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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

45th Year / 45e Année
  Mars
2019 March
N° 487
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 73
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

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Yarım asırlık sürgün (1)
Doğan Özgüden, 1960’lı yılların efsanevi genel yayın yönetmeni, gazetecisi. Ant dergisinin ve Ant Yayınları’nın kurucusu… Kimsenin pek konuşmadığı dönemlerde Kürt konusunda tavrını çok net ortaya koymuş bir gazeteci. Türk ordusunu ilk onlar teşhir etti. Farklı ülkelerdeki ulusal kurtuluş mücadelelerini anlatan kitapları ilk onlar bastı. Hakkında 300 yıla yakın hapis cezası istenen Doğan Özgüden ve eşi İnci Tuğsavul’u yarım asırdır sürgündeler. ‘Türkiye’yi bir kez daha görebileceğimi sanmıyorum. Herhalde gurbeti içimde taşıyarak kopacağım bu dünyadan’ diyen Doğan Özgüden ve İnci Tuğsavul ile konuştuk. Söyleşimiz iki gün sürecek.

Yarım asırlık sürgün (2)

Bir kadın için sürgün ne demektir?


İnci Tuğsavul, 25 yaşından beri Doğan Özgüden ile birlikte. Önce birlikte Ant Dergisini kurdular. Akşam, Demokratik Direniş, İnfo-Türk, Güneş Atölyeleri ve Demokrasi İçin Birlik mücadelelerinde sorumluluk üstlendi. ‘’Türkiye’den kopmak zorunda bırakıldığımız 11 Mayıs 1971 günü hayatımda hep acıyla anımsadığım bir gündü’’ diyor ve sonra ekliyor: ‘’Ama 12 Mayıs bizim için kavganın yeni bir boyutunun başladığı gündü, üstelik pek de tanımadığımız topraklarda.’’ Sürgünde sığınmak zorunda kaldığı bodrumlarda Türkiye’den gelen işkence belgelerini çevirirken hüngür hüngür ağladığını söylüyor.

Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Droits de l'Homme / Human Rights


La police fait usage de gaz lacrymogène contre une manifestation de femmes
Attack in Ege University: Students Battered, Detained by Police
Turkey Ranks Worse in Rule of Law Index


Pression sur les médias / Pressure on the Media

Khashoggi: appel de 36 pays devant l'ONU pour une enquête

Women Journalists are Subjected to Violence’
Le procès du mécène Osman Kavala fixé au 24 juin
Statement on ‘Gezi Indictment’ by Taksim Solidarity
Gezi Indictment Against 16 People Including Kavala Accepted
Court of Appeal Upholds First Prison Sentence of an Academic for Peace
Germany Denounces Turkey for Not Extending Accreditations

Des ONG appellent à libérer le mécène Osman Kavala
42-page indictment against writer Fikret Başkaya
Önderoğlu, Nesin and Korur-Fincancı Demanded to Be Penalized
Une journaliste kurde soutenue par Banksy sort de prison


Kurdish Question / Question kurde

La décision de la justice belge: Le PKK n'est pas une organisation terroriste
Diyarbakir, faire campagne pour des quartiers fantômes

Minorités / Minorities

Armenian Patriarch of Turkey Mesrob Mutafyan Loses His Life
Syriac Associations Federation: Syriac Genocide Should be Recognized Too


Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan porte plainte contre une opposante pour "insulte au président"

Un jeune homonyme d'Erdogan rêve de conquêtes politiques

Forces armées/Armed Forces

Mandats d'arrêt contre 100 militaires pour liens présumés avec Gülen

Affaires religieuses / Religious Affairs
 



Socio-économique / Socio-economic

Flormar Workers' Resistance Ends

Men Kill 23 Women in January
Lawsuit Against 6 Participants of 2018 İstanbul LGBTI+ Pride Parade


Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations


La Turquie ne peut pas être membre de l'UE, dit Manfred Weber

Victoire devant la CEDH pour les proches d'un opposant à Erdogan

Strasbourg: une quarantaine de militants kurdes interpellés

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Pentagon: "Graves conséquences" pour la Turquie si elle achète les S-400 russes

Trump prive l'Inde et la Turquie d'accords commerciaux préférentiels


Relations régionales / Regional Relations

Soudan: un navire militaire turc accoste pour sécuriser la mer Rouge

La Turquie et la Russie lancent des patrouilles à Idleb
La Turquie espère une opération conjointe avec l'Iran contre le PKK

L'Egypte fustige la "haine" d'Erdogan après des critiques
Erdogan s'en prend à l'UE au sujet de l'Egypte

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece



Immigration / Migration





Droits de l'Homme / Human Rights

La police fait usage de gaz lacrymogène contre une manifestation de femmes

La police turque a tiré vendredi des gaz lacrymogènes contre une manifestation de milliers de personnes rassemblées en dépit d'une interdiction dans le centre d'Istanbul pour la Journée internationale pour les droits des femmes.

La police a également repoussé la manifestation a l'entrée de l'avenue Istiklal, la principale rue piétonnière et commerçante d'Istanbul, selon un journaliste de l'AFP.

Les policiers ont dispersé la foule en tirant des grenades lacrymogènes et se sont ensuite dirigés avec des chiens vers les manifestantes, dont beaucoup ont fui par les rues adjacentes.

Avant l'heure prévue pour cette marche, la police avait annoncé qu'elle n'autoriserait aucune manifestion sur l'avenue Istiklal, et que ceux qui tenteraient de manifester seraient repoussés.

Une manifestation similaire s'était déroulée dans le calme l'an dernier.

La police était présente en force, y compris avec des policières, et avait érigé des barrières métalliques autour de la place Taksim, où de nombreuses boutiques avaient fermé.

"Regardez ça, c'est malheureusement la vérité: il y a un système, un Etat qui a peur de nous", a déclaré à l'AFP une femme nommée Ulker.

Plus tard, quelques milliers de femmes ont finalement été autorisées à occuper une petite partie de l'avenue, avec des pancartes proclamant "Les féministes en révolte contre la violence masculine et la pauvreté", et "Je suis née libre et je vivrai en liberté".

Certaines des manitestantes, portant masques et perruques colorées, chantaient des slogans comme "Nous ne nous taisons pas, nous n'avons pas peur, nous n'obéissons pas".

"En Turquie, la violence envers les femmes est très répandue, le gouvernement ne fait rien pour y mettre fin", expliquait une manifestante. "Tout ce que nous pouvons faire c'est venir ici et faire entendre notre voix".

Les militantes des droits des fammes accusent le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan de ne pas lutter assez contre les violences faites aux femmes.

En 2018, 440 femmes ont été tuées, victimes de meurtres sexistes, contre 210 en 2012, selon une association de
défense intitulée "Nous ferons cesser le féminicide".

D'autres manifestations de femmes ont eu lieu à Ankara, rassemblant quelques centaines de personnes avec une présence policière discrète. 
(AFP, 8  mars 2019)

Attack in Ege University: Students Battered, Detained by Police

Police officers and private security guards have attacked a group of students who wanted to hold an event in the Bornova Campus of Ege University in İzmir on the occasion of March 8 International Women's Day.

Gathering in front of the dining hall of the university, seven students, five of whom were women, have been taken into custody.

It has been reported that the detained students have been referred to the Anti-Terror Department of the İzmir Security Directorate.

Emek Kılınç, one of the students detained by the police, has shared the moments of attack on her social media account:

In her Twitter post, Kılıç has said, "While we were trying to hold a March 8 event at Ege University, we were taken into custody by the head and ears as 7 women, 1 LGBTI and 1 man."

Another student has also written on Twitter, "Women who tried to hold a March 8 protest were detained."

The following students have been taken into custody: Emek Kılınç, Alev Özkiraz, Pınar Usta, Ezgi Yılmaz, Tuana Uğuz, Hivda Selen and two other male students.
(BIA, March 8, 2019)

Turkey Ranks Worse in Rule of Law Index

The Rule of Law Index 2019 was released by the World Justice Project (WJP) on March 1. The index has shown that Turkey has ranked 109th among 126 countries in terms of rule of law.

According to the index, which has also geographically categorized the countries, Turkey has ranked the last among 13 countries in the group of Eastern European and Central Asian countries.

When the categorization in terms of income group is considered, Turkey has ranked only better than Venezuela among 38 countries in the category of upper-middle income countries.
Denmark, Norway, Finland

The index was prepared by 123 thousand 800 researchers from 126 countries, including 3 thousand 800 experts. The top three countries in the 201-page index are Denmark, Norway and Finland.
Turkey ranks 122nd in 'Fundamental Rights'

The rankings of Turkey according to other countries are as follows:

* 123rd in "Constraints on Government Powers"

* 57th in "Absence of Corruption"

* 94th in "Open Government"

* 122nd in "Fundamental Rights"

* 96th in "Order and Security"

* 106th in "Regulatory Enforcement"

* 96th in "Civil Justice"
Turkey ranked 101st last year

The WJP has been releasing the "Rule of Law Index" since 2008.

As part of the project, the rule of law in given countries is evaluated according to eight main criteria, namely constraints on government powers, absence of corruption, open government, fundamental rights, order and security, regulatory enforcement, civil justice and administrative sanctions.

While Turkey ranked 101st among 113 countries in 2018, it ranked 99th in 2017.
(BIA, March 4, 2019)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Khashoggi: appel de 36 pays devant l'ONU pour une enquête

Trente-six pays ont lancé jeudi un appel devant l'ONU pour réclamer à Ryad une enquête "rapide et approfondie" du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat saoudien d'Istanbul afin que les responsables soient jugés.

"Nous condamnons avec la plus grande fermeté le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, dont l'Arabie saoudite a confirmé qu'il avait eu lieu dans son consulat à Istanbul", a déclaré l'ambassadeur islandais, Harald Aspelund, lors de son intervention devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

"Les enquêtes (...) doivent être rapides, efficaces et approfondies, indépendantes et impartiales, et transparentes. Les responsables doivent rendre des comptes", a-t-il ajouté, au nom des 36, parmi lesquels de nombreux pays européens ainsi que l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

Le représentant saoudien auprès du Conseil, Abdulaziz Alwasil, a "condamné l'exploitation du Conseil par certains pays qui utilisent des déclarations communes pour des causes politiques". "Les ingérences dans les affaires intérieures au nom de la défense des droits humains est une attaque à notre souveraineté", a-t-il affirmé.

Le meurtre le 2 octobre de l'éditorialiste Jamal Khashoggi, collaborateur du Washington Post et dont le corps n'a toujours pas été retrouvé, a suscité une indignation mondiale et profondément terni l'image de l'Arabie saoudite, et en particulier du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Dans la présentation de son rapport annuel, mercredi, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a parlé des détentions arbitraires de femmes qui défendent les droits humains en Arabie saoudite, mais elle n'a en revanche fait aucune mention du meurtre de l'éditorialiste, féroce critique du prince héritier saoudien.

