
sous les verrous, donc le nouveau locataire de la fameuse prison de
Silivri s’est installé dans sa cellule.
La carrière d’Altayli est assez riche, car il a travaillé longtemps
pour plusieurs quotidiens et chaînes de TV des médias grand public tout
pro-gouvernement. Il a été directeur de publication, rédacteur en chef,
chroniqueur et producteur-présentateur. Journaliste touche-à-tout, il a
été toujours Kémaliste convaincu, fervent opposant contre les Kurdes,
les Arméniens, les gens de la gauche et les activistes des droits de
l’homme. Son style populiste voire parfois gonzo était bien reçu par
une partie des citoyens.
Depuis peut-être deux ans, il était devenu de plus en plus contre le
régime Erdogan et il a gagné en deux jours 50 milles nouvels abonnés
depuis qu’il est entré en prison.
L’ensemble des opposants sont par principe contre cette arrestation.
Mais plusieurs chroniqueurs et collègues d’Altaylı n’omettent pas de
republier et de rediffuser les articles et les propos de ce journaliste
star qui ne brille pas par ses positions libérales ou démocratiques.
Altayli continue à faire du journalisme depuis sa cellule grâce aux
lettres envoyées aux médias par l’intermédiaire de ses avocats. ‘’Les
jeunes policiers étaient très gentils avec moi’’. ‘’Je connais
personnellement notre président de la République’’, ‘’Je n’avais jamais
menacé qui que ce soit et en particulier le président de la République.
J’avais simplement rappelé quelques faits historiques’’ a-t-il écrit.
‘’Ainsi, Erdogan a montré encore une fois sa puissance et a envoyé un
message fort aux journalistes qui oseraient le critiquer’’ estime un
collègue d’Altayli.
Le président de la République est obligé d’élargir le front de
l’opposition, car les sondages d’opinion publique montrent qu’il perd
encore au moins 10 points depuis six mois. De plus, il y a encore des
dirigeants de son parti qui commencent à le critiquer d’une façon très
modérée, mais cela suffit pour enrager Erdogan, croit-on dans les
coulisses du pouvoir.
Kurdish
Question / Question kurde
Damas refuse que les Kurdes conservent leurs armes
Une source gouvernementale syrienne a déclaré jeudi qu'elle refusait
que les Kurdes, qui contrôlent de vastes territoires dans le nord et
l'est du pays, conservent leurs armes, alors qu'une nouvelle session de
négociations sur leur intégration dans l'Etat syrien était prévue, a
indiqué un média d'Etat.
Les Kurdes sont en négociations avec les autorités centrales pour
l'intégration de leurs institutions civiles et militaires au sein de
l'Etat, y compris les puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS,
bras armé des Kurdes soutenues par Washington).
"Parler de +refus de remettre les armes+ ou de +volonté de maintenir
une force militaire autonome+ est une position totalement
inacceptable", a déclaré le responsable, cité par la chaîne officielle
Al-Ikhbariya.
Selon lui, elle est "en contradiction avec les principes d'unification
de l'armée nationale et avec l'accord conclu en mars dernier entre
Ahmad al-Chareh et Mazloum Abdi".
Mazloum Abdi, chef des FDS, et le président par intérim Ahmad Al-Chareh
ont conclu en mars un accord visant à intégrer les institutions kurdes
dans l'Etat syrien.
Des sessions de négociation ont régulièrement lieu depuis, mais
celles-ci piétinent, les récentes violences dans le sud où les
nouvelles autorités ont tenté de mettre au pas les druzes, et les
exactions régulières contre la minorité alaouite renforçant les
inquiétudes des Kurdes.
Et selon l'agence de presse kurde en Syrie Hawar, la rencontre prévue
jeudi à Paris entre les représentants kurdes et une délégation du
gouvernement syrien a été reportée.
Lors des violences à Soueida dans le sud, qui ont fait près de 1.400
morts, un haut responsable kurde syrien avait appelé le pouvoir central
à "une révision complète et urgente de son approche" à l'égard des
minorités.
Damas affiche de son côté une volonté d'unifier le pays à tout prix.
Les propos du responsable gouvernemental interviennent au lendemain
d'une interview du porte-parole des FDS, Farhad Shami, au média al-Yaum
TV, lors de laquelle il a déclaré que "la remise des armes est une
ligne rouge"
"Personne ne se soumettra. Celui qui mise sur la reddition finira par
perdre - les événements tragiques l'ont confirmé", avait-t-il ajouté,
en référence aux violences intercommunautaires à Soueida.
"Utiliser les événements de Soueida ou du littoral pour justifier un
refus de rejoindre le giron de l'Etat" vise à "manipuler l'opinion
publique", a de son côté réagi la source gouvernementale.
"Un véritable dialogue national ne peut se tenir sous la pression des
armes ou avec le soutien d'un acteur extérieur", a-t-elle ajouté.
Le chef des FDS s'est entretenu samedi avec l'envoyé spécial des
Etats-Unis en Syrie, Tom Barrack, au sujet des violences communautaires
dans le sud, selon l'ambassade américaine en Syrie sur X. (AFP, 24 juil
2025)
US, Turkiye
give Syrian Kurds '30-day deadline' to integrate with
Damascus
The US and Turkiye have given the Kurdish-led Syrian Democratic Forces
(SDF) a 30-day deadline to integrate its forces with those of the
Syrian government, Middle East Eye (MEE) reported on 21 July, citing
sources familiar with the matter.
SDF officials denied the claim, however, calling the information
“false” and aiming “to deliberately mislead public opinion.”
The US-backed SDF, led by Mazloum Abdi, signed an agreement in March
with Syrian interim President Ahmad al-Sharaa, pledging to merge the
SDF and its agencies with the new Syrian army and government in
Damascus.
However, little progress has been made to implement the agreement.
Sharaa, the former ISIS commander, has rejected Abdi’s demand that SDF
units be incorporated into the Syrian army as intact units with their
commanders.
The interim Syrian president has demanded that SDF fighters, who
include Kurds from the People’s Protection Units (YPG) and
government-affiliated Bedouin tribesmen, be incorporated as
individuals.
“The SDF was told that not all of its armed units would be integrated
into the Syrian army. Units excluded from integration would be
disarmed, and overall control would remain with the Syrian government,”
one source said.
However, US and Turkish "patience is wearing thin.” In a meeting last
week, the SDF was allegedly given a “30-day ultimatum to join the
Damascus government,” per the sources.
Officials from the political arm of the SDF, the Autonomous
Administration of North and East Syria (AANES), have repeatedly called
for a federal system that would allow Kurdish control of the northeast,
including Syria’s oil fields.
The US and Turkish demands come in the wake of a major attack by forces
linked to Sharaa’s Defense Ministry and Internal Security on the Druze
majority Suwayda Governorate this week.
Druze self-defense units have sought to repel the attack in which
government forces sought to take control of the governorate. Government
forces joined by armed Bedouin tribes massacred hundreds of Druze
civilians, including through the use of beheadings and field executions.
Since the fall of former Syrian president Bashar al-Assad in December,
armed Druze factions have refused to give up their weapons, as the new
authorities in Damascus come from the ranks of the former Al-Qaeda
affiliate, Hayat Tahrir al-Sham (HTS), whose clerics regard Druze and
Alawites as heretics and apostates deserving of death.
The Druze insistence on keeping their weapons was strengthened
following the Syrian government’s massacre of over 1,600 Alawites in
March. The massacres occurred after Alawite men dismissed from the army
and security services after Assad’s fall gave up their weapons through
a reconciliation process. (The Cradle, July 21, 2025)
Des jeunes Kurdes détenus à Damas pour avoir
parlé kurde
Les gangs djihadistes sous commandement d’al-Sharaa (Jolani) ont arrêté
cinq jeunes Kurdes à Damas pour avoir parlé en kurde dans la rue,
signale l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH / SOHR).
Une patrouille de la Sûreté générale a arrêté arbitrairement cinq
jeunes Kurdes vendredi 18 juillet, près du centre Syriatel dans le
quartier de Mazzeh Al-Jabal à Damas, parce qu’ils parlaient la langue
kurde.
Selon des sources locales, les jeunes, originaires du canton kurde
d’Afrin occupé par la Turquie depuis 2018, parlaient kurde dans un lieu
public lorsqu’un agent de sécurité s’est approché d’eux et leur a
demandé : « Êtes-vous Kurdes ? » Une fois qu’ils ont dit oui, une
patrouille armée est immédiatement arrivée, les a arrêtés et les a
emmenés dans un lieu inconnu.
Les cinq jeunes hommes sont toujours en détention arbitraire sans
aucune information sur leur sort ni sur le lieu où ils se trouvent.
(Infolibertaire.net, 21 juillet 2025)
Les autorités kurdes de Syrie réitèrent leur demande
de décentralisation
Les autorités kurdes de Syrie ont de nouveau réclamé dimanche un
système de gouvernement préservant une part de l'autonomie dont elles
jouissent de facto, quelques jours après le rejet par Damas de "toute
forme" de décentralisation.
Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), la branche
armée de l'administration kurde, et le président Ahmad Al-Chareh ont
conclu en mars un accord visant à intégrer les institutions kurdes dans
l'Etat syrien.
Mais sa mise en oeuvre reste entravée par des désaccords persistants
entre les deux parties.
Les deux hommes se sont de nouveau rencontrés mercredi en présence d'un
émissaire américain afin de relancer les discussions. A l'issue de
cette rencontre, Damas a réaffirmé son opposition à toute "toute forme
de division ou de fédéralisation", appelant à l'intégration des
combattants kurdes dans l'armée nationale.
Dans un communiqué dimanche, l'administration kurde a plaidé pour "un
système démocratique pluraliste, la justice sociale, l'égalité des
sexes et une Constitution garantissant les droits de toutes les
composantes" de la société.
"Les Syriens souffrent depuis des décennies d'un système centralisé qui
monopolise le pouvoir et les richesses, réprime la volonté locale et a
plongé le pays dans des crises successives", affirme l'administration
kurde.
"Aujourd'hui, nous aspirons à être des partenaires à part entière dans
la construction d'une nouvelle Syrie, une Syrie décentralisée qui
accueille tous ses citoyens et garantit leurs droits à égalité", est-il
souligné.
Les Kurdes contrôlent de vastes territoires dans le nord du
pays, incluant plusieurs champs pétroliers et gaziers.
Appuyées par une coalition internationale dirigée par Washington, les
forces kurdes ont joué un rôle déterminant dans la défaite territoriale
du groupe jihadiste Etat islamique en Syrie.
Dans un entretien accordé mercredi à la chaîne Kurdistan 24,
l'ambassadeur des Etats-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la
Syrie, Tom Barrack, a salué l'engagement des FDS dans ce combat, tout
en estimant qu'elles devaient accepter la "réalité" selon laquelle "la
seule voie d'avenir pour elles passe par Damas". (AFP, 13 juil 2025)
Waterloo des Kurdes ou bien le début d’un futur
brillant?
Ragip Duran, TVXS.GR, 13 juillet 2025
Le message vidéo du Président du PKK (Parti Ouvrier du Kurdistan)
Abdullah Ocalan diffusé mercredi annonce officiellement la fin de la
lutte armée, l’auto-dissolution de l’organisation et invite ses
militants à déposer le plus vite possible les armes.
Ocalan déclare que “l’existence des Kurdes est déjà reconnue’’ donc “la
création d’un Etat-Nation (kurde) a perdu son sens’’. Il parle d’une
“intégration positive’’ pour désigner les relations entre l’Etat turc
et ses citoyens kurdes.
Il n’omet pas de préciser la nécessite “d’une base légale’’ et
“l’intervention de la Grande Assemblée Nationale de Turquie’’ pour la
réalisation de son “Projet de Paix et de la Société Démocratique’’
nommé “La Turquie Sans Terrorisme’’ par le régime.
Les dirigeants actuels du PKK, à Qandil (Irak du Nord) déclarent qu’ils
ont rempli toutes les conditions (auto-dissolution, désarmement) mais
que l’Etat n’a toujours pas fait le nécessaire (La base juridique, la
constitution d’un comité parlementaire, l’amnistie, l’amélioration des
conditions carcérales d’Ocalan…etc…) pour faire avancer le processus.
Ocalan se présente comme un leader politique qui a remporté une
victoire. “Très charismatique’’ selon ses partisans, “Il est carrément
mégalo’’ rétorquent ses opposants.
La forme et le contenu de cette vidéo de 7 minutes, une première depuis
son emprisonnement en 1999, sont interprétés de plusieurs façons, en
général en pleine contradiction.
Ocalan croit qu’il s’agit d’un manifeste “historique’’ (Le mot est cité
8 fois dans le texte.). Ses partisans estiment que “Monsieur Ocalan a
désormais ouvert la voie du communalisme pas seulement en Turquie, mais
également au Moyen-Orient voire sur la terre entière’’. Ils estiment
qu’il s’agit “d’une transformation radicale pour adopter la voie
politique contre la voie de la lutte armée’’.
Les spécialistes attirent l’attention sur les problèmes techniques de
ce message vidéo :
- Enregistré dans la prison d’Imrali, Ocalan, accompagné de 6 autres
prisonniers kurdes (Son secrétariat, dit-on) ne parle pas, mais lit un
texte. Ce message est diffusé au moins deux semaines après son
enregistrement.
- On remarque qu’il y a au moins 3 coupures tout au long des 7 minutes.
Quant au contenu du message, plusieurs observateurs constatent qu’il ne
s’agit pas du style classique d’Ocalan.
Les autres points sont débattus par les politicologues :
- Ocalan dit que “les Kurdes sont désormais reconnus. Donc le but est
atteint’’, alors que l’ensemble de la législation turque ne parle
jamais et nulle part des Kurdes.
- Ocalan avoue qu’il a formé ses nouveaux points de vue et sa nouvelle
théorie “grâce aux entretiens qu’il a mené en prison’’ (avec les
représentants du régime, sans le dire). Il ajoute qu’il avait toujours
gardé “sa liberté d’esprit, la volonté de son indépendance’’. Libre en
prison?
Enfin, les nationalistes turcs à commencer par les Kémalistes,
critiquent violemment la dernière intervention d’Ocalan:
- La grande nation turque n’a pas besoin d’un criminel terroriste pour
résoudre ses problèmes.
- Ocalan se range du côté d’Erdogan. Il veut lui aussi une nouvelle
Constitution qui annulera les principes fondamentaux de la République,
comme l’intégrité de l’Etat et de la nation ainsi que le principe de la
laïcité.
- Le Projet américain du Grand Moyen-Orient fonctionne. Après l’Irak et
la Syrie, Washington neutralisera l’Iran et ce sera le tour de la
Turquie.
Des théoriciens de complot prétendent qu’Ocalan a été dès le départ un
agent des services de renseignement turc. Les nationalistes et les
islamistes kurdes accusent Ocalan de trahison. “Et le sang de nos
martyrs ?’’ demandent-ils.
Les fractions pro-Ocalan sont optimistes, le régime l’est aussi, mais
le reste de la société turque a encore des doutes:
- Nous ne savons pas les détails des négociations entre l’Etat et
Ocalan. Le processus n’est pas transparent.
- Qu’est-ce que le régime Erdogan a promis à Ocalan pour le convaincre?
- Que feront les plus de 15 milles guérilleros du PKK ainsi que les
cadres dirigeants?
- Tous les jours, les maires de l’opposition sont arrêtés alors que le
prisonnier no 1. fait des déclarations diffusées sur les chaînes
publiques et privées comme un leader politique. Faut-il également
savoir qu’en ce même moment le régime a interdit de diffusion les deux
chaînes de TV de l’opposition pendant 10 jours.
- Pourquoi les militants du PKK déposent les armes en Irak du nord et
pas en Turquie?
Depuis 1984 plus de 40 milles personnes, soldats turcs, militants armés
kurdes et civils des deux cotés sont morts à cause des accrochages
entre le PKK et les forces de l’ordre. L’économie turque a enregistré
de lourdes pertes à cause de cette “sale guerre civile’’ non déclarée.
Les régimes successifs de la République n’ont pas pu résoudre
pacifiquement et politiquement le problème kurde depuis 1925. Les
Kurdes revendiquent une reconnaissance légale (constitutionnelle) de
leurs identités individuelle et collective, culturelle surtout
linguistique alors que les dirigeants turcs insistent encore et
toujours sur “Un Seul Etat, Une Seule Nation, Un Seul Drapeau, Une
Seule Langue’’ et depuis Erdoğan “Une Seule Religion et Un Seul Chef’’.
“Le problème kurde est un problème de la sécurité nationale et la
majorité des Kurdes sont des terroristes séparatistes’’ croient la
majorité des responsables d’Ankara. Les Kurdes estiment qu’il s’agit
d’un problème politique, économique, démographique et culturel.
Dans le Kurdistan turc, la paix reste une idée
lointaine
Beaucoup refusent encore d'être identifiés. A Hakkari, dans le sud-est
de la Turquie à majorité kurde, marqué par les violences entre l'armée
et la guérilla kurde, le doute et l'anxiété demeurent. "Non la guerre
n'est pas terminée".
La cérémonie bien orchestrée vendredi dans le nord-est de l'Irak tout
proche, juste de l'autre côté de la frontière, qui a vu trente
combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) brûler leurs
fusils n'a guère convaincu de la pérennité du processus de paix
enclenché.
Sur les trottoirs et dans les cafés d'Hakkari, fief kurde à 50 km de la
frontière irakienne, les visages se ferment à son évocation. La guerre
qui a fait 50.000 morts civils et 2.000 chez les soldats, selon le
président Recep Tayyip Erdogan, a frappé dur ici.
La police, y compris des hommes en civil, patrouille les rues de la
petite ville et fait sentir sa présence, a constaté l'équipe de l'AFP.
Par le passé, l'armée turque a conduit une féroce chasse aux forces du
PKK, qualifiées de terroristes, repliées de l'autre côté de la
frontière d'où elles menaient des incursions armées souvent meurtrières
dans la région.
Un buveur de thé refuse d'être filmé en expliquant: "Nous ne parlons
pas de ça, parce que nous ne savons jamais ce qui se passera demain".
"Nous pouvons dire quelque chose maintenant et demain être punis pour
ça. La méfiance reste", lâche-t-il sous couvert d'anonymat en évoquant
de précédentes tentatives de paix avortées: "On ne sait jamais".
Le chef de l'Etat, Recep Tayyip Erdogan a tenté de rassurer et
convaincre samedi en affirmant que "la Turquie a gagné" et promettant
"aux frères kurdes de régler les problèmes par le dialogue".
Il a également annoncé qu'une commission parlementaire allait étudier
"et discuter des exigences juridiques du processus", comme l'a demandé
le commandement du PKK.
- "toutes sortes de persécutions" -
Sur le trottoir devant le restaurant où il travaille, Mehmet
Duman hausse les sourcils. A 26 ans, il en a vu assez pour douter,
résume-t-il.
"Ils nous ont séparés, ségrégués, battus, simplement parce que nous
sommes kurdes" expose le jeune homme. "Nous avons été témoins de toutes
sortes de persécutions, d'oppressions, de tout..."
"Alors à partir de maintenant, s'ils (l'Etat) veulent un avenir pour la
Turquie, s'ils veulent que la Turquie soit un bon environnement pour
tous, que tout le monde revienne et puisse vivre librement, ils doivent
arrêter tout ça".
"L'Etat doit faire un pas lui aussi", estime-t-il après l'opération
symbolique de destruction des armes du PKK en Irak.
"Toutes ces années, des deux côtés, pour tous nos jeunes gens, le sang
a été versé pour rien. On ne veut plus de ça".
"Ceux qui ont déposé les armes aujourd'hui auraient pu le faire plus
tôt", souffle-t-il encore, en accusant aussi les membres du PKK.
"Ils appellent ça un processus de paix. Mais d'un côté ils font la paix
avec les Kurdes et de l'autre ils arrêtent tous les membres du CHP",
poursuit Mehmet.
Le CHP, parti social-démocrate, laïque, hérité de Mustafa Kemal Atatürk
le fondateur de la République turque et première force d'opposition à
M. Erdogan est dans le viseur du gouvernement qui a conduit des
centaines d'arrestations dont celle du maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu.
"Il ne peut pas y avoir de paix ainsi", conclut le jeune homme. Et
pourtant, enchaîne-t-il, "ceux qui ne veulent pas la paix sont ceux qui
n'aiment pas leur pays".
"Mais aujourd'hui on se tait, on espère le meilleur, j'espère que ça
arrivera. Mais je n'y crois pas".
Samedi matin, devant l'assemblée plénière de son parti AKP, le
président Erdogan s'est voulu encourageant et apaisant, conscient des
doutes que soulève ce processus.
"Nous savons ce que nous faisons, personne ne doit s'inquiéter, avoir
peur ou se poser de question. Tout ce que nous faisons c'est pour la
Turquie, pour notre avenir et notre indépendance", a-t-il martelé.
(AFP, 12 juil 2025)
Après un premier désarmement symbolique, le PKK prêt
à la politique sous condition
Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a entamé vendredi dans le
nord de l'Irak un désarmement symbolique censé mettre fin à l'un des
plus anciens conflits de la région, mais réclame la libération de son
chef historique pour aller plus avant.
Lors d'une cérémonie dans le nord de l'Irak, au coeur de la région
autonome du Kurdistan, une trentaine de combattants en treillis, hommes
et femmes, dont quatre commandants, ont jeté tour à tour fusils et
cartouchières dans une grande vasque à laquelle ils ont mis le feu.
Deux hauts responsables du mouvement, une femme, Bese Hozat, puis un
homme, Behzat Carçel, se sont relayés pour lire un communiqué saluant
une "opération historique et démocratique", sous les vivats de quelque
300 personnes émues aux larmes, selon une journaliste de l'AFP.
"Nous espérons que cette démarche apportera la paix et la liberté.
Notre peuple a plus que jamais besoin d'une vie pacifique, libre,
équitable et démocratique", ont-ils dit.
Mais dans un entretien sur place à l'AFP, Bese Hozat, coprésidente du
Parti, a exigé la libération de son fondateur et chef historique
Abdullah Öcalan, 76 ans, détenu en Turquie depuis 26 ans sur une île au
large d'Istanbul.
"C'est notre exigence première et une condition fondamentale" pour
poursuivre le processus de paix, a-t-elle insisté, en réclamant par
ailleurs des garanties de sécurité et des réformes pour que les
combattants kurdes regagnent la Turquie et pour y rejoindre la vie
politique.
- "Turquie sans terrorisme" -
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui ne s'est pas engagé sur ce
point, a salué avec cette cérémonie une "étape importante vers une
Turquie sans terrorisme".
Le PKK est considéré comme terroriste par la Turquie et ses alliés
occidentaux.
Des représentants des autorités irakiennes et kurdes d'Irak ainsi que
du parti turc pro-kurde DEM et des membres des services de
renseignement turcs, selon des médias locaux, ont assisté à la
destruction des armes devant la grotte de Casene, à 50 km à l'ouest de
Souleimaniyeh, connue pour avoir notamment abrité l'imprimerie qui a
publié l'un des premiers journaux kurdes.
Les combattants ont ensuite regagné leurs bases dans les montagnes
irakiennes de Qandil où ils sont basés, selon un responsable du parti.
Avec ce désarmement, le PKK, affaibli militairement, peut sauver la
face, tout en permettant au président Erdogan de revendiquer une
victoire sur une insurrection qui dure depuis des décennies, selon les
analystes.
Ankara s'est félicité d'un "tournant irréversible", d'une "opportunité
de protéger des vies innocentes", assurant sa "détermination à soutenir
tous les efforts en faveur du désarmement, de la stabilité et d'une
réconciliation durable dans la région".
De son côté, la France "souhaite que la dissolution du PKK se
poursuive, soit effective et vérifiable, qu'elle permette de tourner
définitivement la page de la violence (...)", selon un communiqué du
Quai d'Orsay.
Le processus de paix initié à l'automne doit permettre de tourner la
page de décennies de violences qui ont fait au moins 40.000 morts et
tenter d'apporter des réponses à la question kurde aux niveaux national
et régional, selon les experts.
Le 27 février, Abdullah Öcalan avait appelé le mouvement à "déposer les
armes et (...) à se dissoudre", affirmant "assumer la responsabilité
historique de cet appel".
C'est paradoxalement l'allié du président Erdogan, le chef du parti
nationaliste MHP, Devlet Bahceli, qui a tendu la main à l'ennemi
public, lui proposant d'appeler les combattants à renoncer à la lutte
armée.
Mercredi, dans un message vidéo en turc, "Apo" (oncle) comme
l'appellent les fidèles d'Öcalan, a confirmé l'imminence du désarmement.
- "Politique et paix sociale" -
"Je crois au pouvoir de la politique et de la paix sociale et non des
armes. Et je vous appelle à mettre ce principe en pratique", a-t-il
insisté.
