Droits
de l'Homme / Human Rights
Beyoğlu
mayor among 17 arrested in İstanbul corruption
investigation
CHP members gathered outside the Beyoğlu municipal hall, displaying a
banner with a picture of Mayor Güney.
An İstanbul court late yesterday arrested Beyoğlu District Mayor İnan
Güney and 16 others as part of an ongoing corruption investigation
linked to the opposition-controlled İstanbul Metropolitan Municipality
(İBB).
A total of 44 suspects, including Güney, were taken into custody on Aug
15, marking the ninth wave of a months-long probe that began in March.
Güney faces charges of “membership in a criminal organization” and
“fraud against public institutions,” according to a statemet from the
İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office. Other detainees include
Güney’s chief of staff Seyhan Özcan, his brother-in-law İsmail Akkaya,
and his driver Deniz Göleli.
After undergoing medical checks yesterday morning, all 44 suspects were
brought to the Çağlayan Courthouse. Of those, prosecutors referred 20
for arrest and sought judicial control measures for 24 others.
Following court proceedings, 17 individuals were formally arrested,
while 27 were released under judicial supervision, requiring the
suspects to regularly check in at a police station and barring them
from international travel.
Prosecutors claimed the suspects were involved in corruption schemes
tied to figures arrested in previous operations, including Murat Ongun,
a former spokesperson for İBB and aide to Ekrem İmamoğlu, the
opposition's former mayor and presidential candidate who has been in
pre-trial detention since Mar 23. Prosecutors also linked the case to
fugitive suspect Emrah Bağdatlı.
Reacting to the arrest of Güney, Republican People's Party (CHP)
İstanbul provincial chair Özgür Çelik spoke outside the courthouse,
saying, “We witnessed something today that defies explanation in
21st-century Turkey. They arrested people using a copy-paste method.”
Güney is expected to be suspended from office due to the ongoing
investigation. In that case, the district municipal council will elect
a new mayor. Since the CHP holds a majority in the district council, it
is likely that another CHP member will be elected as an acting mayor.
The CHP views the corruption investigations as an attempt by the
government to reverse its electoral success in the 2024 local polls and
obstruct İmamoğlu, who is seen as a strong rival to President Recep
Tayyip Erdoğan. The government, on the other hand, maintains that the
process is purely judicial and there is no political intervention.
(BIA, 19 August 2025)
Nouvelle
série d'arrestations visant l'opposition à
Istanbul
La police turque a procédé vendredi à 44 arrestations au sein de la
municipalité d'opposition d'Istanbul, dont celles du maire de
l'arrondissement central de Beyoglu et de plusieurs de ses proches
conseillers, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.
Cette nouvelle vague d'interpellations pour "corruption" s'inscrit dans
la continuité des arrestations ciblant depuis des mois le Parti
républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale formation de
l'opposition turque.
Le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, considéré comme le plus redoutable
opposant au président Recep Tayyip Erdogan, avait ainsi été arrêté en
mars et incarcéré dans la foulée.
Son arrestation avait provoqué une contestation inédite dans le pays
depuis 12 ans.
Le président du CHP Özgür Özel a réagi vendredi sur X en soulignant
qu'en "149 jours, la justice n'a pas réussi à produire d'acte
d'accusation".
"Parce qu'ils n'ont que des allégations calomnieuses du genre +J'ai
entendu dire ça+", a-t-il moqué.
Pour lui, "cette opération est une vengeance qui vise à dissimuler les
dommages causés (au pays) par le gang du parti AKP" de M. Erdogan, au
pouvoir depuis 2002.
Outre M. Imamoglu et le maire de Beyoglu Inan Güney, neuf des 26 maires
CHP d'arrondissements d'Istanbul ont été arrêtés et incarcéré depuis
octobre, la plupart pour corruption - une accusation qu'ils nient.
Les maires CHP de plusieurs autres villes du pays ont également été
arrêtés.
Selon des analystes, le gouvernement tente de fragiliser le CHP, sorti
grand vainqueur d'élections locales au printemps 2024 au détriment du
parti du président Erdogan. (AFP, 15 août 2025)
Une
touriste rattrapée par la justice après une
démonstration de pole dance
Le drapeau est pour beaucoup de Turcs chose sacrée et une touriste
étrangère, coupable de s'être laissée aller à quelques figures de pole
dance sur un mât coiffé de la bannière nationale, vient de l'apprendre
à ses dépens.
La jeune femme, de nationalité étrangère selon les autorités, est
désormais visée par la justice, accusée d'insulte au drapeau turc, a
annoncé jeudi sur X le gouvernorat de Nevsehir (centre), province
abritant la Cappadoce et ses célèbres cheminées de fée sculptées par
l'érosion.
Les autorités n'ont pas précisé si la jeune femme, qui encourt jusqu'à
trois ans de prison, avait été identifiée et interpellée.
Sur une vidéo devenue virale, la touriste, manifestement rompue à
l'exercice, enchaîne 12 secondes durant des mouvements de pole dance au
pied d'un drapeau turc rouge et blanc dominant le village touristique
d'Uçhisar.
"Une plainte pénale a été déposée et une enquête judiciaire ouverte",
ont indiqué les autorités locales, qui estiment que les "valeurs
nationales et morales de notre nation bien-aimée" ont été piétinées au
cours de cet "odieux incident". (AFP, 21 août 2025)
Nouvelle série d'arrestations visant l'opposition à Istanbul
La police turque a procédé vendredi à 44 arrestations au sein de la
municipalité d'opposition d'Istanbul, dont celles du maire de
l'arrondissement central de Beyoglu et de plusieurs de ses proches
conseillers, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.
Cette nouvelle vague d'interpellations pour "corruption" s'inscrit dans
la continuité des arrestations ciblant depuis des mois le Parti
républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale formation de
l'opposition turque.
Le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, considéré comme le plus redoutable
opposant au président Recep Tayyip Erdogan, avait ainsi été arrêté en
mars et incarcéré dans la foulée.
Son arrestation avait provoqué une contestation inédite dans le pays
depuis 12 ans.
Le président du CHP Özgür Özel a réagi vendredi sur X en soulignant
qu'en "149 jours, la justice n'a pas réussi à produire d'acte
d'accusation".
"Parce qu'ils n'ont que des allégations calomnieuses du genre +J'ai
entendu dire ça+", a-t-il moqué.
Pour lui, "cette opération est une vengeance qui vise à dissimuler les
dommages causés (au pays) par le gang du parti AKP" de M. Erdogan, au
pouvoir depuis 2002.
Outre M. Imamoglu et le maire de Beyoglu Inan Güney, neuf des 26 maires
CHP d'arrondissements d'Istanbul ont été arrêtés et incarcéré depuis
octobre, la plupart pour corruption - une accusation qu'ils nient.
Les maires CHP de plusieurs autres villes du pays ont également été
arrêtés.
Selon des analystes, le gouvernement tente de fragiliser le CHP, sorti
grand vainqueur d'élections locales au printemps 2024 au détriment du
parti du président Erdogan. (AFP, 15 août 2025)
Turquie: Le
Royaume des Faussaires
Ragip Duran, TVXS.GR,
10 août 2025
“Les accusés grâce à des faux papiers d’identité obtenaient les
signatures électroniques et les codes des responsables de grandes
institutions officielles comme L’administration des Technologies de
l’Information, Le Haut Conseil de l’Enseignement, le ministère de
l'Éducation nationale et 14 universités d’Etat. Ainsi, ils
pouvaient
avoir accès sur les sites et les réseaux réservés aux autorités. Ils
changeaient les données et les registres. Ils produisaient de faux
diplômes d’université, de faux permis de conduire. Ils changeaient les
notes obtenues lors des concours” selon l’acte d’accusation rédigée par
le parquet général d’Ankara.
“La police a interrogé 199 personnes dont 37 ont été arrêtées” déclare
le 4 mai dernier le ministre de l'Intérieur M. Yerlikaya.
L’investigation du parquet avait débuté en mi-2024 et le 23e Tribunal
Correctionnel d’Ankara jugera les accusés. Le procureur demande entre 5
et 50 ans de prison ferme contre les accusés.
L’ensemble des données publiques et privées de tous les citoyens du
pays sont sur l’Etat Électronique, géant site centralisé d’Internet.
Les pirates peuvent avoir accès à ces informations.
Les deux journalistes d’investigation Murat Agirel et Timur Soykan du
site Onlar ont étudié à fond l’acte d’accusation et ont parlé avec
certains accusés et victime de ce nouveau scandale. “İncroyable, mais
vrai ! Un film d’horreur diabolique” estime Agirel. “Ce scandale
démontre encore une fois que l’Etat, le régime, le système sont
désormais complètement effondrés”.
Le romancier populaire Ahmet Umit a écrit: “Si j’écris tout cela dans
un roman, les gens vont me dire ‘ Il ne faut pas exagérer quand même!’ “
De son côté Mehmet Y. Yilmaz, chroniqueur du site T24 croit qu’il
s’agit “du résultat du népotisme politique”.
Soykan précise que la bande qui organise et éxecute cette initiative
“ne peut le faire qu’avec l’aide des gens à l’intérieur de ces
institutions officielles”.
Les porte-paroles du pouvoir gardent pour le moment le silence, mais M.
Oktay Saral, le chef conseiller du Président Erdogan a déclaré sur son
compte X que “Cet histoire de faux diplômes inventé par l’opposition ne
peut ébranler la confiance de la nation à son Etat”.
On ne sait pas encore la liste complète des personnes qui ont payé
depuis 10 ans pour recevoir ces faux diplômes, ces faux permis de
conduire, les élèves et étudiants dont les notes ont été illégalement
améliorées. Mais le nom de M. Kayihan Osmanoglu, petit-fils du petit
fils du Sultan Abdulhamid le second, est déjà dans la liste. Il a une
fausse licence en Histoire de l’Université Inonu à Malatya (Sud-est
Anatolien).
Le Parquet rappelle que “Le chef de la bande des faussaires” Ziya
Kadiroglu serait un doctorant et qu’il a au moins trois maîtrises. Il a
été déjà condamné et a passé 5 ans en prison pour avoir commis des
crimes tels que “formation de bande criminelle, falsification sur les
documents officiels et fraude grave”. Le jour de son arrestation
récente, menotté entre deux policiers, il a fait le signe des Loups
Gris, l’extrême-droite, allié d’Erdogan et a crié : “Je suis
nationaliste, je suis innocent, ce sont les gens de FETO (Secte jadis
allié d’Erdogan aujourd’hui ennemi no 1) qui ont fait tout ça!”.
L’acte d’accusation et les recherches des journalistes ne mentionnent
pas encore le chef d’orchestre, c’est-à-dire le responsable politique,
guide suprême de la bande.
Les mauvaises langues ironisent sur les réseaux sociaux sur l’événement
de la semaine:
- Un minicar avec haut-parleur sur son toit traverse les rues de la
ville: “Mesdames, messieurs, Chers Résidents, votre vendeur de diplôme
est arrivé… Une licence en Droit à 100.00 livres turques… Pour devenir
médecin, vous payez 300.000… Allez, venez voir nos beaux
diplômes!”
- Jadis à l’époque de FETO, ils volaient les questions des grands
concours, mais ils ont compris que leurs hommes n’étaient pas capables
d’avoir de bonnes notes même avec les questions obtenues d’avance.
C’est pourquoi désormais, ils vendent directement des diplômes !
- Je dois contrôler mon compte sur l’Etat Électronique. Est-ce que ma
voiture est toujours la mienne ? Est-ce que mon mari reste encore mon
mari ? Est-ce que les enfants sont vraiment mes enfants ? J’espère
qu’ils ne les ont pas vendus !
Le diplôme d’université est un sujet très populaire et très politique
en Turquie. Car le Président Erdogan n’a pas pu montrer l’original de
son diplôme d’université depuis 11 ans. Mais il a fait révoquer
l’authentique diplôme d’Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul en prison
depuis mars 2025 et son principal rival pour les élections
présidentielles de mai 2028.
Des documents que notre génération
ne pourra jamais lire !

Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 10 août 2025
Si les
partis d’opposition veulent réellement que la Turquie se démocratise,
ils doivent
dans les plus brefs
délais mettre fin au despotisme des « séances à huis clos » et des «
procès-verbaux secrets ».
Alors que le terrorisme
d’État se poursuit sans pitié, la Commission nationale, créée avec la
prétention de « libérer la Turquie du terrorisme », a tenu sa cérémonie
d’ouverture en grande pompe sous les ors de la Grande Assemblée
nationale de Turquie, et trois jours plus tard, sa deuxième réunion
s’est tenue à huis clos, empêchant les citoyens et les médias de la
suivre, comme pour sauver les meubles.
Non seulement cette deuxième réunion s’est tenue à huis clos, au motif
que le président du MİT (Organisation du renseignement national), et
les ministres de la Défense nationale et de l’Intérieur « allaient
divulguer des informations sur des questions relatives à la sécurité
nationale », mais il a également été décidé que le compte-rendu de la
réunion ne serait publié sous aucune forme pendant dix ans.
Étonnamment, cette décision a été prise à l’unanimité, sans aucune
objection de la part des députés de l’opposition siégeant dans la
commission, composée de 51 membres… La décision à peine prise, la
réunion a été suspendue pour permettre aux journalistes de quitter la
salle, et des brouilleurs de fréquence jammer ont été activés dans la
section fermée afin d’empêcher toute fuite d’informations. Les
téléphones portables des parlementaires présents ont également été
confisqués avant la réunion.
Cela signifie que personne, hormis les parlementaires présents et leurs
proches, ne saura ce qu’ont dit le président du MİT et les ministres
avant la date du 9 août 2035…
Ma génération, qui a été activement impliquée dans la vie
sociopolitique et médiatique de la Turquie depuis les années 40, a
assumé des responsabilités et, tout en approchant les 90 ans, continue
encore à en payer le prix, ne saura jamais ce qui a été discuté ce
jour-là en Commission nationale…
Tout au long de mes 73 années de journalisme, j’ai toujours été curieux
de savoir ce qui se discutait et quelles décisions furent prises lors
des réunions secrètes tenues par la Grande Assemblée nationale de
Turquie depuis sa fondation. Au besoin, j’ai tenté de recueillir des
informations en interrogeant des parlementaires que je connaissais.
Par exemple, la tristement célèbre rafle communiste de 1951, effectuée
lors de l’adhésion de la Turquie à l’OTAN, et les modifications
ultérieures des articles 141 et 142 du Code pénal turc visant à
alourdir les peines pour propagande et organisation communistes…
Au cours des années ultérieures, je n’ai pu prendre connaissance que
des années plus tard des détails complets des discours anticommunistes
honteux prononcés lors de la séance à huis clos de la Grande Assemblée
nationale de Turquie (GANT) du 19 novembre 1951 ayant donné lieu à ces
modifications dont j’ai moi-même été à plusieurs reprises la cible,
grâce au compte-rendu de 45 pages publié par la GANT. Ce compte-rendu,
que toute personne se considérant démocrate, devrait lire, est
accessible via le lien suivant :
https://www5.tbmm.gov.tr/tutanaklar/TUTANAK/GZC/d09/c010/gcz09010006.pdf
L’un des comptes-rendus les plus édifiants de l’histoire de la GANT
concerne la séance secrète du 22 janvier 1921, peu avant le massacre du
leader du Parti communiste de Turquie (TKP) Mustafa Suphi et de ses
camarades en mer Noire le 29 janvier 1921.
Des années plus tard, le compte-rendu de la séance secrète de la GANT,
daté du 22 Kânunisâni 1337 (22 janvier 1921), déclassifié et imprimé en
caractères latins par la GANT, révèle clairement la farouche opposition
de Mustafa Kemal au communisme, malgré l’aide en or et en armes reçue
de la Russie soviétique à l’époque, et la manière dont il excita ses
députés contre Mustafa Suphi et ses camarades, massacrés en mer Noire
une semaine plus tard.
Voici quelques passages instructifs de ce compte-rendu, que j’ai
partagés dans un de mes écrits publiés dans le passé, et que j’ai
reproduits textuellement, sans modifier les phrases mal formulées :
MUSTAFA KEMAL PACHA (Ankara) – Messieurs, nous avons été informés
qu’une délégation présidée par Mustafa Suphi avait demandé à venir au
pays et qu’elle appartient à un parti communiste. Nous avons de
nombreux amis qui connaissent bien la morale de ce Mustafa Suphi. Les
honorables gens d’Erzurum sont ceux qui le connaissent le mieux.
Mustafa Suphi était récemment en route pour notre pays. Certains
d’entre eux ont été envoyés par la côte, tandis que lui souhaitait
passer par Kars. En apprenant cela, les habitants d’Erzurum ont été
extrêmement alarmés par l’entrée d’un tel homme dans le pays et ont
pris des mesures pour l’empêcher d’y pénétrer. Ils ont interpellé les
autorités. Si cet homme entre dans le pays, nous le mettrons en pièces…
UN DÉPUTÉ – C’est une bonne initiative, Votre Excellence Pacha.
MUSTAFA KEMAL PACHA (suite) – Il m’avait contacté en personne et disait
que… c’était impossible face aux réactions de la foule. Il est retenu à
la frontière pour être refoulé plus tard… Il me demandait aussi mon
avis… La libération d’un homme qui semblait arrivé à l’intérieur du
pays… J’ai trouvé… approprié les mesures prises à Erzurum et leur ai
écrit. Ce télégramme arrive après cela.
(…)
« Je n’ai aucun doute, et je crois que personne n’en doutera, que la
politique menée jusqu’à présent par la Grande Assemblée nationale et
son gouvernement est pleinement conforme aux principes nationalistes.
Je ne vois pas la nécessité de rappeler ce que signifie cette
politique. Je me contenterai de deux mots, à savoir l’indépendance
nationale à l’intérieur des frontières nationales, un principe fort et
avec une grande signification. Il est impossible de montrer le moindre
signe d’écart de notre part de ce principe jusqu’à aujourd’hui.
« Messieurs, ceux qui adhèrent à ces deux principes, et bien évidemment
les esprits éclairés, ne peuvent certainement pas s’entendre avec la
tutelle du communisme et ses principes destructeurs de cet ordre
établi. Par conséquent, la politique menée par votre Grand Conseil n’a
jamais été fondée sur le principe du communisme. Il en est ainsi, et je
le répète une fois encore. Mais il est également à votre connaissance
et celle du monde entier que votre Assemblée et votre gouvernement, qui
demeurent profondément attachés à ces principes nationaux, n’ont jamais
même mentionné les principes communistes ou bolchéviques dans leurs
relations avec ladite République bolchévique de Russie qui est un État
indépendant.
« Je suppose que votre ministre des Affaires étrangères a expliqué ce
point à plusieurs reprises. Par conséquent, je le répète : les
relations de notre nation, de notre État et de votre Haut Conseil avec
les Russes ont toujours été conditionnés à l’existence de deux États
indépendants se faisant face, chacun préservant pleinement ses propres
buts, et continueront à l’être ainsi. Dans les contacts et les
relations du gouvernement bolchévique russe et de ses dignitaires avec
le nôtre et nos dignitaires, certains bâtards, probablement vagabonds,
de cette nation ont poursuivi leur errance à l’intérieur de la Russie.
« Ces vagabonds, possédés par l’illusion d’agir, ont formé un parti
baptisé Parti communiste de Turquie pour servir ouvertement notre pays
et notre nation, et à la tête de leurs fondateurs se trouvent Mustafa
Suphi et ses pairs. Ceux-ci, non par un esprit patriotique immanent et
par un sentiment national sincère, mais pour complaire à leurs figures
de proue de Moscou qui, à mon avis, les ont peut-être financés,
protégés et soutenus, se sont livrés à une série de tentatives
imbéciles. Leur tentative consistait à introduire le bolchévisme russe
dans le pays par différents canaux. C’est ainsi qu’un mouvement
communiste s’est implanté dans notre pays et notre nation depuis
l’étranger.
« D’un autre côté, Messieurs, certains, ignorant dans le pays ce qu’est
le communisme, mais pensant qu’une force bolchévique puissante, formée
sur ce principe, pourrait être pour nous une force libératrice, et sans
même entrer en contact avec ce courant communiste extérieur, ont eu
envie de créer une organisation communiste de leur propre chef. Il
arriva un moment où, à Ankara, à Eskişehir et dans de nombreuses autres
régions du pays, de nombreuses personnes, sans aucun lien entre elles,
commencèrent à créer des organisations communistes, tandis que, en
parallèle, des étrangers commencèrent à errer dans le pays comme des
vagabonds et à se livrer à de la propagande. Votre Députation, qui a
toujours vu le plus grand avantage dans le maintien et l’adhésion à ses
principes, s’est senti obligé d’envisager une issue favorable à cette
situation. Il était, et demeure convaincu que le communisme ne trouvera
jamais d’application locale dans ce pays et au sein de cette nation. »
D’autres passages de ce long discours contiennent des renseignements
précieux sur cette politique étatique anticommuniste, les manœuvres
diplomatiques entreprises pour apaiser les réactions éventuelles de la
Russie communiste, qui soutenait alors le gouvernement d’Ankara tant
sur le plan politique, financier que militaire, et même la création
d’un parti communiste fantoche.
