Droits
de l'Homme / Human Rights
Deux Turcs arrêtés pour espionnage au profit d'Israël
Deux ressortissants turcs ont été arrêtés à Istanbul, soupçonnés
d'espionner pour le compte des services de renseignement israéliens
depuis plus d'une décennie, ont rapporté vendredi les médias d'État.
Selon l'agence de presse Anadolu et la chaîne de télévision TRT, un
homme d'affaires turc et un complice turc d'origine palestinienne
étaient chargés par le Mossad, le service de renseignement extérieur
israélien, de recueillir des informations sur des Palestiniens hostiles
à Israël.
Les deux hommes, actuellement en garde à vue, sont notamment soupçonnés
d'avoir approché un cadre du mouvement islamiste palestinien Hamas en
Tunisie, au prétexte de lui vendre des pièces détachées de drones
fournies par le Mossad.
Cet ingénieur tunisien, Mohamed Zouari, spécialisé dans le
développement de drones, avait été tué en décembre 2016 d'une vingtaine
de balles au volant de sa voiture à Sfax, dans le centre-est de la
Tunisie. Le Hamas avait aussitôt accusé Israël.
Selon la chaîne de télévision TRT, l'un des deux hommes oeuvrait ces
dernières semaines à la préparation d'une "opération logistique" du
Mossad dans plusieurs pays. (AFP, 6 fév 2026)
Police detain 96 in raids targeting left-wing groups, media outlets
Police detained 96 people in morning raids across 22 provinces today,
targeting political parties, unions, and media outlets.
Interior Minister Ali Yerlikaya announced that the operations were part
of an investigation into the outlawed Marxist Leninist Communist Party
(MLKP).
Doors broken
The raids targeted the Socialist Party of the Oppressed (ESP), the
Federation of Socialist Youth Associations (SGDF), the Socialist
Women's Councils (SKM), and the Limter-İş Union. Police also raided the
Etkin News Agency (ETHA), the Science, Education, Aesthetic, Culture
and Art Research Foundation (BEKSAV), and the Law Bureau of the
Oppressed (EHB).
Among those detained are former MP and ESP Co-Chair Murat Çepni and
ETHA journalists Nadiye Gürbüz, Pınar Gayıp, Elif Bayburt, Müslüm
Koyun, and Züleyha Müldür, as well as environmentalists and unionists.
The İstanbul Chief Public Prosecutor's Office stated it issued
detention warrants for 110 individuals. It alleged that the targeted
organizations are part of the MLKP structure.
The investigation is based on witness statements, digital materials
from previous operations, reports from the Financial Crimes
Investigation Board (MASAK), and data from online meetings held on
Google Meet.
Police reportedly broke the doors of the offices of the organizations
during the raids and confiscated technical equipment. A 24-hour
restriction was placed on the detainees' access to lawyers.
'It's because we defended Rojava'
Çiçek Otlu, an MP from the pro-Kurdish Peoples' Equality and Democracy
(DEM) Party and the spokesperson of the Socialist Women Assemblies
(SKM), linked the timing of the raids to recent developments in
northern Syria. "It's because we defended the Rojava revolution," she
said.
"During the detentions, doors of many of our institutions, including
the headquarters, ETHA, BEKSAV, SGDF, and Kaktüs, were broken to enter.
Subsequently, computers in all our locations were confiscated," Otlu
said.
She added that "We want equality and freedom in this country. We want
the rights of labor and the women's freedom struggle to be recognized."
The MP cited earlier earlier remarks by Foreign Minister Hakan Fidan,
who told Al Jazeera on Jan 30 that around 300 members of Turkey-based
left-wing groups were operating in areas controlled by the Kurdish-led
Syrian Democratic Forces (SDF).
"Their only task is to seek opportunities to attack Turkish soldiers
and security forces," Fidan had said. (BIA, 3 Feb 2026)
Pendant
que les attaques et menaces
fascistes sont de nouveau en recrudescence…

Doğan
Özgüden, Artı Gerçek, 29 janvier 2026
Les
derniers volumes en turc et en français des Écrits d’Exil, fruits de
nos 61 années de lutte commune avec İnci, sont la réponse que les
rageux méritent
Dans mon article de la
semaine dernière, j’avais écrit que les mêmes
qui avaient détruit la République de Mahabad fondée par la nation kurde
en Iran il y a 80 ans, en 1946, s’attaquent aujourd’hui avec la même
bassesse à l’entité autonome kurde du Rojava en Syrie.
Dans un discours, Devlet Bahçeli, le leader du MHP, initiateur de la
supercherie de la « Turquie sans terreur », a directement pris pour
cible les FDS, en émettant la présente fatwa : « La racine des
activités terroristes opérant à l’est de l’Euphrate, d’Ayn al-Arab à
Qamishli, doivent être éradiquées, le nettoyage de la zone doit être
mené de manière globale et coordonnée ».
Bahçeli, auquel les dirigeants du parti DEM n’ont guère manqué, depuis
plus d’un an, d’exprimer leur respect et leur affection, est allé plus
loin encore la semaine dernière, en ne tardant pas à s’en prendre non
seulement aux FDS, mais aussi directement au DEM : « Le parti DEM doit
immédiatement cesser d’agiter nos frères kurdes, d’apporter de l’eau au
moulin du sionisme et de souffler sur les braises. Il est temps que
chacun retrouve la raison. Exciter la patience et les nerfs ne
profitera à personne, bien au contraire, la main tendue risque de se
transformer en poing levé ».
De plus, lors de cette attaque, il n’a pas hésité à instrumentaliser
son alliance avec le leader du PKK Öcalan, qui lui avait récemment
offert un tapis spécialement tissé pour l’occasion : « Le parti DEM
doit prendre une décision : est-il avec ou contre le chef fondateur du
PKK ? Se mettra-t-il au service du terrorisme ou œuvrera-t-il pour un
avenir sans terreur ? »
Numan Kurtulmuş, le président de la Commission « Turquie sans terreur
», créée l’an dernier au sein de la Grande Assemblée nationale de
Turquie à l’instigation de Bahçeli, n’a pas non plus tardé à s’en
prendre aux Kurdes de Syrie, en faisant comme si le DEM ne s’opposait
pas aux attaques menées contre l’administration autonome du Rojava et,
sans même consulter les membres de ce parti au sein de la commission,
en proférant cette menace : « Le PYD/PYG, quel que soit son nom, est
une organisation terroriste. Cela suffit, personne ne doit tenter
d’empoisonner la Syrie par le biais d’organisations terroristes ».
Le colonel d’état-major à la retraite, Dr. Çağlar Özer, fréquemment
sollicité par les médias turcs en qualité d’expert ès
contre-terrorisme, n’a pas tardé non plus, dans une interview publiée
dans le journal Cumhuriyet, en élargissant l’objectif et en lançant la
fatwa suivante : « La légende autour de Kandil s’est effondrée. Kandil
sera bientôt éradiqué ».
Il y a quelques mois encore, Recep Tayyip Erdoğan, reçu avec beaucoup
de respect et de sympathie par les députés du DEM à l’occasion de
l’ouverture du Parlement, a dans un discours prononcé ce mardi, fait
l’éloge du dictateur islamiste al-Charaa – « Nous sommes très heureux
d’observer qu’avec le dernier décret du président al-Charaa, les droits
fondamentaux de nos frères kurdes, qui n’étaient même pas considérés
comme des citoyens sous le régime Assad, ont été garantis » – tout en
ne tardant pas à proférer des menaces à l’encontre des FDS : « Il ne
peut y avoir un État dans l’État. Il ne peut y avoir des forces armées
distinctes, d’armée parallèle au sein de l’État… »
Face à ces développements lugubres, l’avertissement suivant a été
publié dans une déclaration signée par 1381 personnes au nom de
l’Initiative sociale pour la Paix en Turquie :
« Que tous ceux qui aspirent à vivre sous le droit moderne se
souviennent que les Kurdes, pris pour cible et voués à l’élimination,
incarnent la résistance contre ceux qui tentent d’engloutir la Syrie et
le Moyen-Orient dans le fanatisme salafiste. L’administration autonome,
aujourd’hui diabolisée, est née de la libération de la région de
l’emprise de Daesh. N’oublions pas le nombre de personnes massacrées
par Daesh dans ce pays, à commencer par les massacres de Suruç et du 10
octobre, ni les traumatismes qu’ils ont engendrés ! Chaque erreur
commise ravive des traumatismes historiques. N’en avons-nous pas assez
de cette histoire écrite emplie de mensonges, de ce passé et de ce
présent où rumeurs et provocations, et non les faits, prévalent ?
Pouvons-nous bâtir notre avenir commun sur le langage irresponsable de
la haine ? Comment peut-il y avoir la paix en Turquie alors que les
parents des citoyens kurdes sont assassinés en Syrie ? La paix passe
par la guérison collective. La paix ne peut être atteinte avec des
cœurs brisés, des personnes blessées et des injonctions bafouant la
dignité ».
Le langage de la haine mentionné dans cette déclaration, que j’ai
également signé avec İnci, relayé par les médias après que Bahçeli,
l’initiateur du processus de la « Turquie sans terreur » soit revenu à
sa véritable identité et ait commencé à lancer des provocations visant
à instaurer une « terreur d’État » en Syrie, à l’instar de celle menée
en Turquie, ne s’est pas cantonnée aux médias progouvernementaux, mais
se répand également dans les médias sociaux…
Immédiatement après ces attaques provocatrices et agressives, nos
nouvelles et articles défendant les droits des Kurdes du Rojava et
relayant leur point de vue ont commencé à faire l’objet de commentaires
insultants et menaçants.
Ce n’est pas une première pour nous… En publiant Ant en Turquie, tout
comme en publiant Info-Türk en exil, nous avons été la cible d’attaques
et de menaces de l’État turc et des missions étrangères, de ses médias
et de ses organisations.
Comme toujours, ces attaques et ces menaces ne nous intimideront pas
plus aujourd’hui.
Aujourd’hui marque d’ailleurs exactement le 61e anniversaire de notre
union avec İnci, tant dans notre vie intime que dans nos activités
journalistiques et nos luttes socio-politiques…
Comme on peut le voir sur les images partagées ci-dessus, la lutte
commune que nous avons entamée avec İnci en 1965, en faisant d’Akşam,
le plus ancien journal de Turquie, la voix quotidienne de la gauche,
prit une toute autre dimension à partir de 1967 avec la publication de
la revue socialiste Ant et des éditions Ant, qui furent la cible
d’attaques constantes tant du gouvernement que de l’armée.
Durant notre vie d’exil qui nous a été imposé par le coup d’État du 12
mars 1971, notre lutte a acquis une dimension véritablement
internationaliste grâce à la solidarité et l’unité de lutte avec les
exilés politiques de divers pays opprimés à travers le monde.
Nous avons poursuivi des décennies durant la lutte commencée dans les
années 1970 avec la Résistance démocratique et au début des années 1980
avec l’Union pour la Démocratie contre les coups d’État fascistes en
Turquie, à travers les commentaires et nouvelles publiées dans
Info-Türk, mais aussi dans Tek Cephe [Front unique], Yürüyüş [Marche],
Demokrat Türkiye [La Turquie démocrate], Özgür Bakış [Regard libre],
Yazın [Littérature], Barış/Aşıti, [Paix], Artı Gerçek [La réalité en
plus], Sürgün [L’exil] et Avrupa Demokrat [L’Europe démocrate].
Deux semaines seulement après le 61e anniversaire de notre union avec
İnci, nous célèbrerons le 9e anniversaire d’Artı Gerçek, qui occupe une
place très importante dans notre lutte en exil…
Cette période a été marquée par une campagne sans précédent de
répression et de persécution lancée par le gouvernement Tayyip en
Turquie, visant à saboter le processus de paix et à instaurer une
dictature présidentielle, suivie d’arrestations massives pour éliminer
le HDP, troisième groupe au Parlement, et de destructions matérielles
dans les zones de population kurdes…
À l’étranger, deux évènements importants ont caractérisé cette période
: d’une part, la création de l’organisation du Congrès démocratique des
Peuples en Europe, le 4 février 2017 à Bruxelles, afin de poursuivre la
lutte à l’étranger, et d’autre part, le lancement d’Artı Gerçek.
