Droits
de l'Homme / Human Rights
Un an
après son arrestation, le maire d'Istanbul
au tribunal
Le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, détenu depuis un an, a comparu
lundi lors d'une audience tendue dans une vaste affaire de corruption
qualifiée par l'opposition de tentative pour saboter ses chances de
défier le président Recep Tayyip Erdogan.
Arrêté le 19 mars 2025 et détenu depuis, M. Imamoglu a commencé à
comparaître devant le tribunal de Silivri à 11H05 (08H05 GMT).
Mais l'audience a été suspendue après à peine 15 minutes suite à un
conflit verbal entre M. Imamoglu, les avocats et le juge, selon
l'équipe du maire d'Istanbul.
Lorsque l'audience a repris plusieurs heures plus tard, les avocats de
la défense ont exigé que le juge se récuse pour cause d'irrégularités
de procédure et de manque d'impartialité.
Plus tôt dans la matinée, des applaudissements ont retenti lorsque M.
Imamoglu et des dizaines d'autres accusés sont entrés dans la salle
d'audience bondée, sous les cris "Nous sommes fiers de vous !".
M. Imamoglu a été emprisonné le jour où il a été désigné candidat du
principal parti d'opposition, le CHP (Parti républicain de peuple,
social-démocrate), à la prochaine élection présidentielle turque. Il
est considéré comme l'un des rares hommes politiques capable de vaincre
Erdogan à ce scrutin prévu avant mi-2028.
-"Président Imamoglu"-
Le procureur a inculpé cet homme de 54 ans de 142 chefs d'accusation
qui pourraient lui valoir une peine allant jusqu'à 2.430 ans de prison.
Il est accusé d'avoir dirigé un vaste réseau criminel sur lequel il
exercerait une influence "telle une pieuvre".
"Président Imamoglu !", "Le jour viendra où les rôles s'inverseront et
l'AKP devra rendre des comptes", ont scandé les manifestants rassemblés
près du tribunal, en référence au parti au pouvoir du président Erdogan.
Le procès s'est ouvert au tribunal de Silivri, situé à 80 kilomètres à
l'ouest d'Istanbul, qui fait partie du complexe pénitentiaire où M.
Imamoglu est détenu.
Maire de la plus grande ville de Turquie jusqu'à son arrestation, M.
Imamoglu fait face à des accusations allant de la corruption au
détournement de fonds et à l'espionnage, au côté de plus de 400 autres
accusés.
Le président du CHP, Ozgur Ozel, l'épouse du maire d'Istanbul, Dilek
Imamoglu, ainsi que des représentants diplomatiques de Grande-Bretagne,
de France, d'Allemagne, des Pays-Bas et de plusieurs autres nations,
étaient présents lundi dans la salle, selon des sources diplomatiques.
- "Honte à vous!"-
A l'ouverture de l'audience, le juge a annoncé que M. Imamoglu serait
l'un des derniers à se défendre, ce qui a incité le maire - principal
accusé - à demander à prendre la parole plus tôt.
Le juge a refusé, provoquant des cris de "Honte à vous !" dans la salle
d'audience, tandis que les avocats de la défense ont déploré le
non-respect de la procédure.
Alors que l'audience touchait à sa fin, on pouvait entendre M. Imamoglu
crier, en parlant du juge : "S'il a du cran, il laissera ces gens
partir et m'affrontera seul !", ce qui a provoqué des applaudissements
dans la salle, a rapporté son équipe sur X.
L'audience a été ajournée peu avant 17H00 (14H00 GMT), le tribunal
devant reprendre ses travaux mardi à 10H00 (07H00 GMT).
Les manifestations aux abords du tribunal étant interdites, des
partisans se sont rassemblés dans un campement du CHP voisin, près
d'une reconstitution de la cellule d'Imamoglu, a rapporté un
correspondant de l'AFP.
"S'il n'avait pas annoncé sa candidature à la présidentielle, il serait
encore maire", a déclaré Kadim Tasbilek, un retraité de 58 ans, qui a
dénoncé le procès comme "un coup d'État politique".
"Cette affaire est politique. Je ne crois pas à la corruption", a
estimé Hulya Ozturk, une retraitée de 74 ans.
Des organisations de défense des droits humains Human Rights Watch et
Amnesty International ont dénoncé l'instrumentalisation du système
judiciaire turc pour écarter les opposants politiques.
"Cela porte la marque d'une tentative d'intimidation des opposants
politiques et de réduction au silence des voix dissidentes dans le
pays", a affirmé Dinushika Dissanayake, directrice adjointe d'Amnesty
International pour l'Europe dans un communiqué.
Le CHP a remporté une victoire aux élections locales de mars 2024
contre l'AKP du président Erdogan au pouvoir et a depuis fait l'objet
d'une vaste répression judiciaire, avec quinze de ses maires derrière
les barreaux.
Les analystes estiment difficile une candidature de M. Imamoglu à la
prochaine élection présidentielle.
Même s'il est innocenté des accusations de corruption, il se heurte à
un obstacle juridique encore plus important: une action en justice
contestant la validité de son diplôme universitaire, condition
constitutionnelle pour les candidats à la présidence.
S'il est inéligible, les observateurs politiques s'attendent à ce que
l'actuel dirigeant du CHP, Özgür Özel, devienne le candidat de
l'opposition à la présidentielle. (AFP, 9 mars 2026)
Eskişehir prison delays release of political
prisoners
Eskişehir Type-H Closed Prison has postponed the release of five
political prisoners who have completed their sentences, citing
“continued organizational behavior” and “lack of repentance" in what
has become a broader practice in recent years.
According to Mezopotamya Agency (MA) reporting, all five prisoners
whose release was denied also suffer from serious health problems.
Among them is Yılmaz Çerçel, who has been incarcerated since 1993. The
prison administration ruled to delay his release just one day before it
was scheduled. A new review of his case is expected at the end of March.
Another prisoner, Mehmet Paksoy, has been called before the
disciplinary board four times in the past four years. Each time, his
release was postponed on the grounds that he did not demonstrate “good
behavior.”
'Meaningless questions'
Paksoy said board members repeatedly asked him “meaningless questions”
and recorded statements he never made. Following the last review on Jan
9, which again delayed his release, Paksoy refused to attend the
session scheduled for Apr 13.
The report also noted that two other prisoners, Vasfi Haştaş and
partially disabled İlhan Keklik, are struggling with serious medical
conditions.
Another prisoner, Mustafa Filitoğlu, was denied conditional release
despite having surpassed his eligibility date. In December, the board
postponed his release for another six months.
Filitoğlu said he believes the board’s evaluation was not impartial and
added, “I don’t think I have any chance of benefiting from conditional
release.”
Prison boards 'act like judicial bodies'
Attorneys from the Lawyers for Freefom Association (ÖHD) accused the
Prison Administrative and Monitoring Boards of operating like de facto
judicial authorities.
“These boards, especially in cases involving political prisoners, have
extended their reach beyond executing sentences and have become bodies
that effectively reassign punishment,” the lawyers told bianet.
They argued that using “repentance” as a criterion forces inmates to
submit to an internal inquiry into their beliefs. Denying release
repeatedly due to an inmate’s supposed lack of remorse amounts to “a
systematic violation of the right to liberty and security,” they said.
“In this form, the board decisions function less as a legal mechanism
and more as a vague and punitive administrative tool that blocks the
release of even terminally ill inmates who have been behind bars for
decades,” the statement continued.
Peace process
With discussions underway in a parliamentary committee on possible
legal reforms within the context of a renewed Kurdish peace process,
ÖHD lawyers called for the abolition of the prison boards.
They said doing so would be “a necessary step toward implementing the
principle of equality in enforcement and achieving a lasting solution.”
“The release of political prisoners who have completed their sentences
would be a confidence-building and critical step toward a just peace
and public trust,” they added. (BIA, 9 March 2026)
Deux cris
élevés à Bruxelles il y a 50 ans

Doğan Özgüden,
Artı Gerçek, 8 mars 2026
En 1976,
alors qu'un livre en quatre langues différentes sur les droits
et les luttes des travailleuses fut publié, un tribunal international
était créé pour juger les crimes commis contre les femmes
Aujourd’hui, comme
partout dans le monde, la Turquie célèbre aussi la
Journée internationale des femmes, une journée durant laquelle les
femmes font entendre leur voix pour l’égalité des droits et contre
l’oppression et les exclusions dont elles sont victimes.
Il y a exactement 169 ans, les réactions internationales à la
répression sanglante par la police d’une grève lancée dans une usine
textile à New York prirent, tout d’abord en 1910, une dimension
internationaliste lorsque Clara Zetkin et Rosa Luxemburg, dirigeantes
du parti social-démocrate allemand, proposèrent lors de la Conférence
internationale des Femmes socialistes, affiliée à la Deuxième
Internationale, que le 8 mars soit adopté comme Journée internationale
des femmes.
En 1921, la Troisième Conférence internationale des Femmes à Moscou
rebaptisa le 8 mars en « Journée internationale des travailleuses »,
mais sa célébration fut interdite dans de nombreux pays du monde, dont
la Turquie, pendant un demi-siècle en raison de « l’hystérie et des
pressions anticommunistes ».
La levée de cette interdiction et la célébration de la « Journée
internationale des femmes » dans le monde entier ne fut possible
qu’avec la déclaration du 8 mars, « Journée internationale des femmes »
par l’Assemblée générale des Nations Unies, le 16 décembre 1977.
Cette décision des Nations Unies fut fortement influencée par deux
évènements consécutifs survenus à Bruxelles, au centre de l’Union
européenne, il y a exactement 50 ans, en 1976.
Lorsque nous commençâmes à nous organiser à Bruxelles pour fonder
Info-Türk, après avoir légalisé notre séjour dans la troisième année de
notre exil, l’une des personnalités belges qui nous soutint le plus
était Emilienne Brunfaut, l’une des femmes syndicalistes les plus
combatives du pays.
Dès 1936, Emilienne assuma la direction de la commission syndicale
fondée par le Parti ouvrier belge pour défendre les droits des
travailleuses. Après avoir vécu en exil dans le sud de la France
pendant l’occupation du pays par l’Allemagne nazie durant la Seconde
Guerre mondiale, elle fonda en 1946 la commission du travail des femmes
du syndicat socialiste FGTB.
En 1974, lorsque nous fondâmes Info-Türk à Bruxelles en préparant, en
plus de nos éditions en langue turque, des journaux et brochures en
français pour les syndicats et les organisations belges de défense des
droits humains, elle fut extrêmement impressionnée que ces travaux
étaient menés par une femme journaliste exilée de Turquie et noua avec
nous une très chaleureuse amitié.
Je ne pourrai jamais l’oublier… Pour les publications en turc, il était
impossible de taper les textes en turc sur le papier ciré utilisé pour
l’impression à la ronéo ou sur les feuilles destinées à l’impression
offset avec ma vaillante Hermes Baby que j’avais fait venir de Turquie…
Il nous fallait une machine à écrire IBM à tête rotative pour
composition en langue turque. En cette période de disette, c’est
Emilienne qui nous en trouva une et nous l’apporta. Quant aux têtes
rotatives, elles avaient été envoyées par mon beau-père, Burhanettin
Tuğsavul, qui nous avait donné son passeport de famille alors que nous
étions recherchés par les militaires turcs après le coup d’État de
1971. Grâce à lui, nous avions pu quitter le pays pour nous exiler en
falsifiant ce passeport.
En 1975, Emilienne présidait la Commission du Travail des Femmes créée
au sein du ministère du Travail, et dans le même temps, menait la
campagne initiée par les pays membres de la Communauté économique
européenne pour obtenir la reconnaissance de la Journée internationale
des femmes au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies.
De plus, un an plus tard, elle allait participer aux côtés d’autres
militantes des droits des femmes comme Simone de Beauvoir, Jeanne
Moreau et Gisèle Halimi, à une initiative visant à la constitution d’un
Tribunal international pour juger les crimes contre les femmes.
Les 4-8 mars 1976, près de 2000 femmes de 40 pays se réunirent à
Bruxelles pour adopter une série de résolutions sur des sujets tels que
les inégalités économiques, le viol, les mutilations génitales,
l’inceste, les arrestations et tortures politiques, les violences
intrafamiliales, la prostitution forcée, la pornographie et les
féminicides.
Tandis que la syndicaliste Emilienne poursuivait tous ces efforts avec
une grande détermination, travaillant jour et nuit, elle nous présente
au début de l’année 1976 un projet d’envergure européenne…
La Confédération européenne des syndicats (CES), qui regroupait des
syndicats de 15 pays européens et représentait les travailleurs au sein
de la Communauté économique européenne, avait tenu son grand congrès à
Londres en avril 1976, publié un communiqué au sujet de la
reconnaissance de droits égaux au profit des travailleuses et décidé de
publier un Livre blanc en la matière.
Le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats
Hintescheidt confia à notre association Info-Türk la responsabilité de
la mise en page et de la préparation de l’impression du livre rédigé
par des expertes de différents pays, car sa directrice technique était
une femme journaliste exilée.
Comme j’avais été expulsé vers les Pays-Bas par la Police des
étrangers, je me trouvais déjà en situation irrégulière en Belgique, et
pus malgré tout assurer la rédaction de nos publications tout en
assistant clandestinement İnci dans son travail. De ce fait, je ne pus
que peu appuyer İnci dans ses activités pour le livre.
Néanmoins, İnci, en travaillant plusieurs jours avec Emilienne, prépara
le Livre blanc pour publication en quatre langues : anglais, français,
allemand et norvégien.
La publication de ce livre contribua largement à une meilleure
compréhension par l’opinion publique des droits des travailleuses, de
l’oppression dont elles sont victimes et de leurs luttes.
Le livre venait d’être publié que la Sûreté de l’État belge, sous les
pressions de l’État turc, notifia à la Délégation du Haut-Commissariat
des Nations Unies pour les Réfugiés à Bruxelles que « la présence du
couple Özgüden-Tuğsavul en Belgique est parfaitement inopportun ».
Cela provoqua un esclandre. À cause de ces pressions, la publication
des journaux en langue des deux fédérations syndicales CSC et FGTB en
Belgique, membres de la Confédération européenne des syndicats,
risquait également d’être compromise.
À la suite des pressions exercées tant par les deux syndicats belges
que par la Confédération européenne des syndicats dont nous préparions
la publication de cet ouvrage, sur le gouvernement belge pour que la
décision soit réexaminée, nous obtînmes tous deux à partir de septembre
1976 un permis de travail du ministère de l’Emploi, puis un permis de
séjour de la Police des étrangers.
Toutefois, les pressions de l’État turc ne s’arrêtèrent jamais, İnci et
moi, ainsi que des centaines de nos camarades en exil après le coup
d’État fasciste du 12 septembre 1980, fûmes déchus de notre nationalité
turque.
De plus, parce que je pris la parole lors d’une émission de la chaîne
de télévision française A2 au sujet des pressions exercées sur les
populations kurdes, arméniennes et assyriennes en Turquie, mon entrée
en France avec un passeport de réfugié en tant qu’ « exilé politique »
fut interdite sous la pression de l’État turc, et ma demande
d’obtention de la nationalité belge pour gagner une liberté de
circulation fut également rejetée par le parquet royal belge sous la
pression de l’État turc.
Durant cette nouvelle période de pressions, nous reçûmes aussi le plus
grand soutien tant des deux fédérations syndicales belges que de la
Confédération européenne des syndicats, et c’est grâce à leur soutien
que nos demandes de naturalisation furent approuvées par le Parlement
fédéral belge.
Par ailleurs, même en l’absence de membres de Turquie, la Confédération
européenne des syndicats a manifesté une très grande solidarité avec le
combat syndical en Turquie, et tout spécialement avec les dirigeants de
la DİSK (Confédération des syndicats ouvriers révolutionnaires), fermée
par le gouvernement fasciste après le coup d’État du 12 septembre 1980
et dont les dirigeants furent torturés et incarcérés.
À l’occasion de la Journée internationale des femmes du 8 mars, İnci et
moi, à l’instar de toutes les femmes qui ont lutté pour les droits des
femmes en Turquie et dans le monde, nous souvenons respectueusement de
notre amie Emilienne Brunfaut, qui a consacré sa vie entière à la lutte
syndicale et à la défense des droits des femmes, et depuis le jour où
nous fîmes connaissance, fut aussi toujours solidaire avec nous et avec
la lutte syndicale et les droits des femmes en Turquie.
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Le remerciement de Doğan Özgüden à son 90e
anniversaire
Le 27 février est mon anniversaire…
L’année 2026, celle de mes 90 ans et des 86 ans d’İnci, a commencé pour
nous deux avec de sérieux problèmes de santé. Nous sommes tous deux
conscients qu’à nos âges avancés, les feuilles du calendrier défilent à
un rythme accéléré. Le nombre de nos proches, amis et camarades de
lutte encore en vie diminue rapidement.
