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INFO-TURK

A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

41th Year / 41e Année
Septembre
 
2025 September
N° 565
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 588 69 53
Chief Editor /Rédacteur en chef: 
Dogan Ozgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events


Septembre, le mois des pogroms, des coups d’états et des souffrances… - Doğan Özgüden



Droits de l'Homme / Human Rights

"Nous n'avons pas peur": le maire emprisonné d'Istanbul de nouveau au tribunal

Ce qu’il ne faut pas oublier à l’occasion de la commémoration des exécutions de 1961- Doğan Özgüden
“Il n’est pas facile d’être Turc” -  Ragip Duran
Malgré les pressions, le principal parti d'opposition reste vent debout contre "sa majesté" Erdogan
Turquie: Le tyran désire liquider l’opposition - Ragip Duran

En Turquie, les avocats face aux griffes du pouvoir
Deux policiers abattus, un adolescent arrêté

70e anniversaire du pogrom anti-grec et de la chasse aux communistes - Doğan Özgüden
Le chef de l'opposition visé par une nouvelle enquête
Unions walk out of wage talks as pay raise for civil servants approved

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Un chanteur populaire visé par une plainte pour "obscénité"
La répression des journalistes dans le régime de Recep Erdogan

Trois chaînes TV saisies dans un coup de filet contre une holding
Press freedom group calls on release of Furkan Karabay and other jailed journalists
Turkey expands ‘obscenity’ investigations to musicians as 'girl band' given travel ban
Turkey blocked record number of websites in 2024, surpassing 300,000
Journalist detained after filming gunfire during street interview in Tekirdağ

Kurdish Question / Question kurde

Cinq membres des forces kurdes tués dans une attaque de l'EI en Syrie
Sept civils tués dans un bombardement de l'armée dans le nord

Le chef du PKK autorisé à voir ses avocats, une première en six ans
Les Kurdes manifestent dans le nord-est de la Syrie pour réclamer la décentralisation

Négociation asymétrique et horizon stratégique des Kurdes
Construction d’une prison de haute sécurité dans la province kurde de Mus

Les Kurdes annoncent avoir déjoué une tentative d'évasion d'un camp lié à l'EI
Le Comité Parlementaire pour “Etaler de la Farine sur une Corde” - Ragip Duran

Minorités / Minorities

Armenia removes Ararat from border crossing stamp

Un concert d'Enrico Macias interdit en Turquie en raison de son soutien à Israël
La Turquie dénonce la reconnaissance par Netanyahu du génocide arménien

Politique intérieure/Interior Politics

"Presidency spends 72 minimum wages every hour"
Le principal parti d'opposition CHP a réélu son chef

Tensions rise at parliament’s ‘peace’ committee as pro-Kurdish MPs walk out
La justice offre un répit au principal parti d'opposition
Nouveau coup de filet contre l'opposition à Istanbul

Le maire emprisonné d'Istanbul comparaît pour "faux diplôme"
Un tribunal d'Ankara rejette la destitution de la direction du CHP à Istanbul
Les autorités entrent de force au siège de l'opposition à Istanbul
L'opposition convoque un congrès extraordinaire pour le 21 septembre

Des milliers de manifestants pour dénoncer un nouveau coup porté à l'opposition
Nouveau coup judiciaire contre le principal parti d'opposition
La commission nationale du parlement turc planchera au moins jusqu'à l'hiver
Le ministre turc des Transports flashé à 225 km/h

Forces armées/Armed Forces

"La Turquie détruit comme le nucléaire"

La Turquie va construire le plus gros navire de guerre d’un pays méditerranéen
Erdogan salue la livraison à l'armée du système "Dôme d'acier"
La nouvelle bombe de l'Armée turque projette 10 000 fragments mortels

Affaires religieuses / Religious Affairs
 
La photo nette et claire de l’islamisation du régime: Le président des affaires religieuses - Ragip Duran
Un voyage du pape en Turquie et au Liban en préparation pour fin novembre

Socio-économique / Socio-economic

Turkish Airlines annonce la commande de 225 avions Boeing
Après un été d'enfer, la Turquie éprouve sa pire sécheresse en un demi-siècle

Haydarpasa, l'adieu aux rails d'une gare mythique d'Istanbul
Gel, grêle, canicules: une saison en enfer pour l'agriculture turque

Turquie: le marié tué par un tir de joie
Un nageur russe porté disparu lors de la traversée du Bosphore
Deux adolescents néerlandais décédés à Istanbul

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Council of Europe urges Turkey to ensure ‘right to hope’ for life-sentenced prisoners
Un militant pro-démocratie libéré après un mois en détention
Deux Françaises emprisonnées pour trafic de drogue clament leur innocence

Le Congrès du Conseil de l'Europe dit "espérer" la libération d'un de ses délégués
Des édiles européens sont allés soutenir le maire emprisonné d'Istanbul

Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Trump à propos d'Erdogan: "Il en sait plus que quiconque sur les élections truquées"

Trump recevra Erdogan le 25 septembre pour discuter de gros contrats d'aviation civile et militaire

Relations régionales / Regional Relations

La Turquie ne rendra jamais l'Inscription de Siloé, artefact convoité par Israël, affirme Erdogan

Sommet en Chine: rencontre entre Erdogan et Poutine
La Turquie ferme ses ports et son espace aérien aux navires et avions israéliens
La Russie a revu ses exigences territoriales en Ukraine, affirme Ankara


Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration

Kamel Daoud, prix goncourt 2024, dénonce "l'entrisme islamiste" en Belgique

Rome et Ankara renforcent leur coopération en matière migratoire

Droits de l'Homme / Human Rights

"Nous n'avons pas peur": le maire emprisonné d'Istanbul de nouveau au tribunal

Ekrem Imamoglu a comparu vendredi, encouragé par les vivats et les applaudissements de ses partisans dans la salle du tribunal de Silivri, la prison où il est détenu depuis mars. "Nous n'avons pas peur!" a lancé le maire d'Istanbul, principal rival du président Recep Tayyip Erdogan qui croule sous les procédures.

A la tête de la principale municipalité et la plus riche du pays, l'édile, arrêté le 19 mars et détenu depuis, a dénoncé une campagne de "harcèlement judiciaire" déclenchée contre lui et accusé le gouvernement d'utiliser la justice comme une arme pour faire taire l'opposition.

Accusé vendredi d'avoir cherché à influencer un procès dans l'une des nombreuses affaires intentées contre lui, il risque pour cette seule affaire jusqu'à quatre ans de détention et une peine inéligibilité, réclamés par le procureur; l'audience a été renvoyée au 12 décembre.

Rejetant les accusations portées contre lui, le maire les a attribuées à la "peur" qu'il inspire au plus haut niveau du pouvoir: "Il y a clairement une personne qui a peur" a-t-il lancé, désignant sans le nommer le chef de l'Etat.

"Ils voient en moi une menace; ils ont peur du seul nom d'Ekrem Imamoglu", a lancé le maire de 54 ans, figure de proue du premier parti d'opposition, le CHP (social-démocrate) dont le président Özgür Özel est venu le soutenir à Silivri, immense centre de détention dans l'ouest d'Istanbul.

"Tous ces procès ne visent qu'à maintenir notre candidat en prison" a déclaré M. özel à la presse.

Ekrem Imamoglu, arrêté avec plusieurs dizaines de collaborateurs de la mairie d'Istanbul pour "corruption" - ce qu'il nie - a été investi comme le candidat du CHP à l'élection présidentielle prévue en 2028 et bénéficie de sondages favorables.

Son arrestation avait déclenché une vague de contestation sans précédent depuis les manifestations de Gezi en 2013.

Depuis, la pression ne cesse de s'affirmer sur le parti et ses élus, avec de nombreux maires CHP arrêtés et parfois démis de leurs fonctions.

 -"Président Imamoglu! -

 "La Turquie est confrontée à un régime et à un président qui instrumentalisent le pouvoir judiciaire pour éliminer les opposants et ceux qui ne pensent pas comme eux", a lancé M. Imamoglu au juge.

"Ils attaquent le CHP et essaient de le fermer en utilisant la justice comme outil. Qu'ils attaquent! Nous n'avons pas peur, et nous n'aurons pas peur" a-t-il martelé.

"Tous les systèmes construits sur l'injustice se sont effondrés, et celui-ci s'effondrera aussi. J'ai confiance en cette nation".

Le maire a fait son entrée aux cris de "Président Imamoglu", scandés debout dans la salle d'audience par des membres de son parti et le public, dans lequel figurait son épouse, Dilek.

Concernant la procédure pour laquelle il comparaissait, son équipe a relevé que bien qu'Istanbul compte "8.806 experts judiciaires enregistrés", c'est le même expert qui a été désigné dans vingt-quatre affaires distinctes impliquant des municipalités du CHP.

Une coïncidence à "la probabilité nulle", estiment ses défenseurs, qui soulève des questions concernant "l'impartialité judiciaire" de cet expert.

M. Imamoglu a dénoncé un "procès sans aucune base solide" et rappelé les propos du président américain Donald Trump, qui a reçu le président Erdogan jeudi à la Maison Blanche.

En 2018, lors de son premier mandat, ce dernier avait remercié le dirigeant turc pour avoir aidé à la libération d'un pasteur américain condamné en Turquie: "L'histoire a-t-elle jamais enregistré pareille intervention directe?", a insisté M. Imamoglu.

M. Trump a également salué jeudi son invité en affirmant qu'"il en sait plus que quiconque sur les élections truquées!". (AFP, 26 sept 2025)

Ce qu’il ne faut pas oublier à l’occasion de la commémoration des exécutions de 1961



Doğan Özgüden
(Artı Gerçek, 17 septembre 2025)
L’histoire de l’État est également entachée par les exécutions des opposants à la dictature du parti unique, à l’écrasement de la nation kurde et au régime oligarchique soutenu par l’OTAN.
Il y a exactement 64 ans… Le 17 septembre 1961… La République de Turquie, dont l’histoire, depuis sa fondation, est tissée de terreur d’État, de massacres et d’exécutions, avait, ce jour-là, de nouveau conduit à la potence un de ses hommes politiques chéris. Hasan Polatkan et Fatin Rüştü Zorlu, condamnés à mort par la Cour de justice de Yassıada, avaient été exécutés la veille, le 16 septembre 1961.

Est-il surprenant qu’un État qui, sans hésiter, alla jusqu’à livrer au bourreau un homme politique qu’il avait lui-même formé, ait, deux ans après, assassiné avec la même sauvagerie les officiers révolutionnaires Talat Aydemir et Fethi Gürcan, puis moins de dix ans plus tard, Deniz Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan, qui ont porté haut la bannière de la résistance contre l’oligarchie tout entière, ainsi que, dans les quatre années qui suivirent le coup d’État du 12 septembre, 18 révolutionnaires, de Necdet Adalı à Hıdır Aslan ?

Ce même État n’avait-il pas aussi, dans les premières années de la république, envoyé en masse à la potence ceux qui s’opposaient à la dictature du parti unique, notamment les résistants de la nation kurde ?

Malgré le retrait de cette peine du Code pénal turc pour permettre l’adhésion de la Turquie à l’UE, nous n’avons pas oublié comment Recep Tayyip Erdoğan, qui a instauré une dictature présidentielle au XXIe siècle, et le leader du MHP Devlet Bahçeli, dans l’incapacité de faire face à la résistance nationale kurde, ont ramené à l’ordre du jour le rétablissement de la peine de mort. Tandis qu’Erdoğan accusait Bahçeli qui, à l’époque, s’opposait à lui, de « ne pas avoir fait exécuter Öcalan durant la période où il était au pouvoir », Bahçeli le mettait au défi : « Eh toi Erdoğan qui planifie une dictature dans son palais illégal et obscur… Pourquoi as-tu attendu 9 ans ? Qui te retient, si tu veux le pendre, je suis prêt à te donner la corde… » 

Il y a 8 ans… Numan Kurtulmuş, qui préside actuellement à la Grande Assemblée nationale de Turquie la Commission « une Turquie sans terreur », avait assisté le 13 juillet 2017 à la cérémonie du 15 juillet organisée par l’Union des démocrates turcs européens (UETD) dans un hôtel de luxe à Bruxelles. Après avoir trahi le Parti de la Félicité (Saadet Partisi) qu’il dirigeait, et rejoint l’AKP en échange d’un poste ministériel, Kurtulmuş, immédiatement devenu vice-Premier ministre, ne tarda pas à rassurer, dans la salle pavoisée de haut en bas de drapeaux turcs, le public scandant sans cesse « Peine de mort pour les putschistes ! » et « Nous ne voulons pas de répit aux terroristes ! » : « Tous les traîtres recevront le châtiment qu’ils méritent, n’ayez aucun doute à ce sujet ! »

En ce sombre jour de commémoration, je me souviens une fois encore des scènes de trahison qui, il y a 64 ans, avaient précédé les jours des exécutions de Menderes, Zorlu et Polatkan…

En 1961, un Conseil des Annonces de Presse (Basın İlan Kurumu), composé de représentants de l’État, des universités, des professionnels de la presse et des employeurs, fut fondé avec pour mission de garantir selon des critères précis une distribution équitable des annonces et publicités officielles à tous les journaux. Je représentais les professionnels de la presse au nom de la Fédération des Syndicats de Journalistes de Turquie.

Safa Kılıçlıoğlu, patron du journal Yeni Sabah (Nouveau Jour), assistait habituellement aux réunions au nom du syndicat des employeurs. Kılıçlıoğlu, qui, des années durant, avait soutenu le gouvernement Menderes et pu faire de Yeni Sabah l’un des quelques plus grands journaux de Turquie, était passé à l’opposition après avoir acquis un certain pouvoir et s’être rendu compte que le gouvernement perdait progressivement le soutien populaire. Il était dès lors devenu l’un des patrons de presse dont Menderes se plaignait le plus, pensant probablement qu’il lui avait planté un couteau dans le dos.

Après une réunion nocturne au siège du Conseil des Annonces de Presse à Cağaloğlu, situé dans le même bâtiment que l’Association des Journalistes d’Istanbul, le directeur général Sabahattin Selek avait invité les membres de l’assemblée générale dans une boîte de nuit clandestine dans une des ruelles de Beyoğlu.

À un moment donné, un représentant de la Chambre de commerce d’Istanbul a proposé que chacun récite son poème préféré pour animer la soirée. Les récitations allaient de la littérature du Divan à la métrique syllabique.

Quand mon tour fut venu, je dis : « Je vais déclamer quelque chose qui vient d’un autre pays que la Turquie », et je poursuivis avec les vers de Paul Eluard :

S’il y a en Espagne un arbre teint de sang
C’est l’arbre de la liberté
S’il y a en Espagne une bouche bavarde
Elle parle de liberté
S’il y a en Espagne un verre de vin pur
C’est le peuple qui le boira

Un silence s’abattit sur la table. Safa Kılıçlıoğlu était particulièrement énervé… Il grommela : « Ici aussi du communisme ? Buvons donc quelques verres pour satisfaire le palais ». Les autres, changeant rapidement de sujet, firent tout pour l’apaiser.

Mais le lendemain, j’allais être témoin d’une des plus révoltantes ingratitudes jamais vues dans ma vie. C’était le vendredi 15 septembre 1961, le dernier jour de la réunion de l’assemblée générale.

Ce jour-là, régnait une tension sur la Turquie tout entière, la Cour de justice de Yassıada allait rendre son verdict au sujet des dirigeants du DP.

À un moment où les débats à l’Assemblée générale s’échauffaient, la porte de la salle de réunion s’ouvrit. Un employé s’approcha de Sabahattin Selek, se pencha vers son oreille et lui murmura quelque chose avant de sortir précipitamment.

Selek, interrompant les discussions, annonça que 15 accusés, dont Adnan Menderes, avaient été condamnés à la peine de mort.

Tout le monde était abasourdi, lorsqu’un éclat de rire éhonté retentit dans la salle. Safa Kılıçlıoğlu, cet individu qui, avec le soutien de Menderes, était devenu l’un des plus grands patrons de médias de Turquie, loin d’être affligé par la condamnation à mort de son ancien maître, riait aux éclats de façon hystérique, sans être dérangé par les regards désapprobateurs de son entourage.

Le procès des dirigeants du DP à Yassıada était vraiment un évènement tragicomique. Outre les choses mesquines telles que l’affaire du bébé ou l’affaire du chien, le traitement dégradant infligé sur l’île à ces personnages par deux fois portés au pouvoir par le suffrage populaire, renversés par un coup d’État, alors qu’ils venaient de dévoiler leur intention de retourner aux urnes, tout cela n’était guère honorable pour les putschistes du 27 mai.

La discipline de caserne infligée aux accusés par le gardien en chef, le Colonel Tarık Güryay, les gestes exagérés du « procureur révolutionnaire », le procureur général Altay Egesel, que j’ai vu se présenter comme le seul membre civil du Comité d’Union nationale immédiatement après le coup d’État à Izmir, et l’attitude partiale du président du tribunal, Salim Başol, envers les accusés, constituaient, en un seul mot, une parodie de justice.

Salim Başol qui, durant le procès de Yassıada, avait offert un exemple inoubliable de soumission de la justice au pouvoir politique en rejetant les objections des accusés et de leurs avocats en déclarant « Le pouvoir qui vous a enfermés ici l’exige ainsi », avait donné un autre exemple d’obéissance au pouvoir, quel qu’il soit, en condamnant les 45 membres du Parti socialiste ouvrier et paysan de Turquie à la prison et à l’exil.

Lors de la transition vers un régime multipartite après la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les partis politiques autres que le CHP furent autorisés, l’un des premiers partis fondés fut le Parti socialiste ouvrier et paysan de Turquie. En parallèle, des syndicats de gauche étaient en voie de constitution. Cependant, le gouvernement du CHP, se plaçant rapidement aux ordres de l’impérialisme américain, ne put tolérer l’existence de partis et de syndicats de gauche et ordonna au commandement de l’état de siège de dissoudre ces partis et syndicats et d’arrêter leurs dirigeants.

Au terme de mois d’audience, le 14 juillet 1948, la Haute Cour pénale, sous la présidence de Salim Başol, condamna le chef du parti, le Dr. Şefik Hüsnü Deymer, à cinq ans de prison ainsi qu’à une peine d’exil de même durée. Les 44 autres membres du parti furent également condamnés à des prisons allant jusqu’à 4 ans de prison et à une peine d’exil de même durée.

À l’issue des procès de Yassıada, l’ancien président Celal Bayar fut condamné à la réclusion à la perpétuité plutôt qu’à la peine capitale en raison de son âge avancé. Le Comité d’Union nationale conforma toutefois la peine capitale de trois des 15 personnes condamnées : le Premier ministre Adnan Menderes, le ministre des Affaires étrangères Fatin Rüştü Zorlu et le ministre des Finances Hasan Polatkan.

Pour éviter toute réaction de masse, le Comité d’Union nationale décida de procéder immédiatement aux trois exécutions. De fait, Fatin Rüştü Zorlu et Hasan Polatkan furent exécutés sur le champ. Quant à l’exécution de Menderes, elle fut reportée d’un jour en raison de sa tentative de suicide, ce qui rendit la situation encore plus dramatique.

À l’époque, j’étais le représentant du journal Öncü (Avant-garde) à Izmir… De retour à Izmir le soir de l’annonce des condamnations à mort, je fus surpris. Izmir, bastion du DP, était une ville morte. Il n’y eut aucune manifestation de masse contre l’exécution de Menderes.

Ceux qui s’étaient rassemblés dans les centres provinciaux du Parti de la Justice et du Parti de la Nouvelle Turquie, fondés pour se partager l’héritage du DP dissous, n’ont tenté aucune manifestation de rue, se contentent de pleurer et de se lamenter entre eux.

Et le 17 septembre 1961, Adnan Menderes fut à son tour exécuté.

Les nationalistes et les partisans de l’oumma, qui n’avaient montré à l’époque aucune réaction sérieuse contre ces exécutions, se vengèrent d’abord sur les officiers révolutionnaires Talat Aydemir et Fethi Gürcan en 1963, puis les jeunes révolutionnaires Deniz Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan en 1971, avant de massacrer avec la même sauvagerie 18 révolutionnaire, de Necdet Adalı à Hıdır Aslan, dans les quatre ans qui suivirent le coup d’État du 12 septembre.

Comme je l’ai rappelé plus haut, ceux qui ont abrogé la peine de mort du Code pénal turc pour devenir membre de l’Union européenne n’ont pourtant pas hésité de temps à autre à exprimer leur intention de la restaurer, en particulier lorsque Erdoğan et Bahçeli – aujourd’hui copains comme cochons – s’attaquaient mutuellement, au point de brandir une corde, pour attirer à eux les votes de droite.

Erdoğan, qui exploite à fond le panislamisme aussi bien que la nostalgie du DP, allant jusqu’à faire des oraisons funèbres sur l’exécution de Menderes lorsque cela lui chante, n’a pas hésité à prononcer des discours d’une hypocrisie sans pareil, en déclarant : « Que le Parlement approuve la peine de mort, je l’approuverai immédiatement ».

Comme je l’ai dit à l’occasion d’une autre commémoration… La Turquie est le pays des grandes surprises… Quant à la peine de mort, elle est une arme extrêmement dangereuse et perfide… Tel le boomerang des Aborigènes d’Australie, elle peut un jour revenir frapper celui qui l’a lancée !

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UNE PRECISION: En tant que journaliste ayant été rédacteur en chef pendant de nombreuses années tant en Turquie qu’en exil, je considère de mon devoir de déclarer que le retrait après publication de l’article de Baskın Oran qui, depuis la création d’Artı Gerçek en février 2017, y écrit comme moi sans interruption depuis 8 ans, est contraire à l’esprit de la liberté de la presse. 

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

“Il n’est pas facile d’être Turc”
 
Ragip Duran, TVXS.GR, 14 septembre 2025
 
Le petit retraité dans sa maison de vacances, le pauvre petit fonctionnaire entre l’office et la maison de son beau-père, le paysan endetté, l’étudiant qui attend toujours l’argent envoyé par son père, l’ex-député kurde aujourd’hui en exil en Allemagne… la majorité des citoyens du pays souffre de la carence d’espoir et se sent déprimés.
 
Le monde vu du dehors, à travers les médias ne correspond pas du tout aux réalités quotidiennes. Ces deux univers sont en pleine contradiction.
 
Par exemple:
 
Les rencontres sportives en Turquie surtout les matchs internationaux sont les sujets les plus en vue dans les cafés de commerce, mais également dans les lieux de travail, les écoles et les maisons. Depuis 10 jours, l’équipe de football turque a perdu 0-6 contre l’Espagne à Konya (Anatolie centrale) mais l’équipe des volleyballeuses a terminé le championnat mondial en 2ème position. L’équipe masculine de basketball remporte des victoires au championnat d’Europe qui se poursuit à Riga.
 
Les médias réservent une grande place à ces rencontres. Moyen de provoquer le nationalisme voire le racisme le sport, le football en particulier reste encore et toujours le sujet le plus populaire pour “couvrir” les événements très négatifs relatés uniquement par les médias globaux et la presse d’opposition peu forte.
 
Même si les équipes nationales remportent des victoires les salaires et les revenus des gens n’augmentent pas alors que les prix du pain, des fruits et des végétaux montent en flèche.
 
“La Commission de la Solidarité Nationale, de la Fraternité et de la Démocratie” du Parlement turc en train de préparer sa 8ème réunion n’a pas encore produit un résultat concret, alors qu’elle a été créée pour trouver une solution pacifique et politique au problème kurde. Seulement 37% des citoyens déclarent avoir un espoir sur les travaux de cette commission selon un sondage récent.
 
Plus de 40 milles personnes, activistes armés et civils kurdes en majorité, soldats, policiers et civils turcs aussi avaient perdu leurs vies lors des décrochages entre les forces de l’ordre turc et les activistes armés kurdes depuis 1984. Les décisions de cette commission ne rendront pas la vie à ces défunts. 
 
Les pourcentages de la délinquance et de la criminalité chez les jeunes sont en hausse spectaculaire à cause des attaques à main armée en rapport avec les bandes de trafiquants de drogues et des mafiosos.
 
Depuis au moins 2 semaines, 6 personnes ont été tuées par des tireurs mineurs.
 
Les rues des grandes villes ne sont plus en sécurité, admettent l’ensemble des citoyens. “On se croira dans une ville du Mexique ou de la Colombie où tous les jours les gens sont tués par des fusils à bout portant” constate un journaliste d’Istanbul.
 
“Le Palais d’Erdogan s’en fout complètement. Son seul objectif est de neutraliser voire de détruire en entier la principale formation de l’opposition, le CHP, parti crée par le fondateur de la République, Moustapha Kemal Atatürk” poursuit-il. En effet, le CHP se renforce de plus en plus depuis les élections locales du 31 mars 2024 et il est devenu le parti majoritaire sur l’ensemble du pays. Erdogan est en pleine panique, car il a compris que lui-même et son parti perdront les prochaines élections.
 
Le Prof. Haluk Sahin, doyen des Sciences de l’Information et journaliste chevronné avait intitulé son livre paru en 1985 “Pas facile d’être turc”. Dans un article, il racontait l’aventure d’un couple turco-américain. Universitaires, tous les deux, Monsieur et Madame avaient obtenu leurs doctorats aux Etats Unis, avaient enseigné dans les universités américaines et après 15 ans d’enseignement, ils avaient pris la décision de rentrer en Turquie, pays natal de Madame. Au départ ils étaient très bien accueillis par l’université et la société turque. Bon salaire, logement gratuit pour les professeurs et autres privilèges de la vie universitaire. Mais les beaux-parents turcs, un peu conservateur, ont d’abord demandé la circoncision du gendre américain. D’accord, obligatoirement. Il parlait déjà le turc. Les beaux-parents ont ensuite demandé au gendre d’adopter la religion musulmane.  D’accord encore sans le vouloir vraiment. Puis les beaux-parents ont désiré que le gendre obtienne la citoyenneté turque. D’accord encore. Alors commencé le cauchemar : ils ont été expulsés du logement de l’université, son salaire a été réduit au salaire d’un universitaire turc, enfin le parquet a ouvert une interrogation, car le gendre qui a été accusé d’espionnage !
 
Un confrère journaliste français d’Istanbul, avait formulé cette malheureuse transformation de la façon suivante :
 
“La Turquie est un paradis pour les journalistes ou universitaires étrangers. Car la vie socio-politique est très vivante, très dynamique. À chaque instant se produit un nouveau fait, donc peut être un papier à la une. Le problème, la difficulté, c’est quand on devient citoyen de ce pays. Alors c’est l’enfer !”

Malgré les pressions, le principal parti d'opposition reste vent debout contre "sa majesté" Erdogan

Burcin GERCEK, AFP, 12 sept 2025

La pression judiciaire croissante contre le CHP, principal parti de l'opposition turque qui pourrait voir lundi sa direction destituée, ne fait que renforcer sa base, affirment ses responsables, qui refusent de capituler face au pouvoir.

Depuis le revers subi par le camp gouvernemental lors d'élections locales en mars 2024, la répression s'est abattue sur le CHP (Parti républicain du peuple, social-démocrate), qui avait dominé le scrutin.

Ces derniers mois, de nombreux élus ont ainsi été arrêtés pour "terrorisme" ou "corruption", dont le très populaire maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, emprisonné depuis mars.

La semaine passée, la direction provinciale du CHP à Istanbul a également été destituée, au motif d'irrégularités lors d'un congrès de 2023.

Un tribunal d'Ankara doit se prononcer lundi sur des allégations similaires lors d'un congrès national organisé la même année, faisant craindre aux partisans du CHP le remplacement d'Özgür Özel, élu patron du parti lors de ce congrès, par un administrateur.

 - "Plutôt m'enfoncer dans la terre"-

 Depuis l'arrestation du maire d'Istanbul, figure du CHP, M. Özel a su galvaniser les foules, s'attirant les foudres du pouvoir en organisant chaque semaine des rassemblements, jusque dans des villes longtemps considérées comme des bastions du président Recep Tayyip Erdogan.

"Ils ne veulent pas que nous résistions dans la rue (...). Le Parti républicain du peuple n'est pas et ne sera pas le parti d'opposition de sa majesté", a martelé M. Özel mercredi lors d'un rassemblement à Istanbul, en référence au président turc.

"Plutôt m'enfoncer dans la terre que d'être un leader de l'opposition qui plairait à Erdogan", avait-il lancé la semaine passée.

Si M. Özel était destitué au profit d'un administrateur, "la direction actuelle du CHP pourrait refuser d'abandonner le siège du parti. Un scénario intéressant pourrait alors se produire où le CHP aurait deux têtes en même temps", estime l'analyste politique Berk Esen.

Anticipant ces scénarios, plus de 900 délégués du CHP ont déjà appelé à un congrès extraordinaire du parti le 21 septembre, lors duquel Özgür Özel a toutes les chances d'être réélu.

 - "Régime à la russe" -

 Malgré le risque que la justice place l'ancien patron du CHP Kemal Kiliçdaroglu, tombé en disgrâce, à la tête du parti, Murat Bakan, son vice-président, estime improbable une division de la formation.

