Droits
de l'Homme / Human Rights
Où sont
Demirtaş et Kavala ?

Doğan Özgüden,
Artı Gerçek, 26 avril 2026
Souvenirs
d’un demi-siècle d’histoire à l’occasion de la conférence kurde tenue
cette semaine au Parlement européen à Bruxelles.
Bruxelles, capitale de l’Union européenne, a été l’un des centres où le
problème kurde, créé depuis plus d’un siècle par les puissances
impérialistes et les régimes fascistes sous leurs ordres au
Proche-Orient, a été le plus fréquemment débattu au cours des
vingt-cinq dernières années… Récemment, une conférence s’est tenue au
Parlement européen, en présence d’Ilham Ahmed, coprésidente du
département des relations extérieures du Nord et de l’Est de la Syrie,
et de Rohilat Efrin, membre du commandement général des YPJ, qui ont
appelé l’Union européenne à se porter garante.
La question kurde n’est entrée à l’agenda de Bruxelles qu’à la fin des
années 1970 qu’avec l’arrivée des exilés kurdes en Belgique.
Auparavant, dans les premières années de l’émigration, compte tenu de
la facilité avec laquelle les missions diplomatiques turques et les
organisations fascistes pouvaient exercer des pressions sur la
population migrante, il était extrêmement risqué pour les travailleurs
d’origine kurde non seulement de s’organiser et de porter la question à
l’agenda des organisations internationales, mais aussi ne fût-ce que de
se déclarer ouvertement comme Kurdes.
C’est dans ce contexte qu’à la fin des années 1970, la première
organisation kurde vit le jour en Belgique. Tekoşer (Militant en
kurde), fondée sous la direction de Derwish Ferho et de ses amis,
proclama l’existence de la nation kurde et du Kurdistan en Belgique…
Après le coup d’État du 12 septembre 1980, Tekoşer, de concert avec les
autres organisations démocratiques de Turquie et les syndicats belges,
participa activement à la lutte commune contre la junte. Lors de la
manifestation de masse organisée à Bruxelles lors de la soirée du 14
février 1981 organisée par l’Union pour la Démocratie, dont j’étais le
président, contre la junte, Tekoşer, par son message et son équipe
folklorique, fit entendre auprès de l’opinion publique européenne, la
voix du peuple kurde face au fascisme du général Evren.
La première soirée de Newroz à Bruxelles fut organisée par Tekoşer le
11 avril 1981, et l’année suivante, le 27 mars 1982, elle fut couronnée
par la participation du grand poète kurde Cigerxwın.
La répression de la junte d’Evren et le contexte de guerre civile qui
s’ensuivit entraînèrent une forte augmentation des migrations kurdes,
assyriennes et arméniennes au départ de la Turquie vers la Belgique,
comme vers d’autres pays européens. Outre la diaspora arméniennne qui
s’était développée depuis le Génocide de 1915, les diasporas kurde et
assyrienne se formèrent également rapidement en Belgique.
La création du Parlement kurde en exil (SKP) en Belgique, de la chaîne
de télévision kurde Med TV et du Congrès national du Kurdistan (KNK) a
renforcé la dimension internationale de la lutte pour la liberté des
Kurdes.
Après le début de la résistance armée kurde contre la répression
fasciste en Turquie, les missions diplomatiques, les journaux turcs et
les organisations turques commencèrent également à provoquer les
immigrés turcs en Belgique, comme dans les autres pays européens,
contre les organisations kurdes.
Le dernier jour de 1993, alors qu’un groupe kurde parti d’Allemagne
pour une marche de la liberté arriva à Bruxelles, de jeunes Turcs,
constamment endoctrinés, attaquèrent les manifestants pour la liberté,
les locaux kurdes ainsi que les bureaux d’hommes d’affaires kurdes en
faisant le geste du Loup gris et en scandant : « Saint-Josse est un
quartier turc ! », « Les Kurdes n’ont rien à faire ici ! », « À bas le
PKK ! ».
En 1998, alors qu’Abdullah Öcalan, contraint de quitter la Syrie,
séjournait en Italie, les déclarations agressives de responsables turcs
et les reportages provocateurs des journaux et des chaînes de
télévision turcs déclenchèrent une vague continue de manifestations
violentes, non seulement en Turquie, mais aussi dans les métropoles
européennes à forte composante d’émigrés turcs. Dans la nuit du 17
novembre 1998, les bureaux de l’Institut kurde de Bruxelles et de
l’Association culturelle du Kurdistan, membre de la Fédération des
Associations kurdes en Europe, situés dans la commune de Saint-Josse à
Bruxelles, furent incendiés.
Malgré la diffusion sur les télévisions turques des images filmées des
auteurs de l’attaque et de l’incendie de l’Institut kurde de Bruxelles,
brandissant des drapeaux du MHP, retransmis ensuite sur les chaînes de
télévision belges avec nos commentaires, ces derniers ne furent jamais
inquiétés.
Les attaques brutales contre les locaux et commerces kurdes et
arméniens se sont poursuivies sans relâche les années suivantes.
Plus récemment, le 17 novembre 2016, l’Institut kurde de Bruxelles fut
la cible d’une attaque à la bombe incendiaire perpétrée par des
partisans d’Erdoğan arrivés à bord de dizaines de voitures arborant des
drapeaux turcs et scandant des slogans fascistes.
À Bruxelles, marqué par un tel passif, Ilham Ahmed, coprésidente du
département des Relations extérieures du Nord et de l’Est de la Syrie,
et Rohilat Efrin, membre du Commandement des YPJ, sont intervenues lors
d’une conférence organisée le 25 février dernier par la Commission
civique Union européenne - Turquie (EUTCC) et le groupe de l’Alliance
des Socialistes progressistes et des Démocrates au Parlement européen,
en apportant des précisions sur l’évolution préoccupante de la
situation en Syrie et en appelant l’Union européenne à se porter
garante de la protection des droits des Kurdes à l’autonomie.
Depuis 2004, la Commission citoyenne Union européenne – Turquie (EUTCC)
organise des conférences annuelles au Parlement européen à Bruxelles,
réunissant des grandes personnalités de Turquie et de divers autres
pays du monde, afin de contribuer à la résolution de la question kurde.
Des informations détaillées sur ces conférences, auxquelles j’ai
moi-même pu participer et suivre de près depuis de nombreuses années,
sont disponibles dans les archives d’Info-Türk.
En suivant la conférence de cette semaine – à laquelle je n’ai pu
assister physiquement pour raisons de santé – en ligne, mes souvenirs
m’ont ramené à il y a exactement 12 ans, lors de la conférence
organisée par l’EUTCC au Parlement européen les 10-11 décembre 2014.
C’était l’époque où le vent du processus de paix soufflait sur la
Turquie… Parmi les participants à cette conférence figuraient aux côtés
de Salih Müslim, coprésident du PYD pour le Rojava, Nazmi Gür,
vice-président du HDP, et Pervin Buldan, porte-parole du groupe
parlementaire du HDP, pour la Turquie, deux autres personnalités
importantes de Turquie.
Oui, comme on peut le voir sur la photo qui accompagne cet article, il
s’agit de Selahattin Demirtaş, alors coprésident du HDP, et du
défenseur des droits humains Osman Kavala, tous deux détenus depuis des
années dans les prisons de la dictature Tayyip-Devlet.
Je n’aurai qu’une chose à dire : tant que Demirtaş et Kavala, et les
dizaines de milliers de prisonniers et détenus politiques incarcérés
dans les geôles de Turquie, n’auront pas recouvré leur liberté, et tant
qu’ils n’auront pas retrouvé la place qui leur revient dans les
discussions menées en Turquie et au centre de l’Union européenne pour
la résolution de la question kurde, le processus de « Turquie sans
terreur » ne fera qu’apporter de l’eau au moulin des Erdoğan et des
Bahçeli, dont le seul objectif est de placer sous une domination
islamique totale, non seulement le pays mais aussi tout le Moyen-Orient.
Entretien amical avec les lecteurs
d’Artı Gerçek au tournant de mes 90 ans…
Aujourd’hui marque le 90e anniversaire de ma vie mouvementée, dont 74
passées dans les médias de résistance et les luttes socio-politiques…
L’âge avancé d’İnci et du mien, ainsi que nos problèmes de santé
toujours plus lourds, imposent un entretien avec les lecteurs d’Artı
Gerçek qui partage mes opinions chaque semaine depuis neuf ans.
J’ai débuté dans le journalisme dès l’âge de 16 ans, le 9 septembre
1952, comme sténographe au journal Ege Güneşi [Le Soleil de l’Egée] à
Izmir, uniquement pour financer mes études supérieures en ma qualité
d’enfant d’une pauvre famille de cheminot.
Jusqu’en 1962, j’ai travaillé pour les journaux Sabah Postası
[L’Édition du Jour], Milliyet [Nation] et Öncü [Avant-Garde], et à
partir de 1963, j’ai dirigé le journal Gece Postası [L’Édition de la
Nuit]. En parallèle à mon métier de journaliste, j’ai pris part, à
partir de 1953, aux instances dirigeantes du Syndicat des Journalistes
et de l’Association des Journalistes, puis, à compter de 1962, du Parti
ouvrier de Turquie, assumant ainsi des responsabilités dans les luttes
organisées.
İnci aussi, a œuvré à partir de 1962 pour les journaux d’opposition Hür
Vatan ([Patrie libre] et Hareket [Action] et la revue Kim.
Comme deux jeunes journalistes d’opposition, nous nous sommes
rencontrés avec İnci en 1962, et trois ans plus tard, le 30 janvier
1965, avons officiellement unis nos vies à Istanbul. Le 30 janvier a
aussi marqué le début de notre combat commun, d’abord au journal Akşam
[Le Soir], que j’ai transformé comme rédacteur en chef en organe
quotidien du mouvement de gauche, puis à la revue Ant…
En tant que dirigeants d’Ant, nous avons payé le prix de nos écrits et
de nos publications, d’abord sur le banc des accusés du Palais de
Justice à Sultanahmet et du Tribunal du Commandement de la 1ère Armée
sous la menace de peines de prison allant jusqu’à 300 ans, puis après
le coup d’État du 12 mars, en étant contraints à nous exiler car nous
figurions parmi les cibles de la chasse à l’homme déclenchée par les
communiqués de l’état de siège et les affiches placardées, ainsi qu’à
travers les perquisitions de nos maisons et de nos bureaux.
Même en exil, cela ne cessa pas, d’abord à cause des éditions de la
Résistance démocratique, puis en raison des publications d’Info-Türk
que nous réalisons sans discontinuité depuis plus d’un demi-siècle.
Nous avons constamment été pris pour cible par les représentants de
l’État turc au Conseil de l’Europe, les ambassades turques en Belgique,
en Allemagne et en France, ainsi que les organisations et médias sous
leurs ordres.
À la suite du coup d’État du 12 septembre 1980, nous avons été déchus
de la nationalité.
À compter de 1974, nous avons essayé d’apporter notre contribution,
d’une part, avec les bulletins d’information, les brochures et les
livres en différentes langues d’Info-Türk, et d’autre part, à travers
nos écrits dans un grand nombre de journaux, revues et agences de
presse, tant en Turquie qu’à l’étranger.
Outre la production de publications pour diverses associations et
organisations syndicales s’adressant aux émigrés turcs, j’ai exprimé
mes opinions dans les revues Yürüyüş [Marche], Yurt ve Dünya [La Pays
et le Monde] et Yazın [Littérature] et les journaux Özgür Bakış [Regard
libre] et Yeni Gündem [Nouvelle Actualité] publiés en Turquie, ainsi
que dans les journaux Tek Cephe [Front unique], Demokrat Türkiye
[Turquie démocrate], Barış/Aşıti [Paix], Sürgün [Exil], Artı Gerçek
[Réalité en plus] et Avrupa Demokrat [Démocrate européen]
Artı Gerçek est celui qui a duré le plus longtemps… Sa publication a
débuté grâce à l’initiative de notre cher Celal Başlangıç et d’autres
amis journalistes en exil, à une époque où le gouvernement de Tayyip en
Turquie sabotait le processus de paix en lançant une campagne de
répression et de persécution sans précédent pour instaurer une
dictature présidentielle, procédant à des arrestations massives pour
éliminer le HDP, troisième groupe au Parlement, et en démolissant tous
les bastions kurdes…
Neuf années durant, j’ai exprimé mes opinions dans ses pages, sans
interruption, semaine après semaine… Mes articles publiés dans Artı
Gerçek, au nombre de 470, occupent la plus grande place dans les neuf
volumes de mes Écrits d’Exil.
Aujourd’hui, j’ai 90 ans et İnci 86 ans… Les détails de nos vies et de
nos luttes sont relatés dans mes mémoires en deux volumes intitulées
Journaliste « apatride », publiés il y a dix ans, dans les neuf volumes
de mes Écrits d’Exil parus depuis 2019, ainsi que dans le livre Faire
patrie de l’apatridie, paru en 2023, sur le combat multidimensionnel
d’İnci.
Des traductions françaises de ces ouvrages ont également été présentées
à l’opinion publique internationale sous les titres Journaliste
‘Apatride’, Écrits d’Exil et Une rebelle dans l’encre d’exil.
Les versions pdf de tous les livres qu’İnci et moi avons publiés en
Turquie et en exil depuis 61 ans, en ce compris ces ouvrages, sont
accessibles en cliquant sur leurs couvertures sur la page Info-Türk
reprise ci-dessous :
https://www.info-turk.be/documents-pdf.htm
La bibliothèque que nous avions constituée tout en poursuivant notre
lutte en Turquie, ainsi que nos archives photos, conservées dans trois
armoires métalliques au siège d’Ant, furent malheureusement entièrement
pillées après le coup d’État du 12 mars 1971.
C’est pourquoi nous avons fait don d’une partie de notre bibliothèque
constituée en exil, comprenant environ trois mille ouvrages en turc, en
anglais et en français, inventoriés et classés, à la Bibliothèque
Royale à Bruxelles…
À ce jour, nous avons inventorié la majeure partie de la documentation
écrite, visuelle et audio relative à nos activités politiques, sociales
et culturelles en exil et l’avons confiée à l’Institut International
d’Histoire Sociale à Amsterdam depuis 2013.
Une part importante des documents archivés, tels que les livres, revues
et bulletins d’information que nous avons publiés en Turquie et en
exil, sont disponibles en version digitale sur le site d’Info-Türk dont
le lien figure ci-dessus.
Quant à le mise en valeur de nos archives de coupures de presse d’un
demi-siècle, commencées en 1971 au premier jour de notre exil, dès que
nous avons mis le pied à la gare du Munich, en achetant les éditions
européennes des journaux turcs, et que nous avons par la suite
enrichies avec les collections de journaux et revues d’opposition parus
en Turquie que nous avons importées, il a été pris en charge – qu’ils
en soient remerciés – par nos amis de l’Association des Arméniens
démocrates de Belgique, avec lesquels nous luttons ensemble à Bruxelles
depuis des décennies.
L’un des moments les plus heureux de notre exil, qui ne fut pas sans
difficultés et obstacles, a sans aucun doute été la célébration, il y a
deux ans, du 50e anniversaire d’Info-Türk et des Ateliers du Soleil,
que nous avons fondés, en présence de nos camarades de lutte et de nos
amis.
L’histoire des Ateliers du Soleil, qui propose des services éducatifs,
culturels et sociaux aux migrants et exilés des quatre coins du monde
arrivés dans la capitale de l’Europe, et contribue à la réussite
scolaire de leurs enfants, est également présentée sur cette page
internet :
https://www.ateliersdusoleil.be/brochure50ans.pdf
L’année 2026, celle de mes 90 ans et des 86 ans d’İnci, a commencé pour
nous deux avec de sérieux problèmes de santé.
Nous sommes tous deux conscients qu’à nos âges avancés, les feuilles du
calendrier défilent à un rythme accéléré. Le nombre de nos proches,
amis et camarades de lutte encore en vie diminue rapidement.
Depuis le début de la publication d’Artı Gerçek, nous avons perdu Refik
Erduran et Barbro Karabuda en 2017, Mahmut Makal, Güneş Karabuda, Nebil
Varuy, Ülkü Tamer et Tektaş Ağaoğlu en 2018, Teslim Töre, Müşür Kaya
Canpolat, Ataman Aksöyek, Garbis Altınoğlu et Şeref Bakşık en 2019,
Muzaffer Erdost en 2020, Erol Toy, Demir Özlü, Ali Ertem, Doğan Akhanlı
et Yücel Sayman en 2021, Ahmet Tulgar et Yalkın Özerden en 2022, Osman
Saffet Arolat, Orhan Erinç et Rana Cabbar en 2023, Yalçın Cerit, Celal
Başlangıç, Genco Erkal, Tarık Ziya Ekinci, Babür Kuzucuoğlu en 2024,
Altan Öymen, Ergün Sönmez et Mugaffer Erdoğan en 2025, Hüseyin Aykol en
2026.
L’indéniable réalité de la vie… Nous sommes conscients qu’il ne nous
est plus possible de poursuivre, au même rythme et avec la même
intensité, le travail aux multiples facettes que nous menons en exil
depuis 55 ans, malgré toutes les difficultés et tous les obstacles.
Dans la dernière partie de notre vie, nous devons consacrer nos
activités, dans la mesure où notre santé le permet, au développement de
nos archives.
Pour ces raisons, je continuerai dorénavant à écrire pour Artı Gerçek,
non une fois par semaine comme jusqu’à présent, mais à intervalle plus
irrégulier. Bien entendu, j’écrirai immédiatement dès que l’actualité
l’exigera…
En ce tournant de notre vie commune, je tiens à remercier Artı Gerçek,
Avrupa Demokrat et toutes les publications qui relaient nos opinions ;
toute l’équipe des Ateliers du Soleil, et plus particulièrement Iuccia
Saponara et Elise Thiry, qui ont pris la relève d’İnci à sa direction,
ainsi que tous nos amis d’Asie, d’Afrique et d’Amérique qui apportent
la richesse et la créativité de leurs cultures au cœur de l’Europe.
Je souhaite également adresser des remerciements particuliers à
l’Institut kurde de Bruxelles, à l’Institut assyrien de Belgique, à
l’Association des Arméniens démocrates de Belgique, à la Maison du
Peuple de Bruxelles, à la Fédération arménienne pour la Justice et la
Démocratie en Europe et au Comité des Arméniens de Belgique.
Ensemble avec eux, nous sommes fiers d’avoir mené, des décennies
durant, tant dans notre pays qu’au sein de la diaspora, une lutte
commune contre l’oppression du régime d’Ankara, et nous continuerons à
avancer ensemble.
Demirtaş ve Kavala
nerede?
Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 26 Şubat 2026
Brüksel'deki
Avrupa Parlamentosu'nda bu hafta yapılan Kürt konferansı vesilesiyle
yarım yüzyıllık geçmişten anımsatmalar
Avrupa Birliği'nin başkenti Brüksel, yüzyılı aşkın bir süredir
emperyalist güçlerin ve Yakın Doğu'da onların emrindeki faşizan ülke
yönetimlerinin yarattığı Kürt sorununun son çeyrek yüzyıldır en sık
gündeme geldiği merkezlerden biri... En son, Avrupa
Parlamentosu'nda
Kuzey ve Doğu Suriye Dış İlişkiler Dairesi Eşbaşkan Ilham Ehmed ile YPJ
Genel Komutanlık Üyesi Rohilat Efrin'in katıldığı ve Avrupa Birliği'ni
garantör olmaya çağırdığı bir konferans yapıldı.
Kürt sorununun Brüksel'in gündemine girmesi ancak 70'li yılların
sonlarında Kürt sürgünlerimizin Belçika'ya gelmesiyle mümkün olmuştu.
Daha önceleri, göçün ilk yıllarında, Türk diplomatik misyonlarının ve
faşizan örgütlerin göçmen kitlesi üzerinde kolaylıkla baskı
uygulayabildiği Belçika’da Kürt kökenli işçiler için bırakın örgütlenip
sorunu uluslararası kurumların gündemine taşımayı, Kürt olduğunu açıkça
söylemek dahi gerçekten son derece riskliydi.
İşte bu ortamdadır ki, 70'li yılların sonunda, Belçika’da ilk kez bir
Kürt örgütü doğmuş, Derwich Ferho ve arkadaşlarının önderliğinde
kurulan Tekoşer (Kürtçesi: Militan) Belçika'ya Kürt ulusunun ve
Kürdistan'ın varlığını duyurmuştu…
12 Eylül 1980 darbesinden sonra Tekoşer diğer demokratik Türkiyeli
örgütler ve Belçika sendikalarıyla birlikte cuntaya karşı ortak
mücadelede aktif olarak yer almıştı. Başkanı bulunduğum Demokrasi İçin
Birlik örgütünün Brüksel’de cuntaya karşı örgütlediği kitlesel 14 Şubat
1981 gecesinde de Tekoşer mesajıyla ve folklor ekibiyle Kürt halkının
Evren faşizmine karşı tavrını Avrupa kamuoyuna duyurmuştu.
Brüksel’de ilk Newroz gecesini 11 Nisan 1981’de Tekoşer
düzenlemiş,
ertesi yıl 27 Mart 1982’de düzenlediği Newroz gecesi büyük Kürt ozanı
Cigerxwın’ın da katılımıyla taçlanmıştı.
Evren Cuntası’nın baskıları ve onu izleyen iç savaş ortamı Türkiye’den
diğer Avrupa ülkelerine olduğu gibi Belçika’ya da Kürt, Asuri ve Ermeni
göçünün yoğunlaşmasına neden oldu. 1915 Soykırımı’ndan beri büyüyen
Ermeni diyasporasına ek olarak Belçika’da hızla Kürt ve Asuri
diyasporaları da oluştu.
Belçika'da Sürgünde Kürt Parlamentosu (SKP)’nin, Kürt televizyonu Med
TV’nin ve Kürdistan Ulusal Kongresi (KNK)’nin kurulması Kürt özgürlük
mücadelesinin uluslararası boyutunu daha da güçlendirdi.
Türkiye'de faşist baskılara karşı Kürt silahlı direnişinin
başlamasından sonra Türk diplomatik misyonları, Türk gazeteleri, Türk
örgütleri tüm Avrupa ülkelerinde olduğu gibi Belçika'da da Türk
göçmenleri Kürt örgütlerine karşı kışkırtmaya başladı.
1993’ün son günü Almanya’dan özgürlük yürüyüşüne çıkan bir Kürt grubu
Brüksel’e vardığında, sürekli beyni yıkanan Türk gençleri Bozkurt
işareti yaparak ve “Saint-Josse Türk mahallesidir!”, “Burada Kürtlere
yer yok!”, “Kahrolsun PKK!” diyerek özgürlük yürüyüşçülerine, Kürt
lokallerine ve Kürt işadamlarının bürolarına saldırdılar.
1998'de Suriye'yi terk etmeye mecbur edilen Abdullah Öcalan’ın
İtalya’da konakladığı günlerde Türk yöneticilerinin saldırgan
demeçleri, Türk gazetelerinin ve televizyonlarının kışkırtıcı yayınları
yüzünden sadece Türkiye’de değil, Türk göçmenlerinin yoğun bulunduğu
Avrupa metropollerinde de vahşi gösterilerin ardı arkası kesilmiyordu.
17 Kasım 1998 gecesi Avrupa’nın başkenti Brüksel’in Saint-Josse
mahallesindeki Brüksel Kürt Enstitüsü ve Avrupa Kürt Dernekleri
Federasyonu üyesi Kürdistan Kültür Derneği lokalleri ateşe verildi.
Ellerinde MHP bayraklarıyla Brüksel Kürt Enstitüsü'ne saldırıp ateşe
verenlerin Türk televizyonlarında yayınlanmış görüntülerini Belçika
televizyonlarında yorumlayarak yansıttığımız halde saldırganlardan
hiçbir zaman hesap sorulmadı.
Kürt ve Ermeni lokallerine ve işyerlerine vahşi saldırıların daha
sonraki yıllarda da ardı arkası kesilmedi.
En son Brüksel Kürt Enstitüsü 17 Kasım 2016’da da Türk bayraklarıyla
donatılmış onlarca arabayla faşist sloganlar atarak gelen Erdoğan
taraftarlarının yangın bombalı saldırısına uğradı.
Böylesine bir geçmişi olan Brüksel'de Avrupa Birliği Türkiye Yurttaş
Komisyonu (EUTCC) ile Avrupa Parlamentosu İlerici Sosyalist ve
Demokratlar İttifakı Grubu tarafından 25 Şubat'ta organize edilen bir
konferansta Kuzey ve Doğu Suriye Dış İlişkiler Dairesi Eşbaşkan Ilham
Ehmed ile YPJ Genel Komutanlık Üyesi Rohilat Efrin, Suriye'de'deki
kaygı getirici gelişmeler üzerine açıklamalarda bulunduktan sonra
Avrupa Birliği'ni Kürtlerin özerklik haklarının korunması için garantör
olmaya çağırdılar.
Avrupa Birliği Türkiye Yurttaş Komisyonu (EUTCC) 2004'ten beri
Brüksel'deki Avrupa Parlamentosu'nda her yıl Kürt sorununun çözümüne
katkıda bulunmak üzere Türkiye'den ve dünyanın çeşitli ülkelerinden
önemli şahsiyetlerin katıldığı konferanslar düzenler. Benim de yıllarca
katılarak yakından izlediğim bu konferanslar üzerine ayrıntılı bilgiler
İnfo-Türk'ün arşivinde yer alıyor.
Sağlık nedenleriyle katılamadığım bu haftaki konferansı çevrimiçi
medyadan izlerken belleğim beni tam 12 yıl öncesine, 10-11 Aralık 2014
tarihlerinde EUTCC 'un yine Avrupa Parlamentosu'nda organize etmiş
olduğu konferansa götürdü.
Türkiye'de barış süreci rüzgarlarının estiği günlerdi... Rojava'dan PYD
eşbaşkanı Salih Müslim, Türkiye'den HDP başkan yardımcısı Nazmi Gür ve
HDP Meclis Grubu sözcüsü Pervin Buldan'ın yanı sıra Türkiye'den iki
önemli şahsiyet de konferansın katılımcılarıydı.
Evet, bu yazının görselindeki fotoğrafta görüldüğü gibi, ikisi de
Tayyip-Devlet diktasının zindanlarında yıllardır çile çekmekte olan o
zamanki HDP eşbaşkanı Selahattin Demirtaş ve insan hakları savunucusu
Osman Kavala...
Diyeceğim odur ki, Türkiye'nin zindanlarındaki onbinlerce siyasal
mahkum ve tutuklu ile birlikte Demirtaş ve Kavala da özgürlüklerine
kavuşturulmadıkça, Kürt sorununun çözümü için Türkiye'deki ve Avrupa
Birliği merkezindeki görüşmelerde hak ettikleri yeri yeniden almadıkça,
"Terörsüz Türkiye" süreci sadece ülkeyi değil, Orta Doğu'yu tamamen
islamcı tahakküm altına sokmaktan başka amacı olmayan Erdoğan'ların ve
Bahçeli'lerin değirmenine su taşımaktan öte gitmeyecektir.
90 yılı devirirken Artı Gerçek
okurlarıyla dostça bir söyleşi...
Bugün 74 yılı direniş medyasında ve sosyo-politik mücadelelerde geçen
fırtınalı yaşamımın 90 yılını tamamlıyorum... İnci'nin de, benim de
ilerleyen yaşımız ve giderek daha yoğunlaşan sağlık sorunlarımız, son
dokuz yılda hiç ara vermeksizin her hafta görüşlerime yer veren Artı
Gerçek okurlarıyla bir söyleşiyi zorunlu kılıyor.
Gazeteciliğe, yoksul bir demiryolcu ailesinin çocuğu olarak sırf yüksek
öğrenim giderlerimi karşılayabilmek için, daha 16 yaşındayken, 9 Eylül
1952'de İzmir'de Ege Güneşi gazetesinde stenograf olarak başlamıştım.
1962'ye kadar Sabah Postası, Milliyet ve Öncü gazetelerinde çalışmış,
1963'den itibaren İstanbul'da Gece Postası gazetesinin yöneticiliğini
yapmıştım. Gazetecilik çalışmasının yanı sıra 1953'den itibaren
Gazeteciler Sendikası ve Gazeteciler Cemiyeti'nin, 1962'den itibaren de
Türkiye İşçi Partisi'nin yönetimlerinde yer alarak örgütlü
mücadelelerde de sorumluluk üstlenmiştim.
İnci de, 1962'den itibaren muhalif Hür Vatan ve Hareket gazeteleriyle
Kim dergisinde çalışmıştı.
İki genç muhalif gazeteci olarak İnci'yle 1962'de İzmir'de tanışmış, üç
yıl sonra da, 30 Ocak 1965'te İstanbul'da resmen yaşamlarımızı
birleştirmiştik. 30 Ocak, aynı zamanda, genel yayın yönetmeni olarak
sol hareketin günlük sesine dönüştürdüğüm Akşam gazetesinde, ardından
Ant Dergisi'nde birlikte mücadelemizin de başlangıç tarihiydi...
Ant'ın yöneticileri olarak yazdıklarımızın ve yayınladıklarımızın
bedelini önce Sultanahmet'teki Adliye Sarayı'nın ve 1. Ordu Komutanlığı
mahkemelerinin sanık sandalyelerinde 300 yıla varan hapis cezası
tehdidi altında, 12 Mart darbesinden sonra da sıkıyönetim bildirileri
ve duvar afişleriyle, evler ve bürolar basılarak başlatılan insan
avının hedefleri arasında yer aldığımız için sürgüne çıkmak zorunda
kalarak ödedik.
Sürgünde de bitmedi, önce Demokratik Direniş örgütünün yayınlarından,
ardından yarım yüzyılı aşkın süredir aralıksız gerçekleştirdiğimiz
İnfo-Türk yayınlarından dolayı Türk Devleti'nin Avrupa Konseyi'ndeki
temsilcileri, Belçika, Almanya ve Fransa'daki Türk büyükelçilikleri,
onların emrindeki kurumlar ve medya tarafından sürekli hedef
gösterildik.
12 Eylül 1980 darbesinin ardından vatandaşlıktan atıldık.
1974'den itibaren bir yandan İnfo-Türk'ün çeşitli dillerdeki haber
bültenleri, broşür ve kitaplarıyla, öte yandan gerek Türkiye'de,
gerekse yurt dışında çok sayıda gazete, dergi veya ajansa yazılarımla
katkıda bulunmaya çalıştık.
