flashfondationeditorsbulletinspublications

INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

52th Year / 52e Année
Mai
 
2026 May
N° 573
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

Site searchWeb search

powered by FreeFind



Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Un combat d’exil qui dure depuis plus d’un demi-siècle…- Doğan Özgüden


Droits de l'Homme / Human Rights

Tristes Turcs, las de la dérive autoritaire de leur pays
La police déloge de force le chef de l'opposition

La justice suspend la direction du principal parti d'opposition
Après son invalidation, le chef de l'opposition appelle à la résistance
Erdogan ferme une université libérale d'Istanbul

Un combat d’exil qui dure depuis plus d’un demi-siècle…- Doğan Özgüden
Police detain students in house raids after fight at METU spring festival
L’article de Doğan Özgüden publié dans la revue Europe Orient
29 nouvelles arrestations dans l'enquête visant le maire d'Istanbul
Constitutional Court finds rights violations in detention of HDP members

Un 1er Mai très suivi, près de 600 arrestations

Des dizaines d'arrestations avant les célébrations du 1er-Mai
Le vice-ministre de l'Éducation limogé après des fusillades dans des écoles

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Erdogan, critiqué, renonce à fermer une université d'Istanbul
Des étudiants protestent contre la fermeture soudaine de leur université

New wave of celebrity drug raids targets 25 names
Journalist arrested over reporting on allegations of MP's son bringing weapon to school

Journalist Reyhan Hacıoğlu sentenced to over four years in prison in 'terror' case
Journalist İsmail Arı faces six years prison for 'spreading disinformation'
Comedian faces three-year prison sentence over Sultan Suleiman joke
Trial begins for murder of journalist Hakan Tosun

Un chanteur populaire gay acquitté du crime d'"obscénité"
Début du procès des suspects du meurtre d'un journaliste
Turquie/Racisme: Trois mots qui font scandale - Ragip Duran

Turkey falls to 163rd in RSF press freedom index
Press freedom groups call on Turkey to abolish ‘disinformation law’

Kurdish Question / Question kurde

Le chef du PKK alerte contre tout nouveau retard vers la paix
Les Kurdes rejettent la désignation de leurs représentants au futur Parlement syrien

Kurdish child injured during police raid on wrong house in Bingöl
Bahçeli proposes formal status for Öcalan to guide PKK dissolution

ECtHR rules 2016 detention of Kurdish politician Ayla Akat Ata unlawful
Afrin occupée : Le drapeau turc ou rien, même pour la Journée de la langue kurde

Processus de paix turco-kurde bloqué - Ragip Duran
Ankara prisoners not allowed to send letters in Kurdish unless paying for translation
Le PKK appelle les autorités à surmonter les "blocages"
Le club kurde d'Amedspor en 1ère division et la communauté aux anges

"Plus qu'un club": en Turquie, une équipe kurde touche à son rêve

Minorités / Minorities

Riposte d’Ankara contre la réouverture du Séminaire de Halki - Ragip Duran
Turquie-Arménie: instauration de relations commerciales directes
Ara Güler, la légende de la photo turque sur la Croisette
La Turquie et l'Arménie vont restaurer ensemble un pont historique à leur frontière

Politique intérieure/Interior Politics

Le chaos de l'opposition risque d'encourager Erdogan à anticiper les élections
Démis par la justice, le chef de l'opposition dénonce les manoevures du pouvoir
Nouvelle charge policière contre l'opposition

57 nouvelles arrestations dans l'enquête contre le maire d'Istanbul
"Foutaises !", s'écrie le maire d'Istanbul accusé d'espionnage
Dismissed Hakkari mayor sentenced to over 19 years in prison

Forces armées/Armed Forces

L'Allemagne va déployer une batterie Patriot en Turquie dans le cadre de l'Otan

La Belgique et la Turquie ont signé neuf accords de défense

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Over 13,000 people injured on first day of Eid in Turkey

Arrestation de 110 personnes soupçonnées de liens avec le groupe EI
Un juge français va enquêter après une plainte contre Mohammed ben Salmane sur la mort de Khashoggi

Socio-économique / Socio-economic

Inondations dans le nord et l'est, alerte sur le niveau de l'Euphrate

De fortes pluies font deux morts dans une ville dévastée par le séisme de 2023
Acculé par la police, le tireur qui a tué six personnes se suicide

En Turquie, les mines "épuisent notre eau", dénoncent les riverains
Men killed 28 women in April
More than six workers killed on the job every day in April

Turkey's inflation in first four months nearly hits year-end target
Le bilan de la tuerie dans une école monte à 10 morts
L'inflation grimpe à 32,4% sur un an en avril

"Ils vont nous chasser d'ici": la reconstruction contestée de la vieille Antioche
Les mineurs impayés mettent fin à leur grève

Nouvelle manifestation de mineurs impayés en grève de la faim


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Council of Europe report urges legal reforms in Turkey
La France et la Turquie championnes d'Europe de la surpopulation carcérale
Une entreprise turque proche d'Erdogan pour les drones de l'armée belge ?
La reine Mathilde accueillie par Mahinur Özdemir, exclue du CDH

Un "imprévu technique" contraint le Premier ministre espagnol à atterrir à Ankara
La Turquie allège sa fiscalité et se rêve en pôle financier régional

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO



Relations régionales / Regional Relations

Trois cargos visés par des drones au large de la Turquie
"Flottille pour Gaza": expulsés par Israël, les militants étrangers sont arrivés en Turquie
Israël ordonne au PAM de cesser sa collaboration avec une ONG turque à Gaza

Une nouvelle "flottille pour Gaza" partie de Turquie
Un poste-frontière turco-syrien rouvre après douze ans
Arrivée à Istanbul d'une soixantaine de membres de la "flottille pour Gaza"

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

L'UE juge inacceptable que la Turquie n'ait pas invité Chypre à des réunions de préparation
A Athènes, Macron assure que la France sera aux côtés de la Grèce "quoi qu'il arrive"

Immigration / Migration

La commune de Saint-Josse placée sous tutelle coercitive

Turkish citizens rank first in deportations from EU to third countries
Cem Özdemir est le premier ministre-président allemand d’origine
Un migrant décède en mer Egée, les garde-côtes grecs pointés du doigt

Droits de l'Homme / Human Rights

Tristes Turcs, las de la dérive autoritaire de leur pays

De mémoire de Turcs, rarement le pays – qui n’en est pourtant pas à sa première crise – aura été dans une telle situation politique où dominent la confusion et le doute. Entre les vagues d’arrestations d’opposants, les procès qui se multiplient et n’en finissent jamais, les coups de boutoir chaque jour un peu plus prononcés contre les règles démocratiques élémentaires et cette ambiance générale de dérive des prix aux allures de Weimar, il n’est pas étonnant que le moral de l’écrasante majorité de la population soit en berne.

Sondage après sondage, les Turcs expriment non seulement une profonde anxiété, mais également une colère empreinte d’une sourde tristesse. Un peu comme si le pays tout entier était plongé dans une atmosphère de fin de siècle, étouffée entre les discours lénifiants d’un inamovible pouvoir et la rudesse du quotidien.

Pour le très officiel Institut turc de la statistique (TÜIK), seule une personne sur deux se déclare heureuse, un chiffre qui, même à méthode comparable, place le pays loin derrière tous ses partenaires européens. Dans un registre similaire, l’étude du Veri Enstitüsü (Institut des données) nous apprend que 70 % des Turcs interrogés estiment que l’humour est devenu plus restreint qu’auparavant. Et le dernier Baromètre mondial des émotions (« Global Emotions Report »), rendu public par Gallup, relègue la Turquie au plus bas du classement des pays où l’on sourit le moins au monde. (Le Monde, 29 mai 2026)

La police déloge de force le chef de l'opposition

Des centaines de policiers antiémeutes ont pris d'assaut dimanche à Ankara le siège du principal parti turc d'opposition pour en déloger ses dirigeants, destitués jeudi par une décision de justice, a constaté un photographe de l'AFP.

Des partisans du chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), Özgür Özel, bloquaient depuis le matin l'accès au bâtiment, refusant que ce féroce critique du président Recep Tayyip Erdogan ne doive céder les rênes de la formation, qui croule depuis un an et demi sous les enquêtes et les arrestations.

Des policiers casqués et équipés de boucliers ont réussi à pénétrer dans l'après-midi à l'intérieur et à en extraire les dirigeants du CHP, après avoir fait usage notamment de gaz lacrymogènes.

"Ils ont pris d'assaut notre siège (...), ont utilisé des gaz lacrymogènes, nous ont frappés à coups de matraque, ont dévasté le (bâtiment du) parti et nous ont jetés à la rue", a déploré dimanche soir M. Özel auprès de l'AFP.

"Erdogan a perdu la raison", a-t-il ajouté, affirmant que le chef de l'Etat turc, au pouvoir depuis 2003, "veut décider qui sont ses rivaux" afin de "remporter ainsi les prochaines élections".

"La Turquie a cessé d'être une république démocratique moderne pour se transformer en un régime autoritaire", a-t-il encore jugé.

Quittant plus tôt dimanche sous la contrainte le siège du CHP, M. Özel avait promis à ses soutiens de continuer à "marcher vers le pouvoir", avant de parcourir à pied plusieurs kilomètres sous une pluie battante jusqu'au parlement, désormais "véritable siège du parti", a-t-il dit.

 - "Atteinte à la volonté démocratique" -

 Jeudi, un tribunal d'Ankara avait invalidé au motif d'irrégularités l'élection fin 2023 de M. Özel à la tête du CHP, ordonnant son remplacement par son ancien patron, Kemal Kiliçdaroglu, qualifié de "marionnette" du pouvoir par une partie de ses anciens soutiens.

Des partisans de M. Kiliçdaroglu avaient tenté dimanche matin de forcer l'entrée du siège du parti, avant que les autorités ordonnent à la police d'intervenir.

Des scènes similaires avaient eu lieu l'an passé à Istanbul, la plus grande ville du pays, quand la justice avait nommé un administrateur à la tête de la direction provinciale du CHP.

Sorti large vainqueur d'élections locales en 2024, le CHP, parti fondateur de la Turquie moderne hérité de Mustafa Kemal Atatürk, est depuis dans le viseur de la justice.

L'an passé, le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, sa figure la plus populaire, a été arrêté pour "corruption" et placé en détention le jour même de sa désignation comme candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue en 2028.

"De même qu'il a emprisonné le candidat à la présidentielle qui aurait pu le battre, (Erdogan) fait officiellement fermer le parti politique qui aurait pu le battre", a déclaré Özgür Özel à l'AFP.

Dénonçant "les manoeuvres abusives employées par le gouvernement Erdogan pour neutraliser le CHP", l'ONG Human Rights Watch a estimé que la destitution de la direction du parti "porte un dernier coup profondément dommageable à l'État de droit, à la démocratie et aux droits humains en Turquie".

Les dirigeants du parti prokurde DEM, deuxième force d'opposition au parlement, ont eux dénoncé dimanche "une atteinte simultanée à la volonté démocratique et à la légitimité des institutions", jugeant la situation "inacceptable du point de vue de la démocratie et de l'État de droit".  (AFP, 24 mai 2026)

Erdogan, critiqué, renonce à fermer une université d'Istanbul

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est revenu dimanche sur sa décision critiquée de fermer en pleine année académique une grande université privée d'Istanbul, selon un décret paru au journal officiel turc.

Dimanche, près d'un millier d'étudiants et d'enseignants avaient manifesté devant le principal campus de l'université Bilgi d'Istanbul, fermée depuis vendredi, pour exiger sa réouverture.

Ce décret abroge un précédent décret présidentiel paru dans la nuit de jeudi à vendredi qui avait révoqué la licence d'exploitation de cette université libérale qui accueille plus de 20.000 étudiants turcs et internationaux et compte dans ses rangs des enseignants-chercheurs réputés.

Ce précédent décret citait une disposition législative prévoyant la possibilité de fermer un établissement privé si "le niveau attendu d'éducation et de formation (...) est insuffisant", une raison jugée fantaisiste par les étudiants et leurs enseignants.

L'université Bilgi, fondée en 1996, est dirigée depuis l'an passé par un administrateur en raison de poursuites visant les dirigeants de sa maison-mère.

"Nous resterons ici jusqu'à ce que l'université rouvre ses portes", avait déclaré dimanche Emir Aydogan, un syndicaliste étudiant manifestant depuis l'université. (AFP, 24 mai 2026)

Des étudiants protestent contre la fermeture soudaine de leur université

Près d'un millier d'étudiants font face dimanche à la police devant une grande université privée d'Istanbul fermée cette semaine sur décision du président Recep Tayyip Erdogan, ont constaté des journalistes de l'AFP.

La justice avait déjà nommé l'an passé un administrateur à la tête de cette université réputée libérale après un coup de filet contre la holding turque la contrôlant.

L'université Bilgi, qui accueille plus de 20.000 étudiants turcs et internationaux et compte dans ses rangs des enseignants-chercheurs réputés, est fermée depuis vendredi alors que des examens de fin d'année devaient s'y tenir en juin.

Le décret présidentiel publié dans la nuit de jeudi à vendredi au journal officiel turc cite une disposition législative prévoyant la possibilité de fermer un établissement privé si "le niveau attendu d'éducation et de formation (...) est insuffisant", une raison rejetée unanimement par les étudiants et leurs enseignants.

"Police dégage, ces campus sont à nous !", ont notamment scandé les manifestants, certains en larmes.

Asli Özkan, une étudiante âgée de 23 ans qui occupait le campus de l'université depuis vendredi avec plusieurs dizaines d'autres étudiants, a expliqué à l'AFP avoir été délogée par la police dimanche.

"Nos camarades ont été jetés par dessus les tourniquets (situés à l'entrée de l'université, NDLR) par la police qui leur serrait le cou, les jambes et les pieds", a-t-elle déclaré, affirmant qu'une étudiante a eu le nez cassé.

"Cette université ne peut pas être fermée en une nuit. Nous avons tous travaillé dur pour y être admis", a déploré Haluk Yerger, un membre du collectif des étudiants.

"Nous refusons que les étudiants soient interdits d'entrer sur le campus. Nous resterons ici jusqu'à ce que l'université rouvre ses portes", a ajouté Emir Aydogan, un syndicaliste étudiant.

Le Conseil turc de l'enseignement supérieur (YÖK) avait promis vendredi de prendre "les mesures nécessaires" pour que les étudiants de l'université Bilgi, fondée en 1996, "ne subissent aucun préjudice", sans préciser comment ils pourront valider leur année. (AFP, 24 mai 2026)


La justice suspend la direction du principal parti d'opposition



Un tribunal d'Ankara a suspendu jeudi en appel la direction du principal parti de l'opposition turque, un nouveau coup porté à la plus vieille formation politique du pays qui croule depuis un an et demi sous les enquêtes et les arrestations.

Le tribunal, qui a invalidé l'élection fin 2023 de l'actuelle direction du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) au motif d'irrégularités, a décidé de replacer à sa tête son ancien patron, Kemal Kiliçdaroglu, tombé en disgrâce au sein de la formation, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

Selon des extraits de la décision consultés par l'AFP, la justice accuse l'actuel patron du CHP Özgür Özel d'avoir été élu à la tête du parti après des pressions sur certains délégués, des promesses de recrutement voire des achats de voix.

"Je ne me rendrai pas", a lancé M. Özel sur X après l'annonce de la décision, promettant "l'honneur, la dignité, le courage et la lutte".

Des partisans du CHP se sont rassemblés pour protester en début de soirée devant le siège du parti à Ankara, où une réunion d'urgence doit avoir lieu, a constaté un photographe de l'AFP.

La décision du tribunal d'Ankara a fait chuter le BIST100, indice vedette de la Bourse d'Istanbul, de plus de 6% à la clôture.

 - "Erosion démocratique" -

Le CHP, qui a infligé une sévère défaite au Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan aux élections locales de 2024, est depuis dans le viseur de la justice turque, qui a multiplié les coups de filet contre les municipalités CHP.

Le maire CHP d'Istanbul Ekrem Imamoglu, considéré comme le plus sérieux rival du président Erdogan, est incarcéré depuis plus d'un an pour des accusations de "corruption" qu'il rejette.

D'autres maires CHP d'arrondissements d'Istanbul sont également emprisonnés dans le cadre de la même enquête.

En septembre, la direction provinciale du CHP à Istanbul avait également été destituée, au motif là encore d'irrégularités lors d'un congrès de 2023.

La justice avait toutefois offert en première instance fin 2025 un répit à la direction nationale du CHP, jugeant non fondée la plainte concernant de possibles irrégularités lors du congrès du parti organisé fin 2023.

Pour les analystes, le pouvoir turc cherche à affaiblir au maximum le CHP avant la prochaine élection présidentielle, prévue en 2028.

Pour Sinem Adar, du Centre d'études appliquées sur la Turquie (CATS) à Berlin, "l'érosion démocratique est désormais achevée" en Turquie.

"Le silence et l'inaction considérables face à la répression continue contre le CHP témoignent de l'efficacité de la domination" du pouvoir turc, a-t-elle jugé sur BlueSky.

"Tout cela se déroule alors que le ministre turc des Finances, Mehmet Simsek, se trouve à Londres pour tenter de convaincre les investisseurs que la Turquie est un endroit sûr pour placer leur argent", a elle commenté sur X Gönül Tol, du groupe de réflexion Middle East Institute, à Washington. (AFP, 21 mai 2026)

Après son invalidation, le chef de l'opposition appelle à la résistance

Plusieurs milliers de manifestants se sont retrouvés vendredi soir à Ankara et Istanbul à l'appel du premier parti d'opposition au président turc, Recep Tayyip Erdogan, pour protester contre l'invalidation de sa direction par la justice.

Un tribunal d'Ankara a invalidé jeudi l'élection fin 2023 de l'actuelle direction du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), proche du maire emprisonné d'Istanbul Ekrem Imamoglu, arguant d'irrégularités.

Il a confirmé le remplacement du dirigeant du parti, Özgür Özel, par son ancien patron, Kemal Kiliçdaroglu, désormais qualifié de "traître" par les manifestants et au sein de sa formation.

La décision du tribunal d'Ankara porte un nouveau coup dur au parti, la plus vieille formation politique du pays, héritée du fondateur de la république, Mustafa Kemal Atatürk, qui croule sous les procédures judiciaires depuis sa large victoire aux élections locales de 2024.

Les dirigeants du CHP qui avaient aussitôt contesté cette décision auprès de la Commission électorale de Turquie (YSK) ont vu de nouveau leur appel rejeté vendredi et réclament la tenue d'un nouveau congrès "aussi vite que possible".

A l'appel de M. Özel, des milliers de personnes ont convergé en soirée vers le siège du parti à Ankara en scandant "Ils partiront, nous resterons", a constaté l'AFP.

"Nous allons souffrir, nous allons lutter, mais nous tiendrons bon. Nous redeviendrons l'espoir de cette nation!" leur a promis M. Özel qui avait appelé "tous ceux qui aiment leur pays à résister et réécrire l'histoire".

 - "Sans direction et sans espoir" -

 "Erdogan voit bien qu'il ne remportera plus d'élection. Il veut laisser le peuple sans candidat, sans parti, sans direction et sans espoir. La cible de cette attaque, c'est l'ensemble du système démocratique. Toutes les libertés et tous les droits sont attaqués" a-t-il martelé devant une marée de drapeaux rouges, aux couleurs de la Turquie.

Simultanément, à Istanbul, une grande marche a réuni près du palais de Dolmabahce des centaines de ses partisans. Des rassemblements se sont également tenus dans au moins cinq districts de l'immense mégapole, qui ne pardonne pas au gouvernement le traitement de son maire, réélu haut-la-main en 2024, ainsi qu'à Izmir, bastion libéral sur la côte égéenne (ouest).

Ekrem Imamoglu, 54 ans, figure charismatique et populaire du CHP, a été arrêté et placé en détention l'an passé, le jour même de sa désignation comme candidat à la prochaine présidentielle, prévue en 2028.

Actuellement jugé pour corruption, ce qu'il nie, avec 413 co-accusés, M. Imamoglu est visé par 142 chefs d'inculpation et encourt 2.430 années de prison.

Pendant ce temps les arrestations se poursuivent dans les rangs du partis - encore 57 responsables et élus lundi dans six provinces du pays.

La délégation de l'Union européenne en Turquie s'est ouvertement "inquiétée" de la situation, rappelant sur "X" que "l'opposition doit pouvoir participer librement à la vie politique sans craindre la répression".

La contestation risque cependant de faire long feu, alors que la Turquie entame vendredi soir une semaine de vacances octroyée par le gouvernement à l'occasion de l'Aïd-el-Fitr, la Fête du sacrifice.

Pour les analystes, le pouvoir turc cherche à affaiblir au maximum le CHP avant la prochaine présidentielle, qui sera probablement anticipée pour permettre au chef de l'Etat, aux commandes de la Turquie depuis 2003, de se représenter - ce que la Constitution lui interdit s'il va au terme de son actuel mandat.

Pour Gönul Tol, analyste du Middle East Institute à Washington, M. Erdogan veut "remodeler l'opposition, tout comme (Vladimir) Poutine a façonné une opposition loyale. C'est sans précédent. Et cela aura évidemment un impact considérable sur le CHP" a-t-elle indiqué à l'AFP. (AFP, 22 mai 2026)

Erdogan ferme une université libérale d'Istanbul

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a ordonné la fermeture vendredi d'une importante université privée d'Istanbul, en pleine année universitaire, selon un décret paru au journal officiel.

Ce décret révoque la licence d'exploitation de l'université Bilgi d'Istanbul, qui compte plus de 20.000 étudiants turcs et internationaux et des enseignants-chercheurs pour certains réputés dans leurs domaines.

Le décret cite une disposition législative prévoyant la possibilité de fermer un établissement privé si "le niveau attendu d'éducation et de formation (...) est insuffisant".

La justice avait déjà nommé l'an passé un administrateur à la tête de cette université fondée en 1996, à la suite d'un coup de filet contre la holding turque la contrôlant.

Cette dernière fait face à des accusations de blanchiment d'argent et de fraude fiscale.

L'université Bilgi, réputée libérale, participe au programme d'échanges Erasmus et accueille chaque année de nombreux étudiants européens et internationaux. (AFP, 22 mai 2026)

Un combat d’exil qui dure depuis plus d’un demi-siècle…



Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 10 mai 2026

« C’est un dur métier que l’exil » comme le disait Nazım Hikmet, mais comme le disait
Hasan Hüseyin Korkmazgil, on peut aussi « transformer la douleur en douceur »…
Mai est le mois où İnci et moi avons vécu la douleur atroce de la tension entre la survie et le trépas dans notre propre vie de lutte au début de l’année 1971, et de l’impuissance de n’avoir pu en 1972 sauver nos trois jeunes révolutionnaires, Deniz Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan de leur assassinat par la junte fasciste du 12 mars et de la majorité parlementaire à son service…

55 ans se sont écoulés depuis le premier, et 54 ans depuis le second…

Commençons par la douleur du 6 mai…

Il y a 54 ans d’ici, nous n’oublierons jamais l’assassinat lâche des trois jeunes pousses, Deniz Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan, sur la potence de la prison centrale d’Ankara, dans l’obscurité de la nuit du 6 mai 1972, sur ordre de la junte de 1971 et avec l’approbation de l’Assemblée nationale et du Sénat de la République de l’époque.

Je me souviens de ma dernière rencontre avec Deniz Gezmiş qui, au moment de son exécution, cria « Vive la fraternité et la lutte pour l’indépendance des peuples turc et kurde ! »…

C’était à la fin septembre 1969. J’attendais que l’huissier m’appelle pour comparaître devant le 4e Tribunal correctionnel d’Istanbul en raison d’un article que j’avais publié dans Ant. Soudain, un grand tumulte se fit entendre à la porte d’entrée, Deniz Gezmiş, menotté par les policiers, était devant, suivi de jeunes révolutionnaires…

Ce jour-là, Deniz avait été arrêté par la police lors d’une descente à la faculté de droit à la suite d’une dénonciation du doyen de la faculté, le professeur Orhan Aldıkaçtı, avec lequel il devait s’entretenir, et emmené au tribunal pour que son mandat d’arrêt, émis par contumace, soit converti en mandat d’arrêt en personne. Ils conduisirent immédiatement Deniz dans une salle d’attente un étage en-dessous.

Après mon audience, je descendis à cet étage où je trouvai Deniz. Il avait toujours les mains menottées. Il me dit : « Mes amis m’ont dit que tu étais acquitté, courage »… « Mais ces procès contre la presse et la jeunesse révolutionnaires ne s’arrêteront jamais. Nous allons affronter des choses pires encore… Ils ont abattu Mehmet Cantekin… Qui d’autre va l’être ? Même si je suis libéré demain, me laisseront-ils la vie sauve ? Mais nous résisterons… »

Deniz avait raison. Le jour de son arrestation, Mustafa Taylan Özgür fut à son tour abattu à Istanbul, et la machine à tuer était en marche. Moins de trois ans plus tard, Deniz, Yusuf et Hüseyin ne furent pas épargnés non plus…

Je n’ai jamais rencontré Yusuf Arslan et Hüseyin İnan en personne, mais j’ai appris à les connaître de nom grâce aux messages qu’ils m’envoyaient durant leur incarcération après leur retour de Palestine. Dans leurs articles, que je publiai dans la revue Ant, ils déclaraient : « Dans le contexte actuel, notamment au Moyen-Orient dont l’impérialisme a fait une zone de guerre chaude, la création d’un front anti-impérialiste rassemblant tous les peuples – peuples de Turquie, d’Iran, arabe, chypriote et kurde – et la formation d’un Cercle révolutionnaire du Moyen-Orient constituent une condition essentielle pour porter un coup décisif à l’impérialisme ».

Alors qu’une campagne sans précédent était menée en Turquie pour empêcher l’exécution de trois révolutionnaires, nous avions, comme tous nos amis en exil, lancé une campagne intensive au nom de l’organisation de la Résistance démocratique.

A Paris, nous rencontrâmes une délégation du Parti communiste d’Union soviétique, comprenant le célèbre compositeur Aram Khatchatourian et Galina Oulanova, une des ballerines du Ballet du Bolchoï, et alors que nous attendions une promesse de soutien à notre campagne, nous fûmes anéantis d’apprendre que le président du Soviet suprême de l’Union soviétique Podgorny se rendait en Turquie pour une visite amicale alors que Deniz et ses camarades étaient dans le couloir de la mort.

Notre douleur s’intensifia lorsque, durant cette visite à Ankara, les condamnations à mort furent confirmées par un vote majoritaire des membres du parti qu pouvoir et de l’opposition à l’Assemblée nationale et au Sénat de la République.

S’agissant de notre exil qui a commencé il y a 55 ans…

Et que dire de cette tension indescriptible vécue, entre survie et trépas, durant les dix premiers jours de mai, il y a exactement 55 ans en Turquie, où nous avions lutté pendant des années au sein des médias et des organisations de gauche ?

En réalité, cette tension avait commencé dès 1970, après la résistance ouvrière des 15 et 16 juin, face à la terreur martiale qui s’ensuivit. Comme nous avions pris position contre cette répression dans la revue Ant en titrant « Les officiers capitalistes ne peuvent juger les travailleurs », je fus menacé par neuf officiers durant mon interrogatoire au Commandement de la 1ère Armée. Cela s’aggrava avec le début des arrestations de jeunes révolutionnaires en février 1971 que nous avions défendu en titrant « Deniz et ses camarades sont des enfants du peuple qui luttent contre le système de pillage » et lorsque nous publiâmes pour la première fois en Turquie l’Histoire Kurde de Cheref-Khan.

Malgré la proclamation de loi martiale par la junte du 12 mars, nous réussîmes à publier le dernier numéro de la revue Ant grâce au dévouement de notre équipe éditoriale et de nos imprimeurs. Ce numéro, que nous parvînmes à diffuser au quatre coins du pays, contenait des articles dénonçant la manœuvres douteuses de la junte et un message de célébration du 1er mai de notre classe ouvrière.

