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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

52th Year / 52e Année
Août
 
2026 August
N° 576
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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Erdogan se rêve en leader des musulmans du monde


Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights

Erdogan se rêve en leader des musulmans du monde
Osman Kavala: Compliance with ECtHR rulings is an obligation under the rule of law
Un économiste britannique poursuivi pour "insulte" à Erdogan
Vibromasseur portable et analyse éco-théologique des prières pour la pluie - Ragip Duran
Police detain miners protesting over unpaid claims despite ministry-mediated deal
Un projet de loi qui exclut la mise en liberté de tous les prisonniers politiques
Opposition leader Özgür Özel faces losing immunity in 'bribery' probe
Expanding Gülistan Doku murder investigation reveals network spanning state institutions
Seven arrested in Ankara ‘gay bar’ probe
Gezi prisoners Mater and Özerden transferred back to İstanbul after five days in İzmir

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Le célèbre humoriste Goktas à nouveau arrêté après avoir été libéré dans une première affaire
Four journalists detained after posting ‘Erdoğan passed away’
International human rights organizations call for Osman Kavala’s release
Playwright and political activist Bilgesu Erenus dies at 83
Journalist Ertuğrul Özkök faces probe After comparing Erdoğan to Spain’s Franco
Arrestation d'un acteur devenu maire d'une banlieue d'Ankara

Kurdish Question / Question kurde

Le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers
Pour la Turquie, la dissolution des SDF est cruciale pour la stabilité de la Syrie
Le chef des puissantes forces kurdes annonce leur dissolution
Kurdish migrant workers attacked, officials call it an ‘isolated incident’
Le Rojava, expérience historique kurde, intégré à l'Etat syrien
Une attaque de drones contre le bureau du Premier ministre du Kurdistan
Amnistie conditionnelle en Turquie, mais insuffisante face à la question kurde
Le PKK dénonce les "erreurs" du projet de loi sur l'avenir de ses combattants
Kurdes tués à Paris: un cheminot retraité sera jugé aux assises en février 2027
Le président du Kurdistan autonome en Syrie pour discuter de l'intégration des Kurdes
La guérilla kurde exige l'implication "directe" de son fondateur dans le processus de paix
En Syrie, des Kurdes déplacés attendent toujours de rentrer chez eux

Minorités / Minorities


Politique intérieure/Interior Politics

Israël, Öcalan, dettes  extérieures et le prochain président - Ragip Duran
De 5 à 23 ans de prison pour cinq maires d'opposition en Turquie
New Party MP stabbed by former CHP executive
Öcalan attend la paix, Erdogan continue de détruire l’opposition -  Ragip Duran
İstanbul's Üsküdar district mayor detained in 'corruption' investigation
Erdogan très mécontent de la réorganisation de l’opposition - Ragip Duran

Forces armées/Armed Forces

Frappes sur un aéroport militaire dans le nord-ouest de la Syrie
Explosive drone hits police center in northeastern Turkey
La Turquie a déployé cinq F-16 en Estonie dans le cadre de l'Otan

Affaires religieuses / Religious Affairs
 

Dozens detained, assets seized in crackdown on Süleymancılar religious order
Comment l’Europe finance les réseaux islamistes de la famille Erdogan - Guillaume Perrier

Socio-économique / Socio-economic

Nurse dismissed from civil service over ‘hair braiding’ protest despite acquittal
80 mineurs arrêtés devant le ministère de l'Energie
Plus de 100 passagers évacués d'un bateau pour enfants en flammes
Près d'un million d'euros découvert chez le chef des ultras de Galatasaray
Men killed 28 women in July
La lutte contre les incendies se poursuit pour le troisième jour
Lutte intensive contre le feu autour d'Antalya et sur la côte sud

Poverty threshold remains over four minimum wages
Plusieurs incendies attisés par le vent dans les zones touristiques
Surtaxes sur les véhicules électriques : l'OMC donne raison à la Chine face à la Turquie

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

La CEDH ordonne la libération du mécène Osman Kavala

Athènes juge "illégale" la création de deux parcs marins turcs
Accrochages verbaux entre la Grèce et la Turquie autour de la mer Egée
L'ONU dénonce le durcissement des peines pour les mineurs

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO



Relations régionales / Regional Relations

Le ministre israélien jure d'y maintenir ses troupes pour la "sécurité" d'Israël

Passe d'armes entre Israël et la Turquie
Le Premier ministre israélien qualifie le président turc de "dictateur antisémite"

Syrie: le retour de déplacés kurdes syriens suspendu après des attaques
Arabie saoudite, Pakistan et Turquie scellent un pacte de défense en pleine guerre au Moyen-Orient
La Turquie dénonce des attaques contre deux navires civils turcs en mer Noire

La Turquie sanctionne le site Temu pour "entrave à une inspection"
La Turquie annonce un accord avec le géant pétrolier BP en Irak

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Un drone turc à proximité d'un aéroport en Grèce, des F-16 grecs interviennent
Les dirigeants rivaux à Chypre conviennent de rencontres hebdomadaires
Des Turcs s'offrent une escapade européenne sur des îles grecques
Guterres propose une relance des discussions à Chypre, Erdogan méfiant

Immigration / Migration

Arrestation d’une musicienne kurde de France
Une Kurde expulsée par la Suisse emprisonnée en Turquie

Droits de l'Homme / Human Rights

Erdogan se rêve en leader des musulmans du monde

Ankara œuvre à renforcer les alliances et à réduire les différends, tant en son sein que dans l’ensemble du monde islamique, a déclaré vendredi le président Recep Tayyip Erdogan.

« Nous croyons que l’unité est une vertu, nous travaillons à renforcer les alliances et à réduire les désaccords tant entre nous qu’à travers le monde islamique », a déclaré Erdogan dans son discours prononcé à Istanbul lors du programme de la Semaine du Mawlid al-Nabi, qui marque la naissance du prophète Mahomet.

Le président Erdogan a déclaré souhaiter que les musulmans, « qui ont orienté l’histoire et ordonné le monde pendant des siècles », se rassemblent à nouveau « comme les briques d’un mur ».

« Nous souhaitons que l’Oumma de Mahomet, qui a orienté l’histoire et ordonné le monde pendant des siècles, se ressoude comme les briques d’un mur », a-t-il déclaré.

Il a souligné l’importance de l’unité entre les musulmans, les appelant à défendre ensemble leurs droits et à œuvrer conjointement à la construction de la paix et de la sécurité dans la région.

« En tant que musulmans, nous devons être forts, défendre ensemble nos droits et le droit, et bâtir ensemble la paix et la sécurité dans notre région », a-t-il déclaré.

« Les acteurs et les scénarios changent, mais nous vivons une période historique où le bien et le mal s’affrontent, et où les bons finiront par l’emporter », a ajouté Erdogan.

Erdogan avait réaffirmé mercredi la détermination de la Türkiye à atteindre les objectifs d’une Türkiye et d’une région sans terrorisme lors d’un discours prononcé à l’occasion d’une cérémonie marquant le 955e anniversaire de la bataille de Malazgirt, dans la province orientale de Mus, une victoire historique des Turcs en Anatolie.

Bien sûr, le leader du Parti d’action nationaliste (MHP) Devlet Bahçeli se trouvait à ces côtés lors de toutes ses initiatives turco-islamistes et le soutenait dans ses opérations visant à placer le mouvement kurde sous le contrôle de son régime répressif.

Juste après ce discours d'Erdogan, en Syrie, le leader kurde syrien Mazloum Abdi a annoncé mardi soir la dissolution de ses puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS), qui avaient vaincu les djihadistes du groupe État islamique, en application d'un accord avec le président Ahmad al-Chareh, déterminé à réunifier la Syrie.

L'ambassadeur des États-Unis à Ankara, Tom Barrack, a qualifié ce processus d'« historique » et a indiqué qu'une nouvelle étape avait été franchie dans l'intégration nationale en Syrie, « dans le cadre du plan pour le Moyen-Orient » du président américain Donald Trump.

Finalement, le président syrien Ahmad al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, qui venait de dissoudre les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

Encouragé par tous ces développements, Erdogan semble convaincu que ses ambitions de devenir le chef du monde islamique se réalisent plus rapidement qu'il ne l'espérait.

Osman Kavala: Compliance with ECtHR rulings is an obligation under the rule of law

Businessperson, philanthropist and prominent civil society member Osman Kavala released a written statement on the recent European Court of Human Rights (ECtHR) ruling calling for his release as soon as possible. Kavala’s nine-year imprisonment initially over his alleged involvement in the 2013 Gezi Park protests has become a major point of concern among human rights activists, who say his detention is politically motivated.

Despite being acquitted of Gezi Park charges in Feb. 2020, Kavala remained in prison, as a new charge of “espionage” was levied from the same initial investigation. 

In his statement, Kavala said that previous ECtHR rulings establish that there is no evidence of him committing any crimes. He also said that fundamental human rights and the rule of law require not restricting the rights of individuals without solid evidence that a crime was actually committed.

Kavala’s full statement:

The Grand Chamber judgment that the ECtHR delivered regarding me covers the examination of the conviction process. In this decision as well, just as in the two ECtHR decisions prior to this, it was emphasized that the right to live freely cannot be restricted without convincing concrete evidence showing that a crime has been committed. In the acquittal decision rendered in 2020 within the scope of the first Gezi trial, the fact that there was no evidence of me having committed a crime was also established.

With its latest judgment, the ECtHR effectively stated that the understanding that courts can issue conviction decisions based on general evaluations regarding events and reasoning involving intent-reading about the purpose of activities is unacceptable.

That the right of people who do not engage in an act deemed a crime by law to live freely cannot be restricted is a fundamental human rights principle. The protection of this right and ensuring absolute adherence to this principle in the public sphere is also the obligation of the rule of law toward citizens.

Compliance with ECtHR judgments is primarily concerned with the fulfillment of this obligation, and is necessary for it. (BIA, 27 August 2026)

Un économiste britannique poursuivi pour "insulte" à Erdogan

La justice turque a ouvert une enquête contre un économiste britannique spécialiste de la Turquie pour "insulte au président" Recep Tayyip Erdogan, ont annoncé jeudi les médias turcs.

Dans une vidéo, relayée notamment par le journal progouvernemental Sabah et enregistrée samedi lors d'un évènement en Turquie, l'économiste Timothy Ash qualifie M. Erdogan de "sociopathe", le rangeant au côté du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Je dirais que nous vivons à une époque de dirigeants peut-être sociopathes (...) Vous voyez, les Netanyahu, les Erdogan...", déclare-t-il dans l'extrait, se reprenant aussitôt: "Oups, je n'ai pas dit ça. Je retire ce que j'ai dit. Arrêtez l'enregistrement".

Interrogé jeudi par l'AFP, M. Ash, très suivi en Turquie où il se rend régulièrement, a dit "ne rien savoir" au sujet d'une éventuelle enquête le visant.

"C'était un lapsus que j'ai immédiatement corrigé", a affirmé l'économiste chez RBC BlueBay Asset Management, soulignant que l'évènement auquel il participait à Bodrum, station balnéaire huppée du sud-ouest de la Turquie, était "soumis à la règle de Chatham House".

Cette règle, tirant son nom d'un célèbre centre de réflexion londonien, prévoit que des propos échangés lors d'une réunion puissent être utilisés sans toutefois être attribués.

"Je ne voulais absolument offenser quiconque (...) Erdogan a courageusement défendu Gaza et les Palestiniens, tout comme la Turquie. Aucune comparaison possible avec Netanyahu. Point final", s'est également défendu M. Ash sur le réseau social X.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes -- dont des journalistes, des artistes et des politiques -- ont été poursuivies ces dernières années en Turquie pour "insulte au président", parfois en raison de publications sur les réseaux sociaux vieilles de plusieurs années. (AFP, 27 août 2026)

Vibromasseur portable et analyse éco-théologique des prières pour la pluie

Ragip Duran, TVXS.GR, 10 août 2026
Alors que, cette semaine, deux sujets sont au sommet de l’agenda de l’opinion publique, à savoir la loi-cadre pour soi-disant amnistier les activistes armés kurdes et les opposants en prison ou en exil en rapport avec le PKK et les initiatives du Nouveau Parti d’Ozgur Ozel (principale formation de l’opposition, kémaliste et sociale-démocrate, 91 sièges sur 592), au moins cinq autres événements représentent l’état actuel du droit et de la scène politique turque.

Le nombre de maires, tous membres de l’opposition, arrêtés et écroués a atteint 37 depuis les élections locales de mars 2024. Une dizaine de maires sont toujours en prison et attendent de comparaître devant un juge. 13 maires ont été révoqués et des « administrateurs civils » ont été nommés à leur place. Ainsi, le régime poursuit les opérations contre les maires élus de l’opposition au nom de la lutte contre les pots-de-vin ou la gestion illégale.

Mme Bennu Gerede (54 ans), photographe et actrice, a été arrêtée le 4 août dernier ; accusée d’obscénité, elle a été relâchée par le Parquet. Elle portait un collier métallique, « vibromasseur portable » selon sa définition. Un internaute a réagi : « On dit dictateur, on va en prison ; on dit vibromasseur (vibrateur en turc), on va encore en prison ! »

M. Nasuh Mahruki (58 ans), alpiniste, auteur et photographe turc, connu surtout pour avoir été le premier Turc à gravir le mont Everest et pour son rôle dans la fondation de l'Association de recherche et de sauvetage (AKUT), a été arrêté et écroué le 17 juillet dernier. Il avait critiqué sur son compte X la position du régime Erdoğan au sujet de l’initiative du coup d’État du 15 juillet 2016. Dans le cadre de l’enquête menée par le Parquet d’Istanbul, Mahruki est accusé d’« incitation à la haine et à l’hostilité ou d’outrage public ». Dans un message partagé sur son compte X le 15 juillet, Mahruki avait écrit que la tentative de coup d’État avait été « détectée à l’avance par le pouvoir » mais qu’elle n’avait pas été « délibérément empêchée » afin de provoquer un « changement de régime ».

Bien que le projet de physique intitulé « Un système peu coûteux, rapide et portable capable de mesurer la teneur en eau des liquides à l'aide d'aimants », développés par Mme Ilayda Samilgil durant ses années de lycée, ait été éliminé sans être primé lors du concours TÜBİTAK (CNRS turc) en Turquie, il a remporté le premier prix mondial au concours international « First Step to Nobel Prize in Physique » organisé en Pologne et a, par la suite, été intégré à des projets de la NASA.

Enfin, l'octroi d'un financement en avril 2026, pouvant atteindre 3 millions de livres turques (environ 55 milles euros), dans le cadre du programme de la même TÜBİTAK 2515-COST pour le projet intitulé « Analyse éco-théologique des prières pour la pluie comme exemple de prière participative dans l'histoire islamique (VIIe–XIe siècle) », dirigé par la professeure associée Dr. Oznur Ozdemir de l'Université Bourse Uludag, a suscité des débats au sein du public et sur les réseaux sociaux.

"La Turquie est un pays bizarre", constate un professeur grec de droit. "Ses prisons sont pleines de gens honnêtes et intelligents et sa direction est peuplée de gens assez médiocres" conclut-il.

Police detain miners protesting over unpaid claims despite ministry-mediated deal

Police detained miners and union officials outside the Energy and Natural Resources Ministry in Ankara after workers resumed protests over unpaid wages and compensation they say were covered by a ministry-mediated agreement.

The miners, employed by Eti Gümüş silver company and Doruk Madencilik mining company, both owned by Yıldızlar SSS Holding, had been protesting in Ankara for four days. They said they would remain until all outstanding payments were made.

Those detained included Independent Mine Workers Union (Bağımsız Maden-İş) Chair Gökay Çakır and organizing specialist Başaran Aksu. Two workers who became ill during the police intervention were taken to a hospital by ambulance.

Protests began in April

The dispute dates back to April, when Doruk Madencilik miners traveled from Eskişehir to Ankara on foot over months of unpaid wages and other receivables. They ended weeks of protests after the Labor and Social Security Ministry mediated a deal between the union and the company.

The ministry had said payment of the workers’ claims had been secured under an agreed timetable.

The miners resumed protests on June 1, claiming that the company had not fulfilled its end of the deal. After four days, the union announced that all outstanding payments had been made and said the action had ended in "victory."

Workers began protesting again on Aug 9, this time joined by employees of Eti Gümüş.

According to Bağımsız Maden-İş, only about 50 of 176 workers at Eti Gümüş in Elazığ received part of their unpaid wages. The union said severance, notice compensation and payments related to retirement remained outstanding.

Doruk Madencilik workers were also still awaiting severance and notice compensation, wages for periods of mandatory unpaid leave and, in some cases, compensation related to union activity, according to the union.

The workers then began a sit-in outside the Energy and Natural Resources Ministry.

Negotiations with holding representatives

On the fourth day of the protest, four workers left the ministry area to meet Yıldızlar SSS Holding representatives. Union officials said the meeting produced no concrete result.

Aksu said the holding had initially denied owing the workers money before making limited payments, adding that the union had requested a meeting with ministry officials for four days without receiving a response.

"We are not leaving because we do not want to have to come here again," Aksu said. "The ministry must take the initiative."

Çakır said payments made so far covered only part of what workers were owed.

"If a worker is owed 100,000 liras, they paid 25,000 liras," he said. "The boss now says, 'We paid the money.' If you paid the money, we would leave. As a union, we will stay here until not even one lira owed to one worker remains unpaid."

Police intervened after union officials said they would not leave the ministry entrance until the outstanding claims were paid. Officers moved journalists away from the protest area and prevented them from filming the intervention.

Police then detained several miners, including Çakır and Aksu. (BIA, 14 August 2026)

Un projet de loi qui exclut la mise en liberté de tous les prisonniers politiques



Le « projet de loi relatif au renforcement de la solidarité nationale et de l'intégration sociale » a été approuvé ce vendredi par la Commission de la justice de l'Assemblée nationale turque (TBMM).

La majorité des députés turcs s'est ralliée à ce projet de loi sur l'avenir des combattants kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui avait annoncé sa dissolution en mai 2025 après plus de quatre décennies de lutte armée.

Ce projet de loi, malgré le fait qu’il définit le PKK comme « organisation terroriste », a été soutenu par son leader Abdullah Öcalan, 77 ans dont 27 en prison à l'isolement sur l'île d'Imrali, et par le DEM Parti, représentant une partie des électeurs kurdes en Turquie.

Toutefois, ce projet de loi n'inclut pas les personnalités détenues comme Osman Kavala, Can Atalay, Tayfun Kahraman, Çiğdem Mater et Mine Özerden, détenus dans le cadre de l’affaire Gezi, ont été condamnés pour « tentative de renversement du gouvernement de la République de Turquie », alors que les dossiers judiciaires ne contiennent aucune accusation liée au PKK/KCK.

Comme eux, des dizaines de milliers de prisonniers ou détenus politiques ne seront pas libérés et resteront dans les prisons après l’adoption de ce projet de loi controversé.

Le projet de loi inclut un mécanisme ouvrant le retour des combattants du PKK à la vie civile en Turquie, à condition que l'organisation armée « ait cessé son existence effective et remis toutes les armes et munitions sous son contrôle, et qu'une décision du Conseil national de sécurité confirmant cette détermination soit publiée au Journal officiel ».

L'ouverture des enquêtes et l'exécution des peines concernant « la création, la gestion et la propagande du PKK, ainsi que l'adhésion » au groupe armé, ainsi que les activités qui en découlent, y compris son financement, seront sujettes à un sursis de cinq à dix ans, selon les faits reprochés aux combattants.

En cas de non-récidive jusqu'à la fin du délai de sursis, les enquêtes seront classées et les peines seront considérées comme purgées, ce qui pourrait signifier une amnistie de fait.

Le texte exclut cependant de cette amnistie « les homicides intentionnels » commis dans le cadre des activités du PKK et « les crimes passibles de perpétuité commis avant le 1er juin 2005 ».

Un conseil, composé de plusieurs ministres et du vice-président Cevdet Yilmaz, ainsi qu'une commission parlementaire, seront chargés de suivre l'application de la loi. Les recours seront limités à un délai de six mois.

La loi prévoit aussi « l'enregistrement » des armes déposées ou déclarées par les membres du PKK.

Opposition leader Özgür Özel faces losing immunity in 'bribery' probe

The Ankara Chief Public Prosecutor's Office has requested main opposition New (Yeni) Party leader Özgür Özel and MP Veli Ağbaba's parliamentary immunity be lifted as part of an investigation on allegations of aggravated bribery.

The allegations concern the Republican People's Party's (CHP) 2023 party congress, where Özel was elected leader, ending Kemal Kılıçdaroğlu’s 14-year tenure, and the 2024 local elections, where the CHP emerged as the leading party under Özel.

In a written statement, the prosecutor's office alleged that Özel accepted bribes from then-Uşak Mayor Özkan Yalım “in exchange for committing an offense” related to the leadership election congress. It also accused him of taking bribes from Antalya Mayor Muhittin Böcek in return for allowing him to seek reelection in 2024.

MP Ağbaba was the intermediary in the alleged bribery process, according to the statement.

A court declared the congress in question null in May, removing Özel as the head of the CHP and reinstating Kılıçdaroğlu. While the case remains under appeal, Özel founded the New Party last month, bringing in 90 of the 135 CHP deputies. The New Party formally gained the main opposition status after it became the second-largest party represented in parliament.

What will happen now?

The prosecutor's office has submitted summaries of proceedings regarding Özel and Ağbaba to the Justice Ministry. The ministry must forward them to parliament before lawmakers can vote on whether to remove the two MPs’ immunity and clear the way for prosecution.

Turkey’s lawmakers have immunity from prosecution while in office. Lifting it requires a simple majority in parliament and the ruling bloc holds enough seats.

This legal action targeting Özel comes amid a broader crackdown on the opposition since early 2025, which has seen dozens of mayors arrested, the opposition movement split, and several mayors switch to President Recep Tayyip Erdoğan’s ruling party. (BIA, August 4, 2026)

Expanding Gülistan Doku murder investigation reveals network spanning state institutions

The investigation into the 2020 disappearance of university student Gülistan Doku is expanding after it was reopened in April, with more than 30 suspects detained over the past two weeks.

The latest operation yesterday targeted law enforcement personnel suspected of interfering with evidence. Police launched raids in 15 provinces, detaining 18 people, including police chiefs, commissioners, serving and retired police officers and a computer operator, upon the order of the Erzurum Chief Public Prosecutor's Office.