Türkiyeli göçmenlere hitap eden çeşitli dernek ve sendika yayınlarının
gerçekleştirilmesinin yanısıra, Türkiye'de yayınlanan Yürüyüş, Yurt ve
Dünya, Yazın dergileriyle Özgür Bakış ve Yeni Gündem gazetelerinde,
yurt dışında yayınlanan Tek Cephe, Demokrat Türkiye, Barış/Aşıti,
Sürgün, Artı Gerçek ve Avrupa Demokrat gazetelerinde görüşlerimi dile
getirdim.
Artı Gerçek en uzun süreli olanı... Türkiye’de Tayyip iktidarının barış
sürecini sabote ederek başkanlık diktası kurmak üzere misli görülmemiş
bir baskı ve zulüm kampanyası başlattığı, Meclis’in 3. grubunu
oluşturan HDP’yi yok etmek üzere kitlesel tutuklamalara gittiği, Kürt
yerleşimlerinde taş üstüne taş bırakmadığı dönemde sevgili Celal
Başlangıç ve sürgündeki diğer gazeteci dostlarımızın girişimiyle yayına
başlamıştı...
Dokuz yıl boyunca hiçbir hafta aksatmadan görüşlerimi onun sayfalarında
dile getirdim... Artı Gerçek'te sonuncusuyla toplamı 470'i bulan
yazılarım dokuz ciltlik Sürgün Yazıları'nda en büyük yeri tutuyor.
Bugün itibariyle ben 90 yaşındayım, İnci de 86... Yaşadıklarımızın ve
mücadelelerimizin ayrıntıları, on yıl önce yayınlanmış bulunan
"Vatansız" Gazeteci adlı 2 ciltlik anılarımda, 2019'dan beri yayınlanan
Sürgün Yazıları adlı kitaplarımın 9 cildinde ve İnci'nin çok boyutlu
kavgası üzerine 2023'te yayınlanan Vatansızlığı Vatan Eylemek adlı
kitabımda yer alıyor.
Bu kitapların Fransızca çevirileri de Journaliste "Apatride", Ecrits
d'Exil ve Une rebelle dans l'encre d'exil adı altında uluslararası
kamuoyuna sunuldu.
Bu kitaplar da dahil, İnci'nin ve benim 1965 yılından beri 61 yıldır
Türkiye'de ve sürgünde yayınlanmış olduğumuz tüm kitapların pdf'lerine
Info-Türk'ün alttaki çevrimiçi sayfasında kapaklarını tıklayarak
erişmek mümkündür:
https://www.info-turk.be/documents-pdf.htm
Mücadelemizi Türkiye'de sürdürürken oluşturduğumuz kitaplığımızda
bulunan eserler, Ant'ın yönetim yerindeki üç çelik dolap içinde
koruduğumuz fotoğraf arşivimiz ne yazık ki 12 Mart 1971 darbesinin
ardından hiç izi kalmayacak şekilde talan edilmişti.
O nedenle sürgünde oluşturduğumuz kitaplığımızın Türkçe, İngilizce ve
Fransızca dillerindeki yaklaşık üç bin eserden oluşan bir bölümünü,
kodlamalarını yaptırarak Brüksel'deki Kraliyet Kütüphanesi'ne
bağışladık..
Bugüne kadar, sürgündeki siyasal, sosyal ve kültürel çalışmalarımızın
yazılı, görsel ve sesli belgelerinin büyük bölümünü de tasnif ederek
2013 yılından itibaren Amsterdam'daki Uluslararası Sosyal Tarih
Enstitüsü'ne emanet etmiş bulunuyoruz.
Arşivlenen belgelerin önemli bir bölümü, tıpkı Türkiye'de ve sürgünde
yayınladığımız kitap, dergi ve haber bütenleri gibi, İnfo-Türk'ün
yukarıda link'ini verdiğim çevrimiçi sayfasında dijital erişime açılmış
bulunuyor.
Sürgünümüzün 1971'deki ilk gününde Münih Garı'na ayak basar basmaz
Türkiye gazetelerinin Avrupa baskılarını satın alarak başlattığımız,
daha sonraki yıllarda Türkiye'de yayınlanan muhalif gazete ve dergileri
de getirterek oluşturduğumuz yarım yüzyıllık kupür arşivimizin
değerlendirmesini ise, sağ olsunlar, Brüksel'de on yıllardır birlikte
mücadele verdiğimiz Belçika Demokrat Ermeniler Derneği'ndeki
dostlarımız üstlendiler.
Güçlükler ve engellemelerle dolu sürgün yaşamımızın en mutlu anlarından
biri hiç kuşkusuz kurucusu olduğumuz İnfo-Türk'ün ve Güneş
Atölyeleri'nin iki yıl önceki 50. yıldönümünü mücadele arkadaşlarımız
ve dostlarımızla birlikte kutlayışımız oldu.
Dünyanın dört bir yanından Avrupa'nın başkentine gelmiş göçmenlere ve
sürgünlere eğitsel, kültürel ve sosyal alanlarda hizmet veren,
çocuklarının okul yaşamında başarılı olmasına katkıda bulunan Güneş
Atölyeleri'nin öyküsü de şu çevrimiçi sayfada yer alıyor:
https://www.ateliersdusoleil.be/brochure50ans.pdf
Benim 90, İnci'nin 86 yaşına eriştiği 2026 yılı ikimiz için de ciddi
sağlık sorunlarıyla başladı.
İkimiz de ileri yaşlarımızda artık takvim yapraklarının birbiri ardına
giderek daha hızla düştüğünün bilincindeyiz. Hayatta kalan
yakınlarımızın, dostlarımızın, mücadele arkadaşlarımızın sayısı hızla
azalıyor.
Artı Gerçek'in yayına başlayışından bu yana Refik Erduran ve Barbro
Karabuda'yı 2017'de, Mahmut Makal, Güneş Karabuda, Nebil Varuy, Ülkü
Tamer ve Tektaş Ağaoğlu'nu 2018'de, Teslim Töre, Müşür Kaya Canpolat,
Ataman Aksöyek, Garbis Altınoğlu ve Şeref Bakşık'ı 2019'da, Muzaffer
Erdost'u 2020'de, Erol Toy, Demir Özlü, Ali Ertem, Doğan Akhanlı ve
Yücel Sayman'ı 2021'de, Ahmet Tulgar ve Yalkın Özerden'i 2022'de, Osman
Saffet Arolat, Orhan Erinç ve Rana Cabbar 'ı 2023'de, Yalçın Cerit,
Celal Başlangıç, Genco Erkal, Tarık Ziya Ekinci, Babür Kuzucuoğlu'nu
2024'te, Altan Öymen, Ergün Sönmez ve Mugaffer Erdoğan'ı 2025'de,
Hüseyin Aykol'u 2026'da kaybettik.
Yaşamın karşı konulamaz gerçekliği... Sürgünde tam 55 yıldır tüm
güçlüklere ve engellemelere rağmen yürüttüğümüz çok boyutlu çalışmayı
aynı ritm ve yoğunlukta sürdürmemizin mümkün olmadığının bilincindeyiz.
Ömrümüzün son bölümünde çalışmalarımızı, sağlık durumumuz elverdiğince,
arşivimizi geliştirmeye hasretmek zorundayız.
Bu nedenlerledir ki, Artı Gerçek'e yazılarımı bundan böyle, şimdiye
kadar olduğu gibi haftalık değil, daha aralıklı olarak sürdürmeye devam
edeceğim. Bittabi aktüalite gerektirdiğinde hemen yazmak kaydıyla...
Ortak yaşamımızın bu dönüm noktasında Artı Gerçek'e, Avrupa Demokrat'a
ve görüşlerimizi yansıtan tüm yayınlara; İnci'den sonra yönetim
sorumluluğunu üstlenmiş bulunan Iuccia Saponara ve Elise Thiry başta
olmak üzere Güneş Atölyeleri ekibinin tümüne, Asya, Afrika ve Latin
Amerika'dan gelerek Avrupa'nın kalbinde kültürlerinin zenginliğini ve
yaratıcılığını yaşatan tüm dostlarımıza teşekkür ediyorum.
Ayrıca Brüksel Kürt Enstitüsü, Belçika Asuri Enstitüsü, Belçika
Demokratik Ermeniler Derneği, Brüksel Halk Evi, Avrupa'da Adalet ve
Demokrasi için Ermeni Federasyonu ve Belçika Ermeniler Komitesi'ne de
özel olarak teşekkür etmek istiyorum.
Onlarla birlikte, hem ülkemizde hem de diasporada, Ankara rejiminin
baskısına karşı on yıllardır ortak bir mücadele yürütüyor olmaktan
gurur duyuyoruz ve birlikte ilerlemeye devam edeceğiz.
Arrestation de six militants européens venus
enquêter sur les conditions de détention
Six militants européens, qui affirment être venus enquêter en Turquie
sur les conditions de détention des prisonniers politiques, ont été
arrêtés à Istanbul, a annoncé vendredi à l'AFP leur avocat, confirmant
des informations de leur collectif.
Ils ont été interpellés jeudi après une rencontre avec le Bureau des
droits du peuple, un cabinet d'avocats, a indiqué Me Naim Eminoglu,
président de la section d'Istanbul de l'Association des juristes
progressistes (CHD), qui assure leur défense.
Les autorités turques reprochent au Bureau des droits du peuple d'être
en lien avec le DHKP/C (Parti front révolutionnaire de libération du
peuple), considéré comme terroriste par Ankara.
"La délégation internationale d'avocats, journalistes et militants des
droits humains était arrivée le 18 février (mercredi) en Turquie",
selon M. Eminoglu.
Les six militants sont originaires d'Italie, France, Espagne, Belgique
et Russie, a précisé la CHD.
Selon le défenseur, la police les a immédiatement prévenus qu'ils
"étaient arrêtés pour être expulsés" et leurs passeports ont été
confisqués.
"Ils ont été transférés à la Direction des migrations. Aucune rencontre
avec leurs avocats n'a été autorisée. La CHD a appris qu'ils sont
maintenant emmenés à l'aéroport d'Istanbul pour être expulsés", a
rapporté M. Eminoglu.
Selon le Bureau du droit des peuples, "ces militants sont venus en
Turquie dans le cadre d'une mission d'observation pour enquêter sur le
système carcéral dit +en puits+ et les conditions de détention à
l'isolement" de certains prisonniers politiques, ce qu'a confirmé à
l'AFP une source française membre de leur collectif.
Raphaël Kempf et Romain Ruiz, avocats français d'un des militants
arrêtés, Jean-Pascal Graziani, ont appelé vendredi dans un communiqué
les autorités consulaires françaises "à déployer immédiatement
l'ensemble des mesures de protection prévues par le droit
international" pour "s'assurer des conditions de détention" de leur
client.
Ces conseils exhortent les autorités consulaires françaises à "garantir
son accès effectif à une défense", "veiller au respect de ses droits
fondamentaux" et "obtenir des clarifications rapides sur les fondements
juridiques de son arrestation".
"Documenter les conditions de détention relève d'un travail de
vigilance démocratique partout dans le monde, nous restons mobilisés
pour obtenir la libération de ceux qui luttent pour le réaliser et
appelons l'opinion publique à se mobiliser contre les méthodes
d'Ankara", concluent Mes Kempf et Ruiz.
La Turquie est accusée de placer certains détenus dans des prisons
dites "en puits", avec des cellules privées de lumière du jour, une
pratique dénoncée par les organisations de défense des droits humains
qui pointent ses effets sur la santé mentale et physique de ces
prisonniers.
Le parti espagnol "PCPE comunista", dont est membre une de personnes
interpellées, a dénoncé dans un message sur X ces établissements dans
lesquels "les détenus sont totalement privés de lumière du soleil et
d'interactions sociales et sont soumis à un isolement sévère". (AFP, 20
fév 2026)
Children detained over Rojava protests subjected
to strip searches, complaint reveals
At least 37 children were detained in Turkey’s southeastern province of
Şırnak between Jan 8 and 27 during police operations targeting protests
against the Syrian interim government’s military offensive on
Kurdish-led regions in the country's north and east.
The protests were met with home raids, leading to the arrest of dozens
of minors aged 15 to 17. Twelve of them were later sent to the Hatay
Juvenile and Youth Closed Prison, located about 700 kilometers away
from their hometown.
Newroz Uysal Aslan, a Şırnak MP from the pro-Kurdish Peoples’ Equality
and Democracy (DEM) Party, filed an official complaint with the
parliament’s Human Rights Investigation Commission, calling for an
on-site investigation into allegations of torture and mistreatment at
the Hatay juvenile facility.
Forced signatures and degrading treatment
According to the petition, some children reported being subjected to
physical violence during their arrest. Several also claimed they were
forced to sign documents under the supervision of plainclothes officers
without knowing their contents. The children’s testimonies commonly
cited torture, threats, humiliation and intimidation while in custody.
The transfer process also raised concerns. Statements included claims
of being confined for extended periods in poorly ventilated vehicles,
being denied food, transported while handcuffed, and exposed to
cigarette smoke inside the vehicles.
Some of the children said they were transferred to prisons hundreds of
kilometers away from their families without consent. The petition noted
that such practices negatively impacted family ties and disrupted the
children’s education.
Strip searches and haircuts
The application also included reports that some children were subjected
to strip searches upon entry to the prison, had their hair forcibly
cut, and were physically assaulted. One child recalled that during
strip searches, prison staff mocked others who were forced to
repeatedly sit and stand naked.
Basic needs were reportedly unmet. Some children said they did not
receive clothes or personal items sent by their families. One child had
been wearing the same clothes since arrival.
Regarding daily life inside the prison, the complaint cited
overcrowding, with some children forced to sleep in common areas.
Ventilation was said to be inadequate, and broken washing machines
meant clothes had to be washed by hand. Children reportedly had access
to sports activities only twice a week and lacked regular educational
or social programs.
Concerns were also raised about the lack of proper psychological
support. According to the testimonies, children had only one brief
session with the prison psychologist, during which they were asked
whether they had tattoos and were subjected to rapid-fire questioning,
rather than meaningful support.
‘Allegations must be independently investigated’
In the concluding section of the complaint, Aslan emphasized that
multiple children had independently described similar experiences,
suggesting that the alleged violations may be systematic.
She argued that the testimonies should be evaluated in light of the
Turkish Constitution, the Child Protection Law, the Criminal Procedure
Code, and international conventions to which Turkey is a party.
“The prohibition of torture and ill-treatment is absolute,” the
petition read, underscoring the state’s legal obligation to conduct an
independent and impartial investigation into the claims.
Aslan called on the parliamentary commission to investigate the arrest,
transfer, and detention processes in full detail, conduct an on-site
inspection, and initiate both administrative and legal action against
those found responsible. (BIA, 19 Feb 2026)
Erdogan nomme le procureur général d'Istanbul ministre de la
Justice
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a nommé le procureur général
d'Istanbul Akin Gurlek au poste de ministre de la Justice, a annoncé
mercredi matin le Journal officiel.
Les raisons de ce remaniement n'étaient pas connues dans l'immédiat.
Le Journal officiel a précisé que le procureur et le ministre sortant,
Yilmaz Tunc, avaient tous deux présenté leur démission.
Dans le même temps, a-t-il ajouté, le portefeuille de l'Intérieur,
jusqu'alors détenu par Ali Yerlikaya, sera confié à Mustafa Ciftci, le
gouverneur de la province d'Erzurum, dans l'est de la Turquie.
En tant que procureur général d'Istanbul, Akin Gurlek avait émis un
mandat d'arrêt contre le puissant maire de la plus grande ville de
Turquie, Ekrem Imamoglu, en mars 2025.
Cette mesure, largement perçue comme ayant eu un mobile politique,
avait déclenché les plus importantes manifestations de rue qu'ait
connues ce pays en plus de dix ans.
L'arrestation de M. Imamoglu était intervenue quelques jours seulement
avant sa désignation pour être le candidat du principal parti
d'opposition, le CHP, à l'élection présidentielle de 2028. Il est en
effet considéré comme le seul homme politique capable de battre M.
Erdogan dans les urnes.
Ancien vice-ministre de la Justice, Akin Gurlek a été accusé par
l'opposition de s'en prendre aux rivaux du chef de l'Etat turc.
Depuis sa nomination au poste de procureur général d'Istanbul en
octobre 2024, plus de 15 maires membres du CHP ont été arrêtés, la
plupart pour des accusations de corruption qu'ils rejettent.
Il a également ordonné l'ouverture d'enquêtes contre des centaines de
membres du CHP.
Ekrem Imamoglu, 54 ans, est actuellement confronté à de nombreuses
poursuites judiciaires, notamment pour avoir mis en doute l'intégrité
de M. Gurlek.
Une enquête vise aussi le dirigeant du CHP Ozgur Ozel, pour des
allégations de menaces à l'encontre de M. Gurlek. (AFP, 13 fév 2026)
Deux Turcs arrêtés pour espionnage au profit d'Israël
Deux ressortissants turcs ont été arrêtés à Istanbul, soupçonnés
d'espionner pour le compte des services de renseignement israéliens
depuis plus d'une décennie, ont rapporté vendredi les médias d'État.
Selon l'agence de presse Anadolu et la chaîne de télévision TRT, un
homme d'affaires turc et un complice turc d'origine palestinienne
étaient chargés par le Mossad, le service de renseignement extérieur
israélien, de recueillir des informations sur des Palestiniens hostiles
à Israël.
Les deux hommes, actuellement en garde à vue, sont notamment soupçonnés
d'avoir approché un cadre du mouvement islamiste palestinien Hamas en
Tunisie, au prétexte de lui vendre des pièces détachées de drones
fournies par le Mossad.
Cet ingénieur tunisien, Mohamed Zouari, spécialisé dans le
développement de drones, avait été tué en décembre 2016 d'une vingtaine
de balles au volant de sa voiture à Sfax, dans le centre-est de la
Tunisie. Le Hamas avait aussitôt accusé Israël.
Selon la chaîne de télévision TRT, l'un des deux hommes oeuvrait ces
dernières semaines à la préparation d'une "opération logistique" du
Mossad dans plusieurs pays. (AFP, 6 fév 2026)
Police detain 96 in raids targeting left-wing groups, media outlets
Police detained 96 people in morning raids across 22 provinces today,
targeting political parties, unions, and media outlets.
Interior Minister Ali Yerlikaya announced that the operations were part
of an investigation into the outlawed Marxist Leninist Communist Party
(MLKP).
Doors broken
The raids targeted the Socialist Party of the Oppressed (ESP), the
Federation of Socialist Youth Associations (SGDF), the Socialist
Women's Councils (SKM), and the Limter-İş Union. Police also raided the
Etkin News Agency (ETHA), the Science, Education, Aesthetic, Culture
and Art Research Foundation (BEKSAV), and the Law Bureau of the
Oppressed (EHB).
Among those detained are former MP and ESP Co-Chair Murat Çepni and
ETHA journalists Nadiye Gürbüz, Pınar Gayıp, Elif Bayburt, Müslüm
Koyun, and Züleyha Müldür, as well as environmentalists and unionists.
The İstanbul Chief Public Prosecutor's Office stated it issued
detention warrants for 110 individuals. It alleged that the targeted
organizations are part of the MLKP structure.
The investigation is based on witness statements, digital materials
from previous operations, reports from the Financial Crimes
Investigation Board (MASAK), and data from online meetings held on
Google Meet.
Police reportedly broke the doors of the offices of the organizations
during the raids and confiscated technical equipment. A 24-hour
restriction was placed on the detainees' access to lawyers.
'It's because we defended Rojava'
Çiçek Otlu, an MP from the pro-Kurdish Peoples' Equality and Democracy
(DEM) Party and the spokesperson of the Socialist Women Assemblies
(SKM), linked the timing of the raids to recent developments in
northern Syria. "It's because we defended the Rojava revolution," she
said.
"During the detentions, doors of many of our institutions, including
the headquarters, ETHA, BEKSAV, SGDF, and Kaktüs, were broken to enter.
Subsequently, computers in all our locations were confiscated," Otlu
said.
She added that "We want equality and freedom in this country. We want
the rights of labor and the women's freedom struggle to be recognized."
The MP cited earlier earlier remarks by Foreign Minister Hakan Fidan,
who told Al Jazeera on Jan 30 that around 300 members of Turkey-based
left-wing groups were operating in areas controlled by the Kurdish-led
Syrian Democratic Forces (SDF).
"Their only task is to seek opportunities to attack Turkish soldiers
and security forces," Fidan had said. (BIA, 3 Feb 2026)
Pendant
que les attaques et menaces
fascistes sont de nouveau en recrudescence…

Doğan
Özgüden, Artı Gerçek, 29 janvier 2026
Les
derniers volumes en turc et en français des Écrits d’Exil, fruits de
nos 61 années de lutte commune avec İnci, sont la réponse que les
rageux méritent
Dans mon article de la
semaine dernière, j’avais écrit que les mêmes
qui avaient détruit la République de Mahabad fondée par la nation kurde
en Iran il y a 80 ans, en 1946, s’attaquent aujourd’hui avec la même
bassesse à l’entité autonome kurde du Rojava en Syrie.
Dans un discours, Devlet Bahçeli, le leader du MHP, initiateur de la
supercherie de la « Turquie sans terreur », a directement pris pour
cible les FDS, en émettant la présente fatwa : « La racine des
activités terroristes opérant à l’est de l’Euphrate, d’Ayn al-Arab à
Qamishli, doivent être éradiquées, le nettoyage de la zone doit être
mené de manière globale et coordonnée ».
Bahçeli, auquel les dirigeants du parti DEM n’ont guère manqué, depuis
plus d’un an, d’exprimer leur respect et leur affection, est allé plus
loin encore la semaine dernière, en ne tardant pas à s’en prendre non
seulement aux FDS, mais aussi directement au DEM : « Le parti DEM doit
immédiatement cesser d’agiter nos frères kurdes, d’apporter de l’eau au
moulin du sionisme et de souffler sur les braises. Il est temps que
chacun retrouve la raison. Exciter la patience et les nerfs ne
profitera à personne, bien au contraire, la main tendue risque de se
transformer en poing levé ».
De plus, lors de cette attaque, il n’a pas hésité à instrumentaliser
son alliance avec le leader du PKK Öcalan, qui lui avait récemment
offert un tapis spécialement tissé pour l’occasion : « Le parti DEM
doit prendre une décision : est-il avec ou contre le chef fondateur du
PKK ? Se mettra-t-il au service du terrorisme ou œuvrera-t-il pour un
avenir sans terreur ? »
Numan Kurtulmuş, le président de la Commission « Turquie sans terreur
», créée l’an dernier au sein de la Grande Assemblée nationale de
Turquie à l’instigation de Bahçeli, n’a pas non plus tardé à s’en
prendre aux Kurdes de Syrie, en faisant comme si le DEM ne s’opposait
pas aux attaques menées contre l’administration autonome du Rojava et,
sans même consulter les membres de ce parti au sein de la commission,
en proférant cette menace : « Le PYD/PYG, quel que soit son nom, est
une organisation terroriste. Cela suffit, personne ne doit tenter
d’empoisonner la Syrie par le biais d’organisations terroristes ».
Le colonel d’état-major à la retraite, Dr. Çağlar Özer, fréquemment
sollicité par les médias turcs en qualité d’expert ès
contre-terrorisme, n’a pas tardé non plus, dans une interview publiée
dans le journal Cumhuriyet, en élargissant l’objectif et en lançant la
fatwa suivante : « La légende autour de Kandil s’est effondrée. Kandil
sera bientôt éradiqué ».
Il y a quelques mois encore, Recep Tayyip Erdoğan, reçu avec beaucoup
de respect et de sympathie par les députés du DEM à l’occasion de
l’ouverture du Parlement, a dans un discours prononcé ce mardi, fait
l’éloge du dictateur islamiste al-Charaa – « Nous sommes très heureux
d’observer qu’avec le dernier décret du président al-Charaa, les droits
fondamentaux de nos frères kurdes, qui n’étaient même pas considérés
comme des citoyens sous le régime Assad, ont été garantis » – tout en
ne tardant pas à proférer des menaces à l’encontre des FDS : « Il ne
peut y avoir un État dans l’État. Il ne peut y avoir des forces armées
distinctes, d’armée parallèle au sein de l’État… »
Face à ces développements lugubres, l’avertissement suivant a été
publié dans une déclaration signée par 1381 personnes au nom de
l’Initiative sociale pour la Paix en Turquie :
« Que tous ceux qui aspirent à vivre sous le droit moderne se
souviennent que les Kurdes, pris pour cible et voués à l’élimination,
incarnent la résistance contre ceux qui tentent d’engloutir la Syrie et
le Moyen-Orient dans le fanatisme salafiste. L’administration autonome,
aujourd’hui diabolisée, est née de la libération de la région de
l’emprise de Daesh. N’oublions pas le nombre de personnes massacrées
par Daesh dans ce pays, à commencer par les massacres de Suruç et du 10
octobre, ni les traumatismes qu’ils ont engendrés ! Chaque erreur
commise ravive des traumatismes historiques. N’en avons-nous pas assez
de cette histoire écrite emplie de mensonges, de ce passé et de ce
présent où rumeurs et provocations, et non les faits, prévalent ?
Pouvons-nous bâtir notre avenir commun sur le langage irresponsable de
la haine ? Comment peut-il y avoir la paix en Turquie alors que les
parents des citoyens kurdes sont assassinés en Syrie ? La paix passe
par la guérison collective. La paix ne peut être atteinte avec des
cœurs brisés, des personnes blessées et des injonctions bafouant la
dignité ».
Le langage de la haine mentionné dans cette déclaration, que j’ai
également signé avec İnci, relayé par les médias après que Bahçeli,
l’initiateur du processus de la « Turquie sans terreur » soit revenu à
sa véritable identité et ait commencé à lancer des provocations visant
à instaurer une « terreur d’État » en Syrie, à l’instar de celle menée
en Turquie, ne s’est pas cantonnée aux médias progouvernementaux, mais
se répand également dans les médias sociaux…
Immédiatement après ces attaques provocatrices et agressives, nos
nouvelles et articles défendant les droits des Kurdes du Rojava et
relayant leur point de vue ont commencé à faire l’objet de commentaires
insultants et menaçants.
Ce n’est pas une première pour nous… En publiant Ant en Turquie, tout
comme en publiant Info-Türk en exil, nous avons été la cible d’attaques
et de menaces de l’État turc et des missions étrangères, de ses médias
et de ses organisations.
Comme toujours, ces attaques et ces menaces ne nous intimideront pas
plus aujourd’hui.
Aujourd’hui marque d’ailleurs exactement le 61e anniversaire de notre
union avec İnci, tant dans notre vie intime que dans nos activités
journalistiques et nos luttes socio-politiques…
Comme on peut le voir sur les images partagées ci-dessus, la lutte
commune que nous avons entamée avec İnci en 1965, en faisant d’Akşam,
le plus ancien journal de Turquie, la voix quotidienne de la gauche,
prit une toute autre dimension à partir de 1967 avec la publication de
la revue socialiste Ant et des éditions Ant, qui furent la cible
d’attaques constantes tant du gouvernement que de l’armée.
Durant notre vie d’exil qui nous a été imposé par le coup d’État du 12
mars 1971, notre lutte a acquis une dimension véritablement
internationaliste grâce à la solidarité et l’unité de lutte avec les
exilés politiques de divers pays opprimés à travers le monde.
Nous avons poursuivi des décennies durant la lutte commencée dans les
années 1970 avec la Résistance démocratique et au début des années 1980
avec l’Union pour la Démocratie contre les coups d’État fascistes en
Turquie, à travers les commentaires et nouvelles publiées dans
Info-Türk, mais aussi dans Tek Cephe [Front unique], Yürüyüş [Marche],
Demokrat Türkiye [La Turquie démocrate], Özgür Bakış [Regard libre],
Yazın [Littérature], Barış/Aşıti, [Paix], Artı Gerçek [La réalité en
plus], Sürgün [L’exil] et Avrupa Demokrat [L’Europe démocrate].
Deux semaines seulement après le 61e anniversaire de notre union avec
İnci, nous célèbrerons le 9e anniversaire d’Artı Gerçek, qui occupe une
place très importante dans notre lutte en exil…
Cette période a été marquée par une campagne sans précédent de
répression et de persécution lancée par le gouvernement Tayyip en
Turquie, visant à saboter le processus de paix et à instaurer une
dictature présidentielle, suivie d’arrestations massives pour éliminer
le HDP, troisième groupe au Parlement, et de destructions matérielles
dans les zones de population kurdes…
À l’étranger, deux évènements importants ont caractérisé cette période
: d’une part, la création de l’organisation du Congrès démocratique des
Peuples en Europe, le 4 février 2017 à Bruxelles, afin de poursuivre la
lutte à l’étranger, et d’autre part, le lancement d’Artı Gerçek.
Après le lancement en ligne d’Artı Gerçek le 8 février 2017 dans la
ville de Cologne en Allemagne, un mois plus tard, le 18 mars 2017, Artı
TV, une avancée majeure dans le domaine de la diffusion audiovisuelle,
commença à diffuser avec une cérémonie d’inauguration réunissant tous
les amis à Cologne.
Avec le recul, Artı Gerçek occupe une place particulière dans les neuf
dernières années de ma vie journalistique en exil.
Les articles d’Artı Gerçek ont été ceux que j’ai pu publier le plus
longtemps dans un même périodique… Neuf années durant, j’y ai exprimé
sans relâche mes opinions… Mes articles pour Artı Gerçek, qui sont
désormais au nombre de plus de 460, occupent la plus grande place dans
mes Écrits d’Exil, dont le premier volume a été publié en 2019, et dont
le 9e et dernier volume paraîtra la semaine prochaine.
Les Écrits d’Exil constituent, avec mes mémoires intitulées Journaliste
‘apatride’, publiées en deux volumes en 2010 et en 2011 et mon livre
intitulé Une rebelle dans l'encre d'exil, qui retrace la vie difficile
d'Inci, un récit sincère de mes 74 années de carrière journalistique,
dont 55 passées en exil.
Sürgün Yazıları (Écrits en exil) est le récit sincère d'une carrière
journalistique de 74 ans, dont 55 passés en exil, raconté dans mes
mémoires en deux volumes intitulés « Vatansız Gazeteci » (Journaliste
apatride), publiés en 2010 et 2011, et dans mon livre Vatansızlığı
Vatan Eylemek (Faire de l'apatridie une patrie), qui retrace la vie
difficile d'Inci.
Les traductions françaises de mes articles parus dans Artı Gerçek de
février 2017 à fin décembre 2024 ont été publiées en quatre volumes
sous le titre Écrits d’Exil. Le 5e volume, qui regroupe les traductions
françaises de mes articles du début de l’année 2025 à nos jours,
paraîtra la semaine prochaine, en même temps que le 9e volume des
Sürgün Yazıları.