Lors des débats à l'ONU, les pays ont la possibilité de parler des sujets qu'ils souhaitent. Selon l'ONG Human Right Watch, c'est la première fois qu'un groupe de pays décide de faire une déclaration commune sur les droits humains en Arabie saoudite devant le Conseil des droits de l'Homme.

L'ambassadeur islandais a appelé l'Arabie saoudite à "divulguer toutes les informations disponibles et à coopérer pleinement à toutes les investigations sur le meurtre, y compris l'enquête menée par la Rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires", Agnès Callamard.

De retour d'une mission en Turquie pour faire la lumière sur ce meurtre, Mme Callamard, mandatée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, avait souligné le 7 février que le "meurtre" de M. Khashoggi avait été "planifié et perpétré par des représentants de l'Etat d'Arabie saoudite".

Mais Ryad l'a imputé à des éléments "incontrôlés". Le procès de 11 suspects s'est ouvert début janvier en Arabie saoudite et le procureur général a requis la peine de mort contre cinq d'entre eux.

"Les circonstances" du décès de M. Khashoggi "réaffirment la nécessité de protéger les journalistes et de défendre le droit à la liberté d'expression partout dans le monde", a conclu M. Aspelund.

Ankara a plusieurs fois souligné la nécessité d'une enquête internationale sur cette affaire, déplorant le manque de transparence de l'enquête saoudienne.
(AFP, 7 mars 2019)

Women Journalists are Subjected to Violence’

"The profession is viewed as a man's profession. As for men, they intimidate you, they make you invisible with money. They are in a competition with women journalists.

"When you compare a man and a woman working in the same position, the man has much more influence.

"In debates among colleagues, women editors are easily interrupted. Especially when it comes to the fields of politics, foreign policy or economy, we can be easily left out.

"There is discrimination in distribution of roles. There are no women working in the technical field, in the field of photojournalism. There are distinctions like news reported by women and the ones reported by men.

"There are young, beautiful women on the screen; as for men, they are 'old', 'mature' and 'influential'."

These remarks are from the "Violence Experience Sharing Group Report" prepared by the Women and LGBTI Commission of the Journalists Union of Turkey (TGS). The report was shared with the public in a statement for the press held in TGS Central Office in İstanbul yesterday (March 6).

Presented by Gülfem Karataş on behalf of the commission, the report was prepared based on the statements of 27 women journalists.

Here are some other highlights from the report:

* Journalists are harassed by their managers and bosses, their news sources and by people whom they report in their news.

* Women journalists attending the statement for the press stated that though they informed the institutions in question about the cases of harassment, they are not taken seriously by them.

* The incidents of harassment usually ended in women's resignation.
They are also subjected to psychological violence

* The report has also shared details about the forms of psychological violence inflicted on women journalists especially by their colleagues.

* Stating that they are frequently patronized, not taken seriously, mocked and subjected to mobbing by their male colleagues, women journalists have emphasized that these acts belittling their journalism skills aim to make them feel worthless and insufficient
Women journalists are made to do the same jobs

* It is also very difficult for women to get promotion in the field of journalism. They stressed that though they are open to improving themselves, they are always made to do the same jobs.

* The report has also shown that women journalists working as reporters are subjected to physical violence. It has been underlined that women journalists are frequently subjected to violence by law enforcement officers.

Listing the experiences of violence shared by 27 women journalists, the report has also offered a series of recommendations to struggle against physical and psychological violence towards women and LGBTI journalists as well as their discrimination.
(BIA, March 7, 2019)

Le procès du mécène Osman Kavala fixé au 24 juin

Le procès de 16 personnes accusées d'avoir "tenté de renverser le gouvernement" turc en soutenant des manifestations en 2013, dont l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kavala, s'ouvrira le 24 juin, ont rapporté les médias mardi.

La première audience de ce procès, qui suscite l'inquiétude d'organisations de défense des droits humains, se déroulera au tribunal de Silivri, à la lisière d'Istanbul, a indiqué l'agence de presse DHA.

Un tribunal turc avait accepté lundi l'acte d'accusation d'un procureur réclamant la prison à vie contre ces 16 personnes inculpées de "tentative de renversement du gouvernement" pour avoir soutenu des manifestations antigouvernementales au printemps 2013, connues sous le nom de "mouvement de Gezi".

Parmi les prévenus figure M. Kavala, un mécène respecté dans les cercles intellectuels en Turquie et à l'étranger, notamment en France, qui est incarcéré depuis plus d'un an.

Réfugié en Allemagne, le journaliste Can Dündar, ancien rédacteur en chef du quotidien d'opposition Cumhuriyet, fait également partie des personnes qui seront jugées, de même que l'acteur Mehmet Ali Alabora.

La répression contre les sympathisants du mouvement de Gezi a connu un regain d'intensité ces derniers mois, à l'approche des municipales du 31 mars.

Le président Recep Tayyip Erdogan s'emporte régulièrement contre ceux qui ont pris part ou soutenu les manifestations de 2013, qu'il qualifie de "tentative de putsch", au même titre que le coup d'Etat militaire avorté qui l'a visé en juillet 2016.

Les organisations de défense des droits humains rejettent des accusations "absurdes" et voient dans ce procès une campagne d'intimidation contre la société civile.

La Turquie est régulièrement critiquée par ses alliés occidentaux, qui s'inquiètent de la dégradation de l'Etat de droit, notamment depuis la tentative de putsch en 2016 suivie de purges massives.
(AFP, 5 mars 2019)

Statement on ‘Gezi Indictment’ by Taksim Solidarity

Taksim Solidarity platform has responded to the indictment filed into the Gezi Park protests and the charges brought against them and the resistance.

Making a statement on social media, Taksim Solidarity has indicated that "they will not let their democratic rights and demands be smeared."

Here are some of the highlights from the statement:

"Though the Gezi Resistance is one of the brightest and most honorable pages of our history of society, city and democracy, there is an insistence on incriminating and smearing it as well as an attempt to show the demands for fundamental rights as elements of crime and to distort the historical and legitimate reality of the peaceful resistance.

"While the perceptions systematically imposed since 2013 are not given credit by the society and public, it is also confirmed by court verdicts that Gezi Resistance was done on a highly legitimate and constitutional basis within the scope of democratic rights and freedom of expression.

"With these systematic smear and defamation efforts, they want to rewrite the honorable history of Gezi with lies and attempt to silence and oppress all democratic forces trying to give hope in the face of injustice, unlawfulness, arbitrariness, imposition and pressures.

"We clearly see this malicious campaign despite its all dirtiness and absolutely reject it. We will not let you turn the Gezi Resistance into a protest associated with crime, terror and coup. #WeWereAllinGezi"

The preparation of the indictment filed as part of the investigation into the Gezi Park protests was completed on February 20, 2019 and accepted by the İstanbul 30th Heavy Penal Court on March 4.

The indictment alleges that "the foundation of [Gezi resistance] was laid in 2011 and attempted to be staged in May 2013" and demands that 16 people, some of whom are members of the Taksim Solidarity platform, be sentenced to aggravated life imprisonment.

While the indictment also claims that the suspects "engaged in influence agency", it refers to Gezi Park protests as an "insurrection."

The first hearing of the case will be held on June 24, 2019.
(BIA, March 5, 2019)

Gezi Indictment Against 16 People Including Kavala Accepted

The indictment filed as part of the investigation launched into the Gezi Park protests has been accepted by the İstanbul 30th Heavy Penal Court.

The indictment against 16 people, including Osman Kavala, who has been arrested for 489 days, and Yiğit Aksakoğlu, who has been arrested since November 17, 2018, was completed on February 20, 2019.

The 657-page indictment has made 10 different charges against the defendants and warrants were previously issued against 16 people, including journalist Can Dündar and actor Memet Ali Alabora.

The other people who have been charged with "attempting to overthrow the government" are as follows:

Anadolu Kültür Inc. Executive Board member Ali Hakan Altınay, architect Mücella Yapıcı, actress Ayşe Pınar Alabora, filmmaker and journalist Çiğdem Mater Utku, Open Society Foundation Representative to Turkey Gökçe Yılmaz, writer Handan Meltem Arıkan, Civil Society Development Center Coordinator Hanzade Hikmet Germiyanoğlu, İnanç Ekmekçi, filmmaker, assistant director and publicist Mine Özerden, lawyer Can Atalay, Union of Chambers of Turkish Engineers and Architects (TMMOB) Chamber of Urban Planners İstanbul Office Executive Board Chair academic Tayfun Kahraman and Anadolu Kültür Inc. Executive Board Deputy Chair and Terakki Foundation Schools' Executive Board member Yiğit Ali Ekmekçi.

Aggrieved plaintiffs: Cabinet of 61st government

In the indictment, the cabinet of the 61st term government has been referred to as aggrieved plaintiffs. These members of the cabinet are:

The then Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan, Vice Prime Ministers Bülent Arınç, Ali Babacan, Beşir Atalay, Bekir Bozdağ, Minister of Transport, Maritime Affairs and Communications Binali Yıldırım, Minister of Family and Social Policies Fatma Şahin, Minister of EU Egemen Bağış, Minister of Science, Industry and Technology Nihat Ergün, Minister of Labor and Social Security Faruk Çelik, Minister of Environment and Urbanization Erdoğan Bayraktar, Minister of Foreign Affairs Ahmet Davutoğlu, Minister of Energy and Natural Resources Taner Yıldız, Minister of Youth and Sport Suat Kılıç, Minister of Food, Agriculture and Livestock Mehdi Eker, Minister of Customs and Trade Hayati Yazıcı, Minister of Interior Muammer Güler, Minister of Development Cevdet Yılmaz, Minister of Culture and Development Ömer Çelik, Minister of Finance Mehmet Şimşek, Minister of National Education Nabi Avcı, Minister of National Defense İsmet Yılmaz, Minister of Forestry and Water Affairs Veysel Eroğlu, Minister of Health Mehmet Müezzinoğlu, Minister of Economy Zafer Çağlayan, Vice Prime Minister Emrullah İşler, Minister of Justice Sadullah Ergin
746 complainants in the indictment

There are 746 complainants in the bill of indictment accepted by the court. The following charges are made against 16 suspects:

Attempting to overthrow the government of the Republic of Turkey or preventing the government from doing its duty, damage to property, qualified form of damage to property, holding or handing over dangerous material, damaging places of worship and cemeteries, violation of the Law No. 6136 on Firearms and Knives, qualified looting, qualified bodily injury, Violation of the Law No. 2836 on the Conservation of Cultural and Natural Property.
'Movement of insurrection'

In the introduction to the indictment, it is stated that the foundation of the Gezi Park protests was laid in 2011 and attempted to be staged in 2013.

