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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey
Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie


29th Year / 29e Année
Avril 2005 April
N° 320
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 215 58 60
editor@info-turk.be

Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Özgüden
Responsible editor/Editrice responsable:
Inci Tugsavul

Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration
 
L'intervention de Dogan Özgüden sur le génocide arménien 

Ankara lance une nouvelle campagne
négationniste encore plus agressive

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Tous les évènements du mois
All events of the current month

O Droits de l'Homme / Human Rights O

Ankara condamnée pour violations des libertés d'expression et de réunion
New Criminal Law Threatens Human Rights 
AI Calls for Retrial of Torturers in Turkey
Three IHD officials received death threats
HRW Raises Concerns for Threats against IHD officials
Grave concerns on protecting the torturers at trial proceedings
Deux bombes explosent devant des locaux d'un parti d'extrême-droite
L'anthologie poétique en hommage aux prisonniers politiques en Turquie
Un membre de HÖC assassiné par des agresseurs d'extrême-droite à Gazi
Nationalist Violence Spreads to other cities
Des intellectuels s'inquiètent de la montée du nationalisme en Turquie
Une deuxième tentative de lynchage à Trabzon
La montée inquiétante d'un nationalisme paranoïaque en Turquie
Attempted lynching in Trabzon over leaflet distribution
La Turquie condamnée pour des détentions provisoires de plusieurs années
Soirée poétique en hommage aux prisonniers politiques de Turquie 
Threatened Lawyer Charged with "Defamation"
Survey on Problems of Homosexuals in Turkey

O TIHV's Recent Human Rights Reports in Brief O

O Pression sur les médias / Pressure on the Media O

Un journaliste d'origine arménienne jugé pour avoir "insulté les Turcs"
Le Monde: "En Turquie, le déni à l'oeuvre"
Le haka, danse des Maoris, jugé "obscène" et interdit par Ankara 
Les éditeurs condamnent les attaques à l'encontre d'Orhan Pamuk
RSF: Le Premier ministre turc n'apprécie pas la satire
IFJ/EFJ Calls for Changes in New Penal Code in Turkey
International PEN's reaction against attacks on Orhan Pamuk 
Erdogan gagne un procès en diffamation contre un journaliste
Orhan Pamuk's photograph torn to pieces
Orhan Pamuk and the custom of burning books
Le président rejette une loi autorisant la vente d'une chaîne TV aux étrangers

O Kurdish Question / Question kurde O

"Les opérations de l'armée turque peuvent provoquer de nouveaux exodes"
L'avocat de Leyla Zana critique la cour chargée de la rejuger
In spite of "reforms", local Kurdish broadcast requests ignored
HPG: 121 soldats sont morts dans les affrontements.
Abdullah Ocalan's Retrial On Turkey's Agenda 
Les opérations de l'armée turque propagées partout dans le Kurdistan du Nord
Un Autrichien qui avait dit "Kurdistan" interdit d'enseigner à Istanbul
Deux militants kurdes tués lors d'affrontements dans le sud-est 
Un militant kurde tué par l'explosion d'une mine dans l'est de la Turquie
Ex-Öcalan lawyer wounded in armed attack in Ankara 
Leyla Zana demande une amnistie pour les militants kurdes
La refondation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)
Neuf PKK militants et un soldat tués dans des combats

O Minorités / Minorities 

L'Arménie dénonce les stratagèmes de la Turquie
Carnet de Talaat Pasha: "1,2 millions Arméniens déportés en 1915"
Erdogan: "La question du génocide, une entrave à la normalisation turco-arménienne"
Génocide arménien: Ankara annule des rencontres avec le parlement polonais
Actor Arnold Schwarzenegger recognizes Armenian genocide
Une réponse conditionnelle d'Erevan à la proposition d'Ankara
Ankara lance une nouvelle campagne négationniste encore plus agressive
Barnier demande à l'UE de rappeler la Turquie à son devoir de mémoire
Gul balaie l'appel de Barnier au devoir de "mémoire" turc
Des dizaines de milliers d'Arméniens à Erevan devant le monument du génocide 
Tous les partis politiques présents aux commémorations en France
Une provocation négationniste contre les Arméniens à Bruxelles
Campagne pour le démantèlement du mémorial arménien à Ixelles
La position des partis politiques belges sur le génocide arménien
Appel des églises européennes à reconnaître le génocide
Condoléances du président Bush à l'occasion du 90e anniversaire
Le 90e anniversaire du génocide arménien: Pourquoi ce silence en Belgique?
Les députés allemands exhortent la Turquie à affronter son passé 
Le parlement polonais a rendu hommage aux victimes du génocide arménien
Chirac et Kotcharian rendront hommage aux victimes du génocide arménien
Kakémonos géants pour l'anniversaire du génocide arménien à Paris
Erevan appelle Ankara à reconnaître le génocide arménien, 90 ans après
L'armée turque exhorte Erevan à améliorer ses relations avec Ankara
L'Association internationale des chercheurs refute la nécessité d'une commission
La Turquie craint que la question arménienne nuise à sa candidature à l'UE
Une conférence et une motion sur le génocide arménien au Sénat belge
L'intervention de Dogan Özgüden sur le génocide arménien au Sénat belge
Le président du Bundestag incite Ankara à imiter l'Allemagne sur génocide
Erevan va commémorer les 90 ans du génocide arménien
Les Arméniens à Jérusalem indignés par la position d'Israël sur "leur" génocide 
"Les archives d'Arménie sont depuis longtemps déjà ouvertes à tous"
Erevan appelle la Turquie à ses responsabilités face à l'Histoire 
Le tabou arménien a la vie dure en Turquie
Un débat à Strasbourg sur le génocide arménien
EU Cautious over Turkish Proposal on Armenian Genocide Allegations 
60.000 cierges sur l'internet pour le 90e anniversaire du génocide arménien
Armenians converted in Turkey bravely avow their nationality
La nouvelle proposition d'Ankara et la riposte immédiate d'Erevan
Des organisations arméniennes qualifient "mascarade" la proposition d'Ankara
Erdogan souhaite que les Arméniens fassent des excuses à la Turquie
Profanation à Marseille d'une stèle commémorative du génocide arménien 
Sezer affirme: Ankara rejette la reconnaissance du génocide arménien
Un conseiller MR publie sa vérité sur le génocide arménien 
MGK moves up meeting as the Genocide's anniversary draws close 
Une pétition à l'occasion du 90e anniversaire du génocide arménien
Commémorations en Belgique du génocide arménien
A conference on the "Armenians in Turkey" at European Parliament
Armenian observer: "Ankara seems the biggest booster of the 90th anniversary!"
Armenian genocide bill on the way to US Congress
La défense de Ragip Zarakolu concernant le livre de Jerjian
La recherche universitaire empêchée en Turquie

O Politique intérieure/Interior Politics O

Turkish Chief Judge's headscarf remarks stir up controversy
"AKP will elect the next president of the Republic in 2007"
Tayyip Erdogan doit faire face aux défections et aux critiques des médias 
Former AKP Minister Mumcu Elected As ANAP Leader

O Forces armées/Armed Forces O

Militarist and racist courses by Army officers in Turkish high schools
Demirel claims: "The deep state, it is the military"
Conscientious Objector Faces Military Court in Turkey
Newroz: l'armée turque fustige une tentative de brûler le drapeau turc
The Islamist Government supports the Army's ambitious armament plan

O Affaires religieuses / Religious Affairs O

Le nouveau pape contre l'adhésion de la Turquie à l'UE
Un détenu turc et 17 Afghans libérés de Guantanamo
Un professeur de théologie turc expulsé des Pays-Bas
Les drapeaux turcs seront en berne vendredi pour les obsèques du pape
Spread of 'green money' in Turkey unnerves Washington 

O Socio-économique / Socio-economic O

Le président turc rejette une loi demandée par le FMI
16 mineurs et un ingénieur tués par un coup de grisou
Textile chinois: l'industrie turque réclame des mesures de sauvegarde
"Environmental Rights Violated in Bergama," rules ECHR 
Le lac Ataturk en flammes après une fuite de pétrole sur un oléoduc
La finalisation du projet d'oléoduc transcaspien retardée à septembre
Fortis achète la banque turque Disbank
La Turquie et le FMI ont mis la dernière touche à un nouveau crédit
Turkish dams violate EU standards and human rights 

O Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations O

L'UE met en garde la Turquie contre tout dérapage d'ici au 3 octobre
L'UE rappelle la Turquie à l'ordre sur le front des réformes
EU ambassador warns against rising nationalism in Turkey
Mise en garde d'Erdogan à la France sur l'enjeu du référendum
La Turquie espère que le nouveau pape changera de vues sur son adhésion
Barroso rappelle à Ankara son devoir de "bon voisinage" envers Athènes
Chirac. "Lier Turquie et Constitution européenne est de mauvaise foi" 
"Les Français n'étaient pas favorables à l'adhésion de la Turquie"
Erdogan talks of anti-Turk and anti-Muslim sentiments in the EU
Appel de trois partis arméniens au président Chirac
Les "tractations de marchands de tapis" d'Erdogan avec l'Europe
Les critiques du président de la commission mixte UE-Turquie 
La cause européenne perd du terrain chez les Turcs

O Turquie-USA/ Turkey-USA  O

Feu vert turc pour l'utilisation par les Etats-Unis de la base d'Incirlik
Nationalist Hysteria Covers-up US Cooperation
Accord Ankara-Washington pour la modernisation des F-16 turcs
Le chef d'Etat-Major de l'armée turque s'en prend aux E-U au sujet de PKK
Quand les Turcs envahissent les Etats-Unis : une parodie de politique-fiction
La Turquie pourrait autoriser les Etats-Unis à utiliser une de ses bases

ORelations régionales / Regional Relations O

Israël accueille à bras ouverts le Premier ministre turc
Les voisins de l'Irak s'engagent à coopérer contre le terrorisme
Israël va fournir à l'armée turque des drones pour 200 millions USD 
Six Tchétchènes soupçonnés de vouloir fabriquer des bombes
Report d'une réunion à Istanbul des pays voisins de l'Irak
La Turquie salue la "détermination" de la Syrie à quitter le Liban
Russes "parvenus": Le ministre turc du Tourisme s'excuse pour sa gaffe
Le leader kurde Jalal Talabani élu président de l'Irak par le Parlement

O Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece O

Fin d'un face-à-face turco-grec en Egée autour d'un îlot disputé
L'armée turque attend des excuses pour incident de drapeau turc en Grèce
Mehmet Ali Talat remporte l'élection présidentielle à Chypre du nord
Athènes dénonce des incidents avec la Turquie en plein effort d'apaisement
La justice grecque confirme l'interdiction d'une association "turque"
Ankara de nouveau confrontée au cas d'une chypriote-grecque spoliée

O Immigration / Migration O

 La grève de la faim des Kurdes à Bruxelles suspendue temporairement
L'état de santé des grévistes de la faim kurdes sérieusement détérioré
Des Kurdes en grève de la faim "prêts à aller jusqu'au bout"
Les grévistes de la faim kurdes face au silence du ministre de l'Intérieur
La justice belge repousse à juin sa décision sur le sort de Fehriye Erdal
Neuf ans de prison pour un "crime d'honneur" en Allemagne
30 demandeurs d'asile kurdes  en grève de la faim à Bruxelles

 

Toutes les informations depuis 1998 All informations since 1998


Informations de ce mois... 
Informations of this month...

Droits de l'Homme / Human Rights

Ankara condamnée pour violations des libertés d'expression et de réunion

La Turquie a été condamnée mardi par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour violation de la liberté d'expression et violation de la liberté de réunion dans deux affaires distinctes.

La CEDH a donné raison à Bulent Falakaoglu, un ancien rédacteur en chef du quotidien Yeni Evrensel, inculpé pour propagande séparatiste après la publication, en mars 2000, d'un article portant un regard critique sur la question kurde.

Il avait été condamné en 2002 à une peine de deux ans de prison, convertie par la suite en une amende d'environ 1.050 EUR pour "incitation du peuple à la haine fondée sur une race et une région".

La Cour a estimé que les motifs retenus n'étaient pas "suffisants pour justifier l'ingérence dans le droit du requérant à la liberté d'expression" et condamné la Turquie à lui verser 1.000 EUR pour dommage martériel et 3.000 EUR pour dommage moral pour violation de l'article 10 (droit à la liberté d'expression).

La CEDH a par ailleurs jugé que la dissolution du Parti de la Démocratie et de l'Evolution (DDP) en 1996 constituait une violation de l'article 11 (droit à la liberté d'expression). Créé en 1995 pour promouvoir le développement de la langue kurde, le DDP avait été dissous par les autorités turques au motif que son programme "était de nature à à porter atteinte à l'intégrité territoriale de l'Etat et à l'unité de la nation".

La Cour de Strasbourg a estimé que le DDP avait été dissous "sur la seule base de son programme, avant même d'avoir pu entamer ses activités" et qu'"en l'absence de projet politique de nature à compromettre le régime démocratique dans le pays", sa dissolution ne pouvait pas "être considérée comme répondant à +un besoin social impérieux+". Elle a décidé d'allouer 4.316 EUR conjointement aux deux requérants pour frais et dépens. (AFP, 26 avril 2005)

New Criminal Law Threatens Human Rights

"New Criminal Code should be certainly amended if Turkey would escape from the prospect of facing an inflation of journalists in prison," says the Head of Turkey Journalists' Association Orhan Erinç.

Erinç's comments came after two meetings of the Working Group, assembled by the Ministry of Justice in 13-16 April, in order to review the Criminal Code with an eye to the criticisms that it is restrictive of freedom of press.

The Criminal Code of Turkey was amended on 12 October 2004 as a part of the legal harmonization process for Turkey's EU accession bid. Replacing the former code after 78 years in force the new code alongside appraisals for progressive amendments was also sharply criticized for violating fundamental civil rights and freedoms.

In spite of original legislation that the New Code should go under effect on 1 April it, particularly due to Foreign Ministry's efforts, was postponed for two months in order to reconsider loud "negative reactions by the media and the NGOs".

However, according to reports the government was also warned by the Court of Appeals that certain high priority fraud cases would inevitably be dropped with the legal blind spots to be caused in the interim period.

The Head of the Journalists' Association Erinç is of the opinion that the Working Group's meetings were unfruitful particularly due to the non-compromising attitudes of the advisors from the Ministry of Justice.

Apparently the efforts for abolishing the legal notion of "crimes of thought" failed Erinç says. Yet, punishments for petty crimes such as fraud and corruption have received further reduction, he observes.

The Federation of International Journalists (FIJ) also criticizes the New Code in an April open letter to Turkish authorities that 25 articles of the Code curbs the rights and freedoms of journalists of Turkey.

Erinç points out that the advisors from the Ministry of Justice continue to ignore the importance of this matter. He underlines that modifications are required in the New Criminal Code for saving Turkey from topping the list of countries with most imprisoned journalists.

Erinç believes that the New Criminal Code is against both the rulings of the European Court of Human Rights and the 10th article of the European Convention on the Human Rights. Moreover, Erinç says that decision of the European Council Committee of Ministers on encouraging the public officials and the politicians for behaving more tolerantly towards issues regarding communications and freedom of information.

The Head of the Journalists' Association added that they hope that Turkey will relieve itself of the concept of crimes of thought and trail along the efforts to become a European Union member by making the necessary amendments in along EU guidelines. (BIA, April 22, 2005)

AI Calls for Retrial of Torturers in Turkey

Amnesty International calls for Turkey's Court of Appeal to urgently re-examine the case of four police officers acquitted of the torture and rape of two teenage girls.

"This trial has already taken over four years and has been postponed more than 30 times," said James Logan, researcher on Turkey at Amnesty International. "For it to be dismissed at this stage over an entirely bogus technicality is abominable. Justice has not been served."

The police officers had been charged with subjecting Nazime Ceren Salmanoglu, then 16 years old, and Fatma Deniz Polattas, then 19 years old, to horrific torture including rape with serrated objects, beatings, suspension by the arms, and forced "virginity tests" in early March 1999.

The women say they were also denied food and drink, prevented from sleeping or using the toilet, and forced to strip and remain naked in a cold room. Confessions regarding their membership in the Kurdistan Workers' Party (PKK) obtained during the torture, were used to sentence both women to long prison terms. Nazime Ceren Salmanoglu was released at the end of last year under changes made to the Turkish penal code. Fatma Deniz Polattas is still in prison.

The court today dismissed the case against the police officers because of "insufficient evidence", based on the General Board of the Forensic Medical Institute's assessment that the psychiatric reports submitted did not constitute valid evidence.

According to Amnesty International, This is unacceptable for several reasons.

* "First and most critically because at least one of the doctors on the Board had previously received disciplinary punishment for covering up torture.

* "In addition, many members of the Board are not specialists in these types of cases, and in any case an expert committee from the Institute had previously determined that this evidence was indeed valid."

Extraordinary delays have marked the judicial proceedings from the outset and only after extensive psychiatric evaluations corroborated the allegations did the trial finally begin on 14 April 2000. The court then waited 28 months for medical reports to be forwarded from Turkey's Forensic Medical Institute.

Amnesty International urges the Court of Appeals to reverse this decision to allow investigations and prosecution to take place and bring those responsible for these violent crimes to justice.

"The Turkish justice system has failed victims of human rights violations once again," said James Logan. "If the Court allows this decision to stand, it will be sending the clearest message yet that the state sanctions violence and brutality committed by police and security officers." (BIA, April 25, 2005)

Three IHD officials received death threats

Three members of the Human Rights Association (IHD) have received death threats, and Amnesty International believes they are in grave danger.

Eren Keskin is head of the organization's Istanbul branch. Saban Dayanan is its secretary, and Dogan Genç is a coordinator of the IHD's activities in the Marmara region, which includes Istanbul.

All three received threatening letters at their home and work addresses on 19 April, from an ultra-nationalist group called the Turkish Revenge Brigade (Türk Intikam Tugayi). This group claimed responsibility for an armed attack in 1998 on the then IHD president, Akin Birdal, in which he was critically wounded.

Recently there has been a surge of ultra-nationalist activity in Turkey, after a group of children attempted to burn a Turkish flag in the city of Mersin, south-eastern Turkey on 21 March. This incident sparked off nationwide demonstrations across the country to show support for the Turkish flag. Turkey's most senior military officer described the perpetrators as "so-called citizens". On 6 April, five activists distributing leaflets in the northern city of Trabzon, protesting against solitary confinement and isolation in Turkey's prisons, were reportedly nearly lynched by a mob who thought they were burning a Turkish flag. There have been a number of similar incidents throughout Turkey since then.

The letters from the Turkish Revenge Brigade refer to the flag-burning, and say that every provision must be made to protect the Turkish flag, "...a symbol of a nation's history written with blood...". They also refer to the May 1998 attempt by the Turkish Revenge Brigade to assassinate Akin Birdal, who was shot and critically injured by two members of the group, at the IHD headquarters in Istanbul. The letters say that the recipients may not be as lucky as he was to survive.

Eren Keskin has been receiving death threats for years. These increased when she represented Abdullah Öcalan, leader of the armed opposition group the Kurdistan Workers' Party (PKK). (For details see UA 92/01, EUR 44/022/2001 and follow-up.) She has been prosecuted many times for her activities in defence of human rights.  Most recently, on 5 April a court in the eastern town of Tunceli sentenced her to five months' imprisonment for a speech she had made in November 2002, to a conference in the town on "The Role of Women in Society". In her speech she had said that, in her opinion, torture in Turkey was systematic, and that all female inmates were subjected at some point to some form of sexual harassment while in prison. The sentence was handed down in accordance with Article 159 of the Turkish Penal Code for "insulting and belittling the Turkish state and its security forces" and was subsequently converted to a fine of 1,050 New Turkish Lira (about US$770). Saban Dayanan was stabbed by a man who forced his way into the IHD's Istanbul office in November 2001, armed with a pistol and a knife, and threatened to kill everyone working there. (AI, 20 April 2005)

HRW Raises Concerns for Threats against IHD officials

New York based international rights group Human Rights Watch Express concern for recent death-threats directed against staff of the Istanbul branch of the Turkish Human Rights Association.

Human Rights Association Istanbul branch officials Wednesday made a press statement that they received messages threatening their lives undersigned by Turkish Revenge Brigade (TIT). A shadowy organization linked to the extreme right, the organization had during late 1970s civil strifes assumed the assassinations of left wing intellectuals and activists.

In a public letter addressed to the president of Turkey, and copied to relevant ministries, Rachel Denber Acting Executive DirectorEurope and Central Asia division of the HRW calls for "investigation of the threats, government measures to protect the human rights defenders, and a public statement affirming the positive role of human rights organizations in Turkey's developing society".

In their public letter, "the threats deserve an urgent and convincing official response," HRW says.

HRW recalls that "extrajudicial killings and disappearances have claimed the lives of thirteen members of the Human Rights Association over the past 14 years."

"It is not clear to what extent the Turkish Revenge Brigade is a continuous and distinct organization, but certainly several fatal and near-fatal attacks have been carried out in its name," they say.

"These include the murders of parliamentary deputy Mehmet Sincar and the journalist Ferhat Tepe in 1993, and the attack on Akin Birdal, president of the Human Rights Association in 1998. These same members of the Istanbul branch of the HRA who have just received threatening letters had narrowly escaped an armed attack by a lone gunman in 2001.

Human Rights Watch calls on the Turkish president "to ensure that these threats are investigated urgently by the Istanbul prosecution service." (BIA News Center, April 21, 2005)

Grave concerns on protecting the torturers at trial proceedings

A trial of police officers in Turkey accused of the torture and rape of two teenagers is to resume on Friday 22 April. The two young women have still not received justice six years after the judicial process first began. Amnesty International has serious concerns about the proceedings and will send observers to monitor the trial.

"The repeated delays have called into question the ability of the courts to bring suspected perpetrators of human rights violations to justice," said Amnesty International. "The Turkish authorities must take steps to ensure that all allegations of torture are immediately investigated thoroughly, independently and impartially, and any perpetrators are brought swiftly to justice."

Nazime Ceren Salmanoglu, then 16 years old, and Fatma Deniz Polatta_, then 19 years old, were detained by police officers and taken to the Anti-Terror Branch of Police Headquarters in Iskenderun in early March 1999. They say they were subjected to horrific torture including rape, beatings, suspension by the arms as well as forced "virginity tests" by doctors. The "confessions" obtained under this torture provided the basis for sentencing the women to long prison terms.

There is an increasing risk that the case will reach the statute of limitations -- in this case seven and a half years - and charges against the suspects will be dropped. Amnesty International is also calling on the Turkish government to remove the statute of limitations in cases of serious human rights violations such as torture and killings by the security forces.

From the start obstacles have impeded the case's progress. State doctors' reports initially covered up the torture, which led the prosecutor to decide there were no grounds for a trial to be opened. Extensive psychiatric evaluations subsequently corroborated the allegations of torture, so that the prosecutor's decision was overturned. The trial finally began on 14 April 2000, but then the court waited 28 months for medical reports to be forwarded from Turkey's Forensic Medical Institute.

This is not the first time the Turkish justice system has failed victims of human rights violations, particularly where police officers stand accused of torture and other abuse. In November last year Amnesty International highlighted several other cases in which, despite the Turkish government's declaration of 'zero tolerance for torture', the courts were unwilling or unable to take action.

For background information please see press releases Turkey: Kurdish girls raped and sexually abused in police custody,19 November 1999, and Turkey: Insufficient and inadequate -- judicial remedies against torturers and killers,16 November 2004. (AI Index, 21 April 2005)

Deux bombes explosent devant des locaux d'un parti d'extrême-droite

Deux bombes de faible puissance ont explosé samedi soir devant les locaux du Parti de l'action nationaliste (MHP, extrême-droite) à Sakarya (nord-ouest de la Turquie) et Istanbul, causant des dégâts et blessant légèrement une personne, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

Une première bombe à explosé à 19H35 (16H35 GMT) à Sakarya, soufflant la porte d'entrée et les vitres d'un local appartenant au MHP, suivie par une deuxième explosion à 20H20 (17H20 GMT) devant le bureau du MHP à Kadikoy, un quartier de la rive orientale d'Istanbul, qui a fait un blessé léger, selon Anatolie.

"Il a été établi que l'engin explosif était une bombe assourdissante. Il n'y a eu que des dégâts matériels", a affirmé le chef de la police de Sakarya, Mustafa Aydin, cité par l'agence.

"Le fait qu'une explosion similaire ait eut lieu à la même heure à Istanbul indique qu'il s'agit d'une opération organisée", a poursuivi M. Aydin.  (AFP, 17 avril 2005)

L'anthologie poétique en hommage aux prisonniers politiques en Turquie

Le 8 avril dernier, a eu lieu à Bruxelles une soirée de "Chants et poésies" pour la liberté d¹environ 4500 prisonniers politiques détenus en Turquie. Ceux-ci agonisent jour après jours dans d¹aberrantes conditions de détention et sous l¹indifférence des autorités du pays.

Cette activité, qui fut organisée par le Comité Tayad, le Collectif Européen contre l¹Impunité au Chili, et le Collectif Rodriguiste chilien, a réuni un vaste éventail de poètes du monde de la gauche alternative provenant du Canada et de pays latino-américains. Parmi eux, Elias Letelier, Endré Farkas, Laura Ciancaglini,, Isabel Lipthay, María del Socorro Soto et Cesar Castillo.

Ces poètes, en tournée européenne, viennent de publier "Chant à un prisonnier", une anthologie de poètes américains en hommage aux prisonniers politiques de Turquie. Pour plus d¹information vous pouvez visiter la page http://www.presos.com  .

 A cette occasion, ont étés soulevés face à une centaine de personnes : le problème de l¹impunité au Chili, celui des prisonniers politiques et la question de la campagne de solidarité au tour de la consigne "Non à l¹extradition, Oui au refuge politique " de Galvarino Apablaza, arrêté récemment en Argentine.

Nous reproduisons ci-dessous frd rctraits de l'entretien que le poète chilien Elias Letelier-Ruz a accordé à Bahar Kimyongür, coordinateur de leur tournée en Europe:

Quelle a été votre motivation pour la publication d'une telle anthologie ?

Sur notre continent, il y a un manque d'information sur la Turquie, et dans ce cadre, nous avons considéré nécessaire de faire un pont entre nos différentes sociétés et cultures en lutte. Spécialement quand la lutte du peuple turc ressemble tellement à la lutte que nous avons eue en Amérique latine, de part la fierté de ces femmes et hommes qui s'organisent pour défendre leur droit à vivre avec dignité et en paix.

Et pourquoi avez-vous spécifiquement choisi de parler des prisonniers politiques de Turquie?

On voit avec douleur, le silence qui recouvre l'Amérique à ce sujet. Un silence qui ne touche pas seulement notre historique devoir internationaliste mais aussi notre devoir avec nous-mêmes. Vous savez, nous avons des milliers de prisonniers politiques en Amérique latine: au Pérou, au Chili, en Argentine, en Colombie, au Brésil etc. Et sur eux retombe un grand silence aussi. Mais à notre angoisse s'ajoute l'ignominieuse conduite du gouvernement turc qui a développé un programme machiavélique selon une méthode behaviouriste destinée à l'élimination psychophysique de l'individu. Par cette méthode basée sur l'isolement aujourd'hui connue sous le nom de "prisons de type F", le gouvernement essaie de détruire l'esprit et l'identité d'une lutte qui, au-delà de la mort, a clairement manifesté son irréductibilité. On a aujourd'hui, un enchaînement de victimes, de héros, d'exemples qui ont laissé leur vie dans les grèves de la faim. Il est important d'établir et ici, il faut le dire avec une grande fermeté, ma radicale opposition à la grève de la faim. C'est une désolation énorme de voir ces êtres humains célébrer la vie pour la vie jusqu'à la mort. Leur courage et leur volonté de défendre leurs principes jusqu'au décès est incommensurable. Je suis convaincu que ces êtres humains aimaient la vie avec une grande profondeur. Mais bien sûr, une vie digne. Et avec cette même dignité, ils se sont battus en devenant un point de référence et un modèle dans une lutte pour laquelle il faut continuer à rêver afin d'arrêter l'injustice. C'est très difficile de parler de ces personnes. On peut le faire du point de vue scientifique, médical ou émotionnel. Et sans doute, on ne peut aboutir qu'à une seule conclusion : leur courage surpasse toute notion de volonté humaine. Il faut être très conscient de ses idées pour les défendre ainsi. Nous comme poètes, nous avons pour seule option et ça c'est l'option qu'ils nous laissent, de transformer leur résistance en un chant à travers la poésie. C'est notre seul moyen de contrer un système social dégradant qui impose la mort aux êtres humains porteurs des rêves et pour qui il est interdit de rêver de liberté. Il est important d'établir que l'Etat est responsable de ces décès, qu'il faut le condamner pour ses exécutions parce que cela, c'est un génocide contre l'idée.

L'anthologie que nous avons publié est un ouvrage composé de 94 poètes et leur vers sont des chants d'amour destinés à dire de tous les coins de l'Amérique, " nous sommes ici et nous vous écoutons " mais aussi pour exprimer notre tristesse à l'égard du grand silence et de la désolation qui touche les peuples de Turquie. Aussi, nous saluons une résistance où le peuple, au milieu de la nuit, ouvre les yeux pour faire fuir ce que l'Etat nie. Quel courage!  (Tayad Komite-Bruxelles, 15 avril 2005)

Un membre de HÖC assassiné par des agresseurs d'extrême-droite à Gazi

Le 8 avril au soir, un militant du Front pour les droits et les libertés (HÖC), Esat Atmaca, 26 ans, a été assassiné à coups de couteaux par 5 agresseurs d'extrême-droite, dans le quartier de Gazi à Istanbul où il habitait.

Esat Atmaca travaillait au sein du personnel de sécurité de l'hôpital pédiatrique de Sisli à Istanbul.

Ces derniers jours, à Trabzon dans le nord-est de la Turquie, des membres de TAYAD ont été roués de coups et lynchés par une foule galvanisée par les médias, l'état-major de l'armée et les partis politiques sous prétexte que ces activistes auraient brûlé le drapeau turc alors qu'ils ne faisaient que distribuer des tracts dénonçant la situation des détenus politiques dans les prisons de type F.

De pareilles actes de lynchage visant les membres de TAYAD se sont également produits à Sakarya, Zonguldak, Samsun, Hopa et Eskisehir.

Malgré cette vague de terreur, la population de Gazi a réagi immédiatement en se regroupant devant l'hôpital où se trouvait Esat Atmaca, en manifestant sa colère aux cris de "Gazi sera la tombe du fascisme", "Nous allons noyer le fascisme dans le sang qu'il a versé".

La population du quartier s'est rendue à l'endroit où se réunissaient les assassins. Après avoir vidé le lieu, ils y ont bouté le feu et ont ainsi démontré leur détermination à défendre le quartier contre la terreur fasciste.

Depuis des années, une politique de déstabilisation du quartier de Gazi, fort d'une longue tradition révolutionnaire, est mise en place.

Le 12 mars 1995, les unités de la contre-guérilla et les "loups gris" avaient perpétré un massacre dans le quartier de Gazi qui donna lieu à une bataille de barricades de plusieurs jours contre l'armée et la police. Plusieurs dizaines de manifestants furent tués et de nombreux militants furent enlevés puis exécutés par la contre-guérilla.

Par la suite, les milices fascistes assistées par les services secrets ont régulièrement tenté d'introduire de la drogue et des nights clubs dans le quartier, de créer des tensions parmi les habitants et d'amener les différentes communautés à entrer en conflit.

Malgré cela, Gazi ne cède pas et a encore une fois montré sa lucidité et sa détermination à travers sa réaction face aux attaques fascistes appuyées par l'Etat turc. (HÖC Info, 13 avril 2005)

Nationalist Violence Spreads to other cities

Seven activists of northwestern town of Sakarya Youth Association were Tuesday attacked by a group of 30 when they made a public declaration to "end provocations", protesting against rising nationalist violence across the country.

The activists particularly referred to attempted lynching of the members of TAYAD (Association of Solidarity of the Families of the Imprisoned and the Convicts) in northern town of Trabzon last week.

Five members of TAYAD, who distributed leaflets to protest against maximum security prisons, hardly survived a mob lynch when yet unidentified persons provoked the people against the activists, charging them with "burning the national flag". City police forces hardly rescued the activists from the hands of the enraged mob in an armored carrier.

Tension remains in Trabzon

Meanwhile, tension remains in Trabzon, the biggest Black Sea port city. Albeit five activists have been arrested under charges of "instigating disturbances", TAYAD members have continued protest on Monday, yet facing a second lynch attempt raged with the slogans of "Trabzon is Turkish and will remain Turkish". Four activists were injured.

Hüseyin Yavuzdemir, governor of Trabzon accuses the members of TAYAD with disturbing the public order. The governor also demanded that the people of Trabzon remain calm. Meanwhile, a four people investigative delegation from the Human Rights Commission of the Grand National Assembly was sent to Trabzon. The delegation interviewed the jailed TAYAD members and issued a statement declaring that "Distributing pamphlets is a democratic right".

Nevertehless, the lynching attempts were cherished by some columnists of Trabzon local media, who preached that "Taking lives are sacred and justified in certain cases".  (BIA News Center, April 13, 2005)

Des intellectuels s'inquiètent de la montée du nationalisme en Turquie

Quelque 200 personnalités turques, dans une lettre ouverte rendue publique lundi, s'inquiétent d'une montée du nationalisme en Turquie qui, selon elles, pourrait engendrer une recrudescence des tensions entre turcs et kurdes.

"Nous constatons que l'on tente d'entraver par de récents événements le processus de paix et de démocratisation dans notre pays. Nous craignons un retour à la violence et à une atmosphère de combat", ont affirmé les signataires du texte.

Celui-ci signé par des ONG, académiciens, écrivains, journalistes, artistes et musiciens, fait référence à une tentative de lynchage la semaine dernière par une foule survoltée de 2.000 personnes à Trabzon (nord-est) de cinq militants qui distribuaient des tracts dans un marché en faveur des droits des détenus.

Les jeunes gens, pris par les commerçants et les passants pour des activistes kurdes après des rumeurs selon lesquelles ils auraient brûlé un drapeau turc, ont été sauvés in extremis par une intervention de la police et écroués pour atteinte à l'ordre public.

Un outrage par des adolescents kurdes à l'emblème national lors des célébrations du nouvel an kurde le 21 mars à Mersin (sud) a provoqué une fièvre nationaliste à travers la Turquie.

"Les réactions à cet incident perpétré par un groupe d'enfants ont dérapé, avec le soutien des établissements de l'Etat, vers le racisme et le nationalisme", regrettent les intellectuels, qui évoquent une "hystérie de masse engendrée par le nationalisme kurde et turc".

Les intellectuels demandent par ailleurs le limogeage immédiat d'un sous-préfet qui avait ordonné la saisie dans sa localité de Sutculer (sud-ouest) des romans de l'écrivan turc Orhan Pamuk, défrayant la chronique dans un pays qui aspire à intégrer l'Union européenne.

"Cette procédure rappelle la période nazie", précise le texte.

Dans un excès de zèle, le responsable, contrarié par des déclarations de l'écrivain en faveur des Arméniens, avait publié une circulaire avant que celle-ci soit annulée par son supérieur.

Pour respecter les normes européennes de démocratie, la Turquie a octroyé des droits culturels à la communauté kurde, estimé à quelque 10 millions de personnes.

Le respect des droits de l'Homme en Turquie est un enjeu majeur alors que l'Union européenne a décidé le 17 décembre d'ouvrir dès octobre 2005 des négociations d'adhésion avec Ankara. (AFP, 11 avril 2005)

Une deuxième tentative de lynchage à Trabzon

Les membres de l'Association TAYAD voulant faire une déclaration concernant le lynchage par des nationalistes de 5 membres de leur association, il y a 4 jours, ont failli être lynchés à leur tour.

Les 30 membres de l'association TAYAD qui s'étaient réunis sur la place Atatürk du quartier d'Iskender Pasa, afin de faire une déclaration à la presse concernant le lynchage de 5 de leur membre le 6 avril dernier alors qu?ils distribuaient des tracts, ont failli se faire lyncher à leur tour.

Lors de la conférence de presse, le groupe a été attaqué par des nationalistes suite à des provocations faites par des personnes aux alentours, en accusant le groupe TAYAD d?être des membres du PKK.

Le groupe a trouvé refuge dans l'immeuble utilisé par plusieurs syndicats liés au KESK.

Une autre attaque a eu lieue à Zonguldak.

Un étudiant nommé Hakan Koca a affirmé avoir été lynché par des étudiants nationalistes, à la faculté technique Karabük de l'université de Karaelmas.

Koca, dont les traces de coups étaient bien visible sur le visage, qui s'est rendu à la gendarmerie de la région afin  de porter plainte, affirme n'avoir pas été entendu par les gendarmes, prétextant une fin lointaine à l'affaire, lui ont conseillé de ne pas courir derrière cette affaire.

Les réactions contre la vague de fascisme, qui a débuté par une provocation faite au tour du drapeau turc, a pris de l?ampleur par l?attaque perpétré contre l'immeuble du parti DEHAP et le lynchage des 5 membres de l'association TAYAD, continuent.

A Siirt, l'association de Soutien aux familles de prisonniers, les représentants du DEHAP ainsi que les représentants de l'Association des droits de l'homme ont organisé une conférence de presse commune devant l'immeuble de l'association des droits de l'homme afin des protester le lynchage des 5 membres de l'association TAYAD à Trabzon.

Les membres du front des droits fondamentaux et des libertés de la ville d'Elazig ainsi que les membres de l'association de la jeunesse de Dicle ont aussi protesté le lynchage des jeunes kurdes à Trabzon.

Des jeunes qui voulaient faire une déclaration à la presse pour protester le lynchage ont du renoncer à cause d'une tentative de provocation pouvant les mettre en danger. (roj.tv, 10 avril 2005)

La montée inquiétante d'un nationalisme paranoïaque en Turquie

Les avions de combat américains pilonnent Ankara et Istanbul. "Les bombardements intenses ont duré plus de quatre heures et il y a d'importantes pertes civiles. Les ponts sur le Bosphore sont coupés." La scène est supposée se passer en mai 2007. L'opération "Tempête de métal" vient de commencer et vise, entre autres, à s'emparer des très importants gisements turcs de bore. "L'occupation de la Turquie par les Etats-Unis", clame le sous-titre barrant la couverture du livre, un criard montage photographique de GI hurlants et de mosquées en flammes.

Sorti mi-décembre, Metal Firtina (Tempête de métal) pulvérise tous les records, dépassant déjà les 300 000 exemplaires. Du jamais vu dans un pays où un best-seller vend, dans les meilleurs cas, dix fois moins. "C'est de la politique fiction, mais ce roman évoque une théorie du possible et brise un tabou. Dans notre inconscient, ce sentiment était là depuis des années, mais nous n'osions pas l'admettre, car nous vivions dans la peur d'une crise ouverte avec les Etats-Unis", explique Burak Turna, 30 ans, journaliste économique et coauteur, avec Orkun Ucar, de ce succès de librairie. Le premier a apporté l'idée, l'autre, auteur et éditeur spécialisé en science-fiction, son savoir-faire. Le style est sommaire et la trame, manichéenne, débouche sur l'inévitable "happy end": la victoire d'Ankara après la déroute initiale de ses forces armées. Sur fond de tensions croissantes américano-turques depuis le début de la guerre en Irak, la recette marche à merveille. "Ce n'est pas un livre antiaméricain, mais un livre contre la politique de Bush qui précipite la région dans le chaos", se justifie Burak Turna, au diapason de ses concitoyens: selon un sondage de la BBC, 82 % des Turcs considèrent les Etats-Unis comme LA menace pour la paix mondiale, battant tous les records européens.

"Mein Kampf" réédité

Le livre trône partout. Il est en vitrine au fin fond de l'Anatolie dans des échoppes où même la presse nationale n'arrive pas régulièrement. On le voit dans les kiosques des aéroports comme dans les bonnes librairies d'Istanbul ou d'Ankara. "Il y a d'abord eu la curiosité. Maintenant, l'effet de mode fonctionne à plein", explique un libraire. Les intellectuels se pincent le nez mais beaucoup d'hommes politiques adorent, notamment ceux de l'AKP (Parti de la justice et du développement), le parti au pouvoir issu du mouvement islamiste dont certains ténors dénoncent sans trêve "le génocide" commis par les Américains en Irak. Les nationalistes de gauche ne sont pas en reste. Partout, les piles de Tempête de métal voisinent avec celles de Da Vinci Code, succès mondial de la théorie du complot, ou celles de Mein Kampf, le sinistre manifeste d'Adolf Hitler. Traduit la première fois en 1939, ce livre était régulièrement réédité par l'extrême droite avec des tirages confidentiels. Les nouvelles éditions ont dépassé les 50 000 exemplaires et mettent le titre en quatrième position des meilleures ventes. "Nous avons pensé que dans la période actuelle, le livre pourrait bien marcher", se justifie Sami Celik, propriétaire des éditions Emre assurant avoir obéi à des raisons "purement commerciales".

"Tempête de métal cristallise des peurs latentes mais réelles et Mein Kampf vient dans le sillage. L'un et l'autre sont les révélateurs d'un air du temps xénophobe et d'un nationalisme défensif, dépressif, toujours plus paranoïaque, nourri de ressentiments vis-à-vis des Etats-Unis et de l'Union européenne", souligne Ahmet Insel, professeur d'économie à l'université Galatasaray d'Istanbul et à Paris-I.

Les sondages montrent une opinion toujours massivement favorable à une future adhésion (seuls 12 % des Turcs y sont hostiles) et 43 % des personnes interrogées se déclarent "optimistes sur l'avenir". Mais dans les profondeurs de la société turque, les frustrations bouillonnent. Inquiètes pour l'image du pays, les autorités ont réagi au succès de Mein Kampf en rappelant "qu'il n'y a pas de tradition antisémite en Turquie". Avec une amère ironie, Türker Alkan, du quotidien libéral Radikal, souligne que "le fascisme turc n'a pas besoin de la technique allemande et ceux qui torturent dans les commissariats n'ont pas besoin de lire Mein Kampf". Dans le même journal, Haluk Shahin n'hésite pas à dénoncer les "Milosevic turcs". Le grand romancier Orhan Pamuk a récemment fait les frais du climat ambiant. Dans une interview à un journal suisse, il avait évoqué "le million de morts arméniens de 1915 et les 30 000 Kurdes tués dans les années 80-90". Dénoncé comme "traître" par la presse nationaliste, menacé, il a préféré s'éloigner quelque temps d'Istanbul.

"Il y a une part d'exagération médiatique, mais des sentiments antioccidentaux montent à cause de la campagne antiturque en Europe, et surtout du fait de la politique américaine en Irak", confirme Sefi Tashan, directeur de l'Institut de politique étrangère à Ankara. Longtemps pilier du flanc sud-est de l'Otan face au bloc soviétique, la Turquie vit des relations toujours plus conflictuelles avec Washington. Tout a commencé au printemps 2003, avec le refus du gouvernement de l'islamiste modéré Recep Tayyip Erdogan d'autoriser le déploiement de 80 000 GI pour ouvrir un front nord contre Saddam. Depuis, la polémique s'est envenimée. Ankara s'est montré réservé sur le résultat des élections irakiennes. La capitale turque reste l'un des derniers appuis du régime syrien. Les ténors des think tanks républicains d'outre-Atlantique dénoncent toujours plus ouvertement un pays "ingrat, antisémite et paranoïaque où monte l'islamisme".

Magasins "interdits aux Américains"

"Ce qui est nouveau dans cet antiaméricanisme et le rend si fort est le fait qu'il ne se limite plus aux franges de l'extrême droite ou des islamistes radicaux, mais qu'il est désormais partagé par une partie des élites et même par certains militaires", souligne Ahmet Insel. Les attaques dérapent facilement dans la dénonciation du "complot sioniste" et la presse ne se prive pas de rappeler à l'occasion les "origines ethniques" - c'est-à-dire juives - de l'ambassadeur américain Eric Edelman, qui a fini par démissionner à cause de ses relations exécrables avec les autorités locales.

L'antiaméricanisme est encore plus évident au niveau populaire, notamment dans la base de l'AKP. En janvier dernier, des affiches "interdit aux Américains" sont apparues sur les vitrines de nombreux magasins de Kale, le vieux quartier d'Ankara, avant d'être enlevées après une protestation de l'ambassade américaine. Dans les forums Internet, la parano explose. "Ils attaquent les pays musulmans voisins... Pourquoi nous épargneraient-ils?" clame un internaute sur l'un des sites de discussion les plus fréquentés.

"Les Turcs ont trop longtemps accepté sans réagir que les Etats-Unis se servent d'eux, mais ils refusent maintenant que Washington joue ouvertement la carte kurde au détriment de leurs intérêts", martèle Burak Turna. Les auteurs de Metal Firtina font démarrer la guerre turco-américaine en Irak du Nord, épicentre du contentieux, là où, protégés des Américains, les Kurdes irakiens consolident aujourd'hui leur autonomie. Ceux-ci sont en passe de prendre le contrôle de la ville de Kirkouk, dont les riches réserves pétrolières assureraient à un éventuel Etat kurde les moyens de son indépendance. Au risque de susciter l'hostilité en Turquie, où les Kurdes représentent environ 12 millions des 70 millions d'habitants du pays. S'inspirant directement de cette réalité, le livre contient tous les ingrédients à même de satisfaire les fantasmes locaux. On y trouve ainsi l'inévitable capitaliste ploutocrate qui convainc George Bush de se lancer dans l'aventure avec le soutien des chrétiens fondamentalistes qui veulent reconquérir Constantinople.

Les auteurs de Tempête de métal sont invités à des dizaines de débats  celui organisé par l'AKP d'Istanbul a été annulé au dernier moment sur ordre du gouvernement soucieux de ne pas aggraver son contentieux avec Washington. Ils reçoivent des milliers de messages de félicitations. Les seules critiques leur reprochent d'avoir montré l'armée turque indécise, mal organisée et incapable de faire face...

Des Kurdes, agents américains

"L'antiaméricanisme existe partout en Europe, mais il faut être sourd et aveugle pour ne pas voir qu'en Turquie il est en train de nourrir un racisme antikurde qui va croissant", s'inquiète Cengiz Candar, intellectuel libéral. Car les Kurdes, considérés comme des agents américains, cristallisent désormais tous les ressentiments. Dans la revue Birikim, Tanil Bora, professeur de sciences politiques à Ankara, a analysé les messages circulant sur le Net, appels délirants à lancer "un nettoyage ethnique préventif" contre les Kurdes ou à utiliser contre eux "les armes de destruction massive". Le 21 mars, jour de Newroz (nouvel an des peuples d'Asie centrale), à Mersin, grand port du Sud, trois gosses ont tenté de brûler un drapeau turc, finalement sauvé par un policier. Cette provocation est devenue un psychodrame national. "Une telle détestation du drapeau par de prétendus citoyens est totalement inexplicable et injustifiable", a souligné un communiqué de l'état-major. Les grands médias ont aussitôt appelé les citoyens à exposer partout les couleurs nationales.

"L'hostilité manifestée par la Turquie vis-à-vis de ses citoyens kurdes ne peut que ralentir notre marche vers l'Europe", reconnaît, préoccupé, Cengiz Candar. Après avoir reçu un feu clignotant des "25" pour l'ouverture des négociations d'adhésion en octobre prochain, le gouvernement traîne dans la mise en oeuvre des réformes et Bruxelles dénonce toujours plus durement "ces retards". Dans les talk-shows télévisés, europhobes et souverainistes triomphent, dénonçant "l'hypocrisie des Européens" sinon leurs projets de dépeçage du pays. "Il faut qu'ils nous disent finalement clairement s'ils veulent ou non de nous dans l'Europe", affirme Burak Turna. Habile à sentir le vent, il est en train d'achever son prochain livre sur une guerre entre la Turquie... et l'UE. "Cela commence avec des massacres de Turcs sur fond de propagande raciste et néonazie en Europe", explique l'auteur qui veut ainsi "faire réfléchir les Européens comme il a tenté de faire réfléchir les Américains". Il est convaincu que ce sera le best-seller turc de l'été. (Liberation, Marc Semo, 6 avril 2005)

Attempted lynching in Trabzon over leaflet distribution

A mob in the Black Sea city of Trabzon tried to lynch four activists who were trying to distribute a declaration calling for an end to solitary confinement and isolation in Turkey's prisons and to stop related deaths on Wednesday.

Zeynep Ertugrul, representative of the journal Ekmek ve Adalet (Bread and Justice), Nurgül Acar, Emre Batur and Ihsan Özdil were attacked by a crowded group of people in Trabzon while they were distributing leaflets on 6 April.

According to the news gathered, a traffic police officer attempted to prevent four persons who were distributing leaflets in Kunduracilar Avenue. When Zeynep Ertugrul and her friends denied giving the leaflets they were attacked by the people around. The four persons started to run away but they were caught and heavily beaten by the crowd who followed them upon the allegation that "Tukish flag was burned" and the activists were putting up flags of the outlawed PKK.

Local police were forced to intervene to save the lives of the four when crowds gathered in a circle around them and tried to lynch the activists.

Despite calls to the crowd by authorities to calm down the police had to use armoured vehicle to get the activists away from the scene of the incident, which lasted for about an hour.

The crowd, carrying Turkish flags, then marched to the office of the Trabzon governor. They chanted slogans and sang the Turkish national anthem in front of the governor's office.

A statement issued by the local police station said that the four activists were not linked to the PKK but had been conducting activities to end the isolation of cells in prisons. The four activists were also wearing waistcoats calling for end isolation in prisons. (ntvmsnbc.com-Milliyet-TIHV, April 7, 2005)

La Turquie condamnée pour des détentions provisoires de plusieurs années

La Turquie a été condamnée mardi par la Cour européenne des droits de l'Homme dans deux affaires de personnes ayant passé quatre et cinq ans en détention provisoire.

Ali Hidir Polat, 45 ans, a été arrêté en mars 1996, inculpé et placé en détention provisoire pour appartenance à une organisation illégale (le Parti communiste marxiste-léniniste, MLKP) et participation à des actions armées visant au remplacement de l'Etat.

Après de multiples demandes de libération, il avait finalement été libéré après cinq ans et trois mois de détention provisoire, en juin 2001. La procédure pénale engagée contre lui est toujours pendante.

Nabi Kimran, 40 ans, a été arrêté en septembre 1996, inculpé et placé en détention provisoire pour appartenance et assistance au MLKP.

Il avait été libéré en juin 2001 après quatre ans et neuf mois de détention, avant d'être finalement condamné par la Cour de sûreté de l'Etat à 18 ans et neuf mois de prison (moins la durée de la détention provisoire).

Dans les deux cas, la Cour européenne a souligné que la justice turque avait prononcé le maintien en détention "en se fondant sur des formules presque toujours identiques, pour ne pas dire stéréotypées, telles +la nature du crime reproché+ et +l'état des preuves+".

La Cour européenne, reconnaissant que "l'existence et la persistance d'indices graves de culpabilité" peut constituer un facteur "pertinent", a estimé que cela ne pouvait suffire à justifier "le maintien en détention litigieuse pendant une si longue période".

La Turquie a ainsi été condamnée pour violation de l'article 5 paragraphe 3 (droit d'être aussitôt traduit devant un juge) de la Convention européenne des droits de l'Homme et devra verser pour dommage moral 4.000 euros à M. Polat et 3.500 euros à M. Kimran. (AFP, 5 avril 2005)

Soirée poétique en hommage aux prisonniers politiques de Turquie

Voilà près de 1630 jours que les prisonniers politiques de Turquie observent une grève de la faim au finish pour protester contre leurs conditions de détention inhumaines qui se sont significativement aggravées depuis leur transfert sanglant vers les prisons cellulaires de type F en décembre 2000.

A ce jour, 118 personnes ont perdu la vie des suites de leur jeûne ou des brutalités commises par les forces de 'sécurité' et près de 600 d'entre eux ont été mutilés des suites de l'alimentation forcée.

Durant le mois de mars, près d'une centaine de poètes américains du Nord, du Centre et du Sud se sont ligués pour dénoncer ce massacre silencieux en publiant une anthologie dédiée aux prisonniers grévistes de la faim et à leurs familles.

Six de ces poètes seront en tournée en Europe du 8 au 12 avril prochain pour exprimer leur solidarité à travers des lectures de poésie et des conférences de presse. Leur première escale se fera à Bruxelles où ils animeront une soirée exceptionnelle accompagnée d'instruments traditionnels anatoliens.

Nous vous invitons donc à venir nombreux à leur rencontre ce Vendredi 8 avril à 20h - Salle "de Rinck", Rue du Chapitre n°1 - 1070 Bruxelles (Anderlecht). Entrée libre.

(Contact: Marco Paulsen: 00 32 477 / 58 64 32; Bahar Kimyongür: 00 32 485 / 37 35 32)

Threatened Lawyer Charged with "Defamation"

Huseyin Aygun, former president of the Bar Association of southeast province of Tunceli is charged with "defamation" for his complaints about local gendarme command.

Journalists Irfan Ucar and Hasan Bayar are also charged for publishing Aygun's remarks in their newspaper.

The case was initiated following a complaint by the City Gendarme Captain Namik Dursun and will begin on May 13 at the Criminal Court of First Instance.

Aygun, in an interview with Bianet says that he has been charged charges were brought against him even though the statement he gave to the newspaper was published on February 26th.

Aygun, lawyer and the publisher of the newspaper Munzur Haber, had announced at a February 13 press conference at the Elazig Branch of the Human Rights Association that Gendarme Captain Dursun was threatening his life.

Aygun dates the recent attack began to February 3rd when the regiment commander made slanderous allegations towards himself and his profession.

Aygun says that he requested an appointment with the commander which took place on February 7th and the threat was repeated in person.

Lawyer Aygun, Executive Editor of the Ozgur Gundem Newspaper Irfan Ucar and Managing Editor Hasan Bayar will be tried according to article 424/4 of the Turkish Criminal Code and will be facing a sentence of 3 months to one year imprisonment and a fine. It has also been requested that one sixth of the sentence be increased one third according to
article 273 of the law.
The journalist and 14 others are being charged with "insulting and ridiculing the Republic" and "promoting criminal actions" for defending the right to education in the mother tongue during the 2002 Newroz celebrations.

This trial where Aygun is specifically being charged with "criticizing practices in Turkey and Tunceli and leading chants" will continue.

Owner Aygun and administrator Inan Yilmaz of the "Munzur Haber" newspaper were also investigated for publishing a Human Right's Association report outlining military threats against village leaders in Hozat.

The journalists were being charged with "insult and ridicule" but the investigation was discontinued.

Journalists Aygun and Yilmaz were also reported by the City Gendarme Command for running a story titled "They Burnt My House Down". This complaint was also discontinued on January 12. (BIA News Center, April 1st, 2005)

Survey on Problems of Homosexuals in Turkey

Lambdaistanbul (The Homosexual Non-Governmental Initiative) will, for the first time in Turkey, conduct a survey about violence and discrimination against homosexuals and compile the results in a book.

Serdar Soydan from Lambdaistanbul said homosexuals will be responsible for all stages of the project, from preparing the questions to interpreting statistics.

"We are facing many social problems," said Soydan, "But there are no statistical data to prove this. Academics sometimes publish data but we find those to be partial".

The survey to be conducted face-to-face among 400 people in Istanbul, will take two months.

Lambdaistanbul is calling on people to participate in the survey to help reflect the enormity of the problems to the society:

"Let's have our voices heard by answering questions on the 'violence and problems we face,' survey. Let the outcome of the survey be our evidence. Let the society know about our problems. We are having our voices heard. Speak up!"

The following are the information Lambdaistanbul gave about the research:* The survey will be conducted face-to-face by gay, lesbian and bisexual Lambdaistanbul members.

* Women will conduct the survey among women, and men among men.

* The survey will take an hour on the average.

* All information gathered during the survey will only remain on paper and there will be no release of identity.