"Avec l'arrivée d'Özgür Özel, le parti a grandi. Son électorat s'est élargi, tout comme le nombre de ses membres", affirme-t-il.

Selon lui, la pression judiciaire visant le CHP a eu pour effet inverse de "consolider son électorat". "Le sentiment d'unité et de solidarité des électeurs s'est renforcé", soutient-il.

"Si le gouvernement épuise toutes les pistes, nous pouvons appeler les électeurs à descendre dans la rue et développer des méthodes de protestation alternatives", affirme Murat Bakan, pour qui le pouvoir "tente de créer une opposition qui n'existerait que dans la forme (...) comme en Russie ou en Biélorussie".

Pour Berk Esen, "certains opposants estiment qu'un régime à la russe a déjà pris forme et se disent qu'Erdogan restera au pouvoir jusqu'à sa mort". "Ils pensent qu'il faut donc trouver un moyen de s'entendre avec lui. C'est le plus grand risque", estime-t-il.

"L'économie turque repose en grande partie sur le soutien des investisseurs étrangers. En cas de chaos politique, ces investisseurs chercheraient à fuir le pays, entraînant une chute de la Bourse d'Istanbul et de la livre turque", met en garde l'économiste Yakup Küçükkale.

"Ils bafouent tout pour maintenir leur pouvoir. Les lois, la démocratie, l'économie, tout", regrette pour sa part Ahmet Ozer, un retraité d'Ankara.

"Mais ils découvriront que la volonté du peuple est plus grande qu'eux. Plus ils font pression, plus je me sens déterminé à soutenir le CHP", dit-il, précisant qu'il se rendra à un rassemblement du parti prévu dimanche à Ankara.

Septembre, le mois des pogroms, des coups d’états et des souffrances…

Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 11 septembre 2025

Le 11 septembre marque le 52e anniversaire du coup d’État de 1973 au Chili. Et le 12 septembre marquera le 45e anniversaire du coup d’État fasciste de 1980 en Turquie. Mais si Septembre est un mois douloureux pour notre génération, il ne le doit pas seulement à ces deux coups d’État. Il y a aussi ce terrible pogrom des 6-7 septembre 1955…

J’ai partagé mon témoignage et mes commentaires au sujet de ce pogrom dans mon article de la semaine passée.

Lors du coup d’État du 12 mars 1971 en Turquie, trois autres pays européens – le Portugal, l’Espagne et la Grèce – se trouvaient également sous dictature fasciste. Dans la résistance démocratique que nous avons organisée à l’étranger, nous avons bénéficié d’une grande solidarité de la part des exilés politiques de ces pays, qui avaient acquis une solide expérience dans la lutte antifasciste.

En retour, nous avons à notre tour accueilli après le coup d’État fasciste du 11 septembre 1973 au Chili les exilés politiques venus de ce pays et soutenu leur organisation en Europe. En même temps, nous avons beaucoup appris d’eux sur la réalité de l’Amérique latine et sur les luttes antifascistes sur ce continent.

Comme à chaque anniversaire, nous avions assisté le 11 septembre 1980 à une soirée organisée par eux pour le septième anniversaire du coup d’État au Chili, et au cours de nos conversations jusqu’aux petites heures, nous avions particulièrement insisté sur la menace imminente d’un coup d’État en Turquie.

Comment aurait-il pu en être autrement ? Deux mois plus tôt, le 11 juillet 1980, la première répétition générale du coup d’État militaire avait eu lieu avec l’Opération Nokta (Point final), au cours de laquelle un bataillon d’infanterie mécanisée, une unité commando de gendarmerie et des unités de renfort du commandement provincial de régiment avaient été mobilisés pour renverser l’exécutif municipal progressiste établi à Fatsa sous la direction de Fikri Sönmez.

Nos amis chiliens en exil politique nous avaient rappelé que leur propre gouvernement n’avait pas agi avec suffisamment de vigilance en ne prenant pas les précautions nécessaires lors des préparatifs du coup d’État militaire qui fut planifié dans leur pays par la CIA.

Les années 1960 furent une période de montée de la vague de gauche tant en Turquie qu’au Chili. Surtout en 1970… Cette année-là, alors que la lutte socialiste et anti-impérialiste se diffusaient sur l’ensemble de la Turquie, notre classe ouvrière occupa Istanbul les 15-16 juin pour protester contre le vote au Parlement par une entente entre le gouvernement AP (Parti de la justice) et l’opposition CHP (Parti républicain du Peuple) de l’amendement de la Loi sur les Syndicats visant à anéantir la DİSK (Confédération des Syndicats ouvriers progressistes) … L’armée qui, jusqu’alors qualifiée de « progressiste » et même de « révolutionnaire », y compris par une partie de la gauche, avait dans les faits été intégrée à la classe capitaliste par le fonds de pension OYAK (Institution de Solidarité de l’Armée), fondé après le coup d’État du 27 mai 1960, et érigée en « gardien du système politique » avec le Conseil de Sécurité nationale, ouvrit ce jour-là le feu sur les travailleurs. La loi martiale fut alors instaurée, et les résistants arrêtés et torturés.

Pendant ces évènements en Turquie, au Chili, l’Unidad Popular, constituée par le Parti socialiste, le Parti communiste et la gauche radicale du MIR, infligea une défaite cuisante aux partis de droite soutenus par les USA lors des élections du 4 septembre 1970, et le socialiste Salvador Allende devint président de la République. 

Je n’oublierai jamais cette victoire des forces de gauche du Chili, les nationalisations successives de secteurs clés de l’économie du pays comme le secteur bancaire, l’agriculture, les mines de cuivre et les communications, qui permirent d’offrir de meilleurs services à la population chilienne. Cette victoire fut un formidable stimulant moral pour nous qui, en Turquie, étions constamment opprimés et menacés, et renforça notre détermination à lutter.

LES SOMBRES ANNÉES 1970 EN TURQUIE ET AU CHILI…

En réalité, la loi martiale instaurée après les 15-16 juin 1970 fut la répétition générale d’un coup d’État militaire.

Après la formation d’un gouvernement à la botte des militaires à la suite du mémorandum du 12 mars 1971, la loi martiale fut décrétée en avril, déclenchant une « opération massue » sur l’ensemble de la Turquie. Le Parlement ne fut pas dissous lors de ce premier coup d’État étant donné que tous les partis politiques avaient soutenu à l’unanimité le mémorandum du 12 mars et le régime de loi martiale. Seul à s’y opposer, le Parti ouvrier de Turquie fut fermé la même année par la Cour constitutionnelle pour avoir publié, lors de son dernier congrès, une déclaration défendant les revendications démocratiques de la nation kurde.

Avec le commencement d’une chasse à l’homme, des milliers de révolutionnaires et de démocrates furent arrêtés et torturés, puis jugés par des tribunaux de loi martiale avec des actes d’accusation exigeant jusqu’à la peine de mort, et condamnés à de lourdes peines de prison. Trois dirigeants de la jeunesse révolutionnaire, Deniz Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan furent exécutés après approbation de ce jugement au Parlement par tous les députés du parti au pouvoir et une partie des députés du CHP dans l’opposition.

Sous la pression du Conseil de l’Europe, que les organisations démocratiques en exil avaient constamment informé au sujet de cette oppression, la loi martiale fut levée et des élections générales organisées en Turquie en 1973. Cependant, cette même année, le Chili commença tout au contraire à se diriger vers des jours sombres.

Les réformes profondes mises en œuvre par l’administration Allende contrarièrent au plus haut point l’impérialisme des USA qui considéraient toute l’Amérique latine comme leur colonie. De même qu’Eisenhower avait introduit une doctrine visant à politiser l’islam pour domestiquer les pays du Moyen-Orient sous l'inspiration nationaliste et indépendantiste, la politique d’intervention, dérivée de la théorie des « dominos » brevetée par le même Eisenhower, fut également lancée en Amérique latine.

Suivant cette théorie, tout comme les dominos viennent à tomber à la chaîne les uns à la suite des autres, l’adoption d’un régime communiste par l’un des États du continent américain était de nature à inciter les autres États à poursuivre assez vite les mêmes desseins.

Conformément à cette théorie, l’administration Kennedy orchestra l’invasion de la baie des Cochons contre Cuba, une invasion qui se solda par une défaite. Cette fois, toujours en Amérique latine, un coup d’État était absolument nécessaire pour empêcher le Chili de se « communiser ». À cette fin, des manifestations et des grèves furent organisées contre le gouvernement avec le soutien direct de la CIA.

Dans ce contexte, le président du Chili Allende commit une grave erreur en laissant l’armée chilienne entièrement entre les mains des généraux à la solde des Américains. Des officiers chiliens continuaient de suivre une formation contre-guérilla dans les écoles militaires américaines de la zone du canal de Panama. Le nombre d’officiers chiliens formés dans ces écoles militaires passa de 107 en 1969 à 197 en 1972. Durant la même période, les ventes d’armes et d’équipements militaires américains au Chili passèrent de 1,6 million de dollars à 14 millions de dollars.

Lors d’une visite au Chili en 1971, le leader cubain Fidel Castro, conscient de la possibilité de la préparation imminente d’un coup d’État par les USA, conseilla à Allende de mettre fin à cette coopération militaire et, surtout, d’armer la population. Cependant, Allende ignora non seulement ces recommandations, mais nomma, le 23 août 1973, comme chef d’état-major général, Pinochet, le général chilien le plus pro-américain et le plus fou furieux.

Vingt jours après avoir pris la tête de l’armée, le général Pinochet, avec le soutien de la CIA et des missions militaires américaines, organisa un coup d’État le matin du 11 septembre 1973, instaurant dans le pays une dictature fasciste qui allait durer 15 ans.

LES ANNÉES 80 D’UNE TURQUIE À NOUVEAU PLONGÉE DANS LES TÉNÈBRES…

Après la soirée où nous nous étions retrouvés avec nos amis chiliens pour commémorer le 7e anniversaire de ce coup d’État, je m’étais réveillé, comme à mon habitude, tôt le matin du 12 septembre 1980, et me préparais à travailler. Alors que j’allumais la radio belge à 6 heures, un flash-info annonçait la nouvelle qu’un coup d’État avait lieu en Turquie. Le coup d’État faisait également la une des autres radios européennes. Les déclarations de la junte fasciste étaient diffusées en continu sur la radio turque.

Le leader de ce coup d’État, le général Kenan Evren, pro-américain et contre-insurrectionnel était, tout comme Pinochet au Chili, un commandant en chef nommé avec une grande légèreté comme chef d’état-major général le 7 mars 1978 par le leader du CHP, Bülent Ecevit, Premier ministre à l’époque.

Et tout comme au Chili, les craintes suscitées par le 12 septembre 1980 se concrétisèrent en Turquie. 

En tant qu’Info-Türk, nous publiâmes immédiatement un communiqué de protestation. À l’époque, İnci et moi étions aussi tous deux responsables de l’organisation européenne du Parti ouvrier de Turquie. Et comme l’organisation officielle du parti à l’étranger était interdite, nous poursuivions nos activités politiques sous le nom de l’Union pour la Démocratie.

Je tentai d’entrer en contact avec les dirigeants du parti en Turquie afin d’obtenir des informations sur le coup d’État et de marquer notre position, mais personne ne répondait. Cependant, après 9 heures, je pus établir le contact avec des amis journalistes proches du parti travaillant à l’agence des nouvelles turques (Türk Haberler Ajansı) Osman Saffet Arolat et Niyazi Dalyancı dont je pus obtenir des informations détaillées. Seule la présidente du parti Behice Boran était assignée à résidence ; ils ignoraient où se trouvaient les autres dirigeants.

Après nous être entretenus avec chacun des amis responsables en Allemagne, en France et en Suisse, nous publiâmes dans différentes langues le premier communiqué à l’intention de l’opinion publique mondiale au nom de l’Union pour la Démocratie. Nous lançâmes cet appel, en soulignant que l’intervention du 12 septembre était un coup d’État fasciste encouragé et soutenu par l’OTAN :

«Ce coup d’État est le point culminant de l’escalade fasciste dans notre pays. Le peuple de Turquie qui a subi les interventions militaires successives de 1960, de 1971 et enfin de 1980 déchirera sans doute ces ténèbres avec une lutte tenace. Aujourd’hui, c’est le jour d’unité et de lutte de toutes les forces de démocratie de Turquie contre le fascisme. Nous appelons toutes les forces démocratiques du monde à se solidariser avec la lutte légitime du peuple de Turquie ».

Nous publiâmes dans les bulletins d’Info-Türk en anglais, français, allemand, néerlandais et turc, un rapport détaillé sur les préparatifs du coup d’État du 12 septembre, le rôle de l’OTAN et du grand capital dans ce coup d’État, la situation de l’armée putschiste sur les plans non seulement militaire, mais aussi politique, économique, social et culturel, ainsi que les premières réactions internationales.

Alors que la Communauté économique européenne, le Conseil de l’Europe, et même l’Assemblée parlementaire de l’OTAN adoptèrent une attitude critique envers ce coup d’État anéantissant le régime parlementaire, l’attitude des parlementaires turcs dont le parlement avait été dissous et leurs partis fermés, était véritablement scandaleuse.

Lors de la première réunion de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe tenue à Strasbourg après le coup d’État, Turan Güneş, Cevdet Akçalı, Metin Toker et Besim Üstünel, sur instruction de la junte, y prirent part en défendant la nécessité du coup d’État.

Malheureusement, ces parlementaires défenseurs de la junte furent rejoints par le professeur Muammer Aksoy lors de la réunion sur les droits humains organisée par l’APCE aux Pays-Bas en mars 1981.

Heureusement, l’APCE mit elle-même fin, par une décision du 14 mai 1981, à la comédie de prendre au sérieux les représentants d’un parlement dissous par la junte.

Le premier choc majeur qui nous fut porté sur la scène internationale vint, comme après le coup d’État du 12 mars, de l’Union soviétique.

Comme je l’ai déjà écrit, l’Union soviétique continua d’entretenir de bonnes relations avec le régime d’Ankara après le coup d’État du 12 mars 1971. Alors que Deniz Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan se trouvaient dans le couloir de la mort, le président du Praesidium du Soviet suprême Podgorny n’hésita pas à effectuer une visite amicale à Ankara.

Après le coup d’État du 12 septembre 1980, tandis que les institutions occidentales, à l’exception des USA, adoptèrent une position critique à son égard, le Premier ministre de l’URSS Kossyguine envoya des messages de félicitations à la fois au chef de la junte Evren et au Premier ministre Bülent Ulusu dès la formation du gouvernement militaire. 

Ce message, ainsi que la politique globalement conciliante adoptée par l’URSS et les autres pays socialistes à l’égard de la junte, conduisirent inévitablement les forces de gauche de Turquie à diverger sur la manière de qualifier la junte et sur l’attitude à adopter à son égard.

Alors que la majorité des organisations progressistes de Turquie en exil qualifièrent la nouvelle administration de « junte militaire fasciste », celles dans la ligne du TKP (Parti communiste de Turquie), conformément aux directives qu’elles avaient reçues, s’opposèrent avec force à ce qualificatif et imposèrent que l’on s’en tienne au terme de « junte militaire ».

Cette injonction était devenue à ce point risible que, par exemple, au terme de plusieurs jours de débats, le communiqué commun publié en Belgique soulignait en préambule que certaines organisations signataires qualifiaient la junte de fasciste, tandis que d’autres la caractérisaient simplement comme « militaire ».

Peu après, le numéro 237 de Kurtuluş (Libération), l’organe de l’ATTF (Fédération des Socialistes Turcs en Europe), organisation liée au TKP, datée du 15 avril 1981, suscita un tollé général après la publication en pleine page des photographies de taille égale de Kenan Evren et de Leonid Brejnev avec la mention, en manchette, « L’amitié turco-soviétique célèbre ses 60 ans ».

De plus, l’année suivante, le chef de la junte Kenan Evren se vit décerner la « Grande Étoile des Balkans » lors de la visite qu’il fit en Bulgarie les 25-28 février 1982. Et tout cela au moment où des membres du TKP étaient arrêtés et torturés en Turquie…

Septembre fut non seulement le mois du coup d’État de 1980, mais aussi celui de nombreux autres évènements marquants de la vie politique de Turquie…

Par exemple, le Parti communiste de Turquie, fut fondé à une date précoce, le 10 septembre 1920, lors d’un congrès tenu à Bakou, mais devint aussitôt une cible de taille de l’État turc. Le leader du parti Mustafa Suphi et ses camarades partirent pour Ankara en janvier 1921, à l’invitation de Mustafa Kemal, avec qui ils avaient noué des relations pour soutenir la guerre d’indépendance en Anatolie. Cependant, ils furent empêchés d’atteindre Ankara par le commandant du 9e corps d’armée Kâzım Karabekir. Ils arrivèrent à Trabzon après avoir subi en chemin maintes insultes et agressions, et furent sauvagement assassinés les 28-29 janvier 1921 en mer Noire par Yahya Kayha et ses hommes sous les ordres du régime d’Ankara.

Le CHP, le plus ancien parti politique de Turquie encore existant, fut fondé le 9 septembre 1923 et détint seul le pouvoir pendant de nombreuses années. Toutefois, le CHP, comme les autres partis politiques, fut dissous par la junte militaire après le coup d’État du 12 septembre 1980, et ne put reprendre ses activités que le 9 septembre 1992 après la levée des interdictions.

102 ans après sa fondation et 33 ans après sa refondation, le CHP lutte aujourd'hui pour sa survie sous les coups, d’une part, de ses factions internes, et d’autre part, des sanctions illégales qui lui sont imposées par la dictature Erdoğan-Bahçeli.

LES ORIENTATIONS DIFFÉRENTES PRISES PAR LE CHILI ET LA TURQUIE APRÈS LES COUPS D’ÉTAT

Oui, le Chili et la Turquie, deux pays distants de milliers de kilomètres, ont connu et continuent de connaître des trajectoires différentes après la noirceur des coups d’État vécus dans les années 70.

Au Chili, le général Pinochet a poursuivi sa dictature absolue pendant 15 ans jusqu’en 1988, date à laquelle il a été contraint de démissionner à la suite du « non » prononcé par la majorité lors d’un référendum qu’il avait organisé pour se maintenir au pouvoir.

En Turquie, le règne du général Evren, qui s’est fait élire à la présidence avec les 92 % de suffrages exprimés en sa faveur lors du référendum organisé sous la contrainte en 1982, prit fin un an après celui de Pinochet, le 9 novembre 1989, lorsqu’il céda le fauteuil à Turgut Özal, l’homme lige du FMI et le fidèle vice-premier ministre de l’époque de la junte.

Mais ces deux pays, qui étaient politiquement au coude à coude à certaines époques, sont aujourd’hui très éloignés… Dans le Chili d’aujourd’hui, la démocratie parlementaire est souveraine, les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire sont indépendants les uns des autres, et la presse et les organisations démocratiques de masse sont libres.

Quant à la Turquie, les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire y sont concentrés entre les mains d’une seule personne, le Parlement y est incapable d’exercer ses fonctions législatives et de contrôle, et les municipalités locales y sont paralysées par des pratiques de mise sous tutelle ou de menaces. La propriété des médias mainstream y est concentrée entre les mains de capitalistes intimement liés au président, et les journalistes libres soit embastillés soit exilés. Les prisons ne suffisent pas à répondre au nombre des prisonniers politiques.

De plus, même le CHP, le plus ancien et actuel principal parti d’opposition de Turquie, est une cible directe du terrorisme d’État avec l’arrestation et la destitution d’Ekrem İmamoğlu, élu maire d’Istanbul par trois fois et successivement au suffrage populaire, et d’autres responsables municipaux, suivies de l’arrestation et de la destitution de dirigeants du parti.

En résumé : le Chili, l’un des deux pays victimes de coup d’État, est désormais un pays démocratique sans problèmes majeurs avec ses voisins, tandis que la Turquie, bien malheureusement, est devenue un pays sous gouvernement paranoïaque, en proie à des problèmes avec tous les pays, de l’Europe au Moyen-Orient.

Sortir la Turquie de cette terrible période sombre et en faire un pays respectueux des droits humains et garantissant une véritable égalité et liberté à tous les peuples vivant sur son territoire et dans la diaspora, demeure une responsabilité partagée par tous les partis politiques, à commencer par le Parti démocratique du Peuple (DEM) et le CHP.

Tout en évitant, bien évidemment, de tomber dans les pièges du type de la « Turquie sans terreur » tendus par ceux qui dirigent notre pays depuis des années en usant des variantes les plus hideuses de terrorisme d’État, et en prenant constamment pour cible les pays voisins au nom de la turcité et de l’islam…

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN


Turquie: Le tyran désire liquider l’opposition

Ragip Duran, TVXS.GR, 7 septembre 2025


Le 45ème Tribunal Civil de Première Instance d’Istanbul a décidé le 2 septembre dernier d’annuler le 38ème congrès local du CHP (Parti Républicain du Peuple, kémaliste, 137 sièges au Parlement sur 592, principale formation de l’opposition, grand gagnant des dernières élections locales du 31 mars 2024). Ainsi l’ensemble des membres de la direction locale et y compris le Président sont démis de leurs fonctions. Le Tribunal a également nommé provisoirement 5 administrateurs à leur place.

Ce dernier ‘’Coup du Judiciaire’’ contre les élus est violemment protesté par l’opposition. Les juristes rappellent que le tribunal civil n’a pas la compétence de nommer des administrateurs.

La montée en masse de l’opposition kémaliste contre le régime Erdogan dérange visiblement le Palais. L’ensemble des sondages d’opinion publique montre qu’Erdogan est au moins en arrière de 10 points contre Ekrem Imamoglu maire d’Istanbul, en prison depuis le 19 mars 2025 et contre Mansur Yavas, maire CHP d’Ankara en poste.

L’opposition continue à organiser dans plusieurs villes du pays de grandes manifestations de protestation contre Erdogan.

Le pouvoir vise en particulier les municipalités dirigées par le CHP, mais aussi celles du DEM (Parti de l’Egalité et de la Démocratie des Peuples, kurdes et gauches, 56 sièges au Parlement).

Le Palais par l’intermédiaire des tribunaux ou bien directement par les arrêtés du ministère de l'Intérieur a déjà nommé 13 administrateurs à la place des maires élus depuis 2024. Et aujourd’hui 35 maires, dont la majorité des membres du DEM, sont toujours en prison.    

La nouvelle stratégie du pouvoir est de menacer les maires du CHP, qui ont des problèmes avec les tribunaux et les forcer à quitter l’opposition et à joindre l’AKP. Si le maire n’a pas de problème avec la judiciaire alors le pouvoir trouve un membre de la famille du maire, poursuivi par la justice. 

Le dernier coup local à Istanbul, la plus grande ville du pays où vivent plus de 15 millions de citoyens a renforcé les inquiétudes des observateurs : ‘’Erdogan désire liquider complètement l’opposition. L’opération d’Istanbul peut être le début d’une grande attaque et demain, il peut aussi nommer un administrateur à la tête du CHP au niveau national’’ croit Yalcin Dogan, chroniqueur du site d’information T24. ‘’Il peut même ne pas organiser des élections’’ ajoute-t-il.

Dans l’absence de la séparation des pouvoirs, donc d’un système judiciaire indépendant les tribunaux sont en général sous les ordres du Palais. L’opposition n’a pas beaucoup de moyens pour contrecarrer les opérations illégales et illégitimes du régime.

‘’Tout ce qui est mauvais est déjà réalisé. Désormais, on voit le pire. Mais on ne sait pas jusqu’où ira cette décadence’’ conclut un journaliste en exil en Belgique.


En Turquie, les avocats face aux griffes du pouvoir

Les enquêtes et arrestations qui s'abattent sur l'opposition turque font aussi des dégâts chez les avocats du pays, qui ont vu ces derniers mois l'étau de la justice se resserrer sur eux.

Ainsi, quand le maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu a été arrêté en mars, ce fut neuf jours plus tard le tour de son avocat, puis le mois suivant celui de l'avocat de son avocat.

"Il s'agit d'une tentative d'intimidation", a dénoncé ce dernier, Yigit Gökçehan Koçoglu, à sa sortie de garde à vue.

"Les avocats turcs subissent une pression sans précédent", s'est inquiété la semaine passée le bâtonnier d'Istanbul Ibrahim Kaboglu, qualifiant lors de la rentrée judiciaire l'année écoulée d'"année noire" pour son barreau, le plus important du pays.

Le sort du bâtonnier et des membres du Conseil de l'ordre du barreau d'Istanbul, destitués fin mars -- une décision dont ils ont fait appel --, doit être de nouveau débattu mardi et mercredi devant un tribunal de la ville.

Les onze avocats sont poursuivis pour "propagande terroriste" et "diffusion publique de fausses informations" pour avoir réclamé une enquête sur la mort fin 2024 en Syrie de deux journalistes kurdes turcs, visés par un drone de l'armée turque selon une ONG, ce qu'Ankara rejette.

Mais cette procédure et les attaques à répétition contre les avocats servent surtout de prétextes au pouvoir, juge le bâtonnier d'Istanbul.

 - "Attaques croissantes" -

 "Quand les avocats sont ciblés, ce sont les justiciables, les citoyens, la société civile et l'opposition potentielle qui sont ciblés", déclare à l'AFP M. Kaboglu, qui estime qu'une dizaine d'avocats ont été arrêtés et/ou incarcérés cette année rien qu'à Istanbul, ville secouée au printemps par une vaste contestation déclenchée par l'arrestation de son maire.

Les défenseurs stambouliotes ne sont pas les seuls visés: fin mars à Izmir, troisième ville du pays, sept avocats défendant des manifestants arrêtés pour avoir protesté contre l'arrestation du maire d'Istanbul, plus sérieux rival du président Recep Tayyip Erdogan, ont été placés en garde à vue.

"La hausse des arrestations et des détentions d'avocats ne peut s'expliquer que par la pression et les attaques croissantes contre la société", affirme à l'AFP Göksel Akbaba, l'un des avocats d'Izmir arrêtés fin mars, pour qui le pouvoir cherche ainsi à "prolonger son propre avenir".

"Ces méthodes sont utilisées pour intimider les avocats comme elles sont utilisées pour intimider la société", assène l'avocat, qui dit ne pas avoir été informé du motif de sa garde à vue.

 - "Dangereux précédent" -

 Au total, plusieurs centaines d'avocats turcs ont été incarcérés ces dernières années, selon le décompte de plusieurs associations. Beaucoup accusés au même titre que leurs clients d'infractions à une législation antiterroriste régulièrement dénoncée par les défenseurs des droits humains.

En 2020, une avocate condamnée pour "appartenance à une organisation terroriste" était ainsi décédée en détention à Istanbul des suites d'une grève de la faim qu'elle observait pour réclamer un "procès équitable".

Et si plusieurs avocats ont été libérés de prison ces derniers mois dans le sud-est à majorité kurde du pays, "il y a depuis deux ans une augmentation terrible des procès contre les avocats turcs", constate également l'association française Défense sans frontière - Avocats solidaires (DSF-AS), sollicitée depuis 2012 par des confrères turcs.

"Il existe une volonté du gouvernement turc, qui monte depuis quelques années, de mettre au pas la profession", affirme à l'AFP l'association d'avocats, en citant en exemple les poursuites visant le barreau d'Istanbul.

"Ce qui se passe dans cette affaire est emblématique d'une tendance systémique et crée un dangereux précédent", a alerté lundi l'organisation Amnesty International, dénonçant un "recours abusif" au droit pénal afin de "cibler les avocats et les défenseurs des droits humains".
(AFP, 8 sept 2025)

Deux policiers abattus, un adolescent arrêté

Deux policiers ont été tués par balles et deux autres blessés lundi dans un commissariat situé en périphérie de la grande ville turque d'Izmir (ouest), ont rapporté les autorités qui ont annoncé l'arrestation d'un adolescent.

Selon le ministre turc de l'Intérieur Ali Yerlikaya, un des deux policiers blessés se trouvait lundi matin dans un état grave et un suspect, âgé de 16 ans, a été appréhendé.

Les motivations de l'assaillant restent pour l'heure inconnues et les autorités, comme elles l'ont fait par le passé lors d'attentats ayant secoué le pays, ont imposé une interdiction de diffusion des images relatives à l'attaque contre les policiers.

Des vidéos filmées par des riverains et reprises en boucle par les télévisions turques avant l'entrée en vigueur de cette interdiction montraient la fuite de l'assaillant présumé et le moment de son arrestation.

Sur l'une d'elles, le jeune homme apparaît le visage dissimulé et portant un sac à dos, un fusil à long canon entre les mains.

D'autres images amateurs, recoupant cette précédente vidéo, montrent un policier ouvrir le feu sur le suspect. L'adolescent est ensuite filmé au sol immobile, le pantalon ensanglanté aux côtés de dizaines de munitions renversées sur la chaussée.

D'après une autre vidéo, plusieurs hommes ont tenté de lyncher le suspect après son arrestation, forçant à un policier à tirer en l'air pour les disperser.

