Droits
de l'Homme / Human Rights
"Nous n'avons pas peur": le maire emprisonné d'Istanbul
de nouveau au tribunal
Ekrem Imamoglu a comparu vendredi, encouragé par les vivats et les
applaudissements de ses partisans dans la salle du tribunal de Silivri,
la prison où il est détenu depuis mars. "Nous n'avons pas peur!" a
lancé le maire d'Istanbul, principal rival du président Recep Tayyip
Erdogan qui croule sous les procédures.
A la tête de la principale municipalité et la plus riche du pays,
l'édile, arrêté le 19 mars et détenu depuis, a dénoncé une campagne de
"harcèlement judiciaire" déclenchée contre lui et accusé le
gouvernement d'utiliser la justice comme une arme pour faire taire
l'opposition.
Accusé vendredi d'avoir cherché à influencer un procès dans l'une des
nombreuses affaires intentées contre lui, il risque pour cette seule
affaire jusqu'à quatre ans de détention et une peine inéligibilité,
réclamés par le procureur; l'audience a été renvoyée au 12 décembre.
Rejetant les accusations portées contre lui, le maire les a attribuées
à la "peur" qu'il inspire au plus haut niveau du pouvoir: "Il y a
clairement une personne qui a peur" a-t-il lancé, désignant sans le
nommer le chef de l'Etat.
"Ils voient en moi une menace; ils ont peur du seul nom d'Ekrem
Imamoglu", a lancé le maire de 54 ans, figure de proue du premier parti
d'opposition, le CHP (social-démocrate) dont le président Özgür Özel
est venu le soutenir à Silivri, immense centre de détention dans
l'ouest d'Istanbul.
"Tous ces procès ne visent qu'à maintenir notre candidat en prison" a
déclaré M. özel à la presse.
Ekrem Imamoglu, arrêté avec plusieurs dizaines de collaborateurs de la
mairie d'Istanbul pour "corruption" - ce qu'il nie - a été investi
comme le candidat du CHP à l'élection présidentielle prévue en 2028 et
bénéficie de sondages favorables.
Son arrestation avait déclenché une vague de contestation sans
précédent depuis les manifestations de Gezi en 2013.
Depuis, la pression ne cesse de s'affirmer sur le parti et ses élus,
avec de nombreux maires CHP arrêtés et parfois démis de leurs fonctions.
-"Président Imamoglu! -
"La Turquie est confrontée à un régime et à un président qui
instrumentalisent le pouvoir judiciaire pour éliminer les opposants et
ceux qui ne pensent pas comme eux", a lancé M. Imamoglu au juge.
"Ils attaquent le CHP et essaient de le fermer en utilisant la justice
comme outil. Qu'ils attaquent! Nous n'avons pas peur, et nous n'aurons
pas peur" a-t-il martelé.
"Tous les systèmes construits sur l'injustice se sont effondrés, et
celui-ci s'effondrera aussi. J'ai confiance en cette nation".
Le maire a fait son entrée aux cris de "Président Imamoglu", scandés
debout dans la salle d'audience par des membres de son parti et le
public, dans lequel figurait son épouse, Dilek.
Concernant la procédure pour laquelle il comparaissait, son équipe a
relevé que bien qu'Istanbul compte "8.806 experts judiciaires
enregistrés", c'est le même expert qui a été désigné dans vingt-quatre
affaires distinctes impliquant des municipalités du CHP.
Une coïncidence à "la probabilité nulle", estiment ses défenseurs, qui
soulève des questions concernant "l'impartialité judiciaire" de cet
expert.
M. Imamoglu a dénoncé un "procès sans aucune base solide" et rappelé
les propos du président américain Donald Trump, qui a reçu le président
Erdogan jeudi à la Maison Blanche.
En 2018, lors de son premier mandat, ce dernier avait remercié le
dirigeant turc pour avoir aidé à la libération d'un pasteur américain
condamné en Turquie: "L'histoire a-t-elle jamais enregistré pareille
intervention directe?", a insisté M. Imamoglu.
M. Trump a également salué jeudi son invité en affirmant qu'"il en sait
plus que quiconque sur les élections truquées!". (AFP, 26 sept 2025)
Ce qu’il ne
faut pas oublier à l’occasion de la commémoration des exécutions de 1961

Doğan Özgüden
(Artı Gerçek, 17 septembre 2025)
L’histoire
de l’État est également entachée par les exécutions des opposants à la
dictature du parti unique, à l’écrasement de la nation kurde et au
régime oligarchique soutenu par l’OTAN.
Il y a exactement 64
ans… Le 17 septembre 1961… La République de
Turquie, dont l’histoire, depuis sa fondation, est tissée de terreur
d’État, de massacres et d’exécutions, avait, ce jour-là, de nouveau
conduit à la potence un de ses hommes politiques chéris. Hasan Polatkan
et Fatin Rüştü Zorlu, condamnés à mort par la Cour de justice de
Yassıada, avaient été exécutés la veille, le 16 septembre 1961.
Est-il surprenant qu’un État qui, sans hésiter, alla jusqu’à livrer au
bourreau un homme politique qu’il avait lui-même formé, ait, deux ans
après, assassiné avec la même sauvagerie les officiers révolutionnaires
Talat Aydemir et Fethi Gürcan, puis moins de dix ans plus tard, Deniz
Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan, qui ont porté haut la bannière de
la résistance contre l’oligarchie tout entière, ainsi que, dans les
quatre années qui suivirent le coup d’État du 12 septembre, 18
révolutionnaires, de Necdet Adalı à Hıdır Aslan ?
Ce même État n’avait-il pas aussi, dans les premières années de la
république, envoyé en masse à la potence ceux qui s’opposaient à la
dictature du parti unique, notamment les résistants de la nation kurde ?
Malgré le retrait de cette peine du Code pénal turc pour permettre
l’adhésion de la Turquie à l’UE, nous n’avons pas oublié comment Recep
Tayyip Erdoğan, qui a instauré une dictature présidentielle au XXIe
siècle, et le leader du MHP Devlet Bahçeli, dans l’incapacité de faire
face à la résistance nationale kurde, ont ramené à l’ordre du jour le
rétablissement de la peine de mort. Tandis qu’Erdoğan accusait Bahçeli
qui, à l’époque, s’opposait à lui, de « ne pas avoir fait exécuter
Öcalan durant la période où il était au pouvoir », Bahçeli le mettait
au défi : « Eh toi Erdoğan qui planifie une dictature dans son palais
illégal et obscur… Pourquoi as-tu attendu 9 ans ? Qui te retient, si tu
veux le pendre, je suis prêt à te donner la corde… »
Il y a 8 ans… Numan Kurtulmuş, qui préside actuellement à la Grande
Assemblée nationale de Turquie la Commission « une Turquie sans terreur
», avait assisté le 13 juillet 2017 à la cérémonie du 15 juillet
organisée par l’Union des démocrates turcs européens (UETD) dans un
hôtel de luxe à Bruxelles. Après avoir trahi le Parti de la Félicité
(Saadet Partisi) qu’il dirigeait, et rejoint l’AKP en échange d’un
poste ministériel, Kurtulmuş, immédiatement devenu vice-Premier
ministre, ne tarda pas à rassurer, dans la salle pavoisée de haut en
bas de drapeaux turcs, le public scandant sans cesse « Peine de mort
pour les putschistes ! » et « Nous ne voulons pas de répit aux
terroristes ! » : « Tous les traîtres recevront le châtiment qu’ils
méritent, n’ayez aucun doute à ce sujet ! »
En ce sombre jour de commémoration, je me souviens une fois encore des
scènes de trahison qui, il y a 64 ans, avaient précédé les jours des
exécutions de Menderes, Zorlu et Polatkan…
En 1961, un Conseil des Annonces de Presse (Basın İlan Kurumu), composé
de représentants de l’État, des universités, des professionnels de la
presse et des employeurs, fut fondé avec pour mission de garantir selon
des critères précis une distribution équitable des annonces et
publicités officielles à tous les journaux. Je représentais les
professionnels de la presse au nom de la Fédération des Syndicats de
Journalistes de Turquie.
Safa Kılıçlıoğlu, patron du journal Yeni Sabah (Nouveau Jour),
assistait habituellement aux réunions au nom du syndicat des
employeurs. Kılıçlıoğlu, qui, des années durant, avait soutenu le
gouvernement Menderes et pu faire de Yeni Sabah l’un des quelques plus
grands journaux de Turquie, était passé à l’opposition après avoir
acquis un certain pouvoir et s’être rendu compte que le gouvernement
perdait progressivement le soutien populaire. Il était dès lors devenu
l’un des patrons de presse dont Menderes se plaignait le plus, pensant
probablement qu’il lui avait planté un couteau dans le dos.
Après une réunion nocturne au siège du Conseil des Annonces de Presse à
Cağaloğlu, situé dans le même bâtiment que l’Association des
Journalistes d’Istanbul, le directeur général Sabahattin Selek avait
invité les membres de l’assemblée générale dans une boîte de nuit
clandestine dans une des ruelles de Beyoğlu.
À un moment donné, un représentant de la Chambre de commerce d’Istanbul
a proposé que chacun récite son poème préféré pour animer la soirée.
Les récitations allaient de la littérature du Divan à la métrique
syllabique.
Quand mon tour fut venu, je dis : « Je vais déclamer quelque chose qui
vient d’un autre pays que la Turquie », et je poursuivis avec les vers
de Paul Eluard :
S’il y a en Espagne un arbre teint de sang
C’est l’arbre de la liberté
S’il y a en Espagne une bouche bavarde
Elle parle de liberté
S’il y a en Espagne un verre de vin pur
C’est le peuple qui le boira
Un silence s’abattit sur la table. Safa Kılıçlıoğlu était
particulièrement énervé… Il grommela : « Ici aussi du communisme ?
Buvons donc quelques verres pour satisfaire le palais ». Les autres,
changeant rapidement de sujet, firent tout pour l’apaiser.
Mais le lendemain, j’allais être témoin d’une des plus révoltantes
ingratitudes jamais vues dans ma vie. C’était le vendredi 15 septembre
1961, le dernier jour de la réunion de l’assemblée générale.
Ce jour-là, régnait une tension sur la Turquie tout entière, la Cour de
justice de Yassıada allait rendre son verdict au sujet des dirigeants
du DP.
À un moment où les débats à l’Assemblée générale s’échauffaient, la
porte de la salle de réunion s’ouvrit. Un employé s’approcha de
Sabahattin Selek, se pencha vers son oreille et lui murmura quelque
chose avant de sortir précipitamment.
Selek, interrompant les discussions, annonça que 15 accusés, dont Adnan
Menderes, avaient été condamnés à la peine de mort.
Tout le monde était abasourdi, lorsqu’un éclat de rire éhonté retentit
dans la salle. Safa Kılıçlıoğlu, cet individu qui, avec le soutien de
Menderes, était devenu l’un des plus grands patrons de médias de
Turquie, loin d’être affligé par la condamnation à mort de son ancien
maître, riait aux éclats de façon hystérique, sans être dérangé par les
regards désapprobateurs de son entourage.
Le procès des dirigeants du DP à Yassıada était vraiment un évènement
tragicomique. Outre les choses mesquines telles que l’affaire du bébé
ou l’affaire du chien, le traitement dégradant infligé sur l’île à ces
personnages par deux fois portés au pouvoir par le suffrage populaire,
renversés par un coup d’État, alors qu’ils venaient de dévoiler leur
intention de retourner aux urnes, tout cela n’était guère honorable
pour les putschistes du 27 mai.
La discipline de caserne infligée aux accusés par le gardien en chef,
le Colonel Tarık Güryay, les gestes exagérés du « procureur
révolutionnaire », le procureur général Altay Egesel, que j’ai vu se
présenter comme le seul membre civil du Comité d’Union nationale
immédiatement après le coup d’État à Izmir, et l’attitude partiale du
président du tribunal, Salim Başol, envers les accusés, constituaient,
en un seul mot, une parodie de justice.
Salim Başol qui, durant le procès de Yassıada, avait offert un exemple
inoubliable de soumission de la justice au pouvoir politique en
rejetant les objections des accusés et de leurs avocats en déclarant «
Le pouvoir qui vous a enfermés ici l’exige ainsi », avait donné un
autre exemple d’obéissance au pouvoir, quel qu’il soit, en condamnant
les 45 membres du Parti socialiste ouvrier et paysan de Turquie à la
prison et à l’exil.
Lors de la transition vers un régime multipartite après la fin de la
Seconde Guerre mondiale, lorsque les partis politiques autres que le
CHP furent autorisés, l’un des premiers partis fondés fut le Parti
socialiste ouvrier et paysan de Turquie. En parallèle, des syndicats de
gauche étaient en voie de constitution. Cependant, le gouvernement du
CHP, se plaçant rapidement aux ordres de l’impérialisme américain, ne
put tolérer l’existence de partis et de syndicats de gauche et ordonna
au commandement de l’état de siège de dissoudre ces partis et syndicats
et d’arrêter leurs dirigeants.
Au terme de mois d’audience, le 14 juillet 1948, la Haute Cour pénale,
sous la présidence de Salim Başol, condamna le chef du parti, le Dr.
Şefik Hüsnü Deymer, à cinq ans de prison ainsi qu’à une peine d’exil de
même durée. Les 44 autres membres du parti furent également condamnés à
des prisons allant jusqu’à 4 ans de prison et à une peine d’exil de
même durée.
À l’issue des procès de Yassıada, l’ancien président Celal Bayar fut
condamné à la réclusion à la perpétuité plutôt qu’à la peine capitale
en raison de son âge avancé. Le Comité d’Union nationale conforma
toutefois la peine capitale de trois des 15 personnes condamnées : le
Premier ministre Adnan Menderes, le ministre des Affaires étrangères
Fatin Rüştü Zorlu et le ministre des Finances Hasan Polatkan.
Pour éviter toute réaction de masse, le Comité d’Union nationale décida
de procéder immédiatement aux trois exécutions. De fait, Fatin Rüştü
Zorlu et Hasan Polatkan furent exécutés sur le champ. Quant à
l’exécution de Menderes, elle fut reportée d’un jour en raison de sa
tentative de suicide, ce qui rendit la situation encore plus dramatique.
À l’époque, j’étais le représentant du journal Öncü (Avant-garde) à
Izmir… De retour à Izmir le soir de l’annonce des condamnations à mort,
je fus surpris. Izmir, bastion du DP, était une ville morte. Il n’y eut
aucune manifestation de masse contre l’exécution de Menderes.
Ceux qui s’étaient rassemblés dans les centres provinciaux du Parti de
la Justice et du Parti de la Nouvelle Turquie, fondés pour se partager
l’héritage du DP dissous, n’ont tenté aucune manifestation de rue, se
contentent de pleurer et de se lamenter entre eux.
Et le 17 septembre 1961, Adnan Menderes fut à son tour exécuté.
Les nationalistes et les partisans de l’oumma, qui n’avaient montré à
l’époque aucune réaction sérieuse contre ces exécutions, se vengèrent
d’abord sur les officiers révolutionnaires Talat Aydemir et Fethi
Gürcan en 1963, puis les jeunes révolutionnaires Deniz Gezmiş, Yusuf
Arslan et Hüseyin İnan en 1971, avant de massacrer avec la même
sauvagerie 18 révolutionnaire, de Necdet Adalı à Hıdır Aslan, dans les
quatre ans qui suivirent le coup d’État du 12 septembre.
Comme je l’ai rappelé plus haut, ceux qui ont abrogé la peine de mort
du Code pénal turc pour devenir membre de l’Union européenne n’ont
pourtant pas hésité de temps à autre à exprimer leur intention de la
restaurer, en particulier lorsque Erdoğan et Bahçeli – aujourd’hui
copains comme cochons – s’attaquaient mutuellement, au point de brandir
une corde, pour attirer à eux les votes de droite.
Erdoğan, qui exploite à fond le panislamisme aussi bien que la
nostalgie du DP, allant jusqu’à faire des oraisons funèbres sur
l’exécution de Menderes lorsque cela lui chante, n’a pas hésité à
prononcer des discours d’une hypocrisie sans pareil, en déclarant : «
Que le Parlement approuve la peine de mort, je l’approuverai
immédiatement ».
Comme je l’ai dit à l’occasion d’une autre commémoration… La Turquie
est le pays des grandes surprises… Quant à la peine de mort, elle est
une arme extrêmement dangereuse et perfide… Tel le boomerang des
Aborigènes d’Australie, elle peut un jour revenir frapper celui qui l’a
lancée !
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UNE PRECISION: En tant que journaliste ayant été rédacteur
en
chef pendant de nombreuses années tant en Turquie qu’en exil, je
considère de mon devoir de déclarer que le retrait après publication de
l’article de Baskın Oran qui, depuis la création d’Artı Gerçek en
février 2017, y écrit comme moi sans interruption depuis 8 ans, est
contraire à l’esprit de la liberté de la presse.
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
“Il n’est
pas facile d’être Turc”
Ragip Duran, TVXS.GR, 14 septembre 2025
Le petit retraité dans sa maison de vacances, le pauvre petit
fonctionnaire entre l’office et la maison de son beau-père, le paysan
endetté, l’étudiant qui attend toujours l’argent envoyé par son père,
l’ex-député kurde aujourd’hui en exil en Allemagne… la majorité des
citoyens du pays souffre de la carence d’espoir et se sent déprimés.
