flashfondationeditorsbulletinspublications

INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

52th Year / 52e Année
Mars
 
2026 March
N° 571
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

Site searchWeb search

powered by FreeFind



Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Le remerciement de Doğan Özgüden à son 90e anniversaire



Droits de l'Homme / Human Rights

Un an après son arrestation, le maire d'Istanbul au tribunal
Eskişehir prison delays release of political prisoners
Deux cris élevés à Bruxelles il y a 50 ans - Doğan Özgüden
Le remerciement de Doğan Özgüden à son 90e anniversaire
Message de Bahar Kimyongür à l’anniversaire de Dogan Özgüden
Over 5,000 violations recorded in Marmara region prisons in 2025
Report: Turkey's prison occupancy rate exceeds 133 percent
Berlinale: l'Ours d'or attribué à "Yellow Letters", un manifeste contre l'autoritarisme

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Ankara dénonce l'arrestation de deux journalistes turcs en Israël
Appel pour libérer trois journalistes arrêtées pour des images tournées près d'une base militaire
Turkey blocks 41 social media accounts over ‘disinformation’ on Iran war

Deux journalistes arrêtés près d'une base aérienne abritant des forces
Seven journalists convicted for taking photos at courtroom
Singer Hadise faces criticism over UNICEF Ramadan campaign video
L'avocat du journaliste Hakan Tosun dénonce le chef d'inculpation des suspects
Judiciary responsible for nearly 70% of violations against journalists in Turkey
Iranian journalist leaves Turkey for third country to avoid deportation to Iran

Kurdish Question / Question kurde

En Irak, des combattants kurdes attendent dans un bunker le soulèvement en Iran
Décès de Salih Muslim, figure de l'autonomie des Kurdes en Syrie
Un haut commandant kurde nommé ministre adjoint à la Défense en Syrie

Au Kurdistan irakien: "Cette guerre n'est pas la mienne"
PKK leader Öcalan issues new message on anniversary of disarmament call
Le gouvernement prend le contrôle d'un aéroport tenu par les Kurdes

Minorités / Minorities

Turkish Airlines inaugure une liaison directe avec l'Arménie

Politique intérieure/Interior Politics

Ankara essaie de ménager la chèvre et le chou - Ragip Duran
Un après l'arrestation de son champion, l'opposition dans l'ornière
La solitude diplomatique approfondie d’Ankara - Ragip Duran

Forces armées/Armed Forces

Un bouclier antiaérien Patriot déployé dans le centre de la Turquie

Un missile tiré d'Iran et menaçant la Turquie intercepté par l'OTAN
Le F-16 qui s'est écrasé poursuivait une trace radar non identifiée

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Dans le camp de proches de jihadistes d'al-Hol en Syrie, le "chaos total"

Socio-économique / Socio-economic

Un séisme de magnitude 5,5 dans le nord-est du pays

Men killed 22 women in February

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Un groupe cosmétique français condamné après le licenciement de syndicalistes en Turquie
Les internautes et fans de foot turcs affichent leur admiration pour l'Espagne
Ilham Ehmed and Rohilat Efrîn: The EU must act as a guarantor

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Un troisième missile tiré d'Iran détruit par l'Otan dans l'espace aérien turc
Les États-Unis ordonnent au personnel diplomatique non essentiel de quitter le sud de la Turquie

Erdogan "profondément troublé" par les frappes israélo-américaines
Les forces américaines vont se retirer totalement de Syrie d'ici un mois

Relations régionales / Regional Relations

Sri Lanka, Chypre, Turquie, Azerbaïdjan... La guerre déborde au-delà du Moyen-Orient
Damas confirme des évasions massives de proches de jihadistes du camp d'al-Hol

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

La Turquie envisage d'envoyer des F-16 à Chypre-nord


Immigration / Migration

Emir Kir met Saint-Josse en faillite virtuelle

Cem Özdemir, first German state premier with Turkish roots

Une avocate réfugiée de Lausanne condamnée à 6 ans de prison en Turquie

Droits de l'Homme / Human Rights

Un an après son arrestation, le maire d'Istanbul au tribunal

Le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, détenu depuis un an, a comparu lundi lors d'une audience tendue dans une vaste affaire de corruption qualifiée par l'opposition de tentative pour saboter ses chances de défier le président Recep Tayyip Erdogan.

Arrêté le 19 mars 2025 et détenu depuis, M. Imamoglu a commencé à comparaître devant le tribunal de Silivri à 11H05 (08H05 GMT).

Mais l'audience a été suspendue après à peine 15 minutes suite à un conflit verbal entre M. Imamoglu, les avocats et le juge, selon l'équipe du maire d'Istanbul.

Lorsque l'audience a repris plusieurs heures plus tard, les avocats de la défense ont exigé que le juge se récuse pour cause d'irrégularités de procédure et de manque d'impartialité.

Plus tôt dans la matinée, des applaudissements ont retenti lorsque M. Imamoglu et des dizaines d'autres accusés sont entrés dans la salle d'audience bondée, sous les cris "Nous sommes fiers de vous !".

M. Imamoglu a été emprisonné le jour où il a été désigné candidat du principal parti d'opposition, le CHP (Parti républicain de peuple, social-démocrate), à la prochaine élection présidentielle turque. Il est considéré comme l'un des rares hommes politiques capable de vaincre Erdogan à ce scrutin prévu avant mi-2028.

-"Président Imamoglu"-

Le procureur a inculpé cet homme de 54 ans de 142 chefs d'accusation qui pourraient lui valoir une peine allant jusqu'à 2.430 ans de prison.

Il est accusé d'avoir dirigé un vaste réseau criminel sur lequel il exercerait une influence "telle une pieuvre".

"Président Imamoglu !", "Le jour viendra où les rôles s'inverseront et l'AKP devra rendre des comptes", ont scandé les manifestants rassemblés près du tribunal, en référence au parti au pouvoir du président Erdogan.

Le procès s'est ouvert au tribunal de Silivri, situé à 80 kilomètres à l'ouest d'Istanbul, qui fait partie du complexe pénitentiaire où M. Imamoglu est détenu.

Maire de la plus grande ville de Turquie jusqu'à son arrestation, M. Imamoglu fait face à des accusations allant de la corruption au détournement de fonds et à l'espionnage, au côté de plus de 400 autres accusés.

Le président du CHP, Ozgur Ozel, l'épouse du maire d'Istanbul, Dilek Imamoglu, ainsi que des représentants diplomatiques de Grande-Bretagne, de France, d'Allemagne, des Pays-Bas et de plusieurs autres nations, étaient présents lundi dans la salle, selon des sources diplomatiques.

- "Honte à vous!"-

A l'ouverture de l'audience, le juge a annoncé que M. Imamoglu serait l'un des derniers à se défendre, ce qui a incité le maire - principal accusé - à demander à prendre la parole plus tôt.

Le juge a refusé, provoquant des cris de "Honte à vous !" dans la salle d'audience, tandis que les avocats de la défense ont déploré le non-respect de la procédure.

Alors que l'audience touchait à sa fin, on pouvait entendre M. Imamoglu crier, en parlant du juge : "S'il a du cran, il laissera ces gens partir et m'affrontera seul !", ce qui a provoqué des applaudissements dans la salle, a rapporté son équipe sur X.

L'audience a été ajournée peu avant 17H00 (14H00 GMT), le tribunal devant reprendre ses travaux mardi à 10H00 (07H00 GMT).

Les manifestations aux abords du tribunal étant interdites, des partisans se sont rassemblés dans un campement du CHP voisin, près d'une reconstitution de la cellule d'Imamoglu, a rapporté un correspondant de l'AFP.

"S'il n'avait pas annoncé sa candidature à la présidentielle, il serait encore maire", a déclaré Kadim Tasbilek, un retraité de 58 ans, qui a dénoncé le procès comme "un coup d'État politique".

"Cette affaire est politique. Je ne crois pas à la corruption", a estimé Hulya Ozturk, une retraitée de 74 ans.

Des organisations de défense des droits humains Human Rights Watch et Amnesty International ont dénoncé l'instrumentalisation du système judiciaire turc pour écarter les opposants politiques.

"Cela porte la marque d'une tentative d'intimidation des opposants politiques et de réduction au silence des voix dissidentes dans le pays", a affirmé Dinushika Dissanayake, directrice adjointe d'Amnesty International pour l'Europe dans un communiqué.

Le CHP a remporté une victoire aux élections locales de mars 2024 contre l'AKP du président Erdogan au pouvoir et a depuis fait l'objet d'une vaste répression judiciaire, avec quinze de ses maires derrière les barreaux.

Les analystes estiment difficile une candidature de M. Imamoglu à la prochaine élection présidentielle.

Même s'il est innocenté des accusations de corruption, il se heurte à un obstacle juridique encore plus important: une action en justice contestant la validité de son diplôme universitaire, condition constitutionnelle pour les candidats à la présidence.

S'il est inéligible, les observateurs politiques s'attendent à ce que l'actuel dirigeant du CHP, Özgür Özel, devienne le candidat de l'opposition à la présidentielle. (AFP, 9 mars 2026)

Eskişehir prison delays release of political prisoners

Eskişehir Type-H Closed Prison has postponed the release of five political prisoners who have completed their sentences, citing “continued organizational behavior” and “lack of repentance" in what has become a broader practice in recent years.

According to Mezopotamya Agency (MA) reporting, all five prisoners whose release was denied also suffer from serious health problems.

Among them is Yılmaz Çerçel, who has been incarcerated since 1993. The prison administration ruled to delay his release just one day before it was scheduled. A new review of his case is expected at the end of March.

Another prisoner, Mehmet Paksoy, has been called before the disciplinary board four times in the past four years. Each time, his release was postponed on the grounds that he did not demonstrate “good behavior.”
'Meaningless questions'

Paksoy said board members repeatedly asked him “meaningless questions” and recorded statements he never made. Following the last review on Jan 9, which again delayed his release, Paksoy refused to attend the session scheduled for Apr 13.

The report also noted that two other prisoners, Vasfi Haştaş and partially disabled İlhan Keklik, are struggling with serious medical conditions.

Another prisoner, Mustafa Filitoğlu, was denied conditional release despite having surpassed his eligibility date. In December, the board postponed his release for another six months.

Filitoğlu said he believes the board’s evaluation was not impartial and added, “I don’t think I have any chance of benefiting from conditional release.”
Prison boards 'act like judicial bodies'

Attorneys from the Lawyers for Freefom Association (ÖHD) accused the Prison Administrative and Monitoring Boards of operating like de facto judicial authorities.

“These boards, especially in cases involving political prisoners, have extended their reach beyond executing sentences and have become bodies that effectively reassign punishment,” the lawyers told bianet.

They argued that using “repentance” as a criterion forces inmates to submit to an internal inquiry into their beliefs. Denying release repeatedly due to an inmate’s supposed lack of remorse amounts to “a systematic violation of the right to liberty and security,” they said.

“In this form, the board decisions function less as a legal mechanism and more as a vague and punitive administrative tool that blocks the release of even terminally ill inmates who have been behind bars for decades,” the statement continued.
Peace process

With discussions underway in a parliamentary committee on possible legal reforms within the context of a renewed Kurdish peace process, ÖHD lawyers called for the abolition of the prison boards.

They said doing so would be “a necessary step toward implementing the principle of equality in enforcement and achieving a lasting solution.”

“The release of political prisoners who have completed their sentences would be a confidence-building and critical step toward a just peace and public trust,” they added. (BIA, 9 March 2026)

Deux cris élevés à Bruxelles il y a 50 ans



Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 8 mars 2026
En 1976, alors qu'un livre en quatre langues différentes sur les droits et les luttes des travailleuses fut publié, un tribunal international était créé pour juger les crimes commis contre les femmes
Aujourd’hui, comme partout dans le monde, la Turquie célèbre aussi la Journée internationale des femmes, une journée durant laquelle les femmes font entendre leur voix pour l’égalité des droits et contre l’oppression et les exclusions dont elles sont victimes.

Il y a exactement 169 ans, les réactions internationales à la répression sanglante par la police d’une grève lancée dans une usine textile à New York prirent, tout d’abord en 1910, une dimension internationaliste lorsque Clara Zetkin et Rosa Luxemburg, dirigeantes du parti social-démocrate allemand, proposèrent lors de la Conférence internationale des Femmes socialistes, affiliée à la Deuxième Internationale, que le 8 mars soit adopté comme Journée internationale des femmes.

En 1921, la Troisième Conférence internationale des Femmes à Moscou rebaptisa le 8 mars en « Journée internationale des travailleuses », mais sa célébration fut interdite dans de nombreux pays du monde, dont la Turquie, pendant un demi-siècle en raison de « l’hystérie et des pressions anticommunistes ».

La levée de cette interdiction et la célébration de la « Journée internationale des femmes » dans le monde entier ne fut possible qu’avec la déclaration du 8 mars, « Journée internationale des femmes » par l’Assemblée générale des Nations Unies, le 16 décembre 1977.

Cette décision des Nations Unies fut fortement influencée par deux évènements consécutifs survenus à Bruxelles, au centre de l’Union européenne, il y a exactement 50 ans, en 1976.

Lorsque nous commençâmes à nous organiser à Bruxelles pour fonder Info-Türk, après avoir légalisé notre séjour dans la troisième année de notre exil, l’une des personnalités belges qui nous soutint le plus était Emilienne Brunfaut, l’une des femmes syndicalistes les plus combatives du pays.

Dès 1936, Emilienne assuma la direction de la commission syndicale fondée par le Parti ouvrier belge pour défendre les droits des travailleuses. Après avoir vécu en exil dans le sud de la France pendant l’occupation du pays par l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale, elle fonda en 1946 la commission du travail des femmes du syndicat socialiste FGTB.

En 1974, lorsque nous fondâmes Info-Türk à Bruxelles en préparant, en plus de nos éditions en langue turque, des journaux et brochures en français pour les syndicats et les organisations belges de défense des droits humains, elle fut extrêmement impressionnée que ces travaux étaient menés par une femme journaliste exilée de Turquie et noua avec nous une très chaleureuse amitié.

Je ne pourrai jamais l’oublier… Pour les publications en turc, il était impossible de taper les textes en turc sur le papier ciré utilisé pour l’impression à la ronéo ou sur les feuilles destinées à l’impression offset avec ma vaillante Hermes Baby que j’avais fait venir de Turquie… Il nous fallait une machine à écrire IBM à tête rotative pour composition en langue turque. En cette période de disette, c’est Emilienne qui nous en trouva une et nous l’apporta. Quant aux têtes rotatives, elles avaient été envoyées par mon beau-père, Burhanettin Tuğsavul, qui nous avait donné son passeport de famille alors que nous étions recherchés par les militaires turcs après le coup d’État de 1971. Grâce à lui, nous avions pu quitter le pays pour nous exiler en falsifiant ce passeport.

En 1975, Emilienne présidait la Commission du Travail des Femmes créée au sein du ministère du Travail, et dans le même temps, menait la campagne initiée par les pays membres de la Communauté économique européenne pour obtenir la reconnaissance de la Journée internationale des femmes au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies.

De plus, un an plus tard, elle allait participer aux côtés d’autres militantes des droits des femmes comme Simone de Beauvoir, Jeanne Moreau et Gisèle Halimi, à une initiative visant à la constitution d’un Tribunal international pour juger les crimes contre les femmes.

Les 4-8 mars 1976, près de 2000 femmes de 40 pays se réunirent à Bruxelles pour adopter une série de résolutions sur des sujets tels que les inégalités économiques, le viol, les mutilations génitales, l’inceste, les arrestations et tortures politiques, les violences intrafamiliales, la prostitution forcée, la pornographie et les féminicides.

Tandis que la syndicaliste Emilienne poursuivait tous ces efforts avec une grande détermination, travaillant jour et nuit, elle nous présente au début de l’année 1976 un projet d’envergure européenne…

La Confédération européenne des syndicats (CES), qui regroupait des syndicats de 15 pays européens et représentait les travailleurs au sein de la Communauté économique européenne, avait tenu son grand congrès à Londres en avril 1976, publié un communiqué au sujet de la reconnaissance de droits égaux au profit des travailleuses et décidé de publier un Livre blanc en la matière.

Le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats Hintescheidt confia à notre association Info-Türk la responsabilité de la mise en page et de la préparation de l’impression du livre rédigé par des expertes de différents pays, car sa directrice technique était une femme journaliste exilée.

Comme j’avais été expulsé vers les Pays-Bas par la Police des étrangers, je me trouvais déjà en situation irrégulière en Belgique, et pus malgré tout assurer la rédaction de nos publications tout en assistant clandestinement İnci dans son travail. De ce fait, je ne pus que peu appuyer İnci dans ses activités pour le livre.