Après la parution de ce numéro, notre revue fut interdite par la loi martiale, ses rédacteurs et journalistes recherchés et poursuivis pour des peines totalisant les 770 ans de prison, et nos bureaux et notre domicile perquisitionnés à plusieurs reprises…

Des annonces de la loi martiale, fréquemment diffusées sur les radios de Turquie et dans les médias aux ordres du régime, nous ordonnaient de nous rendre immédiatement aux militaires. Des affiches portant nos photos et comme titre « Recherchés par la commandement de la loi martiale » furent placardées sur les places publiques et aux postes frontières de Turquie.

Lors d’une réunion secrète de notre comité de rédaction, après avoir examiné les liens d’Ant avec des associations ouvrières et étudiantes progressistes et des politiciens de gauche dans les pays européens, il fut décidé que nous devions quitter illégalement le pays pour poursuivre la lutte pendant un certain temps à l’étranger.    

Nos premières tentatives de fuite par la frontière sud ou les côtes égéennes ayant échoué, nous décidâmes de falsifier les noms et de changer les photos sur les passeports des parents d’İnci afin de quitter la Turquie.

Munis de ce passeport et déguisés, nous quittâmes Ankara le 11 mai 1971 à bord d’un vol Lufthansa et fîmes nos premiers pas en exil à Munich… Avec un faux passeport, nous voyageâmes de pays en pays, en établissant des contacts avec les rédacteurs et les lecteurs d’Ant, ainsi qu’avec les associations ouvrières et étudiantes dont nous diffusions les informations depuis des années, et intensifiâmes nos activités d’organisation d’une Résistance démocratique pour contribuer à la lutte internationale contre la junte à l’étranger. Durant cette période, nous publiâmes des bulletins d’information et des livres en anglais intitulés « File on Turkey », « Man Hunts in Turkey » et « Turkey on Torture » pour informer, à commencer par les membres du Conseil de l’Europe, les organisations internationales de défense des droits humaines et les partis progressistes, sur les répressions, arrestations et actes de torture commis en Turquie.

En raison de ces activités, nous fûmes rapidement aussi déclarés « coupables » en Europe… En 1972, Turhan Feyzioğlu, chef de la délégation parlementaire turque, révéla nos véritables noms depuis la tribune de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et demanda notre arrestation par la police européenne sous prétexte que nous menions des « activités subversives à l’étranger »…

Puis, à la demande de l’état-major, un Livre blanc publié en plusieurs langues par le bureau du Premier ministre nous désigna à la face du monde comme des « coupables » recherchés en vertu de la loi martiale. De ce fait, nous obtînmes aux Pays-Bas le statut de réfugié des Nations Unies au début de l’année 1973.

En 1973, après la publication dans la revue britannique Index d’un de mes articles décrivant les violations de la liberté de la presse en Turquie, et la parution aux Pays-Bas, sous mon vrai nom, de mon livre intitulé « Turquie, fascisme et résistance », les « accusations » se poursuivirent sans relâche.

Après la fondation en 1974 de l’agence Info-Türk, publiant en cinq langues, l’ambassade de Turquie ne tarda pas à intervenir, et alors que nous étions reconnus comme réfugiés des Nations Unies aux Pays-Bas, nous fûmes durant des années privés de permis de travail et de séjour en Belgique sous les pressions de l’ambassade…

Dans ces conditions difficiles, İnci, qui assurait seule la mise en page, l’impression, la reliure et la distribution de toutes les publications, en travaillant jour et nuit, commença également à donner des cours de turc aux enfants de Turquie qui fréquentaient les écoles de la commune de Bruxelles. L’ambassade de Turquie fit rapidement pression sur le bourgmestre de la Ville de Bruxelles pour empêcher le travail d’İnci, mais en vain.

À cette époque, outre nos propres publications, İnci réalisa aussi des publications, tout d’abord pour les deux plus grands syndicats de Belgique, ainsi que pour de nombreuses organisations de défense des droits humains et associations progressistes immigrées.

Après deux brefs voyages en Turquie en 1978, et alors que nous préparions notre retour définitif, le parquet militaire de la Marine me déclara à nouveau « coupable » et émit à mon encontre un mandat d’arrêt à la suite de la publication à Istanbul d’un livre que j’avais traduit sur le militarisme…

Répressions après le coup d’État du 12 septembre

Après le coup d’État du 12 septembre 1980, nous accueillîmes Behice Boran, la présidente du Parti ouvrier de Turquie (TİP) et d’autres responsables dirigeants du parti arrivés comme réfugiés en Belgique, et les aidâmes à nouer des relations internationales. Le 14 février 1981, nous organisâmes une manifestation de masse contre la junte du 12 septembre au centre de Bruxelles.

À cette époque, comme nos amis de l’opposition en exil, nous fûmes traités de « dégénérés » par Kenan Evren et, en 1983, déchus de notre nationalité turque par un décret signé par le vice-Premier ministre Turgut Özal.

Malgré toutes ces pressions, à nouveau à l’initiative d’İnci, les Ateliers du Soleil, offrant des services éducatifs et culturels à des femmes, des hommes et des enfants de plus de 50 nationalités différentes, notamment des réfugiés turcs, kurdes, arméniens et assyriens, furent créés.

En 1986, après avoir témoigné sur la chaîne française A2 de l’oppression exercée contre les Kurdes, les Arméniens et les Assyriens en Turquie, je fus interdit d’entrée sur le territoire français par le gouvernement Mitterrand sous la pression du gouvernement turc…

En 1988, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, à la suite de nos questions sur la situation des droits humains en Turquie, le Premier ministre de l’époque, Turgut Özal, nous jugea à nouveau « coupable » et nous fit remettre une nouvelle fois, par l’intermédiaire de l’ambassade de Bruxelles, le décret de « dénaturalisation » datant de cinq ans auparavant et portant sa signature.

Après avoir été rendus « apatrides », afin de pouvoir voyager librement dans les pays européens, notre demande de naturalisation pour obtenir la nationalité belge fut bloquée pendant des années par le parquet fédéral du Royaume de Belgique, là encore sous la pression de l’État turc.

Le 27 septembre 2002, un tribunal d’Istanbul me déclara « coupable » d’avoir soi-disant insulté l’armée turque dans un article que j’avais écrit pour la revue Yazın à l’occasion du 30e anniversaire du coup d’État du 12 mars, et émit un mandat d’arrêt à tous les points de passage frontières afin que je sois immédiatement arrêté si je revenais en Turquie.

Notre « culpabilité » aux yeux de l’État turc n’a jamais cessé avec les provocations à notre encontre par l’entremise des médias turcs au service du régime à Bruxelles, et les accusations de « trahison à la patrie » à l’époque du gouvernement AKP… À tel point qu’en 2008, une campagne de lynchage fut lancé à mon encontre par le biais à la fois de certains sites internet turcs et de la presse quotidienne en Turquie, simplement pour avoir contribué à l’organisation d’une conférence sur le génocide du Dersim au Parlement européen.

À la suite de cela, comme annoncé dans le journal La Libre Belgique du 13 décembre 2008, l’État belge fut contraint de me placer sous protection.

En 2015, parce que j’avais soutenu la reconnaissance du génocide des Arméniens, je fus pris pour cible par un site internet en turc qui publia une photo de moi prenant la parole devant le Monument au génocide des Arméniens à Bruxelles, accompagnée de la légende « Apprenez à bien connaître cet homme ! »

Et en 2016, le même site internet me prit à nouveau pour cible, en affirmant : « Ceux qui, à la moindre occasion, prennent parti pour les organisations terroristes et les séparatistes opèrent à l’intérieur même des limites de la commune de Saint-Josse à Bruxelles ! À la tête de ces associations anti-turques, se trouve leur chef, Doğan Özgüden, fondateur d’Info-Türk et ancien vétéran de gauche… »

L’obscure officine du nom de Fondation pour la recherche politique, économique et sociale (SETA), chargée par la dictature de l’AKP de surveiller l’identité et les activités des dissidents à l’étranger, n’a pas tardé à me prendre pour cible dans un rapport de 666 pages publié en 2019 :

« Doğan Özgüden, qui a fui en Europe après le Mémorandum du 12 mars 1971, est connu en Turquie pour ses articles dans divers journaux et comme représentant du Parti ouvrier de Turquie.

« Özgüden, qui a regroupé les citoyens turcs en Europe sous la bannière de la gauche, a fondé le Mouvement de Résistance démocratique de Turquie à travers l’Europe et a commencé à publier des revues s’attaquant à la Turquie.

« Il a continué à produire une rhétorique anti-Turquie à travers des structures intitulées Union pour la Démocratie entre 1975 et 1982, Collectif 1971 en 2006-2008 et Assemblée européenne pour la Paix en 2008. La structure dénommée Assemblée européenne pour la Paix, fondée en 2008, en particulier, a concentré ses activités sur la « question kurde » et a reçu le soutien de nombreuses organisations affiliées ou liées au PKK. On sait qu’Özgüden, fondateur et rédacteur en chef de l’agence Info-Türk, a tenu des réunions conjointes avec des représentants de haut rang du PKK tels que Remzi Kartal et Zübeyir Aydar. ».

La lutte organisationnelle des exilés politiques…

Dans mon discours d’ouverture à l’Assemblée des Exilés en Europe, dont je suis fier d’être un membre fondateur, le 15 décembre 2012 à Cologne, j’avais déclaré ceci :

« Mes soixante années de vie professionnelle et politique en qualité de journaliste se sont toujours déroulées sous le joug du militarisme, des lois martiales, des tribunaux militaires et des coups d’État.

« Lorsqu’İnci et moi sommes arrivés en Europe comme exilés politiques, nous nous sommes retrouvés au cœur d’une grande lutte anti-impérialiste et antifasciste qui a véritablement transcendé les frontières nationales. Tandis que la dictature des généraux se poursuivait en Turquie, des colonels étaient au pouvoir en Grèce et des régimes fascistes régnaient au Portugal et en Espagne.

« Il y a eu ensuite la résistance contre le coup d’État de Pinochet au Chili. Et aussi les organisations communes contre eux…

« Tous ces régimes inhumains se sont effondrés les uns après les autres. Les putschistes ont été traduits en justice, et certains ont passé le reste de leur vie en prison.

« Un fait tout aussi important : avec l’effondrement de ces régimes, des centaines de milliers d’exilés politiques, séparés de leur pays depuis des années, sont immédiatement rentrés chez eux sans craindre d’être de nouveau arrêtés.

« Je me souviens très bien du jour où la junte grecque a été renversée, à l’été 1974. Nos amis grecs exilés à Bruxelles étaient fous de joie de pouvoir rentrer librement dans leur pays après tant d’années. Toutes les figures importantes de l’exil politique grec – communistes, socialistes, anarchistes, libéraux – avaient mis de côté leurs divergences idéologiques pour célébrer cet évènement historique, nous invitant à partager leur joie. Ils buvaient à profusion et dansaient le sirtaki.

« La plupart avaient déjà réservé leurs billets d’avion ou de train ce soir-là, impatients de partir pour la Grèce.

« Malgré toutes les prétentions du régime d’Ankara à devenir plus civil et démocratique, les exilés politiques de Turquie n’ont jamais connu une telle joie.

« Je comprends parfaitement le cri qui anime l’appel commun qui nous rassemble aujourd’hui : ‘Nous ne voulons pas vivre comme exilés pour le reste de notre vie’

« Je ressens aussi en moi les émotions qui ont suscité cet appel. La lutte pour nous libérer de l’exil est sacrée.

« Mais si l’exil est un destin irréversible, considérer son nouvel espace comme une seconde partie, y poursuivre le combat en exploitant toutes les ressources disponibles et en acquérant de nouvelles compétences, est une autre manière honorable de témoigner du respect de soi et de service son peuple, sa culture et sa terre natale.

« Les meilleurs exemples en ont été donnés par des combattants créatifs du monde des arts et des sciences comme Nazım Hikmet, Yılmaz Güney, Ahmet Kaya et Fahrettin Petek… Et aussi par des milliers d’anonymes issus des diasporas arménienne, assyrienne, kurde, yézidie et turque… »

Au cours des 14 années qui ont suivi cette rencontre, le régime fasciste islamiste de Tayyip Erdoğan a ajouté de nouvelles valeurs et des combattants productifs et créatifs à notre armée d’exilés.

Le 11 mai 2026 marquera le 55e anniversaire du début de notre exil, qui a radicalement transformé nos vies et nos destins, à İnci et à moi, qui dure depuis plus d’un demi-siècle…

Il y a 15 ans, j’avais documenté dans un livre intitulé Journaliste ‘apatride’, et publié successivement en deux volumes, notre vie de lutte en Turquie et en exil et les raisons de notre exil, les problèmes de notre vie en exil, nos responsabilités et nos luttes.

Un de mes derniers livres,  « Une rebelle dans l'encre d'exil », publié en 2023, est consacré à la vie semée d’embûches d’Inci.

Mes articles dans Artı Gerçek et les bulletins d’Info-Türk, ainsi que tous mes écrits publiés depuis le premier jour de mon exil, aussi bien à l’étranger qu’en Turquie, de même que les entretiens réalisés avec İnci et moi, sont compilés dans les neuf volumes de mes ouvrages intitulés Écrits d’Exil, publiés successivement dans les sept dernières années. 

Tous les volumes de Journaliste ‘apatride’, tout comme des Écrits d’Exil et Une rebelle dans l'encre d'exil ont été publiés en Turquie par les éditions Belge.

Depuis notre exil le 11 mai 1971, jusqu’à nos jours, les livres, revues, brochures, bulletins d’information et communiqués, que nous avons écrits et publiés en plusieurs langues au nom d’un certain nombre d’organisations de résistance, à commencer par Info-Türk, dépassent les 15 000 pages.

Une grande partie de nos documents relatifs à nos combats en exil, correspondances privées et organisationnelles, photographies, films et vidéos, enregistrements audio, affiches, manifestes, sont conservés à l’Institut International d’Histoire Sociale (IISG) à Amsterdam depuis 2013, tandis qu’une part importante de notre bibliothèque personnelle se trouve à la Bibliothèque Royale de Belgique à Bruxelles.

Nous avons confié les archives de coupures de presse que nous avons constituées dès le premier jour de notre exil à nos amis arméniens de l’Association des Arméniens démocrates de Belgique.

Les versions numériques des livres, brochures et bulletins d’information que nous avons publiés en exil sont accessibles depuis longtemps à l’adresse suivante : https://www.info-turk.be/documents-pdf.htm Ceux-ci comprennent des journaux, manifestes et livres publiés au nom du Parti ouvrier de Turquie et de l’Union pour la Démocratie. Nous avons aussi mis en ligne sur cette même page les versions numériques de tous nos livres publiés par le journal Akşam et les éditions Ant durant nos années de lutte en Turquie.

Oui, le 11 mai 2026, nous avons franchi le 55e anniversaire de notre exil.

Si notre vie et notre état de santé à notre âge avancé nous le permet, nous poursuivrons le combat et resterons solidaires des forces démocratiques qui, en Turquie, continuent courageusement leur lutte malgré les pressions, les machinations et les écrans de fumée du gouvernement de Tayyip.

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN  

Police detain students in house raids after fight at METU spring festival

Police detained several students in morning house raids today following a physical altercation at the Middle East Technical University's (METU) spring festival.

The incident occurred on during a concert by İlkay Akkaya on May 6, when a group of right-wing students opened a Turkish flag and performed the grey wolf gesture while chanting "We are the soldiers of Mustafa Kemal" targeting the singer. A fight broke out shortly after the demonstration.

After the incident, leftist students were subsequently targeted on social media by claims that they had "attacked the Turkish flag."

The Ankara Chief Public Prosecutor’s Office launched an ex officio investigation covering allegations of "insulting the signs of state sovereignty," "qualified intentional injury," "threat," and "insult."

The General Directorate of Security (EGM) announced that judicial proceedings concerning the incidents during the concert had begun against six individuals identified by their initials.

"Our glorious crescent and star red flag is the greatest symbol of our nation’s will for independence," the directorate stated.

Before the raids, the İstiklal Kadınları Hareketi (Women of Independence Movement), a group linked to the anti-refugee Victory (Zafer) Party, posted on social media yesterday, "Expect news of detentions tonight."

Students dismiss claims of attacking flag

METU students issued a joint statement yesterday, arguing that the incident was being deliberately framed as an "attack on the flag" to mask a planned provocation against the student festival.

"The artist on stage at Devrim Stadium was booed by a group in a planned and organized manner," the students said.

The students called on the university administration to prevent actions that harm the festival’s continuity.

"The best thing we can do against these attacks is to embrace the tradition started by those who wrote DEVRİM on the stadium," the statement continued. "We must raise our voices in every field and say: The festival belongs to ODTÜ, and ODTÜ belongs to us." (BIA, 8 May 2026)

L’article de Doğan Özgüden publié dans la revue Europe Orient



Juillet-Décembre 2025

Cela fait exactement 75 ans jour pour jour... J'étais un jeune lycéen à Ankara... Le 14 juillet 1950, la nouvelle Grande Assemblée nationale, formée après la victoire du Parti démocrate aux élections législatives, devait voter la « loi d'amnistie générale » dont on parlait depuis des mois.

Ni dans ma famille, ni dans celle de mes amis, il n'y avait pas de parents emprisonnés dont nous attendions la libération. Néanmoins, mon père cheminot, qui était un admirateur de Nazım Hikmet, s'inquiétait de savoir si le grand poète, emprisonné depuis des années, serait libéré... Moi qui, déjà pendant mon enfance, avais admiré les poèmes de Nazım dans la bibliothèque de mon père, j'attendais avec impatience le résultat du vote au Parlement, car il était dit que même si une amnistie générale était accordée, les prisonniers condamnés pour organisation et propagande communiste n'en bénéficieraient pas.

D'après ce que nous avons lu dans le quotidien Cumhuriyet le lendemain, 103 personnes qui purgeaient une peine de prison pour propagande communiste ne bénéficieraient pas de l'amnistie générale. Nazım Hikmet, par contre, bénéficierait de l'amnistie, non pas pour "organisation et propagande communiste", mais parce qu'il avait été condamné à 28 ans et 4 mois pour subversion de l'armée et incitation à la rébellion militaire et qu'il avait purgé environ un tiers de sa peine.

Cependant, lors des débats au Parlement, le ministre des transports Tevfik İleri avait prononcé le discours suivant afin de s'assurer que Nazım Hikmet soit maintenu en prison parce qu'il était communiste :

"Douter du communisme de Nazım Hikmet serait une erreur. Hier encore, en prison, Nazım Hikmet a déclaré : ‘Une moitié de mon cœur est abattue chaque matin en Grèce, l'autre moitié est abattue en Chine. Je suppose que l'autre moitié de son cœur est abattue en Corée ! Nazım Hikmet est un communiste absolu, lui-même ne l'a pas nié".

Néanmoins, la majorité du Parlement a approuvé la libération de Nazım Hikmet au motif qu'il avait été condamné en vertu de l'article 94 du code pénal militaire, et non des articles 141 et 142 du code pénal turc.

Libéré le 15 juillet 1950, Nazım Hikmet a été appelé au service militaire à un âge avancé, alors qu'il n'y était pas légalement obligé. Pour éviter d'être victime d’un complot dans l'armée, il a quitté Istanbul le 17 juin 1951 et s'est rendu à Moscou via la Roumanie. Tout de suite, il a été déchu de sa nationalité turque par une décision du Conseil des ministres du 25 juillet 1951.

Après deux semaines de l’amnistie générale, les communistes ont été arrêtés le 29 juillet 1950 pour avoir envoyé un message de protestation à la présidence de la Grande Assemblée nationale turque au nom de l'Association des défenseurs de la paix en réponse à la décision du Parti démocrate d'envoyer une brigade en Corée pour assurer l’acceptation de la Turquie à l'OTAN. Six mois plus tard, le 30 décembre 1950, ils ont été condamnés à quinze mois d'emprisonnement chacun par un tribunal militaire au motif qu'ils avaient « tenté, à des fins politiques, de perturber l'amitié de la Turquie avec les États-Unis et de saper la confiance du public dans le gouvernement ».

La grande arrestation des membres du Parti communiste de Turquie en 1951 ne tarde pas à suivre, et 118 des intellectuels et dirigeants syndicaux les plus en vue de Turquie, dont Şefik Hüsnü Deymer, Zeki Baştımar, Reşat Fuat Baraner, Mehmet Bozışık, Halil Yalçınkaya, Vedat Türkali et Mihri Belli, sont condamnés à des peines allant jusqu'à dix ans de prison et jusqu'à trois ans d'exil.

En 1950, on avait essayé d’empêcher le bénéfice de l'amnistie générale pour les communistes. 24 ans plus tard, sous le gouvernement CHP-MSP, issu des élections de 1974 qui ont suivi le coup d'État du 12 mars 1971, nous avons assisté à quelque chose de similaire.

Dans les années 60-70, de nombreux procès ont été intentés contre nous en vertu des articles 141 et 142 du code pénal turc en raison de nos publications et des peines de prison ont été requises allant jusqu'à 300 ans.

Quelque temps après la formation de la coalition dans laquelle Bülent Ecevit était premier ministre et Necmettin Erbakan vice-premier ministre, une amnistie politique a été adoptée et la libération des islamistes arrêtés et condamnés en vertu de l'article 163 du code pénal turc a été approuvée à l'unanimité, mais lorsqu'il s'est agi de l'amnistie des gens de gauche arrêtés et condamnés en vertu des articles 141 et 142, les députés du MSP ont voté « non » avec grande fierté. Ce n'est que quelques mois plus tard qu'ils ont pu être libérés du cachot grâce à la décision de la Cour constitutionnelle.

75 ans après l'amnistie de 1950 et 51 ans après l'amnistie de 1974, selon les statistiques annoncées par la direction générale des prisons et des maisons de détention de Turquie, au 2 juin 2025, il y a 403 060 prisonniers dans les prisons turques, dont 359 227 condamnés et 57 700 arrêtés. Une partie importante de cette masse est constituée de citoyens de l'opposition qui ont été privés de leur liberté en raison de leurs choix politiques, comme Selahattin Demirtaş, Osman Kavala et Ekmel İmamoğlu… Des maires ont été démis de leurs fonctions, arrêtés et remplacés par des fantoches du régime.

Il ne fait aucun doute que de nombreux autres citoyens turcs vivent dans la clandestinité ou en exil parce qu'ils sont membres d'organisations ou des médias de différentes tendances qui s'opposent à la dictature de Tayyip Erdogan.

Si l'on veut vraiment faire un pas sérieux dans le processus que l'AKP et le MHP appellent « Turquie sans terreur » et l'opposition « Paix et société démocratique », le premier travail concret de la commission interpartis formée au Parlement devrait être de veiller à ce qu'une loi garantissant la libération immédiate de tous ces condamnés et détenus politiques, de ceux qui sont exilés ou qui sont contraints de vivre dans la clandestinité, soit adoptée par l'Assemblée générale du Parlement avant le début des vacances législatives.

Non à « une alliance tripartite sur base de la fraternité islamique turco-kurde-arabe » qui dominera la géographie du Moyen-Orient…

Le peuple de Turquie, avec ses Turcs, Kurdes, Arméniens, Assyriens, Grecs et Arabes, aspire à un pays vraiment démocratique.

Pour réaliser cette aspiration, il faut une amnistie générale, vider les prisons, mettre un terme aux chasses à l'homme sur le sol turc, dans les pays voisins et dans les diasporas…

Tant Abdullah Öcalan à İmralı que les membres du PKK qui ont mis le feu à leurs armes hier en Irak au nom de la « paix » doivent reprendre leur place dans la vie politique de Turquie.

Et de toute urgence...

Assez de rhétorique, êtes-vous vraiment pour cela ?


29 nouvelles arrestations dans l'enquête visant le maire d'Istanbul

Vingt-neuf personnes ont été arrêtées vendredi pour des soupçons de trucage d'appels d'offres dans l'enquête pour "corruption" visant le maire d'opposition d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

Selon Anadolu, les vingt-neuf suspects sont accusés d'avoir participé à un "système d'appels d'offres fictifs ou irréguliers" via une filiale de paysagerie de la municipalité d'Istanbul.

Parmi les suspects figure la directrice des parcs et jardins de la mégapole turque.

Cette opération intervient alors que le maire d'Istanbul, considéré comme le plus sérieux rival du président Recep Tayyip Erdogan, est jugé depuis deux mois aux côtés de 413 co-accusés.

Arrêté en mars 2025, Ekrem Imamoglu est accusé d'avoir dirigé un vaste réseau criminel qualifié de "pieuvre", ce qu'il récuse. (AFP, 8 mai 2026)

Constitutional Court finds rights violations in detention of HDP members

The Constitutional Court ruled that the rights to liberty and security of Ahmet Bayazit and Livan Orman, members of the pro-Kurdish Peoples’ Democratic Party (HDP), were violated following their arrests in 2022.

The court stated that the evidence used to justify the detention of the two applicants on charges of "membership in a terrorist organization" did not constitute a strong suspicion of guilt. It ordered the state to pay 200,000 liras in non-pecuniary damages to each applicant.

Livan Orman, a member of the HDP Party Assembly, and Ahmet Bayazit, a member of the HDP Youth Assembly, were detained on Jul 29, 2022, as part of an investigation by the İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office. The İstanbul 3rd Penal Court of First Instance ordered their arrest on Aug 1, 2022. They were later released under judicial control measures by the İstanbul 25th Heavy Penal Court on Sep 7, 2022.

Peaceful event

In its evaluation of Livan Orman’s case, the Constitutional Court examined an HDP Beşiktaş district branch event held on Jun 16, 2019. The court noted there was no concrete evidence that the event was not peaceful, involved violence, or was organized under instructions from an illegal organization.

The ruling emphasized that there was no evidence Orman shouted slogans, carried banners, or directed participants during the event. The court added it was unclear how his participation in an event three years prior could serve as a concrete basis for a detention order.

The court also addressed messages sent by Orman, including the phrase "Come here, we need to get something." It ruled that interpreting this statement as evidence of illegal activity was based entirely on assumptions. The court noted that no concrete data showed Orman used applications like WhatsApp, Instagram, or Telegram for organizational motives.

Regarding Ahmet Bayazit, the court reviewed personal notes found in his home. The court found these documents supported the defense that they were personal notes regarding an HDP Youth Assembly congress held in Diyarbakır in 2021.

Unsubstantiated accusations

The ruling stated that while the notes contained critical expressions, they did not directly encourage violence or glorify terrorist acts. The court held that personal notes found in a home that were not shared with the public could not be reasonably interpreted as a link between Bayazit and an illegal organization.

The court also dismissed the claim that Bayazit’s presence in a Telegram group titled "2nd Region Youth Assembly" constituted evidence for arrest. It noted there was no finding that the group belonged to an illegal youth structure rather than the HDP. His membership alone, without proof of organizing violent activities, did not meet the threshold for strong suspicion of a crime.

The court concluded that the prosecution failed to establish the necessary legal grounds for the detentions.

"It has been concluded that the strong indication that a crime was committed, which is required for detention, was not sufficiently demonstrated by the investigative authorities for either applicant," the court stated.

The court ruled that the right to liberty and security under the third paragraph of Article 19 of the Constitution was violated. Bayazit and Orman will each receive 200,000 liras in compensation. (BIA, 5 May 2026)

Un 1er Mai très suivi, près de 600 arrestations

Des milliers de manifestants ont rejoint les célébrations du 1er Mai en Turquie vendredi, malgré des déploiements en force de policiers à Ankara, la capitale et à Istanbul, entièrement verrouillée, où près de 600 personnes ont été interpellées.

Selon un bilan livré par le bureau du gouverneur d'Istanbul, à 18H00 (15H00 GMT), 575 personnes se trouvaient en garde à vue, qualifiées de "marginaux (qui) ont fait fi des décisions prises en matière de sécurité", selon le comuniqué.

