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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

42th Year / 42e Année
Janvier
 
2026 January
N° 569
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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74 ème année de la contribution à la documentation de l'histoire des résistances en Turquie. Historiquement, Info-Türk est la continuation de plusieurs initiatives de média
contribuées depuis 1952 par ses deux fondateurs, Dogan Özgüden et Inci Tugsavul.
https://www.info-turk.be/homepage.htm


Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

Une « Turquie sans terreur » à l’exemple de la « Syrie sans terreur » ? -   Doğan Özgüden
Gezi trial convict Tayfun Kahraman hospitalized after multiple sclerosis attack
Le roman-photo sur Nâzım Hikmet : La vie est belle... - Doğan Özgüden
Rising racism in football stadiums threatens the peace process

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalist Perihan Kaya receives prison sentence for 'terrorist propaganda'
Le journaliste décédé Hakan Tosun a subi de "terribles violences"
Prosecutor seeks up to 10 years in prison over contributions to pro-Kurdish publications

Un tribunal ordonne la libération d'un journaliste détenu pour  "menace" envers Erdogan

Kurdish Question / Question kurde

Les forces kurdes quittent Alep après des jours de combats meurtriers
La manifestation kurde à Bruxelles contre la barbarie en Syrie
L'armée syrienne bombarde des quartiers kurdes d'Alep et somme les combattants de se rendre
Les combattants kurdes refusent d'évacuer Alep, malgré l'appel des autorités
La Turquie "salue" l'offensive syrienne à Alep contre les combattants kurdes
La Turquie prête à "soutenir" l'armée syrienne contre les combattants kurdes à Alep
Des Kurdes manifestent en Turquie contre l'offensive de l'armée syrienne à Alep
Neuf morts dans des affrontements à Alep entre forces kurdes et gouvernementales
Two pro-Kurdish news agencies' X accounts banned in Turkey
Ankara demande à tous les groupes armés kurdes de déposer les armes
Demirtaş sentenced to prison for ‘insulting the president’

The Kurd’s lament: Roboskî
Le chef emprisonné du PKK appelle la Turquie à faciliter un accord entre les Kurdes syriens et Damas

Minorités / Minorities

Rassemblement à Bruxelles pour dénoncer les "crimes" contre les Alaouites
La Turquie et l'Arménie annoncent un allègement réciproque de leurs procédures de visas

Politique intérieure/Interior Politics

Le maire emprisonné d'Istanbul reste "combatif", affirme une députée européenne

Forces armées/Armed Forces

Erdogan compte sur Trump pour réintégrer le programme des F-35
Erdogan salue l'accord sur la livraison à l'Espagne d'avions de combat turcs

Affaires religieuses / Religious Affairs
 
357 personnes arrêtées dans une opération contre l'organisation Etat islamique
Trois policiers tués lors d'une opération contre le groupe Etat islamique

Socio-économique / Socio-economic

"Sécheresse record" à Ankara où des coupures d'eau perdurent
Men killed 28 women in December
La Turquie envisage de conclure un accord avec la Syrie pour  l'exploration énergétique en mer

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations



Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Erdogan coincé entre Trump et Maduro - Ragip Duran
Erdogan à Trump : "le Venezuela ne doit pas sombrer dans le chaos ou l'instabilité"`
Trump envisage la vente d'avions de combat F-35 à la Turquie

Relations régionales / Regional Relations

Yémen: la Turquie propose à Ryad d'oeuvrer au dialogue entre factions belligérantes
Des milliers de personnes manifestent en faveur de Gaza à Istanbul

Erdogan: La reconnaissance par Israël du Somaliland est "illégitime et inacceptable"

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

Un mort et sept disparus dans le naufrage d'un bateau de migrants


Droits de l'Homme / Human Rights

Une « Turquie sans terreur » à l’exemple de la « Syrie sans terreur » ?


 
Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 12 janvier 2026
La juste protestation des Kurdes et des Alaouites à Bruxelles pendant que les dirigeants de l’UE saluent le génocidaire des Kurdes et des Alaouites al-Charaa à la mode islamique.
Dans sa chronique du jour, le directeur de l’un des organes de média en exil, Özgürüz [Nous sommes libres], a exprimé à juste titre l’indignation suivante :
 
« Je vais évoquer deux images d’Alep et de Damas la semaine dernière. De l’image qui nous vient d’Alep, le corps sans vie d’une femme kurde appartenant aux forces de sécurité intérieure était jeté du balcon d’un immeuble en ruines par des groupes djihadistes. Des djihadistes soutenues par Damas criaient « Allahu Akbar », accompagnés de cris de victoire.
 
« L’autre image fut prise lors d’une rencontre entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, avec le président syrien Ahmed al-Charaa, dans la capitale syrienne. al-Charaa, qui ne serre pas la main aux femmes, portait la main à sa poitrine, et von der Leyen en faisait de même.
 
« Issu de la tradition djihadiste du Front al-Nosra, al-Charaa fut salué par l’Occident pour la cravate qu’il portait après sa prise de pouvoir à Damas. Pourtant, la scène montre que c’est l’Occident qui se rapproche de sa ligne plutôt que l’inverse. Ce n’est pas seulement l’impression que donne la seconde photographie ; l’indifférence de l’Occident face à la barbarie de la première image en est également un signe… »
 
Lors de sa première visite en Syrie, alors que le régime de Damas était en train d’attaquer les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafiyeh à Alep, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réaffirmé son soutien au pays et annoncé une aide financière de 700 millions d’euros. Elle a par ailleurs annoncé l’ouverture d’un dialogue politique de haut niveau avec le gouvernement syrien dès le premier semestre de cette année.
 
Pendant que les présidents de la Commission et du Conseil de l’UE effectuaient cette visite « de soumission » au nom de leurs institutions respectives, le Conseil démocratique des communautés kurdes de Belgique (NAV-BEL), représentant l’une des diasporas les plus importantes en Belgique, a exprimé ainsi sa protestation contre les atrocités commises en Syrie et la passivité de l’Union européenne face au régime de Damas lors d’une manifestation organisée à la gare Centrale de Bruxelles le vendredi 9 janvier :
 
« Les Kurdes de Belgique sont profondément préoccupés par la situation à Alep, où les civils sont victimes de violences barbares et de violations des droits humains. Parmi les membres de NAV-BEL figurent de nombreux Kurdes originaires d'Afrin, de Tel Rifaat et d'Alep même, qui avaient déjà été contraints à l'exil et s'étaient réfugiés dans les quartiers kurdes de la ville.
 
« Plus de cent mille personnes fuient à nouveau […] il semble qu'il n'y ait plus de place pour les Kurdes à l'ouest de l'Euphrate. Après Afrin, Tel Rifaat et Menbić, Alep est la quatrième enclave kurde à être attaquée et envahie.
 
« Les groupes djihadistes affiliés aux nouveaux dirigeants de Damas, soutenus par la Turquie, affichent une fois de plus leur hostilité envers les Kurdes. Ces forces ne respectent ni l'identité ni les droits des Kurdes. Elles menacent la diversité ethnique, culturelle, religieuse et sociale, ainsi que les femmes.
 
« La communauté internationale, sous l'impulsion des États-Unis, tolère ouvertement cette situation. […] La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, était également à Damas hier et a promis au régime, qui a même refusé de lui serrer la main, une aide de 700 millions d'euros, notamment pour le renvoi en Syrie des réfugiés syriens présents en Europe.
 
« Le fait que le régime ait créé plusieurs centaines de milliers de nouveaux réfugiés à ce moment-là témoigne de l'aveuglement, de la faiblesse et de l'incompétence de l'UE. […]
 
« En tant que communauté kurde, nous continuons d'appeler à une intervention urgente de la communauté internationale et des pays européens pour protéger les Kurdes. […]
 
« Nous appelons aussi toutes les forces et organisations démocratiques du monde entier à se préoccuper de cette nouvelle tragédie qui frappe les Kurdes. La reconnaissance des droits des Kurdes est le seul rempart contre les attaques génocidaires des dictatures locales.
 
Le lendemain de cette manifestation justifiée de la diaspora kurde, le samedi, le Comité de soutien aux Alaouites syriens a organisé un rassemblement place du Luxembourg, face au Parlement européen à Bruxelles pour condamner les crimes commis par le régime syrien contre les Alaouites, les Kurdes et les Druzes, et appeler les organisations internationales à faire preuve de solidarité envers les peuples opprimés.
 
Dans son discours prononcé au nom du comité, Bahar Kimyongür, écrivain-chercheur exilé depuis des années et victimes de pressions et menaces de l’Etat turc en raison de son combat contre le régime répressif en Turquie, a souligné les points suivants :
 
« Depuis l’arrivée au pouvoir des forces islamistes en Syrie, le peuple alaouite est devenu la cible d’une brutalité systématique. Les massacres, exécutions extrajudiciaires, violences sexuelles, pogroms, disparitions forcées, destructions de sanctuaires et de cimetières, pillages, pogroms, lynchages, expropriations de maisons, de commerces et de jardins et licenciements massifs visant les Alaouites se poursuivent en toute impunité.
 
« Les nouveaux dirigeants du pays, figures importantes du djihadisme, ont encouragé leurs milices à exterminer les Alaouites. En juillet dernier, l’agence de presse Reuters a révélé que l’un des planificateurs des exécutions de masse qui ont coûté la vie à plus de 1500 personnes les 7 et 8 mars 2025 était Hassan Abdel Ghani, également connu sous le nom de Jalalouddin (Abou Ahd) al-Hamawi. Dans de nombreuses vidéos de propagande djihadiste, on entend des figures importantes du nouveau régime donner explicitement l’ordre de tuer tous les Alaouites, y compris les femmes et les enfants.
 
« Le silence, le déni ou la complicité de certaines personnalités politiques et médiatiques européennes contribuent objectivement à la poursuite de cette entreprise destructrice. Ne pas agir maintenant, c’est accepter l’anéantissement de populations entières sous nos yeux ».
 
A la fin du rassemblement, l’appel suivant a été lancé aux dirigeants européens et à la communauté internationale :
 
« Il est impératif de reconnaître la réalité des crimes systématiques commis contre les Alaouites et les autres minorités en Syrie, et d’assurer d’urgence la protection internationale des populations civiles menacées.
 
« Tout soutien politique, financier ou militaire apporté aux milices djihadistes doit cesser, et un système fédéral démocratique doit être instauré afin de garantir aux régions et aux communautés la capacité d’assurer leur propre sécurité.
 
« L’impunité des responsables de massacres de masse, en ce compris les responsables et milices du régime chariatique, doit cesser ».
 
Alors que ces évènements se déroulaient en Syrie et à Bruxelles, où se trouvent les institutions de l’Union européenne, les coprésidents du parti DEM Tülay Hatimoğulları et Tuncer Bakırhan, soutenant avec une grande abnégation le processus de « Turquie sans terreur » initié par le leader du MHP Devlet Bahçeli, ont publié la déclaration suivant, qualifiant les attaques en Syrie de « crimes contre l’humanité » :
 
« Le régime de Damas a clairement démontré qu’il ne respecte pas l’Accord du 10 mars… Alep en témoigne. Des attaques massives sont perpétrées sous le blason de Daesh contre des zones civiles. Ces attaques sont ouvertement encouragées par des fatwas obscurantistes déclarant que le ‘sang des Kurdes est halal’. Il s’agit d’une attaque non seulement contre les Kurdes, mais aussi contre la conscience collective de l’humanité ».
 
Les intervenants ont également vivement critiqué le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, qui soutient le régime syrien et ses pratiques terroristes, en lui demandant : « C’est le langage d’une politique belliqueuse, pas celui de la diplomatie. Êtes-vous diplomate ou militaire ? Parlez-vous depuis les corridors diplomatiques ou depuis la salle des opérations dirigée par al-Charaa ? Si vous êtes diplomate, faites votre travail. Sinon, allez donc siéger dans la salle des opérations syrienne que nous sachions qui vous êtes ».
 
Hakan Fidan est-il toutefois le seul à utiliser le langage d’une politique belliqueuse au lieu de celui de la diplomatie ?
 
Depuis plus d’un an, Devlet Bahçeli, leader du MHP, est porté au pinacle comme une « colombe de la paix » pour avoir lancé le processus de « Turquie sans terreur », suivant des calculs qui lui sont propres. Que va-t-il bien pouvoir dire aux représentants et parlementaires du DEM face aux attaques, provocations et menaces virulentes lancées par ses parlementaires et ses médias concernant la Syrie ?
 
Lors de la réunion tenue la semaine passée par le groupe parlementaire du MHP, Bahçeli avait déjà accordé son feu vert aux brutalités préparées en Syrie, en déclarant : « Les FDS-YPG ont établi un contrôle de facto sur une vaste zone du nord-est de la Syrie. Cette région est extrêmement riche en ressources souterraines et de surface. Le fait que les FDS et les YPG tombent sous l’influence d’Israël, et que Mazloum Abdi soit préparé par cette machination sioniste à prendre la relève du fondateur du PKK, ne fera qu’aggraver l’impasse et le chaos. Personne n’a le droit d’agir ainsi. Que ce soit le consensus ou par la force, l’unité et l’intégrité politique et territoriale de la Syrie doivent être rétablies et les tribus arabes doivent soutenir le gouvernement de Damas ».
 
Suite à la dernière opération brutale, le quotidien du MHP, Türkgün [Le Jour turc], a publié ce jour en première page un message haineux et hostile : « L’armée syrienne éradique le terrorisme à Alep… Pas à pas, une Syrie sans terreur… »
 
Est-ce seulement dans le journal du MHP ? Les médias, soutenus par le gouvernement AKP, n’ont pas fait exception. L’agence ANF a publié la déclaration suivante à la suite de son enquête sur cette question :
 
« Lors des massacres perpétrés par HTS, avec le soutien de l’Etat turc, dans les quartiers kurdes de Sheikh Maqsoud et d’Achrafiyeh à Alep, l’attitude des journalistes et des médias en Turquie – dont beaucoup de revendiquent de ‘l’opposition’ – envers les Kurdes s’est révélée au grand jour. L’appareil de guerre spéciale, conscient de son influence sur la société et qui, de ce fait, a su utiliser les médias avec efficience, a lancé une campagne de désinformation effroyable dès le début des massacres. Celle-ci s’est tout particulièrement déroulée par le biais de médias bénéficiant d’une certaine audience au sein de la société turque et présentés comme appartenant à ‘l’opposition’. 
 