Le monde vu du dehors, à travers les médias ne correspond pas du tout
aux réalités quotidiennes. Ces deux univers sont en pleine
contradiction.
Par exemple:
Les rencontres sportives en Turquie surtout les matchs internationaux
sont les sujets les plus en vue dans les cafés de commerce, mais
également dans les lieux de travail, les écoles et les maisons. Depuis
10 jours, l’équipe de football turque a perdu 0-6 contre l’Espagne à
Konya (Anatolie centrale) mais l’équipe des volleyballeuses a terminé
le championnat mondial en 2ème position. L’équipe masculine de
basketball remporte des victoires au championnat d’Europe qui se
poursuit à Riga.
Les médias réservent une grande place à ces rencontres. Moyen de
provoquer le nationalisme voire le racisme le sport, le football en
particulier reste encore et toujours le sujet le plus populaire pour
“couvrir” les événements très négatifs relatés uniquement par les
médias globaux et la presse d’opposition peu forte.
Même si les équipes nationales remportent des victoires les salaires et
les revenus des gens n’augmentent pas alors que les prix du pain, des
fruits et des végétaux montent en flèche.
“La Commission de la Solidarité Nationale, de la Fraternité et de la
Démocratie” du Parlement turc en train de préparer sa 8ème réunion n’a
pas encore produit un résultat concret, alors qu’elle a été créée pour
trouver une solution pacifique et politique au problème kurde.
Seulement 37% des citoyens déclarent avoir un espoir sur les travaux de
cette commission selon un sondage récent.
Plus de 40 milles personnes, activistes armés et civils kurdes en
majorité, soldats, policiers et civils turcs aussi avaient perdu leurs
vies lors des décrochages entre les forces de l’ordre turc et les
activistes armés kurdes depuis 1984. Les décisions de cette commission
ne rendront pas la vie à ces défunts.
Les pourcentages de la délinquance et de la criminalité chez les jeunes
sont en hausse spectaculaire à cause des attaques à main armée en
rapport avec les bandes de trafiquants de drogues et des mafiosos.
Depuis au moins 2 semaines, 6 personnes ont été tuées par des tireurs
mineurs.
Les rues des grandes villes ne sont plus en sécurité, admettent
l’ensemble des citoyens. “On se croira dans une ville du Mexique ou de
la Colombie où tous les jours les gens sont tués par des fusils à bout
portant” constate un journaliste d’Istanbul.
“Le Palais d’Erdogan s’en fout complètement. Son seul objectif est de
neutraliser voire de détruire en entier la principale formation de
l’opposition, le CHP, parti crée par le fondateur de la République,
Moustapha Kemal Atatürk” poursuit-il. En effet, le CHP se renforce de
plus en plus depuis les élections locales du 31 mars 2024 et il est
devenu le parti majoritaire sur l’ensemble du pays. Erdogan est en
pleine panique, car il a compris que lui-même et son parti perdront les
prochaines élections.
Le Prof. Haluk Sahin, doyen des Sciences de l’Information et
journaliste chevronné avait intitulé son livre paru en 1985 “Pas facile
d’être turc”. Dans un article, il racontait l’aventure d’un couple
turco-américain. Universitaires, tous les deux, Monsieur et Madame
avaient obtenu leurs doctorats aux Etats Unis, avaient enseigné dans
les universités américaines et après 15 ans d’enseignement, ils avaient
pris la décision de rentrer en Turquie, pays natal de Madame. Au départ
ils étaient très bien accueillis par l’université et la société turque.
Bon salaire, logement gratuit pour les professeurs et autres privilèges
de la vie universitaire. Mais les beaux-parents turcs, un peu
conservateur, ont d’abord demandé la circoncision du gendre américain.
D’accord, obligatoirement. Il parlait déjà le turc. Les beaux-parents
ont ensuite demandé au gendre d’adopter la religion musulmane.
D’accord encore sans le vouloir vraiment. Puis les beaux-parents ont
désiré que le gendre obtienne la citoyenneté turque. D’accord encore.
Alors commencé le cauchemar : ils ont été expulsés du logement de
l’université, son salaire a été réduit au salaire d’un universitaire
turc, enfin le parquet a ouvert une interrogation, car le gendre qui a
été accusé d’espionnage !
Un confrère journaliste français d’Istanbul, avait formulé cette
malheureuse transformation de la façon suivante :
“La Turquie est un paradis pour les journalistes ou universitaires
étrangers. Car la vie socio-politique est très vivante, très dynamique.
À chaque instant se produit un nouveau fait, donc peut être un papier à
la une. Le problème, la difficulté, c’est quand on devient citoyen de
ce pays. Alors c’est l’enfer !”
Malgré les pressions, le principal parti
d'opposition reste vent debout contre "sa majesté" Erdogan
Burcin GERCEK, AFP, 12 sept 2025
La pression judiciaire croissante contre le CHP, principal parti de
l'opposition turque qui pourrait voir lundi sa direction destituée, ne
fait que renforcer sa base, affirment ses responsables, qui refusent de
capituler face au pouvoir.
Depuis le revers subi par le camp gouvernemental lors d'élections
locales en mars 2024, la répression s'est abattue sur le CHP (Parti
républicain du peuple, social-démocrate), qui avait dominé le scrutin.
Ces derniers mois, de nombreux élus ont ainsi été arrêtés pour
"terrorisme" ou "corruption", dont le très populaire maire d'Istanbul,
Ekrem Imamoglu, emprisonné depuis mars.
La semaine passée, la direction provinciale du CHP à Istanbul a
également été destituée, au motif d'irrégularités lors d'un congrès de
2023.
Un tribunal d'Ankara doit se prononcer lundi sur des allégations
similaires lors d'un congrès national organisé la même année, faisant
craindre aux partisans du CHP le remplacement d'Özgür Özel, élu patron
du parti lors de ce congrès, par un administrateur.
- "Plutôt m'enfoncer dans la terre"-
Depuis l'arrestation du maire d'Istanbul, figure du CHP, M. Özel
a su
galvaniser les foules, s'attirant les foudres du pouvoir en organisant
chaque semaine des rassemblements, jusque dans des villes longtemps
considérées comme des bastions du président Recep Tayyip Erdogan.
"Ils ne veulent pas que nous résistions dans la rue (...). Le Parti
républicain du peuple n'est pas et ne sera pas le parti d'opposition de
sa majesté", a martelé M. Özel mercredi lors d'un rassemblement à
Istanbul, en référence au président turc.
"Plutôt m'enfoncer dans la terre que d'être un leader de l'opposition
qui plairait à Erdogan", avait-il lancé la semaine passée.
Si M. Özel était destitué au profit d'un administrateur, "la direction
actuelle du CHP pourrait refuser d'abandonner le siège du parti. Un
scénario intéressant pourrait alors se produire où le CHP aurait deux
têtes en même temps", estime l'analyste politique Berk Esen.
Anticipant ces scénarios, plus de 900 délégués du CHP ont déjà appelé à
un congrès extraordinaire du parti le 21 septembre, lors duquel Özgür
Özel a toutes les chances d'être réélu.
- "Régime à la russe" -
Malgré le risque que la justice place l'ancien patron du CHP
Kemal
Kiliçdaroglu, tombé en disgrâce, à la tête du parti, Murat Bakan, son
vice-président, estime improbable une division de la formation.
"Avec l'arrivée d'Özgür Özel, le parti a grandi. Son électorat s'est
élargi, tout comme le nombre de ses membres", affirme-t-il.
Selon lui, la pression judiciaire visant le CHP a eu pour effet inverse
de "consolider son électorat". "Le sentiment d'unité et de solidarité
des électeurs s'est renforcé", soutient-il.
"Si le gouvernement épuise toutes les pistes, nous pouvons appeler les
électeurs à descendre dans la rue et développer des méthodes de
protestation alternatives", affirme Murat Bakan, pour qui le pouvoir
"tente de créer une opposition qui n'existerait que dans la forme (...)
comme en Russie ou en Biélorussie".
Pour Berk Esen, "certains opposants estiment qu'un régime à la russe a
déjà pris forme et se disent qu'Erdogan restera au pouvoir jusqu'à sa
mort". "Ils pensent qu'il faut donc trouver un moyen de s'entendre avec
lui. C'est le plus grand risque", estime-t-il.
"L'économie turque repose en grande partie sur le soutien des
investisseurs étrangers. En cas de chaos politique, ces investisseurs
chercheraient à fuir le pays, entraînant une chute de la Bourse
d'Istanbul et de la livre turque", met en garde l'économiste Yakup
Küçükkale.
"Ils bafouent tout pour maintenir leur pouvoir. Les lois, la
démocratie, l'économie, tout", regrette pour sa part Ahmet Ozer, un
retraité d'Ankara.
"Mais ils découvriront que la volonté du peuple est plus grande qu'eux.
Plus ils font pression, plus je me sens déterminé à soutenir le CHP",
dit-il, précisant qu'il se rendra à un rassemblement du parti prévu
dimanche à Ankara.
Septembre, le mois des pogroms, des
coups d’états et des souffrances…
Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 11 septembre 2025
Le 11 septembre marque le 52e anniversaire du coup d’État de 1973 au
Chili. Et le 12 septembre marquera le 45e anniversaire du coup d’État
fasciste de 1980 en Turquie. Mais si Septembre est un mois douloureux
pour notre génération, il ne le doit pas seulement à ces deux coups
d’État. Il y a aussi ce terrible pogrom des 6-7 septembre 1955…
J’ai partagé mon témoignage et mes commentaires au sujet de ce pogrom
dans mon article de la semaine passée.
Lors du coup d’État du 12 mars 1971 en Turquie, trois autres pays
européens – le Portugal, l’Espagne et la Grèce – se trouvaient
également sous dictature fasciste. Dans la résistance démocratique que
nous avons organisée à l’étranger, nous avons bénéficié d’une grande
solidarité de la part des exilés politiques de ces pays, qui avaient
acquis une solide expérience dans la lutte antifasciste.
En retour, nous avons à notre tour accueilli après le coup d’État
fasciste du 11 septembre 1973 au Chili les exilés politiques venus de
ce pays et soutenu leur organisation en Europe. En même temps, nous
avons beaucoup appris d’eux sur la réalité de l’Amérique latine et sur
les luttes antifascistes sur ce continent.
Comme à chaque anniversaire, nous avions assisté le 11 septembre 1980 à
une soirée organisée par eux pour le septième anniversaire du coup
d’État au Chili, et au cours de nos conversations jusqu’aux petites
heures, nous avions particulièrement insisté sur la menace imminente
d’un coup d’État en Turquie.
Comment aurait-il pu en être autrement ? Deux mois plus tôt, le 11
juillet 1980, la première répétition générale du coup d’État militaire
avait eu lieu avec l’Opération Nokta (Point final), au cours de
laquelle un bataillon d’infanterie mécanisée, une unité commando de
gendarmerie et des unités de renfort du commandement provincial de
régiment avaient été mobilisés pour renverser l’exécutif municipal
progressiste établi à Fatsa sous la direction de Fikri Sönmez.
Nos amis chiliens en exil politique nous avaient rappelé que leur
propre gouvernement n’avait pas agi avec suffisamment de vigilance en
ne prenant pas les précautions nécessaires lors des préparatifs du coup
d’État militaire qui fut planifié dans leur pays par la CIA.
Les années 1960 furent une période de montée de la vague de gauche tant
en Turquie qu’au Chili. Surtout en 1970… Cette année-là, alors que la
lutte socialiste et anti-impérialiste se diffusaient sur l’ensemble de
la Turquie, notre classe ouvrière occupa Istanbul les 15-16 juin pour
protester contre le vote au Parlement par une entente entre le
gouvernement AP (Parti de la justice) et l’opposition CHP (Parti
républicain du Peuple) de l’amendement de la Loi sur les Syndicats
visant à anéantir la DİSK (Confédération des Syndicats ouvriers
progressistes) … L’armée qui, jusqu’alors qualifiée de « progressiste »
et même de « révolutionnaire », y compris par une partie de la gauche,
avait dans les faits été intégrée à la classe capitaliste par le fonds
de pension OYAK (Institution de Solidarité de l’Armée), fondé après le
coup d’État du 27 mai 1960, et érigée en « gardien du système politique
» avec le Conseil de Sécurité nationale, ouvrit ce jour-là le feu sur
les travailleurs. La loi martiale fut alors instaurée, et les
résistants arrêtés et torturés.
Pendant ces évènements en Turquie, au Chili, l’Unidad Popular,
constituée par le Parti socialiste, le Parti communiste et la gauche
radicale du MIR, infligea une défaite cuisante aux partis de droite
soutenus par les USA lors des élections du 4 septembre 1970, et le
socialiste Salvador Allende devint président de la République.
Je n’oublierai jamais cette victoire des forces de gauche du Chili, les
nationalisations successives de secteurs clés de l’économie du pays
comme le secteur bancaire, l’agriculture, les mines de cuivre et les
communications, qui permirent d’offrir de meilleurs services à la
population chilienne. Cette victoire fut un formidable stimulant moral
pour nous qui, en Turquie, étions constamment opprimés et menacés, et
renforça notre détermination à lutter.
LES SOMBRES ANNÉES 1970 EN TURQUIE ET AU CHILI…
En réalité, la loi martiale instaurée après les 15-16 juin 1970 fut la
répétition générale d’un coup d’État militaire.
Après la formation d’un gouvernement à la botte des militaires à la
suite du mémorandum du 12 mars 1971, la loi martiale fut décrétée en
avril, déclenchant une « opération massue » sur l’ensemble de la
Turquie. Le Parlement ne fut pas dissous lors de ce premier coup d’État
étant donné que tous les partis politiques avaient soutenu à
l’unanimité le mémorandum du 12 mars et le régime de loi martiale. Seul
à s’y opposer, le Parti ouvrier de Turquie fut fermé la même année par
la Cour constitutionnelle pour avoir publié, lors de son dernier
congrès, une déclaration défendant les revendications démocratiques de
la nation kurde.
Avec le commencement d’une chasse à l’homme, des milliers de
révolutionnaires et de démocrates furent arrêtés et torturés, puis
jugés par des tribunaux de loi martiale avec des actes d’accusation
exigeant jusqu’à la peine de mort, et condamnés à de lourdes peines de
prison. Trois dirigeants de la jeunesse révolutionnaire, Deniz Gezmiş,
Yusuf Arslan et Hüseyin İnan furent exécutés après approbation de ce
jugement au Parlement par tous les députés du parti au pouvoir et une
partie des députés du CHP dans l’opposition.
Sous la pression du Conseil de l’Europe, que les organisations
démocratiques en exil avaient constamment informé au sujet de cette
oppression, la loi martiale fut levée et des élections générales
organisées en Turquie en 1973. Cependant, cette même année, le Chili
commença tout au contraire à se diriger vers des jours sombres.
Les réformes profondes mises en œuvre par l’administration Allende
contrarièrent au plus haut point l’impérialisme des USA qui
considéraient toute l’Amérique latine comme leur colonie. De même
qu’Eisenhower avait introduit une doctrine visant à politiser l’islam
pour domestiquer les pays du Moyen-Orient sous l'inspiration
nationaliste et indépendantiste, la politique d’intervention, dérivée
de la théorie des « dominos » brevetée par le même Eisenhower, fut
également lancée en Amérique latine.
Suivant cette théorie, tout comme les dominos viennent à tomber à la
chaîne les uns à la suite des autres, l’adoption d’un régime communiste
par l’un des États du continent américain était de nature à inciter les
autres États à poursuivre assez vite les mêmes desseins.
Conformément à cette théorie, l’administration Kennedy orchestra
l’invasion de la baie des Cochons contre Cuba, une invasion qui se
solda par une défaite. Cette fois, toujours en Amérique latine, un coup
d’État était absolument nécessaire pour empêcher le Chili de se «
communiser ». À cette fin, des manifestations et des grèves furent
organisées contre le gouvernement avec le soutien direct de la CIA.
Dans ce contexte, le président du Chili Allende commit une grave erreur
en laissant l’armée chilienne entièrement entre les mains des généraux
à la solde des Américains. Des officiers chiliens continuaient de
suivre une formation contre-guérilla dans les écoles militaires
américaines de la zone du canal de Panama. Le nombre d’officiers
chiliens formés dans ces écoles militaires passa de 107 en 1969 à 197
en 1972. Durant la même période, les ventes d’armes et d’équipements
militaires américains au Chili passèrent de 1,6 million de dollars à 14
millions de dollars.
Lors d’une visite au Chili en 1971, le leader cubain Fidel Castro,
conscient de la possibilité de la préparation imminente d’un coup
d’État par les USA, conseilla à Allende de mettre fin à cette
coopération militaire et, surtout, d’armer la population. Cependant,
Allende ignora non seulement ces recommandations, mais nomma, le 23
août 1973, comme chef d’état-major général, Pinochet, le général
chilien le plus pro-américain et le plus fou furieux.
Vingt jours après avoir pris la tête de l’armée, le général Pinochet,
avec le soutien de la CIA et des missions militaires américaines,
organisa un coup d’État le matin du 11 septembre 1973, instaurant dans
le pays une dictature fasciste qui allait durer 15 ans.