Those who would like to participate in the survey may contact Lambdaistanbul by calling their offices or sending them an e-mail. (BIA News Center, April 1st, 2005)

TIHV's Recent Human Rights Reports in Brief

April 29, 2005

Stop Warning... On the night of 27 April police officers opened fire against a car allegedly because he did not listen to stop warnings and kept driving in Göztepe quarter of Istanbul and Hasan Kursun (23) was shot to death. According to the news gathered police officers wanted a car to stop on Cemil Topuzlu Avenue. The car kept driving and hit a police officer Yücel Ülger and officers opened fire. Hasan Kursun was left after the incident in front of the emergency service of Dr. Lütfi Kirdar Education and research Hospital by the persons who were in the car. Kursun died in the hospital. (Radikal)

Destruction of Squatters' Houses... Nurhan Giram (47) whose eyes were shot by the tear gas bomb thrown by the police officers during the destruction of squatters' houses in Sariyer district of Istanbul last week became blind. Giram said: "A quarrel broke out between the officers and the inhabitants of the quarter. When I got out of my house and wanted to take care of our cattle my eyes were hit by a tear gas bomb. I fell down. My relatives and neighbours took me to Istinye State Hospital." She lost her left eye and she reportedly has hemianoptic loss in her right eye. (Milliyet)

8 March Women's Day... Inspectors of General Directorate of Security completed the first phase of the investigation against the police officers started in connection with the beatings of the persons during the demonstration staged in connection with the 8 March Women's Day in Beyazit and Saraçhane quarters of Istanbul on 6 March. The inspectors wanted six police officers who were suspended from duty on the allegation of using unproportioned and excessive force after the incident to be charged for ill-treatment according to the Article 245 TPC. They also wanted the officers to be warned according to the Article 13 of Disciplinary Regulation. Central Disciplinary Council at General Directorate of Security would give the final decision. The investigation against the chief officers is still ongoing. (Radikal)

Fine Sentence Against Paper... On 28 April, Beyoglu Penal Court of First Instance No 2 sentenced the daily Özgür Gündem to a compensation of TL 50 billions to Cemal Kaya, AKP MP for Agri, for the news appeared on the paper under the titles "MP who knows how to butter his bread" and "Not the Kurds but the Adjudications". If the fine were not paid a court case would be launched. Irfan Uçar, editor-in-chief of Özgür Gündem, testified at the hearing to the effect that denial of Cemal Kaya was published on the paper on order of Ankara Peace Penal Court. Lawyer of the paper Inan Akmese announced that 304 cases were launched against Ulkede Özgür Gündem which was published 423 issues. 54 cases are heard at Beyoglu Penal Court of First Instance No 2, 241 are at Special Heavy Penal Court, established in the place of SSCs. 9 cases are held in different provinces. Akmese added that 27 of those cases were concluded and in 18 cases the paper was acquitted. (Özgür Gündem)

Party Executive Detained... Sahin Ayaz, founder of Kurdish Democracy Culture and Solidarity Association (Kürt-Der) and Rights and Freedoms Party (Hak-Par), was detained when he was leaving the hotel in Bursa where the discussion programme "Thought Camp" broadcasted on Flash TV. The programme was started on 6 March on Flash TV and 8 persons representing different points of views were discussing the issues on the agenda in a hotel. Kurdish question was also discussed during the programme. The programme ended on the night of 27 April and the police detained Sahin Ayaz. He was taken to Bursa Security Directorate. He was released after testifying to public prosecutor. Yilmaz Tunca, producer of the programme, also testified. (Radikal)

Association Executive and Journalist on Trial... On 28 April, Urfa Penal Court of First Instance No 3 started to hear the case against Sehmuz Ülek, Vice-President of Mazlum-Der, and Hrant Dink, editor-in-chief of the daily Agos. The case was launched in connection with the speeches they made during the panel organised by Mazlum-Der Urfa branch on 14 December 2002 under the title "Global Security, Terror and Human Rights, Multi-culturalism, Minorities and Human Rights". The court adjourned the hearing to 7 July. The indictment wants the defendants to be sentenced according to the Article 159 TPC. (BIA)

Journalist on Trial... On 27 April, Adiyaman Penal Court of First Instance continued to hear the case against Haci Bogatekin, editor-in-chief and the owner of the newspaper "Gerger Firat" published in Gerger district of Adiyaman, which was launched in connection with the article "Çete Devlet" (Gang State) that had been published on the 151st edition of the newspaper according to Article 159 TPC. Bogatekin wanted some persons to be heard, but court rejected the demand. Bogatekin wanted recusation of the judges. The court sent the files to Adiyaman Heavy Penal Court the to investigate the demand. The hearing was adjourned to 11 May. (BIA)

May DayŠ The posters prepared by DEHAP for May Day were seized on order of Beyoglu Peace Penal Court under the Article 81/c of Law on Political Parties on the grounds that the posters were in Kurdish. The posters prepared by Socialist Democracy Party (SDP) for May Day saying "War against Occupation, Peace with Kurds, Long Live Socialism" were banned by Mersin Penal Court of First Instance No 2 under the Article 312 TPC. (BIA-Özgür Gündem)

Dev-Sol CaseŠ 9th Judicial Chamber of the Court of the Cassation announced its decision in connection with case against 31 persons who were charged with the killings of 16 persons (13 of them police officers) between 1991-1993 and "being member of Devrimci Sol (Dev-Sol) (Revolutionary Left)". Court of the Cassation quashed the verdicts against 12 defendants on the grounds of deficient investigation. The court approved the decision of closing the cases against the remaining defendants for lapse of time. (Hürriyet)

Detentions and Arrests... A house in Hakkari was raided on 28 April on the grounds that a militant was sheltered in the house. Sükrü Kaya and Cemile Kaya were detained. Cemile Kaya and her nephew Kadir Tan were reportedly beaten and the windows were broken by the police. (Özgür Gündem)

April 28, 2005

HRA Executive ConvictedŠ On 26 April Tunceli Penal Court of First Instance concluded the case against Eren Keskin, Chairwoman of the HRA Istanbul branch, launched in connection with her speech at the panel "Women in Social Life" organized by the Tunceli branch of the teachers' union Egitim-Sen in 2002. The court sentenced Keskin to 5 months' imprisonment under the Article 159 TPC on the grounds that she stated "women are subjected to sexual harassment in detention". The imprisonment sentence was commuted into a fine of YTL 1000. (Özgür Gündem)

Hindered ActivityŠ University administration did not give permission for the summer festival that would be organized by the students of Marmara University on 27 April. Upon this decision the students took permission from Kadiköy Municipality but police prevented them while staging the festival at Iskele square. (Birgün)

Demonstrators on TrialŠ Public prosecutor in Mersin launched a case against 9 persons who participated the press announcement organized by DEHAP to protest the killing of Ümit Gönültas during the demonstration staged at the anniversary of Abdullah Öcalan's being brought to Turkey. Lawyer Ali Bozan announced that Fahri Turgut is charged for "being member of an illegal organization" while the indictment wants Abdurrahman Gültekin, Remzi Beyter, Gülistan Inan, Nezahat Kaya, Remziye Inan, Remziye Sarica, Kadriye Ilbas and Mustafa Ilgen to be sentenced according to the Article 125 TPC. The case would commence at Adana Heavy Penal Court (Özgür Gündem)

Clashes and Attacks in the SoutheastŠ A village guard died, 2 village guards were wounded whey they stepped on mine nearby Dicle district of Diyarbakir. (Milliyet)

April 27, 2005

Journalist on TrialŠ On 26 April Iskenderun Penal Court of First Instance No 2 continued to hear the case against Ersen Korkmaz, the editor-in-chief of the local newspaper Democratic Iskenderun, and Necmettin Salaz, executive of Turkish Communist Party (TKP), in connection with the panel organized by TKP on the allegation that "security forces were insulted" in the speech of Salaz and in the news written by Korkmaz about the panel. The hearing was adjourned to 21 June. The indictment wants the defendants to be sentenced according to 159 TPC. (BIA)

Students AttackedŠ The students who were putting up posters for May Day in Tinaztepe Campus of Dokuz Eylül University (Izmir) on 24 April were first attacked by rightist students and then the civilian dressed police officers and the crowd around. Atilla Sultan, who was one of the students subjected to the attack, told the incident as follows: "When the poster tension was about to be overcome police and special security units started to mass at the gates of the campus. Upon this we went to the campus in order to learn whether our friends needed help or not. There were friends from Ege University with us. 7 civilian dressed persons, who were waiting at the entrance of the campus and told that they were police officers started to attack on us. When the people around started to throw stones police attacked on us with guns and afterwards escaped. The police officers who got into the cars drove the cars towards us. We went to the friends in the school as we worried about our life. The fascists were still attacking in different ways. We left the school when the tension was subsided. During that time a car of civilian police started to follow. When I saw that the attackers were beating our friend Emre Zencir with sticks on a street I returned to save him. Meanwhile a police officer pointed a gun on my head and laid me down. Four police officers beat me with planks and sticks. Then they dragged me about 50 meters by holding from my hair and took me in front of the coffee houses nearby the premises of Idealists' Union. They provoked the people around by saying 'he burned flag, kill him'. They beat me there some half an hour. I remember they were saying 'lets burn his hair', put a knife on my neck, sent dogs over me. After a while police officers wearing uniforms came but they did not intervene. Meanwhile they hosed something to my eyes that prevented me to see for two hours. Then an ambulance came and took me to Buca Social Security Hospital where I was given medical report." (Birgün)

Student AbductedŠ Sara Aktas, student at Hacettepe University, announced that she was abducted by three armed persons on the evening of 24 April in front of her house in Eryaman quarter of Ankara and threatened. Sara Aktas, who appealed to the HRA Ankara branch, stated that after having been imprisoned for 10 years for "being member of the PKK" she had been released in 2004 and started to continue her education. She told she was forcibly put into a car by three armed persons at around 9pm on 24 April: "They said, 'if you think that you will have a normal life you are mistaken. Everything has just started'". Aktas put that after having been assaulted for around 1,5 hours in the car she was released. (Özgür Gündem)

Detentions and ArrestsŠ M.A., Z.A. and two other juveniles were detained during the house raids conducted on the night of 25 April in Mersin on the allegations that "they participated the demonstrations staged in favour of Abdullah Öcalan and Newroz celebrations". Hüsna Yakut, representative of the journal Genç Bakis, Sinan Çaglar and Nihat Abay who were arrested after the press announcement staged by Independent Youth Movement (BAGEH) on 9 April were released on 26 April. Adem Basdinç, executive member of DEHAP Youth Wings in Antep, was detained on 26 April on the allegations that there was an arrest warrant in absentia against him. (Özgür Gündem)

April 25, 2005

Persons Killed by Police... The police opened fire on the night of 20 April against 2 persons who allegedly got into a market for theft in Tarsus district of Mersin. Hüseyin Dogan was shot to death and Murat Keles was detained. (22 April, Radikal)

Conscious Objector Arrested.... The conscious objector Mehmet Tarhan, who was arrested on 11 April, was transferred to military hospital on 19 April for an examination whether he was capable of conducting military service. "Solidarity Initiative for Mehmet Tarhan" announced that he was forcibly taken to hospital and he was not allowed to see his lawyer or members of family. The case against Mehmet Tarhan on charges of "disobedience to orders in order not to serve" would commence on 28 April. (20 April, BIA)

Student Beaten... Mehmet Emin Özyalçin, student at Gazi University, announced that he was beaten by some 15 rightists: "When I was leaving the campus I saw a group of suspicious students waiting. I went to the room of the instructor Ihsan Küreli. I told him I was in danger and wanted to come with me. When we were leaving his room some 15 rightists attacked and beat me. The instructor intervened and they ran away." Özyalçin was given a report certifying 3 days' inability to work. He made an official complaint against the attackers. (24 April, Özgür Gündem)

Torture Trial... On 3 March, Iskenderun Heavy Penal Court concluded to hear the case of the police officers Murat Çikar, Halil Özkan, Aysun Yüksel and Gürkan Ilhan, head of the desk of Political Affairs, in connection with the torturing of Fatma Deniz Polattas and Nazime Ceren Samanoglu, who were detained in Iskenderun in March 1999. The defendants were acquitted on grounds of "lack of evidence" relying on the report by Forensic Institute dating 13 January. The denial of Poalttas and Samanoglu for an examination of virginity was regarded in the report as the prevention of examination of traumatic findings. It was also alleged in the report that patients can easily misinform the physician under these circumstances. (23-24 April, Milliyet)

Massacre in PrisonŠ On 20 April, Diyarbakir Heavy Penal Court No 3 continued to hear the case against 1 doctor, 6 prison guards, 36 police officers and 29 soldiers charged in connection with the killings of 10 and injuries of 23 prisoners in Diyarbakir E-type Prison on 24 September 1996. The court adjourned the hearing to 6 June to wait for new TPC. On 26 January, in his summing up the case public prosecutor alleged "the defendants intervened because of necessity and self-defence while performing an order but exceeded the limit and caused the deaths". Public prosecutor wanted 54 defendants to be sentenced 8 years' imprisonment according to 452/1 TPC (killing without intent) and decreasing the sentences to 4 years' on the grounds that they did the action under provocative condition. Prosecutor wanted the two security officials to be acquitted and demanded the case against the doctor of the prison Serdar Gök and nine defendants, who are indicted for "misconduct of duty", and six prison official, who are indicted for "killing without intent", to be dropped on the grounds of lapse of time. (21 April, Özgür Gündem)

Theatre Play Banned... Governor in Malazgirt (Mus) banned the theatre play "Bigot (Yobaz)" by Aziz Nesin on the grounds that the play was obscene, was humiliating persons, and was exploiting religious beliefs. (21 April, Radikal)

Physicians on Trial... On 20 April, Istanbul Penal Court of First Instance No 7 concluded to hear the case against 85 persons including executives of Turkish Medical Association (TTB), union for the workers in health sector SES, unions, professional chambers and Patients' and Patients' Relatives' Rights Association (HAYAD) who attended the actions organised by TTB and SES on 5 November 2003. In his summing-up the case the public prosecutor wanted the defendants to be acquitted on the grounds that they had the right to struggle for the rights according to the national and international laws. The court acquitted the defendants. (21 April, Radikal)

DEP MPsŠ On 22 April, Ankara Special Heavy Penal Court No 11 continued to hear the retrial of former DEP MPs Leyla Zana, Hatip Dicle, Orhan Dogan and Selim Sadak. The court accepted the demand of the defence lawyers 8 persons, former MP Sedat Edip Bucak, defendant in Susurluk trial, and Halit Aslan, previously testified against the defendants, to testify. The court adjourned the hearing to 23 May. (23 April, Radikal)

Juveniles on TrialŠ On 21 April, Istanbul Heavy Penal Court No 13 continued to hear the case of 24 alleged members of the Turkish Communist Labour Party/Leninist (TKEP/L), aged between 16 and 23, who had been detained in March 1996. Lawyer Gülizar Tuncer wanted Bülent Gedik, who was in prison for 9,5 years, to be released relying on the previous decisions of ECHR. The court rejected the demand and adjourned the hearing to wait for the new TPC. The indictment wants Devrim Öktem, Bülent Gedik, Ismail Altun, Özgür Öktem and Erbil Kizil to be sentenced to life imprisonment on charges of "being leading member of illegal organization". Zülcihan Sahin, Müstak Erhan Il, Izzet Tokur, Arzu Kemanoglu, Bilgin Ayata, Sinan Kaya, Ebru Karahanci, Ulas Bati, Okan Kaplan, Sevgi Kaya, Mustafa Yazici, Ilyas Koçak, Güven Dagdelen, Ahmet Olgun, Zuhal Sürücü, Serpil Koçak, Cemal Bozkurt, Ali Kiliç and Levent Bagdadi have to expect imprisonment. The case against 6 officers who tortured the juveniles had been concluded on 5 February 2003 at Istanbul Heavy Penal Court of First Instance No 6. Mustafa Sara had been sentenced to 2 years' imprisonment for "torturing Bülent Gedik and Devrim Öktem". The case against Ali Çavdar was closed due to his death, the cases against Mustafa Taner Paylasan, Ahmet Bereket, Fatih Berkup and Yakup Dogan were closed due to lapse of time. (22 April, Cumhuriyet)

Detentions and Arrests... Mesut Karabulak and Sefik Soydan, who were detained for making propoganda of an illegal organisation during the Newroz celebrations in Yüksekova district of Hakkari, were arrested on 20 April. Abdurrahim Tanyel, Mehdi Adak, Emin Ang and Cevdet Özkurt were detained in Istanbul on the allegations of "being member of PKK". Nihat Turan, alleged leading member of Osman Öcalan's "Party of Democratic Patriots", was detained in Mus. Tahir Duru, Sekvan Duru and Mehmet Okur, who were detained in Cizre district of Sirnak on the allegations of "aiding an illegal organisation", were arrested on 22 April. During house raids conducted on 22 April in Hakkari Hüseyin Sevmis, Hizir Sevmis, Ibrahim Sevmis, Nusret Kurt and an unknown person were detained. (21-23 April, Milliyet-Özgür Gündem-Star)

Clashes and Attacks in Southeast... During a clash in Dereler region of Sirnak on 18 April 5 HPG militants died. 11 members of security forces were wounded. The name of one of the HPG militants who were killed on 12 April on Cudi Mountain in Sirnak was announced as Muhammed Ibrahim. 5 soldiers were allegedly killed during a clash on 20 April in Kurtderesi region nearby Ovacik district of Tunceli and 4 soldiers suffocated in a stream. (21-24 April, Milliyet-Radikal)

April 20, 2005

Villages BombedŠ The investigation concerning the bombing of Kuskonar and Koçagili villages of Sirnak that caused death of 36 persons on 26 March 1994 was put on the agenda agian. The persons who lost their relatives during the incident filed an official complaint recently for punishment of the responsible and to benefit from the Law on Compensation of Damages Caused  by Terror and Anti-Terror Struggle". The file, that was not put under proceedings by Diyarbakir SSC on the allegations that "the villages were bombed by the PKK" and "the assailants were not found", was handled again. Public prosecutor in Diyarbakir completed the investigation on the file and decided that "there was no evident that proves the PKK bombed the villages", "the bombs were thrown from a plane or helicopter". Public prosecutor in Diyarbakir wanted the public prosecutor in Sirnak to conduct an efficient investigation as soon as possible in order to avoid Turkey from problems in the future according to the articles 2 and 13 of the ECoHR. Lawyer Tahir Elçi, acting as sub-plaintiff, stated the followings about the decision: "Many public prosecutors have come and gone since 1994 but none of them have made such an investigation. It seems that if we did not make an complaint the file would be neglected for 10 years more. However, it is hopeful that file was investigated again. Ömer Kalkan, Mahmut, Ali, Nurettin, Ömer, Abdullah, Çiçek, Ay_e Benzer, Ibrahim Borak, Serife, Melike, Saban, Irfan, Hunav, Elmas, Asiye, Kerem Yžildirim, Fecriye, Haci, Kerem Altan, Mahmut, Ayse, Adil Oygur, Huhi, Semsiye, Sirin, Sehriban, Ahmet Kaçar, Fatma, Ayse, Huri Bengi, Fatma Bedir, Asiya Erdin, Hatice Bayi, Hazal Kiraç ve Zahide Kiraç had died, many people were wounded during the bombings. (Cumhuriyet)

Person Killed bu PoliceŠ Police killed Hakan Bektas, wounded Yavuz Erzor during the raid conducted to a house in Halkali district of Istanbul on 19 April. Ayhan Duygu and B.B. (16) who also in the house were detained. (Zaman)

Person Beaten by PoliceŠ On 19 April, police shot Nihat Gülbeyaz (30) when they opened fire in order to catch another person at terminal station in Bornova district of Istanbul. Gülbeyaz was heavily wounded. Police officers on charge at Izmir Security Directorate and Organized Crimes Department allegedly opened fire when the person they searched for did not obey "stop warning". (Radikal)

Lawyers on TrialŠ A case was launched against Abdurrahman Sarioglu, lawyer of the defendants of the case launched in connection with the bomb attacks in Istanbul on 15 and 20 November 2003.  In the indictment it was put that Abdurrahman Sarioglu insited to stand although the president of the court wanted him to sit and he said: " The regime is secular. I am a muslim. I deny standing before the secular regime". According to the indictment he reportedly said in an interview published on the journal Nokta on 6 June 2003, "I kept standing in order not sit and stand before the secular system". The indictmen wants him to according to the Article 312 TPC.  (Zaman)

Pressures in PrisonsŠ Ali Akpinar, father of Hüseyin Akpinar incarcerated in Tekirdag F-type Prison and suffers from Wernicke Korsakof syndrome, announced that he cannot visit his son on the grounds that he cannot pass from the X-Ray machine in the prison due to his heart cell. He told the guards did not let him to enter when he went to visit his son on 31 March although he showed his medical report saying that "he should not pass through the X-Ray machines" and a special ID given to persons who have cells in their hearts. Ali Akpinar also added that he want them to make a bodysearch but the refused it. (Cumhuriyet)

Activity HinderedŠ The panel "Aleouites and Minority" that was planned the organize in the framework of "Folk Science Fetivity" by Folk Science Club in Istanbul University on the allegation that "it would provocate rightist students". (Cumhuriyet)

Detention and ArrestsŠ Saygin S. was detained on the allegations that "he was a member of DHKP-C and kicked up row after a football match in Istanbul". Tufan Caymaz, who was searched in connection with "Sivas massacre (2 July 1993)", was captured at Istanbul Ataturk Airport. Salih Uyar (24), who was taken captive for more that three years in Guantanamo Island of Cuba on the allegation of "being member of Al-Quaide", was surrendered to Turkey on 18 April. After having been taken to Incirlik Base in Adana by an US plane Salih Uyar was released by the public prosecutor. Nuri Mert who had been also kept in Guantanamo Island had been delivered to Turkey in April 2004. (Cumhuriyet-Radikal)

April 19, 2005:

Torture in DetentionŠ Derya Orman (23) and her sister Gülselin Orman (21), who organized a press conference at HRA Istanbul branch on 18 April, announced that they were tortured at Bostanci Police Station on 15 April. Derya Orman told that they were detained in Bostanci on the grounds that her sister did not have ID. Orman stated the followings: "Chief police officer Hüseyin Tanrikulu said, 'If you have sex with me once I will release your sister'. A female police officer stripped me naked and harassed. They threw me on the ground and put my clothes in thrash can. They squeezed my breast and kicked. In addition, they seized the $500 of my sister". Gülselin Orman put that she was stripped naked and offered to have sex by the police officers: "They threatened Derya to rape her. They harassed me. They forced us to sign the detention minute saying that we were released towards morning but we did not sign till our lawyer came. When our lawyer came we signed after the conducts of the police officers were written in the minute. Lawyer Eren Keskin, chairwoman of the HRA Istanbul branch stated that she went to the police station when the Orman sisters were there: "Superintendent police officer Hüseyin Tanrikulu said, 'I guess these girls are ill, they hit themselves from wall to wall. They bruised their bodies'. Gülselin Orman and Derya Orman were taken to the public prosecutor in Kadikoy on the allegations of 'causing scandal in the police station' and 'slandering police officers'. When the public prosecutor insulted the sisters. I said to the public prosecutor that he would be the most famous public prosecutor of Turkey soon. Upon this he changed his attitude." (Özgür Gündem)

EMEP Members AttackedŠ F.A., one of the four persons who were detained in connection with beating of the members of Party of Labour (EMEP) Erhan Batga and Hüseyin Kiyak in the premises of Idealists' Union in Günesli (Istanbul), was arrested on 18 April. Ü.S. and T.Ç., who are younger than 18, and chairman of Idealists' Union in Ižstanbul Bayram Yildirim were released. (Özgür Gündem)

Demonstrators on Trial... On 18 April Istanbul Heavy Penal Court of First Instance No 14 continued to hear the case against 56 persons launched in connection with the World Women Day demonstration on 6 March in Saraçhane quarter of Istanbul. The court decided to hear the police officers as witnesses who signed the minutes of the incident. Hakan Ertasoglu, one of the lawyers of the defendants stated: "We cannot expect the police officers who signed the minutes to testify against themselves. There is an investigation against them. The defendants made an official complaint against the police officers." Meanwhile, police intervened the demonstration staged by the Socialist Platform of the Oppressed (ESP) on 18 April in Bursa and detained five persons including Serpil Arslan, ESP Representative in Bursa. (Özgür Gündem-Birgün)

Detentions and ArrestsŠ Selami Yavuz (20), who was detained during the concert organized on Istanbul Taksim Square on the night of 17 April after the "National Sovereignty March" on the allegation of "attempting to tear Turkish flag", was arrested for "staging action to create enmity among society". (Radikal)

Bomb ExplosionŠ Ismail Isik (15), Emrah Akbay (10) and his brother Adem Akbay (9) were wounded while they were playing with a bomb they found in a military zone nearby Patnos district of Agri on 18 April. Ismail Isik died in hospital. (Radikal)

Clash and Attacks in the SoutheastŠ Two members of Maoist Communist Party (MKP) died, one soldier was wounded during the clash broke out on 17 April in Kirkmerdiven valley nearby Ovacik district of Tunceli. HPG militant Fideyl Özbey was reportedly killed few days ago in the clash nearby Ömerli district of Mardin. (Özgür Gündem)

April 18, 2005

Stop Warning.... Security forces opened fire against a truck nearby Uzunköy village  in Çaldiran district of Van on the night of 14 April on the grounds that the driver did not obey the stop warning. The truck was carrying refugees who wanted to get into Turkey. Afghani Muhammed Hüseyin died, Bengali Ismail Fadir and Nadir Ertan, Pakistani Mubaser Ebugafur were wounded. (16 April, Radikal)

Incident in Yozgat... On 16 April a clash broke out in Asagi Hisinli village in Bogazliyan district of Yozgat between gendarmerie soldiers and a group of persons who wanted a person named Erdogan Tomris to give all of his money. Orhan Açikyürek died and Halil Ibrahim Açikyürek was wounded during the incident. 14 persons from Açikyürek family were detained. (17 April, Radikal)

Bomb Explosion... Bayram Aras (14) who was wounded on 6 April during a bomb explosion in the military zone of Topkule barracks in Gaziosmanpasa (Istanbul) died in the hospital on 15 April. (16 April, Radikal)

EMEP Members Attacked... Members of Party of Labour (EMEP) Erhan Batga and Hüseyin Kiyak were reportedly tortured in the premises of Idealists' Union in Günesli (Istanbul). Erhan Batga and Hüseyin Kiyak met a group of student for the Lyceum Students' Assembly" organised in Barbaros Lyceum. They were forcibly taken to the Idealists' Union by a group of MHP sympathisers and beaten there. Upon the information given by their friends police reportedly rescued them. 6 persons were detained in connection with the incident. Kamil Tekin Sürek, EMEP Chair for Istanbul, announced that a police officer witnessed the incident in the premises but did not intervene. He added that Batga and Kiyat were rescued by another group of police officers upon insistence of EMEP executives. (16-17 April, Milliyet)

Bomb Attacks... MHP premises in Kadiköy (Istanbul) and in Sakarya, CHP premises in Sakarya were subjected to bomb attacks on the night of 16 April. Pakize Ibrahimoglu (90) who was passing through was slightly injured during the bomb attack in Kadiköy. A bomb exploded in front of Trade and Consumers' Rights Court in Istanbul on 17 April. (17-18 April, Cumhuriyet, Radikal)

Publishers on Trial... Public prosecutor in Istanbul launched a court case against Abdurrezzak Güngör, editor of Çetin Publishing and Distribution Company, and Sadik Dasdögen, owner of Berdan Printing Company, in connection with the book entitled "Remembering Abdullah Öcalan" on the allegations of "making propaganda of an illegal organisation". (17 April, Özgür Politika)

DEHAP Executives on Trial... On 15 April, Cizre Penal Court of First Instance concluded to hear the case against Tuncer Bakirhan, Chairman of DEHAP, Resul Sadak, DEHAP Chair for Sirnak and major of Idil, Mehmet Dilsiz, DEHAP Chair for Cizre (Sirnak) launched in connection with a meeting for the local elections on 28 March 2004. The court sentenced the defendants to 18 months' imprisonment and a fine of YTL 346 under the Article 28/1 of Law on Meetings and Demonstrations. The sentences of Sadak and Dilsiz were suspended. Since Bakirhan had been sentenced by Kars Penal Court of First Instance No 2 to 6 months' imprisonment his sentence was not suspended. If the sentence against him was approved he would serve. (16 April, Cumhuriyet)

Demonstration Prevented... Members of the prisoners' relatives association TAYAD who chained themselves in front of the GNAT on 15 April to protest in the problems in the prisons, the attacks against the members of TAYAD in Trabzon and Sakarya were detained. Deniz Arik, Nursen Toksoy and Didem Akman were arrested on 16 April. (16-17 April, Cumhuriyet, Özgür Politika)

Attacks and Clashes in Southeast... According to an announcement by HPG, 14 HPG militants were killed during the clashes between 1 and 17 April. HPG alleged that 121 soldiers were killed during those clashes. The names of 7 of the killed militants were announced as Mehmet Sexo (Syrian), Muhammed Reso (Syrian), Yaser Tahir (Lebanon), Gülsün Akalan, Hiyam Muhammed (Syrian), Meral Van and Muhammed Ferhadi (Syrian). (18 April, Özgür Politika)

April 15, 2005:

Medical Neglect... Safak Yildiz, lawyer of the political prisoner Erol Zavar incarcerated in Edirne F-type Prison, made an official complaint against the physicians and administrators at Trakya University Medical School Hospital for medical neglect. Safak announced at the HRA Istanbul branch that Zavar was suffering from bladder cancer and the platinum put in his leg after having been broken was not taken out: "Although the physicians alleged that there was no need the platinum to be taken out, they said they would take it out when my client applied to be transferred to Ankara. If my client did not asked to be transferred he would continue to suffer from aches." (Özgür Gündem)

Journalists on Trial... Bingöl Penal Court of First Instance No 2 acquitted owner of the local paper "Bingöl Ab-i Hayat" Vedat Büyüksahin and editor-in-chief of the paper Abdürrezzak Tas on 14 April. The case had been launched on the grounds that the address and the dates had been wrong on the record page. (Birgün)

Journalists on Trial... A court case was launched against correspondent of TV channel CNN Turk Gökhan Bozkurt and the producer of the programme "Gece Görüsü" Ahu Özyurt for revealing the phone calls between AKP MP Cemal Kaya and the bureaucrats which were recorded during the investigation of the fraud in Ministry of Energy. (TIHV)

Dev-Sol CaseŠ On 14 April, Üsküdar Heavy Penal Court No 1 continued to hear the case launched against 1243 defendants on the grounds of being members of Devrimci Sol (Revolutionary Left). In his summing-up the case public prosecutor demanded life imprisonment against 163 defendants including Dursun Karatas, Hüseyin Solgun and Murat Karabulut for "violent attempt to overthrow the constitutional order" and the cases against the rest of the defefndants to be dropped for lapse of time. Defence lawyer Nebi Barlas stressed that some of the defendants were charged with offences which were not in the indictment. Lawyer Taylan Tanay added that summing-up was far from being serious on the grounds that the prosecutor demanded sentence for dead defendants such as Saban Sen. The court adjourned the hearing to 21 September. (Cumhuriyet)

Clashes and Attacks in Southeast... Lieutenant Kamil Baltaci, non-commissioned officers Haydar Vural and Tuncer Soner Dag, village guard Abdulkerim Çabuk were killed during the clash that broke out during the operations on Besta Mountain nearby Sirnak. According to the official announcement 21 HPG militants were killed during the clash. Meanwhile HPG announced that 5 soldiers and one village guard were killed and none of the militants died. (Hürriyet-Özgür Gündem)

April 14, 2005:

DEHAP Executive on TrialŠ Nusaybin Penal Court of First Instance sentenced Mehmet Keyik, executive member of DEHAP in Nusaybin district, to a fine of YTL 500 on the grounds that using the expression "Sayin (corresponding to 'esteemed' or 'dear')" when referring to Abdullah Öcalan during his speech in the press announcement organized on the anniversary of Halepçe massacre in March. He was reportedly sentenced under the Article 312 TPC. (Özgür Gündem)

Incident in TrabzonŠ Five persons, who were arrested after having been attacked while distributing leaflets on 6 April in Trabzon, were released on 13 April. Nurgül Acar, Ihsan Özdil, Zeynep Ertugrul, Emrah Bakir and Çetin Güven organized press conference at HRA Trabzon branch. Ertugrul stated that the traffic police officer intervened them first while distributing leaflets and afterwards the people around attacked them. Ertugrul also told that they were beaten in detention and the prison guards provoked other prisoners against them. (Özgür Gündem)

Incident at UniversityŠ 18 of the 48 students who were detained during the fight broke out between leftist and rightist students on 11 April at Sivas Cumhuriyet University were arrested. A student was reportedly wanted. (Cumhuriyet)

Detentions and ArrestsŠ DEHAP member Mehmet Kino, who was detained on 27 March in Kiziltepe district of Mardin in connection with a press announcement, was arrested on 13 April. Kino was reportedly arrested according to the Article 7/2 of the Law on Fight to Terrorism. Erol Kaplan, Kenan Çam, Abdurrahim Bilen, Ismet Aras, Sirin Karademir, Metin Yildiz and Nevzat (surname not known), executive members of DEHAP in Ankara, were detained. A court case was launched against Sohbet Sen, Imam Canpolat and Ali Sükran Aktas, members of "Peace and Democratic Solution Group" who were sentenced to imprisonment after returning to Turkey after the "peace call" of Abdullah Öcalan in 1999, on the allegations of "being member of an illegal organization". According to the information given by Lawyer Nuri Özmen, the case would commence on 4 May at Ankara Heavy Penal Court No 11. (Özgür Gündem)

Clash and Attacks in the SoutheastŠ Yilmaz Altinisik and Muhammed Ibrahim (Syrian citizen) were reportedly HPG militants who were killed during the clash broke out nearby Yarbasi village of Idil district (Sirnak) on 11 April. (Özgür Gündem)

April 13, 2005

Torture in DetentionŠ Mehmet Ali Toprak and another person, who were detained on 3 February in Gemlik district of Bursa on the allegations of "being members of criminal organization" were reportedly tortured. Lawyer Nalan Erkem announced that the Forensic Institute in Bursa gave reports to detainees certifying that "they had traces on their bodies", and public prosecutor in Gemlik launched an investigation. (Özgür Gündem)

Police Officers on TrialŠ On 12 April Adana Heavy Penal Court No 2 continued to hear the case against 3 police officers in connection with the killing of Siar Perincek on 28 May 2004 in Adana. Veysel Güler, lawyer of the police officers, stated at the hearing that it is not important whether the clothes of Perinçek were found: "Everything is clear and distinct. This person is a terrorist. He opened fire against the police and the police shot him to protect themselves". Mustafa Cinkiliç, acting as sub-plaintiff, stated that Güler continously alleges that Siyar Perinçek is a 'terrorist': We are not discussing whether Siyar Perinçek is a terrorist. We are talking about killing of a person. Actually, my colleague wants to say that 'terrorists can be killed'. I don't accept this idea. Nobody can be killed. If s/he is guilty you can capture, judge and sentence her/him". Police officer Durmus Ali Yücel and security official on charge at Adana State Hospital testified in connection with the loss of the clothes of Perinçek. The witnesses stated that they did not see the clothes. The hearing was adjourned to 31 May. (Özgür Gündem)

Conscientious Objector ArrestedŠ Conscientious objector Mehmet Tarhan, who was detained on 8 April in Izmir, was arrested in Sivas where he was sent to serve his military service. Tarhan was sent to Tokat on 11 April after having been detained. Afterwards he was transferred to the military court in Sivas from Tokat. A court case will reportedly be launched against Tarhan for "insisting to disobey the order to escape from the military service". (Cumhuriyet)

Journalist on TrialŠ On 12 April, the case against Eren Güvener, former editor-in-chief of the daily Milliyet, launched in connection with the book titled "Attempt to Civilian Coup and Iraq Wars in Ankara" written by Fikret Bila was concluded. The court acquitted Güvener who was prosecuted for "revealing the secrets of the State". (Milliyet)

Incident in AdapazariŠ A group of juveniles were attacked in Adapazari while they were distributing leaflets to protest the attack on TAYAD members in Trabzon on 6 April. The juveniles were heavily beaten and they sheltered in the post office. The juveniles were taken away by police vehicles. Nobody was detained during the incident. Meanwhile, some 100 TAYAD members who wanted to stage a press announcement in Trabzon to protest the attack cancelled their action. The juveniles who were also attacked while they were distributing leaflets on 10 April in Trabzon, announced that the police detained them instead of the attackers. (Milliyet-Radikal)

Clash and Attacks in the SoutheastŠ Three soldiers were allegedly killed during the clash broke out nearby Findik town of Güçlükonak district (Sirnak). (Özgür Gündem)

April 12, 2005

Torture in DetentionŠ 10 of the persons who were detained during the press announcement by Independent Youth Movement (BAGEH) on 9 April in Van were arrested on 11 April. Hüsna Yakut, representative of the journal Genç Bakis who was also arrested announced that she was subjected to sexual harrassment in detention. She stated that the other persons also subjected to ill treatment in detention. (Özgür Gündem)

Bomb Attacks in IstanbulŠ On 11 April Istanbul Heavy Penal Court continued to hear the case against 69 defendants launched in connection with the bomb attacks in Istanbul on 15-20 November 2003. Defendant Harun Ilhan announced at the hearing that he was tortured in detention. He told that he appealed to benefit the Repentance Law because of the pressures he was subjected in the Security Directorate and public prosecution office: "I recognized my mistake during the trial process and changed my mind". Meanwhile, the defendants Sadettin Akdas and Burhan Kus are reportedly in Ebu Garip Prison in Iraq. They reportedly sent letters in January to their families by the help of Red Cross of Switzerland. (Milliyet)

Dev-Sol CaseŠ On 11 April the retrial of the case against 1243 defendants launched in 1981 at Istanbul Military Court on charges of "being members of Devrimci-Sol", commenced. The hearing will continue on 14 April. The original trial, which had started at Istanbul Court Martial Military Court No.2 in 1981, had concluded in 1991 and defendants had been given sentences varying between 2 years 9 months in prison to death sentence. Subsequently the case file had been referred to Üsküdar Heavy Penal Court No. 1. Upon the appeal of the defense, The Prosecution Office of the Court of Cassation reviewed the case file and found out that some 100 folders among the 400 folders in the case file had gone missing. The case started again after the "finding" of the files in December 2004. (Cumhuriyet)

Incident at UniversityŠ A group of rightist students attacked leftist students who were distributing leaflets on 11 April in the Central Campus of Sivas Cumhuriyet University. Security officials intervened the fight and detained 48 students, including 13 rightists. (Radikal)

Detention and ArrestsŠ Muhammed Ahmet (Syrian), Musa Tapu and his son Necmettin, who were detained on 4 April in Siirt for "being member of HPG" were arrested on 11 April. S.P. and N.K., who were detained in Yenice town of Tarsus district (Mersin) on the allegation of "being members of DHKP-C" were arrested on 11 April. (Özgür Gündem-Türkiye)

Clash and Attacks in the SoutheastŠ Two HPG militants were reportedly killed during the clash broke out in Cehennem Deresi region nearby Idil district of Sirnak.

April 11, 2005

Persons Beaten by the Police... Veysel Atay and Orhan Dagdagül applied to HRA Istanbul branch on the grounds that the police beat them on 1 April. Atay announced that they were asked IDs by the police and 6 officers started to beat them when they asked the reason. He added that they were taken to Kumkapi Police Station and officers continued to beat them. (10 April, Özgür Gündem)

Demonstration Prevented, Demonstrators on Trial... The police intervened the press announcement by the group of "Free Citizens' Assembly" on 7 April in Diyarbakir. 7 persons were detained during the intervention. The names of 4 persons reportedly were Mehmet Inan, Yilmaz Kahraman, Aslan Akbalik and Serif Kiliç. The police intervened the press announcement by Independent Youth Movement (BAGEH) on 9 April in Van. Fadil Tasçi, Chairman of Van 100th Year University Students" Association, Yunus Eris, Özgür Abik, Osman Özgenç, Mesut Uçer and 10 persons were detained. The police intervened the demonstration on 8 April after the Friday prayer in Beyazit Square organised with the demand of the release of the persons who were detained on the allegations of being "member of Hizb-üt Tahrir". 10 persons were detained during the incident. On 6 April, the case against 25 persons in connection with the demonstration on 20 july 2004 in Ceylanpinar district of Urfa was started. The court adjourned the hearing to 18 May. 2 different cases were launched against DEHAP executive for Suruç (Urfa) Ismail Kaplan. The first case was launched for attending a demonstration on 13 February. The second case was launched on the grounds that he shouted slogans in favour of an illegal organisation during the Newroz celebrations on 21 March. (8-9-10 April, Milliyet-Özgür Gündem)

DHKP-C Trial... On 8 April, Ankara Heavy Penal Court No. 11 continued to hear the case against 41 persons who were indicted after the operations conducted in February in Ankara. The court wanted Mustafa Gök to be examined by Forensic Institute although he had been given reports 3 times certifying he was suffering from "Wernicke-Korsakoff disease". (9 April, Radikal)

Clashes and Attacks in Southeast... According to a press announcement by HPG the militants Firyel Hüseyin (Syrian), Nurten Gülmez, Faik Yayla, Alaaddin Akbas and Mehmet Yigit were killed during the clash on 1 April on Cudi Mountain nearby Sirnak. Chemical weapons were allegedly used during the clash. (10 April, Özgür Gündem)

April 8, 2005

RTÜK DecisionsŠ 13th Chamber of the Highest Administrative Court concluded the case launched by Radyo Dünya that had been sentenced to condemnation by RTÜK on 13 September on the grounds of broadcasting Kurdish music. Ankara Administrative Court No 5 had cancelled the sentence of the radio on 25 September 2002. Upon this decision, RTÜK had appealed to the Highest Court of Administration for quashing the decision. 13th Chamber of the Highest Administrative Court decided that "broadcasting Kurdish music does not mean the violation of the rule of 'broadcasting in Turkish'". (Özgür Gündem)

Detentions and ArrestsŠ DEHAP member Osman Ayan, who was detained on the night of 6 April in Kumçati town of Sirnak, was arrested on the allegation of "being member of illegal organization". Police intervened a group who staged a demonstration in favour of Abdullah Öcalan on 7 April in Diyarbakir and detained 7 persons including Mehmet Inan.  23 persons were detained during the house raids in Malazgirt district of Mus on the allegation that "they shouted slogans in favour of illegal organization during Newroz celebrations". The names of the detainees are as follows: Ahmet Sanci, Abdin Kabisen, Adem Teker, Ahmet Yagci, Çetin Sariyildiz, Ekrem Kaçar, Dilaver Yaldiz, Erdal Kaçar, Ethem Keklik, Eylem Yagmur, Fatma Özer, Firat Keklik, Hasan Sariyildiz, Ibrahim Özkahraman, Ihsan Bertan, Lale Kabisen, Özlem Güzelyildiz, Reyzan Kalin, Serkan Keklik, Sibel Yagmur, Sinan Kökses, Taner Atabay and Zeynep Özbahçivan. (Özgür Gündem)

Mine ExplosionŠ On 5 April the juvenile M. Latif Yilmaz (14) died in a mine explosion in Tasburun village of Nusaybin district (Mardin). One person died and one person was wounded on 7 April when they stepped on mine in Saggöze region nearby Lice district of Diyarbakir. These persons were not identified. (Özgür Gündem)

April 7, 2005

Bomb ExplosionŠ Juveniles Emrah Gültekin (16), Mücahit Sümer (15), Firat Tutus (14), Hasan Özer (15), Bayram Aras (16), Ramazan Alhan (16) and Nesim Kurt (17) were wounded when the bombs exploded while they were playing with them, which they found in the garden of Topkapi, barrack in Gaziosmanpasa quarter of Istanbul on 6 April. The juveniles were reportedly collecting metal pieces in the military zone to sell to scrap dealer. Reportedly, Mücahit Sümer lost one leg and one hand, shrapnel was stuck into the heart of Bayram Aras and Firat Tutus was wounded from his stomach. Other juveniles were slightly wounded during the explosion. N.B., a friend of the juveniles, told the followings after the explosion: "We always go to the military zone in order to collect scraps. Sometimes soldiers catch and beat us but later we go again. Many juveniles from our neighborhood go there for collecting scraps." (Radikal)

DEHAP Member Attacked by RightistsŠ DEHAP member Ugur Ögredik was allegedly tortured in Bursa by a group of persons who are members of Islamist nationalist organisation "Nizam-i Alem" on the grounds that "Ögredik is a Kurd and participates to the activities of DEHAP". Ugur Ögredik, son of former executive of DEHAP in Orhangazi district Mehmet Ögredik, stated in the HRA Bursa branch that he was beaten by seven members of "Nizam-i Alem" in a beer house including the owner of beer house. Ögrendik told: "After a while chairman of "Nizam-i Alem" Sait Ali Uçar came to the beer house. They took me to the office of "Nizam-i Alem" and tortured me. There were 15 persons. They held my arms and hit my eyes many times. They did not let me to speak. They kicked my face and then took me to the washbasin. They washed my face and beat me again. They threatened me not to tell police. After three hours later they released me near Orhangazi State Hospital". Ogrendik was reportedly given a report certifying inability to work for 10 days. I.E., I.Ç. and B.B. were detained in connection with the incident and a court case was launched against them for "wounding". Lawyer Deniz Büyük from HRA Bursa branch announced that the case would commence on 25 April. (Özgür Gündem)

Party Executives on TrialŠ On 6 April, Bursa Penal Court of First Instance started to hear the case against the executives of Party of Labour (EMEP) in Bursa Cengiz Yildiz, Gökhan Aydin, Ömer Furkan Özdemir, Isken Yildiz, Öznur Çaglayan, Enis Öztay, Emel Sözer, Özcan Kiliç, Musa Garip and Yasin Çelik that was launched in connection with the press statement organized on 28 November 2004 to protest the US attack on Iraq. The hearing was adjourned to 14 June for the completion of the deficient documents. (Evrensel)

Detentions and Arrests... Sadik K. was detained in Izmir on the allegation of "being member of PKK". Mehmet Çöklü, who was detained in Konya on the allegation of "being member of Hezbollah", was arrested on 6 April. (Milliyet)

April 6, 2005

Killings by Unidentified AssailantsŠ Preliminary hearing of the case against eight persons launched relying on the confessions of JITEM member Abdülkadir Aygan was held on 5 April at Diyarbakir Heavy Penal Court No 2. The court refused the demand of lawyer Habibe Deyar, acting as sub-plaintiff, for the arrests of Mahmut Yildirim (known as "Yesil [Green]"), retired commander Abdülkerim Kirca, non-commissioned officer Ugur Yüksel, PKK confessors Muhsin Gül, Fethi Çeyin, Kemal Emlük and Saniye Emlük. The court decided to separate the files of Saniye Emlük charged at Diyarbakir Recruiting Office, Kirca and Yüksel and send them to the military court. Meanwhile, according to the news appeared on the daily Özgür Gündem public prosecutor Mithat Özcan who launched the case was allegedly suspended from the duty. (Radikal, Özgür Gündem)

Lawyers on TrialŠ On 5 April Ankara Heavy Penal Court No 11 concluded the case against Mahmut Sakar and Irfan Dündar that was launched on the allegations of "being members of illegal organization". The court acquitted the defendants considering the amendments in the Law on Fight to Terrorism and Turkish Penal Code. (Özgür Gündem)

Association RaidedŠ Ibrahim Güçlü (branch representative), Arjen Ari and Sedat Ogur (branch secretary) were detained during the raid conducted to Diyarbakir Kurdish Democracy Culture and Solidarity Association (Kürt-Der) on 5 April. (Özgür Gündem)

Demonstrators on TrialŠ A court case was launched against Ercan Ç. and Veli Y. on the allegations that they carried poster of Abdullah Öcalan during the Newroz celebration in Ankara. The indictment wants the defendants to be sentenced for "making propaganda of an illegal organization". The case would be held at Ankara Heavy Penal Court No. 11. (TGRT)

Detentions and ArrestsŠ 31 persons who call themselves "human shields" and demanding Turkish troops to stop the military operations in Southeast and East Anatolia were arrested on 5 April. 27 of the "human shields" had been arrested before. Abdullah Tas who was detained for being the Turkey representative of the organization "Kurdistan Islamic Movement" in Istanbul was arrested on 5 April. (Radikal, Star)

Mine ExplosionŠ A Mauritanian citizen and a Tunisian citizen died, an Iraqi citizen was heavily wounded when they stepped on a mine in Meriç region nearby Turkey-Greece border on 4 April. (Radikal)

Avril 5, 2005

Torturers on Trial... A court case was launched against the police officers Orhan Yüksel, Recep Arslan, Cevat Isil, Erdinç Zengin, Mehmet Görgülü, Fikret Küçük and Muhammet Zeki Geçgel on charges of torturing Recep Köksal (19), K.A. (17) and Gökmen Emir (18) who had been detained in Karasu district of Adapazari two years ago. (Radikal)

Torture in Custody... The persons who call themselves "human shields" demanding Turkish troops to stop the military operations in Southeast and East Anatolia and were detained in Derik district of Mardin on 31 March made official complaint against the soldiers charged in Derik Gendarmerie HQ on the allegations that they were subjected to "insult, threatening and beating". (Özgür Gündem)

Party Executive on Trial... Chief Prosecutor of the Court of Cassation demanded the court to quash the verdict against Sabri Ejder Öziç, former manager of Radyo Dünya (Adana) and executive for Free Society Party, on the grounds that the expressions of Öziç should have been evaluated within the limits of criticism and one could not have been sentenced relying on a part of a speech. On 5 January 2004, Adana Penal Court of First Instance No 5 had sentenced Sabri Ejder Öziç to one-year imprisonment according to Article 159 TPC, in connection with his speech broadcasted on 23 February 2003. Öziç has been charged for saying, during the time when GNAT's decision to send troops to Iraq was being discussed, "If those illegitimate wars were called as terrorist actions, this is a terrorist action. This Parliament is terrorist as well if they are going to make a decision to send troops to fight within in a terrorist action". (BIA)

Metin Kaplan on Trial... On 3 April Istanbul Heavy Penal Court No 14 continued to hear the case against Metin Kaplan, leader of "Union of Muslim Communities and Organizations" who had been extradited by Germany to Turkey in October 2004. In his summing-up the case public prosecutor demanded life imprisonment for "violent attempt to overthrow the constitutional order" (Article 146 TPC). He also asked to separate the cases of Ekrem Seven, Nadir Seven, Erdal Seven and Seref Bilgin on the grounds that they could not have been arrested. Hüsnü Tuna, Lawyer of Metin Kaplan, reminded that 6 persons were sentenced by former Istanbul SSC "inciting the persons who planned attacks to Mausoleum of Atatürk and Fatih Mosque in Istanbul" and demanded the court to hear those persons relying on that they had testified under torture certified by the reports of Forensic Institute. The court rejected the demand. The indictment wants Metin Kaplan to be sentenced to life imprisonment for 13 incidents including "inciting the persons who planned attacks to Mausoleum of Atatürk and Fatih Mosque in Istanbul". (Milliyet)

Newroz Celebrations... M.A. (11), who had been arrested on the grounds that he had involved the burning of Turkish flag during Newroz celebration in Mersin on 21 March, was released on 4 April. Mersin Penal Court of First Instance No 2 rejected the demand for the release of 5 children who had been arrested for the same reason on the grounds that the incident led to anger in the society. (Özgür Gündem)

Clashes and Attacks in the Southeast... According to the announcement by Sirnak Governorate 9 HPG militants and a non-commissioned officer Mustafa Civelek were killed during the clash on 2 April. During another clash in Sirnak the HPG militant Selim Nas was killed recently. (Cumhuriyet-Özgür Gündem)

April 4, 2005

Killings by Unidentified Assailants... Public Prosecutor in Diyarbakir launched a court case against 8 persons relying on the confessions of PKK member Abdülkadir Aygan. The confessions of Aygan on the crimes including killings by unidentified assailants committed by the officials and confessors in the 1990s in the Region Under State of Emergency had been published on the daily Özgür Gündem. Upon confessions the corpse of Murat Aslan had been found in October 2004 nearby Kötük village in Silopi district of Sirnak and a group of lawyers had made an official complaint. The indictment wants the defendants Abdülkadir Aygan, retired commander Abdülkerim Kirca, non-commissioned officer charged at Siirt Gendarmerie HQ Ugur Yüksel, Mahmut Yildirim (known as "Yesil [Green]"), Muhsin Gül, Fethi Çetin, Kemal Emlük charged at Diyarbakir Security Directorate and his wife Saniye Emlük charged at Diyarbakir Military Office to be sentenced for "forming a gang to commit crime and intentional killing". In the indictment officially denied gendarmerie intelligence service JITEM was described as "a so-called organisation killing, abducting persons in the name of state by using extralegal ways, committing theft against those persons who were allegedly in connection with PKK and in favour of themselves". It was also stressed that there was a HQ for JITEM in Diyarbakir. According the indictment the orders had been given by Abdülkerim Kirca and the defendants were charged with 8 killing between 1992 and 1994. HEP member Harbi Arman (January 1992), Zana Zugurlu (October 1993), Lokman Zugurlu (October 1993), Youth Commission Chair for former SHP in Diyarbakir Servet Aslan (September 1994), member of the same commission Sahabettin Latifeci (September 1994), Ahmet Ceylan (October 1994), Siddik Etyemez (October 1994), Abdülkadir Çelikbilek (December 1994). Abdülkerim Kirca was reportedly given "State Pride Medal" in 2004. In the case at Diyarbakir Heavy Penal Court No 3 where Abdülkadir Aygan is on tiral for similar charges it was revealed that Abdülkadir Aygan was registered as killed during a clash in the recording of state register. It was also revealed that the defendant Fethi Çetin (a confessor) had been expelled from Turkish citizenship, the confessors Hüseyin Tilki and Ali Ozansoy were also registered as dead. Abdülkadir Aygan had been also tried for torture when he had been on duty with the name "Aziz Turan" at the gendarmerie station in Bucak district of Burdur. (3 April, Milliyet-Radikal)

Hezbollah Trial... On 1 April, Diyarbakir Heavy Penal Court No 6 sentenced Kaan Aktas, Mehmet Salih Aslan, Abdurrahim Hasimi Günes, Hayrettin Demir, Abdurrahim Orhan, Seyhmus Ugur, Sait Özbey, Adnan Aktas, Mehmet Kadri Can, Ibrahim Güler, Mehmet Serif Bayindir, Zeki Sinego, Selami Sevim, Seyfettin Agirman, Mehmet Ziya Gümüs, Hayrettin Sayik, Selman Dil, Ömer Saruhan, Mehmet Mahsun Demir, Mehmet Besir Demir, Mahmut Avci and Asim Sinego to life imprisonment under the Article 146/1 TPC. They were tried for "being member of Hezbollah and killing of 91 persons during armed attacks in Mardin, Batman and Sirnak". The files of 5 defendants in this case were separated and sent to Children Court on the grounds that they were under 18 on the date of the crime. The cases against 18 defendants for "aiding an illegal organisation" were dropped for the lapse of time. (3 April, Milliyet)

Armed Attack Against EMEP Premises... Tolunay Bostanci who organised an armed attack against the EMEP head office on 26 February reportedly surrendered to Ankara Security Directorate. Bostanci was arrested on 1 April. (2 April, Evrensel)

Detentions and Arrests... 78 persons, including 3 German, who were detained on 31 March in Derik district of Mardin, were released on 1 April. Daniel Hübnev, Martin Dolzer and Christoph Kolaczkowski were deported. Since the remaining 70 persons wanted to go to Derik they were detained. They were reportedly beaten by the gendarmerie soldiers. 27 of them were arrested on 3 April. 24 persons who wanted to go to Sirnak from Adana were detained on 31 March. On 1 April they were released, but since they wanted to go to Sirnak they were detained once again. 2 persons who put a placard saying freedom to headscarf and a flag on Ankara Castle were detained on 1 April. (3-4 April, Özgür Gündem)

Clashes and Attacks in Southeast... One village guard was killed, one officer, 2 privates and one village guard were wounded during a clash on 1 April nearby Güzeldere village in Genç district of Bingöl. The HPG militant Nusret Bali, who was killed during the clash on 26 March nearby Çay village of Derik district (Mardin), was allegedly killed after he was captured alive. His brother Halil Bali announced that Nusret Bali was unarmed and was shot from close distance. (3 April, Cumhuriyet-Özgür Gündem)

April 1st, 2005

Lawyers on TrialŠ On 29 March Diyarbakir Heavy Penal Court No.4 started to hear the case against Irfan Dündar and Mahmut Sakar, lawyers of Abdullah Öcalan, launched on the allegations of "being members of illegal organization". The court adjourned the hearing for the taking the testimonies of Irfan Dündar and Mahmut Sakar in Istanbul. (Milliyet)

Mayor and Lawyers on TrialŠ Ankara Heavy Penal Court No.11 concluded the case against Mayor for Yüksekova district Salih Yildiz, Lawyers Irfan Dündar and Mahmut Sakar launched in connection with their speeches during a programme on MED TV in 1999. The court acquitted the defendants. The indictment wanted the defendants to be sentenced for "making propaganda of illegal organization". (Cumhuriyet)

Newroz CelebrationsŠ A court case was launched against juveniles who allegedly attempted to burn the Turkish flag during the Newroz celebration in Mersin on 21 March. The indictment wants the juveniles C.S. (12), M.A. (12), F.B. (13), V.S. (14) to be sentenced for the charges of "insulting Turkish flag (TPC 145), praising criminal act (TPC 312), staging uinauthorized demonstration and resisting police". The indictment put that the juveniles S.S. (16) and E.B. (17) should be sentenced for "staging unauthorized demonstration" and under the Article 312 TPC. The case would be held by juvenile court. (Radikal)

Detentions and ArrestsŠ 78 persons including 3 German citizens who call themselves "human shields" demanding Turkish troops to stop the military operations in Southeast and East Anatolia" were detained in Derik district of Mardin on 31 March. Haluk Özdogan, Recep Kabak, Mustafa Güler, Hakan Bolat, Bülent Kursun, Sefa Karsli, Isa Aydin and Aydin Adak, who were detained in Istanbul on the allegation of "being members of radical Islamist organization Hizb-ut Tahrir, were arrested on 31 March. Cevat Tandogan (28), Bülent Çalis (19), Erdal Delibay (20) and P.Y. (17), who were detained for tearing Turkish flag in Salihli district of Manisa, were arrested on 31 March. The juveniles H.E.K (16) and C.Ç. (16) were released. (Cumhuriyet-Milliyet)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Un journaliste d'origine arménienne jugé en Turquie pour avoir "insulté les Turcs"

Un tribunal turc a commencé jeudi à juger un journaliste turc d'origine arménienne qui est accusé d'avoir "insulté les Turcs" dans des propos tenus il y a trois ans lors d'une conférence, a rapporté l'agence de presse semi-officielle Anatolie.