L’indéniable réalité de la vie… Nous savons qu’il ne nous est plus
possible de poursuivre, au même rythme et avec la même intensité, le
travail aux multiples facettes que nous menons en exil depuis 55 ans,
malgré toutes les difficultés et tous les obstacles.
Ces réalités font partie de mon dernier article à Artı Gerçek:
https://www.info-turk.be/570.htm#Entretien
Dans la dernière partie de notre vie, nous devons consacrer nos
activités, dans la mesure où notre santé le permet, au développement de
nos archives.
Pour ces raisons, je continuerai dorénavant à écrire pour Artı Gerçek,
non une fois par semaine comme jusqu’à présent, mais à intervalle plus
irrégulier. Bien entendu, j’écrirai immédiatement dès que l’actualité
l’exigera…
En ce tournant de notre vie commune, je tiens à remercier Artı Gerçek,
Avrupa Demokrat et toutes les publications qui relaient nos opinions;
toute l’équipe des Ateliers du Soleil, et plus particulièrement Iuccia
Saponara et Elise Thiry, qui ont pris la relève d’İnci à sa direction,
ainsi que tous nos amis d’Asie, d’Afrique et d’Amérique qui apportent
la richesse et la créativité de leurs cultures au cœur de l’Europe.
Je souhaite également adresser des remerciements particuliers à
l’Institut kurde de Bruxelles, à l’Institut assyrien de Belgique, à
l’Association des Arméniens démocrates de Belgique, à la Maison du
Peuple de Bruxelles, à la Fédération arménienne pour la Justice et la
Démocratie en Europe et au Comité des Arméniens de Belgique.
Ensemble avec eux, nous sommes fiers d’avoir mené, des décennies
durant, tant dans notre pays qu’au sein de la diaspora, une lutte
commune contre l’oppression du régime d’Ankara, et nous continuerons à
avancer ensemble.
Les remerciements d'Özgüden à ses collègues et ses amis de
lutte commune
Hier soir, mes collègues et amis de la lutte commune en exil ont
célébré mon 90e anniversaire dans les locaux des Ateliers du Soleil. Je
remercie de tout cœur la présidente Iuccia Saponara, la directrice
Élise Thiry, ainsi que tous mes collègues des Ateliers du Soleil, pour
leur amitié et leur solidarité dans la lutte qu'Inci et moi menons
depuis plus d'un demi-siècle en exil. Grâce à eux, les Ateliers du
Soleil, qui existent depuis plus de 52 ans, continuent d'être l'une des
associations phares dans la défense des droits et des libertés à
Bruxelles.
Message de Bahar Kimyongür à
l’anniversaire de Dogan Özgüden
Cher Doğan,
Il y a des vies qui traversent le temps comme des lueurs fragiles. Et
puis il y a la tienne, une flamme immense, un feu sacré que ni les
procès, ni l’exil, ni les menaces, ni les années n’ont pu éteindre.
À 90 ans, tu n’es pas seulement un anniversaire que l’on célèbre. Tu es
une mémoire vivante. La mémoire des combats menés plume à la main, des
vérités arrachées au silence, des injustices dénoncées quand tant
d’autres choisissaient de baisser les yeux ou de servir les puissants.
Tu as fait du journalisme bien plus qu’un métier, tu en as fait un
sacerdoce au service des éternels vaincus, des libres penseurs, des
torturés, des résistants et des minorités opprimées de Turquie, et puis
aussi et surtout de « ceux qui font table rase et qui créent » comme
les appelait Nâzım Hikmet.
L’exil aurait pu t’éteindre. Il t’a agrandi. Loin de ta terre natale,
tu as continué à défendre la liberté avec une constance admirable,
rappelant au monde que les frontières ne peuvent enfermer ni les idées,
ni la dignité. Tu as prouvé que l’on peut être déraciné sans jamais
être abattu.
Pour ma génération, tu es bien plus qu’un journaliste courageux. Tu es
un repère, une boussole morale, la preuve vivante que l’engagement
n’est pas une simple posture mais une serment de fidélité, fidélité à
la vérité, aux opprimés, à l’humanité. C’est ce même serment de
fidélité qui a fait d’Inci, ton amour éternel.
Je sais le prix que vous avez payé ensemble : les procès, les attaques,
les calomnies, les trahisons, l’isolement parfois. Mais je sais aussi
la force intérieure qui vous habite Inci et toi. Cette force tranquille
qui ne cherche ni les honneurs, ni la reconnaissance, seulement la
justice et le bonheur pour tous.
Aujourd’hui, je veux te dire merci cher Doğan. Merci pour ta
persévérance. Merci pour ton courage. Merci pour les messages que tu
partages au quotidien et qui montrent combien l’espoir des jours
meilleurs est encore vivant.
Merci pour l’exemple que tu nous donnes encore, à 90 ans, d’une vie
debout.
Que cette soirée organisée aux Ateliers du Soleil soit entourée
d’affection, de joie et de cette tendresse que méritent les grands
hommes. Et que ton regard continue longtemps encore à éclairer nos
luttes.
Avec mon admiration fraternelle,
Bahar Kimyongür
Over 5,000 violations recorded in Marmara region prisons in
2025
The Human Rights Association (İHD) İstanbul Branch Prison Commission
identified over 5,000 violations in released its 2025 “Marmara
Region
Prisons Rights Violations Report.”
The report's findings was shared with the public yesterday at a
press
conference held at the association’s office in İstanbul. Semiray
Yılmaz, a member of the İHD İstanbul Branch Prison Commission, first
took the floor and outlined the rights violations recorded throughout
the year. Gülseren Yoleri, a member of the İHD Central Executive Board
(MYK), then assessed the findings presented in the report.
Prison population
According to the latest data from the General Directorate of Prisons
and Detention Houses (CTEGM), as of Dec 1, 2025, the number of
prisoners stood at 433,543. As of Jan 2, 2026, this figure decreased to
402,014, of whom 338,109 are convicts, 63,905 are pretrial detainees,
18,946 are women, 4,421 are children, and 6,433 are over the age of 65.
In 403 prisons with a total capacity of 305,286, there are currently
96,728 prisoners above capacity.
Applications were submitted to the İHD by detainees or convicts held in
prisons where rights violations occurred, either by letter or fax, or
by their families and lawyers via phone, email, or in person. (BIA, 25
Feb 2026)
Report:
Turkey's prison occupancy rate exceeds 133
percent
The Civil Society in the Penal System Association (CİSST) has released
its prison statistics for February 2026, revealing a further rise in
overcrowding across Turkey's penal facilities.
According to the data, prisons in the country are operating at 133.55
percent capacity. As of February, 407,266 people are incarcerated in
403 prisons, which have a combined official capacity of 304,956.
Of those held in prison, 342,522 are convicted while 64,744 are in
pretrial detention.
CİSST noted that the number of prisoners held beyond capacity has
increased by 5.77 percent compared to the previous month. As of
February, there are 102,310 more prisoners than the system is designed
to hold.
Prisoners with special needs
The data also highlight the number of prisoners with special needs. A
total of 476 prisoners have disabilities, including 34 with speech and
language impairments, 96 who are visually impaired, 68 with hearing
impairments, 26 with both hearing and speech impairments, and 252 with
orthopedic disabilities.
Among the total prison population, 110,858 people are held in open
prisons, while 296,408 are held in closed facilities.
Children and elderly prisoners
The statistics show that 6,381 inmates are aged 65 or older. Meanwhile,
4,505 children aged between 12 and 18 are in custody, including 206
girls. Among 19,339 incarcerated women, 891 are staying with their
children aged 0–6.
In 2025, 77,014 inmates were reported to be continuing their education,
and 58,500 were engaged in insured vocational activities.
There are currently 200 LGBTI+ prisoners and 14,276 foreign nationals
in Turkish prisons.
Meal allowance
According to figures from 2025, the state set daily meal allowances at
144 liras for adult inmates and on-duty prison staff. For juvenile
inmates, the amount was set at 275 liras. Daily net minimum wage is 933
liras. (BIA, 24 Feb 2026)
Berlinale: l'Ours d'or attribué à "Yellow
Letters", un manifeste contre l'autoritarisme
La 76e Berlinale a décerné l'Ours d'Or à "Yellow Letters" du
réalisateur allemand Ilker Catak, un film sur l'autoritarisme et la
censure des artistes, en clôture d'un festival particulièrement agité
par des polémiques politiques et la guerre à Gaza.
"Beaucoup de personnes sont arrivées en portant avec elles beaucoup de
chagrin et de colère, ainsi qu'un certain sentiment d'urgence face au
monde dans lequel nous vivons aujourd'hui", a entamé la directrice du
festival Tricia Tuttle lors de la cérémonie de clôture.
"La Berlinale a été émotionnellement chargée", a-t-elle reconnu,
visiblement émue, après des jours de polémique et d'accusation de
censure visant la Berlinale, festival à la tradition très politique.
Le jury, présidé par le réalisateur allemand Wim Wenders, a finalement
décidé de récompenser un film tourné en Allemagne, en langue turque.
Les scènes censées se passer à Ankara et Istanbul ont été tournées à
Berlin et Hambourg.
Il raconte le destin d'un metteur en scène turc et de sa femme actrice,
soudain interdits de travailler en raison de leurs opinions politiques.
Lors de la remise du prix, le producteur du film, l'Allemand Ingo
Fliess, a tenu à rappeler une scène du film dans laquelle artistes et
intellectuels poussés à bout se disputent.
- Apaisement -
"Ca m'a rappelé ces derniers jours à la Berlinale. Des
réalisateurs
contre d'autres réalisateurs, des artistes contre des créatifs (...).
Nous sommes alliés", a-t-il insisté, appelant à concentrer les attaques
sur les vrais ennemis: "les autocrates, les partis de droite, les
nihilistes de notre temps".
Les festival a notamment été accusé par certains artistes de censurer
ceux "qui s'opposent au génocide en cours perpétré par Israël contre
les Palestiniens à Gaza".
Le président du jury Wim Wenders, cible d'attaques pour avoir dit que
le cinéma devait "rester en dehors de la politique", a tenté d'apaiser
la situation.
"Le langage du cinéma est empathique. Le langage des réseaux sociaux
est efficace", a relevé le réalisateur allemand, saluant l'ardeur
militante des activistes. "Vous faites un travail courageux et
nécessaire. Mais est-ce que cela doit être une compétition ?", a-t-il
interrogé.
Un peu plus tôt dans la cérémonie, le réalisateur syro-palestinien
Abdullah Al-Khatib, récompensé pour son film "Chronicles from the
Siege" dans une catégorie parallèle du festival, a porté une parole
offensive, accusant le gouvernement allemand d'être "complice du
génocide commis à Gaza par Israël".
Ses propos ont été accueillis par des cris de soutien, mais aussi de
réprobation, signe des tensions qui ont traversé la Berlinale cette
année.
- "Pas seuls" -
Également récompensé du grand prix du jury - équivalent de la 2e
place
- pour son film "Salvation", le réalisateur turc Emin Alper a lu un
message de solidarité pour "les Palestiniens à Gaza", "le peuple d'Iran
qui souffre sous la tyrannie" mais aussi "les Kurdes au Rojava".
"Vous n'êtes pas seuls", a-t-il aussi lancé à l'adresse de opposants
politiques turcs emprisonnés, dont le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu.
Son film, inspiré d'une histoire vraie, raconte la descente vers la
violence d'un village reculé de Turquie, confronté au clan d'un village
voisin.
Le jury de la Berlinale a aussi choisi de récompenser l'actrice
allemande Sandra Hüller d'un Ours d'argent de la meilleure
interprétation (prix hommes et femmes confondus) pour sa performance
dans "Rose", de Markus Schleinzer.
Dans ce drame en noir et blanc, elle incarne une femme se faisant
passer pour un homme dans une petite communauté rurale de l'Allemagne
du 17e sicèle, afin d'échapper au patriarcat.
Un autre film a particulièrement plu au jury puisqu'il a été distingué
deux fois. "Queen at Sea", de l'Américain Lance Hammer, a notamment
reçu le prix du jury.
Ce film avec Juliette Binoche raconte les ravages d'Alzheimer sur les
proches des personnes atteintes de cette maladie. Anna Calder-Marshall,
qui joue à 79 ans une dame atteinte de démence, et son partenaire à
l'écran Tom Courtenay, 88 ans, ont conjointement reçu l'Ours d'argent
du meilleur second rôle. (AFP, 21 fév 2026)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Ankara dénonce l'arrestation de deux journalistes turcs en
Israël
Deux journalistes turcs, présents en Israël pour couvrir la guerre au
Moyen Orient, ont été arrêtés, ont annoncé mardi des responsables turcs
et la police israélienne.
Emrah Cakmak, reporter pour CNN Türk, et Halil Kahraman, caméraman, qui
"se trouvaient à Tel Aviv pour couvrir l'actualité, ont été arrêtés", a
indiqué le Syndicat des journalistes de Turquie (TGS) sur X.
Burhanettin Duran, directeur de la communication de la présidence
turque, a fustigé Israël pour ses "attaques contre la presse".
"Nous mettons tout en oeuvre pour obtenir la libération immédiate de
nos journalistes et suivons de près la situation", a-t-il affirmé sur X.
Le syndicat des journalistes de Turquie a précisé que les journalistes
étaient sur place pour réaliser des reportages en lien avec "les
attaques américaines et israéliennes contre l'Iran et partager les
derniers développements avec les téléspectateurs de notre pays".
Les journalistes ont été arrêtés alors qu'ils réalisaient une
retransmission en direct à Tel Aviv.
La police israélienne a déclaré qu'ils auraient "filmé une installation
de sécurité".
CNN Turk a publié des images de leur interpellation alors qu'ils
filmaient dans la rue, devant le complexe du ministère israélien de la
Défense.
"A la suite d'un appel concernant deux suspects équipés de caméras et
qui auraient diffusé en direct sur un média étranger, une unité de
police est arrivée sur les lieux, a interrompu la retransmission et a
procédé au contrôle des suspects", a indiqué la police israélienne dans
un communiqué.
"Les suspects, qui se sont présentés comme journalistes, ont présenté
une carte de presse périmée et ont été emmenés pour interrogatoire".
La censure militaire israélienne interdit aux médias de réaliser des
retransmissions en direct pendant les alertes aériennes ou de divulguer
l'emplacement exact des impacts.
CNN Türk est une chaîne d'information turque qui opère sous licence de
la société mère CNN International.
"Bloquer des journalistes chargés d'informer le public et ne pas les
protéger en zone de guerre constitue une violation de la liberté de la
presse", a déclaré le TGS, exhortant Israël à les libérer. (AFP, 3 mars
2026)
Appel pour libérer trois journalistes
arrêtées pour des images tournées près d'une base militaire
Le syndicat des journalistes de Turquie (TGS) a exigé la libération de
trois journalistes arrêtés en lien avec des images tournées près d'une
base aérienne sensible qui accueille des troupes américaines dans le
sud du pays.
Ces arrestations sont intervenues dans un contexte de tensions
croissantes à la suite des frappes israéliennes et américaines contre
l'Iran, qui a riposté par des tirs de missiles contre les États du
Golfe abritant des bases américaines et contre Israël.
Les images avaient été tournées par un des trois journalistes près de
la base aérienne d'Incirlik pour l'agence de presse indépendante turque
Anka, au moment où Israël et les États-Unis commençaient à frapper
l'Iran.
Incirlik, situé à 10km de la ville turque d'Adana (sud) abrite une base
aérienne turque hébergeant des forces américaines depuis des décennies.
Il s'agit d'un site clé de l'Otan en Turquie, utilisé à la fois par les
militaires américains et turcs.
Les images ont été tournées par Koza TV, qui avait été mandatée pour
fournir des séquences à Anka.
Parmi les personnes arrêtées figurent le rédacteur en chef d'Anka,
Kenan Sener, le reporter de Koza TV, Sergen Olcer, et la directrice
générale de Koza TV, Mehlika Bilen, a indiqué le syndicat de
journalistes, dénonçant une mesure "inacceptable".
"Il est inacceptable que des journalistes faisant leur travail sur un
sujet étroitement lié à une guerre susceptible d'éclater dans notre
région soient détenus. Nous sommes aux côtés de nos collègues. Les
journalistes doivent être libérés immédiatement.
#LeJournalismeNEstPasUnCrime", a-t-il écrit sur X.
Ils ont été placés en détention pour violation de la loi sur les zones
militaires et de sécurité restreintes, a indiqué Reporters sans
frontières (RSF).
Après cette affaire, Anka a interrompu retiré les images de son site,
s'excusant "pour les malentendus causés par (ses) publications sur les
réseaux sociaux et (ses) diffusions en direct effectuées dans le cadre
de (ses) missions journalistiques".