Selon le gouverneur d'Izmir Suleyman Elban, l'adolescent, qui a été transféré dans un hôpital d'Izmir, vivait dans la rue du commissariat et possédait un casier judiciaire vierge.

Le ministre turc de la Justice, Yilmaz Tunç, a annoncé l'ouverture d'une enquête.

"Je condamne l'attaque odieuse contre le commissariat de police Salih Isgören à Balçova", a écrit sur X le maire d'Izmir, Cemil Tugay. (AFP, 8 sept 2025)

Les 6-7 septembre: 70e anniversaire du pogrom anti-grec et de la chasse aux communistes


Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 5 septembre 2025
 
L’un des évènements qui m’a le plus marqué au cours de ma première année de carrière de journalisme fut l’ouverture du procès devant un tribunal militaire à Istanbul, le 14 octobre 1953, de 184 personnalités accusées de diriger ou d’être membres du Parti communiste de Turquie. Ce fut le coup le plus dur porté à la gauche par le Parti démocrate depuis son accession au pouvoir sous les promesses de démocratie et de liberté, après le lancement de la célèbre campagne d’arrestations de communistes le 13 janvier 1951 et la déchéance de la nationalité turque de Nazım Hikmet le 25 juillet 1951.
 
Au terme de près d’un an de procès, le 7 octobre 1954, 118 éminents intellectuels et dirigeants syndicaux de Turquie, à commencer par le Dr. Şefik Hüsnü Deymer, Zeki Baştımar, Reşat Fuat Baraner, Mehmet Bozışık, Halil Yalçınkaya, Vedat Türkali, Mihri Belli et Ruhi Su furent condamnés à des peines de prison allant jusqu’à dix ans et à des peines d’exil allant jusqu’à trois ans.
 
Cependant, cette attaque anticommuniste ne s’arrêta pas là, moins d’un an après cette condamnation massive, 48 personnes identifiées comme « communistes » furent arrêtées sous l’accusation d’« incitation et complot » en prenant prétexte du génocide des 6-7 septembre 1955.
 
En Turquie, les éditions provocatrices du journal Hürriyet avaient déclenché une hystérie autour de Chypre. Des rassemblements avaient lieu tout le pays, à commencer par Istanbul, contre la lutte anticolonialiste du peuple grec avec des slogans tels que « Chypre est turque et restera turque » et « Les Grecs sont des chiens et resteront des chiens ».
 
Le 6 septembre 1955, à Izmir, je me rendais au bureau du journal plus tôt que d’habitude pour préparer une réunion syndicale. Nous avions emménagé à Karşıyaka depuis un certain temps. Alors que le ferry de Karşıyaka approchait du quai de Konak, une grande effervescence régnait dans la ville.
 
Je pensais qu’il s’agissait d’un de ces fréquents rassemblements pour Chypre. Je rejoignis rapidement le journal par les ruelles étroites entre les entrepôts de tabac. D’une part, je prenais contact avec les reporters police-justice, et d’autre part, je téléphonais à Çetin Altan à Ankara et à Orhan Birgit à Istanbul.
 
Bientôt, les nouvelles horribles ont commencé à affluer.
 
Tout a commencé par une nouvelle sensationnelle et provocatrice dans le journal Ekspres, propriété de Mithat Perin, publié à Istanbul, selon laquelle la maison natale d’Atatürk à Thessalonique avait été bombardée par les Grecs. Ce qui avait commencé sous des airs de manifestation innocente s’est rapidement transformé en un pogrom sauvage contre les Grecs et d’autres minorités religieuses.
 
Je suis sorti du journal et j’ai parcouru les quais Kordonboyu, de Konak à Alsancak. Des maisons et des commerces appartenant à des non-Turcs et à des  non-musulmans, connus ou présumés, étaient attaqués avec une brutalité inimaginable. C’était comme si tout avait été planifié à l’avance et que les cibles étaient méticuleusement déterminées. Tout, bon marché comme cher, était pillé et emporté des maisons et magasins pillés. À mon arrivée à Alsancak, le gouverneur d’Izmir, Kemal Hadımlı, tentait de calmer les manifestants avec un discours cherchant à apaiser toutes les parties, mais aucune mesure n’était prise contre les pogromistes.
 
Le soir, les « héros » anonymes de cette atrocité de masse se retiraient dans leurs quartiers et leurs maisons avec le butin qu’ils avaient pillé, laissant derrière eux des ruines honteuses.
 
Ce qui m’a le plus choqué, c’est de voir combien de ces personnes humbles que je voyais chaque jour sur le ferry de Karşıyaka et dans les boutiques et cafés de la Corniche étaient devenues des monstres.
 
Les communistes, premières cibles de la loi martiale de 1955
 
Pris de panique par les évènements qui, au départ de cette provocation, finirent par le dépasser, le gouvernement décréta immédiatement la loi martiale. Trois tribunaux martiaux furent établis à Istanbul, à Izmir et à Ankara, et les arrestations commencèrent. Il s’agissait de la première loi martiale sous la période du Parti démocrate.
 
Cependant, les premières arrestations ne visaient ni les instigateurs de ces évènements, ni les pillards. À Istanbul, des intellectuels de gauche comme Aziz Nesin, Kemal Tahir, Ratip Tahir, İsmet Selimoğlu, Emin Sekun, Ziya Tüzmen, Muzaffer Kolçak, Hadi Malkoç, Recep Yelkendağ, Tahsin Güzel, Fehmi Kurucu, Hasan Kaşarcı, Dr. Hulusi Dosdoğru, Dr. Müeyyet Boratav, Dr. Can Boratav, İsmet Selimoğlu, Faik Muzaffer Amaç, Aslan Kaynardağ, Asım Bezirci, Ali Ertekin, Hasan İzettin Dinamo, Mustafa Börklüce, İlhan Berktay, Suni Büyük et Ali Akçagibi, considérés comme « communistes » furent arrêtés pour incitation et complot.
 
Mais les audiences révélèrent que ce procès n’était qu’une mascarade intentée dans l’unique but de dissimuler la responsabilité du gouvernement. Tous les accusés furent acquittés et libérés trois mois plus tard, en décembre 1955.
 
La loterie allait également frapper le journal pour lequel je travaillais. Une semaine après les évènements, le Sabah Postası (l’Echo du Jour), le seul journal d’opposition à Izmir, fut fermé par l’administration de la loi martiale, et son rédacteur en chef Orhan Rahmi Gökçe arrêté.
 
L’arrestation de Gökçe fut un évènement dramatique. Deux policiers du Premier Bureau [de la Direction de la Sûreté] d’Izmir vinrent l’arrêter mais ne purent expliquer leur venue, marmonnant quelque chose dans leur barbe. Gökçe écrivait généralement ses chroniques le matin, en sirotant son café derrière la vitrine d’un café donnant sur la place du Konak. Le siège du Premier Bureau d’Izmir était un lieu mystérieux, situé à quelques centaines de mètres de là, au rez-de-chaussée du Gouvernorat d’Izmir. Pour les policiers en civil qui y travaillaient, Gökçe, qu’ils voyaient écrire chaque matin en passant devant le café, était l’un des intellectuels respectés d’Izmir, et son arrestation comme un lumpen recherché pour un délit vulgaire leur était pénible.
 
Finalement, Gökçe prit congé de chacun de nous et, escorté par la police, mais sans être menotté, fut conduit au Commandement régional intérieur, dirigé par Cemal Gürsel, qui allait devenir des années plus tard le chef de la junte du 27 mai 1960.
 
C’était la première arrestation d’un journaliste dont je fus personnellement témoin depuis le début de ma carrière.
 
Indépendamment des mesures prises sous la loi martiale, il s’agissait d’un crime commis à l’instigation de l’État. Tout comme le génocide des Arméniens de 1915… Mes amis grecs, arméniens, juifs et levantins, que je connaissais à Izmir, étaient profondément préoccupés. Pour les apaiser et les rassurer, le gouvernement envoya quelques semaines plus tard le ministre des Travaux publics, Muammer Çavuşoğlu, à Izmir. Çavuşoğlu, le père de Nazlı Ilıcak, hissa le drapeau grec au consulat de Grèce lors d’une cérémonie à Izmir.
 
Il apparut rapidement que les arrestations de communistes en raison du pogrom des 6-7 septembre étaient un complot fomenté à la hâte, dans l’unique but de dissimuler la responsabilité du gouvernement en exercice.
 
Nurettin Aknoz, commandant de la loi martiale instaurée à Istanbul, déclara lors de sa première rencontre avec les journalistes que « les communistes doivent être tenus pour responsables de toutes les publications relatives aux évènements des 6-7 septembre », avant de souligner que tout journal qui affirmerait le contraire serait immédiatement interdit.
 
Lors d’une conférence de presse tenue à Harbiye le 10 septembre, Aknoz énuméra les interdictions imposées à la presse comme suit : « Nous avons traversé des jours de tension. Il faut maintenant apaiser les nerfs, soyez très prudents. Je vous demande ceci. Si les débats à la Grande Assemblée nationale sont de nature à créer de l’émoi dans la population, abstenez-vous de les rapporter. Toute information sur la pauvreté et les pénuries sont interdites. Par exemple, les photos de files faisant la queue devant les boulangeries pour acheter du pain ne peuvent être publiées. De telles informations créeraient la panique dans le pays. Il est interdit de critiquer le gouvernement. Si vous le faites, je ferai fermer votre journal. Vous ne pouvez pas publier d’informations relatives à la loi martiale. Vous ne publierez pas de nouvelles ni d’articles politiques sur les États membres de l’OTAN. La publication d’informations sur les relations entre les États membres de l’OTAN est également interdite, si quelqu’un écrit à ce sujet, je le ferai fermer. Les articles et commentaires tendant à affirmer que d’autres que les communistes seraient les exécutants des évènements des 6-7 septembre sont interdits, je le ferai fermer. Vous ne pouvez pas écrire d’articles relatifs aux doléances des victimes des évènements des 6-7 septembre. Il est interdit de publier des nouvelles susceptibles de créer de l’émoi (…) Ce qui nous arrive est un incident directement planifié par les communistes. Ne l’ignorez pas dans vos articles. Agissez en connaissance de cause. Ne nous compliquez pas la tâche. » (Yurtsever, 6 septembre 2018)
 
Les vérités révélées à Yassıada sur le complot des 6-7 septembre
 
Après le coup d’État militaire du 27 mai 1960, un procès a été intenté contre dix personnes, dont le président de la république Celal Bayar, le Premier ministre Adnan Menderes et le ministre des Affaires étrangères Fatin Rüştü Zorlu tenus responsables des évènements des 6-7 septembre devant la Haute Cour de justice établie à Yassıada pour juger les responsables du gouvernement du DP (Parti démocrate) détenus sur cette île. 
 
L’intégralité des 542 pages des procès-verbaux du procès, qui a débuté le 19 octobre 1960 et s’est terminé le 5 janvier 1961, avec les condamnations de Menderes et Zorlu à six ans de prison et celle du gouverneur d’Izmir, Kemal Hadımlı, à 4,5 mois de prison, a été rendue publique par la Bibliothèque de la GANT.
 
Lors de ces audiences, le rédacteur en chef de notre journal, Orhan Rahmi Gökçe, fut entendu comme témoin. Il fit également part au tribunal de mes observations relatives à l’attitude tolérante du gouverneur d’Izmir Kemal Hadımlı envers la foule violente durant les évènements.
 
Sur base du procès-verbal, je me réfère à la déclaration de Cemal Sancak, chef de la Sûreté nationale à Istanbul lors des évènements des 6-7 septembre, décrivant les pressions exercées par Fuat Köprülü, alors vice-premier ministre :
 
SANCAK : Monsieur, on m’a informé que j’étais convoqué au gouvernement provincial le lendemain de l’incident. Alaettin Eriş et le procureur général Hicabi bey se tenaient devant la porte du bureau du gouverneur. Menderes nous avaient convoqués tous les trois. « M. Fuat Köprülü va s’entretenir avec vous », a-t-il dit. Fuat Köprülü nous a conduits dans une petite pièce et nous a demandé : « Quelle est la nature de l’incident ? » Nous lui avons expliqué la situation. « C’est une fureur nationale », avons-nous répondu. « Non, c’est un complot communiste. C’est l’opinion du Premier ministre et la mienne », a-t-il dit. Et je lui ai rétorqué que si un tel complot communiste était en cause, notre devoir aurait été d’en être informé à l’avance, et que nous n’avions reçu aucune information à ce sujet. Cependant, il a déclaré que c’était son ordre et qu’en conséquence, ils feraient préparer les dossiers des communistes fichés et procéder à leur arrestation.
 
PRESIDENT : Je suppose que vous connaissez la liste des communistes.
 
SANCAK : Oui, Monsieur ; c’est essentiellement le devoir de l’organisation. En effet, nous avons réuni tous nos collègues et leur avons déclaré : « Nous avons reçu cet ordre du gouvernement, et nous n’avons encore reçu aucune nouvelle à ce sujet. Il y a peu de chances que nous l’ayons manqué ». Nous avons donc concentré toute notre attention à cette affaire. À l’issue de toutes nos investigations, nous sommes arrivés à la conclusion que les communistes n’avaient joué aucun rôle dans cette histoire.
 
De plus, lors des audiences de Yassıada, un témoignage sur la façon dont le président de la République Celal Bayar avait lui-même prévu les évènements des 6-7 septembre trois jours à l’avance est d’une grande importance.
 
Le président Celal Bayar est arrivé à Izmir le 3 septembre 1955 et, dans la nuit du 4 septembre, il a passé une nuit dans un campement à Büyük Yamanlar, une zone touristique d’Izmir, à l’invitation de l’ancien ministre de la Santé Behçet Uz, du ministre d’État Osman Kampani, du gouverneur d’Izmir Kemal Hadımlı et du maire d’Izmir Enver Dündar Başer. Le directeur du campement, İbrahim Alper, déclare dans son témoignage à Yassıada :
 
ALPER : On nous a d’abord servi un verre d’alcool, puis nous avons dîné à l’intérieur. Il était environ 23h30, le dîner était terminé et le café servi. Pendant qu’on servait le café, Enver Dündar Başer a déclaré au sujet des incidents de Chypre : « Les Grecs sont allés trop loin, ce qui exaspère les membres du parti ». L’ancien chef de l’État a signifié : « Notre délégation est à Londres. Si notre thèse échoue, j’avais accordé une grande importance à l’amitié gréco-turque, mais les Grecs ne l’ont pas compris. Si cette thèse donne l’effet inverse et qu’une bombe venait à exploser à Salonique, vous verrez alors la situation des Grecs à Istanbul et à Izmir. L’État et le gouvernement sont déterminés. Ne vous inquiétez surtout pas ».
 
Parmi ces témoignages, le plus important est celui du général de division Refik Tulga, chef de camp du président lorsque le DP était au pouvoir, et qui assuma les fonctions de gouverneur et de maire d’Istanbul après le coup d’État du 27 mai, lors d’une audience à huis clos le 3 novembre 1960.
 
TULGA : Le chef de l’État déchu considérait les évènements de Chypre comme une question de prestige personnel et de politique intérieure. Il percevait également une défaite là-bas comme une défaite politique intérieure. Lors de nos nombreux entretiens, il défendait avec véhémence la nécessité d’exercer des pressions sur les Grecs d’Istanbul, les Grecs et les ressortissants turcs d’origine grecque établis à Istanbul, y possédant des biens mobiliers et immobiliers, et au nombre d’environ 30.000, et enfin sur le Patriarcat.
 
Réquisitoire du procureur général Altay Egesel lors de l’audience du 3 décembre 1960 :
 
« Les rapports de la Sûreté nationale qui ont suivi étape par étape et jour après jour les actions des communistes, ainsi que les témoignages sans équivoque des personnalités les plus compétentes de cette organisation, démontrent sans l’ombre d’un doute que les communistes n’étaient pas les auteurs de ce complot.
 
« En substance, à la suite des investigations menées contre eux, il a été établi par décision de justice que les communistes n’étaient pas impliqués dans ce complot. Certains ont fait l’objet d’ordonnances de non-lieu, et les personnes arrêtées ont finalement été acquittées par décision de justice ».
 
Oui, les dirigeants de la République de Turquie qui ont utilisé le pogrom des 6-7 septembre 1955 qu’ils avaient orchestré, comme prétexte pour lancer une nouvelle chasse aux communistes, mais dont les complots ont été rapidement démasqués, n’ont pas réussi à se défaire de l’hystérie anticommuniste, même pendant la période relativement démocratique qui a suivi l’adoption de la Constitution de 1961, en condamnant toutes les organisations et publications de gauche en vertu des articles 141 et 142 du Code pénal turc, hérités du fascisme de Mussolini et rendus encore plus sévères au fil du temps.
 
Bien que ces articles aient été abrogés le 12 avril 1991, la terreur d’État perdure avec la même intensité en vertu de l’article 8 de la loi n° 3713 relative à la lutte contre le terrorisme et de l’article 301 du Code pénal turc, qui les ont remplacés.
 
70 ans tout juste après les 6-7 septembre 1955, le démantèlement de ces obstacles demeure une tâche urgente pour toutes les forces luttant pour la démocratie, la paix et l’égalité en Turquie…

Traduction: Mazyar KHOOJINIAN

Le chef de l'opposition visé par une nouvelle enquête

Le parquet d'Ankara a ouvert une nouvelle enquête jeudi contre le chef du principal parti de l'opposition turque pour des déclarations visant le procureur général d'Istanbul, accusé de multiplier les poursuites contre les opposants au président Recep Tayyip Erdogan.

Lors d'un rassemblement à Istanbul mercredi soir, Özgür Özel, patron du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), a notamment affirmé qu'Akin Gürlek, un ancien vice-ministre de la Justice aujourd'hui à la tête du parquet d'Istanbul, cherchait par tous les moyens à "inventer des crimes" afin de fragiliser l'opposition.

Une enquête pour "menace" et "insulte envers un fonctionnaire" a été ouverte contre M. Özel par le parquet de la capitale Ankara, selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Une enquête sur les mêmes accusations avait déjà été ouverte début juin par le parquet d'Istanbul contre le patron du CHP.

M. Gürlek est accusé par l'opposition turque d'obéir aux ordres du gouvernement en raison d'enquêtes à répétition contre le populaire maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, emprisonné depuis mars, et sa formation, le CHP, sortie large vainqueur d'élections locales l'an passé au détriment du parti du président Erdogan.

Depuis la nomination de M. Gürlek en octobre, outre M. Imamoglu, 10 des 26 maires CHP d'arrondissements d'Istanbul ont été arrêtés et incarcérés, la plupart pour "corruption", une accusation qu'ils rejettent.

Les maires CHP de plusieurs autres villes du pays ont également été arrêtés ces derniers mois. (AFP, 28 août 2025)

Unions walk out of wage talks as pay raise for civil servants approved

Two major public sector unions in Turkey withdrew from today's arbitration talks on civil servant wages, but government representatives went ahead and approved a raise for 2026 and 2027.

The Public Servants Arbitration Board, convened after collective bargaining talks failed, had its fourth meeting in Ankara, the capital. Representatives of the Confederation of Public Servants Trade Unions (Memur-Sen) and the Turkish Public Workers’ Union Confederation (Türkiye Kamu-Sen) left the table, citing unaddressed demands.

After the withdrawal, the board ruled to increase civil servant and civil servant retiree salaries by 11% in the first half of 2026 and 7% in the second half, followed by 5% in the first half of 2027 and 4% in the second half. Civil servants have no right to appeal the decision.

Public employees' unions have staged protests across Turkey over the past couple of weeks as their demans were not met by the government.

Memur-Sen President Ali Yalçın said the arbitration board failed to resolve key issues.

“In the collective bargaining that ended in deadlock, 58 gains we had recorded in the minutes were put to a vote at the Arbitration Board,” Yalçın said. “Some positive steps were taken after our objections and insistence, but these do not solve the problem. We withdrew from the Arbitration Board.”

Türkiye Kamu-Sen President Önder Kahveci said they had exhausted all efforts to reach a fair outcome.

“We showed every effort to ensure that the collective bargaining process worked through all its institutions and bodies, to advance the rights of public employees and solve their problems,” he said. “However, the board’s proposals did not meet expectations, and despite our goodwill, the employer side took no positive steps. Therefore, we withdrew.”

With both confederations leaving, no union representatives remained at the table.

Unions enabled the meeting to convene

The board consists of 11 members, six appointed by the government and five by unions. A quorum of at least eight members, including the chair, is required to begin sessions. Since union representatives were present when the session opened, the quorum was met, giving the board authority to issue a ruling even after they walked out.

The session, chaired by Court of Accounts President Metin Yener, lasted about an hour. Deputy ministers from the Labor and Social Security, Treasury and Finance, and Environment, Urbanization and Climate Change ministries, as well as academics and union representatives, were initially present.

Health and Social Service Workers’ Union (SES) Co-Chair Mehmet Sıddık Akın wrote on social media that because the session began with sufficient numbers, the board was legally entitled to reach a decision even after the unions’ departure.

The wage arrangement affects more than six million civil servants and retirees. (BIA, 27 août 2025)

Pression sur les médias / Pressure on the Media

Un chanteur populaire visé par une plainte pour "obscénité"

Le ministère turc de l'Intérieur a annoncé jeudi soir avoir déposé une plainte pour "obscénité" contre le chanteur populaire turc Mabel Matiz alors que la pression judiciaire sur les artistes s'est récemment accrue en Turquie.

Sortie le 5 september dernier, la chanson "Perperisan" ("Epuisé" en turc) du musicien plusieurs fois primé et très populaire Mabel Matiz a attiré les foudres du gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan avec ses paroles évoquant une histoire d'amour entre deux hommes.

"Je souhaite être mise à nu et placée sur un oreiller avec lui/ Qu'ils me trouvent épuisé/ Alors qu'ils me crucifient", dit le refrain de la chanson pop du musicien âgé de 40 ans et ouvertement homosexuel.

Des médias progouvernementaux ont accusé Mabel Matiz d'être "un missionnaire LGBT" et qualifié sa chanson d'"écoeurante".

Le chanteur risque une peine allant de six mois à deux ans de prison pour exposer les enfants "aux images, textes ou mots obsènes", selon le code pénal turc.

La plainte a suivi une demande d'interdiction d'accès par le ministère de la famille à la chanson sur Youtube, Spotify et Apple Music, mais ces plateformes ne l'ont pas encore appliquée, selon l'ONG de défense des droits numériques Engelliweb.

"Cette chanson, inspirée des traditions populaires, raconte une histoire d'amour par métaphores. Elle a un style narratif malicieux que mes auditeurs connaissent bien", a réagi Mabel Matiz sur X.

"Je veux croire que l'ordre et la santé publiques ne sont pas si fragiles au point d'être perturbés par une seule chanson", a-t-il ajouté.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait décrété en mai une "Décennie de la famille" pour contrer la dénatalité en Turquie, fustigeant une fois de plus la "perversion LGBT", après avoir proclamé 2025 "Année de la famille".

"Le pouvoir politique utilise la censure et l'oppression pour imposer son propre mode de vie. Il tente de réduire au silence les voix des femmes, des personnes LGBTQ+, des artistes et des dissidents", a dénoncé l'ONG de défense des droits des femmes Nous allons arrêter les féminicides.

Bien que non interdite en Turquie, l'homosexualité est régulièrement ciblée par le chef de l'Etat turc.

Plusieurs artistes ont récemment été visés en Turquie par des procédures judiciaires au nom de la défense des valeurs familiales et la protection de l'ordre public.

Une enquête a été ouverté contre le groupe musical turc Manifest pour "actes obscènes", tandis que la scénariste d'une série tv très populaire en Turquie Kizilcik Serbeti ("Sorbet de cornouiller" en turc) a été brièvement détenue pour ses propos qualifiés par un procureur "d'incitation à la prostitution".

Une enquête administrative a également été ouverte contre la série par le RTUK (Haut conseil turc de l'audiovisuel) pour avoir montré l'héroîne principale avoir une relation avec son beau-frère, poussant la production à réviser son scénario. (AFP, 19 sept 2025)

La répression des journalistes dans le régime de Recep Erdogan

En Turquie, Recep Erdogan exerce un règne de plus en plus autoritaire. Surveillés en permanence par ce régime autoritaire, les journalistes indépendants ont toutes les peines du monde à exercer leur métier.

La police devant les locaux d'une chaîne de télévision dont les dirigeants ont été arrêtés. Nouvelle illustration d'une reprise en main par les autorités turques des médias jugés hostiles au pouvoir. En juillet dernier, les programmes de Sozcu TV avaient été suspendus dix jours après la diffusion d'un rassemblement de l'opposition.

"Un gouvernement de plus en plus autoritaire"

Depuis, les journalistes ont repris leur travail, mais cet épisode a laissé des traces dans la rédaction. Pour la direction, il est de plus en plus compliqué d'exercer ce métier en toute indépendance dans la Turquie d'aujourd'hui. "On est dirigé par un gouvernement de plus en plus autoritaire. Plus les jours passent, plus il réduit les espaces médiatiques. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien. Nous travaillons dans un système obscur et nous sommes des victimes", raconte le directeur de la chaîne, Ozgur Cakmakci.
Senem est présentatrice. En 32 ans de carrière, elle n'avait jamais connu pareil précipice. "Aucune voix différente n'est tolérée aujourd'hui. La seule que le public doit entendre, c'est celle du pouvoir. Si on fait différemment, on ferme", témoigne-t-elle.
Et parfois, c'est pire. Les journalistes turcs risquent aussi la prison. Furkan Karabay a été interpellé en mai dernier après avoir publié un article dénonçant la corruption du système judiciaire. "Furkan aimait enquêter. Il observait les irrégularités dans les procès. Il voulait informer le grand public de ce qu'il voyait dans les palais de justice", explique son frère et avocat, Harun.

Recep Erdogan, un règne sans partage

La répression en Turquie porte un visage : Recep Erdogan. Président depuis 22 ans, il exerce un règne sans partage et de plus en plus autoritaire. Surtout depuis 2017, lorsqu'il a fait changer la Constitution. Aujourd'hui, il contrôle le Parlement, la justice et l'armée notamment. Ses ennemis politiques sont en prison, comme Ekrem Imamoglu(Nouvelle fenêtre), le maire d'Istanbul et candidat désigné de l'opposition à la prochaine élection présidentielle, arrêté en mars dernier.
Son arrestation avait déclenché une immense vague de protestations dans la capitale, avec de nombreuses manifestations. L'opposition rêve d'une alternance, mais Recep Erdogan pourrait bien se représenter. La prochaine élection présidentielle est prévue en 2028. (franceinfo, 18 sept 2025)


Trois chaînes TV saisies dans un coup de filet contre une holding

Un procureur d'Istanbul a ordonné jeudi la saisie des actifs d'une holding turque détenant notamment trois grandes chaînes de télévision, et délivré des mandats d'arrêt pour fraude contre dix de ses dirigeants, ont rapporté les médias turcs.

Les actifs de 121 sociétés appartenant à Can Holding, dont les chaînes Habertürk, Show TV et Bloomberg HT, ont été saisis pour "fraude, évasion fiscale et blanchiment d'argent", a annoncé le bureau du procureur de Küçükçekmece, un district d'Istanbul, cité par la chaîne publique turque TRT Haber.

Can Holding, qui affirme sur son site employer un total de 30.000 personnes, détient également des stations-services, un réseau d'écoles et l'université privée Bilgi d'Istanbul.

Elle avait acquis en décembre 2024 la chaîne d'information en continue Habertürk, l'une des plus regardées du pays, la chaîne Show TV et la chaîne d'information économique Bloomberg HT, créée en 2010 en partenariat avec Bloomberg News.

Des administrateurs ont été nommés à la tête de ces trois chaînes.

"L'opération visant Can Holding (...) pourrait servir à renforcer le contrôle du gouvernement sur les médias, motivé par une volonté de voix unique", a réagi Erol Önderoglu, le représentant de Reporters Sans Frontières (RSF) en Turquie.

"Le problème est bien plus profond à mon avis", a estimé auprès de l'AFP le professeur d'économie Yakup Küçükkale, selon lequel "derrière ces saisies se cache des accusations bien plus graves, comme le blanchiment d'argent".

"Quelque 120 sociétés ont été saisies, il serait donc erroné de considérer cela comme une simple opération de contrôle des médias", a-t-il ajouté.

Quatre des dix dirigeants de la holding visés par un mandat d'arrêt avaient été arrêtés jeudi en milieu de matinée, selon la chaîne publique TRT Haber. (AFP, 11 sept 2025)

Press freedom group calls on release of Furkan Karabay and other jailed journalists

The IFJ joins 15 press freedom organisations in condemning the elongated pretrial detention of journalist Furkan Karabay, who faces a prison sentence of 6 to 15 years and call for his immediate release as well as the other 16 journalists in jail. Karabay has now spent 117 days in prison over his journalistic commentary.

