Droits
de l'Homme / Human Rights
Erdogan se rêve en leader des musulmans du monde
Ankara œuvre à renforcer les alliances et à réduire les différends,
tant en son sein que dans l’ensemble du monde islamique, a déclaré
vendredi le président Recep Tayyip Erdogan.
« Nous croyons que l’unité est une vertu, nous travaillons à renforcer
les alliances et à réduire les désaccords tant entre nous qu’à travers
le monde islamique », a déclaré Erdogan dans son discours prononcé à
Istanbul lors du programme de la Semaine du Mawlid al-Nabi, qui marque
la naissance du prophète Mahomet.
Le président Erdogan a déclaré souhaiter que les musulmans, « qui ont
orienté l’histoire et ordonné le monde pendant des siècles », se
rassemblent à nouveau « comme les briques d’un mur ».
« Nous souhaitons que l’Oumma de Mahomet, qui a orienté l’histoire et
ordonné le monde pendant des siècles, se ressoude comme les briques
d’un mur », a-t-il déclaré.
Il a souligné l’importance de l’unité entre les musulmans, les appelant
à défendre ensemble leurs droits et à œuvrer conjointement à la
construction de la paix et de la sécurité dans la région.
« En tant que musulmans, nous devons être forts, défendre ensemble nos
droits et le droit, et bâtir ensemble la paix et la sécurité dans notre
région », a-t-il déclaré.
« Les acteurs et les scénarios changent, mais nous vivons une période
historique où le bien et le mal s’affrontent, et où les bons finiront
par l’emporter », a ajouté Erdogan.
Erdogan avait réaffirmé mercredi la détermination de la Türkiye à
atteindre les objectifs d’une Türkiye et d’une région sans terrorisme
lors d’un discours prononcé à l’occasion d’une cérémonie marquant le
955e anniversaire de la bataille de Malazgirt, dans la province
orientale de Mus, une victoire historique des Turcs en Anatolie.
Bien sûr, le leader du Parti d’action nationaliste (MHP) Devlet Bahçeli
se trouvait à ces côtés lors de toutes ses initiatives turco-islamistes
et le soutenait dans ses opérations visant à placer le mouvement kurde
sous le contrôle de son régime répressif.
Juste après ce discours d'Erdogan, en Syrie, le leader kurde syrien
Mazloum Abdi a annoncé mardi soir la dissolution de ses puissantes
Forces démocratiques syriennes (FDS), qui avaient vaincu les
djihadistes du groupe État islamique, en application d'un accord avec
le président Ahmad al-Chareh, déterminé à réunifier la Syrie.
L'ambassadeur des États-Unis à Ankara, Tom Barrack, a qualifié ce
processus d'« historique » et a indiqué qu'une nouvelle étape avait été
franchie dans l'intégration nationale en Syrie, « dans le cadre du plan
pour le Moyen-Orient » du président américain Donald Trump.
Finalement, le président syrien Ahmad al-Chareh a nommé vendredi
conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, qui venait
de dissoudre les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans
le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.
Encouragé par tous ces développements, Erdogan semble convaincu que ses
ambitions de devenir le chef du monde islamique se réalisent plus
rapidement qu'il ne l'espérait.
Osman
Kavala: Compliance with ECtHR rulings is an
obligation under the rule of law
Businessperson, philanthropist and prominent civil society member Osman
Kavala released a written statement on the recent European Court of
Human Rights (ECtHR) ruling calling for his release as soon as
possible. Kavala’s nine-year imprisonment initially over his alleged
involvement in the 2013 Gezi Park protests has become a major point of
concern among human rights activists, who say his detention is
politically motivated.
Despite being acquitted of Gezi Park charges in Feb. 2020, Kavala
remained in prison, as a new charge of “espionage” was levied from the
same initial investigation.
In his statement, Kavala said that previous ECtHR rulings establish
that there is no evidence of him committing any crimes. He also said
that fundamental human rights and the rule of law require not
restricting the rights of individuals without solid evidence that a
crime was actually committed.
Kavala’s full statement:
The Grand Chamber judgment that the ECtHR delivered regarding me covers
the examination of the conviction process. In this decision as well,
just as in the two ECtHR decisions prior to this, it was emphasized
that the right to live freely cannot be restricted without convincing
concrete evidence showing that a crime has been committed. In the
acquittal decision rendered in 2020 within the scope of the first Gezi
trial, the fact that there was no evidence of me having committed a
crime was also established.
With its latest judgment, the ECtHR effectively stated that the
understanding that courts can issue conviction decisions based on
general evaluations regarding events and reasoning involving
intent-reading about the purpose of activities is unacceptable.
That the right of people who do not engage in an act deemed a crime by
law to live freely cannot be restricted is a fundamental human rights
principle. The protection of this right and ensuring absolute adherence
to this principle in the public sphere is also the obligation of the
rule of law toward citizens.
Compliance with ECtHR judgments is primarily concerned with the
fulfillment of this obligation, and is necessary for it. (BIA, 27
August 2026)
Un
économiste britannique poursuivi pour
"insulte" à Erdogan
La justice turque a ouvert une enquête contre un économiste britannique
spécialiste de la Turquie pour "insulte au président" Recep Tayyip
Erdogan, ont annoncé jeudi les médias turcs.
Dans une vidéo, relayée notamment par le journal progouvernemental
Sabah et enregistrée samedi lors d'un évènement en Turquie,
l'économiste Timothy Ash qualifie M. Erdogan de "sociopathe", le
rangeant au côté du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
"Je dirais que nous vivons à une époque de dirigeants peut-être
sociopathes (...) Vous voyez, les Netanyahu, les Erdogan...",
déclare-t-il dans l'extrait, se reprenant aussitôt: "Oups, je n'ai pas
dit ça. Je retire ce que j'ai dit. Arrêtez l'enregistrement".
Interrogé jeudi par l'AFP, M. Ash, très suivi en Turquie où il se rend
régulièrement, a dit "ne rien savoir" au sujet d'une éventuelle enquête
le visant.
"C'était un lapsus que j'ai immédiatement corrigé", a affirmé
l'économiste chez RBC BlueBay Asset Management, soulignant que
l'évènement auquel il participait à Bodrum, station balnéaire huppée du
sud-ouest de la Turquie, était "soumis à la règle de Chatham House".
Cette règle, tirant son nom d'un célèbre centre de réflexion londonien,
prévoit que des propos échangés lors d'une réunion puissent être
utilisés sans toutefois être attribués.
"Je ne voulais absolument offenser quiconque (...) Erdogan a
courageusement défendu Gaza et les Palestiniens, tout comme la Turquie.
Aucune comparaison possible avec Netanyahu. Point final", s'est
également défendu M. Ash sur le réseau social X.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes -- dont des journalistes,
des artistes et des politiques -- ont été poursuivies ces dernières
années en Turquie pour "insulte au président", parfois en raison de
publications sur les réseaux sociaux vieilles de plusieurs années.
(AFP, 27 août 2026)
Vibromasseur portable et analyse
éco-théologique des prières pour la pluie
Ragip Duran, TVXS.GR, 10 août 2026
Alors que, cette semaine, deux sujets sont au sommet de l’agenda de
l’opinion publique, à savoir la loi-cadre pour soi-disant amnistier les
activistes armés kurdes et les opposants en prison ou en exil en
rapport avec le PKK et les initiatives du Nouveau Parti d’Ozgur Ozel
(principale formation de l’opposition, kémaliste et sociale-démocrate,
91 sièges sur 592), au moins cinq autres événements représentent l’état
actuel du droit et de la scène politique turque.
Le nombre de maires, tous membres de l’opposition, arrêtés et écroués a
atteint 37 depuis les élections locales de mars 2024. Une dizaine de
maires sont toujours en prison et attendent de comparaître devant un
juge. 13 maires ont été révoqués et des « administrateurs civils » ont
été nommés à leur place. Ainsi, le régime poursuit les opérations
contre les maires élus de l’opposition au nom de la lutte contre les
pots-de-vin ou la gestion illégale.
Mme Bennu Gerede (54 ans), photographe et actrice, a été arrêtée le 4
août dernier ; accusée d’obscénité, elle a été relâchée par le Parquet.
Elle portait un collier métallique, « vibromasseur portable » selon sa
définition. Un internaute a réagi : « On dit dictateur, on va en prison
; on dit vibromasseur (vibrateur en turc), on va encore en prison ! »
M. Nasuh Mahruki (58 ans), alpiniste, auteur et photographe turc, connu
surtout pour avoir été le premier Turc à gravir le mont Everest et pour
son rôle dans la fondation de l'Association de recherche et de
sauvetage (AKUT), a été arrêté et écroué le 17 juillet dernier. Il
avait critiqué sur son compte X la position du régime Erdoğan au sujet
de l’initiative du coup d’État du 15 juillet 2016. Dans le cadre de
l’enquête menée par le Parquet d’Istanbul, Mahruki est accusé d’«
incitation à la haine et à l’hostilité ou d’outrage public ». Dans un
message partagé sur son compte X le 15 juillet, Mahruki avait écrit que
la tentative de coup d’État avait été « détectée à l’avance par le
pouvoir » mais qu’elle n’avait pas été « délibérément empêchée » afin
de provoquer un « changement de régime ».
Bien que le projet de physique intitulé « Un système peu coûteux,
rapide et portable capable de mesurer la teneur en eau des liquides à
l'aide d'aimants », développés par Mme Ilayda Samilgil durant ses
années de lycée, ait été éliminé sans être primé lors du concours
TÜBİTAK (CNRS turc) en Turquie, il a remporté le premier prix mondial
au concours international « First Step to Nobel Prize in Physique »
organisé en Pologne et a, par la suite, été intégré à des projets de la
NASA.
Enfin, l'octroi d'un financement en avril 2026, pouvant atteindre 3
millions de livres turques (environ 55 milles euros), dans le cadre du
programme de la même TÜBİTAK 2515-COST pour le projet intitulé «
Analyse éco-théologique des prières pour la pluie comme exemple de
prière participative dans l'histoire islamique (VIIe–XIe siècle) »,
dirigé par la professeure associée Dr. Oznur Ozdemir de l'Université
Bourse Uludag, a suscité des débats au sein du public et sur les
réseaux sociaux.
"La Turquie est un pays bizarre", constate un professeur grec de droit.
"Ses prisons sont pleines de gens honnêtes et intelligents et sa
direction est peuplée de gens assez médiocres" conclut-il.
Police
detain miners protesting over unpaid claims
despite ministry-mediated deal
Police detained miners and union officials outside the Energy and
Natural Resources Ministry in Ankara after workers resumed protests
over unpaid wages and compensation they say were covered by a
ministry-mediated agreement.
The miners, employed by Eti Gümüş silver company and Doruk Madencilik
mining company, both owned by Yıldızlar SSS Holding, had been
protesting in Ankara for four days. They said they would remain until
all outstanding payments were made.
Those detained included Independent Mine Workers Union (Bağımsız
Maden-İş) Chair Gökay Çakır and organizing specialist Başaran Aksu. Two
workers who became ill during the police intervention were taken to a
hospital by ambulance.
Protests began in April
The dispute dates back to April, when Doruk Madencilik miners traveled
from Eskişehir to Ankara on foot over months of unpaid wages and other
receivables. They ended weeks of protests after the Labor and Social
Security Ministry mediated a deal between the union and the company.
The ministry had said payment of the workers’ claims had been secured
under an agreed timetable.
The miners resumed protests on June 1, claiming that the company had
not fulfilled its end of the deal. After four days, the union announced
that all outstanding payments had been made and said the action had
ended in "victory."
Workers began protesting again on Aug 9, this time joined by employees
of Eti Gümüş.
According to Bağımsız Maden-İş, only about 50 of 176 workers at Eti
Gümüş in Elazığ received part of their unpaid wages. The union said
severance, notice compensation and payments related to retirement
remained outstanding.
Doruk Madencilik workers were also still awaiting severance and notice
compensation, wages for periods of mandatory unpaid leave and, in some
cases, compensation related to union activity, according to the union.
The workers then began a sit-in outside the Energy and Natural
Resources Ministry.
Negotiations with holding representatives
On the fourth day of the protest, four workers left the ministry area
to meet Yıldızlar SSS Holding representatives. Union officials said the
meeting produced no concrete result.
Aksu said the holding had initially denied owing the workers money
before making limited payments, adding that the union had requested a
meeting with ministry officials for four days without receiving a
response.
"We are not leaving because we do not want to have to come here again,"
Aksu said. "The ministry must take the initiative."
Çakır said payments made so far covered only part of what workers were
owed.
"If a worker is owed 100,000 liras, they paid 25,000 liras," he said.
"The boss now says, 'We paid the money.' If you paid the money, we
would leave. As a union, we will stay here until not even one lira owed
to one worker remains unpaid."
Police intervened after union officials said they would not leave the
ministry entrance until the outstanding claims were paid. Officers
moved journalists away from the protest area and prevented them from
filming the intervention.
Police then detained several miners, including Çakır and Aksu. (BIA, 14
August 2026)
Un
projet de loi qui exclut la mise en liberté de
tous les
prisonniers politiques

Le « projet de loi relatif au renforcement de la solidarité nationale
et de l'intégration sociale » a été approuvé ce vendredi par la
Commission de la justice de l'Assemblée nationale turque (TBMM).
La majorité des députés turcs s'est ralliée à ce projet de loi sur
l'avenir des combattants kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan
(PKK), qui avait annoncé sa dissolution en mai 2025 après plus de
quatre décennies de lutte armée.
Ce projet de loi, malgré le fait qu’il définit le PKK comme «
organisation terroriste », a été soutenu par son leader Abdullah
Öcalan, 77 ans dont 27 en prison à l'isolement sur l'île d'Imrali, et
par le DEM Parti, représentant une partie des électeurs kurdes en
Turquie.
Toutefois, ce projet de loi n'inclut pas les personnalités détenues
comme Osman Kavala, Can Atalay, Tayfun Kahraman, Çiğdem Mater et Mine
Özerden, détenus dans le cadre de l’affaire Gezi, ont été condamnés
pour « tentative de renversement du gouvernement de la République de
Turquie », alors que les dossiers judiciaires ne contiennent aucune
accusation liée au PKK/KCK.
Comme eux, des dizaines de milliers de prisonniers ou détenus
politiques ne seront pas libérés et resteront dans les prisons après
l’adoption de ce projet de loi controversé.
Le projet de loi inclut un mécanisme ouvrant le retour des combattants
du PKK à la vie civile en Turquie, à condition que l'organisation armée
« ait cessé son existence effective et remis toutes les armes et
munitions sous son contrôle, et qu'une décision du Conseil national de
sécurité confirmant cette détermination soit publiée au Journal
officiel ».
L'ouverture des enquêtes et l'exécution des peines concernant « la
création, la gestion et la propagande du PKK, ainsi que l'adhésion » au
groupe armé, ainsi que les activités qui en découlent, y compris son
financement, seront sujettes à un sursis de cinq à dix ans, selon les
faits reprochés aux combattants.
En cas de non-récidive jusqu'à la fin du délai de sursis, les enquêtes
seront classées et les peines seront considérées comme purgées, ce qui
pourrait signifier une amnistie de fait.
Le texte exclut cependant de cette amnistie « les homicides
intentionnels » commis dans le cadre des activités du PKK et « les
crimes passibles de perpétuité commis avant le 1er juin 2005 ».
Un conseil, composé de plusieurs ministres et du vice-président Cevdet
Yilmaz, ainsi qu'une commission parlementaire, seront chargés de suivre
l'application de la loi. Les recours seront limités à un délai de six
mois.
La loi prévoit aussi « l'enregistrement » des armes déposées ou
déclarées par les membres du PKK.
Opposition
leader Özgür Özel faces losing immunity in 'bribery' probe
The Ankara Chief Public Prosecutor's Office has requested main
opposition New (Yeni) Party leader Özgür Özel and MP Veli Ağbaba's
parliamentary immunity be lifted as part of an investigation on
allegations of aggravated bribery.
The allegations concern the Republican People's Party's (CHP) 2023
party congress, where Özel was elected leader, ending Kemal
Kılıçdaroğlu’s 14-year tenure, and the 2024 local elections, where the
CHP emerged as the leading party under Özel.
In a written statement, the prosecutor's office alleged that Özel
accepted bribes from then-Uşak Mayor Özkan Yalım “in exchange for
committing an offense” related to the leadership election congress. It
also accused him of taking bribes from Antalya Mayor Muhittin Böcek in
return for allowing him to seek reelection in 2024.
MP Ağbaba was the intermediary in the alleged bribery process,
according to the statement.
A court declared the congress in question null in May, removing Özel as
the head of the CHP and reinstating Kılıçdaroğlu. While the case
remains under appeal, Özel founded the New Party last month, bringing
in 90 of the 135 CHP deputies. The New Party formally gained the main
opposition status after it became the second-largest party represented
in parliament.
What will happen now?
The prosecutor's office has submitted summaries of proceedings
regarding Özel and Ağbaba to the Justice Ministry. The ministry must
forward them to parliament before lawmakers can vote on whether to
remove the two MPs’ immunity and clear the way for prosecution.
Turkey’s lawmakers have immunity from prosecution while in office.
Lifting it requires a simple majority in parliament and the ruling bloc
holds enough seats.
This legal action targeting Özel comes amid a broader crackdown on the
opposition since early 2025, which has seen dozens of mayors arrested,
the opposition movement split, and several mayors switch to President
Recep Tayyip Erdoğan’s ruling party. (BIA, August 4, 2026)
Expanding
Gülistan Doku murder investigation reveals network spanning state
institutions
The investigation into the 2020 disappearance of university student
Gülistan Doku is expanding after it was reopened in April, with more
than 30 suspects detained over the past two weeks.
The latest operation yesterday targeted law enforcement personnel
suspected of interfering with evidence. Police launched raids in 15
provinces, detaining 18 people, including police chiefs, commissioners,
serving and retired police officers and a computer operator, upon the
order of the Erzurum Chief Public Prosecutor's Office.
'A shadowy network'
After a request by the office, an Erzurum court yesterday issued
additional pretrial detention orders for former Tunceli governor Tuncay
Sonel, his former bodyguard Şükrü Eroğlu and former police officer
Gökhan Ertok, who were already in custody.
The new orders concern allegations of destroying or altering digital
data, deprivation of liberty, aggravated robbery and unlawfully
obtaining personal data.
In its referral letter to the court, the prosecutor’s office said
forensic examinations and cyber data recovery procedures carried out on
Sonel’s devices had uncovered concrete evidence capable of affecting
the course of the investigation.
The filing said investigators had examined instructions and messages
sent by Sonel to suspect Gökhan Ertok. Prosecutors assessed that the
two had established an unlawful and “shadowy” network of relations in
which public authority was used as a tool, Mezopotamya Agency (MA)
reported citing the investigation file.
Monitoring Doku's family illegally
The widening case now centers not only on what happened to Doku, but
also on allegations that officials used their positions to suppress
evidence, manipulate records and monitor the family illegally after her
disappearance.
Last week, 15 suspects were remanded in custody, including former
governor Sonel’s wife, Handan Sonel, who also faces allegations of
destroying, concealing or altering evidence. The arrests followed
operations in Elazığ, Malatya, Ankara, İstanbul and Dersim on Jul 21
and 23.
The suspects targeted included three doctors, a nurse, hospital and
information technology employees, the owner of a technology company, a
businessperson and two security guards.
The Erzurum Chief Public Prosecutor’s Office said investigators had
obtained new findings concerning the alleged deletion of medical
records and coordinated efforts to conceal evidence.
The inquiry has also expanded into the financial activities of Sonel
and other suspects. Prosecutors requested a detailed review of their
assets, bank transfers and property transactions. Transactions
involving Eroğlu, Sonel's bodyguard, since 2019 were included in the
review.
Prosecutors are also examining claims that Doku’s body, which has never
been found, was buried or otherwise disposed of.
Six years without answers
Doku, a 21-year-old child development student at Munzur University,
disappeared in Dersim on Jan 5, 2020.
The initial investigation focused on the possibility that she had
entered the Uzunçayır Dam Lake after a signal was detected from her
phone. No trace of her was found, despite extensive searches and the
draining of the reservoir.
For years, the case was largely treated as a disappearance or possible
suicide. Doku’s family repeatedly rejected that account and accused
public officials of withholding evidence.
The new investigation has shifted the focus toward a suspected killing
and an alleged institutional cover-up extending through law
enforcement, administrative bodies, hospitals and digital record
systems.
Despite dozens of detentions and arrests, Doku’s remains have not been
found, and the circumstances of her disappearance have yet to be
established. (BIA, 28 July 2026)
Seven arrested in Ankara ‘gay bar’ probe
An Ankara court today ordered seven people jailed pending trial in an
investigation into an entertainment venue frequented by the city's
LGBTI+ community.
The Ankara Chief Public Prosecutor’s Office said it launched the
investigation following complaints submitted to the Presidential
Communication Center (CİMER), witness statements, open-source research
and posts on the venue’s social media accounts.
Prosecutors alleged that the venue hosted sexually explicit
entertainment and activities that violated “public morality.”
The seven suspects were detained yesterday and later sent to court
after questioning by prosecutors.
The prosecutor's office did not disclose which legal provisions formed
the basis of the allegations. No details were provided about statements
from the suspects or their lawyers.
Pro-government media outlets used discriminatory language targeting
LGBTI+s in their coverage of the operation. A Haber news site used the
phrase “LGBT perversion” in its headlines. Sabah newspaper highlighted
phrases including “gay parties,” “erotic dancing between men” and “gay
bar." (BIA, 28 July 2026)
Gezi prisoners Mater and Özerden transferred back to
İstanbul after five days in İzmir
Gezi Park trial convicts Çiğdem Mater and Mine Özerden returned to
İstanbul on Jul 25, five days after their transfer to a prison in İzmir.
The two women were taken from the İzmir Women’s Closed Prison, also
known as Şakran Prison, to the Marmara Women’s Closed Prison in
İstanbul’s Silivri district.
Mater and Özerden had been held at the Bakırköy Women’s Closed Prison
since their imprisonment in 2022. They were transferred to Şakran
Prison on Jul 20, and admitted to the facility the same day.
Mater’s lawyer Hürrem Sönmez noted after the initial transfer that the
prisoners' families and lawyers were based in İstanbul and that the
transfer would be another form of punishment.
“Family visits will become more difficult, and they will face another
form of isolation beyond imprisonment itself,” she told bianet.
The İstanbul 13th Heavy Penal Court sentenced Mater and Özerden to 18
years in prison in Apr 2022, for “aiding an attempt to overthrow the
government.”
The Court of Cassation’s 3rd Penal Chamber upheld both sentences in Sep
2023.
The case concerned the 2013 Gezi Park protests, which drew millions of
people across Turkey. Eight rights advocates were accused of organizing
and financing the demonstrations with the intent of overthrowing the
government.