Erol Ongeroglu, le représentant pour la Turquie de l'ONG Reporters sans
frontières (RSF) basée à Paris, avait confirmé samedi les arrestations,
indiquant à l'AFP que l'enquête avait été ouverte pour "violation de la
loi sur les zones militaires et de sécurité d'accès restreint".
(AFP,
1 mars 2026)
Turkey blocks 41 social media accounts over
‘disinformation’ on Iran war
Turkey has blocked access to 41 social media accounts and removed 75
posts from digital platforms over what authorities described as
"disinformation" and "provocative content" related to the ongoing
conflict involving the US, Israel and Iran.
Presidential Communications Director Burhanettin Duran announced the
measures in a written statement, saying that “intensive disinformation
and psychological warfare activities targeting Turkey on digital
platforms” have been detected recent developments in the region.
Duran said that from the first moments after attacks targeting Iran
began, some social media accounts had shared unverified information
"intended to create fear, panic, and distrust in society."
"Legal proceedings have been initiated against these and other accounts
under review that were found to be conducting psychological warfare
through posts containing criminal elements," said the official.
The statement did not provide specific details about the content of the
blocked accounts or removed posts.
The actions were carried out in under the coordination of the
Communications Directorate and involved the General Directorate of
Security’s cybercrime department, the Information and Communication
Technologies Authority, and chief public prosecutors’ offices,
according to the statement. (BIA, 6 March 2026)
Deux
journalistes arrêtés près d'une base aérienne
abritant des forces
Deux journalistes turcs travaillant pour l'agence de presse turque Anka
ont été arrêtés samedi pour avoir filmé en direct une base aérienne
sensible abritant des troupes américaines dans le sud de la Turquie, a
annoncé Anka.
"Deux journalistes ont été interpellés (...) dans le cadre d'une
enquête ouverte par le parquet d'Adana concernant la diffusion par
l'agence de presse Anka d'images des alentours de la base aérienne
d'Incirlik", a indiqué l'agence.
Ces arrestations interviennent dans un contexte de tensions croissantes
à la suite des frappes israéliennes et américaines contre l'Iran, qui a
riposté par des tirs de missiles contre les États du Golfe abritant des
bases américaines et contre Israël.
Incirlik, situé à 10km de la ville turque d'Adana (sud) abrite une base
aérienne turque hébergeant des forces américaines depuis des décennies.
Il s'agit d'un site clé de l'Otan en Turquie, utilisé à la fois par les
militaires américains et turcs.
Les journalistes interpelés, qui filmaient en direct à l'extérieur de
la base, travaillaient pour Koza TV, une société fournissant des images
à Anka, selon l'agence.
L'antenne locale de l'union des journalistes TSG a confirmé à l'AFP que
"trois personnes de Koza TV sont actuellement détenus" : deux
journalistes video et le directeur général de ce média.
Dans un communiqué partagé par Anka, le parquet d'Adana a indiqué avoir
ouvert une enquête et ordonné les arrestations au motif que "partager
des images du site, des dispositifs de sécurité et de l'organisation
physique d'installations militaires présente un risque pour la sécurité
nationale".
Erol Ongeroglu, le représentant pour la Turquie de l'ONG Reporters sans
frontières (RSF) basée à Paris, a confirmé les arrestations, indiquant
à l'AFP que l'enquête avait été ouverte pour "violation de la loi sur
les zones militaires et de sécurité d'accès restreint".
A la suite de l'ouverture de l'enquête, Anka a retiré les images de son
site internet, et publié un communiqué présentant des excuses pour
"l'incompréhension suscitée par les retransmissions en direct menées
dans le cadre de (ses) obligations journalistiques".(AFP, 28 fév 2026)
Seven journalists convicted for taking photos at
courtroom
A court in Ankara has convicted seven journalists for “recording audio
and video” during a trial, according to a report by the Media and Law
Studies Association (MLSA).
The case concerns the journalists' May 2024 coverage of the final
hearing of the Kobanî case, a high-profile trial targeting more than
100 Kurdish politicians, including former MPs and party leaders.
The Ankara Western 14th Penal Court of First Instance ruled that law
enforcement had documented the journalists using phones and tablets
during the session, concluding that “the crime has been proven.”
The case was processed under a simplified trial procedure, and the
court issued sentences without opening a formal hearing. Prison terms
of one month were reduced to 18 days, with some sentences converted to
fines. Damla Kırmızıtaş’s verdict was postponed, while Fatih Polat was
subjected to a stricter regime due to a previous conviction.
'Only evidence was a police report'
The journalists’ lawyers argued that their clients did not record any
audio or video and that the only evidence was a police report.
They said no technical analysis or concrete recordings were found,
adding that the journalists were simply performing their public duty to
inform.
The defense also criticized the ruling as an excessive interference
with press freedom, noting that no explicit ban was communicated during
the trial.
The convicted journalists are Damla Kırmızıtaş, Derya Okatan Albayrak,
Fatih Polat, Fırat Can Arslan, Handan Ceren Bayar, Hüseyin Hayatsever,
and Kaan Can Bircan.
Investigations initially targeted 21 journalists. Some reporters from
Hürriyet, ANKA News Agency, Ulusal Kanal, SZC TV, VOA, Gazete Duvar,
Evrensel, Reuters, and Medyascope accepted a simplified prepayment,
while the cases of seven who refused proceeded to trial. (BIA, 25 Feb
2026)
Singer Hadise faces criticism over UNICEF Ramadan campaign
video
Pop singer Hadise has drawn criticism following her appearance in a
Ramadan-themed fundraising video for the United Nations Children's Fund
(UNICEF). The singer faced backlash on social media for her remarks
regarding Turkey’s humanitarian status.
In the video, Hadise highlighted Ramadan as a month of sharing and
solidarity. She noted that UNICEF supports children in the most
difficult circumstances because "no child should go hungry."
"From Turkey to Gaza, from Sudan to Africa, children need hope at the
iftar table," Hadise said in the video. She encouraged viewers to make
donations to the organization to "make a real difference in a child's
life."
'Unacceptable'
Oktay Saral, a chief advisor to President Recep Tayyip Erdoğan,
criticized the singer on social media, arguing that the comparison was
inappropriate.
Saral stated that placing Turkey in the same sentence as Gaza and Sudan
as a country "in need of help" is an "unacceptable attitude."
"Turkey is not the subject of crisis regions, but a country that brings
aid to those places," Saral wrote, describing Hadise's statements as
"disconnected from reality and damages the country's reputation."
Hadise urges calm
Hadise responded to the criticism by deleting the video and issuing a
statement emphasizing her role as a UNICEF Child Rights Advocate since
2022.
"I am a woman in love with this motherland," Hadise said, adding that
she acted with good intentions to support children and that the text
was provided to her by the organization.
She stated that she acted with good intentions to support children and
that the text was provided to her by the organization.
"I wish for all of us to stay away from sentences full of anger and
marginalizing emotions during Ramadan," she added. (BIA, 24 Feb 2026)
L'avocat du
journaliste Hakan Tosun dénonce le chef
d'inculpation des suspects
L'avocat du journaliste turc Hakan Tosun, décédé en octobre à Istanbul,
a dénoncé lundi le chef d'inculpation des accusés, estimant qu'il
"avait été tué délibérément", contrairement à ce qu'affirme le
réquisitoire.
Pour son avocat Cemal Yücel, le journaliste de 50 ans, spécialiste de
l'environnement "Hakan Tosun été tué délibérément. Mais l'inculpation
par le procureur mentionne des coups ayant entrainé la mort sans
intention de la donner", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Selon les caméras de surveillance et la police qui les arrêtés, Hakan
Tosun a été violemment agressé par deux hommes âgés de 18 et 24 ans.
Le défenseur a notamment fait valoir un nouveau rapport d'autopsie
selon lequel la cause du décès du reporter est "une hémorragie
cérébrale" causée par un "traumatisme crânien provenant de coups portés
par un objet contondant, ainsi que des fractures au niveau du visage".
Le rapport confirme l'absence de traces d'alcool et de stupéfiants.
"Il s'agit manifestement d'un homicide intentionnel. Nous n'acceptons
pas ce réquisitoire préparé par le procureur", a insisté M. Yücel.
"Nous espérons que la cour ne rendra pas une décision conforme à ce
scandaleux chef d'inculpation", a-t-il ajouté.
Le journaliste enquêtait en particulier dans la région d'Hatay (sud) et
sur la reconstruction après le violent séisme de 2023 qui avait fait au
moins 53.000 morts.
Une première autopsie dont les conclusions ont été rendues publiques
début janvier par la famille attestait que M. Tosun a été "battu et est
décédé après de terribles violences, prolongées et atroces", ce que
montraient déjà les images des caméras de surveillance qui ont
enregistré l'agression dans un quartier excentré d'Istanbul.
"Parce que nous soupçonnons qu'il y a des personnes derrière les
assaillants, du fait que Hakan Tosun était journaliste et écologiste et
que ses reportages et documentaires ont dérangé certains individus,
nous avons saisi à plusieurs reprises le parquet, lui demandant
d'enquêter pour déterminer s'il y a quelqu'un derrière eux, s'il existe
un instigateur", a déclaré l'avocat.
Mais ces demandes sont restées lettre morte, a-t-il déploré.
Selon lui le procureur agit "comme s'il était l'avocat des
(agresseurs), les défend et, en substance, revient à dire +Libérez-les
dès que possible+", s'est-il insurgé. (AFP, 23 fév 2026)
Judiciary responsible for nearly 70% of
violations against journalists in Turkey
Judicial authorities were responsible for over two thirds of documented
violations against journalists and media outlets in Turkey in 2025,
according to an annual report released by the Media Freedom Rapid
Response (MFRR).
The report documented 259 violations affecting 137 journalists and
media outlets throughout the year, noting that press freedom in Turkey
"deteriorated further in an increasingly restrictive political climate."
According to the report, 97 legal cases affected 200 journalists and
media entities. Arrest, detention, and imprisonment were the most
frequent forms of interference, with 68 documented cases involving 131
journalists. At least 22 were convicted over their reporting.
Broadly worded legal provisions, such as the “disinformation law,”
anti-terror legislation, and laws against “insulting the president,”
were used to criminalize routine journalistic activities, including
reporting on corruption, elections, and public institutions, the report
notes. Dawn raids and prolonged pretrial detention were also used as
intimidation tactics.
Alongside local reporters, prominent journalists such as Timur Soykan,
Barış Pehlivan, Nevşin Mengü, İsmail Saymaz, Fatih Altaylı, and Enver
Aysever faced arrest or prosecution for political commentary.
Non-custodial judicial controls, such as travel bans, signature
requirements, and house arrest, were widely imposed, further
restricting journalistic activity.
The report also noted extended access restrictions on social media as
authorities throttled access to services including X, YouTube,
Instagram, TikTok, Telegram, WhatsApp, and Signal, particularly during
protest periods.
Numerous websites and social media accounts, including those of LGBTI+
rights group Kaos GL, were blocked by court orders. (BIA, 23 Feb 2026)
Iranian journalist leaves Turkey for third country
to avoid deportation to Iran
Iranian journalist and human rights activist Saeid Hassanzadeh
Siahgourabi, who was at risk of deportation to Iran, has been
transferred to a third country at his own request, according to his
lawyer.
Salih Efe confirmed to that Siahgourabi left Turkey yesterday evening.
He did not specify the destination country but stated that it was not
Iran.
“Siahgourabi did not want to remain under administrative detention for
months in poor conditions,” Efe said, adding that deportation centers
in Turkey are in poor shape in terms of physical infrastructure,
psychological impact, and hygiene.
“He requested to be sent to a third country other than Iran," he said.
Siahgourabi was arrested in Iran for participating in the protests that
took place in 2009. He was detained for nearly four months in Tehran’s
notorious Evin Prison, where he was reportedly subjected to
mistreatment and threats during interrogation.
Following his conditional release, he was sentenced to one year and ten
months in prison. Another case was later opened against him, prompting
his departure from Iran. He arrived in Turkey in 2010.
On Feb 9, Siahgourabi was detained near his home in İstanbul and taken
to the Arnavutköy Removal Center as part of deportation proceedings. At
the time of his detention, he had been waiting for a visa to France.
(BIA, 23 Feb 2026)
Kurdish
Question / Question kurde
En
Irak, des combattants kurdes attendent dans
un bunker le soulèvement en Iran
Dans un repli des montagnes du nord de l'Irak, l'entrée du tunnel est à
peine visible. Sous terre, un groupe de rebelles kurdes, nourri de
gauchisme et de féminisme, attend un soulèvement en Iran pour bouger,
avec ou sans soutien américain.
Après s'être déclaré "tout à fait favorable" à une offensive kurde
contre l'Iran, le président américain Donald Trump a affirmé le 7 mars
dernier ne plus souhaiter une telle opération.
"S'il y a une attaque contre le peuple kurde (...) alors oui, par tous
les moyens, nous sommes prêts à résister", assure à l'AFP la
commandante Rôken Nerada, 39 ans, dont dix-sept au sein du Parti pour
une vie libre au Kurdistan (PJAK).
"Je pense que nous pouvons faire valoir nos droits sans l'aide des
Etats-Unis" insiste-t-elle, posant à côté du portrait du chef kurde
emprisonné Abdullah Öcalan.
Le PJAK est affilié au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), fondé
par "Apo" (oncle) Öcalan, interdit en Turquie et considéré comme
organisation terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux.
Une trentaine de combattants, hommes et femmes en sarouel et treillis,
se retrouvent autour d'une table richement garnie qui attire deux
chats. Sous les portraits des "martyrs" tombés au combat et d'un écran
plat qui diffuse les images de Téhéran et Beyrouth en feu.
Le groupe assure disposer de quelque 200 caches comme celle-ci, sous
les crêtes qui séparent l'Iran et la région du Kurdistan autonome
d'Irak, à plus de 2.000 m d'altitude.
Mais derrière la rhétorique guerrière, ces dernières années le poids
des groupes kurdes iraniens s'est considérablement affaibli, alors
qu'ils ont longtemps mené des attaques contre les forces de sécurité
iraniennes à la frontière. Et si cette lutte est plus discrète, c'est
notamment du fait des pressions de l'hôte irakien.
- Lénine et Socrate -
Depuis le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran,
Téhéran frappe régulièrement les positions des rebelles kurdes en Irak
et a menacé de viser "toutes les infrastructures" du Kurdistan irakien,
si des combattants franchissent la frontière.
Rôken Nerada assure toutefois qu'aucun de ses combattants clandestins
n'a récemment traversé côté iranien.
Dans son bunker, le couloir étroit qui s'enfonce sous terre dessert
plusieurs pièces - chambres, cuisine et sanitaires, salles de réunion
et bibliothèque moquettée d'ouvrages en kurde, persan, arabe et turc.
"Politique, féminisme, histoire, philosophie, Nietzsche, Lénine,
Socrate" énumère Shwan (nom d'emprunt), trentenaire élancé originaire
de Sanandj, capitale du Kurdistan iranien, qui après avoir embrassé
l'anarchisme puis le marxisme "et avoir beaucoup lu et étudié" a
rejoint le PJAK à 26 ans.
"On est tous prêts au combat, surtout après ce qu'ils ont fait au
peuple", dit-il, évoquant la répression impitoyable de Téhéran contre
les manifestations en janvier.
Mais faisant marche arrière, Donald Trump a affirmé samedi "ne pas
compter sur les Kurdes" pour éviter une guerre encore "plus complexe",
a-t-il justifié.
"Une attaque terrestre n'est pas à l'ordre du jour à ce stade",
reconnaissait la semaine dernière le co-commandant du PJAK, Amir Karimi.
"Le principal, c'est que la population elle-même devienne une force
motrice. Il faut un soulèvement populaire" disait-il à l'AFP, assurant
qu'à ce moment-là, son groupe pourrait alors apporter un "soutien
extérieur."
"Nous n'attendons pas que l'Iran ou les États-Unis nous donnent le feu
vert", insistait-il, tout en évoquant un "dialogue", un "échange
politique" -et non sécuritaire- entamé avec les Américains.
"Les Kurdes auront besoin de garanties pour assurer l'avènement d'un
Iran démocratique" soulignait-il. "Qui peut garantir que, demain, (les
Etat-Unis) ne soutiendront pas un autre dictateur?".
"Nous ne voulons pas juste remplacer un dirigeant par un autre",
confirme la commandante Nerada. (AFP, 11 mars 2026)
Décès de Salih Muslim, figure de l'autonomie des Kurdes en
Syrie
Le dirigeant kurde syrien Salih Muslim, figure de l'autonomie politique
acquise par la minorité kurde en Syrie, est décédé mercredi au
Kurdistan d'Irak, au terme d'un long combat contre la maladie, a
annoncé son parti dans un communiqué.