Karabay, who has previously worked as an editor and reporter for news portals outlets such as Gerçek Gündem and 10Haber, has been held in pretrial detention for over 100 days and his indictment was prepared on September 5. He is charged with “making targets of those who were tasked to combat terrorism” and “insulting the Turkish President” over his journalistic reporting and social media commentary. Karabay was taken into custody during a police raid on his home in Istanbul and sent to prison the same day. Since then, multiple appeals submitted by his legal team for his release have been rejected, with judicial authorities citing a purported “risk of flight” as justification for prolonging his detention without an indictment for 114 days.

The accusations stem from Karabay’s reference to the names and photos of judicial officials in his reporting on the İstanbul Metropolitan Municipality investigations, which prosecutors claim amounted to “making them potential targets” for terrorist organizations. The second charge, “insulting the president,” is based on Karabay’s public recall of past remarks by Turkish President Recep Tayyip Erdoğan, in the context of a local official’s deteriorating health. Karabay denied any wrongdoing, emphasizing that all the information he shared was already in the public domain.

Karabay has been previously targeted for his journalistic work, with MapMF documenting five separate incidents since the beginning of 2024. In April 2025, Karabay received a prison sentence of more than two years in a separate case after President Erdoğan and members of his family filed complaints accusing him of “insulting the president” and “defamation” over remarks he made during a YouTube program. The court suspended this sentence. This followed two previous jailings on similar allegations. In December 2023, he was arrested after publishing a report on judicial corruption and bribery allegations. He remained in jail until his release in January 2024. In November 2024, he was detained again over his coverage and social media posts about the investigation into a local opposition mayor who was arrested and replaced by a trustee. He was released later that month.

Karabay’s case underscores a broader, alarming clampdown on press freedom in Turkey and mirrors the persecution of other journalists who have faced similar extended pretrial detention periods without indictment. In June 2025, prominent journalist and YouTuber Fatih Altaylı was similarly arrested, due to his comments during an online broadcast that were allegedly “threatening the president,” and was held in pretrial detention for more than a month before his indictment was issued. In February 2025, reporters Yıldız Tar, Ercüment Akdeniz, and Elif Akgül were detained and spent several months in prison before their indictments were prepared. Although the charges were not directly related to their journalism, such cases still illustrate how pretrial imprisonment is being misused to punish and silence critical voices, including in the media.

We consider Karabay’s imprisonment and the denial of due process for more than three months as a disproportionate and punitive response to his journalism. Reporting and critical public commentary on government officials must never be criminalised. Equating news coverage and commentary with serious offenses like “targeting officials” is a dangerous distortion.

IPI and 16 undersigned organizations, call for the immediate release of journalist Furkan Karabay and for all charges against him to be dropped. We further urge Turkish authorities to cease exploiting vague legal provisions to persecute journalists and release the other 16 journalists in jail.
(IFJ, 11 September 2025)

Turkey expands ‘obscenity’ investigations to musicians as 'girl band' given travel ban

Members of the all-female pop group Manifest were barred from leaving Turkey after prosecutors launched an investigation into their recent age-restricted concert in İstanbul, while in a separate verdict, access to videos of the concer has been blocked.

The group is accused of "obscene behavior" and "exhibitionism" during their performance at Küçükçiftlik Park venue in İstanbul on Sep 6, which was attended by 12,000 people according to the band.

The İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office announced on Sep 8 the investigation was launched ex officio due to the group’s stage performances and dance routines, which it claimed "violated public decency, modesty, and moral norms."

Yesterday, the six members, Mina Solak, Esin Bahat, Zeynep Sude Oktay, Lidya Pınar, Sueda Uluca, and Emine Hilal Yelekçi, were brought to the courthouse under police escort following an order from the prosecutor. They were not taken to the police station prior to their court appearance.

After giving their statements at the prosecutor’s office responsible for press crimes, the members were referred to a penal judge of peace. The court released them under judicial control, imposing a travel ban and requiring regular check-ins with police stations.

In a separate decision, the Ankara 6th Penal Judgeship of Peace issued an access block on online videos of the concert as part citing protection of national security and public order. This is a common justification for access bans in Turkey.

The concert at the center of the controversy marked first age-restricted show of the group formed in February and rose to prominence quickly in the Turkish pop scene. Manifest said it was "sold out."

Following the event, the group faced backlash on social media over their stage costumes and choreography. On Sep 7, Presidential Chief Advisor Oktay Saral shared a censored image of the performance, saying, “These immoral, shameless, indecent creatures dressed like devils should be prosecuted to prevent them from ever engaging in this exhibitionism again.”

The investigation has sparked criticism among artists, activists, and opposition politicians.

Obscenity charges expanding to musicians

In recent years, several social media personalities and adult content creators have been charged with "obscene" behavior, mainly due to content shared on paid platforms and social media. The investigation into Manifest marks the first time musicians have been targeted with such charges.

Under Turkish law, Article 226 of the penal code prohibits the distribution of "obscene" content through media, although it does not define the term precisely or address modern digital platforms. A separate article, 225, covers public exhibitionism, including acts of nudity or sexual behavior in public spaces.

Another pop star who was frequently targeted by online harassment due to her concert outfits was Gülşen. While she was not investigated for obscenity, she spent several days under arrest in 2022 after being investigated for “provoking the public into hatred and enmity” over a joke she made about Turkey’s religious vocational schools.

During a concert in Bursa, she said, pointing to a member of her band, “He studied at an imam-hatip school before. This is where his perversion comes from,” which drew laughter from the audience and draw a backlash from concervative circles. (BIA, 10 September 2025)


Turkey blocked record number of websites in 2024, surpassing 300,000

Turkey blocked access to over 311,000 web addresses last year, marking the highest annual total since the country began regulating internet content under Law No. 5651 in 2007, according to a new report by the Freedom of Expression Association (İFÖD).

The figure represents a significant increase from 240,857 blocks in 2023 and 137,717 in 2022. The report, part of İFÖD’s annual series, highlights that the average number of blocked addresses per year since 2007 is around 70,250.

“Access blocking practices based on domain names continued at full speed in 2024, with numbers far exceeding the annual average,” the report said.

A total of 1,264,506 websites and domains have been blocked by 852 different authorities and courts since 2007, the report noted. In 2024 alone, the association identified access restrictions on 270,000 URLs, 17,000 X (formerly Twitter) accounts, 75,000 tweets or posts, 25,500 YouTube videos, 16,700 Facebook posts, and 16,000 Instagram posts.

Only a fraction of access bans were ordered by courts
Of the 311,091 access blocks recorded in 2024, only 938 were based on court decisions.

The majority of blocks, 254,130, or 82%, were issued by the head of the Information and Communication Technologies Authority (BTK). The Turkish Football Federation, which received blocking authority in 2021, issued 50,120 decisions. Other agencies issuing blocks included:

General Directorate of the National Lottery: 2,796

Capital Markets Board (SPK): 1,834

Penal courts and prosecutors: 938

Tobacco and Alcohol Department (Agriculture and Forestry Ministry): 768

Health Ministry: 310

Turkish Medicines and Medical Devices Agency: 132

Spor Toto Organization: 62

Advertising Board: 1

Censorship on news media
The report also examined the use of Law No. 5651’s Article 9, which allows for the removal or blocking of online news content based on personal rights violations. İFÖD found that 5,740 news URLs were subject to 803 different decisions by 257 different penal judgeships in 2024.

The news outlet with the most blocked content in 2024 was Hürriyet, with 248 news articles restricted. It was followed by Sabah with 246 and Borsa Gündem with 196.

Since 2014, courts have issued 8,793 decisions under Article 9, affecting 49,533 news articles. The number of blocked articles has increased steadily over the years, with 8,658 blocked in 2023 alone.

Although the Constitutional Court ruled on Oct 11, 2023, that Article 9 was unconstitutional, the ruling will not take effect until Oct 10, 2024. İFÖD criticized the continued enforcement of the article during this interim period.

“Penal judgeships have continued to issue content removal and access blocking decisions as if the provision had not been annulled,” the report said.

İFÖD warned that the continued enforcement of a law found unconstitutional amounted to a systematic disregard for the authority of the Constitutional Court and led to the institutionalization of politically motivated censorship practices.

“The extensive application of a repealed provision until its official expiration date has intensified violations of freedom of expression and press freedom,” the organization said. (BIA, 3 sept 2025)

Journalist detained after filming gunfire during street interview in Tekirdağ

A journalist who recorded a vox pop interview in Tekirdağ, northwestern Turkey, was briefly detained after footage of gunfire and threats appeared in his video.

Özkan Bozkurt, who runs the YouTube channel Sarı Mikrofon featuring on-the-street interviews, published a video on Aug 26, describing the place where he recorded as "the most dangerous neighborhood in Turkey." The footage was filmed in the Kore neighborhood of the industrial district of Çorlu.

In the video, a person is seen firing a shotgun into the air, while another youth looks directly into the camera and says, “I will take everyone’s life.” The video quickly went viral on social media.

Following an investigation, a juvenile identified by the initials G.B., who lives in the neighborhood, was detained on the same day. A shotgun was found during a search of their home, according to authorities.

Three days later, on Aug 29, Bozkurt was also taken into custody at his home in İstanbul upon the order of the Çorlu Chief Public Prosecutor’s Office. According to reporting by BirGün daily, he was transferred to Tekirdağ while handcuffed behind his back.

Bozkurt was later referred to court on charges of “inciting the public to hatred and hostility” under the Turkish Penal Code. Prosecutors requested his formal arrest.

Appearing before the Çorlu Penal Judgeship of Peace on Aug 30, Bozkurt said, “I know why I’m here. I have no intention of fleeing. I will always come to give my statement when summoned.”

The court released Bozkurt under judicial control, requiring him to check in at a police station twice a week and imposing a travel ban.

The video in question is not currently available on the Sarı Mikrofon channel. (BIA, 1 sept 2025)


Kurdish Question / Question kurde

Cinq membres des forces kurdes tués dans une attaque de l'EI en Syrie

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé de l'administration kurde qui contrôle des zones du nord-est de la Syrie, ont annoncé que cinq de leurs membres avaient été tués jeudi lors d'une attaque du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

L'EI, qui était parvenu à contrôler une vaste zone en Syrie et en Irak, a été défait en Syrie en 2019 par les forces kurdes avec le soutien d'une coalition internationale.

Il maintient toutefois des cellules qui continuent notamment d'attaquer les forces dirigées par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie

"Alors que nos combattants affrontaient ce matin un réseau terroriste affilié à l'EI ayant pris pour cible un point de regroupement de nos forces dans le village d'al-Bouhaira al-Wousta, à l'est de Deir Ezzor, cinq de nos camarades sont tombés en martyrs et un autre a été blessé au cours de violents affrontements", ont indiqué les FDS dans un communiqué.

Elles ont fait état de "l'échec" de l'attaque jihadiste.

Des opérations de ratissage sont en cours pour "traquer les assaillants" et "neutraliser les dernières menaces", ont ajouté les forces kurdes.

Plus de six ans après la défaite de l'EI, les camps et prisons gérés par l'administration autonome kurde dans le nord-est abritent encore des dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup soupçonnés de liens avec l'EI.

Vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir tué lors d'un raid en Syrie un responsable de l'EI "qui menaçait directement le territoire américain", après un autre raid fin juillet contre un dirigeant de ce groupe. (AFP, 25 sept 2025)

Sept civils tués dans un bombardement de l'armée dans le nord

Sept civils ont été tués samedi dans un bombardement mené par des forces gouvernementales dans le nord de la Syrie, dans une zone où des affrontements ont éclaté avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé des Kurdes, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Cinq femmes et deux enfants ont été tués dans le village d'Umm Tina, près de Deir Hafer dans la province d'Alep, dans un bombardement mené "par des membres de l'armée syrienne", a précisé l'ONG.

Il s'agit du plus lourd bilan dans la région depuis des mois, selon le chef de l'Observatoire, Rami Abdel Rahman.

Après que les forces islamistes ont renversé le dictateur syrien Bachar al-Assad en décembre 2024, les nouvelles autorités et les FDS ont conclu en mars un accord d'intégration des institutions civiles et militaires de l'administration autonome kurde du nord du pays dans les institutions nationales.

Mais des divergences entre les deux parties ont retardé la mise en oeuvre de cet accord, et les Kurdes réclament un système de gouvernement préservant une part de l'autonomie dont ils jouissent de facto tandis que Damas refuse "toute forme" de décentralisation.

La région de Deir Hafer, située sur la ligne séparant l'armée syrienne et les FDS, est le théâtre d'affrontements périodiques entre les deux camps, a indiqué Rami Abdel Rahman à l'AFP.

L'Observatoire basé en Grande-Bretagne, qui s'appuie sur un réseau de sources en Syrie, avait rapporté plus tôt samedi que "des affrontements armés impliquant des drones et des armes lourdes" avaient éclaté après que l'armée eut ciblé des positions des FDS dans la région de Deir Hafer.

Les FDS, soutenues par les Etats-Unis, ont indiqué dans un communiqué que "des factions proturques affiliées au gouvernement de Damas" avaient mené des frappes de drones et des bombardements d'artillerie, "ciblant délibérément des maisons de civils".

Elles ont fourni le même bilan de sept civils tués, dont deux enfants.

Dans une interview à la chaîne al-Ikhbariya le 12 septembre, le président par intérim de la Syrie, Ahmed al-Chareh, avait reconnu que "les négociations avec les FDS (restaient) bloquées", tout en confirmant l'intervention de médiateurs étrangers. Il avait assuré avoir fait des concessions pour éviter une reprise des combats.

Soutenues par une coalition menée par Washington, les FDS ont joué un rôle crucial dans la lutte contre l'Etat islamique en Syrie, qui a finalement conduit à la défaite du mouvement jihadiste dans le pays en 2019. La zone qu'elles contrôlent est de facto autonome. (AFP, 20 sept 2025)

Le chef du PKK autorisé à voir ses avocats, une première en six ans

Le fondateur emprisonné de la guérilla kurde PKK, Abdullah Öcalan, a été autorisé pour la première fois depuis six ans à rencontrer ses avocats, a affirmé mercredi son équipe juridique.

"Le 15 septembre 2025, nous avons visité M. Öcalan et nos autres clients qui sont détenus à la prison d'Imrali après une interruption de six ans", a affirmé sur X le bureau d'avocats Asrin Hukuk.

"Le processus de paix et de société démocratique a atteint le stade de solution légale", a estimé le chef du PKK qui a évoqué son souhait de voir en Turquie un cadre légal pour le désarmement du groupe armé kurde, selon des propos rapportés par ses avocats.

Depuis décembre 2024, une délégation conduite par le parti pro-kurde DEM, troisième force au Parlement turc, s'est rendue à plusieurs reprises auprès de M. Öcalan, dans le cadre du processus de paix entre Ankara et le PKK, mais ses avocats ne pouvaient obtenir depuis 2019 une autorisation pour le rencontrer.

Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a décidé de mettre fin à plus de quatre décennies de combat contre les forces turques, qui ont fait au moins 45.000 morts, et entamé en juillet le début d'un désarmement.

Détenu depuis 1999 sur l'île-prison d'Imrali au large d'Istanbul, Abdullah Öcalan avait appelé le 27 février son mouvement à se dissoudre, saisissant un processus initié par les autorités d'Ankara depuis octobre.

Une commission parlementaire turque chargée de préparer un cadre légal au processus de paix a démarré ses travaux en août. (AFP, 17 sept 2025)
 
Les Kurdes manifestent dans le nord-est de la Syrie pour réclamer la décentralisation
 

Des milliers de personnes ont manifesté mercredi à Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, administré par les Kurdes, pour réclamer une décentralisation alors que les négociations avec Damas sur l'avenir de la région piétinent.
 
Les tensions sont vives entre entre les autorités islamistes ayant chassé début décembre l'ex-président Bachar al-Assad et les Kurdes, qui réclament un système de gouvernement préservant une part de l'autonomie dont ils jouissent de facto.
 
Damas, de son côté, rejette "toute forme" de décentralisation.

Un journaliste de l'AFP a vu des milliers de manifestants brandissant les drapeaux de l'administration autonome et des Forces démocratiques syriennes (FDS, bras armé des Kurdes soutenus par Washington).
 
"Si la question kurde n'est pas réglée, la Syrie ne sera jamais un État démocratique et les crises ne prendront pas fin", a déclaré le dirigeant kurde Aldar Khalil lors du rassemblement.
 
"Quand nous parlons de décentralisation, nous la voulons pour toute la Syrie, pas seulement pour notre région", a-t-il ajouté.
 
Le chef des puissantes FDS, Mazloum Abdi, et le président par intérim, Ahmad Al-Chareh, ont conclu le 10 mars un accord visant à intégrer les institutions kurdes dans l'Etat syrien.
 
Plusieurs sessions de négociation ont eu lieu depuis, en vain, les Kurdes ayant critiqué la déclaration constitutionnelle qui accorde les pleins pouvoirs à M. Chareh, et la formation d'un gouvernement jugé non représentatif de la diversité ethno-religieuse syrienne.
 
La Syrie doit organiser en septembre un scrutin indirect pour choisir des membres du Parlement.

Mais Damas a annoncé le report du scrutin dans la province à majorité druze de Soueida ainsi que dans celles de Raqa et Hassaké, contrôlées par les Kurdes, évoquant des "défis sécuritaires". Le processus de désignation se tiendra uniquement dans les zones tenues par l'État.
 
Dans une interview à la chaîne al-Ikhbariya vendredi, Ahmad al-Chareh a déclaré que "les négociations avec les FDS restaient bloquées", tout en confirmant l'intervention de médiateurs étrangers. Il a assuré avoir fait des concessions pour éviter une reprise des combats.
 
Les craintes kurdes se sont renforcées après les violences confessionnelles de juillet à Soueida et sur la côte à majorité alaouite en mars. (AFP, 17 sept 2025)
 
Négociation asymétrique et horizon stratégique des Kurdes
 
L’horizon stratégique des Kurdes se distingue par l’adoption de l’autonomie démocratique, de la liberté des femmes et de l’engagement social, parallèlement aux dynamiques de pouvoir, écrit le journaliste Huseyin Salih Durmus dans l’article suivant.

Une négociation asymétrique survient lorsque les parties ne sont pas égales en termes de pouvoir, de moyens ou de légitimité. Dans ce type de négociation, la partie la plus forte met la table en fonction de ses propres intérêts, tandis que la partie la plus faible agit souvent par souci de préserver son existence. Par conséquent, ce n’est pas la vérité ou la justice qui détermine l’issue des négociations, mais la volonté de domination.

Les principales caractéristiques de la négociation asymétrique sont les suivantes :
1) Déséquilibre des pouvoirs : un camp détient la supériorité en termes militaires, économiques ou diplomatiques.

2) La recherche de la domination plutôt que de la vérité : la négociation ne devient pas une recherche de résolution, mais un outil permettant à la partie la plus forte d’imposer sa position.

3) Manœuvres rhétoriques : Comme le souligne Schopenhauer dans son livre « L’art d’avoir raison », on observe fréquemment une distorsion du problème, l’imposition de faux dilemmes et la remise en question de la légitimité de l’autre camp.

4) Transformer les revendications en monnaie d’échange : les revendications de la partie la plus faible ne sont pas reconnues comme des droits mais sont plutôt traitées comme des concessions à accorder par la partie la plus forte.

De nombreux exemples historiques confirment cette logique. Lors des négociations qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, une déclaration attribuée à Staline : « Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable » résumait à la fois la réalité passée et celle d’aujourd’hui, représentant l’expression la plus claire de la négociation asymétrique.

Les reflets les plus récents de cette situation peuvent être observés lors du sommet de l’Alaska qui s’est tenu le 15 août entre les États-Unis et la Russie, où la Russie a contrôlé la table des négociations sans faire aucune concession, ou dans les processus de la Turquie avec les Kurdes, où la question a été constamment réduite au cadre de la « sécurité ».

La négociation asymétrique ne produit pas la paix en substance, car la paix présuppose l’égalité, tandis que l’asymétrie rejette d’emblée l’égalité. C’est pourquoi, dans la question kurde également, le simple fait de s’asseoir à la table des négociations ne garantit pas une solution ; ce qui compte vraiment, c’est la manière dont la table est dressée et les conditions dans lesquelles les parties s’y assoient.

L’expression « Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable » exprime non seulement un style de diplomatie, mais aussi le langage du pouvoir et le caractère inégal de la négociation. L’approfondissement des politiques russes à travers la guerre en Ukraine reflète précisément la version contemporaine de cette conception.

Même si Moscou peut paraître affaibli dans l’ordre mondial multipolaire actuel, il construit un modèle alternatif dans le cadre d’une stratégie à long terme contre les sanctions occidentales et les tentatives d’encerclement.

Ce modèle repose sur trois piliers principaux :

1) Corridors géostratégiques : De la mer Blanche à la mer d’Azov et à la mer Caspienne, en passant par la Baltique et la mer Noire, la stratégie de la « ligne des cinq mers », ainsi que le corridor Nord-Sud qui s’ouvre à travers l’Iran jusqu’à l’océan Indien, sont devenus vitaux pour la Russie. Conçue au XVIIe siècle par Pierre Le Grand, puis développée sous Staline, cette stratégie constitue aujourd’hui l’une des lignes de défense et économiques les plus importantes de la Russie.

2) Réseaux énergétiques et économiques : à mesure que ses liens avec l’Europe se relâchent, la Russie établit de nouveaux marchés et de nouvelles dépendances à travers la Chine, l’Inde, l’Iran et la Turquie.

3) Diplomatie asymétrique : comme on l’a vu au sommet de l’Alaska, s’asseoir à la table et diriger le processus de négociation sans faire aucune concession, un dialogue en apparence, mais en substance l’imposition d’un fait accompli.

Ce modèle constitue moins un défi ouvert à l’Occident qu’une tentative de l’affaiblir et de l’affaiblir, en construisant un ordre parallèle. L’annexion de la Crimée, l’ingérence dans les élections américaines de 2017 et l’élection de Trump, ainsi que le soutien explicite à l’extrême droite lors des élections européennes, sont des événements marquants de cette stratégie.

L’équilibriste turc

Dans cette nouvelle équation géopolitique, l’État turc est à la fois membre de l’OTAN et partenaire de la Russie en matière d’énergie et de sécurité. En se rapprochant de Moscou sans rompre ses liens avec l’Occident, l’État turc renforce sa position. Cette politique d’équilibre fonctionne non seulement en politique étrangère, mais aussi dans sa stratégie de suppression de la question kurde sur le plan intérieur.

Grâce à la marge de manœuvre que la Russie a procurée par le passé sur la scène syrienne, l’État turc a constamment utilisé le levier d’une pression militaire et politique croissante sur le Rojava. Tant qu’il s’aligne sur les intérêts de Moscou, les revendications kurdes en matière de statut sont réprimées, tandis que la Turquie en fait un atout face à l’Occident.

Les Kurdes : l’objet de la stratégie

Globalement, la situation comporte de sérieux risques pour les Kurdes. Ils ne sont pas considérés comme des sujets dans les projets stratégiques de l’Occident ou de la Russie. Au contraire, ils sont systématiquement traités comme un élément de négociation sur les routes énergétiques, les équations de sécurité régionale et les conflits en Syrie. Même si le chaos qui règne dans les régions entourant le Kurdistan peut sembler offrir de sérieuses opportunités et de nouvelles possibilités d’alliances, il ne diminue pas les risques potentiels.

À ce stade, l’ouvrage d’Edward Mead Earle, « Les Créateurs de la Stratégie Moderne », nous le rappelle. Après « L’Art de la Guerre » de Sun Tzu , cet ouvrage est devenu une étude importante abordant les stratégies de guerre de manière exhaustive. Edward Earle y souligne que la stratégie moderne a été créée par les États et les grandes puissances. Ces acteurs établissent leur propre horizon stratégique en associant vision, capacité militaire et diplomatie.

Les Kurdes, cependant, ont été pendant des siècles attachés aux stratégies des autres, et souvent victimes de ces mêmes stratégies. Bien que l’équilibre des pouvoirs ait évolué aujourd’hui et que les Kurdes soient mieux organisés, la situation générale n’a pas sensiblement changé. La tentative d’autonomie démocratique mise en place au Rojava peut être considérée comme le noyau d’une vision stratégique, mais elle reste vulnérable face à la pression des puissances régionales et mondiales.

L’impasse du Rojava

Aujourd’hui, le cœur du conflit turco-kurde se situe au Rojava. Pour l’État turc, le Rojava est perçu comme une menace à la sécurité nationale ; pour la Russie, bien que moins visible, il sert de terrain de négociation face à l’Occident ; et pour l’Occident, il constitue un atout limité. Pour les Kurdes, en revanche, le Rojava est à la fois le théâtre de sacrifices historiques et le centre de la quête d’un nouvel avenir. Le Rojava est le cœur du Kurdistan.

Pourtant, tant que persistera le style de négociation stalinien, à savoir l’approche « Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable », aucun véritable terrain de paix ne pourra être établi. Par conséquent, la solution ne doit pas être recherchée uniquement dans les stratégies des grandes puissances. Ce qui est véritablement nécessaire, c’est que les Kurdes façonnent leur propre horizon stratégique et fassent émerger leurs propres « artisans de la stratégie moderne ». Sinon, le Rojava et la question kurde resteront des dossiers à l’ordre du jour d’autres puissances.
Que signifie la stratégie pour les Kurdes ?

Comme l’a souligné Edward Mead Earle, la stratégie moderne ne se résume pas à la planification militaire ; c’est l’intégration d’instruments militaires, diplomatiques, économiques et sociaux au sein d’une vision. La stratégie est l’horizon d’un peuple vers l’avenir et sa capacité à construire son propre chemin. Lorsque les États et les puissances acquièrent cette capacité, ils deviennent des « créateurs » et marquent l’histoire de leur empreinte.

Pour les Kurdes, le besoin d’une stratégie est aujourd’hui plus urgent que jamais, car leur existence politique demeure marquée par les rivalités entre grandes puissances et exposée à de graves risques. Le Rojava en est l’exemple le plus flagrant : un partenariat militaire avec les États-Unis qui apparaît désormais affaibli, un atout pour la Russie et une menace sécuritaire pour la Turquie. Si la stratégie de chacun accorde une place aux Kurdes, celle des Kurdes ne prévoit aucune place contraignante pour les autres.

Une véritable stratégie kurde doit reposer sur trois piliers fondamentaux :

1) Devenir un sujet diplomatique : Les Kurdes doivent cesser d’être un « élément de négociation » sur la scène internationale et devenir un acteur qui parle en son nom propre et fait valoir une volonté contraignante. Cela nécessite une diplomatie multiforme, non seulement avec l’Occident, mais aussi avec les puissances régionales.

2) Infrastructure économique et institutionnelle : La stratégie ne peut être soutenue uniquement par la lutte armée ou les revendications politiques. Le renforcement de leurs propres réseaux économiques, institutions culturelles et organisations sociales sera le gage de leur pérennité. La période actuelle offre d’immenses opportunités.

3) Vision sociale : Les pratiques partiellement expérimentées au Rojava, telles que l’autonomie démocratique, le leadership des femmes et l’organisation communautaire, constituent le noyau d’une vision stratégique et sont d’une grande valeur au cœur du chaos moyen-oriental. Cependant, si elles ne sont pas transposées au-delà des expériences fragmentées vers un horizon national et stratégique global, elles ne pourront perdurer. Le gouvernement et les administrations du Kurdistan du Sud (Başur) doivent appliquer le modèle du Rojava dans leur propre territoire libre et ouvrir un espace plus large à l’élaboration d’une stratégie plus intégrée.

Pour les Kurdes, une stratégie globale signifie ne plus être l’objet de calculs à la table des autres, sur « ce qui sera donné, ce qui sera pris », mais établir leurs propres tables et leurs propres principes. Seule cette voie permettra d’échapper au destin d’une négociation stalinienne.

Schopenhauer : L’art d’avoir raison et l’impasse de la paix

Dans son ouvrage « L’Art d’avoir raison », Schopenhauer note que les débats sont souvent menés non pas pour rechercher la vérité, mais pour vaincre l’autre camp. Selon lui, le plus fort recourt à des artifices rhétoriques pour paraître avoir raison : il déforme le sujet, discrédite l’adversaire, crée de faux dilemmes, déplace le sujet. Ainsi, le débat devient moins un processus de découverte de la vérité qu’une occasion de renforcer la supériorité du puissant.

Ce schéma est tout aussi valable dans la diplomatie interétatique actuelle. La position de la Russie lors du sommet de l’Alaska en est un exemple typique : elle s’est assise à la table des négociations, mais a conclu les négociations en sa faveur, sans faire aucune concession. Dans ce cas précis, ce n’est pas la vérité qui a prévalu, mais la domination. La logique de la formule stalinienne retrouve un regain de vie dans l’analyse rhétorique
de Schopenhauer.

Les prétendus processus de paix menés par l’État turc avec les Kurdes suivaient une logique similaire. La table des négociations n’était pas un espace d’égalité où les droits des Kurdes étaient débattus ; l’État réduisait constamment la question à la question de la « sécurité », remettait en question la légitimité kurde et imposait de faux dilemmes tels que « soit notre ligne, soit le chaos ». C’est l’application politique des stratagèmes décrits par Schopenhauer. La stratégie de négociation appliquée au Rojava reflète cette symétrie.