« Une autre tactique de guerre spéciale, concomitant à cette période, visait les médias kurdes qui rendaient compte des évènements et présentaient les attaques telles qu’elles se déroulaient. Dans un premier temps, l’accès aux comptes des réseaux sociaux de l’Agence Mezopotamya et du site Jinnews paraissant en Turquie fut bloqué. L’accès aux comptes nouvellement créés fut également bloqué simultanément, et leur activation empêchée. Par la suite, le site internet du journal Yeni Özgür Politika [Nouvelle Politique Libre], publié en Europe, fut fermé sans le moindre motif. Une fois encore, la visibilité des comptes numériques d’ANF, qui montraient régulièrement l’ampleur des attaques des groupes armés et leurs tentatives de massacres, fut bloquée.
 
En effet, l’objectif principal de cette campagne de désinformation orchestrée par le gouvernement était de qualifier les FDS-YPG d’« organisation terroriste » afin d’anéantir la résistance kurde en Syrie et de présenter la terreur génocidaire du régime de Damas comme une opération visant à créer une « Syrie sans terreur ».
 
Au vu de ces faits, je pose la question :
 
L’objectif d’une « Turquie sans terreur », constamment évoqué par Bahçeli et Erdoğan et auquel personne ne s’est opposé au sein de la Commission pour la solidarité nationale, la fraternité et la démocratie ni lors des entrevues d’İmralı, sera-t-il atteint, à l’exemple de la « Syrie sans terreur », en détruisant toutes les organisations de résistance et les médias de la nation kurde ? 

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

Gezi trial convict Tayfun Kahraman hospitalized after multiple sclerosis attack

Tayfun Kahraman, who has been in prison since Apr 25, 2022, in connection with the Gezi Park trial, was hospitalized following a multiple sclerosis (MS) attack, according to a medical report.

Kahraman, a city planner and one of the defendants in the widely debated Gezi case, was admitted to İstanbul University Cerrahpaşa Faculty of Medicine. The report stated that he showed signs of “hypoesthesia and paresis in the lower left extremity,” prompting his hospitalization for further tests and treatment.

“The patient was hospitalized with a preliminary diagnosis of MS attack due to the detection of hypoesthesia and paresis in the lower left extremity during his recent examination,” the report said, noting that Kahraman has been under follow-up since 2005 for MS.

Journalist Murat Sabuncu, who said he had reviewed the report and consulted a neurosurgeon, noted that numbness and weakness in Kahraman’s left leg could suggest a new lesion in the brain or spinal cord.

In Jul 2025, the Constitutional Court ruled that Kahraman's right to a fair trial had been violated and called for a retrial. However, the 13th İstanbul Heavy Penal Court did not implement the ruling. No action was taken even after the reasoned decision was published in the Official Gazette on Oct 17, 2025.

Cansu Çifçi, Kahraman's lawyer, cited his deteriorating health, time already served, and the Constitutional Court’s decision as grounds to request his release pending trial. His wife, Meriç Kahraman, has repeatedly appealed to the public about both his medical condition and the failure to enforce the top court’s ruling. (BIA, 2 jan 2026)

Le roman-photo sur Nâzım Hikmet : La vie est belle...


Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 29 décembre 2025
•    Toutes les informations détaillées sur notre grand poète, dont je suis le lecteur depuis mon enfance et dont j'ai publié les lettres et les polémiques dans les années 60, se trouvent dans le documentaire d'Ali Cabbar
Cette semaine, la douleur de l'exil nous a frappés, İnci et moi, trois fois de suite... Dans mon article de la semaine dernière, j'avais annoncé le décès, le 20 décembre en Suisse, d'Ergün Sönmez, notre ami et camarade depuis les années 60 en Turquie. Le lendemain, nous avons appris le décès à Berlin de Mugaffer Erdoğan, également notre ami depuis les années 60... Puis, le 25 décembre, nous avons perdu notre ami arménien Hovsep Yalım à Bruxelles.
 
Comme Ergün, j'avais rencontré Mugaffer, qui appartenait à la première génération d'immigrés, en 1968, lorsqu'il était venu visiter notre revue Ant à Istanbul. Il avait travaillé pendant des années comme ouvrier dans l'usine Siemens et était représentant du syndicat IG Metall à Berlin. Il était le fondateur de la librairie Kurtuluş Kitabevi, qui distribuait, comme toutes les publications socialistes, notre revue Ant et nos livres. Sur le plan organisationnel, il a également été l'un des fondateurs de la Fédération européenne des socialistes de Turquie (ATTF), créée en novembre 1968 à Cologne par les organisations progressistes de travailleurs immigrés en Allemagne.
 
Mugaffer a été un de nos premiers amis en Allemagne avec qui nous avons pris contact lorsque nous avons été contraints à l'exil après le coup d'État du 12 mars 1971. Il a organisé notre rencontre le 10 septembre 1971 à Berlin-Est avec Yakup Demir, secrétaire général du Parti communiste de Turquie (TKP)  et, comme moi, un des accusés recherchés du procès du TKP qui s'est ouvert à Istanbul en 1971. Avec lui, nous avons parlé de la lutte à mener contre la junte militaire du 12 mars.
 
Hovsep Yalım, l'une des personnalités de la diaspora arménienne que nous avons perdue à Bruxelles, était le père de notre ami révolutionnaire arménien Nubar Yalım, assassiné le 5 novembre 1982 aux Pays-Bas par les services secrets turcs, et l'oncle de notre ami Bogos Yalım, président de l'Association des Arméniens démocrates de Belgique.
 
Alors que nous vivions la tristesse de ces pertes successives, notre ami Ali Cabbar, qui avait déjà réalisé le roman-photo documentaire « Aşk Olsun Çocuk » (Que l'amour soit avec toi, enfant) pour Deniz Gezmiş, nous a amené da nouvellel œuvre sur notre grand poète Nâzım Hikmet, décédé il y a 62 ans, le 3 juin 1963, à Moscou.
 
Dans ce nouveau livre, Ali Cabbar a documenté également 70 ans de la vie sociale, politique et culturelle de la Turquie grâce à des recherches minutieuses.
 
Ali Cabbar a fait partie du mouvement de résistance de la jeunesse révolutionnaire pendant ses études à la Faculté des Beaux-Arts de l'Université Marmara. Il a été emprisonné pendant trois ans dans une prison militaire après le coup d'État militaire de 1980.
 
Ali Cabbar, qui a consacré une grande partie de son temps à des recherches sur l'histoire politique de la Turquie lors de ses activités artistiques, culturelles et journalistiques à l'étranger, écrit dans l'introduction de son dernier ouvrage :
 
« Dans ce livre, je raconte la vie du grand poète Nâzım Hikmet à la lumière des événements politiques, sociaux et culturels importants qui ont marqué la Turquie et le monde entre les années 1900 et le début des années 1960.
 
« Comme tous les intellectuels de gauche de l'époque en Turquie, Nâzım Hikmet a été victime d'injustices incroyables de la part de l'État. Il a passé 14 ans et demi de sa vie dans des conditions difficiles en prison et 12 ans en exil à l'étranger. Il a été témoin de deux guerres mondiales qui ont causé la mort de millions de personnes et donné lieu à des génocides, de la chute de la monarchie en Turquie et de la naissance du socialisme en Russie. Il a vécu à une époque difficile, marquée par la refonte du monde, le développement de la technologie et de l'art, mais aussi par la persistance de la tyrannie.
 
« Dans ce livre, nous suivrons non seulement Nâzım, mais aussi ses amis poètes, écrivains et artistes. Nous découvrirons leurs efforts pour contribuer à la formation de la République, qui grandira et mûrira avec eux, et pour créer un pays plus démocratique, depuis les derniers jours de l'Empire ottoman qui les a vus naître. Nous passerons en revue la brève histoire de la transition d'un empire en décomposition à la République, avec ses péchés et ses vertus. Je rappellerai de nombreuses informations intéressantes qui ont été enseignées de manière erronée par l'histoire officielle ou que nous avons ignorées, car elles éclairent notre époque actuelle.
 
« Je parlerai beaucoup d'Orhan Kemal, Kemal Tahir, Suat Derviş, Abidin Dino, Sabahattin Ali, Zekeriya et Sabiha Sertel, qui ont particulièrement marqué la vie de Nâzım. Ces personnes, nées, ayant vécu et créé il y a plus de cent ans, méritent le respect pour leur vie remplie d'incroyables sacrifices.
 
« Des dizaines de livres ont été écrits sur Nâzım par des auteurs de renom. Outre ses poèmes magnifiques, sa lutte politique, sa vie haute en couleur, ses amours et son emprisonnement ont suscité l'intérêt de tous. Si l'on devait l'exprimer avec les valeurs d'aujourd'hui, sa vie ferait l'objet d'une série Netflix qui durerait des dizaines de saisons.
 
« J'ai conçu La vie est belle dans le même format que mon premier livre Que l'amour soit avec toi, enfant, qui a connu deux éditions et a été très apprécié par les lecteurs. Je l'ai qualifié de 'roman-photo', un genre unique en son genre.
 
« J'ai généralement indiqué mes propres commentaires entre parenthèses dans les textes. »
 
À la dernière page du livre, Ali Cabbar fait une autre remarque importante:
 
« Je voudrais aborder certains sujets que j'ai appris ou trouvés intéressants au cours des deux années de recherche, de prise de notes et de préparation à la publication de La vie est belle. La République turque a été fondée par des militaires. La quasi-totalité des fondateurs étaient de jeunes officiers ottomans unionistes. Révolutionnaires (on pourrait aussi dire putschistes), audacieux, pour la plupart patriotes et sans intérêt personnel, mais méprisant le peuple, ils avaient une mentalité qui ne s'intéressait guère à la démocratie, à la liberté d'expression et aux droits de l'homme. Ils n'aimaient pas les civils ; ils glorifiaient les intellectuels tant qu'ils les soutenaient, mais faisaient regretter leur naissance à ceux qui s'opposaient à eux et les réduisaient à la misère.
 
« La Turquie, qui a été gouvernée par un parti unique jusqu'en 1950, est restée sous la menace et la répression des coups d'État militaires même après le passage à un système multipartite. La liberté du peuple de s'organiser en dehors du contrôle de l'État et celle des intellectuels de diffuser leurs idées ont été entravées. La création de la République n'a pas apporté la démocratie ni la liberté d'un système multipartite.
 
« Dans ce livre, j'ai essayé de raconter ce qui est arrivé à Nâzım Hikmet, parallèlement aux souffrances endurées par d'autres intellectuels. J'ai attiré l'attention sur le fait que les persécutions et les interdictions d'il y a cent ans se poursuivent aujourd'hui de manière presque identique. (Je m'étonne que cela soit possible. Peut-être qu'un siècle n'est pas une assez longue période dans l'évolution des sociétés.)
 
« Nous savons que Nâzım Hikmet est le plus grand homme de lettres que la Turquie ait produit. Vous avez lu comment il est devenu un célèbre 'citoyen du monde' pendant ses années d'exil à l'étranger. S'il avait vécu plus longtemps, il aurait sans aucun doute atteint le sommet de la liste des plus grands hommes de lettres du monde.
 
« La vie est belle, ainsi que "Que l’amour soit avec toi, enfant", un roman-photo sur la vie de Deniz Gezmiş, forment une série qui tente de résumer 70 ans d’histoire turque (et, dans une certaine mesure, mondiale), et se lisent comme une suite logique. J’espère qu’elle aura permis aux lecteurs de mieux connaître Nâzım Hikmet et de mieux comprendre la Turquie. »
 
En effet, en lisant ces deux ouvrages, vous découvrez non seulement la vie, les combats et les pensées de Deniz Gezmiş et Nâzım Hikmet, mais aussi, grâce à des illustrations réalisées avec brio, les luttes sociales et politiques, les courants de pensée et les personnalités qui ont marqué l'histoire, non seulement en Turquie, mais aussi dans le monde entier, depuis leur naissance jusqu'à leur mort.
 
Malgré les nombreuses arrestations et pressions qu'il a subies, Nâzım Hikmet était libre et ses livres n'étaient pas encore interdits en 1936, année où je suis né dans une gare isolée de l'Anatolie centrale, fils d'un cheminot.
 
Avant même d'entrer à l'école primaire, mon père m'avait apprisla lecture, l’écriture et les tables de multiplication. Parmi les premiers livres que j'ai lus dans sa bibliothèque, il y avait les livres de poche et l'Encyclopédie pour enfants de Sertel, ainsi que les œuvres de Nâzım Hikmet... 835 Lignes, Jokond et Si-Ya-U, Benerci pourquoi d'est-il suicidé?, Les lettres à Taranta-Babu et L'épopée de Cheikh Bedreddin...
 
Nâzım Hikmet a été arrêté en 1938 à la suite d'un complot ignoble et a passé plusieurs années en prison avant d'être libéré en 1950 grâce à une amnistie. Toutefois, sous la menace et la pression de l'armée, il a été contraint de s'exiler en 1951... Je me souviens avec une grande tristesse qu'il fut déclaré « traître à la patrie » et que ses livres, qui jusqu'alors n'avaient pas été touchés, même pendant son emprisonnement, furent cachés dans les foyers sous l'effet de la terreur créée par les célèbres arrestations du Parti communiste de Turquie (TKP) en 1951.
 
Les livres de Nâzım Hikmet ne réapparurent dans les vitrines des librairies et les bibliothèques privées qu'à partir des années 60, après que le Parti ouvrier de Turquie (TIP) eut commencé à s'organiser dans tout le pays.
 
Les lettres que Nâzım Hikmet écrivit à son épouse Piraye depuis la prison centrale d'Ankara en 1938 furent publiées dans notre revue Ant sous le titre « Tout le problème, c'est la destruction de Nâzım Hikmet ! » Le 24 janvier 1967, date de cette publication, fut l'un des jours les plus heureux de notre vie avec İnci... Elle fut immédiatement suivie par la publication des livres « Les polémiques de Nâzım Hikmet » écrit par Kemal Sülker et « Le géant aux yeux bleus » écrit par Zekeriya Sertel.
 
Bien sûr, l'un des moments les plus émouvants de notre exil avec İnci a été notre visite à Moscou en octobre 1976, où nous avons visité la tombe du poète politique exilé Nâzım Hikmet, et l'autre, juste après, le 20 janvier 1977, à Bruxelles, où nous avons organisé une réunion commémorative en l’honneur de Nâzım Hikmet au siège de la fédération des syndicats socialistes et publié un livre en deux langues intitulé « Nâzım Hikmet à 75 ans » ainsi qu’une cassette intitulée « Nâzım Hikmet de sa propre voix », compilée à partir d'enregistrements de la radio de Budapest.
 