An initial trial ended in acquittals, but a retrial resulted in lengthy
prison sentences, including an aggravated life sentence for
philantropist Osman Kavala. Three defendants whose sentences were later
overturned were acquitted following another retrial. (BIA, 27 July 2026)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Le
célèbre humoriste Goktas à nouveau arrêté
après avoir été libéré dans une première affaire
Un humoriste turc a de nouveau été arrêté sur de nouvelles accusations
vendredi après sa libération dans une affaire initiée en juillet, dans
laquelle il était poursuivi pour avoir insulté l'islam et le président
Recep Tayyip Erdogan, ont rapporté les médias turcs.
Deniz Goktas, 32 ans, dont les spectacles de stand-up génèrent des
millions de vues en ligne, avait été interpellé à l'aéroport d'Istanbul
début juillet.
Son arrestation s'inscrivait dans le cadre d'un vaste durcissement de
la répression par les autorités turques contre les critiques du
gouvernement de M. Erdogan, des musiciens, artistes, journalistes et
responsables politiques faisant l'objet de poursuites judiciaires.
Vendredi, un tribunal a ordonné sa remise en liberté à la suite d'un
recours contre sa détention de juillet, a indiqué la chaîne privée NTV.
Mais avant que la décision ne puisse être appliquée, les procureurs ont
ouvert une autre enquête visant l'humoriste, qui est détenu dans la
ville de Corlu, dans le nord-ouest du pays.
Il a été de nouveau arrêté pour "apologie d'un crime et d'un criminel"
en raison de propos tenus lors d'un de ses spectacles, ce qui a empêché
sa sortie de prison, selon NTV.
Son avocat n'a pas pu être joint dans l'immédiat pour commenter. (AFP,
28 août 2026)
Four journalists detained after posting ‘Erdoğan
passed away’
Four journalists from Aydın Denge News were arrested after the
newspaper posted on their Facebook a headline titled “Erdoğan passed
away.” It turns out that the Erdoğan in question was someone named
Gülşen Erdoğan, who shares the same last name as Turkish President
Recep Tayyip Erdoğan.
Following the public backlash, the Aydın Chief Public Prosecutor's
Office initiated an investigation on charges of "publicly disseminating
misleading information," regulated under Article 217/A of the Turkish
Penal Code.
According to ANKA News Agency, the four journalists taken by the police
were the newspaper's representative Emin Aydın, Managing Editor Yeşim
Ülker, reporter İslam Keleş, and İrem Delice.
Following procedures at the police station the four journalists were
brought to Aydın Courthouse and released on condition of judicial
control. (BIA, 27 August 2026)
International human rights organizations call
for Osman Kavala’s release
Following yesterday’s ruling by the European Court on Human Rights
(ECtHR) in favor of Gezi Park protestor Osman Kavala, major human
rights organizations Amnesty International, Human Rights Watch (HRW),
the International Commission of Jurists (ICJ) and the Turkey Litigation
Support Project (TLSP) made a joint statement calling on Turkey to
immediately implement the Court’s judgement.
The organizations also requested that Council of Europe member states
explicitly and clearly demand Turkey comply with the ECtHR decision and
immediately release Kavala. Member states should make Kavala’s case a
priority agenda item when dealing with Turkey, they said.
Director of Amnesty International's European Institutions Office Eve
Geddie said the following: “Türkiye has defied two previous binding
rulings from the Court in his case. This obstruction of justice must
end. Türkiye’s authorities, including judicial and prosecutorial, must
act to free Osman Kavala immediately and unconditionally.”
Who is Osman Kavala
Osman Kavala is a Turkish businessman, philanthropist and human rights
defender well-known for his role in civil society. Kavala was initially
arrested in 2017 on charges of allegedly funding the nationwide
anti-government 2013 Gezi Park protests. The charges have since been
dropped but afterwards he was arrested on espionage charges, stemming
from the same investigation. He has remained in prison since 2017,
despite multiple rulings from the ECtHR calling for his release. His
case has attracted the attention of civil rights organizations around
the world.
The joint statement emphasized the Court’s finding that Kavala’s trial
and subsequent detention is politically motivated, and thus Turkey has
a responsibility to overturn the convictions against him.
“Europe’s highest human rights court has confirmed beyond doubt that
Kavala’s arrest, detention, prosecution and conviction as part of the
Gezi trial was politically motivated and completely flawed from start
to finish,” TLSP Director Ayşe Bingöl Demir said.
The statement also noted that Turkey was among one of the first states
to join the Council of Europe and become party to the Convention. This
means that Turkey has already agreed to protect the rights it enshrines
and implement the binding judgements of the Court.
Yesterday's ruling was the ECtHR’s third on the Kavala case. In the
Court’s initial Dec. 2019 ruling, it found that Kavala’s detention was
in violation of his right to liberty and silenced him as a human rights
defender. A subsequent July 2022 ruling found that Turkey had not
fulfilled its obligations based on the binding 2019
decision.
“Osman Kavala has been unlawfully imprisoned for nearly nine years,”
said HRW senior legal advisor Aisling Reidy.
“The European Court has now demanded his immediate release three times.
It is vital that the Council of Europe and its member states act to
ensure that the Court’s judgments are respected and that Osman Kavala –
finally – is freed.” (BIA, 26 August 2026)
Playwright
and political activist Bilgesu Erenus dies at 83
Bilgesu Erenus, a prominent playwright, author and activist whose work
brought Turkey’s political and social conflicts to the stage, died
yesterday at the age of 83.
The İstanbul Metropolitan Municipality City Theaters announced her
death and offered condolences to her family.
“We are deeply saddened to learn of the death of Bilgesu Erenus, one of
the valuable figures of Turkish theater and literature,” it said. “We
remember with respect and mercy Bilgesu Erenus, who left a profound
mark on dramatic literature through her works and wrote ‘Yaftalı
Tabut,’ which is part of our repertoire.”
A memorial ceremony will be held at the Harbiye Muhsin Ertuğrul Stage
on Aug 8 at 10.30 am local time (GMT+3).
Erenus continued writing politically engaged plays even when they
struggled to find stages. Her works addressed labor, history, political
pressure, identity and the position of intellectuals in society.
Her plays included “El Kapısı,” “Ortak,” “Kaside,” “Kelaynaklar,”
“Halide,” “555 K,” “Dokumacılar,” “Fikret,” “İkiantikomünist,” “Themis
ile Lombroso” and “Yaftalı Tabut.”
She also wrote the novels “Kazı,” “Gece” and “Göz,” as well as memoirs,
essays, biographies and screenplays. Her screenwriting credits included
“Bir Tren Yolculuğu,” “İkili Oyunlar,” “Devlerin Ölümü” and “Dersim 38.”
Erenus worked at the Turkish Radio and Television Corporation (TRT)
from 1965 to 1973. She left after her first play was staged by Ankara
Art Theater, but later described both TRT and the theater as her
principal schools.
Erenus served on the executive board of the Writers Union of Turkey
between 1977 and 1979, when author Aziz Nesin chaired the organization.
Erenus also recorded the music albums “Şarkılarımız” in 1987 and
“Şarkılarımız Kardeştir” in 1998.
Political activities
In 1984, she was among the intellectuals who took a declaration
opposing the rule of Kenan Evren to Çankaya.
She also contributed to Toplumsal Kurtuluş magazine, founded by the
late socialist author Yalçın Küçük and his colleagues, and was its
owner for a period. In 1987, she helped organize and presented the
first May Day gathering held after the 1980 military coup.
Her efforts to challenge restrictions on the Kurdish language through
music frequently resulted in her detention.
In 1995, she was briefly held at Bayrampaşa Prison after being tried by
a military court on an accusation of discouraging the public from
military service. The case followed her participation in a meeting
organized by the Cam-İş union.
Erenus also opened her home to people involved in political protests.
In 1986, she hosted university students who could not find a place to
hold a hunger strike during protests against the Council of Higher
Education.
In 2001, she hosted mothers of prisoners who sought to voice demands
concerning prison conditions, aiming to protect them from police
violence in the streets.
Pandora's Box
During the 2000s, Erenus performed a show titled “Pandora’nın Kutusu,”
or “Pandora’s Box,” at public gatherings and university theater
departments. Accompanied by her guitar and İbiş, a traditional Turkish
theater character, she revisited scenes from her plays to examine the
recent history of Turkey and the world.
Journalist Meral Aslankaya recalled meeting Erenus during the student
protests of Apr 1987, when more than 2,000 students marched from
Aksaray to Beyazıt against a proposed law restricting student
associations.
Erenus arrived with her guitar to support students holding a hunger
strike after hundreds of protesters were detained, Aslankaya wrote.
“At the darkest moment, when artists, intellectuals, academics, trade
unionists and society as a whole had been intimidated, Bilgesu Erenus
stepped forward with her guitar and her heart,” she said. “She was an
honorable intellectual of this country and an important symbol of a
period’s struggle for democracy.”
She was born in 1943 in Gölpazarı, in the northwestern province of
Bilecik, where her father served as a district governor.
After attending Kadıköy Girls’ College, she briefly studied law and at
a conservatory. She later graduated from İstanbul University’s
Institute of Journalism. (BIA, August 6, 2026)
Journalist Ertuğrul Özkök faces probe
After comparing Erdoğan to Spain’s Franco
Journalist Ertuğrul Özkök is under investigation for "insulting"
President Recep Tayyip Erdoğan after comparing his rule to Francisco
Franco’s dictatorship in Spain.
The İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office announced yesterday that
it had launched an ex officio investigation into Özkök over his remarks
made during a YouTube broadcast.
Appearing on journalist Bahar Feyzan’s channel on Jul 31, the
79-year-old argued that Turkey’s current political system had been
built around Erdoğan’s personality and therefore could not survive
beyond him:
“These days will pass. As a student, I witnessed firsthand how Franco’s
regime collapsed in Spain. Franco’s 30-year dictatorship disappeared
overnight. The regime changed the very night he died, the very night!
“No one should think regimes like this can continue forever. They
cannot. Today’s regime in Turkey has been designed around Tayyip
Erdoğan’s personality, and it functions only through his personality.
There is no second person who could carry this regime forward in
Turkey, and there cannot be for a long time.
“After all, our president is 72 years old. Seventy-two is not that old,
he may have years ahead of him, but eventually age catches up with
everyone. I know that because I’m living it myself.
“That’s why everyone needs to stop and think. I believe that if justice
worked better in Turkey today, if human rights and meritocracy
functioned properly, and if there were greater media freedom, President
Erdoğan would actually have a much better chance of being re-elected.”
After clips from the interview circulated widely on social media, the
prosecutor’s office announced yesterday that it had opened an ex
officio investigation.
During the 1990s and 2000s, Özkök was one of the country’s most
influential journalists as editor-in-chief of Hürriyet, then Turkey’s
largest newspaper.
His prime years coincided with an era of unstable coalition governments
in the 1990s, when political parties were weaker and the mainstream
media wielded considerable influence over politics.
He stepped down as editor-in-chief of Hürriyet in 2009 but continued
writing columns until 2021.
In a 2024 interview with journalist Hasan Basri Akdemir on his YouTube
channel, Özkök admitted that "I'm not a dissident" and that "I made my
career as a journalist who has been close to the ruling power."
AKP spokesperson denounces Özkök
Ömer Çelik, spokesperson for Erdoğan's ruling Justice and Development
Party (AKP), criticized Özkök’s remarks in a written statement today,
emphasizing that Erdoğan is a democratically elected leader:
“Comparing our president, one of the world’s leaders with the highest
democratic legitimacy, to a dictator who committed crimes against
humanity reflects intellectual and moral bankruptcy.
“We fought our democratic struggle against this mindset during the most
difficult times, and we will continue to do so.
“This same mindset also claims that ‘there is no such party as the AK
Party.’ That is nothing more than the wishful thinking of a decayed
mentality. Anyone who wants to learn the truth should go out into the
streets, say the same thing, and experience the response firsthand.
(BIA, August 4, 2026)
Arrestation d'un acteur devenu
maire d'une banlieue d'Ankara
Star du petit écran en Turquie pour ses rôles de commissaire rebelle,
élu
maire d'opposition d'une banlieue d'Ankara, Erdal Besikcioglu a été
arrêté jeudi dans le cadre d'une enquête sur la corruption, a annoncé
la justice turque.
"Une opération simultanée a été menée dans neuf provinces, autour
d'Ankara, visant 55 suspects, dont le maire d'Etimesgut, Erdal
Besikcioglu, 42 employés municipaux et 13 dirigeants d'entreprise,
accusés de création et gestion d'une organisation criminelle,
détournement de fonds et corruption", a indiqué le bureau du parquet de
la région Ankara-ouest dans un communiqué.
L'enquête a été ouverte suite à des allégations d'irrégularités dans
certains appels d'offres de la municipalité d'Etimesgut et reprend des
chefs d'accusation similaires à ceux qui visent les élus d'opposition
depuis dix-huit mois, dont le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu arrêté en
mars 2025.
Elu en 2024 du CHP, Parti républicain du peuple, alors premier parti
d'opposition, après une carrière au théâtre et sur le petit écran, M.
Besikcioglu est notamment connu pour son rôle dans la série Behzat C,
où il incarnait un commissaire en lutte contre les vices du système.
Une autre élue du CHP, Sinem Dedetas, maire du district d'Uskudar sur
la rive asiatique d'Istanbul, a été arrêtée mercredi pour
"irrégularités dans le processus de délivrance des permis de
construire".
Depuis sa victoire écrasante aux élections locales, où il a largement
devancé l'AKP du président Erdogan, le CHP a fait face à une pression
judiciaire croissante: des centaines de ses responsables et élus ont
été arrêtés pour des faits présumés de corruption.
M. Imamoglu était considéré considéré comme l'un des rares hommes
politiques capables de vaincre le président turc Recep Tayyip Erdogan
dans les urnes.
À ce jour, au moins 28 maires membres du CHP sont, comme lui,
incarcérés.
La semaine dernière, le chef de l'opposition Özgür Özel a annoncé
quitter le CHP dont il a été évincé sur décision de justice, pour
fonder le Yeni Parti ("Nouveau Parti" en turc) emmenant avec lui 91
députés. (AFP, 30 juil 2026)
Kurdish
Question / Question kurde
Le
président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi
l'un de ses conseillers
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la
présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, qui venait de dissoudre les
puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un
accord d'intégration avec Damas.
Le ministère de l'Education syrien a en parallèle publié une décision
autorisant la langue kurde dans les écoles, en application d'un décret
présidentiel reconnaissant le kurde comme langue nationale.
"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de
la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par
l'agence de presse officielle Sana.
M. Abdi a commandé pendant des années les puissantes FDS, une force
dirigée par les Kurdes et soutenue par Washington, qui avait été le fer
de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).
Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord
conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement
les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.
L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh,
mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.
L'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie,
Tom Barrack, s'était félicité mardi de cette décision "absolument
historique", qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à
renforcer la souveraineté de la Syrie".
- "Sacrifices consentis"
"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires",
y
compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur
leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la
contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité
régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef
des FDS était appelé à occuper.
Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis,
impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à
Kobané, dans le nord de la Syrie, et alors que Washington cherchait un
partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.
A leur apogée, les FDS comptaient environ 100.000 combattants, kurdes
et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la
Syrie, des régions riches en pétrole.
Mais Mazloum Abdi a adhéré à l'accord d'intégration signé entre les
Kurdes et les nouvelles autorités de Damas à la suite des affrontements
de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes
portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors
même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait
du nouveau pouvoir central.
M. Chareh avait de son côté signé un décret consacrant les droits
nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale -
une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.
Le ministère de l'Education syrien a publié jeudi soir une décision
autorisant l'enseignement du kurde dans les écoles "publiques et
privées dans les régions où les citoyens kurdes forment une part
notable des habitants".
M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de
l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée. "Notre combat se
poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la
Constitution", avait-il ajouté.
Les Kurdes, qui se plaignent historiquement de leur discrimination en
Syrie, sont estimés à environ 2 millions dans le pays, sur une
population de 20 millions d'habitants.
Ils sont notamment concentrés dans le nord-est syrien mais sont
également présents à Damas et Alep. (AFP, 28 août 2026)
Pour la Turquie, la
dissolution des SDF est cruciale pour la stabilité
de la Syrie
La Turquie a affirmé mercredi que la dissolution des Forces
démocratiques syriennes (SDF), dirigées par les Kurdes, représentait
une étape importante pour la stabilisation de la Syrie.
"A ce stade, la dissolution des SDF représente une avancée importante
pour renforcer l'autorité de l'Etat dans tout le pays et rassembler les
différentes composantes de la société", a estimé le directeur de la
communication de la présidence turque, Burhanettin Duran, sur X.
"Il est essentiel, pour instaurer une stabilité durable, que
l'administration syrienne continue d'adopter une approche inclusive",
a-t-il ajouté.
La Turquie considère les FDS comme étant liées au Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a mené une insurrection de
plusieurs décennies dans le pays avant de renoncer à la lutte armée.
Le chef kurde syrien Mazloum Abdi a annoncé mardi soir la dissolution
des SDF, qui avaient vaincu les jihadistes du groupe Etat islamique, en
application d'un accord avec le président Ahmad al-Chareh, allié proche
d'Ankara.
Le pouvoir syrien et les Kurdes négociaient depuis des mois
l'application d'un accord conclu en janvier, prévoyant l'intégration
complète des institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.
Dès sa prise du pouvoir en décembre 2024, le nouveau dirigeant
islamiste syrien, qui a renversé Bachar al-Assad, s'était attelé à
réunifier le pays morcelé par une longue guerre civile et à démanteler
les groupes armés.
Profitant du chaos de la guerre civile (2011-2024), les Kurdes avaient
pris le contrôle de larges parties du nord et du nord-est de la Syrie
et y avaient établi une administration autonome.
Les FDS, formées en 2015 à l'initiative de Washington, constituaient
l'armée de l'administration autonome kurde en Syrie, et avaient
combattu les jihadistes de l'EI soutenues par la coalition
internationale pilotée par les Etats-Unis.
A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, Kurdes et
Arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la
Syrie, des régions riches en pétrole.
Selon l'analyste Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie, les Kurdes
sont estimés à environ 2 millions en Syrie, sur une population de 20
millions d'habitants. (AFP, 26 août 2026)
Le chef des puissantes forces kurdes
annonce leur dissolution
Le chef kurde syrien Mazloum Abdi a annoncé mardi soir la dissolution
de ses puissantes forces, qui avaient vaincu les jihadistes du groupe
Etat islamique, en application d'un accord avec le président Ahmad
al-Chareh, déterminé à réunifier la Syrie.
"Nous annonçons aujourd'hui la fin de la mission des Forces
démocratiques syriennes (FDS) et déclarons, en toute responsabilité,
leur dissolution en tant que force militaire indépendante", a affirmé
M. Abdi dans un discours en arabe puis en kurde.
Il a fait cette annonce au palais présidentiel à Damas après une
rencontre avec le président islamiste, en présence de responsables
militaires et politiques kurdes.
Le pouvoir syrien et les Kurdes négociaient depuis des mois
l'application d'un accord conclu en janvier, prévoyant l'intégration
complète des institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.
Dès sa prise du pouvoir en décembre 2024, le nouveau dirigeant
islamiste syrien, qui a renversé Bachar al-Assad, s'était attelé à
réunifier le pays morcelé par une longue guerre civile et à démanteler
les groupes armés.
Profitant du chaos de la guerre civile (2011-2024), les Kurdes avaient
pris le contrôle de larges parties du nord et du nord-est de la Syrie
et y avaient établi une administration autonome.
Selon la télévision officielle syrienne, l'annonce de M. Abdi prévoit
également la dissolution de l'administration autonome ainsi que de
toutes les structures militaires et civiles qui en dépendent, et leur
intégration complète dans les institutions de l'Etat syrien.
M. Abdi a précisé que la dissolution de ses forces intervenait "après
l'accord conclu avec le président Chareh et l'achèvement du processus
d'intégration de nos forces au sein des brigades de l'armée syrienne".
- "Lourde responsabilité" -
"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie,
également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité avec
emphase sur X de cette décision qui "ressemble à une véritable
intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".
Elle intervient au lendemain de l'annonce par les Etats-Unis du retrait
de la Syrie de la liste des Etats accusés de soutenir le terrorisme,
une étape majeure vers la relance économique.
Les FDS, formées en 2015 à l'initiative de Washington, constituaient
l'armée de l'administration autonome kurde en Syrie, et avaient
combattu les jihadistes de l'EI soutenues par la coalition
internationale pilotée par les Etats-Unis.
A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, Kurdes et
Arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la
Syrie, des régions riches en pétrole.
"Depuis la création des FDS, leurs combattants ont assumé une grande
responsabilité durant l'une des périodes les plus difficiles" pour la
Syrie, a fait valoir le chef kurde.
"Ils ont libéré de nombreuses villes et localités syriennes, d'abord du
régime baassiste, puis du terrorisme de Daech", a-t-il ajouté, en
référence au pouvoir du président déchu Bachar al-Assad et en utilisant
la désignation arabe de l'EI.
La dissolution de cette force, longtemps la mieux entraînée et la plus
organisée de Syrie, marque, selon les experts, la fin d'une époque pour
les Kurdes du pays.
Ces derniers avaient longtemps rêvé d'autonomie avant la chute de
Bachar al-Assad, qui a conduit Washington à réorienter son soutien au
profit des nouvelles autorités de Damas, favorables aux Etats-Unis.
D'autant qu'entretemps, l'EI a été vaincu territorialement en Syrie en
2019, même si des résidus du groupe restent actifs dans le pays.
"Les circonstances ont changé aujourd'hui et le pays est entré dans une
nouvelle phase placée sous le signe de la paix et de la participation",
a ajouté M. Abdi.
Il a cependant souligné que "le droit à l'enseignement en langue kurde
est l'un des droits les plus importants que notre peuple kurde
revendique depuis des décennies", rappelant que M. Chareh avait affirmé
à plusieurs reprises son engagement à préserver ce droit.
Selon l'analyste Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie, les Kurdes
sont estimés à environs 2 millions en Syrie, sur une population de 20
millions d'habitants.
Le président syrien avait signé en janvier un décret consacrant les
droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue
nationale, une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie
en 1946. (AFP, 25 août 2026)
Kurdish
migrant workers attacked, officials call it
an ‘isolated incident’
Kurdish seasonal agricultural workers who migrated from Mardin to
Düzce's Cumayeri and Gümüşova districts to work said a group, including
one person with a knife, gathered in front of their home and demanded
they leave the region.
Additionally, more than 70 workers and their families who migrated from
Şırnak's Cizre and Silopi districts to Bektaşlı Village connected to
Zonguldak's Alaplı district to pick hazelnuts faced two attacks over
two days.
He threatened the workers with a knife in Düzce
According to information sent by Düzce workers to Mezopotamya Agency,
the attack started in the evening hours while they were sitting in the
garden of their house.