Néanmoins, İnci, en travaillant plusieurs jours avec Emilienne, prépara le Livre blanc pour publication en quatre langues : anglais, français, allemand et norvégien.

La publication de ce livre contribua largement à une meilleure compréhension par l’opinion publique des droits des travailleuses, de l’oppression dont elles sont victimes et de leurs luttes.

Le livre venait d’être publié que la Sûreté de l’État belge, sous les pressions de l’État turc, notifia à la Délégation du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés à Bruxelles que « la présence du couple Özgüden-Tuğsavul en Belgique est parfaitement inopportun ».

Cela provoqua un esclandre. À cause de ces pressions, la publication des journaux en langue des deux fédérations syndicales CSC et FGTB en Belgique, membres de la Confédération européenne des syndicats, risquait également d’être compromise.

À la suite des pressions exercées tant par les deux syndicats belges que par la Confédération européenne des syndicats dont nous préparions la publication de cet ouvrage, sur le gouvernement belge pour que la décision soit réexaminée, nous obtînmes tous deux à partir de septembre 1976 un permis de travail du ministère de l’Emploi, puis un permis de séjour de la Police des étrangers.

Toutefois, les pressions de l’État turc ne s’arrêtèrent jamais, İnci et moi, ainsi que des centaines de nos camarades en exil après le coup d’État fasciste du 12 septembre 1980, fûmes déchus de notre nationalité turque.

De plus, parce que je pris la parole lors d’une émission de la chaîne de télévision française A2 au sujet des pressions exercées sur les populations kurdes, arméniennes et assyriennes en Turquie, mon entrée en France avec un passeport de réfugié en tant qu’ « exilé politique » fut interdite sous la pression de l’État turc, et ma demande d’obtention de la nationalité belge pour gagner une liberté de circulation fut également rejetée par le parquet royal belge sous la pression de l’État turc.

Durant cette nouvelle période de pressions, nous reçûmes aussi le plus grand soutien tant des deux fédérations syndicales belges que de la Confédération européenne des syndicats, et c’est grâce à leur soutien que nos demandes de naturalisation furent approuvées par le Parlement fédéral belge.

Par ailleurs, même en l’absence de membres de Turquie, la Confédération européenne des syndicats a manifesté une très grande solidarité avec le combat syndical en Turquie, et tout spécialement avec les dirigeants de la DİSK (Confédération des syndicats ouvriers révolutionnaires), fermée par le gouvernement fasciste après le coup d’État du 12 septembre 1980 et dont les dirigeants furent torturés et incarcérés.  

À l’occasion de la Journée internationale des femmes du 8 mars, İnci et moi, à l’instar de toutes les femmes qui ont lutté pour les droits des femmes en Turquie et dans le monde, nous souvenons respectueusement de notre amie Emilienne Brunfaut, qui a consacré sa vie entière à la lutte syndicale et à la défense des droits des femmes, et depuis le jour où nous fîmes connaissance, fut aussi toujours solidaire avec nous et avec la lutte syndicale et les droits des femmes en Turquie.

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN  

Le remerciement de Doğan Özgüden à son 90e anniversaire

Le 27 février est mon anniversaire…

L’année 2026, celle de mes 90 ans et des 86 ans d’İnci, a commencé pour nous deux avec de sérieux problèmes de santé. Nous sommes tous deux conscients qu’à nos âges avancés, les feuilles du calendrier défilent à un rythme accéléré. Le nombre de nos proches, amis et camarades de lutte encore en vie diminue rapidement.
 
L’indéniable réalité de la vie… Nous savons qu’il ne nous est plus possible de poursuivre, au même rythme et avec la même intensité, le travail aux multiples facettes que nous menons en exil depuis 55 ans, malgré toutes les difficultés et tous les obstacles.
 
Ces réalités font partie de mon dernier article à Artı Gerçek:
 
https://www.info-turk.be/570.htm#Entretien
 
Dans la dernière partie de notre vie, nous devons consacrer nos activités, dans la mesure où notre santé le permet, au développement de nos archives.
 
Pour ces raisons, je continuerai dorénavant à écrire pour Artı Gerçek, non une fois par semaine comme jusqu’à présent, mais à intervalle plus irrégulier. Bien entendu, j’écrirai immédiatement dès que l’actualité l’exigera…
 
En ce tournant de notre vie commune, je tiens à remercier Artı Gerçek, Avrupa Demokrat et toutes les publications qui relaient nos opinions; toute l’équipe des Ateliers du Soleil, et plus particulièrement Iuccia Saponara et Elise Thiry, qui ont pris la relève d’İnci à sa direction, ainsi que tous nos amis d’Asie, d’Afrique et d’Amérique qui apportent la richesse et la créativité de leurs cultures au cœur de l’Europe.
 
Je souhaite également adresser des remerciements particuliers à l’Institut kurde de Bruxelles, à l’Institut assyrien de Belgique, à l’Association des Arméniens démocrates de Belgique, à la Maison du Peuple de Bruxelles, à la Fédération arménienne pour la Justice et la Démocratie en Europe et au Comité des Arméniens de Belgique.
 
Ensemble avec eux, nous sommes fiers d’avoir mené, des décennies durant, tant dans notre pays qu’au sein de la diaspora, une lutte commune contre l’oppression du régime d’Ankara, et nous continuerons à avancer ensemble.

Les remerciements d'Özgüden à ses collègues et ses amis de lutte commune

Hier soir, mes collègues et amis de la lutte commune en exil ont célébré mon 90e anniversaire dans les locaux des Ateliers du Soleil. Je remercie de tout cœur la présidente Iuccia Saponara, la directrice Élise Thiry, ainsi que tous mes collègues des Ateliers du Soleil, pour leur amitié et leur solidarité dans la lutte qu'Inci et moi menons depuis plus d'un demi-siècle en exil. Grâce à eux, les Ateliers du Soleil, qui existent depuis plus de 52 ans, continuent d'être l'une des associations phares dans la défense des droits et des libertés à Bruxelles.

Message de Bahar Kimyongür à l’anniversaire de Dogan Özgüden

Cher Doğan,

Il y a des vies qui traversent le temps comme des lueurs fragiles. Et puis il y a la tienne, une flamme immense, un feu sacré que ni les procès, ni l’exil, ni les menaces, ni les années n’ont pu éteindre.

À 90 ans, tu n’es pas seulement un anniversaire que l’on célèbre. Tu es une mémoire vivante. La mémoire des combats menés plume à la main, des vérités arrachées au silence, des injustices dénoncées quand tant d’autres choisissaient de baisser les yeux ou de servir les puissants. Tu as fait du journalisme bien plus qu’un métier, tu en as fait un sacerdoce au service des éternels vaincus, des libres penseurs, des torturés, des résistants et des minorités opprimées de Turquie, et puis aussi et surtout de « ceux qui font table rase et qui créent » comme les appelait Nâzım Hikmet.

L’exil aurait pu t’éteindre. Il t’a agrandi. Loin de ta terre natale, tu as continué à défendre la liberté avec une constance admirable, rappelant au monde que les frontières ne peuvent enfermer ni les idées, ni la dignité. Tu as prouvé que l’on peut être déraciné sans jamais être abattu.

Pour ma génération, tu es bien plus qu’un journaliste courageux. Tu es un repère, une boussole morale, la preuve vivante que l’engagement n’est pas une simple posture mais une serment de fidélité, fidélité à la vérité, aux opprimés, à l’humanité. C’est ce même serment de fidélité qui a fait d’Inci, ton amour éternel.

Je sais le prix que vous avez payé ensemble : les procès, les attaques, les calomnies, les trahisons, l’isolement parfois. Mais je sais aussi la force intérieure qui vous habite Inci et toi. Cette force tranquille qui ne cherche ni les honneurs, ni la reconnaissance, seulement la justice et le bonheur pour tous.

Aujourd’hui, je veux te dire merci cher Doğan. Merci pour ta persévérance. Merci pour ton courage. Merci pour les messages que tu partages au quotidien et qui montrent combien l’espoir des jours meilleurs est encore vivant.

Merci pour l’exemple que tu nous donnes encore, à 90 ans, d’une vie debout.

Que cette soirée organisée aux Ateliers du Soleil soit entourée d’affection, de joie et de cette tendresse que méritent les grands hommes. Et que ton regard continue longtemps encore à éclairer nos luttes.

Avec mon admiration fraternelle,

Bahar Kimyongür


Over 5,000 violations recorded in Marmara region prisons in 2025

The Human Rights Association (İHD) İstanbul Branch Prison Commission identified over 5,000 violations in  released its 2025 “Marmara Region Prisons Rights Violations Report.”

The report's findings  was shared with the public yesterday at a press conference held at the association’s office in İstanbul. Semiray Yılmaz, a member of the İHD İstanbul Branch Prison Commission, first took the floor and outlined the rights violations recorded throughout the year. Gülseren Yoleri, a member of the İHD Central Executive Board (MYK), then assessed the findings presented in the report.

Prison population

According to the latest data from the General Directorate of Prisons and Detention Houses (CTEGM), as of Dec 1, 2025, the number of prisoners stood at 433,543. As of Jan 2, 2026, this figure decreased to 402,014, of whom 338,109 are convicts, 63,905 are pretrial detainees, 18,946 are women, 4,421 are children, and 6,433 are over the age of 65. In 403 prisons with a total capacity of 305,286, there are currently 96,728 prisoners above capacity.

Applications were submitted to the İHD by detainees or convicts held in prisons where rights violations occurred, either by letter or fax, or by their families and lawyers via phone, email, or in person. (BIA, 25 Feb 2026)

Report: Turkey's prison occupancy rate exceeds 133 percent

The Civil Society in the Penal System Association (CİSST) has released its prison statistics for February 2026, revealing a further rise in overcrowding across Turkey's penal facilities.

According to the data, prisons in the country are operating at 133.55 percent capacity. As of February, 407,266 people are incarcerated in 403 prisons, which have a combined official capacity of 304,956.

Of those held in prison, 342,522 are convicted while 64,744 are in pretrial detention.

CİSST noted that the number of prisoners held beyond capacity has increased by 5.77 percent compared to the previous month. As of February, there are 102,310 more prisoners than the system is designed to hold.

Prisoners with special needs

The data also highlight the number of prisoners with special needs. A total of 476 prisoners have disabilities, including 34 with speech and language impairments, 96 who are visually impaired, 68 with hearing impairments, 26 with both hearing and speech impairments, and 252 with orthopedic disabilities.

Among the total prison population, 110,858 people are held in open prisons, while 296,408 are held in closed facilities.

Children and elderly prisoners

The statistics show that 6,381 inmates are aged 65 or older. Meanwhile, 4,505 children aged between 12 and 18 are in custody, including 206 girls. Among 19,339 incarcerated women, 891 are staying with their children aged 0–6.

In 2025, 77,014 inmates were reported to be continuing their education, and 58,500 were engaged in insured vocational activities.

There are currently 200 LGBTI+ prisoners and 14,276 foreign nationals in Turkish prisons.

Meal allowance

According to figures from 2025, the state set daily meal allowances at 144 liras for adult inmates and on-duty prison staff. For juvenile inmates, the amount was set at 275 liras. Daily net minimum wage is 933 liras. (BIA, 24 Feb 2026)

Berlinale: l'Ours d'or attribué à "Yellow Letters", un manifeste contre l'autoritarisme

La 76e Berlinale a décerné l'Ours d'Or à "Yellow Letters" du réalisateur allemand Ilker Catak, un film sur l'autoritarisme et la censure des artistes, en clôture d'un festival particulièrement agité par des polémiques politiques et la guerre à Gaza.

"Beaucoup de personnes sont arrivées en portant avec elles beaucoup de chagrin et de colère, ainsi qu'un certain sentiment d'urgence face au monde dans lequel nous vivons aujourd'hui", a entamé la directrice du festival Tricia Tuttle lors de la cérémonie de clôture.

"La Berlinale a été émotionnellement chargée", a-t-elle reconnu, visiblement émue, après des jours de polémique et d'accusation de censure visant la Berlinale, festival à la tradition très politique.

Le jury, présidé par le réalisateur allemand Wim Wenders, a finalement décidé de récompenser un film tourné en Allemagne, en langue turque. Les scènes censées se passer à Ankara et Istanbul ont été tournées à Berlin et Hambourg.

Il raconte le destin d'un metteur en scène turc et de sa femme actrice, soudain interdits de travailler en raison de leurs opinions politiques.

Lors de la remise du prix, le producteur du film, l'Allemand Ingo Fliess, a tenu à rappeler une scène du film dans laquelle artistes et intellectuels poussés à bout se disputent.

- Apaisement -

 "Ca m'a rappelé ces derniers jours à la Berlinale. Des réalisateurs contre d'autres réalisateurs, des artistes contre des créatifs (...). Nous sommes alliés", a-t-il insisté, appelant à concentrer les attaques sur les vrais ennemis: "les autocrates, les partis de droite, les nihilistes de notre temps".

Les festival a notamment été accusé par certains artistes de censurer ceux "qui s'opposent au génocide en cours perpétré par Israël contre les Palestiniens à Gaza".

Le président du jury Wim Wenders, cible d'attaques pour avoir dit que le cinéma devait "rester en dehors de la politique", a tenté d'apaiser la situation.

"Le langage du cinéma est empathique. Le langage des réseaux sociaux est efficace", a relevé le réalisateur allemand, saluant l'ardeur militante des activistes. "Vous faites un travail courageux et nécessaire. Mais est-ce que cela doit être une compétition ?", a-t-il interrogé.

Un peu plus tôt dans la cérémonie, le réalisateur syro-palestinien Abdullah Al-Khatib, récompensé pour son film "Chronicles from the Siege" dans une catégorie parallèle du festival, a porté une parole offensive, accusant le gouvernement allemand d'être "complice du génocide commis à Gaza par Israël".

Ses propos ont été accueillis par des cris de soutien, mais aussi de réprobation, signe des tensions qui ont traversé la Berlinale cette année.

- "Pas seuls" -

 Également récompensé du grand prix du jury - équivalent de la 2e place - pour son film "Salvation", le réalisateur turc Emin Alper a lu un message de solidarité pour "les Palestiniens à Gaza", "le peuple d'Iran qui souffre sous la tyrannie" mais aussi "les Kurdes au Rojava".

"Vous n'êtes pas seuls", a-t-il aussi lancé à l'adresse de opposants politiques turcs emprisonnés, dont le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu.

Son film, inspiré d'une histoire vraie, raconte la descente vers la violence d'un village reculé de Turquie, confronté au clan d'un village voisin.

Le jury de la Berlinale a aussi choisi de récompenser l'actrice allemande Sandra Hüller d'un Ours d'argent de la meilleure interprétation (prix hommes et femmes confondus) pour sa performance dans "Rose", de Markus Schleinzer.

Dans ce drame en noir et blanc, elle incarne une femme se faisant passer pour un homme dans une petite communauté rurale de l'Allemagne du 17e sicèle, afin d'échapper au  patriarcat.

Un autre film a particulièrement plu au jury puisqu'il a été distingué deux fois. "Queen at Sea", de l'Américain Lance Hammer, a notamment reçu le prix du jury.

Ce film avec Juliette Binoche raconte les ravages d'Alzheimer sur les proches des personnes atteintes de cette maladie. Anna Calder-Marshall, qui joue à 79 ans une dame atteinte de démence, et son partenaire à l'écran Tom Courtenay, 88 ans, ont conjointement reçu l'Ours d'argent du meilleur second rôle. (AFP, 21 fév 2026)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Ankara dénonce l'arrestation de deux journalistes turcs en Israël

Deux journalistes turcs, présents en Israël pour couvrir la guerre au Moyen Orient, ont été arrêtés, ont annoncé mardi des responsables turcs et la police israélienne.

Emrah Cakmak, reporter pour CNN Türk, et Halil Kahraman, caméraman, qui "se trouvaient à Tel Aviv pour couvrir l'actualité, ont été arrêtés", a indiqué le Syndicat des journalistes de Turquie (TGS) sur X.

Burhanettin Duran, directeur de la communication de la présidence turque, a fustigé Israël pour ses "attaques contre la presse".

"Nous mettons tout en oeuvre pour obtenir la libération immédiate de nos journalistes et suivons de près la situation", a-t-il affirmé sur X.

Le syndicat des journalistes de Turquie a précisé que les journalistes étaient sur place pour réaliser des reportages en lien avec "les attaques américaines et israéliennes contre l'Iran et partager les derniers développements avec les téléspectateurs de notre pays".

Les journalistes ont été arrêtés alors qu'ils réalisaient une retransmission en direct à Tel Aviv.

La police israélienne a déclaré qu'ils auraient "filmé une installation de sécurité".