Le chef de l'Etat turc avait récemment dit son espoir que ce processus
se conclurait "le plus rapidement possible, sans obstacle, ni risque de
sabotage".
Avec ce premier succès, il souhaite apparaître comme celui qui a
maîtrisé l'insurrection kurde et espère ainsi diviser les deux
principaux partis d'opposition, le CHP et le DEM pro-kurde.
Selon un commandant du PKK, cette première cérémonie était un "geste de
bonne volonté".
L'historien des mouvements kurdes Boris James a relevé l'absence
"d'acteur tiers pour garantir la probité du processus". Selon lui, "une
très forte défiance subsiste entre le PKK et l'Etat turc; l'Etat a
donné peu de gages" aux combattants kurdes auxquels aucune amnistie n'a
été promise à ce stade.
Ils ont régulièrement dénoncé la poursuite des bombardements turcs sur
leurs positions en Irak malgré le processus en cours dont une attaque
de drones vendredi avant le début de la cérémonie.
Depuis les derniers violents combats dans la ville turque à majorité
kurde de Diyarbakir (sud-est) en 2015, les combattants du PKK sont
principalement restés cantonnés dans les montagnes de Qandil, en Irak,
soumis également aux opérations de ratissage de l'armée turque. (AFP,
11 juil 2025)
Les fusils au feu: le PKK entame un désarmement
symbolique
Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a entamé vendredi dans le
nord de l'Irak un désarmement symbolique censé mettre fin à l'un des
plus anciens conflits de la région.
Lors d'une cérémonie dans le nord de l'Irak, au coeur de la région
autonome du Kurdistan, une trentaine de combattants en treillis, hommes
et femmes, dont quatre commandants, ont jeté tour à tour fusils et
cartouchières dans une grande vasque à laquelle ils ont mis le feu.
Deux officiers du mouvement, une femme, Bese Hozat, puis un homme,
Behzat Carçel, se sont relayés pour lire un communiqué saluant une
"opération historique et démocratique" sous les vivats de quelque 300
personnes émues aux larmes, selon une journaliste de l'AFP.
"Nous espérons que cette démarche apportera la paix et la liberté.
Notre peuple a plus que jamais besoin d'une vie pacifique, libre,
équitable et démocratique", ont-ils dit.
Cette cérémonie à laquelle ont assisté des représentants des autorités
irakiennes et kurdes d'Irak ainsi que du parti turc pro-kurde DEM et
des membres des services de renseignements turcs, selon des médias
locaux, s'est déroulée devant la grotte de Casene, à 50 km à l'ouest de
Souleimaniyeh, connue pour avoir notamment abrité l'imprimerie qui a
publié l'un des premiers journaux kurdes.
Les combattants ont ensuite regagné les montagnes proches où ils sont
basés, selon un responsable du PKK, un mouvement considéré comme
terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.
- "Tournant irréversible" -
Avec ce désarmement, le PKK, affaibli militairement, peut sauver
la
face, tout en permettant au président turc Recep Tayyip Erdogan de
revendiquer une victoire sur une insurrection qui dure depuis des
décennies, selon les analystes.
Ankara s'est ainsi félicité d'un "tournant irréversible" vers une
Turquie "sans terrorisme", "une opportunité de protéger des vies
innocentes", assurant sa "détermination à soutenir tous les efforts en
faveur du désarmement, de la stabilité et d'une réconciliation durable
dans la région".
Ce processus de paix initié à l'automne doit permettre de tourner la
page de décennies de violences qui ont fait au moins 40.000 morts et
tenter d'apporter des réponses à la question kurde au plan national et
régional, selon les experts.
Le 27 février, le chef du PKK Abdullah Öcalan, 76 ans dont vingt-six en
prison, a appelé le mouvement à "déposer les armes et (...) à se
dissoudre", affirmant "assumer la responsabilité historique de cet
appel".
C'est paradoxalement l'allié du président Erdogan, le chef du parti
nationaliste MHP, Devlet Bahceli, qui a tendu la main à l'ennemi
public, lui proposant d'appeler les combattants à renoncer à la lutte
armée.
Mercredi, dans un message vidéo en turc, "Apo" (oncle) comme les
fidèles d'Öcalan l'appellent, a confirmé l'imminence du désarmement.
- "Politique et paix sociale" -
"Je crois au pouvoir de la politique et de la paix sociale et non
des
armes. Et je vous appelle à mettre ce principe en pratique", a-t-il
insisté.
Le chef de l'Etat turc avait récemment dit son espoir que ce processus
se conclurait "le plus rapidement possible, sans obstacle, ni risque de
sabotage".
Avec ce premier succès, il souhaite apparaitre comme celui qui a
maîtrisé l'insurrection kurde et espère ainsi diviser les deux
principaux partis d'opposition, le CHP et le DEM pro-kurde.
Selon un commandant du PKK, cette première cérémonie était un "geste de
bonne volonté".
Abdullah Öcalan, lui, est toujours détenu sur l'île prison d'Imrali, au
large d'Istanbul, et ne réclame pas d'en sortir, alors que ses
commandants faisaient de sa libération un des termes de l'équation.
L'historien des mouvements kurdes Boris James a relevé l'absence
"d'acteur tiers pour garantir la probité du processus". Selon lui, "une
très forte défiance subsiste entre le PKK et l'Etat turc; l'Etat a
donné peu de gages" aux combattants kurdes auxquels aucune amnistie n'a
été promise à ce stade.
Ils ont régulièrement dénoncé la poursuite des bombardements turcs sur
leurs positions en Irak malgré le processus en cours dont une attaque
de drones vendredi avant le début de la cérémonie.
Depuis les derniers violents combats dans la ville turque à majorité
kurde de Diyarbakir (sud-est) en 2015, les combattants du PKK sont
principalement restés cantonnés dans les montagnes de Qandil, en Irak,
soumis également aux opérations de ratissage de l'armée turque. (AFP,
11 juil 2025)
Le PKK accuse la Turquie de traîner sur le processus de paix
Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui s'est engagé à
déposer les armes après quatre décennies de lutte armée contre Ankara,
juge à la veille d'une cérémonie annoncée comme imminente que la
Turquie n'a pas fait sa part.
"Nous sommes prêts, mais c'est le gouvernement (turc) qui n'a pas pas
pris les mesures nécessaires" pour conclure le processus, a déclaré
mercredi Mustafa Karasu, un des fondateurs et hauts responsables du
PKK, à la chaîne de télévision Medya Haber, proche du mouvement.
Deux commandants du PKK basés en Irak ainsi que des médias kurdes ont
laissé entendre récemment qu'une première cérémonie de désarmement
aurait lieu, "en signe de bonne volonté", entre le 3 et le 10 juillet
dans le nord de l'Irak, où sont repliés les combattants kurdes.
Mais M. Karasu ne confirme pas cette opération ni sa date.
"Un groupe au sein de l'État (turc) cherche à saboter le processus",
affirme-t-il.
"L'État turc doit remplir ses obligations. (...) Il n'existe pas à ce
stade des mesures qui pourraient susciter de l'optimisme. Nous voulons
mener le processus à son terme. Notre approche et notre attitude sur
cette question sont parfaitement cohérentes", insiste-t-il, en accusant
l'armée turque de "continuer ses attaques" contre les forces du PKK
dans les montagnes irakiennes.
- Isolement maintenu -
M. Karasu regrette également que les conditions de détention du
père
fondateur du PKK, Abdullah Öcalan, ne se soient pas améliorées.
Détenu à l'isolement sur l'île-prison d'Imrali au large d'Istanbul
depuis 1999, M. Öcalan, 76 ans, que ses partisans appellent
affectueusement "Apo" ("Oncle", en kurde), a appelé fin février le PKK
à se dissoudre et à renoncer à la lutte armée.
"La situation de notre chef, Apo, affecte le processus et le ralentit",
juge M. Karasu.
"Certains amis se sont rendus à Imrali mais ce n'est pas suffisant",
poursuit-il, en estimant que la détention sévère du chef du PKK génère
"beaucoup d'incompréhension autour du processus" engagé, alors même,
rappelle-t-il, que M. Öcalan a su saisir la main tendue par le
gouvernement turc.
En octobre, l'allié nationaliste du gouvernement du président turc
Recep Tayyip Erdogan, Devlet Bahceli, avait plaidé "le droit à
l'espoir" en appelant le PKK à déposer les armes.
"Je ne dis pas que le processus est bloqué", continue M. Karasu. "Nous
voulons qu'il continue et s'épanouisse. Mais la situation nous conduit
à constater le blocage. L'attitude du gouvernement en est la cause".
Ces déclarations viennent doucher la perspective d'un début de
désarmement imminent, après des décennies de violences qui ont fait au
moins 45.000 morts.
Selon les médias kurdes dans le nord de l'Irak, une cérémonie semblait
près de se tenir en présence de représentants de partis politiques,
d'observateurs locaux et de journalistes.
Un message de M. Öcalan était attendu à cette occasion.
Le PKK a annoncé le 12 mai sa dissolution, répondant à un appel lancé
fin février par son chef historique, qui reste sa figure tutélaire et
vénérée malgré les années de détention.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait de son côté indiqué la
semaine dernière qu'il rencontrerait dans les prochains jours une
délégation du parti turc pro-kurde DEM, qui a joué un rôle clé
d'intermédiaire entre Abdullah Öcalan et Ankara. (AFP, 3 juil 2025)
Erdogan: Le
processus de paix "va accélérer" quand le
PKK déposera les armes
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé samedi que le processus
de paix avec les Kurdes pourra aller de l'avant lorsque l'organisation
armée du PKK, considérée comme terroriste par Ankara, aura commencé à
déposer les armes comme elle s'y est engagée.
"Le processus va s'accélérer un peu plus quand l'organisation
terroriste commencera à mettre en oeuvre sa promesse de déposer les
armes", a-t-il dit à la presse, cité par l'agence étatique Anadolu, à
son retour d'un sommet économique en Azerbaïdjan.
Ses propos interviennent avant une cérémonie prévue par le PKK au
Kurdistan irakien pour commencer à détruire ses armes, qui pourrait
avoir lieu entre le 10 et le 12 juillet.
Le PKK avait annoncé le 12 mai sa dissolution et la fin de plus de
quatre décennies d'une guérilla qui a fait plus de 40.000 morts,
répondant à un appel lancé fin février par son chef historique Abdullah
Öcalan, emprisonné depuis 1999 sur l'île-prison d'Imrali, au large
d'Istanbul.
"En signe de bonne volonté, un certain nombre de combattants du PKK,
qui ont pris part aux combats contre les forces turques ces dernières
années, détruiront ou brûleront leurs armes au cours d'une cérémonie",
a dit lundi à l'AFP un commandant du PKK, sous couvert d'anonymat.
L'un des fondateurs du groupe, Mustafa Karasu, a toutefois déclaré que
le gouvernement "n'a pas pris les mesures nécessaires", en accusant
l'armée turque de "continuer ses attaques" sur les positions du PKK
dans le nord de l'Irak et en soulignant l'absence d'amélioration des
conditions de détention du fondateur du PKK, Abdullah Ocalan.
Samedi, M. Erdogan a par ailleurs déclaré qu'il allait rencontrer une
délégation de la formation prokurde DEM, le troisième parti plus
important au parlement turc, qui a joué un rôle central pour faciliter
les pourparlers entre Ankara et M. Öcalan.
"Nous parlerons avec la délégation du DEM des mesures prises jusqu'à
présent pour atteindre l'objectif d'une +Turquie sans terrorisme+ et de
ce qui se passera ensuite", a déclaré M. Erdogan aux journalistes.
Aucune date n'a encore été fixée pour les discussions avec les élus du
DEM, Pervin Buldan et Mithat Sancar, mais le chef des services de
renseignement turcs, Ibrahim Kalin, se joindra à la réunion, a encore
indiqué le président turc.
Selon des médias, la rencontre devrait probablement avoir lieu au début
de la semaine prochaine. La délégation du DEM se rendra ensuite à
Imrali pour rencontrer Abdullah Öcalan.
"Une toute nouvelle porte s'ouvrira devant nous avec le retrait complet
des armes, du sang et des larmes", a ajouté M. Erdogan, affirmant que
le désarmement du PKK "marquera le début d'une nouvelle ère pour la
Turquie en termes de sécurité, de démocratie et de développement".
(AFP, 5 juil 2025)
4 civils kurdes kidnappés par les forces du régime à
Damas
Les forces de sécurité du régime syrien ont kidnappé quatre Kurdes près
de Damas. Trois d’entre eux s’y étaient rendus pour le compte d’une
entreprise alimentaire afin de participer à une conférence sur
l’alimentation, le quatrième est un étudiant universitaire. Environ 35
civils kurdes ont été détenus par les forces liées au régime syrien
c’est dernières semaines.
Le contact avec quatre jeunes Kurdes de la ville de Qamishlo, dans la
capitale Damas, a été perdu depuis jeudi dernier, à 15 heures précises,
sans qu’aucune information officielle ne soit encore disponible sur
leur sort.
Les jeunes disparus sont : Abdul Aziz Dashwar Haj Ali, Ramadan Suleiman
Al-Hussein, Diyar Omar et Ahmed Farhan.
Dilşêr Haj Ali, un proche de l’un des jeunes hommes, a déclaré à Radio
Arta que la famille de l’un d’eux avait reçu un bref appel téléphonique
de leur fils confirmant que les quatre hommes avaient été arrêtés par
les forces de sécurité générale dans le quartier d’Al-Shaalan, au
centre de Damas, et que leurs voitures et téléphones étaient fouillés.
Selon Dilşêr, trois des jeunes hommes se trouvaient à Damas pour
participer au salon international de l’alimentation Expo Food en tant
que représentants d’une entreprise agroalimentaire, tandis que le
quatrième est étudiant à l’Université de Damas.
À ce jour, le sort des quatre jeunes hommes reste inconnu, car tout
contact avec eux a été complètement coupé depuis leur arrestation.
Leurs familles appellent toutes les autorités compétentes et les
organisations de défense des droits humains à intervenir d’urgence pour
élucider le sort de leurs fils et assurer leur sécurité.
(infolibertaire.net, 2 juil 2025)
DEM Party:
Öcalan Calls for Kurdish National Congress Led by
President Barzani
In a significant political development, Abdullah Öcalan, the imprisoned
leader of the Kurdistan Workers’ Party (PKK), has called for a Kurdish
National Congress to be convened and led by President Masoud Barzani.
The proposal was disclosed by Tuncer Bakırhan, co-chair of the Peoples’
Democratic Party (DEM Party), in an exclusive interview with
Kurdistan24.
Bakırhan emphasized that this current phase of the peace process
differs notably from previous ones, highlighting a shift in political
sentiment across the region.
"Those who once opposed the process now seek its success," he stated,
urging the people and leadership of the Kurdistan Region to support the
initiative. According to him, the peace process is in the interest of
all four parts of Kurdistan.
The announcement comes in the wake of the PKK’s 12th congress held on
May 12 this year, during which the group officially declared an end to
its armed struggle.
This decision marked a watershed moment in the long-standing conflict
with the Turkish state and added momentum to the evolving peace
process. President Masoud Barzani has reportedly played a pivotal role
in steering the initiative forward.
Speaking to Kurdistan24's correspondent Dilovan Emadaldin, Bakırhan
elaborated on the significance of Öcalan’s proposal. He stated, “Öcalan
said something significant — he called for a Kurdish National Congress,
and if President Barzani accepts to lead it, that would be a meaningful
and valuable development.”
Bakırhan stressed that President Barzani’s leadership would not only
lend legitimacy to the congress but also serve as a powerful symbol of
Kurdish unity.
“Such a move would greatly strengthen Kurdish unity and pave the way
for democratic solidarity among Kurds throughout the region,” he noted.
He described the proposal as a rare opportunity for Kurds to unite
under a common agenda and vision.
“President Barzani’s leadership of the congress would be a historic
stance. That day would be a national day for Kurds and a joint position
in pursuit of their democratic rights across all parts of Kurdistan,”
he added.
With the PKK declaring an end to armed conflict, Bakırhan pointed to
the responsibility now lying with the Turkish government to respond
with legal and constructive measures.
“It’s time for Ankara to respond legally and constructively — who will
the PKK hand over its weapons to? Who will monitor the peace process?”
he asked.
Reiterating his appeal to the people of Southern Kurdistan, Bakırhan
stated, “All people of Southern Kurdistan, not just politicians, should
support this peace process. A democratic Türkiye also means better
relations between Ankara and the Kurdistan Region, and at the same
time, it ensures a peaceful life for Kurds in Syria.”
He concluded with optimism, expressing confidence in the future of the
peace process: “A democratic Türkiye is in everyone’s interest — and
above all, it’s in the Kurds’ interest.” He affirmed that with broad
public and political backing, success is within reach.
This latest development represents a possible turning point in regional
Kurdish politics and the broader dynamics of peace and reconciliation
in Türkiye. The call for unity, symbolized by President Barzani’s
potential leadership of a Kurdish National Congress, may prove to be a
defining moment in the pursuit of democratic rights and inter-Kurdish
solidarity. (kurdistan24, July 1, 2025)
Deux commandants du PKK promettent un désarmement
"en signe de bonne volonté"
Deux commandants en Irak du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK),
organisation armée considérée comme "terroriste" par la Turquie, ont
promis mardi qu'une partie de leurs combattants entameraient leur
désarmement "en signe de bonne volonté" après des décennies de conflit
armé avec Ankara.
"En geste de bonne volonté, un certain nombre de combattants du PKK,
qui ont pris part au combat contre les forces turques ces dernières
années, détruiront ou brûleront leurs armes au cours d'une cérémonie
dans les prochains jours", a confirmé à l'AFP un commandant kurde,
s'exprimant sous couvert de l'anonymat.
Un autre commandant l'a confirmé auprès de l'AFP.
Des représentants de partis politiques, des observateurs locaux et des
journalistes devraient assister à cette cérémonie dans le nord de
l'Irak, qui pourrait avoir lieu entre le 3 et le 10 juillet, selon la
presse locale.
Des commandants et combattants du PKK (kurde turc) sont repliés depuis
des années dans les montagnes septentrionales de ce pays.
Le PKK avait annoncé le 12 mai sa dissolution et la fin de plus de
quatre décennies d'une guérilla qui a fait plus de 40.000 morts,
répondant à un appel lancé fin février par son chef historique Abdullah
Öcalan, emprisonné depuis 1999 sur une île-prison au large d'Istanbul.
D'après le commandant du PKK, M. Öcalan pourrait encore s'exprimer à
l'avenir par voie de communiqué.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déclaré la semaine
dernière qu'il rencontrerait dans les prochains jours une délégation du
parti turc pro-kurde DEM, ayant joué un rôle clé dans l'échange de
messages entre Abdullah Öcalan et Ankara.
L'armée turque entretient des dizaines de positions au Kurdistan
autonome, dans le nord de l'Irak, d'où elle mène depuis des années des
opérations terrestres et aériennes contre le PKK, qui avait été
contraint de s'y replier. (AFP, 1 juil 2025)
Une ONG demande des explications après l'arrestation d'un
journaliste kurde
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé lundi les
autorités syriennes à révéler les raisons de la détention d'un
journaliste kurde arrêté la semaine dernière par les forces de sécurité.
"La détention secrète du journaliste Hassan Zaza, sans la moindre
explication de la part des responsables syriens, s'inscrit dans une
politique systématique d'intimidation de la presse", a indiqué dans un
communiqué Sara Qudah, directrice régionale du CPJ.
"Les autorités syriennes doivent immédiatement révéler où se trouve M.
Zaza, garantir sa sécurité et abandonner toute accusation liée à son
activité journalistique", a-t-elle ajouté.
Selon le CPJ, Mohammad Al-Saleh, directeur des relations avec la presse
au ministère syrien de l'Information, a confirmé l'arrestation de M.
Zaza à Damas, ajoutant que celle-ci était "liée à des préoccupations
sécuritaires et sans rapport avec son travail de journaliste".
"S'il n'y a rien contre lui, il sera probablement relâché cette
semaine", a ajouté M. Saleh cité par l'ONG, sans donner de détails sur
les motifs de son arrestation.
M. Zaza, qui a été enlevé chez lui vendredi, est propriétaire et
rédacteur en chef du site d'actualités Noos Social.
Selon la CPJ, après la chute en décembre du président Bachar al-Assad,
il était revenu à Damas depuis le nord-est de la Syrie, une région
contrôlée par l'administration autonome kurde.
M. Zaza a également collaboré avec Ronahi TV, une chaîne favorable au
Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme organisation
terroriste par la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes.
Les nouvelles autorités islamistes ont mis fin en décembre à des
décennies de règne du clan Assad durant lesquelles la liberté
d'expression était réprimée et la parole des journalistes muselée,
transformant les médias en outils à la solde du pouvoir.
En mai, Reporters sans frontières (RSF) avait déclaré que malgré la fin
de "cinq décennies de répression brutale et violente de la presse (...)
la liberté retrouvée des journalistes reste fragile en raison de
l'instabilité politique persistante et des pressions économiques
croissantes". (AFP, 30 juin 2025)
Le PKK devrait entamer son désarmement
début juillet
Les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK),
organisation armée considérée comme terroriste par Ankara, devraient
entamer leur désarmement par une cérémonie qui aura lieu début juillet,
a rapporté lundi le média kurde Rudaw.
"Entre le 3 et le 10 juillet, un groupe de membres du PKK, composé
probablement de 20 à 30 personnes, déposeront leurs armes pendant une
cérémonie qui aura lieu à Souleimaniyeh", la seconde plus grande ville
du Kurdistan irakien, a indiqué Rudaw.
Le commandement du PKK est replié depuis des années dans les montagnes
du nord de l'Irak.
Le dépôt des armes sera "une mesure de confiance" et "une geste de
bonne volonté", a affirmé Rudaw citant deux sources dans le Kurdistan
irakien.
Selon ces sources, le fondateur emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan,
devrait publier un nouveau message concernant le processus de paix
"dans les jours qui viennent". "Après cela, le processus de désarmement
débutera officiellement", ont précisé ces sources.
Selon Rudaw, après avoir déposé les armes, les combattants
"retourneront ensuite à leurs bases, sans armes", démentant les
informations selon lesquelles ils pourraient être détenus dans
certaines villes de la région du Kurdistan irakien.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu'il rencontrerait
dans les prochains jours une délégation du parti pro-kurde DEM, qui a
joué un rôle clé dans l'échange de messages entre Abdullah Öcalan et
Ankara.
Le PKK avait annoncé le 12 mai sa dissolution et la fin de plus de
quatre décennies d'une guérilla qui a fait plus de 40.000 morts,
répondant à un appel lancé fin février par Abdullah Öcalan, emprisonné
depuis 1999 sur une île-prison au large d'Istanbul.
Mi-mai, une source au sein du ministère turc de la Défense avait
affirmé que les services de renseignements turcs superviseront la
collecte des armes du PKK, avec la coopération des forces irakiennes et
syriennes mais sans participation d'observateurs internationaux comme
l'ONU.
L'armée turque entretient des dizaines de positions au Kurdistan
autonome, dans le nord de l'Irak, d'où elle mène depuis des années des
opérations terrestres et aériennes contre le PKK, qui avait été
contraint de s'y replier. (AFP, 30 juin 2025)
Minorités
/ Minorities
Armenian folk group barred from festival in Dersim
Authorities have barred three music groups from participating in the
23rd Munzur Culture and Nature Festival, held annually in the
Kurdish-Alevi populated city of Dersim, officially known as Tunceli.
The Tunceli Governor’s Office prohibited the Armenian group Veradardz
Folk Ensemble from performing at the festival. Although not included in
this year’s program, two leftist protest music groups, Grup Yorum and
Grup İsyan Ateşi, were also issued bans.
The governor’s office claimed that Veradardz Folk Ensemble had
“deviated from the purpose of the event” in past years by displaying
the Armenian flag during performances.
After learning of the ban, the Veradardz ensemble turned back from the
border province of Van, before reaching Dersim.
The move comes at a time when Turkey and Armenia are engaged in a
normalization process. On Jun 20, 2025, Armenian Prime Minister Nikol
Pashinyan and Turkish President Recep Tayyip Erdoğan met in İstanbul to
discuss issues including the reopening of transport links, the
restoration of a historic bridge in Ani, and potential areas of
cooperation between the two countries.
Kurdish musician Mikaîl Aslan criticized the decision, noting that one
of the band's members, Aleksandr Avetisyan, had planned to give him a
portrait of Seyîd Riza, who led the 1937 Dersim rebellion.
“But the governor's office has once again blocked languages, cultures,
and peoples from joining hands,” Aslan said. “Still, we will continue
to build bridges of friendship with the Armenian people—our ancient
neighbors and brotherly community, who were uprooted over a century
ago. Neither repression nor bans can stop the dances and bridges of
friendship we create!”