Il a longtemps co-présidé le Parti de l'Union démocratique (PYD),
principale formation politique kurde de Syrie qui a joué un rôle
central dans l'avènement d'une région autonome avec ses forces de
sécurité et ses propres institutions dans le nord-est du pays.
Les Kurdes syriens ont toutefois été contraints en janvier de signer un
accord douchant leurs espoirs d'autonomie, après avoir été attaqués par
les forces du président syrien Ahmad al-Chareh, déterminé à asseoir son
autorité sur l'ensemble du territoire syrien.
Le parti de Salih Muslim a salué dans un communiqué un homme qui "a
consacré sa vie à la cause de son peuple, et à la défense de leurs
droits légitimes."
Il est décédé à Erbil, capitale du Kurdistan autonome d'Irak, "au terme
d'un long combat contre la maladie", a précisé le communiqué du PYD.
Des amis et membres du parti se sont rassemblés devant un hôpital de la
périphérie d'Erbil après avoir appris la nouvelle de son décès, a
constaté un journaliste de l'AFP.
Son corps sera transféré jeudi en Syrie pour y être enterré.
Né en 1951 en Syrie, M. Muslim est originaire de la ville de Kobané,
symbole de la première victoire des forces kurdes contre les jihadistes
du groupe Etat islamique en 2015. (AFP, 11 mars 2026)
Un haut commandant kurde nommé ministre adjoint à la
Défense en Syrie
Damas a nommé mardi un haut commandant des forces kurdes, Sipan Hamo,
au poste de ministre adjoint à la Défense, en application de l'accord
conclu entre l'Etat syrien et les Kurdes fin janvier.
Sipan Hamo a été l'un des fondateurs et a dirigé les puissantes Unités
de protection du peuple (YPG). Il a participé aux négociations avec
Damas ayant abouti au texte qui vise à intégrer les forces et
institutions kurdes à l'Etat central.
Il a été nommé "adjoint au ministre de la Défense pour la région est"
qui correspond aux zones sous contrôle kurde, a indiqué un responsable
du ministère, Assem Ghalioun, cité par les médias officiels.
Les YPG constituent l'ossature des Forces démocratiques syriennes
(FDS), qui ont été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes de
l'Etat islamique (EI), défaits en Syrie en 2019.
L'accord de janvier, annoncé après des mois d'impasse et de violents
combats, porte un coup aux espoirs d'autonomie des Kurdes qui
contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, avant
de se retirer d'une partie.
Il prévoit que les forces de sécurité de Damas se déploient dans la
zone autonome kurde, établie par cette minorité au cours de la guerre
civile (2011-2024).
Les FDS pour leur part seront regroupées au sein d'une division de
l'armée syrienne, constituée de trois brigades.
En vertu de l'accord, les Kurdes devaient en outre proposer des
candidats pour les postes de ministre adjoint de la Défense et de
gouverneur de leur bastion de Hassaké.
Fin février, Damas avait nommé un gouverneur kurde pour cette province,
Nour al-Din Ahmed Issa.
Le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a renversé à la tête d'une
coalition islamiste Bachar al-Assad en décembre 2024, est déterminé à
asseoir son autorité sur l'ensemble du territoire syrien. (AFP, 10 mars
2026)
Au
Kurdistan irakien: "Cette guerre n'est pas la
mienne"
Des combattants kurdes, il a gardé le sarouel kaki, la vareuse cintrée
et le foulard noué à la taille. Bien que récemment retraité, Satar
Barsirini ne renonce pas à l'uniforme des peshmergas pour bêcher son
lopin.
Pioche en main sur une route pratiquement désertée du Kurdistan
autonome, dans le nord de l'Irak, à une vingtaine de km de la frontière
avec l'Iran, il pointe le ciel régulièrement traversé d'avions et de
drones depuis le début de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis
sur le pays voisin.
"Ils arrivent de partout. Surtout la nuit", relate-t-il samedi à l'AFP
dans le hameau de Barsirini dont il porte le nom, à 50 km de la
frontière. Les drones aussi: "ça crée comme une vibration autour, quand
ça touche" le sol.
"Je plains les gens, parce que nous avons payé cher de notre sang pour
libérer le Kurdistan. Nous voulons juste vivre".
La capitale du gouvernement autonome du Kurdistan irakien, Erbil, et
les vallées qui la séparent de la frontière sont régulièrement ciblées
par Téhéran et ses affidés qui visent des bases américaines ou des
positions de partis kurdes iraniens.
Jeudi, le président américain Donald Trump a déclaré être "tout à fait
favorable" à une offensive des combattants kurdes iraniens en Iran -
sans préciser si Washington leur fournirait une couverture aérienne.
Washington a par le passé abandonné les Kurdes dans la région, mais les
kurdes iraniens pourraient vouloir s'allier avec les Américains et
profiter d'un affaiblissement du pouvoir iranien, espère-t-il.
En réponse, l'Iran a menacé vendredi de prendre pour cible "toutes les
installations" de la région si des combattants kurdes entraient sur son
territoire.
"Cette guerre n'est pas la mienne", répond l'ancien peshmerga irakien
de 58 ans qui se souvient de la terrible répression et de l'exode dans
les montagnes enneigées après le soulèvement kurde de 1991 en Irak, à
l'issue de la première Guerre du Golfe.
- "Des gens dangereux" -
L'armée irakienne avait alors repris la région en mains avec la
bénédiction de la Maison Blanche.
Depuis, Sardar Barsirini se méfie des Américains: "je ne leur fais pas
confiance. Ce sont des gens dangereux qui ont laissé Saddam (Hussein)
et l'armée irakienne nous écraser".
"Quand nous avons dû fuir pour sauver nos vies, l'Iran nous a
accueillis et nourris. C'est impossible de nous retourner contre eux
aujourd'hui" assure-t-il.
Les Kurdes, considérés comme l'un des plus importants peuples sans Etat
au monde, forment en Iran l'une des principales minorités non persanes,
persécutés sous l'ancien pouvoir du Shah et en lutte contre la
République islamique.
Après une semaine, l'impact de la guerre se fait sentir sur la vie de
la région, témoignent les habitants désemparés.
"Les gens sont inquiets" reconnaît Nasr al-Din, policier de 42 ans qui
a vécu, enfant, l'exode de 1991 "jeté sur le dos d'un âne avec ma
soeur".
"Ils ont peur. Cette génération est différente des anciens qui ont fait
la guerre" et elle "est inquiète, car tu es chez toi, sans rien à voir
avec quoique ce soit et, d'un coup, un drone frappe ta maison ou tout
près".
"Il faudra peut-être qu'on parte en ville, ou ailleurs se mettre en
sécurité", confirme Issa Diayri, un chauffeur routier de 31 ans, jeune
père de famille, qui patiente dans un garage en bord de route, son
camion à l'arrêt faute de livraisons en provenance d'Iran.
- "Tristesse" -
A Soran, petite ville de 3.000 habitants à 64 km de la frontière,
touchée jeudi par un drone tombé en pleine rue, le boulanger Yussef
Ramazan, 42 ans, et ses trois mitrons se hâtent de cuire les pains
avant l'iftar, repas de rupture du jeûne du mois de ramadan.
"Même pour des nourritures simples, les gens ont peur de venir"
regrette-t-il. "Nous voulons que tout ça se termine vite. Ce n'est pas
bon pour la région de s'impliquer dans cette guerre. Nous ne sommes
même pas encore un pays indépendant. Pour l'instant nous ne sommes
rien, donc nous ne devrions pas nous en mêler", conclut-il.
En face, "Hajji" regarde la rue se vider depuis sa teinturerie déserte.
"Avant, le soir, c'était vivant ici après l'iftar", constate-t-il en
refusant de s'identifier.
"Mais après l'explosion du drone, en cinq minutes, tout le monde a
quitté la rue", dit-il l'oeil triste en soulignant "la tristesse, plus
que la colère" de ses riverains. (AFP, 7 mars 2026)
PKK
leader Öcalan issues new message on anniversary
of disarmament call
Abdullah Öcalan, the imprisoned leader of the Kurdistan Workers’ Party
(PKK), issued a new message on the anniversary of his call for the
group to lay down arms.
The message was read out in Ankara by Pervin Buldan, co-chair of the
Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party, during a meeting titled
“First Anniversary of the Call for Peace and a Democratic Society.”
Buldan said the statement was conveyed by Öcalan during a meeting held
on Feb 16 with a DEM Party delegation.
Here is the full text of the message:
Our call on February 27, 2025, is a declaration that where democratic
politics comes to life, weapons lose their meaning; it is a
proclamation that the choice has been clearly made in favor of
politics, representing an integrity of principles. We have essentially
managed to overcome the negative period of rebellion through a
unilateral will and practice. The process we have left behind has
proven our negotiating capability and our strength to ensure the
transition from the politics of violence and polarization to democratic
politics and integration. Our calls, conferences, and congresses were
directed toward this goal. The organization's decisions to dissolve and
put an end to the armed struggle strategy have demonstrated a
purification from violence and a preference for politics not only
officially and practically, but also mentally. This was, at the same
time, a declaration of making peace with the republic at the level of
political consciousness.
Over the past year, I have found the will of Mr. Recep Tayyip Erdoğan,
the call of Mr. Devlet Bahçeli, the contribution of Mr. Özgür Özel, and
the efforts of all other political, social, and civil individuals and
institutions who have made positive contributions to the Process in
Türkiye highly valuable. And I once again commemorate our friend Sırrı
Süreyya Önder with great respect and longing.
There can be no Turk without a Kurd, and no Kurd without a Turk. The
dialectic of this relationship has a historical uniqueness. The
foundational texts during the establishment of the Republic expressed
the unity of Turks and Kurds. Our February 27 call is an attempt to
revive this spirit of unity and a demand for a Democratic Republic. We
aimed to break the mechanism that feeds on bloodshed and conflict.
Acting according to narrow, short-term political interests, rather than
seeing the historical nature of the problem, its gravity, and the risks
it may produce, weakens us all. Attempting to perpetuate denial and
rebellion is an attempt to make the greatest irregularity the rule. We
are removing the obstacles before the brotherhood that has been sought
to be reversed over the last two hundred years, and we are fulfilling
the requirements of the law of fraternity. We want to discuss how to
come together and how to live together.
Now we must transition from the negative phase to the positive phase of
construction. The door is opening to a new political era and strategy.
We aim to close the era of politics based on violence and to open a
process based on a democratic society and the rule of law, and we
invite all segments of society to create opportunities and take
responsibility in this direction.
Democratic society, democratic consensus, and integration are the
building blocks of the mindset of this positive era. The positive phase
excludes methods of struggle based on force and violence. In positive
construction, the goal is not to seize any institution or structure,
but for every individual in society to attain the responsibility to
take part in social construction. The aim is to build together with the
society and within the society. Oppressed segments, ethnic groups,
religious, and cultural groups can claim their own creations through an
uninterrupted and organized democratic struggle. It is important for
the state to be sensitive to democratic transformation during this
process.
Democratic integration is at least as important as the foundation of
the Republic. It is a call that contains as much existence and wealth
in terms of meaning, future, and power. At its core is the democratic
society model. It is the alternative to polarizing or, conversely,
assimilationist methods. The transition to democratic integration
necessitates laws of peace. The democratic society solution, on the
other hand, envisions the establishment of an architecture and a legal
framework in political, social, economic, and cultural dimensions.
The cause of many problems and crises experienced today is the absence
of a democratic rule of law. We base our approach on a legal solution
framed by democratic politics. We need an approach that will allow
space for a democratic society, allow space for democracy, and
establish strong legal guarantees for this.
The citizenship relationship should be founded not on belonging to a
nation, but on the bond with the state. We advocate for a free
citizenship grounded in being free in one's religion, nationality, and
thought. Just as religion and language cannot be imposed, neither
should nationality. A constitutional citizenship relationship, based on
democratic boundaries and the integrity of the state, encompasses the
right to freely express religious, ideological, the identity, and
national existence, and the right to organize.
Today, no system of thought can survive without basing itself on
democracy. Fluctuations, tensions, and crises are temporary; democracy
is what will eventually be permanent. Our call aims to find a solution
to the problem of living together and the state of crisis it produces,
not only in Türkiye but in the Middle East. We defend the rights of all
those who have suffered injustice to exist and freely express
themselves.
Women are at the forefront of the social forces without which no
society or state can sustain itself. Today, domestic violence,
femicides, and patriarchal oppression are all modern projections of the
historical attack that began with the enslavement of women. For this
reason, women are the most libertarian component and the driving force
of democratic integration.
The language of the era cannot be a dictatorial and authoritarian one.
We must fundamentally allow the other party to express themselves
correctly, listen to them accurately, and give them the opportunity to
express their own truths.
The realization of all these matters requires an advanced collective
wisdom based on mutual respect. (BIA, 28 Feb 2026)
Le
gouvernement prend le contrôle d'un aéroport
tenu par les Kurdes
Les autorités syriennes ont pris le contrôle de l'aéroport de Qamichli
auparavant tenu par les forces kurdes, dans le cadre de leur processus
d'intégration dans l'Etat central, a annoncé samedi l'agence de presse
officielle Sana.
La minorité kurde, qui avait instauré une zone autonome dans le nord de
la Syrie, a dû céder en février, sous la pression militaire de Damas,
plusieurs de ses bastions aux forces gouvernementales.
L'aéroport de Qamichli, dont les Kurdes s'étaient emparés après la
chute fin 2024 de Bachar al-Assad, passe désormais à son tour sous le
contrôle des autorités de l'islamiste Ahmad al-Chareh.
Des responsables de la Direction générale de l'aviation civile syrienne
ont inspecté samedi les lieux et "discuté des moyens de relancer
l'activité" selon les normes internationales en vigueur, écrit l'agence
Sana.
Il s'agit d'une "étape institutionnelle importante dans le processus
d'unification de la gestion des aéroports sous l'égide de l'Etat", a
déclaré sur le réseau social X le directeur de l'organisme, Omar
al-Hussari.
L'aéroport de Qamichli, le seul du nord-est de la Syrie, a servi
pendant des années de desserte vitale aux habitants de la région, en
particulier pendant la guerre civile (2011-2024).
Resté sous le contrôle du gouvernement, il a continué à accueillir des
vols réguliers, reliant notamment la ville à la capitale Damas. Il a
aussi été utilisé comme base militaire à partir de novembre 2019 par la
Russie, alliée clé de l'ex-président syrien.
L'aéroport a cessé de fonctionner après le renversement de Bachar
al-Assad et Moscou a retiré ses forces début 2026.
Outre cet aéroport, les Kurdes doivent remettre à l'Etat les champs
pétroliers, principale source de financement de l'administration
autonome, les postes-frontières et intégrer leurs forces au sein de
quatre brigades, selon l'accord annoncé fin janvier qui signe pour
beaucoup le glas de l'autonomie de cette minorité. (AFP, 21 fév 2026)
Minorités
/ Minorities
Turkish Airlines inaugure une liaison
directe avec l'Arménie
La compagnie nationale turque Turkish Airlines a effectué mercredi un
premier vol direct entre Istanbul et la capitale arménienne Erevan,
illustrant le lent rapprochement diplomatique en cours entre la Turquie
et l'Arménie, longtemps ennemis jurés.
Ces deux villes sont déjà reliées par d'autres compagnies aériennes.
Un avion de Turkish Airlines a atterri dans l'après-midi à Erevan,
selon le site internet de l'aéroport international d'Erevan, qui avait
annoncé en février qu'à partir du 11 mars des vols
Istanbul-Erevan-Istanbul auraient lieu chaque jour.
La fréquence des vols devrait passer à 10 par semaine en mai et à
jusqu'à 14 par semaine en juin, selon cette source.
L'Arménie et la Turquie poursuivent un rapprochement prudent depuis fin
2021, date à laquelle ces deux pays avaient nommé des envoyés spéciaux
afin de normaliser leurs relations, un an après la défaite des
Arméniens face à aux Azerbaïdjanais, alliés de la Turquie, dans une
guerre livrée pour le contrôle du Karabakh.
Erevan et Ankara n'ont toujours pas établi officiellement de liens
diplomatiques et la frontière terrestre turco-arménienne est fermée
depuis les années 1990.
Les Arméniens estiment qu'un million et demi des leurs ont été tués de
façon systématique pendant la Première guerre mondiale par les soldats
de l'Empire ottoman.
La Turquie, issue du démantèlement de l'empire en 1920, reconnaît des
massacres mais récuse le terme de génocide, évoquant une guerre civile
en Anatolie, doublée d'une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000
Arméniens et autant de Turcs sont morts.
Depuis 2022, la Turquie et l'Arménie ont pris plusieurs mesures
limitées visant à améliorer leurs relations.
Ces deux pays ont convenu d'autoriser le transport aérien direct de
marchandises et d'ouvrir la frontière terrestre aux ressortissants de
pays tiers, bien que celle-ci ne soit pas encore effectivement rouverte.