De plus, Vera Feonova, responsable de la section de Turquie de l'Union des écrivains soviétiques, que nous avions rencontrée lors de notre visite en Union soviétique, nous avait annoncé avec une grande joie : « Nous nous efforçons d'obtenir que la poste soviétique émette un timbre et une enveloppe à la mémoire de Nazım Hikmet... ». La bonne nouvelle annoncée par Vera s'est concrétisée en 1978 avec l'envoi d'une carte de vœux de Nouvel An à l'effigie de Nazım Hikmet.
 
Aujourd'hui, la publication en Turquie du roman-photo d'Ali Cabbar intitulé La vie est belle met en lumière non seulement la vie et le combat de Nazım Hikmet, mais aussi 70 ans d'histoire de la Turquie et du monde dans leurs moindres détails.
 
Avant d'être imprimé en Turquie par la maison d'édition Boyut à Istanbul, je l'avais lu page par page à Bruxelles à partir de l'original, et j'avais rédigé, sur la suggestion d'Ali Cabbar, le texte suivant qui figurera au dos du livre:
 
« Dès mon plus jeune âge, j'étais fasciné par Nâzım Hikmet, que j'avais découvert dans les années 40, alors qu'il était emprisonné et souffrait le martyre en tant que 'maudit du régime', en lisant ses poèmes dans la bibliothèque de mon père cheminot. Pendant mes années de lycée à Ankara, j'ai vécu l'excitation de la lutte pour sa libération, la joie de sa libération en 1950, puis la douleur de son exil forcé l'année suivante et de sa déchéance de la nationalité turque.
 
« Notre lutte pour la liberté et le socialisme, qui a commencé dans notre jeunesse et a atteint son apogée avec la révolte de 1968, a été magnifiée par ses vers, comme ceux de nombreux autres poètes de talent... C'est à cette époque que j'ai publié de nombreux articles et deux livres sur Nâzım Hikmet dans la maison d'édition Ant.
 
« Ali Cabbar avait déjà illustré une période que j'avais moi-même vécue de près avec son livre, Que l’amour soit avec toi, enfant, à l'aide de documents incontestables et d'images qu'il avait lui-même créées.
 
« La vie est belle contribue grandement à la reconnaissance de l'histoire de nos luttes sociales en documentant minutieusement non seulement notre époque, mais aussi les années 40, que notre génération n'a pas connues. Il apporte par exemple des éclaircissements sur la position controversée de Nâzım Hikmet concernant la question kurde et le génocide arménien. »
 
En relisant aujourd'hui le livre dans sa version imprimée, je félicite chaleureusement Ali Cabbar, l'éditrice du livre Fahire Kurt et la maison d'édition Boyut qui a présenté cet ouvrage important à un large public.


Rising racism in football stadiums threatens the peace process

In recent days, groups opposing the peace process have carried their campaigns to football fields, posing a serious threat to social peace and the success of the process. Due to the sensitivity of the process and the peaceful discourse expected from all segments of society, effective measures need to be taken against these racist campaigns targeting Kurds before it is too late.

The anti-Kurdish, racist slogans chanted in the stands, which appear to be organized, clearly demonstrate the nationalist stance to block peace efforts. The sexist, abusive, and racist chants targeting Leyla Zana, a prominent Kurdish politician, by Bursaspor fans during the Somaspor-Bursaspor match on Dec 16, 2025, and the subsequent continuation of these attacks by fans of teams like Ankaragücü and Rizespor, show that these racist attacks are part of an organized campaign.

As a country aiming to build peace and democracy, the language used toward "others" has a special importance, and the current period requires a critical examination of daily language. Everyone needs to be aware that consciously or unconsciously used offensive words against minorities undermine the peace process. Therefore, maintaining a peaceful discourse across society will help avoid hateful words of racist origin that insult others.

Furthermore, considering the discrimination against Amedspor in recent years, the occasional racist attacks against players and fans call for acknowledging that these developments constitute a serious threat to social peace. Following the racist attacks and police intervention against Amedspor and its fans during the Başakşehir match in İstanbul on Jan 28, 2016, Amedspor was fined, banned from playing matches with fans, and subjected to discrimination with compulsory away games.

The tendency of politicians and football figures to ignore the seriousness of these racist campaigns serves those who want to provoke and hinder the peace process. As the peace process is on the country’s agenda, evaluating and discussing measures against rising racism in the stands appears to be a primary mission for NGOs and rights organizations.

In a country where racism has developed alongside a nationalist culture over the years, hate speech is often accepted as the normal discourse of daily life. Politics is built on conflict, and "others" are frequently addressed with insults. Therefore, the rise of racist chants in the stands should not be surprising. In a society where racist rhetoric is used by a wide segment of people and reflected in the public sphere, it is expected that the average football fan's mentality readily embraces such language.

While football is seen as the easiest arena for expressing racist slogans and hate speech, its effects on young fans also show it can significantly impact the militancy of young fanatics. Additionally, racism renews itself through the daily repetition of hate speech in certain visual and social media outlets.

Since our country has experienced various racist-rooted tragedies in the past, designing and implementing long-term projects to fight racism in football fields deserves special attention during ongoing efforts to resolve the Kurdish issue.

Since crowds in football stadiums reflect the attitudes of an average segment of the country, football constitutes a suitable arena for initiating a fight against racism. While stadiums are spaces where racist and hateful rhetoric is expressed, they also serve as platforms that can reach millions of people through modern communication technology.

It needs to be acknowledged that long-term campaigns aimed at preventing racism in football are expected to make a significant contribution to developing a peace discourse against widespread xenophobia and hate speech. It is also hoped that those who define themselves as nationalists, yet deny being racist, may begin to question their own positions.

Therefore, the historical background and recent developments observed in the country call for the necessity of drafting a long-term strategy and a short-term action plan to fight against rising racism. Within this approach, projected works and activities are expected to include various public information campaigns introducing the nature and values of multicultural democratic societies and respect for "other" identities.

On the other hand, the drafting of specially designed projects to fight against racism in football fields needs to be developed in line with UEFA and FIFA programs and recommendations.

International dimensions

In the fight against racism in football, when we look at the work done in recent years by European and international football organizations of which Turkey is a member, such as UEFA and FIFA, it is clear that they have intensified their efforts through more determined sanctions. Turkey can join these organizations’ programs and act through various campaigns aimed at raising awareness among the public, football clubs, and players regarding the sanctions applied.

FIFA's commitment to using football’s power to create a positive social impact is evident in its partnerships with UN human rights organizations to spread the message "No to Discrimination."2 FIFA and UEFA address this issue within the scope of their social responsibility activities through special units and working groups.

The comprehensive projects that Turkey initiates will demonstrate that its policies and actions are in unity with UEFA and FIFA. Moreover, considering the international dimensions of these campaigns, the issue is not limited to football organizations but also falls within the framework of institutions concerned with human rights, such as the UN Human Rights Office, the Council of Europe, and the European Union.

The "Global Stance Against Racism" aims to implement FIFA's zero-tolerance policies and work programs globally to fight all forms of racism in football.4 Approved unanimously by FIFA's 211 member federations at the 74th FIFA Congress in May 2024, the Global Stance Against Racism includes action plans aimed at ending racism in football.

On the other hand, compliance with obligations arising from international law due to the conventions ratified by Turkey is also necessary. In addition to UN and European human rights conventions, the International Convention on the Elimination of All Forms of Racial Discrimination prohibits racial discrimination in all areas of private and public law and obliges signatory states to take immediate and effective measures to eliminate racist ideas and practices.6 Furthermore, efforts to fight racism in sport are ongoing under the auspices of the UN. The UN Durban Declaration and Programme of Action invited states to take measures to prevent and combat the emergence of neo-fascist, violent nationalist ideologies that promote racist hatred and racial discrimination.

Considering the development of football in recent decades, a significant structural change has occurred; it is evident that football has become a wealthy sector thanks to match broadcasts at regional and global levels, sponsorship, the corporatization of clubs, and advertising revenues.7 Furthermore, it is accepted that football is not confined to the pitch, but remains important due to its political and economic dimensions. (BIA, 31 December 2025)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Journalist Perihan Kaya receives prison sentence for 'terrorist propaganda'

Journalist Perihan Kaya was sentenced to prison yesterday during the tenth hearing of her retrial on charges of spreading ""terrorist propaganda" under Article 7/2 of the Anti-Terror Law (TMK).

Kaya, who resides abroad, did not attend the hearing at the Diyarbakır 10th Heavy Penal Court while her lawyer Resul Temur was present.

The prosecution repeated the final opinion on the merits presented in the previous session, requesting that Kaya be punished for the alleged crime.

Defending against the opinion, Resul Temur stated, "The social media account in question was taken under investigation when there was no existing investigation against my client. The virtual patrol regulation has been annulled by the Constitutional Court. For this reason, the evidence in question should not be taken as a basis for the verdict."

In the remainder of the defense, Temur referred to the precedents of the Constitutional Court and the European Court of Human Rights (ECtHR). He argued that the news-related posts subject to the case could not be considered elements of a crime and requested her acquittal.

Announcing its decision, the court sentenced Kaya to 1 year, 6 months, and 22 days in prison for the crime of "terrorist propaganda." Since Kaya had previously received a suspension of the announcement of the verdict (HAGB) in a case in Dersim, the court did not apply HAGB in this case on the grounds that she committed a crime within the probation period.

Background

The case against journalist Perihan Kaya was filed on charges of "terrorist propaganda" and "membership in a terrorist organization." The indictment alleged that she was "responsible for the press field of the KCK structure," citing her membership in the closed Free Journalists Association (ÖGC), social media posts, phone calls with colleagues, and secret witness statements.

In the indictment, eight posts made in 2015 on a Facebook account allegedly belonging to Kaya and 24 tweets with unknown dates were presented as evidence for the charges.

During the first hearing held on Mar 24, 2021, Kaya was sentenced to 1 year and 3 months in prison for "organization propaganda," while she was acquitted of the "organization membership" charge.

However, the appellate court overturned the local court's decision and sent the file back for a retrial, ruling that the provisions for successive crimes were not considered and the sentence given was insufficient. (BIA, 8 jan 2026)

Le journaliste décédé Hakan Tosun a subi de "terribles violences"

Le journaliste turc Hakan Tosun connu pour sa défense de l'environnement, décédé en octobre à Istanbul, a subi "de terribles violences", selon les premières conclusions du rapport d'autopsie consulté jeudi par l'avocat et la famille.

Selon l'avocat Onur Cingil, contacté par l'AFP, il s'agit d'un rapport préliminaire, l'Institut médico-légal qui a pratiqué l'examen étant encore en attente de plusieurs documents médicaux.

Néanmoins, insiste M. Cingil, "ce rapport atteste que la victime a été battue et tuée après de terribles violences, prolongées et atroces", ce que montraient déjà les images des caméras de surveillances qui ont enregistré l'agression de la victime, diffusées dans la presse rappelle-t-il.

Me Cingil mentionne des "ecchymoses et des traces de violence sur le corps, ainsi que des blessures mortelles" et précise que le rapport fait état de "beaucoup d'éléments détaillés. Il n'y a simplement pas de conclusion définitive sur la cause du décès", précise-t-il.

Contrairement aux rumeurs qui avaient circulé après le décès de M. Tosun, le 13 octobre, "le rapport n'a identifié aucune trace de stupéfiant", a insisté par ailleurs la soeur du journaliste, Öznur Tosun.

"Le document détaille des fractures à de nombreux endroits du corps et un coup porté au crâne. La cause du décès est évidente", affirme-t-elle à l'AFP en dénonçant un "passage à tabac" déjà attesté par les images.

"Il y a de nombreux coups de pied portés à la tête. Le rapport constate une fracture du crâne. Cela nous amène à conclure que le décès est survenu à la suite de coups portés à la tête", ajoute-t-elle en disant "attendre désormais le rapport final qui précisera la cause du décès".

"Le rapport médico-légal (...) dissipe tout doute quant à la nature de ce meurtre", a commenté pour sa part auprès de l'AFP Baris Altintas, directrice du groupe de défense des journalistes MLSA.

"Les conclusions contredisent directement les déclarations des suspects et soulignent qu'il ne s'agit pas d'un accident, mais d'une agression mortelle", insiste-t-elle.

Hakan Tosun, 50 ans, avait été retrouvé inconscient après avoir été agressé par deux personnes dans une rue d'un quartier excentré d'Istanbul.

Les agresseurs avaient été arrêtés deux jours plus tard.

Hakan Tosun était connu pour ses reportages et documentaires sur des luttes pour la protection de l'environnement et la gentrification des quartiers.

Pour l'organisation Reporters sans Frontières (RSF) "la question est de savoir le plus rapidement possible si l'agression est en lien ou motivée par ses activités journalistiques", a indiqué à l'AFP Erol Önderoglu, représentant de RSF en Turquie. (AFP, 8 jan 2026)

Prosecutor seeks up to 10 years in prison for journalists over contributions to pro-Kurdish publications

The İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office has submitted its final opinion in the case against bianet editor Tuğçe Yılmaz, journalists Erdoğan Alayumat, Suzan Demir, Taylan Abatan, Gülcan Dereli, translator Serap Güneş, and sociologist Berfin Atlı.

Prosecutor Muhammet Yağcı accused the seven defendants of “aiding an armed terrorist organization” based on their contributions to Yeni Özgür Politika and its supplement PolitikArt, which are published in Germany. He alleged that the articles they wrote and the royalties they received amounted to support for the outlawed Kurdistan Workers’ Party (PKK), and demanded prison sentences under Articles 220/7 and 314/2 of the Turkish Penal Code.

'Language used by the publications'

The initial hearing of the case was held on Dec 9, 2025, where the defendants presented their defenses against the charges.

In a written opinion submitted to the İstanbul 13th Heavy Penal Court between hearings, the prosecutor argued that freedom of the press is not without limits. Citing rulings from the European Court of Human Rights (ECtHR) in the cases of Leyla Zana and Kamil Tekin Sürek, he claimed that press freedom can be restricted on the grounds of national security and territorial integrity.

The prosecutor described Yeni Özgür Politika and PolitikArt as media outlets affiliated with the PKK/KCK and claimed they engaged in “propaganda for the organization.” He argued that the publications provided space for the writings of PKK leaders and used language that targeted security forces. Therefore, he concluded, the activities carried out in these publications could not be considered as “normal journalistic activity.”