CNN Turk a publié des images de leur interpellation alors qu'ils filmaient dans la rue, devant le complexe du ministère israélien de la Défense.

"A la suite d'un appel concernant deux suspects équipés de caméras et qui auraient diffusé en direct sur un média étranger, une unité de police est arrivée sur les lieux, a interrompu la retransmission et a procédé au contrôle des suspects", a indiqué la police israélienne dans un communiqué.

"Les suspects, qui se sont présentés comme journalistes, ont présenté une carte de presse périmée et ont été emmenés pour interrogatoire".

La censure militaire israélienne interdit aux médias de réaliser des retransmissions en direct pendant les alertes aériennes ou de divulguer l'emplacement exact des impacts.

CNN Türk est une chaîne d'information turque qui opère sous licence de la société mère CNN International.

"Bloquer des journalistes chargés d'informer le public et ne pas les protéger en zone de guerre constitue une violation de la liberté de la presse", a déclaré le TGS, exhortant Israël à les libérer. (AFP, 3 mars 2026)

Appel pour libérer trois journalistes arrêtées pour des images tournées près d'une base militaire

Le syndicat des journalistes de Turquie (TGS) a exigé la libération de trois journalistes arrêtés en lien avec des images tournées près d'une base aérienne sensible qui accueille des troupes américaines dans le sud du pays.

Ces arrestations sont intervenues dans un contexte de tensions croissantes à la suite des frappes israéliennes et américaines contre l'Iran, qui a riposté par des tirs de missiles contre les États du Golfe abritant des bases américaines et contre Israël.

Les images avaient été tournées par un des trois journalistes près de la base aérienne d'Incirlik pour l'agence de presse indépendante turque Anka, au moment où Israël et les États-Unis commençaient à frapper l'Iran.

Incirlik, situé à 10km de la ville turque d'Adana (sud) abrite une base aérienne turque hébergeant des forces américaines depuis des décennies. Il s'agit d'un site clé de l'Otan en Turquie, utilisé à la fois par les militaires américains et turcs.

Les images ont été tournées par Koza TV, qui avait été mandatée pour fournir des séquences à Anka.

Parmi les personnes arrêtées figurent le rédacteur en chef d'Anka, Kenan Sener, le reporter de Koza TV, Sergen Olcer, et la directrice générale de Koza TV, Mehlika Bilen, a indiqué le syndicat de journalistes, dénonçant une mesure "inacceptable".

"Il est inacceptable que des journalistes faisant leur travail sur un sujet étroitement lié à une guerre susceptible d'éclater dans notre région soient détenus. Nous sommes aux côtés de nos collègues. Les journalistes doivent être libérés immédiatement.

#LeJournalismeNEstPasUnCrime", a-t-il écrit sur X.

Ils ont été placés en détention pour violation de la loi sur les zones militaires et de sécurité restreintes, a indiqué Reporters sans frontières (RSF).

Après cette affaire, Anka a interrompu retiré les images de son site, s'excusant "pour les malentendus causés par (ses) publications sur les réseaux sociaux et (ses) diffusions en direct effectuées dans le cadre de (ses) missions journalistiques".

Erol Ongeroglu, le représentant pour la Turquie de l'ONG Reporters sans frontières (RSF) basée à Paris, avait confirmé samedi les arrestations, indiquant à l'AFP que l'enquête avait été ouverte pour "violation de la loi sur les zones militaires et de sécurité d'accès restreint".  (AFP, 1 mars 2026)

Turkey blocks 41 social media accounts over ‘disinformation’ on Iran war

Turkey has blocked access to 41 social media accounts and removed 75 posts from digital platforms over what authorities described as "disinformation" and "provocative content" related to the ongoing conflict involving the US, Israel and Iran.

Presidential Communications Director Burhanettin Duran announced the measures in a written statement, saying that “intensive disinformation and psychological warfare activities targeting Turkey on digital platforms” have been detected recent developments in the region.
Duran said that from the first moments after attacks targeting Iran began, some social media accounts had shared unverified information "intended to create fear, panic, and distrust in society."

"Legal proceedings have been initiated against these and other accounts under review that were found to be conducting psychological warfare through posts containing criminal elements," said the official.

The statement did not provide specific details about the content of the blocked accounts or removed posts.

The actions were carried out in under the coordination of the Communications Directorate and involved the General Directorate of Security’s cybercrime department, the Information and Communication Technologies Authority, and chief public prosecutors’ offices, according to the statement. (BIA, 6 March 2026)

Deux journalistes arrêtés près d'une base aérienne abritant des forces

Deux journalistes turcs travaillant pour l'agence de presse turque Anka ont été arrêtés samedi pour avoir filmé en direct une base aérienne sensible abritant des troupes américaines dans le sud de la Turquie, a annoncé Anka.

"Deux journalistes ont été interpellés (...) dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet d'Adana concernant la diffusion par l'agence de presse Anka d'images des alentours de la base aérienne d'Incirlik", a indiqué l'agence.

Ces arrestations interviennent dans un contexte de tensions croissantes à la suite des frappes israéliennes et américaines contre l'Iran, qui a riposté par des tirs de missiles contre les États du Golfe abritant des bases américaines et contre Israël.

Incirlik, situé à 10km de la ville turque d'Adana (sud) abrite une base aérienne turque hébergeant des forces américaines depuis des décennies. Il s'agit d'un site clé de l'Otan en Turquie, utilisé à la fois par les militaires américains et turcs.

Les journalistes interpelés, qui filmaient en direct à l'extérieur de la base, travaillaient pour Koza TV, une société fournissant des images à Anka, selon l'agence.

L'antenne locale de l'union des journalistes TSG a confirmé à l'AFP que "trois personnes de Koza TV sont actuellement détenus" : deux journalistes video et le directeur général de ce média.

Dans un communiqué partagé par Anka, le parquet d'Adana a indiqué avoir ouvert une enquête et ordonné les arrestations au motif que "partager des images du site, des dispositifs de sécurité et de l'organisation physique d'installations militaires présente un risque pour la sécurité nationale".

Erol Ongeroglu, le représentant pour la Turquie de l'ONG Reporters sans frontières (RSF) basée à Paris, a confirmé les arrestations, indiquant à l'AFP que l'enquête avait été ouverte pour "violation de la loi sur les zones militaires et de sécurité d'accès restreint".

A la suite de l'ouverture de l'enquête, Anka a retiré les images de son site internet, et publié un communiqué présentant des excuses pour "l'incompréhension suscitée par les retransmissions en direct menées dans le cadre de (ses) obligations journalistiques".(AFP, 28 fév 2026)

Seven journalists convicted for taking photos at courtroom

A court in Ankara has convicted seven journalists for “recording audio and video” during a trial, according to a report by the Media and Law Studies Association (MLSA).

The case concerns the journalists' May 2024 coverage of the final hearing of the Kobanî case, a high-profile trial targeting more than 100 Kurdish politicians, including former MPs and party leaders.

The Ankara Western 14th Penal Court of First Instance ruled that law enforcement had documented the journalists using phones and tablets during the session, concluding that “the crime has been proven.”

The case was processed under a simplified trial procedure, and the court issued sentences without opening a formal hearing. Prison terms of one month were reduced to 18 days, with some sentences converted to fines. Damla Kırmızıtaş’s verdict was postponed, while Fatih Polat was subjected to a stricter regime due to a previous conviction.
'Only evidence was a police report'

The journalists’ lawyers argued that their clients did not record any audio or video and that the only evidence was a police report.

They said no technical analysis or concrete recordings were found, adding that the journalists were simply performing their public duty to inform.

The defense also criticized the ruling as an excessive interference with press freedom, noting that no explicit ban was communicated during the trial.

The convicted journalists are Damla Kırmızıtaş, Derya Okatan Albayrak, Fatih Polat, Fırat Can Arslan, Handan Ceren Bayar, Hüseyin Hayatsever, and Kaan Can Bircan.

Investigations initially targeted 21 journalists. Some reporters from Hürriyet, ANKA News Agency, Ulusal Kanal, SZC TV, VOA, Gazete Duvar, Evrensel, Reuters, and Medyascope accepted a simplified prepayment, while the cases of seven who refused proceeded to trial. (BIA, 25 Feb 2026)


Singer Hadise faces criticism over UNICEF Ramadan campaign video

Pop singer Hadise has drawn criticism following her appearance in a Ramadan-themed fundraising video for the United Nations Children's Fund (UNICEF). The singer faced backlash on social media for her remarks regarding Turkey’s humanitarian status.

In the video, Hadise highlighted Ramadan as a month of sharing and solidarity. She noted that UNICEF supports children in the most difficult circumstances because "no child should go hungry."

"From Turkey to Gaza, from Sudan to Africa, children need hope at the iftar table," Hadise said in the video. She encouraged viewers to make donations to the organization to "make a real difference in a child's life."

'Unacceptable'

Oktay Saral, a chief advisor to President Recep Tayyip Erdoğan, criticized the singer on social media, arguing that the comparison was inappropriate.

Saral stated that placing Turkey in the same sentence as Gaza and Sudan as a country "in need of help" is an "unacceptable attitude."

"Turkey is not the subject of crisis regions, but a country that brings aid to those places," Saral wrote, describing Hadise's statements as "disconnected from reality and damages the country's reputation."

Hadise urges calm

Hadise responded to the criticism by deleting the video and issuing a statement emphasizing her role as a UNICEF Child Rights Advocate since 2022.

"I am a woman in love with this motherland," Hadise said, adding that she acted with good intentions to support children and that the text was provided to her by the organization.

She stated that she acted with good intentions to support children and that the text was provided to her by the organization.

"I wish for all of us to stay away from sentences full of anger and marginalizing emotions during Ramadan," she added. (BIA, 24 Feb 2026)


L'avocat du journaliste Hakan Tosun dénonce le chef d'inculpation des suspects

L'avocat du journaliste turc Hakan Tosun, décédé en octobre à Istanbul, a dénoncé lundi le chef d'inculpation des accusés, estimant qu'il "avait été tué délibérément", contrairement à ce qu'affirme le réquisitoire.

Pour son avocat Cemal Yücel, le journaliste de 50 ans, spécialiste de l'environnement "Hakan Tosun été tué délibérément. Mais l'inculpation par le procureur mentionne des coups ayant entrainé la mort sans intention de la donner", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Selon les caméras de surveillance et la police qui les arrêtés, Hakan Tosun a été violemment agressé par deux hommes âgés de 18 et 24 ans.

Le défenseur a notamment fait valoir un nouveau rapport d'autopsie selon lequel la cause du décès du reporter est "une hémorragie cérébrale" causée par un "traumatisme crânien provenant de coups portés par un objet contondant, ainsi que des fractures au niveau du visage".

Le rapport confirme l'absence de traces d'alcool et de stupéfiants.

"Il s'agit manifestement d'un homicide intentionnel. Nous n'acceptons pas ce réquisitoire préparé par le procureur", a insisté M. Yücel.

"Nous espérons que la cour ne rendra pas une décision conforme à ce scandaleux chef d'inculpation", a-t-il ajouté.

Le journaliste enquêtait en particulier dans la région d'Hatay (sud) et sur la reconstruction après le violent séisme de 2023 qui avait fait au moins 53.000 morts.

Une première autopsie dont les conclusions ont été rendues publiques début janvier par la famille attestait que M. Tosun a été "battu et est décédé après de terribles violences, prolongées et atroces", ce que montraient déjà les images des caméras de surveillance qui ont enregistré l'agression dans un quartier excentré d'Istanbul.

"Parce que nous soupçonnons qu'il y a des personnes derrière les assaillants, du fait que Hakan Tosun était journaliste et écologiste et que ses reportages et documentaires ont dérangé certains individus, nous avons saisi à plusieurs reprises le parquet, lui demandant d'enquêter pour déterminer s'il y a quelqu'un derrière eux, s'il existe un instigateur", a déclaré l'avocat.

Mais ces demandes sont restées lettre morte, a-t-il déploré.

Selon lui le procureur agit "comme s'il était l'avocat des (agresseurs), les défend et, en substance, revient à dire +Libérez-les dès que possible+", s'est-il insurgé. (AFP, 23 fév 2026)

Judiciary responsible for nearly 70% of violations against journalists in Turkey

Judicial authorities were responsible for over two thirds of documented violations against journalists and media outlets in Turkey in 2025, according to an annual report released by the Media Freedom Rapid Response (MFRR).

The report documented 259 violations affecting 137 journalists and media outlets throughout the year, noting that press freedom in Turkey "deteriorated further in an increasingly restrictive political climate."

According to the report, 97 legal cases affected 200 journalists and media entities. Arrest, detention, and imprisonment were the most frequent forms of interference, with 68 documented cases involving 131 journalists. At least 22 were convicted over their reporting.

Broadly worded legal provisions, such as the “disinformation law,” anti-terror legislation, and laws against “insulting the president,” were used to criminalize routine journalistic activities, including reporting on corruption, elections, and public institutions, the report notes. Dawn raids and prolonged pretrial detention were also used as intimidation tactics.

Alongside local reporters, prominent journalists such as Timur Soykan, Barış Pehlivan, Nevşin Mengü, İsmail Saymaz, Fatih Altaylı, and Enver Aysever faced arrest or prosecution for political commentary.

Non-custodial judicial controls, such as travel bans, signature requirements, and house arrest, were widely imposed, further restricting journalistic activity.

The report also noted extended access restrictions on social media as authorities throttled access to services including X, YouTube, Instagram, TikTok, Telegram, WhatsApp, and Signal, particularly during protest periods.

Numerous websites and social media accounts, including those of LGBTI+ rights group Kaos GL, were blocked by court orders. (BIA, 23 Feb 2026)

Iranian journalist leaves Turkey for third country to avoid deportation to Iran

Iranian journalist and human rights activist Saeid Hassanzadeh Siahgourabi, who was at risk of deportation to Iran, has been transferred to a third country at his own request, according to his lawyer.

Salih Efe confirmed to that Siahgourabi left Turkey yesterday evening. He did not specify the destination country but stated that it was not Iran.

“Siahgourabi did not want to remain under administrative detention for months in poor conditions,” Efe said, adding that deportation centers in Turkey are in poor shape in terms of physical infrastructure, psychological impact, and hygiene.

“He requested to be sent to a third country other than Iran," he said.

Siahgourabi was arrested in Iran for participating in the protests that took place in 2009. He was detained for nearly four months in Tehran’s notorious Evin Prison, where he was reportedly subjected to mistreatment and threats during interrogation.

Following his conditional release, he was sentenced to one year and ten months in prison. Another case was later opened against him, prompting his departure from Iran. He arrived in Turkey in 2010.

On Feb 9, Siahgourabi was detained near his home in İstanbul and taken to the Arnavutköy Removal Center as part of deportation proceedings. At the time of his detention, he had been waiting for a visa to France. (BIA, 23 Feb 2026)


Kurdish Question / Question kurde

En Irak, des combattants kurdes attendent dans un bunker le soulèvement en Iran

Dans un repli des montagnes du nord de l'Irak, l'entrée du tunnel est à peine visible. Sous terre, un groupe de rebelles kurdes, nourri de gauchisme et de féminisme, attend un soulèvement en Iran pour bouger, avec ou sans soutien américain.

Après s'être déclaré "tout à fait favorable" à une offensive kurde contre l'Iran, le président américain Donald Trump a affirmé le 7 mars dernier ne plus souhaiter une telle opération.

"S'il y a une attaque contre le peuple kurde (...) alors oui, par tous les moyens, nous sommes prêts à résister", assure à l'AFP la commandante Rôken Nerada, 39 ans, dont dix-sept au sein du Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK).

"Je pense que nous pouvons faire valoir nos droits sans l'aide des Etats-Unis" insiste-t-elle, posant à côté du portrait du chef kurde emprisonné Abdullah Öcalan.

Le PJAK est affilié au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), fondé par "Apo" (oncle) Öcalan, interdit en Turquie et considéré comme organisation terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux.

Une trentaine de combattants, hommes et femmes en sarouel et treillis, se retrouvent autour d'une table richement garnie qui attire deux chats. Sous les portraits des "martyrs" tombés au combat et d'un écran plat qui diffuse les images de Téhéran et Beyrouth en feu.

Le groupe assure disposer de quelque 200 caches comme celle-ci, sous les crêtes qui séparent l'Iran et la région du Kurdistan autonome d'Irak, à plus de 2.000 m d'altitude.

Mais derrière la rhétorique guerrière, ces dernières années le poids des groupes kurdes iraniens s'est considérablement affaibli, alors qu'ils ont longtemps mené des attaques contre les forces de sécurité iraniennes à la frontière. Et si cette lutte est plus discrète, c'est notamment du fait des pressions de l'hôte irakien.