LES ANNÉES 80 D’UNE TURQUIE À NOUVEAU PLONGÉE DANS LES TÉNÈBRES…
Après la soirée où nous nous étions retrouvés avec nos amis chiliens
pour commémorer le 7e anniversaire de ce coup d’État, je m’étais
réveillé, comme à mon habitude, tôt le matin du 12 septembre 1980, et
me préparais à travailler. Alors que j’allumais la radio belge à 6
heures, un flash-info annonçait la nouvelle qu’un coup d’État avait
lieu en Turquie. Le coup d’État faisait également la une des autres
radios européennes. Les déclarations de la junte fasciste étaient
diffusées en continu sur la radio turque.
Le leader de ce coup d’État, le général Kenan Evren, pro-américain et
contre-insurrectionnel était, tout comme Pinochet au Chili, un
commandant en chef nommé avec une grande légèreté comme chef
d’état-major général le 7 mars 1978 par le leader du CHP, Bülent
Ecevit, Premier ministre à l’époque.
Et tout comme au Chili, les craintes suscitées par le 12 septembre 1980
se concrétisèrent en Turquie.
En tant qu’Info-Türk, nous publiâmes immédiatement un communiqué de
protestation. À l’époque, İnci et moi étions aussi tous deux
responsables de l’organisation européenne du Parti ouvrier de Turquie.
Et comme l’organisation officielle du parti à l’étranger était
interdite, nous poursuivions nos activités politiques sous le nom de
l’Union pour la Démocratie.
Je tentai d’entrer en contact avec les dirigeants du parti en Turquie
afin d’obtenir des informations sur le coup d’État et de marquer notre
position, mais personne ne répondait. Cependant, après 9 heures, je pus
établir le contact avec des amis journalistes proches du parti
travaillant à l’agence des nouvelles turques (Türk Haberler Ajansı)
Osman Saffet Arolat et Niyazi Dalyancı dont je pus obtenir des
informations détaillées. Seule la présidente du parti Behice Boran
était assignée à résidence ; ils ignoraient où se trouvaient les autres
dirigeants.
Après nous être entretenus avec chacun des amis responsables en
Allemagne, en France et en Suisse, nous publiâmes dans différentes
langues le premier communiqué à l’intention de l’opinion publique
mondiale au nom de l’Union pour la Démocratie. Nous lançâmes cet appel,
en soulignant que l’intervention du 12 septembre était un coup d’État
fasciste encouragé et soutenu par l’OTAN :
«Ce coup d’État est le point culminant de l’escalade fasciste dans
notre pays. Le peuple de Turquie qui a subi les interventions
militaires successives de 1960, de 1971 et enfin de 1980 déchirera sans
doute ces ténèbres avec une lutte tenace. Aujourd’hui, c’est le jour
d’unité et de lutte de toutes les forces de démocratie de Turquie
contre le fascisme. Nous appelons toutes les forces démocratiques du
monde à se solidariser avec la lutte légitime du peuple de Turquie ».
Nous publiâmes dans les bulletins d’Info-Türk en anglais, français,
allemand, néerlandais et turc, un rapport détaillé sur les préparatifs
du coup d’État du 12 septembre, le rôle de l’OTAN et du grand capital
dans ce coup d’État, la situation de l’armée putschiste sur les plans
non seulement militaire, mais aussi politique, économique, social et
culturel, ainsi que les premières réactions internationales.
Alors que la Communauté économique européenne, le Conseil de l’Europe,
et même l’Assemblée parlementaire de l’OTAN adoptèrent une attitude
critique envers ce coup d’État anéantissant le régime parlementaire,
l’attitude des parlementaires turcs dont le parlement avait été dissous
et leurs partis fermés, était véritablement scandaleuse.
Lors de la première réunion de l’Assemblée parlementaire du Conseil de
l’Europe tenue à Strasbourg après le coup d’État, Turan Güneş, Cevdet
Akçalı, Metin Toker et Besim Üstünel, sur instruction de la junte, y
prirent part en défendant la nécessité du coup d’État.
Malheureusement, ces parlementaires défenseurs de la junte furent
rejoints par le professeur Muammer Aksoy lors de la réunion sur les
droits humains organisée par l’APCE aux Pays-Bas en mars 1981.
Heureusement, l’APCE mit elle-même fin, par une décision du 14 mai
1981, à la comédie de prendre au sérieux les représentants d’un
parlement dissous par la junte.
Le premier choc majeur qui nous fut porté sur la scène internationale
vint, comme après le coup d’État du 12 mars, de l’Union soviétique.
Comme je l’ai déjà écrit, l’Union soviétique continua d’entretenir de
bonnes relations avec le régime d’Ankara après le coup d’État du 12
mars 1971. Alors que Deniz Gezmiş, Yusuf Arslan et Hüseyin İnan se
trouvaient dans le couloir de la mort, le président du Praesidium du
Soviet suprême Podgorny n’hésita pas à effectuer une visite amicale à
Ankara.
Après le coup d’État du 12 septembre 1980, tandis que les institutions
occidentales, à l’exception des USA, adoptèrent une position critique à
son égard, le Premier ministre de l’URSS Kossyguine envoya des messages
de félicitations à la fois au chef de la junte Evren et au Premier
ministre Bülent Ulusu dès la formation du gouvernement militaire.
Ce message, ainsi que la politique globalement conciliante adoptée par
l’URSS et les autres pays socialistes à l’égard de la junte,
conduisirent inévitablement les forces de gauche de Turquie à diverger
sur la manière de qualifier la junte et sur l’attitude à adopter à son
égard.
Alors que la majorité des organisations progressistes de Turquie en
exil qualifièrent la nouvelle administration de « junte militaire
fasciste », celles dans la ligne du TKP (Parti communiste de Turquie),
conformément aux directives qu’elles avaient reçues, s’opposèrent avec
force à ce qualificatif et imposèrent que l’on s’en tienne au terme de
« junte militaire ».
Cette injonction était devenue à ce point risible que, par exemple, au
terme de plusieurs jours de débats, le communiqué commun publié en
Belgique soulignait en préambule que certaines organisations
signataires qualifiaient la junte de fasciste, tandis que d’autres la
caractérisaient simplement comme « militaire ».
Peu après, le numéro 237 de Kurtuluş (Libération), l’organe de l’ATTF
(Fédération des Socialistes Turcs en Europe), organisation liée au TKP,
datée du 15 avril 1981, suscita un tollé général après la publication
en pleine page des photographies de taille égale de Kenan Evren et de
Leonid Brejnev avec la mention, en manchette, « L’amitié
turco-soviétique célèbre ses 60 ans ».
De plus, l’année suivante, le chef de la junte Kenan Evren se vit
décerner la « Grande Étoile des Balkans » lors de la visite qu’il fit
en Bulgarie les 25-28 février 1982. Et tout cela au moment où des
membres du TKP étaient arrêtés et torturés en Turquie…
Septembre fut non seulement le mois du coup d’État de 1980, mais aussi
celui de nombreux autres évènements marquants de la vie politique de
Turquie…
Par exemple, le Parti communiste de Turquie, fut fondé à une date
précoce, le 10 septembre 1920, lors d’un congrès tenu à Bakou, mais
devint aussitôt une cible de taille de l’État turc. Le leader du parti
Mustafa Suphi et ses camarades partirent pour Ankara en janvier 1921, à
l’invitation de Mustafa Kemal, avec qui ils avaient noué des relations
pour soutenir la guerre d’indépendance en Anatolie. Cependant, ils
furent empêchés d’atteindre Ankara par le commandant du 9e corps
d’armée Kâzım Karabekir. Ils arrivèrent à Trabzon après avoir subi en
chemin maintes insultes et agressions, et furent sauvagement assassinés
les 28-29 janvier 1921 en mer Noire par Yahya Kayha et ses hommes sous
les ordres du régime d’Ankara.
Le CHP, le plus ancien parti politique de Turquie encore existant, fut
fondé le 9 septembre 1923 et détint seul le pouvoir pendant de
nombreuses années. Toutefois, le CHP, comme les autres partis
politiques, fut dissous par la junte militaire après le coup d’État du
12 septembre 1980, et ne put reprendre ses activités que le 9 septembre
1992 après la levée des interdictions.
102 ans après sa fondation et 33 ans après sa refondation, le CHP lutte
aujourd'hui pour sa survie sous les coups, d’une part, de ses factions
internes, et d’autre part, des sanctions illégales qui lui sont
imposées par la dictature Erdoğan-Bahçeli.
LES ORIENTATIONS DIFFÉRENTES PRISES PAR LE CHILI ET LA TURQUIE APRÈS
LES COUPS D’ÉTAT
Oui, le Chili et la Turquie, deux pays distants de milliers de
kilomètres, ont connu et continuent de connaître des trajectoires
différentes après la noirceur des coups d’État vécus dans les années
70.
Au Chili, le général Pinochet a poursuivi sa dictature absolue pendant
15 ans jusqu’en 1988, date à laquelle il a été contraint de
démissionner à la suite du « non » prononcé par la majorité lors d’un
référendum qu’il avait organisé pour se maintenir au pouvoir.
En Turquie, le règne du général Evren, qui s’est fait élire à la
présidence avec les 92 % de suffrages exprimés en sa faveur lors du
référendum organisé sous la contrainte en 1982, prit fin un an après
celui de Pinochet, le 9 novembre 1989, lorsqu’il céda le fauteuil à
Turgut Özal, l’homme lige du FMI et le fidèle vice-premier ministre de
l’époque de la junte.
Mais ces deux pays, qui étaient politiquement au coude à coude à
certaines époques, sont aujourd’hui très éloignés… Dans le Chili
d’aujourd’hui, la démocratie parlementaire est souveraine, les pouvoirs
législatif, exécutif et judiciaire sont indépendants les uns des
autres, et la presse et les organisations démocratiques de masse sont
libres.
Quant à la Turquie, les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire y
sont concentrés entre les mains d’une seule personne, le Parlement y
est incapable d’exercer ses fonctions législatives et de contrôle, et
les municipalités locales y sont paralysées par des pratiques de mise
sous tutelle ou de menaces. La propriété des médias mainstream y est
concentrée entre les mains de capitalistes intimement liés au
président, et les journalistes libres soit embastillés soit exilés. Les
prisons ne suffisent pas à répondre au nombre des prisonniers
politiques.
De plus, même le CHP, le plus ancien et actuel principal parti
d’opposition de Turquie, est une cible directe du terrorisme d’État
avec l’arrestation et la destitution d’Ekrem İmamoğlu, élu maire
d’Istanbul par trois fois et successivement au suffrage populaire, et
d’autres responsables municipaux, suivies de l’arrestation et de la
destitution de dirigeants du parti.
En résumé : le Chili, l’un des deux pays victimes de coup d’État, est
désormais un pays démocratique sans problèmes majeurs avec ses voisins,
tandis que la Turquie, bien malheureusement, est devenue un pays sous
gouvernement paranoïaque, en proie à des problèmes avec tous les pays,
de l’Europe au Moyen-Orient.
Sortir la Turquie de cette terrible période sombre et en faire un pays
respectueux des droits humains et garantissant une véritable égalité et
liberté à tous les peuples vivant sur son territoire et dans la
diaspora, demeure une responsabilité partagée par tous les partis
politiques, à commencer par le Parti démocratique du Peuple (DEM) et le
CHP.
Tout en évitant, bien évidemment, de tomber dans les pièges du type de
la « Turquie sans terreur » tendus par ceux qui dirigent notre pays
depuis des années en usant des variantes les plus hideuses de
terrorisme d’État, et en prenant constamment pour cible les pays
voisins au nom de la turcité et de l’islam…
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Turquie: Le tyran désire liquider l’opposition
Ragip Duran, TVXS.GR, 7 septembre 2025
Le 45ème Tribunal Civil de Première Instance d’Istanbul a décidé le 2
septembre dernier d’annuler le 38ème congrès local du CHP (Parti
Républicain du Peuple, kémaliste, 137 sièges au Parlement sur 592,
principale formation de l’opposition, grand gagnant des dernières
élections locales du 31 mars 2024). Ainsi l’ensemble des membres de la
direction locale et y compris le Président sont démis de leurs
fonctions. Le Tribunal a également nommé provisoirement 5
administrateurs à leur place.
Ce dernier ‘’Coup du Judiciaire’’ contre les élus est violemment
protesté par l’opposition. Les juristes rappellent que le tribunal
civil n’a pas la compétence de nommer des administrateurs.
La montée en masse de l’opposition kémaliste contre le régime Erdogan
dérange visiblement le Palais. L’ensemble des sondages d’opinion
publique montre qu’Erdogan est au moins en arrière de 10 points contre
Ekrem Imamoglu maire d’Istanbul, en prison depuis le 19 mars 2025 et
contre Mansur Yavas, maire CHP d’Ankara en poste.
L’opposition continue à organiser dans plusieurs villes du pays de
grandes manifestations de protestation contre Erdogan.
Le pouvoir vise en particulier les municipalités dirigées par le CHP,
mais aussi celles du DEM (Parti de l’Egalité et de la Démocratie des
Peuples, kurdes et gauches, 56 sièges au Parlement).
Le Palais par l’intermédiaire des tribunaux ou bien directement par les
arrêtés du ministère de l'Intérieur a déjà nommé 13 administrateurs à
la place des maires élus depuis 2024. Et aujourd’hui 35 maires, dont la
majorité des membres du DEM, sont toujours en
prison.
La nouvelle stratégie du pouvoir est de menacer les maires du CHP, qui
ont des problèmes avec les tribunaux et les forcer à quitter
l’opposition et à joindre l’AKP. Si le maire n’a pas de problème avec
la judiciaire alors le pouvoir trouve un membre de la famille du maire,
poursuivi par la justice.
Le dernier coup local à Istanbul, la plus grande ville du pays où
vivent plus de 15 millions de citoyens a renforcé les inquiétudes des
observateurs : ‘’Erdogan désire liquider complètement l’opposition.
L’opération d’Istanbul peut être le début d’une grande attaque et
demain, il peut aussi nommer un administrateur à la tête du CHP au
niveau national’’ croit Yalcin Dogan, chroniqueur du site d’information
T24. ‘’Il peut même ne pas organiser des élections’’ ajoute-t-il.
Dans l’absence de la séparation des pouvoirs, donc d’un système
judiciaire indépendant les tribunaux sont en général sous les ordres du
Palais. L’opposition n’a pas beaucoup de moyens pour contrecarrer les
opérations illégales et illégitimes du régime.
‘’Tout ce qui est mauvais est déjà réalisé. Désormais, on voit le pire.
Mais on ne sait pas jusqu’où ira cette décadence’’ conclut un
journaliste en exil en Belgique.
En Turquie, les avocats face aux griffes du pouvoir
Les enquêtes et arrestations qui s'abattent sur l'opposition turque
font aussi des dégâts chez les avocats du pays, qui ont vu ces derniers
mois l'étau de la justice se resserrer sur eux.
Ainsi, quand le maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu a été
arrêté en mars, ce fut neuf jours plus tard le tour de son avocat, puis
le mois suivant celui de l'avocat de son avocat.
"Il s'agit d'une tentative d'intimidation", a dénoncé ce dernier, Yigit
Gökçehan Koçoglu, à sa sortie de garde à vue.
"Les avocats turcs subissent une pression sans précédent", s'est
inquiété la semaine passée le bâtonnier d'Istanbul Ibrahim Kaboglu,
qualifiant lors de la rentrée judiciaire l'année écoulée d'"année
noire" pour son barreau, le plus important du pays.
Le sort du bâtonnier et des membres du Conseil de l'ordre du barreau
d'Istanbul, destitués fin mars -- une décision dont ils ont fait appel
--, doit être de nouveau débattu mardi et mercredi devant un tribunal
de la ville.
Les onze avocats sont poursuivis pour "propagande terroriste" et
"diffusion publique de fausses informations" pour avoir réclamé une
enquête sur la mort fin 2024 en Syrie de deux journalistes kurdes
turcs, visés par un drone de l'armée turque selon une ONG, ce qu'Ankara
rejette.
Mais cette procédure et les attaques à répétition contre les avocats
servent surtout de prétextes au pouvoir, juge le bâtonnier d'Istanbul.
- "Attaques croissantes" -
"Quand les avocats sont ciblés, ce sont les justiciables, les
citoyens, la société civile et l'opposition potentielle qui sont
ciblés", déclare à l'AFP M. Kaboglu, qui estime qu'une dizaine
d'avocats ont été arrêtés et/ou incarcérés cette année rien qu'à
Istanbul, ville secouée au printemps par une vaste contestation
déclenchée par l'arrestation de son maire.
Les défenseurs stambouliotes ne sont pas les seuls visés: fin mars à
Izmir, troisième ville du pays, sept avocats défendant des manifestants
arrêtés pour avoir protesté contre l'arrestation du maire d'Istanbul,
plus sérieux rival du président Recep Tayyip Erdogan, ont été placés en
garde à vue.
"La hausse des arrestations et des détentions d'avocats ne peut
s'expliquer que par la pression et les attaques croissantes contre la
société", affirme à l'AFP Göksel Akbaba, l'un des avocats d'Izmir
arrêtés fin mars, pour qui le pouvoir cherche ainsi à "prolonger son
propre avenir".