Le texte intégral est accessible via le lien suivant :
https://www.tbmm.gov.tr/tutanaklar/TUTANAK/GZC/d01/CILT01/gcz01001136.pdf
Cependant, certaines mentions ont été omises dans les textes publiés,
et en particulier dans les discours de Mustafa Kemal, remplacés par des
ellipses, faisant ainsi perdre leur sens à certaines phrases.
Bien que rien ne puisse être affirmé avec certitude, le recours à une
censure aussi flagrante d’un discours provocateur prononcé par le chef
de l’État une semaine avant l’assassinat de Mustafa Suphi et de ses
camarades résulte probablement d’une tentative de ne pas ternir la
réputation de Mustafa Kemal. Le texte original du discours, rédigé en
caractères arabes, doit, s’il n’a pas été détruit, être retrouvé par
des historiens honnêtes et soumis à nouveau en caractères latins pour
une évaluation publique.
En dehors des procès-verbaux des séances à huis clos de la GANT des dix
dernières années soumis à la confidentialité, les procès-verbaux de
toutes les séances à huis clos du 24 avril 1920 au 3 février 2011 sont
accessibles via le lien suivant :
https://www.tbmm.gov.tr/Tutanaklar/GizliOturumTutanaklari
Depuis le 2 février 2011, les séances à huis clos lors desquelles des
discours ont été prononcés et des attaques proférées, en particulier
contre les opposants en Turquie et en exil, et où des décisions ont été
prises pour que les Forces armées turques attaquent la présence kurde
en Syrie et en Irak sont inaccessibles en raison de la règle de «
l’interdiction des 10 ans ». Notre génération n’en prendra sans doute
jamais connaissance…
J’espère que nos partis d’opposition, qui prétendent lutter pour une
véritable démocratisation de la Turquie, mettront fin, s’ils
parviennent à accéder au pouvoir demain, à cette pratique honteuse des
« huis clos » et des « interdictions de procès-verbaux », et auront le
courage de dire ouvertement ce qu’ils ont à dire, de manière que chaque
citoyen puisse le consulter instantanément sur son ordinateur ou son
téléphone portable.
Ainsi, ma génération pourrait apprendre avant qu’il ne soit trop tard
ce qui a été débattu à huis clos au Parlement au cours de la dernière
décennie, et comment et par quels votes ont été adoptées des décisions
despotiques et agressives.
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Erdogan : "Aucun marchandage n’est
possible pour libérer la Turquie du terrorisme"
Il n'y a pas de place pour les marchandages, les négociations, les
concessions ou les tentatives secrètes dans le processus de libérer la
Turquie du terrorisme, a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan
dans une lettre aux familles des martyrs et des vétérans.
Erdogan a souligné que chaque centimètre carré du territoire est
imprégné du sang des martyrs et des vétérans, affirmant que la paix, la
sécurité et la fierté dont jouit la Turquie aujourd'hui sont avant tout
le fruit de leur sacrifice et que la protection de leur héritage est le
devoir premier de l'État.
"Je vous demande et vous implore particulièrement de vous assurer qu'il
n'y a eu aucune place pour les marchandages, les négociations, les
concessions, les initiatives secrètes et serviles à aucun moment de ce
processus, et qu'il n'y en aura pas à l'avenir", a écrit Erdogan.
"Aucune mesure n'a été prise, et ne sera prise, qui puisse tourmenter
les âmes précieuses de nos martyrs ou blesser leurs familles", a-t-il
ajouté.
Une fois les objectifs d'un pays et d'une région sans terrorisme
atteints, un nouveau chapitre s'ouvrira pour le pays, a déclaré
Erdogan, ajoutant : "Notre fraternité millénaire franchira une nouvelle
étape ; et les graines de discorde semées entre nous seront éradiquées
et rejetées à jamais”.
Erdogan a également adressé une lettre à tous les citoyens concernant
les objectifs d'une Turquie sans terrorisme.
Il a déclaré qu'il continuait à œuvrer sans relâche pour une Turquie
forte et grande, conscient de porter la responsabilité de chaque
citoyen sur ses épaules.
"Déterminés à briser la chaîne sanglante"
Le président turc a déclaré qu'au cours des 23 dernières années, grâce
aux investissements réalisés, aux projets, aux réformes, aux services
et aux réglementations mis en œuvre, la Turquie a acquis une position
respectée tant dans sa région qu'à l'échelle internationale.
Erdogan a souligné que malgré tous les obstacles rencontrés, des
efforts conjoints ont été menés avec la nation pour renforcer la
démocratie, étendre les droits et les libertés, éliminer les structures
de tutelle et asseoir la souveraineté de la volonté nationale dans
toutes les institutions de l'État.
Il a déclaré que, tout en luttant sans relâche contre toutes les formes
de terrorisme, toutes les mesures nécessaires pour garantir que 86
millions de citoyens vivent dans la paix, la tranquillité et la
fraternité, ont été prises.
"Avec notre nation, nous sommes déterminés à briser la chaîne sanglante
qui empêche notre pays d'atteindre ses objectifs depuis un demi-siècle.
Si Dieu le veut, nous atteindrons finalement l'objectif d'une Turquie
et d'une région sans terrorisme", a-t-il déclaré.
"Soyez assurés que nous savons exactement ce que nous faisons et
agissons avec intelligence stratégique, la plus grande prudence et la
plus grande sensibilité. Chaque mesure que nous prenons est calculée
minutieusement", a-t-il noté.
"Dans nos efforts pour une Turquie sans terrorisme, aucun compromis,
aucune négociation, aucune mesure susceptible de compromettre notre
indépendance et notre avenir ne sont possibles, et il n'y en aura
jamais", a-t-il ajouté.
"Nous n'avons jamais toléré et ne tolérerons jamais aucune tentative
susceptible de blesser les âmes nobles de nos martyrs, de contrarier
nos vétérans ou d'attrister et de faire honte aux familles de nos héros
tombés au combat". (AA,
7 août 2025)
En Turquie,
l'opposition est devenue "l'ennemi"
Le CHP, premier parti d'opposition au gouvernement en Turquie est
devenu son nouvel ennemi, estime l'un de ses responsables dans un
entretien à l'AFP, commentant ce que les observateurs décrivent comme
la volonté du président Erdogan de reprendre le contrôle du pays avant
les prochaines élections.
Depuis les revers subis par le camp gouvernemental lors des élections
municipales de mars 2024, la répression s'est abattue sur le Parti
républicain du peuple (CHP, social-démocrate), de nombreux élus étant
arrêtés pour terrorisme ou corruption, comme le maire d'Istanbul Ekrem
Imamoglu, principal rival du chef de l'Etat, interpellé le 19 mars et
toujours détenu.
"Le parti au pouvoir a désigné son nouvel ennemi politique le 19 mars,
et ce nouvel ennemi est le CHP", affirme Burhanettin Bulut,
président-adjoint du CHP, chargé des relations publiques, au siège du
parti à Ankara.
"Ce gouvernement survit en se trouvant sans cesse un nouvel ennemi. Sa
stratégie, c'est la polarisation par le dénigrement pour consolider sa
base électorale", ajoute-t-il.
"De cette façon, il lance un écran de fumée pour masquer les véritables
problèmes de la société: pauvreté, injustice, érosion de la démocratie
et des droits individuels", poursuit-il.
L'arrestation d'Ekrem Imamoglu a déclenché une vague de contestation
inédite en une décennie qui a donné lieu à des milliers d'arrestations.
Özgür Ozel, confirmé à la tête du CHP après l'arrestation de l'édile
lors d'un congrès exceptionnel en avril, fait l'objet de pressions
judiciaires croissantes pour tenter d'affaiblir l'opposition.
En juillet, le procureur général d'Ankara a ouvert une nouvelle enquête
le visant pour "insulte au président" notamment, pour avoir critiqué
l'arrestation de plusieurs maires d'opposition.
Une autre action en justice, intentée en février, questionne son
élection à la tête du CHP avec des allégations de fraude lors du
congrès du parti qui l'a élu en novembre 2023.
Les médias locaux ont également évoqué des manoeuvres visant à lever
son immunité parlementaire.
Pour Burhanettin Bulut, l'arrestation d'Özgür Özel équivaudrait à
"lancer de la dynamite sur les fondations de la République".
Mais il souligne que le CHP, fondé par le père de la République turque,
n'est "pas un parti centré sur son président": "C'est un parti à
l'histoire profondément enracinée, qui fut dirigé par certaines des
figures les plus importantes de la vie politique turque, à commencer
par Mustafa Kemal Atatürk. Aussi, se mêler de ses affaires n'est pas
chose aisée."
- "Théâtre politique" -
Pour le responsable, tout ceci relève du "théâtre politique": "Le
CHP
a déjà choisi son leader, il n'y a pas de crise interne", affirme-t-il,
d'autant que M. Özel a assuré qu'il ne sera pas candidat à la
présidence si Imamoglu est empêché.
En outre, le CHP n'est pas le seul visé, souligne le responsable: "Du
commis d'épicerie à l'apprenti, des hommes d'affaires aux artistes et
aux journalistes, partout dans le pays les gens ont peur". Mais "malgré
les pressions, (le CHP) sera le grand vainqueur" des prochaines
élections, prévues en 2028 prédit-il.
Le gouvernement a envoyé les premiers signaux sept mois après les
municipales de 2024, selon M.Bulut, avec l'arrestation du maire du CHP
d'Esenyurt, un quartier populaire d'Istanbul, accusant ce dernier,
Ahmet Ozer, d'appartenir au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK),
pourtant interdit.
Au sein du CHP, cette arrestation a sonné comme le début d'une
répression plus large. "Le gouvernement applique désormais au CHP sa
politique de nomination d'administrateurs (en remplacement des maires
élus, nldr) qui visait autrefois le parti pro-kurde DEM", explique-t-il.
Trois édiles du CHP, dans l'est et à Istanbul, ont été ainsi remplacés.
Seize autres, dont Ekrem Imamoglu, sont emprisonnés, selon un décompte
du CHP.
Le gouvernement a justifié ces arrestations au nom de la justice, mais
les opposants dénoncent leur caractère politique estimant qu'elles
visent à neutraliser l'opposition dans les principales villes de
Turquie conquises en mars 2024.
Evoquant le processus de paix en cours depuis l'automne avec le PKK, M.
Bulut réclame un peu de constance au gouvernement: "Vous ne pouvez pas
d'une main en appeler à la démocratie et, de l'autre, nommer des
administrateurs", estime-t-il. (AFP, 1 août 2025)
Crimes against humanity charge dismissed in 2015
Ankara bombing case
A court has rejected an attempt to overturn the acquittal of a
defendant on charges of crimes against humanity in connection with the
2015 Ankara train station bombing.
The bombing occurred on Oct 10, 2015, during the Labor, Peace, and
Democracy Rally in the capital city, organized by pro-Kurdish and
leftist groups ahead of the elections. ISIS carried out a twin suicide
bombing that killed 103 people and wounded more than 500 others.
Ten defendants were later sentenced to aggravated life imprisonment in
the case.
Ekici, who was the only individual in Turkey's legal history to face an
indictment for crimes against humanity, was acquitted of that charge in
2024. The 10 October Lawyers' Commission appealed the verdict.
The 22nd Penal Chamber of the Ankara Regional Court of Justice upheld
Ekici’s acquittal, describing it as “in accordance with the law.”
The court dismissed the appeal in a single-sentence ruling. It reasoned
that those who witnessed the attack, including survivors and relatives
of the victims, could not be considered direct victims of the crime and
thus had no legal standing as plaintiffs.
First trial for crimes against humanity
Ilke Işık, a lawyer representing the victims, criticized the ruling and
warned about the implications of the statute of limitations.
“There is a legal provision in this country regarding crimes against
humanity, but no case had ever been prosecuted under it until now,” she
said. “The October 10 Ankara bombing was one of the country’s largest
massacres. It involved a case in which ISIS members were tried and
convicted. This ruling by the regional court represents the judiciary’s
stance in the first crimes against humanity trial in the country.”
Işık said it was unfathomable to exclude survivors and victims'
families from the category of those directly harmed.
“How can our clients, those who were injured, those who lost loved
ones, not be considered direct victims?” she asked. “This massacre
caused them personal harm. If they are not considered the victims of a
crime against humanity, then who is?”
Concerns over time limitations
Işık also emphasized the potential impact of the ruling on the ongoing
prosecution of fugitive suspects.
“If the court had recognized this as a crime against humanity, there
would be no statute of limitations,” she noted. “But now that it isn’t
classified as such, the charges are limited to murder and crimes
against the constitutional order. While the trial of fugitives
continues, this decision means their cases may eventually be dismissed
due to the statute of limitations.”
Criticizing the court for issuing a one-sentence ruling, Işık said,
“Their decision shows a deliberate effort to let the statute of
limitations run out. They still can’t bring themselves to call ISIS a
group that committed crimes against humanity.”
She added, “Years ago, then-Prime Minister Ahmet Davutoğlu referred to
them as ‘angry young men.’ A decade later, this same tolerant approach
to ISIS persists.”
'They want to close the file'
Işık stressed that although ISIS members carried out the attack, they
were not acting alone.
“Numerous entities were responsible at every stage of this massacre.
Some of those responsible are state institutions. Others are public
officials. Yet, despite abundant evidence, not a single official has
been held accountable,” she said. “They want to bury this case, prevent
new evidence or discussions from emerging, and close the file with the
conviction of a handful of ISIS members.”
Işık argued that the Turkish judiciary had long failed in dealing with
ISIS.
“These suspects, both those in custody and fugitives, were monitored
for years. Yet they weren’t arrested. And when they were, they were
released. Borders were handed over to ISIS, and no one was punished.
What we’re facing is a judiciary that has shown tolerance to ISIS,” she
said.
“Even in 2025, Turkey’s judiciary still refuses to recognize ISIS as an
organization committing crimes against humanity. They dismiss these
charges with a single sentence, without any meaningful legal analysis.”
Işık drew attention to ISIS’s ongoing violence abroad.
“We’re talking about ISIS. Even today, massacres against Assyrians and
Druze communities in Sweida continue. ISIS is still organizing
massacres and committing crimes against humanity. The Ankara bombing
was no different,” she said.
“They attacked people who gathered for peace, democracy, and freedom,
people they viewed as infidels or enemies due to their beliefs or
lifestyles. Ignoring that truth is not acceptable, legally or morally. (BIA, 31 juillet 2025)
Une justice à vendre et à acheter en Turquie
Ragip Duran, TVXS.GR, 27 juillet 2025
Suleyman Burak Bodur, plus connu sous le nom de code de ‘’Lvbel C5’’,
rappeur de 24 ans très populaire, a été arrêté et écroué le 6 mai
dernier par le Parquet et le juge de Gebze (Ancien Dakibyza, à 55 km
d’Istanbul sur la côte de la mer Marmara). Il était accusé
d’’incitation à la consommation de drogues’’ dans les paroles de ses
chansons.
Ses parents sont allés voir le juge O.Y et ont demandé sa libération
précisant qu’il avait plusieurs concerts programmés tout au long de
l’été. Ce juge les a conseillé de voir l’avocat E.A. Ce dernier a
proposé à la famille de payer 500 milles dollars (425.500 Euros) pour
libérer le rappeur.
Les parents de LvBel C5 ont affirmé qu’ils n’avaient pas tant d’argent.
L’avocat a fait un premier rabais : D’accord, en coordination avec M.
le juge, on peut résoudre votre problème pour 300 milles dollars.
Second refus des parents. Alors une troisième proposition : D’accord,
on fait ça pour 100 milles dollars. 50 milles tout de suite et le reste
après la sortie de la prison.
Les parents l’acceptent. Mais ils alertent tout de suite les
responsables du ministère de la Justice. Les 50 milles dollars, dont
les numéros de série des billets de banque sont enregistrés, sont
prêts. Les membres de la famille accompagnés d’un inspecteur de police
civile rencontrent l’avocat, donnent les 50 milles dollars. Toutes les
conversations sont enregistrées clandestinement et le téléphone
cellulaire de l’avocat est sur écoute de la police. Donc toutes les
conversations entre l’avocat et le juge sont également enregistrées.
Pris en flagrant délit l’avocat a du avouer : - Il y a une équipe de 10
personnes en contact permanent avec les procureurs et les juges. Ils
trouvent des gens riches, les procureurs les arrêtent, les avocats
intermédiaires demandent des pots-de-vin pour les libérer. Ainsi
fonctionne le système.
L’avocat E.A est arrêté et écroué. Le juge O.Y est démis de ses
fonctions. Le Conseil des Juges et des Procureurs poursuit son enquête.
Le rappeur est libéré après 23 jours de prison.
Ce fut Timur Soykan, grand reporter d’investigation du quotidien Birgun
(Un Jour, gauche indépendante) et membre de l’équipe de Onlar TV qui a
révélé ce scandale. Il avait déjà dénoncé plus de 15 cas de pots-de-vin
reçus par les procureurs et les juges.
Il explique sur son compte YouTube le mécanisme en cours :
‘’Quand le Prof. Burhan Kuzu, chef conseiller du Président de la
République avait réussi en mai 2023 à libérer de la prison le baron
iranien de stupéfiant Naci Chérifi Zindachti, tout le monde, en Turquie
et à l’étranger, surtout les milieux mafieux étaient informés. Donc ils
savaient qu’en Turquie quand on paye des pots-de-vin, on peut faire
libérer un criminel, n’importe lequel. Ils savaient également que ces
criminels étaient protégés par le système en vigueur. Le ministre de
l'Intérieur M. Ali Yerlikaya a déjà déclaré que le capital de la mafia
menaçait le capital légal et légitime du marché et qu’il fallait
combattre contre ce fléau. Peut-il réussir ? A mon avis non. Car on ne
peut pas se laver avec les mains sales. Le système est sale, le régime
est sale, les cadres sont sales. L’Etat est sale, l’Etat est pourri. Il
s’agit d’un système complètement sale. La saleté est très profonde,
mais a également des liens avec la hiérarchie supérieure’’.
https://www.youtube.com/shorts/deTJw0jl3ts
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Pierre Delrock, ancien directeur de l’information, est
décédé
La RTBF est en deuil après l’annonce du décès de Pierre Delrock, ancien
directeur de l’information, considéré comme une figure importante du
paysage médiatique belge francophone. Il était âgé de 90 ans.
Pierre Delrock a débuté à la RTBF en 1960 à la radio, puis au Journal
Télévisé qu’il a présenté de 1964 à 1976. Rédacteur en chef de 1975 à
1990, il a terminé sa carrière comme Directeur de l’information avant
de quitter la RTBF en 1995.
Après avoir appris son décès, le média de service public s’est rappelé
de sa dernière visite en 2019. Il avait alors raconté une anecdote
marquante de sa carrière, le jour où il avait dû choisir entre Eddy
Merckx et Armstrong pour ouvrir son JT. «Mon choix a été de séparer
l’écran en deux parties. D’un côté Armstrong et de l’autre Merckx. A
l’époque ce n’était très facile. On travaillait avec des films qu’il
fallait développer. Nous n’étions pas sûrs du résultat. Aujourd’hui
c’est beaucoup plus simple, tout se fait avec deux clics«, avait alors
expliqué Pierre Delrock.
Inci et moi, nous sommes profondément attristés par le décès de notre
confrère Pierre Delrock qui était également notre voisin depuis 27 ans
à Schaerbeek. Nous lui avons beaucoup de gratitude pour sa solidarité
avec la lutte pour la démocratisation dans notre pays d’origine.
(Info-Türk, 10 août 2025)
Court
blocks access to detained journalist Fatih
Altaylı's YouTube channel
Fatih Altaylı, a well-known journalist currently imprisoned, has had
his YouTube channel blocked by a court decision.
Altaylı, who was arrested on June 22 under charges of allegedly
threatening the president, continues to draw significant attention
despite his incarceration. According to YouTube’s ratings reports,
Altaylı's channel saw a notable increase in viewership since his
arrest, with a rise of 7,938,846 viewers in July compared to June. As
of July, his monthly viewership reached over 28 million.