'A shadowy network'

After a request by the office, an Erzurum court yesterday issued additional pretrial detention orders for former Tunceli governor Tuncay Sonel, his former bodyguard Şükrü Eroğlu and former police officer Gökhan Ertok, who were already in custody.

The new orders concern allegations of destroying or altering digital data, deprivation of liberty, aggravated robbery and unlawfully obtaining personal data.

In its referral letter to the court, the prosecutor’s office said forensic examinations and cyber data recovery procedures carried out on Sonel’s devices had uncovered concrete evidence capable of affecting the course of the investigation.

The filing said investigators had examined instructions and messages sent by Sonel to suspect Gökhan Ertok. Prosecutors assessed that the two had established an unlawful and “shadowy” network of relations in which public authority was used as a tool, Mezopotamya Agency (MA) reported citing the investigation file.

Monitoring Doku's family illegally

The widening case now centers not only on what happened to Doku, but also on allegations that officials used their positions to suppress evidence, manipulate records and monitor the family illegally after her disappearance.

Last week, 15 suspects were remanded in custody, including former governor Sonel’s wife, Handan Sonel, who also faces allegations of destroying, concealing or altering evidence. The arrests followed operations in Elazığ, Malatya, Ankara, İstanbul and Dersim on Jul 21 and 23.

The suspects targeted included three doctors, a nurse, hospital and information technology employees, the owner of a technology company, a businessperson and two security guards.

The Erzurum Chief Public Prosecutor’s Office said investigators had obtained new findings concerning the alleged deletion of medical records and coordinated efforts to conceal evidence.

The inquiry has also expanded into the financial activities of Sonel and other suspects. Prosecutors requested a detailed review of their assets, bank transfers and property transactions. Transactions involving Eroğlu, Sonel's bodyguard, since 2019 were included in the review.

Prosecutors are also examining claims that Doku’s body, which has never been found, was buried or otherwise disposed of.

Six years without answers

Doku, a 21-year-old child development student at Munzur University, disappeared in Dersim on Jan 5, 2020.

The initial investigation focused on the possibility that she had entered the Uzunçayır Dam Lake after a signal was detected from her phone. No trace of her was found, despite extensive searches and the draining of the reservoir.

For years, the case was largely treated as a disappearance or possible suicide. Doku’s family repeatedly rejected that account and accused public officials of withholding evidence.

The new investigation has shifted the focus toward a suspected killing and an alleged institutional cover-up extending through law enforcement, administrative bodies, hospitals and digital record systems.

Despite dozens of detentions and arrests, Doku’s remains have not been found, and the circumstances of her disappearance have yet to be established. (BIA, 28 July 2026)

Seven arrested in Ankara ‘gay bar’ probe

An Ankara court today ordered seven people jailed pending trial in an investigation into an entertainment venue frequented by the city's LGBTI+ community.

The Ankara Chief Public Prosecutor’s Office said it launched the investigation following complaints submitted to the Presidential Communication Center (CİMER), witness statements, open-source research and posts on the venue’s social media accounts.

Prosecutors alleged that the venue hosted sexually explicit entertainment and activities that violated “public morality.”

The seven suspects were detained yesterday and later sent to court after questioning by prosecutors.

The prosecutor's office did not disclose which legal provisions formed the basis of the allegations. No details were provided about statements from the suspects or their lawyers.

Pro-government media outlets used discriminatory language targeting LGBTI+s in their coverage of the operation. A Haber news site used the phrase “LGBT perversion” in its headlines. Sabah newspaper highlighted phrases including “gay parties,” “erotic dancing between men” and “gay bar." (BIA, 28 July 2026)


Gezi prisoners Mater and Özerden transferred back to İstanbul after five days in İzmir

Gezi Park trial convicts Çiğdem Mater and Mine Özerden returned to İstanbul on Jul 25, five days after their transfer to a prison in İzmir.

The two women were taken from the İzmir Women’s Closed Prison, also known as Şakran Prison, to the Marmara Women’s Closed Prison in İstanbul’s Silivri district.

Mater and Özerden had been held at the Bakırköy Women’s Closed Prison since their imprisonment in 2022. They were transferred to Şakran Prison on Jul 20, and admitted to the facility the same day.

Mater’s lawyer Hürrem Sönmez noted after the initial transfer that the prisoners' families and lawyers were based in İstanbul and that the transfer would be another form of punishment.

“Family visits will become more difficult, and they will face another form of isolation beyond imprisonment itself,” she told bianet.

The İstanbul 13th Heavy Penal Court sentenced Mater and Özerden to 18 years in prison in Apr 2022, for “aiding an attempt to overthrow the government.”

The Court of Cassation’s 3rd Penal Chamber upheld both sentences in Sep 2023.

The case concerned the 2013 Gezi Park protests, which drew millions of people across Turkey. Eight rights advocates were accused of organizing and financing the demonstrations with the intent of overthrowing the government.

An initial trial ended in acquittals, but a retrial resulted in lengthy prison sentences, including an aggravated life sentence for philantropist Osman Kavala. Three defendants whose sentences were later overturned were acquitted following another retrial. (BIA, 27 July 2026)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Le célèbre humoriste Goktas à nouveau arrêté après avoir été libéré dans une première affaire

Un humoriste turc a de nouveau été arrêté sur de nouvelles accusations vendredi après sa libération dans une affaire initiée en juillet, dans laquelle il était poursuivi pour avoir insulté l'islam et le président Recep Tayyip Erdogan, ont rapporté les médias turcs.

Deniz Goktas, 32 ans, dont les spectacles de stand-up génèrent des millions de vues en ligne, avait été interpellé à l'aéroport d'Istanbul début juillet.

Son arrestation s'inscrivait dans le cadre d'un vaste durcissement de la répression par les autorités turques contre les critiques du gouvernement de M. Erdogan, des musiciens, artistes, journalistes et responsables politiques faisant l'objet de poursuites judiciaires.

Vendredi, un tribunal a ordonné sa remise en liberté à la suite d'un recours contre sa détention de juillet, a indiqué la chaîne privée NTV.

Mais avant que la décision ne puisse être appliquée, les procureurs ont ouvert une autre enquête visant l'humoriste, qui est détenu dans la ville de Corlu, dans le nord-ouest du pays.

Il a été de nouveau arrêté pour "apologie d'un crime et d'un criminel" en raison de propos tenus lors d'un de ses spectacles, ce qui a empêché sa sortie de prison, selon NTV.

Son avocat n'a pas pu être joint dans l'immédiat pour commenter. (AFP, 28 août 2026)

Four journalists detained after posting ‘Erdoğan passed away’

Four journalists from Aydın Denge News were arrested after the newspaper posted on their Facebook a headline titled “Erdoğan passed away.” It turns out that the Erdoğan in question was someone named Gülşen Erdoğan, who shares the same last name as Turkish President Recep Tayyip Erdoğan.

Following the public backlash, the Aydın Chief Public Prosecutor's Office initiated an investigation on charges of "publicly disseminating misleading information," regulated under Article 217/A of the Turkish Penal Code.

According to ANKA News Agency, the four journalists taken by the police were the newspaper's representative Emin Aydın, Managing Editor Yeşim Ülker, reporter İslam Keleş, and İrem Delice. 

Following procedures at the police station the four journalists were brought to Aydın Courthouse and released on condition of judicial control. (BIA, 27 August 2026)

International human rights organizations call for Osman Kavala’s release

Following yesterday’s ruling by the European Court on Human Rights (ECtHR) in favor of Gezi Park protestor Osman Kavala, major human rights organizations Amnesty International, Human Rights Watch (HRW), the International Commission of Jurists (ICJ) and the Turkey Litigation Support Project (TLSP) made a joint statement calling on Turkey to immediately implement the Court’s judgement.

The organizations also requested that Council of Europe member states explicitly and clearly demand Turkey comply with the ECtHR decision and immediately release Kavala. Member states should make Kavala’s case a priority agenda item when dealing with Turkey, they said.

Director of Amnesty International's European Institutions Office Eve Geddie said the following: “Türkiye has defied two previous binding rulings from the Court in his case. This obstruction of justice must end. Türkiye’s authorities, including judicial and prosecutorial, must act to free Osman Kavala immediately and unconditionally.”

Who is Osman Kavala

Osman Kavala is a Turkish businessman, philanthropist and human rights defender well-known for his role in civil society. Kavala was initially arrested in 2017 on charges of allegedly funding the nationwide anti-government 2013 Gezi Park protests. The charges have since been dropped but afterwards he was arrested on espionage charges, stemming from the same investigation. He has remained in prison since 2017, despite multiple rulings from the ECtHR calling for his release. His case has attracted the attention of civil rights organizations around the world. 

The joint statement emphasized the Court’s finding that Kavala’s trial and subsequent detention is politically motivated, and thus Turkey has a responsibility to overturn the convictions against him.

“Europe’s highest human rights court has confirmed beyond doubt that Kavala’s arrest, detention, prosecution and conviction as part of the Gezi trial was politically motivated and completely flawed from start to finish,” TLSP Director Ayşe Bingöl Demir said.

The statement also noted that Turkey was among one of the first states to join the Council of Europe and become party to the Convention. This means that Turkey has already agreed to protect the rights it enshrines and implement the binding judgements of the Court.

Yesterday's ruling was the ECtHR’s third on the Kavala case. In the Court’s initial Dec. 2019 ruling, it found that Kavala’s detention was in violation of his right to liberty and silenced him as a human rights defender. A subsequent July 2022 ruling found that Turkey had not fulfilled its obligations based on the binding 2019 decision.  

“Osman Kavala has been unlawfully imprisoned for nearly nine years,” said HRW senior legal advisor Aisling Reidy.

“The European Court has now demanded his immediate release three times. It is vital that the Council of Europe and its member states act to ensure that the Court’s judgments are respected and that Osman Kavala – finally – is freed.” (BIA, 26 August 2026)


Playwright and political activist Bilgesu Erenus dies at 83

Bilgesu Erenus, a prominent playwright, author and activist whose work brought Turkey’s political and social conflicts to the stage, died yesterday at the age of 83.

The İstanbul Metropolitan Municipality City Theaters announced her death and offered condolences to her family.

“We are deeply saddened to learn of the death of Bilgesu Erenus, one of the valuable figures of Turkish theater and literature,” it said. “We remember with respect and mercy Bilgesu Erenus, who left a profound mark on dramatic literature through her works and wrote ‘Yaftalı Tabut,’ which is part of our repertoire.”

A memorial ceremony will be held at the Harbiye Muhsin Ertuğrul Stage on Aug 8 at 10.30 am local time (GMT+3).

Erenus continued writing politically engaged plays even when they struggled to find stages. Her works addressed labor, history, political pressure, identity and the position of intellectuals in society.

Her plays included “El Kapısı,” “Ortak,” “Kaside,” “Kelaynaklar,” “Halide,” “555 K,” “Dokumacılar,” “Fikret,” “İkiantikomünist,” “Themis ile Lombroso” and “Yaftalı Tabut.”

She also wrote the novels “Kazı,” “Gece” and “Göz,” as well as memoirs, essays, biographies and screenplays. Her screenwriting credits included “Bir Tren Yolculuğu,” “İkili Oyunlar,” “Devlerin Ölümü” and “Dersim 38.”

Erenus worked at the Turkish Radio and Television Corporation (TRT) from 1965 to 1973. She left after her first play was staged by Ankara Art Theater, but later described both TRT and the theater as her principal schools.

Erenus served on the executive board of the Writers Union of Turkey between 1977 and 1979, when author Aziz Nesin chaired the organization.

Erenus also recorded the music albums “Şarkılarımız” in 1987 and “Şarkılarımız Kardeştir” in 1998.

Political activities

In 1984, she was among the intellectuals who took a declaration opposing the rule of Kenan Evren to Çankaya.

She also contributed to Toplumsal Kurtuluş magazine, founded by the late socialist author Yalçın Küçük and his colleagues, and was its owner for a period. In 1987, she helped organize and presented the first May Day gathering held after the 1980 military coup.

Her efforts to challenge restrictions on the Kurdish language through music frequently resulted in her detention.

In 1995, she was briefly held at Bayrampaşa Prison after being tried by a military court on an accusation of discouraging the public from military service. The case followed her participation in a meeting organized by the Cam-İş union.

Erenus also opened her home to people involved in political protests. In 1986, she hosted university students who could not find a place to hold a hunger strike during protests against the Council of Higher Education.

In 2001, she hosted mothers of prisoners who sought to voice demands concerning prison conditions, aiming to protect them from police violence in the streets.

Pandora's Box

During the 2000s, Erenus performed a show titled “Pandora’nın Kutusu,” or “Pandora’s Box,” at public gatherings and university theater departments. Accompanied by her guitar and İbiş, a traditional Turkish theater character, she revisited scenes from her plays to examine the recent history of Turkey and the world.

Journalist Meral Aslankaya recalled meeting Erenus during the student protests of Apr 1987, when more than 2,000 students marched from Aksaray to Beyazıt against a proposed law restricting student associations.

Erenus arrived with her guitar to support students holding a hunger strike after hundreds of protesters were detained, Aslankaya wrote.

“At the darkest moment, when artists, intellectuals, academics, trade unionists and society as a whole had been intimidated, Bilgesu Erenus stepped forward with her guitar and her heart,” she said. “She was an honorable intellectual of this country and an important symbol of a period’s struggle for democracy.”

She was born in 1943 in Gölpazarı, in the northwestern province of Bilecik, where her father served as a district governor.

After attending Kadıköy Girls’ College, she briefly studied law and at a conservatory. She later graduated from İstanbul University’s Institute of Journalism. (BIA, August 6, 2026)

Journalist Ertuğrul Özkök faces probe After comparing Erdoğan to Spain’s Franco

Journalist Ertuğrul Özkök is under investigation for "insulting" President Recep Tayyip Erdoğan after comparing his rule to Francisco Franco’s dictatorship in Spain.

The İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office announced yesterday that it had launched an ex officio investigation into Özkök over his remarks made during a YouTube broadcast.

Appearing on journalist Bahar Feyzan’s channel on Jul 31, the 79-year-old argued that Turkey’s current political system had been built around Erdoğan’s personality and therefore could not survive beyond him:

“These days will pass. As a student, I witnessed firsthand how Franco’s regime collapsed in Spain. Franco’s 30-year dictatorship disappeared overnight. The regime changed the very night he died, the very night!

“No one should think regimes like this can continue forever. They cannot. Today’s regime in Turkey has been designed around Tayyip Erdoğan’s personality, and it functions only through his personality. There is no second person who could carry this regime forward in Turkey, and there cannot be for a long time.

“After all, our president is 72 years old. Seventy-two is not that old, he may have years ahead of him, but eventually age catches up with everyone. I know that because I’m living it myself.

“That’s why everyone needs to stop and think. I believe that if justice worked better in Turkey today, if human rights and meritocracy functioned properly, and if there were greater media freedom, President Erdoğan would actually have a much better chance of being re-elected.”

After clips from the interview circulated widely on social media, the prosecutor’s office announced yesterday that it had opened an ex officio investigation.

During the 1990s and 2000s, Özkök was one of the country’s most influential journalists as editor-in-chief of Hürriyet, then Turkey’s largest newspaper.

His prime years coincided with an era of unstable coalition governments in the 1990s, when political parties were weaker and the mainstream media wielded considerable influence over politics.

He stepped down as editor-in-chief of Hürriyet in 2009 but continued writing columns until 2021.

In a 2024 interview with journalist Hasan Basri Akdemir on his YouTube channel, Özkök admitted that "I'm not a dissident" and that "I made my career as a journalist who has been close to the ruling power."

AKP spokesperson denounces Özkök

Ömer Çelik, spokesperson for Erdoğan's ruling Justice and Development Party (AKP), criticized Özkök’s remarks in a written statement today, emphasizing that Erdoğan is a democratically elected leader:

“Comparing our president, one of the world’s leaders with the highest democratic legitimacy, to a dictator who committed crimes against humanity reflects intellectual and moral bankruptcy.

“We fought our democratic struggle against this mindset during the most difficult times, and we will continue to do so.

“This same mindset also claims that ‘there is no such party as the AK Party.’ That is nothing more than the wishful thinking of a decayed mentality. Anyone who wants to learn the truth should go out into the streets, say the same thing, and experience the response firsthand. (BIA, August 4, 2026)

Arrestation d'un acteur devenu maire d'une banlieue d'Ankara

Star du petit écran en Turquie pour ses rôles de commissaire rebelle, élu
maire d'opposition d'une banlieue d'Ankara, Erdal Besikcioglu a été arrêté jeudi dans le cadre d'une enquête sur la corruption, a annoncé la justice turque.

"Une opération simultanée a été menée dans neuf provinces, autour d'Ankara, visant 55 suspects, dont le maire d'Etimesgut, Erdal Besikcioglu, 42 employés municipaux et 13 dirigeants d'entreprise, accusés de création et gestion d'une organisation criminelle, détournement de fonds et corruption", a indiqué le bureau du parquet de la région Ankara-ouest dans un communiqué.

L'enquête a été ouverte suite à des allégations d'irrégularités dans certains appels d'offres de la municipalité d'Etimesgut et reprend des chefs d'accusation similaires à ceux qui visent les élus d'opposition depuis dix-huit mois, dont le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu arrêté en mars 2025.

Elu en 2024 du CHP, Parti républicain du peuple, alors premier parti d'opposition, après une carrière au théâtre et sur le petit écran, M. Besikcioglu est notamment connu pour son rôle dans la série Behzat C, où il incarnait un commissaire en lutte contre les vices du système.

Une autre élue du CHP, Sinem Dedetas, maire du district d'Uskudar sur la rive asiatique d'Istanbul, a été arrêtée mercredi pour "irrégularités dans le processus de délivrance des permis de construire".

Depuis sa victoire écrasante aux élections locales, où il a largement devancé l'AKP du président Erdogan, le CHP a fait face à une pression judiciaire croissante: des centaines de ses responsables et élus ont été arrêtés pour des faits présumés de corruption.

M. Imamoglu était considéré considéré comme l'un des rares hommes politiques capables de vaincre le président turc Recep Tayyip Erdogan dans les urnes.

À ce jour, au moins 28 maires membres du CHP sont, comme lui, incarcérés.

La semaine dernière, le chef de l'opposition Özgür Özel a annoncé quitter le CHP dont il a été évincé sur décision de justice, pour fonder le Yeni Parti ("Nouveau Parti" en turc) emmenant avec lui 91 députés. (AFP, 30 juil 2026)


Kurdish Question / Question kurde

Le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, qui venait de dissoudre les puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

Le ministère de l'Education syrien a en parallèle publié une décision autorisant la langue kurde dans les écoles, en application d'un décret présidentiel reconnaissant le kurde comme langue nationale.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi a commandé pendant des années les puissantes FDS, une force dirigée par les Kurdes et soutenue par Washington, qui avait été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

L'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'était félicité mardi de cette décision "absolument historique", qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

 - "Sacrifices consentis"

 "Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et alors que Washington cherchait un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, les FDS comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum Abdi a adhéré à l'accord d'intégration signé entre les Kurdes et les nouvelles autorités de Damas à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait du nouveau pouvoir central.

M. Chareh avait de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale - une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

Le ministère de l'Education syrien a publié jeudi soir une décision autorisant l'enseignement du kurde dans les écoles "publiques et privées dans les régions où les citoyens kurdes forment une part notable des habitants".

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée. "Notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution", avait-il ajouté.

Les Kurdes, qui se plaignent historiquement de leur discrimination en Syrie, sont estimés à environ 2 millions dans le pays, sur une population de 20 millions d'habitants.

Ils sont notamment concentrés dans le nord-est syrien mais sont également présents à Damas et Alep. (AFP, 28 août 2026)

Pour la Turquie, la dissolution des SDF est cruciale pour la stabilité de la Syrie

La Turquie a affirmé mercredi que la dissolution des Forces démocratiques syriennes (SDF), dirigées par les Kurdes, représentait une étape importante pour la stabilisation de la Syrie.

"A ce stade, la dissolution des SDF représente une avancée importante pour renforcer l'autorité de l'Etat dans tout le pays et rassembler les différentes composantes de la société", a estimé le directeur de la communication de la présidence turque, Burhanettin Duran, sur X.

"Il est essentiel, pour instaurer une stabilité durable, que l'administration syrienne continue d'adopter une approche inclusive", a-t-il ajouté.

La Turquie considère les FDS comme étant liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a mené une insurrection de plusieurs décennies dans le pays avant de renoncer à la lutte armée.

Le chef kurde syrien Mazloum Abdi a annoncé mardi soir la dissolution des SDF, qui avaient vaincu les jihadistes du groupe Etat islamique, en application d'un accord avec le président Ahmad al-Chareh, allié proche d'Ankara.

Le pouvoir syrien et les Kurdes négociaient depuis des mois l'application d'un accord conclu en janvier, prévoyant l'intégration complète des institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

Dès sa prise du pouvoir en décembre 2024, le nouveau dirigeant islamiste syrien, qui a renversé Bachar al-Assad, s'était attelé à réunifier le pays morcelé par une longue guerre civile et à démanteler les groupes armés.

Profitant du chaos de la guerre civile (2011-2024), les Kurdes avaient pris le contrôle de larges parties du nord et du nord-est de la Syrie et y avaient établi une administration autonome.

Les FDS, formées en 2015 à l'initiative de Washington, constituaient l'armée de l'administration autonome kurde en Syrie, et avaient combattu les jihadistes de l'EI soutenues par la coalition internationale pilotée par les Etats-Unis.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, Kurdes et Arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Selon l'analyste Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie, les Kurdes sont estimés à environ 2 millions en Syrie, sur une population de 20 millions d'habitants. (AFP, 26 août 2026)

Le chef des puissantes forces kurdes annonce leur dissolution

Le chef kurde syrien Mazloum Abdi a annoncé mardi soir la dissolution de ses puissantes forces, qui avaient vaincu les jihadistes du groupe Etat islamique, en application d'un accord avec le président Ahmad al-Chareh, déterminé à réunifier la Syrie.

"Nous annonçons aujourd'hui la fin de la mission des Forces démocratiques syriennes (FDS) et déclarons, en toute responsabilité, leur dissolution en tant que force militaire indépendante", a affirmé M. Abdi dans un discours en arabe puis en kurde.

Il a fait cette annonce au palais présidentiel à Damas après une rencontre avec le président islamiste, en présence de responsables militaires et politiques kurdes.