While the protests are referred to as "a movement of insurrection" in the indictment, there is also a reference to a tweet of Memet Ali Alabora, who wrote on Twitter, "It is not just about Gezi Park, friend, didn't you understand yet?". The indictment defines this statement as "provocative" and stated that Alabora engaged in "influence agency."

The indictment also refers to the Arab Spring, indicating that the protests in Turkey were a different reflection and adaptation of the Arab Spring. In this context, the indictment alleges that the protests were started by using the removal of the trees in Gezi Park as a pretext, but then turned into country-wide violent demonstrations and an insurrection against the government.
(BIA, March 4, 2019)

Court of Appeal Upholds First Prison Sentence of an Academic for Peace

The 3rd Panel Chamber of the İstanbul Regional Court of Justice has upheld the prison sentence of 1 year and 3 months previously given to Prof. Dr. Zübeyde Füsun Üstel for having signed the declaration "We will not be a party to this crime" prepared by Academics for Peace.

Being upheld by the court of appeal by majority of votes, the prison sentence given to Üstel on April 4, 2018 has become definite.

One of the judges member to the court board expressed a dissenting opinion, stating that the case should have been considered as per the Article 301 of the Turkish Penal Code (TCK) and the file should have been sent to the first court which heard the case of Üstel.
Verdict: Examination was appropriate

In its judgement dated February 25, 2019, the court of appeal stated,

"...considering that the verdict of the court is not contrary to law on procedural grounds or in terms of substance of the charges; there is no deficiency in the evidence or proceedings; the examination was appropriate with regards to proof; the acts were accurately defined and comply with the type of offence foreseen in the law; and the sentences were carried out within a legal context; it has been ruled that appeal of the defense counsel of the defendant shall be rejected on procedural grounds as per the Article 280/1-a of the Law on Criminal Courts (CMK)..."

One of the judges member to the board of the court of appeal expressed a dissenting opinion to the above verdict, stating that the offense charged does not constitute the crime of "propagandizing for a terrorist organization" as per the Article 7/2 of the Anti-Terror Law (TMK), but that of "degrading the state of the Republic of Turkey" as per the Article 301 of the TCK.

First prison sentence

With the indictment issued by Prosecutor İsmet Bozkurt, lawsuits were filed against the Academics for Peace on charge of "propagandizing for a terrorist organization" as per the Article No. 7/2 of the Anti-Terror Law No. 3713.

On April 4, 2018, the İstanbul 32nd Heavy Penal Court ruled that Üstel should be sentenced to 1 year and 3 months in prison. The court deferred neither the announcement of the verdict*, nor the prison sentence.

27 other files awaiting judgement of appeal court

As of March 3, 2019, 10 academics, including Zübeyde Füsun Üstel, did not accept that the announcement of their verdicts be suspended.

Including the files of academics sentenced to more than 2 years, the files of 27 academics in total have been taken to the court of appeal so far.

Cases of 137 academics were concluded. 100 of these academics were sentenced to 1 year and 3 months in prison; 4 academics to 1 year and 6 months in prison; 14 academics to 1 year, 10 months and 15 days in prison; 15 academics to 2 years and 3 months in prison; two academics have been sentenced to 2 years and 6 months in prison; one academic has been sentenced to 2 years and 1 month; and one academic to 3 years in prison.
(BIA, March 4, 2019)

Germany Denounces Turkey for Not Extending Accreditations

The accreditation of three journalists from Germany, who are currently working in Turkey, has not been extended. On February 1, Second German Television (ZDF) İstanbul Bureau Chief Jörg Brase and Tagesspiegel newspaper's reporter to Turkey Thomas Seibert were informed that their application for a new press card for 2019 was not accepted.

In the mail that they received, it was indicated that their application for the extension of their press cards for 2019 had not been granted; however, the mail gave no justification for the rejection.

While 57-year-old Brase has been the Chief of ZDF's İstanbul office since January 2018, Seibert is one of the two reporters of the Tagesspiegel, who have been uninterruptedly reporting for the newspaper since 1997.

Halil Gülbeyaz, a freelance journalist accredited in Turkey in the name of Northern German Broadcasting (NDR) for the last 12 years, also announced on March 3 that his application for press card extension had been rejected.

Speaking to Deutsche Welle, Gülbeyaz has stated, "I did my job as a journalist. With this rejection, I will not be able to practice my profession in Turkey anymore. It limits the freedom of obtainment of information."
Journalists' Union of Germany

The rejection of Turkey to extend the press cards of three journalists from Germany has been widely denounced in the country.

Speaking to the Tagesspiegel regarding the issue, Hendrik Zörner, the Spokesperson for the Journalists' Union of Germany (DJV), has stated,

"The accreditation of reporters in Turkey randomly not being extended is a difficulty completely raised on purpose. It shows that the AKP [Justice and Development Party] regime is trying to hinder critical journalism; no understandable justification has been given for the rejection."
Casdorff: "How can a country not observing fundamental rights be accepted to EU?"

Regarding the issue, Editor-in-Chief of Tagesspiegel newspaper Mathias Müller von Blumencron has said, "It is a major intervention in the freedom of press. We know these methods only from countries like Venezuela and Libya." He has also made a call to Turkey to reconsider its decision.

In his commentary published on March 3, Stephan-Andreas Casdorff, the publisher of the newspaper, asked, "How can a country that does not observe fundamental rights be accepted to the European Union (EU)?"
Government spokesperson: "We follow the developments with alarm"

The federal government of Germany has also made a call to Turkey not to prevent the activities of international press workers in the country.

Spokesperson for the federal government, Steffen Seibert, made a statement yesterday and indicated that "they are following the developments with a mounting alarm." Seibert also stated that the government of Germany got in contact with the government of Turkey regarding the issue.
(BIA, March 4, 2019)

Des ONG appellent à libérer le mécène Osman Kavala

Une dizaine d'ONG ont appelé mercredi à libérer des figures de la société civile turque accusées d'avoir tenté de renverser le gouvernement, dont l'homme d'affaires et mécène Osman Kavala, dénonçant une "campagne d'intimidation" croissante.

M. Kavala, qui est en détention provisoire depuis plus d'un an, et l'activiste Yigit Aksakoglu, écroué depuis trois mois, "doivent être remis en liberté immédiatement", ont demandé ces ONG turques et internationales dans une déclaration commune à Istanbul.

"Nous opposons un front uni aux tentatives de destruction de toute société civile indépendante en Turquie et appelons à mettre fin à la campagne d'intimidation et de harcèlement judiciaire", ont ajouté ces ONG parmi lesquelles figurent Amnesty International et Reporters sans frontières (RSF).

Cette déclaration survient une semaine après qu'un procureur a requis la prison à vie pour M. Kavala et 15 autres personnes accusées de "tentative de renversement du gouvernement" pour leur soutien à des manifestations antigouvernementales en 2013.
 Incarcéré à Silivri, près d'Istanbul, M. Kavala est accusé par le président turc Recep Tayyip Erdogan d'avoir financé ces manifestations connues sous le nom de "mouvement de Gezi".

M. Kavala, un mécène respecté dans les cercles intellectuels en Turquie et à l'étranger, notamment en France, a été interpellé le 18 octobre 2017 puis placé en détention provisoire le 1er novembre suivant.

La répression contre les sympathisants du mouvement de Gezi a connu un regain d'intensité à l'automne 2018, soit plus de cinq ans après les manifestations, avec l'arrestation de plusieurs personnes proches de M. Kavala.

Porter des accusations de tentative de putsch cinq ans après les manifestations "ne peut que saper la confiance dans le gouvernement", a déclaré mercredi le représentant de RSF en Turquie Erol Onderoglu.

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont vivement critiqué les peines requises la semaine dernière, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini dénonçant le "climat de peur" créé par le pouvoir turc contre ses opposants.

La Turquie est régulièrement pointée du doigt par les organisations de défense des droits humains qui s'inquiètent de la dégradation de l'état de droit, notamment depuis une tentative de putsch en 2016 suivie de purges massives.
(AFP, 27 février 2019)

Önderoğlu, Nesin and Korur-Fincancı Demanded to Be Penalized

The ninth hearing of the case, where the Reporters Without Borders (RSF) Representative to Turkey and BİA Media Monitoring Reporter Erol Önderoğlu, writer Ahmet Nesin and Human Rights Foundation of Turkey (TİHV) Chair Prof. Dr. Şebnem Korur-Fincancı have been tried, was held at the İstanbul 13th Heavy Penal Court today (February 27).

After Önderoğlu, Nesin and Korur-Fincancı participated in the "Editors-in-Chief on Watch" campaign launched in solidarity with Özgür Gündem newspaper, which was closed by the Statutory Decree no. 675, a lawsuit was filed against them for "propagandizing for a terrorist organization."

Announcing its opinion as to the accusations, the Prosecutor's Office demanded that Korur-Fincancı, Önderoğlu and Nesin be penalized on charges of "propagandizing for a terrorist organization", "inciting to commit crime" and "praising the crime and the criminal."

The court board has granted time to the defendants and their attorneys so that they could prepare their statements of defense as to the accusations. The next hearing of the case will be held on April 15, 2019.
Attorneys objected to opinion as to accusations

Defendants Şebnem Korur-Fincancı and Erol Önderoğlu and their attorneys attended the ninth hearing of the case held today.

The prosecutor announced its opinion as to the accusations and demanded that all defendants be penalized as per the Articles 214/1 and 215/1 of the Turkish Penal Code and the Article 7/2 of the Anti-Terror Law.

In response, attorney Meriç Eyüboğlu argued that the opinion as to the accusations was not clear and stated the following:

"When we asked yesterday, they told us that the opinion as to the accusations had not yet been prepared. But, apparently, it was prepared in one day. Since it was hastily prepared, it contains a series of missing points.

"The titles of the articles are given in the opinion, but it is not clear for what reasons they are accused or demanded to be penalized. It has not been specified what sentence or sentences constitute a crime.

"Is the whole text an element of crime? It has not explained how the crime has been constituted. For that reason, I demand that the opinion as to the accusations be announced in this way."

The presiding judge answered that as the court board, they do not have the right to intervene in the opinion as to the accusations of the prosecutor.

Next hearing to be held on April 15

The court rejected the request of the attorneys Eyüboğlu and Özcan Kılıç for the return of the opinion as to the accusations to the Prosecutor's Office to be reviewed. Granting time to the defendants and their attorneys for their defenses as to the accusations, the court board ruled that the next hearing of the case would be held on April 15.