On Aug 7, the İstanbul 6th Criminal Judgeship of Peace issued an order
to block access to two specific links on Altaylı's YouTube channel. The
court's decision was based on concerns related to national security,
public order, and preventing the commission of crimes.
The first blocked video featured former parliament member Emin Şirin,
who appeared on the channel to support Altaylı. The court pointed to a
segment of the video, beginning at the 3-minute and 40-second mark,
where Altaylı discusses a controversial claim involving MHP leader
Devlet Bahçeli and PKK leader Abdullah Öcalan.
The second link blocked was the homepage of Altaylı's entire YouTube
channel. The court’s decision has effectively restricted access to all
content on the channel.
The court's ruling, issued on Aug 7, was immediately communicated to
internet service providers. However, the decision will not take effect
until the two-week legal appeal period has passed. As a result,
Altaylı’s YouTube channel remains accessible for now.
Fatih Altaylı, who has been active in Turkey’s media environment for
over three decades, is known for his work as a program host and news
director at various mainstream media outlets. In recent years, he has
shifted his focus to running his own news website and YouTube channel,
where he continues to engage his large following. (BIA, 8 August 2025)
Court extends detention of journalist
Ercüment Akdeniz in 'terrorism' case
A court has ruled to extend the detention of journalist Ercüment
Akdeniz, who appeared before a judge for the first time today as part
of a "terrorism" investigation into the Peoples' Democratic Congress
(HDK), a coalition of leftist and pro-Kurdish groups.
Akdeniz, the former editor-in-chief of the leftist newspaper Evrensel,
has been held at Marmara (Silivri) Prison on the outskirts of İstanbul
since Feb 22.
He is one of two individuals in pretrial detention as part of the HDK
case. The other is Atilla Özdoğan.
The hearing, held at İstanbul’s 26th Heavy Penal Court, started nearly
an hour later than scheduled. Akdeniz was physically brought to the
courtroom, but his family, journalists, and observers were not allowed
in during the announcement of the court’s interim ruling.
Observers packed the courtroom, prompting the panel to ban standing
attendees. The presiding judge declined to meet with lawyers who
requested to discuss the situation.
A dispute broke out between bailiffs and attendees over seating
arrangements before the hearing began, eventually Akdeniz being met
with applause as he entered the room. Officials warned that further
applause would result in the courtroom being cleared.
'Isn't this an open hearing?'
Akdeniz’s attorney, Özcan Yaman, asked that the hearing be moved to a
larger courtroom, citing the large number of lawyers, lawmakers,
journalists, and international observers waiting outside.
When the judge asked if Yaman was challenging the court’s openness,
saying, "Isn't this an open hearing? Do you claim this?" he replied,
“Public access means everyone who wants to attend should be able to
enter.”
Yaman also objected to the court's decision to limit the defense to
three attorneys, stating that four lawyers had prepared to deliver
statements.
The court denied requests for a larger venue and for expanding the
defense.
When the fourth lawyer asked to be officially recorded as part of the
defense team, the judge responded, “This is our practice,” and blocked
the request. The crowd reacted vocally, prompting the judge to threaten
to clear the courtroom again.
The session then moved on to Akdeniz’s defense.
‘Charges are inflated but baseless’
Akdeniz began by recounting his career in journalism, which started in
2010, and his involvement with the leftist Labor Party (EMEP), a former
HDK member group.
He said the indictment was full of “unjust, incorrect, and fabricated
allegations,” and claimed that his rights to organize and report were
being criminalized.
“There is no action for which I need to account. We are journalists
pursuing the truth,” he said. “The charges are inflated but baseless.”
Describing the day of his arrest, Akdeniz said police told him they
were waiting for “the raid hour” despite his offer to unlock his door.
“Still, they broke down my door with crowbars and filmed it repeatedly."
Akdeniz stated that EMEP never assigned him to work with HDK and
questioned why he was included in the investigation. He noted that HDK
had held about ten congresses and operated publicly with offices,
websites, and social media.
He also linked his arrest to broader political developments,
referencing the Feb 27 message from Abdullah Öcalan, which was read out
by a delegation including former HDK spokespersons Cengiz Çiçek and
Esengül Demir.
“This was a state-sanctioned event,” Akdeniz said. “While we were in
prison, HDK’s current spokesperson Meral Danış Beştaş appeared on live
television. State officials engaged with her, acknowledging her role.
This shows that HDK’s representation was officially recognized.”
Witnesses deny knowledge of Akdeniz
The court then heard witness testimony. Abdülkadir Akdağ said, “I don’t
know the defendant. I’ve seen him on television. I have no knowledge
about alleged group membership.” When the judge read from his police
statement, Akdağ replied, “That’s not my statement. They made me sign
it while in custody.”
Another witness, Hikmet Kaymaz, also denied knowing Akdeniz or
recalling his earlier statement. “It’s been a long time,” he said.
Akdeniz reiterated that EMEP had not tasked him with work in the HDK
and described the group as a political coalition with open operations
and public visibility.
The hearing continued with statements from the defense attorneys. The
prosecutor requested that Akdeniz remain in pretrial detention.
The court agreed and ruled for the continuation of Akdeniz’s
imprisonment. As the decision was read, his family, journalists, and
observers were not allowed in the courtroom.
Demonstration before hearing
Before the trial, a press conference was held in front of the İstanbul
Courthouse, led by DİSK Basın-İş press workers’. Journalists,
lawmakers, and rights advocates chanted slogans including “Ercüment
Akdeniz is not alone” and “Free press cannot be silenced.”
Reading a statement on behalf of the group, journalist Elif Akgül
criticized the prosecution of Akdeniz’s journalistic work. “This case
highlights the dire state of journalism in this country,” she said,
adding that freedom of expression and the public’s right to information
were under threat.
She also mentioned journalist Furkan Karabay, saying these detentions
were part of a “campaign of suppression.”
Akdeniz’s message from prison
DİSK Basın-İş President Turgut Dedeoğlu shared a message from Akdeniz,
written in prison: “Journalists are being prevented from reporting.
Press freedom is being violated. We will not drop the pens of Uğur
Mumcu and Metin Göktepe.”
Journalist Diren Yurtsever, speaking for the Dicle Fırat Journalists
Association (DFG), pledged continued advocacy for press freedom.
HDK co-spokesperson Meral Danış Beştaş reminded that Akdeniz was being
prosecuted over a case file from 13 years ago. “This is the voice of
millions,” she said.
Ahmet Şık, an MP from the Workers’ Party of Turkey (TİP), called the
arrest politically motivated and demanded “justice and freedom for all.”
Özgül Saki of the DEM Party noted Akdeniz’s reporting on migrants and
refugees. Eren Keskin, co-chair of the Human Rights Association (İHD),
argued that the investigation was politically driven and violated
freedom of expression.
The demonstration concluded with chants of “Truth cannot be silenced”
and “Journalism is not a crime.” (BIA, 31 juillet 2025)
Kurdish
Question / Question kurde
Un sombre souvenir vers la Journée
mondiale de la paix…
Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 28 août 2025
- Öcalan, qui
avait appelé à
la paix sur Med TV le 28 août 1998, a été expulsé de Syrie suite à un
complot de l'État turc, puis arrêté au Kenya
Alors que les travaux de
la « Commission nationale », lancée par le gouvernement sous le slogan
« Une Turquie sans terreur », se poursuivent à un rythme soutenu, il
convient de rappeler l'appel à la paix d'Öcalan, lancé il y a 27 ans
avant la Journée mondiale de la paix, et la réponse inhumaine reçue par
l'État turc.
Ni le Parti de la gauche démocratique (DSP), dirigé par Ecevit, alors
partenaire du gouvernement, ni le Parti républicain du peuple (CHP) en
opposition, n'ont apporté le moindre soutien à cette importante
initiative. De plus, après que Bülent Ecevit fut devenu Premier
ministre en 1999 au sein d'une coalition avec le Parti du mouvement
nationaliste (MHP) de Devlet Bahçeli, il joua un rôle clé dans
l'arrestation d'Öcalan au Kenya, contraint à l'exil par le gouvernement
syrien.
C'était exactement trois jours avant la Journée mondiale de la paix, le
1er septembre 1998. Mon ami journaliste Günay Arslan, l'un des
directeurs de la télévision kurde Med TV, m'a appelé pour annoncer
qu'Öcalan lancerait un appel important à la paix lors d'une émission en
direct le 28 août.
Si je me souviens bien, outre moi-même, des représentants des médias
kurdes, des reporters de NTV, ATV, Milliyet et de l'agence de presse
İhlas, ainsi que de nombreux représentants de médias étrangers, étaient
également présents à l'émission.
Notre ami Yaşar Kaya, leader du parti kurde DEP interdit en Turquie et
du Parlement kurde en exil (SKP) établi en Belgique, que nous perdrions
à Erbil le 9 mars 2016, était également présent en studio.
Dans son discours d’ouverture, Öcalan avait souligné que le conflit
armé ne pouvait apporter de solution pérenne pour aucune des deux
parties et annoncé qu’il était prêt à négocier avec l’État turc pour
toute forme de solution pacifique et à conclure un cessez-le-feu.
Cependant, à cette époque, les préparatifs des célébrations du 75e
anniversaire de la République de Turquie s’étaient transformés en
manifestations ultranationalistes, et l’hystérie se manifestait dans la
glorification du drapeau, de la patrie, de l’hymne national, de l’hymne
du dixième anniversaire et de l’Ataturkisme.
En rappelant ces faits, j’avais demandé à Öcalan : « Dans ce climat,
peut-on espérer que l’État turc parvienne à une solution politique avec
le mouvement national kurde ? » En réponse, Öcalan avait signifié que
la république, célébrant son 75e anniversaire, devait pour sa propre
survie trouver une solution à la question kurde, en déclarant :
« Il ne fait aucun doute que des milieux qui veulent étendre la guerre,
des milieux chauvins pour la plupart, et des partis politiques très
puissants seront en compétition, c’est vrai. Ils feront même des
provocations. Mais les réalités sont plus fortes que les provocations
et la démagogie. Lancer une telle initiative à l’occasion d’une Journée
mondiale de la Paix n’est ni un signe de faiblesse, ni un signe de
rêverie de notre part. C’est un message adressé aux milieux conscients.
Peut-être comprendront-ils, ce serait bien. Et personne n’y aurait à
perdre ».
J’étais extrêmement pensif lorsque j’ai quitté le programme. Le PKK
avait également cessé ses actions armées depuis longtemps afin de
soutenir l’initiative de paix d’Öcalan. Mais la paix n’a jamais fait
partie du vocabulaire du gouvernement fascisant d’Ankara.
Alors que les propositions de paix d’Öcalan occupaient l’actualité de
la Turquie le 1er septembre, Journée mondiale de la Paix, il fut
annoncé que le Conseil de sécurité nationale (MGK) avait décidé de
faire pression sur la Syrie au sujet du PKK. Suivront le discours
menaçant du général Attila Ateş, commandant des forces terrestres, à la
frontière syrienne, le 15 septembre 1998, puis celles du président
Demirel dans son discours d’ouverture au Parlement le 1er octobre. Le 9
octobre, Öcalan fut contraint de quitter la Syrie, où il dirigeait son
organisation depuis des années, sous la pression du gouvernement Assad.
Il était honteux pour les dirigeants de ces pays qu’Öcalan ait été
expulsé de Grèce, d’Italie et de Russie, où il s’était réfugié, sous
des prétextes futiles, pendant les près de quatre mois qui s’écoulèrent
jusqu’à son arrestation au Kenya, le 15 février 1999, avec l’aide des
services secrets américains, et son transfert en Turquie.
A l'époque où Öcalan fut envoyé de Grèce, où il se trouvait en dernier
lieu, au Kenya et arrêté par les services secrets turcs avec le soutien
de la CIA, le leader du Parti de la gauche démocratique, Bülent Ecevit,
occupait le poste de Premier ministre, et le leader du MHP, Devlet
Bahçeli, qui joue actuellement le rôle de « colombe de la paix »,
occupait le poste de vice-Premier ministre.
Peace Mothers barred from speaking Kurdish at
parliament committee
A group of Peace Mothers invited to address a parliamentary committee
on the Kurdish peace process yesterday were not allowed to speak in
Kurdish.
At the meeting, Kurdish speeches were recorded in the official minutes
with the phrase “At this point, the speaker used a word in a language
other than Turkish.”
One of the mothers, Nezahat Teke, who described herself as “a Kurdish
woman born to a Kurdish mother, raised with Kurdish lullabies,
suffering in Kurdish, crying in Kurdish,” had asked to make her
statement in her native language.
After her request was denied, pro-Kurdish Peoples’ Equality and
Democracy (DEM) Party lawmaker Meral Danış Beştaş and main opposition
Republican People’s Party (CHP) deputy Sezgin Tanrıkulu proposed
translating the statements into Turkish, but parliament speaker Numan
Kurtulmuş rejected the offer, citing parliamentary rules.
Unable to speak in Kurdish, Teke said, “If I had spoken Kurdish, I
could have expressed myself better. But since I wasn’t given that
opportunity, I will try to speak in Turkish as much as I can. Maybe not
all my words will be understood because I neither read nor write.”
At the end of her remarks, she said the greatest injustice was being
done to her.
Kurtulmuş responded by telling her, “Please don’t think any injustice
was done to you. Look, there are 51 politicians here, and their main
duty is to speak. You speak better than anyone else; your Turkish is
excellent.”
The exchange drew criticism, as the development of the Kurdish language
was listed among the committee’s core agenda items. Rights
organizations pointed out that addressing language-related issues is
precisely the responsibility of the body. The committee is expected to
hear from language associations and linguists in the upcoming meetings.
‘This is the essence of the Kurdish issue’
Kurdish linguist Zana Farqînî criticized the restriction, saying that
“this is the essence of the Kurdish issue.”
“Parliament is the place where the people’s will manifests and where
political solutions are found," he told bianet. "If parliament acts
with old prejudices, how can it contribute to a solution? If peace,
fraternity, and democratization are being discussed, it should begin
here. Allowing such flexibility would have been a sign of sincerity.”
Barring Kurdish at a committee formed to find solutions to the conflict
undermines the credibility of the process, he added.
Remziye Alparslan, co-chair of the Kurdish Studies Association, also
called the denial of Kurdish speech one of Turkey’s fundamental issues.
“Parliament must truly represent the people,” she told bianet,
recalling that until 2008, Kurdish statements were recorded as being in
an “unknown language,” and afterward as “a language other than Turkish.”
She added that the continuation of this practice harms the process.
“Kurdish people, with their language and culture, must be present there
so that representation is genuine,” Alparslan said, adding that
appointing interpreters and language experts in parliament could easily
solve the problem.
“What is needed is to amend parliamentary bylaws in a pluralistic and
inclusive way, lifting barriers to speaking, debating, and submitting
proposals in languages other than Turkish,” she said. “True
representation would then be possible, and parliament would reflect the
diversity of languages in society. The disgrace of labeling Kurdish as
an ‘unknown language’ should be left in the past.”
Alparslan also outlined broader demands: Kurdish should be recognized
as an official language and taught from preschool to university. She
called for changes to Article 42 of the Constitution, which bans the
teaching of any language other than Turkish as a mother tongue. “No one
has the right to impose a mother tongue on us,” she said. “This is
against human rights. While we speak of Kurdish here, the same applies
to all other languages and cultures in this region.”
The peace process
Turkey launched a new Kurdish peace process in October last year,
following a call by Nationalist Movement Party (MHP) leader Devlet
Bahçeli, a key ally of President Recep Tayyip Erdoğan. Bahçeli said
imprisoned Kurdistan Workers’ Party (PKK) leader Abdullah Öcalan could
become eligible for the right to hope, a legal concept that could
potentitally lead his release from prison if he called for the group’s
dissolution.
After several meetings with DEM Party delegations, Öcalan on Feb 27
urged the PKK to lay down arms and disband, ending its 40-year
insurgency. The PKK held a congress from May 5–7, where it announced
its decision to comply. On Jul 11, the group staged a symbolic ceremony
marking the beginning of disarmament.
To oversee the process, parliament established the Committee on
National Solidarity, Fraternity and Democracy, which held its first
meeting on Aug 5. The committee has since convened five times and will
continue hearing from rights groups, civil society, academics, and bar
associations involved in the process. (BIA, 21 August 2025)
Survey shows strong support for Kurdish in education
amid declining use among youth
Survey shows strong support for Kurdish in education amid declining use
among youth
A survey conducted among Kurdish mother tongue speakers in various
parts of Turkey found that more than 97% of participants support
Kurdish as a language of instruction, while younger generations are
less proficient and use the language less than their elders.
Would you like me to make it even sharper by splitting it into two
sentences?
The Socio-Political Field Research Center conducted the survey between
Jul 17 and 23 with the participation of 2,378 people in 23 provinces,
including traditionally Kurdish-populated areas such as Diyarbakır,
Mardin, and Urfa, as well as metropolitan centers with significant
Kurdish populations such as İstanbul, Ankara, İzmir, and Adana.
Of those who participated, 88.2% identified their mother tongue as the
Kurmancî dialect of Kurdish, and 10.4% as Zazakî/Kirmanckî dialect.
Younger generation less proficient
According to the survey, 23.5% of respondents said they spoke their
mother tongue "very well," while 43.2% said "well" and 16.2% reported
speaking it "poorly."
The research team noted that “those who speak their mother tongue very
well are mostly in the middle-aged group, while those who speak it very
poorly are largely among the younger generation. As the level of
education increases, the proportion of those who speak the language
well decreases.”
Intrafamily communication
The survey found that most respondents’ parents primarily spoke their
mother tongues with each other and with their children. However, 27.8%
of participants said they communicated exclusively in Turkish with
their spouses. The use of mother tongues within families increased with
age and decreased with higher education levels.
When asked about communication with children, 40.1% said their children
spoke Turkish with them, while 24.7% reported speaking mostly Kurdish.
Only 1.3% said their children used the Zazakî/Kirmanckî dialect.
Regarding children’s proficiency, 7.3% of respondents said their
children spoke their mother tongue "very well," and 13.5% said "well."
The research team remarked that these findings indicate “a dramatic
decline in mother tongue communication with children, despite high
levels of use between participants and their own parents.”
Half of parents aware of selective Kurdish classes
The study also asked parents whether they were aware that their
children could choose Kurmancî or Zazakî as elective courses in
schools. Of those surveyed, 45.5% said they were aware, while 21% said
they were not.
On daily usage, 57.1% of respondents reported speaking their mother
tongue "frequently," 25.7% "occasionally," 12.3% "rarely," and 4.9%
said they never spoke it.
In terms of cultural practices, 77.9% said they often listened to music
in their mother tongue, while 15.4% described their reading ability in
the language as "very good" and 22% as "good."
Education in mother tongue
Respondents were also asked about policies related to mother tongue
preservation. When questioned whether Kurdish should be a language of
instruction at all levels of education in Turkey, 97.9% said "yes."
In response to an open-ended question about the top priority for
protecting and developing their mother tongue, 51.9% cited "ensuring
education in the mother tongue," 16.6% called for "official recognition
and legal status," and 9.1% emphasized encouraging its use within
families and social settings. Education in the mother tongue was also
the most frequent response for second- and third-priority measures.
The survey drew higher participation from Kurdish-speaking,
middle-aged, male, and well-educated respondents.
The survey was conducted in Diyarbakır, İstanbul, Ankara, İzmir,
Samsun, Balıkesir, Erzurum, Adıyaman, Van, Mardin, Urfa, Bingöl, Ağrı,
Antalya, Mersin, Şırnak, Bursa, Antep, Batman, Dersim, Malatya, Adana,
and Siirt. (BIA, 19 August 2025)
41e anniversaire de la résurrection kurde
Le 15 août est célébré au Kurdistan et en Europe par des milliers de
Kurdes. Chaque année, sur les réseaux sociaux, les hashtags #Vejîn ou
#CejnaVejînêPîrozBe fleurissent sous les publications célébrant la date
anniversaire de la résurrection armée du PKK.
Lors du deuxième congrès du parti du PKK, qui s’est tenu du 20 au 25
août 1982 à Daraa, en Syrie, il a été décidé que le PKK commencerait à
préparer une insurrection à l’intérieur de la Turquie. Des camps
d’entraînement ont été ouverts en Syrie et dans la vallée de la Bekaa
au Liban et des équipes de propagande ont été envoyées de l’autre côté
de la frontière pour prendre contact avec la population locale.
Après des années de préparation, le PKK a lancé sa première grande
attaque le 15 août 1984. L’attaque était dirigée par Mahsum Korkmaz.
Les forces du PKK ont attaqué le poste de gendarmerie d’Eruh à Siirt,
tuant un soldat de la gendarmerie et blessant six soldats.