'Aiding the organization'

According to the prosecutor, the defendants’ submissions to Yeni Özgür Politika and PolitikArt contributed to the continuity of these publications. The opinion alleged that their work served to disseminate the goals and messages of the organization to the public, misused the power of the press for illicit purposes, and fostered public sympathy for the organization’s acts of violence.

The prosecutor further argued that by accepting royalties, the defendants established a “financial relationship” with the organization, which constituted sufficient grounds for the aiding charges.

He emphasized that aiding a terrorist organization is not limited to providing material support. Citing the case law of the Court of Cassation’s General Criminal Assembly, he stated that any action contributing to the organization’s activities falls within the scope of this offense.

Prosecutor demands prison terms
Based on these allegations, the prosecutor requested prison sentences ranging from five to ten years for Tuğçe Yılmaz, Erdoğan Alayumat, Suzan Demir, Taylan Abatan, Gülcan Dereli, Serap Güneş, and Berfin Atlı.

The trial will resume on Feb 17, when the defendants are expected to respond to the final opinion. The court is then expected to deliver its verdict.

Background

The investigation originated with the Eskişehir Chief Public Prosecutor’s Office, which ordered raids on Nov 26 targeting the homes of journalists, writers, poets, and cartoonists in İstanbul, Diyarbakır, Ankara, and Batman. Eight individuals were detained in the initial operation.

Those detained included Bianet reporter Tuğçe Yılmaz, Roza Metina, Erdoğan Alayumat, Hamza Kaan (Bilge Aksu), Ahmet Sümbül, Bilal Seçkin, Mehmet Uçar, Havin Derya, and Suzan Demir.

Other detainees included filmmaker Ardin Diren, poet Hicri İzgören, writer and translator Ömer Barasi, cartoonist Doğan Güzel, photographer Emrah Kelekçier, publishing coordinator Baver Yoldaş, dismissed academic Abdurrahman Aydın, LGBTI+ activist Berfin Atlı, and translator Serap Güneş.

Among those detained, Mehmet Uçar and Hamza Kaan (Bilge Aksu) were arrested. The others were released after four days in custody under judicial supervision.

The indictment for the two detained individuals was accepted by the Eskişehir 2nd Heavy Penal Court, but the case was later referred to other courts due to jurisdictional issues. The journalists’ files were separated and sent to courts in the cities where they were detained. The indictment cited their reporting, social media posts, and royalty payments from their media outlets as evidence for the charges. The two were released at their first hearings on Jul 3 and Jul 8.

Separately, the Ankara Chief Public Prosecutor’s Office decided not to pursue charges against journalist Bilal Seçkin. (BIA, 5 jan 2026)

Un tribunal ordonne la libération d'un journaliste détenu pour  "menace" envers Erdogan

Un tribunal d'Istanbul a ordonné la libération  du journaliste turc Fatih Altayli, l'un des commentateurs politiques les plus  populaires du pays, qui était détenu depuis fin juin pour "menace" envers le  président turc Recep Tayyip Erdogan, a rapporté lundi l'ONG de défense des  médias MLSA.

M. Altayli avait été arrêté et écroué fin juin après avoir déclaré, à  propos d'un sondage indiquant qu'une large majorité des Turcs s'opposerait à  une éventuelle présidence à vie de Recep Tayyip Erdogan, que plusieurs sultans  ottomans avaient fini "assassinés" ou "étranglés".

Il avait été condamné fin novembre à quatre ans et deux mois de prison.

"Malheureusement, un journaliste renommé, dont l'arrestation et le procès  constituent une flagrante injustice, a été maintenu en détention pendant six  mois. Il devient aujourd'hui un des symboles de la politisation de la justice  et de l'intimidation qui visent le droit à l'information. Nous demandons la  relaxe en appel du journaliste", a déclaré à l'AFP Erol Önderoglu,  représentant en Turquie de l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

M. Altayli, détenu pendant six mois à la prison stambouliote de Silivri,  est suivi par 2,8 millions d'abonnés sur X et près de 1,7 million d'abonnés  sur YouTube, où il animait jusqu'en juin une émission quotidienne très suivie.

"Ce pays a déjà étranglé ses sultans par le passé. Quand il ne les  appréciait pas, quand il ne les voulait pas... Nombre de sultans ottomans ont  été étranglés, assassinés ou se seraient suicidés", expliquait M. Altayli sur  sa chaîne YouTube le 20 juin en commentant les résultats d'une enquête  d'opinion.

 Un procureur avait requis le placement en détention provisoire du  journaliste de 63 ans, affirmant qu'il avait par son commentaire menacé le  président turc. (AFP, 29 déc 2025)

Kurdish Question / Question kurde

Les forces kurdes quittent Alep après des jours de combats meurtriers

Les forces kurdes en Syrie ont annoncé dimanche l'évacuation de leurs combattants des deux quartiers où ils étaient retranchés à Alep, après plusieurs jours de combats meurtriers contre les forces gouvernementales.

"Nous sommes parvenus à un accord qui a conduit à un cessez-le-feu et permis l'évacuation des martyrs, des blessés, des civils pris au piège et des combattants des quartiers d'Achrafieh et de Cheikh Maqsoud vers le nord et l'est de la Syrie", ont écrit les Forces démocratiques kurdes (FDS) dans un communiqué.

L'agence officielle syrienne Sana a confirmé que "les bus transportant le dernier groupe de membres des FDS ont quitté le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep, en direction du nord-est".

Après avoir pris le contrôle d'Achrafieh, l'armée syrienne avait déjà annoncé samedi la fin de ses opérations à Cheikh Maqsoud et le départ des combattants kurdes vers le nord. Mais les forces kurdes avaient démenti ces affirmations.

Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les données officielles.

 - Accusations mutuelles -

 Les deux camps s'accusent mutuellement d'en être à l'origine.

Ces combats ont fragilisé encore plus un accord conclu en mars entre les deux parties pour intégrer les institutions civiles et militaires de l'administration autonome kurde au sein de l'Etat syrien, qui n'a pas encore été appliqué.

L'évacuation des combattants a été obtenue "grâce à la médiation des parties internationales pour mettre fin aux attaques et aux violations commises contre notre peuple à Alep", a affirmé le FDS, après avoir au contraire dénoncé quelques heures plus tôt des déplacements forcés et des enlèvements de civils.

Depuis Damas, l'émissaire américain Tom Barrack avait lancé samedi un appel à la "retenue" et à la fin des hostilités, après avoir rencontré le président Ahmad al-Chareh dont le gouvernement se dit déterminé à asseoir son autorité sur Alep, la deuxième ville du pays.

Un correspondant de l'AFP posté samedi à l'entrée du quartier Cheikh Maqsoud a vu au moins cinq autocars transporter des hommes, escortés par les forces de sécurité.

Prises au piège pendant des jours, des familles hagardes ont enfin pu quitter le lieu des combats.

Des hommes portent leurs enfants sur le dos, des femmes et des enfants pleurent. "Papa, papa", répète une petite fille cherchant son père.

Mais plusieurs dizaines de jeunes gens sont mis à l'écart par les forces de sécurité, qui les forcent à s'asseoir par terre, tête baissée, sous leur garde, avant de les embarquer dans des cars.

Les FDS, qui ont été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique en Syrie, sont soutenues par Washington qui appuie également Ahmad al-Chareh.

Les combats ont fait craindre une escalade régionale, la Turquie voisine se disant prête à intervenir aux côtés des autorités syriennes et Israël prenant la défense des Kurdes.

Depuis la chute de Bachar al-Assad, le pouvoir islamiste s'est engagé à protéger les minorités. Mais les combats d'Alep sont le troisième épisode de violences avec des minorités, après des massacres d'alaouites sur la côte en mars et des combats avec les druzes dans le sud en juillet.

Les Kurdes, qui ont tiré profit du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, y compris des champs pétroliers et gaziers, réclament notamment un système de gouvernance décentralisé, ce que rejette Damas. (AFP, 11 jan 2026)

La manifestation kurde à Bruxelles contre la barbarie en Syrie

La communauté belgo-kurde a manifesté à la gare centrale de Bruxelles le vendredi 9 janvier. Les Kurdes sont profondément préoccupés par la situation à Alep, où les civils sont victimes de violences barbares et de violations des droits humains. Parmi les membres de NavBel figurent de nombreux Kurdes originaires d'Afrin, de Tel Rifaat et d'Alep même, qui avaient déjà été contraints à l'exil et s'étaient réfugiés dans les quartiers kurdes de la ville.

Plus de cent mille personnes fuient à nouveau. Pour beaucoup d'habitants de ces quartiers, il s'agit déjà de leur troisième exode en huit ans. Les familles en Belgique sont très angoissées par ces événements et font preuve d'une grande résistance et d'un courage exceptionnel. Les Kurdes n'ont d'autre choix que de se défendre et de lutter farouchement pour leur survie.

Mais ils constatent également une tendance inquiétante : il semble qu'il n'y ait plus de place pour les Kurdes à l'ouest de l'Euphrate. Après Afrin, Tel Rifaat et Menbić, Alep est la quatrième enclave kurde à être attaquée et envahie.

Les groupes djihadistes affiliés aux nouveaux dirigeants de Damas, soutenus par la Turquie, affichent une fois de plus leur hostilité envers les Kurdes. Ces forces ne respectent ni l'identité ni les droits des Kurdes. Elles menacent la diversité ethnique, culturelle, religieuse et sociale, ainsi que les femmes.

La communauté internationale, sous l'impulsion des États-Unis, tolère ouvertement cette situation. L'attitude laconique du président Trump qui, contrairement à ce qui s'est passé en Iran, a formulé des déclarations fermes et des menaces d'intervention, démontre son indifférence face à cet état de fait.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, était également à Damas hier et a promis au régime, qui a même refusé de lui serrer la main, une aide de 700 millions d'euros, notamment pour le renvoi en Syrie des réfugiés syriens présents en Europe.

Le fait que le régime ait créé plusieurs centaines de milliers de nouveaux réfugiés à ce moment-là témoigne de l'aveuglement, de la faiblesse et de l'incompétence de l'UE. L'UE serait la risée de tous si les événements n'étaient pas si tragiques et inhumains.

En tant que communauté kurde, nous continuons d'appeler à une intervention urgente de la communauté internationale et des pays européens pour protéger les Kurdes.

Nous demandons également à la Turquie, leur alliée au sein de l'OTAN, de prendre ses responsabilités.

Nous appelons aussi toutes les forces et organisations démocratiques du monde entier à se préoccuper de cette nouvelle tragédie qui frappe les Kurdes. La reconnaissance des droits des Kurdes est le seul rempart contre les attaques génocidaires des dictatures locales. (NAV-BEL, 10 jan 2026)

L'armée sysrienne bombarde des quartiers kurdes d'Alep et somme les combattants de se rendre

L'armée syrienne a sommé samedi les combattants kurdes retranchés dans un quartier d'Alep de se rendre après avoir repris ses bombardements pour les déloger, à la suite de plusieurs jours d'affrontements impliquant cette minorité que l'Etat central peine à intégrer aux institutions.

Les violences, qui ont tué au moins 21 civils depuis mardi, sont les plus graves dans cette grande ville du nord de la Syrie entre le gouvernement central et les Kurdes, une importante minorité ethnique contrôlant une partie du nord-est du pays.

Les combats ont contraint des dizaines de milliers de civils à fuir, l'ONU estimant à au moins 30.000 le nombre de familles déplacées.

Un cessez-le-feu avait été annoncé tôt vendredi par les autorités, qui avaient affirmé que les combattants kurdes encerclés dans les deux quartiers de Cheikh Maqsoud et Achrafieh seraient évacués vers la zone autonome kurde.

Les autorités avaient même acheminé des cars pour évacuer les combattants, mais ces derniers ont annoncé refuser toute "reddition" et dit qu'ils voulaient défendre leurs quartiers.

L'armée syrienne a alors annoncé qu'elle reprendrait le bombardement de "sites militaires" à Cheikh Maqsoud, appelant les habitants à s'en éloigner.

Tard vendredi, un correspondant de l'AFP a signalé des bombardements à l'artillerie lourde et des tirs.

"La seule option qui reste aux éléments armés dans la zone de Cheikh Maqsoud à Alep est de se rendre immédiatement, armes à la main, au poste de contrôle militaire le plus proche, en échange d'une garantie pour leur vie et leur sécurité personnelle", a averti samedi matin le ministère de la Défense, cité par l'agence officielle Sana.

L'armée a averti qu'elle "traitera avec fermeté et détruira toute source de tir afin d'assurer la sécurité et la stabilité de la zone et de protéger les habitants".

 - Evacuations -

 Les violences ont éclaté alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l'administration autonome kurde et ses forces armées, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), au sein du nouvel Etat.

Sur Telegram, les FDS ont affirmé dans la nuit que l'armée avait attaqué avec "une importante couverture de tanks et des bombardements d'artillerie brutaux", répétant qu'ils comptaient "continuer à résister".

La télévision syrienne a pour sa part accusé les Kurdes d'avoir lancé des drones sur des quartiers résidentiels d'Alep.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a affirmé que des tirs d'artillerie de l'armée avaient tué une fillette de 10 ans, et fait état d'intenses tirs de roquettes des combattants kurdes en direction d'un aéroport militaire à l'est d'Alep.

Selon cette ONG disposant d'un vaste réseau de sources dans le pays, les combats ont fait sept morts en deux jours au sein de l'armée syrienne.

Dans la journée, l'armée avait permis aux civils désireux de fuir d'emprunter deux "couloirs humanitaires" entre 13H00 et 15H00 GMT. Un correspondant de l'AFP a vu des habitants sortir de Cheikh Maqsoud sous la pluie, chargés de bagages.

Le gouvernement syrien, via le ministère de la Religion, a indiqué avoir ouvert 20 mosquées pour accueillir 400 familles de déplacés "face à l'escalade".

 - Emissaire américain -

 Une source diplomatique a indiqué vendredi à l'AFP que l'émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack était "en route pour Damas".

Le ministère français des Affaires étrangères a appelé les parties "à revenir immédiatement au cessez-le-feu", indiquant que Paris comptait "se mobiliser avec ses partenaires, en premier lieu les États-Unis, pour parvenir au retour de la sécurité et de la stabilité à Alep, dans le cadre d'une Syrie unie, souveraine et plurielle."

Les combats en cours sont les plus violents à Alep entre les Kurdes et les autorités syriennes depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.

