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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

41th Year / 41e Année
Août
 
2025 August
N° 564
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

Beyoğlu mayor among 17 arrested in İstanbul corruption investigation

Nouvelle série d'arrestations visant l'opposition à Istanbul
Une touriste rattrapée par la justice après une démonstration de  pole dance
Nouvelle série d'arrestations visant l'opposition à Istanbul
Turquie: Le Royaume des Faussaires - Ragip Duran

Des documents que notre génération ne pourra jamais lire !
Erdogan : "Aucun marchandage n’est possible pour libérer la Turquie du terrorisme"
En Turquie, l'opposition est devenue "l'ennemi"
Crimes against humanity charge dismissed in 2015 Ankara bombing case
Une justice à vendre et à acheter en Turquie - Ragip Duran

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Pierre Delrock, ancien directeur de l’information, est décédé

Court blocks access to detained journalist Fatih Altaylı's YouTube channel
Court extends detention of journalist Ercüment Akdeniz in 'terrorism' case

Kurdish Question / Question kurde

Un sombre souvenir vers la Journée mondiale de la paix… - Doğan Özgüden

Peace Mothers barred from speaking Kurdish at parliament committee
Survey shows strong support for Kurdish in education amid declining use among youth
41e anniversaire de la résurrection kurde
La Syrie se retire des pourparlers de Paris avec les Kurdes
Family attacked in Mersin 'for speaking Kurdish,' one member in intensive care

Désarmement du PKK: la commission du parlement turc entame ses travaux
Turkish Parliament establishes 51-member commission for peace
PKK leader Öcalan's fellow inmate Veysi Aktaş released after 31 years in prison

Minorités / Minorities

Call to protect historic Greek orphanage on Büyükada amid collapse threat

Politique intérieure/Interior Politics

Les scandales de pot-de-vin provoquent le fratricide au sein du régime - Ragip Duran
Le Néo-Ottomanisme de nos jours: Ressentiment, Nostalgie et Narcisme - Ragip Duran
Erdoğan 'postpones' mine workers' strike, bringing his tally to 22

Forces armées/Armed Forces

US remains opposed to Turkey re-joining F-35 jet programme, State Department says

La Turquie fournira des armes et un soutien à la Syrie
A Ankara, Turquie et Sénégal parlent défense et coopération sécuritaire

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Man accused of killing wife 'for wearing swimsuit' released seven months after arrest
Turkey’s religious authority issues sermon opposing equal inheritance for daughters
Muslim feminist writer removes headscarf in protest of Diyanet sermon
La Turquie condamne la prière d'un ministre israélien sur l'esplanade des Mosquées

Socio-économique / Socio-economic

Nouvel incendie en Turquie: des centaines de personnes évacuées

Un mort dans un séisme de magnitude 6,1 dans l'ouest de la Turquie
Le mois de juillet a été le plus chaud mesuré depuis 55 ans

Sur les côtes turques, le tourisme met l'eau sous pression
Plus de 50°C en Turquie: "personne ne peut s'habituer à ça"
En Turquie, les glaciers du mont Cilo se meurent
One-third of Turkey's workforce is idle, official data reveals
Quatre incendies majeurs toujours en cours


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

En Turquie, les commerçants qui refusent la carte bancaire agacent les touristes
Un jeune militant turc arrêté après un discours au Conseil de l'Europe

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

D’un quartier habillé en rouge au quartier anti-rouge de l'OTAN - Dogan Ozguden
Trump assure avoir "définitivement" réconcilié l'Azerbaïdjan et l'Arménie

Relations régionales / Regional Relations

Tension rising between Syria’s government and the Kurdish-led SDF

Un groupe de pression appelle à une mission sous mandat de l'ONU à Gaza
La Turquie promet de renforcer ses liens avec la Syrie
L’armée syrienne commet des violences choquantes
La Turquie commencera à exporter du gaz naturel d'Azerbaïdjan vers la Syrie
Les images de Gaza "plus brutales" que celles des camps nazis, selon Erdogan

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Le documentaire « Les deportes pour la paix » sera projeté en Grèce

Immigration / Migration

Le gouvernement fédéral garde le silence face aux menaces d’expulsion d’un réfugié kurde

Quatre migrants meurent noyés en mer Égée


Droits de l'Homme / Human Rights

Beyoğlu mayor among 17 arrested in İstanbul corruption investigation

CHP members gathered outside the Beyoğlu municipal hall, displaying a banner with a picture of Mayor Güney.

An İstanbul court late yesterday arrested Beyoğlu District Mayor İnan Güney and 16 others as part of an ongoing corruption investigation linked to the opposition-controlled İstanbul Metropolitan Municipality (İBB).

A total of 44 suspects, including Güney, were taken into custody on Aug 15, marking the ninth wave of a months-long probe that began in March.

Güney faces charges of “membership in a criminal organization” and “fraud against public institutions,” according to a statemet from the İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office. Other detainees include Güney’s chief of staff Seyhan Özcan, his brother-in-law İsmail Akkaya, and his driver Deniz Göleli.

After undergoing medical checks yesterday morning, all 44 suspects were brought to the Çağlayan Courthouse. Of those, prosecutors referred 20 for arrest and sought judicial control measures for 24 others.

Following court proceedings, 17 individuals were formally arrested, while 27 were released under judicial supervision, requiring the suspects to regularly check in at a police station and barring them from international travel.

Prosecutors claimed the suspects were involved in corruption schemes tied to figures arrested in previous operations, including Murat Ongun, a former spokesperson for İBB and aide to Ekrem İmamoğlu, the opposition's former mayor and presidential candidate who has been in pre-trial detention since Mar 23. Prosecutors also linked the case to fugitive suspect Emrah Bağdatlı.

Reacting to the arrest of Güney, Republican People's Party (CHP) İstanbul provincial chair Özgür Çelik spoke outside the courthouse, saying, “We witnessed something today that defies explanation in 21st-century Turkey. They arrested people using a copy-paste method.”

Güney is expected to be suspended from office due to the ongoing investigation. In that case, the district municipal council will elect a new mayor. Since the CHP holds a majority in the district council, it is likely that another CHP member will be elected as an acting mayor.

The CHP views the corruption investigations as an attempt by the government to reverse its electoral success in the 2024 local polls and obstruct İmamoğlu, who is seen as a strong rival to President Recep Tayyip Erdoğan. The government, on the other hand, maintains that the process is purely judicial and there is no political intervention. (BIA, 19 August 2025)

Nouvelle série d'arrestations visant l'opposition à Istanbul

La police turque a procédé vendredi à 44 arrestations au sein de la municipalité d'opposition d'Istanbul, dont celles du maire de l'arrondissement central de Beyoglu et de plusieurs de ses proches conseillers, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

Cette nouvelle vague d'interpellations pour "corruption" s'inscrit dans la continuité des arrestations ciblant depuis des mois le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale formation de l'opposition turque.

Le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, considéré comme le plus redoutable opposant au président Recep Tayyip Erdogan, avait ainsi été arrêté en mars et incarcéré dans la foulée.

Son arrestation avait provoqué une contestation inédite dans le pays depuis 12 ans.

Le président du CHP Özgür Özel a réagi vendredi sur X en soulignant qu'en "149 jours, la justice n'a pas réussi à produire d'acte d'accusation".

"Parce qu'ils n'ont que des allégations calomnieuses du genre +J'ai entendu dire ça+", a-t-il moqué.

Pour lui, "cette opération est une vengeance qui vise à dissimuler les dommages causés (au pays) par le gang du parti AKP" de M. Erdogan, au pouvoir depuis 2002.

Outre M. Imamoglu et le maire de Beyoglu Inan Güney, neuf des 26 maires CHP d'arrondissements d'Istanbul ont été arrêtés et incarcéré depuis octobre, la plupart pour corruption - une accusation qu'ils nient.

Les maires CHP de plusieurs autres villes du pays ont également été arrêtés.

Selon des analystes, le gouvernement tente de fragiliser le CHP, sorti grand vainqueur d'élections locales au printemps 2024 au détriment du parti du président Erdogan. (AFP, 15 août 2025)

Une touriste rattrapée par la justice après une démonstration de  pole dance

Le drapeau est pour beaucoup de Turcs chose sacrée et une touriste étrangère, coupable de s'être laissée aller à quelques figures de pole dance sur un mât coiffé de la bannière nationale, vient de l'apprendre à ses dépens.

La jeune femme, de nationalité étrangère selon les autorités, est désormais visée par la justice, accusée d'insulte au drapeau turc, a annoncé jeudi sur X le gouvernorat de Nevsehir (centre), province abritant la Cappadoce et ses célèbres cheminées de fée sculptées par l'érosion.

Les autorités n'ont pas précisé si la jeune femme, qui encourt jusqu'à trois ans de prison, avait été identifiée et interpellée.

Sur une vidéo devenue virale, la touriste, manifestement rompue à l'exercice, enchaîne 12 secondes durant des mouvements de pole dance au pied d'un drapeau turc rouge et blanc dominant le village touristique d'Uçhisar.

"Une plainte pénale a été déposée et une enquête judiciaire ouverte", ont indiqué les autorités locales, qui estiment que les "valeurs nationales et morales de notre nation bien-aimée" ont été piétinées au cours de cet "odieux incident". (AFP, 21 août 2025)


Nouvelle série d'arrestations visant l'opposition à Istanbul

La police turque a procédé vendredi à 44 arrestations au sein de la municipalité d'opposition d'Istanbul, dont celles du maire de l'arrondissement central de Beyoglu et de plusieurs de ses proches conseillers, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

Cette nouvelle vague d'interpellations pour "corruption" s'inscrit dans la continuité des arrestations ciblant depuis des mois le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale formation de l'opposition turque.

Le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, considéré comme le plus redoutable opposant au président Recep Tayyip Erdogan, avait ainsi été arrêté en mars et incarcéré dans la foulée.

Son arrestation avait provoqué une contestation inédite dans le pays depuis 12 ans.

Le président du CHP Özgür Özel a réagi vendredi sur X en soulignant qu'en "149 jours, la justice n'a pas réussi à produire d'acte d'accusation".

"Parce qu'ils n'ont que des allégations calomnieuses du genre +J'ai entendu dire ça+", a-t-il moqué.

Pour lui, "cette opération est une vengeance qui vise à dissimuler les dommages causés (au pays) par le gang du parti AKP" de M. Erdogan, au pouvoir depuis 2002.

Outre M. Imamoglu et le maire de Beyoglu Inan Güney, neuf des 26 maires CHP d'arrondissements d'Istanbul ont été arrêtés et incarcéré depuis octobre, la plupart pour corruption - une accusation qu'ils nient.

Les maires CHP de plusieurs autres villes du pays ont également été arrêtés.

Selon des analystes, le gouvernement tente de fragiliser le CHP, sorti grand vainqueur d'élections locales au printemps 2024 au détriment du parti du président Erdogan. (AFP, 15 août 2025)

Turquie: Le Royaume des Faussaires

Ragip Duran,
TVXS.GR, 10 août 2025

“Les accusés grâce à des faux papiers d’identité obtenaient les signatures électroniques et les codes des responsables de grandes institutions officielles comme L’administration des Technologies de l’Information, Le Haut Conseil de l’Enseignement, le ministère de l'Éducation nationale  et 14 universités d’Etat. Ainsi, ils pouvaient avoir accès sur les sites et les réseaux réservés aux autorités. Ils changeaient les données et les registres. Ils produisaient de faux diplômes d’université, de faux permis de conduire. Ils changeaient les notes obtenues lors des concours” selon l’acte d’accusation rédigée par le parquet général d’Ankara.

“La police a interrogé 199 personnes dont 37 ont été arrêtées” déclare le 4 mai dernier le ministre de l'Intérieur M. Yerlikaya.

L’investigation du parquet avait débuté en mi-2024 et le 23e Tribunal Correctionnel d’Ankara jugera les accusés. Le procureur demande entre 5 et 50 ans de prison ferme contre les accusés.

L’ensemble des données publiques et privées de tous les citoyens du pays sont sur l’Etat Électronique, géant site centralisé d’Internet. Les pirates peuvent avoir accès à ces informations.

Les deux journalistes d’investigation Murat Agirel et Timur Soykan du site Onlar ont étudié à fond l’acte d’accusation et ont parlé avec certains accusés et victime de ce nouveau scandale. “İncroyable, mais vrai ! Un film d’horreur diabolique” estime Agirel. “Ce scandale démontre encore une fois que l’Etat, le régime, le système sont désormais complètement effondrés”.

Le romancier populaire Ahmet Umit a écrit: “Si j’écris tout cela dans un roman, les gens vont me dire ‘ Il ne faut pas exagérer quand même!’ “

De son côté Mehmet Y. Yilmaz, chroniqueur du site T24 croit qu’il s’agit “du résultat du népotisme politique”.

Soykan précise que la bande qui organise et éxecute cette initiative “ne peut le faire qu’avec l’aide des gens à l’intérieur de ces institutions officielles”.

Les porte-paroles du pouvoir gardent pour le moment le silence, mais M. Oktay Saral, le chef conseiller du Président Erdogan a déclaré sur son compte X que “Cet histoire de faux diplômes inventé par l’opposition ne peut ébranler la confiance de la nation à son Etat”.

On ne sait pas encore la liste complète des personnes qui ont payé depuis 10 ans pour recevoir ces faux diplômes, ces faux permis de conduire, les élèves et étudiants dont les notes ont été illégalement améliorées. Mais le nom de M. Kayihan Osmanoglu, petit-fils du petit fils du Sultan Abdulhamid le second, est déjà dans la liste. Il a une fausse licence en Histoire de l’Université Inonu à Malatya (Sud-est Anatolien). 

Le Parquet rappelle que “Le chef de la bande des faussaires” Ziya Kadiroglu serait un doctorant et qu’il a au moins trois maîtrises. Il a été déjà condamné et a passé 5 ans en prison pour avoir commis des crimes tels que “formation de bande criminelle, falsification sur les documents officiels et fraude grave”. Le jour de son arrestation récente, menotté entre deux policiers, il a fait le signe des Loups Gris, l’extrême-droite, allié d’Erdogan et a crié : “Je suis nationaliste, je suis innocent, ce sont les gens de FETO (Secte jadis allié d’Erdogan aujourd’hui ennemi no 1) qui ont fait tout ça!”.

L’acte d’accusation et les recherches des journalistes ne mentionnent pas encore le chef d’orchestre, c’est-à-dire le responsable politique, guide suprême de la bande.

Les mauvaises langues ironisent sur les réseaux sociaux sur l’événement de la semaine:

- Un minicar avec haut-parleur sur son toit traverse les rues de la ville: “Mesdames, messieurs, Chers Résidents, votre vendeur de diplôme est arrivé… Une licence en Droit à 100.00 livres turques… Pour devenir médecin, vous payez 300.000… Allez, venez voir nos beaux diplômes!”  

- Jadis à l’époque de FETO, ils volaient les questions des grands concours, mais ils ont compris que leurs hommes n’étaient pas capables d’avoir de bonnes notes même avec les questions obtenues d’avance. C’est pourquoi désormais, ils vendent directement des diplômes !

- Je dois contrôler mon compte sur l’Etat Électronique. Est-ce que ma voiture est toujours la mienne ? Est-ce que mon mari reste encore mon mari ? Est-ce que les enfants sont vraiment mes enfants ? J’espère qu’ils ne les ont pas vendus !

Le diplôme d’université est un sujet très populaire et très politique en Turquie. Car le Président Erdogan n’a pas pu montrer l’original de son diplôme d’université depuis 11 ans. Mais il a fait révoquer l’authentique diplôme d’Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul en prison depuis mars 2025 et son principal rival pour les élections présidentielles de mai 2028.

Des documents que notre génération ne pourra jamais lire !



Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 10 août 2025
Si les partis d’opposition veulent réellement que la Turquie se démocratise, ils doivent
dans les plus brefs délais mettre fin au despotisme des « séances à huis clos » et des « procès-verbaux secrets ».
Alors que le terrorisme d’État se poursuit sans pitié, la Commission nationale, créée avec la prétention de « libérer la Turquie du terrorisme », a tenu sa cérémonie d’ouverture en grande pompe sous les ors de la Grande Assemblée nationale de Turquie, et trois jours plus tard, sa deuxième réunion s’est tenue à huis clos, empêchant les citoyens et les médias de la suivre, comme pour sauver les meubles.

Non seulement cette deuxième réunion s’est tenue à huis clos, au motif que le président du MİT (Organisation du renseignement national), et les ministres de la Défense nationale et de l’Intérieur « allaient divulguer des informations sur des questions relatives à la sécurité nationale », mais il a également été décidé que le compte-rendu de la réunion ne serait publié sous aucune forme pendant dix ans.

Étonnamment, cette décision a été prise à l’unanimité, sans aucune objection de la part des députés de l’opposition siégeant dans la commission, composée de 51 membres… La décision à peine prise, la réunion a été suspendue pour permettre aux journalistes de quitter la salle, et des brouilleurs de fréquence jammer ont été activés dans la section fermée afin d’empêcher toute fuite d’informations. Les téléphones portables des parlementaires présents ont également été confisqués avant la réunion.

Cela signifie que personne, hormis les parlementaires présents et leurs proches, ne saura ce qu’ont dit le président du MİT et les ministres avant la date du 9 août 2035…

Ma génération, qui a été activement impliquée dans la vie sociopolitique et médiatique de la Turquie depuis les années 40, a assumé des responsabilités et, tout en approchant les 90 ans, continue encore à en payer le prix, ne saura jamais ce qui a été discuté ce jour-là en Commission nationale… 

Tout au long de mes 73 années de journalisme, j’ai toujours été curieux de savoir ce qui se discutait et quelles décisions furent prises lors des réunions secrètes tenues par la Grande Assemblée nationale de Turquie depuis sa fondation. Au besoin, j’ai tenté de recueillir des informations en interrogeant des parlementaires que je connaissais.

Par exemple, la tristement célèbre rafle communiste de 1951, effectuée lors de l’adhésion de la Turquie à l’OTAN, et les modifications ultérieures des articles 141 et 142 du Code pénal turc visant à alourdir les peines pour propagande et organisation communistes…

Au cours des années ultérieures, je n’ai pu prendre connaissance que des années plus tard des détails complets des discours anticommunistes honteux prononcés lors de la séance à huis clos de la Grande Assemblée nationale de Turquie (GANT) du 19 novembre 1951 ayant donné lieu à ces modifications dont j’ai moi-même été à plusieurs reprises la cible, grâce au compte-rendu de 45 pages publié par la GANT. Ce compte-rendu, que toute personne se considérant démocrate, devrait lire, est accessible via le lien suivant :

https://www5.tbmm.gov.tr/tutanaklar/TUTANAK/GZC/d09/c010/gcz09010006.pdf
 
L’un des comptes-rendus les plus édifiants de l’histoire de la GANT concerne la séance secrète du 22 janvier 1921, peu avant le massacre du leader du Parti communiste de Turquie (TKP) Mustafa Suphi et de ses camarades en mer Noire le 29 janvier 1921.

Des années plus tard, le compte-rendu de la séance secrète de la GANT, daté du 22 Kânunisâni 1337 (22 janvier 1921), déclassifié et imprimé en caractères latins par la GANT, révèle clairement la farouche opposition de Mustafa Kemal au communisme, malgré l’aide en or et en armes reçue de la Russie soviétique à l’époque, et la manière dont il excita ses députés contre Mustafa Suphi et ses camarades, massacrés en mer Noire une semaine plus tard.

Voici quelques passages instructifs de ce compte-rendu, que j’ai partagés dans un de mes écrits publiés dans le passé, et que j’ai reproduits textuellement, sans modifier les phrases mal formulées :

MUSTAFA KEMAL PACHA (Ankara) – Messieurs, nous avons été informés qu’une délégation présidée par Mustafa Suphi avait demandé à venir au pays et qu’elle appartient à un parti communiste. Nous avons de nombreux amis qui connaissent bien la morale de ce Mustafa Suphi. Les honorables gens d’Erzurum sont ceux qui le connaissent le mieux. Mustafa Suphi était récemment en route pour notre pays. Certains d’entre eux ont été envoyés par la côte, tandis que lui souhaitait passer par Kars. En apprenant cela, les habitants d’Erzurum ont été extrêmement alarmés par l’entrée d’un tel homme dans le pays et ont pris des mesures pour l’empêcher d’y pénétrer. Ils ont interpellé les autorités. Si cet homme entre dans le pays, nous le mettrons en pièces…

UN DÉPUTÉ – C’est une bonne initiative, Votre Excellence Pacha.

