flashfondationeditorsbulletinspublications

INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

52th Year / 52e Année
Février
 
2026 February
N° 570
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

Site searchWeb search

powered by FreeFind



Titres des évènements du mois
Titles of this month's events



Droits de l'Homme / Human Rights

Deux Turcs arrêtés pour espionnage au profit d'Israël
Police detain 96 in raids targeting left-wing groups, media outlets
Pendant que les attaques et menaces fascistes sont de nouveau en recrudescene - Doğan Özgüden
Six personnes arrêtées pour espionnage au profit de l'Iran

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Turkey arrests exiled Iranian journalist Kaveh Taheri sparking deportations fears

Un éditeur accusé de "financement du terrorisme" pour des droits d'auteur
TV anchor Sedef Kabaş detained overnight over social media posts
Turkey’s most frequently arrested reporter, Furkan Karabay, under house arrest

Kurdish Question / Question kurde

The siege of Kobanê: an ongoing crime against humanity and a global failure
Le convoi d'aide pour Kobane bloqué par les autorités
Les forces gouvernementales entrent dans le bastion kurde de Qamichli
Entre résignation et inquiétudes, les Kurdes face au retour de Damas
Arrest for following a social media post featuring a hair braiding video

Damas et les Kurdes annoncent un accord, salué par Washington et Paris
Un club de foot sanctionné pour "propagande" prokurde
Les rassemblements interdits jusqu'à samedi à la frontière syrienne

Minorités / Minorities

La déclaration de l’Association des Armeniens democrates de Belgique
Les derniers Arméniens quittent le Karabakh


Politique intérieure/Interior Politics

Le Prince Héritier malgré lui : Bilal Erdogan, Ragip Duran

Forces armées/Armed Forces

La Turquie déploie des chasseurs F-16 en Somalie


Affaires religieuses / Religious Affairs
 
"L’Etat Islamique devient le voisin de la Turquie" - Ragip Duran

Socio-économique / Socio-economic

Men killed 16 women in January
Seize morts et 30 blessés dans deux accidents de la route

Colère après la découverte du corps d'une femme décapitée dans une benne à ordures

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

L'ancien patron du groupe aéroportuaire turc TAV arrêté en France
Le chef de la diplomatie française se rend en Turquie pour réchauffer les relations


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO



Relations régionales / Regional Relations

Après Ryad, Erdogan scelle de nouveaux accords avec son ancien rival Sissi
Les nerfs à vif des Iraniennes de Van
La Turquie offre sa médiation à l'Iran mais est prête à "renforcer" sa frontière

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

Une attaque au couteau à une manifestation kurde fait 6 blessés à Anvers


Droits de l'Homme / Human Rights

Deux Turcs arrêtés pour espionnage au profit d'Israël

Deux ressortissants turcs ont été arrêtés à Istanbul, soupçonnés d'espionner pour le compte des services de renseignement israéliens depuis plus d'une décennie, ont rapporté vendredi les médias d'État.

Selon l'agence de presse Anadolu et la chaîne de télévision TRT, un homme d'affaires turc et un complice turc d'origine palestinienne étaient chargés par le Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, de recueillir des informations sur des Palestiniens hostiles à Israël.

Les deux hommes, actuellement en garde à vue, sont notamment soupçonnés d'avoir approché un cadre du mouvement islamiste palestinien Hamas en Tunisie, au prétexte de lui vendre des pièces détachées de drones fournies par le Mossad.

Cet ingénieur tunisien, Mohamed Zouari, spécialisé dans le développement de drones, avait été tué en décembre 2016 d'une vingtaine de balles au volant de sa voiture à Sfax, dans le centre-est de la Tunisie. Le Hamas avait aussitôt accusé Israël.

Selon la chaîne de télévision TRT, l'un des deux hommes oeuvrait ces dernières semaines à la préparation d'une "opération logistique" du Mossad dans plusieurs pays. (AFP, 6 fév 2026)

Police detain 96 in raids targeting left-wing groups, media outlets

Police detained 96 people in morning raids across 22 provinces today, targeting political parties, unions, and media outlets.

Interior Minister Ali Yerlikaya announced that the operations were part of an investigation into the outlawed Marxist Leninist Communist Party (MLKP).

Doors broken

The raids targeted the Socialist Party of the Oppressed (ESP), the Federation of Socialist Youth Associations (SGDF), the Socialist Women's Councils (SKM), and the Limter-İş Union. Police also raided the Etkin News Agency (ETHA), the Science, Education, Aesthetic, Culture and Art Research Foundation (BEKSAV), and the Law Bureau of the Oppressed (EHB).

Among those detained are former MP and ESP Co-Chair Murat Çepni and ETHA journalists Nadiye Gürbüz, Pınar Gayıp, Elif Bayburt, Müslüm Koyun, and Züleyha Müldür, as well as environmentalists and unionists.

The İstanbul Chief Public Prosecutor's Office stated it issued detention warrants for 110 individuals. It alleged that the targeted organizations are part of the MLKP structure.

The investigation is based on witness statements, digital materials from previous operations, reports from the Financial Crimes Investigation Board (MASAK), and data from online meetings held on Google Meet.

Police reportedly broke the doors of the offices of the organizations during the raids and confiscated technical equipment. A 24-hour restriction was placed on the detainees' access to lawyers.

'It's because we defended Rojava'

Çiçek Otlu, an MP from the pro-Kurdish Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party and the spokesperson of the Socialist Women Assemblies (SKM), linked the timing of the raids to recent developments in northern Syria. "It's because we defended the Rojava revolution," she said.

"During the detentions, doors of many of our institutions, including the headquarters, ETHA, BEKSAV, SGDF, and Kaktüs, were broken to enter. Subsequently, computers in all our locations were confiscated," Otlu said.

She added that "We want equality and freedom in this country. We want the rights of labor and the women's freedom struggle to be recognized."

The MP cited earlier earlier remarks by Foreign Minister Hakan Fidan, who told Al Jazeera on Jan 30 that around 300 members of Turkey-based left-wing groups were operating in areas controlled by the Kurdish-led Syrian Democratic Forces (SDF).

"Their only task is to seek opportunities to attack Turkish soldiers and security forces," Fidan had said.  (BIA, 3 Feb 2026)

Pendant que les attaques et menaces fascistes sont de nouveau en recrudescence…


Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 29 janvier 2026
Les derniers volumes en turc et en français des Écrits d’Exil, fruits de nos 61 années de lutte commune avec İnci, sont la réponse que les rageux méritent
Dans mon article de la semaine dernière, j’avais écrit que les mêmes qui avaient détruit la République de Mahabad fondée par la nation kurde en Iran il y a 80 ans, en 1946, s’attaquent aujourd’hui avec la même bassesse à l’entité autonome kurde du Rojava en Syrie.
 
Dans un discours, Devlet Bahçeli, le leader du MHP, initiateur de la supercherie de la « Turquie sans terreur », a directement pris pour cible les FDS, en émettant la présente fatwa : « La racine des activités terroristes opérant à l’est de l’Euphrate, d’Ayn al-Arab à Qamishli, doivent être éradiquées, le nettoyage de la zone doit être mené de manière globale et coordonnée ».
 
Bahçeli, auquel les dirigeants du parti DEM n’ont guère manqué, depuis plus d’un an, d’exprimer leur respect et leur affection, est allé plus loin encore la semaine dernière, en ne tardant pas à s’en prendre non seulement aux FDS, mais aussi directement au DEM : « Le parti DEM doit immédiatement cesser d’agiter nos frères kurdes, d’apporter de l’eau au moulin du sionisme et de souffler sur les braises. Il est temps que chacun retrouve la raison. Exciter la patience et les nerfs ne profitera à personne, bien au contraire, la main tendue risque de se transformer en poing levé ».
 
De plus, lors de cette attaque, il n’a pas hésité à instrumentaliser son alliance avec le leader du PKK Öcalan, qui lui avait récemment offert un tapis spécialement tissé pour l’occasion : « Le parti DEM doit prendre une décision : est-il avec ou contre le chef fondateur du PKK ? Se mettra-t-il au service du terrorisme ou œuvrera-t-il pour un avenir sans terreur ? »
 
Numan Kurtulmuş, le président de la Commission « Turquie sans terreur », créée l’an dernier au sein de la Grande Assemblée nationale de Turquie à l’instigation de Bahçeli, n’a pas non plus tardé à s’en prendre aux Kurdes de Syrie, en faisant comme si le DEM ne s’opposait pas aux attaques menées contre l’administration autonome du Rojava et, sans même consulter les membres de ce parti au sein de la commission, en proférant cette menace : « Le PYD/PYG, quel que soit son nom, est une organisation terroriste. Cela suffit, personne ne doit tenter d’empoisonner la Syrie par le biais d’organisations terroristes ».
 
Le colonel d’état-major à la retraite, Dr. Çağlar Özer, fréquemment sollicité par les médias turcs en qualité d’expert ès contre-terrorisme, n’a pas tardé non plus, dans une interview publiée dans le journal Cumhuriyet, en élargissant l’objectif et en lançant la fatwa suivante : « La légende autour de Kandil s’est effondrée. Kandil sera bientôt éradiqué ».
 
Il y a quelques mois encore, Recep Tayyip Erdoğan, reçu avec beaucoup de respect et de sympathie par les députés du DEM à l’occasion de l’ouverture du Parlement, a dans un discours prononcé ce mardi, fait l’éloge du dictateur islamiste al-Charaa – « Nous sommes très heureux d’observer qu’avec le dernier décret du président al-Charaa, les droits fondamentaux de nos frères kurdes, qui n’étaient même pas considérés comme des citoyens sous le régime Assad, ont été garantis » – tout en ne tardant pas à proférer des menaces à l’encontre des FDS : « Il ne peut y avoir un État dans l’État. Il ne peut y avoir des forces armées distinctes, d’armée parallèle au sein de l’État… »
 
Face à ces développements lugubres, l’avertissement suivant a été publié dans une déclaration signée par 1381 personnes au nom de l’Initiative sociale pour la Paix en Turquie :
 
« Que tous ceux qui aspirent à vivre sous le droit moderne se souviennent que les Kurdes, pris pour cible et voués à l’élimination, incarnent la résistance contre ceux qui tentent d’engloutir la Syrie et le Moyen-Orient dans le fanatisme salafiste. L’administration autonome, aujourd’hui diabolisée, est née de la libération de la région de l’emprise de Daesh. N’oublions pas le nombre de personnes massacrées par Daesh dans ce pays, à commencer par les massacres de Suruç et du 10 octobre, ni les traumatismes qu’ils ont engendrés ! Chaque erreur commise ravive des traumatismes historiques. N’en avons-nous pas assez de cette histoire écrite emplie de mensonges, de ce passé et de ce présent où rumeurs et provocations, et non les faits, prévalent ? Pouvons-nous bâtir notre avenir commun sur le langage irresponsable de la haine ? Comment peut-il y avoir la paix en Turquie alors que les parents des citoyens kurdes sont assassinés en Syrie ? La paix passe par la guérison collective. La paix ne peut être atteinte avec des cœurs brisés, des personnes blessées et des injonctions bafouant la dignité ».
 
Le langage de la haine mentionné dans cette déclaration, que j’ai également signé avec İnci, relayé par les médias après que Bahçeli, l’initiateur du processus de la « Turquie sans terreur » soit revenu à sa véritable identité et ait commencé à lancer des provocations visant à instaurer une « terreur d’État » en Syrie, à l’instar de celle menée en Turquie, ne s’est pas cantonnée aux médias progouvernementaux, mais se répand également dans les médias sociaux…
 
Immédiatement après ces attaques provocatrices et agressives, nos nouvelles et articles défendant les droits des Kurdes du Rojava et relayant leur point de vue ont commencé à faire l’objet de commentaires insultants et menaçants.
 