The bans on Grup Yorum and Grup İsyan Ateşi were reportedly justified
by authorities on the grounds that the groups had performed at past
festivals and were accused of “terror propaganda,” despite not being
scheduled to appear this year. (BIA, July 25, 2025)
Le pape confirme vouloir se rendre en
Turquie "dans quelques mois"
Le pape Léon XIV a confirmé jeudi son intention de se rendre en Turquie
pour participer au 1.700e anniversaire du Concile de Nicée, évènement
majeur de l'histoire de la chrétienté, ce qui pourrait constituer son
premier voyage à l'étranger.
"J'espère pouvoir vous revoir dans quelques mois pour participer à la
commémoration oecuménique de l'anniversaire du concile de Nicée", a
déclaré Robert Francis Prevost lors d'une rencontre avec les
participants américains d'un pèlerinage oecuménique
orthodoxe-catholique.
Le pape américano-péruvien s'exprimait à sa résidence estivale de
Castel Gandolfo, près de Rome, où il se trouve en vacances.
Nicée, actuellement la ville d'Iznik, située à une centaine de
kilomètres au sud-est d'Istanbul, a accueilli en 325 le premier concile
oecuménique de l'histoire du christianisme, convoqué par l'empereur
Constantin Ier.
Cette assemblée d'environ 300 évêques de l'Empire romain a établi des
bases doctrinales toujours reconnues par de nombreuses confessions
chrétiennes.
En mai, le patriarche de Constantinople Bartholomée avait déjà confié
que le pape lui avait fait part de son intention de se rendre en
Turquie.
"Nous n'avons pas fixé de date concrète mais certainement cette année,
peut-être le 30 novembre", date de la Saint-André célébrée par l'Eglise
orthodoxe, avait-il déclaré dans une interview à la télévision TV2000.
Le Vatican n'a pas confirmé officiellement ce voyage, qui serait le
premier déplacement international de Robert Francis Prevost en tant que
pape depuis son élection à la tête de l'Eglise catholique le 8 mai.
Ce voyage devait initialement être effectué fin mai par le pape
François, décédé le 21 avril à 88 ans. (AFP, 17 juil 2025)
MP questions plans to reopen Ani Cathedral as mosque
George Aslan, a member of parliament for the pro-Kurdish Peoples'
Equality and Democracy (DEM) Party, has submitted a parliamentary
inquiry regarding reports that the historic Ani Cathedral, a historic
Armenian church located in Kars, will be reopened as a mosque.
In his submission, Aslan, a Christian himself, highlighted that Ani
Cathedral, also known as Surp Asdvadzadzin, or Holy Mother of God, is
one of hundreds of historic churches and monasteries in Turkey facing
neglect. He emphasized the cathedral’s importance as part of global
cultural heritage.
Referring to recent media reports about the site, Aslan posed several
questions to Culture and Tourism Minister Mehmet Nuri Ersoy:
"Is it true that after the restoration of Ani Cathedral, it will be
opened as a mosque? If so, what is the justification for this decision?"
"Would the decision to change the religious identity of this historical
structure and convert it into a mosque not contradict Turkey’s
multi-religious and multicultural character?"
"Will the decision to turn Ani Cathedral into a mosque be reconsidered
with regard to its original religious and cultural identity?"
"Which churches or monasteries have been converted into mosques during
your tenure? How many churches and monasteries have been converted into
mosques over the past 20 years?"
The reopening
State-run Anadolu Agency (AA) published a report on Jul 3 titled “The
'conquest mosque' in Ani, where the first Friday prayer in Anatolia was
held, is being restored.”
The article referred to the building solely as “Fethiye (Conquest)
Mosque,” omitting its original Christian identity and the name Surp
Asdvadzadzin Cathedral.
The report presented the conversion of the cathedral in the context of
the “Turkish conquest tradition,” without acknowledging its original
religious function. It also did not mention the cathedral’s cultural
significance to the Armenian people or its relevance to
Armenian-Turkish relations. (BIA, 7 July 2025)
Un premier
procès aux assises pour "génocide" contre des Yézidis
Pierre-Yves Thienpont. Le Soir, 4 juillet 2025
Un djihadiste a déjà été condamné pour « génocide » contre la
communauté yézidie en Allemagne en novembre 2021. Et un procès est
attendu en France pour des faits similaires contre un autre membre du
groupe Etat islamique. Mais pour la Belgique, ce sera une première. Le
djihadiste Sammy Djedou sera jugé début novembre par la cour d’assises
de Bruxelles pour répondre d’accusations de crimes contre l’humanité et
de crime de génocide à l’encontre de la communauté yézidie, ont appris
Le Soir, De Morgen et la RTBF. Plus précisément, le parquet fédéral
poursuit ce djihadiste pour avoir présumément réduit en esclavage
(notamment sexuel) trois femmes.
Particularité de ce procès : Djedou y sera jugé en son absence. D’après
plusieurs rapports militaires, le djihadiste originaire de Laeken
aurait été tué dans une frappe de drone américain sur Raqqa (Syrie) le
4 décembre 2016, où il occupait alors un poste élevé dans la cellule
des opérations extérieures du groupe Etat islamique – autrement dit, la
cellule chargée de planifier des attentats en dehors de l’Irak et la
Syrie, notamment en Europe. Mais faute de preuve de son décès, l’action
publique n’est pas éteinte à son encontre et Sammy Djedou sera jugé en
son absence par un jury populaire.
Djedou a déjà été condamné plusieurs fois en son absence devant les
tribunaux correctionnels, notamment pour sa participation à
l’organisation des attentats de Paris de novembre 2015. Il comparaîtra
en novembre prochain pour le viol et l’esclavage sexuel de 3 femmes
yézidies. Ces victimes présumées ont été identifiées par l’enquête de
la division antiterroriste de la police judiciaire fédérale de
Bruxelles (DR3), au sein de l’équipe commune d’enquête avec la Suède,
la France et les Pays-Bas. Les enquêteurs belges se sont rendus en Irak.
En 2021, Le Soir avait rapporté deux témoignages du Kurdistan irakien,
où vivent dans des conditions précaires la plupart des Yézidis n’étant
pas réfugiés en Europe. Sur ces deux témoignages, l’un n’a pas été
corroboré par l’enquête judiciaire, mais le second, oui : Rafida – qui
doit avoir environ 27 ans aujourd’hui – aurait vécu deux ans et huit
mois avec Djedou et son épouse syrienne. Voici ce qu’elle nous
déclarait à l’époque : « Je veux que les criminels soient jugés. C’est
vrai que dans notre religion, notre âme, on essaye de pardonner à ces
personnes. Mais je trouve qu’un jugement juste et équitable par rapport
à nous, ce serait bien. Je n’ai pas envie qu’on les tue, je n’ai pas
envie par exemple que la Belgique tue ses citoyens, mais j’ai quand
même envie qu’ils soient jugés en Belgique et ailleurs. »
L’enjeu de la reconnaissance du génocide
La communauté yézidie a été l’objet d’un assaut armé du groupe
terroriste qui s’appelait encore l’EIIL – Etat islamique en Irak et au
Levant – à l’été 2014 dans la plaine de Ninive et les montagnes de
Sinjar, au nord de l’Irak. C’est dans cette région que vit une grande
partie de ce peuple millénaire, dont la religion monothéiste est
traversée par des mythes et des figures animales vénérées. « Des
mécréants », pour les combattants du groupe terroriste, qui vont
méthodiquement massacrer des villages entiers. Tout en enlevant des
jeunes garçons pour en faire des soldats et des jeunes femmes pour en
faire des esclaves sexuelles. Notamment en vue de faire des enfants qui
grossiraient les rangs de son armée plus tard. Plus de 6.000 filles,
parfois très jeunes, auraient été enlevées. Certaines sont toujours
disparues aujourd’hui. La Chambre des représentants de Belgique a
reconnu ce génocide, de même qu’une équipe d’enquête des Nations unies
et le Parlement européen. L’un des enjeux du procès de novembre contre
Sammy Djedou sera de voir si la justice belge retient elle aussi le
caractère génocidaire de ces crimes.
Une grosse dizaine d’autres dossiers pour crimes contre l’humanité
commis par des djihadistes belges – présumés morts ou pas – à
l’encontre de Yézidis sont toujours à l’instruction. Le procès Djedou
ne devrait donc pas être un cas isolé.
Plus de 50 arrestations avant la marche des fiertés
interdite à Istanbul
Plus de cinquante personnes ont été arrêtées dimanche avant la marche
des fiertés LGBTQ+ interdite à Istanbul, a annoncé le barreau de la
mégapole turque.
"Avant la marche des fiertés d'Istanbul prévue aujourd'hui, quatre de
nos collègues, dont des membres de notre centre des droits de l'homme
désignés comme observateurs par le barreau d'Istanbul, ainsi que plus
de 50 personnes ont été privées de leur liberté par une détention
arbitraire, injuste et illégale", a dénoncé sur X le centre des droits
de l'homme du barreau d'Istanbul.
Plus tôt dans la journée, la police a arrêté des manifestants près du
quartier central d'Ortaköy, ont constaté des journalistes de l'AFP sur
place.
Les autorités ont interdit l'évènement, comme chaque année depuis 2015,
dénonçant des appels à manifester émanant de "groupes marginaux".
"Ces appels, qui portent atteinte à la paix sociale, à la structure
familiale et aux valeurs morales, sont interdits. Aucun rassemblement
ni marche menaçant l'ordre public ne sera toléré", avait prévenu samedi
sur X le gouverneur d'Istanbul Davut Gül.
La place Taksim, autrefois haut lieu de la contestation contre le
pouvoir islamo-conservateur, a été bouclée dès les premières heures de
dimanche.
Selon une vidéo diffusée sur X par les Féministes queer universitaires,
"Nous n'avons pas baissé les bras, nous sommes venus, nous avons cru,
nous sommes là", chantait une manifestante alors qu'elle et une dizaine
d'autres personnes couraient pour éviter d'être arrêtées.
L'homosexualité n'est pas pénalement réprimée en Turquie, mais
l'homophobie y est largement répandue jusqu'au sommet de l'Etat, le
président Recep Tayyip Erdogan qualifiant régulièrement les LGBTQ+ de
"pervers" et de menaces pour la famille traditionnelle.
Jusqu'en 2014, Istanbul, la plus grande ville turque, voyait défiler
chaque année des dizaines de milliers de personnes LGBTQ+ revendiquant
leurs identités et exprimant leur défiance envers le gouvernement
islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002. (AFP, 29 juin 2025)
Politique
intérieure/Interior Politics
Le Parlement turc adopte une loi
contestée sur l'exploitation minière
Le Parlement turc a adopté samedi une loi ouvrant certaines terres
agricoles, dont des champs d'oliviers, aux exploitations minières, en
dépit des protestations des défenseurs de l'environnement, selon des
médias locaux.
La loi, qui fait partie d'une série d'initiatives législatives du parti
au pouvoir AKP, a suscité des manifestations de l'opposition et de
groupes de défense de l'environnement.
Des agriculteurs venus de toute la Turquie ont manifesté devant le
Parlement ces deux dernières semaines, demandant au gouvernement de
retirer son projet, et certains ont entamé une grève de la faim cette
semaine.
Samedi, le texte a fait l'objet d'un débat houleux au Parlement entre
l'AKP et les députés du principal parti d'opposition CHP, qui
s'opposaient à l'expropriation de champs d'oliviers pour l'exploitation
minière, selon la chaîne de télévision privée NTV.
"Le Parlement se comporte comme le PDG" d'une compagnie minière, avait
accusé vendredi Ali Mahir Basarir du CHP. "Nous allons continuer de
nous opposer" au texte, avait-il ajouté.
En 2023, la forêt d'Akbelen, située dans le district de Milas
(sud-ouest), avait été occupée par des villageois et des défenseurs de
l'environnement pour défendre ses arbres contre une compagnie
énergétique exploitant une mine de charbon.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait qualifié les manifestants
de "marginaux" et avait justifié la nécessité d'étendre l'extraction
locale de houille.
La Turquie a ratifié en 2021 les accords de Paris sur le climat.
Les défenseurs de l'environnement soulignent que le pays a un énorme
potentiel d'énergie renouvelable susceptible d'être substitué au
charbon pour la production d'électricité. (AFP, 19 juil 2025)
Erdogan coincé entre le nationalisme et l’islamisme
Ragip Duran, TVXS.GR, 20 juillet 2025
Le Président turc désire lutter contre l’affaiblissement voire
l’isolation de son régime, mais ne sait pas exactement avec quels
alliés: Les kurdes, les nationalistes turcs ou bien les islamistes de
tout bord?
Il n’y a pas de vacances en politique. Les déclarations des leaders,
les visites aux prisons, les meetings de protestation, les décisions
bizarres des tribunaux… Alors que les forêts brûlent, les citoyens qui
partent en vacances sont bloqués sur les auto-routes, l’ensemble de la
population souffre encore des hausses de prix et de la chaleur
infernale.
L’Homme du Palais a un seul objectif: Garder son trône à tout prix. Et
cela devient de plus en plus difficile, car tous les jours, il continue
à perdre des points. Les sondages d’opinion publique, même réalisés par
ses propres agences, montrent que l’écart entre son parti au pouvoir et
la principale formation de l’opposition (Le CHP, Parti Républicain du
Peuple, dirigé par M. Ozgur Ozel, Kémaliste) est au moins de 10 points.
De plus, le maire emprisonné d’Istanbul depuis mars 2025, M. Ekrem
Imamoglu, candidat pour la présidence de la République devance
largement Erdogan selon ces mêmes enquêtes.
Les procureurs et juges à la solde du Palais poursuivent leurs
activités contre les maires élus et les dirigeants de l’opposition.
Plusieurs dizaines d’enquêtes judiciaires sont en cours et plus de 40
maires et responsables du CHP sont arrêtés.
Les initiatives du régime pour diviser l’opposition, c’est-à-dire,
essayer de faire alliance avec les Kurdes, à travers les négociations
avec le leader du PKK, M. Abdullah Ocalan, en prison depuis 1999, n’ont
pas encore donné ses fruits. Le PKK a déjà rempli les conditions
requises par le pouvoir (auto-dissolution du Parti et une cérémonie
symbolique pour rendre les armes) mais le régime n’a presque rien fait.
La création d’une commission parlementaire qui établira la base légale
des pourparlers pour la paix (ou pour la Turquie Sans Terrorisme),
l’amélioration des conditions carcérales d’Ocalan, la libération des
prisonniers politiques et des détenus vieux et malades ne sont pas
encore dans l’ordre du jour du Palais.
Les dirigeants actuels du PKK ont déjà averti Erdogan: “Si le régime ne
remplit pas les conditions, il sera impossible de faire des progrès’’.
Malgré cela, Erdogan a déclaré le 13 juillet dernier, que “désormais
AKP (au pouvoir), MHP (extrême-droite alliée de l’AKP) et le DEM
(kurdes et gauches) ont décidé de marcher ensemble’’. Le DEM a tout de
suite rectifié le tir: “Il ne s’agit pas d’une coalition, il s’agit
simplement d’un travail conjoncturel collectif pour la
paix’’.
Erdogan a également parlé de “l’union de la communauté musulmane’’ en
précisant qu’il s’agit des Turcs, des Arabes et des Kurdes. Ces propos
sont violemment critiqués par les cercles anti-Erdogan:
- La République n’est pas basée sur des communautés religieuses, mais
sur la citoyenneté.
- Le projet d’Erdogan, déjà soutenu par Washington, serait un retour à
l’Empire Ottoman, donc la négation de la République Kémaliste.
- Erdogan croit que la Syrie peut également faire partie de cette
nouvelle entité régionale, car Ankara compte sur ses “bonnes
relations’’ avec la nouvelle direction de Damas et estime qu’Ocalan
peut persuader les Kurdes de Syrie. Deux hypothèses “pas très
réalistes’’ selon l’ensemble des experts.
Finalement, Erdogan est dans une impasse :
* La majorité de la population turque ne soutient pas “l’alliance du
Palais avec les terroristes séparatistes’’. Une partie des Kurdes n’est
pas d’accord non plus avec Ocalan “qui a adopté la ligne de l’Etat
turc’’.
* Les islamistes turcs considèrent le PKK et la majorité des Kurdes
comme une communauté laïque voire athée.
* Les nationalistes turcs, anti-kurde par principe, étant partisan du
laïcisme ne veulent pas agir avec les islamistes.
Donc quand Erdogan fait alliance avec les islamistes, il perd les
nationalistes et vice-versa. Par conséquent, l’Homme Unique risque de
rester comme un Homme Seul.
Un leader socialiste dans le combat de la nation kurde

Doğan Özgüden
(Artı Gerçek, 10 juillet 2025)
Aybar,
à qui nous avons fait nos adieux il y a 30 ans, fut le premier leader
socialiste
à faire entendre la
voix de la nation kurde et à favoriser son organisation légale.
Le 10 juillet marque le
30e anniversaire de la disparition de Mehmet
Ali Aybar, l’une de nos personnalités dont les idées et les combats ont
marqué l’histoire récente de la Turquie… Aux petites heures de ce
matin, en lisant les nouvelles et commentaires sur les derniers
développements relatifs au processus de « Turquie sans terrorisme »
suivant le gouvernement et de « Paix et société démocratique » suivant
l’opposition, je me suis remémoré ma rencontre avec Aybar, il y a
exactement 63 ans, une nouvelle fois un mois de juillet, pour prendre
des responsabilités au sein du Parti ouvrier de Turquie, et de notre
combat commun qui a suivi.
Alors que notre mouvement socialiste commençait à se faire entendre à
l’échelle nationale avec le Parti ouvrier de Turquie, fondé par des
dirigeants syndicaux progressistes et présidé par Aybar, la nation
kurde, cible constante du terrorisme d’État depuis la proclamation de
la république, s’organisait également politiquement pour la première
fois dans les rangs du TİP, commençant à être représentée d’abord à la
Grande Assemblée nationale de Turquie (TBMM) aussi bien que dans les
conseils départementaux et municipaux du Kurdistan.
J’ai certes rencontré Aybar en personne en 1962, alors que le Parti
ouvrier de Turquie se structurait, et travaillé ensuite sept ans durant
avec lui au sein du parti ou en dehors en tant que journaliste dévoué
au parti, mais je connaissais son nom et l’admirais depuis beaucoup
plus longtemps, dès les années 40, quand je faisais mes études
secondaires.
C’était à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’impérialisme
des USA commençait à prendre la Turquie sous sa domination politique,
militaire, économique et idéologique. On passait soi-disant au régime
multipartite mais on se conformait à la lettre aux exigences
anticommunistes de Washington en fermant les partis et syndicats de
gauche et en muselant sur le champ les publications de gauche.
J’avais pris connaissance par les titres des journaux que lisaient nos
enseignants de dernière année élémentaire alors que j’étais en pension
à Konya comment les installations du journal Tan (Le Point du Jour) de
Sabiha Sertel et Zekeriya Sertel dont les livres de poche et
l’Encyclopédie pour enfants avaient ouvert mes horizons dès l’école
primaire, avaient été attaquées le 4 décembre 1945 par une bande
d’anticommunistes instrumentalisée par le CHP.
Deux ans ne s’étaient pas encore écoulés que le journal Zincirli
Hürriyet publié à Izmir allait aussi être attaqué par un groupe
d’anticommunistes. L’éditeur de ce journal n’était autre que Mehmet Ali
Aybar, qui allait par la suite assurer la présidence du Parti ouvrier
de Turquie.
Maître de conférences à l’université en droit des États à l’Université
d’Istanbul, Aybar avait été éloigné de son poste en décembre 1945 en
raison des articles dans le journal Vatan (La Patrie). Le journal Hür
(Libre) qu’il avait commencé à publier à Istanbul avait été fermé par
le commandement de l’état de siège le 8 mars 1947.
Aybar avait dès lors été contraint de quitter Istanbul. Il s’était
installé à Izmir où il avait commencé à publier l’hebdomadaire Zincirli
Hürriyet (La liberté entravée). Cependant, après un article d’Aybar
critiquant l’"aide" américaine, le journal Anadolu (Anatolie) tendance
CHP avait lancé une campagne de provocation diffamatoire contre le
Zincirli Hürriyet et le 19 avril 1947, des jeunes incités par le CHP
s’en sont pris au bureau et à l’imprimerie du journal après la sortie
de son troisième numéro, faisant ainsi taire cette voix libre.
Il ne m’était pas possible de connaître personnellement ni les Sertel
ni Aybar à cette époque.
Il ne m’a d’ailleurs pas été possible de rencontrer les Sertel qui
n’avaient pas pu poursuivre leur combat en Turquie et qui avaient été
forcés de s’exiler. Mais dans la seconde moitié des années 60, comme
ils suivaient la contribution de la revue Ant (Le Serment) à la lutte
socialiste, ils nous ont fait l’honneur d’accepter que nous publiions
en Turquie les ouvrages qu’ils avaient écrit en exil… Roman Gibi (Comme
un roman), le livre de Sabiha Sertel racontant sa vie et Mavi Gözlü Dev
(Le géant aux yeux bleus) écrit par Zekeriya Sertel sur Nazım Hikmet
sont consultables dans les archives digitales d’Info-Türk.
Notre camaraderie avec Mehmet Ali Aybar dans les rangs du TİP
Le nom de Mehmet Ali Aybar qui publiait le Zincirli Hürriyet a été
gravé de manière indélébile dans ma mémoire alors que je débutais dans
le journalisme à Izmir. J’avais appris les détails de l’agression
contre le Zincirli Hürriyet de mes amis communistes arrêtés et
condamnés dans la fameuse opération d’arrestations des communistes de
1951, une fois sortis de prison.
Comme j’avais été licencié de mon travail de journaliste et mis sur
liste noire des patrons de la presse en raison de mes actions au
Syndicat des Journalistes d’Izmir créé pour sauvegarder les droits des
journalistes, je m’étais rendu en Angleterre en 1962 pour y gagner ma
vie. Mais j’ai renoncé et suis rentré à Izmir à l’appel de mes amis à
Izmir où le Parti ouvrier de Turquie, fondé un an plus tôt, était en
train de se structurer.
Après avoir débattu sur les première déclarations d’Aybar comme
président du parti et des réactions à ces déclarations, avec l'avocat
Suha Çiligiroğlu nous sommes allés à Istanbul parler directement avec
Aybar sur ce qui pourrait être fait pour organiser le parti à Izmir.
Nous avons rencontré Aybar dans son bureau d'avocat se situant dans
l’immeuble de bureaux Veli Alemdar du côté de Galata.
Aybar avait une personnalité qui impressionnait son interlocuteur dès
la première rencontre. Il ne dissimulait pas la joie qu’il ressentait à
voir des jeunes souhaiter rejoindre le Parti ouvrier de Turquie.
Il nous a interrogé sur nos métiers et nos actions sociales passées. Il
a été très heureux que je sois journaliste et que je sois membre de
conseil d’administration de la Fédération des syndicats de journalistes
de Turquie.
“Nous sommes très faibles en ce qui concerne les relations avec la
presse”, observa-t-il, en poursuivant : “Il est très important que des
amis journalistes dévoués à la cause socialiste participent à notre
combat et assument des responsabilités au siège et dans les provinces…
Vous devez prendre des fonctions au conseil d’administration provincial
à Izmir du Parti ouvrier de Turquie et appuyer notre ami avocat Nuran
Yuluğ qui est le président provincial du parti.”
Ce qui m’avait le plus impressionné lors de notre conversation avec
Aybar était le ton employé par la personnalité exceptionnelle qui nous
faisait face, son choix des mots, l’expression humaine de son regard,
et surtout les mouvements de ses grandes mains pour appuyer ses propos.
“Izmir est une ville ouvrière, une ville d’immigrés. Une organisation
de classe peut rapidement y être développée, avons-nous dit, mais Izmir
est aussi le siège de deux quartiers-généraux de l’OTAN. La position du
Parti ouvrier de Turquie contre l’OTAN et les États-Unis est très
importante. Si le parti est décidé à mener le combat contre
l’impérialisme américain, contre l’OTAN, nous sommes pour, nous ferons
tout ce qui nous sera demandé.”
Il connaissait très bien Izmir. Comment en aurait-il pu être autrement,
alors qu’il y avait publié Zincirli Hürriyet dans la seconde moitié des
années 40 ? Il était un des principaux opposants en Turquie aux accords
bilatéraux avec les USA.
Il souligna : “Il ne fait aucun doute que notre combat contre
l’hégémonie américaine et l’OTAN est parallèle à notre combat pour le
socialisme. Le combat pour le socialisme est le combat pour assurer un
respect entier pour les droits humains. Le parti doit toujours accorder
la priorité à ce combat.”
Son discours avait fait grande impression sur nous. Il y avait enfin un
parti qui pourrait concrétiser les pensées dans lesquelles nous
croyions, et ce parti avait un leader doté des qualités que doit avoir
un leader.