Among the ones who followed the hearing were Peoples' Democratic Party (HDP) MP Ahmet Şık and Consul of France as well as representatives from RSF Germany and Europe, Citizens' Assembly, Amnesty International, Human Rights Association and Human Rights Foundation of Turkey.
(BIA, 27 February 2019)

42-page indictment against writer Fikret Başkaya

The indictment that charges Fikret Başkaya with "terror propaganda" says that "thinking is a biological act, but the expression and spreading of thought can be banned," and "There is no doubt about Kurdish citizens' rights and freedoms."

The 42-page indictment against writer Fikret Başkaya tells what are the PKK (Kurdistan Workers' Party) and the KCK (Kurdistan Communities Union) in 25 pages.

The evidence against Başkaya are the article titled "The Real Terror is the State Terror," which was published on ozguruniversite.org and the column articles and photos that were found in his home during the search conducted by the police.

Prosecutor Yarcan Mutlu tells in 11 pages what the "terror propaganda offense" is. The "evidence" against Başkaya does not occupy more than two pages in the bill of indictment.

Writer and former academic Başkaya has been charged with "propagandizing for a terrorist organization" for his article titled "The Real Terror is the State Terror," which was published on the Free University (ozguruniversite.org) website on November 7, 2016.
"Investigation began after a call to 155"

The indictment says the investigation began on February 10, 2017, after a notification that was made to the Bursa Security Directorate through 155 crime report line.

After the notification, a lawsuit was filed against Başkaya for "propagandizing for a terrorist organization" upon the Anti Terror Law Article 7/2 at the Ankara 21st Heavy Penal Court. The first hearing of the case will be held on March 21, at 09.30 a.m.
"Expressions that disturb public peace"

The "propaganda crime" part of the indictment begins with saying, "Being a human means thinking and expressing what one is thinking, and this is called the freedom of expression."

The indictment then tells the limitations on the freedom of expression:

"When it is taken into account that discordant and disturbing expressions are within the scope of the freedom of expression, to restrict an expression because of social needs, the related expression must be of the essence that disturbs the public security or public peace."

"Thinking is a biological act"

The indictment defines the freedom of thought as:

"Since thinking is a biological act, banning it or making it free do not have validity in terms of the law. What needs to be discussed here is the expression and spreading of the thought, which is free in its nature.
"Under the mask of the Kurdish citizens..."

In the allegations part, the indictment says, "the freedom of expression turned into an act that constitutes a crime."

Stating that "there is no doubt regarding the Kurdish citizens' rights and freedoms", the indictment alleges that Başkaya praises methods of force, violence and threat by "mentioning PKK militants under the mask of the Kurdish citizens and so-called resisters."
"I told about the state as I see it"

Başkaya said in his defense at the Prosecutor's Office that his article on the Free University website is within the scope of the freedom of expression and that he told about the state as he sees it.

Başkaya also said that the article was on the institution of state generally, it does not specifically criticize the state of Turkey but the institution of state in general. Cropping one part of the article and criminalizing it is not right, Başkaya added.
(BIA, 26 February 2019)

Une journaliste kurde soutenue par Banksy sort de prison

Une journaliste et illustratrice kurde, à laquelle l'artiste de rue Banksy avait apporté son soutien, a été remise en liberté conditionnelle dimanche après plus de deux ans d'emprisonnement pour des accusations de "propagande terroriste", a rapporté son employeur.

Arrêtée fin 2016, Zehra Dogan avait été condamnée en 2017 à près de trois ans de prison pour avoir notamment réalisé un tableau de la ville de Nusaybin, dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie, ravagée par les combats qui y avaient opposé l'armée turque et la guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Sa remise en liberté conditionnelle a été rapportée dimanche par l'agence de presse féministe et prokurde Jinnews qui employait Mme Dogan avant son arrestation.

"Je vais continuer à faire mon travail", a déclaré à sa libération la journaliste qui apparaît souriante dans une vidéo postée par Jinnews sur les réseaux sociaux.

Jinnews, que les autorités turques accusent de faire de la propagande pour le compte du PKK, a été plusieurs fois fermée, avant de renaître de ses cendres sous un nom légèrement différent.

Le cas de Zehra Dogan a été rendu célèbre par l'artiste de rue britannique Banksy qui lui a consacré une fresque murale géante à Manhattan l'année dernière.

Le visage de la jeune femme y apparaît derrière des barreaux, entouré de séries de traits barrés comme ceux que tracent les prisonniers pour compter leurs jours de captivité.

Les ONG dénoncent régulièrement l'érosion de la liberté de la presse en Turquie, en particulier depuis une tentative de coup d'Etat en 2016 qui a été suivie d'une répression tous azimuts ayant également touché les médias.

La Turquie occupe la 157e place sur 180 au classement 2018 de la liberté de la presse établi par RSF.
(AFP, 24 février 2019)

Kurdish Question / Question kurde

La décision de la justice belge: Le PKK n'est pas une organisation terroriste

La chambre des mises en accusation de Bruxelles a prononcé un non-lieu jeudi dans le dossier relatif au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), confirmant ainsi la décision rendue en première instance par la chambre du conseil.

Le parquet fédéral avait demandé le renvoi en correctionnelle de 36 personnes et sociétés liées au PKK pour participation aux activités d'un groupe terroriste et pour avoir procédé à des extorsions pour leur cause auprès de la communauté kurde en Belgique.

La chambre des mises en accusation a estimé que le conflit turco-kurde était un conflit armé non-international et que le PKK n'était donc pas une organisation terroriste, selon l'un des avocats de la défense, Me Jan Fermon .

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a qualifié d'"inacceptable" la décision de la chambre des mises en accusation de Bruxelles. Cette décision de la justice belge affaiblira la lutte contre le terrorisme en Europe, a ajouté le chef de la diplomatie turque dans un communiqué.

Le PKK figure sur la liste des organisations terroristes de des Etats-Unis et de l'Union européenne.(vrt.be, 8 mars 2018)

Diyarbakir, faire campagne pour des quartiers fantômes

Par Mahmut BOZARSLAN

Diyarbakir (Turquie), 1 mars 2019 (AFP) - Briguer un mandat dans des quartiers inaccessibles dont les électeurs ont fui ailleurs ? C'est le casse-tête que doivent résoudre des candidats à Diyarbakir, grande ville du sud-est majoritairement kurde de la Turquie, à un mois d'élections locales.

Le district de Sur, coeur historique de Diyarbakir, a été le théâtre d'affrontements à l'arme lourde après la reprise des combats en 2015 entre l'armée turque et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe classé "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

Les combats ont dévasté les habitations en basalte, des monuments vieux de plusieurs siècles, et dispersé les habitants aux quatre coins de la province.

Selon le DITAM, un centre de recherches sociales basé à Diyarbakir, 6.000 familles ont quitté six quartiers de Sur dont l'accès reste bloqué par des barrières de la police ou des blocs de béton.

Pour Mehmet Kaçan, candidat dans le quartier de Fatihpasa pour être "muhtar", une sorte de maire de quartier, le défi est de taille. Sa première mission: retrouver les quelque 4.000 électeurs qui peuvent voter pour lui et sont désormais éparpillés à travers la ville.

"Là, on fait du porte-à-porte, on est en train de récupérer les adresses", explique M. Kaçan. Cet électricien de formation passe ses journées à aller de commerce en commerce à Diyarbakir pour retrouver les personnes enregistrées comme résidant à Fatihpasa.

Il s'appuie également pour cela sur son réseau. "Je connaissais la majorité des habitants du quartier (...) Certains me contactent directement", explique-t-il à l'AFP.

La flambée de violence en 2015 s'est produite après la rupture d'une fragile trêve qui avait fait naître l'espoir d'une issue au conflit entre l'Etat turc et le PKK qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

Les combats se sont concentrés dans plusieurs villes du sud-est de la Turquie. Selon plusieurs ONG, des dizaines de civils ont été tués.

- "Nous voulons rentrer" -

Après plusieurs mois de violents combats à Sur, les forces de sécurité turques ont délogé les combattants kurdes, mais au prix de nombreuses destructions.

De grands travaux visant à reconstruire des quartiers entiers ont donc été lancés et les habitants ne sont toujours pas autorisés à retourner dans six quartiers.

La plupart des résidents qui sont partis n'ont pas changé leur adresse dans l'espoir de rentrer un jour et pour continuer de toucher des allocations de l'Etat comme des aides au loyer ou des indemnités pour les dégâts causés à leur domicile.

Aujourd'hui, M. Kaçan a de la chance : il tombe dans un café sur l'un des habitants enregistrés à Fatihpasa. Selim Türgül y est né en 1952 et espère un jour retourner dans son quartier.

De son futur muhtar, il attend "qu'il nous aide. Nous avons toujours bon espoir de rentrer chez nous. Nous voulons retrouver nos maisons".
 Orhan Kaçan, un autre ancien habitant de Fatihpasa, veut lui aussi rentrer.

"On ne peut pas sauver nos maisons. L'Etat les a saisies et nous interdit d'y aller. Nous demandons à nos élus de nous aider à rentrer chez nous, de nous aider à reconstruire nos quartiers, à vivre en paix", explique-t-il.

- "Rien promettre" -

Conscient de l'importance de cette demande pour les électeurs de Fatihpasa, Mehmet Kaçan l'a inscrite au coeur de son projet.

"Les gens sont éclatés partout dans la ville, ils ont du mal à subvenir à leurs besoins, ils ne peuvent même plus payer leurs factures", dit-il. "Ce qu'on veut, c'est que notre quartier redevienne ce qu'il était, qu'on retrouve nos voisins, que tout redevienne comme avant".

Metin Arslan, musicien de métier et candidat pour être muhtar dans le quartier de Savas, fait lui aussi campagne comme il peut, prospectant dans les cafés et les commerces pour retrouver les quelque 1.800 habitants qui y sont encore officiellement domiciliés.

Mais pour lui, faire des promesses de campagne s'avère plus difficile.

"Je n'arrive pas à leur faire de promesse pour un quartier qui n'existe plus, sinon j'aurais eu des propositions à faire", dit-il.

"S'il y avait un quartier, il y aurait des rues à arpenter, des gens à rencontrer, des problèmes à résoudre", ajoute-t-il. "Il y a tant à faire, et simplement pas de quartier. Comment faire ?" 
(AFP, 1 mars 2019)


Minorités / Minorities

Armenian Patriarch of Turkey Mesrob Mutafyan Loses His Life

Mesrob II Mutafyan, the 84th Armenian Patriarch of Turkey, has lost his life. It has been reported that Mutafyan died today (March 8) in Yedikule Surp Pırgiç Armenian Hospital in İstanbul, where he was receiving treatment.