Comme tous mes ouvrages publiés en Turquie et en exil depuis 1965, les
versions pdf de ces deux livres seront disponibles sur la page internet
d’Info-Türk.
À l’occasion du 61e anniversaire de notre union, je tiens à remercier
İnci, ma chère compagne de vie et de lutte qui, malgré des problèmes de
santé de plus en plus intenses, a assumé avec abnégation l’entière
responsabilité de la rédaction, de la mise en page, de la composition
et de l’impression de ces deux derniers livres, comme elle l’a fait à
chaque étape de notre combat commun.
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Six
personnes arrêtées pour espionnage au profit de
l'Iran
Six personnes accusées d'"espionnage politique et militaire" pour le
compte des services de renseignement iraniens ont été arrêtées et
incarcérées en Turquie, ont rapporté mercredi des médias turcs.
Les suspects sont soupçonnés d'avoir recueilli des informations
concernant plusieurs sites critiques, parmi lesquels la base militaire
d'Incirlik (sud), qui abrite des forces américaines, a indiqué la
chaîne de télévision étatique TRT, confirmant une information du
quotidien Sabah.
Interrogées par l'AFP, les autorités turques n'ont pas commenté.
Selon l'agence de presse privée DHA, les six suspects ont été
appréhendés dans cinq provinces, dont celles d'Istanbul et d'Ankara, la
capitale. Cinq d'entre eux sont de nationalité turque et le sixième est
iranien, a précisé DHA.
Les suspects sont également accusés d'avoir collecté des informations
concernant l'expédition de drones militaires depuis la Turquie vers des
pays tiers.
La Turquie, qui partage plus de 500 km de frontière avec l'Iran, s'est
opposée publiquement à une intervention militaire américaine en réponse
à la violente répression du mouvement de contestation en Iran, qui a
fait plus de 6.200 morts, selon un bilan de l'ONG Human Rights
Activists News Agency (HRANA).
Mercredi, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a
"conseillé" aux Etats-Unis de discuter avec les dirigeants iraniens,
estimant que Téhéran est "prêt à négocier" en commençant par le dossier
du nucléaire.
Le chef de la diplomatie s'est ensuite entretenu avec son homologue
iranien Abbas Araghchi, a annoncé son ministère sans autre détail.
(AFP, 28 jan 2026)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Un journaliste de la Deutsche Welle
incarcéré pour "insultes au président"
Les autorités allemandes et de multiples voix ont appelé vendredi à la
libération d'un journaliste turc de la radio-télévision publique
allemande Deutsche Welle (DW), arrêté et incarcéré en Turquie pour
"insultes" au président turc Recep Tayyip Erdogan.
Alican Uludag, interpellé jeudi à Ankara, a été conduit dans la foulée
à Istanbul où il a été placé en détention provisoire vendredi à l'issue
d'un interrogatoire, selon l'un de ses avocats.
"Tout cela est absurde", a déclaré à l'AFP l'avocat, Me Tora Pekin.
Soulignant que "le travail journalistique n'est pas un délit", le
ministre allemand de la Culture Wolfram Weimer a estimé que M. Uludag
"doit être libéré", jugeant "sans fondement" les accusations portées
contre lui, selon des déclarations transmises à l'AFP.
"La Deutsche Welle et ses collaborateurs doivent pouvoir travailler
librement en Turquie et rendre compte de l'actualité en toute
indépendance", a insisté M. Weimer.
Selon la Deutsche Welle, les poursuites portent notamment sur "un
message publié sur X il y a environ un an et demi" dans lequel Alican
Uludag "critique des mesures prises par le gouvernement turc qui
auraient conduit à la libération de possibles terroristes" de
l'organisation Etat islamique et accuse les autorités de "corruption".
Journaliste pour le service en turc de la Deutsche Welle, M. Uludag, né
en 1986, a également été interrogé au cours de sa garde à vue sur une
vingtaine d'autres de ses publications sur les réseaux sociaux, selon
l'ONG turque de défense des droits de l'Homme MLSA.
- "Purge" -
"Si nous ne pouvons pas critiquer le président, alors pourquoi
faisons-nous du journalisme ?", a déclaré le journaliste turc lors de
son interrogatoire, selon Deutsche Welle, dont la directrice générale
Barbara Massing a dénoncé une arrestation "politiquement motivée".
"Ecrire la vérité ne saurait être considéré comme un crime", a ajouté
Alican Uladag face aux enquêteurs, se disant victime d'une "purge
visant les voix critiques".
Dans un communiqué commun, 12 syndicats et associations de journalistes
turcs ont estimé qu'Alican Uludag "est la dernière victime en date de
la récente vague de criminalisation de notre profession".
"L'information est désormais considérée comme de la désinformation,
c'est-à-dire un délit, et les opinions personnelles sont assimilées à
de la diffamation", ajoutent-ils en exigeant la libération immédiate du
journaliste.
"Alican Uludag, journaliste renommé travaillant pour @dw_turkce, a été
arrêté hier à son domicile par 30 policiers (...) Voilà la réalité des
normes démocratiques en #Türkiye", a écrit sur X le rapporteur sur la
Turquie au Parlement européen, Nacho Sanchez Amor.
Özgür Özel, patron du Parti républicain du peuple (CHP,
social-démocrate), principale force de l'opposition turque, a dénoncé
un "acte de tyrannie", appelant lui aussi à la libération du
journaliste.
"Les autorités turcs n'ont jamais été aussi audacieuses dans leur
répression du droit à l'information", a déclaré à l'AFP Erol Önderoglu,
représentant en Turquie de Reporters sans frontières (RSF), jugeant que
M. Uludag "a pu déranger le pouvoir en raison de ses investigations".
RSF place la Turquie à la 159e place sur 180 de son classement de la
liberté de la presse, entre le Pakistan et le Venezuela. (AFP, 20 fév 2026)

Nous avons
perdu l’estimé intellectuel kurde Bozarslan
Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 9 février 2026
C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de
notre cher ami Mehmet Emin Bozarslan, l’un des plus éminents
intellectuels de la nation kurde, survenu le 22 janvier à Uppsala en
Suède où il vivait en exil, et son inhumation aujourd’hui en cette même
ville.
Né à Diyarbakır le 15 septembre 1935, Bozarslan avait apporté une
contribution significative à la revue et aux éditions Ant dans les
années 1960 avec ses écrits et ses traductions. À cette époque, après
la parution de son livre intitulé Le Califat et le Problème de
l’Islamisme, nous avions publié ses traductions de la Guerre populaire
en Palestine et le Moyen-Orient de Nayef Hawatmeh, Révolutions
sociales-Guerres nationales de Jawaharlal Nehru et Cheref-Nameh -
L’Histoire Kurde de Cheref Khan.
Nous présentons nos condoléances à la famille et aux amis de Bozarslan,
qui n’a cessé, depuis son exil en 1978, de partager avec nous son
amitié et son savoir, ainsi qu’à la nation kurde.
À l’annonce de cette triste nouvelle, je repartage mon article «
Bozarslan… L’Histoire Kurde… Cigerxwin », paru il y a huit ans.
***
Le développement de nos relations internationales a sans aucun doute
joué un rôle déterminant dans la clarification et la radicalisation
croissante de la position d’Ant contre le nationalisme, le militarisme,
le grand capital et l’impérialisme qui les sous-tendait.
Une contribution essentielle au sujet du Moyen-Orient vint au milieu de
l’année 1969 de mon cher ami Mehmet Emin Bozarslan avec son ouvrage
intitulé « Le Califat et le Problème de l’Islamisme ».
À la suite de l’attentat contre la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le
gouvernement turc avait décidé, pour la première fois, de participer
avec la présence de son ministre des Affaires étrangères, à la
Conférence du Sommet islamique se réunissant à Rabat. On ignorait alors
que les régimes arabes islamistes du Moyen-Orient et la conférence au
sommet qu’ils avaient constituée étaient en réalité au service de
l’impérialisme américain.
Dans son livre « Le Califat et le Problème de l’Islamisme », que nous
avions publié à l’occasion de la Conférence du Sommet islamique,
Bozarslan révélait, de manière documentée, le vrai visage des régimes
moyen-orientaux islamistes au service de l’impérialisme.
J’étais parfaitement au fait de ce qui était arrivé à Bozarslan après
sa publication du premier alphabet en langue kurde en Turquie.
Bozarslan était un homme de religion éclairé. Après avoir été mufti du
district de Kulp, il se consacra à l’édition, acquérant une renommée
bien méritée grâce à ses études sur le cheikhat et la chefferie du
point de vue islamique, sur les problèmes de l’Orient, ainsi que sa
traduction de l’épopée de Mem et Zin du kurde vers la langue turque.
Mais, comme moi, il avait lui aussi des démêlés avec la justice.
Le jour de son procès devant le Tribunal de la presse publique
d’Istanbul en raison de l’alphabet kurde, j’avais également une
audience dans ce même tribunal. Après la mienne, ce fut au tour de
celle de Bozarslan. Lorsque le juge lui demanda ce qu’il pensait de
l’acte d’accusation selon lequel son livre avait un caractère
délictueux, Bozarslan rétorqua avec un calme olympien :
- « Pour déterminer si un livre présente un caractère délictueux, il
faut en avoir lu le contenu. Monsieur le Procureur connaît-il le kurde
? »
Le procureur était d’avis que même si le contenu du livre était
inconnu, le simple fait qu’il soit publié en kurde constituait un délit
en soi.
Le président du Tribunal de la presse publique était un juge aux
opinions plutôt démocratiques.
- « Alors, faisons lire et examiner le livre par un expert », dit-il,
en demandant au procureur de lui en suggérer un. Le procureur fut pris
au dépourvu, et ne pouvait donner aucun nom.
Après un instant de réflexion, le juge se tourna vers Bozarslan :
- « Avez-vous un expert à recommander ? »
Sans trop réfléchir, Bozarslan répondit :
- « Ahmet Aras est l’une des personnes les plus habilitées pour mener
cette expertise ».
- « Ahmet Aras, de qui s’agit-il ? »
- « C’est un universitaire, et sa langue maternelle est le kurde ».
Nous avions publié quelques mois auparavant dans Ant une étude d’Ahmet
Aras sur « Le problème de l’Est dans une perspective socialiste ». Sans
insister, le tribunal décida d’adresser un courrier à Ahmet Aras afin
de déterminer si l’ouvrage contenait ou non des éléments délictueux.
*
Parmi les leaders de la jeunesse révolutionnaire que je connaissais à
cette époque, Necmettin Büyükkaya qui, plus tard, allait perdre la vie
dans la prison de Diyarbakır après le coup d’Etat du 12 septembre,
occupe une place spéciale. Comme tous les jeunes, il venait fréquemment
à Ant, où nous discutions tout particulièrement de la question kurde.
Les déclarations faites à Ant par Yusuf Aslan, Hüseyin İnan et leurs
amis, avaient également particulièrement marqué Necmettin. Il soutenait
que le peuple kurde devait lui aussi participer avec ses propres
organisations au Cercle révolutionnaire du Moyen-Orient, mais en pleine
solidarité et coopération, et sur un pied d’égalité, avec les
organisations révolutionnaires turques, et en débattait les
possibilités.
À la mi-mars 1970, Necmettin et ses amis vinrent nous apporter avec une
grande joie la bonne nouvelle. Ils fondaient le Foyer culturel
révolutionnaire de l’Est à Istanbul. L’inauguration de leur local eut
lieu en présence de Mehmet Emin Bozarslan, notre auteur qui avait
traduit l’œuvre de Nehru intitulée « Révolutions sociales, Guerres
nationales » que nous avions publié dans les mêmes jours, qui y avait
été convié comme conférencier.
L’expression « peuples de Turquie » a commencé à apparaître dans Ant
après la création du DDKO. Dans un communiqué adressé « aux peuples de
Turquie » à l’occasion de la Semaine de l’Indépendance, le DDKO
affirmait :
« Il est désormais nécessaire que les peuples de Turquie prennent
absolument leur place dans les luttes d’indépendance des peuples
opprimés du monde, et en particulier au Moyen-Orient, contre
l’impérialisme. La guerre contre l’impérialisme au Moyen-Orient sera
gagnée grâce à la lutte véritablement fraternelle et commune des
peuples de Turquie au sein du Cercle révolutionnaire du Moyen-Orient. »
*
Parallèlement à la nécessité de faire entendre la voix du peuple kurde,
il était également indispensable d’examiner plus sérieusement
l’histoire récente, de dénoncer avec plus d’audace les pratiques
antipopulaires du kémalisme, qui était jusqu’alors intouchable, et plus
particulièrement les souffrances qu’il infligeait aux intellectuels de
gauche. A cette époque, Bozarslan fit une suggestion :
- « Pour aborder sérieusement la question kurde en Turquie, il est
essentiel de bien connaître l’histoire du peuple kurde. Il n’existe
aucune traduction en turc du Cheref-Nameh écrit par Cheref Khan au 16e
siècle. Si vous pouvez le publier, je le traduirai de l’arabe. Mais
c’est risqué, un procès peut être intenté, le livre pourrait être
immédiatement confisqué. »
« Bozarslan, quel qu’en soit le risque, publier cet ouvrage en turc est
un devoir pour une maison d’édition comme Ant. La situation en Turquie
s’aggrave, un coup d’Etat peut se produire à tout moment. Traduis-le
immédiatement, publions-le avant qu’il ne soit trop tard, mettons-le à
la disposition du lecteur. »
İsmail Beşikçi, dont l’étude sur « L’Organisation de l’Anatolie
orientale » avait été publiée quelque temps auparavant par Cengiz
Tuncer et qui, de ce fait, subissait de lourdes pressions et attaques,
fut ravi d’apprendre que nous allions publier le Cheref-Nameh. Il nous
envoya aussitôt une nouvelle étude intitulée : « La condition du
sous-développement de l’Anatolie orientale ».
Dans son article que nous publiâmes en février 1970, Beşikçi présentait
des données concrètes sur la structure socioéconomique du peuple kurde,
que ce soit à travers ses contradictions internes ou à travers les
contradictions entre l’impérialisme et les classes dirigeantes locales
collaborationnistes, fournissant ainsi de précieuses informations
permettant au mouvement révolutionnaire d’aborder la question nationale
d’une manière constructive.
En raison de cet article, İsmail Beşikçi et moi-même, en tant que
rédacteur en chef, fûmes poursuivis devant le Tribunal Martial de
Diyarbakır après le 12 mars.
L’étude de Beşikçi fut suivie, dans un numéro ultérieur, par les vues
d’İhsan Aksoy sur la question kurde. Suite à cet article, une action
fut intentée contre Aksoy et le rédacteur en chef İnci Tuğsavul.
Nous ne parvînmes à achever la publication du Cheref-Nameh en deux
volumes que dans les jours où fut remis le mémorandum du 12 mars. La
traduction, la composition, l’impression et la distribution d’un
ouvrage aussi volumineux en un temps record constituaient un véritable
exploit compte tenu des conditions de l’époque.
*
Un jour après la publication du Cheref-Nameh, Bozarslan vint à Ant avec
une autre proposition :
- « Je traduis en turc les poèmes du poète kurde Cigerxwin. »
Je l’ai immédiatement inclus dans le programme de publication.
Cependant, avant même de pouvoir publier la traduction de Bozarslan,
l’état de siège fit interdire la publication de la revue Ant, et un
mandat d’arrêt ayant été émis à notre encontre, nous fûmes contraints à
l’exil. Il ne fut pas possible de publier les poèmes de Cigerxwin en
turc.
Nous nous sommes retrouvés avec notre cher Bozarslan des années plus
tard en exil. Nous en Belgique, lui en Suède, mais notre amitié est
restée indéfectible… Il continue de nos jours, avec un grand
dévouement, à faire rayonner le patrimoine culturel du peuple kurde.
Un nouveau livre de Doğan Özgüden: Écrits d’exil V
La fondation Info-Türk vient de publier un nouveau livre de Doğan
Özgüden: Écrits d’exil V qui comprend ses articles publiés en
2025-2026.
Les quatre volumes précédents des Écrits d’exil publié depuis 2021
comprenaient les articles qu'il a écrits aux années de lutte en Turquie
et aux 54 premières années de son exil.
Les écrits d’exil constituent un ensemble avec les mémoires de Doğan
Özgüden publiées en 2014 sous le titre Journaliste “apatride” et Une
rebelle dans l’encre d’exil racontant le combat pluriel de son épouse
İnci Tuğsavul, publié en 2024.
Les sept autres livres rédigés également par Özgüden, Resistance
Documents sur la répression après le coup d’Etat de 1971, Black Book on
the Militarist “Democracy” in Turkey, Le Livre Noir de la “Démocratie”
Militariste en Turquie, Extreme-Right in Turkey, Intégrisme islamique
en Turquie et Immigration, Album des affiches de Résistance et
Oppression of Kurds and Christians in Turkey constituent des documents
indispensables pour mieux connaître les années noires de ce pays à
l’est de l’Union européenne.
ECRITS D’EXIL V
508 pages, Fondation Info-Türk, Février 2026, Bruxelles
editor@info-turk.eu
RSF dénonce les pressions visant les journalistes qui
couvrent la question kurde
Interpellations, agressions, censure des comptes des réseaux sociaux…
En moins d’un mois, six incidents révèlent l’hostilité du pouvoir turc
envers le droit à l’information sur la question kurde. Reporters sans
frontières (RSF) appelle les autorités à mettre un terme aux pressions
intolérables exercées sur ces journalistes qui ne font que leur travail
et permettent d’éclairer un sujet au cœur de l’actualité.
“La multiplication, en un mois, des actes de censure, d’intimidation et
de violence envers les journalistes couvrant des sujets liés à à la
question kurde est très inquiétante, RSF appelle les autorités à ne pas
porter davantage atteinte au droit à l'information et à lever le tabou
pesant sur ce sujet. Les journalistes doivent être en mesure de couvrir
librement tout ce qui touche à la population kurde ainsi que le
processus de négociation entamé par le gouvernement turc avec la classe
politique kurde, et la population attend que son droit à l’information
soit respecté.
En moins d’un mois, RSF a recensé au moins six cas accablants de
violation de la liberté de la presse visant la couverture de la
question kurde.
Un article publié le 19 janvier sur le site d’information Bianet.org –
partenaire de RSF en Turquie –, intitulé “Les femmes et les Kurdes sont
surreprésentés parmi les jeunes inactifs en Turquie” , a été censuré le
4 février par un juge d’Istanbul, pour cause de “menace à la sécurité
nationale”. Alors que la version en turc reste accessible, celle en
anglais a dû être retirée du site. Dans cet entretien de la journaliste
Nalin Öztekin, un responsable de l’institut de sondage KONDA, Halil
Ibrahim Kilic, évoque simplement l’isolement des jeunes sans emploi et
hors du système éducatif, et fait notamment référence aux minorités
kurdes ou arabes.
Le journaliste indépendant Rusen Takva a dû saisir la Cour
constitutionnelle pour faire lever le blocage de son compte sur la
plateforme X (67 000 abonnés), qui dure depuis plus d’un an. Il a été
interpellé le 15 février 2025, alors qu’il couvrait les manifestations
contre la nomination d’un administrateur du pouvoir à la place du maire
DEM – parti pro-kurde, troisième force au Parlement turc et médiateur
dans ce processus de paix – de la mairie de Van, ville frontalière avec
l’Iran. Ce spécialiste de la question kurde et des affaires migratoires
était accusé d’avoir diffusé de fausses images d’une intervention
policière dans la mairie, considérées comme de la “désinformation”
constituant une “menace à la sécurité nationale”. Même si le parquet de
Van a prononcé le 15 septembre 2025 un non-lieu pour cette accusation
de “désinformation”, son compte est toujours suspendu à ce jour. “En un
an, quatre comptes X m’appartenant, créés les uns après les autres, ont
été censurés par les juges”, a-t-il confié à RSF, déplorant de ne pas
avoir pu s’adresser à autant d’abonnés depuis son nouveau compte, quand
il couvrait les récentes manifestations en soutien aux Kurdes du Rojava
dans le nord de la Syrie.
Le chef du bureau régional de l’agence de presse indépendante ANKA de
la ville de Diyarbakir située dans le sud-est du pays, Ahmet Ün, et le
journaliste indépendant Metin Yoksu ont été brutalisés par les forces
de l’ordre, alors qu’ils couvraient une manifestation près de la
frontière avec la Syrie, le 22 janvier, à Suruc (province de
Sanliurfa). Le premier a été blessé au genou par des balles caoutchoucs
et le second a été blessé au visage par une capsule de gaz lacrymogène.
Une autre reporter qui couvrait la mobilisation pour l’agence de presse
Ihlas (IHA) Bekir Seyhanli a lui été blessé à la jambe, percuté par un
véhicule blindé.
Alors que des manifestations pro-kurdes gagnent du terrain dans le
sud-est du pays, certains représentants de médias internationaux ont
fait part à RSF de leur hésitation à l’idée de se rendre ou d’envoyer
des reporters dans cette région, par crainte de représailles. Preuve en
est l’arrestation du journaliste français Raphaël Boukandoura,
interpellé le 19 janvier alors qu’il couvrait une manifestation à
Sarigazi par le parti pro-kurde DEM, avant d'être libéré le 21 janvier
d’un centre de rétention d’Istanbul.
Trois journalistes sont incarcérés en Turquie à ce jour, dont un
assigné à résidence. La Turquie est 159e sur 180 pays et territoires
dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025. (RSF, 14
février 2026)
Au Musée de l'Innocence à Istanbul: un roman dans ses
murs
Le visiteur est accueilli par un mur de 4.213 mégots, parfois écrasés
avec rage, souvent cernés de rouge à lèvres. Ceux que Kemal, héros
obsessionnel du "Musée de l'Innocence", le best-seller du romancier
turc Orhan Pamuk, a pieusement conservés.
Dans une ruelle pavée de Çukurcuma, quartier d'antiquaires sur la rive
européenne d'Istanbul, le prix Nobel de littérature a inventé la
traduction matérielle de son oeuvre entre les murs d'une maison rouge.
A quelques jours de la sortie sur Netflix, vendredi, de l'adaptation du
roman, le Musée de l'Innocence attire une foule inédite de lecteurs
passionnés et de curieux qui se croisent dans les escaliers étroits de
bois ciré sur les trois étages du bâtiment, jusqu'à la chambre de Kemal
Basmaci sous les combles.
La direction du Musée assure recevoir quelque 500 visiteurs par jour
contre 200 en temps ordinaire et s'attend à ce que la fréquentation
double encore après la sortie de la série.
Le héros du roman, jeune homme de la bourgeoisie stambouliote des
années 1970, amoureux inconsolé d'une liaison perdue avec Füsun,
cousine éloignée d'origine modeste, sombre dans une quête
obsessionnelle des objets qu'elle a laissés derrière elle, "au point de
cacher ses mouchoirs".
D'où les mégots classés par date et circonstances de 1976 à 1984,
ramassés et conservés dans des sachets plastique, mais aussi les
bijoux, vêtements, souliers, photos, bouteilles de soda Meltem (le
premier 100% turc) et tickets de cinéma, toute une collection de
souvenirs infimes, conservés avec passion pour combler le vide et
rangés ici dans autant de vitrines numérotées que de chapitres (83).
- "La voir en vrai" -
Orhan Pamuk, qui a ouvert le musée en 2012, quatre ans après la
parution du roman, se présente lui-même comme un collectionneur
compulsif. Il explique avoir commencé à écrire à partir, ou autour,
d'objets collectés, souvenirs de famille ou trouvailles dénichées sur
les marchés, pour donner vie à ses protagonistes.
Il multiplie ainsi d'incessantes correspondances entre son récit et les
vitrines du musée, traversant deux décennies de l'histoire d'Istanbul.
Songül Tekin, 28 ans, lectrice enflammée du roman, est persuadée que
l'histoire est bien réelle et voulait donc "la voir en vrai": "C'est
raconté avec beaucoup de profondeur. Il y a forcément quelque chose de
vrai. Parce qu'on ne réunit pas autant de détails et d'objets, sinon",
croit-elle.
La jeune femme est venue avec un ami et le roman sous le bras, qui lui
donne un accès gratuit au musée grâce au ticket inclus dans le récit -
page 485 de l'édition turque.
Comme elle, Aydin Deniz Yüce, psychologue trentenaire, est un fervent
lecteur de Pamuk et même si le Musée de l'Innocence n'est "pas son
favori", précise-t-il, il attend la série avec intérêt et célèbre par
avance "la beauté" de l'acteur, Selahattin Pasali, dont il estime qu'il
fera un Kemal tout à fait crédible.
- "Contrôle strict" -
Outre les lecteurs turcs, le musée accueille des visiteurs de
tous les
horizons - à l'image des plus de soixante traductions du roman - venus
de Russie, de Hongrie, d'Italie, du Japon et de Chine, a pu constater
l'AFP lors de sa visite.
Deux soeurs originaires de la province chinoise du Hubei, Zeng Hu et
Zeng Lin An, absorbées par la minutie des vitrines, assurent qu'elles
sont prêtes désormais à lire le livre dont elles découvrent l'intrigue
et comptent trouver la série sur internet, Netflix n'étant pas
disponible en Chine.
Pour cette transposition en neuf épisodes de son oeuvre, Orhan Pamuk -
qui fait une brève apparition à l'écran - s'est personnellement
impliqué dans le scénario: "J'étais tellement mécontent et malheureux
de ma première tentative avec Hollywood, j'avais décidé de ne plus
autoriser personne à adapter l'un de mes livres sans avoir d'abord lu
le script complet", expliquait-il jeudi soir à l'AFP, lors du lancement
de la série à Istanbul.
Mais la société de production Ay Yapim lui a laissé sa place: "Pendant
un an et demi, une fois tous les deux mois, nous nous sommes retrouvés
comme des étudiants faisant leurs devoirs" avec le scénariste Ertan
Kurtulan.
A l'arrivée, l'écrivain se dit "satisfait de cette adaptation" sous son
strict contrôle et n'en a signé le contrat qu'à la toute fin, page par
page.
Ce "Musée de l'Innocence" que Netflix va distribuer dans les quelque
190 pays qu'elle inonde, illustre par ailleurs l'excellente santé des
séries turques, présentes dans plus de 170 pays.
En 2024, la Turquie était le troisième exportateur de séries après les
Etats-Unis et le Royaume-Uni. (AFP, 13 fév 2026)
12
ans de prison pour une célébrité accusée d'avoir voulu renverser le
gouvernement
Une célèbre agent d'acteurs de séries télévisées a été condamnée
mercredi à 12 ans et demi de prison par un tribunal d'Istanbul, accusée
d'avoir tenté de renverser le gouvernement lors des manifestations qui
avaient secoué la Turquie en 2013.
Le procureur avait requis la perpétuité contre Ayse Barim, figure du
très populaire du monde des séries turques à succès, arrêtée en janvier
2025, près de 12 ans après le mouvement de contestation.
Mme Barim, 55 ans, ne purgera cependant pas cette peine en détention
mais sera placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter
le territoire turc, a précisé à l'AFP son avocate, Deniz Ketenci.
"Nous allons faire appel", a-t-elle annoncé.
Ayse Barim, pâle et amaigrie, a nié à la barre avoir incité les acteurs
qu'elle représentait à l'époque à participer au mouvement de
contestation dit de Gezi, parti en mai 2013 du parc stambouliote du
même nom avant d'essaimer à travers le pays.
Ces manifestations, qui visaient le président turc Recep Tayyip
Erdogan, alors Premier ministre, avaient été brutalement réprimées.
"Je suis innocente, je demande mon acquittement", a déclaré Mme Barim,
qui souffre de graves problèmes de santé, avant que les juges ne se
retirent pour délibérer.
- Bagarre -
L'annonce de son arrestation en janvier 2025, avait suscité de
vives
réactions dans le pays, certaines voix accusant le gouvernement de
vouloir resserrer son emprise sur le monde de la culture.
Au festival de Cannes en mai, le réalisateur turco-allemand Fatih Akin
avait apporté son soutien à son agente, affirmant à l'AFP craindre
d'être arrêté lui aussi s'il foulait le sol turc.
Outre Fatih Akin, Ayse Barim a été l'agent de nombreuses stars de
séries TV turques, parmi lesquelles des acteurs de la célèbre saga "Le
siècle magnifique", librement adaptée de la vie du sultan ottoman
Soliman le Magnifique et diffusée sur quatre saisons dans plus de 40
pays.
L'acteur Halit Ergenç, qui interprète le rôle du sultan dans cette
série au succès mondial, avait également été mis en examen dans le
cadre de la même enquête et condamné à une peine avec sursis en mai.
D'autres personnalités proches de l'opposition ont été poursuivies par
la justice ces derniers mois en Turquie, où des maires d'opposition de
grandes villes -- dont celui d'Istanbul -- ont été arrêtés et
incarcérés pour des accusations qu'ils rejettent tous.
Le procureur général d'Istanbul Akin Gürlek, accusé d'avoir multiplié
les poursuites contre les opposants au président Erdogan depuis fin
2024, a été nommé ministre de la Justice mercredi.
Signe des tensions dans le pays, une bagarre entre députés de la
majorité et de l'opposition a éclaté mercredi après-midi au parlement
turc au moment où M. Gürlek prêtait serment. (AFP, 11 fév 2026)
Deux concerts de métal annulés sous la pression
islamiste
Un district d'Istanbul a annulé mardi les concerts de deux groupes de
métal accusés de "satanisme" par des mouvements islamistes et ordonné
la fermeture temporaire du centre supposé les accueillir.
Dans un communiqué, le gouvernorat de Besiktas, quartier central et
populaire d'Istanbul, a annoncé l'annulation des concerts que devaient
donner les groupes russe, Slaughter to Prevail et polonais, Behemoth,
"en raison de leur incompatibilité avec nos valeurs sociétales".
Il précise que "ces événements ont provoqué une vive réaction de la
part de nombreux segments de la société", sans autre détail.
La scène du Zorlu Center qui avait programmé ces événements est par
ailleurs interdite d'accueillir "tous types de concerts, festivals,
groupes et programmes payants pendant deux jours, les 10 et 11 février
jusqu'à 23H59".
La décision qui suscite de nombreux commentaires en ligne en Turquie,
mardi, a été prise à la suite d'appels sur les réseaux sociaux relayés
par le journal Yeni Akit, proche du parti islamo-conservateur au
pouvoir AKP.