Simultanément, les forces du PKK ont attaqué une installation de plein
air de la gendarmerie, des logements d’officiers et un poste de
gendarmerie à Şemdinli, Hakkari et ont tué deux policiers et blessé un
policier et un soldat.
La première attaque a été suivie d’un raid contre un poste de police à
Siirt le 17 août, qui a été rapidement suivi d’une attaque qui a tué
trois des gardes présidentiels du général Kenan Evren à Yüksekova et
d’une embuscade qui a tué 8 soldats turcs à Çukurca, dans la province
de Hakkari.
Le 28 mars 1986, le légendaire commandant de la guérilla Mahsum Korkmaz
est tombé martyr avec un groupe de combattants lors d’affrontements
avec les troupes turques à Gabar le 28 mars 1986. Depuis ce jour, le
commandant Egîd a pris place dans le cœur du peuple du Kurdistan et sa
position légendaire est rappelée à chaque occasion.
C’est sous son commandement que la guérilla kurde a mené la première
attaque contre les forces d’occupation turques le 15 août 1984 à Eruh,
déclenchant ainsi la lutte armée pour la libération du Kurdistan
colonisé.
Pour commémorer le commandant Egîd, un forgeron de Kobanê a réalisé une
sculpture spéciale. La statue est en fer et représente le commandant
Egîd dans son uniforme. Il tient une Kalachnikov et son visage regarde
vers le haut.
Mahsum Korkmaz aurait été enterré dans la fosse commune de Newala
Kesaba, près de Siirt. Chaque année, des milliers de personnes se
déplacent sur place pour rendre hommage au grand commandant. (ANF, 15
août 2025)
La Syrie se
retire des pourparlers de Paris avec les Kurdes
Un responsable syrien a déclaré samedi que les autorités ne
participeraient pas aux pourparlers prévus à Paris sur l'intégration de
l'administration kurde semi-autonome de Syrie au sein de l'Etat,
exigeant que toute négociation future se tienne à Damas.
Cette décision fait suite à une conférence organisée par
l'administration kurde, qui contrôle de vastes zones du nord et du
nord-est de la Syrie, avec la participation de plusieurs communautés
minoritaires syriennes - une première depuis la destitution de
l'ex-président Bachar al-Assad par une coalition islamiste en décembre.
Parmi les participants figurait le commandant des Forces démocratiques
syriennes (FDS), Mazloum Abdi, signataire le 10 mars d'un accord avec
le président par intérim Ahmad al-Chareh prévoyant l'intégration des
institutions civiles et militaires kurdes à l'Etat.
La déclaration finale plaide pour "une constitution démocratique
établissant un Etat décentralisé", alors que Damas rejette tout projet
de décentralisation.
"Cette conférence a porté un coup aux efforts de négociation en cours.
En conséquence, (le gouvernement) ne participera à aucune réunion
prévue à Paris", a indiqué un responsable syrien cité par l'agence
officielle Sana.
Le gouvernement "invite les médiateurs internationaux à transférer
toutes les négociations à Damas, seul lieu légitime et national pour un
dialogue entre Syriens", a ajouté ce responsable sous couvert
d'anonymat.
Fin juillet, la Syrie, la France et les Etats-Unis avaient annoncé un
accord pour organiser à Paris, "dans les plus brefs délais", des
discussions sur la mise en oeuvre de l'accord du 10 mars.
Les récents affrontements intercommunautaires dans la province à
majorité druze de Soueida (sud de la Syrie) et les massacres commis en
mars contre la communauté alaouite, dont est issu l'ex-président, ont
renforcé les inquiétudes kurdes, alors que les négociations avec Damas
sont au point mort.
La conférence a aussi donné lieu à des interventions vidéo de deux
figures religieuses influentes: le chef spirituel druze Hikmat al-Hijri
et le dignitaire alaouite Ghazal Ghazal.
Damas a récemment critiqué M. Hijri pour ses appels à une protection
internationale des druzes et sa demande d'aide à Israël lors des
violences de juillet.
Le gouvernement ne "siégera pas à la table des négociations avec
toute
partie cherchant à restaurer l'ère de l'ancien régime", a mis en avant
le responsable, dénonçant la présence de "figures séparatistes
impliquées dans des actes hostiles".
Selon lui, la conférence de vendredi constitue "une tentative
d'internationaliser les affaires syriennes" et d'encourager
l'ingérence. (AFP, 15 août 2025)
Family attacked in Mersin 'for speaking Kurdish,' one
member in intensive care
An eight-member family was assaulted reportedly for speaking Kurdish in
Mersin, a southern province with a significant Kurdish population,
The incident occurred in the Kisecik villlage of Çamlıyayla district
and involved a group that included the mukhtar of the village,
Mezopotamya Agency (MA) reported.
The family was stopped at the village entrance by a vehicle, according
to MA reporting. They were first subjected to verbal abuse before being
physically assaulted. The attackers reportedly told them, “This is the
Republic of Turkey, how can you speak Kurdish?”
Among the family members were women and a three-month-old baby. The
family went to Mersin City Hospital on their own following the attack.
Adnan Nazlı, one of the injured, was admitted to intensive care, while
the others received outpatient treatment.
Police detained the suspects after the family filed a complaint. They
were taken to the Tarsus District Security Directorate for questioning.
(BIA, 11 August 2025)
Désarmement du PKK: la commission du parlement
turc entame ses travaux
La commission parlementaire chargée de préparer un cadre légal au
processus de paix en Turquie avec le Parti des Travailleurs du
Kurdistan (PKK) a entamé ses travaux mardi.
Une trentaine de combattants du mouvement, considéré comme terroriste
par Ankara, ont déposé et brûlé symboliquement leurs armes le 11
juillet dernier dans le nord de l'Irak, après neuf mois de discussions
entre leur fondateur et leader historique Abdullah Öcalan et le
gouvernement turc.
La commission transpartisane doit organiser l'intégration politique du
PKK et de ses forces et décider du sort de M. Öcalan.
Elle doit "proposer et préparer des réglementations juridiques qui
rendront la paix permanente, ainsi que le désarmement complet", a
souligné le président du parlement Numan Kurtulmus en ouverture des
travaux, célébrant "le début d'une ère nouvelle".
Selon M. Kurtulmus, qui présidera les travaux, la commission entendra
"tous les segments de la société", intellectuels, universitaires,
juristes et représentants de la société civile.
Cette commission, a-t-il insisté, "ne va pas seulement rédiger des
rapports, mais va également suivre le processus de désarmement au nom
du peuple".
"La commission réunie ici (...) est une délégation historique, qui
témoigne du courage de reconstruire notre avenir et de la volonté de
renforcer l'intégration sociale", a-t-il salué, affirmant que le
processus de paix est "une question de survie qui concerne l'avenir
commun des citoyens de tous horizons, tant turcs que kurdes".
La commission est composée de 48 députés, dont 25 du bloc au pouvoir
(l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan et son allié MHP) et, parmi
les rangs de l'opposition, dix du Parti républicain du peuple (CHP,
social-démocrate) et quatre du parti prokurde DEM.
Lors de cette première session, l'élue du DEM Meral Danis Bestas a
d'emblée évoqué la libération conditionnelle d'Abdullah Öcalan,
condamné à vie et détenu depuis 1999.
La Turquie a été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme
en 2014 pour avoir privé le prisonnier de toute possibilité de
libération conditionnelle.
A la suite des discussions entamées en octobre 2024 avec les autorités
via le DEM, le PKK a annoncé en mai sa dissolution, répondant ainsi à
l'appel de M. Öcalan après plus de quatre décennies de combat contre
les forces turques.
Selon M. Erdogan, ces violences ont fait 50.000 morts, dont 2.000
soldats et causé des milliards de dollars de pertes à l'économie turque.
"La Turquie a gagné, 86 millions de citoyens ont gagné", avait affirmé
le président turc au lendemain de la cérémonie symbolique du 11
juillet. (AFP, 5 août 2025)
Turkish
Parliament establishes 51-member
commission for peace
The speaker of Turkey’s parliament has formally asked political parties
to submit delegate names for a 51-member parliamentary commission
tasked with overseeing the next phase of a state-led process aimed at
ending the Kurdistan Workers’ Party’s (PKK) armed campaign and
transitioning toward legal and political reconciliation.
In letters sent this week Speaker of Parliament Numan Kurtulmus invited
parties to designate their members by July 31. The commission will
include representatives from across the political spectrum.
The commission will be composed of 21 lawmakers from the ruling Justice
and Development Party (AKP), 10 from the Republican People’s Party
(CHP), four each from the pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy
Party (DEM Party) and the far-right Nationalist Movement Party (MHP),
three each from the nationalist İYİ (Good) Party and the leftist Yeni
Yol and one member each from smaller parties including HUDA PAR, the
Welfare Again Party, the Workers’ Party of Turkey (TİP), the Labor
Party (EMEP), the Democratic Left Party (DSP) and the Democrat Party
(DP).
The commission’s formation follows a critical peace gesture on July 11,
when 30 PKK fighters symbolically burned their weapons in a public
ceremony in Sulaymaniyah, northern Iraq.
The move came in response to a February call by jailed PKK leader
Abdullah Ocalan for the group to abandon armed conflict and seek a
democratic path forward. The Turkish government has responded by
coordinating backchannel talks and initiating the legal groundwork for
broader reintegration measures.
In parallel with the parliamentary preparations, a high-level
delegation from the DEM Party visited Imrali Island this week for a new
round of talks with Ocalan. The delegation included Van MP Pervin
Buldan, Sanliurfa MP Mithat Sancar and legal advisor Ozgur Faik Erol.
The visit on Friday is expected to inform upcoming policy discussions.
A written statement from the delegation is expected.
Meanwhile, Turkey’s main opposition party, the CHP, has indicated that
it may join the commission, but only if its participation aligns with
the principles of democracy and justice. Following a meeting Thursday
with Parliament Speaker Kurtulmus and National Intelligence
Organization (MİT) chief Ibrahim Kalin, CHP Chairman Ozgur Ozel said
his party had presented its position and would make a final decision
after further internal assessment.
CHP officials told Turkish media that the party has submitted a
16-point proposal outlining its conditions for engagement. These
include prioritizing democratic reforms, ending politically motivated
trials, restoring judicial independence and ensuring that any outcomes
from the process are not used to entrench one-man rule.
“If this commission leads to genuine democracy and justice, we will
participate,” a CHP official said. “But if it turns into a tool for the
ruling bloc or bypasses our principles, we will not be part of it.”
CHP leaders stressed that any lasting solution to the Kurdish struggle
for recognition must be inclusive and cannot exclude the CHP, the
country’s founding party. They also rejected any suggestion of a
behind-the-scenes deal involving the release of jailed İstanbul Mayor
Ekrem Imamoglu.
The commission’s launch comes as Turkish politics grapples with a
broader reckoning over the Kurdish issue, including the legacy of armed
conflict, Ocalan’s imprisonment and the legal status of former
fighters. Although the government has yet to outline the commission’s
exact mandate, MIT chief Kalin recently told the parties that it would
address legal pathways for returnees and possibly lay the groundwork
for political normalization.
Despite skepticism from some opposition circles, the commission is
expected to begin work in August, potentially marking the most
institutionalized form of Kurdish-state dialogue since the collapse of
previous peace talks in 2015. (kurdpress.com, July 27, 2025)
PKK leader
Öcalan's fellow inmate Veysi Aktaş released after
31 years in prison
Veysi Aktaş, one of the prisoners held at the İmralı island prison
alongside Kurdistan Workers’ Party (PKK) leader Abdullah Öcalan, was
released from prison on Jul 25 after serving over 31 years and 3 months.
Aktaş, who was convicted in 1994 for "disrupting the unity of the
state," had completed the 30-year minimum required for his sentence
last year. However, his release was delayed twice by the prison
administration, first by one year and then by an additional three
months.
Following his release, Aktaş traveled to his hometown of Diyarbakır,
where he was met by a crowd with applause and ululations.
Addressing the gathering, he conveyed Öcalan's greetings and message.
“Serok said, ‘We will turn İmralı Island into an island of peace',”
Aktaş remarked, using the Kurdish term “Serok” meaning “leader.”
Aktaş had been transferred to İmralı in 2015 as part of a secretariat
established for Öcalan during the previous unsuccessful peace
initiative between 2013 and 2015. He was moved there along with four
other inmates: Mehmet Sait Yıldırım, Ömer Hayri Konar, Çetin Arkaş, and
Nasrullah Kuran.
Aktaş's release comes amid a renewed Kurdish peace process. Nationalist
Movement Party (MHP) leader Devlet Bahçeli, the main ally of President
Recep Tayyip Erdoğan, initiated the new process in October, suggesting
that Öcalan could become eligible for “right to hope,” a legal
mechanism that could eventually lead to conditional release, in
exchange for the PKK's disbandment.
After a series of meetings with a delegation from the pro-Kurdish
Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party, Öcalan, called on the
organization to dissolve itself in late February.
In line with Öcalan's appeal, the PKK announced its decision to
dissolve itself following a congress held in May and initiated a
disarmament process with a symbolic ceremony in the Kurdistan Region of
northern Iraq on Jul 11. (BIA, 28 juillet 2025)
Minorités
/ Minorities
Call
to protect historic Greek orphanage on Büyükada amid collapse threat
The Büyükada Greek Orphanage, a historic building located on İstanbul's
Büyükada island, is considered the largest wooden building in Europe
and the second largest in the world. Built in the late 19th century,
the structure is widely regarded as one of the most significant
architectural and cultural legacies of the Ottoman modernization
period, reflecting the convergence of Westernization and local
traditions within İstanbul's multicultural memory.
Once home to hundreds of orphaned children, the orphanage has become a
powerful symbol of the city’s diverse heritage. Today, however, it
faces the threat of collapse under the pretext of “tourism development.”
Having received no restoration work since 1964, the building has been
left to deteriorate. In 2012, it was added to the World Monuments
Fund’s watch list, and in 2018 it was included in Europa Nostra’s list
of “Seven Most Endangered Cultural Heritage Sites.”
The Turkish National Committee on Timber Structures has repeatedly
warned of the urgent need to preserve the site. Despite these calls,
the orphanage remains in a state of collapse, standing as a fragile yet
vital reminder of cultural memory, shared trauma, and collective hope.
'Preservation must come first'
In June, the Holy and Sacred Synod of the İstanbul Greek (Rum)
Patriarchate announced plans to repurpose the building for tourism,
citing a lack of financial resources. The announcement sparked
significant public concern.
Critics argue that such a development would pose serious risks to both
the structure and the surrounding ecosystem, especially given that over
60% of the Princes’ Islands are forested and increasingly vulnerable to
wildfires amid the climate crisis.
Several individuals and organizations, including the “Adalar Hepimizin”
platform, Europa Nostra member İlhan Nebioğlu, the World Heritage
Islands Ecology and Culture Association, and writer Gündüz Vassaf, have
issued a joint call to the Patriarchate and relevant authorities.
“The orphanage may be legally owned by the Patriarchate,” the statement
read, “but it is also a shared cultural asset of the İstanbul residents
who have worked for years to preserve it, as well as of the
international heritage community.”
The statement urged the Patriarchate and responsible institutions to
implement immediate protection measures without further delay, to
reopen communication channels with civil society, and to establish a
transparent, participatory, and science-based plan for the building’s
future. It concluded with the words: “The Büyükada Greek Orphanage is a
heritage of the world. This is not merely about a building, it is a
test of our collective conscience, memory, and future. Preservation
must come first!”
Author Gündüz Vassaf also emphasized the urgency of the situation,
saying, “From where I am now, I can see the building collapsing. We all
share the responsibility to protect and preserve it. Turning the
orphanage into a hotel with the Patriarchate’s consent would be an open
invitation to a wildfire that could devastate Büyükada.”
The latest issue of Adalı magazine proposed that the orphanage grounds,
including its infirmary and school buildings, could be restored and
used for cultural and educational purposes. It suggested the site could
serve as a heritage space and small museum. (BIA, 21 August 2025)
Politique
intérieure/Interior Politics
Les scandales de pot-de-vin
provoquent le fratricide au sein du régime
Ragip Duran, TVXS.GR, 16 août 2025
Maître Rezan Epozdemir (41) avocat de plusieurs procès populaires, mis
en garde à vue le 10 août dernier a été écroué le 14 août. Le parquet
menait deux enquêtes contre lui. Il était accusé de ‘’faciliter la
corruption’’ et ‘’d’aider l’organisation terroriste’’ (le Secte Gulen)
et ‘’de mener des activités d’espionnage’’.
Personnalité très médiatique le Maître avait des relations
exceptionnelles avec certains juges et procureurs.
‘’Il a servi d’intermédiaire entre un détenu et un procureur. Ce
dernier avait demandé 150 milles dollars américains (Environ 128 milles
Euros) de pot-de-vin pour libérer le détenu. Epozdemir déclare qu’il
avait prêté cette somme à la demande du procureur qui voulait acheter
une maison’’ selon l’acte d’accusation.
‘’Pratique de plus en plus courant dans les Palais de Justice du pays’’
observe le journaliste d’investigation spécialiste des affaires de
corruption Timur Soykan.
Mais l’arrestation du Maître a déclenché une querelle dure au sein même
du régime. Des anciens députés du Parti d’Erdogan, des conseillers du
Palais Présidentiel, des journalistes proche du pouvoir, des avocats
ont publié des messages sur les réseaux sociaux pour soit défendre Me
Epozdemir soit pour encourager l’approfondissement de l’enquête.
L’accusé a refusé de donner au procureur le code secret de son
portable. ‘’Donc il y a des informations, des conversations et peut
être des documents qui peuvent mettre en difficulté certaines
personnalités haut placées y compris le chef conseiller d’Erdogan M.
Mehmet Ucum’’ estime Samil Tayyar, ancien député du parti au pouvoir.
Ucum déclare qu’il engagera un procès contre Tayyar ‘’qui ment’’.
Toutes les données n’ont pas encore été révélées, mais il est sûr qu’il
s’agit d’une lutte interne entre au moins deux factions du pouvoir. Les
pots-de-vin doivent être en principe partagés entre les auteurs de
l’acte illégale ou illégitime. Probablement une raison du conflit
actuel. Mais autres facteurs sont peut-être à l’ordre du jour. Chaque
faction désire placer ses hommes aux postes clefs, c’est-à-dire aux
postes qui peuvent rapporter beaucoup d’argent sale. Les initiatives de
l’avocat ont pu briser la hiérarchie établie. Enfin, le contenu des
messages sur le portable de l’avocat pourrait mettre en cause les
personnalités les plus hautes du régime.
Jeudi, le président de la principale formation de l’opposition M. Ozgur
Ozel, a révélé avec des documents concrets un autre scandale de
pot-de-vin. Il s’agit de l’avocat Mucahit Birinci, ancien membre du
Comité Central du parti d’Erdogan qui a demandé ‘’2 millions de dollars
américains (Environ 1.717 millions d’Euros) comme pot-de-vin pour
libérer un homme d’affaires emprisonné’’. Les proches du Président
turc, encore des anciens députés, des conseillers et des journalistes
ont poursuivi entre eux la vive altercation écrite sur les réseaux
sociaux, avec cette fois des injures obscènes.
‘’L’affaiblissement du régime d’Erdogan, la crise économique et morale
provoque des luttes intestines. Des conseillers, des ministres, des
bureaucrates haut placés constatent l’effondrement du régime et
désirent sauver leurs peaux. Quand le droit n’existe plus alors on peut
être témoin du pire’’ estime un professeur du droit public exilé en
Suisse.
Le Néo-Ottomanisme de nos jours: Ressentiment, Nostalgie
et Narcisme
Ragip Duran, TVXS.GR, 3 août 2025
Cette semaine deux déclarations, l’une par le Président Erdogan et la
seconde par son allié d’extrême-droite Bahceli, ont fait couler
beaucoup d’encre dans les médias.
Erdogan, a parlé d’une "union entre les Turcs, les Kurdes et les
Arabes". Bahceli a proposé qu’un Vice-Président de la République doive
être kurde et un second alévi.
L’opposition laïque et Kémaliste ainsi que plusieurs spécialistes de
sciences politiques ont violemment critiqué ces deux phrases.
"La politique doit se faire sur la base de citoyenneté et non sur la
base des origines ethniques, religieuses ou bien de secte" estime M.
Balbay, chroniqueur du quotidien Cumhuriyet.
"Par l’union des Turcs, des Kurdes et des Arabes Erdoğan désire voir
une confédération au Moyen-Orient basée sur L’Islam" croit
l’éditorialiste du même quotidien.