Le pouvoir syrien et les Kurdes négociaient depuis des mois l'application d'un accord conclu en janvier, prévoyant l'intégration complète des institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

Dès sa prise du pouvoir en décembre 2024, le nouveau dirigeant islamiste syrien, qui a renversé Bachar al-Assad, s'était attelé à réunifier le pays morcelé par une longue guerre civile et à démanteler les groupes armés.

Profitant du chaos de la guerre civile (2011-2024), les Kurdes avaient pris le contrôle de larges parties du nord et du nord-est de la Syrie et y avaient établi une administration autonome.

Selon la télévision officielle syrienne, l'annonce de M. Abdi prévoit également la dissolution de l'administration autonome ainsi que de toutes les structures militaires et civiles qui en dépendent, et leur intégration complète dans les institutions de l'Etat syrien.

M. Abdi a précisé que la dissolution de ses forces intervenait "après l'accord conclu avec le président Chareh et l'achèvement du processus d'intégration de nos forces au sein des brigades de l'armée syrienne".

 - "Lourde responsabilité" -

 "Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité avec emphase sur X de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

Elle intervient au lendemain de l'annonce par les Etats-Unis du retrait de la Syrie de la liste des Etats accusés de soutenir le terrorisme, une étape majeure vers la relance économique.

Les FDS, formées en 2015 à l'initiative de Washington, constituaient l'armée de l'administration autonome kurde en Syrie, et avaient combattu les jihadistes de l'EI soutenues par la coalition internationale pilotée par les Etats-Unis.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, Kurdes et Arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

"Depuis la création des FDS, leurs combattants ont assumé une grande responsabilité durant l'une des périodes les plus difficiles" pour la Syrie, a fait valoir le chef kurde.

"Ils ont libéré de nombreuses villes et localités syriennes, d'abord du régime baassiste, puis du terrorisme de Daech", a-t-il ajouté, en référence au pouvoir du président déchu Bachar al-Assad et en utilisant la désignation arabe de l'EI.

La dissolution de cette force, longtemps la mieux entraînée et la plus organisée de Syrie, marque, selon les experts, la fin d'une époque pour les Kurdes du pays.

Ces derniers avaient longtemps rêvé d'autonomie avant la chute de Bachar al-Assad, qui a conduit Washington à réorienter son soutien au profit des nouvelles autorités de Damas, favorables aux Etats-Unis.

D'autant qu'entretemps, l'EI a été vaincu territorialement en Syrie en 2019, même si des résidus du groupe restent actifs dans le pays.

"Les circonstances ont changé aujourd'hui et le pays est entré dans une nouvelle phase placée sous le signe de la paix et de la participation", a ajouté M. Abdi.

Il a cependant souligné que "le droit à l'enseignement en langue kurde est l'un des droits les plus importants que notre peuple kurde revendique depuis des décennies", rappelant que M. Chareh avait affirmé à plusieurs reprises son engagement à préserver ce droit.

Selon l'analyste Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie, les Kurdes sont estimés à environs 2 millions en Syrie, sur une population de 20 millions d'habitants.

Le président syrien avait signé en janvier un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale, une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946. (AFP, 25 août 2026)


Kurdish migrant workers attacked, officials call it an ‘isolated incident’

Kurdish seasonal agricultural workers who migrated from Mardin to Düzce's Cumayeri and Gümüşova districts to work said a group, including one person with a knife, gathered in front of their home and demanded they leave the region.

Additionally, more than 70 workers and their families who migrated from Şırnak's Cizre and Silopi districts to Bektaşlı Village connected to Zonguldak's Alaplı district to pick hazelnuts faced two attacks over two days.

He threatened the workers with a knife in Düzce

According to information sent by Düzce workers to Mezopotamya Agency, the attack started in the evening hours while they were sitting in the garden of their house.

The workers said a group came to where they were staying and one of them pulled out a knife, cursing the workers and telling them to leave the region. The workers subsequently called the police who arrived on the scene and took the assailant away. The workers said they were worried about their safety following the attack and are considering leaving the region.

The Düzce Governorship announced that the suspect, named M.A., had seven separate criminal records. M.A., who was referred to the courthouse, was later arrested by the court. 

In Zonguldak, more than 70 workers and their families were attacked twice

More than 70 seasonal hazelnut workers and their families who arrived in the Bektaşlı Village, (connected to Zonguldak's Alaplı district) from Şırnak's Cizre and Silopi districts, faced multiple attacks over two days. 

According to reports, the incident began when children threw melon and watermelon waste into a water source. Following an argument, the area where the workers were staying was stoned and later vehicles carrying workers leaving the village were also subject to stoning attacks. Gendarmerie law enforcement could not ensure the safety of the workers.

Social media footage depicted a group attacking the workers, including children sitting in the bed of the pickup truck, with sticks and stones. (BIA, 24 August 2026)

Le Rojava, expérience historique kurde, intégré à l'Etat syrien



Le processus d’intégration des institutions civiles et militaires kurdes dans l’appareil d’État syrien a pris fin jeudi. Une page se tourne après des décennies de lutte pour l’autodétermination et l'existence du Rojava.

Le leader kurde Mazloum Abdi a annoncé jeudi la fin du processus d’intégration des institutions civiles et militaires kurdes au sein des institutions de l’État syrien, sonnant le glas des espoirs d’autonomie de cette minorité.

Cette annonce fait suite à des mois de négociations consécutives à un accord conclu en janvier entre les Kurdes et les autorités islamistes ayant renversé le président Bachar al-Assad, prévoyant l’intégration complète des institutions dans l’appareil d’Etat.

Lorsque le soulèvement syrien éclate en 2011, le régime de Bachar al-Assad retire progressivement une partie de ses forces du nord-est du pays pour concentrer ses moyens ailleurs. Les organisations kurdes profitent alors du vide laissé par l'État pour prendre le contrôle de plusieurs villes. En 2012, elles proclament une administration autonome. Le terme Rojava, qui signifie « Ouest » en kurde – en référence au Kurdistan occidental –, devient rapidement le symbole de cette nouvelle expérience politique. Contrairement à de nombreux mouvements nationalistes kurdes, les dirigeants du Rojava affirment ne pas vouloir créer un État indépendant. Leur ambition est différente : construire une société fondée sur l'autonomie locale, la participation citoyenne et la coexistence entre les différentes communautés de la région.

Le projet politique du Rojava s'inspire des travaux d'Abdullah Öcalan, fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), emprisonné en Turquie depuis 1999. Abandonnant progressivement l'objectif d'un État kurde indépendant, Öcalan développe le concept de confédéralisme démocratique. Selon cette vision, le pouvoir ne doit pas être concentré entre les mains d'un État centralisé mais réparti entre des communes, des conseils locaux et des assemblées populaires. L'objectif est de faire participer directement les habitants aux décisions qui concernent leur quotidien, tout en favorisant la coopération entre les différentes communautés.

Cette philosophie repose sur trois autres principes fondamentaux. D'abord, l'écologie, considérée non comme une simple politique sectorielle, mais comme une condition de l'autonomie des sociétés et de leur capacité à préserver les ressources naturelles. Le deuxième est l'égalité entre les femmes et les hommes, érigée en principe structurant de l'ensemble des institutions : la plupart des responsabilités sont exercées en coprésidence par un homme et une femme, tandis que des organisations féminines disposent de pouvoirs propres. Enfin, le projet défend la coexistence entre les peuples, les cultures et les religions, en cherchant à faire cohabiter Kurdes, Arabes, Assyriens, Arméniens, Turkmènes, Yézidis et d'autres communautés au sein d'institutions communes, où chaque groupe est censé être représenté et voir sa langue ainsi que son identité reconnues.

Une place centrale accordée aux femmes

C'est probablement l'aspect qui a le plus attiré l'attention internationale. Au Rojava, de nombreuses institutions fonctionnent selon un système de coprésidence : chaque responsabilité est exercée simultanément par un homme et une femme. Des conseils exclusivement féminins disposent également d'un droit de regard sur certaines décisions publiques. Sur le plan militaire, les Unités de protection de la femme (YPJ) deviennent célèbres lors de la bataille de Kobané contre l'organisation État islamique en 2014-2015. Les images de combattantes kurdes affrontant Daech font le tour du monde et contribuent à faire connaître le Rojava bien au-delà du Moyen-Orient. Pour les responsables kurdes, l'émancipation des femmes n'est pas un simple objectif social : elle constitue une condition indispensable de toute transformation politique.

Malgré son image de territoire kurde, le nord-est syrien est particulièrement diversifié. Kurdes, Arabes, Assyriens, Syriaques, Arméniens, Turkmènes, Tchétchènes ou encore Yézidis y vivent depuis longtemps. L'administration autonome affirme vouloir garantir une représentation de cette diversité dans les institutions locales et reconnaître plusieurs langues officielles selon les territoires. Cette volonté de pluralisme constitue l'un des principaux arguments avancés par les défenseurs du Rojava pour distinguer son projet des logiques nationalistes classiques.

À partir de 2014, l'organisation État islamique conquiert une grande partie de l'est de la Syrie. Les forces kurdes des YPG et des YPJ, bientôt intégrées aux Forces démocratiques syriennes (FDS) avec plusieurs groupes arabes, deviennent le principal partenaire terrestre de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. La reprise de Kobané, puis celle de Raqqa, ancienne capitale de Daech en Syrie, marquent des tournants majeurs dans le conflit. Des milliers de combattants kurdes perdent la vie au cours de cette guerre.

Le Rojava suscite autant d'enthousiasme que de réserves. Ses partisans y voient une expérience unique de démocratie participative, de féminisme institutionnel et de coexistence entre différentes communautés dans une région longtemps dominée par les régimes autoritaires. Ses détracteurs soulignent au contraire le poids prépondérant du Parti de l'union démocratique (PYD), considéré comme proche du PKK. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont également documenté des restrictions visant certains partis d'opposition, des arrestations arbitraires ou encore des cas de recrutement de mineurs, même si les autorités kurdes ont pris plusieurs engagements pour y mettre fin.

La Turquie, principale menace

Pour Ankara, les YPG ne sont qu'une extension syrienne du PKK, organisation considérée comme terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les États-Unis. Depuis 2016, l'armée turque a lancé plusieurs offensives contre les territoires administrés par le Rojava, notamment à Afrin, Ras al-Aïn et Tall Abyad. Ces opérations ont entraîné des déplacements massifs de population et profondément réduit le territoire contrôlé par l'administration autonome. La Turquie continue aujourd'hui de considérer l'existence d'une entité kurde autonome à sa frontière comme une menace stratégique majeure.

Après les bouleversements politiques qu'a connus la Syrie, l'administration autonome tente désormais de préserver ce qu'elle a construit depuis plus de dix ans. Des discussions sont régulièrement engagées avec les nouvelles autorités syriennes autour de la place que pourraient conserver les institutions locales, les Forces démocratiques syriennes et les différentes administrations civiles. Rien ne garantit toutefois que cette autonomie survivra aux recompositions politiques en cours. Le destin du Rojava dépend désormais autant des choix des acteurs syriens que des rapports de force entre la Turquie, les États-Unis, la Russie et les puissances régionales.

Qu'on la considère comme une révolution démocratique, une utopie fragile ou un projet imparfait confronté aux réalités de la guerre, l'expérience du Rojava occupe une place singulière dans l'histoire récente du Moyen-Orient. Au milieu d'une région marquée par les dictatures, les conflits confessionnels et les rivalités géopolitiques, ce territoire a tenté d'expérimenter une autre manière d'organiser le pouvoir. Son avenir reste incertain. Mais son existence a déjà profondément marqué les débats contemporains sur la démocratie, le féminisme, l'autonomie des peuples et les formes alternatives d'organisation politique.


Une attaque de drones contre le bureau du Premier ministre du Kurdistan

L'Irak a annoncé lundi qu'il allait enquêter sur l'origine de tirs de drones ayant visé dans la nuit le bureau du Premier ministre du Kurdistan autonome, imputés par ce dernier à l'Iran, qui a condamné une attaque "suspecte".

L'attaque, dans les environs de Pirmam, dans la province d'Erbil, et qui n'a pas fait de victimes, a été annoncée sur X par Masrour Barzani, le Premier ministre du Kurdistan, région autonome dans le nord de l'Irak, qui a mis en cause des "drones iraniens".

"Le domicile du chef de l'Agence de sécurité et de renseignement" a également été visé, selon M. Barzani, qui a condamné des actes "irresponsables et inacceptables" et dénoncé une "escalade dangereuse".

Les services de lutte antiterroriste du Kurdistan irakien ont affirmé que l'attaque s'était produite à "00H28", au moyen de "deux drones piégés de type Hadid 110", et avait été lancée "depuis la frontière avec l'Iran".

Le chef du gouvernement irakien, Ali al-Zaïdi, a ordonné lundi la création d'une commission d'enquête pour identifier les auteurs et l'origine de l'attaque, a indiqué son cabinet, sans désigner de responsables.

Depuis le début de la guerre au Proche-Orient, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, le Kurdistan irakien, qui accueille des troupes américaines et des compagnies pétrolières étrangères, ainsi que des groupes kurdes iraniens en exil - qualifiés de terroristes par Téhéran - a été la cible d'attaques menées par l'Iran et des factions armées irakiennes pro-iraniennes.

Lors d'un échange entre les chefs de la diplomatie des deux pays, Téhéran a assuré à Bagdad ne "disposer d'aucune information indiquant que l'attaque provenait du territoire iranien", a indiqué le ministère des Affaires étrangères irakien.

- "Menace pour la stabilité régionale" -

"Rien ne justifie l'attaque inconsidérée contre le bureau du Premier ministre Barzani. Les amis kurdes doivent rester vigilants face aux opérations sous faux drapeau visant à semer la discorde entre voisins", a de son côté déclaré sur X le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.

Son porte-parole, Esmaïl Baghaï, a souligné "la détermination de l'Iran à préserver (...) les relations amicales avec l'Irak et le Kurdistan" et "insisté sur la nécessité (...) de déjouer les sinistres complots des ennemis" des deux pays, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne Irna.

Mardi matin, Irna a fait savoir que M. Araghchi s'était entretenu au téléphone avec son homologue irakien Fouad Hussein au sujet des "derniers développements régionaux et (des) questions de sécurité frontalière".

L'envoyé spécial du président américain Donald Trump en Irak, Tom Barrack, a quant à lui "fermement" condamné "l'attaque contre notre ami et précieux partenaire kurde", y voyant une "menace directe pour la stabilité régionale".

Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, soutiennent pleinement M. Zaïdi "dans le rétablissement de la pleine souveraineté de l'Irak et pour s'assurer que toutes les armes et toutes les forces de sécurité restent sous l'autorité de l'Etat irakien".

Par ailleurs, le média local Rudaw a fait savoir tôt mardi sur X qu'une "explosion" avait touché un dépôt de produits pétroliers dans l'est du Kurdistan irakien et fait 18 blessés, citant le directeur général adjoint à la Santé de la province de Sulaymaniyah, sans plus de précisions.

Sous la pression de Washington, Bagdad a donné jusqu'au 30 septembre aux groupes armés pro-iraniens actifs dans le pays pour se désarmer, une échéance qui coïncide avec la fin de la mission de la coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington.

Nombre des puissantes factions armées soutenues par Téhéran, dont le poids politique et financier s'est accru en Irak au fil des années, sont apparues dans le sillage de l'invasion du pays par les Etats-Unis en 2003.

Si certaines d'entre elles ont annoncé qu'elles coopéreraient pour remettre leurs armes à l'Etat, d'autres refusent d'en discuter tant que des forces étrangères demeurent dans le nord de l'Irak. (AFP, 18 août 2026)

Amnistie conditionnelle en Turquie, mais insuffisante face à la question kurde

La joie était palpable dans le sud-est de la Turquie lundi. Mais dans la région à majorité kurde se mêlaient également doutes et incertitudes, après le vote ce 10 août au Parlement d’une loi sur la démobilisation des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Elle devrait en effet permettre le retour de milliers de militants armés, tandis que les poursuites et l’exécution des peines des auteurs de certaines infractions liées à l’insurrection kurde contre le pouvoir d’Ankara devraient être suspendues pour cinq à dix ans en fonction du crime. Période au bout de laquelle les enquêtes seront classées et les peines considérées comme purgées, en l’absence de récidive. Une étape importante dans le processus de paix lancé en février 2025 entre Ankara et le groupe séparatiste armé qu’il considère comme terroriste. D’autant que le pouvoir a réussi à bâtir un consensus perçu comme historique sur la question. Mais l’étape ne règle pas encore les questions de fond permettant de dépasser la « question kurde » en Turquie.

Consensus sans précédent parmi les partis turcs

Si le média Daily Sabah, proche du pouvoir, parle d’une législation antiterroriste, d’autres ont évoqué une loi d’amnistie conditionnelle. Deux perspectives pour contenter tout le monde ? Car la « question kurde » reste polarisante en Turquie. « Ce qui est sans précédent, c’est qu’il n’y a pas eu de disputes, de critiques émanant de la population. C’est la première fois qu’il y a un tel consensus sur la question parmi pratiquement toutes les formations politiques, à part le petit parti IYI ultranationaliste, laïc, très opposé au pouvoir en place depuis des années, ainsi qu’à toute perspective d’ouverture sur la question kurde », note pourtant Bayram Balci, ingénieur de recherche au CNRS. Proposé par le parti présidentiel AKP et la formation prokurde DEM, le texte a été adopté à une large majorité juste avant la pause estivale, avec 468 voix pour sur les 562 parlementaires présents. À la fin de la session, Devlet Bahçeli, chef du parti nationaliste MHP devenu contre toute attente le visage du processus de réconciliation avec les Kurdes dès fin 2024, a serré la main des responsables du DEM.

La « loi sur le renforcement de la solidarité nationale et de l’intégration sociale » contenterait finalement le pouvoir et les nationalistes, maintenant une conditionnalité sur la réintégration définitive des partisans du PKK en société, soumise également au désarmement du groupe. Les auteurs d’homicide ne seront ainsi pas concernés par des suspensions de peine, ainsi que ceux condamnés à perpétuité avant 2005. Surtout, le processus permet de rendre obsolète le recours à la violence, alors que le PKK porte désormais haut et fort le slogan de la démocratisation et de la participation politique pour faire avancer ses intérêts, et que les familles de combattants se lassent de leur exil forcé. « A priori, aucun pays de la région ne pourra plus s’emparer du PKK pour l’utiliser contre la Turquie, y compris Israël, avance Bayram Balci. Si les Kurdes sont dans une logique de paix avec Ankara, un bon rapport pourrait se développer entre les Kurdes de Syrie et le pouvoir à Damas notamment. » De quoi renforcer la stratégie régionale du président Recep Tayyip Erdogan et protéger la stabilité de la Turquie, au moment où le Moyen-Orient est en proie à des conflits perturbateurs, de Gaza à l’Iran en passant par le Liban et le Yémen.

Pas de libération pour Öcalan

Le PKK avait cependant exprimé sa désapprobation avant même le vote. « Cette loi contient de graves erreurs et lacunes. Les recommandations (...) concernant la démocratisation et le règlement de la question kurde n’ont pas été prises en compte », a critiqué le groupe retranché principalement dans les montagnes irakiennes de Qandil. Depuis l’appel du 27 février 2025, lorsque le chef de la formation, Abdallah Öcalan, avait enjoint depuis sa prison au groupe de désarmer et se dissoudre, les avancées ont été peu nombreuses. Certes, le PKK a annoncé en mai 2025 sa dissolution officielle, tandis qu’une cérémonie symbolique de remise des armes a eu lieu en Irak en juillet. Mais les revendications kurdes ne se sont jusqu’à présent pas concrétisées, comme la demande de libérer le leader emprisonné depuis 1999, exclue de la législation votée lundi. Sans cette remise en liberté, « de nombreuses dispositions de la loi resteront lettre morte », a prévenu le mouvement.

« Les détails de la mise en pratique du processus, notamment la manière dont on donnera des droits aux Kurdes, culturels, politiques ou encore relatifs à l’enseignement de la langue, continueront certainement de provoquer des désaccords et des tensions, prévoit Bayram Balci. Mais la libération d’Öcalan ne sera jamais acceptée par la population et le PKK en est conscient, il la demande surtout pour la forme. » Le pouvoir avait par ailleurs assuré avant le vote que le leader historique du PKK resterait « en mesure de contribuer au processus » de paix, bénéficiant déjà de conditions allégées de détention. Affaibli ces dernières années face à une puissance de feu turque inégalée jusque-là dans ce conflit, le groupe semble avoir choisi le pragmatisme. Selon l’AFP, près de 3 500 anciens combattants kurdes pourraient être libérés dans la première phase d’application de la loi d’amnistie conditionnelle. Dans un délai de six mois, des milliers de combattants à l’étranger devraient par ailleurs pouvoir rentrer en Turquie sans avoir à faire face à la justice. Les personnes touchées par la loi pourraient en outre recouvrer leurs droits politiques si elles ne sont pas coupables de nouveaux crimes. Des perspectives qui ne pourraient en aucun cas résulter d’une action militaire, mais qui seront liées au désarmement et à la dissolution effectifs du groupe.

Reste que la Turquie de Recep Tayyip Erdogan s’emploie à neutraliser l’opposition, et que rien ne protégera particulièrement les anciens combattants réhabilités face à la répression politique. Dans le contexte régional actuel, où les Kurdes pourraient être instrumentalisés dans l’espoir de faire tomber le régime iranien ou pour déstabiliser le nouveau pouvoir syrien, les antagoniser serait néanmoins une stratégie risquée, si ce n’est perdante, pour Ankara. Le parti présidentiel pourrait plutôt utiliser ce processus de paix pour rallier l’électorat kurde, dans le cas où Recep Tayyip Erdogan souhaiterait briguer un nouveau mandat, pour lequel il aurait besoin d’un amendement constitutionnel ou d’une dissolution anticipée du Parlement. (orientlejour.com, 12 août 2026)


Le PKK dénonce les "erreurs" du projet de loi sur l'avenir de ses combattants

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en voie de dissolution, a fustigé dimanche les "erreurs et lacunes" du projet de loi sur l'avenir de ses combattants, qui sera soumis lundi aux députés turcs, exigeant également la libération du chef historique de la guérilla kurde.

"Cette loi comporte de graves erreurs et lacunes. Les recommandations du rapport de la commission parlementaire (chargée de préparer un cadre légal au processus de paix avec le PKK, NDLR) concernant la démocratisation et le règlement de la question kurde n'y sont pas prises en compte", déplore la direction du PKK dans un communiqué diffusé par l'agence de presse ANF, proche du groupe armé.