Hrant Dink, rédacteur en chef de l'hebdomadaire en langue arménienne Agos, risque une peine de prison de trois ans s'il est reconnu coupable par la cour de Sanliurfa, ville du sud-est anatolien où la conférence sur les droits de l'Homme et les minorités avait eu lieu, précise l'agence.

L'accusé, qui n'était pas présent à l'audience, a indiqué à l'AFP par téléphone depuis son bureau à Istanbul que le procès a dû être ouvert en raison d'une réponse à une question qui lui a été posée lors de la réunion sur ce qu'il ressentait pendant l'école primaire lorsqu'il récitait un serment que tous les élèves sont tenus de réciter chaque matin.

Cette prose patriotique commence par les lignes: "je suis turc, je suis honnête, je suis travailleur".

"J'ai répondu que j'étais un citoyen turc mais un Arménien. Et bien que je soit honnête et travailleur, je n'étais pas turc mais arménien", a expliqué le journaliste.

Il a précisé qu'il avait aussi critiqué un vers de l'hymne national turc qui évoque "ma race héroïque".
 "J'ai expliqué que je ne souhaitais pas chanter ce vers car je suis contre l'usage du mot race qui prête à une forme de discrimination", a-t-il ajouté.

Elargir les droits des minorités est l'une des questions que la Turquie doit régler avant d'adhérer à l'Union européenne. (AFP, 28 avril 2005)

Le Monde: "En Turquie, le déni à l'oeuvre"

Il existe dans certaines bibliothèques turques des livres du Britannique George Orwell. C'est une bonne chose. La Turquie a de belles traditions, depuis qu'au XIIIe siècle Nasreddine Hodja dispensait sa sagesse à qui voulait l'entendre. Un jour qu'il cheminait assis à l'envers sur son âne, il rétorqua aux villageois interloqués: "C'est l'âne qui est dans le mauvais sens."

Mais la Turquie contemporaine ne médite pas assez les histoires de Nasreddine Hodja. C'est pourquoi la lecture d'Orwell, plus moderne, peut lui être profitable.

Non que la Turquie manque de grands écrivains. Nazim Hikmet et Orhan Pamuk lui ont taillé une place à sa mesure dans les lettres internationales. Seulement, elle les apprécie moyennement. Ainsi, en mars 2002, le ministre de l'intérieur a demandé qu'Hikmet soit rayé à titre posthume des registres de l'état civil, afin de parfaire la décision administrative prise du vivant du poète, en 1959, de le priver de sa nationalité turque. Pour que la mesure soit entière, que le passé se conforme au présent, il fallait qu'il ne soit plus né turc.

Les vérités de Nazim Hikmet heurtaient autrefois les oreilles des militaires et des fonctionnaires gouvernementaux : "Les lampes de l'épicier Karabet sont allumées/Le citoyen arménien n'a jamais pardonné/Que l'on ait égorgé son père/Sur la montagne kurde/Mais il t'aime/Parce que toi non plus tu n'as pas pardonné/A ceux qui ont marqué de cette tache noire/Le front du peuple turc."

Le poète mourut en exil. Les vérités d'Orhan Pamuk (lire ci-dessous) sur le génocide des Arméniens et la répression des Kurdes irritent aujourd'hui les tympans des officiers et des officiels, déclenchant, comme par automatisme, les "Deux minutes de la haine". "Pamuk a fait des déclarations sans fondement contre l'identité turque, les militaires turcs et la Turquie dans son entier", s'est emporté l'un de ses procureurs, tandis qu'une figure de l'Union des historiens n'hésitait pas à qualifier le rappel du massacre d'un million d'Arméniens en 1915 de "grand mensonge". Le quotidien Hürriyet a traité l'écrivain de "misérable créature".

Les "Deux minutes de la haine" étaient dans 1984 la manifestation rituelle d'orthodoxie politique et d'allégeance au gouvernement à laquelle tout citoyen devait sacrifier. Dès l'apparition sur un télécran du traître, de celui qui réclamait la liberté, chacun, en une "hideuse extase", se devait de hurler à la mort. Tel était le mode de fonctionnement d'une société totalitaire qui avait détruit son passé pour le remplacer par la Cause nationale obligatoire. Et tous, à de rares exceptions, communiaient dans cette Cause, où le présent commandait au passé.

1984 a été considéré, à juste titre, comme le roman exemplaire d'un monde auquel il était vital d'échapper. La conjoncture l'a longtemps identifié au seul modèle soviétique. C'est une erreur. L'Etat turc emprunte bien des traits à cet Etat de fiction. La Turquie officielle s'est défini de grandes Causes nationales qui demeurent foncièrement étrangères à toute rationalité démocratique : la négation du génocide arménien de 1915, la négation de la question kurde, le refus de reconnaître Chypre.

Ces trois thèmes, qu'à une autre époque on aurait dits constitutifs d'une idéologie impérialiste, forment le ciment d'un illusoire socle national.

Pendant que Pamuk était voué aux gémonies, les agences de presse annonçaient que "la gauche turque", représentée par l'ancien parti unique kémaliste, était prête à s'associer au gouvernement "pour contrer la propagande arménienne". De cette convergence est né le projet insensé d'interpeller la Grande-Bretagne sur la validité du "Livre bleu", recueil de documents et de témoignages sur l'extermination des Arméniens, publié en 1916. "Cela fait, la Turquie passera de la position d'accusée à celle de plaignante", a commenté un député d'Istanbul.

Mieux, le chef du Parti des travailleurs, issu de la mouvance communiste, a annoncé que son parti avait mené des recherches dans les archives soviétiques et qu'il y avait trouvé la preuve que "les allégations selon lesquelles la Turquie aurait perpétré un "génocide" contre les Arméniens durant la première guerre mondiale ne sont pas vraies".

On se figure ces marxistes-léninistes allant vérifier à Moscou si un génocide a bien eu lieu en Turquie en 1915... Ces étonnants hérauts des travailleurs concluent en déposant une gerbe sur le monument dédié à Talaat Pacha, principal responsable de l'extermination des Arméniens.

Comme dans tous les cas de génocide, des unités spéciales avaient été constituées pour le meurtre de masse. Ces bandes, appelées "Organisation spéciale", étaient dirigées notamment par un médecin idéologue du nettoyage ethnique, le docteur Behaeddine Chakir. Il donnait les ordres sur le terrain : "Qu'il ne reste plus d'Arméniens !/Egorger les grands/Choisir les belles/Déporter les autres." Condamné à mort par contumace en 1920 par un tribunal ottoman, cet exécuteur du génocide tomba sous les balles d'un justicier arménien en 1922, à Berlin, comme Talaat Pacha un an plus tôt.

Aujourd'hui, le président du département d'histoire de la médecine et d'éthique médicale de la faculté d'Istanbul réclame que ses restes soient ramenés en Turquie, afin qu'honneur leur soit rendu. Imagine-t-on les responsables de la faculté de médecine de Berlin demander au Brésil le rapatriement des restes du docteur Mengele, afin de lui rendre hommage? Imagine-t-on que le ministère allemand de la culture ouvre un site Internet comportant une rubrique "assertions juives et vérité"?

En Turquie, celui du ministère de la culture et du tourisme contient des pages "assertions arméniennes et vérité". La pathologie négationniste qui affecte la société turque, en partant du sommet de l'État, prend des formes inouïes.

Cependant, la science avance à grands pas. Le ministère de l'environnement et des forêts a découvert avec stupéfaction que certains animaux sauvages refusaient de se conformer à la Loi nationale et étaient entrés en dissidence. Ainsi en est-il du renard rouge Vulpes Vulpes Kurdistanica, du chevreuil Capreolus Capreolus Armenus et du mouflon Ovis Armeniana. Cette déviation intolérable vient donc d'être rectifiée. Le renard rouge s'appellera désormais Vulpes Vulpes, cessant d'être kurde (bien qu'il reste rouge). Le chevreuil transformé en Capreolus Cuprelus Capreolus et le mouflon en Ovis Orientalis Anatolicus cesseront d'être arméniens. Les noms anciens, indique le nouveau ministère de la Vérité naturelle, avaient été choisis par des scientifiques étrangers dans le but délibéré de "menacer l'intégrité de l'Etat".

La Ferme des animaux n'est pas démodée. Elle existe. Son septième commandement, devenu unique, y est strictement appliqué : "Tous les animaux sont égaux. Mais certains le sont plus que d'autres."

Et l'âne persiste à marcher dans le mauvais sens. (Le Monde, 23 avril 2005)

Le haka, danse des Maoris, jugé "obscène" et interdit par Ankara

Les autorités turques ont jugé "obscène" et interdit le haka, danse rituelle du peuple maori, que devaient exécuter des Néo-Zélandais lors des cérémonies marquant le 90e anniversaire de la bataille des Dardanelles, affirme samedi la presse turque.

Selon le quotidien Aksam, les autorités d'Ankara ont "prié" leurs homologues néo-zélandaises de ne pas envoyer cette année la troupe qui interprète cette danse de guerre à Gallipoli, dans le nord-ouest de la Turquie, où se sont déroulés les combats de 1915.

"Excès de zèle", titre à la Une le journal libéral Vatan, qui dénonce la décision du bureau du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan d'interdire le haka pour le 90e anniversaire de la bataille.

Les années précédentes, le haka avait été dansé même au palais présidentiel à Ankara.

Le haka, où les mots sont criés de manière menaçante, constitue un élément fondamental de leur identité nationale des Néo-Zélandais, qu'ils soient maoris, métis ou anglo-saxons.

Quelque 11.000 soldats australiens et néo-zélandais de l'Anzac (Australia and New Zealand Army Corps) ont péri aux côtés de troupes britanniques, françaises et indiennes au cours de la campagne de Gallipoli, dans un vain effort pour s'emparer du détroit stratégique des Dardanelles et pouvoir menacer Istanbul, capitale de l'empire ottoman.

Environ 86.000 soldats turcs ont été tués au cours de cette bataille, qui a duré près de huit mois.

Chaque année en avril, des milliers d'Australiens et de Néo-zélandais visitent le site de Gallipoli, où se déroule le 25 avril la "cérémonie de l'aube".(AFP, 23 avril 2005)

Les éditeurs condamnent les attaques à l'encontre d'Orhan Pamuk

Orhan Pamuk, l'un des auteurs turcs les plus connus à l'étranger, a récemment fait l'objet de menaces de la part d'extrémistes qui ont lancé un appel au retrait de ses livres des bibliothèques et, ont parfois, semble-t-il brûlé ses livres. Les attaques contre Orhan Pamuk font suite aux déclarations qu'il a faites le mois dernier dans un journal suisse. Ces détracteurs voient dans ces commentaires des propos anti-turcs.

L'UIE, l'association mondiale des éditeurs, condamne fermement ces attaques délibérées à l'endroit d'un des écrivains turcs les plus connus à l'étranger et appelle les autorités turques à en faire de même publiquement. .

La presse turque a indiqué la semaine dernière que les livres d'Orhan Pamuk avaient été brûés dans un rassemblement pour le "respect du drapeau" à Bilecik, une localité située à 313 kilomètres à l'ouest d'Ankara. La manifestation a eu lieu suite à une tentative visant à brûler le drapeau turc quelques jours auparavant dans la ville de Mersin. Un représentant de l'AKP et un représentant du CHP auraient pris part à la manifestation de Bilecik.

Peu après cet incident, un administrateur local d'Isparta, dans le centre-sud de la Turquie, a adressé une circulaire à l'ensemble des bibliothèques publiques, leur ordonnant de retirer les livres de Pamuk. Le fait que l'ordre de saisie ait rapidement été annulé par le gouverneur d'Isparta, qui a déclaré à la presse le 30 mars dernier que la directive avait été "mal comprise", fait peu pour diminuer les inquiétudes selon lesquelles un climat d'hostilité est en train d'émerger à l'encontre des écrivains et des éditeurs qui abordent des sujets "tabou". Il semblerait que ceux qui attaquent les écrivains, les éditeurs et leurs travaux en Turquie peuvent le faire en toute impunité.

Le 2 avril 2005, un certain nombre de syndicats et d'associations d'Isparta ont organisé une manifestation contre Pamuk. Lors de cette manifestation, une photographie de lui a été déchirée en morceaux. Ces derniers ont été jetés dans des poubelles. Les manifestants ont par ailleurs réclamé que Pamuk soit jugé et ont menacé d'autrs rassemblements dans les jours suivants. Il semble peu probable, à ce stade, que le climat d'hostilité et de menance à l'encontre de Pamuk aille en s'amenuisant.

Lars Grahn, Président du Comité liberté de publier de l'UIE, déclare: "Le silence des autorités turques sur cette question grave est assourdissant".

Ana Maria Cabanellas, Présidente de l'UIE ajoute: "L'UIE estime qu'il est du devoir des autorités turques, dans l'esprit de ses engagements internationaux, de condamner ces actes de terreur à l'encontre d'Orhan Pamuk avec la plus grande fermeté". (UIE, krikorian@ipa-uie.org, 13 avril 2005)

RSF: Le Premier ministre turc n'apprécie pas la satire

 Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a gagné, le 5 avril 2005, un procès en diffamation à l'encontre du journaliste Fikret Otyam. Ce dernier doit lui verser 2 835 euros de dommages et intérêts. C'est au moins la quatrième fois depuis décembre 2004 que R.T. Erdogan intente un procès à l'encontre d'un journaliste.

Reporters sans frontières s'insurge contre cet acharnement judiciaire du Premier ministre turc à l'encontre des journalistes le brocardant. « La liberté d'expression et la liberté de la presse, principes fondamentaux des standards juridiques européens, ne peuvent souffrir de restrictions. Les journalistes turcs, à l'image de leurs confrères européens, doivent pouvoir tenir des propos satiriques à l'encontre des autorités turques, sans craindre d'être systématiquement poursuivis en justice. Ils risquent, sinon, de pratiquer une autocensure très nuisible à la liberté de la presse », a déclaré l'organisation.

Fikret Otyam, également peintre célèbre et âgé aujourd'hui de 79 ans, avait publié récemment, dans l'hebdomadaire Aydinlik, un article sarcastique qui se moquait de la politique du Premier ministre turc concernant l'adultère. La phrase incriminée était la suivante : « Recep a abaissé avec succès le débat (sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne) au niveau de l'entrejambe ». Le Premier ministre, n'ayant visiblement pas un très grand sens de l'humour, a saisi en diffamation la 13e chambre tribunal de police d'Ankara, qui lui a donné raison dans un arrêt daté du 5 avril.
Le Premier ministre a également intenté plusieurs procès à la fin du mois de mars à l'encontre de Penguen, un hebdomadaire satirique, pour une caricature, datée du 24 février 2005 et intitulée « le monde de Tayyip », dans laquelle il était représenté sous la forme de divers animaux. Recep Tayyip Erdogan réclame à Penguen pas moins de 24 000 euros de dommages et intérêtes.

Recep Tayyip Erdogan avait déjà auparavant porté plainte contre deux dessinateurs. Pour avoir caricaturé en chat la tête du Premier ministre, Musa Kart, caricaturiste du quotidien républicain de gauche Cumhuriyet, avait été condamné, le 21 décembre 2004, par la
8e chambre du tribunal correctionnel d'Ankara, à une amende d'environ 3 000 euros.

Le Premier ministre turc avait également déposé une plainte pour diffamation contre le caricaturiste Sefer Selvi, qui avait représenté Cûneyt Zapsu, son conseiller, sur le dos du chef de l 'exécutif, pour le quotidien de gauche Günlük Evrensel. Le procès est toujours en cours.

Ces divers procès intentés par le Premier ministre, qui s'affirme pourtant déterminé à accroître les libertés en Turquie en vue de sa future adhésion à l'Union européenne , ont entraîné une vague de protestations très vives dans la presse turque. (RSF europe, 7 avril 2005)

IFJ/EFJ Calls for Changes in New Penal Code in Turkey

IFJ/EFJ General Secretary Aidan White addressed on April 6, 2005, the following protest letter to the Turkish Prime Minister:

"The International Federation of Journalists (IFJ), representing over 500,000 journalists across the globe, along with its regional partner the European Federation of Journalists, welcome the recent parliamentary decision to postpone the entering into force of the Penal Code, and are now calling on your Government to implement the necessary changes within this law to protect the core principles of press freedom and freedom of expression in Turkey.

"We are writing to you in line with the landmark declaration by an IFJ international conference held this weekend in Bilbao, Spain, on Journalism, War and Civil Liberties, in order to express our deep concern over the potential of this law to sacrifice civil liberties in the defense of public safety.

"As you are aware, on 31 March the Parliament decided to defer a final decision until 1 June regarding the passage of a law which would be detrimental to the ability of our Turkish colleagues' carry out their work free from external pressures.

"Over 25 articles within the law are set to restrict the rights of our Turkish colleagues to report freely and in particular may lead to the arbitrary prosecution of journalists and media with a dramatic increase in jail terms from 6 months up to 5 years.

"We find such proposed changes to the legal system under your regime absolutely unacceptable and if not repealed would clearly point to an open policy of intimidation and censorship against the free press in Turkey.

"While we recognize the reality of a world that has changed since September 11, 2001, we are adamant that all restrictions on journalists' freedom of movement, pressure on them to reveal sources of information and manipulation of media by political leaders on security issues are illegal and directly in contradiction of European and International standards.

"With Turkey due to enter into formal talks regarding full membership of the European Union on 3 October this year, a failure to adhere to the basic legal principles of the EU would cast a shadow over any potentially successful integration procedures.

"We are therefore calling on your Government to act immediately in order to amend these articles within the Penal Code and to eradicate the use of prison sentences against journalists.

"We are backing some 15 journalists associations in the leadership of our affiliate the Turkiye Gazeteciler Sendikasi (TGS), in their just demands to deal with the specific threats currently posed by these articles as laid down in a letter sent to your office on 15 March and further supported by a series of demonstrations carried out during the last two weeks.

"Your government has a moral, legal and ethical obligation to ensure the democratic progress of your country and we urge you to ensure the full respect for and adherence to the key role of a free and independent press in this process." (IFJ, April 7, 2005)

International PEN's reaction against attacks on Orhan Pamuk

Orhan Pamuk, one of Turkey's most well known and internationally acclaimed authors, has in recent days suffered threats from extremists calling for his books to be seized from public libraries and, in some cases, burned. Pamuk is under attack for comments he made to a Swiss newspaper in March 2005, which have been interpreted by his detractors as anti-Turkish. Debate in the Turkish media has been fierce, with articles both supporting Pamuk and condemning him.

International PEN is dismayed that these blatant attacks against one of Turkey's most famous writers have not been condemned by the authorities. Their silence is puzzling given that the government has taken measures to redress through legislative change its past poor record on human rights. Recently, the Turkish government ordered the postponement of the enactment of a new Penal Code, which was set to come into force on 1 April, until 1 June. The move is to allow for consideration of criticism by non-governmental groups, including PEN, that the law still contains significant flaws, notably on the protection of freedom of expression (see IFEX alerts of 1 April and 23 March 2005, 21 December and 6 October 2004).

Yet in the same week the Turkish press reported that Pamuk's books had been burned during a "Respect the Flag" rally in Bilecik, some 150 km south of Istanbul, in protest over the burning a few days earlier of the Turkish flag during Kurdish New Year festivities. Soon after this incident, a local administrator in Isparta, south-central Turkey, ordered the seizure of Pamuk's works from all public libraries. It was subsequently discovered that no library in Isparta has Pamuk's work on its shelves. The fact that the seizure order was quickly cancelled by the Regional Director of Isparta, who told the press on 30 March that the directive had been "mistaken", does little to assuage concerns that a climate of hostility is emerging against writers who comment on "taboo" topics. It would appear that those who attack writers and their works in Turkey can do so with impunity.

On 2 April, a number of Isparta-based trade unions and associations held a demonstration against Pamuk, during which his photograph was torn to pieces and thrown into litter boxes. The demonstrators called on the prosecuting authorities to bring Pamuk to trial, threatening to hold further rallies in the coming days. There appears to be little likelihood of an early easing of the climate of hostility and threats against Pamuk.

Inscribed in a memorial to those who died at the Dachau concentration camp during World War Two are the words of the German poet Heinrich Heine, written over a century earlier: "Wherever they burn books they will also, in the end, burn human beings." With this warning in mind, PEN notes that it is essential that the Turkish authorities at the highest level publicly condemn the attacks against Pamuk's works, making it clear that the seizure and destruction of books will not be tolerated.

RECOMMENDED ACTION:

Send appeals to authorities:
- calling for official condemnation of the attacks against Pamuk
- calls on the authorities to use the two-month postponement of the enactment of the new penal code to remove from its remit all articles that allow for writers to be brought before the courts for having written on topics or expressing views that are contentious. (WiPC/IFEX, 6 April 2005)

APPEALS TO:

Prime Minister Racep Tayyip Erdogan
TC Easbaskanlik
Ankara, Turkey
Fax: +90 312 417 0476

Cemil Cicek
Minister of Justice
TC Adalet Bakanligi
Ankara, Turkey
Fax: +90 312 417 3954

Erdogan gagne un procès en diffamation contre un journaliste

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, accusé de s'attaquer ces derniers temps à la presse, a gagné mardi un procès en diffamation contre un journaliste connu qui avait critiqué ses efforts en faveur d'une pénalisation de l'adultère, rapporte l'agence de presse Anatolie.

Le tribunal a condamné Fikret Otyam, un ancien grand reporter aujourd'hui peintre de renom âgé de 79 ans, à verser 5.000 nouvelles livres turques (3.650 dollars, ou 2.835 euros) de dommages et intérêts à M. Erdogan, pour des critiques rédigées sur un ton humoristique.

Récemment, un caricaturiste turc a été condamné à une amende pour avoir dépeint le Premier ministre sous les traits d'un chat emmêlé dans une pelote de laine, symbolisant les efforts infructueux de M. Erdogan pour faire passer une loi facilitant l'entrée des étudiants issus de lycées religieux dans les universités.

M. Erdogan a également lancé fin mars des poursuites contre un magazine l'ayant caricaturé sous la forme de divers animaux.

Ces démarches de M. Erdogan ont soulevé une vague de critiques dans la presse, qui s'est interrogée sur la sincérité des propos d'un chef de gouvernement s'affirmant déterminé à accroître les libertés en Turquie pour faciliter l'entrée du pays dans l'UE. (AFP, 5 avril 2005)

Orhan Pamuk's photograph torn to pieces

While some trade unions and nongovernmental organizations in Isparta's Sütçüler district have protested internationally acclaimed writer Orhan Pamuk, many people and groups including publishers' association and some columnists have expressed their support for the writer, reported news agencies.

Seven trade unions and five associations held a joint press conference yesterday in Isparta's Sütçüler district, where they tore photographs of Pamuk to pieces and threw them into a litter box.

"So-called writer Orhan Pamuk is drinking this country's water and eating its bread but making statements supporting the claims of Armenian lobbies. We are calling for public prosecutors to act on his words," said Sebahattin Öztürk at the joint press conference, reported the Dogan News Agency.

The Sütçüler Tradesmen's Chamber has announced that they will hold a rally on April 12 to show their support for the Turkish flag and protest Pamuk. Talking to the Anatolia news agency, the chambers chairman Muharrem Öztut said they will not burn the books of Pamuk during the rally.

Previously, the local administrator of Isparta's Sütçüler district, Mustafa Altžnpžnar, had issued a directive to all state libraries under his jurisdiction ordering the seizure and destruction of all books written by Pamuk, for Pamuk's statements about the alleged Armenian genocide.

During an interview with Swiss daily Tagesanzeiger, Pamuk said, "Some 30,000 Kurds and 1 million Armenians were killed in Turkey. No one dares to speak about this but me."

Publishers' association backs Pamuk

Holding a press conference on Thursday, Turkish Publishers' Association (TYB) Chairman Metin Celal said they condemn the directive issued by the Sütçüler's local administrator. "The local administrator acted not as a representative of a legal state but as if he were the sultan of the district," said Celal, adding, "The administrator, who is in charge of enforcing the law, acted illegally in this incident."

Kurdish Democracy, Culture and Solidarity Association (Kürd-Der) Diyarbakžr spokesman Ibrahim Güçlü criticized the act of the local administrator against Pamuk's books and said that everyone should be sensitive to the increasingly chauvinistic and nationalistic tendencies among people, reported Dogan. (Turkish Daily News, April 3, 2005)

Orhan Pamuk and the custom of burning books

Human rights activist Sanar Yurdatapan's press release:

Chauvinistic frenzy over writer Orhan Pamuk's statement to a Swiss newspaper has culminated in a young administrative district official's (kaymakam) campaign to confiscate and burn books(*). As an organization of Turkish writers we feel sad and ashamed for having to respond to such primitive acts as in these days we should be dealing with the restrictions brought about by the new Penal Code.

It might be possible that this very young official so enthusiastic to confiscate and burn books was inspired by Hitler's 'Mein Kampf' which is rumoured to be a bestseller recently. But the fact that he could forget all that he studied to become a kaymakam so fast shows the speed and extent of the damage that facist ideas can make on human mind and this is sad.

Which ever angle we approach the incident we come across saddening consequences.

From the official's point:
Does not this young man know that "wrongfuly seizing an authority" normally in the hand of the courts is a crime? Does he not know that with his actions he has committed "misconduct"?
Obviously he does not, he told the reporters: "I have no regrets. Have I done anything wrong?" No he does not know, and "he does not know that he does not know" which is even worse.

From the State's point:
The only act of the governor on the issue was stating that "A wrong decision was made and it was corrected". No, it was not a simple mistake made by a minor official. This person should have been removed from office immediately and should not be employed in similiar positions in the future. If he keeps his position this will encourage others.

This was the incident that the top of the state should have responded to. After the jingoistic frenzy they caused by overracting to the dubious incident where two children threw Turkish flag on the street, this was an opportunity for them to show that they regretted that. (**)

From the point of our cultural life:

Another sad thing brought up by the witchhunt is that after all that search not one single book of Orhan Pamuk was found in the district. So our social ignorance saved us from the humiliation of appearing on the TV channels of the world burning books.

There are libraries in the town but none of them has a single copy of Orhan Pamuk's books. So what do these libraries have? Orhan Pamuk is our most popular young writer at the moment with a worldwide recognition. What sort of libraries are they if they do not have a single copy of his books? Indeed what do they have in those libraries?

Who decides what to buy for our libraries? What is the budget for this?

Whichever angle we approach the issue it is a big scandal.

(*) In an interview with a Swiss magazine, Orhan Pamuk said that 1.000.000 Armenians and 30.000 Kurds were killed in Turkey. Those words have been the excuse for a chauvenistic media campaign against him. He was threatened to be killed by nationalists. A district governer in province Isparta has sent a written order to all officials, to search, confiscate and burn all his books. "All the books of this Minority Nationalist(!) named Orhan Pamuk -defined as a writer- are to be destroyed immediately. But no book was found, even in public libraries.

(**) During the Newroz fest demonstrations in district Mersin, a little child (12) was seen on TV screen while trying to destroy Turkish flag. This childish event (while 250.00 people celebrated Newroz peacefully in Diyarbakir) has been used as an excuse for a nationalistic "flag campaign". The president, Chief of Staff and top officials provoked people against those "traitors who insulted our flag". The mass media also supported. Nationalist demonstrations were organized all around Turkey for weeks. (Sanar Yurdatapan, April 1st, 2005)

Le président rejette une loi autorisant la vente d'une chaîne TV aux étrangers

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a mis son veto jeudi soir à une loi autorisant la vente totale d'une chaîne de télévision privée à des investisseurs étrangers, estimant que cela serait contraire aux "intérêts nationaux", a annoncé son service de presse.

La loi adoptée le 16 mars à l'Assemblée nationale modifiait les clauses d'une loi précédente stipulant que les firmes étrangères ne peuvent acquérir plus de 25% des parts d'une chaîne.

Ainsi les sociétés étrangères pouvaient posséder l'ensemble des parts d'une chaîne de télévision, selon la nouvelle loi.

"Cette situation n'est pas compatible avec les intérêts nationaux et l'utilité publique", a estimé le chef de l'Etat dans un exposé de douze pages détaillant son opposition à cette loi du parti de la Justice et du Développement (AKP), au pouvoir.

Lors des débats au parlement, certains députés de l'AKP avaient voté contre le projet, estimant que l'acquistion totale d'une chaîne de télévision par une où plusieurs sociétés étrangères créerait des problèmes.

Le gouvernement a fait passer cette loi pour pouvoir notamment vendre la chaîne de télévision Star qui appartenait à la famille Uzan, impliquée dans un gros scandale financier. Cette chaîne qui émet au niveau national est aujourd'hui sous tutelle de l'Etat.

Magic Box, rebaptisée Star, avait été la première chaîne privée turque en 1990.

Le président de la République ne peut mettre son veto qu'une seule fois aux lois qui lui sont présentées. Si le Parlement adopte de nouveau cette loi dans les mêmes termes, M. Sezer sera contraint de la promulguer, mais il pourra encore saisir la cour constitutionnelle. (AFP, 1er avril 2005)

Kurdish Question / Question kurde

"Les opérations de l'armée turque peuvent provoquer de nouveaux exodes"

L'association Göç-Der, qui travaille sur 7 villes, a décidé réunir son travail sous le chapiteau de la Plate-forme de l'exode. Cette plate-forme, qui dans sa première déclaration, a attiré l'attention de tous sur les probables exodes qui allaient résulter des opérations militaires de l'armée turque.

Les présidents des sept associations Göç-Der, qui travaillaient indépendamment jusqu'à présent, ont rendu public leur jonction sous la direction de la plate-forme de l'exode, dans un communiqué fait par le porte-parole de l'association, Sefika Gürbüz, à l'occasion d'un rassemblement à Batman.

Gürbüz, dans sa déclaration, a fait part de l'intérêt de leur association pour l'exode et plus particulièrement pour l'exode forcé, qui a atteint des limites dangereuses rappela-t-elle.

La dernière réunion en session ordinaire de l'assemblée nationale, montre que le point de vue de l'Etat face à l'exode, n'a pas changé remarque Gürbüz:

"Lors de cette réunion, le fait que le Premier ministre Erdogan puisse évoquer un visa d'une ville à l'autre afin de contrôler l'exode des kurdes est très inquiétant" précise-t-elle.

Soulignant le fait que l'exode forcé soit complètement dépendant de la question kurde, Gürbüz : répondre à la question kurde par une politique de rejet et d'oppression, créera une nouvelle vague d'exode.

Gürbüz a demandé la fin des opérations militaires, l'abolition du système des protecteurs de villages, la protection des personnes qui retournent dans leurs villages, la reconstruction des villages brûlés et détruits et la création de crédit pour les villageois voulant recommencer la production agricole." (RojTV, 28 avril 2005)

L'avocat de Leyla Zana critique la cour chargée de la rejuger

Un des avocats de Leyla Zana a accusé vendredi la cour chargée de rejuger à Ankara cette militante des droits des Kurdes de Turquie et trois de ses compagnons d'être inéquitable et d'avoir recours à des manoeuvres dilatoires.

Les juges utilisent les mêmes procédures invalides qui ont conduit à ce nouveau procès, a déclaré après la quatrième audience Yusuf Alatas, qui assure la défense de Mme Zana et de trois autres anciens députés accusés de collaboration avec un groupe séparatiste kurde armé.

L'avocat a affirmé avoir demandé au ministère public de clarifier les charges pesant sur ses clients, de modifier l'acte d'accusation et les preuves soumises à la cour au regard des réformes adoptées récemment pour aligner le droit pénal turc sur les normes européennes.

"La cour n'a pas progressé d'un centimètre", a cependant constaté M. Alatas, interrogé par l'AFP. "Ils nous obligent à assurer notre défense dans des eaux troubles".

Le tribunal a fixé la prochaine audience au 23 mai pour laisser le temps au ministère public de considérer les demandes de la défense.

Leyla Zana et ses trois compagnons -Hatip Dicle, Selim Sadak et Orhan Dogan- ont déjà été jugés à deux reprises, la première fois en 1994, puis en avril 2004 après que la Cour européenne des droits de l'Homme eut déclaré le procès initial inéquitable.

Une cour d'appel a conclu l'an dernier que les charges pesant sur les accusés n'étaient pas clairement définies, que des témoins clés n'avaient pas été entendus et que des preuves cruciales avaient été ignorées.

Les prévenus, qui ont été libérés en juin après 10 ans d'emprisonnement, n'ont pas assisté à la dernière audience. Même si le tribunal confirme leur peine, ils ne devraient pas, au vu du nombre d'années qu'ils ont déjà passé en prison, être replacés en détention.

La condamnation des quatre accusés avait été vivement critiquée par les organisations de défense des droits de l'Homme à travers le monde. Le Parlement européen euroopéen a attribué en 1995 le Prix Sakharov des droits de l'Homme à Leyla Zana. (AFP, 22 avril 2005)

In spite of "reforms", local Kurdish broadcast requests ignored

In spite of a series of amendments in the Turkish constitution and related laws, as part of the Turkey's EU accession bid, what legalizes broadcasts "in mother tongues other than Turkish" changes are yet to take effect in daily life.

Even 15 months after the "Rules and Regulations Regarding in Languages and Dialects other than Turkish" is in force, local media still faces troubles in broadcasting in mother tongues prevalent in their regions.

The Radio and Television Supreme Board (RTÜK) who regulates the audio-visual media affairs in Turkey, is yet to authorize Diyarbakir local Gün TV for broadcasting an arts and Culture program called "Dergûs¸a Çandî" (Cradle of Culture) in the Kirmanji dialect of Kurdish.

Kirmanji is one of the two major Kurdish dialects, spoken mostly among the Kurds of Turkey while Sorani is more widespread in Iraq.

Gün TV had to apply twice for bureaucratic reasons, but they are yet to receive a reply for their application in January.

Cemal Dogan, the chief editor of the channel, says that they regard the delay with mounting suspicion and they will be filing a case if the authorization is further delayed.

They believe that positive steps were taken in the first six months as the rules and regulations were enforced, says Dogan. But they were disillusioned by the fact that the legal changes did not have much impact over daily life.

Broadcasting in mother tongues other than Turkish was legalized in 2004 when legal harmonization packages with the European Union were adopted by the parliament.

However, private national media institutions have not paid much interest in broadcasting in languages other than Turkish. On the other hand, the public channel TRT, broadcasts in selected mother tongues since 7 June 2004. The Radio 1 and TV Channel 3 of the TRT broadcasts in Bosnian, Arabic, Kirmanji, Circassian and Zaza in weeks days for a short while. (BIA, April 19, 2005)

HPG: 121 soldats sont morts dans les affrontements.

Le commandement des forces de Défense du peuple (HPG) a déclaré à l'agence de presse Mezopotamya que les opérations militaires de l'armée turque, débutées depuis le mois de mars au Kurdistan, surtout dans la région de Botan, continuent. La Turquie a subi de lourdes pertes dans les affrontements de ces derniers jours.

Le HPG a prévenu l'armée turque que si celle-ci s'entêtait à continuer les opérations militaires alors les affrontements s'étendraient sur toute la Turquie.

Le HPG a aussi lancé un appel à la population kurde afin qu'elle agisse pour faire cesser ces opérations militaires par des voies démocratique et politique. Le HPG demande surtout à la jeunesse kurde de ne pas rester silencieuse face à cette situation de guerre.

Le HPG informe que l'armée turque a subi de lourdes pertes, le bilan des affrontements des 17 derniers jours  est de 121 soldats morts.

La déclaration fait état de 14 combattants kurdes morts dans ces affrontements et aussi de l'utilisation des armes chimiques dans les affrontements à Cudi faisant 5 morts parmi les combattants kurdes.

La déclaration rappelle que les changements législatifs entrepris, soit disant pour démocratiser la Turquie, ne sont en fait que artificiels afin de masquer le regard de l'UE et de l'opinion publique.

Le HPG demande à la Turquie de cesser les combats et les opérations militaires et ajoute: "sinon il faut savoir que nous allons répondre de la même manière et étendre les affrontements sur toute la Turquie" prévient-ils.

Des affrontements ont eu lieu à Dersim et à Mardin

Les nouvelles de mort causées par les opérations militaires de l'armée turque, continuent d'affluer. 2 combattants kurdes ont perdu la vie à Ovacik à Dersim et un autre a perdu la vie dans les combats ayant eu lieu à Ömerli près de Mardin.

Selon des sources régionales, l'armée turque aurait débuté des opérations militaires  dans les montagnes de Kirkmerdiven se trouvant autours du village de Gözeler près d'Ovacik dans région de Dersim.

L'armée turque utilise des hélicoptères type Cobras ainsi que des blindées dans les affrontements, dans lesquelles, sont morts 2 guérilleros du groupe Maoïste Communiste (MKP) ainsi que 2 soldats turcs. 3 autres soldats turcs ont été blessés.

Dans le cadre des opérations, les transferts de militaires dans la région montagnarde de Kirmizi Dag, près du village de Geyiksuyu à Ovacik, continuent.

Dans la région d'Ömerli à Mardin, un membre des forces de Défense du peuple (HPG) Fideyl Özbey qui portait le pseudonyme "Delilê Amedî", a perdu la vie dans les opérations menées par l'armée turque.

Le corps d'Özbey a été identifié par sa famille à la morgue de l'Hôpital Public de Diyarbakir, puis emporté par sa famille pour être enterré dans le village de Yeniköy avec une foule qui scandait "les martyres ne meurent pas ".

Des affrontements violents continuent dans la région montagneuse de Tilkitepe à Nusaybin dans la région de Mardin, tandis les opérations débutées le 16 avril dans la région montagneuse de Findik dans les montagnes de Gabar dans la région de Sirnak, ont cessé. (Roj-TV, 19 avril 2005)
Abdullah Ocalan's Retrial On Turkey's Agenda

European Court of Human Rights (ECHR) will most probably decide that Kurdish armed separatist group PKK?s leader Abdullah Öcalan?s right to a fair trial is violated, believe poliitical and legal analysts here. However, the controversy concerns whether he should be re-tried or not.

Öcalan remains imprisoned since 6 years in an island-prison in the Sea of Marmara serving his life-time sentence. He was captured in Kenya after a highly publicized chase between him and the secret services of several countries in 1999. An infamous public figure for Turkish nationalists, he is still respected by Turkey?s Kurds.

The ECHR, upon the appeal of Ocalan?s lawyers, is reportedly prepared to rule out that his ?right to fair trial? was violated.

Legal analysts generally agree that since Turkey has ruled out certain conditions for cases of re-trial, what practically exempts Ocalan, Ankara is not bound by any legal obligation for retrial. However, this situation as such might bring about a case before the ECHR, they say, as the provisions of re-trial clause of the law are themselves unfair.

On the other hand, if Turkey abstains from re-trying Öcalan, but prefers paying compensations, this might lead to troubles in terms of both international law and international politics.

Ozan Özerden, a law specialist from the Yžldžz University of Istanbul avows that the path Turkey must pursue is evident; ?If the right to a fair trial is violated, then the trial is repeated and the problem is resolved?.

Likewise, Assistant Prof. Adem Sözüer from Istanbul University says that, ?there is no need to fear re-trial?, and that conditioning the right to a fair trial leads to inequality. Sözüer believes that, regardless of the ECHR?s decision, the trial must be repeated, as this is the best course possible in legal sense. He also states that in Öcalan?s case, there is legal reasoning behind supporting to right to re-trial as the defendant was not brought before the court in delay and the required files are not given on time.

Meanwhile, Marmara University?s Professor Sibel I™nceog˜lu believes that denial of re-trial and abstinence from reviewing the existing clauses on re-trial will become an obstacle to Turkey in international community.

Professor Özerden points out to the fact Turkey does not have the choice of avoiding the implantation of the ECHR?s decisions.

Author and civic activist Ümit Fžrat is of the opinion that re-trying Öcalan does not yield to declaration of his innocence. Fžrat observes that the issue is not political, but legal in nature. He says that, the whole case is not viewed a criticism against Turkey?s justice system, but a calculated attempt to hinder social harmony. Fžrat cautions that the issue must not be perceived from nationalist lenses; as such perceptions distort international and objective assessment of the problem. (BIA News Center, Tolga KORKUT, April 15, 2005)

Les opérations de l'armée turque propagées partout dans le Kurdistan du Nord

Trente-trois militants kurdes ont été tués depuis la fin mars lors d'opérations menées par les forces de sécurité turques dans la province de Sirnak, dans le sud-est de la Turquie, a affirmé le gouvernorat local dans un communiqué diffusé samedi.

Les militaires affirment également avoir découvert plusieurs caches d'armes dans lesquelles ils ont saisi de nombreux fusils, des munitions et des explosifs, ajoute le texte qui précise que les opérations se poursuivent au sol et avec un soutien aérien.

Vingt-et-un militants kurdes du PKK ont notamment été tués jeudi lors de combats qui ont aussi coûté la vie à quatre soldats dans une zone montagneuse située entre les provinces de Sirnak et de Siirt, selon un précédent communiqué du gouvernorat de Sirnak.

Par contre, la chaîne kurde Roj-TV a diffusé les informations suivantes concernant les opérations de l'armée turque qui se sont propagées partout dans le Kurdistan turc:

Les opérations de l'armée turque, qui se sont intensifiées depuis quelques temps, se sont élargies partout dans le Kurdistan du Nord. Après Sirnak, les opérations militaires ont débuté à Diyarbakir, Siirt, Dersim et Bingol.

Les opérations militaires qui ont lieu depuis quelques temps dans la région de Sirnak, se sont dirigés vers la région de Girê Sor, près des montagnes de Cudi et se sont poursuivies jusqu'à la région de Besta et de Cehennem Deresî.

Dans les combats ayant eu lieu dans la Montagne de Besta près de Sirnak, 5 soldats turcs dont deux lieutenants, un officier et un protecteur de village, sont morts. Les protecteurs de village d'Uzungeçit ne voulant pas participer aux combats ont laissé leurs armes.

Les militaires partis en opération dans la région sont tombés dans l'embuscade des forces kurdes du HPG, dans la région de Sergê Mehemê Osê.

Le protecteur de village, Abdulkerim Cabuk du village de Senoba est mort aussi dans ce même affrontement.

Il a été rapporté, que les soldats du bataillon Sêgirkê de la sous-préfecture d'Uludere, se prépareraient à effectuer des opérations plus larges dans la région de Besta, Belate, Sergê Hirê et Sergê Mihemê Osê.

De plus, il a été dit qu'une équipe des forces spéciale ainsi que des protecteurs de village, ont également participé aux opérations.

D'autre part, on a apprit que plus de 100 véhicules militaires des forces de l'armée turque se sont dirigés vers la région de Beykent, près de Kurtalan et de Siirt.

D'après les informations reçues, des préparations pour des opérations militaires ont également débuté dans la région de Bizina et Cirav et entre le Pont de Botan jusqu'à Eruh Sex Amer.

Entre temps, alors que plus de 120 véhicules militaires se dirigeaient vers les montagnes de Herekol, un accident a eu lieu et de ce fait plusieurs véhicules ont été envoyés au centre de Pervari et 35 véhicules sont restés aux pieds des montagnes de Herekol.

Toujours d'après les informations reçues, dans les villages de Xwesik, Qerît, Geliy Gêderm, Herît et Cimat lié à Silvan, près de Diyarbakir, des opérations à grande ampleur, ont été débutées.

D'après des sources locales, dans la commune de Solhan liée à Bingol, aux alentours de Cemêl, Sêgir, Sasik, Kilêtor et Kerengal près du village de Hovit, plusieurs soldats, protecteurs de villages et forces spéciales se sont installés.

De plus, les opérations militaires dans les communes de Nazmiye et Pulumur, près de Dersim, et à Karakocan, près d'Elazîz Karakoçanê, continuent en force.

Après l'opération militaire perpétrée contre le village de Sebe, près de Mardin, des assauts ont eu lieu dans les villages aux alentours.

Des forces militaires ont aussi été transférées dans les régions de Arsus et Belen dans la région de Hatay.

Les protecteurs de villages d'Uzungeçit qui ne veulent pas participer aux opérations militaires de la région de Besta ont laissé leurs armes.

72 protecteurs de villages de la région d'Uzungeçit ont déposé leurs armes après que le commandant du bataillon leur a donné l'ordre de se préparer à participer aux prochaines opérations. (AFP-roj.tv, 14-15-16 avril 2005)

Un Autrichien qui avait dit "Kurdistan" interdit d'enseigner à Istanbul

Un enseignant d'un lycée autrichien d'Istanbul s'est vu retirer son permis de travail par les autorités turques pour avoir employé le mot "Kurdistan" lors d'un cours, ont rapporté des médias à Vienne lundi.

Professeur de biologie au Collège Saint-Georges, un lycée catholique d'Istanbul, Gerhard Pils, 50 ans, a déclaré à la radio publique autrichienne Oe1 avoir involontairement provoqué l'indignation d'élèves turcs et de leurs parents en évoquant un voyage familial au "Kurdistan", dans l'est de la Turquie.

"Deux élèves se sont levés en criant : +Nous tuons tous ceux qui veulent un Kurdistan+", a-t-il témoigné lundi soir.

Brièvement suspendu par sa direction, M. Pils a par la suite fait l'objet de la part des autorités turques d'une annulation de son permis de travail pour "menaces envers la sécurité de l'Etat", selon l'hebdomadaire Profil.

Le directeur adjoint du Collège Saint-Georges, Alexander Zabini, a confirmé l'incident à la radio.

M. Pils, qui avait présenté ses excuses aux autorités turques, a assuré avoir utilisé "sans arrière-pensée politique" le mot Kurdistan, "une appellation géographique fréquemment utilisée en botanique" selon lui.

La Turquie a récemment octroyé des droits culturels à sa communauté kurde à la demande de l'Union Européenne, mais le respect des droits de l'Homme en Turquie reste un enjeu majeur alors que doivent s'ouvrir en octobre 2005 des négociations d'adhésion avec Ankara.

Fin mars, un tribunal turc avait ordonné la mise en liberté provisoire d'une journaliste autrichienne, Sandra Kabutz, depuis rentrée à Vienne, qui avait purgé sept semaines de prison sous l'accusation d'appartenance à un groupe turc clandestin d'extrême gauche.

Dans une lettre ouverte rendue publique lundi, quelque 200 personnalités turques se sont par ailleurs inquiétées d'une montée du nationalisme en Turquie, craignant une recrudescence des tensions entre Turcs et Kurdes. (AFP, 11 avril 2005)

Deux militants kurdes tués lors d'affrontements dans le sud-est

Deux milmitants kurdes ont été tués lors d'affrontements avec les forces de sécurité turques dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde, ont affirmé lundi des sources sécuritaires locales.

Les combats ont eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi quand une patrouille de soldats est tombée sur un groupe de militants du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans une zone rurale de la province de Sirnak.

Plusieurs armes à feu et des grenades à mains ont été saisies près des corps des militants abattus.  (AFP, 11 avril 2005)

Un militant kurde tué par l'explosion d'une mine dans l'est de la Turquie

Un militant kurde a été tué et un autre a été grièvement blessé par l'explosion d'une mine qu'ils s'apprêtaient à poser sur une route dans le sud-est de la Turquie, ont affirmé vendredi les forces de l'ordre.

L'incident s'est produit dans la nuit de jeudi à vendredi, sur une route fréquemment utilisée par l'armée, près de la ville de Lice, dans la province de Diyabakir, selon ces sources, qui ont précisé que les victimes étaient des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). (AFP, 8 avril 2005)

Ex-Öcalan lawyer wounded in armed attack in Ankara

Unknown assailants shot and seriously wounded a pro-Kurdish lawyer who once helped represent Abdullah Öcalan, the imprisoned leader of the outlawed Kurdistan Workers' Party (PKK), police said yesterday.

Attackers opened fire from a speeding car late on Wednesday night, wounding lawyer Medeni Ayhan, 37, who also represented several other Kurdish terrorists, police said.

The Anatolia news agency said Ayhan was taken to the hospital by passersby.

The motive for the attack was unclear.

Lawyers who represented Öcalan have drawn the ire of nationalist circles.

Ayhan has been convicted and fined twice for supporting Kurdish separatism through speeches and writings.

The attack took place on a street in the low-income neighborhood of I™ncesu in Ankara. Police found an empty 9 mm handgun cartridge at the scene, reported Anatolia.

Dogan Erbas¸, one of Öcalan's current lawyers, said Ayhan was part of Öcalan's original defense team but that he had left the team before the trial began and never met the leader.

Öcalan was captured in Kenya in 1999 and brought to Turkey. He is serving out a life term as the sole inmate on Imrali, an island prison near Istanbul. (Associated Press, April 8, 2005)
Leyla Zana demande une amnistie pour les militants kurdes

L'activiste kurde de Turquie Leyla Zana a recommandé mercredi au gouvernement d'Ankara de prononcer une amnistie générale pour des milliers de militants kurdes, estimant qu'il s'agirait d'une avancée décisive pour mettre un terme aux violences dans le sud-est anatolien.

"Désarmer les jeunes dans les montagnes et les éloigner de la violence va créer de grandes synergies sur la voie de la démocratie", a affirmé Mme Zana dans un communiqué.

"Ce qui devrait être fait, c'est donner l'accolade à nos gens et les intégrer dans la vie politique et sociale à travers une législation démocratique", a-t-elle poursuivi. "Une telle avancée concrète va supprimer le terreau de la violence et soulager notre pays".

Les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont mené de 1984 à 1999 une campagne sanglante pour l'indépendance du sud-est de la Turquie, à majorité kurde, qui a fait quelque 36.500 morts.

Le PKK a mis fin en juin à un cessez-le-feu décrété unilatéralement cinq ans plus tôt après l'arrestation de son chef Abdullah Ocalan, condamné à mort  avant de voir sa peine commuée en emprisonnement à vie.

L'ancienne députée Leyla Zana, qui s'est vue attribuer en 1995 le Prix Sakharov des droits de l'Homme par le Parlement européen, a été emprisonnée en 1994 avec trois autres parlementaires pro-kurdes pour une complicité supposée avec le PKK.

Après avoir passé dix ans derrière les barreaux, Mme Zana et ses trois camarades ont été libérés par une Cour d'appel en juin 2004 en attendant la révision -actuellement en cours- de leur procès.

Ankara a déjà prononcé des amnisties en faveur des rebelles kurdes, mais leur résultat a été décevant en raison des conditions imposées pour en bénéficier -acte de repentance, dépositions sur les activités clandestines du PKK.

Quelque 250 rebelles à peine se sont rendus aux autorités après la proclamation de la dernière amnistie, en 2003.

Le nombre de militants du PKK installés en Turquie et dans les montagnes du nord de l'Irak est évalué à environ 5.000. (AFP, 6 avril 2005)

La refondation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)

Quelque 205 délégués réunis en congrès depuis le 28 mars "dans les montagnes du Kurdistan" ont annoncé la refondation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à compter du 4 avril, date anniversaire du chef de leur mouvement Abdullah Ocalan, a annoncé l'agence de presse pro-kurde MHA, se fondant sur un communiqué de l'organisation clandestine.

"Notre congrès, en purifiant le PKK de ses insuffisances et de ses erreurs, a mené à son terme une détermination forte à se transporter vers l'avenir", affirme notamment le document, cité par MHA.

Le PKK, créé en 1978, a mené entre 1984 et 1999 une lutte armée contre le pouvoir central d'Ankara pour la création d'un Etat kurde indépendant dans le Sud-Est anatolien qui a fait près de 37.000 morts.

L'organisation a décrété un cessez-le feu unilatéral en septembre 1999 après la capture, puis la condamnation à mort (peine commuée à la prison à vie) en juin de la même année d'Abdullah Ocalan.

Considéré comme une organisation terroriste par la Turquie et nombre de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, le PKK a été dissous en avril 2002 pour devenir le Kadek (Congrès pour la Démocratie et la liberté au Kurdistan), destiné à poursuivre "la lutte pour la libération des Kurdes".

En novembre 2003, le Kadek avait annoncé qu'il prenait l'initiative de sa dissolution, se baptisant Kongra-Gel et affirmant avoir renoncé au séparatisme.

Cette dernière émanation du PKK a mis fin en juin 2004 à la trêve décrétée cinq ans plus tôt.

Les combats qui avaient pratiquement cessé dans le sud-est anatolien ont depuis repris, même si leur ampleur est loin de rappeler celle des affrontements des années 1990. (AFP, 4 avril 2005)

Neuf PKK militants et un soldat tués dans des combats

Neuf militants du PKK et un soldat turc ont été tués au cours de combats dans une zone montagneuse du sud-est de la Turquie, a-t-on annoncé lundi de source officielle.

Les affrontements de ces cinq derniers jours ont eu lieu dans la région de Cudi, située dans la province de Sirnak, près de la frontière avec l'Irak, précise un communiqué de ce gouvernorat.

Des armes, des munitions et un grand nombre d'explosifs ont été saisis lors des opérations dans plusieurs caches et grottes, ajoute le document.

Il s'agit des plus violents accrochages de ces derniers mois dans le sud-est, peuplé majoritairement de Kurdes et dont le chef-lieu est Diyarbakir. (AFP, 4 avril 2005)

Minorités / Minorities

L'Arménie dénonce les stratagèmes de la Turquie

L'Arménie a accusé vendredi la Turquie de recourir à de mauvaises excuses pour éviter une normalisation inconditionnelle des relations bilatérales et a notamment insisté sur le fait que ses archives étaient ouvertes aux historiens turcs voulant faire des recherches sur l'extermination des Arméniens dans l'Empire ottoman.

"S'il y a un réel désir de normaliser nos relations, l'utilisation de tels prétextes n'est pas nécessaire " a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hamlet Gasparian, qui a réagi à son tour à la proposition d'Ankara de créer une commission mixte arméno-turque pour enquêter sur les événements de 1915.

Nous voulons que la réalité soit connue une fois pour toute et que la propagande fasse place à des conversations franches a-t-il déclaré.

Par ailleurs le Premier Ministre turc a dit dans une interview donnée au quotidien turc Milliyet vendredi, en référence à la réponse du président arménien à son offre de créer une commission d'historien mixte arméno-turque que " d'un côté des relations politiques peuvent être établies et de l'autre le travail sur les archives pourrait continuer. Il n'y a pas la muraille de Chine entre les deux ".

C'est depuis son accession au pouvoir sa déclaration la plus favorable à la normalisation les relations avec l'Arménie. Il a cependant ajouté : " laissons les universitaires étudier les archives et s'il en ressort que nous devions interroger notre histoire nous le ferons a dit Erdogan en précisant que la Turquie avait ouvert ses archives sur l'Empire ottoman et qu'elle attendait que l'Arménie en fasse de même sur cette période ".