L'Association des avocats ÇHD qui s'était déployée sur le terrain avait comptabilisé "au moins 550" interpellations deux heures auparavant, parfois musclées; la police a fait usage de gaz lacrymogènes depuis des véhicules anti-émeutes, au milieu de la foule, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les autorités ont ainsi empêché les manifestants de rejoindre la place Taksim, haut lieu de la contestation stambouliote, fermée aux rassemblements depuis 2013 et une vague de manifestations antigouvernementales.

Un responsable syndical, Basaran Aksu, a été arrêté alors qu'il venait de dénoncer ce verrouillage: "On ne peut pas fermer une place aux travailleurs de Turquie. Tout le monde utilise Taksim, pour les cérémonies officielles, les célébrations. Seuls les ouvriers, les travailleurs, les pauvres se voient fermer la place".

Des images diffusées par la chaine d'opposition HALK TV montraient aussi le président du Parti des travailleurs de Turquie, Erkan Bas, noyé sous une douche de gaz au poivre.

"Le pouvoir parle déjà 365 jours par an, laissez donc les travailleurs parler des difficultés qu'ils vivent au moins un jour par an", a-t-il dénoncé.

Les syndicats et associations avaient appelé aux rassemblements sous le slogan "Pain, Paix, Liberté", alors que l'inflation officielle dépasse toujours les 30% - et même 40% à Istanbul selon la Chambre de Commerce - et que les autorités procèdent régulièrement à des vagues d'arrestations dans les rangs de l'opposition parlementaire et de la presse.

Dès le début de la semaine, plusieurs dizaines de personnes avaient été placées en garde à vue en amont du 1er Mai.

A Ankara, la centaine de mineurs d'une mine de charbon qui avaient suivi une grève de la faim neuf jours durant pour réclamer le paiement de leurs salaires ont été acclamés en se joignant au cortège, particulièrement fourni et jeune,  dans ue ambiance fetsive malgré un important déploiement policier, a constaté une journaliste de l'AFP.

Comme à l'accoutumée, Istanbul avait été placée sous cloche dès le milieu de la nuit, les quartiers centraux de la rive européenne entièrement cernés de barrière métallique et les lignes de métro bus et tramway suspendues.

Simultanément, un rassemblement autorisé sur la rive asiatique du Bosphore, à l'appel de confédérations syndicales, a réuni dans le calme plusieurs milliers de personnes, selon un journaliste de l'AFP et la presse. (AFP, 1 mai 2026)

Des dizaines d'arrestations avant les célébrations du 1er-Mai

Près d'une quarantaine de personnes dont des journalistes, des syndicalistes et des opposants, ont été arrêtées mardi en prévision des célébrations du 1er Mai à Istanbul, traditionnellement verrouillées par la police, rapportent plusieurs sources.

Le bureau du procureur général d'Istanbul a annoncé à la presse des mandats d'arrêt et des perquisitions visant soixante-deux personnes, dont quarante-six "susceptibles de commettre des attentats".

Parmi elles, trente-neuf personnes ont été interpellées, à Istanbul et dans un quartier de Kocaeli (nord-ouest), a-t-il précisé.

Selon l'association de défense de la presse et des droits MLSA, qui évoque "46 arrestations", des perquisitions ont été menées chez un avocat et dans les locaux des journaux d'opposition Özgür Gelecek et Yeni Demokrasi "dont les portes ont été enfoncées".

Selon "l'avocat Serhat Alan, dont le domicile a été perquisitionné, les documents de garde à vue concernant 46 personnes lui ont été présentés", écrit la MLSA, ajoutant que "ce dossier faisant l'objet d'une décision de confidentialité de 24 heures, des restrictions ont été imposées pour l'accès aux avocats".

Le principal parti pro-kurde DEM, troisième force au parlement, a dénoncé "avant même le 1er mai, des opérations ciblant la gauche et les socialistes" et ainsi que des organisations étudiantes.

"De nombreux camarades ont été placés en garde à vue" s'insurge le DEM, évoquant des "interventions visant à rétrécir l'espace de la politique démocratique" et qui ne feront "qu'approfondir les tensions sociales", estime-t-il.

Chaque année, le 1er-Mai donne lieu à un important déploiement policier qui verrouille intégralement, dès la veille au soir, un large périmètre au coeur d'Istanbul et autour de la place Taksim, lieu emblématique des contestations fermé aux manifestations, sur la rive européenne du Bosphore.

En mai 2025, alors que les manifestations s'étaient déplacées vers le quartier de Kadikoy, sur la rive asiatique, plus de 400 personnes avaient été arrêtées. (AFP, 28 avril 2026)

Le vice-ministre de l'Éducation limogé après des fusillades dans des écoles

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a limogé le vice-ministre de l'Éducation après deux fusillades dans des écoles qui ont fait neuf morts, selon le Journal officiel publié vendredi soir.

Huit élèves âgés de 10 et 11 ans ainsi qu'un enseignant ont été tués en avril lorsqu'un adolescent de 14 ans a ouvert le feu dans une école de la province méridionale de Kahramanmaras.

Selon les autorités, l'assaillant, mort sur les lieux, était en possession de cinq armes à feu, et il était le fils d'un ancien inspecteur de police, qui a depuis été arrêté.

Lors d'une autre attaque dans la province de Sanliurfa, dans le sud-est du pays, un ancien élève a ouvert le feu dans son ancien lycée, avant de se donner la mort.

En vertu d'un décret signé par M. Erdogan, le vice-ministre de l'Éducation Nazif Yilmaz a été démis de ses fonctions et remplacé par Cihad Demirli.

Ces événements ont suscité une vive indignation dans l'opinion, et M. Erdogan a déclaré que le gouvernement introduirait des restrictions sur la détention d'armes à feu. (AFP, 25 avril 2026)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

New wave of celebrity drug raids targets 25 names

İstanbul prosecutors have issued arrest warrants for 25 individuals, including prominent singers, actors, and journalists, as part of an ongoing drug investigation.

Fourteen suspects, including singer Mabel Matiz, have already been detained. Mabel Matiz was recently acquitted in a case where they stood trial on "onbscenity" charges over song lyrics.

Journalist Mirgün Cabas, who is also on the list, said on social media that he learned about the investigation from the press this morning.

"I lost my father yesterday, and I am in İzmir for my father's funeral. My lawyers are meeting with the investigative authority, and I will do what is necessary once I have information. Do not worry," he wrote.

The individuals named on the list are Aslıhan Turanlı, Aycan Yağcı, Berkay Şahin, Cansu Tekin, Eda Dora, Eren Kesimer, Feyza Civelek, Hakan Aydın (Blok 3), Hanzede Gürkanlar, Kübra İmren Siyahdemir, Mabel Matiz (Fatih Karaca), Mehmet Rahşan, Mirgün Sırrı Cabas, Niran Ünsal, Onur Tuna, Osman Haktan Canevi, Özgür Deniz Cellat, Semiha Bezek, Serenay Sarıkaya, Tan Taşçı, Tarık Tunca Bakır, Tuğçe Postoğlu, Volkan Bahçekapılı, Yağmur Ünal, and Yasemin İkbal.

The Bakırköy Chief Public Prosecutor’s Office released a statement regarding the operation, noting that the investigation targets individuals who facilitate drug use, provide venues, or consume drugs:

"Within the scope of the fight against drugs that threaten public health and safety, in investigations carried out by the Bakırköy Chief Public Prosecutor's Office, recently carried out operations by our law enforcement forces, which were also reflected in the public, seized a high amount of cocaine intended to be smuggled into our country from abroad by sea before it reached land."

The statement added that drug manufacturing facilities were identified, multiple drug dealers were arrested in different districts of İstanbul, and illicit substances and criminal objects were seized.

The operation includes searches of the suspects' residences and drug tests, according to the statement.

Over the past year, authorities have launched narcotics investigations targeting numerous well-known figures, including celebrities, journalists and businesspeople. These probes have resulted in drug tests and multiple arrests. (BIA, 21 May 2026)

Journalist arrested over reporting on allegations of MP's son bringing weapon to school

Yelis Ayaz, a local journalist in the western province of Aydın,, was arrested following her articles regarding allegations that the son of Seda Sarıbaş, an MP from the ruling Justice and Development Party (AKP), brought a weapon to his high school.

Ayaz, right holder of the local outlet Aydınpost, had recently written two articles about the allegations. Detained on May 15, Ayaz was formally arrested  on charges of "publicly disseminating misleading information" under Turkish Penal Code Article 217/A.

Another journalist detained within the scope of the investigation, Emin A., was released under judicial control measures.

In her first article published on Apr 20, Ayaz brought the allegations to her column under the title "Knives at school, weapons in allegations: What is Aydın hiding?"

Ayaz published a second article on May 14, claiming that the allegations were confirmed based on complaints filed by other students at the school to the Presidential Communications Center (CİMER).

Following the arrest, the Aydın Chief Public Prosecutor's Office issued a written statement arguing that the allegations did not reflect the truth. It stated that the photograph subject to the CİMER applications belonged to a "toy gun" incident that took place at a private school in 2024, and that the parent of the student in question was not a public official or a lawmaker.

The office also claimed that some individuals filed applications to CİMER to "save suspects from crime" by creating evidence in their favor.

The office accused the journalist of making false and misleading news by exploiting the public sensitivity caused by two rare school shootings that took place in the country last month. (BIA, 18 May 2026)

Journalist Reyhan Hacıoğlu sentenced to over four years in prison in 'terror' case

The Van 2nd Heavy Penal Court sentenced journalist Reyhan Hacıoğlu to four years and two months in prison for "knowingly and willingly aiding a terrorist organization." The court also ruled for the continuation of a ban on traveling abroad as a judicial control measure.

The verdict hearing was attended by defense lawyers and representatives from civil society organizations, while Hacıoğlu was not present in the courtroom.

During the hearing, the prosecutor reiterated their earlier opinion requesting that the journalist be punished on charges of membership in a terrorist organization.

Defense lawyers called for Hacıoğlu's acquittal, arguing the case was based on her professional journalism activities. Attorney Resul Temur stated the accusations lacked merit and emphasized that his client was merely performing her job as a journalist.

Hacıoğlu was initially detained in Van on Jan 17, 2025, during house raids conducted as part of an İstanbul-based investigation. She was formally arrested on Jan 20 on charges of membership in a terrorist organization and was later released pending trial during the first hearing on Jun 13.

'I stand behind and every word I said'

Following the ruling, Hacıoğlu released a statement on social media. "I stand behind every report I made and every word I said. You cannot cover up the truth with the sentences handed down," she wrote.

Hacıoğlu further criticized government policies and the judicial system in her statement:

"Journalism is not a crime; it is a crime to pit this country and these peoples against each other, to attack, to arrest, to plunder nature, to carry out inhuman practices in prisons, to isolate a person by cutting off their communication—their most basic right—to usurp the will of the people, and to leave harassment and rape unpunished."

"We will continue to stand against this, to report on it, and to follow in the footsteps of our colleagues who paid a price for the TRUTH! Because we have a belief in the TRUTH that we know will have a magnificent end." (BIA, 14 May 2026)

Journalist İsmail Arı faces six years prison for 'spreading disinformation'

The Press Crimes Bureau of the Ankara Chief Public Prosecutor's Office has prepared an indictment against BirGün reporter İsmail Arı, seeking up to six years in prison for "spreading misleading information" and "violating confidentiality."

The charges stem from Arı’s news reports and social media commentary. Arı was detained during a house raid on Mar 21 and remains in pretrial detention.

News subject to accusations

Arı’s statements regarding President Recep Tayyip Erdoğan’s family members serving on the boards of foundations such as TÜGVA, TÜRGEV, and İlim Yayma Cemiyeti formed the basis for the charge of spreading misleading information. Arı had reported that public resources are channeled to these organizations and that they benefit from tax exemptions.

Prosecutors also included Arı’s posts concerning a dorm construction project at the İstanbul İmam Hatip High School in Fatih where President Erdoğan graduated. Arı had reported that the dormitory construction had begun on Treasury land that included registered cultural assets.

Regarding the news, the indictment used a statement from the Presidential Communications Directorate's Center for Combating Disinformation (DMM) as evidence against Arı. The center had labeled the report as "clear disinformation."

Arı's post about a 630 million liras corruption investigation involving the Yunus Emre Foundation was also included in the indictment. Regarding this report, the prosecution charged Arı with violating confidentiality, noting that the Ankara 2nd Penal Court of First Instance had issued a restriction order on the investigation on Dec 23, 2024.

The prosecution is seeking one to three years for spreading misleading information and an additional one to three years for violating confidentiality. (BIA, 13 May 2026)


Comedian faces three-year prison sentence over Sultan Suleiman joke

An indictment has been prepared against comedian Tuba Ulu following a joke about Ottoman Sultan Suleiman the Magnificent made during a stand-up performance.

The İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office is seeking a prison sentence of up to three years for Ulu on charges of "inciting the public into hatred and hostility."

The accusation concerns the joke where Ulu said, "even Sultan Suleiman married his fuck buddy," referring to the sultan's relationship with Hürrem Sultan.

A clip from the performance containing the remark circulated on social media last month, leadint o a targeted campaign against the comedian and a subsequent criminal investigation.

Ulu was detained and accused of insulting historical, national, and spiritual values. She was later released under judicial control.

Following her release, she issued an apology on social media, sayign, "To perform satire, it may be necessary to stretch or exaggerate some boundaries, and the adjustment might be off for some people."

Ulu’s accounts on X and YouTube were also blocked from access after the incident. (BIA, 11 May 2026)


Trial begins for murder of journalist Hakan Tosun

The first hearing in the trial of two defendants facing life imprisonment for the intentional murder of journalist and environmental activist Hakan Tosun was held in Bakırköy, İstanbul, on May 6.

The Bakırköy 17th Heavy Penal Court heard 13 witnesses during the hearing and ruled for the continued detention of the two defendants. The next hearing is scheduled for Jul 8.

Tosun was physically assaulted by two individuals on Oct 10 while walking to his home in Esenyurt, İstanbul. He died at the hospital after sustaining severe blows to the head.

Abdurrahman Murat, 19, and Adnan Şahin, 25, were detained and formally arrested following the attack, which was captured on local security cameras.
The hearing

Before the hearing Tosun's family members, journalists and environmental activists carried out a march to the courthouse, demanding justice and all motives and entities behind the murder be fully uncovered.

The court restricted access to the hearing, allowing only a few people and seven journalists to enter, leaving many out. The decision led to a brief confrontation where police used shields to push back members of the press.

Following insistence from the Tosun family's lawyers, the court opened an additional hall where activists, representatives, and other journalists watched the proceedings via video conference.

While the family was present in the courtroom, the defendants participated from prison through a video link. (BIA, 11 May 2026)


Un chanteur populaire gay acquitté du crime d'"obscénité"

Le chanteur populaire turc Mabel Matiz, accusé d'"obscénité" pour des paroles décrivant un rapport sexuel entre hommes, a été acquitté vendredi par un tribunal d'Istanbul, a indiqué à l'AFP l'une de ses avocates.

Le ministère turc de l'Intérieur avait annoncé en septembre avoir déposé une plainte contre le chanteur ouvertement homosexuel, dans un contexte de pression sur les artistes et d'attaques répétées du président Recep Tayyip Erdogan contre les LGBTQ+.

"Qu'ils me déshabillent et me jettent sur un oreiller/ Qu'ils me retrouvent éreinté/ Qu'ils me crucifient", dit le refrain de sa chanson "Perperisan".

Un procureur avait requis une peine allant jusqu'à trois ans de prison contre l'artiste âgé de 40 ans, mais le tribunal l'a acquitté en estimant que les éléments constitutifs du crime d'"obscénité" n'étaient pas réunis, a déclaré à l'AFP son avocate Efsun Türker.

Un avocat du ministère de la Famille avait dénoncé au cours du procès une "atteinte à la pudeur", tandis que des médias progouvernementaux accusaient Mabel Matiz d'être "un missionnaire LGBT".

L'artiste s'était défendu sur X en affirmant "(raconter) une histoire d'amour par métaphores" en s'inspirant de "traditions populaires". (AFP, 8 mai 2026)

Début du procès des suspects du meurtre d'un journaliste

Le procès de deux hommes accusés du meurtre, fin 2025, du journaliste et militant turc Hakan Tosun s'est ouvert mercredi à Istanbul, ont rapporté des associations de défense des droits humains autorisées à assister aux débats.

D'abord accusés d'homicide involontaire, les deux suspects, âgés de 19 et 25 ans, sont jugés pour homicide volontaire.

Des associations de journalistes avaient aussitôt soupçonné que la mort d'Hakan Tosun, qui avait couvert de nombreuses luttes sociales et environnementales, soit liée à sa profession. Mais les suspects et des témoins affirment que son décès est survenu à la suite d'une rixe née d'un simple accrochage verbal.

Des images de vidéosurveillance avaient montré la victime, âgée de 50 ans, être violemment agressée de nuit dans une rue de l'arrondissement stambouliote d'Esenyurt. Une autopsie avait conclu à une mort par hémorragie cérébrale.

"Reporters sans frontières exige que toute la vérité soit faite, notamment afin de savoir si le meurtre a été commis en raison de ses activités journalistiques", a déclaré à l'AFP le représentant en Turquie de RSF, Erol Önderoglu.

Selon l'association turque de défense des droits humains MLSA, seuls trois des nombreux journalistes désireux d'assister au procès mercredi ont été autorisés à pénétrer dans la salle d'audience. (AFP, 6 mai 2026)

Turquie/Racisme: Trois mots qui font scandale

Ragip Duran, TVXS.GR, 3 mai 2026

Mme Mine Kirikkanat (74), chroniqueuse du quotidien Cumhuriyet (République, Kémaliste, nationaliste) a qualifié sur son compte X, M. Kemal Kilicdaroglu, ex-Président du CHP (Parti Républicain du Peuple, opposition, 138 sièges sur 592 au Parlement) de ‘’Kripto Kilic Artığı’’ .

‘’Kripto Kilic Artigi’’ signifie « Rescapé caché de l'épée ». En turc, dans le langage familier, cette expression est une insulte contre les personnes qui ont survécu aux massacres de chrétiens et des alévis dans l'Empire ottoman, puis en Turquie.

M. Kilicdaroglu de secte alévie est d’origine de Dersim (Est). En 1915 lors des massacres, plusieurs milliers d’Arméniens s’étaient réfugiés chez les Alévis de Dersim et étaient plus tard devenus alévis eux-mêmes.

Ainsi, Mme Kirikkanat insinuait que M. Kilicdaroglu est d’origine arménienne vêtu d’une veste alévie ! L’arménien et l’alévi sont selon l’idéologie et le discours officiel les deux pires ennemis de la République Kémaliste.

Le terme utilisé par la journaliste reconnaît et voire légitimes les massacres des alévis depuis le règne du Sultan Yavuz Selim (1470-1520) et le génocide des arméniens depuis 1915.

Tout au long de la semaine ‘’Le Cas des rescapés de l’épée’’ était à la une des médias et de la Toile. Mme Kirikkanat s’est excusée publiquement auprès des Alevis et a avoué qu’elle ne savait pas le sens profond de cette expression.

Cette excuse n’a pas été acceptée ni par les Alévis ni la majorité de l’opinion publique. Le quotidien Cumhuriyet a d’abord publié un éditorial dans lequel il défend la liberté d’expression de ses chroniqueurs et se plaint des critiques publiées dans les médias sociaux.

Devant les protestations massives, la chroniqueuse a dû déclarer qu’elle arrête de rédiger ses chroniques sans préciser pour combien de temps. ‘’Les mauvais ont gagné. J’arrête d’écrire mes chroniques. La place est désormais à vous’’ a-t-elle écrit.

Ses collègues chroniqueurs du quotidien Cumhuriyet ont préféré garder le silence sur cet événement. Et la direction du journal critique les Internautes ‘’qui mènent une campagne de lynchage contre le quotidien d’opposition’’.

La chroniqueuse, étendard du Kémalisme nationaliste, était déjà en août 2005 était licenciée du quotidien Radikal (gauche libérale) pour avoir publié ‘’une chronique de couleur raciste’’.

Mme Kirikkanat a publié plus de 15 livres, romans et essais. Elle avait fait il y a un an un procès contre la romancière Elif Şafak, accusée de plagiat. Elle avait gagné grâce aux procureurs, aux juges et aux Kémalistes qui détestent Mme Şafak, soutenue auparavant par la communauté Gulen, ancien alliée nouvel ennemi du régime Erdogan. Mme Şafak poursuit sa carrière littéraire en exil à Londres.

Les critiques de la chroniqueuse, très en colère contre Mme Kirikkanat, n’omettent pas non plus de lancer des missiles virtuels sur la vie privée de cette personnalité très controversée., soutenue auparavant par la communauté Gulen, ancien alliée nouvel ennemi du régime Erdogan. Mme Shafak poursuit sa carrière littéraire en exil à Londres.

Les critiques de la chroniqueuse, très en colère contre Mme Kirikkanat, n’omettent pas non plus de lancer des missiles virtuels sur la vie privée de cette personnalité très controversée.


Turkey falls to 163rd in RSF press freedom index

Turkey ranked 163rd out of 180 countries in the 2026 World Press Freedom Index prepared by Reporters Without Borders (RSF), falling from 159th place last year.

The ranking made Turkey the 18th worst country in the index. RSF cited the regular use of accusations such as “disinformation,” “insulting the president” and “denigrating state institutions” as tools to suppress journalism and imprison journalists.

For the first time in the history of the index, most countries worldwide are classified as being in a “difficult” or “very serious” situation. The average score of all countries reviewed has never been this low in the past 25 years.

The spread of increasingly restrictive legal regulations, particularly those linked to national security policies, has eroded the right to access information even in democracies since 2001.

The legal indicator recorded the sharpest decline this year, showing that journalism is increasingly being criminalized. A significant shift is also taking place in the Americas, where the US fell seven places in the index and many Latin American countries are being drawn into a spiral of violence and pressure. (BIA, 30 April 2026)

Press freedom groups call on Turkey to abolish ‘disinformation law’

Twenty-five press and freedom of expression organizations, including the IPS Communication Foundation/bianet, have criticized the growing use of the "disinformation law" against journalists and called for its abolishment.

In a joint statement, the organizations said Article 217/A of the Turkish Penal Code, titled “Publicly Spreading Misleading Information,” and known publicly as the “disinformation law,” is being used to arrest, detain and prosecute journalists.

The statement noted that at least 83 journalists have been charged with spreaing disinformation 114 times since the law entered into force in Oct 2022. BirGün reporter İsmail Arı and DW Türkçe reporter Alican Uludağ were the journalists most frequently targeted under the charge. Arı has been accused six times, and Uludağ four times. Both journalists are currently in prison.

'Legitimate journalism is being criminalized'

The organizations said Article 217/A has been applied more intensively and swiftly in recent months, adding that this is part of a broader pattern of legal pressure criminalizing legitimate journalism in Turkey.

In addition to the detention of Uludağ and Arı, they cited the cases of Bilal Özcan, Murat Ağırel, Barış Pehlivan, Zafer Arapkirli, Turgay Kılıç and Mehmet Yetim, who have been detained, arrested, prosecuted or sentenced to prison under the same charge. The statement continued:

“Documented examples of this kind of abuse of the ‘disinformation law’ against journalists and the media make Turkey a regional, and even global, outlier in the misuse of regressive fake news and disinformation legislation to suppress media freedom and freedom of expression. This further weakens an environment that is already hostile to free and independent journalism in the country.

"Turkey’s disinformation law is structurally incompatible with international press freedom standards. The law does not clearly define what constitutes ‘false information’ or what content poses a threat to national security or public order.

"As one journalist prosecuted under the law emphasized, the government can deem any kind of information false. The vagueness of the law gives courts unlimited authority to determine the existence of an offense, enabling the prosecution of critical journalism.

"A free and independent press is the most lasting safeguard against the spread of false information. Criminalizing journalism is neither a legal nor an effective response to it.”

Demands

- The organizations called on Turkey to immediately and unconditionally take the following steps:
- Release all journalists imprisoned under Article 217/A of the Turkish Penal Code,
- Drop all cases against journalists over their reporting or commentary,
- Fully repeal Article 217/A of the Turkish Penal Code,
- Bring all of Turkey’s legislation governing freedom of expression into line with its international obligations. (BIA, 28 April 2026)


Kurdish Question / Question kurde

Le chef du PKK alerte contre tout nouveau retard vers la paix

Le chef de la guérilla kurde du PKK en Turquie Abdullah Öcalan, détenu à l'isolement au large d'Istanbul, met en garde contre tout nouveau retard dans le règlement du conflit avec Ankara.

"Il est bien sûr important que tout ce qui est entrepris le soit sur une base légale. Mais prolonger l'attente ne produit que des risques. Nous n'avons pas de temps à perdre", indique M. Öcalan dans un message publié lundi par le parti pro-kurde DEM (troisième force au parlement) dont une délégation lui a rendu visite la veille.

A l'appel de son chef, détenu depuis 1999 sur l'île-prison d'Imrali (nord-ouest), en mer de Marmara, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé en mai 2025 sa dissolution et commencé en juillet à déposer les armes lors d'une cérémonie symbolique dans le nord de l'Irak où sont retranchés la plupart de ses combattants.

Un processus entamé en octobre 2024 à l'initiative du parti nationaliste MHP, allié du gouvernement turc, vise à mettre un terme à plus de quatre décennies de combats qui ont fait au moins 50.000 morts.

Il doit désormais trouver un statut légal et une issue pour ses combattants, une mission confiée à une commission parlementaire ad hoc qui a rendu son rapport en février, sans avancée depuis.

"Une réglementation légale nous fera entrer dans une véritable construction positive" souligne M. Öcalan dans son message. "La démocratisation est un besoin vital et le succès du processus nous rapprochera de cet objectif".

Le patron du PKK dénonce par ailleurs le chaos survenu dimanche au siège du premier parti d'opposition, le CHP, dont le président Özgür Özel a été démis par un tribunal d'Ankara arguant d'"irrégularités" lors de son élection.

M. Özel et ses partisans ont été brutalement chassés par les forces de l'ordre à la demande du gouvernement.

"Est-il concevable, en démocratie, de pénétrer au siège d'un parti en enfonçant sa porte à coups de masse ? Les pratiques et les événements qui visent le Parti républicain du peuple sont liés à l'absence de démocratie", affirme le chef du PKK. (AFP, 25 mai 2026)

Les Kurdes rejettent la désignation de leurs représentants au futur Parlement syrien

Les partis kurdes de Syrie ont rejeté lundi les membres désignés par une autorité formée par le pouvoir central pour les représenter au premier Parlement de l'ère post-Assad, quelques mois après un accord entre Damas et les Kurdes.

Onze personnalités avaient été désignées dimanche pour représenter les zones à forte concentration kurde du nord et du nord-est du pays par des comités locaux sélectionnés par les autorités.

"Ces personnes ne représentent qu'elles-mêmes", ont affirmé les principaux partis kurdes syriens dans un communiqué, dénonçant "une logique d'exclusion et de marginalisation, à travers la nomination sélective de plusieurs personnalités".

En octobre, les deux-tiers des membres membres du nouveau Parlement avaient été désignés par des comités locaux mis en place par une Haute commission créée par par le président syrien Ahmad al-Chareh.

Les régions à majorité kurdes du nord ainsi que la zone druze de Soueïda, dans le sud, avaient été exclues du processus pour des "raisons de sécurité".

Fin janvier, Damas avait conclu avec les Kurdes un accord l'intégration de leurs institutions, notamment de leurs forces armées, au sein de l'Etat syrien, mais sa mise en oeuvre piétine.

Les Kurdes avaient établi pendant la guerre civile une administration autonome dans de larges pans du nord et du nord-est de la Syrie.

Soueïda reste le dernier grand territoire échappant au contrôle du pouvoir central et le principal chef religieux druze, Hikmat al-Hijri, a répété la semaine dernière son opposition au processus électoral.

Le futur Parlement dont le mandat, renouvelable, est de deux ans et demi, comptera 140 membres désignés par des comités locaux et 70 qui doivent encore être nommés directement par le chef de l'Etat.