"Ces méthodes sont utilisées pour intimider les avocats comme elles
sont utilisées pour intimider la société", assène l'avocat, qui dit ne
pas avoir été informé du motif de sa garde à vue.
- "Dangereux précédent" -
Au total, plusieurs centaines d'avocats turcs ont été incarcérés
ces
dernières années, selon le décompte de plusieurs associations. Beaucoup
accusés au même titre que leurs clients d'infractions à une législation
antiterroriste régulièrement dénoncée par les défenseurs des droits
humains.
En 2020, une avocate condamnée pour "appartenance à une organisation
terroriste" était ainsi décédée en détention à Istanbul des suites
d'une grève de la faim qu'elle observait pour réclamer un "procès
équitable".
Et si plusieurs avocats ont été libérés de prison ces derniers mois
dans le sud-est à majorité kurde du pays, "il y a depuis deux ans une
augmentation terrible des procès contre les avocats turcs", constate
également l'association française Défense sans frontière - Avocats
solidaires (DSF-AS), sollicitée depuis 2012 par des confrères turcs.
"Il existe une volonté du gouvernement turc, qui monte depuis quelques
années, de mettre au pas la profession", affirme à l'AFP l'association
d'avocats, en citant en exemple les poursuites visant le barreau
d'Istanbul.
"Ce qui se passe dans cette affaire est emblématique d'une tendance
systémique et crée un dangereux précédent", a alerté lundi
l'organisation Amnesty International, dénonçant un "recours abusif" au
droit pénal afin de "cibler les avocats et les défenseurs des droits
humains". (AFP, 8
sept 2025)
Deux
policiers abattus, un adolescent arrêté
Deux policiers ont été tués par balles et deux autres blessés lundi
dans un commissariat situé en périphérie de la grande ville turque
d'Izmir (ouest), ont rapporté les autorités qui ont annoncé
l'arrestation d'un adolescent.
Selon le ministre turc de l'Intérieur Ali Yerlikaya, un des deux
policiers blessés se trouvait lundi matin dans un état grave et un
suspect, âgé de 16 ans, a été appréhendé.
Les motivations de l'assaillant restent pour l'heure inconnues et les
autorités, comme elles l'ont fait par le passé lors d'attentats ayant
secoué le pays, ont imposé une interdiction de diffusion des images
relatives à l'attaque contre les policiers.
Des vidéos filmées par des riverains et reprises en boucle par les
télévisions turques avant l'entrée en vigueur de cette interdiction
montraient la fuite de l'assaillant présumé et le moment de son
arrestation.
Sur l'une d'elles, le jeune homme apparaît le visage dissimulé et
portant un sac à dos, un fusil à long canon entre les mains.
D'autres images amateurs, recoupant cette précédente vidéo, montrent un
policier ouvrir le feu sur le suspect. L'adolescent est ensuite filmé
au sol immobile, le pantalon ensanglanté aux côtés de dizaines de
munitions renversées sur la chaussée.
D'après une autre vidéo, plusieurs hommes ont tenté de lyncher le
suspect après son arrestation, forçant à un policier à tirer en l'air
pour les disperser.
Selon le gouverneur d'Izmir Suleyman Elban, l'adolescent, qui a été
transféré dans un hôpital d'Izmir, vivait dans la rue du commissariat
et possédait un casier judiciaire vierge.
Le ministre turc de la Justice, Yilmaz Tunç, a annoncé l'ouverture
d'une enquête.
"Je condamne l'attaque odieuse contre le commissariat de police Salih
Isgören à Balçova", a écrit sur X le maire d'Izmir, Cemil Tugay. (AFP,
8 sept 2025)
Les 6-7
septembre: 70e
anniversaire du pogrom anti-grec et de la chasse aux communistes

Doğan Özgüden, Artı Gerçek, 5 septembre 2025
L’un des évènements qui m’a le plus marqué au cours de ma première
année de carrière de journalisme fut l’ouverture du procès devant un
tribunal militaire à Istanbul, le 14 octobre 1953, de 184 personnalités
accusées de diriger ou d’être membres du Parti communiste de Turquie.
Ce fut le coup le plus dur porté à la gauche par le Parti démocrate
depuis son accession au pouvoir sous les promesses de démocratie et de
liberté, après le lancement de la célèbre campagne d’arrestations de
communistes le 13 janvier 1951 et la déchéance de la nationalité turque
de Nazım Hikmet le 25 juillet 1951.
Au terme de près d’un an de procès, le 7 octobre 1954, 118 éminents
intellectuels et dirigeants syndicaux de Turquie, à commencer par le
Dr. Şefik Hüsnü Deymer, Zeki Baştımar, Reşat Fuat Baraner, Mehmet
Bozışık, Halil Yalçınkaya, Vedat Türkali, Mihri Belli et Ruhi Su furent
condamnés à des peines de prison allant jusqu’à dix ans et à des peines
d’exil allant jusqu’à trois ans.
Cependant, cette attaque anticommuniste ne s’arrêta pas là, moins d’un
an après cette condamnation massive, 48 personnes identifiées comme «
communistes » furent arrêtées sous l’accusation d’« incitation et
complot » en prenant prétexte du génocide des 6-7 septembre 1955.
En Turquie, les éditions provocatrices du journal Hürriyet avaient
déclenché une hystérie autour de Chypre. Des rassemblements avaient
lieu tout le pays, à commencer par Istanbul, contre la lutte
anticolonialiste du peuple grec avec des slogans tels que « Chypre est
turque et restera turque » et « Les Grecs sont des chiens et resteront
des chiens ».
Le 6 septembre 1955, à Izmir, je me rendais au bureau du journal plus
tôt que d’habitude pour préparer une réunion syndicale. Nous avions
emménagé à Karşıyaka depuis un certain temps. Alors que le ferry de
Karşıyaka approchait du quai de Konak, une grande effervescence régnait
dans la ville.
Je pensais qu’il s’agissait d’un de ces fréquents rassemblements pour
Chypre. Je rejoignis rapidement le journal par les ruelles étroites
entre les entrepôts de tabac. D’une part, je prenais contact avec les
reporters police-justice, et d’autre part, je téléphonais à Çetin Altan
à Ankara et à Orhan Birgit à Istanbul.
Bientôt, les nouvelles horribles ont commencé à affluer.
Tout a commencé par une nouvelle sensationnelle et provocatrice dans le
journal Ekspres, propriété de Mithat Perin, publié à Istanbul, selon
laquelle la maison natale d’Atatürk à Thessalonique avait été bombardée
par les Grecs. Ce qui avait commencé sous des airs de manifestation
innocente s’est rapidement transformé en un pogrom sauvage contre les
Grecs et d’autres minorités religieuses.
Je suis sorti du journal et j’ai parcouru les quais Kordonboyu, de
Konak à Alsancak. Des maisons et des commerces appartenant à des
non-Turcs et à des non-musulmans, connus ou présumés, étaient
attaqués
avec une brutalité inimaginable. C’était comme si tout avait été
planifié à l’avance et que les cibles étaient méticuleusement
déterminées. Tout, bon marché comme cher, était pillé et emporté des
maisons et magasins pillés. À mon arrivée à Alsancak, le gouverneur
d’Izmir, Kemal Hadımlı, tentait de calmer les manifestants avec un
discours cherchant à apaiser toutes les parties, mais aucune mesure
n’était prise contre les pogromistes.
Le soir, les « héros » anonymes de cette atrocité de masse se
retiraient dans leurs quartiers et leurs maisons avec le butin qu’ils
avaient pillé, laissant derrière eux des ruines honteuses.
Ce qui m’a le plus choqué, c’est de voir combien de ces personnes
humbles que je voyais chaque jour sur le ferry de Karşıyaka et dans les
boutiques et cafés de la Corniche étaient devenues des monstres.
Les communistes, premières cibles de la loi martiale de
1955
Pris de panique par les évènements qui, au départ de cette provocation,
finirent par le dépasser, le gouvernement décréta immédiatement la loi
martiale. Trois tribunaux martiaux furent établis à Istanbul, à Izmir
et à Ankara, et les arrestations commencèrent. Il s’agissait de la
première loi martiale sous la période du Parti démocrate.
Cependant, les premières arrestations ne visaient ni les instigateurs
de ces évènements, ni les pillards. À Istanbul, des intellectuels de
gauche comme Aziz Nesin, Kemal Tahir, Ratip Tahir, İsmet Selimoğlu,
Emin Sekun, Ziya Tüzmen, Muzaffer Kolçak, Hadi Malkoç, Recep Yelkendağ,
Tahsin Güzel, Fehmi Kurucu, Hasan Kaşarcı, Dr. Hulusi Dosdoğru, Dr.
Müeyyet Boratav, Dr. Can Boratav, İsmet Selimoğlu, Faik Muzaffer Amaç,
Aslan Kaynardağ, Asım Bezirci, Ali Ertekin, Hasan İzettin Dinamo,
Mustafa Börklüce, İlhan Berktay, Suni Büyük et Ali Akçagibi, considérés
comme « communistes » furent arrêtés pour incitation et complot.
Mais les audiences révélèrent que ce procès n’était qu’une mascarade
intentée dans l’unique but de dissimuler la responsabilité du
gouvernement. Tous les accusés furent acquittés et libérés trois mois
plus tard, en décembre 1955.
La loterie allait également frapper le journal pour lequel je
travaillais. Une semaine après les évènements, le Sabah Postası (l’Echo
du Jour), le seul journal d’opposition à Izmir, fut fermé par
l’administration de la loi martiale, et son rédacteur en chef Orhan
Rahmi Gökçe arrêté.
L’arrestation de Gökçe fut un évènement dramatique. Deux policiers du
Premier Bureau [de la Direction de la Sûreté] d’Izmir vinrent l’arrêter
mais ne purent expliquer leur venue, marmonnant quelque chose dans leur
barbe. Gökçe écrivait généralement ses chroniques le matin, en sirotant
son café derrière la vitrine d’un café donnant sur la place du Konak.
Le siège du Premier Bureau d’Izmir était un lieu mystérieux, situé à
quelques centaines de mètres de là, au rez-de-chaussée du Gouvernorat
d’Izmir. Pour les policiers en civil qui y travaillaient, Gökçe, qu’ils
voyaient écrire chaque matin en passant devant le café, était l’un des
intellectuels respectés d’Izmir, et son arrestation comme un lumpen
recherché pour un délit vulgaire leur était pénible.
Finalement, Gökçe prit congé de chacun de nous et, escorté par la
police, mais sans être menotté, fut conduit au Commandement régional
intérieur, dirigé par Cemal Gürsel, qui allait devenir des années plus
tard le chef de la junte du 27 mai 1960.
C’était la première arrestation d’un journaliste dont je fus
personnellement témoin depuis le début de ma carrière.
Indépendamment des mesures prises sous la loi martiale, il s’agissait
d’un crime commis à l’instigation de l’État. Tout comme le génocide des
Arméniens de 1915… Mes amis grecs, arméniens, juifs et levantins, que
je connaissais à Izmir, étaient profondément préoccupés. Pour les
apaiser et les rassurer, le gouvernement envoya quelques semaines plus
tard le ministre des Travaux publics, Muammer Çavuşoğlu, à Izmir.
Çavuşoğlu, le père de Nazlı Ilıcak, hissa le drapeau grec au consulat
de Grèce lors d’une cérémonie à Izmir.
Il apparut rapidement que les arrestations de communistes en raison du
pogrom des 6-7 septembre étaient un complot fomenté à la hâte, dans
l’unique but de dissimuler la responsabilité du gouvernement en
exercice.
Nurettin Aknoz, commandant de la loi martiale instaurée à Istanbul,
déclara lors de sa première rencontre avec les journalistes que « les
communistes doivent être tenus pour responsables de toutes les
publications relatives aux évènements des 6-7 septembre », avant de
souligner que tout journal qui affirmerait le contraire serait
immédiatement interdit.
Lors d’une conférence de presse tenue à Harbiye le 10 septembre, Aknoz
énuméra les interdictions imposées à la presse comme suit : « Nous
avons traversé des jours de tension. Il faut maintenant apaiser les
nerfs, soyez très prudents. Je vous demande ceci. Si les débats à la
Grande Assemblée nationale sont de nature à créer de l’émoi dans la
population, abstenez-vous de les rapporter. Toute information sur la
pauvreté et les pénuries sont interdites. Par exemple, les photos de
files faisant la queue devant les boulangeries pour acheter du pain ne
peuvent être publiées. De telles informations créeraient la panique
dans le pays. Il est interdit de critiquer le gouvernement. Si vous le
faites, je ferai fermer votre journal. Vous ne pouvez pas publier
d’informations relatives à la loi martiale. Vous ne publierez pas de
nouvelles ni d’articles politiques sur les États membres de l’OTAN. La
publication d’informations sur les relations entre les États membres de
l’OTAN est également interdite, si quelqu’un écrit à ce sujet, je le
ferai fermer. Les articles et commentaires tendant à affirmer que
d’autres que les communistes seraient les exécutants des évènements des
6-7 septembre sont interdits, je le ferai fermer. Vous ne pouvez pas
écrire d’articles relatifs aux doléances des victimes des évènements
des 6-7 septembre. Il est interdit de publier des nouvelles
susceptibles de créer de l’émoi (…) Ce qui nous arrive est un incident
directement planifié par les communistes. Ne l’ignorez pas dans vos
articles. Agissez en connaissance de cause. Ne nous compliquez pas la
tâche. » (Yurtsever, 6 septembre 2018)
Les vérités révélées à Yassıada sur le complot des 6-7
septembre
Après le coup d’État militaire du 27 mai 1960, un procès a été intenté
contre dix personnes, dont le président de la république Celal Bayar,
le Premier ministre Adnan Menderes et le ministre des Affaires
étrangères Fatin Rüştü Zorlu tenus responsables des évènements des 6-7
septembre devant la Haute Cour de justice établie à Yassıada pour juger
les responsables du gouvernement du DP (Parti démocrate) détenus sur
cette île.
L’intégralité des 542 pages des procès-verbaux du procès, qui a débuté
le 19 octobre 1960 et s’est terminé le 5 janvier 1961, avec les
condamnations de Menderes et Zorlu à six ans de prison et celle du
gouverneur d’Izmir, Kemal Hadımlı, à 4,5 mois de prison, a été rendue
publique par la Bibliothèque de la GANT.
Lors de ces audiences, le rédacteur en chef de notre journal, Orhan
Rahmi Gökçe, fut entendu comme témoin. Il fit également part au
tribunal de mes observations relatives à l’attitude tolérante du
gouverneur d’Izmir Kemal Hadımlı envers la foule violente durant les
évènements.
Sur base du procès-verbal, je me réfère à la déclaration de Cemal
Sancak, chef de la Sûreté nationale à Istanbul lors des évènements des
6-7 septembre, décrivant les pressions exercées par Fuat Köprülü, alors
vice-premier ministre :
SANCAK : Monsieur, on m’a informé que j’étais convoqué au gouvernement
provincial le lendemain de l’incident. Alaettin Eriş et le procureur
général Hicabi bey se tenaient devant la porte du bureau du gouverneur.
Menderes nous avaient convoqués tous les trois. « M. Fuat Köprülü va
s’entretenir avec vous », a-t-il dit. Fuat Köprülü nous a conduits dans
une petite pièce et nous a demandé : « Quelle est la nature de
l’incident ? » Nous lui avons expliqué la situation. « C’est une fureur
nationale », avons-nous répondu. « Non, c’est un complot communiste.
C’est l’opinion du Premier ministre et la mienne », a-t-il dit. Et je
lui ai rétorqué que si un tel complot communiste était en cause, notre
devoir aurait été d’en être informé à l’avance, et que nous n’avions
reçu aucune information à ce sujet. Cependant, il a déclaré que c’était
son ordre et qu’en conséquence, ils feraient préparer les dossiers des
communistes fichés et procéder à leur arrestation.
PRESIDENT : Je suppose que vous connaissez la liste des communistes.
SANCAK : Oui, Monsieur ; c’est essentiellement le devoir de
l’organisation. En effet, nous avons réuni tous nos collègues et leur
avons déclaré : « Nous avons reçu cet ordre du gouvernement, et nous
n’avons encore reçu aucune nouvelle à ce sujet. Il y a peu de chances
que nous l’ayons manqué ». Nous avons donc concentré toute notre
attention à cette affaire. À l’issue de toutes nos investigations, nous
sommes arrivés à la conclusion que les communistes n’avaient joué aucun
rôle dans cette histoire.
De plus, lors des audiences de Yassıada, un témoignage sur la façon
dont le président de la République Celal Bayar avait lui-même prévu les
évènements des 6-7 septembre trois jours à l’avance est d’une grande
importance.