Responsabilité au siège central du TİP à la demande d’Aybar
Le lendemain, nous avons téléphoné aux amis d’Izmir qui attendaient
notre réponse avec impatience, pour leur dire que nous étions prêts à
la mission. Nous faisions désormais partie du parti, et affrontés à la
responsabilité d’organiser ce parti dans la deuxième plus grande ville
industrielle de Turquie.
Dès notre retour à Izmir avec Suha, nous nous sommes réunis avec
l’avocat Nuran Yuluğ, le syndicaliste Rahmi Eşsizhan, le journaliste
Mehmet Ressamoğlu, l’avocat Nurullah Tuksavul et le syndicaliste İsmet
Demiruluç dans le local composé d’une seule pièce au dernier étage d’un
immeuble de bureaux, pour lancer les travaux de structuration du TİP
dans le région égéenne.
Une des réussites de ces travaux fut l’élection de Hasan Polat, ouvrier
municipal de Gültepe, comme maire lors des élections locales de 1963
pour la première fois sous l’étiquette du Parti ouvrier de Turquie.
Notre deuxième rencontre personnelle avec Aybar eut lieu à Ankara… À
l’époque, comme Müşerref Hekimoğlu avait repris le journal Öncü (Le
Pionnier) à Ankara, j’assurais le représentation provinciale de cette
publication à Izmir en parallèle de mon travail au parti. Nous nous
étions rendus dans la capitale pour y participer à une importante
réunion de la direction centrale du parti. Je prenais en sténo le
discours important prononcé à cette occasion par Aybar pour le publier
dans Öncü.
La publication in extenso du discours qu’il avait prononcé spontanément
plut énormément à Aybar. Lorsque je me rendis à Istanbul pour une
réunion syndicale, des amis me firent savoir qu’Aybar voulait
absolument me voir. C’est la première fois que j’eus un entretien en
tête-à-tête avec lui.
Le siège central du parti était désormais installé au troisième ou
quatrième étage d’un immeuble de bureaux situé juste après le Palais du
Gouvernorat sur l’avenue Bâbıâli. Après m’avoir vivement serré la main,
Aybar me dit : “Bienvenue ! Juste à temps. J’étais en train de
travailler à structurer les bureaux du siège central. En début de
semaine prochaine, je vais convoquer une réunion du bureau de presse et
tout de suite après, les camarades qui seront proposés pour participer
au conseil d’études. Je voudrais que tu participes aux deux bureaux.”
“Pas de problème, répondis-je, je commence demain comme secrétaire de
rédaction au Gece Postası (Le Courrier du Soir). J’y serai de 6 heures
à 14 heures. Tout le reste de mon temps est acquis au syndicat et au
parti.”
Mes journées passaient, les premières huit heures au journal,
l’après-midi jusqu’en début de soirée, au siège de la fédération
syndicale, le soir et jusque tard dans la nuit, au siège du parti.
J'ai fait partie du Bureau de Science et d’Études qui préparera le
projet du programme du parti à être présenté au premier congrès du TİP
en 1964. Mais il fallait aussi préparer le matériel de propagande le
plus efficace dans la perspective des élections locales qui allaient se
tenir le 17 novembre 1963. Fethi Naci assurait le secrétariat du
bureau. Selahattin Hilav et moi l’assistions dans la rédaction du
programme du parti.
Le Bureau de Science et d’Études travaillait aussi à préparer le
dossier du procès qui allait être intenté auprès de la Cour
constitutionnelle concernant les articles antidémocratiques 141 et 142
du Code pénal par le bureau juridique du parti dirigé par Aybar en
personne.
En fait, mon travail pour le parti commençait dès le matin. En effet,
avant le commencer à préparer le Gece Postası à l’édition, je passais
en revue les journaux du matin et déterminais les sujets à traiter. Ce
faisant, je faisais un vaste résumé des nouvelles politiques et
sociales, que je transmettais par téléphone à 9 heures à Aybar.
Aybar arrivait généralement au siège du parti après avoir lui la presse
française à la pâtisserie Markiz à Beyoğlu, et y restait jusqu’à des
heures avancées. Une des premières choses qu’il y faisait était de me
dicter les communiqués de presse qui allaient être publiés au nom de la
présidence du parti.
Tous ceux qui ont travaillé avec lui le savent, il mettait le point
final à un communiqué ou à n’importe quel autre texte après des heures
de travail. Modifier les notes que j’avais prises en sténo n’était pas
un problème, mais faire des changements sur le texte final que j’avais
dactylographié sur le papier ciré à polycopier n’était pas une mince
affaire. Jusqu’à ce que le pochoir soit disposé sur la machine,
certains mots, voire certaines phrases, étaient corrigés au vernis
correcteur rouge à de nombreuses reprises. Lorsque l’on procédait à des
corrections sur des corrections déjà faites, le papier ciré se
déformait, et il fallait recopier la page tout entière.
En me souvenant d’Aybar, je considère qu’il est de mon devoir de
réaffirmer une fois encore la place particulière – et que j’ai toujours
tenue en haute estime – que nos camarades kurdes ont occupé dans la
lutte du Parti ouvrier de Turquie.
La grande contribution du TİP pour faire entendre la voix de la nation
kurde
Les intellectuels kurdes à Istanbul ont entretenu dès le début des
liens étroits avec le parti… Parmi eux, l’éditeur Enver Aytekin et le
philosophe Selahattin Hilav ont collaboré au comité chargé d’élaborer
le nouveau programme du parti. Les intellectuels kurdes Musa Anter et
Sait Kırmızıtoprak ont également régulièrement contribué par leurs
écrits à la revue Sosyal Adalet (Justice sociale) du parti. Quant au
jeune Kurde Ali Yaşar, il fut le président de la section jeunesse du
parti.
Le Comité exécutif central présidé par Mehmet Ali Aybar franchit un
stade important en organisant la réunion du Conseil exécutif général du
Parti ouvrier de Turquie à Gaziantep, une ville à majorité kurde, le 12
mai 1963. Le mérite de cette première étape revint en grande partie aux
intellectuels kurdes Reşit Güçkıran et Galip Ataç ayant organisé le TİP
dans ce département.
Après la réunion de Gaziantep, l'organisation du parti dans les
provinces kurdes, qui ne sont pas soumises à la loi martiale, prend de
l'ampleur. Tarık Ziya Ekinci et Canip Yıldırım fondent l'organisation
provinciale de Diyarbakır du TİP et, lors du premier grand congrès tenu
en 1964, ils sont élus membres du bureau exécutif général avec Reşit
Güçkıran de Gaziantep.
D'éminents intellectuels kurdes de l'époque, tels que Naci Kutlay,
Hasan Akkuş, Edip Karahan, Mehmet Ali Aslan, Tahsin Ekinc et Kemal
Burkay, ont également rejoint les rangs du TİP et ont exprimé les
problèmes et les revendications du peuple kurde.
L'obligation d'établir des organisations entière dans 15 provinces pour
pouvoir participer aux élections générales de 1965 a été largement
remplie par les organisations des provinces à majorité kurde de Kars,
Ağrı, Muş, Hakkari, Tunceli, Diyarbakır, Bingöl et Urfa.
Lors des élections de 1965, le TİP a pu profiter d'un système électoral
pour être représenté au Parlement avec 15 députés et orienter l'agenda
politique de la Turquie de manière à renforcer la lutte socialiste et
anti-impérialiste.
Deux des 15 députés, Mehmet Ali Aybar et Çetin Altan, ont été élus
directement dans la province d'Istanbul, tandis que 13 députés sont
entrés au Parlement en utilisant le système électoral dans différentes
provinces. Tarık Ziya Ekinci à Diyarbakır, Adil Kurtel à Kars et Ali
Karcı à Gaziantep ont été élus directement parce qu'ils étaient en tête
de liste, tandis que Behice Boran et Şaban Erik ont été élus à
Urfa et
Malatya avec le quota du centre, même s'ils n'ont pas obtenu
suffisamment de voix dans les provinces où ils étaient candidats.
Le réveil politique initié par le TİP dans les provinces kurdes a pris
une dimension plus vocale avec les "rassemblements orientaux" organisés
en 1967 à Silvan, Diyarbakır, Siverek, Batman, Dersim, Ağrı et Erzurum.
Pendant que ces rassemblements étaient organisés, Tarık Ziya Ekinci m'a
envoyé un excellent article intitulé "L'intérieur de la légende du
développement oriental", et j'ai publié cet important article dans le
numéro du 25 avril 1967 de la revue socialiste Ant.
Les « meetings de l’Est » et les « Nuits de l’Est » organisés en 1969
furent couronnés par la création des Foyers culturels révolutionnaires
de l’Est (DDKO), une étape majeure de l’histoire politique kurde.
L’organisation du DDKO à Istanbul fut l’œuvre de Necmettin Büyükkaya,
un camarade et un ami proche de la fin des années 60, torturé à mort
dans la prison de Diyarbakir après le coup d’État du 12 septembre.
La position constante du Parti ouvrier de Turquie sur la question
kurde, malgré ses divisions internes, aboutit à l’adoption d’une
résolution lors du 4e Grand Congrès en 1970, à la demande insistante
des délégués kurdes qui, pour la première fois en Turquie, affirmait
explicitement les droits et les revendications du peuple kurde.
Cependant, cette décision allait servir de base à la dissolution du
Parti ouvrier de Turquie par la Cour constitutionnelle, sous
l’impulsion des putschistes, après le coup d’État du 12 mars 1971.
Déclarations ultérieures d’Aybar sur les premières purges au sein du TİP
Du fait de mes responsabilités de journaliste à Istanbul, je n’ai pas
pu assister au premier congrès du TİP qui s’est tenu à Izmir en 1964.
Mais j’y ai été élu, sur proposition d’Aybar, à la fois au conseil
d’administration et au comité exécutif central.
Cependant, le fait que, lors des élections des organes administratifs,
les travailleurs intellectuels n’aient pas été considérés comme
travailleurs et qu’il ait été fait obstacle à la représentation des
organisations de la jeunesse au conseil d’administration général a
provoqué des réactions dans la base du parti. En même temps, bien
qu’élu au conseil d’administration général en tant que syndicaliste et
au comité exécutif comme travailleur, j’ai soutenu sans hésitation la
campagne de signature lancée pour corriger ces erreurs.
J’ai été traduit devant le conseil de discipline du parti tout comme
İsmet Sungurbey, Fethi Naci, Muzaffer Buyrukçu, Edip Cansever, Demir
Özlü, Nurettin Akan, Ömür Candaş et le président des organisations de
la jeunesse Ali Yaşar, pour avoir participé à cet acte d’opposition.
Sur ce, Sungurbey et Özlü ont démissionné du parti. Quant à nous, nous
avons été exclus du parti par décision du conseil de discipline.
À la mort d’Aybar en 1995, le syndicaliste Uğur Cankoçak, un des
camarades de combat les plus proches d’Aybar et un de mes amis proches
au sein du parti durant des années, a écrit, concernant cette période :
“Le premier congrès s’est tenu à Izmir. Doğan Özgüden avait été élu au
comité exécutif central. Il avait sans doute 25 ans. Il s’opposa peu de
temps après à l’article 52 des statuts qui précisait la règle selon
laquelle les travailleurs et les non-travailleurs seraient élus dans
des urnes différentes, et démissionna du parti avec quelques
intellectuels. Aybar en fut très attristé. Il m’a fait appeler. “Fais
tout ce que tu peux, fais en sorte que Doğan retire sa
démission.”
J’ai fait tout ce que j’ai pu, sans succès. J’ai demandé à Aybar :
“Pourquoi Doğan ?” Il m’a répondu : “Doğan est le plus jeune des
membres du comité exécutif central de notre parti. Il est sérieux et
intelligent ; et il exprime clairement ce qu’il pense. Il est
nécessaire au parti.” Cumhuriyet, supplément spécial du 21 juillet 1995)
Tout exclu du parti que j’étais, j’ai continué à soutenir le Parti
ouvrier de Turquie et comme rédacteur en chef du journal Akşam (Le
Soir) de 1964 à 1966 et jusqu’en 1971 comme l’un des fondateurs de la
revue et des éditions Ant.
Des purges analogues se sont produites de temps à autre à l’époque où
Aybar était président du Parti ouvrier de Turquie, et dans les périodes
suivantes. Nihat Sargın, qui était le secrétaire général du parti à
l'époque, et Behice Boran, membre du comité exécutif central, ont
insisté sur ces purges… Par exemple, on peut compter parmi les cibles
des purges le sénateur Niyazi Ağırnaslı, qui avait permis au TİP de se
présenter aux élections législatives de 1963, de même que les éminents
juristes Halit Çelenk et Şekibe Çelenk.
Halit Çelenk raconte ces purges en détail dans son livre "La démocratie
interne du Parti ouvrier de Turquie".
Quant à Mehmet Ali Aybar, il avait exprimé comme suit la peine qu’il
avait éprouvée lorsque les Çelenk avaient été exclus du parti dans une
interview réalisée en 1975 avec lui par Uğur Mumcu et qui portait sur
le socialisme, le marxisme et l’indépendance :
“…Une enquête avait été ouverte sur Halit Çelenk et son épouse et ils
avaient reçu un avertissement. Ceci se passait après le congrès de
Malatya. C’est un épisode pénible et douloureux pour moi. Des décisions
drastiques avaient été prises au conseil d’administration général
contre les fractions apparues au congrès de Malatya. Le bois vert avait
brûlé avec le bois sec. Le devoir de parler avec Halit et Şekibe Çelenk
m’avait été donné. Je les connaissais l’un et l’autre de leurs années
d’études à la faculté. C’étaient des gens que j’aimais et que je
respectais. La peine et la douleur de cet entretien brûle encore dans
mon cœur après tant d’années.” (Conversation avec Aybar, 6ème édition,
page 59)
À l’occasion du 30e anniversaire de sa disparition, je me souviens avec
respect et amour de mon collègue qui était fondateur du journal
Zincirli Hürriyet et de mon camarade dirigeant du Parti ouvrier de
Turquie, Mehmet Ali Aybar.
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Un maire
d'opposition placé en détention
Un maire du principal parti de l'opposition en Turquie a été placé en
détention mardi, a affirmé son avocat sur X.
"Le maire de la municipalité métropolitaine d'Adana, Zeydan Karalar, a
été mis en détention. Nous ferons valoir nos droits contre cette
décision contraire à la loi, aux preuves et à la conscience", a déclaré
son avocat Hüseyin Ersöz sur X.
Elu du principal parti de l'opposition CHP (Parti républicain du
peuple, social démocrate), le maire d'Adana (sud) Zeydan Karalar avait
été interpellé samedi dans le cadre d'une enquête sur des allégations
de corruption qui a abouti à la destitution en mars du puissant maire
d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, le plus important rival politique du
président turc Recep Tayyip Erdogan.
En même temps que lui, deux autres maires CHP, ceux d'Antalya (sud) et
d'Adiyaman (sud-est) avaient aussi été interpellés samedi.
Le maire d'Antalya, Muhittin Böcek, a été le même jour placé en
détention, tandis que le maire d'Adiyaman, Abdurrahman Tutdere a été
assigné à résidence mardi.
"Si une allégation vieille de onze ans est invoquée aujourd'hui pour
justifier une arrestation en se basant sur des dépositions
contradictoires, ce ne sont pas les lois qui sont en jeu, mais d'autres
calculs", a son côté réagi sur X le maire CHP d'Ankara, Mansur Yavas.
"Droit, loi et justice!", "Le maire Zeydan est notre honneur!" ont
scandé mardi soir des centaines de manifestants qui se sont rassemblés
devant la municipalité d'Adana pour protester contre la détention du
maire, selon les images diffusées par des médias turcs.
"Là où il y a un journaliste ou un politicien influent, ils le
réduisent au silence", avait affirmé aux journalistes M. Karalar au
moment où il était emmené samedi par des policiers, selon les images
diffusées sur les réseaux sociaux.
Le placement en détention du maire d'Adana suit l'arrestation d'autres
élus du Parti républicain du peuple (CHP), sur lequel le gouvernement
turc exerce une pression croissante depuis sa large victoire face au
parti AKP du président Recep Tayyip Erdogan lors des élections locales
de 2024.
L'incarcération du maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, avait déclenché en
mars des manifestations de masse et les pires émeutes que la Turquie
ait connues depuis 2013. (AFP, 8 juil 2025)
Antalya mayor suspended after formal arrest
Antalya Metropolitan Mayor Muhittin Böcek was suspended from office
yesterday by the Interior Ministry, following his arrest in a
corruption investigation.
The move brings the number of opposition mayors removed from office to
13 in the ongoing crackdown, including İstanbul Mayor Ekrem İmamoğlu
and 11 district mayors from the Republican People's Party (CHP).
Böcek was detained along with two others as part of a bribery
investigation initiated by the Antalya Chief Public Prosecutor's
Office. He was formally arrested on Jul 5.
The investigation reportedly stems from testimony by businessman Yusuf
Yadoğlu, who was previously in pretrial detention in an İstanbul-based
case. Prosecutors claim to have uncovered concrete evidence relating to
two separate acts of bribery based on Yadoğlu’s statements.
Böcek denies accusations
Following his arrest, Böcek addressed Antalya residents via social
media, stating, “Dear people of Antalya, I have never been involved in
anything that would cause you shame or regret. These days, when the
words of informants and slanderers are taken seriously, will also pass.
Divine justice will eventually prevail. I love you all dearly.”
Suspension is a legal precaution taken during ongoing investigations or
legal proceedings. Under Article 47 of the Municipal Law No. 5393,
mayors can be suspended by the interior minister during such processes.
If acquitted, the official may return to duty. However, in practice,
suspending mayors has often served as a de facto permanent measure over
the past decade, allowing the government to take control of
opposition-run municipalities.
While the interior minister is authorized to appoint trustees in place
of suspended mayors, this measure is typically reserved for
terrorism-related cases. In corruption cases, if a mayor is suspended,
the city council selects a deputy mayor to assume the role. As the CHP
holds a majority in most of the affected municipal councils, the party
is expected to maintain administrative control.
A similar situation occurred in March when İmamoğlu was arrested. The
İstanbul City Council, where the CHP holds the majority, selected a CHP
member as the deputy mayor to lead the city.
These developments follow a wave of arrests targeting CHP officials,
which began in March with the detention of İmamoğlu and nearly 100
others, including municipal employees and officials. İmamoğlu, seen as
a key political rival to President Recep Tayyip Erdoğan, was named the
CHP’s presidential candidate after his arrest.
In the 2024 local elections, the CHP managed to surpass Erdoğan's
ruling Justice and Development Party (AKP) in both vote share and
number of municipalities won. The CHP secured 35 out of 81 provincial
municipalities, including 14 metropolitan cities, placing a majority of
Turkey’s population and local economic centers under opposition
control. (BIA, 8 July 2025)
Le procès d'Imamoglu pour faux diplôme ouvrira le 11
septembre
Le procès du maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, accusé d'avoir falsifié
son diplôme et détenu pour "corruption" depuis mars, s'ouvrira le 11
septembre dans cette mégapole, selon l'agence de presse étatique
Anadolu et l'acte d'accusation consulté mardi par l'AFP.
M. Imamoglu, le principal rival du chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan
dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, prévue
pour 2028, a été arrêté le 19 mars et emprisonné le 25 à Silivri, dans
l'ouest d'Istanbul.
L'édile, dont le mandat a été suspendu, risque jusqu'à huit ans et neuf
mois de prison ainsi qu'une interdiction de toute activité politique
dans ce procès.
Son arrestation pour "corruption" avait déclenché un mouvement de
contestation inédit depuis 2013 et les grandes manifestations de Gezi.
La veille de son arrestation, le conseil d'administration de
l'Université d'Istanbul avait annulé son diplôme d'étude supérieure,
l'empêchant de présenter à l'avenir une candidature à la présidence
turque.
Selon l'acte d'accusation préparé par le parquet général d'Istanbul, M.
Imamoglu comparaîtra pour "falsification successive de documents
officiels", soupçonné d'avoir obtenu son diplôme universitaire de
manière irrégulière.
Le parquet demande une peine allant de "deux ans et six mois" de
prison, à "huit ans et neuf mois", précise Anadolu.
Pour Ekrem Imamoglu, 55 ans depuis juin, l'annulation de son diplôme de
gestion obtenu à l'Université d'Istanbul à la suite d'un transfert à
partir d'un établissement situé dans la République turque de
Chypre-Nord est "illégale" car elle n'est pas du ressort du conseil
d'administration de l'Université.
En plus de ce procès pour "falsification", plus de cent personnes
travaillant pour ou avec la municipalité de cette mégapole ont été
arrêtées en même temps que son maire dans le cadre d'une enquête sur la
corruption.
Récemment, de nouvelles vagues d'arrestations pour "corruption" ont
visé les municipalités gérées par le Parti républicain du peuple (CHP),
le plus important parti d'opposition parlementaire, à Izmir (ouest),
Adana, Antalya et Adiyaman (sud et sud-est).
La France a fait part lundi de sa "profonde préoccupation" et souligné
l'importance du "respect des droits des élus".
La Turquie, via un communiqué de son ministère des Affaires étrangères,
a dénoncé en retour une "ingérence dans les procédures judiciaires en
cours", affirmant qu'elle "garantit des procédures judiciaires
équitables et impartiales à tous ses citoyens". (AFP, 8 juil 2025)
Erdogan condamne une "provocation infâme" après la
parution d'une caricature
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié mardi de "provocation
infâme" la publication par une revue satirique d'opposition d'un dessin
accusé de représenter le prophète Mahomet.
"Il s'agit d'une provocation claire, déguisée en humour", a martelé le
chef de l'Etat, dénonçant "un crime de haine" et affirmant que "ceux
qui se montrent insolents envers notre Prophète (...) seront tenus
responsables devant la loi".
"Le manque de respect envers notre Prophète par des individus immoraux,
dénués des valeurs de cette nation et ignorants des bonnes manières et
de l'étiquette, est totalement inacceptable", a-t-il ajouté.
Les exemplaires du numéro du magazine satirique Leman comportant le
dessin accusé de représenter le prophète ont été saisis par la police,
a précisé le président.
Plusieurs centaines de manifestants ont de nouveau conspué le magazine
mardi, au lendemain de heurts consécutifs aux arrestations visant le
journal.
Bien que le coeur d'Istanbul, autour de la place Taksim et de l'avenue
commerçante Istiklal, soit totalement bouclé par la police et tout
rassemblement officiellement interdit, quelque 300 personnes réunies
dans et autour de la mosquée de Taksim, ont dénoncé la publication du
dessin aux cris de "Leman, salauds, n'oublie pas Charlie Hebdo", ont
constaté des journalistes de l'AFP.
Elles faisaient une référence explicite et menaçante aux attentats
jihadistes contre l'hebdomadaire satirique français le 7 janvier 2015,
qui avait décimé la rédaction, faisant 12 morts et 11 blessés.
Selon un correspondant de l'AFP, plusieurs dizaines de personnes en
colère ont attaqué lundi soir un bar fréquenté par le personnel de la
revue Leman dans le centre d'Istanbul.
Les échauffourées ont rapidement dégénéré et impliqué 250 à 300
personnes, la police usant de balles en caoutchouc et de gaz
lacrymogènes pour les disperser.
Le ministre de l'Intérieur Ali Yerlikaya a annoncé quatre arrestations
dont celles de l'auteur du dessin, "D.P.", du graphiste et de deux
responsables de la publication.
Le ministère de la Justice a délivré six mandats d'arrêt visant
notamment le rédacteur en chef et le directeur de la publication qui,
tous deux, se trouvent à l'étranger. (AFP, 1 juil 2025)
Report de l'audience sur une possible annulation du
congrès du CHP
L'audience sur une possible annulation du congrès du principal parti
d'opposition en Turquie, le CHP, a été reportée lundi au 8 septembre
prochain, a appris un journaliste de l'AFP présent au tribunal.
"Nous attendrons le résultat de la contestation de la compétence dans
l'affaire pénale", qui doit tomber avant l'audience du 8 septembre, a
affirmé le juge, selon les médias turcs.
Le CHP (Parti républicain du peuple, social démocrate) est visé par
deux procès, un au civil et l'autre au pénale, sur "la nullité" de son
congrès pour "fraude", risquant ainsi de destituer Özgür Özel, le
leader actuel du parti qui y a été élu en novembre 2023.
Le CHP estime que le procès est destiné à le mettre sous pression pour
avoir initié une grande vague de contestation en mars et en raison de
son ascension continue dans les sondages.
"Aucun complot contre notre parti n'est indépendant du coup d'État du
19 mars", a affirmé lundi Özgür Özel sur X, en référence à
l'arrestation du maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu ainsi que de plusieurs
autres élus de sa formation pour des charges de corruption.