The workers said a group came to where they were staying and one of
them pulled out a knife, cursing the workers and telling them to leave
the region. The workers subsequently called the police who arrived on
the scene and took the assailant away. The workers said they were
worried about their safety following the attack and are considering
leaving the region.
The Düzce Governorship announced that the suspect, named M.A., had
seven separate criminal records. M.A., who was referred to the
courthouse, was later arrested by the court.
In Zonguldak, more than 70 workers and their families were attacked
twice
More than 70 seasonal hazelnut workers and their families who arrived
in the Bektaşlı Village, (connected to Zonguldak's Alaplı district)
from Şırnak's Cizre and Silopi districts, faced multiple attacks over
two days.
According to reports, the incident began when children threw melon and
watermelon waste into a water source. Following an argument, the area
where the workers were staying was stoned and later vehicles carrying
workers leaving the village were also subject to stoning attacks.
Gendarmerie law enforcement could not ensure the safety of the workers.
Social media footage depicted a group attacking the workers, including
children sitting in the bed of the pickup truck, with sticks and
stones. (BIA, 24 August 2026)
Le
Rojava, expérience historique kurde, intégré à
l'Etat syrien

Le processus d’intégration des institutions civiles et militaires
kurdes dans l’appareil d’État syrien a pris fin jeudi. Une page se
tourne après des décennies de lutte pour l’autodétermination et
l'existence du Rojava.
Le leader kurde Mazloum Abdi a annoncé jeudi la fin du processus
d’intégration des institutions civiles et militaires kurdes au sein des
institutions de l’État syrien, sonnant le glas des espoirs d’autonomie
de cette minorité.
Cette annonce fait suite à des mois de négociations consécutives à un
accord conclu en janvier entre les Kurdes et les autorités islamistes
ayant renversé le président Bachar al-Assad, prévoyant l’intégration
complète des institutions dans l’appareil d’Etat.
Lorsque le soulèvement syrien éclate en 2011, le régime de Bachar
al-Assad retire progressivement une partie de ses forces du nord-est du
pays pour concentrer ses moyens ailleurs. Les organisations kurdes
profitent alors du vide laissé par l'État pour prendre le contrôle de
plusieurs villes. En 2012, elles proclament une administration
autonome. Le terme Rojava, qui signifie « Ouest » en kurde – en
référence au Kurdistan occidental –, devient rapidement le symbole de
cette nouvelle expérience politique. Contrairement à de nombreux
mouvements nationalistes kurdes, les dirigeants du Rojava affirment ne
pas vouloir créer un État indépendant. Leur ambition est différente :
construire une société fondée sur l'autonomie locale, la participation
citoyenne et la coexistence entre les différentes communautés de la
région.
Le projet politique du Rojava s'inspire des travaux d'Abdullah Öcalan,
fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), emprisonné en
Turquie depuis 1999. Abandonnant progressivement l'objectif d'un État
kurde indépendant, Öcalan développe le concept de confédéralisme
démocratique. Selon cette vision, le pouvoir ne doit pas être concentré
entre les mains d'un État centralisé mais réparti entre des communes,
des conseils locaux et des assemblées populaires. L'objectif est de
faire participer directement les habitants aux décisions qui concernent
leur quotidien, tout en favorisant la coopération entre les différentes
communautés.
Cette philosophie repose sur trois autres principes fondamentaux.
D'abord, l'écologie, considérée non comme une simple politique
sectorielle, mais comme une condition de l'autonomie des sociétés et de
leur capacité à préserver les ressources naturelles. Le deuxième est
l'égalité entre les femmes et les hommes, érigée en principe
structurant de l'ensemble des institutions : la plupart des
responsabilités sont exercées en coprésidence par un homme et une
femme, tandis que des organisations féminines disposent de pouvoirs
propres. Enfin, le projet défend la coexistence entre les peuples, les
cultures et les religions, en cherchant à faire cohabiter Kurdes,
Arabes, Assyriens, Arméniens, Turkmènes, Yézidis et d'autres
communautés au sein d'institutions communes, où chaque groupe est censé
être représenté et voir sa langue ainsi que son identité reconnues.
Une place centrale accordée aux femmes
C'est probablement l'aspect qui a le plus attiré l'attention
internationale. Au Rojava, de nombreuses institutions fonctionnent
selon un système de coprésidence : chaque responsabilité est exercée
simultanément par un homme et une femme. Des conseils exclusivement
féminins disposent également d'un droit de regard sur certaines
décisions publiques. Sur le plan militaire, les Unités de protection de
la femme (YPJ) deviennent célèbres lors de la bataille de Kobané contre
l'organisation État islamique en 2014-2015. Les images de combattantes
kurdes affrontant Daech font le tour du monde et contribuent à faire
connaître le Rojava bien au-delà du Moyen-Orient. Pour les responsables
kurdes, l'émancipation des femmes n'est pas un simple objectif social :
elle constitue une condition indispensable de toute transformation
politique.
Malgré son image de territoire kurde, le nord-est syrien est
particulièrement diversifié. Kurdes, Arabes, Assyriens, Syriaques,
Arméniens, Turkmènes, Tchétchènes ou encore Yézidis y vivent depuis
longtemps. L'administration autonome affirme vouloir garantir une
représentation de cette diversité dans les institutions locales et
reconnaître plusieurs langues officielles selon les territoires. Cette
volonté de pluralisme constitue l'un des principaux arguments avancés
par les défenseurs du Rojava pour distinguer son projet des logiques
nationalistes classiques.
À partir de 2014, l'organisation État islamique conquiert une grande
partie de l'est de la Syrie. Les forces kurdes des YPG et des YPJ,
bientôt intégrées aux Forces démocratiques syriennes (FDS) avec
plusieurs groupes arabes, deviennent le principal partenaire terrestre
de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. La reprise
de Kobané, puis celle de Raqqa, ancienne capitale de Daech en Syrie,
marquent des tournants majeurs dans le conflit. Des milliers de
combattants kurdes perdent la vie au cours de cette guerre.
Le Rojava suscite autant d'enthousiasme que de réserves. Ses partisans
y voient une expérience unique de démocratie participative, de
féminisme institutionnel et de coexistence entre différentes
communautés dans une région longtemps dominée par les régimes
autoritaires. Ses détracteurs soulignent au contraire le poids
prépondérant du Parti de l'union démocratique (PYD), considéré comme
proche du PKK. Plusieurs organisations de défense des droits humains
ont également documenté des restrictions visant certains partis
d'opposition, des arrestations arbitraires ou encore des cas de
recrutement de mineurs, même si les autorités kurdes ont pris plusieurs
engagements pour y mettre fin.
La Turquie, principale menace
Pour Ankara, les YPG ne sont qu'une extension syrienne du PKK,
organisation considérée comme terroriste par la Turquie, l'Union
européenne et les États-Unis. Depuis 2016, l'armée turque a lancé
plusieurs offensives contre les territoires administrés par le Rojava,
notamment à Afrin, Ras al-Aïn et Tall Abyad. Ces opérations ont
entraîné des déplacements massifs de population et profondément réduit
le territoire contrôlé par l'administration autonome. La Turquie
continue aujourd'hui de considérer l'existence d'une entité kurde
autonome à sa frontière comme une menace stratégique majeure.
Après les bouleversements politiques qu'a connus la Syrie,
l'administration autonome tente désormais de préserver ce qu'elle a
construit depuis plus de dix ans. Des discussions sont régulièrement
engagées avec les nouvelles autorités syriennes autour de la place que
pourraient conserver les institutions locales, les Forces démocratiques
syriennes et les différentes administrations civiles. Rien ne garantit
toutefois que cette autonomie survivra aux recompositions politiques en
cours. Le destin du Rojava dépend désormais autant des choix des
acteurs syriens que des rapports de force entre la Turquie, les
États-Unis, la Russie et les puissances régionales.
Qu'on la considère comme une révolution démocratique, une utopie
fragile ou un projet imparfait confronté aux réalités de la guerre,
l'expérience du Rojava occupe une place singulière dans l'histoire
récente du Moyen-Orient. Au milieu d'une région marquée par les
dictatures, les conflits confessionnels et les rivalités géopolitiques,
ce territoire a tenté d'expérimenter une autre manière d'organiser le
pouvoir. Son avenir reste incertain. Mais son existence a déjà
profondément marqué les débats contemporains sur la démocratie, le
féminisme, l'autonomie des peuples et les formes alternatives
d'organisation politique.
Une attaque de drones contre le bureau du Premier
ministre du Kurdistan
L'Irak a annoncé lundi qu'il allait enquêter sur l'origine de tirs de
drones ayant visé dans la nuit le bureau du Premier ministre du
Kurdistan autonome, imputés par ce dernier à l'Iran, qui a condamné une
attaque "suspecte".
L'attaque, dans les environs de Pirmam, dans la province d'Erbil, et
qui n'a pas fait de victimes, a été annoncée sur X par Masrour Barzani,
le Premier ministre du Kurdistan, région autonome dans le nord de
l'Irak, qui a mis en cause des "drones iraniens".
"Le domicile du chef de l'Agence de sécurité et de renseignement" a
également été visé, selon M. Barzani, qui a condamné des actes
"irresponsables et inacceptables" et dénoncé une "escalade dangereuse".
Les services de lutte antiterroriste du Kurdistan irakien ont affirmé
que l'attaque s'était produite à "00H28", au moyen de "deux drones
piégés de type Hadid 110", et avait été lancée "depuis la frontière
avec l'Iran".
Le chef du gouvernement irakien, Ali al-Zaïdi, a ordonné lundi la
création d'une commission d'enquête pour identifier les auteurs et
l'origine de l'attaque, a indiqué son cabinet, sans désigner de
responsables.
Depuis le début de la guerre au Proche-Orient, déclenchée le 28 février
par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, le Kurdistan
irakien, qui accueille des troupes américaines et des compagnies
pétrolières étrangères, ainsi que des groupes kurdes iraniens en exil -
qualifiés de terroristes par Téhéran - a été la cible d'attaques menées
par l'Iran et des factions armées irakiennes pro-iraniennes.
Lors d'un échange entre les chefs de la diplomatie des deux pays,
Téhéran a assuré à Bagdad ne "disposer d'aucune information indiquant
que l'attaque provenait du territoire iranien", a indiqué le ministère
des Affaires étrangères irakien.
- "Menace pour la stabilité régionale" -
"Rien ne justifie l'attaque inconsidérée contre le bureau du Premier
ministre Barzani. Les amis kurdes doivent rester vigilants face aux
opérations sous faux drapeau visant à semer la discorde entre voisins",
a de son côté déclaré sur X le chef de la diplomatie iranienne, Abbas
Araghchi.
Son porte-parole, Esmaïl Baghaï, a souligné "la détermination de l'Iran
à préserver (...) les relations amicales avec l'Irak et le Kurdistan"
et "insisté sur la nécessité (...) de déjouer les sinistres complots
des ennemis" des deux pays, a rapporté l'agence de presse officielle
iranienne Irna.
Mardi matin, Irna a fait savoir que M. Araghchi s'était entretenu au
téléphone avec son homologue irakien Fouad Hussein au sujet des
"derniers développements régionaux et (des) questions de sécurité
frontalière".
L'envoyé spécial du président américain Donald Trump en Irak, Tom
Barrack, a quant à lui "fermement" condamné "l'attaque contre notre ami
et précieux partenaire kurde", y voyant une "menace directe pour la
stabilité régionale".
Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, soutiennent pleinement M. Zaïdi "dans le
rétablissement de la pleine souveraineté de l'Irak et pour s'assurer
que toutes les armes et toutes les forces de sécurité restent sous
l'autorité de l'Etat irakien".
Par ailleurs, le média local Rudaw a fait savoir tôt mardi sur X qu'une
"explosion" avait touché un dépôt de produits pétroliers dans l'est du
Kurdistan irakien et fait 18 blessés, citant le directeur général
adjoint à la Santé de la province de Sulaymaniyah, sans plus de
précisions.
Sous la pression de Washington, Bagdad a donné jusqu'au 30 septembre
aux groupes armés pro-iraniens actifs dans le pays pour se désarmer,
une échéance qui coïncide avec la fin de la mission de la coalition
internationale antijihadiste dirigée par Washington.
Nombre des puissantes factions armées soutenues par Téhéran, dont le
poids politique et financier s'est accru en Irak au fil des années,
sont apparues dans le sillage de l'invasion du pays par les Etats-Unis
en 2003.
Si certaines d'entre elles ont annoncé qu'elles coopéreraient pour
remettre leurs armes à l'Etat, d'autres refusent d'en discuter tant que
des forces étrangères demeurent dans le nord de l'Irak. (AFP, 18 août
2026)
Amnistie conditionnelle en Turquie, mais
insuffisante face à la question kurde
La joie était palpable dans le sud-est de la Turquie lundi. Mais dans
la région à majorité kurde se mêlaient également doutes et
incertitudes, après le vote ce 10 août au Parlement d’une loi sur la
démobilisation des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan
(PKK). Elle devrait en effet permettre le retour de milliers de
militants armés, tandis que les poursuites et l’exécution des peines
des auteurs de certaines infractions liées à l’insurrection kurde
contre le pouvoir d’Ankara devraient être suspendues pour cinq à dix
ans en fonction du crime. Période au bout de laquelle les enquêtes
seront classées et les peines considérées comme purgées, en l’absence
de récidive. Une étape importante dans le processus de paix lancé en
février 2025 entre Ankara et le groupe séparatiste armé qu’il considère
comme terroriste. D’autant que le pouvoir a réussi à bâtir un consensus
perçu comme historique sur la question. Mais l’étape ne règle pas
encore les questions de fond permettant de dépasser la « question kurde
» en Turquie.
Consensus sans précédent parmi les partis turcs
Si le média Daily Sabah, proche du pouvoir, parle d’une législation
antiterroriste, d’autres ont évoqué une loi d’amnistie conditionnelle.
Deux perspectives pour contenter tout le monde ? Car la « question
kurde » reste polarisante en Turquie. « Ce qui est sans précédent,
c’est qu’il n’y a pas eu de disputes, de critiques émanant de la
population. C’est la première fois qu’il y a un tel consensus sur la
question parmi pratiquement toutes les formations politiques, à part le
petit parti IYI ultranationaliste, laïc, très opposé au pouvoir en
place depuis des années, ainsi qu’à toute perspective d’ouverture sur
la question kurde », note pourtant Bayram Balci, ingénieur de recherche
au CNRS. Proposé par le parti présidentiel AKP et la formation prokurde
DEM, le texte a été adopté à une large majorité juste avant la pause
estivale, avec 468 voix pour sur les 562 parlementaires présents. À la
fin de la session, Devlet Bahçeli, chef du parti nationaliste MHP
devenu contre toute attente le visage du processus de réconciliation
avec les Kurdes dès fin 2024, a serré la main des responsables du DEM.
La « loi sur le renforcement de la solidarité nationale et de
l’intégration sociale » contenterait finalement le pouvoir et les
nationalistes, maintenant une conditionnalité sur la réintégration
définitive des partisans du PKK en société, soumise également au
désarmement du groupe. Les auteurs d’homicide ne seront ainsi pas
concernés par des suspensions de peine, ainsi que ceux condamnés à
perpétuité avant 2005. Surtout, le processus permet de rendre obsolète
le recours à la violence, alors que le PKK porte désormais haut et fort
le slogan de la démocratisation et de la participation politique pour
faire avancer ses intérêts, et que les familles de combattants se
lassent de leur exil forcé. « A priori, aucun pays de la région ne
pourra plus s’emparer du PKK pour l’utiliser contre la Turquie, y
compris Israël, avance Bayram Balci. Si les Kurdes sont dans une
logique de paix avec Ankara, un bon rapport pourrait se développer
entre les Kurdes de Syrie et le pouvoir à Damas notamment. » De quoi
renforcer la stratégie régionale du président Recep Tayyip Erdogan et
protéger la stabilité de la Turquie, au moment où le Moyen-Orient est
en proie à des conflits perturbateurs, de Gaza à l’Iran en passant par
le Liban et le Yémen.
Pas de libération pour Öcalan
Le PKK avait cependant exprimé sa désapprobation avant même le vote. «
Cette loi contient de graves erreurs et lacunes. Les recommandations
(...) concernant la démocratisation et le règlement de la question
kurde n’ont pas été prises en compte », a critiqué le groupe retranché
principalement dans les montagnes irakiennes de Qandil. Depuis l’appel
du 27 février 2025, lorsque le chef de la formation, Abdallah Öcalan,
avait enjoint depuis sa prison au groupe de désarmer et se dissoudre,
les avancées ont été peu nombreuses. Certes, le PKK a annoncé en mai
2025 sa dissolution officielle, tandis qu’une cérémonie symbolique de
remise des armes a eu lieu en Irak en juillet. Mais les revendications
kurdes ne se sont jusqu’à présent pas concrétisées, comme la demande de
libérer le leader emprisonné depuis 1999, exclue de la législation
votée lundi. Sans cette remise en liberté, « de nombreuses dispositions
de la loi resteront lettre morte », a prévenu le mouvement.
« Les détails de la mise en pratique du processus, notamment la manière
dont on donnera des droits aux Kurdes, culturels, politiques ou encore
relatifs à l’enseignement de la langue, continueront certainement de
provoquer des désaccords et des tensions, prévoit Bayram Balci. Mais la
libération d’Öcalan ne sera jamais acceptée par la population et le PKK
en est conscient, il la demande surtout pour la forme. » Le pouvoir
avait par ailleurs assuré avant le vote que le leader historique du PKK
resterait « en mesure de contribuer au processus » de paix, bénéficiant
déjà de conditions allégées de détention. Affaibli ces dernières années
face à une puissance de feu turque inégalée jusque-là dans ce conflit,
le groupe semble avoir choisi le pragmatisme. Selon l’AFP, près de 3
500 anciens combattants kurdes pourraient être libérés dans la première
phase d’application de la loi d’amnistie conditionnelle. Dans un délai
de six mois, des milliers de combattants à l’étranger devraient par
ailleurs pouvoir rentrer en Turquie sans avoir à faire face à la
justice. Les personnes touchées par la loi pourraient en outre
recouvrer leurs droits politiques si elles ne sont pas coupables de
nouveaux crimes. Des perspectives qui ne pourraient en aucun cas
résulter d’une action militaire, mais qui seront liées au désarmement
et à la dissolution effectifs du groupe.
Reste que la Turquie de Recep Tayyip Erdogan s’emploie à neutraliser
l’opposition, et que rien ne protégera particulièrement les anciens
combattants réhabilités face à la répression politique. Dans le
contexte régional actuel, où les Kurdes pourraient être
instrumentalisés dans l’espoir de faire tomber le régime iranien ou
pour déstabiliser le nouveau pouvoir syrien, les antagoniser serait
néanmoins une stratégie risquée, si ce n’est perdante, pour Ankara. Le
parti présidentiel pourrait plutôt utiliser ce processus de paix pour
rallier l’électorat kurde, dans le cas où Recep Tayyip Erdogan
souhaiterait briguer un nouveau mandat, pour lequel il aurait besoin
d’un amendement constitutionnel ou d’une dissolution anticipée du
Parlement. (orientlejour.com, 12 août 2026)
Le PKK
dénonce les "erreurs" du projet de loi sur
l'avenir de ses combattants
Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en voie de dissolution, a
fustigé dimanche les "erreurs et lacunes" du projet de loi sur l'avenir
de ses combattants, qui sera soumis lundi aux députés turcs, exigeant
également la libération du chef historique de la guérilla kurde.
"Cette loi comporte de graves erreurs et lacunes. Les recommandations
du rapport de la commission parlementaire (chargée de préparer un cadre
légal au processus de paix avec le PKK, NDLR) concernant la
démocratisation et le règlement de la question kurde n'y sont pas
prises en compte", déplore la direction du PKK dans un communiqué
diffusé par l'agence de presse ANF, proche du groupe armé.
"Le fait que (le projet de loi) mentionne uniquement le désarmement
sans employer le terme +Kurde+ montre que la question n'a pas été
abordée dans sa globalité", estime le PKK en exigeant la garantie que
ses combattants renonçant aux armes "pourront participer à une vie
politique démocratique fondée sur la liberté de pensée et
d'association", sans risquer d'être "emprisonnés en raison de leurs
propos".
Les responsables du PKK affirment en outre que "de nombreuses
dispositions de la loi resteront lettre morte" si le chef historique du
groupe armé, Abdullah Öcalan, âgé de 77 ans et emprisonné à l'isolement
depuis 1999, n'est pas remis en liberté.
Or, le sort de ce dernier, qui avait appelé l'an dernier le PKK à
déposer les armes en réponse à une initiative de paix des autorités
turques lancée fin 2024, n'a pas été officiellement tranché.
Le projet de loi prévoit le retour à la vie civile d'une partie des
combattants du PKK qui déposeront les armes, sans toutefois ouvrir la
voie à une amnistie générale.
Le texte, porté notamment par le Parti de la justice et du
développement (AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip
Erdogan et le parti prokurde DEM, prévoit de suspendre les poursuites
et l'exécution des peines des auteurs de certaines infractions pour une
période allant de cinq à dix ans.
En l'absence de récidive au cours de ce délai de sursis, les enquêtes
seront classées et les peines considérées comme purgées, selon le
projet de loi consulté par l'AFP.
Les auteurs des crimes les plus graves - comme les homicides
volontaires -
seront toutefois exclus de ce mécanisme. Des médias progouvernementaux
turcs affirment que cela devrait aussi être le cas d'Abdullah Öcalan,
qui purge une peine de prison à vie.
L'opposant kurde Selahattin Demirtas, emprisonné depuis 2016, s'est lui
prononcé dimanche en faveur du projet de loi, disant espérer qu'"une
nouvelle étape cruciale" sera franchie "dans cet effort de paix
historique".
Selon l'ancien coprésident du principal parti prokurde de Turquie,
cette loi "transformera radicalement le destin de notre pays et de
notre région", après plus de quatre décennies d'une lutte armée qui a
fait au moins 50.000 morts. (AFP, 9 août 2026)
Kurdes
tués à Paris: un cheminot retraité sera jugé aux
assises en février 2027
Un cheminot retraité, qui a reconnu avoir tué trois Kurdes en décembre
2022 à Paris, sera jugé du 23 février au 8 mars devant la cour
d'assises pour assassinats et tentatives d'assassinats commis en raison
de l'origine, l'ethnie ou la religion des victimes, a appris l'AFP
vendredi de source judiciaire.
William Malet, conducteur de TGV à la retraite, désormais âgé de 73
ans, a reconnu avoir ouvert le feu, le 23 décembre 2022, devant un
centre culturel kurde rue d'Enghien, dans le 10e arrondissement, "un
repaire" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon lui,
faisant trois morts et trois blessés.