La conclusion est claire : lorsque le positionnement stratégique des Kurdes se limite à des expériences fragmentées, chaque partie risque d’être rattachée à l’agenda de différentes puissances. C’est pourquoi il est crucial de tisser des liens stratégiques entre le Rojava, le Kurdistan du Sud, le Kurdistan du Nord (Bakur), le Kurdistan de l’Est (Rojhilat) et la diaspora.

L’horizon stratégique des Kurdes ne doit pas se limiter aux seuls équilibres militaires ou diplomatiques. Il se distingue par le fait qu’il est façonné par les principes d’autonomie démocratique, de liberté des femmes et de participation sociale. Ces valeurs renforceront la légitimité de la stratégie kurde, non seulement à l’échelle régionale, mais aussi universelle.

La stratégie ne doit pas se limiter à créer des rapports de force de fait ; elle doit également englober la capacité à établir un fondement intellectuel qui rendra inefficaces les jeux de l’autre camp visant à paraître juste. Sans cette capacité, qui distingue la vérité des discours, la négociation restera toujours une impasse où les puissants semblent avoir « raison ».

Pour les Kurdes, les moyens matériels et moraux de créer cette stratégie globale sont préservés dans l’héritage séculaire de lutte hérité du Mouvement pour la liberté du Kurdistan. (ANF, 9 septembre 2025)

Construction d’une prison de haute sécurité dans la province kurde de Mus


Alors que la question kurde est débattue au sommet du pouvoir turc, une prison de haute sécurité est en construction dans la province kurde de Muş. Metin Güllü, membre de l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD), a déclaré : « La construction de cette prison ne sert pas l’esprit du processus [de paix]. »

Alors qu’on attend les changement de lois dans le cadre du processus de paix engagé entre le leader kurde Abdullah Öcalan et le pouvoir turc, pour résoudre la question kurde par des moyens pacifiques, le gouvernement turc construire une nouvelle prison de haute sécurité dans la province de Muş. Les travaux ont commencé dans la ville d’Ewran (Yeşilova) de Muş, couvrant une superficie d’environ 400 décares. La prison, dont la construction a commencé discrètement, a suscité une vive réaction. L’avocat Metin Güllü, membre de l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD), a déclaré que la construction de la prison

Rappelant la décision du PKK de se dissoudre et de désarmer, Güllü a déclaré que le gouvernement ne recourait à aucune mesure à des fins politiques, ajoutant que « L’une des priorités est la libération des prisonniers malades et politiques. C’est l’une des pierres angulaires de ce processus. Car la libération des prisonniers malades et politiques, qui ont véritablement subi de lourdes souffrances (…), et qui ont poursuivi la lutte avec acharnement, revitalisera ce processus de paix. C’est la première chose à faire, et nous le réclamons sur toutes les plateformes. »
(Agence Mezopotamya, 9 septembre 2025)

Les Kurdes annoncent avoir déjoué une tentative d'évasion d'un camp lié à l'EI

Les forces de sécurité kurdes dans le nord-est de la Syrie ont annoncé mercredi avoir déjoué une tentative d'évasion d'une cinquantaine de personnes du camp d'al-Hol, où sont notamment détenus des proches de jihadistes présumés.

Plus de six ans après la défaite du groupe jihadiste Etat islamique (EI), les camps et prisons gérés par l'administration autonome kurde dans le nord-est de la Syrie abritent encore des dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup ont des liens présumés avec l'EI ou sont soupçonnés d'en avoir.

Dans un communiqué, les forces de sécurité kurdes ont indiqué avoir déjoué mardi "une tentative d'évasion collective menée par plusieurs familles de l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe), au nombre de 56 personnes".

Les détenus ont tenté de fuir "à bord d'un grand véhicule" mardi, selon le communiqué. Les forces kurdes ont "intercepté le véhicule alors qu'il tentait de franchir l'entrée principale, et arrêté toutes les personnes à l'intérieur".

Al-Hol est le plus grand camp de la région, et les détenus y vivent dans des conditions notoirement difficiles. Selon sa directrice, Jihan Hanan, il abrite à présent 27.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. De nombreux pays occidentaux refusent toujours de rapatrier leurs ressortissants.

L'EI s'était emparé en 2014 de vastes portions de territoires de la Syrie et de l'Irak, avant sa défaite en 2019 en Syrie. Mais des cellules jihadistes restent présentes, notamment dans le vaste désert du pays. (AFP, 3 sept 2025)

Le Comité Parlementaire pour “Etaler de la Farine sur une Corde”

Ragip Duran, TVXS.GR, 24 août 2025


Le régime Erdogan, à la demande de Devlet Bahceli (extrême-droite, allié du Président) et d’Abdullah Ocalan Président du PKK en prison depuis 1999, a créé le Comité Parlementaire de “La Solidarité Nationale, de la Fraternité et de la Démocratie” pour trouver une solution pacifique au problème kurde.

Actif depuis maintenant deux semaines, ce Comité de 51 députés s’est déjà réuni quatre fois. Formé des députés de l’ensemble des partis politiques représentés au Parlement (à l’exception du Bon Parti, opposition, nationaliste, 21 sièges sur 592) essayera de résoudre le problème kurde, un conflit vieux d’au moins un siècle.

Le Président du MHP (Parti d’Action Nationaliste, Les Loups Gris, 47 sièges) Devlet Bahceli avait le 22 octobre 2024 fait une déclaration surprise invitant le PKK à se dissoudre. Il avait également proposé à Ocalan de venir au Parlement pour déclarer la fin de la lutte armée.

Ocalan, avait le 26 février 2025 accepté l’appel de Bahceli et demandé au PKK de se dissoudre.

Le régime nomme ce nouveau processus “La Turquie Sans Terrorisme” alors qu'Ocalan insiste sur l’appellation de “la Paix et de la Démocratie Sociale”.

Le Comité a opté pour un autre nom: Le Comité de La Solidarité Nationale, de la Fraternité et de la Démocratie”.

“Il ne peut y avoir de solidarité nationale entre deux nations distinctes. Il ne peut y avoir non plus de la fraternité entre Turcs et Kurdes, c’est-à-dire entre l’oppresseur et le réprimé. D’ailleurs, les Kurdes revendiquent la paix, la justice et la reconnaissance Constitutionnelle de leur identité et pas de la fraternité” écrit un internaute anonyme sur son compte X.    

Le Comité, dont les comptes-rendus ne seront révélés qu’en 2035 (!), a déjà établi ses méthodes de travail et a dressé une liste des personnes et des représentants des organisations à inviter pour écouter leurs points de vue et revendications.

Le Comité, devrait théoriquement préparer le terrain propice pour la réalisation des objectifs, pas encore très clairs d’ailleurs. Mais la fondation d’une base politique et juridique est nécessaire pour avancer.

La grande majorité des membres de la classe politique, tous mélangés gauche, droite, centre, libérale n’a pas beaucoup d’espoir des travaux de ce comité à l’exception des dirigeants du MHP et du DEM.

Mehmet Yakup Yilmaz, chroniqueur du site d’information générale, titre son article “Étaler de la Farine sur une corde”. Expression idiomatique en turc pour désigner “retarder une action pour gagner du temps dans le but d’atteindre autres objectifs”.

Car selon les opposants, Erdogan a deux buts:

- Gagner une partie des députés et électeurs kurdes pour les élections présidentielles ou bien pour avoir la majorité nécessaire (3/5 des députés, c’est-à-dire 360 membres) au Parlement afin de rédiger une nouvelle Constitution qui lui permettra un quatrième mandat comme président de la République.

- Diviser l’opposition formée essentiellement du CHP (Parti Républicain du Peuple, opposition kémaliste, 137 sièges) et du DEM (Parti de l’Egalité et de la Démocratie des Peuples, opposition kurdes et gauche, 56 sièges).

Par ailleurs les pratiques anti-démocratiques du régime, en particulier la poursuite des arrestations des maires élus du CHP, la répression politique et judiciaire contre l’ensemble des opposants, surtout contre les jeunes qui protestent Erdogan sont devenus les principaux obstacles devant “la Paix et la Démocratie” ou bien devant “La Turquie Sans Terrorisme” constatent l’ensemble des observateurs indépendants.

La carence de stabilité en Syrie et le manque d’entente entre Damas et les Kurdes de Syrie empêchent également ce “processus” qui boite en Turquie. Le Ministre turc des Affaires Étrangères M. Hakan Fidan hausse le ton contre les Kurdes de Syrie, en particulier contre les FDS (Forces Démocratiques de la Syrie) “annexe syrien du PKK” selon lui. Le ministre demande à la fois le désarmement complet des FDS (environ 100 milles soldats formés, armés et entraînés par les Américains) et leur intégration dans l’armée centrale de Damas, qui n’est pas encore officiellement créée. Il s’agit de plusieurs groupes et bandes islamistes qui soutenaient auparavant le Président intérimaire Ahmed Al-Sharaa. Ces groupes ont mené des attaques meurtrières contre les Druzes et les Nusayris (alaouites, secte minoritaire de la famille Assad). Le ministre Fidan estime que le régime Al-Charaa doit combattre les FDS “sinon nous ferons le nécessaire” a-t-il menacé récemment.

Le Comité de la Solidarité Nationale, de la Fraternité et de la Démocratie, malgré son titre sophistiqué, n’a pas beaucoup d’atout pour réussir ni à l’intérieur du pays ni dans la région.

Minorités / Minorities

Armenia removes Ararat from border crossing stamp

Starting 1 November, the stamp at the border crossing of Armenia will no longer feature an image of Mount Ararat. The controversial decision to remove such a cherished symbol sparked criticism and sarcasm, with much of the mockery centered around the name of Foreign Minister Ararat Mirzoyan, suggesting that it would be replaced with Aragats, Armenia’s highest peak.

The stamp design will undergo changes based on a decision adopted by the Armenian government on 11 September, which will only carry information about the border crossing.

The news went viral days after the decision was adopted, considering that it was passed as a non-reportable issue and left out of the public’s attention.

The government decision, which also includes the visuals of the future stamp, would exclusively carry information on border crossing, the word Armenia in both Armenian and English, and will be smaller in size.

‘The justifications for the decision are very simple: the stamps have been brought into line with the modern requirements for border crossings, as well as the ideology of the Real Armenia’, wrote Arsen Torosyan, a prominent member of the ruling Civil Contract party and newly appointed Minister of Labour and Social Affairs, in response to the criticism.

Real Armenia is a concept that was introduced by Prime Minister Nikol Pashinyan in April 2024, insisting that Armenians must accept modern Armenia within its current borders.

Though located within Turkey, Mount Ararat is highly important in Armenian history and culture, and the government’s move to remove it from the stamp has sparked criticism. It is  considered a sacred mountain, was mentioned in the Bible, and is one of the most important national symbols of Armenia.

Former Foreign Minister Vartan Oskanian commented on the issue on Monday, highlighting the importance of Mount Ararat for Armenians, insisting that having the mountain located in the territory of Turkey in the Armenian coat of arms does not pose any territorial claim. Furthermore, he suggested that ‘the world is full of similar examples’.

‘The irony is that symbols like Ararat could, in a wiser political climate, be bridges rather than barriers. Turkey could acknowledge that Armenians have a special relationship with Ararat without seeing it as a threat. Indeed, recognising the depth of that bond could be an act of reconciliation, not division’, Oskanian wrote.

He added that the issue was not only about stamps or coat of arms — ‘It is about whether Armenia will stand firm in preserving its own identity or allow that identity to be edited by others’.

Mount Ararat is also depicted in the Armenian coat of arms, which in January 2024, Armenian Parliamentary speaker Alen Simonyan proposed changing alongside the national anthem. Although he did not explicitly mention the removal of Mount Ararat, critics argued that this was the underlying intent of the proposed changes.

Not Ararat, but ‘Aragats Mirzoyan’

Aside from direct criticism of the decision, the removal of the image of Mount Ararat from the stamp also sparked a wave of sarcastic reactions.

Much of the mockery centered on Armenia’s Foreign Minister Ararat Mirzoyan, who is named after the mountain, as well as the ruling Civil Contract party’s emblem, which was originally designed with reference to Mount Ararat. The reference was later removed from the party’s charter in 2022.

A parody page on Facebook, called Ministry of Clarification of the Republic of Armenia, suggested that the Armenian government adopted another decision, according to which, starting from 1 January 2026, ‘at the request of the Turkish side, Ararat Mirozyan’s name will be officially changed to “Mr. Mirzoyan” ’.

‘This step is intended to give additional weight to the decisions made by Armenian diplomacy’, the post concluded.

While Facebook another user joked — ‘Ararat Mirzoyan is now on Instagram as Aragats Mirzoyan’.

Mount Aragats is the highest peak in Armenia. Although it is cherished and was suggested by Pashinyan as a symbolic alternative to Mount Ararat, it does not carry the same cultural and historical significance as Ararat.

Separately, the parody page the Ministry of Clarification of the Republic of Armenia, published a ‘statement’ on behalf of the imaginary Real Republic of Armenia.

‘We are hopeful that the Turkish side has not noticed the hidden contour of Mount Ararat in the emblem of the Civil Contract Party. As a temporary solution, we propose to switch to the image of Aragats [...] until regional developments are clarified’, the statement read. (oc-media, 15 sept 2025)


Un concert d'Enrico Macias interdit en Turquie en raison de son soutien à Israël

Les autorités turques ont annoncé mercredi avoir interdit un concert du chanteur français Enrico Macias programmé vendredi à Istanbul, à la suite d'appels à manifester contre l'artiste en raison de ses positions pro-Israël.

Le gouvernorat d'Istanbul indique dans un communiqué avoir voulu prévenir toute manifestation, en marge du concert, "contre le génocide (de) l'État terroriste Israël à Gaza et ses partisans", jugeant cependant légitimes les appels à protester.

"Cela fait plus de soixante ans que j'ai le privilège de chanter à Istanbul et à Izmir, deux villes que j'affectionne particulièrement pour leur public extraordinaire", a réagi auprès de l'AFP l'artiste âgé de 86 ans.

"Je suis profondément surpris et attristé de ne pas pouvoir retrouver mon public, avec lequel je partage depuis toujours des valeurs de paix et de fraternité", a-t-il ajouté.

Dans une interview au média français Legend diffusée mi-août sur YouTube, l'artiste, qui a défendu plusieurs fois la réponse d'Israël à l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023, déclarait avoir "toujours chanté la paix entre les juifs et les musulmans. Tout le temps".

"Je suis le premier juif à avoir réuni les juifs et les musulmans", affirmait-il.

"Mon problème, c'est que je ne supporte pas la violence des terroristes. (...) Et s'il y a eu la violence du côté israélien, c'est à cause du Hamas", ajoutait-il en soulignant n'avoir "rien contre les Palestiniens".

Le chanteur, né en 1938 dans une famille juive arabe de Constantine, n'est jamais retourné en Algérie depuis son départ en 1961, en raison du tollé systématique au sein d'une partie de la classe politique lui reprochant son soutien à Israël.

"Je garde espoir. Si la destinée qui me reste veut que je retourne en Algérie, je ne refuserai pas", confiait-il au printemps 2023 à l'AFP.

Avec plus de 60 ans de carrière et 150 chansons au compteur, Enrico Macias a contribué à populariser la musique arabo-andalouse. Ses tubes comme "Enfants de tous pays" et "Les gens du nord" font partie du patrimoine de la chanson francophone et ont voyagé dans de nombreux pays. (AFP, 4 sept 2025)

La Turquie dénonce la reconnaissance par Netanyahu du génocide arménien

La Turquie a condamné mercredi la reconnaissance du génocide arménien par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, affirmant qu'elle visait à "couvrir" les crimes commis dans la bande de Gaza par l'armée israélienne.

"Les déclarations de Netanyahu concernant les événements de 1915 sont une tentative d'exploiter les tragédies passées à des fins politiques", a indiqué le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

M. Netanyahu a reconnu du bout des lèvres le génocide arménien dans un podcast américain diffusé mardi soir, une première pour un chef de gouvernement israélien.

La Turquie, qui accuse régulièrement Israël de perpétrer un génocide dans la bande de Gaza, rejette catégoriquement ce terme pour qualifier les massacres des Arméniens sous l'Empire ottoman pendant la Première guerre mondiale.

Ce génocide est toutefois reconnu par les gouvernements ou les parlements de nombreux pays, dont les États-Unis, la France et l'Allemagne. Le nombre des Arméniens ayant trouvé la mort est évalué à entre 600.000 et 1,5 million.

La Turquie, issue du démantèlement de l'Empire ottoman, évoque elle des "massacres" doublés d'une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs ont péri.

Israël, dont le Premier ministre et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant sont visés par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crime contre l'humanité et crimes de guerre à Gaza, rejette catégoriquement les accusations de génocide dans le territoire palestinien, les qualifiant de "mensonges sans fondement".

Les relations entre la Turquie et Israël ont été suspendues suite aux représailles israéliennes à Gaza au début de la guerre déclenchée par le Hamas le 7 octobre 2023. (AFP, 27 août 2025)

Politique intérieure/Interior Politics

"Presidency spends 72 minimum wages every hour"

Main opposition Republican People’s Party (CHP) deputy Gülcan Kış criticized government spending, presenting data on the first eight months of Turkey’s 2025 budget.

During a press conference at parliament today, Kış shared a chart detailing expenditures of general budget institutions, including parliament, the presidency, ministries, directorates, the judiciary, regulatory bodies, law enforcement, and several general directorates.

According to the figures, 60% of the allocated budgets had been spent in the first eight months of 2025. Two institutions exceeded their allocations: the Directorate for EU Affairs and the National Palaces Administration while other state institutions remained within their budget limits.

The Presidency, spent 9.2 billion liras of its 17 billion lira allocation between January and August. This amounts to 37.9 million liras per day, or 1.58 million liras per hour.

Kış calculated that this equals the cost of 72 workers’ monthly minimum wages every hour. “Workers labor for a month, and the palace consumes their wages in a single minute,” she said.

She contrasted recent remarks by Labor and Social Security Minister Vedat Işıkhan, who recently stated that the minimum wage had increased “119 times nominally and 242% in real terms since 2002.”

“You can boast about minimum wage increases since 2002, but no one will be fooled when the palace spends 72 minimum wages in an hour,” Kış said. “Students are left without meals, retirees are denied a decent living, while you wander in palaces surrounded by luxury. Workers toil for a month, and the palace swallows their wages in a minute.”

Kış also criticized Treasury and Finance Minister Mehmet Şimşek, pointing out that his ministry spent 4.3 billion liras in the first eight months of the year.

“Şimşek tells citizens to ‘be patient, things will improve soon,’ yet his ministry has already spent billions in just eight months,” she said. “How will the remaining four months be covered? Is this what you call savings? Is this economic discipline?”

Concluding her remarks, Kış accused the ruling Justice and Development Party (AKP) of wasteful governance. “Today, retirees share their bread, young people seek their future abroad, and farmers cannot sell their crops. Yet the AKP continues its wasteful order in the palace and ministries.

"Those who tell citizens to be patient and tighten their belts consume 72 minimum wages every hour. This is the true face of the AKP: the people go hungry while the palace stays full.” (BIA, 24 Sept 2025)

Le principal parti d'opposition CHP a réélu son chef

Le principal parti de l'opposition turque, le CHP, a réélu à sa tête Özgur Özel lors d'un congrès extraordinaire dimanche à Ankara, alors que la formation politique est visée par des enquêtes et arrestations à répétition.

Ce congrès a lieu alors que le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) cherche à consolider sa direction avant un procès potentiellement préjudiciable visant à évincer Özgur Özel de sa direction.

Le procès, dont la deuxième audience a eu lieu lundi, vise à annuler le résultat du congrès du CHP de novembre 2023, qui a élu M. Özel, en raison d'une fraude électorale présumée.

Dimanche, les délégués ont voté massivement en faveur de M. Özel qui a remporté tous les 835 votes valides, 82 votes ayant été déclarés invalides. Il était le seul candidat.

Cette réélection pourrait invalider les bases légales du procès contre le parti, dont la prochaine audience est prévue le 24 octobre.

"Le parti est attaqué, et ils essaient toutes les méthodes possibles", a déclaré M. Özel, cité par les médias turcs, après le scrutin.

"Nos experts juridiques et nos administrateurs prennent les mesures les plus appropriées contre cela. Avec la tenue de ce congrès, tous leurs arguments (légaux) sont balayés", a-t-il affirmé.

Outre ce scrutin, le congrès du CHP s'est réuni pour définir une stratégie pour l'avenir face à des obstacles grandissants.

M. Özel, qui a pris en novembre 2023 les rênes d'un parti encore sonné par sa défaite six mois plus tôt à l'élection présidentielle, avait mené le parti vers une éclatante victoire aux élections locales de mars 2024 aux dépens du Parti de la justice et du développement (AKP, islmamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2002.

Le parti a été depuis la cible d'une vague d'arrestations et de poursuites judiciaires qui a culminé en mars avec l'emprisonnement du populaire maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, sur la base d'accusations de "corruption" qu'il rejette.

L'arrestation et l'emprisonnement d'Imamoglu - candidat du CHP à l'élection présidentielle de 2028 - avait provoqué de nombreuses réactions internationales et suscité une contestation inédite dans le pays depuis douze ans.

Le 2 septembre, un tribunal a destitué le chef de la branche stambouliote du CHP, Özgur Celik, après avoir annulé les résultats du congrès provincial d'octobre 2023 qui l'avait élu, avec 195 autres personnes.

La branche du CHP à Istanbul doit quant à elle tenir son propre congrès extraordinaire mercredi pour réélire sa direction. (AFP, 21 sept 2025)

Tensions rise at parliament’s ‘peace’ committee as pro-Kurdish MPs walk out

A parliamentary committee formed to support the ongoing Kurdish peace process saw tensions rising during its 11th session today, after remarks of an invitee prompted members of the pro-Kurdish Peoples’ Equality and Democracy (DEM) Party and main opposition Republican People’s Party (CHP) to walk out.

The “National Unity, Solidarity, Brotherhood and Democracy Committee,” established in August as part of the peace initiative, saw a brief but heated dispute after a speech by Mehmet Bekir Şimşek, head of İTTİHAD, a religious association invited to the meeting by the Kurdish Islamist Free Cause Party (Hüda Par).

In his speech, Şimşek remarked, "The PKK waged war against the faith of the Kurdish people. Why has not a single non-Muslim been killed? The PKK has declared war on the beliefs of the Kurdish people. Dozens of imams have been killed in the region. Each time they were killed, they were accused of being spies, traitors, or even soldiers.

"And yet, somehow, not a single non-Muslim has been killed by the PKK in the region. I’m not saying they should be killed. But why are mosques specifically being targeted? How does tearing the Kurdish people away from their faith through a Marxist-Leninist mindset serve the interests of the Kurds? The traditions of the Kurdish people have changed."

Members of the DEM Party responded strongly to Şahin's remarks before walking out of the room. Saruhan Oluç said, “Can peace be made with this kind of language? We’ve tolerated it until now, but you feed off blood—shame on you, bloodshedders. May God damn you.”

Cengiz Çiçek added, “You killed people by hogtying them. You are the ones who’ve been a curse upon the Kurds.”

These remarkes referenced the Hizbullah, a Kurdish Islamist group distinct from the Lebanese organization, which clashed with the PKK in the 1990s and killed hundreds of people, including journalists and politicians whom it considered affiliated with the PKK. Victims were often tortured by being "hogtied" and buried in what were called “grave houses.”

Head of the İTTİHAD association, Enver Kılıçarslan, was convicted of being a member of Hizbullah in a case concernin the 1999 killing of Muslim feminist writer Konca Kuriş.

'This is not a place to reignite past traumas'

As tensions rose, Parliament Speaker Numan Kurtulmuş intervened, saying, “Everyone is free to defend their own views, but not by dredging up the past. Significant progress has been made; it is essential that everyone pays attention to their language.”

He added that speaking over past grievances would not contribute to finding a solution.

DEM and CHP deputies left the room after the exchange. After the dispute, the session moved on to the speech by Tayyip Elçi, President of the Foundation of Madrasa Scholars (MEDAV) and DEM deputies returned to the room.

DEM deputy Meral Danış-Beştaş also criticized Şimsek's remarks. “This is a peace table, not a place for reigniting past traumas or indulging in a kind of murder pornography,” she told bianet.

Turkey launched its latest peace initiative last October following a call by MHP leader Devlet Bahçeli, an ally of the ruling Justice and Development Party (AKP). Bahçeli had suggested that jailed PKK leader Abdullah Öcalan could benefit from the “right to hope” if he announced the group’s dissolution.

Öcalan issued a call to lay down arms in February. The PKK formally declared its dissolution in May and held a symbolic disarmament ceremony in July. The parliamentary comittee has since been meeting to outline further steps in the process, hearing from political groups, civil society representatives, academics, and individuals. (BIA, 18 sept 2025)

La justice offre un répit au principal parti d'opposition

Un tribunal d'Ankara a reporté lundi au 24 octobre sa décision sur une possible destitution pour "fraude" de la direction du principal parti de l'opposition turque, le CHP, offrant un répit à la formation politique visée par des enquêtes et arrestations à répétition.
 
Mais cette décision est interprétée par des experts comme une stratégie destinée à maintenir sous pression le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), sorti large vainqueur d'élections locales l'an passé, afin d'attiser les divisions en interne.
 
"Des millions de personnes vous regardent, M. le juge. Votre décision est capitale", avait lancé à l'ouverture de l'audience lundi matin Ugur Poyraz, l'un des avocats du CHP.
 
Dimanche, des dizaines de milliers de personnes avaient défilé à Ankara pour soutenir le CHP, qui rejette les accusations d'achats de vote lors de son congrès de 2023 qui avait élu l'actuelle direction du parti.
 
"Ce procès est politique (...), c'est un coup d'État et nous résisterons", a lancé à la foule le patron du CHP, Özgür Özel, affirmant que "la cible n'est pas seulement le CHP, c'est aussi la démocratie en Turquie".
 
M. Özel, qui a pris en novembre 2023 les rênes d'un parti encore sonné par sa défaite six mois plus tôt à l'élection présidentielle, avait mené le parti vers une éclatante victoire aux élections locales de mars 2024 aux dépens du Parti de la justice et du développement (AKP, islmamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2002.
 
Mais l'embellie aura été de courte durée : la justice turque a entamé à l'automne 2024 une vague d'arrestations pour "corruption" ou "terrorisme" contre des élus du CHP.
 
Dix des 26 maires CHP de district d'Istanbul ont été arrêtés depuis et le populaire maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, vu comme le plus sérieux rival du président Erdogan, a lui aussi été placé derrière les barreaux fin mars pour des accusations de "corruption" qu'il rejette.
 
- "Sans loi ni justice" -
 
Son arrestation, dénoncée comme un "coup d'État politique" par le CHP, avait provoqué de nombreuses réactions internationales et suscité une contestation inédite dans le pays depuis douze ans.
 
M. Özel tente depuis d'entretenir la fronde, en organisant chaque semaine des rassemblements jusque dans des villes longtemps considérées comme des bastions du président Erdogan.
 
Son sort paraît cependant extrêmement incertain depuis qu'un tribunal d'Istanbul a destitué le 2 septembre la direction de la branche stambouliote du CHP en raison d'accusations d'achats de votes au cours d'un congrès également organisé en 2023.
 Un administrateur désigné par l'Etat a été nommé à la tête de la direction provinciale, un scénario qui pourrait être répliqué à la direction nationale.
 
"La Turquie est entraînée dans l'abîme par un gouvernement qui dit : +Nous aurons le dernier mot, peu importe pour qui vote le peuple+", a affirmé lundi le porte-parole du CHP Deniz Yücel, fustigeant un gouvernement "incapable de supporter la défaite".
 
"Je ne veux pas vivre dans un pays sans loi ni justice, où nous ne pouvons pas nous exprimer. C'est pour cela que nous luttons et nous continuerons (de le faire) sans relâche", avait déclaré dimanche à l'AFP à Ankara Songül Akbaba, une retraitée de 51 ans.
 
Pour de nombreux observateurs, l'affaire s'apparente à une tentative des autorités de transformer le CHP, plus ancien parti politique de Turquie, en une coquille vide, une tentative qui si elle aboutissait porterait un coup sévère au pluralisme dans le pays.
 
Dans une tentative de protéger sa direction, le CHP a convoqué un congrès extraordinaire le 21 septembre afin de faire réélire Özgür Özel. (AFP, 15 sept 2025)

Nouveau coup de filet contre l'opposition à Istanbul
 
Un procureur d'Istanbul a ordonné samedi l'arrestation de 48 membres de la municipalité de Bayrampasa, un district d'Istanbul, dirigée par l'opposition, notamment le maire, pour "corruption" a rapporté samedi l'agence étatique Anadolu.
 
Le maire, Hasan Mutlu, élu du principal parti de l'opposition turque CHP (Parti républicain du peuple, social démocrate) et son adjoint, Lutfi Kadiogullari, ont été interpellés samedi matin pour "extorsion, corruption, fraude aggravée et truquage d'appels d'offres", tandis qu'une perquisition a été menée à la municipalité, selon la chaîne privée d'information NTV.
 