MUSTAFA KEMAL PACHA (suite) – Il m’avait contacté en personne et disait que… c’était impossible face aux réactions de la foule. Il est retenu à la frontière pour être refoulé plus tard… Il me demandait aussi mon avis… La libération d’un homme qui semblait arrivé à l’intérieur du pays… J’ai trouvé… approprié les mesures prises à Erzurum et leur ai écrit. Ce télégramme arrive après cela.

(…)

« Je n’ai aucun doute, et je crois que personne n’en doutera, que la politique menée jusqu’à présent par la Grande Assemblée nationale et son gouvernement est pleinement conforme aux principes nationalistes. Je ne vois pas la nécessité de rappeler ce que signifie cette politique. Je me contenterai de deux mots, à savoir l’indépendance nationale à l’intérieur des frontières nationales, un principe fort et avec une grande signification. Il est impossible de montrer le moindre signe d’écart de notre part de ce principe jusqu’à aujourd’hui.

« Messieurs, ceux qui adhèrent à ces deux principes, et bien évidemment les esprits éclairés, ne peuvent certainement pas s’entendre avec la tutelle du communisme et ses principes destructeurs de cet ordre établi. Par conséquent, la politique menée par votre Grand Conseil n’a jamais été fondée sur le principe du communisme. Il en est ainsi, et je le répète une fois encore. Mais il est également à votre connaissance et celle du monde entier que votre Assemblée et votre gouvernement, qui demeurent profondément attachés à ces principes nationaux, n’ont jamais même mentionné les principes communistes ou bolchéviques dans leurs relations avec ladite République bolchévique de Russie qui est un État indépendant.

« Je suppose que votre ministre des Affaires étrangères a expliqué ce point à plusieurs reprises. Par conséquent, je le répète : les relations de notre nation, de notre État et de votre Haut Conseil avec les Russes ont toujours été conditionnés à l’existence de deux États indépendants se faisant face, chacun préservant pleinement ses propres buts, et continueront à l’être ainsi. Dans les contacts et les relations du gouvernement bolchévique russe et de ses dignitaires avec le nôtre et nos dignitaires, certains bâtards, probablement vagabonds, de cette nation ont poursuivi leur errance à l’intérieur de la Russie.

« Ces vagabonds, possédés par l’illusion d’agir, ont formé un parti baptisé Parti communiste de Turquie pour servir ouvertement notre pays et notre nation, et à la tête de leurs fondateurs se trouvent Mustafa Suphi et ses pairs. Ceux-ci, non par un esprit patriotique immanent et par un sentiment national sincère, mais pour complaire à leurs figures de proue de Moscou qui, à mon avis, les ont peut-être financés, protégés et soutenus, se sont livrés à une série de tentatives imbéciles. Leur tentative consistait à introduire le bolchévisme russe dans le pays par différents canaux. C’est ainsi qu’un mouvement communiste s’est implanté dans notre pays et notre nation depuis l’étranger.

« D’un autre côté, Messieurs, certains, ignorant dans le pays ce qu’est le communisme, mais pensant qu’une force bolchévique puissante, formée sur ce principe, pourrait être pour nous une force libératrice, et sans même entrer en contact avec ce courant communiste extérieur, ont eu envie de créer une organisation communiste de leur propre chef. Il arriva un moment où, à Ankara, à Eskişehir et dans de nombreuses autres régions du pays, de nombreuses personnes, sans aucun lien entre elles, commencèrent à créer des organisations communistes, tandis que, en parallèle, des étrangers commencèrent à errer dans le pays comme des vagabonds et à se livrer à de la propagande. Votre Députation, qui a toujours vu le plus grand avantage dans le maintien et l’adhésion à ses principes, s’est senti obligé d’envisager une issue favorable à cette situation. Il était, et demeure convaincu que le communisme ne trouvera jamais d’application locale dans ce pays et au sein de cette nation. »

D’autres passages de ce long discours contiennent des renseignements précieux sur cette politique étatique anticommuniste, les manœuvres diplomatiques entreprises pour apaiser les réactions éventuelles de la Russie communiste, qui soutenait alors le gouvernement d’Ankara tant sur le plan politique, financier que militaire, et même la création d’un parti communiste fantoche. 

Le texte intégral est accessible via le lien suivant :

https://www.tbmm.gov.tr/tutanaklar/TUTANAK/GZC/d01/CILT01/gcz01001136.pdf

Cependant, certaines mentions ont été omises dans les textes publiés, et en particulier dans les discours de Mustafa Kemal, remplacés par des ellipses, faisant ainsi perdre leur sens à certaines phrases.

Bien que rien ne puisse être affirmé avec certitude, le recours à une censure aussi flagrante d’un discours provocateur prononcé par le chef de l’État une semaine avant l’assassinat de Mustafa Suphi et de ses camarades résulte probablement d’une tentative de ne pas ternir la réputation de Mustafa Kemal. Le texte original du discours, rédigé en caractères arabes, doit, s’il n’a pas été détruit, être retrouvé par des historiens honnêtes et soumis à nouveau en caractères latins pour une évaluation publique.

En dehors des procès-verbaux des séances à huis clos de la GANT des dix dernières années soumis à la confidentialité, les procès-verbaux de toutes les séances à huis clos du 24 avril 1920 au 3 février 2011 sont accessibles via le lien suivant :

https://www.tbmm.gov.tr/Tutanaklar/GizliOturumTutanaklari

Depuis le 2 février 2011, les séances à huis clos lors desquelles des discours ont été prononcés et des attaques proférées, en particulier contre les opposants en Turquie et en exil, et où des décisions ont été prises pour que les Forces armées turques attaquent la présence kurde en Syrie et en Irak sont inaccessibles en raison de la règle de « l’interdiction des 10 ans ». Notre génération n’en prendra sans doute jamais connaissance…

J’espère que nos partis d’opposition, qui prétendent lutter pour une véritable démocratisation de la Turquie, mettront fin, s’ils parviennent à accéder au pouvoir demain, à cette pratique honteuse des « huis clos » et des « interdictions de procès-verbaux », et auront le courage de dire ouvertement ce qu’ils ont à dire, de manière que chaque citoyen puisse le consulter instantanément sur son ordinateur ou son téléphone portable.

Ainsi, ma génération pourrait apprendre avant qu’il ne soit trop tard ce qui a été débattu à huis clos au Parlement au cours de la dernière décennie, et comment et par quels votes ont été adoptées des décisions despotiques et agressives.

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

Erdogan : "Aucun marchandage n’est possible pour libérer la Turquie du terrorisme"

Il n'y a pas de place pour les marchandages, les négociations, les concessions ou les tentatives secrètes dans le processus de libérer la Turquie du terrorisme, a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan dans une lettre aux familles des martyrs et des vétérans.

Erdogan a souligné que chaque centimètre carré du territoire est imprégné du sang des martyrs et des vétérans, affirmant que la paix, la sécurité et la fierté dont jouit la Turquie aujourd'hui sont avant tout le fruit de leur sacrifice et que la protection de leur héritage est le devoir premier de l'État.

"Je vous demande et vous implore particulièrement de vous assurer qu'il n'y a eu aucune place pour les marchandages, les négociations, les concessions, les initiatives secrètes et serviles à aucun moment de ce processus, et qu'il n'y en aura pas à l'avenir", a écrit Erdogan.

"Aucune mesure n'a été prise, et ne sera prise, qui puisse tourmenter les âmes précieuses de nos martyrs ou blesser leurs familles", a-t-il ajouté.

Une fois les objectifs d'un pays et d'une région sans terrorisme atteints, un nouveau chapitre s'ouvrira pour le pays, a déclaré Erdogan, ajoutant : "Notre fraternité millénaire franchira une nouvelle étape ; et les graines de discorde semées entre nous seront éradiquées et rejetées à jamais”.

Erdogan a également adressé une lettre à tous les citoyens concernant les objectifs d'une Turquie sans terrorisme.

Il a déclaré qu'il continuait à œuvrer sans relâche pour une Turquie forte et grande, conscient de porter la responsabilité de chaque citoyen sur ses épaules.

"Déterminés à briser la chaîne sanglante"

Le président turc a déclaré qu'au cours des 23 dernières années, grâce aux investissements réalisés, aux projets, aux réformes, aux services et aux réglementations mis en œuvre, la Turquie a acquis une position respectée tant dans sa région qu'à l'échelle internationale.

Erdogan a souligné que malgré tous les obstacles rencontrés, des efforts conjoints ont été menés avec la nation pour renforcer la démocratie, étendre les droits et les libertés, éliminer les structures de tutelle et asseoir la souveraineté de la volonté nationale dans toutes les institutions de l'État.

Il a déclaré que, tout en luttant sans relâche contre toutes les formes de terrorisme, toutes les mesures nécessaires pour garantir que 86 millions de citoyens vivent dans la paix, la tranquillité et la fraternité, ont été prises.

"Avec notre nation, nous sommes déterminés à briser la chaîne sanglante qui empêche notre pays d'atteindre ses objectifs depuis un demi-siècle. Si Dieu le veut, nous atteindrons finalement l'objectif d'une Turquie et d'une région sans terrorisme", a-t-il déclaré.

"Soyez assurés que nous savons exactement ce que nous faisons et agissons avec intelligence stratégique, la plus grande prudence et la plus grande sensibilité. Chaque mesure que nous prenons est calculée minutieusement", a-t-il noté.

"Dans nos efforts pour une Turquie sans terrorisme, aucun compromis, aucune négociation, aucune mesure susceptible de compromettre notre indépendance et notre avenir ne sont possibles, et il n'y en aura jamais", a-t-il ajouté.

"Nous n'avons jamais toléré et ne tolérerons jamais aucune tentative susceptible de blesser les âmes nobles de nos martyrs, de contrarier nos vétérans ou d'attrister et de faire honte aux familles de nos héros tombés au combat".
(AA, 7 août 2025)

En Turquie, l'opposition est devenue "l'ennemi"

Le CHP, premier parti d'opposition au gouvernement en Turquie est devenu son nouvel ennemi, estime l'un de ses responsables dans un entretien à l'AFP, commentant ce que les observateurs décrivent comme la volonté du président Erdogan de reprendre le contrôle du pays avant les prochaines élections.

Depuis les revers subis par le camp gouvernemental lors des élections municipales de mars 2024, la répression s'est abattue sur le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), de nombreux élus étant arrêtés pour terrorisme ou corruption, comme le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, principal rival du chef de l'Etat, interpellé le 19 mars et toujours détenu.

"Le parti au pouvoir a désigné son nouvel ennemi politique le 19 mars, et ce nouvel ennemi est le CHP", affirme Burhanettin Bulut, président-adjoint du CHP, chargé des relations publiques, au siège du parti à Ankara.

"Ce gouvernement survit en se trouvant sans cesse un nouvel ennemi. Sa stratégie, c'est la polarisation par le dénigrement pour consolider sa base électorale", ajoute-t-il.

"De cette façon, il lance un écran de fumée pour masquer les véritables problèmes de la société: pauvreté, injustice, érosion de la démocratie et des droits individuels", poursuit-il.

L'arrestation d'Ekrem Imamoglu a déclenché une vague de contestation inédite en une décennie qui a donné lieu à des milliers d'arrestations.

Özgür Ozel, confirmé à la tête du CHP après l'arrestation de l'édile lors d'un congrès exceptionnel en avril, fait l'objet de pressions judiciaires croissantes pour tenter d'affaiblir l'opposition.

En juillet, le procureur général d'Ankara a ouvert une nouvelle enquête le visant pour "insulte au président" notamment, pour avoir critiqué l'arrestation de plusieurs maires d'opposition.

Une autre action en justice, intentée en février, questionne son élection à la tête du CHP avec des allégations de fraude lors du congrès du parti qui l'a élu en novembre 2023.

Les médias locaux ont également évoqué des manoeuvres visant à lever son immunité parlementaire.

Pour Burhanettin Bulut, l'arrestation d'Özgür Özel équivaudrait à "lancer de la dynamite sur les fondations de la République".

Mais il souligne que le CHP, fondé par le père de la République turque, n'est "pas un parti centré sur son président": "C'est un parti à l'histoire profondément enracinée, qui fut dirigé par certaines des figures les plus importantes de la vie politique turque, à commencer par Mustafa Kemal Atatürk. Aussi, se mêler de ses affaires n'est pas chose aisée."

 - "Théâtre politique" -

 Pour le responsable, tout ceci relève du "théâtre politique": "Le CHP a déjà choisi son leader, il n'y a pas de crise interne", affirme-t-il, d'autant que M. Özel a assuré qu'il ne sera pas candidat à la présidence si Imamoglu est empêché.

En outre, le CHP n'est pas le seul visé, souligne le responsable: "Du commis d'épicerie à l'apprenti, des hommes d'affaires aux artistes et aux journalistes, partout dans le pays les gens ont peur". Mais "malgré les pressions, (le CHP) sera le grand vainqueur" des prochaines élections, prévues en 2028 prédit-il.

Le gouvernement a envoyé les premiers signaux sept mois après les municipales de 2024, selon M.Bulut, avec l'arrestation du maire du CHP d'Esenyurt, un quartier populaire d'Istanbul, accusant ce dernier, Ahmet Ozer, d'appartenir au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), pourtant interdit.

Au sein du CHP, cette arrestation a sonné comme le début d'une répression plus large. "Le gouvernement applique désormais au CHP sa politique de nomination d'administrateurs (en remplacement des maires élus, nldr) qui visait autrefois le parti pro-kurde DEM", explique-t-il.

Trois édiles du CHP, dans l'est et à Istanbul, ont été ainsi remplacés. Seize autres, dont Ekrem Imamoglu, sont emprisonnés, selon un décompte du CHP.

Le gouvernement a justifié ces arrestations au nom de la justice, mais les opposants dénoncent leur caractère politique estimant qu'elles visent à neutraliser l'opposition dans les principales villes de Turquie conquises en mars 2024.

Evoquant le processus de paix en cours depuis l'automne avec le PKK, M. Bulut réclame un peu de constance au gouvernement: "Vous ne pouvez pas d'une main en appeler à la démocratie et, de l'autre, nommer des administrateurs", estime-t-il. (AFP, 1 août 2025)

Crimes against humanity charge dismissed in 2015 Ankara bombing case

A court has rejected an attempt to overturn the acquittal of a defendant on charges of crimes against humanity in connection with the 2015 Ankara train station bombing.

The bombing occurred on Oct 10, 2015, during the Labor, Peace, and Democracy Rally in the capital city, organized by pro-Kurdish and leftist groups ahead of the elections. ISIS carried out a twin suicide bombing that killed 103 people and wounded more than 500 others.

Ten defendants were later sentenced to aggravated life imprisonment in the case.

Ekici, who was the only individual in Turkey's legal history to face an indictment for crimes against humanity, was acquitted of that charge in 2024. The 10 October Lawyers' Commission appealed the verdict.

The 22nd Penal Chamber of the Ankara Regional Court of Justice upheld Ekici’s acquittal, describing it as “in accordance with the law.”

The court dismissed the appeal in a single-sentence ruling. It reasoned that those who witnessed the attack, including survivors and relatives of the victims, could not be considered direct victims of the crime and thus had no legal standing as plaintiffs.

First trial for crimes against humanity

Ilke Işık, a lawyer representing the victims, criticized the ruling and warned about the implications of the statute of limitations.

“There is a legal provision in this country regarding crimes against humanity, but no case had ever been prosecuted under it until now,” she said. “The October 10 Ankara bombing was one of the country’s largest massacres. It involved a case in which ISIS members were tried and convicted. This ruling by the regional court represents the judiciary’s stance in the first crimes against humanity trial in the country.”

Işık said it was unfathomable to exclude survivors and victims' families from the category of those directly harmed.

“How can our clients, those who were injured, those who lost loved ones, not be considered direct victims?” she asked. “This massacre caused them personal harm. If they are not considered the victims of a crime against humanity, then who is?”

Concerns over time limitations

Işık also emphasized the potential impact of the ruling on the ongoing prosecution of fugitive suspects.

“If the court had recognized this as a crime against humanity, there would be no statute of limitations,” she noted. “But now that it isn’t classified as such, the charges are limited to murder and crimes against the constitutional order. While the trial of fugitives continues, this decision means their cases may eventually be dismissed due to the statute of limitations.”

Criticizing the court for issuing a one-sentence ruling, Işık said, “Their decision shows a deliberate effort to let the statute of limitations run out. They still can’t bring themselves to call ISIS a group that committed crimes against humanity.”

She added, “Years ago, then-Prime Minister Ahmet Davutoğlu referred to them as ‘angry young men.’ A decade later, this same tolerant approach to ISIS persists.”

'They want to close the file'

Işık stressed that although ISIS members carried out the attack, they were not acting alone.

“Numerous entities were responsible at every stage of this massacre. Some of those responsible are state institutions. Others are public officials. Yet, despite abundant evidence, not a single official has been held accountable,” she said. “They want to bury this case, prevent new evidence or discussions from emerging, and close the file with the conviction of a handful of ISIS members.”

Işık argued that the Turkish judiciary had long failed in dealing with ISIS.

“These suspects, both those in custody and fugitives, were monitored for years. Yet they weren’t arrested. And when they were, they were released. Borders were handed over to ISIS, and no one was punished. What we’re facing is a judiciary that has shown tolerance to ISIS,” she said.

“Even in 2025, Turkey’s judiciary still refuses to recognize ISIS as an organization committing crimes against humanity. They dismiss these charges with a single sentence, without any meaningful legal analysis.”

Işık drew attention to ISIS’s ongoing violence abroad.

“We’re talking about ISIS. Even today, massacres against Assyrians and Druze communities in Sweida continue. ISIS is still organizing massacres and committing crimes against humanity. The Ankara bombing was no different,” she said.

“They attacked people who gathered for peace, democracy, and freedom, people they viewed as infidels or enemies due to their beliefs or lifestyles. Ignoring that truth is not acceptable, legally or morally.
(BIA, 31 juillet 2025)

Une justice à vendre et à acheter en Turquie

Ragip Duran, TVXS.GR, 27 juillet 2025
Suleyman Burak Bodur, plus connu sous le nom de code de ‘’Lvbel C5’’, rappeur de 24 ans très populaire, a été arrêté et écroué le 6 mai dernier par le Parquet et le juge de Gebze (Ancien Dakibyza, à 55 km d’Istanbul sur la côte de la mer Marmara). Il était accusé d’’incitation à la consommation de drogues’’ dans les paroles de ses chansons.

Ses parents sont allés voir le juge O.Y et ont demandé sa libération précisant qu’il avait plusieurs concerts programmés tout au long de l’été. Ce juge les a conseillé de voir l’avocat E.A. Ce dernier a proposé à la famille de payer 500 milles dollars (425.500 Euros) pour libérer le rappeur.

Les parents de LvBel C5 ont affirmé qu’ils n’avaient pas tant d’argent. L’avocat a fait un premier rabais : D’accord, en coordination avec M. le juge, on peut résoudre votre problème pour 300 milles dollars. Second refus des parents. Alors une troisième proposition : D’accord, on fait ça pour 100 milles dollars. 50 milles tout de suite et le reste après la sortie de la prison.

Les parents l’acceptent. Mais ils alertent tout de suite les responsables du ministère de la Justice. Les 50 milles dollars, dont les numéros de série des billets de banque sont enregistrés, sont prêts. Les membres de la famille accompagnés d’un inspecteur de police civile rencontrent l’avocat, donnent les 50 milles dollars. Toutes les conversations sont enregistrées clandestinement et le téléphone cellulaire de l’avocat est sur écoute de la police. Donc toutes les conversations entre l’avocat et le juge sont également enregistrées. Pris en flagrant délit l’avocat a du avouer : - Il y a une équipe de 10 personnes en contact permanent avec les procureurs et les juges. Ils trouvent des gens riches, les procureurs les arrêtent, les avocats intermédiaires demandent des pots-de-vin pour les libérer. Ainsi fonctionne le système.

L’avocat E.A est arrêté et écroué. Le juge O.Y est démis de ses fonctions. Le Conseil des Juges et des Procureurs poursuit son enquête. Le rappeur est libéré après 23 jours de prison.