Le processus de nomination a été critiqué comme antidémocratique par des organisations de la société civile.

La formation de ce Parlement devrait consolider le pouvoir d'Ahmad al-Chareh, arrivé à la tête d'une coalition islamiste ayant renversé Bachar al-Assad en décembre 2024, après plus de treize ans de guerre civile.

Les nouvelles autorités avaient dissous l'Assemblée du peuple, simple chambre d'enregistrement du pouvoir sous le clan Assad pendant des décennies. (AFP, 25 mai 2026)

Kurdish child injured during police raid on wrong house in Bingöl

A family in the Karlıova district of Bingöl has filed a complaint against special operations police officers, accusing them of raiding the wrong house, injuring their 14-year-old child and damaging their home.

The incident occurred on May 12 at around 5.50 am. The mother, father, and three children aged 15, 14, and 9 were at home during the raid.

The family's lawyer, Yusuf Çakas, told bianet that they will meet with the prosecutor tomorrow.

"A medical report is available, and we will follow up on this until the end," Çakas said.

Çakas claimed that the intensity of the violence increased when one of the police officers saw the Kurdish word "azadi," which means freedom, written on the child's arm cast.

"There is an injury here that exceeds intent and amounts to torture, and the preservation of impunity. This is not just a problem of entering a faulty house. There is a reflex against the Kurdish word written on the child's arm," Çakas said.

According to photographs seen by bianet, the child sustained bruises across his body.

In his statement as a complainant, the father described the moment of the raid.

"While I was sleeping, an extremely loud noise came and I suddenly got out of bed. When I looked at the corridor, the entrance door was broken and a sound bomb was thrown inside. With the bomb thrown inside, a high light and sound came out," the father said.

According to the father's statement, masked special operations police officers entered the house after the sound bomb exploded.

He said that he and his two sons were forced to lie on the ground and handcuffed behind their backs.

He recounted that an officer stepped on his back with his foot, whereupon one of his children shouted, "My father is a lung patient, he has a psychological disorder, do not touch my father."

The same statement included the allegation that a special operations police officer threatened the family, saying, "Do not make a sound, nobody make a sound, I will shoot you."

According to the family's statement of complaint, police officers asked about a specific individual, and one of the children responded that the person lived upstairs.

The father stated that the special operations police then left the house without conducting a search, and the incident took place within 7-8 minutes.

According to the father's account, after the special operations police left the house, an officer who identified himself as narcotics police came to him.

This officer told him, "There was a mistake, they entered the wrong house, we apologize, we will cover whatever financial expenses you have."

The father said that he later saw his 14-year-old child lying on the ground with a bleeding nose. The child's right arm was already in a cast because it had been broken previously while doing sports.

After the incident, the child told his family that he had pain in his left arm and could not move either arm.

The child was taken to Bingöl State Hospital, where a fracture was detected in his left arm due to the physical violence applied.

The child was later referred to an ear, nose, and throat doctor due to swelling in his nose. His treatment was completed in the evening hours.

Upon the issuance of a forensic report, the hospital police directed the family to the Child Bureau Directorate.

The family declared that they would file a complaint after going to the Provincial Police Department.

The father expressed his complaint submitted to the police. "I am filing a complaint and a lawsuit against the Special Operations Police who entered my house by mistake to search it, damaged my property, and injured my son. Since their faces were masked and covered, I cannot identify the police officers." (BIA, 19 May 2026)

Bahçeli proposes formal status for Öcalan to guide PKK dissolution

Nationalist Movement Party (MHP) leader Devlet Bahçeli reiterated his proposal for imprisoned Kurdistan Workers' Party (PKK) leader Abdullah Öcalan to assume a formal role as a coordinator as part of of the ongoing Kurdish peace process.

In statements published yesterday in the Türkgün newspaper, Bahçeli said the process has entered a new phase and requires a new roadmap. He suggested including Öcalan in the process under a new status, while maintaining his imprisonment.

Bahçeli argued that a multiplicity of voices within the leadership mechanism during the liquidation of militant groups could pave the way for splinter organizations. To prevent this, the interlocutor must be clearly identified, he said.

"Equipping Öcalan with a social status, while keeping his conviction status reserved, will make it possible to conduct the organizational activities or disarmament of the dissolved PKK and its components in a healthier manner," Bahçeli was quoted as saying. "The 'Peace Process and Politicization Coordinatorship' could be an appropriate description of status in this direction."

The coordinator mechanism would be limited exclusively to the disarmament and organizational liquidation of the PKK, he added.

"The coordinatorship is envisioned for the purpose of coordinating the absolute disarmament and liquidation of all extensions, organization managers, and militants of the PKK terrorist organization, preventing the ongoing peace process from being disrupted in its organizational aspect, and making legitimate guidelines appropriate for choosing politics instead of weapons."

Bahçeli, who made a similar proposal earlier this month, stated that the political, legal, and social conditions to make this process possible exist in Turkey.

Peace process

The peace process in Turkey began in Oct 2024 after Bahçeli, a key ally of President Recep Tayyip Erdoğan, suggested that Abdullah Öcalan could be released by benefiting from the "right to hope" in exchange for dissolving the PKK.

The PKK decided to dissolve itself in May of last year, and the group now uses the signature "Apocu movement management" in its statements. The organization also held a symbolic disarmament ceremony last July.

Additionally, a parliamentary committee was established and completed its work at the end of last year to determine the framework for legal regulations within the scope of the peace process.

However, no other concrete progress has occurred in the process. The Kurdish side states that legal regulations must be implemented and Öcalan must benefit from the right to hope for the process to advance.

Meanwhile, observers suggest that the parties prefer to wait due to regional developments, including the integration process in Syria and the war led by the US and Israel against Iran. (BIA, 18 May 2026)


ECtHR rules 2016 detention of Kurdish politician Ayla Akat Ata unlawful

The European Court of Human Rights (ECtHR) has ruled that the 2016 detention of Kurdish politician Ayla Akat Ata was unlawful and Turkey violated Ata’s rights by targeting her for political activities.

Ata, a former MP for the pro-Kurdish Peoples’ Democratic Party (HDP), was detained on Oct 26, 2016, during a public statement in front of the Diyarbakır Metropolitan Municipality, which the government had taken over from the HDP at the time. Following her detention, the Diyarbakır Chief Public Prosecutor’s Office launched an investigation into Ata on charges of "founding or managing a terrorist organization."

Prosecutors cited Ata’s activities within the Democratic Society Congress (DTK), an umbrella group for pro-Kurdish and leftist organizations, her participation in meetings and demonstrations, her speeches, and her social media posts as evidence. Ata was also accused of being a leader of the shuttered Free Women’s Congress (KJA) and engaging in "terrorist propaganda."

On Oct 30, 2016, the Diyarbakır 1st Peace Judgeship ordered her arrest. She remained in custody for more than five months before her release on May 4, 2017.

Ata applied to the ECtHR on the grounds that her detention lacked a legal basis and that she was targeted for political reasons.

The ruling

The European court ruled on May 12 that there was no concrete evidence to justify Ata's detention, finding violations of the right to liberty and security and the right to freedom of expression. The court noted that the charges were based on democratic activities that did not involve calls for violence.

"Reasonable suspicion" required for detention was not established with concrete evidence, the court said. It noted that local courts failed to form a clear link between Ata’s words and the alleged crimes, merely listing her political statements and attendance at meetings.

The court found a violation of Article 5/1 of the European Convention on Human Rights (ECHR). It also ruled that Article 5/3 of the ECHR was violated because the decisions to prolong her six-month detention lacked sufficient reasoning. The court noted that authorities failed to demonstrate a risk of flight or tampering with evidence, or why alternative measures like judicial control were inadequate.

The ECtHR further concluded that Ata’s detention constituted an interference with her freedom of expression, leading to a violation of Article 10 of the ECHR. The court held that an unlawful detention cannot be considered a legitimate restriction on free speech. (BIA, 15 May 2026)

Afrin occupée : Le drapeau turc ou rien, même pour la Journée de la langue kurde

L’événement de la Journée de la langue kurde qui devait avoir lieu aujourd’hui à Afrin a été annulé à cause de la mentalité coloniale turque.

L’événement prévu aujourd’hui, jeudi, au Centre culturel d’Afrin à l’occasion de la Journée de la langue kurde a été annulé après un vif différend autour du drapeau turc.

Selon des sources locales, plusieurs participants ont exigé le retrait du drapeau turc présent dans l’auditorium du centre, qui dépend du ministère syrien de la Culture. Les responsables de l’université turque de Gaziantep, partenaires de l’événement, ont refusé cette demande, entraînant l’annulation pure et simple de la manifestation initialement prévue à 13h et le départ des participants.

Contexte d’occupation

Depuis l’invasion turque et l’occupation du canton d’Afrin en mars 2018, la région subit une turquification forcée systématique. La langue kurde a été progressivement effacée des institutions publiques, et son enseignement est interdit dans les écoles. (armenews.com, 15 mai 2026)


Processus de paix turco-kurde bloqué

Ragip Duran, TVXS.GR, 11 mai 2026
Le processus de paix lancé il y a maintenant 19 mois entre Ankara et le PKK, semble être bloqué à cause des revendications contradictoires des deux parties : Le Président du PKK Abdullah Ocalan (Apo), en prison depuis 1999, désire désormais un statut juridique pour être un vrai négociateur en chef dans ses contacts avec les autorités turques. Il demande également la promulgation urgente des lois spécifiques pour poursuivre les entretiens avec ses interlocuteurs dans le but de résoudre pacifiquement et politiquement le problème kurde qui est à l’ordre du jour de la Turquie depuis au moins 1925!

Ce problème pluridimensionnel a causé la mort d’au moins 50 milles personnes depuis seulement 1984. Ocalan parle du “Processus de Paix et de la Démocratie Sociale”  alors que le régime parle du “Processus de La Turquie Sans Terrorisme”.

Le pouvoir turc a pour le moment deux porte-paroles: M. Devlet Bahceli, Président du MHP (Parti d’Action Nationaliste, extrême-droite, allié d’Erdogan, 46 sièges sur 592) encourage Ocalan et propose lui accorder “un statut officiel” afin qu’il mène comme il faut les pourparlers avec les représentants du gouvernement. “Par exemple, il peut être Coordinateur du Processus de Paix et de la Politisation” a-t-il déclaré. Les proches de Bahceli, ont même prononcé le titre du poste du “Sous-ministre de l’Intérieur”.

L’autre acteur principal, le Président Erdogan qui soutient en général le processus, plutôt du bout des lèvres, a préféré depuis 19 mois garder le silence sur les points critiques de l’itinéraire. Les officiels pro-Erdogan insistent sur “la démilitarisation complète du PKK avec l’ensemble de ses branches dans tous les pays du Moyen-Orient” Id est l’Irak, la Syrie et l’Iran. Les Kurdes de ces pays sont encore et toujours sur place avec leurs armées.

Le PKK qui a la demande d’Ocalan (peut être de l’Etat turc) s’était auto-dissous lors de son 12e Congrès extra-ordinaire le 5-7 mai 2025 organise encore des conférences de presse sous la bannière du “Mouvement Apoiste” avec des guérilleros armés. Ces derniers insistent sur le “statut à accorder” à Ocalan, condition sine qua non pour une démilitarisation complète.

Le PKK met l’accent uniquement sur “le statut à accorder au Président Apo” et ne parle plus de la liberté pour la langue kurde, des prisonniers politiques kurdes, des maires kurdes destitués ni du Kurdistan d’ailleurs.

Les partisans du régime Erdogan et une grande partie de l’opinion publique turque sont fermement contre les propositions de Bahceli. “Le terroriste en chef ne peut pas être couronné d’un statut officiel”, “La République turque n’est pas une république bananière !” disent-ils.

Alors qu’Ocalan semble être complètement du côté de l’idéologie officielle depuis son incarcération sur l’île d’Imrali, revendique “l’intégration démocratique”, c’est-à-dire l’assimilation volontaire de l’ensemble des Kurdes à la société et à l’Etat turcs, refusant l’identité nationale kurde et rejetant l’indépendance ou l’autonomie pour les Kurdes. 

De nouvelles contradictions surgissent au sein du régime et l’opinion publique kurde est également divisée. Une minorité soutient encore le Président Apo alors que surtout, les jeunes s’opposent contre les plans et politiques de “turquification des Kurdes”.

La partie kurde n’a presque rien gagné depuis le début de ce processus, c’est-à-dire depuis octobre 2024, alors que le régime Erdogan a su diviser le camp de l’opposition  (DEM, Parti de l’Egalité et de la Démocratie, kurdes et gauches, 56 sièges, ne s’oppose plus contre les politiques et pratiques autoritaires du régime) et a gagné du temps pour préparer une nouvelle Constitution dans le but de perdurer le régime de l’Homme Unique.

Les deux premiers processus de paix entre Ankara et le PKK avaient échoué à cause essentiellement des interventions d’Erdogan. (Processus d’Oslo en 1993 et Première Processus de Solution en 2013). Cette fois, estiment les observateurs, “le processus risque encore d’échouer à cause des positions irréalistes des deux parties”.

Ankara prisoners not allowed to send letters in Kurdish unless paying for translation

Prisoners held at the Sincan Prison Campus in Ankara report that their right to correspond in Kurdish is being blocked by prison authorities.

Ramazan Çeper, who is held at Sincan No. 2 High Security Closed Penal Institution, detailed the restrictions in a letter sent to the Civil Society in the Penal System Association (CİSST). Çeper stated that for months, outgoing Kurdish letters have not been sent and incoming letters in the language have not been delivered.

According to Çeper, prison authorities are demanding that inmates pay for translation services before any Kurdish correspondence is processed.

"A ban has been placed on our Kurdish letters for months, and it has been stated that none of our letters will be sent unless we cover the translator fees ourselves," Çeper wrote.

He further noted that prisoners attempted to resolve the issue through dialogue but were unsuccessful due to the administration rejecting all alternative solutions. Çeper said he felt compelled to contact the association to ensure the situation was scrutinized.

'There is Kurdish-speaking personnel'

Çeper reported that while the prison previously assigned guards who spoke Kurdish to the Letter Reading Commission, this practice was discontinued this year. He claimed there are more than 10 guards at the facility who speak Kurdish, but the administration has refused requests to assign them to the commission.

"If there is a shortage of translators, this could be resolved within a week by writing to the ministry, but this is not being done," Çeper added.

He further noted that the restriction appears specific to his facility, claiming that no such ban exists at the neighboring Sincan No. 1 High Security Prison.

CİSST files applications

Following the report, CİSST filed applications with several authorities, including the Prison Monitoring Board, the Provincial Human Rights Board, the Presidency Communications Center (CİMER), the Parliamentary Human Rights Investigation Commission, and the Prisons and Detention Houses General Directorate.

Heval Zelal Avcı, a specialist at CİSST focusing on aggravated life sentences, told bianet that prisoners under this penal enforcement regime already face intense isolation and correspondence is a critical link for them to the outside world. These prisoners have limited rights to phone calls, visits, and social activities compared to others.

"Practices that limit the right to correspondence or make it effectively unusable weaken one of the last remaining communication channels for prisoners already living under conditions of heavy isolation," Avcı added.

Parliamentary question

The pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party has brought the allegations to the parliament with MP Beritan Güneş submitting a written parliamentary question addressed to Justice Minister Akın Gürlek.

Güneş pointed to the freedom of communication guaranteed by Article 22 of the Constitution and cited Constitutional Court rulings regarding the principle of proportionality. She argued that blocking Kurdish letters despite the presence of bilingual staff and available technical alternatives violates both proportionality and the prohibition of discrimination.

In her motion, Güneş asked the minister how many Kurdish-speaking guards are employed at the Sincan No. 1 and No. 2 institutions and why they are not assigned to the reading commissions.

She also questioned why electronic language support from other institutions is not being utilized if a local shortage exists. (BIA, 8 May 2026)

Le PKK appelle les autorités à surmonter les "blocages"

Deux cadres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont appelé mardi les autorités turques à surmonter les "blocages" empêchant l'avancée du processus de paix avec Ankara, un an après l'annonce de la dissolution du groupe armé kurde.

Les deux responsables, s'exprimant en kurde et en turc face caméra depuis un lieu non identifié, ont exhorté Ankara à "prendre les mesures législatives nécessaires au bon déroulement du processus", estimant que les déclarations récentes de responsables turcs "selon lesquelles le processus progresse sans blocages ne reflètent pas la situation actuelle".

Ces cadres de la guérilla kurde, Mustafa Karasu et Sozdar Avesta, affirment que le PKK, qui a annoncé fin octobre le retrait de ses derniers combattants présents sur le sol turc vers le nord de l'Irak, a "accompli (sa) part au-delà des espérances".

Les deux responsables, dont les déclarations ont été relayées par l'agence de presse prokurde ANF, ont insisté sur la question du statut d'Abdullah Öcalan, chef historique du PKK détenu à l'isolement depuis 1999 qui avait appelé en février 2025 les combattants kurdes à déposer les armes.

Le PKK avait annoncé en mai 2025 sa dissolution, après plus de quatre décennies d'une lutte armée qui a fait au moins 50.000 morts selon Ankara.

"Nous ne pourrons parler de l'avancement du processus que lorsque le statut du Guide Apo (Abdullah Öcalan, NDLR) sera détermMore than six workers killed on the job every day in April The highest number of fatalities were recorded in the construction sector while deaths in the agricultural sector nearly doubled. (AFP, 5 mai 2026)

Le club kurde d'Amedspor en 1ère division et la communauté aux anges

Ils l'ont fait ! Amedspor, le petit club de Diyarbakir, la principale ville en majorité kurde de Turquie (sud-est), a conquis samedi son billet pour la première division, une victoire bien au-delà du foot qui touche la communauté au coeur.

A peine le match terminé (3-3 face au club d'Igdir, ouest) une clameur a résonné de ville en ville, dans le sud-est du pays comme dans les grandes villes de l'ouest, telle Istanbul où la communauté kurde très présente a déferlé sous les bannières aux couleurs rouge et verte du club et du drapeau kurde.

"Toute la ville est dans la rue", a témoigné le correspondant de l'AFP à Diyarbakir, où Amedspor est un trésor de famille : à domicile, le club joue régulièrement devant 18.000 spectateurs, sept fois plus que la moyenne de la deuxième division turque.

La municipalité avait installé deux écrans géants dans deux parcs devant lesquels se sont massés des milliers de spectateurs dont une majorité de femmes.

"Ca fait 15 ans qu'on attendait ça ! Notre joie est immense, je l'offre à notre peuple, à tous les Kurdes" exultait Abdurrahim Toprak, un commerçant de 26 ans.

Güler Isik, une femme au foyer de 48 ans s'exprimant en kurde, affirmait : "Nous l'avons mérité ! Que je me sacrifie pour ces jeunes, que je me sacrifie pour les joueurs".

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a tenu lui aussi sur "X" à "féliciter de tout coeur Amedspor qui représentera notre Diyarbakir la saison prochaine en Süper Lig (...) et mes frères kurdes".

C'est que tous en conviennent, comme l'expliquait le président du club, Nahit Eren, cette semaine à l'AFP : "Nous sommes plus qu'un club, plus qu'une simple équipe de football" : "Amedspor, c'est une identité, des couleurs, des valeurs et des prises de position", résumait-il.

Samedi soir, il a adressé ses chaleureuses félicitations aux joueurs et aux supporteurs. "Nous sommes ravis de cette victoire et espérons qu'Amedspor continuera sur sa lancée et portera toujours haut les couleurs d'Amed".

La bonne nouvelle tombe alors que le processus de paix engagé fin 2024 par les autorités avec la guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) patine.

En optant il y a dix ans pour l'appellation kurde de Diyarbakir, "Amed", le club a déclenché l'ire des nationalistes et doit régulièrement essuyer des insultes quand il se déplace en Turquie où les Kurdes constituent environ un cinquième des 86 millions d'habitants.

Mais peu importe pour la députée du parti prokurde DEM, Ceylan Akça, une habituée des tribunes d'Amedspor : "Qu'il gagne ou non, le club continuera d'être le ciment des Kurdes dispersés dans la région et à travers le monde" affirmait-elle cette semaine. (AFP, 2 mai 2026)

"Plus qu'un club": en Turquie, une équipe kurde touche à son rêve

Club de Diyarbakir, la "capitale" du sud-est à majorité kurde de la Turquie, Amedspor peut décrocher samedi son billet vers la première division, une perspective inédite qui suscite une vague d'enthousiasme parmi les millions de Kurdes du pays et de la diaspora.

"Si nous montons, nous serons les plus heureux du monde", lâche Ercan Simsek, un supporteur de 52 ans habitué des divisions inférieures.

Venu à Istanbul le mois dernier pour assister à une rencontre décisive, l'homme en costume gris, le cou enroulé d'une écharpe d'Amedspor rouge et verte, deux couleurs emblématiques des bannières kurdes, avait échoué face aux grilles du stade, faute de billet.

"Qu'importe: nous ne sommes pas ici uniquement pour le football. Nous sommes ici car c'est une question de fierté", expliquait-il à l'AFP. "Amedspor est la fierté de Diyarbakir, la fierté du sud-est, la fierté des Kurdes!".

"Nous sommes plus qu'un club, plus qu'une simple équipe de football", abonde Nahit Eren, le président d'Amedspor, dont les joueurs évoluent à domicile devant 18.000 spectateurs en moyenne, sept fois plus que la moyenne de la deuxième division turque.

"Amedspor, c'est une identité, des couleurs, des valeurs et des prises de position", résume à l'AFP le président du club, qui a pris il y a une décennie le nom kurde historique de Diyarbakir, "Amed", un choix qui lui vaut encore aujourd'hui la haine des nombreux supporteurs nationalistes du pays.

 - "Propagande" -

 Amedspor, qui mêle le turc et le kurde - qui n'a pas le statut de langue officielle en Turquie - dans ses messages sur les réseaux sociaux, a été sanctionné fin janvier par la Fédération turque de football, accusé d'avoir fait la "propagande" de combattants kurdes.

Son tort: avoir réalisé une vidéo en soutien à une combattante kurde dont la natte avait été coupée et brandie en trophée par un soldat de l'armée syrienne lors de combats dans le nord de la Syrie.

Le président du club, qui dénonce "les tentatives visant à impliquer Amedspor dans diverses polémiques", déplore aussi les insultes qui fusent des tribunes à chaque déplacement ou presque, symptomatiques du racisme subi par les Kurdes, qui représentent un cinquième environ des 86 millions d'habitants du pays.

Sur le terrain toutefois, contrairement à l'Athletic Bilbao qui n'aligne que des joueurs nés ou formés au Pays basque, les joueurs kurdes d'Amedspor, prédominants dans l'effectif, évoluent au côté de coéquipiers étrangers, à l'instar de leur meilleur buteur, le Sénégalais Mbaye Diagne.

"L'Athletic est un club centenaire. Amedspor n'a que dix ans", relève le président Eren, admiratif du club basque mais fier aussi de "ne pratiquer aucune discrimination".

 - "Ciment des Kurdes" -

 La montée d'Amedspor en Süper Lig coïnciderait avec le lent processus de paix en cours entre Ankara et la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), entamé fin 2024.

La vieille ville de Diyarbakir porte encore les stigmates de combats à l'arme lourde qui y ont opposé en 2015-2016 l'armée au groupe armé kurde, un conflit qui a fait plus de 50.000 morts depuis 1984.

Et si d'autres clubs kurdes sont parvenus par le passé à accéder à l'élite, le dernier à la fin des années 2000, Amedspor suscite une ferveur inédite qui s'explique par "son identité kurde revendiquée", explique Ceylan Akça, députée DEM (parti prokurde) de Diyarbakir, qui rappelle que la ville "est considérée par les Kurdes du monde entier comme la capitale du Kurdistan".

Signe de cet engouement jusque dans la diaspora kurde, une boutique officielle du club doit être inaugurée mi-mai à Hanovre, en Allemagne.

Ceylan Akça, habituée des tribunes d'Amedspor, estime cependant qu'en Turquie "toutes les institutions de l'État s'opposent à la réussite de cette équipe", citant en exemple les amendes "absurdes" infligées par la Fédération.

Mais pour elle, l'important est ailleurs: "Qu'il gagne ou non, le club continuera d'être le ciment des Kurdes dispersés dans la région et à travers le monde".
(AFP, 30 avril 2026)

Minorités / Minorities

Riposte d’Ankara contre la réouverture du Séminaire de Halki

Ragip Duran, TVXS.GR, 1 mai 2026
La réouverture du Séminaire de Halki (ou bien de l’Ecole Théologique de Halki) en septembre prochain a provoqué une contre-attaque d’Ankara: Le Directorat des Affaires Religieuses (Diyanet) annonce qu’un Centre d’Education Islamique sera construit sur un terrain de 200.000 m2 pas loin du Séminaire sur l’île de Halki (Heybeliada en turc), une des îles de Princes à peu près à une heure de distance en bateau (approximativement à 20 km) de la côte d’Istanbul.

Le Séminaire fut depuis longtemps un sujet de conflit entre le Patriarcat Œcuménique de Constantinople de son nom officiel et le gouvernement turc.

Le Séminaire de Halki a été créé en 1844 sur le terrain du monastère d’Agia Triada construit au 9ème siècle. L’Ecole a dû interrompre ses activités pendant 5 ans lors de la Première Guerre mondiale. En 1971, Ankara avait imposé un nouveau statut à l’Ecole qui devait être un Faculté dépendant d’une Université. Proposition refusée par le Patriarcat, car le Séminaire perdrait son indépendance et sa liberté institutionnelle. “Un doyen musulman ne peut pas être nommé à la tête du Séminaire et des étudiants musulmans ne peuvent pas être reçus par une école religieuse orthodoxe” avait déclaré l'Archevêque Bartholomée (82). Le Séminaire n’était pas officiellement  fermé, mais ne pouvait plus recevoir des étudiants. Donc tout au long de 181 ans de son histoire le Séminaire n’a pas pu pendant 59 ans poursuivre l’enseignement.

“Nous sommes devenus une goutte dans l’océan” disait le Patriarche Bartholomée pour décrire la population grecque orthodoxe de la Turquie actuelle. “Nous sommes la seule église sur terre qui n’a pas une École Théologique. Alors qui enseignera les futurs prêtres pour l’ensemble des églises orthodoxes du monde entier ?” se plaignait-il.

Encore aujourd’hui le Patriarcat organise des activités culturelles, des conférences et sa grande bibliothèque est ouverte aux spécialistes munis d’une autorisation.

Les Patriarches ainsi que la Grèce et la majorité des pays d’Occident, avec à la tête Washington, demandaient depuis 1971 aux autorités turques la réouverture du Séminaire.

Ankara a enfin accepté cette requête.

Mais, une sorte de revanche, le Directorat des Affaires Religieuses qui dépend directement du palais présidentiel a réaffirmé sa volonté de construire un Centre d’Éducation Islamique sur l’île. Le Directorat, après plusieurs initiatives devant les tribunaux a pu récemment acquérir la propriété du Sanatorium de Heybeliada. Construit en 1924 ce Sanatorium était le plus grand hôpital de tuberculose du pays et avait été en 2020 transformées en hôpital contre la pandémie. Un grand bâtiment aux briques rouges au beau milieu du foret risque désormais d’être un centre “académique” islamiste, estime la majorité des habitants de l’île.

Les sectes islamiques et islamistes qui soutiennent le Président Erdogan, s’opposent également contre le statut indépendant et libre du Séminaire de Halki. “Si les religieux grecs auront leurs Ecoles Théologiques nous aussi nous créerons nos Universités indépendantes et libres” disent-ils.

Par ailleurs, Ankara craint le rétablissement du titre œcuménique du patriarche avec la réouverture du Séminaire. Car les gouvernements turcs pour des raisons politiques, en particulier à cause des réflexes anti-chrétiens et anti-grecs refusent de reconnaître ce titre. Alors que les patriarches de Constantinople portent ce titre accordé par l’empereur romain Maurice depuis l’an 586.