Le président Celal Bayar est arrivé à Izmir le 3 septembre 1955 et,
dans la nuit du 4 septembre, il a passé une nuit dans un campement à
Büyük Yamanlar, une zone touristique d’Izmir, à l’invitation de
l’ancien ministre de la Santé Behçet Uz, du ministre d’État Osman
Kampani, du gouverneur d’Izmir Kemal Hadımlı et du maire d’Izmir Enver
Dündar Başer. Le directeur du campement, İbrahim Alper, déclare dans
son témoignage à Yassıada :
ALPER : On nous a d’abord servi un verre d’alcool, puis nous avons dîné
à l’intérieur. Il était environ 23h30, le dîner était terminé et le
café servi. Pendant qu’on servait le café, Enver Dündar Başer a déclaré
au sujet des incidents de Chypre : « Les Grecs sont allés trop loin, ce
qui exaspère les membres du parti ». L’ancien chef de l’État a signifié
: « Notre délégation est à Londres. Si notre thèse échoue, j’avais
accordé une grande importance à l’amitié gréco-turque, mais les Grecs
ne l’ont pas compris. Si cette thèse donne l’effet inverse et qu’une
bombe venait à exploser à Salonique, vous verrez alors la situation des
Grecs à Istanbul et à Izmir. L’État et le gouvernement sont déterminés.
Ne vous inquiétez surtout pas ».
Parmi ces témoignages, le plus important est celui du général de
division Refik Tulga, chef de camp du président lorsque le DP était au
pouvoir, et qui assuma les fonctions de gouverneur et de maire
d’Istanbul après le coup d’État du 27 mai, lors d’une audience à huis
clos le 3 novembre 1960.
TULGA : Le chef de l’État déchu considérait les évènements de Chypre
comme une question de prestige personnel et de politique intérieure. Il
percevait également une défaite là-bas comme une défaite politique
intérieure. Lors de nos nombreux entretiens, il défendait avec
véhémence la nécessité d’exercer des pressions sur les Grecs
d’Istanbul, les Grecs et les ressortissants turcs d’origine grecque
établis à Istanbul, y possédant des biens mobiliers et immobiliers, et
au nombre d’environ 30.000, et enfin sur le Patriarcat.
Réquisitoire du procureur général Altay Egesel lors de l’audience du 3
décembre 1960 :
« Les rapports de la Sûreté nationale qui ont suivi étape par étape et
jour après jour les actions des communistes, ainsi que les témoignages
sans équivoque des personnalités les plus compétentes de cette
organisation, démontrent sans l’ombre d’un doute que les communistes
n’étaient pas les auteurs de ce complot.
« En substance, à la suite des investigations menées contre eux, il a
été établi par décision de justice que les communistes n’étaient pas
impliqués dans ce complot. Certains ont fait l’objet d’ordonnances de
non-lieu, et les personnes arrêtées ont finalement été acquittées par
décision de justice ».
Oui, les dirigeants de la République de Turquie qui ont utilisé le
pogrom des 6-7 septembre 1955 qu’ils avaient orchestré, comme prétexte
pour lancer une nouvelle chasse aux communistes, mais dont les complots
ont été rapidement démasqués, n’ont pas réussi à se défaire de
l’hystérie anticommuniste, même pendant la période relativement
démocratique qui a suivi l’adoption de la Constitution de 1961, en
condamnant toutes les organisations et publications de gauche en vertu
des articles 141 et 142 du Code pénal turc, hérités du fascisme de
Mussolini et rendus encore plus sévères au fil du temps.
Bien que ces articles aient été abrogés le 12 avril 1991, la terreur
d’État perdure avec la même intensité en vertu de l’article 8 de la loi
n° 3713 relative à la lutte contre le terrorisme et de l’article 301 du
Code pénal turc, qui les ont remplacés.
70 ans tout juste après les 6-7 septembre 1955, le démantèlement de ces
obstacles demeure une tâche urgente pour toutes les forces luttant pour
la démocratie, la paix et l’égalité en Turquie…
Traduction: Mazyar KHOOJINIAN
Le chef
de l'opposition visé par une nouvelle enquête
Le parquet d'Ankara a ouvert une nouvelle enquête jeudi contre le chef
du principal parti de l'opposition turque pour des déclarations visant
le procureur général d'Istanbul, accusé de multiplier les poursuites
contre les opposants au président Recep Tayyip Erdogan.
Lors d'un rassemblement à Istanbul mercredi soir, Özgür Özel, patron du
Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), a notamment
affirmé qu'Akin Gürlek, un ancien vice-ministre de la Justice
aujourd'hui à la tête du parquet d'Istanbul, cherchait par tous les
moyens à "inventer des crimes" afin de fragiliser l'opposition.
Une enquête pour "menace" et "insulte envers un fonctionnaire" a été
ouverte contre M. Özel par le parquet de la capitale Ankara, selon
l'agence de presse étatique Anadolu.
Une enquête sur les mêmes accusations avait déjà été ouverte début juin
par le parquet d'Istanbul contre le patron du CHP.
M. Gürlek est accusé par l'opposition turque d'obéir aux ordres du
gouvernement en raison d'enquêtes à répétition contre le populaire
maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, emprisonné depuis mars, et sa
formation, le CHP, sortie large vainqueur d'élections locales l'an
passé au détriment du parti du président Erdogan.
Depuis la nomination de M. Gürlek en octobre, outre M. Imamoglu, 10 des
26 maires CHP d'arrondissements d'Istanbul ont été arrêtés et
incarcérés, la plupart pour "corruption", une accusation qu'ils
rejettent.
Les maires CHP de plusieurs autres villes du pays ont également été
arrêtés ces derniers mois. (AFP, 28 août 2025)
Unions walk out of wage talks as pay raise for civil
servants approved
Two major public sector unions in Turkey withdrew from today's
arbitration talks on civil servant wages, but government
representatives went ahead and approved a raise for 2026 and 2027.
The Public Servants Arbitration Board, convened after collective
bargaining talks failed, had its fourth meeting in Ankara, the capital.
Representatives of the Confederation of Public Servants Trade Unions
(Memur-Sen) and the Turkish Public Workers’ Union Confederation
(Türkiye Kamu-Sen) left the table, citing unaddressed demands.
After the withdrawal, the board ruled to increase civil servant and
civil servant retiree salaries by 11% in the first half of 2026 and 7%
in the second half, followed by 5% in the first half of 2027 and 4% in
the second half. Civil servants have no right to appeal the decision.
Public employees' unions have staged protests across Turkey over the
past couple of weeks as their demans were not met by the government.
Memur-Sen President Ali Yalçın said the arbitration board failed to
resolve key issues.
“In the collective bargaining that ended in deadlock, 58 gains we had
recorded in the minutes were put to a vote at the Arbitration Board,”
Yalçın said. “Some positive steps were taken after our objections and
insistence, but these do not solve the problem. We withdrew from the
Arbitration Board.”
Türkiye Kamu-Sen President Önder Kahveci said they had exhausted all
efforts to reach a fair outcome.
“We showed every effort to ensure that the collective bargaining
process worked through all its institutions and bodies, to advance the
rights of public employees and solve their problems,” he said.
“However, the board’s proposals did not meet expectations, and despite
our goodwill, the employer side took no positive steps. Therefore, we
withdrew.”
With both confederations leaving, no union representatives remained at
the table.
Unions enabled the meeting to convene
The board consists of 11 members, six appointed by the government and
five by unions. A quorum of at least eight members, including the
chair, is required to begin sessions. Since union representatives were
present when the session opened, the quorum was met, giving the board
authority to issue a ruling even after they walked out.
The session, chaired by Court of Accounts President Metin Yener, lasted
about an hour. Deputy ministers from the Labor and Social Security,
Treasury and Finance, and Environment, Urbanization and Climate Change
ministries, as well as academics and union representatives, were
initially present.
Health and Social Service Workers’ Union (SES) Co-Chair Mehmet Sıddık
Akın wrote on social media that because the session began with
sufficient numbers, the board was legally entitled to reach a decision
even after the unions’ departure.
The wage arrangement affects more than six million civil servants and
retirees. (BIA, 27 août 2025)
Pression
sur les médias / Pressure on the Media
Un chanteur populaire visé par une plainte pour
"obscénité"
Le ministère turc de l'Intérieur a annoncé jeudi soir avoir déposé une
plainte pour "obscénité" contre le chanteur populaire turc Mabel Matiz
alors que la pression judiciaire sur les artistes s'est récemment
accrue en Turquie.
Sortie le 5 september dernier, la chanson "Perperisan" ("Epuisé" en
turc) du musicien plusieurs fois primé et très populaire Mabel Matiz a
attiré les foudres du gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip
Erdogan avec ses paroles évoquant une histoire d'amour entre deux
hommes.
"Je souhaite être mise à nu et placée sur un oreiller avec lui/ Qu'ils
me trouvent épuisé/ Alors qu'ils me crucifient", dit le refrain de la
chanson pop du musicien âgé de 40 ans et ouvertement homosexuel.
Des médias progouvernementaux ont accusé Mabel Matiz d'être "un
missionnaire LGBT" et qualifié sa chanson d'"écoeurante".
Le chanteur risque une peine allant de six mois à deux ans de prison
pour exposer les enfants "aux images, textes ou mots obsènes", selon le
code pénal turc.
La plainte a suivi une demande d'interdiction d'accès par le ministère
de la famille à la chanson sur Youtube, Spotify et Apple Music, mais
ces plateformes ne l'ont pas encore appliquée, selon l'ONG de défense
des droits numériques Engelliweb.
"Cette chanson, inspirée des traditions populaires, raconte une
histoire d'amour par métaphores. Elle a un style narratif malicieux que
mes auditeurs connaissent bien", a réagi Mabel Matiz sur X.
"Je veux croire que l'ordre et la santé publiques ne sont pas si
fragiles au point d'être perturbés par une seule chanson", a-t-il
ajouté.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait décrété en mai une
"Décennie de la famille" pour contrer la dénatalité en Turquie,
fustigeant une fois de plus la "perversion LGBT", après avoir proclamé
2025 "Année de la famille".
"Le pouvoir politique utilise la censure et l'oppression pour imposer
son propre mode de vie. Il tente de réduire au silence les voix des
femmes, des personnes LGBTQ+, des artistes et des dissidents", a
dénoncé l'ONG de défense des droits des femmes Nous allons arrêter les
féminicides.
Bien que non interdite en Turquie, l'homosexualité est régulièrement
ciblée par le chef de l'Etat turc.
Plusieurs artistes ont récemment été visés en Turquie par des
procédures judiciaires au nom de la défense des valeurs familiales et
la protection de l'ordre public.
Une enquête a été ouverté contre le groupe musical turc Manifest pour
"actes obscènes", tandis que la scénariste d'une série tv très
populaire en Turquie Kizilcik Serbeti ("Sorbet de cornouiller" en turc)
a été brièvement détenue pour ses propos qualifiés par un procureur
"d'incitation à la prostitution".
Une enquête administrative a également été ouverte contre la série par
le RTUK (Haut conseil turc de l'audiovisuel) pour avoir montré
l'héroîne principale avoir une relation avec son beau-frère, poussant
la production à réviser son scénario. (AFP, 19 sept 2025)
La répression des journalistes dans
le régime de Recep Erdogan
En Turquie, Recep Erdogan exerce un règne de plus en plus autoritaire.
Surveillés en permanence par ce régime autoritaire, les journalistes
indépendants ont toutes les peines du monde à exercer leur métier.
La police devant les locaux d'une chaîne de télévision dont les
dirigeants ont été arrêtés. Nouvelle illustration d'une reprise en main
par les autorités turques des médias jugés hostiles au pouvoir. En
juillet dernier, les programmes de Sozcu TV avaient été suspendus dix
jours après la diffusion d'un rassemblement de l'opposition.
"Un gouvernement de plus en plus autoritaire"
Depuis, les journalistes ont repris leur travail, mais cet épisode a
laissé des traces dans la rédaction. Pour la direction, il est de plus
en plus compliqué d'exercer ce métier en toute indépendance dans la
Turquie d'aujourd'hui. "On est dirigé par un gouvernement de plus en
plus autoritaire. Plus les jours passent, plus il réduit les espaces
médiatiques. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien. Nous travaillons dans
un système obscur et nous sommes des victimes", raconte le directeur de
la chaîne, Ozgur Cakmakci.
Senem est présentatrice. En 32 ans de carrière, elle n'avait jamais
connu pareil précipice. "Aucune voix différente n'est tolérée
aujourd'hui. La seule que le public doit entendre, c'est celle du
pouvoir. Si on fait différemment, on ferme", témoigne-t-elle.
Et parfois, c'est pire. Les journalistes turcs risquent aussi la
prison. Furkan Karabay a été interpellé en mai dernier après avoir
publié un article dénonçant la corruption du système judiciaire.
"Furkan aimait enquêter. Il observait les irrégularités dans les
procès. Il voulait informer le grand public de ce qu'il voyait dans les
palais de justice", explique son frère et avocat, Harun.
Recep Erdogan, un règne sans partage
La répression en Turquie porte un visage : Recep Erdogan. Président
depuis 22 ans, il exerce un règne sans partage et de plus en plus
autoritaire. Surtout depuis 2017, lorsqu'il a fait changer la
Constitution. Aujourd'hui, il contrôle le Parlement, la justice et
l'armée notamment. Ses ennemis politiques sont en prison, comme Ekrem
Imamoglu(Nouvelle fenêtre), le maire d'Istanbul et candidat désigné de
l'opposition à la prochaine élection présidentielle, arrêté en mars
dernier.
Son arrestation avait déclenché une immense vague de protestations dans
la capitale, avec de nombreuses manifestations. L'opposition rêve d'une
alternance, mais Recep Erdogan pourrait bien se représenter. La
prochaine élection présidentielle est prévue en 2028. (franceinfo, 18
sept 2025)
Trois chaînes TV saisies dans un coup de filet
contre une holding
Un procureur d'Istanbul a ordonné jeudi la saisie des actifs d'une
holding turque détenant notamment trois grandes chaînes de télévision,
et délivré des mandats d'arrêt pour fraude contre dix de ses
dirigeants, ont rapporté les médias turcs.
Les actifs de 121 sociétés appartenant à Can Holding, dont les chaînes
Habertürk, Show TV et Bloomberg HT, ont été saisis pour "fraude,
évasion fiscale et blanchiment d'argent", a annoncé le bureau du
procureur de Küçükçekmece, un district d'Istanbul, cité par la chaîne
publique turque TRT Haber.
Can Holding, qui affirme sur son site employer un total de 30.000
personnes, détient également des stations-services, un réseau d'écoles
et l'université privée Bilgi d'Istanbul.
Elle avait acquis en décembre 2024 la chaîne d'information en continue
Habertürk, l'une des plus regardées du pays, la chaîne Show TV et la
chaîne d'information économique Bloomberg HT, créée en 2010 en
partenariat avec Bloomberg News.
Des administrateurs ont été nommés à la tête de ces trois chaînes.
"L'opération visant Can Holding (...) pourrait servir à renforcer le
contrôle du gouvernement sur les médias, motivé par une volonté de voix
unique", a réagi Erol Önderoglu, le représentant de Reporters Sans
Frontières (RSF) en Turquie.
"Le problème est bien plus profond à mon avis", a estimé auprès de
l'AFP le professeur d'économie Yakup Küçükkale, selon lequel "derrière
ces saisies se cache des accusations bien plus graves, comme le
blanchiment d'argent".
"Quelque 120 sociétés ont été saisies, il serait donc erroné de
considérer cela comme une simple opération de contrôle des médias",
a-t-il ajouté.
Quatre des dix dirigeants de la holding visés par un mandat d'arrêt
avaient été arrêtés jeudi en milieu de matinée, selon la chaîne
publique TRT Haber. (AFP, 11 sept 2025)
Press
freedom group calls on release of Furkan
Karabay and other jailed journalists
The IFJ joins 15 press freedom organisations in condemning the
elongated pretrial detention of journalist Furkan Karabay, who faces a
prison sentence of 6 to 15 years and call for his immediate release as
well as the other 16 journalists in jail. Karabay has now spent 117
days in prison over his journalistic commentary.
Karabay, who has previously worked as an editor and reporter for news
portals outlets such as Gerçek Gündem and 10Haber, has been held in
pretrial detention for over 100 days and his indictment was prepared on
September 5. He is charged with “making targets of those who were
tasked to combat terrorism” and “insulting the Turkish President” over
his journalistic reporting and social media commentary. Karabay was
taken into custody during a police raid on his home in Istanbul and
sent to prison the same day. Since then, multiple appeals submitted by
his legal team for his release have been rejected, with judicial
authorities citing a purported “risk of flight” as justification for
prolonging his detention without an indictment for 114 days.
The accusations stem from Karabay’s reference to the names and photos
of judicial officials in his reporting on the İstanbul Metropolitan
Municipality investigations, which prosecutors claim amounted to
“making them potential targets” for terrorist organizations. The second
charge, “insulting the president,” is based on Karabay’s public recall
of past remarks by Turkish President Recep Tayyip Erdoğan, in the
context of a local official’s deteriorating health. Karabay denied any
wrongdoing, emphasizing that all the information he shared was already
in the public domain.
Karabay has been previously targeted for his journalistic work, with
MapMF documenting five separate incidents since the beginning of 2024.
In April 2025, Karabay received a prison sentence of more than two
years in a separate case after President Erdoğan and members of his
family filed complaints accusing him of “insulting the president” and
“defamation” over remarks he made during a YouTube program. The court
suspended this sentence. This followed two previous jailings on similar
allegations. In December 2023, he was arrested after publishing a
report on judicial corruption and bribery allegations. He remained in
jail until his release in January 2024. In November 2024, he was
detained again over his coverage and social media posts about the
investigation into a local opposition mayor who was arrested and
replaced by a trustee. He was released later that month.