Ce n’est pas une première pour nous… En publiant Ant en Turquie, tout comme en publiant Info-Türk en exil, nous avons été la cible d’attaques et de menaces de l’État turc et des missions étrangères, de ses médias et de ses organisations.
 
Comme toujours, ces attaques et ces menaces ne nous intimideront pas plus aujourd’hui.
 
Aujourd’hui marque d’ailleurs exactement le 61e anniversaire de notre union avec İnci, tant dans notre vie intime que dans nos activités journalistiques et nos luttes socio-politiques…
 
Comme on peut le voir sur les images partagées ci-dessus, la lutte commune que nous avons entamée avec İnci en 1965, en faisant d’Akşam, le plus ancien journal de Turquie, la voix quotidienne de la gauche, prit une toute autre dimension à partir de 1967 avec la publication de la revue socialiste Ant et des éditions Ant, qui furent la cible d’attaques constantes tant du gouvernement que de l’armée.
 
Durant notre vie d’exil qui nous a été imposé par le coup d’État du 12 mars 1971, notre lutte a acquis une dimension véritablement internationaliste grâce à la solidarité et l’unité de lutte avec les exilés politiques de divers pays opprimés à travers le monde.
 
Nous avons poursuivi des décennies durant la lutte commencée dans les années 1970 avec la Résistance démocratique et au début des années 1980 avec l’Union pour la Démocratie contre les coups d’État fascistes en Turquie, à travers les commentaires et nouvelles publiées dans Info-Türk, mais aussi dans Tek Cephe [Front unique], Yürüyüş [Marche], Demokrat Türkiye [La Turquie démocrate], Özgür Bakış [Regard libre], Yazın [Littérature], Barış/Aşıti, [Paix], Artı Gerçek [La réalité en plus], Sürgün [L’exil] et Avrupa Demokrat [L’Europe démocrate].
 
Deux semaines seulement après le 61e anniversaire de notre union avec İnci, nous célèbrerons le 9e anniversaire d’Artı Gerçek, qui occupe une place très importante dans notre lutte en exil…
 
Cette période a été marquée par une campagne sans précédent de répression et de persécution lancée par le gouvernement Tayyip en Turquie, visant à saboter le processus de paix et à instaurer une dictature présidentielle, suivie d’arrestations massives pour éliminer le HDP, troisième groupe au Parlement, et de destructions matérielles dans les zones de population kurdes…
 
À l’étranger, deux évènements importants ont caractérisé cette période : d’une part, la création de l’organisation du Congrès démocratique des Peuples en Europe, le 4 février 2017 à Bruxelles, afin de poursuivre la lutte à l’étranger, et d’autre part, le lancement d’Artı Gerçek.
 
Après le lancement en ligne d’Artı Gerçek le 8 février 2017 dans la ville de Cologne en Allemagne, un mois plus tard, le 18 mars 2017, Artı TV, une avancée majeure dans le domaine de la diffusion audiovisuelle, commença à diffuser avec une cérémonie d’inauguration réunissant tous les amis à Cologne.
 
Avec le recul, Artı Gerçek occupe une place particulière dans les neuf dernières années de ma vie journalistique en exil.
 
Les articles d’Artı Gerçek ont été ceux que j’ai pu publier le plus longtemps dans un même périodique… Neuf années durant, j’y ai exprimé sans relâche mes opinions… Mes articles pour Artı Gerçek, qui sont désormais au nombre de plus de 460, occupent la plus grande place dans mes Écrits d’Exil, dont le premier volume a été publié en 2019, et dont le 9e et dernier volume paraîtra la semaine prochaine.
 
Les Écrits d’Exil constituent, avec mes mémoires intitulées Journaliste ‘apatride’, publiées en deux volumes en 2010 et en 2011 et mon livre intitulé Une rebelle dans l'encre d'exil, qui retrace la vie difficile d'Inci, un récit sincère de mes 74 années de carrière journalistique, dont 55 passées en exil.
 
Sürgün Yazıları (Écrits en exil) est le récit sincère d'une carrière journalistique de 74 ans, dont 55 passés en exil, raconté dans mes mémoires en deux volumes intitulés « Vatansız Gazeteci » (Journaliste apatride), publiés en 2010 et 2011, et dans mon livre Vatansızlığı Vatan Eylemek (Faire de l'apatridie une patrie), qui retrace la vie difficile d'Inci.
 
Les traductions françaises de mes articles parus dans Artı Gerçek de février 2017 à fin décembre 2024 ont été publiées en quatre volumes sous le titre Écrits d’Exil. Le 5e volume, qui regroupe les traductions françaises de mes articles du début de l’année 2025 à nos jours, paraîtra la semaine prochaine, en même temps que le 9e volume des Sürgün Yazıları.
 
Comme tous mes ouvrages publiés en Turquie et en exil depuis 1965, les versions pdf de ces deux livres seront disponibles sur la page internet d’Info-Türk.
 
À l’occasion du 61e anniversaire de notre union, je tiens à remercier İnci, ma chère compagne de vie et de lutte qui, malgré des problèmes de santé de plus en plus intenses, a assumé avec abnégation l’entière responsabilité de la rédaction, de la mise en page, de la composition et de l’impression de ces deux derniers livres, comme elle l’a fait à chaque étape de notre combat commun.

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN  


Six personnes arrêtées pour espionnage au profit de l'Iran

Six personnes accusées d'"espionnage politique et militaire" pour le compte des services de renseignement iraniens ont été arrêtées et incarcérées en Turquie, ont rapporté mercredi des médias turcs.

Les suspects sont soupçonnés d'avoir recueilli des informations concernant plusieurs sites critiques, parmi lesquels la base militaire d'Incirlik (sud), qui abrite des forces américaines, a indiqué la chaîne de télévision étatique TRT, confirmant une information du quotidien Sabah.

Interrogées par l'AFP, les autorités turques n'ont pas commenté.

Selon l'agence de presse privée DHA, les six suspects ont été appréhendés dans cinq provinces, dont celles d'Istanbul et d'Ankara, la capitale. Cinq d'entre eux sont de nationalité turque et le sixième est iranien, a précisé DHA.

Les suspects sont également accusés d'avoir collecté des informations concernant l'expédition de drones militaires depuis la Turquie vers des pays tiers.

La Turquie, qui partage plus de 500 km de frontière avec l'Iran, s'est opposée publiquement à une intervention militaire américaine en réponse à la violente répression du mouvement de contestation en Iran, qui a fait plus de 6.200 morts, selon un bilan de l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

Mercredi, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a "conseillé" aux Etats-Unis de discuter avec les dirigeants iraniens, estimant que Téhéran est "prêt à négocier" en commençant par le dossier du nucléaire.

Le chef de la diplomatie s'est ensuite entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghchi, a annoncé son ministère sans autre détail. (AFP, 28 jan 2026)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Turkey arrests exiled Iranian journalist Kaveh Taheri sparking deportations fears

Turkish authorities must immediately release exiled Iranian journalist Kaveh Taheri and halt all efforts to deport him to Iran, where he faces serious risks, including but not limited to imprisonment.

Taheri, an independent and freelance journalist and human rights advocate recognized as a refugee by the U.N. High Commissioner for Refugees (UNHCR), was detained on January 26 in the northwestern city of Sakarya while traveling by bus to Istanbul for a visa appointment at the French Consulate, his lawyer, Salih Efe, told CPJ. He is currently held at the Kocaeli Removal Center.

“Deporting Kaveh Taheri to Iran could put his life at grave risk,” said CPJ Regional Director Sara Qudah. “Turkish authorities must honor their international obligations, immediately halt all deportation proceedings, and allow Taheri to seek safety in a third country without further harassment.”

Taheri’s sister, Laleh, expressed the family’s deep distress following a brief WhatsApp message he sent during his arrest. “He sent me a short message saying he was arrested,” she told CPJ. “We are really worried about his safety. He is about to be deported to Iran, which would be life-threatening.”

His lawyer said that the journalist was “unlawfully and arbitrarily” detained despite possessing a valid travel permit for a consulate visit.

“Although a colleague was able to visit him in person and review his file on January 28, we have seen no intelligence reports to justify these accusations, nor has there been any hearing or further explanation provided for his sudden arrest,” Efe said, adding that no date has been set for a hearing.

He said authorities issued a deportation order on January 28, citing “national security” grounds, which she said was a “standard justification often used against journalists and those the authorities disfavor.”

Efe noted that previous court rulings had blocked past deportation attempts, and that Taheri remains “trapped in a cycle of administrative harassment.”

If returned to Iran, Taheri could face severe retribution for his reporting on government corruption and human rights abuses. He was arrested by Iranian intelligence in 2012 and spent nearly a year in Shiraz’s Adel Abad Prison, where he reported being tortured and forced into a false confession.

Taheri is the founder of the ICBPS YouTube channel , which focuses on news and geopolitical analysis, and has contributed to several international outlets, including The HuffPost and The Times of Israel. Most recently, his writing has focused on Iranian and international affairs and has been published on his Substack account.

Neither the Turkish Directorate General of Migration Management nor the French Consulate in Istanbul responded to CPJ’s requests for comment regarding Taheri’s detention and visa appointment. (CPJ, 3 Feb 2026)

Un éditeur accusé de "financement du terrorisme" pour des droits d'auteur

La justice turque a ouvert une enquête pour "financement du terrorisme" contre un éditeur ayant versé des droits d'auteur à deux collaborateurs travaillant depuis leur cellule de prison, a indiqué mercredi à l'AFP un porte-parole.

La maison d'édition Kor Kitap a affirmé que son salarié avait été gardé à vue pendant quatre jours, puis assigné à résidence et placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de l'enquête.

La justice reproche à l'éditeur le versement de droits d'auteur à Tonguç Ok et Necip Baysal, deux collaborateurs condamnés à des peines de prison à perpétuité pour "terrorisme" et travaillant comme auteurs, éditeurs et traducteurs pour Kor Kitap, selon un porte-parole de la maison d'édition.

Ces deux hommes, emprisonnés depuis la fin des années 1990 pour divers actes commis au nom d'un groupuscule d'extrême gauche qualifié de terroriste par Ankara, sont qualifiés de "prisonniers politiques" par leur employeur qui affirme que l'argent versé ne leur sert qu'à "acheter des produits à la cantine de la prison".

"Nous ne tolérerons aucune tentative d'emprisonner la pensée et la culture", a réagi Kor Kitap sur X, demandant "l'annulation immédiate de cette décision illégale".

L'Association des éditeurs turcs a également qualifié sur X cette décision d'"extrêmement préoccupante pour le monde de l'édition et la liberté d'expression".

"Il est légitime, dans le cadre des principes juridiques universels, des droits constitutionnels et de la déontologie de l'édition, que (...) Tonguç Ok et Necip Baysal perçoivent des droits d'auteur pour leurs oeuvres, même en prison", a écrit l'association. (AFP, 28 jan 2026)

TV anchor Sedef Kabaş detained overnight over social media posts

Television anchor Sedef Kabaş was taken into custody after midnight over a series of posts on social media. Her lawyer Uğur Poyraz announced the detention, saying that Kabaş had called him to inform him of her arrest.

The İstanbul Anadolu Chief Public Prosecutor’s Office later confirmed the detention, citing her posts on X as grounds for the investigation. Prosecutors accused Kabaş of “insulting the president” and “inciting the commission of a crime.”

Kabaş was released today after being questioned. Prosecutors questioned Kabaş about three specific posts. The first, dated Sep 9, read, “Does anyone still think coups are carried out only by the military? Since Mar 19, the country has been ruled by a ‘civilian coup’... The strongest presidential candidate of the future has been imprisoned... Now, the country’s oldest and largest political party is being crushed!”

The second post continued in a similar tone: “From now on, elections will be for show only. There will be ballots, but no democracy. From this point forward, civil disobedience is the only solution.”

Both of these posts apparently referred to the Mar 19 detention of Ekrem İmamoğlu, the now-suspended mayor of İstanbul, who was declared the presential candidate of the main opposition Republican People’s Party (CHP).