Sous le titre "Les enfants satanistes du diable arrivent à Istanbul",
le journal a affirmé que les deux groupes ont été "interdits et
expulsés de Russie et de Pologne pour avoir diffusé de la propagande
satanique et empoisonné l'esprit des jeunes".
Réclamant l'interdiction des deux concerts, Yeni Akit a accusé "ces
deux groupes de promouvoir le satanisme à travers des écrits et des
visuels représentant le diable".
A son tour le chanteur "Alex Terrible", du groupe russe Slaughter to
Prevail a réagi sur Instagram en dénonçant dans une déclaration vidéo
en anglais et en russe, sous-titrée en turc, "un groupe d'islamistes
(qui) a fait pression sur le gouvernement en affirmant que nous faisons
de la propagande satanique".
"C'est absolument faux. Je crois en Dieu", a-t-il insisté.
"Mais nous sommes ici des invités et ne pouvons rien faire contre le
gouvernement turc. C"est une situation très triste", a-t-il
ajouté. (AFP, 10 fév 2026)
Turkey arrests exiled Iranian
journalist Kaveh Taheri sparking deportations fears
Turkish authorities must immediately release exiled Iranian journalist
Kaveh Taheri and halt all efforts to deport him to Iran, where he faces
serious risks, including but not limited to imprisonment.
Taheri, an independent and freelance journalist and human rights
advocate recognized as a refugee by the U.N. High Commissioner for
Refugees (UNHCR), was detained on January 26 in the northwestern city
of Sakarya while traveling by bus to Istanbul for a visa appointment at
the French Consulate, his lawyer, Salih Efe, told CPJ. He is currently
held at the Kocaeli Removal Center.
“Deporting Kaveh Taheri to Iran could put his life at grave risk,” said
CPJ Regional Director Sara Qudah. “Turkish authorities must honor their
international obligations, immediately halt all deportation
proceedings, and allow Taheri to seek safety in a third country without
further harassment.”
Taheri’s sister, Laleh, expressed the family’s deep distress following
a brief WhatsApp message he sent during his arrest. “He sent me a short
message saying he was arrested,” she told CPJ. “We are really worried
about his safety. He is about to be deported to Iran, which would be
life-threatening.”
His lawyer said that the journalist was “unlawfully and arbitrarily”
detained despite possessing a valid travel permit for a consulate
visit.
“Although a colleague was able to visit him in person and review his
file on January 28, we have seen no intelligence reports to justify
these accusations, nor has there been any hearing or further
explanation provided for his sudden arrest,” Efe said, adding that no
date has been set for a hearing.
He said authorities issued a deportation order on January 28, citing
“national security” grounds, which she said was a “standard
justification often used against journalists and those the authorities
disfavor.”
Efe noted that previous court rulings had blocked past deportation
attempts, and that Taheri remains “trapped in a cycle of administrative
harassment.”
If returned to Iran, Taheri could face severe retribution for his
reporting on government corruption and human rights abuses. He was
arrested by Iranian intelligence in 2012 and spent nearly a year in
Shiraz’s Adel Abad Prison, where he reported being tortured and forced
into a false confession.
Taheri is the founder of the ICBPS YouTube channel , which focuses on
news and geopolitical analysis, and has contributed to several
international outlets, including The HuffPost and The Times of Israel.
Most recently, his writing has focused on Iranian and international
affairs and has been published on his Substack account.
Neither the Turkish Directorate General of Migration Management nor the
French Consulate in Istanbul responded to CPJ’s requests for comment
regarding Taheri’s detention and visa appointment. (CPJ, 3 Feb 2026)
Un éditeur accusé de "financement du terrorisme" pour des
droits d'auteur
La justice turque a ouvert une enquête pour "financement du terrorisme"
contre un éditeur ayant versé des droits d'auteur à deux collaborateurs
travaillant depuis leur cellule de prison, a indiqué mercredi à l'AFP
un porte-parole.
La maison d'édition Kor Kitap a affirmé que son salarié avait été gardé
à vue pendant quatre jours, puis assigné à résidence et placé sous
contrôle judiciaire dans le cadre de l'enquête.
La justice reproche à l'éditeur le versement de droits d'auteur à
Tonguç Ok et Necip Baysal, deux collaborateurs condamnés à des peines
de prison à perpétuité pour "terrorisme" et travaillant comme auteurs,
éditeurs et traducteurs pour Kor Kitap, selon un porte-parole de la
maison d'édition.
Ces deux hommes, emprisonnés depuis la fin des années 1990 pour divers
actes commis au nom d'un groupuscule d'extrême gauche qualifié de
terroriste par Ankara, sont qualifiés de "prisonniers politiques" par
leur employeur qui affirme que l'argent versé ne leur sert qu'à
"acheter des produits à la cantine de la prison".
"Nous ne tolérerons aucune tentative d'emprisonner la pensée et la
culture", a réagi Kor Kitap sur X, demandant "l'annulation immédiate de
cette décision illégale".
L'Association des éditeurs turcs a également qualifié sur X cette
décision d'"extrêmement préoccupante pour le monde de l'édition et la
liberté d'expression".
"Il est légitime, dans le cadre des principes juridiques universels,
des droits constitutionnels et de la déontologie de l'édition, que
(...) Tonguç Ok et Necip Baysal perçoivent des droits d'auteur pour
leurs oeuvres, même en prison", a écrit l'association. (AFP, 28 jan
2026)
TV anchor Sedef Kabaş detained overnight over social
media posts
Television anchor Sedef Kabaş was taken into custody after midnight
over a series of posts on social media. Her lawyer Uğur Poyraz
announced the detention, saying that Kabaş had called him to inform him
of her arrest.
The İstanbul Anadolu Chief Public Prosecutor’s Office later confirmed
the detention, citing her posts on X as grounds for the investigation.
Prosecutors accused Kabaş of “insulting the president” and “inciting
the commission of a crime.”
Kabaş was released today after being questioned. Prosecutors questioned
Kabaş about three specific posts. The first, dated Sep 9, read, “Does
anyone still think coups are carried out only by the military? Since
Mar 19, the country has been ruled by a ‘civilian coup’... The
strongest presidential candidate of the future has been imprisoned...
Now, the country’s oldest and largest political party is being crushed!”
The second post continued in a similar tone: “From now on, elections
will be for show only. There will be ballots, but no democracy. From
this point forward, civil disobedience is the only solution.”
Both of these posts apparently referred to the Mar 19 detention of
Ekrem İmamoğlu, the now-suspended mayor of İstanbul, who was declared
the presential candidate of the main opposition Republican People’s
Party (CHP).
In a third post from Sep 29, Kabaş wrote, “They’ve made a plane without
an engine... They graduated with fake diplomas, and they’re governing
the country without legitimacy.” The statement was viewed as a jab at
Turkey’s KAAN fighter jet project and long-time allegations concerning
President Recep Tayyip Erdoğan's university diploma.
Kabaş acknowledged writing the posts and argued they were protected
under freedom of expression.
Referring to the first post, she said, “Calling the imprisonment of the
strongest presidential candidate a fact rather than a comment is
accurate. The internal disputes within the CHP, the lawsuits, and the
effort to impose trustees on the party leadership all point to a
collapse. This is not my personal opinion, but a sentiment shared and
expressed by millions. My question, ‘Are coups only carried out by the
military?’ obviously has a negative answer. Coups can be military,
civilian, or economic. These are all forms of commentary.”
She continued, “There is no insult directed at the president in my
posts, nor is there any indication of such an intent. There are no
names, words, or phrases that would imply such a charge. There’s no
call for violence, no weapons, no terrorist acts, and no hate speech.”
Kabaş defended her second post by saying, “Civil disobedience is a
constitutional right, just like strikes, boycotts, resigning from
Parliament, protests, and marches. What I meant was exercising a
constitutional right. Prosecuting someone for advocating the use of
constitutional rights is itself unlawful. There is no call to commit
any crime in what I wrote.”
Following her statement, the prosecutor referred Kabaş to a criminal
court with a request for judicial control. The court granted the
request and released her under judicial supervision. (BIA, 27 jan 2026)
Turkey’s
most frequently arrested reporter, Furkan
Karabay, under house arrest
Turkish authorities should immediately cancel the order of house arrest
for reporter Furkan Karabay and let him do his job, the Committee to
Protect Journalists said Monday.
Police in Istanbul took Karabay, a court reporter currently with the
news website Medyascope, into custody and a court placed him under
house arrest on the suspicion of “publicly spreading disinformation.”
His trial will begin in March. The accusations stemmed from his
reporting on the indictment of the opposition-controlled Istanbul
Metropolitan Municipality. Karabay spoke to reporters after the hearing
and said his work was based on legal documents and that he will
continue to report for the public benefit.
“Turkish authorities keep arresting Furkan Karabay — once every year
since 2023 — for reasons directly linked to his professional work,”
said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative. “This vengeance is a
cautionary tale for critical journalists. The authorities should free
Karabay without delay and let all journalists do their jobs without
fear of retaliation.”
Karabay has been arrested four times in less than two-and-a-half years,
and he has been imprisoned for his work in very similar cases brought
against him in December 2023, November 2024, and May 2025. He was
released from prison last month after spending more than 200 days
behind bars.
Karabay told CPJ Monday that he was at home waiting for the law
enforcement officers to come to set up the electronic monitoring
system. House arrests take a high toll on journalists’ life both
professionally and psychologically, other reporters who’ve been through
it told CPJ.
CPJ recognizes house arrest as imprisonment. (CPJ, 27 jan 2026)
Kurdish
Question / Question kurde
Syrie… Un accord au goût amer pour les Kurdes...

Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 20 février 2026
Après la chute d'Alep, de Raqqa et de Deir ez-Zor en janvier 2026,
alors que l'armée syrienne menaçait complètement la région autonome
kurde, voici ce qui s'est passé
Alors que les informations contradictoires et les commentaires
différents concernant le processus « Turquie sans terrorisme » se
poursuivent, l'attention des défenseurs des droits humains se concentre
également sur les incertitudes qui règnent au Kurdistan syrien.
Hier, dans un article publié par l'agence de presse française AFP
depuis Hassaké, Roksan Mohammad, porte-parole des Unités de protection
des femmes (YPJ) qui ont courageusement combattu les assaillants
islamistes de l'EI en Syrie, a fait des déclarations révoltées à propos
de l'accord conclu avec le gouvernement de Damas, qui met effectivement
fin à l'autonomie des Kurdes de Syrie.
S'adressant aux journalistes dans une base militaire du nord de la
Syrie, une mitrailleuse à l'épaule, Roksan Mohammad a déclaré : « Les
YPJ font partie des forces kurdes qui, avec le soutien de Washington,
ont vaincu l'organisation État islamique (EI) en Syrie... Nous avons
fait beaucoup de sacrifices, nous avons perdu des milliers de martyrs,
dont beaucoup étaient mes amis proches... Aujourd'hui, après l'accord
imposé par le président islamiste, le sort des unités féminines est
incertain. »
Mais elle ajoute avec une grande détermination : « Cependant, dans le
système politique kurde, les femmes ont un statut élevé. Chaque poste à
responsabilité est occupé par un duo composé d'un homme et d'une femme.
Nous allons intensifier notre lutte contre ce gouvernement qui refuse
d'accepter les femmes. »
Le jour de la publication de cet entretien, Orient XXI publiait en
détail les observations de notre ami journaliste belge Chris Den Hond,
qui s'était rendu au Rojava le mois dernier.
Chris Den Hond, qui suit et soutient de près la résistance nationale
kurde depuis des décennies, a travaillé pendant des années pour la
chaîne de télévision kurde Roj TV en Belgique et réalise fréquemment
des reportages au Kurdistan. L'année dernière, il s'était vu interdire
l'entrée en Turquie par l'État turc alors qu'il se rendait à Diyarbakır
pour assister aux célébrations du Newroz.
Je partage ici l'intégralité de l'article de Chris Den Hond publié dans
Orient XXI, dans lequel il partage ses impressions et ses opinions lors
d'une réunion de solidarité qui se tiendra demain à Bruxelles, en
compagnie de Hozane Ahmed, représentant de l'Administration autonome
démocratique du nord et de l'est de la Syrie (KDSDÖY) :
Chris Den Hond, qui s'exprimera aux côtés de Hozane Ahmed, représentant
de l'Administration autonome démocratique du nord et de l'est de la
Syrie (KDSDÖY) lors d'une réunion de solidarité qui se tiendra demain à
Bruxelles, décrit ses observations à Rojava le mois dernier dans un
article publié dans Orient XXI :
Syrie… Un accord au goût amer pour les Kurdes…
17 janvier 2026. Pour accéder au Kurdistan syrien, ou à ce qu’il reste
du « Rojava », nous traversons le Tigre depuis le Kurdistan irakien en
empruntant le pont flottant qui relie les deux rives. C’est par ce
passage que les camions, les citernes de pétrole et les personnes
entrent et sortent du territoire autonome kurde syrien. Ce point de
passage garantit des revenus à l’Administration autonome du nord et de
l’est de la Syrie (AANES).
Après avoir conquis la totalité d’Alep, de Raqqa et de Deir ez-Zor aux
dépens des Forces démocratiques syriennes (FDS), l’armée syrienne se
trouve aux portes de la ville de Hassaké. La menace d’une reprise du
reste du territoire autonome par l’armée syrienne pèse lourd. Les
Kurdes essayent de sauver les meubles. Ils sont horrifiés par la fin
rapide de la « coexistence entre communautés, notamment kurdes et
arabes », selon l’idéologie officielle des autorités de l’AANES.
Des Kurdes nous amènent à Tirbespi, à 25 kilomètres à l’est de
Qamishli, où des milices faisant partie de l’armée officielle de Damas
font monter des mortiers sur la ligne de front. C’est la « mobilisation
générale ». Hommes et femmes de tout âge, kalachnikovs à la main, se
rassemblent sur tous les ronds-points de la région à majorité kurde.
Ces comités d’autodéfense vont essayer d’empêcher l’arrivée du
gouvernement dans la région. Hussein Khaled, la cinquantaine, est à la
fois en colère et inquiet : « Nous protégeons les acquis de notre
révolution. »
Un sentiment de trahison
Le 4 janvier, après une proposition de compromis faite par le pouvoir
d’Ahmed Al-Charaa le 21 décembre 2025, une réunion se tient à Damas,
sous supervision étatsunienne et française. Le texte issu de cette
concertation est prêt à être signé quand Assaad Al-Chaibani, le
ministre syrien des affaires étrangères, quitte la salle après avoir
reçu une note. À son retour, il suspend la signature.
Les 5 et 6 janvier, à Paris, des discussions entre Israël et des
responsables de Damas se tiennent sous l’égide des États-Unis. Le but :
trouver un accord entre Israël et la Turquie concernant la Syrie. Damas
— avec la Turquie derrière elle — fait des concessions majeures : elle
abandonne le plateau du Golan à Israël et laisse le sud-ouest sous
l’influence de Tel-Aviv, sans risque d’être attaqué par l’armée
syrienne. En échange, Damas obtient l’autorisation des Occidentaux
d’entrer dans la région autonome tenue par les Kurdes et leurs alliés.
L’offensive de l’armée syrienne commence le 6 janvier à Alep et ne
s’arrête que devant les portes de Hassaké dans le nord-est de la Syrie.
La volte-face des tribus et des combattants arabes au sein des FDS est
largement commentée parmi la population de la région autonome, tout
comme la position de Washington, perçue comme une trahison. En effet,
Tom Barrack, l’ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial
pour la Syrie et le Liban, déclare le 20 janvier sur X : "L’objectif
initial des FDS en tant que principale force anti-État islamique sur le
terrain a largement disparu, Damas étant désormais disposé et en mesure
d’assumer les responsabilités en matière de sécurité, y compris le
contrôle des centres de détention et des camps de l’organisation de
l’État islamique."
Hikmet Habeeb, lui-même arabe et ancien président de l’assemblée
cantonale de la région autonome du nord-est, nous accueille dans son
bureau. Il tente une explication : "Les tribus arabes suivent le plus
fort. Ils étaient avec nous quand nous les avons protégés contre
l’organisation de l’État islamique (OEI). Mais maintenant que le
gouvernement de Damas arrive dans la région, ils retournent leur veste.
Bien avant l’offensive de Damas, un important chef de tribu arabe nous
avait fait savoir déjà que si l’armée syrienne arrivait avec des
membres de [sa] tribu, [ils n’allaient] pas [se] battre contre eux."
Avec la défection des arabes au sein des FDS, les effectifs avaient
rapidement diminué de 100 000 à 50 000. Impossible, dans ces
conditions, de tenir le front à l’est de l’Euphrate. Les FDS décident
alors de ne pas se battre pour Raqqa et Deir ez-Zor, évitant ainsi un
bain de sang, et de se concentrer sur les villes à majorité kurde.
Hikmet Habeeb reconnaît : « Nous sommes confrontés à des défections de
tous les côtés. De plus, des médias panarabes comme Al-Jazira et
Al-Arabiya ne ratent pas une seule occasion de noircir les Kurdes et
les FDS avec une propagande mensongère. » Kamal Chomani, rédacteur en
chef du journal en ligne The Amargi explique que les problèmes de
gouvernance et les abus des FDS étaient connus bien avant : « Les
Kurdes eux-mêmes en sont les critiques les plus virulents. Mais la
vague actuelle de dénigrement des Kurdes est dictée par l’évolution des
alliances. »
La nécessité d’un nouvel accord
Un cessez-le-feu de trois jours est déclaré le lendemain de notre
arrivée au « Rojava », le 18 janvier 2026. La menace est momentanément
suspendue. Mais les pourparlers n’avancent toujours pas. Damas veut
tirer avantage de sa victoire militaire sur le terrain et impose un
texte en six points à la délégation kurde à Damas. Dans les faits,
c’est une pure et simple demande de capitulation : adhésion
individuelle – et non en tant que brigades – des FDS à l’armée
syrienne, après vérification sécuritaire, et deux heures optionnelles
d’apprentissage de la langue kurde dans les villes où les Kurdes sont
majoritaires. Mazloum Abdi, le commandant général des FDS, et son
équipe quittent la table des négociations.
Beaucoup de commentateurs décrivent l’attitude kurde comme «
maximaliste », un « refus du compromis » en raison de la domination la
branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Mais les
Kurdes que nous rencontrons, des officiels, des commerçants, des
travailleurs ou des journalistes, sont unanimes : ils refusent toutes
et tous une reddition ou une capitulation. « Nous ne nous sommes pas
battus avec autant de détermination et avec autant de morts pour aussi
peu de résultats », nous explique Ahin, une jeune étudiante à
l’université à Qamishli.
Face au risque de la perte de tout le « Rojava » et d’un bain de sang,
la direction kurde tente de se frayer un chemin tout en traçant les
lignes rouges : elle accepte la gestion des frontières, des aéroports
et des ressources énergétiques par Damas, mais exige de conserver
l’autodéfense des villes à majorité kurde, une gestion politique
décentralisée du territoire et la préservation des droits culturels
kurdes — notamment leur langue.
De son côté, Abdullah Öcalan, le chef du PKK, menace de rompre le
processus de paix engagé avec la Turquie si le « Rojava » continue à
être attaqué. La diaspora kurde se mobilise. Cette pression populaire,
combinée aux efforts diplomatiques de Massoud Barzani et Bafel
Talabani, les deux dirigeants kurdes irakiens, finit par convaincre
Ankara, Damas et Washington de la nécessité d’un nouvel accord.
Car sans accord, les cercueils n’auraient pas cessé d’arriver, comme en
ce jour au cimetière de Qamishli, où l’on enterre dix jeunes tués dans
les confrontations récentes à Raqqa. Rohilat Afrin, la commandante des
YPJ, les Unités de protection des femmes, ne décolère pas. Devant la
foule et sous une pluie battante, elle crie : « Nous nous sommes
durement battues pour nos droits, nous allons les garder. »
Dans la région autonome, les femmes jouent un rôle primordial dans
toutes les sphères de la société. Dans les négociations en cours, rien
ne filtre sur le rôle des combattantes. Sur la ligne de front, l’une
d’entre elles assure que « les femmes ne vont pas retourner dans leur
cuisine si jamais le régime de Damas reprend le contrôle de cette
région. »
Des milliers de nouveaux déplacés
Le 22 janvier, nous nous mettons en route pour la ligne de front à
Hassaké, ville mixte arabo-kurde, à deux heures de route de Qamishli.
Les troupes de Damas se trouvent à deux kilomètres du centre-ville. Si
Hassaké tombe, la région à majorité kurde se trouvera tellement réduite
qu’elle deviendra économiquement invivable.
Quand nous rentrons le lendemain à Qamishli, les drapeaux des FDS
symbolisant une Syrie fédérale ont disparu. Restent ceux des YPG et
YPJ, ainsi que le drapeau du Kurdistan — rouge, blanc et vert avec le
soleil au milieu — aussi utilisé par le Gouvernement régional du
Kurdistan irakien. Les principaux concernés se sentent abandonnés de
tous. Finis les principes de la coexistence entre les peuples. Il ne
leur reste que la solidarité inter-kurde. Bilal, journaliste kurde,
nous confie : "Le PKK a perdu des plumes. Son projet de coexistence
entre les peuples ne fonctionne visiblement pas. Les gens ici regardent
désormais vers les Kurdes d’Irak. Mais soyons honnêtes : sans les
guérilleros du PKK, descendus de la montagne de Qandil en 2014, Kobané
ne serait pas libérée et le génocide contre les yézidis à Chengal
n’aurait pas été arrêté. C’est le PKK qui avait ouvert un corridor et
sauvé des dizaines de milliers de vies."
Le 24 janvier, nous visitons une école à Qamishli occupée par des
familles qui ont emporté avec elles les biens qui leur restaient.
L’offensive récente de Damas a créé 150 000 nouveaux déplacés internes,
selon un comptage de l’Administration autonome. Pour certains, c’est le
quatrième ou cinquième déplacement. Walid Ali, un quinquagénaire
originaire d’Afrin, raconte son calvaire : "Nous sommes partis d’abord
d’Afrin à Tel Rifaat, où nous sommes restés sept ans. En janvier 2026,
des milices syriennes pro-turques nous ont de nouveau attaqués et nous
avons dû fuir vers Tabqa. Ensuite, l’armée syrienne est arrivée et nous
sommes partis pour Raqqa. Une fois Raqqa tombée, nous nous sommes
déplacés vers Hassaké. Et nous voici maintenant à Qamishli."
Evin, une jeune fille de 17 ans, fond en larmes : « Nous avons dû
partir à quatre reprises. Nous n’avons jamais eu l’opportunité d’aller
à l’école. J’en ai marre d’être déplacée. » Ces déplacés viennent
s’ajouter au demi-million de déplacés internes causés par l’agression
turque de 2018 et 2019. Ils auraient dû pouvoir rentrer chez eux à la
suite de l’accord du 10 mars 2025, mais celui-ci est resté lettre
morte. Cependant, plusieurs personnes, plutôt âgées, sont rentrées à
Afrin. Les déplacés espèrent un nouvel accord pour pouvoir rentrer.
L’espoir malgré tout
Le 30 janvier 2026, la nouvelle tombe enfin : un accord est conclu
entre Damas et les Kurdes. Mais ce n’est pas la fête. Les visages
restent sombres. Les termes de l’accord ne suscitent guère
d’enthousiasme. Simplement le soulagement que Damas ait fini par
accepter les lignes rouges tracées par les Kurdes. Les négociateurs
kurdes, Mazloum Abdi et Ilham Ahmed, considèrent avoir évité un bain de
sang. Les institutions de l’Administration autonome seront intégrées en
tant que telles dans le nouvel État syrien. Les déplacés pourront
rentrer chez eux. La Turquie doit se retirer des zones occupées.
Hozane Ehmed, Kurde syrienne originaire de Hassaké, regarde la nouvelle
situation d’un œil plutôt positif : "Les FDS gardent trois brigades à
Hassaké et une brigade à Kobané. Cela ne s’appelle pas une autonomie
militaire, mais ce n’est pas non plus une intégration individuelle
comme l’avait exigé Damas. Les régions de Hassaké, Amoude, Derik et
Qamishli devraient s’autogérer avec une présence policière conjointe ou
très discrète de la part de Damas. Le seul problème qui demeure
concerne Kobané et Afrin, qui seront liées à la province d’Alep, et pas
aux provinces à majorité kurde dans l’est de la Syrie, donc sans
continuité territoriale. Kobané est d’ailleurs toujours assiégée. Nous
avons perdu du territoire, mais nous avons gagné la reconnaissance de
nos droits en tant que peuple kurde, chose que l’on n’avait pas
auparavant."
Nous quittons la Syrie par là où nous sommes entrés. Entre-temps, les
autorités kurdes ont déclaré que le poste-frontière de Semalka restera
sous contrôle des FDS avec, seulement, la présence de quelques
fonctionnaires de Damas. Une victoire de plus pour la solidarité
inter-kurde.
Pour les
Kurdes syriens, la fin d'un rêve d'autonomie?
Dans une base militaire du nord de la Syrie, Roksan Mohammad,
mitraillette à l'épaule, dit avoir été en première ligne des combats
contre les jihadistes.
Mais le sort de son unité féminine est aujourd'hui incertain, après un
accord avec Damas mettant fin de facto à l'autonomie des Kurdes syriens.
"Nous avons fait beaucoup de sacrifices, le sang de milliers de martyrs
a été versé, dont beaucoup de mes proches compagnons", raconte la
porte-parole des Unités de protection de la femme (YPJ), une longue
tresse brune tombant sur son treillis.
Les YPJ font partie des forces kurdes qui ont vaincu, avec le soutien
de Washington, le groupe Etat Islamique (EI) en Syrie, mais s'estiment
aujourd'hui lâchées par les Etats-Unis au profit du nouveau président
islamiste Ahmad al-Chareh.
Sous la pression militaire de Damas, un accord a été annoncé le 30
janvier qui impose aux Kurdes d'intégrer leurs forces militaires et
leurs institutions civiles au sein de l'Etat.
Dans ce cadre, "le sort des combattantes kurdes semble être l'un des
plus grands problèmes", estime Mutlu Civiroglu, un analyste basé à
Washington spécialisé dans le dossier kurde.
"Les Kurdes n'accepteront pas la dissolution des YPJ", ajoute-t-il,
expliquant que "dans leur système politique, les femmes ont un statut
élevé", chaque poste de responsabilité étant doté d'une direction
bicéphale, formée d'un homme et d'une femme.
"Notre combat va se poursuivre (..) Nous allons intensifier notre lutte
avec ce gouvernement qui n'accepte pas les femmes", assure Roksan
Mohammad, 37 ans.
- "Absorption" ou "adhésion" -
Les Kurdes doivent remettre à l'Etat les champs pétroliers,
principale
source de financement de l'administration autonome, les
postes-frontières et l'aéroport de leur zone et intégrer leurs forces
au sein de quatre brigades.
Mais les deux parties divergent sur l'interprétation de l'accord, en
particulier, selon M. Civiroglu, sur la question de l'autonomie.
"L'administration de Chareh comprend l'intégration comme une
absorption, alors que les Kurdes la voient comme l'adhésion à un nouvel
Etat tout en conservant leur propre identité et leurs priorités",
décrypte-t-il.
Pour beaucoup, l'accord signe le glas de l'autonomie des Kurdes, qui
avaient au cours de la guerre civile (2011-2024) pris le contrôle d'une
vaste zone riche en pétrole du nord et du nord-est de la Syrie.
"Nous vivions de façon quasiment indépendante du reste de la Syrie (..)
mais ce n'est plus le cas", regrette Hussein al-Issa, 50 ans, dans son
bureau du département de l'éducation de l'administration kurde.
"Associé à la perte de territoires au cours du mois dernier, l'accord
du 30 janvier semble annoncer la fin des ambitions kurdes d'établir un
système fédéral ou décentralisé en Syrie", estime Winthrop Rodgers,
analyste à Chatham House.
Dans le face-à-face entre l'armée syrienne et les forces kurdes, "la
décision de l'administration Trump de ne pas intervenir a été un
facteur décisif, aux côtés des défections des Arabes et des tribus" qui
étaient intégrés aux Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par
les Kurdes)", explique-t-il.
- "Pas une balle" -
Les Kurdes cachent mal leur amertume face au revirement de leur
puissant parrain, qui avait établi des bases de la coalition
antijihadiste dans les zones sous leur contrôle.
"Nous ne tirerons pas une balle contre Damas pour vous", a lancé
l'émissaire spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, au chef des
FDS Mazloum Abdi, selon une source proche des participants à un
rendez-vous des deux hommes au Kurdistan d'Irak en janvier.
"L'abandon américain a été un véritable coup dur pour le peuple kurde",
déplore Hussein al-Issa. "Les Américains ont leurs intérêts, et leurs
intérêts avec nous se sont terminés quand on a fini de combattre l'EI",
résume-t-il, soulignant que la Turquie, alliée de Washington et de
Damas, a également "fait pression" pour mettre fin à l'autonomie kurde.
M. Barrack avait estimé le 20 janvier que "la mission initiale" des
FDS, en tant que principale force anti-EI, avait largement pris fin,
Damas ayant rejoint la coalition antijihadiste.
- Défections -
Les Etats-Unis soutiennent désormais Ahmad al-Chareh, qui a
renversé
Bachar al-Assad en décembre 2024 et est déterminé à imposer son
autorité sur l'ensemble du pays morcelé par la guerre.
Face aux tergiversations dans l'application d'un accord initial avec
les Kurdes, signé en mars 2025, il est passé à l'offensive militaire en
janvier.
Mais il a évité de nouveaux épisodes de violences avec la minorité
kurde, après les massacres d'alaouites et des combats avec les druzes
qui ont terni les premiers mois de son pouvoir.
"Les autorités se sont coordonnées avec les clans arabes des régions
sous contrôle des FDS plusieurs mois avant l'offensive", pour obtenir
leur ralliement et ainsi "se déployer dans ces zones sans effusion de
sang", déclare une source proche du pouvoir à l'AFP.
Les Arabes formaient environ la moitié des effectifs des FDS, estimés
au total à quelque 100.000 combattants.
La défection soudaine des tribus arabes a forcé les troupes kurdes à se
retirer sans combattre des provinces à majorité arabe de Raqa et Deir
Ezzor et à se replier vers le coeur de la zone kurde.
- "Pas de droits" -
Pour damer le pion aux dirigeants kurdes, M. Chareh a annoncé, en
plein conflit le 16 janvier, reconnaître par décret les droits
nationaux des Kurdes dont la langue est désormais officielle, une
première depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.