Ce fut Timur Soykan, grand reporter d’investigation du quotidien Birgun (Un Jour, gauche indépendante) et membre de l’équipe de Onlar TV qui a révélé ce scandale. Il avait déjà dénoncé plus de 15 cas de pots-de-vin reçus par les procureurs et les juges.

Il explique sur son compte YouTube le mécanisme en cours :

‘’Quand le Prof. Burhan Kuzu, chef conseiller du Président de la République avait réussi en mai 2023 à libérer de la prison le baron iranien de stupéfiant Naci Chérifi Zindachti, tout le monde, en Turquie et à l’étranger, surtout les milieux mafieux étaient informés. Donc ils savaient qu’en Turquie quand on paye des pots-de-vin, on peut faire libérer un criminel, n’importe lequel. Ils savaient également que ces criminels étaient protégés par le système en vigueur. Le ministre de l'Intérieur M. Ali Yerlikaya a déjà déclaré que le capital de la mafia menaçait le capital légal et légitime du marché et qu’il fallait combattre contre ce fléau. Peut-il réussir ? A mon avis non. Car on ne peut pas se laver avec les mains sales. Le système est sale, le régime est sale, les cadres sont sales. L’Etat est sale, l’Etat est pourri. Il s’agit d’un système complètement sale. La saleté est très profonde, mais a également des liens avec la hiérarchie supérieure’’.

https://www.youtube.com/shorts/deTJw0jl3ts


Pression sur les médias / Pressure on the Media

Pierre Delrock, ancien directeur de l’information, est décédé

La RTBF est en deuil après l’annonce du décès de Pierre Delrock, ancien directeur de l’information, considéré comme une figure importante du paysage médiatique belge francophone. Il était âgé de 90 ans.

Pierre Delrock a débuté à la RTBF en 1960 à la radio, puis au Journal Télévisé qu’il a présenté de 1964 à 1976. Rédacteur en chef de 1975 à 1990, il a terminé sa carrière comme Directeur de l’information avant de quitter la RTBF en 1995.

Après avoir appris son décès, le média de service public s’est rappelé de sa dernière visite en 2019. Il avait alors raconté une anecdote marquante de sa carrière, le jour où il avait dû choisir entre Eddy Merckx et Armstrong pour ouvrir son JT. «Mon choix a été de séparer l’écran en deux parties. D’un côté Armstrong et de l’autre Merckx. A l’époque ce n’était très facile. On travaillait avec des films qu’il fallait développer. Nous n’étions pas sûrs du résultat. Aujourd’hui c’est beaucoup plus simple, tout se fait avec deux clics«, avait alors expliqué Pierre Delrock.

Inci et moi, nous sommes profondément attristés par le décès de notre confrère Pierre Delrock qui était également notre voisin depuis 27 ans à Schaerbeek. Nous lui avons beaucoup de gratitude pour sa solidarité avec la lutte pour la démocratisation dans notre pays d’origine. (Info-Türk, 10 août 2025)

Court blocks access to detained journalist Fatih Altaylı's YouTube channel

Fatih Altaylı, a well-known journalist currently imprisoned, has had his YouTube channel blocked by a court decision.

Altaylı, who was arrested on June 22 under charges of allegedly threatening the president, continues to draw significant attention despite his incarceration. According to YouTube’s ratings reports, Altaylı's channel saw a notable increase in viewership since his arrest, with a rise of 7,938,846 viewers in July compared to June. As of July, his monthly viewership reached over 28 million.

On Aug 7, the İstanbul 6th Criminal Judgeship of Peace issued an order to block access to two specific links on Altaylı's YouTube channel. The court's decision was based on concerns related to national security, public order, and preventing the commission of crimes.

The first blocked video featured former parliament member Emin Şirin, who appeared on the channel to support Altaylı. The court pointed to a segment of the video, beginning at the 3-minute and 40-second mark, where Altaylı discusses a controversial claim involving MHP leader Devlet Bahçeli and PKK leader Abdullah Öcalan.

The second link blocked was the homepage of Altaylı's entire YouTube channel. The court’s decision has effectively restricted access to all content on the channel.

The court's ruling, issued on Aug 7, was immediately communicated to internet service providers. However, the decision will not take effect until the two-week legal appeal period has passed. As a result, Altaylı’s YouTube channel remains accessible for now.

Fatih Altaylı, who has been active in Turkey’s media environment for over three decades, is known for his work as a program host and news director at various mainstream media outlets. In recent years, he has shifted his focus to running his own news website and YouTube channel, where he continues to engage his large following. (BIA, 8 August 2025)

Court extends detention of journalist Ercüment Akdeniz in 'terrorism' case

A court has ruled to extend the detention of journalist Ercüment Akdeniz, who appeared before a judge for the first time today as part of a "terrorism" investigation into the Peoples' Democratic Congress (HDK), a coalition of leftist and pro-Kurdish groups.

Akdeniz, the former editor-in-chief of the leftist newspaper Evrensel, has been held at Marmara (Silivri) Prison on the outskirts of İstanbul since Feb 22.

He is one of two individuals in pretrial detention as part of the HDK case. The other is Atilla Özdoğan.

The hearing, held at İstanbul’s 26th Heavy Penal Court, started nearly an hour later than scheduled. Akdeniz was physically brought to the courtroom, but his family, journalists, and observers were not allowed in during the announcement of the court’s interim ruling.

Observers packed the courtroom, prompting the panel to ban standing attendees. The presiding judge declined to meet with lawyers who requested to discuss the situation.

A dispute broke out between bailiffs and attendees over seating arrangements before the hearing began, eventually Akdeniz being met with applause as he entered the room. Officials warned that further applause would result in the courtroom being cleared.

'Isn't this an open hearing?'
Akdeniz’s attorney, Özcan Yaman, asked that the hearing be moved to a larger courtroom, citing the large number of lawyers, lawmakers, journalists, and international observers waiting outside.

When the judge asked if Yaman was challenging the court’s openness, saying, "Isn't this an open hearing? Do you claim this?" he replied, “Public access means everyone who wants to attend should be able to enter.”

Yaman also objected to the court's decision to limit the defense to three attorneys, stating that four lawyers had prepared to deliver statements.

The court denied requests for a larger venue and for expanding the defense.

When the fourth lawyer asked to be officially recorded as part of the defense team, the judge responded, “This is our practice,” and blocked the request. The crowd reacted vocally, prompting the judge to threaten to clear the courtroom again.

The session then moved on to Akdeniz’s defense.

‘Charges are inflated but baseless’

Akdeniz began by recounting his career in journalism, which started in 2010, and his involvement with the leftist Labor Party (EMEP), a former HDK member group.

He said the indictment was full of “unjust, incorrect, and fabricated allegations,” and claimed that his rights to organize and report were being criminalized.

“There is no action for which I need to account. We are journalists pursuing the truth,” he said. “The charges are inflated but baseless.”

Describing the day of his arrest, Akdeniz said police told him they were waiting for “the raid hour” despite his offer to unlock his door. “Still, they broke down my door with crowbars and filmed it repeatedly."

Akdeniz stated that EMEP never assigned him to work with HDK and questioned why he was included in the investigation. He noted that HDK had held about ten congresses and operated publicly with offices, websites, and social media.

He also linked his arrest to broader political developments, referencing the Feb 27 message from Abdullah Öcalan, which was read out by a delegation including former HDK spokespersons Cengiz Çiçek and Esengül Demir.

“This was a state-sanctioned event,” Akdeniz said. “While we were in prison, HDK’s current spokesperson Meral Danış Beştaş appeared on live television. State officials engaged with her, acknowledging her role. This shows that HDK’s representation was officially recognized.”

Witnesses deny knowledge of Akdeniz

The court then heard witness testimony. Abdülkadir Akdağ said, “I don’t know the defendant. I’ve seen him on television. I have no knowledge about alleged group membership.” When the judge read from his police statement, Akdağ replied, “That’s not my statement. They made me sign it while in custody.”

Another witness, Hikmet Kaymaz, also denied knowing Akdeniz or recalling his earlier statement. “It’s been a long time,” he said.

Akdeniz reiterated that EMEP had not tasked him with work in the HDK and described the group as a political coalition with open operations and public visibility.

The hearing continued with statements from the defense attorneys. The prosecutor requested that Akdeniz remain in pretrial detention.

The court agreed and ruled for the continuation of Akdeniz’s imprisonment. As the decision was read, his family, journalists, and observers were not allowed in the courtroom.

Demonstration before hearing

Before the trial, a press conference was held in front of the İstanbul Courthouse, led by DİSK Basın-İş press workers’. Journalists, lawmakers, and rights advocates chanted slogans including “Ercüment Akdeniz is not alone” and “Free press cannot be silenced.”

Reading a statement on behalf of the group, journalist Elif Akgül criticized the prosecution of Akdeniz’s journalistic work. “This case highlights the dire state of journalism in this country,” she said, adding that freedom of expression and the public’s right to information were under threat.

She also mentioned journalist Furkan Karabay, saying these detentions were part of a “campaign of suppression.”

Akdeniz’s message from prison

DİSK Basın-İş President Turgut Dedeoğlu shared a message from Akdeniz, written in prison: “Journalists are being prevented from reporting. Press freedom is being violated. We will not drop the pens of Uğur Mumcu and Metin Göktepe.”

Journalist Diren Yurtsever, speaking for the Dicle Fırat Journalists Association (DFG), pledged continued advocacy for press freedom.

HDK co-spokesperson Meral Danış Beştaş reminded that Akdeniz was being prosecuted over a case file from 13 years ago. “This is the voice of millions,” she said.

Ahmet Şık, an MP from the Workers’ Party of Turkey (TİP), called the arrest politically motivated and demanded “justice and freedom for all.”

Özgül Saki of the DEM Party noted Akdeniz’s reporting on migrants and refugees. Eren Keskin, co-chair of the Human Rights Association (İHD), argued that the investigation was politically driven and violated freedom of expression.

The demonstration concluded with chants of “Truth cannot be silenced” and “Journalism is not a crime.” (BIA, 31 juillet 2025)

Kurdish Question / Question kurde

Un sombre souvenir vers la Journée mondiale de la paix…

Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 28 août 2025
  • Öcalan, qui avait appelé à la paix sur Med TV le 28 août 1998, a été expulsé de Syrie suite à un complot de l'État turc, puis arrêté au Kenya
Alors que les travaux de la « Commission nationale », lancée par le gouvernement sous le slogan « Une Turquie sans terreur », se poursuivent à un rythme soutenu, il convient de rappeler l'appel à la paix d'Öcalan, lancé il y a 27 ans avant la Journée mondiale de la paix, et la réponse inhumaine reçue par l'État turc.

Ni le Parti de la gauche démocratique (DSP), dirigé par Ecevit, alors partenaire du gouvernement, ni le Parti républicain du peuple (CHP) en opposition, n'ont apporté le moindre soutien à cette importante initiative. De plus, après que Bülent Ecevit fut devenu Premier ministre en 1999 au sein d'une coalition avec le Parti du mouvement nationaliste (MHP) de Devlet Bahçeli, il joua un rôle clé dans l'arrestation d'Öcalan au Kenya, contraint à l'exil par le gouvernement syrien.

C'était exactement trois jours avant la Journée mondiale de la paix, le 1er septembre 1998. Mon ami journaliste Günay Arslan, l'un des directeurs de la télévision kurde Med TV, m'a appelé pour annoncer qu'Öcalan lancerait un appel important à la paix lors d'une émission en direct le 28 août.

Si je me souviens bien, outre moi-même, des représentants des médias kurdes, des reporters de NTV, ATV, Milliyet et de l'agence de presse İhlas, ainsi que de nombreux représentants de médias étrangers, étaient également présents à l'émission.

Notre ami Yaşar Kaya, leader du parti kurde DEP interdit en Turquie et du Parlement kurde en exil (SKP) établi en Belgique, que nous perdrions à Erbil le 9 mars 2016, était également présent en studio.

Dans son discours d’ouverture, Öcalan avait souligné que le conflit armé ne pouvait apporter de solution pérenne pour aucune des deux parties et annoncé qu’il était prêt à négocier avec l’État turc pour toute forme de solution pacifique et à conclure un cessez-le-feu.
 
Cependant, à cette époque, les préparatifs des célébrations du 75e anniversaire de la République de Turquie s’étaient transformés en manifestations ultranationalistes, et l’hystérie se manifestait dans la glorification du drapeau, de la patrie, de l’hymne national, de l’hymne du dixième anniversaire et de l’Ataturkisme.
 
En rappelant ces faits, j’avais demandé à Öcalan : « Dans ce climat, peut-on espérer que l’État turc parvienne à une solution politique avec le mouvement national kurde ? » En réponse, Öcalan avait signifié que la république, célébrant son 75e anniversaire, devait pour sa propre survie trouver une solution à la question kurde, en déclarant :
 
« Il ne fait aucun doute que des milieux qui veulent étendre la guerre, des milieux chauvins pour la plupart, et des partis politiques très puissants seront en compétition, c’est vrai. Ils feront même des provocations. Mais les réalités sont plus fortes que les provocations et la démagogie. Lancer une telle initiative à l’occasion d’une Journée mondiale de la Paix n’est ni un signe de faiblesse, ni un signe de rêverie de notre part. C’est un message adressé aux milieux conscients. Peut-être comprendront-ils, ce serait bien. Et personne n’y aurait à perdre ».
 
J’étais extrêmement pensif lorsque j’ai quitté le programme. Le PKK avait également cessé ses actions armées depuis longtemps afin de soutenir l’initiative de paix d’Öcalan. Mais la paix n’a jamais fait partie du vocabulaire du gouvernement fascisant d’Ankara.
 
Alors que les propositions de paix d’Öcalan occupaient l’actualité de la Turquie le 1er septembre, Journée mondiale de la Paix, il fut annoncé que le Conseil de sécurité nationale (MGK) avait décidé de faire pression sur la Syrie au sujet du PKK. Suivront le discours menaçant du général Attila Ateş, commandant des forces terrestres, à la frontière syrienne, le 15 septembre 1998, puis celles du président Demirel dans son discours d’ouverture au Parlement le 1er octobre. Le 9 octobre, Öcalan fut contraint de quitter la Syrie, où il dirigeait son organisation depuis des années, sous la pression du gouvernement Assad.
 
Il était honteux pour les dirigeants de ces pays qu’Öcalan ait été expulsé de Grèce, d’Italie et de Russie, où il s’était réfugié, sous des prétextes futiles, pendant les près de quatre mois qui s’écoulèrent jusqu’à son arrestation au Kenya, le 15 février 1999, avec l’aide des services secrets américains, et son transfert en Turquie.
 
A l'époque où Öcalan fut envoyé de Grèce, où il se trouvait en dernier lieu, au Kenya et arrêté par les services secrets turcs avec le soutien de la CIA, le leader du Parti de la gauche démocratique, Bülent Ecevit, occupait le poste de Premier ministre, et le leader du MHP, Devlet Bahçeli, qui joue actuellement le rôle de « colombe de la paix », occupait le poste de vice-Premier ministre.

Peace Mothers barred from speaking Kurdish at parliament committee

A group of Peace Mothers invited to address a parliamentary committee on the Kurdish peace process yesterday were not allowed to speak in Kurdish.

At the meeting, Kurdish speeches were recorded in the official minutes with the phrase “At this point, the speaker used a word in a language other than Turkish.”

One of the mothers, Nezahat Teke, who described herself as “a Kurdish woman born to a Kurdish mother, raised with Kurdish lullabies, suffering in Kurdish, crying in Kurdish,” had asked to make her statement in her native language.

After her request was denied, pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party lawmaker Meral Danış Beştaş and main opposition Republican People’s Party (CHP) deputy Sezgin Tanrıkulu proposed translating the statements into Turkish, but parliament speaker Numan Kurtulmuş rejected the offer, citing parliamentary rules.

Unable to speak in Kurdish, Teke said, “If I had spoken Kurdish, I could have expressed myself better. But since I wasn’t given that opportunity, I will try to speak in Turkish as much as I can. Maybe not all my words will be understood because I neither read nor write.”

At the end of her remarks, she said the greatest injustice was being done to her.

Kurtulmuş responded by telling her, “Please don’t think any injustice was done to you. Look, there are 51 politicians here, and their main duty is to speak. You speak better than anyone else; your Turkish is excellent.”

The exchange drew criticism, as the development of the Kurdish language was listed among the committee’s core agenda items. Rights organizations pointed out that addressing language-related issues is precisely the responsibility of the body. The committee is expected to hear from language associations and linguists in the upcoming meetings.

‘This is the essence of the Kurdish issue’

Kurdish linguist Zana Farqînî criticized the restriction, saying that “this is the essence of the Kurdish issue.”

“Parliament is the place where the people’s will manifests and where political solutions are found," he told bianet. "If parliament acts with old prejudices, how can it contribute to a solution? If peace, fraternity, and democratization are being discussed, it should begin here. Allowing such flexibility would have been a sign of sincerity.”

Barring Kurdish at a committee formed to find solutions to the conflict undermines the credibility of the process, he added.

Remziye Alparslan, co-chair of the Kurdish Studies Association, also called the denial of Kurdish speech one of Turkey’s fundamental issues. “Parliament must truly represent the people,” she told bianet, recalling that until 2008, Kurdish statements were recorded as being in an “unknown language,” and afterward as “a language other than Turkish.”

She added that the continuation of this practice harms the process.

“Kurdish people, with their language and culture, must be present there so that representation is genuine,” Alparslan said, adding that appointing interpreters and language experts in parliament could easily solve the problem.

“What is needed is to amend parliamentary bylaws in a pluralistic and inclusive way, lifting barriers to speaking, debating, and submitting proposals in languages other than Turkish,” she said. “True representation would then be possible, and parliament would reflect the diversity of languages in society. The disgrace of labeling Kurdish as an ‘unknown language’ should be left in the past.”

Alparslan also outlined broader demands: Kurdish should be recognized as an official language and taught from preschool to university. She called for changes to Article 42 of the Constitution, which bans the teaching of any language other than Turkish as a mother tongue. “No one has the right to impose a mother tongue on us,” she said. “This is against human rights. While we speak of Kurdish here, the same applies to all other languages and cultures in this region.”

The peace process
Turkey launched a new Kurdish peace process in October last year, following a call by Nationalist Movement Party (MHP) leader Devlet Bahçeli, a key ally of President Recep Tayyip Erdoğan. Bahçeli said imprisoned Kurdistan Workers’ Party (PKK) leader Abdullah Öcalan could become eligible for the right to hope, a legal concept that could potentitally lead his release from prison if he called for the group’s dissolution.

After several meetings with DEM Party delegations, Öcalan on Feb 27 urged the PKK to lay down arms and disband, ending its 40-year insurgency. The PKK held a congress from May 5–7, where it announced its decision to comply. On Jul 11, the group staged a symbolic ceremony marking the beginning of disarmament.

To oversee the process, parliament established the Committee on National Solidarity, Fraternity and Democracy, which held its first meeting on Aug 5. The committee has since convened five times and will continue hearing from rights groups, civil society, academics, and bar associations involved in the process. (BIA, 21 August 2025)

Survey shows strong support for Kurdish in education amid declining use among youth
 
Survey shows strong support for Kurdish in education amid declining use among youth
A survey conducted among Kurdish mother tongue speakers in various parts of Turkey found that more than 97% of participants support Kurdish as a language of instruction, while younger generations are less proficient and use the language less than their elders.

Would you like me to make it even sharper by splitting it into two sentences?

The Socio-Political Field Research Center conducted the survey between Jul 17 and 23 with the participation of 2,378 people in 23 provinces, including traditionally Kurdish-populated areas such as Diyarbakır, Mardin, and Urfa, as well as metropolitan centers with significant Kurdish populations such as İstanbul, Ankara, İzmir, and Adana.

Of those who participated, 88.2% identified their mother tongue as the Kurmancî dialect of Kurdish, and 10.4% as Zazakî/Kirmanckî dialect.

Younger generation less proficient
According to the survey, 23.5% of respondents said they spoke their mother tongue "very well," while 43.2% said "well" and 16.2% reported speaking it "poorly."

The research team noted that “those who speak their mother tongue very well are mostly in the middle-aged group, while those who speak it very poorly are largely among the younger generation. As the level of education increases, the proportion of those who speak the language well decreases.”

Intrafamily communication

The survey found that most respondents’ parents primarily spoke their mother tongues with each other and with their children. However, 27.8% of participants said they communicated exclusively in Turkish with their spouses. The use of mother tongues within families increased with age and decreased with higher education levels.