"Les habitants de Bayrampasa ont élu Hasan Mutlu. Mais ils ne l'ont pas supporté. Ils ne respectent ni les résultats des élections ni les urnes ni la volonté du peuple", a réagi sur son compte X le chef du CHP à Istanbul, Ozgur Celik, qui a été lui-même révoqué le 2 septembre par un tribunal turc pour des irrégularités présumées au cours du congrès où il a été élu en 2023.
 
Le CHP subit une pression judiciaire croissante via un grand nombre d'enquêtes et d'interpellations visant ses élus, accusés de corruption, comme au sein de la municipalité d'Istanbul, la plus importante ville de Turquie, dont le maire, Ekrem Imamoglu, est emprisonné depuis mars. (AFP, 13 sept 2025)


Le maire emprisonné d'Istanbul comparaît pour "faux diplôme"

Le maire emprisonné d'Istanbul Ekrem Imamoglu, en détention depuis mars pour "corruption", a comparu vendredi devant un tribunal de la ville, accusé d'avoir falsifié son diplôme universitaire, une affaire qui pourrait l'empêcher de concourir à la présidence.

Selon la justice, M. Imamoglu, considéré comme le plus sérieux rival du président Recep Tayyip Erdogan, n'aurait pas dû être diplômé de l'Université d'Istanbul dans les années 1990, ses deux premières années d'études ayant eu lieu dans une université de Chypre-Nord non reconnue à l'époque par le Conseil turc de l'enseignement supérieur.

A la veille de son arrestation en mars, l'Université d'Istanbul avait ainsi annulé le diplôme de M. Imamoglu.

Or, selon la Constitution turque, tout candidat au poste de chef de l'Etat doit pouvoir justifier d'un diplôme de l'enseignement supérieur.

Accueilli sous une pluie d'applaudissements jeudi dans la salle du tribunal stambouliote de Silivri, situé dans l'enceinte de la prison où il est incarcéré, M. Imamoglu a affirmé que l'acte d'accusation à son encontre avait été rédigé par "quelqu'un qui sait que je le battrai aux prochaines élections", selon l'agence de presse Anka.

Qualifiant cette affaire d'"absurde", le maire déchu d'Istanbul a affirmé à la barre avoir obtenu son diplôme "à la sueur de [s]on front".

Un procureur a requis une peine allant de 2 ans et 6 mois à 8 ans et 9 mois pour "falsification de documents officiels" contre M. Imamoglu, assortie d'une interdiction d'exercer des activités politiques.

L'avocat de M. Imamoglu, Mehmet Pehlivan - également emprisonné depuis juin - est intervenu par visioconférence, mais a refusé de plaider, affirmant n'avoir pu être autorisé à parler à son client avant l'audience. (AFP, 11 sept 2025)

Un tribunal d'Ankara rejette la destitution de la direction du CHP à Istanbul

Un tribunal d'Ankara a rejeté jeudi une demande d'annulation du congrès de la section d'Istanbul du principal parti d'opposition CHP et la révocation de sa direction actuelle, contredisant la destitution provisoire de celle-ci par une cour d'Istanbul mardi, a annoncé le parti.

"Le procès d'annulation du congrès provincial d'Istanbul a été définitivement tranchée aujourd'hui par le 3e Tribunal civil de première instance qui l'a rejetée sur le fond. (...) Il faut maintenant que la mesure conservatoire soit levée", a affirmé le président du CHP Özgür Özel.

Un tribunal d'Istanbul avait décidé mardi dernier "la destitution provisoire" de la direction provinciale du CHP pour "fraude éléctorale" et avait nommé, comme mesure conservatoire, Gürsel Tekin, vice-président du CHP entre 2010 et 2014, à la tête de la branche d'Istanbul, provoquant des tensions entre élus et policiers dimanche et lundi.

Selon le CHP, la décision du tribunal d'Ankara, prononcée sur le fond, annule la destitution et la nomination provisoire d'un administrateur par une cour d'Istanbul.

"Bien que des tentatives soient faites pour créer une perception différente dans l'opinion publique, l'injonction provisoire du 45e Tribunal civil de première instance d'Istanbul est actuellement en vigueur et reste valable", a de son côté réagi l'avocat de Gursel Tekin sur X, précisant que "les parties et les preuves" diffèrent entre les deux procédures.

La décision sur la direction d'Istanbul du CHP pourrait, selon les observateurs, avoir un impact sur le verdict attendu lundi à Ankara dans un procès qui vise cette fois-ci la révocation de la direction nationale du CHP. (AFP, 11 sept 2025)

Les autorités entrent de force au siège de l'opposition à Istanbul

Des échauffourées ont opposé lundi élus et policiers au siège régional du principal parti de l'opposition turque à Istanbul, où un administrateur désigné par l'Etat est parvenu à entrer par la force, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Toute la nuit et jusqu'à la mi-journée, des centaines d'élus et partisans du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) ont fait barrage aux abords et à l'intérieur du bâtiment, s'opposant à sa prise de contrôle par les autorités qui ont destitué la semaine passée la direction provinciale du parti.

Mais l'administrateur désigné par l'Etat, un ex-cadre du CHP, a pu pénétrer à l'intérieur du bâtiment en début d'après-midi, aidé d'une colonne de policiers équipés de boucliers.

Avant cela, les forces de l'ordre avaient fait usage lundi matin de gaz lacrymogène et procédé à au moins une dizaine d'interpellations, selon deux journalistes de l'AFP sur place.

La justice a révoqué mardi la direction du CHP à Istanbul pour des soupçons d'irrégularités lors d'un congrès du parti en 2023.

Cette décision, survenue moins de six mois après l'arrestation du populaire maire CHP d'Istanbul Ekrem Imamoglu, considéré comme le plus sérieux rival du président Recep Tayyip Erdogan, agite l'opposition turque car une décision similaire pourrait être prise lundi prochain contre la direction nationale du CHP.

Dans ce contexte, le gouvernorat d'Istanbul a interdit jusqu'à mercredi soir les manifestations dans plusieurs districts de la ville, dont celui de Sariyer où se trouve le siège régional du parti.

L'accès à plusieurs réseaux sociaux et messageries, dont X, Instagram et WhatsApp, est également restreint dans la mégapole turque depuis dimanche soir, selon l'organisation de surveillance de l'accès à internet Netblocks.

Les autorités, que le CHP accuse de mener un "coup judiciaire", ont décidé de nommer Gürsel Tekin, vice-président du CHP entre 2010 et 2014, à la tête de la branche provinciale du parti.

M. Tekin, exclu par le CHP la semaine passée après avoir accepté l'offre des autorités, a affirmé lundi vouloir "simplement sauver (le) parti". (AFP, 8 sept 2025)


L'opposition convoque un congrès extraordinaire pour le 21 septembre

Le principal parti d'opposition de Turquie va convoquer un congrès extraordinaire le 21 septembre, après qu'un tribunal a destitué sa direction d'Istanbul sur des accusations de corruption, a rapporté une source du parti à l'AFP samedi.

Cette décision intervient dans un contexte de pression politique croissante sur le Parti républicain du peuple (CHP) après qu'un tribunal a annulé cette semaine les résultats de son congrès provincial d'Istanbul en octobre 2023, destituant son leader Ozgur Celik et 195 autres responsables.

Plus de 900 délégués du CHP ont soumis vendredi une pétition à une commission électorale locale de la capitale Ankara pour autoriser le congrès, a déclaré la source à l'AFP.

Ce congrès devrait définir la stratégie du parti alors qu'il est confronté à une incertitude juridique.

Le CHP, la principale force d'opposition au Parlement turc, a remporté une victoire majeure sur l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan lors des élections locales de 2024. Depuis lors, le parti est devenu la cible d'une vague d'arrestations et de procédures judiciaires qui ont culminé en mars avec l'emprisonnement du populaire et puissant maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, pour des accusations de corruption qu'il dément.

L'arrestation et l'emprisonnement de M. Imamoglu, considéré comme un rival clé du président Erdogan, ont déclenché des manifestations de rue inédites depuis dix ans. Les autorités ont réprimé les manifestations en arrêtant près de 2.000 personnes, dont la plupart ont ensuite été libérées.

Mardi, un tribunal a destitué le leader du CHP d'Istanbul et des dizaines de délégués du parti, tout en nommant une équipe de cinq hommes pour les remplacer, ce qui a provoqué une chute de 5,5% du marché boursier turc.

Le CHP a fait appel contre cette décision judiciaire.

Pour l'analyste politique Berk Esen, cette affaire représente une "répétition" pour une affaire plus importante contre la direction nationale du parti, visant à l'affaiblir en tant que force d'opposition.

Une procédure judiciaire presque identique pèse en effet sur sa direction nationale, dans une affaire très suivie qui reprendra à Ankara le 15 septembre.

Gul Ciftci, vice-présidente du CHP responsable des affaires électorales et juridiques, a déclaré que le congrès extraordinaire "ne déterminera pas seulement l'avenir de notre parti, mais réaffirmera également la foi dans le pluralisme, la diversité et la politique démocratique en Turquie", dans un commentaire publié sur X vendredi.

Elle a salué la décision concernant le congrès, prise grâce à la volonté des délégués, comme "la preuve la plus forte que le CHP reste debout face à toutes les tentatives d'intervention du gouvernement". (AFP, 6 sept 2025)


Des milliers de manifestants pour dénoncer un nouveau coup porté à l'opposition

Des milliers de personnes se sont rassemblées mercredi soir à Istanbul pour protester contre la révocation la veille par un tribunal de la direction dans cette mégapole du principal parti de l'opposition en Turquie, le CHP, sur des soupçons d'irrégularités au cours d'un congrès en 2023.

"Gouvernement, démission!", a crié la foule, agitant des drapeaux turcs, dans le quartier de Zeytinburnu, un bastion de l'AKP, le parti du président Recep Tayyip Erdogan, tandis qu'Ozgur Ozel promettait que le Parti républicain du peuple (CHP), qu'il dirige, ne se laisserait pas intimider.

"Ils pensent qu'ils vont faire taire le CHP et nommer une opposition qui leur convient (...) mais nous ne nous soumettrons pas. Ce n'est pas seulement l'opposition qui est menacée mais le multipartisme : c'est un régime qui usurpe la démocratie", a-t-il lancé devant les protestataires.

Le CHP, qui a remporté une large victoire face à l'AKP aux élections locales de 2024 et qui progresse dans les sondages, a dénoncé la décision prise mardi par la justice, la qualifiant de "coup d'État judiciaire".

Ce parti a été frappé par une série d'arrestations et de poursuites judiciaires, avec en point d'orgue l'emprisonnement en mars du populaire et puissant maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, considéré comme le seul candidat ayant une réelle chance de battre M. Erdogan dans les urnes.

Le jugement de mardi a annulé les résultats du congrès provincial du CHP dans cette ville en octobre 2023, écartant son chef Ozgur Celik et 195 autres personnes et nommant une équipe de cinq personnes pour les remplacer.

Ce parti a fait appel mercredi de cette décision.

La direction nationale du CHP, contre laquelle des accusations similaires ont été portées, pourrait subir pareil sort prochainement, a fait savoir ce même jour le ministre turc de la Justice, Yilmaz Tunç. Une audience à ce sujet est programmée pour le 15 septembre à Ankara. (AFP, 3 sept 2025)

Nouveau coup judiciaire contre le principal parti d'opposition

Un tribunal turc a révoqué mardi la direction d'Istanbul du principal parti de l'opposition, le CHP, pour des irrégularités présumées lors de son congrès en 2023. Une décision dénoncée comme "un coup d'Etat judiciaire" par le parti qui va faire appel.

Cette mesure apparaît comme un nouvel épisode de la guerre que livrent les autorités turques au premier parti d'opposition et surtout à ses figures populaires, dont le maire d'Istanbul emprisonné, Ekrem Imamoglu.

Le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) a remporté une large victoire face à l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan lors des élections municipales de 2024 et progresse dans les sondages.

Dans son jugement, dont l'AFP a pu consulter une copie, le tribunal annule les résultats du congrès provincial du CHP, excluant son chef à Istanbul, Özgür Celik, ainsi que 195 membres de la direction et délégués de ce parti.

Par ces procédures, l'objectif est d'évincer l'actuel président du parti, Özgür Özel, en faisant annuler le résultat du congrès national du CHP.

S'exprimant mardi soir à l'issue d'une réunion d'urgence des instances du parti à Ankara, M.Özel a juré de "ne pas capituler" et dénoncé une "décision politiquement et légalement nulle et non avenue".

"Nous sommes confrontés à un coup d'Etat judiciaire", a-t-il enchainé lors d'un entretien à la chaine de télévision privée Halk TV, accusant les autorités de vouloir "modifier les résultats électoraux par voie de justice".

"Ils menacent de me retirer la direction du parti. Je vais me battre en retour". a-t-il promis.

 - Pression judiciaire croissante -

 Le CHP subit une pression judiciaire croissante via un grand nombre d'enquêtes et d'interpellations visant ses élus, accusés de corruption, comme au sein de la municipalité d'Istanbul, la plus riche et la plus importante ville de Turquie, dont le maire est depuis mars derrière les barreaux.

L'arrestation de l'édile, Ekrem Imamoglu, figure populaire de l'opposition et principal adversaire potentiel du président Recep Tayyip Erdogan à la prochaine échéance présidentielle, avait déclenché un mouvement de contestation inédit dans ce pays depuis douze ans.

Sont de fait suspendues mardi "toutes les décisions prises au cours du congrès provincial d'Istanbul" du CHP qui avait eu lieu le 8 octobre 2023, d'après le jugement rendu.

La mesure suppose également "la réintégration temporaire" des personnes élues lors du précédent congrès ou la nomination d'un comité provisoire qui serait jugé approprié par le tribunal.

Au congrès d'octobre 2023, Özgür Celik, élu à la direction du parti à Istanbul avec le soutien d'Ekrem Imamoglu, l'avait emporté face à son concurrent, Cemal Canpolat, un proche de l'ancien président du CHP, Kemal Kilicdaroglu.

Ce dernier avait été le candidat malheureux de l'opposition à la présidentielle de 2023.

Le parquet a ouvert une enquête contre M. Celik et neuf autres responsables du parti pour des allégations de "fraude électorale", ce qui peut leur valoir jusqu'à trois ans de prison.

Pour l'analyste politique Berk Esen joint par l'AFP, la décision de mardi contre la direction d'Istanbul est une "répétition" avant une nouvelle procédure judiciaire contre le CHP lui-même, afin de l'affaiblir en tant que force d'opposition dans la perspectives des prochaines élections.

M. Esen y voit le signe d'une "évolution vers une autocratie totale (qui) signale la fin du multipartisme dans le pays tel que nous le connaissons".

"Le gouvernement prend des mesures calculées pour éliminer Ekrem Imamoglu, qu'il considère comme la seule véritable menace électorale, et pour réduire le CHP à une opposition sous contrôle", assure-t-il. (AFP, 3 sept 2025)


La commission nationale du parlement turc planchera au moins jusqu'à l'hiver

La commission parlementaire chargée de préparer un cadre légal au processus de paix en Turquie avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) achèvera ses travaux au plus tôt fin décembre, a déclaré vendredi le président du parlement turc.

"La décision prise lors de la création de la commission était que ses travaux se concluent le 31 décembre", a indiqué Numan Kurtulmus à l'agence de presse officielle Anadolu, précisant que cette date pourrait si nécessaire être repoussée de plusieurs mois.

La commission transpartisane, dont les travaux ont démarré début août, a pour mission de réfléchir à des solutions pour une paix durable et un désarmement complet du groupe armé kurde, dont le conflit avec l'Etat turc depuis 1984 a fait plus de 50.000 morts selon Ankara.

Ses propositions seront ensuite soumises à l'aval du parlement turc, a souligné son président, M. Kurtulmus.

La commission est composée de 48 députés, dont 25 du bloc au pouvoir dominé par le parti AKP (islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan. Dans les rangs de l'opposition figurent notamment quatre élus du parti prokurde DEM.

À la suite de discussions entamées en octobre avec les autorités via le DEM, le PKK, considéré comme terroriste par Ankara, a annoncé en mai sa dissolution, répondant à un appel en ce sens de son chef historique Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999.

Lors d'une cérémonie symbolique, une trentaine de ses combattants ont brûlé symboliquement leurs armes le 11 juillet dans le nord de l'Irak. (AFP, 29 août 2025)

Le ministre turc des Transports flashé à 225 km/h

Le ministre turc des Transports a écopé d'une embarrassante amende pour un excès de vitesse à 225 km/h, après avoir été filmé par ses équipes roulant à tombeau ouvert sur une autoroute du centre du pays.

Sur une vidéo mise en ligne dimanche soir sur son compte X, Abdulkadir Uraloglu apparaît au volant d'une puissante Audi dont le compteur grimpe jusqu'à 225 km/h, sur une portion limitée à 140 km/h.

Comble de l'ironie, la publication X se conclut par le mot-clé #LaTurquieAccélère, que le ministre utilise régulièrement pour vanter les nouvelles infrastructures du pays.

Aussitôt épinglé par les internautes, le ministre a répondu quelques heures plus tard sur X à sa propre vidéo en affirmant avoir dépassé la limite de vitesse "sans (s)'en rendre compte" en voulant "vérifier l'état actuel de l'autoroute Ankara-Nigde".

M. Uraloglu a joint à son message une photo de la contravention de 9.267 livres turques (194 euros) dressée à son encontre, promettant d'être "beaucoup plus prudent à l'avenir".(AFP, 29 août 2025)


Forces armées/Armed Forces

« La Turquie détruit comme le nucléaire »

Le salon IDEF 2025, tenu à Istanbul, a été le théâtre de révélations majeures concernant les nouvelles avancées de l’industrie militaire turque. L’événement a mis en lumière deux nouvelles bombes, Gazap et NEB-2 Ghost, qui pourraient transformer les stratégies de défense et de guerre modernes. Ces armes, par leurs caractéristiques innovantes, renforcent la position de la Turquie sur la scène internationale et posent de sérieuses questions sur l’évolution des armements conventionnels vers des capacités destructrices comparables à celles des armes nucléaires tactiques.

Les ambitions de l’industrie de défense turque

Le Salon international de l’industrie de la défense, organisé à Istanbul, s’est imposé comme une plateforme clé pour présenter les avancées technologiques militaires de la Turquie. L’événement, qui s’est déroulé sur six jours et a couvert plusieurs sites prestigieux, a permis de démontrer les progrès réalisés par les ingénieurs turcs. Ces derniers, après des années de développement, ont réussi à concevoir des armes qui sont désormais prêtes à être intégrées dans les arsenaux militaires.

La présentation de ces bombes marque une rupture technologique significative. Ces armes, conçues et certifiées selon des standards rigoureux, sont le fruit de recherches intensives menées par le ministère turc de la Défense. En exposant ces nouvelles capacités, la Turquie envoie un message clair sur ses ambitions géopolitiques et son désir de jouer un rôle de premier plan sur la scène mondiale.

« On n’a aucune preuve, on s’est plantés » : la Bulgarie fait volte-face après avoir accusé la Russie de pirater l’avion d’Ursula von der Leyen

Gazap : une arme de fragmentation avancée

La première des deux nouvelles bombes, Gazap, symbolise la colère par son nom et sa puissance. Cette bombe de 970 kilogrammes redéfinit le concept de fragmentation. Alors que les bombes traditionnelles dispersent un nombre limité de fragments, Gazap en projette plus de 10 par mètre carré. Cette augmentation est rendue possible grâce à une structure interne optimisée, contenant 10 000 particules calibrées pour un effet maximal.

Dirigée par Nilufer Kuzulu, l'équipe de conception a mis au point un système de fragmentation contrôlée, offrant une précision et une efficacité redoutables. Contrairement aux bombes conventionnelles, Gazap assure une dispersion méthodique des fragments, imitant l'effet destructeur d'une grenade défensive sur une plus grande échelle. Cette innovation place Gazap parmi les armes conventionnelles les plus avancées de notre époque.

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Les effets thermobariques de Gazap

Outre sa capacité de fragmentation, Gazap intègre une technologie thermobarique qui amplifie sa létalité. Ce type d'explosion utilise l'air ambiant comme combustible pour produire une surpression et une chaleur intense. Les températures atteignent 3 000°C, suffisantes pour détruire des structures en acier et en béton. Les essais réalisés ont montré une efficacité redoutable, avec des ondes de choc et une explosion visible sur une large zone.

Cette puissance place Gazap parmi les armes non nucléaires les plus meurtrières, capable de rivaliser avec certaines capacités nucléaires tactiques. Cette avancée technologique soulève des préoccupations sur l'évolution des conflits modernes et la nécessité de repenser les stratégies de défense globale.

NEB-2 Ghost : percée des structures fortifiées

La bombe NEB-2 Ghost se distingue par sa capacité à pénétrer des structures extrêmement résistantes. Avec un poids similaire à Gazap, elle est conçue pour percer des bunkers et des infrastructures fortifiées. Sa capacité à traverser 7 mètres de béton C50, bien au-delà des capacités des missiles actuels, est rendue possible par un système de détonation retardée.

Contrairement aux bombes traditionnelles, NEB-2 Ghost attend 240 millisecondes avant de détoner, permettant à la bombe de s'enfoncer profondément dans sa cible. Cette approche garantit une destruction maximale des structures internes, rendant cette arme redoutable pour les cibles fortifiées. Ces capacités soulignent le potentiel destructeur des nouvelles armes conventionnelles.

Implications géopolitiques et militaires

Les nouvelles bombes turques posent des questions cruciales sur l'équilibre des forces militaires mondiales. Leur compatibilité avec les avions de combat turcs et le potentiel d'intégration sur des drones ouvrent la voie à des applications militaires variées. Alors que ces armes se rapprochent des capacités destructrices des armes nucléaires tactiques, sans franchir le seuil atomique, elles redéfinissent les règles du jeu géopolitique.

Les implications de ces développements technologiques sont profondes. Elles interrogent sur la future nature des conflits armés et sur la manière dont les nations devront adapter leurs stratégies de défense. Comment ces nouvelles armes influenceront-elles les relations internationales et la stabilité mondiale ? (le-gaz.fr/, 21 sept 2025)

La Turquie va construire le plus gros navire de guerre d’un pays méditerranéen

Le projet titanesque a officiellement été lancé la semaine dernière par Recep Tayyip Erdogan. Au cours de l’événement Teknofest Blue Homeland au Commandement du Chantier Naval, le président turc a donné le coup d’envoi du projet MUGEM, futur premier porte-avions conçu et construit dans le pays. Avec ses 285 mètres de long, 72 mètres de large et un déplacement de plus de 60.000 tonnes, ce futur géant des mers dépassera nettement le porte-avions français Charles de Gaulle  (261 mètres, 42.500 tonnes), jusqu’ici navire amiral le plus puissant en Méditerranée.

Avec ce nouveau projet, la Turquie entend frapper fort sur la scène navale. «Notre porte-avions national peut actuellement poursuivre son voyage d’ici à New York et revenir sans ravitaillement en carburant», a indiqué l’ingénieur lieutenant Aykut Demirezen au quotidien Turkiye Today, vantant ainsi les capacités d’autonomie du navire. Redessinée à partir de calculs hydrodynamiques, son étrave permettrait une diminution estimée de 1,5 % de la consommation de carburant.

Prévu pour être mis à l’eau entre 2027 et 2028 et entrer en service à l’horizon 2030, le MUGEM (Milli Uçak Gemisi, «porte-avions national») doit accueillir une cinquantaine d’appareils, indique le média Yeni Safak, proche du pouvoir. Contrairement aux bâtiments occidentaux majoritairement centrés sur l’aviation pilotée, il sera pensé dès l’origine pour des drones de combat de dernière génération : Kızılelma, l’ANCA-III. Il pourra également accueillir le chasseur léger Hurjet dans sa version navale. Ankara assure que plus de 80 % des composants seront produits localement, gage d’indépendance stratégique.

«Notre objectif est l’indépendance maritime»

«Nous allons construire ce porte-avions plus grand que le TCG Anadolu. Notre objectif est l’indépendance maritime et la supériorité régionale», a martelé Erdogan, après avoir soudé symboliquement la dernière pièce d’une rampe d’essai destinée aux futurs aéronefs embarqués. Dans son discours, à Istanbul, le président turc a affirmé que l’armée «écrit l’histoire» et «inspire les peuples opprimés, de la Palestine à la Somalie».

Le projet s’inscrit dans la doctrine de la «Patrie bleue» (Mavi Vatan) voulue par le dirigeant turc, qui vise à affirmer l’influence turque en Méditerranée orientale, en mer Noire et jusqu’à la mer Rouge. Il succédera au porte-aéronefs TCG Anadolu, entré en service en 2022, et sera complété par un second bâtiment, le TCG Trakya, actuellement en construction.

Si le calendrier est respecté, la Turquie rejoindra le club très restreint des pays capables de concevoir un porte-avions de cette taille – États-Unis, Russie, France, Chine. En revanche, il devrait vite perdre son record : le PANG (Porte-Avions de Nouvelle Génération) français deviendra le nouveau principal mastodonte de la Méditerranée avec ses quelque 75 000 tonnes dans une dizaine d’années. (Le Figaro, 2 sept 2025)

Erdogan salue la livraison à l'armée du système "Dôme d'acier"

Le président Recep Tayyip Erdogan a qualifié mercredi de "tournant pour la Turquie" la livraison à son armée par des entreprises publiques du système de défense antiaérienne "Dôme d'acier", dans le contexte des derniers grands conflits régionaux.

"Aujourd'hui, nous fournissons à notre armée le système Dôme d'acier, composé de 47 véhicules d'une valeur de 460 millions de dollars, qui inspirera confiance à nos amis et crainte à nos ennemis", a déclaré M. Erdogan au cours d'une cérémonie, un an après le lancement de ce projet.

"Les récents conflits autour de nous ont révélé l'importance" des systèmes radar pour détecter les menaces aériennes, a notamment souligné le chef de l'Etat, qui s'exprimait au siège du géant turc de l'industrie de défense Aselsan.

"Si un pays ne parvient pas à développer son propre système de (détection) radar et de défense antiaérienne, il ne peut envisager son avenir avec confiance face aux défis sécuritaires actuels, en particulier dans notre région", a-t-il poursuivi.

"Ce système fera toute la différence pour la défense antiaérienne de la Turquie. C'est un tournant pour la Turquie", a encore dit M. Erdogan.

"Nous sommes conscients de l'importance de ne rien laisser au hasard (...). Avec le Dôme d'Acier, nous serons désormais dans une classe supérieure en matière de défense antiaérienne", a insisté le président turc.

En août 2024, la Turquie, membre de l'Otan, avait dévoilé son intention de mettre en place un vaste système pour protéger son espace aérien sur le modèle du célèbre "Dôme de fer" israélien.

Celui-ci "renforcera encore la dissuasion et l'efficacité de nos forces armées (...) et garantira notre sécurité au plus haut niveau", a pour sa part assuré le ministre de la Défense, Yasar Guler, également présent à la cérémonie.

M. Erdogan a en outre inauguré les travaux en vue de doter la Turquie d'une gigantesque base technologique d'une valeur d'un milliard et demi de dollars, la qualifiant de "plus important investissement dans l'industrie de la défense jamais réalisé en une seule fois dans l'histoire de la République".

"Il s'agira de la plus grande installation intégrée de défense antiaérienne de toute l'Europe", a-t-il déclaré, ajoutant, sans autres précisions, que, d'ici à mi-2026, un premier élément de ce complexe serait opérationnel.

"Cet investissement va faire de la Turquie un acteur mondial en matière de systèmes de défense". (AFP, 27 août 2025)

La nouvelle bombe de l'Armée turque projette 10 000 fragments mortels

Baptiste Lemoine, Le Gaz, 30 août 2050

L’industrie militaire turque a récemment attiré l’attention mondiale lors du salon IDEF 2025 à Istanbul, en présentant deux nouvelles bombes qui redéfinissent la puissance de frappe conventionnelle. Les bombes, nommées Gazap et NEB-2 Ghost, ont suscité un vif intérêt en raison de leur capacité destructrice, comparable à celle des armes nucléaires tactiques. Ces développements marquent un tournant majeur pour la Turquie sur la scène géopolitique, suscitant des débats sur l’évolution des guerres modernes et les implications stratégiques de ces technologies avancées. Le salon IDEF a ainsi offert une plateforme pour révéler ces innovations militaires révolutionnaires.

Un salon de l’armement qui marque l’histoire

Le Salon international de l’industrie de la défense d’Istanbul, connu sous le nom d’IDEF, s’est imposé comme un événement incontournable sur la scène mondiale. Lors de sa 17e édition, il a rassemblé les plus grands acteurs de la défense pour présenter des avancées technologiques significatives. Réparti sur plusieurs sites prestigieux, y compris l’aéroport Atatürk, le salon a mis en lumière les ambitions grandissantes de la Turquie dans le domaine militaire.