- Lénine et Socrate -

Depuis le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, Téhéran frappe régulièrement les positions des rebelles kurdes en Irak et a menacé de viser "toutes les infrastructures" du Kurdistan irakien, si des combattants franchissent la frontière.

Rôken Nerada assure toutefois qu'aucun de ses combattants clandestins n'a récemment traversé côté iranien.

Dans son bunker, le couloir étroit qui s'enfonce sous terre dessert plusieurs pièces - chambres, cuisine et sanitaires, salles de réunion et bibliothèque moquettée d'ouvrages en kurde, persan, arabe et turc.

"Politique, féminisme, histoire, philosophie, Nietzsche, Lénine, Socrate" énumère Shwan (nom d'emprunt), trentenaire élancé originaire de Sanandj, capitale du Kurdistan iranien, qui après avoir embrassé l'anarchisme puis le marxisme "et avoir beaucoup lu et étudié" a rejoint le PJAK à 26 ans.

"On est tous prêts au combat, surtout après ce qu'ils ont fait au peuple", dit-il, évoquant la répression impitoyable de Téhéran contre les manifestations en janvier.

Mais faisant marche arrière, Donald Trump a affirmé samedi "ne pas compter sur les Kurdes" pour éviter une guerre encore "plus complexe", a-t-il justifié.

"Une attaque terrestre n'est pas à l'ordre du jour à ce stade", reconnaissait la semaine dernière le co-commandant du PJAK, Amir Karimi.

"Le principal, c'est que la population elle-même devienne une force motrice. Il faut un soulèvement populaire" disait-il à l'AFP, assurant qu'à ce moment-là, son groupe pourrait alors apporter un "soutien extérieur."

"Nous n'attendons pas que l'Iran ou les États-Unis nous donnent le feu vert", insistait-il, tout en évoquant un "dialogue", un "échange politique" -et non sécuritaire- entamé avec les Américains.

"Les Kurdes auront besoin de garanties pour assurer l'avènement d'un Iran démocratique" soulignait-il. "Qui peut garantir que, demain, (les Etat-Unis) ne soutiendront pas un autre dictateur?".

"Nous ne voulons pas juste remplacer un dirigeant par un autre", confirme la commandante Nerada. (AFP, 11 mars 2026)

Décès de Salih Muslim, figure de l'autonomie des Kurdes en Syrie

Le dirigeant kurde syrien Salih Muslim, figure de l'autonomie politique acquise par la minorité kurde en Syrie, est décédé mercredi au Kurdistan d'Irak, au terme d'un long combat contre la maladie, a annoncé son parti dans un communiqué.

Il a longtemps co-présidé le Parti de l'Union démocratique (PYD), principale formation politique kurde de Syrie qui a joué un rôle central dans l'avènement d'une région autonome avec ses forces de sécurité et ses propres institutions dans le nord-est du pays.

Les Kurdes syriens ont toutefois été contraints en janvier de signer un accord douchant leurs espoirs d'autonomie, après avoir été attaqués par les forces du président syrien Ahmad al-Chareh, déterminé à asseoir son autorité sur l'ensemble du territoire syrien.

Le parti de Salih Muslim a salué dans un communiqué un homme qui "a consacré sa vie à la cause de son peuple, et à la défense de leurs droits légitimes."

Il est décédé à Erbil, capitale du Kurdistan autonome d'Irak, "au terme d'un long combat contre la maladie", a précisé le communiqué du PYD.

Des amis et membres du parti se sont rassemblés devant un hôpital de la périphérie d'Erbil après avoir appris la nouvelle de son décès, a constaté un journaliste de l'AFP.

Son corps sera transféré jeudi en Syrie pour y être enterré.

Né en 1951 en Syrie, M. Muslim est originaire de la ville de Kobané, symbole de la première victoire des forces kurdes contre les jihadistes du groupe Etat islamique en 2015. (AFP, 11 mars 2026)

Un haut commandant kurde nommé ministre adjoint à la Défense en Syrie

Damas a nommé mardi un haut commandant des forces kurdes, Sipan Hamo, au poste de ministre adjoint à la Défense, en application de l'accord conclu entre l'Etat syrien et les Kurdes fin janvier.

Sipan Hamo a été l'un des fondateurs et a dirigé les puissantes Unités de protection du peuple (YPG). Il a participé aux négociations avec Damas ayant abouti au texte qui vise à intégrer les forces et institutions kurdes à l'Etat central.

Il a été nommé "adjoint au ministre de la Défense pour la région est" qui correspond aux zones sous contrôle kurde, a indiqué un responsable du ministère, Assem Ghalioun, cité par les médias officiels.

Les YPG constituent l'ossature des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui ont été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI), défaits en Syrie en 2019.

L'accord de janvier, annoncé après des mois d'impasse et de violents combats, porte un coup aux espoirs d'autonomie des Kurdes qui contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, avant de se retirer d'une partie.

Il prévoit que les forces de sécurité de Damas se déploient dans la zone autonome kurde, établie par cette minorité au cours de la guerre civile (2011-2024).

Les FDS pour leur part seront regroupées au sein d'une division de l'armée syrienne, constituée de trois brigades.

En vertu de l'accord, les Kurdes devaient en outre proposer des candidats pour les postes de ministre adjoint de la Défense et de gouverneur de leur bastion de Hassaké.

Fin février, Damas avait nommé un gouverneur kurde pour cette province, Nour al-Din Ahmed Issa.

Le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a renversé à la tête d'une coalition islamiste Bachar al-Assad en décembre 2024, est déterminé à asseoir son autorité sur l'ensemble du territoire syrien. (AFP, 10 mars 2026)

Au Kurdistan irakien: "Cette guerre n'est pas la mienne"

Des combattants kurdes, il a gardé le sarouel kaki, la vareuse cintrée et le foulard noué à la taille. Bien que récemment retraité, Satar Barsirini ne renonce pas à l'uniforme des peshmergas pour bêcher son lopin.

Pioche en main sur une route pratiquement désertée du Kurdistan autonome, dans le nord de l'Irak, à une vingtaine de km de la frontière avec l'Iran, il pointe le ciel régulièrement traversé d'avions et de drones depuis le début de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis sur le pays voisin.

"Ils arrivent de partout. Surtout la nuit", relate-t-il samedi à l'AFP dans le hameau de Barsirini dont il porte le nom, à 50 km de la frontière. Les drones aussi: "ça crée comme une vibration autour, quand ça touche" le sol.

"Je plains les gens, parce que nous avons payé cher de notre sang pour libérer le Kurdistan. Nous voulons juste vivre".

La capitale du gouvernement autonome du Kurdistan irakien, Erbil, et les vallées qui la séparent de la frontière sont régulièrement ciblées par Téhéran et ses affidés qui visent des bases américaines ou des positions de partis kurdes iraniens.

Jeudi, le président américain Donald Trump a déclaré être "tout à fait favorable" à une offensive des combattants kurdes iraniens en Iran - sans préciser si Washington leur fournirait une couverture aérienne.

Washington a par le passé abandonné les Kurdes dans la région, mais les kurdes iraniens pourraient vouloir s'allier avec les Américains et profiter d'un affaiblissement du pouvoir iranien, espère-t-il.

En réponse, l'Iran a menacé vendredi de prendre pour cible "toutes les installations" de la région si des combattants kurdes entraient sur son territoire.

"Cette guerre n'est pas la mienne", répond l'ancien peshmerga irakien de 58 ans qui se souvient de la terrible répression et de l'exode dans les montagnes enneigées après le soulèvement kurde de 1991 en Irak, à l'issue de la première Guerre du Golfe.

 - "Des gens dangereux" -

 L'armée irakienne avait alors repris la région en mains avec la bénédiction de la Maison Blanche.

Depuis, Sardar Barsirini se méfie des Américains: "je ne leur fais pas confiance. Ce sont des gens dangereux qui ont laissé Saddam (Hussein) et l'armée irakienne nous écraser".

"Quand nous avons dû fuir pour sauver nos vies, l'Iran nous a accueillis et nourris. C'est impossible de nous retourner contre eux aujourd'hui" assure-t-il.

Les Kurdes, considérés comme l'un des plus importants peuples sans Etat au monde, forment en Iran l'une des principales minorités non persanes, persécutés sous l'ancien pouvoir du Shah et en lutte contre la République islamique.

Après une semaine, l'impact de la guerre se fait sentir sur la vie de la région, témoignent les habitants désemparés.

"Les gens sont inquiets" reconnaît Nasr al-Din, policier de 42 ans qui a vécu, enfant, l'exode de 1991 "jeté sur le dos d'un âne avec ma soeur".

"Ils ont peur. Cette génération est différente des anciens qui ont fait la guerre" et elle "est inquiète, car tu es chez toi, sans rien à voir avec quoique ce soit et, d'un coup, un drone frappe ta maison ou tout près".

"Il faudra peut-être qu'on parte en ville, ou ailleurs se mettre en sécurité", confirme Issa Diayri, un chauffeur routier de 31 ans, jeune père de famille, qui patiente dans un garage en bord de route, son camion à l'arrêt faute de livraisons en provenance d'Iran.

 - "Tristesse" -

 A Soran, petite ville de 3.000 habitants à 64 km de la frontière, touchée jeudi par un drone tombé en pleine rue, le boulanger Yussef Ramazan, 42 ans, et ses trois mitrons se hâtent de cuire les pains avant l'iftar, repas de rupture du jeûne du mois de ramadan.

"Même pour des nourritures simples, les gens ont peur de venir" regrette-t-il. "Nous voulons que tout ça se termine vite. Ce n'est pas bon pour la région de s'impliquer dans cette guerre. Nous ne sommes même pas encore un pays indépendant. Pour l'instant nous ne sommes rien, donc nous ne devrions pas nous en mêler", conclut-il.

En face, "Hajji" regarde la rue se vider depuis sa teinturerie déserte. "Avant, le soir, c'était vivant ici après l'iftar", constate-t-il en refusant de s'identifier.

"Mais après l'explosion du drone, en cinq minutes, tout le monde a quitté la rue", dit-il l'oeil triste en soulignant "la tristesse, plus que la colère" de ses riverains. (AFP, 7 mars 2026)

PKK leader Öcalan issues new message on anniversary of disarmament call

Abdullah Öcalan, the imprisoned leader of the Kurdistan Workers’ Party (PKK), issued a new message on the anniversary of his call for the group to lay down arms.

The message was read out in Ankara by Pervin Buldan, co-chair of the Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party, during a meeting titled “First Anniversary of the Call for Peace and a Democratic Society.”

Buldan said the statement was conveyed by Öcalan during a meeting held on Feb 16 with a DEM Party delegation.

Here is the full text of the message:

Our call on February 27, 2025, is a declaration that where democratic politics comes to life, weapons lose their meaning; it is a proclamation that the choice has been clearly made in favor of politics, representing an integrity of principles. We have essentially managed to overcome the negative period of rebellion through a unilateral will and practice. The process we have left behind has proven our negotiating capability and our strength to ensure the transition from the politics of violence and polarization to democratic politics and integration. Our calls, conferences, and congresses were directed toward this goal. The organization's decisions to dissolve and put an end to the armed struggle strategy have demonstrated a purification from violence and a preference for politics not only officially and practically, but also mentally. This was, at the same time, a declaration of making peace with the republic at the level of political consciousness.

Over the past year, I have found the will of Mr. Recep Tayyip Erdoğan, the call of Mr. Devlet Bahçeli, the contribution of Mr. Özgür Özel, and the efforts of all other political, social, and civil individuals and institutions who have made positive contributions to the Process in Türkiye highly valuable. And I once again commemorate our friend Sırrı Süreyya Önder with great respect and longing.

There can be no Turk without a Kurd, and no Kurd without a Turk. The dialectic of this relationship has a historical uniqueness. The foundational texts during the establishment of the Republic expressed the unity of Turks and Kurds. Our February 27 call is an attempt to revive this spirit of unity and a demand for a Democratic Republic. We aimed to break the mechanism that feeds on bloodshed and conflict. Acting according to narrow, short-term political interests, rather than seeing the historical nature of the problem, its gravity, and the risks it may produce, weakens us all. Attempting to perpetuate denial and rebellion is an attempt to make the greatest irregularity the rule. We are removing the obstacles before the brotherhood that has been sought to be reversed over the last two hundred years, and we are fulfilling the requirements of the law of fraternity. We want to discuss how to come together and how to live together.

Now we must transition from the negative phase to the positive phase of construction. The door is opening to a new political era and strategy. We aim to close the era of politics based on violence and to open a process based on a democratic society and the rule of law, and we invite all segments of society to create opportunities and take responsibility in this direction.

Democratic society, democratic consensus, and integration are the building blocks of the mindset of this positive era. The positive phase excludes methods of struggle based on force and violence. In positive construction, the goal is not to seize any institution or structure, but for every individual in society to attain the responsibility to take part in social construction. The aim is to build together with the society and within the society. Oppressed segments, ethnic groups, religious, and cultural groups can claim their own creations through an uninterrupted and organized democratic struggle. It is important for the state to be sensitive to democratic transformation during this process.

Democratic integration is at least as important as the foundation of the Republic. It is a call that contains as much existence and wealth in terms of meaning, future, and power. At its core is the democratic society model. It is the alternative to polarizing or, conversely, assimilationist methods. The transition to democratic integration necessitates laws of peace. The democratic society solution, on the other hand, envisions the establishment of an architecture and a legal framework in political, social, economic, and cultural dimensions.

The cause of many problems and crises experienced today is the absence of a democratic rule of law. We base our approach on a legal solution framed by democratic politics. We need an approach that will allow space for a democratic society, allow space for democracy, and establish strong legal guarantees for this.

The citizenship relationship should be founded not on belonging to a nation, but on the bond with the state. We advocate for a free citizenship grounded in being free in one's religion, nationality, and thought. Just as religion and language cannot be imposed, neither should nationality. A constitutional citizenship relationship, based on democratic boundaries and the integrity of the state, encompasses the right to freely express religious, ideological, the identity, and national existence, and the right to organize.

Today, no system of thought can survive without basing itself on democracy. Fluctuations, tensions, and crises are temporary; democracy is what will eventually be permanent. Our call aims to find a solution to the problem of living together and the state of crisis it produces, not only in Türkiye but in the Middle East. We defend the rights of all those who have suffered injustice to exist and freely express themselves.

Women are at the forefront of the social forces without which no society or state can sustain itself. Today, domestic violence, femicides, and patriarchal oppression are all modern projections of the historical attack that began with the enslavement of women. For this reason, women are the most libertarian component and the driving force of democratic integration.

The language of the era cannot be a dictatorial and authoritarian one. We must fundamentally allow the other party to express themselves correctly, listen to them accurately, and give them the opportunity to express their own truths.

The realization of all these matters requires an advanced collective wisdom based on mutual respect. (BIA, 28 Feb 2026)

Le gouvernement prend le contrôle d'un aéroport tenu par les Kurdes

Les autorités syriennes ont pris le contrôle de l'aéroport de Qamichli auparavant tenu par les forces kurdes, dans le cadre de leur processus d'intégration dans l'Etat central, a annoncé samedi l'agence de presse officielle Sana.

La minorité kurde, qui avait instauré une zone autonome dans le nord de la Syrie, a dû céder en février, sous la pression militaire de Damas, plusieurs de ses bastions aux forces gouvernementales.

L'aéroport de Qamichli, dont les Kurdes s'étaient emparés après la chute fin 2024 de Bachar al-Assad, passe désormais à son tour sous le contrôle des autorités de l'islamiste Ahmad al-Chareh.

Des responsables de la Direction générale de l'aviation civile syrienne ont inspecté samedi les lieux et "discuté des moyens de relancer l'activité" selon les normes internationales en vigueur, écrit l'agence Sana.

Il s'agit d'une "étape institutionnelle importante dans le processus d'unification de la gestion des aéroports sous l'égide de l'Etat", a déclaré sur le réseau social X le directeur de l'organisme, Omar al-Hussari.

L'aéroport de Qamichli, le seul du nord-est de la Syrie, a servi pendant des années de desserte vitale aux habitants de la région, en particulier pendant la guerre civile (2011-2024).

Resté sous le contrôle du gouvernement, il a continué à accueillir des vols réguliers, reliant notamment la ville à la capitale Damas. Il a aussi été utilisé comme base militaire à partir de novembre 2019 par la Russie, alliée clé de l'ex-président syrien.

L'aéroport a cessé de fonctionner après le renversement de Bachar al-Assad et Moscou a retiré ses forces début 2026.