When asked about communication with children, 40.1% said their children spoke Turkish with them, while 24.7% reported speaking mostly Kurdish. Only 1.3% said their children used the Zazakî/Kirmanckî dialect.

Regarding children’s proficiency, 7.3% of respondents said their children spoke their mother tongue "very well," and 13.5% said "well." The research team remarked that these findings indicate “a dramatic decline in mother tongue communication with children, despite high levels of use between participants and their own parents.”

Half of parents aware of selective Kurdish classes

The study also asked parents whether they were aware that their children could choose Kurmancî or Zazakî as elective courses in schools. Of those surveyed, 45.5% said they were aware, while 21% said they were not.

On daily usage, 57.1% of respondents reported speaking their mother tongue "frequently," 25.7% "occasionally," 12.3% "rarely," and 4.9% said they never spoke it.

In terms of cultural practices, 77.9% said they often listened to music in their mother tongue, while 15.4% described their reading ability in the language as "very good" and 22% as "good."

Education in mother tongue

Respondents were also asked about policies related to mother tongue preservation. When questioned whether Kurdish should be a language of instruction at all levels of education in Turkey, 97.9% said "yes."

In response to an open-ended question about the top priority for protecting and developing their mother tongue, 51.9% cited "ensuring education in the mother tongue," 16.6% called for "official recognition and legal status," and 9.1% emphasized encouraging its use within families and social settings. Education in the mother tongue was also the most frequent response for second- and third-priority measures.

The survey drew higher participation from Kurdish-speaking, middle-aged, male, and well-educated respondents.

The survey was conducted in Diyarbakır, İstanbul, Ankara, İzmir, Samsun, Balıkesir, Erzurum, Adıyaman, Van, Mardin, Urfa, Bingöl, Ağrı, Antalya, Mersin, Şırnak, Bursa, Antep, Batman, Dersim, Malatya, Adana, and Siirt. (BIA, 19 August 2025)


41e anniversaire de la résurrection kurde

Le 15 août est célébré au Kurdistan et en Europe par des milliers de Kurdes. Chaque année, sur les réseaux sociaux, les hashtags #Vejîn ou #CejnaVejînêPîrozBe fleurissent sous les publications célébrant la date anniversaire de la résurrection armée du PKK.

Lors du deuxième congrès du parti du PKK, qui s’est tenu du 20 au 25 août 1982 à Daraa, en Syrie, il a été décidé que le PKK commencerait à préparer une insurrection à l’intérieur de la Turquie. Des camps d’entraînement ont été ouverts en Syrie et dans la vallée de la Bekaa au Liban et des équipes de propagande ont été envoyées de l’autre côté de la frontière pour prendre contact avec la population locale.

Après des années de préparation, le PKK a lancé sa première grande attaque le 15 août 1984. L’attaque était dirigée par Mahsum Korkmaz.

Les forces du PKK ont attaqué le poste de gendarmerie d’Eruh à Siirt, tuant un soldat de la gendarmerie et blessant six soldats. Simultanément, les forces du PKK ont attaqué une installation de plein air de la gendarmerie, des logements d’officiers et un poste de gendarmerie à Şemdinli, Hakkari et ont tué deux policiers et blessé un policier et un soldat.

La première attaque a été suivie d’un raid contre un poste de police à Siirt le 17 août, qui a été rapidement suivi d’une attaque qui a tué trois des gardes présidentiels du général Kenan Evren à Yüksekova et d’une embuscade qui a tué 8 soldats turcs à Çukurca, dans la province de Hakkari.

Le 28 mars 1986, le légendaire commandant de la guérilla Mahsum Korkmaz est tombé martyr avec un groupe de combattants lors d’affrontements avec les troupes turques à Gabar le 28 mars 1986. Depuis ce jour, le commandant Egîd a pris place dans le cœur du peuple du Kurdistan et sa position légendaire est rappelée à chaque occasion.

C’est sous son commandement que la guérilla kurde a mené la première attaque contre les forces d’occupation turques le 15 août 1984 à Eruh, déclenchant ainsi la lutte armée pour la libération du Kurdistan colonisé.

Pour commémorer le commandant Egîd, un forgeron de Kobanê a réalisé une sculpture spéciale. La statue est en fer et représente le commandant Egîd dans son uniforme. Il tient une Kalachnikov et son visage regarde vers le haut.

Mahsum Korkmaz aurait été enterré dans la fosse commune de Newala Kesaba, près de Siirt. Chaque année, des milliers de personnes se déplacent sur place pour rendre hommage au grand commandant. (ANF, 15 août 2025)

La Syrie se retire des pourparlers de Paris avec les Kurdes

Un responsable syrien a déclaré samedi que les autorités ne participeraient pas aux pourparlers prévus à Paris sur l'intégration de l'administration kurde semi-autonome de Syrie au sein de l'Etat, exigeant que toute négociation future se tienne à Damas.

Cette décision fait suite à une conférence organisée par l'administration kurde, qui contrôle de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, avec la participation de plusieurs communautés minoritaires syriennes - une première depuis la destitution de l'ex-président Bachar al-Assad par une coalition islamiste en décembre.

Parmi les participants figurait le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, signataire le 10 mars d'un accord avec le président par intérim Ahmad al-Chareh prévoyant l'intégration des institutions civiles et militaires kurdes à l'Etat.

La déclaration finale plaide pour "une constitution démocratique établissant un Etat décentralisé", alors que Damas rejette tout projet de décentralisation.

"Cette conférence a porté un coup aux efforts de négociation en cours. En conséquence, (le gouvernement) ne participera à aucune réunion prévue à Paris", a indiqué un responsable syrien cité par l'agence officielle Sana.

Le gouvernement "invite les médiateurs internationaux à transférer toutes les négociations à Damas, seul lieu légitime et national pour un dialogue entre Syriens", a ajouté ce responsable sous couvert d'anonymat.

Fin juillet, la Syrie, la France et les Etats-Unis avaient annoncé un accord pour organiser à Paris, "dans les plus brefs délais", des discussions sur la mise en oeuvre de l'accord du 10 mars.

Les récents affrontements intercommunautaires dans la province à majorité druze de Soueida (sud de la Syrie) et les massacres commis en mars contre la communauté alaouite, dont est issu l'ex-président, ont renforcé les inquiétudes kurdes, alors que les négociations avec Damas sont au point mort.

La conférence a aussi donné lieu à des interventions vidéo de deux figures religieuses influentes: le chef spirituel druze Hikmat al-Hijri et le dignitaire alaouite Ghazal Ghazal.

Damas a récemment critiqué M. Hijri pour ses appels à une protection internationale des druzes et sa demande d'aide à Israël lors des violences de juillet.

 Le gouvernement ne "siégera pas à la table des négociations avec toute partie cherchant à restaurer l'ère de l'ancien régime", a mis en avant le responsable, dénonçant la présence de "figures séparatistes impliquées dans des actes hostiles".

Selon lui, la conférence de vendredi constitue "une tentative d'internationaliser les affaires syriennes" et d'encourager l'ingérence. (AFP, 15 août 2025)

Family attacked in Mersin 'for speaking Kurdish,' one member in intensive care

An eight-member family was assaulted reportedly for speaking Kurdish in Mersin, a southern province with a significant Kurdish population,

The incident occurred in the Kisecik villlage of Çamlıyayla district and involved a group that included the mukhtar of the village, Mezopotamya Agency (MA) reported.

The family was stopped at the village entrance by a vehicle, according to MA reporting. They were first subjected to verbal abuse before being physically assaulted. The attackers reportedly told them, “This is the Republic of Turkey, how can you speak Kurdish?”

Among the family members were women and a three-month-old baby. The family went to Mersin City Hospital on their own following the attack. Adnan Nazlı, one of the injured, was admitted to intensive care, while the others received outpatient treatment.

Police detained the suspects after the family filed a complaint. They were taken to the Tarsus District Security Directorate for questioning. (BIA, 11 August 2025)

Désarmement du PKK: la commission du parlement turc entame ses travaux

La commission parlementaire chargée de préparer un cadre légal au processus de paix en Turquie avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a entamé ses travaux mardi.

Une trentaine de combattants du mouvement, considéré comme terroriste par Ankara, ont déposé et brûlé symboliquement leurs armes le 11 juillet dernier dans le nord de l'Irak, après neuf mois de discussions entre leur fondateur et leader historique Abdullah Öcalan et le gouvernement turc.

La commission transpartisane doit organiser l'intégration politique du PKK et de ses forces et décider du sort de M. Öcalan.

Elle doit "proposer et préparer des réglementations juridiques qui rendront la paix permanente, ainsi que le désarmement complet", a souligné le président du parlement Numan Kurtulmus en ouverture des travaux, célébrant "le début d'une ère nouvelle".

Selon M. Kurtulmus, qui présidera les travaux, la commission entendra "tous les segments de la société", intellectuels, universitaires, juristes et représentants de la société civile.

Cette commission, a-t-il insisté, "ne va pas seulement rédiger des rapports, mais va également suivre le processus de désarmement au nom du peuple".

"La commission réunie ici (...) est une délégation historique, qui témoigne du courage de reconstruire notre avenir et de la volonté de renforcer l'intégration sociale", a-t-il salué, affirmant que le processus de paix est "une question de survie qui concerne l'avenir commun des citoyens de tous horizons, tant turcs que kurdes".

La commission est composée de 48 députés, dont 25 du bloc au pouvoir (l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan et son allié MHP) et, parmi les rangs de l'opposition, dix du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) et quatre du parti prokurde DEM.

Lors de cette première session, l'élue du DEM Meral Danis Bestas a d'emblée évoqué la libération conditionnelle d'Abdullah Öcalan, condamné à vie et détenu depuis 1999.

La Turquie a été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme en 2014 pour avoir privé le prisonnier de toute possibilité de libération conditionnelle.

A la suite des discussions entamées en octobre 2024 avec les autorités via le DEM, le PKK a annoncé en mai sa dissolution, répondant ainsi à l'appel de M. Öcalan après plus de quatre décennies de combat contre les forces turques.

Selon M. Erdogan, ces violences ont fait 50.000 morts, dont 2.000 soldats et causé des milliards de dollars de pertes à l'économie turque.

"La Turquie a gagné, 86 millions de citoyens ont gagné", avait affirmé le président turc au lendemain de la cérémonie symbolique du 11 juillet. (AFP, 5 août 2025)

Turkish Parliament establishes 51-member commission for peace

The speaker of Turkey’s parliament has formally asked political parties to submit delegate names for a 51-member parliamentary commission tasked with overseeing the next phase of a state-led process aimed at ending the Kurdistan Workers’ Party’s (PKK) armed campaign and transitioning toward legal and political reconciliation.

In letters sent this week Speaker of Parliament Numan Kurtulmus invited parties to designate their members by July 31. The commission will include representatives from across the political spectrum.

The commission will be composed of 21 lawmakers from the ruling Justice and Development Party (AKP), 10 from the Republican People’s Party (CHP), four each from the pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy Party (DEM Party) and the far-right Nationalist Movement Party (MHP), three each from the nationalist İYİ (Good) Party and the leftist Yeni Yol and one member each from smaller parties including HUDA PAR, the Welfare Again Party, the Workers’ Party of Turkey (TİP), the Labor Party (EMEP), the Democratic Left Party (DSP) and the Democrat Party (DP).

The commission’s formation follows a critical peace gesture on July 11, when 30 PKK fighters symbolically burned their weapons in a public ceremony in Sulaymaniyah, northern Iraq.

The move came in response to a February call by jailed PKK leader Abdullah Ocalan for the group to abandon armed conflict and seek a democratic path forward. The Turkish government has responded by coordinating backchannel talks and initiating the legal groundwork for broader reintegration measures.

In parallel with the parliamentary preparations, a high-level delegation from the DEM Party visited Imrali Island this week for a new round of talks with Ocalan. The delegation included Van MP Pervin Buldan, Sanliurfa MP Mithat Sancar and legal advisor Ozgur Faik Erol. The visit on Friday is expected to inform upcoming policy discussions. A written statement from the delegation is expected.

Meanwhile, Turkey’s main opposition party, the CHP, has indicated that it may join the commission, but only if its participation aligns with the principles of democracy and justice. Following a meeting Thursday with Parliament Speaker Kurtulmus and National Intelligence Organization (MİT) chief Ibrahim Kalin, CHP Chairman Ozgur Ozel said his party had presented its position and would make a final decision after further internal assessment.

CHP officials told Turkish media that the party has submitted a 16-point proposal outlining its conditions for engagement. These include prioritizing democratic reforms, ending politically motivated trials, restoring judicial independence and ensuring that any outcomes from the process are not used to entrench one-man rule.

“If this commission leads to genuine democracy and justice, we will participate,” a CHP official said. “But if it turns into a tool for the ruling bloc or bypasses our principles, we will not be part of it.”

CHP leaders stressed that any lasting solution to the Kurdish struggle for recognition must be inclusive and cannot exclude the CHP, the country’s founding party. They also rejected any suggestion of a behind-the-scenes deal involving the release of jailed İstanbul Mayor Ekrem Imamoglu.

The commission’s launch comes as Turkish politics grapples with a broader reckoning over the Kurdish issue, including the legacy of armed conflict, Ocalan’s imprisonment and the legal status of former fighters. Although the government has yet to outline the commission’s exact mandate, MIT chief Kalin recently told the parties that it would address legal pathways for returnees and possibly lay the groundwork for political normalization.

Despite skepticism from some opposition circles, the commission is expected to begin work in August, potentially marking the most institutionalized form of Kurdish-state dialogue since the collapse of previous peace talks in 2015. (kurdpress.com, July 27, 2025)

PKK leader Öcalan's fellow inmate Veysi Aktaş released after 31 years in prison

Veysi Aktaş, one of the prisoners held at the İmralı island prison alongside Kurdistan Workers’ Party (PKK) leader Abdullah Öcalan, was released from prison on Jul 25 after serving over 31 years and 3 months.

Aktaş, who was convicted in 1994 for "disrupting the unity of the state," had completed the 30-year minimum required for his sentence last year. However, his release was delayed twice by the prison administration, first by one year and then by an additional three months.

Following his release, Aktaş traveled to his hometown of Diyarbakır, where he was met by a crowd with applause and ululations.

Addressing the gathering, he conveyed Öcalan's greetings and message. “Serok said, ‘We will turn İmralı Island into an island of peace',” Aktaş remarked, using the Kurdish term “Serok” meaning “leader.”

Aktaş had been transferred to İmralı in 2015 as part of a secretariat established for Öcalan during the previous unsuccessful peace initiative between 2013 and 2015. He was moved there along with four other inmates: Mehmet Sait Yıldırım, Ömer Hayri Konar, Çetin Arkaş, and Nasrullah Kuran.

Aktaş's release comes amid a renewed Kurdish peace process. Nationalist Movement Party (MHP) leader Devlet Bahçeli, the main ally of President Recep Tayyip Erdoğan, initiated the new process in October, suggesting that Öcalan could become eligible for “right to hope,” a legal mechanism that could eventually lead to conditional release, in exchange for the PKK's disbandment.

After a series of meetings with a delegation from the pro-Kurdish Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party, Öcalan, called on the organization to dissolve itself in late February.

In line with Öcalan's appeal, the PKK announced its decision to dissolve itself following a congress held in May and initiated a disarmament process with a symbolic ceremony in the Kurdistan Region of northern Iraq on Jul 11. (BIA, 28 juillet 2025)

Minorités / Minorities

Call to protect historic Greek orphanage on Büyükada amid collapse threat

The Büyükada Greek Orphanage, a historic building located on İstanbul's Büyükada island, is considered the largest wooden building in Europe and the second largest in the world. Built in the late 19th century, the structure is widely regarded as one of the most significant architectural and cultural legacies of the Ottoman modernization period, reflecting the convergence of Westernization and local traditions within İstanbul's multicultural memory.

Once home to hundreds of orphaned children, the orphanage has become a powerful symbol of the city’s diverse heritage. Today, however, it faces the threat of collapse under the pretext of “tourism development.”

Having received no restoration work since 1964, the building has been left to deteriorate. In 2012, it was added to the World Monuments Fund’s watch list, and in 2018 it was included in Europa Nostra’s list of “Seven Most Endangered Cultural Heritage Sites.”

The Turkish National Committee on Timber Structures has repeatedly warned of the urgent need to preserve the site. Despite these calls, the orphanage remains in a state of collapse, standing as a fragile yet vital reminder of cultural memory, shared trauma, and collective hope.

'Preservation must come first'

In June, the Holy and Sacred Synod of the İstanbul Greek (Rum) Patriarchate announced plans to repurpose the building for tourism, citing a lack of financial resources. The announcement sparked significant public concern.

Critics argue that such a development would pose serious risks to both the structure and the surrounding ecosystem, especially given that over 60% of the Princes’ Islands are forested and increasingly vulnerable to wildfires amid the climate crisis.

Several individuals and organizations, including the “Adalar Hepimizin” platform, Europa Nostra member İlhan Nebioğlu, the World Heritage Islands Ecology and Culture Association, and writer Gündüz Vassaf, have issued a joint call to the Patriarchate and relevant authorities.

“The orphanage may be legally owned by the Patriarchate,” the statement read, “but it is also a shared cultural asset of the İstanbul residents who have worked for years to preserve it, as well as of the international heritage community.”

The statement urged the Patriarchate and responsible institutions to implement immediate protection measures without further delay, to reopen communication channels with civil society, and to establish a transparent, participatory, and science-based plan for the building’s future. It concluded with the words: “The Büyükada Greek Orphanage is a heritage of the world. This is not merely about a building, it is a test of our collective conscience, memory, and future. Preservation must come first!”

Author Gündüz Vassaf also emphasized the urgency of the situation, saying, “From where I am now, I can see the building collapsing. We all share the responsibility to protect and preserve it. Turning the orphanage into a hotel with the Patriarchate’s consent would be an open invitation to a wildfire that could devastate Büyükada.”

The latest issue of Adalı magazine proposed that the orphanage grounds, including its infirmary and school buildings, could be restored and used for cultural and educational purposes. It suggested the site could serve as a heritage space and small museum. (BIA, 21 August 2025)

Politique intérieure/Interior Politics

Les scandales de pot-de-vin provoquent le fratricide au sein du régime

Ragip Duran, TVXS.GR, 16 août 2025

Maître Rezan Epozdemir (41) avocat de plusieurs procès populaires, mis en garde à vue le 10 août dernier a été écroué le 14 août. Le parquet menait deux enquêtes contre lui. Il était accusé de ‘’faciliter la corruption’’ et ‘’d’aider l’organisation terroriste’’ (le Secte Gulen) et ‘’de mener des activités d’espionnage’’.

Personnalité très médiatique le Maître avait des relations exceptionnelles avec certains juges et procureurs.

‘’Il a servi d’intermédiaire entre un détenu et un procureur. Ce dernier avait demandé 150 milles dollars américains (Environ 128 milles Euros) de pot-de-vin pour libérer le détenu. Epozdemir déclare qu’il avait prêté cette somme à la demande du procureur qui voulait acheter une maison’’ selon l’acte d’accusation.

‘’Pratique de plus en plus courant dans les Palais de Justice du pays’’ observe le journaliste d’investigation spécialiste des affaires de corruption Timur Soykan.

Mais l’arrestation du Maître a déclenché une querelle dure au sein même du régime. Des anciens députés du Parti d’Erdogan, des conseillers du Palais Présidentiel, des journalistes proche du pouvoir, des avocats ont publié des messages sur les réseaux sociaux pour soit défendre Me Epozdemir soit pour encourager l’approfondissement de l’enquête.

L’accusé a refusé de donner au procureur le code secret de son portable. ‘’Donc il y a des informations, des conversations et peut être des documents qui peuvent mettre en difficulté certaines personnalités haut placées y compris le chef conseiller d’Erdogan M. Mehmet Ucum’’ estime Samil Tayyar, ancien député du parti au pouvoir. Ucum déclare qu’il engagera un procès contre Tayyar ‘’qui ment’’.

Toutes les données n’ont pas encore été révélées, mais il est sûr qu’il s’agit d’une lutte interne entre au moins deux factions du pouvoir. Les pots-de-vin doivent être en principe partagés entre les auteurs de l’acte illégale ou illégitime. Probablement une raison du conflit actuel. Mais autres facteurs sont peut-être à l’ordre du jour. Chaque faction désire placer ses hommes aux postes clefs, c’est-à-dire aux postes qui peuvent rapporter beaucoup d’argent sale. Les initiatives de l’avocat ont pu briser la hiérarchie établie. Enfin, le contenu des messages sur le portable de l’avocat pourrait mettre en cause les personnalités les plus hautes du régime.