Autre initiative modeste pour instaurer la confiance : les deux
gouvernements ont annoncé en décembre la simplification des procédures
d'octroi des visas pour les titulaires de passeports diplomatiques ou
spéciaux. (AFP, 11 mars 2026)
Politique
intérieure/Interior Politics
Ankara
essaie de ménager la chèvre et le chou
Ragip Duran, TVXS.GR, 9 mars 2026
Ces jours-ci, à lire les quotidiens, à suivre la Toile, à regarder les
émissions des TV, pas mal de citoyens des quatre coins du monde se
rappellent la fameuse citation du sénateur américain de Californie
Hiram Johnson (1866-1945) : ‘’La première victime en temps de guerre,
est la vérité’’.
En effet, on peut lire dans les médias des informations les unes
exactement le contraire des autres et d’ailleurs, il s’agit la plupart
du temps des informations vagues, de la propagande et des opinions dont
le contenu varie selon leurs sources.
En Turquie, comme partout, l’opinion publique, les dirigeants, les
médias et voir les clients des cafés de commerce ne s’occupent que de
l’intervention américano-israélienne contre l’Iran. 534 km de frontière
commune entre les deux pays depuis 1639, plus environ 100 milles
citoyens d’Iran résidents réguliers en Anatolie obligent la Turquie et
les Turcs d’être toujours informés sur ce qui se passe chez le voisin.
Contre le risque d’une nouvelle vague d’immigration en provenance
d’Iran, Ankara a déjà fermé les postes frontaliers, mais comme tout le
monde le sait les gens qui fuient la guerre, d’ailleurs sans passeport,
ne se servent pas des postes frontaliers. Ils n’aiment pas beaucoup
toutes ces formalités bureaucratiques des policiers et des douaniers.
Avec l’augmentation du prix du pétrole, donc de tout autre produit,
l’ensemble de la population souffre encore plus de la vie chère.
Les Kurdes, peuple autochtone des deux régions frontalières sont
actuellement le principal sujet des débats :
- Est-ce que Washington et Tel-Aviv peuvent armer et mobiliser les
Kurdes (ceux d’Iran, d’Irak, de Syrie voire de la Turquie) pour
renverser complètement le régime des Mollahs ?
- Si les Kurdes des quatre pays se réunissent, est ce que ces quatre
Etats risquent de se disloquer ?
Les réponses sont diverses et elles produisent de nouvelles questions.
Ankara a une position particulière, car elle est la seule capitale
musulmane membre de l’OTAN et voisine de l’Iran. Le régime Erdogan,
tant vanté par Trump a des relations d’amour et de haine vis-à-vis de
l’Iran. Une majorité importante des Turcs détestent les Mollahs, les
sunnites turcs sont par principe contre les chiites de Téhéran et les
laïcs turcs sont également anti-Mollah.
La chute récente sur le sol turc d’une fusée balistique d’origine
iranienne, près de la raffinerie de Ceyhan (méditerranée), le terminal
de l’oléoduc Bakou-Tblissi-Ceyhan a fait couler beaucoup d’encre. Cette
fusée a été abattue grâce aux systèmes de défense aérienne de l’OTAN.
Téhéran a déclaré que l’Iran ne visait pas la Turquie. Mais c’est à
partir de la station de Ceyhan que le pétrole est exporté vers Israël
et autres pays. Des experts de Washington croient que cette fusée
visait la base militaire turco-américaine d’Incirlik.
L’opinion publique turque est divisée sur un autre sujet :
- Faut-il célébrer, au nom de la lutte contre la dictature des Mollahs,
l’intervention américano-israélienne ?
- Ou bien faut-il encore soutenir, au nom de la souveraineté et de
l’indépendance d’Etat, le régime sanguinaire des islamistes ?
Les citoyens du pays immobilisés devant leurs écrans de TV ou de celles
de leurs téléphones cellulaires sont incapables de bien comprendre les
réalités de la guerre. Car ce sont des soi-disant spécialistes, tous
proches du Palais Présidentiel, théologiens ou universitaires en
sciences physiques qui font des analyses très profondes
incompréhensibles et en tout cas complètement coupées des réalités
régionales. Les sentiments et les excitations remplacent les faits et
les chiffres. La rationalité y est absente, la propagande est
omniprésente. L’animosité anti-kurde et la solidarité musulmane
couvrent leurs positions pro-américaines et pro-israéliennes.
Erdogan n’a pas le courage de s’opposer contre les visées de Trump et
il n’a pas non plus une attitude contre le régime de Téhéran.
Ankara n’a pas pu jusqu’aujourd’hui bien gérer les crises
politico-militaires au Moyen-Orient. La diplomatie turque depuis au
moins 20 ans a perdu son efficacité et son prestige aux dépens de
l’armée turque. Cette dernière n’est pas non plus au plus haut niveau
de sa puissance.
La deuxième victime en temps de guerre serait donc les Etats indécis,
sans stratégie et dépourvue du soutien de l’ensemble de la nation.
Un après
l'arrestation de son champion, l'opposition
dans l'ornière
Un an après son arrestation et à la veille de son procès pour
corruption, le retour en scène de la principale figure de l'opposition
en Turquie, le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, parait improbable d'ici
la prochaine élection présidentielle et son parti se débat sous les
procédures judiciaires.
Principal rival du président Recep Tayyip Erdogan, Ekrem Imamoglu, 54
ans, doit comparaître lundi à l'ouverture d'un méga-procès pour
corruption de plus de 400 accusés lors duquel il encourt une peine
possible de 2.430 ans de prison.
Les procureurs affirment que l'édile, réélu haut la main en 2024 à la
tête de la principale et la plus riche ville de Turquie, dirigeait un
vaste réseau criminel sur lequel il étendait son influence, désigné
"comme une pieuvre".
M.Imamoglu a été incarcéré en mars 2025, le jour même où son parti CHP
(social-démocrate), premier parti d'opposition au parlement, le
désignait comme candidat à l'élection présidentielle prévue en mai 2028
et probablement anticipée.
Même s'il devait être blanchi des accusations de corruption, le maire
se heurte à un obstacle juridique encore plus décisif : l'annulation
(contestée en justice) de son diplôme universitaire, exigé par la
Constitution pour les prétendants à la présidence.
- "Chance nulle" -
Bien que le CHP n'ait pas publiquement envisagé d'alternative,
les
observateurs s'attendent à ce que le chef du CHP, Özgür Özel, endosse
le rôle si Ekrem Imamoglu était empêché.
"Les chances d'Imamoglu de revenir en politique avant une élection
présidentielle sont nulles", assure à l'AFP Halil Karaveli, du Central
Asia-Caucasus Institute à Stockholm. "Dans le cas très improbable où il
serait acquitté, il reste la question de son diplôme universitaire ce
qui, bien sûr, le disqualifierait", explique-t-il.
Le CHP a remporté une victoire écrasante aux élections municipales de
mars 2024 contre l'AKP, le parti au pouvoir de M. Erdogan, consolidant
son emprise sur les grandes villes du pays dont Istanbul et la
capitale, Ankara. Mais il est, depuis, l'objet d'un véritable
harcèlement judiciaire avec quinze de ses maires élus derrière les
barreaux.
Burhanettin Bulut, haut responsable du CHP, accuse le gouvernement
"d'utiliser la justice comme une arme pour façonner la politique dans
les couloirs des tribunaux" depuis sa défaite électorale de 2024.
"Beaucoup de nos municipalités ont été la cible d'opérations illégales,
nos maires élus et nos partenaires ont été emprisonnés, au mépris de la
volonté du peuple", déclare-t-il à l'AFP.
Pour le CHP, le procès du 9 mars impliquant M. Imamoglu et 407 autres
prévenus "n'est pas une simple procédure contre un maire, mais une
étape cruciale pour l'État de droit et l'avenir de la démocratie".
"Il s'agit pour nous de faire respecter la volonté des électeurs et de
protéger l'État de droit", martèle M. Bulut. "Nous allons présenter des
arguments de défense solides tout en démontrant un engagement sans
faille en faveur de la démocratie".
Le CHP prévoit d'installer un campement de tentes par solidarité
pendant la durée du procès au tribunal de Silivri, qui jouxte la vaste
prison où M. Imamgolu et ses collaborateurs sont détenus, à 80 km à
l'ouest d'Istanbul.
- Qui pour remplacer Imamoglu ? -
Pour l'organisation Human Rights Watch (HRW), ce procès "motivé
par
des considérations politiques soulève de graves questions quant à
l'équité de la procédure" et "révèle une volonté concertée d'écarter
Imamoglu de la vie politique".
Il "fait suite à plus d'un an d'instrumentalisation du système pénal
contre son parti et d'autres élus du CHP", souligne l'organisation dans
un communiqué. Il relève "qu'à l'instar de nombreux autres procès à
motivation politique en Turquie, l'essentiel des preuves repose sur les
déclarations de quinze témoins anonymes".
La plupart des observateurs à Ankara envisagent des élections
anticipées à l'automne 2027, permettant à M. Erdogan de se représenter
avant expiration de son actuel mandat qui devait être le dernier selon
la Constitution.
M. Bulut a assuré à l'AFP que le CHP soutient toujours la candidature
d'Ekrem Imamoglu. "Cependant, en cas d'obstacles juridiques ou
politiques, nous agirons (autour) du nom qui recueillera le soutien le
plus fort".
Et bien qu'aucun nom n'ait été prononcé, pour M.Karaveli, Özgür Özel,
qui dirige le parti depuis son échec à la présidentielle en 2023,
serait le candidat "naturel".
"Il a fait un excellent travail pour devenir un leader populaire", fait
valoir le chercheur qui pense "qu'il a une chance". (AFP, 6 mars 2026)
La solitude
diplomatique approfondie
d’Ankara
Ragip Duran, TVXS.GR, 22 février 2026
L’ensemble des observateurs constate les contradictions entre le
discours officiel turc et les développements concrets sur le terrain
concernant la diplomatie d’Ankara.
Erdogan et ses partisans ne cessent de répéter que “la Turquie est une
grande meneuse de jeu au Moyen-Orient de plus en Méditerranée, aux
Causasses voire en Europe”. Ils prétendent également que “même un
oiseau ne peut voler dans la région sans l’accord de la Turquie”. Par
ailleurs, le ministre turc des affaires étrangères Hakan Fidan adopte
depuis longtemps un discours “pas du tout diplomatique” “très dur”
voire “menaçant ses voisins”, “à la limite du bélligerantisme” estiment
ses opposants. Il y a même des personnalités proches du Palais qui
critiquent les politiques de Son Excellence Fidan. Vu que ce dernier
est en même temps présente comme le probable successeur du Président
Erdogan, Fidan n’est sûrement pas aujourd’hui l’homme politique le plus
populaire du pays. Les chroniqueurs, les théoriciens et idéologues
d’Erdogan attaquent en général la Grèce, l’Irak, Chypre (qu’ils
appellent l’Administration Grecque de Chypre du Sud) mais se taisent
quand il s’agit du Washington, de Moscou ou bien de Beijing.
Malgré les vagues de propagande dans les médias qu’elle dirige, Ankara
est de plus en seul sur la scène diplomatique.
Lors de la récente 61e Conférence de Munich sur la Sécurité, le nom de
la Turquie a été cité peut-être au maximum 3 ou 4 fois. Alors que le
Général Mazloum Abdi, Président des Forces Démocratiques de Syrie (FDS)
y fut accueillis comme l’invité d’honneur. Il a eu des entretiens tête
à tête avec plusieurs dirigeants européens. Ankara a reçu un nouveau
coup quand le ministre des affaires étrangères de Damas, M. Assaad
Hassan Al-Chaibani, pourtant connu comme un responsable proche
d’Ankara, a déclaré que “les FDS ne sont pas nos ennemis, mais ils sont
nos partenaires syriens”. Alors que le régime turc qualifie les FDS,
comme la branche syrienne du PKK, et une organisation terroriste. Les
relations de Damas avec Israël posent également un problème au Palais
présidentiel à Ankara.
Faut-il également mentionner que le développement des relations de la
Grèce avec Chypre, Egypte et Israël (encore) démontre les failles de la
diplomatie turque ?
Ankara a essayé début février de réanimer les rapports avec l'Union
européenne quand Mme Marta Kos, la Commissaire européenne à
l'Élargissement de la Commission européenne s’est rendue à la capitale
turque. En vain… Car il y a beaucoup d’obstacles politique, juridique
et institutionnel pour déchiffrer les rapports entre Bruxelles et le
régime turc.
Ankara, malgré tout, est content de participer à la réunion au sommet
organisée par Trump, nommé “Conseil de Paix” qui aura la mission de
“reconstruire Gaza”, région de la Palestine détruite par Israël, un des
47 participants. Trump a omis de prononcer le nom de la Turquie quand
il citait les pays qui ont accepté de participer à cette première
réunion.
Quant à la “Paix en Turquie ’, c’est-à-dire le projet de “La Turquie
Sans Terrorisme”, qui a théoriquement l’objectif de résoudre le
problème kurde, la Commission Parlementaire a pu enfin publier son
rapport. Grande déception… Car le rapport ne mentionne même pas “le
problème kurde” et se contente de proposer des conseils vagues comme
“la nécessité d’appliquer les décisions de la Cour Constitutionnelle et
celles de la Cour Européenne des Droits de l’Homme”!
“N’en parlons surtout pas de l’économie et des finances, car désormais,
les grands patrons se plaignent de l’inflation, de la chute permanente
de la valeur de la livre turque et des grèves” affirme un professeur
d’économie qui enseigne depuis 10 ans aux Etats-Unis.
Enfin, faut-il également ajouter une déclaration de la romancière
populaire, Ayse Kulin, (85), autrice d’une quarantaine de romans, de
biographie et de récit : “La Turquie n’a jamais été autant ignorante et
vulgaire/impolie et dépourvue du droit et de la justice.”
Forces
armées/Armed Forces
Un bouclier antiaérien Patriot déployé dans le centre
de la Turquie
La Turquie a annoncé mardi qu'un système de défense antiaérien Patriot
avait été déployé dans le centre du pays, au lendemain de
l'interception par l'Otan d'un deuxième missile tiré depuis l'Iran dans
l'espace aérien turc.
"Un système Patriot pour soutenir la protection de notre espace aérien
est déployé à Malatya", une province d'Anatolie orientale, a indiqué le
ministère de la Défense dans un communiqué.
Malatya abrite la base aérienne turque de Kurecik, une installation
stratégique équipée d'un système radar d'alerte précoce de l'Otan
capable de détecter les tirs de missiles iraniens.
Bien qu'Ankara ait catégoriquement nié que les données de ce radar
aient jamais été utilisées pour aider Israël, leur présence inquiète
Téhéran.
Le déploiement annoncé mardi intervient au lendemain de la destruction
par l'Otan d'un deuxième missile iranien, qui a poussé Washington à
fermer son consulat général d'Adana, situé dans le sud du pays, et à
exhorter les citoyens américains à quitter la région.
En Turquie, des troupes américaines sont principalement stationnées sur
la base aérienne d'Incirlik, dans le cadre de l'Otan, dans le sud de la
Turquie, à 10 kilomètres d'Adana.
Kurecik se trouve à quelque 350 kilomètres plus au nord-est.
Depuis le début de la guerre, l'Iran a lancé des missiles et des drones
dans un large rayon, visant plusieurs pays de la région dans le but de
toucher des intérêts américains.
La présence des bases d'Incirlik et de Kurecik constitue un sujet
extrêmement sensible en Turquie, comme l'a montré l'arrestation fin
février de trois journalistes turcs, accusés d'infraction à la
"sécurité nationale" pour avoir diffusé des images de la base
d'Incirlik peu après le début des frappes sur l'Iran.
- "Inadmissible" -
Le président iranien Massoud Pezeshkian s'est entretenu par téléphone
avec le président turc Recep Tayyip Erdogan dans la nuit de lundi, a
annoncé la présidence turque sur X.
Selon le communiqué, M. Pezeshkian a déclaré à M. Erdogan que "les
missiles ayant pénétré l'espace aérien turc ne provenaient pas d'Iran"
et s'est engagé à "mener une enquête approfondie sur cette affaire".
Le chef de l'Etat turc, qui avait auparavant mis en garde l'Iran contre
toute nouvelle "provocation", lui a répondu que "la violation de notre
espace aérien est inadmissible", ajoutant que la Turquie "continuera de
prendre toutes les mesures nécessaires pour y faire face".
Il a également exprimé l'espoir que l'élection de l'ayatollah Mojtaba
Khamenei comme nouveau guide suprême de l'Iran "soit un vecteur de paix
dans la région".
Depuis le début de la guerre, la Turquie était relativement épargnée
par les missiles et les drones lancés par l'Iran visant plusieurs pays
de la région dans le but de toucher des intérêts américains.