Outre cet aéroport, les Kurdes doivent remettre à l'Etat les champs pétroliers, principale source de financement de l'administration autonome, les postes-frontières et intégrer leurs forces au sein de quatre brigades, selon l'accord annoncé fin janvier qui signe pour beaucoup le glas de l'autonomie de cette minorité. (AFP, 21 fév 2026)

Minorités / Minorities

Turkish Airlines inaugure une liaison directe avec l'Arménie

La compagnie nationale turque Turkish Airlines a effectué mercredi un premier vol direct entre Istanbul et la capitale arménienne Erevan, illustrant le lent rapprochement diplomatique en cours entre la Turquie et l'Arménie, longtemps ennemis jurés.

Ces deux villes sont déjà reliées par d'autres compagnies aériennes.

Un avion de Turkish Airlines a atterri dans l'après-midi à Erevan, selon le site internet de l'aéroport international d'Erevan, qui avait annoncé en février qu'à partir du 11 mars des vols Istanbul-Erevan-Istanbul auraient lieu chaque jour.

La fréquence des vols devrait passer à 10 par semaine en mai et à jusqu'à 14 par semaine en juin, selon cette source.

L'Arménie et la Turquie poursuivent un rapprochement prudent depuis fin 2021, date à laquelle ces deux pays avaient nommé des envoyés spéciaux afin de normaliser leurs relations, un an après la défaite des Arméniens face à aux Azerbaïdjanais, alliés de la Turquie, dans une guerre livrée pour le contrôle du Karabakh.

Erevan et Ankara n'ont toujours pas établi officiellement de liens diplomatiques et la frontière terrestre turco-arménienne est fermée depuis les années 1990.

Les Arméniens estiment qu'un million et demi des leurs ont été tués de façon systématique pendant la Première guerre mondiale par les soldats de l'Empire ottoman.

La Turquie, issue du démantèlement de l'empire en 1920, reconnaît des massacres mais récuse le terme de génocide, évoquant une guerre civile en Anatolie, doublée d'une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs sont morts.

Depuis 2022, la Turquie et l'Arménie ont pris plusieurs mesures limitées visant à améliorer leurs relations.

Ces deux pays ont convenu d'autoriser le transport aérien direct de marchandises et d'ouvrir la frontière terrestre aux ressortissants de pays tiers, bien que celle-ci ne soit pas encore effectivement rouverte.

Autre initiative modeste pour instaurer la confiance : les deux gouvernements ont annoncé en décembre la simplification des procédures d'octroi des visas pour les titulaires de passeports diplomatiques ou spéciaux. (AFP, 11 mars 2026)


Politique intérieure/Interior Politics

Ankara essaie de ménager la chèvre et le chou

Ragip Duran, TVXS.GR, 9 mars 2026
 
Ces jours-ci, à lire les quotidiens, à suivre la Toile, à regarder les émissions des TV, pas mal de citoyens des quatre coins du monde se rappellent la fameuse citation du sénateur américain de Californie Hiram Johnson (1866-1945) : ‘’La première victime en temps de guerre, est la vérité’’.
 
En effet, on peut lire dans les médias des informations les unes exactement le contraire des autres et d’ailleurs, il s’agit la plupart du temps des informations vagues, de la propagande et des opinions dont le contenu varie selon leurs sources.
 
En Turquie, comme partout, l’opinion publique, les dirigeants, les médias et voir les clients des cafés de commerce ne s’occupent que de l’intervention américano-israélienne contre l’Iran. 534 km de frontière commune entre les deux pays depuis 1639, plus environ 100 milles citoyens d’Iran résidents réguliers en Anatolie obligent la Turquie et les Turcs d’être toujours informés sur ce qui se passe chez le voisin.
 
Contre le risque d’une nouvelle vague d’immigration en provenance d’Iran, Ankara a déjà fermé les postes frontaliers, mais comme tout le monde le sait les gens qui fuient la guerre, d’ailleurs sans passeport, ne se servent pas des postes frontaliers. Ils n’aiment pas beaucoup toutes ces formalités bureaucratiques des policiers et des douaniers.
 
Avec l’augmentation du prix du pétrole, donc de tout autre produit, l’ensemble de la population souffre encore plus de la vie chère.
 
Les Kurdes, peuple autochtone des deux régions frontalières sont actuellement le principal sujet des débats :
 
- Est-ce que Washington et Tel-Aviv peuvent armer et mobiliser les Kurdes (ceux d’Iran, d’Irak, de Syrie voire de la Turquie) pour renverser complètement le régime des Mollahs ?
 
- Si les Kurdes des quatre pays se réunissent, est ce que ces quatre Etats risquent de se disloquer ?
 
Les réponses sont diverses et elles produisent de nouvelles questions.
 
Ankara a une position particulière, car elle est la seule capitale musulmane membre de l’OTAN et voisine de l’Iran. Le régime Erdogan, tant vanté par Trump a des relations d’amour et de haine vis-à-vis de l’Iran. Une majorité importante des Turcs détestent les Mollahs, les sunnites turcs sont par principe contre les chiites de Téhéran et les laïcs turcs sont également anti-Mollah.
 
La chute récente sur le sol turc d’une fusée balistique d’origine iranienne, près de la raffinerie de Ceyhan (méditerranée), le terminal de l’oléoduc Bakou-Tblissi-Ceyhan a fait couler beaucoup d’encre. Cette fusée a été abattue grâce aux systèmes de défense aérienne de l’OTAN. Téhéran a déclaré que l’Iran ne visait pas la Turquie. Mais c’est à partir de la station de Ceyhan que le pétrole est exporté vers Israël et autres pays. Des experts de Washington croient que cette fusée visait la base militaire turco-américaine d’Incirlik.
 
L’opinion publique turque est divisée sur un autre sujet :
 
- Faut-il célébrer, au nom de la lutte contre la dictature des Mollahs, l’intervention américano-israélienne ?
 
- Ou bien faut-il encore soutenir, au nom de la souveraineté et de l’indépendance d’Etat, le régime sanguinaire des islamistes ?
 
Les citoyens du pays immobilisés devant leurs écrans de TV ou de celles de leurs téléphones cellulaires sont incapables de bien comprendre les réalités de la guerre. Car ce sont des soi-disant spécialistes, tous proches du Palais Présidentiel, théologiens ou universitaires en sciences physiques qui font des analyses très profondes incompréhensibles et en tout cas complètement coupées des réalités régionales. Les sentiments et les excitations remplacent les faits et les chiffres. La rationalité y est absente, la propagande est omniprésente. L’animosité anti-kurde et la solidarité musulmane couvrent leurs positions pro-américaines et pro-israéliennes.
 
Erdogan n’a pas le courage de s’opposer contre les visées de Trump et il n’a pas non plus une attitude contre le régime de Téhéran.
 
Ankara n’a pas pu jusqu’aujourd’hui bien gérer les crises politico-militaires au Moyen-Orient. La diplomatie turque depuis au moins 20 ans a perdu son efficacité et son prestige aux dépens de l’armée turque. Cette dernière n’est pas non plus au plus haut niveau de sa puissance.
 
La deuxième victime en temps de guerre serait donc les Etats indécis, sans stratégie et dépourvue du soutien de l’ensemble de la nation.
 

Un après l'arrestation de son champion, l'opposition dans l'ornière

Un an après son arrestation et à la veille de son procès pour corruption, le retour en scène de la principale figure de l'opposition en Turquie, le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, parait improbable d'ici la prochaine élection présidentielle et son parti se débat sous les procédures judiciaires.

Principal rival du président Recep Tayyip Erdogan, Ekrem Imamoglu, 54 ans, doit comparaître lundi à l'ouverture d'un méga-procès pour corruption de plus de 400 accusés lors duquel il encourt une peine possible de 2.430 ans de prison.

Les procureurs affirment que l'édile, réélu haut la main en 2024 à la tête de la principale et la plus riche ville de Turquie, dirigeait un vaste réseau criminel sur lequel il étendait son influence, désigné "comme une pieuvre".

M.Imamoglu a été incarcéré en mars 2025, le jour même où son parti CHP (social-démocrate), premier parti d'opposition au parlement, le désignait comme candidat à l'élection présidentielle prévue en mai 2028 et probablement anticipée.

Même s'il devait être blanchi des accusations de corruption, le maire se heurte à un obstacle juridique encore plus décisif : l'annulation (contestée en justice) de son diplôme universitaire, exigé par la Constitution pour les prétendants à la présidence.

- "Chance nulle" -

 Bien que le CHP n'ait pas publiquement envisagé d'alternative, les observateurs s'attendent à ce que le chef du CHP, Özgür Özel, endosse le rôle si Ekrem Imamoglu était empêché.

"Les chances d'Imamoglu de revenir en politique avant une élection présidentielle sont nulles", assure à l'AFP Halil Karaveli, du Central Asia-Caucasus Institute à Stockholm. "Dans le cas très improbable où il serait acquitté, il reste la question de son diplôme universitaire ce qui, bien sûr, le disqualifierait", explique-t-il.

Le CHP a remporté une victoire écrasante aux élections municipales de mars 2024 contre l'AKP, le parti au pouvoir de M. Erdogan, consolidant son emprise sur les grandes villes du pays dont Istanbul et la capitale, Ankara. Mais il est, depuis, l'objet d'un véritable harcèlement judiciaire avec quinze de ses maires élus derrière les barreaux.

Burhanettin Bulut, haut responsable du CHP, accuse le gouvernement "d'utiliser la justice comme une arme pour façonner la politique dans les couloirs des tribunaux" depuis sa défaite électorale de 2024.

"Beaucoup de nos municipalités ont été la cible d'opérations illégales, nos maires élus et nos partenaires ont été emprisonnés, au mépris de la volonté du peuple", déclare-t-il à l'AFP.

Pour le CHP, le procès du 9 mars impliquant M. Imamoglu et 407 autres prévenus "n'est pas une simple procédure contre un maire, mais une étape cruciale pour l'État de droit et l'avenir de la démocratie".

"Il s'agit pour nous de faire respecter la volonté des électeurs et de protéger l'État de droit", martèle M. Bulut. "Nous allons présenter des arguments de défense solides tout en démontrant un engagement sans faille en faveur de la démocratie".

Le CHP prévoit d'installer un campement de tentes par solidarité pendant la durée du procès au tribunal de Silivri, qui jouxte la vaste prison où M. Imamgolu et ses collaborateurs sont détenus, à 80 km à l'ouest d'Istanbul.

- Qui pour remplacer Imamoglu ? -

 Pour l'organisation Human Rights Watch (HRW), ce procès "motivé par des considérations politiques soulève de graves questions quant à l'équité de la procédure" et "révèle une volonté concertée d'écarter Imamoglu de la vie politique".

Il "fait suite à plus d'un an d'instrumentalisation du système pénal contre son parti et d'autres élus du CHP", souligne l'organisation dans un communiqué. Il relève "qu'à l'instar de nombreux autres procès à motivation politique en Turquie, l'essentiel des preuves repose sur les déclarations de quinze témoins anonymes".

La plupart des observateurs à Ankara envisagent des élections anticipées à l'automne 2027, permettant à M. Erdogan de se représenter avant expiration de son actuel mandat qui devait être le dernier selon la Constitution.

M. Bulut a assuré à l'AFP que le CHP soutient toujours la candidature d'Ekrem Imamoglu. "Cependant, en cas d'obstacles juridiques ou politiques, nous agirons (autour) du nom qui recueillera le soutien le plus fort".

Et bien qu'aucun nom n'ait été prononcé, pour M.Karaveli, Özgür Özel, qui dirige le parti depuis son échec à la présidentielle en 2023, serait le candidat "naturel".

"Il a fait un excellent travail pour devenir un leader populaire", fait valoir le chercheur qui pense "qu'il a une chance". (AFP, 6 mars 2026)

La solitude diplomatique approfondie d’Ankara

Ragip Duran, TVXS.GR, 22 février 2026

L’ensemble des observateurs constate les contradictions entre le discours officiel turc et les développements concrets sur le terrain concernant la diplomatie d’Ankara.

Erdogan et ses partisans ne cessent de répéter que “la Turquie est une grande meneuse de jeu au Moyen-Orient de plus en Méditerranée, aux Causasses voire en Europe”. Ils prétendent également que “même un oiseau ne peut voler dans la région sans l’accord de la Turquie”. Par ailleurs, le ministre turc des affaires étrangères Hakan Fidan adopte depuis longtemps un discours “pas du tout diplomatique” “très dur” voire “menaçant ses voisins”, “à la limite du bélligerantisme” estiment ses opposants. Il y a même des personnalités proches du Palais qui critiquent les politiques de Son Excellence Fidan. Vu que ce dernier est en même temps présente comme le probable successeur du Président Erdogan, Fidan n’est sûrement pas aujourd’hui l’homme politique le plus populaire du pays. Les chroniqueurs, les théoriciens et idéologues d’Erdogan attaquent en général la Grèce, l’Irak, Chypre (qu’ils appellent l’Administration Grecque de Chypre du Sud) mais se taisent quand il s’agit du Washington, de Moscou ou bien de Beijing.

Malgré les vagues de propagande dans les médias qu’elle dirige, Ankara est de plus en seul sur la scène diplomatique.

Lors de la récente 61e Conférence de Munich sur la Sécurité, le nom de la Turquie a été cité peut-être au maximum 3 ou 4 fois. Alors que le Général Mazloum Abdi, Président des Forces Démocratiques de Syrie (FDS) y fut accueillis comme l’invité d’honneur. Il a eu des entretiens tête à tête avec plusieurs dirigeants européens. Ankara a reçu un nouveau coup quand le ministre des affaires étrangères de Damas, M. Assaad Hassan Al-Chaibani, pourtant connu comme un responsable proche d’Ankara, a déclaré que “les FDS ne sont pas nos ennemis, mais ils sont nos partenaires syriens”. Alors que le régime turc qualifie les FDS, comme la branche syrienne du PKK, et une organisation terroriste. Les relations de Damas avec Israël posent également un problème au Palais présidentiel à Ankara.

Faut-il également mentionner que le développement des relations de la Grèce avec Chypre, Egypte et Israël (encore) démontre les failles de la diplomatie turque ?

Ankara a essayé début février de réanimer les rapports avec l'Union européenne quand Mme Marta Kos, la Commissaire européenne à l'Élargissement de la Commission européenne s’est rendue à la capitale turque. En vain… Car il y a beaucoup d’obstacles politique, juridique et institutionnel pour déchiffrer les rapports entre Bruxelles et le régime turc.

Ankara, malgré tout, est content de participer à la réunion au sommet organisée par Trump, nommé “Conseil de Paix” qui aura la mission de “reconstruire Gaza”, région de la Palestine détruite par Israël, un des 47 participants. Trump a omis de prononcer le nom de la Turquie quand il citait les pays qui ont accepté de participer à cette première réunion.

Quant à la “Paix en Turquie ’, c’est-à-dire le projet de “La Turquie Sans Terrorisme”, qui a théoriquement l’objectif de résoudre le problème kurde, la Commission Parlementaire a pu enfin publier son rapport. Grande déception… Car le rapport ne mentionne même pas “le problème kurde” et se contente de proposer des conseils vagues comme “la nécessité d’appliquer les décisions de la Cour Constitutionnelle et celles de la Cour Européenne des Droits de l’Homme”!

“N’en parlons surtout pas de l’économie et des finances, car désormais, les grands patrons se plaignent de l’inflation, de la chute permanente de la valeur de la livre turque et des grèves” affirme un professeur d’économie qui enseigne depuis 10 ans aux Etats-Unis.

Enfin, faut-il également ajouter une déclaration de la romancière populaire, Ayse Kulin, (85), autrice d’une quarantaine de romans, de biographie et de récit : “La Turquie n’a jamais été autant ignorante et vulgaire/impolie et dépourvue du droit et de la justice.”

Forces armées/Armed Forces

Un bouclier antiaérien Patriot déployé dans le centre de la Turquie

La Turquie a annoncé mardi qu'un système de défense antiaérien Patriot avait été déployé dans le centre du pays, au lendemain de l'interception par l'Otan d'un deuxième missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Un système Patriot pour soutenir la protection de notre espace aérien est déployé à Malatya", une province d'Anatolie orientale, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.

Malatya abrite la base aérienne turque de Kurecik, une installation stratégique équipée d'un système radar d'alerte précoce de l'Otan capable de détecter les tirs de missiles iraniens.

Bien qu'Ankara ait catégoriquement nié que les données de ce radar aient jamais été utilisées pour aider Israël, leur présence inquiète Téhéran.

Le déploiement annoncé mardi intervient au lendemain de la destruction par l'Otan d'un deuxième missile iranien, qui a poussé Washington à fermer son consulat général d'Adana, situé dans le sud du pays, et à exhorter les citoyens américains à quitter la région.