Karabay’s case underscores a broader, alarming clampdown on press
freedom in Turkey and mirrors the persecution of other journalists who
have faced similar extended pretrial detention periods without
indictment. In June 2025, prominent journalist and YouTuber Fatih
Altaylı was similarly arrested, due to his comments during an online
broadcast that were allegedly “threatening the president,” and was held
in pretrial detention for more than a month before his indictment was
issued. In February 2025, reporters Yıldız Tar, Ercüment Akdeniz, and
Elif Akgül were detained and spent several months in prison before
their indictments were prepared. Although the charges were not directly
related to their journalism, such cases still illustrate how pretrial
imprisonment is being misused to punish and silence critical voices,
including in the media.
We consider Karabay’s imprisonment and the denial of due process for
more than three months as a disproportionate and punitive response to
his journalism. Reporting and critical public commentary on government
officials must never be criminalised. Equating news coverage and
commentary with serious offenses like “targeting officials” is a
dangerous distortion.
IPI and 16 undersigned organizations, call for the immediate release of
journalist Furkan Karabay and for all charges against him to be
dropped. We further urge Turkish authorities to cease exploiting vague
legal provisions to persecute journalists and release the other 16
journalists in jail. (IFJ, 11 September 2025)
Turkey expands ‘obscenity’ investigations to musicians as
'girl band' given travel ban
Members of the all-female pop group Manifest were barred from leaving
Turkey after prosecutors launched an investigation into their recent
age-restricted concert in İstanbul, while in a separate verdict, access
to videos of the concer has been blocked.
The group is accused of "obscene behavior" and "exhibitionism" during
their performance at Küçükçiftlik Park venue in İstanbul on Sep 6,
which was attended by 12,000 people according to the band.
The İstanbul Chief Public Prosecutor’s Office announced on Sep 8 the
investigation was launched ex officio due to the group’s stage
performances and dance routines, which it claimed "violated public
decency, modesty, and moral norms."
Yesterday, the six members, Mina Solak, Esin Bahat, Zeynep Sude Oktay,
Lidya Pınar, Sueda Uluca, and Emine Hilal Yelekçi, were brought to the
courthouse under police escort following an order from the prosecutor.
They were not taken to the police station prior to their court
appearance.
After giving their statements at the prosecutor’s office responsible
for press crimes, the members were referred to a penal judge of peace.
The court released them under judicial control, imposing a travel ban
and requiring regular check-ins with police stations.
In a separate decision, the Ankara 6th Penal Judgeship of Peace issued
an access block on online videos of the concert as part citing
protection of national security and public order. This is a common
justification for access bans in Turkey.
The concert at the center of the controversy marked first
age-restricted show of the group formed in February and rose to
prominence quickly in the Turkish pop scene. Manifest said it was "sold
out."
Following the event, the group faced backlash on social media over
their stage costumes and choreography. On Sep 7, Presidential Chief
Advisor Oktay Saral shared a censored image of the performance, saying,
“These immoral, shameless, indecent creatures dressed like devils
should be prosecuted to prevent them from ever engaging in this
exhibitionism again.”
The investigation has sparked criticism among artists, activists, and
opposition politicians.
Obscenity charges expanding to musicians
In recent years, several social media personalities and adult content
creators have been charged with "obscene" behavior, mainly due to
content shared on paid platforms and social media. The investigation
into Manifest marks the first time musicians have been targeted with
such charges.
Under Turkish law, Article 226 of the penal code prohibits the
distribution of "obscene" content through media, although it does not
define the term precisely or address modern digital platforms. A
separate article, 225, covers public exhibitionism, including acts of
nudity or sexual behavior in public spaces.
Another pop star who was frequently targeted by online harassment due
to her concert outfits was Gülşen. While she was not investigated for
obscenity, she spent several days under arrest in 2022 after being
investigated for “provoking the public into hatred and enmity” over a
joke she made about Turkey’s religious vocational schools.
During a concert in Bursa, she said, pointing to a member of her band,
“He studied at an imam-hatip school before. This is where his
perversion comes from,” which drew laughter from the audience and draw
a backlash from concervative circles. (BIA, 10 September 2025)
Turkey blocked record number of websites in 2024,
surpassing 300,000
Turkey blocked access to over 311,000 web addresses last year, marking
the highest annual total since the country began regulating internet
content under Law No. 5651 in 2007, according to a new report by the
Freedom of Expression Association (İFÖD).
The figure represents a significant increase from 240,857 blocks in
2023 and 137,717 in 2022. The report, part of İFÖD’s annual series,
highlights that the average number of blocked addresses per year since
2007 is around 70,250.
“Access blocking practices based on domain names continued at full
speed in 2024, with numbers far exceeding the annual average,” the
report said.
A total of 1,264,506 websites and domains have been blocked by 852
different authorities and courts since 2007, the report noted. In 2024
alone, the association identified access restrictions on 270,000 URLs,
17,000 X (formerly Twitter) accounts, 75,000 tweets or posts, 25,500
YouTube videos, 16,700 Facebook posts, and 16,000 Instagram posts.
Only a fraction of access bans were ordered by courts
Of the 311,091 access blocks recorded in 2024, only 938 were based on
court decisions.
The majority of blocks, 254,130, or 82%, were issued by the head of the
Information and Communication Technologies Authority (BTK). The Turkish
Football Federation, which received blocking authority in 2021, issued
50,120 decisions. Other agencies issuing blocks included:
General Directorate of the National Lottery: 2,796
Capital Markets Board (SPK): 1,834
Penal courts and prosecutors: 938
Tobacco and Alcohol Department (Agriculture and Forestry Ministry): 768
Health Ministry: 310
Turkish Medicines and Medical Devices Agency: 132
Spor Toto Organization: 62
Advertising Board: 1
Censorship on news media
The report also examined the use of Law No. 5651’s Article 9, which
allows for the removal or blocking of online news content based on
personal rights violations. İFÖD found that 5,740 news URLs were
subject to 803 different decisions by 257 different penal judgeships in
2024.
The news outlet with the most blocked content in 2024 was Hürriyet,
with 248 news articles restricted. It was followed by Sabah with 246
and Borsa Gündem with 196.
Since 2014, courts have issued 8,793 decisions under Article 9,
affecting 49,533 news articles. The number of blocked articles has
increased steadily over the years, with 8,658 blocked in 2023 alone.
Although the Constitutional Court ruled on Oct 11, 2023, that Article 9
was unconstitutional, the ruling will not take effect until Oct 10,
2024. İFÖD criticized the continued enforcement of the article during
this interim period.
“Penal judgeships have continued to issue content removal and access
blocking decisions as if the provision had not been annulled,” the
report said.
İFÖD warned that the continued enforcement of a law found
unconstitutional amounted to a systematic disregard for the authority
of the Constitutional Court and led to the institutionalization of
politically motivated censorship practices.
“The extensive application of a repealed provision until its official
expiration date has intensified violations of freedom of expression and
press freedom,” the organization said. (BIA, 3 sept 2025)
Journalist
detained after filming gunfire during street
interview in Tekirdağ
A journalist who recorded a vox pop interview in Tekirdağ, northwestern
Turkey, was briefly detained after footage of gunfire and threats
appeared in his video.
Özkan Bozkurt, who runs the YouTube channel Sarı Mikrofon featuring
on-the-street interviews, published a video on Aug 26, describing the
place where he recorded as "the most dangerous neighborhood in Turkey."
The footage was filmed in the Kore neighborhood of the industrial
district of Çorlu.
In the video, a person is seen firing a shotgun into the air, while
another youth looks directly into the camera and says, “I will take
everyone’s life.” The video quickly went viral on social media.
Following an investigation, a juvenile identified by the initials G.B.,
who lives in the neighborhood, was detained on the same day. A shotgun
was found during a search of their home, according to authorities.
Three days later, on Aug 29, Bozkurt was also taken into custody at his
home in İstanbul upon the order of the Çorlu Chief Public Prosecutor’s
Office. According to reporting by BirGün daily, he was transferred to
Tekirdağ while handcuffed behind his back.
Bozkurt was later referred to court on charges of “inciting the public
to hatred and hostility” under the Turkish Penal Code. Prosecutors
requested his formal arrest.
Appearing before the Çorlu Penal Judgeship of Peace on Aug 30, Bozkurt
said, “I know why I’m here. I have no intention of fleeing. I will
always come to give my statement when summoned.”
The court released Bozkurt under judicial control, requiring him to
check in at a police station twice a week and imposing a travel ban.
The video in question is not currently available on the Sarı Mikrofon
channel. (BIA, 1 sept 2025)
Kurdish
Question / Question kurde
Cinq membres des forces kurdes tués dans
une attaque de l'EI en Syrie
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé de l'administration
kurde qui contrôle des zones du nord-est de la Syrie, ont annoncé que
cinq de leurs membres avaient été tués jeudi lors d'une attaque du
groupe jihadiste Etat islamique (EI).
L'EI, qui était parvenu à contrôler une vaste zone en Syrie et en Irak,
a été défait en Syrie en 2019 par les forces kurdes avec le soutien
d'une coalition internationale.
Il maintient toutefois des cellules qui continuent notamment d'attaquer
les forces dirigées par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie
"Alors que nos combattants affrontaient ce matin un réseau terroriste
affilié à l'EI ayant pris pour cible un point de regroupement de nos
forces dans le village d'al-Bouhaira al-Wousta, à l'est de Deir Ezzor,
cinq de nos camarades sont tombés en martyrs et un autre a été blessé
au cours de violents affrontements", ont indiqué les FDS dans un
communiqué.
Elles ont fait état de "l'échec" de l'attaque jihadiste.
Des opérations de ratissage sont en cours pour "traquer les
assaillants" et "neutraliser les dernières menaces", ont ajouté les
forces kurdes.
Plus de six ans après la défaite de l'EI, les camps et prisons gérés
par l'administration autonome kurde dans le nord-est abritent encore
des dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup soupçonnés de
liens avec l'EI.
Vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir tué lors d'un raid en
Syrie un responsable de l'EI "qui menaçait directement le territoire
américain", après un autre raid fin juillet contre un dirigeant de ce
groupe. (AFP, 25 sept 2025)
Sept civils tués dans un bombardement de l'armée dans
le nord
Sept civils ont été tués samedi dans un bombardement mené par des
forces gouvernementales dans le nord de la Syrie, dans une zone où des
affrontements ont éclaté avec les Forces démocratiques syriennes (FDS),
bras armé des Kurdes, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de
l'homme.
Cinq femmes et deux enfants ont été tués dans le village d'Umm Tina,
près de Deir Hafer dans la province d'Alep, dans un bombardement mené
"par des membres de l'armée syrienne", a précisé l'ONG.
Il s'agit du plus lourd bilan dans la région depuis des mois, selon le
chef de l'Observatoire, Rami Abdel Rahman.
Après que les forces islamistes ont renversé le dictateur syrien Bachar
al-Assad en décembre 2024, les nouvelles autorités et les FDS ont
conclu en mars un accord d'intégration des institutions civiles et
militaires de l'administration autonome kurde du nord du pays dans les
institutions nationales.
Mais des divergences entre les deux parties ont retardé la mise en
oeuvre de cet accord, et les Kurdes réclament un système de
gouvernement préservant une part de l'autonomie dont ils jouissent de
facto tandis que Damas refuse "toute forme" de décentralisation.
La région de Deir Hafer, située sur la ligne séparant l'armée syrienne
et les FDS, est le théâtre d'affrontements périodiques entre les deux
camps, a indiqué Rami Abdel Rahman à l'AFP.
L'Observatoire basé en Grande-Bretagne, qui s'appuie sur un réseau de
sources en Syrie, avait rapporté plus tôt samedi que "des affrontements
armés impliquant des drones et des armes lourdes" avaient éclaté après
que l'armée eut ciblé des positions des FDS dans la région de Deir
Hafer.
Les FDS, soutenues par les Etats-Unis, ont indiqué dans un communiqué
que "des factions proturques affiliées au gouvernement de Damas"
avaient mené des frappes de drones et des bombardements d'artillerie,
"ciblant délibérément des maisons de civils".
Elles ont fourni le même bilan de sept civils tués, dont deux enfants.
Dans une interview à la chaîne al-Ikhbariya le 12 septembre, le
président par intérim de la Syrie, Ahmed al-Chareh, avait reconnu que
"les négociations avec les FDS (restaient) bloquées", tout en
confirmant l'intervention de médiateurs étrangers. Il avait assuré
avoir fait des concessions pour éviter une reprise des combats.
Soutenues par une coalition menée par Washington, les FDS ont joué un
rôle crucial dans la lutte contre l'Etat islamique en Syrie, qui a
finalement conduit à la défaite du mouvement jihadiste dans le pays en
2019. La zone qu'elles contrôlent est de facto autonome. (AFP, 20 sept
2025)
Le chef du
PKK
autorisé à voir ses avocats, une première en
six ans
Le fondateur emprisonné de la guérilla kurde PKK, Abdullah Öcalan, a
été autorisé pour la première fois depuis six ans à rencontrer ses
avocats, a affirmé mercredi son équipe juridique.
"Le 15 septembre 2025, nous avons visité M. Öcalan et nos autres
clients qui sont détenus à la prison d'Imrali après une interruption de
six ans", a affirmé sur X le bureau d'avocats Asrin Hukuk.
"Le processus de paix et de société démocratique a atteint le stade de
solution légale", a estimé le chef du PKK qui a évoqué son souhait de
voir en Turquie un cadre légal pour le désarmement du groupe armé
kurde, selon des propos rapportés par ses avocats.
Depuis décembre 2024, une délégation conduite par le parti pro-kurde
DEM, troisième force au Parlement turc, s'est rendue à plusieurs
reprises auprès de M. Öcalan, dans le cadre du processus de paix entre
Ankara et le PKK, mais ses avocats ne pouvaient obtenir depuis 2019 une
autorisation pour le rencontrer.
Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a décidé de mettre fin à
plus de quatre décennies de combat contre les forces turques, qui ont
fait au moins 45.000 morts, et entamé en juillet le début d'un
désarmement.
Détenu depuis 1999 sur l'île-prison d'Imrali au large d'Istanbul,
Abdullah Öcalan avait appelé le 27 février son mouvement à se
dissoudre, saisissant un processus initié par les autorités d'Ankara
depuis octobre.
Une commission parlementaire turque chargée de préparer un cadre légal
au processus de paix a démarré ses travaux en août. (AFP, 17 sept 2025)
Les Kurdes manifestent dans le nord-est de la Syrie pour
réclamer la décentralisation
Des milliers de personnes ont manifesté mercredi à Qamichli, dans le
nord-est de la Syrie, administré par les Kurdes, pour réclamer une
décentralisation alors que les négociations avec Damas sur l'avenir de
la région piétinent.
Les tensions sont vives entre entre les autorités islamistes ayant
chassé début décembre l'ex-président Bachar al-Assad et les Kurdes, qui
réclament un système de gouvernement préservant une part de l'autonomie
dont ils jouissent de facto.
Damas, de son côté, rejette "toute forme" de décentralisation.
Un journaliste de l'AFP a vu des milliers de manifestants brandissant
les drapeaux de l'administration autonome et des Forces démocratiques
syriennes (FDS, bras armé des Kurdes soutenus par Washington).
"Si la question kurde n'est pas réglée, la Syrie ne sera jamais un État
démocratique et les crises ne prendront pas fin", a déclaré le
dirigeant kurde Aldar Khalil lors du rassemblement.
"Quand nous parlons de décentralisation, nous la voulons pour toute la
Syrie, pas seulement pour notre région", a-t-il ajouté.
Le chef des puissantes FDS, Mazloum Abdi, et le président par intérim,
Ahmad Al-Chareh, ont conclu le 10 mars un accord visant à intégrer les
institutions kurdes dans l'Etat syrien.
Plusieurs sessions de négociation ont eu lieu depuis, en vain, les
Kurdes ayant critiqué la déclaration constitutionnelle qui accorde les
pleins pouvoirs à M. Chareh, et la formation d'un gouvernement jugé non
représentatif de la diversité ethno-religieuse syrienne.
La Syrie doit organiser en septembre un scrutin indirect pour choisir
des membres du Parlement.
Mais Damas a annoncé le report du scrutin dans la province à majorité
druze de Soueida ainsi que dans celles de Raqa et Hassaké, contrôlées
par les Kurdes, évoquant des "défis sécuritaires". Le processus de
désignation se tiendra uniquement dans les zones tenues par l'État.
Dans une interview à la chaîne al-Ikhbariya vendredi, Ahmad al-Chareh a
déclaré que "les négociations avec les FDS restaient bloquées", tout en
confirmant l'intervention de médiateurs étrangers. Il a assuré avoir
fait des concessions pour éviter une reprise des combats.
Les craintes kurdes se sont renforcées après les violences
confessionnelles de juillet à Soueida et sur la côte à majorité
alaouite en mars. (AFP, 17 sept 2025)
Négociation
asymétrique et horizon stratégique des
Kurdes
L’horizon stratégique des Kurdes se distingue par l’adoption de
l’autonomie démocratique, de la liberté des femmes et de l’engagement
social, parallèlement aux dynamiques de pouvoir, écrit le journaliste
Huseyin Salih Durmus dans l’article suivant.