Les défenseurs fervents de l’Etat-Nation, du Kémalisme et des principes
fondateurs de la République s’opposent contre "les politiques
identitaires" en particulier quand il s’agit des Kurdes.
Le régime Erdogan, visiblement dans l’impasse à la fois à l’intérieur
du pays et en diplomatie essaie de trouver une porte de sortie.
L’économie nationale est en berne, la protestation des opposants se
renforce, Erdogan continue à perdre des points dans les sondages
d’opinion. Par ailleurs, Ankara n’a toujours pas pu améliorer ses
relations avec Washington, Moscou et Bruxelles. De plus, elle est en
pleine difficulté en Syrie, car le gouvernement islamiste de Damas,
inconditionnellement soutenu par Erdogan, n’est toujours pas capable
d’assurer la sécurité et la stabilité du pays.
"Les vieilles recettes sont les meilleures" dit un adage turc. C’est
pourquoi Erdogan croit que l’ancienne formule d’union des nations,
autrefois en vigueur dans l’Empire Ottoman serait une bonne solution.
Yusuf Akcura, un des idéologues nationalistes du début du 20e siècle,
dans son pamphlet intitulé "Trois Styles de Faire de la Politique"
publié en 1904, avait déjà proposé "l’Ottomanisme" à côté de
"L’Islamisme" et du "Turquisme". Il s’agit désormais d’une nouvelle
version de l’Ottomanisme donc du Néo-Ottomanisme.
" ‘Il faut se méfier de l’union du vert et du noir’ nous disaient les
dirigeants des mouvements de gauche fin des années 60", rappelle
Necmiye Alpay, chroniqueuse du site indépendant T24. Donc l’islamisme
et le fascisme sont un cocktail dangereux.
Nagehan Tokdogan, l’autrice du livre, "Le Néo-Ottomanisme :
ressentiment, Nostalgie et Narcisme" publié en 2018 chez Iletisim,
analyse "le symbolisme et l’état d’âme que le régime s’efforce de créer
pour transformer une défaite en une victoire". Selon elle, Erdogan
s’inspire du passé et veut retourner au passé. "102 ans après la
dispersion de l’Empire Ottoman le néo-ottomanisme ne peut être qu’une
caricature fantaisiste" estime un historien en exil en Allemagne.
Erdoğan
'postpones' mine workers' strike, bringing his
tally to 22
President Recep Tayyip Erdoğan has postponed a planned strike by mine
workers for 60 days, citing protection of national security, according
to a decision published in the Official Gazette today.
The postponement was made under Article 63 of the Law on Trade Unions
and Collective Bargaining Agreements (Law No. 6356) and affects four
sites operated by state-owned Eti Maden Enterprises.
The affected workplaces include Eti Maden’s central headquarters in
Ankara’s Çankaya district, the Bigadiç Boron Operations Directorate in
Balıkesir, the Kırka Boron Operations Directorate in Eskişehir, and the
Emet Boron Operations Directorate in Kütahya.
The Mine Workers’ Union (Maden-İş) had declared it would launch a
strike on Aug 1 if no agreement was reached with the Labor and Social
Security Ministry and the labor confederation Türk-İş.
The union had also announced a separate strike at Turkish Coal
Enterprises (TKİ) for Aug 8.
22nd strike postponement
The latest move marked the 22nd strike postponement under the 23-year
rule of Erdoğan's Justice and Development Party (AKP).
Aziz Çelik, a labor polict expert, said nearly 200,000 workers' were
affected from the strike bans. A table shared by Çelik shows 17 of the
strike bans were imposed after 2014.
“The right to strike, which is guaranteed under Article 54 of the
Constitution, can be nullified by an administrative decision,” Çelik
wrote. He argued that in practice, the right to strike does not exist
in Turkey, as it has become dependent on presidential approval. (BIA,
31 juillet 2025)
Forces
armées/Armed Forces
US remains opposed to Turkey
re-joining F-35 jet programme, State Department says
The US government's opposition to Turkey's reintegration into the F-35
fighter jet programme remains unchanged, the State Department said in a
letter on Wednesday.
A group of 40 lawmakers, led by Democrat Chris Pappas, wrote to
Secretary of State Marco Rubio urging the government to prevent Turkey
from "continuing to violate US laws and policies related to US national
security."
"We have expressed our displeasure with Ankara's acquisition of the
S-400 system and have made clear the steps that should be taken as part
of our ongoing assessment of the implementation of CAATSA sanctions,"
the State Department letter said.
"Turkey is a long-time NATO ally with a history of significant
contributions to the alliance's missions. The United States' defense
relationship with Turkey remains vital to the security interests of
both the United States and NATO."
Turkey was removed from the F-35 programme and the country's Defence
Industry Agency was sanctioned under the Countering America's
Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA) after Ankara announced in
2017 it would purchase Russian S-400 missiles.
The US said the missiles were incompatible with NATO technology and
posed a risk to the F-35s.
Turkey said it was forced to look elsewhere for missiles systems after
the US refused to include technology transfer in a deal to buy
American-made Patriot missiles.
Ankara also argued that it was aiming for greater autonomy in its
defence procurements, but the purchase of the S400 caused concern among
other NATO allies. (euronews, 21 August août 2025)
La Turquie fournira des armes et un soutien à la Syrie
Le gouvernement intérimaire syrien est confronté à des difficultés
croissantes pour rétablir l'ordre après près de 14 ans de guerre
civile, à la suite de l'éviction de l'ancien président Bachar el-Assad
par les forces rebelles dirigées par les islamistes en décembre.
La Turquie fournira des armes, des équipements militaires et un soutien
logistique à la Syrie dans le cadre d'un accord de défense récemment
signé, ont déclaré jeudi des responsables du ministère turc de la
défense.
Cette annonce intervient un jour après que le ministre turc de la
défense, Yasar Guler, et le ministre syrien de la défense, Murhaf Abu
Qasra, ont signé un protocole d'accord pour la coopération en matière
de formation et de conseil militaires, renforçant ainsi le soutien de
la Turquie au gouvernement intérimaire de la Syrie.
Le mois dernier, la Syrie a demandé l'aide de la Turquie pour renforcer
ses capacités de défense à la suite de violences sectaires dans le
pays, qui ont également entraîné l'intervention d'Israël.
Dans le cadre de cet accord, la Turquie partagera ses "connaissances et
son expérience" et fournira des équipements militaires, des systèmes
d'armes et du matériel logistique pour aider à renforcer les capacités
du pays, ont déclaré des responsables du ministère turc de la défense.
Le gouvernement intérimaire de la Syrie est confronté à des difficultés
croissantes pour rétablir l'ordre après près de 14 ans de guerre
civile, à la suite de l'éviction de l'ancien président Bachar el-Assad
par les forces rebelles dirigées par les islamistes en décembre.
Dernièrement, des centaines de personnes ont été tuées lors
d'affrontements dans la province méridionale de Suwayda entre les
forces gouvernementales et les tribus bédouines locales, d'une part, et
les combattants de la minorité druze, d'autre part.
La Turquie a soutenu la nouvelle administration syrienne, formée en
grande partie par des rebelles qu'Ankara a soutenus pendant la guerre
civile.
Mercredi, le ministre turc des affaires étrangères, Hakan Fidan, a mis
en garde Israël et les combattants kurdes contre les actions qui
menacent la stabilité de la Syrie, les accusant de saper les efforts de
rétablissement du pays.
Lors d'une conférence de presse à Ankara, M. Fidan a accusé les Forces
démocratiques syriennes (FDS), alliées des États-Unis et dirigées par
les Kurdes, de retarder la mise en œuvre d'un accord conclu en mars
pour fusionner avec l'armée syrienne.
La semaine dernière, des représentants des différents groupes ethniques
et religieux de Syrie ont tenu une conférence à Hassakeh et ont appelé
à la formation d'un État décentralisé et à la rédaction d'une nouvelle
constitution qui garantisse le pluralisme religieux, culturel et
ethnique.
Le gouvernement syrien a critiqué cette réunion et a affirmé que parmi
les participants se trouvaient des personnes ayant des ambitions
sécessionnistes.
Il a déclaré qu'en conséquence, il n'avait plus l'intention de
participer aux pourparlers prévus avec les FDS à Paris, qui avaient été
convenus à la fin du mois de juillet. Aucune date n'a encore été fixée
pour ces discussions. (Euronews, 15 août 2025)
A Ankara, Turquie et Sénégal parlent défense et
coopération sécuritaire
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué les liens croissants de
son pays avec l'Afrique en précisant qu'il avait discuté jeudi, avec le
Premier ministre sénégalais en déplacement à Ankara, de défense et de
coopération sécuritaire.
"Aujourd'hui, nous avons discuté des mesures communes que nous pouvons
prendre dans des domaines comme la sécurité, l'industrie de la défense
et la lutte contre le terrorisme", a déclaré M. Erdogan lors d'une
conférence de presse télévisée aux côtés du Premier ministre sénégalais
Ousmane Sonko.
"Nous sommes heureux de l'intérêt croissant de nos frères africains
pour les produits de défense turcs. Nous sommes impatients de renforcer
notre solidarité dans ce domaine dans la période à venir", a-t-il dit.
La Turquie a consolidé ces dernières années sa place en Afrique, à un
moment où de nombreux pays du continent se détournent de leurs anciens
colonisateurs.
Ankara a signé des accords de défense avec un certain nombre d'États à
travers le continent, notamment la Somalie, la Libye, le Kenya, le
Rwanda, l'Éthiopie, le Nigeria et le Ghana.
Et ces accords ont ouvert des contrats pour les fabricants de défense
turcs, notamment pour leurs drones réputés fiables et peu coûteux.
Jeudi, M. Erdogan a salué le continent africain comme la "star de notre
siècle" avec sa démographie jeune, son dynamisme et ses beautés encore
inconnues.
"Aucun pays avec une vision mondiale ne peut ignorer le continent
africain ou tourner le dos à cette géographie magnifique", a-t-il
déclaré.
"Nous rejetons toute approche arrogante, condescendante ou orientaliste
envers le continent africain", a-t-il ajouté en fustigeant quiconque
critiquait le partenariat turco-africain. (AFP, 7 août 2025)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Man accused of killing wife 'for wearing swimsuit'
released seven months after arrest
A man accused of fatally beating his wife in western Turkey after she
entered a pool wearing a swimsuit was released from jail just seven
months after his arrest, despite a pending charge of aggravated life
imprisonment and medical reports citing internal bleeding and head
trauma, according to a report by the daily Sözcü.
Şeyhmus Çiçek allegedly assaulted his wife, Süreyya Arlıcan Çiçek, on
Aug 13, 2020, in the district of Seferihisar, İzmir province. According
to witness statements and his own testimony at the hospital, the attack
was triggered by her wearing a swimsuit while swimming with relatives.
In her statement at the hospital before her death, Süreyya said, "My
cousin and I were swimming when Şeyhmus began glaring at us. Hours
later, he insulted me and said, ‘Why are you swimming in a swimsuit?’
Then he started punching me.
"Even though he knew I had undergone bypass surgery, he hit me
repeatedly in the chest, heart, head, and face. He said, ‘Who would
hold me accountable if I kill you?’ and fired shots at my feet saying,
‘This is how I make someone dance.’"
She died days later from blunt head trauma and internal bleeding caused
by broken ribs, according to an autopsy report.
Şeyhmus Çiçek initially claimed he only slapped his wife and denied any
intent to kill. He was detained and tried on charges of aggravated life
imprisonment but was released from pre-trial detention seven months
later following an appeal.
Despite public outcry and the forensic report pointing to his direct
responsibility, he was briefly re-arrested in Aug 2021 after the
autopsy findings but was released again shortly afterward. He later
disappeared.
Authorities later learned that Şeyhmus Çiçek had fled to Iraq with the
help of his sons and had been living in a villa in Erbil for five
years. Turkey's Justice Ministry is now preparing to initiate
extradition proceedings through its consulate in Erbil. (BIA, 20 August
2025)
Turkey’s
religious authority issues sermon opposing
equal inheritance for daughters
Today’s Friday sermon, delivered in mosques nationwide as part of
Muslims’ weekly congregational prayers, opposed equal inheritance
rights for daughters.
"Depriving daughters of inheritance or daughters not accepting the
share determined by God constitutes a violation of others’ rights,"
said the sermon prepared centrally by the Directorate of Religious
Affairs (Diyanet), the country’s top religious body. The general theme
of the sermon was violation of others' rights.
“It is against divine justice to change the inheritance measurement set
by our God without mutual consent,” the sermon also said.
Under Islamic law, a daughter receives half the share of a son if both
are heirs. If there is only one daughter and no son, she receives half
the estate. Multiple daughters without a brother receive two-thirds
collectively.
'Cutting women's share in half'
Women’s Platform for Equality (EŞİK) condemned Diyanet in a statement,
saying, “Diyanet is trying to cut women’s inheritance rights in half,
extending what the government has already done through hidden changes
in the mediation system to cover all inheritance matters,” referring to
the government's recent action potentially threatening women's equal
inheritance rights.
In June, the government introduced a regulation that allowed heirs to
divide inherited property among themselves without oversight from
public institutions. The change, based on a 2024 amendment to the
Mediation Law, enables real estate division through mutual written
agreements, potentially bypassing the Civil Code’s guarantee of equal
inheritance.
Women’s rights advocates raise concerns that such a regulation could
lead to the usurpation of women’s right to equal sharing, with families
pressuring them into accepting arrangements that violate the Civil Code.
The group argued that the Diyanet, as a constitutional institution
directly linked to the Presidency, must comply with the Constitution:
“Through its sermons and fatwas, it cannot attempt to abolish,
undermine, or amend the Constitution and the Civil Code. It must
immediately stop issuing statements that contradict the Constitution
and laws, and return to its legal limits.”
"We call on officials to take responsibility and put an end to the
Diyanet’s provocative stance, which threatens women’s basic rights and
could expose them to violence, including threats to their lives, for
demanding those rights. We will not give up any of our constitutional
or legal rights, including inheritance.”
The Diyanet faced similar criticism over its Aug 1 sermon, which
labeled certain styles of women’s clothing, such as shorts, see-through
garments, and tattoos, as "clothed nudeness." (15 août 2025)
Muslim feminist writer removes headscarf in protest of
Diyanet sermon
Feminist writer Berrin Sönmez has removed her headscarf in protest
against a recent Friday sermon by the Religious Affairs Directorate's
(Diyanet) criticizing women's clothing as "dressed nudeness."
The sermon, known as khutbah in Islam, outlined how women should dress
in different environments.
In her column article published on Medyascope published on Aug 3,
Sönmez described the sermon as “a veiled imposition of the headscarf"
and "a form of retaliation for the past headscarf bans.”
“I’m uncovering my head now in case a headscarf mandate is imposed,”
she wrote, challenging the Diyanet.
The khutbah, a traditional part of Muslims' congregational Friday
prayers, is centrally prepared by the Diyanet and read out in roughly
90,000 mosques across the country. Delivered by the mosque’s imam, the
sermon serves as a religious guidance address to the congregation.
What did the Diyanet sermon say?
Sönmez said what prompted her action was not only the overall message
of the sermon but also a specific passage which, she argued, implicitly
urged public institutions to take initiative against women who do not
wear the headscarf:
Being present in public spaces, especially in places with an
institutional character, while wearing inappropriate clothing is a
challenge even to the most basic moral standards. This is not
modernity; it is primitiveness. Those who remain silent in the face of
violations of moral and ethical values bear a heavy burden, for it is
our shared responsibility to protect the chastity, decency, and
morality of our youth.
Among the sermon’s other statements were:
“Revealing private parts”: “Immodesty is a disaster that destroys moral
values and tramples on human dignity. It is one of Satan’s most
insidious traps. As our Almighty Lord warned: ‘O children of Adam! Do
not let Satan tempt you as he did your parents, stripping them of their
garments to expose their nakedness.’”
“Short and transparent clothes are forbidden”: “The Messenger of Allah
said, ‘Allah, the Mighty and Majestic, is forbearing, modest, and
conceals faults. He loves modesty and covering.’ Thus, wearing short or
transparent clothing, regardless of time or purpose, violates God’s
command to dress modestly and is forbidden. Those who wear tight
clothes that reveal body parts are, in the words of the Prophet,
‘clothed yet naked.’”
“Getting a tattoo is haram”: “Whatever the intention, getting a tattoo
means being deprived of God’s mercy and is forbidden, according to the
Prophet. Sharing images with clothing that is not approved by our
religion, on screens, digital platforms, or in media, is inappropriate
and forbidden in every respect.”
“Being in formal settings in inappropriate clothing is immoral”: “Being
present in public, especially in official settings, in inappropriate
attire is a direct challenge to even the most basic moral standards.
This is not modernity, it is primitiveness. Those who remain silent
while moral and ethical norms are violated bear heavy responsibility.”
'I hope I'm wrong'
In her article, Sönmez criticized the sermon from both a theological
and social perspective. She recounted her personal journey with the
headscarf, explaining her reasons for both adopting and later removing
it.
“I started wearing the headscarf in 1981, during my second year at
Ankara University’s Faculty of Language, History and Geography, when
rumors spread that the Sep 12 [1980] military junta would impose a
headscarf ban in universities," she wrote. "It was a personal act of
resistance, not part of an organized movement.”
She said she eventually removed it during her doctoral studies and
later later resumed wearing it on the day she retired.
“At the time of my forced retirement during the Feb 28 [1997] purges,
the Justice and Development Party (AKP) was gaining momentum. There
were widespread fears that Turkey would turn into Iran. I didn’t
believe it," she further wrote.
"I thought it was impossible. But as an academic, I should have at
least left room for a one-in-a-thousand possibility. When I put my
headscarf back on that day, I made a silent pact with my Creator: If
the day ever comes when headscarves are made mandatory in this country,
that day I will take it off.”
Sönmez now believes that day has come, saying the Aug 1 sermon signals
a shift toward imposing the headscarf.
“Sadly, the reference to ‘institutional settings’ in the sermon makes
me think this is the beginning of a headscarf mandate aimed at avenging
past bans. I hope I’m wrong. But I cannot ignore this signal. It’s
necessary to respond while there’s still a chance to prevent it," she
wrote. (BIA, 7 August 2025)
La Turquie condamne la prière d'un ministre israélien sur
l'esplanade des Mosquées
La Turquie a vivement dénoncé dimanche le déplacement du ministre
israélien d'extrême droite Itamar Ben Gvir sur l'esplanade des
Mosquées, à Jérusalem-Est, secteur occupé et annexé par Israël, pour y
prier.
"Nous condamnons fermement la descente menée sur la mosquée Al-Aqsa par
certains ministres israéliens, sous la protection de la police
israélienne et accompagnés de groupes de colons israéliens", a déclaré
le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.
Le ministre israélien de la Sécurité nationale a dirigé publiquement
dimanche matin une prière juive sur ce site hautement sensible où se
situe la mosquée Al-Aqsa.
Troisième lieu saint de l'islam, l'esplanade, bâtie sur les ruines du
second temple juif détruit en l'an 70 par les Romains, est une
poudrière où le moindre incident peut dégénérer au point d'embraser la
région. Pour les juifs, c'est le mont du Temple, lieu le plus sacré du
judaïsme.
"La sécurité de la mosquée Al-Aqsa et la préservation de l'identité
sacrée de Jérusalem ne sont pas seulement des priorités régionales,
mais aussi une responsabilité fondamentale au nom de la conscience
collective de l'humanité", a ajouté la diplomatie turque.
En vertu d'un statu quo décrété après la conquête de Jérusalem-Est par
Israël en 1967, les non-musulmans peuvent se rendre sur l'esplanade à
des heures précises, sans y prier, mais cette règle est de plus en plus
souvent bafouée par un nombre croissant de juifs nationalistes.
La Jordanie, qui administre l'esplanade mais dont les points d'entrée
sont contrôlés par Israël depuis 1967, a condamné "les pratiques de ce
ministre extrémiste" qui "ne remettent pas en cause le fait que
Jérusalem-Est est une ville occupée". (AFP, 3 août 2025)
Socio-économique
/ Socio-economic
Nouvel incendie en Turquie: des centaines de personnes
évacuées
Des centaines de personnes ont été évacuées de sept villages de la
province touristique de Çanakkale, au nord-ouest de la Turquie, en
raison d'un nouvel incendie, ont indiqué dimanche les autorités.
Le feu y a débuté samedi et s'est rapidement propagé en raison de vents
violents soufflant sur les collines proches de la ville de Gelibolu,
bordant le détroit très fréquenté des Dardanelles.