Mis en examen et écroué après les faits, M. Malet a expliqué son geste
par sa "haine pathologique" des étrangers.
Onze jours avant son attaque, il était sorti d'un an de détention
provisoire pour avoir blessé, avec un sabre, des migrants dans un
campement parisien en décembre 2021.
Il avait expliqué que les assassinats des Kurdes étaient "la suite" du
cambriolage de son pavillon de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) en
2016, lors duquel il avait agressé au couteau trois intrus qu'il avait
surpris alors qu'il revenait chez lui, ce qui lui a valu trois ans de
prison. En mai 2023, la cour d'appel de Paris avait écarté
"complètement l'état de légitime défense".
Depuis cet épisode, "j'ai toujours eu envie d'assassiner des migrants,
des étrangers", a affirmé M. Malet devant le juge d'instruction,
décrivant son intention de se suicider ensuite "pour que (sa) mort ne
passe pas inaperçue".
La justice antiterroriste s'est plusieurs fois interrogée pour savoir
si elle devait se saisir de ce dossier et avait été consultée par les
magistrats instructeurs.
Mais, selon les juges d'instruction,"rien dans la procédure ne permet
de relever des indices" que le suspect avait pour "intention de
troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la
terreur".
La "motivation profonde" de William Malet est "davantage d'ordre intime
que politique" et aucun document ni référence idéologique n'a pu le
rattacher à "un quelconque courant, notamment d'ultra-droite ou
politique d'extrême droite", ont-ils souligné dans leur ordonnance de
renvoi en juillet 2025.
Contactés par l'AFP, les avocats de M. Malet ou de parties civiles
n'ont pas donné suite ou pas souhaité commenter ce procès à venir. Ces
dernières avaient déploré en novembre 2025 que la qualification
terroriste n'ait pas été retenue. (AFP, 7 août 2026)
Le
président du Kurdistan autonome en Syrie pour
discuter de l'intégration des Kurdes
Le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh a reçu lundi à Damas le président
du Kurdistan autonome, Nechirvan Barzani, pour des discussions sur
l'accord visant à intégrer les institutions kurdes syriennes au sein du
pouvoir central, selon des sources officielles à l'AFP. Il
a été
signé en janvier après des affrontements entre les forces
gouvernementales et les Kurdes mais sa mise en oeuvre piétine.
Nechirvan Barzani avait contribué à cet accord, sous l'égide des
Etats-Unis, et avait alors rencontré le commandant des Forces
démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, à Erbil, capitale du
Kurdistan irakien. Il s'agit de sa première visite à Damas
depuis la
chute de Bachar al-Assad fin 2024. Selon le bureau du
président
syrien, l'entretien des deux hommes a porté sur les moyens de
"renforcer la coordination, notamment sur le plan économique (...), de
manière à contribuer au maintien de la sécurité et de la stabilité" du
pays, dévasté par des années de guerre.
De son côté, Nechirvan Barzani a déclaré, dans un communiqué publié à
l'issue de la réunion, avoir exprimé à son interlocuteur son "soutien à
une Syrie stable et unie, où les droits de toutes les composantes
ethniques et religieuses sont préservés". Ils ont également
discuté
de "l'importance du rôle de la Syrie dans le renforcement de la paix,
de la sécurité et de la stabilité dans la région".
Le déplacement de M. Barzani a pour objectif d'aborder "l'accord du 29
janvier et les mesures d'intégration des FDS au sein du gouvernement"
central, a indiqué une source officielle syrienne à
l'AFP. Il "porte
essentiellement sur le suivi" de cet accord, a confirmé une source
diplomatique sous couvert d'anonymat, sans exclure une possible
rencontre avec Mazloum Abdi.
A la faveur de la guerre civile (2011-2024), les Kurdes soutenus par
l'Occident avaient pris le contrôle de larges parties du nord et du
nord-est de la Syrie et étaient le fer de lance de la lutte
anti-jihadiste.
Après qu'une coalition de rebelles islamistes a renversé le président
Bachar al-Assad en décembre 2024, les nouvelles autorités ont cherché à
stabiliser et réunifier le pays.
Et un an plus tard, les forces kurdes ont dû, sous la pression
militaire de Damas, se retirer de larges pans du nord du pays.
L'accord avec le gouvernement syrien conclu dans la foulée a sonné le
glas des espoirs d'autonomie de cette minorité. L'aéroport
de
Qamichli, le seul du nord-est de la Syrie, dont les Kurdes s'étaient
emparés après la chute d'Assad, est ainsi passé sous le contrôle des
autorités islamistes.
Les Kurdes ont également remis à l'Etat les champs pétroliers,
principale source de financement de l'administration autonome.
Mais des divergences entre les deux camps ont retardé l'intégration de
brigades kurdes dans l'armée. Nechirvan Barzani avait salué
en début
d'année la signature de l'accord, y voyant l'espoir d'une "protection
des droits des kurdes (...) dans la future Constitution" que devra
rédiger le nouveau Parlement. (AFP, 3 août 2026)
La
guérilla kurde exige l'implication "directe"
de son fondateur dans le processus de paix
La guérilla kurde du PKK a exigé que son leader historique Abdullah
Öcalan, en détention depuis 1999, soit "directement" impliqué dans
toute décision la concernant et que son statut soit "clarifié", dans
une déclaration relayée jeudi par l'agence de presse ANF, proche du
mouvement armé kurde.
Un projet de loi concernant l'avenir des combattants du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a annoncé sa dissolution en mai
2025 afin de sceller la paix avec le gouvernement turc après plus de
quatre décennies de lutte armée, devrait être soumis la semaine
prochaine au Parlement turc.
"Nous avons affirmé à chaque occasion que le statut du Leader Apo (nom
familier de M. Öcalan signifiant oncle en kurde, ndlr) doit être
clairement défini et sa liberté effective" a indiqué la guérilla dans
un communiqué repris par l'ANF et signé "la direction du mouvement".
"Car il est impossible de répondre aux exigences des décisions prises
et des lois adoptées sans la participation du Leader Apo et sans qu'il
dirige ce processus de manière directe", a insisté le PKK.
Abdullah Öcalan, 77 ans, est détenu depuis 1999 sur l'île-prison
d'Imrali (nord-ouest), en mer de Marmara, au large d'Istanbul.
Un processus entamé en octobre 2024 à l'initiative du leader du parti
nationaliste MHP, Devlet Bahçeli, allié du gouvernement turc, vise à
mettre un terme aux années de violences qui ont fait au moins 50.000
morts.
Il reste à trouver un statut légal et une issue pour ses combattants :
la mission a été confiée à une commission parlementaire ad hoc qui a
rendu son rapport en février, sans avancée ensuite. (AFP, 30 juil 2026)
En
Syrie, des Kurdes déplacés attendent toujours
de rentrer chez eux
Depuis le camp du nord-est de la Syrie où il vit depuis sept ans, Ahmad
Oussi lance un appel à l'aide pour pouvoir revenir dans sa ville
natale, dont il a été chassé par des combats entre l'armée turque et
les forces kurdes.
Le retour des déplacés kurdes constitue l'une des pierres d'achoppement
de l'application de l'accord signé en janvier entre les Kurdes syriens
et le pouvoir central.
"Tous les habitants du camp veulent rentrer" à Ras al-Aïn, dit Ahmad
Oussi, 26 ans, mais "des membres des factions (proturques, NDLR) vivent
dans nos maisons et nous disent qu'on ne peut pas revenir".
Ces combattants et leurs familles, eux-mêmes déplacés d'autres régions,
se sont installés dans les maisons abandonnées par les Kurdes, selon
des témoignages d'habitants.
"J'espère que l'administration kurde et le gouvernement syrien (...)
nous feront sortir du camp et nous permettront de regagner notre ville
au plus vite", ajoute M. Oussi.
Comme des milliers de Kurdes, le jeune homme a été forcé en 2019 de
fuir sa ville de Ras al-Aïn, à la frontière turque, devant une
offensive des troupes turques et de leurs alliés syriens contre les
forces kurdes, leur bête noire.
Il vit depuis dans le camp informel d'al-Talaeh, sous contrôle kurde, à
quelque 70 km de sa ville natale.
Le camp poussiéreux d'al-Talaeh abrite environ 17.000 personnes de la
région de Ras al-Aïn qui était habitée par des Kurdes et des Arabes,
dont des chrétiens.
- Maisons squattées -
Dans le camp situé dans une zone aride, des femmes préparent à manger
en s'abritant du soleil près d'un camion citerne. D'autres habitants
vendent de l'essence dans des bouteilles en plastique.
"On nous dit sans cesse que nous rentrerons cette semaine ou la semaine
prochaine (..)", dit Kubar Qader, une mère de sept enfants en fouillant
dans un étal de vêtements.
"Nous ne savons même pas si nous pourrons un jour rentrer chez nous",
ajoute cette femme de 43 ans.
L'accord entre Damas et les Kurdes, qui prévoit l'intégration des
institutions militaires et civiles kurdes au sein de l'Etat, a sonné le
glas des espoirs d'autonomie de cette minorité.
"Le dossier du retour des déplacés (...) est l'une des principales
questions en suspens" qui retardent l'application de l'accord, explique
à l'AFP Abdel Karim Omar, représentant de l'administration autonome
kurde à Damas.
A la faveur de la guerre civile (2011-2024), les Kurdes soutenus par
l'Occident avaient pris le contrôle de larges parties du nord et du
nord-est de la Syrie.
Après qu'une coalition de rebelles islamistes a renversé le président
Bachar al-Assad en décembre 2024, les nouvelles autorités ont cherché à
stabiliser et réunifier le pays.
Mais le dossier des déplacés reste l'un des plus épineux, avec quelque
5,5 millions de Syriens qui n'ont toujours pas regagné leurs foyers
selon l'ONU.
Interrogé par l'AFP, un responsable local relevant du pouvoir central
confirme sous couvert d'anonymat que des membres de factions proturques
se sont installés dans des maisons abandonnées de Ras al-Aïn.
Il assure cependant qu'ils ont quitté certaines maisons "dès que les
propriétaires se sont adressés aux autorités locales ou aux forces de
sécurité".
Et selon lui, "des dizaines de familles sont revenues", certaines "sous
la protection du gouvernement" ou en coordination avec des autorités
locales.
- "Mourir là-bas" -
Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn,
ou Sari Kani en kurde, explique à l'AFP que des "mesures préliminaires"
ont été récemment prises pour le retour des déplacés, "comme de
premières visites sur place et le déploiement d'équipes de déminage".
Mais "d'importants obstacles persistent", souligne-t-il, d'autant que
"la région reste sous influence turque".
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, l'armée turque
maintient notamment trois positions dans la région.
Cette ONG qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie affirme que
de nombreux habitants kurdes relèvent des Forces démocratiques
syriennes (FDS, contrôlées par les Kurdes) et qu'ils redoutent "des
actes de vengeance" s'ils reviennent.
Fatna Abdel-Qader, une habitante du camp de 65 ans, pleure en évoquant
sa vie passée à Ras al-Aïn.
"Ma terre me manque, c'est là-bas que je souhaite mourir", confie cette
femme au visage buriné, qui partage une tente avec son mari et sept
petits-enfants. (AFP, 29 juil 2026)
Minorités
/ Minorities
Politique
intérieure/Interior Politics
Israël, Öcalan, dettes extérieures
et le prochain président
Ragip Duran, TVXS.GR, 23 août 2026
Pendant la troisième semaine d’août, quatre sujets étaient à la une des
médias et de l’opinion publique en Turquie :
- L’attaque aérienne d’Israël en Syrie contre une base de l’armée turque
- Agitation et propagande des fidèles d’Öcalan au sujet du projet
étatique de la « Turquie sans terrorisme »
- Publication par la Banque centrale des statistiques des dettes
extérieures de la Turquie
- Résultats des enquêtes d’opinion publique sur le prochain président
de la République
L’aviation d’Israël a effectué, le 18 août dernier, 8 raids contre le
camp militaire syrien Ebu Zuhr à 65 km de la frontière turque, où se
trouvent des soldats turcs. Le Premier ministre B. Netanyahu a
publiquement déclaré qu’ils avaient déjà averti Ankara et qu’ils ont
voulu envoyer un message net et clair afin que l’armée turque n’avance
plus vers le sud de la Syrie.
Le régime Erdoğan, déjà derrière l’administration Al-Charaa de Damas,
estime qu’Israël désire déstabiliser la Syrie, voire qu’il se prépare à
attaquer la Turquie.
Les fidèles d’Abdullah Öcalan ont organisé à Istanbul, le 19 août, une
réunion de propagande réservée à seulement 27 journalistes choisis et
invités, tous partisans du processus de la « Turquie sans terrorisme »,
pour faire connaître les déclarations d’Öcalan. Ce dernier croit que «
le processus va très bien et que le PKK (voire les Kurdes) sera dans
l’avenir une colonne de l’État turc aussi solide que le MHP »
(Parti
d’action nationaliste, extrême-droite, allié d’Erdoğan, 46 sièges sur
592). Plusieurs observateurs remarquent qu’Öcalan est désormais devenu
« une sorte de ventriloque du régime Erdoğan ». D’ailleurs, les
partisans d’Öcalan, de plus en plus proches du régime, ont déjà
commencé à faire l’éloge du sultan Abdulhamid (au pouvoir entre 1876 et
1909 et connu comme le symbole d’une oppression sanglante). Ils parlent
également « des terres ottomanes » (terminologie en harmonie avec
l’expansionnisme). Enfin, ils critiquent sévèrement la principale
formation de l’opposition, le Nouveau Parti (kémaliste, centre-gauche,
91 sièges), qui n’est pas un fervent défenseur du processus de la «
Turquie sans terrorisme ».
Selon la dernière publication de la Banque centrale, le régime Erdoğan
a battu le record des dettes extérieures : 539 milliards de dollars US
mi-2026. Les dettes extérieures ont augmenté de 33,4 % depuis l’arrivée
mi-2023 de M. Mehmet Şimşek, ministre de la Trésorerie et des Finances.
« Les caisses de l’État sont désormais comme un grand tambour »,
ironise un économiste.
Enfin, Gundemar, une société d’enquête d’opinion publique, a publié les
résultats d’un sondage réalisé en juillet 2026, dans 60 départements
sur 81, avec la participation de 2 300 citoyens. La question posée
était : « Quel candidat choisirez-vous si, ce dimanche, il y a
l’élection du président de la République ? »
- Mansur Yavaş (maire d’Ankara, ancien Loup gris, reste membre du CHP
(Parti républicain du peuple), 44 sièges, sous la direction de M.
Kılıçdaroğlu, administrateur nommé par le régime) 60,17 %
- R. T. Erdoğan, actuel président de la République et président de
l’AKP (Parti de la justice et du développement, 280 sièges) 39,83 %
- Özgür Özel, président du Nouveau Parti 58,73 %
- R. T. Erdoğan 41,27 %
- Ekrem İmamoğlu (ancien maire d’Istanbul, en prison depuis mars 2025)
57,47 %
- R. T. Erdoğan 42,53 %
Selon ces estimations, Erdoğan serait le grand perdant des élections
qui devraient se tenir théoriquement en mai 2028.
De
5 à 23 ans de prison pour cinq maires d'opposition
en Turquie
Un tribunal d'Istanbul a condamné lundi cinq maires turcs d'opposition,
reconnus coupables entre autres de corruption, à des peines allant de
cinq ans et dix mois à plus de 23 ans de prison, ont rapporté les
médias turcs.
Ces élus arrêtés au premier semestre 2025 sont tous issus du Parti
républicain du peuple (CHP, social-démocrate), formation d'opposition
au président Recep Tayyip Erdogan dans le viseur de la justice.
Le maire d'opposition de la ville d'Adiyaman (sud-est) a lui été
acquitté, et un autre, élu en 2024 à la tête de l'arrondissement
d'Istanbul le plus peuplé, a été condamné à huit mois avec sursis pour
"abus de pouvoir par négligence", au terme du procès qui s'était ouvert
fin janvier.
Riza Akpolat, maire de l'arrondissement stambouliote de Besiktas, a été
acquitté du crime d'appartenance à une organisation criminelle mais
reconnu coupable de corruption, trucage d'offres et blanchiment,
écopant de 23 ans et trois mois de prison, la peine la plus lourde,
selon l'agence de presse officielle Anadolu.
L'homme d'affaires repenti Aziz Ihsan Aktas, auteur des aveux
incriminant les élus d'opposition et initialement accusé d'avoir dirigé
une supposée organisation criminelle liant ces derniers, a été acquitté
de cette charge, selon Anadolu. Il encourait jusqu'à 280 ans de prison.
"Je suis innocent. Il n'existe aucune preuve concrète dans cette
affaire. Tout repose sur (...) des déclarations de calomniateurs",
avait lancé lundi devant la cour le maire de Besiktas, Riza Akpolat,
selon des propos rapportés par l'agence de presse Anka.
Sorti large vainqueur d'élections locales en 2024 face au parti AKP du
président Erdogan au pouvoir depuis 2002, le CHP croule depuis sous les
enquêtes et les arrestations.
Plusieurs dizaines de ses maires ont été arrêtés et démis de leurs
fonctions à travers la Turquie.
La destitution au printemps du président du parti a poussé ce dernier à
fonder fin juillet un nouveau mouvement, le Yeni Parti.
Le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, ex-figure de proue du CHP passée au
Yeni Parti, a été arrêté l'an passé alors qu'il s'apprêtait à être
désigné candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue en 2028.
Son arrestation pour "corruption", une accusation qu'il rejette, a
provoqué une vague de contestation, inédite en Turquie depuis 2013.
(AFP, 24 août 2026)
New Party MP stabbed by former CHP executive
New (Yeni) Party deputy Melih Meriç was hospitalized today after being
stabbed in the southeastern province of Antep by a former local
executive of the Republican People’s Party (CHP), according to local
authorities.
Meriç, who represents Antep in parliament, underwent surgery at
Gaziantep City Hospital following the attack in the Şahinbey district.
Initial reports said his condition was life-threatening, while
officials later said he was stable after surgery.
The motive for the stabbing was not immediately known.
The attack comes amid a split in the CHP, Turkey’s oldest political
party. The New Party was founded by Özgür Özel after he was removed as
CHP leader by a court ruling in May. Ninety-one of the CHP’s 135
deputies joined the New Party. The authorities did not comment on
whether the stabbing was related to the political dispute.
Security camera footage captured the incident, showing an altercation
between Meriç and the suspect following a tense exchange.
MP's condition improved after surgery
Gaziantep Governor Kemal Çeber, who visited the hospital, said Meriç’s
surgery had been completed and that his condition was stable.
“There were some scenarios we feared when our lawmaker was taken into
surgery. Thankfully, none of them occurred," he said.
Çeber said he expected the suspect to be detained soon, adding that
“the person is known to us."
Gaziantep City Hospital Chief Physician Prof. Dr. Ahmet Ulaşan said
Meriç suffered an intestinal injury that was repaired during surgery.
“His condition is currently stable,” Ulaşan said. “There was an
intestinal injury, and it was repaired. His blood pressure is stable.
The latest information we received was that they had begun closing the
incision. We can say his condition is stable.”
Meriç’s close protection officer was not with him during the attack
because the deputy had given the officer time off around noon.
Parliaement speaker condemns the attack
Parliament Speaker Numan Kurtulmuş condemned the attack and said
parliament would follow the investigation.
“I condemn the attack on New Party Antep lawmaker Melih Meriç and wish
him a speedy recovery,” Kurtulmuş said. “Violence can have no
justification, excuse or legitimacy.”
“As the Turkish parliament, we will continue to stand against all forms
of violence and will follow the process through to the end to ensure
that every aspect of the attack is brought to light and that those
responsible are held accountable before the law,” he added. (BIA, 18
August 2026)
Öcalan attend la paix, Erdogan continue
de détruire l’opposition
Ragip Duran, TVXS.GR, 3 août 2026
« La Turquie a deux agendas : pas à pas vers la paix, pas à pas vers de
nouvelles arrestations », écrit Murat Sabuncu, chroniqueur du site
d’information générale T24.com.tr.
En effet, les deux plus importants sujets de la semaine étaient la
répression qui continue de s’abattre sur les maires et membres de la
principale formation de l’opposition (auparavant le CHP, 135 sièges, et
depuis le 21 juillet dernier le Nouveau Parti, 91 sièges), et l’attente
de la promulgation par l’Assemblée nationale de la loi-cadre au sujet
de « la Turquie sans terreur ».
Le président Erdogan, apparemment satisfait, a déclaré mercredi que
cette loi sera à l’ordre du jour de l’Assemblée « dans les jours à
venir ». « Quand le processus de la Turquie sans terreur atteindra son
objectif, les Turcs, mais également les Kurdes, les Arabes, les Lazes
et les Circassiens vont gagner », a-t-il estimé. Il a évalué à
2.3
billions de dollars le coût des dégâts économiques et financiers causés
par le terrorisme.
Öcalan, leader emprisonné du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan,
créé en 1978, en lutte armée contre le pouvoir central depuis 1984 et
qui s’est dissous le 12 mai 2025) et ses partisans, qui parlent du
processus de « la paix et de la démocratie sociale », ne sont pas très
contents du contenu de cette nouvelle loi. Car cette loi ne fait aucune
référence ni à la paix, ni à la démocratie, ni d’ailleurs aux Kurdes.
Il s’agit d’un texte qui organise le retour au pays des militants armés
kurdes basés en Irak, en Syrie et en Iran, et des activistes kurdes en
exil à l’étranger. Les conditions imposées sont assez lourdes selon le
projet de loi.
La majorité des Kurdes, qui ont beaucoup souffert depuis 1984 — environ
40 000 guérilleros et civils tués, des centaines d’hameaux et villages
détruits, des centaines de milliers d’arrêtés et écroués, leur langue
et expression culturelle interdites —, s’oppose à cette initiative du
pouvoir ouvertement et passionnément soutenue par Öcalan, qui préconise
« l’intégration démocratique », id est l’assimilation totale des Kurdes
aux normes et valeurs de la Turquie et des Turcs. Le leader controversé
a publiquement déclaré le 27 février 2025 que « les Kurdes ne veulent
ni un État indépendant, ni une fédération ou bien l’autonomie ». Le PKK
s’est autodissous et une trentaine de militants ont brûlé leurs armes,
signe symbolique de la démilitarisation à la demande de leur chef
suprême, « qui est en harmonie complète avec le pouvoir », précise
Metiner Mehmet, un ancien député kurde d’Erdogan.
« Il n’y a pas de négociation entre l’État turc et Öcalan. Ce dernier a
désormais la seule mission de faire appliquer la stratégie antikurde du
régime Erdogan », croit le Dr Yektan Turkyilmaz, spécialiste du sujet.
« Dans ces conditions, c’est-à-dire quand le pouvoir ne cesse de
réprimer l’opposition, comment réaliser la paix ? » se demandent Murat
Sabuncu et plusieurs autres observateurs turcs et kurdes.