Après la destruction du premier missile balistique dans l'espace aérien
turc le 4 mars, l'Otan a renforcé sa "posture" en matière de défense
antimissile balistique pour l'ensemble de l'Alliance, mais n'a fourni
aucun détail pour des raisons de sécurité opérationnelle.
La France a également condamné "avec la plus grande fermeté" le second
tir de missile iranien intercepté dans l'espace aérien turc, a affirmé
lundi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères
Pascal Confavreux.
"L'Iran doit cesser les frappes injustifiées visant les États de la
région", a-t-il ajouté. (AFP, 10 mars 2026)
Un missile tiré d'Iran et menaçant la Turquie
intercepté par l'OTAN
Un missile balistique tiré depuis l'Iran et qui se dirigeait vers
l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de
l'Otan positionnés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le
ministère turc de la Défense, sans préciser la cible du missile.
Un responsable turc a estimé par la suite, sous couvert de l'anonymat,
que le missile visait Chypre.
"Un missile balistique tiré d'Iran se dirigeant vers l'espace aérien
turc après avoir survolé les espaces aériens irakien et syrien, a été
intercepté et neutralisé à temps par les éléments de défense aérienne
et antimissile de l'Otan déployés en Méditerranée orientale. (...)
L'incident n'a fait ni victimes ni blessés", a affirmé le ministère
turc dans un communiqué publié sur X.
"Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de
notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous
vous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute
action hostile contre notre pays", a ajouté le ministère.
"Comme lors de l'incident de ce matin, nous prenons toutes les
précautions nécessaires en étroite concertation avec nos alliés de
l'Otan. (...) Nous effectuons nos avertissements avec la plus grande
clarté afin d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent", a de
son côté réagi le président turc Recep Tayyip Erdogan.
"Si nous voulons, en tant que nation, vivre en paix et en toute
tranquillité sur ces terres, notre patrie éternelle, nous devons sans
cesse renforcer notre capacité de dissuasion", a-t-il ajouté.
La Turquie a convoqué mercredi soir l'ambassadeur d'Iran pour exprimer
sa "préoccupation" après cet incident, a indiqué une source
diplomatique turque.
Un débris appartenant à une munition de défense aérienne est tombé dans
le district de Dörtyol, dans la province de Hatay, dans le sud-est du
pays, a précisé le ministère turc de la Défense.
- "Réponse appropriée" -
"Toute action hostile recevra la réponse appropriée dans le cadre du
droit international. La consultation et la coopération avec l'OTAN et
nos alliés se poursuivront tout au long de ce processus", a de son côté
affirmé sur X le directeur des communications de la présidence turque
Burhanettin Duran.
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a déclaré à son
homologue iranien lors d'un appel téléphonique que "toute mesure
susceptible d'entraîner une escalade du conflit devait être évitée",
selon la diplomatie turque.
La Turquie "n'était pas la cible du missile" qui se dirigeait vers
l'espace aérien turc, a de son côté affirmé un responsable turc à l'AFP.
"Nous pensons qu'il visait une base militaire" à Chypre, "mais qu'il a
dévié de sa course", a-t-il ajouté, après avoir requis l'anonymat.
L'Otan, alliance dont la Turquie est membre, a de son côté indiqué
condamner l'incident.
"L'Otan se tient fermement aux côtés de tous les Alliés, y compris la
Turquie, au moment où l'Iran poursuit ses attaques indiscriminées dans
toute la région", a déclaré sa porte-parole Allison Hart.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mardi que son pays
déployait d'"intenses" efforts diplomatiques pour mettre fin à la
guerre qui secoue le Proche-Orient depuis le début de l'offensive
israélo-américaine contre l'Iran.
Les attaques de représailles menées sans discernement par l'Iran contre
de nombreux pays du Moyen-Orient constituent une "extrêmement mauvaise
stratégie", a estimé mardi le ministre turc des Affaires étrangères
Hakan Fidan dans une interview télévisée. (AFP, 4 mars 2026)
Le F-16 qui s'est écrasé poursuivait une
trace radar non identifiée
L'avion de chasse F-16 de l'armée turque qui s'est écrasé peu après son
décollage mercredi avait été dépêché pour enquêter sur une trace radar
non identifiée le long de la frontière bulgare, a déclaré jeudi le
ministère turc de la Défense.
"Le 25 février, après la détection d'une trace radar non identifiée à
notre frontière avec la Bulgarie, deux avions de chasse F-16 ont
décollé dans le cadre d'une mission d'intervention d'alerte", a affirmé
le ministère.
Les trajectoires radar non identifiées sont détectées par les systèmes
de surveillance du trafic aérien et peuvent être causées par divers
facteurs, allant des conditions météorologiques à un vol d'oiseaux, en
passant par des ballons-sondes ou des drones égarés.
"Les communications radio et le contact radar avec l'un des appareils
ont été perdus à 00h56 (21h56 GMT mardi)", a-t-il ajouté.
Bien que le pilote ait "activé le système d'éjection au dernier moment
dans une tentative d'abandonner l'appareil", il est décédé dans
l'accident, a indiqué le ministère, sans donner plus de détails.
L'épave du F-16 - un modèle Block 50 de 1993 - a été retrouvée lors
d'opérations de recherche et de sauvetage, la cause de l'incident
"devrait être clarifiée après un examen détaillé par l'équipe d'enquête
sur l'accident", a-t-il ajouté.
En novembre, la Turquie a suspendu les vols de ses avions cargo C-130
après le crash d'un appareil en Géorgie, alors qu'il revenait
d'Azerbaïdjan. Les 20 personnes à bord ont péri.
D'autres F-16, construits par la société américaine Lockheed Martin, se
sont écrasés ces derniers mois.
En janvier, un F-16 taïwanais s'est abîmé en mer lors d'une mission de
routine. Son pilote, qui s'était éjecté, est porté disparu.
En août dernier, un autre F-16 s'est écrasé en Pologne lors d'une
répétition pour un spectacle aérien, tuant son pilote. (AFP, 26 fév
2026)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Dans le camp de proches de jihadistes d'al-Hol en Syrie, le
"chaos total"
"C'était le chaos total": des témoins ont raconté à l'AFP comment des
proches de jihadistes avaient fui le camp d'al-Hol en Syrie après le
retrait des forces kurdes fin janvier, les autorités reconnaissant des
évasions massives.
Un correspondant de l'AFP est entré dans ce camp du nord-est de la
Syrie mercredi et a constaté qu'il était quasiment désert, après la
décision des autorités syriennes de l'évacuer.
Dans l'Annexe, une section sous haute sécurité, il a vu des jouets
d'enfants et des tricycles abandonnés. Des familles sont parties à la
hâte, laissant des vêtements, des cahiers et même de la nourriture.
Les forces kurdes s'étaient retirées le 20 janvier sous la pression
militaire de Damas de ce camp, le plus grand de proches de jihadistes
du groupe Etat islamique (EI), qui abritait quelque 23.500 personnes.
Les forces de sécurité syriennes affirment en avoir pris le contrôle
six heures plus tard.
"Les Kurdes se sont retirés, puis des gens et des combattants de tribus
locales sont arrivés", déclare Saleh Mahmoud al-Hafez, un habitant du
village d'al-Hol attenant au camp.
"En un instant, c'était le chaos total", ajoute-t-il. "Des voitures ont
commencé à transporter des gens" hors du camp, qui "est resté sans
aucun contrôle sécuritaire pendant trois heures".
Al-Hol, peuplé notamment de femmes et d'enfants, abritait une majorité
de Syriens et d'Irakiens, mais environ 6.500 étrangers de 44
nationalités vivaient dans l'Annexe.
L'accès est désormais interdit et des barrages de contrôle sont établis
sur la route qui mène au camp, selon le correspondant de l'AFP.
Le camp, où les tentes blanches s'étendent à perte de vue, est
quasiment désert, et des sacs d'ordures jonchent ses allées.
- "Evasions collectives" -
En tout, ce sont des milliers de personnes qui ont disparu.
Les autorités ont évacué les familles restantes la semaine dernière,
vers le camp d'Akhtarin, au nord d'Alep, estimant que "les conditions
essentielles", notamment de sécurité, faisaient défaut à al-Hol.
Mercredi, le ministère de l'Intérieur a confirmé des "évasions
collectives", accusant les forces kurdes de s'être retirées "de façon
soudaine".
Ce retrait "était le résultat direct de l'attaque militaire (...)
ciblant le camp et ses environs par les forces affiliées à Damas", ont
réagi les forces kurdes, assurant que les familles étaient parties
après l'arrivée des forces syriennes.
Mourhaf al-Olayane, un agriculteur de 43 ans qui habite dans une maison
jouxtant le camp, raconte lui aussi qu'après le départ des forces
kurdes, "des voitures sont venues, ont pris des familles et sont
parties".
Ce père de cinq enfants dit avoir vu des "hommes en treillis" parmi
ceux qui évacuaient les familles.
"Les gens se sont enfuis (...) dans toutes les directions" affirme
Farhane Abbas, 86 ans, un autre voisin du camp.
- "Graves risques" -
L'Annexe comptait notamment un grand nombre originaires de
Russie, du
Caucase et des républiques d'Asie centrale, que leurs pays refusent de
rapatrier.
Des instituteurs de l'ancien bastion rebelle d'Idleb, dans le
nord-ouest de la Syrie, ont indiqué que plusieurs enfants ouzbeks
s'étaient enregistrés dans leurs établissements fin janvier.
Idleb abritait de nombreux jihadistes étrangers et c'est de cette
région qu'une coalition islamiste est partie pour lancer fin 2024 une
offensive fulgurante lui ayant permis de prendre le pouvoir en Syrie.
La manière "largement imprévue et chaotique" dont les familles retenues
à al-Hol ont quitté les lieux "expose les femmes et les enfants à de
graves risques, notamment la traite, l'exploitation et le recrutement
par des groupes armés", a alerté l'ONG Human Rights Watch (HRW).
Les forces kurdes gardent pour le moment le contrôle d'un camp plus
petit, Roj, où sont détenus des proches de jihadistes, pour la plupart
des étrangers dont des Occidentaux, parmi lesquels des Français.
Concernant les jihadistes eux-mêmes, l'armée américaine a achevé le
transfert de plus de 5.700 détenus de Syrie vers l'Irak, pour garantir
leur surveillance. (AFP, 26 fév 2026)
Socio-économique
/ Socio-economic
Un séisme de magnitude 5,5 dans le nord-est du pays
Un séisme de magnitude 5,5 est survenu dans la province de Tokat, dans
le nord-est de la Turquie, a annoncé vendredi l'agence turque de
gestion des catastrophes (AFAD).
"Suite au séisme de magnitude 5,5 survenu à 03H35 (00H35 GMT) dans le
district de Niksar, province de Tokat, et ressenti également dans les
provinces de Samsun, Amasya, Ordu et Sivas, aucun dégât n'a été
constaté pour le moment", a affirmé l'agence turque.
"Nos travaux sur le terrain continuent", pour constater d'éventuels
dégâts, a ajouté l'AFAD.
Les écoles ont été fermées pendant la journée de vendredi, a annoncé de
son côté le gouverneur de Tokat.
La Turquie est traversée par plusieurs failles qui ont causé de
nombreux drames par le passé.
Le sud-est du pays a subi un violent tremblement de terre en
février
2023 qui a fait au moins 53.000 morts et dévasté Antakya, l'ancienne
Antioche. (AFP, 13 mars 2026)
Men killed 22 women in February
According to news compiled by bianet from local and national
newspapers, news websites, and agencies, men killed at least 22 women
and one child in Feb 2026.
Men inflicted violence on at least 43 women, abused at least 14 girls
and boys, and harassed nine women in Feb. Men forced 168 women into sex
work.
You can watch the bianet male violence videos here.
The deaths of 42 women and 14 children occurred under suspicious
circumstances in February, making it unclear whether the deaths were
caused by male violence.
Suspicious women deaths reported in the press in February
Afyon (1), Amasya (1), Ankara (1), Antalya (3), Antep (1), Aydın (1),
Balıkesir (1), Batman (1), Bursa (1), Çorum (1), Denizli (1),
Diyarbakır (2), Düzce (1), Eskişehir (1), Giresun (1), İstanbul (4),
Isparta (1), İzmir (3), Karabük (1), Kayseri (1), Kastamonu (1), Maraş
(2), Mardin (1), Muğla (2), Nevşehir (1), Rize (1), Samsun (1), Siirt
(1), Sinop (1), Tokat (1), Urfa (1), Yalova (1)
Femicide
Men killed at least 22 women in Feb; this number was 17 in the same
month last year.
Women killed by men in February
Alev Koç, Azize C., Aylin P.D., Aysun İmam, Beyzanur U.C., Cemile
Yıldırım, Ceren Işık, Emine Ö., Emine Yusuf, Filiz Ş., Gönül A., Gül
Seher Göksan, Gülten Ü., İlknur Kor, Kadriye A., Nurcan Bozyel, Nuran
Çakaloğlu, Özlem A., Saliha T., Selma Y., Songül H., Zeynep Avaz
Provinces where men killed women in February
Adana (1), Aksaray (1), Ankara (3), Antalya (2), Antep (1), Aydın (2),
Hatay (1), İstanbul (2), Iğdır (1), Kocaeli (1), Manisa (1), Maraş (1),
Muğla (1), Osmaniye (1), Sakarya (2), Van (1).
Men killed five women because they did not want to reunite or wanted to
separate. The excuse of men for killing 17 women was not reported in
the press. (BIA, 6 March 2026)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
Un groupe cosmétique français condamné après le
licenciement de syndicalistes en Turquie
Le groupe cosmétique Rocher a été condamné jeudi par la justice
française pour manquement à son devoir de vigilance après le
licenciement d'anciens salariés d'une ex-filiale turque en raison de
leur appartenance syndicale, une première pour des activités à
l'étranger d'une entreprise française.
La maison mère de la société de cosmétiques Yves Rocher devra verser au
total 48.000 euros à six anciens salariés de la société Kosan Kozmetik.
Elle devra également verser 40.000 euros au syndicat turc Petrol-Is,
d'après la décision du tribunal judiciaire de Paris consultée par
l'AFP, qui est assortie d'une "exécution provisoire".
L'affaire remonte à une vague de licenciements lancée en 2018 par Kosan
Kozmetik, filiale turque du groupe jusqu'en 2024, après l'arrivée de
Petrol-Is dans l'usine, auquel de nombreux salariés avaient adhéré.
"C'est pour empêcher la présence d'un syndicat et une négociation de
salaires que les salariés ont été licenciés en 2018 et en 2019,
victimes d'une répression syndicale", a conclu le tribunal dans sa
décision.
"Après avoir jugé que les anciens salariés demandeurs établissaient
avoir été licenciés en raison de leur appartenance syndicale et avoir
ainsi subi un préjudice personnel, le tribunal a retenu qu'il existait
un lien de causalité entre les carences des plans de vigilance 2017 et
2018 et ce préjudice", selon un communiqué du tribunal de Paris.
Le tribunal a considéré que l'entreprise disposait "d'informations
suffisantes pour identifier le risque d'une atteinte grave à la liberté
syndicale", et "qu'en prétendant avoir immédiatement réagi à la crise,
par un plan d'action mis en place en juin 2018", elle avait "reconnu"
avoir "le pouvoir et les moyens d'intervenir". (AFP, 12 mars 2026)
Les internautes et fans de foot
turcs affichent leur admiration pour l'Espagne
Les internautes et les fans de football turcs affichent depuis
plusieurs jours leur admiration pour l'Espagne pour sa position contre
la guerre en Iran, alors que le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez
a salué samedi soir "la communauté turque" sur X.
Des images montrant des drapeaux turcs et espagnols suspendus côte à
côte, des animations où un taureau représentant l'Espagne et un loup
incarnant la Turquie s'embrassent, les supporters turcs chantant des
mélodies espagnoles: les réseaux sociaux débordent des messages
d'amitiés et d'admiration entre les Turcs et les Espagnols réunis
autour d'un "non à la guerre" en Iran.
Le refus du premier ministre espagnol de laisser les Etats-Unis
utiliser des bases en Espagne pour attaquer l'Iran et les tensions avec
le président américain ont provoqué une vague de sympathie envers
l'Espagne en Turquie où, selon un sondage, 72,5% de la population
souhaiterait que leur pays reste à l'écart du conflit.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Ankara a à la fois
condamné l'offensive israélo-américaine et les attaques de l'Iran
contre les pays de la région.