The official statement regarding the funeral ceremony will be made by the Armenian Patriarchate later in the day.

62-year-old Mutafyan was diagnosed with Alzheimer's in July 2008.
Paylan: He was our spiritual leader in hard times

Peoples' Democratic Party (HDP) Diyarbakır MP Garo Paylan has spoken to bianet about the death of Mutafyan. Paylan has said, "Mesrob Mutafyan was our spiritual leader as the Armenian Patriarch in very difficult times.

"He was in a vegetative state for a really long time; we have unfortunately lost him. He will always be on our minds as a spiritual leader, whom we will always remember. I extend my condolences, may he rest in peace..."

Lawyer Luiz Bakar, who was a spokesperson for the Armenian Patriarchate when Mutafyan was in charge, has also spoken to bianet about his death:

"He was a very valuable person for the society, for the country, has was always beneficial. Unfortunately, we have lost him at a very young age.

"We have fallen apart since the onset of his illness. I feel like we are completely abandoned now."
Tatyos Bebek: He was a unifying patriarch

Tatyos Bebek, a member of the Thinking Platform and a dentist, has also said, "It is a great loss for the Armenian community in Turkey, he was an irreplaceable person. He was a uniting, unifying patriarch carrying Turkey's gradually diminishing Armenian community onward."
(BIA, March 8, 2019)

Syriac Associations Federation: Syriac Genocide Should be Recognized Too

With the initiative of the European Syriac Union (ESU), 46 Syriac civil society organizations around the world have sent a letter to President of France Emmanuel Macron, demanding him to declare April 24 as a day for the commemoration of the Syriac genocide, along with the Armenian Genocide.

Federation of the Syriac Associations (SÜDEF) from Turkey has also signed the joint letter.

Macron declared April 24 as the "day for the commemoration of the Armenian genocide" on February 23.

Speaking to bianet on the issue, SÜDEF Chair Evgil Türker said, "Armenians and Syriacs were subjected to genocide together."

"Today, the population of the Syriac society in Turkey decreased to 20 or 25 thousand. The reason for that is clear: The 1915 genocide and the migration policies.

"As you know, April 24 has been declared as a day for the commemoration of the Armenian Genocide in France. This has been done only for Armenians. The European Syriac Union has launched a petition for the Syriac genocide to be commemorated on this day as well.

"We, as the Federation of the Syriac Associations from Turkey, have signed the letter too."
100-hour hunger strike on the 100th anniversary

Regarding the awareness of the Syriac genocide in Turkey and in the world, Türker said,

"In Turkey, the Syriac Genocide, the Sayfo, was only talked between our grandmothers, grandfathers, fathers. For a period, only the Armenian Genocide was spoken about.

"After the activities of the diaspora, it began to be talked as a topic in the 1990s. Sabro newspaper began to be published. The HDP (Peoples' Democratic Party) and the elements within the HDP began to put it into their agendas.

"In 2015, we did a 100-hour hunger strike in Midyat, on the occasion of the 100th anniversary of the Sayfo. This was influential for the genocide to be heard."
"Not all the immovable properties were returned"

When asked about the works of the General Directorate of the Foundations regarding the returning of the immovable properties to the Syriacs, Türker replied,

"The General Directorate of the Foundations generally eliminated some injustices but did not totally eliminated them.

"When the Mardin Metropolitan Municipality was handed over to a trustee (in 2016, by the Ministry of Interior), many monasteries and cemeteries were handed over to the Directorate of Religious Affairs. After backlash, they returned them. But 54 pieces are returned, 56 still aren't. The injustice continues."

"No gains for Syriacs without democracy"

"There is a democracy problem in Turkey. As long as this has not been overcome, there are no gains for us or the other parts of the society.

"Our priorities are the democracy of Turkey, human rights, freedom of thought, as all other peoples. If these are not present, then there are no gained rights for the Syriacs. If the rights, law, democracy, freedom of thought is established, all the societies in Turkey will take a relief."
(BIA, March 5, 2019)

Politique intérieure/Interior Politics

Erdogan porte plainte contre une opposante pour "insulte au président"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a porté plainte jeudi contre une opposante qu'il accuse de l'avoir "injurié" pour avoir dit qu'il qualifiait les électeurs ne votant pas pour lui de "terroristes".

La plainte, qui vise la dirigeante du parti de droite Iyi, Meral Aksener, a été déposée par les avocats du président turc auprès du parquet d'Ankara, a rapporté l'agence de presse étatique Anadolu.

En cause, des déclarations de Mme Aksener la veille à Denizli (ouest) lors d'un meeting de campagne pour les élections locales du 31 mars.

"Comment allez-vous, chers habitants de Denizli que le président de la République qualifie de terroristes ?" a notamment lancé l'opposante au début du meeting. "Cela fait 17 ans que cette personne mène une politique qui nous divise et nous monte les uns contre les autres", a ajouté Mme Aksener, qui fut notamment ministre de l'Intérieur.

Ces propos ont provoqué la colère de M. Erdogan, qui s'en prend depuis de façon virulente à cette opposante qu'il avait relativement épargnée jusque-là, concentrant ses piques sur son principal opposant, Kemal Kiliçdaroglu, chef du parti CHP (social-démocrate).

Le président turc est régulièrement accusé par ses opposants de diaboliser ceux qui ne votent pas pour lui et d'avoir profondément polarisé la Turquie depuis son arrivée au pouvoir en 2003.

M. Erdogan accuse à longueur de meetings quotidiens les dirigeants des partis d'opposition, notamment du CHP et du parti prokurde HDP, d'être à la solde de plusieurs "organisations terroristes".

Cette expression désigne la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ou le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, que M. Erdogan accuse d'avoir ourdi une tentative de coup d'Etat en 2016.

Des milliers de personnes ont été poursuivies ou condamnées en Turquie ces dernières années pour avoir insulté M. Erdogan, un crime passible d'un à quatre ans de prison. 
(AFP, 7 mars 2019)

Un jeune homonyme d'Erdogan rêve de conquêtes politiques

"Recep Tayyip Erdogan, candidat pour le quartier de Dumplupinar". Les affiches placardées dans cette ville du nord-ouest de la Turquie prêteraient à confusion si la photo collée sous le slogan était celle du président turc et non celle d'un jeune homme au visage rond.

Agé de 20 ans, Recep Tayyip Erdogan ne partage pas seulement avec l'actuel chef de l'Etat le même nom, mais aussi le virus de la politique. Candidat aux élections locales qui auront lieu le 31 mars, il rêve de vivre une épopée politique semblable à celle de son homonyme.

"Etre né avec ce nom, c'est comme si mon destin était écrit", sourit Recep Tayyip, visage rond et collier de barbe. A 20 ans, il est candidat pour la première fois dans la ville de Gölcük, dans la province de Kocaeli.

Pour l'instant, il ne brigue pas la présidence de la République, mais un modeste mandat de "muhtar", une sorte de maire de quartier élu tous les cinq ans.

Si son père l'a prénommé ainsi, c'est parce qu'il admirait l'actuel président turc qui, à la naissance de Recep Tayyip, était maire d'Istanbul (1994-1998), un poste qui lui a servi de tremplin pour ensuite s'imposer sur la scène politique nationale.

"C'est un dirigeant que je prends pour modèle", explique Recep Tayyip qui dit admirer "l'attitude, la façon de parler au monde et de se préoccuper pour les gens" du chef de l'Etat qu'il n'a jamais rencontré.

S'appeler Recep Tayyip Erdogan n'a pas toujours été facile, explique le jeune homme, ajoutant que son nom a donné lieu à plusieurs scènes cocasses.

"Souvent, les gens croient que c'est une blague et ceux qui ne me croient pas demandent à voir ma carte d'identité", sourit-il.

- "Imposteur" -

Son nom lui a donné de la visibilité sur les réseaux sociaux, avec des partisans du président turc lui envoyant des encouragements. Mais il indique avoir également reçu de nombreuses critiques.

"Certains disent qu'il y a un imposteur du "Reis" ("chef", en turc) sur les réseaux sociaux", dit-il.

Reste que la fonction de muhtar a une importance symbolique pour le président Erdogan.

Après un bref emprisonnement en 1998 pour avoir lu un poème religieux, M. Erdogan était donné pour mort politiquement. Certains journaux affirmaient qu'il ne pourrait "même plus être muhtar" s'il le voulait.

Aujourd'hui, le chef de l'Etat turc invite régulièrement des muhtars au palais présidentiel auxquels il s'adresse lors de discours qui servent à faire passer des messages politiques ou à galvaniser sa base.

En Turquie, les muhtars ne sont affiliés à aucun parti, même s'ils font la plupart du temps peu de mystère sur leurs préférences.
 Recep Tayyip, qui se présente face à deux adversaires, est convaincu que son nom lui donnera un coup de pouce auprès des électeurs.

"Notre président est très populaire, il a été élu avec 52,6% des voix. Bien entendu, j'estime qu'il y a plus de chances pour que ses supporters votent pour moi", déclare-t-il.

- Ambition -

Costume noir trois pièces et grosse montre en évidence, Recep Tayyip fait le tour des commerçants pour distribuer des tracts en attendant les élections.

"Je ne peux pas dire que je suis un grand fan du vrai titulaire de ton nom, mais tu m'as l'air d'un bon gars. Je voterai peut-être pour toi", lâche un vendeur de pommes de terre dans le marché couvert de Gölcük.

Pour l'épauler à l'aube d'une potentielle carrière politique riche, Recep Tayyip peut en tout cas compter sur son frère jumeau Talha. Son aîné de huit secondes le conseille et s'occupe de sa présence sur les réseaux sociaux.

"Je l'ai toujours soutenu et il n'y a absolument aucune jalousie entre nous", indique Talha. "Nous sommes toujours ensemble".

L'aventure de Recep Tayyip n'en est qu'à ses débuts et le jeune homme ne cache pas qu'il vise haut, même s'il garde la tête froide.

"Je suis encore jeune, j'ai besoin de me développer", dit-il. "Mais pourquoi ne pourrais-je pas devenir président pour servir mon pays, après avoir progressé, atteint l'âge nécessaire et être devenu digne de cette fonction ?"
(AFP, 27 février 2019)

Forces armées/Armed Forces

Mandats d'arrêt contre 100 militaires pour liens présumés avec Gülen

Les autorités turques ont émis lundi des mandats d'arrêt contre cent militaires soupçonnés de liens avec Fethullah Gülen, un prédicateur accusé par Ankara d'avoir fomenté le putsch manqué de juillet 2016, a annoncé le bureau du procureur d'Ankara.

Les mandats visent 100 militaires de l'armée de terre, dont 43 lieutenants et 50 sergents, ainsi qu'un civil travaillant au ministère du Commerce, a précisé le bureau du procureur.