Hussein al-Issa, qui enseigne la langue kurde, craint pourtant de
perdre les acquis de l'autonomie. "Nous avons très peur pour nos
enfants qui étudient en kurde, depuis la maternelle, jusqu'à
l'université. Que vont-ils devenir?".
Cette minorité, estimée à quelque deux millions de personnes sur une
population syrienne de 20 millions, se dit victime d'une discrimination
historique, notamment sous le règne des Assad.
"Nous vivions alors dans un système politique où il n'y avait ni
culture, ni langue, ni droits politiques et sociaux (..) nous étions
privés de tout cela", se souvient Roksan Mohammad. (AFP, 20 fév 2026)
99
mineurs détenus pour soutien aux Kurdes de Syrie, selon un parti
pro-kurde
Le parti pro-kurde DEM en Turquie a accusé jeudi la police turque
d'avoir arrêté 99 jeunes de moins de 18 ans pour avoir pris position
contre l'offensive syrienne visant les Kurdes dans le nord de la Syrie
le mois dernier.
Dans une pétition adressée à la commission des droits de l'homme du
Parlement, huit députés du parti DEM ont déclaré qu'"au moins 99
mineurs avaient été arrêtés" en janvier en lien avec la Syrie, a
indiqué le parti dans un communiqué.
Le parti demande l'ouverture d'une enquête parlementaire.
Parmi les jeunes interpellés, 25 ont été placés en détention sur
décision d'un tribunal. Les 74 autres mis en garde à vue ont été
relâchés par la suite.
Les procureurs ont ouvert contre eux des enquêtes pour "propagande
organisée".
Le parti cite le cas d'un jeune de 16 ans arrêté à Izmir pour une vidéo
et une chanson publiées en ligne sur le tressage des cheveux, qui a été
soumis à une fouille à nu dans les locaux de détention pour mineurs de
la ville.
Le mois dernier, le tressage des cheveux est devenu un symbole de
solidarité avec les Kurdes syriens, en pleine offensive militaire de
Damas dans le nord-est de la Syrie pour réaffirmer son autorité,
déclenchant des protestations parmi les Kurdes de Turquie.
Le DEM a déclaré que certains des mineurs interpellés avaient été
"privés de leur droit de voir un avocat pendant 24 heures", que
d'autres avaient subi des "violences physiques" pendant leur détention,
avaient été interrogés sans la présence d'un représentant légal et
avaient été "contraints de signer des documents sous la pression".
D'autres ont été "contraints de se soumettre à une fouille à nu" à leur
entrée dans les centres de détention, ont été "victimes d'insultes et
d'injures" ou ont vu leurs "cheveux coupés sans leur consentement".
Pendant l'opération en Syrie, les réseaux sociaux ont été inondés de
vidéos montrant des femmes se tressant les cheveux en réponse à une
vidéo montrant un soldat syrien tenant une tresse qu'il affirmait avoir
coupé à une combattante: (AFP, 19 fév 2026)
Rencontre à Munich entre Rubio et des
responsables syriens, dont des Kurdes
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a
rencontré vendredi son homologue américain Marco Rubio en marge de la
Conférence sur la sécurité de Munich, où ils ont discuté du récent
accord avec les Kurdes, selon un communiqué officiel.
La réunion a porté sur "les derniers développements nationaux et
régionaux, tout en soulignant l'unité, la souveraineté et l'intégrité
territoriale" de la Syrie, a indiqué le ministère syrien des Affaires
étrangères dans un communiqué.
Les Etats-Unis ont exprimé leur soutien à "l'accord d'intégration
récemment conclu avec les Forces démocratiques syriennes", a-t-il
ajouté, en référence aux FDS, des forces en majorité kurde qui avaient
joué un rôle clé dans la lutte antijihadiste en Syrie.
Le ministère a publié des photos de la réunion à Munich montrant, aux
côtés de M. Chaibani, le commandant des FDS Mazloum Abdi et la
responsable kurde Ilham Ahmed, qui ont participé à la rencontre.
Fin janvier, Damas et les responsables kurdes avaient annoncé être
parvenus, après des mois d'impasse et des combats, à un accord
prévoyant l'intégration au sein de l'Etat syrien des forces et de
l'administration de la zone autonome kurde, établie dans le nord-est du
pays à la faveur de la guerre (2011-2024).
Les Etats-Unis avaient soutenu les forces kurdes dans leur lutte contre
les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) à partir de 2014.
Mais après le renversement de Bachar al-Assad fin 2024 et l'arrivée au
pouvoir de l'islamiste Ahmad al-Chareh, ils ont soutenu le nouveau
président dans sa détermination à imposer son autorité sur l'ensemble
du territoire.
M. Abdi a de son côté annoncé qu'il avait participé à la réunion avec
le secrétaire d'Etat américain, la qualifiant de "positive" dans des
déclarations aux médias. Il a déclaré qu'ils avaient discuté "du
processus d'intégration et de la particularité du peuple kurde".
La réunion a coïncidé avec la nomination par Damas d'un gouverneur
kurde pour la province de Hassaké, bastion kurde dans le nord-est,
selon un décret publié vendredi, en application de l'accord avec les
FDS.
L'agence de presse officielle Sana a indiqué que Nour al-Din Ahmed Issa
avait été nommé à ce poste. (AFP, 13 fév 2026)
La ville de
Diyarbakir livre 25 camions d'aide à Kobane
L'aide humanitaire envoyée par la ville turque à majorité kurde de
Diyarbakir (sud-est) est parvenue mercredi soir à la localité syrienne
kurde de Kobané après avoir été bloquée précédemment à la frontière par
les autorités turques, ont annoncé les organisateurs à l'AFP.
Ce convoi composé principalement de matériel de première nécessité -
eau, couches, lait, produits d'hygiène, couvertures, radiateurs et
aliments - avait été arrêté la semaine dernière au poste-frontière le
plus proche de Kobane et renvoyé à Diyarbakir par les autorités turques.
Cette fois, le convoi est passé par le poste-frontière de Kilis, 160 km
plus loin, précisent les organisateurs dans leur communiqué, soulignant
avoir préparé les envois avec l'Agence turque de secours en cas de
catastrophe (AFAD).
La ville de Kobane est restée le symbole de la première victoire des
forces kurdes contre les jihadistes du groupe Etat islamique en 2015.
Au terme d'un accord avec les combattants majoritairement kurdes des
Forces de défense syriennes (FDS), l'armée syrienne a entrepris au
début du mois de se déployer tout autour.
Cet accord avec Damas, qui prévoit l'intégration des FDS à l'armée
syrienne, met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes. (AFP, 12 fév 2026)
Les Kurdes
priés de capituler face à l’État turc
Le texte de Mehmet Uçum, conseiller principal du président turc,
intitulé « Une Turquie sans terrorisme », et les récentes déclarations
de Devlet Bahçeli, dirigeant du MHP (Parti d’action nationaliste), ne
témoignent pas d’une nouvelle ouverture démocratique sur la question
kurde ; ils s’inscrivent plutôt dans une stratégie globale de
manipulation, de tromperie et de répression des revendications
nationales [kurdes]. Cette stratégie se déploie non seulement sur le
plan rhétorique, mais aussi par des violences sur le terrain, des
techniques de guerre spéciales et la mainmise sur la sphère politique.
Dans ce contexte, les Kurdes sont simultanément confrontés à une
rhétorique de « fraternité », d’« unité », d’« intégration » et de «
garantie », tout en subissant violence, coercition et politiques
d’élimination, notamment dans le nord et le nord-est de la Syrie. Cette
double approche est une méthode classique de gouvernance : d’abord,
disperser par la force, puis présenter la capitulation comme une paix.
Le discours de Mehmet Uçum : un projet d’intégration coloniale
Le texte de Mehmet Uçum ne propose aucune approche reconnaissant les
Kurdes comme sujets politiques. Au contraire, il lie
inconditionnellement leur avenir au paradigme « une nation, un État »
présenté par l’État turc comme une « réalité objective ». La volonté
politique indépendante des Kurdes, leurs revendications collectives et
leur droit à l’autodétermination sont d’emblée niés. L’affirmation « La
Turquie est la garante des Kurdes » reflète une conception en apparence
protectrice, mais fondamentalement paternaliste et coloniale. Dans
cette perspective, les Kurdes ne sont pas considérés comme un peuple
suffisamment mature pour décider de son propre avenir ; ils sont plutôt
perçus comme un élément à gouverner, à diriger et à discipliner. La «
libération » des Kurdes est conditionnée par leur obéissance aux
frontières tracées par l’État [turc ou les puissance hégémoniques du
XXe siècle ?].
Le rôle de « bon flic » de Bahçeli et l’imposition de la capitulation
Les récentes déclarations de l’État Bahçeli [qui affirmait que la
question kurde était résolue et qu’il fallait libérer Ocalan et
Demirtas etc.] illustrent parfaitement cette stratégie. Jusqu’à il y a
quelques semaines, Bahçeli prônait ouvertement la reddition, la
liquidation et la suppression du statut du Rojava. De fait, après le 6
janvier 2026, les zones sous contrôle kurde du nord et du nord-est de
la Syrie ont été la cible d’une violence extrême et d’un usage intensif
de la force armée ; des milliers de Kurdes ont été tués, des centaines
de milliers déplacés, et les acquis politiques et sociaux des Kurdes
ont été anéantis. L’apparition de Bahçeli sur la scène politique, avec
une rhétorique d’« espoir », de « paix » et de « retour au pays »,
précisément après la fin de ce processus de liquidation, est un exemple
flagrant de la tactique du bon et du mauvais flic. Ces déclarations ne
sont pas un appel à la paix ; elles normalisent la reddition et exigent
l’oubli. Ces appels, lancés comme si ce qui s’est passé au Rojava
n’avait jamais eu lieu, constituent une opération de manipulation de
l’opinion publique visant à tromper les Kurdes.
La voie d’Öcalan après février 2025 et l’harmonie avec l’État
L’accent mis par Abdullah Öcalan sur « l’intégration », la « société
démocratique » et la « solution non violente », qui a pris de
l’importance à partir de février 2025, a été réinterprété et
instrumentalisé par l’État. Le discours d’Öcalan est devenu un point de
référence légitime pour discipliner et limiter la sphère politique
kurde. Le problème n’est plus la recherche d’une solution, mais
l’imposition d’une solution dans le cadre unilatéral défini par l’État.
Le droit des Kurdes de contester ce cadre, de développer des voies
politiques alternatives ou de poursuivre leurs revendications
nationales est réprimé sous prétexte de « perturbation du processus ».
La ligne de collaboration au sein du DEM : l’empoisonnement de la
sphère politique
Au sein même du parti DEM, certaines figures jouent un rôle crucial
dans cette stratégie. Elles défendent une ligne qui présente le respect
des frontières définies par l’État comme du « réalisme » et la
soumission comme une « politique responsable ». Cette position
affaiblit la conscience nationale kurde, érode leurs réflexes de
résistance et corrompt la sphère politique kurde de l’intérieur. Au
lieu de représenter la volonté du peuple kurde, cette approche
privilégie la transmission des attentes de l’État à la société kurde.
Ainsi, les Kurdes sont soumis à un mécanisme de médiation issu de leurs
propres rangs.
Conséquences de la violence : éveil et renforcement de la conscience
nationale
Cependant, la réalité sur le terrain a déjoué les calculs de l’État.
Les attaques contre le nord et le nord-est de la Syrie n’ont pas
intimidé les Kurdes ; au contraire, elles ont galvanisé les Kurdes du
monde entier, renforcé leur conscience nationale et révélé plus
clairement qui sont amis et qui sont ennemis. Ce processus a démontré à
l’opinion publique que les Kurdes sont ciblés non seulement
militairement, mais aussi politiquement, socialement et
intellectuellement. Par conséquent, les dernières tentatives de les
soumettre doivent être analysées avec soin et clarté par les Kurdes. Le
problème n’est ni la paix ni une solution ; il s’agit d’une tentative
de les dépouiller de leur identité et de les subjuguer. L’autoritarisme
structurel et la stagnation démocratique de l’État turc. Pour
comprendre ce processus, il est nécessaire d’examiner la situation
structurelle de l’État turc. En Turquie, tous les sous-systèmes sont
concentrés dans la sphère d’influence du président ; le législatif, le
judiciaire et la bureaucratie sont largement sous le contrôle de
l’exécutif. Cette structure n’est pas démocratique ; il s’agit d’un
appareil d’État de plus en plus autoritaire. Il est irréaliste
d’attendre d’une telle structure une solution égalitaire, libertarienne
et juste pour les Kurdes.
Une issue pour les Kurdes : volonté nationale et stratégie de la
diaspora
Dans ces conditions, l’avenir des Kurdes ne repose pas sur les
frontières tracées par d’autres, mais sur leur volonté de forger leur
propre destin. La voie à suivre se concrétise autour de quelques points
clés :
• Renforcer l’unité nationale kurde et surmonter la fragmentation de la
structure politique ;
• Mettre en place des structures solides, professionnelles et
institutionnelles au sein de la diaspora ;
• Créer des groupes de réflexion, des écoles de diplomatie et des
centres d’élaboration des politiques ;
• Développer des alliances stratégiques avec des communautés
organisées, telles que la diaspora juive, afin de mener une lutte
commune contre les politiques antisémites et antikurdes ;
• Renforcer l’indépendance politique par la création de coentreprises
économiques et la mise en commun des ressources ;
• S’engager dans une lutte politique efficace, non seulement avec les
cercles marginaux de gauche au sein de la diaspora, mais aussi au sein
des partis de centre-droit et libéraux.
Les écrits de Mehmet Uçum, les déclarations de Devlet Bahçeli et la
ligne collaborationniste du DEM visent non pas à assurer l’avenir des
Kurdes, mais à les dépouiller de leur identité, à les contraindre à
abandonner leurs revendications nationales et à les soumettre à un
contrôle total.
À l’inverse, une nouvelle conscience, un nouvel éveil et une nouvelle
responsabilité historique attendent les Kurdes. L’avenir d’un peuple ne
peut se construire que par sa propre volonté et sa force organisée.
Aujourd’hui, la tâche fondamentale qui incombe aux Kurdes est de
dénoncer la tromperie, de rejeter les discours de capitulation et de
tracer une nouvelle voie fondée sur la dignité nationale, l’égalité et
la liberté. (article publié sous le titre de « Amed Mardin : L’avenir
des Kurdes face à la désidentification, à la domestication et à
l’imposition de la soumission » par le site Nupel TV. (armenews, 7
février 2026)
The siege
of Kobanê: an ongoing crime against humanity and
a global failure

Appeal by Kurdistan National Congress - KNK
Today marks the seventeenth day of an unbroken and suffocating siege
against the city of Kobanê in Rojava-Kurdistan. While the world speaks
of progress and a ceasefire related to the 30 January agreement and its
supposed implementation, the reality for more than half a million
civilians is one of engineered deprivation: a total cutoff of
electricity, running water, and communications, alongside a systematic
blockade of life-saving humanitarian aid. It is not a humanitarian
crisis, but a calculated crime in progress, conducted in the full view
of a silent international community.
The siege exposes the fatal hypocrisy at the heart of the current
political process. Turkey, which played a central role in designing the
military offensive against Rojava, now enforces a cruel embargo by
refusing to open its border. The Mürşitpınar crossing remains sealed,
with aid convoys deliberately blocked or turned back. At the same time,
Ankara cynically proposes that aid be routed through Damascus, the very
authority implementing the siege on Kobanê at Turkey’s direction. This
two-faced policy is not a solution; it is an attempt to deceive the
international community and treat global institutions as fools. It
reveals a coordinated strategy to strangle Kobanê, making the
population pay the price for its historic resistance that defeated
ISIS.
The responsibility for this outrage lies with a clear axis: the
Damascus Interim Government, which implements the siege, and the
Turkish state, which directs and enables it. But the shame extends
further. The US-led Global Coalition against ISIS, the European Union
(EU), the UN, and global humanitarian agencies just watching what's
happening: The city that broke ISIS's backbone is now being broken by
hunger and cold. Their inaction violates the very principles of human
rights and humanitarian law these institutions claim to uphold.
If the UN, the EU and international institutions all fulfill their
fundamental duty to protect civilians, then they must at the very least
remove all obstacles to popular solidarity. The Kurdish people will not
abandon their responsibility. An unprecedented national unity has
emerged across all parts of Kurdistan and throughout the diaspora. Our
people possess both the will and the capacity to support their brothers
and sisters in Kobanê.
We are therefore in our unambiguous demands to the orchestrators of
this crime and their international institutions
1) Lift the siege and embargo on Kobanê immediately! Open all borders
and access routes now!
2) Establish an independent, UN-mandated international mechanism to
monitor, report on, and guarantee the permanent end of the siege and
the safe passage of all humanitarian aid.
The people of Kobanê, who taught humanity the meaning of defiance, are
watching. History will judge this moment not by the agreements signed,
but by the siege that was or was not broken.
Break the Siege of Kobanê! (KNK, 5 Feb 2026)
Le convoi d'aide pour Kobane bloqué par les autorités
Le convoi d'aides collectées par la plateforme de solidarité avec la
population de Kobane, ville à majorité kurde du nord de la Syrie, a été
interdit de passage et renvoyé par les autorités turques à Diyarbakir,
ont annoncé les organisateurs mercredi à l'AFP.
Vingt-cinq camions contenant de l'eau, du lait, des préparations pour
nourrissons et des couvertures étaient partis samedi de Diyarbakir,
grande ville à majorité kurde du sud-est de la Turquie.
"Malgré toutes les démarches, leur passage vers Kobane n'a pas été
autorisé", a annoncé la Plateforme de protection et de solidarité de la
ville de Diyarbakir.
Les camions ont été bloqués au poste-frontière de Suruç, qui fait face
à Kobane, mais les organisateurs avaient pensé obtenir l'autorisation
de traverser une centaine de km plus loin à Araz, ont ils expliqué.
"Cependant, la délégation n'ayant pas non plus obtenu l'autorisation,
les camions sont rentrés à Diyarbakir" précisent-ils mercredi.
la ville de Kobane est restée le symbole de la première victoire des
forces kurdes contre les jihadistes du groupe Etat islamique en 2015.
Au terme d'un accord avec les combattants majoritairement kurdes des
Forces de défense syriennes (FDS), l'armée syrienne a commencé lundi
soir à se déployer autour de la localité.
Cet accord avec Damas qui prévoit l'intégration de FDS à l'armée
syrienne met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes. (AFP, 4 fév 2026)
Les forces gouvernementales entrent dans le bastion
kurde de Qamichli
Les forces gouvernementales syriennes sont entrées mardi dans le
bastion kurde de Qamichli, au coeur de la zone autonome établie par les
Kurdes dans le nord-est de la Syrie, conformément à un accord entre
cette minorité et Damas.
Un correspondant de l'AFP sur place a vu une colonne des forces de
sécurité formée de blindés et de véhicules pénétrer dans la ville et
établir des barrages de contrôle à ses entrées.
Si des Syriens brandissaient des drapeaux aux abords de Qamichli pour
célébrer cette arrivée, des habitants ont fait part de leurs
inquiétudes.
"Je ne suis pas du tout à l'aise avec l'entrée de ces forces dans nos
villes", a témoigné Mohammed al-Sayyed, 29 ans, employé dans une
boutique de vêtements. "Notre crainte pour l'avenir est claire: qu'ils
reproduisent l'expérience" de l'ex-président syrien Bachar al-Assad,
"avec des arrestations, des enlèvements et des mesures de répression
sécuritaires", a-t-il déclaré à l'AFP par téléphone.
Mais pour Saad Mohammed, 35 ans, professeur de langue kurde, "c'est une
bonne chose à condition que le gouvernement s'engage à résoudre la
question kurde dans le cadre de la Constitution et que l'intégration
soit équitable pour tous les employés kurdes".
Répartis entre la Syrie, l'Irak, l'Iran et la Turquie, les Kurdes
affirment que leurs tentatives d'établir un Etat indépendant ont été
systématiquement réprimées par les puissances régionales et
internationales au cours de leur histoire.
- Espoirs d'autonomie anéantis -
Les autorités locales kurdes avaient imposé mardi un couvre-feu à
Qamichli pour faciliter l'opération, qui s'est déroulée sans accroc.
L'activité était paralysée dans la ville, où les places et les
devantures des magasins fermés étaient ornées de drapeaux kurdes,
rouge, blanc et vert frappés d'un soleil.
L'accord annoncé vendredi sous la pression militaire de Damas vise à
intégrer les institutions et les forces kurdes au sein de l'Etat syrien.
Il anéantit les espoirs des Kurdes de conserver la zone autonome qu'ils
avaient instaurée dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de
la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024.
Les forces de sécurité de Damas étaient déjà entrées lundi dans la
ville de Hassaké, qui était sous contrôle kurde.
Le chef des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées
par les Kurdes), Mazloum Abdi, avait indiqué que seule une "force de
sécurité limitée", et non l'armée, entrerait à Hassaké et Qamichli.
Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Noureddine al-Baba, a
précisé que les forces de sécurité kurdes, les Assayech, seraient
"intégrées dans les rangs" du ministère qui payera désormais leur solde.
Saluant la diversité de la Syrie, il a inspecté leurs quartiers
généraux à Qamichli, selon la télévision d'Etat.
Les FDS avaient été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes
du groupe Etat islamique (EI) en Syrie menée par les Etats-Unis, qui
soutiennent désormais le nouveau pouvoir syrien.
Des forces gouvernementales ont également commencé à se déployer lundi
soir dans les villages autour de Kobané, une poche kurde située plus à
l'ouest dans la province d'Alep.
Cette ville, séparée territorialement de la zone autonome kurde, est le
symbole de la première victoire kurde contre l'EI en 2015.
Le président islamiste Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024
le pouvoir de Bachar al-Assad, est déterminé à imposer son autorité sur
l'ensemble du territoire syrien.
Avec le déploiement de ses troupes dans la zone kurde, il ne reste plus
que la région druze de Soueïda, dans le sud, qui échappe à son
contrôle. (AFP, 3 fév 2026)
Entre
résignation et inquiétudes, les Kurdes face au retour de Damas
Le temps est lourd sur la ville de Qamishli où plusieurs jours de pluie
se sont succédé depuis la fin des hostilités entre Forces Démocratiques
Syriennes (FDS) et les combattants emmenés par le gouvernement de
transition syrien, lesquels ont annoncé vendredi 30 janvier, un accord
global pour l’intégration progressive des forces militaires et de
l’administration de la zone autonome kurde au sein de l’État syrien.
Malgré les conditions difficiles et des tensions toujours palpables,
les commerces sont largement ouverts et la vie suit son cours. L’espoir
renaît même à l’idée d’imaginer la fin des pénuries causées par près de
quinze années de guerre. « Si tout se passe bien et que la stabilité
revient, on aura plus de produits dans les magasins, on aura de
l’essence de meilleure qualité et puis on ne vivra plus avec la peur de
la guerre et de l’extrémisme tous les jours », décrit enthousiasmé
Jamel, un jeune habitant de Qamishli, bientôt diplômé d’agronomie.
Même son de cloche chez ce pâtissier originaire d’Alep qui tient
boutique proche du souk dans le centre-ville : »La paix et la sécurité
sont les deux seules choses dont nous avons
besoin aujourd’hui. Si Dieu veut, nous vivrons ensemble, toutes
communautés confondues et la prospérité reviendra pour tous »,
philosophe-t-il, souriant.
Les doutes et la suspicion persistent
Mais tous les commerçants n’ont pas vu l’avancée des forces
gouvernementales comme une opportunité économique. Alors qu’une partie
de sa famille est encore assiégée à Kobané dont il est originaire,
Ibrahim Mesko un orfèvre kurde résidant à Amoudé, a pris soin de mettre
une large partie de ses bijoux à l’abri, angoissé à l’idée que des
pillages des biens appartenant à des Kurdes aient lieu.
« J’ai apporté une partie de mon stock à Derik (Al Malikiyeh), près de
la frontière irakienne. Si les djihadistes arrivent jusqu’à nous, il
faudra qu’on achemine nos biens de l’autre côté de la frontière »,
détaille l’orfèvre, inquiet pour ses proches et sa famille. « Mes fils
Sardar et Hamoudi sont coincés à Kobané. Il n’y a plus de produits
frais et ils mangent des conserves depuis plusieurs jours »,
déplore-t-il, soulignant que ce blocus rappelle les heures les plus
sombres de Kobané, lorsque les Kurdes étaient assaillis par
l’organisation État Islamique durant la guerre.
Malgré ces craintes, les combats semblent bel et bien terminés.
Difficile toutefois pour tout un chacun de mesurer la teneur des
conséquences que ce nouvel accord va avoir sur la région. Pour nombre
de Kurdes, c’est un désaveu, la fin du vieux rêve d’indépendance et le
retour sous la férule d’un État autoritaire qui ne vise qu’à les
soumettre. « Il y a deux jours encore, les bandes du gouvernement
attaquaient nos positions aux environs de Hassaké et maintenant il
faudrait qu’on se serre la main et qu’on considère que nous sommes
frères ? » s’interroge Farhad, un soldat des FDS en permission
rencontré à Amoudeh.
Mais pour d’autres, plus réalistes, c’est l’inévitable résultat des
évolutions politiques dans la région : « Au départ, les gens voyaient
cela comme une défaite, mais après le discours de Mazlum Abdi le
commandant des FDS beaucoup ont changé d’opinion. Ils comprennent que
cet accord est satisfaisant pour le moment. Nous avons fait des
erreurs, assumons-les. Le fait qu’Abdi ait refusé un poste au ministère
de la défense a aussi marqué les esprits. Cela donne l’impression qu’on
gardera toujours une forme d’indépendance » analyse Ghassan Bazo, un
traducteur originaire de Qamishli.
Après l’abandon des tribus arabes qui formaient le gros des troupes des
FDS, les factions kurdes se sont effectivement retrouvées dans
l’incapacité de résister aux avancées des forces gouvernementales.
Seule une pression de la communauté internationale a permis l’arrêt des
combats et de relancer les négociations entre Kurdes et pouvoir syrien
pendant que la population retenait son souffle.
La solidarité kurde ne faiblit pas
Mais pendant que les FDS subissaient les coups des forces du
gouvernement central, les kurdes de toute la région n’ont pas cessé de
se mobiliser pour venir défendre leurs frères et sœurs du Rojava. « Dès
les événements d’Alep où les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et
Ashrafieh ont été attaqués, nous avons décidé de venir prendre part à
la résistance », explique Ako, un jeune kurde originaire de la province
de Sulaymaniyah en Irak.
Lui et trois de ses amis ont établi leurs quartiers à Cel Agha, où les
combats ont continué jusqu’aux dernières heures précédant l’accord
bilatéral entre Damas et l’administration autonome, (AANES), conclu
vendredi 30 janvier. Ce bourg situé entre Qamishli et la frontière
irakienne est stratégique car il aurait permis aux armées de Damas de
couper les routes d’approvisionnement des kurdes venant d’Irak.
« Nous resterons ici jusqu’à ce que les agresseurs se retirent ou
soient vaincus, comme à Kobané en 2015 », promet le jeune homme qui a
subi une journée de formation au maniement des armes avant de rejoindre
la seconde ligne du front de Cel Agha. Le discours est très similaire
pour Narin, une Kurde originaire de Turquie qui est membre des forces
de sécurité de la ville de Qamishli : « Le Rojava est notre pays à nous
les Kurdes et nous nous devons de le protéger » affirme-t-elle, sans
pour autant répondre clairement ce qu’elle fera si l’AANES et le
pouvoir central s’accordent sur un retrait des combattants étrangers.
Les zones d’ombre sont multiples alors que le déploiement d’agents
gouvernementaux approche. Si le retour du pouvoir central se fait dans
le calme, il y aura encore de nombreux obstacles à surmonter pour
assurer une intégration pérenne et complète de la communauté kurde au
sein des institutions publiques syriennes. (L'Humanité, 1 fév 2026)
Arrest for following a social media post featuring a
hair braiding video
A court in İzmir formally arrested a 16-year-old on charges of
"spreading terrorist propaganda" following a social media post
featuring a hair braiding video. The child was sent to Şakran
Children's Prison after appearing before a court.
The arrest is linked to a widespread social media protest where women
braided their hair, referred to as kezî in Kurdish, in response to the
desecration of a Kurdish woman fighter's body by forces affiliated with
the Damascus interim government.
A man identifying as a member of the Free Syrian Army (FSA) shared a
video on Jan 21 showing him cutting the hair braid of a member of the
Women’s Protection Units (YPJ) in Raqqa, which the Damascus forces took
over from the Kurdish groups. Since then thousands of women globally
have shared videos of themselves braiding their hair to protest the
incident, including senior politicians.
Lawyer Edhem Kuruş told Mezopotamya Agency (MA) that the child's
detention has serious implications for the right to education and the
principle of protecting children.
"Depriving a student of their liberty due to social media posts is a
severe and disproportionate legal intervention," Kuruş said.
He added that the best interests of the child should be prioritized and
that "arrest should be a last resort." Kuruş described the situation as
"concerning for the principles of freedom of expression and the rule of
law."
Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party MP Gülistan Kılıç-Koçyiğit
also criticized the arrest on social media. "We are faced with a
mentality that is afraid of children and uses laws against them; an
understanding that ignores violence against women while targeting
everyone who objects," she stated. (BIA, 1 Feb 2026)
Damas et les Kurdes annoncent un accord,
salué par Washington et Paris
Après des mois d'impasse et de violents combats, Damas et les Kurdes
ont annoncé vendredi un accord sur l'intégration progressive des forces
et de l'administration de la zone autonome kurde au sein de l'Etat
syrien, salué par Washington et Paris.
Cet accord "global", selon le terme utilisé par les deux camps, porte
un coup aux espoirs d'autonomie des Kurdes, le nouveau pouvoir
islamiste étant déterminé à imposer son autorité sur l'ensemble du
territoire syrien.
Les Etats-Unis, qui soutenaient les forces kurdes dans leur lutte
contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) avant d'infléchir
leur position avec l'arrivée fin 2024 du président Ahmad al-Chareh, ont
salué une "étape historique" dans l'unification de la Syrie.
La France, par la voix du président Emmanuel Macron, a "félicité" les
deux parties et affirmé qu'elle "appuierait pleinement" la mise en
oeuvre de l'accord.
Il intervient après le récent revers subi par les puissantes Forces
Démocratiques syriennes (FDS, dominées par les kurdes), qui ont dû
céder à l'armée de larges pans de territoire.