"Salut à la communauté turque sur Twitter", a affirmé samedi soir le
Premier ministre espagnol Pedro Sanchez sur X partageant une vidéo
prise lors d'un rassemblement de son parti où on voit un drapeau turc
et des manifestants qui chantent "Non à la guerre" en espagnol. (AFP, 7
mars 2026)
Ilham Ehmed and Rohilat
Efrîn: The EU must act as a guarantor
Ilham Ehmed, Co-Chair of the Department of Foreign Relations of North
and East Syria, who is taking part in the negotiations with Damascus,
and Rohilat Efrîn, Member of the YPJ (Women’s Defense Units) General
Command, held a press conference at the European Parliament in Brussels.
Opening the meeting, which was hosted at the initiative of S&D MEP
Evin Incir, MEP Daniel Attard expressed his support for the Kurds,
while Evin Incir stated: “A week ago, we secured the adoption of a
resolution in the European Parliament. With a strong voice, the
European Parliament expressed its support for Rojava.”
Evin Incir noted that the EP has called for aid to Damascus to be made
conditional and for Kurdish rights to be recognized, adding: “The
European Union owes a debt to the Kurds; it cannot abandon them.”
Ilham Ehmed emphasized that when support is expressed for the Kurds and
Rojava, they interpret this as support for democracy and peace.
“We see this as support for the establishment of a new Syria, beginning
with a solution to the Kurdish issue,” she added.
Underlining that the Kurds and their allies fought against ISIS and
“saved humanity from a great danger,” Ilham Ehmed said: “In return for
these efforts, support should have been provided to ensure that the
rights of the Kurdish people are guaranteed in the Syrian constitution.
There was an attack against the Kurds, which was essentially directed
against democracy and the democratic system that guaranteed women’s
rights.”
War rhetoric continues
Recalling the agreement signed with Damascus on 29 January, Ilham Ehmed
stated: “It concerned a ceasefire and integration. There are still many
steps that have not yet been taken regarding this agreement. Steps are
being taken toward the integration of military, security and civil
institutions within the state. However, there are still shortcomings
and ongoing discussions. At the same time, rhetoric that could lead to
war continues. Forces directly affiliated with the government are using
such confrontational language.”
Ilham Ehmed also pointed out that there are internal and regional
efforts to provoke a conflict between Kurds and Arabs.
Kurdish rights must be guaranteed in the constitution
“We find the steps taken so far positive,” Ilham Ehmed said, “but no
steps have yet been taken to guarantee Kurdish rights in the
constitution or to establish a constitutional commission that includes
Kurdish participation. The representation of Kurds in state
institutions has not yet been realized. Kurdish participation is
essential in decision-making processes and in the construction of the
new Syria.”
She further noted: “There are also shortcomings regarding the
recognition of women’s rights both in the constitution and within state
institutions.”
There must be guarantors for this process
Pointing to the ongoing ISIS threat, Ehmed noted that the United States
has decided to withdraw before the new Syria has been fully
established, stating: “There are still no guarantees regarding how this
process will function. Through these meetings, we want our voice to be
heard.”
“We want there to be guarantors for this process. We will tell the
European Union that guarantors are needed to ensure the implementation
of the agreement. Support is necessary to secure the future,” she said.
Ilham Ehmed added that no concrete steps have yet been taken regarding
the return of displaced persons, stressing that a mechanism is needed
for this as well.
YPJ must be included in the army
YPJ General Commander Rohilat Efrîn began her remarks by saying: “We
are here thanks to the struggle and resistance of our people. Securing
the gains of Rojava is important for all parts of Kurdistan.”
Noting that instability has prevailed in Syria over the past year,
Rohilat Efrîn stated: “There must be guarantees for integration. As the
YPJ, we have demonstrated that our demands and our struggle, and the
Rojava revolution itself, developed under women’s leadership. Women’s
leadership must be recognized in the new Syria and the YPJ must take
its place as a women’s force.”
Rohilat Efrîn emphasized the need for solidarity to protect the gains
of Rojava and the achievements of women.
Returns to Afrin
Ilham Ehmed and Rohilat Efrîn then answered journalists’ questions.
Responding to a question about returns to Afrin, Ilham Ehmed said:
“Regarding Afrin, the agreement made with Damascus included the
participation of Afrin’s people in governance and security. Discussions
are ongoing, but there are problems, as there is a unilateral approach
in practice. We want guarantees for returns. There is no set date yet.
Currently, 400 families are ready to return as the first group.
Discussions with the government will continue.”
The EU must act as a guarantor
Answering a question on military integration, Rohilat Efrîn said:
“There is an agreement on the formation of four brigades. As the YPJ,
we want to exist as a distinct structure. Our discussions are ongoing,
but there is no concrete decision yet. The struggle must continue for
the YPJ to be included within the army.”
Ilham Ehmed also delivered a message to the European Union: “The EU can
play a role in preventing renewed conflict and can establish a
mechanism. If it assumes a guarantor role, it will have a positive
impact.” (ANF, 25 Feb 2026)
Turquie-USA-OTAN
/
Turkey-USA-NATO
Un troisième missile tiré d'Iran détruit par l'Otan
dans l'espace aérien turc
Un troisième missile tiré d'Iran a été détruit par l'Otan dans l'espace
aérien turc mais le président Recep Tayyip Erdogan a fait savoir qu'il
refusait que la Turquie se laisse entraîner dans la guerre par des
"provocations".
"Un missile balistique tiré d'Iran et entré dans l'espace aérien turc a
été neutralisé par les éléments de défense antiaérienne et antimissile
de l'Otan déployés en Méditerranée orientale", a affirmé vendredi le
ministère turc de la Défense dans un communiqué.
"Des discussions sont en cours avec le pays concerné afin de clarifier
tous les aspects de l'incident", a-t-il précisé.
Il s'agit du troisième missile tiré d'Iran en direction de la Turquie
depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Les deux autres missiles avaient été interceptés par l'Alliance
atlantique lundi et la semaine dernière.
- Ne pas se laisser entraîner dans la guerre -
"Empêcher que notre pays ne soit entraîné dans ce brasier est notre
priorité numéro un", a, dans ce contexte, lancé vendredi M. Erdogan.
"Nous agissons avec une très grande prudence face aux complots, aux
pièges et aux provocations qui visent à entraîner notre pays dans la
guerre", a affirmé le chef de l'Etat turc, promettant une réponse
"appropriée et mesurée".
Des sirènes ont été entendues dans la nuit à la base aérienne
d'Incirlik utilisée par l'Otan, dans la province d'Adana, située dans
le sud-est de la Turquie, avait signalé vendredi matin l'agence de
presse étatique turque Anadolu.
Des soldats américains sont positionnés dans ces installations
militaires, dans le cadre de l'Otan.
Les habitants d'Adana, qui se trouve à 10 kilomètres de la base, ont
été réveillés à 03H25 (00H25 GMT) par des sirènes qui ont retenti
pendant environ cinq minutes, selon le site internet d'information
économique Ekonomim.
Un objet en flamme en train de tomber dans le ciel est vu et des
sirènes sont entendues dans plusieurs vidéos partagées sur les réseaux
sociaux.
Selon le site d'information en ligne sur la défense SavunmaSanayiST, il
pourrait s'agir "des fragments d'un missile balistique" ou de
l'intercepteur, qui se seraient consumés à son entrée dans l'atmosphère.
Les médias ont également mentionné le retentissement des sirènes à
Batman, 600 kilomètres plus à l'est.
-"Situation délicate"-
"Aucune munition n'a été tirée d'Iran vers la Turquie", a de son côté
affirmé l'ambassade de l'Iran en Turquie, précisant que Téhéran est
prêt à mettre en place "une équipe technique commune" pour enquêter sur
ces incidents.
Mais un tel tir ne peut être accidentel, a estimé Sinan Ulgen, un
chercheur travaillant pour Carnegie Europe.
"On peut expliquer le premier incident, le deuxième peut-être, mais le
troisième ? Non. Il ne peut s'agir d'un accident. Cela place Ankara
dans une situation très délicate", a-t-il dit à l'AFP, précisant que la
Turquie devrait trouver une manière de réagir en douceur.
"D'une certaine façon, les pays du Golfe n'ont pas réagi mais la
culture politique et militaire de la Turquie est différente. Il s'agit
de faire preuve de dissuasion envers l'Iran afin d'éviter une
escalade", a-t-il ajouté.
La Turquie a annoncé mardi qu'un système de défense antiaérienne
Patriot avait été déployé dans le centre de son territoire, au
lendemain de l'interception par l'Otan du deuxième missile tiré d'Iran.
Washington a fermé lundi son consulat général d'Adana et exhorté les
citoyens américains à quitter la région.
Plus tard dans la journée, le président iranien Massoud Pezeshkian
avait nié que le missile ait été tiré de son pays, dans un entretien
téléphonique avec M. Erdogan.
- Elément-clé -
Depuis le début de la guerre, la Turquie était relativement épargnée
par les missiles et les drones tirés par l'Iran contre plusieurs pays
de la région dans le but de toucher des intérêts américains.
La base d'Incirlik est une installation importante de l'Alliance
atlantique, utilisée par les militaires américains depuis des
décennies, mais qui accueille aussi des soldats espagnols ou polonais,
selon son site web officiel.
Des troupes américaines sont également déployées à Kurecik, une autre
base turque située pour sa part dans la province centrale de Malatya
qui abrite un système radar d'alerte précoce que l'Otan qualifie
d'élément-clé" de son bouclier antimissile et qui peut détecter les
tirs de missiles iraniens.
Bien qu'Ankara ait catégoriquement nié que les données de ce radar
aient jamais été utilisées pour aider Israël, sa présence inquiète
Téhéran.
L'Otan a détruit un premier missile le 4 mars, affirmant en avoir
détecté le départ, confirmé la trajectoire et l'avoir intercepté "en
moins de 10 minutes".
Le lendemain, elle a déclaré avoir renforcé son dispositif de
défense
antimissile balistique "à l'échelle de l'alliance", sans fournir
davantage de précisions. (AFP, 13 mars 2026)
Les
États-Unis ordonnent au personnel diplomatique
non essentiel de quitter le sud de la Turquie
Les États-Unis ont suspendu leurs services consulaires dans le sud de
la Turquie et ordonné au personnel diplomatique non essentiel de
quitter la région "en raison des risques pour leur sécurité", a annoncé
lundi le départment d'Etat américain dans un communiqué.
"Le 9 mars 2026, le département d'État a ordonné aux employés du
gouvernement américain non essentiels et aux membres de leur famille de
quitter le consulat général d'Adana en raison des risques pour la
sécurité. (...) Le consulat américain d'Adana a suspendu tous ses
services consulaires", a affirmé le département, au dixième jour de la
guerre entre l'Iran, Israël et les Etats-Unis.
"Les Américains résidant dans le sud-est de la Turquie sont fortement
encouragés à quitter la région dès maintenant", a-t-il ajouté.
Près du consulat américain d'Adana, situé dans le sud de la Turquie et
proche de la frontière syrienne, se trouve la base aérienne d'Incirlik,
utilisée par les forces américaines dans le cadre de l'Otan.
Depuis le début de la guerre, l'Iran a lancé des missiles et des drones
dans un large rayon, visant plusieurs pays de la région dans le but de
toucher des intérêts américains.
Un missile tiré depuis l'Iran et qui se dirigeait vers l'espace aérien
turc a été détruit mercredi par les systèmes de défense de l'Otan.
(AFP, 9 mars 2026)
Erdogan
"profondément troublé" par les frappes
israélo-américaines
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est dit samedi "profondément
troublé" par les attaques israélo-américaines contre l'Iran, tout en
condamnant les frappes de représailles de Téhéran dans le Golfe,
exigeant des mesures pour mettre fin au conflit.
La confrontation a débuté tôt samedi avec des frappes israéliennes et
américaines sur l'Iran et s'est rapidement étendue à l'échelle
régionale lorsque ce pays a riposté en tirant des missiles et des
drones vers Israël et les Etats du Golfe abritant des bases américaines.
"Nous sommes profondément troublés par les attaques des Etats-Unis et
d'Israël contre l'Iran, notre voisin", a déclaré dans une allocution
télévisée M. Erdogan, qui a dans le même temps jugé "inacceptables,
quelle qu'en soit la raison", les frappes iraniennes contre des pays du
Golfe.
"Afin d'empêcher que notre région ne connaisse plus de souffrances,
tous les acteurs, en particulier le monde islamique, doivent agir",
a-t-il ajouté.
La Turquie a "travaillé dur pendant longtemps pour régler les conflits
à la table des négociations. (...) Mais le manque de confiance entre
les parties n'a pas pu être surmonté", a-t-il déploré, promettant
d'"accélérer les efforts diplomatiques de la Turquie" pour que les
belligérants reprennent les pourparlers.
Dans la journée, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a
discuté au téléphone avec son homologue iranien Abbas Araghchi et six
autres diplomates de haut rang des moyens de "mettre fin aux attaques",
a fait savoir une source ministérielle turque.
M. Erdogan a précisé que la Turquie n'avait constaté aucun problème "en
termes de sécurité" le long des 500 km de frontière qu'elle a avec
l'Iran, assurant que "la police, la gendarmerie et les services de
renseignement prennent toutes les mesures nécessaires".
Le ministre turc de l'Intérieur, Mustafa Ciftci, s'est également
entretenu au téléphone avec ses homologues azerbaïdjanais Vilayet
Eyvazov et irakien Abdul-Amir al-Shammari, dont les pays sont aussi
frontaliers de l'Iran, au sujet du "renforcement des domaines de
coopération", a écrit son ministère sur X.
Les Etats voisins de l'Iran craignent depuis longtemps qu'une nouvelle
vague de frappes contre ce pays ne déstabilise toute la région, leurs
inquiétudes se concentrant sur un possible afflux de réfugiés.
La Turquie accueille actuellement plus de 74.000 Iraniens titulaires
d'un permis de séjour et quelque 5.000 réfugiés en provenance d'Iran.
(AFP, 28 fév 2026)
Les forces américaines vont se retirer totalement de
Syrie d'ici un mois
Les forces américaines auront achevé d'ici un mois leur retrait de
Syrie, ont indiqué trois sources à l'AFP, un tournant après des années
de présence dans le pays où elles dirigeaient la lutte antijihadiste.
Ce retrait intervient alors que le pouvoir central islamiste de Damas,
soutenu par Washington, a rejoint l'an dernier la coalition contre le
groupe Etat islamique (EI) et renforce son emprise sur l'ensemble du
territoire.
Les autorités se sont ainsi emparées ces dernières semaines de vastes
régions qui étaient contrôlées par les Kurdes.
Les troupes américaines ont entamé lundi leur retrait de la base de
Qasrak (nord-est), située dans la province de Hassaké, dernier bastion
kurde, selon un responsable kurde.
Une équipe de l'AFP a vu une colonne de dizaines de poids lourds,
chargés de blindés et de préfabriqués, quitter les lieux et se diriger
vers la frontière avec l'Irak.
Les Etats-Unis s'étaient déjà retirés de deux bases au cours des deux
dernières semaines, al-Tanf (sud-est) et al-Chaddadi (nord-est).
"D'ici un mois, ils se seront retirés de Syrie et il n'y aura plus
aucune présence militaire" américaine, a indiqué à l'AFP un responsable
gouvernemental syrien qui a requis l'anonymat.
- Attaque de l'EI -
Les Etats-Unis maintenaient un millier de militaires dans ces
bases
établies dans des zones échappant au contrôle de Bachar al-Assad,
renversé en décembre 2024 par la coalition d'Ahmad al-Chareh.
Ils menaient depuis ces bases des attaques aériennes contre l'EI.
La coalition internationale antijihadiste avait été mise en place après
la prise par l'Etat islamique en 2014 de vastes territoires en Syrie, à
la faveur de la guerre civile, et en Irak.
L'EI a été vaincu en 2019 en Syrie, où les forces kurdes ont été en
première ligne des combats, deux ans après sa défaite en Irak.
Mais il conserve des cellules dormantes dans les zones désertiques en
Syrie et a appelé samedi, dans son premier message audio depuis deux
ans, ses combattants à défier les nouvelles autorités syriennes.
Lundi, quatre membres des forces de sécurité syriennes ont été tués
dans une attaque de l'EI à Raqa (nord), ville récemment reprise par le
pouvoir central aux Kurdes, selon les autorités.
- Frappes aériennes -
Un diplomate, qui a refusé d'être identifié, a précisé à l'AFP
que le
retrait américain "devrait être achevé d'ici vingt jours" et que les
Etats-Unis ne maintiendraient plus de bases en Syrie.
Selon ce diplomate d'un pays allié à Washington et Damas, ils pourront
désormais "mener des frappes aériennes en Syrie à partir de leurs
bases" ailleurs dans la région.
Le responsable kurde a confirmé que "les forces de la coalition
internationale allaient mettre fin, dans une période allant de trois à
cinq semaines, à leur présence qui aura duré environ 12 ans dans le
nord et le nord-est de la Syrie".
"Au cours des prochains jours, des convois vont transporter les
équipements militaires et logistiques ainsi que les systèmes de radar
et de missiles", a-t-il ajouté.