Ces nouveaux commentaires sur les archives ont entraîné la réponse suivante de Hamlet Gasparian : " Nos archives sont depuis longtemps ouvertes aux historiens de tous les pays ".Des propos qui confirment ceux qui avaient été tenus en février par Amatuni Virabian directeur national des archives arméniennes qui avait déclaré que ses archives sur cette période étaient ouvertes depuis longtemps et qu'il était prêt à montrer les 12 000 documents en sa possession sur le génocide. (Armenews, 30 avril 2005)

Carnet de Talaat Pasha: "1,2 millions Arméniens déportés en 1915"

Le quotidien turc Hurriyet a publié mardi ce qu'il dit être des extraits du carnet de note ayant appartenu à Talaat Pasha, le ministre de l'Intérieur du régime des Jeunes Turcs qui a perpétré le génocide.

L'article explique que selon le texte écrit à la main, le nombre total d'Arméniens vivant dans l'Empire ottoman était en 1914 de 1,2 million et que le nombre déporté de leurs maisons était de 924.158.

Talaat aurait écrit que la taille de la population arménienne serait probablement plus grande. ( Il y a avait avant 1915 selon les statisitique de l'église arménienne 2,2 millions arméniens. Seulement 500.000 auraient survécu aux génocide et aux différents massacres.

"Je dois dire qu'Hurriyet a provoqué une véritable agitation ici, explique Robert Hadeller, rédacteur en chef de Marmara. Cette information détruit la théorie mise en avant par les historiens turcs jusqu'à maintenant".

Talaat écrit également dans son carnet qu'au moins 6.858 enfants arméniens qui ont perdu leurs parents durant les massacres ont été adoptés de force par des familles turques.

Reprinted on armenews.com with permission from RFE/RL Copyright (c) 2002 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave., N.W. Washington DC 20036. www.rferl.org. (Armenews, 28 avril 2005)

Erdogan: "La question du génocide, une entrave à la normalisation turco-arménienne"

La campagne d'Erevan visant à une reconnaissance internationale des massacres d'Arméniens en 1915 comme un génocide constitue une entrave à l'établissement de relations entre la Turquie et l'Arménie voisine, a déclaré mercredi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

"Avant que nous ne prenions une décision politique (pour normaliser les liens), il y a une question fondamentale qui devrait être résolue et il s'agit de problèmes qui prennent leur source dans l'histoire", a-t-il dit aux journalistes.

Il était appelé à commenter une lettre du président arménien Robert Kotcharian qui a répondu mardi par un oui conditionnel à la proposition d'Ankara de créer une commission d'experts pour étudier les massacres d'Arméniens, déclarant qu'il fallait au préalable établir "des relations normales" entre les deux pays.

Ankara réclame qu'Erevan renonce à sa campagne pour que soient considérés comme un génocide ces événements, qui se sont produits aux dernières années de l'empire ottoman, avant l'établissement de liens diplomatiques bilatéraux.

La Turquie a reconnu l'Arménie à son indépendance en 1991, mais sans établir de relations diplomatiques. Elle avait fermé sa frontière avec l'Arménie en 1993 à la suite de la conquête par des forces arméniennes de l'enclave du Nagorny Karabakh en Azerbaïdjan, un pays turcophone proche de la Turquie.

M. Erdogan a affirmé que son pays avait ouvert ses archives à tous les historiens pour étudier cette période et exhorté l'Arménie à en faire de même.

"Pourquoi n'ouvrent-ils pas leurs archives officielles. C'est crès curieux", a-t-il dit. (AFP, 28 avril 2005)

Génocide arménien: Ankara annule des rencontres avec le parlement polonais

Le parlement turc a décidé d'annuler une série de rencontres avec le parlement polonais prévues en mai pour protester contre une résolution adoptée par cette assemblée sur le génocide arménien que la Turquie rejette catégoriquement, a-t-on appris mercredi de source turque.

Le président du parlement turc Bulent Arinc a d'autre part adressé mercredi une lettre à son homologue polonais Wlodzimierz Cimoszewicz dénonçant cette  résolution adoptée le 19 avril par la Diète (chambre basse) polonaise qui a rendu hommage aux victimes du génocide des Arméniens de 1915.

Les événements annulés sont une réunion à Ankara du groupe d'amitié interparlementaire, une visite dans la capitale turque du président de la commission des Affaires étrangères du parlement polonais et un déplacement à Varsovie d'une délégation parlementaire turque.

"Nous avons appris avec consternation et grande déception" la résolution polonaise, indique M. Arinc dans sa missive.

Il souligne que le "peuple turc a été profondément attristé par le fait que les événements tragiques qui se sont déroulés pendant cette période aient été interprétés unilatéralement par un pays ami".

Le ministère turc des Affaires étrangères avait aussi fustigé la décision polonaise, parlant d'un "acte irresponsable" contraire aux relations bilatérales ancestrales. (AFP, 27 avril 2005)

Actor Arnold Schwarzenegger recognizes Armenian genocide

A Turkish group uniting hundreds of businesses and organizations demanded Tuesday that Arnold Schwarzenegger's movies be banned from Turkish television to protest the California governor's use of the term genocide to describe the massacre of Armenians by Turks during World War I.

Schwarzenegger, a former actor best known for his role in "The Terminator," declared April 24 a "Day of Remembrance of the Armenian Genocide." California has one of the largest populations of diaspora Armenians.

Other California governors have issued annual proclamations referring to the killings as a genocide, but last week Schwarzenegger also signed legislation to permanently mark the day.

An umbrella organization grouping some 300 Ankara-based associations, unions and businesses and led by the Ankara Chamber of Commerce said it launched a petition to have the governor's films banned in Turkey.

"We condemn and protest movie star Arnold Schwarzenegger, who declared April 24 a day to commemorate the Armenian genocide and accused Turks of genocide by acting under the influence of the Armenian lobby, and without researching historical truths," read a statement from Sinan Aygun, head of Ankara Chamber of Commerce.

"We don't want his films shown in Turkey," said the statement. (The Associated Press , April 26, 2005)

Une réponse conditionnelle d'Erevan à la proposition d'Ankara

L'Arménie a répondu jeudi par un oui conditionnel à la proposition de la Turquie de créer une commission d'experts pour étudier les massacres d'Arméniens par les Turcs en 1915, déclarant qu'il fallait au préalable établir "des relations normales" entre les deux pays.

"Nous proposons et proposons encore d'établir entre nos pays des relations normales sans conditions préalables", a écrit le président arménien Robert Kotcharian dans sa réponse au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

"C'est précisément dans un tel contexte qu'on peut créer une commission intergouvernementale pour étudier n'importe quel problème existant entre nos pays (...) pour les régler et parvenir à la compréhension mutuelle", indique la lettre de M. Kotcharian, dont le texte a été rendu public mardi à Erevan.

Les Arméniens ont commémoré dimanche les 90 ans des massacres, qui ont été officiellement reconnus comme génocide par plusieurs pays et dont ils estiment le bilan humain à 1,5 million de morts.

La Turquie rejette catégoriquement la thèse d'un génocide, estimant qu'il s'agissait d'une répression dans un contexte de guerre civile où les Arméniens se sont alliés aux troupes russes qui avaient envahi l'empire ottoman.
 Ankara évalue à 300.000 le nombre d'Arméniens massacrés et affirme qu'au moins autant de Turcs avaient été tués.

"Monsieur le Premier ministre, j'ai reçu votre lettre", écrit M. Kotcharian. "Effectivement, en tant que deux pays voisins, nous devons tenter de trouver des voies de coexistence pacifique. C'est précisément pourquoi nous avons proposé et proposons maintenant d'établir des relations diplomatiques, de débloquer les frontières et d'engager un dialogue entre nos gouvernements et nos sociétés".

La Turquie avait fermé sa frontière avec l'Arménie à la suite de la conquête en 1994 par des forces arméniennes de l'enclave du Nagorny Karabakh en Azerbaïdjan, un pays de la zone culturelle et linguistique turque.
 "En Europe, nombreux sont les pays voisins qui partagent un passé difficile, au sujet duquel ils ne sont pas toujours d'accord, poursuit le président arménien. Mais cela ne les empêche pas de vivre sans frontières fermées, de bâtir des relations normales, des contacts diplomatiques, et en même temps d'examiner les questions litigieuses".

"Votre proposition de nous tourner vers le passé ne sera efficace que si elle touche au présent et à l'avenir. Pour un dialogue constructif, nous devons nécessairement créer un climat politique favorable. Ce sont les gouvernements qui répondent du développement des rapports bilatéraux, et non les historiens", ajoute M. Kotcharian. (AFP, 26 avril 2005)

Ankara lance une nouvelle campagne négationniste encore plus agressive

Le gouvernement turc a annoncé lundi le lancement d'une campagne destinée à contrer les appels à reconnaître comme génocide le massacre d'Arméniens par les Turcs ottomans, et appelé les institutions publiques et la société civile turque à y participer.
 Le gouvernement juge désormais "inévitable que toutes les institutions de l'Etat et les organisations non gouvernementales, que chacun (travaille) à réfuter ces allégations sans fondement dans le monde entier", a déclaré le ministre de la Justice Cemil Cicek, à l'issue d'un conseil des ministres.

"Il n'y a pas eu de génocide. Un effort général est nécéssaire pour exposer les mensonges de ceux qui affirment qu'il a eu lieu", a affirmé M. Cicek, qui est également porte-parole du gouvernement.

Le gouvernement a discuté de la stratégie à adopter pour combattre la thèse du génocide défendue par les Arméniens qui affirment que 1,5 million des leurs ont été tués au cours de massacres organisés entre 1915 et 1917 par le pouvoir ottoman.

Les ministres ont également décidé créer si nécéssaire, une agence spéciale pour coordonner les efforts dans le cadre de cette campagne, a précisé M. Cicek.

Les Arméniens ont commémoré dimanche le début il y a 90 ans des massacres, qui ont été officiellement reconnus comme génocide par plusieurs pays.

La Turquie rejette catégoriquement la thèse d'un génocide, estimant qu'il s'agissait d'une répression dans un contexte de guerre civile où les Arméniens se sont alliés aux troupes russes qui avaient envahi l'empire ottoman. a Turquie. Ankara évalue à 300.000 le nombre d'Arméniens massacrés et affirme qu'au moins autant de Turcs avaient été tués.

Ankara considère les appels à reconnaître le génocide arménien comme une campagne politique destinée à saper ses efforts pour rejoindre l'Union européenne. (AFP, 25 avril 2005)

Barnier demande à l'UE de rappeler la Turquie à son devoir de mémoire

Le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier a demandé à la présidence luxembourgeoise de l'Union européenne de rappeler la Turquie à son devoir de "mémoire" sur le génocide arménien, lors de la réunion mardi à Luxembourg du Conseil d'association UE-Turquie.

M. Barnier a indiqué avoir reçu dans cette démarche l'appui de son homologue néerlandais Ben Bot, pendant la réunion lundi au Grand-Duché des chefs de la diplomatie des 25.

"J'ai exprimé le souhait que la présidence rappelle au gouvernement (turc) le souhait que nous sommes nombreux à exprimer que la Turquie continue ou entreprenne le travail de mémoire qui est attendue d'elle à propos du génocide arménien", a déclaré le ministre français à la presse.

"Le projet européen est un projet fondé sur l'exigence de réconciliation. On se réconcilie avec les autres, c'est ce que nous avons fait au tout début entre Français et Allemands", a-t-il souligné.

"On se réconcilie aussi avec soi-même et c'est probablement ce défi là que doit relever la Turquie à propos du génocide arménien", a ajouté M. Barnier, en rappelant que la France entendait se montrer vigilante sur la question dans les futures négociations d'adhésion à l'UE qu'Ankara doit entamer le 3 octobre. (AFP, 25 avril 2005)

Gul balaie l'appel de Barnier au devoir de "mémoire" turc

Le ministre des Affaires étrangères turc Abdullah Gul a balayé d'un revers de main mardi à Luxembourg l'appel lancé la veille par son homologue français Michel Barnier pour que la Turquie effectue un "travail de mémoire" sur le génocide arménien.

"C'est de la politique interne, de la petite politique", a laconiquement répondu M. Gul à des journalistes qui l'interrogeaient à l'issue de la dernière réunion du conseil d'association UE-Turquie avant l'ouverture prévue le 3 octobre des négociations d'adhésion d'Ankara à l'Union européenne.

En marge lundi de la réunion mensuelle des chefs de la diplomatie des 25, M. Barnier, appuyé par son collègue néerlandais Ben Bot, avait demandé à la présidence luxembourgeoise d'aborder la question du génocide arménien lors de ses entretiens avec le ministre turc.

Il avait rappelé que les voix étaient nombreuses en France, où réside une importante communauté arménienne, à souhaiter "que la Turquie continue ou entreprenne le travail de mémoire qui est attendue d'elle à (ce) propos".

"Le projet européen est un projet fondé sur l'exigence de réconciliation. On se réconcilie avec les autres, c'est ce que nous avons fait au tout début entre Français et Allemands", avait souligné M. Barnier.

"On se réconcilie aussi avec soi-même et c'est probablement ce défi-là que doit relever la Turquie à propos du génocide arménien", avait-il estimé, en rappelant que la France entendait se montrer vigilante sur la question dans les futures négociations d'adhésion à l'UE qu'Ankara doit entamer le 3 octobre.

L'armée de l'air turque entend utiliser les F-16 jusqu'en 2040 environ. Ils devront entre-temps être remplacés graduellement par le futur chasseur JSF (Joint Strike Fighter), projet international auquel contribue la Turquie. (AFP, 26 avril 2005)

Des dizaines de milliers d'Arméniens à Erevan devant le monument du génocide

Des dizaines de milliers d'Arméniens se sont recueillis dimanche à Erevan devant le monument aux victimes du génocide de 1915, pour le 90e anniversaire des massacres perpétrés par les Turcs.

En pleurs ou en silence, ils ont déposé des fleurs devant le monument aux victimes, sur une colline de la capitale arménienne, comme le président Robert Kotcharian, alors qu'une prière était récitée par le catholicos Karékine II, chef de l'Eglise apostolique arménienne.

"Cela fait déjà trente ans qu'en ce jour, je viens tôt le matin au mémorial. J'y dépose six tulipes, autant que le nombre de morts dans ma famille au temps du génocide", témoigne dans la foule recueillie Mikhitar Haroutounian, en s'approchant du monument sur lequel a été suspendue une grande affiche avec les photos de 90 survivants du génocide.

Comme beaucoup, le vieil homme de 74 ans dit être venu pour "rappeler au monde ce crime pour lequel personne jusqu'ici n'a répondu et ne s'est excusé", alors qu'Ankara refuse de reconnaître le terme de génocide malgré les demandes répétées d'Erevan.

"Qui se souvient aujourd'hui du génocide des Arméniens?", s'interroge un peu plus loin dans la foule Achot Arevian, venu avec sa femme Asmik.

"Si à l'époque le génocide arménien avait été condamné, il n'y aurait pas eu d'Holocauste" des juifs pendant la Seconde guerre mondiale, ajoute-t-il.

Une minute de silence a été observée à travers tout le pays à 19H00 locales (14H00 GMT), après une messe oecuménique célébrée dans la cathédrale Saint-Grégoire d'Erevan, avec des prières récitées par des représentants des Eglises catholique, anglicane, grecque et russe orthodoxe.

Le 24 avril 1915, en pleine Première guerre mondiale, les autorités turques avaient arrêté 200 leaders de la communauté arménienne, donnant le signal de ce que l'Arménie considère comme le début d'un génocide planifié.

Il y a 90 ans de cela, "a été commis un crime sans précédent dans l'Histoire de notre peuple et de toute l'Humanité", a déclaré le président Kotcharian dans une adresse à la nation.

Il a cependant fait un geste en direction de la Turquie en assurant que l'Arménie était "prête à construire des relations naturelles avec la Turquie", avec laquelle Erevan n'a toujours pas établi de relations diplomatiques.

"Cependant la dénégation de la Turquie suscite non seulement notre perplexité, mais celle de la communauté internationale toute entière", a-t-il ajouté.

Ankara rejette catégoriquement la thèse d'un génocide, estimant qu'il s'agissait d'une répression dans un contexte de guerre civile et limite son estimation du nombre de victimes arméniennes à entre 300.000 et 500.000 morts.

Le 90e anniversaire du génocide arménien intervient dans un contexte de pressions accentuées pour que la Turquie reconnaisse le génocide: le Parlement polonais, à l'instar de 15 autres pays, notamment européens, vient de qualifier le massacre de génocide et un débat a été ouvert au Parlement allemand.

Et le président du parti de centre-droit français UDF François Bayrou, présent à Erevan, a annoncé le dépôt d'une résolution devant le Parlement européen pour que soit reconnu le terme de "génocide arménien", évoquant sa reconnaissance par la Turquie comme une condition à son éventuelle entrée dans l'Union européenne.

Alors que des milliers de membres de l'importante diaspora arménienne était venus à Erevan, quelque 350.000 personnes ont manifesté en France. Ils étaient plus de 500 à Athènes et d'un millier à Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine. (AFP, 24 avril 2005)

Tous les partis politiques présents aux commémorations en France

Les nombreuses manifestations qui se sont déroulées dans toute la France pour la commémoration du 90 ème anniversaire du génocide ont mobilisé plusieurs dizaines de milliers de personnes.

A Paris, pour la première fois, la manifestation organisée par le CCAF a été autorisée à se rendre sur les Champs Elysées en face des locaux de l'ambassade de Turquie située au n° 102 de l'avenue.

Cette manifestation qui a mobilisé près de 15 000 personnes, a suivi un rassemblement au cours duquel les principaux leaders nationaux des formations politiques françaises ont pris la parole.

Pour le MPF, Philippe de Villiers; pour le PS, François Hollande; pour l'UDF, François Bayrou.

Sont également intervenus, pour l'UMP Pierre Lellouche, pour les Radicaux de gauche, Roger Gérard Schwarzenberg, pour le PC, le député maire de Saint Denis Philippe Braouezec.

Outre les différentes interventions qui ont toutes affirmé que la Turquie ne pourrait adhérer à l'Union européenne sans reconnaissance du génocide, le PS a également déclaré qu'il allait officiellement déposer, es-qualité, une proposition de lois pour la pénalisation de la négation du génocide arménien.

Kotcharian et Chirac ont déposé une gerbe devant la statue Komitas

Le président Robert Kotcharian a rencontré son homologue français Jacques Chirac vendredi au palais de l'Elysée. Les deux hommes se sont entretenus en tête-à-tête et ont notamment évoqué les relations entre la France et l'Arménie et le conflit du Karabagh.

Après une heure d'entretien, ils se sont embrassés sur les marches de l'Elysée sans faire aucun commentaire sur leur entrevue. Les deux président se sont ensuite rendus place du Canada où ils ont déposé une gerbe devant la statue Komitas, érigée à Paris en 2001. Ils ont ainsi rendu hommage aux victimes du génocide arménien.

Robert Kotcharian a profité de sa visite pour discuter du conflit du Karabagh avec le coprésident français du groupe de Minsk de l'OSCE, Bernard Fassier. Il a également rencontré le ministre de l'Industrie et les directeurs du Crédit agricole et d'Alcatel, afin d'aborder les relations économiques franco-arméniennes. (Armenews, 25 avril 2005)

Le PS français veut pénaliser la négation du génocide arménien

Le Premier secrétaire du parti socialiste François Hollande a annoncé dimanche à Paris sa décision de proposer une loi qui pénaliserait ceux qui nient la réalité du génocide arménien de 1915.

"Je vous l'annonce. Le groupe socialiste (à l'Assemblée nationale) va proposer une loi pénalisant la négation du génocide arménien. Il nous faudra le soutien de tous les groupes, en tout cas de nombreux députés, comme en 1998", lorsque le Parlement a voté la reconnaissance du génocide, a déclaré M. Hollande devant 3.000 Français, la plupart d'origine arménienne réunis à l'occasion du 90e anniversaire du génocide.

"Le génocide arménien fut le premier du 20e siècle, hélas pas le seul. La cause arménienne n'est pas seulement celle des Arméniens, mais celle de tous ceux qui sont attachés aux droits de l'homme et à la reconnaissance du génocide", a-t-il ajouté, après avoir déposé une gerbe devant la statue du Père Komitas.

"Reconnaître est une cause européenne. S'il n'y a pas de reconnaissance du génocide (par le gouvernement d'Ankara) il n'y aura pas d'entrée de la Turquie dans l'Europe. C'est une position claire, nette", a poursuivi M. Hollande.

L'UDF demande au parlement européen de reconnaître le génocide arménien

Le président du parti de centre-droit français UDF François Bayrou a annoncé samedi à Erevan le dépôt d'une résolution devant le parlement européen pour que soit reconnu le terme de "génocide arménien", à la veille du 90e anniversaire des massacres de 1915 par l'Empire ottoman.

"Nous avons déposé une résolution au parlement européen sur ce sujet (la reconnaissance du génocide arménien). Car l'Europe c'est aussi la mémoire et l'Histoire", a déclaré M. Bayrou au téléphone à l'AFP.

"La France a été le premier pays à adopter une loi reconnaissant le génocide arménien. Et cette idée progresse en Europe. Le parlement polonais vient de le reconnaître. On en discute en Allemagne", a-t-il ajouté.

Le parlement polonais, à l'instar de 15 autres pays, notamment européens, vient de condamner ce massacre, le qualifiant de génocide, suscitant la colère de la Turquie, pays candidat à l'entrée dans l'UE. Et un débat sur le sujet s'est ouvert jeudi dernier au Bundestag (chambre basse du parlement allemand).

"Je n'imagine pas qu'il y ait une avancée des relations avec la Turquie sans un progrès parallèle dans la reconnaissance du génocide", a encore dit le président de l'UDF, évoquant cette reconnaissance comme une condition à une éventuelle entrée dans l'UE.

M. Bayrou a déposé samedi une gerbe devant le monument du génocide arménien et doit participer dimanche aux cérémonies officielles. (AFP, 23-24 avril 2005)

Une provocation négationniste contre les Arméniens à Bruxelles

L'agence Anadolu rapporte de Bruxelles le 25 avril que la Turquie a envoyé au gouvernement belge une protestation contre "la mise au feu d'un drapeau turc lors de la manifestation arménienne à Bruxelles pour la commémoration du génocide arménien." Dans cette note de protestation transmise par l'Ambassade turque au ministère belge des affaires étrangères, les forces de sécurité sont accusées d'avoir toléré de cet acte.

Pierre-Yves Lambert du site Suffrage-Universel qui était présent à cette manifestation, a précisé qu'il n'a constaté aucun incident pareil jusqu''à la fin du rassemblement:

"Un site turc (de propagande) francophone a diffusé un texte faisant état d'un drapeau turc brûlé hier à Bruxelles par des Arméniens, bien évidemment sans préciser quand et où...

[La manifestation organisée à l'appel des organisations arméniennes proches du gouvernement d'Erevan a été la scène de l'habituelle "immolation de drapeau turc". La manifestation qui a rassemblé environ 500 personnes s'est passée dans un calme relatif. Les manifestants scandaient des slogans violents dont certains apelant à la haine et à la violence envers les Turcs. Deux jours auparavant la communauté arménienne d'Athènes avait également brulé un drapeau turc et lancé des slogans haineux. (info-turc.org, 24 avril 2005)]

"J'étais au square Henri Michaux jusqu'au bout, et jusqu'à 14h40 rue Montoyer devant l'ambassade de Turquie, je n'ai vu aucun drapeau turc, en flammes ou non.

"A noter que les négationnistes turcs cherchent, par des méthodes déjà bien rodées par les sionistes contre les sites propalestiniens, à créer la confusion avec l'excellent site progressiste belgo-turc www.info-turk.be." (PYL, suffrage-universel, 25 avril 2005)

Extraits du reportage d'un journaliste turc le 24 avril à Bruxelles

Vers midi, la foule se dirige vers le fameux monument à la mémoire du génocide arménien situé place Henri Michaux. Plusieurs groupes de manifestants discutent à haute voix en condamnant fermement l'attitude du secrétaire d'Etat bruxellois aux Monuments et Sites, Emir Kir, du Parti socialiste. Un parti qui n'a visiblement pas jugé utile d'envoyer un quelconque représentant pour le 90e anniversaire du génocide arménien, même pas Willy Decourty le député-bourgmestre d'Ixelles, où se trouve le monument.

Parmi les élus présents, citons Yves de Jonghe d'Ardoye, Alain Destexhe et Michel Breydel de Groeninghe pour le MR ainsi que la présidente Joëlle Milquet pour le CDH.

14h30, le prochain rendez-vous est fixé devant l'ambassade de Turquie à Bruxelles. Curieusement, le profil du public change complètement. Alors que devant le monument, on pouvait voir une classe bourgeoise d'âge avancé et d'allure raffinée, le groupe de manifestants arméniens devant l'ambassade turque regroupe davantage la dernière vague d'immigrés d'origine arménienne avec une forte présence de jeunes.

Un tract politique est ensuite lu devant les manifestants: "Un point particulier est la situation de certains élus d'origine turque à Bruxelles. En effet, ces élus de PS, CDH ou MR qui ont des positions ouvertement négationnistes ne courent aucune sanction de la part des instances dirigeantes des partis respectifs. La direction de ces partis ne trouve rien à dire si ce n'est un consentement béat au nom du particularisme des communautés d'origine. On ne peut marchander sur le dos des victimes des génocides. On ne peut accepter aucune concession à cet égard et surtout pas la politique de deux poids deux mesures."

15h30, la dernière activité prend place au Théâtre de Poche. Le groupe artistique Louys-Arto propose la lecture de la pièce Papiers d'Arménie de Caroline Safarian. Un texte d'une intelligence remarquable lu avec émotion par des comédiens de talents. L'histoire se passe dans un train belge en direction de Liège. Deux jeunes, l'un d'origine arménienne (Azad) et l'autre d'origine turque (Levent), débattent sur la mémoire et l'oubli à travers un subtil jeu d'identités croisées. L'un souffre d'un silence démentiel, l'autre revendique l'amnésie volontaire.

L'ensemble de la lecture est une formidable aventure remplie d'humours et d'ironies qui ne manque pas d'effleurer non plus le racisme belge à l'égard de ses bronzées.

Enfin, la soirée se terminera par un débat sur le thème de Génocide et représentation où parmi les orateurs, le journaliste Dogan Özgüden (www.info-turk.be) évoquera la trajectoire politique d'un petit employé d'un centre social communal: "Je prenais la parole dans un débat sur le racisme où j'ai aussi parlé du négationnisme de l'Etat turc à propos du génocide arménien. Ce jeune d'origine turque s'est levé pour me dire que cela n'avait rien à voir avec le sujet de la réunion et qu'il ne fallait donc pas en parler. Puis, j'ai vu que l'intervenant en question a été nommé par le Parti socialiste au poste d'échevin des Affaires sociales dans sa commune et ensuite installé au siège de secrétaire d'Etat régional par ce même parti."

Mais le débat au sein du Parti socialiste risque de prendre un nouveau tournant. A noter déjà la prise de position de la ministre de la Culture, Fadila Laanan (PS), qui par le biais d'une lettre publique a tenu "à féliciter et à encourager chaleureusement, tous les artistes présents: comédiens, metteurs en scène, écrivains, journalistes, intellectuels. Tous sont des gardiens de l'indispensable mémoire et des passeurs de sens. Et comme tels, ils sont l'honneur de la Démocratie." (www.suffrage-universel.be, Mehmet Koksal, 25 avril 2005)

Campagne pour le démantèlement du mémorial arménien à Ixelles

Le paisible quartier du square Michaux, à Ixelles, devrait connaître une affluence particulière ce dimanche. Demain, vers 11 h, à l'issue d'une messe de requiem en l'église arménienne de Bruxelles, une marche sera lancée vers le mémorial aux victimes du génocide arménien commis par l'Empire ottoman en 1915. Cela fait donc 90 ans qu'1,5 million d'Arméniens ont été massacrés. Un anniversaire hautement symbolique à l'heure où des rumeurs de demandes de démantèlement du monument se font de plus en plus nombreuses.

Ainsi, depuis 24 heures, un tract non signé est distribué dans les boîtes aux lettres du quartier du square Michaux. Dans celui-ci, on peut lire: "Chers habitants, nous savons que le monument arménien implanté dans notre quartier par nos politiciens (...) dérange énormément et fait de la peine à la communauté turque (...). Nous demandons l'enlèvement immédiat du monument contesté et laissons les historiens débattre du sujet."

Le tract a fait bondir Willy Decourty, bourgmestre PS. "Ce texte donne la fausse impression de vouloir la paix entre les communautés mais c'est une incitation à la haine, répond le mayeur. Ce monument ne dérange personne et j'ai déjà expliqué publiquement qu'il n'était pas question de le démanteler. Le génocide arménien est un fait historique reconnu. Par ailleurs, je tiens à préciser qu'il n'a jamais été question non plus de faire classer ce mémorial." (La Dernière Heure, 23 avril 2005)

La position des partis politiques belges sur le génocide arménien

"Nonante ans après les faits, l'Etat turc d'aujourd'hui ne veut toujours pas reconnaître le génocide et mène une campagne active en terme de négationnisme", explique Talline Tachdjian, porte-parole de la Fédération euro-arménienne.

Un négationnisme dont avait été accusé Emir Kir, le secrétaire d'Etat bruxellois PS d'origine turque - celui-ci a porté plainte contre les animateurs du site suffrage-universel.be. Seulement voilà, début avril, le conseiller communal MR à Schaerbeek Mustafa Ozturk a publié un ouvrage niant le génocide. Idem pour le conseil MR Sevket Temiz qui a récemment refusé de qualifier de génocide les massacres perpétrés en 1915. (La Dernière Heure, 23 avril 2005)

Ce 24 avril 2005 la communauté arménienne de Belgique commémore le 90ème anniversaire du génocide commis par l'Empire ottoman, un génocide aujourd'hui toujours nié par l'Etat turc. Il a causé la mort de 500.000 à un million et demi de personnes. Cet après-midi au Théâtre de Poche à Bruxelles des comédiens ont lu en avant-première la pièce "Papiers d'Arménie" de Caroline Safarian.

Question de Philippe Carlot: "En région bruxelloise aussi, la question du génocide arménien fait irruption sur la scène politique. Le secrétaire d'Etat bruxellois à la propreté publique Emir Kir, d'origine turque, a parlé dans une interview du "prétendu génocide arménien"."

Caroline Safarian: "J'ai réagi tout de suite, j'ai écrit une lettre. J'espérais qu'on entende ma parole. Alors souvent, vous savez, les Arméniens sont culpabilisés quand ils s'opposent à des propos négationnistes. On les culpabilise en disant qu'eux-mêmes culpabilisent la génération des Turcs d'aujourd'hui. Alors vous savez, si l'Arménien ne peut pas dire ça, il a une seule solution, et c'est le silence. Et le silence c'est la continuité d'un génocide..." (Radio Vivacité et La Première (RTBF), le 24 avril 2005, 17h30 et 18h - transcription P-Y.L.)

Il est intéressant de noter que la porte-parole de la Fédération Euro-Arménienne, Talline Tachdjian, est elle-même militante de la section de Bruxelles du PS français (cf. http://www.ffe-ps.org/FSE-091203.htm), qui compte de nombreux membres participant également aux réunions du PS belge au titre de la double affiliation, notamment à Ixelles.

Le PS belge n'est pas le PS français, dont le secrétaire général François Hollande veut pénaliser également tous les négationnismes...

Aucun élu du PS belge n'était présent dimanche à la commémoration devant le monument au génocide arménien à Ixelles. le ratio entre électeurs arméniens et turcs n'est certes pas le même en France et en Belgique.

Même si le bourgmestre-député PS Willy Decourty, ardent défenseur d'Emir Kir, trouvera sans nul doute l'une ou l'autre justification à son absence (il y avait d'autres commémorations au même moment, pour la libération des camps nazis e.a.), on aurait du mal à croire qu'aucun autre élu PS belge, ixellois ou non, n'ait pu trouver le temps d'assister à un événement aussi important.

Ceci dit, je n'ai vu aucun Ecolo non plus, il n'y avait que des élus MR et la présidente du CDH. (suffrage-universel.be, 25 avril 2005)

Appel des églises européennes à reconnaître le génocide

La conférence des Eglises européennes a appelé samedi la Turquie à reconnaître le génocide perpétré contre les Arméniens et à se réconcilier avec Erevan.

"Le présidium adhère aux propos du Catholicos de tous les Arméniens, Karékin II, et du catholicos Aram Ier, qui affirment que les crimes horribles perpétrés durant le génocide arménien ne doivent jamais être oublié. La culpabilité doit être reconnue et la vérité doit être affirmée ", souligne dans son communiqué la conférence des Eglises européennes.

"Le présidium demande au gouvernement turc d'initier le processus de réconciliation entre les peuples turcs et arméniens. Et la reconnaissance du génocide et la proclamation de la vérité doivent faire partie intégrante de ce processus".

La conférence des Eglises européennes a été fondée en 1959 et regroupe 126 églises orthodoxes, protestantes et catholiques et 43 organisations à travers l'Europe. (Armenews, 25 avril 2005)

Condoléances du président Bush à l'occasion du 90e anniversaire

Le président américain George W. Bush a exprimé dimanche depuis son ranch de Crawford, au Texas, sa tristesse à l'occasion du 90e anniversaire de l'exil forcé et des massacres en masse des Arméniens sous l'Empire ottoman, tout en omettant de les qualifier de génocide.

"J'adresse à mes compatriotes américains (d'origine arménienne) et au peuple arménien dans le monde entier mes profondes condoléances pour ces horribles pertes en vie humaine", a déclaré le président Bush dans un communiqué qui ne qualifie ces massacres de génocide.

Les massacres et déportations d'Arméniens perpétrés sous l'Empire ottoman, de 1915 à 1917, ont fait 1,5 million de morts selon les Arméniens, entre 250.000 et 500.000 selon Ankara qui rejette catégoriquement la thèse d'un génocide.
 Le président Bush a déclaré qu'il voyait dans cet anniversaire également l'occasion de "rechercher un avenir prometteur pour un Etat arménien indépendant" et a remercié l'Arménie pour dans son aide dans la lutte globale contre le terrorisme et la construction d'un Irak démocratique.

Il a également émis l'espoir d'"un règlement pacifique et permanent" entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan concernant le problème de l'enclave du Nagorny-Karabakh. Il aussi déclaré que les Etats-Unis cherchaient "un partenariat plus large" avec l'Arménie.

Le Nagorny-Karabakh est une enclave à population majoritairement arménienne en Azerbaïdjan, qui a été le théâtre d'un conflit sanglant au début des années 90. Ce territoire, resté depuis un cessez-le-feu en 1994 sous le contrôle de la partie arménienne qui l'avait emporté sur le terrain, revendique son indépendance, mais n'est pas reconnu par la communauté internationale.

"Nous restons engager à soutenir les réformes historiques que l'Armenie a poursuivies pendant plus de dix ans. Nous appelons le gouvernement d'Arménie à poursuivre les réformes démocratiques qui feront davantage avancer les aspirations des Arméniens", a encore ajouté le président américain dans son communiqué. (AFP, 24 avril 2005)

Le 90e anniversaire du génocide arménien: Pourquoi ce silence en Belgique?

A l'occasion du 60e anniversaire de la libération des camps de concentration nazis et du 10e anniversaire du génocide rwandais, les leaders politiques belges ont réaffirmé solennellement la nécessité absolue pour l'Europe de se construire sur le rejet absolu du génocide et d'entretenir la mémoire des crimes contre l'humanité.

En cette année 2005, est commémoré également le 90e anniversaire du génocide des Arméniens, le premier du siècle,  perpétré en 1915 par l'Empire ottoman. Le 24 avril 1915, le gouvernement Jeune-Turc de l¹Empire ottoman déclenchait, organisait et exécutait la destruction délibérée du peuple arménien. En moins de deux ans, les 2/3 des 2 500 000 Arméniens qui vivaient dans l¹Empire ottoman, ainsi que plusieurs centaines de milliers d¹Assyro-Chaldéens, ont froidement et méthodiquement été exécutés; hommes, femmes et enfants.

Pour cette commémoration, le collectif Génocide Arménien formé par des associations arménienne, belge, kurde et turque a lancé un appel au monde politique belge. http://www.armeniangenocide.be

Malheureusement, malgré cet appel, les partis politiques belges préfèrent ignorer ce 90e anniversaire, sauf une conférence déroulée à la Maison des parlementaires à l'initiative du sénateur Lionel Vandenberghe (Spirit), avec la participation des sénateurs Pierre Galand (PS) et Alain Destexhe (MR) ainsi que du bourgmestre de Herent Willy Kuijpers (Spirit).

Plusieurs personnalités et associations démocratiques ont même décliné l'appel à signer une pétition pour la reconnaissance du génocide par la Turquie.

Par contre, les démarches et déclarations négationnistes de certains élus d'origine turque (MR, PS, CdH) demeurent toujours sans réaction de la part des directions de ces partis politiques.

S'agit-il d'une soumission générale aux exigences du lobby turc orchestré par l'Ambassade de Turquie qui s'est déjà montrée capable d'orienter les votes des électeurs d'origine turque?

Un tel silence face à la première grande tragédie humaine du siècle à l'approche des élections communales de 2006 est significatif et inquiétant.

En tant qu'associations bruxelloises, nous appelons une fois de plus les dirigeants et élus des partis politiques belges à manifester leur solidarité avec le peuple arménien et leur détermination à combattre le négationnisme du génocide arménien.

L'Association des Arméniens démocrates de Belgique
La Fondation Info-Türk
L'Institut kurde de Bruxelles

Les députés allemands exhortent la Turquie à affronter son passé

Les députés allemands ont appelé jeudi la Turquie à regarder en face la page la plus noire de son passé --les massacres des Arméniens de 1915/1916 sous l'Empire ottoman--, comme l'a fait l'Allemagne pour le nazisme, attitude qui, ont-ils assuré, contribuera à son enracinement européen.

Dans ce premier débat au parlement allemand sur ce sujet chargé de passions, des porte-parole de tous les partis ont exprimé avec mesure et sans agressivité cette requête, assurant qu'il n'y avait aucun sentiment anti-turc.

Le débat avait lieu au Bundestag (chambre basse du parlement) à la demande de l'opposition allemande conservatrice CDU/CSU, et en dépit des mises en garde de l'ambassadeur de Turquie. Le camp conservateur avait soigneusement évité dans sa motion l'évocation du mot "génocide".

Le social-démocrate (SPD) Markus Meckel a appelé Ankara à rompre le silence sur les massacres qui auraient fait 1,5 million de morts, selon des sources arméniennes, et 300.000, selon Ankara, qui rejette catégoriquement la qualification de "génocide". Une telle reconnaissance ne signifie pas l'abandon de la fierté nationale turque, elle ne peut qu'accroître la reconnaissance internationale de la Turquie, a-t-il dit.

Un député des Verts (majorité gouvernementale), Fritz Kuhn, a estimé le débat bienvenu, précisément parce que "nous voulons avoir la Turquie dans l'Union européenne". L'Allemagne "n'intervient pas comme justicier", a-t-il dit.

Pour les Verts allemands, qui craignaient une exploitation du débat par l'opposition contre la candidature turque à l'UE, la motion des conservateurs va dans la bonne direction. Aux yeux des écologistes, il s'est bien agi, qu'on le dise ou non, d'un génocide qui a débuté le 24 avril 1915, il y a 90 ans, a remarqué l'un d'eux.

L'opposition conservatrice avait déposé en février une motion dans laquelle elle demandait au gouvernement de "contribuer à la réconciliation entre Turcs et Arméniens" en faisant son possible pour que "la Turquie se penche sans réticence sur son rôle à l'égard du peuple arménien dans l'Histoire et dans le présent".

La position d'Ankara, ajoutait la motion, "est en contradiction avec l'idée de la réconciliation qui domine la communauté de valeurs de l'UE, où la Turquie vise à entrer". Enfin, la motion demandait que Berlin s'active en vue d'une normalisation des relations entre la Turquie et l'Arménie.

Selon la presse, sitôt connue cette motion, l'ambassadeur d'Allemagne a été convoqué au ministère des Affaires étrangères à Ankara.

L'ambassadeur de Turquie en Allemagne, Mehmet Ali Irtemcelik, a mis en garde les députés contre une condamnation publique des cruautés commises en 1915/1916, risquant de porter préjudice aux relations de la Turquie avec l'Allemagne et l'UE. Il a reproché à la CDU/CSU de se faire "l'avocat du nationalisme fanatique arménien".

Pour éviter toute irritation excessive, aucun vote n'était prévu. Le sujet a été renvoyé à la commission des Affaires étrangères. Un texte consensuel entre  groupes parlementaires devrait y être rédigé sur la base de cette motion, en vue d'être présenté au vote de la chambre avant la pause estivale.

Relevant la signification particulière de ce débat, un autre député chrétien-démocrate, Christoph Bergner, a rappelé que le Reich allemand, pendant la Première Guerre mondiale, avait laissé commettre les massacres chez son allié ottoman sans élever la voix alors qu'il était au courant.

Au total 2,5 millions de Turcs et 40.000 Arméniens vivent en Allemagne, et leurs voix constituent dans le contexte politique actuel, des enjeux électoraux.

Le chancelier social-démocrate Gerhard Schroeder, qui doit se rendre le 4 mai à Ankara, est un allié du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, et a fermement soutenu la candidature turque à l'UE. (AFP, 21 avril 2004)

Le parlement polonais a rendu hommage aux victimes du génocide arménien

La Diète (chambre basse) polonaise a rendu hommage aux victimes du génocide des Arméniens perpétré il y a 90 ans par les Turcs ottomans.

"Toute l'humanité, tous les pays et tous les gens de bonne volonté doivent condamner ce crime et garder la mémoire de ses victimes", selon une résolution adopté mardi par les députés polonais à l'unanimité, debout et en silence.

Le Prix Nobel de la paix et chef historique du syndicat polonais Solidarité Lech Walesa, qui participera jeudi à Erevan à un colloque international sur le génocide des Arméniens, a fait un parallèle entre ce crime et le massacre d'officiers polonais à Katyn en 1940 sur l'ordre de Joseph Staline.

"Personne n'a aidé les Arméniens pendant la Première guerre mondiale, et personne n'a aidé les Polonais au milieu de sa Seconde guerre. Les grands pays savaient tout, mais ils n'ont pas bougé leur petit doigt", a dit l'ancien président polonais avant son départ.

Les cérémonies du 90e anniversaire du génocide doivent culminer à Erevan dimanche, avec le défilé d'un million et demi d'Arméniens devant le monument érigé à la mémoire des victimes tués entre 1915 et 1917.

Walesa a déclaré jeudi à Erevan que les Arméniens étaient en droit de demander à l'Union européenne de refuser l'entrée de la Turquie dans l'Union tant qu'Ankara n'aurait pas reconnu le génocide de 1915.

"C'est une exigence juste de la part des Arméniens que l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne doive intervenir après une reconnaissance du génocide", a déclaré l'ancien meneur du syndicat Solidarité.

Cette prise de position intervient alors que le Parlement polonais, à l'instar de 15 autres pays, notamment européens, vient de condamner ce massacre le qualifiant de génocide, suscitant la colère de la Turquie, pays candidat à l'entrée dans l'UE.

"Les massacres en Turquie ont été le premier génocide du XXe siècle", a déclaré M. Walesa, sous les applaudissements, lors d'une conférence internationale à Erevan consacrée à l'histoire des massacres de 1915.

La Turquie a vigoureusement dénoncé une décision mercredi de la diète polonaise de reconnaître comme un "génocide" les massacres d'Arméniens en 1915, pendant l'empire ottoman, évoquant un "acte irresponsable" contraire aux relations bilatérales ancestrales.

"Nous condamnons et rejetons la décision", indique un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.

Fustigeant un "acte irresponsable" qui va à l'encontre des "relations d'amitié de 800 ans" entre les deux pays, le texte souligne que cette décision a "profondément attristé le peuple turc. (AFP, 20-21 avril 2004)

Chirac et Kotcharian rendront hommage aux victimes du génocide arménien

Jacques Chirac et son homologue arménien Robert Kotcharian rendront hommage vendredi à Paris aux victimes du génocide de 1915 en déposant ensemble une gerbe au monument à la mémoire des victimes des massacres perpétrés par les Turcs ottomans, a annoncé jeudi l'Elysée.

MM. Chirac et Kotcharian doivent auparavant avoir un entretien à 17h45 (15H45 GMT) au palais de l'Elysée.

Il se rendront ensuite au monument inauguré en avril 2003, qui rend hommage au musicien arménien Komitas, mort en 1935 à Paris, ainsi qu'aux victimes du génocide et aux combattants arméniens morts pour la France.

L'Arménie commémore ce week-end les 90 ans du début des massacres perpétrés par les Turcs dans l'empire ottoman. De 1915 à 1917, plus de 1,5 million de personnes allaient trouver la mort selon les Arméniens, entre 250.000 et 500.000 selon les Turcs.

Le Parlement français a adopté une loi, promulguée le 29 janvier 2001, qui dispose dans son article unique : "La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915", sans toutefois en désigner les responsables.

La France abrite une importante communauté d'origine arménienne, évaluée à 400.000 par les associations arméniennes.

La Turquie rejette catégoriquement la thèse d'un génocide, estimant qu'il s'agissait d'une répression dans un contexte de guerre civile où les Arméniens se sont alliés aux troupes russes qui avaient envahi la Turquie.

Ce déni pèse dans les relations entre Ankara et l'Union européenne. Sans en faire une condition à son adhésion, M. Chirac a réclamé à la Turquie un "travail de mémoire". (AFP, 21 avril 2004)
 

Kakémonos géants pour l'anniversaire du génocide arménien à Paris

La ville de Paris et le Conseil régional d'Ile-de-France ont affiché des kakémonos (banderoles verticales) géants à l'occasion du 90ème anniversaire du génocide arménien qui a débuté le 24 avril 1915, apprend-on mercredi.

"Génocide arménien : l'Ile de France se souvient", "Génocide arménien : Paris se souvient", disent les bannières accrochées sur les façades du Conseil Régional et de l'Hôtel de Ville.

Par ailleurs la ville fait défiler sur les journaux lumineux de la Ville des messages "Paris se souvient du génocide arménien".

Le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë indique dans un communiqué qu'il a souhaité "sensibiliser les Parisiens à ce tragique événement de l'histoire du XXème siècle et rendre hommage aux 1.500.000 victimes du génocide".

Samedi, le maire recevra des Parisiens d'origine arménienne à l'Hôtel de ville. A cette occasion, Ara Toranian, président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), devrait remettre la "médaille du courage" à Ali Ertem et Ragip Zarakolu, des intellectuels arméniens, pour leurs actions en faveur de la reconnaissance du génocide.

M. Zarakolu, a indiqué le CCAF à l'AFP, pourrait cependant être retenu en Turquie par un procès qui lui a été intenté pour la publication d'un livre par sa maison d'édition, intitulé "la vérité va vous rendre libres". (AFP, 20 avril 2004)
 

Erevan appelle Ankara à reconnaître le génocide arménien, 90 ans après

Le président arménien Robert Kotcharian a appelé mercredi Ankara à reconnaître le terme de "génocide" arménien, à l'approche du 90e anniversaire, dimanche, des massacres d'Arméniens par la Turquie ottomane.

"En tant qu'Etat indépendant, l'Arménie a exprimé sa position: la reconnaissance du génocide est importante pour empêcher de futurs génocides", a déclaré le président Kotcharian en inaugurant une conférence internationale à Erevan consacrée à l'histoire des massacres de 1915.

"C'est important pour les relations turco-arméniennes parce que cela fournirait des réponses à de nombreux problèmes qui opposent nos deux peuples et nous permettrait de regarder en avant", a ajouté le président.

Des historiens, des défenseurs des droits de l'Homme d'une vingtaine de pays --dont la Turquie-- et des hommes politiques comme l'ex-président polonais Lech Walesa se sont rendus à Erevan pour participer à cette conférence intitulée "Crime grave, défis extrêmes. Les droits de l'Homme et le génocide".

Les Arméniens ont réclamé à plusieurs reprises à Ankara de reconnaître le terme de "génocide" pour les massacres de 1915. Ceux-ci ont fait 1,5 million de victimes selon Erevan et 300.000 à 500.000 selon Ankara. (AFP, 20 avril 2004)

L'armée turque exhorte Erevan à améliorer ses relations avec Ankara

Le chef de l'armée turque, le général Hilmi Ozkok, a appelé mardi l'Arménie à s'engager dans des relations de bon voisinage avec la Turquie et à renoncer à ses revendications sur le caractère génocidaire des massacres d'Arméniens de 1915.

"L'Arménie doit se conformer aux principes internationaux de droits fondamentaux et faire le nécessaire pour des relations de bon voisinage", a-t-il dit lors d'un discours annuel à l'académie militaire d'Istanbul.

Reprenant la thèse officielle, le général a indiqué que l'empire ottoman n'avait jamais envisagé d'exterminer en masse les Arméniens. Il a expliqué  l'exode auquel des centaines de milliers de membres de cette communauté ont été forcés par le fait que "certains d'entre eux" se soient alliés à l'ennemi russe et "procédé à des massacres contre le peuple turc".

La déportation visait à les "protéger d'éventuelles représailles de la population turque (...) Les allégations de génocide sont sans fondement", a-t-il souligné alors que les Arméniens se préparent à commémorer le 90e anniversaire des massacres.

Ces derniers affirment que jusqu'à 1,5 million des leurs ont péri lors de massacres orchestrés par l'empire ottoman, auquel a succédé la République turque en 1923.

Ankara soutient que 300.000 Arméniens et au moins autant de Turcs ont été tués au cours de troubles suscités par le soulèvement des Arméniens, qui ont fait cause commune avec les armées russes en guerre contre l'empire ottoman, et lors d'une déportation qui a suivi cette sédition.

La Turquie a reconnu l'Arménie à son indépendance en 1991, mais sans établir de relations diplomatiques en raison du profond différend sur le génocide. La frontière entre les deux pays est fermée depuis 1993.

La Turquie a récemment proposé la création d'une commission conjointe afin d'enquêter sur les massacres des Arméniens.

Erevan n'a pas encore répondu à cette proposition, a indiqué mardi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Namik Tan. (AFP, 20 avril 2004)

L'Association internationale des chercheurs refute la nécessité d'une commission

L'association internationale des chercheurs sur les génocides (AICG) a envoyé une lettre ouverte au Premier ministre turc, M. Recep Tayyip Erdogan, le 6 avril dernier, suite à l'annonce faite par le gouvernement turc de vouloir créer une "commission d'historiens" sur le Génocide des Arméniens.

Cette lettre, cosignée par le président et le vice-président de cette prestigieuse association, MM. Robert Melson et Israël Charny, ainsi que par M. Peter Balakian, l'auteur du récent best-seller "le Tigre en flamme", se présente comme une réponse à l'appel lancé par M. Erdogan en faveur "d' études impartiales par des historiens" sur le Génocide des Arméniens.

Dans ce courrier, l'association, qui regroupe la majorité des chercheurs américains et européens sur les questions de génocide souligne que "ce ne sont pas que les Arméniens qui affirment le Génocide des Arméniens mais des centaines de chercheurs indépendants, libres de toute affiliation gouvernementale". Elle rappelle également "les nombreux travaux académiques sur le Génocide des Arméniens".

Citant les principales preuves et les principaux travaux concernant ce génocide, et notamment les travaux de Raphaël Lemkin et les déclarations d' Elie Wiesel et de Yehuda Bauer, les signataires insistent sur le fait que "l'extermination des Arméniens constitue un génocide tel que défini par la Convention de 1948 des Nations Unies sur la Prévention et la Répression du Crime de Génocide".

Reconnaissant qu'on peut admettre différentes interprétations sur le "comment et le pourquoi" du Génocide des Arméniens, le courrier stipule néanmoins que "nier sa réalité factuelle et morale n'est pas une démarche académique mais une propagande visant à absoudre les exécuteurs, condamner les victimes et effacer le sens éthique de cette histoire". Le courrier conclut qu'il est "clairement dans l'intérêt du peuple turc et de son futur de reconnaître la responsabilité des gouvernements précédents dans le génocide du peuple arménien, comme le peuple et le gouvernement allemands l'ont fait pour l'Holocauste".

La lettre ouverte intégrale est disponible sur le site de la Fédération Euro-Arménienne www.eafjd.org "Cette lettre ouverte, émanant de hautes autorités morales et scientifiques, recadre clairement le débat, la réalité du Génocide des Arméniens n'est plus à remettre en question et toute initiative en ce sens est inutile sinon malsaine" a déclaré Hilda Tchoboian, présidente de la Fédération Euro-Arménienne.

"Le problème relève maintenant exclusivement du champ politique et non plus du champ des études historiques et c'est d'abord le problème de la Turquie qui doit regarder en face son histoire. C'est aussi le problème de l'Union européenne qui ne saurait admettre en son sein un Etat incapable d'une telle introspection." a conclu Hilda Tchoboian. (eafjd.org, 21 avril 2005)

La Turquie craint que la question arménienne nuise à sa candidature à l'UE

Ankara, pressée par la communauté internationale de reconnaître le caractère génocidaire des massacres d'Arméniens de 1915 et faisant face a des appels en Turquie pour qu'elle se réconcilie avec son passé, craint que ce passage de son histoire ne nuise à ses aspirations européennes.

Alors que les Arméniens se préparent à commémorer le 90e anniversaire des massacres, des voix commencent à se faire entendre parmi les historiens et les intellectuels turcs en faveur d'un réexamen de la position officielle sur ce sujet longtemps resté tabou.

L'écrivain Orhan Pamuk a ainsi affirmé en février dans un magazine suisse qu'"un million d'Arméniens avaient été tués en Turquie", suscitant une vague de réactions indignées -dont celle d'un fonctionnaire local qui a ordonné la destruction des livres de l'auteur dans sa circonscription.

Peu après, l'historien Halil Berktay a estimé dans un quotidien turc que le traitement par l'empire ottoman de ses sujets arméniens durant la Première guerre mondiale équivalait à un "génocide".

"La Turquie traverse une phase très importante", commente l'éditorialiste turc d'origine arménienne Etyen Mahcupyan, interrogé par l'AFP. "En dépit des résistances de l'Etat, la population et l'élite intellectuelle souhaitent que les institutions se confrontent au passé et aboutissent à une politique prudente".

Ripostant aux pressions nationales et internationales, les institutions étatiques ont publié des documents étayant la thèse de massacres réciproques, les archives d'Etat diffusant la semaine dernière une liste de tueries imputées aux Arméniens, au cours desquelles plus de 500.000 Turcs auraient péri.

"Il s'agit d'une attaque menée par l'Etat contre sa propre société. L'Etat craint la société et lui impose ses vues", estime Hrant Dink, directeur du quotidien bilingue turc-arménien Agos.

"Mais les Turcs disent maintenant que le temps est venu de regarder la question en face et que si on veut une solution, elle ne peut venir que par des dynamiques internes, pas de pressions étrangères", poursuit-il.

Pour M. Mahcupyan, l'Etat turc aurait tout à gagner à abandonner son attitude de déni du passé. "Si la Turquie pouvait rattraper ce qui a déjà commencé dans la société, elle accroîtrait son prestige et s'assurerait de bonnes relations avec l'UE", estime-t-il.

Elle pourrait également se raccommoder avec l'Arménie voisine, avec laquelle elle refuse d'établir des relations diplomatiques et maintient ses frontières closes.

Ankara craint toutefois que la reconnaissance du caractère génocidaire des massacres n'ouvre droit à des demandes d'indemnités de la part des descendants des victimes, voire à des revendications territoriales émanant de Erevan.

"La Turquie pourrait bien être confrontée à des demandes d'indemnités (...) car des biens arméniens ont été saisis par les Ottomans, mais envisager la possibilité de revendications territoriales tient de la paranoïa", selon l'éditorialiste. (AFP-Hande Culpan, 20 avril 2004)

Une conférence et une motion sur le génocide arménien au Sénat belge

Une grande conférence organisée à l'occasion du 90e anniversaire du génocide arménien s'est tenue le 18 avril 2005 à la Maison des parlementaires et clôturée avec l'annonce d'une motion pour la reconnaissance du génocide arménien.