In a third post from Sep 29, Kabaş wrote, “They’ve made a plane without an engine... They graduated with fake diplomas, and they’re governing the country without legitimacy.” The statement was viewed as a jab at Turkey’s KAAN fighter jet project and long-time allegations concerning President Recep Tayyip Erdoğan's university diploma.

Kabaş acknowledged writing the posts and argued they were protected under freedom of expression.

Referring to the first post, she said, “Calling the imprisonment of the strongest presidential candidate a fact rather than a comment is accurate. The internal disputes within the CHP, the lawsuits, and the effort to impose trustees on the party leadership all point to a collapse. This is not my personal opinion, but a sentiment shared and expressed by millions. My question, ‘Are coups only carried out by the military?’ obviously has a negative answer. Coups can be military, civilian, or economic. These are all forms of commentary.”

She continued, “There is no insult directed at the president in my posts, nor is there any indication of such an intent. There are no names, words, or phrases that would imply such a charge. There’s no call for violence, no weapons, no terrorist acts, and no hate speech.”

Kabaş defended her second post by saying, “Civil disobedience is a constitutional right, just like strikes, boycotts, resigning from Parliament, protests, and marches. What I meant was exercising a constitutional right. Prosecuting someone for advocating the use of constitutional rights is itself unlawful. There is no call to commit any crime in what I wrote.”

Following her statement, the prosecutor referred Kabaş to a criminal court with a request for judicial control. The court granted the request and released her under judicial supervision. (BIA, 27 jan 2026)

Turkey’s most frequently arrested reporter, Furkan Karabay, under house arrest

Turkish authorities should immediately cancel the order of house arrest for reporter Furkan Karabay and let him do his job, the Committee to Protect Journalists said Monday.

Police in Istanbul took Karabay, a court reporter currently with the news website Medyascope, into custody and a court placed him under house arrest on the suspicion of “publicly spreading disinformation.” His trial will begin in March. The accusations stemmed from his reporting on the indictment of the opposition-controlled Istanbul Metropolitan Municipality. Karabay spoke to reporters after the hearing and said his work was based on legal documents and that he will continue to report for the public benefit.

“Turkish authorities keep arresting Furkan Karabay — once every year since 2023 — for reasons directly linked to his professional work,” said Özgür Öğret, CPJ’s Turkey representative. “This vengeance is a cautionary tale for critical journalists. The authorities should free Karabay without delay and let all journalists do their jobs without fear of retaliation.”

Karabay has been arrested four times in less than two-and-a-half years, and he has been imprisoned for his work in very similar cases brought against him in December 2023, November 2024, and May 2025. He was released from prison last month after spending more than 200 days behind bars.

Karabay told CPJ Monday that he was at home waiting for the law enforcement officers to come to set up the electronic monitoring system. House arrests take a high toll on journalists’ life both professionally and psychologically, other reporters who’ve been through it told CPJ.

CPJ recognizes house arrest as imprisonment. (CPJ, 27 jan 2026)


Kurdish Question / Question kurde

The siege of Kobanê: an ongoing crime against humanity and a global failure



Appeal by Kurdistan National Congress - KNK

Today marks the seventeenth day of an unbroken and suffocating siege against the city of Kobanê in Rojava-Kurdistan. While the world speaks of progress and a ceasefire related to the 30 January agreement and its supposed implementation, the reality for more than half a million civilians is one of engineered deprivation: a total cutoff of electricity, running water, and communications, alongside a systematic blockade of life-saving humanitarian aid. It is not a humanitarian crisis, but a calculated crime in progress, conducted in the full view of a silent international community. 

The siege exposes the fatal hypocrisy at the heart of the current political process. Turkey, which played a central role in designing the military offensive against Rojava, now enforces a cruel embargo by refusing to open its border. The Mürşitpınar crossing remains sealed, with aid convoys deliberately blocked or turned back. At the same time, Ankara cynically proposes that aid be routed through Damascus, the very authority implementing the siege on Kobanê at Turkey’s direction. This two-faced policy is not a solution; it is an attempt to deceive the international community and treat global institutions as fools. It reveals a coordinated strategy to strangle Kobanê, making the population pay the price for its historic resistance that defeated ISIS. 

The responsibility for this outrage lies with a clear axis: the Damascus Interim Government, which implements the siege, and the Turkish state, which directs and enables it. But the shame extends further. The US-led Global Coalition against ISIS, the European Union (EU), the UN, and global humanitarian agencies just watching what's happening: The city that broke ISIS's backbone is now being broken by hunger and cold. Their inaction violates the very principles of human rights and humanitarian law these institutions claim to uphold.

If the UN, the EU and international institutions all fulfill their fundamental duty to protect civilians, then they must at the very least remove all obstacles to popular solidarity. The Kurdish people will not abandon their responsibility. An unprecedented national unity has emerged across all parts of Kurdistan and throughout the diaspora. Our people possess both the will and the capacity to support their brothers and sisters in Kobanê.

We are therefore in our unambiguous demands to the orchestrators of this crime and their international institutions

1) Lift the siege and embargo on Kobanê immediately! Open all borders and access routes now!
2) Establish an independent, UN-mandated international mechanism to monitor, report on, and guarantee the permanent end of the siege and the safe passage of all humanitarian aid. 

The people of Kobanê, who taught humanity the meaning of defiance, are watching. History will judge this moment not by the agreements signed, but by the siege that was or was not broken. 

Break the Siege of Kobanê! (KNK, 5 Feb 2026)

Le convoi d'aide pour Kobane bloqué par les autorités

Le convoi d'aides collectées par la plateforme de solidarité avec la population de Kobane, ville à majorité kurde du nord de la Syrie, a été interdit de passage et renvoyé par les autorités turques à Diyarbakir, ont annoncé les organisateurs mercredi à l'AFP.

Vingt-cinq camions contenant de l'eau, du lait, des préparations pour nourrissons et des couvertures étaient partis samedi de Diyarbakir, grande ville à majorité kurde du sud-est de la Turquie.

"Malgré toutes les démarches, leur passage vers Kobane n'a pas été autorisé", a annoncé la Plateforme de protection et de solidarité de la ville de Diyarbakir.

Les camions ont été bloqués au poste-frontière de Suruç, qui fait face à Kobane, mais les organisateurs avaient pensé obtenir l'autorisation de traverser une centaine de km plus loin à Araz, ont ils expliqué.

"Cependant, la délégation n'ayant pas non plus obtenu l'autorisation, les camions sont rentrés à Diyarbakir" précisent-ils mercredi.

la ville de Kobane est restée le symbole de la première victoire des forces kurdes contre les jihadistes du groupe Etat islamique en 2015.

Au terme d'un accord avec les combattants majoritairement kurdes des Forces de défense syriennes (FDS), l'armée syrienne a commencé lundi soir à se déployer autour de la localité.

Cet accord avec Damas qui prévoit l'intégration de FDS à l'armée syrienne met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes. (AFP, 4 fév 2026)

Les forces gouvernementales entrent dans le bastion kurde de Qamichli

Les forces gouvernementales syriennes sont entrées mardi dans le bastion kurde de Qamichli, au coeur de la zone autonome établie par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie, conformément à un accord entre cette minorité et Damas.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu une colonne des forces de sécurité formée de blindés et de véhicules pénétrer dans la ville et établir des barrages de contrôle à ses entrées.

Si des Syriens brandissaient des drapeaux aux abords de Qamichli pour célébrer cette arrivée, des habitants ont fait part de leurs inquiétudes.

"Je ne suis pas du tout à l'aise avec l'entrée de ces forces dans nos villes", a témoigné Mohammed al-Sayyed, 29 ans, employé dans une boutique de vêtements. "Notre crainte pour l'avenir est claire: qu'ils reproduisent l'expérience" de l'ex-président syrien Bachar al-Assad, "avec des arrestations, des enlèvements et des mesures de répression sécuritaires", a-t-il déclaré à l'AFP par téléphone.

Mais pour Saad Mohammed, 35 ans, professeur de langue kurde, "c'est une bonne chose à condition que le gouvernement s'engage à résoudre la question kurde dans le cadre de la Constitution et que l'intégration soit équitable pour tous les employés kurdes".

Répartis entre la Syrie, l'Irak, l'Iran et la Turquie, les Kurdes affirment que leurs tentatives d'établir un Etat indépendant ont été systématiquement réprimées par les puissances régionales et internationales au cours de leur histoire.

 - Espoirs d'autonomie anéantis -

 Les autorités locales kurdes avaient imposé mardi un couvre-feu à Qamichli pour faciliter l'opération, qui s'est déroulée sans accroc.

L'activité était paralysée dans la ville, où les places et les devantures des magasins fermés étaient ornées de drapeaux kurdes, rouge, blanc et vert frappés d'un soleil.

L'accord annoncé vendredi sous la pression militaire de Damas vise à intégrer les institutions et les forces kurdes au sein de l'Etat syrien.

Il anéantit les espoirs des Kurdes de conserver la zone autonome qu'ils avaient instaurée dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024.

Les forces de sécurité de Damas étaient déjà entrées lundi dans la ville de Hassaké, qui était sous contrôle kurde.

Le chef des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), Mazloum Abdi, avait indiqué que seule une "force de sécurité limitée", et non l'armée, entrerait à Hassaké et Qamichli.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Noureddine al-Baba, a précisé que les forces de sécurité kurdes, les Assayech, seraient "intégrées dans les rangs" du ministère qui payera désormais leur solde.

Saluant la diversité de la Syrie, il a inspecté leurs quartiers généraux à Qamichli, selon la télévision d'Etat.

Les FDS avaient été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Syrie menée par les Etats-Unis, qui soutiennent désormais le nouveau pouvoir syrien.

Des forces gouvernementales ont également commencé à se déployer lundi soir dans les villages autour de Kobané, une poche kurde située plus à l'ouest dans la province d'Alep.

Cette ville, séparée territorialement de la zone autonome kurde, est le symbole de la première victoire kurde contre l'EI en 2015.

Le président islamiste Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024 le pouvoir de Bachar al-Assad, est déterminé à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire syrien.

Avec le déploiement de ses troupes dans la zone kurde, il ne reste plus que la région druze de Soueïda, dans le sud, qui échappe à son contrôle. (AFP, 3 fév 2026)


Entre résignation et inquiétudes, les Kurdes face au retour de Damas

Le temps est lourd sur la ville de Qamishli où plusieurs jours de pluie se sont succédé depuis la fin des hostilités entre Forces Démocratiques Syriennes (FDS) et les combattants emmenés par le gouvernement de transition syrien, lesquels ont annoncé vendredi 30 janvier, un accord global pour l’intégration progressive des forces militaires et de l’administration de la zone autonome kurde au sein de l’État syrien.

Malgré les conditions difficiles et des tensions toujours palpables, les commerces sont largement ouverts et la vie suit son cours. L’espoir renaît même à l’idée d’imaginer la fin des pénuries causées par près de quinze années de guerre. « Si tout se passe bien et que la stabilité revient, on aura plus de produits dans les magasins, on aura de l’essence de meilleure qualité et puis on ne vivra plus avec la peur de la guerre et de l’extrémisme tous les jours », décrit enthousiasmé Jamel, un jeune habitant de Qamishli, bientôt diplômé d’agronomie.

Même son de cloche chez ce pâtissier originaire d’Alep qui tient boutique proche du souk dans le centre-ville : »La paix et la sécurité sont les deux seules choses dont nous avons
besoin aujourd’hui. Si Dieu veut, nous vivrons ensemble, toutes communautés confondues et la prospérité reviendra pour tous », philosophe-t-il, souriant.

Les doutes et la suspicion persistent

Mais tous les commerçants n’ont pas vu l’avancée des forces gouvernementales comme une opportunité économique. Alors qu’une partie de sa famille est encore assiégée à Kobané dont il est originaire, Ibrahim Mesko un orfèvre kurde résidant à Amoudé, a pris soin de mettre une large partie de ses bijoux à l’abri, angoissé à l’idée que des pillages des biens appartenant à des Kurdes aient lieu.