"Il est évident que l'audience d'aujourd'hui n'est pas axée sur les
résultats, mais sur une opération politique visant à faire de notre
parti l'objet des débats, à interrompre notre marche vers le pouvoir et
à briser notre détermination à lutter. Nous ne dévierons jamais de
notre objectif!", a-t-il martelé.
Le CHP a appelé à un rassemblement mardi devant la mairie d'Istanbul
dans le quartier de Saraçhane pour marquer le 100e jour de détention du
maire Ekrem Imamoglu.
"Demain à 20h30, en ce 100e jour noir de la démocratie et de la justice
et du coup d'État, nous serons à Saraçhane, au coeur de la
résistance!", a-t-il ajouté.
Une enquête avait été ouverte en février 2025 sur des allégations de
corruption lors du congrès où des délégués auraient voté pour la
nouvelle direction en contrepartie de bénéfices, ce que dément le CHP.
Plusieurs figures du parti, dont le maire d'Istanbul emprisonné Ekrem
Imamoglu, encourent jusqu'à trois ans de prison et une interdiction
politique pour "fraude", selon les médias turcs.
En cas de "nullité" du congrès, la gouvernance du CHP pourrait alors
revenir à l'ancien président Kemal Kiliçdaroglu, remplacé par Özgür
Özel après avoir perdu la présidentielle de 2023 face au président
Recep Tayyip Erdogan.
M. Kiliçdaroglu a affirmé être prêt à revenir à la tête du CHP,
provoquant un tollé au sein du parti. (AFP, 30 juin 2025)
Forces
armées/Armed Forces
L'Allemagne lève son veto à la livraison
d'avions Eurofighter à la Turquie
Le gouvernement allemand a annoncé mercredi avoir levé son veto sur la
livraison d'Eurofighter à la Turquie, débloquant la vente de ces avions
de combat fabriqués par l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Espagne et
l'Italie.
"Le ministère de la Défense a transmis une lettre au gouvernement turc
dans laquelle l'accord d'exportation est confirmé", a déclaré à la
presse un porte-parole du gouvernement, Stefan Kornelius.
La Turquie négocie depuis plusieurs années l'achat de 40 Eurofighter
pour moderniser son armée mais l'Allemagne tardait à approuver cette
transaction en raison de différends politiques avec Ankara sur
plusieurs points, dont la guerre dans la bande de Gaza.
Bien que Londres dirige les négociations, chacun des quatre pays du
consortium fabriquant ces avions de combat peut mettre son veto à une
vente.
Avec la levée de ce veto, les ministères turc et britannique de la
Défense ont annoncé la signature d'un accord préliminaire pour cette
importante commande militaire.
"L'acceptation de la Turquie comme utilisateur de l'Eurofighter Typhoon
renforcera les liens d'amitié tissés depuis des décennies entre les
principaux alliés de l'Otan", a salué le ministère turc de la Défense,
dans un communiqué.
"Elle constituera une étape importante vers le renforcement des
capacités de combat aérien avancées de la Turquie" a-t-il ajouté.
Selon l'hebdomadaire Spiegel, la Turquie s'est engagée à ce que ces
appareils ne soient jamais employés contre un pays membre de l'Alliance
atlantique, une disposition destinée à rassurer son voisin grec avec
lequel ses relations connaissent des tensions régulières et qui voit
d'un mauvais oeil ce renforcement du potentiel militaire turc.
L'Allemagne, l'un des plus fervents soutiens d'Israël avec les
Etats-Unis, et la Turquie, beaucoup plus hostile, ont des positions
divergentes sur l'offensive israélienne dans la bande de Gaza.
En outre, Berlin était particulièrement critique vis-à-vis du
gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, après l'arrestation du maire
d'opposition d'Istanbul, Ekrem Imamoglu le 19 mars dernier.
Cependant, ce dernier avait lui-même, dans un message sur X, appelé
l'Allemagne à lever son veto : "La Turquie est plus grande qu'Erdogan,
annulez la décision de l'Eurofighter", avait-il dit.
M. Imamoglu, officiellement candidat du parti CHP, est considéré comme
le principal rival de M. Erdogan pour la prochaine élection
présidentielle en 2028. (AFP, 23 juil 2025)
Mort de douze soldats après une intoxication au méthane en
Irak
Douze soldats turcs ont succombé à des émanations de gaz méthane lors
d'une opération dans le nord de l'Irak, selon un nouveau bilan du
ministère de la Défense lundi matin.
Selon le ministère, le groupe menait "une opération de recherche et de
repérage dans une grotte utilisée par des membres" du Parti des
Travailleurs du Kurdistan (PKK).
"Quatre autres de nos héroïques compagnons d'armes, affectés par le gaz
méthane, ont été martyrisés dans une grotte utilisée par des membres de
l'organisation terroriste séparatiste portant le nombre de victimes à
douze" écrit-il sur X.
Le ministre, Yasar Güler, s'est rendu sur place pour une inspection et
rendre hommage aux soldats.
Le ministère avait indiqué dimanche que les soldats recherchaient le
corps de l'un des leurs, tué dans la zone en mai 2022 lors d'une
opération contre les combattants kurdes.
Ces décès surviennent alors que le PKK, en lutte armée contre Ankara
depuis plus de quarante ans, a annoncé qu'il procéderait à une première
cérémonie de dépôt d'armes cette semaine.
Une délégation du parti turc pro-kurde DEM a rendu visite dimanche au
fondateur emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, dans le cadre d'un
processus de paix initié cet hiver.
Fait inédit, M. Öcalan a d'ailleurs présenté ses condoléances.
"Cet incident a suscité une profonde tristesse chez M. Öcalan et chacun
d'entre nous", ont rapporté les représentants du DEM, faisant part de
"ses condoléances aux familles et aux proches".
Cette délégation sera reçue par le président Recep Tayyip Erdogan lundi
à 15H00 (12H00 GMT).
Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, a
annoncé le 12 mai sa dissolution après plus de quatre décennies de
violences qui ont fait au moins 40.000 morts, répondant à un appel
lancé par son chef historique, emprisonné depuis 1999. (AFP, 7 juil
2025)
Comment la Turquie est montée en puissance dans la
course aux armements
Par Guillaume Perrier, Le Point, 1 juillet 2025
Au Teknofest, le grand festival organisé par l'industrie de l'armement
et de l'aérospatiale turque, la star, c'est le TB3. Le dernier-né des
drones turcs de la marque Baykar était la principale attraction de la
11e édition, qui s'est tenue dans la partie nord de Chypre, occupée par
la Turquie, début mai.
Quatre jours durant, au centre de l'espace d'exposition, les visiteurs
se sont pris fièrement en photo devant cet engin de 8 mètres de
longueur et de 14 mètres d'envergure, aux ailes rétractables. Pour
prolonger le plaisir, ils pouvaient aussi aller tester le simulateur de
vol, effectuer une frappe de missile sur un porte-avions ou réaliser un
appontage sur le TCG Anadolu, le navire amiral de la flotte turque.
Le TB3, qui a effectué son premier vol en 2023, a été conçu
spécifiquement pour un usage naval. Et le TCG Anadolu, un
porte-hélicoptères de conception espagnole, a été reconverti pour
transporter les aéronefs sans pilote turcs, les TB3 donc, mais aussi
les Kizilelma (« pomme rouge » en turc), des drones furtifs de combat
dotés d'un turboréacteur, un modèle déjà à mi-chemin de l'avion de
chasse sans pilote.
L'Otan jugée contraignante
Ces engins devraient être mis en service dès 2026. Le déploiement naval
de l'armée turque répond à une orientation stratégique lancée ces
dernières années : la Patrie bleue (Mavi Vatan), une doctrine conçue en
2019. Un plan ambitieux de reconquête des eaux de la Méditerranée
orientale et de la mer Égée qui bordent les côtes de la Turquie. En
trois ans, la marine turque a nettement augmenté ses capacités, comme
le souligne un rapport de l'état-major publié le 10 mai 2025.
« Notre objectif était de bâtir un pays capable de voler de ses propres
ailes, de développer et de commercialiser ses technologies. Nous
pouvons avoir notre mot à dire dans le monde », a commenté le ministre
de l'Industrie, du Commerce et de l'Énergie, Mustafa Varank, en marge
du Teknofest. Le slogan du festival va dans le même sens : « Pour une
Turquie pleinement indépendante ». Ankara veut s'émanciper de son
alliance avec les pays de l'Otan, qu'elle juge aujourd'hui trop
contraignante. Même s'il n'a jamais été question de quitter l'Alliance.
C'est déjà dans un souci de rééquilibrage que la Turquie avait acquis
des batteries antiaériennes russes S-400 en 2017.
Aujourd'hui, la production domestique de navires, de sous-marins et de
drones, et les systèmes autonomes de défense aérienne et de missiles
doivent soutenir cet objectif d'indépendance. Outre le porte-drones
Anadolu, Ankara a développé ses propres sous-marins, la classe Reis –
avec six bâtiments –, qui remplacent peu à peu les anciens submersibles
allemands Type 214. Ankara souhaite maintenant s'équiper de sous-marins
à propulsion nucléaire. Elle rejoindrait ainsi un club très fermé de
pays disposant de cette technologie.
La doctrine de la Patrie bleue, élaborée par deux amiraux nationalistes
à la retraite, vise à projeter la Turquie jusqu'en Libye, à travers un
espace maritime où elle a longtemps été confinée. Elle ravive le litige
maritime avec la Grèce et Chypre, deux pays voisins avec lesquels
Ankara traîne un vieux contentieux frontalier. Pour le premier, en
raison des îles du Dodécanèse, conquises par l'Italie sur la Turquie
ottomane en 1912, puis rattachées à la Grèce en 1943.
Leader pour les drones
Pour le second, en raison du conflit qui le déchire depuis son
indépendance entre Grecs et Turcs et de l'occupation de la partie nord
de l'île par l'armée d'Ankara depuis 1974. C'est déjà à cette époque,
avec les premières sanctions américaines contre la Turquie, qu'est née
l'ambition d'une industrie militaire maison et autonome. Un demi –
siècle après la partition de facto, environ 30 000 soldats turcs
restent maintenus dans cette partie de l'île.
Cette autonomisation progressive des forces armées turques suit le
chemin effectué par les drones. En quinze ans, la Turquie est devenue
une référence incontournable pour les aéronefs militaires sans pilote.
Le modèle TB2 de Baykar, dont le premier vol a été effectué en 2014,
s'est imposé sur de nombreux champs de bataille. Vendu 3 millions de
dollars pièce (soit 2,7 millions d'euros), il équipe l'armée d'une
bonne trentaine de pays, du Japon à la Pologne en passant par l'Irak,
le Niger ou l'Indonésie… Ils ont modifié le rapport de force dans
plusieurs conflits, au Tigré en Éthiopie, au Sahel, en Ukraine… Ce qui
a boosté les carnets de commandes.
Le point de départ fut le constat en Turquie d'une impasse stratégique
dans la lutte contre le mouvement kurde du PKK (Parti des travailleurs
du Kurdistan). Trop dépendante de ses alliés américain et israélien et
de leurs lignes rouges, l'armée turque cherche sa propre voie et se met
à fabriquer ses propres appareils. Un jeune ingénieur visionnaire,
héritier d'une compagnie vieillissante, Selçuk Bayraktar, lance alors
son projet de drones et convainc le « reis » Recep Tayyip Erdogan de le
soutenir avec toutes les ressources de l'État.
Bayraktar deviendra aussi le gendre du leader turc en épousant Sumeyye,
sa fille cadette… avant peut-être de lui succéder à la présidence ? En
attendant, le jeune prétendant, profitant du succès de son Teknofest,
se félicite de voir l'industrie de l'armement turque être désormais
autonome « à 80 % ». La dépendance de la seconde armée de l'Otan
vis-à-vis de ses partenaires s'est considérablement réduite, passant
ces dernières années de 70 à 20 ou 30 %.
Bientôt un « dôme de fer »
Dans les airs, la Turquie peaufine aussi son propre « dôme de fer », un
système d'interception aérien piloté par l'intelligence artificielle,
sur le modèle israélien. Elle travaille par ailleurs sur la conception
d'un chasseur de cinquième génération, le Kaan, destiné à remplacer les
anciens F-16 américains. Il s'agit là encore d'accroître l'autonomie
vis-à-vis des fournisseurs occidentaux. Les Turcs ont été exclus par
Donald Trump, en 2019, du programme des chasseurs furtifs F-35. Sur
terre, Ankara développe son propre tank, l'Altay, qui pourrait
concurrencer le Leopard allemand et l'Abrams américain. Mais le
programme a pris du retard.
Dans le secteur des technologies émergentes et de rupture, la Turquie
tente aussi de combler son handicap. En stimulant la recherche
universitaire et l'innovation dans ces domaines pointus – les
meilleures équipes d'étudiants participaient à un concours en marge du
Teknofest –, mais surtout en s'associant à des programmes de
coopération transatlantique dans le secteur public comme dans le privé.
La « Stratégie nationale d'IA », pour la période 2021-2025, détaille
ces ambitions. Le document établi par la présidence de la République «
se concentre sur la création de valeur à l'échelle mondiale grâce à un
écosystème d'IA agile et durable ».
Dans le même élan, le rapport sur la stratégie sectorielle 2023-2027,
remis par la Direction turque des industries de défense, l'équivalent
de la DGA (Direction générale de l'armement) française, définit
plusieurs axes prioritaires en matière d'intelligence artificielle,
notamment l'informatique quantique, les nanotechnologies et les armes à
énergie dirigée. Le document souligne aussi l'importance de mettre en
place une infrastructure de production et d'essai durable et résiliente
pour les plateformes aériennes avancées et d'accroître la compétitivité
des exportations turques de haute technologie dans le domaine de la
défense.
Cette industrie militaire florissante, qui alimente plus de 3 000
entreprises, a fait de la Turquie une puissance montante. Baykar,
Aselsan, spécialiste de l'électronique, ou encore Roketsan, qui produit
des missiles et des torpilles de précision, sont les têtes de gondole
de ce secteur. Elle est aujourd'hui, selon l'institut suédois Sipri, le
11e exportateur mondial d'armement sur la période 2020-2024, avec une
hausse de 103 % par rapport à la période précédente. Ses principaux
clients sont l'Irak, les Émirats arabes unis, le Qatar et le Pakistan.
Mais aussi, de plus en plus, des pays occidentaux en quête de solutions
de rechange aux modèles américains.
Affaires
religieuses / Religious Affairs
153 membres présumés de l'EI arrêtés
Cent cinquante-trois personnes suspectées d'appartenir ou d'être
proches de l'organisation Etat islamique (EI) ont été arrêtées à
travers le territoire de la Turquie, a annoncé vendredi le ministre de
l'Intérieur Ali Yerlikaya.
"Au cours des opérations menées par notre gendarmerie contre
l'organisation terroriste EI dans 28 provinces au cours des deux
dernières semaines, nous avons capturé 153 membres présumés de
l'organisation terroriste", indique le ministère sur X.
Les suspects interpellés "sont membres d'une organisation terroriste,
ont fourni des fonds à des organisations affiliées" à l'EI, sont
accusés de "propagande au profit de l'organisation terroriste via leurs
comptes de médias sociaux" précise-t-il.
Selon la liste des provinces concernées, ces interpellations ont eu
lieu à travers tout le pays, d'Izmir (ouest) à Hatay et Mardin
(sud-est), de Samsun sur la Mer noire (nord) à Mugla (sud-ouest).
Le ministre précise avoir agi grâce aux renseignements turcs et à la
coopération internationale.
La Turquie partage plus de 800 km de frontière avec la Syrie, où sévit
toujours l'EI, qui avait revendiqué en mai une attaque contre les
nouvelles forces gouvernementales syriennes dans le sud du pays.
En revanche, c'est un groupuscule extrémiste sunnite peu connu qui
avait revendiqué l'attentat-suicide perpétré en juin contre une église
de Damas. (AFP, 18 juil 2025)
More than 126,000 convicted as post-coup crackdown enters 9th year
An ongoing crackdown in Turkey following a failed coup in 2016 has led
to more than 126,000 convictions and left over 11,000 people in prison,
according to the latest Justice Ministry data cited by the state-run
Anadolu news agency on Tuesday, Turkish Minute reported.
The July 15, 2016 coup attempt, during which more than 250 people were
killed, was carried out by a faction within the military. The
government immediately accused the faith-based Gülen movement, inspired
by exiled cleric Fethullah Gülen, of orchestrating the plot. Gülen, who
lived in the United States until his death in October 2024, denied any
involvement and repeatedly called for an independent international
investigation, a demand that was never met.
Today marks the ninth anniversary of the coup attempt.
Mass convictions and ongoing investigations
Justice Minister Yılmaz Tunç told Anadolu that since 2016, Turkish
courts have convicted 126,796 civilians over alleged ties to the Gülen
movement. Some 11,085 people remain imprisoned, either serving upheld
sentences or awaiting the outcome of appeals. An additional 555 people
are being held in pretrial detention.
Legal proceedings are still underway for more than 24,000 individuals,
while another 58,000 remain under active investigation, nearly a decade
after the events of 2016.
In separate trials involving those accused of direct involvement in the
coup attempt, the government has concluded 289 proceedings. Of the
4,891 people convicted, 1,634 received aggravated life sentences and
1,366 were sentenced to life in prison. Another 1,891 were given prison
terms of varying lengths, while 2,870 were acquitted, Anadolu reported.
Global pursuit of Gülen followers
The crackdown extended beyond Turkey’s borders, with the government
seeking the extradition of alleged Gülen movement members from abroad.
According to Tunç, Turkey submitted 3,579 INTERPOL Red Notice requests
and issued 2,364 extradition requests to 118 countries. Only 131 people
have been returned to Turkey, the minister said, three through official
extradition and 128 via “unofficial means,” often without legal process.
Since the coup attempt, the Erdoğan government has employed extra-legal
methods to secure the return of its critics after its official
extradition requests have been denied. The government’s campaign has
mostly relied on renditions, in which the government and its
intelligence agency MİT persuade the relevant states to hand over
individuals without due process.
The victims have been the subjects of a number of human rights
violations including arbitrary arrests, house raids, torture and
ill-treatment during these operations. A detailed account of the
Erdoğan government’s transnational repression is documented in a report
by the Stockholm Center for Freedom titled “Turkey’s Transnational
Repression: Abduction, Rendition and Forcible Return of Erdoğan
Critics.”
In several of these cases, the UN Working Group on Arbitrary Detention
(WGAD) concluded that the arrest, detention and forced transfer to
Turkey of Turkish nationals were arbitrary and in violation of
international human rights norms and standards.
"Derrière
l'arrestation de journalistes accusés de blasphème,
la dérive islamiste d'Erdogan"
Le Figaro, 11 juillet 2025
En Turquie, l’interdiction de l’hebdomadaire satirique LeMan et
l’arrestation de quatre de ses journalistes après la publication d’une
caricature de Mahomet et de Moïse est une nouvelle preuve que ce pays
s’éloigne de plus en plus de son héritage laïque, alerte l’écrivain
Nedim Gürsel.
*
"Un spectre hante depuis longtemps la Turquie, pays laïque selon sa
Constitution mais qui connaît sous le pouvoir d’Erdogan une dérive
islamiste sans précédent. L’interdiction de l’hebdomadaire LeMan et
l’arrestation de ses quatre journalistes dans des conditions
inadmissibles en sont la preuve. Ceux-ci sont accusés d’avoir publié
une caricature où Mahomet, le Prophète de l’islam, salue Moïse
contemplant les fusées qui s’abattent… vous devinez où. Je dois
préciser qu’il n’y a, à mon sens, aucune référence blasphématoire dans
cette caricature plutôt sage, sinon un regard pacifiste sur la guerre
Iran-Israël qui vient d’avoir lieu et qui risque de perdurer. Certes,
le dessinateur insinue que les religions ont fait couler beaucoup de
sang tout au long de l’histoire, mais qui peut prétendre le contraire ?
Je dois également ajouter que les deux protagonistes de la caricature
en question, nommés certes Mahomet et Moïse, ne ressemblent guère à
leur description traditionnelle avec leurs ailes et leurs moires. Leurs
barbes, aussi.
"En principe, le délit de blasphème ne doit pas exister dans un pays
laïque mais la Turquie s’éloigne de plus en plus de ce précieux
héritage kémaliste pour rejoindre le camp des pays musulmans, au lieu
de se démocratiser et d’adhérer à l’Union européenne. L’article 216 du
code pénal turc, qui prévoit une peine de prison allant de six mois à
un an, en est la preuve. Il s’agit de 'dénigrement des valeurs
religieuses de la population'. J’ai été moi-même traduit en justice et
jugé selon cet article pour avoir fait du Prophète de l’islam un
personnage de roman dans mon récit Les Filles d’Allah, où
j’interrogeais la foi tout en respectant les croyants.
"Certes, j’ai été acquitté, mais non pas grâce au juge respectueux de
la liberté d’expression mais au soutien de la presse internationale.
Ainsi souhaiterais-je la même chose pour les journalistes de LeMan.
J’espère aussi qu’ils ne connaîtront pas le même sort que ceux de leurs
collègues de Charlie. Le fait que les locaux de leur journal soient
saccagés est plutôt de mauvais augure. J’espère aussi qu’en tant
qu’écrivain laïque et fervent défenseur de la liberté d’expression non
seulement dans mon pays mais partout ailleurs, je ne descendrai pas
dans la rue pour crier haut et fort 'Je suis LeMan !’". Nedim Gürsel.
L'islamisme au Service du Régime en Turquie
Ragıp Duran, TVXS.GR, 6 juillet 2025
Une caricature publiée dans le dernier numéro de l’hebdomadaire
satirique Leman pouvait faire couler du sang à cause des manifestants
islamistes venus protester ‘’la représentation en image du Prophète
Mahomet’’ devant le siège de la revue. ‘’Vive la Charia ! À bas le
laïcisme !’’ Ont scandés quelques dizaines de militants islamistes en
plein milieu de Péra, alors que toute manifestation est strictement
interdite sur cette artère principale d’Istanbul. La police était
absente. Et le Parquet a tout de suite décidé l’arrestation de 4
responsables de Leman et le juge les a envoyé en prison. Le procureur a
ouvert une information contre l’hebdomadaire et l’accuse ‘’d’insulter
les valeurs religieuses’’. L’issue du 26 juin ainsi que le site
Internet de la revue sont interdits d’accès. Le ministère des Finances
a également commencé une investigation pour savoir ‘’si cette
publication reçoit des fonds de l’étranger’’.
L’Islam interdit strictement toute représentation en image d’Allah et
des Prophètes. La figuration du sacré est bannie.
Le Parquet ‘’a joué les trois singes’’ au sujet des manifestants qui
avaient ouvertement fait des appels à la violence. ‘’Le sort de Leman
sera celui de Charlie Hebdo! ’’, ‘’On ne peut pas cohabiter avec les
laïcs. On va les tuer tous ou bien, ils vont nous tuer ! ’’ avait
affirmé un orateur.
L’auteur de la caricature Dogan Pehlevan, déclare que le Mahomet et le
Moise décrits sur l’illustration ne sont pas les deux prophètes, mais
de simples citoyens musulmans et juifs, victimes de la guerre. ‘’Sinon
je devrais écrire leurs titres exacts, leurs titres officiels et
religieux. Il y a plusieurs centaines de milliers de Mahomet et de
Moise chez les musulmans et les Juifs. De plus, on nous a appris dès le
début de notre carrière d’illustrateur qu’il nous faut jamais se moquer
des religions’’ a-t-il précisé.
L’ensemble des partis de l’opposition, des organisations
professionnelles des médias et les associations des Droits de l’Homme
protestent contre les arrestations et se rangent du côté de Leman.
Alors que les porte-paroles du régime critiquent violemment
l’hebdomadaire. ‘’Nous avons deux tabous. Notre Prophète et notre
président de la République’’ a déclaré M. Mestan Ozcan, député du parti
gouvernemental.
Leman, le plus vieux hebdomadaire satirique indépendant, crée en 1985,
rassemble des écrivains et des intellectuels de gauche et les
dessinateurs de talent. Tirées à plusieurs centaines de milliers
d’exemplaires jusqu'à la fin des années 2000, les ventes de la version
papier ont chuté à cause de l’Internet.
Alors que cette semaine, on commémore la 32e année du Massacre de Sivas
où 33 intellectuels alévis ont été brûlés sous le feu des islamistes,
130 autres opposants ont été encore arrêtes et écroués. Le volume des
exportations des 5 derniers mois de la Turquie vers Israël a atteint
393,7 millions de dollars US malgré la déclaration du Président Erdogan
qui avait déclaré que tout commerce avec Israël était arrêté. Les
chiffres officiels et officieux de l’inflation, du déficit du commerce
extérieur, des faillites et concordats des sociétés, tous à l’encontre
des déclarations et des promesses du Président Erdogan ne sont pas à la
une des médias, dont 90 % sont sous le contrôle du régime. Mais ‘’les
ennemis du Prophète Mahomet’’, ‘’le mécréant de l’hebdomadaire Leman’’,
‘’les laïcs athés’’ occupent les colonnes des quotidiens, les pages
Internet, les antennes de TV des médias du régime.