Dans la nuit, quelque 250 habitants ont dû quitter cinq villages, avant
que deux autres ne soient évacués dimanche, a écrit sur X le gouverneur
de Çanakkale, Omer Toraman, sans préciser le nombre total de personnes
concernées.
"Jusqu'à présent, le feu ne s'est pas propagé aux zones évacuées",
a-t-il assuré, ajoutant que les cimetières militaires de la péninsule
n'avaient "pas été touchés" par les flammes.
Des images ont été diffusées montrant les collines illuminées par de
vives flammes et d'énormes nuages de fumée se déversant dans l'air
nocturne.
Au total, douze avions et 18 hélicoptères luttaient contre les flammes
aux côtés de 343 véhicules au sol dans le cadre d'une opération
impliquant 1.300 personnes, a détaillé sur X le ministre de
l'Agriculture, Ibrahim Yumakli.
Une grande partie du nord-ouest de la Turquie a été touchée par des
vents violents ces derniers jours, même s'ils se sont atténués
dimanche. Cela signifie que les efforts pour lutter contre l'incendie
"progressent de manière plus positive", a-t-il souligné.
Destination prisée des touristes pour ses ruines antiques de Troie
ainsi que pour le champ de bataille de Gallipoli, où des milliers de
soldats sont morts pendant la Première Guerre mondiale, la province a
souffert d'une "sécheresse extrêmement sévère" au cours de l'année
écoulée, avait rappelé plus tôt dans la journée le gouverneur.
Le 11 août déjà, plus de 2.000 personnes ont dû être évacuées dans
cette province turque en raison d'un incendie. Un violent incendie
avait dévasté des habitations et intoxiqué des dizaines d'habitants.
La Turquie, qui a connu son mois de juillet le plus chaud depuis le
début des relevés météorologiques il y a 55 ans, a fait face ces
dernières semaines à plusieurs incendies d'ampleur. Quatorze personnes
ont ainsi perdu la vie en combattant les feux en juillet dans l'ouest
du pays.
Les experts affirment que le changement climatique augmente la
fréquence et l'intensité des incendies de forêt et d'autres
catastrophes naturelles et ont exhorté la Turquie à prendre des mesures
pour remédier à ce problème. (AFP, 17 août 2025)
Un mort
dans un séisme de magnitude 6,1 dans
l'ouest de la Turquie
Une personne a été tuée et vingt-neuf personnes ont été blessées dans
un séisme de magnitude 6,1 qui a frappé dimanche la ville de Sindirgi,
dans l'ouest de la Turquie, ont affirmé les autorités turques.
"Une personne âgée de 81 ans est décédée peu après avoir été sauvée des
décombres", a annoncé aux journalistes le ministre turc de l'Intérieur
Ali Yerlikaya qui s'est dépêché sur place.
"Dieu merci, aucun de nos vingt-neuf blessés n'a été grièvement
blessé", a-t-il ajouté.
Dans les villages autour de Sindirgi, seize bâtiments, dont quatre
habitations et douze immeubles désaffectés, se sont effondrés sans
faire de victimes, les habitants ayant pu les évacuer sains et saufs, a
précisé le ministre.
La personne décédée est morte peu après avoir été extraite des
décombres d'un immeuble de trois étages habité par six personnes dans
le centre-ville de Sindirgi.
"Est-ce qu'il y a quelqu'un qui entend ma voix?", ont crié les
secouristes avant d'écouter les sons qui pourraient provenir des
survivants sous les décombres de cet immeuble, selon les images
diffusées par la chaîne privée turque NTV.
Le séisme, survenu à 19H53 (16H53 GMT) a été ressenti dans de
nombreuses villes de l'ouest du pays, dont Istanbul et Izmir, selon
l'Agence turque de gestion des catastrophes (AFAD).
Vingt répliques de magnitude allant de 3,5 à 4,6 sont survenues après
le séisme, selon l'AFAD.
319 secouristes ont été déployés dans la zone tandis que le centre
d'appel d'urgence a reçu vingt-quatre signalement de dégâts, a ajouté
l'AFAD.
Un séisme de magnitude 5,8 avait fait une victime et soixante-neuf
blessés début juin dans le sud-ouest de la Turquie.
Le pays est traversé par plusieurs failles qui ont causé de nombreux
drames par le passé.
Le sud-est du pays a subi un violent tremblement de terre en février
2023 qui a fait au moins 53.000 morts et dévasté d'Antakya, l'ancienne
Antioche. (AFP, 15 août 2025)
Le mois de juillet a été le plus chaud mesuré depuis 55
ans
La Turquie a connu le mois de juillet le plus chaud depuis 55 ans, a
annoncé samedi le ministère turc de l'Environnement.
Des températures record ont été enregistrées par 66 stations
météorologiques sur 220 à travers le pays, avec une hausse de 1,9°C de
la température moyenne par rapport aux années précédentes, a affirmé
sur X le ministère.
Une température de 50,5°C avait été mesurée fin juillet à Silopi, dans
le sud-est de la Turquie, un record absolu à l'échelle du pays, selon
les autorités.
La localité de Silopi est située dans la province de Sirnak, à moins de
10 km des frontières irakienne et syrienne. Le précédent record
national, 49,5°C, avait été mesuré en août 2023 dans la province
d'Eskisehir (ouest).
La Turquie, confrontée à des températures caniculaires depuis plusieurs
semaines, a déjà fait face en juillet à plusieurs incendies d'ampleur.
Quatorze personnes ont perdu la vie en combattant les feux le mois
passé dans l'ouest du pays.
Des centaines de personnes ont été évacuées vendredi dans la province
turque de Çanakkale (nord-ouest), où le très fréquenté détroit des
Dardanelles a été fermé au trafic maritime en raison de deux incendies
faisant rage depuis la mi-journée.
La vague de chaleur fait craindre par endroits des pénuries d'eau: la
station balnéaire de Cesme, située près d'Izmir (ouest), a prive ainsi
habitants et touristes d'eau au robinet de 23H00 à 06H00 depuis le 25
juillet.
La Grèce voisine a également été soumise à une vague de chaleur et
également victime de nombreux incendies. (AFP, 9 août 2025)
Sur les côtes turques, le tourisme met l'eau sous pression
Ali Alyanak et ses voisins attendent la pluie avec impatience: ces
villageois de la province touristique turque d'Izmir (ouest) sont
contraints cette année de puiser leur eau 170 mètres sous terre.
Non loin sur la côte, les piscines des centaines d'hôtels sont remplies
à ras bord.
Cette région du littoral égéen subit une grave sécheresse qui a poussé
la municipalité de Çesme, station balnéaire courue dont la population
explose en été, à priver ses habitants d'eau potable dix heures par
jour.
Izmir, troisième ville du pays, en fera de même six heures par jour à
partir de mercredi.
"Nos parents puisaient à 8-9 mètres de profondeur, désormais il faut
aller à 170 mètres", affirme à l'AFP Ali Alyanak, 39 ans, père de deux
enfants et "muhtar" (maire) du village de Germiyan où les habitants
tirent tous leur eau des nappes phréatiques.
Les images du grand barrage voisin qui alimente Çesme ont fait le tour
des télévisions turques: son niveau est tombé à 3%, faisant place à un
paysage de désolation.
"Les hôtels sont le principal problème: l'eau des piscines s'évapore,
les serviettes sont lavées tous les jours et les gens prennent trois à
cinq douches par jour, dès qu'ils se baignent ou reviennent de
l'extérieur. C'est du gaspillage", peste Ali Alyanak, qui recueille lui
chaque goutte de pluie.
- Prières pour la pluie -
Le déficit de précipitations depuis l'automne est le grand
responsable
de la crise actuelle. La semaine passée, des prières pour faire venir
la pluie ont résonné dans les haut-parleurs des 90.000 mosquées du pays.
Mais les experts soulignent aussi l'impact du tourisme, qui met sous
pression les ressources en eau d'Izmir et de Bodrum, Marmaris et
Antalya, stations balnéaires du sud-ouest prisées des touristes
étrangers.
Le problème se pose dans d'autres pays du pourtour méditerranéen, qui
concentrent 30% du tourisme mondial et connaîtront selon les
climatologues une chute des précipitations au cours des prochaines
décennies.
Des scientifiques ont ainsi calculé que 88% du territoire turc était à
risque de désertification.
"Les pertes en eau doivent être réduites autant que possible, en
particulier dans le secteur du tourisme", exhorte Selma Akdogan, de la
Chambre des ingénieurs en environnement d'Izmir, qui affirme qu'un
touriste consomme en moyenne "deux à trois fois" plus d'eau qu'un
habitant.
"Les niveaux d'eau diminuent en été mais aussi en hiver", pointe
l'experte qui note que "les précipitations sont moins régulières mais
plus intenses, rendant plus difficile l'absorption des pluies par les
sols".
Face aux sécheresses répétées, l'ingénieure appelle collectivités et
particuliers à abandonner les pelouses au profit de sols moins
gourmands en eau et suggère que les hôtels remplissent leurs piscines
d'eau de mer.
D'autres experts réclament une tarification différenciée de l'eau afin
de contraindre les hôtels à la sobriété.
- "Eau 24h/24" -
À la tête d'un établissement de luxe de 253 chambres avec vue
imprenable sur les eaux turquoise de la mer Égée, Orhan Belge s'agace
du battage médiatique autour du sujet.
"Les grands hôtels 4 ou 5 étoiles comme le nôtre avons des réservoirs
d'eau de 200 à 250 tonnes. Nous avons de l'eau 24h/24", se félicite
l'homme, également président de l'Union des hôteliers de la ville.
Pour lui, la solution aux pénuries d'eau passe notamment par le
dessalement de l'eau de mer, un processus coûteux et énergivore déjà
utilisé par certains hôtels de la région.
Le responsable d'un petit hôtel de la ville, qui préfère taire son nom,
concède que "le manque d'eau est un vrai problème" mais s'inquiète
surtout de l'effet des restrictions d'eau sur la fréquentation
touristique.
"L'été dernier aux mêmes dates nous étions complets. Et nous l'étions
encore il y a deux semaines. Là, l'hôtel est à 80% vide et nous n'avons
pas de réservations pour août", peste-t-il.
Sabiha Yurtsever, qui passe tous ses étés à Çesme depuis 25 ans, n'a
pas souvenir d'un été aussi sec. La retraitée de 80 ans, qui vit le
reste de l'année à Izmir, accuse gouvernement et hôteliers de rendre la
région invivable.
"Quand les forêts brûlent, ils construisent des hôtels au lieu de
replanter", affirme l'octogénaire. Or, poursuit-elle, "moins vous avez
d'arbres, moins vous aurez de pluie". (AFP, 5 août 2025)
Plus de 50°C en Turquie: "personne ne peut s'habituer à ça"
Jamais, dans sa vie de sexagénaire, Recep Esiyop n'a connu pareille
température. "Il n'y a pas un chat dehors dans la journée, personne ne
peut s'habituer à une telle chaleur".
Depuis que le record de 50,5°C enregistré le 25 juillet, a placé
Silopi, dans le sud-est de la Turquie, sur la carte des extrêmes, le
vendeur de glace vit dans l'air conditionné et s'inquiète pour ses
factures d'électricité.
D'autant que la vague de chaleur va se poursuivre jusqu'au 2 août au
moins, ont prévenu les autorités. Leurs relevés sont du reste mis en
doute par certains.
"Le thermomètre n'est pratiquement pas descendu sous les 50°C, assure
Hacil Coksun, et quand les officiels annoncent 49 ou même 51, croyez
moi, on était probablement au-dessus des 55 degrés. Au moins."
"On atteint des niveaux sans comparaison avec les années précédentes"
ajoute cet homme de 52 ans avec irritation.
Depuis la mi-juillet, la Turquie subit des températures de 6 à 12
degrés au-dessus des normales saisonnières, selon la Direction générale
de la météorologie (MGM) et au-dessus des 40°C sur la majorité du
territoire.
Les vagues de chaleur, qui deviennent plus fréquentes, plus longues et
plus intenses, constituent un marqueur clair du réchauffement
climatique, selon les experts.
Conjuguée à la sécheresse - "la pire depuis cinq ans" selon le
président Recep Tayyip Erdogan - plus de 3.100 incendies de forêt se
sont déclarés depuis le début de l'été. Ils ont causé la mort de 14
personnes malgré la mobilisation de drones pour surveiller les massifs
forestiers: une situation de "guerre", a insisté le chef de l'Etat en
incriminant "le changement climatique".
- "planter des arbres, pas les abattre" -
Cette touffeur sèche joue sur les nerfs des habitants qui ont le
sentiment de vivre dans un brasier, et l'ambiance est maussade aux
terrasses et dans les rues désertées. Le district de Silopi vit surtout
du commerce avec l'Irak voisin et des services de transports entre la
frontière et le reste du pays.
Située au coeur d'une zone désertique et au pied des montagnes, la
région souffre du manque d'arbres et de végétation.
"Malheureusement, les forêts ont été brûlées ici par le passé, pour des
raisons de sécurité", accuse Hacil Goskun, évoquant le temps où l'armée
ratissait les environs à la poursuite des combattants du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme une organisation
"terroriste".
"Au moins maintenant, ils pourraient atténuer les choses en plantant
des arbres. Pas en les abattant".
Le Parlement turc vient d'adopter une loi ouvrant certaines terres
agricoles, dont des champs d'oliviers et des forêts, aux exploitations
minières en dépit des protestations des défenseurs de l'environnement.
En sueur devant son döner, cette pyramide de viandes rôties qui tourne
au-dessus des flammes, Cemil Seher, 51 ans, réclame un rabais sur ses
factures d'électricité.
"Avant, l'été durait trois mois, maintenant c'est cinq. Les
climatiseurs tournent 24 heures sur 24. C'était considéré comme un luxe
mais aujourd'hui ils sont absolument nécessaires, avec les
réfrigérateurs".
"Les factures d'électricité sont très élevées. Je ne fais pas de
bénéfice ici, je travaille cinq mois de l'année juste pour les payer",
explique-t-il, réclamant un tarif spécial, "pas seulement pour Silopi
mais pour toute la région, d'ici à Sanliurfa", à la frontière syrienne.
"La clim' est devenue aussi essentielle que le pain et l'eau ici",
appuie-t-il. (AFP, 30 juillet 2025)
One-third
of Turkey's workforce is idle, official data
reveals
Turkey's broad unemployment rate rose to 32.9% in June, reflecting a
total of 11.6 million people who are unemployed, underemployed, or
available to work but not actively seeking a job, according to data
released by the Turkish Statistical Institute (TurkStat).
The unemployment figure stood at 3.05 million, equivalent to 8.6%. The
idle labor force figure includes not only those actively seeking work
but also individuals in part-time employment desiring full-time jobs,
and those willing to work but not currently job-seeking.
The broad unemployment rate increased by 1.8 percentage points compared
to the previous month, reaching its highest level this year.
Young women face disproportional unemployment
Young people and women continue to be the most vulnerable groups in the
labor market. Among people aged 15–24, the overall unemployment rate
climbed to 16.2 percent. The rate was significantly higher among young
women, reaching 23.7 percent, compared to 12.3 percent among young men.
“These figures show that nearly one in four young women is unemployed,”
TurkStat noted in its release.
Labor force participation remained flat at 53.5 percent, totaling 35.5
million people. However, a gender breakdown reveals stark disparities:
71.3 percent of men participate in the labor force compared to just 36
percent of women.
Total employment declined by 18,000 in June to 32.45 million, while the
employment rate dropped by 0.1 percentage point to 48.9 percent. The
employment rate among men stood at 66.2 percent, while for women it was
31.9 percent.
The data highlights the continuing gender gap in both employment and
labor force participation, with women significantly trailing men in
both categories. (BIA, 30 juillet 2025)
En Turquie,
les glaciers du mont Cilo se meurent
Kemal Özdemir lève les yeux en direction des hauts pics nus du mont
Cilo, dans le sud-est de la Turquie: "Il y a dix ans, les glaciers
s'élevaient ici", se remémore-t-il sous un ciel sans nuage.
Puis l'homme, guide de montagne depuis quinze ans, se tourne vers le
torrent qui charrie des blocs de glace grisâtres par dizaines, en
contrebas d'un versant recouvert d'herbe et de cailloux.
"Comme vous voyez et pouvez l'entendre, il y a des blocs détachés du
glacier dans la rivière (...) Et son débit très élevé témoigne de la
vitesse à laquelle la glace fond", relève-t-il.
Les glaciers du mont Cilo, qui culmine à 4.135 mètres dans la province
d'Hakkari, à la frontière irakienne, sont les deuxièmes plus importants
du pays, derrière ceux du mont Ararat (5.137 m), 250 km plus au nord.
Mais sous l'effet du réchauffement climatique, de nouveaux pans de
montagne autrefois prisonniers des glaces se découvrent année après
année.
La Turquie, qui subit canicules et sécheresse, a même enregistré
vendredi un record de température sur son territoire de 50,5°C à
Silopi, à 200 km à vol d'oiseau d'Hakkari.
"La fonte est plus rapide qu'attendue. D'après nos recherches, nous
avons perdu au cours des quarante dernières années près de 50% de la
calotte de glace et de neige" du mont Cilo, explique à l'AFP le Pr Onur
Satir, spécialiste en systèmes d'information géographique à
l'université Yüzüncü Yil de Van (est).
- "Aucun moyen de recouvrir la glace" -
"Certaines parties fondent plus vite que d'autres, cela nous
indique
lesquelles doivent être protégées. Mais nous n'avons aucun moyen de
recouvrir la glace", ajoute l'expert, alors que plusieurs glaciers des
Alpes ont été recouverts de bâches blanches ces dernières années pour
tenter de retarder leur agonie.
Selon l'ONU, des glaciers de plusieurs régions du monde ne survivront
pas au XXIe siècle, menaçant l'approvisionnement en eau de centaines de
millions de personnes.
Le professeur Satir explique que si la masse de glace est importante,
"la fonte ne sera pas trop rapide. Mais si vous divisez le bloc, alors
il fondra plus vite."
Les paysages autour du mont Cilo font le bonheur des randonneurs,
nombreux à se presser sur la montagne depuis que les armes se sont tues
ces dernières années dans la région, d'où les combattants du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK) ont longtemps défié l'Etat turc.
Le processus de paix en cours avec le PKK, groupe qualifié de
terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux, laisse augurer d'une
accélération du tourisme dans cette zone devenue parc national en 2020.
La fonte des glaces rend toutefois certaines zones périlleuses. En
juillet 2023, deux randonneurs ont péri emportés par un bloc se
détachant d'un glacier.
- "Ne pas marcher sur la glace" -
"Les gens ne devraient pas marcher sur la glace", alerte Kemal
Özdemir, inquiet pour la sécurité des randonneurs comme pour la
préservation des glaciers.
"Cette zone se trouve à 40-50 km de la première ville, avant il
n'y
avait pas de route. Mais depuis sa construction, de plus en plus de
voitures arrivent jusqu'ici et l'augmentation du nombre de visiteurs
accélère aussi la fonte des glaces", affirme le guide de 38 ans, qui
est né et a grandi dans la région.
Parmi les dizaines de touristes ébahis face aux paysages, certains
refusent de reconnaître la réalité du réchauffement climatique dans
l'évolution rapide de l'environnement, pourtant scientifiquement
établie.
"C'est l'évolution naturelle du monde", assène Hasan Saglam, un médecin
de 65 ans venu contempler le mont Cilo pour la première fois.
"Quand nous lions ça au changement climatique, les pays industriels
viennent nous dire de ne pas utiliser d'énergies fossiles et de ne pas
développer notre industrie", fulmine-t-il.
Un rapport de l'ONU sur la désertification dans le monde estime que 88%
du territoire turc est menacé par le phénomène: les précipitations
devraient diminuer d'un tiers d'ici la fin du siècle tandis que les
températures devraient augmenter de 5 à 6°C par rapport aux moyennes
relevées entre 1961-1990. (AFP, 29 juillet 2025)
Quatre incendies majeurs toujours en cours
La Turquie bataille toujours lundi contre quatre incendies majeurs dont
celui de Bursa, quatrième ville du pays et vaste site industriel dans
le nord-ouest, a indiqué le ministre de l'Agriculture et des forêts.
Outre Bursa, où le feu fait rage depuis samedi soir, la région de
Karabük (nord), la plus boisée du pays qui abrite notamment la petite
ville touristique de Safranbolu, et celle de Kahramanmaras (sud) sont
également touchées, a détaillé Ibrahim Yumakli.
"Cinq foyers ont été maîtrisés dans quatre provinces" mais le travail
des pompiers est rendu difficile par la force du vent qui attise les
flammes, a-t-il expliqué sans préciser l'étendue des zones sinistrées.