« J’ai apporté une partie de mon stock à Derik (Al Malikiyeh), près de la frontière irakienne. Si les djihadistes arrivent jusqu’à nous, il faudra qu’on achemine nos biens de l’autre côté de la frontière », détaille l’orfèvre, inquiet pour ses proches et sa famille. « Mes fils Sardar et Hamoudi sont coincés à Kobané. Il n’y a plus de produits frais et ils mangent des conserves depuis plusieurs jours », déplore-t-il, soulignant que ce blocus rappelle les heures les plus sombres de Kobané, lorsque les Kurdes étaient assaillis par l’organisation État Islamique durant la guerre.

Malgré ces craintes, les combats semblent bel et bien terminés. Difficile toutefois pour tout un chacun de mesurer la teneur des conséquences que ce nouvel accord va avoir sur la région. Pour nombre de Kurdes, c’est un désaveu, la fin du vieux rêve d’indépendance et le retour sous la férule d’un État autoritaire qui ne vise qu’à les soumettre. « Il y a deux jours encore, les bandes du gouvernement attaquaient nos positions aux environs de Hassaké et maintenant il faudrait qu’on se serre la main et qu’on considère que nous sommes frères ? » s’interroge Farhad, un soldat des FDS en permission rencontré à Amoudeh.

Mais pour d’autres, plus réalistes, c’est l’inévitable résultat des évolutions politiques dans la région : « Au départ, les gens voyaient cela comme une défaite, mais après le discours de Mazlum Abdi le commandant des FDS beaucoup ont changé d’opinion. Ils comprennent que cet accord est satisfaisant pour le moment. Nous avons fait des erreurs, assumons-les. Le fait qu’Abdi ait refusé un poste au ministère de la défense a aussi marqué les esprits. Cela donne l’impression qu’on gardera toujours une forme d’indépendance » analyse Ghassan Bazo, un traducteur originaire de Qamishli.

Après l’abandon des tribus arabes qui formaient le gros des troupes des FDS, les factions kurdes se sont effectivement retrouvées dans l’incapacité de résister aux avancées des forces gouvernementales. Seule une pression de la communauté internationale a permis l’arrêt des combats et de relancer les négociations entre Kurdes et pouvoir syrien pendant que la population retenait son souffle.

La solidarité kurde ne faiblit pas

Mais pendant que les FDS subissaient les coups des forces du gouvernement central, les kurdes de toute la région n’ont pas cessé de se mobiliser pour venir défendre leurs frères et sœurs du Rojava. « Dès les événements d’Alep où les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et Ashrafieh ont été attaqués, nous avons décidé de venir prendre part à la résistance », explique Ako, un jeune kurde originaire de la province de Sulaymaniyah en Irak.

Lui et trois de ses amis ont établi leurs quartiers à Cel Agha, où les combats ont continué jusqu’aux dernières heures précédant l’accord bilatéral entre Damas et l’administration autonome, (AANES), conclu vendredi 30 janvier. Ce bourg situé entre Qamishli et la frontière irakienne est stratégique car il aurait permis aux armées de Damas de couper les routes d’approvisionnement des kurdes venant d’Irak.

« Nous resterons ici jusqu’à ce que les agresseurs se retirent ou soient vaincus, comme à Kobané en 2015 », promet le jeune homme qui a subi une journée de formation au maniement des armes avant de rejoindre la seconde ligne du front de Cel Agha. Le discours est très similaire pour Narin, une Kurde originaire de Turquie qui est membre des forces de sécurité de la ville de Qamishli : « Le Rojava est notre pays à nous les Kurdes et nous nous devons de le protéger » affirme-t-elle, sans pour autant répondre clairement ce qu’elle fera si l’AANES et le pouvoir central s’accordent sur un retrait des combattants étrangers.

Les zones d’ombre sont multiples alors que le déploiement d’agents gouvernementaux approche. Si le retour du pouvoir central se fait dans le calme, il y aura encore de nombreux obstacles à surmonter pour assurer une intégration pérenne et complète de la communauté kurde au sein des institutions publiques syriennes. (L'Humanité, 1 fév 2026)


Arrest for following a social media post featuring a hair braiding video

A court in İzmir formally arrested a 16-year-old on charges of "spreading terrorist propaganda" following a social media post featuring a hair braiding video. The child was sent to Şakran Children's Prison after appearing before a court.

The arrest is linked to a widespread social media protest where women braided their hair, referred to as kezî in Kurdish, in response to the desecration of a Kurdish woman fighter's body by forces affiliated with the Damascus interim government.

A man identifying as a member of the Free Syrian Army (FSA) shared a video on Jan 21 showing him cutting the hair braid of a member of the Women’s Protection Units (YPJ) in Raqqa, which the Damascus forces took over from the Kurdish groups. Since then thousands of women globally have shared videos of themselves braiding their hair to protest the incident, including senior politicians.

Lawyer Edhem Kuruş told Mezopotamya Agency (MA) that the child's detention has serious implications for the right to education and the principle of protecting children.

"Depriving a student of their liberty due to social media posts is a severe and disproportionate legal intervention," Kuruş said.

He added that the best interests of the child should be prioritized and that "arrest should be a last resort." Kuruş described the situation as "concerning for the principles of freedom of expression and the rule of law."

Peoples' Equality and Democracy (DEM) Party MP Gülistan Kılıç-Koçyiğit also criticized the arrest on social media. "We are faced with a mentality that is afraid of children and uses laws against them; an understanding that ignores violence against women while targeting everyone who objects," she stated. (BIA, 1 Feb 2026)

Damas et les Kurdes annoncent un accord, salué par Washington et Paris

Après des mois d'impasse et de violents combats, Damas et les Kurdes ont annoncé vendredi un accord sur l'intégration progressive des forces et de l'administration de la zone autonome kurde au sein de l'Etat syrien, salué par Washington et Paris.

Cet accord "global", selon le terme utilisé par les deux camps, porte un coup aux espoirs d'autonomie des Kurdes, le nouveau pouvoir islamiste étant déterminé à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire syrien.

Les Etats-Unis, qui soutenaient les forces kurdes dans leur lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) avant d'infléchir leur position avec l'arrivée fin 2024 du président Ahmad al-Chareh, ont salué une "étape historique" dans l'unification de la Syrie.

La France, par la voix du président Emmanuel Macron, a "félicité" les deux parties et affirmé qu'elle "appuierait pleinement" la mise en oeuvre de l'accord.

Il intervient après le récent revers subi par les puissantes Forces Démocratiques syriennes (FDS, dominées par les kurdes), qui ont dû céder à l'armée de larges pans de territoire.

Le texte prévoit que les forces de sécurité de Damas se déploient dans la zone autonome kurde, établie par cette minorité dans le nord et le nord-est du pays au cours de la guerre civile (2011-2024).

 - "Spectre de la guerre" -

 Cet accord "éloigne le spectre imminent de la guerre", se réjouit Raman Sido, un habitant de la ville à majorité kurde de Qamichli, interrogé par l'AFP.

Il offre certaines concessions aux Kurdes comparé à un précédent texte annoncé le 18 janvier par Damas et rejeté par cette minorité.

Ainsi, les FDS resteront regroupées au sein d'une division de l'armée syrienne, constituée de trois brigades.

"Les trois brigades seront établies dans notre région (..) et les commandants seront des Kurdes", a expliqué lors d'une conférence de presse une haute responsable de l'administration kurde, Elham Ahmed.

En outre, les forces kurdes de la poche de Kobané, plus à l'ouest, formeront une brigade au sein de l'armée.

Kobané, séparée territorialement de la zone autonome et ville symbole de la victoire des combattants kurdes contre l'EI, est actuellement cernée par l'armée.

Les "administrations de la zone autonome seront intégrées au sein des institutions de l'Etat syrien, et les employés civils seront maintenus" dans leurs fonctions, ajoute également le texte.

Lars Hauch, expert du cabinet de conseil Conflict Mediation Solutions, pointe que le texte "reste flou sur les questions cruciales" de la décentralisation administrative et sécuritaire.

Selon une source gouvernementale citée par la télévision officielle, "l'Etat va prendre le contrôle de toutes les institutions civiles et gouvernementales, ainsi que les postes-frontières" avec la Turquie et l'Irak.

Elham Ahmed a affirmé que l'accord établissait "un cessez-le-feu permanent".

La trêve avait été prolongée le 24 janvier pour 15 jours, notamment pour permettre l'évacuation par les Etats-Unis vers l'Irak de milliers de jihadistes, auparavant détenus par les forces kurdes.

 - Ne pas "lâcher" les Kurdes -

 La responsable kurde a indiqué que "les Etats-Unis et la France étaient les garants" de l'accord et "avaient promis de surveiller le processus".

Elle a cependant critiqué le "rôle négatif" qu'avait joué selon elle Washington en considérant que la mission des FDS, la lutte contre l'EI, était terminée.

A Paris, une source à l'Elysée a souligné que la France, qui a assuré ne pas vouloir "lâcher" les Kurdes, avait déployé "beaucoup d'efforts diplomatiques".

Damas et les Kurdes avaient signé en mars 2024 un accord pour l'intégration des institutions de la zone autonome au sein de l'Etat, mais les négociations n'avaient jamais abouti.

Le pouvoir syrien a lancé début janvier une offensive qui lui a permis de déloger les combattants kurdes de deux quartiers qu'ils tenaient dans la ville d'Alep (nord), avant de les pousser à se retirer des provinces de Raqa et Deir Ezzor.

Ce retrait a été accéléré par la défection massive des combattants arabes au sein des FDS, qui se sont ralliés au pouvoir syrien.

Dans le même temps, le président Chareh avait publié un décret accordant des droits nationaux à la minorité kurde, dont la langue sera désormais officielle au côté de l'arabe.

"Nous n'avons pas confiance en ce gouvernement. Regardez ce qu'ils ont fait à Damas, à Soueïda et sur la côte", s'inquiète toutefois Abou Ali, un boutiquier de 40 ans à Qamichli, en référence aux massacres d'alaouites et de druzes après la prise du pouvoir par les islamistes. (AFP, 30 jan 2026)


Un club de foot sanctionné pour "propagande" prokurde

Le plus important club de football kurde de Turquie, Amedspor, a été sanctionné jeudi par le Conseil de discipline de la Fédération turque de football (TFF), accusé d'avoir fait la "propagande" des combattants kurdes de Syrie dans une vidéo, a annoncé la TFF.

Sur des images partagées la semaine passée sur le compte Instagram d'Amedspor, une femme assise dans les tribunes du stade du club se fait tresser les cheveux, avec en fond sonore une chanson reprenant le slogan kurde "Jin, jiyan, azadi" ("Femmes, vie, liberté").

La vidéo en cause et de nombreuses autres publiées récemment sur les réseaux sociaux s'inscrivent en réaction à des images d'un soldat syrien se vantant d'avoir coupé la natte d'une combattante kurde dans le nord-est de la Syrie, où les forces gouvernementales et kurdes se font face.

Le club de Diyarbakir, principale ville du sud-est à majorité kurde de Turquie, écope d'une amende de 802.500 livres turques (15.500 euros environ) pour "propagande idéologique", et son président d'une suspension de 15 jours de toutes activités liées au football pour avoir "porté atteinte à la réputation du football" turc, écrit la TFF dans un communiqué.

Contacté par l'AFP, le président d'Amedspor, Nahit Eren, a indiqué avoir fait appel de cette décision, se refusant à tout autre commentaire.

Mardi, M. Eren, ancien bâtonnier de Diyarbakir, avait dénoncé sur X des "tentatives visant à impliquer notre club dans diverses polémiques".