Le nouveau pouvoir islamiste s'était engagé à protéger les minorités mais a été confronté à des massacres d'alaouites sur la côte en mars et des violences avec les druzes dans le sud en juillet.

"La partie gouvernementale cherche, par ces attaques, à mettre fin aux accords conclus. Nous y sommes attachés et nous nous efforçons de les mettre en oeuvre", a déclaré à l'AFP Elham Ahmed, chargée des relations extérieures de l'administration locale kurde.

Ces violences "mettent à l'épreuve le cadre déjà fragile d'intégration entre Damas et les FDS", a estimé Nanar Hawach, de l'International Crisis Group. "Le recours à la pression militaire montre qu'on s'éloigne de la négociation technique vers des formes plus coercitives".  (AFP, 10 jan 2026)

Les combattants kurdes refusent d'évacuer Alep, malgré l'appel des autorités

Les combattants kurdes retranchés dans deux quartiers d'Alep ont refusé vendredi de quitter cette grande ville du nord de la Syrie, défiant les autorités qui ont lancé un appel à évacuer après avoir décrété un cessez-le-feu.

Les violences, qui ont fait au moins 21 morts depuis mardi, sont les plus graves à Alep entre le gouvernement central et les Kurdes, une importante minorité ethnique contrôlant une partie du nord-est du pays.

Les combats ont contraint des dizaines de milliers de civils à fuir, l'ONU estimant à au moins 30.000 le nombre de familles déplacées.

Un cessez-le-feu annoncé tôt vendredi matin tient en milieu de matinée, selon les correspondants de l'AFP postés à l'entrée du quartier kurde d'Achrafieh, encerclé par l'armée syrienne.

Ils ont vu des membres des forces de sécurité commencer à entrer dans ce quartier, avec des véhicules destinés à l'évacuation des combattants.

Un petit nombre de civils sortait également du quartier, selon eux.

Les autorités ont annoncé que les combattants kurdes seraient évacués avec leurs armes légères vers la zone autonome kurde du nord-est du pays, leur "garantissant un passage sûr".

Mais ceux-ci ont refusé de quitter Achrafieh et Cheikh Maqsoud où ils sont retranchés. "Nous avons décidé de demeurer dans nos quartiers et de les défendre", ont déclaré les comités locaux, disant refuser toute "reddition".

 - "Gratitude" -

 Les Etats-Unis ont exprimé leur "profonde gratitude à toutes les parties (...) pour la retenue et la bonne volonté qui ont rendu possible cette trêve vitale". "Nous travaillons activement pour prolonger ce cessez-le-feu", a déclaré sur son compte X l'émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack.

Jeudi, l'armée syrienne avait encore pilonné les quartiers kurdes d'Alep et des combats ont fait rage jusque dans la soirée sur fond de tirs d'artillerie.

Les autorités avaient accordé trois heures aux civils pour fuir à travers deux "couloirs humanitaires", empruntés selon elles par quelque 16.000 personnes pour cette seule journée.

Les deux parties se sont rejeté la responsabilité du début des violences.

Elles surviennent alors que les Kurdes et le gouvernement peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l'administration autonome kurde et son bras armé, les puissantes Forces Démocratiques Syriennes (FDS), au sein du nouvel Etat syrien.

Le chef des FDS, Mazloum Abdi, a jugé jeudi que "les tentatives de prise d'assaut des quartiers kurdes, en pleine phase de négociation, sapaient les chances de parvenir à une entente".

 - Rivalités régionales -

 Selon Aron Lund, chercheur au centre Century International, "Alep est la zone la plus vulnérable des FDS. Ses quartiers kurdes sont entourés de tous côtés par des territoires contrôlés par le gouvernement".

Les violences ont exacerbé la rivalité en Syrie entre Israël et la Turquie, qui se livrent une lutte d'influence depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.

Ankara, allié des autorités syriennes, s'est dit prêt à "soutenir" l'armée dans son "opération antiterroriste" contre les combattants kurdes.

La Turquie, qui possède une frontière de plus de 900 kilomètres avec la Syrie, y a mené entre 2016 et 2019 plusieurs opérations d'envergure contre les forces kurdes.

Israël, qui mène des négociations avec Damas pour parvenir à un accord de sécurité, a condamné les "attaques" du pouvoir syrien contre la minorité kurde.

Le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh a évoqué la situation à Alep au cours d'un appel avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, soulignant qu'il était déterminé à "mettre un terme à la présence armée illégale" dans la ville, a indiqué la présidence syrienne.

Il s'est également entretenu avec le président français Emmanuel Macron, auquel il a assuré que le pouvoir considérait les Kurdes comme "une partie intégrante du tissu national et un partenaire essentiel dans la construction de l'avenir de la Syrie".

M. Chareh a par ailleurs reçu vendredi à Damas la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, plus haute responsable de l'UE à se rendre en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024. L'UE avait appelé jeudi les belligérants à Alep à faire preuve de "retenue" et à "protéger les civils". (AFP, 9 jan 2026)

La Turquie "salue" l'offensive syrienne à Alep contre les combattants kurdes

Le ministre turc de la Défense Yasar Güler a "salué" vendredi l'opération de l'armée syrienne contre les combattants kurdes à Alep, principale ville du nord de la Syrie.

"Nous saluons favorablement cette opération qui vise l'ensemble des groupes terroristes. Je voudrais réaffirmer que nous considérons la sécurité de la Syrie comme notre propre sécurité et que nous soutenons la lutte de la Syrie contre les organisations terroristes", a déclaré M. Güler lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre turc des Affaires étrangères, prônant "un seul État, une seule armée, ainsi que l'unité et l'intégrité territoriale de la Syrie".

"Le rétablissement de l'ordre public en Syrie est primordial pour la paix et le bien-être de la population. La lutte contre le terrorisme doit se poursuivre efficacement", a de son côté déclaré le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan.

"Nous attendons également des FDS (Forces démocratiques syriennes, NDLR) qu'elles respectent l'accord du 10 mars et remplissent leurs obligations dans les meilleurs délais", a-t-il affirmé.

Les violences ont éclaté mardi entre des combattants kurdes et l'armée dans la deuxième ville de Syrie, alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l'administration autonome kurde et ses forces armées au sein du nouvel Etat.

La Turquie s'est dite prête jeudi à "soutenir" l'armée syrienne dans son "opération antiterroriste" si elle "sollicite" son assistance.

La Turquie considère les groupes armés kurdes en Syrie, les Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui constituent l'épine dorsale des FDS et ont notamment lutté contre les jihadistes de l'organisation Etat islamique, comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit par Ankara. (AFP, 9 jan 2026)

 La Turquie prête à "soutenir" l'armée syrienne contre les combattants kurdes à Alep

La Turquie s'est dite prête jeudi à "soutenir" l'armée syrienne dans son "opération antiterroriste" contre les combattants kurdes à Alep, principale ville du nord de la Syrie, a annoncé le ministère turc de la Défense.

"Si la Syrie sollicite notre assistance, la Turquie lui apportera le soutien nécessaire", a indiqué le ministère turc, au troisième jour d'affrontements meurtriers entre forces gouvernementales et kurdes.

"La sécurité de la Syrie est notre sécurité", a insisté le ministère turc de la Défense, qui affirme que les combats sont menés jusqu'ici "intégralement par l'armée syrienne".

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré de son côté qu'Ankara menait des "consultations intensives" avec Damas et Washington depuis deux jours afin de prévenir une "nouvelle effusion de sang" en Syrie.

Les affrontements qui ont éclaté mardi, les plus graves à Alep entre les forces gouvernementales et les combattants kurdes, ont fait au moins 17 morts, selon la Défense civile syrienne.

Ils interviennent alors que le pouvoir syrien et les forces kurdes ont échoué jusqu'à présent à appliquer un accord signé en mars prévoyant l'intégration des institutions de l'administration autonome kurde du nord du pays au sein du nouvel Etat syrien.

Les autorités syriennes ont prévenu jeudi matin qu'elles allaient reprendre le bombardement de deux quartiers d'Alep encerclés par l'armée.

La Turquie, qui possède une frontière de plus de 900 km avec la Syrie, y a mené entre 2016 et 2019 plusieurs opérations d'envergure contre les combattants kurdes. (AFP, 8 jan 2026)

Des Kurdes manifestent en Turquie contre l'offensive de l'armée syrienne à Alep

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi à Diyarbakir, principale ville du sud-est de la Turquie, à majorité kurde, pour dénoncer l'offensive de l'armée syrienne contre des combattants kurdes à Alep, ont constaté des correspondants de l'AFP.

Les manifestants ont défilé en rangs serrés pour appeler notamment à la "résistance", au troisième jour d'affrontements meurtriers dans la grande ville du nord de la Syrie.

"Nous appelons les États à agir comme ils l'ont fait pour le peuple palestinien, pour nos frères kurdes qui subissent oppression et souffrances", a déclaré à l'AFP Zeki Alacabey, un retraité de 64 ans.

Les violences, qui ont fait au moins 17 morts depuis mardi, sont les plus graves survenues à Alep entre les autorités islamistes et les combattants kurdes depuis l'avènement du gouvernement d'intérim à Damas.

Les combats ont éclaté alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l'administration autonome kurde au sein du nouvel Etat syrien.

Plusieurs manifestants de Diyarbakir ont brandi, à visages découvert et sous le regard de policiers, un grand portrait du chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, a constaté un vidéaste de l'AFP.

Ankara, qui a engagé un processus de paix avec les combattants du PKK, s'est toutefois dit prêt jeudi à "soutenir" l'armée syrienne face aux forces kurdes qui tiennent plusieurs quartiers d'Alep et sont accusées d'être liées au PKK.

Des manifestants étaient déjà descendus mercredi soir dans les rues de plusieurs grandes villes turques à majorité kurde, dont Diyarbakir et Van, selon des images diffusées par le DEM, principal parti prokurde du pays.

Des députés du DEM ont protesté jeudi devant le parlement turc à Ankara, dénonçant un "crime contre l'humanité" visant les Kurdes à Alep. (AFP, 8 jan 2026)


Neuf morts dans des affrontements à Alep entre forces kurdes et gouvernementales

Au moins neuf personnes ont été tuées mardi lors d'affrontements entre forces gouvernementales et kurdes à Alep, parmi les plus meurtriers depuis des mois entre les deux parties.

Devant ces violences qui se poursuivaient dans la soirée, les autorités ont décidé de suspendre pour 24 heures tous les vols de l'aéroport de cette grande ville du nord du pays, et de fermer mercredi les écoles, universités et services gouvernementaux.

Les affrontements ont éclaté alors que les discussions patinent pour la mise en oeuvre d'un accord signé en mars, qui était censé intégrer d'ici fin 2025 les Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde) au sein de l'Etat syrien.

Les FDS ont d'abord annoncé que des groupes pro-gouvernement avaient ciblé le quartier de Cheikh Maqsoud, tuant un habitant et en blessant deux autres.

Elles ont ensuite révisé le bilan à quatre civils morts, dont deux femmes et un enfant, victimes de "tirs d'artillerie et de missiles aveugles" à Cheikh Maqsoud et Achrafieh.

Ces deux quartiers à majorité kurde d'Alep sont restés sous le contrôle d'unité kurdes liées aux FDS, malgré un accord de retrait conclu en avril.
(AFP, 6 jan 2026)

Two pro-Kurdish news agencies' X accounts banned in Turkey

The X accounts of the pro-Kurdish outlets Mezopotamya Agency (MA) and Jin News were blocked in Turkey following a court order.

Both accounts were withheld pursuant to a court order under Article 8/A of Law No. 5651, citing the protection of national security and public order as the reason for the ban.

Following the decision, X made the account invisible to users accessing the platform from within Turkey. MA announced its new X handle as "@maturkce2".

Law No. 5651, frequently used by Turkish authorities to regulate online content, allows for the removal of content or the blocking of access to websites and social media accounts to protect national security. (BIA, 9 jan 2026)

Ankara demande à tous les groupes armés kurdes, "y compris en Syrie", de déposer les armes

Tous les groupes armés kurdes, "y compris en Syrie", doivent déposer les armes, a affirmé mardi le ministre turc de la Défense Yasar Guler.

"Le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, NDLR) et tous les groupes affiliés doivent immédiatement cesser toute activité terroriste dans toutes les régions où ils sont présents, y compris en Syrie, et déposer les armes sans condition, conformément à la décision de dissolution", a-t-il déclaré, en référence à la décision prise par le PKK en mai de renoncer à la lutte armée.

"Nous ne permettrons à aucune organisation terroriste, et en particulier au PKK, au PYD, aux YPG et aux FDS, de s'implanter dans la région", a-t-il ajouté, citant les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ainsi que les Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui constituent l'épine dorsale des FDS.

Un accord conclu en mars dernier entre les Kurdes et les nouvelles autorités syriennes prévoit l'intégration des institutions kurdes au pouvoir central, en particulier leurs forces militaires, appelées à rejoindre l'armée syrienne.

Ankara demandait que l'accord puisse être mise en oeuvre avant la fin de 2025, mais les négociations pour son application patinent.

La Turquie considère les groupes armés kurdes en Syrie, en particulier les YPG et les FDS, qui ont notamment lutté contre les jihadistes de l'organisation Etat islamique comme une émanation du PKK.

Le chef historique du PKK, Abdullah Öcalan, détenu depuis 26 ans, avait appelé fin décembre la Turquie à faciliter un accord entre les FDS et Damas.

Le dirigeant des Kurdes syriens Mazloum Abdi, qui commande les FDS, était dimanche à Damas pour de nouvelles discussions avec des responsables sur l'intégration de ses forces dans celles du gouvernement central.

Les pourparlers n'ont pas permis d'avancées significatives, selon les médias d'Etat. (AFP, 6 jan 2026)


Demirtaş sentenced to prison for ‘insulting the president’

His attorneys requested additional time to respond to the prosecutor’s final opinion, citing earlier motions they had submitted. The presiding judge denied the request, stating that time had already been granted for this purpose. The defense then requested recusal, claiming their right to a fair defense was violated. That motion was also rejected.

The court also refused Demirtaş’s request to attend the hearing in person, citing security concerns.

After reviewing the defense, the panel of judges concluded that Demirtaş had insulted the president in a "continuous manner" during two separate speeches and issued the sentence accordingly.

DEM co-leader condemns ruling

Following the verdict, Tuncer Bakırhan, co-chair of the Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party, successor of the HDP, made a statement on social media condemning the ruling. “We reject the prison sentence handed down to our valued comrade Selahattin Demirtaş on the pretext of insulting the president. We do not recognize this decision.