En Turquie, des troupes américaines sont principalement stationnées sur la base aérienne d'Incirlik, dans le cadre de l'Otan, dans le sud de la Turquie, à 10 kilomètres d'Adana.

Kurecik se trouve à quelque 350 kilomètres plus au nord-est.

Depuis le début de la guerre, l'Iran a lancé des missiles et des drones dans un large rayon, visant plusieurs pays de la région dans le but de toucher des intérêts américains.

La présence des bases d'Incirlik et de Kurecik constitue un sujet extrêmement sensible en Turquie, comme l'a montré l'arrestation fin février de trois journalistes turcs, accusés d'infraction à la "sécurité nationale" pour avoir diffusé des images de la base d'Incirlik peu après le début des frappes sur l'Iran.

- "Inadmissible" -

Le président iranien Massoud Pezeshkian s'est entretenu par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan dans la nuit de lundi, a annoncé la présidence turque sur X.

Selon le communiqué, M. Pezeshkian a déclaré à M. Erdogan que "les missiles ayant pénétré l'espace aérien turc ne provenaient pas d'Iran" et s'est engagé à "mener une enquête approfondie sur cette affaire".

Le chef de l'Etat turc, qui avait auparavant mis en garde l'Iran contre toute nouvelle "provocation", lui a répondu que "la violation de notre espace aérien est inadmissible", ajoutant que la Turquie "continuera de prendre toutes les mesures nécessaires pour y faire face".

Il a également exprimé l'espoir que l'élection de l'ayatollah Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême de l'Iran "soit un vecteur de paix dans la région".

Depuis le début de la guerre, la Turquie était relativement épargnée par les missiles et les drones lancés par l'Iran visant plusieurs pays de la région dans le but de toucher des intérêts américains.

Après la destruction du premier missile balistique dans l'espace aérien turc le 4 mars, l'Otan a renforcé sa "posture" en matière de défense antimissile balistique pour l'ensemble de l'Alliance, mais n'a fourni aucun détail pour des raisons de sécurité opérationnelle.

La France a également condamné "avec la plus grande fermeté" le second tir de missile iranien intercepté dans l'espace aérien turc, a affirmé lundi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Pascal Confavreux.

"L'Iran doit cesser les frappes injustifiées visant les États de la région", a-t-il ajouté. (AFP, 10 mars 2026)

Un missile tiré d'Iran et menaçant la Turquie intercepté par l'OTAN

Un missile balistique tiré depuis l'Iran et qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan positionnés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense, sans préciser la cible du missile.

Un responsable turc a estimé par la suite, sous couvert de l'anonymat, que le missile visait Chypre.

"Un missile balistique tiré d'Iran se dirigeant vers l'espace aérien turc après avoir survolé les espaces aériens irakien et syrien, a été intercepté et neutralisé à temps par les éléments de défense aérienne et antimissile de l'Otan déployés en Méditerranée orientale. (...) L'incident n'a fait ni victimes ni blessés", a affirmé le ministère turc dans un communiqué publié sur X.

"Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous vous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays", a ajouté le ministère.

"Comme lors de l'incident de ce matin, nous prenons toutes les précautions nécessaires en étroite concertation avec nos alliés de l'Otan. (...) Nous effectuons nos avertissements avec la plus grande clarté afin d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent", a de son côté réagi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Si nous voulons, en tant que nation, vivre en paix et en toute tranquillité sur ces terres, notre patrie éternelle, nous devons sans cesse renforcer notre capacité de dissuasion", a-t-il ajouté.

La Turquie a convoqué mercredi soir l'ambassadeur d'Iran pour exprimer sa "préoccupation" après cet incident, a indiqué une source diplomatique turque.

Un débris appartenant à une munition de défense aérienne est tombé dans le district de Dörtyol, dans la province de Hatay, dans le sud-est du pays, a précisé le ministère turc de la Défense.

- "Réponse appropriée" -

"Toute action hostile recevra la réponse appropriée dans le cadre du droit international. La consultation et la coopération avec l'OTAN et nos alliés se poursuivront tout au long de ce processus", a de son côté affirmé sur X le directeur des communications de la présidence turque Burhanettin Duran.

Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a déclaré à son homologue iranien lors d'un appel téléphonique que "toute mesure susceptible d'entraîner une escalade du conflit devait être évitée", selon la diplomatie turque.

La Turquie "n'était pas la cible du missile" qui se dirigeait vers l'espace aérien turc, a de son côté affirmé un responsable turc à l'AFP.

"Nous pensons qu'il visait une base militaire" à Chypre, "mais qu'il a dévié de sa course", a-t-il ajouté, après avoir requis l'anonymat.

L'Otan, alliance dont la Turquie est membre, a de son côté indiqué condamner l'incident.

"L'Otan se tient fermement aux côtés de tous les Alliés, y compris la Turquie, au moment où l'Iran poursuit ses attaques indiscriminées dans toute la région", a déclaré sa porte-parole Allison Hart.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mardi que son pays déployait d'"intenses" efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre qui secoue le Proche-Orient depuis le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Les attaques de représailles menées sans discernement par l'Iran contre de nombreux pays du Moyen-Orient constituent une "extrêmement mauvaise stratégie", a estimé mardi le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan dans une interview télévisée. (AFP, 4 mars 2026)

Le F-16 qui s'est écrasé poursuivait une trace radar non identifiée

L'avion de chasse F-16 de l'armée turque qui s'est écrasé peu après son décollage mercredi avait été dépêché pour enquêter sur une trace radar non identifiée le long de la frontière bulgare, a déclaré jeudi le ministère turc de la Défense.

"Le 25 février, après la détection d'une trace radar non identifiée à notre frontière avec la Bulgarie, deux avions de chasse F-16 ont décollé dans le cadre d'une mission d'intervention d'alerte", a affirmé le ministère.

Les trajectoires radar non identifiées sont détectées par les systèmes de surveillance du trafic aérien et peuvent être causées par divers facteurs, allant des conditions météorologiques à un vol d'oiseaux, en passant par des ballons-sondes ou des drones égarés.

"Les communications radio et le contact radar avec l'un des appareils ont été perdus à 00h56 (21h56 GMT mardi)", a-t-il ajouté.

Bien que le pilote ait "activé le système d'éjection au dernier moment dans une tentative d'abandonner l'appareil", il est décédé dans l'accident, a indiqué le ministère, sans donner plus de détails.

L'épave du F-16 - un modèle Block 50 de 1993 - a été retrouvée lors d'opérations de recherche et de sauvetage, la cause de l'incident "devrait être clarifiée après un examen détaillé par l'équipe d'enquête sur l'accident", a-t-il ajouté.

En novembre, la Turquie a suspendu les vols de ses avions cargo C-130 après le crash d'un appareil en Géorgie, alors qu'il revenait d'Azerbaïdjan. Les 20 personnes à bord ont péri.

D'autres F-16, construits par la société américaine Lockheed Martin, se sont écrasés ces derniers mois.

En janvier, un F-16 taïwanais s'est abîmé en mer lors d'une mission de routine. Son pilote, qui s'était éjecté, est porté disparu.

En août dernier, un autre F-16 s'est écrasé en Pologne lors d'une répétition pour un spectacle aérien, tuant son pilote. (AFP, 26 fév 2026)


Affaires religieuses / Religious Affairs

Dans le camp de proches de jihadistes d'al-Hol en Syrie, le "chaos total"

"C'était le chaos total": des témoins ont raconté à l'AFP comment des proches de jihadistes avaient fui le camp d'al-Hol en Syrie après le retrait des forces kurdes fin janvier, les autorités reconnaissant des évasions massives.

Un correspondant de l'AFP est entré dans ce camp du nord-est de la Syrie mercredi et a constaté qu'il était quasiment désert, après la décision des autorités syriennes de l'évacuer.

Dans l'Annexe, une section sous haute sécurité, il a vu des jouets d'enfants et des tricycles abandonnés. Des familles sont parties à la hâte, laissant des vêtements, des cahiers et même de la nourriture.

Les forces kurdes s'étaient retirées le 20 janvier sous la pression militaire de Damas de ce camp, le plus grand de proches de jihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui abritait quelque 23.500 personnes.

Les forces de sécurité syriennes affirment en avoir pris le contrôle six heures plus tard.

"Les Kurdes se sont retirés, puis des gens et des combattants de tribus locales sont arrivés", déclare Saleh Mahmoud al-Hafez, un habitant du village d'al-Hol attenant au camp.

"En un instant, c'était le chaos total", ajoute-t-il. "Des voitures ont commencé à transporter des gens" hors du camp, qui "est resté sans aucun contrôle sécuritaire pendant trois heures".

Al-Hol, peuplé notamment de femmes et d'enfants, abritait une majorité de Syriens et d'Irakiens, mais environ 6.500 étrangers de 44 nationalités vivaient dans l'Annexe.

L'accès est désormais interdit et des barrages de contrôle sont établis sur la route qui mène au camp, selon le correspondant de l'AFP.

Le camp, où les tentes blanches s'étendent à perte de vue, est quasiment désert, et des sacs d'ordures jonchent ses allées.

 - "Evasions collectives" -

 En tout, ce sont des milliers de personnes qui ont disparu.

Les autorités ont évacué les familles restantes la semaine dernière, vers le camp d'Akhtarin, au nord d'Alep, estimant que "les conditions essentielles", notamment de sécurité, faisaient défaut à al-Hol.

Mercredi, le ministère de l'Intérieur a confirmé des "évasions collectives", accusant les forces kurdes de s'être retirées "de façon soudaine".

Ce retrait "était le résultat direct de l'attaque militaire (...) ciblant le camp et ses environs par les forces affiliées à Damas", ont réagi les forces kurdes, assurant que les familles étaient parties après l'arrivée des forces syriennes.

Mourhaf al-Olayane, un agriculteur de 43 ans qui habite dans une maison jouxtant le camp, raconte lui aussi qu'après le départ des forces kurdes, "des voitures sont venues, ont pris des familles et sont parties".

Ce père de cinq enfants dit avoir vu des "hommes en treillis" parmi ceux qui évacuaient les familles.

"Les gens se sont enfuis (...) dans toutes les directions" affirme Farhane Abbas, 86 ans, un autre voisin du camp.

 - "Graves risques" -

 L'Annexe comptait notamment un grand nombre originaires de Russie, du Caucase et des républiques d'Asie centrale, que leurs pays refusent de rapatrier.

Des instituteurs de l'ancien bastion rebelle d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, ont indiqué que plusieurs enfants ouzbeks s'étaient enregistrés dans leurs établissements fin janvier.

Idleb abritait de nombreux jihadistes étrangers et c'est de cette région qu'une coalition islamiste est partie pour lancer fin 2024 une offensive fulgurante lui ayant permis de prendre le pouvoir en Syrie.

La manière "largement imprévue et chaotique" dont les familles retenues à al-Hol ont quitté les lieux "expose les femmes et les enfants à de graves risques, notamment la traite, l'exploitation et le recrutement par des groupes armés", a alerté l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Les forces kurdes gardent pour le moment le contrôle d'un camp plus petit, Roj, où sont détenus des proches de jihadistes, pour la plupart des étrangers dont des Occidentaux, parmi lesquels des Français.

Concernant les jihadistes eux-mêmes, l'armée américaine a achevé le transfert de plus de 5.700 détenus de Syrie vers l'Irak, pour garantir leur surveillance. (AFP, 26 fév 2026)

Socio-économique / Socio-economic

Un séisme de magnitude 5,5 dans le nord-est du pays

Un séisme de magnitude 5,5 est survenu dans la province de Tokat, dans le nord-est de la Turquie, a annoncé vendredi l'agence turque de gestion des catastrophes (AFAD).

"Suite au séisme de magnitude 5,5 survenu à 03H35 (00H35 GMT) dans le district de Niksar, province de Tokat, et ressenti également dans les provinces de Samsun, Amasya, Ordu et Sivas, aucun dégât n'a été constaté pour le moment", a affirmé l'agence turque.

"Nos travaux sur le terrain continuent", pour constater d'éventuels dégâts, a ajouté l'AFAD.

Les écoles ont été fermées pendant la journée de vendredi, a annoncé de son côté le gouverneur de Tokat.

La Turquie est traversée par plusieurs failles qui ont causé de nombreux drames par le passé.
 Le sud-est du pays a subi un violent tremblement de terre en février 2023 qui a fait au moins 53.000 morts et dévasté Antakya, l'ancienne Antioche. (AFP, 13 mars 2026)

Men killed 22 women in February

According to news compiled by bianet from local and national newspapers, news websites, and agencies, men killed at least 22 women and one child in Feb 2026.

Men inflicted violence on at least 43 women, abused at least 14 girls and boys, and harassed nine women in Feb. Men forced 168 women into sex work.

You can watch the bianet male violence videos here.

The deaths of 42 women and 14 children occurred under suspicious circumstances in February, making it unclear whether the deaths were caused by male violence.

Suspicious women deaths reported in the press in February

Afyon (1), Amasya (1), Ankara (1), Antalya (3), Antep (1), Aydın (1), Balıkesir (1), Batman (1), Bursa (1), Çorum (1), Denizli (1), Diyarbakır (2), Düzce (1), Eskişehir (1), Giresun (1), İstanbul (4), Isparta (1), İzmir (3), Karabük (1), Kayseri (1), Kastamonu (1), Maraş (2), Mardin (1), Muğla (2), Nevşehir (1), Rize (1), Samsun (1), Siirt (1), Sinop (1), Tokat (1), Urfa (1), Yalova (1)

Femicide

Men killed at least 22 women in Feb; this number was 17 in the same month last year.

Women killed by men in February

Alev Koç, Azize C., Aylin P.D., Aysun İmam, Beyzanur U.C., Cemile Yıldırım, Ceren Işık, Emine Ö., Emine Yusuf, Filiz Ş., Gönül A., Gül Seher Göksan, Gülten Ü., İlknur Kor, Kadriye A., Nurcan Bozyel, Nuran Çakaloğlu, Özlem A., Saliha T., Selma Y., Songül H., Zeynep Avaz

Provinces where men killed women in February

Adana (1), Aksaray (1), Ankara (3), Antalya (2), Antep (1), Aydın (2), Hatay (1), İstanbul (2), Iğdır (1), Kocaeli (1), Manisa (1), Maraş (1), Muğla (1), Osmaniye (1), Sakarya (2), Van (1).

Men killed five women because they did not want to reunite or wanted to separate. The excuse of men for killing 17 women was not reported in the press. (BIA, 6 March 2026)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Un groupe cosmétique français condamné après le licenciement de syndicalistes en Turquie

Le groupe cosmétique Rocher a été condamné jeudi par la justice française pour manquement à son devoir de vigilance après le licenciement d'anciens salariés d'une ex-filiale turque en raison de leur appartenance syndicale, une première pour des activités à l'étranger d'une entreprise française.

La maison mère de la société de cosmétiques Yves Rocher devra verser au total 48.000 euros à six anciens salariés de la société Kosan Kozmetik. Elle devra également verser 40.000 euros au syndicat turc Petrol-Is, d'après la décision du tribunal judiciaire de Paris consultée par l'AFP, qui est assortie d'une "exécution provisoire".

L'affaire remonte à une vague de licenciements lancée en 2018 par Kosan Kozmetik, filiale turque du groupe jusqu'en 2024, après l'arrivée de Petrol-Is dans l'usine, auquel de nombreux salariés avaient adhéré.

"C'est pour empêcher la présence d'un syndicat et une négociation de salaires que les salariés ont été licenciés en 2018 et en 2019, victimes d'une répression syndicale", a conclu le tribunal dans sa décision.

"Après avoir jugé que les anciens salariés demandeurs établissaient avoir été licenciés en raison de leur appartenance syndicale et avoir ainsi subi un préjudice personnel, le tribunal a retenu qu'il existait un lien de causalité entre les carences des plans de vigilance 2017 et 2018 et ce préjudice", selon un communiqué du tribunal de Paris.

Le tribunal a considéré que l'entreprise disposait "d'informations suffisantes pour identifier le risque d'une atteinte grave à la liberté syndicale", et "qu'en prétendant avoir immédiatement réagi à la crise, par un plan d'action mis en place en juin 2018", elle avait "reconnu" avoir "le pouvoir et les moyens d'intervenir".  (AFP, 12 mars 2026)

Les internautes et fans de foot turcs affichent leur admiration pour l'Espagne

Les internautes et les fans de football turcs affichent depuis plusieurs jours leur admiration pour l'Espagne pour sa position contre la guerre en Iran, alors que le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a salué samedi soir "la communauté turque" sur X.

Des images montrant des drapeaux turcs et espagnols suspendus côte à côte, des animations où un taureau représentant l'Espagne et un loup incarnant la Turquie s'embrassent, les supporters turcs chantant des mélodies espagnoles: les réseaux sociaux débordent des messages d'amitiés et d'admiration entre les Turcs et les Espagnols réunis autour d'un "non à la guerre" en Iran.