Une négociation asymétrique survient lorsque les parties ne sont pas
égales en termes de pouvoir, de moyens ou de légitimité. Dans ce type
de négociation, la partie la plus forte met la table en fonction de ses
propres intérêts, tandis que la partie la plus faible agit souvent par
souci de préserver son existence. Par conséquent, ce n’est pas la
vérité ou la justice qui détermine l’issue des négociations, mais la
volonté de domination.
Les principales caractéristiques de la négociation asymétrique sont les
suivantes :
1) Déséquilibre des pouvoirs : un camp détient la supériorité en termes
militaires, économiques ou diplomatiques.
2) La recherche de la domination plutôt que de la vérité : la
négociation ne devient pas une recherche de résolution, mais un outil
permettant à la partie la plus forte d’imposer sa position.
3) Manœuvres rhétoriques : Comme le souligne Schopenhauer dans son
livre « L’art d’avoir raison », on observe fréquemment une distorsion
du problème, l’imposition de faux dilemmes et la remise en question de
la légitimité de l’autre camp.
4) Transformer les revendications en monnaie d’échange : les
revendications de la partie la plus faible ne sont pas reconnues comme
des droits mais sont plutôt traitées comme des concessions à accorder
par la partie la plus forte.
De nombreux exemples historiques confirment cette logique. Lors des
négociations qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, une déclaration
attribuée à Staline : « Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous
est négociable » résumait à la fois la réalité passée et celle
d’aujourd’hui, représentant l’expression la plus claire de la
négociation asymétrique.
Les reflets les plus récents de cette situation peuvent être observés
lors du sommet de l’Alaska qui s’est tenu le 15 août entre les
États-Unis et la Russie, où la Russie a contrôlé la table des
négociations sans faire aucune concession, ou dans les processus de la
Turquie avec les Kurdes, où la question a été constamment réduite au
cadre de la « sécurité ».
La négociation asymétrique ne produit pas la paix en substance, car la
paix présuppose l’égalité, tandis que l’asymétrie rejette d’emblée
l’égalité. C’est pourquoi, dans la question kurde également, le simple
fait de s’asseoir à la table des négociations ne garantit pas une
solution ; ce qui compte vraiment, c’est la manière dont la table est
dressée et les conditions dans lesquelles les parties s’y assoient.
L’expression « Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est
négociable » exprime non seulement un style de diplomatie, mais aussi
le langage du pouvoir et le caractère inégal de la négociation.
L’approfondissement des politiques russes à travers la guerre en
Ukraine reflète précisément la version contemporaine de cette
conception.
Même si Moscou peut paraître affaibli dans l’ordre mondial multipolaire
actuel, il construit un modèle alternatif dans le cadre d’une stratégie
à long terme contre les sanctions occidentales et les tentatives
d’encerclement.
Ce modèle repose sur trois piliers principaux :
1) Corridors géostratégiques : De la mer Blanche à la mer d’Azov et à
la mer Caspienne, en passant par la Baltique et la mer Noire, la
stratégie de la « ligne des cinq mers », ainsi que le corridor Nord-Sud
qui s’ouvre à travers l’Iran jusqu’à l’océan Indien, sont devenus
vitaux pour la Russie. Conçue au XVIIe siècle par Pierre Le Grand, puis
développée sous Staline, cette stratégie constitue aujourd’hui l’une
des lignes de défense et économiques les plus importantes de la Russie.
2) Réseaux énergétiques et économiques : à mesure que ses liens avec
l’Europe se relâchent, la Russie établit de nouveaux marchés et de
nouvelles dépendances à travers la Chine, l’Inde, l’Iran et la Turquie.
3) Diplomatie asymétrique : comme on l’a vu au sommet de l’Alaska,
s’asseoir à la table et diriger le processus de négociation sans faire
aucune concession, un dialogue en apparence, mais en substance
l’imposition d’un fait accompli.
Ce modèle constitue moins un défi ouvert à l’Occident qu’une tentative
de l’affaiblir et de l’affaiblir, en construisant un ordre parallèle.
L’annexion de la Crimée, l’ingérence dans les élections américaines de
2017 et l’élection de Trump, ainsi que le soutien explicite à l’extrême
droite lors des élections européennes, sont des événements marquants de
cette stratégie.
L’équilibriste turc
Dans cette nouvelle équation géopolitique, l’État turc est à la fois
membre de l’OTAN et partenaire de la Russie en matière d’énergie et de
sécurité. En se rapprochant de Moscou sans rompre ses liens avec
l’Occident, l’État turc renforce sa position. Cette politique
d’équilibre fonctionne non seulement en politique étrangère, mais aussi
dans sa stratégie de suppression de la question kurde sur le plan
intérieur.
Grâce à la marge de manœuvre que la Russie a procurée par le passé sur
la scène syrienne, l’État turc a constamment utilisé le levier d’une
pression militaire et politique croissante sur le Rojava. Tant qu’il
s’aligne sur les intérêts de Moscou, les revendications kurdes en
matière de statut sont réprimées, tandis que la Turquie en fait un
atout face à l’Occident.
Les Kurdes : l’objet de la stratégie
Globalement, la situation comporte de sérieux risques pour les Kurdes.
Ils ne sont pas considérés comme des sujets dans les projets
stratégiques de l’Occident ou de la Russie. Au contraire, ils sont
systématiquement traités comme un élément de négociation sur les routes
énergétiques, les équations de sécurité régionale et les conflits en
Syrie. Même si le chaos qui règne dans les régions entourant le
Kurdistan peut sembler offrir de sérieuses opportunités et de nouvelles
possibilités d’alliances, il ne diminue pas les risques potentiels.
À ce stade, l’ouvrage d’Edward Mead Earle, « Les Créateurs de la
Stratégie Moderne », nous le rappelle. Après « L’Art de la Guerre » de
Sun Tzu , cet ouvrage est devenu une étude importante abordant les
stratégies de guerre de manière exhaustive. Edward Earle y souligne que
la stratégie moderne a été créée par les États et les grandes
puissances. Ces acteurs établissent leur propre horizon stratégique en
associant vision, capacité militaire et diplomatie.
Les Kurdes, cependant, ont été pendant des siècles attachés aux
stratégies des autres, et souvent victimes de ces mêmes stratégies.
Bien que l’équilibre des pouvoirs ait évolué aujourd’hui et que les
Kurdes soient mieux organisés, la situation générale n’a pas
sensiblement changé. La tentative d’autonomie démocratique mise en
place au Rojava peut être considérée comme le noyau d’une vision
stratégique, mais elle reste vulnérable face à la pression des
puissances régionales et mondiales.
L’impasse du Rojava
Aujourd’hui, le cœur du conflit turco-kurde se situe au Rojava. Pour
l’État turc, le Rojava est perçu comme une menace à la sécurité
nationale ; pour la Russie, bien que moins visible, il sert de terrain
de négociation face à l’Occident ; et pour l’Occident, il constitue un
atout limité. Pour les Kurdes, en revanche, le Rojava est à la fois le
théâtre de sacrifices historiques et le centre de la quête d’un nouvel
avenir. Le Rojava est le cœur du Kurdistan.
Pourtant, tant que persistera le style de négociation stalinien, à
savoir l’approche « Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est
négociable », aucun véritable terrain de paix ne pourra être établi.
Par conséquent, la solution ne doit pas être recherchée uniquement dans
les stratégies des grandes puissances. Ce qui est véritablement
nécessaire, c’est que les Kurdes façonnent leur propre horizon
stratégique et fassent émerger leurs propres « artisans de la stratégie
moderne ». Sinon, le Rojava et la question kurde resteront des dossiers
à l’ordre du jour d’autres puissances.
Que signifie la stratégie pour les Kurdes ?
Comme l’a souligné Edward Mead Earle, la stratégie moderne ne se résume
pas à la planification militaire ; c’est l’intégration d’instruments
militaires, diplomatiques, économiques et sociaux au sein d’une vision.
La stratégie est l’horizon d’un peuple vers l’avenir et sa capacité à
construire son propre chemin. Lorsque les États et les puissances
acquièrent cette capacité, ils deviennent des « créateurs » et marquent
l’histoire de leur empreinte.
Pour les Kurdes, le besoin d’une stratégie est aujourd’hui plus urgent
que jamais, car leur existence politique demeure marquée par les
rivalités entre grandes puissances et exposée à de graves risques. Le
Rojava en est l’exemple le plus flagrant : un partenariat militaire
avec les États-Unis qui apparaît désormais affaibli, un atout pour la
Russie et une menace sécuritaire pour la Turquie. Si la stratégie de
chacun accorde une place aux Kurdes, celle des Kurdes ne prévoit aucune
place contraignante pour les autres.
Une véritable stratégie kurde doit reposer sur trois piliers
fondamentaux :
1) Devenir un sujet diplomatique : Les Kurdes doivent cesser d’être un
« élément de négociation » sur la scène internationale et devenir un
acteur qui parle en son nom propre et fait valoir une volonté
contraignante. Cela nécessite une diplomatie multiforme, non seulement
avec l’Occident, mais aussi avec les puissances régionales.
2) Infrastructure économique et institutionnelle : La stratégie ne peut
être soutenue uniquement par la lutte armée ou les revendications
politiques. Le renforcement de leurs propres réseaux économiques,
institutions culturelles et organisations sociales sera le gage de leur
pérennité. La période actuelle offre d’immenses opportunités.
3) Vision sociale : Les pratiques partiellement expérimentées au
Rojava, telles que l’autonomie démocratique, le leadership des femmes
et l’organisation communautaire, constituent le noyau d’une vision
stratégique et sont d’une grande valeur au cœur du chaos
moyen-oriental. Cependant, si elles ne sont pas transposées au-delà des
expériences fragmentées vers un horizon national et stratégique global,
elles ne pourront perdurer. Le gouvernement et les administrations du
Kurdistan du Sud (Başur) doivent appliquer le modèle du Rojava dans
leur propre territoire libre et ouvrir un espace plus large à
l’élaboration d’une stratégie plus intégrée.
Pour les Kurdes, une stratégie globale signifie ne plus être l’objet de
calculs à la table des autres, sur « ce qui sera donné, ce qui sera
pris », mais établir leurs propres tables et leurs propres principes.
Seule cette voie permettra d’échapper au destin d’une négociation
stalinienne.
Schopenhauer : L’art d’avoir raison et l’impasse de la paix
Dans son ouvrage « L’Art d’avoir raison », Schopenhauer note que les
débats sont souvent menés non pas pour rechercher la vérité, mais pour
vaincre l’autre camp. Selon lui, le plus fort recourt à des artifices
rhétoriques pour paraître avoir raison : il déforme le sujet,
discrédite l’adversaire, crée de faux dilemmes, déplace le sujet.
Ainsi, le débat devient moins un processus de découverte de la vérité
qu’une occasion de renforcer la supériorité du puissant.
Ce schéma est tout aussi valable dans la diplomatie interétatique
actuelle. La position de la Russie lors du sommet de l’Alaska en est un
exemple typique : elle s’est assise à la table des négociations, mais a
conclu les négociations en sa faveur, sans faire aucune concession.
Dans ce cas précis, ce n’est pas la vérité qui a prévalu, mais la
domination. La logique de la formule stalinienne retrouve un regain de
vie dans l’analyse rhétorique
de Schopenhauer.
Les prétendus processus de paix menés par l’État turc avec les Kurdes
suivaient une logique similaire. La table des négociations n’était pas
un espace d’égalité où les droits des Kurdes étaient débattus ; l’État
réduisait constamment la question à la question de la « sécurité »,
remettait en question la légitimité kurde et imposait de faux dilemmes
tels que « soit notre ligne, soit le chaos ». C’est l’application
politique des stratagèmes décrits par Schopenhauer. La stratégie de
négociation appliquée au Rojava reflète cette symétrie.
La conclusion est claire : lorsque le positionnement stratégique des
Kurdes se limite à des expériences fragmentées, chaque partie risque
d’être rattachée à l’agenda de différentes puissances. C’est pourquoi
il est crucial de tisser des liens stratégiques entre le Rojava, le
Kurdistan du Sud, le Kurdistan du Nord (Bakur), le Kurdistan de l’Est
(Rojhilat) et la diaspora.
L’horizon stratégique des Kurdes ne doit pas se limiter aux seuls
équilibres militaires ou diplomatiques. Il se distingue par le fait
qu’il est façonné par les principes d’autonomie démocratique, de
liberté des femmes et de participation sociale. Ces valeurs
renforceront la légitimité de la stratégie kurde, non seulement à
l’échelle régionale, mais aussi universelle.
La stratégie ne doit pas se limiter à créer des rapports de force de
fait ; elle doit également englober la capacité à établir un fondement
intellectuel qui rendra inefficaces les jeux de l’autre camp visant à
paraître juste. Sans cette capacité, qui distingue la vérité des
discours, la négociation restera toujours une impasse où les puissants
semblent avoir « raison ».
Pour les Kurdes, les moyens matériels et moraux de créer cette
stratégie globale sont préservés dans l’héritage séculaire de lutte
hérité du Mouvement pour la liberté du Kurdistan. (ANF, 9 septembre
2025)
Construction d’une prison de haute
sécurité dans la province kurde de Mus
Alors que la
question
kurde est débattue au sommet du pouvoir turc, une prison de haute
sécurité est en construction dans la province kurde de Muş. Metin
Güllü, membre de l’Association des avocats pour la liberté (ÖHD), a
déclaré : « La construction de cette prison ne sert pas l’esprit du
processus [de paix]. »
Alors qu’on attend les changement de lois dans le cadre du processus de
paix engagé entre le leader kurde Abdullah Öcalan et le pouvoir turc,
pour résoudre la question kurde par des moyens pacifiques, le
gouvernement turc construire une nouvelle prison de haute sécurité dans
la province de Muş. Les travaux ont commencé dans la ville d’Ewran
(Yeşilova) de Muş, couvrant une superficie d’environ 400 décares. La
prison, dont la construction a commencé discrètement, a suscité une
vive réaction. L’avocat Metin Güllü, membre de l’Association des
avocats pour la liberté (ÖHD), a déclaré que la construction de la
prison
Rappelant la décision du PKK de se dissoudre et de désarmer, Güllü a
déclaré que le gouvernement ne recourait à aucune mesure à des fins
politiques, ajoutant que « L’une des priorités est la libération des
prisonniers malades et politiques. C’est l’une des pierres angulaires
de ce processus. Car la libération des prisonniers malades et
politiques, qui ont véritablement subi de lourdes souffrances (…), et
qui ont poursuivi la lutte avec acharnement, revitalisera ce processus
de paix. C’est la première chose à faire, et nous le réclamons sur
toutes les plateformes. » (Agence Mezopotamya, 9 septembre 2025)
Les Kurdes annoncent avoir déjoué une tentative d'évasion
d'un camp lié à l'EI
Les forces de sécurité kurdes dans le nord-est de la Syrie ont annoncé
mercredi avoir déjoué une tentative d'évasion d'une cinquantaine de
personnes du camp d'al-Hol, où sont notamment détenus des proches de
jihadistes présumés.
Plus de six ans après la défaite du groupe jihadiste Etat islamique
(EI), les camps et prisons gérés par l'administration autonome kurde
dans le nord-est de la Syrie abritent encore des dizaines de milliers
de personnes, dont beaucoup ont des liens présumés avec l'EI ou sont
soupçonnés d'en avoir.
Dans un communiqué, les forces de sécurité kurdes ont indiqué avoir
déjoué mardi "une tentative d'évasion collective menée par plusieurs
familles de l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en
arabe), au nombre de 56 personnes".
Les détenus ont tenté de fuir "à bord d'un grand véhicule" mardi, selon
le communiqué. Les forces kurdes ont "intercepté le véhicule alors
qu'il tentait de franchir l'entrée principale, et arrêté toutes les
personnes à l'intérieur".
Al-Hol est le plus grand camp de la région, et les détenus y vivent
dans des conditions notoirement difficiles. Selon sa directrice, Jihan
Hanan, il abrite à présent 27.000 personnes, dont 15.000 Syriens et
environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. De
nombreux pays occidentaux refusent toujours de rapatrier leurs
ressortissants.
L'EI s'était emparé en 2014 de vastes portions de territoires de la
Syrie et de l'Irak, avant sa défaite en 2019 en Syrie. Mais des
cellules jihadistes restent présentes, notamment dans le vaste désert
du pays. (AFP, 3 sept 2025)
Le Comité Parlementaire pour “Etaler de la Farine sur
une Corde”
Ragip Duran, TVXS.GR, 24 août 2025
Le régime Erdogan, à la demande de Devlet Bahceli (extrême-droite,
allié du Président) et d’Abdullah Ocalan Président du PKK en prison
depuis 1999, a créé le Comité Parlementaire de “La Solidarité
Nationale, de la Fraternité et de la Démocratie” pour trouver une
solution pacifique au problème kurde.
Actif depuis maintenant deux semaines, ce Comité de 51 députés s’est
déjà réuni quatre fois. Formé des députés de l’ensemble des partis
politiques représentés au Parlement (à l’exception du Bon Parti,
opposition, nationaliste, 21 sièges sur 592) essayera de résoudre le
problème kurde, un conflit vieux d’au moins un siècle.