Après le lancement en ligne d’Artı Gerçek le 8 février 2017 dans la
ville de Cologne en Allemagne, un mois plus tard, le 18 mars 2017, Artı
TV, une avancée majeure dans le domaine de la diffusion audiovisuelle,
commença à diffuser avec une cérémonie d’inauguration réunissant tous
les amis à Cologne.
Avec le recul, Artı Gerçek occupe une place particulière dans les neuf
dernières années de ma vie journalistique en exil.
Les articles d’Artı Gerçek ont été ceux que j’ai pu publier le plus
longtemps dans un même périodique… Neuf années durant, j’y ai exprimé
sans relâche mes opinions… Mes articles pour Artı Gerçek, qui sont
désormais au nombre de plus de 460, occupent la plus grande place dans
mes Écrits d’Exil, dont le premier volume a été publié en 2019, et dont
le 9e et dernier volume paraîtra la semaine prochaine.
Les Écrits d’Exil constituent, avec mes mémoires intitulées Journaliste
‘apatride’, publiées en deux volumes en 2010 et en 2011 et mon livre
intitulé Une rebelle dans l'encre d'exil, qui retrace la vie difficile
d'Inci, un récit sincère de mes 74 années de carrière journalistique,
dont 55 passées en exil.
Sürgün Yazıları (Écrits en exil) est le récit sincère d'une carrière
journalistique de 74 ans, dont 55 passés en exil, raconté dans mes
mémoires en deux volumes intitulés « Vatansız Gazeteci » (Journaliste
apatride), publiés en 2010 et 2011, et dans mon livre Vatansızlığı
Vatan Eylemek (Faire de l'apatridie une patrie), qui retrace la vie
difficile d'Inci.
Les traductions françaises de mes articles parus dans Artı Gerçek de
février 2017 à fin décembre 2024 ont été publiées en quatre volumes
sous le titre Écrits d’Exil. Le 5e volume, qui regroupe les traductions
françaises de mes articles du début de l’année 2025 à nos jours,
paraîtra la semaine prochaine, en même temps que le 9e volume des
Sürgün Yazıları.
Comme tous mes ouvrages publiés en Turquie et en exil depuis 1965, les
versions pdf de ces deux livres seront disponibles sur la page internet
d’Info-Türk.
À l’occasion du 61e anniversaire de notre union, je tiens à remercier
İnci, ma chère compagne de vie et de lutte qui, malgré des problèmes de
santé de plus en plus intenses, a assumé avec abnégation l’entière
responsabilité de la rédaction, de la mise en page, de la composition
et de l’impression de ces deux derniers livres, comme elle l’a fait à
chaque étape de notre combat commun.
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Six
personnes arrêtées pour espionnage au profit de
l'Iran
Six personnes accusées d'"espionnage politique et militaire" pour le
compte des services de renseignement iraniens ont été arrêtées et
incarcérées en Turquie, ont rapporté mercredi des médias turcs.
Les suspects sont soupçonnés d'avoir recueilli des informations
concernant plusieurs sites critiques, parmi lesquels la base militaire
d'Incirlik (sud), qui abrite des forces américaines, a indiqué la
chaîne de télévision étatique TRT, confirmant une information du
quotidien Sabah.
Interrogées par l'AFP, les autorités turques n'ont pas commenté.
Selon l'agence de presse privée DHA, les six suspects ont été
appréhendés dans cinq provinces, dont celles d'Istanbul et d'Ankara, la
capitale. Cinq d'entre eux sont de nationalité turque et le sixième est
iranien, a précisé DHA.
Les suspects sont également accusés d'avoir collecté des informations
concernant l'expédition de drones militaires depuis la Turquie vers des
pays tiers.
La Turquie, qui partage plus de 500 km de frontière avec l'Iran, s'est
opposée publiquement à une intervention militaire américaine en réponse
à la violente répression du mouvement de contestation en Iran, qui a
fait plus de 6.200 morts, selon un bilan de l'ONG Human Rights
Activists News Agency (HRANA).
Mercredi, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a
"conseillé" aux Etats-Unis de discuter avec les dirigeants iraniens,
estimant que Téhéran est "prêt à négocier" en commençant par le dossier
du nucléaire.
Le chef de la diplomatie s'est ensuite entretenu avec son homologue
iranien Abbas Araghchi, a annoncé son ministère sans autre détail.
(AFP, 28 jan 2026)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Turkey arrests exiled Iranian
journalist Kaveh Taheri sparking deportations fears
Turkish authorities must immediately release exiled Iranian journalist
Kaveh Taheri and halt all efforts to deport him to Iran, where he faces
serious risks, including but not limited to imprisonment.
Taheri, an independent and freelance journalist and human rights
advocate recognized as a refugee by the U.N. High Commissioner for
Refugees (UNHCR), was detained on January 26 in the northwestern city
of Sakarya while traveling by bus to Istanbul for a visa appointment at
the French Consulate, his lawyer, Salih Efe, told CPJ. He is currently
held at the Kocaeli Removal Center.
“Deporting Kaveh Taheri to Iran could put his life at grave risk,” said
CPJ Regional Director Sara Qudah. “Turkish authorities must honor their
international obligations, immediately halt all deportation
proceedings, and allow Taheri to seek safety in a third country without
further harassment.”
Taheri’s sister, Laleh, expressed the family’s deep distress following
a brief WhatsApp message he sent during his arrest. “He sent me a short
message saying he was arrested,” she told CPJ. “We are really worried
about his safety. He is about to be deported to Iran, which would be
life-threatening.”
His lawyer said that the journalist was “unlawfully and arbitrarily”
detained despite possessing a valid travel permit for a consulate
visit.
“Although a colleague was able to visit him in person and review his
file on January 28, we have seen no intelligence reports to justify
these accusations, nor has there been any hearing or further
explanation provided for his sudden arrest,” Efe said, adding that no
date has been set for a hearing.
He said authorities issued a deportation order on January 28, citing
“national security” grounds, which she said was a “standard
justification often used against journalists and those the authorities
disfavor.”
Efe noted that previous court rulings had blocked past deportation
attempts, and that Taheri remains “trapped in a cycle of administrative
harassment.”
If returned to Iran, Taheri could face severe retribution for his
reporting on government corruption and human rights abuses. He was
arrested by Iranian intelligence in 2012 and spent nearly a year in
Shiraz’s Adel Abad Prison, where he reported being tortured and forced
into a false confession.
Taheri is the founder of the ICBPS YouTube channel , which focuses on
news and geopolitical analysis, and has contributed to several
international outlets, including The HuffPost and The Times of Israel.
Most recently, his writing has focused on Iranian and international
affairs and has been published on his Substack account.
Neither the Turkish Directorate General of Migration Management nor the
French Consulate in Istanbul responded to CPJ’s requests for comment
regarding Taheri’s detention and visa appointment. (CPJ, 3 Feb 2026)
Un éditeur accusé de "financement du terrorisme" pour des
droits d'auteur
La justice turque a ouvert une enquête pour "financement du terrorisme"
contre un éditeur ayant versé des droits d'auteur à deux collaborateurs
travaillant depuis leur cellule de prison, a indiqué mercredi à l'AFP
un porte-parole.
La maison d'édition Kor Kitap a affirmé que son salarié avait été gardé
à vue pendant quatre jours, puis assigné à résidence et placé sous
contrôle judiciaire dans le cadre de l'enquête.
La justice reproche à l'éditeur le versement de droits d'auteur à
Tonguç Ok et Necip Baysal, deux collaborateurs condamnés à des peines
de prison à perpétuité pour "terrorisme" et travaillant comme auteurs,
éditeurs et traducteurs pour Kor Kitap, selon un porte-parole de la
maison d'édition.
Ces deux hommes, emprisonnés depuis la fin des années 1990 pour divers
actes commis au nom d'un groupuscule d'extrême gauche qualifié de
terroriste par Ankara, sont qualifiés de "prisonniers politiques" par
leur employeur qui affirme que l'argent versé ne leur sert qu'à
"acheter des produits à la cantine de la prison".
"Nous ne tolérerons aucune tentative d'emprisonner la pensée et la
culture", a réagi Kor Kitap sur X, demandant "l'annulation immédiate de
cette décision illégale".
L'Association des éditeurs turcs a également qualifié sur X cette
décision d'"extrêmement préoccupante pour le monde de l'édition et la
liberté d'expression".
"Il est légitime, dans le cadre des principes juridiques universels,
des droits constitutionnels et de la déontologie de l'édition, que
(...) Tonguç Ok et Necip Baysal perçoivent des droits d'auteur pour
leurs oeuvres, même en prison", a écrit l'association. (AFP, 28 jan
2026)
TV anchor Sedef Kabaş detained overnight over social
media posts
Television anchor Sedef Kabaş was taken into custody after midnight
over a series of posts on social media. Her lawyer Uğur Poyraz
announced the detention, saying that Kabaş had called him to inform him
of her arrest.
The İstanbul Anadolu Chief Public Prosecutor’s Office later confirmed
the detention, citing her posts on X as grounds for the investigation.
Prosecutors accused Kabaş of “insulting the president” and “inciting
the commission of a crime.”
Kabaş was released today after being questioned. Prosecutors questioned
Kabaş about three specific posts. The first, dated Sep 9, read, “Does
anyone still think coups are carried out only by the military? Since
Mar 19, the country has been ruled by a ‘civilian coup’... The
strongest presidential candidate of the future has been imprisoned...
Now, the country’s oldest and largest political party is being crushed!”
The second post continued in a similar tone: “From now on, elections
will be for show only. There will be ballots, but no democracy. From
this point forward, civil disobedience is the only solution.”
Both of these posts apparently referred to the Mar 19 detention of
Ekrem İmamoğlu, the now-suspended mayor of İstanbul, who was declared
the presential candidate of the main opposition Republican People’s
Party (CHP).
In a third post from Sep 29, Kabaş wrote, “They’ve made a plane without
an engine... They graduated with fake diplomas, and they’re governing
the country without legitimacy.” The statement was viewed as a jab at
Turkey’s KAAN fighter jet project and long-time allegations concerning
President Recep Tayyip Erdoğan's university diploma.
Kabaş acknowledged writing the posts and argued they were protected
under freedom of expression.
Referring to the first post, she said, “Calling the imprisonment of the
strongest presidential candidate a fact rather than a comment is
accurate. The internal disputes within the CHP, the lawsuits, and the
effort to impose trustees on the party leadership all point to a
collapse. This is not my personal opinion, but a sentiment shared and
expressed by millions. My question, ‘Are coups only carried out by the
military?’ obviously has a negative answer. Coups can be military,
civilian, or economic. These are all forms of commentary.”
She continued, “There is no insult directed at the president in my
posts, nor is there any indication of such an intent. There are no
names, words, or phrases that would imply such a charge. There’s no
call for violence, no weapons, no terrorist acts, and no hate speech.”
Kabaş defended her second post by saying, “Civil disobedience is a
constitutional right, just like strikes, boycotts, resigning from
Parliament, protests, and marches. What I meant was exercising a
constitutional right. Prosecuting someone for advocating the use of
constitutional rights is itself unlawful. There is no call to commit
any crime in what I wrote.”
Following her statement, the prosecutor referred Kabaş to a criminal
court with a request for judicial control. The court granted the
request and released her under judicial supervision. (BIA, 27 jan 2026)
Turkey’s
most frequently arrested reporter, Furkan
Karabay, under house arrest
Turkish authorities should immediately cancel the order of house arrest
for reporter Furkan Karabay and let him do his job, the Committee to
Protect Journalists said Monday.
Police in Istanbul took Karabay, a court reporter currently with the
news website Medyascope, into custody and a court placed him under
house arrest on the suspicion of “publicly spreading disinformation.”