Le texte prévoit que les forces de sécurité de Damas se déploient dans
la zone autonome kurde, établie par cette minorité dans le nord et le
nord-est du pays au cours de la guerre civile (2011-2024).
- "Spectre de la guerre" -
Cet accord "éloigne le spectre imminent de la guerre", se réjouit
Raman Sido, un habitant de la ville à majorité kurde de Qamichli,
interrogé par l'AFP.
Il offre certaines concessions aux Kurdes comparé à un précédent texte
annoncé le 18 janvier par Damas et rejeté par cette minorité.
Ainsi, les FDS resteront regroupées au sein d'une division de l'armée
syrienne, constituée de trois brigades.
"Les trois brigades seront établies dans notre région (..) et les
commandants seront des Kurdes", a expliqué lors d'une conférence de
presse une haute responsable de l'administration kurde, Elham Ahmed.
En outre, les forces kurdes de la poche de Kobané, plus à l'ouest,
formeront une brigade au sein de l'armée.
Kobané, séparée territorialement de la zone autonome et ville symbole
de la victoire des combattants kurdes contre l'EI, est actuellement
cernée par l'armée.
Les "administrations de la zone autonome seront intégrées au sein des
institutions de l'Etat syrien, et les employés civils seront maintenus"
dans leurs fonctions, ajoute également le texte.
Lars Hauch, expert du cabinet de conseil Conflict Mediation Solutions,
pointe que le texte "reste flou sur les questions cruciales" de la
décentralisation administrative et sécuritaire.
Selon une source gouvernementale citée par la télévision officielle,
"l'Etat va prendre le contrôle de toutes les institutions civiles et
gouvernementales, ainsi que les postes-frontières" avec la Turquie et
l'Irak.
Elham Ahmed a affirmé que l'accord établissait "un cessez-le-feu
permanent".
La trêve avait été prolongée le 24 janvier pour 15 jours, notamment
pour permettre l'évacuation par les Etats-Unis vers l'Irak de milliers
de jihadistes, auparavant détenus par les forces kurdes.
- Ne pas "lâcher" les Kurdes -
La responsable kurde a indiqué que "les Etats-Unis et la France
étaient les garants" de l'accord et "avaient promis de surveiller le
processus".
Elle a cependant critiqué le "rôle négatif" qu'avait joué selon elle
Washington en considérant que la mission des FDS, la lutte contre l'EI,
était terminée.
A Paris, une source à l'Elysée a souligné que la France, qui a assuré
ne pas vouloir "lâcher" les Kurdes, avait déployé "beaucoup d'efforts
diplomatiques".
Damas et les Kurdes avaient signé en mars 2024 un accord pour
l'intégration des institutions de la zone autonome au sein de l'Etat,
mais les négociations n'avaient jamais abouti.
Le pouvoir syrien a lancé début janvier une offensive qui lui a permis
de déloger les combattants kurdes de deux quartiers qu'ils tenaient
dans la ville d'Alep (nord), avant de les pousser à se retirer des
provinces de Raqa et Deir Ezzor.
Ce retrait a été accéléré par la défection massive des combattants
arabes au sein des FDS, qui se sont ralliés au pouvoir syrien.
Dans le même temps, le président Chareh avait publié un décret
accordant des droits nationaux à la minorité kurde, dont la langue sera
désormais officielle au côté de l'arabe.
"Nous n'avons pas confiance en ce gouvernement. Regardez ce qu'ils ont
fait à Damas, à Soueïda et sur la côte", s'inquiète toutefois Abou Ali,
un boutiquier de 40 ans à Qamichli, en référence aux massacres
d'alaouites et de druzes après la prise du pouvoir par les islamistes.
(AFP, 30 jan 2026)
Un club de foot sanctionné pour "propagande" prokurde
Le plus important club de football kurde de Turquie, Amedspor, a été
sanctionné jeudi par le Conseil de discipline de la Fédération turque
de football (TFF), accusé d'avoir fait la "propagande" des combattants
kurdes de Syrie dans une vidéo, a annoncé la TFF.
Sur des images partagées la semaine passée sur le compte Instagram
d'Amedspor, une femme assise dans les tribunes du stade du club se fait
tresser les cheveux, avec en fond sonore une chanson reprenant le
slogan kurde "Jin, jiyan, azadi" ("Femmes, vie, liberté").
La vidéo en cause et de nombreuses autres publiées récemment sur les
réseaux sociaux s'inscrivent en réaction à des images d'un soldat
syrien se vantant d'avoir coupé la natte d'une combattante kurde dans
le nord-est de la Syrie, où les forces gouvernementales et kurdes se
font face.
Le club de Diyarbakir, principale ville du sud-est à majorité kurde de
Turquie, écope d'une amende de 802.500 livres turques (15.500 euros
environ) pour "propagande idéologique", et son président d'une
suspension de 15 jours de toutes activités liées au football pour avoir
"porté atteinte à la réputation du football" turc, écrit la TFF dans un
communiqué.
Contacté par l'AFP, le président d'Amedspor, Nahit Eren, a indiqué
avoir fait appel de cette décision, se refusant à tout autre
commentaire.
Mardi, M. Eren, ancien bâtonnier de Diyarbakir, avait dénoncé sur X des
"tentatives visant à impliquer notre club dans diverses polémiques".
Actuel leader du championnat de seconde division turque, Amedspor
pourrait accéder cette année à la première division pour la première
fois de son histoire. (AFP, 30 jan 2026)
Les rassemblements interdits jusqu'à samedi à la
frontière syrienne
Les autorités turques ont interdit jusqu'à samedi soir tout
rassemblement dans la province de Mardin (sud-est), frontalière de la
Syrie, où l'offensive de Damas contre les combattants kurdes du
nord-est syrien suscite la colère, a annoncé lundi le gouvernorat
provincial.
Un appel à manifester mardi à Nusaybin, localité de la province de
Mardin située face à la ville syrienne de Qamichli, avait été lancé par
le parti prokurde turc DEM, en dépit du cessez-le-feu en vigueur dans
le nord de la Syrie.
Lors d'une précédente marche la semaine passée pour dénoncer
l'offensive de Damas sur la région semi-autonome du nord-est syrien
tenue par des combattants kurdes, plus d'un millier de manifestants
prokurdes avaient tenté de forcer le poste-frontière de Nusaybin pour
entrer en Syrie.
"À l'exception des événements jugés appropriés (...), toute action
destinée à être menée dans des espaces ouverts (rassemblements,
marches, conférences de presse, grèves de la faim, sit-in, installation
de stands, montage de tentes, distribution de tracts/brochures,
accrochage d'affiches/bannières, etc.) est interdite", écrit le
gouvernorat de Mardin dans un communiqué.
Les autorités turques, engagées dans un processus de paix avec les
combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdisent
déjà depuis vendredi - et jusqu'à lundi soir - les rassemblements en
extérieur à Diyarbakir, la principale ville du sud-est à majorité kurde.
Les affrontements dans le nord de la Syrie font craindre un
déraillement du processus de paix entre Ankara et le PKK.
Les combattants kurdes de Syrie ont accusé lundi les forces
gouvernementales d'avoir tué cinq civils dans des bombardements sur la
région de Kobané (nord), malgré le cessez-le-feu en cours.
En octobre 2014, de violentes manifestations avaient éclaté en Turquie
pour protester contre le siège de la ville de Kobané, à majorité kurde,
par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), faisant près de 40
morts. (AFP, 26 jan 2026)
Minorités
/ Minorities
La déclaration de l’Association
des Armeniens democrates de Belgique
Au peuple de Rojava, à l’opinion publique,
Le peuple de Rojava traverse des jours difficiles, attaqué par l’État
turc et ses troupes (alliées) djihadistes en Syrie, avec la bénédiction
des États occidentaux et des pays du Golfe.
Les premières attaques ont débuté dans les quartiers kurdes d’Alep,
puis se sont rapidement poursuivies dans les régions de l’est de la
Syrie, facilitées par le changement d’alliance de tribus arabes
syriennes faisant partie des Forces démocratiques syriennes.
Jetant des centaines de milliers de personnes sur les routes :
massacres, viols, exactions. Encore des images de têtes coupées,
d’oreilles coupées, de scalps de jeunes filles, de marchés d’esclaves
de jeunes filles kurdes.
Ces images nous sont familières, du temps de l’État islamique, mais
aussi de la guerre d’agression contre l’Artsakh(Karabagh) en 2020, où
les djihadistes envoyés par l’État turc monnayaient la tête d’Arménien
à 100 $, les oreilles à 50 $… Et encore une fois, le silence du « monde
civilisé », car les anciens djihado-islamistes, coupeurs de têtes hier,
sont aujourd’hui devenus des alliés fréquentables, reçus dans le Bureau
ovale de la Maison-Blanche et à l’Élysée.
Les acquis du Rojava sont piétinés. Les combattants, essentiellement
kurdes, au nombre de 13 500, tombés en luttant pour débarrasser
l’humanité des islamo-fascistes d’un autre temps, sont aujourd’hui
pourchassés par ces mêmes islamo-fascistes, sans que le monde ne bouge.
Il n’est pas question de mettre en compétition les souffrances, mais
les forces qui manifestent pour Gaza n’y sont pas dans les
manifestations pour le Rojava et ne semblent pas s’intéresser aux
horreurs qui s’y déroulent. Cette attitude donne à réfléchir.
Aujourd’hui, il est plus qu’urgent de se dresser contre ces exactions
et massacres afin d’être solidaires avec les peuples du Rojava. Ce qui
se passe là-bas doit concerner l’ensemble de l’humanité.
Il y a eu plusieurs accords, de plus en plus défavorables aux forces du
Rojava, sans être suivis d’effets sur le terrain. Le dernier accord du
29/01/2026 pourrait lui aussi ne pas être respecté. La mise en pratique
de ces accords est liée au rapport de force créé ; si ce rapport est
défavorable au peuple du Rojava, cet accord risque également d’être
caduc.
Nous appelons à un sursaut de l’opinion publique afin que ce dernier
accord soit respecté.
Nous appelons également les forces politiques du Rojava à tirer les
leçons de l’histoire des peuples opprimés de Turquie, et notamment du
peuple arménien, qui a déjà traversé un cheminement presque identique
face à ce même État turc. Notre lecture politique est que la Turquie
des Jeunes-Turcs et la Turquie d’aujourd’hui sont identiques sur le
plan idéologique, avec les mêmes réflexes racistes et fascistes.
Cet État n’a qu’un seul but : en finir avec les nations et minorités
nationales qui existent en Turquie, par la force ou par l’assimilation
forcée. Cette même politique est proposé actuellement à ses alliés
djihadistes de Syrie.
Il appartient aux dirigeants du peuple du Rojava de décider la
politique à mener, mais nous souhaitons qu’ils ne fassent pas les mêmes
erreurs que les dirigeants politiques arméniens il y a plus de 100 ans
et surtout l’expérience de la guerre d’Artsakh (Karabagh) depuis 1988
ainsi que les politiques inconséquentes des dirigeants d’Arménie.
Nous restons solidaires du peuple kurde et saluons l’unité créée du
peuple kurde avec le Rojava, qui pourrait être le début de la création
de l’unité de la nation kurde. (AADB, 2 février 2026)
Les derniers Arméniens quittent le
Karabakh
Onze personnes, parmi lesquelles se trouvent probablement les derniers
résidents d’origine arménienne du Haut-Karabakh, ont été évacuées
vendredi du Karabakh vers l’Arménie.
Le ministre arménien du Travail et des Affaires sociales, Arsen
Torosian, a été le premier à annoncer l’arrivée des dix Arméniens du
Karabakh et d’une femme d’origine russe. Peu après, la ministre de la
Santé, Anahit Avanesian, a déclaré qu’ils avaient tous subi un examen
médical dans la ville de Goris, dans le sud-est de l’Arménie. L’un
d’entre eux a été hospitalisé à la suite de cet examen, a-t-elle
indiqué dans un bref message publié sur Facebook.
Le gouvernement arménien n’a pas révélé l’identité des évacués. Il a
ainsi laissé les proches d’une poignée d’Arméniens du Karabakh, qui
avaient refusé de fuir la région lors de sa reconquête par
l’Azerbaïdjan en septembre 2023, dans l’incertitude quant à leur sort.
Parmi eux figure Eleonora Hambardzumian, qui n’avait pas réussi à
convaincre son frère Slavik, âgé de 67 ans, de se réfugier en Arménie à
l’époque. Il a décidé de rester à Khnatsakh, un village situé à 15
kilomètres à l’est de Stepanakert.
Torosian a déclaré que les 11 habitants du Karabakh avaient eux-mêmes
demandé à être transportés en Arménie. Gegham Stepanian, médiateur des
droits de l’homme en exil au Karabakh, a remis en question cette
affirmation.
« Non seulement ils n’ont pas dit qu’ils voulaient venir [en Arménie],
mais j’ai également des informations selon lesquelles une personne a
été persuadée par ses proches de partir, ceux-ci lui ayant dit qu’ils
étaient prêts à organiser son départ par l’intermédiaire de la
Croix-Rouge, mais cette personne a refusé », a-t-il déclaré au service
arménien de RFE/RL.
Stepanian a ajouté qu’il ne savait pas exactement ce qui avait motivé
leur départ du Karabakh.
« Il y a peut-être eu des discussions entre les autorités arméniennes
et azerbaïdjanaises, à la suite desquelles il a été décidé de prendre
une telle mesure », a-t-il déclaré.
Plus de 100 000 Arméniens du Karabakh, soit la quasi-totalité de la
population restante de la région, ont fui vers l’Arménie en l’espace
d’une semaine après l’attaque de l’Azerbaïdjan en septembre 2023. Bakou
nie que cet exode massif soit le résultat d’un nettoyage ethnique
commis par ses soins.
Le nombre exact d’Arméniens qui ont choisi de ne pas quitter leur
patrie n’a jamais été connu. Les médias contrôlés par l’État
azerbaïdjanais ont utilisé certains d’entre eux à des fins de
propagande.
Un autre Arménien du Karabakh, Karen Avanesian, a été arrêté par les
services de sécurité azerbaïdjanais en septembre dernier pour avoir
prétendument comploté un attentat « terroriste » contre le président
azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Un tribunal azerbaïdjanais a condamné M.
Avanesian à 16 ans de prison le 25 décembre, à l’issue d’un procès
qualifié de simulacre par les avocats spécialisés dans les droits de
l’homme en Arménie. Citant les anciennes autorités sanitaires du
Karabakh, ils affirment que cet homme de 58 ans souffre d’une grave
maladie mentale et n’aurait jamais dû être jugé.
Au début du mois de décembre, les dirigeants arméniens en exil du
Karabakh, basés à Erevan, ont promis de continuer à se battre pour le
droit des Arméniens déplacés du Karabakh à retourner dans leur patrie,
malgré le refus du gouvernement arménien d’aborder cette question sur
la scène internationale. Le Premier ministre Nikol Pashinian a déclaré
à plusieurs reprises que les réfugiés devaient cesser d’espérer
retourner au Karabakh et s’installer en Arménie. (NAM, 25 jan 2026)
Politique
intérieure/Interior Politics
Une commission parlementaire prône la
"réintégration" des combattants kurdes
La commission parlementaire turque chargée de préparer un cadre légal
au processus de paix avec la guérilla kurde du PKK a formellement
adopté son rapport mercredi, excluant toute amnistie des combattants.
Les cinquante députés recommandent cependant que les membres du Parti
des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme mouvement
terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux, soient "réintégrés"
dans la société turque, après jugement.
Ils ne suggèrent pas non plus de libérer Abdullah Öcalan, 76 ans, chef
historique et fondateur du PKK incarcéré depuis 1999, qui a exhorté
l'an passé les combattants kurdes à déposer les armes et à dissoudre le
mouvement.
Sa libération avait été exigée fin novembre par des responsables du PKK
retranchés dans le nord de l'Irak.
Les recommandations formulées dans ce rapport doivent être incluses
dans un projet de loi qui sera soumis au Parlement à une date encore
non précisée.
Des députés ont confié à l'AFP que les débats devraient s'ouvrir après
le mois de Ramadan, qui commence jeudi.
Le président Recep Tayyip Erdogan a salué "une avancée significative",
relevant que "tous les partis" représentés dans la commission avaient
voté le texte. "Certaines mesures concrètes devront être prises jusqu'à
la dissolution complète du mouvement terroriste", a-t-il ajouté.
"La loi doit viser la réintégration dans la société des individus qui
rejettent les armes et la violence", indiquent les auteurs du rapport,
recommandant qu'ils soient jugés afin de ne "pas créer une perception
d'impunité et d'amnistie dans la société".
Le rapport recommande en outre de "renforcer la liberté d'expression"
en Turquie pour éviter que certaines opinions ne valent à leurs auteurs
d'être poursuivis pour "terrorisme".
"Régler durablement le problème du terrorisme exige des politiques
multidimensionnelles (...) qui ne se limitent pas à la seule dimension
sécuritaire", a insisté le président du parlement turc Numan Kurtulmus
en présentant le rapport, évoquant une "responsabilité historique".
- "élimination du terrorisme" -
La commission transpartisane, dont les travaux ont démarré début
août,
a pour mission d'avancer des solutions pour une paix durable et un
désarmement complet du PKK, dont le conflit avec l'Etat turc depuis
1984 a fait plus de 50.000 morts selon Ankara.
À la suite de discussions entamées en octobre 2024 par les autorités
via le parti prokurde DEM, le PKK a annoncé sa dissolution en mai 2025,
répondant à un appel lancé par Abdullah Öcalan.
Ce dernier a estimé lors de la dernière visite d'élus du DEM sur l'île
d'Imrali (nord-ouest) où il est détenu, lundi, que "le contenu du
rapport de la commission sera extrêmement important pour la suite du
processus" et qu'aborder la question sous le seul angle de
"l'élimination du terrorisme" conduirait à une "impasse".
M. Öcalan avait pris connaissance à cette occasion d'éléments figurant
dans le brouillon du rapport final.
Depuis son lancement en octobre 2024, à l'initiative du parti
nationaliste MHP allié du gouvernement turc, les autorités ont toujours
parlé d'une "Turquie sans terrorisme" pour évoquer le processus de paix.
Le PKK, créé en 1978, a renoncé à ses revendications séparatistes par
la lutte armée, mais entend continuer de réclamer la reconnaissance et
l'égalité des droits pour la minorité kurde, qui représente environ 20%
de la population turque.
Il a annoncé fin octobre le retrait de ses derniers combattants
présents en Turquie vers le nord de l'Irak, où plusieurs dizaines de
combattants en treillis avaient symboliquement brûlé leurs armes en
juillet.
La commission parlementaire transpartisane est composée de 50 députés,
dont 22 issus du parti AKP (islamo-conservateur) du président Recep
Tayyip Erdogan. Dans les rangs de l'opposition figurent notamment cinq
élus du parti prokurde DEM. (AFP, 18 fév 2026)
Altercation violente au Parlement après la
nomination du ministre de la Justice
Une violente altercation a éclaté mercredi 11 février 2026 au Parlement
turc, à la suite de la nomination du nouveau ministre de la Justice
dans le cadre d’un remaniement gouvernemental décidé par le président
Recep Tayyip Erdoğan.
Lors de la séance consacrée à la prestation de serment du nouveau
membre du gouvernement, des députés de la majorité et de l’opposition
se sont affrontés physiquement. La séance a dû être suspendue
temporairement afin de permettre un retour au calme.
Une nomination qui cristallise les tensions politiques
Au centre de la controverse figure la nomination d’Akın Gürlek, ancien
procureur en chef d’Istanbul. Plusieurs figures de l’opposition lui
reprochent d’avoir supervisé des procédures judiciaires visant des
responsables politiques opposés au pouvoir, qu’elles jugent
politiquement orientées.
Des députés de l’opposition ont tenté d’empêcher sa prestation de
serment, provoquant une confrontation directe avec des élus de la
majorité. Malgré ces incidents, le nouveau ministre a finalement prêté
serment.
Un remaniement gouvernemental élargi
Cette nomination intervient dans le cadre d’un remaniement ministériel
plus large, présenté comme le premier ajustement gouvernemental majeur
depuis les élections de 2023.
Dans ce même mouvement, un nouveau ministre de l’Intérieur a également
été nommé.
Un climat politique particulièrement tendu
Cette séquence s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes
entre le pouvoir et l’opposition en Turquie, notamment autour de
procédures judiciaires visant des élus locaux et des figures politiques
majeures.
Le pays reste par ailleurs engagé dans des débats institutionnels
sensibles, dans un climat politique marqué par une forte polarisation.
(BIA, 12 Feb 2026)
Les Copains Turcs d’Epstein
Ragıp Duran, TVXS.GR, 10 février 2026
Le héros du scandale mondial de la pédophilie, de la pornographie, du
trafic de mineur Jeffrey Epstein a également des relations, des acteurs
voire des réseaux en Turquie selon les nouveaux documents publiés par
le parquet américain le 30 janvier dernier
Il s’agit de 3 millions de pages de documents, des messages, des notes
envoyés et reçus par Epstein, plus environ 180 milles photos et 2
milles vidéos.
Le nom de Tom Barrack, ambassadeur des Etats-Unis à Ankara et envoyé
spécial de Trump en Syrie est cité plusieurs dizaines de fois.
Deux noms de deux Turcs bien connus des médias du pays et du secteur du
tourisme sont Mucahid Oren et Fettah Tamince paraissent dans ces
documents.
Le premier, très proche du régime Erdogan, s’est contenté d’un simple
démenti dans lequel il précise qu’il avait demandé à Epstein de le
mettre en contact avec l’homme d’affaires anglais Richard Branson.
Le second, patron d’un holding d’hôtellerie, a déclaré qu’il était
normal d’avoir des relations professionnelles dans le secteur du
tourisme. Epstein avait demandé à Tamince ‘’d’envoyer des instructeurs
de massage’’.
Le nom de l’avocat turc Mehmet Arda Beskardes, résident à New York, qui
a reçu un chèque de 2500 dollars américains d’Epstein garde le silence.
Trois autres noms turcs sont cités dans ces nouveaux documents :
L’ancien Premier Ministre Ahmet Davutoğlu, une ancienne Miss Turkey
dont le nom n’est pas révélé et un certain Landon C. Thomas Jr. de
l’Université de Bosphore (Bogazici).
Le porte-parole du Parti de l’Avenir de Davutoglu a déclaré que le nom
de leur Président est cité dans un contexte dont Davutoglu n’est pas au
courant et qu’il n’a aucun rapport avec Epstein.
De même, le porte-parole de l’Université Bosphore a précisé que Landon
C. Thomas Jr. ‘’n’est pas un dirigeant ou un membre de l’Université’’.
Namık Tan, ancien ambassadeur aujourd’hui responsable des relations
internationales du CHP (Opposition, 138 sièges sur 592) a posé une
question écrite au ministre de l'Intérieur sur ‘’les enfants enlevés et
vendus’’. Plusieurs autres membres de l’opposition désirent également
une enquête approfondie pour révéler en détail les Turcs qui avaient
collaboré avec Epstein.
Le Parti DEM (Parti de l’Egalité et de la Démocratie des Peuples,
kurdes et gauches, 56 députés) déposera une requête pour l’ouverture
d’une enquête parlementaire au sujet ‘’des enfants perdus après le
séisme de 1999’’ en rapport avec le scandale Epstein!
18.373 citoyens étaient morts, 48.901 blessés et 5.840 personnes, dont
la majorité des enfants, étaient portés disparus selon les chiffres
officiels. Les ONG et les spécialistes estiment qu’il faut multiplier
ces chiffres au moins par deux pour obtenir de vrais résultats.
Plusieurs députés de l’opposition et des journalistes croient
qu'Epstein a enlevé des centaines de jeunes filles portées disparues
après le séisme du 17 août 1999. Les pilotes de l’avion privé d’Epstein
auraient transporté des orphelines de la Turquie vers l’île de vice
d’Epstein aux Caraïbes selon les interrogations du parquet américain
pas encore terminées.
Le scandale Epstein est également à la une des médias turcs. Les
chroniqueurs essaient d’expliquer les relations entre Epstein, les
services de renseignement d’Israël et les manipulations
politico-diplomatiques entre Washington et Ankara.
Par ailleurs, Gursel Goncu, chroniqueur du site d’Internet
d’information générale, le T24, constate un aspect controversé du débat
en cours :
La droite conservatrice et religieuse chez nous essaie d’analyser le
scandale sous un angle d’anti-occidentalisme. ‘’L’occident est pourri
moralement’’ disent-ils. La gauche, anti-américaine de son côté accuse
le capitalisme et l’impérialisme comme responsable de ce scandale.
‘’Mais ce qui est bizarre et inexplicable’’ écrit Gursel, ‘’c’est que
les noms des personnes conservatrices, voire islamiques et ceux des
gens anti-capitalistes sont cités dans les documents officiels’’.
Faut-il alors parler d’un complot dirigé par une coalition des
conservateurs et des anti-capitalistes ?
Le Prince Héritier malgré lui : Bilal Erdogan
Ragip Duran, TVXS.GR, 1er février 2026
Au pouvoir depuis 2002, le Président Erdogan (72) avait déjà en
septembre 2017 parlé d’une fatigue des métaux quand il a vu son parti
perdre des voix. Depuis, selon les sondages d’opinion et le parti au
pouvoir et le Président Erdogan ne cessent de perdre des points. Par
ailleurs, sa santé n’est pas très bonne, constate-t-on sur les écrans
de TV. Il ne peut marcher que très lentement, il a un regard assez flou
et parfois, il a des difficultés à lire et à prononcer ses discours.
A l’intérieur même du Parti de la Justice et du Développement (AKP,
Islamiste/néo-libéral, 275 sièges sur 592) la succession de M. Recep
Tayyip Erdogan est à l’ordre du jour depuis au moins 6 mois.
Trois personnes sont sur la ligne de départ : M. Bilal Erdogan(44) fils
cadet du Président, M. Selcuk Bayraktar (46) gendre du Président et M
.Hakan Fidan (57) actuellement Ministre des Affaires étrangères.
Ce dernier serait le favori de l’établissement politique, car il a de
multiples réseaux dans le pays et à l’étranger. Militaire de formation,
docteur en Relations Internationales, il a travaillé à l’OTAN et était
le Président de la TIKA, Agence Turque de Coopération et de
Coordination qui est responsable des projets économiques et industriels
turcs à l’étranger. Il a dirigé les Services de Renseignement turcs et
a beaucoup d’expérience sur la scène régionale et internationale.
Selcuk Bayraktar, est le PDG-fondateur du Baykar Teknoloji, une des
plus grandes sociétés de production de drones et de missiles. Ingénieur
de formation, il n’a aucune expérience politique et ne serait pas
intéressé selon son entourage pour un poste politique.
Reste alors le fils Bilal. Bachelier du Lycée İmam-Hatip (lycée de
Religieux Professionnel) il a pu obtenir une licence en Sciences
Politiques de l’Université de Harvard avec le soutien de plusieurs
personnalités turques et américaines proche du Président. Il a voulu
même obtenir un doctorat en Italie au Centre Européen de l’Université
John Hopkins à Bologne. Mais le Parquet italien l’avait accusé de
blanchiment d’argent et il a dû quitter l’Italie.
Il est depuis trois mois à la une des médias du pouvoir. Il participe à
des inaugurations, organise des conférences, accorde des interviews.
‘’Il poursuit sa campagne’’ croient les opposants.
Bilal est quand même dans la langue populaire turque le synonyme
d‘’imbécile’’. Les conversations téléphoniques avec son père lors du
scandale du 17-25 décembre 2013 montrent qu’il est incapable de
comprendre les messages de son père et de répondre. Lors de ce
scandale, les policiers proches du secte Gulen avaient organisé des
descentes chez les proches d’Erdogan chez qui ils avaient trouvé des
millions de dollars, d’euro et de livres turques, sommes des gains
illégaux et illégitimes.
La majorité des membres du pouvoir s’oppose à la candidature de M.
Bilal Erdogan, mais le Président lui-même ne peut avoir confiance qu’à
son fils, selon les rumeurs en provenance du Palais. Il y a quand même
quelques ex-députés et ex-responsables du Parti qui soutiennent M.
Bilal.
Ce dernier était l’invité mercredi dernier d’une municipalité proche du
pouvoir pour une séance d'"Une Seule Question/ Une Seule Réponse". Les
jeunes ont posé leurs questions et M. Bilal a répondu.
‘’Comment vous gagnez votre vie ?’’ était probablement la meilleure
question posée. M. Bilal a essayé de répondre à cette question en
racontant sa carrière d’homme d’affaires: ‘’Ce fut d’abord avec mes
amis dans le secteur cosmétique. J’étais simplement un associé. Plus
tard, on est passé dans la restauration. On a aujourd’hui plusieurs
restaurants en Turquie, un à Dubaï et un prochain à Bakou. Je suis donc
dans le secteur de l’alimentation’’ a-t-il annoncé.
Il a probablement oublié de parler du fameux groupe maritime BMZ, qu’il
avait fondé avec son oncle et son beau-père. BMZ a vendu en 2017,
cinq
de ces navires-citernes pour 75 millions de dollars américaines. BMZ
était accusé de transporter du matériel à Israël même après l’attaque
de Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et les opérations meurtrières
d’IDF (les Forces de Défense d’Israël) contre Gazza.
Enfin, ‘’Bilal sera un très bon Président pour cette Turquie qui a
complètement perdu la conscience’’ ironise un professeur de droit
public en exil en Allemagne.
Forces
armées/Armed Forces
La Turquie
déploie des chasseurs F-16 en Somalie
La Turquie a déployé des avions de chasse F-16 en Somalie, ont affirmé
deux responsables turcs à l'AFP alors qu'Ankara cherche à étendre sa
présence militaire dans la Corne de l'Afrique.
Selon l'un de ces responsables s'exprimant sous couvert d'anonymat, ces
appareils seront utilisés par les militaires turcs stationnés en
Somalie, pays allié de la Turquie.
"C'est pour notre propre sécurité", a déclaré cette source, soulignant
que les avions ne sont pas destinés aux pilotes de l'armée somalienne.
Ce déploiement de F-16 intervient après la reconnaissance fin décembre
par Israël du Somaliland, une république autoproclamée, une démarche
qualifiée par Ankara "d'ingérence flagrante dans les affaires
intérieures de la Somalie".
Le Somaliland a unilatéralement fait sécession de la Somalie en 1991,
mais cette dernière estime qu'il fait toujours partie de son territoire.
Ankara est un soutien militaire et économique important de la Somalie,
qui a sombré dans les années 1990 dans une guerre civile ayant conduit
à l'effondrement de l'Etat.