Le retrait américain intervient alors que les forces kurdes doivent
être intégrées dans l'armée syrienne, conformément à un accord annoncé
fin janvier entre les deux parties, sous la pression militaire de Damas.
Les Etats-Unis avaient estimé que "la mission initiale" des forces
kurdes, en tant que principale force anti-EI, avait largement pris fin,
le président Ahmad al-Chareh ayant rejoint la coalition antijihadiste.
Après le déploiement des forces gouvernementales dans des zones dont
les forces kurdes se sont retirées, l'armée américaine a transféré plus
de 5.700 détenus membres présumés de l'EI de Syrie vers l'Irak, pour
garantir leur surveillance.
Les prisons où ils étaient jusqu'alors détenus étaient contrôlées par
les forces kurdes.
Les autorités ont par ailleurs évacué la semaine dernière le camp
d'al-Hol vers un autre site du nord de la Syrie, après l'évasion de
milliers de proches de jihadistes étrangers qui y étaient détenus.
Le retrait américain intervient alors que les Etats-Unis massent leurs
capacités militaires autour de l'Iran, qu'ils menacent de frapper en
cas d'échec à conclure un accord au sujet du programme nucléaire de
Téhéran. (AFP, 23 fév 2026)
Relations
régionales / Regional Relations
Sri Lanka, Chypre, Turquie, Azerbaïdjan...
La guerre déborde au-delà du Moyen-Orient
La guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran a vu son
périmètre s'élargir considérablement, allant désormais de Chypre au
large du Sri Lanka en passant par la Turquie et l'Azerbaïdjan,
interrogeant le positionnement de nombreux pays qui ne souhaitent pas
être entraînés.
A mesure que l'Iran lance ses frappes, la guerre déborde sur les autres
pays à une vitesse spectaculaire depuis le début de l'offensive
américaine et israélienne samedi.
Les pays du Golfe ont été attaqués par l'Iran, Chypre, pays de l'Union
européenne (UE), a vu des drones viser une base britannique sur son sol
et le Liban a été entraîné dans la guerre par des attaques du
Hezbollah, allié de l'Iran, contre Israël qui a répliqué.
Mercredi, un sous-marin américain a coulé une frégate iranienne au
large du Sri Lanka, non loin de l'Inde, et la Turquie, pays membre de
l'Otan, a annoncé que des systèmes de défense aérienne de l'Alliance
atlantique avaient abattu un missile balistique en provenance d'Iran
qui faisait route vers son territoire.
Jeudi, c'est la région de Nakhitchevan en Azerbaïdjan qui a été touchée
par deux drones iraniens, dont l'un sur un aéroport. Bakou a promis que
cette attaque ne resterait pas "sans réponse", alors que Téhéran a
démenti être responsable.
"C'est curieux que l'Iran frappe urbi et orbi, ciblant de potentiels
alliés ou potentiels (pays) neutres. Peut-être que le calcul est
d'adopter une stratégie indirecte pour paralyser l'économie mondiale et
élever le coût de la guerre pour les Etats-Unis", s'interroge une
source militaire européenne.
"La grande question est de savoir s'il y a une organisation dans la
réponse iranienne", selon une source diplomatique française, estimant
que l'élimination des dirigeants iraniens a pu désorganiser les prises
de décisions.
- Escalade horizontale -
L'action du Hezbollah en coordination avec l'Iran "laisse
supposer une
volonté d'étendre le champ de bataille et d'accroître la pression sur
Israël", estime le centre de recherche américain Soufan Center.
Ce phénomène est parfois appelé "escalade horizontale" par les
spécialistes: la guerre s'étend soit par l'ouverture de nouveaux
théâtres, soit par celle de nouveaux types d'action, comme par exemple
le blocage du détroit d'Ormuz.
L'escalade est dite verticale quand le conflit se durcit par
l'engagement de nouveaux moyens.
Mais cette stratégie risque d'amener de nouveaux belligérants. Le
ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré à son
homologue iranien que "toute mesure susceptible d'entraîner une
escalade du conflit devait être évitée".
Parmi les capitales impliquées ou exposée, "c'est aujourd'hui la
volonté de gérer et d'éviter l'escalade horizontale" qui domine, assure
une source diplomatique française.
Plusieurs pays de l'UE (Royaume-Uni, Grèce, France, Espagne) ont
dépêché des moyens militaires pour soutenir Chypre.
- "Mécanismes d'alliances" -
La France, dont deux bases militaires aux Emirats arabes unis ont
aussi été attaquées, est "entraînée de fait car (ses) intérêts sont
touchés", selon une source de l'entourage d'Emmanuel Macron, qui a
annoncé mardi envoyer le navire amiral français, le porte-avions
Charles De Gaulle, en Méditerranée, évoquant "une guerre en train de
s'étendre".
C'est le risque que tous veulent éviter: être entraînés dans la guerre.
"Il peut y avoir des mécanismes d'alliances qui font entrer de nouveaux
pays dans la guerre par ricochet et rebond", selon la source militaire
européenne, "un peu comme lors de la Première Guerre mondiale".
C'est pour éviter cette escalade horizontale que la France martèle que
sa démarche est "strictement défensive". Elle est liée par des accords
de défense avec plusieurs pays du Golfe, qui peuvent être activés à
différents degrés, laissant dans le flou jusqu'où peut aller Paris pour
les honorer.
Parmi les possibilités d'extension géographique reste le Yémen, dont
les rebelles houthis ont ciblé Israël pendant la guerre à Gaza et
pourraient tenter d'entraver la navigation dans le détroit de
Bab-el-Mandeb ou attaquer d'autres pays.
"Il n'y a pas d'extension dans le secteur pour l'instant, c'est à
surveiller", estime la source militaire européenne.
"Les prochains jours indiqueront si les Houthis resteront fidèles à
leur idéologie ou se replieront sur eux-mêmes", estime Ibrahim Jalal du
Stimson Center. (AFP, 5 mars 2026)
Damas confirme des évasions
massives de proches de jihadistes du camp d'al-Hol
Le ministère syrien de l'Intérieur a confirmé mercredi que des évasions
massives de proches de jihadistes du groupe Etat islamique (EI) avaient
eu lieu dans le camp d'al-Hol, après le retrait fin janvier des troupes
kurdes.
"Lorsque nos forces sont arrivées, elles ont constaté des cas d'évasion
collective, en raison de l'ouverture du camp de façon aléatoire", a
déclaré le porte-parole du ministère, Noureddine al-Baba, lors d'une
conférence de presse.
Al-Hol, le plus grand camp de proches de jihadistes de l'EI dans le
nord-est de la Syrie, était contrôlé par les Forces démocratiques
syriennes (FDS, dominées par les Kurdes).
Elles s'en étaient retirées le 20 janvier sous la pression militaire de
Damas et les forces de sécurité syriennes en ont pris le contrôle
quelques heures plus tard.
"Les FDS se sont retirées de façon soudaine, sans coordination et sans
en informer au préalable" les autorités syriennes ou la coalition
internationale antijihadiste, a affirmé le porte-parole.
Il a fait état d'une "situation de chaos" après le retrait kurde,
ajoutant que "plus de 138 ouvertures" avaient été constatées dans le
mur d'enceinte du camp, long de 17 km, ce qui a facilité les évasions
"à travers des réseaux".
Des milliers de femmes et d'enfants se sont enfuis du camp pour une
destination inconnue après le retrait des forces kurdes.
Ce retrait "était le résultat direct de l'attaque militaire (...)
ciblant le camp et ses environs par les forces affiliées à Damas", ont
réagi les FDS dans un communiqué.
"La libération et la sortie clandestine de familles de l'EI ont eu lieu
après l'entrée (dans le camp) de ces factions et ont impliqué leur
participation directe", ont-elles accusé.
Al-Hol abritait, selon Noureddine al-Baba, 23.500 personnes, pour la
plupart des Syriens et des Irakiens. Environ 6.500 étrangers de 44
nationalités vivaient dans l'Annexe, une section de haute sécurité du
camp.
Les autorités ont évacué les familles restantes du camp la semaine
dernière vers un autre site du nord de la Syrie.
Concernant les prisons de jihadistes eux-mêmes, l'armée américaine a
achevé le transfert de plus de 5.700 détenus de Syrie vers l'Irak, pour
garantir leur surveillance après le retrait des forces kurdes qui les
gardaient. (AFP, 25 fév 2026)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
La Turquie envisage d'envoyer des F-16 à Chypre-nord
La Turquie envisage d'envoyer des avions de chasse F-16 à Chypre-nord
pour "assurer la sécurité" de cette partie de l'île reconnue seulement
par Ankara, a affirmé samedi une source du ministère turc de la
Défense, alors que la guerre au Moyen-orient est entrée dans sa
deuxième semaine, s'étendant à de nombreux pays de la région.
"Au vu des récents développements, des plans progressifs sont élaborés
pour garantir la sécurité de la RTCN (République turque de Chypre du
Nord, NDLR). Le déploiement d'avions F-16 sur l'île figure parmi les
options envisagées", a précisé cette source.
Une base aérienne britannique à Chypre avait été frappée tôt lundi par
un drone de fabrication iranienne, quelques heures après la décision de
Londres d'autoriser Washington à utiliser ses bases militaires contre
l'Iran. Deux autres drones se dirigeant vers l'île ont également été
interceptés lundi.
Dans la foulée, plusieurs pays européens se sont engagés à fournir une
aide militaire à Chypre.
Situé dans la partie nord de Chypre, la RTCN occupe moins d'un tiers de
l'île méditerranéenne.
Reconnue que par la seule Turquie, elle a proclamé son indépendance le
15 novembre 1983, neuf ans après l'intervention militaire turque de
1974, justifiée par Ankara en réaction à la tentative de rattachement
de Chypre à la Grèce par un groupe d'officiers putschistes. (AFP, 5
mars 2026)
Immigration
/ Migration
Emir Kir met Saint-Josse en faillite
virtuelle
La commune bruxelloise de Saint-Josse est dans la tourmente. Lourdement
déficitaire depuis 2023, l’entité dirigée par Emir Kir (ex-PS,
Indépendant) a même évité de peu le défaut de paiement. Unique dans
l’histoire récente de la Région, l’épisode dévoilé par le quotidien La
Dernière Heure remonte à cet été. Le mardi 26 août, l’administration
régionale a reçu un appel de détresse de la part de la commune. Dos au
mur, celle-ci indiquait ne bientôt plus pouvoir honorer ses
engagements. Les banques lui refusaient en effet de nouveaux crédits. A
l’époque, les chiffres que découvre le ministre des Pouvoirs locaux
Bernard Clerfayt (Défi) donnent le vertige. Saint-Josse réclamait 57,38
millions d’euros pour remplir ses obligations jusqu’en décembre. Pour
donner une idée, cette somme équivaut à la moitié de ses recettes
annuelles. Dénoncés inlassablement et depuis des années par
l’opposition, les problèmes de gouvernance de l’équipe d’Emir Kir
apparaissent au grand jour.
Cinq mois plus tard, les questions sans réponse restent quasi aussi
nombreuses. Les agents de cette petite commune (un kilomètre carré
coincé entre Schaerbeek et la station de métro Madou), sont dans
l’incertitude. Le conseil communal de décembre a certes approuvé un
plan triennal 2025-2026-2027, qui a permis à l’entité d’être enfin
dotée d’un budget 2025. Mais celui-ci accuse un déficit cumulé de 30
millions d’euros. Un montant colossal. Elaboré avec l’inspection
régionale, ce plan prévoit certes le retour à l’équilibre (forte hausse
des centimes additionnels au précompte immobilier de 2.980 à 4.090 dès
2026, suppression d’environ 130 emplois en trois ans, etc.). Mais cela
ne permet même pas d’éponger une partie de ces 30 millions d’euros de
déficit. Emir Kir doit donc demander un prêt d’assainissement au
gouvernement. A l’heure actuelle, la localité resterait toujours en
faillite virtuelle en 2027. (Julien Thomas, Le Soir, 9 mars 2026)
Cem Özdemir, first German state premier
with Turkish roots
Cem Özdemir is set to become the first politician with Turkish roots to
lead a German federal state. His Green Party won elections in the
wealthy southwestern region of Baden-Württemberg. He likes to
jokingly
refer to himself as an "Anatolian Swabian," in reference to the region
of Swabia in Baden-Württemberg, where he was born 60 years ago, and the
home region of his parents: Anatolia in Turkey.
The Green Party politician rejects the notion that he is a model of
successful integration. After all, he says, he never needed to be
integrated: His home has always been Germany. When lawmakers from the
anti-immigration far-right Alternative for Germany (AfD) attacked him
back in 2018, telling him to "go home" to Turkey, he responded from the
pulpit in the Bundestag: "I'll indeed be going home on Saturday, when I
will catch a flight to Stuttgart and then take the regional train to
Bad Urach. That is my Swabian home, and I won't let you tell me
otherwise."
Can the Greens hold on to their one stronghold in Germany?
Özdemir's parents came to Germany from Turkey in the 1960s as so-called
"guest workers." The derogatory term was used to indicate that the
immigrants would work in German mines and factories, contributing to
the country's economic growth, but after a while they would all go back
to where they had come from. Most of them, like Özdemir's parents,
didn't do so. His father worked in a textile factory and his mother had
her own little business as a seamstress.
Özdemir was born in December 1965 in Bad Urach southwest of the state
capital Stuttgart. He received German citizenship when he turned 18. He
first worked as a pre-school educator and then went on to study social
psychology, joining the environmentalist Green Party in its early days
back in 1981. Özdemir has two children from his first marriage.
In 1994, at the age of 30, Özdemir was one of the first lawmakers with
Turkish roots to be elected to the Bundestag, the lower house of
parliament. He was always a party moderate rather than a left winger.
When the Green Party entered a coalition with the center-left Social
Democrats (SPD) under Chancellor Gerhard Schröder, Özdemir became
government spokesperson for domestic affairs.
Just one year later, however, he stepped down in the wake of a scandal.
It had emerged that he had used bonus miles earned through air travel
in connection with his government duties on private flights.
Five years later, Özdemir returned to politics, serving a five-year
term as Green Party lawmaker in the European Parliament from 2004. From
2008 until 2018 Özdemir was co-chair of the Green Party. In 2021, when
it entered into a federal coalition government with the SPD and the
neoliberal Free Democrats (FDP), he became the first government
minister with Turkish roots, taking the office of agriculture minister.
Criticizing Putin and Erdogan
At a time when most representatives of the German government still
maintained good relations with Russian President Vladimir Putin,
Özdemir was a vehement critic of the Kremlin leader. As early as July
2021, even before the full-fledged war of aggression against Ukraine
began in the spring of 2022, Özdemir complained in several interviews
that many people in Germany had a naive image of Putin, who was banking
on escalation and border shifts.
Time and again, Özdemir spoke out publicly against Turkey's President
Recep Tayyip Erdogan, the ruler of the country from which his parents
came. Özdemir spoke out in support of Turkish conscientious objectors,
triggering a backlash from the Turkish daily Hürriyet, which wrote
"Özdemir one of us in name only!" (Jens Thurau, dw.com, 3 March
2026)
Une avocate réfugiée de Lausanne
condamnée à 6 ans de prison en Turquie
Suna Bilgin, avocate kurde et défenseuse des droits humains qui a vécu
comme réfugiée politique à Lausanne pendant cinq ans, purge
actuellement une peine de six ans et trois mois de prison en Turquie.
Son seul crime : avoir exercé sa profession d'avocate.
Reconnue réfugiée par la Suisse en 2019 en raison des menaces graves
pesant sur elle, Suna Bilgin a décidé de rentrer en Turquie fin 2025
après le décès de ses parents. Elle a été arrêtée à l'aéroport
d'Istanbul le 7 novembre 2025. Moins de deux mois plus tard, le 17
décembre, elle était condamnée pour « terrorisme ».
Le verdict la condamne pour avoir participé à des conférences de presse
sur le massacre de Roboski (34 civils kurdes tués en 2011), assisté aux
funérailles de clients, et défendu des victimes de violations des
droits humains. Des activités que le droit international protège comme
l'exercice légitime de la profession d'avocat.
« Ma sœur est punie parce qu'elle était co-présidente de l'Association
des droits de l'homme à Dersim, parce qu'elle défendait des Kurdes, des
femmes, des minorités. Le dossier repose sur des témoins anonymes »,
explique, membre de sa famille résidant en Suisse. « La Suisse l'avait
reconnue comme réfugiée. Elle ne peut pas l'abandonner aujourd'hui. »
La famille appelle les autorités suisses, le Barreau de Genève, et les
organisations de défense des droits humains à intervenir auprès de la
Turquie pour exiger la libération immédiate de Suna Bilgin.
Preuve de condamnation à fournir en cas de demande. (18 Feb 2026)
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