His trial will begin in March. The accusations stemmed from his
reporting on the indictment of the opposition-controlled Istanbul
Metropolitan Municipality. Karabay spoke to reporters after the hearing
and said his work was based on legal documents and that he will
continue to report for the public benefit.
“Turkish authorities keep arresting Furkan Karabay — once every year
since 2023 — for reasons directly linked to his professional work,”
said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative. “This vengeance is a
cautionary tale for critical journalists. The authorities should free
Karabay without delay and let all journalists do their jobs without
fear of retaliation.”
Karabay has been arrested four times in less than two-and-a-half years,
and he has been imprisoned for his work in very similar cases brought
against him in December 2023, November 2024, and May 2025. He was
released from prison last month after spending more than 200 days
behind bars.
Karabay told CPJ Monday that he was at home waiting for the law
enforcement officers to come to set up the electronic monitoring
system. House arrests take a high toll on journalists’ life both
professionally and psychologically, other reporters who’ve been through
it told CPJ.
CPJ recognizes house arrest as imprisonment. (CPJ, 27 jan 2026)
Kurdish
Question / Question kurde
The siege
of Kobanê: an ongoing crime against humanity and
a global failure

Appeal by Kurdistan National Congress - KNK
Today marks the seventeenth day of an unbroken and suffocating siege
against the city of Kobanê in Rojava-Kurdistan. While the world speaks
of progress and a ceasefire related to the 30 January agreement and its
supposed implementation, the reality for more than half a million
civilians is one of engineered deprivation: a total cutoff of
electricity, running water, and communications, alongside a systematic
blockade of life-saving humanitarian aid. It is not a humanitarian
crisis, but a calculated crime in progress, conducted in the full view
of a silent international community.
The siege exposes the fatal hypocrisy at the heart of the current
political process. Turkey, which played a central role in designing the
military offensive against Rojava, now enforces a cruel embargo by
refusing to open its border. The Mürşitpınar crossing remains sealed,
with aid convoys deliberately blocked or turned back. At the same time,
Ankara cynically proposes that aid be routed through Damascus, the very
authority implementing the siege on Kobanê at Turkey’s direction. This
two-faced policy is not a solution; it is an attempt to deceive the
international community and treat global institutions as fools. It
reveals a coordinated strategy to strangle Kobanê, making the
population pay the price for its historic resistance that defeated
ISIS.
The responsibility for this outrage lies with a clear axis: the
Damascus Interim Government, which implements the siege, and the
Turkish state, which directs and enables it. But the shame extends
further. The US-led Global Coalition against ISIS, the European Union
(EU), the UN, and global humanitarian agencies just watching what's
happening: The city that broke ISIS's backbone is now being broken by
hunger and cold. Their inaction violates the very principles of human
rights and humanitarian law these institutions claim to uphold.
If the UN, the EU and international institutions all fulfill their
fundamental duty to protect civilians, then they must at the very least
remove all obstacles to popular solidarity. The Kurdish people will not
abandon their responsibility. An unprecedented national unity has
emerged across all parts of Kurdistan and throughout the diaspora. Our
people possess both the will and the capacity to support their brothers
and sisters in Kobanê.
We are therefore in our unambiguous demands to the orchestrators of
this crime and their international institutions
1) Lift the siege and embargo on Kobanê immediately! Open all borders
and access routes now!
2) Establish an independent, UN-mandated international mechanism to
monitor, report on, and guarantee the permanent end of the siege and
the safe passage of all humanitarian aid.
The people of Kobanê, who taught humanity the meaning of defiance, are
watching. History will judge this moment not by the agreements signed,
but by the siege that was or was not broken.
Break the Siege of Kobanê! (KNK, 5 Feb 2026)
Le convoi d'aide pour Kobane bloqué par les autorités
Le convoi d'aides collectées par la plateforme de solidarité avec la
population de Kobane, ville à majorité kurde du nord de la Syrie, a été
interdit de passage et renvoyé par les autorités turques à Diyarbakir,
ont annoncé les organisateurs mercredi à l'AFP.
Vingt-cinq camions contenant de l'eau, du lait, des préparations pour
nourrissons et des couvertures étaient partis samedi de Diyarbakir,
grande ville à majorité kurde du sud-est de la Turquie.
"Malgré toutes les démarches, leur passage vers Kobane n'a pas été
autorisé", a annoncé la Plateforme de protection et de solidarité de la
ville de Diyarbakir.
Les camions ont été bloqués au poste-frontière de Suruç, qui fait face
à Kobane, mais les organisateurs avaient pensé obtenir l'autorisation
de traverser une centaine de km plus loin à Araz, ont ils expliqué.
"Cependant, la délégation n'ayant pas non plus obtenu l'autorisation,
les camions sont rentrés à Diyarbakir" précisent-ils mercredi.
la ville de Kobane est restée le symbole de la première victoire des
forces kurdes contre les jihadistes du groupe Etat islamique en 2015.
Au terme d'un accord avec les combattants majoritairement kurdes des
Forces de défense syriennes (FDS), l'armée syrienne a commencé lundi
soir à se déployer autour de la localité.
Cet accord avec Damas qui prévoit l'intégration de FDS à l'armée
syrienne met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes. (AFP, 4 fév 2026)
Les forces gouvernementales entrent dans le bastion
kurde de Qamichli
Les forces gouvernementales syriennes sont entrées mardi dans le
bastion kurde de Qamichli, au coeur de la zone autonome établie par les
Kurdes dans le nord-est de la Syrie, conformément à un accord entre
cette minorité et Damas.
Un correspondant de l'AFP sur place a vu une colonne des forces de
sécurité formée de blindés et de véhicules pénétrer dans la ville et
établir des barrages de contrôle à ses entrées.
Si des Syriens brandissaient des drapeaux aux abords de Qamichli pour
célébrer cette arrivée, des habitants ont fait part de leurs
inquiétudes.
"Je ne suis pas du tout à l'aise avec l'entrée de ces forces dans nos
villes", a témoigné Mohammed al-Sayyed, 29 ans, employé dans une
boutique de vêtements. "Notre crainte pour l'avenir est claire: qu'ils
reproduisent l'expérience" de l'ex-président syrien Bachar al-Assad,
"avec des arrestations, des enlèvements et des mesures de répression
sécuritaires", a-t-il déclaré à l'AFP par téléphone.
Mais pour Saad Mohammed, 35 ans, professeur de langue kurde, "c'est une
bonne chose à condition que le gouvernement s'engage à résoudre la
question kurde dans le cadre de la Constitution et que l'intégration
soit équitable pour tous les employés kurdes".
Répartis entre la Syrie, l'Irak, l'Iran et la Turquie, les Kurdes
affirment que leurs tentatives d'établir un Etat indépendant ont été
systématiquement réprimées par les puissances régionales et
internationales au cours de leur histoire.
- Espoirs d'autonomie anéantis -
Les autorités locales kurdes avaient imposé mardi un couvre-feu à
Qamichli pour faciliter l'opération, qui s'est déroulée sans accroc.
L'activité était paralysée dans la ville, où les places et les
devantures des magasins fermés étaient ornées de drapeaux kurdes,
rouge, blanc et vert frappés d'un soleil.
L'accord annoncé vendredi sous la pression militaire de Damas vise à
intégrer les institutions et les forces kurdes au sein de l'Etat syrien.
Il anéantit les espoirs des Kurdes de conserver la zone autonome qu'ils
avaient instaurée dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de
la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024.
Les forces de sécurité de Damas étaient déjà entrées lundi dans la
ville de Hassaké, qui était sous contrôle kurde.
Le chef des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées
par les Kurdes), Mazloum Abdi, avait indiqué que seule une "force de
sécurité limitée", et non l'armée, entrerait à Hassaké et Qamichli.
Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Noureddine al-Baba, a
précisé que les forces de sécurité kurdes, les Assayech, seraient
"intégrées dans les rangs" du ministère qui payera désormais leur solde.
Saluant la diversité de la Syrie, il a inspecté leurs quartiers
généraux à Qamichli, selon la télévision d'Etat.
Les FDS avaient été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes
du groupe Etat islamique (EI) en Syrie menée par les Etats-Unis, qui
soutiennent désormais le nouveau pouvoir syrien.
Des forces gouvernementales ont également commencé à se déployer lundi
soir dans les villages autour de Kobané, une poche kurde située plus à
l'ouest dans la province d'Alep.
Cette ville, séparée territorialement de la zone autonome kurde, est le
symbole de la première victoire kurde contre l'EI en 2015.
Le président islamiste Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024
le pouvoir de Bachar al-Assad, est déterminé à imposer son autorité sur
l'ensemble du territoire syrien.
Avec le déploiement de ses troupes dans la zone kurde, il ne reste plus
que la région druze de Soueïda, dans le sud, qui échappe à son
contrôle. (AFP, 3 fév 2026)
Entre
résignation et inquiétudes, les Kurdes face au retour de Damas
Le temps est lourd sur la ville de Qamishli où plusieurs jours de pluie
se sont succédé depuis la fin des hostilités entre Forces Démocratiques
Syriennes (FDS) et les combattants emmenés par le gouvernement de
transition syrien, lesquels ont annoncé vendredi 30 janvier, un accord
global pour l’intégration progressive des forces militaires et de
l’administration de la zone autonome kurde au sein de l’État syrien.
Malgré les conditions difficiles et des tensions toujours palpables,
les commerces sont largement ouverts et la vie suit son cours. L’espoir
renaît même à l’idée d’imaginer la fin des pénuries causées par près de
quinze années de guerre. « Si tout se passe bien et que la stabilité
revient, on aura plus de produits dans les magasins, on aura de
l’essence de meilleure qualité et puis on ne vivra plus avec la peur de
la guerre et de l’extrémisme tous les jours », décrit enthousiasmé
Jamel, un jeune habitant de Qamishli, bientôt diplômé d’agronomie.
Même son de cloche chez ce pâtissier originaire d’Alep qui tient
boutique proche du souk dans le centre-ville : »La paix et la sécurité
sont les deux seules choses dont nous avons
besoin aujourd’hui. Si Dieu veut, nous vivrons ensemble, toutes
communautés confondues et la prospérité reviendra pour tous »,
philosophe-t-il, souriant.
Les doutes et la suspicion persistent
Mais tous les commerçants n’ont pas vu l’avancée des forces
gouvernementales comme une opportunité économique. Alors qu’une partie
de sa famille est encore assiégée à Kobané dont il est originaire,
Ibrahim Mesko un orfèvre kurde résidant à Amoudé, a pris soin de mettre
une large partie de ses bijoux à l’abri, angoissé à l’idée que des
pillages des biens appartenant à des Kurdes aient lieu.
« J’ai apporté une partie de mon stock à Derik (Al Malikiyeh), près de
la frontière irakienne. Si les djihadistes arrivent jusqu’à nous, il
faudra qu’on achemine nos biens de l’autre côté de la frontière »,
détaille l’orfèvre, inquiet pour ses proches et sa famille. « Mes fils
Sardar et Hamoudi sont coincés à Kobané. Il n’y a plus de produits
frais et ils mangent des conserves depuis plusieurs jours »,
déplore-t-il, soulignant que ce blocus rappelle les heures les plus
sombres de Kobané, lorsque les Kurdes étaient assaillis par
l’organisation État Islamique durant la guerre.
Malgré ces craintes, les combats semblent bel et bien terminés.
Difficile toutefois pour tout un chacun de mesurer la teneur des
conséquences que ce nouvel accord va avoir sur la région. Pour nombre
de Kurdes, c’est un désaveu, la fin du vieux rêve d’indépendance et le
retour sous la férule d’un État autoritaire qui ne vise qu’à les
soumettre. « Il y a deux jours encore, les bandes du gouvernement
attaquaient nos positions aux environs de Hassaké et maintenant il
faudrait qu’on se serre la main et qu’on considère que nous sommes
frères ? » s’interroge Farhad, un soldat des FDS en permission
rencontré à Amoudeh.