Actuel leader du championnat de seconde division turque, Amedspor pourrait accéder cette année à la première division pour la première fois de son histoire. (AFP, 30 jan 2026)

Les rassemblements interdits jusqu'à samedi à la frontière syrienne

Les autorités turques ont interdit jusqu'à samedi soir tout rassemblement dans la province de Mardin (sud-est), frontalière de la Syrie, où l'offensive de Damas contre les combattants kurdes du nord-est syrien suscite la colère, a annoncé lundi le gouvernorat provincial.

Un appel à manifester mardi à Nusaybin, localité de la province de Mardin située face à la ville syrienne de Qamichli, avait été lancé par le parti prokurde turc DEM, en dépit du cessez-le-feu en vigueur dans le nord de la Syrie.

Lors d'une précédente marche la semaine passée pour dénoncer l'offensive de Damas sur la région semi-autonome du nord-est syrien tenue par des combattants kurdes, plus d'un millier de manifestants prokurdes avaient tenté de forcer le poste-frontière de Nusaybin pour entrer en Syrie.

"À l'exception des événements jugés appropriés (...), toute action destinée à être menée dans des espaces ouverts (rassemblements, marches, conférences de presse, grèves de la faim, sit-in, installation de stands, montage de tentes, distribution de tracts/brochures, accrochage d'affiches/bannières, etc.) est interdite", écrit le gouvernorat de Mardin dans un communiqué.

Les autorités turques, engagées dans un processus de paix avec les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdisent déjà depuis vendredi - et jusqu'à lundi soir - les rassemblements en extérieur à Diyarbakir, la principale ville du sud-est à majorité kurde.

Les affrontements dans le nord de la Syrie font craindre un déraillement du processus de paix entre Ankara et le PKK.

Les combattants kurdes de Syrie ont accusé lundi les forces gouvernementales d'avoir tué cinq civils dans des bombardements sur la région de Kobané (nord), malgré le cessez-le-feu en cours.

En octobre 2014, de violentes manifestations avaient éclaté en Turquie pour protester contre le siège de la ville de Kobané, à majorité kurde, par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), faisant près de 40 morts. (AFP, 26 jan 2026)


Minorités / Minorities

La déclaration de l’Association des Armeniens democrates de Belgique

Au peuple de Rojava, à l’opinion publique,

Le peuple de Rojava traverse des jours difficiles, attaqué par l’État turc et ses troupes (alliées) djihadistes en Syrie, avec la bénédiction des États occidentaux et des pays du Golfe.

Les premières attaques ont débuté dans les quartiers kurdes d’Alep, puis se sont rapidement poursuivies dans les régions de l’est de la Syrie, facilitées par le changement d’alliance de tribus arabes syriennes faisant partie des Forces démocratiques syriennes.

Jetant des centaines de milliers de personnes sur les routes : massacres, viols, exactions. Encore des images de têtes coupées, d’oreilles coupées, de scalps de jeunes filles, de marchés d’esclaves de jeunes filles kurdes.

Ces images nous sont familières, du temps de l’État islamique, mais aussi de la guerre d’agression contre l’Artsakh(Karabagh) en 2020, où les djihadistes envoyés par l’État turc monnayaient la tête d’Arménien à 100 $, les oreilles à 50 $… Et encore une fois, le silence du « monde civilisé », car les anciens djihado-islamistes, coupeurs de têtes hier, sont aujourd’hui devenus des alliés fréquentables, reçus dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche et à l’Élysée.

Les acquis du Rojava sont piétinés. Les combattants, essentiellement kurdes, au nombre de 13 500, tombés en luttant pour débarrasser l’humanité des islamo-fascistes d’un autre temps, sont aujourd’hui pourchassés par ces mêmes islamo-fascistes, sans que le monde ne bouge.

Il n’est pas question de mettre en compétition les souffrances, mais les forces qui manifestent pour Gaza n’y sont pas dans les manifestations pour le Rojava et ne semblent pas s’intéresser aux horreurs qui s’y déroulent. Cette attitude donne à réfléchir.

Aujourd’hui, il est plus qu’urgent de se dresser contre ces exactions et massacres afin d’être solidaires avec les peuples du Rojava. Ce qui se passe là-bas doit concerner l’ensemble de l’humanité.

Il y a eu plusieurs accords, de plus en plus défavorables aux forces du Rojava, sans être suivis d’effets sur le terrain. Le dernier accord du 29/01/2026 pourrait lui aussi ne pas être respecté. La mise en pratique de ces accords est liée au rapport de force créé ; si ce rapport est défavorable au peuple du Rojava, cet accord risque également d’être caduc.

Nous appelons à un sursaut de l’opinion publique afin que ce dernier accord soit respecté.

Nous appelons également les forces politiques du Rojava à tirer les leçons de l’histoire des peuples opprimés de Turquie, et notamment du peuple arménien, qui a déjà traversé un cheminement presque identique face à ce même État turc. Notre lecture politique est que la Turquie des Jeunes-Turcs et la Turquie d’aujourd’hui sont identiques sur le plan idéologique, avec les mêmes réflexes racistes et fascistes.

Cet État n’a qu’un seul but : en finir avec les nations et minorités nationales qui existent en Turquie, par la force ou par l’assimilation forcée. Cette même politique est proposé actuellement à ses alliés djihadistes de Syrie.

Il appartient aux dirigeants du peuple du Rojava de décider la politique à mener, mais nous souhaitons qu’ils ne fassent pas les mêmes erreurs que les dirigeants politiques arméniens il y a plus de 100 ans et surtout l’expérience de la guerre d’Artsakh (Karabagh) depuis 1988 ainsi que les politiques inconséquentes des dirigeants d’Arménie.

Nous restons solidaires du peuple kurde et saluons l’unité créée du peuple kurde avec le Rojava, qui pourrait être le début de la création de l’unité de la nation kurde. (AADB, 2 février 2026)

Les derniers Arméniens quittent le Karabakh

Onze personnes, parmi lesquelles se trouvent probablement les derniers résidents d’origine arménienne du Haut-Karabakh, ont été évacuées vendredi du Karabakh vers l’Arménie.

Le ministre arménien du Travail et des Affaires sociales, Arsen Torosian, a été le premier à annoncer l’arrivée des dix Arméniens du Karabakh et d’une femme d’origine russe. Peu après, la ministre de la Santé, Anahit Avanesian, a déclaré qu’ils avaient tous subi un examen médical dans la ville de Goris, dans le sud-est de l’Arménie. L’un d’entre eux a été hospitalisé à la suite de cet examen, a-t-elle indiqué dans un bref message publié sur Facebook.

Le gouvernement arménien n’a pas révélé l’identité des évacués. Il a ainsi laissé les proches d’une poignée d’Arméniens du Karabakh, qui avaient refusé de fuir la région lors de sa reconquête par l’Azerbaïdjan en septembre 2023, dans l’incertitude quant à leur sort.

Parmi eux figure Eleonora Hambardzumian, qui n’avait pas réussi à convaincre son frère Slavik, âgé de 67 ans, de se réfugier en Arménie à l’époque. Il a décidé de rester à Khnatsakh, un village situé à 15 kilomètres à l’est de Stepanakert.

Torosian a déclaré que les 11 habitants du Karabakh avaient eux-mêmes demandé à être transportés en Arménie. Gegham Stepanian, médiateur des droits de l’homme en exil au Karabakh, a remis en question cette affirmation.

« Non seulement ils n’ont pas dit qu’ils voulaient venir [en Arménie], mais j’ai également des informations selon lesquelles une personne a été persuadée par ses proches de partir, ceux-ci lui ayant dit qu’ils étaient prêts à organiser son départ par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, mais cette personne a refusé », a-t-il déclaré au service arménien de RFE/RL.
Stepanian a ajouté qu’il ne savait pas exactement ce qui avait motivé leur départ du Karabakh.

« Il y a peut-être eu des discussions entre les autorités arméniennes et azerbaïdjanaises, à la suite desquelles il a été décidé de prendre une telle mesure », a-t-il déclaré.

Plus de 100 000 Arméniens du Karabakh, soit la quasi-totalité de la population restante de la région, ont fui vers l’Arménie en l’espace d’une semaine après l’attaque de l’Azerbaïdjan en septembre 2023. Bakou nie que cet exode massif soit le résultat d’un nettoyage ethnique commis par ses soins.

Le nombre exact d’Arméniens qui ont choisi de ne pas quitter leur patrie n’a jamais été connu. Les médias contrôlés par l’État azerbaïdjanais ont utilisé certains d’entre eux à des fins de propagande.

Un autre Arménien du Karabakh, Karen Avanesian, a été arrêté par les services de sécurité azerbaïdjanais en septembre dernier pour avoir prétendument comploté un attentat « terroriste » contre le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Un tribunal azerbaïdjanais a condamné M. Avanesian à 16 ans de prison le 25 décembre, à l’issue d’un procès qualifié de simulacre par les avocats spécialisés dans les droits de l’homme en Arménie. Citant les anciennes autorités sanitaires du Karabakh, ils affirment que cet homme de 58 ans souffre d’une grave maladie mentale et n’aurait jamais dû être jugé.

Au début du mois de décembre, les dirigeants arméniens en exil du Karabakh, basés à Erevan, ont promis de continuer à se battre pour le droit des Arméniens déplacés du Karabakh à retourner dans leur patrie, malgré le refus du gouvernement arménien d’aborder cette question sur la scène internationale. Le Premier ministre Nikol Pashinian a déclaré à plusieurs reprises que les réfugiés devaient cesser d’espérer retourner au Karabakh et s’installer en Arménie. (NAM, 25 jan 2026)


Politique intérieure/Interior Politics

Le Prince Héritier malgré lui : Bilal Erdogan

Ragip Duran, TVXS.GR, 1er février 2026

Au pouvoir depuis 2002, le Président Erdogan (72)  avait déjà en septembre 2017 parlé d’une fatigue des métaux quand il a vu son parti perdre des voix. Depuis, selon les sondages d’opinion et le parti au pouvoir et le Président Erdogan ne cessent de perdre des points. Par ailleurs, sa santé n’est pas très bonne, constate-t-on sur les écrans de TV. Il ne peut marcher que très lentement, il a un regard assez flou et parfois, il a des difficultés à lire et à prononcer ses discours.

A l’intérieur même du Parti de la Justice et du Développement (AKP, Islamiste/néo-libéral, 275 sièges sur 592) la succession de M. Recep Tayyip Erdogan est à l’ordre du jour depuis au moins 6 mois.

Trois personnes sont sur la ligne de départ : M. Bilal Erdogan(44) fils cadet du Président, M. Selcuk Bayraktar (46) gendre du Président et M .Hakan Fidan (57) actuellement Ministre des Affaires étrangères.

Ce dernier serait le favori de l’établissement politique, car il a de multiples réseaux dans le pays et à l’étranger. Militaire de formation, docteur en Relations Internationales, il a travaillé à l’OTAN et était le Président de la TIKA, Agence Turque de Coopération et de Coordination qui est responsable des projets économiques et industriels turcs à l’étranger. Il a dirigé les Services de Renseignement turcs et a beaucoup d’expérience sur la scène régionale et internationale.

Selcuk Bayraktar, est le PDG-fondateur du Baykar Teknoloji, une des plus grandes sociétés de production de drones et de missiles. Ingénieur de formation, il n’a aucune expérience politique et ne serait pas intéressé selon son entourage pour un poste politique.

Reste alors le fils Bilal. Bachelier du Lycée İmam-Hatip (lycée de Religieux Professionnel)  il a pu obtenir une licence en Sciences Politiques de l’Université de Harvard avec le soutien de plusieurs personnalités turques et américaines proche du Président. Il a voulu même obtenir un doctorat en Italie au Centre Européen de l’Université John Hopkins à Bologne. Mais le Parquet italien l’avait accusé de blanchiment d’argent et il a dû quitter l’Italie.