“Such court rulings create serious obstacles to building peace. They deepen injustice and strike a blow to the hope for peace. This coup-mentality must be stopped immediately. Our beloved Demirtaş and all political prisoners must be released without delay. The path to peace is built not with coup-style judicial rulings but through freedom and justice.”

Demirtaş has been imprisoned since 2016 on a range of charges and has received multiple sentences. Despite multiple rulings by the European Court of Human Rights (ECtHR) calling for his release, Turkish courts have not complied. Most recently, the European court ruled in July that his continued detention following a 2019 arrest was arbitrary and politically motivated. (BIA, 6 jan 2026)

The Kurd’s lament: Roboskî

In its century-long ordeal with the Republic of Turkey, Roboskî is not merely a wound of the Kurd; it is their history, their memory, and their unending lament. What occurred cannot be reduced to a singular massacre; it is a persistent mark left on the Kurdish body by denial, impunity, and the logic of the state.

Roboskî did not remain frozen on the night the bombs fell. As justice is postponed and truth suppressed, it has turned into a space of mourning passed on to each new generation. For this reason, Roboskî is not a footnote written into Kurdish history; it is a scream that has seeped into every line of it.

Roboskî never became a date left behind on a calendar. It has become a place that freezes anew every winter in our memories and bleeds again every spring. On that night, the bombs raining from the sky shattered not only bodies, but also the sense of justice, the possibility of living together, and the most basic moral thresholds of being human.

While those who were killed were spoken of in the cold, responsibility-free language of “faulty intelligence,” the skies west of the Euphrates were lit up with fireworks during New Year celebrations. At the same moment, those left in the darkness east of the Euphrates were tasked with more than mourning; they were forced to shoulder testimony against enforced forgetting and to keep memory alive against silence.

Once again, the Kurdish reality—and struggle—goes beyond narrating Roboskî merely as a tragedy in its confrontation with the state; it is an effort to place memory in opposition to silenced screams, unfinished lives, and a silence woven through denial.

Because Roboskî is a truth that is killed a second time the moment it is forgotten.

One of those who conveys this most powerfully is the artist Mehmet Akbaş. In his piece Qêrîna Roboskî, Akbaş does not recount the Roboskî Massacre as an “event”; rather, he reconstructs it as a wound opened within the collective Kurdish memory. Mourning lies at the center of the song, but this is not a passive mourning—it is a form of grief that bears witness and demands accountability. Qêrîn (the scream) is both the voice of those who were killed and the unsilenced memory of those who survived. In this way, the work consciously moves between lament and political objection.

A central theme throughout the melody is the targeting of innocence. The bombing of impoverished Kurdish villagers—children and young people—whose lives are part of the everyday reality of the borderlands, is presented as a moral rupture that renders narratives of “mistake” or “accident” untenable. In this song, Roboskî is positioned not only as a Kurdish wound but as a void opened in the conscience of humanity.

Another prominent theme is the regime of impunity and denial. Rather than employing an explicit political language, the song constructs the absence of justice through recurring images and calls of mourning. This choice invites the listener not into a legal debate, but into an ethical confrontation. Silence, forgetting, and the state’s muteness are placed face to face with images of nature, the laments of mothers, and a collective sense of loss.

In the piece, the collective voice precedes the individual narrative. The narrator is not an “I” but a “we,” removing Roboskî from the realm of a singular tragedy and situating it within the ongoing ruptures of Kurdish history. The lyrical and melodic structure, reminiscent of the dengbêj tradition, carries Roboskî into the domain of oral memory rather than written history, producing a form of remembrance resilient against erasure.

Ultimately, Qêrîna Roboskî demonstrates that mourning is not merely a personal state of grief, but can also be a political act and a collective practice of memory. The song reproduces Roboskî not as a closed file, but as a call to conscience that must remain open until justice is served and truth is acknowledged. This call is articulated through words against silence, through lament against denial, and through memory against forgetting.

A shared fate across the Mediterranean

The lament Qêrîna Roboskî, voiced by Kurdish artist Mehmet Akbaş living in exile, intersects in Germany with the story of Greek artist Alexandra Gravas, who comes from another history of exile. The fact that the house where Gravas’s ancestors lived before the population exchange is today located in Söke, Aydın, transforms this encounter from coincidence into something deeper, rendering visible the shared fate of exile, displacement, and lost memories across the Mediterranean geography.

What brings Alexandra Gravas and Mehmet Akbaş together on the same stage, in different languages, is the shared conscience of humanity. Together they remind us once more that one of the most powerful languages for peace, reconciliation, and rebuilding life with all its differences is music. On this stage, as Qêrîna Roboskî rises from Mehmet Akbaş’s voice, Leylim Ley echoes through Alexandra Gravas’s. Mesopotamia, Anatolia, and the Aegean intertwine in these melodies—through shared pains, shared hopes, and shared human values.

Every word spoken about Roboskî—whether a lament, a song, or a text—is at the same time a call to accountability in the face of a history woven through denial. Genuine peace is only possible through a confrontation in which truth, not bombs, speaks; where justice, not silence, prevails. Roboskî will continue to stand as a wound of conscience that cannot be closed until justice is done. What falls to us is not to cover this wound, but to heal it with truth, responsibility, and justice—until justice finally comes to these lands, where the codes engraved into our skin and souls endure. (BIA, 31 December 2025)

Le chef emprisonné du PKK appelle la Turquie à faciliter un accord entre les Kurdes syriens et Damas

Le chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, détenu depuis 26 ans, a appelé la Turquie à faciliter un accord entre les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, et Damas, dans un message partagé mardi par le parti prokurde DEM.

Ce message intervient la veille du délai d'application d'un accord sur l'intégration des forces kurdes dans les institutions en Syrie.

"Il est essentiel que la Turquie joue un rôle de facilitateur, constructif et axé sur le dialogue dans ce processus. Ceci est crucial tant pour la paix régionale que pour le renforcement de sa propre paix intérieure", a affirmé Abdullah Öcalan dans un message écrit et daté du 30 décembre.

"L'exigence fondamentale énoncée dans l'accord signé le 10 mars entre les FDS et le gouvernement de Damas est un modèle politique démocratique permettant aux peuples de se gouverner ensemble. Cette approche inclut également une base d'intégration démocratique négociable avec les autorités centrales. La mise en oeuvre de l'accord du 10 mars facilitera et accélérera ce processus", a-t-il ajouté.

Considérées comme une émanation du PKK, les Unités de protection du peuple kurde (YPG) constituent l'épine dorsale des FDS.

Un accord conclu en mars dernier entre les Kurdes et les nouvelles autorités syriennes prévoit l'intégration des institutions kurdes au pouvoir central, en particulier leurs forces militaires, appelées à intégrer l'armée syrienne.

Cet accord était censé être mis en oeuvre d'ici la fin de l'année, mais les négociations patinent.

Le dirigeant des Kurdes syriens Mazloum Abdi avait assuré jeudi faire tout son possible pour éviter l'échec de l'accord avec Damas.

Il avait réitéré les demandes des FDS de décentralisation, rejetées par le pouvoir central dirigé par l'ancien jihadiste Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024 l'ex-président Bachar al-Assad.

Le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan, proche des nouvelles autorités syriennes, avait exhorté les Kurdes à appliquer l'accord et à ne pas être un "obstacle à la stabilité du pays".

Ankara, qui considère la présence de combattants kurdes à sa frontière comme une menace et a déjà effectué trois opérations armées en Syrie entre 2016 et 2019, a prévenu récemment les Kurdes que les partenaires de l'accord "perdaient patience"  (AFP, 30 déc 2025)


Minorités / Minorities

Rassemblement à Bruxelles pour dénoncer les "crimes" contre les Alaouites

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi après-midi sur la place du Luxembourg de Bruxelles pour dénoncer les "crimes" commis contre les populations alaouites en Syrie par le régime syrien, mais aussi ceux perpétrés contre d’autres minorités en Syrie, notamment druzes et kurdes.

"Les Alaouites sont véritablement victimes d’une campagne génocidaire", a dénoncé Bahar Kimyongür, responsable du Comité de soutien aux Alaouites de Syrie. "Leurs quartiers et leurs villages sont mitraillés. Des fermiers et des commerçants sont victimes d’exécutions extrajudiciaires. C’est tous les jours ainsi", a déploré le responsable.

Depuis 2024, et la chute du régime de Bachar al-Assad, c’est l’ancien chef rebelle Ahmed al-Charaa qui est arrivé au pouvoir. Ce dernier affirme avoir rompu avec son passé de combattant djihadiste et tente de réhabiliter la Syrie sur la scène internationale.

"Les Alaouites ont toujours été haïs et détestés par une frange radicale des musulmans sunnites", a précisé Bahar Kimyongür. "Sous l’ère Assad, les Alalouites bénéficiaient d’une certaine protection. Depuis le départ d’Assad, les Alaouites sont complètement à la merci du régime".

D’autres associations représentant d’autres minorités étaient également présentes au rassemblement.

Cette action intervient alors que l’armée syrienne a mené une opération militaire contre des combattants kurdes à Alep samedi. (RTBF, 10 janvier 2026)

La Turquie et l'Arménie annoncent un allègement réciproque de leurs procédures de visas

La Turquie et l'Arménie ont annoncé lundi un allègement réciproque de leurs procédures de visas à partir du 1er janvier 2026, une nouvelle étape dans la normalisation des relations entre Ankara et Erevan, ont indiqué les ministères des Affaires étrangères des deux pays.

"Les titulaires des passeports diplomatiques, spéciaux et de service des deux pays pourront obtenir un visa électronique gratuitement à compter du 1er janvier 2026", ont annoncé les deux pays dans deux communiqués identiques mais séparés.

"À cette occasion, l'Arménie et la Turquie réaffirment leur engagement à poursuivre le processus de normalisation entre les deux pays dans le but de parvenir à une normalisation complète sans aucune condition préalable", ont-ils ajouté.

"Une nouvelle étape dans le processus de normalisation entre la Turquie et l'Arménie. Nous espérons qu'elle sera bénéfique", a de son côté réagi sur X l'émissaire turc Serdar Kiliç, chargé de normaliser les relations entre les deux pays.

La Turquie a fermé en 1993 sa frontière avec l'Arménie à la suite de la première guerre du Karabakh entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été suspendues depuis, mais Ankara et Erevan ont entrepris depuis la fin 2021 de les normaliser avec la nomination d'émissaires.

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a effectué en juin une visite qualifiée "d'historique" en Turquie.

Les premiers vols commerciaux avaient repris en 2022 entre les deux pays, assurés par les compagnies à bas prix, FlyOne en Arménie et Pegasus en Turquie.

La compagnie nationale turque Turkish Airlines a annoncé la semaine dernière que ses premiers vols Istanbul-Erevan-Istanbul seront effectués tous les jours à partir du 11 mars. (AFP, 29 déc 2025)

Politique intérieure/Interior Politics

Le maire emprisonné d'Istanbul reste "combatif", affirme une députée européenne

Le maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu, emprisonné depuis dix mois et qui risque la prison à vie, reste "combatif" et veut poursuivre son "combat politique", a affirmé vendredi une député européenne lui ayant rendu visite à la prison stambouliote de Silivri.

"Il est plongé dans un combat judiciaire... Il se bat pour obtenir justice (et le droit) de (poursuivre) son combat politique", a expliqué Isabel Wiseler-Lima, élue luxembourgeoise au Parlement européen, à un groupe de journalistes à l'issue d'une visite de deux jours en Turquie au côté d'élus européens.

"Il est combatif et c'est une bonne chose", a ajouté l'élue, membre du Parti populaire européen (PPE, droite), qui a pu s'entretenir pendant plus d'une heure vendredi avec M. Imamoglu.

Arrêté en mars, Ekrem Imamoglu est accusé d'avoir dirigé une organisation criminelle, une accusation qu'il rejette. Il est poursuivi pour un total de 142 chefs d'inculpation qui lui font encourir plus de 2.400 ans de prison.

L'arrestation de l'édile, figure du principal parti d'opposition (CHP, social-démocrate) et considéré comme le plus sérieux rival du président Recep Tayyip Erdogan, avait provoqué une vague de contestation inédite en Turquie depuis 2013.

"Nous réclamons (...) sa libération et qu'il puisse poursuivre sa carrière politique", a déclaré Mme Wiseler-Lima, qui a également pu s'entretenir à la prison de Silivri avec le philanthrope turc Osman Kavala, condamné à la prison à vie pour des accusations qu'il nie lui aussi.

La délégation européenne appelle les autorités turques à respecter l'Etat de droit et les droits humains.

"Nous demandons des signes concrets, pas seulement des mots mais des actes, qui montrent que c'est la direction que la Turquie souhaite prendre", a insisté la députée.

Fin août, une délégation de maires de grandes villes européennes (Barcelone, Athènes, Budapest, Belgrade et Sofia...) était déjà venue soutenir le maire d'Istanbul, qui avait été réélu largement en 2024. (AFP, 9 jan 2026)

Forces armées/Armed Forces

Erdogan compte sur Trump pour réintégrer le programme des F-35

Le président turc Recep Tayyip Erdogan compte sur le retour de Donald Trump à la Maison Blanche pour réintégrer le programme des avions de chasse F-35 dont il estime que son pays a été "injustement écarté", a-t-il dit lors d'un entretien rapporté lundi par la présidence.

"La réception par la Turquie des avions F?35 et sa réintégration au programme sont importantes et nécessaires", a-t-il déclaré dans un entretien écrit à l'agence Bloomberg, rapporté par la présidence turque.

"Le président Erdogan a précisé que cet objectif vise à améliorer les relations avec les États-Unis et à contribuer à la défense de l'OTAN", indiquent ses services, soulignant que "la commande de F-35 a été payée".

M. Erdogan "a qualifié d'injuste la décision d'exclure la Turquie du programme F-35 en raison de l'acquisition de matériel militaire auprès de la Russie et a confirmé avoir personnellement fait part de cette préoccupation à (Donald) Trump" lors de sa réception en septembre à la Maison Blanche, poursuit la présidence.

Ankara avait été exclu du programme des F-35 en 2019, non seulement comme client mais aussi comme partenaire industriel de l'avion de combat américain, pour avoir acquis un système de défense russe anti-missile S-400.

"La réception par la Turquie des avions F?35 qu'elle a déjà payés et sa réintégration au programme sont importantes et nécessaires", a insisté le chef de l'Etat qui a précisé que cet objectif "vise à améliorer les relations avec les États-Unis et à contribuer à la défense de l'OTAN".