Mais pour d’autres, plus réalistes, c’est l’inévitable résultat des
évolutions politiques dans la région : « Au départ, les gens voyaient
cela comme une défaite, mais après le discours de Mazlum Abdi le
commandant des FDS beaucoup ont changé d’opinion. Ils comprennent que
cet accord est satisfaisant pour le moment. Nous avons fait des
erreurs, assumons-les. Le fait qu’Abdi ait refusé un poste au ministère
de la défense a aussi marqué les esprits. Cela donne l’impression qu’on
gardera toujours une forme d’indépendance » analyse Ghassan Bazo, un
traducteur originaire de Qamishli.
Après l’abandon des tribus arabes qui formaient le gros des troupes des
FDS, les factions kurdes se sont effectivement retrouvées dans
l’incapacité de résister aux avancées des forces gouvernementales.
Seule une pression de la communauté internationale a permis l’arrêt des
combats et de relancer les négociations entre Kurdes et pouvoir syrien
pendant que la population retenait son souffle.
La solidarité kurde ne faiblit pas
Mais pendant que les FDS subissaient les coups des forces du
gouvernement central, les kurdes de toute la région n’ont pas cessé de
se mobiliser pour venir défendre leurs frères et sœurs du Rojava. « Dès
les événements d’Alep où les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et
Ashrafieh ont été attaqués, nous avons décidé de venir prendre part à
la résistance », explique Ako, un jeune kurde originaire de la province
de Sulaymaniyah en Irak.
Lui et trois de ses amis ont établi leurs quartiers à Cel Agha, où les
combats ont continué jusqu’aux dernières heures précédant l’accord
bilatéral entre Damas et l’administration autonome, (AANES), conclu
vendredi 30 janvier. Ce bourg situé entre Qamishli et la frontière
irakienne est stratégique car il aurait permis aux armées de Damas de
couper les routes d’approvisionnement des kurdes venant d’Irak.
« Nous resterons ici jusqu’à ce que les agresseurs se retirent ou
soient vaincus, comme à Kobané en 2015 », promet le jeune homme qui a
subi une journée de formation au maniement des armes avant de rejoindre
la seconde ligne du front de Cel Agha. Le discours est très similaire
pour Narin, une Kurde originaire de Turquie qui est membre des forces
de sécurité de la ville de Qamishli : « Le Rojava est notre pays à nous
les Kurdes et nous nous devons de le protéger » affirme-t-elle, sans
pour autant répondre clairement ce qu’elle fera si l’AANES et le
pouvoir central s’accordent sur un retrait des combattants étrangers.
Les zones d’ombre sont multiples alors que le déploiement d’agents
gouvernementaux approche. Si le retour du pouvoir central se fait dans
le calme, il y aura encore de nombreux obstacles à surmonter pour
assurer une intégration pérenne et complète de la communauté kurde au
sein des institutions publiques syriennes. (L'Humanité, 1 fév 2026)
Arrest for following a social media post featuring a
hair braiding video
A court in İzmir formally arrested a 16-year-old on charges of
"spreading terrorist propaganda" following a social media post
featuring a hair braiding video. The child was sent to Şakran
Children's Prison after appearing before a court.
The arrest is linked to a widespread social media protest where women
braided their hair, referred to as kezî in Kurdish, in response to the
desecration of a Kurdish woman fighter's body by forces affiliated with
the Damascus interim government.
A man identifying as a member of the Free Syrian Army (FSA) shared a
video on Jan 21 showing him cutting the hair braid of a member of the
Women’s Protection Units (YPJ) in Raqqa, which the Damascus forces took
over from the Kurdish groups. Since then thousands of women globally
have shared videos of themselves braiding their hair to protest the
incident, including senior politicians.
Lawyer Edhem Kuruş told Mezopotamya Agency (MA) that the child's
detention has serious implications for the right to education and the
principle of protecting children.
"Depriving a student of their liberty due to social media posts is a
severe and disproportionate legal intervention," Kuruş said.
He added that the best interests of the child should be prioritized and
that "arrest should be a last resort." Kuruş described the situation as
"concerning for the principles of freedom of expression and the rule of
law."
Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party MP Gülistan Kılıç-Koçyiğit
also criticized the arrest on social media. "We are faced with a
mentality that is afraid of children and uses laws against them; an
understanding that ignores violence against women while targeting
everyone who objects," she stated. (BIA, 1 Feb 2026)
Damas et les Kurdes annoncent un accord,
salué par Washington et Paris
Après des mois d'impasse et de violents combats, Damas et les Kurdes
ont annoncé vendredi un accord sur l'intégration progressive des forces
et de l'administration de la zone autonome kurde au sein de l'Etat
syrien, salué par Washington et Paris.
Cet accord "global", selon le terme utilisé par les deux camps, porte
un coup aux espoirs d'autonomie des Kurdes, le nouveau pouvoir
islamiste étant déterminé à imposer son autorité sur l'ensemble du
territoire syrien.
Les Etats-Unis, qui soutenaient les forces kurdes dans leur lutte
contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) avant d'infléchir
leur position avec l'arrivée fin 2024 du président Ahmad al-Chareh, ont
salué une "étape historique" dans l'unification de la Syrie.
La France, par la voix du président Emmanuel Macron, a "félicité" les
deux parties et affirmé qu'elle "appuierait pleinement" la mise en
oeuvre de l'accord.
Il intervient après le récent revers subi par les puissantes Forces
Démocratiques syriennes (FDS, dominées par les kurdes), qui ont dû
céder à l'armée de larges pans de territoire.
Le texte prévoit que les forces de sécurité de Damas se déploient dans
la zone autonome kurde, établie par cette minorité dans le nord et le
nord-est du pays au cours de la guerre civile (2011-2024).
- "Spectre de la guerre" -
Cet accord "éloigne le spectre imminent de la guerre", se réjouit
Raman Sido, un habitant de la ville à majorité kurde de Qamichli,
interrogé par l'AFP.
Il offre certaines concessions aux Kurdes comparé à un précédent texte
annoncé le 18 janvier par Damas et rejeté par cette minorité.
Ainsi, les FDS resteront regroupées au sein d'une division de l'armée
syrienne, constituée de trois brigades.
"Les trois brigades seront établies dans notre région (..) et les
commandants seront des Kurdes", a expliqué lors d'une conférence de
presse une haute responsable de l'administration kurde, Elham Ahmed.
En outre, les forces kurdes de la poche de Kobané, plus à l'ouest,
formeront une brigade au sein de l'armée.
Kobané, séparée territorialement de la zone autonome et ville symbole
de la victoire des combattants kurdes contre l'EI, est actuellement
cernée par l'armée.
Les "administrations de la zone autonome seront intégrées au sein des
institutions de l'Etat syrien, et les employés civils seront maintenus"
dans leurs fonctions, ajoute également le texte.
Lars Hauch, expert du cabinet de conseil Conflict Mediation Solutions,
pointe que le texte "reste flou sur les questions cruciales" de la
décentralisation administrative et sécuritaire.
Selon une source gouvernementale citée par la télévision officielle,
"l'Etat va prendre le contrôle de toutes les institutions civiles et
gouvernementales, ainsi que les postes-frontières" avec la Turquie et
l'Irak.
Elham Ahmed a affirmé que l'accord établissait "un cessez-le-feu
permanent".
La trêve avait été prolongée le 24 janvier pour 15 jours, notamment
pour permettre l'évacuation par les Etats-Unis vers l'Irak de milliers
de jihadistes, auparavant détenus par les forces kurdes.
- Ne pas "lâcher" les Kurdes -
La responsable kurde a indiqué que "les Etats-Unis et la France
étaient les garants" de l'accord et "avaient promis de surveiller le
processus".
Elle a cependant critiqué le "rôle négatif" qu'avait joué selon elle
Washington en considérant que la mission des FDS, la lutte contre l'EI,
était terminée.
A Paris, une source à l'Elysée a souligné que la France, qui a assuré
ne pas vouloir "lâcher" les Kurdes, avait déployé "beaucoup d'efforts
diplomatiques".
Damas et les Kurdes avaient signé en mars 2024 un accord pour
l'intégration des institutions de la zone autonome au sein de l'Etat,
mais les négociations n'avaient jamais abouti.
Le pouvoir syrien a lancé début janvier une offensive qui lui a permis
de déloger les combattants kurdes de deux quartiers qu'ils tenaient
dans la ville d'Alep (nord), avant de les pousser à se retirer des
provinces de Raqa et Deir Ezzor.
Ce retrait a été accéléré par la défection massive des combattants
arabes au sein des FDS, qui se sont ralliés au pouvoir syrien.
Dans le même temps, le président Chareh avait publié un décret
accordant des droits nationaux à la minorité kurde, dont la langue sera
désormais officielle au côté de l'arabe.
"Nous n'avons pas confiance en ce gouvernement. Regardez ce qu'ils ont
fait à Damas, à Soueïda et sur la côte", s'inquiète toutefois Abou Ali,
un boutiquier de 40 ans à Qamichli, en référence aux massacres
d'alaouites et de druzes après la prise du pouvoir par les islamistes.
(AFP, 30 jan 2026)
Un club de foot sanctionné pour "propagande" prokurde
Le plus important club de football kurde de Turquie, Amedspor, a été
sanctionné jeudi par le Conseil de discipline de la Fédération turque
de football (TFF), accusé d'avoir fait la "propagande" des combattants
kurdes de Syrie dans une vidéo, a annoncé la TFF.
Sur des images partagées la semaine passée sur le compte Instagram
d'Amedspor, une femme assise dans les tribunes du stade du club se fait
tresser les cheveux, avec en fond sonore une chanson reprenant le
slogan kurde "Jin, jiyan, azadi" ("Femmes, vie, liberté").
La vidéo en cause et de nombreuses autres publiées récemment sur les
réseaux sociaux s'inscrivent en réaction à des images d'un soldat
syrien se vantant d'avoir coupé la natte d'une combattante kurde dans
le nord-est de la Syrie, où les forces gouvernementales et kurdes se
font face.
Le club de Diyarbakir, principale ville du sud-est à majorité kurde de
Turquie, écope d'une amende de 802.500 livres turques (15.500 euros
environ) pour "propagande idéologique", et son président d'une
suspension de 15 jours de toutes activités liées au football pour avoir
"porté atteinte à la réputation du football" turc, écrit la TFF dans un
communiqué.
Contacté par l'AFP, le président d'Amedspor, Nahit Eren, a indiqué
avoir fait appel de cette décision, se refusant à tout autre
commentaire.
Mardi, M. Eren, ancien bâtonnier de Diyarbakir, avait dénoncé sur X des
"tentatives visant à impliquer notre club dans diverses polémiques".
Actuel leader du championnat de seconde division turque, Amedspor
pourrait accéder cette année à la première division pour la première
fois de son histoire. (AFP, 30 jan 2026)
Les rassemblements interdits jusqu'à samedi à la
frontière syrienne
Les autorités turques ont interdit jusqu'à samedi soir tout
rassemblement dans la province de Mardin (sud-est), frontalière de la
Syrie, où l'offensive de Damas contre les combattants kurdes du
nord-est syrien suscite la colère, a annoncé lundi le gouvernorat
provincial.
Un appel à manifester mardi à Nusaybin, localité de la province de
Mardin située face à la ville syrienne de Qamichli, avait été lancé par
le parti prokurde turc DEM, en dépit du cessez-le-feu en vigueur dans
le nord de la Syrie.
Lors d'une précédente marche la semaine passée pour dénoncer
l'offensive de Damas sur la région semi-autonome du nord-est syrien
tenue par des combattants kurdes, plus d'un millier de manifestants
prokurdes avaient tenté de forcer le poste-frontière de Nusaybin pour
entrer en Syrie.
"À l'exception des événements jugés appropriés (...), toute action
destinée à être menée dans des espaces ouverts (rassemblements,
marches, conférences de presse, grèves de la faim, sit-in, installation
de stands, montage de tentes, distribution de tracts/brochures,
accrochage d'affiches/bannières, etc.) est interdite", écrit le
gouvernorat de Mardin dans un communiqué.