Il est depuis trois mois à la une des médias du pouvoir. Il participe à des inaugurations, organise des conférences, accorde des interviews. ‘’Il poursuit sa campagne’’ croient les opposants.

Bilal est quand même dans la langue populaire turque le synonyme d‘’imbécile’’. Les conversations téléphoniques avec son père lors du scandale du 17-25 décembre 2013 montrent qu’il est incapable de comprendre les messages de son père et de répondre. Lors de ce scandale, les policiers proches du secte Gulen avaient organisé des descentes chez les proches d’Erdogan chez qui ils avaient trouvé des millions de dollars, d’euro et de livres turques, sommes des gains illégaux et illégitimes.

La majorité des membres du pouvoir s’oppose à la candidature de M. Bilal Erdogan, mais le Président lui-même ne peut avoir confiance qu’à son fils, selon les rumeurs en provenance du Palais. Il y a quand même quelques ex-députés et ex-responsables du Parti qui soutiennent M. Bilal.

Ce dernier était l’invité mercredi dernier d’une municipalité proche du pouvoir pour une séance d'"Une Seule Question/ Une Seule Réponse". Les jeunes ont posé leurs questions et M. Bilal a répondu.

‘’Comment vous gagnez votre vie ?’’ était probablement la meilleure question posée. M. Bilal a essayé de répondre à cette question en racontant sa carrière d’homme d’affaires: ‘’Ce fut d’abord avec mes amis dans le secteur cosmétique. J’étais simplement un associé. Plus tard, on est passé dans la restauration. On a aujourd’hui plusieurs restaurants en Turquie, un à Dubaï et un prochain à Bakou. Je suis donc dans le secteur de l’alimentation’’ a-t-il annoncé.

Il a probablement oublié de parler du fameux groupe maritime BMZ, qu’il avait fondé avec son oncle et son beau-père. BMZ a vendu en 2017, cinq  de ces navires-citernes pour 75 millions de dollars américaines. BMZ était accusé de transporter du matériel à Israël même après l’attaque de Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et les opérations meurtrières d’IDF (les Forces de Défense d’Israël) contre Gazza.

Enfin, ‘’Bilal sera un très bon Président pour cette Turquie qui a complètement perdu la conscience’’ ironise un professeur de droit public en exil en Allemagne.

Forces armées/Armed Forces

La Turquie déploie des chasseurs F-16 en Somalie

La Turquie a déployé des avions de chasse F-16 en Somalie, ont affirmé deux responsables turcs à l'AFP alors qu'Ankara cherche à étendre sa présence militaire dans la Corne de l'Afrique.

Selon l'un de ces responsables s'exprimant sous couvert d'anonymat, ces appareils seront utilisés par les militaires turcs stationnés en Somalie, pays allié de la Turquie.

"C'est pour notre propre sécurité", a déclaré cette source, soulignant que les avions ne sont pas destinés aux pilotes de l'armée somalienne.

Ce déploiement de F-16 intervient après la reconnaissance fin décembre par Israël du Somaliland, une république autoproclamée, une démarche qualifiée par Ankara "d'ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Somalie".

Le Somaliland a unilatéralement fait sécession de la Somalie en 1991, mais cette dernière estime qu'il fait toujours partie de son territoire.

Ankara est un soutien militaire et économique important de la Somalie, qui a sombré dans les années 1990 dans une guerre civile ayant conduit à l'effondrement de l'Etat.

La plus grande base militaire turque à l'étranger a été inaugurée dans la capitale somalienne, Mogadiscio, en 2017.

Ankara maintient sur place une force opérationnelle et un commandement aérien "afin de contribuer au développement des capacités de lutte contre le terrorisme de la Somalie par le biais d'une assistance militaire, de formations et d'activités de conseil", selon le ministère turc de la Défense. (AFP, 30 jan 2026)

Affaires religieuses / Religious Affairs

"L’Etat Islamique devient le voisin de la Turquie"

Ragip Duran, TVXS.GR, 27 janvier 2026

“Washington n’est plus derrière les Kurdes, qui sont obligés de se retirer au nord-est de la Syrie, Rojava, pour résister contre les attaques de l’armée officielle de Damas qui n’est que la coalition de plus de dix bandes d’islamistes radicales, toutes issues de L’Etat Islamique (Daech - État islamique en Irak et au Levant) soutenues par Ankara”, constate le politicologue Prof. Cengiz Aktar.

En effet en une semaine, et “Le Processus de Paix” engagé en Turquie entre Ankara et Abdullah Ocalan, leader emprisonné du PKK et l’entente du 10 Mars signée à Damas entre le régime d’Ahmed Al Sharaa et les FDS (Forces Démocratiques Syriennes) sont tombés à l’eau, à cause des opérations militaires en vue de neutraliser la présence kurde dans une grande partie de la Syrie du nord.

“Ankara et Damas ont pour le moment les mêmes objectifs : Toutes les deux veulent se débarrasser des Kurdes pour la construction d’un Etat-nation, formé d’une seule nation qui a un seul drapeau, une seule armée, une seule langue et une seule religion” croit le Prof. Aktar.

Les FDS, une armée d’à peu près 100 milles soldats dont plus de 50 % des Arabes, mais dirigée par les Kurdes n’est plus une force militaire et politiques unie et efficace, car la grande partie des clans arabes ont changé de veste et se rangent désormais du côté du régime d’Ahmed Al-Sharaa.

“Les FDS étaient notre partenaire principal dans la lutte contre l’Etat Islamique (EI). Mais désormais, c’est le gouvernement central de Damas qui est devenu membre de la coalition contre l’EI avec qui nous œuvrerons” a déclaré Tom Barrack, l’envoyé spécial en Syrie du Président Trump et en même temps l’ambassadeur des Etats Unis à Ankara.

Sur le terrain, selon les informations en provenance des sources kurdes, des dizaines de milliers de prisonniers de l’EI sont en train de quitter les prisons et vont très probablement joindre les groupes d’islamistes radicaux en lutte contre les Kurdes au nord-est du pays.

“Quand il y a la guerre contre les Kurdes dans le sud (Syrie) on ne peut pas réaliser la paix dans le nord (Turquie)” estime Tuncer Bakirhan, co-président du DEM, Parti de l’Egalité et de la Démocratie des kurdes, de plus en plus violemment critiqué par sa base. “Au lieu de faire l’alliance avec les fascistes Erdogan et Bahceli, vous devriez soutenir nos frères de Rojava” disent la majorité des internautes.

“L’opposition turque, c’est-à-dire les Kémalistes et autres formations de droite, de centre voire de la gauche, qui sont pourtant toutes laïques sont contentes de voir la défaite des Kurdes en Syrie. En Turquie, l’animosité anti-kurde est si forte et si populaire qu’ils préfèrent avoir des islamistes radicaux comme voisin du sud, au lieu des Kurdes laïcs” constate Yavuz Baydar, coordinateur des débats politiques sur Youtube (Fikir Klubü- Club des İdées).

Ankara est vue bien entendu comme un des responsables de la crise actuelle à côté des Occidentaux en particulier les Etats Unis, mais plusieurs spécialistes, universitaires et hommes politiques ne se privent pas de critiquer également la direction des partis politiques kurdes, en particulier Abdullah Ocalan en Turquie et Mazlum Abdi en Syrie.

“Ocalan avait quitté la Turquie en 1980. Il est en prison depuis 27 ans. Là-bas, il a commencé à fabriquer des thèses, des idéologies, des lignes politiques vraiment très bizarres. Il est complètement coupé des réalités sociales et politiques. Ses opposants le nomment ‘Philosophe de la Maison des Fous’ “ écrit un ancien membre du PKK. “Il est prisonnier et il est à la solde du régime turc” conclu-t-il.

Par ailleurs, Mazlum Abdi ancien militant fidèle d’Ocalan, n’a pas su, selon ses critiques, de bien comprendre les objectifs et les politiques de ses alliés, Moscou, Washington, Paris, Londres et Riyad. Pendant environ 10 ans, ils n’ont pas pu créer et construire les institutions vitales pour la survie de Rojava. Ils ont essayé de concrétiser les thèses d’Ocalan comme “le confédéralisme démocratique”, “le communalisme”, “la jinéologie” (Sciences des femmes) et l’écologie… Des concepts peu connus par la majorité des populations rurales de la Syrie du Nord.

“La Syrie est en train de devenir le futur de la Turquie. Un pays dirigé par les islamistes, ennemi de la démocratie, de la paix, des minorités ethniques et religieuses et de la civilisation occidentale” conclut le Prof Aktar.

Socio-économique / Socio-economic

Men killed 16 women in January

According to news compiled by bianet from local and national newspapers, news sites, and agencies, men killed at least 16 women and 4 children in January 2026.

Men inflicted violence on at least 49 women, abused at least 12 girls and boys, and harassed 10 women in January. They forced 157 women into sex work.

At least 39 women and 14 children died in suspicious cases where it could not be clearly determined that the deaths were caused by male violence.

Provinces of suspicious deaths of women

Ağrı (1), Aksaray (1), Antalya (1), Antep (1), Aydın (1), Balıkesir (1), Batman (1), Burdur (3), Çorum (1), Denizli (2), Hakkari (1), İzmir (2), Karabük (2), Kütahya (1), Malatya (1), Manisa (2), Mardin (2), Muğla (4), Nevşehir (2), Ordu (2), Sakarya (1), Samsun (1), Siirt (1), Sinop (1), Tekirdağ (1), Urfa (1), Zonguldak (1)

Provinces of suspicious deaths of children

Aksaray (1), Antalya (2), Hatay (1), İzmir (1), Kayseri (3), Kütahya (1), Manisa (1), Mardin (3), Siirt (1) (BIA, 4 Feb 2026)

Seize morts et 30 blessés dans deux accidents de la route

Seize personnes personnes ont été tuées et 30 autres blessées dans deux accidents de la route en Turquie, ont annoncé dimanche les autorités turques.

Un accident de bus s'est produit à Antalya, grande ville touristique située dans le sud de la Turquie.

"Le chauffeur du bus n'a malheureusement pas survécu malgré tous les efforts déployés. Le bilan des victimes s'élève donc à neuf morts", a annoncé le gouverneur d'Antalya, Hulusi Sahin. Le précédent bilan faisait état de 8 morts. 25 personnes ont également été blessées.

Transportant 34 passagers de Tekirdag (ouest) vers Antalya, l'autocar s'est renversé dimanche matin à 10h20 (7h20 GMT) au bord de l'autoroute devenue glissante à cause de la pluie, a précisé le gouverneur.

"Il y avait également du brouillard. C'est un carrefour où il ne fallait pas rouler vite, or il semble que le bus s'y soit engagé à vive allure", a affirmé M. Sahin.

Parmi les 25 blessés, sept sont dans un état grave, a-t-il ajouté, sans préciser s'il y avait des ressortissants étrangers parmi les victimes.

Sept personnes été tuées et cinq ont été blessées dans un autre accident survenu à Burdur, sur l'autoroute Antalya-Isparta, dans le sud de la Turquie, a rapporté l'agence privée DHA.

Station balnéaire située au bord de la Méditerranée, Antalya accueille de nombreux touristes locaux et étrangers durant toute l'année. (AFP, 1er fév 2026)

Colère après la découverte du corps d'une femme décapitée dans une benne à ordures

Le corps décapité d'une femme, dont les jambes ont également été sectionnées, a été découvert dans une benne à ordures à Istanbul au cours de la nuit, ont rapporté dimanche les médias turcs, provoquant l'indignation des associations féministes.

La victime était enveloppée dans un drap et jetée dans une benne dans le quartier de Sisli, où il a été découvert samedi soir par un homme qui cherchait des matériaux recyclables, a indiqué l'agence de presse DHA.

Les enquêteurs ont identifié la victime comme étant une ressortissante ouzbèke de 37 ans.

Ils n'ont pas immédiatement retrouvé la tête ni les jambes de la victime, mais en visionnant des images des caméras de surveillance, les enquêteurs ont vu deux hommes déposant une valise dans une autre benne.