L’architecte Korhan Gumus, estime qu’à cause des conflits religieux et des anciennes tensions réanimées entre les deux communautés, la réouverture du Séminaire et la création du Centre d’Éducation Islamique posent un problème politique difficile à résoudre. “L’Etat prend nos concitoyens orthodoxes comme les agents des pays étrangers. Ce qui est faux” dit-il. M. Gumus donne deux autres exemples architecturaux d’islamisation : construction d’une mosquée sur la Place Taksim à la rentrée de la Grande Rue de Péra, juste en face de l’Eglise Agia Triada et le réaménagement de l’île Yassiada (Plati, en grec).

“La mentalité qui date de la dernière période ottomane, en vigueur chez les gens du Comité d’Union et de Progrès et encore soutenue aujourd’hui par les Kémalistes voire par les Islamistes n’est pas du tout démocratique ni d’ailleurs pacifique” constate le Prof. Taner Akçam, grand spécialiste du Génocide Arménien de 1915.

Turquie-Arménie: instauration de relations commerciales directes

Turquie et l'Arménie reprennent leurs relations commerciales directes via un pays tiers, dans le cadre du rapprochement entre les deux pays entamé en 2022, a annoncé mercredi le ministère turc des Affaires étrangères.

Les échanges peuvent reprendre depuis lundi 11 mai, a indiqué dans un communiqué le porte-parole du ministère, Öncü Keçeli, qui a précisé que "l'origine et la destination finale" des marchandises pourront désormais être mentionnées comme étant la Turquie et l'Arménie, même si les échanges continueront de transiter par un pays tiers faute de poste-frontière fonctionnel.

Une décision "importante", a salué l'Arménie.

Dans les faits, les échanges entre les deux pays sont déjà une réalité de part et d'autre via la Géorgie notamment.

"Dans le cadre du processus de normalisation avec l'Arménie, en cours depuis 2022, et dans le cadre des mesures de confiance prises, les préparatifs administratifs pour le lancement d'échanges commerciaux directs entre notre pays et l'Arménie ont été achevés depuis le 11 mai 2026", a annoncé M. Keçeli.

"Les travaux techniques et administratifs nécessaires à l'ouverture de la frontière commune entre les deux pays sont toujours en cours", a-t-il rappelé.

De son côté, le porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères a salué "une nouvelle étape dans le processus de normalisation des relations entre l'Arménie et la Turquie" et  "significative pour le développement des échanges commerciaux et le renforcement des liens entre les milieux d'affaires des deux pays, la promotion de la connectivité économique et la garantie de la paix et de la prospérité dans la région".

"Le prolongement logique (de cette décision) sera l'ouverture de la frontière arméno-turque et l'établissement de relations diplomatiques", a-t-il souhaité.

Les deux capitales n'ont pas encore établi de relations diplomatiques et leur frontière terrestre, brièvement ouverte au début des années 1990, reste fermée.

Les deux pays ont entamé des relations fin 2021, après la défaite de l'Arménie face aux Azerbaïdjanais au Karabakh.

"Compte tenu de l'opportunité historique de consolider une paix et une prospérité durables dans le Caucase du Sud, la Turquie continuera de contribuer au développement des relations économiques et à la poursuite de la coopération dans la région, pour le bénéfice de tous les pays et peuples de la région", a affirmé le porte-parole turc. (AFP, 13 mai 2026)

Ara Güler, la légende de la photo turque sur la Croisette

L'actrice italienne Sophia Loren lève une coupe de champagne sous le regard énamouré de ses fans. A côté, la Française Brigitte Bardot sourit dans l'herbe, en tee-shirt et jean.

Une exposition inédite, nouvellement ouverte à Istanbul, restitue des instants, figés dans le temps mais toujours animés par leur charme et leur spontanéité, saisis sur le vif au Festival de Cannes, en France, par le légendaire photographe turc de l'agence Magnum, Ara Güler.

Surnommé "l'OEil d'Istanbul", Ara Güler (1928-2018) est surtout connu pour ses images emblématiques de la ville en noir et blanc, captées au fil du Bosphore et dans les petits quartiers populaires.

Mais il s'est aussi régulièrement rendu sur la Croisette entre 1957 et 1967 pour le festival de cinéma.

"Au-delà des cérémonies de remise de prix et des tapis rouges, Ara Güler a saisi les coulisses, les fêtes fastueuses, les réunions intimistes, et même un déjeuner donné en l'honneur de Sophia Loren", explique à l'AFP Cagla Sarac, conseillère artistique du Dogus Group, fondateur du musée Ara Güler.

"Il en résulte un portrait complet du festival, qui révèle non seulement son faste mais toutes les histoires humaines qui l'entourent", ajoute-t-elle.

Les clichés du festival de Cannes sont exposés jusqu'au 11 octobre au musée Ara Güler, inauguré pour son 90e anniversaire en 2018 à Istanbul, deux mois avant sa mort.

À côté du musée, une équipe d'experts continue de travailler minutieusement sur ses vastes archives, préservant ainsi l'héritage du maître de la photographie turque.

 - La passion du cinéma -

 Toute son oeuvre témoigne de sa passion pour le cinéma, jusque dans ses journaux intimes d'adolescent à la fin des années 1940 et dans les années 1950, assure Temel Yilmaz, conservateur des archives.

"Dans ses journaux de lycéen, on retrouve sans cesse la même phrase : +Je ne suis pas allé à l'école aujourd'hui+... Parce qu'il était allé au cinéma", sourit-il.

Plus tard, son objectif saisira tout autant l'artiste espagnol Salvador Dali que le réalisateur américain Alfred Hitchcock ou le Premier ministre britannique Winston Churchill.

Né dans une famille arménienne à Istanbul, Ara Güler a commencé à travailler comme photographe pour le journal turc Yeni Istanbul et décroché ses premières couvertures pour la presse internationale en 1958, lorsque le magazine américain Time-Life a ouvert un bureau en Turquie.

Il rencontre ensuite les Français Marc Riboud et Henri Cartier-Bresson, qui le font venir chez Magnum, la prestigieuse agence photo.

"Tout l'intéressait. Il était toujours en quête d'une nouvelle histoire", se souvient Alin Tasciyan, critique de cinéma qui suit le Festival de Cannes depuis 2002 et le connaissait bien.

Ce qui ressort des archives, c'est sa capacité à voir au-delà des apparences, ajoute-t-elle. "Quand je regarde ses photos je vois les instants qu'Ara Güler a saisis: il parcourait les rues et les plages de Cannes, observait ce qui se passait. Pour lui, la photographie relevait davantage de la vérité que du spectacle".

"Il a su capter l'esprit de son temps et des lieux. Dans cette exposition, je vois à quel point il savait tirer parti d'un endroit que je connais si bien", assure-t-elle. (AFP, 9 mai 2026)

La Turquie et l'Arménie vont restaurer ensemble un pont historique à leur frontière

La Turquie et l'Arménie ont signé lundi un accord pour restaurer ensemble le pont médiéval d'Ani à la frontière entre les deux pays, une décision symbolique sur la voie de la normalisation entre Ankara et Erevan.

"Nous estimons que les domaines de coopération symboliques et concrets, telle la restauration conjointe du pont d'Ani, formalisée aujourd'hui par un protocole d'accord, contribueront à instaurer un climat durable de paix et de sécurité", a annoncé le vice-président turc Cevdet Yilmaz sur "X", après une rencontre avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian en marge du 8e Sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Erevan.

"J'ai eu un échange fructueux avec le vice-président turc Cevdet Yilmaz" a confirmé M. Pachinian sur "X", ajoutant avoir "salué la signature du protocole relatif à la reconstruction conjointe du pont historique d'Ani".

Ce pont, construit au 10è siècle au-dessus de la rivière Arpaçay qui borde le site médiéval d'Ani dans l'est de la Turquie, capitale de l'ancien royaume arménien, laissait passer sur ses deux étages les caravanes en bas et les piétons au-dessus.

Seules ses piles sont encore debout et visibles.

La restauration du site, entré en 2016 au patrimoine mondial de l'Unesco, fait déjà l'objet d'une coopération scientifique entre les deux pays.

Erevan et Ankara n'ont toujours pas établi de relations diplomatiques et leur frontière terrestre, brièvement ouverte au début des années 1990, reste fermée.

Les deux pays poursuivent un rapprochement prudent depuis fin 2021 et la défaite de l'Arménie face aux Azerbaïdjanais au Haut-Karabakh.

Fin avril ils ont décidé de remettre en service la ligne ferroviaire Kars-Gyumri, de part et d'autre de la frontière et la compagnie nationale turque Turkish Airlines a effectué un premier vol direct entre Istanbul et Erevan en mars.

Ils restent divisés sur les massacres de 1,2 à 1,5 millions d'Arméniens pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l'Empire ottoman: un génocide pour les Arméniens, déjà reconnu par de nombreux historiens et les gouvernements ou parlements d'une trentaine de pays.

Un terme que récuse la Turquie qui évoque des massacres dans lesquels 300.000 à 500.00 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort. (AFP, 4 mai 2026)

Politique intérieure/Interior Politics

Le chaos de l'opposition risque d'encourager Erdogan à anticiper les élections



Le chaos provoqué au sein du premier parti d'opposition en Turquie par l'éviction de ses dirigeants, sur décision de la justice, pourrait profiter au président Recep Tayyip Erdogan en cas d'élection anticipée, avancent des analystes contactés par l'AFP.

Dimanche, la police anti-émeutes a fait irruption au siège du Parti républicain du peuple (CHP) à Ankara, la plus ancienne formation politique du pays, pour en expulser ses dirigeants élus.

L'invalidation du président élu par le congrès du parti en 2023 est perçue comme une nouvelle tentative d'écarter les rivaux politiques du chef de l'Etat dans la perspective de l'élection présidentielle.

Bien que prévue en mai 2028, celle-ci a toutes les chances d'être anticipée afin de permettre à M. Erdogan, au pouvoir depuis 2003, de briguer un mandat supplémentaire.

"La rapidité et la gravité de ces récentes initiatives laissent penser que les élections pourraient se tenir encore plus tôt qu'imaginé. Et que le CHP demeure une menace sérieuse pour Erdogan" indique à l'AFP Seren Selvin Korkmaz, cofondatrice de l'Institut de recherche politique d'Istanbul.

- "en marche dispersée" -

"Le but n'est pas seulement de diviser l'opposition, mais de paralyser le parti qui dispose encore de la capacité d'organisation, de la force électorale et de la légitimité politique requises pour constituer une alternative au gouvernement", ajoute-t-elle.

La décision du tribunal d'Ankara a remis en selle le rival du président déchu, Özgür Özel, le pâle Kemal Kiliçdaroglu, provoquant une "crise de légitimité" en interne particulièrement dommageable.

Dans ce contexte, convoquer des élections anticipées pourrait s'avérer la prochaine étape logique pour exploiter cette faiblesse.

"Du point de vue d'Erdogan, des élections anticipées seraient avantageuses si le CHP est contraint d'entrer dans le processus en marche dispersée, juridiquement entravé et vidé de l'intérieur" poursuit Mme Korkmaz.

Pour Hamish Kinnear, analyste senior du Global Risk Insight, cette crise interne au CHP pourrait durer des mois, voire des années.

"Le gouvernement envisagera sans doute des élections anticipées étant donné la nouvelle ligne de fracture au sein du principal parti d'opposition", avance-t-il.

Bien que la constitution turque limite à deux les mandats présidentiels consécutifs de cinq ans, M. Erdogan peut la déjouer en avançant les élections avant la fin du mandat en cours.

Tous les instituts de sondage montrent un CHP en hausse depuis les manifestations  qui ont suivi l'arrestation du maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, en mars 2025.

Candidat désigné de son parti à la présidence, après le raz-de-marée du CHP aux municipales en 2024, l'édile était le plus puissant opposant au chef de l'Etat.

Mais en prenant la tête de la contestation, Özel s'est imposé comme une figure clé au sein du parti et continue de défier ses détracteurs en réclamant un congrès du CHP dès la fin de semaine et de nouvelles élections.

- immunité parlementaire -

"Erdogan a paniqué", confiait Özgür Özel dimanche à l'AFP, dénonçant le "massacre de la démocratie".

"Tout comme il a jeté en prison le candidat qui pouvait le battre, il veut désormais décider qui seront ses rivaux et qui dirigera les partis d'opposition. C'est ainsi qu'il veut remporter la prochaine élection".

Imamoglu derrière les barreaux, des observateurs affirment que l'attention du président s'est reportée sur Özel, considéré comme le probable candidat du parti en cas de scrutin.

Mais ce dernier est également visé par une série de poursuites judiciaires, auxquelles il a jusqu'ici échappé grâce à son immunité parlementaire.

"Les autocrates contemporains veulent préserver la façade de la démocratie, donc ils ne suppriment pas les élections. Mais qu'importent les urnes si vous pouvez choisir vos propres adversaires et emprisonner ceux qui pourraient vous battre", relève Gönul Töl de l'Institut du Moyen-Orient, basé à Washington.

Lors de l'élection présidentielle de 2023, quand Kiliçdaroglu a été défait par Erdogan, une source gouvernementale confiait à l'AFP que ce politicien peu charismatique était assurément le rival préféré de l'AKP. (AFP, 27 mai 2026)

Démis par la justice, le chef de l'opposition dénonce les manoevures du pouvoir

La police turque a tenté de bloquer mardi un rassemblement de l'opposition à Izmir, troisième ville du pays (ouest) où le chef du parti CHP, démis par la justice, a dénoncé les manoeuvres du pouvoir.

"Il s'agit d'arrêter un parti qui est en marche vers le pouvoir" a lancé Özgür Özel devant ses partisans.

"Ce n'est pas une affaire interne au CHP, ni une affaire entre moi et le CHP. C'est une affaire entre le peuple et (le président turc Recep) Tayyip Erdogan", a-t-il dénoncé.

Un tribunal d'Ankara a invalidé jeudi la présidence de M.Özel à la tête du premier parti d'opposition au président Erdogan, le CHP (social-démocrate) fondé par le père de la république turque, Mustafa Kemal, arguant "d'irrégularités" lors du congrès du parti en novembre 2023.

La justice a désigné l'ancien président du parti, Kemal Kiliçdaroglu, à sa place, ce que contestent les soutiens de M. Özel.

Depuis, le parti est en plein chaos.

La place où devait se tenir le rassemblement, devant les locaux du parti à Izmir, a été encerclée par les forces antiémeute qui ont empêché les manifestants d'accéder et déclenché les canons à eau pour disperser ceux déjà présents,a constaté l'AFP.

Les images ont été également diffusées en direct par les chaînes de télévision privées.

M. Özel, pour qui la décision du tribunal est "absolument nulle et non avenue", a cependant maintenu le rassemblement.

Il a réclamé la tenue d'un congrès du parti "dès dimanche", immédiatement après les congés actuels des fêtes de l'Aïd-el-Kebir, puis des élections "pour la présidence du parti une à deux semaines après les vacances".

"Nul ne peut diriger ce parti s'il n'a pas reçu l'aval du peuple", a-t-il martelé. "Posez une urne devant les deux millions de votants du CHP: je baiserai les mains de celui ou celle qui l'emportera face à moi", a-t-il promis.

Dimanche, les forces de l'ordre sont brutalement intervenues au siège du CHP à Ankara pour l'empêcher d'accéder aux locaux avec son équipe.

Le ministre de l'intérieur Mustafa Ciftgi a pris soin de préciser depuis que cette charge, à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, avait été déclenchée "à la demande" M. Kiliçdaroglu.

Ce dernier, 77 ans, avait été évincé par son parti après sa défaite en mai 2023 à l'élection présidentielle face au président sortant Erdogan.

L'année suivante, le parti avait remporté une large victoire aux élections locales et arraché ou conservé les principales villes du pays, dont Istanbul.

Le populaire et charismatique maire de la mégapole, Ekrem Imamoglu, a ensuite été arrêté en mars 2025, accusé de "corruption" - ce qu'il nie -

alors que le CHP venait de le désigner candidat à la prochaine présidentielle, prévue en 2028.

Visé par 142 chefs d'inculpation, il encourt 2.430 années de prison.

Özgür özel a indiqué avoir demandé aux élus du CHP de rester en place et de ne pas quitter le parti. "Une vague de démissions se profilait, mais nous avons insisté (...) Nous devons rester au sein du CHP et continuer le combat", a-t-il expliqué. (AFP, 26 mai 2026)

Nouvelle charge policière contre l'opposition

La police est intervenue mardi en Turquie contre un rassemblement de l'opposition à Izmir, troisième ville du pays (ouest) où le chef du parti CHP, démis par la justice, avait convoqué ses partisans, a constaté l'AFP.

La place où devait se tenir le rassemblement, devant les locaux du parti, a été encerclée par les forces anti-émeutes qui ont empêché les manifestants d'accéder et déclenché les canons à eau pour disperser ceux déjà présents.

Les images ont été également diffusées en direct par les chaines de télévision privées.

Un tribunal d'Ankara a invalidé jeudi la présidence d'Özgür Özel à la tête du premier parti d'opposition au président Recep Tayyip Erdogan, le CHP (social-démocrate) fondé par le père de la république turque, Mustafa Kemal, arguant "d'irrégularités" lors du congrès du parti en novembre 2023.

La justice a désigné l'ancien président du parti, Kemal Kiliçdaroglu, à sa place, ce que contestent les soutiens de M. Özel.

Depuis, le parti est en plein chaos.

M. Özel, pour qui cette décision est "absolument nulle et non avenue", a maintenu son appel au rassemblement à Izmir et s'apprêtait à la mi-journée à prendre la parole.

"Nous irons là où les gens nous attendent. Nous ne vivons pas une période normale", a-t-il déclaré en arrivant à l'aéroport d'Izmir.

Dimanche, les forces de l'ordre sont brutalement intervenues au siège du CHP à Ankara pour l'empêcher d'accéder aux locaux avec son équipe.

Le ministre de l'intérieur Mustafa Ciftgi a pris soin de préciser depuis que cette charge, à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, avait été déclenchée "à la demande" M. Kiliçdaroglu.

Ce dernier, 77 ans, avait été évincé par son parti après sa défaite en mai 2023 à l'élection présidentielle face au président sortant Erdogan.

L'année suivante, le parti avait remporté une large victoire aux élections locales et arraché ou conservé les principales villes du pays dont Istanbul.

Le populaire et charismatique maire de la mégapole, Ekrem Imamoglu, a ensuite été arrêté en mars 2025, accusé de "corruption" - ce qu'il nie -

alors que le CHP venait de le désigner candidat à la prochaine présidentielle, prévue en 2028.

Visé par 142 chefs d'inculpation, il encourt 2.430 années de prison.

Özgür özel a indiqué avoir demandé aux élus du CHP de rester en place et de ne pas quitter le parti."Une vague de démissions se profilait, mais nous avons insisté (...) Nous devons rester au sein du CHP et continuer le combat" a-t-il expliqué. (AFP, 26 mai 2026)


57 nouvelles arrestations dans l'enquête contre le maire d'Istanbul

Cinquante-sept personnes ont été arrêtées lundi pour des soupçons de trucage d'appels d'offres dans l'enquête pour "corruption" visant le maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu, a rapporté l'agence de presse étatique turque Anadolu.

Selon Anadolu, les 57 suspects, accusés d'avoir manipulé des appels d'offres via une entreprise de services urbains de la municipalité d'Istanbul, ont été interpellés dans six provinces de Turquie, dont celles d'Istanbul (nord-ouest), d'Adana (sud), de Bursa (nord-ouest) et de Diyarbakir (sud-est).

Trente personnes soupçonnées d'avoir participé à un "système d'appels d'offres fictifs ou irréguliers" via une filiale de paysagerie de la municipalité d'Istanbul avaient déjà été arrêtées début mai. Douze d'entre elles ont été placées en détention provisoire.

La police turque a également mené ces dernières semaines plusieurs opérations contre la municipalité du district stambouliote d'Üsküdar, dirigée elle aussi par l'opposition, pour des soupçons d'irrégularités dans la délivrance de permis de construire.

Ces coups de filet interviennent alors que le maire d'Istanbul, considéré comme le plus sérieux rival du président Recep Tayyip Erdogan, est jugé depuis plus de deux mois aux côtés de 413 co-accusés.

Arrêté en mars 2025, Ekrem Imamoglu, figure du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), est accusé d'avoir dirigé un vaste réseau criminel qualifié de "pieuvre", ce qu'il réfute.

L'opposant turc, visé par 142 chefs d'inculpation, encourt 2.430 années de prison. (AFP, 18 mai 2026)

"Foutaises !", s'écrie le maire d'Istanbul accusé d'espionnage

"Foutaises !" s'est écrié lundi devant le tribunal le maire d'opposition d'Istanbul emprisonné, Ekrem Imamoglu, accusé d'espionnage en parallèle au procès-fleuve qui lui est intenté pour "corruption", selon le compte-rendu d'avocats et de journalistes présents.

Ekrem Imamoglu, chef de file de l'opposition au président Recep Tayyip Erdogan, détenu depuis mars 2025, a brandi l'acte d'accusation en dénonçant "une parodie de justice et du grand n'importe quoi", a rapporté l'association de défense des droits MLSA, présente dans la salle du tribunal de l'immense prison de Silivri, dans l'ouest d'Istanbul.

"Je m'exprime ici en tant que maire d'Istanbul et candidat à la présidence. Que l'Organisation nationale du renseignement (MIT) se présente et produise un seul document s'il y a eu espionnage", a poursuivi M. Imamoglu, accusé avec trois autres suspects d'avoir partagé des millions de données personnelles d'habitants d'Istanbul avec des services de renseignement étrangers à des fins d'"espionnage politique".

"L'acte d'accusation fait 159 pages. Tout cela n'est que foutaises ! (...) Honte à vous, Monsieur le Président, honte à vous, membres du jury", a-t-il lancé, affirmant refuser de lire "une seule page" des accusations formulées à son encontre, a également rapporté le journal BirGün, proche de l'opposition.

"Gagner les élections à Istanbul, asseoir son influence sur la politique turque, en particulier à Istanbul, est-ce un crime ?", a interrogé l'édile, reconduit en 2023 à la tête de la plus grande ville de Turquie.

"Qui osera encore qualifier cela d'affaire ? Qui osera encore parler d'espionnage ? C'est une affaire politique (...) Allez-vous laisser faire puis voter des lois au Parlement (afin que) les investissements étrangers affluent dans ce pays ? Qui essayez-vous de duper ?" a-t-il martelé.

Ekrem Imamoglu, 54 ans, a été arrêté le 19 mars 2025 alors qu'il s'apprêtait à être désigné par son parti, le CHP (social-démocrate), comme candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue en 2028.

Placé en détention depuis à la prison de Silivri, il a été accusé d'espionnage en octobre dernier. (AFP, 11 mai 2026)

Dismissed Hakkari mayor sentenced to over 19 years in prison

The dismissed co-mayor of the Kurdish-populated eastern province of Hakkari (Colemêrg), Mehmet Sıddık Akış, has been sentenced to 19 years and 6 months in prison for "managing a terrorist organization" after a retrial. The case was heard yesterday at the Hakkari 1st Heavy Penal Court

Akış was removed from office by the Interior Ministry on Jun 3 due to the charges against him and replaced by a state-appointed trustee. The Van Regional Court of Justice 2nd Penal Chamber had previously overturned his conviction, citing procedural flaws and insufficient evidence. The appeals court noted that Kurdish speech translations were not properly conducted and that the local court failed to specify which actions constituted a crime or establish an organic link to an organization.

Akış participated the hearing through videoconference from Van High Security Closed Prison. Lawyers and Peoples’ Equality and Democracy Party (DEM) Party lawmaker Vezir Coşkun Parlak attended the proceedings at the Hakkâri courthouse.

Akış rejected the allegations, stating that the case relied solely on secret witness testimonies without concrete evidence. "A secret witness claims I collected taxes. If such a situation existed, why was it not reported to state authorities at the time?" Akış asked. He argued that the statements were brought forward years later to seize the will of the people.

The dismissed mayor also requested that voice recordings be sent to Mardin Artuklu University for accurate translation, but the court did not grant the request. "They want to silence those they could not defeat at the ballot box through the judiciary," Akış said, describing the trial as an attack on democracy.

Court maintains sentence

The court maintained its original sentence of 19 years and six months for Akış without addressing the specific evidentiary concerns raised by the appeals court. Ten other defendants were also sentenced. İzzet Belge, Hıfzullah Kansu, Kadriye İlbaş, Mikail Atan, Seyhan Şahin, and Faruk Yıldız received eight years and nine months for membership in an organization. Tahir Koç, Hüsna Sağın, and Hamdiye Çiftçi Öksüz were sentenced to six years and three months.

Following the ruling, protesters gathered in front of the courthouse. DEM Party lawmaker Parlak criticized the decision, stating that a case opened in 2009 was revived 16 years later to justify the appointment of a trustee. He described the proceedings as being based on empty indictments and unlawfully obtained records, claiming the judiciary has been politicized against the Kurdish people. (BIA, 30 April 2026)

Forces armées/Armed Forces

L'Allemagne va déployer une batterie Patriot en Turquie dans le cadre de l'Otan

L'Allemagne va déployer une batterie de défense antiaérienne Patriot en Turquie dans le cadre d'une rotation de forces de l'Otan, en remplacement d'une unité américaine, a indiqué lundi le ministère allemand de la Défense.

Environ 150 militaires actuellement basés à Husum, dans le nord de l'Allemagne, vont être déployés avec une batterie Patriot en Turquie de fin juin à septembre, selon le ministère.

"L'Allemagne prend davantage de responsabilités au sein de l'Otan", a déclaré le ministre de la Défense Boris Pistorius. "Le travail conjoint de nos soldats avec nos partenaires turcs et américains montre la fiabilité de notre coopération avec nos alliés", a-t-il ajouté.

Le système Patriot est un dispositif mobile destiné à intercepter les missiles de croisière et balistiques ainsi que les aéronefs.

L'unité américaine avait été déployée en Turquie pour renforcer la défense antiaérienne de ce pays face aux attaques de missiles iraniens dans la guerre lancée fin février par les Etats-Unis et Israël contre Téhéran.

Les forces de l'Otan dans la région ont intercepté à au moins trois reprises des missiles balistiques iraniens menaçant la Turquie.

L'Allemagne avait précédemment déployé des systèmes Patriot en Turquie entre 2013 et 2015 pour sécuriser la frontière avec la Syrie. (AFP, 18 mai 2026)

La Belgique et la Turquie ont signé neuf accords de défense

La Belgique et la Turquie ont signé neuf accords de défense, a annoncé mercredi à l'AFP le ministre belge de la Défense à Ankara, après des entretiens de haut niveau avec son homologue turc.

"Aujourd'hui, c'était vraiment un grand pas en avant", a déclaré le ministre belge de la Défense, Theo Francken, après ses entretiens avec son homologue turc, Yasar Guler, dans le cadre d'une mission économique de quatre jours menée par la reine Mathilde de Belgique.

Cette initiative intervient alors que les pays européens cherchent à redynamiser leurs industries de défense à la lumière de la menace russe et du risque de désengagement des États-Unis vis-à-vis de l'OTAN.

Le ministre belge s'exprimait lors d'un événement organisé dans les domaines de la défense et de l'aéronautique à la résidence de l'ambassadeur de Belgique en Turquie.

Six des accords dans le domaine de l'industrie de défense ont été signés à Ankara mercredi et trois autres à Istanbul lundi, a indiqué son cabinet dans un communiqué, sans préciser leur montant.

"La Belgique et la Turquie ont franchi une étape majeure vers un partenariat stratégique de défense à long terme grâce à la signature d'une lettre d'intention de haut niveau entre les ministres de la Défense", ajoute le texte.

"Ces accords reflètent l'approfondissement des relations bilatérales en matière de défense, qui passent d'un dialogue politique à une coopération industrielle et militaire concrète", indique-t-il aussi.