Les autorités turques, engagées dans un processus de paix avec les
combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdisent
déjà depuis vendredi - et jusqu'à lundi soir - les rassemblements en
extérieur à Diyarbakir, la principale ville du sud-est à majorité kurde.
Les affrontements dans le nord de la Syrie font craindre un
déraillement du processus de paix entre Ankara et le PKK.
Les combattants kurdes de Syrie ont accusé lundi les forces
gouvernementales d'avoir tué cinq civils dans des bombardements sur la
région de Kobané (nord), malgré le cessez-le-feu en cours.
En octobre 2014, de violentes manifestations avaient éclaté en Turquie
pour protester contre le siège de la ville de Kobané, à majorité kurde,
par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), faisant près de 40
morts. (AFP, 26 jan 2026)
Minorités
/ Minorities
La déclaration de l’Association
des Armeniens democrates de Belgique
Au peuple de Rojava, à l’opinion publique,
Le peuple de Rojava traverse des jours difficiles, attaqué par l’État
turc et ses troupes (alliées) djihadistes en Syrie, avec la bénédiction
des États occidentaux et des pays du Golfe.
Les premières attaques ont débuté dans les quartiers kurdes d’Alep,
puis se sont rapidement poursuivies dans les régions de l’est de la
Syrie, facilitées par le changement d’alliance de tribus arabes
syriennes faisant partie des Forces démocratiques syriennes.
Jetant des centaines de milliers de personnes sur les routes :
massacres, viols, exactions. Encore des images de têtes coupées,
d’oreilles coupées, de scalps de jeunes filles, de marchés d’esclaves
de jeunes filles kurdes.
Ces images nous sont familières, du temps de l’État islamique, mais
aussi de la guerre d’agression contre l’Artsakh(Karabagh) en 2020, où
les djihadistes envoyés par l’État turc monnayaient la tête d’Arménien
à 100 $, les oreilles à 50 $… Et encore une fois, le silence du « monde
civilisé », car les anciens djihado-islamistes, coupeurs de têtes hier,
sont aujourd’hui devenus des alliés fréquentables, reçus dans le Bureau
ovale de la Maison-Blanche et à l’Élysée.
Les acquis du Rojava sont piétinés. Les combattants, essentiellement
kurdes, au nombre de 13 500, tombés en luttant pour débarrasser
l’humanité des islamo-fascistes d’un autre temps, sont aujourd’hui
pourchassés par ces mêmes islamo-fascistes, sans que le monde ne bouge.
Il n’est pas question de mettre en compétition les souffrances, mais
les forces qui manifestent pour Gaza n’y sont pas dans les
manifestations pour le Rojava et ne semblent pas s’intéresser aux
horreurs qui s’y déroulent. Cette attitude donne à réfléchir.
Aujourd’hui, il est plus qu’urgent de se dresser contre ces exactions
et massacres afin d’être solidaires avec les peuples du Rojava. Ce qui
se passe là-bas doit concerner l’ensemble de l’humanité.
Il y a eu plusieurs accords, de plus en plus défavorables aux forces du
Rojava, sans être suivis d’effets sur le terrain. Le dernier accord du
29/01/2026 pourrait lui aussi ne pas être respecté. La mise en pratique
de ces accords est liée au rapport de force créé ; si ce rapport est
défavorable au peuple du Rojava, cet accord risque également d’être
caduc.
Nous appelons à un sursaut de l’opinion publique afin que ce dernier
accord soit respecté.
Nous appelons également les forces politiques du Rojava à tirer les
leçons de l’histoire des peuples opprimés de Turquie, et notamment du
peuple arménien, qui a déjà traversé un cheminement presque identique
face à ce même État turc. Notre lecture politique est que la Turquie
des Jeunes-Turcs et la Turquie d’aujourd’hui sont identiques sur le
plan idéologique, avec les mêmes réflexes racistes et fascistes.
Cet État n’a qu’un seul but : en finir avec les nations et minorités
nationales qui existent en Turquie, par la force ou par l’assimilation
forcée. Cette même politique est proposé actuellement à ses alliés
djihadistes de Syrie.
Il appartient aux dirigeants du peuple du Rojava de décider la
politique à mener, mais nous souhaitons qu’ils ne fassent pas les mêmes
erreurs que les dirigeants politiques arméniens il y a plus de 100 ans
et surtout l’expérience de la guerre d’Artsakh (Karabagh) depuis 1988
ainsi que les politiques inconséquentes des dirigeants d’Arménie.
Nous restons solidaires du peuple kurde et saluons l’unité créée du
peuple kurde avec le Rojava, qui pourrait être le début de la création
de l’unité de la nation kurde. (AADB, 2 février 2026)
Les derniers Arméniens quittent le
Karabakh
Onze personnes, parmi lesquelles se trouvent probablement les derniers
résidents d’origine arménienne du Haut-Karabakh, ont été évacuées
vendredi du Karabakh vers l’Arménie.
Le ministre arménien du Travail et des Affaires sociales, Arsen
Torosian, a été le premier à annoncer l’arrivée des dix Arméniens du
Karabakh et d’une femme d’origine russe. Peu après, la ministre de la
Santé, Anahit Avanesian, a déclaré qu’ils avaient tous subi un examen
médical dans la ville de Goris, dans le sud-est de l’Arménie. L’un
d’entre eux a été hospitalisé à la suite de cet examen, a-t-elle
indiqué dans un bref message publié sur Facebook.
Le gouvernement arménien n’a pas révélé l’identité des évacués. Il a
ainsi laissé les proches d’une poignée d’Arméniens du Karabakh, qui
avaient refusé de fuir la région lors de sa reconquête par
l’Azerbaïdjan en septembre 2023, dans l’incertitude quant à leur sort.
Parmi eux figure Eleonora Hambardzumian, qui n’avait pas réussi à
convaincre son frère Slavik, âgé de 67 ans, de se réfugier en Arménie à
l’époque. Il a décidé de rester à Khnatsakh, un village situé à 15
kilomètres à l’est de Stepanakert.
Torosian a déclaré que les 11 habitants du Karabakh avaient eux-mêmes
demandé à être transportés en Arménie. Gegham Stepanian, médiateur des
droits de l’homme en exil au Karabakh, a remis en question cette
affirmation.
« Non seulement ils n’ont pas dit qu’ils voulaient venir [en Arménie],
mais j’ai également des informations selon lesquelles une personne a
été persuadée par ses proches de partir, ceux-ci lui ayant dit qu’ils
étaient prêts à organiser son départ par l’intermédiaire de la
Croix-Rouge, mais cette personne a refusé », a-t-il déclaré au service
arménien de RFE/RL.
Stepanian a ajouté qu’il ne savait pas exactement ce qui avait motivé
leur départ du Karabakh.
« Il y a peut-être eu des discussions entre les autorités arméniennes
et azerbaïdjanaises, à la suite desquelles il a été décidé de prendre
une telle mesure », a-t-il déclaré.
Plus de 100 000 Arméniens du Karabakh, soit la quasi-totalité de la
population restante de la région, ont fui vers l’Arménie en l’espace
d’une semaine après l’attaque de l’Azerbaïdjan en septembre 2023. Bakou
nie que cet exode massif soit le résultat d’un nettoyage ethnique
commis par ses soins.
Le nombre exact d’Arméniens qui ont choisi de ne pas quitter leur
patrie n’a jamais été connu. Les médias contrôlés par l’État
azerbaïdjanais ont utilisé certains d’entre eux à des fins de
propagande.
Un autre Arménien du Karabakh, Karen Avanesian, a été arrêté par les
services de sécurité azerbaïdjanais en septembre dernier pour avoir
prétendument comploté un attentat « terroriste » contre le président
azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Un tribunal azerbaïdjanais a condamné M.
Avanesian à 16 ans de prison le 25 décembre, à l’issue d’un procès
qualifié de simulacre par les avocats spécialisés dans les droits de
l’homme en Arménie. Citant les anciennes autorités sanitaires du
Karabakh, ils affirment que cet homme de 58 ans souffre d’une grave
maladie mentale et n’aurait jamais dû être jugé.
Au début du mois de décembre, les dirigeants arméniens en exil du
Karabakh, basés à Erevan, ont promis de continuer à se battre pour le
droit des Arméniens déplacés du Karabakh à retourner dans leur patrie,
malgré le refus du gouvernement arménien d’aborder cette question sur
la scène internationale. Le Premier ministre Nikol Pashinian a déclaré
à plusieurs reprises que les réfugiés devaient cesser d’espérer
retourner au Karabakh et s’installer en Arménie. (NAM, 25 jan 2026)
Politique
intérieure/Interior Politics
Le Prince Héritier malgré lui : Bilal Erdogan
Ragip Duran, TVXS.GR, 1er février 2026
Au pouvoir depuis 2002, le Président Erdogan (72) avait déjà en
septembre 2017 parlé d’une fatigue des métaux quand il a vu son parti
perdre des voix. Depuis, selon les sondages d’opinion et le parti au
pouvoir et le Président Erdogan ne cessent de perdre des points. Par
ailleurs, sa santé n’est pas très bonne, constate-t-on sur les écrans
de TV. Il ne peut marcher que très lentement, il a un regard assez flou
et parfois, il a des difficultés à lire et à prononcer ses discours.
A l’intérieur même du Parti de la Justice et du Développement (AKP,
Islamiste/néo-libéral, 275 sièges sur 592) la succession de M. Recep
Tayyip Erdogan est à l’ordre du jour depuis au moins 6 mois.
Trois personnes sont sur la ligne de départ : M. Bilal Erdogan(44) fils
cadet du Président, M. Selcuk Bayraktar (46) gendre du Président et M
.Hakan Fidan (57) actuellement Ministre des Affaires étrangères.
Ce dernier serait le favori de l’établissement politique, car il a de
multiples réseaux dans le pays et à l’étranger. Militaire de formation,
docteur en Relations Internationales, il a travaillé à l’OTAN et était
le Président de la TIKA, Agence Turque de Coopération et de
Coordination qui est responsable des projets économiques et industriels
turcs à l’étranger. Il a dirigé les Services de Renseignement turcs et
a beaucoup d’expérience sur la scène régionale et internationale.
Selcuk Bayraktar, est le PDG-fondateur du Baykar Teknoloji, une des
plus grandes sociétés de production de drones et de missiles. Ingénieur
de formation, il n’a aucune expérience politique et ne serait pas
intéressé selon son entourage pour un poste politique.
Reste alors le fils Bilal. Bachelier du Lycée İmam-Hatip (lycée de
Religieux Professionnel) il a pu obtenir une licence en Sciences
Politiques de l’Université de Harvard avec le soutien de plusieurs
personnalités turques et américaines proche du Président. Il a voulu
même obtenir un doctorat en Italie au Centre Européen de l’Université
John Hopkins à Bologne. Mais le Parquet italien l’avait accusé de
blanchiment d’argent et il a dû quitter l’Italie.
Il est depuis trois mois à la une des médias du pouvoir. Il participe à
des inaugurations, organise des conférences, accorde des interviews.
‘’Il poursuit sa campagne’’ croient les opposants.
Bilal est quand même dans la langue populaire turque le synonyme
d‘’imbécile’’. Les conversations téléphoniques avec son père lors du
scandale du 17-25 décembre 2013 montrent qu’il est incapable de
comprendre les messages de son père et de répondre. Lors de ce
scandale, les policiers proches du secte Gulen avaient organisé des
descentes chez les proches d’Erdogan chez qui ils avaient trouvé des
millions de dollars, d’euro et de livres turques, sommes des gains
illégaux et illégitimes.
La majorité des membres du pouvoir s’oppose à la candidature de M.
Bilal Erdogan, mais le Président lui-même ne peut avoir confiance qu’à
son fils, selon les rumeurs en provenance du Palais. Il y a quand même
quelques ex-députés et ex-responsables du Parti qui soutiennent M.
Bilal.