Neuf autres mandats d'arrêt ont par ailleurs été émis contre neuf personnes travaillant au ministère de la Santé ou dans des hôpitaux, dont huit ont d'ores et déjà été interpellées.

Les personnes recherchées sont soupçonnées d'être liées à la confrérie de M. Gülen, qui vit aux Etats-Unis depuis une vingtaine d'années.
 Les autorités turques l'accusent d'avoir créé un "Etat parallèle" dans les institutions turques dans l'objectif de renverser le gouvernement et d'avoir été le cerveau de la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016.

M. Gülen nie tout lien avec le putsch avorté et affirme diriger un réseau pacifique d'ONG et d'écoles.

Depuis le putsch manqué, les autorités traquent sans relâche ses partisans et ont lancé des purges d'une ampleur sans précédent dans l'histoire moderne du pays. Quelque 55.000 personnes ont été arrêtées et plus de 140.000 limogées ou suspendues.

Plus de deux ans et demi après le coup de force, les arrestations se poursuivent, avec plusieurs centaines de personnes interpellées chaque semaine.
(AFP, 25 février 2019)

Affaires religieuses / Religious Affairs


Socio-économique / Socio-economic

Flormar Workers' Resistance Ends

The workers who were fired by the Flormar cosmetics company because of unionizing decided to end their resistance at the meeting held at the Petroleum, Chemical, Rubber, Workers' Union of Turkey (Petrol İş) yesterday (March 7) in Gebze district in Kocaeli province.

The workers said to bianet that they got their severance pays but are not able to return to their jobs.

The women workers have been protesting since January 2018.

Ayşe Öztürk, a resisting worker, told bianet that there is some success but they are sad that they are not able to return to their jobs:

"Flormar is finished for us. In yesterday's meeting, we made a decision through democratic voting. 53 of our friends voted for not continuing to protest, 20 friends said 'We shall continue'. We got our compensations but are not able to return to our jobs.

"At the end, we ended our protests. We will go on with new jobs. There is a bitter joy inside us. We made monetary gains but could not return to our jobs. This is saddening for us."
"Resist, struggle"

Calling out to women who want to be unionized but do not do that because of the fear of losing their jobs, Öztürk said,

"Women should absolutely be unionized without hesitation. We learned many things when we were resisting. Being dismissed a job is not the end of everything. Resistance is very important despite everything. Women should not retreat from these areas. I can call out to them, 'Resist, struggle.'"
(BIA, March 8,  2019)

Men Kill 23 Women in January

According to the news compiled by bianet from local and national newspapers, news websites and agencies, men killed at least 23 women and four men who were with the women in the first month of 2019. While one of the murdered women was Hande Kader Şeker, a transgender woman living in İzmir, another was Esra A., who was also a trans woman from İstanbul.

Men raped four women, forced five women to sex work and harassed seven women. Men also sexually abused 10 girls and inflicted violence or injury on at least 27 women in January 2019.

Two femicides committed by men in December 2018* were also reported in the news in January 2019.

In January 2019, four women also suspiciously died. In three of the femicides committed in the first month of this year, the offenders could not be identified.

Men attempted to kill four women and one child. The murderers of two migrant children from Afghanistan could not be identified.
Murder

The news compiled by bianet from local and national newspapers, news websites and agencies have shown that men killed at least 23 women and four men who were with the women in January 2019.

In the same month last year, men murdered at least 13 women, two children and two men who were with the women when they were killed.

While one of the women murdered in January 2019 was from Azerbaijan, one of them was from Syria and another one from Afghanistan. In the first month of 2019, it was also reported that two trans women from İzmir and İstanbul were killed. The murderer of one trans woman was a police officer.

In Sakarya, M.H. (75) with Alzheimer's disease battered her mother Lütfiye Harbacı (100). The woman lost her life after falling as a result of battery. As this murder was not gender-oriented, we have not included it in the male violence monitoring report of January 2019. We will include it in the 2019 year-end male violence monitoring report.

The names of killed women

Ceren Damar, Emine Çakır, Esma Kurt, Esra A., Fatma Özdemir, Fatma Tangaz, Ganıra Cabbarova, Gül K., H.İ., Hande Buse Şeker, Hürü Açık, İbite Sem El K., Kader Erenuluğ, Kübra Olgun Şahin, Leyla Avcı, Menekşe Ay, Parwin M., Rabia Ezer, Rava Kallajo, Serpil Erdoğan, Sibel Dudaklı, Sibel G., Suzan Keleş.

Provinces where murders were committed

Adana (2), Ankara (2), Bartın (1), Burdur (1), Bursa (1), Edirne (1), Hatay (1), İstanbul (2), İzmir (2), Kırşehir (1), Kocaeli (1), Kütahya (1), Malatya (2), Manisa (1), Mersin (1), Muğla (1), Osmaniye (1), Urfa (1).

Men killed four of the women because they wanted to divorce/break up while they murdered four women on the pretext of jealousy. One woman was killed after she warned one of her students for cheating during an exam, one woman was killed because her daughter wanted to have a divorce and one woman was murdered for allegedly doing sex work. The reason why 11 of the deceased women were killed was not reported in the news.

Men killed seven of the women in public places such as a campus, car park, bar or street while they killed 16 of them in her or her family's home. In at least two cases, it was later understood that men wanted to make their murders look like a suicide.

While eight of the murderers were husbands of the women, two women were killed by their boyfriends. Four women were killed by their own family members (one woman by her father, one woman by her son and two women by their brothers). Two women were killed by their sons-in-law, one of them by a male acquaintance, one of them by a police officer and one woman by a client of hers. The form of acquaintance/relationship between one woman and the murderer was not reported in the news.

Men killed 10 women with a firearm such as a shotgun/pistol and murdered nine women with a knife. While one woman was tortured to death, one woman was killed by being strangled. It was not reported in the news how two women were killed.
(BIA, 26 February 2019)

Lawsuit Against 6 Participants of 2018 İstanbul LGBTI+ Pride Parade

The investigation conducted by the İstanbul Public Prosecutor's Office against six people who were taken into custody during the 2018 İstanbul LGBTI+ Pride Parade has been completed.

As reported by Yıldız Tar from Ankara-based Kaos GL Association, in the indictment filed by the Prosecutor's Office, the participants of the parade have been charged with "opposition to the Law no. 2911 on Meetings and Demonstrations" as well as "resisting to prevent the fulfillment of duty" and "jeopardizing the traffic safety."

In reference to the detention of three people at İstiklal Avenue in İstanbul with police violence, the indictment has stated that they were "caught upon their disturbing and indecent behavior towards the law enforcement officers intervening with them and the citizens in their vicinity."

First hearing to be held in April

In the indictment, the Prosecutor's Office has also demanded that one person who sounded the horn of his/her vehicle during the police attack in Firuzağa be penalized on charges of "resisting to prevent the fulfillment of duty" and "jeopardizing the traffic safety."

The first hearing of the case will be held at the İstanbul 12th Penal Court of First Instance on April 18, 2019.

What happened?

In 2018, the Governorship of İstanbul announced that LGBTI+ Pride Parade "would not be allowed" for the fourth time.

In response to the announcement of the governorship, the Pride Week Committee released a statement and said, "İstanbul Governorship has proven that the reasons they show to ban the parade, not overlapping with Ramadan or being threatened, are just excuses and that kind of attitudes as the Governorship prohibition are just the signs of their hate directed towards us one more time.''

Before the 2018 LGBTI+ İstanbul Pride Parade, the police blocked all roads leading to the İstiklal Avenue. A statement for the press was read out in Mis Street as part of the parade.
(BIA, 26 February 2019)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

La Turquie ne peut pas être membre de l'UE, dit Manfred Weber

La Turquie ne peut pas devenir membre de l'Union européenne, a estimé mercredi Manfred Weber, qui sera le candidat du Parti populaire européen (PPE, centre droit) pour le poste de président de la Commission européenne après les élections du mois de mai.

"La Turquie ne peut pas devenir membre de l'Union européenne, il faut que cela soit clair", a déclaré le parlementaire allemand. "Si je deviens président de la Commission européenne, je donnerai instruction aux services à Bruxelles de mettre fin aux négociations avec la Turquie sur l'accession à l'Union européenne", a-t-il déclaré lors d'une réunion des conservateurs allemands en Bavière.

Malgré cette volonté de rompre un processus entamé en 2004 et actuellement au point mort, Manfred Weber a insisté sur la nécessité "d'avoir de bonnes relations avec la Turquie". "Tout le monde veut que nous collaborions étroitement", a-t-il reconnu.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait indiqué au mois d'octobre qu'il envisageait d'organiser un référendum en Turquie sur le processus d'adhésion de son pays au bloc communautaire.

Exaspéré par les réticences des Européens, Erdogan avait estimé que la lenteur de la procédure s'expliquait par les préjugés de ces derniers à l'égard des musulmans.
(Reuters, 6/03/2019)

Victoire devant la CEDH pour les proches d'un opposant à Erdogan

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné mardi la Turquie qui avait gelé pendant des années les biens des enfants de Cem Uzan, ex-homme d'affaires en exil à Paris et opposant controversé au président turc Recep Tayyip Erdogan.

La Cour avait été saisie par cinq requérants, dont les deux enfants de M. Uzan, qui avaient vu leurs avoirs gelés par Ankara au seul motif que leur père ou leurs supérieurs hiérarchiques faisaient l'objet en Turquie d'une procédure pénale pour détournement de fonds publics. Celle-ci s'inscrivait dans le cadre de la faillite en 2003 de la banque Imarbank, alors propriété de Cem Uzan, saisie par l'Etat turc.

Les trois autres requérants sont la fille de l'ancien directeur exécutif de la banque et deux employées de l'institution.

Dans le cadre de "mesures conservatoires" prises pendant la procédure pénale, les biens des requérants avaient été gelés pendant des années, jusqu'à 15 ans pour certains. En 2003, lorsque le gel des biens avait été décidé, les enfants de M. Uzan étaient mineurs et "ils ont été privées de la possibilité d'acquérir toute sorte de biens", selon la Cour.

"Les (trois) autres requérantes ont été empêchées, entre autres, de disposer de leur salaire, de leurs véhicules et/ou de leurs économies", ajoute la Cour, qui a conclu dans son arrêt à la violation de l'article 1 du Protocole n°1 de la Convention européenne des droits de l'Homme sur la protection de la propriété.

Matthias Pujos, avocat français de Cem Uzan, a salué dans un communiqué cette "grande victoire judiciaire pour (...) Cem Uzan et ses enfants".