İstanbul's
Üsküdar
district mayor detained in 'corruption'
investigation
Üsküdar Mayor Sinem Dedetaş and five others were detained in İstanbul
today as part of an investigation into alleged irregularities in
building permit procedures.
The İstanbul Anatolian Chief Public Prosecutor’s Office is conducting
the investigation on allegations of bribery, extortion through abuse of
office, and forming and leading a criminal organization.
Police raided 11 addresses across İstanbul and seized digital
equipment, the prosecutor's office said in a statement. The
investigation was launched following tipoffs, statements from
contractors and testimony from some suspects.
The investigation is the latest in a series of "corruption" probes
targeting opposition-run municipalities since March last year. More
than 35 mayors have been detained in those investigations, including
mayors of major cities such as İstanbul, Bursa, Adana and Antalya. The
opposition views these operations as politically motivated efforts
orchestrated by the goverment to weaken their rivals.
Most of these municipalities have remained under the control of the
opposition because acting mayors to replace suspended mayors are
elected by municipal councils, where opposition parties generally hold
a majority.
The other people detained this morning were Üsküdar's deputy mayor
F.D., mayoral adviser U.M., chief of staff A.K., and N.A., general
director of Kent AŞ, a municipal subsidiary operating in urban renewal
projects.
Alleged irregularities
According to the prosecutor's office, the municipality involved the
Kent AŞ subsidiary in building permit procedures to generate income,
despite the subsidiary lacking authority to issue permits.
Prosecutors claimed that municipal staff pressured contractors to sign
“consultancy service” contracts with the subsidiary. Kent AŞ signed
contracts worth a total of 1.08 billion liras (~47.5 million US
dollars) with contractors and collected 361.4 million liras under these
agreements, according to Financial Crimes Investigation Board findings.
Kent AŞ head N.A. was also allegedly involved in determining how much
money would be requested from contractors, including for turning a
blind eye to regulatory violations at construction sites. Part of the
money was distributed to municipal employees.
For major construction projects, payments from contractors were
demansed in US dollars, according to the investigation file. (BIA, 29
July 2026)
Erdogan
très mécontent de la réorganisation de
l’opposition
Ragip Duran, TVXS.GR, 27 juillet 2026
Le président Erdogan, qui continue à perdre des points dans les
sondages d’opinion, avait cru que, grâce à la décision d’un tribunal
qui avait nommé M. Kemal Kilicdaroglu à la tête du CHP (Parti
républicain du Peuple, kémaliste, 135 sièges sur 592), la principale
formation de l’opposition serait affaiblie, voire complètement divisée
et marginalisée.
La cour régionale d’appel d’Ankara avait, le 21 mai dernier, décidé la
nullité absolue du dernier congrès général du CHP, tenu les 4 et 5
novembre 2023, lors duquel M. Ozgur Ozel avait détrône Kilicdaroglu. Ce
dernier très passif, très conciliatoire envers le régime était
Président du Parti depuis mai 2010 et avait été battu lors de 11
élections générales, locales et référendums.
Ozgur Ozel, Président élu, mène une lutte politique contre à la fois le
régime Erdogan et ‘’le Président nommé’’. Il voulait reprendre
légalement les reins du Parti sinon créer un nouveau Parti. La seconde
option est désormais à l’ordre du jour.
Yalçin Dogan, chroniqueur chevronné du site d’information T24.com.tr,
estime que ‘’La nouvelle route est pleine de conviction et
d’enthousiasme, mais elle est en temps douloureuse et épineuse’’. Dogan
observe qu’Ozel ‘’au lieu de lutter contre la bureaucratie judiciaire
et le régime d’Ankara, il a préféré descendre dans la rue et rassembler
derrière lui les masses mécontentes d’Erdogan’’. Cette stratégie a mis
le régime en difficulté. ‘’AKP est inquiet. AKP a peur de voir la fin
de son règne’’ écrit-il. Kilicdaroglu est désormais devenu un
instrument du pouvoir, mais seul un très petit minorité du CHP le suit,
constate-t-il.
‘’Ozel a déjoué les plans du Palais’’ croit de son côté Mehmet Y. Yakup
le chef chroniqueur du même site. ‘’Ozel est tout le temps avec le
peuple. Erdogan n’arrive plus à dormir à cause des cauchemars. AKP ne
peut plus diriger le pays. Il a également perdu la légitimité’’
estime-t-il. Mais il n’omet pas non plus d’avertir les dirigeants du
nouveau parti: ‘’Erdogan continuera de se servir de l’appareil
judiciaire qui est à sa disposition contre Ozel’’ écrit-il. L’immunité
parlementaire d’Ozel peut être levée, croit-il. En effet, le régime
avait annulé la validité du diplôme universitaire de M. Ekrem Imamoglu,
le candidat favori contre Erdogan pour les élections présidentielles
prévue pour l’été 2028. Un tribunal avait arreté et mis en prison
l’ancien maire d’Istanbul en mars 2025.
Erdogan est capable de tout faire pour rester au pouvoir, analyse
l’ensemble des observateurs de l’opposition. La conjoncture régionale
et internationale, la crise économique et sociale sont à l’avantage de
l’Homme Unique. ‘’Il est au pouvoir depuis 2002, mais le début de la
fin est au seuil du Palais. La chute ne sera sûrement pas tout de suite
et créera un grand bouleversement de longue durée’’ prévoit le Prof.
Cengiz Aktar.
Forces
armées/Armed Forces
Frappes sur un aéroport militaire dans
le nord-ouest de la Syrie
Des appareils non identifiés ont frappé mardi un aéroport militaire
hors service dans le nord-ouest de la Syrie, où sont présentes des
forces du ministère de la Défense du pays, a indiqué une source
sécuritaire à l'AFP.
"Tôt mardi matin, des appareils inconnus ont bombardé l'aéroport
militaire d'Abou Dhouhour, dans la province d'Idleb", a déclaré cette
source sous couvert d'anonymat.
L'aéroport, qui a subi de lourds dégâts pendant la guerre civile
syrienne, est hors service depuis 2012, selon la même source, et est
actuellement protégé par les forces du ministère syrien de la Défense.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG basée au
Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, ces
frappes ont eu lieu après "la visite, ces derniers jours, d'une
délégation militaire turque à l'aéroport dans le cadre des efforts en
cours visant à le remettre en service".
La Turquie est un allié clé des nouvelles autorités syriennes.
Aucune victime n'a été signalée et l'attaque n'a pas été revendiquée
dans l'immédiat.
L'armée israélienne a décliné tout commentaire, en réponse à une
question de l'AFP concernant ces frappes.
Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis le
renversement, en décembre 2024, du président Bachar al-Assad par une
coalition de groupes islamistes.
Le nord-ouest du pays a également été frappé par le passé par une
coalition internationale menée par les États-Unis dans le cadre de la
lutte contre le groupe jihadiste "État islamique".
La Syrie est à présent membre de cette coalition.
A leur arrivée au pouvoir, les nouvelles autorités de Damas avaient
pris le contrôle de l'aéroport d'Abou Dhouhour, tenu par les forces de
Bachar al-Assad depuis fin 2018, après que des factions armées rebelles
et djihadistes eurent pris le contrôle d'une grande partie de la
province d'Idleb trois ans plus tôt. (AFP, 18 août 2026)
Explosive drone hits police center in
northeastern Turkey
A suspected drone carrying explosives crashed into the grounds of a
police department in Turkey’s Black Sea province of Trabzon, damaging
three parked vehicles but causing no casualties, local authorities said.
The object fell into the courtyard of the Arsin District Security
Directorate at around 7 pm, the Trabzon Governor Tahir Şahin told
reporters at the scene.
Preliminary findings indicated that the object was an unmanned aerial
vehicle, Şahin said, adding that authorities were working to determine
the origin of the drone.
Fixed-wing drones, which are widely used in the Russia-Ukraine war,
have occasionally reached northern parts of Turkey, but none had
previously exploded there.
Videos circulating on social media appeared to show an explosion
smaller than those typically associated with fixed-wing drones and more
similar to an explosion involving an FPV drone. (BIA, 18 August 2026)
La
Turquie a déployé cinq F-16 en Estonie dans le
cadre de l'Otan
La Turquie a déployé cinq avions de chasse F-16 et leurs équipages en
Estonie dans le cadre de la mission de police de l'air de l'Otan, a
indiqué jeudi le ministère turc de la Défense.
"Dans le cadre de la mission de police aérienne renforcée de l'OTAN, le
déploiement de cinq avions F-16 et de leur personnel sur la base
aérienne d'Amari en Estonie, où ils seront stationnés du 1er août au 30
novembre 2026, est achevé", a déclaré le ministère.
"Durant cette mission, nos unités contribueront à la sécurité de
l'espace aérien balte dans le cadre des activités conjointes de défense
aérienne de l'OTAN", a ajouté le ministère, précisant que la Turquie
prendra vendredi le relais du Portugal pour cette mission.
Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques membres de l'Alliance
atlantique, qui partagent une longue frontière avec la Russie, ont
enregistré depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022 un nombre
croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.
Des avions Rafale français de l'Otan stationnés dans les pays baltes
ont abattu un drone errant début juin en Lettonie. (AFP, 30 juil 2026)
Affaires
religieuses / Religious Affairs
Dozens detained, assets seized in crackdown on
Süleymancılar religious order
Police have detained at least 30 people, including Alihan Kuriş, the
leader of the religious order known as Süleymancılar, in an
investigation led by the Ankara Chief Public Prosecutor’s Office.
The office said the investigation targeted the alleged "Alihan Kuriş
criminal organization" and did not mention the Süleymancılar group.
Simultaneous raids in the morning targeted 123 addresses in 17
provinces, İstanbul, Ankara and Antalya. Prosecutors issued detention
warrants for 49 suspects and three were found to be abroad.
Authorities also seized assets belonging to the suspects and appointed
trustees to over 30 companies linked to their members.
The group is facing allegations of “establishing and leading a criminal
organization,” “membership in a criminal organization,” “laundering
assets derived from crime,” “fraud to the detriment of public
institutions and organizations” and violations of the Tax Procedure Law.
Similar religious orders and communities in Turkey have a presence in
both civil society and the economy, operating through foundations and
companies.
Who are the Süleymancılar?
The group widely known as Süleymancılar, which literally means
“Süleymanists,” and referred to by their own community as
"Süleymanlılar," is a Sunni Muslim religious order, or tariqa, based in
Turkey. It is believed to have a few million followers and sympathizers.
The group takes its name from Süleyman Hilmi Tunahan, who conducted
religious education activities during the early republican era. It is
known for Quran courses, student dormitories, associations and
educational activities.
After Tunahan’s death in 1959, the group continued to be led by members
of the his family and people close to them.
Alihan Kuriş became the group’s leader following the death of Arif
Ahmet Denizolgun in 2016.
The Süleymancılar also operate outside Turkey, particularly in Germany,
through religious education centers and associations.
The group’s relations with public institutions, its student dormitories
and educational activities, as well as its economic structure have
previously been the subject of public debate and news coverage.
Suspicious money transfers
The prosecutor’s office said the investigation was focused on the
financial activities of companies linked to the suspects.
According to a report by Turkey’s Financial Crimes Investigation Board
(MASAK) included in the case file, some of the companies examined saw
sharp increases in financial transactions and the volume of goods
bought and sold after 2020.
MASAK assessments found that some companies received large cash inflows
whose sources required explanation and that substantial transfers were
made between companies and their shareholders.
Investigators are also examining discrepancies between some companies’
commercial records and banking transactions, as well as foreign
currency transfers received from companies abroad.
Some 100 billion liras, or around 23 million dollars, were transferred
abroad through various methods using individuals and companies believed
to be linked to the group, according to MASAK.
The investigation includes allegations that some transactions may have
involved fraudulent invoicing. (BIA, 13 August 2026)
Comment l’Europe
finance les réseaux islamistes de la famille Erdogan
Guillaume Perrier, le point, 7 août 2026
Cinquante mille personnes sont rassemblées début août dans le stade de
football du club de Galatasaray, à Istanbul. Les tribunes sont animées,
les supporters agitent des drapeaux, entonnent des chants et déploient
de grands portraits de leurs héros. Non pas des stars du ballon rond,
mais des sultans ottomans, Mehmet II et Selim Ier, ainsi que le
président turc Recep Tayyip Erdogan en costume et lunettes de soleil…
Et quand ce dernier apparaît en chair et en os dans le stade, la foule
s’électrise. Dans une ferveur quasi mystique et un culte de la
personnalité digne des satrapes d’Asie centrale, le « Reis » serre des
mains, salue ses ouailles d’un geste lent, un haut-parleur fait rugir
des extraits de ses discours. « Je me tiens fièrement aux côtés de
cette jeunesse, avec les sultans ». Puis il harangue son public pendant
une bonne demi-heure.
Génération pieuse
Ce n’est pas un match de football auquel le public est venu assister
mais un congrès estival de la fondation Tügva (fondation pour la
jeunesse de Turquie, Türkiye Gençlik Vakfi), une puissante ONG
islamique. Prières et bénédictions accompagnent Erdogan. Plus de 700
000 collégiens ont participé cette année aux activités d’été de cette
organisation, s’enorgueillit le dirigeant turc.
Cette structure a été fondée en 2014, un an après les émeutes
antigouvernementales de Gezi, dans le but de propager au sein de la
jeunesse turque les projets de l’AKP (Parti de la justice et du
développement), le parti islamo-conservateur du président. C’est cette
« génération pieuse » qu’il appelait de ses vœux dès 2012 pour
supplanter en Turquie la culture laïque et kémaliste, perçue comme
dépravée et occidentalisée.
Supervisée par Bilal Erdogan, second fils du président et membre de son
conseil d’administration, la fondation Tügva met l’accent sur les
études coraniques, l’éducation aux enseignements du prophète Mahomet,
les hadiths, ainsi que la morale islamique, le sport et les arts. Dans
son discours, le dirigeant de l’ONG, Ismail Besinci, a salué « une
organisation qui renforce l’esprit d’unité, de solidarité et de
fraternité ». « La fondation pour la jeunesse turque n’est pas
seulement une fondation, a-t-il poursuivi. C’est une école. Un cap. Une
civilisation en marche. Une cause, une position, une maison de haute
moralité. » Sur les réseaux sociaux, des membres de Tügva se mettent en
scène, en t-shirt de l’ONG, marchant aux côtés des soldats ottomans qui
assiègent Constantinople. Une véritable armée militante acquise à
Erdogan.
Cela n’empêche la Tügva d’être dûment accréditée auprès de l’Union
européenne et même de bénéficier de généreux financements européens,
comme l’avait rapporté en 2024 le journaliste turc d’investigation
Metin Cihan, dont les trouvailles avaient été relayées par Le Point.
La fondation dirigée par le fils du président a reçu pas moins de 700
000 euros de fonds issus du programme Erasmus+ pour 16 projets depuis
2020, rapportait-il alors. S’ajoutent à cela quatre projets financés
par le programme European Solidarity Corps de la Commission européenne
depuis 2021. En 2021, Tügva met sur pied une « académie des jeunes
diplomates » et fait venir des participants de France et d’Allemagne…
Elle organise aussi des « camps d’action » où les jeunes participants
sont embrigadés et incités à « faire le djihad ». Ironie du sort, c’est
déjà à cause de révélations sur cette organisation islamiste et ses
ramifications au sein de l’État turc que Metin Cihan a été contraint de
fuir la Turquie. Il était sous la menace de six ans de prison.
Ces révélations avaient suscité de vives critiques de la part de
l’opposition en Turquie… Mais pas en Europe. Le financement des projets
de Tügva par Bruxelles n’a pas été remis en cause. En décembre 2025
encore, un programme d’échange avec le Corps européen de solidarité a
financé le séjour de six semaines à Istanbul de jeunes venus de toute
l’Europe, ainsi que leur formation.
Fonds européens
Tügva n’est pas la seule fondation à relayer la vision et les projets
d’Erdogan. Türgev, Seta, l’IHH, Önder, mais aussi Kadem, Ensar, Nur,
sont autant d’organisations islamistes, parfois liées à des confréries
religieuses, qui prospèrent grâce au soutien de l’AKP et qui reçoivent
des fonds européens pour leurs projets internationaux, souligne Metin
Cihan. Tügva gère en Turquie plus de 400 branches et des dizaines de
foyers étudiants. Certaines de ces entités possèdent même des camps
d’été sur le sol européen, notamment en France.
En Turquie, ces structures ont totalement phagocyté les milieux
humanitaires et capté une partie des circuits de financement. En 2021,
Metin Cihan avait aussi mis en évidence le rôle joué par ces ONG pour
placer leurs membres au cœur de l’appareil d’État. Selon les documents
cités par le journaliste dans son enquête, une recommandation de Tügva
serait plus précieuse qu’un diplôme pour intégrer l’administration de
la défense, de l’éducation ou de la justice. Ces fondations servent de
relais politiques, distribuent des subsides et des emplois,
récompensent les loyautés… Elles jouent le rôle de caisse noire pour le
pouvoir et son premier cercle.
Une affaire de famille
C’est aussi la fonction de la fondation Türgev (Türkiye gençlik ve
egitim vakfi, fondation pour la jeunesse et l’éducation de Turquie),
qui vient de célébrer ses 30 ans, fin juin, à Istanbul, en présence du
président Erdogan et de son épouse, Emine. Dans son discours, le leader
turc a affirmé que « les fondations qui soutiennent la société et la
famille sont ciblées par certains cercles. Ces mêmes cercles œuvrent à
injecter dans l’esprit des jeunes des déviances comme les LGBT,
incompatibles avec la nature humaine, et ce genre d’idées et
d’idéologies ». Dirigée de 2018 à 2024 par Fatmanur Altun, la femme de
l’ancien directeur de la communication présidentielle, Fahrettin Altun,
la fondation Türgev est désormais menée par une avocate, chercheuse et
militante associative, Hatice Yilmaz, qui a longtemps défendu les
droits des étudiantes voilées à l’université. Bilal Erdogan est l’un de
ses fondateurs, mais il est désormais impliqué dans l’organisation
sœur, Ilim Yayma Vakfi.
Quant à la fille aînée de Recep Tayyip Erdogan, Esra Albayrak, elle est
membre de son conseil d’administration. Cette dernière est mariée à
Berat Albayrak, ancien ministre de l’Énergie puis des Finances (entre
2015 et 2020), et occupe discrètement des fonctions stratégiques au
sein de plusieurs de ces fondations caritatives. Elle est ainsi membre
du conseil d’administration de Turken, une entité créée aux États-Unis
pour accompagner les étudiants turcs, qui brasse plus de 100 millions
de dollars.
Elle est par ailleurs l’une des fondatrices de la fondation Turkuvaz,
créée en 2024 pour soutenir des projets éducatifs, sociaux et
culturels. Elle siège également au conseil d’administration du
Croissant-Vert, qui lutte contre les addictions à l’alcool et à la
drogue. Elle soutient aussi Kadem, une fondation pour « les femmes et
la démocratie » dirigée par sa sœur, Sümeyye Erdogan Bayraktar.
Elle dirige enfin la fondation NUN, qui gère des écoles, et supervise
des événements internationaux comme le Forum mondial de la
décolonisation, dont une assemblée générale a été organisée à Istanbul
en mai dernier. Elle y a déclaré souhaiter que le monde s’enrichisse de
« nouveaux centres » et de « la sagesse produite à Istanbul,
Addis-Abeba, Jakarta, Rabat, Le Caire et Gaza ».
Syrie:
un pasteur kurde évangélique relâché
Un pasteur kurde évangélique qui avait été arrêté en Syrie après des
commentaires sur les réseaux sociaux a été relâché après deux semaines
de détention, a indiqué mardi un responsable religieux.
"Le pasteur Nihad Hassan a été libéré hier soir", a déclaré ce
responsable de l'Eglise kurde au Liban, qui a souhaité garder
l'anonymat.
Il "va retourner au Liban", où il réside habituellement, "car rester en
Syrie est dangereux pour lui et sa famille", a ajouté cette source.
Fin juillet, l'Eglise kurde du Liban avait fait état de son arrestation
"en lien avec des publications sur les réseaux sociaux".
Un responsable local avait précisé qu'il avait été arrêté dans la
région majoritairement kurde d'Afrine, dans le nord du pays, "à la
suite de publications sur Facebook incitant à la haine religieuse".
Sur un compte portant son nom, un message semble être directement
dirigé contre les musulmans.
Selon un responsable de l'Eglise kurde, M. Hassan, qui s'est converti
au christianisme en 2008, avait été arrêté le 19 juillet. Il se rendait
fréquemment dans le nord de la Syrie mais avait l'intention cette fois
de s'y établir, a-t-il indiqué.
Les autorités islamistes syriennes, qui ont pris le pouvoir en décembre
2024, se sont engagés à protéger les minorités mais le pays a été le
théâtre de massacres d'alaouites en mars 2025 et d'affrontements
sanglants avec des combattants druzes il y a un an. Et en
juin 2025,
un attentat avait eu lieu contre une église de Damas, faisant 25 morts.
(AFP, 4 août 2026)
Socio-économique
/ Socio-economic
Nurse dismissed from civil service over ‘hair braiding’
protest despite acquittal
A nurse at a public hospital in Kocaeli, northwestern Turkey, has been
dismissed from the civil service over a social media post showing her
braiding her hair in solidarity with a Kurdish woman killed in Syria
earlier this year.
İkra Avcı was briefly detained on Jan 26 and stood trial for "terror
propaganda" due to her action. She was eventually acquitted.
She announced her dismissal yesterday on social media, saying she had
joined the protest to speak out against violence and killings targeting
women:
“I have been dismissed from my profession as a nurse. I braided my hair
to protest the killing of women, violence and femicides. The price I
paid was my profession. I will never forgive this injustice.”
The case dates back to January, when a video circulated on social media
showing a member of the Syrian interim government forces displaying the
severed braid of a fighter from the Kurdish Women's Defense Units (YPJ)
in northern Syria during clashes between the two groups.
Kurdish women launched a social media campaign following the incident,
posting images of their braided hair on social media. They were joined
by women from many countries.
Avcı also joined the protest by posting a short video.
Authorities opened both a judicial and an administrative investigation
over the post, and Avcı was suspended from her job.
Several people at the time were subject to criminal investigations on
"terror propaganda" allegations at the time.
A court in Kocaeli acquitted Avcı on May 21.
The disciplinary investigation continued independently of the criminal
proceedings, however, and resulted in Avcı’s dismissal from the civil
service.
Under Turkey’s Civil Servants Law No. 657, dismissal from the civil
service is imposed by an institution’s High Disciplinary Board. Avcı’s
case was decided by the Health Ministry’s High Disciplinary Board.
The date, reference number and reasoning of the board’s decision have
not been made public. No official explanation has been provided
specifying which provision of the Health Ministry’s disciplinary rules
was deemed to justify punishment for conduct that did not result in a
criminal conviction.