M. Erdogan a souligné par ailleurs qu'en ayant "su rester hors du conflit" entre Moscou et Kiev, "la Turquie demeure un possible hôte de futures négociations de paix" et qu'Ankara "pourrait apporter son soutien au contrôle d'un cessez-le-feu entre les pays".

"La Turquie est le seul acteur capable de s'entretenir directement à la fois avec (le président de la Russie Vladimir) Poutine et le président de l'Ukraine, (Volodymyr) Volodymyr Zelensky", a-t-il rappelé.

"La porte de la Turquie reste ouverte à tous", insiste la présidence en relevant que le chef de l'Etat a "clairement exprimé sa détermination, à de nombreuses reprises, aux deux dirigeants." (AFP, 5 jan 2026)

Erdogan salue l'accord sur la livraison à l'Espagne d'avions de combat turcs

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué samedi un accord au terme duquel l'Espagne va acquérir des avions de combat d'entraînement Hurjet, fabriqués en Turquie, une preuve selon lui du "rôle pionnier" de son pays dans l'industrie de la défense et de l'aviation.

De source officielle turque, l'accord signé cette semaine prévoit l'achat par l'armée de l'air espagnole de 30 de ces appareils, pour un montant évalué à 2,6 milliards d'euros.

"Tout récemment, l'accord que nous avons conclu avec l'Espagne a confirmé le rôle pionnier de notre pays dans ce domaine", a déclaré M. Erdogan lors d'un événement à Istanbul samedi.

L'intégration du Hurjet par un État membre de l'Union européenne et de l'Otan élargira encore les opportunités de la Turquie dans les années à venir, a-t-il ajouté.

Mardi, Haluk Gorgun, chef de l'agence de l'industrie de défense turque, avait décrit cet accord comme étant bien plus qu'une simple vente d'avions.

"Il ne s'agit pas seulement d'un contrat portant sur un avion d'entraînement. C'est un package complet qui comprend des systèmes au sol, des systèmes de simulation, des services de maintenance et de soutien, ainsi qu'un modèle de coopération", avait-il affirmé, soulignant l'approfondissement de la coopération entre la Turquie et l'Espagne dans l'industrie de la défense et les hautes technologies.

La Turquie a progressivement développé ses exportations de défense ces dernières années, notamment de drones qui ont été vendus à de nombreux pays.

Selon M. Erdogan, ces exportations, qui s'élevaient à 248 millions de dollars (211 millions d'euros) en 2002, ont atteint 9,8 milliards de dollars (8,3 milliards d'euros) en 2025. (AFP, 3 jan 2026)

Affaires religieuses / Religious Affairs

357 personnes arrêtées dans une opération contre l'organisation Etat islamique

Les forces de l'ordre ont arrêté 357 personnes dans un coup de filet mené dans 21 provinces contre l'organisation Etat islamique (EI), a annoncé mardi le ministre turc de l'Intérieur Ali Yerlikaya, au lendemain d'une opération contre l'EI où trois policiers ont été tués dans le nord-ouest de la Turquie.

"Lors d'opérations simultanées menées ce matin par nos forces de police dans 21 provinces, nous avons appréhendé 357 suspects liés à l'EI. (...) Nous n'avons jamais laissé la moindre chance à ceux qui tentent de mettre ce pays à genoux par le terrorisme", a affirmé le ministre sur X.

Trois policiers ont été tués lundi au cours d'une opération contre l'EI à Yalova, dans le nord-ouest de la Turquie.

Un affrontement qui a duré plusieurs heures entre la police et des membres de l'EI a éclaté à la suite de cette opération où six membres de l'EI, tous de nationalité turque, ont été tués.

Jeudi dernier, le procureur d'Istanbul avait ordonné l'arrestation de 137 membres présumés de l'EI "à la suite de renseignements indiquant que l'organisation terroriste EI planifiait des attaques pendant les célébrations de Noël et du Nouvel An".

La Turquie, qui a une frontière de 900 km avec la Syrie, redoute des infiltrations de ce groupe jihadiste toujours actif chez son voisin. (AFP, 30 déc 2025)

Trois policiers tués lors d'une opération contre le groupe Etat islamique

Trois policiers ont été tués lundi au cours d'une opération contre l'organisation Etat islamique (EI) à Yalova, dans le nord-ouest de la Turquie, a annoncé le ministre turc de l'Intérieur Ali Yerlikaya.

"Ce matin, des opérations simultanées ont été menées à 108 adresses différentes dans 15 provinces. L'une d'elles a eu lieu à Yalova à 02h00 (23h00 GMT, NDLR). (...) Au cours de cette opération, des terroristes de l'EI ont ouvert le feu sur nos courageux policiers. A la suite de cette attaque perfide, trois de nos policiers ont malheureusement perdu la vie. Huit policiers et un agent de sécurité ont été blessés", a affirmé le ministre.

Six membres de l'EI, tous de nationalité turque, ont été tués, tandis que cinq femmes et six enfants se trouvant à leurs côtés ont été évacués sain et saufs, a précisé M. Yerlikaya.

Les affrontements entre la police et des membres de l'EI ont duré plus de sept heures, jusqu'à 9h40 (6h40 GMT). En raison de l'opération, le gouverneur de Yalova a ordonné la fermeture des écoles pour la journée.

"Nous poursuivrons notre lutte contre les criminels sanguinaires qui menacent la paix de notre nation et la sécurité de notre État, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de nos frontières, de manière déterminée, multiforme et intransigeante", a affirmé le président turc Recep Tayyip Erdogan, présentant ses condoléances aux proches des policiers tués.

Cinq suspects ont été placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet de Yalova, a de son côté annoncé le ministre de la Justice Yilmaz Tunç.

Jeudi dernier, le procureur d'Istanbul avait ordonné l'arrestation de 137 membres présumés de l'EI "à la suite de renseignements indiquant que l'organisation terroriste EI planifiait des attaques pendant les célébrations de Noël et du Nouvel An".

La Turquie, qui a une frontière de 900 km avec la Syrie, redoute des infiltrations de ce groupe jihadiste toujours actif chez son voisin.

L'EI a notamment été accusé récemment d'avoir frappé des Américains à Palmyre, dans le centre de la Syrie, provoquant la mort de deux militaires et d'un interprète.

Les services de renseignement turcs ont en outre annoncé l'arrestation, "entre Afghanistan et Pakistan", d'un chef présumé de l'EI soupçonné de préparer des attentats dans la région et jusqu'en Europe.

Au moment de son arrestation, le suspect, Mehmet Gören, ramené en Turquie depuis, a été accusé par les renseignements turcs, le MIT, de "préparer des attentats-suicides contre des civils en Afghanistan, au Pakistan, en Turquie et en Europe".

Plusieurs pays dont la France ont fait état d'une menace terroriste particulièrement vive en cette fin d'année. (AFP, 29 déc 2025)


Socio-économique / Socio-economic

"Sécheresse record" à Ankara où des coupures d'eau perdurent

Les coupures d'eau mises en place depuis  plusieurs semaines à Ankara, la capitale turque, sont la conséquence d'"une  sécheresse record", a indiqué samedi à l'AFP un responsable de la municipalité  en rejetant les accusations de mauvaise gestion.

"2025 a été une année record en termes de sécheresse. Le volume d'eau  alimentant les barrages a chuté à des niveaux historiquement bas, à 182  millions de m² sur l'année 2025, contre 400 à 600 millions de m² les années  précédentes. Il s'agit de la période la plus sèche de ces 50 dernières  années", a déclaré le directeur général de la direction des eaux de la  municipalité d'Ankara, Memduh Akçay.

Afin d'économiser les maigres ressources en eau de la ville, où le taux de  remplissage des barrages est tombé à 1,12%, les robinets sont coupés plusieurs  heures par jour dans certains quartiers, selon un système de rotation,  obligeant de nombreux habitants à faire la queue devant des fontaines  publiques pour y remplir des bonbonnes.

Ces scènes ont conduit le président turc Recep Tayyip Erdogan à qualifier  d'"incapables" les responsables de la municipalité d'Ankara, dirigée par le  principal parti d'opposition.

Rejetant ces critiques, la mairie affirme qu'Ankara subit les conséquences  du changement climatique et de la hausse de sa population, qui a doublé depuis  les années 1990 pour atteindre près de 6 millions d'habitants.

"Outre la baisse des précipitations, l'irrégularité du régime  pluviométrique, la diminution des chutes de neige et la conversion rapide des  précipitations en ruissellement (due à l'urbanisation, NDLR) empêchent le  remplissage efficace des barrages", explique M. Akçay.

Grâce à un nouveau système de pompage permettant d'utiliser l'eau des  barrages située sous la hauteur minimum requise, aucune coupure d'eau n'aura  lieu ce week-end, assure la mairie d'Ankara qui prévient toutefois que le  problème perdurera en l'absence de précipitations suffisantes.

Une grande partie de la Turquie a également subi en 2025 une sécheresse  historique.

La municipalité d'Izmir (ouest), troisième ville du pays sur la côté  égéenne, impose des coupures d'eau quotidiennes à une partie de ses  administrés depuis l'été dernier. (AFP, 10 jan 2026)

Men killed 28 women in December

According to the news compiled by bianet from local and national newspapers, news sites, and agencies, men killed at least 28 women and 4 children in December.

In December, men subjected at least 51 women to violence, abused at least 59 girls and boys, and harassed 14 women. Men forced 153 women into sex work.

In December, the deaths of at least 56 women and nine children were reported in the media as “suspicious.” One of the suspicious deaths was that of Poyraz, a trans person in prison.

Provinces where suspicious deaths of women

Adana (1), Adıyaman (1), Afyon (1), Ağrı (1), Aydın (3), Ankara (1), Antalya (3), Bursa (2), Burdur (2), Çanakkale (4), Çorum (1), Denizli (2), Diyarbakır (1), Edirne (1), Giresun (1), Isparta (1), İstanbul (3), İzmir (1), Kayseri (2), Kilis (1), Konya (1), Malatya (1), Manisa (2), Mardin (1), Muğla (3), Niğde (2), Sakarya (1), Samsun (2), Tokat (1), Urfa (2), Van (1), Zonguldak (2)

Provinces where suspicious deaths of children

Antalya (1), Antep (1), Denizli (1), Konya (1), Kocaeli (1), Manisa (1), Mersin (1), Osmaniye (1), Urfa (1).

2025–2020 male violence data

In 2025, men killed 299 women, harassed 201 women, abused 265 children, subjected 724 women to violence, and raped 14 women. Men forced at least 1,168 women into sex work. While the deaths of 471 women were reported in the media as “suspicious,” men killed at least 64 children.

In 2024, men killed 378 women, harassed 131 women, abused 229 children, subjected 645 women to violence, and raped 16 women. Men forced at least 772 women into sex work. While the deaths of 315 women were reported in the media as “suspicious,” men killed at least 43 children.

In 2023, men killed 333 women, harassed 355 women, abused 123 children, subjected 745 women to violence, and raped 18 women. Men forced at least 371 women into sex work. While the deaths of 270 women were reported in the media as “suspicious,” men killed at least 28 children.

In 2022, men killed 327 women, harassed 156 women, abused 238 children, subjected 793 women to violence, and raped 32 women. Men forced at least 442 women into sex work. In 2022, the deaths of 198 women were reported in the media as “suspicious,” and men killed 39 children.

In 2021, men killed 324 women, harassed 424 women, abused 208 children, and raped 96 women. Men forced at least 772 women into sex work and subjected at least 793 women to violence or injury. In 2021, the deaths of 213 women were reported in the media as “suspicious,” and men killed at least 34 children.

In 2020, men killed at least 284 women, harassed 147 women, abused 265 children, and raped 96 women. Men forced at least 818 women into sex work and subjected at least 792 women to violence. (BIA, 5 Jan 2026)

La Turquie envisage de conclure un accord avec la Syrie pour  l'exploration énergétique en mer

La Turquie envisage de conclure en 2026 un  accord avec la Syrie pour l'exploration énergétique en mer, a affirmé lundi le  ministre turc de l'Energie Alparslan Bayraktar.

"Nous avons un accord-cadre général avec la Syrie. Cependant, un accord  spécifique pour l'exploration en mer sera nécessaire. Nous espérons le  conclure en 2026", a déclaré le ministre lors d'une interview au site turc  d'information GDH.

"Je ne dis pas que les forages débuteront en 2026, mais après la signature  de l'accord, nous devrons peut-être, dans un premier temps, effectuer des  études sismiques afin d'obtenir des informations sur le terrain", a-t-il  ajouté.

La Turquie et la Syrie ont signé en mai un accord de coopération visant à  développer et renforcer la collaboration dans le domaine de l'énergie.

 "L'accord que nous avons signé aujourd'hui dans les domaines de l'énergie,  des mines et des hydrocarbures constitue une feuille de route importante pour  les étapes à venir", avait alors commenté M. Bayraktar.

La Turquie reste fortement dépendante des importations pour couvrir ses  besoins énergétiques et le président turc Recep Tayyip Erdogan souligne  régulièrement la volonté de son pays d'atteindre l'indépendance énergétique.

 A l'été 2020, la Turquie a voulu explorer des gisements d'hydrocarbures en  Méditerranée orientale, suscitant des tensions avec la Grèce et l'Union  européenne.

En août 2020, la France a dépêché deux chasseurs Rafale et deux bâtiments  de la Marine nationale en Méditerranée orientale, au côté de la Grèce, après  le déploiement du navire Oruç Reis dans une zone disputée entre Ankara et  Athènes. (AFP, 29 déc 2025)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Erdogan coincé entre Trump et Maduro

Ragip Duran, TVXS.GR, 11 janvier 2026

Alors ce qu’on appelle ‘’la communauté internationale’’ prend en général une position qui ressemble à celle de Munich 1938, Ankara a beaucoup de difficulté à condamner l’agression américaine contre le Venezuela ainsi à défendre son partenaire politico-commercial le Président Maduro.

Le ministère turc des affaires étrangères a publié un communiqué qui prendra sa place dans les registres de la diplomatie de l’incompétence des sourds et des aveugles. ‘’La crise au Venezuela’’ estime la diplomatie turque qui ‘’invite les parties à faire preuve de retenue’’.

Pire encore, le sénateur américain Lindsey Graham a publiquement déclaré que ‘’Maduro a refusé de quitter le pays et de se réfugier en Turquie’’.  Ces propos ont été démentis par le Président Erdogan qui avait quand même des relations personnelles et très amicales avec le Président du Venezuela.