La plus grande base militaire turque à l'étranger a été inaugurée dans
la capitale somalienne, Mogadiscio, en 2017.
Ankara maintient sur place une force opérationnelle et un commandement
aérien "afin de contribuer au développement des capacités de lutte
contre le terrorisme de la Somalie par le biais d'une assistance
militaire, de formations et d'activités de conseil", selon le ministère
turc de la Défense. (AFP, 30 jan 2026)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
La plupart des familles de jihadistes étrangers ont
disparu du camp d'al-Hol
Une grande partie des milliers de femmes et d'enfants de jihadistes,
qui étaient retenus dans le camp d'al-Hol en Syrie, l'ont quitté après
le retrait des forces kurdes, selon des sources humanitaires et des
témoins interrogés par l'AFP.
Al-Hol, le plus grand camp de familles du groupe Etat Islamique (EI) en
Syrie, abritait quelque 24.000 personnes, dont environ 6.300 femmes et
enfants étrangers dans une section sous haute sécurité, connue sous le
nom d'Annexe.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) s'en
sont retirées le 20 janvier, sous la pression de l'armée qui y est
entrée le lendemain.
La récente offensive dans le nord-est des forces de Damas, déterminées
à imposer leur autorité sur l'ensemble du territoire syrien, avait
suscité des inquiétudes sur le devenir des centres de prisonniers de
l'EI, présents dans la région.
"Depuis samedi dernier, il n'y a pas plus d'une vingtaine de familles
dans l'Annexe", a précisé l'une des sources sous couvert d'anonymat.
Une autre source au sein d'une organisation humanitaire a confirmé que
le bâtiment était désormais presque "vide".
On comptait des familles de 42 nationalités, dont un grand nombre de
femmes et d'enfants originaires de Russie, du Caucase et des
républiques d'Asie centrale, que leurs pays respectifs refusent de
rapatrier.
- Transfert clandestin -
Un témoin a raconté à l'AFP avoir vu des hommes armés évacuer du
camp
des femmes voilées à bord de voitures après la prise de contrôle des
forces gouvernementales.
Les autorités n'ont pas officiellement commenté ces informations mais
une source au sein de l'administration du camp, qui relève désormais du
ministère des Affaires étrangères, a déclaré qu'un recensement était en
cours.
Interrogée au sujet de la disparition des familles, elle a répondu "que
la responsabilité de tout cela, si c'est avéré, incombait aux FDS qui
se sont retirées sans processus de remise" du camp aux forces syriennes.
Selon les sources humanitaires, certains ont rejoint la partie du camp
où vivaient quelque 15.000 Syriens et plus de 2.200 Irakiens, qui
semble également s'être vidée d'une partie de ses habitants, selon les
sources interrogées par l'AFP.
Des images vidéos consultées par l'AFP montrent des rues de la section
du marché du camp, d'ordinaire bondé, presque désert.
D'autres familles ont "été clandestinement transférées vers Idleb et
d'autres provinces" syriennes, ajoute une source humanitaire.
Idleb (nord-ouest) abritait de nombreux jihadistes étrangers et c'est
une coalition islamiste partie de ce bastion rebelle qui avait lancé
fin 2024 une offensive fulgurante qui lui a permis de prendre le
pouvoir en Syrie.
- Prisonniers conduits en Irak -
"Quelques jours après" le départ des forces kurdes, "les femmes
et les
enfants de la section des étrangers (..) ont commencé à quitter le camp
en grand nombre", raconte un Syrien de 35 ans résidant dans le camp,
Abou Mohammed, contacté via WhatsApp.
Au Liban, un homme a indiqué à l'AFP que quatre membres de sa famille
étaient revenus dans le pays, avec d'autres proches de combattants de
l'EI. "Ils ont pu quitter le camp, les forces gouvernementales ayant
fermé les yeux", a ajouté cet homme qui a requis l'anonymat.
Les FDS avaient été le fer de lance de la lutte contre l'EI en Syrie,
avec l'appui de la coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis.
Elles avaient incarcéré des milliers de jihadistes dans des prisons,
alors que leurs familles étaient placées dans des camps.
Les forces kurdes contrôlent toujours le camp plus petit de Roj, où
sont détenus 2.328 proches de jihadistes, pour la plupart des étrangers
dont des Occidentaux, parmi lesquels des Français.
Pour éviter des évasions et le risque que des jihadistes puissent venir
grossir les rangs de l'EI toujours actif en Syrie, les Etats-Unis ont
déjà transféré plus de 4.500 prisonniers vers l'Irak voisin, sur un
objectif de 7.000. (AFP, 12 fév 2026)
"L’Etat Islamique devient le voisin de la Turquie"
Ragip Duran, TVXS.GR, 27 janvier 2026
“Washington n’est plus derrière les Kurdes, qui sont obligés de se
retirer au nord-est de la Syrie, Rojava, pour résister contre les
attaques de l’armée officielle de Damas qui n’est que la coalition de
plus de dix bandes d’islamistes radicales, toutes issues de L’Etat
Islamique (Daech - État islamique en Irak et au Levant) soutenues par
Ankara”, constate le politicologue Prof. Cengiz Aktar.
En effet en une semaine, et “Le Processus de Paix” engagé en Turquie
entre Ankara et Abdullah Ocalan, leader emprisonné du PKK et l’entente
du 10 Mars signée à Damas entre le régime d’Ahmed Al Sharaa et les FDS
(Forces Démocratiques Syriennes) sont tombés à l’eau, à cause des
opérations militaires en vue de neutraliser la présence kurde dans une
grande partie de la Syrie du nord.
“Ankara et Damas ont pour le moment les mêmes objectifs : Toutes les
deux veulent se débarrasser des Kurdes pour la construction d’un
Etat-nation, formé d’une seule nation qui a un seul drapeau, une seule
armée, une seule langue et une seule religion” croit le Prof. Aktar.
Les FDS, une armée d’à peu près 100 milles soldats dont plus de 50 %
des Arabes, mais dirigée par les Kurdes n’est plus une force militaire
et politiques unie et efficace, car la grande partie des clans arabes
ont changé de veste et se rangent désormais du côté du régime d’Ahmed
Al-Sharaa.
“Les FDS étaient notre partenaire principal dans la lutte contre l’Etat
Islamique (EI). Mais désormais, c’est le gouvernement central de Damas
qui est devenu membre de la coalition contre l’EI avec qui nous
œuvrerons” a déclaré Tom Barrack, l’envoyé spécial en Syrie du
Président Trump et en même temps l’ambassadeur des Etats Unis à Ankara.
Sur le terrain, selon les informations en provenance des sources
kurdes, des dizaines de milliers de prisonniers de l’EI sont en train
de quitter les prisons et vont très probablement joindre les groupes
d’islamistes radicaux en lutte contre les Kurdes au nord-est du pays.
“Quand il y a la guerre contre les Kurdes dans le sud (Syrie) on ne
peut pas réaliser la paix dans le nord (Turquie)” estime Tuncer
Bakirhan, co-président du DEM, Parti de l’Egalité et de la Démocratie
des kurdes, de plus en plus violemment critiqué par sa base. “Au lieu
de faire l’alliance avec les fascistes Erdogan et Bahceli, vous devriez
soutenir nos frères de Rojava” disent la majorité des internautes.
“L’opposition turque, c’est-à-dire les Kémalistes et autres formations
de droite, de centre voire de la gauche, qui sont pourtant toutes
laïques sont contentes de voir la défaite des Kurdes en Syrie. En
Turquie, l’animosité anti-kurde est si forte et si populaire qu’ils
préfèrent avoir des islamistes radicaux comme voisin du sud, au lieu
des Kurdes laïcs” constate Yavuz Baydar, coordinateur des débats
politiques sur Youtube (Fikir Klubü- Club des İdées).
Ankara est vue bien entendu comme un des responsables de la crise
actuelle à côté des Occidentaux en particulier les Etats Unis, mais
plusieurs spécialistes, universitaires et hommes politiques ne se
privent pas de critiquer également la direction des partis politiques
kurdes, en particulier Abdullah Ocalan en Turquie et Mazlum Abdi en
Syrie.
“Ocalan avait quitté la Turquie en 1980. Il est en prison depuis 27
ans. Là-bas, il a commencé à fabriquer des thèses, des idéologies, des
lignes politiques vraiment très bizarres. Il est complètement coupé des
réalités sociales et politiques. Ses opposants le nomment ‘Philosophe
de la Maison des Fous’ “ écrit un ancien membre du PKK. “Il est
prisonnier et il est à la solde du régime turc” conclu-t-il.
Par ailleurs, Mazlum Abdi ancien militant fidèle d’Ocalan, n’a pas su,
selon ses critiques, de bien comprendre les objectifs et les politiques
de ses alliés, Moscou, Washington, Paris, Londres et Riyad. Pendant
environ 10 ans, ils n’ont pas pu créer et construire les institutions
vitales pour la survie de Rojava. Ils ont essayé de concrétiser les
thèses d’Ocalan comme “le confédéralisme démocratique”, “le
communalisme”, “la jinéologie” (Sciences des femmes) et l’écologie… Des
concepts peu connus par la majorité des populations rurales de la Syrie
du Nord.
“La Syrie est en train de devenir le futur de la Turquie. Un pays
dirigé par les islamistes, ennemi de la démocratie, de la paix, des
minorités ethniques et religieuses et de la civilisation occidentale”
conclut le Prof Aktar.
Socio-économique
/ Socio-economic
More celebrities detained in narcotics, prostitution
probe
Several celebrities have been detained in İstanbul as part of a
large-scale investigation into drug use and procurement as police
raided multiple locations this morning.
Among those taken into custody are well-known musicians Murat Dalkılıç
and Kaan Tangöze, and actor İsmail Hacıoğlu.
Other names detained include Hakan Tunçelli, Sırrı Murat Dalkılıç, Rıza
Kaan Tangöze, Murat Cevahiroğlu, Barış Talay, Hakan Kakız, Kemal
Doğulu, Murat Öztürk, Murathan Kurt, Furkan Koçan, Buse Görkem Narcı,
Aygün Aydın, Ramazan Bayar, Tolga Sezgin, Alihan Taşkın, and Nail Can
Kurt.
The investigation targets 25 suspects concerning purchasing or using
narcotics, facilitating drug use, and promoting or mediating
prostitution, according to a statement from the İstanbul Chief Public
Prosecutor’s Office.
“So far, 17 suspects have been taken into custody. One suspect was
found to be abroad. Efforts to locate and detain the remaining
individuals are ongoing,” the statement read.
The operation comes amid a series of similar waves in recent months
targeting public figures in Turkey. (BIA, 17 Feb 2026)
Accord bruxellois : les animaux sacrifiés par les
négociateurs
L’absence totale du Code bruxellois du bien-être animal et de
l’interdiction de l’abattage sans étourdissement dans l’accord du futur
gouvernement constitue un signal extrêmement préoccupant. Pour GAIA, il
s’agit d’un oubli
« Les animaux sont une nouvelle fois laissés pour compte. Ne pas
mentionner le Code et l’abattage sans étourdissement dans cet accord de
gouvernement, c’est tourner le dos aux animaux et à la volonté de près
de neuf Bruxellois sur dix. Ignorer cette attente citoyenne relève
d’une attitude désinvolte et d’un manque de courage politique. »,
déclare Michel Vandenbosch, Président de GAIA.
GAIA appelle désormais le Parlement bruxellois à poursuivre sans
relâche ses travaux, le Code étant actuellement à l’agenda
parlementaire. Les animaux ne peuvent plus attendre.
Bruxelles reste à ce jour la seule Région du pays sans Code du
bien-être animal et autorisant toujours l’abattage sans étourdissement.
Alors que la Wallonie et la Flandre ont modernisé leur législation et
interdit l’abattage sans étourdissement, la Région bruxelloise continue
d’accuser un retard incompréhensible.
Cette absence de mention dans l’accord du gouvernement est d’autant
plus choquante que 89 % des Bruxellois, selon un sondage IPSOS réalisé
pour GAIA en 2024, estiment que les partis politiques doivent soutenir
des mesures renforçant le bien-être animal. inacceptable. (Le Soir, 13
février 2026)
Les restes d'une deuxième femme démembrée retrouvés dans
des poubelles à Istanbul
Deux hommes arrêtés pour avoir assassiné une femme ouzbèke et abandonné
son corps décapité dans une poubelle d'Istanbul (Turquie) sont
soupçonnés d'avoir tué une deuxième femme de la même manière, ont
rapporté jeudi les médias turcs.
Les deux femmes, toutes deux de nationalité ouzbèke, auraient été tuées
au même endroit vers le 23 janvier dans le district de Sisli.
Tard dans la soirée du 24 janvier, la police a découvert le corps
décapité de Durdona Khakimova, une ressortissante ouzbèke de 37 ans,
enveloppé dans un drap et jeté dans une poubelle à Sisli. Ses jambes
avaient également été sectionnées.
Après examen des caméras de surveillance, la police a arrêté deux
hommes, également de nationalité ouzbèke, à l'aéroport d'Istanbul alors
qu'ils s'apprêtaient à s'envoler.
Les enquêteurs pensent maintenant que les deux hommes ont tué une
deuxième femme, Ergashalieva Sayyora, 32 ans, après avoir découvert des
morceaux de corps dans plusieurs poubelles à travers la ville, ont
indiqué jeudi l'agence de presse DHA et la chaîne de télévision Halk TV.
Mme Sayyora était arrivée en Turquie le 28 décembre et son dernier
contact avec sa famille remonte au 23 janvier.
Les enquêteurs ont déterminé qu'elle séjournait dans la maison où Mme
Khakimova a été tuée.
Ils ont aussi établi que les deux femmes avaient vécu ensemble pendant
environ un mois avec les meurtriers présumés, et que Mme Sayyora avait
entretenu une relation avec l'un d'eux.
Des images de vidéosurveillance du 23 janvier la montrent entrant dans
la maison avec les deux suspects. Ces derniers quittent ensuite le
bâtiment le lendemain, transportant plusieurs sacs-poubelle noirs,
selon les images.
Ils ont ensuite sorti une valise blanche de la maison, pris un taxi
pour le quartier de Fatih, vidé son contenu dans une poubelle et marché
jusqu'à la station de métro Yenikapi.
Lors de l'interrogatoire des deux hommes concernant le second meurtre,
les enquêteurs ont appris que Mme Sayyora avait été tuée à l'arme
blanche le 23 janvier et que son corps avait été démembré.
Les deux suspects, inculpés pour meurtre, comparaîtront devant le
tribunal vendredi.
Le premier meurtre avait suscité l'indignation d'associations
féministes, qui ont organisé de grandes marches à Istanbul et Ankara
pour réclamer justice pour les victimes de violences sexistes.
Selon des chiffres de l'ONG Stop Femicides, en 2025, 294 femmes ont été
tuées par des hommes et 297 femmes ont été retrouvées mortes dans des
circonstances suspectes en Turquie. (AFP, 12 fév 2026)
Colère en
Turquie après un triple féminicide
Les meurtres lundi à Ankara, la capitale turque, de trois femmes d'une
même famille a suscité l'indignation d'associations féministes qui
affirment que le principal suspect était un détenu bénéficiant d'une
permission de sortie temporaire.
Selon la presse turque, les trois victimes, toutes tuées par balle,
sont la mère, l'épouse et la fille du suspect, qui a ensuite retourné
l'arme contre lui.
L'homme, qui purgeait une peine de prison pour "menace avec arme" et
"fraude" dans le nord-ouest de la Turquie, s'était vu accorder début
février une permission de sortie de onze jours, affirme l'agence de
presse privée DHA.
"L'an dernier, six femmes ont été assassinées par des individus évadés
de prison ou bénéficiant d'une permission de sortie. Le ministres de la
Justice et de l'Intérieur sont restés silencieux et personne n'a été
tenu responsable! Et aujourd'hui un autre détenu (...) a encore pu
semer la terreur", a fustigé sur X le groupement des Comités de
solidarité féminine, issu du parti communiste turc.
Dénonçant également ce triple meurtre, l'association turque "Nous
ferons cesser les féminicides" a appelé à un rassemblement mardi soir à
Ankara.
Selon cette organisation, 294 femmes ont été tuées par des hommes en
2025 en Turquie, et 297 autres sont mortes dans des circonstances
jugées suspectes. (AFP, 10 fév 2026)
Men killed 16 women in January
According to news compiled by bianet from local and national
newspapers, news sites, and agencies, men killed at least 16 women and
4 children in January 2026.
Men inflicted violence on at least 49 women, abused at least 12 girls
and boys, and harassed 10 women in January. They forced 157 women into
sex work.
At least 39 women and 14 children died in suspicious cases where it
could not be clearly determined that the deaths were caused by male
violence.
Provinces of suspicious deaths of women
Ağrı (1), Aksaray (1), Antalya (1), Antep (1), Aydın (1), Balıkesir
(1), Batman (1), Burdur (3), Çorum (1), Denizli (2), Hakkari (1), İzmir
(2), Karabük (2), Kütahya (1), Malatya (1), Manisa (2), Mardin (2),
Muğla (4), Nevşehir (2), Ordu (2), Sakarya (1), Samsun (1), Siirt (1),
Sinop (1), Tekirdağ (1), Urfa (1), Zonguldak (1)
Provinces of suspicious deaths of children
Aksaray (1), Antalya (2), Hatay (1), İzmir (1), Kayseri (3), Kütahya
(1), Manisa (1), Mardin (3), Siirt (1) (BIA, 4 Feb 2026)
Seize morts
et 30 blessés dans deux accidents de la route
Seize personnes personnes ont été tuées et 30 autres blessées dans deux
accidents de la route en Turquie, ont annoncé dimanche les autorités
turques.
Un accident de bus s'est produit à Antalya, grande ville touristique
située dans le sud de la Turquie.
"Le chauffeur du bus n'a malheureusement pas survécu malgré tous les
efforts déployés. Le bilan des victimes s'élève donc à neuf morts", a
annoncé le gouverneur d'Antalya, Hulusi Sahin. Le précédent bilan
faisait état de 8 morts. 25 personnes ont également été blessées.
Transportant 34 passagers de Tekirdag (ouest) vers Antalya, l'autocar
s'est renversé dimanche matin à 10h20 (7h20 GMT) au bord de l'autoroute
devenue glissante à cause de la pluie, a précisé le gouverneur.
"Il y avait également du brouillard. C'est un carrefour où il ne
fallait pas rouler vite, or il semble que le bus s'y soit engagé à vive
allure", a affirmé M. Sahin.
Parmi les 25 blessés, sept sont dans un état grave, a-t-il ajouté, sans
préciser s'il y avait des ressortissants étrangers parmi les victimes.
Sept personnes été tuées et cinq ont été blessées dans un autre
accident survenu à Burdur, sur l'autoroute Antalya-Isparta, dans le sud
de la Turquie, a rapporté l'agence privée DHA.
Station balnéaire située au bord de la Méditerranée, Antalya accueille
de nombreux touristes locaux et étrangers durant toute l'année. (AFP,
1er fév 2026)
Colère après la découverte
du corps d'une femme décapitée dans une benne à ordures
Le corps décapité d'une femme, dont les jambes ont également été
sectionnées, a été découvert dans une benne à ordures à Istanbul au
cours de la nuit, ont rapporté dimanche les médias turcs, provoquant
l'indignation des associations féministes.
La victime était enveloppée dans un drap et jetée dans une benne dans
le quartier de Sisli, où il a été découvert samedi soir par un homme
qui cherchait des matériaux recyclables, a indiqué l'agence de presse
DHA.
Les enquêteurs ont identifié la victime comme étant une ressortissante
ouzbèke de 37 ans.
Ils n'ont pas immédiatement retrouvé la tête ni les jambes de la
victime, mais en visionnant des images des caméras de surveillance, les
enquêteurs ont vu deux hommes déposant une valise dans une autre benne.
Le contenu de cette valise n'a pas été dévoilé dans l'immédiat.
Quelques heures plus tard, la police a interpellé deux suspects,
également de nationalité ouzbèke, à l'aéroport d'Istanbul alors qu'ils
tentaient de quitter le pays, a précisé DHA. Un troisième suspect a été
ensuite interpellé.
Des groupes de défense des droits des femmes ont exprimé leur
indignation et appelé à des marches de protestation.
Dans la foule importante qui s'est rassemblée à la station de métro
Osmanbey dans le quartier de Sisli, des banderoles et pancartes
proclamaient "Stop à la violence masculine !", "Nous demandons justice
pour les femmes assassinées" et "Les femmes migrantes ne sont pas
seules", selon des images d'une ONG.
"Les femmes ne se tairont plus!" scandait-on dans le cortège dépassant
le millier de personnes, qui a marché jusqu'à l'endroit où le corps de
la victime a été retrouvé.
A Ankara, des centaines d'autres ont défilé lors d'une manifestation
organisée par la plateforme "We will stop femicide", qui réclame que
les responsables de ce crime rendent des comptes.
"Les auteurs étaient tellement persuadés que rien ne leur arriverait
qu'ils ont pu tout simplement abandonner le corps de la femme qu'ils
ont tuée dans une benne, au vu et au su de tous", a déclaré dans un
communiqué Isil Kurt, membre de cette organisation. "Les années
passent, les villes et les noms changent, mais la violence envers les
femmes reste la même".
Le maire de Sisli, Resul Emrah Sahan, emprisonné et arrêté quasiment en
même temps que le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, lors d'une
répression largement perçue comme politiquement motivée, a déclaré que
ces meurtres constituaient un "problème social majeur".
"Les féminicides se transforment en un massacre qui ne cesse de prendre
de l'ampleur, alimenté par l'impunité, la négligence et le silence",
a-t-il écrit sur X, exigeant une action coordonnée pour s'attaquer au
problème.
La Turquie ne publie pas de chiffres officiels sur les féminicides,
laissant cette tâche aux organisations de femmes qui collectent des
données à partir d'articles de presse.
Selon des chiffres compilés par la plateforme "We will stop femicide",
294 femmes ont été tuées par des hommes et 297 femmes ont été
retrouvées mortes dans des circonstances suspectes en 2025. (AFP, 26
jan 2026)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
EU
Parliament's resolution on expulsion of journalists and foreign Christians
European Parliament adopted on February 14; 2026, the following
resolution on the targeted expulsions of foreign journalists and
foreign Christians in Turkey under national security pretexts:
The European Parliament, having regard to Rules 150(5) and 136(4)
of its Rules of Procedure,
1. whereas the Commission’s Türkiye 2025 Report
states that ‘the
environment for media freedom and media pluralism is constrained’;
whereas concerns have arisen over foreign journalists being detained
and deported;
2. whereas, in recent years, at least 300 foreign
Christian pastors,
missionaries and their family members have been deported from Türkiye
and denied re-entry through the application of the ‘N-82’ and ‘G-87’
administrative measures designating them as national security threats
without evidence, trial or effective means of appeal;
3. whereas Kaveh Taheri, an Iranian independent
freelance journalist
recognised as a refugee by the UNHCR, was detained on 26 January 2026
and is facing deportation and political persecution in Iran; whereas
journalist Nujan Mala Hassan was shot and injured by Turkish border
guards on 20 January while reporting on protests; whereas other
journalists have already been deported, including BBC correspondent
Mark Lowen, and others have been arrested and threatened with
deportation, such as French journalist Raphaël Boukandoura;
4. whereas Christians are reported to be among the
most persecuted
religious groups globally; whereas failure to acknowledge and address
this reality undermines the credibility of international efforts to
protect freedom of religion or belief;
5. whereas several related cases are pending before
the ECtHR, includingWiest v Türkiye;
6. Strongly condemns the targeted expulsions of
foreign journalists
and foreign Christians carried out under unsubstantiated
national-security pretexts and without due process; deplores the lack
of access to evidence and meaningful judicial review;
7. Manifests its unwavering support for Christians
and affirms that
freedom of religion or belief, including the right to practice, change
or manifest one’s religion individually or in community with others,
must be fully protected in accordance with international human rights
law and upheld without discrimination or interference by state
authorities;
8. Calls on Türkiye to immediately cease all forms of
judicial and
administrative harassment of foreign journalists, often under national
security pretexts; expresses its deep indignation at reported cases of
arbitrary arrest and detention; calls on Türkiye to immediately halt
deportation proceedings against Kaveh Taheri and all other foreign
journalists; demands the suspension of all legal proceedings against
Swedish journalist Joakim Medin and all journalists convicted for doing
their job;
9. Shares the assessment of the Türkiye 2025 Report
regarding the
restrictive environment for journalists and critical voices;
10. Expresses its solidarity with Turkish journalists
who continue
to report independently despite the numerous abuses; calls on the
Commission to increase support for independent media;
11. Urges Türkiye to immediately cease the use of
administrative
security codes N-82 and G-87, to provide individual reasoned decisions
subject to independent judicial review, and to allow those expelled
arbitrarily to return;
12. Calls on the VP/HR and the Commission to raise
these concerns
systematically in political dialogue with Türkiye and to consider
targeted measures should these abuses persist;
13. Instructs its President to forward this
resolution to the
Council, the Commission, the VP/HR, the Member States, and the
Government and Parliament of Türkiye.
La Turquie accuse le Parlement européen d'adopter "des
résolutions malveillantes"
La Turquie a accusé vendredi le Parlement européen "d'ingérence" et
d'adopter "des résolutions "malveillantes" à propos de deux textes
votés jeudi par les eurodéputés, appelant les acteurs régionaux,
notamment la Turquie, à s'abstenir de toute atteinte au cessez-le-feu
en Syrie par des actions militaires ou par le soutien à des groupes
armés.
"La résolution sur la situation dans le nord-est de la Syrie ignore le
rôle de la Turquie dans le redressement et la stabilisation du pays.
Nous conseillons au Parlement européen de s'efforcer davantage de
comprendre la réalité du terrain et les attentes de la Syrie et du
peuple syrien, au lieu d'adopter des résolutions erronées et
malveillantes", a réagi vendredi le ministère turc des Affaires
étrangères dans un communiqué.
Condamnant les violences perpétrées contre les civils dans le nord-est
de la Syrie, les députés européens avaient lancé jeudi cet appel aux
acteurs régionaux.
La Turquie a également réagi à une résolution du Parlement européen sur
des "expulsions ciblées" de chrétiens et de journalistes étrangers par
la Turquie, les qualifiant "d'allégations infondées".
"Aucune institution étrangère, y compris le Parlement européen, ne peut
effectuer une ingérence dans les procédures judiciaires en vigueur dans
notre pays", a affirmé le ministère turc des Affaires étrangères.
Les autorités turques, proches de la nouvelle direction syrienne, ont
appuyé les opérations contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, qui
étaient le fer de lance de la lutte antijihadiste, ont dû, sous la
pression de Damas, se retirer de larges pans du nord et du nord-est de
la Syrie.
Un accord avec Damas prévoit l'intégration des FDS à l'armée syrienne,
mettant fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes. (AFP, 13 fév 2026)
Les eurodéputés dénoncent des expulsions de
chrétiens et journalistes étrangers
Le Parlement européen a condamné jeudi des "expulsions ciblées" de
chrétiens et de journalistes étrangers par la Turquie, appelant le pays
à y mettre fin "immédiatement".
Les eurodéputés ont adopté à une large majorité une résolution non
contraignante exhortant la Turquie à mettre un terme "à toutes les
formes de harcèlement judiciaire et administratif à l'encontre des
journalistes étrangers", au dernier jour de la session plénière du
Parlement à Strasbourg.
Ils appellent aussi le pays à cesser le recours à des "codes
administratifs de sécurité" qui désignent "au moins 300 chrétiens
étrangers comme des menaces pour la sécurité nationale" et "à permettre
le retour des personnes expulsées arbitrairement".
Medias et ONG ont fait état ces derniers mois d'une augmentation du
nombre des chrétiens contraints à quitter le pays à 99% musulman, dont
certains y vivaient depuis des décennies.
Ankara a réfuté ces accusations, invoquant une campagne de
désinformation.
Les journalistes ont également particulièrement été ciblés ces
dernières années.
En mars 2025, un journaliste de la BBC a été expulsé après avoir été
accusé, notamment, de "menacer l'ordre public". Et un journaliste
suédois a été interpellé à son arrivée à Istanbul et condamné à 11 mois
de prison avec sursis pour "insulte au président" Recep Tayyip Erdogan.
Il est rentré en Suède après un mois et demi de prison.
Tous deux étaient venus couvrir une vague de protestation déclenchée
par l'arrestation du maire d'opposition d'Istanbul, Ekrem Imamoglu.
Les relations avec l'UE se sont tendues face aux dérives
antidémocratiques des autorités dénoncées à plusieurs reprises par
Bruxelles depuis la tentative de coup d'Etat en 2016.
Le pays n'en est pas moins considéré comme un partenaire important face
aux bouleversements géopolitiques actuels.
L'UE et la Turquie ont aussi noué des accords controversés il y a dix
ans, pendant la grande crise migratoire, pour que le pays exerce des
contrôles plus stricts à ses frontières afin de juguler l'immigration
illégale en échange de fonds européens.
La Turquie a été reconnue comme candidate à l'entrée dans l'UE en 1999
mais les négociations d'adhésion sont gelées depuis 2018. (AFP, 12 fév
2026)
Kurdish cry during EU summit in Bilzen
Declaration by the Democratic Council of Kurdistan Communities in
Belgium (NAV-BEL):
The EU summit is taking place in Bilzen on February 12.
The Kurdish community of Bilzen welcomed the EU leaders with a silent
but clear protest.
They hung dozens of banners throughout the city and on the highway,
denouncing the situation in Rojava.
The European Union is partly responsible for the jihadist attack on the
Kurds.
The Kurds demand justice and EU action to protect the Kurds and Rojava.
L'ancien patron du groupe aéroportuaire turc TAV arrêté en
France
L'ancien patron du groupe aéroportuaire turc TAV Sani Sener a été
arrêté mardi à l'aéroport Saint-Exupéry près de Lyon, dans le
centre-est de la France, dans le cadre d'un mandat d'arrêt
international émis par la Tunisie, a indiqué vendredi une source proche
du dossier.
L'arrestation s'est faite dans le cadre d'une enquête sur des
investissements réalisés en Tunisie "depuis le printemps arabe de
2011", plus particulièrement la filiale TAV Tunisia, selon un
communiqué du bureau de Sani Sener transmis à la presse turque.
Le bureau de M. Sener, qui précise que l'homme d'affaires a démissionné
de toutes ses fonctions à TAV Airports depuis 2022, qualifie
l'arrestation d'"injuste, infondée et disproportionnée".