Jeudi, le président de la principale formation de l’opposition M. Ozgur Ozel, a révélé avec des documents concrets un autre scandale de pot-de-vin. Il s’agit de l’avocat Mucahit Birinci, ancien membre du Comité Central du parti d’Erdogan qui a demandé ‘’2 millions de dollars américains (Environ 1.717 millions d’Euros) comme pot-de-vin pour libérer un homme d’affaires emprisonné’’. Les proches du Président turc, encore des anciens députés, des conseillers et des journalistes ont poursuivi entre eux la vive altercation écrite sur les réseaux sociaux, avec cette fois des injures obscènes.

‘’L’affaiblissement du régime d’Erdogan, la crise économique et morale provoque des luttes intestines. Des conseillers, des ministres, des bureaucrates haut placés constatent l’effondrement du régime et désirent sauver leurs peaux. Quand le droit n’existe plus alors on peut être témoin du pire’’ estime un professeur du droit public exilé en Suisse.

Le Néo-Ottomanisme de nos jours: Ressentiment, Nostalgie et Narcisme

Ragip Duran, TVXS.GR, 3 août 2025

Cette semaine deux déclarations, l’une par le Président Erdogan et la seconde par son allié d’extrême-droite Bahceli, ont fait couler beaucoup d’encre dans les médias.

Erdogan, a parlé d’une "union entre les Turcs, les Kurdes et les Arabes". Bahceli a proposé qu’un Vice-Président de la République doive être kurde et un second alévi.

L’opposition laïque et Kémaliste ainsi que plusieurs spécialistes de sciences politiques ont violemment critiqué ces deux phrases.

"La politique doit se faire sur la base de citoyenneté et non sur la base des origines ethniques, religieuses ou bien de secte" estime M. Balbay, chroniqueur du quotidien Cumhuriyet.

"Par l’union des Turcs, des Kurdes et des Arabes Erdoğan désire voir une confédération au Moyen-Orient basée sur L’Islam" croit l’éditorialiste du même quotidien.

Les défenseurs fervents de l’Etat-Nation, du Kémalisme et des principes fondateurs de la République s’opposent contre  "les politiques identitaires" en particulier quand il s’agit des Kurdes.

Le régime Erdogan, visiblement dans l’impasse à la fois à l’intérieur du pays et en diplomatie essaie de trouver une porte de sortie. L’économie nationale est en berne, la protestation des opposants se renforce, Erdogan continue à perdre des points dans les sondages d’opinion. Par ailleurs, Ankara n’a toujours pas pu améliorer ses relations avec Washington, Moscou et Bruxelles. De plus, elle est en pleine difficulté en Syrie, car le gouvernement islamiste de Damas, inconditionnellement soutenu par Erdogan, n’est toujours pas capable d’assurer la sécurité et la stabilité du pays.

"Les vieilles recettes sont les meilleures" dit un adage turc. C’est pourquoi Erdogan croit que l’ancienne formule d’union des nations, autrefois en vigueur dans l’Empire Ottoman serait une bonne solution.

Yusuf Akcura, un des idéologues nationalistes du début du 20e siècle, dans son pamphlet intitulé "Trois Styles de Faire de la Politique" publié en 1904, avait déjà proposé "l’Ottomanisme" à côté de "L’Islamisme" et du "Turquisme". Il s’agit désormais d’une nouvelle version de l’Ottomanisme donc du Néo-Ottomanisme.

" ‘Il faut se méfier de l’union du vert et du noir’ nous disaient les dirigeants des mouvements de gauche fin des années 60", rappelle Necmiye Alpay, chroniqueuse du site indépendant T24. Donc l’islamisme et le fascisme sont un cocktail dangereux.

Nagehan Tokdogan, l’autrice du livre, "Le Néo-Ottomanisme : ressentiment, Nostalgie et Narcisme" publié en 2018 chez Iletisim, analyse "le symbolisme et l’état d’âme que le régime s’efforce de créer pour transformer une défaite en une victoire". Selon elle, Erdogan s’inspire du passé et veut retourner au passé. "102 ans après la dispersion de l’Empire Ottoman le néo-ottomanisme ne peut être qu’une caricature fantaisiste" estime un historien en exil en Allemagne.

Erdoğan 'postpones' mine workers' strike, bringing his tally to 22

President Recep Tayyip Erdoğan has postponed a planned strike by mine workers for 60 days, citing protection of national security, according to a decision published in the Official Gazette today.

The postponement was made under Article 63 of the Law on Trade Unions and Collective Bargaining Agreements (Law No. 6356) and affects four sites operated by state-owned Eti Maden Enterprises.

The affected workplaces include Eti Maden’s central headquarters in Ankara’s Çankaya district, the Bigadiç Boron Operations Directorate in Balıkesir, the Kırka Boron Operations Directorate in Eskişehir, and the Emet Boron Operations Directorate in Kütahya.

The Mine Workers’ Union (Maden-İş) had declared it would launch a strike on Aug 1 if no agreement was reached with the Labor and Social Security Ministry and the labor confederation Türk-İş.

The union had also announced a separate strike at Turkish Coal Enterprises (TKİ) for Aug 8.

22nd strike postponement

The latest move marked the 22nd strike postponement under the 23-year rule of Erdoğan's Justice and Development Party (AKP).

Aziz Çelik, a labor polict expert, said nearly 200,000 workers' were affected from the strike bans. A table shared by Çelik shows 17 of the strike bans were imposed after 2014.

“The right to strike, which is guaranteed under Article 54 of the Constitution, can be nullified by an administrative decision,” Çelik wrote. He argued that in practice, the right to strike does not exist in Turkey, as it has become dependent on presidential approval. (BIA, 31 juillet 2025)

Forces armées/Armed Forces

US remains opposed to Turkey re-joining F-35 jet programme, State Department says

The US government's opposition to Turkey's reintegration into the F-35 fighter jet programme remains unchanged, the State Department said in a letter on Wednesday.

A group of 40 lawmakers, led by Democrat Chris Pappas, wrote to Secretary of State Marco Rubio urging the government to prevent Turkey from "continuing to violate US laws and policies related to US national security."

"We have expressed our displeasure with Ankara's acquisition of the S-400 system and have made clear the steps that should be taken as part of our ongoing assessment of the implementation of CAATSA sanctions," the State Department letter said.

"Turkey is a long-time NATO ally with a history of significant contributions to the alliance's missions. The United States' defense relationship with Turkey remains vital to the security interests of both the United States and NATO."

Turkey was removed from the F-35 programme and the country's Defence Industry Agency was sanctioned under the Countering America's Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA) after Ankara announced in 2017 it would purchase Russian S-400 missiles.

The US said the missiles were incompatible with NATO technology and posed a risk to the F-35s.

Turkey said it was forced to look elsewhere for missiles systems after the US refused to include technology transfer in a deal to buy American-made Patriot missiles.

Ankara also argued that it was aiming for greater autonomy in its defence procurements, but the purchase of the S400 caused concern among other NATO allies. (euronews, 21 August août 2025)

La Turquie fournira des armes et un soutien à la Syrie

Le gouvernement intérimaire syrien est confronté à des difficultés croissantes pour rétablir l'ordre après près de 14 ans de guerre civile, à la suite de l'éviction de l'ancien président Bachar el-Assad par les forces rebelles dirigées par les islamistes en décembre.

La Turquie fournira des armes, des équipements militaires et un soutien logistique à la Syrie dans le cadre d'un accord de défense récemment signé, ont déclaré jeudi des responsables du ministère turc de la défense.

Cette annonce intervient un jour après que le ministre turc de la défense, Yasar Guler, et le ministre syrien de la défense, Murhaf Abu Qasra, ont signé un protocole d'accord pour la coopération en matière de formation et de conseil militaires, renforçant ainsi le soutien de la Turquie au gouvernement intérimaire de la Syrie.

Le mois dernier, la Syrie a demandé l'aide de la Turquie pour renforcer ses capacités de défense à la suite de violences sectaires dans le pays, qui ont également entraîné l'intervention d'Israël.

Dans le cadre de cet accord, la Turquie partagera ses "connaissances et son expérience" et fournira des équipements militaires, des systèmes d'armes et du matériel logistique pour aider à renforcer les capacités du pays, ont déclaré des responsables du ministère turc de la défense.

Le gouvernement intérimaire de la Syrie est confronté à des difficultés croissantes pour rétablir l'ordre après près de 14 ans de guerre civile, à la suite de l'éviction de l'ancien président Bachar el-Assad par les forces rebelles dirigées par les islamistes en décembre.

Dernièrement, des centaines de personnes ont été tuées lors d'affrontements dans la province méridionale de Suwayda entre les forces gouvernementales et les tribus bédouines locales, d'une part, et les combattants de la minorité druze, d'autre part.

La Turquie a soutenu la nouvelle administration syrienne, formée en grande partie par des rebelles qu'Ankara a soutenus pendant la guerre civile.

Mercredi, le ministre turc des affaires étrangères, Hakan Fidan, a mis en garde Israël et les combattants kurdes contre les actions qui menacent la stabilité de la Syrie, les accusant de saper les efforts de rétablissement du pays.

Lors d'une conférence de presse à Ankara, M. Fidan a accusé les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliées des États-Unis et dirigées par les Kurdes, de retarder la mise en œuvre d'un accord conclu en mars pour fusionner avec l'armée syrienne.

La semaine dernière, des représentants des différents groupes ethniques et religieux de Syrie ont tenu une conférence à Hassakeh et ont appelé à la formation d'un État décentralisé et à la rédaction d'une nouvelle constitution qui garantisse le pluralisme religieux, culturel et ethnique.

Le gouvernement syrien a critiqué cette réunion et a affirmé que parmi les participants se trouvaient des personnes ayant des ambitions sécessionnistes.

Il a déclaré qu'en conséquence, il n'avait plus l'intention de participer aux pourparlers prévus avec les FDS à Paris, qui avaient été convenus à la fin du mois de juillet. Aucune date n'a encore été fixée pour ces discussions. (Euronews, 15 août 2025)

A Ankara, Turquie et Sénégal parlent défense et coopération sécuritaire

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué les liens croissants de son pays avec l'Afrique en précisant qu'il avait discuté jeudi, avec le Premier ministre sénégalais en déplacement à Ankara, de défense et de coopération sécuritaire.

"Aujourd'hui, nous avons discuté des mesures communes que nous pouvons prendre dans des domaines comme la sécurité, l'industrie de la défense et la lutte contre le terrorisme", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence de presse télévisée aux côtés du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko.

"Nous sommes heureux de l'intérêt croissant de nos frères africains pour les produits de défense turcs. Nous sommes impatients de renforcer notre solidarité dans ce domaine dans la période à venir", a-t-il dit.

La Turquie a consolidé ces dernières années sa place en Afrique, à un moment où de nombreux pays du continent se détournent de leurs anciens colonisateurs.

Ankara a signé des accords de défense avec un certain nombre d'États à travers le continent, notamment la Somalie, la Libye, le Kenya, le Rwanda, l'Éthiopie, le Nigeria et le Ghana.

Et ces accords ont ouvert des contrats pour les fabricants de défense turcs, notamment pour leurs drones réputés fiables et peu coûteux.

Jeudi, M. Erdogan a salué le continent africain comme la "star de notre siècle" avec sa démographie jeune, son dynamisme et ses beautés encore inconnues.

"Aucun pays avec une vision mondiale ne peut ignorer le continent africain ou tourner le dos à cette géographie magnifique", a-t-il déclaré.

"Nous rejetons toute approche arrogante, condescendante ou orientaliste envers le continent africain", a-t-il ajouté en fustigeant quiconque critiquait le partenariat turco-africain. (AFP, 7 août 2025)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Man accused of killing wife 'for wearing swimsuit' released seven months after arrest

A man accused of fatally beating his wife in western Turkey after she entered a pool wearing a swimsuit was released from jail just seven months after his arrest, despite a pending charge of aggravated life imprisonment and medical reports citing internal bleeding and head trauma, according to a report by the daily Sözcü.

Şeyhmus Çiçek allegedly assaulted his wife, Süreyya Arlıcan Çiçek, on Aug 13, 2020, in the district of Seferihisar, İzmir province. According to witness statements and his own testimony at the hospital, the attack was triggered by her wearing a swimsuit while swimming with relatives.

In her statement at the hospital before her death, Süreyya said, "My cousin and I were swimming when Şeyhmus began glaring at us. Hours later, he insulted me and said, ‘Why are you swimming in a swimsuit?’ Then he started punching me.

"Even though he knew I had undergone bypass surgery, he hit me repeatedly in the chest, heart, head, and face. He said, ‘Who would hold me accountable if I kill you?’ and fired shots at my feet saying, ‘This is how I make someone dance.’"

She died days later from blunt head trauma and internal bleeding caused by broken ribs, according to an autopsy report.

Şeyhmus Çiçek initially claimed he only slapped his wife and denied any intent to kill. He was detained and tried on charges of aggravated life imprisonment but was released from pre-trial detention seven months later following an appeal.

Despite public outcry and the forensic report pointing to his direct responsibility, he was briefly re-arrested in Aug 2021 after the autopsy findings but was released again shortly afterward. He later disappeared.

Authorities later learned that Şeyhmus Çiçek had fled to Iraq with the help of his sons and had been living in a villa in Erbil for five years. Turkey's Justice Ministry is now preparing to initiate extradition proceedings through its consulate in Erbil. (BIA, 20 August 2025)

Turkey’s religious authority issues sermon opposing equal inheritance for daughters

Today’s Friday sermon, delivered in mosques nationwide as part of Muslims’ weekly congregational prayers, opposed equal inheritance rights for daughters.

"Depriving daughters of inheritance or daughters not accepting the share determined by God constitutes a violation of others’ rights," said the sermon prepared centrally by the Directorate of Religious Affairs (Diyanet), the country’s top religious body. The general theme of the sermon was violation of others' rights.

“It is against divine justice to change the inheritance measurement set by our God without mutual consent,” the sermon also said.

Under Islamic law, a daughter receives half the share of a son if both are heirs. If there is only one daughter and no son, she receives half the estate. Multiple daughters without a brother receive two-thirds collectively.
'Cutting women's share in half'

Women’s Platform for Equality (EŞİK) condemned Diyanet in a statement, saying, “Diyanet is trying to cut women’s inheritance rights in half, extending what the government has already done through hidden changes in the mediation system to cover all inheritance matters,” referring to the government's recent action potentially threatening women's equal inheritance rights.

In June, the government introduced a regulation that allowed heirs to divide inherited property among themselves without oversight from public institutions. The change, based on a 2024 amendment to the Mediation Law, enables real estate division through mutual written agreements, potentially bypassing the Civil Code’s guarantee of equal inheritance.

Women’s rights advocates raise concerns that such a regulation could lead to the usurpation of women’s right to equal sharing, with families pressuring them into accepting arrangements that violate the Civil Code.

The group argued that the Diyanet, as a constitutional institution directly linked to the Presidency, must comply with the Constitution: “Through its sermons and fatwas, it cannot attempt to abolish, undermine, or amend the Constitution and the Civil Code. It must immediately stop issuing statements that contradict the Constitution and laws, and return to its legal limits.”

"We call on officials to take responsibility and put an end to the Diyanet’s provocative stance, which threatens women’s basic rights and could expose them to violence, including threats to their lives, for demanding those rights. We will not give up any of our constitutional or legal rights, including inheritance.”

The Diyanet faced similar criticism over its Aug 1 sermon, which labeled certain styles of women’s clothing, such as shorts, see-through garments, and tattoos, as "clothed nudeness." (15 août 2025)

Muslim feminist writer removes headscarf in protest of Diyanet sermon

Feminist writer Berrin Sönmez has removed her headscarf in protest against a recent Friday sermon by the Religious Affairs Directorate's (Diyanet) criticizing women's clothing as "dressed nudeness."

The sermon, known as khutbah in Islam, outlined how women should dress in different environments.

In her column article published on Medyascope published on Aug 3, Sönmez described the sermon as “a veiled imposition of the headscarf" and "a form of retaliation for the past headscarf bans.”

“I’m uncovering my head now in case a headscarf mandate is imposed,” she wrote, challenging the Diyanet.

The khutbah, a traditional part of Muslims' congregational Friday prayers, is centrally prepared by the Diyanet and read out in roughly 90,000 mosques across the country. Delivered by the mosque’s imam, the sermon serves as a religious guidance address to the congregation.

What did the Diyanet sermon say?

Sönmez said what prompted her action was not only the overall message of the sermon but also a specific passage which, she argued, implicitly urged public institutions to take initiative against women who do not wear the headscarf:

Being present in public spaces, especially in places with an institutional character, while wearing inappropriate clothing is a challenge even to the most basic moral standards. This is not modernity; it is primitiveness. Those who remain silent in the face of violations of moral and ethical values bear a heavy burden, for it is our shared responsibility to protect the chastity, decency, and morality of our youth.

Among the sermon’s other statements were:

“Revealing private parts”: “Immodesty is a disaster that destroys moral values and tramples on human dignity. It is one of Satan’s most insidious traps. As our Almighty Lord warned: ‘O children of Adam! Do not let Satan tempt you as he did your parents, stripping them of their garments to expose their nakedness.’”

“Short and transparent clothes are forbidden”: “The Messenger of Allah said, ‘Allah, the Mighty and Majestic, is forbearing, modest, and conceals faults. He loves modesty and covering.’ Thus, wearing short or transparent clothing, regardless of time or purpose, violates God’s command to dress modestly and is forbidden. Those who wear tight clothes that reveal body parts are, in the words of the Prophet, ‘clothed yet naked.’”

“Getting a tattoo is haram”: “Whatever the intention, getting a tattoo means being deprived of God’s mercy and is forbidden, according to the Prophet. Sharing images with clothing that is not approved by our religion, on screens, digital platforms, or in media, is inappropriate and forbidden in every respect.”

“Being in formal settings in inappropriate clothing is immoral”: “Being present in public, especially in official settings, in inappropriate attire is a direct challenge to even the most basic moral standards. This is not modernity, it is primitiveness. Those who remain silent while moral and ethical norms are violated bear heavy responsibility.”

'I hope I'm wrong'

In her article, Sönmez criticized the sermon from both a theological and social perspective. She recounted her personal journey with the headscarf, explaining her reasons for both adopting and later removing it.

“I started wearing the headscarf in 1981, during my second year at Ankara University’s Faculty of Language, History and Geography, when rumors spread that the Sep 12 [1980] military junta would impose a headscarf ban in universities," she wrote. "It was a personal act of resistance, not part of an organized movement.”

She said she eventually removed it during her doctoral studies and later later resumed wearing it on the day she retired.

“At the time of my forced retirement during the Feb 28 [1997] purges, the Justice and Development Party (AKP) was gaining momentum. There were widespread fears that Turkey would turn into Iran. I didn’t believe it," she further wrote.

"I thought it was impossible. But as an academic, I should have at least left room for a one-in-a-thousand possibility. When I put my headscarf back on that day, I made a silent pact with my Creator: If the day ever comes when headscarves are made mandatory in this country, that day I will take it off.”

Sönmez now believes that day has come, saying the Aug 1 sermon signals a shift toward imposing the headscarf.

“Sadly, the reference to ‘institutional settings’ in the sermon makes me think this is the beginning of a headscarf mandate aimed at avenging past bans. I hope I’m wrong. But I cannot ignore this signal. It’s necessary to respond while there’s still a chance to prevent it," she wrote. (BIA, 7 August 2025)

La Turquie condamne la prière d'un ministre israélien sur l'esplanade des Mosquées

La Turquie a vivement dénoncé dimanche le déplacement du ministre israélien d'extrême droite Itamar Ben Gvir sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est, secteur occupé et annexé par Israël, pour y prier.

"Nous condamnons fermement la descente menée sur la mosquée Al-Aqsa par certains ministres israéliens, sous la protection de la police israélienne et accompagnés de groupes de colons israéliens", a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le ministre israélien de la Sécurité nationale a dirigé publiquement dimanche matin une prière juive sur ce site hautement sensible où se situe la mosquée Al-Aqsa.

Troisième lieu saint de l'islam, l'esplanade, bâtie sur les ruines du second temple juif détruit en l'an 70 par les Romains, est une poudrière où le moindre incident peut dégénérer au point d'embraser la région. Pour les juifs, c'est le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme.