Le contenu de cette valise n'a pas été dévoilé dans l'immédiat.

Quelques heures plus tard, la police a interpellé deux suspects, également de nationalité ouzbèke, à l'aéroport d'Istanbul alors qu'ils tentaient de quitter le pays, a précisé DHA. Un troisième suspect a été ensuite interpellé.

Des groupes de défense des droits des femmes ont exprimé leur indignation et appelé à des marches de protestation.

Dans la foule importante qui s'est rassemblée à la station de métro Osmanbey dans le quartier de Sisli, des banderoles et pancartes proclamaient "Stop à la violence masculine !", "Nous demandons justice pour les femmes assassinées" et "Les femmes migrantes ne sont pas seules", selon des images d'une ONG.

"Les femmes ne se tairont plus!" scandait-on dans le cortège dépassant le millier de personnes, qui a marché jusqu'à l'endroit où le corps de la victime a été retrouvé.

A Ankara, des centaines d'autres ont défilé lors d'une manifestation organisée par la plateforme "We will stop femicide", qui réclame que les responsables de ce crime rendent des comptes.

"Les auteurs étaient tellement persuadés que rien ne leur arriverait qu'ils ont pu tout simplement abandonner le corps de la femme qu'ils ont tuée dans une benne, au vu et au su de tous", a déclaré dans un communiqué Isil Kurt, membre de cette organisation. "Les années passent, les villes et les noms changent, mais la violence envers les femmes reste la même".

Le maire de Sisli, Resul Emrah Sahan, emprisonné et arrêté quasiment en même temps que le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, lors d'une répression largement perçue comme politiquement motivée, a déclaré que ces meurtres constituaient un "problème social majeur".

"Les féminicides se transforment en un massacre qui ne cesse de prendre de l'ampleur, alimenté par l'impunité, la négligence et le silence", a-t-il écrit sur X, exigeant une action coordonnée pour s'attaquer au problème.

La Turquie ne publie pas de chiffres officiels sur les féminicides, laissant cette tâche aux organisations de femmes qui collectent des données à partir d'articles de presse.

Selon des chiffres compilés par la plateforme "We will stop femicide", 294 femmes ont été tuées par des hommes et 297 femmes ont été retrouvées mortes dans des circonstances suspectes en 2025. (AFP, 26 jan 2026)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

L'ancien patron du groupe aéroportuaire turc TAV arrêté en France

L'ancien patron du groupe aéroportuaire turc TAV Sani Sener a été arrêté mardi à l'aéroport Saint-Exupéry près de Lyon, dans le centre-est de la France, dans le cadre d'un mandat d'arrêt international émis par la Tunisie, a indiqué vendredi une source proche du dossier.

L'arrestation s'est faite dans le cadre d'une enquête sur des investissements réalisés en Tunisie "depuis le printemps arabe de 2011", plus particulièrement la filiale TAV Tunisia, selon un communiqué du bureau de Sani Sener transmis à la presse turque.

Le bureau de M. Sener, qui précise que l'homme d'affaires a démissionné de toutes ses fonctions à TAV Airports depuis 2022, qualifie l'arrestation d'"injuste, infondée et disproportionnée".

M. Sener est PDG de Sera Group qui est actionnaire de TAV.

"Il se serait volontiers rendu en personne auprès des autorités compétentes pour partager toutes les informations en sa possession s'il y avait été invité", assure le communiqué.

"Des contacts bilatéraux sont noués au plus haut niveau entre les gouvernements turcs et français", affirme encore l'équipe de Sani Sener, pour qui "toutes les démarches nécessaires sont entreprises afin de régler cette affaire dans les plus brefs délais et de permettre à Sani Sener de reprendre ses activités internationales".

De son côté, TAV Airports a assuré qu'à la suite "d'informations récentes sur nos opérations en Tunisie, nous souhaitons annoncer au public qu'aucune enquête n'est en cours contre notre entreprise ou nos employés".

"Nous coopérons pleinement avec les autorités tunisiennes", a ajouté TAV dans un communiqué, en assurant qu'"en tant que société cotée depuis février 2007, notre activité tout entière respecte strictement les critères internationaux les plus élevés".

Contacté par l'AFP au sujet de M. Sener, le Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), actionnaire de référence de TAV Airports avec 46,12% du capital, s'est refusé à tout commentaire vendredi.

Le gestionnaire des aéroports parisiens, lui-même contrôlé à 50,6% par l'Etat français, consolide dans ses comptes les activités de TAV Airports, qui exploite 14 aéroports dans sept pays dont en Turquie (Ankara, Antalya, Izmir...) mais aussi en Tunisie (Monastir et Enfidha-Hammamet), au Kazakhstan (Almaty) et en Croatie (Zagreb). (AFP, 30 jan 2026)

Le chef de la diplomatie française se rend en Turquie pour réchauffer les relations

Entre la France et la Turquie, les sujets de discorde sont connus mais les motifs de rapprochement semblent désormais s'imposer. Le chef de la diplomatie française s'envole lundi pour Ankara avec l'objectif de renforcer les liens avec ce pays incontournable sur les crises brûlantes à commencer par la Syrie.

Le voyage de Jean-Noël Barrot intervient alors que Damas a annoncé samedi avoir prolongé de 15 jours la trêve avec les forces kurdes.

Ankara soutient l'offensive de Damas dans le nord-est syrien pour en chasser les combattants kurdes. Paris dit soutenir "résolument" l'unité de la Syrie et rester "fidèle" aux Kurdes ses "frères d'armes" qui ont joué un rôle clé auprès des Occidentaux pour combattre le groupe Etat islamique (EI).

"Depuis quelques mois déjà, la France a compris qu'elle a intérêt à accompagner la nouvelle Syrie et (le président Ahmad) al-Chareh pour la reconstruction d'une Syrie unifiée", observe Bayram Balci, ancien directeur de l'Institut français d'études anatoliennes (IFEA) à Istanbul.

Après le départ du dictateur Bachar al-Assad renversé en décembre 2024, la France a été l'un des premiers pays à envoyer une délégation à Damas et le premier pays européen à recevoir à l'Elysée son successeur, Ahmad al-Chareh, un ancien jihadiste.

Or "il est évident que la Turquie a la main beaucoup plus que la France sur ce qui se passe actuellement en Syrie", observe Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie contemporaine et Moyen-Orient de l'Institut français des relations internationales (Ifri).

La visite de M. Barrot était envisagée depuis longtemps mais la récente montée des tensions lui confère une résonance particulière.

A Ankara, le ministre français rencontrera mardi son homologue Hakan Fidan, un proche de la nouvelle direction syrienne.

"La France n'a pas seulement un sujet diplomatique sur la Syrie, elle a un sujet intérieur: aussi bien sur la question kurde que sur la question de l'éventuel retour des jihadistes de Daesh", note Dorothée Schmid, en référence aux Français -- femmes, enfants et combattants de l'EI -- dans le nord-est syrien.

Dimanche, la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo s'est refusée à dire si certains d'entre eux avaient pu s'évader alors que les forces kurdes ont été contraintes de se retirer des prisons où elles gardaient des jihadistes ainsi que des camps où elles surveillaient leurs familles.

"Nos services de renseignement surveillent très précisément la situation et font en sorte que la situation soit sous contrôle", a-t-elle seulement indiqué.

 - "Modification très graduelle" -

 La volonté de Paris de réchauffer les relations bilatérales n'est pas récente. Elle a démarré lorsque la Russie a envahi l'Ukraine en 2022. Le président turc Recep Tayyip Erdogan ayant un canal direct avec les Russes comme les Ukrainiens, il est un potentiel médiateur.

Selon une source diplomatique turque, le dossier ukrainien figurera au menu des discussions bilatérales, de même que la Syrie et Gaza.

Avant 2022, "les divergences étaient totales sur tous les dossiers politiques internationaux" entre Paris et Ankara, souligne Didier Billion, directeur adjoint de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), rappelant les crispations publiques entre Emmanuel Macron et son homologue turc. La "modification (des relations) est très lente, très graduelle", note-t-il.

Un point de crispation majeure reste la question des droits de l'Homme.

Mais "pour l'instant, il y a hélas d'autres priorités malgré la dérive autoritaire, nationaliste, populiste" et "malgré les violations massives des droits humains dont ceux de la presse", constate Bayram Balci, relevant la réaction timorée des Occidentaux lors des manifestations anti-gouvernementales de mars 2025 qui ont suivi l'arrestation du maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu.

La relation franco-turque est entrée dans une nouvelle phase en septembre lorsque la France a reconnu un Etat palestinien, une décision saluée par la Turquie.

"C'est de la Realpolitik", résume Didier Billion. Et le rapprochement fait d'autant plus sens à Paris que "les coups de boutoir du président américain Donald Trump obligent les Européens à se secouer". Or la Turquie est amenée à jouer "un rôle très important dans cette hypothétique défense européenne" poussée par Paris, dit-il.

Fin novembre, le gouvernement turc s'est dit prêt à participer aux "forces de réassurance" qui pourraient être déployées en Ukraine après un cessez-le-feu. Avec la deuxième armée de l'Otan en nombre d'hommes, la Turquie joue un rôle clé sur le plan maritime, en particulier dans la surveillance de la navigation en mer Noire.

Pour autant, les Européens aimeraient que la Turquie, qui continue d'acheter du pétrole russe, aille plus loin en adoptant des sanctions contre Moscou, relève Bayram Balci, qui ne voit cependant pas d'inflexion d'Ankara à ce sujet. (AFP, 26 jan 2026)


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO


Relations régionales / Regional Relations

Après Ryad, Erdogan scelle de nouveaux accords avec son ancien rival Sissi

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a rencontré mercredi au Caire le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, scellant une série de nouveaux accords de partenariat pour sa quatrième visite officielle en Egypte.

Les relations entre l'Egypte et la Turquie se sont nettement réchauffées ces dernières années après quasiment une décennie de rupture diplomatique, leurs intérêts convergeant désormais sur plusieurs théâtres régionaux, notamment le Soudan ou la bande de Gaza.

Les deux dirigeants ont "souligné la nécessité de parvenir à une trêve humanitaire menant à un cessez-le-feu" au Soudan et de "préserver les institutions de l'Etat", a déclaré M. Sissi lors d'une allocution conjointe avec son homologue turc.

Dans un discours diffusé à la télévision égyptienne, le chef de l'état a également souligné "l'importance de préserver l'unité et la souveraineté de la Somalie et de rejeter toute tentative de la diviser".

Le Caire et Ankara avaient soutenu le gouvernement de Mogadiscio et condamné la reconnaissance par Israël de la région séparatiste du Somaliland.

"Les échanges bilatéraux ont atteint près de 9 milliards de dollars, faisant de l'Egypte le principal partenaire commercial de la Turquie sur le continent africain", a ajouté M. Sissi après la signature par des ministres des deux pays de 18 accords couvrant la défense, le tourisme, la santé et l'agriculture.

Depuis la première rencontre en 2024 des deux dirigeants, plus d'une dizaine d'accords de coopération avaient été signés.

La Turquie et l'Egypte font partie, avec les Etats-Unis et le Qatar, des quatre pays qui ont mené des négociations en faveur de la fragile trêve en cours dans le territoire palestinien de la bande de Gaza, et se trouvent du même côté dans la guerre au Soudan, affichant des positions de plus en plus convergentes sur les principaux dossiers régionaux.

M. Sissi a également déclaré que les deux pays s'étaient accordés sur la nécessité de mettre en oeuvre toutes les phases de l'accord de trêve à Gaza négocié par les Etats-Unis, rejetant "toute tentative de contourner ou d'entraver la mise en oeuvre du plan de paix du président Donald Trump".

Les convergences entre la Turquie et l'Egypte s'inscrivent, selon des analystes, dans l'émergence d'un axe régional de sécurité incluant également l'Arabie saoudite.