"Le fait que (le projet de loi) mentionne uniquement le désarmement sans employer le terme +Kurde+ montre que la question n'a pas été abordée dans sa globalité", estime le PKK en exigeant la garantie que ses combattants renonçant aux armes "pourront participer à une vie politique démocratique fondée sur la liberté de pensée et d'association", sans risquer d'être "emprisonnés en raison de leurs propos".

Les responsables du PKK affirment en outre que "de nombreuses dispositions de la loi resteront lettre morte" si le chef historique du groupe armé, Abdullah Öcalan, âgé de 77 ans et emprisonné à l'isolement depuis 1999, n'est pas remis en liberté.

Or, le sort de ce dernier, qui avait appelé l'an dernier le PKK à déposer les armes en réponse à une initiative de paix des autorités turques lancée fin 2024, n'a pas été officiellement tranché.

Le projet de loi prévoit le retour à la vie civile d'une partie des combattants du PKK qui déposeront les armes, sans toutefois ouvrir la voie à une amnistie générale.

Le texte, porté notamment par le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan et le parti prokurde DEM, prévoit de suspendre les poursuites et l'exécution des peines des auteurs de certaines infractions pour une période allant de cinq à dix ans.

En l'absence de récidive au cours de ce délai de sursis, les enquêtes seront classées et les peines considérées comme purgées, selon le projet de loi consulté par l'AFP.

Les auteurs des crimes les plus graves - comme les homicides volontaires -
seront toutefois exclus de ce mécanisme. Des médias progouvernementaux turcs affirment que cela devrait aussi être le cas d'Abdullah Öcalan, qui purge une peine de prison à vie.

L'opposant kurde Selahattin Demirtas, emprisonné depuis 2016, s'est lui prononcé dimanche en faveur du projet de loi, disant espérer qu'"une nouvelle étape cruciale" sera franchie "dans cet effort de paix historique".

Selon l'ancien coprésident du principal parti prokurde de Turquie, cette loi "transformera radicalement le destin de notre pays et de notre région", après plus de quatre décennies d'une lutte armée qui a fait au moins 50.000 morts. (AFP, 9 août 2026)

Kurdes tués à Paris: un cheminot retraité sera jugé aux assises en février 2027

Un cheminot retraité, qui a reconnu avoir tué trois Kurdes en décembre 2022 à Paris, sera jugé du 23 février au 8 mars devant la cour d'assises pour assassinats et tentatives d'assassinats commis en raison de l'origine, l'ethnie ou la religion des victimes, a appris l'AFP vendredi de source judiciaire.

William Malet, conducteur de TGV à la retraite, désormais âgé de 73 ans, a reconnu avoir ouvert le feu, le 23 décembre 2022, devant un centre culturel kurde rue d'Enghien, dans le 10e arrondissement, "un repaire" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon lui, faisant trois morts et trois blessés.

Mis en examen et écroué après les faits, M. Malet a expliqué son geste par sa "haine pathologique" des étrangers.

Onze jours avant son attaque, il était sorti d'un an de détention provisoire pour avoir blessé, avec un sabre, des migrants dans un campement parisien en décembre 2021.

Il avait expliqué que les assassinats des Kurdes étaient "la suite" du cambriolage de son pavillon de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) en 2016, lors duquel il avait agressé au couteau trois intrus qu'il avait surpris alors qu'il revenait chez lui, ce qui lui a valu trois ans de prison. En mai 2023, la cour d'appel de Paris avait écarté "complètement l'état de légitime défense".

Depuis cet épisode, "j'ai toujours eu envie d'assassiner des migrants, des étrangers", a affirmé M. Malet devant le juge d'instruction, décrivant son intention de se suicider ensuite "pour que (sa) mort ne passe pas inaperçue".

La justice antiterroriste s'est plusieurs fois interrogée pour savoir si elle devait se saisir de ce dossier et avait été consultée par les magistrats instructeurs.

Mais, selon les juges d'instruction,"rien dans la procédure ne permet de relever des indices" que le suspect avait pour "intention de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur".   La "motivation profonde" de William Malet est "davantage d'ordre intime que politique" et aucun document ni référence idéologique n'a pu le rattacher à "un quelconque courant, notamment d'ultra-droite ou politique d'extrême droite", ont-ils souligné dans leur ordonnance de renvoi en juillet 2025.

Contactés par l'AFP, les avocats de M. Malet ou de parties civiles n'ont pas donné suite ou pas souhaité commenter ce procès à venir. Ces dernières avaient déploré en novembre 2025 que la qualification terroriste n'ait pas été retenue. (AFP, 7 août 2026)

Le président du Kurdistan autonome en Syrie pour discuter de l'intégration des Kurdes

Le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh a reçu lundi à Damas le président du Kurdistan autonome, Nechirvan Barzani, pour des discussions sur l'accord visant à intégrer les institutions kurdes syriennes au sein du pouvoir central, selon des sources officielles à l'AFP.   Il a été signé en janvier après des affrontements entre les forces gouvernementales et les Kurdes mais sa mise en oeuvre piétine.

Nechirvan Barzani avait contribué à cet accord, sous l'égide des Etats-Unis, et avait alors rencontré le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, à Erbil, capitale du Kurdistan irakien.   Il s'agit de sa première visite à Damas depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024.    Selon le bureau du président syrien, l'entretien des deux hommes a porté sur les moyens de "renforcer la coordination, notamment sur le plan économique (...), de manière à contribuer au maintien de la sécurité et de la stabilité" du pays, dévasté par des années de guerre.

De son côté, Nechirvan Barzani a déclaré, dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, avoir exprimé à son interlocuteur son "soutien à une Syrie stable et unie, où les droits de toutes les composantes ethniques et religieuses sont préservés".   Ils ont également discuté de "l'importance du rôle de la Syrie dans le renforcement de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région".

Le déplacement de M. Barzani a pour objectif d'aborder "l'accord du 29 janvier et les mesures d'intégration des FDS au sein du gouvernement" central, a indiqué une source officielle syrienne à l'AFP.    Il "porte essentiellement sur le suivi" de cet accord, a confirmé une source diplomatique sous couvert d'anonymat, sans exclure une possible rencontre avec Mazloum Abdi.

A la faveur de la guerre civile (2011-2024), les Kurdes soutenus par l'Occident avaient pris le contrôle de larges parties du nord et du nord-est de la Syrie et étaient le fer de lance de la lutte anti-jihadiste.

Après qu'une coalition de rebelles islamistes a renversé le président Bachar al-Assad en décembre 2024, les nouvelles autorités ont cherché à stabiliser et réunifier le pays.

Et un an plus tard, les forces kurdes ont dû, sous la pression militaire de Damas, se retirer de larges pans du nord du pays.

L'accord avec le gouvernement syrien conclu dans la foulée a sonné le glas des espoirs d'autonomie de cette minorité.   L'aéroport de Qamichli, le seul du nord-est de la Syrie, dont les Kurdes s'étaient emparés après la chute d'Assad, est ainsi passé sous le contrôle des autorités islamistes.

Les Kurdes ont également remis à l'Etat les champs pétroliers, principale source de financement de l'administration autonome.

Mais des divergences entre les deux camps ont retardé l'intégration de brigades kurdes dans l'armée.   Nechirvan Barzani avait salué en début d'année la signature de l'accord, y voyant l'espoir d'une "protection des droits des kurdes (...) dans la future Constitution" que devra rédiger le nouveau Parlement.  (AFP, 3 août 2026)

La guérilla kurde exige l'implication "directe" de son fondateur dans le processus de paix

La guérilla kurde du PKK a exigé que son leader historique Abdullah Öcalan, en détention depuis 1999, soit "directement" impliqué dans toute décision la concernant et que son statut soit "clarifié", dans une déclaration relayée jeudi par l'agence de presse ANF, proche du mouvement armé kurde.

Un projet de loi concernant l'avenir des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a annoncé sa dissolution en mai 2025 afin de sceller la paix avec le gouvernement turc après plus de quatre décennies de lutte armée, devrait être soumis la semaine prochaine au Parlement turc.

"Nous avons affirmé à chaque occasion que le statut du Leader Apo (nom familier de M. Öcalan signifiant oncle en kurde, ndlr) doit être clairement défini et sa liberté effective" a indiqué la guérilla dans un communiqué repris par l'ANF et signé "la direction du mouvement".

"Car il est impossible de répondre aux exigences des décisions prises et des lois adoptées sans la participation du Leader Apo et sans qu'il dirige ce processus de manière directe", a insisté le PKK.

Abdullah Öcalan, 77 ans, est détenu depuis 1999 sur l'île-prison d'Imrali (nord-ouest), en mer de Marmara, au large d'Istanbul.

Un processus entamé en octobre 2024 à l'initiative du leader du parti nationaliste MHP, Devlet Bahçeli, allié du gouvernement turc, vise à mettre un terme aux années de violences qui ont fait au moins 50.000 morts.

Il reste à trouver un statut légal et une issue pour ses combattants : la mission a été confiée à une commission parlementaire ad hoc qui a rendu son rapport en février, sans avancée ensuite. (AFP, 30 juil 2026)

En Syrie, des Kurdes déplacés attendent toujours de rentrer chez eux

Depuis le camp du nord-est de la Syrie où il vit depuis sept ans, Ahmad Oussi lance un appel à l'aide pour pouvoir revenir dans sa ville natale, dont il a été chassé par des combats entre l'armée turque et les forces kurdes.

Le retour des déplacés kurdes constitue l'une des pierres d'achoppement de l'application de l'accord signé en janvier entre les Kurdes syriens et le pouvoir central.

"Tous les habitants du camp veulent rentrer" à Ras al-Aïn, dit Ahmad Oussi, 26 ans, mais "des membres des factions (proturques, NDLR) vivent dans nos maisons et nous disent qu'on ne peut pas revenir".

Ces combattants et leurs familles, eux-mêmes déplacés d'autres régions, se sont installés dans les maisons abandonnées par les Kurdes, selon des témoignages d'habitants.

"J'espère que l'administration kurde et le gouvernement syrien (...) nous feront sortir du camp et nous permettront de regagner notre ville au plus vite", ajoute M. Oussi.

Comme des milliers de Kurdes, le jeune homme a été forcé en 2019 de fuir sa ville de Ras al-Aïn, à la frontière turque, devant une offensive des troupes turques et de leurs alliés syriens contre les forces kurdes, leur bête noire.

Il vit depuis dans le camp informel d'al-Talaeh, sous contrôle kurde, à quelque 70 km de sa ville natale.

Le camp poussiéreux d'al-Talaeh abrite environ 17.000 personnes de la région de Ras al-Aïn qui était habitée par des Kurdes et des Arabes, dont des chrétiens.

- Maisons squattées -

Dans le camp situé dans une zone aride, des femmes préparent à manger en s'abritant du soleil près d'un camion citerne. D'autres habitants vendent de l'essence dans des bouteilles en plastique.

"On nous dit sans cesse que nous rentrerons cette semaine ou la semaine prochaine (..)", dit Kubar Qader, une mère de sept enfants en fouillant dans un étal de vêtements.

"Nous ne savons même pas si nous pourrons un jour rentrer chez nous", ajoute cette femme de 43 ans.

L'accord entre Damas et les Kurdes, qui prévoit l'intégration des institutions militaires et civiles kurdes au sein de l'Etat, a sonné le glas des espoirs d'autonomie de cette minorité.

"Le dossier du retour des déplacés (...) est l'une des principales questions en suspens" qui retardent l'application de l'accord, explique à l'AFP Abdel Karim Omar, représentant de l'administration autonome kurde à Damas.

A la faveur de la guerre civile (2011-2024), les Kurdes soutenus par l'Occident avaient pris le contrôle de larges parties du nord et du nord-est de la Syrie.

Après qu'une coalition de rebelles islamistes a renversé le président Bachar al-Assad en décembre 2024, les nouvelles autorités ont cherché à stabiliser et réunifier le pays.

Mais le dossier des déplacés reste l'un des plus épineux, avec quelque 5,5 millions de Syriens qui n'ont toujours pas regagné leurs foyers selon l'ONU.

Interrogé par l'AFP, un responsable local relevant du pouvoir central confirme sous couvert d'anonymat que des membres de factions proturques se sont installés dans des maisons abandonnées de Ras al-Aïn.

Il assure cependant qu'ils ont quitté certaines maisons "dès que les propriétaires se sont adressés aux autorités locales ou aux forces de sécurité".

Et selon lui, "des dizaines de familles sont revenues", certaines "sous la protection du gouvernement" ou en coordination avec des autorités locales.

- "Mourir là-bas" -

Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn, ou Sari Kani en kurde, explique à l'AFP que des "mesures préliminaires" ont été récemment prises pour le retour des déplacés, "comme de premières visites sur place et le déploiement d'équipes de déminage".

Mais "d'importants obstacles persistent", souligne-t-il, d'autant que "la région reste sous influence turque".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, l'armée turque maintient notamment trois positions dans la région.

Cette ONG qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie affirme que de nombreux habitants kurdes relèvent des Forces démocratiques syriennes (FDS, contrôlées par les Kurdes) et qu'ils redoutent "des actes de vengeance" s'ils reviennent.

Fatna Abdel-Qader, une habitante du camp de 65 ans, pleure en évoquant sa vie passée à Ras al-Aïn.

"Ma terre me manque, c'est là-bas que je souhaite mourir", confie cette femme au visage buriné, qui partage une tente avec son mari et sept petits-enfants. (AFP, 29 juil 2026)

Minorités / Minorities


Politique intérieure/Interior Politics

Israël, Öcalan, dettes  extérieures et le prochain président

Ragip Duran, TVXS.GR, 23 août 2026
Pendant la troisième semaine d’août, quatre sujets étaient à la une des médias et de l’opinion publique en Turquie :

- L’attaque aérienne d’Israël en Syrie contre une base de l’armée turque

- Agitation et propagande des fidèles d’Öcalan au sujet du projet étatique de la « Turquie sans terrorisme »

- Publication par la Banque centrale des statistiques des dettes extérieures de la Turquie

- Résultats des enquêtes d’opinion publique sur le prochain président de la République
 
L’aviation d’Israël a effectué, le 18 août dernier, 8 raids contre le camp militaire syrien Ebu Zuhr à 65 km de la frontière turque, où se trouvent des soldats turcs. Le Premier ministre B. Netanyahu a publiquement déclaré qu’ils avaient déjà averti Ankara et qu’ils ont voulu envoyer un message net et clair afin que l’armée turque n’avance plus vers le sud de la Syrie.

Le régime Erdoğan, déjà derrière l’administration Al-Charaa de Damas, estime qu’Israël désire déstabiliser la Syrie, voire qu’il se prépare à attaquer la Turquie.

Les fidèles d’Abdullah Öcalan ont organisé à Istanbul, le 19 août, une réunion de propagande réservée à seulement 27 journalistes choisis et invités, tous partisans du processus de la « Turquie sans terrorisme », pour faire connaître les déclarations d’Öcalan. Ce dernier croit que « le processus va très bien et que le PKK (voire les Kurdes) sera dans l’avenir une colonne de l’État turc aussi  solide que le MHP » (Parti d’action nationaliste, extrême-droite, allié d’Erdoğan, 46 sièges sur 592). Plusieurs observateurs remarquent qu’Öcalan est désormais devenu « une sorte de ventriloque du régime Erdoğan ». D’ailleurs, les partisans d’Öcalan, de plus en plus proches du régime, ont déjà commencé à faire l’éloge du sultan Abdulhamid (au pouvoir entre 1876 et 1909 et connu comme le symbole d’une oppression sanglante). Ils parlent également « des terres ottomanes » (terminologie en harmonie avec l’expansionnisme). Enfin, ils critiquent sévèrement la principale formation de l’opposition, le Nouveau Parti (kémaliste, centre-gauche, 91 sièges), qui n’est pas un fervent défenseur du processus de la « Turquie sans terrorisme ».

Selon la dernière publication de la Banque centrale, le régime Erdoğan a battu le record des dettes extérieures : 539 milliards de dollars US mi-2026. Les dettes extérieures ont augmenté de 33,4 % depuis l’arrivée mi-2023 de M. Mehmet Şimşek, ministre de la Trésorerie et des Finances. « Les caisses de l’État sont désormais comme un grand tambour », ironise un économiste.

Enfin, Gundemar, une société d’enquête d’opinion publique, a publié les résultats d’un sondage réalisé en juillet 2026, dans 60 départements sur 81, avec la participation de 2 300 citoyens. La question posée était : « Quel candidat choisirez-vous si, ce dimanche, il y a l’élection du président de la République ? »

- Mansur Yavaş (maire d’Ankara, ancien Loup gris, reste membre du CHP (Parti républicain du peuple), 44 sièges, sous la direction de M. Kılıçdaroğlu, administrateur nommé par le régime) 60,17 %
- R. T. Erdoğan, actuel président de la République et président de l’AKP (Parti de la justice et du développement, 280 sièges) 39,83 %

- Özgür Özel, président du Nouveau Parti 58,73 %
- R. T. Erdoğan 41,27 %

- Ekrem İmamoğlu (ancien maire d’Istanbul, en prison depuis mars 2025) 57,47 %
- R. T. Erdoğan 42,53 %
 
Selon ces estimations, Erdoğan serait le grand perdant des élections qui devraient se tenir théoriquement en mai 2028.

De 5 à 23 ans de prison pour cinq maires d'opposition en Turquie

Un tribunal d'Istanbul a condamné lundi cinq maires turcs d'opposition, reconnus coupables entre autres de corruption, à des peines allant de cinq ans et dix mois à plus de 23 ans de prison, ont rapporté les médias turcs.

Ces élus arrêtés au premier semestre 2025 sont tous issus du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), formation d'opposition au président Recep Tayyip Erdogan dans le viseur de la justice.

Le maire d'opposition de la ville d'Adiyaman (sud-est) a lui été acquitté, et un autre, élu en 2024 à la tête de l'arrondissement d'Istanbul le plus peuplé, a été condamné à huit mois avec sursis pour "abus de pouvoir par négligence", au terme du procès qui s'était ouvert fin janvier.

Riza Akpolat, maire de l'arrondissement stambouliote de Besiktas, a été acquitté du crime d'appartenance à une organisation criminelle mais reconnu coupable de corruption, trucage d'offres et blanchiment, écopant de 23 ans et trois mois de prison, la peine la plus lourde, selon l'agence de presse officielle Anadolu.

L'homme d'affaires repenti Aziz Ihsan Aktas, auteur des aveux incriminant les élus d'opposition et initialement accusé d'avoir dirigé une supposée organisation criminelle liant ces derniers, a été acquitté de cette charge, selon Anadolu. Il encourait jusqu'à 280 ans de prison.

"Je suis innocent. Il n'existe aucune preuve concrète dans cette affaire. Tout repose sur (...) des déclarations de calomniateurs", avait lancé lundi devant la cour le maire de Besiktas, Riza Akpolat, selon des propos rapportés par l'agence de presse Anka.

Sorti large vainqueur d'élections locales en 2024 face au parti AKP du président Erdogan au pouvoir depuis 2002, le CHP croule depuis sous les enquêtes et les arrestations.

Plusieurs dizaines de ses maires ont été arrêtés et démis de leurs fonctions à travers la Turquie.

La destitution au printemps du président du parti a poussé ce dernier à fonder fin juillet un nouveau mouvement, le Yeni Parti.

Le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, ex-figure de proue du CHP passée au Yeni Parti, a été arrêté l'an passé alors qu'il s'apprêtait à être désigné candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue en 2028.

Son arrestation pour "corruption", une accusation qu'il rejette, a provoqué une vague de contestation, inédite en Turquie depuis 2013. (AFP, 24 août 2026)

New Party MP stabbed by former CHP executive

New (Yeni) Party deputy Melih Meriç was hospitalized today after being stabbed in the southeastern province of Antep by a former local executive of the Republican People’s Party (CHP), according to local authorities.

Meriç, who represents Antep in parliament, underwent surgery at Gaziantep City Hospital following the attack in the Şahinbey district. Initial reports said his condition was life-threatening, while officials later said he was stable after surgery.

The motive for the stabbing was not immediately known.

The attack comes amid a split in the CHP, Turkey’s oldest political party. The New Party was founded by Özgür Özel after he was removed as CHP leader by a court ruling in May. Ninety-one of the CHP’s 135 deputies joined the New Party. The authorities did not comment on whether the stabbing was related to the political dispute.

Security camera footage captured the incident, showing an altercation between Meriç and the suspect following a tense exchange.

MP's condition improved after surgery

Gaziantep Governor Kemal Çeber, who visited the hospital, said Meriç’s surgery had been completed and that his condition was stable.

“There were some scenarios we feared when our lawmaker was taken into surgery. Thankfully, none of them occurred," he said.

Çeber said he expected the suspect to be detained soon, adding that “the person is known to us."

Gaziantep City Hospital Chief Physician Prof. Dr. Ahmet Ulaşan said Meriç suffered an intestinal injury that was repaired during surgery.

“His condition is currently stable,” Ulaşan said. “There was an intestinal injury, and it was repaired. His blood pressure is stable. The latest information we received was that they had begun closing the incision. We can say his condition is stable.”

Meriç’s close protection officer was not with him during the attack because the deputy had given the officer time off around noon.

Parliaement speaker condemns the attack

Parliament Speaker Numan Kurtulmuş condemned the attack and said parliament would follow the investigation.

“I condemn the attack on New Party Antep lawmaker Melih Meriç and wish him a speedy recovery,” Kurtulmuş said. “Violence can have no justification, excuse or legitimacy.”

“As the Turkish parliament, we will continue to stand against all forms of violence and will follow the process through to the end to ensure that every aspect of the attack is brought to light and that those responsible are held accountable before the law,” he added. (BIA, 18 August 2026)

Öcalan attend la paix, Erdogan continue de détruire l’opposition
 
Ragip Duran, TVXS.GR, 3 août 2026
 
« La Turquie a deux agendas : pas à pas vers la paix, pas à pas vers de nouvelles arrestations », écrit Murat Sabuncu, chroniqueur du site d’information générale T24.com.tr.
 
En effet, les deux plus importants sujets de la semaine étaient la répression qui continue de s’abattre sur les maires et membres de la principale formation de l’opposition (auparavant le CHP, 135 sièges, et depuis le 21 juillet dernier le Nouveau Parti, 91 sièges), et l’attente de la promulgation par l’Assemblée nationale de la loi-cadre au sujet de « la Turquie sans terreur ».
 