 - Initiative SAFE -

 La Belgique a également exprimé son soutien à l'adhésion de la Turquie à l'initiative SAFE de l'UE, un programme d'un montant de 150 milliards d'euros destiné à renforcer les capacités de défense européennes.

M. Francken a indiqué que les contacts portaient sur des investissements belges et turcs ainsi que sur des "coopérations", sans entrer dans les détails, tout en exprimant son intérêt pour l'achat de drones turcs.

"Oui, ce serait très bien", a-t-il déclaré, en soulignant qu'une telle décision serait soumise aux règles européennes en matière de marchés publics.

"La Turquie est vraiment un pays qui a de la force sur la défense, la deuxième plus grande puissance au sein de l'OTAN, alors bon, c'est clair que c'est important d'avoir aussi des collaborations et des coopérations avec leur industrie", a-t-il déclaré à l'AFP, en précisant que l'objectif était de signer d'autres contrats l'année prochaine.

"Ca, c'est l'ambition", a-t-il ajouté, en soulignant que la délégation belge avait signé "beaucoup de contrats" dans des dommaines autres que la défense.

La Belgique s'intéresse aussi à un large éventail d'autres domaines, de la biotechnologie à la santé publique, en passant par la logistique et les transports, a-t-il ajouté.

La lettre d'intention prévoit une coopération accrue entre les deux pays en matière de développement des capacités militaires et de collaboration dans l'industrie de la défense.

La Belgique a également accepté que des officiers turcs suivent des études à l'École Royale Militaire à Bruxelles.

"L'importance stratégique de la Turquie dans le réarmement et le renforcement industriel de défense de l'Europe est évidente. L'Europe ne peut pas se permettre de négliger l'immense potentiel qui existe ici", a déclaré M. Francken dans le communiqué.

"Favoriser les partenariats industriels entre alliés de l'OTAN doit être un objectif majeur du prochain sommet de l'OTAN à Ankara. Et aussi pour l'UE. C'est pourquoi la Belgique plaide pour l'inclusion de la Turquie dans les futurs programmes SAFE", a-t-il dit. (AFP, 13 mai 2026)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Over 13,000 people injured on first day of Eid in Turkey

Health Minister Kemal Memişoğlu announced that 13,513 people applied to health facilities yesterday due to injuries sustained on the first day of Eid al-Adha.

The injuries occurred during attempts to slaughter cattle, sheep and goats, or while skinning the animals after slaughter.

Those injured by cutting tools or by the strikes of animals attempting to survive were brought to hospitals by relatives or ambulances.

"I invite our citizens to be more careful during the process and wish a speedy recovery to our injured siblings," the minister said ina written statement. "I heartfeltly thank all our healthcare workers who work selflessly during the Eid shift."

In Islam, sacrificing animals is not a religiously mandatory practice, but sunnah, which means it is based on interpretations of the words and actions of prophet Muhammad.

Slaughtering animals and sharing the meat with neighbors and those in need during Eid is a commonly observed tradition in the country. (BIA, 28 May 2026)

Arrestation de 110 personnes soupçonnées de liens avec le groupe EI

Quelque 110 personnes soupçonnées d'activités en soutien au groupe État islamique (EI) ont été arrêtées mardi par la police antiterroriste turque lors d'une opération menée principalement à Istanbul, a indiqué l'agence Anadolu.

Les suspects sont accusés d'avoir organisé des cours dans des associations illégales, d'avoir endoctriné de jeunes enfants avec l'idéologie de l'EI, collecté de l'argent pour le groupe et cherché à recruter de nouveaux membres.

Ces arrestations ont eu lieu lors de raids simultanés menés principalement à Istanbul dont le parquet a coordonné l'opération. La police a saisi quatre fusils et 90 cartouches, ainsi que des documents et du matériel numérique.

Le 7 avril, une fusillade avait été perpétrée devant le consulat israélien à Istanbul, lors de laquelle deux policiers avaient été blessés et un des trois assaillants tué par la police.

Selon le ministre de l'Intérieur turc, Mustafa Ciftci, l'un d'entre eux était lié à une "organisation qui exploite la religion", que les médias turcs identifient comme étant le groupe Etat islamique.

Fin décembre, des militants de l'EI avaient ouvert le feu sur des policiers dans la ville de Yalova, dans le nord-ouest du pays, tuant trois agents et en blessant neuf autres.

Dans les semaines suivantes, six militants du groupe Etat Islamique, tous de nationalité turque, étaient abattus lors d'affrontements et plus de 600 membres présumés de l'EI arrêtés. (AFP, 19 mai 2026)


Un juge français va enquêter après une plainte contre Mohammed ben Salmane sur la mort de Khashoggi

Un juge d'instruction parisien va enquêter après une plainte contre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane concernant la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, près de huit ans après son assassinat en 2018 au consulat saoudien à Istanbul.

"Un juge d'instruction du pôle crimes contre l'humanité va désormais instruire la plainte (des associations) Trial International et de Reporters sans frontières", pour tortures et disparitions forcées, a confirmé le parquet national antiterroriste (Pnat) à Paris, sollicité par l'AFP.

L'Arabie saoudite avait été vivement critiquée après l'assassinat de ce journaliste dissident, dans lequel les services secrets américains ont pointé la responsabilité directe du prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) et avait été mise à l'époque au ban de la scène internationale.

Le corps, démembré, de ce journaliste résidant aux Etats-Unis et critique du pouvoir saoudien après en avoir été proche, n'a jamais été retrouvé.

Le royaume a depuis réintégré sa place au sein de la communauté internationale. MBS a parlé fin 2025 "d'énorme erreur" à propos de cet assassinat, lors d'une rencontre avec Donald Trump à la Maison Blanche.

 - Tortures et disparition forcée -

 L'ouverture de cette enquête en France fait suite à une plainte des associations Trial International, qui "lutte contre l'impunité des crimes internationaux", et Democracy for the Arab World Now (Dawn), l'organisation qui employait M. Khashoggi.

Elles avaient saisi la justice française en juillet 2022, à l'occasion d'un passage en France de Mohammed ben Salmane, et avaient ensuite été rejointes par Reporters sans Frontières (RSF).

Elles accusent MBS de complicité de tortures et disparition forcée en bande organisée, lui reprochant notamment d'avoir "ordonné l'assassinat par asphyxie" de l'opposant par ses subordonnés.

Après plusieurs années de procédure, durant lesquelles le parquet s'est opposé à l'ouverture d'une enquête en France, considérant que les associations n'étaient pas recevables, la cour d'appel a fini par accéder à la demande de Trial international et RSF, dans une décision rendue lundi 11 mai et dont l'AFP a eu connaissance.

"La possibilité que ces agissements puissent être qualifiés de crimes contre l'humanité ne peut pas être exclue" avant même d'avoir entamé des investigations, a souligné la cour d'appel, s'opposant au ministère public.

Le juge devra notamment chercher si cet assassinat a été commis dans le cadre "d'un plan concerté" du pouvoir saoudien à l'encontre de ses opposants, constituant "une attaque généralisée ou systématique" contre des civils.

 - "Que la vérité soit faite" -

 "Le crime dont a été victime Jamal Khashoggi est un crime abominable décidé et planifié au plus haut niveau de l'Etat saoudien qui a fait exécuter un journaliste qui était une voix dissidente et indépendante", a réagi l'avocat de Reporters sans Frontières, Me Emmanuel Daoud.

RSF "a toujours montré sa détermination à ce que la vérité soit faite sur les commanditaires et les exécutants ou plus exactement que les responsabilités pénales soient identifiées par un juge indépendant", a-t-il ajouté.

Il a dénoncé le fait que le parquet national antiterroriste s'oppose selon lui "de façon surprenante et incompréhensible (...) à cette recherche de la vérité comme (s'il) faisait de la realpolitik au nom des intérêts économiques supérieurs de la France pour ne pas fâcher le pouvoir saoudien".

Le Pnat de son côté a dit "prendre acte de cette décision, qui n'invalide pas pour autant (son) interprétation" des textes sur la recevabilité des associations à porter plainte en matière de crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité.

"La France est tenue d'ouvrir une enquête contre toute personne se trouvant sur le territoire national qui est suspectée de torture ou de disparition forcée. Il ne devrait plus y avoir d'obstacle à l'ouverture d'une information judiciaire portant sur le crime atroce (contre) Jamal Khashoggi", a réagi de son côté l'avocat de Trial international, Me Henri Thulliez.

L'organisation Dawn, fondée par Khashoggi quelques mois avant d'être assassiné, ne peut finalement pas se constituer partie civile. Son directeur du plaidoyer, Raed Jarrar, salue néanmoins "une étape importante vers la justice, confirmant qu'une véritable enquête pénale sur son meurtre peut enfin être ouverte en France". (AFP, 18 mai 2026)

Socio-économique / Socio-economic

Inondations dans le nord et l'est, alerte sur le niveau de l'Euphrate

La Syrie a mis en garde jeudi contre la montée du niveau des eaux de l'Euphrate, après des inondations dans le nord et l'est du pays provoquées par de récentes précipitations et l'augmentation du débit en provenance de la Turquie.

Le ministère de l'Energie a dit surveiller le niveau de l'Euphrate, le grand fleuve de Syrie, "à la lumière de l'augmentation sans précédent des flux d'eau en provenance du côté turc".

Il a précisé dans un communiqué que cette hausse était due "à l'abondance des précipitations (...) et à l'ouverture des vannes des barrages situés sur le fleuve en territoire turc".

L'agence de presse officielle Sana a fait état d'inondations dans la province de Deir Ezzor (est), où plusieurs ponts étaient impraticables. Des terres agricoles et des habitations ont été touchées.

Des crues ont aussi été signalées dans la région voisine de Raqqa (nord).

Ces deux provinces ainsi que celle d'Alep (nord) ont décrété "l'état d'urgence", selon un communiqué du gouvernement.

Les capacités de stockage du barrage de l'Euphrate, dans le nord du pays, sont quasiment saturées, nécessitant un "lâcher de grandes quantités d'eau", a précisé Damas.

Tard mercredi, le ministère avait publié une image montrant l'ouverture des vannes, précisant qu'elles n'avaient pas été utilisées depuis environ 40 ans, et appelé la population à la prudence.

Des médias turcs ont aussi rapporté des "lâchers d'eau contrôlés" depuis le barrage Atatürk, sur l'Euphrate, après une hausse du niveau du réservoir due aux fortes pluies de ces derniers mois. Les vannes de déversement de crues ont été ouvertes pour la première fois depuis sept ans, selon eux.

Le barrage Atatürk, l'un des trois principaux de Turquie, a été construit pour produire de l'électricité et irriguer la région le long de la frontière syrienne. (AFP, 28 mai 2026)

De fortes pluies font deux morts dans une ville dévastée par le séisme de 2023

Des pluies torrentielles ont fait deux morts et douze blessés dans la province turque d'Hatay (sud), dévastée par un séisme de magnitude 7,8 en 2023, a annoncé jeudi le gouverneur local.

L'une des victimes, âgée de 15 ans, est décédée dans l'effondrement d'une maison située à flanc de colline à Antakya (ex-Antioche), le chef-lieu de la province d'Hatay, a indiqué son gouverneur, Mustafa Musatli, à la télévision.

Selon les médias locaux, trois autres personnes ont pu être extraites vivantes des décombres de cette même habitation.

Un automobiliste a également perdu la vie au sud de la ville dans un accident causé par les intempéries, a ajouté le gouverneur, précisant que "douze personnes ont été blessées en raison des pluies", dont une grièvement.

Des images diffusées par les médias locaux montrent les rues de certains quartiers transformées en torrents et de larges zones recouvertes d'une eau boueuse. Une section d'une route s'est également effondrée sous l'effet des pluies.

Plus de 10.000 volailles et une centaine de têtes de bétail ont en outre été tuées ou emportées par les crues, a ajouté M. Musatli.

Le séisme du 6 février 2023 qui a frappé le sud-est de la Turquie a fait plus de 53.500 morts, dont plus d'un tiers dans la seule province d'Hatay, selon les autorités turques. (AFP, 21 mai 2026)

Acculé par la police, le tireur qui a tué six personnes se suicide

Une vaste chasse à l'homme lancée en Turquie à la recherche d'un tireur qui a tué six personnes dans le sud du pays a pris fin mardi matin, lorsque celui-ci s'est suicidé après avoir été acculé par la police, a rapporté l'agence de presse IHA.

Le suspect, âgé de 37 ans, s'était enfui dans une zone boisée après avoir semé la terreur avec son arme près de Tarse, où il a abattu six personnes et en a blessé huit autres.

L'homme aurait d'abord abattu son ex-femme, a indiqué l'agence de presse Anadolu.

Le suspect a ensuite ouvert le feu dans un restaurant, tuant le propriétaire et un employé, avant de s'enfuir et d'abattre deux autres hommes, un berger qui faisait paître ses bêtes non loin et un chauffeur routier dans une station service, ont précisé les agences de presse privées DHA et IHA.

L'identité de la sixième victime n'était pas claire.

Le tireur s'est enfui et la police a mobilisé des hélicoptères pour le retrouver finalement aux premières heures de mardi. Il a été repéré à l'intérieur d'une maison située à environ 10 kilomètres du lieu où la fusillade avait commencé.

Le suspect s'est suicidé pour éviter d'être capturé, a indiqué l'agence IHA.

"Il est entré sans dire un mot (...) On a cru qu'il allait sortir son téléphone, mais il a sorti un pistolet. Je me suis baissé, il m'a tiré dessus", a rapporté à l'agence IHA, Mehmet Han Topal, un employé du restaurant blessé à une hanche.

Le suspect avait fait l'objet de "multiples hospitalisations pour dépendance à des substances interdites et divers diagnostics psychiatriques", selon un communiqué du bureau du gouverneur de la région publié sur X.

En avril, un adolescent de 14 ans a ouvert le feu dans un établissement scolaire d'une grande ville située 180 km plus à l'est, tuant neuf élèves et une enseignante. Un tireur de 19 ans avait fait 16 blessés un jour plus tôt dans un lycée du sud-est du pays.

Selon les estimations d'une fondation turque, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation dans le pays, la plupart illégalement. (AFP, 19 mai 2026)

En Turquie, les mines "épuisent notre eau", dénoncent les riverains

Guney était un village de Turquie riche en eau, baigné par une cinquantaine de sources dans la province d'Usak (ouest). Mais vingt ans après l'ouverture d'une mine d'or, à une trentaine de kilomètres, toutes sont taries.

"Avant, il suffisait de forer à 60  mètres pour trouver de l'eau. Aujourd'hui, même à 400  mètres, il n'y a plus rien. La mine a épuisé notre eau", déplore Ugur Sumer, habitant et défenseur de l'environnement.

Le nombre de permis de forage et de mine concernant plusieurs minéraux ou matériaux, notamment l'or et le charbon, s'est envolé en Turquie depuis qu'une loi, adoptée en juillet dernier, facilite les procédures. Leur nombre a atteint 410.000 en 2025.

Alors que la Turquie accueillera la COP31 en novembre, cet essor met en péril les ressources en eau et l'économie des zones rurales, dénoncent experts et défenseurs de l'environnement.

"Je suis convaincu que la nouvelle loi accélérera l'arrivée d'investissements étrangers en Turquie",  affirmait en mars le ministre turc de l'Energie, Alparslan Bayraktar, lors d'une visite au Canada où il a rencontré les responsables de la mine d'or Tuprag à Usak, détenue par la société canadienne Eldorado Gold.

La Turquie entend porter sa production d'or, actuellement de 28 tonnes, à 100 tonnes par an, "sans compromettre la santé humaine et l'environnement " afin de figurer " parmi les cinq premiers mondiaux en matière de terres rares ", avait affirmé auparavant le ministre.

L'extraction de certains métaux comme l'or implique cependant l'usage combiné de grandes quantités d'eau et de cyanure, provoquant d'importants risques de pollution et pour la santé.

"En 2006, près de deux mille habitants ont été pris de vertiges, de troubles visuels et de nausées après une pluie à Guney. Des analyses ont révélé la présence de cyanure dans leur sang", raconte Ugur Sumer.

"La pollution tue aussi l'élevage des bêtes et la culture des raisins, autrefois au coeur de l'économie locale. On se demande: comment va-t-on survivre?", s'indigne-t-il.

Les mines exploitées ont capté à elles seules 5,8% des 20,3 milliards de m3 d'eau prélevés en Turquie sur l'année 2024, selon les données officielles, soit quatre fois plus qu'en 2016.

"Nos pâturages ont été interdits d'accès à cause du projet de sondage de la mine d'or. Que faire si nous ne pouvons plus élever de bétail? Devons-nous abandonner nos terres et partir?", déplore Nuriye Dilek, éleveuse sur le plateau d'Aybasti dans la province d'Ordu, dans le nord-est du pays, où les villageois se sont mobilisés contre un projet de mine d'or.

L'agriculture et l'élevage sont les principales sources de revenu pour les habitants de la région, connue surtout pour ses noisettes exportées dans le monde entier.

"Une fois que la mine d'or sera ouverte, on ne pourra plus cultiver de noisettes ici", s'inquiète Omer Aydin, producteur et exportateur de noisettes à Ordu.

"L'or véritable n'est pas dans le sous-sol mais dans les noisettes de ce pays. Nous entendons que 80% des terres d'Ordu ont été ouvertes à l'exploitation minière. Cette situation nous inquiète énormément", confie-t-il.

Le "centre de lutte contre la désinformation" de la présidence turque a toutefois affirmé en avril que "la surface totale des mines en activité ne couvre pas plus de 0,18%" de la superficie du pays.

 - "Inaction" -

 Les investissements dans le secteur minier sont privilégiés et le coût de la pollution comme les risques pesant sur l'économie locale ignorés, s'insurge Ozer Akdemir, qui étudie les mobilisations en faveur de l'environnement.

"Les exploitations minières entraînent une consommation excessive d'eau et de produits chimiques. L'eau n'est pas seulement exploitée, elle est aussi polluée", confirme l'hydrologue Erol Kesici.

"La Turquie est confrontée à une grave sécheresse hydrique: lacs, cours d'eau et nappes phréatiques sont à sec en conséquence directe d'une gestion défaillante de l'eau", dénonce-t-il.

L'hydrologue affirme avoir récemment quitté le Conseil national de l'eau, organisme public chargé d'élaborer les politiques d'eau en Turquie, en raison de son "inaction".

"Lorsqu'on rase les montagnes pour y creuser des mines, des îlots de chaleur se forment, réduisant les précipitations et par conséquent, le niveau des nappes phréatiques. Comment peut-on accorder autant de permis aux mines? La Turquie est victime de surexploitation", s'émeut-il.

Pour Arif Ali Cangi, avocat et défenseur de l'environnement, la loi adoptée en juillet 2025, qui ouvre forêts et terres agricoles aux exploitations minières, a aggravé la situation.

"Les procédures d'évaluation d'impact environnemental et autres mécanismes de contrôle sont devenus totalement inefficaces", dénonce-t-il.

La nationalisation immédiate des terres ouvertes à l'exploitation minière vise à tuer dans l'oeuf les contestations qui s'étendent en Turquie, poursuit l'avocat des villageois d'Ikizkoy, à Mugla (sud-ouest), qui se sont dressés pour protéger leurs oliviers menacés par une mine de charbon. (AFP, 15 mai 2026)

Men killed 28 women in April

Men killed at least 28 women and a child in April, according to reports compiled by bianet from local and national newspapers, news sites and agencies.

Men injured at least 40 women, abused at least 20 girls and boys, and harassed 20 women in April. Men forced 184 women into sex work.

The deaths of 40 women and 8 children in April were “suspecious” cases where it could not be definitvely determined whether they were gender-based or not.

Suspicious deaths of women reported in the press in April

Adana (1), Afyon (1), Ağrı (1), Aksaray (4), Amasya (1), Antep (1), Aydın (3), Batman (3), Burdur (3), Bursa (1), Dersim (1), Diyarbakır (1), Düzce (1), Elazığ (1), Eskişehir (1), Hatay (1), Isparta (1), İstanbul (1), Kastamonu (1), Manisa (2), Mardin (1), Niğde (1), Rize (1), Samsun (1), Sinop (1), Sivas (1), Tekirdağ (1), Tokat (1), Urfa (1), Zonguldak (1)

Suspicious deaths of children reported in the press in April

Çankırı (1), Edirne (1), Hakkari (1), Isparta (1), Kars (1), Mersin (1), Urfa (2).
Femicide

Men killed at least 28 women in April, compared to 36 in the same month last year. One of the women killed by the men was a citizen of Azerbaijan.

Names of the women killed by men in April

Ayşe Karademir, Bahar A., B.I., Cangül Ç., Ceylinaz Ş., Deniz B., Elif K., Fatma Ekinci, Fatma K., Hatice Kocaefe, Hatice Kübra Duran, Hatice Yeysikan, Kerime A., Maise Bayramova, Medine H., Medine K., Müslümat Özer, Nazlı Yılmaz, Nurcan Ç., Ruhan Çalu, Selver S., Serap Yılmaz, Serpil Özlem Argüden, Sevimgül Bodur, Şahsenem Zoroğlu, Türkan Bildik, Yonca Kölge, Zekiye Z.

Men killed six women because they did not want to separate/make peace. Men killed two women to rob them. The men's excuses for killing 20 women was not reported in the press.

14 women were killed by their husbands, partners, and ex-husbands, four women by family members such as their sons and fathers, two women by their sons-in-law, one woman by her neighbor, and three women by her friends/relatives. The degree of acquaintance between one man and four women whom he killed was not reported in the press.

Men killed 20 women inside the house and eight women outside the house.

Men killed 21 women with firearms and five women with cutting tools. Men strangled a woman and beat and killed another woman. (BIA, 7 May 2026)

More than six workers killed on the job every day in April

At least 189 workers were killed while working in Turkey during April, according to the monthly report released by the Health and Safet Labor Watch (İSİG). These figures bring the total number of workplace fatalities in the first four months of the year to 622.

Some 155 workers were killed in January, 129 in February, and 149 in March before the sharp increase in April. On average, at least six workers died every day during the past month.

Breakdown of workers

Among the killed workers last month were 14 women and three refugees.

The report highlighted a significant lack of union representation, noting that 176 of the deceased workers, or 93 percent, were non-unionized. Only 13 of those killed held union memberships.

At least five children or young people died in work-related incidents in April. Three of these victims were under the age of 14, a group legally prohibited from working, while two were between the ages of 15 and 17.

Highest fatalities in construction sector

Fatalities were concentrated in industrial hubs and regions with high agricultural or construction activity. The construction sector recorded the highest number of deaths with 48 fatalities. The agriculture and forestry sector followed with 41 deaths, while 16 workers were killed in the transportation sector.

Traffic and shuttle accidents were the primary cause of workplace deaths, mostly affecting those in the transportation and agriculture sectors. Crushing and collapses in mines, textile factories, construction sites, and metalworks were the second leading cause.

Heart attacks and brain hemorrhages, which the İSİG linked to overwork and poor living conditions across all sectors, ranked third. Falls from heights were the fourth most common cause, with 69 percent of such incidents occurring at construction sites.
Five engineers killed

The report also detailed the deaths of five engineers in April. The İSİG noted that engineers are increasingly facing the same precarious conditions as other laborers.

Görkem Selvitop, a 38-year-old civil engineer, was killed in İstanbul when a pickup truck struck him while he waited for a bus after leaving a workplace shuttle. In Şırnak, 32-year-old civil engineer Murat Bektaş died in a soil collapse while taking measurements at a school construction site in Balveren.

Levent Acar, a 52-year-old site manager, fell to his death from a roof while filming at a construction site in İstanbul. Harun Yıldız, a branch manager for the State Hydraulic Works, died in a collision with a truck while returning from a flood inspection in Bahçesaray.

The report also included the death of Mehet Derda Işık, a 25-year-old maritime engineering student at Piri Reis University. Işık died by suicide, with the report mentioning an email he had sent regarding workplace bullying during an internship.
Deaths in agriculture doubled

Agricultural deaths nearly doubled in April, rising to 41 from 21 in March as warmer weather increased seasonal activity. The İSİG attributed this to farmers using old tractors without protective frames and the unsafe transportation of seasonal laborers. In Burdur, seven agricultural workers were killed when their shuttle collided with a concrete tanker.

The report concluded that a lack of inspections and enforcement has turned many workplaces into sites of constant danger. In Kocaeli, three workers died at the Çolakoğlu Metalurji factory when a maintenance platform collapsed. The facility has a 20-year history marked by numerous worker injuries and deaths. (BIA, 6 May 2026)

Turkey's inflation in first four months nearly hits year-end target

Turkey's annual consumer inflation rose to 32.37% in Apr, according to data released today by the Turkish Statistical Institute (TurkStat).

Monthly inflation increased by 4.18%, bringing the total rise since December to 14.64%. The figures indicate challenges for the Central Bank’s year-end target, which was maintained at 16% in the latest inflation report.

Rising global energy costs linked to conflict involving Iran and supply concerns in the Strait of Hormuz impacted the data. These pressures reflected in Turkey through increased costs in transportation, housing, and food.

Housing, water, electricity, and gas prices saw the highest monthly jump at 7.99%. On an annual basis, this category rose by 46.60%.

Transportation prices followed with a 35.06% annual increase, while food and non-alcoholic beverages rose by 34.55%.

The 12-month average used for calculating rent increases was recorded at 32.43%. Out of 174 sub-categories covered in the index, prices rose in 147 areas, remained unchanged in eight, and decreased in 19.

Despite multiple court rulings, TurkStat continued to withold its item price list. The institution has not released those figures since Apr 2022.

The Confederation of Progressive Trade Unions of Turkey (DİSK) previously sued TurkStat over the matter. The Ankara 6th Administrative Court ruled on Mar 31, 2023, that the requested data must be provided under the right to information. TurkStat also lost its appeal in the case.

However, TurkStat has not included the basket of goods in any inflation announcements for four years. According to TurkStat, which now provides expenditure group statistics instead, prices increased in 127 of the 143 sub-indices covered. Prices fell in 40 sub-indices and remained unchanged in seven. (BIA, 4 May 2026)

Le bilan de la tuerie dans une école monte à 10 morts

Une élève de onze ans blessée dans la tuerie perpétrée mi-avril par un adolescent dans un établissement scolaire du sud de la Turquie est décédée, portant à dix le nombre de victimes, ont annoncé les autorités.

"C'est avec une profonde tristesse que j'ai appris le décès de notre chère Almina Agaoglu, grièvement blessée dans (cette) odieuse attaque (...), après 18 jours d'une lutte pour la vie", a écrit sur X le ministre turc de l'Intérieur, Mustafa Çiftçi.

Les funérailles de la jeune victime ont eu lieu dimanche, selon les images de chaînes de télévision turques.

Le tireur, âgé de 14 ans, avait ouvert le feu dans deux salles de classe d'une "école intermédiaire" (l'équivalent d'un collège en France) de la ville de Kahramanmaras, tuant une enseignante et des élèves âgés de 10 à 11 ans.

L'adolescent, fils d'un policier à la retraite, est mort au cours de l'attaque et ses parents ont été placés en détention provisoire.

La tuerie, la pire jamais perpétrée en Turquie en milieu scolaire, a suscité une vague d'émotion dans le pays et conduit au limogeage du vice-ministre de l'Education. (AFP, 4 mai 2026)

L'inflation grimpe à 32,4% sur un an en avril

L'inflation a connu une forte hausse en avril en Turquie, à 32,4% sur un an, contre 30,9% en mars, dû notamment au renchérissement du coût de l'énergie, selon les données officielles publiées lundi.

Sur un mois, la hausse des prix à la consommation a atteint 4,2% (contre 1,9% en mars), alimentée en particulier par le logement, l'eau, l'électricité, le gaz et autres combustibles (+8%), selon l'institut statistique turc (Tüik).

Sur un an, la flambée des prix a porté particulièrement sur l'éducation (+50,6%), les dépenses de logement incluant les factures d'énergie (+46,6%), les transports (+35,1%) et l'alimentation (+34,6%).