La conférence présidée par le sénateur Lionel Vandenberghe a eu lieu dans le cadre d'une série d'activités organisées avec le soutien et la participation de l'Association des Arméniens Démocrates de Belgique, Citizenne, De Zeyp, eLandnet, la Fédération Euro-Arménienne, FVK, Rodenbachfonds, FVV, Fondation Info-Türk, l'Institut kurde de Bruxelles, Vrede vzw, West In. (Voir le programme)

Lors de la conférence, après l'introduction du sénateur Vandenberghe, l'ambassadeur de la république arménienne Vigen Chetechian a rappelé qu'après la commémoration récente du 60e anniversaire du génocide juif et du 10e anniversaire du génocide rwandais, l'Europe doit commémorer le 90e anniversaire du premier génocide du siècle contre le peuple arménien.

Par la suite, plusieurs orateurs ont exprimé leurs points de vue sur différents aspects du génocide arménien:

Le sénateur Pierre Galand (Parti Socialiste):"Le sens politique de la reconnaissance et de la réconciliation"; le sénateur Alain Destexhe (Mouvement Réformateur): "La reconnaissance politique du Génocide arménien"; Willy Kuijpers (Bourgmestre de Herent): "Vécu personnel par rapport à la question arménienne"; Raymond Kevorkian (historien et conservateur de la Bibliothèque Nubar Pasha - Paris): "Les prémices d'une justice internationale au lendemain du Génocide des Arméniens"; Laurent Leylekian (directeur de la Fédération Euro-Arménienne): "Le sens politique de la tolérance européenne au négationnisme d'Etat"; Derwich M. Ferho (directeur de l'Institut Kurde de Bruxelles): "Les Arméniens restés en Turquie après le Génocide"; Dogan Özgüden (directeur de la Fondation Info-Türk): "La Turquie, un pays rendu otage de négationnisme par ses dirigeants politico-militaires et médias..."; Ufuk Berdan (Confédération européenne des travailleurs de Turquie - ATIK): "Les relations entre les Turcs et les Arméniens"; Recep Marasli (Ecrivain-éditeur): "L'attitude des Kurdes vis-à-vis du Génocide Arménien"; Pr. Ludo Abicht: "Rappels historiques".

A cette occasion, plusieurs intervenants ont attiré l'attention sur le fait que le négationnisme relatif au génocide arménien gagne terrain en Belgique en raison de l'accès de plusieurs militants du lobby turc aux instances belges communales, régionales et fédérales comme élus même sur les listes des partis politiques démocratiques.

Le sénateur Destexhe a qualifié d'inadmissibles les déclarations du secrétaire d'Etat Emir Kir (PS) relatives au génocide arménien.

Dogan Özgüden a insisté qu'à l'approche des élections communales, les partis politiques démocratiques belges confirment leur cordon sanitaire non seulement contre l'extrême-droite belge, mais également aux candidats ultra-nationalistes et négationnistes issus des communautés allochtones.

Motion sur le génocide arménien

A la fin de la conférence, le sénateur Lionel Vandenberghe a annoncé qu'il déposera au Sénat belge la motion suivante intitulée "Une Reconnaissance pour construire l'Avenir":

"Il y a 90 ans, le Génocide des Arméniens avait lieu dans l'Empire Ottoman.

"A partir du 24 avril 1915, le gouvernement Jeune-Turc de l'Empire Ottoman organisait l'extermination du peuple arménien.

"Pendant la période 1915-1917, presque tous les villages arméniens de l'Empire Ottoman ont été évacués et plus d'un million de citoyens ont été tués ou déportés vers un point final : Deir az-Zor en Syrie. Ainsi ils étaient condamné à suivre la longue marche de la faim vers le désert. En général on assure que plus d'un million d'Arméniens, ainsi que plusieurs centaines de milliers d'Assyro-Chaldéens, ont été massacrés pendant ce génocide.

"Ce génocide réalisé après les 'coups d'essai' de 1894-1896 (300 000 morts arméniens) fut en tout point conforme à la définition donnée par la Convention de 1948 sur la Prévention et la Répression du Crime de Génocide.

"Aujourd'hui, nous voulons honorer la mémoire des victimes innocentes de ce génocide, qui furent exécutées en raison de leur appartenance ethnique et religieuse.

"Nous saluons les résolutions par lesquelles le Parlement européen d'une part, et le Sénat belge d'autre part, ont reconnu ce génocide en tant que tel, respectivement le 18 juin 1987 et le 8 octobre 1997.

"Nous enjoignons toutes les autorités de Belgique et celles de l'Union européenne à ne pas oublier cette tragédie. Les générations futures doivent être conscientisées, entre autre par l'enseignement, de l'importance des droits de l'homme et des libertés citoyennes.

"Nous affirmons que la reconnaissance des crimes et les erreurs du passé est une condition pour ouvrir la voie au dialogue et à la réconciliation entre les peuples.

"Nous insistons sur le fait qu'il ne peut pas exister la paix sans la justice, ni en Turquie et ni en Arménie.

"Nous estimons que la reconnaissance des crimes commis même par les anciens régimes doit être faite sans la moindre distanciation. C'est seulement après la reconnaissance qu'on peut s'engager pour la réconciliation.

"Nous constatons que les différends entre la communauté turque et les autres communautés dans cette région (arménienne, kurde, assyrienne,Š) continuent toujours et qu'ils mènent encore à des morts, à l'expulsion des groupes de population et à des innombrables violations des droits de l'homme dans cette région.

"Par suite nous demandons :

"Que l'Union européenne et les Etats membres de l'Union européenne reconnaissant le génocide du peuple arménien dans l'Empire ottoman (1915-1917) comme crime contre l'humanité ;

"Que le gouvernement turc reconnaisse l'historicité du génocide, commis par le dernier gouvernement de l'Empire ottoman en 1915 ;

"Que la Turquie ouvre ses archives pour compléter la documentation existante attestant le génocide du peuple arménien dans l'Empire ottoman (1915-1917)

"Que l'Union européenne et ses Etats membres soutiennent toutes les initiatives qui peuvent favoriser le dialogue entre la communauté arménienne et la communauté turque afin de réaliser la réconciliation."

L'intervention de Dogan Özgüden sur le génocide arménien au Sénat belge
 

Le texte complet de l'intervention de Dogan Özgüden, directeur de la Fondation Info-Türk, destinée à la conférence "Une Reconnaissance pour construire l'Avenir" du 18 avril 2005 dans la Maison des parlementaires de Belgique:


Je suis très ému de voir la tenue de cette conférence dans cet édifice parlementaire de Belgique. Il y a plus de trente ans, nous étions souvent ici pour parler de la répression qui a suivi le coup d'état militaire de 1971. A cette époque, quatre pays européens se trouvaient sous dictatures fascistes: Portugal, Espagne, Grèce et Turquie. La solidarité avec les peuples de ce pays était évidente.

Les orateurs qui m'ont précédé ont rappelé que la Belgique vient de commémorer le 10e anniversaire du génocide rwandais et le 60e anniversaire de la shoah. Pourtant, on ne voit pas la même mobilisation dans les médias ni dans les milieux politiques belges par rapport au génocide arménien.

Laurent [Leylekian] vient de parler d'une réunion de solidarité avec le peuple arménien, tenue il y a plus de cent ans dans la commune de Schaerbeek à Bruxelles.

Ironie de sort: Aujourd'hui, dans la même commune de Schaerbeek, un membre d'origine turque du Conseil communal publie un livre négationniste pour prouver que ce sont les Turcs qui auraient été massacrés au début du siècle par les ArméniensŠ Les élus d'origine turque de tous les partis politiques belges (PS, MR, CdH, etc.) participent aux manifestations négationnistes pour obtenir la démolition d'un monument érigé à Ixelles à la mémoire des victimes du génocide de 1915.

ŠEt les dirigeants de tous ces partis politiques ne réagissent pas contre ces "enfants chéris" de la politique belge, car ils s'occupent de calculs électoraux en vue d'assurer les votes des électeurs d'origine turque.

Dans ce contexte, je tiens à remercier vivement les sénateurs Vandenberghe, Galand et Destexhe et au bourgmestre Kuijpers qui manifestent sans hésitation une solidarité exemplaire avec le peuple arménien.

Depuis quelques années, le négationnisme d'Ankara et de ses serviteurs deviennent plus sophistiqués!

On ne peut plus nier totalement l'extermination des Arméniens, mais on cherche des excuses et on fait des propositions pour remettre la reconnaissance du génocide arménien aux calendres grecs.

Pour justifier cette extermination, on parle de trahison des Arméniens  à l'encontre l'Empire ottoman en réclamant la liberté et l'indépendance.

Alors qu'à la fin du 19e siècle toutes les nations opprimées luttaient pour regagner leur indépendance et dignité, comment peut-on accuser les Arméniens de trahison ?

D'ailleurs, comment peut-on nier le fait que la terre anatolienne appartenait aux Arméniens, Kurdes et Grecs avant l'arrivée des Turcs aux dixième et onzième siècles. Envahir les terres lointaines, massacrer leurs peuples et convertir les rescapés à l'Islam, n'était-t-il pas un crime contre l'humanité!

Il y a quelques semaines, s'est tenu à Munich, en présence du consul de l'Etat turc, une cérémonie devant les tombeaux de deux soldats turcs. Il ne sont pas de victimes de la deuxième guerre mondiale. Il s'agit de deux janissaires de l'Empire ottoman tombés pendant le deuxième siège de Vienne. Dans son discours, le consul turc faisait éloges à ces deux soldats en affirmant qu'ils étaient les martyres de la défense de la patrie!  Toujours la même mentalité de conquérant qui considère toutes les terres du monde une partie de la patrie turque.

Les Arméniens étaient au début les partisans ardents de la révolution de 1908 promettant libertés à tous les peuples du pays. S'ils se sont révoltés et s'ils ont réclamé leur indépendance, c'est en raison de la répression du Comité Union et Progrès après la révolution de 1908 qui a abouti finalement au génocide des Arméniens et des Assyro-chaldéens.

La terreur ultra-nationaliste et militariste déclenchée par l'Union et Progrès n'a jamais cessé depuis un siècle.

La discrimination raciale est toujours resté en vigueur. Les Arméniens et autres minorités chrétiens étaient sujets de second rang (réaya) à l'époque ottomanne. A l'époque républicaine, une poignée de rescapés de l'extermination sont toujours restés des sujets de second rang. La hiérarchie de la bureaucratie militaire et civile est réservée uniquement aux citoyens d'origine turque ou assimilés/convertis.

On a toujours dissimulé l'origine arménienne des plusieurs grandes figures de l'empire ottoman comme Sinan l'architecte. J'ai vécu quelques années de mon enfance au pied du Mont Argée (Erciyas) dans la province de Kayseri (Cesare), j'ai connu également le village natal de Sinan (Agirnas). On ne parlait jamais du fait que ces villages appartenaient au début du siècle aux Arméniens.

Pendant la deuxième guerre mondiale, j'ai vu le passage des trains transportant des citoyens chrétiens au camp de travail forcé à Askale car ils n'avaient pu payer les lourds impôts auxquels étaient assujettis seulement des non-musulmans.

A l'enseignement secondaire et au service militaire j'ai vu comment étaient maltraités mes camarades d'origine arménienne, grecque, kurde ou juive.

Non seulement l'histoire de l'Empire ottoman, mais également celle de la République turque sont pleines de souffrance des Arméniens et des autres minorités.

Un paranoïa chronique a continué de déterminer la politique des gouvernements successifs, même après le passage à un régime parlementaire en 1946 sous la pression des alliés occidentaux,  "La patrie est encerclée par des ennemis russes, arméniens, grecs et bulgares. Même nos coreligionnaires comme Kurdes et Arabes sont des ennemis du dernier Etat turc. Il faut la défendre à n'importe quel prix".

En tant que journaliste, je suis un témoin oculaire des pogromes et pillages de 1955 contre les minorités chrétiennes à Izmir.

Ensuite, les pogromes de Hatay, Kahramanmaras et Corum dans les années 60 et 70 contre des citoyens de gauche ou de confession alévite.

Les coups d'état militaire de 1971 et de 1980Š  Les putschistes sont responsables des pendaisons, de tortures, arrestations massives, de la répression des minorités ethniques et religieuses ainsi que du peuple kurde. Non seulement des non-Turcs et non-Musulmans, mais également des opposants d'origine turque ont été catalogués par les généraux putschistes comme "traîtres" et "dépourvus de sang turc".

Le massacre par feu de plus de trente intellectuels à Sivas en 1992 est un des derniers exemples spectaculaire du lynchage des citoyens contestataires de ce pays. Il était précédé par un lynchage médiatique du plus grand humoriste du pays, Aziz Nesin, qui a pu se sauver de justesse de cet incendie criminel.

Le lynchage médiatique orchestré par l'Armée demeure toujours une des méthodes honteuses du système ultra-nationaliste et militariste de la Turquie. La campagne contre Orhan Pamuk, un des plus grands romanciers, pour ses paroles concernant l'extermination des Arméniens et Kurdes, en est le dernier exemple.

Pour pouvoir déformer les réalités historiques, les dirigeants d'Ankara proposent que l'évaluation des évènements de 1915-1921 soit confiée à des historiens au lieu d'en débattre sur le plan politique.

Or, le crime est tellement évident.

Je ne suis pas historien, mais en tant que journaliste et militant des droits de l'Homme, j'ai vécu ou témoigné de tous les évènements tragiques de cinq dernières décennies.

Surtout en exil, depuis plus de trente ans, nous avons gardé, jour par jour  et  cas par cas, des documents concernant toute  la répression en Turquie. Ces documents se trouvent dans les archives d'Info-Türk et des organisations des droits de l'homme internationales.

Personne ne pourra me dire un jour qu'il faudra confier aux historiens tous ces évènements que j'ai vécu ou témoigné personnellement.

Est-ce qu'on a attendu l'évaluation des historiens pour juger les responsables du régime nazi ?  Le crime était si évident que ces bourreaux ont été traduis devant un tribunal international juste après la deuxième guerre mondiale.

L'histoire est là et fort documentée. On n'a pas besoin de l'évaluation des futurs historiens pour juger et condamner les auteurs de cette répression.

Je me révolterai sans aucun doute contre une telle proposition absurde. C'est la raison pour laquelle je comprends très bien la révolte des amis arméniens contre les dernières propositions manipulatrices d'Ankara.

Depuis cinq ans, les dirigeants d'Ankara développent un autre show médiatique pour augmenter les recettes extérieures: le tourisme de la foi!

Après la disparition des Arméniens, Assyriens, Grecs.de la terre anatolienne ainsi que des vestiges de leurs civilisations, les dirigeants turcs réclament que la Turquie est un carrefour des civilisations et des religions.

Ils réunissent de temps en temps des chefs spirituels chrétiens en Anatolie pour montrer à l'Union européenne que la Turquie est un état tolérant toutes les confessions.

Quand on leur rappelle les faits indéniables du génocide arménien, ils se défendent par l'affirmation que la république turque n'a rien à voir avec l'Empire ottoman.

Pourtant on inculque chaque jour aux jeunes turcs que la nation turque est fière d'avoir constitué depuis des siècles seize états glorieux dont l'Empire ottoman. Les drapeaux imaginaires de ces seize états turcs ornent toujours l'office du président de la République turque.

En plus, avec une hypocrisie sans précédent, les responsables du génocide arménien comme Talat, Enver et Cemal sont honorés sans cesse par les mêmes hommes politiques, militaires et les grands médias.

Tout récemment, le ministre de l'éducation nationale a imposé aux écoles  des manuels d'histoire dénonçant "les prétentions infondées" des Arméniens, Grecs et Assyriens.

Un autre exemple de l'hypocrisie relative au génocide arménien:

Il y a trois ans, un des musiciens importants de la Turquie, le pianiste Fazil Say, a réalisé un CD fort médiatisé avec le soutien du ministère de la culture. Dans ce CD, les poèmes de Nazim Hikmet, le plus grand poète de la langue turque, étaient lus par Genco Erkal, un de plus grands acteurs du pays.

Nazim Hikmet a souffert pendant plus de dix ans dans les prisons turques en raison des ses opinions politiques et est mort en exile. La réalisation d'un tel CD avait pour but de prouver à l'Union européenne que l'Etat turc valorise maintenant même ses opposants communistes.

Les réalisateurs restent fidèles aux textes Nazim HikmetŠ avec une seule exception. Ils ont complètement censuré les vers faisant allusion au génocide arménien:

Les lampes de l'épicier Karabet sont allumées,
Le citoyen arménien n'a jamais pardonné
Que l'on ait égorgé son père
Sur la montagne kurde
Mais il t'aime
Parce que toi non plus tu n'as point pardonné
A ceux qui ont marqué de cette tache noire
le front du peuple turc
Par plusieurs articles et messages directes, j'ai protesté maintes fois contre cette insolence auprès des réalisateurs. Jusqu'ici aucune réponseŠ

Une telle auto-censure est mille fois plus honteuse que la censure de l'Etat.

Le peuple turc doit absolument briser ce tabou. Les intellectuels turcs notamment doivent se libérer de cette censure et auto-censure.

La Turquie doit déchirer les mensonges de ses dirigeants et de ses médias, doit reconnaître le génocide arménien pour prendre une place honorable dans la famille des pays démocratiques.

C'est la raison pour laquelle la reconnaissance du génocide arménien reste toujours indispensable pour l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

Le président du Bundestag incite Ankara à imiter l'Allemagne sur génocide

Le président du Bundestag (chambre basse du parlement allemand), Wolfgang Thierse, a incité mardi les Turcs, à propos du génocide arménien, à suivre l'exemple de l'Allemagne concernant le travail de mémoire fait sur son passé, aussi douloureux soit-il.

"La vérité historique peut être douloureuse. Mais refouler et mentir rend plus difficile la vie en communauté. C'est l'expérience des Allemands", a-t-il dit lors une rencontre avec la presse étrangère à Berlin destinée à donner des informations sur le Mémorial de l'Holocauste qui doit être inauguré en plein centre de Berlin le 10 mai.

"Je sais que cela fait mal de se pencher sur un passé douloureux, c'est un processus difficile. Mais à la fin, on vit mieux qu'avec des mensonges", a dit M. Thierse. "En Europe, il est normal de se pencher sur son histoire, aussi douloureuse soit-elle".

A la question posée par une journaliste turque, si son parti, le Parti social-démocrate (SPD), ne craignait pas avec de telles positions de perdre des électeurs auprès de l'importante communauté d'origine turque en Allemagne, lors du prochain scrutin crucial en Rhénanie du Nord-Westphalie (ouest), le 22 mai, M. Thierse a répondu: "quand il s'agit d'Histoire, on ne doit pas penser aux élections".

Il a rappelé l'exemple du parlement français qui a reconnu le génocide arménien en 2001. "Pour nous, il est encore plus important que nous nous penchions sur le sujet" car il y a plus de Turcs en Allemagne -2,6 millions- qu'en France.

L'opposition conservatrice CDU/CSU a déposé en février devant le Bundestag une motion, dans laquelle elle évite de parler de "génocide" mais déplore les déportations et massacres des Arméniens sous l'Empire Ottoman. Le texte doit être débattu le 21 ou 22 avril.

Aucun vote n'est prévu à cette occasion. Le sujet pourrait être renvoyé en commission, puis être débattu en plénière à la fin du semestre.

Le chancelier Gerhard Schroeder effectue une visite à Ankara les 4 et 5 mai.  (AFP, 19 avril 2005)

Erevan va commémorer les 90 ans du génocide arménien

L'Arménie commémore ce week-end les 90 ans des massacres perpétrés par les Turcs ottomans, avec des cérémonies d'une ampleur inédite, alors que Erevan tente toujours d'imposer à Ankara la reconnaissance d'un génocide qui empêche aux deux pays de tourner la page la plus sombre de leur histoire commune.

Le point culminant des cérémonies de commémoration doit avoir lieu le dimanche 24 avril, lorsqu'un million et demi d'Arméniens défileront devant le monument érigé à la mémoire des victimes tués entre 1915 et 1917.

Le 24 avril 1915, en pleine Première guerre mondiale, les autorités turques ottomanes avaient arrêté 200 leaders de la communauté arménienne donnant le signal de ce que l'Arménie considère comme le début d'un génocide planifié pour éliminer la minorité arménienne de l'Empire ottoman.

Le nombre de participants à la grande marche de dimanche doit symboliser le nombre d'Arméniens tués - 1,5 million selon Erevan - au cours des massacres de masse organisés par le pouvoir ottoman.

"Cette commémoration a une importance particulière en raison des refus répétés de la Turquie de reconnaître ce qui s'est passé comme un génocide", insiste un des organisateurs des cérémonies, l'historien Aram Simonian.

"Nous voulons que le monde entier sache la vérité (...) La pression de la communauté internationale est nécessaire pour que la Turquie reconnaisse le mal qui a été commis", ajoute M. Simonian.

L'importante diaspora arménienne et une délégation de quinze pays sont attendues à Erevan. La veille du 24 avril - Jour du souvenir - un cortège de plusieurs milliers de jeunes portant des flambeaux doit quitter le centre de la capitale et se diriger vers le monument aux victimes sur la colline Tsitsernakaberda.

Des drapeaux tricolores arméniens ornés de crêpe noir seront déployés dans la ville ainsi qu'une grande affiche de sept mètres de haut avec les photos de 90 survivants du génocide encore en vie.

Des services religieux doivent également être organisés dimanche dans toutes les églises d'Arménie et dans la cathédrale Saint-Grégoire à Erevan, où seront présents des représentants de la plupart des communautés chrétiennes d'Orient et d'Occident.

La Turquie rejette catégoriquement la thèse d'un génocide, estimant qu'il s'agissait d'une répression dans un contexte de guerre civile où les Arméniens se sont alliés aux troupes russes qui avaient envahi la Turquie. Elle objecte souvent que des milliers de Turcs ont également été tués par des Arméniens entre 1915 et 1917 et limite son acceptation du nombre de victimes arméniennes à entre 300.000 et 500.000 morts.

A quelques mois du début des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, prévu en octobre prochain, l'Arménie considère que la conjoncture n'a jamais été aussi favorable à une reconnaissance par Ankara du génocide.

"Les Européens sont attachés aux droits de l'Homme et aux principes démocratiques. Je n'ai aucun doute que la question du génocide sera au menu des pourparlers", a estimé le ministre arménien des Affaires étrangères Vardan Oskanian, qui fait pression pour que l'UE en fasse "une condition d'adhésion".

Pour Erevan, la reconnaissance du génocide est d'ailleurs une question de sécurité nationale.

"Tant que la Turquie n'aura pas reconnu le génocide, nous ne pourrons pas faire confiance à ce voisin et Etat militaire de poids, qui soutient sans équivoque l'Azerbaïdjan dans le conflit du Nagorny Karabakh", affirme M. Oskanian.

Si la Turquie a reconnu l'indépendance de l'Arménie en 1991, leurs relations diplomatiques sont toujours rompues. (AFP, Mariam HAROUTIOUNIAN , 19 avril 2005)

Les Arméniens à Jérusalem indignés par la position d'Israël sur "leur" génocide

Elle a connu les conquêtes islamiques, les croisades, l'empire ottoman, le mandat britannique, la tutelle jordanienne et enfin l'occupation israélienne mais la petite communauté arménienne de Jérusalem a su préserver son identité.

Présente en Terre sainte depuis le Vème siècle, cette communauté, composée en grande partie de descendants des rescapés des massacres des Arméniens aux mains des Turcs de 1915, est indignée par le refus d'Israël, un Etat dont l'identité tient en grande partie à la Shoah, de reconnaître son "génocide".

Quelque 2.000 Arméniens vivent dans le quartier arménien et son célèbre monastère qui occupent un sixième de la vielle ville de Jérusalem, un millier en Cisjordanie et 2.000 autres en Israël, indique à l'AFP l'historien arménien George Hintlian.

"Vis-à-vis d'Israël et sa bureaucratie nous sommes comme les Palestiniens. Nous nous considérons comme des Jérusalémites nés en Palestine", explique M. Hintlian, en déambulant dans la rue du Patriarcat arménien orthodoxe qui longe le quartier arménien.

Il fait nuit. La très courue Taverne arménienne sert des lahmajoun, une pâte fine avec de la viande hachée, à ses derniers clients. Des voitures israéliennes roulent lentement dans l'étroite rue en se dirigeant vers le quartier juif voisin ou vers le Mur des Lamentations.

A l'entrée du monastère, un groupe de jeunes devisent en arménien. Cet ancien hospice devenu couvent puis résidence pour des centaines d'Arméniens n'est accessible qu'aux habitants, aux visiteurs invités et aux groupes de touristes organisés.

Les Arméniens à Jérusalem, comme ailleurs dans le monde, estiment que leur quête d'obenir une reconnaissance mondiale de leur génocide à pâti de l'alliance stratégique nouée entre Israël et la Turquie en 1996.

"La plus grave conséquence de l'alliance entre Israël et la Turquie est le fait que l'ambassade israélienne à Washington et le lobby juif sont ouvertement intervenus à deux reprises en 1999 et 2001 pour empêcher une reconnaissance du génocide arménien par le Congrès", dit M. Hintlian, qui affirme qu'une vingtaine de membres de sa famille, dont son grand-père et un oncle, avaient péri dans les massacres.

"Il est difficile de comprendre la position officielle israélienne sur le génocide arménien, venant d'une nation qui a été victime d'un génocide au même siècle", ajoute-il.

Selon lui, la présence du ministre turc de la Justice Cemil Cicek à la cérémonie d'inauguration d'un nouveau musée de la Shoah à Jérusalem en mars alors qu'aucun représentant de l'Arménie n'y a été convié a "choqué" la communauté.

Amer, il montre ce qui reste d'affiches du génocide arménien placardées dans la rue et déchirées, selon lui, par des passants juifs. "Parfois, ils écrivent même +gros mensonge+ dessus", se plaint-il.

Elise Aghazarian, 26 ans, se dit "arménienne de sang et palestinienne d'âme". "Nous sommes attachés au mont Ararat mais aussi à Jérusalem".

"Je suis pour un Etat bi-national palestinien et israélien mais si une division est imposée je voudrais être côté palestinien", dit cette chercheuse diplômée en sociologie.

Si elle considère le pacte israélo-turc comme "une alliance d'intérêts", elle n'en fustige pas moins le refus d'Israël de reconnaître le génocide arménien. "Cela revient à dire que le sang juif est plus sacré que celui d'autres peuples".

Selon M. Hintlian, plus de 30% des Arméniens ont émigré de Terre sainte depuis 1967. Les restrictions imposées par les autorités israéliennes à la population palestinienne de Jérusalem-est, occupée depuis 1967, font partie du quotidien des Arméniens.

"S'il n'y a pas de solution, dans 20 ou 30 ans, notre nombre pourrait baisser de moitié" dit-il.

Elise, elle, n'envisage pas de partir."Je ne voudrais pas quitter même si les conditions de vie difficiles nous mettent sous pression permanente", dit-elle. (AFP, Ezzedine SAID, 19 avril 2005)

"Les archives d'Arménie sont depuis longtemps déjà ouvertes à tous"

"Tous les documents des archives nationales d'Arménie, y compris ceux qui ont trait au génocide arménien sont ouverts à tous les spécialistes turcs et étrangers" vient d'affirmer Amadouni Virabian, le directeur de l'institution.

A. Virabian ajouta: "il est vrai qu'un certain nombre de documents liés aux années soviétiques ne sont pas accessibles pour l'heure, mais ces derniers ne sont pas liés au génocide (Š) Les documents liés au génocide arménien furent toujours accessibles au public et aux spécialistesŠmais jusqu'à présent depuis ma prise de fonction, le 17 juillet 2001, aucun historien turc ou journaliste n'a émis une demande de consultation de ces archives".

"Les archives nationales d'Arménie sont de ce fait ouverts aux spécialistes turcs depuis bien longtemps. Alors pourquoi Ankara n'a pas fait la démarche de les consulter?" s'interrogent de leur côté des spécialistes Arméniens. Et de répondre "parce que la réponse à leur interrogation est connue et le génocide arménien n'est plus à démontrer historiquement". (Armenews, 17 avril 2005)

Erevan appelle la Turquie à ses responsabilités face à l'Histoire

S'exprimant dans une conférence de presse à Erevan le 13 avril, le ministre arménien des affaires étrangères Vartan Oskanian a indirectement répondu à la récente proposition du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan qui, dans une lettre au président Kotcharian, suggérait la création d'une commission conjointe arméno-turque chargée d'enquêter sur le génocide arménien que la Turquie persiste à nier.

Déplorant le fait que, "90 ans après que les autorités turques ottomanes eurent organisé les massacres d'Arméniens", la communauté internationale ne se soit toujours pas engagée sur la voie d'une reconnaissance sans équivoque de ce crime de génocide, le chef de la diplomatie arménienne a dénoncé l'attitude de la Turquie qui, "non seulement ne reconnaît pas le génocide arménien, mais au contraire, persiste chaque jour davantage dans sa négation". "Ce qui importe le plus pour nous est de ne pas oublier les pages sombres de notre histoire, de rendre hommage aux victimes, et de préserver notre mémoire jusqu'à ce que qu'un minimum de justice soit rendu au peuple arménien", a poursuivi M. Oskanian.

Dans une allusion à la lettre de M. Erdogan, qui estimait que la mise en place de cette "commission mixte" sur le génocide constituerait un premier pas vers la normalisation des relations entre la Turquie et l'Arménie, M . Oskanian a estimé que "sans la reconnaissance du fait du génocide par la Turquie, on ne peut avoir confiance en un voisin qui est aujourd'hui cet Etat puissant qui a une position ouvertement pro-azérie dans la question du Haut Karabagh".

Il a ainsi souligné la nécessité de persévérer dans les efforts en vue d'obtenir la reconnaissance du génocide, un crime majeur contre l'humanité, selon l'Onu.

Concernant les efforts de la Turquie en vue de devenir membre de l'UE, M. Oskanian a rappelé qu'ils ne pouvaient faire l'économie de la question du génocide, dans la mesure où elle dépasse le cadre de l'Arménie et relève de l'Europe et de l'humanité tout entière. "A la veille de la commémoration du 90e anniversaire de cette tragédie, la Turquie passe à l'offensive, plutôt que de garder profil bas. Elle tente non seulement de réécrire sans vergogne sa propre histoire, mais appelle aussi d'autres peuples à la 'réviser'. Pourtant, une telle attitude se retournera contre elle et portera finalement un coup sévère à l'autorité de la Turquie elle-même", a déclaré M. Oskanian.

Le ministre arménien des affaires étrangères a toutefois tenu à différencier les dirigeants turcs de leur peuple. Il a ainsi constaté que la question du génocide avait pu faire l'objet de certains débats dans les limites étroites permises par le pouvoir turc, et a rendu hommage aux membres de l'intelligentsia turque, toujours plus nombreux à prendre conscience qu'un génocide avait bien été perpétré contre les Arméniens, mais dans l'incapacité de l'admettre publiquement.

M. Oskanian a enfin assuré que la question du génocide arménien serait inscrite à l'ordre du jour, avant que ne débutent les négociations proprement dites sur l'entrée de la Turquie dans l'UE. (Armenews, le 15 avril 2005)

Le tabou arménien a la vie dure en Turquie

Les plus optimistes y voient un prudent premier pas de la Turquie pour régler officiellement ses comptes avec la partie la plus sombre de son histoire. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, issu du mouvement islamiste, a proposé, dans un message à son homologue arménien, Robert Kotcharian, l'instauration d'une commission mixte composée d'historiens turcs et arméniens afin d'enquêter sur les massacres de centaines de milliers d'Arméniens, en 1915, qu'Ankara se refuse toujours à qualifier de génocide.

L'initiative paraît néanmoins être surtout une manoeuvre pour désamorcer les critiques occidentales qui appellent de plus en plus fermement Ankara à ce "travail de mémoire" alors que les négociations d'adhésion à l'UE devraient commencer en octobre prochain. "L'administration turque est coincée car elle veut poursuivre son processus d'accès à l'Union européenne alors que les lobbies arméno-occidentaux font monter la pression à la veille des commémorations du 90e anniversaire de ces événements tragiques", estime le professeur d'histoire Halil Berktay, de l'université Sabançi, une des rares personnalités turques, avec Taner Akçam, spécialiste du problème arménien, qui contestent la thèse officielle. Les massacres et les déportations d'Arméniens, entre 1915 et 1917, ont fait entre 1,2 et 1,3 million de morts, selon les Arméniens, et 300 000 selon les Turcs.

"Nouvelle stratégie". Occultée pendant quatre-vingt-dix ans par l'histoire officielle, la mémoire arménienne a ressurgi en Turquie au travers de livres et d'expositions. Mais si la société civile bouge sur cette question, les autorités restent beaucoup plus timorées. Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gül, avait pourtant annoncé mercredi une campagne tous azimuts et "une nouvelle stratégie", redoutant que le Congrès américain adopte une résolution qualifiant ces événements de génocide. Les députés de la Grande Assemblée nationale, réunis en session extraordinaire, se sont mis d'accord sur un texte commun. "La raison et la logique imposent que la Turquie et l'Arménie ne craignent pas de briser les tabous dans une initiative commune [...]. C'est le moyen d'éviter que notre passé n'assombrisse notre présent et notre avenir", affirme ce document, qui, pour l'essentiel, réaffirme les thèses classiques d'Ankara : il n'y a pas eu de génocide, une commission mixte d'historiens de Turquie et d'Arménie doit étudier leurs archives respectives et celles d'autres pays, et Ankara condamne fermement les parlements des pays qui reconnaissent le génocide de 1915.

"Au-delà de l'effet d'annonce, il n'y a aucune nouveauté dans la position turque", observe un journaliste de l'hebdomadaire arménien d'Istanbul Agos, précisant qu'"il ne s'agit pas d'un débat mais d'une déclaration unilatérale qui avoue l'entêtement et les embarras d'Ankara". En effet, Abdullah Gül, qui a facilement adopté le ton officiel devant le parlement, a réfuté en bloc l'existence d'un génocide, estimant que "la Turquie était fière de son histoire". Le numéro 2 du gouvernement turc a aussi précisé que "l'ouverture de la frontière et de l'espace aérien ainsi que le développement des relations commerciales turco-arméniennes dépendaient de l'abandon, par Erevan, de ses thèses falsifiant l'histoire".

Encore plus catégoriques ont été hier les propos du président du Centre d'études stratégiques et historiques de l'armée turque, le général Erdogan Karakus, rappelant que l'ensemble des archives de l'état-major, couvrant la période de 1914-1918, est ouvert depuis 1984 : "La totalité des documents et des correspondances des autorités civiles et militaires de cette époque seront publiés en quatre volumes. Quand vous les lirez, vous allez bien comprendre qui a fait le génocide contre qui." Le nationalisme monte en flèche depuis quelques mois, notamment contre l'Union européenne, accusée de "soutenir les terroristes kurdes et d'encourager les partisans du génocide arménien". Une atmosphère qui rend difficile un débat vieux de quatre-vingt-dix ans. (Liberation, Ragip DURAN, 15 avril 2005)

Un débat à Strasbourg sur le génocide arménien

Une réunion intitulée "Les Arméniens en Turquie" s'est déroulée ce mardi 12 avril au Parlement européen à Strasbourg, à l'initiative de M. Cem Özdemir (Verts, Allemagne). Trois intervenants étaient invités à s'exprimer, devant une cinquantaine de participants, lors de cette réunion placée sous l'égide des Verts, mais bénéficiant de tout l'appui logistique des services diplomatiques turcs : Taner Akçam, historien et ex-dissident turc ayant traité de la question du génocide, Etyen Mahçupyan, Arménien de Turquie et journaliste au quotidien Zaman et Hrant Dink, rédacteur en chef d'Agos, un hebdomadaire arménien de Turquie.

La fédération Euro-Arménienne avait au préalable mis en garde les parlementaires européens sur les risques de manipulation inhérents à ce type de spectacle, où des membres d'une minorité otage seraient contraints de prôner l'adhésion de la Turquie à l'Europe comme solution à leurs problèmes, tout en évitant d'aborder les questions taboues. Comme pour confirmer ces craintes, M. Özdemir est parvenu, lors de son introduction du sujet de la conférence, à éviter le terme de génocide reprenant en cela la présentation donnée par l'invitation imprimée qui esquivait également ce terme en le présentant comme une "interprétation historique".
Dans son intervention centrée sur les preuves documentées du génocide, M. Akçam a démontré de manière accablante la formidable entreprise de falsification et d'invention d'archives par la Turquie. Il a réfuté les prétendues incohérences entre les archives occidentales et turques en expliquant clairement que ces dernières avaient été expurgées et même fabriquées. Il a conclu en notant que ceux qui s'aventuraient à vouloir consulter ces archives étaient quand bien même soumis à des menaces.

M. Mahçupyan a pour sa part stigmatisé l'emploi du terme "génocide" comme signifiant juridique et comme blocage à tout dialogue. Il a mis l'accent sur le rapport de devoir et de soumission entre l'Etat et le citoyen en Turquie. Tout en soulignant la continuité idéologique entre les responsables du génocide et l'Etat kémaliste, il a renvoyé dos-à-dos Turcs et Arméniens pour lesquels "la défense de l'identité devient l'identité". Il a conclu par la dialectique turque selon laquelle il y aurait deux approches de cette question, l'approche arménienne et l'approche turque.

M. Dink, enfin, a avancé que c'était "beaucoup attendre que de demander à cette société de définir et de nommer ce qui s'est déroulé il y a 90 ans" et qu'il valait mieux se demander si "cette société nie ce qu'elle sait ou si elle ne peut défendre ce qu'elle ne sait pas". N'hésitant pas à parler d'ouverture en évoquant les propositions turques de commission d'historiens, M. Dink a cependant précisé que "les relations arméno-turques ne se limitent pas à l'Histoire" et que "le dossier politique doit primer sur le dossier historique". Absolvant l'Etat turc, il a finalement conclu à la responsabilité "écrasante" des Européens sur la question du génocide en les assignant de reconstruire les relations arméno-turques à tous les niveaux.

"Les discours des deux représentants de la minorité arménienne de Turquie brillaient par leur ambiguïté et leur incohérence. Comme nous pouvions le craindre, ces personnes mues par une peur viscérale s'autocensurent tant au niveau des idées qu'au niveau de la terminologie, a noté Laurent Leylekian, directeur de la fédération Euro-Arménienne. "Leurs propos tournaient autour du problème central du génocide en l'évitant à tout prix".

"En vérité cette conférence n'avait absolument pas pour objectif de faire progresser la reconnaissance du génocide par Ankara, ni même d'alléger le sort des Arméniens de Turquie" a constaté Laurent Leylekian. "Comme l'annonçait explicitement l'invitation il s'agissait plutôt de trouver des solutions, c'est-à-dire des décharges, à cet obstacle majeur à son intégration à l'Union européenne qu'est le négationnisme d'Etat de la Turquie." a-t-il ajouté.

"Cette conférence se situait dans la droite ligne de la stratégie turque, visant à exclure cette question du champ des relations internationales en la centrant sur des controverses de détail et en la réduisant à une question propre aux sociétés arméniennes et turques" a précisé Laurent Leylekian. "Ce qui est nouveau, c'est qu'Ankara essaie maintenant d'opposer les 'mauvais' Arméniens de diaspora aux 'bons' Arméniens de Turquie en faisant de ces derniers les instruments de sa politique. Néanmoins, les censures et les limites de ces otages n'échappent à personne". "Les Européens ne doivent pas tomber dans ce piège comme ils sont tombés il y a quelques années dans le piège des pseudo réconciliations sans reconnaissance. La situation est claire: la Turquie a commis un crime imprescriptible, le génocide des Arméniens, et elle doit assumer cette responsabilité par une reconnaissance pleine et entière pour se conformer aux principes de l'Union européenne. Le négationnisme aujourd'hui comme le génocide hier ne signifient rien d'autre que le rejet des valeurs européennes" a estimé Laurent Leylekian.

"Provenant du groupe des Verts, qui met depuis des années toute son énergie à lutter contre la tendance naturelle du Parlement européen à appeler la Turquie à ses responsabilités, cette initiative apparaît au grand jour comme une tentative de diversion inspirée par l'Etat turc" a-t-il conclu. (FEAJD-Armenews, 15 avril 2005)

EU Cautious over Turkish Proposal on Armenian Genocide Allegations

Brussels adopted a cautious approach on the proposal and refrained from describing the step as positive. Emphasizing that the issue is a historical one and is not included in the Copenhagen Criteria, EU Commission officials expressed in a statement to Zaman that clarifying the "tragic events" occurred in 1915 would help to normalize relations between Turkey and Armenia.

The officials designated that they called on Turkey to build confidence to solve the issues between Turkey and Armenia and indicated that opening the border would help reconciliation.

Citing that universities, academics, and intellectuals in Turkey have started a new debate about the 1915 incidents recently, they underlined that this new awareness of the issue is important.

Noting that Turkey's proposal is similar to US calls commission members said that, "this proposal is an important step to understand the issue," but avoided a clear response to the question of whether the step is a positive one. (zaman.com, April 15, 2005)

60.000 cierges sur l'internet pour le 90e anniversaire du génocide arménien

Plus de 60.000 internautes ont allumé un cierge virtuel à la mémoire des victimes du génocide arménien perpétré par la Turquie en 1915, sur un site internet réalisé par un jeune Arménien qui dénonce un "crime turc" non reconnu par Ankara.

Le nombre de cierges allumés avait dépassé les 62.000 vendredi, une semaine après l'ouverture du site candle.direct.am.

"Chaque jour, pas moins de 3.000 cierges sont créés sur notre site. Ce qui montre que les gens ne sont pas indifférents aux malheurs de notre peuple", a déclaré à l'AFP le jeune informaticien à l'origine du projet, Gaïk Assatrian.

Il espère réunir sur son site jusqu'à 200.000 cierges d'ici au 24 avril prochain, date de la commémoration du génocide.

Parmi les internautes ayant déposé un cierge virtuel, de nombreux Arméniens, mais aussi des internautes des Etats-Unis, de pays de l'Union européenne, d'Israël ou même de Turquie.

Comme celui d'Orhan Bal, qui a écrit sous l'un des multiples cierges apparaissant sur le site: "En tant que Turc, j'ai honte de ce qui est arrivé aux Arméniens en Turquie. Je m'excuse et je demande pardon à tous les Arméniens".

"Nous devons nous souvenir, pas seulement des juifs", écrit Kristjan Mand, alors que de nombreux visiteurs israéliens ont été enregistrés sur le site.

"Un million et demi d'oubliés. Le crime turc du génocide arménien du 24 avril 1915", indique la page d'accueil du site.

Les massacres et les déportations d'Arméniens entre 1915 et 1917 ont fait entre 1,2 million et 1,3 million de morts, selon Erevan, et jusqu'à 300.000 morts selon Ankara, qui ne reconnaît pas le génocide, en dépit des appels répétés des autorités arméniennes et de plusieurs pays européens.

La Turquie a récemment adressé une lettre à l'Arménie proposant la création d'une commission conjointe afin d'enquêter sur les massacres des Arméniens. (AFP, 15 avril 2005)

Armenians converted in Turkey bravely avow their nationality

The oppressed minorities of Turkey, most of whom evaded genocides by passing into Islam, are getting bolder in their speeches and activities as the country bids for the EU. The Greeks of Pontos, Assyrians, Arabs and especially Armenians of Hamshen, Mush, Sassoon, Vardo, Zakho and other regions who were "turned into" Kurds and Muslims are living days of wakening. The latter sent a delegation to take part in the rally of European Armenians in front of the European Parliament last September. Afterwards, excited by the ongoing pressures on Turkey to recognize the Armenian Genocide, the Armenian converts give interviews to French, German, Belgian, Turkish and Armenian newspapers.

We called the "mother" of "Kurdized" Armenians and Hamshen Armenians in Germany historian and political scientist Alis (Aliye) Alt to get information on these issues. He said from his Frankfurt apartment which is in effect is a castle for preserving the Armenianhood: "We always follow your articles on Hamshen Armenians and Armenian converts. Thanks to the influence of these articles that are often posted on the Internet, hundreds of lost Hamshen Armenians who feared to reveal their identity in past get in touch with us now. Certainly, the important reforms that took place in Turkey under the EU's pressure and... the threat that a Kurdish state will emerge forced Turkey's state circles to be a little more democratic with the free press and mass media. We call on the Armenians of Armenia and Diaspora to provide care for their brothers and sisters who were forcefully converted and who number 1.5 million in Turkey. Time is ripe for a conference to assemble all Armenians who are willing to get out of forced isolation, reveal their identity and tell about their 90 years long persecutions in European institutions. This is to be an all-Armenian initiative with contribution from all organizations", the author of "Hamshen Armenians in the Mirror of History" tells.

Simon Geonden is from Karmir Khach village of Mush who currently lives in Wiesenbaden. He lived the greatest half of his life as a converted "Kurd" but returned to his roots due to the Kurdish national awakening. Emigrating to Germany as a student, he got in touch with national minorities from Turkey, including Armenian Genocide survivors.

"We are hopeful that the European Armenians will be more kind to us. Some people have morbid understanding of the converts and want to see everything settled in a few days. Time will solve all our issues and will heal our deep wounds", Simon Geonden said. (AZG Armenian Daily, April 16, 2005)

La nouvelle proposition d'Ankara et la riposte immédiate d'Erevan

La Turquie a récemment adressé une lettre à l'Arménie proposant la création d'une commission conjointe afin d'enquêter sur les massacres des Arméniens de 1915, a déclaré mercredi le ministre des affaires étrangères Abdullah Gul.

Cette lettre du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a été adressée au président arménien Robert Kotcharian, a-t-il dit, indiquant que la mise en place de cette commission constituera un premier pas vers la normalisation des relations avec l'Arménie.

Toutefois, le ministre arménien des Affaires étrangères Vardan Oskanian a déclaré mercredi que la sécurité de l'Etat arménien dépend de la reconnaissance par la Turquie du génocide arménien de 1915.

"Tant que la Turquie n'aura pas reconnu le génocide, nous ne pourrons pas faire confiance à ce voisin et Etat militaire de poids qui soutient sans équivoque l'Azerbaïdjan dans le conflit autour du Karabakh", a indiqué le ministre.

M. Oskanian a dit souhaiter que la question de la reconnaissance du génocide arménien Ankara constitue l'une des conditions à de futures négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européene.

M. Gul s'exprimait lors d'un premier débat au Parlement turc sur les événements qui se sont produits entre 1915 et 1917, pendant les dernière années de l'empire ottoman, et que la Turquie refuse de qualifier de "génocide".

"Nous les avons informés que si notre proposition était acceptée, nous serons prêts à négocier avec l'Arménie sur la façon dont cette commission sera mise en place et comment elle fonctionnera. Une telle initiative contribuera à la normalisation des liens entre les deux pays", a précisé le ministre.

La Turquie a reconnu l'Arménie à son indépendance en 1991 mais sans établir de relations diplomatiques en raison du profond différend sur le génocide. La frontière entre les deux pays est fermée depuis 1993.

M. Gul a appelé la communauté internationale à exercer des pressions sur Erevan pour qu'elle accepte la proposition turque.

Il a répété la position turque et affirmé que l'administration ottomane n'avait jamais ordonné une extermination systématique et massive de la population arménienne sur son territoire.

"La Turquie est en paix avec son histoire dont elle est fière", a-t-il encore dit, dénonçant le fait que les "tragédies vécues entre musulmans et non-musulmans soient exploitées à des fins politiques".

Le ministre s'en est aussi pris à plusieurs pays, dont la France, qui ont reconnu dans leurs parlements les tueries d'Arméniens comme un génocide.

Ces décisions "n'apportent aucune contribution à nos relations avec l'Arménie", a-t-il ajouté. (AFP, 13 avril 2005)

Des organisations arméniennes qualifient "mascarade" la proposition d'Ankara

En proposant au Président de la République d'Arménie la création d'une commission d'historiens pour enquêter sur les massacres des Arméniens en 1915, le 1er Ministre turc Recep Tayyip Erdogan tente de reporter, sine die, l'examen de ce douloureux sujet. L'initiative du 1er Ministre turc intervient alors que les pressions européennes s'intensifient à six mois de l'ouverture officielle des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne.

A quelques jours des commémorations du 90ème anniversaire du génocide arménien, les 450 000 Français d'origine arménienne sont indignés par le refus constant de la Turquie de reconnaître une des pages les plus sombres de son Histoire.

Pour Mourad PAPAZIAN, président de la FRA Dachnakstoutioun (Parti Socialiste Arménien) "la réalité du génocide arménien est prouvée. Les historiens ont déjà fait leur travail sur la base d'archives internationales. L'ONU et le Parlement Européen ont reconnu le génocide arménien ainsi qu'une vingtaine d'Etats dont la France. La vérité a déjà été établie. Toute remise en cause des conclusions s'apparente à une démarche négationniste".

Mourad PAPAZIAN poursuit son propos en appelant la Turquie à "reconnaître ses responsabilités et demander proprement pardon au peuple arménien à l'occasion du 90ème anniversaire du génocide arménien."

Pour Harout Mardirossian, président du Comité de Défense de la Cause Arménienne (CDCA), "Cette proposition est une mascarade. C'est une tentative de diversion qui, sous l'apparence d'un discours d'ouverture, réaffirme la négation d'un génocide. La Turquie a décidé d'intensifier son action contre la reconnaissance du génocide arménien et à 6 mois de l'ouverture des négociations d'adhésion à l'Union Européenne, le 1er Ministre turc tente une opération séduction. Nous appelons les dirigeants européens à ne pas tomber dans le piège tendu par la Turquie puisque le génocide arménien est indiscutable et sa réalité non négociable". (cdca.asso, 13 avril 2005)

Erdogan souhaite que les Arméniens fassent des excuses à la Turquie

"Il appartient aux Arméniens de faire des excuses à la Turquie suite à leurs allégations erronées de génocide durant la première guerre mondiale", a déclaré lundi le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, lors de sa visite officielle en Norvège. "Nous ouvrons toutes nos archives d'Etat. Tout le monde peut venir en Turquie pour les étudier, nous sommes prêts à régler nos comptes avec l'histoire", a-t-il ajouté.

Erdogan a également averti qu'il allait envoyer une lettre aux 11 pays qui avaient choisi d'employer "le livre bleu" pour étudier les allégations arméniennes et qui l'employaient comme base de réclamation. Le ministre turc souhaite ainsi obtenir des excuses pour la Turquie. " La déclaration doit être signé par nos 550 députés et elle sera envoyée à Londres, aux Lords et à la Chambre des Communes et aux parlements des autres pays. Un monde de paix ne peut pas être établi sur la haine et l'hostilité. Il ne peut y avoir une telle base politique, a affirmé Erdogan. D'ailleurs, si on qualifie une émigration de génocide alors tous les pays développés en ont fait un ".

Le ministre turc a poursuivi en soulignant que le concept de minorité kurde n'existait pas en Turquie. " Tous les membres des communautés ethniques de Turquie sont des citoyens égaux. Le PKK est une organisation terroriste. Personne ne devrait croire que tous les Kurdes sont membres du PPK. Nous sommes tous des citoyens turcs. C'est notre identité nationale ".

Au cours de sa visite, le Premier ministre turc a été pris à partie par un groupe de sympathisants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui ont jeté des oeufs dans sa direction alors qu'il sortait du Parlement norvégien.

Selon les images des chaînes de télévision turques, M. Erdogan, protégé par ses gardes du corps et des membres de son entourage, n'a pas été atteint par les projectiles. (AFP-ARMENEWS, 13 avril 2005)

Profanation à Marseille d'une stèle commémorative du génocide arménien

Une stèle à la mémoire des victimes du génocide arménien a été profanée à Marseille, a-t-on appris lundi soir auprès des représentants de la communauté arménienne et de la police.

L'inscription "PD", taguée en noir, a été découverte lundi après-midi sur cette stèle de pierre blanche installée sur la voie publique dans un quartier est de la ville. Cette "khatchkar" (pierre tombale en arménien) est fleurie chaque année au 15 avril, en réference au 24 avril 1915 qui marque symboliquement le début du génocide arménien.

"A quelques jours de la commémoration du 90e anniversaire du génocide, cet acte est très symbolique et ne peut passer inaperçu", a déclaré à l'AFP Vartan Arzoumanian, président du Comité de défense de la cause arménienne Marseille Provence (CDCA).

Le président de cette organisation qui milite notamment pour la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie s'est dit "indigné".

La communauté arménienne de la région marseillaise est la seconde de France, après Paris, avec environ 80.000 personnes. (AFP, 11 avr 2005)

Sezer affirme: Ankara rejette la reconnaissance du génocide arménien

La Turquie rejette les pressions de l'Union européenne (UE) visant à lui faire reconnaître le caractère génocidaire des massacres d'Arméniens pendant la Première Guerre mondiale, a affirmé jeudi le président turc Ahmet Necdet Sezer.

"Nous constatons des efforts pour nous imposer comme des conditions de nombreuses questions qui ne sont pas directement liées à notre processus d'adhésion" à l'UE, a déclaré M. Sezer au cours d'une conférence de presse dans une académie militaire d'Istanbul.

Evoquant le massacre de centaines de milliers d'Arméniens pendant la période ottomane, le président a estimé qu'il était "erroné et injuste de la part de nos amis européens de faire pression sur la Turquie sur ces questions".

Ankara rejette catégoriquement l'emploi du terme de "génocide" pour qualifier les massacres d'Arméniens commis entre 1915 et 1917 sous l'empire ottoman, mais est confronté à un nombre croissant d'appels émanant de personnalités européennes en faveur d'une telle reconnaissance.

Certains hommes politiques de l'UE ont affirmé que le sujet serait une des questions que la Turquie devrait régler avant le début de négociations d'adhésion, programmé pour le 3 octobre.

"Ces demandes ont irrité et blessé la sensibilité de la nation turque", a estimé M. Sezer. "Ce qui doit être fait, c'est mener des recherches, enquêter et discuter sur ce sujet en se fondant sur des documents et sans a priori. Cette discussion devrait avoir une base scientifique et non politique".

Les massacres et les déportations d'Arméniens ont fait entre 1,2 et 1,3 million de morts, selon les Arméniens (entre 250.000 et 300.000, selon les Turcs).

La Turquie reconnaît que des massacres ont été perpétrés et que de nombreux Arméniens sont morts lors de leur déportation. Mais elle fait valoir qu'il s'agissait d'une répression contre une population coupable de collaboration avec l'ennemi russe dans un contexte de guerre et que des dizaines de milliers de Turcs ont été tués au même moment par les Arméniens. (AFP, 7 avril 2005)

Un conseiller MR publie sa vérité sur le génocide arménien

Mustafa Öztürk, conseiller communal MR à Schaerbeek, vient de publier Le Pouvoir du Lobbie. Les Massacres Perpétrés Par les Arméniens En Asie Mineure, Chypre Et En Azerbaidjan (titre original). Une collectionŠ de fautes d'orthographes - qui commencent dès le titre - et de "documents d'archives" fournis par l'ambassade d'Azerbaïdjan, la Fondation de l'implantation et du développement de centres de documentation et de recherches scientifiques d'Istanbul et Š Daniel Ducarme. L'ancien président du parti libéral francophone, cité au moins à 3 reprises, a été visiblement l'une des sources d'inspiration du conseiller schaerbeekois.  Un conseiller qui aurait été certainement plus utile en s'intéressant aux fautes d'orthographes des écoliers schaerbeekois plutôt que d'aborder par écrit (et quel écrit!) le génocide arménien.

Quel génocide? Celui perpétré par les Arméniens sur les Turcs bien entendu. Vous n'avez pas encore lu cet ouvrage "objectif"? C'est en tout cas la thèse de l'auteur qui signe "Conseiller Communal" dans sa propre préface. La couverture bleue à l'image de son parti, son livre (édité à 1.000 exemplaires) compte 159 pages mais seulement une vingtaine de pages effectivement rédigéesŠ le restant étant un recueil d'annexesŠ pardon, d'archives "authentiques" traduites en français. Öztürk cite toutes ses sources et offre des listes lugubres sous forme de tableaux avec: nom des victimes turques, des assassins arméniens, des armes utilisées, du lieu du crime, des noms des témoins et le nom du chef de bande.  Sa comptabilité ne relève pas moins que 518.105 Turcs tués sauvagement par les Arméniens contre 200 à 300.000 ArméniensŠ morts en déportation non tués par les Turcs qui d'ailleurs ne voulaient que se protéger.