"La sécurité de la mosquée Al-Aqsa et la préservation de l'identité sacrée de Jérusalem ne sont pas seulement des priorités régionales, mais aussi une responsabilité fondamentale au nom de la conscience collective de l'humanité", a ajouté la diplomatie turque.

En vertu d'un statu quo décrété après la conquête de Jérusalem-Est par Israël en 1967, les non-musulmans peuvent se rendre sur l'esplanade à des heures précises, sans y prier, mais cette règle est de plus en plus souvent bafouée par un nombre croissant de juifs nationalistes.

La Jordanie, qui administre l'esplanade mais dont les points d'entrée sont contrôlés par Israël depuis 1967, a condamné "les pratiques de ce ministre extrémiste" qui "ne remettent pas en cause le fait que Jérusalem-Est est une ville occupée". (AFP, 3 août 2025)

Socio-économique / Socio-economic

Nouvel incendie en Turquie: des centaines de personnes évacuées

Des centaines de personnes ont été évacuées de sept villages de la province touristique de Çanakkale, au nord-ouest de la Turquie, en raison d'un nouvel incendie, ont indiqué dimanche les autorités.

Le feu y a débuté samedi et s'est rapidement propagé en raison de vents violents soufflant sur les collines proches de la ville de Gelibolu, bordant le détroit très fréquenté des Dardanelles.

Dans la nuit, quelque 250 habitants ont dû quitter cinq villages, avant que deux autres ne soient évacués dimanche, a écrit sur X le gouverneur de Çanakkale, Omer Toraman, sans préciser le nombre total de personnes concernées.

"Jusqu'à présent, le feu ne s'est pas propagé aux zones évacuées", a-t-il assuré, ajoutant que les cimetières militaires de la péninsule n'avaient "pas été touchés" par les flammes.

Des images ont été diffusées montrant les collines illuminées par de vives flammes et d'énormes nuages de fumée se déversant dans l'air nocturne.

Au total, douze avions et 18 hélicoptères luttaient contre les flammes aux côtés de 343 véhicules au sol dans le cadre d'une opération impliquant 1.300 personnes, a détaillé sur X le ministre de l'Agriculture, Ibrahim Yumakli.

Une grande partie du nord-ouest de la Turquie a été touchée par des vents violents ces derniers jours, même s'ils se sont atténués dimanche. Cela signifie que les efforts pour lutter contre l'incendie "progressent de manière plus positive", a-t-il souligné.

Destination prisée des touristes pour ses ruines antiques de Troie ainsi que pour le champ de bataille de Gallipoli, où des milliers de soldats sont morts pendant la Première Guerre mondiale, la province a souffert d'une "sécheresse extrêmement sévère" au cours de l'année écoulée, avait rappelé plus tôt dans la journée le gouverneur.

Le 11 août déjà, plus de 2.000 personnes ont dû être évacuées dans cette province turque en raison d'un incendie. Un violent incendie avait dévasté des habitations et intoxiqué des dizaines d'habitants.

La Turquie, qui a connu son mois de juillet le plus chaud depuis le début des relevés météorologiques il y a 55 ans, a fait face ces dernières semaines à plusieurs incendies d'ampleur. Quatorze personnes ont ainsi perdu la vie en combattant les feux en juillet dans l'ouest du pays.

Les experts affirment que le changement climatique augmente la fréquence et l'intensité des incendies de forêt et d'autres catastrophes naturelles et ont exhorté la Turquie à prendre des mesures pour remédier à ce problème. (AFP, 17 août 2025)

Un mort dans un séisme de magnitude 6,1 dans l'ouest de la Turquie

Une personne a été tuée et vingt-neuf personnes ont été blessées dans un séisme de magnitude 6,1 qui a frappé dimanche la ville de Sindirgi, dans l'ouest de la Turquie, ont affirmé les autorités turques.

"Une personne âgée de 81 ans est décédée peu après avoir été sauvée des décombres", a annoncé aux journalistes le ministre turc de l'Intérieur Ali Yerlikaya qui s'est dépêché sur place.

"Dieu merci, aucun de nos vingt-neuf blessés n'a été grièvement blessé", a-t-il ajouté.

Dans les villages autour de Sindirgi, seize bâtiments, dont quatre habitations et douze immeubles désaffectés, se sont effondrés sans faire de victimes, les habitants ayant pu les évacuer sains et saufs, a précisé le ministre.

La personne décédée est morte peu après avoir été extraite des décombres d'un immeuble de trois étages habité par six personnes dans le centre-ville de Sindirgi.

"Est-ce qu'il y a quelqu'un qui entend ma voix?", ont crié les secouristes avant d'écouter les sons qui pourraient provenir des survivants sous les décombres de cet immeuble, selon les images diffusées par la chaîne privée turque NTV.

Le séisme, survenu à 19H53 (16H53 GMT) a été ressenti dans de nombreuses villes de l'ouest du pays, dont Istanbul et Izmir, selon l'Agence turque de gestion des catastrophes (AFAD).

Vingt répliques de magnitude allant de 3,5 à 4,6 sont survenues après le séisme, selon l'AFAD.

319 secouristes ont été déployés dans la zone tandis que le centre d'appel d'urgence a reçu vingt-quatre signalement de dégâts, a ajouté l'AFAD.

Un séisme de magnitude 5,8 avait fait une victime et soixante-neuf blessés début juin dans le sud-ouest de la Turquie.

Le pays est traversé par plusieurs failles qui ont causé de nombreux drames par le passé.

Le sud-est du pays a subi un violent tremblement de terre en février 2023 qui a fait au moins 53.000 morts et dévasté d'Antakya, l'ancienne Antioche. (AFP, 15 août 2025)

Le mois de juillet a été le plus chaud mesuré depuis 55 ans

La Turquie a connu le mois de juillet le plus chaud depuis 55 ans, a annoncé samedi le ministère turc de l'Environnement.

Des températures record ont été enregistrées par 66 stations météorologiques sur 220 à travers le pays, avec une hausse de 1,9°C de la température moyenne par rapport aux années précédentes, a affirmé sur X le ministère.

Une température de 50,5°C avait été mesurée fin juillet à Silopi, dans le sud-est de la Turquie, un record absolu à l'échelle du pays, selon les autorités.

La localité de Silopi est située dans la province de Sirnak, à moins de 10 km des frontières irakienne et syrienne. Le précédent record national, 49,5°C, avait été mesuré en août 2023 dans la province d'Eskisehir (ouest).

La Turquie, confrontée à des températures caniculaires depuis plusieurs semaines, a déjà fait face en juillet à plusieurs incendies d'ampleur. Quatorze personnes ont perdu la vie en combattant les feux le mois passé dans l'ouest du pays.

Des centaines de personnes ont été évacuées vendredi dans la province turque de Çanakkale (nord-ouest), où le très fréquenté détroit des Dardanelles a été fermé au trafic maritime en raison de deux incendies faisant rage depuis la mi-journée.

La vague de chaleur fait craindre par endroits des pénuries d'eau: la station balnéaire de Cesme, située près d'Izmir (ouest), a prive ainsi habitants et touristes d'eau au robinet de 23H00 à 06H00 depuis le 25 juillet.

La Grèce voisine a également été soumise à une vague de chaleur et également victime de nombreux incendies. (AFP, 9 août 2025)


Sur les côtes turques, le tourisme met l'eau sous pression

Ali Alyanak et ses voisins attendent la pluie avec impatience: ces villageois de la province touristique turque d'Izmir (ouest) sont contraints cette année de puiser leur eau 170 mètres sous terre.

Non loin sur la côte, les piscines des centaines d'hôtels sont remplies à ras bord.

Cette région du littoral égéen subit une grave sécheresse qui a poussé la municipalité de Çesme, station balnéaire courue dont la population explose en été, à priver ses habitants d'eau potable dix heures par jour.

Izmir, troisième ville du pays, en fera de même six heures par jour à partir de mercredi.

"Nos parents puisaient à 8-9 mètres de profondeur, désormais il faut aller à 170 mètres", affirme à l'AFP Ali Alyanak, 39 ans, père de deux enfants et "muhtar" (maire) du village de Germiyan où les habitants tirent tous leur eau des nappes phréatiques.

Les images du grand barrage voisin qui alimente Çesme ont fait le tour des télévisions turques: son niveau est tombé à 3%, faisant place à un paysage de désolation.

"Les hôtels sont le principal problème: l'eau des piscines s'évapore, les serviettes sont lavées tous les jours et les gens prennent trois à cinq douches par jour, dès qu'ils se baignent ou reviennent de l'extérieur. C'est du gaspillage", peste Ali Alyanak, qui recueille lui chaque goutte de pluie.

 - Prières pour la pluie -

 Le déficit de précipitations depuis l'automne est le grand responsable de la crise actuelle. La semaine passée, des prières pour faire venir la pluie ont résonné dans les haut-parleurs des 90.000 mosquées du pays.

Mais les experts soulignent aussi l'impact du tourisme, qui met sous pression les ressources en eau d'Izmir et de Bodrum, Marmaris et Antalya, stations balnéaires du sud-ouest prisées des touristes étrangers.

Le problème se pose dans d'autres pays du pourtour méditerranéen, qui concentrent 30% du tourisme mondial et connaîtront selon les climatologues une chute des précipitations au cours des prochaines décennies.

Des scientifiques ont ainsi calculé que 88% du territoire turc était à risque de désertification.

"Les pertes en eau doivent être réduites autant que possible, en particulier dans le secteur du tourisme", exhorte Selma Akdogan, de la Chambre des ingénieurs en environnement d'Izmir, qui affirme qu'un touriste consomme en moyenne "deux à trois fois" plus d'eau qu'un habitant.

"Les niveaux d'eau diminuent en été mais aussi en hiver", pointe l'experte qui note que "les précipitations sont moins régulières mais plus intenses, rendant plus difficile l'absorption des pluies par les sols".

Face aux sécheresses répétées, l'ingénieure appelle collectivités et particuliers à abandonner les pelouses au profit de sols moins gourmands en eau et suggère que les hôtels remplissent leurs piscines d'eau de mer.

D'autres experts réclament une tarification différenciée de l'eau afin de contraindre les hôtels à la sobriété.

 - "Eau 24h/24" -

 À la tête d'un établissement de luxe de 253 chambres avec vue imprenable sur les eaux turquoise de la mer Égée, Orhan Belge s'agace du battage médiatique autour du sujet.

"Les grands hôtels 4 ou 5 étoiles comme le nôtre avons des réservoirs d'eau de 200 à 250 tonnes. Nous avons de l'eau 24h/24", se félicite l'homme, également président de l'Union des hôteliers de la ville.

Pour lui, la solution aux pénuries d'eau passe notamment par le dessalement de l'eau de mer, un processus coûteux et énergivore déjà utilisé par certains hôtels de la région.

Le responsable d'un petit hôtel de la ville, qui préfère taire son nom, concède que "le manque d'eau est un vrai problème" mais s'inquiète surtout de l'effet des restrictions d'eau sur la fréquentation touristique.

"L'été dernier aux mêmes dates nous étions complets. Et nous l'étions encore il y a deux semaines. Là, l'hôtel est à 80% vide et nous n'avons pas de réservations pour août", peste-t-il.

Sabiha Yurtsever, qui passe tous ses étés à Çesme depuis 25 ans, n'a pas souvenir d'un été aussi sec. La retraitée de 80 ans, qui vit le reste de l'année à Izmir, accuse gouvernement et hôteliers de rendre la région invivable.

"Quand les forêts brûlent, ils construisent des hôtels au lieu de replanter", affirme l'octogénaire. Or, poursuit-elle, "moins vous avez d'arbres, moins vous aurez de pluie". (AFP, 5 août 2025)

Plus de 50°C en Turquie: "personne ne peut s'habituer à ça"

Jamais, dans sa vie de sexagénaire, Recep Esiyop n'a connu pareille température. "Il n'y a pas un chat dehors dans la journée, personne ne peut s'habituer à une telle chaleur".

Depuis que le record de 50,5°C enregistré le 25 juillet, a placé Silopi, dans le sud-est de la Turquie, sur la carte des extrêmes, le vendeur de glace vit dans l'air conditionné et s'inquiète pour ses factures d'électricité.

D'autant que la vague de chaleur va se poursuivre jusqu'au 2 août au moins, ont prévenu les autorités. Leurs relevés sont du reste mis en doute par certains.

"Le thermomètre n'est pratiquement pas descendu sous les 50°C, assure Hacil Coksun, et quand les officiels annoncent 49 ou même 51, croyez moi, on était probablement au-dessus des 55 degrés. Au moins."

"On atteint des niveaux sans comparaison avec les années précédentes" ajoute cet homme de 52 ans avec irritation.

Depuis la mi-juillet, la Turquie subit des températures de 6 à 12 degrés au-dessus des normales saisonnières, selon la Direction générale de la météorologie (MGM) et au-dessus des 40°C sur la majorité du territoire.

Les vagues de chaleur, qui deviennent plus fréquentes, plus longues et plus intenses, constituent un marqueur clair du réchauffement climatique, selon les experts.

Conjuguée à la sécheresse - "la pire depuis cinq ans" selon le président Recep Tayyip Erdogan - plus de 3.100 incendies de forêt se sont déclarés depuis le début de l'été. Ils ont causé la mort de 14 personnes malgré la mobilisation de drones pour surveiller les massifs forestiers: une situation de "guerre", a insisté le chef de l'Etat en incriminant "le changement climatique".

 - "planter des arbres, pas les abattre" -

Cette touffeur sèche joue sur les nerfs des habitants qui ont le sentiment de vivre dans un brasier, et l'ambiance est maussade aux terrasses et dans les rues désertées. Le district de Silopi vit surtout du commerce avec l'Irak voisin et des services de transports entre la frontière et le reste du pays.

Située au coeur d'une zone désertique et au pied des montagnes, la région souffre du manque d'arbres et de végétation.

"Malheureusement, les forêts ont été brûlées ici par le passé, pour des raisons de sécurité", accuse Hacil Goskun, évoquant le temps où l'armée ratissait les environs à la poursuite des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme une organisation "terroriste".

"Au moins maintenant, ils pourraient atténuer les choses en plantant des arbres. Pas en les abattant".

Le Parlement turc vient d'adopter une loi ouvrant certaines terres agricoles, dont des champs d'oliviers et des forêts, aux exploitations minières en dépit des protestations des défenseurs de l'environnement.

En sueur devant son döner, cette pyramide de viandes rôties qui tourne au-dessus des flammes, Cemil Seher, 51 ans, réclame un rabais sur ses factures d'électricité.

"Avant, l'été durait trois mois, maintenant c'est cinq. Les climatiseurs tournent 24 heures sur 24. C'était considéré comme un luxe mais aujourd'hui ils sont absolument nécessaires, avec les réfrigérateurs".

"Les factures d'électricité sont très élevées. Je ne fais pas de bénéfice ici, je travaille cinq mois de l'année juste pour les payer", explique-t-il, réclamant un tarif spécial, "pas seulement pour Silopi mais pour toute la région, d'ici à Sanliurfa", à la frontière syrienne.

"La clim' est devenue aussi essentielle que le pain et l'eau ici", appuie-t-il. (AFP, 30 juillet 2025)

One-third of Turkey's workforce is idle, official data reveals

Turkey's broad unemployment rate rose to 32.9% in June, reflecting a total of 11.6 million people who are unemployed, underemployed, or available to work but not actively seeking a job, according to data released by the Turkish Statistical Institute (TurkStat).

The unemployment figure stood at 3.05 million, equivalent to 8.6%. The idle labor force figure includes not only those actively seeking work but also individuals in part-time employment desiring full-time jobs, and those willing to work but not currently job-seeking.

The broad unemployment rate increased by 1.8 percentage points compared to the previous month, reaching its highest level this year.

Young women face disproportional unemployment

Young people and women continue to be the most vulnerable groups in the labor market. Among people aged 15–24, the overall unemployment rate climbed to 16.2 percent. The rate was significantly higher among young women, reaching 23.7 percent, compared to 12.3 percent among young men.

“These figures show that nearly one in four young women is unemployed,” TurkStat noted in its release.

Labor force participation remained flat at 53.5 percent, totaling 35.5 million people. However, a gender breakdown reveals stark disparities: 71.3 percent of men participate in the labor force compared to just 36 percent of women.

Total employment declined by 18,000 in June to 32.45 million, while the employment rate dropped by 0.1 percentage point to 48.9 percent. The employment rate among men stood at 66.2 percent, while for women it was 31.9 percent.

The data highlights the continuing gender gap in both employment and labor force participation, with women significantly trailing men in both categories. (BIA, 30 juillet 2025)


En Turquie, les glaciers du mont Cilo se meurent

Kemal Özdemir lève les yeux en direction des hauts pics nus du mont Cilo, dans le sud-est de la Turquie: "Il y a dix ans, les glaciers s'élevaient ici", se remémore-t-il sous un ciel sans nuage.

Puis l'homme, guide de montagne depuis quinze ans, se tourne vers le torrent qui charrie des blocs de glace grisâtres par dizaines, en contrebas d'un versant recouvert d'herbe et de cailloux.

"Comme vous voyez et pouvez l'entendre, il y a des blocs détachés du glacier dans la rivière (...) Et son débit très élevé témoigne de la vitesse à laquelle la glace fond", relève-t-il.

Les glaciers du mont Cilo, qui culmine à 4.135 mètres dans la province d'Hakkari, à la frontière irakienne, sont les deuxièmes plus importants du pays, derrière ceux du mont Ararat (5.137 m), 250 km plus au nord.

Mais sous l'effet du réchauffement climatique, de nouveaux pans de montagne autrefois prisonniers des glaces se découvrent année après année.

La Turquie, qui subit canicules et sécheresse, a même enregistré vendredi un record de température sur son territoire de 50,5°C à Silopi, à 200 km à vol d'oiseau d'Hakkari.

"La fonte est plus rapide qu'attendue. D'après nos recherches, nous avons perdu au cours des quarante dernières années près de 50% de la calotte de glace et de neige" du mont Cilo, explique à l'AFP le Pr Onur Satir, spécialiste en systèmes d'information géographique à l'université Yüzüncü Yil de Van (est).

 - "Aucun moyen de recouvrir la glace" -

 "Certaines parties fondent plus vite que d'autres, cela nous indique lesquelles doivent être protégées. Mais nous n'avons aucun moyen de recouvrir la glace", ajoute l'expert, alors que plusieurs glaciers des Alpes ont été recouverts de bâches blanches ces dernières années pour tenter de retarder leur agonie.

Selon l'ONU, des glaciers de plusieurs régions du monde ne survivront pas au XXIe siècle, menaçant l'approvisionnement en eau de centaines de millions de personnes.

Le professeur Satir explique que si la masse de glace est importante, "la fonte ne sera pas trop rapide. Mais si vous divisez le bloc, alors il fondra plus vite."

Les paysages autour du mont Cilo font le bonheur des randonneurs, nombreux à se presser sur la montagne depuis que les armes se sont tues ces dernières années dans la région, d'où les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont longtemps défié l'Etat turc.

Le processus de paix en cours avec le PKK, groupe qualifié de terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux, laisse augurer d'une accélération du tourisme dans cette zone devenue parc national en 2020.

La fonte des glaces rend toutefois certaines zones périlleuses. En juillet 2023, deux randonneurs ont péri emportés par un bloc se détachant d'un glacier.

 - "Ne pas marcher sur la glace" -

 "Les gens ne devraient pas marcher sur la glace", alerte Kemal Özdemir, inquiet pour la sécurité des randonneurs comme pour la préservation des glaciers.

"Cette zone se trouve à 40-50 km de la première ville, avant il  n'y avait pas de route. Mais depuis sa construction, de plus en plus de voitures arrivent jusqu'ici et l'augmentation du nombre de visiteurs accélère aussi la fonte des glaces", affirme le guide de 38 ans, qui est né et a grandi dans la région.

Parmi les dizaines de touristes ébahis face aux paysages, certains refusent de reconnaître la réalité du réchauffement climatique dans l'évolution rapide de l'environnement, pourtant scientifiquement établie.

"C'est l'évolution naturelle du monde", assène Hasan Saglam, un médecin de 65 ans venu contempler le mont Cilo pour la première fois.

"Quand nous lions ça au changement climatique, les pays industriels viennent nous dire de ne pas utiliser d'énergies fossiles et de ne pas développer notre industrie", fulmine-t-il.