Les ingénieurs turcs ont profité de cet événement pour dévoiler leurs dernières innovations, aboutissement de nombreuses années de recherche et développement. Ces nouvelles armes, désormais prêtes à l’emploi, représentent une avancée technologique majeure. Elles témoignent de la volonté de la Turquie de se positionner comme un leader dans le domaine des armements à l’échelle mondiale.

Gazap : la fragmentation portée à son paroxysme

La bombe Gazap, qui signifie « colère » en turc, incarne parfaitement sa puissance destructrice. Avec un poids de 970 kg, elle réinvente le concept de bombe à fragmentation. Sa capacité à disperser plus de 10 fragments par mètre carré est une performance impressionnante. Cette prouesse est rendue possible grâce à sa structure interne, qui contient 10 000 particules calibrées pour se répandre sur un kilomètre.

Nilufer Kuzulu, chef de l’équipe de conception, souligne que ce système de fragmentation contrôlé rend Gazap unique. Contrairement aux bombes conventionnelles, elle imite l’effet d’une grenade défensive à grande échelle. Cette technologie garantit une destruction ciblée et efficace, positionnant Gazap parmi les armes les plus avancées de notre époque.

La dimension thermobarique : quand la physique devient terrifiante

L’aspect thermobarique de Gazap amplifie encore sa létalité. Cette technologie utilise un mélange air-combustible pour créer une surpression et une chaleur extrêmes, atteignant jusqu’à 3 000 °C. Une telle température est suffisante pour faire fondre les matériaux les plus résistants comme l’acier et le béton.

Les tests militaires ont illustré cette puissance avec une précision frappante. Lors d’une démonstration, l’explosion a généré un éclair intense suivi d’ondes de choc, recouvrant une vaste zone de 160 mètres de large. Cette capacité de destruction exceptionnelle classe Gazap parmi les armes conventionnelles les plus redoutables disponibles aujourd’hui.

NEB-2 Ghost : l’art de percer l’impénétrable

La NEB-2 Ghost, deuxième révélation du salon, cible spécifiquement les structures fortifiées. Pesant également 970 kg, elle dépasse les capacités des missiles actuels en pénétrant jusqu’à 7 mètres de béton C50. Ce béton est trois fois plus résistant que celui utilisé pour les centrales nucléaires, illustrant la puissance de cette bombe.

Son système de détonation retardée, qui attend 240 millisecondes avant d’exploser, permet à la bombe de s’enfoncer profondément avant d’exploser. Les tests ont montré qu’elle pouvait pénétrer jusqu’à 90 mètres, provoquant des glissements de terrain massifs. Cette capacité de pénétration fait de la NEB-2 Ghost une arme particulièrement redoutable contre les cibles renforcées.

Une nouvelle donne géopolitique

La montée en puissance de l’industrie de défense turque reflète ses ambitions croissantes sur la scène géopolitique. Compatible avec les avions de chasse turcs, ces nouvelles bombes pourraient également être adaptées pour les drones. Ces super-bombes conventionnelles soulèvent des questions cruciales sur l’équilibre des forces mondiales.

En se rapprochant des capacités destructrices des armes nucléaires tactiques, ces innovations redessinent les règles du jeu militaire. La Turquie, en renforçant sa position stratégique, pose un défi important aux autres puissances militaires. Quel sera l’impact de ces nouvelles armes sur les relations internationales et la stabilité géopolitique mondiale ?

Affaires religieuses / Religious Affairs

La photo nette et claire de l’islamisation du régime: Le président des affaires religieuses

Ragip Duran, TVXS.GR,  20 septembre 2025
 
Le président de la République M. Erdogan a nommé jeudi dernier le Prof. Safi Arpagus comme le nouveau Président d’une des plus grandes institutions publiques du pays, la Direction des Affaires Religieuses (Le Diyanet).

Le mandat de l’ex-Président le Prof. Ali Erbas, nommé à ce poste en 2017, n’est donc pas renouvelé. Il a été très critiqué pas seulement par l’opposition, mais également par certains partisans d’Erdogan.

Né en 1961 dans un petit district d’Ordu (Mer Noire), M. Erbas, bachelier du lycée coranique (Imam-Hatip) avait poursuivi ses études universitaires à la Faculté de Théologie. Il est devenu Professeur en 2004. Il était depuis 2011 un cadre du Diyanet. Marié avec Mme Seher, il est le père de 4 enfants. Son épouse était à la une des médias quand elle avait demandé une voiture de service pour ses déplacements personnels. Sa fille a été admise à une université publique alors qu’elle ne remplissait pas les conditions requises.

Le Président Erdogan, islamiste d’apparence, accordait une importance capitale au Président Erbas et à son poste. Alors qu’avant 2021, le Président du Diyanet  était au 52e rang du protocole officiel de l’Etat, il est devenu la 12e personnalité dans la hiérarchie de l’Etat. Il est devant le Chef de l’Etat Major de l’Armée, poste capital pour la majorité des Turcs.

Autre changement majeur : Le budget du Diyanet était de 6.5 milliards de Livres Turques (environ 133 millions d’Euros) en 2017 avec 117.000 cadres. Alors qu’aujourd’hui le budget est de 130 milliards de LT (environ 2.7 milliards d’Euros) pour 140.000 cadres. La Direction du Diyanet dépend désormais, directement du Palais d’Erdogan.

M. Erbas dès sa jeunesse était en étroite relation avec des organisations islamistes et nationalistes. Il avait également de très bons rapports avec la Communauté Gulen, alliée du passé, ennemi actuel du Président Erdogan.

Les Kémalistes le détestent, car il avait plusieurs fois déclaré publiquement son opposition à Moustapha Kemal Atatürk.

M. Erbas, tout au long de sa présidence, toujours très pro-Erdogan, n’a pas omis d’affirmer ses antipathies contre les femmes, les personnes LGBT, les couples non-mariés, la laïcité et les gens de gauche. Il a été sévèrement contesté quand le 20 juillet 2020 la grande église de Sainte Sophie a été encore une fois, par un décret présidentiel, transformée en mosquée. Ce jour, M. Erbas équipé d’une grande épée était sur la chaire pour réciter un sermon. Il avait loué l’esprit de conquête de ses ancêtres agresseurs.

Lors de ses déplacements à l’étranger, il avait emmené avec lui des ‘’officiers’’ responsables de fer à passer et de linges. Il voyage dans une voiture de luxe, blindé.

Selon son CV, il parle, l’arabe et le français, mais les vidéos de ses performances linguistiques démontrent que cette information n’est pas très exacte.

Il ne cesse de faire des sermons contre le gaspillage, mais il n’a pas hésité pas à organiser une cérémonie de mariage très luxueuse pour sa fille, en présence du Président Erdogan.

M. Erbas a été également désapprouve jeudi par l’ex-député d’Erdogan, le journaliste Samil Tayyar: ‘’La Direction des Affaires Religieuses n’a jamais été autant endommagée durant le mandat du dernier Président’’.

Par ailleurs, ‘’La religion et le drapeau sont les meilleures couvertures pour cacher l’ensemble des actes illégales et illégitimes du pouvoir. Tu voles, mais tu dis que tu es musulman. Tu tues, mais tu dis que c’est pour la patrie’’ avait dit Ahmet Chik, député du Parti ouvrier de Turquie (4 députés, dont un en prison).

Un voyage du pape en Turquie et au Liban en préparation pour fin novembre
 
Des préparatifs sont en cours pour un voyage du pape Léon XIV en Turquie et au Liban fin novembre, qui constituerait son premier déplacement à l'étranger, ont indiqué à l'AFP des sources vaticanes.
 
Selon ce projet, à l'étude depuis plusieurs semaines, Robert Francis Prevost effectuerait ce voyage en deux étapes, en Turquie pour le 1.700e anniversaire du Concile de Nicée, évènement majeur de l'histoire de la chrétienté, puis au Liban.
 
Le déplacement, qui durerait un peu moins d'une semaine entre fin novembre et début décembre, selon des sources vaticanes, n'a pas encore été officialisé mais le pape avait confirmé en juillet son intention de se rendre en Turquie.
 
Contacté, un porte-parole du patriarcat oecuménique de Constantinople a confirmé à l'AFP que le patriarche Bartholomée Ier avait invité le pape à la fête du trône du patriarcat le 29 novembre à Istanbul et à se rendre avec lui à Iznik le lendemain pour l'anniversaire du premier concile de Nicée.
 
Nicée, actuellement la ville d'Iznik, située à une centaine de kilomètres au sud-est d'Istanbul, a accueilli en 325 le premier concile oecuménique de l'histoire du christianisme, convoqué par l'empereur Constantin Ier.
 
Cette assemblée d'environ 300 évêques de l'Empire romain a établi des bases doctrinales toujours reconnues par de nombreuses confessions chrétiennes.
 
Ce voyage devait initialement être effectué en mai par le prédécesseur de Léon XIV, le pape François, décédé en avril à 88 ans.
 
De son côté, le patriarche libanais Bechara Raï, chef de l'Eglise maronite, avait annoncé en août dans une interview à la chaîne Al-Arabiya que Léon XIV se rendrait au Liban "d'ici décembre", une information que le Saint-Siège n'avait pas commentée.
 
S'il était confirmé, ce voyage serait le premier déplacement international du nouveau chef de l'Eglise catholique depuis son élection le 8 mai.
 
Le pape François s'était rendu en Turquie en 2014, où il avait rencontré le président Recep Tayyip Erdogan, une visite centrée sur le dialogue oecuménique et la question migratoire.
 
Le dernier pape à avoir visité le Liban est Benoît XVI en septembre 2012.
 
En juin, Léon XIV avait reçu au Vatican le président Joseph Aoun, chrétien maronite, qui lui avait remis une invitation à visiter le pays. (AFP, 16 sept 2025)

Socio-économique / Socio-economic

Turkish Airlines annonce la commande de 225 avions Boeing

La compagnie nationale turque Turkish Airlines a annoncé vendredi la commande ferme de 225 avions américains Boeing, au lendemain d'une réception, la première depuis 2019, du président turc à la Maison Blanche.

Après cet entretien de plus de deux heures entre Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan, la Turquie, membre de l'Otan, escomptait la levée des sanctions américaines qui l'empêchent depuis 2020 d'acheter les avions de chasse américains F-35, en représailles à l'achat par Ankara du système de défense antiaérienne russe S-400.

S'exprimant dans la nuit devant la presse turque, dans l'avion qui le ramenait de Washington, le chef de l'Etat a salué une "atmosphère sincère, constructive et productive" lors de cet entretien, mais "résoudre tous les problèmes en une seule réunion est, bien sûr, impossible", a-t-il convenu, selon les propos rapportés par la présidence.

La commande annoncée par Turkish Airlines vendredi, dont le montant n'a pas été précisé, "porte sur 150 appareils livrables entre 2029 et 2034 et 75 en option"; et sur  "150 appareils 737-8/10 Max, dont 100 en commande ferme et 50 en option", détaille-t-elle.

En outre, "des négociations sont en cours avec Rolls-Royce et GE Aerospace pour acquérir des moteurs montés sur les ailes, des moteurs de rechange et des services de maintenance moteur" pour les B-787, précise-t-elle.

La compagnie, qui dessert plus de 320 destinations dans le monde au départ de son hub d'Istanbul, sur tous les continents, avait annoncé en décembre 2023 la commande de 355 Airbus à l'avionneur européen et principal concurrent de Boeing.

"Avec ces commandes, nous souhaitons que l'ensemble de notre flotte soit composée d'avions de nouvelle génération d'ici 2035, renforçant ainsi notre efficacité opérationnelle et atteignant un taux de croissance annuel moyen de 6 %" souligne vendredi la compagnie, qui disait disposer de 491 appareils à la fin du mois de juillet.

La rumeur de cette commande circulait dans la presse avant la rencontre des présidents Erdogan et Trump à la Maison Blanche.

Cette réception du président turc, boudé par l'administration démocrate de Joe Biden, pendant plus de deux heures jeudi, était très attendue par Ankara qui espère pouvoir reprendre ses commandes d'avions militaires.

 - "levée des sanctions" -

Donald Trump s'est dit jeudi prêt à lever "presque immédiatement" les sanctions américaines contre le secteur turc de la défense. "Si nous avons une bonne réunion, presque immédiatement", a déclaré le président américain en réponse à une question de la presse.

Washington avait exclu la Turquie de son programme de modernisation des avions de chasse F-16 et des chasseurs furtifs F-35 en 2019, avant d'imposer un an plus tard des sanctions à Ankara, pourtant son allié au sein de l'Otan, en raison de son achat du système russe de défense antiaérienne S-400.

Le président américain a toutefois demandé à M. Erdogan de cesser les achats de pétrole russe par la Turquie.

Ankara a conservé depuis le début de l'invasion russe en Ukraine en février 2022 des relations avec Moscou et Kiev, fournissant à ce dernier des drones de combat et une partie de sa marine, tout en refusant d'appliquer les sanctions internationales à la Russie.

La Turquie a par ailleurs accueilli à trois reprises depuis le printemps des négociations entre délégations russe et ukrainienne à Istanbul.

Sans permettre d'avancer sur un éventuel cessez-le-feu, ces réunions avaient débouché sur des accords d'échanges de prisonniers. (AFP, 26 sept 2025)

Après un été d'enfer, la Turquie éprouve sa pire sécheresse en un demi-siècle

La Turquie subit sa pire sécheresse en plus d'un demi-siècle avec une baisse des précipitations de 27% par rapport aux trois décennies écoulées, et de plus de 60% dans le sud-est de l'Anatolie, selon les relevés des onze derniers mois.

Entre le 1er octobre 2024 et le 31 août de cette année, il est tombé en moyenne de 401,1 mm de précipitations sur le pays contre 548,5 mm relevés entre 1991 et 2020, précise la Météorologie nationale (MGM) dans son relevé mensuel.

"Les précipitations sur onze mois en Turquie ont chuté à leur plus bas niveau des 52 dernières années" précise la MGM, avec un effondrement de plus de 60 % dans la région de l'Anatolie du Sud-Est, dont Hatay (l'antique Antioche), frontalière de la Syrie et traditionnellement peu arrosées.

Elles ont reçu en moyenne moins de 250 mm en onze mois, contre plus de 1.000 mm, en moyenne, au cours des trente dernières années.

Les zones méditerranéennes ne sont pas en reste: la région de Marmara (sud-ouest) et le long  de la mer Egée (ouest) enregistrent le plus faible niveau de précipitations en dix-huit ans.

La Turquie a vécu un été d'enfer, le manque d'eau couplé à des températures anormalement élevées avec le mois de juillet le plus chaud en 55 ans (+ 1,9°C au-dessus des normales 1991-2020) et même un record de 50,5°C relevé fin juillet à Silopi (sud-est).

La région d'Adana (sud), grande productrice d'agrumes,  a également connu sa journée la plus chaude en 95 ans, avec une température record de 47,5°C début août.

A Cesme (ouest), le lac de barrage est tombé à 3% de son niveau habituel, au point de dévoiler une ancienne route, d'ordinaire submergée, dont les images ont fait le tour des télévisions turques.

La situation, qui a généré de nombreux incendies de forêt dans l'ouest en particulier et autour d'Hatay, a conduit les mosquées du pays à célébrer début août des prières pour faire venir la pluie.

Selon une étude sur la désertification, publiée dans un rapport de l'ONU début juillet, 88% du territoire turc est exposé au risque de désertification.

Les précipitations devraient diminuer d'un tiers d'ici la fin du siècle et les températures augmenter de 5 à 6°C par rapport aux moyennes relevées entre 1961 et 1990, avancent les experts.

Cette météo hors norme a affecté d'importantes cultures d'exportation pour la Turquie, comme les abricots, les pommes, les figues ou les noisettes (70% de la production mondiale).

Fin août, le président Recep Tayyip Erdogan avait estimé les pertes agricoles à 23 milliards de livres turques (480 millions d'euros) pour les 50.000 agriculteurs assurés du pays et promis une aide de l'Etat aux 420.000 sans aucune couverture, dont les revenus se sont effondrés. (AFP, 23 sept 2025)


Gel, grêle, canicules: une saison en enfer pour l'agriculture turque

"On a eu d'abord le gel, qui a ruiné les fleurs. Puis la grêle, quand les fruits étaient à peine naissants", grimace Aleaddin Cogal, producteur de citrons. Ensuite "un soleil tellement brûlant qu'il les a cuits".

L'agriculteur de 42 ans énumère la succession de catastrophes climatiques qui ont frappé cette année la région d'Adana, dans le sud de la Turquie, l'une des zones agricoles les plus fertiles du pays.

"On a perdu près de 40% de nos récoltes avec ces trois désastres", assure-t-il en désignant ses arbres chargés de fruits vert pâle, leur peau fendue ou couverte de vilaines cloques brunes dues aux envolées torrides de l'été.

"C'est comme si un incendie avait ravagé la récolte. Je n'ai jamais vécu de journées comme celles-ci", renchérit Kemal Siga, ouvrier agricole.

La Turquie a subi une multiplication de phénomènes météorologiques extrêmes, effets du réchauffement climatique qui s'accélère, selon les experts, dont les communautés agricoles ont été les premières victimes.

Les épisodes de gel ont porté un coup dur aux vergers de citronniers, particulièrement sensibles au froid, dont la vallée de Cukurova, près d'Adana, assure 40% de la production turque, selon Mehmet Akin Dogan, directeur de la chambre d'agriculture locale.

"Cukurova est l'une des principales régions agricoles de Turquie et contribue à sa production et à sa sécurité alimentaires. Mais les effets du changement climatique commencent à menacer nos activités", explique-t-il à l'AFP.

 - Gelées et chaleurs intenses -

 "Nous avons subi des gelées et des vagues de chaleur comme jamais auparavant", déplore Mehmet Akin Dogan.

Fin février, le mercure a chuté à -8°C, puis de nouveau en avril, rappelle le responsable, qui évoque également la grêle et même des tornades.

Début août, à l'inverse, Adana a connu "la journée la plus chaude depuis 95 ans", avec une température record de 47,5°C, poursuit-il. "La seule chose qui nous a manquée, c'est une chute de météorite!"

"Les effets du changement climatique sont visibles, les agriculteurs ne savent plus quoi faire", insiste-t-il, en espérant un "soutien urgent du gouvernement".

Selon le relevé mensuel de la météo nationale (MGM), la température moyenne en juillet en Turquie (26,9°C) a dépassé de 1,9°C la moyenne de la période 1991-2020 (25°C). Au 8 août, les précipitations étaient à 80% des niveaux habituels autour de la mer Egée et même 95% à Marmara (sud-ouest), où elles ont atteint leur niveau le plus bas en 65 ans.

Un record de 50,5°C a été relevé fin juillet à Silopi (sud-est).

Cette météo hors norme a affecté d'importantes cultures d'exportations pour la Turquie, comme les abricots, les pommes, les figues ou les noisettes (70% de la production mondiale), qui fournissent le géant italien Ferrero pour sa pâte à tartiner, fauchées par le gel d'avril.

Le ministre de l'Agriculture, Ibrahim Yumakli, a évoqué 2,3 milliards de livres turques de dégâts (48 millions d'euros) pour les noisetiers.

 - "Pire que le séisme" -

 "Je fais de l'abricot depuis 40 ans, je n'ai jamais rien vu de tel. Les gens n'essaient plus de sauver leur récolte mais leurs arbres", confiait au printemps Orhan Karaca, directeur de la chambre d'agriculture de Malatya, en Anatolie orientale (est). "Pire que les ravages causés par le séisme" de 2023, avançait-il.

Selon le président turc Recep Tayyip Erdogan, les pertes agricoles s'élèvent au total à 23 milliards de livres turques (480 millions d'euros) pour les 50.000 agriculteurs assurés. Il a promis une aide de l'Etat aux 420.000 sans aucune couverture, de plus en plus nombreux alors que leurs revenus s'effondrent.

Les citrons risquent d'être "une denrée rare cet hiver" avec des prix déjà élevés qui vont encore augmenter, avertit Aleaddin Cogal. "Ici à Cukurova, on les paye déjà plus cher qu'en Finlande", jure-t-il. "Trois euros le kilo, là-bas c'est deux."

"C'est une perte pour notre pays. J'allais exporter, ç'aurait rapporté de l'argent. Mais avec le réchauffement qui embrouille le climat, ça n'arrivera pas", s'émeut-il. (AFP, 3 sept 2025)

Haydarpasa, l'adieu aux rails d'une gare mythique d'Istanbul

Pendant près de quarante ans, Senay Kartal a travaillé à Haydarpasa, l'une des plus anciennes gares de Turquie située sur la rive asiatique du Bosphore, dans le grondement des locomotives et l'agitation des passagers.

Les voyageurs d'Anatolie arpentaient ses escaliers de marbre, valises en main, s'émerveillant devant ce monument grandiose immortalisé dans de nombreux films et d'où le Taurus Express, prolongement de l'Orient-Express, quittait autrefois Istanbul à destination de Damas et Bagdad.

Mais depuis 2013, ses voies sont silencieuses et le ministère turc de la Culture l'a reprise pour la transformer en centre d'art.

Pour Senay Kartal, désormais retraitée de 61 ans, le bâtiment néoclassique inauguré en 1908, posé au bord de l'eau, doit rester une gare.

"Les gens venant d'Anatolie pouvaient passer la nuit dans les salles d'attente, pas besoin d'hôtel", se souvient-elle.

"C'était un lieu magnifique, plein de mouvement et d'énergie. Cette beauté a disparu", regrette-t-elle en évoquant l'imposante bâtisse qui a survécu à l'effondrement de l'Empire ottoman, à la Première Guerre mondiale, à des coups d'État et à un incendie qui l'a dévastée en partie fin 2010.

 - Migrations d'Anatolie -

 La gare, d'où des Arméniens ont été déportés en 1915, a ensuite vu "affluer les migrants de la Turquie rurale vers Istanbul", rappelle Ayça Yüksel, sociologue et spécialiste de l'histoire de Haydarpasa.

"Elle occupe une place particulière dans la mémoire de ceux qui ont vécu cette migration. Nous les retrouvons dans la littérature, l'art et le cinéma", souligne-t-elle.

Toujours debout, sa façade presque intacte après de longues années de travaux, il ne lui manque que les trains pour lui redonner vie.

En 2013, la gare a fermé, d'abord pour être restaurée; puis des fouilles, qui se poursuivent, ont révélé des éléments datant du Ve siècle avant JC.

En 2024, la gare a été placée sous le contrôle du ministère de la Culture et la première phase d'un futur Centre culturel et artistique doit être achevée d'ici 2026.

Le projet implique de vider le bâtiment, dont une partie du complexe abrite les logements du personnel ferroviaire, sommé de quitter le lieux.

"Ce n'est pas seulement un bâtiment, c'est tout pour nous", objecte Hasan Bektas, conducteur de train et membre de la Plateforme Haydarpasa, collectif d'universitaires, d'urbanistes et d'employés opposés au projet.

Pour M. Bektas, l'emplacement, face au Bosphore, aiguise l'appétit des investisseurs.

"Leur objectif est toujours le même: faire du profit sur chaque bel endroit. Le dévaloriser puis l'exploiter", s'emporte-t-il, affirmant que "l'intérêt public n'a jamais été pris en compte".

 - "Icône mondiale" -

 En octobre 2024, le ministre de la Culture Nuri Ersoy s'était pourtant engagé à maintenir la gare en activité. "Il y aura des trains à Haydarpasa et à Sirkeci (son pendant sur la rive européenne), un centre culturel et un jardin public. Mais ni centre commercial ni hôtel", avait-il promis.

Au début des années 2000, des projets audacieux avaient été évoqués: sept gratte-ciel, un "World Trade Center", un stade olympique... "Personne ne s'est jamais battu pour la conserver dans sa forme originale", peste Hasan Bektas, pour qui Haydarpasa est pourtant une "icône mondialement connue".

Tous les dimanches depuis 2012, des manifestants se rassemblent près du bâtiment en scandant "Haydarpasa est une gare et doit le rester".

Nehir Güner n'était qu'une enfant quand la gare a fermé mais l'étudiante de 22 ans, qui la contemple depuis le ferry qui l'amène à l'université, a fini par rejoindre les manifestants.

"Il est évident que ce projet de centre d'art, c'est juste pour le spectacle, (...) sans objectif derrière", accuse-t-elle.

Pour l'architecte Gül Koksal, Haydarpasa était bien plus qu'une gare, avec ses logements, ses ateliers de réparation et son port. "C'est un joyau, mais il n'a de sens que s'il est préservé et maintenu en vie avec tout ce qui le compose", appuie-t-elle. (AFP, 5 sept 2025)

Turquie: le marié tué par un tir de joie

 Un jeune Turc a été tué par accident, lors de son mariage, par un convive ayant tiré à l'arme à feu en signe de joie, a rapporté mercredi l'agence de presse étatique turque Anadolu.

Selon Anadolu, le marié, âgé de 23 ans, est décédé des suites de ses blessures mercredi matin, au lendemain de ses noces célébrées dans un village de la province de Giresun (nord), située le long de la mer Noire.

Une tante par alliance du marié, soupçonnée d'être l'auteure du tir fatal, a été arrêtée, affirme Anadolu.

Les accidents résultant de ces traditionnels tirs de célébration sont fréquents en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale, quelque 40 millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement.

Une personne avait déjà été tuée accidentellement et deux autres blessées la semaine passée dans des circonstances similaires, lors d'un mariage organisé dans la province voisine de Trabzon, selon les autorités. (AFP, 27 août 2025)

Un nageur russe porté disparu lors de la traversée du Bosphore

Un nageur russe de 29 ans a disparu dimanche à Istanbul lors de la traversée annuelle du Bosphore à la nage, a annoncé lundi l'organisateur, le comité olympique turc, qui insiste sur les moyens mis en oeuvre pour retrouver le corps.

Le jeune homme participait à la 37ème édition de cette course très populaire de 6,5 km, exigeante en raison des violents courants qui parcourent le détroit entre Asie et Europe, à laquelle plus de 2.800 nageurs de 81 pays ont pris part.

"Nous travaillons en étroite collaboration avec les garde-côtes et la police pour faire la lumière sur cet incident", assure le Comité olympique turc (TMOK) dans un communiqué, affirmant que "les plus hautes normes de sécurité" avaient été mises en place.

"La course se termine deux heures après l'entrée du dernier nageur dans l'eau. À la fin, le parcours a été entièrement vérifié et il a été constaté qu'il ne restait plus aucun nageur dans l'eau" affirme-t-il.

Le trafic des bateaux et cargos est interrompu pendant l'épreuve.

"Les plus sérieuses mesures de sécurité ont été mises en place par les institutions compétentes" lors de cette traversée, qui mobilise "100 bateaux dont ceux des garde-côtes, de la Direction générale de la sécurité maritime, de l'AFAD (agence de gestion des catastrophes et des urgences), des pompiers et des équipes de recherche et de sauvetage sous-marins".

Long de 32 kilomètres pour une largeur de 500 mètres à 3.000 mètres le Bosphore traverse Istanbul de la Mer Noire, au nord, à la mer de Marmara, qui débouche ensuite en mer Egée via le détroit des Dardanelles. (AFP, 25 août 2025)

Deux adolescents néerlandais décédés à Istanbul

Deux adolescents néerlandais ont été découverts morts dans leur hôtel à Istanbul et leur père a dû être hospitalisé, rapportent samedi les médias turcs qui semblent mettre en cause le repas pris par les deux jeunes gens.

Selon la chaine de télévision privée NTV, les deux garçons âgés de 15 et 17 ans étaient morts à l'arrivée de la police et des secours, alertés par l'hôtel où ils étaient descendus dans le quartier de Fatih.

"A leur arrivée, les ambulanciers ont constaté le décès des deux enfants. Le père a été transporté à l'hôpital en ambulance", indique la chaine selon laquelle les trois, en vacances en Turquie, s'étaient rendus vendredi dans le quartier central et touristique de Taksim pour diner.

NTV précise que le père de famille, âgé de 57 ans, a été transporté à l'hôpital en état de choc mais que, contrairement à ses fils, il n'avait pas mangé la veille.

De même, rapporte le site d'information Haber Türk, "le père de famille a déclaré à la police avoir accompagné ses fils diner la veille dans le quartier de Taksim mais n'avoir pas mangé".

NTV cite un employé de l'hôtel, Mehmet Kirdag, qui aentendu le père appeler à l'aide.

"Il appelait ses enfants. Lorsque j'ai frappé à la porte et suis entré, les deux fils étaient morts, l'un dans le lit, l'autre par terre (...) À l'arrivée des ambulanciers, les deux jeunes hommes étaient décédés. Le père était en état de choc".

NTV précise que la police a ouvert une enquête. (AFP, 23 août 2025)

Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations

Council of Europe urges Turkey to ensure ‘right to hope’ for life-sentenced prisoners

The Committee of Ministers of the Council of Europe reviewed the cases of four prisoners known as the "Gurban group," including Kurdistan Workers’ Party (PKK) leader Abdullah Öcalan, between Sep 15–17, to assess whether Turkey is complying with its obligations regarding the "right to hope." The evaluation focused on whether those serving aggravated life sentences are given a meaningful prospect of release.