Après ce chapitre, bref survol sur Les Evénements de Chypre dont un "arrêt de la Cour d'appel d'Athènes" à mourir de rire. "Dans son Arrêt No. 2658/79, du 21 mars 1979, elle a statué que: 'l'intervention militaire turque à Chypre, qui fut exécutée en vertu des Accords de Zurich et de Londres, était légitime. La Turquie, en sa qualité d'Etat 'Garant', avait le droit de remplir ses obligations. Les vrais coupablesŠ sont les officiers grecs qui ont préparé et exécuté un coup, créant ainsi les conditions pour cette intervention."

A lire également le "Très Brèf Résumé Historique De Quelques Extraits Du Livre 'Karabag'" à propos de la situation en Azerbaïdjan.

Mustafa Öztürk n'a fait imprimer que 1.000 exemplaires du Pouvoir Du Lobbie en se promettant d'envoyer quelques exemplaires au siège du parti libéral. "Je suis prêt à les dédicacer s'il le faut", conclut-il. Que faire si chaque membre libéral exige sa copie dédicacée? (Mehmet Koksal - www.suffrage-universel.be et www.minorites.org , 7 avril 2005)

Une pétition à l'occasion du 90e anniversaire du génocide arménien

"Il y a 90 ans, le 24 avril 1915, le gouvernement Jeune-Turc de l'Empire ottoman déclenchait, organisait et exécutait la destruction délibérée du peuple arménien. En moins de deux ans, les 2/3 des 2 500 000 Arméniens qui vivaient dans l'Empire ottoman, ainsi que plusieurs centaines de milliers d'Assyro-Chaldéens, ont froidement et méthodiquement été exécutés ; hommes, femmes et enfants. Ce génocide injustifiable, réalisé après les « coups d'essai » de 1894-1896 (300 000 morts arméniens) a été perpétré dans l'objectif d'extirper un peuple tri-millénaire de ses terres ancestrales afin de transformer un pays multiethnique et pluriconfessionnel en club « purement turc ». Aujourd'hui, il reste moins de 50 000 Arméniens en république de Turquie.

"Cette idéologie ultranationaliste a depuis lors été la ligne de conduite constante de l'Etat turc. Elle l'a successivement amené à expulser les Grecs d'Asie mineure (1923), à massacrer les Kurdes du Dersim (1925 et 1937) et de l'Ararat (1930), à parquer ses citoyens chrétiens et juifs dans des camps de travaux forcés durant la seconde guerre mondiale, à conduire un pogrom contre sa minorité grecque (1955), à envahir Chypre (1974),à mener une guerre de 25 ans contre ses citoyens kurdes (1980-2005) et à exercer depuis quinze ans un blocus contre l'Arménie (1993-2005). Face à cette idéologie meurtrière, les opposants turcs eux-mêmes ont subi une impitoyable répression: arrestations massives, pogroms, torture, prison et exécution.

"Depuis 1915, la Turquie accroît le préjudice moral et matériel dont elle est coupable par la destruction continue du patrimoine d'Arménie Occidentale, par l'oppression de sa minorité arménienne restante et par une négation agressive et haineuse de la réalité du génocide.

"A l'heure où elle ambitionne d'intégrer l'Union européenne, la Turquie doit enfin rompre avec sa tradition de violence et d'impunité pour adopter les valeurs et les principes humanistes européens. Elle doit reconnaître et réparer son crime originel ainsi que l'ensemble des forfaits dont elle se rend coupable depuis 90 ans. Elle doit également cesser sa politique de négation à l'encontre de ce génocide et sa politique de haine à l'encontre de ses minorités.

"Nous, citoyens européens et ressortissants de Turquie, appelons l'Union européenne et les Etats membres de l'Union européenne à prendre clairement et explicitement en compte ces exigences de reconnaissance et de réparation dans le cadre des négociations d'adhésion qu'elle mène avec la Turquie. Nous demandons également à l'Union européenne d'exiger avec plus de fermeté que la Turquie mette effectivement en place des politiques favorisant d'une part l'épanouissement socioculturel des minorités de son pays et les assurant d'autre part d'une réparation raisonnée pour l'immense préjudice qu'elles subissent continûment depuis un siècle.

"Nous appelons enfin la Turquie à se grandir d'une reconnaissance pleine et entière du génocide des Arméniens, à instaurer un véritable Etat de droit représentant démocratiquement toutes les composantes de sa société, à mettre en place des mécanismes institutionnels et à initier une politique éducative et une politique de la mémoire du génocide afin que cette catastrophe appartienne définitivement à son passé. Nous invitons les dirigeants de la république turque, à venir se recueillir au mémorial du génocide à Erevan, en Arménie, comme l'a fait en son temps M. Willy Brandt à Varsovie, en Pologne.

"Nous convions l'ensemble des forces humanistes à se joindre à cette démarche. Nous appelons également les responsables politiques belges, locaux, régionaux, nationaux ou européens, à mettre en ¦uvre tous les moyens en leur pouvoir pour astreindre la Turquie à franchir cette nécessaire étape vers la Démocratie."

(Pour signer la pétition: http://www.armeniangenocide.be )

MGK moves up meeting as the Genocide's anniversary draws close

The date for the next meeting of the influential National Security Council (MGK) that was slated for April 25 has been moved ahead one week due to two crucial approaching issues; presidential elections in North Cyprus on April 17 and the 90th anniversary of the so-called Armenian genocide on April 24.

Possible reactions concerning a resolution upholding Armenian allegations that their ancestors were victims of a genocide campaign at the hands of the late Ottoman Empire during World War I, to be presented to the U.S. Congress this month, as well the results of the presidential elections in the Turkish Republic of Northern Cyprus (KKTC) are to be discussed at the MGK meeting led by President Ahmet Necdet Sezer during the meeting now slated for April 18, private NTV reported over the weekend.

Turkish-U.S. relations that have recently been overshadowed by an assumed linkage and related bargaining regarding the issues of the genocide resolution expected to be brought to the U.S. Congress on April 20 and a Turkish decision to grant expanded access of U.S. forces to an air base in southern Anatolia, I™ncirlik, is to be contemplated thoroughly during the MGK's meeting.

Developments regarding Turkey's accession to the European Union as well as developments regarding Iraq's transition process towards democratization are also to be discussed at the MGK meeting.

The Turkish government has been adamantly dismissing any linking between the two issues, yet both Prime Minister Recep Tayyip Erdogan and Foreign Minister Abdullah Gül, however, signaled that the Turkish side intended to give the United States the right to use I™ncirlik as a logistics hub to support operations in Afghanistan and Iraq. Technical details to conclude the issue are also to cover the April 18 meeting's agenda.

MGK Secretary-General Yigit Alpogan, the first civilian to head the grouping of top military and political leaders of Turkey, has released last week the strongest official response to date to comments in Turkish and U.S. media that relations have been going through one of their worst periods ever, after Turkey refused to give the go-ahead for U.S. troops to use Turkish soil as a launching pad for the war on Iraq.

"These relations were not built in one day and they are strong enough not to fall apart in one day," he said during a meeting of the Turkish-American Business Council in Istanbul that was also attended by outgoing U.S. Ambassador to Turkey, Eric Edelman. (Turkish Daily News, April 4, 2005)

A conference on the "Armenians in Turkey" at European Parliament

Announced by Greens/EFA of European Parliament:

"Turkey seeks membership in the European Union. In December 2004, the European Council approved Turkey's fulfillment of the political criteria of Copenhagen- a precondition for opening accession negotiations. This decision recognizes Turkey's progress in further democratizing and improving human rights and minority issues, which had only until recently minimally addressed, if at all. Many problem areas and taboos still remain. The pre-accession process gives us the opportunity to view these remaining problems and work together on solutions.

"The current situation of the Armenian minority in Turkey as well as the Turkish discussion of its own history with respect to the Armenians remains one of the largest remaining taboos. Many in the Armenian diaspora demand that Turkey accepts responsibility for its crimes of 1915 as a precondition for its EU membership. The official Turkish position, on the other hand, has difficulty recognizing Armenian suffering.

"For the past several years, and largely unknown outside the region, Turkish civil society has been addressing this problematic and creating a dialogue that should contribute to a new understanding and re-evaluation of official Turkish history. Leading Armenian and Turkish scholars and intellectuals together have begun to critically discuss historical interpretation as well as their common future in a democratic and liberal Turkey.

"By planning an event at the European Parliament, we seek to bring a larger European dimension to the Armenian discussion and give constructive opposing voices a fair debate forum. Any discussion about Turkey's future includes confrontation of the past based on collective respect and empathy. Our goal is to contribute to this process of understanding. More broadly, it is our goal to better the future cohabitation of different cultures and ethnicities in Turkey.

"The discussion on April 12 in Strasbourg will be lead by significant personalities and scholars of history working on this issue such as Hrant Dink, Etyen Mahcupyan and Taner Akcam."(Greens/EFA, April 4, 2005)

Armenian observer: "Ankara seems the biggest booster of the 90th anniversary!"

Several months ago, when Armenians started planning commemorative activities for the 90th anniversary of the Armenian Genocide, little did they know that the biggest boost for their efforts would come from the Turks themselves!

Long before the upcoming observances on April 24, Turkish journalists started publishing articles with ominous headlines such as, "The Approaching Armenian Tsunami" or "The Anniversary of the Armenian Genocide Would Be a Big Nightmare for Turkey." Knowing full well the extent of their guilt and the fact that no amount of denial had succeeded in covering up the crimes committed in 1915, the Turkish leaders thought it wise to make a pre-emptive strike in order to undermine the planned Armenian commemorative activities.

The Turks did not realize that their actions were effectively helping to publicize the Armenian Genocide to millions of their own citizens, many of whom know little or nothing about these crimes, and to millions of other people around the world.

The Turkish government enthusiastically embarked on forming so-called "expert committees" and allocated huge sums of money for their revisionist activities. As a result, before the Armenians organized a single commemorative event, the Turks had already made the entire world aware that this year was the 90th anniversary of the Armenian Genocide.

Here are a few examples of recent Turkish contributions to the commemoration of the Armenian Genocide:

Prof. Justin McCarthy of the University of Louisville was invited to Turkey last week to deliver a series of lectures on the Armenian Genocide and meet with the local media. Zaman newspaper reported that he spoke about "The Reality of the Armenian Genocide," at a conference held in the Turkish Parliament. Prof. McCarthy, a revisionist historian who is well known to his Turkish masters and unknown to everyone else, told the Turks that his recent book on this issue "should be thrown from the air by plane."

When the Turks realize that they have been wasting their money on this charlatan, they may decide to dump him along with his book. The Assembly of Turkish American Associations (ATAA), with the assistance of the handsomely compensated Livingston Group lobbying firm, organized a "Capitol Forum" on the Armenian Genocide, at the Rayburn Building of the House of Representatives, on March 22. The guest speaker was Prof. Turkkaya Ataov whom I confronted at the United Nations in Geneva some 20 years ago.

The Turkish Forum was trying to imitate the Armenian Genocide commemorations organized by Armenians in April of every year in the same congressional building. The logical outcome of this Turkish event was the propagation of the Armenian Genocide in Washington without any effort or expense from Armenians.

Prof. Yusuf Halacoglu, the President of the Turkish Historical Society, suggested during a university lecture that Turkey demand the re-trial of Soghomon Tehlirian who was set free by a German court in 1921, after assassinating Talaat Pasha, the mastermind of the Armenian Genocide.

General Kilinc Tuncer, the Secretary of Turkey's powerful National Security Council, who was present at the lecture, put an immediate stop to this counter-productive idea by pointing out that during the original trial, the Ottoman government's crimes came under scrutiny, rather than Tehlirian's act. He cautioned that re-opening the court case would end up putting Turkey on trial!

After the world-renowned Turkish novelist Orhan Pamuk told a foreign journalist that Turks had killed one million Armenians in 1915, scenes reminiscent of the Nazi era were repeated on Turkish streets last Sunday. Pamuk's books were collected and burned in a public ceremony, attended by Turkish parliamentarians.

No wonder Hitler's book is a best-seller in Turkey these days. Such Nazi tactics, reported by the Turkish Daily News, helped further publicize the fact that a prominent Turkish writer had acknowledged the Armenian Genocide. It is ironic that while the Turks are trying to convince the Europeans that they are ready to join the EU, they are shooting themselves in the foot, by threatening a prominent writer and burning his books!

It is expected that in the coming weeks, the Turks would continue doing their share in publicizing the Armenian Genocide. Hurriyet reported about Turkish plans to hold a protest in front of the White House on April 24. Armenians should not only welcome such an initiative, but also do everything possible to assist the Turks to ensure such a gathering takes place. Just imagine the worldwide media coverage generated by the confrontation between Turks and Armenians in front of the White House on April 24.

Armenians should be grateful for all the Turkish endeavors in the globalization of the 90th anniversary of the Armenian Genocide. (AZG Armenian Daily - The California Courier, Harut Sassounian, April 2, 2005)

Armenian genocide bill on the way to US Congress

A resolution upholding Armenian allegations that their ancestors were victims of a genocide campaign at the hands of the late Ottoman Empire during World War 1 will be presented to the U.S. Congress in April, said a spokesman for the influential Armenian Diaspora in the United States.

The resolution, similar to the one pushed forward in the House of Representatives in 2000 but withdrawn after the Bill Clinton administration intervened, will be brought to Congress on April 20, Ross Vartian, executive chairman of the Armenian Assembly of America, told daily Milliyet in an interview.

"It should be known that we have sensitivities on this issue," Prime Minister Recep Tayyip Erdogan told reporters in Morocco.

He dismissed any link between such a resolution and a Turkish decision to grant expanded access to an air base in southern Turkey, I·ncirlik. "Any development to associate this with the alleged Armenian genocide would sadden us," Erdogan said. "So far, the U.S. Congress has not done anything like that; I do not believe it would do it in the future, either."

Observers warn of the high possibility a resolution recognizing the alleged genocide might be easily approved if it is voted and say the administration could prevent a negative outcome only if it could prevent the vote. U.S. officials, on the other hand, have said they might need some steps on the part of Turkey to have their hand strengthened against any congressional move. Such steps reportedly include closer cooperation on Iraq.

More than 90 congressmen have signed a letter urging President George W. Bush to use the word "genocide" in his commemorative message traditionally issued on April 24, the date which Armenians say is the anniversary of the alleged genocide. (Turkish Daily News, April 1, 2005)
 

La défense de Ragip Zarakolu concernant le livre de Jerjian

(Procès: concernant le livre intitulé "La vérité va nous rendre libre" de George Jerjian, le 16 mars 2005, au 2e tribunal de première instance, Sultanahme-Istanbul. Délit: non respect de l'article 159 du code pénal turc. Le procès est repoussé au 17 mai 2005. Le tribunal a décidé la mise en place d'un groupe de trois experts.)

Texte de Zarakolu's défense:

Aux membres respectables du jury.

Je suis accusé d'avoir offensé l'État, d'avoir également offensé la mémoire d'Atatürk, selon la décision du 10 décembre 2004 du ministère de la Justice, pour avoir publié le livre intitulé "La vérité va nous rendre libre" de George Jerjian.

Quand on fera une évaluation globale du livre, on comprendra que l'auteur n'a pas du tout eu l'intention d'offenser qui que ce soit. Au contraire, il souhaite l'amélioration des relations arméno-turques.

Le livre de George Jerjian a été publié en 2002 à Londres, il est aujourd'hui en vente dans le monde entier.

En faisant mes recherches à la librairie du musée de l'holocauste de Washington en 2003, j'ai trouvé ce livre en rayon pour la première fois et je l'ai acheté.

J'ai accepté la proposition de l'auteur de traduire ce livre car je le trouvais intéressant. Cette année est le 90e anniversaire de la déportation et de la tragédie des Arméniens. Ce sujet sera débattu toute l'année, aussi bien en Turquie que dans le monde entier. Qu'on condamne les livres ou pas, ces discussions ont déjà commencé.

Si le ministère de la justice a l'honneur d'être présent, cela veut dire qu'il va intervenir pour le jugement. Et qu'il a l'intention de condamner le livre. C'est pour cette raison que ce procès ne concerne pas seulement la liberté d'expression, mais se transforme également de bout en bout en un procès politique.

Pourtant les hommes politiques veulent promouvoir l'élargissement des limites relatives à la liberté d'expression au sein des réformes établies. Mais nous, malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de pouvoir l'appliquer. Nous sommes convaincus que les problèmes liés aux libertés d'expression existeront toujours tant que les mentalités liées aux droits et libertés fondamentaux, aux droits des citoyens ne changeront pas.

Si le ministère de la justice était sincère dans son acte d'accusation pour offense, il aurait fait un procès lors de l'édition de ce livre en Angleterre. Car l'offense est une notion qui relève du domaine du droit privé. Et pour cette raison, il aurait été possible de faire un procès contre ce livre à l'étranger. Mais dans ce cas précis, comme il n'y a rien qui touche au droit privé, il n'a pas entamé une procédure aussi absurde.

Si l'on sacralise les institutions et les personnes, si on les idolâtre, il est évident que les critiques ou les expressions dures seront perçues comme offensantes. De plus, toute expression externe et contraire à l'idéologie et à l'histoire générales et officielles, sera perçue comme une agression, un non respect, une offense.

Cette approche n'a aucun lien avec les droits fondamentaux et la liberté d'expression actuelle. Cela peut être considéré seulement comme un procès intenté dans le cadre des croyances. Et ceux qui le font, loin d'être considérés comme des démocrates, le feront selon une démarche purement théocratique et totalitaire.

Les fondateurs de l'État, les personnalités de l'histoire ont une place dans l'histoire et ils ont une existence concrète. Les critiques ou les propositions qui divergent des clichés officiels peuvent ne pas être bien reçues par certains. Rien n'empêche d'exposer des points de vues opposés dans un livre ou dans un texte.

Le résultat le plus sain serait la synthèse de points de vues et d'approches différents à condition que ceux-ci soient d'un certain niveau.

À mon avis, le vrai manque de respect envers une personnalité de l'histoire, c'est de protéger sa mémoire par des lois spécifiques. En dehors des pays totalitaires, on ne peut pas trouver un exemple qui ressemble au nôtre. Cela fait partie des thèmes tabous qu'on a du mal à dépasser.

Je fais partie du Comité pour la Liberté de Publication de l'Union des Éditeurs de Turquie. Mais je suis aussi membre du comité international qui suit l'état de la liberté d'expression dans le monde. Et maintenant je suis jugé pour une question semblable. Parmi les événements que nous suivons, il existe aussi des cas similaires.

Par exemple, le régime iranien -même s'il n'en est pas citoyen - a pu condamner à mort Salman Rushdi à cause de son livre "Les versets sataniques". Heureusement l'Iran a récemment renoncé à sa décision. Et Salman Rushdi, en tant que président du PEN CLUB des écrivains américains, continue encore à se battre contre les restrictions imposées à la liberté d'expression -sous prétexte du risque de terrorisme- par le gouvernement Bush.

La Grèce juge une affaire concernant une bande dessinée racontant la vie de Christ jugée diffamatoire quant au principe de sainteté.

Et enfin, au Liban, le best seller mondial de Dan Brown "Da Vinci Code" a donné lieu à un procès suite à la demande des groupes chrétiens, sous prétexte qu'il portait atteinte à la mémoire de Christ pour l'usage d'un faux témoignage sur sa vie.

Il est douloureux que ce procès soit cité comme exemple parmi ceux cités ci-dessus, à une période où nous mettons en avant l'extension des limites de la liberté d'expression.

L'Union des Éditeurs Mondiaux qui a cent ans d'expérience, considère que l'édition ne doit pas être considérée seulement comme une activité économique, le devoir éthique devant faire partie aussi de ses principes fondamentaux. Et ce devoir éthique, doit non seulement aider à s'exprimer mais aussi doit donner l'occasion de s'instruire librement.

Le fait de publier ce livre n'a d'autre but que de communiquer les idées qui circulent dans le monde sur un sujet qui suscite un vif débat en Turquie. Les lecteurs turcs doivent être au courant de l'existence de ces publications qui ont cours hors de leurs frontières, doivent connaître les réflexions des autres sur certains sujets, et par conséquent s'ils ne sont pas d'accord, avoir le droit de s'exprimer.

Sinon, rien de plus facile que de publier des livres en censurant tout ce qui nous contrarie et en valorisant tout ce qui est susceptible de plaire au plus grand monde possible.

Est-ce qu'il serait juste d'agir ainsi et quel reflet de la réalité donnerait-on ? Cela ne servirait qu'à trahir et à tromper.

Certaines expressions peuvent "choquer" les croyances et les connaissances des uns et des autres. Cela peut les déranger. Mais cela ne doit pas être un prétexte pour juger un livre. D'ailleurs, il y a quelques jours, La Cour suprême a publié une décision pour attirer l'attention sur le fait de toucher à la liberté d'expression, définissant les limites de la liberté d'expression d'une façon plus large.

J'espère que cette décision sera prise en considérations par votre tribunal.

Compte tenu de ces vérités, je demande le retrait des accusations en mon encontre et plaide non coupable. (Yevrobatsi.org, traduit par Sevan, 1er avril 2005)

La recherche universitaire empêchée en Turquie

Au moment où le débat sur l'intégration de la Turquie dans l'Europe bat son plein, nous apprenons que deux jeunes chercheurs de l'Université française y sont actuellement inquiétés par la police turque et empêchés de séjourner en Turquie pour mener à bien leur recherches sur les traditions et la communauté kurdes, au prétexte qu'ils seraient en réalité des "missionnaires" ou des "Arméniens".

Cet empêchement contredit les discours officiels du gouvernement turc et les garanties de démocratisation fournies à la communauté européenne.

Nous vous invitons à protester en joignant votre signature à la Lettre aux autorités turques ci-dessous. Vous trouverez plus bas des indications sur l'encadrement scientifique de ces chercheurs et leur situation actuelle.

(Nous demandons à chacun d'indiquer leur profession et aux chercheurs, dont les signatures seront bien sûr particulièrement précieuses, de préciser s'ils le veulent bien leur institution.)

Nous tenons à préciser que cet incident, surgi le 17 mars dernier, a lieu dans un contexte d'extrême tension entre la population kurde et les autorités turques. Le 21 mars, lors de la fête du Nouvel An kurde, deux enfants, de 12 et 14 ans, ont brûlé le drapeau turcs. Ils sont aujourd'hui en prison. Le gouvernement a organisé une parade nationale de trois jours, au cours desquels, à partir de jeudi 24 mars, les écoles, les lycées et les collèges de tout le pays sont réquisitionnés pour parader dans les rues en entonnant des chants nationalistes. Dans toute la Turquie, depuis ce jour, les bâtiments publics sont recouverts de photos géantes d'Atatürk. Les magasins portent tous le drapeau turc: les commerçants qui ne le font pas sont menacés.

LETTRE AUX AUTORITES TURQUES

Au moment où le débat sur l'intégration de la Turquie dans l'Europe bat son plein, nous apprenons que deux jeunes chercheurs de l'Université française, Ioannis Kanakis et Estelle Amy de la Bretèque, y sont actuellement inquiétés par la police turque, et empêchés de séjourner en Turquie pour mener à bien leur recherches sur les traditions et la communauté kurdes.

Cet empêchement contredit les discours officiels du gouvernement turc et les garanties de démocratisation fournies à la communauté européenne.

Le séjour de ces chercheurs en Turquie est exclusivement scientifique.

Nous ne doutons pas que le problème auquel ils sont aujourd'hui confrontés est dû à un malentendu, une information qui ne serait pas parvenue aux autorités locales.

Nous n'ignorons pas le caractère sensible de la région de Hakkari pour l'Etat turc. Mais nous savons et vous savez quels seraient les effets déplorables, pour l'intégration de la Turquie dans l'Europe, d'un pareil tort fait à ces chercheurs et à travers eux à la communauté scientifique.

Une telle injustice ne peut que choquer les universitaires, écrivains, intellectuels, journalistes et politiciens français, et faire douter de la vocation démocratique et européenne de la Turquie d'aujourd'hui.( aircrige@noos.fr  , 30 mars 2005)

9Oe ANNIVERSAIRE
Commémorations en Belgique du génocide arménien
 
 

Trois événements organisés par le collectif
WWW.ARMENIANGENOCIDE.BE

8 avril 2005 - 19h00
Soirée: "Arménie et les Arméniens"
Conférencier: le prof. Bernard Coulie, recteur de l'UCL
avec une exposition de photos et un stand de livres.
Centre Culturel De Zeyp - Rue Zeyp 47 - 1083 Bruxelles
Entrée: gratuite.

18 avril 2005 - 13h00
Conférence: "Une reconnaissance pour construire l'avenir"
Maison des Parlementaires (Salle des Congrès), Rue Louvain 21 - 1009 Bruxelles
Le sénateur Lionel Vandenberghe convie plusieurs personnalités à une conférence sur le thème: "Une reconnaissance pour construire l'avenir".

Programme

13h00 - 13h15: Accueil
13h15 - 13h30: 'Introduction: Une reconnaissance pour construire l'avenir'
Sénateur Lionel Vandenberghe (Spirit)
13h30 - 13h45: 'Le sens politique de la reconnaissance et de la réconciliation'
Sénateur Pierre Galand (Parti Socialiste)
13h45 - 14h00: 'La reconnaissance politique du Génocide arménien'
Sénateur Alain Destexhe (Mouvement Réformateur)
14h00 - 14h15: 'Vécu personnel par rapport à la question arménienne'
Willy Kuijpers (Bourgmestre de Herent)
14h15 - 14h35: 'Les prémices d'une justice internationale au lendemain du Génocide des Arméniens'
Raymond Kevorkian (historien et conservateur de la Bibliothèque Nubar Pasha - Paris)
14h35 - 15h00: 'Le sens politique de la tolérance européenne au négationnisme d'Etat'
Laurent Leylekian (directeur de la Fédération Euro-Arménienne)
15h00 - 15h15: PAUSE
15h15 - 15h30: 'Les Arméniens restés en Turquie après le Génocide'
Derwich M. Ferho (directeur de l'Institut Kurde de Bruxelles)
15h30 - 15h45: 'La Turquie, un pays rendu otage de négationnisme par ses dirigeants politico-militaires et médias...'
Dogan Özgüden (directeur de la Fondation Info-Türk)
15h45 - 16h00: 'Les relations entre les Turcs et les Arméniens'
Ufuk Berdan (Confédération européenne des travailleurs de Turquie - ATIK)
16h00 - 16h15: 'L'attitude des Kurdes vis-à-vis du Génocide Arménien'
Recep Marasli (Ecrivain-éditeur)
16h15 - 16h30: Discours de clôture
Pr. Ludo Abicht
16h30 - 16h45: Lecture de la motion
Sénateur Lionel Vandenberghe
16h45 - 17h30: Débat: Questions & Réponses

L'inscription est obligatoire avant le jeudi 14 avril 2005.

22 avril 2005 - 20h00
Soirée culturelle
Centre Culturel De Zeyp - Rue Zeyp 47 - 1083 Bruxelles
Avec la participation de: A.A.D.B. Sevan (danse arménienne), CCS Bolivia (danse), Kolla Suyu Nan (musique), Sassoun (musique), Seîd Hinare (chant), Sophie Servais (chant).
Entrée gratuite.

Ces trois évènements sont organisés avec le soutien et la participation de:

L'Association des Arméniens Démocrates de Belgique, Citizenne, De Zeyp, eLandnet, la Fédération Euro-Arménienne, FVK, Rodenbachfonds, FVV, Fondation Info-Türk, l'Institut kurde de Bruxelles, Vrede vzw, West In.

Pour ces trois événements,
renseignements et réservations 
http://www.armeniangenocide.be 

Une journée de lecture et de débat

24 avril 2005 - 15h30
Lecture: "Papiers d'Arménie" de Caroline Safarian
présentés par le groupe Louys-Arto
Débat: "Génocide et représentation"
avec la participation de Marie-Aude Baronian, Jeanine Altounian, Prof. Bernard Coulie, Jacques Delcuvellerie, Pierre Mertens et Dogan Özgüden
Au Théâtre de Poche
Chemin du Gymnase 1A - 1000 Bruxelles
Information et réservation: 02-649 17 27
 

Politique intérieure/Interior Politics

Turkish Chief Judge's headscarf remarks stir up controversy

Constitutional Court Chief Judge Mustafa Bumin said on Monday that any attempt to lift the headscarf ban would be a violation of the Turkish Constitution and the European Charter of Human Rights.

Speaking at a ceremony celebrating the 43rd anniversary of the founding of the Constitutional Court, Bumin said the headscarf had become a political symbol abused by various groups. He said certain parties had tried to abuse the religious sentiment of the people for their own political benefit in the past, adding that they were closed as a result.

Justice and Development Party (AKP) parliamentary group deputy leader Irfan Gündüz said on Monday that it appeared the Constitutional Court's chief judge was caught unprepared while preparing for his speech for the 43rd anniversary of the court.

Gündüz said the Higher Education Board (YÖK) law amendment passed in 1988 lifted all bans on clothing restrictions for university students, adding: "The Constitutional Court cannot see itself as the lawmaker. It cannot introduce new laws."

Parliamentary Speaker Bülent Aržnç also criticized Bumin's remarks, noting: "certain people tried to impose more bans at a time when more freedoms are needed. I am saying this for some who should reconsider their stances. No country will progress with bans."

Foreign Minister ABdullah Gül said the headsarf issue would be resolved in line with the universal rights and freedoms. He said: "There are no nation specific rights or freedoms. We will abide by the universal norms in resolving this issue." (Turkish Daily News, April 26, 2005)

"AKP will elect the next president of the Republic in 2007"

Justice and Development Party (AKP) deputy leader and deputy from Elazžg˜ Necati Çetinkaya on Sunday dismissed rumors about early national elections, saying the polls would be held on schedule on Nov. 3, 2007 with the AKP electing the next president in May of 2007.

Speaking at a press conference at the Elazžg˜ AKP branch headquarters, Çetinkaya said the government was accomplishing deeds unmatched in the republican era, adding: "We will also initiate a project on fresh water and roads to villages. The Education Ministry has employed 20,000 teachers to make sure no school is without a teacher."

He went on to say: "As AKP election affairs president and deputy leader, I know neither Prime Minister Recep Tayyip Erdog˜an nor any of our members are considering early elections. We brought stability to Turkey. National income has increased and inflation is single digit. We will prove that elections in Turkey can take place once every five years. The people entrusted us with governing the country for five years, and that's what we are going to do." (Turkish Daily News, April 18, 2005)

Tayyip Erdogan doit faire face aux défections et aux critiques des médias

Qu'on invoque un coup de fatigue post-réformes ou les errances propres à l'exercice du pouvoir, le constat est le même : le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan connaît un passage à vide marqué par de nombreuses défections dans son parti et une crise ouverte avec les médias.

Le chef de gouvernement a laissé transparaître lors des dernières semaines une mauvaise humeur inhabituelle, répliquant avec férocité à tout semblant de critique à l'encontre de son gouvernement.

Les médias en particulier ont fait les frais de cette agressivité, se voyant accuser par M. Erdogan de faire le jeu des opposants à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne après qu'ils eurent dénoncé les violences perpétrées par la police contre des femmes pendant une manifestation à Istanbul début mars.

L'organisation patronale la plus influente de Turquie a pour sa part essuyé un cinglant "mêlez-vous de vos affaires" quand elle s'est jointe au concert de critiques.

Le Premier ministre a ensuite renvoyé devant les tribunaux un caricaturiste et un magazine satirique qui l'avaient dépeint sous les traits de divers animaux.

Ces réactions ont suscité des interrogations sur la volonté maintes fois exprimée par M. Erdogan de renforcer les libertés en Turquie.

Cet homme politique, qui a passé quatre mois en prison à la fin des années 1990 pour avoir récité un poème à connotation islamiste au cours d'un rassemblement politique, s'est souvent décrit lui-même comme une victime de mesures antidémocratiques.

Pour les détracteurs du gouvernement, celui-ci marque par ailleurs le pas en matière de réformes en vue d'une adaptation aux normes de l'Union européenne depuis que les dirigeants européens ont donné leur feu vert en décembre au lancement dès octobre de négociations d'adhésion avec Ankara.

L'exécutif turc tarde ainsi à nommer un négociateur en chef devant mener les pourparlers avec l'UE et à mettre en application un nouveau code pénal adopté à l'automne en réponse aux demandes européennes.

Les plus ardents critiques de M. Erdogan et de son Parti de la Justice et du Développement (AKP), une formation conservatrice issue de la mouvance islamiste, voient dans ces retards la preuve que le gouvernement n'a jamais réellement adhéré à l'idée d'une Turquie dans l'UE, qu'elle n'a défendue que par opportunisme politique.

"L'UE n'est pas une voie en laquelle ils croient", a ainsi déclaré à l'AFP Suleyman Saribas, un député qui a récemment démissionné de l'AKP. "La démocratie est le régime de la tolérance, qui leur fait défaut".

M. Saribas est l'un des 13 parlementaires -dont un ministre- à avoir quitté l'AKP depuis février, accusant le parti au gouvernement de népotisme, de corruption et de manque de respect pour les opinions dissonantes.

La plupart des élus démissionnaires proviennent du centre-droit et n'ont rallié un AKP désireux de démontrer qu'il avait coupé les ponts avec l'islamisme qu'à la faveur des élections législatives de 2002.

Le Premier ministre, évoquant "les pommes pourries du panier", a affirmé que ces défections ne l'avaient pas affecté et s'est borné à qualifier les critiques à l'encontre de son gouvernement de jalousies politiques.

L'AKP continue de jouir, selon les sondages, d'une forte popularité et dispose encore d'une majorité confortable au Parlement.

Pour certains analystes cependant, les récentes défections ont peut-être mis à mal le projet d'installer ce parti comme une force incontournable sur l'échiquier politique.

"Dans une Assemblée à 550 membres, 357 sièges, c'est encore un nombre élevé, mais il est évident que la possibilité d'une hémorragie interne est apparue", a estimé l'éditorialiste Cengiz Candar dans le quotidien Tercuman.

Si le parti continue de perdre des députés, le gouvernement pourrait être contraint de convoquer des élections anticipées l'an prochain, a-t-il poursuivi. (AFP, Sibel UTKU-BILA, 5 avril 2005)

Former AKP Minister Mumcu Elected As ANAP Leader

Isparta parliamentarian Erkan Mumcu was elected as leader of Motherland Party (ANAP) on Saturday with 852 votes of delegates at the party's 4th extraordinary Congress..

Earlier Mumcu was Culture & Tourism Minister, but he resigned from ruling Justice & Development Party (AKP) on February 15th, and joined ANAP on March 19th.

After resigning Mumcu had insinuated he would initiate a new center-right political movement; however, he subsequently joined ANAP after a delegation from the party invited him back to his first political party. His decision to join ANAP seems to have persuaded several AKP deputies to do the same.

Prior to the congress, four deputies joined the ANAP in a ceremony held at party headquarters on Friday.

The deputies were former Justice and Development Party (AKP) Malatya deputy Miraç Akdogan, AKP Izmir deputy Serpil Yžldžz, former Republican People's Party (CHP) Diyarbakžr deputy Muhsin Koçyigit and independent Bitlis deputy Edip Saffer Gaydalž.

With the recent transfers, ANAP is now represented by 10 deputies in Parliament.

Below is the current distribution of seats in the parliament after these four parliamentarians joined ANAP:

AKP : 357
CHP : 162
ANAP : 10
DYP : 6
SHP : 5
HYP : 1
Independent : 8
Vacant : 1

TOTAL : 550

Forces armées/Armed Forces

Militarist and racist courses by Army officers in Turkish high schools

Screening of a movie with scenes of violence and words of hatred directed at Kurds, as part of "National Security and Citizenship" course in a high school arouses concerns among teachers and parents in Izmir.

"This is militarizing civil life" says Adil Serim, local teachers union (Egitim-Sen ) branch leader.

Serim's reaction is triggered by the screening of a film titled, "Why Turkey is Targeted?" in the Alsancak Republican Vocational School for the Girls.

In the film there were scenes of violence taking place in the Southeast of Turkey, generally inhabited by the Kurds, scene to two decades of armed clashes between the Turkish Army and the armed insurgent Kurdish group PKK.

Moreover, the film resorted to a propagandistic tone, with expressions like, in reference to the PKK leader Abdullah Öcalan "the baby killer", and to the armed insurgents "those burning villages".

According to pro-Kurdish daily Gündem a Mardin (a Southeastern city) born student, Y.A. complains that she is ousted by her friends after the film was screened.

Screening of the film follows eruption of events signaling the rise of nationalist tendencies around Turkey.

Few weeks ago, the destruction of a Turkish flag in Mersin during the Newroz celebrations caused a nation-wide roar. More recently, the nationalists attempted lynch left-wing activists in Trabzon and Sakarya.

A recent research, "Human Rights in the Text Books Project" by the History Foundation shows that National Security courses comprise "militaristic education within the civil education system," says Ayse Gul Altinay of Istanbul's Sabanci University.

These courses have become transformed into political propaganda and preaching since the curricula changes in 1998, particularly in relation to such issues like the European Union and the relations with the Kurds.

According to findings of the project, the National Security courses and text books include a sizeable number of hate speech violating human rights. The three year project was conducted by the History Foundation in cooperation with the Academy of Sciences of Turkey.

The specialists have advised that the National Security courses are removed off the curricula to be replaced by "Peace" courses.

The National Security courses are taught since 1926. According to regulations the courses are given by retired soldiers and the curricula are prepared directly by the Office of the Chief of Staff. (BIA, April 19, 2005)

Demirel claims: "The deep state, it is the military"

Former President Süleyman Demirel and former Prime Minister Bülent Ecevit have started a debate on the nature of the "deep state," with both defining the concept differently.

When asked about the concept of deep state on CNN-Türk's "Ankara Lobby," Demirel said: "Deep state is the state itself. It's the military of the state that is the deep state."

He went on to say: "The military, which established the republic, always feared the state would suddenly collapse. A state in need of a "deep state" indicates that it is misgoverned. A deep state will not become active unless the state is close to toppling. It is not a separate state. When they seize the state, they become deep."

When asked about former Prime Minister Ecevit's criticism of his not investigating the existence of the deep state when he was prime minister and president, Demirel said: "Is being a prime minister enough? He was also prime minister. Mr. Ecevit doesn't know what's going on in Turkey. I'm sorry, but he is the only prime minister whose support decreased from 22 percent to 1.5 percent overnight."

Speaking to the daily Sabah's Balçiçek Pamir, former Prime Minister Ecevit said everybody's deep state was different.

When asked about what deep state was, Ecevit noted: "Deep state is the part of state that is behind the scenes. Demirel talks about the deep state from when he was in political trouble." Ecevit said he agreed with Demirel's statement that deep state made itself felt only at times when there was a lack of state authority but added, "I don't know why people are talking about such matters now. We have certain problems, but the performance of the current government does not necessitate such interventions. I experienced the deep state first hand. Deep state is the counter-guerilla. I issued warnings then." (Turkish Daily News, April 18, 2005)

Conscientious Objector Faces Military Court in Turkey

The case of conscientious objector Mehmet Tarhan, pending trial at the Military Court, sparks debate about the legality of refusing the mandatory military service. While Tarhan's lawyer argues that conscientious objection is legal under the Turkish legal system, supporters stage peaceful demonstrations for his cause.

Tarhan was taken under custody in the Western coastal town of Izmir last Friday and was shipped to his military unit in the Central Anatolian town of Tokat. He is transferred to another Central Anatolian town, Sivas today, to be tried at the Military Court for his rejection to serve his mandatory military service.

All male Turkish citizen's older than 20 are obliged to join the army for 15 months military service. Conscientious objection is not recognized as a right while objectors rarely come out in the open as those who refuse to complete the mandatory military service are punished by Military Courts.

Tarhan's case is unique as he is readying to demand the recognition of the legality of conscientious objectivity. Tarhan is currently solitarily confined pending trial at military court. Tarhan's lawyer Abdullah Öztürk is expected to apply for launching legal procedures say Anti-War Association officials.

Two peaceful demonstrations were staged in Izmir and Istanbul in the weekend to support Tarhan's case, A civic initiative, "Initiative for Solidarity with Mehmet Tarhan", also advocates his stance for conscientious objection in a campaign named "Mehmet loves Peace".

The most common male name in Turkish Menhmet is also used to denote ordinary private.

They will be launching a long standing international campaign to protest against his imprisonment, say the initiative activists.

During the demonstration in Izmir, Tarhan's lawyer Öztürk stated that the European Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms, the European Union Citizenship established by the Maastricht Treaty, and the Copenhagen Criteria, which the European Union have put before its candidates demanding certain reforms to be made prior to integration, deems conscientious rejection possible.

Öztürk affirmed that "Turkey has adopted all these international documents and agreements. When the 10th Article of the Turkish Constitution (which states that everybody is equal before the law regardless of their political thoughts and philosophical beliefs) is viewed under the light of these international legal documents, conscientious objection should be recognized as legal. Enforcing military service in spite of the will of individuals is a violation of human rights norms".

The recent amendments made as part of the adaptation of the European Union legal norms in the 1982 Constitution of Turkey have established the supremacy of the international legal documents over the Turkish legal code. Nonetheless, the 72nd Article of the Constitution, adopted after the military coup of 1980 rules that military service is a part of the mandatory civil duties of the citizens of Turkey. (BIA News Center, April 12, 2005)

Newroz : l'armée turque fustige une tentative de brûler le drapeau turc

L'armée turque a vivement dénoncé mardi les auteurs d'une tentative de brûler le drapeau turc dans le sud de la Turquie lors des célébrations du Newroz, la fête traditionnelle du Nouvel An kurde, estimant que leur acte relevait de la "trahison".

"Le peuple turc (...) n'a jamais été confronté à une telle trahison de la part de ses propres soi-disant citoyens", souligne un communiqué de l'état-major des armées au ton particulièrement fort.

"C'est un acte de trahison", poursuit le document.

De jeunes Kurdes s'en sont pris au drapeau turc dimanche lors d'un rassemblement à Mersin (sud) : ils y ont mis le feu devant les caméras avant qu'un policier en civil n'intervienne pour éteindre les flammes.

Les images diffusées par les chaînes de télévision ont provoqué des manifestations de réaction sporadiques, notamment à Erzurum (est), lors desquelles des drapeaux turcs ont été arborés.

L'armée turque a aussi appelé "ceux qui veulent tester l'amour des forces armées pour la patrie et son drapeau à regarder dans les pages d'Histoire".

Les Kurdes de Turquie, une importante communauté de quelque dix millions de personnes, profitent habituellement du Newroz qui annonce l'arrivée du printemps, le 21 mars, pour réclamer des droits accrus. (AFP, 22 mars 2004)

The Islamist Government supports the Army's ambitious armament plan

An ambitious plan by Turkey's government and military authorities for the consolidation of the country's biggest defense companies has unnerved the local industry, with some analysts and procurement officials objecting to the proposal.

Analysts and industry sources said the plan would kill off competition in the defense procurement business and give too much power to the military, which, through a foundation, controls most of the big players in the local market.

"No doubt, the military will win an upper hand in most procurement decisions if the plan goes ahead," said one senior industry source who represents several Western weapons suppliers.

A London-based Turkey specialist said the plan to merge Turkey's big defense companies would create a state monopoly and undermine the procurement office, the Undersecretariat for the Defense Industry (SSM). "The SSM will come under pressure to award most of its contracts on a sole-source basis ? to the new defense giant," he said. "That will kill off competition and cause a waste of public resources because the monopoly will charge monopolistic [more expensive] prices on each program. Local competition may die off."

Last month Turkey's defense officials pushed the button for a huge consolidation plan when Turkish Aerospace Industries Inc. (TAI), the country's second largest defense company, and Turkish Aircraft Industries (TUSAS), TAI's parent company, agreed to merge under a single corporate identity. TAI and TUSAS, both based here, formalized the merger plan at their extraordinary general meeting Feb. 18.

In January TUSAS acquired the 42 percent stake that Lockheed Martin Aeronautics held in TAI together with a 7 percent stake that General Electric held in the same company. After the acquisition, TUSAS's shares in TAI rose to 98 percent. The remaining 2 percent of shares in TAI are owned by small Turkish companies.

A TAI official said the merger plan aims to prevent an overlap of activity. "It would not be productive if TAI and TUSAS operated as separate units," the official said.

TAI assembled F-16 fighter jets at its plant in the 1980s and 1990s. Lockheed Martin Aeronautics, which developed and manufactures the F-16 and other military aircraft, is a division of Lockheed Martin, the world's largest defense company. General Electric is a large U.S. company with a division that builds aircraft engines.

TAI presently manufactures parts for Boeing Co. of Chicago and U.S. helicopter maker Sikorsky. The company also is a participant in the multinational Joint Strike Fighter and Future Large Aircraft programs.

Also in January Alenia Aeronautica SpA officially made a proposal to the SSM for the purchase of TAI's 49 percent shares. The procurement office has yet to decide on this proposal.

Now there are broader objectives to the consolidation plan. The plan aims to create a Turkish Defense Industry Holding Inc., or Turk Savunma Sanayi Holding A.S. in Turkish, a parent entity for the country's top defense companies presently owned by the government and/or the military.

Under the plan, Turk Savunma Sanayi Holding will hold majority stakes in most of Turkey's key weapons/systems manufacturers. These will include TAI; software company Havelsan; military electronics manufacturer Aselsan, the country's largest defense concern; missile manufacturer Roketsan; and ammunition supplier MKEK, all based here.

A senior government official said that Murad Bayar, Turkey's chief procurement official, made a presentation on the consolidation plan at a meeting of the National Security Council (MGK) on Feb. 25.

"Government and military leaders have given their go-ahead for the plan," the official said. "We are targeting the next few months to formalize the plan. Ideally, by the end of April, the merger will be a reality."

One procurement official familiar with the consolidation plan said there was already a "silent war" for top management at the proposed parent company.

"Several military figures and industry executives are lobbying for top posts," the procurement official said. "The military leaders insist a retired general/service commander should chair the proposed holding company."

Industry sources said although the consolidation plan had initially been devised by the SSM, it has significantly deviated from its original purpose.

"The idea was to create a national aviation company bringing together the capabilities of several smaller companies," said one aviation industry source. "The plan has now turned into a battle for power between military and industry figures. This may be a big strategic mistake on the part of Turkish industry."

Some analysts said Turkey was moving in the wrong direction with the plan. "This is centralizing, instead of de-centralizing," said Reha Tartici, director of the Istanbul-based research house Consensus. "Such big plans either bring about big gains or big losses."

An Ankara-based defense analyst said the consolidation plan would give too much power to the military, which owns majority stakes in the companies to merge, and undermine smaller, privately owned companies.

"The plan took off on good faith, no doubt. But it is now going in the wrong direction," the analyst said. "It will probably create a military-controlled giant run by bureaucracy and red tape, and a kind of monopolistic market where smaller, privately owned companies will not be able to breathe."

Turkey's government and military officials first debated reshuffling the local industry at a May 2004 meeting and agreed on a white paper that made a gloomy diagnosis of the market situation at the time.

According to the white paper, Turkey's local industry met only a fraction of national requirements. In 2003 it met a mere 20 percent of the country's procurement needs. That compares with 79 percent in Israel, 48 percent in South Korea and 66 percent in Italy.

Presently, Ankara hopes the consolidation plan will boost the local content/requirement ratio to 50 percent in the next five years.

The defense industry restructuring white paper outlined the necessary strategy as follows: (a) to create a competitive industry; (b) to materialize original (national) design models in programs; (c) to restructure the defense industry so as to make it efficient and productive; and (d) to achieve, by the year 2010, systems integration and software; network, information and satellite systems; electronic warfare and missile, guidance and control capabilities. (Turkish Daily News, March 16, 2005)

Affaires religieuses/Religious Affairs

Le nouveau pape contre l'adhésion de la Turquie à l'UE

Le cardinal allemand Joseph Ratzinger, 78 ans, élu mardi 265e pape de l'Eglise catholique et évêque de Rome, est le gardien intransigeant du dogme contre les dérives d'une Eglise devenue, selon lui, une "barque qui prend l'eau".

Il a décidé de régner sous le nom de Benoît XVI.

Il dirigeait avant la mort de Jean Paul II la puissante congrégation pour la doctrine de la foi, l'héritière de la sainte inquisition tristement célèbre pour ses bûchers et ses autodafés de la fin du Moyen-Age.

Ses partisans l'ont d'ailleurs fièrement surnommé "le grand inquisiteur" et saluent son action pour "réduire au silence les théologiens dissidents" et "écraser les hérésies".

Ses prises de position sont tranchantes, comme son regard bleu métal et son sourire pincé. Elles ont souvent menacé de provoquer des crises politiques.

En 2004, il s'est ainsi opposé à l'intégration de la Turquie musulmane dans l'Union européenne, la qualifiant "d'énorme erreur" et de "décision contre l'histoire".

Face à une Eglise en crise, il préconise le repli et le rapprochement avec les mouvements catholiques les plus radicaux, voire "fondamentalistes". (tsr.ch avec les agences, 19 avril 2005)

Un détenu turc et 17 Afghans libérés de Guantanamo

Un ressortissant turc, libéré du centre de détention de la base américaine de Guantanamo, à Cuba, est arrivée mardi à Adana, ville du sud de la Turquie, où il a été remis entre les mains des autorités locales, et soumis à un interrogatoire, rapporte l'agence de presse turque Anatolia.

Salih Uyar, 24 ans, a passé plus de trois ans sur la base militaire de Guantanamo en compagnie de deux autres détenus turcs. Il avait été capturé à Kaboul en Afghanistan et suspecté d'avoir entretenu des liens avec le réseau terroriste Al-Qaïda.

En 2000, Salih Uyar s'était rendu au Pakistan, en passant par l'Iran, avant d'être arrêté en Afghanistan, selon Anatolia.

Le Pentagone a confirmé mardi la libération de 18 détenus de la base de Guantanamo, dont un Turc et 17 Afghans, au sujet desquels les autorités militaires américaines ont déterminé qu'ils n'étaient "désormais plus des ennemis combattants".

La cour suprême afghane avait déjà annoncé la remise des 17 Afghans aux autorités de ce pays, précisant qu'ils ne seraient pas poursuivis et donc laissés en liberté.

Ces libérations portent à 232 le nombre de prisonniers qui ont quitté Guantanamo. Le Pentagone précise qu'il reste désormais quelque 520 détenus sur la base navale américaine de l'île de Cuba.

Ces libérations interviennent trois semaines après que les Etats-Unis aient annoncé qu'ils allaient renvoyer chez eux 38 étrangers détenus à Guantanamo, lavés de l'accusation de "combattants ennemis" qui leur a valu d'être emprisonnés dans la base cubaine depuis 2001 et 2002. (AP-AFP, 19 avril 2005)

Un professeur de théologie turc expulsé des Pays-Bas

Un professeur de théologie turc, qui selon les services de renseignement néerlandais (AIVD), présente un "danger pour la sécurité nationale" et avait été arrêté fin février, a été expulsé vendredi, a rapporté l'agence de presse ANP.

L'homme, dont l'identité n'a pas été précisée, résidait illégalement à Rotterdam (sud-ouest), selon le Service de l'immigration et de la naturalisation (IND) cité par ANP. Il avait été placé en détention administrative.

Selon l'IND, il ciblait particulièrement les jeunes d'origine turque auxquels ils transmettait une version de l'islam "fondamentaliste, anti-occidentale, et anti-démocratique", selon l'IND. (AFP, 15 avril 2005)

Les drapeaux turcs seront en berne vendredi pour les obsèques du pape

Les drapeaux de tous les bâtiments publics de Turquie seront mis en berne vendredi à l'occasion des funérailles du pape Jean Paul II, ont annoncé jeudi les services du Premier ministre turc dans un communiqué.

"Les drapeaux seront mis en berne dans toutes nos provinces le 8 avril jusqu'au coucher du soleil", affirme le document.

La Turquie, un pays dont la population est à plus de 99% musulmane, compte aussi plusieurs minorités chrétiennes, dont des Grecs orthodoxes, des Arméniens et des assyro-chaldéens.

Messe à la mémoire du pape à Polonezkoy, le village polonais d'Istanbul

Les habitants de Polonezkoy, un village fondé en 1842 par des exilés polonais dans la périphérie d'Istanbul, se recueilleront samedi soir lors d'une messe à la mémoire du pape Jean Paul II, a affirmé à l'AFP Antoni Dohoda, un membre de cette communauté.

Erigé par un prince polonais pour réunir les exilés et créer une armée de libération de la Pologne -alors aux mains de la Prusse, de l'Autriche-Hongrie et de la Russie-, le hameau compte encore une centaine de citoyens turcs d'origine polonaise, qui ont conservé leur langue et leur religion.

Jean Paul II, le premier pape polonais de l'histoire chrétienne, a accueilli à deux reprises des délégations d'habitants de Polonezkoy, lors de sa visite à Istanbul en 1979 et au Vatican en 1992.

Une messe en souvenir du souverain pontife sera par ailleurs organisée vendredi soir en la cathédrale catholique Saint-Esprit d'Istanbul, selon un communiqué de l'évêché d'Istanbul.

Mehmet Ali Agca pas autorisé à assister aux obsèques du pape (avocat)

Mehmet Ali Agca, le Turc qui avait tenté d'assassiner Jean Paul II en 1981, n'a pas été autorisé à quitter brièvement sa prison d'Istanbul pour assister aux funérailles du pape au Vatican, a indiqué jeudi son avocat Mustafa Demirbag à l'AFP.

"Le ministère de la Justice nous a fait savoir que mon client ne sera pas autorisé à quitter son établissement pénitencier", a-t-il dit.

M. Demirbag a précisé qu'il rendrait visite jeudi après-midi à Agca en prison pour lui remettre une lettre des autorités expliquant la raison de ce refus.

L'avocat a ajouté que le frère de son client, Adnan Agca, pourrait se rendre à Rome pour assister aux funérailles.

Adnan Agca n'était pas joignable pour confirmer cette information.

Mehmet Ali Agca, 47 ans, a affirmé lundi dans une lettre manuscrite en italien qu'il portait le deuil du pape, son "frère spirituel".

Il avait 23 ans lorsqu'il a tiré pour des motifs restés inconnus sur le pape qui traversait la place Saint-Pierre à bord d'une voiture décapotable pour se rendre à une audience générale, le 23 mai 1981, le blessant grièvement à l'abdomen.

Cet ancien militant ultra-nationaliste a été extradé en Turquie en 2000 après avoir passé 19 ans dans les prisons italiennes et avoir obtenu le pardon de sa victime.

A son arrivée en Turquie, Mehmet Ali Agca a été condamné à sept ans et quatre mois d'emprisonnement par la justice turque pour un vol à main armée commis dans les années 1970 et à la détention à vie pour le meurtre d'un journaliste en 1979, une peine commuée en 10 ans de prison. (AFP, 7 avril 2005)

Spread of 'green money' in Turkey unnerves Washington

At a time when Prime Minister Recep Tayyip Erdogan's government is busy trying to get diplomacy efforts on track to mend worsening ties with Washington, the United States is increasingly concerned over what it sees as the uncontrolled spread of "green money" in Turkey.

United States policy-makers fear some of the funds circulating in the "Islamic market" in Turkey may spill over and be used to finance radical Islamic activity.

"Islamic business in Turkey Š is expanding at a pace and in ways that we fear may go out of control," said one State Department official. "We urge the Turkish authorities to take every possible measure to make sure green money does not fund radical Islamic activity in or outside of Turkey."

The official said the "green money" in Turkey has, in recent years, boomed in a way that it is now extremely difficult to monitor its circulation. "It has spread to almost every corner of Turkish business, especially, as we have been able to spot it, through small and medium-scale businesses that have the potential to grow into big holding companies."

Recently, Michael Rubin of the Middle East Quarterly, a think tank with close ties with the Bush administration, pointed to an economic boom in Kayseri, Foreign Minister Abdullah Gul's hometown..

"Malls, boutiques and fancy hotels dot the landscape. During the 1980s and early 1990s, as Turkey wallowed in economic stagnation, Kayseri's greatest export was its people. Many young, unemployed or undereducated men migrated to Germany, where they took a number of menial but relatively high-paying jobs," Rubin wrote and mentioned Kombassan Holding, founded in Konya by Hasim Bayram, a religious conservative who began his career as a schoolteacher. "Groups such as Kombassan grew rapidly as they issued shares in exchange for remittance income from migrant labor in Germany and elsewhere in Europe and reinvested it in a variety of local businesses."