Un rapport de l'ONU sur la désertification dans le monde estime que 88% du territoire turc est menacé par le phénomène: les précipitations devraient diminuer d'un tiers d'ici la fin du siècle tandis que les températures devraient augmenter de 5 à 6°C par rapport aux moyennes relevées entre 1961-1990. (AFP, 29 juillet 2025)

Quatre incendies majeurs toujours en cours

La Turquie bataille toujours lundi contre quatre incendies majeurs dont celui de Bursa, quatrième ville du pays et vaste site industriel dans le nord-ouest, a indiqué le ministre de l'Agriculture et des forêts.

Outre Bursa, où le feu fait rage depuis samedi soir, la région de Karabük (nord), la plus boisée du pays qui abrite notamment la petite ville touristique de Safranbolu, et celle de Kahramanmaras (sud) sont également touchées, a détaillé Ibrahim Yumakli.

"Cinq foyers ont été maîtrisés dans quatre provinces" mais le travail des pompiers est rendu difficile par la force du vent qui attise les flammes, a-t-il expliqué sans préciser l'étendue des zones sinistrées.

"Compte tenu de la taille et de l'intensité des incendies, la capacité de l'État à réagir rapidement dans de telles catastrophes est parfois limitée" a ajouté lundi le ministre.

"S'il y a du vent, il n'y a pas d'avions, et il faut des heures pour que vous en preniez le contrôle, il faut même des jours" a-t-il indiqué en appelant les "86 millions de nos citoyens à garder cette précision en tête".

Dimanche il avait détaillé la mobilisation de plus de 850 véhicules, six avions et quatre hélicoptères rien que dans la zone de Bursa, où la météo prévoir lundi 38°C.

La Turquie traverse une vague de chaleur qui a culminé avec des relevés au dessus des 40°C sur une majeure partie du pays la semaine dernière et même un record historique de 50,5°C vendredi dans l'extrême sud-est, à Silopi, près des frontières irakienne et syrienne.

Dix-neuf villages ont dû être évacués dans la région de Safranbolu, et plus de 3.500 personnes autour de Bursa.

Un pompier combattant les flammes est décédé des suites d'une crise cardiaque samedi soir, et trois personnes sont mortes dimanche dans l'accident d'un camion-citerne utilisé pour lutter contre l'un des deux incendies, a annoncé le gouvernorat de Bursa.

Mercredi, dix forestiers et secouristes bénévoles ont péri, prisonniers d'un violent feu de forêt à Eskisehir, 150 km plus à l'est.

Les autorités ont prévenu que la situation resterait critique jusqu'en octobre sur le front des incendies.

La canicule qui frappe conjuguée à la sécheresse ont favorisé l'éclosion de plus de 3.000 feux depuis le début de l'été à travers le pays, selon le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon une étude citée dans un rapport de l'ONU publié début juillet, 88% du territoire turc est exposé à un risque élevé de désertification. (AFP, 28 juillet 2025)


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

En Turquie, les commerçants qui refusent la carte bancaire agacent les touristes


Jean-Marc De Jaeger, Le Figaro, 14 août 2025

Pour échapper à la TVA et aux taxes, les commerces de plusieurs stations balnéaires touristiques n’acceptent plus que l’argent liquide. Les paiements par carte peuvent donner lieu à des frais s’élevant jusqu’à 30 %.

«Cash only». Alors que de plus en plus de pays disent adieu à leurs pièces et billets au profit de moyens de paiement électroniques, plusieurs stations balnéaires touristiques de Turquie suivent la tendance inverse. Bars, restaurants, boutiques, taxis... De plus en plus de commerçants refusent la carte bancaire et exigent de payer en espèces ou par virement avec un IBAN, rapporte le Türkiye Today.

Cette pratique, particulièrement marquée en haute saison, n’est pas du goût des touristes et encore moins du fisc. En privilégiant les règlements en espèces, les commerçants n’ont pas l’obligation d’émettre un reçu officiel et cherchent ainsi à échapper à la TVA et autres taxes. Ils souhaitent également éviter les commissions reversées aux banques et émetteurs de cartes qu’ils répercutent sur le prix final payé par les clients. La presse locale rapporte que ces frais sont souvent gonflés pour s’élever jusqu’à 30 %.

Le ministère des Finances interpellé par les touristes

Ne pas pouvoir payer par carte bancaire a des répercussions sur le séjour des visiteurs, forcés de transporter davantage d’argent liquide sur eux. De nombreuses activités comme les excursions en bateau, le rafting et la plongée ne peuvent être réglées qu’en espèces, comme c’est le cas dans les stations balnéaires de Fethiye et Akyaka. Les chauffeurs de taxi prétextent souvent une panne de leur terminal de paiement pour forcer les touristes à régler en espèces.

Un jeune militant turc arrêté après un discours au Conseil de l'Europe

Un militant turc, délégué jeune du Congrès du Conseil de l'Europe devant lequel il avait dénoncé un "recul démocratique" en Turquie, a été arrêté mardi à son arrivée à l'aéroport d'Ankara, ont annoncé mercredi le Conseil de l'Europe et son avocat.

"Enes (Hocaogullari) a été arrêté. Il se trouve actuellement à la prison de Sincan", près de la capitale Ankara, a déclaré à l'AFP son avocat, Mahmut Seren, dénonçant une "arrestation politique".

Selon l'avocat, le militant, âgé de 23 ans, était sous le coup d'un mandat d'arrêt suite à une enquête ouverte par la justice turque après son intervention fin mars devant le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, un organe du Conseil de l'Europe basé à Strasbourg (France).

Le jeune homme, très impliqué dans la défense des droits humains et des personnes LGBTQI+, avait dénoncé un "recul démocratique" en Turquie après l'arrestation quelques jours auparavant du maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu.

Il avait en outre accusé la police turque de "violations des droits humains" et de "brutalité disproportionnée" à l'égard des manifestants descendus dans les rues du pays.

"L'arrestation et les poursuites en question, fondées sur des mots prononcés par un délégué jeune du Congrès lors d'une de ses séances plénières, bafouent le droit fondamental à la liberté d'expression", a dénoncé dans un communiqué Marc Cools, le président du Congrès du Conseil de l'Europe, exhortant la justice turque à lever les poursuites visant Enes Hocaogullari et à le "libérer immédiatement".

Les autorités turques, accusées d'autoritarisme, avaient procédé à près de 2.000 arrestations lors de la vague de contestation déclenchée par l'arrestation du maire d'Istanbul, la plus importante dans le pays depuis 2013. La plupart des personnes arrêtées ont été relâchées depuis.

Chargée de renforcer la démocratie locale, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux compte 306 membres représentant plus de 130.000 collectivités locales et régionales des 46 Etats membres du Conseil de l'Europe. (AFP, 6 août 2025)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

D’un quartier habillé en rouge au quartier anti-rouge de l'OTAN



Doğan Özgüden
(Artı Gerçek, 17 août 2025)
Nous verrons comment ceux qui aspirent à créer une « Turquie sans terrorisme » s'opposeront avant tout au « terrorisme d’État » imposé par l’OTAN
Il y a tout juste 73 ans, le 18 août 1952, il fut décidé qu’Izmir devienne le quartier général sud-oriental de l’OTAN, que la Turquie avait également intégré… En récompense de l’envoi d’une brigade de 4500 hommes en Corée en 1950 et du déclenchement de la rafle anticommuniste massive de 1951, le protocole d’adhésion de la Turquie à l’OTAN fut signé le 17 octobre 1951, et la loi relative à l’adhésion à l’OTAN approuvée par la Grande Assemblée nationale de Turquie, avec le soutien du CHP (Parti républicain du Peuple) dans l’opposition.
 
À l’époque, j’étais en terminale au lycée commercial d’Izmir... Tant à l’école que dans notre quartier de Kahramanlar, il était impossible d’échapper à la propagande selon laquelle l’adhésion à l’OTAN était de nature à protéger la Turquie d’une éventuelle attaque soviétique et que l’établissement d’un quartier général de l’OTAN à Izmir contribuerait grandement à la vie économique et commerciale de la ville.
 
L’été 1972 fut l’une des périodes les plus tendues de ma vie qui commença avec des migrations fréquentes dès ma prime enfance. Après avoir terminé le Lycée commercial, j’aspirais naturellement à intégrer l’École supérieure d’Économie et de Commerce. Mais mon père, qui n’avait pu financer mes études qu’avec grande peine avec un modeste salaire de cheminot, attendait de moi que je travaille le plus tôt possible afin de contribuer aux charges de la famille. Je dus donc trouver immédiatement un emploi pour pouvoir m’inscrire en haute école.

Mes amis diplômés étaient généralement issus de familles aisées… La plupart ont par la suite travaillé dans l’entreprise familiale.
 
Pour poursuivre mes études supérieures, je prévoyais de travailler comme comptable ou comme sténographe, étant le meilleur étudiant en cours de sténographie.
 
À cette époque, d’intenses préparatifs avaient lieu dans la ville d’Izmir, en Turquie, désormais membre de l’OTAN, pour l’installation du quartier général des Forces terrestres d’Europe sud-orientale et de la 6e Force aérienne tactique. Un afflux massif de militaires américains avait commencé à Izmir. Outre les Américains, des soldats italiens et grecs allaient aussi servir au quartier général de l’OTAN.
 
Le quartier général de la 6e Force aérienne tactique fut d’abord établi dans l’ancien quartier de Kızılçullu (Habillé en rouge). Plus tard, dans le quartier smyrniote de Kordonboyu (Promenade du bord de mer), le superbe bâtiment initialement destiné à servir d’hôtel, et réquisitionné par les Américains, fut transféré au quartier général des Forces terrestres de l’Europe sud-orientale.
 
Les annonces publiées dans les journaux par l’OTAN indiquaient qu’ils recherchaient des employés maîtrisant au moins un peu l’anglais, la dactylo, la sténo et les travaux de bureau et de comptabilité. Les salaires proposés étaient deux à trois fois supérieurs à ceux proposés pour des postes comparables en Turquie, et étaient exempts d’impôts. De plus, ils offraient la possibilité d’utiliser les magasins et cafétarias PX à prix bas mis en service pour les Américains.
 
Le recrutement du personnel de l’OTAN se déroulait dans un bâtiment historique du quartier de Şirinyer, transformé en quartier général de la 6e Force aérienne tactique.
 
Alors que les pressions familiales s’intensifiaient pour ma recherche d’emploi, mes camarades de promotion me rappelaient le recrutement de personnel de l’OTAN en me disant : « Fils, es-tu fou ? Peut-on rater une telle opportunité ? Tente ta chance, et après ça, tu feras ce que tu veux ! ».
 
Un jour, j’en eus assez. Je sautai dans le bus et me rendis à Şirinyer où se trouvait le quartier général. Il y avait une longue file d’attente à la porte, la plupart des candidats postulant pour des postes de service comme le nettoyage, la cuisine et la réparation.
 
Au fur et à mesure que mon tour approchait, mon introspection s’intensifiait. L’idée de devoir travailler sous les ordres d’un sergent américain me répugnait.
 
De plus, en arrivant à Şirinyer où se trouvait le bureau d’enregistrement, j’appris une nouvelle déchirante. Arrivé d’Ankara à Izmir depuis seulement un an, je ne connaissais pas encore très bien la ville. J’appris alors que le véritable nom de Şirinyer était Kızılçullu. Quant au bâtiment occupé par les Américains, c’était l’ancien Collège américain fondé par eux en 1891.
 
Parmi les enfants de familles aisées ayant étudié dans cette école réputée pour ses activités missionnaires, se trouvait Adnan Menderes, le fils du grand propriétaire de la ferme de Çakırbeyli à Aydın.
 
Le Collège américain, fermé après la proclamation de la République, réouvrit ses portes en 1940 pour l’éducation des enfants de paysans sous le nom d’Institut de village de Kızılçullu. Cependant, lorsque le Parti démocrate arriva au pouvoir en 1950, le Premier ministre Adnan Menderes ferma les Instituts de village et changea le nom de Kızılçullu ( (Habillé en rouge)) en Şirinyer (le bel endroit) pour plaire à ses amis américains.
 
Pourtant, les Instituts de village avaient marqué ma vie dès mon plus jeune âge par un souvenir…
 
J’avais étudié ma troisième année de primaire à Muncusun, un village arménien avant le génocide. Un jour, notre instituteur en chef nous avait convoqués à un rassemblement dans la cour de l’école et nous avait présentés à cinq jeunes hommes en uniformes noirs qu’il avait amenés avec lui. Puis, ces fils de villageois éduqués par l'Institut de village pour devenir instituteurs futurs nous avaient emmenés dans la nature, à flanc de montagne. Ils nous émerveillèrent en nous exposant les noms de chaque plante et de chaque arbre, décrivant leurs caractéristiques et leurs bienfaits. Notre retour fut encore plus exaltant. Nous revînmes au village en chantant des mélodies que nous n’avions jamais entendues auparavant, comme dans un joyeux cortège nuptial.
 
Exactement, dix ans plus tard, l’Institut de village de Kızılçullu, comme les autres Instituts de village, ferma ses portes. Le nom de Kızılçullu fut rebaptisé en Şirinyer, et le bâtiment de l’institut fut donné aux Américains.
 
Alors que mon entretien approchait, submergé par mes souvenirs d’enfance et les nouvelles qui m’étaient parvenues, je me dis : « Pas question ! » et quittai la file d’attente, prenant le premier bus pour rentrer à Izmir.
 
À Izmir, les préparatifs des festivités du 9 septembre battaient leur plein, avec le montage des arcs… Alors que j’allais regarder les livres dans la vieille librairie à l’entrée de la rue Beyler, sur l’avenue Kemeraltı, une affiche murale attira mon attention : « Le journal Ege Güneşi (Soleil de l’Égée), disponible dans tous les kiosques à partir du 9 septembre… »
 
Je fus immédiatement embauché comme sténographe. Non seulement, j’allais recevoir près du double du salaire mensuel de mon père, qui était de 80-90 livres turques, mais j’allais aussi pouvoir poursuivre mes études supérieures étant donné que j’allais travailler en dehors des heures de cours. Et ma mère allait sans doute bientôt pouvoir quitter la petite maison commune avec une seule toilette partagée pour trois familles pour une maison avec toilette privée.
 
Oui, c’est ainsi que ma carrière de journaliste, qui dure désormais depuis presque 73 ans, a débuté cette année-là, lorsque l’OTAN commença son déploiement à Izmir.
 
Mais après mon installation à Izmir il y a 73 ans, l’OTAN, qui dominait la vie politique, militaire et même économique de la Turquie, allait être l’une de mes principales cibles de lutte durant toute ma carrière professionnelle.   
 
En 1959, alors que j’étais le représentant à Izmir du journal Milliyet, je dénonçai la contrebande de devises étrangères organisée par des officiers américains au quartier général de l’OTAN, dont le général Harkins, commandant des forces terrestres sud-orientales de l’OTAN, qui allait plus tard prendre le commandement des forces américaines au Vietnam, et pour cette raison, dut faire face à des menaces.
 
Les préparatifs du coup d’État du 27 mai 1960, rendu public par l’annonce « Nous restons liés à l’OTAN et au CENTO ! », furent parfaitement connus des officiers et sous-officiers américains du quartier général des forces terrestres sud-orientales de l’OTAN. Les tracts rédigés par les officiers turcs sur du papier ciré avec les machines à écrire du quartier général de l’OTAN étaient ensuite reproduites sous leurs yeux sur les duplicateurs du quartier général.
 
Au même moment, le colonel d’état-major Alparslan Türkeş, responsable du département OTAN au sein de l’état-major général, se rendait fréquemment à Izmir pour des réunions au quartier général de l’OTAN. Türkeş avait aussi établi les liens avant le coup d’État avec le général Cemal Gürsel, futur chef de la junte militaire, qui avait quitté le commandement des forces terrestres pour se retirer dans sa maison de Karşıyaka à Izmir.
 
Dans les années 60, aussi bien en tant que militant du Parti ouvrier de Turquie que comme rédacteur en chef du quotidien Akşam et de la revue Ant, j’ai constamment pris part à la lutte contre l’OTAN à travers les documents que je partageais, les articles que je rédigeais et les livres que je publiais.
 
En 1967, je fus jugé pour « trahison envers la patrie » par le Tribunal militaire de la 1ère Armée, sur ordre du général Cemal Tural, chef d’état-major général laquais de l’OTAN, pour avoir révélé publiquement le projet américain d’implantation de mines nucléaires en Anatolie orientale.
 
Après la grande résistance ouvrière des 15-16 juin 1970, je fus soumis à interrogatoire et menacé ouvertement par neuf officiers du quartier général de la 1ère Armée pour avoir publié en couverture de la revue Ant : « Les officiers en voie de devenir capitalistes n’ont pas le droit de juger les ouvriers » ;
 
De plus, İnci Tugsavul et moi sommes devenus les cibles des coups d’État militaires de 1971 et de 1980, perpétrés avec les encouragements et le soutien des Etats-Unis et de l’OTAN. Des poursuites nous furent intentées, réclamant des centaines d’années d’emprisonnement, et nous fûmes déchus de notre citoyenneté.
 
Après 73 ans, l’OTAN continue de diriger non seulement les forces armées de la Turquie, mais aussi son industrie de l’armement et toutes ses institutions politiques en dehors de la gauche.
 
Mon article « Le troufion en chef de l’OTAN et de l’UE ! », qui fournit des informations détaillées à ce sujet, est paru dans le numéro du 20 juin 2025 d’Artı Gerçek et le bulletin mensuel d’Info-Türk de juin 2025.
 
Ceux qui aspirent à créer une « Turquie sans terrorisme » devraient avant tout s’opposer au « terrorisme d’État » imposé par l’OTAN et rendre aux victimes de ce terrorisme la liberté et des conditions de vie normales.
 
Nous observons… Nous verrons…

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

Trump assure avoir "définitivement" réconcilié l'Azerbaïdjan et l'Arménie

L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont engagés vendredi à Washington à "cesser définitivement", selon Donald Trump, le conflit territorial qui les oppose depuis des décennies.

A ses côtés à la Maison Blanche, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ont estimé que la médiation du président américain, très sensible aux honneurs et distinctions, devait lui valoir le prix Nobel de la paix.

Les deux anciennes républiques soviétiques "s'engagent à cesser définitivement tout conflit, à ouvrir les relations commerciales et diplomatiques et à respecter la souveraineté et l'intégralité territoriale" de chacune, a assuré le président américain.

La nature contraignante ou non de cet engagement n'est toutefois pas claire.

"Vous allez avoir une très bonne relation", a-t-il lancé à ses deux invités, ajoutant: "Si ce n'est pas le cas, appelez-moi et j'arrangerai ça".

"Nous nous réjouissons des progrès réalisés en vue de l'établissement d'une paix durable entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie", a salué le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué, réagissant aux annonces de Washington.

 - Nobel de la paix -

 Parlant de jour "historique", Ilham Aliev a proposé d'envoyer, avec Nikol Pachinian, une lettre pour soutenir la candidature au prix Nobel de la paix.

"Qui, si ce n'est le président Trump, (le) mérite?", a demandé l'homme fort de Bakou.

Il a remercié Donald Trump pour sa décision, également annoncée vendredi, de lever les restrictions pesant depuis plusieurs années sur la coopération militaire de son pays avec les Etats-Unis.

Le dirigeant arménien a lui aussi exprimé son soutien à un prix Nobel de la paix pour Donald Trump: "Nous allons défendre" cette candidature.

Les candidatures pour le prix Nobel de la paix 2025 sont closes depuis le 31 janvier et ne sont pas rendues publiques.

Israël, le Pakistan et le Cambodge ont annoncé récemment qu'ils nommaient Donald Trump, lequel estime mériter amplement cette distinction pour divers efforts de médiation.

 - "Fort et intelligent" -

 MM. Aliev et Pachinian se sont serré la main sous l'oeil de Donald Trump, et ont ensuite signé tout comme lui une "déclaration commune".

"Nous établissons aujourd'hui la paix dans le Caucase", a commenté le président azerbaïdjanais. Le Premier ministre arménien a parlé d'une étape qui "ouvrait la voie pour mettre fin à des décennies de conflit".

L'accord conclu vendredi prévoit la création d'une zone de transit passant par l'Arménie et reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan plus à l'ouest.