"Compte tenu de la taille et de l'intensité des incendies, la capacité
de l'État à réagir rapidement dans de telles catastrophes est parfois
limitée" a ajouté lundi le ministre.
"S'il y a du vent, il n'y a pas d'avions, et il faut des heures pour
que vous en preniez le contrôle, il faut même des jours" a-t-il indiqué
en appelant les "86 millions de nos citoyens à garder cette précision
en tête".
Dimanche il avait détaillé la mobilisation de plus de 850 véhicules,
six avions et quatre hélicoptères rien que dans la zone de Bursa, où la
météo prévoir lundi 38°C.
La Turquie traverse une vague de chaleur qui a culminé avec des relevés
au dessus des 40°C sur une majeure partie du pays la semaine dernière
et même un record historique de 50,5°C vendredi dans l'extrême sud-est,
à Silopi, près des frontières irakienne et syrienne.
Dix-neuf villages ont dû être évacués dans la région de Safranbolu, et
plus de 3.500 personnes autour de Bursa.
Un pompier combattant les flammes est décédé des suites d'une crise
cardiaque samedi soir, et trois personnes sont mortes dimanche dans
l'accident d'un camion-citerne utilisé pour lutter contre l'un des deux
incendies, a annoncé le gouvernorat de Bursa.
Mercredi, dix forestiers et secouristes bénévoles ont péri, prisonniers
d'un violent feu de forêt à Eskisehir, 150 km plus à l'est.
Les autorités ont prévenu que la situation resterait critique jusqu'en
octobre sur le front des incendies.
La canicule qui frappe conjuguée à la sécheresse ont favorisé
l'éclosion de plus de 3.000 feux depuis le début de l'été à travers le
pays, selon le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Selon une étude citée dans un rapport de l'ONU publié début juillet,
88% du territoire turc est exposé à un risque élevé de désertification.
(AFP, 28 juillet 2025)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
En Turquie, les commerçants qui refusent la
carte bancaire agacent les touristes
Jean-Marc De Jaeger, Le Figaro, 14 août 2025
Pour échapper à la TVA et aux taxes, les commerces de plusieurs
stations balnéaires touristiques n’acceptent plus que l’argent liquide.
Les paiements par carte peuvent donner lieu à des frais s’élevant
jusqu’à 30 %.
«Cash only». Alors que de plus en plus de pays disent adieu à leurs
pièces et billets au profit de moyens de paiement électroniques,
plusieurs stations balnéaires touristiques de Turquie suivent la
tendance inverse. Bars, restaurants, boutiques, taxis... De plus en
plus de commerçants refusent la carte bancaire et exigent de payer en
espèces ou par virement avec un IBAN, rapporte le Türkiye Today.
Cette pratique, particulièrement marquée en haute saison, n’est pas du
goût des touristes et encore moins du fisc. En privilégiant les
règlements en espèces, les commerçants n’ont pas l’obligation d’émettre
un reçu officiel et cherchent ainsi à échapper à la TVA et autres
taxes. Ils souhaitent également éviter les commissions reversées aux
banques et émetteurs de cartes qu’ils répercutent sur le prix final
payé par les clients. La presse locale rapporte que ces frais sont
souvent gonflés pour s’élever jusqu’à 30 %.
Le ministère des Finances interpellé par les touristes
Ne pas pouvoir payer par carte bancaire a des répercussions sur le
séjour des visiteurs, forcés de transporter davantage d’argent liquide
sur eux. De nombreuses activités comme les excursions en bateau, le
rafting et la plongée ne peuvent être réglées qu’en espèces, comme
c’est le cas dans les stations balnéaires de Fethiye et Akyaka. Les
chauffeurs de taxi prétextent souvent une panne de leur terminal de
paiement pour forcer les touristes à régler en espèces.
Un jeune militant turc arrêté après un discours au
Conseil de l'Europe
Un militant turc, délégué jeune du Congrès du Conseil de l'Europe
devant lequel il avait dénoncé un "recul démocratique" en Turquie, a
été arrêté mardi à son arrivée à l'aéroport d'Ankara, ont annoncé
mercredi le Conseil de l'Europe et son avocat.
"Enes (Hocaogullari) a été arrêté. Il se trouve actuellement à la
prison de Sincan", près de la capitale Ankara, a déclaré à l'AFP son
avocat, Mahmut Seren, dénonçant une "arrestation politique".
Selon l'avocat, le militant, âgé de 23 ans, était sous le coup d'un
mandat d'arrêt suite à une enquête ouverte par la justice turque après
son intervention fin mars devant le Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux, un organe du Conseil de l'Europe basé à Strasbourg (France).
Le jeune homme, très impliqué dans la défense des droits humains et des
personnes LGBTQI+, avait dénoncé un "recul démocratique" en Turquie
après l'arrestation quelques jours auparavant du maire d'opposition
d'Istanbul Ekrem Imamoglu.
Il avait en outre accusé la police turque de "violations des droits
humains" et de "brutalité disproportionnée" à l'égard des manifestants
descendus dans les rues du pays.
"L'arrestation et les poursuites en question, fondées sur des mots
prononcés par un délégué jeune du Congrès lors d'une de ses séances
plénières, bafouent le droit fondamental à la liberté d'expression", a
dénoncé dans un communiqué Marc Cools, le président du Congrès du
Conseil de l'Europe, exhortant la justice turque à lever les poursuites
visant Enes Hocaogullari et à le "libérer immédiatement".
Les autorités turques, accusées d'autoritarisme, avaient procédé à près
de 2.000 arrestations lors de la vague de contestation déclenchée par
l'arrestation du maire d'Istanbul, la plus importante dans le pays
depuis 2013. La plupart des personnes arrêtées ont été relâchées depuis.
Chargée de renforcer la démocratie locale, le Congrès des pouvoirs
locaux et régionaux compte 306 membres représentant plus de 130.000
collectivités locales et régionales des 46 Etats membres du Conseil de
l'Europe. (AFP, 6 août 2025)
Turquie-USA-OTAN
/
Turkey-USA-NATO
D’un quartier habillé en rouge au quartier anti-rouge
de l'OTAN

Doğan Özgüden
(Artı Gerçek, 17 août 2025)
Nous
verrons comment ceux qui aspirent à créer une « Turquie sans
terrorisme » s'opposeront avant tout au « terrorisme d’État » imposé
par l’OTAN
Il y a tout juste 73
ans, le 18 août 1952, il fut décidé qu’Izmir
devienne le quartier général sud-oriental de l’OTAN, que la Turquie
avait également intégré… En récompense de l’envoi d’une brigade de 4500
hommes en Corée en 1950 et du déclenchement de la rafle anticommuniste
massive de 1951, le protocole d’adhésion de la Turquie à l’OTAN fut
signé le 17 octobre 1951, et la loi relative à l’adhésion à l’OTAN
approuvée par la Grande Assemblée nationale de Turquie, avec le soutien
du CHP (Parti républicain du Peuple) dans l’opposition.
À l’époque, j’étais en terminale au lycée commercial d’Izmir... Tant à
l’école que dans notre quartier de Kahramanlar, il était impossible
d’échapper à la propagande selon laquelle l’adhésion à l’OTAN était de
nature à protéger la Turquie d’une éventuelle attaque soviétique et que
l’établissement d’un quartier général de l’OTAN à Izmir contribuerait
grandement à la vie économique et commerciale de la ville.
L’été 1972 fut l’une des périodes les plus tendues de ma vie qui
commença avec des migrations fréquentes dès ma prime enfance. Après
avoir terminé le Lycée commercial, j’aspirais naturellement à intégrer
l’École supérieure d’Économie et de Commerce. Mais mon père, qui
n’avait pu financer mes études qu’avec grande peine avec un modeste
salaire de cheminot, attendait de moi que je travaille le plus tôt
possible afin de contribuer aux charges de la famille. Je dus donc
trouver immédiatement un emploi pour pouvoir m’inscrire en haute école.
Mes amis diplômés étaient généralement issus de familles aisées… La
plupart ont par la suite travaillé dans l’entreprise familiale.
Pour poursuivre mes études supérieures, je prévoyais de travailler
comme comptable ou comme sténographe, étant le meilleur étudiant en
cours de sténographie.
À cette époque, d’intenses préparatifs avaient lieu dans la ville
d’Izmir, en Turquie, désormais membre de l’OTAN, pour l’installation du
quartier général des Forces terrestres d’Europe sud-orientale et de la
6e Force aérienne tactique. Un afflux massif de militaires américains
avait commencé à Izmir. Outre les Américains, des soldats italiens et
grecs allaient aussi servir au quartier général de l’OTAN.
Le quartier général de la 6e Force aérienne tactique fut d’abord établi
dans l’ancien quartier de Kızılçullu (Habillé en rouge). Plus tard,
dans le quartier smyrniote de Kordonboyu (Promenade du bord de mer), le
superbe bâtiment initialement destiné à servir d’hôtel, et
réquisitionné par les Américains, fut transféré au quartier général des
Forces terrestres de l’Europe sud-orientale.
Les annonces publiées dans les journaux par l’OTAN indiquaient qu’ils
recherchaient des employés maîtrisant au moins un peu l’anglais, la
dactylo, la sténo et les travaux de bureau et de comptabilité. Les
salaires proposés étaient deux à trois fois supérieurs à ceux proposés
pour des postes comparables en Turquie, et étaient exempts d’impôts. De
plus, ils offraient la possibilité d’utiliser les magasins et
cafétarias PX à prix bas mis en service pour les Américains.
Le recrutement du personnel de l’OTAN se déroulait dans un bâtiment
historique du quartier de Şirinyer, transformé en quartier général de
la 6e Force aérienne tactique.
Alors que les pressions familiales s’intensifiaient pour ma recherche
d’emploi, mes camarades de promotion me rappelaient le recrutement de
personnel de l’OTAN en me disant : « Fils, es-tu fou ? Peut-on rater
une telle opportunité ? Tente ta chance, et après ça, tu feras ce que
tu veux ! ».
Un jour, j’en eus assez. Je sautai dans le bus et me rendis à Şirinyer
où se trouvait le quartier général. Il y avait une longue file
d’attente à la porte, la plupart des candidats postulant pour des
postes de service comme le nettoyage, la cuisine et la réparation.
Au fur et à mesure que mon tour approchait, mon introspection
s’intensifiait. L’idée de devoir travailler sous les ordres d’un
sergent américain me répugnait.
De plus, en arrivant à Şirinyer où se trouvait le bureau
d’enregistrement, j’appris une nouvelle déchirante. Arrivé d’Ankara à
Izmir depuis seulement un an, je ne connaissais pas encore très bien la
ville. J’appris alors que le véritable nom de Şirinyer était
Kızılçullu. Quant au bâtiment occupé par les Américains, c’était
l’ancien Collège américain fondé par eux en 1891.
Parmi les enfants de familles aisées ayant étudié dans cette école
réputée pour ses activités missionnaires, se trouvait Adnan Menderes,
le fils du grand propriétaire de la ferme de Çakırbeyli à Aydın.
Le Collège américain, fermé après la proclamation de la République,
réouvrit ses portes en 1940 pour l’éducation des enfants de paysans
sous le nom d’Institut de village de Kızılçullu. Cependant, lorsque le
Parti démocrate arriva au pouvoir en 1950, le Premier ministre Adnan
Menderes ferma les Instituts de village et changea le nom de Kızılçullu
( (Habillé en rouge)) en Şirinyer (le bel endroit) pour plaire à ses
amis américains.
Pourtant, les Instituts de village avaient marqué ma vie dès mon plus
jeune âge par un souvenir…
J’avais étudié ma troisième année de primaire à Muncusun, un village
arménien avant le génocide. Un jour, notre instituteur en chef nous
avait convoqués à un rassemblement dans la cour de l’école et nous
avait présentés à cinq jeunes hommes en uniformes noirs qu’il avait
amenés avec lui. Puis, ces fils de villageois éduqués par l'Institut de
village pour devenir instituteurs futurs nous avaient emmenés dans la
nature, à flanc de montagne. Ils nous émerveillèrent en nous exposant
les noms de chaque plante et de chaque arbre, décrivant leurs
caractéristiques et leurs bienfaits. Notre retour fut encore plus
exaltant. Nous revînmes au village en chantant des mélodies que nous
n’avions jamais entendues auparavant, comme dans un joyeux cortège
nuptial.
Exactement, dix ans plus tard, l’Institut de village de Kızılçullu,
comme les autres Instituts de village, ferma ses portes. Le nom de
Kızılçullu fut rebaptisé en Şirinyer, et le bâtiment de l’institut fut
donné aux Américains.
Alors que mon entretien approchait, submergé par mes souvenirs
d’enfance et les nouvelles qui m’étaient parvenues, je me dis : « Pas
question ! » et quittai la file d’attente, prenant le premier bus pour
rentrer à Izmir.
À Izmir, les préparatifs des festivités du 9 septembre battaient leur
plein, avec le montage des arcs… Alors que j’allais regarder les livres
dans la vieille librairie à l’entrée de la rue Beyler, sur l’avenue
Kemeraltı, une affiche murale attira mon attention : « Le journal Ege
Güneşi (Soleil de l’Égée), disponible dans tous les kiosques à partir
du 9 septembre… »
Je fus immédiatement embauché comme sténographe. Non seulement,
j’allais recevoir près du double du salaire mensuel de mon père, qui
était de 80-90 livres turques, mais j’allais aussi pouvoir poursuivre
mes études supérieures étant donné que j’allais travailler en dehors
des heures de cours. Et ma mère allait sans doute bientôt pouvoir
quitter la petite maison commune avec une seule toilette partagée pour
trois familles pour une maison avec toilette privée.
Oui, c’est ainsi que ma carrière de journaliste, qui dure désormais
depuis presque 73 ans, a débuté cette année-là, lorsque l’OTAN commença
son déploiement à Izmir.
Mais après mon installation à Izmir il y a 73 ans, l’OTAN, qui dominait
la vie politique, militaire et même économique de la Turquie, allait
être l’une de mes principales cibles de lutte durant toute ma carrière
professionnelle.
En 1959, alors que j’étais le représentant à Izmir du journal Milliyet,
je dénonçai la contrebande de devises étrangères organisée par des
officiers américains au quartier général de l’OTAN, dont le général
Harkins, commandant des forces terrestres sud-orientales de l’OTAN, qui
allait plus tard prendre le commandement des forces américaines au
Vietnam, et pour cette raison, dut faire face à des menaces.
Les préparatifs du coup d’État du 27 mai 1960, rendu public par
l’annonce « Nous restons liés à l’OTAN et au CENTO ! », furent
parfaitement connus des officiers et sous-officiers américains du
quartier général des forces terrestres sud-orientales de l’OTAN. Les
tracts rédigés par les officiers turcs sur du papier ciré avec les
machines à écrire du quartier général de l’OTAN étaient ensuite
reproduites sous leurs yeux sur les duplicateurs du quartier général.
Au même moment, le colonel d’état-major Alparslan Türkeş, responsable
du département OTAN au sein de l’état-major général, se rendait
fréquemment à Izmir pour des réunions au quartier général de l’OTAN.
Türkeş avait aussi établi les liens avant le coup d’État avec le
général Cemal Gürsel, futur chef de la junte militaire, qui avait
quitté le commandement des forces terrestres pour se retirer dans sa
maison de Karşıyaka à Izmir.
Dans les années 60, aussi bien en tant que militant du Parti ouvrier de
Turquie que comme rédacteur en chef du quotidien Akşam et de la revue
Ant, j’ai constamment pris part à la lutte contre l’OTAN à travers les
documents que je partageais, les articles que je rédigeais et les
livres que je publiais.
En 1967, je fus jugé pour « trahison envers la patrie » par le Tribunal
militaire de la 1ère Armée, sur ordre du général Cemal Tural, chef
d’état-major général laquais de l’OTAN, pour avoir révélé publiquement
le projet américain d’implantation de mines nucléaires en Anatolie
orientale.
Après la grande résistance ouvrière des 15-16 juin 1970, je fus soumis
à interrogatoire et menacé ouvertement par neuf officiers du quartier
général de la 1ère Armée pour avoir publié en couverture de la revue
Ant : « Les officiers en voie de devenir capitalistes n’ont pas le
droit de juger les ouvriers » ;
De plus, İnci Tugsavul et moi sommes devenus les cibles des coups
d’État militaires de 1971 et de 1980, perpétrés avec les encouragements
et le soutien des Etats-Unis et de l’OTAN. Des poursuites nous furent
intentées, réclamant des centaines d’années d’emprisonnement, et nous
fûmes déchus de notre citoyenneté.
Après 73 ans, l’OTAN continue de diriger non seulement les forces
armées de la Turquie, mais aussi son industrie de l’armement et toutes
ses institutions politiques en dehors de la gauche.
Mon article « Le troufion en chef de l’OTAN et de l’UE ! », qui fournit
des informations détaillées à ce sujet, est paru dans le numéro du 20
juin 2025 d’Artı Gerçek et le bulletin mensuel d’Info-Türk de juin 2025.
Ceux qui aspirent à créer une « Turquie sans terrorisme » devraient
avant tout s’opposer au « terrorisme d’État » imposé par l’OTAN et
rendre aux victimes de ce terrorisme la liberté et des conditions de
vie normales.
Nous observons… Nous verrons…
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Trump assure avoir "définitivement" réconcilié
l'Azerbaïdjan et l'Arménie
L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont engagés vendredi à Washington à
"cesser définitivement", selon Donald Trump, le conflit territorial qui
les oppose depuis des décennies.
A ses côtés à la Maison Blanche, le président azerbaïdjanais Ilham
Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ont estimé que la
médiation du président américain, très sensible aux honneurs et
distinctions, devait lui valoir le prix Nobel de la paix.
Les deux anciennes républiques soviétiques "s'engagent à cesser
définitivement tout conflit, à ouvrir les relations commerciales et
diplomatiques et à respecter la souveraineté et l'intégralité
territoriale" de chacune, a assuré le président américain.
La nature contraignante ou non de cet engagement n'est toutefois pas
claire.
"Vous allez avoir une très bonne relation", a-t-il lancé à ses deux
invités, ajoutant: "Si ce n'est pas le cas, appelez-moi et j'arrangerai
ça".
"Nous nous réjouissons des progrès réalisés en vue de l'établissement
d'une paix durable entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie", a salué le
ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué, réagissant
aux annonces de Washington.
- Nobel de la paix -
Parlant de jour "historique", Ilham Aliev a proposé d'envoyer,
avec
Nikol Pachinian, une lettre pour soutenir la candidature au prix Nobel
de la paix.
"Qui, si ce n'est le président Trump, (le) mérite?", a demandé l'homme
fort de Bakou.
Il a remercié Donald Trump pour sa décision, également annoncée
vendredi, de lever les restrictions pesant depuis plusieurs années sur
la coopération militaire de son pays avec les Etats-Unis.
Le dirigeant arménien a lui aussi exprimé son soutien à un prix Nobel
de la paix pour Donald Trump: "Nous allons défendre" cette candidature.
Les candidatures pour le prix Nobel de la paix 2025 sont closes depuis
le 31 janvier et ne sont pas rendues publiques.
Israël, le Pakistan et le Cambodge ont annoncé récemment qu'ils
nommaient Donald Trump, lequel estime mériter amplement cette
distinction pour divers efforts de médiation.
- "Fort et intelligent" -
MM. Aliev et Pachinian se sont serré la main sous l'oeil de
Donald
Trump, et ont ensuite signé tout comme lui une "déclaration commune".
"Nous établissons aujourd'hui la paix dans le Caucase", a commenté le
président azerbaïdjanais. Le Premier ministre arménien a parlé d'une
étape qui "ouvrait la voie pour mettre fin à des décennies de conflit".
L'accord conclu vendredi prévoit la création d'une zone de transit
passant par l'Arménie et reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du
Nakhitchevan plus à l'ouest.
Cette zone de transit, qui répond à une revendication de longue date de
Bakou, sera nommée "Voie Trump pour la paix et la prospérité
internationale" (TRIPP, son acronyme en anglais).
Les Etats-Unis y disposeront de droits de développement, ce qui leur
permet d'avancer leurs pions dans une région très stratégique et riche
en hydrocarbures.
Un haut responsable américain a assuré que l'Arménie ne sortait pas
perdante des tractations, car elle gagnait un étroit partenariat avec
les Etats-Unis.
Le président américain, dont la fascination pour les régimes
autoritaires est connue, a demandé à Ilham Aliev depuis combien de
temps il était au pouvoir.
"22 ans", a répondu le président azerbaïdjanais.
"Cela veut dire qu'il est fort et intelligent", a commenté Donald Trump.