Le fils du dernier Premier Ministre Binali Yıldırım, M. Erkam Yıldırım était accusé par les médias d’opposition de se rendre fréquemment à Caracas pour ‘’discuter avec les responsables du pays sur le trafic de stupéfiants et le commerce illégal d’or’’.

Une photo créée par l’Intelligence Artificielle montrait le Président Erdogan les mains menottées entre deux soldats américains, exactement comme celle de Maduro. Un internaute l’avait postée sur les médias sociaux. Plus de 2 millions de personnes ont aimé cette photo et plusieurs centaines de milliers de Turcs proche d’Erdogan ont protesté.

Dr. Michael Rubin analyste et chercheur du American Enterprise Institute, spécialiste de Turquie, a posé sur son compte X la question suivante : ‘’Est-ce que le futur d’Erdogan est le passé de Maduro?’’. Message refusé et accompagné des insultes de la part des défenseurs du Président Turc.

Erdogan a eu une conversation téléphonique le 6 janvier dernier, avec son homologue américain. ‘’Nous avons transmis au Président Trump nos préoccupations à propos du Venezuela’’ aurait-il affirmé. Mais ces propos n’ont pas été publiés dans le ‘’Read-Out/Memcons’’ (Mémorandum de Conversation) de la Maison Blanche ni dans les médias outre-atlantique.

Can Dündar, journaliste et documentariste d’investigation en exil, pose la question suivante : ‘’Est ce qu'Erdogan risque d’être dénoncé par Madura lors de son procès à New York?’’.

Les relations entre les deux leaders américain et turc sont ambivalentes, rappelle-t-on. ‘’Deux Présidents de droite, autoritaire qui ne respectent pas toujours la loi et le droit et qui peuvent tout faire pour garder le pouvoir’’ estiment la majorité des obsevateurs. Erdogan apprécie beaucoup Trump, mais ne désire pas paraître comme un pro-américain vu que les Etats Unis d’Amérique ne sont pas le pays favori de la grande partie de la population turque. De son côté Trump, estime que ‘’son ami’’ Erdogan, est ‘’un homme très fort que je respecte’’ et que c’est ‘’quelqu’un qui ne refuse pas du tout mes demandes’’. Mais Trump peut être très dur, voire malfaisant contre ‘’son ami’’. Deux exemples : il avait adressé une lettre le 17 octobre 2019 à Erdogan dans laquelle il a menace ‘’de détruire l’économie turque’’. Il n’avait pas omis de terminer sa lettre par un conseil pas du tout diplomatique : ‘’ Ne joue pas l’homme dur. Ne fais pas de bêtise’’. Le 25 septembre 2025, quand Trump recevait Erdogan à la Maison Blanche, le Président américain avait osé, devant les caméras de montrer du doigt son interlocuteur et de dire en souriant "c’est lui qui sait le mieux les élections truquées’". Une blague selon l’entourage de Trump qui a été reçu par un silence impuissant de la part d’Erdogan.

Enfin, Erdogan est également bien connu par ses changements rapides de position politique, d’ami et d’ennemi. En Turquie, il y a déjà trois exemples notoires : MM. Devlet Bahceli, Fetullah Gulen et Abdullah Ocalan. Tout d’abord des amis et puis des ennemis ou vice-versa. Sur le plan international MM. Barzani, Poutine, Assad et Mitsotakis furent parfois des amis et plus tard des ennemis jurés.

On attend la nouvelle position d’Erdogan sur Maduro.

Erdogan à Trump : "le Venezuela ne doit pas sombrer dans le chaos ou l'instabilité"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, proche du président vénézuélien Nicolas Maduro, a prévenu lundi Donald Trump que "le Venezuela ne doit pas sombrer dans le chaos ou l'instabilité".

"Toute atteinte à la souveraineté du peuple et toute violation du droit international engendreront de graves complications au sein de l'ordre international, et non l'état de droit" a déclaré M. Erdogan à son homologue américain lors d'un entretien téléphonique, soulignant que "le Venezuela ne doit pas sombrer dans le chaos ou l'instabilité".

"La Turquie ne souhaite ni le chaos, ni la confusion, ni les tensions dans sa région, ni ailleurs. La préservation d'un système international fondé sur des règles est donc essentielle" a-t-il insisté devant la presse à l'issue de la réunion de son gouvernement.

"Lorsque la force prime sur le droit, l'instabilité, les crises et les conflits s'ensuivent" a mis en garde le président turc qui a réaffirmé son amitié envers M. Maduro, capturé et emmené par les forces américaines à New York.

"Nous nous efforçons d'agir au mieux des intérêts de la Turquie et du peuple vénézuélien ami. M. Maduro et le peuple vénézuélien ont maintes fois démontré leur amitié envers notre nation (...), nous avons toujours privilégié et valorisé la solidarité mutuelle dans les moments difficiles. Aujourd'hui, nous agissons dans le même esprit" a poursuivi M. Erdogan.

Le président vénézuélien déchu a plaidé lundi non coupable devant un tribunal de New York où il est poursuivi principalement pour trafic de drogue. (AFP, 5 jan 2026)

Trump envisage la vente d'avions de combat F-35 à la Turquie

Donald Trump a dit lundi envisager la vente d'avions de combat F-35 à la Turquie, malgré les objections d'Israël lors de la visite de son Premier ministre Benjamin Netanyahu en Floride.

"Nous y réfléchissons très sérieusement", a déclaré le président américain en réponse à une question sur un potentiel accord avec la Turquie sur ces avions de combat.

Washington avait exclu la Turquie de son programme de développement des F-35 en 2019, avant d'imposer un an plus tard des sanctions à Ankara, pourtant son allié au sein de l'Otan, en raison de son achat du système russe de défense antiaérienne S-400.

Mais Donald Trump entretient des relations étroites avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, qu'il avait reçu fin septembre à la Maison Blanche.

L'idée d'un accord fait grincer des dents Israël, qui considère que des F-35 bénéficieraient à la Turquie en cas de potentielle guerre, alors que les deux pays connaissent des tensions à propos de la Syrie.

Interrogé à ce sujet, Donald Trump a estimé que Recep Tayyip Erdogan était un "très bon ami". "Nous n'aurons pas de problèmes", a-t-il ajouté. "Rien n'arrivera."

Le F-35 de Lockheed Martin, le plus sophistiqué des avions de chasse américains, a été développé par les Etats-Unis en partenariat avec d'autres pays de l'Otan, dans le cadre d'un programme appelé Joint Strike Fighter (JSF).

Lors de son premier mandat, le président américain avait accepté d'en vendre aux Emirats arabes unis après leur reconnaissance d'Israël.

Il a également donné son feu vert, en novembre, à un accord de vente d'armement à l'Arabie saoudite, qui inclut de futures livraisons de F-35. (AFP, 29 déc 2025)

Relations régionales / Regional Relations

Yémen: la Turquie propose à Ryad d'oeuvrer au dialogue entre factions belligérantes

La Turquie est prête à faciliter le dialoguer entre les factions belligérantes au Yémen, a fait savoir dimanche le président turc Recep Tayyip Erdogan au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane au cours d'un entretien téléphonique, a indiqué le cabinet présidentiel turc.

Le Yémen est ravagé par la guerre depuis que des rebelles chiites houthis, soutenus par l'Iran se sont emparés en 2014 de la capitale Sanaa, puis de larges pans du pays.

Le conflit s'est internationalisé un an plus tard quand l'Arabie Saoudite a pris la tête d'une coalition internationale pour soutenir le gouvernement yéménite face aux houthis.

Des rivalités internes au sein du camp anti-houthis ont déclenché un nouveau conflit en 2018, opposant des séparatistes du sud du Yémen regroupés au sein d'un puissant Conseil de transition du sud (STC) aux forces du gouvernement, respectivement soutenus par les Emirats arabes unis et l'Arabie Saoudite, autrefois réunis au sein de la même coalition.

Selon son cabinet, le président Erdogan a dit au prince ben Salmane que la Turquie était "prête à contribuer aux efforts visant à rapprocher les parties".

Cet entretien téléphonique s'est déroulé au lendemain de l'appel à participer à un "dialogue" à Ryad, lancé par le ministère saoudien des Affaires étrangères aux séparatistes du Yémen du sud.

M. Erdogan a ajouté qu'Ankara surveillait attentivement la situation au Yémen mais aussi en Somalie, soulignant que la préservation de l'intégrité territoriale des deux pays était vitale pour la stabilité régionale.

La Turquie est une allié des autorités de Mogadiscio et M. Erdogan a fin décembre estimé "illégitime et inacceptable" la reconnaissance par Israël du Somaliland, république autoproclamée, indépendante de fait depuis 1991 mais non reconnue au niveau international et que la Somalie considère comme partie de son territoire.

Ancienne Somalie britannique, le Somaliland a fusionné avec la Somalie italienne pour former la Somalie en 1960. Il a autoproclamé son indépendance en 1991, au moment de l'effondrement de l'Etat en Somalie, ravagée par la guerre civile. (AFP, 4 jan 2026)

Des milliers de personnes manifestent en faveur de Gaza à Istanbul

Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre.

Les manifestants se sont rassemblés sous un ciel bleu et par des températures glaciales pour marcher jusqu'au pont de Galata, où ils ont organisé un rassemblement sous le slogan "Nous ne resterons pas silencieux, nous n'oublierons pas la Palestine", a constaté un journaliste de l'AFP.

Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés et le chanteur d'origine libanaise Maher Zain a interprété sa chanson "Free Palestine".

"Nous prions pour que 2026 apporte le bonheur à toute notre Nation et aux Palestiniens opprimés", a déclaré Bilal Erdogan.

La Turquie, l'un des pays les plus critiques de la guerre lancée à Gaza, a joué un rôle actif dans les négociations pour un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne, qui a mis fin à la guerre meurtrière menée par Israël en réponse à l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.

Mais la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre, demeure précaire, les deux camps s'accusant mutuellement d'en violer les termes, tandis que la situation humanitaire dans le territoire reste critique.  (AFP, 1 jan 2026)

Erdogan: La reconnaissance par Israël du Somaliland est "illégitime et inacceptable"

La reconnaissance par Israël du Somaliland est "illégitime et inacceptable", a affirmé mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan, Israël défendant sa décision.

"La préservation de l'unité et de l'intégrité de la Somalie en toutes circonstances revêt une importance particulière à nos yeux. La décision d'Israël de reconnaître le Somaliland est illégitime et inacceptable", a déclaré le chef de l'Etat turc lors d'une conférence de presse avec son homologue somalien à Istanbul.

"Le gouvernement Netanyahu, responsable de la mort de 71.000 Palestiniens, tente aujourd'hui de déstabiliser la Corne de l'Afrique après ses attaques contre Gaza, le Liban, le Yémen, l'Iran, le Qatar et la Syrie", a-t-il ajouté.

La visite du chef de l'Etat somalien en Turquie, une proche alliée de son pays, intervient quatre jours après la reconnaissance par Israël du Somaliland.

Cette république autoproclamée a unilatéralement proclamé son indépendance en 1991, à un moment où la République de Somalie sombrait dans le chaos après la chute du régime militaire de l'autocrate Siad Barre.

- "Ingérence étrangère" -

"Nous avons fermement condamné l'agression illégale du Premier ministre Netanyahu qui a reconnu une partie du nord de la Somalie comme un État indépendant. Cette agression et cette ingérence flagrante constituent une violation manifeste du droit international", a déclaré le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud.

"De telles actions créent un climat propice au développement de groupes extrémistes violents qui se nourrissent d'un discours d'ingérence étrangère, ce qu'Israël a désormais fait de manière flagrante. Il en résulte une insécurité croissante en Somalie et dans l'ensemble de la Corne de l'Afrique", a-t-il ajouté.

"Le président Erdogan m'a déclaré aujourd'hui que la Turquie reste pleinement engagée et prête à soutenir la Somalie", a-t-il précisé.

Israël a défendu mardi sa décision de reconnaître le Somaliland comme Etat souverain, estimant que nul ne pouvait remettre en question sa politique étrangère et notant que de nombreux pays reconnaissaient un Etat palestinien.

"D'autres pays sont autorisés à reconnaître un Etat qui n'existe pas. Israël n'a pas le droit de reconnaître un véritable Etat", a dénoncé sur X le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar.

La Turquie apporte son assistance militaire et économique aux autorités de la Somalie dévastée par la guerre civile depuis le début des années 1990, dont elle contribue à rétablir l'armée et les infrastructures tout en garantissant sa présence - également maritime - en Afrique de l'Est.

"La Turquie a intégré deux nouveaux navires de forage en eaux profondes à sa flotte. Le premier, baptisé Cagri Bey, opérera au large des côtes somaliennes" à la recherche d'hydrocarbures, a-t-il précisé.

Ankara prévoit par ailleurs d'établir un "spatioport", spécialisé dans des lancements spatiaux et des technologies satellitaires, en Somalie, a déclaré le chef de l'Etat turc.

Le Somaliland fonctionne depuis de manière autonome, avec ses propres monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité comparé à la Somalie, minée par l'insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques.

Mais ce territoire n'est reconnu publiquement par aucun pays, en dehors désormais d'Israël, ce qui le maintient dans un certain isolement politique et économique malgré sa situation à l'entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, sur l'une des routes commerciales les plus fréquentées du monde reliant l'océan Indien au canal de Suez. (AFP, 30 déc 2025)


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration


Un mort et sept disparus dans le naufrage d'un bateau de migrants

Une personne est morte et sept autres sont  portées disparues après le naufrage samedi matin d'une embarcation de migrants  en mer Égée au large de la Turquie, ont annoncé les garde-côtes turcs.

Trente-sept passagers de ce canot pneumatique ayant pris l'eau avant l'aube  au large de Dikili (ouest), au nord de la grande ville d'Izmir, ont pu être  secourus vivants, ont précisé les garde-côtes dans un communiqué.

La petite station balnéaire de Dikili fait face à l'île grecque de Lesbos,  située à une vingtaine de kilomètres.

"Les opérations de recherche (...) se poursuivent pour retrouver les sept  migrants irréguliers portés disparus", indiquent les garde-côtes.

Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées périlleuses vers les  îles grecques, porte d'entrée dans l'Union européenne.

Près de 1.900 migrants ont disparu ou ont été repêchés morts en  Méditerranée en 2025, selon l'Organisation internationale pour les migrations  (OIM). (AFP, 10 jan 2026)



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