Avcı is expected to challenge the administrative decision in court.
(BIA, 20 August 2026)
80
mineurs arrêtés devant le ministère de l'Energie
Plus de 80 mineurs turcs, réclamant des impayés, ont été interpellés
mardi à Ankara devant les grilles du ministère de l'Energie, a annoncé
leur syndicat.
"Plus de 80 mineurs ont été arrêtés", a indiqué sur le réseau social X
le syndicat indépendant des mineurs, qui avait appelé les employés de
deux mines de charbon et d'argent du centre et de l'est du pays à
protester dans la capitale turque.
"Pas de pain, pas de paix!", avait écrit plus tôt mardi le syndicat, en
appelant les responsables du ministère de l'Énergie à "trouver une
solution".
En avril, une centaine de mineurs de l'une de ces deux mines avaient
mené une grève de la faim de neuf jours à Ankara pour exiger le
versement d'impayés par leur employeur.
Cent-dix d'entre eux avaient été arrêtés et placés en garde à vue
quatorze heures durant, après avoir demandé à être reçus au ministère
de l'Energie.
La grève avait été levée à la suite de l'annonce d'un accord avec leur
employeur. Mais les mineurs, qui disent avoir perçu leurs arriérés de
salaires et/ou indemnités de licenciement, réclament toujours le
versement d'une compensation pour un congé forcé long de plusieurs mois.
Sollicité mardi par l'AFP, le ministère turc de l'Energie n'avait pas
répondu dans l'immédiat. (AFP, 13 août 2026)
Plus
de 100 passagers évacués d'un bateau pour enfants en
flammes
Plus de cent passagers d'un bateau proposant des excursions pour
enfants au large des côtes du sud-ouest de la Turquie ont été évacués
jeudi après qu'un important incendie s'est déclaré à son bord, ont
annoncé les autorités maritimes locales.
Onze passagers légèrement intoxiqués par la fumée, qui avaient été
conduits vers un hôpital de la région, "ont été autorisés à sortir" de
cet établissement en fin de journée, a déclaré la Direction des
affaires maritimes.
Un total de 115 personnes, dont de nombreuses familles et des
animateurs, se trouvaient à bord du "Toys Boat", une embarcation longue
de 32 mètres équipée de jeux pour enfants, lorsque les flammes se sont
propagées.
Ces 115 personnes, parmi lesquelles 103 passagers, "ont été évacuées
vers le rivage", avait dit plus tôt sur X la Direction des affaires
maritimes, diffusant plusieurs images sur lesquelles on peut voir des
enfants aux côtés de leurs parents.
Contactés par l'AFP, les garde-côtes turcs ont affirmé avoir évacué 107
personnes, sans pouvoir préciser le nombre des enfants figurant parmi
elles.
Ce navire de tourisme, en grande partie détruit dans l'incendie, se
trouvait à proximité d'une crique au nord de la station balnéaire de
Fethiye, très prisée des touristes britanniques.
"Nous tenons à informer le public que nos clients et nos employés sont
en sécurité", a écrit l'entreprise exploitant le bateau dans un
communiqué sur Facebook. (AFP, 13 août 2026)
Près d'un million d'euros découvert chez le chef des
ultras de Galatasaray
Plus de 840.000 euros en liquide ainsi que de l'or, des bijoux et
d'autres devises d'une valeur de plus de 300.000 euros ont été saisis
au domicile du meneur des ultrAslan, principal groupe de supporters de
Galatasaray, ont rapporté lundi les médias turcs.
La police turque a également découvert, au cours d'une perquisition
pendant plus de huit heures, un pistolet, des munitions et quatre
gilets pare-balles, selon les agences de presse DHA et IHA.
Sebahattin Sirin, interpellé dimanche, est notamment accusé de vente de
billets au marché noir, "troubles à l'ordre public" à l'intérieur
d'enceintes sportives et diffusion publique de fausses informations.
Le chef des ultras de Galatasaray avait accusé la veille sur X le
ministre turc de la Justice, Akin Gürlek, de faire partie d'un "groupe
au sein de l'État qui souhaite faire de Fenerbahçe le champion cette
saison".
Ni le ministre ni le club de Fenerbahce, grand rival stambouliote de
Galatasaray, n'ont réagi publiquement à cette accusation.
Le parquet d'Istanbul n'a pas précisé si l'arrestation de Sebahattin
Sirin était liée à une plainte déposée en 2024 par le président de
Galatasaray, quadruple champion de Turquie en titre, pour des
allégations de vente de billets au marché noir. (AFP, 10 août 2026)
Men
killed 28 women in July
According to news reports compiled by bianet from local and national
newspapers, news websites, and news agencies, men killed at least 28
women and one child in July. Men also killed at least five men who were
with the women.
In July, men injured at least 54 women, abused at least 11 girls and
boys, and harassed 13 women. Men forced 64 women into sex work.
Men killed 170 women in the first seven months of 2026.
The deaths of at least 39 women and eight children in July were
suspicious cases where it could not be definitively determined whether
they were gender-based.
Suspicious deaths of women reported in the media in July
Antalya (3), Aydın (3), Batman (1), Bilecik (1), Burdur (2), Bursa (1),
Eskişehir (2), Hakkari (1), Isparta (2), İstanbul (4), Kastamonu (1),
Kütahya (1), Malatya (2), Manisa (2), Mardin (1), Mersin (1), Ordu (1),
Osmaniye (1), Sakarya (1), Samsun (2), Sinop (1), Urfa (1), Uşak (1),
Zonguldak (2).
Suspicious deaths of children reported in the media in July
Antep (1), Maraş (1), Mardin (2), Tokat (1), Urfa (1), Van (2).
2026–2024: Male violence
In the first six months of 2026, men killed 170 women, harassed 111
women, abused 147 children, committed acts of violence against 324
women, and raped four women. Men forced at least 776 women into sex
work. While the deaths of 306 women were reported in the press as
“suspicious,” men killed at least 15 children.
In the first seven months of 2025, men killed 177 women, harassed 127
women, abused 148 children, committed acts of violence against 414
women, and raped four women. Men forced at least 764 women into sex
work. While the deaths of 264 women were reported in the media as
“suspicious,” men killed at least 35 children.
In the first seven months of 2024, men killed 218 women, harassed 45
women, abused 91 children, committed acts of violence against 335
women, and raped eight women. Men forced at least 230 women into sex
work. While the deaths of 177 women were reported in the media as
“suspicious,” men killed at least 25 children. (BIA, August 6, 2026)
La
lutte contre les incendies se poursuit pour le
troisième jour
Une lutte intensive contre les incendies de forêts attisés par le vent
se poursuivait vendredi en Turquie, dans les régions touristiques du
sud et de l'ouest du pays, alors qu'une partie des feux a été largement
maîrisée.
"Depuis le (mercredi) 29 juillet, 218 incendies ont nécessité une
intervention, dont 138 hors forêt. 213 ont été totalement maîtrisés.
Cinq incendies sont toujours en cours à Balikesir-Gomec, Antalya-Alanya
et Mersin-Gulnar, où ils sont en grande partie maîtrisés. Hormis
quelques reprises de feu sans gravité, la situation semble stable dans
ces zones", a affirmé vendredi le ministre turc de l'Agriculture et des
Forêts Ibrahim Yumakli.
"Un incendie s'est déclaré hier après-midi à Cine, dans la province
d'Aydin (ouest, ndlr) attisé par des vents violents. Un autre feu a
commencé aujourd'hui à Susurluk, dans le district de Balikesir (ouest,
ndlr), et il continue de progresser avec des vents dépassant les 50
km/h. Nos collègues sont intervenus, mais le vent représente un
obstacle important", a-t-il ajouté.
Le risque de vents violents devrait persister la semaine prochaine, a
précisé le ministre.
A Cine, dans le province d'Aydin, le feu s'est propagé à une grande
vitesse vendredi après-midi, vers les zones habitées, notamment le
village de Dutluoluk qui avait été évacué par précaution jeudi, a
rapporté la chaîne privée turque NTV.
Les habitants ont tenté de stopper la propagation du feu en jetant de
la terre et de l'eau qu'ils ont transporté par les tracteurs, mais en
vain, a précisé la chaîne.
"Nous sommes réduits en cendres. Il ne nous reste plus rien. Mon chien
est parti. Je prenais soin de lui comme un agneau. Il me manque
tellement. Il était plus précieux que ma propre vie, il était tout pour
moi", a raconté en larmes une habitante de Cine à l'agence privée
turque DHA Arzu.
D'autres ont évoqué des vergers et des oliveraies dévastés.
"Tout ce que nous possédions est parti en fumée. Nous avons emmené nos
animaux en amont, si nous étions restés ici, nous aurions péri nous
aussi dans les flammes", a affirmé une autre habitante, Raziye Askin.
Le ministre de l'Environnement, Murat Kurum, a indiqué que 65 bâtiments
avaient été "gravement endommagés ou détruits" par les incendies,
presque tous situés dans les régions méridionales d'Antalya et de Mugla.
Selon les médias, l'incendie de Mugla a ravagé 5.000 hectares de forêt.
La Turquie, qui avait connu des feux de forêt précoces en 2025 en
raison de la sécheresse, avait été largement épargnée jusqu'à présent
grâce aux fortes pluies hivernales et aux chutes de neige qui ont
reconstitué les nappes phréatiques et protégé la végétation.
Les autorités ont également fermé l'accès aux forêts dans les zones les
plus vulnérables au début de l'été.
Selon le site web du Système européen d'information sur les feux de
forêt (EFFIS), 64 incendies ont ravagé 22.587 hectares (55 800 acres)
de terres en Turquie cette année. (AFP, 31 juil 2026)
Lutte intensive contre le feu autour d'Antalya et sur
la côte sud
Une lutte intensive contre les feux de forêts se poursuit jeudi en
Turquie dans les régions touristiques d'Antalya (sud) et des
Dardanelles (ouest), rapportent les autorités.
"Nous intervenons de manière intensive avec nos forces aériennes et
terrestres contre les incendies de forêt en cours", déclenchés mercredi
sous l'effet de vents violents, affirme l'Office des forêts (OGM).
L'office cite en particulier l'axe "Antalya/Alanya" et "Mugla/Fethiye",
où se succèdent les stations balnéaires le long de la "côte Turquoise",
en bordure de Méditerranée.
"Notre lutte pour protéger la patrie verte se poursuit à travers tout
le pays" clame l'OGM sur X.
Le ministre de l'Agriculture chargé des forêts, Ibrahim Yumakli, se
montre plus rassurant en affirmant sur son compte X que les quatre
incendies principaux dans les régions de Mugla (sud-ouest), Antalya et
Kas (sud), Balikesir et Canakkale dans les Dardanelles (ouest) "sont en
grande partie sous contrôle".
Le ministre ne précise pas combien d'hectares ont été touchés.
D'autres foyers plus mineurs sont eux "totalement sous contrôle"
affirme-t-il également, là encore sans donner de bilan.
Selon le président Recep Tayyip Erdogan, "90 foyers" d'incendie ont été
enregistrés durant la seule journée de mercredi en Turquie, dont les
deux tiers (59) en zone non forestière.
La Turquie, qui avait connu des feux précoces en 2025 en raison de la
sécheresse, avait été épargnée jusqu'à présent grâce aux pluies et
chutes de neige abondantes de l'hiver qui ont renfloué les nappes
phréatiques et protégé la végétation. (AFP, 30 juil 2026)
Poverty threshold remains over four minimum wages
The poverty threshold for a family of four rose to 120,325 liras in
July, more than four times the minimum wage in Turkey, according to the
Confederation of Turkish Trade Unions' (Türk-İş) monthly report (1 US
dollar = 47.4 Turkish liras).
The poverty threshold is calculated based on the monthly food, housing,
clothing, transportation, education and health expenses of a family of
four living in Ankara.
The hunger threshold, which includes expenses for a healthy and
balanced diet for a four-person family, was calculated at 36,940 liras.
This figure was 8,865 liras above the minimum wage of 28,075 liras.
The estimated monthly cost of living for a single person in Ankara rose
to 47,758 liras.
All three indices rose by over 20% since the start of the year,
according to Türk-İş figures.
The gap between the hunger threshold and the minimum wage more than
doubled since January, rising from 3,149 to 8,865 liras.
'Wages are insufficient for basic needs'
Türk-İş said wages and pensions needed to be protected against rising
living costs:
"While the current minimum wage is insufficient to meet basic needs,
workers with fixed incomes are able to purchase fewer goods and
services each month with the same income because wage increases have
failed to keep pace with the rising cost of living.
"The fact that the minimum wage was not raised in the second half of
the year has further eroded the purchasing power of millions of
workers."
The confederation opposed regional minimum wage proposals, which have
recentlybeed publicly discussed, citing the current situation of
minimum wage earners:
"Rather than debates over regional variations in the minimum wage, the
top priority should be ensuring that workers can earn a living wage
that allows them and their families to lead a dignified life."
It added that pensions also remain inadequate in the face of sharp cost
increases and the current work to increase them will not be sufficient
either:
"Expectations of increases in pension payments and the regulatory
measures reported in the media will not, on their own, be sufficient to
resolve the livelihood challenges faced by retirees. In the face of
sharp cost increases in basic expenditure categories—particularly food,
housing, transportation, and healthcare—pension payments continue to
fall short." (BIA, 30 July 2026)
Plusieurs incendies attisés par le vent dans les
zones touristiques
La Turquie luttait mercredi soir contre plusieurs incendies de forêt
attisés par des vents violents en particulier dans les régions
touristiques du sud et de l'ouest du pays, nécessitant d'importants
moyens, selon les autorités.
Selon le président Recep Tayyip Erdogan, "90 foyers" d'incendie ont
éclaté pour la seule journée de mercredi en Turquie, dont les deux
tiers (59) en zone non forestière, et la grande majorité (81) étaient
"désormais maitrisés".
Les efforts qui mobilisent plus de 3.000 personnes "se poursuivent pour
contenir les feux restants à Mugla, Balikesir, Antalya et Çanakkale",
principales zones touristiques situées dans le sud et l'ouest du pays,
a-t-il ajouté.
Un foyer en particulier dans la province de Mugla (sud-ouest)
continuait de mobiliser cinq avions et dix-huit hélicoptères, plus de
90 camions de pompier et engins de chantier ainsi que des centaines
d'hommes, selon le ministère de l'Agriculture et des forets.
Les images disponibles montrent des montagnes et des routes noyées de
fumée et un ciel jauni dans lequel s'activent les avions de lutte
contre le feu.
En début de soirée, le ministère de l'agriculture et l'office de
gestion des forêts (OGM) affirmaient avoir "réduit l'intensité" des
foyers. "Mais les interventions de nos équipes aériennes et terrestres
se poursuivent sans relâche", ajoutaient-ils.
C'était notamment le cas pour les incendies survenus le long de la côte
sud, entre Antalya et Kas, lieux de villégiature estivale ainsi que
dans l'ouest autour des Dardanelles, et de Balikeshir près du littoral
égéen.
Dans l'après-midi les médias avaient signalé la fermeture de
l'autoroute qui relie la ville touristique d'Antalya à la station
balnéaire de Fethiye, sur la côte sud, en raison des fumées.
La chaine de télévision privée NTV a également rapporté que l'accès au
site antique d'Olympos avait dû être fermé.
Les causes de ces incendies ne sont pas connues alors que la Turquie a
fermé préventivement en début d'été l'accès aux forêts les plus
menacées.
Dans la région de Mugla (sud-ouest), le feu s'est déclaré dans une zone
agricole avant de se propager à la forêt, a précisé la préfecture de
Mugla qui ajoute que 202 personnes ont été évacuées ainsi que les
patients d'un hôpital local.
Au total, une vingtaine d'avions, 58 hélicoptères, 420 camions de
pompiers, près de 200 camions-citernes et engins lourds et près d'un
millier de camions ont été mobilisés, a détaillé le chef de l'état.
Les premières critiques se sont fait jour sur les réseaux sociaux alors
que la Turquie a récemment envoyé deux avions Air Tractor de lutte
contre les incendies à l'Espagne et deux autres à la France, deux pays
confrontés à des mégafeux de forêt en raison de la sécheresse et des
fortes chaleurs.
La Turquie en revanche, qui avait connu des feux précoces en 2025,
avait été épargnée jusqu'à présent grâce aux pluies et chutes de neige
abondantes de l'hiver qui ont renfloué les nappes phréatiques et
protégé la végétation. (AFP, 29 juil 2026)
Surtaxes sur les véhicules électriques : l'OMC
donne raison à la Chine face à la Turquie
L'Organisation mondiale du commerce a donné raison à la Chine dans son
différend avec la Turquie concernant des droits de douane additionnels
sur les importations de véhicules électriques chinois, selon un rapport
publié mardi.
Pékin avait porté plainte en octobre 2024 contre la Turquie auprès de
l'OMC pour dénoncer l'imposition de droits de douane supplémentaires de
40% sur les véhicules électriques importés de Chine.
L'Organe de règlement des différends (ORD) de l'OMC a estimé dans son
rapport que "les droits additionnels sur les véhicules électriques et
sur les véhicules hybrides" imposés par la Turquie "sont incompatibles"
avec divers articles de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le
commerce (GATT) de 1994.
"Nous recommandons que la Turquie rende ses mesures conformes à ses
obligations au titre du GATT de 1994", indique le groupe d'experts de
l'ORD dans ses conclusions.
L'ORD a notamment fait valoir que les surtaxes étaient "étaient
incompatibles avec l'article I:1 du GATT de 1994, dans la mesure où les
véhicules en provenance des partenaires de la Turquie au titre
d'accords commerciaux régionaux (ACR) étaient exonérés de ces droits",
a expliqué l'OMC.
Les parties peuvent faire appel. Toutefois, l'organe d'appel est
paralysé depuis fin 2019, les Etats-Unis bloquant la nomination de ses
juges. Washington leur reproche d'outrepasser leurs prérogatives, de
restreindre abusivement sa souveraineté commerciale et d'empiéter sur
des questions de sécurité nationale.
En réponse à ce blocage, plusieurs membres de l'OMC ont créé un
mécanisme provisoire d'appel (MPIA en anglais). La Chine y a adhéré,
mais pas la Turquie. (AFP, 28 juil 2026)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
La
CEDH ordonne la libération du mécène Osman Kavala
Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a ordonné mardi à la
Turquie de libérer "dans les plus brefs délais" le mécène Osman Kavala,
bête noire du président Erdogan sous les verrous depuis 2017, jugeant
"nulle et non avenue" sa condamnation à la perpétuité.
Le tribunal de Strasbourg ordonne également à la Turquie de verser plus
de 110.000 euros au philanthrope et éditeur, condamné en 2022 pour
"tentative de renversement du gouvernement".
Devenu un symbole de la répression contre la société civile en Turquie,
Osman Kavala a été arrêté en octobre 2017 puis placé en détention dans
la prison de haute sécurité de Silivri, à la lisière d'Istanbul.
Initialement poursuivi pour avoir soutenu en 2013 des manifestations
visant le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre,
il a depuis vu s'accumuler contre lui les charges, qu'il conteste.
Après une première demande de libération de la CEDH, il avait été
acquitté en 2020, mais immédiatement réarrêté avec de nouvelles
poursuites à son encontre, qui ont abouti en 2022 à sa condamnation à
la réclusion à perpétuité.
La Turquie est condamnée pour violation de sa liberté d'expression, de
sa liberté de réunion, de ses droits à la liberté et à un procès
équitable, et pour traitements inhumains ou dégradants.
Les poursuites, la détention et la condamnation du philanthrope
"étaient motivées de manière prédominante par un but inavoué,
consistant, d'une part, à punir l'intéressé pour son rôle dans les
manifestations du parc de Gezi ainsi que pour ses prises de position en
tant que défenseur des droits de l'homme, et, d'autre part, à le
réduire au silence", estiment les juges, dans une décision prise à 15
voix contre 2.
Soulignant des "défaillances graves" dans la procédure contre Osman
Kavala, la Cour juge que le refus par Ankara de le libérer malgré les
décisions précédentes de la CEDH "est de nature non seulement à éroder
la confiance des justiciables et de la société dans l'État de droit,
mais aussi à porter atteinte à l'ordre constitutionnel".
"Les défaillances identifiées dans la présente affaire (...) traduisent
une altération profonde du cadre juridictionnel dans lequel la cause du
requérant a été examinée. Appréciés dans leur ensemble, ces
dysfonctionnements ont porté atteinte de manière fondamentale à
l'essence même du droit du requérant à un procès équitable". (AFP, 25
août 2026)
Athènes juge "illégale" la création de deux parcs
marins turcs
Le ministère grec des Affaires étrangères juge "illégale" la création
de deux parcs marins par la Turquie, dans la mesure où "ils occupent
des eaux internationales" et "s'étendent sur le plateau continental
grec", selon un communiqué publié lundi.
La Turquie a annoncé plus tôt lundi la création de deux aires marines
protégées en mer Méditerranée, au large des côtes de Fethiye et de Kas
(sud) et dans le nord de la mer Egée au large des Dardanelles, autour
d'épaves militaires de la Première guerre mondiale. Ces zones seront
désignées comme "parc national marin", selon le décret publié au
Journal officiel.
Le Parc national marin de Fethiye-Kas recouvre un large périmètre
d'environ 21.706 km³ et celui du nord de l'Égée s'étend sur 1.742 km³
autour de Çanakkale, Tekirdag et l'ile de Gökçeada, au large des
Dardanelles.
Mais pour Athènes, ces "parcs marins" turcs sont situés dans des zones
au-delà des eaux territoriales turques et l'annonce de leur création
"n'a aucun effet juridique" et "ne peut constituer un fait accompli".
Le ministère des Affaires étrangères souligne que l'initiative
d'Athènes de créer des parcs marins nationaux dans les mers Ionienne et
Égée, s'est faite "dans le plein respect du droit de la mer et
exclusivement dans les eaux territoriales grecques".
De telles initiatives de la part d'Ankara "ne contribuent pas à la
consolidation d'un climat de bon voisinage et compromettent gravement
les efforts déployés pour maintenir des relations de compréhension
mutuelle entre les deux pays", conclut le ministère des Affaires
étrangères grec.
Pour le parti de gauche Syriza, "les provocations turques sont sans
fin". "Le premier (parc) exclut toute la zone maritime autour de l'île
de Kastellorizo, et le second s'étend entre Samothrace et Lemnos", a
souligné la secrétaire générale du parti, Rena Dourou qui a dénoncé au
Parlement "l'absence de stratégie nationale du gouvernement grec, qui
continue de se complaire dans le calme illusoire de la mer Égée".
Les tensions avec la Turquie voisine, à la fois rival historique de la
Grèce et partenaire au sein de l'Otan, ressurgissent à intervalles
réguliers.