Ces derniers "ont vu l'intégralité de leur patrimoine gelé dès leur naissance au seul motif qu'ils sont membres de la famille Uzan, en opposition notoire avec (le parti) AKP" de M. Erdogan, a ajouté l'avocat, dont le client a obtenu l'asile en France en 2013.

L'empire Uzan, jadis l'un des plus importants de Turquie, s'est effondré à partir de 2003. Les autorités turques l'accusent d'avoir organisé une fraude bancaire massive et plus de 200 entreprises du groupe avaient été saisies.

Au terme d'une multitude de procédures judiciaires, Ankara, qui cherche à saisir ses biens français, avait condamné en 2013 par défaut Cem Uzan, aujourd'hui âgé de 58 ans, à 18 ans et demi de prison et à rembourser à l'Etat turc quelque 390 millions d'euros.
(AFP, 5 mars 2019)

Strasbourg: une quarantaine de militants kurdes interpellés

Une quarantaine de militants kurdes qui réclament la libération de leur chef historique Abdullah Öcalan, emprisonné en Turquie, ont été interpellés lundi à Strasbourg après des dégradations au Conseil de l'Europe, a-t-on appris de sources concordantes.

Les faits se sont produits vers 13H00, lorsqu'un groupe d'une quarantaine de manifestants, la plupart avec le visage masqué, se sont introduits sur le parvis de l'Agora, l'un des bâtiments du Conseil de l'Europe, a indiqué à l'AFP l'organisation paneuropéenne.

L'Agora abrite notamment le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), l'un des organes du Conseil qui se prononce régulièrement sur les conditions de détention de M. Öcalan, emprisonné dans un isolement quasi total depuis 20 ans sur l'île-prison d'Imrali, au large d'Istanbul.

Les militants ont lancé des pétards et des fusées vers les fenêtres du bâtiment et ont également "attaqué la vitrine de l'Agora à coups de pierre et de masse", selon le Conseil et une source policière.

Une poubelle extérieure a été incendiée mais les manifestants ne sont pas entrés dans le bâtiment, selon le Conseil, qui précise qu'il s'agit du troisième incident similaire depuis l'été 2018.

A la demande du Conseil de l'Europe, la police est intervenue, mobilisant quelque 40 agents qui ont essuyé des "jets de pavés", selon une source policière.

Au total, 43 personnes ont été interpellées. "On essaie de voir qui a fait quoi, on verra qui sera placé en garde à vue", a indiqué la source policière.

"C'est inacceptable. Au Conseil de l'Europe, nous sommes très reconnaissants à la police strasbourgeoise d'avoir encore une fois protégé nos bâtiments et nos agents. Ils étaient sur place très vite", a indiqué à l'AFP Daniel Holtgen, directeur de la communication du Conseil de l'Europe.

Des milliers de Kurdes défilent traditionnellement chaque année en février à Strasbourg pour réclamer la libération d'Abdullah Öcalan, chef de la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) arrêté le 15 février 1999. Des militants pro-Öcalan se relaient également pour organiser un sit-in permanent près du Conseil de l'Europe.
(AFP, 25 février 2019)

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Pentagon: "Graves conséquences" pour la Turquie si elle achète les S-400 russes

La Turquie risque de "graves conséquences" si elle achète comme prévu des systèmes antimissiles russes S-400, a prévenu vendredi un porte-parole du Pentagone, Charles Summers.

"Si la Turquie prend les S-400, il y aura de graves conséquences en ce qui concerne nos relations, nos relations militaires", a déclaré M. Summers, interrogé au cours d'un point de presse au Pentagone sur la volonté affichée par le président turc Recep Tayyip Erdogan d'acheter le système antimissile russe.

"Ils ne pourront pas avoir les F-35 et les (missiles) Patriot", a-t-il ajouté.

La commande par la Turquie des batteries S-400, dont la livraison devrait commencer l'été prochain, est l'un des principaux points de discorde entre Ankara et Washington.

Les Etats-Unis exhortent la Turquie à abandonner l'achat du système russe, soulignant qu'il est incompatible avec les équipements utilisés par les membres de l'Otan, dont font partie ces deux pays.

En outre, les Etats-Unis estiment que l'achat par la Turquie de batteries S-400 pourrait menacer les secrets de fabrication de leur avion militaire de dernière génération, le F-35, qui est censé pouvoir échapper aux systèmes russes.

Washington a approuvé en décembre la vente de son système antimissile Patriot à la Turquie, un geste visant à dissuader Ankara d'acheter le système concurrent russe, mais M. Erdogan a encore affirmé mercredi que revenir sur cet achat était hors de question.

"En ce qui concerne les S-400, l'affaire est conclue, il est hors de question de faire machine arrière (...) Et peut-être qu'après les S-400, nous passerons aux S-500", a déclaré M. Erdogan dans un entretien avec la chaîne de télévision turque Kanal 24.

Mardi, le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général américain Curtis Scaparrotti, avait estimé que si la Turquie achetait bien les S-400, "dans ce cas, nous ne pourrions pas permettre au F-35 de voler (...) avec un système antimissile russe".

Washington a livré en juin 2018 ses premiers F-35 à la Turquie. Mais ces appareils restent aux Etats-Unis pendant toute la formation des pilotes turcs, un processus qui peut prendre un à deux ans selon le Pentagone.


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré samedi que l'achat par la Turquie de systèmes antimissiles russes S-400 n'avait "rien à voir" avec la sécurité des Etats-Unis, en réponse à une mise en garde du Pentagone.

"Tout le monde sait très bien que cette affaire n'a absolument rien à voir avec l'Otan, ni avec le programme F-35 et la sécurité des Etats-Unis", a-t-il assuré samedi lors d'un discours à Diyarbakir (sud-est de la Turquie).

La "question ne concerne pas les S-400" mais le fait que la Turquie "puisse agir de sa propre initiative" en Syrie, a insisté M. Erdogan dans son discours télévisé. 
(AFP, 9 mars 2019)

Trump prive l'Inde et la Turquie d'accords commerciaux préférentiels

L'administration américaine a ouvert lundi deux nouveaux fronts commerciaux en annonçant qu'elle souhaitait priver l'Inde et la Turquie de leur statut privilégié, s'attirant les critiques d'Ankara tandis que New Delhi minimisait la portée de cette décision.

Les Etats-Unis vont mettre fin à des accords commerciaux préférentiels avec l'Inde et la Turquie, deux pays déjà dans le viseur de la Maison Blanche depuis plusieurs mois, car ils "ne respectent plus les critères" leur permettant de bénéficier de ce programme, a annoncé le gouvernement américain.

"A la demande du président Donald Trump, le représentant américain au Commerce a annoncé (lundi) que les Etats-Unis comptaient mettre fin au statut accordé à l'Inde et la Turquie de pays en développement bénéficiant du SGP", ou Système généralisé de préférences, a écrit dans un communiqué le bureau du représentant américain au Commerce (USTR).

Ce programme permet à des pays en développement de faire entrer sur le sol américain certains produits sans barrière douanière s'ils respectent des critères établis par les Etats-Unis, notamment la lutte contre le travail des enfants, certains droits des travailleurs reconnus à l'échelle internationale, le respect de la propriété intellectuelle, et un accès équitable et raisonnable des Etats-Unis à leur marché, a expliqué l'USTR.

Concernant l'Inde, l'USTR a mis en avant l'absence d'assurances suffisantes pour permettre aux Etats-Unis un accès "équitable et raisonnable à son marché dans de nombreux secteurs".

Lors de l'annonce de l'examen de l'éligibilité de l'Inde au programme SGP en avril 2018, l'USTR avait fustigé les barrières commerciales qu'imposait l'Inde dans les industries laitières et médicales, causant selon lui du tort aux exportations américaines.

- Guerre commerciale -

La Turquie a vu en revanche son statut remis en cause officiellement en raison de son niveau de développement économique qui ne la rend plus éligible à un accès préférentiel au marché américain, réservé aux pays en développement.

"Durant les quatre décennies et demie où la Turquie a bénéficié du statut de SGP pour les pays développés, l'économie turque s'est développée et diversifiée", a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué, citant notamment la hausse du niveau de revenu par habitant dans le pays et la baisse du taux de pauvreté comme "preuves".

En août toutefois, l'USTR avait lancé un examen de l'éligibilité de la Turquie au programme SGP, citant l'imposition par Ankara de taxes douanières supplémentaires sur l'équivalent de 1,78 milliard de dollars de produits en provenance des Etats-Unis, en réaction à des taxes américaines punitives sur l'acier et l'aluminium.

Les Etats-Unis ont importé 1,66 milliard de dollars de produits turcs via le programme SGP en 2017, soit 17,7% du total des importations américaines en provenance de ce pays, principalement des véhicules, des composants automobiles, et des métaux précieux, affirme l'USTR sur son site internet.

En réaction, la ministre turque du Commerce Ruhsar Pekcan a jugé mardi sur Twitter que la décision de Washington était en contradiction avec l'objectif affiché par les deux pays d'augmenter leurs échanges vers l'objectif de "75 milliards de dollars" (...) et aura en outre un impact négatif sur les petites et moyennes entreprises américaines".

De son côté, le secrétaire au Commerce indien, Anup Wadhawan, a estimé, cité par l'agence de presse locale PTI, que "le retrait du SGP n'aura pas d'impact significatif sur les exportations de l'Inde vers les États-Unis ".

Les exportations annuelles de l'Inde vers les États-Unis s'élèvent à près de 80 milliards de dollars, mais celles couvertes par le SGP ne représentent que 5,6 milliards de dollars, a-t-il argumenté.

Bien que l'Inde soit le principal bénéficiaire du système, M. Wadhawan a précisé que son avantage tarifaire n'était que de 190 millions de dollars par an.

L'annonce de l'administration américaine semble confirmer la stratégie du président Trump de négocier durement dans le domaine du commerce avec ses partenaires, à l'image du bras de fer imposé à la Chine depuis de nombreux mois, sur le point d'aboutir à une détente d'après la presse américaine.

La sortie de l'Inde et de la Turquie du statut préférentiel américain ne prendra effet qu'au moins 60 jours après la notification adressée au Congrès américain ainsi qu'aux gouvernements indien et turc, a précisé l'USTR.
(AFP, 5 mars 2019)

Relations régionales / Regional Relations

Soudan: un navire militaire turc accoste pour sécuriser la mer Rouge

Un navire militaire turc est arrivé samedi dans le principal port soudanais pour une visite de trois jours visant à renforcer "la sécurité et la sûreté" sur la mer Rouge, a affirmé un général soudanais.

Les liens entre Ankara et Khartoum se sont renforcés depuis la visite du président turc, Recep Tayyip Erdogan, au Soudan en décembre 2017, dans le cadre de son plan d'implantation stratégique en Afrique.