Le président Erdogan, apparemment satisfait, a déclaré mercredi que cette loi sera à l’ordre du jour de l’Assemblée « dans les jours à venir ». « Quand le processus de la Turquie sans terreur atteindra son objectif, les Turcs, mais également les Kurdes, les Arabes, les Lazes et les Circassiens vont gagner », a-t-il estimé. Il a évalué à  2.3 billions de dollars le coût des dégâts économiques et financiers causés par le terrorisme.
 
Öcalan, leader emprisonné du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, créé en 1978, en lutte armée contre le pouvoir central depuis 1984 et qui s’est dissous le 12 mai 2025) et ses partisans, qui parlent du processus de « la paix et de la démocratie sociale », ne sont pas très contents du contenu de cette nouvelle loi. Car cette loi ne fait aucune référence ni à la paix, ni à la démocratie, ni d’ailleurs aux Kurdes. Il s’agit d’un texte qui organise le retour au pays des militants armés kurdes basés en Irak, en Syrie et en Iran, et des activistes kurdes en exil à l’étranger. Les conditions imposées sont assez lourdes selon le projet de loi.
 
La majorité des Kurdes, qui ont beaucoup souffert depuis 1984 — environ 40 000 guérilleros et civils tués, des centaines d’hameaux et villages détruits, des centaines de milliers d’arrêtés et écroués, leur langue et expression culturelle interdites —, s’oppose à cette initiative du pouvoir ouvertement et passionnément soutenue par Öcalan, qui préconise « l’intégration démocratique », id est l’assimilation totale des Kurdes aux normes et valeurs de la Turquie et des Turcs. Le leader controversé a publiquement déclaré le 27 février 2025 que « les Kurdes ne veulent ni un État indépendant, ni une fédération ou bien l’autonomie ». Le PKK s’est autodissous et une trentaine de militants ont brûlé leurs armes, signe symbolique de la démilitarisation à la demande de leur chef suprême, « qui est en harmonie complète avec le pouvoir », précise Metiner Mehmet, un ancien député kurde d’Erdogan.
 
« Il n’y a pas de négociation entre l’État turc et Öcalan. Ce dernier a désormais la seule mission de faire appliquer la stratégie antikurde du régime Erdogan », croit le Dr Yektan Turkyilmaz, spécialiste du sujet.
 
« Dans ces conditions, c’est-à-dire quand le pouvoir ne cesse de réprimer l’opposition, comment réaliser la paix ? » se demandent Murat Sabuncu et plusieurs autres observateurs turcs et kurdes.

İstanbul's Üsküdar district mayor detained in 'corruption' investigation

Üsküdar Mayor Sinem Dedetaş and five others were detained in İstanbul today as part of an investigation into alleged irregularities in building permit procedures.

The İstanbul Anatolian Chief Public Prosecutor’s Office is conducting the investigation on allegations of bribery, extortion through abuse of office, and forming and leading a criminal organization.

Police raided 11 addresses across İstanbul and seized digital equipment, the prosecutor's office said in a statement. The investigation was launched following tipoffs, statements from contractors and testimony from some suspects.

The investigation is the latest in a series of "corruption" probes targeting opposition-run municipalities since March last year. More than 35 mayors have been detained in those investigations, including mayors of major cities such as İstanbul, Bursa, Adana and Antalya. The opposition views these operations as politically motivated efforts orchestrated by the goverment to weaken their rivals.

Most of these municipalities have remained under the control of the opposition because acting mayors to replace suspended mayors are elected by municipal councils, where opposition parties generally hold a majority.

The other people detained this morning were Üsküdar's deputy mayor F.D., mayoral adviser U.M., chief of staff A.K., and N.A., general director of Kent AŞ, a municipal subsidiary operating in urban renewal projects.

Alleged irregularities

According to the prosecutor's office, the municipality involved the Kent AŞ subsidiary in building permit procedures to generate income, despite the subsidiary lacking authority to issue permits.

Prosecutors claimed that municipal staff pressured contractors to sign “consultancy service” contracts with the subsidiary. Kent AŞ signed contracts worth a total of 1.08 billion liras (~47.5 million US dollars) with contractors and collected 361.4 million liras under these agreements, according to Financial Crimes Investigation Board findings.

Kent AŞ head N.A. was also allegedly involved in determining how much money would be requested from contractors, including for turning a blind eye to regulatory violations at construction sites. Part of the money was distributed to municipal employees.

For major construction projects, payments from contractors were demansed in US dollars, according to the investigation file. (BIA, 29 July 2026)

Erdogan très mécontent de la réorganisation de l’opposition

Ragip Duran, TVXS.GR, 27 juillet 2026
Le président Erdogan, qui continue à perdre des points dans les sondages d’opinion, avait cru que, grâce à la décision d’un tribunal qui avait nommé M. Kemal Kilicdaroglu à la tête du CHP (Parti républicain du Peuple, kémaliste, 135 sièges sur 592), la principale formation de l’opposition serait affaiblie, voire complètement divisée et marginalisée.
 
La cour régionale d’appel d’Ankara avait, le 21 mai dernier, décidé la nullité absolue du dernier congrès général du CHP, tenu les 4 et 5 novembre 2023, lors duquel M. Ozgur Ozel avait détrône Kilicdaroglu. Ce dernier très passif, très conciliatoire envers le régime était Président du Parti depuis mai 2010 et avait été battu lors de 11 élections générales, locales et référendums.
 
Ozgur Ozel, Président élu, mène une lutte politique contre à la fois le régime Erdogan et ‘’le Président nommé’’. Il voulait reprendre légalement les reins du Parti sinon créer un nouveau Parti. La seconde option est désormais à l’ordre du jour.
 
Yalçin Dogan, chroniqueur chevronné du site d’information T24.com.tr, estime que ‘’La nouvelle route est pleine de conviction et d’enthousiasme, mais elle est en temps douloureuse et épineuse’’. Dogan observe qu’Ozel ‘’au lieu de lutter contre la bureaucratie judiciaire et le régime d’Ankara, il a préféré descendre dans la rue et rassembler derrière lui les masses mécontentes d’Erdogan’’. Cette stratégie a mis le régime en difficulté. ‘’AKP est inquiet. AKP a peur de voir la fin de son règne’’ écrit-il. Kilicdaroglu est désormais devenu un instrument du pouvoir, mais seul un très petit minorité du CHP le suit, constate-t-il.
 
‘’Ozel a déjoué les plans du Palais’’ croit de son côté Mehmet Y. Yakup le chef chroniqueur du même site. ‘’Ozel est tout le temps avec le peuple. Erdogan n’arrive plus à dormir à cause des cauchemars. AKP ne peut plus diriger le pays. Il a également perdu la légitimité’’ estime-t-il. Mais il n’omet pas non plus d’avertir les dirigeants du nouveau parti: ‘’Erdogan continuera de se servir de l’appareil judiciaire qui est à sa disposition contre Ozel’’ écrit-il. L’immunité parlementaire d’Ozel peut être levée, croit-il. En effet, le régime avait annulé la validité du diplôme universitaire de M. Ekrem Imamoglu, le candidat favori contre Erdogan pour les élections présidentielles prévue pour l’été 2028. Un tribunal avait arreté et mis en prison l’ancien maire d’Istanbul en mars 2025.
 
Erdogan est capable de tout faire pour rester au pouvoir, analyse l’ensemble des observateurs de l’opposition. La conjoncture régionale et internationale, la crise économique et sociale sont à l’avantage de l’Homme Unique. ‘’Il est au pouvoir depuis 2002, mais le début de la fin est au seuil du Palais. La chute ne sera sûrement pas tout de suite et créera un grand bouleversement de longue durée’’ prévoit le Prof. Cengiz Aktar.

Forces armées/Armed Forces

Frappes sur un aéroport militaire dans le nord-ouest de la Syrie

Des appareils non identifiés ont frappé mardi un aéroport militaire hors service dans le nord-ouest de la Syrie, où sont présentes des forces du ministère de la Défense du pays, a indiqué une source sécuritaire à l'AFP.

"Tôt mardi matin, des appareils inconnus ont bombardé l'aéroport militaire d'Abou Dhouhour, dans la province d'Idleb", a déclaré cette source sous couvert d'anonymat.

L'aéroport, qui a subi de lourds dégâts pendant la guerre civile syrienne, est hors service depuis 2012, selon la même source, et est actuellement protégé par les forces du ministère syrien de la Défense.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, ces frappes ont eu lieu après "la visite, ces derniers jours, d'une délégation militaire turque à l'aéroport dans le cadre des efforts en cours visant à le remettre en service".

La Turquie est un allié clé des nouvelles autorités syriennes.

Aucune victime n'a été signalée et l'attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

L'armée israélienne a décliné tout commentaire, en réponse à une question de l'AFP concernant ces frappes.

Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis le renversement, en décembre 2024, du président Bachar al-Assad par une coalition de groupes islamistes.

Le nord-ouest du pays a également été frappé par le passé par une coalition internationale menée par les États-Unis dans le cadre de la lutte contre le groupe jihadiste "État islamique".

La Syrie est à présent membre de cette coalition.

A leur arrivée au pouvoir, les nouvelles autorités de Damas avaient pris le contrôle de l'aéroport d'Abou Dhouhour, tenu par les forces de Bachar al-Assad depuis fin 2018, après que des factions armées rebelles et djihadistes eurent pris le contrôle d'une grande partie de la province d'Idleb trois ans plus tôt. (AFP, 18 août 2026)

Explosive drone hits police center in northeastern Turkey

A suspected drone carrying explosives crashed into the grounds of a police department in Turkey’s Black Sea province of Trabzon, damaging three parked vehicles but causing no casualties, local authorities said.

The object fell into the courtyard of the Arsin District Security Directorate at around 7 pm, the Trabzon Governor Tahir Şahin told reporters at the scene.

Preliminary findings indicated that the object was an unmanned aerial vehicle, Şahin said, adding that authorities were working to determine the origin of the drone.

Fixed-wing drones, which are widely used in the Russia-Ukraine war, have occasionally reached northern parts of Turkey, but none had previously exploded there.

Videos circulating on social media appeared to show an explosion smaller than those typically associated with fixed-wing drones and more similar to an explosion involving an FPV drone. (BIA, 18 August 2026)


La Turquie a déployé cinq F-16 en Estonie dans le cadre de l'Otan

La Turquie a déployé cinq avions de chasse F-16 et leurs équipages en Estonie dans le cadre de la mission de police de l'air de l'Otan, a indiqué jeudi le ministère turc de la Défense.

"Dans le cadre de la mission de police aérienne renforcée de l'OTAN, le déploiement de cinq avions F-16 et de leur personnel sur la base aérienne d'Amari en Estonie, où ils seront stationnés du 1er août au 30 novembre 2026, est achevé", a déclaré le ministère.

"Durant cette mission, nos unités contribueront à la sécurité de l'espace aérien balte dans le cadre des activités conjointes de défense aérienne de l'OTAN", a ajouté le ministère, précisant que la Turquie prendra vendredi le relais du Portugal pour cette mission.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques membres de l'Alliance atlantique, qui partagent une longue frontière avec la Russie, ont enregistré depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022 un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Des avions Rafale français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone errant début juin en Lettonie. (AFP, 30 juil 2026)

Affaires religieuses / Religious Affairs

Dozens detained, assets seized in crackdown on Süleymancılar religious order

Police have detained at least 30 people, including Alihan Kuriş, the leader of the religious order known as Süleymancılar, in an investigation led by the Ankara Chief Public Prosecutor’s Office.

The office said the investigation targeted the alleged "Alihan Kuriş criminal organization" and did not mention the Süleymancılar group.

Simultaneous raids in the morning targeted 123 addresses in 17 provinces, İstanbul, Ankara and Antalya. Prosecutors issued detention warrants for 49 suspects and three were found to be abroad.

Authorities also seized assets belonging to the suspects and appointed trustees to over 30 companies linked to their members.

The group is facing allegations of “establishing and leading a criminal organization,” “membership in a criminal organization,” “laundering assets derived from crime,” “fraud to the detriment of public institutions and organizations” and violations of the Tax Procedure Law.

Similar religious orders and communities in Turkey have a presence in both civil society and the economy, operating through foundations and companies.

Who are the Süleymancılar?

The group widely known as Süleymancılar, which literally means “Süleymanists,” and referred to by their own community as "Süleymanlılar," is a Sunni Muslim religious order, or tariqa, based in Turkey. It is believed to have a few million followers and sympathizers.

The group takes its name from Süleyman Hilmi Tunahan, who conducted religious education activities during the early republican era. It is known for Quran courses, student dormitories, associations and educational activities.

After Tunahan’s death in 1959, the group continued to be led by members of the his family and people close to them.

Alihan Kuriş became the group’s leader following the death of Arif Ahmet Denizolgun in 2016.

The Süleymancılar also operate outside Turkey, particularly in Germany, through religious education centers and associations.

The group’s relations with public institutions, its student dormitories and educational activities, as well as its economic structure have previously been the subject of public debate and news coverage.

Suspicious money transfers

The prosecutor’s office said the investigation was focused on the financial activities of companies linked to the suspects.

According to a report by Turkey’s Financial Crimes Investigation Board (MASAK) included in the case file, some of the companies examined saw sharp increases in financial transactions and the volume of goods bought and sold after 2020.

MASAK assessments found that some companies received large cash inflows whose sources required explanation and that substantial transfers were made between companies and their shareholders.

Investigators are also examining discrepancies between some companies’ commercial records and banking transactions, as well as foreign currency transfers received from companies abroad.

Some 100 billion liras, or around 23 million dollars, were transferred abroad through various methods using individuals and companies believed to be linked to the group, according to MASAK.

The investigation includes allegations that some transactions may have involved fraudulent invoicing. (BIA, 13 August 2026)

Comment l’Europe finance les réseaux islamistes de la famille Erdogan

Guillaume Perrier, le point, 7 août 2026
Cinquante mille personnes sont rassemblées début août dans le stade de football du club de Galatasaray, à Istanbul. Les tribunes sont animées, les supporters agitent des drapeaux, entonnent des chants et déploient de grands portraits de leurs héros. Non pas des stars du ballon rond, mais des sultans ottomans, Mehmet II et Selim Ier, ainsi que le président turc Recep Tayyip Erdogan en costume et lunettes de soleil…

Et quand ce dernier apparaît en chair et en os dans le stade, la foule s’électrise. Dans une ferveur quasi mystique et un culte de la personnalité digne des satrapes d’Asie centrale, le « Reis » serre des mains, salue ses ouailles d’un geste lent, un haut-parleur fait rugir des extraits de ses discours. « Je me tiens fièrement aux côtés de cette jeunesse, avec les sultans ». Puis il harangue son public pendant une bonne demi-heure.

Génération pieuse
Ce n’est pas un match de football auquel le public est venu assister mais un congrès estival de la fondation Tügva (fondation pour la jeunesse de Turquie, Türkiye Gençlik Vakfi), une puissante ONG islamique. Prières et bénédictions accompagnent Erdogan. Plus de 700 000 collégiens ont participé cette année aux activités d’été de cette organisation, s’enorgueillit le dirigeant turc.

Cette structure a été fondée en 2014, un an après les émeutes antigouvernementales de Gezi, dans le but de propager au sein de la jeunesse turque les projets de l’AKP (Parti de la justice et du développement), le parti islamo-conservateur du président. C’est cette « génération pieuse » qu’il appelait de ses vœux dès 2012 pour supplanter en Turquie la culture laïque et kémaliste, perçue comme dépravée et occidentalisée.

Supervisée par Bilal Erdogan, second fils du président et membre de son conseil d’administration, la fondation Tügva met l’accent sur les études coraniques, l’éducation aux enseignements du prophète Mahomet, les hadiths, ainsi que la morale islamique, le sport et les arts. Dans son discours, le dirigeant de l’ONG, Ismail Besinci, a salué « une organisation qui renforce l’esprit d’unité, de solidarité et de fraternité ». « La fondation pour la jeunesse turque n’est pas seulement une fondation, a-t-il poursuivi. C’est une école. Un cap. Une civilisation en marche. Une cause, une position, une maison de haute moralité. » Sur les réseaux sociaux, des membres de Tügva se mettent en scène, en t-shirt de l’ONG, marchant aux côtés des soldats ottomans qui assiègent Constantinople. Une véritable armée militante acquise à Erdogan.

Cela n’empêche la Tügva d’être dûment accréditée auprès de l’Union européenne et même de bénéficier de généreux financements européens, comme l’avait rapporté en 2024 le journaliste turc d’investigation Metin Cihan, dont les trouvailles avaient été relayées par Le Point.

La fondation dirigée par le fils du président a reçu pas moins de 700 000 euros de fonds issus du programme Erasmus+ pour 16 projets depuis 2020, rapportait-il alors. S’ajoutent à cela quatre projets financés par le programme European Solidarity Corps de la Commission européenne depuis 2021. En 2021, Tügva met sur pied une « académie des jeunes diplomates » et fait venir des participants de France et d’Allemagne… Elle organise aussi des « camps d’action » où les jeunes participants sont embrigadés et incités à « faire le djihad ». Ironie du sort, c’est déjà à cause de révélations sur cette organisation islamiste et ses ramifications au sein de l’État turc que Metin Cihan a été contraint de fuir la Turquie. Il était sous la menace de six ans de prison.

Ces révélations avaient suscité de vives critiques de la part de l’opposition en Turquie… Mais pas en Europe. Le financement des projets de Tügva par Bruxelles n’a pas été remis en cause. En décembre 2025 encore, un programme d’échange avec le Corps européen de solidarité a financé le séjour de six semaines à Istanbul de jeunes venus de toute l’Europe, ainsi que leur formation.

Fonds européens

Tügva n’est pas la seule fondation à relayer la vision et les projets d’Erdogan. Türgev, Seta, l’IHH, Önder, mais aussi Kadem, Ensar, Nur, sont autant d’organisations islamistes, parfois liées à des confréries religieuses, qui prospèrent grâce au soutien de l’AKP et qui reçoivent des fonds européens pour leurs projets internationaux, souligne Metin Cihan. Tügva gère en Turquie plus de 400 branches et des dizaines de foyers étudiants. Certaines de ces entités possèdent même des camps d’été sur le sol européen, notamment en France.

En Turquie, ces structures ont totalement phagocyté les milieux humanitaires et capté une partie des circuits de financement. En 2021, Metin Cihan avait aussi mis en évidence le rôle joué par ces ONG pour placer leurs membres au cœur de l’appareil d’État. Selon les documents cités par le journaliste dans son enquête, une recommandation de Tügva serait plus précieuse qu’un diplôme pour intégrer l’administration de la défense, de l’éducation ou de la justice. Ces fondations servent de relais politiques, distribuent des subsides et des emplois, récompensent les loyautés… Elles jouent le rôle de caisse noire pour le pouvoir et son premier cercle.

Une affaire de famille

C’est aussi la fonction de la fondation Türgev (Türkiye gençlik ve egitim vakfi, fondation pour la jeunesse et l’éducation de Turquie), qui vient de célébrer ses 30 ans, fin juin, à Istanbul, en présence du président Erdogan et de son épouse, Emine. Dans son discours, le leader turc a affirmé que « les fondations qui soutiennent la société et la famille sont ciblées par certains cercles. Ces mêmes cercles œuvrent à injecter dans l’esprit des jeunes des déviances comme les LGBT, incompatibles avec la nature humaine, et ce genre d’idées et d’idéologies ». Dirigée de 2018 à 2024 par Fatmanur Altun, la femme de l’ancien directeur de la communication présidentielle, Fahrettin Altun, la fondation Türgev est désormais menée par une avocate, chercheuse et militante associative, Hatice Yilmaz, qui a longtemps défendu les droits des étudiantes voilées à l’université. Bilal Erdogan est l’un de ses fondateurs, mais il est désormais impliqué dans l’organisation sœur, Ilim Yayma Vakfi.

Quant à la fille aînée de Recep Tayyip Erdogan, Esra Albayrak, elle est membre de son conseil d’administration. Cette dernière est mariée à Berat Albayrak, ancien ministre de l’Énergie puis des Finances (entre 2015 et 2020), et occupe discrètement des fonctions stratégiques au sein de plusieurs de ces fondations caritatives. Elle est ainsi membre du conseil d’administration de Turken, une entité créée aux États-Unis pour accompagner les étudiants turcs, qui brasse plus de 100 millions de dollars.

Elle est par ailleurs l’une des fondatrices de la fondation Turkuvaz, créée en 2024 pour soutenir des projets éducatifs, sociaux et culturels. Elle siège également au conseil d’administration du Croissant-Vert, qui lutte contre les addictions à l’alcool et à la drogue. Elle soutient aussi Kadem, une fondation pour « les femmes et la démocratie » dirigée par sa sœur, Sümeyye Erdogan Bayraktar.

Elle dirige enfin la fondation NUN, qui gère des écoles, et supervise des événements internationaux comme le Forum mondial de la décolonisation, dont une assemblée générale a été organisée à Istanbul en mai dernier. Elle y a déclaré souhaiter que le monde s’enrichisse de « nouveaux centres » et de « la sagesse produite à Istanbul, Addis-Abeba, Jakarta, Rabat, Le Caire et Gaza ».

Syrie: un pasteur kurde évangélique relâché

Un pasteur kurde évangélique qui avait été arrêté en Syrie après des commentaires sur les réseaux sociaux a été relâché après deux semaines de détention, a indiqué mardi un responsable religieux.

"Le pasteur Nihad Hassan a été libéré hier soir", a déclaré ce responsable de l'Eglise kurde au Liban, qui a souhaité garder l'anonymat.

Il "va retourner au Liban", où il réside habituellement, "car rester en Syrie est dangereux pour lui et sa famille", a ajouté cette source.

Fin juillet, l'Eglise kurde du Liban avait fait état de son arrestation "en lien avec des publications sur les réseaux sociaux".

Un responsable local avait précisé qu'il avait été arrêté dans la région majoritairement kurde d'Afrine, dans le nord du pays, "à la suite de publications sur Facebook incitant à la haine religieuse".

Sur un compte portant son nom, un message semble être directement dirigé contre les musulmans.

Selon un responsable de l'Eglise kurde, M. Hassan, qui s'est converti au christianisme en 2008, avait été arrêté le 19 juillet. Il se rendait fréquemment dans le nord de la Syrie mais avait l'intention cette fois de s'y établir, a-t-il indiqué.