En décembre 2023, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier
ministre grec Kyriakos Mitsotakis avaient signé une "déclaration
d'amitié et de relations de bon voisinage" visant à apaiser les
relations. (AFP, 17 août 2026)
L'ONU
dénonce le durcissement des peines pour les
mineurs
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a dénoncé jeudi les
récentes modifications législatives adoptées par le Parlement turc qui
pourraient conduire à condamner des mineurs à de longues peines de
prison.
Les amendements à la loi sur la protection de l'enfance, adoptés le 8
août, prévoient également de placer les mineurs dans des établissements
fermés, leur transfert vers une structure éducative étant ensuite
soumis à une évaluation, a détaillé le Haut-Commissariat dans un
communiqué, soulignant que "cela rompt avec la pratique actuelle" qui
prévoit qu'ils soient pris en charge "dans des établissements axés sur
la réinsertion et l'éducation".
"Si certaines propositions peuvent être positives - telles que celles
visant à assurer une meilleure coordination entre les services de
protection de l'enfance et les services éducatifs, et à empêcher les
enfants d'avoir accès à des armes à feu -, d'autres soulèvent de graves
préoccupations en matière de droits de l'homme", a déclaré le
Haut-Commissaire, Volker Türk, cité dans le communiqué.
La nouvelle législation prévoit notamment un durcissement des
peines
d'emprisonnement infligées aux mineurs délinquants âgés de 12 à 18 ans.
La loi parle des "crimes passibles d'une peine à perpétuité" et définit
les limites de peine dans ce cas précis pour les mineurs (10 à 18 ans
de prison en fonction des crimes pour les mineurs âgés de 12-15 ans, 15
à 27 ans de prison en fonction des crimes pour les mineurs âgés de
15-17 ans).
Le Haut-Commissaire juge "essentiel que la loi soit modifiée pour
garantir que toutes ses dispositions soient pleinement conformes aux
obligations de la Turquie en matière de droit international relatifs
aux droits de l'homme, y compris en ce qui concerne les droits de
l'enfant". (AFP, 13 août 2026)
Turquie-USA-OTAN
/
Turkey-USA-NATO
Relations
régionales / Regional Relations
Le
ministre israélien jure d'y maintenir ses
troupes pour la "sécurité" d'Israël
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, s'est rendu mardi
auprès de ses troupes positionnées dans le sud de la Syrie, réitérant
la détermination d'Israël à y maintenir des forces tant que
subsisteraient des "menaces" contre la sécurité du pays.
Le ministre a effectué ce déplacement une semaine après le chef
d'état-major de l'armée israélienne et le bombardement par Israël de
l'ancienne base d'Abou Dhouhour, dans le nord-ouest de la Syrie, visant
selon son pays à y bloquer le déploiement de troupes turques. Ankara a
démenti toute présence sur les lieux.
Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis la
chute, en décembre 2024, du président Bachar al-Assad, renversé par une
coalition islamiste.
Il a également déployé des troupes dans la zone tampon placée sous
surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et
syriennes sur le plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1967.
Israël affirme y avoir instauré une "zone de sécurité" qu'il entend
maintenir.
"Une activité est menée ici au quotidien pour déjouer les menaces,
éliminer les vestiges de l'ancien régime, empêcher la consolidation
dangereuse du nouveau pouvoir", a déclaré M. Katz dans une déclaration
vidéo publiée par son cabinet.
"Tant qu'il y aura des menaces, les Forces de défense israéliennes
resteront ici pour garantir notre sécurité: c'est ce que nous avons
fait jusqu'à présent et c'est ce que nous avons l'intention de
continuer à faire à l'avenir", a-t-il ajouté.
"Le message est clair pour le président syrien également: lorsque vous
vous réveillez le matin dans votre palais à Damas, que vous levez les
yeux vers le mont Hermon et que vous apercevez l'armée israélienne,
vous savez que nous sommes là pour protéger nos communautés et notre
frontière", a-t-il insisté.
Concernant la frappe menée contre la base aérienne d'Abou Douhour, il a
affirmé que l'armée avait "réagi face à une tentative turque de
s'implanter en Syrie, au détriment des intérêts d'Israël en matière de
sécurité".
Lors de sa visite aux troupes dans la même région, le chef de l'armée
israélienne, le général Eyal Zamir, avait affirmé qu'Israël ne
permettrait pas aux menaces de "se fixer" à la frontière. (AFP, 25 août
2026)
Passe d'armes entre Israël et la Turquie
Recep Tayyip Erdogan et Benjamin Netanyahu ont échangé des invectives
vendredi, après que la Turquie a émis un mandat d'arrêt international
contre le Premier ministre israélien et quelques jours après des
frappes en Syrie imputées à Israël.
Le bureau de Benjamin Netanyahu a qualifié de "dictateur antisémite" le
président turc qui a lui dénoncé des "manoeuvres mesquines" à des fins
électorales.
Le ministre turc de la Justice Akin Gurlek a annoncé plus tôt que la
Turquie avait émis un mandat d'arrêt international contre le Premier
ministre israélien dans le cadre d'une enquête sur l'interception de la
"Flottille pour Gaza" et la détention des militants à bord.
Les quelque 430 membres d'équipage de la cinquantaine de bateaux
arraisonnés par l'armée israélienne en Méditerranée, à l'ouest de
Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus avant d'être
expulsés en mai.
Le mandat d'arrêt vise également Afek Moskovitch, un officier israélien
déployé à Gaza, selon l'acte d'accusation cité par l'agence de presse
turque IHA.
"Afek Moskovitch a publié sur son compte Instagram des images montrant
huit chars et un bulldozer détruisant l'hôpital et la faculté de
médecine de l'Université islamique de Gaza située à proximité".
Benjamin Netanyahu et Afek Moskovitch sont poursuivis pour "crimes
contre l'humanité, génocide, privation aggravée de liberté, "coups et
blessures volontaires", torture, destruction de biens, pillage aggravé
et détournement de véhicules de transport", a précisé le ministère de
la Justice turc.
En novembre 2025 déjà, la justice turque avait émis des mandats d'arrêt
pour "génocide" contre Benjamin Netanyahu et plusieurs responsables
israéliens, dénonçant le "génocide et les crimes contre l'humanité
perpétrés de manière systématique par l'Etat israélien à Gaza".
- "Tactiques politiques" -
La Turquie a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître
Israël, mais les relations sont tendues avec le président Erdogan, ce
dernier dénonçant vivement l'offensive dévastatrice menée par Israël à
Gaza, en réponse à l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023.
Le bureau de M. Netanyahu n'a pas tardé à réagir à l'annonce du mandat.
"Erdogan est un dictateur antisémite qui a massacré les Kurdes, soutenu
le massacre de l'organisation terroriste du Hamas, et oppresse son
propre peuple", a-t-il indiqué dans un communiqué.
"Israël continuera à agir avec fermeté contre les tentatives de la
Turquie de déstabiliser la région", a-t-il ajouté.
En retour, la présidence turque a dénoncé dans la soirée "les tactiques
politiques mesquines de (Benjamin) Netanyahu et de ses acolytes, qui
visent à obtenir un avantage électoral", alors que des élections
législatives sont prévues en octobre en en Israël.
"La tentative du gouvernement (israélien) Netanyahu de présenter la
Turquie comme une nouvelle menace relève aussi de cette manoeuvre
politique", a ajouté la direction de la communication de la présidence
sur X.
Ces déclarations interviennent aussi après que les Etats-Unis et la
Syrie ont accusé Israël d'avoir bombardé mardi la base militaire d'Abou
Dhouhour, dans le nord-ouest de la Syrie, à quelques dizaines de
kilomètres de la frontière turque.
Israël, qui a confirmé implicitement les frappes, a soutenu qu'une
délégation officielle turque s'était rendue sur cette base. Et a averti
qu'il n'accepterait pas de déploiement de troupes turques en Syrie, y
voyant une "menace".
De son côté, la Turquie a démenti toute présence militaire "avant ou
pendant l'attaque".
Elle a cependant prévenu jeudi qu'elle continuerait "résolument" de
protéger l'intégrité et la souveraineté de la Syrie, tout en précisant
ne pas envisager de riposte, pour ne pas tomber "dans le piège" tendu
par le Premier ministre israélien.
Dans un autre communiqué publié vendredi, le bureau de M. Netanyahu a
accusé le président turc de chercher "à étendre son agression contre
Israël jusqu'en Syrie".
"Israël ne le tolérera pas", a indiqué le communiqué. (AFP, 21 août
2026)
Le Premier ministre israélien qualifie
le président turc de "dictateur antisémite"
Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié
vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan de "dictateur
antisémite", affirmant qu'Israël agirait contre "les tentatives de la
Turquie de déstabiliser la région".
Ces déclarations interviennent après des frappes mardi contre une base
aérienne dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, à
quelques dizaines de kilomètres de la frontière turque, implicitement
revendiquées par M. Netanyahu.
"Nous ne tolérerons pas un enracinement militaire turc progressant vers
le sud, car cela nous menace", avait déclaré M. Netanyahu mercredi,
alors que la Turquie dément toute présence sur le site.
Vendredi, la Turquie a émis un mandat d'arrêt international contre le
Premier ministre israélien dans le cadre d'une enquête sur
l'interception de la "Flottille pour Gaza" et la détention des
militants à bord.
Les quelque 430 membres d'équipage de la cinquantaine de bateaux
arraisonnés par l'armée israélienne en Méditerranée, à l'ouest de
Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus avant d'être
expulsés en mai.
"Israël n'est depuis longtemps guère impressionné par l'hypocrisie de
la Turquie. Erdogan est un dictateur antisémite qui a massacré les
Kurdes, soutenu le massacre de l'organisation terroriste du Hamas, et
oppresse son propre peuple", a déclaré le bureau de M. Netanyahu dans
un communiqué.
"Israël continuera à agir avec fermeté contre les tentatives de la
Turquie de déstabiliser la région", selon la même source.
Mardi, la Syrie avait accusé Israël d'avoir frappé la base aérienne,
fortement endommagée durant la guerre civile et restée hors service.
Soutenant qu'une délégation officielle turque s'était rendue sur la
base, Israël a averti qu'il n'accepterait pas de déploiement de troupes
turques en Syrie, y voyant une "menace".
La Turquie a démenti toute présence de ses troupes "avant ou pendant
l'attaque".
Ankara a prévenu jeudi qu'il continuerait "résolument" de protéger
l'intégrité et la souveraineté de la Syrie.
En revanche, la présidence turque a tenu à préciser qu'elle
n'envisageait pas de riposte et qu'Ankara ne tomberait pas "dans le
piège" tendu par le Premier ministre israélien.
Dans un autre communiqué publié vendredi, le bureau de M. Netanyahu a
accusé le président turc de chercher "à étendre son agression contre
Israël jusqu'en Syrie".
"Israël ne le tolérera pas", a indiqué le communiqué. (AFP, 21 août
2026)
Syrie: le retour de déplacés kurdes syriens suspendu
après des attaques
Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années,
ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans
le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été
suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable
local.
Un accord signé en janvier entre les Kurdes syriens et le pouvoir
central pour l'intégration dans l'Etat des institutions de
l'administration autonome, prévoit le retour des Kurdes déplacés
pendant la guerre civile en Syrie (2011-2024).
Selon Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras
al-Aïn, un premier groupe de 2.500 déplacés avait pris la route pour
rentrer, mais a subi une attaque "délibérée et préméditée" de "groupes
armés", qui a fait plusieurs blessés.
Plusieurs des auteurs présumés de ces attaques ont été arrêtées, mais
les retours "ont été temporairement suspendus par mesure de précaution
afin de garantir la sécurité des habitants", a ensuite annoncé Mahmoud
Khalil Ali, adjoint au chef des forces de sécurité dans la province de
Hassaké, dont fait partie Ras al-Aïn.
"Ces trajets reprendront dès que la situation se sera stabilisée et une
protection complète assurée pour les personnes de retour", a-t-il
ajouté.
Selon M. Isso, un deuxième groupe de déplacés devait suivre "dans les
tout prochains jours", alors que quelques 100.000 personnes au total
veulent rentrer.
Des dizaines de milliers de Kurdes ont été forcés de fuir la région,
située dans le nord-est syrien, en 2019, face à une offensive des
forces turques et leurs supplétifs syriens, qui ont alors pris le
contrôle d'une bande territoriale de 120 km, le long de la frontière
avec la Turquie.
- "Comme un rêve" -
L'attaque a déclenché une protestation à Qamichli, ville voisine à
majorité kurde, où des manifestants en colère ont tenté de pénétrer
dans les locaux des forces de sécurité, avant d'être repoussés par des
officiers syriens, a rapporté un journaliste de l'AFP.
À Kobané, une ville du nord à majorité kurde, la télévision d'Etat
syrienne a rapporté que des habitants avaient pris pour cible des
bâtiments officiels et décroché le drapeau syrien devant le quartier
général des forces de sécurité locales.
"Nous condamnons l'agression dont ont été victimes les familles kurdes
pendant leur retour", a écrit sur X Mazloum Abdi, le commandant des
Forces démocratiques syriennes, organisation kurde signataire de
l'accord de janvier.
Il a appelé le peuple kurde "à faire preuve de retenue, à ne pas se
laisser entraîner dans des actes irresponsables", assurant être en lien
avec les autorités pour "garantir la protection des civils déplacés
rentrant chez eux".
Plus tôt dans la journée, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de
camions aux abords de la ville de Hassaké, chargés de meubles et
d'affaires, et des familles prêtes à prendre la route.
"J'attendais ce moment. (...) C'est comme un rêve, de retourner chez
soi. Je suis heureuse que cette souffrance prenne fin", a confié à
l'AFP Noura Khoder, 37 ans, depuis cette ville où elle a trouvé refuge
ces dernières années.
Selon des témoignages de résidents et d'organisations de défense des
droits humains, des maisons et biens ont été pillés, volés et
endommagés à Ras al-Aïn.
Après l'offensive de 2019, certains combattants s'étaient installés
dans la zone, autrefois multiethnique, et certains y habitent encore.
Raouda Mohammed, 39 ans, a appris que sa maison était "complètement
détruite". Mais "nous n'allons pas nous laisser gagner par le
pessimisme, car nous sommes heureux de revenir, (...) nous verrons ce
que nous pouvons faire", dit cette femme de 39 ans.
Au total, quelques 5 millions et demi de personnes restent déplacées en
Syrie, selon les Nations unies. (AFP, 11 août 2026)
Arabie saoudite, Pakistan et Turquie scellent un
pacte de défense en pleine guerre au Moyen-Orient
L'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont conclu vendredi un
pacte de défense liant les trois pays dans un contexte marqué par des
attaques contre le royaume saoudien et la guerre au Moyen-Orient.
Le pays du Golfe, où a été signé l'accord, entend renforcer ses
alliances sécuritaires alors qu'il a été ciblé par l'Iran en
représailles aux bombardements américains et qu'il fait face à une
reprise des hostilités avec les rebelles yéménites houthis.
L'annonce
de ces trois alliés de Washington envoie un message à Téhéran mais
aussi aux Etats-Unis, perçus comme un partenaire de moins en moins
fiable, selon des experts.
"L'accord vise à renforcer la dissuasion collective contre tout acte
d'agression et stipule que toute attaque armée contre l'un des trois
Etats sera considérée comme une attaque contre eux tous", a précisé le
ministère pakistanais des Affaires étrangères, la Turquie y voyant une
"contribution importante à la préservation de la paix" dans la région.
Il a été signé à La Mecque par le prince héritier saoudien Mohammed ben
Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre
pakistanais Shehbaz Sharif.
"La question était en discussion depuis longtemps, mais les récents
développements dans la région en ont accéléré le rythme", a indiqué à
l'AFP une source proche de l'armée saoudienne, sous couvert d'anonymat,
alors qu'en début d'année, la participation de la Turquie semblait
encore écartée selon Ryad.
Les trois pays musulmans sunnites ont en commun de participer aux
efforts de règlement du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, qui a
embrasé la région et ébranlé l'économie mondiale.
- Se détacher de Washington -
L'Arabie saoudite et le Pakistan sont en outre déjà liés par un accord
de défense mutuelle conclu en septembre 2025, fruit d'une longue
tradition de coopération militaire. Son annonce avait
suscité de
nombreuses interrogations, Islamabad possédant la bombe
atomique.
Vendredi, Ryad a nié tout lien avec "des ambitions nucléaires" et
assuré, comme Ankara, que ce pacte ne visait aucun pays de la région.
"Cet accord est l'un des signes les plus clairs à ce jour que le
Moyen-Orient s'éloigne d'un ordre sécuritaire organisé exclusivement
par les Etats-Unis", commente pour l'AFP Andreas Krieg, expert en
sécurité au King's College de Londres.
Selon l'analyste, cette annonce soutient les ambitions saoudiennes de
devenir le parrain de la sécurité régionale et de diversifier sa
défense. Pour la Turquie - qui assure que l'accord n'est "pas en
contradiction" avec ses engagements vis-à-vis de l'Otan - et le
Pakistan, il s'agit de gagner en influence et d'attirer des
investissements saoudiens.
Ce rapprochement "est clairement orienté contre l'Iran", relève Oumar
Karim, spécialiste de l'Arabie saoudite à l'université de
Birmingham.
Pour lui, l'alliance "vise à répondre à la nouvelle approche
stratégique" de Téhéran, "qui entend dominer l'ensemble de la région du
Golfe et contrôler le trafic maritime dans les voies navigables
stratégiques, qu'il s'agisse du détroit d'Ormuz ou du détroit de Bab
el-Mandeb".
- L'enjeu d'Ormuz -
Pour l'Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde,
l'ouverture des passages maritimes est essentielle.
La mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb étaient devenus des voies
de substitution alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit
d'Ormuz depuis la reprise des affrontements avec les Etats-Unis en
juillet.
Mais les Houthis yéménites, soutenus par l'Iran, ont récemment imposé
un blocus aux navires saoudiens et menacent aussi la navigation à Bab
el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique.
L'entente entre Ryad, Islamabad et Ankara intervient au moment où des
progrès semblent se dessiner concernant Ormuz: Téhéran a assuré s'être
accordé avec le sultanat d'Oman, autre pays riverain, sur un nouvel
itinéraire de transit des navires. Mais toute réouverture
dépendra de
Washington, qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont
prévenu les autorités iraniennes.
Outre le front maritime, l'Arabie saoudite a été ciblée sur son
territoire par les Houthis, qui ont visé ces dernières semaines des
infrastructures pétrolières. La coalition menée par Ryad,
alliée du
gouvernement du Yémen depuis 2015, a aussi accusé vendredi les rebelles
d'avoir mené des bombardements dans la région frontalière de Najran,
qui ont fait 11 blessés civils, une attaque sans précédent dans le
royaume depuis la trêve de 2022 entre les deux camps. (AFP, 7 août 2026)
La
Turquie dénonce des attaques contre deux
navires civils turcs en mer Noire
La Turquie a dénoncé mardi des attaques de drone survenues lundi en mer
Noire contre deux navires appartenant à des armateurs turcs, faisant
des blessés parmi l'équipage.
"Les navires civils appartenant à des armateurs turcs Yasar et Nadezhda
ont été attaqués par des drones après leur départ du port de
Novorossisk hier soir (lundi soir, NDLR), et certaines personnes de
l'équipage, dont nos ressortissants, ont été blessées. La sécurité de
nos citoyens est notre priorité absolue et leur situation est suivie de
près", a affirmé le ministère turc des Affaires étrangères dans un
communiqué.
"Nous sommes profondément préoccupés par l'escalade du conflit entre la
Russie et l'Ukraine en mer Noire, qui affecte la navigation civile
malgré nos nombreux avertissements. Si des mesures préventives ne sont
pas prises, cette escalade aura de multiples répercussions négatives,
notamment sur la sécurité alimentaire", a ajouté le ministère, appelant
les parties à "mettre en oeuvre d'urgence des mesures concrètes pour
garantir la sécurité de la navigation en mer Noire".
Selon le site de surveillance Marine Traffic, les deux navires Yasar et
Nadezhda arborent respectivement les pavillons panaméen et camerounais.
La Russie et l'Ukraine multiplient les frappes sur des navires cargo,
notamment en mer Noire, depuis plusieurs semaines.
Un navire de pêche turc avait aussi été attaqué fin juin en mer Noire
près des côtes de la Crimée, faisant un mort et quatre blessés.
Fin mai, la Turquie avait mis en garde contre une "escalade
incontrôlée" dans la région de la mer Noire après une attaque de drone
contre un cargo turc. La marine ukrainienne a affirmé qu'un drone russe
avait attaqué le navire. (AFP, 4 août 2026)
La
Turquie sanctionne le site Temu pour "entrave
à une inspection"
L'Autorité turque de la concurrence a sanctionné le site de commerce en
ligne chinois Temu pour "entrave à une inspection" et
"non-communication d'informations" à temps, dans le cadre d'une enquête
sur ses prix, a annoncé mercredi la plateforme.
Dans une décision que l'AFP a pu consulter, l'Autorité a en revanche
décidé de rejeter une plainte accusant Temu de violation des règles de
concurrence et de ne pas ouvrir d'enquête, estimant "sa part de marché
relativement faible".
Temu se situe "en cinquième position après ses principaux concurrents"
en Turquie fait-elle valoir et, par conséquent, ses pratiques "ne
devraient pas engendrer de problème de concurrence".
Dans son communiqué, la plateforme "prend acte de la décision de
l'Autorité turque de la concurrence de ne pas ouvrir d'enquête formelle
sur les pratiques tarifaires de Temu et de classer officiellement
l'affaire".
Mais elle ajoute : "Nous prenons également acte de l'amende de 3,696
millions de livres turques (environ 68.600 euros) infligée par
l'Autorité pour entrave à une inspection et non-communication des
informations demandées dans les délais impartis" - concernant
l'élaboration de ses prix.
Temu se voit également sanctionnée dans deux autres décisions
distinctes pour avoir refusé aux inspecteurs de l'Autorité l'accès de
son bureau d'Istanbul et pour n'avoir pas fourni à temps des
informations concernant ses chiffres d'affaires.
Le 21 janvier, le porte-parole de Temu avait annoncé que ses bureaux en
Turquie avaient fait l'objet d'une perquisition par l'Autorité de la
concurrence.
L'entreprise avait temporairement suspendu ses activités dans le pays
avant de les reprendre en février, en créant une société d'importation
basée en Turquie. (AFP, 29 juil 2026)
La
Turquie annonce un accord avec le géant
pétrolier BP en Irak
La Turquie a annoncé mardi un accord avec le géant pétrolier British
Petroleum (BP) en Irak pour l'exploitation d'hydrocarbures dans la
région de Kirkouk (nord), selon le ministre de l'Energie.
Cette annonce survient au soir de la visite à Ankara du Premier
ministre irakien, Ali al-Zaidi, qui a été reçu par le président Recep
Tayyip Erdogan.