Ce dernier était l’invité mercredi dernier d’une municipalité proche du
pouvoir pour une séance d'"Une Seule Question/ Une Seule Réponse". Les
jeunes ont posé leurs questions et M. Bilal a répondu.
‘’Comment vous gagnez votre vie ?’’ était probablement la meilleure
question posée. M. Bilal a essayé de répondre à cette question en
racontant sa carrière d’homme d’affaires: ‘’Ce fut d’abord avec mes
amis dans le secteur cosmétique. J’étais simplement un associé. Plus
tard, on est passé dans la restauration. On a aujourd’hui plusieurs
restaurants en Turquie, un à Dubaï et un prochain à Bakou. Je suis donc
dans le secteur de l’alimentation’’ a-t-il annoncé.
Il a probablement oublié de parler du fameux groupe maritime BMZ, qu’il
avait fondé avec son oncle et son beau-père. BMZ a vendu en 2017,
cinq
de ces navires-citernes pour 75 millions de dollars américaines. BMZ
était accusé de transporter du matériel à Israël même après l’attaque
de Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et les opérations meurtrières
d’IDF (les Forces de Défense d’Israël) contre Gazza.
Enfin, ‘’Bilal sera un très bon Président pour cette Turquie qui a
complètement perdu la conscience’’ ironise un professeur de droit
public en exil en Allemagne.
Forces
armées/Armed Forces
La Turquie
déploie des chasseurs F-16 en Somalie
La Turquie a déployé des avions de chasse F-16 en Somalie, ont affirmé
deux responsables turcs à l'AFP alors qu'Ankara cherche à étendre sa
présence militaire dans la Corne de l'Afrique.
Selon l'un de ces responsables s'exprimant sous couvert d'anonymat, ces
appareils seront utilisés par les militaires turcs stationnés en
Somalie, pays allié de la Turquie.
"C'est pour notre propre sécurité", a déclaré cette source, soulignant
que les avions ne sont pas destinés aux pilotes de l'armée somalienne.
Ce déploiement de F-16 intervient après la reconnaissance fin décembre
par Israël du Somaliland, une république autoproclamée, une démarche
qualifiée par Ankara "d'ingérence flagrante dans les affaires
intérieures de la Somalie".
Le Somaliland a unilatéralement fait sécession de la Somalie en 1991,
mais cette dernière estime qu'il fait toujours partie de son territoire.
Ankara est un soutien militaire et économique important de la Somalie,
qui a sombré dans les années 1990 dans une guerre civile ayant conduit
à l'effondrement de l'Etat.
La plus grande base militaire turque à l'étranger a été inaugurée dans
la capitale somalienne, Mogadiscio, en 2017.
Ankara maintient sur place une force opérationnelle et un commandement
aérien "afin de contribuer au développement des capacités de lutte
contre le terrorisme de la Somalie par le biais d'une assistance
militaire, de formations et d'activités de conseil", selon le ministère
turc de la Défense. (AFP, 30 jan 2026)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
"L’Etat Islamique devient le voisin de la Turquie"
Ragip Duran, TVXS.GR, 27 janvier 2026
“Washington n’est plus derrière les Kurdes, qui sont obligés de se
retirer au nord-est de la Syrie, Rojava, pour résister contre les
attaques de l’armée officielle de Damas qui n’est que la coalition de
plus de dix bandes d’islamistes radicales, toutes issues de L’Etat
Islamique (Daech - État islamique en Irak et au Levant) soutenues par
Ankara”, constate le politicologue Prof. Cengiz Aktar.
En effet en une semaine, et “Le Processus de Paix” engagé en Turquie
entre Ankara et Abdullah Ocalan, leader emprisonné du PKK et l’entente
du 10 Mars signée à Damas entre le régime d’Ahmed Al Sharaa et les FDS
(Forces Démocratiques Syriennes) sont tombés à l’eau, à cause des
opérations militaires en vue de neutraliser la présence kurde dans une
grande partie de la Syrie du nord.
“Ankara et Damas ont pour le moment les mêmes objectifs : Toutes les
deux veulent se débarrasser des Kurdes pour la construction d’un
Etat-nation, formé d’une seule nation qui a un seul drapeau, une seule
armée, une seule langue et une seule religion” croit le Prof. Aktar.
Les FDS, une armée d’à peu près 100 milles soldats dont plus de 50 %
des Arabes, mais dirigée par les Kurdes n’est plus une force militaire
et politiques unie et efficace, car la grande partie des clans arabes
ont changé de veste et se rangent désormais du côté du régime d’Ahmed
Al-Sharaa.
“Les FDS étaient notre partenaire principal dans la lutte contre l’Etat
Islamique (EI). Mais désormais, c’est le gouvernement central de Damas
qui est devenu membre de la coalition contre l’EI avec qui nous
œuvrerons” a déclaré Tom Barrack, l’envoyé spécial en Syrie du
Président Trump et en même temps l’ambassadeur des Etats Unis à Ankara.
Sur le terrain, selon les informations en provenance des sources
kurdes, des dizaines de milliers de prisonniers de l’EI sont en train
de quitter les prisons et vont très probablement joindre les groupes
d’islamistes radicaux en lutte contre les Kurdes au nord-est du pays.
“Quand il y a la guerre contre les Kurdes dans le sud (Syrie) on ne
peut pas réaliser la paix dans le nord (Turquie)” estime Tuncer
Bakirhan, co-président du DEM, Parti de l’Egalité et de la Démocratie
des kurdes, de plus en plus violemment critiqué par sa base. “Au lieu
de faire l’alliance avec les fascistes Erdogan et Bahceli, vous devriez
soutenir nos frères de Rojava” disent la majorité des internautes.
“L’opposition turque, c’est-à-dire les Kémalistes et autres formations
de droite, de centre voire de la gauche, qui sont pourtant toutes
laïques sont contentes de voir la défaite des Kurdes en Syrie. En
Turquie, l’animosité anti-kurde est si forte et si populaire qu’ils
préfèrent avoir des islamistes radicaux comme voisin du sud, au lieu
des Kurdes laïcs” constate Yavuz Baydar, coordinateur des débats
politiques sur Youtube (Fikir Klubü- Club des İdées).
Ankara est vue bien entendu comme un des responsables de la crise
actuelle à côté des Occidentaux en particulier les Etats Unis, mais
plusieurs spécialistes, universitaires et hommes politiques ne se
privent pas de critiquer également la direction des partis politiques
kurdes, en particulier Abdullah Ocalan en Turquie et Mazlum Abdi en
Syrie.
“Ocalan avait quitté la Turquie en 1980. Il est en prison depuis 27
ans. Là-bas, il a commencé à fabriquer des thèses, des idéologies, des
lignes politiques vraiment très bizarres. Il est complètement coupé des
réalités sociales et politiques. Ses opposants le nomment ‘Philosophe
de la Maison des Fous’ “ écrit un ancien membre du PKK. “Il est
prisonnier et il est à la solde du régime turc” conclu-t-il.
Par ailleurs, Mazlum Abdi ancien militant fidèle d’Ocalan, n’a pas su,
selon ses critiques, de bien comprendre les objectifs et les politiques
de ses alliés, Moscou, Washington, Paris, Londres et Riyad. Pendant
environ 10 ans, ils n’ont pas pu créer et construire les institutions
vitales pour la survie de Rojava. Ils ont essayé de concrétiser les
thèses d’Ocalan comme “le confédéralisme démocratique”, “le
communalisme”, “la jinéologie” (Sciences des femmes) et l’écologie… Des
concepts peu connus par la majorité des populations rurales de la Syrie
du Nord.
“La Syrie est en train de devenir le futur de la Turquie. Un pays
dirigé par les islamistes, ennemi de la démocratie, de la paix, des
minorités ethniques et religieuses et de la civilisation occidentale”
conclut le Prof Aktar.
Socio-économique
/ Socio-economic
Men killed 16 women in January
According to news compiled by bianet from local and national
newspapers, news sites, and agencies, men killed at least 16 women and
4 children in January 2026.
Men inflicted violence on at least 49 women, abused at least 12 girls
and boys, and harassed 10 women in January. They forced 157 women into
sex work.
At least 39 women and 14 children died in suspicious cases where it
could not be clearly determined that the deaths were caused by male
violence.
Provinces of suspicious deaths of women
Ağrı (1), Aksaray (1), Antalya (1), Antep (1), Aydın (1), Balıkesir
(1), Batman (1), Burdur (3), Çorum (1), Denizli (2), Hakkari (1), İzmir
(2), Karabük (2), Kütahya (1), Malatya (1), Manisa (2), Mardin (2),
Muğla (4), Nevşehir (2), Ordu (2), Sakarya (1), Samsun (1), Siirt (1),
Sinop (1), Tekirdağ (1), Urfa (1), Zonguldak (1)
Provinces of suspicious deaths of children
Aksaray (1), Antalya (2), Hatay (1), İzmir (1), Kayseri (3), Kütahya
(1), Manisa (1), Mardin (3), Siirt (1) (BIA, 4 Feb 2026)
Seize morts
et 30 blessés dans deux accidents de la route
Seize personnes personnes ont été tuées et 30 autres blessées dans deux
accidents de la route en Turquie, ont annoncé dimanche les autorités
turques.
Un accident de bus s'est produit à Antalya, grande ville touristique
située dans le sud de la Turquie.
"Le chauffeur du bus n'a malheureusement pas survécu malgré tous les
efforts déployés. Le bilan des victimes s'élève donc à neuf morts", a
annoncé le gouverneur d'Antalya, Hulusi Sahin. Le précédent bilan
faisait état de 8 morts. 25 personnes ont également été blessées.
Transportant 34 passagers de Tekirdag (ouest) vers Antalya, l'autocar
s'est renversé dimanche matin à 10h20 (7h20 GMT) au bord de l'autoroute
devenue glissante à cause de la pluie, a précisé le gouverneur.
"Il y avait également du brouillard. C'est un carrefour où il ne
fallait pas rouler vite, or il semble que le bus s'y soit engagé à vive
allure", a affirmé M. Sahin.
Parmi les 25 blessés, sept sont dans un état grave, a-t-il ajouté, sans
préciser s'il y avait des ressortissants étrangers parmi les victimes.
Sept personnes été tuées et cinq ont été blessées dans un autre
accident survenu à Burdur, sur l'autoroute Antalya-Isparta, dans le sud
de la Turquie, a rapporté l'agence privée DHA.
Station balnéaire située au bord de la Méditerranée, Antalya accueille
de nombreux touristes locaux et étrangers durant toute l'année. (AFP,
1er fév 2026)
Colère après la découverte
du corps d'une femme décapitée dans une benne à ordures
Le corps décapité d'une femme, dont les jambes ont également été
sectionnées, a été découvert dans une benne à ordures à Istanbul au
cours de la nuit, ont rapporté dimanche les médias turcs, provoquant
l'indignation des associations féministes.
La victime était enveloppée dans un drap et jetée dans une benne dans
le quartier de Sisli, où il a été découvert samedi soir par un homme
qui cherchait des matériaux recyclables, a indiqué l'agence de presse
DHA.
Les enquêteurs ont identifié la victime comme étant une ressortissante
ouzbèke de 37 ans.
Ils n'ont pas immédiatement retrouvé la tête ni les jambes de la
victime, mais en visionnant des images des caméras de surveillance, les
enquêteurs ont vu deux hommes déposant une valise dans une autre benne.
Le contenu de cette valise n'a pas été dévoilé dans l'immédiat.
Quelques heures plus tard, la police a interpellé deux suspects,
également de nationalité ouzbèke, à l'aéroport d'Istanbul alors qu'ils
tentaient de quitter le pays, a précisé DHA. Un troisième suspect a été
ensuite interpellé.
Des groupes de défense des droits des femmes ont exprimé leur
indignation et appelé à des marches de protestation.
Dans la foule importante qui s'est rassemblée à la station de métro
Osmanbey dans le quartier de Sisli, des banderoles et pancartes
proclamaient "Stop à la violence masculine !", "Nous demandons justice
pour les femmes assassinées" et "Les femmes migrantes ne sont pas
seules", selon des images d'une ONG.