The committee assessed whether Turkey had met its obligations under the European Convention on Human Rights (ECHR) for Abdullah Öcalan, Emin Gurban, Civan Boltan, and Hayati Kaytan. All four are serving aggravated life sentences, without the possibility of parole.

In its interim resolution, the committee called on Turkey to swiftly and effectively implement the relevant rulings of the European Court of Human Rights (ECtHR). It highlighted the urgent need to establish new review mechanisms to address violations arising from the lack of meaningful parole options for life-term prisoners.

The committee emphasized that a key role in these legal reforms should be played by the "National Unity, Solidarity, Fraternity and Democracy Committee," which was established in Turkey's parliament as part of the new Kurdish peace process. The committee also stated that it expects the parliament committee to take the lead in preparing and presenting the necessary legislative proposals.

"The establishment of new and effective review mechanisms by the authorities, especially legal regulations allowing life sentences to be reviewed no later than after 25 years, is of vital importance," the committee said in its decision. It further urged the commission to accelerate legislative efforts and consider various alternatives in this area.

The committee requested that Turkey provide detailed information by the end of June 2026 on the measures taken and progress made. It also encouraged Turkey to draw on the experiences of other Council of Europe member states. (BIA, 18 sept 2025)

Un militant pro-démocratie libéré après un mois en détention

Un jeune militant turc arrêté en Turquie début août après un discours au Conseil de l'Europe dans lequel il dénonçait un "recul démocratique" dans son pays a été libéré sous contrôle judiciaire, a indiqué lundi l'institution basée à Strasbourg.

"Je salue la décision prise aujourd'hui de mettre fin à la détention" d'Enes Hocaogullari, délégué jeune, pour la Turquie, du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, "et de le libérer sous contrôle judiciaire jusqu'à la fin de (son) procès", a déclaré dans un communiqué Marc Cools, président de cet organe du Conseil de l'Europe.

M. Hocaogullari avait été arrêté le 5 août à son arrivée à l'aéroport d'Ankara avant d'être incarcéré à la prison de Sincan, près de la capitale turque.

Le jeune homme de 23 ans, très impliqué dans la défense des droits humains et des personnes LGBT+, avait dénoncé fin mars, lors d'une réunion à Strasbourg, un "recul démocratique" en Turquie, quelques jours après l'arrestation du maire d'opposition d'Istanbul, Ekrem Imamoglu.

Il avait en outre accusé la police turque de "violations des droits humains" et de "brutalité disproportionnée" à l'égard des manifestants descendus dans les rues du pays.

Malgré sa libération, il reste poursuivi pour diffusion de fausses informations et incitation à la haine.

"La décision d'aujourd'hui est un premier pas", a affirmé Marc Cools, appelant les autorités turques à "abandonner toutes les charges retenues contre Enes".

Chargé de renforcer la démocratie locale, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux compte 306 membres représentant plus de 130.000 collectivités locales et régionales des 46 Etats membres du Conseil de l'Europe.

Chaque pays envoie également à Strasbourg un délégué chargé de représenter les jeunes pour un mandat d'un an. (AFP, 8 sept 2025)

Deux Françaises emprisonnées pour trafic de drogue clament leur innocence

Deux jeunes Françaises interpellées fin février lors d'une escale à Istanbul avec deux valises contenant 30kg de cannabis ont comparu jeudi devant la justice turque, livrant deux récits diamétralement opposés.

Face aux juges du tribunal de Çaglayan, à Istanbul, vingt années d'amitié ont volé en éclats quand Mariam D., 23 ans, et Ibtissem B., 22 ans, se sont succédé à la barre pour expliquer comment elles se sont retrouvées à rentrer de vacances en Thaïlande avec deux valises bourrées de cannabis.

"C'est Ibtissem qui m'a passé la valise, c'est elle qui connaissait le garçon qui nous les a données", accuse d'entrée Mariam, cheveux tressées et longue chemise taupe, qui jure n'avoir jamais vu l'homme en question.

"Ma valise était cadenassée mais elle m'a dit que dedans il y avait des cosmétiques. C'est mon ami d'enfance, donc je lui ai fait confiance", soutient l'étudiante.

Dans son dos, Ibtissem encaisse sur son banc. "Défends-toi !", lui intime une de ses tantes, assise trois rangs derrière au côté de sa mère.

 - "Pour la famille" -

 Ibtissem se lève, deux longues nattes noires tombant sur chaque épaule: "Je ne sais pas du tout pourquoi elle m'accuse, moi je vais vous dire la vraie histoire", lance la jeune femme, entrée en sanglots dans la salle d'audience trente minutes plus tôt.

Selon son récit, tout part d'une soirée dans une discothèque thaïlandaise où les deux Parisiennes sympathisent avec une connaissance de Taeric O., un ami d'enfance à qui Ibtissem avait confié se rendre en vacances en Thaïlande.

"Avant de partir de la boîte il nous a demandé si on pouvait ramener deux valises pour sa famille en Belgique (...), puis Taeric nous a dit aussi que c'était juste des valises pour la famille, alors on a accepté", affirme Ibtissem.

Au matin de leur vol retour pour Bruxelles, elle raconte voir son amie Mariam dans le salon de leur appartement de Bangkok en compagnie de la connaissance de Taeric O., deux valises posées à leur côté.

"J'ai même pas regardé s'il y avait des cadenas, j'ai fait confiance à Taeric, surtout qu'on devait les donner à sa mère que je connais depuis que je suis petite", poursuit Ibtissem.

 - "Ma fille est innocente !" -

 Mais à leur arrivée à Istanbul, où les deux jeunes femmes doivent transiter quelques heures, la police turque découvre quinze kilos de cannabis dans chacune des valises et les interpelle.

Les avocats turcs des deux Françaises ont réclamé jeudi que des relevés d'empreinte soient effectués à l'intérieur des deux bagages, afin d'aider à démontrer qu'elles ne les ont jamais ouvertes et ignoraient tout de leur contenu.

L'avocate française de la famille d'Ibtissem, Me Carole-Olivia Montenot, affirme elle que Taeric O. aurait tout piloter depuis la maison d'arrêt d'Amiens (nord de la France), où il était détenu au moment des faits, ce que les deux jeunes femmes ignoraient, selon elle.

Aussi, affirme-t-elle, rien de cela n'aurait eu lieu s'il n'avait pu se procurer un téléphone portable en détention.

Au fond de la salle d'audience du tribunal de Çaglayan, la mère d'Ibtissem est inconsolable. "Ma fille est innocente !", clame-t-elle à la levée de l'audience, avant d'être autorisée à étreindre sa fille aînée un court instant.

"Ibtissem et Mariam se connaissent depuis la maternelle et elles n'ont jamais fait de vagues. C'est un cauchemar", avait-elle confié à l'AFP avant l'ouverture du procès.

Seconde audience et verdict attendus le 23 décembre. Si elles sont reconnues coupables de trafic de drogues, Mariam D. et Ibtissem B., incarcérées à la prison de Silivri, en lisière d'Istanbul, encourent au moins dix ans de prison. (AFP, 11 sept 2025)

Le Congrès du Conseil de l'Europe dit "espérer" la libération d'un de ses délégués

Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe a dit vendredi "espérer" la libération prochaine de l'un de ses délégués détenu en Turquie, où son procès doit s'ouvrir lundi.

Enes Hocaogullari, délégué jeune du Congrès du Conseil de l'Europe devant lequel il avait dénoncé fin mars un "recul démocratique" en Turquie, avait été arrêté le 5 août à son arrivée à l'aéroport d'Ankara avant d'être incarcéré à la prison de Sincan, près de la capitale turque.

Le militant turc, qui avait tenu ces propos à Strasbourg dix jours après l'arrestation du maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu, est poursuivi pour diffusion de fausses informations.

Une délégation du Congrès du Conseil de l'Europe, dépêchée cette semaine à Ankara, affirme dans un communiqué n'avoir au cours de sa visite "rien entendu qui puisse justifier les poursuites pénales engagées contre Enes Hocaogullari (...), ni son placement en détention provisoire".

"La première audience du procès d'Enes Hocaogullari aura lieu lundi 8 septembre. Nous espérons que la justice prévaudra, que toutes les charges seront abandonnées (et) qu'il sera immédiatement libéré", écrit la délégation, qui affirme que "réduire les jeunes au silence, c'est réduire la démocratie au silence".

Chargé de renforcer la démocratie locale, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux compte 306 membres représentant plus de 130.000 collectivités locales et régionales des 46 Etats membres du Conseil de l'Europe.

Chaque pays envoie également à Strasbourg un délégué chargé de représenter les jeunes pour un mandat d'un an. (AFP, 5 sept 2025)

Des édiles européens sont allés soutenir le maire emprisonné d'Istanbul

Les maires de plusieurs grandes villes européennes sont allés soutenir jeudi à Istanbul le maire d'opposition de cette mégapole turque, emprisonné depuis mars sur des accusations de corruption qu'il rejette.

La délégation, composée notamment des maires de Barcelone, Athènes, Budapest, Belgrade et Sofia, s'est rendue devant la prison stambouliote où est détenu Ekrem Imamoglu, une figure du principal parti de l'opposition turque (CHP, social-démocrate) et le plus sérieux rival du président Recep Tayyip Erdogan.

"Imamoglu n'est pas seul", a lancé le maire socialiste de Barcelone Jaume Collboni en saluant son "courage". Il s'exprimait de l'hôtel de ville d'Istanbul, devant lequel des foules avaient afflué chaque soir fin mars après l'arrestation de M. Imamoglu.

"Les maires européens sont ensemble pour la liberté, la démocratie et l'Etat de droit", a ajouté M. Collboni.

"Libérez Imamoglu !", a déclaré la maire d'Utrecht (Pays-Bas) Sharon Dijksma, le maire de Zagreb Tomislav Tomasevic se disant quant à lui "personnellement convaincu que le maire Imamoglu est innocent".

La délégation n'a pas été autorisée par les autorités turques à rencontrer M. Imamoglu à l'intérieur de la prison de Silivri, selon le maire par intérim d'Istanbul, Nuri Aslan, qui l'accompagnait au côté de Dilek Imamoglu, l'épouse de l'édile déchu.

L'arrestation de M. Imamoglu, survenue alors qu'il s'apprêtait à être investi candidat de son parti à la prochaine présidentielle de 2028, avait déclenché le plus important mouvement de contestation en Turquie depuis 2013.

"Sachez que ma détermination ne faiblit pas (...). Je continuerai de me battre pour la démocratie, même derrière les barreaux", a affirmé M. Imamoglu dans une lettre lue jeudi par son épouse. (AFP, 28 août 2025)


Turquie-USA-OTAN / Turkey-USA-NATO

Trump à propos d'Erdogan: "Il en sait plus que quiconque sur les élections truquées"

"Il en sait plus que quiconque sur les élections truquées", lance Donald Trump, en pointant son invité Recep Tayyip Erdogan, à l'heure où l'opposition et les médias subissent en Turquie une vaste répression.

Assis jeudi aux côtés de son homologue turc dans le Bureau ovale, le président américain note que ce dernier était resté son "ami" pendant son "exil politique", dû justement à une élection selon lui "truquée".

Ce terme d'"exil" fait référence à la durée du mandat de son prédécesseur démocrate, Joe Biden.

Le milliardaire républicain persiste à dire que la victoire du démocrate contre lui en 2020, confirmée par de multiples décisions de justice, est le résultat d'une fraude électorale massive.

De Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir en Turquie depuis 2014, Donald Trump a aussi dit jeudi : "C'est un homme dur. C'est un gars aux idées très arrêtées. D'habitude je n'aime pas les gens qui ont des idées arrêtées, mais j'apprécie toujours celui-ci".

Le principal parti d'opposition en Turquie est visé par des enquêtes et arrestations à répétition, dont la plus frappante a été celle du maire d'Istanbul. Ekrem Imamoglu, principal rival du chef de l'Etat, a été interpellé le 19 mars et est toujours détenu.

Donald Trump, qui montre depuis janvier une volonté constante d'écarter les contre-pouvoirs aux Etats-Unis, est fasciné par les régimes autoritaires.

- "Fort et intelligent" -

Le républicain souligne volontiers la longévité de certains chefs d'Etat, qui la doivent souvent à une répression systématique de toute opposition.

Lui-même, au pouvoir de 2017 à 2021, a entamé en janvier son second mandat et évoque parfois la possibilité d'en briguer un troisième, ce que la Constitution américaine interdit.

Le président américain a ainsi complimenté en août le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, aux commandes depuis 22 ans, en estimant que cela démontrait qu'il était "fort et intelligent".

Ilham Aliev a été élu en février 2024 pour un cinquième mandat, avec 90% des suffrages, après un scrutin sans véritable opposition selon les observateurs internationaux.

Donald Trump a tenu des propos dans la même veine cette semaine, pendant une entrevue à New York avec le président de l'Ouzbékistan, Chavkat Mirzioïev.

"Vous êtes là depuis longtemps, n'est-ce pas? 15 ou 16 ans. C'est long et la seule manière de rester au pouvoir dans un pays si longtemps est d'être très intelligent et d'avoir une grande confiance en soi", a commenté le président américain.

Chavkat Mirzioïev a été élu président en 2016. Il a été réélu en 2021, puis à nouveau en 2023 lors d'une présidentielle anticipée organisée après une réforme constitutionnelle lui permettant de rester plus longtemps au pouvoir.

Il avait auparavant été Premier ministre de 2003 à 2016.

Lors des dernières législatives en Ouzbékistan, les observateurs internationaux ont regretté "l'environnement politique toujours limité n'offrant pas aux électeurs de véritable choix".  (AFP, 26 sept 2025)

Trump recevra Erdogan le 25 septembre pour discuter de gros contrats d'aviation civile et militaire

Donald Trump a annoncé vendredi qu'il recevrait le président turc, Recep Tayyip Erdogan, la semaine prochaine, jeudi 25 septembre, à la Maison Blanche pour discuter en particulier de gros contrats d'aviation civile et militaire.

"Nous travaillons sur de nombreux accords commerciaux et militaires, dont un gros achat d'avions Boeing, une commande importante de F-16 et la poursuite des discussions sur les F-35 (ndlr: deux types d'avions de combat), que nous espérons conclure de manière positive", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Washington avait exclu la Turquie de son programme de développement d'avions de chasse F-35 en 2019, avant d'imposer un an plus tard des sanctions à Ankara, pourtant son allié au sein de l'Otan, en raison de son achat du système russe de défense antiaérienne S-400.

Mais le président turc avait indiqué en juillet être confiant quant à une réintégration progressive de son pays dans ce programme, qui mettrait fin au différend entre la Turquie et les Etats-Unis.

Le F-35 de Lockheed Martin, le plus sophistiqué des avions de chasse américains, a été développé par les Etats-Unis en partenariat avec d'autres pays de l'Otan, dans le cadre d'un programme appelé Joint Strike Fighter (JSF).

Le Royaume-Uni, l'Italie, le Canada, l'Australie, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège font partie de ce programme. (AFP, 19 sept 2025)

Relations régionales / Regional Relations

La Turquie ne rendra jamais l'Inscription de Siloé, artefact convoité par Israël, affirme Erdogan

La Turquie ne rendra jamais l'Inscription de Siloé, un artefact archéologique découvert à l'époque ottomane à Jérusalem et convoité depuis des années par Israël, a affirmé vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Sans vergogne, il cherche à obtenir l'Inscription. Nous ne vous donnerons même pas un seul caillou de Jérusalem, encore moins l'Inscription", a martelé le chef de l'Etat turc en s'adressant au premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Datant du 8e siècle avant J.-C., l'Inscription de Siloé a été découverte en 1880 dans un tunnel à Jérusalem sous domination ottomane et a ensuite été transportée à Istanbul où elle est toujours conservée au musée archéologique de la ville.

 Cet artefact a provoqué lundi de nouvelles tensions entre la Turquie et Israël lorsque M. Netanyahu a affirmé que ses efforts pour le récupérer en 1998 avaient été repoussés au motif qu'un tel retour "indignerait" l'électorat islamo-conservateur de M. Erdogan, qui était alors maire d'Istanbul.

Pour Israël, qui souhaite l'obtenir depuis des années, l'Inscription constitue une preuve de la présence historique juive à Jérusalem.

S'exprimant lundi lors de l'inauguration d'une ancienne route récemment fouillée sous Silwan, un quartier majoritairement palestinien et densément peuplé de Jérusalem-Est, la partie occupée et annexée par Israël de la ville, M. Netanyahu a décrit l'inscription comme l'une des découvertes archéologiques "les plus importantes" d'Israël après les manuscrits de la mer Morte.

En référence à une conversation avec le Premier ministre turc de l'époque, Mesut Yilmaz, en 1998, M. Netanyahu a affirmé avoir offert à Ankara des "milliers d'éléments ottomans" en échange de l'Inscription.

- "Indignation" -

Mais selon M. Netanyahu, M. Yilmaz a refusé cette offre, évoquant "un électorat islamiste croissante mené par Erdogan" et que cela provoquerait "une indignation si la Turquie donne à Israël une tablette qui montre que Jérusalem était une ville juive il y a 2700 ans".

"Eh bien, nous sommes là. C'est notre ville. Monsieur Erdogan, ce n'est pas votre ville, c'est la nôtre. Elle le sera toujours", a affirmé M. Netanyahu, en réponse aux propos du chef de l'Etat turc décrivant Jérusalem comme "notre ville" en 2020, en référence au passé ottoman de la ville.

Le président turc a de son côté accusé M. Netanyahu de "cracher de la haine" contre la Turquie "pour ne pas avoir restitué l'inscription, héritage de nos ancêtres".

 "Jérusalem est l'honneur, la dignité et la gloire de toute l'humanité et de tous les musulmans", a-t-il ajouté.

"En tant que musulmans, nous ne reculerons pas d'un seul pas concernant nos droits sur Jérusalem-Est", avait-il affirmé mercredi.

Jérusalem compte certains des lieux les plus saints du judaïsme, du christianisme et de l'islam. (AFP, 19 sept 2025)

Sommet en Chine: rencontre entre Erdogan et Poutine

Le président russe Vladimir Poutine s'est entretenu lundi avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan du conflit en Ukraine en marge d'un sommet en Chine, disant sa "reconnaissance" à Ankara pour son rôle de médiateur.

Vladimir Poutine, cité par le Kremlin, a dit être "reconnaissant" à l'égard de "nos amis turcs pour leur contribution significative aux efforts politiques et diplomatiques visant à résoudre la crise ukrainienne", lors de cette rencontre en marge d'un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) organisé par Pékin à Tianjin.

La Turquie a accueilli trois sessions de pourparlers entre la Russie et l'Ukraine cette année à Istanbul, qui ont "permis de progresser dans la résolution de plusieurs questions pratiques dans le domaine humanitaire", a encore relevé le chef d'Etat russe.

Mais, hormis des accords sur des échanges de prisonniers de guerre et des dépouilles de soldats tués pendant le conflit, ces pourparlers n'ont pas permis de réelles avancées vers la paix.

Vladimir Poutine s'est dit "convaincu que le rôle particulier de la Turquie dans ces dossiers continuera d'être recherché".

La Russie a lancé un assaut d'ampleur contre son voisin ukrainien en février 2022. Plusieurs dizaines de milliers de soldats et de civils sont morts.

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se trouvent en Chine pour le sommet de l'OCS, organisé par le président chinois Xi Jinping.

La Turquie est parvenue depuis le début du conflit à maintenir ses relations avec les deux pays.

Elle s'est abstenue de se joindre aux sanctions occidentales mais insiste régulièrement sur l'importance du maintien de l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

Selon le Kremlin, il s'agit de la première rencontre cette année entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan. (AFP, 1 sept 2025)

La Turquie ferme ses ports et son espace aérien aux navires et avions israéliens

La Turquie, qui a suspendu l'an passé ses relations commerciales avec Israël en réaction à la guerre dans la bande de Gaza, a annoncé vendredi avoir fermé ses ports et son espace aérien aux navires et aux avions militaires et officiels israéliens.

"Nous avons fermé nos ports aux navires israéliens (...) et nous n'autorisons pas les avions (israéliens) à entrer dans notre espace aérien", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan devant le Parlement turc, sans préciser depuis quand ces restrictions étaient en vigueur.

Une source diplomatique turque a précisé à l'AFP que la fermeture de l'espace aérien ne concernait pas les avions de ligne israéliens survolant la Turquie.

Les vols directs entre les deux pays avaient déjà été suspendus et des avions transportant le président israélien Isaac Herzog et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'étaient déjà vu refuser l'accès à l'espace aérien turc en novembre 2024 et en mai dernier, selon des informations de presse.

"Aucun autre pays que le nôtre n'a totalement interrompu ses échanges commerciaux avec Israël", a assuré M. Fidan au cours d'une session extraordinaire au Parlement consacrée à la guerre dans la bande de Gaza.

Le chef de la diplomatie turque a précisé que les navires turcs avaient également interdiction d'accoster dans les ports israéliens et que les porte-conteneurs transportant des armes et munitions à destination d'Israël n'étaient plus autorisés à entrer dans les ports turcs.

La grande entreprise israélienne de transport maritime ZIM avait déjà annoncé lundi avoir reçu un avis des autorités portuaires turques l'informant que "les navires détenus, gérés ou exploités par une entité liée à Israël ne seront plus autorisés à accoster dans les ports turcs".

Les relations entre Israël et la Turquie, un des rares pays ayant une population en majorité musulmane à le reconnaître, se sont détériorées depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui accuse l'armée israélienne de perpétrer un génocide dans ce territoire palestinien, a qualifié à plusieurs reprises Israël d'"Etat terroriste" et estime que Benjamin Netanyahu "a surpassé Hitler".

Des voix continuent en outre de s'élever en Turquie pour demander le blocage des livraisons de pétrole azerbaïdjanais à Israël via le port turc de Ceyhan (sud). (AFP, 29 août 2025)

La Russie a revu ses exigences territoriales en Ukraine, affirme Ankara

La Russie continue d'exiger de l'Ukraine la cession du Donbass (est), qu'elle ne contrôle pas intégralement, mais est disposée à geler le conflit dans le sud de ce pays le long des lignes de front actuelles, a assuré jeudi soir le chef de la diplomatie turque.

Le Kremlin, interrogé vendredi, n'a ni démenti ni confirmé ces affirmations, expliquant ne pas vouloir révéler "les détails" des discussions.

L'armée russe occupe un cinquième environ du territoire ukrainien et Moscou revendique l'annexion de cinq régions : celles dans l'est de Donetsk et de Lougansk, qui forment le Donbass, celles dans le sud de Kherson et de Zaporijjia, ainsi que la Crimée conquise en 2014.

Au cours de pourparlers à Istanbul plus tôt cette année, les négociateurs russes avaient,en tant que condition préalable à l'arrêt du conflit, exigé que l'Ukraine se retire totalement de ces cinq régions.

Selon Ankara, la Russie a toutefois infléchi sa position à la suite du récent sommet en Alaska entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine.

Les Russes ont ainsi "renoncé à cette exigence et restent sur les lignes de contact, à l'exception d'une région (...). Il existe actuellement un accord préliminaire concernant la restitution (cession à la Russie, NDLR) de 25 à 30% de (la région de) Donetsk et le maintien des lignes de contact (dans celles de) Zaporijjia et Kherson", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, dans un entretien avec la chaîne de télévision TGRT Haber.

Celui-ci n'a pas précisé si cet "accord préliminaire" avait été conclu entre Moscou et Washington ou entre Moscou et Kiev, qui a jusqu'ici catégoriquement rejeté toute concession territoriale, ni de quand il datait.

A des questions posées vendredi à ce sujet par des journalistes, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répondu que la Russie préférait "ne pas révéler tous les détails de la conversation entre les deux présidents, qui a eu lieu en Alaska".

Leurs discussions ont été "très constructives", s'est-il borné à commenter au cours de son briefing quotidien, auquel participait notamment l'AFP.

Sous couvert d'anonymat, des responsables avaient déjà fait état de cette apparente inflexion russe.

En dépit d'une frappe meurtrière sur la capitale ukrainienne jeudi, qui a fait au moins 23 morts, M. Fidan a salué des avancées sur le front diplomatique.

Le ministre turc a toutefois reconnu qu'il serait "difficile" pour l'Ukraine de céder des territoires, notamment la vaste région minière et industrielle du Donbass, la portion la mieux défendue du front composée de villes-forteresses et de centaines de kilomètres de tranchées et de champs de mines.

"Une fois ce territoire abandonné, le territoire restant deviendra un peu difficile à protéger", a souligné M. Fidan. (AFP, 29 août 2025)

Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece


Immigration / Migration


Kamel Daoud, prix goncourt 2024, dénonce "l'entrisme islamiste" en Belgique

Frédéric Chardon, La Libre Belgique, 11 sept 2025
Dans sa dernière chronique publiée dans l'hebdomadaire Le Point, Kamel Daoud pointe la dérive socio-culturelle de notre Royaume et de sa Région-Capitale, Bruxelles. Aux yeux de l'écrivain français d'origine algérienne, prix Goncourt 2024, la Belgique, ventre mou du combat pour la laïcité, est menacée par l'islamisme. Il va même jusqu'à se demander si la Belgique finira par devenir un émirat.

Kamel Daoud évoque notamment le cas de l'Athénée Royal du Sippelberg, une école secondaire francophone à Molenbeek. Il y a quelques jours, cet établissement a fait l'objet de critiques en raison du communautarisme musulman qui y régnerait. Un local aurait été réservé à la prière, les élèves refuseraient de suivre certains cours qui heurteraient leur foi…

"L'affaire provoque quelques articles de presse et indignations, entraîne un 'mode alerte' des ministres concernés, qui réclament des éclaircissements. Les intéressés démentent, l'affaire s'embourbe entre démentis et précautions oratoires, et elle passe sous les radars rouillés du déni. Comme toutes les autres, ou presque", dénonce Kamel Daoud.
Le "royaume de la démission collective"

L'écrivain, dont la vie est menacée par une fatwa lancée par un imam salafiste en 2014, va plus loin et présente Molenbeek comme l'épicentre de l'entrisme islamiste, le laboratoire inquiétant d'une révolution culturelle en cours. "C'est ici que l'émirat se construit, dans le désert du fédéralisme, au royaume de la démission collective. Molenbeek : un nom au retentissement mondial qui incarne, pour beaucoup, cette notion de 'perte des territoires' et d'islamisation que l'Occident vit à la fois comme miroir de son déclin et occasion inhibée de son renouveau identitaire nécessaire."

Poursuivant son raisonnement, Kamel Daoud estime que la Belgique est gangrenée par sa passivité face aux périls que représente l'islamisme. "Peu à peu, le plat pays du Nord est devenu, aux yeux des opinions, une sorte de contre-exemple civilisationnel, un scénario possible et un exemple à ne pas suivre pour l'Europe et l'Occident. Voilà ce qu'il advient quand on confond, dit-on, confession et islamisme, inhibition postcoloniale et précautions (la Belgique ayant colonisé, et affreusement), culpabilisation et Histoire, communautarisme et fédéralisme, déni et tolérance, monarchie et peopolisation des identités nationales, immigration et dîme coloniale mémorielle à payer face aux immigrations, etc. Aujourd'hui, ce royaume, c'est un peu l'Europe, mais en mal, en pire, en possibilité dramatique. C'est ainsi qu'on l'imagine."

Rome et Ankara renforcent leur coopération en matière migratoire

Les chefs de la diplomatie italienne et turque ont signé jeudi un accord prévoyant une collaboration accrue pour lutter contre l'immigration clandestine, notamment en provenance de Libye.

Antonio Tajani et son homologue turc Hakan Fidan ont signé un "document opérationnel" prévoyant le renforcement de la collaboration entre les garde-côtes italiens et turcs pour combattre "le trafic d'êtres humains" et "le crime organisé transnational", a déclaré le chef de la diplomatie italienne lors d'un point de presse conjoint.

"Cela s'avérera très utile en Libye en particulier pour empêcher les départs" de migrants clandestins, a déclaré M. Tajani.

"Nous travaillerons ensemble à la formation des forces de l'ordre pour démanteler les réseaux criminels en Méditerranée", a-t-il dit.

M. Fidan s'est pour sa part dit déterminé à "renforcer le partenariat stratégique" entre l'Italie et la Turquie et a insisté sur la nécessité d'oeuvrer à un processus politique en Libye et de garantir sa "stabilité".

"Nos deux pays ont intérêt à la stabilité de la Libye", a souligné son homologue italien.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait accueilli début août à Istabul un mini-sommet avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le Libyen Abdelhamid Dbeiba sur les migrations et la stabilité en Libye.

La Libye demeure un pays de départ pour de nombreux migrants africains qui tentent de gagner l'Europe en accostant sur les côtes grecques et italiennes, principalement.

L'Union Européenne a signé en 2016 un accord avec la Turquie pour lutter contre l'immigration illégale. (AFP, 11 sept 2025)



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