Mardi, le président turc s'est d'ailleurs rendu à Ryad, autre ancien rival régional avec lequel Ankara a normalisé ses relations ces dernières années.

Cette tournée diplomatique intervient alors que la région est marquée par de fortes tensions, à l'approche d'éventuelles discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, initialement prévues en Turquie avant que Téhéran n'en demande leur transfert à Oman.

Les relations entre Ankara et Le Caire s'étaient brutalement rompues en 2013, après la destitution par l'armée égyptienne du premier président égyptien démocratiquement élu, Mohamed Morsi, allié de la Turquie et issu des Frères musulmans, un mouvement depuis interdit en Égypte.

À l'époque, M. Erdogan avait affirmé qu'il ne s'adresserait jamais à l'auteur du coup d'Etat, Abdel Fattah al-Sissi.

En 2024, la Turquie a accepté de fournir à l'Egypte des drones de combat avancés, avant que les deux pays n'annoncent l'année suivante un projet de production conjointe de drones.

L'armée soudanaise, soutenue par Le Caire et Ankara dans sa guerre contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), ont notamment utilisé des drones Bayraktar de fabrication turque. (AFP, 4 fév 2026)

Les nerfs à vif des Iraniennes de Van

Elle enroule ses mèches autour de ses ongles vernis et enchaîne les cigarettes face à un thé dans un café de Van, grande ville turque à 100 kilomètres de la frontière iranienne.

Pendant plus de deux semaines, alors qu'internet était largement coupé en Iran, Mahsa est restée sans nouvelle de ses proches à Téhéran qui craignent aujourd'hui encore de lui parler.

"Ils vont bien, c'est ce qu'ils m'ont dit. Mais ils ont peur de parler au téléphone. Ils n'osent même pas sortir dans la rue. Pour éviter tout problème, on ne parle de rien. Parce qu'aux informations, on prévient: +Ne parlez pas, sinon il arrivera quelque chose à votre famille+."

"Les émotions à vif", elle se confie à l'AFP dans ce café devenu le repère des jeunes Iraniens, sous condition d'anonymat.

Mahsa, 30 ans, originaire de Téhéran, est arrivée à Van il y a trois ans, lasse des menaces, des pressions et des convocations de la police après le mouvement "Femmes, Vie, Liberté".

La mort de l'étudiante Mahsa Amini, en septembre 2022 à Téhéran, trois jours après son arrestation pour "port de vêtements inappropriés", avait soulevé la colère de la jeunesse iranienne, réprimée par des centaines de morts et des milliers d'arrestations.

Une violence sans comparaison cependant avec celle déployée par la République islamique début janvier pour mater les manifestations déclenchées, initialement, par l'effondrement de la monnaie. Et qui ont été réprimées dans le sang avec des dizaines de milliers d'Iraniens arrêtés, tués ou blessés.

Près d'un mois plus tard, le sentiment de peur traverse encore la frontière.

Les frères et soeurs, neveux et nièces de Mahsa - un prénom d'emprunt choisi en hommage "aux milliers de Mahsa" Amini, précise-t-elle - vivent à Téhéran et elle tremble de leur nuire en dévoilant son identité.

"Les gens sont sortis pour protester contre le coût de la vie. Mais surtout, ils n'en pouvaient plus. On veut la liberté, un bel avenir. Qu'on cesse de nous opprimer", dit-elle.

 - "La taverne, la mosquée: chacun à sa place" -

 "Le problème ce n'est pas de circuler avec ou sans voile. La religion, c'est personnel. Que chacun vive comme il veut, s'habille comme il veut", enchaîne-t-elle.

"Pourquoi les gens regrettent-ils l'époque du shah? Parce qu'alors, la taverne était d'un côté, la mosquée de l'autre. Chacun à sa place. C'est ce qu'on voudrait retrouver".

En revanche, la possibilité d'une intervention américaine l'inquiète. "Combien de personnes, d'innocents vont encore mourir? C'est la guerre des dirigeants, mais c'est le peuple qui meurt".

"Nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons la paix", tranche-t-elle.

Nilufer n'est elle arrivée que l'été dernier et appelle la confrontation de ses voeux.

A 35 ans, cette ancienne fonctionnaire a laissé son fils de 10 ans à sa mère, à Tabriz (nord), pour venir travailler en Turquie, munie d'un visa d'étudiante.

En Iran, "la situation est lamentable, l'économie désastreuse. Tu reçois ton salaire aujourd'hui et demain tout aura doublé, il ne te restera rien. Mais comme mon fils est là-bas, j'y retourne tous les mois malgré la pression", explique-t-elle.

"Dès que je passe la frontière, je dois porter un voile, ils fouillent mon sac. Il ne faut surtout pas apporter de l'alcool, mais pourquoi le ferais-je!? (...) Tu dois toujours te comporter prudemment", témoigne-t-elle. "Je ne dis rien contre l'Etat, je fais attention à ce que je partage. Mais personne ne veut de ce régime. Il a dégoûté tout le monde de la religion".

Elle écarte d'un geste les inquiétudes de la Turquie, qui craint un afflux de réfugiés en cas d'opération militaire: "Les Iraniens ne quitteront pas leur pays", assure-t-elle.

Nilufer place son espoir en Reza Pahlavi, fils du shah déchu, qui a appelé depuis les Etats-Unis les Iraniens à descendre dans les rues. "Il nous a beaucoup soutenus", juge-t-elle.

Désormais, elle n'attend plus qu'une attaque américaine: "Qu'ils frappent tout de suite. Quoique fasse l'Amérique, elle ne fera jamais autant de morts que ceux qui ont tiré sur leur propre peuple."

"Ce régime doit partir. Nous appelons à l'aide. Nous n'avons pas d'autre option". (AFP, 2 fév 2026)

La Turquie offre sa médiation à l'Iran mais est prête à "renforcer" sa frontière

La Turquie propose de jouer les médiateurs entre Téhéran et Washington mais se tient prête à "renforcer sa frontière" avec l'Iran en cas d'attaque américaine contre ce pays, ont déclaré jeudi des responsables turcs.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, qui affirme que l'Iran répondra à toute attaque des Etats-Unis, est attendu vendredi en Turquie, selon une source au ministère turc des Affaires étrangères.

Téhéran a confirmé cette visite officielle dans un message posté sur X : "La République islamique d'Iran est déterminée à constamment renforcer ses relations avec ses voisins sur la base d'une politique de bon voisinage et d'intérêts communs", a écrit le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan, qui s'est déjà entretenu mercredi avec son homologue iranien, "réitérera l'opposition de la Turquie à toute intervention militaire contre l'Iran, insistant sur les risques d'une telle initiative pour la région et le monde", a dit la source turque.

M. Fidan entend répéter que la Turquie, qui a une frontière de plus de 550 km avec l'Iran, "est prête à contribuer au règlement des tensions actuelles par le dialogue", a poursuivi ce responsable s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Selon le quotidien Hurriyet, le président Recep Tayyip Erdogan pousse de son côté pour l'organisation d'une réunion trilatérale Etats-Unis/Iran/Turquie.

Un haut responsable turc a par ailleurs confié à l'AFP que son pays se tenait prêt, en parallèle, à "renforcer la sécurité à sa frontière" avec l'Iran, sans aller jusqu'à évoquer l'hypothèse d'une zone tampon avancée par des médias turcs.

La Turquie a déjà érigé un mur long de 380 km à cette frontière "mais ce n'est pas suffisant", a-t-il estimé sous le couvert de l'anonymat.

Cet ouvrage, qui coupe des régions montagneuses et fortement enneigées en hiver, a été érigé afin de contenir les passages d'immigrants illégaux en provenance d'Iran et d'Afghanistan notamment mais aussi les trafics de stupéfiants.

Surmonté de barbelés et de miradors, ce mur est doublé de tranchées où l'armée patrouille 24 heures sur 24.

 - "Doigt sur la gâchette" -

 Aucun afflux notable n'a été constaté à cette frontière au plus fort de la vague de contestation qui a secoué l'Iran fin décembre et début janvier avant d'être réprimée dans le sang.

Mais des frappes américaines pourraient changer la donne à la frontière turco-iranienne, Ankara s'inquiétant également d'un regain d'activité de combattants kurdes sur le sol iranien.

"La Turquie se concentre moins sur un règlement complet des différends entre les Etats-Unis et l'Iran que sur la prévention d'une intervention militaire (qui) engendrerait une cascade de problèmes sécuritaires à sa frontière, dont des migrations massives", explique à l'AFP Arif Keskin, un universitaire iranien, à Ankara.

Dans ce cadre, pense-t-il, les efforts d'apaisement de la Turquie "rejoignent l'approche des cercles favorables à la négociation en Iran. Sachant que celui qui bénéficierait le plus d'un éventuel accord est le régime iranien lui-même".

Pour M. Keskin, si malgré les déclarations de leur président, les Etats-Unis optent pour la négociation plutôt que l'action militaire, "cela pourra aussi être perçu comme une victoire significative du pouvoir iranien sur ses opposants malgré les tueries".

Plus de 6.200 personnes, dont 5.850 manifestants environ, ont été tuées en Iran, d'après un bilan actualisé de l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), dont le siège est aux Etats-Unis.

Cette organisation, qui dispose d'un vaste réseau de sources en Iran, enquête sur plus de 17.000 potentielles morts supplémentaires.

 Mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangères a assuré que les forces iraniennes avaient "le doigt sur la gâchette", prêtes à répondre à toute attaque américaine, en réponse aux menaces de Donald Trump qui a dépêché des forces dans le Golfe et affirmé que "le temps est compté" pour Téhéran.

M. Araghchi a toutefois répété que l'Iran était prêt à un accord "juste" et "équitable" sur le nucléaire.

Le ministre turc des Affaires étrangères a d'ailleurs "conseillé" mercredi aux Etats-Unis de discuter avec Téhéran, jugeant qu'attaquer l'Iran serait une "erreur".  (AFP, 29 jan 2026)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration


Une attaque au couteau à une manifestation kurde fait 6 blessés à Anvers

Six personnes ont été blessées à l'arme blanche jeudi soir près de la place de l'Opéra à Anvers, alors qu'une manifestation kurde y était organisée pour dénoncer la situation actuelle au nord de la Syrie. Une enquête a été ouverte pour "tentative d'assassinat", a indiqué la zone de police d'Anvers. Les faits ne sont donc pour l'instant pas officiellement qualifiés d'acte terroriste.

Dans un communiqué publié jeudi soir, le conseil des communautés kurdes de Belgique, NavBel, dénonce de son côté une attaque "à caractère terroriste" visant la communauté kurde d'Anvers, menée par des assaillants "animés de motivations extrémistes et djihadistes". 

"La manifestation se déroulait dans le calme et sans incident. De nombreuses familles, femmes, jeunes et enfants étaient présents. Alors que le rassemblement se dispersait, les manifestants kurdes ont été attaqués par un groupe d'hommes", souligne le communiqué. "Ces hommes s'étaient infiltrés dans la manifestation et ont soudainement sorti des couteaux, ouvrant le feu sans distinction." 

"Il est clair que cette attaque n'est pas un acte isolé de violence gratuite, mais une attaque ciblée contre une communauté. Il s'agit d'un acte de terrorisme contre les Kurdes. Nous attendons de la police et de la justice belges qu'elles le considèrent et le traitent comme tel", ajoute NavBel.

Une autre manifestation kurde prévue à Anvers vendredi sera annulée "par respect pour les victimes" et "préserver la sérénité".

A la suite de l'attaque, deux victimes ont été transportées à l'hôpital dans un état critique. Quatre suspects qui, d'après les premiers constats, s'étaient infiltrés parmi les manifestants, ont en outre été interpellés par la police. (RTBF, 23 janvier 2026)



 informations du mois passé click Informations of the past month
Toutes les informations depuis 1976 click All informations since 1976

flashfondationeditorsbulletinspublications