Le refus du premier ministre espagnol de laisser les Etats-Unis utiliser des bases en Espagne pour attaquer l'Iran et les tensions avec le président américain ont provoqué une vague de sympathie envers l'Espagne en Turquie où, selon un sondage, 72,5% de la population souhaiterait que leur pays reste à l'écart du conflit.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Ankara a à la fois condamné l'offensive israélo-américaine et les attaques de l'Iran contre les pays de la région.

"Salut à la communauté turque sur Twitter", a affirmé samedi soir le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez sur X partageant une vidéo prise lors d'un rassemblement de son parti où on voit un drapeau turc et des manifestants qui chantent "Non à la guerre" en espagnol. (AFP, 7 mars 2026)

Ilham Ehmed and Rohilat Efrîn: The EU must act as a guarantor

Ilham Ehmed, Co-Chair of the Department of Foreign Relations of North and East Syria, who is taking part in the negotiations with Damascus, and Rohilat Efrîn, Member of the YPJ (Women’s Defense Units) General Command, held a press conference at the European Parliament in Brussels.

Opening the meeting, which was hosted at the initiative of S&D MEP Evin Incir, MEP Daniel Attard expressed his support for the Kurds, while Evin Incir stated: “A week ago, we secured the adoption of a resolution in the European Parliament. With a strong voice, the European Parliament expressed its support for Rojava.”

Evin Incir noted that the EP has called for aid to Damascus to be made conditional and for Kurdish rights to be recognized, adding: “The European Union owes a debt to the Kurds; it cannot abandon them.”

Ilham Ehmed emphasized that when support is expressed for the Kurds and Rojava, they interpret this as support for democracy and peace.

“We see this as support for the establishment of a new Syria, beginning with a solution to the Kurdish issue,” she added.

Underlining that the Kurds and their allies fought against ISIS and “saved humanity from a great danger,” Ilham Ehmed said: “In return for these efforts, support should have been provided to ensure that the rights of the Kurdish people are guaranteed in the Syrian constitution. There was an attack against the Kurds, which was essentially directed against democracy and the democratic system that guaranteed women’s rights.”

War rhetoric continues

Recalling the agreement signed with Damascus on 29 January, Ilham Ehmed stated: “It concerned a ceasefire and integration. There are still many steps that have not yet been taken regarding this agreement. Steps are being taken toward the integration of military, security and civil institutions within the state. However, there are still shortcomings and ongoing discussions. At the same time, rhetoric that could lead to war continues. Forces directly affiliated with the government are using such confrontational language.”

Ilham Ehmed also pointed out that there are internal and regional efforts to provoke a conflict between Kurds and Arabs.

Kurdish rights must be guaranteed in the constitution

“We find the steps taken so far positive,” Ilham Ehmed said, “but no steps have yet been taken to guarantee Kurdish rights in the constitution or to establish a constitutional commission that includes Kurdish participation. The representation of Kurds in state institutions has not yet been realized. Kurdish participation is essential in decision-making processes and in the construction of the new Syria.”

She further noted: “There are also shortcomings regarding the recognition of women’s rights both in the constitution and within state institutions.”

There must be guarantors for this process

Pointing to the ongoing ISIS threat, Ehmed noted that the United States has decided to withdraw before the new Syria has been fully established, stating: “There are still no guarantees regarding how this process will function. Through these meetings, we want our voice to be heard.”

“We want there to be guarantors for this process. We will tell the European Union that guarantors are needed to ensure the implementation of the agreement. Support is necessary to secure the future,” she said.

Ilham Ehmed added that no concrete steps have yet been taken regarding the return of displaced persons, stressing that a mechanism is needed for this as well.

YPJ must be included in the army

YPJ General Commander Rohilat Efrîn began her remarks by saying: “We are here thanks to the struggle and resistance of our people. Securing the gains of Rojava is important for all parts of Kurdistan.”

Noting that instability has prevailed in Syria over the past year, Rohilat Efrîn stated: “There must be guarantees for integration. As the YPJ, we have demonstrated that our demands and our struggle, and the Rojava revolution itself, developed under women’s leadership. Women’s leadership must be recognized in the new Syria and the YPJ must take its place as a women’s force.”

Rohilat Efrîn emphasized the need for solidarity to protect the gains of Rojava and the achievements of women.

Returns to Afrin

Ilham Ehmed and Rohilat Efrîn then answered journalists’ questions.

Responding to a question about returns to Afrin, Ilham Ehmed said: “Regarding Afrin, the agreement made with Damascus included the participation of Afrin’s people in governance and security. Discussions are ongoing, but there are problems, as there is a unilateral approach in practice. We want guarantees for returns. There is no set date yet. Currently, 400 families are ready to return as the first group. Discussions with the government will continue.”

The EU must act as a guarantor

Answering a question on military integration, Rohilat Efrîn said: “There is an agreement on the formation of four brigades. As the YPJ, we want to exist as a distinct structure. Our discussions are ongoing, but there is no concrete decision yet. The struggle must continue for the YPJ to be included within the army.”

Ilham Ehmed also delivered a message to the European Union: “The EU can play a role in preventing renewed conflict and can establish a mechanism. If it assumes a guarantor role, it will have a positive impact.”  (ANF, 25 Feb 2026)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Un troisième missile tiré d'Iran détruit par l'Otan dans l'espace aérien turc

Un troisième missile tiré d'Iran a été détruit par l'Otan dans l'espace aérien turc mais le président Recep Tayyip Erdogan a fait savoir qu'il refusait que la Turquie se laisse entraîner dans la guerre par des "provocations".

"Un missile balistique tiré d'Iran et entré dans l'espace aérien turc a été neutralisé par les éléments de défense antiaérienne et antimissile de l'Otan déployés en Méditerranée orientale", a affirmé vendredi le ministère turc de la Défense dans un communiqué.

"Des discussions sont en cours avec le pays concerné afin de clarifier tous les aspects de l'incident", a-t-il précisé.

Il s'agit du troisième missile tiré d'Iran en direction de la Turquie depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Les deux autres missiles avaient été interceptés par l'Alliance atlantique lundi et la semaine dernière.

- Ne pas se laisser entraîner dans la guerre -

"Empêcher que notre pays ne soit entraîné dans ce brasier est notre priorité numéro un", a, dans ce contexte, lancé vendredi M. Erdogan.

"Nous agissons avec une très grande prudence face aux complots, aux pièges et aux provocations qui visent à entraîner notre pays dans la guerre", a affirmé le chef de l'Etat turc, promettant une réponse "appropriée et mesurée".

 Des sirènes ont été entendues dans la nuit à la base aérienne d'Incirlik utilisée par l'Otan, dans la province d'Adana, située dans le sud-est de la Turquie, avait signalé vendredi matin l'agence de presse étatique turque Anadolu.

 Des soldats américains sont positionnés dans ces installations militaires, dans le cadre de l'Otan.

Les habitants d'Adana, qui se trouve à 10 kilomètres de la base, ont été réveillés à 03H25 (00H25 GMT) par des sirènes qui ont retenti pendant environ cinq minutes, selon le site internet d'information économique Ekonomim.

Un objet en flamme en train de tomber dans le ciel est vu et des sirènes sont entendues dans plusieurs vidéos partagées sur les réseaux sociaux.

Selon le site d'information en ligne sur la défense SavunmaSanayiST, il pourrait s'agir "des fragments d'un missile balistique" ou de l'intercepteur, qui se seraient consumés à son entrée dans l'atmosphère.

Les médias ont également mentionné le retentissement des sirènes à Batman, 600 kilomètres plus à l'est.

-"Situation délicate"-

"Aucune munition n'a été tirée d'Iran vers la Turquie", a de son côté affirmé l'ambassade de l'Iran en Turquie, précisant que Téhéran est prêt à mettre en place "une équipe technique commune" pour enquêter sur ces incidents.

Mais un tel tir ne peut être accidentel, a estimé Sinan Ulgen, un chercheur travaillant pour Carnegie Europe.

"On peut expliquer le premier incident, le deuxième peut-être, mais le troisième ? Non. Il ne peut s'agir d'un accident. Cela place Ankara dans une situation très délicate", a-t-il dit à l'AFP, précisant que la Turquie devrait trouver une manière de réagir en douceur.

"D'une certaine façon, les pays du Golfe n'ont pas réagi mais la culture politique et militaire de la Turquie est différente. Il s'agit de faire preuve de dissuasion envers l'Iran afin d'éviter une escalade", a-t-il ajouté.

La Turquie a annoncé mardi qu'un système de défense antiaérienne Patriot avait été déployé dans le centre de son territoire, au lendemain de l'interception par l'Otan du deuxième missile tiré d'Iran.

Washington a fermé lundi son consulat général d'Adana et exhorté les citoyens américains à quitter la région.

Plus tard dans la journée, le président iranien Massoud Pezeshkian avait nié que le missile ait été tiré de son pays, dans un entretien téléphonique avec M. Erdogan.

- Elément-clé -

Depuis le début de la guerre, la Turquie était relativement épargnée par les missiles et les drones tirés par l'Iran contre plusieurs pays de la région dans le but de toucher des intérêts américains.

La base d'Incirlik est une installation importante de l'Alliance atlantique, utilisée par les militaires américains depuis des décennies, mais qui accueille aussi des soldats espagnols ou polonais, selon son site web officiel.

Des troupes américaines sont également déployées à Kurecik, une autre base turque située pour sa part dans la province centrale de Malatya qui abrite un système radar d'alerte précoce que l'Otan qualifie d'élément-clé" de son bouclier antimissile et qui peut détecter les tirs de missiles iraniens.

Bien qu'Ankara ait catégoriquement nié que les données de ce radar aient jamais été utilisées pour aider Israël, sa présence inquiète Téhéran.

L'Otan a détruit un premier missile le 4 mars, affirmant en avoir détecté le départ, confirmé la trajectoire et l'avoir intercepté "en moins de 10 minutes".

 Le lendemain, elle a déclaré avoir renforcé son dispositif de défense antimissile balistique "à l'échelle de l'alliance", sans fournir davantage de précisions. (AFP, 13 mars 2026)

Les États-Unis ordonnent au personnel diplomatique non essentiel de quitter le sud de la Turquie

Les États-Unis ont suspendu leurs services consulaires dans le sud de la Turquie et ordonné au personnel diplomatique non essentiel de quitter la région "en raison des risques pour leur sécurité", a annoncé lundi le départment d'Etat américain dans un communiqué.

"Le 9 mars 2026, le département d'État a ordonné aux employés du gouvernement américain non essentiels et aux membres de leur famille de quitter le consulat général d'Adana en raison des risques pour la sécurité. (...) Le consulat américain d'Adana a suspendu tous ses services consulaires", a affirmé le département, au dixième jour de la guerre entre l'Iran, Israël et les Etats-Unis.

"Les Américains résidant dans le sud-est de la Turquie sont fortement encouragés à quitter la région dès maintenant", a-t-il ajouté.

Près du consulat américain d'Adana, situé dans le sud de la Turquie et proche de la frontière syrienne, se trouve la base aérienne d'Incirlik, utilisée par les forces américaines dans le cadre de l'Otan.

Depuis le début de la guerre, l'Iran a lancé des missiles et des drones dans un large rayon, visant plusieurs pays de la région dans le but de toucher des intérêts américains.

Un missile tiré depuis l'Iran et qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit mercredi par les systèmes de défense de l'Otan. (AFP, 9 mars 2026)

Erdogan "profondément troublé" par les frappes israélo-américaines

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est dit samedi "profondément troublé" par les attaques israélo-américaines contre l'Iran, tout en condamnant les frappes de représailles de Téhéran dans le Golfe, exigeant des mesures pour mettre fin au conflit.

La confrontation a débuté tôt samedi avec des frappes israéliennes et américaines sur l'Iran et s'est rapidement étendue à l'échelle régionale lorsque ce pays a riposté en tirant des missiles et des drones vers Israël et les Etats du Golfe abritant des bases américaines.

"Nous sommes profondément troublés par les attaques des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, notre voisin", a déclaré dans une allocution télévisée M. Erdogan, qui a dans le même temps jugé "inacceptables, quelle qu'en soit la raison", les frappes iraniennes contre des pays du Golfe.

"Afin d'empêcher que notre région ne connaisse plus de souffrances, tous les acteurs, en particulier le monde islamique, doivent agir", a-t-il ajouté.

La Turquie a "travaillé dur pendant longtemps pour régler les conflits à la table des négociations. (...) Mais le manque de confiance entre les parties n'a pas pu être surmonté", a-t-il déploré, promettant d'"accélérer les efforts diplomatiques de la Turquie" pour que les belligérants reprennent les pourparlers.

Dans la journée, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a discuté au téléphone avec son homologue iranien Abbas Araghchi et six autres diplomates de haut rang des moyens de "mettre fin aux attaques", a fait savoir une source ministérielle turque.

M. Erdogan a précisé que la Turquie n'avait constaté aucun problème "en termes de sécurité" le long des 500 km de frontière qu'elle a avec l'Iran, assurant que "la police, la gendarmerie et les services de renseignement prennent toutes les mesures nécessaires".

Le ministre turc de l'Intérieur, Mustafa Ciftci, s'est également entretenu au téléphone avec ses homologues azerbaïdjanais Vilayet Eyvazov et irakien Abdul-Amir al-Shammari, dont les pays sont aussi frontaliers de l'Iran, au sujet du "renforcement des domaines de coopération", a écrit son ministère sur X.

Les Etats voisins de l'Iran craignent depuis longtemps qu'une nouvelle vague de frappes contre ce pays ne déstabilise toute la région, leurs inquiétudes se concentrant sur un possible afflux de réfugiés.

La Turquie accueille actuellement plus de 74.000 Iraniens titulaires d'un permis de séjour et quelque 5.000 réfugiés en provenance d'Iran. (AFP, 28 fév 2026)


Les forces américaines vont se retirer totalement de Syrie d'ici un mois

Les forces américaines auront achevé d'ici un mois leur retrait de Syrie, ont indiqué trois sources à l'AFP, un tournant après des années de présence dans le pays où elles dirigeaient la lutte antijihadiste.

Ce retrait intervient alors que le pouvoir central islamiste de Damas, soutenu par Washington, a rejoint l'an dernier la coalition contre le groupe Etat islamique (EI) et renforce son emprise sur l'ensemble du territoire.

Les autorités se sont ainsi emparées ces dernières semaines de vastes régions qui étaient contrôlées par les Kurdes.

Les troupes américaines ont entamé lundi leur retrait de la base de Qasrak (nord-est), située dans la province de Hassaké, dernier bastion kurde, selon un responsable kurde.

Une équipe de l'AFP a vu une colonne de dizaines de poids lourds, chargés de blindés et de préfabriqués, quitter les lieux et se diriger vers la frontière avec l'Irak.

Les Etats-Unis s'étaient déjà retirés de deux bases au cours des deux dernières semaines, al-Tanf (sud-est) et al-Chaddadi (nord-est).

"D'ici un mois, ils se seront retirés de Syrie et il n'y aura plus aucune présence militaire" américaine, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental syrien qui a requis l'anonymat.

 - Attaque de l'EI -

 Les Etats-Unis maintenaient un millier de militaires dans ces bases établies dans des zones échappant au contrôle de Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024 par la coalition d'Ahmad al-Chareh.

Ils menaient depuis ces bases des attaques aériennes contre l'EI.

La coalition internationale antijihadiste avait été mise en place après la prise par l'Etat islamique en 2014 de vastes territoires en Syrie, à la faveur de la guerre civile, et en Irak.

L'EI a été vaincu en 2019 en Syrie, où les forces kurdes ont été en première ligne des combats, deux ans après sa défaite en Irak.

Mais il conserve des cellules dormantes dans les zones désertiques en Syrie et a appelé samedi, dans son premier message audio depuis deux ans, ses combattants à défier les nouvelles autorités syriennes.

Lundi, quatre membres des forces de sécurité syriennes ont été tués dans une attaque de l'EI à Raqa (nord), ville récemment reprise par le pouvoir central aux Kurdes, selon les autorités.

 - Frappes aériennes -

 Un diplomate, qui a refusé d'être identifié, a précisé à l'AFP que le retrait américain "devrait être achevé d'ici vingt jours" et que les Etats-Unis ne maintiendraient plus de bases en Syrie.

Selon ce diplomate d'un pays allié à Washington et Damas, ils pourront désormais "mener des frappes aériennes en Syrie à partir de leurs bases" ailleurs dans la région.