M. Aliev a été élu en février 2024 pour un cinquième mandat, avec 90%
des suffrages, et après un scrutin sans véritable opposition selon les
observateurs internationaux.
- Karabakh -
La question toujours très sensible du Karabakh n'a guère été
évoquée vendredi à la Maison Blanche.
Cette région contestée est reconnue internationalement comme faisant
partie de l'Azerbaïdjan mais a été contrôlée pendant trois décennies
par des séparatistes arméniens.
Bakou a repris partiellement l'enclave lors d'une nouvelle guerre à
l'automne 2020, puis entièrement lors d'une offensive éclair en
septembre 2023.
Bakou et Erevan s'étaient mis d'accord en mars sur le texte d'un traité
de paix. Mais l'Azerbaïdjan, victorieux, exige que l'Arménie modifie sa
Constitution pour renoncer officiellement à toute revendication
territoriale sur le Karabakh.
Nikol Pachinian s'est déclaré prêt à s'y conformer, annonçant son
intention d'organiser un référendum constitutionnel en 2027. Mais le
traumatisme de la perte du Karabakh, appelé Artsakh en arménien,
continue de diviser son pays. (AFP, 8 août 2025)
Relations
régionales / Regional Relations
Tension rising between Syria’s government and the
Kurdish-led SDF
Integrate or separate? The Kurdish-led Syrian Democratic Forces (SDF)
control much of northeast Syria. Back in March, they signed a tentative
deal with Syria’s president about one day integrating into the national
army. But talks have since stalled.
In the bigger picture, Kurds are a stateless people. Millions live
across parts of Turkiye, Syria, Iran, and Iraq alone, with many more
across Europe.
“They’ve always longed for their own state, but it has not been allowed
by the governments that own those lands,” Samuel* with Redemptive
Stories explains. “I think their end goal is to create a state for
themselves, to live freely as a people, to not be oppressed as a
minority.”
He continues: “The northern swath of Iraq — which is one of probably
the most recognized Kurdish bases, Iraqi Kurdistan — still is not its
own state. It’s just basically [a governorate] within the context of
Iraq.”
Politics aside, Samuel says many churches have been planted in the
Kurdish-controlled region of Syria, called the Rojava.
“During the Syrian crisis in particular, there’s been a huge movement
of the gospel among Syrian Kurds,” he said.
While Iraqi Kurds strongly identify as Muslims, it’s not the same for
Syrian Kurds. “That identity of Islam is far less than their identity
as Kurds, and so for them to abandon Islam in order to follow Jesus,
it’s less of a huge step,” he said. “Many are coming to faith. That’s
happening online. It’s happening in person.”
If Kurdish armed forces integrate with Syria’s new government forces,
Syria could see greater stability. But the new government has a track
record of persecuting minorities. This could prove to be devastating to
Kurds in the region, including Christians.
“If they are forced to lay control back to Damascus, then there [are]
deep concerns that persecution will increase — persecution that
could
be just ethnic in nature, but then also spiritual persecution,” said
Samuel.
Please pray for God’s peace and mercy in this unfolding situation. Pray
for bold gospel witness from Kurdish believers in Christ no matter what
happens.
“Pray for God’s peace in the midst of that, pray that His faithfulness
will continue to go forth. Pray for our brothers and sisters that are
from a Muslim background [who] are working in that space [in Syria],”
said Samuel. (MNN, 19 August 2025)
Un groupe de pression appelle à une mission sous mandat
de l'ONU à Gaza
L'Assemblée générale de l'ONU doit recevoir d'urgence un mandat pour
déployer une force militaire dans la bande de Gaza afin d'y protéger
les civils palestiniens, a réclamé lundi à Istanbul le Tribunal de
Gaza, une assemblée réunissant juristes, intellectuels et personnalités
de plusieurs pays.
L'objectif est de "donner à l'Assemblée générale des Nations unies le
mandat pour organiser une intervention armée de protection à Gaza", a
déclaré Richard Falk, professeur de droit émérite américain de 94 ans à
la tête de ce groupe de pression créé à Londres en 2024, en exhortant
les gouvernements du monde entier à agir "d'urgence".
Cette force aura notamment pour mission d'aider à "mettre fin au
génocide" dans le territoire palestinien, a indiqué le Tribunal de
Gaza, qui compte parmi ses membres la philosophe américaine Judith
Butler, l'historien israélien Avi Shlaïm et l'ancien chef du parti
travailliste britannique Jeremy Corbyn.
Selon M. Falk, ancien rapporteur de l'ONU pour les droits des
Palestiniens, un tel déploiement pourrait être rendu possible par une
disposition similaire à la résolution "Unis pour la paix" adoptée en
1950, pendant la guerre de Corée, pour contourner un veto
soviétique.
Cette force pourrait également être déployée au nom du principe de la
"responsabilité de protéger", adopté en 2005 par les États membres de
l'ONU pour prévenir tout génocide, crime de guerre, nettoyage ethnique
ou crime contre l'humanité.
Le président français Emmanuel Macron avait appelé la semaine passée à
une "mission de stabilisation sous mandat de l'ONU" pour "lutter contre
le terrorisme, stabiliser Gaza, soutenir ses populations et mettre en
place une gouvernance de paix et de stabilité".
L'idée d'une telle mission avait été avancée le 30 juillet lors d'une
conférence à l'ONU qui avait abouti à une déclaration de 17 pays, dont
le Qatar et l'Égypte.
L'offensive de représailles israélienne à l'attaque du Hamas sur le sol
israélien du 7 octobre 2023 a fait plus de 62.000 morts dans la bande
de Gaza, majoritairement des civils, selon les données du ministère de
la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.
Elle a aussi provoqué un désastre humanitaire. Les accusations de
génocide des Palestiniens par Israël se multiplient à travers le monde.
(AFP, 18 août 2025)
La Turquie promet de renforcer ses liens avec la Syrie
Le ministre des Affaires étrangères turc, Hakan Fidan, a indiqué jeudi
que la Syrie et la Turquie voulaient approfondir leurs liens, saluant
les efforts du pays depuis le renversement du dirigeant Bachar al-Assad
en décembre.
La Turquie a établi des liens étroits avec les nouvelles autorités
syriennes, qui ont travaillé à attirer des investisseurs pour la
reconstruction des infrastructures détruites par la guerre.
Hakan Fidan, qui effectuait son troisième voyage à Damas depuis
décembre, a rencontré jeudi le président par intérim Ahmad al-Chareh.
"Dans nos discussions avec M. Chareh, nous avons eu l'occasion
d'aborder de nombreux sujets tels que le commerce, l'investissement, le
transport, l'énergie", a-t-il écrit sur X.
"Nous sommes déterminés à approfondir la coopération entre la Turquie
et la Syrie", a-t-il insisté.
Selon lui, les opérations israéliennes en Syrie ont également été
abordées par les deux hommes. "Le gouvernement syrien est confronté à
de nombreux défis pour rendre le pays plus sûr, plus stable et plus
prospère. La communauté internationale, en particulier les Etats-Unis
et les pays européens, apporte un soutien significatif", a-t-il
remarqué.
"Israël (...) poursuit une politique de déstabilisation de notre
région", a accusé le ministre.
Depuis la chute du président Bachar al-Assad, Israël a lancé des
centaines de frappes sur des sites militaires syriens, affirmant
vouloir éviter que l'arsenal de l'ancien régime ne tombe entre les
mains des nouvelles autorités, qu'il considère avec méfiance.
En juillet, Israël a bombardé les forces gouvernementales syriennes
dans la capitale et dans la province à majorité druze de Soueida pour
le forcer à se retirer de la région sud, alors que des affrontements
opposaient des druzes et des bédouins.
Israël a déclaré qu'il défendait la communauté druze, mais plusieurs
diplomates et analystes estiment que son objectif est d'affaiblir
l'armée syrienne et de maintenir les forces du nouveau gouvernement
éloignées de la frontière. (AFP, 7 août 2025)
L’armée
syrienne commet des violences choquantes
La Libre Belgique, 28 juillet 2025
Dans la cour d’une maison en partie éventrée par la guerre située à
Daraya, dans la banlieue sunnite de Damas dont il est originaire,
Zacharia (un pseudonyme) sirote un thé. Soldat d’une trentaine
d’années, il a rejoint l’armée en janvier, après que le pouvoir syrien,
emmené par les anciens rebelles de Hayat Tahrir al Cham (HTC) au-
jourd’hui au pouvoir à Damas, a dissous l’armée d’Assad et exigé le
regroupement des factions rebelles au sein d’une nouvelle institution.
Avant, Zacharia faisait partie d’Ahrar al Cham, une coalition salafiste
de quelque 20 000 hommes. "M’engager, c’est défendre l’esprit de la
révolution contre l’injustice", dit-il, un sourire éclairant son visage
tant il croit profondément en sa mission. La réalité est toutefois
moins épique. Créée aux forceps et dans l’urgence, la nouvelle
institution militaire, qui compte seulement 100 000 hommes, reste très
fragile et incapable de protéger la population.
Exactions militaires à Souweïda
"Ce n’est pas encore l’armée de tout le peuple syrien", reconnaît
Zacharia. À terme, le ministère de la Défense espère doubler
l’effectif. Mais l’écrasante majorité des troupes resteront sunnites,
alors que cette communauté représente seulement deux tiers des Syriens.
Sous Assad, l’armée était plus pluraliste, même si la communauté
alaouite (celle de l’ancien dictateur) monopolisait les responsabilités
afin de s’assurer de la loy- auté des troupes.
Les exactions commises à Souweïda, mi-juillet, ont encore montré
l’incapacité de la nouvelle armée à agir. Après plusieurs jours
d’affrontements entre miliciens druzes, forces tribales (sunnites) et
gouvernementales, le bilan est lourd : 1 300 personnes ont perdu la vie.
Déployée rapidement, l’armée n’a pas pu prévenir les massacres. Pire,
certains de ses membres y ont participé, selon l’Observatoire syrien
des droits de l’homme (OSDH), qui rapporte que parmi les 300 civils
tués, 196 ont été exécutés sommairement par des membres des ministères
de l’Intérieur et de la Défense. Ce dernier a d’ailleurs en partie
reconnu des "violations choquantes" de l’éthique militaire commise par
"des individus en uniforme militaire".
Autoritaire et fanatique
Ces violations sont trop récurrentes aux yeux d’une partie de la
population syrienne, en particulier les minorités (30 % de la
population) pour ne pas confirmer leurs pires craintes : celles d’un
gouvernement à la fois autoritaire et fanatique.
De ce point de vue, l’intégration de 3 500 combattants étrangers (sur
10 000 présents) n’a fait qu’alimenter les peurs. En mars déjà, des
factions armées, agissant au nom du ministère de la Défense, avaient
fermé les yeux voire participé directement aux exac- tions commises
dans la région côtière alaouite, au cours desquelles quelque 1 500 per-
sonnes ont perdu la vie, selon les ONG de défense des droits de l’homme.
Sur cette question, la responsabilité du ministère de la Défense est en
partie engagée, puisqu’il a, à ce stade, simplement intégré les 60
factions, qui ont accepté de passer sous son contrôle, au sein d’une
dizaine de divisions actives, sans chercher à modifier leur
commandement. Il s’est contenté de donner à ses responsables des grades
milit- aires équivalents, sans mettre en cause leur fonction.
"Pendant la guerre, chaque faction avait ses propres relations avec des
réseaux de ren- seignement étrangers, et ces liens persistent et
certains continuent de leur obéir. Ce qui clairement pose la question
de l’intérêt national", admet Zacharia. Pour se profes- sionnaliser,
l’armée pourrait s’appuyer sur les milices kurdes des FDS, qui refusent
tou- jours d’intégrer ses rangs malgré les pressions répétées des
États-Unis.
"C’est pour ça que je reste"
Même si ces milices ne sont pas exemptes de dérives, leur expérience
contre l’État is- lamique en ferait un atout pour professionnaliser
l’armée syrienne. "On manque de soldats, d’officiers surtout, de
formations, d’équipements. Des officiers dissidents de l’armée d’Assad
nous forment, mais c’est insuffisant", dit-il en décrivant des missions
exténuantes : "On est sur tous les fronts, on comble le vide". Pour se
construire, l’armée syrienne a surtout besoin de temps, veut croire le
soldat. "Si tous les officiers passent par les académies militaires (en
mai, le ministère de la Défense a annoncé la création prochaine de
plusieurs d’entre elles, NdlR) et que seuls les plus compétents com-
mandent, alors peut-être que dans quatre ou cinq ans, une vraie armée
nationale verra le jour, espère Zacharia. C’est pour cela que je me
bats et que je reste."
La Turquie commencera à exporter du gaz naturel
d'Azerbaïdjan vers la Syrie
La Turquie commencera à exporter du gaz naturel d'Azerbaïdjan vers la
Syrie à partir de samedi, a affirmé mercredi le ministre turc de
l'Énergie.
"Nous allons commencer à exporter du gaz naturel d'Azerbaïdjan vers
Alep via Kilis", une province située au sud-est de la Turquie, près de
la frontière syrienne, a déclaré le ministre de l'Energie Alparslan
Bayraktar.
Et selon l'agence de presse syrienne Sana, le ministre syrien de
l'Énergie, Mohammad al-Bachir, a "confirmé que la Syrie commencera, à
partir du 2 août prochain, à recevoir 3,4 millions de mètres cubes de
gaz en provenance d'Azerbaïdjan vers la province d'Alep, via le
territoire turc".
"Ce volume permettra de produire environ 900 mégawatts d'électricité,
dans le cadre d'une coopération conjointe visant à soutenir le secteur
énergétique syrien", a ajouté M. Bachir.
Le nouveau pouvoir islamiste syrien, qui a renversé Bachar al-Assad en
décembre, cherche à reconstruire le pays ravagé par près de 14 années
de guerre civile.
Le conflit a gravement endommagé les infrastructures électriques
syriennes, entraînant des coupures pouvant durer plus de 20 heures par
jour.
Les deux pays avaient déjà annoncé, plus tôt en mai, être parvenus à un
accord portant sur l'acheminement de gaz naturel turc vers la Syrie via
un gazoduc frontalier reliant Kilis, en Turquie, à Alep, avec une
capacité d'approvisionnement de six millions de mètres cubes par jour.
L'Azerbaïdjan, riche en gaz, est un allié historique de la Turquie, qui
entretient des liens étroits avec le gouvernement syrien de transition.
(AFP, 30 juillet 2025)
Les images de Gaza "plus brutales" que celles des camps
nazis, selon Erdogan
Le président Recep Tayyip Erdogan a accusé mardi Israël de "tuer par la
faim" la population de Gaza, affirmant que les images provenant de
l'enclave palestinienne étaient "plus brutales" que celles des camps
nazis.
"L'utilisation de la faim comme arme par Israël, en particulier contre
les Palestiniens, est la preuve la plus flagrante qu'ils n'ont aucune
part d'humanité", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence de presse
à Ankara.
"Les images provenant de Gaza sont bien pires, plus brutales et
inhumaines que celles des camps nazis. Un peuple est en train d'être
tué par la faim et la soif sous les yeux du monde entier", a-t-il
ajouté.
Six millions de juifs ont été assassinés par les nazis pendant la
Deuxième guerre mondiale.
Le Programme alimentaire mondial, l'Unicef et l'Organisation pour
l'alimentation et l'agriculture ont averti que le temps pressait et que
Gaza était "au bord d'une famine généralisée".
Erdogan a une nouvelle fois qualifié Israël d'"État terroriste" et
affirmé qu'il avait soumis "nos frères de Gaza [...] à un génocide".
Plus de 60.000 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la
guerre, a déclaré mardi le ministère de la Santé du gouvernement du
Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.
Cette guerre est une conséquence de l'attaque sanglante menée par le
Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a entraîné du côté israélien
la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte
de l'AFP réalisé à partir de données officielles. (AFP, 29 juillet 2025)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Le documentaire « Les deportes pour la paix »
sera projeté en Grèce
La première mondiale de la version grecque du documentaire « Les
déportés pour la paix - Le processus d'échange entre Grecs et Turcs »
aura lieu le 3 septembre 2025 à 21h30 dans le cadre du 1er Festival de
la paix et de l'amitié organisé à Lesvos.
En juillet 1923, le traité de Lausanne a établi un « échange de
populations » entre la Grèce et la Turquie, déchirant environ un
million et demi de Grecs de leur patrie. De même, 500 000 Turcs ont été
contraints de quitter la Grèce pour s'installer en Turquie.
Réalisé en 2003 par Osman Okkan et Simone Sitte pour ARTE et WDR-TV, ce
film a été tourné en grande partie sur les îles de Lesvos et de Crète.
Outre des témoins des deux pays, des personnalités telles que Mikis
Theodorakis, Yaşar Kemal, Zülfü Livaneli et Maria Farantouri racontent
leurs expériences et donnent leur avis sur ce « transfert de
populations ».
Osman Okkan, réalisateur du documentaire, sera présent lors de la
projection et s'entretiendra avec le public.
Immigration
/ Migration
Le
gouvernement fédéral garde le silence face aux
menaces d’expulsion d’un réfugié kurde
Le gouvernement allemand refuse de commenter l’expulsion imminente d’un
réfugié kurde vers la Turquie. La députée de gauche Cansu Özdemir la
qualifie de « scandale » et appelle à une procédure d’asile équitable
et à l’arrêt du projet d’extradition de Mehmet Çakas vers la Turquie.
Le gouvernement allemand a refusé de commenter la menace d’expulsion du
citoyen kurde Mehmet Çakas vers la Turquie. En réponse à une demande
écrite de la députée Cansu Özdemir (Parti de gauche), le gouvernement a
déclaré qu’il ne commentait généralement pas les cas individuels.
Özdemir a vivement critiqué cette position. « Il est scandaleux que le
ministère de l’Intérieur n’ait pas pris position sur l’affaire Mehmet
Çakas », a-t-elle déclaré. Malgré la procédure judiciaire en cours
contre l’expulsion de cet homme de 45 ans, les autorités de Basse-Saxe
souhaitaient établir les faits à la fin du mois.
« Un ministre fédéral de l’Intérieur qui laisse un comportement aussi
douteux sur le plan juridique sans commentaire agit de manière
irresponsable et n’est visiblement pas à la hauteur de sa tâche », a
déclaré Özdemir. Elle a demandé que l’expulsion prévue soit suspendue
dans l’attente des décisions de justice. « Mehmet Çakas a besoin d’une
procédure d’asile équitable. »
Çakas a été extradé d’Italie vers l’Allemagne en 2022. En avril 2024,
le tribunal régional supérieur de Celle l’a condamné à deux ans et dix
mois de prison pour appartenance présumée au Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK), aujourd’hui disparu. Sa peine aurait dû être purgée en
octobre, mais le parquet de Celle a suspendu sa peine par anticipation
en vue de son expulsion.
Les autorités d’immigration de Basse-Saxe ont ordonné l’expulsion pour
le 28 août. Le parquet de Celle et l’Office fédéral de la justice
avaient tous deux jugé en 2023 qu’une extradition vers la Turquie était
exclue. Cette décision était due à une demande d’extradition d’Ankara.
À l’époque, les autorités allemandes avaient invoqué la menace d’une
peine de réclusion criminelle à perpétuité aggravée en Turquie.
Cette décision de l’Office fédéral de la justice n’a pas été prise en
compte dans la demande d’asile rejetée à la mi-mai. Dans sa demande au
ministère de l’Intérieur, Özdemir a exigé des éclaircissements sur
l’origine des divergences d’appréciation entre les autorités
compétentes. (ANF, 22 août 2025)
Quatre migrants meurent noyés en mer Égée
Au moins quatre migrants voyageant à bord d'un canot pneumatique ont
péri noyés lundi en mer Égée au large des côtes occidentales de la
Turquie, ont annoncé les garde-côtes turcs en faisant état de disparus.
Les garde-côtes, alertés peu après 02H00 locales (23H00 GMT), ont
affirmé être parvenus à secourir vivants deux des passagers de
l'embarcation au large de Karaburun, ville de la province côtière
d'Izmir (ouest).
"Les corps sans vie de quatre migrants irréguliers ont été repêchés",
ont indiqué les garde-côtes dans un communiqué, précisant que des
recherches étaient toujours en cours à la suite de déclarations de
survivants faisant état de disparus.
La localité de Karaburun est située à une trentaine de kilomètres des
îles grecques de Lesbos et de Chios, deux des points d'entrée dans
l'Union européenne en mer Égée.
Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées périlleuses entre
les côtes turques et les îles grecques voisines.
Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de
1.000 migrants ont disparu ou ont été repêchés morts en Méditerranée en
2025. (AFP, 18 août 2025)
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