Les esprits s'échauffent autour d'un dessin accusé de
moquer le prophète
Plusieurs centaines de manifestants ont de nouveau conspué un magazine
satirique turc accusé d'avoir publié un dessin moquant le prophète,
mardi à Istanbul, ce que la rédaction dément vigoureusement au
lendemain de heurts qui l'ont visée.
Le coeur d'Istanbul a été bouclé par la police dès mardi matin, autour
de la place Taksim et de la populaire avenue commerçante Istiklal, et
tout rassemblement officiellement interdit.
Mais quelque 300 personnes réunies dans et autour de la mosquée de
Taksim ont dénoncé le dessin paru dans la revue d'opposition Leman aux
cris de "Leman, salauds, n'oublie pas Charlie Hebdo", ont constaté des
journalistes de l'AFP.
Une référence explicite et menaçante aux attentats jihadistes contre
l'hebdomadaire satirique français le 7 janvier 2015, qui avaient décimé
la rédaction, faisant 12 morts et 11 blessés.
Le président Recep Tayyip Erdogan a dénoncé à son tour une "provocation
infâme" sous couvert d'humour, dans une allocution à la mi-journée.
Evoquant "un crime de haine" il a assuré que "ceux qui se montrent
insolents envers notre Prophète (...) seront tenus responsables devant
la loi".
"Le manque de respect envers notre Prophète par des individus immoraux,
dénués des valeurs de cette nation (...) est totalement inacceptable",
a fustigé le chef de l'Etat islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2003.
A ce stade, quatre collaborateurs du magazine, dont le caricaturiste
auteur du dessin en cause, ont été arrêtés sur les six visés par des
mandats d'arrêt, pour avoir publié un dessin qui "dénigre ouvertement
les valeurs religieuses".
Joint par l'AFP, le rédacteur en chef du magazine, Tuncay Akgun, en
déplacement à l'étranger, a nié toute intention malveillante.
"Ce dessin n'est en aucun cas une caricature du prophète Mahomet",
a-t-il défendu, arguant que le personnage est un musulman tué à Gaza
dans les bombardements d'Israël.
- "Rien à voir avec le prophète" -
"Il a été appelé Mohammed, c'est une fiction. Plus de 200 millions de
personnes dans le monde islamique s'appellent Mohammed".
"Cela n'a rien à voir avec le prophète Mahomet. Nous ne
prendrions jamais un tel risque", a insisté M. Akgun.
Plusieurs dizaines de personnes en colère ont tenté d'attaquer lundi
soir un bar du quartier touristique d'Istiklal, fréquenté par le
personnel de la revue.
Puis des échauffourées ont rapidement dégénéré avec les manifestants
venus défendre Leman, provoquant l'intervention des forces de l'ordre
qui ont fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes, a
constaté l'AFP.
Le dessin en question montre deux personnages dans le ciel, au-dessus
d'une ville écrasée sous les bombes: "Salam aleykoum, je suis
Mohammed", dit l'un en serrant la main de l'autre qui répond: "Aleykoum
salam, je suis Musa (Moïse)".
"Le dessinateur a voulu montrer le peuple musulman opprimé en
représentant un musulman tué par Israël, il n'a jamais eu l'intention
de rabaisser les valeurs religieuses", s'est défendu le magazine Leman
sur X.
En mars 2002, les dessinateurs de Charlie Hebdo avaient rendu visite à
Leman et publié conjointement avec leurs confrères turcs un numéro
spécial.
Charlie Hebdo se référait alors à Leman comme "notre petite soeur
turque".
Les détracteurs de la revue appellent à un rassemblement de
protestation samedi dans un parc adjacent à la mairie d'Istanbul.
Le chef de l'opposition parlementaire, le président du CHP laïc Özgür
Özel, a hésité avant de condamner les attaques contre la revue. "Ma
première réaction a été : comment peut-il y avoir une image du
prophète", dont la représentation est interdite par l'Islam.
"La deuxième a été: Leman n'est pas ce genre de magazine" a-t-il
ajouté, appelant "les conservateurs qui ont une conscience, les
écrivains et les artistes à bien regarder: je vois un ange qui a
perdu
la vie sous les bombardements de Gaza, avec une auréole et des ailes,
qui rencontre un autre ange tué par une autre bombe".
L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé mardi ces
arrestations et estimé que "la sécurité des caricaturistes doit être
désormais le sujet principal pour les autorités". (AFP, 1 juil
2025)
Socio-économique
/ Socio-economic
Une dizaine de morts en combattant un incendie de forêt
Au moins dix ouvriers forestiers et secouristes ont trouvé la mort
mercredi en combattant un violent incendie de forêt près d'Eskisehir,
dans l'ouest de la Turquie, selon un bilan du ministre de l'Agriculture
et des forêts.
Le député local du parti AKP au pouvoir et le site d'information Bir
Gün ont pour leur part annoncé onze morts dans ce sinistre.
Le ministre de l'Agriculture et des forêts Ibrahim Yumakli a annoncé
que dix personnes, dont cinq ouvriers forestiers et cinq employés
d'AKUT, la principale organisation non gouvernementale de secours de
Turquie, ont été tuées et quatorze blessés, en combattant un incendie
de forêt à Eskisehir.
"Suite à l'incendie qui s'est déclaré à Eskisehir (...) 24 de nos
collègues, dont 19 forestiers et 5 membres de l'AKUT ont été pris au
piège par la brusque évolution des flammes" a indiqué mercredi soir le
ministre sur les chaines de télévision.
"Quatorze d'entre eux sont actuellement soignés dans différents
hôpitaux sans problème majeur. Malheureusement, nous avons perdu cinq
forestiers et cinq employés de l'AKUT" a-t-il détaillé.
"Nous sommes profondément attristés par la perte de 11 travailleurs
forestiers héroïques qui ont trouvé la mort en combattant les flammes"
a écrit sur X le député de la circonscription, Nebi Hatipoglu.
Selon le site d'information Bir Gün, les victimes ont été prises dans
les flammes qui ont plusieurs fois changé de direction sous l'effet du
vent.
L'incendie s'est déclaré mardi matin dans une zone boisée, entre
Istanbul et la capitale turque, Ankara, attisé par le vent et des
températures élevées jusqu'à menacer des zones résidentielles.
Plusieurs villages avaient dû être évacués.
Les flammes ont changé de direction à plusieurs reprises explique le
site Bir Gün, contraignant les forestiers et des bénévoles qui les
avaient rejoints à se réfugier dans une grotte pour se protéger.
Puis "l'incendie a de nouveau changé de direction et les onze ouvriers
forestiers ont péri brûlés vifs" précise-t-il.
La Turquie qui subit une sécheresse croissante est frappée depuis
dimanche par de fortes chaleurs de 6 à 12 degrés au dessus des normales
saisonnières, selon la Direction générale de la météorologie (MGM).
Celle-ci précise que le mercure a dépassé les 35°C dans 42 des 81
provinces dans la matinée pour culminer au dessus de 40°C ensuite.
Plusieurs incendies se sont déclarés à travers le pays dont un, au nord
près de Sakaria, ne cesse de se rallumer chaque fois qu'il est annoncé
sous contrôle par les autorités.
M. Yumakli avait mis en garde en début de semaine contre "des
températures extrêmes et des vents forts attendus dans tout le pays"
citant parmi les provinces à hauts risques trois particulièrement
touristiques telles Izmir et Mugla (ouest et sud-ouest) et Antalya sur
la côte sud ainsi que Eskisehir, Diyarbakir et Gaziantep dans le
sud-est. (AFP, 23 juil 2025)
Turkey
passes bill allowing mining activities in olive
groves
Parliament has approved a legislative package that includes provisions
permitting mining activities in olive groves despite strong opposition
from political parties and environmental advocates.
The 21-article omnibus bill was passed on Jul 19 with 255 votes in
favor and 199 against. It includes a controversial amendment to the
mining law, outlined in article 11 and publicly known as the "super
permit," which allows the use of agricultural land, including olive
groves, for mining operations under certain conditions.
Also part of the omnibus law, the provisional article 45 added to the
Mining Law designates two separate olive-growing areas in the province
of Muğla as mining zones. The lignite extracted from these areas will
supply nearby thermal power plants.
Critics argue that the amendment undermines environmental protection
and violates the Olive Law. Since its introduction in parliament, the
bill has been protested across Turkey’s southern and western regions,
which host most of Turkey's olive groves.
Ministry authorized
The new law allows the Energy and Natural Resources Ministry to
authorize mining in areas officially registered as olive groves or
where olive trees are currently located, if the mining activity is
aimed at meeting electricity needs and cannot be relocated elsewhere.
In such cases, the olive trees may be transplanted within the same
province or district, and temporary facilities may be built to support
the mining activities, provided that the public interest is taken into
account.
According to the new legislation, mining companies will be required to
pay an additional fee equal to their operating license cost each year
for land rehabilitation efforts. If state-owned land is needed to
establish new olive groves or relocate trees, it may be leased directly
to former landowners for ten years at market value, subject to approval
by the Environment, Urbanization and Climate Change Ministry.
The law also extends several incentives for renewable energy
investments. The Energy Market Regulatory Authority will be authorized
to issue urgent expropriation decisions until Dec 31, 2030, to secure
land for licensed renewable energy facilities.
Also, a discount of 85% will apply to permits, leases, and easement
procedures for renewable energy projects operational by that date.
Additionally, the five-year duration of existing fee reductions for
using domestic energy resources will be extended to support efforts to
reduce energy imports and the current account deficit.
'We will not give up our groves'
The “We Won’t Give Up Our Land” campaign, formed by local environmental
and ecological groups, announced that they will resist the new
legislation.
In a statement released yesterday, the group said the law facilitates
access to natural areas, which they described as “a direct seizure of
the public’s living spaces.”
“We say this clearly to mining and energy companies rubbing their
hands: We will not hand over our olive groves, parks, coasts, or
registered lands,” the statement read. “We will not bow to policies of
dispossession, uprooting, and displacement. We will fully exercise our
legitimate right to resist in order to protect our living spaces.” (BIA, July 21, 2025)
Ouverture du procès après l'incendie meurtrier
d'un hôtel en Turquie
Le procès de 32 suspects dans l'incendie d'un hôtel de luxe qui a fait
78 morts dont 36 enfants, cet hiver dans une station de ski en Turquie,
s'est ouvert lundi à Bolu (nord), rapportent les médias.
L'incendie, survenu en pleine nuit, qui a fait également 133 blessés et
ravagé l'hôtel Grand Kartal dans la station de Kartalkaya, le 21
janvier, a fait apparaître de très nombreuses négligences.
Selon l'acte d'accusation, treize des accusés - dont le propriétaire,
la direction et les membres du conseil d'administration de l'hôtel,
ainsi que l'adjoint au maire et deux responsables des pompiers -
risquent jusqu'à 1.998 ans de prison chacun, pour 78 chefs d'accusation
dont "homicide avec intention possible" de tuer.
Avant le début de l'audience, les proches des victimes rassemblés sous
les portraits des disparus devant le lycée de Bolu où se tiendront les
audiences, ont lu devant les caméras une déclaration poignante,
rappelant les innombrables manquements à la sécurité et tentatives de
dissimulation des preuves.
"Pendant l'incendie, les propriétaires, les gérants et les employés de
l'hôtel Grand Kartal n'ont pas alerté les clients, ni activé le système
d'alarme. Ils se sont précipités pour sauver leurs voitures alors que
nos proches suffoquaient dans les fumées", accusent-ils.
"Nous avons eu connaissance du rapport d'inspection établi un mois
seulement avant l'incendie, qui démontrait clairement l'absence de
mesures de protection anti-incendie. Les propriétaires de l'hôtel l'ont
toutefois ignoré estimant que ces mesures seraient trop coûteuses",
dénoncent-ils.
"Nous savons que les autorités ont fermé les yeux sur ces négligences"
poursuivent-ils, "que des preuves ont été occultées et que les
enregistrements des caméras ont été supprimés".
"À Kartalkaya, non seulement des vies, mais aussi le sentiment de
confiance ont été réduits en cendres", affirment ces familles
endeuillées.
Après le sinistre, le ministère du Tourisme et la municipalité de Bolu
s'étaient renvoyés les responsabilités.
Compte tenu du nombre de mis en cause et des 210 parties civiles, la
Haute cour pénale de Bolu siège pour la circonstance dans la salle de
sport du lycée local où sept cents personnes ont pris place.
Le chef de l'opposition parlementaire, président du parti
social-démocrate CHP, Özgür Özel, assiste à l'audience, a annoncé son
parti.
Le procès est prévu pour durer deux semaines. (AFP, 7 juil 2025)
La Turquie confrontée à des incendies de forêt en série
La Turquie a été confrontée vendredi à une série d'incendies de forêts
dans différents endroits du pays propagés par la sécheresse et le vent
dont certains étaient toujours actifs en soirée, selon le ministre
chargé des forêts.
"Nous avons combattu dix incendies de forêts majeurs aujourd'hui" a
indiqué le ministre de l'Agriculture et des forêts Ibrahim Yumakli lors
d'un point de presse sans faire état de nouvelles évacuations.
Parmi les plus importants, l'un des incendies qui a ravagé la région
touristique d'Izmir, autour d'Ödemis, où deux personnes ont trouvé la
mort jeudi, était "sous contrôle", les pompiers s'activant toujours
dans la nuit à refroidir le foyer, a-t-il assuré.
Le ministre a cité sept autres feux ainsi contrôlés mais toujours
surveillés.
Celui qui menaçait la station balnéaire de Cesme sur la côte égéenne
avait été maîtrisé dès le matin.
En revanche la lutte contre les flammes attisées par le vent, sur des
terrains secs et surchauffés, se poursuivaient dans la nuit dans la
province méditerranéenne de Mugla (sud-ouest) et surtout dans celle de
Hatay, dans le sud du pays à la frontière syrienne.
Selon M. Yumakli, qui n'a pas caché son inquiétude, "une lutte intense
se poursuivra toute la nuit par des moyens terrestres" à Hatay, avant
que les moyens aériens puissent être sollicités aux premières heures du
jour.
"Nous continuerons notre combat jour et nuit quelles que soient
l'importance des flammes et les conditions météo difficiles" a promis
M. Yumakli qui avait fait état vendredi matin de "624 incendies juste
au cours de la semaine écoulée".
Il a imputé nombre de ces sinistres à des problèmes de "câbles
électriques".
De son côté, le ministre de l'Intérieur Ali Yerlikaya a annoncé
l'interpellation de 44 suspects dont dix ont été placés en détention.
Treize personnes feront l'objet de poursuites judiciaires, a-t-il
détaillé.
Il s'agit le plus souvent d'ouvriers qui maniaient des fers à souder ou
d'agriculteurs dont les engins, tracteurs ou moissonneuses, ont
provoqué des étincelles et déclenché un incendie, a indiqué M.
Yerlikaya appelant "les citoyens à se montrer plus prudents" .
Les températures, de saison, doivent progressivement augmenter à partir
du weekend et dépasser les 40 °C en début de semaine dans le sud et sur
la côte ouest de la Turquie, où le taux d'humidité relevé jeudi par un
météorologue amateur plafonnait à 17% - du niveau d'un désert comme le
Sahara.
Depuis le début de l'année, le pays confronté à une sécheresse
récurrente liée au changement climatique a enregistré le départ de plus
de trois mille feux dont 1.300 dans les zones forestières. (AFP, 4 juil
2025)
Un
important chef de réseau criminel suédois arrêté en
Turquie
Le chef de l'une des plus grandes organisations criminelles de Suède,
accusé d'être à l'origine d'une recrudescence des crimes violents, a
été arrêté en Turquie, a annoncé la police suédoise vendredi.
"Dans le cadre d'une opération de maintien de l'ordre en Turquie, la
police turque a arrêté aujourd'hui un Suédois qui, depuis de nombreuses
années, est soupçonné de crimes liés à la drogue et d'être
l'instigateur de crimes violents en Suède", a déclaré la police dans un
communiqué.
La police n'a pas identifié l'homme, mais selon les médias suédois il
s'agit d'Ismail Abdo, 35 ans, chef de l'organisation criminelle Rumba.
Abdo est l'un des criminels les plus recherchés de Suède et fait
l'objet d'un mandat d'arrêt international depuis 2024.
La justice suédoise a indiqué dans un communiqué que l'homme arrêté,
sans faire mention de son identité, ne pouvait être extradé en Suède,
étant également détenteur de la nationalité turque.
Le pays scandinave, autrefois réputé pour son faible taux de
criminalité, lutte pour endiguer le crime organisé.
De fréquentes fusillades et attaques à la bombe rongent le pays ces
dernières années.
Les réseaux criminels sont impliqués dans le trafic de drogue, d'armes
et d'êtres humains, la fraude aux prestations sociales et les
fusillades et attentats dans le pays ces dernières années.
Selon la police suédoise, les chefs de ces réseaux criminels opèrent de
plus en plus souvent depuis l'étranger, orchestrant les meurtres et les
attaques via les médias sociaux et recrutant souvent des mineurs.
Abdo a dirigé le réseau criminel Foxtrot avec Rawa Majid, l'autre
criminel le plus recherché de Suède. Tous les deux sont soupçonnés
d'avoir contrôlé une grande partie du marché suédois de la drogue. Mais
ils se sont brouillés en 2023, déclenchant des violences, notamment le
meurtre de la mère d'Abdo, abattue en septembre 2023 dans un acte de
vengeance.
Selon la base de données mondiale Statista, la Suède se situait en 2022
au troisième rang européen pour le nombre d'homicides par arme à feu
pour 100.000 habitants, derrière le Monténégro et l'Albanie. (AFP, 4
juil 2025)
Incendies
en Turquie: plus de 50.000 personnes évacuées
Plus de 50.000 personnes ont été évacuées après les incendies de forêt
qui ont principalement touché les provinces d'Izmir, de Manisa (ouest)
et de Hatay (sud-est), a annoncé lundi l'Agence turque de gestion des
catastrophes (AFAD).
"Plus de 50.000 citoyens de 41 localités ont été temporairement
déplacés dans des zones sûres", a affirmé l'AFAD sur X.
Le district de Seferihisar, dans la province d'Izmir (ouest), a été le
plus durement touché par les feux qui ravagent la zone depuis dimanche.
42.300 personnes ont été évacuées de six localités de Seferihisar,
tandis que 2.936 et 1.500 personnes ont du être déplacées des provinces
de Manisa et de Hatay, a précisé l'agence.
79 personnes ont été brièvement hospitalisées.
132 habitations et un commerce ont été endommagés par le feu dans le
province d'Izmir, tandis qu'à Bilecik 64 habitations, trois commerces
et vingt étables ont été touchés, a affirmé l'agence.
La lutte contre les flammes se poursuivait lundi matin dans les
provinces d'Izmir et de Manisa, où des habitations et zones
industrielles sont touchées depuis dimanche par un incendie de forêt.
Un feu de forêt a éclaté lundi près du centre ville de Hatay (sud-est)
provoquant la panique au sein de la population, selon les médias turcs.
Déclenché vers 13H00 (10H00 GMT) dimanche, l'incendie de forêt de la
province d'Izmir s'est rapidement propagé en raison de vents qui ont
atteint entre 70 et 117 km/h, a affirmé dimanche le gouverneur d'Izmir
Süleyman Elban. (AFP, 30 juin 2025)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
La CEDH condamne la Turquie pour "procès non équitable"
contre des utilisateurs de l'application ByLock
La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné mardi la
Turquie pour l'emprisonnement de 239 opposants qu'elle soupçonnait
d'avoir été liés à la tentative de coup d'Etat de 2016 du fait de leur
seule utilisation de l'application cryptée "ByLock".
La CEDH a condamné Ankara pour son "approche catégorique" adoptée
contre des utilisateurs de "ByLock", regrettant que toute personne
"ayant utilisé l'application pourrait être, en principe, reconnue
coupable sur ce seul fondement de l'infraction d'appartenance à une
organisation terroriste armée".
Les 239 requérants ont été soupçonnés d'appartenir à l'"organisation
terroriste Fetullahiste / structure d'État parallèle" (FETÖ/PDY),
fondée par le prédicateur Fetullah Gülen, et qui selon Ankara, est à
l'origine de la tentative de coup d'Etat dans la nuit du 15 au 16
juillet 2016.
La Cour stipule que la Turquie ne leur a pas accordé de "procès
équitable" puisqu'ils ont été condamnés sur le simple fait d'avoir
utilisé l'application "ByLock".
Les condamnations de ces personnes "reposaient dans une mesure
déterminante sur leur utilisation supposée de ByLock, dont les
juridictions turques considéraient que, sous les dehors d'une
application grand public, elle avait été conçue pour l'usage exclusif
des membres de la FETÖ/PDY", détaille la Cour.
ByLock est considérée par Ankara comme l'outil de communication
privilégié des responsables présumés du putsch manqué de 2016, qui a
fait 250 morts et a été suivi d'arrestations massives ainsi que de
purges d'une ampleur sans précédent dans l'histoire moderne de la
Turquie.
La CEDH note que sa Grande chambre, sa formation la plus solennelle, a
déjà condamné la Turquie sur les mêmes fondements pour une affaire
similaire, en septembre 2023. Elle relève "un problème systémique" qui
touche un grand nombre de personnes et qui doit être résolu au niveau
national.
Depuis l'arrêt de la Grande chambre de 2023, "la Cour a déjà communiqué
au gouvernement turc quelque 5.000 requêtes similaires, dont celles qui
constituent la présente affaire, et des milliers de requêtes continuent
d'affluer et d'être inscrites au rôle de la Cour", indique encore
l'instance basée à Strasbourg.
Plus de 25.000 personnes accusées d'appartenance à la nébuleuse
guléniste ont été arrêtées depuis le coup d'Etat manqué de 2016, selon
le parquet d'Istanbul. Parmi elles, près de 9.000 ont été placées en
détention. (AFP, 22 juil 2025)
La Turquie
à nouveau condamnée par la CEDH pour
l'emprisonnement de l'opposant Demirtas
La Turquie a été condamnée mardi par la Cour européenne des droits de
l'homme (CEDH) pour le maintien en détention de l'opposant kurde
Selahattin Demirtas, considéré comme une mesure politique limitant sa
liberté d'expression.
Principale figure politique de la minorité kurde de Turquie, ancien
coprésident du parti de gauche HDP (devenu DEM), Selahattin Demirtas
est en détention depuis novembre 2016.
Il a été condamné en 2024 à 42 ans de réclusion par un tribunal
d'Ankara.
Lui était notamment reproché son appel à participer à des
manifestations en soutien aux Kurdes combattant le groupe jihadiste
Etat islamique à Kobané, au Kurdistan syrien. Les manifestations
étaient devenues violentes au bout de quelques jours.
La CEDH examinait ici le maintien en détention provisoire de M.
Demirtas entre septembre 2019 et sa condamnation.
Elle avait déjà condamné, en 2020, la Turquie pour une première
détention de l'opposant entre 2016 et 2019 et ordonné sa libération, ce
que le président turc Recep Tayyip Erdogan avait rejeté avec véhémence.
La Cour, chargée d'appliquer la Convention européenne des droits de
l'homme dans les 46 Etats signataires, estime une nouvelle fois que
"les mesures prises par les autorités étaient motivées d'une façon
inappropriée et qu'elles poursuivaient un but inavoué, à savoir celui
d'étouffer le pluralisme et de limiter le libre jeu du débat politique".
La Turquie devra verser 35.000 euros de dommages à M. Demirtas et
20.000 euros au titre des frais de justice.
Des milliers de partisans du HDP et des dizaines de ses élus, en
particulier dans le sud-est à majorité kurde du pays, sont emprisonnés,
accusés de soutien au terrorisme ou de menaces à la sécurité. Ce que
tous démentent en dénonçant des inculpations politiques.
Depuis l'annonce en mai de la dissolution du Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK), groupe armé classé comme organisation terroriste par
Ankara et l'Union européenne, les Kurdes espèrent que le pouvoir turc
fera un geste en libérant des prisonniers dont Selahattin Demirtas.
(AFP, 8 juil 2025)
Turkey
tells the Council of Europe that it will not
grant some prisoners the “right to hope”
In its Action Plan communicated to the Committee of Ministers of the
Council of Europe, Turkey announced that it will not recognize the
“right to hope” for some prisoners sentenced to aggravated life
imprisonment.