Le responsable kurde a confirmé que "les forces de la coalition internationale allaient mettre fin, dans une période allant de trois à cinq semaines, à leur présence qui aura duré environ 12 ans dans le nord et le nord-est de la Syrie".

"Au cours des prochains jours, des convois vont transporter les équipements militaires et logistiques ainsi que les systèmes de radar et de missiles", a-t-il ajouté.

Le retrait américain intervient alors que les forces kurdes doivent être intégrées dans l'armée syrienne, conformément à un accord annoncé fin janvier entre les deux parties, sous la pression militaire de Damas.

Les Etats-Unis avaient estimé que "la mission initiale" des forces kurdes, en tant que principale force anti-EI, avait largement pris fin, le président Ahmad al-Chareh ayant rejoint la coalition antijihadiste.

Après le déploiement des forces gouvernementales dans des zones dont les forces kurdes se sont retirées, l'armée américaine a transféré plus de 5.700 détenus membres présumés de l'EI de Syrie vers l'Irak, pour garantir leur surveillance.

Les prisons où ils étaient jusqu'alors détenus étaient contrôlées par les forces kurdes.

Les autorités ont par ailleurs évacué la semaine dernière le camp d'al-Hol vers un autre site du nord de la Syrie, après l'évasion de milliers de proches de jihadistes étrangers qui y étaient détenus.

Le retrait américain intervient alors que les Etats-Unis massent leurs capacités militaires autour de l'Iran, qu'ils menacent de frapper en cas d'échec à conclure un accord au sujet du programme nucléaire de Téhéran. (AFP, 23 fév 2026)


Relations régionales / Regional Relations

Sri Lanka, Chypre, Turquie, Azerbaïdjan... La guerre déborde au-delà du Moyen-Orient

La guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran a vu son périmètre s'élargir considérablement, allant désormais de Chypre au large du Sri Lanka en passant par la Turquie et l'Azerbaïdjan, interrogeant le positionnement de nombreux pays qui ne souhaitent pas être entraînés.

A mesure que l'Iran lance ses frappes, la guerre déborde sur les autres pays à une vitesse spectaculaire depuis le début de l'offensive américaine et israélienne samedi.

Les pays du Golfe ont été attaqués par l'Iran, Chypre, pays de l'Union européenne (UE), a vu des drones viser une base britannique sur son sol et le Liban a été entraîné dans la guerre par des attaques du Hezbollah, allié de l'Iran, contre Israël qui a répliqué.

Mercredi, un sous-marin américain a coulé une frégate iranienne au large du Sri Lanka, non loin de l'Inde, et la Turquie, pays membre de l'Otan, a annoncé que des systèmes de défense aérienne de l'Alliance atlantique avaient abattu un missile balistique en provenance d'Iran qui faisait route vers son territoire.

Jeudi, c'est la région de Nakhitchevan en Azerbaïdjan qui a été touchée par deux drones iraniens, dont l'un sur un aéroport. Bakou a promis que cette attaque ne resterait pas "sans réponse", alors que Téhéran a démenti être responsable.

"C'est curieux que l'Iran frappe urbi et orbi, ciblant de potentiels alliés ou potentiels (pays) neutres. Peut-être que le calcul est d'adopter une stratégie indirecte pour paralyser l'économie mondiale et élever le coût de la guerre pour les Etats-Unis", s'interroge une source militaire européenne.

"La grande question est de savoir s'il y a une organisation dans la réponse iranienne", selon une source diplomatique française, estimant que l'élimination des dirigeants iraniens a pu désorganiser les prises de décisions.

 - Escalade horizontale -

 L'action du Hezbollah en coordination avec l'Iran "laisse supposer une volonté d'étendre le champ de bataille et d'accroître la pression sur Israël", estime le centre de recherche américain Soufan Center.

Ce phénomène est parfois appelé "escalade horizontale" par les spécialistes: la guerre s'étend soit par l'ouverture de nouveaux théâtres, soit par celle de nouveaux types d'action, comme par exemple le blocage du détroit d'Ormuz.

L'escalade est dite verticale quand le conflit se durcit par l'engagement de nouveaux moyens.

Mais cette stratégie risque d'amener de nouveaux belligérants. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré à son homologue iranien que "toute mesure susceptible d'entraîner une escalade du conflit devait être évitée".

Parmi les capitales impliquées ou exposée, "c'est aujourd'hui la volonté de gérer et d'éviter l'escalade horizontale" qui domine, assure une source diplomatique française.

Plusieurs pays de l'UE (Royaume-Uni, Grèce, France, Espagne) ont dépêché des moyens militaires pour soutenir Chypre.

 - "Mécanismes d'alliances" -

 La France, dont deux bases militaires aux Emirats arabes unis ont aussi été attaquées, est "entraînée de fait car (ses) intérêts sont touchés", selon une source de l'entourage d'Emmanuel Macron, qui a annoncé mardi envoyer le navire amiral français, le porte-avions Charles De Gaulle, en Méditerranée, évoquant "une guerre en train de s'étendre".

C'est le risque que tous veulent éviter: être entraînés dans la guerre.

"Il peut y avoir des mécanismes d'alliances qui font entrer de nouveaux pays dans la guerre par ricochet et rebond", selon la source militaire européenne, "un peu comme lors de la Première Guerre mondiale".

C'est pour éviter cette escalade horizontale que la France martèle que sa démarche est "strictement défensive". Elle est liée par des accords de défense avec plusieurs pays du Golfe, qui peuvent être activés à différents degrés, laissant dans le flou jusqu'où peut aller Paris pour les honorer.

Parmi les possibilités d'extension géographique reste le Yémen, dont les rebelles houthis ont ciblé Israël pendant la guerre à Gaza et pourraient tenter d'entraver la navigation dans le détroit de Bab-el-Mandeb ou attaquer d'autres pays.

"Il n'y a pas d'extension dans le secteur pour l'instant, c'est à surveiller", estime la source militaire européenne.

"Les prochains jours indiqueront si les Houthis resteront fidèles à leur idéologie ou se replieront sur eux-mêmes", estime Ibrahim Jalal du Stimson Center. (AFP, 5 mars 2026)

Damas confirme des évasions massives de proches de jihadistes du camp d'al-Hol

Le ministère syrien de l'Intérieur a confirmé mercredi que des évasions massives de proches de jihadistes du groupe Etat islamique (EI) avaient eu lieu dans le camp d'al-Hol, après le retrait fin janvier des troupes kurdes.

"Lorsque nos forces sont arrivées, elles ont constaté des cas d'évasion collective, en raison de l'ouverture du camp de façon aléatoire", a déclaré le porte-parole du ministère, Noureddine al-Baba, lors d'une conférence de presse.

Al-Hol, le plus grand camp de proches de jihadistes de l'EI dans le nord-est de la Syrie, était contrôlé par les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes).

Elles s'en étaient retirées le 20 janvier sous la pression militaire de Damas et les forces de sécurité syriennes en ont pris le contrôle quelques heures plus tard.

"Les FDS se sont retirées de façon soudaine, sans coordination et sans en informer au préalable" les autorités syriennes ou la coalition internationale antijihadiste, a affirmé le porte-parole.

Il a fait état d'une "situation de chaos" après le retrait kurde, ajoutant que "plus de 138 ouvertures" avaient été constatées dans le mur d'enceinte du camp, long de 17 km, ce qui a facilité les évasions "à travers des réseaux".

Des milliers de femmes et d'enfants se sont enfuis du camp pour une destination inconnue après le retrait des forces kurdes.

Ce retrait "était le résultat direct de l'attaque militaire (...) ciblant le camp et ses environs par les forces affiliées à Damas", ont réagi les FDS dans un communiqué.

"La libération et la sortie clandestine de familles de l'EI ont eu lieu après l'entrée (dans le camp) de ces factions et ont impliqué leur participation directe", ont-elles accusé.

Al-Hol abritait, selon Noureddine al-Baba, 23.500 personnes, pour la plupart des Syriens et des Irakiens. Environ 6.500 étrangers de 44 nationalités vivaient dans l'Annexe, une section de haute sécurité du camp.

Les autorités ont évacué les familles restantes du camp la semaine dernière vers un autre site du nord de la Syrie.

Concernant les prisons de jihadistes eux-mêmes, l'armée américaine a achevé le transfert de plus de 5.700 détenus de Syrie vers l'Irak, pour garantir leur surveillance après le retrait des forces kurdes qui les gardaient. (AFP, 25 fév 2026)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

La Turquie envisage d'envoyer des F-16 à Chypre-nord

La Turquie envisage d'envoyer des avions de chasse F-16 à Chypre-nord pour "assurer la sécurité" de cette partie de l'île reconnue seulement par Ankara, a affirmé samedi une source du ministère turc de la Défense, alors que la guerre au Moyen-orient est entrée dans sa deuxième semaine, s'étendant à de nombreux pays de la région.

"Au vu des récents développements, des plans progressifs sont élaborés pour garantir la sécurité de la RTCN (République turque de Chypre du Nord, NDLR). Le déploiement d'avions F-16 sur l'île figure parmi les options envisagées", a précisé cette source.

Une base aérienne britannique à Chypre avait été frappée tôt lundi par un drone de fabrication iranienne, quelques heures après la décision de Londres d'autoriser Washington à utiliser ses bases militaires contre l'Iran. Deux autres drones se dirigeant vers l'île ont également été interceptés lundi.

Dans la foulée, plusieurs pays européens se sont engagés à fournir une aide militaire à Chypre.

Situé dans la partie nord de Chypre, la RTCN occupe moins d'un tiers de l'île méditerranéenne.

Reconnue que par la seule Turquie, elle a proclamé son indépendance le 15 novembre 1983, neuf ans après l'intervention militaire turque de 1974, justifiée par Ankara en réaction à la tentative de rattachement de Chypre à la Grèce par un groupe d'officiers putschistes. (AFP, 5 mars 2026)

Immigration / Migration

Emir Kir met Saint-Josse en faillite virtuelle

La commune bruxelloise de Saint-Josse est dans la tourmente. Lourdement déficitaire depuis 2023, l’entité dirigée par Emir Kir (ex-PS, Indépendant) a même évité de peu le défaut de paiement. Unique dans l’histoire récente de la Région, l’épisode dévoilé par le quotidien La Dernière Heure remonte à cet été. Le mardi 26 août, l’administration régionale a reçu un appel de détresse de la part de la commune. Dos au mur, celle-ci indiquait ne bientôt plus pouvoir honorer ses engagements. Les banques lui refusaient en effet de nouveaux crédits. A l’époque, les chiffres que découvre le ministre des Pouvoirs locaux Bernard Clerfayt (Défi) donnent le vertige. Saint-Josse réclamait 57,38 millions d’euros pour remplir ses obligations jusqu’en décembre. Pour donner une idée, cette somme équivaut à la moitié de ses recettes annuelles. Dénoncés inlassablement et depuis des années par l’opposition, les problèmes de gouvernance de l’équipe d’Emir Kir apparaissent au grand jour.

Cinq mois plus tard, les questions sans réponse restent quasi aussi nombreuses. Les agents de cette petite commune (un kilomètre carré coincé entre Schaerbeek et la station de métro Madou), sont dans l’incertitude. Le conseil communal de décembre a certes approuvé un plan triennal 2025-2026-2027, qui a permis à l’entité d’être enfin dotée d’un budget 2025. Mais celui-ci accuse un déficit cumulé de 30 millions d’euros. Un montant colossal. Elaboré avec l’inspection régionale, ce plan prévoit certes le retour à l’équilibre (forte hausse des centimes additionnels au précompte immobilier de 2.980 à 4.090 dès 2026, suppression d’environ 130 emplois en trois ans, etc.). Mais cela ne permet même pas d’éponger une partie de ces 30 millions d’euros de déficit. Emir Kir doit donc demander un prêt d’assainissement au gouvernement. A l’heure actuelle, la localité resterait toujours en faillite virtuelle en 2027. (Julien Thomas, Le Soir, 9 mars 2026)

Cem Özdemir, first German state premier with Turkish roots

Cem Özdemir is set to become the first politician with Turkish roots to lead a German federal state. His Green Party won elections in the wealthy southwestern region of Baden-Württemberg. He  likes to jokingly refer to himself as an "Anatolian Swabian," in reference to the region of Swabia in Baden-Württemberg, where he was born 60 years ago, and the home region of his parents: Anatolia in Turkey.

The Green Party politician rejects the notion that he is a model of successful integration. After all, he says, he never needed to be integrated: His home has always been Germany. When lawmakers from the anti-immigration far-right Alternative for Germany (AfD) attacked him back in 2018, telling him to "go home" to Turkey, he responded from the pulpit in the Bundestag: "I'll indeed be going home on Saturday, when I will catch a flight to Stuttgart and then take the regional train to Bad Urach. That is my Swabian home, and I won't let you tell me otherwise."
Can the Greens hold on to their one stronghold in Germany?

Özdemir's parents came to Germany from Turkey in the 1960s as so-called "guest workers." The derogatory term was used to indicate that the immigrants would work in German mines and factories, contributing to the country's economic growth, but after a while they would all go back to where they had come from. Most of them, like Özdemir's parents, didn't do so. His father worked in a textile factory and his mother had her own little business as a seamstress.

Özdemir was born in December 1965 in Bad Urach southwest of the state capital Stuttgart. He received German citizenship when he turned 18. He first worked as a pre-school educator and then went on to study social psychology, joining the environmentalist Green Party in its early days back in 1981. Özdemir has two children from his first marriage.

In 1994, at the age of 30, Özdemir was one of the first lawmakers with Turkish roots to be elected to the Bundestag, the lower house of parliament. He was always a party moderate rather than a left winger. When the Green Party entered a coalition with the center-left Social Democrats (SPD) under Chancellor Gerhard Schröder, Özdemir became government spokesperson for domestic affairs.

Just one year later, however, he stepped down in the wake of a scandal. It had emerged that he had used bonus miles earned through air travel in connection with his government duties on private flights.

Five years later, Özdemir returned to politics, serving a five-year term as Green Party lawmaker in the European Parliament from 2004. From 2008 until 2018 Özdemir was co-chair of the Green Party. In 2021, when it entered into a federal coalition government with the SPD and the neoliberal Free Democrats (FDP), he became the first government minister with Turkish roots, taking the office of agriculture minister.

Criticizing Putin and Erdogan

At a time when most representatives of the German government still maintained good relations with Russian President Vladimir Putin, Özdemir was a vehement critic of the Kremlin leader. As early as July 2021, even before the full-fledged war of aggression against Ukraine began in the spring of 2022, Özdemir complained in several interviews that many people in Germany had a naive image of Putin, who was banking on escalation and border shifts.

Time and again, Özdemir spoke out publicly against Turkey's President Recep Tayyip Erdogan, the ruler of the country from which his parents came. Özdemir spoke out in support of Turkish conscientious objectors, triggering a backlash from the Turkish daily Hürriyet, which wrote "Özdemir one of us in name only!"  (Jens Thurau, dw.com, 3 March 2026)

Une avocate réfugiée de Lausanne condamnée à 6 ans de prison en Turquie

Suna Bilgin, avocate kurde et défenseuse des droits humains qui a vécu comme réfugiée politique à Lausanne pendant cinq ans, purge actuellement une peine de six ans et trois mois de prison en Turquie. Son seul crime : avoir exercé sa profession d'avocate.

Reconnue réfugiée par la Suisse en 2019 en raison des menaces graves pesant sur elle, Suna Bilgin a décidé de rentrer en Turquie fin 2025 après le décès de ses parents. Elle a été arrêtée à l'aéroport d'Istanbul le 7 novembre 2025. Moins de deux mois plus tard, le 17 décembre, elle était condamnée pour « terrorisme ».

Le verdict la condamne pour avoir participé à des conférences de presse sur le massacre de Roboski (34 civils kurdes tués en 2011), assisté aux funérailles de clients, et défendu des victimes de violations des droits humains. Des activités que le droit international protège comme l'exercice légitime de la profession d'avocat.

« Ma sœur est punie parce qu'elle était co-présidente de l'Association des droits de l'homme à Dersim, parce qu'elle défendait des Kurdes, des femmes, des minorités. Le dossier repose sur des témoins anonymes », explique, membre de sa famille résidant en Suisse. « La Suisse l'avait reconnue comme réfugiée. Elle ne peut pas l'abandonner aujourd'hui. »

La famille appelle les autorités suisses, le Barreau de Genève, et les organisations de défense des droits humains à intervenir auprès de la Turquie pour exiger la libération immédiate de Suna Bilgin.

Preuve de condamnation à fournir en cas de demande. (18 Feb 2026)




 informations du mois passé click Informations of the past month
Toutes les informations depuis 1976 click All informations since 1976

flashfondationeditorsbulletinspublications