M. Sener est PDG de Sera Group qui est actionnaire de TAV.
"Il se serait volontiers rendu en personne auprès des autorités
compétentes pour partager toutes les informations en sa possession s'il
y avait été invité", assure le communiqué.
"Des contacts bilatéraux sont noués au plus haut niveau entre les
gouvernements turcs et français", affirme encore l'équipe de Sani
Sener, pour qui "toutes les démarches nécessaires sont entreprises afin
de régler cette affaire dans les plus brefs délais et de permettre à
Sani Sener de reprendre ses activités internationales".
De son côté, TAV Airports a assuré qu'à la suite "d'informations
récentes sur nos opérations en Tunisie, nous souhaitons annoncer au
public qu'aucune enquête n'est en cours contre notre entreprise ou nos
employés".
"Nous coopérons pleinement avec les autorités tunisiennes", a ajouté
TAV dans un communiqué, en assurant qu'"en tant que société cotée
depuis février 2007, notre activité tout entière respecte strictement
les critères internationaux les plus élevés".
Contacté par l'AFP au sujet de M. Sener, le Groupe ADP (ex-Aéroports de
Paris), actionnaire de référence de TAV Airports avec 46,12% du
capital, s'est refusé à tout commentaire vendredi.
Le gestionnaire des aéroports parisiens, lui-même contrôlé à 50,6% par
l'Etat français, consolide dans ses comptes les activités de TAV
Airports, qui exploite 14 aéroports dans sept pays dont en Turquie
(Ankara, Antalya, Izmir...) mais aussi en Tunisie (Monastir et
Enfidha-Hammamet), au Kazakhstan (Almaty) et en Croatie (Zagreb). (AFP,
30 jan 2026)
Le chef de la diplomatie française se rend en Turquie
pour réchauffer les relations
Entre la France et la Turquie, les sujets de discorde sont connus mais
les motifs de rapprochement semblent désormais s'imposer. Le chef de la
diplomatie française s'envole lundi pour Ankara avec l'objectif de
renforcer les liens avec ce pays incontournable sur les crises
brûlantes à commencer par la Syrie.
Le voyage de Jean-Noël Barrot intervient alors que Damas a annoncé
samedi avoir prolongé de 15 jours la trêve avec les forces kurdes.
Ankara soutient l'offensive de Damas dans le nord-est syrien pour en
chasser les combattants kurdes. Paris dit soutenir "résolument" l'unité
de la Syrie et rester "fidèle" aux Kurdes ses "frères d'armes" qui ont
joué un rôle clé auprès des Occidentaux pour combattre le groupe Etat
islamique (EI).
"Depuis quelques mois déjà, la France a compris qu'elle a intérêt à
accompagner la nouvelle Syrie et (le président Ahmad) al-Chareh pour la
reconstruction d'une Syrie unifiée", observe Bayram Balci, ancien
directeur de l'Institut français d'études anatoliennes (IFEA) à
Istanbul.
Après le départ du dictateur Bachar al-Assad renversé en décembre 2024,
la France a été l'un des premiers pays à envoyer une délégation à Damas
et le premier pays européen à recevoir à l'Elysée son successeur, Ahmad
al-Chareh, un ancien jihadiste.
Or "il est évident que la Turquie a la main beaucoup plus que la France
sur ce qui se passe actuellement en Syrie", observe Dorothée Schmid,
responsable du programme Turquie contemporaine et Moyen-Orient de
l'Institut français des relations internationales (Ifri).
La visite de M. Barrot était envisagée depuis longtemps mais la récente
montée des tensions lui confère une résonance particulière.
A Ankara, le ministre français rencontrera mardi son homologue Hakan
Fidan, un proche de la nouvelle direction syrienne.
"La France n'a pas seulement un sujet diplomatique sur la Syrie, elle a
un sujet intérieur: aussi bien sur la question kurde que sur la
question de l'éventuel retour des jihadistes de Daesh", note Dorothée
Schmid, en référence aux Français -- femmes, enfants et combattants de
l'EI -- dans le nord-est syrien.
Dimanche, la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo s'est refusée à
dire si certains d'entre eux avaient pu s'évader alors que les forces
kurdes ont été contraintes de se retirer des prisons où elles gardaient
des jihadistes ainsi que des camps où elles surveillaient leurs
familles.
"Nos services de renseignement surveillent très précisément la
situation et font en sorte que la situation soit sous contrôle",
a-t-elle seulement indiqué.
- "Modification très graduelle" -
La volonté de Paris de réchauffer les relations bilatérales n'est
pas
récente. Elle a démarré lorsque la Russie a envahi l'Ukraine en 2022.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan ayant un canal direct avec les
Russes comme les Ukrainiens, il est un potentiel médiateur.
Selon une source diplomatique turque, le dossier ukrainien figurera au
menu des discussions bilatérales, de même que la Syrie et Gaza.
Avant 2022, "les divergences étaient totales sur tous les dossiers
politiques internationaux" entre Paris et Ankara, souligne Didier
Billion, directeur adjoint de l'Institut des relations internationales
et stratégiques (Iris), rappelant les crispations publiques entre
Emmanuel Macron et son homologue turc. La "modification (des relations)
est très lente, très graduelle", note-t-il.
Un point de crispation majeure reste la question des droits de l'Homme.
Mais "pour l'instant, il y a hélas d'autres priorités malgré la dérive
autoritaire, nationaliste, populiste" et "malgré les violations
massives des droits humains dont ceux de la presse", constate Bayram
Balci, relevant la réaction timorée des Occidentaux lors des
manifestations anti-gouvernementales de mars 2025 qui ont suivi
l'arrestation du maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu.
La relation franco-turque est entrée dans une nouvelle phase en
septembre lorsque la France a reconnu un Etat palestinien, une décision
saluée par la Turquie.
"C'est de la Realpolitik", résume Didier Billion. Et le rapprochement
fait d'autant plus sens à Paris que "les coups de boutoir du président
américain Donald Trump obligent les Européens à se secouer". Or la
Turquie est amenée à jouer "un rôle très important dans cette
hypothétique défense européenne" poussée par Paris, dit-il.
Fin novembre, le gouvernement turc s'est dit prêt à participer aux
"forces de réassurance" qui pourraient être déployées en Ukraine après
un cessez-le-feu. Avec la deuxième armée de l'Otan en nombre d'hommes,
la Turquie joue un rôle clé sur le plan maritime, en particulier dans
la surveillance de la navigation en mer Noire.
Pour autant, les Européens aimeraient que la Turquie, qui continue
d'acheter du pétrole russe, aille plus loin en adoptant des sanctions
contre Moscou, relève Bayram Balci, qui ne voit cependant pas
d'inflexion d'Ankara à ce sujet. (AFP, 26 jan 2026)
Turquie-USA-OTAN
/
Turkey-USA-NATO
USA: un
tribunal bloque l'expulsion d'une étudiante
turque propalestinienne
Un tribunal américain a rejeté une procédure d'expulsion visant une
étudiante turque connue pour son engagement propalestinien et dont le
cas avait provoqué une vive émotion, a-t-on appris lundi auprès de son
avocate.
Rumeysa Ozturk, 30 ans, doctorante de l'université Tufts
(Massachusetts), avait été arrêtée le 25 mars dernier par des agents de
la police de l'immigration (ICE) et détenue six semaines dans un centre
de rétention en Louisiane.
La vidéo de son arrestation par des agents en civil, visages masqués et
pour certains capuche sur la tête, avait suscité l'indignation. La
jeune femme est devenue un symbole de la volonté de l'administration
Trump de museler le mouvement de solidarité avec les Palestiniens de
Gaza face à Israël.
Selon son avocate, le juge a conclu que le ministère de la Sécurité
intérieure (DHS) n'avait pas établi le bien-fondé de l'expulsion de sa
cliente.
L'administration Trump n'avait pour motif qu'un article qu'elle avait
cosigné en mars 2024 dans son journal universitaire, le Tufts Daily. Le
texte critiquait la façon dont son établissement gérait le mouvement de
protestation contre la guerre, menée par Israël dans la bande de Gaza
depuis octobre 2023.
"Je pousse un soupir de soulagement en sachant que, malgré les
imperfections du système judiciaire, mon affaire peut donner de
l'espoir à ceux qui ont également été lésés par le gouvernement
américain", a déclaré Rumeysa Ozturk dans un communiqué.
"Bien que la douleur que moi et des milliers d'autres femmes
emprisonnées à tort par l'ICE avons subie ne puisse être effacée, il
est réconfortant de savoir qu'une certaine justice peut finalement
prévaloir", a-t-elle ajouté.
Sa détention avait suscité des critiques jusqu'en Turquie. Le ministre
turc de la Justice Yilmaz Tunc avait jugé "inacceptable qu'un individu
soit poursuivi en raison de sa foi ou de son soutien à la Palestine".
L'université a publiquement soutenu son étudiante, exigeant sa
libération afin qu'elle puisse achever son doctorat.
Donald Trump a lancé une offensive contre les universités américaines,
les accusant de laisser prospérer sur leurs campus des mouvements de
soutien aux Palestiniens, qu'il assimile à de l'antisémitisme. (AFP, 10
fév 2026)
Relations
régionales / Regional Relations
La Turquie et l'Arabie saoudite
signent un accord pour la construction de centrales solaires
La Turquie et l'Arabie saoudite ont signé vendredi un accord pour la
construction de centrales solaires d'une capacité combinée de 2000 MW
en Turquie, une initiative visant à approfondir la coopération
énergétique entre les deux pays.
Organisée à Istanbul dans un palais de l'époque ottomane au bord du
Bosphore, la cérémonie de signature intervient après la conclusion d'un
accord sur l'énergie de deux milliards de dollars entre les deux pays
lors d'une visite du président Recep Tayyip Erdogan à Riyad début
février.
L'accord prévoit la construction par la société saoudienne Acwa de deux
centrales solaires dans les provinces de Sivas et de Karaman, dans le
centre de la Turquie, d'une capacité combinée de 2000 mégawatts, qui
pourrait répondre aux besoins en électricité de 2,1 millions de foyers,
ont indiqué des responsables.
Les relations entre Ryad et Ankara s'étaient refroidies après
l'assassinat en 2018 au consulat saoudien à Istanbul du journaliste
Jamal Khashoggi, très critique du régime saoudien.
Elles se sont améliorées par la suite, et Recep Tayyip Erdogan s'était
rendu en visite officielle en Arabie saoudite en 2022 avant d'y revenir
un an plus tard.
Les deux pays coopèrent désormais sur un large éventail de questions
diplomatiques, notamment le soutien à Gaza et au nouveau gouvernement
syrien.
Le ministre turc de l'Énergie, Alparslan Bayraktar, a salué le projet
comme "l'un des plus importants investissements nationaux et étrangers
jamais réalisés dans notre secteur énergétique".
"La Turquie garantira également son approvisionnement en électricité à
un prix exceptionnellement bas, jamais atteint dans notre pays", a-t-il
ajouté.
"La Turquie connaît une véritable révolution énergétique", a affirmé le
ministre, ajoutant que 62% de la capacité électrique installée l'an
dernier provenait de sources renouvelables.
D'ici 2035, la Turquie ambitionne de porter sa capacité installée en
énergie solaire et éolienne à 120.000 mégawatts.
Ankara vise également la neutralité carbone d'ici 2053, mais 33,6% de
son électricité provenait du charbon l'an dernier, selon les données
officielles du ministère.
Interrogé par l'AFP sur la dépendance de la Turquie au charbon, M.
Bayraktar a indiqué que le pays visait une énergie moins chère et une
réduction de sa dépendance aux importations d'énergie.
"Le charbon peut être remplacé dans un premier temps par le gaz, mais à
moyen et long terme, il peut être supplanté par le nucléaire", a-t-il
précisé. (AFP, 20 fév 2026)
Après Ryad, Erdogan scelle de nouveaux accords avec
son ancien rival Sissi
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a rencontré mercredi au Caire
le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, scellant une série de
nouveaux accords de partenariat pour sa quatrième visite officielle en
Egypte.
Les relations entre l'Egypte et la Turquie se sont nettement
réchauffées ces dernières années après quasiment une décennie de
rupture diplomatique, leurs intérêts convergeant désormais sur
plusieurs théâtres régionaux, notamment le Soudan ou la bande de Gaza.
Les deux dirigeants ont "souligné la nécessité de parvenir à une trêve
humanitaire menant à un cessez-le-feu" au Soudan et de "préserver les
institutions de l'Etat", a déclaré M. Sissi lors d'une allocution
conjointe avec son homologue turc.
Dans un discours diffusé à la télévision égyptienne, le chef de l'état
a également souligné "l'importance de préserver l'unité et la
souveraineté de la Somalie et de rejeter toute tentative de la diviser".
Le Caire et Ankara avaient soutenu le gouvernement de Mogadiscio et
condamné la reconnaissance par Israël de la région séparatiste du
Somaliland.
"Les échanges bilatéraux ont atteint près de 9 milliards de dollars,
faisant de l'Egypte le principal partenaire commercial de la Turquie
sur le continent africain", a ajouté M. Sissi après la signature par
des ministres des deux pays de 18 accords couvrant la défense, le
tourisme, la santé et l'agriculture.
Depuis la première rencontre en 2024 des deux dirigeants, plus d'une
dizaine d'accords de coopération avaient été signés.
La Turquie et l'Egypte font partie, avec les Etats-Unis et le Qatar,
des quatre pays qui ont mené des négociations en faveur de la fragile
trêve en cours dans le territoire palestinien de la bande de Gaza, et
se trouvent du même côté dans la guerre au Soudan, affichant des
positions de plus en plus convergentes sur les principaux dossiers
régionaux.
M. Sissi a également déclaré que les deux pays s'étaient accordés sur
la nécessité de mettre en oeuvre toutes les phases de l'accord de trêve
à Gaza négocié par les Etats-Unis, rejetant "toute tentative de
contourner ou d'entraver la mise en oeuvre du plan de paix du président
Donald Trump".
Les convergences entre la Turquie et l'Egypte s'inscrivent, selon des
analystes, dans l'émergence d'un axe régional de sécurité incluant
également l'Arabie saoudite.
Mardi, le président turc s'est d'ailleurs rendu à Ryad, autre ancien
rival régional avec lequel Ankara a normalisé ses relations ces
dernières années.
Cette tournée diplomatique intervient alors que la région est marquée
par de fortes tensions, à l'approche d'éventuelles discussions entre
les Etats-Unis et l'Iran, initialement prévues en Turquie avant que
Téhéran n'en demande leur transfert à Oman.
Les relations entre Ankara et Le Caire s'étaient brutalement rompues en
2013, après la destitution par l'armée égyptienne du premier président
égyptien démocratiquement élu, Mohamed Morsi, allié de la Turquie et
issu des Frères musulmans, un mouvement depuis interdit en Égypte.
À l'époque, M. Erdogan avait affirmé qu'il ne s'adresserait jamais à
l'auteur du coup d'Etat, Abdel Fattah al-Sissi.
En 2024, la Turquie a accepté de fournir à l'Egypte des drones de
combat avancés, avant que les deux pays n'annoncent l'année suivante un
projet de production conjointe de drones.
L'armée soudanaise, soutenue par Le Caire et Ankara dans sa guerre
contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), ont
notamment utilisé des drones Bayraktar de fabrication turque. (AFP, 4
fév 2026)
Les nerfs à vif des Iraniennes de Van
Elle enroule ses mèches autour de ses ongles vernis et enchaîne les
cigarettes face à un thé dans un café de Van, grande ville turque à 100
kilomètres de la frontière iranienne.
Pendant plus de deux semaines, alors qu'internet était largement coupé
en Iran, Mahsa est restée sans nouvelle de ses proches à Téhéran qui
craignent aujourd'hui encore de lui parler.
"Ils vont bien, c'est ce qu'ils m'ont dit. Mais ils ont peur de parler
au téléphone. Ils n'osent même pas sortir dans la rue. Pour éviter tout
problème, on ne parle de rien. Parce qu'aux informations, on prévient:
+Ne parlez pas, sinon il arrivera quelque chose à votre famille+."
"Les émotions à vif", elle se confie à l'AFP dans ce café devenu le
repère des jeunes Iraniens, sous condition d'anonymat.
Mahsa, 30 ans, originaire de Téhéran, est arrivée à Van il y a trois
ans, lasse des menaces, des pressions et des convocations de la police
après le mouvement "Femmes, Vie, Liberté".
La mort de l'étudiante Mahsa Amini, en septembre 2022 à Téhéran, trois
jours après son arrestation pour "port de vêtements inappropriés",
avait soulevé la colère de la jeunesse iranienne, réprimée par des
centaines de morts et des milliers d'arrestations.
Une violence sans comparaison cependant avec celle déployée par la
République islamique début janvier pour mater les manifestations
déclenchées, initialement, par l'effondrement de la monnaie. Et qui ont
été réprimées dans le sang avec des dizaines de milliers d'Iraniens
arrêtés, tués ou blessés.
Près d'un mois plus tard, le sentiment de peur traverse encore la
frontière.
Les frères et soeurs, neveux et nièces de Mahsa - un prénom d'emprunt
choisi en hommage "aux milliers de Mahsa" Amini, précise-t-elle -
vivent à Téhéran et elle tremble de leur nuire en dévoilant son
identité.
"Les gens sont sortis pour protester contre le coût de la vie. Mais
surtout, ils n'en pouvaient plus. On veut la liberté, un bel avenir.
Qu'on cesse de nous opprimer", dit-elle.
- "La taverne, la mosquée: chacun à sa place" -
"Le problème ce n'est pas de circuler avec ou sans voile. La
religion,
c'est personnel. Que chacun vive comme il veut, s'habille comme il
veut", enchaîne-t-elle.
"Pourquoi les gens regrettent-ils l'époque du shah? Parce qu'alors, la
taverne était d'un côté, la mosquée de l'autre. Chacun à sa place.
C'est ce qu'on voudrait retrouver".
En revanche, la possibilité d'une intervention américaine l'inquiète.
"Combien de personnes, d'innocents vont encore mourir? C'est la guerre
des dirigeants, mais c'est le peuple qui meurt".
"Nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons la paix", tranche-t-elle.
Nilufer n'est elle arrivée que l'été dernier et appelle la
confrontation de ses voeux.
A 35 ans, cette ancienne fonctionnaire a laissé son fils de 10 ans à sa
mère, à Tabriz (nord), pour venir travailler en Turquie, munie d'un
visa d'étudiante.
En Iran, "la situation est lamentable, l'économie désastreuse. Tu
reçois ton salaire aujourd'hui et demain tout aura doublé, il ne te
restera rien. Mais comme mon fils est là-bas, j'y retourne tous les
mois malgré la pression", explique-t-elle.
"Dès que je passe la frontière, je dois porter un voile, ils fouillent
mon sac. Il ne faut surtout pas apporter de l'alcool, mais pourquoi le
ferais-je!? (...) Tu dois toujours te comporter prudemment",
témoigne-t-elle. "Je ne dis rien contre l'Etat, je fais attention à ce
que je partage. Mais personne ne veut de ce régime. Il a dégoûté tout
le monde de la religion".
Elle écarte d'un geste les inquiétudes de la Turquie, qui craint un
afflux de réfugiés en cas d'opération militaire: "Les Iraniens ne
quitteront pas leur pays", assure-t-elle.
Nilufer place son espoir en Reza Pahlavi, fils du shah déchu, qui a
appelé depuis les Etats-Unis les Iraniens à descendre dans les rues.
"Il nous a beaucoup soutenus", juge-t-elle.
Désormais, elle n'attend plus qu'une attaque américaine: "Qu'ils
frappent tout de suite. Quoique fasse l'Amérique, elle ne fera jamais
autant de morts que ceux qui ont tiré sur leur propre peuple."
"Ce régime doit partir. Nous appelons à l'aide. Nous n'avons pas
d'autre option". (AFP, 2 fév 2026)
La Turquie offre sa médiation à l'Iran mais est prête à
"renforcer" sa frontière
La Turquie propose de jouer les médiateurs entre Téhéran et Washington
mais se tient prête à "renforcer sa frontière" avec l'Iran en cas
d'attaque américaine contre ce pays, ont déclaré jeudi des responsables
turcs.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, qui affirme que
l'Iran répondra à toute attaque des Etats-Unis, est attendu vendredi en
Turquie, selon une source au ministère turc des Affaires étrangères.
Téhéran a confirmé cette visite officielle dans un message posté sur X
: "La République islamique d'Iran est déterminée à constamment
renforcer ses relations avec ses voisins sur la base d'une politique de
bon voisinage et d'intérêts communs", a écrit le porte-parole du
ministère iranien des Affaires étrangères.
Le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan, qui s'est déjà entretenu
mercredi avec son homologue iranien, "réitérera l'opposition de la
Turquie à toute intervention militaire contre l'Iran, insistant sur les
risques d'une telle initiative pour la région et le monde", a dit la
source turque.
M. Fidan entend répéter que la Turquie, qui a une frontière de plus de
550 km avec l'Iran, "est prête à contribuer au règlement des tensions
actuelles par le dialogue", a poursuivi ce responsable s'exprimant sous
le couvert de l'anonymat.
Selon le quotidien Hurriyet, le président Recep Tayyip Erdogan pousse
de son côté pour l'organisation d'une réunion trilatérale
Etats-Unis/Iran/Turquie.
Un haut responsable turc a par ailleurs confié à l'AFP que son pays se
tenait prêt, en parallèle, à "renforcer la sécurité à sa frontière"
avec l'Iran, sans aller jusqu'à évoquer l'hypothèse d'une zone tampon
avancée par des médias turcs.
La Turquie a déjà érigé un mur long de 380 km à cette frontière "mais
ce n'est pas suffisant", a-t-il estimé sous le couvert de l'anonymat.
Cet ouvrage, qui coupe des régions montagneuses et fortement enneigées
en hiver, a été érigé afin de contenir les passages d'immigrants
illégaux en provenance d'Iran et d'Afghanistan notamment mais aussi les
trafics de stupéfiants.
Surmonté de barbelés et de miradors, ce mur est doublé de tranchées où
l'armée patrouille 24 heures sur 24.
- "Doigt sur la gâchette" -
Aucun afflux notable n'a été constaté à cette frontière au plus
fort
de la vague de contestation qui a secoué l'Iran fin décembre et début
janvier avant d'être réprimée dans le sang.
Mais des frappes américaines pourraient changer la donne à la frontière
turco-iranienne, Ankara s'inquiétant également d'un regain d'activité
de combattants kurdes sur le sol iranien.
"La Turquie se concentre moins sur un règlement complet des différends
entre les Etats-Unis et l'Iran que sur la prévention d'une intervention
militaire (qui) engendrerait une cascade de problèmes sécuritaires à sa
frontière, dont des migrations massives", explique à l'AFP Arif Keskin,
un universitaire iranien, à Ankara.
Dans ce cadre, pense-t-il, les efforts d'apaisement de la Turquie
"rejoignent l'approche des cercles favorables à la négociation en Iran.
Sachant que celui qui bénéficierait le plus d'un éventuel accord est le
régime iranien lui-même".
Pour M. Keskin, si malgré les déclarations de leur président, les
Etats-Unis optent pour la négociation plutôt que l'action militaire,
"cela pourra aussi être perçu comme une victoire significative du
pouvoir iranien sur ses opposants malgré les tueries".
Plus de 6.200 personnes, dont 5.850 manifestants environ, ont été tuées
en Iran, d'après un bilan actualisé de l'ONG Human Rights Activists
News Agency (HRANA), dont le siège est aux Etats-Unis.
Cette organisation, qui dispose d'un vaste réseau de sources en Iran,
enquête sur plus de 17.000 potentielles morts supplémentaires.
Mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangères a assuré
que les
forces iraniennes avaient "le doigt sur la gâchette", prêtes à répondre
à toute attaque américaine, en réponse aux menaces de Donald Trump qui
a dépêché des forces dans le Golfe et affirmé que "le temps est compté"
pour Téhéran.
M. Araghchi a toutefois répété que l'Iran était prêt à un accord
"juste" et "équitable" sur le nucléaire.
Le ministre turc des Affaires étrangères a d'ailleurs "conseillé"
mercredi aux Etats-Unis de discuter avec Téhéran, jugeant qu'attaquer
l'Iran serait une "erreur". (AFP, 29 jan 2026)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Mitsotakis à Ankara: Ils se
sont encore une fois entendus tacitement sur leurs désaccords
Ragip Duran, TVXS.GR, 15 février 2026
La visite à Ankara du Premier ministre Grec M. Mitsotakis n’a pas été à
la une des médias turcs, car deux autres développements ont été
largement couverts par les journalistes: la nouvelle nomination de deux
ministres aux postes clef de l’Intérieur et de la Justice. Et les
déclarations violemment critiquées par Bagdad du ministre turc des
affaires étrangères.
Les deux nouveaux ministres sont M. Akın (justice), ex-procureur en
chef d’Istanbul accusé par l’opposition des prises de positions et des
décisions partisanes et M. Ciftci, ex-préfet d’Erzurum, connu par son
islamisme.
Les chroniqueurs proches de l’opposition croient que ces deux
nominations sont des signes de préparation d’Erdogan pour les élections.
De son côté, M. Fidan, ministre des affaires étrangères, a osé
directement menacer Bagdad et l’administration de la Région Autonome du
Kurdistan d’Irak (Barzani): “Après la Syrie, l’Irak est à l’ordre”
a-t-il dit. Il a également annoncé que la Turquie est capable de
nettoyer tous les éléments terroristes dans la région. Bagdad et
Barzani ont fortement réagi. Ankara a fait un demi-tour quand le
porte-parole du ministère a dû expliquer qu’il s’agissait “d’une faute
de traduction” et que” Ankara a toujours de bons rapports avec Baghdad
et Erbil”.
La visite de M. Mitsotakis accompagné d’une grande délégation à Ankara
et la conférence de presse conjointe Erdogan-Mitsotakis sont bien
accueillies par les médias turcs. Mais M. Selim Kuneralp, ambassadeur
en retraite, a essayé d’aller un peu plus loin : “ Nous constatons que
les sujets importants n’ont pas été dans l’agenda des deux parties. Des
conventions sur les lignes de ferry et la croissance réciproque du
commerce entre les deux pays ont été signées comme s’il n’y avait aucun
autre problème entre Athènes et Ankara. La Grèce n’a pas beaucoup
d’attente de la part d’Ankara. Mais la Turquie désire imposer son point
de vue sur la militarisation des îles, sur le statut de certaines îles
et en plus sur “La Patrie Bleue”, projet expansionniste critiqué par
l’Occident. Ces sujets se cachent sous le tapis. Lors des pourparlers,
les deux leaders parlent du “Droit İnternational” mais Ankara refuse de
se présenter devant les Cours Internationales quand il s’agit de
l’interprétation du traité de Lausanne et du problème de la “Patrie
Bleue”. Ne pas débattre voire garder le silence sur des sujets
déterminants n’est sûrement pas une attitude durable” .
Deux experts des relations turco-grecques, M. Stelios Berberakis et Mme
Barcin Yinanc estiment que même la poursuite du dialogue entre les deux
capitales “est positive”. Ils ajoutent que les bonnes relations entre
les deux peuples sont également un facteur qui peut faciliter la
solution des problèmes entre les deux Etats.
En somme, 30 ans après la crise d’Imia/Kardak, Ankara et Athènes sont
encore et toujours d’accord sur leurs désaccords.
Immigration
/ Migration
Trois morts et quatre disparus dans le naufrage d'un
bateau de migrants
Trois personnes sont mortes et quatre portées disparues après le
naufrage jeudi matin d'une embarcation de migrants en mer Égée, au
large de la Turquie, ont annoncé les garde-côtes turcs.
Trente-huit passagers de ce canot pneumatique ayant pris l'eau avant
l'aube au large du district de Foça (ouest), au nord de la grande ville
d'Izmir, ont pu être secourus vivants, ont précisé les garde-côtes dans
un communiqué.
Les plages du district de Foça sont situées à une trentaine de
kilomètres de la grande île grecque de Lesbos.
"Les opérations de recherche se poursuivent pour retrouver les quatre
migrants en situation irrégulière portés disparus", ont indiqué les
garde-côtes, qui ont dépêché plusieurs navires et hélicoptères.
Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées périlleuses vers
les îles grecques, porte d'entrée dans l'Union européenne.
Quinze migrants, dont quatre femmes, ont notamment été tués la semaine
passée lors d'une collisions avec un patrouilleur des garde-côtes grecs
au large de l'île de Chios, située à quelques encablures des côtes
turques.
Au moins 524 migrants ont disparu ou ont été repêchés morts en
Méditerranée depuis le début de l'année, selon l'Organisation
internationale pour les migrations (OIM), contre 1.873 sur l'ensemble
de l'année 2025. (AFP, 12 fév 2026)
Une
attaque au couteau à une
manifestation kurde fait 6 blessés à Anvers
Six personnes ont été blessées à l'arme blanche jeudi soir près de la
place de l'Opéra à Anvers, alors qu'une manifestation kurde y était
organisée pour dénoncer la situation actuelle au nord de la Syrie. Une
enquête a été ouverte pour "tentative d'assassinat", a indiqué la zone
de police d'Anvers. Les faits ne sont donc pour l'instant pas
officiellement qualifiés d'acte terroriste.
Dans un communiqué publié jeudi soir, le conseil des communautés kurdes
de Belgique, NavBel, dénonce de son côté une attaque "à caractère
terroriste" visant la communauté kurde d'Anvers, menée par des
assaillants "animés de motivations extrémistes et djihadistes".
"La manifestation se déroulait dans le calme et sans incident. De
nombreuses familles, femmes, jeunes et enfants étaient présents. Alors
que le rassemblement se dispersait, les manifestants kurdes ont été
attaqués par un groupe d'hommes", souligne le communiqué. "Ces hommes
s'étaient infiltrés dans la manifestation et ont soudainement sorti des
couteaux, ouvrant le feu sans distinction."
"Il est clair que cette attaque n'est pas un acte isolé de violence
gratuite, mais une attaque ciblée contre une communauté. Il s'agit d'un
acte de terrorisme contre les Kurdes. Nous attendons de la police et de
la justice belges qu'elles le considèrent et le traitent comme tel",
ajoute NavBel.
Une autre manifestation kurde prévue à Anvers vendredi sera annulée
"par respect pour les victimes" et "préserver la sérénité".
A la suite de l'attaque, deux victimes ont été transportées à l'hôpital
dans un état critique. Quatre suspects qui, d'après les premiers
constats, s'étaient infiltrés parmi les manifestants, ont en outre été
interpellés par la police. (RTBF, 23 janvier 2026)
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