Elle fait également suite à la fin programmée, le 22 juillet, de
l'accord historique de 1973 sur l'oléduc reliant les champs
pétrolifères de Kirkouk au port turc de Ceyhan sur la Méditerranée.
"Aux termes de l'accord de transfert d'actions signé aujourd'hui entre
Turkish Petroleum et BP, TPAO a acquis une participation de 15% dans BP
Energy Company of Kirkuk Limited (BPECKL), qui opère à Kirkouk", a
indiqué le ministre turc, Alparslan Bayraktar sur son compte X.
"Grâce à ce partenariat, TPAO s'implantera dans la région de Kirkouk,
l'une des plus importantes zones de production d'hydrocarbures d'Irak"
poursuit-il.
La société turque "travaillera aux côtés des partenaires de BPECKL pour
mettre en production les réserves potentielles estimées à 3 milliards
de barils".
"Cette étape constitue un élément clé de notre objectif de renforcer la
présence et l'efficacité de Turkish Petroleum sur la scène
internationale" poursuit le ministre.
En juillet 2025, la Turquie avait annoncé mettre fin à l'accord de 1973
sur l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan qui a pris effectivement fin le 22 juillet.
Un accord transitoire doit continuer d'assurer à Bagdad un débouché
vital pour ses exportations tout en maintenant le rôle de la Turquie
comme corridor énergétique.
Le transit par cet oléoduc a été régulièrement perturbé depuis par une
série de différends d'ordre juridiques mais aussi financiers entre
Bagdad, le Gouvernement régional du Kurdistan irakien et la Turquie.
Lors d'un point de presse commun mardi soir avec M. Zaidi, arrivé au
pouvoir en avril et dont c'était la première visite officielle en
Turquie, M. Erdogan a salué le renforcement de la coopération entre les
deux pays notamment en matière de défense, d'énergie et de lutte contre
le terrorisme.
M. Zaidi est venu avec son ministre des Affaires étrangères Fouad
Hussein qui a rencontré son homologue turc, Hakan Fidan.
La Turquie partage quelque 350 km de frontière avec l'Irak, notamment
la région autonome du Kurdistan irakien (nord) dans laquelle les
combattants kurdes du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan
interdit) ont trouvé refuge.
Ankara a engagé fin 2024 un processus de paix avec le PKK qui a annoncé
sa dissolution en mai 2025, suivie en juillet 2025 d'un début de
désarmement.
Mais depuis, le processus semble en panne, suspendu aux travaux d'une
commission parlementaire turque transpartisane dont les conclusions se
font attendre. (AFP, 28 juil 2026)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Un
drone turc à proximité d'un aéroport en Grèce,
des F-16 grecs interviennent
Un drone turc a pénétré l'espace aérien grec et survolé un aéroport de
l'est de la Grèce, nécessitant l'intervention d'une patrouille d'avions
de combat F-16, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.
"Un drone turc a pénétré illégalement" l'espace aérien grec, près
d'Alexandroupolis (nord-est), "provoquant la mobilisation immédiate de
l'armée de l'air", a annoncé la télévision publique ERTnews.
Interrogée par l'AFP, une source militaire grecque a confirmé
l'incident.
L'engin "s'est déplacé vers un point proche de la piste terminale de
l'aéroport d'Alexandroupolis, au moment même où un avion de ligne
tentait de décoller", affirme ERTnews, jugeant cette situation
"particulièrement préoccupante".
Des "F-16 grecs qui étaient en alerte ont immédiatement décollé et, en
quelques minutes, se sont approchés du drone turc, procédant à son
identification et à son interception".
L'action des avions de combat "a eu pour conséquence l'éloignement du
drone de l'espace aérien grec", sa "sortie ayant été enregistrée dans
la région de (l'île grecque de) Samothrace", toujours selon la TV
publique.
L'incident n'a pas affecté la sécurité du vol concerné à l'aéroport
d'Alexandroupolis, qui par mesure de précaution a emprunté une autre
piste pour décoller normalement vers l'aéroport international d'Athènes.
"Ce n'est pas un incident grave", a indiqué à l'AFP la source
militaire. Il relève des "incidents et des interceptions quotidiennes"
menées par l'armée grecque, "soit dans le nord-est soit dans le sud-est
de la (mer) Egée".
Les violations de l'espace aérien grec par des aéronefs turcs sont
redevenues une pratique courante en 2026, concentrées en mer Egée et
menées surtout désormais avec des drones, selon les données du
ministère de la Défense.
De zéro violation turque en 2024, leur nombre est passé à 225 en 2025,
et à 433 en 2026 jusqu'à début août, dont beaucoup sont désormais
menées par des drones de différents types, armés et non-armés.
Les autorités grecques protestent régulièrement contre ces violations
de l'espace aérien national. (AFP, 28 août 2026)
Les
dirigeants rivaux à Chypre conviennent de
rencontres hebdomadaires
Les dirigeants des deux parties de Chypre sont convenus de tenir des
réunions hebdomadaires mercredi, alors que le secrétaire général de
l'ONU les a appelés à intensifier leurs efforts en vue de négociations
de réunification, paralysées depuis des années.
M. Guterres s'est personnellement impliqué dans une tentative de
relance des négociations sur l'île divisée, lors d'une visite en
juillet.
Il avait alors rencontré Nikos Christodoulides, président de la
République de Chypre hellénophone, membre de l'Union européenne, et
Tufan Erhurman, dirigeant de la République turque de Chypre du Nord
(RTCN), turcophone, autoproclamée sur un tiers du territoire chypriote.
Les deux dirigeants se sont rencontrés mercredi dans la zone tampon
contrôlée par l'ONU pour leur premier tête-à-tête après la visite de M.
Guterres, une rencontre considérée comme une avancée pour préparer une
initiative de paix sous l'égide des Nations unies.
Selon un communiqué onusien, ils ont eu des discussions "constructives"
et sont "convenus d'intensifier leurs réunions et de se rencontrer une
fois par semaine et plus fréquemment si les circonstances l'exigent".
M. Guterres avait proposé en juillet une relance des discussions pour
mettre fin à la division de l'île méditerranéenne, avec la
participation des trois pays garants de l'équilibre institutionnel,
Grèce, Turquie et
Grande-Bretagne.
Il avait souligné qu'il ne voulait plus de sommets "sans résultats" et
demandé aux deux dirigeants chypriotes de définir des "mesures de
confiance".
M. Guterres, qui quittera son poste à la fin de l'année, était le
premier secrétaire général de l'ONU à visiter l'île depuis 2010.
Selon le porte-parole du gouvernement chypriote, Konstantinos
Letymbiotis, les discussions seront centrées sur le fond de la question
chypriote.
Il a cité l'ouverture de nouveaux points de passage dans la zone tampon
comme l'une des mesures de confiance à l'étude.
Chypre est divisée depuis 1974, lorsque la Turquie a envahi et occupé
le tiers nord de l'île en réponse à un coup d'Etat de Chypriotes grecs
revendiquant l'union avec la Grèce.
La RTCN n'est reconnue que par Ankara.
La dernière série majeure de pourparlers avait débouché sur un échec à
Crans-Montana, en Suisse, en juillet 2017. (AFP, 26 août 2026)
Accrochages verbaux entre la Grèce et la
Turquie autour de la mer Egée
La Grèce et la Turquie, qui se querellent régulièrement sur la
délimitation des eaux territoriales en mer Egée, se sont de nouveau
accrochées ces derniers jours après l'annonce par Athènes d'un plan
d'aménagement énergétique.
En milieu de semaine, Athènes a annoncé l'entrée en vigueur d'un
nouveau plan pour la transition énergétique et les énergies
renouvelables en Grèce continentale et sur les îles du pays jusqu'en
2050.
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères turc a estimé
que ce plan "n'aura, à l'instar d'autres initiatives similaires prises
par la Grèce, aucune conséquence juridique" pour la Turquie en mer
Egée, en référence aux îles grecques proches des côtes turques.
Ankara a rappelé au passage "qu'il convient d'éviter les actions
unilatérales dans les mers fermées ou semi-fermées telles que la mer
Égée et la Méditerranée".
Jeudi soir, le ministère grec des Affaires étrangères a réagi à son
tour, rejetant dans un communiqué des "allégations révisionnistes et
sans fondement" de la Turquie, "totalement inacceptables".
"La souveraineté grecque en mer Egée est clairement et définitivement
définie par des conventions internationales et ne saurait être remise
en cause. Toute autre approche est contraire au droit international et
suscitera une réaction en conséquence", a averti Athènes.
Lundi, la Turquie avait annoncé la création de deux aires marines
protégées, au large des côtes de Fethiye et de Kas (sud) et dans le
nord de la mer Egée au large des Dardanelles. Athènes avait jugé leur
création "illégale", dans la mesure où "ils occupent des eaux
internationales" et "s'étendent sur le plateau continental grec".
Les tensions avec la Turquie voisine, à la fois rival historique de la
Grèce et partenaire au sein de l'Otan, ressurgissent à intervalles
réguliers autour de la délimitation de leurs eaux territoriales de la
mer Egée, qui sépare les deux voisins.
En décembre 2023, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier
ministre grec Kyriakos Mitsotakis avaient signé une "déclaration
d'amitié et de relations de bon voisinage" visant à apaiser les
relations.
La dispute semble donc avoir repris de la vigueur ces derniers jours,
augurant d'un "automne aigre-doux dans la région gréco-turque", estime,
à l'image de la TV publique ERTnews, la presse nationale grecque.
"En l'espace de 12 jours, la Turquie a manifesté la quasi-totalité des
contestations dont elle est coutumière", observe le grand quotidien I
Kathimerini.
Deux éléments peuvent expliquer ces soudaines bouffées de chaleur,
analyse la presse.
"Les tensions entre la Turquie et Israël (alliée de la Grèce depuis
2010) devraient se reporter sur la mer Égée", pronostique I Kathimerini.
L'autre facteur est la possible reprise des travaux sur le câble marin
Grèce-Chypre (Great Sea Interconnector - GSI), un projet
d'interconnexion électrique "gelé" depuis deux ans, en grande partie à
cause de l'opposition turque à des études bathymétriques dans la zone
maritime au large de Kasos, à l'été 2024.
Le GSI est un vaste projet d'infrastructure énergétique visant à relier
les réseaux électriques de la Grèce, de Chypre et, dans une deuxième
phase, d'Israël grâce à un câble électrique sous-marin à courant
continu haute tension (HVDC) d'une longueur d'environ 1.208 km (900 km
entre la Crète et Chypre, et 310 km entre Chypre et Israël).
Début août, l'entreprise française Meridiam est devenu actionnaire
majoritaire au sein de GSI. L'opérateur grec du projet a soumis en
début de semaine une demande formelle d'investissement aux autorités de
régulation de la Grèce, de Chypre et d'Israël. (AFP, 21 août 2026)
Des Turcs s'offrent une escapade
européenne sur des îles grecques
Sur le port de l'île grecque de Samos, Ikra Altumsek, étudiante
d'Izmir, attend le ferry qui la ramènera sur la côte juste en face, en
Turquie, après son premier voyage à l'étranger.
"Samos était l'endroit idéal pour commencer!", se félicite cette jeune
Turque de 21 ans, originaire de la troisième ville du pays et venue
séjourner à Samos avec sa mère.
Pour le troisième été consécutif, de nombreux Turcs profitent d'une
procédure simplifiée pour l'obtention d'un visa de courte durée qui
leur permet de séjourner sur certaines îles grecques de la mer Egée.
Des bateaux battant pavillon turc assurent plusieurs fois par jour,
surtout en été, la liaison entre Samos et le port turc de Kusadasi, à
seulement 17 milles nautiques.
De nombreux restaurants affichent leur carte en turc devant l'entrée de
leur établissement tandis que familles turques avec enfants dans les
poussettes et jeunes se pressent sur le port.
"La nourriture est délicieuse. J'ai un fils de 17 ans qui ne cesse de
me demander : +Maman, quand est-ce qu'on va manger en Grèce?+",
s'enthousiasme Nevin Cagliguney, 51 ans.
Avec ses eaux turquoises, des criques tranquilles, des villages
traditionnels et des tavernes au bord de la mer, Samos présente tous
les atouts typiques des îles grecques prisées des touristes étrangers.
Habitée depuis l'Antiquité, elle est également l'île natale du
philosophe et mathématicien grec Pythagore.
- Visa à l'arrivée -
Connu en Turquie sous le nom de "Kapi vizesi" (visa de la porte), ce
visa est délivré aux Turcs à l'arrivée sur l'île et leur permet de
séjourner au maximum sept jours s'ils ne disposent pas d'un visa
Schengen.
Le programme, lancé en avril 2024 par la Grèce, pays membre de l'espace
Schengen, concernait 10 îles grecques avant d'être étendu à douze.
Parmi elles, les touristiques Rhodes et Kos.
Sa durée ne peut pas être prolongée et il ne permet pas de voyager vers
la Grèce continentale ou vers le reste de l'espace européen de libre
circulation.
"Obtenir un visa Schengen devient de plus en plus difficile pour les
Turcs mais ce système nous permet de visiter des îles grecques
facilement", explique Emirhan Gurses, étudiant de 21 ans originaire de
Manisa (ouest de la Turquie).
Selon la Banque de Grèce, près de 1,5 million de Turcs se sont rendus
en Grèce en 2025, contre 1,2 million en 2024.
D'après les agences de voyage turques, la plupart d'entre eux l'ont
fait via ce programme de visas.
Se rendre en Grèce est également devenu avantageux pour de nombreux
Turcs qui subissent une forte inflation, rendant les vacances dans leur
pays de plus en plus coûteuses.
Rivaux régionaux mais alliés au sein de l'Otan, la Grèce et la Turquie
entretiennent des relations souvent acrimonieuses en raison de conflits
territoriaux.
Mais le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a jugé ce programme
approuvé par la Commission européenne "particulièrement réussi".
Athènes et Ankara souhaitent d'ailleurs le voir prolongé en 2027.
"Des centaines de milliers d'amis turcs ont voyagé vers les îles
grecques rapprochant ainsi davantage nos peuples", s'est-il félicité en
février aux côtés du président turc Recep Tayyip Erdogan.
- 'Un soutien important' -
De nombreux Turcs qui déposent des demandes de visa Schengen sont
confrontés à de longs délais d'attente car la demande de voyages vers
l'Europe a dépassé les capacités de traitement dans de nombreux
consulats.
Pour le guide touristique Mikail Esabalioglu, résident grec de Samos et
originaire d'Istanbul, les Turcs représentent une manne financière de
plus en plus importante pour l'économie touristique de l'île.
Mais "les visiteurs doivent parfois attendre longtemps à l'arrivée pour
obtenir le visa" express, déplore-t-il.
Pour le chef d'entreprise Giannis Kagias, l'afflux de touristes turcs
fait "une grande différence" pour les revenus de l'île.
"Nos amis turcs nous apportent un soutien (financier) important",
martèle-t-il.
Cet afflux permet également un rapprochement de deux peuples qui ont
partagé des siècles d'Histoire, affirme Selim Zuberi, consultant de 38
ans originaire de Mersin (dans le sud de la Turquie).
"On découvre nos cultures respectives", lance-t-il.
"L'histoire a connu des conflits mais nous ne devrions pas porter ce
fardeau éternellement", estime-t-il. (AFP, 30 juil 2026)
Guterres
propose une relance des discussions à Chypre, Erdogan méfiant
Le secrétaire général de l'ONU a proposé mercredi à Chypre une réunion
des deux parties rivales avec les "garants" de l'équilibre
institutionnel de cette île divisée depuis 1974 afin de sortir de
l'impasse, s'attirant la méfiance d'Ankara.
Cette proposition a été favorablement accueillie par les deux
présidents rivaux de Chypre qui ont salué les efforts déployés par
Antonio Guterres.
La Turquie, marraine de la République turque de Chypre du Nord (RTCN)
autoproclamée sur un tiers du territoire chypriote, a en revanche
rapidement relevé que, pour l'instant, "aucun terrain d'entente"
n'existait "encore entre les deux parties sur l'île".
Dans la soirée, le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu
que toute "initiative qui ignorerait l'égalité souveraine des
Chypriotes turcs, leurs droits et leurs intérêts légitimes" serait
vouée à l'échec.
"Les tentatives de reléguer les Chypriotes turcs au rang de minorité
ont échoué par le passé. Seule une solution juste, durable et pérenne
permettra d'instaurer un calme durable sur l'île'" a-t-il insisté, tout
en saluant la visite de M. Guterres à Chypre.
Après huit ans de paralysie et seize ans après la précédente visite
d'un patron des Nations unies, M. Guterres a eu mardi des entretiens
avec les responsables de la RTCN, reconnue par la seule Turquie et avec
ceux de la République de Chypre, membre de l'UE.
- "En concertation" -
"Nous travaillerons en concertation avec les deux parties et les
garants afin de créer les conditions du succès de la réunion", a
déclaré M. Guterres devant la presse à Nicosie, faisant référence aux
responsables chypriotes turcs et grecs, à la Grèce, à la Turquie, au
Royaume-Uni ainsi qu'à l'ONU.
"J'ai obtenu l'accord des deux parties et des garants pour organiser
une réunion à cinq plus un. Cependant, une préparation adéquate est
indispensable car je souhaite éviter de nouvelles réunions qui ne
servent à rien : je veux que celle-ci soit fructueuse et favorise la
recherche d'une solution", a prévenu M. Guterres.
Le président chypriote Nikos Christodoulides a fait savoir dans un
communiqué qu'il avait "accepté la convocation d'une conférence
élargie", assurant que les préparatifs allaient se poursuivre.
M. Guterres a montré qu'il était "pleinement attaché aux résolutions du
Conseil de sécurité des Nations unies" qui prônent la réunification de
l'île, a-t-il souligné.
De son côté, le président de la RTCN Tufan Erhürman, qui plaide depuis
son élection en octobre pour la mise en place d'une fédération, a
affirmé "vouloir une solution" en accord avec la Turquie afin de ne pas
froisser ses tuteurs.
"Cette fois il faut faire quelque chose de différent. Nous continuerons
à mener le processus en étroite et pleine concertation avec le pays
garant, la République de Turquie, comme nous l'avons fait jusqu'à
présent" a-t-il dit.
- "Rétablir la confiance" -
Néanmoins, Ankara a réitéré son hostilité à tout projet de
réunification qui mettrait en péril l'existence de la RTCN, qu'elle
considère comme faisant partie de son territoire.
"Les modèles de solutions qui ont été testés et approuvés pendant des
décennies appartiennent au passé" a jugé le porte-parole du ministère
turc des Affaires étrangères, renvoyant à la responsabilité de la
partie chypriote grecque.
"La perspective d'une solution ne se concrétisera pas tant que la
position intransigeante de la partie chypriote grecque ne changera pas
et que ses actions, qui affectent également négativement la sécurité
régionale, ne cesseront pas" a-t-il mis en garde.
Rappelant des décennies de vaines réunions pour parvenir à un projet de
réunification, M. Guterres a appelé les dirigeants des deux parties à
"intensifier" leurs efforts et à définir des "mesures de confiance".
"Il était de mon devoir de venir à Chypre" a-t-il estimé alors que son
ultime mandat s'achève à la fin de l'année et que la course à sa
succession est engagée.
"C'est le moment où tous les efforts doivent être déployés pour
rétablir la confiance".
"Il est essentiel de redoubler d'efforts pour définir et mettre en
oeuvre des mesures de confiance, susceptibles d'améliorer concrètement
le quotidien de tous les Chypriotes. J'appelle les deux dirigeants à
intensifier ces efforts", a-t-il insisté. (AFP, 29 juil 2026)
Immigration
/ Migration
Arrestation d’une musicienne kurde de France
Selon « Kurdistan au féminin » la musicienne kurde Nuarîn a été arrêtée
dès son arrivée en Turquie. L’artiste, qui réside en France depuis onze
ans, a été placée en garde à vue mardi à son entrée à l’aéroport de
Çukurova, près de Mersin, et se trouve depuis en détention.
Aucune information n’a encore été communiquée sur les motifs de son
arrestation. Une ordonnance de confidentialité a été prononcée sur le
dossier d’enquête, de sorte que les charges retenues contre elle n’ont
pas été rendues publiques.
Originaire du district de Nusaybin, dans la province de Mardin, Nuarîn
a commencé sa carrière musicale en 2004 au Centre culturel de
Mésopotamie (NÇM) à Mersin. Elle s’est d’abord produite avec le groupe
Koma Nuarîn, qui portait son nom. Après la dissolution du groupe, elle
a poursuivi sa carrière en solo sous le nom de Nuarîn à partir de 2008.
Installée en région parisienne depuis plusieurs années, elle continue
d’y mener son activité artistique. (armenews.com, 16 août 2026)
Une
Kurde expulsée par la Suisse
emprisonnée en Turquie
Bahar Yalçınkaya, demandeuse d’asile kurde, a été renvoyée de force de
Suisse vers la Turquie avec ses deux enfants. Dès son arrivée, elle a
été placée en détention provisoire et envoyée à la prison fermée pour
femmes de Bakırköy, accompagnée de son enfant de 15 mois.
Yalçınkaya résidait depuis près de deux ans au centre de renvoi
Rückkehrzentrum Oberhalden Finkenried, à Zurich. Mère de deux enfants —
une fillette de cinq ans et un bébé de quinze mois, né en Suisse —,
elle a été extraite de sa chambre par la police avant son expulsion.
Selon des témoignages de résidents, elle aurait été menottée dans le
dos sous les yeux de ses enfants, puis conduite à l’aéroport de Zurich.
À son arrivée en Turquie, elle a d’abord été placée en garde à vue
pendant environ une journée, puis présentée à un juge qui a ordonné sa
détention provisoire. Elle a ensuite été transférée à l’établissement
pénitentiaire pour femmes de Bakırköy, toujours avec son bébé de 15
mois.
Son avocat en Suisse, Murat Özten, avait alerté à plusieurs reprises
sur les risques. Il avait indiqué que sa cliente faisait l’objet
d’enquêtes et de procédures judiciaires sérieuses en Turquie, notamment
liées à des accusations de propagande en lien avec le mouvement kurde,
et qu’elle risquait l’arrestation dès son retour.
Cette affaire relance les critiques contre les pratiques suisses de
renvois forcés, en particulier lorsqu’elles concernent des familles
avec de jeunes enfants. Défenseurs des droits humains et associations
soulignent le caractère traumatisant de ces opérations et les dangers
auxquels sont exposées les personnes renvoyées en Turquie. Les
autorités suisses font face à de nouvelles questions sur le respect des
obligations internationales en matière de protection des réfugiés et de
l’intérêt supérieur de l’enfant.
L’expulsion de Bahar Yalçınkaya et son incarcération immédiate
illustrent une nouvelle fois les tensions entre politique migratoire
suisse et risques de persécution dans le pays d’origine.
(kurdistan-au-feminin, 6 août 2026)
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