The Action Plan, dated June 27, 2025, assesses obligations regarding
the European Court of Human Rights (ECHR) judgments in the cases of
Emin Gurban, Civan Boltan, Hayati Kaytan and Abdullah Öcalan (No. 2).
The European Court of Human Rights had ruled that the lack of any
prospect of release or the possibility of a review of the penalty for
those sentenced to aggravated life imprisonment in these cases violated
Article 3 of the European Convention on Human Rights (prohibition of
torture and inhuman treatment), stating that even those convicted of
the most serious crimes should have the opportunity to demonstrate
rehabilitation and apply for release. The Court asked Turkey to amend
the relevant legislation.
Despite the fact that Abdullah Öcalan has been kept in solitary
confinement since 1999, the Action Plan claims that “no further
individual measures are required”. This indicates that the isolation of
Abdullah Öcalan in İmralı will continue despite the ECHR ruling.
Under the heading “exceptions to conditional release”, the Turkish
Government said aggravated life imprisonment sentence is applicable for
only the most serious offences, but added: “Those sentenced to
aggravated life imprisonment for crimes stipulated by virtue of the 2nd
book, 4th chapter, subchapters 4, 5 and 6 of the Criminal Code (crimes
against state security, constitutional order and national defence)
committed within a terrorist organisation are not eligible for
conditional release. Certain most severe offences are exempted from
this possibility.”
Thus, Turkey has officially announced that it will not amend the
legislation on the “right to hope”.
In May, Minister of Justice Yılmaz Tunç said that “there is no such
situation” with regard to the right to hope for Abdullah Öcalan.
Turkey’s Action Plan reveals that this approach has become official
policy.
Turkey's stance raises serious questions about whether it will fulfill
its international obligations and continue its isolation policies
despite the ECHR rulings.
Background
Following Abdullah Öcalan's Call for Peace and a Democratic Society on
27 February and the PKK's announcement of its dissolution on 12 May,
attention has turned to the legal steps the Turkish state may take.
The 10th judicial reform package, introduced before the Eid al-Adha
holiday, fell short of expectations, and it was announced that the
continuation of reforms would be postponed until September. During the
discussions on the reform package, opposition proposals, especially
from the DEM Party, were largely ignored.
Since the PKK's announcement of its dissolution, there have been
repeated calls for improving Öcalan’s physical detention conditions,
but no progress has been made.
Within this context, the Council of Europe Committee of Ministers
addressed the 'right to hope' issue for Öcalan at its meeting on 17-18
September 2024, and gave Turkey a one-year period to take action.
The 'right to hope' became a topic of political debate in Turkey when
Nationalist Movement Party (MHP) leader Devlet Bahçeli mentioned it
during his party’s parliamentary group meeting on 22 October 2024.
Bahçeli said: “If the government shows determination and resolve, legal
regulations concerning the 'right to hope' should be enacted, and this
right should be fully accessible.” The Turkish state has taken no
official steps in this regard so far.
The 'right to hope' refers to a legal provision concerning prisoners
sentenced to life imprisonment without the possibility of parole. This
principle is based on the European Court of Human Rights (ECHR) ruling
in the 2013 Vinter and Others vs. the United Kingdomcase, where the
Court found that life imprisonment without a prospect of release
violates Article 3 of the European Convention on Human Rights (which
prohibits torture and inhuman or degrading treatment).
The reason the Committee of Ministers took up Öcalan’s case is due to a
ruling by the ECHR dated 18 March 2014. Öcalan's lawyers had filed a
complaint in 2003, arguing that the conditions of his sentence violated
Article 3 of the ECHR. In its decision, the ECHR found that Öcalan’s
aggravated life sentence, which offers no chance of release or review,
and his solitary confinement constituted a violation of Article 3, just
as it had ruled in the Vintercase. The Court also stated that
appropriate legal reforms needed to be implemented. This was the first
decision against Turkey regarding the 'right to hope.'
Following that, the ECHR issued two similar rulings: one in the Hayati
Kaytan v. Turkey case on 15 September 2015, and another in the Gurban
and Civan Boltan v. Turkey case on 15 December 2015. In both, the Court
reaffirmed that life sentences without a mechanism for review or parole
violate the prohibition of torture and inhuman treatment.
Despite it being ten years since the two rulings on Öcalan, Turkey has
yet to enact any legal reforms to address the violations. As a result,
the Council of Europe Committee of Ministers, which monitors the
implementation of ECHR rulings, initiated a monitoring process to push
for legal and practical changes regarding the right to hope and
aggravated life imprisonment. At its 17-18 September 2024 meeting, the
Committee gave Turkey one final year. Although Bahçeli’s statement
shortly followed this decision, no legislative action has been taken so
far. (ANF, 7 July 2025)
La France préoccupée par les arrestations de maires en
Turquie
La France a dit lundi sa "profonde préoccupation" après l'arrestation
de trois nouveaux maires du principal parti d'opposition en Turquie,
soulignant l'importance du droit des élus locaux.
Trois nouveaux maires du principal parti d'opposition en Turquie ont
été arrêtés samedi dans le cadre d'une enquête sur des accusations de
crime organisé dénoncée comme une "opération politique" par les
responsables de cette formation.
Ces arrestations sont les dernières en date d'élus du Parti républicain
du peuple (CHP), sur lequel le gouvernement turc exerce une pression
croissante depuis la large victoire de cette formation aux élections
locales de 2024 face au parti AKP du président Recep Tayyip Erdogan.
"Le respect des droits des élus locaux et des parlementaires de
l'opposition, le droit à un procès équitable, la liberté de manifester
et d'expression constituent des pierres angulaires de l'Etat de droit
et de la démocratie", selon un communiqué du ministère des Affaires
étrangères.
Ces arrestations samedi de Zeydan Karalar, Muhittin Bocek et
Abdurrahman Tutdere, les maires respectivement d'Adana, d'Antalya et
d'Adiyaman, (sud et sud-est) sont liées à une enquête sur des
allégations de corruption qui a abouti à la destitution en mars du
puissant maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, le plus important rival
politique de M. Erdogan et le candidat du CHP pour la présidentielle de
2028.
L'incarcération de M. Imamoglu avait déclenché des manifestations de
masse et les pires émeutes que la Turquie ait connues depuis 2013.
(AFP, 7 juil 2025)
Turquie-USA-OTAN
/
Turkey-USA-NATO
La Turquie
obtient des Etats-Unis le retour d'une statue
antique
La Turquie a rapatrié des Etats-Unis une statue antique représentant
l'empereur romain Marc Aurèle, fruit de ses efforts pour récupérer les
antiquités sorties illégalement du pays, a annoncé samedi le
gouvernement turc.
La statue en bronze, sortie clandestinement de l'ancienne cité de
Boubon - aujourd'hui située dans la province de Burdur, dans le
sud-ouest de la Turquie - dans les années 1960, est revenue en Turquie
65 ans après l'avoir quittée, selon les autorités turques.
"Ce fut un long combat. Nous avions raison, nous étions déterminés,
nous avons été patients, et nous avons gagné", a déclaré le ministre de
la Culture et du Tourisme, Mehmet Ersoy.
"Nous avons ramené l'+Empereur philosophe+ Marc Aurèle sur la terre qui
lui appartient", a-t-il ajouté.
La décision de rapatrier en Turquie cet oeuvre unique, autrefois
exposée aux États-Unis, a été prise sur le fondement d'analyses
scientifiques, de documents d'archives et de témoignages, a précisé le
ministre.
"Grâce à la puissance combinée de la diplomatie, du droit et de la
science, la démarche que nous avons engagée avec le bureau du procureur
de district de Manhattan à New York et les services américains de
sécurité intérieure dépasse le simple rapatriement : c'est un succès
historique", s'est félicité M. Ersoy.
La statue sans tête avait été exposée au Cleveland Museum of Art
d'avril à juillet, jusqu'à son retour en Turquie.
M. Ersoy a souligné la détermination de la Turquie à protéger
l'ensemble de son patrimoine culturel ayant été exporté illégalement.
"Nous allons bientôt présenter l'+Empereur philosophe+ au public de la
capitale, Ankara, dans le cadre d'une exposition surprise", a annoncé
le ministre. (AFP, 19 juil 2025)
Erdogan se
dit confiant dans la réadmission de la Turquie
dans le programme des F-35
Le président Recep Tayyip Erdogan s'est dit confiant dans la
réintégration progressive de la Turquie dans le programme américain des
F-35 et qu'elle recevra les avions de chasse conformément à "un accord"
avec le président Donald Trump.
Washington a exclu la Turquie de son programme de développement
d'avions de chasse F-35 en 2019, avant d'imposer un an plus tard des
sanctions à Ankara, pourtant son allié au sein de l'Otan, en raison de
son achat du système russe de défense antiaérienne S-400.
Mais depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les deux
pays semblent désireux de mettre fin à leur différend.
"Je crois que M. Trump restera fidèle à l'accord que nous avons conclu.
Je pense que les F-35 seront livrés à la Turquie progressivement
pendant son mandat", a déclaré M. Erdogan, cité samedi par l'agence
étatique turque Anadolu.
Il n'a pas donné plus de détails sur l'accord, mais a déclaré que cette
initiative faisait "partie d'une révolution géo-économique".
"La question des F-35 n'est pas seulement une question de technologie
militaire pour nous, mais aussi une question de partenariat fort dans
des instances internationales telles que l'OTAN", a-t-il ajouté.
Les sanctions contre le secteur de la défense turc ont détérioré les
relations entre les deux alliés, mais le week-end dernier, l'envoyé de
Washington à Ankara, Tom Barrack, a déclaré qu'elles étaient
susceptibles d'être levées "d'ici la fin de l'année".
D'après le diplomate, les présidents américain et turc donneront des
instructions à leurs chefs de la diplomatie en vue de "trouver le moyen
d'y mettre fin". "Je suis convaincu que nous aurons la possibilité de
trouver une solution d'ici à la fin de l'année", a-t-il précisé.
En mars, M. Erdogan s'était entretenu avec Donald Trump de la nécessité
de finaliser un accord permettant à la Turquie d'acheter des avions de
chasse F-16 américains et d'être réadmise dans le programme de
développement des avions F-35. Et le mois dernier, il avait estimé que
la levée des sanctions américaines était en vue. (AFP, 5 juil 2025)
Un drone abattu près d'un aéroport où sont basés des soldats
américains en Irak
Un drone a été abattu jeudi soir près de l'aéroport d'Erbil qui abrite
des troupes de la coalition dirigée par les Etats-Unis contre les
jihadistes dans la région autonome du Kurdistan irakien, ont annoncé
les forces de sécurité kurdes.
"A 21H58 (18H58 GMT, ndlr), un drone chargé d'explosifs a été abattu
près de l'aéroport international d'Erbil sans faire ni victimes ni
dégâts", ont déclaré les services de lutte contre le terrorisme du
Kurdistan.
L'aéroport d'Erbil, qui comprend une base militaire de la coalition
internationale anti-jihadiste, a été la cible fréquente, ces dernières
années, d'attaques à la roquette et au drone.
Dana Tofeek, directeur intérimaire de l'aéroport, a déclaré à l'AFP que
l'aéroport était "sûr", ajoutant que "seul un vol a été légèrement
retardé en raison des mesures de sécurité".
Le drone n'a pas été revendiqué. En moins de deux semaines, des
attaques de drones et de roquettes ont été signalées dans différentes
parties de l'Irak.
Plus tôt dans la journée de jeudi, un drone plein d'explosifs est tombé
près de l'aéroport de Kirkouk, qui a été frappé lundi par deux
roquettes, a déclaré à l'AFP un haut responsable des services de
sécurité.
L'aéroport de Kirkouk accueille des unités de l'armée irakienne, de la
police fédérale et des Hachd al-Chaabi, une coalition d'anciennes
forces paramilitaires pro-iraniennes désormais intégrées aux forces
armées régulières.
Tôt dans la journée de mardi, la défense antiaérienne irakienne a
intercepté au moins un drone près de la raffinerie clé de Baiji, dans
la province de Salaheddin.
La semaine dernière, quelques heures avant qu'un cessez-le-feu ne mette
fin à la guerre de douze jours entre l'Iran et Israël, des drones non
identifiés ont frappé les systèmes radar de deux bases militaires à
Bagdad et dans le sud de l'Irak.
L'Irak est depuis longtemps un champ de bataille pour les attaques de
drones et de roquettes et s'est avéré un terrain fertile pour les
guerres par procuration. Ce n'est que récemment qu'il a retrouvé un
semblant de stabilité après des décennies de conflits et de troubles
dévastateurs. (AFP, 3 juil 2025)
Relations
régionales / Regional Relations
Russes et Ukrainiens s'accordent sur un échange de
prisonniers et constatent l'"éloignement" de leurs
Russes et Ukrainiens ont conclu mercredi soir une troisième session de
négociations directes à Istanbul en constatant l'"éloignement" de leurs
positions pour mettre fin à la guerre déclenchée en 2022 et ne
s'accordant au final que sur un nouvel échange de prisonniers.
Après à peine une heure de discussions au palais de Çiragan, les
négociateurs ont constaté que leurs "positions" respectives étaient
"assez éloignées les unes des autres," a dit Vladimir Medinski, le chef
de la délégation russe, lors d'une déclaration à la presse.
Dans la journée, le Kremlin avait déjà douché les espoirs d'avancées
pour mettre fin au conflit lancé en février 2022 par Moscou chez son
voisin et qui a fait des dizaines de milliers de morts et de blessés.
"Personne ne s'attend à un chemin facile. Bien entendu, ce sera une
discussion très compliquée", avait ainsi indiqué le porte-parole de la
présidence russe, Dmitri Peskov, répétant que les propositions
respectives des belligérants pour arrêter le conflit étaient
"diamétralement opposées".
Seule mesure concrète: les négociateurs se sont mis d'accord pour un
nouvel échange de 1.200 prisonniers de chaque côté, selon Vladimir
Medinski, comme cela a déjà été le cas à plusieurs reprises.
Moscou a également proposé à Kiev de lui remettre 3.000 corps de
soldats ukrainiens, ainsi que des trêves de "24 à 48 heures" sur le
front pour que les deux armées puissent récupérer leurs tués et leurs
blessés, a poursuivi M. Medinski.
L'Ukraine a de son côté suggéré une rencontre entre Vladimir Poutine et
Volodymyr Zelensky d'ici la fin du mois d'août, potentiellement en
présence des présidents américain et turc, selon le négociateur de Kiev
Roustem Oumerov.
- "Mémorandums" et échanges de prisonniers -
En préambule à ces négociations, une source au sein de la
délégation
envoyée par Kiev avait dit à l'AFP espérer une "position constructive"
de la Russie et qu'elle renonce à "ses ultimatums".
Ces pourparlers directs intervenaient une nouvelle fois à la suite de
pressions exercées par le président américain Donald Trump qui a donné
à Moscou, mi-juillet, 50 jours pour parvenir à un accord avec
l'Ukraine, sous peine de sanctions sévères.
Kiev et ses alliés occidentaux accusent le Kremlin de bloquer les
négociations en maintenant des demandes maximalistes, tandis que
l'armée russe, plus nombreuse et mieux équipée, poursuit ses attaques
sur le front, où elle grignote chaque jour du terrain.
Mercredi, le ministère russe de la Défense a ainsi revendiqué la
conquête d'un nouveau village, Varatchyné, dans la région ukrainienne
de Soumy (nord-est) où, au cours de la nuit, des frappes de drones
russes ont entraîné des coupures d'électricité chez plus de 220.000
clients, selon M. Zelensky.
Les positions des deux camps semblent actuellement
irréconciliables.
Comme mercredi soir, les discussions à Istanbul de mai et juin
n'avaient débouché que sur des accords d'échanges de prisonniers et de
corps de soldats tués.
Selon le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov, les
pourparlers devaient porter principalement sur les "mémorandums"
échangés en juin par les deux camps et comprenant leurs propositions de
paix.
Kiev voulait de son côté se focaliser sur un nouvel échange de
prisonniers, le rapatriement des enfants ukrainiens emmenés en Russie
et la préparation d'une rencontre Poutine-Zelensky.
Moscou réclame que l'Ukraine lui cède quatre régions partiellement
occupées de l'est et du sud de son territoire, en plus de la Crimée
annexée en 2014, renonce aux livraisons d'armes occidentales et à toute
adhésion à l'Otan.
Des conditions inacceptables pour Kiev, qui veut le retrait des troupes
russes et des garanties de sécurité occidentales dont la poursuite des
livraisons d'armes et le déploiement d'un contingent européen, ce à
quoi s'oppose la Russie.
- Pression de Trump -
L'Ukraine réclame aussi, de concert avec ses alliés européens, un
cessez-le-feu de 30 jours, auquel se refusent les Russes, dont les
forces ont l'avantage sur le terrain.
Sur le terrain, les opérations militaires se poursuivent.
Dans la nuit, 71 drones russes ont visé l'Ukraine, selon l'armée de
l'air. Trois personnes ont été tuées dans la région de Kherson (sud),
d'après les autorités locales qui ont également fait état de neuf
blessés.
Pour sa part, l'armée russe a affirmé avoir neutralisé pendant la nuit
33 drones ukrainiens et plusieurs dizaines au cours de la journée,
lancés contre la Russie.
Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump a quant à lui
repris le contact avec Moscou pour tenter, sans grands résultats,
d'arrêter la guerre.
Ces dernières semaines, le président américain a exprimé sa frustration
à l'égard de la Russie et a affirmé que des équipements militaires
américains, payés par des Etats européens membres de l'Otan, seraient
envoyés à l'Ukraine. (AFP, 23 juil 2025)
Un
responsable kurde appelle à "reconsidérer" leur
politique envers les minorités
Un haut responsable kurde syrien a appelé jeudi le pouvoir central à
"reconsidérer" son approche vis-à-vis des minorités du pays, après les
violents affrontements dans la ville à majorité druze de Soueida, qui
ont fait plus de 500 morts.
Les combats ont exacerbé les craintes des minorités et soulevé de
nouvelles interrogations sur la capacité des autorités à gérer les
tensions communautaires dans un contexte de violences confessionnelles.
"Le gouvernement de transition doit entreprendre une révision complète
et urgente de son approche dans la gestion des affaires internes de la
Syrie, et engager un dialogue national sérieux et responsable avec
toutes les composantes, tout en respectant la spécificité et l'identité
culturelle et religieuse de chacune", a déclaré Bedran Ciya Kurd sur X.
Les forces gouvernementales se sont retirées jeudi de Soueida où elles
s'étaient déployées en début de semaine, avec l'objectif affiché de
mettre fin aux affrontements entre combattants druzes et tribus
bédouines locales.
Mais les troupes gouvernementales et les groupes qui leur sont alliés
ont été accusés par des ONG, des témoins et des groupes druzes de
nombreuses exactions, dont des exécutions sommaires.
Ces violences ont ravivé le souvenir des massacres sur la côte syrienne
en mars, où plus de 1.700 civils, majoritairement alaouites, ont été
tués.
"Les violations systématiques ayant visé les druzes dans le sud de la
Syrie, ainsi que les précédentes violations similaires sur la côte
syrienne, confirment clairement le rejet profond du pluralisme culturel
et religieux" par les autorités transitoires, a ajouté le responsable
de l'administration kurde.
Ces violences "sapent les fondements du vivre-ensemble au sein d'un
territoire national unifié", a-t-il déploré.
Ces affrontements interviennent alors que Damas et l'administration
autonome kurde ne se sont toujours pas entendus sur les modalités
d'application d'un accord conclu le 10 mars entre les deux parties.
Le texte prévoit "l'intégration de toutes les institutions civiles et
militaires du nord-est de la Syrie au sein de l'administration de
l'Etat syrien, y compris les postes-frontières, l'aéroport ainsi que
les champs pétroliers et gaziers".
Les autorités kurdes de Syrie réclament un système de gouvernement
préservant une part de l'autonomie dont elles jouissent de facto, alors
que Damas rejette "toute forme" de décentralisation. (AFP, 17 juil 2025)
Bombardements israéliens sur Damas: la
Turquie dénonce "un sabotage"
Le ministère turc des Affaires étrangères a dénoncé mercredi un "acte
de sabotage" des efforts syriens en faveur de la paix et de la
stabilité du pays, après les bombardements d'Israël sur Damas.
"Après les interventions militaires israéliennes dans le sud de la
Syrie, les attaques qu'Israël vient de mener contre le centre de Damas
sont une tentative de saboter les efforts de la Syrie pour assurer la
paix, la stabilité et la sécurité", a indiqué le ministère dans un
communiqué.
Le ministre turc Hakan Fidan, proche du président syrien par intérim
Ahmad al-Chareh, a par ailleurs multiplié les entretiens téléphoniques
avec les chefs de la diplomatie de la région, a fait savoir son
ministère.
Auprès de son homologue syrien, Assaad al-Chaibani, M. Fidan a jugé ces
attaques "alarmantes" et "insisté sur la nécessité de mettre fin
immédiatement aux interventions menaçant la sécurité de la région et
les efforts en faveur de la stabilité en Syrie".
Le ministre turc s'est également entretenu avec l'émissaire américain
pour la Syrie, Tom Barrack, également ambassadeur américain à
Ankara, qui se trouvait la semaine dernière à Damas, et avec les chefs
de la diplomatie saoudienne, Fayçal ben Farhan Al Saoud et
jordanienne, Ayman Safadi, a fait savoir son ministère.
L'Arabie Saoudite a également apporté un franc soutien aux nouvelles
autorités syriennes et promis d'être en première ligne pour aider à
reconstruire la Syrie.
La Turquie, qui partage 900 km de frontière avec la Syrie sur son flanc
sud, accueille toujours trois millions de réfugiés syriens sur son sol
après le retour de 273.000 d'entre eux depuis décembre et la chute du
président Bachar al Assad, selon les chiffres officiels communiqués
mi-juin. (AFP, 16 juil 2025)
La Syrie rejette le fédéralisme, appelle les Kurdes à
rejoindre l'armée
La Syrie a réitéré son rejet du fédéralisme mercredi à l'issue d'une
rencontre avec un responsable militaire kurde, appelant les forces
kurdes à rejoindre les rangs des forces gouvernementales.
Le dirigeant militaire kurde syrien Mazloum Abdi, des Forces
démocratiques syriennes (FDS) - l'armée de facto de l'administration
kurde -, a rencontré dans la journée à Damas le président intérimaire
Ahmad al-Chareh, en présence de l'envoyé américain pour la Syrie, Tom
Barrack, afin de discuter des efforts en cours pour intégrer
l'administration kurde autonome dans l'État syrien.
Ils avaient conclu un premier accord d'intégration en mars avec le
soutien des États-Unis, mais sa mise en oeuvre a été retardée par des
divergences entre les deux parties.
Les Kurdes, qui contrôlent de vastes territoires du nord et du nord-est
de la Syrie, y compris des champs pétroliers et gaziers, réclament
notamment un système de gouvernance décentralisé, ce que rejettent les
autorités islamistes à Damas.
Un responsable kurde syrien a confirmé, sous couvert d'anonymat, qu'une
réunion avait eu lieu mercredi entre Mazloum Abdi et Ahmad al-Chareh.
Ce responsable a ajouté que Tom Barrack, l'ambassadeur américain en
Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, était également présent.
Les délégations devaient discuter "des relations entre l'administration
autonome (kurde) et le gouvernement de Damas, ainsi que des questions
économiques et militaires", selon ce fonctionnaire.
Une source gouvernementale syrienne avait prévenu mercredi, dans une
déclaration à la chaîne de télévision d'État Alekhbariah, que Damas
restait attaché au "principe d'une seule Syrie, d'une seule armée, d'un
seul gouvernement" et rejetait catégoriquement toute forme de division
ou de fédéralisation.
"L'armée syrienne est l'institution nationale qui unit tous les enfants
de la patrie, et l'État accueille favorablement l'intégration des
combattants syriens des FDS dans ses rangs dans les cadres
constitutionnels et juridiques approuvés", avait souligné cette source.
La source a également averti que tout retard dans la mise en oeuvre de
l'intégration risquait d'entraver les efforts visant à "restaurer la
sécurité et la stabilité dans toutes les régions" du pays.
Les FDS, une puissante force dominée par les Kurdes, sont soutenues par
Washington et ont joué un rôle clé dans la lutte contre le groupe
jihadiste Etat islamique, défait en 2019 en Syrie.
Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 à la tête d'une
coalition islamiste après avoir renversé le régime de l'ex-président
Bachar al-Assad, réclame la dissolution de tous les groupes militaires
en Syrie.
Mais les Kurdes syriens insistent pour maintenir leur forces
militaires, qui comptent des dizaines de milliers d'hommes et de femmes.
Dans une interview en mai, Mazloum Abdi avait insisté sur l'importance
d'"une Syrie décentralisée", considérant que "ceux qui détiennent le
pouvoir veulent une Syrie centralisée et ne sont pas prêts à ce que
toutes les composantes syriennes vivent ensemble".