Les autorités islamistes syriennes, qui ont pris le pouvoir en décembre 2024, se sont engagés à protéger les minorités mais le pays a été le théâtre de massacres d'alaouites en mars 2025 et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes il y a un an.   Et en juin 2025, un attentat avait eu lieu contre une église de Damas, faisant 25 morts. (AFP, 4 août 2026)


Socio-économique / Socio-economic

Nurse dismissed from civil service over ‘hair braiding’ protest despite acquittal

A nurse at a public hospital in Kocaeli, northwestern Turkey, has been dismissed from the civil service over a social media post showing her braiding her hair in solidarity with a Kurdish woman killed in Syria earlier this year.

İkra Avcı was briefly detained on Jan 26 and stood trial for "terror propaganda" due to her action. She was eventually acquitted.

She announced her dismissal yesterday on social media, saying she had joined the protest to speak out against violence and killings targeting women:

“I have been dismissed from my profession as a nurse. I braided my hair to protest the killing of women, violence and femicides. The price I paid was my profession. I will never forgive this injustice.”

The case dates back to January, when a video circulated on social media showing a member of the Syrian interim government forces displaying the severed braid of a fighter from the Kurdish Women's Defense Units (YPJ) in northern Syria during clashes between the two groups.

Kurdish women launched a social media campaign following the incident, posting images of their braided hair on social media. They were joined by women from many countries.

Avcı also joined the protest by posting a short video.

Authorities opened both a judicial and an administrative investigation over the post, and Avcı was suspended from her job.

Several people at the time were subject to criminal investigations on "terror propaganda" allegations at the time.

A court in Kocaeli acquitted Avcı on May 21.

The disciplinary investigation continued independently of the criminal proceedings, however, and resulted in Avcı’s dismissal from the civil service.

Under Turkey’s Civil Servants Law No. 657, dismissal from the civil service is imposed by an institution’s High Disciplinary Board. Avcı’s case was decided by the Health Ministry’s High Disciplinary Board.

The date, reference number and reasoning of the board’s decision have not been made public. No official explanation has been provided specifying which provision of the Health Ministry’s disciplinary rules was deemed to justify punishment for conduct that did not result in a criminal conviction.

Avcı is expected to challenge the administrative decision in court. (BIA, 20 August 2026)

80 mineurs arrêtés devant le ministère de l'Energie

Plus de 80 mineurs turcs, réclamant des impayés, ont été interpellés mardi à Ankara devant les grilles du ministère de l'Energie, a annoncé leur syndicat.

"Plus de 80 mineurs ont été arrêtés", a indiqué sur le réseau social X le syndicat indépendant des mineurs, qui avait appelé les employés de deux mines de charbon et d'argent du centre et de l'est du pays à protester dans la capitale turque.

"Pas de pain, pas de paix!", avait écrit plus tôt mardi le syndicat, en appelant les responsables du ministère de l'Énergie à "trouver une solution".

En avril, une centaine de mineurs de l'une de ces deux mines avaient mené une grève de la faim de neuf jours à Ankara pour exiger le versement d'impayés par leur employeur.
 Cent-dix d'entre eux avaient été arrêtés et placés en garde à vue quatorze heures durant, après avoir demandé à être reçus au ministère de l'Energie.

La grève avait été levée à la suite de l'annonce d'un accord avec leur employeur. Mais les mineurs, qui disent avoir perçu leurs arriérés de salaires et/ou indemnités de licenciement, réclament toujours le versement d'une compensation pour un congé forcé long de plusieurs mois.

Sollicité mardi par l'AFP, le ministère turc de l'Energie n'avait pas répondu dans l'immédiat. (AFP, 13 août 2026)

Plus de 100 passagers évacués d'un bateau pour enfants en flammes

Plus de cent passagers d'un bateau proposant des excursions pour enfants au large des côtes du sud-ouest de la Turquie ont été évacués jeudi après qu'un important incendie s'est déclaré à son bord, ont annoncé les autorités maritimes locales.

Onze passagers légèrement intoxiqués par la fumée, qui avaient été conduits vers un hôpital de la région, "ont été autorisés à sortir" de cet établissement en fin de journée, a déclaré la Direction des affaires maritimes.

Un total de 115 personnes, dont de nombreuses familles et des animateurs, se trouvaient à bord du "Toys Boat", une embarcation longue de 32 mètres équipée de jeux pour enfants, lorsque les flammes se sont propagées.

Ces 115 personnes, parmi lesquelles 103 passagers, "ont été évacuées vers le rivage", avait dit plus tôt sur X la Direction des affaires maritimes, diffusant plusieurs images sur lesquelles on peut voir des enfants aux côtés de leurs parents.

Contactés par l'AFP, les garde-côtes turcs ont affirmé avoir évacué 107 personnes, sans pouvoir préciser le nombre des enfants figurant parmi elles.

Ce navire de tourisme, en grande partie détruit dans l'incendie, se trouvait à proximité d'une crique au nord de la station balnéaire de Fethiye, très prisée des touristes britanniques.

"Nous tenons à informer le public que nos clients et nos employés sont en sécurité", a écrit l'entreprise exploitant le bateau dans un communiqué sur Facebook. (AFP, 13 août 2026)

Près d'un million d'euros découvert chez le chef des ultras de Galatasaray

Plus de 840.000 euros en liquide ainsi que de l'or, des bijoux et d'autres devises d'une valeur de plus de 300.000 euros ont été saisis au domicile du meneur des ultrAslan, principal groupe de supporters de Galatasaray, ont rapporté lundi les médias turcs.

La police turque a également découvert, au cours d'une perquisition pendant plus de huit heures, un pistolet, des munitions et quatre gilets pare-balles, selon les agences de presse DHA et IHA.

Sebahattin Sirin, interpellé dimanche, est notamment accusé de vente de billets au marché noir, "troubles à l'ordre public" à l'intérieur d'enceintes sportives et diffusion publique de fausses informations.

Le chef des ultras de Galatasaray avait accusé la veille sur X le ministre turc de la Justice, Akin Gürlek, de faire partie d'un "groupe au sein de l'État qui souhaite faire de Fenerbahçe le champion cette saison".

Ni le ministre ni le club de Fenerbahce, grand rival stambouliote de Galatasaray, n'ont réagi publiquement à cette accusation.

Le parquet d'Istanbul n'a pas précisé si l'arrestation de Sebahattin Sirin était liée à une plainte déposée en 2024 par le président de Galatasaray, quadruple champion de Turquie en titre, pour des allégations de vente de billets au marché noir. (AFP, 10 août 2026)

Men killed 28 women in July

According to news reports compiled by bianet from local and national newspapers, news websites, and news agencies, men killed at least 28 women and one child in July. Men also killed at least five men who were with the women.

In July, men injured at least 54 women, abused at least 11 girls and boys, and harassed 13 women. Men forced 64 women into sex work.

Men killed 170 women in the first seven months of 2026.

The deaths of at least 39 women and eight children in July were suspicious cases where it could not be definitively determined whether they were gender-based.

Suspicious deaths of women reported in the media in July

Antalya (3), Aydın (3), Batman (1), Bilecik (1), Burdur (2), Bursa (1), Eskişehir (2), Hakkari (1), Isparta (2), İstanbul (4), Kastamonu (1), Kütahya (1), Malatya (2), Manisa (2), Mardin (1), Mersin (1), Ordu (1), Osmaniye (1), Sakarya (1), Samsun (2), Sinop (1), Urfa (1), Uşak (1), Zonguldak (2).

Suspicious deaths of children reported in the media in July

Antep (1), Maraş (1), Mardin (2), Tokat (1), Urfa (1), Van (2).

2026–2024: Male violence

In the first six months of 2026, men killed 170 women, harassed 111 women, abused 147 children, committed acts of violence against 324 women, and raped four women. Men forced at least 776 women into sex work. While the deaths of 306 women were reported in the press as “suspicious,” men killed at least 15 children.

In the first seven months of 2025, men killed 177 women, harassed 127 women, abused 148 children, committed acts of violence against 414 women, and raped four women. Men forced at least 764 women into sex work. While the deaths of 264 women were reported in the media as “suspicious,” men killed at least 35 children.

In the first seven months of 2024, men killed 218 women, harassed 45 women, abused 91 children, committed acts of violence against 335 women, and raped eight women. Men forced at least 230 women into sex work. While the deaths of 177 women were reported in the media as “suspicious,” men killed at least 25 children. (BIA, August 6, 2026)

La lutte contre les incendies se poursuit pour le troisième jour

Une lutte intensive contre les incendies de forêts attisés par le vent se poursuivait vendredi en Turquie, dans les régions touristiques du sud et de l'ouest du pays, alors qu'une partie des feux a été largement maîrisée.

"Depuis le (mercredi) 29 juillet, 218 incendies ont nécessité une intervention, dont 138 hors forêt. 213 ont été totalement maîtrisés. Cinq incendies sont toujours en cours à Balikesir-Gomec, Antalya-Alanya et Mersin-Gulnar, où ils sont en grande partie maîtrisés. Hormis quelques reprises de feu sans gravité, la situation semble stable dans ces zones", a affirmé vendredi le ministre turc de l'Agriculture et des Forêts Ibrahim Yumakli.

"Un incendie s'est déclaré hier après-midi à Cine, dans la province d'Aydin (ouest, ndlr) attisé par des vents violents. Un autre feu a commencé aujourd'hui à Susurluk, dans le district de Balikesir (ouest, ndlr), et il continue de progresser avec des vents dépassant les 50 km/h. Nos collègues sont intervenus, mais le vent représente un obstacle important", a-t-il ajouté.

Le risque de vents violents devrait persister la semaine prochaine, a précisé le ministre.

A Cine, dans le province d'Aydin, le feu s'est propagé à une grande vitesse vendredi après-midi, vers les zones habitées, notamment le village de Dutluoluk qui avait été évacué par précaution jeudi, a rapporté la chaîne privée turque NTV.

Les habitants ont tenté de stopper la propagation du feu en jetant de la terre et de l'eau qu'ils ont transporté par les tracteurs, mais en vain, a précisé la chaîne.

"Nous sommes réduits en cendres. Il ne nous reste plus rien. Mon chien est parti. Je prenais soin de lui comme un agneau. Il me manque tellement. Il était plus précieux que ma propre vie, il était tout pour moi", a raconté en larmes une habitante de Cine à l'agence privée turque DHA Arzu.

D'autres ont évoqué des vergers et des oliveraies dévastés.

"Tout ce que nous possédions est parti en fumée. Nous avons emmené nos animaux en amont, si nous étions restés ici, nous aurions péri nous aussi dans les flammes", a affirmé une autre habitante, Raziye Askin.

Le ministre de l'Environnement, Murat Kurum, a indiqué que 65 bâtiments avaient été "gravement endommagés ou détruits" par les incendies, presque tous situés dans les régions méridionales d'Antalya et de Mugla.

Selon les médias, l'incendie de Mugla a ravagé 5.000 hectares de forêt.

La Turquie, qui avait connu des feux de forêt précoces en 2025 en raison de la sécheresse, avait été largement épargnée jusqu'à présent grâce aux fortes pluies hivernales et aux chutes de neige qui ont reconstitué les nappes phréatiques et protégé la végétation.

Les autorités ont également fermé l'accès aux forêts dans les zones les plus vulnérables au début de l'été.

Selon le site web du Système européen d'information sur les feux de forêt (EFFIS), 64 incendies ont ravagé 22.587 hectares (55 800 acres) de terres en Turquie cette année. (AFP, 31 juil 2026)

Lutte intensive contre le feu autour d'Antalya et sur la côte sud

Une lutte intensive contre les feux de forêts se poursuit jeudi en Turquie dans les régions touristiques d'Antalya (sud) et des Dardanelles (ouest), rapportent les autorités.

"Nous intervenons de manière intensive avec nos forces aériennes et terrestres contre les incendies de forêt en cours", déclenchés mercredi sous l'effet de vents violents, affirme l'Office des forêts (OGM).

L'office cite en particulier l'axe "Antalya/Alanya" et "Mugla/Fethiye", où se succèdent les stations balnéaires le long de la "côte Turquoise", en bordure de Méditerranée.

"Notre lutte pour protéger la patrie verte se poursuit à travers tout le pays" clame l'OGM sur X.

Le ministre de l'Agriculture chargé des forêts, Ibrahim Yumakli, se montre plus rassurant en affirmant sur son compte X que les quatre incendies principaux dans les régions de Mugla (sud-ouest), Antalya et Kas (sud), Balikesir et Canakkale dans les Dardanelles (ouest) "sont en grande partie sous contrôle".

Le ministre ne précise pas combien d'hectares ont été touchés.

D'autres foyers plus mineurs sont eux "totalement sous contrôle" affirme-t-il également, là encore sans donner de bilan.

Selon le président Recep Tayyip Erdogan, "90 foyers" d'incendie ont été enregistrés durant la seule journée de mercredi en Turquie, dont les deux tiers (59) en zone non forestière.

La Turquie, qui avait connu des feux précoces en 2025 en raison de la sécheresse, avait été épargnée jusqu'à présent grâce aux pluies et chutes de neige abondantes de l'hiver qui ont renfloué les nappes phréatiques et protégé la végétation. (AFP, 30 juil 2026)


Poverty threshold remains over four minimum wages

The poverty threshold for a family of four rose to 120,325 liras in July, more than four times the minimum wage in Turkey, according to the Confederation of Turkish Trade Unions' (Türk-İş) monthly report (1 US dollar = 47.4 Turkish liras).

The poverty threshold is calculated based on the monthly food, housing, clothing, transportation, education and health expenses of a family of four living in Ankara.

The hunger threshold, which includes expenses for a healthy and balanced diet for a four-person family, was calculated at 36,940 liras. This figure was 8,865 liras above the minimum wage of 28,075 liras.

The estimated monthly cost of living for a single person in Ankara rose to 47,758 liras.

All three indices rose by over 20% since the start of the year, according to Türk-İş figures.

The gap between the hunger threshold and the minimum wage more than doubled since January, rising from 3,149 to 8,865 liras.

'Wages are insufficient for basic needs'

Türk-İş said wages and pensions needed to be protected against rising living costs:

"While the current minimum wage is insufficient to meet basic needs, workers with fixed incomes are able to purchase fewer goods and services each month with the same income because wage increases have failed to keep pace with the rising cost of living.

"The fact that the minimum wage was not raised in the second half of the year has further eroded the purchasing power of millions of workers."

The confederation opposed regional minimum wage proposals, which have recentlybeed publicly discussed, citing the current situation of minimum wage earners:

"Rather than debates over regional variations in the minimum wage, the top priority should be ensuring that workers can earn a living wage that allows them and their families to lead a dignified life."

It added that pensions also remain inadequate in the face of sharp cost increases and the current work to increase them will not be sufficient either:

"Expectations of increases in pension payments and the regulatory measures reported in the media will not, on their own, be sufficient to resolve the livelihood challenges faced by retirees. In the face of sharp cost increases in basic expenditure categories—particularly food, housing, transportation, and healthcare—pension payments continue to fall short." (BIA, 30 July 2026)

Plusieurs incendies attisés par le vent dans les zones touristiques

La Turquie luttait mercredi soir contre plusieurs incendies de forêt attisés par des vents violents en particulier dans les régions touristiques du sud et de l'ouest du pays, nécessitant d'importants moyens, selon les autorités.

Selon le président Recep Tayyip Erdogan, "90 foyers" d'incendie ont éclaté pour la seule journée de mercredi en Turquie, dont les deux tiers (59) en zone non forestière, et la grande majorité (81) étaient "désormais maitrisés".

Les efforts qui mobilisent plus de 3.000 personnes "se poursuivent pour contenir les feux restants à Mugla, Balikesir, Antalya et Çanakkale", principales zones touristiques situées dans le sud et l'ouest du pays, a-t-il ajouté.

Un foyer en particulier dans la province de Mugla (sud-ouest) continuait de mobiliser cinq avions et dix-huit hélicoptères, plus de 90 camions de pompier et engins de chantier ainsi que des centaines d'hommes, selon le ministère de l'Agriculture et des forets.

Les images disponibles montrent des montagnes et des routes noyées de fumée et un ciel jauni dans lequel s'activent les avions de lutte contre le feu.

En début de soirée, le ministère de l'agriculture et l'office de gestion des forêts (OGM) affirmaient avoir "réduit l'intensité" des foyers. "Mais les interventions de nos équipes aériennes et terrestres se poursuivent sans relâche", ajoutaient-ils.

C'était notamment le cas pour les incendies survenus le long de la côte sud, entre Antalya et Kas, lieux de villégiature estivale ainsi que dans l'ouest autour des Dardanelles, et de Balikeshir près du littoral égéen.

Dans l'après-midi les médias avaient signalé la fermeture de l'autoroute qui relie la ville touristique d'Antalya à la station balnéaire de Fethiye, sur la côte sud, en raison des fumées.

La chaine de télévision privée NTV a également rapporté que l'accès au site antique d'Olympos avait dû être fermé.

Les causes de ces incendies ne sont pas connues alors que la Turquie a fermé préventivement en début d'été l'accès aux forêts les plus menacées.

Dans la région de Mugla (sud-ouest), le feu s'est déclaré dans une zone agricole avant de se propager à la forêt, a précisé la préfecture de Mugla qui ajoute que 202 personnes ont été évacuées ainsi que les patients d'un hôpital local.

Au total, une vingtaine d'avions, 58 hélicoptères, 420 camions de pompiers, près de 200 camions-citernes et engins lourds et près d'un millier de camions ont été mobilisés, a détaillé le chef de l'état.

Les premières critiques se sont fait jour sur les réseaux sociaux alors que la Turquie a récemment envoyé deux avions Air Tractor de lutte contre les incendies à l'Espagne et deux autres à la France, deux pays confrontés à des mégafeux de forêt en raison de la sécheresse et des fortes chaleurs.

La Turquie en revanche, qui avait connu des feux précoces en 2025, avait été épargnée jusqu'à présent grâce aux pluies et chutes de neige abondantes de l'hiver qui ont renfloué les nappes phréatiques et protégé la végétation. (AFP, 29 juil 2026)

Surtaxes sur les véhicules électriques : l'OMC donne raison à la Chine face à la Turquie

L'Organisation mondiale du commerce a donné raison à la Chine dans son différend avec la Turquie concernant des droits de douane additionnels sur les importations de véhicules électriques chinois, selon un rapport publié mardi.

Pékin avait porté plainte en octobre 2024 contre la Turquie auprès de l'OMC pour dénoncer l'imposition de droits de douane supplémentaires de 40% sur les véhicules électriques importés de Chine.

L'Organe de règlement des différends (ORD) de l'OMC a estimé dans son rapport que "les droits additionnels sur les véhicules électriques et sur les véhicules hybrides" imposés par la Turquie "sont incompatibles" avec divers articles de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) de 1994.

"Nous recommandons que la Turquie rende ses mesures conformes à ses obligations au titre du GATT de 1994", indique le groupe d'experts de l'ORD dans ses conclusions.

L'ORD a notamment fait valoir que les surtaxes étaient "étaient incompatibles avec l'article I:1 du GATT de 1994, dans la mesure où les véhicules en provenance des partenaires de la Turquie au titre d'accords commerciaux régionaux (ACR) étaient exonérés de ces droits", a expliqué l'OMC.

Les parties peuvent faire appel. Toutefois, l'organe d'appel est paralysé depuis fin 2019, les Etats-Unis bloquant la nomination de ses juges. Washington leur reproche d'outrepasser leurs prérogatives, de restreindre abusivement sa souveraineté commerciale et d'empiéter sur des questions de sécurité nationale.

En réponse à ce blocage, plusieurs membres de l'OMC ont créé un mécanisme provisoire d'appel (MPIA en anglais). La Chine y a adhéré, mais pas la Turquie. (AFP, 28 juil 2026)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

La CEDH ordonne la libération du mécène Osman Kavala

Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a ordonné mardi à la Turquie de libérer "dans les plus brefs délais" le mécène Osman Kavala, bête noire du président Erdogan sous les verrous depuis 2017, jugeant "nulle et non avenue" sa condamnation à la perpétuité.

Le tribunal de Strasbourg ordonne également à la Turquie de verser plus de 110.000 euros au philanthrope et éditeur, condamné en 2022 pour "tentative de renversement du gouvernement".

Devenu un symbole de la répression contre la société civile en Turquie, Osman Kavala a été arrêté en octobre 2017 puis placé en détention dans la prison de haute sécurité de Silivri, à la lisière d'Istanbul.

Initialement poursuivi pour avoir soutenu en 2013 des manifestations visant le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, il a depuis vu s'accumuler contre lui les charges, qu'il conteste.

Après une première demande de libération de la CEDH, il avait été acquitté en 2020, mais immédiatement réarrêté avec de nouvelles poursuites à son encontre, qui ont abouti en 2022 à sa condamnation à la réclusion à perpétuité.

La Turquie est condamnée pour violation de sa liberté d'expression, de sa liberté de réunion, de ses droits à la liberté et à un procès équitable, et pour traitements inhumains ou dégradants.

Les poursuites, la détention et la condamnation du philanthrope "étaient motivées de manière prédominante par un but inavoué, consistant, d'une part, à punir l'intéressé pour son rôle dans les manifestations du parc de Gezi ainsi que pour ses prises de position en tant que défenseur des droits de l'homme, et, d'autre part, à le réduire au silence", estiment les juges, dans une décision prise à 15 voix contre 2.

Soulignant des "défaillances graves" dans la procédure contre Osman Kavala, la Cour juge que le refus par Ankara de le libérer malgré les décisions précédentes de la CEDH "est de nature non seulement à éroder la confiance des justiciables et de la société dans l'État de droit, mais aussi à porter atteinte à l'ordre constitutionnel".

"Les défaillances identifiées dans la présente affaire (...) traduisent une altération profonde du cadre juridictionnel dans lequel la cause du requérant a été examinée. Appréciés dans leur ensemble, ces dysfonctionnements ont porté atteinte de manière fondamentale à l'essence même du droit du requérant à un procès équitable". (AFP, 25 août 2026)

Athènes juge "illégale" la création de deux parcs marins turcs

Le ministère grec des Affaires étrangères juge "illégale" la création de deux parcs marins par la Turquie, dans la mesure où "ils occupent des eaux internationales" et "s'étendent sur le plateau continental grec", selon un communiqué publié lundi.

La Turquie a annoncé plus tôt lundi la création de deux aires marines protégées en mer Méditerranée, au large des côtes de Fethiye et de Kas (sud) et dans le nord de la mer Egée au large des Dardanelles, autour d'épaves militaires de la Première guerre mondiale. Ces zones seront désignées comme "parc national marin", selon le décret publié au Journal officiel.