L'inflation, supérieure à 30% en glissement annuel depuis décembre 2021, avait dépassé les 75% en mai 2024 avant d'entamer un ralentissement.

Selon la Chambre de commerce d'Istanbul (ITO), l'inflation s'élève à 36,9% sur douze mois à Istanbul, la principale ville du pays. (AFP, 4 mai 2026)


"Ils vont nous chasser d'ici": la reconstruction contestée de la vieille Antioche

Selahattin Yogurtçuoglu a sorti sa chaise pour discuter avec ses voisins, comme avant, devant l'entrée de son immeuble sur un trottoir du centre d'Antakya, l'antique Antioche.

Rien, pourtant, n'est plus "comme avant" le séisme qui a dévasté la ville plurimillénaire et le sud de la Turquie en février 2023, faisant au moins 53.000 morts: "On entend qu'ils vont raser le quartier pour construire des villas pour des riches. Ils vont nous chasser d'ici et nous jeter au pied de la montagne".

"On ne pourra même pas acheter notre propre terrain!", lâche Selahattin, 68 ans.

Trois ans après la catastrophe, les habitants dénoncent des plans de reconstruction opaques qui menacent de vider la vieille ville et de mettre en danger son identité multiculturelle.

Autrefois animée, adjacente aux quartiers populaires ainsi qu'aux lieux de cultes musulmans, chrétiens et juifs, l'avenue Kurtulus est aujourd'hui un vaste chantier où se reconstruisent à la hâte les bâtiments historiques classés, avec le soutien de l'Union européenne.

La vieille ville d'Antakya abritait plus de 13.000 résidents avant le séisme, mais il n'y restera presque plus d'habitations, selon un nouveau plan d'urbanisme contesté.

La plupart des habitants devraient être déplacés en périphérie, au pied des montagnes jugées plus stables où le Toki, l'agence nationale du logement social, construit des appartements.

Plusieurs secteurs de la vieille ville sont classés "zones à risque" ou "zones de réserve", donnant à l'État un contrôle total sur le sort des propriétés, sans garantie de retour pour les habitants.

Même des bâtiments aux dégâts mineurs risquent la destruction.

 -"Village Potemkine"-

 Des inscriptions "Pas de dégâts. Des habitants sont présents" sont apparues sur des maisons du centre-ville, espérant empêcher leur destruction.

Une perspective inacceptable pour Kemal Aribas, 65 ans, très attaché à son quartier qu'il refuse de voir transformé en "village Potemkine".

"A quoi ça sert de reconstruire le café Affan si les habitants ne sont plus là? C'est pour les touristes?", s'insurge-t-il en évoquant le café historique du quartier où sa famille vit depuis des générations.

Avant, il y retrouvait chaque matin son ami Dimitri, prêtre de l'Eglise orthodoxe, pour une partie de backgammon.

"L'Antakya multiculturelle où cohabitaient différentes communautés n'était pas un cliché, c'était une réalité", assure-t-il.

"Elle est aujourd'hui menacée. Mes voisins, y compris Dimitri, ont été relogés à des dizaines de kilomètres d'ici. On y construit des mosquées, mais y aura-t-il aussi une église? Pourrais-je retrouver mon lieu de culte?", se demande ce pratiquant alévi, communauté dont les rites diffèrent de ceux de l'islam orthodoxe.

"On reconstruit les commerces, les monuments historiques. Mais où va-t-on vivre? Nous sommes exclus des plans qui déterminent notre sort", poursuit M. Aribas, qui a lancé une plateforme pour défendre les droits des habitants de la vieille ville.

"Les résidents n'ont pas été entendus. Le processus est très confus, centralisé et opaque. Il est difficile de contester les décisions", estime le politologue Harun Aslan, spécialiste du dossier.

 - Rupture du tissu urbain -

 "Le besoin en logements est urgent, mais pour l'instant, les habitants n'ont pas la possibilité de construire dans les zones de réserve et les zones à risque. Ils se voient contraints d'être relogés loin du centre, dans les Toki", explique-t-il.

Plus de 100.000 bâtiments ont été détruits ou gravement endommagés lors du séisme dans la province de Hatay qui abrite Antakya, selon le ministère turc de l'Urbanisme qui a affirmé y avoir construit, fin 2025, plus de 85.000 unités de logements.

A Antakya, "la destruction est telle que l'unité de la ville est brisée. La reconstruction signifie une +Tokification+ de la ville, les habitants n'ont aucun droit de regard sur leurs propres logements", reprend Harun Aslan.

Selon le muhtar (maire) du quartier central Fevzi Cakmak, Sefik Fatihoglu, les incertitudes autour de la reconstruction empêchent le retour d'un tiers de ses 4.000 administrés, partis dans d'autres villes.

"Une zone de 309 hectares incluant notre quartier a été déclarée à risque. Selon la loi, cela autorise tout, même l'expropriation", rapporte-t-il.

"Je devrais pouvoir reconstruire mon bien sur la terre de mes ancêtres, ou l'Etat pourrait s'en charger. Mais ni l'un ni l'autre n'est possible. On nous dit juste d'attendre, d'être patient", regrette-t-il.

"La population craint de ne pas pouvoir reconstruire sa communauté, de ne plus pouvoir revivre dans les mêmes lieux", reconnaît Jurgis Vilcinskas, chef-adjoint de la délégation de l'Union européenne en Turquie, en visite à Antakya.

"Tout dépendra des solutions locales", estime-t-il en pointant "le rôle essentiel du dialogue".

L'UE a engagé près d'un milliard d'euros pour financer les hôpitaux, écoles, logements temporaires et la restauration des monuments historiques dans les onze provinces touchées par le séisme.

"On aurait voulu que l'Europe questionne le sort des habitants pour les projets qu'elle finance", lâche Kemal Aribas, déterminé à poursuivre la lutte. (AFP, 30 avril 2026)

Les mineurs impayés mettent fin à leur grève

La centaine de mineurs en grève de la faim à Ankara depuis neuf jours pour réclamer des arriérés de salaire ont mis fin à leur action mardi après un accord avec leur employeur, a annoncé leur syndicat.

"La plupart de nos camarades ont perçu leur salaire (...). Nous mettons fin à notre action dès aujourd'hui", a déclaré à la presse Gökay Çakir, le président du syndicat indépendant des mineurs, à l'issue d'une réunion au ministère de l'Intérieur.

Les mineurs, entrés en grève le 12 avril, étaient arrivés à pied dans la capitale turque lundi dernier depuis la province voisine d'Eskisehir au terme d'une marche de neuf jours de 190 km.

Ils avaient été arrêtés et placés en garde à vue le lendemain pendant 14 heures après avoir entamé une grève de la faim et demandaient à être reçus au ministère de l'Energie.

"Nous avons faim", avaient écrit plusieurs d'entre eux au feutre à même leur corps.

Lundi, les mineurs, qui occupaient un parc d'Ankara depuis une semaine, avaient été repoussés par la police et aspergés de gaz lacrymogène alors qu'ils tentaient de rejoindre le ministère de l'Energie. (AFP, 30 avril 2026)


Nouvelle manifestation de mineurs impayés en grève de la faim

Torses nus et coiffés de casques jaunes, au coude-à-coude pour repousser les boucliers des policiers, plus d'une centaine de mineurs turcs en grève de la faim ont de nouveau réclamé lundi à Ankara leurs arriérés de salaire.

Depuis une semaine, les mineurs arrivés à pied de la province voisine d'Eskisehir (centre), où leur mine de lignite alimente une centrale thermique, demandent à être reçus au ministère de l'Energie. En vain.

Lundi, au huitième jour de leur grève de la faim, ils ont été de nouveau bloqués dans un parc et aspergés de gaz lacrymogène, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Deux responsables du Syndicat indépendant des mineurs, dont son président, Gökay Çakir, ont été arrêtés, a annoncé leur organisation sur X.

Les mineurs ont fini par s'allonger à même le bitume, à côté de leurs casques sur lequel certains avaient écrit "Combat pour du pain".

"On a cinq à six salaires de retard, le patron n'a versé qu'une infime partie de ce qu'il nous doit", a déclaré l'un d'eux à l'AFP, refusant de donner son nom.

Le groupe est arrivé à Ankara le 20 avril après 180 km à pied en neuf jours pour se faire entendre.

Le lendemain, les 110 mineurs étaient placés en garde à vue pendant quatorze heures, selon leur syndicat.

Doruk Mining est une filiale de Yildizlar SSS Holding qui exploite la centrale thermique d'Eskisehir.

Yildizlar SSS, qui a repris la mine et la centrale en 2022, a licencié ou placé en congé sans solde des centaines de salariés et les salaires impayés et indemnités de licenciement se sont accumulés sans qu'une solution soit apportée, dénonce le syndicat.

Cette situation suscite une forte émotion dans le pays, dont le charbon assure un tiers de la production d'électricité selon les chiffres du ministère de l'Energie. D'autant que les mineurs étaient intervenus en février 2023 sur le site du tremblement de terre qui a fait plus de 53.000 morts, notamment à Kahramanmaras.

"Quand ils sont arrivés après le séisme, ils ont ramené le sourire sur les visages. Avec leurs pelles, leurs pioches, leurs bras et leur coeur, ils ont sorti des milliers de personnes des décombres", a rappelé sur X le vice-président du groupe parlementaire CHP, premier parti d'opposition, Ali Mahir Basarir. (AFP, 27 avril 2026)


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

L'UE juge inacceptable que la Turquie n'ait pas invité Chypre à des réunions de préparation

L'Union européenne a jugé jeudi inacceptable que la Turquie n'ait pas convié Chypre lors de réunions préparatoires à la prochaine conférence de l'ONU sur le climat et a affirmé avoir obtenu des garanties d'Ankara pour rectifier les choses.

La Turquie accueille au mois de novembre la COP31 à Antalya.

Pendant la préparation de ce grand raout climatique, il y a eu "quelques incidents" et des "tensions", selon une source onusienne, car la Turquie "n'a pas voulu que Chypre participe ou s'exprime dans certaines réunions préparatoires" en raison du différend historique qui les oppose.

Une situation susceptible de compliquer l'organisation de la COP, alors que Chypre assure actuellement la présidence tournante de l'Union européenne.

Jeudi, la Commission européenne a haussé le ton.

"Nous sommes en contact avec les autorités turques et avons clairement fait savoir que l'exclusion d'un Etat membre des Nations unies du processus de préparation de la COP31 n'était pas acceptable", a indiqué une porte-parole de la Commission, Anna-Kaisa Itkonen.

"La Turquie nous a assuré que Chypre ne serait pas exclue des futures réunions préparatoires à la COP31 et nous sommes également en contact avec les Nations unies à ce sujet", a-t-elle ajouté.

"Nous sommes convaincus que le processus de la COP31 sera transparent et inclusif, (...) et nous continuerons à suivre cette question de très près", a assuré cette porte-parole de l'UE.

La Turquie ne reconnaît pas la République de Chypre et est le seul pays à reconnaître la "République turque de Chypre-Nord".

L'île est coupée en deux depuis 1974 et l'invasion de la partie nord par l'armée turque. (AFP, 28 mai 2026)


Council of Europe report urges legal reforms in Turkey

The Council of Europe Commissioner for Human Rights, Michael O'Flaherty, published a memorandum on Apr 22 based on his visit to Turkey on Dec 1-5, 2025. The report outlines structural issues and details recommendations regarding freedom of expression, peaceful assembly, association, and the judiciary.

O'Flaherty called for aligning Turkey's domestic laws and practices with the European Convention on Human Rights and ECtHR case law. He noted structural problems in the Turkish Penal Code, Anti-Terror Law, internet legislation, NGO oversight, the Council of Judges and Prosecutors (HSK) structure, detention practices, and the execution of high court rulings.

The report welcomed the inclusion of civil society in the parliamentary commission under the Kurdish peace process, labeled as "Terror-Free Turkey Initiative" by the government, as an opportunity to restore trust in democratic institutions.

Legislation restricting free speech

The commissioner stated that several penal provisions unjustifiably restrict free speech. He raised concerns over the use of the Turkish Penal Code and Anti-Terror Law by courts to limit expression, pointing specifically to articles on insult, insulting the president, degrading the state, and "spreading misleading information."

O'Flaherty urged amendments to Turkish Penal Code Articles 125, 299, 301, 217/A, 215, 216, 220, and 314, calling for the complete repeal of Article 299 on insulting the president.

The report noted that 29 journalists were detained in Turkey at the time of the report's release.

The commissioner also pointed to regulatory pressures on media through the Radio and Television Supreme Council (RTÜK) via fines and broadcast suspensions based on vague concepts like "national values."

He called for amending Internet Law No. 5651 and Broadcasting Law No. 6112, noting that over 1.2 million websites and URLs were blocked in Turkey between 2014 and 2024 without independent judicial oversight.

Right to assembly

Regarding the right to assembly, authorities reported 82,220 demonstrations in 2025 with over 32.6 million participants, asserting police blocked only 0.3 percent of the events.

However, the commissioner criticized the lack of official data on bans and force usage. He highlighted the Mar 2025 protests following the detention of İstanbul Mayor Ekrem İmamoğlu where 1,879 people were detained, 260 arrested, and 468 placed under judicial control. The report also cited restrictions on Pride Week, March 8 marches, and the Saturday Mothers.

O’Flaherty therefore called for Articles 125, 299, 301, 217/A, 215, 216, 220, and 314 of the Turkish Penal Code, as well as the relevant provisions of the Anti-Terrorism Law, to be amended in line with the case law of the ECtHR and the opinions of the Venice Commission.

Justice system

On the justice system, O'Flaherty criticized the structure of the HSK, noting that the appointment of members by the president and parliament, along with the justice minister's presence, allows executive influence.

He called for reform based on merit and independence. The report also raised concerns over long indictments, parallel trials, and prolonged detentions of journalists and activists.

The report emphasized the need for lawyers and bar associations to operate safely. O'Flaherty met with the İstanbul Bar Association, whose executives faced charges of "terror propaganda" over a Dec 2024 statement. Although acquitted in Jan 2026, the prosecutor appealed.

The commissioner also noted the trial of İstanbul Bar board member Fırat Epözdemir and urged Turkey to sign the Council of Europe Convention on the Profession of Lawyer.

'Deep concerns'

O'Flaherty expressed deep concern over lower courts refusing to implement Constitutional Court rulings, explicitly naming the Can Atalay and Tayfun Kahraman cases, where the Court of Cassation rejected violation judgments. He noted that Turkey has 445 ECtHR judgments awaiting execution, one of the highest numbers among member states.

Finally, the commissioner recommended that Turkey rejoin the İstanbul Convention to address protection gaps in violence against women and reform the Human Rights and Equality Institution of Turkey (TİHEK) to comply with UN Paris Principles. (BIA, 27 May 2026)


La France et la Turquie championnes d'Europe de la surpopulation carcérale

La France et la Turquie sont les deux pays du Conseil de l'Europe où la surpopulation carcérale est la plus élevée, avec 131 détenus pour 100 places, selon un rapport publié mardi.

Ces chiffres, compilés par l'Université de Lausanne pour le compte de l'organisation basée à Strasbourg, remontent à début 2025. Depuis, les autorités françaises ont fourni des chiffres plus récents et encore plus alarmants, avec une surpopulation carcérale estimée à 139,1% en avril 2026.

Le Conseil de l'Europe compte 46 Etats membres, mais certains pays comme l'Espagne, le Royaume-Uni ou la Bosnie ont des données par régions.

Sur les 51 administrations pénitentiaires ayant fourni des données, 14 comptent plus de prisonniers que de places disponibles en prison, relève l'organisation, vigie des droits de l'homme sur le continent.

Derrière le duo de tête France et Turquie, les prisons les plus surpeuplées se trouvent en Croatie (123 détenus pour 100 places), Italie (121), Malte (118), Chypre (117), Hongrie (115), Belgique (114) ou Irlande (112).

A l'inverse, parmi les bons élèves, on compte l'Allemagne (80), l'Espagne (77) ou l'Ukraine (50).

Rapporté à leur population globale, les pays qui incarcèrent le plus sont la Turquie (458 détenus pour 100.000 habitants), l'Azerbaïdjan (271) ou la Moldavie (245), et parmi les Etats membres de l'UE, la Hongrie (206), la Pologne (189) ou la République tchèque (178).

Bien plus bas dans le classement, on trouve la France (119), la Belgique (106) ou la Suisse (77).

Au total, on comptait au 31 janvier 2025 un peu plus de 1,1 million de détenus sur l'ensemble des pays étudiés, soit une hausse de 8,5% en un an.

La proportion de femmes dans la population carcérale est passée de 4,8% à 5,2% entre janvier 2024 et janvier 2025, observe encore l'étude.

Selon le Conseil de l'Europe, cela "pourrait traduire un changement dans les pratiques en matière de condamnation, les types d'infractions et le recours à des mesures alternatives à l'emprisonnement". (AFP, 19 mai 2026)

La reine Mathilde accueillie par Mahinur Özdemir, exclue du CDH

Adrien de Marneffe, LLB, 11 mai 2026

La reine Mathilde a entamé, ce dimanche en Turquie, sa première mission économique belge à la tête d'une importante délégation composée de chefs d'entreprise et de figures de proue du paysage politique national.

Alors que la délégation visitait les installations de l'entreprise technologique Baykar, elle a été accueillie par la ministre turque de la Famille et des Affaires sociales, Mahinur Özdemir, qui accompagnera la délégation belge durant l'ensemble de la mission.

Pour plusieurs ministres belges présents ce visage est loin d'être celui d'une inconnue.

Cette ancienne protégée de Joëlle Milquet, d'abord élue conseillère communale à Schaerbeek, avait suscité une attention médiatique internationale en devenant la première parlementaire voilée en Europe. Mahinur Özdemir a siégé de 2009 à 2019 sur les bancs du Parlement bruxellois sous l'étiquette du CDH.

Sa trajectoire au sein de ce parti s'était toutefois arrêtée en 2015. Elle avait alors été exclue du CDH (devenu ensuite Les Engagés), pour avoir refusé de reconnaître explicitement le génocide arménien. Benoît Lutgen était alors le président de parti. Mahinur Özdemir avait à l'époque introduit un recours contre la décision, s'estimant victime d'une injustice. Sans succès.

La Belgo-Turque est parvenue à rebondir dans son pays d'origine puisqu'elle y est devenue ministre de la Famille et des Affaires sociales. Mahinur Özdemir est la seule femme nommée au sein du nouveau gouvernement turc.

"En tant que personne née et élevée en Belgique, ayant exercé des fonctions en politique et en diplomatie en Europe, et qui aujourd'hui sert notre nation en Turquie tout en portant la responsabilité de représenter notre pays à la fois sur la scène nationale et internationale, cette visite revêt pour moi une signification particulière", a souligné Mahinur Özdemir sur les réseaux sociaux.

Un retournement de situation qui place Maxime Prévot, ancien président des Engagés, dans une position diplomatique pour le moins singulière face celle qui fut députée au sein de son parti, avant d'en être exclue…

"Tout se passe de manière cordiale", nous assure toutefois une source au sein de la délégation belge.

"Mme Özdemir et le ministre-Président bruxellois ont été collègues au Parlement et ont conservé une relation cordiale, ce qui peut apporter des retombées positives dans ce type de mission", ajoute la parole-parole de Boris Dilliès (MR).

Au sein de la délégation politique, qui se compose du ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), du ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA), du ministre-Président flamand, Matthias Diependaele (N-VA), du ministre-Président bruxellois, Boris Dilliès (MR), et du ministre wallon de l'Économie, Pierre-Yves Jeholet, l'objectif est clairement de ne pas faire de vague.

Une entreprise turque proche d'Erdogan pour les drones de l'armée belge ?

Baykar, le fabricant turc de drones, jouit d'une belle réputation dans le secteur de la défense. Cette entreprise, par ailleurs co-détenue par l'un des gendres du président Erdogan, intéresse beaucoup notre ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA).

Durant la mission économique qui se déroule en ce moment en Turquie, le ministre a visité l'usine du fabricant turc de drones, en compagnie de la reine Mathilde. En marge de cet événement, le ministre nous a expliqué que, plus largement, l'armée turque l'inspirait. "C'est une armée qui a changé de cap, avec succès, vers l'innovation et la modernisation, déclare-t-il. Ce qu'ils font sur les drones et les systèmes anti-drones est impressionnant. L'armée belge doit aller dans cette direction, mais il y a un arriéré à rattraper. Rien n'a été fait par le précédent gouvernement en raison de l'opposition des écologistes aux drones".

L'armée belge a l'intention de s'équiper de drones, mais aussi de systèmes de protection contre les drones.

Le ministre N-VA n'exclut d'ailleurs pas de travailler avec la Turquie, pour l'acquisition de drones. "Il y a des pays, comme la Russie, avec lesquels on ne va évidemment pas travailler, déclare-t-il. Mais cela ne concerne pas la Turquie, qui est un pays membre de l'Otan depuis des décennies. La société Baykar a des capacités de production de drones qui peuvent être intéressantes pour la Belgique. C'est aussi moins cher de produire sur place".

"Des entreprises belges pourraient travailler avec des partenaires turcs et faire de la sous-traitance là-bas", ajoute Bernard Phaleg, directeur des ressources et de l'armement au sein de l'armée belge.

Quid de la qualité ? "Les drones de Baykar sont testés tous les jours en Ukraine", répond Theo Francken. Et ceux-ci donneraient satisfaction, si l'on en croit le ministre de la Défense.

Ceci dit, le dossier d'acquisition des drones par l'armée belge n'est pas encore prêt.

En revanche, le dossier de l'acquisition d'un système de défense contre les drones pourrait avancer prochainement. En effet, il devrait y avoir prochainement une première sélection des candidats à la fourniture de ce système.

La reine Mathilde et la délégation belge en Turquie ont été accueillies par la ministre Mahinur Özdemir... exclue du CDH en 2015

"On va travailler avec un consortium, dont au moins une entreprise sera belge, précise Bernard Phaleg. Il va bientôt y avoir une première sélection qui doit permettre d'avancer avec un nombre restreint de candidats. La sélection définitive interviendra plus tard".

Selon lui, le budget total du système de défense contre les drones devrait s'élever à 1 milliard d'euros, sur une durée de douze ans.

Bernard Phaleg estime que la menace peut venir de plusieurs endroits, pas uniquement de la Russie. "Généralement, il n'est pas possible de déterminer l'origine d'un drone, déclare-t-il. La menace peut être intentionnelle mais aussi accidentelle". (La Libre Belgique, 11 mai 2026)

Un "imprévu technique" contraint le Premier ministre espagnol à atterrir à Ankara

L'avion qui transportait le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez vers l'Arménie pour assister au sommet de la Communauté politique européenne a dû atterrir à Ankara (Turquie) dimanche soir en raison d'un "imprévu technique", ont annoncé les services du chef du gouvernement espagnol.

"La délégation espagnole passera la nuit à Ankara avant de reprendre demain son voyage vers l'Arménie", a-t-on ajouté de même source, sans plus de précision sur la nature du problème rencontré.

Une source s'exprimant sous couvert d'anonymat avait auparavant annoncé à l'AFP que l'avion de Pedro Sanchez avait effectué un atterrissage d'urgence à Ankara, sans plus de précision.

Pedro Sanchez se rend à Erevan, en Arménie, pour le 8e Sommet de la Communauté politique européenne (CPE), un forum informel qui réunit deux fois par ans les dirigeants de la quasi-totalité des pays européens, membres ou non de l'UE, à l'exception de la Russie et du Bélarus.

Le Premier ministre canadien Mark Carney a également été invité à ce sommet. Ce sera la première participation d'un pays non européen à une réunion de la CPE, illustration du rapprochement à l'oeuvre entre l'Europe et le Canada pour mieux résister aux assauts de Donald Trump.

Le Premier ministre espagnol bénéficie d'une image favorable en Turquie en raison de son soutien appuyé à la cause palestinienne et de son hostilité affichée à la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran. (AFP, 3 mai 2026)

La Turquie allège sa fiscalité et se rêve en pôle financier régional

La Turquie veut attirer entrepreneurs et capitaux en abaissant voire annulant la fiscalité sur les entreprises et les nouveaux résidents, arguant de sa position de "corridor central" entre l'Europe et le Moyen-Orient.

"La Turquie bénéficie d'une position géographique exceptionnelle de corridor central", a relevé lundi le ministre du Trésor et des Finances Mehmet Simsek en déroulant un programme de réformes destiné à faire de ce pays de 86 millions d'habitants et d'Istanbul, sa capitale économique, "un des principaux pôles de la région" et un centre financier "aligné sur ceux de Singapour, Hong Kong et des Pays-Bas".

Le mot d'ordre: "Exporter davantage de biens et de services. Attirer plus de talents, d'entrepreneurs et de capitaux", a-t-il résumé.

Avec ce programme de réformes, la Turquie promet "l'exonération fiscale à 100%" du commerce de transit "si l'entreprise est basée au Centre financier d'Istanbul et 95% d'exonération fiscale si l'entreprise est située en dehors".

Simultanément, pour doper les exportations, elle offre une "réduction radicale" de la fiscalité, a expliqué M. Simsek: actuellement soumis à un taux d'imposition standard de 25%, "les exportateurs bénéficieront désormais d'une réduction majeure" et se verront imposer une taxe de 14%, tandis que les exportateurs de produits manufacturés bénéficieront d'un taux unique de 9%.

Les exportations de services "à forte valeur ajoutée", y compris des logiciels, des jeux vidéo, de l'ingénierie et du design, bénéficieront une exonération fiscale de 100%, selon le programme.

Le programme prévoit aussi d'accorder une exonération d'impôts de 20 ans sur les revenus provenant de l'étranger pour les nouveaux résidents en Turquie.

Les citoyens turcs qui rapatrient leur fortune en Turquie pourront bénéficier des mêmes avantages fiscaux selon des conditions qui restent à définir, a souligné M. Simsek.

Les mesures annoncées devront être adoptées par le parlement turc avant d'entrer en vigueur.

"Nous sommes déterminés à faire de la Turquie un pôle d'attraction mondial (...) et à renforc[er] considérablement l'attractivité de notre pays", avait affirmé vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Interrogé sur les impacts de la situation internationale et du blocage du détroit d'Ormuz, alors que la Turquie dépend des importations énergétiques, notamment de Russie, le ministre a jugé la situation "difficile mais gérable".

"Nous avons une faible exposition directe au détroit (...) La plupart de (nos importations de) pétrole et gaz arrivent par oléoducs ou de pays qui ne sont pas concernés par le détroit. Par conséquent, la sécurité de l'approvisionnement énergétique n'est pas en jeu", a-t-il assuré.

Il a par ailleurs vanté la situation économique du pays, citant un "déficit budgétaire à 2,9% du PIB, ce qui nous donne la capacité de réagir, ainsi qu'une dette juste en dessous de 24% du PIB".

Il a toutefois reconnu qu'en raison de la flambée des prix liée à la guerre au Moyen-Orient, "l'inflation sera d'environ 3% plus élevée par rapport à notre scénario de base", estimant cela "gérable".

En mars, le taux d'inflation en Turquie atteignait 30,9% en glissement annuel. Le gouvernement avait déjà relevé ses prévisions, estimant que l'inflation se situerait entre 15 et 21% à la fin de l'année, contre 13 à 19% initialement. (AFP, 27 avril 2026)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO


Relations régionales / Regional Relations

Trois cargos visés par des drones au large de la Turquie

Trois cargos turcs ont été visés sans faire de victimes jeudi par une attaque de drones en Mer Noire, au large des côtes nord de la Turquie, ont rapporté les médias turcs citant l'affréteur.

Selon l'agence maritime turque Tribeca, les trois bateaux naviguaient à vide quand ils ont été visés au large du port de Sinop, ont rapporté les médias privés Halk TV, SÖzcü  et le journal Turkiye.

Il s'agissait des cargos James II, battant pavillon de Palau, de l'Altura et du Velora, tous deux sous pavillon de la Sierra Leone.