"Les femmes ne se tairont plus!" scandait-on dans le cortège dépassant
le millier de personnes, qui a marché jusqu'à l'endroit où le corps de
la victime a été retrouvé.
A Ankara, des centaines d'autres ont défilé lors d'une manifestation
organisée par la plateforme "We will stop femicide", qui réclame que
les responsables de ce crime rendent des comptes.
"Les auteurs étaient tellement persuadés que rien ne leur arriverait
qu'ils ont pu tout simplement abandonner le corps de la femme qu'ils
ont tuée dans une benne, au vu et au su de tous", a déclaré dans un
communiqué Isil Kurt, membre de cette organisation. "Les années
passent, les villes et les noms changent, mais la violence envers les
femmes reste la même".
Le maire de Sisli, Resul Emrah Sahan, emprisonné et arrêté quasiment en
même temps que le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, lors d'une
répression largement perçue comme politiquement motivée, a déclaré que
ces meurtres constituaient un "problème social majeur".
"Les féminicides se transforment en un massacre qui ne cesse de prendre
de l'ampleur, alimenté par l'impunité, la négligence et le silence",
a-t-il écrit sur X, exigeant une action coordonnée pour s'attaquer au
problème.
La Turquie ne publie pas de chiffres officiels sur les féminicides,
laissant cette tâche aux organisations de femmes qui collectent des
données à partir d'articles de presse.
Selon des chiffres compilés par la plateforme "We will stop femicide",
294 femmes ont été tuées par des hommes et 297 femmes ont été
retrouvées mortes dans des circonstances suspectes en 2025. (AFP, 26
jan 2026)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
L'ancien patron du groupe aéroportuaire turc TAV arrêté en
France
L'ancien patron du groupe aéroportuaire turc TAV Sani Sener a été
arrêté mardi à l'aéroport Saint-Exupéry près de Lyon, dans le
centre-est de la France, dans le cadre d'un mandat d'arrêt
international émis par la Tunisie, a indiqué vendredi une source proche
du dossier.
L'arrestation s'est faite dans le cadre d'une enquête sur des
investissements réalisés en Tunisie "depuis le printemps arabe de
2011", plus particulièrement la filiale TAV Tunisia, selon un
communiqué du bureau de Sani Sener transmis à la presse turque.
Le bureau de M. Sener, qui précise que l'homme d'affaires a démissionné
de toutes ses fonctions à TAV Airports depuis 2022, qualifie
l'arrestation d'"injuste, infondée et disproportionnée".
M. Sener est PDG de Sera Group qui est actionnaire de TAV.
"Il se serait volontiers rendu en personne auprès des autorités
compétentes pour partager toutes les informations en sa possession s'il
y avait été invité", assure le communiqué.
"Des contacts bilatéraux sont noués au plus haut niveau entre les
gouvernements turcs et français", affirme encore l'équipe de Sani
Sener, pour qui "toutes les démarches nécessaires sont entreprises afin
de régler cette affaire dans les plus brefs délais et de permettre à
Sani Sener de reprendre ses activités internationales".
De son côté, TAV Airports a assuré qu'à la suite "d'informations
récentes sur nos opérations en Tunisie, nous souhaitons annoncer au
public qu'aucune enquête n'est en cours contre notre entreprise ou nos
employés".
"Nous coopérons pleinement avec les autorités tunisiennes", a ajouté
TAV dans un communiqué, en assurant qu'"en tant que société cotée
depuis février 2007, notre activité tout entière respecte strictement
les critères internationaux les plus élevés".
Contacté par l'AFP au sujet de M. Sener, le Groupe ADP (ex-Aéroports de
Paris), actionnaire de référence de TAV Airports avec 46,12% du
capital, s'est refusé à tout commentaire vendredi.
Le gestionnaire des aéroports parisiens, lui-même contrôlé à 50,6% par
l'Etat français, consolide dans ses comptes les activités de TAV
Airports, qui exploite 14 aéroports dans sept pays dont en Turquie
(Ankara, Antalya, Izmir...) mais aussi en Tunisie (Monastir et
Enfidha-Hammamet), au Kazakhstan (Almaty) et en Croatie (Zagreb). (AFP,
30 jan 2026)
Le chef de la diplomatie française se rend en Turquie
pour réchauffer les relations
Entre la France et la Turquie, les sujets de discorde sont connus mais
les motifs de rapprochement semblent désormais s'imposer. Le chef de la
diplomatie française s'envole lundi pour Ankara avec l'objectif de
renforcer les liens avec ce pays incontournable sur les crises
brûlantes à commencer par la Syrie.
Le voyage de Jean-Noël Barrot intervient alors que Damas a annoncé
samedi avoir prolongé de 15 jours la trêve avec les forces kurdes.
Ankara soutient l'offensive de Damas dans le nord-est syrien pour en
chasser les combattants kurdes. Paris dit soutenir "résolument" l'unité
de la Syrie et rester "fidèle" aux Kurdes ses "frères d'armes" qui ont
joué un rôle clé auprès des Occidentaux pour combattre le groupe Etat
islamique (EI).
"Depuis quelques mois déjà, la France a compris qu'elle a intérêt à
accompagner la nouvelle Syrie et (le président Ahmad) al-Chareh pour la
reconstruction d'une Syrie unifiée", observe Bayram Balci, ancien
directeur de l'Institut français d'études anatoliennes (IFEA) à
Istanbul.
Après le départ du dictateur Bachar al-Assad renversé en décembre 2024,
la France a été l'un des premiers pays à envoyer une délégation à Damas
et le premier pays européen à recevoir à l'Elysée son successeur, Ahmad
al-Chareh, un ancien jihadiste.
Or "il est évident que la Turquie a la main beaucoup plus que la France
sur ce qui se passe actuellement en Syrie", observe Dorothée Schmid,
responsable du programme Turquie contemporaine et Moyen-Orient de
l'Institut français des relations internationales (Ifri).
La visite de M. Barrot était envisagée depuis longtemps mais la récente
montée des tensions lui confère une résonance particulière.
A Ankara, le ministre français rencontrera mardi son homologue Hakan
Fidan, un proche de la nouvelle direction syrienne.
"La France n'a pas seulement un sujet diplomatique sur la Syrie, elle a
un sujet intérieur: aussi bien sur la question kurde que sur la
question de l'éventuel retour des jihadistes de Daesh", note Dorothée
Schmid, en référence aux Français -- femmes, enfants et combattants de
l'EI -- dans le nord-est syrien.
Dimanche, la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo s'est refusée à
dire si certains d'entre eux avaient pu s'évader alors que les forces
kurdes ont été contraintes de se retirer des prisons où elles gardaient
des jihadistes ainsi que des camps où elles surveillaient leurs
familles.
"Nos services de renseignement surveillent très précisément la
situation et font en sorte que la situation soit sous contrôle",
a-t-elle seulement indiqué.
- "Modification très graduelle" -
La volonté de Paris de réchauffer les relations bilatérales n'est
pas
récente. Elle a démarré lorsque la Russie a envahi l'Ukraine en 2022.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan ayant un canal direct avec les
Russes comme les Ukrainiens, il est un potentiel médiateur.
Selon une source diplomatique turque, le dossier ukrainien figurera au
menu des discussions bilatérales, de même que la Syrie et Gaza.
Avant 2022, "les divergences étaient totales sur tous les dossiers
politiques internationaux" entre Paris et Ankara, souligne Didier
Billion, directeur adjoint de l'Institut des relations internationales
et stratégiques (Iris), rappelant les crispations publiques entre
Emmanuel Macron et son homologue turc. La "modification (des relations)
est très lente, très graduelle", note-t-il.
Un point de crispation majeure reste la question des droits de l'Homme.
Mais "pour l'instant, il y a hélas d'autres priorités malgré la dérive
autoritaire, nationaliste, populiste" et "malgré les violations
massives des droits humains dont ceux de la presse", constate Bayram
Balci, relevant la réaction timorée des Occidentaux lors des
manifestations anti-gouvernementales de mars 2025 qui ont suivi
l'arrestation du maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu.
La relation franco-turque est entrée dans une nouvelle phase en
septembre lorsque la France a reconnu un Etat palestinien, une décision
saluée par la Turquie.
"C'est de la Realpolitik", résume Didier Billion. Et le rapprochement
fait d'autant plus sens à Paris que "les coups de boutoir du président
américain Donald Trump obligent les Européens à se secouer". Or la
Turquie est amenée à jouer "un rôle très important dans cette
hypothétique défense européenne" poussée par Paris, dit-il.
Fin novembre, le gouvernement turc s'est dit prêt à participer aux
"forces de réassurance" qui pourraient être déployées en Ukraine après
un cessez-le-feu. Avec la deuxième armée de l'Otan en nombre d'hommes,
la Turquie joue un rôle clé sur le plan maritime, en particulier dans
la surveillance de la navigation en mer Noire.
Pour autant, les Européens aimeraient que la Turquie, qui continue
d'acheter du pétrole russe, aille plus loin en adoptant des sanctions
contre Moscou, relève Bayram Balci, qui ne voit cependant pas
d'inflexion d'Ankara à ce sujet. (AFP, 26 jan 2026)
Turquie-USA-OTAN
/
Turkey-USA-NATO
Relations
régionales / Regional Relations
Après Ryad, Erdogan scelle de nouveaux accords avec
son ancien rival Sissi
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a rencontré mercredi au Caire
le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, scellant une série de
nouveaux accords de partenariat pour sa quatrième visite officielle en
Egypte.
Les relations entre l'Egypte et la Turquie se sont nettement
réchauffées ces dernières années après quasiment une décennie de
rupture diplomatique, leurs intérêts convergeant désormais sur
plusieurs théâtres régionaux, notamment le Soudan ou la bande de Gaza.
Les deux dirigeants ont "souligné la nécessité de parvenir à une trêve
humanitaire menant à un cessez-le-feu" au Soudan et de "préserver les
institutions de l'Etat", a déclaré M. Sissi lors d'une allocution
conjointe avec son homologue turc.
Dans un discours diffusé à la télévision égyptienne, le chef de l'état
a également souligné "l'importance de préserver l'unité et la
souveraineté de la Somalie et de rejeter toute tentative de la diviser".
Le Caire et Ankara avaient soutenu le gouvernement de Mogadiscio et
condamné la reconnaissance par Israël de la région séparatiste du
Somaliland.
"Les échanges bilatéraux ont atteint près de 9 milliards de dollars,
faisant de l'Egypte le principal partenaire commercial de la Turquie
sur le continent africain", a ajouté M. Sissi après la signature par
des ministres des deux pays de 18 accords couvrant la défense, le
tourisme, la santé et l'agriculture.
Depuis la première rencontre en 2024 des deux dirigeants, plus d'une
dizaine d'accords de coopération avaient été signés.
La Turquie et l'Egypte font partie, avec les Etats-Unis et le Qatar,
des quatre pays qui ont mené des négociations en faveur de la fragile
trêve en cours dans le territoire palestinien de la bande de Gaza, et
se trouvent du même côté dans la guerre au Soudan, affichant des
positions de plus en plus convergentes sur les principaux dossiers
régionaux.
M. Sissi a également déclaré que les deux pays s'étaient accordés sur
la nécessité de mettre en oeuvre toutes les phases de l'accord de trêve
à Gaza négocié par les Etats-Unis, rejetant "toute tentative de
contourner ou d'entraver la mise en oeuvre du plan de paix du président
Donald Trump".
Les convergences entre la Turquie et l'Egypte s'inscrivent, selon des
analystes, dans l'émergence d'un axe régional de sécurité incluant
également l'Arabie saoudite.
Mardi, le président turc s'est d'ailleurs rendu à Ryad, autre ancien
rival régional avec lequel Ankara a normalisé ses relations ces
dernières années.
Cette tournée diplomatique intervient alors que la région est marquée
par de fortes tensions, à l'approche d'éventuelles discussions entre
les Etats-Unis et l'Iran, initialement prévues en Turquie avant que
Téhéran n'en demande leur transfert à Oman.