Le Parc national marin de Fethiye-Kas recouvre un large périmètre d'environ 21.706 km³ et celui du nord de l'Égée s'étend sur 1.742 km³ autour de Çanakkale, Tekirdag et l'ile de Gökçeada, au large des Dardanelles.

Mais pour Athènes, ces "parcs marins" turcs sont situés dans des zones au-delà des eaux territoriales turques et l'annonce de leur création "n'a aucun effet juridique" et "ne peut constituer un fait accompli".

Le ministère des Affaires étrangères souligne que l'initiative d'Athènes de créer des parcs marins nationaux dans les mers Ionienne et Égée, s'est faite "dans le plein respect du droit de la mer et exclusivement dans les eaux territoriales grecques".

De telles initiatives de la part d'Ankara "ne contribuent pas à la consolidation d'un climat de bon voisinage et compromettent gravement les efforts déployés pour maintenir des relations de compréhension mutuelle entre les deux pays", conclut le ministère des Affaires étrangères grec.

Pour le parti de gauche Syriza, "les provocations turques sont sans fin". "Le premier (parc) exclut toute la zone maritime autour de l'île de Kastellorizo, et le second s'étend entre Samothrace et Lemnos", a souligné la secrétaire générale du parti, Rena Dourou qui a dénoncé au Parlement "l'absence de stratégie nationale du gouvernement grec, qui continue de se complaire dans le calme illusoire de la mer Égée".

Les tensions avec la Turquie voisine, à la fois rival historique de la Grèce et partenaire au sein de l'Otan, ressurgissent à intervalles réguliers.

En décembre 2023, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis avaient signé une "déclaration d'amitié et de relations de bon voisinage" visant à apaiser les relations. (AFP, 17 août 2026)

L'ONU dénonce le durcissement des peines pour les mineurs

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a dénoncé jeudi les récentes modifications législatives adoptées par le Parlement turc qui pourraient conduire à condamner des mineurs à de longues peines de prison.

Les amendements à la loi sur la protection de l'enfance, adoptés le 8 août, prévoient également de placer les mineurs dans des établissements fermés, leur transfert vers une structure éducative étant ensuite soumis à une évaluation, a détaillé le Haut-Commissariat dans un communiqué, soulignant que "cela rompt avec la pratique actuelle" qui prévoit qu'ils soient pris en charge "dans des établissements axés sur la réinsertion et l'éducation".

"Si certaines propositions peuvent être positives - telles que celles visant à assurer une meilleure coordination entre les services de protection de l'enfance et les services éducatifs, et à empêcher les enfants d'avoir accès à des armes à feu -, d'autres soulèvent de graves préoccupations en matière de droits de l'homme", a déclaré le Haut-Commissaire, Volker Türk, cité dans le communiqué.
 La nouvelle législation prévoit notamment un durcissement des peines d'emprisonnement infligées aux mineurs délinquants âgés de 12 à 18 ans.

La loi parle des "crimes passibles d'une peine à perpétuité" et définit les limites de peine dans ce cas précis pour les mineurs (10 à 18 ans de prison en fonction des crimes pour les mineurs âgés de 12-15 ans, 15 à 27 ans de prison en fonction des crimes pour les mineurs âgés de 15-17 ans).

Le Haut-Commissaire juge "essentiel que la loi soit modifiée pour garantir que toutes ses dispositions soient pleinement conformes aux obligations de la Turquie en matière de droit international relatifs aux droits de l'homme, y compris en ce qui concerne les droits de l'enfant".  (AFP, 13 août 2026)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO


Relations régionales / Regional Relations

Le ministre israélien jure d'y maintenir ses troupes pour la "sécurité" d'Israël

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, s'est rendu mardi auprès de ses troupes positionnées dans le sud de la Syrie, réitérant la détermination d'Israël à y maintenir des forces tant que subsisteraient des "menaces" contre la sécurité du pays.

Le ministre a effectué ce déplacement une semaine après le chef d'état-major de l'armée israélienne et le bombardement par Israël de l'ancienne base d'Abou Dhouhour, dans le nord-ouest de la Syrie, visant selon son pays à y bloquer le déploiement de troupes turques. Ankara a démenti toute présence sur les lieux.

Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis la chute, en décembre 2024, du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition islamiste.

Il a également déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1967. Israël affirme y avoir instauré une "zone de sécurité" qu'il entend maintenir.

"Une activité est menée ici au quotidien pour déjouer les menaces, éliminer les vestiges de l'ancien régime, empêcher la consolidation dangereuse du nouveau pouvoir", a déclaré M. Katz dans une déclaration vidéo publiée par son cabinet.

"Tant qu'il y aura des menaces, les Forces de défense israéliennes resteront ici pour garantir notre sécurité: c'est ce que nous avons fait jusqu'à présent et c'est ce que nous avons l'intention de continuer à faire à l'avenir", a-t-il ajouté.

"Le message est clair pour le président syrien également: lorsque vous vous réveillez le matin dans votre palais à Damas, que vous levez les yeux vers le mont Hermon et que vous apercevez l'armée israélienne, vous savez que nous sommes là pour protéger nos communautés et notre frontière", a-t-il insisté.

Concernant la frappe menée contre la base aérienne d'Abou Douhour, il a affirmé que l'armée avait "réagi face à une tentative turque de s'implanter en Syrie, au détriment des intérêts d'Israël en matière de sécurité".

Lors de sa visite aux troupes dans la même région, le chef de l'armée israélienne, le général Eyal Zamir, avait affirmé qu'Israël ne permettrait pas aux menaces de "se fixer" à la frontière. (AFP, 25 août 2026)

Passe d'armes entre Israël et la Turquie

Recep Tayyip Erdogan et Benjamin Netanyahu ont échangé des invectives vendredi, après que la Turquie a émis un mandat d'arrêt international contre le Premier ministre israélien et quelques jours après des frappes en Syrie imputées à Israël.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a qualifié de "dictateur antisémite" le président turc qui a lui dénoncé des "manoeuvres mesquines" à des fins électorales.

Le ministre turc de la Justice Akin Gurlek a annoncé plus tôt que la Turquie avait émis un mandat d'arrêt international contre le Premier ministre israélien dans le cadre d'une enquête sur l'interception de la "Flottille pour Gaza" et la détention des militants à bord.

Les quelque 430 membres d'équipage de la cinquantaine de bateaux arraisonnés par l'armée israélienne en Méditerranée, à l'ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus avant d'être expulsés en mai.

Le mandat d'arrêt vise également Afek Moskovitch, un officier israélien déployé à Gaza, selon l'acte d'accusation cité par l'agence de presse turque IHA.

"Afek Moskovitch a publié sur son compte Instagram des images montrant huit chars et un bulldozer détruisant l'hôpital et la faculté de médecine de l'Université islamique de Gaza située à proximité".

Benjamin Netanyahu et Afek Moskovitch sont poursuivis pour "crimes contre l'humanité, génocide, privation aggravée de liberté, "coups et blessures volontaires", torture, destruction de biens, pillage aggravé et détournement de véhicules de transport", a précisé le ministère de la Justice turc.

En novembre 2025 déjà, la justice turque avait émis des mandats d'arrêt pour "génocide" contre Benjamin Netanyahu et plusieurs responsables israéliens, dénonçant le "génocide et les crimes contre l'humanité perpétrés de manière systématique par l'Etat israélien à Gaza".

- "Tactiques politiques" -

La Turquie a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître Israël, mais les relations sont tendues avec le président Erdogan, ce dernier dénonçant vivement l'offensive dévastatrice menée par Israël à Gaza, en réponse à l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023.

Le bureau de M. Netanyahu n'a pas tardé à réagir à l'annonce du mandat. "Erdogan est un dictateur antisémite qui a massacré les Kurdes, soutenu le massacre de l'organisation terroriste du Hamas, et oppresse son propre peuple", a-t-il indiqué dans un communiqué.

"Israël continuera à agir avec fermeté contre les tentatives de la Turquie de déstabiliser la région", a-t-il ajouté.
En retour, la présidence turque a dénoncé dans la soirée "les tactiques politiques mesquines de (Benjamin) Netanyahu et de ses acolytes, qui visent à obtenir un avantage électoral", alors que des élections législatives sont prévues en octobre en en Israël.

"La tentative du gouvernement (israélien) Netanyahu de présenter la Turquie comme une nouvelle menace relève aussi de cette manoeuvre politique", a ajouté la direction de la communication de la présidence sur X.

Ces déclarations interviennent aussi après que les Etats-Unis et la Syrie ont accusé Israël d'avoir bombardé mardi la base militaire d'Abou Dhouhour, dans le nord-ouest de la Syrie, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière turque.

Israël, qui a confirmé implicitement les frappes, a soutenu qu'une délégation officielle turque s'était rendue sur cette base. Et a averti qu'il n'accepterait pas de déploiement de troupes turques en Syrie, y voyant une "menace".

De son côté, la Turquie a démenti toute présence militaire "avant ou pendant l'attaque".

Elle a cependant prévenu jeudi qu'elle continuerait "résolument" de protéger l'intégrité et la souveraineté de la Syrie, tout en précisant ne pas envisager de riposte, pour ne pas tomber "dans le piège" tendu par le Premier ministre israélien.

Dans un autre communiqué publié vendredi, le bureau de M. Netanyahu a accusé le président turc de chercher "à étendre son agression contre Israël jusqu'en Syrie".

"Israël ne le tolérera pas", a indiqué le communiqué. (AFP, 21 août 2026)

Le Premier ministre israélien qualifie le président turc de "dictateur antisémite"

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan de "dictateur antisémite", affirmant qu'Israël agirait contre "les tentatives de la Turquie de déstabiliser la région".

Ces déclarations interviennent après des frappes mardi contre une base aérienne dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière turque, implicitement revendiquées par M. Netanyahu.

"Nous ne tolérerons pas un enracinement militaire turc progressant vers le sud, car cela nous menace", avait déclaré M. Netanyahu mercredi, alors que la Turquie dément toute présence sur le site.

Vendredi, la Turquie a émis un mandat d'arrêt international contre le Premier ministre israélien dans le cadre d'une enquête sur l'interception de la "Flottille pour Gaza" et la détention des militants à bord.

Les quelque 430 membres d'équipage de la cinquantaine de bateaux arraisonnés par l'armée israélienne en Méditerranée, à l'ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus avant d'être expulsés en mai.

"Israël n'est depuis longtemps guère impressionné par l'hypocrisie de la Turquie. Erdogan est un dictateur antisémite qui a massacré les Kurdes, soutenu le massacre de l'organisation terroriste du Hamas, et oppresse son propre peuple", a déclaré le bureau de M. Netanyahu dans un communiqué.

"Israël continuera à agir avec fermeté contre les tentatives de la Turquie de déstabiliser la région", selon la même source.

Mardi, la Syrie avait accusé Israël d'avoir frappé la base aérienne, fortement endommagée durant la guerre civile et restée hors service.

Soutenant qu'une délégation officielle turque s'était rendue sur la base, Israël a averti qu'il n'accepterait pas de déploiement de troupes turques en Syrie, y voyant une "menace".

La Turquie a démenti toute présence de ses troupes "avant ou pendant l'attaque".

Ankara a prévenu jeudi qu'il continuerait "résolument" de protéger l'intégrité et la souveraineté de la Syrie.

En revanche, la présidence turque a tenu à préciser qu'elle n'envisageait pas de riposte et qu'Ankara ne tomberait pas "dans le piège" tendu par le Premier ministre israélien.

Dans un autre communiqué publié vendredi, le bureau de M. Netanyahu a accusé le président turc de chercher "à étendre son agression contre Israël jusqu'en Syrie".

"Israël ne le tolérera pas", a indiqué le communiqué. (AFP, 21 août 2026)

Syrie: le retour de déplacés kurdes syriens suspendu après des attaques

Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local.

Un accord signé en janvier entre les Kurdes syriens et le pouvoir central pour l'intégration dans l'Etat des institutions de l'administration autonome, prévoit le retour des Kurdes déplacés pendant la guerre civile en Syrie (2011-2024).

Selon Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn, un premier groupe de 2.500 déplacés avait pris la route pour rentrer, mais a subi une attaque "délibérée et préméditée" de "groupes armés", qui a fait plusieurs blessés.

Plusieurs des auteurs présumés de ces attaques ont été arrêtées, mais les retours "ont été temporairement suspendus par mesure de précaution afin de garantir la sécurité des habitants", a ensuite annoncé Mahmoud Khalil Ali, adjoint au chef des forces de sécurité dans la province de Hassaké, dont fait partie Ras al-Aïn.

"Ces trajets reprendront dès que la situation se sera stabilisée et une protection complète assurée pour les personnes de retour", a-t-il ajouté.

Selon M. Isso, un deuxième groupe de déplacés devait suivre "dans les tout prochains jours", alors que quelques 100.000 personnes au total veulent rentrer.

Des dizaines de milliers de Kurdes ont été forcés de fuir la région, située dans le nord-est syrien, en 2019, face à une offensive des forces turques et leurs supplétifs syriens, qui ont alors pris le contrôle d'une bande territoriale de 120 km, le long de la frontière avec la Turquie.

- "Comme un rêve" -

L'attaque a déclenché une protestation à Qamichli, ville voisine à majorité kurde, où des manifestants en colère ont tenté de pénétrer dans les locaux des forces de sécurité, avant d'être repoussés par des officiers syriens, a rapporté un journaliste de l'AFP.

À Kobané, une ville du nord à majorité kurde, la télévision d'Etat syrienne a rapporté que des habitants avaient pris pour cible des bâtiments officiels et décroché le drapeau syrien devant le quartier général des forces de sécurité locales.

"Nous condamnons l'agression dont ont été victimes les familles kurdes pendant leur retour", a écrit sur X Mazloum Abdi, le commandant des Forces démocratiques syriennes, organisation kurde signataire de l'accord de janvier.

Il a appelé le peuple kurde "à faire preuve de retenue, à ne pas se laisser entraîner dans des actes irresponsables", assurant être en lien avec les autorités pour "garantir la protection des civils déplacés rentrant chez eux".

Plus tôt dans la journée, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de camions aux abords de la ville de Hassaké, chargés de meubles et d'affaires, et des familles prêtes à prendre la route.

"J'attendais ce moment. (...) C'est comme un rêve, de retourner chez soi. Je suis heureuse que cette souffrance prenne fin", a confié à l'AFP Noura Khoder, 37 ans, depuis cette ville où elle a trouvé refuge ces dernières années.

Selon des témoignages de résidents et d'organisations de défense des droits humains, des maisons et biens ont été pillés, volés et endommagés à Ras al-Aïn.

Après l'offensive de 2019, certains combattants s'étaient installés dans la zone, autrefois multiethnique, et certains y habitent encore.

Raouda Mohammed, 39 ans, a appris que sa maison était "complètement détruite". Mais "nous n'allons pas nous laisser gagner par le pessimisme, car nous sommes heureux de revenir, (...) nous verrons ce que nous pouvons faire", dit cette femme de 39 ans.

Au total, quelques 5 millions et demi de personnes restent déplacées en Syrie, selon les Nations unies. (AFP, 11 août 2026)

Arabie saoudite, Pakistan et Turquie scellent un pacte de défense en pleine guerre au Moyen-Orient

L'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont conclu vendredi un pacte de défense liant les trois pays dans un contexte marqué par des attaques contre le royaume saoudien et la guerre au Moyen-Orient.

Le pays du Golfe, où a été signé l'accord, entend renforcer ses alliances sécuritaires alors qu'il a été ciblé par l'Iran en représailles aux bombardements américains et qu'il fait face à une reprise des hostilités avec les rebelles yéménites houthis.   L'annonce de ces trois alliés de Washington envoie un message à Téhéran mais aussi aux Etats-Unis, perçus comme un partenaire de moins en moins fiable, selon des experts.

"L'accord vise à renforcer la dissuasion collective contre tout acte d'agression et stipule que toute attaque armée contre l'un des trois Etats sera considérée comme une attaque contre eux tous", a précisé le ministère pakistanais des Affaires étrangères, la Turquie y voyant une "contribution importante à la préservation de la paix" dans la région.

Il a été signé à La Mecque par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.

"La question était en discussion depuis longtemps, mais les récents développements dans la région en ont accéléré le rythme", a indiqué à l'AFP une source proche de l'armée saoudienne, sous couvert d'anonymat, alors qu'en début d'année, la participation de la Turquie semblait encore écartée selon Ryad.

Les trois pays musulmans sunnites ont en commun de participer aux efforts de règlement du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, qui a embrasé la région et ébranlé l'économie mondiale.

- Se détacher de Washington -

L'Arabie saoudite et le Pakistan sont en outre déjà liés par un accord de défense mutuelle conclu en septembre 2025, fruit d'une longue tradition de coopération militaire.   Son annonce avait suscité de nombreuses interrogations, Islamabad possédant la bombe atomique.   Vendredi, Ryad a nié tout lien avec "des ambitions nucléaires" et assuré, comme Ankara, que ce pacte ne visait aucun pays de la région.

"Cet accord est l'un des signes les plus clairs à ce jour que le Moyen-Orient s'éloigne d'un ordre sécuritaire organisé exclusivement par les Etats-Unis", commente pour l'AFP Andreas Krieg, expert en sécurité au King's College de Londres.

Selon l'analyste, cette annonce soutient les ambitions saoudiennes de devenir le parrain de la sécurité régionale et de diversifier sa défense. Pour la Turquie - qui assure que l'accord n'est "pas en contradiction" avec ses engagements vis-à-vis de l'Otan - et le Pakistan, il s'agit de gagner en influence et d'attirer des investissements saoudiens.

Ce rapprochement "est clairement orienté contre l'Iran", relève Oumar Karim, spécialiste de l'Arabie saoudite à l'université de Birmingham.   Pour lui, l'alliance "vise à répondre à la nouvelle approche stratégique" de Téhéran, "qui entend dominer l'ensemble de la région du Golfe et contrôler le trafic maritime dans les voies navigables stratégiques, qu'il s'agisse du détroit d'Ormuz ou du détroit de Bab el-Mandeb".

- L'enjeu d'Ormuz -

Pour l'Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde, l'ouverture des passages maritimes est essentielle.

La mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb étaient devenus des voies de substitution alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz depuis la reprise des affrontements avec les Etats-Unis en juillet.

Mais les Houthis yéménites, soutenus par l'Iran, ont récemment imposé un blocus aux navires saoudiens et menacent aussi la navigation à Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique.

L'entente entre Ryad, Islamabad et Ankara intervient au moment où des progrès semblent se dessiner concernant Ormuz: Téhéran a assuré s'être accordé avec le sultanat d'Oman, autre pays riverain, sur un nouvel itinéraire de transit des navires.   Mais toute réouverture dépendra de Washington, qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont prévenu les autorités iraniennes.

Outre le front maritime, l'Arabie saoudite a été ciblée sur son territoire par les Houthis, qui ont visé ces dernières semaines des infrastructures pétrolières.   La coalition menée par Ryad, alliée du gouvernement du Yémen depuis 2015, a aussi accusé vendredi les rebelles d'avoir mené des bombardements dans la région frontalière de Najran, qui ont fait 11 blessés civils, une attaque sans précédent dans le royaume depuis la trêve de 2022 entre les deux camps. (AFP, 7 août 2026)

La Turquie dénonce des attaques contre deux navires civils turcs en mer Noire

La Turquie a dénoncé mardi des attaques de drone survenues lundi en mer Noire contre deux navires appartenant à des armateurs turcs, faisant des blessés parmi l'équipage.

"Les navires civils appartenant à des armateurs turcs Yasar et Nadezhda ont été attaqués par des drones après leur départ du port de Novorossisk hier soir (lundi soir, NDLR), et certaines personnes de l'équipage, dont nos ressortissants, ont été blessées. La sécurité de nos citoyens est notre priorité absolue et leur situation est suivie de près", a affirmé le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Nous sommes profondément préoccupés par l'escalade du conflit entre la Russie et l'Ukraine en mer Noire, qui affecte la navigation civile malgré nos nombreux avertissements. Si des mesures préventives ne sont pas prises, cette escalade aura de multiples répercussions négatives, notamment sur la sécurité alimentaire", a ajouté le ministère, appelant les parties à "mettre en oeuvre d'urgence des mesures concrètes pour garantir la sécurité de la navigation en mer Noire".

Selon le site de surveillance Marine Traffic, les deux navires Yasar et Nadezhda arborent respectivement les pavillons panaméen et camerounais.

La Russie et l'Ukraine multiplient les frappes sur des navires cargo, notamment en mer Noire, depuis plusieurs semaines.

Un navire de pêche turc avait aussi été attaqué fin juin en mer Noire près des côtes de la Crimée, faisant un mort et quatre blessés.

Fin mai, la Turquie avait mis en garde contre une "escalade incontrôlée" dans la région de la mer Noire après une attaque de drone contre un cargo turc. La marine ukrainienne a affirmé qu'un drone russe avait attaqué le navire. (AFP, 4 août 2026)

La Turquie sanctionne le site Temu pour "entrave à une inspection"

L'Autorité turque de la concurrence a sanctionné le site de commerce en ligne chinois Temu pour "entrave à une inspection" et "non-communication d'informations" à temps, dans le cadre d'une enquête sur ses prix, a annoncé mercredi la plateforme.

Dans une décision que l'AFP a pu consulter, l'Autorité a en revanche décidé de rejeter une plainte accusant Temu de violation des règles de concurrence et de ne pas ouvrir d'enquête, estimant "sa part de marché relativement faible".

Temu se situe "en cinquième position après ses principaux concurrents" en Turquie fait-elle valoir et, par conséquent, ses pratiques "ne devraient pas engendrer de problème de concurrence".

Dans son communiqué, la plateforme "prend acte de la décision de l'Autorité turque de la concurrence de ne pas ouvrir d'enquête formelle sur les pratiques tarifaires de Temu et de classer officiellement l'affaire".

Mais elle ajoute : "Nous prenons également acte de l'amende de 3,696 millions de livres turques (environ 68.600 euros) infligée par l'Autorité pour entrave à une inspection et non-communication des informations demandées dans les délais impartis" - concernant l'élaboration de ses prix.

Temu se voit également sanctionnée dans deux autres décisions distinctes pour avoir refusé aux inspecteurs de l'Autorité l'accès de son bureau d'Istanbul et pour n'avoir pas fourni à temps des informations concernant ses chiffres d'affaires.

Le 21 janvier, le porte-parole de Temu avait annoncé que ses bureaux en Turquie avaient fait l'objet d'une perquisition par l'Autorité de la concurrence.