Le vaisseau turc, nommé Gojka Ada, est arrivé samedi matin à Port-Soudan (nord-est) et restera jusqu'au 11 mars, a indiqué l'armée soudanaise dans un communiqué.

"Cette visite reflète la coopération entre les deux forces armées et fait aussi partie d'une initiative diplomatique", a déclaré le général soudanais Moussa Ahmed Moussa, cité dans un communiqué.

"Elle permettra aussi de renforcer la sécurité et la sûreté sur la mer Rouge", a-t-il ajouté.

La visite de Recep Tayyip Erdogan en 2017, la première d'un chef d'Etat turc au Soudan, avait conduit à la signature d'accords bilatéraux entre les deux pays.

A l'époque, le président turc avait déclaré que le Soudan avait accepté de laisser son pays se charger de la restauration du port de l'île de Suakin, située à une trentaine de kilomètres au sud de Port-Soudan.

Point de passage des pèlerins africains se rendant à La Mecque, Suakin était un port de commerce florissant du temps de l'empire ottoman, laissé à l'abandon depuis la construction par les Britanniques de Port-Soudan au début du XXe siècle.

L'accord entre Ankara et Khartoum avait suscité l'inquiétude de l'Arabie saoudite et de l'Egypte, qui y voyaient là une tentative de la Turquie d'étendre son influence dans la région, profitant des rivalités entre les pays ayant accès à la mer Rouge.

Le chef d'Etat turc avait nié toute intention de construire une base militaire à Suakin et affirmé que la rénovation du port de l'île pourrait attirer de nouveau les pèlerins et booster le tourisme dans la région.

Cette "visite" du navire militaire turc intervient dans un contexte de crise inédit au Soudan, secoué par un mouvement de contestation déclenché par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain le 19 décembre.

Dans ce pays en plein marasme économique, les rassemblements se sont rapidement transformés en mouvement de contestation global pour demander la démission de M. Béchir, au pouvoir depuis 1989.

Le président a exclu de démissionner et réprimé durement la contestation, instaurant en février l'état d'urgence pour une durée d'un an dans tout le pays.

Un bilan officiel fait état de 31 morts depuis le début des manifestations. L'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch évoque 51 morts.
(AFP, 9 mars 2019)

La Turquie et la Russie lancent des patrouilles à Idleb

La Turquie et la Russie vont entamer vendredi des patrouilles dans le nord-ouest de la Syrie à Idleb, dernière région contrôlée par les rebelles, a annoncé le ministre turc de la Défense Hulusi Akar.

"Des patrouilles vont commencer aujourd'hui", a déclaré M. Akar à l'agence étatique turque Anadolu, précisant que Moscou patrouillerait "dans la région frontalière à l'extérieur d'Idleb" et les forces turques "dans la zone démilitarisée" située dans la province.

"Il y avait des restrictions pour l'utilisation (par la Turquie) de l'espace aérien à Idleb et Afrine, mais elles sont levées à partir d'aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Un correspondant de l'AFP a vu vendredi matin un convoi d'une dizaine de véhicules blindés turcs dans la zone démilitarisée à l'ouest d'Alep.

Idleb, contrôlée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), une organisation formée par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, est le dernier bastion en Syrie contrôlé par les rebelles.

En septembre, Ankara, qui appuie les rebelles, et Moscou, allié du régime, ont signé un accord stipulant la création d'une "zone démilitarisée" séparant la province d'Idleb et les territoires insurgés adjacents des zones gouvernementales attenantes.

Cette zone tampon, large de 15 à 20 km devait, selon l'accord, être nettoyée des armes lourdes, tandis que les jihadistes devaient s'en retirer.

Le plan n'a été que partiellement appliqué, mais il a permis d'empêcher une offensive d'envergure du régime contre cette région qui abrite quelque trois millions d'habitants, dont la moitié sont déjà des déplacés venus de bastions rebelles reconquis par le pouvoir à travers le pays.

"Les forces turques présentes en Syrie sur des sites d'observation répartis dans les zones d'Alep, Hama, Idleb et les pentes des montagnes de Lattaquié se préparent à effectuer des patrouilles dans les zones de mise en oeuvre de l'accord Poutine-Erdogan", a également déclaré vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Plus de 160 civils, dont 60 enfants, ont été tués par des frappes du régime depuis la mise en oeuvre de l'accord sur la zone tampon, selon l'OSDH. Par ailleurs, 94 rebelles et djihadistes ont également été tués, de même que 125 combattants du régime. 
(AFP, 8 mars 2019)

La Turquie espère une opération conjointe avec l'Iran contre le PKK

La Turquie espére lancer une opération conjointe avec l'Iran contre la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une sanglante lutte contre Ankara depuis plus de 30 ans, a-t-elle annoncé mercredi.

"Si Dieu le veut, nous lancerons une opération avec l'Iran contre le PKK", a déclaré le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu dans un entretien avec l'agence de presse étatique Anadolu.

"Mener une opération conjointe, c'est une proposition défendue de longue date par l'Etat turc (...) Nous essayons ensemble d'avancer sur cette question et il y a de nombreux échanges entre nos services de renseignement", a ajouté M. Soylu.

Ce dernier n'a pas donné davantage de précisions, mais Ankara a plusieurs fois évoqué ces dernières années une opération militaire turco-iranienne contre les rebelles kurdes dans le nord de l'Irak, pays qui partage une frontière avec la Turquie et l'Iran.

Le PKK et le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), un parti kurde iranien qui lui est affilé, ont tous deux des bases arrière en Irak.

En 2017, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait ainsi déclaré, après une visite du chef d'état-major iranien à Ankara, qu'une opération conjointe contre le PKK en Irak était à l'ordre du jour.

La Turquie est par ailleurs en train de terminer la construction d'un "mur de sécurité" à sa frontière avec l'Iran pour empêcher les allées et venues des rebelles kurdes entre les deux pays.

Le PKK livre une sanglante guérilla contre l'Etat turc depuis 1984. Plus de 40.000 personnes, dont de nombreux civils, ont été tués dans les affrontements entre les forces de sécurité et le PKK.

Cette organisation est qualifiée de "terroriste" par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis.
(AFP, 6 mars 2019)

L'Egypte fustige la "haine" d'Erdogan après des critiques

L'Egypte a fustigé mercredi la "haine" du président turc Recep Tayyip Erdogan après que ce dernier eut critiqué la tenue d'un sommet entre l'Union européenne et la Ligue arabe à Charm el-Cheikh (est).

Mardi, M. Erdogan s'en était pris à l'Union européenne pour avoir participé à un sommet avec des dirigeants arabes en Egypte, dimanche et lundi, quelques jours après l'exécution de neuf condamnés à mort dans ce pays.

"Pouvez-vous encore parler de démocratie dans les pays de l'Union européenne qui viennent de participer à (un sommet) avec (le président égyptien Abdel Fattah) al-Sissi qui a fait exécuter neuf jeunes gens la semaine dernière?", a déclaré M. Erdogan.

Dans un communiqué mercredi, Ahmed Hafez, le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, a répondu que les déclarations du chef de l'Etat turc étaient "clairement teintées de haine" et qu'elles exprimaient "l'adhésion continue et le soutien (de la Turquie) aux Frères musulmans".

M. Hafez a aussi accusé M. Erdogan de favoriser ce mouvement des Frères musulman, interdit en Egypte.

Selon Le Caire, la confrérie islamiste serait à l'origine de l'assassinat du procureur général égyptien en 2015, un crime pour lequel neufs hommes ont été exécutés en Egypte.

En outre, M. Hafez a accusé M. Erdogan d'hypocrisie affirmant que de nombreuses violations des droits humains étaient commises en Turquie.

"Cela... illustre le manque de crédibilité de ce dont le président turc fait la promotion", a-t-il écrit.

Samedi, le président turc avait vivement critiqué son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi en affirmant qu'en Egypte, "la justice, les élections, tout cela, c'est des bobards. Il y a là-bas un système autoritaire, voire totalitaire".

L'armée égyptienne a destitué en 2013 le président Morsi, issu des Frères musulmans. L'ancien chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi, élu président en 2014 puis réélu en 2018, a mis en place un régime autoritaire, réprimant toute forme d'opposition islamiste mais aussi laïque.
(AFP, 27 février 2019)

Erdogan s'en prend à l'UE au sujet de l'Egypte

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris mardi à l'Union européenne pour avoir participé à un sommet avec des dirigeants arabes en Egypte quelques jours après l'exécution de neuf condamnés à mort dans ce pays.

"Pouvez-vous encore parler de démocratie dans les pays d'Union européenne qui viennent de participer à (un sommet) avec (le président égyptien Abdel Fattah) al-Sissi qui a fait exécuter neuf jeunes gens la semaine dernière?", a déclaré M. Erdogan.

"Il n'est pas possible de comprendre cela. L'UE n'est pas sincère", a ajouté le président turc lors d'un discours à Giresun (nord). "L'histoire se souviendra de cela".

Peu auparavant, le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu avait dénoncé l'"hypocrisie" de l'UE pour avoir participé à ce sommet qui s'est tenu dimanche et lundi dans l'est de l'Egypte.

"Le fait que les dirigeants de l'Union européenne se tiennent à côté et soutiennent Sissi juste après l'exécution de neuf jeunes gens (...), c'est du deux poids deux mesures, de l'hypocrisie", a déclaré M. Cavusoglu à la presse à Ankara.

"Par contre, ils disent que si la Turquie réintroduit la peine de mort, ils feront ceci ou cela", a-t-il ajouté.

"Aujourd'hui, lorsque l'on regarde les dirigeants européens, il n'y a plus de valeurs, que des intérêts", a poursuivi le ministre turc.

Neuf hommes ont été exécutés par pendaison mercredi en Egypte pour l'assassinat du Procureur général égyptien en 2015 au Caire.

Cette attaque n'avait pas été revendiquée, mais la police avait annoncé avoir arrêté des membres des Frères musulmans, une organisation classée "terroriste" par Le Caire.

Les relations entre la Turquie et l'Egypte sont quasi inexistantes depuis la destitution en 2013 du président Mohamed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans et allié du président Erdogan, par l'armée égyptienne alors dirigée par le général Sissi.

M. Erdogan, qui qualifie l'actuel président égyptien de "putschiste", avait déclaré samedi "ne pas pouvoir accepter" les exécutions de la semaine dernière, dénonçant "un système autoritaire, voire totalitaire".

Le chef de l'Etat turc a évoqué plusieurs fois ces dernières années le rétablissement de la peine de mort, abolie dans le cadre du processus d'adhésion à l'UE au point mort depuis des années. Mais une telle mesure fermerait les portes de l'UE à la Turquie.
(AFP, 27 février 2019)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


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