Les relations entre Ankara et Le Caire s'étaient brutalement rompues en
2013, après la destitution par l'armée égyptienne du premier président
égyptien démocratiquement élu, Mohamed Morsi, allié de la Turquie et
issu des Frères musulmans, un mouvement depuis interdit en Égypte.
À l'époque, M. Erdogan avait affirmé qu'il ne s'adresserait jamais à
l'auteur du coup d'Etat, Abdel Fattah al-Sissi.
En 2024, la Turquie a accepté de fournir à l'Egypte des drones de
combat avancés, avant que les deux pays n'annoncent l'année suivante un
projet de production conjointe de drones.
L'armée soudanaise, soutenue par Le Caire et Ankara dans sa guerre
contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), ont
notamment utilisé des drones Bayraktar de fabrication turque. (AFP, 4
fév 2026)
Les nerfs à vif des Iraniennes de Van
Elle enroule ses mèches autour de ses ongles vernis et enchaîne les
cigarettes face à un thé dans un café de Van, grande ville turque à 100
kilomètres de la frontière iranienne.
Pendant plus de deux semaines, alors qu'internet était largement coupé
en Iran, Mahsa est restée sans nouvelle de ses proches à Téhéran qui
craignent aujourd'hui encore de lui parler.
"Ils vont bien, c'est ce qu'ils m'ont dit. Mais ils ont peur de parler
au téléphone. Ils n'osent même pas sortir dans la rue. Pour éviter tout
problème, on ne parle de rien. Parce qu'aux informations, on prévient:
+Ne parlez pas, sinon il arrivera quelque chose à votre famille+."
"Les émotions à vif", elle se confie à l'AFP dans ce café devenu le
repère des jeunes Iraniens, sous condition d'anonymat.
Mahsa, 30 ans, originaire de Téhéran, est arrivée à Van il y a trois
ans, lasse des menaces, des pressions et des convocations de la police
après le mouvement "Femmes, Vie, Liberté".
La mort de l'étudiante Mahsa Amini, en septembre 2022 à Téhéran, trois
jours après son arrestation pour "port de vêtements inappropriés",
avait soulevé la colère de la jeunesse iranienne, réprimée par des
centaines de morts et des milliers d'arrestations.
Une violence sans comparaison cependant avec celle déployée par la
République islamique début janvier pour mater les manifestations
déclenchées, initialement, par l'effondrement de la monnaie. Et qui ont
été réprimées dans le sang avec des dizaines de milliers d'Iraniens
arrêtés, tués ou blessés.
Près d'un mois plus tard, le sentiment de peur traverse encore la
frontière.
Les frères et soeurs, neveux et nièces de Mahsa - un prénom d'emprunt
choisi en hommage "aux milliers de Mahsa" Amini, précise-t-elle -
vivent à Téhéran et elle tremble de leur nuire en dévoilant son
identité.
"Les gens sont sortis pour protester contre le coût de la vie. Mais
surtout, ils n'en pouvaient plus. On veut la liberté, un bel avenir.
Qu'on cesse de nous opprimer", dit-elle.
- "La taverne, la mosquée: chacun à sa place" -
"Le problème ce n'est pas de circuler avec ou sans voile. La
religion,
c'est personnel. Que chacun vive comme il veut, s'habille comme il
veut", enchaîne-t-elle.
"Pourquoi les gens regrettent-ils l'époque du shah? Parce qu'alors, la
taverne était d'un côté, la mosquée de l'autre. Chacun à sa place.
C'est ce qu'on voudrait retrouver".
En revanche, la possibilité d'une intervention américaine l'inquiète.
"Combien de personnes, d'innocents vont encore mourir? C'est la guerre
des dirigeants, mais c'est le peuple qui meurt".
"Nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons la paix", tranche-t-elle.
Nilufer n'est elle arrivée que l'été dernier et appelle la
confrontation de ses voeux.
A 35 ans, cette ancienne fonctionnaire a laissé son fils de 10 ans à sa
mère, à Tabriz (nord), pour venir travailler en Turquie, munie d'un
visa d'étudiante.
En Iran, "la situation est lamentable, l'économie désastreuse. Tu
reçois ton salaire aujourd'hui et demain tout aura doublé, il ne te
restera rien. Mais comme mon fils est là-bas, j'y retourne tous les
mois malgré la pression", explique-t-elle.
"Dès que je passe la frontière, je dois porter un voile, ils fouillent
mon sac. Il ne faut surtout pas apporter de l'alcool, mais pourquoi le
ferais-je!? (...) Tu dois toujours te comporter prudemment",
témoigne-t-elle. "Je ne dis rien contre l'Etat, je fais attention à ce
que je partage. Mais personne ne veut de ce régime. Il a dégoûté tout
le monde de la religion".
Elle écarte d'un geste les inquiétudes de la Turquie, qui craint un
afflux de réfugiés en cas d'opération militaire: "Les Iraniens ne
quitteront pas leur pays", assure-t-elle.
Nilufer place son espoir en Reza Pahlavi, fils du shah déchu, qui a
appelé depuis les Etats-Unis les Iraniens à descendre dans les rues.
"Il nous a beaucoup soutenus", juge-t-elle.
Désormais, elle n'attend plus qu'une attaque américaine: "Qu'ils
frappent tout de suite. Quoique fasse l'Amérique, elle ne fera jamais
autant de morts que ceux qui ont tiré sur leur propre peuple."
"Ce régime doit partir. Nous appelons à l'aide. Nous n'avons pas
d'autre option". (AFP, 2 fév 2026)
La Turquie offre sa médiation à l'Iran mais est prête à
"renforcer" sa frontière
La Turquie propose de jouer les médiateurs entre Téhéran et Washington
mais se tient prête à "renforcer sa frontière" avec l'Iran en cas
d'attaque américaine contre ce pays, ont déclaré jeudi des responsables
turcs.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, qui affirme que
l'Iran répondra à toute attaque des Etats-Unis, est attendu vendredi en
Turquie, selon une source au ministère turc des Affaires étrangères.
Téhéran a confirmé cette visite officielle dans un message posté sur X
: "La République islamique d'Iran est déterminée à constamment
renforcer ses relations avec ses voisins sur la base d'une politique de
bon voisinage et d'intérêts communs", a écrit le porte-parole du
ministère iranien des Affaires étrangères.
Le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan, qui s'est déjà entretenu
mercredi avec son homologue iranien, "réitérera l'opposition de la
Turquie à toute intervention militaire contre l'Iran, insistant sur les
risques d'une telle initiative pour la région et le monde", a dit la
source turque.
M. Fidan entend répéter que la Turquie, qui a une frontière de plus de
550 km avec l'Iran, "est prête à contribuer au règlement des tensions
actuelles par le dialogue", a poursuivi ce responsable s'exprimant sous
le couvert de l'anonymat.
Selon le quotidien Hurriyet, le président Recep Tayyip Erdogan pousse
de son côté pour l'organisation d'une réunion trilatérale
Etats-Unis/Iran/Turquie.
Un haut responsable turc a par ailleurs confié à l'AFP que son pays se
tenait prêt, en parallèle, à "renforcer la sécurité à sa frontière"
avec l'Iran, sans aller jusqu'à évoquer l'hypothèse d'une zone tampon
avancée par des médias turcs.
La Turquie a déjà érigé un mur long de 380 km à cette frontière "mais
ce n'est pas suffisant", a-t-il estimé sous le couvert de l'anonymat.
Cet ouvrage, qui coupe des régions montagneuses et fortement enneigées
en hiver, a été érigé afin de contenir les passages d'immigrants
illégaux en provenance d'Iran et d'Afghanistan notamment mais aussi les
trafics de stupéfiants.
Surmonté de barbelés et de miradors, ce mur est doublé de tranchées où
l'armée patrouille 24 heures sur 24.
- "Doigt sur la gâchette" -
Aucun afflux notable n'a été constaté à cette frontière au plus
fort
de la vague de contestation qui a secoué l'Iran fin décembre et début
janvier avant d'être réprimée dans le sang.
Mais des frappes américaines pourraient changer la donne à la frontière
turco-iranienne, Ankara s'inquiétant également d'un regain d'activité
de combattants kurdes sur le sol iranien.
"La Turquie se concentre moins sur un règlement complet des différends
entre les Etats-Unis et l'Iran que sur la prévention d'une intervention
militaire (qui) engendrerait une cascade de problèmes sécuritaires à sa
frontière, dont des migrations massives", explique à l'AFP Arif Keskin,
un universitaire iranien, à Ankara.
Dans ce cadre, pense-t-il, les efforts d'apaisement de la Turquie
"rejoignent l'approche des cercles favorables à la négociation en Iran.
Sachant que celui qui bénéficierait le plus d'un éventuel accord est le
régime iranien lui-même".
Pour M. Keskin, si malgré les déclarations de leur président, les
Etats-Unis optent pour la négociation plutôt que l'action militaire,
"cela pourra aussi être perçu comme une victoire significative du
pouvoir iranien sur ses opposants malgré les tueries".
Plus de 6.200 personnes, dont 5.850 manifestants environ, ont été tuées
en Iran, d'après un bilan actualisé de l'ONG Human Rights Activists
News Agency (HRANA), dont le siège est aux Etats-Unis.
Cette organisation, qui dispose d'un vaste réseau de sources en Iran,
enquête sur plus de 17.000 potentielles morts supplémentaires.
Mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangères a assuré
que les
forces iraniennes avaient "le doigt sur la gâchette", prêtes à répondre
à toute attaque américaine, en réponse aux menaces de Donald Trump qui
a dépêché des forces dans le Golfe et affirmé que "le temps est compté"
pour Téhéran.
M. Araghchi a toutefois répété que l'Iran était prêt à un accord
"juste" et "équitable" sur le nucléaire.
Le ministre turc des Affaires étrangères a d'ailleurs "conseillé"
mercredi aux Etats-Unis de discuter avec Téhéran, jugeant qu'attaquer
l'Iran serait une "erreur". (AFP, 29 jan 2026)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Immigration
/ Migration
Une attaque au couteau à une
manifestation kurde fait 6 blessés à Anvers
Six personnes ont été blessées à l'arme blanche jeudi soir près de la
place de l'Opéra à Anvers, alors qu'une manifestation kurde y était
organisée pour dénoncer la situation actuelle au nord de la Syrie. Une
enquête a été ouverte pour "tentative d'assassinat", a indiqué la zone
de police d'Anvers. Les faits ne sont donc pour l'instant pas
officiellement qualifiés d'acte terroriste.
Dans un communiqué publié jeudi soir, le conseil des communautés kurdes
de Belgique, NavBel, dénonce de son côté une attaque "à caractère
terroriste" visant la communauté kurde d'Anvers, menée par des
assaillants "animés de motivations extrémistes et djihadistes".
"La manifestation se déroulait dans le calme et sans incident. De
nombreuses familles, femmes, jeunes et enfants étaient présents. Alors
que le rassemblement se dispersait, les manifestants kurdes ont été
attaqués par un groupe d'hommes", souligne le communiqué. "Ces hommes
s'étaient infiltrés dans la manifestation et ont soudainement sorti des
couteaux, ouvrant le feu sans distinction."
"Il est clair que cette attaque n'est pas un acte isolé de violence
gratuite, mais une attaque ciblée contre une communauté. Il s'agit d'un
acte de terrorisme contre les Kurdes. Nous attendons de la police et de
la justice belges qu'elles le considèrent et le traitent comme tel",
ajoute NavBel.
Une autre manifestation kurde prévue à Anvers vendredi sera annulée
"par respect pour les victimes" et "préserver la sérénité".
A la suite de l'attaque, deux victimes ont été transportées à l'hôpital
dans un état critique. Quatre suspects qui, d'après les premiers
constats, s'étaient infiltrés parmi les manifestants, ont en outre été
interpellés par la police. (RTBF, 23 janvier 2026)
informations du
mois
passé
Informations
of the past month
Toutes les informations depuis 1976
All informations since 1976