L'entreprise avait temporairement suspendu ses activités dans le pays avant de les reprendre en février, en créant une société d'importation basée en Turquie. (AFP, 29 juil 2026)

La Turquie annonce un accord avec le géant pétrolier BP en Irak

La Turquie a annoncé mardi un accord avec le géant pétrolier British Petroleum (BP) en Irak pour l'exploitation d'hydrocarbures dans la région de Kirkouk (nord), selon le ministre de l'Energie.

Cette annonce survient au soir de la visite à Ankara du Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, qui a été reçu par le président Recep Tayyip Erdogan.

Elle fait également suite à la fin programmée, le 22 juillet, de l'accord historique de 1973 sur l'oléduc reliant les champs pétrolifères de Kirkouk au port turc de Ceyhan sur la Méditerranée.

"Aux termes de l'accord de transfert d'actions signé aujourd'hui entre Turkish Petroleum et BP, TPAO a acquis une participation de 15% dans BP Energy Company of Kirkuk Limited (BPECKL), qui opère à Kirkouk", a indiqué le ministre turc, Alparslan Bayraktar sur son compte X.

"Grâce à ce partenariat, TPAO s'implantera dans la région de Kirkouk, l'une des plus importantes zones de production d'hydrocarbures d'Irak" poursuit-il.

La société turque "travaillera aux côtés des partenaires de BPECKL pour mettre en production les réserves potentielles estimées à 3 milliards de barils".

"Cette étape constitue un élément clé de notre objectif de renforcer la présence et l'efficacité de Turkish Petroleum sur la scène internationale" poursuit le ministre.

En juillet 2025, la Turquie avait annoncé mettre fin à l'accord de 1973 sur l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan qui a pris effectivement fin le 22 juillet.

Un accord transitoire doit continuer d'assurer à Bagdad un débouché vital pour ses exportations tout en maintenant le rôle de la Turquie comme corridor énergétique.

Le transit par cet oléoduc a été régulièrement perturbé depuis par une série de différends d'ordre juridiques mais aussi financiers entre Bagdad, le Gouvernement régional du Kurdistan irakien et la Turquie.

Lors d'un point de presse commun mardi soir avec M. Zaidi, arrivé au pouvoir en avril et dont c'était la première visite officielle en Turquie, M. Erdogan a salué le renforcement de la coopération entre les deux pays notamment en matière de défense, d'énergie et de lutte contre le terrorisme.

M. Zaidi est venu avec son ministre des Affaires étrangères Fouad Hussein qui a rencontré son homologue turc, Hakan Fidan.

La Turquie partage quelque 350 km de frontière avec l'Irak, notamment la région autonome du Kurdistan irakien (nord) dans laquelle les combattants kurdes du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan interdit) ont trouvé refuge.

Ankara a engagé fin 2024 un processus de paix avec le PKK qui a annoncé sa dissolution en mai 2025, suivie en juillet 2025 d'un début de désarmement.

Mais depuis, le processus semble en panne, suspendu aux travaux d'une commission parlementaire turque transpartisane dont les conclusions se font attendre. (AFP, 28 juil 2026)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Un drone turc à proximité d'un aéroport en Grèce, des F-16 grecs interviennent

Un drone turc a pénétré l'espace aérien grec et survolé un aéroport de l'est de la Grèce, nécessitant l'intervention d'une patrouille d'avions de combat F-16, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

"Un drone turc a pénétré illégalement" l'espace aérien grec, près d'Alexandroupolis (nord-est), "provoquant la mobilisation immédiate de l'armée de l'air", a annoncé la télévision publique ERTnews.

Interrogée par l'AFP, une source militaire grecque a confirmé l'incident.

L'engin "s'est déplacé vers un point proche de la piste terminale de l'aéroport d'Alexandroupolis, au moment même où un avion de ligne tentait de décoller", affirme ERTnews, jugeant cette situation "particulièrement préoccupante".

Des "F-16 grecs qui étaient en alerte ont immédiatement décollé et, en quelques minutes, se sont approchés du drone turc, procédant à son identification et à son interception".

L'action des avions de combat "a eu pour conséquence l'éloignement du drone de l'espace aérien grec", sa "sortie ayant été enregistrée dans la région de (l'île grecque de) Samothrace", toujours selon la TV publique.

L'incident n'a pas affecté la sécurité du vol concerné à l'aéroport d'Alexandroupolis, qui par mesure de précaution a emprunté une autre piste pour décoller normalement vers l'aéroport international d'Athènes.

"Ce n'est pas un incident grave", a indiqué à l'AFP la source militaire. Il relève des "incidents et des interceptions quotidiennes" menées par l'armée grecque, "soit dans le nord-est soit dans le sud-est de la (mer) Egée".

Les violations de l'espace aérien grec par des aéronefs turcs sont redevenues une pratique courante en 2026, concentrées en mer Egée et menées surtout désormais avec des drones, selon les données du ministère de la Défense.

De zéro violation turque en 2024, leur nombre est passé à 225 en 2025, et à 433 en 2026 jusqu'à début août, dont beaucoup sont désormais menées par des drones de différents types, armés et non-armés.

Les autorités grecques protestent régulièrement contre ces violations de l'espace aérien national. (AFP, 28 août 2026)

Les dirigeants rivaux à Chypre conviennent de rencontres hebdomadaires

Les dirigeants des deux parties de Chypre sont convenus de tenir des réunions hebdomadaires mercredi, alors que le secrétaire général de l'ONU les a appelés à intensifier leurs efforts en vue de négociations de réunification, paralysées depuis des années.

M. Guterres s'est personnellement impliqué dans une tentative de relance des négociations sur l'île divisée, lors d'une visite en juillet.

Il avait alors rencontré Nikos Christodoulides, président de la République de Chypre hellénophone, membre de l'Union européenne, et Tufan Erhurman, dirigeant de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), turcophone, autoproclamée sur un tiers du territoire chypriote.

Les deux dirigeants se sont rencontrés mercredi dans la zone tampon contrôlée par l'ONU pour leur premier tête-à-tête après la visite de M. Guterres, une rencontre considérée comme une avancée pour préparer une initiative de paix sous l'égide des Nations unies.

Selon un communiqué onusien, ils ont eu des discussions "constructives" et sont "convenus d'intensifier leurs réunions et de se rencontrer une fois par semaine et plus fréquemment si les circonstances l'exigent".

M. Guterres avait proposé en juillet une relance des discussions pour mettre fin à la division de l'île méditerranéenne, avec la participation des trois pays garants de l'équilibre institutionnel, Grèce, Turquie et

Grande-Bretagne.

Il avait souligné qu'il ne voulait plus de sommets "sans résultats" et demandé aux deux dirigeants chypriotes de définir des "mesures de confiance".

M. Guterres, qui quittera son poste à la fin de l'année, était le premier secrétaire général de l'ONU à visiter l'île depuis 2010.

Selon le porte-parole du gouvernement chypriote, Konstantinos Letymbiotis, les discussions seront centrées sur le fond de la question chypriote.

Il a cité l'ouverture de nouveaux points de passage dans la zone tampon comme l'une des mesures de confiance à l'étude.

Chypre est divisée depuis 1974, lorsque la Turquie a envahi et occupé le tiers nord de l'île en réponse à un coup d'Etat de Chypriotes grecs revendiquant l'union avec la Grèce.

La RTCN n'est reconnue que par Ankara.

La dernière série majeure de pourparlers avait débouché sur un échec à Crans-Montana, en Suisse, en juillet 2017. (AFP, 26 août 2026)

Accrochages verbaux entre la Grèce et la Turquie autour de la mer Egée

La Grèce et la Turquie, qui se querellent régulièrement sur la délimitation des eaux territoriales en mer Egée, se sont de nouveau accrochées ces derniers jours après l'annonce par Athènes d'un plan d'aménagement énergétique.

En milieu de semaine, Athènes a annoncé l'entrée en vigueur d'un nouveau plan pour la transition énergétique et les énergies renouvelables en Grèce continentale et sur les îles du pays jusqu'en 2050.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères turc a estimé que ce plan "n'aura, à l'instar d'autres initiatives similaires prises par la Grèce, aucune conséquence juridique" pour la Turquie en mer Egée, en référence aux îles grecques proches des côtes turques.

Ankara a rappelé au passage "qu'il convient d'éviter les actions unilatérales dans les mers fermées ou semi-fermées telles que la mer Égée et la Méditerranée".

Jeudi soir, le ministère grec des Affaires étrangères a réagi à son tour, rejetant dans un communiqué des "allégations révisionnistes et sans fondement" de la Turquie, "totalement inacceptables".

"La souveraineté grecque en mer Egée est clairement et définitivement définie par des conventions internationales et ne saurait être remise en cause. Toute autre approche est contraire au droit international et suscitera une réaction en conséquence", a averti Athènes.

Lundi, la Turquie avait annoncé la création de deux aires marines protégées, au large des côtes de Fethiye et de Kas (sud) et dans le nord de la mer Egée au large des Dardanelles. Athènes avait jugé leur création "illégale", dans la mesure où "ils occupent des eaux internationales" et "s'étendent sur le plateau continental grec".

Les tensions avec la Turquie voisine, à la fois rival historique de la Grèce et partenaire au sein de l'Otan, ressurgissent à intervalles réguliers autour de la délimitation de leurs eaux territoriales de la mer Egée, qui sépare les deux voisins.

En décembre 2023, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis avaient signé une "déclaration d'amitié et de relations de bon voisinage" visant à apaiser les relations.

La dispute semble donc avoir repris de la vigueur ces derniers jours, augurant d'un "automne aigre-doux dans la région gréco-turque", estime, à l'image de la TV publique ERTnews, la presse nationale grecque.

"En l'espace de 12 jours, la Turquie a manifesté la quasi-totalité des contestations dont elle est coutumière", observe le grand quotidien I Kathimerini.

Deux éléments peuvent expliquer ces soudaines bouffées de chaleur, analyse la presse.

"Les tensions entre la Turquie et Israël (alliée de la Grèce depuis 2010) devraient se reporter sur la mer Égée", pronostique I Kathimerini.

L'autre facteur est la possible reprise des travaux sur le câble marin Grèce-Chypre (Great Sea Interconnector - GSI), un projet d'interconnexion électrique "gelé" depuis deux ans, en grande partie à cause de l'opposition turque à des études bathymétriques dans la zone maritime au large de Kasos, à l'été 2024.

Le GSI est un vaste projet d'infrastructure énergétique visant à relier les réseaux électriques de la Grèce, de Chypre et, dans une deuxième phase, d'Israël grâce à un câble électrique sous-marin à courant continu haute tension (HVDC) d'une longueur d'environ 1.208 km (900 km entre la Crète et Chypre, et 310 km entre Chypre et Israël).

Début août, l'entreprise française Meridiam est devenu actionnaire majoritaire au sein de GSI. L'opérateur grec du projet a soumis en début de semaine une demande formelle d'investissement aux autorités de régulation de la Grèce, de Chypre et d'Israël. (AFP, 21 août 2026)

Des Turcs s'offrent une escapade européenne sur des îles grecques

Sur le port de l'île grecque de Samos, Ikra Altumsek, étudiante d'Izmir, attend le ferry qui la ramènera sur la côte juste en face, en Turquie, après son premier voyage à l'étranger.

"Samos était l'endroit idéal pour commencer!", se félicite cette jeune Turque de 21 ans, originaire de la troisième ville du pays et venue séjourner à Samos avec sa mère.

Pour le troisième été consécutif, de nombreux Turcs profitent d'une procédure simplifiée pour l'obtention d'un visa de courte durée qui leur permet de séjourner sur certaines îles grecques de la mer Egée.

Des bateaux battant pavillon turc assurent plusieurs fois par jour, surtout en été, la liaison entre Samos et le port turc de Kusadasi, à seulement 17 milles nautiques.

De nombreux restaurants affichent leur carte en turc devant l'entrée de leur établissement tandis que familles turques avec enfants dans les poussettes et jeunes se pressent sur le port.

"La nourriture est délicieuse. J'ai un fils de 17 ans qui ne cesse de me demander : +Maman, quand est-ce qu'on va manger en Grèce?+", s'enthousiasme Nevin Cagliguney, 51 ans.

Avec ses eaux turquoises, des criques tranquilles, des villages traditionnels et des tavernes au bord de la mer, Samos présente tous les atouts typiques des îles grecques prisées des touristes étrangers.

Habitée depuis l'Antiquité, elle est également l'île natale du philosophe et mathématicien grec Pythagore.

- Visa à l'arrivée -

Connu en Turquie sous le nom de "Kapi vizesi" (visa de la porte), ce visa est délivré aux Turcs à l'arrivée sur l'île et leur permet de séjourner au maximum sept jours s'ils ne disposent pas d'un visa Schengen.

Le programme, lancé en avril 2024 par la Grèce, pays membre de l'espace Schengen, concernait 10 îles grecques avant d'être étendu à douze. Parmi elles, les touristiques Rhodes et Kos.

Sa durée ne peut pas être prolongée et il ne permet pas de voyager vers la Grèce continentale ou vers le reste de l'espace européen de libre circulation.

"Obtenir un visa Schengen devient de plus en plus difficile pour les Turcs mais ce système nous permet de visiter des îles grecques facilement", explique Emirhan Gurses, étudiant de 21 ans originaire de Manisa (ouest de la Turquie).

Selon la Banque de Grèce, près de 1,5 million de Turcs se sont rendus en Grèce en 2025, contre 1,2 million en 2024.

D'après les agences de voyage turques, la plupart d'entre eux l'ont fait via ce programme de visas.

Se rendre en Grèce est également devenu avantageux pour de nombreux Turcs qui subissent une forte inflation, rendant les vacances dans leur pays de plus en plus coûteuses.

Rivaux régionaux mais alliés au sein de l'Otan, la Grèce et la Turquie entretiennent des relations souvent acrimonieuses en raison de conflits territoriaux.

Mais le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a jugé ce programme approuvé par la Commission européenne "particulièrement réussi".

Athènes et Ankara souhaitent d'ailleurs le voir prolongé en 2027.

"Des centaines de milliers d'amis turcs ont voyagé vers les îles grecques rapprochant ainsi davantage nos peuples", s'est-il félicité en février aux côtés du président turc Recep Tayyip Erdogan.

- 'Un soutien important' -

De nombreux Turcs qui déposent des demandes de visa Schengen sont confrontés à de longs délais d'attente car la demande de voyages vers l'Europe a dépassé les capacités de traitement dans de nombreux consulats.

Pour le guide touristique Mikail Esabalioglu, résident grec de Samos et originaire d'Istanbul, les Turcs représentent une manne financière de plus en plus importante pour l'économie touristique de l'île.

Mais "les visiteurs doivent parfois attendre longtemps à l'arrivée pour obtenir le visa" express, déplore-t-il.

Pour le chef d'entreprise Giannis Kagias, l'afflux de touristes turcs fait "une grande différence" pour les revenus de l'île.

"Nos amis turcs nous apportent un soutien (financier) important", martèle-t-il.

Cet afflux permet également un rapprochement de deux peuples qui ont partagé des siècles d'Histoire, affirme Selim Zuberi, consultant de 38 ans originaire de Mersin (dans le sud de la Turquie).

"On découvre nos cultures respectives", lance-t-il.

"L'histoire a connu des conflits mais nous ne devrions pas porter ce fardeau éternellement", estime-t-il. (AFP, 30 juil 2026)


Guterres propose une relance des discussions à Chypre, Erdogan méfiant

Le secrétaire général de l'ONU a proposé mercredi à Chypre une réunion des deux parties rivales avec les "garants" de l'équilibre institutionnel de cette île divisée depuis 1974 afin de sortir de l'impasse, s'attirant la méfiance d'Ankara.

Cette proposition a été favorablement accueillie par les deux présidents rivaux de Chypre qui ont salué les efforts déployés par Antonio Guterres.

La Turquie, marraine de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) autoproclamée sur un tiers du territoire chypriote, a en revanche rapidement relevé que, pour l'instant, "aucun terrain d'entente" n'existait "encore entre les deux parties sur l'île".

Dans la soirée, le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu que toute "initiative qui ignorerait l'égalité souveraine des Chypriotes turcs, leurs droits et leurs intérêts légitimes" serait vouée à l'échec.

"Les tentatives de reléguer les Chypriotes turcs au rang de minorité ont échoué par le passé. Seule une solution juste, durable et pérenne permettra d'instaurer un calme durable sur l'île'" a-t-il insisté, tout en saluant la visite de M. Guterres à Chypre.

Après huit ans de paralysie et seize ans après la précédente visite d'un patron des Nations unies, M. Guterres a eu mardi des entretiens avec les responsables de la RTCN, reconnue par la seule Turquie et avec ceux de la République de Chypre, membre de l'UE.

- "En concertation" -

"Nous travaillerons en concertation avec les deux parties et les garants afin de créer les conditions du succès de la réunion", a déclaré M. Guterres devant la presse à Nicosie, faisant référence aux responsables chypriotes turcs et grecs, à la Grèce, à la Turquie, au Royaume-Uni ainsi qu'à l'ONU.

"J'ai obtenu l'accord des deux parties et des garants pour organiser une réunion à cinq plus un. Cependant, une préparation adéquate est indispensable car je souhaite éviter de nouvelles réunions qui ne servent à rien : je veux que celle-ci soit fructueuse et favorise la recherche d'une solution", a prévenu M. Guterres.

Le président chypriote Nikos Christodoulides a fait savoir dans un communiqué qu'il avait "accepté la convocation d'une conférence élargie", assurant que les préparatifs allaient se poursuivre.

M. Guterres a montré qu'il était "pleinement attaché aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies" qui prônent la réunification de l'île, a-t-il souligné.

De son côté, le président de la RTCN Tufan Erhürman, qui plaide depuis son élection en octobre pour la mise en place d'une fédération, a affirmé "vouloir une solution" en accord avec la Turquie afin de ne pas froisser ses tuteurs.

"Cette fois il faut faire quelque chose de différent. Nous continuerons à mener le processus en étroite et pleine concertation avec le pays garant, la République de Turquie, comme nous l'avons fait jusqu'à présent" a-t-il dit.

- "Rétablir la confiance" -

Néanmoins, Ankara a réitéré son hostilité à tout projet de réunification qui mettrait en péril l'existence de la RTCN, qu'elle considère comme faisant partie de son territoire.

"Les modèles de solutions qui ont été testés et approuvés pendant des décennies appartiennent au passé" a jugé le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, renvoyant à la responsabilité de la partie chypriote grecque.

"La perspective d'une solution ne se concrétisera pas tant que la position intransigeante de la partie chypriote grecque ne changera pas et que ses actions, qui affectent également négativement la sécurité régionale, ne cesseront pas" a-t-il mis en garde.

Rappelant des décennies de vaines réunions pour parvenir à un projet de réunification, M. Guterres a appelé les dirigeants des deux parties à "intensifier" leurs efforts et à définir des "mesures de confiance".

"Il était de mon devoir de venir à Chypre" a-t-il estimé alors que son ultime mandat s'achève à la fin de l'année et que la course à sa succession est engagée.

"C'est le moment où tous les efforts doivent être déployés pour rétablir la confiance".

"Il est essentiel de redoubler d'efforts pour définir et mettre en oeuvre des mesures de confiance, susceptibles d'améliorer concrètement le quotidien de tous les Chypriotes. J'appelle les deux dirigeants à intensifier ces efforts", a-t-il insisté. (AFP, 29 juil 2026)

Immigration / Migration

Arrestation d’une musicienne kurde de France

Selon « Kurdistan au féminin » la musicienne kurde Nuarîn a été arrêtée dès son arrivée en Turquie. L’artiste, qui réside en France depuis onze ans, a été placée en garde à vue mardi à son entrée à l’aéroport de Çukurova, près de Mersin, et se trouve depuis en détention.

Aucune information n’a encore été communiquée sur les motifs de son arrestation. Une ordonnance de confidentialité a été prononcée sur le dossier d’enquête, de sorte que les charges retenues contre elle n’ont pas été rendues publiques.

Originaire du district de Nusaybin, dans la province de Mardin, Nuarîn a commencé sa carrière musicale en 2004 au Centre culturel de Mésopotamie (NÇM) à Mersin. Elle s’est d’abord produite avec le groupe Koma Nuarîn, qui portait son nom. Après la dissolution du groupe, elle a poursuivi sa carrière en solo sous le nom de Nuarîn à partir de 2008. Installée en région parisienne depuis plusieurs années, elle continue d’y mener son activité artistique. (armenews.com, 16 août 2026)

Une Kurde expulsée par la Suisse emprisonnée en Turquie

Bahar Yalçınkaya, demandeuse d’asile kurde, a été renvoyée de force de Suisse vers la Turquie avec ses deux enfants. Dès son arrivée, elle a été placée en détention provisoire et envoyée à la prison fermée pour femmes de Bakırköy, accompagnée de son enfant de 15 mois.

Yalçınkaya résidait depuis près de deux ans au centre de renvoi Rückkehrzentrum Oberhalden Finkenried, à Zurich. Mère de deux enfants — une fillette de cinq ans et un bébé de quinze mois, né en Suisse —, elle a été extraite de sa chambre par la police avant son expulsion. Selon des témoignages de résidents, elle aurait été menottée dans le dos sous les yeux de ses enfants, puis conduite à l’aéroport de Zurich.

À son arrivée en Turquie, elle a d’abord été placée en garde à vue pendant environ une journée, puis présentée à un juge qui a ordonné sa détention provisoire. Elle a ensuite été transférée à l’établissement pénitentiaire pour femmes de Bakırköy, toujours avec son bébé de 15 mois.

Son avocat en Suisse, Murat Özten, avait alerté à plusieurs reprises sur les risques. Il avait indiqué que sa cliente faisait l’objet d’enquêtes et de procédures judiciaires sérieuses en Turquie, notamment liées à des accusations de propagande en lien avec le mouvement kurde, et qu’elle risquait l’arrestation dès son retour.

Cette affaire relance les critiques contre les pratiques suisses de renvois forcés, en particulier lorsqu’elles concernent des familles avec de jeunes enfants. Défenseurs des droits humains et associations soulignent le caractère traumatisant de ces opérations et les dangers auxquels sont exposées les personnes renvoyées en Turquie. Les autorités suisses font face à de nouvelles questions sur le respect des obligations internationales en matière de protection des réfugiés et de l’intérêt supérieur de l’enfant.

L’expulsion de Bahar Yalçınkaya et son incarcération immédiate illustrent une nouvelle fois les tensions entre politique migratoire suisse et risques de persécution dans le pays d’origine. (kurdistan-au-feminin, 6 août 2026)



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