Kombassan began in 1989 as a local printing and packaging concern in Konya but grew to include more than 50 firms in such key areas as automotives, electronics, construction, textiles, petroleum, shopping centers and food, even purchasing Konya's soccer team. At its height Kombassan boasted nearly 30,000 shareholders and owned companies in Turkey, Germany and the United States, which Rubin argues translated into political influence. Bayram and other Kombassan board members were widely known to have financed former premier Necmettin Erbakan's Anatolia tour in the run-up to the 1996 elections and provided consistent support to his Welfare Party (RP) from which Prime Minister Recep Tayyip Erdogan's Justice and Development Party (AKP) emerged.

According to Rubin, the Islamic banks -- especially those sponsored by Saudi Arabia -- regularly channel money to Islamist enterprises in Turkey. "Erdogan has been silent on these issue, perhaps because he is heavily invested in green money business," said Rubin.

Last November Deniz Baykal, leader of the parliamentary opposition Republican People's Party (CHP), accused the AKP of trying to create a religious-based economy. Similarly, in 2001 Rahmi Koç, chairman of Koç Holding, Turkey's largest and oldest conglomerate, argued that Erdogan had a $1 billion fortune and asked where this wealth came from.

But the Kombassan model does not always guarantee success. Earlier this month, Turkish prosecutors detained dozens of former executives of Endustri Holding, another company that issued shares in exchange for remittance income from migrant labor mostly in Germany. Endustri Holding managers are being accused of siphoning off nearly $250 million from "good Muslims."

In the early 1990s, between $2 and $3 billion was invested into Islamic holding companies, but this changed in 1997 when a Turkish court froze Kombassan's assets and ordered it to repay shareholders $101 million. But Kombassan balked, invoking a legal loophole. When it issued stocks, many were informal, "written on napkins," according to one former politician. In October 2000, however, Turkey's Capital Markets Board (SPK) froze Kombassan real estate assets, and there are now many lawsuits against Bayram and his companies.

Rubin says: "The growth of the Islamic business sector is apparent across Turkey and appears intricately linked to the AKP's rise. A decade ago, rural and conservative Turks tended to inhabit poorer sections of town and shop in mom-and-pop stores or outdoor markets while wealthier, secular Turks spent their money in modern shops and Western-style supermarkets. Green money investment has caused the pattern to blur. The green money influx into Turkey is not a short-term phenomenon. Rather, through careful investment, green money is laundered into legitimate businesses that will serve as an engine for Islamic parties to whittle away at Turkey's secular traditions for years to come."

Among the biggest conglomerates, the black sheep has always been Ulker. Military officials privately admit the Turkish military refuses to buy Ülker products for its conscripts so as not to subsidize Islamism. The military command remains on alert against "green money."

Earlier this year military and procurement officials "strongly discouraged" the takeover of majority shares at a local defense company by a Turkish conglomerate widely known to have "Islamic roots."

"The potential buyer was convinced that the defense company it had intended to acquire would have very slim chances to win military contracts if it went ahead with the takeover plan," a procurement official said.

Analysts say Turkey is quietly evolving into a not-always-comfortable mix: a union of Islam and capitalism. "The spread of green money is now too visible to go unnoticed," said a London-based Turkey specialist. "This is particularly upsetting Washington."

Bankers point to the growth of the Islamic market. "The market is growing and as it does, what it considers local and hence lower in risk, will include a larger part of the globe. Islamic banking began as a geographic phenomenon, predominantly in the Gulf countries and Egypt. It now covers most of the Islamic world, from North Africa to Turkey, across Pakistan, all the way to Malaysia, Indonesia and Brunei," said one Western banker in Istanbul. "By the end of this century, Islam is predicted to become second only to Christianity in the United States and Europe, in terms of numbers of adherents. Considering the issues, one gets a feel of where the growth to this market might come from and how this market will be perceiving risk that it may now be considering as foreign."

One inevitable part of the picture is Muslim spiritual leader Fethullah Gulen, who now resides in the United States. Today the Gulen community controls a nationwide media empire that includes a television station (Samanyolu), a radio station (Burc FM), a daily newspaper (Zaman) and a weekly magazine (Aksiyon) and several other periodicals. It also owns an Islamic (interest-free) bank (Asya Finans) and is linked to a number of business groups and prosperous entrepreneurs who help fund many of his endeavors especially in the field of education - a network of 150 schools in Turkey and possibly more abroad.

Alarmed by growing U.S. unrest vis-à-vis rising anti-Americanism (or rising Islamism) in Turkey, Erdogan and Gul sent Murat Mercan, the AKP's deputy chairman, to Washington with an olive branch.

On March 25 Mercan told an audience of the American Enterprise Institute, a conservative think tank, that his government intended to become as transparent as any other EU member state.

"We want to be as transparent as any European country. We want to be as democratic as any European country. We want to be, as you know, considered as respecting of human rights as any European country. In other words, what we are saying is that the process that we are going to go through will definitely lead to more transparency, the EU process that has been taken by my government, by my party," Mercan said.

He also said: "Our (party's) income is 99.9 percent government support, and our expenses are very clear. So if you claim that our party has to disclose its financial sources, it really hurts, because we do publicize it. We're like a public company. We are a public institution and our deeds, our statements and our policies are open everywhere and we don't have any other hidden agenda." (Turkish Daily News, March 30, 2005)

Socio-économique / Socio-economic

Le président turc rejette une loi demandée par le FMI

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a mis son veto à une loi sur une réforme de l'administration des impôts demandée par le Fonds monétaire international (FMI), a annoncé vendredi son bureau de presse.

Cette loi qui modifie substantiellement le système administratif pour la perception des impôts fait partie des amendements législatifs réclamés par le Fonds pour débloquer une nouvelle ligne de crédit de 10 milliards de dollars pour la Turquie.

M. Sezer a argumenté son rejet par le fait que la nouvelle loi stipule que les hauts fonctionnaires du fisc ne seront plus nommés par le chef de l'Etat comme c'était le cas précédemment et souligne que cette procédure découle d'une "obligation constitutionnelle".

Ankara et le FMI ont annoncé le 12 avril avoir finalisé une nouvelle ligne de crédit d'un montant de 10 milliards de dollars qui doit s'étaler sur trois ans et qui devrait avoir le feu vert du Fonds dans la première moitié de mai.

La lettre d'intention du gouvernement turc a été envoyée au début de la semaine au Fonds et a été révisée au vu des performances de l'économie turque qui a enregistré une embellie l'an dernier avec une croissance de 9,9% et une inflation de 9,32%, soit moins que les 12% prévus.

Le dernier crédit du FMI, portant sur un montant de 16 milliards de dollars, avait été octroyé en 2002 et s'est achevé en février.

Le président de la République ne peut mettre son veto qu'une seule fois aux lois qui lui sont présentées. Si le Parlement adopte de nouveau cette loi dans les mêmes termes, M. Sezer sera contraint de la promulguer, mais il pourra encore saisir la cour constitutionnelle. (AFP, 30 avril 2005)

16 mineurs et un ingénieur tués par un coup de grisou

Les seize mineurs et l'ingénieur bloqués sous terre jeudi à la suite d'un coup de grisou dans une mine de charbon de l'ouest de la Turquie sont morts, a annoncé un responsable local.
Un premier bilan avait fait état de 17 mineurs bloqués sous terre par ce coup de grisou.

"Les experts sur place ont estimé que les chances de survie de ces travailleurs relevaient du miracle", a affirmé à l'AFP un responsable de la sous-préfecture de Gediz, dans la province de Kutahya, à plus de 300 km au sud-ouest d'Ankara, où s'est produit l'accident.

Il a précisé que les sauveteurs, qui tentaient de parvenir jusqu'aux 18 rescapés bloqués dans une galerie à plus de 300 mètres de profondeur, étaient génés dans leur progression par l'incendie déclenché à la suite à l'explosion. Les sauveteurs envoyent de l'oxygène dans la mine, une exploitation d'Etat, pour aider les 18 salariés pris au piège, selon la même source.

"Les efforts des sauveteurs vont se poursuivre tout au long de la nuit", a encore indiqué ce responsable ajoutant qu'une équipe de sauveteurs avait été envoyée sur les lieux du sinistre par hélicoptère.

Deux mineurs légèrement blessés ont pu être sauvés car ils étaient près de la surface, a précisé Ali Nazim Balcioglu à l'agence Anatolie.

"Nous ne connaissons pas la situation dans la mine car les sauveteurs n'en sont pas encore ressortis", a ajouté le responsable.

De nombreuses ambulances ont été dépêchées vers la zone, ajoute l'agence.

Les accidents de ce type ne sont pas rares en Turquie, notamment dans les exploitations gérées par le secteur privé, où les normes de sécurité ne sont pas toujours respectées. (AFP, 21 avril 2004)

Textile chinois: l'industrie turque réclame des mesures de sauvegarde à l'UE

Les représentants de l'industrie turque du textile-prêt à porter ont envoyé jeudi un fax au président de la Commission européenne, demandant l'application immédiate de clauses de sauvegarde face à l'explosion des importations de textiles chinois dans l'UE.

"La première vague d'exportations de la Chine vers le marché européen a atteint des dimensions inattendues qui montrent que la Commision européenne (...) doit appliquer en urgence des clauses de sauvegarde avant que toute l'activité et l'emploi (du secteur) dans la zone Europe-Méditerranée soient anéantis", affirme le document, cité par l'agence de presse Anatolie.

Invitant l'UE à prendre des mesures pour que la Chine "respecte les règles d'un commerce équitable", le texte, signé par plusieurs organisations turques du secteur textile, affirme que "ce sont les pays les moins développés et en voie de développement qui ont (déjà) vu leurs parts de marché se réduire".

Les quotas qui ont canalisé pendant 40 ans les importations de textiles dans les pays industrialisés ont cessé d'exister le 1er janvier aux termes d'un accord international, permettant une entrée en force des produits chinois sur les marchés mondiaux.

Certains pays européens comme la France et l'Italie ont déjà demandé à l'UE de mettre en oeuvre des mesures de sauvegarde.

La Commission européenne espère être en mesure de prendre le 25 avril une décision sur l'ouverture d'une enquête sur les importations de textiles chinois dans l'UE, premier pas vers le déclenchement éventuel des clauses de sauvegarde autorisées par l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Secteur clé de l'industrie turque, le textile-habillement représentait 32% des exportations nationales (soit 15 milliards de dollars) en 2003, selon les statistiques officielles.

Le débouché principal des ateliers turcs est l'UE, avec laquelle la Turquie est liée depuis 1996 dans le cadre d'une Union douanière et dont elle est le deuxième fournisseur (9,6 milliards d'euros en 2003) derrière la Chine. (AFP, 21 avril 2004)

"Environmental Rights Violated in Bergama," rules ECHR

The multinational gold mine at Bergama violates the right to a healthy environment, rules the European Court of Human Rights (ECHR), concluding a decade old imbroglio between the Turkish government and local farmers.

The ECHR also decided that the locals' right to a just trial was also violated. The ECHR decision is likely to yield to the sealing off of the mine, legal experts believe.

The cyanide leach method employed for extracting gold in the Bergama, Ovacik gold mine, adjacent to fertile farmlands 100 km to the north of western Agean port of Izmir, comprises the major source of controversy.

In spite of contrary environmental hazard reports by specialized bodies and contrary decisions by the council of state successive Turkish governments have authorized the operation of the mine with the justification that it is of economic import.

However, environmental activists and local farmers have been campaigning to stop the cyanide leach gold processing for the wellbeing of the people and the nature.

The ECHR decision on the Bergama, Ovacžk bears great import, as it is the first instance that the ECHR rules about a case in which "the executive body fails to implement the judicial decision" regarding Turkey.

Lawyer Mehmet Nur Terzi, who is one of the 10 applicants filing the case against the Turkish government, says that Turkey must follow up the necessary procedures in the next three months and close down the mine according to the Council of State's decision.

Terzi assesses the meaning of the decision to bianet as follows:

"With the rejection of the Government's objection, the decision made by the Lower Chamber becomes absolute. Turkey, in three months, should remove the reasons for the violation. That means the mine should be closed. Moreover, the 10 applicants will be rewarded 3,000 Euros damage each?.

The rejection of Government's objection yields to reaffirmation of the earlier decision of the ECHR, dated 10th November 2004 given by the 3rd Chamber.

The Government objected by saying that the mine is healthiest and most secure in the world, and does not pose any risks to the environment.

"However, the Court did not discuss that matter at all. What the judges debated was whether the two clauses of the European Convention for the Human Rights were violated or not. These are the clauses on the right to a just trial and healthy environment, which the Court decided that were not respected," says Terzi.

The Sixth Clause of the European Convention for the Human Rights regulates the right to a fair trial. This clause concerns both the trial stage and the process of implementation of the courts? decisions.

The State Council ruled in 1997 that the mine should be closed. However, the former Prime Minister Bülent Ecevit did not follow up its decision with consensus of the Council of Ministers. This is why the ECHR decides that the national court violated the clause of right to just trial.

Meanwhile, the Eighth Clause regulates the rights to live in a healthy environment. The national court secured the right live in a healthy environment with its decision. However, the ECHR rules that the Ecevit Government disrespected the legal decision concerning that clause.

Terzi says that their case before the ECHR regarded the complaints of only 10 applicants, but there are 640 applicants' cases awaiting trial. Therefore, he believes that the ECHR decision constitutes legal basis for forthcoming cases.

Lawyer Mehmet Nur Terzi says also that they are filing another case regarding the implementation of the ECHR's previous decision. This new case alleges that the decision of the 3rd Chamber was disregarded and new permissions were issued for usage of the mine. However, the mine was deactivated when these permissions were taken once more to the courts. (BIA, April 19, 2005)

Le lac Ataturk en flammes après une fuite de pétrole sur un oléoduc

Plusieurs milliers de barils de pétrole brut se sont répandus dans le lac Ataturk (est de la Turquie) avant de prendre feu, causant des dommages à l'environnement, à la suite d'une fuite survenue mercredi sur un oléoduc, ont affirmé dimanche des sources locales.

Une déchirure sur l'oléoduc reliant la région pétrolifère de Batman (est) au terminal pétrolier de Dortyol (sud) a été constatée mercredi à 22H30 (19H30 GMT) à hauteur de la province de Sanliurfa, ont expliqué ces sources, ajoutant que le pétrole s'était répandu dans le lac artificiel Ataturk.

Selon le quotidien Zaman, jusqu'à 35.000 barils de pétrole brut se sont ainsi échappés de la canalisation avant que celle-ci soit fermée, formant une nappe d'un kilomètre de long et de quatre centimètres d'épaisseur.

Les équipes de la compagnie de distribution de pétrole Botas, propriétaire de l'oléoduc, ont érigé une digue pour empêcher la pollution de se répandre et ont commencé à pomper le pétrole, mais n'ont pu éviter le déclenchement d'un incendie samedi après-midi.

La chaîne de télévision NTV a diffusé dimanche matin des images de flammes hautes de plusieurs mètres sur le lac Ataturk et d'animaux -notamment des tortues- brûlés dans l'incendie.

NTV a également rapporté les propos de paysans du voisinage s'inquiétant pour leurs récoltes.

Le lac Ataturk est la plus grande retenue d'eau artificielle du pays. Il fait partie d'un vaste projet de développement devant à terme comprendre 22 barrages et assurer l'irrigation de 1,7 millions d'hectares de terres agricoles.

L'incendie maîtrisé, les équipes de Botas se livraient dimanche après-midi à des opérations de nettoyage, ont affirmé des sources locales. (AFP, 17 avril 2005)

La finalisation du projet d'oléoduc transcaspien retardée à septembre

La finalisation de la construction de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) qui devait initialement entrer en service en mai a été retardée à septembre en raison de problèmes techniques relevant surtout de la partie turque, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

La construction de l'oléoduc BTC par une dizaine de groupes pétroliers, sous la direction de BP-Amoco, a été lancée en septembre 2002 et il devait être opérationnel le 10 mai.

Mais une source officielle turque proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie n'avait pas encore terminé la construction des quatre stations de pompage sur son territoire et que des problèmes provoqués par une firme d'entrepreneur turque avaient "retardé à au moins septembre" la mise en service du pipeline.

Cette source qui a requis l'anonymat a aussi fait état de "certains autres problèmes" du côté géorgien, sans cependant préciser lesquels.

Une fois achevé, l'oléoduc devrait transporter jusqu'à un million de barils de brut par jour de l'Azerbaïdjan, sur les rives de la Mer Caspienne, en passant par la Géorgie voisine pour arriver au terminal turc de Ceyhan (sud), sur la Méditerranée.

Le trajet de l'oléoduc a été conçu pour éviter un passage aussi bien par la Russie que par l'Iran, et le projet a été vivement soutenu par Washington.

Par la construction de cet oléoduc la Turquie espère réduire le trafic de pétroliers en mer Noire et dans les détroits du Bosphore et des Dardanelles en reliant les puits russes au BTC.

La Turquie se plaint depuis des années de l'encombrement de ses détroits et redoute un catastrophe écologique par sa première métropole Istanbul en cas de naufrage de pétrolier.

Le nombre de navires empruntant ces détroits, dangereux notamment en raison des courants, a augmenté de 50% ces dernières années, a récemment déclaré le ministre turc de l'Energie Hilmi Guler. (AFP, 13 avril 2005)

Fortis achète la banque turque Disbank

Le groupe belgo-néerlandais de bancassurance Fortis va acquérir la 7ème banque à capitaux privés de Turquie, Disbank, pour un montant total de 985 millions d'euros, a-t-il annoncé mardi dans un communiqué.

Fortis a signé un accord d'acquisition de 89,3% des actions de la banque Disbank avec les actionnaires de l'établissement, le groupe Dogan, la famille Dogan et deux fonds d'investissement, et lancera ultérieurement une offre publique d'achat sur les 10,7% restants.

Disbank compte plus d'un million de clients, dont environ 120.000 petites entreprises. Elle est la 7ème banque à capitaux privés de Turquie, possède 4,1 mds EUR d'actifs et est cotée à la Bourse turque.

Avec ses 173 agences, Disbank a des activités de banque commerciale et de détail.

Selon, Jean-Paul Votron, PDG de Fortis, cité dans le communiqué, «cette acquisition s'inscrit parfaitement dans notre stratégie visant à développer nos activités en dehors du Benelux ».

Grâce à Fortis, «Disbank sera en mesure d'atteindre une croissance organique rentable et de réaliser son objectif de devenir une des premières banques du pays », a-t-il ajouté.

Fortis entend dégager un retour sur investissement «de plus de 10% à partir de 2008 et un impact positif sur le rendement par action à partir de 2006 ».

A l'avenir, Disbank prendra le nom de Fortis en Turquie. (AFP, 13 avril 2005)

La Turquie et le FMI ont mis la dernière touche à un nouveau crédit

La Turquie et le Fonds monétaire international (FMI) ont annoncé mardi à Ankara avoir finalisé une nouvelle ligne de crédit d'un montant de 10 milliards de dollars qui devrait avoir le feu vert du Fonds dans la première moitié du mois prochain.

"Une importante étape a été franchie concernant le nouvel accord stand-by. Les discussions portant sur la lettre d'intention qui sera soumise au FMI ont été achevées avec succès", a indiqué le ministre turc de l'Economie Ali Babacan lors d'une conférence de presse avec Reza Moghadam, le responsable pour la Turquie du Fonds.

Une mission du FMI poursuivait depuis le début de la semaine dernière des discussions avec les responsables turcs au sujet de ce crédit d'un montant de 10 milliards de dollars qui devrait être approuvé "dans la première moitié de mai" par le conseil d'administration du fonds, a dit M. Babacan.

Il a souligné que des projets de loi sur la réforme de la sécurité sociale et les amendements législatifs visant à consolider le secteur bancaire et demandés par le FMI devraient être adoptés "dans les plus brefs délais" au parlement turc.

La lettre d'intention du gouvernement turc a été "révisée" au vu des performances de l'économie turque qui a enregistré une embellie l'an dernier avec une croissance de 9,9% et une inflation de 9,32%, soit moins que les 12% prévus, a dit pour sa part M. Moghadam.

Saluant cette bonne performance, le responsable du fonds a dit toutefois que la Turquie avait encore des défis à relever en raison d'une dette publique importante, d'un taux de chômage élevé et des disparités entre les régions.

Ankara et le Fonds étaient tombés d'accord en décembre pour ce nouveau crédit qui doit s'étaler sur trois ans.

Le dernier crédit du FMI, portant sur un montant de 16 milliards de dollars, avait été octroyé en 2002 et s'est achevé en février. (AFP, 12 avril 2005)

Turkish dams violate EU standards and human rights

Plans for large dams in southeast Turkey including the discredited Ilisu dam project may yet go ahead in spite of adverse impacts on cultural and environmental rights, according to a new report by the National University of Ireland, Galway and the Kurdish Human Rights Project[1]. The report provides new evidence from hydroelectric dam projects planned for the Munzur, Tigris and Greater Zap rivers. The study, a report of a fact-finding mission to the region carried out by Maggie Ronayne, Lecturer in Archaeology at the National University of Ireland, Galway, demonstrates how archaeology in particular supports the case of thousands of villagers adversely affected by these projects, most of whom do not appear to have been consulted at all about the dams and many of whom want to return to reservoir areas, having already been displaced by the recent conflict in the region. The overwhelming response in particular from women and their organisations is one of opposition to the negative impact on them and those in their care; yet women have been the least consulted sector.

The reservoirs would submerge evidence for hundreds and potentially thousands of ancient sites of international importance, including evidence of our earliest origins as a species, the beginnings of agriculture, and the remains of empires including those of Rome and Assyria. The heritage of Kurds, Armenians, Assyrians and others from the last few hundred years and holy places from several traditions within the Muslim and Christian faiths, many still used in religious practices today and some dating from over 1000 years ago, will go under the reservoir waters.

According to report author Maggie Ronayne: 'The GAP development project of which these dams are part is destroying a heritage which belongs to the whole of humanity and contravenes the most basic professional standards.

Governments and companies involved with these projects are ignoring its serious implications: the destruction of such diverse cultural and religious heritage in a State with a history of severe cultural repression. Turkey's progress on cultural rights for the Kurds and others has been an object of scrutiny in recent years; the EU must consider cultural destruction on this scale in that context.'

One of the major findings of the report is that there is a new consortium of companies coming together to build the discredited Ilisu Dam which would displace up to 78,000 mostly Kurdish people, and would also potentially cut off downstream flows of water to Syria and Iraq. The ancient town of Hasankeyf, culturally important to many Kurdish people and of international archaeological significance, will not be saved by new plans to build the dam despite the promises of the Turkish prime minister and the would-be dam builders. In any case, the cultural impacts of Ilisu are much greater than this one very important town. From 2000 to 2002, campaigners, human rights and environmental groups and affected communities successfully exposed fundamental flaws in project documents and plans for Ilisu, which contributed to the collapse of the last consortium of companies planning to build it. But the basis for the project this time remains essentially the same.

Kerim Yildiz, Executive Director of the Kurdish Human Rights Project commented: 'It seems that the Turkish State has not learned the lessons of Ilisu: the report finds that a range of international laws and standards are not being adhered to. EU standards in particular are met by none of the projects. The study also shows that while there have been some improvements and legal reforms, torture remains an administrative practice of the State.

If this is the climate in which people are to be consulted about the dams, then we can only conclude that any fair outcome for the public appears most unlikely. The GAP development project examined in this study raises serious questions regarding Turkey's process of accession to the EU.' (KHRP, April 6, 2005)

Contact:

Maggie Ronayne, Department of Archaeology, National University of Ireland, Galway, Ireland. Tel: 00 353 91 512298 or 00 353 (0) 87 7838688 (mobile) maggie.ronayne@nuigalway.ie

Kerim Yildiz / Rochelle Harris, Kurdish Human Rights Project, London, Tel: +44 (0)207 287-2772. Email: khrp@khrp.org www.khrp.org

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

L'UE met en garde la Turquie contre tout dérapage d'ici au 3 octobre

L'Union européenne a mis en garde la Turquie mardi contre tout écart dans la voie des réformes démocratiques, susceptible d'entraver l'ouverture dans moins de six mois des négociations d'adhésion avec Ankara.

La présidence luxembourgeoise des 25 a aussi réitéré l'exigence de l'UE qu'Ankara étende à ses nouveaux membres, Chypre incluse, l'union douanière qui la lie depuis 1963 à l'Union.

Les Européens font de cette question un préalable absolu au lancement effectif des pourparlers d'adhésion, programmé pour le 3 octobre.

Tout en se refusant à jouer au "professeur", le chef de la diplomatie grand-ducale Jean Asselborn a saisi l'occasion de la dernière réunion du conseil d'association UE-Turquie avant cette date pour exprimer une certaine inquiétude des 25 sur la mise en oeuvre des réformes turques.

"Certaines questions continent à nous préoccuper, notamment la liberté religieuse, la protection des minorités, l'exercice des droits culturels et sociaux, les relations entre la société civile et l'armée", a-t-il souligné.

Dans un document élaboré pour la réunion, l'UE a pointé notamment la persistance de "cas de torture et de mauvais traitements" en Turquie. Le texte dénonçait également la répression d'une manifestation de femmes à Istanbul en mars dernier.

"Une mise en oeuvre résolue, effective et globale des réformes sera déterminante pour le succès de l'ensemble du processus d'adhésion", a averti M. Asselborn.

Le commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn a renchéri en appelant à concrétiser les réformes "dans toutes les rues et recoins de Turquie".

Le ministre des Affaires étrangères turc Abdullah Gul a assuré en retour qu'il ne devait "y avoir aucun soupçon" quant à la volonté d'Ankara.

"J'ai renouvelé notre détermination à mettre en oeuvre les réformes... Ici ou là, il peut y avoir des problèmes qui apparaissent mais nous n'essayons jamais d'ignorer les difficultés", a-t-il déclaré.

Sur la question de Chypre, M. Asselborn s'est félicité qu'Ankara ait paraphé fin mars le protocole étendant l'accord d'union douanière aux 10 Etats membres entrés dans l'UE il y a un an.

"Nous attendons maintenant sa signature", a-t-il rappelé. Il a promis que la présidence luxembourgeoise entendait "tout faire pour (l')obtenir" avant de passer les rênes de l'Union au Royaume-Uni le 1er juillet.

M. Rehn a précisé que la Commission finaliserait sa part du travail "dans la première moitié de mai".

Bruxelles doit mettre sur la table des Etats membres un projet d'accord sur l'extension du protocole douanier. Une fois avalisé par les 25, le texte devra passer devant le Parlement européen et l'assemblée nationale turque, ce qui devrait ouvrir la voie à une signature effective au plus tôt en juin.

Le commissaire à l'Elargissement a toutefois redit sa "confiance" que l'opération sera bouclée dans les temps pour le 3 octobre.

Après l'élection du pro-européen Mehmet Talat à la tête de la République turque de Chypre-nord (KKTC, uniquement reconnue par la Turquie), Européens et Turcs se sont montrés disposés à soutenir toute nouvelle tentative de réunification de l'île sous l'égide des Nations unies.

M. Gul a pressé pour sa part l'UE de concrétiser rapidement l'aide économique de 259 millions d'euros jusqu'en 2006 promise l'an passé aux Chypriotes turcs, et l'établissement de liaisons commerciales directes entre le nord de Chypre et l'Union, bloquées par les réticences grecques et chypriotes.

Le chef de la diplomatie turque n'a rien cédé en revanche sur le génocide arménien. Il a balayé d'un revers de main l'appel de son homologue français Michel Barnier à un "travail de mémoire" de la part d'Ankara. "C'est de la politique interne, de la petite politique", a déclaré M. Gul. (AFP, 26 avril 2005)

L'UE rappelle la Turquie à l'ordre sur le front des réformes

L'Union européenne a mis en garde la Turquie mardi contre tout écart dans la voie des réformes susceptible d'entraver l'ouverture prévue à l'automne des négociations d'adhésion avec Ankara.

L'UE a aussi réaffirmé que la Turquie devait étendre le protocole d'union douanière qui lie les deux parties à ses nouveaux Etats membres, Chypre incluse. Cette extension doit se faire avant le 3 octobre, date prévue pour le début des pourparlers d'adhésion, a rappelé la présidence luxembourgeoise.

"Nous avons rappelé notre attachement aux critères politiques qui doivent être remplis (pour ouvrir les négociations d'adhésion)", a déclaré le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois Jean Asselborn, à l'issue de la réunion du conseil d'association UE-Turquie, à Luxembourg.

"Dans ce contexte, certaines questions continent à nous préoccuper, notamment la liberté religieuse, la protection des minorités, l'exercice des droits culturels et sociaux, les relations entre la société civile et l'armée", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse.

"La vitesse avec laquelle progresseront les négociations d'adhésion dépendra du rythme du processus des réformes en Turquie. Une mise en oeuvre résolue, effective et globale des réformes sera déterminante pour le succès de l'ensemble du processus d'adhésion", a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie turque, Abdullah Gul, a répondu en assurant qu'il ne devait "y avoir aucun soupçon" de la part des Européens quant à la volonté d'Ankara.

"J'ai renouvelé notre détermination à mettre en oeuvre les réformes... Ici ou là, il peut y avoir des problèmes qui apparaissent mais nous n'essayons jamais d'ignorer les difficultés", a-t-il assuré. (AFP, 26 avril 2005)

EU ambassador warns against rising nationalism in Turkey

Nationalist sentiments may spark trouble in sensitive political areas and lead to tension amongst the different elements of society, the Netherlands Ambassador to Turkey Sjoerd Gosses said yesterday.

According to the ambassador, whose embassy holds the rotating term presidency of the European Union on behalf of Luxembourg that does not have an embassy in Ankara, nationalist sentiments have been on the rise both in Europe and Turkey.

EU diplomats have expressed concern over what came to be described as rising Turkish nationalism, which sparked street violence recently. An incident last month in the southern city of Mersin, where a few teenagers tried unsuccessfully to burn a Turkish flag during the Nevroz festival, triggered flag-waving patriotism across Turkey.

Earlier this month, five protestors in Trabzon were narrowly saved by police from a lynch mob. The protestors were taken into custody and some 2,000 people carrying Turkish flags then marched on the police station.

Hansjoerg Kretschmer, head of the EU Commission representation in Ankara, has expressed concern over the Trabzon incident and said he was closely following the matter.

The violence on the streets has raised concerns that excessive nationalism could derail Turkey's EU accession process.

"Excessive nationalism should be avoided," Gosses was quoted as saying yesterday by the Anatolia news agency at a meeting of European capitals, hosted by the Ankara Greater Municipality, and emphasized that the whole EU project was designed to eliminate tension that feelings of nationalism can cause.

Patience and commitment:

Assessing Turkey's reform process to bring its laws into line with EU standards, Gosses said the reforms and implementation efforts undertaken by Turkey amounted to a "silent revolution."

But the ambassador warned that there could be "ups and downs" in the path for membership and called for patience and a strong will to abide by the commitments made.

"The EU supports Turkey's membership Š we want to see Turkey in the EU, not anywhere else," he said. (Turkish Daily News, April 23, 2005)

Mise en garde d'Erdogan à la France sur l'enjeu du référendum

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde la France contre la "très grave erreur" qu'elle commettrait en faisant de la Turquie "un enjeu de politique intérieure" à l'occasion du référendum sur la Constitution européenne.

"Il serait complètement erroné de mélanger" la situation de la Turquie au scrutin prévu le 29 mai en France, a dit M. Erdogan dans une interview publiée jeudi par l'hebdomadaire Le Point. "Ce serait faire de la Turquie un enjeu de politique intérieure et ce serait une très grave erreur".

Rappelant qu'en matière d'investissements "la France reste toujours dans les premières places" en Turquie, il a affirmé: "cela nous attristerait qu'il y ait des problèmes entre deux pays qui ont des relations si proches".

Interrogé sur l'état d'avancement du processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, M. Erdogan, ancien joueur de football, a ironisé sur le fait que son pays "essayait d'entrer dans la surface de réparation".

"Il y a bien sûr des problèmes et des difficultés mais nous réussirons à les surmonter avec l'aide et en compagnie de nos amis".

Selon le dirigeant turc, "l'Union européenne n'est pas un club chrétien". C'est un "lieu de conciliation et de rencontres des différentes civilisations". Il a promis que la Turquie, démocratie laïque, "ne laisserait jamais d'espace à une forme quelconque de nationalisme religieux".

M. Erdogan a, en revanche, totalement éludé la question du génocide arménien de 1915, se bornant à affirmer que "la Turquie a ouvert ses archives à tous les chercheurs, turcs ou étrangers, qui veulent étudier cette question. Si les Arméniens font de même, les historiens auront la possibilité d'étudier cette période avec des méthodes scientifiques". (AFP, 21 avril 2004)

La Turquie espère que le nouveau pape changera de vues sur son adhésion à l'UE

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a espéré mercredi que le nouveau pape, le cardinal allemand Joseph Ratzinger, reviendrait sur sa position hostile à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, la presse désignant le pontife comme un ennemi de la Turquie.

"Il a émis dans le passé de tels points de vue (contre l'adhésion de la Turquie à l'UE) comme étant son opinion personnelle, mais sa rhétorique pourrait changer à partir de maintenant", a déclaré M. Erdogan à la presse.

"Les responsabilités amènent de nouvelles situations. J'espère voir un tel changement dans le futur car son poste, ses responsabilités le recquièrent", a-t-il poursuivi.

Le nouveau pape, appelé Benoit XVI, avait estimé que permettre à la Turquie d'intégrer l'UE serait une "énorme erreur", une décision allant "contre l'histoire".

M. Erdogan a par ailleurs tenté de minimiser l'influence du pape sur les perspectives européennes de la Turquie, rappelant que le Vatican ne faisait pas partie du bloc européen.

"Le mécanisme de prise de décision concernant notre processus européen est différent. Les pays qui vont prendre la décision sont différents", a-t-il affirmé.

La presse turque a également accueilli froidement la nouvelle de l'investiture du cardinal Ratzinger.

Sous des titres quasiment identiques, les journaux ont insisté sur l'opposition du nouveau pontife à l'entrée de la Turquie dans l'UE et rappelé à leurs lecteurs les mots sévères qu'il avait eu pour leur pays.

"Ce pape est un adversaire de la Turquie", a affirmé le quotidien à gros tirage Sabah en "Une", tandis que le journal libéral Radikal titrait: "Il était le dernier choix de la Turquie".

Le quotidien populaire Vatan a pour sa part cité Ratzinger affirmant que la Turquie devrait devenir une alliée non de l'Europe mais des pays arabes, avant de le qualifier d'opposant au dialogue entre la chrétienté et l'islam.

Le journal libéral Milliyet a quant à lui supputé que l'élection du cardinal allemand pourrait être une mauvaise nouvelle pour M. Erdogan, qui avait avoué en privé ses préférences pour un pape modéré, impartial à l'égard de la Turquie, citant en exemple le cardinal italien Dionigi Tettamanzi. (AFP, 20 avril 2004)

Barroso rappelle à Ankara son devoir de "bon voisinage" envers Athènes

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a rappelé à Ankara que de bonnes relations avec la Grèce étaient une des conditions à une entrée de la Turquie au sein de l'Union européenne, lors d'une visite lundi à Athènes.

"Le respect total (des règles et des valeurs de l'UE) est une précondition pour l'accession", a affirmé M. Barroso à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre grec Costas Caramanlis.
 "Parmi celles-ci figure l'existence de relations de bon voisinage entre tous les Etats membres et les pays candidats", a-t-il dit.

Le 12 avril, une visite du ministre grec des Affaires étrangères Pétros à Ankara a coïncidé avec un face à face entre des vedettes turques et grecques autour de l'îlot d'Imia, dans le sud-est de l'Egée, qui avait été à l'origine d'une grave crise entre les deux pays en 1996.

L'incident avait commencé lorsqu'une vedette turque avait forcé un navire de pêche grec à changer sa route alors qu'il pêchait près d'Imia. La marine grecque a ensuite envoyé un de ses navires et les deux vedettes se sont faits face à face pendant plusieurs heures.

La crise avait été désamorcée après des discussions entre M. Molyviatis et son homologue grec Abdullah Gul qui avaient abouti au retrait simultané des deux navires. M. Molyviatis avait par la suite défendu son choix de rester à Ankara malgré la crise.

M. Barroso a salué "l'attitude du gouvernement grec en faveur de négociations avec la Turquie, sous condition que la Turquie adhère à toutes les règles et valeurs de l'UE".

"Nous avons choisi un chemin difficile", a pour sa part assuré M. Caramanlis en référence au soutien d'Athènes à la candidature turque et à sa volonté d'améliorer les relations avec Ankara. "Il ne s'agit pas d'une simple bataille. C'est une guerre et nous allons la gagner", a-t-il ajouté. (AFP, 18 avril 2005)

Chirac. "Lier Turquie et Constitution européenne est de "mauvaise foi"

Vouloir lier le débat sur la Constitution européenne et la question turque est "de mauvaise foi ou d'une grande légèreté de réflexion", a déclaré jeudi soir Jacques Chirac lors du débat télévisé avec 83 jeunes sur TF1.

Interrogé sur une éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE, lors de ce débat qui portait sur la ratification du traité constitutionnel européen, le président français a souligné que "ce sont deux processus complètement différents".

"Vouloir aujourd'hui mélanger ce problème avec la Constitution est absolument ou de mauvaise foi ou d'une grande légèreté de réflexion", a affirmé le chef de l'Etat.

"De toute façon, si la Constitution n'est pas votée, ça ne change strictement rien avec une situation où on va engager des discussions avec la Turquie pour voir si elle sera en mesure, dans 10 ou 20 ans, d'adhérer à l'Union européenne", a-t-il ajouté.

Il a rappelé que les Français avaient la "garantie importante" d'être consultés ultérieurement sur la question turque. "En toute hypothèse, la Turquie ne pourra pas entrer s'il n'y a pas un vote des Français par voie de référendum", a-t-il fait valoir- "aujourd'hui, les valeurs, le mode de vie, le fonctionnement de la Turquie" sont "incompatibles avec nos valeurs". (AP, 14 avril 2005)

Giscard d'Estaing: "Les Français n'étaient pas favorables à l'adhésion de la Turquie"

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing a évoqué mercredi "l'inquiétude" des Français, "qui ne sont pas favorables à l'adhésion" de la Turquie à l'Union européenne, jugeant "indispensable" une clarification du président Jacques Chirac sur cette question "d'ici le 29 mai".

Interrogé par la radio publique France-Inter, il a déclaré ne pas vouloir "polémiquer avec le président de la République", favorable à l'adhésion de la Turquie, et souligné que "les Français n'étaient pas favorables à l'adhésion de la Turquie" et qu'il fallait "lever l'ambiguïté" sur le problème.

"On ne peut pas demander aux Français de ratifier une constitution dans laquelle l'article 57 indique que les relations avec les voisins prendront la forme de partenariats privilégiés et, trois mois après, ouvrir une négociation en vue de l'adhésion (de la Turquie): vous aurez une explosion d'indignation", a expliqué l'ancien président, "père" du traité constitutionnel européen.

"Il faut que cela soit clair", a-t-il poursuivi, "l'article 57 indique le type de relations avec les grands voisins. Il faut dire que la France demandera l'application de cet article".

Il est "indispensable" que le président de la République clarifie "avant le 29 mai", date du référendum sur la Constitution européenne en France, sa position sur cette question, a insisté M. Giscard d'Estaing.

L'ancien président a évoqué les difficultés qui surviendraient "si la France persistait dans sa position négative". "On en reviendrait au Traité de Nice, qui est le plus mauvais pour la France".

De plus, "quand nous voterons, six pays auront ratifié le traité" et "il y a peu de chance qu'il puisse y avoir une renégociation et qu'elle aille plus loin dans le sens des demandes françaises", a-t-il ajouté.

M. Giscard d'Estaing a également indiqué que "l'image de la France n'était pas très bonne". "Un non français affaiblirait gravement l'image de la France en Europe" et "l'Europe elle-même serait affaiblie. On entrerait dans une situation de crise", a-t-il prédit.

Interrogé sur une éventuelle démission de M. Chirac en cas de victoire du non, comme le général de Gaulle après le référendum de 1969, M. Giscard d'Estaing a observé que "le général de Gaulle prenait ses décisions lui-même" et que "la constitution ne précise rien sur les conséquences politiques de l'échec d'un référendum".(AFP, 13 avril 2005)

Erdogan talks of anti-Turk and anti-Muslim sentiments in the EU

Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan said "we regret to see negative attitudes against Turkish and Muslim people in some European countries recently. It is impossible to understand such attitudes against Turks and Muslims in a period when the world focuses on dialogue among different civilizations and cultures."

Prime Minister Erdogan, who is currently paying a state visit to Norway, met Turkish citizens at the Oslo Military Museum Meeting Hall. Turkish PM said the West abused the Kurdish issue in Turkey for the years and the West did not make distinction between terrorism and ethnic and democratic demands.

Speaking at the meeting, Prime Minister Erdogan said, "we saw similar attitudes before December 17th. However, we overcame them. The EU is not a Christian club. It is the outcome of compromise among civilizations. The EU is a whole of political values."
"The PKK and the Kurdish people are the different things. Kurds are my citizens. PKK is a terrorist organization. But the West abuse the problems. We are against any nationalism based solely on regional, racist or religious discrimination. We will not allow those who want to separate our country" added PM Erdogan.

Replying to a question about the Cyprus question, Prime Minister Tayyip Erdogan said, "the Turkish Republic of Northern Cyprus (KKTC) has been exposed to international isolation for years. Any country, except for Turkey, does not recognize the TRNC. Our government has been expending great efforts to find a fair and lasting solution to the Cyprus issue. 65 percent of Turkish Cypriot people supported the plan of United Nations Secretary General Kofi Annan in the referendum on April 24th, 2004. They displayed their will for a solution." (Hürriyet-Turkish Weekly-ISRO, 12 April 2005)

Appel de trois partis arméniens au président Chirac

A l'occasion du 90ème anniversaire du génocide arménien, les Français d'origine arménienne, à travers leurs trois partis politiques, appellent le Président de la République française à demander le report de l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. L'ADL Ramgavar (Organisation Arménienne Démocrate Libérale), la FRA Dachnaktsoutioun (Parti socialiste arménien), et le Parti Hentchak (Parti Social démocrate arménien) considèrent que la Turquie n'est absolument pas prête à appréhender le processus de négociations qui devrait s'ouvrir le 3 octobre prochain.

Les trois partis arméniens ne comprennent pas les raisons qui motivent le Président de la République et qui le poussent à soutenir, coûte que coûte, la candidature d'Ankara.

La politique négationniste de la Turquie d'aujourd'hui qui refuse de reconnaître la réalité du génocide arménien, le mépris des Droits de l'Homme et l'occupation illégale de Chypre sont autant d'actes condamnés par les Français qui rejettent l'idée que cette Turquie puisse, dans ces conditions, entamer des négociations dans le but d'intégrer l'Union Européenne.

A quelques semaines du référendum, il apparaît très clairement que la poussée du NON est motivée par la perspective d'adhésion de cette Turquie dans l'Union Européenne. Dans ce contexte, les Français attendent du Président Jacques Chirac un geste clair avant le 29 mai, un geste suffisamment fort, suffisamment rassurant pour l'avenir de l'Europe.

Refuser de reporter l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, c'est accepter de promouvoir la victoire du NON au référendum sur le Traité Constitutionnel.

Nous attendons du Président de la République qu'il dise NON à cette Turquie, avant que les Français disent NON à cette Europe qui accepte l'idée de négocier avec un Etat génocidaire et négationniste. (ARMENEWS, 13 avril 2005)

Les "tractations de marchands de tapis" d'Erdogan avec l'Europe

Les milieux d'affaires turcs ont invité vendredi à Istanbul plusieurs spécialistes des négociations d'adhésion avec l'Union européenne alors que le gouvernement d'Ankara marque le pas dans ses efforts pour rejoindre l'UE.

Venus de République tchèque, de Hongrie et de Roumanie, ces diplomates qui ont participé ou participent encore aux pourparlers menés par leurs pays respectifs pour accéder à l'Union, ont invité Ankara à "nommer au plus vite" un négociateur en chef devant servir d'interlocuteur privilégié à Bruxelles.

L'exécutif turc tarde en effet à désigner son "Monsieur UE" depuis la décision prise le 17 décembre 2004 par les dirigeants européens d'ouvrir des négociations le 3 octobre prochain, suscitant des critiques sur la scène intérieure et de l'incompréhension au niveau européen.

"Vous avez besoin d'un négociateur en chef, et le plus tôt sera le mieux", a estimé un ancien commissaire européen, le Hongrois Peter Balazs, invité à Istanbul par l'Union des chambres de commerce et des bourses de Turquie (TOBB). Il a rappelé qu'une telle nomination avait été une simple "décision de routine" dans son propre pays.

Le Tchèque Pavel Telicka, qui avait conduit les négociations de son pays avec Bruxelles, a pour sa part recommandé au gouvernement turc de faire preuve de doigté et de compréhension.

"Montrer ses muscles à tout bout de champs, taper du poing sur la table ne fonctionne pas", a-t-il expliqué. "Si vous voyez des réticences, essayez de les comprendre et de les circonscrire. C'est trop facile de dire: 'Oh, encore ces Français'", a déclaré M. Telicka, faisant référence à l'hostilité rencontrée en France face à une éventuelle adhésion turque.

Plusieurs dirigeants européens avaient été surpris, lors du sommet de Bruxelles du 17 décembre, par la pugnacité du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, certains d'entre eux évoquant des tractations de "marchands de tapis".

"Le but de ces négociations n'est pas de se livrer à des marchandages, c'est de montrer que vous allez appliquer les règles du jeu", a de son côté souligné Marius Gheorghe Hirte, coordinateur des pourparlers avec l'UE pour la Roumanie qui doit rejoindre l'Union en 2007. (AFP, 8 avril 2005)

Les critiques du président de la commission mixte UE-Turquie

M.Lagendijk président de la commission mixte UE-Turquie a déclaré mardi à l'occasion d'une réunion de "Platform of Institutional Communication Professionals" que la Turquie ne devait pas négliger les revendications arméniennes ou Kurdes. M.Lagendijk a indiqué que "parler de brûler des livres devrait être inadmissible en Turquie ajoutant que la réaction des fonctionnaires comme l'intervention de police sur une démonstration illégale le 6 mars (journée internationale de la femme) est très importante".

Par la suite dans une interview à la station privée turc NTV M.Lagendijk a indiqué que la suggestion du gouvernement d'installer un comité pour étudier le génocide arménien était positive. Il a toutefois ajouté que l'ordre du gouverneur d'Isparta de confisquer des livres d'Orhan Pamuk en raison de ses propos sur le génocide arménien "a créé une perception complètement différente au sujet de la Turquie".

"Ce sont des événements très tristes" a-t-il dit ajoutant que ces incidents sont plus importants que de passer de nouvelles lois.

M.Lagendijk a critiqué l'attitude du gouvernement turc face à ces incidents. Selon lui le Premier ministre ou le ministre des affaires étrangères turc devaient prendre la parole et dire " OK nous ne sommes pas d'accord avec les vues d'Orhan Pamuk mais il est libre de donner son propre avis ".

Pour mémoire le 23 févier 2005 Daniel Cohn-Bendit, Président du Groupe des Verts au PE et Joost Lagendijk, Président de la commission mixte UE-Turquie déclaraient à Strasbourg, qu'ils suivaient avec beaucoup d'inquiétude la campagne de diffamations publiques à l'encontre de l'écrivain turc Orhan Pamuk. "De nombreux politiciens, journalistes et personnalités publiques ont pris comme prétexte certains propos tenus par Orhan Pamuk pour engager une campagne diffamatoire contre lui".

"Orhan Pamuk, également très apprécié dans son pays, a pris ces dernières années très clairement position en faveur du processus de démocratisation en cours en Turquie. Il soutient l'adhésion de son pays à l'Union européenne et considère le processus d'adhésion comme une immense chance pour installer définitivement la Turquie dans la démocratie".

Daniel Cohn-Bendit et Joost Lagendijk demandaient à la classe politique turque et à une partie de la presse turque de mettre immédiatement un terme à cette campagne afin de ne pas mettre en danger la vie et la liberté d'Orhan Pamuk.

Les deux parlementaires européens ont réagi en indiquant que "les écrivains avaient le droit, même le devoir de se poser des questions sur l'histoire de leur pays et celle de l'Europe. Ils sont convaincus que personne ne possède le monopole sur la vérité et l'histoire".

Daniel Cohn-Bendit et Joost Lagendijk, qui sont aussi très liés avec cet écrivain très connu et lu en Europe, étaient très préoccupés par le risque qu'une telle campagne peut faire courir à l'écrivain. Il est en effet arrivé que des campagnes publiques semblables aient constitué un signal pour des groupes de fanatiques. "Nous craignons que la vie d'Orhan Pamuk soit en danger "avaient souligné les deux parlementaires. Collectif VAN. (ARMENEWS, 7 avril 2005)

La cause européenne perd du terrain chez les Turcs

Une majorité de Turcs sont toujours favorables à l'adhésion de leur pays à l'Union européenne (UE) mais ce soutien est en baisse, selon un sondage publié jeudi par le journal libéral Milliyet.

Selon cette enquête réalisée la semaine dernière auprès de 3.302 personnes par l'institut Pollmark, 63,5% des sondés appuient l'intégration de la Turquie au club européen.

Ce chiffre est en baisse de 10% par rapport à un sondage conduit par le même institut en juin 2004.

Le soutien des Turcs à la cause européenne ces dernières années était entre 70 et 80%.

Cette baisse d'enthousiasme envers l'UE peut s'expliquer par la montée du nationalisme provoquée par le débat sur les droits des Kurdes, le conflit chypriote et la pression internationale en faveur de la reconnaissance par Ankara du génocide arménien pendant l'empire ottoman, a estimé un coordinateur du dernier sondage, Ihsan Dagi, cité par le journal.

L'UE a décidé en décembre dernier d'ouvrir le 3 octobre prochain des négociations d'adhésion avec la Turquie, pays musulman de quelque 71 millions d'habitants. Celles-ci devraient durer au moins dix ans voire 15. (AFP, 7 avril 2005)

Turquie-USA/ Turkey-USA

Feu vert turc pour l'utilisation par les Etats-Unis de la base d'Incirlik

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a entériné après des mois de discussions un décret autorisant les Etats-Unis à utiliser la base d'Incirlik (sud) à des fins logistiques pour leurs troupes déployées en Irak et en Afghanistan, a annoncé samedi l'agence Anatolie.

L'agence semi-officielle n'a pas donné de détails sur le contenu du décret gouvernemental, qui traduit une volonté de rapprochement entre la Turquie et les Etats-Unis après les tensions liées à l'intervention américaine en Irak.

Les Etats-Unis avaient fait connaître à Ankara leur souhait d'utiliser "en tant qu'allié" la base d'Incirlik pour faciliter l'approvisionnement de leurs troupes déployées en Irak et en Afghanistan, en assurant qu'elle ne servirait pas à faire transiter de l'armement ou des soldats.

Les relations turco-américaines s'étaient nettement tendues après le refus par le parlement turc d'autoriser, en mars 2003, le passage sur le sol turc de soldats américains en route pour l'Irak.
 Ankara redoute en outre que les Kurdes irakiens ne fondent, si les Etats-Unis ne s'y opposent pas, un Etat indépendant dans le nord de l'Irak. En visite début février à Ankara, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait tenté d'apaiser ces craintes en multipliant les assurances sur le maintien de l'unité de l'Irak.

L'utilisation par les Américains de la base d'Incirlik ne doit pas être soumise au feu vert du parlement, car elle entre dans le cadre d'une décision précédente autorisant les pays impliqués dans les opérations en Irak et en Afghanistan à utiliser les installations turques à des fins logistiques ou humanitaires.

Incirlik était utilisée pendant la guerre froide par les avions espions américains U2 qui survolaient l'Union soviétique. Elle a ensuite servi de base à des avions de combat américains et britanniques pendant la guerre du Golfe, puis dans le cadre de l'opération Northern Watch qui a pris fin en avril 2003 avant le début de l'offensive américano-britannique contre le régime de Bagdad.

Membre de l'Otan, la Turquie assume pour une durée de six mois depuis février le commandement de l'état-major de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) en Afghanistan. (AFP, 30 avril 2005)

Nationalist Hysteria Covers-up US Cooperation

Military agreement with the US of USD 1.1 billion dollar value for the modernization of 117 Turkish air force F-16 war planes, sparks public debate regarding Turkey's strategic relations.

Filiz Koçali, head of the Socialist Democracy Party skeptically points out the coincidence of the recent surge of nationalist hysteria and the military agreements concluded with the US.

"Whilst public attention was channeled into the ongoing nationalism frenzy, first the government decree providing broader US use of the southern Incirlik air base is was issued to be followed by the F-16 upgrading agreement.

"A mutual trade-off: Bush refrains from pronouncing the word "Armenian genocide", and gets Incirlik and 1,1 billion in return".

A joint US-Turkish military installation in the Incirlik district of the Southern town of Adana, Incirlik air base has been a major US facility during the Cold War. Its operation for major military undertakings, by a 1979 "Defense and Economic Cooperation Agreement" (DECA) between the US and Turkey, is conditioned with special Turkish parliament decisions. Turkish parliament in March 2002 refused involvement in the US war on Iraq, thus closing Incirlik base for US air force flights directed at Iraq.

A recent Turkish government decree, introducing a more liberal interpretation of the DECA, provides legal framework for broader usage of the base for US forces operating in Iraq.

Some analysts, like Koçali, are of the opinion that, the abrupt upsurge of nationalist hysteria across the country, particularly after official denouncement by Chief of Staff General Hilmi Özkök of burning of a Turkish flag during, the Kurdish New Year, Newroz celebrations by kids in the Mediterranean port city of Mersin has distracted public attention from fundamental issues.

Military analyst Serdar Sen is of the opinion that the recent tightening of ties with the US should be interpreted within the Bush government's scheme of "Cooperation for a Mutual Future and Progress for the Extended Middle East and the North Africa" (CMFPEMENA).

Formerly dubbed as "Greater Middle East" project the initiative was designated by the Bush government as a reply to the 9/11 events for "introducing peace and democracy" to the Muslim world, then reassessed to include North Africa as well.

Meanwhile, Cengiz Aktar an expert on the European Union integration process, says that the relations between Turkey and the US cannot be viewed in the same context since the beginning of negotiations with the European Union for membership.

Strategic attitudes never changed!

Recalling that the Turkish Armed Forces' modernization continues for some time now, Sen believes that a recent speech by Gen. Özkök at the Military Academy provides significant insight for Ankara's attitudes. S¸en affirms that Turkey assumes a vital role in the "Greater Middle East" scheme and the claims that Turkey was giving the cold shoulder to the US is nullified with Özkök's latest speech.

"When we levy the main theme of the speech, we can say that Turkey is moving ahead towards globalization through regionalism. This firmly fits the US strategy of the Greater Middle East project. The US, through this strategy via the military reinvents its historical relations with Turkey once more.

If Turkey is to become the "fairy tale land"?

For Turkey to become a strong country asserting its might in the Middle East and Caucasus, "its military infrastructure must be complete and made comprehensive" says Sen, and adds, "If Turkey is going to be the fairy tale land anticipated in the project, it will require such mighty infantry".

Sen points out that CMFPEMENA project is not totally "peaceful", but foresees a certain dose of conflict. He views this dose as mostly "armed deterrence", but not war. According to Sen's point of view, Turkey is the most suitable candidate for warding off possible threats in the framework of its new defense plan, which the US formulates as a remedy for combating terrorism and security issues.

Underlining Turkey's role in the process of integrating Syria and Iran to the world market, Sen says that "If this course of action cannot succeed as planned, the use of force might come into the agenda. Hence, the modernization of the Turkish Armed Forces might have critical importance in intervening to a possible chaos arising in the Caucasus and the Caspian region".

There are no problems between the US and Turkey

The leader of the Socialist Democracy Party (SDP) Filiz Koçali states that the "The course of events shows that, just as the Chief of Staff Özkök says, we do not have any problems in our relations with the United States.

"First the government decree on Incirlik is issued, and now the F-16 issue is on the agenda. This is mutual trade-off. In return for opting out of saying the word "Armenian genocide", Bush gets Incirlik base and 1,1 billion dollars".

In Koçali's perspective, Turkey does not stick to peaceful policies in neither its domestic nor foreign policy.

"There are secret agreements between Turkey and the US. For example, the Incirlik decree will not be published in the Official Gazette. Among the topics these secret handshakes concern, there is not only Armenian question, but the Kurdish one as well. We demand such clandestine agreements become public".

Turkey cannot step back from the EU path

"The relations between Turkey and the US, which commenced in 1918, could not continue along the same trail, as negotiations with the European Union began in 1999.