Le 12 mai, le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad
al-Chaibani avait pour sa part déclaré que toute "tergiversation" dans
l'exécution de l'accord avec les Kurdes risquait de "prolonger le
chaos" dans le pays, après 14 ans de guerre civile.
La préservation de l'unité de la Syrie et le rétablissement de la
sécurité restent un défi majeur pour les nouvelles autorités. (AFP, 9
juil 2025)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Athènes met en garde Ankara contre sa participation
à un programme de défense de l'UE
La Grèce, membre de l'UE, a averti la Turquie voisine qu'elle pourrait
bloquer son accès à un fonds d'armement européen à moins qu'elle ne
garantisse que ces armes ne seront pas utilisées pour cibler Athènes.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a déclaré mercredi soir
que son pays n'autoriserait pas la Turquie à participer au programme
européen de fonds communs d'armement (SAFE) si elle continue à menacer
la Grèce et à remettre en question sa souveraineté en mer Égée.
"La Grèce ne le permettra pas", a déclaré le dirigeant conservateur sur
la chaîne privée Skai TV.
"L'unanimité est requise (au sein de l'UE, ndlr) pour qu'un pays tiers
puisse entamer des négociations" pour participer au programme SAFE,
a-t-il rappelé, dans une allusion à un possible veto grec.
Toutes deux membres de l'Otan, la Grèce et la Turquie maintiennent
toutefois historiquement des relations tendues en raison de divergences
sur la souveraineté en mer Égée, l'exploration énergétique et la
migration.
La Turquie, candidate à l'adhésion à l'UE, est techniquement éligible
pour accéder au programme SAFE sur le financement de l'industrie de
défense européenne doté de 150 milliards d'euros.
Conçu pour renforcer les capacités de défense européennes et réduire la
dépendance à l'égard de l'Otan et des États-Unis, ce programme prévoit
des prêts de 150 milliards d'euros pour financer en commun des achats
et des projets d'armement.
Des pays tiers avec lesquels l'UE entretient un partenariat en matière
de sécurité et de défense, comme la Turquie, ont la possibilité de
bénéficier de ce programme.
Cette mise en garde d'Athènes intervient après le feu vert de Berlin
mercredi pour la livraison d'avions de combat Eurofighter à la Turquie.
La Turquie avait négocié pendant plusieurs années l'achat de 40
Eurofighter fabriqués par un consortium comprenant l'Allemagne, le
Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie.
Mais tous les membres du consortium doivent approuver la vente, et
l'Allemagne, qui s'est heurtée à la Turquie au sujet de la guerre
d'Israël à Gaza, s'y était jusqu'alors opposée.
Après le lever du veto allemand mercredi, les ministres de la Défense
turc et britannique ont signé à Istanbul un accord préliminaire pour la
livraison des avions.
N'étant pas membre du consortium, la Grèce ne dispose d'aucun levier
pour bloquer cette vente mais entend toutefois peser sur ses
partenaires pour poser ses conditions, laisse entendre le Premier
ministre.
"La Turquie est un grand pays avec une industrie de défense puissante.
Et si quelqu'un pense pouvoir bloquer un achat d'équipement de défense
par la Turquie, il se trompe profondément, cela est impossible", a
affirmé à ce propos Kyriakos Mitsotakis.
"Ce qui peut arriver, cependant, c'est que nous allons sensibiliser nos
partenaires européens pour qu'il y ait des critères et des conditions
concernant la manière dont ces avions seront livrés et potentiellement
utilisés. Et je crois que nous allons y arriver", a-t-il souligné.
(AFP, 24 juil 2025)
Erdogan
insiste sur une solution à deux Etats pour
l'île divisée
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé dimanche son soutien
à une solution à deux Etats à Chypre, appelant la communauté
internationale à reconnaître la division de fait de l'île
méditerranéenne.
L'île de Chypre est divisée depuis l'invasion par la Turquie en 1974 de
sa partie nord, en réponse à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes
grecs qui souhaitaient rattacher le pays à la Grèce.
La République de Chypre, membre de l'Union européenne, exerce
son
autorité dans le sud, et le nord est géré par la République turque de
Chypre-Nord (RTCN) reconnue uniquement par Ankara et qui reste soumise
à un embargo international.
"Nous soutenons pleinement la vision fondée sur une solution à deux
Etats", a déclaré M. Erdogan lors d'une visite dans la partie nord de
Nicosie, sous contrôle turc, à l'occasion du 51e anniversaire de
l'invasion de l'île par les troupes turques.
"Il est temps que la communauté internationale accepte la réalité sur
le terrain", a déclaré M. Erdogan, appelant à mettre fin à l'isolement
de la RTCN.
"Des relations diplomatiques, politiques et économiques doivent être
établies avec la RTCN, et l'injustice subie par les Chypriotes turcs
depuis des décennies doit enfin cesser", a-t-il déclaré.
La visite du président turc dans la partie nord de l'île intervient
trois jours après des pourparlers jugés "constructifs" par l'ONU, entre
les dirigeants rivaux de Chypre au siège de l'organisation à New York.
Ces discussions font suite à celles, en mars dernier à Genève, ayant
permis des "progrès significatifs" pour relancer les efforts de
réunification, gelés depuis 2017. (AFP, 20 juil 2025)
Chypre
du Nord minée par la mafia turque
Guillaume Perrier, Le Point, 3 juillet 2025
Occupation. Le drapeau de la république turque de Chypre du Nord,
déclarée indépendante en 1983, s’affiche sur une montagne au nord de
Nicosie. La capitale chypriote est, de facto, divisée en deux.
«Je suis une boîte noire, ils voudront me faire taire. » Les craintes
de Cemil Önal, dans la dernière interview qu’il a donnée, quelques
jours avant sa mort, étaient justifiées. Le 1er mai, à 17 h 45, ce Turc
de 41 ans a été exécuté en plein jour par un tueur professionnel, alors
qu’il se trouvait sur la terrasse d’un hôtel à Ryswick, dans la
banlieue de La Haye, aux Pays-Bas. L’homme se savait en sursis depuis
qu’il était sorti de prison. Il s’était mis à table, s’était confié aux
policiers et aux journalistes qui s’intéressaient aux affaires
criminelles turques.
Il se présentait comme l’ancien comptable et le bras droit de Halil
Falyali, un nom que l’on retrouve « au centre de tous les trafics de
drogue, des jeux d’argent et du blanchiment », selon une source bien
informée, dans la petite république turque de Chypre du Nord, entité
occupée depuis 1974 par l’armée turque et refuge doré des mafieux en
cavale. Le parrain Falyali, roi des paris clandestins et trafiquant de
drogue présumé, a été assassiné trois ans avant Cemil Önal. Il a été
criblé de seize balles en février 2022, non loin de son domicile, dans
la station balnéaire chypriote de Kyrenia, près de la marina aux eaux
turquoise et du château du XVIe siècle édifié par les conquérants
vénitiens.
Dossiers sulfureux
L’assassinat de Cemil Önal a coupé court aux révélations qu’il était en
train de faire. Il s’était confié pendant plus de vingt heures à la
journaliste chypriote Aysemden Akin, enquêtrice pour le journal Bugün,
imprimé dans le nord de l’île à quelques milliers d’exemplaires. Il lui
avait révélé une série de dossiers sulfureux concernant les circuits de
blanchiment, la corruption des responsables politiques à Chypre du Nord
et en Turquie, les opérations de chantage pour faire taire les curieux…
De quoi dessiner les contours de « l’empire Falyali ». Ces scandales
ont fait les gros titres à Chypre du Nord, où la presse reste plus
libre qu’en Turquie. Mais ils ont été soigneusement éludés par les
médias proches du président turc, Recep Tayyip Erdogan, tandis qu’ils
étaient massivement commentés en coulisses.
À Ankara, l’opposition s’en est saisie. Le président du Parti
républicain du peuple (CHP, opposition kémaliste), Özgür Özel, a
réclamé une commission d’enquête parlementaire. « Le plus gros radis se
trouve à Chypre », a-t-il affirmé, reprenant une métaphore fréquemment
employée par le président turc pour évoquer la corruption. « J’ai
demandé des explications à Erdogan. Il est resté silencieux. Erdogan ne
répond pas mais Cemil Önal, directeur financier de Falyali, a tout
raconté point par point », s’est indigné le chef de l’opposition
kémaliste. Son numéro deux, Özgür Karabat, a estimé pour sa part que
Chypre n’était que la partie la plus visible : « Le gros radis se
trouve à Chypre, mais les autres radis sont en Irak et en Libye. » Ces
territoires, sous influence turque, constitueraient selon lui « un
écosystème de criminalité financière de plusieurs milliards de dollars
».
« Blanchisseuse »
L’affaire n’a rien d’une surprise : depuis plus de trente ans, la
petite république turque de Chypre du Nord (RTCN), proclamée
indépendante en 1983 et reconnue uniquement par la Turquie, joue le
rôle de « blanchisseuse » pour les réseaux politico-criminels turcs,
étroitement imbriqués. À la fin des années 1990, l’interdiction des
casinos en Turquie a poussé les gangsters à y déménager leurs
activités. Aujourd’hui, une quarantaine de casinos quadrillent le
territoire (pour à peine 350 000 habitants), sans compter les officines
de paris sportifs ou les sociétés de cryptomonnaies, qui ont fleuri à
chaque coin de rue…
C’est dans cet écosystème trouble que s’était imposé Halil Falyali, à
la fin des années 2000. « Jusqu’à son assassinat, Falyali dirigeait un
vaste réseau de paris illégaux et de change de devises qui s’étendait
en Turquie, à Chypre, en Arménie, dans les Balkans et à Dubai »,
souligne Cevheri Güven, un journaliste d’investigation turc qui vit en
exil. « Falyali est mort, mais l’empire du jeu et du blanchiment qu’il
s’était bâti devait perdurer. Cet empire finance la politique, nourrit
de nombreux proches du pouvoir en Turquie. Falyali était assez puissant
pour s’assurer de l’élection à la “présidence” de Chypre du Nord
d’Ersin Tatar, qui était le candidat soutenu par Erdogan. La seule
chose qui a changé après sa mort, c’est qu’ils doivent maintenant payer
une part plus importante à Erdogan », estime le journaliste à la
lecture des confessions de l’ex-comptable Cemil Önal. Pour lui donner
raison, les autorités chypriotes turques ont fait passer une loi, début
juin, pour assouplir encore un peu plus la législation sur les casinos,
ce qui devrait avoir pour conséquence d’en doubler le nombre sur le
territoire occupé par la Turquie.
Empire du jeu
L’opposition locale a eu beau s’insurger, la réforme a été adoptée. «
Les contributions directes et indirectes des casinos à notre économie
sont indéniables. Mais ils apportent aussi de sérieux problèmes, des
addictions au jeu et une augmentation des activités criminelles », a
dénoncé le député Fikri Toros. Cet empire du jeu a été passé au crible
dans un rapport publié en février par l’Organized Crime and Corruption
Reporting Project (OCCRP), une cellule d’investigation financée par le
gouvernement américain. Falyali était visé par un mandat d’arrêt et
sous sanctions du Trésor américain depuis 2015, et était lié, selon
Washington, à un gigantesque réseau de blanchiment, ainsi qu’au trafic
de cocaïne. Selon Cemil Önal, interrogé dans ce rapport, les sites de
paris clandestins de Falyali auraient généré au moins 75 millions
d’euros de recettes par mois. Cet argent est blanchi grâce à un système
complexe reliant des sociétés sous licence à Curaçao, des casinos en
Biélorussie, des portefeuilles de cryptomonnaies à Malte, une chaîne de
restaurants de kébabs, Kebab Factory, et une société de paiement en
ligne, Payfix, dont le siège se situe dans la Trump Tower d’Istanbul…
Après la mort de Halil Falyali, sa femme, Özge, s’est installée à Dubai
et s’est portée acquéreuse de propriétés d’une valeur totale de 58
millions de dollars. Une instruction ouverte à Istanbul en mars 2024, à
la suite d’une plainte déposée contre Payfix, a permis d’apprendre
qu’en 2023 la société de paiement en ligne avait mis la main sur une
banque, Bankpozitif, qui appartenait à l’israélienne Hapoalim Bank. Un
rachat effectué « grâce à de l’argent sale », selon Cemil Önal. Le
réseau mafieux a survécu à son empereur. Après la mort de celui-ci, sa
femme et son frère Hüsnü ont vraisemblablement récupéré la mise.
L’enquête journalistique, qui a fait les gros titres à Chypre,
s’intitule d’ailleurs : « Falyali vit toujours ».
Au sommet de sa puissance, lorsqu’il régnait sur cet empire depuis son
hôtel, Les Ambassadeurs (à Kyrenia), avec son casino, sa marina et sa
plage artificielle, Halil Falyali faisait la pluie et le beau temps
jusqu’à Ankara. Son ancien comptable et « porteur de valises » a
détaillé les circuits de la corruption avant d’être abattu de plusieurs
balles dans la tête. Dans ses confessions à la journaliste Aysemden
Akin, il affirme qu’environ 15 millions d’euros par mois étaient
dévolus à l’achat de hauts responsables politiques à Chypre du Nord et
en Turquie, pour s’assurer de leur silence. Parmi les bénéficiaires
présumés, l’ancien ministre turc de l’Intérieur Süleyman Soylu aurait
reçu 20 millions d’euros. Le vice-président en poste jusqu’en 2023,
Fuat Oktay, aurait touché 50 millions. « Beaucoup de noms, certains
encore plus importants, sont impliqués, mais je ne les ai pas encore
publiés. L’intégration entre l’AKP [le Parti de la justice et du
développement, dirigé par Erdogan, NDLR] et la mafia a infecté chaque
recoin du système politique », assène la journaliste, qui est à son
tour menacée de mort.
Dans l’ombre du « reis »
Les noms de l’ancien Premier ministre et richissime armateur Binali
Yildirim et de l’actuel ministre des Affaires étrangères et ex-chef du
renseignement, Hakan Fidan, ont été cités dans cette affaire.
L’ambassadeur de Turquie à Nicosie Nord serait également impliqué dans
le scandale. En poste depuis l’été 2024, Yasin Ekrem Serim, diplomate
peu expérimenté de 38 ans, est un protégé de Hakan Fidan au sein du
ministère des Affaires étrangères. Quelques mois après son arrivée, des
documents officiels parus dans la presse ont établi que lui-même et son
frère Ibrahim étaient en lien d’affaires avec le mafieux Halil Falyali.
En 2020, ils auraient créé ensemble une société, Northern Associates
Trading Limited, active dans l’immobilier et la construction. Serim est
surtout le fils de Maksut Serim, un riche entrepreneur turc, ancien
compagnon de route d’Erdogan de la première heure. Dans les années
1990, alors que l’actuel président turc était le maire d’Istanbul,
Maksut Serim était son banquier, celui qui supervisait les comptes des
compagnies municipales. Ces vingt dernières années, il a officié dans
l’ombre du « reis », gérant les finances et les fonds secrets, au
gouvernement puis à la présidence.
Délocalisation. L’interdiction des jeux d’argent en Turquie a poussé
les réseaux criminels à déménager leurs activités à Chypre du Nord.
Très efficaces pour le blanchiment d’argent, les casinos quadrillent le
territoire.
Son fils, ambassadeur à Chypre du Nord, devait remplir une mission
délicate pour le pouvoir turc. C’est ce qu’affirme Cemil Önal, le
comptable assassiné à La Haye. Dans ses interviews, il a précisé que
son ex-patron, Halil Falyali, collectionnait les enregistrements vidéo
de responsables politiques, réalisés à leur insu lorsqu’ils se
trouvaient dans ses établissements du nord de Chypre. Des
enregistrements déjà évoqués par Sedat Peker, un autre chef de la pègre
turque, exilé à Dubai, dont les confessions avaient tenu la Turquie en
haleine en 2021. Le roi du jeu possédait plusieurs dizaines de «
cassettes » pour faire chanter ses victimes. Et l’ambassadeur Serim
aurait été chargé d’aller les récupérer. « Selon la rumeur, il y avait
45 ou 46 cassettes au total. Cependant, Ekrem Serim n’a livré que 40
d’entre elles à Ankara. Il a gardé les 5 autres », clame Aysemden Akin,
qui avait interviewé Önal au mois de mars. Sept mois à peine après sa
nomination, Ekrem Serim est brusquement rapatrié à Ankara. Quelques
jours plus tard, son père, Maksut Serim, conseiller à la présidence,
est poussé vers la retraite. Un double remplacement qui sonne comme un
désaveu en haut lieu.
Kompromat
Quels sont les responsables politiques concernés par ces vidéos, si
elles existent ? Les spéculations vont bon train. Par le passé, un
candidat à une élection à Chypre du Nord, rival d’Ersin Tatar au sein
du parti nationaliste turc, avait été écarté à la suite de la diffusion
d’un kompromat, une vidéo compromettante tournée clandestinement. Le
nom d’Erkam Yildirim, fils de Binali Yildirim, connu pour sa
fréquentation assidue des casinos, notamment à Chypre du Nord, revient
fréquemment. En 2021, Sedat Peker avait déjà présenté le roi du jeu
Halil Falyali comme « une pièce maîtresse dans le trafic de cocaïne
entre la Colombie et l’Europe ». Et Erkam Yildirim comme l’un de ses
associés, chargé de mettre en place une nouvelle route de la cocaïne,
via le Venezuela. Des zones d’ombre demeurent sur cet aspect. « Quand
j’ai abordé le sujet avec lui, Önal a répondu que les frères Falyali
s’étaient d’abord enrichis grâce au trafic de drogue. Il m’a raconté
leurs aventures en Amérique latine et en Espagne, témoigne la
journaliste Aysemden Akin. Mais il m’a aussi dit : “La drogue est
dangereuse et compliquée, les paris illégaux sont de l’argent facile,
beaucoup plus profitable.” »
Aux Pays-Bas, l’enquête sur l’assassinat de Cemil Önal n’a pas encore
livré ses conclusions ni permis de remonter la piste du tueur… Ils
étaient nombreux à vouloir sa mort. Aux côtés de la victime, le 1 er
mai, sur la terrasse de l’hôtel à La Haye, se trouvait l’une de ses
connaissances, Bayram Bozkurt, un ancien juge anticorruption turc au
parcours sinueux. Accusé par les partisans d’Erdogan d’appartenance à
la mouvance güléniste, cet homme avait joué le rôle de « témoin anonyme
» dans plusieurs affaires politiques turques, avant de s’exiler en
Allemagne après 2018. Retrouvé par Le Point à Cologne, où il vit
désormais, Bozkurt reconnaît avoir été en lien avec Cemil Önal pour lui
dispenser « des conseils juridiques ». Selon les proches de la victime,
il était l’un des seuls à connaître l’endroit où Önal se planquait. Le
jour de l’assassinat, Bozkurt dit avoir fui la scène de crime pour se
protéger, puis s’être rendu à la police immédiatement après pour
témoigner, avant de retourner en Allemagne. Cemil Önal n’aura pas eu le
temps de livrer tous ses secrets.
Immigration
/ Migration
Un avocat turc en grève de la faim après la révocation
de son statut de réfugié
Un avocat turc poursuivi en Turquie et vivant en Grèce depuis cinq ans
a affirmé mercredi à l'AFP avoir entamé sa 73e journée en grève de la
faim pour protester contre la révocation de son statut de réfugié que
lui avait octroyé les autorités grecques.
"La révocation de mon statut de réfugié est basée sur un document
secret indiquant que je représente une menace pour l'État grec et sa
sécurité nationale", a affirmé à l'AFP Günay Dag, 42 ans.
Gunay Dag est membre de l'Association des juristes progressistes (CHD),
dont le président honoraire Selçuk Kozagacli, emprisonné depuis neuf
ans, ainsi que de nombreux autres membres, sont accusés en Turquie
d'appartenance au DHKP/C (Parti front révolutionnaire de libération du
peuple), considéré comme terroriste par Ankara.
La CHD nie ces accusations.
Une peine allant de 14 à 59 ans de prison est requise contre M. Dag
dans un procès toujours en cours en Turquie pour "être membre" et
"faire la propagande d'une organisation terroriste".
En se joignant à une lettre du Conseil des barreaux européens (CCBE),
le barreau d'Athènes a appelé la semaine dernière les autorités
grecques "à prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir sans
délai son statut de protection internationale (...) et à ne pas le
forcer à retourner en Turquie, où sa vie serait mise en danger".
Guney Dag estime qu'Ankara a joué un rôle dans la révocation de son
statut de réfugié.
"Le document secret cité comme motif de l'annulation de ma demande
d'asile est basé sur des rapports des services de renseignements
turcs", dit-il.
Il affirme avoir perdu 15kg depuis le début de sa grève de la faim et
souffrir de problèmes rénaux et de vertiges en raison d'une baisse de
tension.
Après un recours contre la décision de révocation des autorités
grecques, il a été entendu la semaine dernière par la commission
d'asile du ministère grec des Migrations.
"Je poursuivrai ma grève de la faim jusqu'à ce que ma demande soit
acceptée et que je retrouve mon droit d'asile", insiste-t-il. (AFP, 23
juil 2025)
La
ministre Crevits reconnaît 26 communautés religieuses
en Flandre
mais en recale 32
Les projets approuvés concernent les cultes islamique (17), protestant
(5) et orthodoxe (4). Une fois reconnue, une communauté religieuse
locale peut demander au ministre fédéral de la justice la rémunération
des ministres du culte.
Aucune des demandes de mosquées soutenues par l'administration turque
des affaires religieuses (Diyanet) ou par le groupe religieux Millî
Görüs, proche de l'AKP du président turc Erdogan, n'a reçu d'avis
favorable, par manque de transparence sur leur financement ou de droit
d'usage permanent sur le bâtiment concerné.
En revanche, la demande d'une mosquée turque à Gand (Muattar) a reçu un
avis favorable "parce qu'elle n'est pas liée à une organisation
faîtière et qu'elle fonctionne sans ingérence étrangère", a expliqué la
ministre.
Plus de 1.500 communautés religieuses locales reconnues en Flandre
Six autres demandes de reconnaissance restent pendantes, soit parce
qu'il manque des avis de sécurité, soit parce qu'une demande d'avis
supplémentaire a été réclamée. C'est le cas pour une église orthodoxe
russe à Malines, pour laquelle les autorités locales craignent une
ingérence russe.
La reconnaissance des communautés religieuses locales agite la
politique en Flandre depuis le moratoire imposé en 2017 par la ministre
de l'époque, Liesbeth Homans (N-VA). Depuis, un décret a fixé des
critères en 2021, avant d'être corrigé l'an dernier après son
annulation partielle par la Cour constitutionnelle.
Plus de 1.500 communautés religieuses locales sont actuellement
reconnues en Flandre, dont des mosquées Diyanet. Toutes les communautés
reconnues restent soumises au contrôle du Service flamand d'information
et de screening (ISD). (Belga, 15 juillet 2025)
Salut des Ateliers du Soleil à
la ville de résistance
italienne : Pavia

Les Ateliers du
Soleil, qui ont célébré en 2024 leur 50e
anniversaire, ont clôturé l’année scolaire le vendredi 27 juin
2025 par une fête multiculturelle avec danses, chants et cuisines du
monde… Dans une ambiance de joie et de solidarité, les participants de
la fête venus des pays différents ont manifesté également leur souhait
pour la paix dans le monde et leurs revendications socio-culturelles en
Belgique.
Un des instants les plus touchants de la fête fut le chant collectif de
la célèbre chanson de la résistance italienne, Bella Ciao.
En effet, les activités des Ateliers du Soleil se déroulent depuis le
début de 2000, au carrefour de trois communes bruxelloises, dans une
rue qui porte le nom d'une ville italienne: Rue de Pavie…
Le nom de Pavie, qui renvoie à la célèbre bataille gagnée par Charles
Quint sur François Ier, est attribué en 1877 par arrêté du Collège de
la Ville de Bruxelles.
Pavie est célèbre plus particulièrement par sa résistance pendant
la Seconde Guerre mondiale... Après son occupation par
l'Allemagne en 1943, un grand nombre de citoyens de Pavie rejoignent
les rangs de la Résistance pour lutter contre l'occupation allemande et
le régime fasciste. Les partisans pavians s'organisent en différents
groupes, tels que les Brigades Garibaldi, composées principalement de
communistes, et les groupes d'Actionnistes de Giustizia e Libertà.
La Résistance à Pavie a subi des pertes en vies humaines, des
arrestations et des exécutions. Cependant, elle a joué un rôle crucial
dans la lutte contre l'occupation allemande et le régime fasciste.
Le chant de Bella Ciao aux Ateliers du Soleil a été également un cri
contre les régimes répressifs dans le monde qui ont forcé leurs
citoyens opposants, comme nos plusieurs adhérents, à l'exil.
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