Cette zone de transit, qui répond à une revendication de longue date de Bakou, sera nommée "Voie Trump pour la paix et la prospérité internationale" (TRIPP, son acronyme en anglais).

Les Etats-Unis y disposeront de droits de développement, ce qui leur permet d'avancer leurs pions dans une région très stratégique et riche en hydrocarbures.

Un haut responsable américain a assuré que l'Arménie ne sortait pas perdante des tractations, car elle gagnait un étroit partenariat avec les Etats-Unis.

Le président américain, dont la fascination pour les régimes autoritaires est connue, a demandé à Ilham Aliev depuis combien de temps il était au pouvoir.

"22 ans", a répondu le président azerbaïdjanais.

"Cela veut dire qu'il est fort et intelligent", a commenté Donald Trump.

M. Aliev a été élu en février 2024 pour un cinquième mandat, avec 90% des suffrages, et après un scrutin sans véritable opposition selon les observateurs internationaux.

 - Karabakh -

 La question toujours très sensible du Karabakh n'a guère été évoquée vendredi à la Maison Blanche.

Cette région contestée est reconnue internationalement comme faisant partie de l'Azerbaïdjan mais a été contrôlée pendant trois décennies par des séparatistes arméniens.

Bakou a repris partiellement l'enclave lors d'une nouvelle guerre à l'automne 2020, puis entièrement lors d'une offensive éclair en septembre 2023.

Bakou et Erevan s'étaient mis d'accord en mars sur le texte d'un traité de paix. Mais l'Azerbaïdjan, victorieux, exige que l'Arménie modifie sa Constitution pour renoncer officiellement à toute revendication territoriale sur le Karabakh.

Nikol Pachinian s'est déclaré prêt à s'y conformer, annonçant son intention d'organiser un référendum constitutionnel en 2027. Mais le traumatisme de la perte du Karabakh, appelé Artsakh en arménien, continue de diviser son pays. (AFP, 8 août 2025)

Relations régionales / Regional Relations

Tension rising between Syria’s government and the Kurdish-led SDF

Integrate or separate? The Kurdish-led Syrian Democratic Forces (SDF) control much of northeast Syria. Back in March, they signed a tentative deal with Syria’s president about one day integrating into the national army. But talks have since stalled.

In the bigger picture, Kurds are a stateless people. Millions live across parts of Turkiye, Syria, Iran, and Iraq alone, with many more across Europe.

“They’ve always longed for their own state, but it has not been allowed by the governments that own those lands,” Samuel* with Redemptive Stories explains. “I think their end goal is to create a state for themselves, to live freely as a people, to not be oppressed as a minority.”

He continues: “The northern swath of Iraq — which is one of probably the most recognized Kurdish bases, Iraqi Kurdistan — still is not its own state. It’s just basically [a governorate] within the context of Iraq.”

Politics aside, Samuel says many churches have been planted in the Kurdish-controlled region of Syria, called the Rojava.

“During the Syrian crisis in particular, there’s been a huge movement of the gospel among Syrian Kurds,” he said.
While Iraqi Kurds strongly identify as Muslims, it’s not the same for Syrian Kurds. “That identity of Islam is far less than their identity as Kurds, and so for them to abandon Islam in order to follow Jesus, it’s less of a huge step,” he said. “Many are coming to faith. That’s happening online. It’s happening in person.”

If Kurdish armed forces integrate with Syria’s new government forces, Syria could see greater stability. But the new government has a track record of persecuting minorities. This could prove to be devastating to Kurds in the region, including Christians.
“If they are forced to lay control back to Damascus, then there [are] deep concerns that persecution will increase —  persecution that could be just ethnic in nature, but then also spiritual persecution,” said Samuel.

Please pray for God’s peace and mercy in this unfolding situation. Pray for bold gospel witness from Kurdish believers in Christ no matter what happens.

“Pray for God’s peace in the midst of that, pray that His faithfulness will continue to go forth. Pray for our brothers and sisters that are from a Muslim background [who] are working in that space [in Syria],” said Samuel. (MNN, 19 August 2025)

Un groupe de pression appelle à une mission sous mandat de l'ONU à Gaza

L'Assemblée générale de l'ONU doit recevoir d'urgence un mandat pour déployer une force militaire dans la bande de Gaza afin d'y protéger les civils palestiniens, a réclamé lundi à Istanbul le Tribunal de Gaza, une assemblée réunissant juristes, intellectuels et personnalités de plusieurs pays.

L'objectif est de "donner à l'Assemblée générale des Nations unies le mandat pour organiser une intervention armée de protection à Gaza", a déclaré Richard Falk, professeur de droit émérite américain de 94 ans à la tête de ce groupe de pression créé à Londres en 2024, en exhortant les gouvernements du monde entier à agir "d'urgence".

Cette force aura notamment pour mission d'aider à "mettre fin au génocide" dans le territoire palestinien, a indiqué le Tribunal de Gaza, qui compte parmi ses membres la philosophe américaine Judith Butler, l'historien israélien Avi Shlaïm et l'ancien chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn.

Selon M. Falk, ancien rapporteur de l'ONU pour les droits des Palestiniens, un tel déploiement pourrait être rendu possible par une disposition similaire à la résolution "Unis pour la paix" adoptée en 1950, pendant la guerre de Corée, pour contourner un veto soviétique.  Cette force pourrait également être déployée au nom du principe de la "responsabilité de protéger", adopté en 2005 par les États membres de l'ONU pour prévenir tout génocide, crime de guerre, nettoyage ethnique ou crime contre l'humanité.

Le président français Emmanuel Macron avait appelé la semaine passée à une "mission de stabilisation sous mandat de l'ONU" pour "lutter contre le terrorisme, stabiliser Gaza, soutenir ses populations et mettre en place une gouvernance de paix et de stabilité".

L'idée d'une telle mission avait été avancée le 30 juillet lors d'une conférence à l'ONU qui avait abouti à une déclaration de 17 pays, dont le Qatar et l'Égypte.

L'offensive de représailles israélienne à l'attaque du Hamas sur le sol israélien du 7 octobre 2023 a fait plus de 62.000 morts dans la bande de Gaza, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

Elle a aussi provoqué un désastre humanitaire. Les accusations de génocide des Palestiniens par Israël se multiplient à travers le monde. (AFP, 18 août 2025)

La Turquie promet de renforcer ses liens avec la Syrie

Le ministre des Affaires étrangères turc, Hakan Fidan, a indiqué jeudi que la Syrie et la Turquie voulaient approfondir leurs liens, saluant les efforts du pays depuis le renversement du dirigeant Bachar al-Assad en décembre.

La Turquie a établi des liens étroits avec les nouvelles autorités syriennes, qui ont travaillé à attirer des investisseurs pour la reconstruction des infrastructures détruites par la guerre.

Hakan Fidan, qui effectuait son troisième voyage à Damas depuis décembre, a rencontré jeudi le président par intérim Ahmad al-Chareh.

"Dans nos discussions avec M. Chareh, nous avons eu l'occasion d'aborder de nombreux sujets tels que le commerce, l'investissement, le transport, l'énergie", a-t-il écrit sur X.

"Nous sommes déterminés à approfondir la coopération entre la Turquie et la Syrie", a-t-il insisté.

Selon lui, les opérations israéliennes en Syrie ont également été abordées par les deux hommes. "Le gouvernement syrien est confronté à de nombreux défis pour rendre le pays plus sûr, plus stable et plus prospère. La communauté internationale, en particulier les Etats-Unis et les pays européens, apporte un soutien significatif", a-t-il remarqué.

"Israël (...) poursuit une politique de déstabilisation de notre région", a accusé le ministre.

Depuis la chute du président Bachar al-Assad, Israël a lancé  des centaines de frappes sur des sites militaires syriens, affirmant vouloir éviter que l'arsenal de l'ancien régime ne tombe entre les mains des nouvelles autorités, qu'il considère avec méfiance.

En juillet, Israël a bombardé les forces gouvernementales syriennes dans la capitale et dans la province à majorité druze de Soueida pour le forcer à se retirer de la région sud, alors que des affrontements opposaient des druzes et des bédouins.

Israël a déclaré qu'il défendait la communauté druze, mais plusieurs diplomates et analystes estiment que son objectif est d'affaiblir l'armée syrienne et de maintenir les forces du nouveau gouvernement éloignées de la frontière. (AFP, 7 août 2025)

L’armée syrienne commet des violences choquantes

La Libre Belgique, 28 juillet 2025
Dans la cour d’une maison en partie éventrée par la guerre située à Daraya, dans la banlieue sunnite de Damas dont il est originaire, Zacharia (un pseudonyme) sirote un thé. Soldat d’une trentaine d’années, il a rejoint l’armée en janvier, après que le pouvoir syrien, emmené par les anciens rebelles de Hayat Tahrir al Cham (HTC) au- jourd’hui au pouvoir à Damas, a dissous l’armée d’Assad et exigé le regroupement des factions rebelles au sein d’une nouvelle institution.

Avant, Zacharia faisait partie d’Ahrar al Cham, une coalition salafiste de quelque 20 000 hommes. "M’engager, c’est défendre l’esprit de la révolution contre l’injustice", dit-il, un sourire éclairant son visage tant il croit profondément en sa mission. La réalité est toutefois moins épique. Créée aux forceps et dans l’urgence, la nouvelle institution militaire, qui compte seulement 100 000 hommes, reste très fragile et incapable de protéger la population.

Exactions militaires à Souweïda

"Ce n’est pas encore l’armée de tout le peuple syrien", reconnaît Zacharia. À terme, le ministère de la Défense espère doubler l’effectif. Mais l’écrasante majorité des troupes resteront sunnites, alors que cette communauté représente seulement deux tiers des Syriens. Sous Assad, l’armée était plus pluraliste, même si la communauté alaouite (celle de l’ancien dictateur) monopolisait les responsabilités afin de s’assurer de la loy- auté des troupes.

Les exactions commises à Souweïda, mi-juillet, ont encore montré l’incapacité de la nouvelle armée à agir. Après plusieurs jours d’affrontements entre miliciens druzes, forces tribales (sunnites) et gouvernementales, le bilan est lourd : 1 300 personnes ont perdu la vie.

Déployée rapidement, l’armée n’a pas pu prévenir les massacres. Pire, certains de ses membres y ont participé, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui rapporte que parmi les 300 civils tués, 196 ont été exécutés sommairement par des membres des ministères de l’Intérieur et de la Défense. Ce dernier a d’ailleurs en partie reconnu des "violations choquantes" de l’éthique militaire commise par "des individus en uniforme militaire".

Autoritaire et fanatique

Ces violations sont trop récurrentes aux yeux d’une partie de la population syrienne, en particulier les minorités (30 % de la population) pour ne pas confirmer leurs pires craintes : celles d’un gouvernement à la fois autoritaire et fanatique.

De ce point de vue, l’intégration de 3 500 combattants étrangers (sur 10 000 présents) n’a fait qu’alimenter les peurs. En mars déjà, des factions armées, agissant au nom du ministère de la Défense, avaient fermé les yeux voire participé directement aux exac- tions commises dans la région côtière alaouite, au cours desquelles quelque 1 500 per- sonnes ont perdu la vie, selon les ONG de défense des droits de l’homme.

Sur cette question, la responsabilité du ministère de la Défense est en partie engagée, puisqu’il a, à ce stade, simplement intégré les 60 factions, qui ont accepté de passer sous son contrôle, au sein d’une dizaine de divisions actives, sans chercher à modifier leur commandement. Il s’est contenté de donner à ses responsables des grades milit- aires équivalents, sans mettre en cause leur fonction.

"Pendant la guerre, chaque faction avait ses propres relations avec des réseaux de ren- seignement étrangers, et ces liens persistent et certains continuent de leur obéir. Ce qui clairement pose la question de l’intérêt national", admet Zacharia. Pour se profes- sionnaliser, l’armée pourrait s’appuyer sur les milices kurdes des FDS, qui refusent tou- jours d’intégrer ses rangs malgré les pressions répétées des États-Unis.

"C’est pour ça que je reste"

Même si ces milices ne sont pas exemptes de dérives, leur expérience contre l’État is- lamique en ferait un atout pour professionnaliser l’armée syrienne. "On manque de soldats, d’officiers surtout, de formations, d’équipements. Des officiers dissidents de l’armée d’Assad nous forment, mais c’est insuffisant", dit-il en décrivant des missions exténuantes : "On est sur tous les fronts, on comble le vide". Pour se construire, l’armée syrienne a surtout besoin de temps, veut croire le soldat. "Si tous les officiers passent par les académies militaires (en mai, le ministère de la Défense a annoncé la création prochaine de plusieurs d’entre elles, NdlR) et que seuls les plus compétents com- mandent, alors peut-être que dans quatre ou cinq ans, une vraie armée nationale verra le jour, espère Zacharia. C’est pour cela que je me bats et que je reste."

La Turquie commencera à exporter du gaz naturel d'Azerbaïdjan vers la Syrie

La Turquie commencera à exporter du gaz naturel d'Azerbaïdjan vers la Syrie à partir de samedi, a affirmé mercredi le ministre turc de l'Énergie.

"Nous allons commencer à exporter du gaz naturel d'Azerbaïdjan vers Alep via Kilis", une province située au sud-est de la Turquie, près de la frontière syrienne, a déclaré le ministre de l'Energie Alparslan Bayraktar.

Et selon l'agence de presse syrienne Sana, le ministre syrien de l'Énergie, Mohammad al-Bachir, a "confirmé que la Syrie commencera, à partir du 2 août prochain, à recevoir 3,4 millions de mètres cubes de gaz en provenance d'Azerbaïdjan vers la province d'Alep, via le territoire turc".

"Ce volume permettra de produire environ 900 mégawatts d'électricité, dans le cadre d'une coopération conjointe visant à soutenir le secteur énergétique syrien", a ajouté M. Bachir.

Le nouveau pouvoir islamiste syrien, qui a renversé Bachar al-Assad en décembre, cherche à reconstruire le pays ravagé par près de 14 années de guerre civile.

Le conflit a gravement endommagé les infrastructures électriques syriennes, entraînant des coupures pouvant durer plus de 20 heures par jour.

Les deux pays avaient déjà annoncé, plus tôt en mai, être parvenus à un accord portant sur l'acheminement de gaz naturel turc vers la Syrie via un gazoduc frontalier reliant Kilis, en Turquie, à Alep, avec une capacité d'approvisionnement de six millions de mètres cubes par jour.

L'Azerbaïdjan, riche en gaz, est un allié historique de la Turquie, qui entretient des liens étroits avec le gouvernement syrien de transition. (AFP, 30 juillet 2025)

Les images de Gaza "plus brutales" que celles des camps nazis, selon Erdogan

Le président Recep Tayyip Erdogan a accusé mardi Israël de "tuer par la faim" la population de Gaza, affirmant que les images provenant de l'enclave palestinienne étaient "plus brutales" que celles des camps nazis.

"L'utilisation de la faim comme arme par Israël, en particulier contre les Palestiniens, est la preuve la plus flagrante qu'ils n'ont aucune part d'humanité", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence de presse à Ankara.

"Les images provenant de Gaza sont bien pires, plus brutales et inhumaines que celles des camps nazis. Un peuple est en train d'être tué par la faim et la soif sous les yeux du monde entier", a-t-il ajouté.

Six millions de juifs ont été assassinés par les nazis pendant la Deuxième guerre mondiale.

Le Programme alimentaire mondial, l'Unicef et l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture ont averti que le temps pressait et que Gaza était "au bord d'une famine généralisée".

Erdogan a une nouvelle fois qualifié Israël d'"État terroriste" et affirmé qu'il avait soumis "nos frères de Gaza [...] à un génocide".

Plus de 60.000 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre, a déclaré mardi le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Cette guerre est une conséquence de l'attaque sanglante menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a entraîné du côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles. (AFP, 29 juillet 2025)


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Le documentaire « Les deportes pour la paix » sera projeté en Grèce

La première mondiale de la version grecque du documentaire « Les déportés pour la paix - Le processus d'échange entre Grecs et Turcs » aura lieu le 3 septembre 2025 à 21h30 dans le cadre du 1er Festival de la paix et de l'amitié organisé à Lesvos.

En juillet 1923, le traité de Lausanne a établi un « échange de populations » entre la Grèce et la Turquie, déchirant environ un million et demi de Grecs de leur patrie. De même, 500 000 Turcs ont été contraints de quitter la Grèce pour s'installer en Turquie.

Réalisé en 2003 par Osman Okkan et Simone Sitte pour ARTE et WDR-TV, ce film a été tourné en grande partie sur les îles de Lesvos et de Crète.

Outre des témoins des deux pays, des personnalités telles que Mikis Theodorakis, Yaşar Kemal, Zülfü Livaneli et Maria Farantouri racontent leurs expériences et donnent leur avis sur ce « transfert de populations ».

Osman Okkan, réalisateur du documentaire, sera présent lors de la projection et s'entretiendra avec le public.

Immigration / Migration

Le gouvernement fédéral garde le silence face aux menaces d’expulsion d’un réfugié kurde

Le gouvernement allemand refuse de commenter l’expulsion imminente d’un réfugié kurde vers la Turquie. La députée de gauche Cansu Özdemir la qualifie de « scandale » et appelle à une procédure d’asile équitable et à l’arrêt du projet d’extradition de Mehmet Çakas vers la Turquie.

Le gouvernement allemand a refusé de commenter la menace d’expulsion du citoyen kurde Mehmet Çakas vers la Turquie. En réponse à une demande écrite de la députée Cansu Özdemir (Parti de gauche), le gouvernement a déclaré qu’il ne commentait généralement pas les cas individuels.

Özdemir a vivement critiqué cette position. « Il est scandaleux que le ministère de l’Intérieur n’ait pas pris position sur l’affaire Mehmet Çakas », a-t-elle déclaré. Malgré la procédure judiciaire en cours contre l’expulsion de cet homme de 45 ans, les autorités de Basse-Saxe souhaitaient établir les faits à la fin du mois.

« Un ministre fédéral de l’Intérieur qui laisse un comportement aussi douteux sur le plan juridique sans commentaire agit de manière irresponsable et n’est visiblement pas à la hauteur de sa tâche », a déclaré Özdemir. Elle a demandé que l’expulsion prévue soit suspendue dans l’attente des décisions de justice. « Mehmet Çakas a besoin d’une procédure d’asile équitable. »

Çakas a été extradé d’Italie vers l’Allemagne en 2022. En avril 2024, le tribunal régional supérieur de Celle l’a condamné à deux ans et dix mois de prison pour appartenance présumée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), aujourd’hui disparu. Sa peine aurait dû être purgée en octobre, mais le parquet de Celle a suspendu sa peine par anticipation en vue de son expulsion.

Les autorités d’immigration de Basse-Saxe ont ordonné l’expulsion pour le 28 août. Le parquet de Celle et l’Office fédéral de la justice avaient tous deux jugé en 2023 qu’une extradition vers la Turquie était exclue. Cette décision était due à une demande d’extradition d’Ankara. À l’époque, les autorités allemandes avaient invoqué la menace d’une peine de réclusion criminelle à perpétuité aggravée en Turquie.

Cette décision de l’Office fédéral de la justice n’a pas été prise en compte dans la demande d’asile rejetée à la mi-mai. Dans sa demande au ministère de l’Intérieur, Özdemir a exigé des éclaircissements sur l’origine des divergences d’appréciation entre les autorités compétentes. (ANF, 22 août 2025)

Quatre migrants meurent noyés en mer Égée

Au moins quatre migrants voyageant à bord d'un canot pneumatique ont péri noyés lundi en mer Égée au large des côtes occidentales de la Turquie, ont annoncé les garde-côtes turcs en faisant état de disparus.

Les garde-côtes, alertés peu après 02H00 locales (23H00 GMT), ont affirmé être parvenus à secourir vivants deux des passagers de l'embarcation au large de Karaburun, ville de la province côtière d'Izmir (ouest).

"Les corps sans vie de quatre migrants irréguliers ont été repêchés", ont indiqué les garde-côtes dans un communiqué, précisant que des recherches étaient toujours en cours à la suite de déclarations de survivants faisant état de disparus.

La localité de Karaburun est située à une trentaine de kilomètres des îles grecques de Lesbos et de Chios, deux des points d'entrée dans l'Union européenne en mer Égée.

Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées périlleuses entre les côtes turques et les îles grecques voisines.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 1.000 migrants ont disparu ou ont été repêchés morts en Méditerranée en 2025. (AFP, 18 août 2025)






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