If Turkey would retain its position a prime US ally, it would not have gained the support of the European countries. The EU would not tolerate another Britain within its boundaries" analyzes the European Union integration process expert Cengiz Aktar.

Articulating that Turkey must have another look at its foreign policy priorities, Aktar appraises that the US is not a country that one can ignore. However, Turkey must maintain fine balances between the two foremost sources of global power he believes.

In Aktar's opinion, the new circumstances arising out of Incirlik and the modernization of F-16's, are of a "tactical" not a "strategic" nature. Turkey does not have strong arguments for shifting towards any other target than the European Union membership, he told bianet.

In reply to the question regarding Turkey' presumed role in the Greater Middle East project and prospective increase in its military strength, Aktar says: "Could Turkey ever have uphold its political and economical stability by such policies in its history? How can it do so now? The Turkish Armed Forces and successive governments must have realized this reality by now".

Arms purchases from Israel

In the wake of the F-16 modernization agreement of USD 1,1 billion dollar value with the US, Turkey is reported to conclude a USD 200 million dollar accord with Israel for purchasing unmanned war planes. The agreement will reportedly be signed by Prime Minister Recep Tayyip Erdog˜an in May when he pays an official visit to this country. (BIA News Center,April 28, 2005)

Accord Ankara-Washington pour la modernisation des F-16 turcs (1,1 md USD)

Le géant américain Lockheed Martin va moderniser la flotte de F-16 de l'aviation turque, un contrat d'un montant de 1,1 milliard de dollars (847,5 millions d'euros), à la suite d'un accord entre Ankara et Washington, a annoncé mardi le ministre turc de la Défense Vecdi Gonul.

Le projet débutera en juillet prochain et devrait se terminer dans le courant de 2012, a-t-il dit lors d'une conférence de presse conjointe avec l'ambassadeur américain à Ankara, Eric Edelman.

L'accord portant sur la modernisation de l'équipement avionique et le système d'armement des F-16 turcs concerne 117 appareils dans un premier temps avec une option sur 100 autres.

"Cet accord est la meilleure preuve que nos relations sont sur la bonne voie", a souligné le ministre, en référence à des tensions entre les deux alliés de l'Otan au sujet de différences sur l'Irak notamment.

"Nous sommes des alliés et des partenaires stratégiques depuis plus de 50 ans (...) Notre partenariat se poursuit sur une base solide d'entente mutuelle et d'intérêts réciproques", s'est félicité M. Gonul.

Les firmes turques doivent contribuer au projet de différentes manières, à hauteur de quelque 400 millions de dollars, selon M. Gonul.

"Ce projet est bénéfique pour la Turquie et bénéfique pour les Etats-Unis," a indiqué pour sa part l'ambassadeur américain, souhaitant le développement davantage des liens militaires entre les deux pays.

"Nous voulons une Turquie puissante au sein de l'Otan", a-t-il ajouté. (AFP, 26 avril 2005)

Le chef d'Etat-Major de l'armée turque s'en prend aux Etats-Unis au sujet de PKK

Le chef d'Etat-Major de l'armée turque a reproché mercredi aux Etats-Unis leur impuissance face aux séparatistes kurdes de Turquie installés dans le nord de l'Irak et a mis en garde contre toute tentative de prise de contrôle du centre pétrolier de Kirkouk par les Kurdes irakiens.

Dans un discours prononcé à Istanbul, le général Hilmi Ozkok s'est plaint de l'influence grandissante du Parti des Travailleurs Kurdes (PKK, interdit en Turquie) dans le nord irakien. Il a ajouté qu'encouragés par l'inaction des Américains, les militants du PKK avaient intensifié leurs opérations en Turquie à partir de leurs sanctuaires d'Irak.

Le PKK "est sur la liste des organisations terroristes dressée par les Etats-Unis et l'Europe mais cela ne signifie rien dans les faits", a affirmé le général Ozkok. "Le PKK, a-t-il ajouté, doit être privé de tout soutien étranger".

Selon Ankara, quelque 5.000 membres du PKK ont gagné depuis 1999 les montagnes du nord de l'Irak comme sanctuaire pour mener des opérations dans le Kurdistan turc voisin.

Le chef d'Etat-Major turc s'est d'autre part déclaré inquiet des tentatives kurdes de prendre le contrôle de Kirkouk, centre d'une région riche en ressources pétriolières qui selon lui devraient profiter à tous les Irakiens et pas aux seuls Kurdes.

"C'est pourquoi il est important que Kirkouk ait un statut spécial (...) nous avons dit plusieurs fois que Kirkouk est une zone au bord de l'explosion et qu'en cas d'explosion toute la région sera affectée", a-t-il dit.

La Turquie craint que les Kurdes d'Irak, virtuellement indépendants depuis la chute de Saddam Hussein, ne fassent de Kirkouk la capitale d'un Etat kurde souverain, attisant les sentiments séparatistes des Kurdes de Turquie. (AFP, 20 avril 2004)

Quand les Turcs envahissent les Etats-Unis : une parodie de politique-fiction

Une politique-fiction qui doit bientôt paraître en Turquie évoque avec beaucoup d'humour une invasion des Etats-Unis par de jeunes nationalistes turcs, avec le concours d'extraterrestres, un roman anti-américain qui risque d'être un nouveau succès de librairie après le best-seller "Tempête de métal".

"L'Amérique est à nous" va être distribué à partir du week-end en Turquie. Sur sa couverture, la statue de la Liberté porte une moustache, symbole machiste turc, et le drapeau américain est frappé de trois croissants, emblème des ultra-nationalistes turcs.

Le sujet du roman est farfelu : excédé par l'interventionnisme américain dans le monde et notamment après que des bateaux de guerre américains eurent franchi secrètement le Bosphore, à Istanbul, un jeune nationaliste turc reçoit lors d'une prière la visite d'un extraterrestre qui exauce son voeu de vouloir s'emparer de la superpuissance américaine grâce à un engin qui contrôle les esprits.

Mais la comédie ne fait que commencer car les occupants turquisent immédiatement le pays en organisant par exemple à la Maison Blanche des fêtes de "cig kofte", une sorte de steak tartare turc.

Le Turc est déclaré langue officielle et Madonna devient danseuse du ventre.

"Les sentiments anti-américains sont à la base de ce roman mais ce n'est pas un livre de guerre, car personne n'est tué", explique à l'AFP l'un des deux auteurs du livre, Erdogan Ekmekci.

Cet ancien agent commercial de 27 ans qui vit à Istanbul en est à son premier roman. Il ne cache pas que la "conjoncture" est très proprice à la publication de pamphlets anti-américains, mais déclare que son livre est en fait une "auto-critique" des Turcs et de leur mode de vie.

"La Turquie est mal dirigée par les Turcs qui dirigeront mal les Etats-Unis ce qui provoquera la fin de ce pays car nous y exportons nos problèmes et nos malheurs", dit-il.

Exemples des problèmes sociaux --de longues queues devant les hôpitaux-- et une économie fragilisée par une mauvaise gestion où le pain se vend à 250 dollars.

"Nous avons pêché et blâmé le diable", ajoute le co-auteur du roman qui sera publié dans la foulée d'un autre livre, plus sérieux, qui relate une invasion de la Turquie par les Etats-Unis en 2007.

"Tempête de métal" est devenu un best-seller avec plus de 110.000 exemplaires vendus.

Le roman a surtout le vent en poupe en raison des vifs sentiments anti-américains en Turquie depuis l'occupation de l'Irak en 2003 qui a provoqué de réelles tensions entre Ankara et Washington, alliés au sein de l'Otan.

L'anti-américanisme fait vendre ces temps-ci en Turquie et les éditions Akis envisagent de tirer à au moins 50.000 exemplaires cette deuxième fiction impliquant les Américains.

"Le milieu est propice", explique Adem Ozbay, un responsable de la maison d'édition.

Il regrette qu'un outrage au drapeau par des adolescents kurdes lors d'une fête kurde ait entrainé un mouvement de chauvinisme et de patriotisme .

"Nous avons voulu nous amuser et imaginer ce qui se produirait aux Etats-Unis si les erreurs commises ici se répétaient là bas, c'est du tragi-comique", dit l'éditeur.

A la fin du livre, les choses se gâtent et le héros principal est obligé de recourir au service d'extraterrestres pour revenir dans le temps, comme si rien ne s'était passé. (AFP, Burak Akinci, 31 mars 2005)

La Turquie pourrait autoriser les Etats-Unis à utiliser une de ses bases

La Turquie pourrait autoriser les Etats-Unis à utiliser une des ses principales bases comme centre logistique pour des opérations en Irak et en Afghanistan, a indiqué un haut responsable turc mercredi.

Les autorités turques ont achevé le travail technique visant à définir les conditions dans lesquelles des avions américains pourront se servir de la base d'Incirlik, dans la province d'Adana (sud), et la décision finale dépend maintenant du gouvernement, a expliqué ce haut responsable sous couvert de l'anonymat.

Ankara et Washington ont négocié l'accès à cette base pendant plusieurs mois, dans une athmosphère tendue en raison de leurs divergences sur la question irakienne.

Selon les termes du projet d'acord, des avions civils et militaires américains pourront transiter via Incirlik à condition qu'ils ne transportent que du "matériel logistique non mortel". Ils seraient alors tenus d'informer les autorités turques de leurs plans de vols mais ne seraient pas obligés de demander l'autorisation pour chaque vol.

L'accord ne nécessitera pas le feu vert du parlement turc car il relève d'une décision antérieure du gouvernement permettant l'utilisation de cette base pour des transports logistiques et humanitaires à destination de l'Irak et de l'Afghanistan, a précisé le responsable.

En mars 2003, peu avant l'invasion de l'Irak, le parlement turc avait refusé aux Etats-Unis le passage de leurs troupes par le territoire turc pour l'ouverture d'un front dans le Kurdistan irakien.

Les liens traditionnellement étroits entre Ankara et Washington, alliés au sein de l'Otan, se sont aussi distendus en raison de la réticence des Américains à intervenir contre les rebelles Kurdes de Turquie. Ankara s'inquiète aussi de la place que pourraient occuper les Kurdes irakiens dans l'Irak de l'après-Saddam Hussein.

De la fin de la première guerre du Golfe, en 1991, jusqu'à l'invasion de l'Irak en 2003, des avions militaires américains et britanniques avaient été autorisés à utiliser la base d'Incirlik pour leurs vols de contrôle de la zone d'exclusion aérienne instaurée au-dessus du nord de l'Irak. (AFP, 30 mars 2005)

Relations régionales / Regional Relations

Les voisins de l'Irak s'engagent à coopérer contre le terrorisme

Les ministres des Affaires étrangères des pays voisins de l'Irak, réunis samedi à Istanbul, ont affirmé leur soutien au nouveau gouvernement irakien et se sont engagés à accroître leur coopération dans la lutte contre le terrorisme.

Qualifiant l'Irak de "terrain d'entraînement pour les groupes terroristes", le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé, dans son discours d'ouverture de la réunion, à la prise immédiate de mesures pour assurer la sécurité frontalière.

Les délégations représentant l'Irak et ses voisins (Turquie, Iran, Syrie, Jordanie, Arabie Saoudite, Koweït) plus l'Egypte et Bahrein se sont engagées, dans la déclaration commune clôturant leur réunion - la huitième depuis janvier 2003 - à accroître leur coopération dans la lutte contre le terrorisme.

Les participants expriment dans ce document "leur détermination (...) à améliorer la coopération au niveau de la sécurisation des frontières avec l'Irak (...) dans le but principal d'empêcher les infiltrations terroristes (...) vers l'Irak et en provenance" de ce pays.

Condamnant les "actes terroristes" en Irak, la déclaration évoque des "contrôles fermes aux points de passage des frontières" et l'échange de renseignements avec Bagdad. Le texte annonce la tenue prochaine à Ankara d'une réunion des ministres de l'Intérieur axée sur cette question.

Bagdad a accusé dans le passé la Syrie et l'Iran de fermer les yeux sur l'infiltration de combattants étrangers via leurs territoires. Ankara se plaint de son côté de la présence de quelque 5.000 combattants séparatistes kurdes de Turquie dans les montagnes du nord de l'Irak, qui effectuent régulièrement des incursions en territoire turc.

Hoshyar Zebari, qui effectuait son premier déplacement à l'étranger depuis sa nomination à la tête de la diplomatie irakienne par le Premier ministre Ibrahim al-Jaafari, a précisé à la presse que les mesures requises s'adressaient à tous les pays" et "ne désignaient pas un pays en particulier".

M. Zebari a appelé les pays voisins de l'Irak à accroître leur aide à ce pays : "Nous attendons plus d'eux (...) Nos voisins peuvent aider, être plus constructifs, être plus positifs pour étendre leur aide et leur assistance dans plusieurs domaines".

La déclaration commune affirme la détermination des voisins de l'Irak "à soutenir et coopérer avec le gouvernement national de transition nouvellement élu et (...) à promouvoir la transition irakienne vers un Etat uni, démocratique et pluraliste, avec une structure fédérale s'il en est décidé ainsi par le peuple irakien".

Elle exprime le "fort désir" des pays voisins de l'Irak que le gouvernement de M. al-Jaafari soit "pleinement efficace dans la poursuite et l'achèvement de la transition politique (...) d'une manière qui assure la participation effective de l'ensemble du spectre (politique) de la population irakienne".

L'appel fait principalement référence aux sunnites, qui ont largement boycotté les élections de janvier et constituent l'épine dorsale des l'insurrection en Irak.

M. Jaafari, qui souhaitait participer à la réunion d'Istanbul, a été retenu à Bagdad par la nécessité de compléter au plus vite la liste du nouveau cabinet, annoncé jeudi après trois mois d'âpres négociations. Cinq postes ministériels et deux vice-présidences n'ont pas encore été attribués.

M. Zebari a déclaré que les Arabes sunnites seraient incorporés dans les prochaines étapes du processus politique, qui incluent l'élaboration d'une Constitution, un référendum et des élections générales en décembre.

"L'Irak ne peut pas être un Etat ou un pays qui fonctionne sans les Arabes sunnites", a-t-il insisté.

Les voisins de l'Irak se sont aussi déclarés prêts à aider à la formation des forces de sécurité irakiennes et ont appelé l'Onu à jouer un plus grand rôle. (AFP, 30 avril 2005)

Israël va fournir à l'armée turque des drones pour 200 millions USD

Israël va fournir à la Turquie des drones d'appui tactique en vertu d'un contrat d'armement portant sur 200 millions de dollars, a indiqué mardi le quotidien Haaretz.

Les Industries aériennes d'Israël (IAI) et la société Elbit, qui étaient en compétition pour ce contrat avec des sociétés française et américaine, fourniront à l'armée turque de trente à quarante drones UAV et une dizaine de stations terrestres de guidage, selon cette source.

Ces appareils sont déjà opérationnels au sein des forces israéliennes.

Le partenariat stratégique entre Israël et la Turquie, un pays musulman laïque, a été scellé en 1996 par un accord de coopération militaire.

Cet accord, vivement dénoncé par les Arabes et l'Iran, avait été suivi d'un net développement des échanges économiques et culturels entre les deux pays, le volume commercial bilatéral ayant atteint 2 milliards de dollars en 2004, en hausse de 33% par rapport à l'année précédente. (AFP, 19 avril 2005)

Six Tchétchènes soupçonnés de vouloir fabriquer des bombes

La section anti-terroriste de la police d'Istanbul a affirmé mardi avoir arrêté six étrangers, soupçonnés, selon les médias des Tchétchènes, d'avoir collecté des informations sur la façon de fabriquer des bombes.

Les suspects, arrêtés vendredi dernier, rassemblaient des informations sur la fabrication de bombes et étaient "en contact avec des groupes terroristes d'inspiration religieuse", a affirmé la section anti-terorriste dans un communiqué, sans préciser leur nationalité.

L'agence de presse semi-officielle Anatolie les a identifiés comme étant des Tchétchènes.

La police a saisi des dessins et des notes décrivant les mécanismes de systèmes de mise à feu de bombes, des circuits électroniques, des ordinateurs et des CD aux domiciles des suspects, affirme le communiqué, qui précise que deux d'entre eux sont entrés illégalement en Turquie, dont un avec un faux passeport.

Ils devaient être déférés plus tard dans la journée devant un tribunal d'Istanbul, qui décidera de lancer ou non des poursuites à leur encontre.

La Russie a maintes fois accusé dans le passé la Turquie de fermer les yeux sur les activités de militants tchétchènes sur son territoire, mais le président russe a affirmé lors d'une visite à Ankara en décembre que Moscou était à présent satisfait de la coopération anti-terroriste entre les deux pays.

La cause tchétchène jouit d'un fort soutien dans la population turque, en particulier dans les milieux islamistes et parmi les membres de communautés originaires du Caucase. (AFP, 19 avril 2005)

Report d'une réunion à Istanbul des pays voisins de l'Irak

La Turquie a annoncé mardi le report de la tenue d'un sommet devant réunir à Istanbul les ministres des Affaires étrangères des pays voisins de l'Irak en raison de retards dans la formation d'un nouveau gouvernement à Bagdad.

La réunion, initialement prévue pour cette semaine, avait déjà été repoussée aux 25 et 26 avril. Un communiqué diffusé mardi par le ministère turc des Affaires étrangères a cette fois affirmé qu'elle aurait lieu "dans une courte période de temps", sans donner de date.

Ankara évoque comme raison de ce report le fait que "les travaux pour former un nouveau gouvernement en Irak ne sont pas encore finalisés".

"Le Premier ministre désigné du gouvernement irakien, Ibrahim Jaafari, a informé (Ankara) qu'il souhaitait participer (...) et s'adresser aux ministres", poursuit le communiqué.

"La réunion se tiendra à une date dépendant de l'achèvement des travaux pour former un gouvernement en irak et en coordination avec les pays voisins", ajoute le document.

Le sommet donnera aux pays riverains de l'Irak l'opportunité de "confirmer leur soutien au processus politique en irak, évaluer les développements depuis les élections (en janvier) et échanger les points de vue sur les prochaines étapes du processus politique", affirme encore le communiqué.

Un parlementaire irakien participant aux négociations pour la formation d'un nouveau gouvernement avait auparavant déclaré à Bagdad que la composition du cabinet serait annoncée d'ici la fin de la semaine.

La dernière rencontre des ministres des Affaires étrangères de l'Irak et de ses six voisins -l'Iran, la Jordanie, le Koweït, la Syrie, l'Arabie saoudite et la Turquie- plus l'Egypte a eu lieu à Amman en janvier.

Les ministres se sont régulièrement rencontrés depuis janvier 2003, date à laquelle la Turquie a lancé l'initiative de ces réunions dans le cadre d'efforts visant à contraindre Bagdad à se soumettre aux résolutions de l'Onu et à prévenir une intervention américaine. (AFP, 19 avril 2005)

La Turquie salue la "détermination" de la Syrie à quitter le Liban

Le président turc Ahmet Necdet Sezer a salué jeudi à Ankara la "détermination" de Damas à évacuer ses troupes du Liban, au retour d'une visite d'Etat de deux jours en Syrie.

"Nous avons souligné l'importance que la Syrie retire ses troupes du Liban, conformément aux demandes de la communauté internationale et à la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU, avant les élections" au Liban, a déclaré M. Sezer lors d'une rencontre avec la presse, à l'aéroport d'Ankara.

"Nous sommes heureux de voir la partie syrienne manifester à nouveau sa détermination" de poursuivre ce retrait, a-t-il ajouté.

La Syrie, cédant à la pression internationale, a commencé à retirer ses troupes du Liban et s'est engagée à achever complètement ce retrait pour la fin du mois d'avril, un mois avant les élections libanaises, prévues fin mai.

Les bouleversements politiques au Liban étaient en tête des questions à l'ordre du jour lors des entretiens de M. Sezer avec le président syrien Bachar al-Assad.

Le président turc avait maintenu ce voyage en dépit de pressions américaines sur la Turquie pour qu'elle limite sa coopération avec son voisin du sud.

Les deux présidents ont insisté sur la nécessité de préserver "la stabilité et l'unité nationale du Liban" et se sont mis d'accord pour stimuler leurs échanges économiques.

"Je me réjouis de voir que la résolution des problèmes passés avec bon sens et dans un esprit de coopération a ouvert de nouvelles perspectives dans nos relations", a déclaré M. Sezer.

La Turquie et la Syrie ont nettement amélioré leurs relations, orageuses depuis 1998, année où les deux pays s'étaient retrouvés au bord d'un conflit armé, Ankara ayant accusé Damas d'abriter des militants séparatistes kurdes qui combattaient le gouvernement turc.

La crise avait été résolue avec l'expusion par Damas du chef rebelle kurde Abdullah Ocalan, avant de signer un accord de sécurité avec Ankara et de s'engager à ne plus soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de M. Ocalan. (AFP, 14 avril 2005)

Russes "parvenus": Le ministre turc du Tourisme s'excuse pour sa gaffe

Le ministre turc de la Culture et du Tourisme, Atilla Koc, s'est publiquement excusé jeudi pour avoir traité la veille les touristes russes, de plus en plus nombreux à visiter la Turquie, de "parvenus" et de "nouveaux riches".

"Je suis très triste (...) Je m'excuse", a-t-il dit devant les journalistes.

Mercredi, lors d'une cérémonie à Mugla, une province du sud-ouest du pays qui abrite de très nombreuses stations balnéaires, M. Koc, récemment nommé à ce poste, avait dérapé en parlant des touristes russes comme des "parvenus" et des "nouveaux riches" qui dépensent beaucoup d'argent en Turquie, contrairement aux touristes allemands qui en dépensent moins.

La presse a crié au scandale, estimant que ces propos n'étaient pas digne d'un ministre qui dirige un secteur qui est la première source de revenue du pays.

M. Koc a ajouté avoir envoyé une lettre à l'ambassadeur de Russie en Turquie, qui lui "explique la situation".

Les recettes générées par les touristes en Turquie ont atteint en 2004 15,9 milliards de dollars (12,3 milliards d'euros) avec l'entrée de près de 17,5 millions de vacanciers étrangers, un record.

L'Allemagne figure en tête des pays d'origine des vacanciers avec près de quatre millions d'entrées, suivie par la Russie (1,6 million de visiteurs) et le Royaume-Uni (1,4 million). (AFP, 7 avril 2005)

Le leader kurde Jalal Talabani élu président de l'Irak par le Parlement

Le leader kurde Jalal Talabani a été élu mercredi président de l'Irak par l'Assemblée nationale transitoire, avec les voix de 228 des 275 députés, a annoncé un responsable de la Chambre.

C'est la première fois dans l'histoire de l'Irak moderne qu'un Kurde occupe la plus haute fonction de l'Etat.

Cette communauté qui représente entre 15 et 20% de la population irakienne a été longtemps persécutée sous les différents régimes qu'a connu ce pays et notamment sous Saddam Hussein, qui n'a pas hésité à gazer 6.000 d'entre eux en 1988, à les transférer par la force et à les jeter sur les routes de l'exil.

Le chef de l'Etat sortant, le sunnite Ghazi al-Yaouar, et le ministre des Finances sortant Adel Abdel Mahdi (BIEN: Adel Abdel Mahdi) ont été élus vice-présidents sur la même liste. Il n'y avait pas d'autres candidats pour ces postes, dont l'attribution avait été négociée à l'avance entre les représentants des listes chiite et kurde et des politiciens sunnites. Il y avait 257 députés présents dans la salle, dont 29 ont voté blanc.

Les trois hommes forment désormais le Conseil présidentiel, chargé de nommer un Premier ministre, qui devra ensuite former son cabinet avant de le présenter à la Chambre. Tous ces mandats prendront fin à l'issue de nouvelles élections générales prévues, pour l'heure, en décembre prochain.

Le président de l'Assemblée nationale transitoire Hajem al-Hassani a félicité M. Talabani, 72 ans, qui est le chef de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK). La liste kurde est arrivée en deuxième position aux élections générales du 30 janvier dernier, et compte 77 députés, derrière celle des chiites de l'Alliance unifiée irakienne, qui en compte 146.

"J'adresse mes félicitations pour l'élection de Jalal Talabani" et de ses deux adjoints, a dit M. Hassani.

"Nous demandons à Dieu que vous soyez capable de conduire le pays vers les  objectifs dont rêve le peuple, et nous sommes certains que vous en êtes capables. Votre peuple compte sur vous dans cette période difficile pour que vous le guidiez vers la démocratie", a-t-il ajouté.

La Turquie appelle Jalal Talabani à préserver l'unité de l'Irak

La Turquie, toujours inquiète des visées indépendantistes des Kurdes d'Irak, a salué mercredi l'élection d'une personnalité issue de cette communauté au poste de président irakien, tout en appelant Jalal Talabani à oeuvrer en faveur de "l'unité" de son pays.

"M. Talabani est un homme politique chevronné qui accorde de l'importance à l'unité de l'Irak. De ce fait, je le félicite", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gul à la presse lors d'une visite à Dubaï, dans des propos cités par l'agence turque Anatolie.

Pour M. Gul, "la tâche première du président irakien devrait assurément être de préserver l'unité et l'intégrité de son pays". Il a espéré que l'"identité irakienne" soit renforcée dans ce pays voisin de la Turquie.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part évoqué une élection "tardive mais qui était attendue".

M. Erdogan a par ailleurs souligné l'importance particulière pour Ankara que la ville pétrolière irakienne de Kirkouk jouisse d'un "statut spécial".

En saluant ainsi l'élection de M. Talabani, la Turquie a confirmé l'évolution de sa diplomatie au sujet des Kurdes d'Irak, une communauté qui représente près de 20% de la population irakienne et qui a été longtemps persécutée sous différents régimes.

Ce changement de position a été provoqué notamment par le fait que les Kurdes soient les alliés des Américains en Irak.

La Turquie a toujours très mal vu toute velléité d'indépendantisme des Kurdes irakiens. Elle a cependant ouvert ses frontières en 1991 pour protéger des centaines de milliers d'entre eux de la vengeance du président de l'époque, Saddam Hussein, après la première guerre du Golfe.

Elle avait dans la foulée établi des liens avec l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) de M. Talabani et le parti démocratique du Kurdistan (PDK) de son rival, Massoud Barzani.

La Turquie a considéré le nord de l'Irak jusqu'à son occupation par les Américains en 2003 comme son arrière-cour, car il échappait au contrôle de Bagdad, et y menait de fréquentes incursions afin de pourchasser les rebelles du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les deux chefs kurdes disposaient d'un passeport diplomatique qui leur avait été délivré par Ankara pour pouvoir voyager à l'étranger mais ils ont été honnis par la classe politique turque pour des déclarations considérées comme indépendantistes.

Dans un exercice de realpolitik, Ankara avait envoyé en février une mission pour rencontrer de M. Talabani en Irak.

"Le fait qu'une délégation turque ait rencontré M. Talabani en Irak démontre que la Turquie n'est pas opposée à ce qu'il soit président", avait-on précisé de source turque.

A chaque déclaration d'un dirigeant kurde qui semble réclamer une certaine autonomie pour sa communauté, la presse turque réagit vivement. (AFP, 6 avril 2005)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece

Fin d'un face-à-face turco-grec en Egée autour d'un îlot disputé

Un face-à-face de plusieurs heures samedi entre vedettes des marines turque et grecque dans une zone de la mer Egée revendiquée par les deux pays s'est terminé sans incident après que les navires des deux pays eurent quitté le secteur, a-t-on appris de source turque.

Les autorités turques avaient dépêché une vedette des garde-côtes pour chasser deux bateaux de pêche grecs qui s'approchaient des îlots inhabités de Kardak (Imia pour les Grecs). Cette vedette turque a été rejointe dans la zone par deux vedettes grecques, selon des diplomates turcs, cités par l'agence de presse Anatolie.

La vedette turque a regagné le port de Bodrum (sud-ouest) et les vedettes grecques sont également retournées à leur port d'attache, a-t-on précisé.

Il s'agit du deuxième incident de ce genre ce mois-ci entre les deux alliés de l'Otan qui ont plusieurs différends, en Egée notamment.

Une situation similaire avait été calmée le 13 avril dernier par une intervention personnelle du ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul et de son homologue grec Pétros Molyviatis, qui se trouvait en visite à Ankara.

Interrogée par la presse à Ankara, M. Gul a minimisé le dernier incident disant: "il ne se produira rien".

Mais le secrétaire d'Etat au ministère grec des Affaires étrangères, Evripides Stylianides, a estimé que l'épisode de samedi n'aidait pas l'accès de la Turquie à l'Union européenne (UE).

"Des incidents pareils ne facilitent pas l'accès de la Turquie à l'UE", a déclaré M. Stylianidis au cours d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des 12 pays membres de l'Organisation de Coopération économique des 12 pays de la mer Noire (OCEPMN) qui a eu lieu à Komotini (nord de la Grèce).

Lors d'une visite lundi dernier à Athènes, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a rappelé à Ankara que de bonnes relations avec la Grèce étaient une des conditions à une entrée de la Turquie au sein de l'UE.

Revendiquée par les deux pays, cette zone en mer Egée a été le théâtre d'une grave crise gréco-turque en janvier 1996 quand les deux pays ont frôlé un conflit armé. Le conflit a été évité de justesse grâce à l'intervention personnelle du président américain Bill Clinton. (AFP, 23 avril 2005)

L'armée turque attend des excuses pour incident de drapeau turc en Grèce

Le chef de l'armée turque, le général Hilmi Ozkok, a sommé de nouveau mardi la Grèce de présenter des excuses au sujet d'une atteinte à son emblème national survenue à Athènes, menaçant sinon de "réviser" la coopération militaire turco-grecque.

"Nous attendons que la Grèce présente des excuses officielles au sujet de cet incident", a-t-il dit lors d'un discours à l'académie militaire d'Istanbul, où il a passé en revue les liens entre la Grèce et la Turquie, alliées au sein de l'Otan mais qui ont plusieurs différends, en mer Egée notamment.

Le chef de l'état-major général faisait référence à un incident qui remonte à la semaine dernière. Des cadets turcs invités dans la capitale grecque ont retrouvé dans leur chambre un drapeau turc détérioré et couvert d'inscriptions anti-turques.

Faute d'excuses, le général Ozkok a menacé de "réviser" un programme de coopération qui prévoit des échanges d'élèves militaires et qui s'inscrit dans le cadre de "mesures de confiance" bilatérales.

L'incident est survenu le jour même ou le ministre grec des Affaires étrangères, Pétros Molyviatis, effectuait une visite à Ankara et annonçait avec son homologue turc des mesures visant à mettre fin aux tensions récurrentes entre les deux pays.

Athènes a regretté l'incident et promis de punir les responsables.

Le général a par ailleurs dénoncé l'augmentation des dépenses militaires grecques mais a affirmé toutefois que son armée oeuvrerait à améliorer les liens bilatéraux.

Sur le dossier chypriote, autre contentieux, il a accusé l'Union européenne de ne pas remplir sa promesse d'alléger les sanctions visant l'entité chypriote-turque du nord de l'île, qui n'est pas reconnue internationalement.

Il s'en est aussi pris à l'administration chypriote-grecque (République de Chypre, internationalement reconnue), devenue membre de l'Union européenne en mai 2004 et qu'il a accusée de vouloir exploiter la volonté d'Ankara d'entrer également dans l'UE pour obtenir des concessions à Chypre.

"Selon eux, le succès de cette politique dépend de la pérennisation du conflit chypriote", a-t-il ajouté.

Chypre est divisée depuis l'été 1974, lorsque l'armée turque a envahi le nord de l'île en réaction à un coup d'Etat d'ultra-nationalistes chypriotes-grecs qui voulaient rattacher l'île à la Grèce. (AFP, 20 avril 2004)

Mehmet Ali Talat remporte l'élection présidentielle à Chypre du nord

Le "Premier ministre" chypriote turc Mehmet Ali Talat, partisan d'une réunification de Chypre divisée depuis 1974, a remporté sans surprise l'élection présidentielle de dimanche à Chypre nord et immédiatement appelé l'Onu à raviver les efforts de paix sur l'avenir de l'île.

M. Talat, 53 ans, a recueilli 55,6% des voix après le décompte de l'ensemble des bulletins.

Son principal rival, le chef du parti de l'unité nationale (UBP, nationaliste), Dervis Eroglu, qui a recueilli 22,7% des suffrages exprimés, a reconnu devant la presse sa défaite et félicité le nouveau "président" de la République turque de Chypre du nord (KKTC, reconnue par la seule Turquie).

"Je tends la main à l'administration chypriote-grecque pour la paix", a dit M. Talat lors d'une conférence de presse, estimant que les électeurs chypriotes turcs avaient "réaffirmé leur détermination en faveur de la paix, un règlement et (l'adhésion à) l'Union européenne".

Il a aussi exhorté le secrétaire général des Nations unies à raviver les efforts de paix et appelé la communauté internationale à lever les sanctions politiques et économiques qui frappent le secteur turc de Chypre.

"Si j'obtiens une réponse positive de l'administration chypriote grecque je suis prêt à rencontrer (le président de la République de Chypre, internationalement reconnue) Thassos Papadopoulos", a-t-il encore dit.

Neuf candidats étaient en lice pour cette élection au suffrage universel. Le taux de participation a été d'environ 70%. Aucun incident n'a été signalé.

M. Denktash, président incontournable et dirigeant nationaliste des chypriotes-turcs depuis 1976 et aussi après la création en 1983 de la KKTC, n'a pas brigué un nouveau mandat et quitte la scène après plus de 40 ans de politique, dont la majeure partie passée à la tête de sa communauté.

Ce véritable dinosaure de la politique chypriote-turque a annoncé qu'après de brèves vacances, il "écoutera" son peuple et leur expliquera l'importance de la "souveraineté" de leur entité.

Il continue de s'opposer à un plan de l'Onu pour la réunification de l'île divisée, rejeté en avril 2004 par les Chypriotes-grecs mais approuvé par sa propre communauté en dépit de son hostilité.

La popularité du dirigeant s'est effritée auprès de son peuple en raison de son intransigeance. Quelque peu amer, il a appelé dimanche son successeur à honorer son attachement à la "souveraineté" et à l'"indépendance" de la KKTC.

Les Chypriotes-grecs ont adhéré à l'UE en mai 2004 laissant à la porte les Chypriotes-turcs, en dépit du "oui" massif de ces derniers au plan onusien.

Le principal enjeu du scrutin est qu'il peut favoriser une relance des négociations sur le plan Annan en portant à la tête de la KKTC M. Talat qui a défendu une réunification de Chypre.

Cette élection a suscité peu d'enthousiasme chez les électeurs déjà appelés trois fois à accomplir leur devoir civique en l'espace de 18 mois pour un référendum et deux législatives.

Dans la capitale, des partisans de Mehmet Ali Talat, en liesse, manifestaient leur joie à grand renfort de coups de klaxon et en agitant des drapeaux verts de leur parti avec des photos de leur candidat dessus.

Le gouvernement chypriote grec a qualifié la victoire de M. Talat de "développement positif" tandis que les Etats-Unis félicitaient le nouveau président chypriote turc. (AFP-AP, 17 avril 2005)

Athènes dénonce des incidents avec la Turquie en plein effort d'apaisement

Le gouvernement grec a dénoncé des incidents avec la Turquie survenus mardi en mer Egée, le jour même où les ministres des Affaires grec Pétros Molyviatis et turc Abdullah Gul annonçaient ensemble à Ankara des mesures d'apaisement des tensions entre les deux pays.

Ces évènements "n'aident pas les efforts pour l'amélioration des rapports entre les deux pays qui est le but de la visite de M. Molyviatis à Ankara", a déclaré dans un communiqué diffusé dans la nuit le porte-parole adjoint du gouvernement, Evangélos Antonaros.

L'affaire a été imputée côté grec à la violation par deux vedettes turques mardi des eaux territoirales grecques autour de l'îlot d'Imia (Kardak pour les Turcs) dans le Dodécanèse (sud-est de la mer Egée).

La Turquie a pour sa part attribué l'incident à l'entrée mardi d'un chalutier grec dans la région de "Kardak" qui a provoqué l'intervention d'une vedette de la garde-côte turque suivie de l'arrivée d'un navire de guerre grec.

A Ankara, le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères Namik Tan a indiqué mercredi que la situation était revenue à la normale, avec le retrait "simultané" de la vedette turque et du navire grec "après que les deux ministres sont arrivés à une entente pour que la situation soit calmée".

M. Antonaros s'est limité à indiquer qu'il "y a eu des contacts" et a affirmé que "toutes les actions nécessaires avaient été entreprises" par Athènes et M. Molyviatis "pour défendre les intérêts souverains du pays et détendre la situation".

S'il a imputé la tension à une "action (turque) qui a mis en doute les droits souverains de la Grèce sur la zone", il s'est toutefois refusé à préciser si la Grèce avait fait une démarche de protestation, comme habituellement dans de tels cas.

Il a rappelé que la Turquie sera jugée sur son "attitude globale" par les 25 le 3 octobre prochain, en vue de l'ouverture de négociations d'adhésions à l'UE.

La région de l'îlot d'Imia ou Kardak a été le théâtre d'une grave crise gréco-turque en janvier 1996 où les deux pays ont frôlé le conflit armé. Le conflit a été évité de justesse grâce à l'intervention personnelle du président Bill Clinton.

Selon les médias grecs, la chasse turque a également commis mardi des violations aériennes près de l'île cycladique d'Andros (centre de l'Egée) où la marine grecque faisait un exercice à tirs réels.

MM. Molyviatis et son homologue turc, Abdullah Gul, ont annoncé mardi la création d'une ligne de communication entre les centres opérationnels des forces aériennes grecques et turques, et d'autres mesures visant à renforcer la confiance réciproque.

 Mercredi, la presse grecque minimisait ces mesures, préférant dénoncer les "provocations" turques dans cette région et insistait sur leur concomitance avec la visite de M. Molyviatis.

"Embrassades à Ankara, le foutoir en Egée", titrait mercredi en accroche de Une Elefthérotypia (gauche indépendant), tandis que Ta Néa estimait que la visite Molyviatis à Ankara était d'ores et déjà "un fiasco".

Sous le titre "dialogue mais avec de nouvelles provocations à Imia", le quotidien de centre droit, Kathimerini, proche du gouvernement conservateur soulignait que les mesures annoncées "ont été assombries par la tension créée par les continuelles provocations turques en Egée pendant toute la durée des discussions".

Fin de la visite du ministre grec des Affaires étrangères en Turquie

Le ministre grec des Affaires étrangères Pétros Molyviatis a quitté la Turquie mercredi soir au terme de deux jours de visite à Ankara puis Istanbul, où il a rencontré le patriarche grec orthodoxe d'Istanbul.

A l'issue de son entretien avec le patriarche oecuménique Bartholomée Ier, la plus haute autorité de l'Eglise orthodoxe, M. Molyviatis a affirmé en grec avoir discuté avec le dignitaire religieux "des sujets qui concernent le patriarcat" et lui avoir "réitéré son soutien".

Plusieurs litiges opposent le gouvernement turc et le patriarcat, qui exige notamment la réouverture du seul séminaire grec orthodoxe de Turquie, érigé sur une île proche de la rive asiatique d'Istanbul et fermé depuis les années 1970.

Bartholomée Ier a pour sa part remercié le gouvernement grec pour "son soutien au rapprochement entre la Turquie et l'Union européenne" et "accueilli avec joie cette visite dont l'objectif était d'améliorer les relations" entre Ankara et Athènes. (AFP, 13 avril 2005)

La justice grecque confirme l'interdiction d'une association "turque"

La Cour suprême grecque a confirmé l'interdiction d'une association de femmes de la minorité musulmane de souche turque de Thrace, dans le nord-est du pays, au motif qu'elle utilisait le terme "turques" dans son nom, a indiqué lundi l'agence de presse grecque Ana (semi-officielle).

L'"Association culturelle des femmes turques de Rodopi" une localité de Thrace, avait saisi la cour, estimant que son interdiction par la justice violait les engagements de la Grèce en matière de respect des droits de l'homme et des minorités.

Mais la Cour suprême a statué qu'il n'y avait pas violation, l'interdiction rentrant dans le cadre du maintien de la paix sociale et de la protection de la sécurité publique et nationale, selon l'Ana.

Selon la Cour suprême, l'appellation de l'association "caractérise ses membres comme des ressortissants étrangers et non comme des citoyens grecs", ce qui "sous-entend qu'elle ambitionne de promouvoir des idéaux turcs", et non pas seulement de préserver des coutumes, a ajouté l'Ana.

A l'issue d'un long feuilleton juridique, la Cour suprême avait déjà confirmé en décembre dernier l'interdiction, datant de 1984, d'une autre association de la minorité, l'"Union turque de Xanthi", créée en 1927.

Se fondant sur les dispositions du Traité de Lausanne qui a fixé le statut de la minorité de Thrace, forte de quelque 100.000 personnes, la Grèce ne reconnaît celle-ci que sous le nom de "musulmane".

Le Conseil de l'Europe et le comité des droits de l'homme de l'Onu interpellent régulièrement la Grèce sur son traitement des minorités et leur droit à s'exprimer librement. (AFP, 11 avril 2005)

Ankara de nouveau confrontée au cas d'une chypriote-grecque spoliée

La Cour européenne des droits de l'Homme a déclaré recevable mercredi la requête contre Ankara d'une chypriote-grecque, spoliée de ses biens dans le nord de l'île lors de l'intervention turque en 1974, a-t-on appris auprès de la Cour.

Les autorités turques commencent ainsi à être confrontées aux plaignants qui souhaitent mettre à profit la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme établie par l'affaire Titina Loizidou, qui a obtenu 1,120 million d'euros d'indemnisation.
 Il lui avait fallu attendre 2003 pour obtenir le versement de l'indemnisation, accordée par la Cour européenne des droits de l'Homme en 1998.

Aujourd'hui, Mme Myra Xenides-Arestis, 60 ans, demeurant à Nicosie, fait valoir qu'elle tient de sa mère la moitié de la propriété d'une parcelle de terrain située dans la région de Ayios Memnon, à Famagouste (partie nord de Chypre) et sur laquelle se trouvent un magasin, un appartement et trois maisons. Elle indique avoir été contrainte de quitter Farmagouste suite à l'intervention turque et s'être vue interdire depuis lors l'accès à sa propriété.

Mme Xenides-Arestis invoque l'article 1 du Protocole n°1 (protection de la propriété) à la Convention européenne des Droits de l'Homme, l'article 8 de la convention (droit au respect du domicile), ainsi que l'article 14 de la convention (interdiction de la discrimination).

L'avocat de Mme Loizidou avait estimé que l'indemnisation de sa cliente ouvrait la voie à des dizaines d'autres cas similaires.

La Turquie a pour sa part affirmé que cette première ne constituerait pas un précédent pour les autres affaires pendantes. (AFP, 6 avril 2005)

Immigration / Migration

La grève de la faim des Kurdes à Bruxelles suspendue temporairement

Trois des Kurdes qui ont rencontré, mercredi après-midi le ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael, ont annoncé, au terme d'une réunion de 3 heures 30, qu'ils allaient mettre un terme à leur grève de la faim après avoir obtenu la suspension, pour une durée de deux mois, de l'expulsion de certains demandeurs d'asile kurdes.

Les trois représentants des grèvistes kurdes ont ensuite rejoint l'église des Minimes où ils allaient tenter, en compagnie d'un délégué de l'Office des étrangers, de convaincre les autres grévistes de la faim d'arrêter eux-aussi leur action.

Le Ministre Dewael a tenu à répéter, en quittant le Centre pour l'égalité des chances où se tenait la réunion, sa volonté de ne pas s'impliquer personnellement dans ce dossier et a conseillé aux réfugiés d'introduire de nouvelles demandes de régularisation.
Un port-parole de l'action a fait déclaration suivantes concernant la suspension de la grève de la faim:

"Après le long dialogue mené avec le Ministre de l¹Intérieur ce mercredi après-midi, les grévistes de la faim kurdes ont décidé, à 21 heures, de suspendre leur grève de la faim au trentième jour. Par conséquent, le Comité de soutien a décidé de suspendre l¹ensemble des actions planifiées.

"Le dialogue instauré ce jour se poursuivra dans un climat de confiance. Les grévistes, le Comité de soutien et les associations qui les accompagnent
resteront vigilants. Par conséquent la manif devant le palais de justice EST ANNULEE."

Trente-trois grévistes avaient entamé leur action le 29 mars dans l'église des Minimes, située à deux pas du palais de justice de Bruxelles, et avaient été rejoints dans leur mouvement par sept personnes au "Petit Château", un centre d'accueil pour demandeurs d'asile à Bruxelles, et quatre autres en Wallonie.

Les anciens grévistes kurdes pourront utiliser ce délai pour introduire de nouvelles demandes d'asile auprès des instances officielles belges. Originaires de l'est de la Turquie, ils affirment qu'ils ne peuvent pas retourner dans leur pays en raison de persécutions dont ils ont été l'objet.

"Nous sommes contents que le ministre nous ait reçus et entendus. Nous espérons qu'avec les nouveaux éléments survenus en Turquie en 2004, les grévistes ne devront plus retourner chez eux", a déclaré un porte-parole à l'issue de la rencontre avec M. Dewael.

Durant leur grève de la faim, les Kurdes, dont l'état de santé s'étaient détérioré, avaient reçu le soutien de mouvements contre le racisme, de plusieurs partis politiques belges et de députés européens. Ils ont été pris en charge mercredi soir par des médecins pour être réalimentés. (AFP et Belga, 28 avril 2005)

L'état de santé des grévistes de la faim kurdes sérieusement détérioré

A l'église des Minimes, l'état de santé des grévistes de la faim s'est sérieusement détérioré. Dans la nuit de dimanche à lundi, l'un d'entre eux est tombé dans la coma mais a repris conscience à l'hôpital. Depuis il a rejoint l'église des Minimes, tout comme les autres grévistes hospitalisés chaque jour. Malgré leur immense faiblesse physique, les grévistes refusent toujours de s'alimenter.

Lundi, au nom du PS, Philippe Moureaux a demandé la désignation d'urgence d'un médiateur pour tenter de débloquer la situation. Une initiative immédiatement rejetée par le Ministre de l'intérieur, Patrick Dewael, qui refuse de comparer la situation des Kurdes à celle des Afghans, qui eux en avaient bénéficié.

Pour le ministre de l'Intérieur, des décisions ont été prises par les instances d'asile, et elles doivent être respectées, pas question donc pour lui d'intervenir dans ce dossier en jouant "le degré d'appel". Et le ministre de répéter une nouvelle fois que "la méthode de la grève de la faim n'est pas acceptable dans un pays démocratique et qu'il serait impensable de régulariser un groupe isolé pour une telle action". (RTBF, 27 avril 2005)

Des Kurdes en grève de la faim "prêts à aller jusqu'au bout"

Des Kurdes qui observent depuis plus de trois semaines une grève de la faim pour réclamer le droit de rester en Belgique sont "prêts à aller jusqu'au bout", a indiqué vendredi leur comité de soutien lors d'une conférence de presse.

Trente-trois grévistes ont entamé leur action le 29 mars dans l'église des Minimes, située à deux pas du palais de justice de Bruxelles. Sept personnes sont également en grève de la faim au "Petit Château", un centre d'accueil pour demandeurs d'asile à Bruxelles, et quatre autres en Wallonie.

Ces Kurdes, originaires de l'est de la Turquie, où ils disent ne pas pouvoir retourner en raison de persécutions dont ils ont été l'objet, ont vu leurs demandes d'asile en Belgique refusées par l'Office des Etrangers.

Ils réclament que le ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael, leur octroie un titre de séjour "pour des raisons humanitaires", a expliqué Edith Mercier, porte-parole du comité de soutien.

"Ils sont prêts à aller jusqu'au bout. Je ne sais pas si M. Dewael attend qu'il y ait des décès pour engager le dialogue", a ajouté Mme Mercier.

Selon ce comité, dont fait notamment partie la Ligue belge des droits de l'Homme, l'état de santé de certains grévistes "devient extrêmement préoccupant".

Le ministre de l'Intérieur, déjà confronté par le passé à des grèves de la faim de demandeurs d'asiles irakiens et afghans, s'est jusqu'à présent montré inflexible dans ce dossier.

"Il y a eu une décision prise par des instances indépendantes et il n'est pas question que j'intervienne. Je n'interviens jamais dans ce genre de décision et certainement pas sous la pression", a dit jeudi M. Dewael devant la chambre des députés, en expliquant que toutes les procédures étaient "épuisées". (Info-Türk, 22 avril 2005)

Les grévistes de la faim kurdes face au silence du ministre de l'Intérieur
 

Visiblement éprouvés par leur grève de la faim, une vingtaine de Kurdes se sont invités à la maison des parlementaires ce jeudi. But: expliquer aux députés et sénateurs les raisons de leur action et tenter d'obtenir leur soutien. Ils sont 33 dans l'église des Minimes à Bruxelles, trois au centre d'accueil d'Yvoir, un au Petit Château.

La toute grande majorité des Kurdes pourtant est restée silencieuse. Plusieurs femmes semblent au bout de leurs forces. Les grévistes de la faim en sont à leur 17e jour d'action et refusent même les vitamines que veulent leur prescrire les médecins pour éviter d'éventuelles lésions irréversibles provoquées par la sous-alimentation.

Cette détermination inquiète ceux qui les soutiennent car jusqu'à présent aucune issue au conflit ne se dessine. Le ministre de l'interieur Patrick Dewael (VLD) ne réagit pas. Son cabinet a fini par répondre hier midi aux incessants appels téléphoniques des avocats qui, depuis une semaine, demandent une entrevue avec le ministre. Mais la réponse a été laconique: On va réfléchir.

C'est tout de même le job d'un ministre de s'expliquer sur sa politique, s'insurge l'avocate Selma Benkhelifa.

Les rares parlementaires (ils avaient tous été invités) venus à la rencontre des Kurdes ne peuvent que constater la rupture de communication avec Dewael.

Zoé Genot (Ecolo), Talbia Belhouari, Mohammed Boukourna et Jean Cornil (PS), Melchior Wathelet (CDH) et Walter Mulders (Spirit) promettent d'interpeller le ministre. Jean Cornil rappelle qu'à la fin des années 90 déjà, des Kurdes, déboutés du droit d'asile, avaient mené une grève de la faim dans la région de Charleroi. Ils ont obtenu d'être inexpulsables et sont restés dans notre pays.

Il va falloir attendre la réunion de la commission de l'Intérieur mardi pour avoir une réaction du ministre, constate Zoé Genot qui s'interroge sur la manière dont sont traités les dossiers kurdes par l'Office des étrangers.

L'attribution de la protection subsidiaire, prévue dans une directive européenne, n'a pas encore été transposée en droit belge. Cette protection s'applique aux personnes qui ne peuvent prouver avoir subi une persécution personnelle de la part d'une autorité nationale. Comme les Kurdes, selon certains juristes. Mais pour eux, il y a urgence. (Le Soir, MARTINE VANDEMEULEBROUCKE, 15 avril 2005)

La justice belge repousse à juin sa décision sur le sort de Fehriye Erdal

La justice belge a repoussé mercredi au mois de juin sa décision sur le renvoi devant un tribunal correctionnel d'une activiste d'extrême gauche turque, Fehriye Erdal, et de dix autres militants du DHKP-C, a rapporté l'agence Belga.

Le parquet fédéral a requis un tel renvoi de l'ensemble des inculpés pour association de malfaiteurs, appartenance à une organisation criminelle et à une association terroriste, faux en écriture, détention illégale d'armes et recel.

A l'issue de l'audience, qui s'est déroulée sans eux, la chambre du conseil du tribunal de Bruges, dans le nord-ouest de la Belgique, appelée à statuer, a décidé de poursuivre les débats le 1er juin. Les magistrats rendront leur ordonnance dans le courant du même mois.

Ils devront également trancher s'il revient à une cour d'assises belge de juger l'assassinat en 1996 à Istanbul de l'homme d'affaires turc Ozdemir Sabanci, auquel Fehriye Erdal est soupçonnée d'avoir participé. Selon le parquet, la justice belge n'est pas compétente dans cette affaire.

Fehriye Erdal et plusieurs autres suspects avaient été arrêtés en septembre 1999 à Knokke, sur la côte flamande. Dans leur appartement, les enquêteurs avaient trouvé des documents et de nombreuses armes, dont une mitrailleuse et un détonateur électronique.

D'après la justice, celles-ci ont pu servir au groupement turc d'extrême gauche DHKP-C (Parti-Front révolutionnaire de Libération du Peuple).

Fehriye Erdal est également soupçonnée d'avoir participé à l'assassinat perpétré par le DHKP-C de l'homme d'affaires turc Ozdemir Sabanci et de sa collaboratrice, le 9 janvier 1996 à Istanbul.

La famille de Sabanci s'est constituée partie civile et réclame la poursuite en Belgique de l'activiste turque pour ces faits.

Fehriye Erdal est depuis plusieurs années assignée à résidence à une adresse tenue secrète en Belgique. La demande d'asile qu'elle avait introduite au terme de sa détention préventive lui a été refusée. (AFP, 13 avril 2005)

Neuf ans de prison pour un "crime d'honneur" en Allemagne

Un jeune homme allemand d'origine turque a été condamné lundi à neuf ans de prison par le tribunal de grande instance de Stuttgart (sud-ouest) pour avoir poignardé l'amant de sa soeur, souhaitant "laver l'honneur" de sa famille.

En octobre 2004, cet homme de 19 ans, ne supportant pas la relation extra-conjugale de sa soeur, avait tué de près de 40 coups de couteau l'amant de celle-ci, âgé de 27 ans.

Cet assassinat "au nom de l'honneur" s'était produit trois jours avant la prononciation du divorce de la jeune femme, dont le mari avait également une  relation extra-conjugale.

Cette condamnation intervient alors que 45 autres "crimes d'honneur", touchant principalement des femmes, ont été recensés en Allemagne entre 1996 et 2004, selon "Papatya", l'association berlinoise d'aide aux jeunes filles turques en difficulté.

Une avocate turque berlinoise Seyran Ates, experte de la question, a souligné que les femmes en Turquie se sentent souvent moins menacées qu'en Allemagne, où elles vivent parfois dans des communautés très conservatrices et fermées.

Selon l'Unicef, on évalue chaque année à 5.000 le nombre de femmes et de jeunes filles victimes de "crimes d'honneur" dans le monde. (AFP, 11 avril 2005)

30 demandeurs d'asile kurdes  en grève de la faim à Bruxelles

Trente Kurdes ont décidé d'entamer une grève de la faim à l'Eglise des Minimes. Ils ont diffusé le 31 mars 2005 cette "Lettre ouverte aux autorités belges".

Nous sommes kurdes et en Belgique depuis de nombreuses années.

Nous avons commencé une grève de la faim le 29 mars 2005 à l'Eglise des Minimes, Rue des Minimes 1000 Bruxelles.

Nous avons du fuir la Turquie en raison des graves violences qui ont eu lieu - et ont encore lieu - contre notre population.

La Turquie ne nous reconnaît pas le droit à l'existence, notre culture est niée, notre population est constamment sous la pression de l'armée, nous avons subi de graves violations des droits de l'Homme.

Plus de trois mille de nos villages ont été incendiés par l'armée turque, il nous est interdit d'y retourner et nous avons du fuir.

Et c'est pour cette raison que nous sommes en exil.

Nous espérions reconstruire en Belgique une vie digne et offrir un avenir à nos enfants.

La Belgique, en tant que capitale de l'Europe, a toujours reconnu l'existence du peuple kurde et nous espérions une protection et une reconnaissance.

Pourtant après de nombreuses années ici, et après de nombreuses démarches pour obtenir une situation en règle, nous n'avons toujours rien.

Nous souffrons énormément de cette situation d'éternelle attente : nous ne pouvons pas faire de projets d'avenir, rien promettre à nos enfants, rien reconstruire.

Cette situation de flou et d'insécurité est insupportable d'un point de vue psychologique. Deux de nos frères en sont arrivés à se suicider l'année dernière.

Nous souhaitons que les autorités belges se soucient de nous et ne nous oublient pas. Ce sentiment d'oubli et de négation de notre existence n'est pas supportable.

Nous voulons vivre, vivre dignement et apporter à nos enfants ce que chacun souhaite sur cette Terre, un peu de bonheur.

Comité des grévistes

Plate-forme Coordination Sans Papiers
C.R.E.R.
Tél : 0496 40 33 09 - 0473 62 87 33
VAK - http://www.vluchteling.be/
CRACPE - http://cracpe.skynetblogs.be/
 
 

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