Les garde-côtes turcs sont intervenus et les trois équipages sont sains et saufs, a assuré Tribeca.

Aucune pollution n'a été signalée.

Cette série d'attaques survenue dans l'après-midi n'a pas été revendiquée et les autorités turques n'ont pas immédiatement commenté l'opération.

Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine en février 2022, les deux pays s'affrontent régulièrement en Mer noire.

Plusieurs pétroliers appartenant à la "flotte fantôme" utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales ont été attaqués par l'Ukraine fin 2025 en mer Noire dans la Zone économique exclusive (ZEE) turque.

L'Altura avait été ciblé par une attaque de drone fin mars à une trentaine de km des côtes turques alors qu'il transportait du pétrole russe, en provenance du port russe de Novorossiysk (sud).

L'attaque n'avait pas fait de victimes ni créer de pollution. (AFP, 28 mai 2026)

"Flottille pour Gaza": expulsés par Israël, les militants étrangers sont arrivés en Turquie

Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention.

Ils ont été accueillis à l'aéroport par un large comité de soutien, avec de nombreux militants agitant des drapeaux palestiniens. Plusieurs militants de la flottille présentaient des blessures et certains ont été évacués en ambulance, selon des images de l'AFP.

Les forces israéliennes "nous ont attaqués. Chacun de nous a été battu, les femmes comme les hommes, beaucoup hurlaient. Mais vraiment, ça n'a aucune importance. C'est ce que vivent en permanence les Palestiniens", a raconté à sa descente d'avion Bulal Kitay, un Turc qui compte repartir dès le prochain convoi.

Les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés, a décrit à l'AFP par téléphone Safa Chebbi, une militante canadienne.

Outre des humiliations et le manque de sommeil, "nous étions sous une menace constante, des balles en plastique ont été tirées sur la foule, un des passagers a été blessé", a-t-elle indiqué.

"Deux Coréens ont été expulsés vers la Corée du Sud, un participant a été expulsé vers l'Egypte, deux vers la Jordanie, une citoyenne israélienne a été libérée dans le pays, et le reste des 422 participants a été transféré à Istanbul à bord de trois vols de Turkish Airlines affrétés par le gouvernement turc", a indiqué la coalition Freedom Flotilla.

Les quelque 430 membres d'équipage de la cinquantaine de bateaux arraisonnés lundi par l'armée israélienne en Méditerranée, au sud-ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus dans la prison de Ktziot (sud), selon l'organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, qui assure leur représentation légale et leur défense.

Ils ont "tous été expulsés", a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, sans préciser s'ils avaient été jugés.

Les 37 ressortissants français ont aussi été expulsés vers la Turquie et seront rapatriés dès que possible, selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, Pascal Confavreux.

Une militante israélienne, Zohar Regev, a été déférée devant un tribunal à Ashkelon, au sud de Tel-Aviv.

 - "Partisans terroristes du Hamas" -

 Partis de Turquie, les militants de la "Global Sumud Flotilla" ("sumud" signifie "résilience" en arabe) voulaient attirer l'attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, dévastée par plus de deux ans de guerre, en brisant le blocus maritime imposé par Israël. En avril, une précédente "flottille pour Gaza" avait déjà été interceptée par Israël au large de la Grèce.

"Israël a pleinement le droit d'empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d'entrer dans nos eaux territoriales et d'atteindre Gaza", a estimé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en référence au mouvement islamiste palestinien ayant déclenché la guerre en lançant une attaque sans précédent sur Israël le 7 octobre 2023.

Mercredi, le ministre de la Sécurité nationale <a href="http://spar-iris-p-cms-http-cli-vip.afp.com/nuxeo/site/documents/82ff89b0 -57e1-4c2e-a67b-6571d838193e">Itamar Ben Gvir</a>, figure de l'extrême droite, a provoqué un tollé à l'étranger, mais également au sein de son gouvernement, en publiant une vidéo de dizaines de militants agenouillés et les mains liées.

Une jeune femme qui crie "Libérez la Palestine" au passage du ministre se retrouve la tête pressée vers le sol par les services de sécurité.

"Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous", lance-t-il triomphalement dans cette vidéo publiée sur sa chaîne Telegram.

 - "Traitement de luxe" -

 Les images diffusées ne sont "pas conformes aux valeurs d'Israël", a déclaré le chef de la diplomatie Gideon Saar, accusant M. Ben Gvir d'avoir "sciemment nui" à l'image du pays avec "ce spectacle honteux". L'intéressé a défendu au contraire "une grande source de fierté".

En Europe, plusieurs pays ont appelé l'UE a prendre des sanctions contre Israël et contre le ministre. Le traitement réservé aux détenus a ainsi été jugé "inadmissible" par Rome qui a exigé "des excuses" et demandé des mesures contre Ben Gvir.

Le Premier ministre irlandais a condamné le "traitement choquant réservé aux citoyens de l'UE" et réclamé "la suspension d'une partie, voire de la totalité, de l'accord d'association entre l'UE et Israël".

L'Italienne Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l'Homme dans les Territoires palestiniens occupés, a salué sur X ces prises de positions.

Ce qu'ont subi ces militants est "un traitement de luxe par rapport à ce qui est infligé aux Palestiniens dans les prisons israéliennes", a-t-elle affirmé, appelant l'Italie à cesser "de s'opposer à la suspension de l'accord (d'association) UE-Israël." (AFP, 21 mai 2026)

Israël ordonne au PAM de cesser sa collaboration avec une ONG turque à Gaza

Israël a ordonné au Programme alimentaire mondial (PAM) de suspendre sa collaboration dans la bande de Gaza avec une ONG turque accusée d'être une "organisation terroriste" et d'être liée aux "flottilles pour Gaza", a indiqué vendredi à l'AFP l'agence onusienne.

"Le PAM a reçu instruction des autorités israéliennes de suspendre immédiatement l'approvisionnement en carburant et toutes ses activités avec son partenaire l'IHH, coupant ainsi l'aide à plus de 166.000 personnes qui dépendent de repas chauds quotidiens, de pain et d'un soutien alimentaire pour survivre", selon un porte-parole.

Le PAM a commencé à travailler avec cette organisation humanitaire en janvier 2024 à Gaza, après un processus "rigoureux" de vérification de ses activités, a-t-il précisé.

Le Cogat, organe du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles dans les Territoires palestiniens, avait annoncé jeudi avoir ordonné la fin de cette collaboration, après avoir appris que "l'agence onusienne avait transféré du carburant à Gaza à l'organisation IHH".

Dans une lettre à la direction du PAM, le Cogat rappelle que l'ONG a été désignée comme "terroriste" par Israël (en 2008), l'accusant de "promouvoir les récentes flottilles en direction de Gaza" qui ont tenté de briser le blocus du territoire palestinien, la dernière en date ayant vu cette semaine ses militants être capturés par Israël en mer.

Israël "ne permettra pas le transfert de ressources à des entités liées au Hamas sous couvert humanitaire", ajoute le Cogat.

Quelque 110.000 repas par jour ne seront plus fournis et le "soutien crucial à environ 55.000 femmes enceintes et allaitantes et à de jeunes enfants menacés de malnutrition" va cesser, s'est alarmé le porte-parole du PAM.

L'agence onusienne étudie "les moyens d'atténuer l'impact (...) mais les options sont limitées et prendront du temps", a-t-il ajouté.

Plus de six mois après l'adoption à l'ONU d'une résolution entérinant un plan américain pour Gaza, la situation humanitaire y reste catastrophique, ont alerté cette semaine trois ONG internationales.

"Israël continue de refuser l'entrée de fournitures essentielles, comme des tuyaux pour réparer les réseaux d'eau, des abris, des fournitures médicales en quantité suffisante", dénonce Abby Maxman, présidente d'Oxfam America.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis octobre 2025 à Gaza mais le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de le violer quasi quotidiennement. (AFP, 22 mai 2026)

Une nouvelle "flottille pour Gaza" partie de Turquie

Une nouvelle "flottille pour Gaza" composée d'une cinquantaine de bateaux a quitté jeudi à la mi-journée le port turc de Marmaris (sud-ouest), ont annoncé les organisateurs à l'AFP.

Il s'agit de la troisième tentative de briser le blocus du territoire palestinien de Gaza depuis le 7 octobre 2023.

La précédente avait été interceptée par les forces israéliennes le 30 avril et ses 175 militants arrêtés dans les eaux internationales.

"Une cinquantaine de bateaux ont quitté Marmaris il y a environ une heure" a annoncé à l'AFP un des coordinateurs de la flottille Global Sumud (GSF), Gorkem Duru.

"Ils font actuellement route pour Gaza".

Ce convoi sera rejoint en mer par "quatre à cinq bateaux de la Coalition de la flottille de la Liberté", dans les eaux internationales, a-t-il précisé.

Les organisateurs ont promis de partager régulièrement les plans de voyage de la flotte une fois regroupée et élargie.

A l'automne 2025, un premier voyage de la Flottille globale Sumud ("résilience" en arabe) à travers la mer Méditerranée, jusqu'aux abords de Gaza, avait attiré l'attention du monde entier.

Elle avait été interceptée par les forces israéliennes au large des côtes égyptiennes et gazaouies, et ses militants transférés en Israël avant d'être rapidement expulsés.

Tout au long de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le petit territoire a souffert de pénuries de nourriture et autres biens essentiels.

Israël contrôle tous les points d'entrée dans Gaza, soumise à un blocus israélien depuis 2007, et l'accès à l'aide humanitaire y reste largement restreint.

Israël et le mouvement islamiste palestinien s'accusent mutuellement de violer un cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre, déclenchée par l'attaque d'une ampleur sans précédent du mouvement palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023. (AFP, 14 mai 2026)

Un poste-frontière turco-syrien rouvre après douze ans

Un poste-frontière entre la Turquie et la Syrie fermé depuis 2014 en raison de la guerre va rouvrir intégralement mardi après sa reprise en main par le pouvoir central côté syrien, ont annoncé lundi les autorités turques.

Ce point de passage qui relie la ville turque d'Akçakale (sud-est) à la ville syrienne de Tal Abyad (nord) sera à nouveau ouvert "à la circulation commerciale et civile (...) en raison de la normalisation de la situation dans la région", a indiqué le gouvernorat de la province de Sanliurfa dans un communiqué.

Les autorités turques, soutien du gouvernement de Damas, soulignent que cette réouverture est permise par l'accord scellé fin janvier entre les forces kurdes de Syrie et le pouvoir central à Damas, aux termes duquel les combattants kurdes qui géraient la région ont cédé le contrôle du poste-frontière.

"La Syrie se normalise", s'est réjoui sur X l'ambassadeur de Turquie à Damas, Nuh Yilmaz, en commentant cette annonce.

Ce poste-frontière avait rouvert de manière "contrôlée" après une opération turque dans le nord de la Syrie en 2019, indiquent les autorités turques qui dénombrent six points de passage terrestres ouverts avec la Syrie le long de leur frontière de plus de 900 km. (AFP, 11 mai 2026)


Arrivée à Istanbul d'une soixantaine de membres de la "flottille pour Gaza"

Une soixantaine de membres de la "Flottille pour Gaza" interceptés par Israël, dont dix-huit Turcs, sont arrivés vendredi soir à l'aéroport d'Istanbul en provenance de Crète, a annoncé le ministère turc des Affaires étrangères qui a organisé leur transfert.

Un vol spécial a été organisé pour eux, a déclaré le porte-parole du ministère Öncü Keçeli.

Selon une source au ministère, deux des vingt Turcs qui avaient au total été "kidnappés" par les forces israéliennes au cours de leur intervention jeudi et étaient aussi attendus à Istanbul doivent subir un contrôle médical et rentreront samedi.

Outre les citoyens turcs, une quarantaine de personnes de quatorze autres nationalités se trouvaient également à bord de l'avion, selon la même source: parmi elles figuraient quatre Américains, six Britanniques, cinq Argentins, dix Malaisiens et trois Espagnols.

"A la suite de l'intervention illégale des forces israéliennes dans les eaux internationales contre la Flottille mondiale Sumud, nos ressortissants et les autres participants qui avaient été retenus ont débarqué en Crète", au sud de la Grèce, avait expliqué dans la journée le ministère turc dans un communiqué.

L'armée israélienne a intercepté jeudi une partie de la flottille qui souhaitait briser le blocus de la bande de Gaza dans les eaux internationales au large de la Crète et arrêté au moins 175 militants propalestiniens.

Selon Gorkem Duru, ressortissant turc de 40 ans et responsable de l'un des bateaux, le Ghea, les militants arraisonnés ont été emmenés dans une prison flottante et gardés dans des conteneurs jusqu'à vendredi matin, puis ont été conduits au large de la Crète.

Interrogé par l'AFP à sa descente d'avion, il a dénoncé des "violences" subies par certains d'entre eux, sans précision, et appelé "tous les peuples à se mobiliser contre leurs gouvernements jusqu'à la rupture de toute relation avec le gouvernement sioniste".

La flottille était initialement composée de plus de 50 bateaux partis ces dernières semaines de Marseille (France), Barcelone (Espagne) et Syracuse (Italie).

Elle avait pour objectif, selon les organisateurs, de briser le blocus de la bande de Gaza et d'apporter de l'aide humanitaire à ce territoire palestinien dont l'accès reste encore largement restreint malgré un fragile cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste Hamas en vigueur depuis octobre

Dans une déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères d'une douzaine de pays dont la Turquie, le Brésil, la Jordanie, l'Afrique du Sud et l'Espagne ont condamné l'opération israélienne, parlant de "violations flagrantes du droit international et du droit international humanitaire".

Les ministres ont "exhorté les autorités israéliennes à prendre les mesures nécessaires" pour assurer la "libération immédiate" des personnes arrêtées. (AFP, 1 mai 2026)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

A Athènes, Macron assure que la France sera aux côtés de la Grèce "quoi qu'il arrive"

Emmanuel Macron a assuré samedi à Athènes que la France soutiendrait la Grèce "quoi qu'il arrive" en cas de menace sur le pays méditerranéen, confronté à des tensions récurrentes avec la Turquie voisine, dans un partenariat de défense censé "inspirer" le reste de l'Europe.

"Ne vous posez même pas la question. Quoi qu'il arrive, nous serons là, à vos côtés", a lancé le président français lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, au second jour de sa visite.

Les deux pays ont renouvelé leur partenariat stratégique dans la défense et la sécurité, signé pour la première fois en 2021 et qui prévoit une clause d'assistance mutuelle en cas d'agression.

"Cette clause (...) est intangible", a insisté le dirigeant français. "Elle n'est pas discutée entre nous. Donc, il n'y a pas de point d'interrogation à avoir, il n'y a pas de doute à nourrir."

"Pour tous nos ennemis, potentiels ou réels, il faut qu'ils le sachent très clairement", a-t-il encore ajouté.

La veille, Emmanuel Macron avait tenu des propos similaires lors d'une discussion avec Kyriakos Mitsotakis dans le site antique de l'Agora romaine.

Ces déclarations ont "véritablement touché le coeur des Grecs", lui a répondu le Premier ministre qui, depuis son arrivée au pouvoir en 2019, a largement relancé les achats d'armements notamment français.

La presse grecque se consacrait largement à cette visite très suivie. Le principal quotidien grec, Kathimerini, reprenait ainsi en Une une phrase du président français: "Nous serons là pour vous si votre souveraineté est menacée".

Le chef du gouvernement grec a vu dans cette clause d'assistance mutuelle "la pierre angulaire" de l'accord franco-grec, qui sera désormais reconduit tacitement et a été complété samedi par un partenariat stratégique "global".

Les tensions avec la Turquie, à la fois rival historique de la Grèce et partenaire au sein de l'Otan, ressurgissent à intervalles réguliers et sont souvent évoquées par Athènes pour justifier l'achat d'armements.

Face aux défis grandissants pour la sécurité de l'Europe, la Grèce a lancé l'an dernier une refonte de son armée, présentée comme la plus importante de son histoire moderne.

Elle va y consacrer quelque 25 milliards d'euros, avec la volonté de se doter notamment d'un dôme anti-missiles, anti-aérien et anti-drones appelé "Bouclier d'Achille". Selon des sources ministérielles, cette refonte doit s'étaler sur 12 ans.

 - "Bouleversements géopolitiques" -

 Client historiquement important de l'industrie de la défense européenne et américaine, la Grèce est actuellement l'un des quatre pays de l'Alliance atlantique qui consacrent plus de 3% de leur PIB aux dépenses de défense, derrière la Pologne, l'Estonie et la Lettonie.

Elle entretient des relations acrimonieuses avec la Turquie malgré un certain réchauffement depuis la fin 2023 marqué par des rencontres entre M. Mitsotakis et le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Après un gel du budget d'armements pendant la décennie de la crise financière (2009-2018), la Grèce avait décidé en 2021 de moderniser ses forces armées, sur fond à l'époque de tensions avec Ankara.

Elle a dans ce cadre acquis à la France 24 avions de combat Rafale puis trois frégates Belharra pour un montant total de plus de 5,5 mds d'euros. Une quatrième frégate avait été ajoutée l'an dernier.

Pour les deux dirigeants, cette alliance entre leurs pays doit servir de modèle à la défense européenne.

"Ce rapprochement gréco-français a précédé les récents bouleversements géopolitiques majeurs", a noté Kyriakos Mitsotakis. "Il a préfiguré la nécessité plus large d'une autonomie stratégique pour notre continent", a-t-il insisté.

Emmanuel Macron a aussi estimé que ce "mouvement" avait "inspiré et continue d'inspirer le reste de l'Europe et a consolidé ce pilier européen de l'Otan, cette Europe de la défense" devenue "une vraie stratégie". (AFP, 25 avril 2026)

Immigration / Migration

La commune de Saint-Josse placée sous tutelle coercitive, Emir Kir dénonce une “violence inouïe”

Le ministre en charge des pouvoirs locaux, Ahmed Laaouej (PS), justifie cette mesure en raison de “dysfonctionnements systémiques” et “une série de manquements persistants” au sein de la commune. C’est la première fois que cette procédure est utilisée à Bruxelles depuis 1976.

C’était attendu, cela a été acté ce jeudi par le Conseil des ministres : le gouvernement bruxellois va activer une tutelle coercitive de la Région sur la commune de Saint-Josse. Le ministre bruxellois en charge des Pouvoirs locaux l’a proposé face aux finances jugées “préoccupantes” de la commune. La procédure de tutelle coercitive, prévue par l’article 18 de l’ordonnance du 14 mai 1998, permet à la Région de prendre le contrôle sur la commune pour assainir ses finances. La procédure prévoit l’envoi d’avertissements formels à la commune, lui demandant de prendre des mesures, puis, si les irrégularités persistent, la désignation d’un commissaire spécial chargé de veiller à la remise en état des finances.

“La commune de Saint-Josse-ten-Noode présente un déficit supérieur à 30 millions d’euros“, affirme ce jeudi le cabinet d’Ahmed Laaouej par communiqué. Selon lui, entre 2025 et aujourd’hui, cette situation déficitaire de la commune a nécessité trois interventions du Fonds régional bruxellois de refinancement des trésoreries communales (FRBRTC), pour un total de 21 millions d’euros. Malgré ces soutiens financiers, la commune faisant face à l’impossibilité de rembourser une partie de ces prêts, a introduit mercredi auprès du FRBRTC, une demande d’obtention d’un nouveau délai pour rembourser un prêt d’un montant de 7 millions.

“Des problèmes structurels”

Le cabinet du ministre socialiste souligne aussi des “dysfonctionnements systémiques” et “une série de manquements persistants aux obligations légales et réglementaires encadrant le fonctionnement des communes“, détaillant “des irrégularités dans la gestion budgétaire et comptable, des dysfonctionnements dans la gouvernance administrative et institutionnelle, et des carences importantes dans la gestion du personnel“. Le gouvernement bruxellois conclut que les difficultés rencontrées par la commune “ne peuvent s’expliquer uniquement par le contexte budgétaire général auquel sont confrontés les communes bruxelloises” mais de “problèmes structurels“.

Selon la secrétaire d’État socialiste Karine Lalieux, interrogée sur BX1, la demande du ministre Laaouej faisait suite à une procédure initiée par l’ancien ministre des Pouvoirs locaux Bernard Clerfayt (Défi) qui arrive aujourd’hui à son aboutissement après de longs mois d’analyse par l’administration.

“Une décision ni juste ni respectueuse”

Le bourgmestre de Saint-Josse a tenu à réagir rapidement par voie de communiqué. “À ce stade, aucune information n’a été communiquée officiellement quant aux manquements présumés et aux chiffres avancés pour motiver cette décision alors que la Commune coopère pleinement avec la tutelle depuis plusieurs mois et que les signaux semblaient être au vert“, assure-t-il.

“J’attends les bases objectives de cette décision qui n’est ni juste, ni respectueuse tant pour la commune, que pour la démocratie locale et surtout pour les habitants, pour la contester. L’acte qui est posé à l’encontre de la commune est d’une violence inouïe. Sur quelles bases repose cette décision mis à part l’arbitraire ? S’il s’agit des chiffres, nous les contestons. S’il s’agit de la réponse aux demandes de la tutelle quant à des manquements tels que les publications sur le site internet, les évaluations du personnel… nous y avons répondu de manière circonstanciée et nous avons continué à y travailler sans jamais obtenir de réponse à notre courrier et au dossier envoyé. S’il s’agit de noyer le poisson et tenter une diversion sur des faits bien plus graves qui se produisent dans d’autres communes, personne n’est dupe.”

“La situation a changé”

“La situation a changé”, s’était déjà défendu mercredi Emir Kir sur les antennes de BX1. “On a voté encore récemment les comptes de 2024. Au lieu d’avoir 14 millions de déficit, on est à 11 millions. La semaine passée, j’étais avec mon receveur : les informations qui nous ont été livrées montrent qu’au lieu d’avoir 16 millions d’euros de déficit en 2025, on devrait se situer à 5,35 millions. Au total, c’est loin des 30 millions d’euros. Ça devrait tourner autour des 17 ou 18 millions d’euros.” Vérification faite, les 13 millions de différence concernent un déficit non absorbé des années précédentes.

Selon le bourgmestre, la commune a remis à l’administration régionale un volumineux rapport au mois de janvier. Elle n’a toujours pas reçu d’accusé de réception.

Cette mise sous tutelle est une première depuis 1976 , avec le cas de la commune de Schaerbeek. “L’ironie de l’histoire fait que dans le premier cas d’application de cette tutelle, on parlait des guichets de Nols et ici on s’en prend à une commune qui reçoit tous les habitants, sans rendez-vous, qui se bat pour des services de proximité et qui a fait tous les efforts demandés pour être à l’équilibre”, conclut Emir Kir. (bx1, 28 mai 2026)

Cem Özdemir est le premier ministre-président allemand d’origine

Delphine Nerbollier, La Libre Belgique, 16 mai 2026

Depuis le 13 mai, Cem Özdemir est le premier ministre-Président allemand d’origine turque. Cem Özdemir est habitué aux places de premier. En 1994, cet écologiste devient le premier député fédéral allemand d’origine turque. Né en 1965, dans les Alpes souabes, Cem Özdemir est en effet le fils d’un couple de travailleurs dits "invités", originaire d’Istanbul et Rebelote en 2021 lorsqu’il devient le premier ministre fédéral avec de telles origines. Au sein de la coalition "tricolore" du chancelier Olaf Scholz, ce végétarien reçoit le portefeuille de l’agriculture.

Enfin, depuis le 13 mai, Cem Özdemir est le premier ministre-Président allemand d’origine turque, en l’occurrence du Bade-Wurtemberg. Il y succède à son mentor, Winfried Kretschmann, qui fut, lui, le premier écologiste à diriger une région.

Et quelle région ! Berceau de Daimler, Mercedes et Bosch, le Bade-Wurtemberg est l’un des poids lourds de l’automobile allemande. Tout un symbole pour des écologistes longtemps braqués contre la voiture.

À l’image de son prédécesseur, Cem Özdemir est par ailleurs un "Superrealo", un écologiste parmi les plus pragmatiques qui soient, à tendance conservatrice, et souvent en opposition avec l’aile gauche de son parti. S’il se rendait à vélo au travail lorsqu’il était ministre fédéral à Berlin et roulait en Fiat, il assure désormais vouloir rouler en Daimler, et appelle son parti à être plus flexible envers l’automobile. Son conservatisme sur les questions migratoires suscite aussi des remous chez les Verts, comme lorsqu’il évoque le sexisme et la misogynie de certains immigrés, ou affiche son amitié avec le très polémique maire de Tübingen et ex- écologiste Boris Palmer.

Or, c’est justement ce pragmatisme et ce conservatisme qui lui ont fait remporter les élections régionales le 8 mars dernier, à l’issue d’une remontada inattendue. Le "Souabe d’Anatolie", comme il se décrit lui-même, est désormais l’écologiste le plus puissant d’Allemagne - son parti est dans l’opposition au niveau fédéral - et devra mettre son pragmatisme en pratique. Une tâche qui pourrait être plus compliquée que prévu aux côtés de partenaires chrétiens-démocrates qui n’ont toujours pas digéré leur place de numéro deux, sur le fil.

Turkish citizens rank first in deportations from EU to third countries

Turkish citizens ranked first among those deported from European Union countries to third countries in 2025, according to data released by Eurostat. A total of 13,405 Turkish nationals were returned following administrative decisions.

Turkish citizens also rank fifth in the "refused entry" category, which includes individuals denied entry at border gates or airports.

In the refused entry statistics, Ukraine ranked first with 26,975 citizens, followed by Albania with 12,430, Moldova with 11,660, and Colombia with 6,565. Turkey followed with 5,635 citizens denied entry.

In total, 132,600 people were refused entry at EU external borders throughout 2025, marking a 7.1% increase compared to 2024.

Human rights organizations argue that official data only captures a portion of actual practices. A report titled "Beaten Back at Europe’s Borders," which included contributions from the Hungarian Helsinki Committee, identified at least 80,865 informal "pushback" cases in 2025. (BIA, 13 May 2026)

Un migrant décède en mer Egée, les garde-côtes grecs pointés du doigt

Une personne est morte mercredi en mer Egée et 43 autres ont été secourues, ont rapporté jeudi les autorités turques et une ONG qui accuse les garde-côtes grecs d'avoir mis le groupe de migrants en danger en endommageant leur embarcation.

Selon les garde-côtes turcs, les migrants et leur passeur se trouvaient au large du district de Foça (ouest), situé à 30 km de l'île grecque de Lesbos, lorsque leur canot pneumatique s'est retrouvé "partiellement submergé".

Quarante-trois passagers ont été secourus, dont quatre se trouvaient à l'eau à l'arrivée des garde-côtes turcs, ont indiqué ces derniers.

"Le corps d'un migrant en situation irrégulière a été repêché et un passeur présumé a été appréhendé", ont-ils ajouté.

L'ONG norvégienne Aegean Boat Report, qui vient en aide aux migrants en détresse en mer Egée, affirme pour sa part avoir reçu un appel d'urgence mercredi soir de passagers accusant les garde-côtes grecs d'avoir refoulé et endommagé leur embarcation.

"Le groupe nous a raconté avoir été violemment repoussé par les garde-côtes grecs. D'après les survivants, ces derniers ont détruit le moteur, endommagé le canot (...) et les ont laissés dériver en mer tandis que l'embarcation prenait l'eau", écrit l'ONG, qui documente depuis des années les refoulements illégaux ("pushbacks") dont sont accusés les garde-côtes grecs -- des accusations rejetées par la Grèce.

Début février, 15 migrants avaient été tués dans une collision entre leur embarcation et un patrouilleur des garde-côtes grecs au large de l'île de Chios, située à quelques encablures des côtes turques.

Au moins 1.209 migrants sont morts ou ont disparu en Méditerranée depuis le début de l'année, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). (AFP, 7 mai 2026)


 informations du mois passé click Informations of the past month
Toutes les informations depuis 1976 click All informations since 1976

flashfondationeditorsbulletinspublications