Le Président du MHP (Parti d’Action Nationaliste, Les Loups Gris, 47
sièges) Devlet Bahceli avait le 22 octobre 2024 fait une déclaration
surprise invitant le PKK à se dissoudre. Il avait également proposé à
Ocalan de venir au Parlement pour déclarer la fin de la lutte armée.
Ocalan, avait le 26 février 2025 accepté l’appel de Bahceli et demandé
au PKK de se dissoudre.
Le régime nomme ce nouveau processus “La Turquie Sans Terrorisme” alors
qu'Ocalan insiste sur l’appellation de “la Paix et de la Démocratie
Sociale”.
Le Comité a opté pour un autre nom: Le Comité de La Solidarité
Nationale, de la Fraternité et de la Démocratie”.
“Il ne peut y avoir de solidarité nationale entre deux nations
distinctes. Il ne peut y avoir non plus de la fraternité entre Turcs et
Kurdes, c’est-à-dire entre l’oppresseur et le réprimé. D’ailleurs, les
Kurdes revendiquent la paix, la justice et la reconnaissance
Constitutionnelle de leur identité et pas de la fraternité” écrit un
internaute anonyme sur son compte X.
Le Comité, dont les comptes-rendus ne seront révélés qu’en 2035 (!), a
déjà établi ses méthodes de travail et a dressé une liste des personnes
et des représentants des organisations à inviter pour écouter leurs
points de vue et revendications.
Le Comité, devrait théoriquement préparer le terrain propice pour la
réalisation des objectifs, pas encore très clairs d’ailleurs. Mais la
fondation d’une base politique et juridique est nécessaire pour
avancer.
La grande majorité des membres de la classe politique, tous mélangés
gauche, droite, centre, libérale n’a pas beaucoup d’espoir des travaux
de ce comité à l’exception des dirigeants du MHP et du DEM.
Mehmet Yakup Yilmaz, chroniqueur du site d’information générale, titre
son article “Étaler de la Farine sur une corde”. Expression idiomatique
en turc pour désigner “retarder une action pour gagner du temps dans le
but d’atteindre autres objectifs”.
Car selon les opposants, Erdogan a deux buts:
- Gagner une partie des députés et électeurs kurdes pour les élections
présidentielles ou bien pour avoir la majorité nécessaire (3/5 des
députés, c’est-à-dire 360 membres) au Parlement afin de rédiger une
nouvelle Constitution qui lui permettra un quatrième mandat comme
président de la République.
- Diviser l’opposition formée essentiellement du CHP (Parti Républicain
du Peuple, opposition kémaliste, 137 sièges) et du DEM (Parti de
l’Egalité et de la Démocratie des Peuples, opposition kurdes et gauche,
56 sièges).
Par ailleurs les pratiques anti-démocratiques du régime, en particulier
la poursuite des arrestations des maires élus du CHP, la répression
politique et judiciaire contre l’ensemble des opposants, surtout contre
les jeunes qui protestent Erdogan sont devenus les principaux obstacles
devant “la Paix et la Démocratie” ou bien devant “La Turquie Sans
Terrorisme” constatent l’ensemble des observateurs indépendants.
La carence de stabilité en Syrie et le manque d’entente entre Damas et
les Kurdes de Syrie empêchent également ce “processus” qui boite en
Turquie. Le Ministre turc des Affaires Étrangères M. Hakan Fidan hausse
le ton contre les Kurdes de Syrie, en particulier contre les FDS
(Forces Démocratiques de la Syrie) “annexe syrien du PKK” selon lui. Le
ministre demande à la fois le désarmement complet des FDS (environ 100
milles soldats formés, armés et entraînés par les Américains) et leur
intégration dans l’armée centrale de Damas, qui n’est pas encore
officiellement créée. Il s’agit de plusieurs groupes et bandes
islamistes qui soutenaient auparavant le Président intérimaire Ahmed
Al-Sharaa. Ces groupes ont mené des attaques meurtrières contre les
Druzes et les Nusayris (alaouites, secte minoritaire de la famille
Assad). Le ministre Fidan estime que le régime Al-Charaa doit combattre
les FDS “sinon nous ferons le nécessaire” a-t-il menacé récemment.
Le Comité de la Solidarité Nationale, de la Fraternité et de la
Démocratie, malgré son titre sophistiqué, n’a pas beaucoup d’atout pour
réussir ni à l’intérieur du pays ni dans la région.
Minorités
/ Minorities
Armenia
removes Ararat from border crossing stamp
Starting 1 November, the stamp at the border crossing of Armenia will
no longer feature an image of Mount Ararat. The controversial decision
to remove such a cherished symbol sparked criticism and sarcasm, with
much of the mockery centered around the name of Foreign Minister Ararat
Mirzoyan, suggesting that it would be replaced with Aragats, Armenia’s
highest peak.
The stamp design will undergo changes based on a decision adopted by
the Armenian government on 11 September, which will only carry
information about the border crossing.
The news went viral days after the decision was adopted, considering
that it was passed as a non-reportable issue and left out of the
public’s attention.
The government decision, which also includes the visuals of the future
stamp, would exclusively carry information on border crossing, the word
Armenia in both Armenian and English, and will be smaller in size.
‘The justifications for the decision are very simple: the stamps have
been brought into line with the modern requirements for border
crossings, as well as the ideology of the Real Armenia’, wrote Arsen
Torosyan, a prominent member of the ruling Civil Contract party and
newly appointed Minister of Labour and Social Affairs, in response to
the criticism.
Real Armenia is a concept that was introduced by Prime Minister Nikol
Pashinyan in April 2024, insisting that Armenians must accept modern
Armenia within its current borders.
Though located within Turkey, Mount Ararat is highly important in
Armenian history and culture, and the government’s move to remove it
from the stamp has sparked criticism. It is considered a sacred
mountain, was mentioned in the Bible, and is one of the most important
national symbols of Armenia.
Former Foreign Minister Vartan Oskanian commented on the issue on
Monday, highlighting the importance of Mount Ararat for Armenians,
insisting that having the mountain located in the territory of Turkey
in the Armenian coat of arms does not pose any territorial claim.
Furthermore, he suggested that ‘the world is full of similar examples’.
‘The irony is that symbols like Ararat could, in a wiser political
climate, be bridges rather than barriers. Turkey could acknowledge that
Armenians have a special relationship with Ararat without seeing it as
a threat. Indeed, recognising the depth of that bond could be an act of
reconciliation, not division’, Oskanian wrote.
He added that the issue was not only about stamps or coat of arms — ‘It
is about whether Armenia will stand firm in preserving its own identity
or allow that identity to be edited by others’.
Mount Ararat is also depicted in the Armenian coat of arms, which in
January 2024, Armenian Parliamentary speaker Alen Simonyan proposed
changing alongside the national anthem. Although he did not explicitly
mention the removal of Mount Ararat, critics argued that this was the
underlying intent of the proposed changes.
Not Ararat, but ‘Aragats Mirzoyan’
Aside from direct criticism of the decision, the removal of the image
of Mount Ararat from the stamp also sparked a wave of sarcastic
reactions.
Much of the mockery centered on Armenia’s Foreign Minister Ararat
Mirzoyan, who is named after the mountain, as well as the ruling Civil
Contract party’s emblem, which was originally designed with reference
to Mount Ararat. The reference was later removed from the party’s
charter in 2022.
A parody page on Facebook, called Ministry of Clarification of the
Republic of Armenia, suggested that the Armenian government adopted
another decision, according to which, starting from 1 January 2026, ‘at
the request of the Turkish side, Ararat Mirozyan’s name will be
officially changed to “Mr. Mirzoyan” ’.
‘This step is intended to give additional weight to the decisions made
by Armenian diplomacy’, the post concluded.
While Facebook another user joked — ‘Ararat Mirzoyan is now on
Instagram as Aragats Mirzoyan’.
Mount Aragats is the highest peak in Armenia. Although it is cherished
and was suggested by Pashinyan as a symbolic alternative to Mount
Ararat, it does not carry the same cultural and historical significance
as Ararat.
Separately, the parody page the Ministry of Clarification of the
Republic of Armenia, published a ‘statement’ on behalf of the imaginary
Real Republic of Armenia.
‘We are hopeful that the Turkish side has not noticed the hidden
contour of Mount Ararat in the emblem of the Civil Contract Party. As a
temporary solution, we propose to switch to the image of Aragats [...]
until regional developments are clarified’, the statement read.
(oc-media, 15 sept 2025)
Un concert d'Enrico Macias interdit en Turquie en
raison de son soutien à Israël
Les autorités turques ont annoncé mercredi avoir interdit un concert du
chanteur français Enrico Macias programmé vendredi à Istanbul, à la
suite d'appels à manifester contre l'artiste en raison de ses positions
pro-Israël.
Le gouvernorat d'Istanbul indique dans un communiqué avoir voulu
prévenir toute manifestation, en marge du concert, "contre le génocide
(de) l'État terroriste Israël à Gaza et ses partisans", jugeant
cependant légitimes les appels à protester.
"Cela fait plus de soixante ans que j'ai le privilège de chanter à
Istanbul et à Izmir, deux villes que j'affectionne particulièrement
pour leur public extraordinaire", a réagi auprès de l'AFP l'artiste âgé
de 86 ans.
"Je suis profondément surpris et attristé de ne pas pouvoir retrouver
mon public, avec lequel je partage depuis toujours des valeurs de paix
et de fraternité", a-t-il ajouté.
Dans une interview au média français Legend diffusée mi-août sur
YouTube, l'artiste, qui a défendu plusieurs fois la réponse d'Israël à
l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023,
déclarait avoir "toujours chanté la paix entre les juifs et les
musulmans. Tout le temps".
"Je suis le premier juif à avoir réuni les juifs et les musulmans",
affirmait-il.
"Mon problème, c'est que je ne supporte pas la violence des
terroristes. (...) Et s'il y a eu la violence du côté israélien, c'est
à cause du Hamas", ajoutait-il en soulignant n'avoir "rien contre les
Palestiniens".
Le chanteur, né en 1938 dans une famille juive arabe de Constantine,
n'est jamais retourné en Algérie depuis son départ en 1961, en raison
du tollé systématique au sein d'une partie de la classe politique lui
reprochant son soutien à Israël.
"Je garde espoir. Si la destinée qui me reste veut que je retourne en
Algérie, je ne refuserai pas", confiait-il au printemps 2023 à l'AFP.
Avec plus de 60 ans de carrière et 150 chansons au compteur, Enrico
Macias a contribué à populariser la musique arabo-andalouse. Ses tubes
comme "Enfants de tous pays" et "Les gens du nord" font partie du
patrimoine de la chanson francophone et ont voyagé dans de nombreux
pays. (AFP, 4 sept 2025)
La Turquie dénonce la reconnaissance par Netanyahu du génocide
arménien
La Turquie a condamné mercredi la reconnaissance du génocide arménien
par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, affirmant qu'elle
visait à "couvrir" les crimes commis dans la bande de Gaza par l'armée
israélienne.
"Les déclarations de Netanyahu concernant les événements de 1915 sont
une tentative d'exploiter les tragédies passées à des fins politiques",
a indiqué le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.
M. Netanyahu a reconnu du bout des lèvres le génocide arménien dans un
podcast américain diffusé mardi soir, une première pour un chef de
gouvernement israélien.
La Turquie, qui accuse régulièrement Israël de perpétrer un génocide
dans la bande de Gaza, rejette catégoriquement ce terme pour qualifier
les massacres des Arméniens sous l'Empire ottoman pendant la Première
guerre mondiale.
Ce génocide est toutefois reconnu par les gouvernements ou les
parlements de nombreux pays, dont les États-Unis, la France et
l'Allemagne. Le nombre des Arméniens ayant trouvé la mort est évalué à
entre 600.000 et 1,5 million.
La Turquie, issue du démantèlement de l'Empire ottoman, évoque elle des
"massacres" doublés d'une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000
Arméniens et autant de Turcs ont péri.
Israël, dont le Premier ministre et son ex-ministre de la Défense Yoav
Gallant sont visés par un mandat d'arrêt de la Cour pénale
internationale (CPI) pour crime contre l'humanité et crimes de guerre à
Gaza, rejette catégoriquement les accusations de génocide dans le
territoire palestinien, les qualifiant de "mensonges sans fondement".
Les relations entre la Turquie et Israël ont été suspendues suite aux
représailles israéliennes à Gaza au début de la guerre déclenchée par
le Hamas le 7 octobre 2023. (AFP, 27 août 2025)
Politique
intérieure/Interior Politics
"Presidency
spends 72 minimum wages every hour"
Main opposition Republican People’s Party (CHP) deputy Gülcan Kış
criticized government spending, presenting data on the first eight
months of Turkey’s 2025 budget.
During a press conference at parliament today, Kış shared a chart
detailing expenditures of general budget institutions, including
parliament, the presidency, ministries, directorates, the judiciary,
regulatory bodies, law enforcement, and several general directorates.
According to the figures, 60% of the allocated budgets had been spent
in the first eight months of 2025. Two institutions exceeded their
allocations: the Directorate for EU Affairs and the National Palaces
Administration while other state institutions remained within their
budget limits.
The Presidency, spent 9.2 billion liras of its 17 billion lira
allocation between January and August. This amounts to 37.9 million
liras per day, or 1.58 million liras per hour.
Kış calculated that this equals the cost of 72 workers’ monthly minimum
wages every hour. “Workers labor for a month, and the palace consumes
their wages in a single minute,” she said.
She contrasted recent remarks by Labor and Social Security Minister
Vedat Işıkhan, who recently stated that the minimum wage had increased
“119 times nominally and 242% in real terms since 2002.”
“You can boast about minimum wage increases since 2002, but no one will
be fooled when the palace spends 72 minimum wages in an hour,” Kış
said. “Students are left without meals, retirees are denied a decent
living, while you wander in palaces surrounded by luxury. Workers toil
for a month, and the palace swallows their wages in a minute.”
Kış also criticized Treasury and Finance Minister Mehmet Şimşek,
pointing out that his ministry spent 4.3 billion liras in the first
eight months of the year.
“Şimşek tells citizens to ‘be patient, things will improve soon,’ yet
his ministry has already spent billions in just eight months,” she
said. “How will the remaining four months be covered? Is this what you
call savings? Is this economic discipline?”
Concluding her remarks, Kış accused the ruling Justice and Development
Party (AKP) of wasteful governance. “Today, retirees share their bread,
young people seek their future abroad, and farmers cannot sell their
crops. Yet the AKP continues its wasteful order in the palace and
ministries.
"Those who tell citizens to be patient and tighten their belts consume
72 minimum wages every hour. This is the true face of the AKP: the
people go hungry while the palace stays full.” (BIA, 24 Sept 2025)
Le principal parti
d'opposition CHP a réélu son chef
Le principal parti de l'opposition turque, le CHP, a réélu à sa tête
Özgur Özel lors d'un congrès extraordinaire dimanche à Ankara, alors
que la formation politique est visée par des enquêtes et arrestations à
répétition.
Ce congrès a lieu alors que le Parti républicain du peuple (CHP,
social-démocrate) cherche à consolider sa direction avant un procès
potentiellement préjudiciable visant à évincer Özgur Özel de sa
direction.
Le procès, dont la deuxième audience a eu lieu lundi, vise à annuler le
résultat du congrès du CHP de novembre 2023, qui a élu M. Özel, en
raison d'une fraude électorale présumée.
Dimanche, les délégués ont voté massivement en faveur de M. Özel qui a
remporté tous les 835 votes valides, 82 votes ayant été déclarés
invalides. Il était le seul candidat.
Cette réélection pourrait invalider les bases légales du procès contre
le parti, dont la prochaine audience est prévue le 24 octobre.
"Le parti est attaqué, et ils essaient toutes les méthodes possibles",
a déclaré M. Özel, cité par les médias turcs, après le scrutin.
"Nos experts juridiques et nos administrateurs prennent les mesures les
plus appropriées contre cela. Avec la tenue de ce congrès, tous leurs
arguments (légaux) sont balayés", a-t-il affirmé.
Outre ce scrutin, le congrès du CHP s'est réuni pour définir une
stratégie pour l'avenir face à des obstacles grandissants.
M. Özel, qui a pris en novembre 2023 les rênes d'un parti encore sonné
par sa défaite six mois plus tôt à l'élection présidentielle, avait
mené le parti vers une éclatante victoire aux élections locales de mars
2024 aux dépens du Parti de la justice et du développement (AKP,
islmamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir
depuis 2002.
Le parti a été depuis la cible d'une vague d'arrestations et de
poursuites judiciaires qui a culminé en mars avec l'emprisonnement du
populaire maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, sur la base d'accusations
de "corruption" qu'il rejette.
L'arrestation et l'emprisonnement d'Imamoglu - candidat du CHP à
l'élection présidentielle de 2028 - avait provoqué de nombreuses
réactions internationales et suscité une contestation inédite dans le
pays depuis douze ans.
Le 2 septembre, un tribunal a destitué le chef de la branche
stambouliote du CHP, Özgur Celik, après avoir annulé les résultats du
congrès provincial d'octobre 2023 qui l'avait élu, avec 195 autres
personnes.
La branche du CHP à Istanbul doit quant à elle tenir son propre congrès
extraordinaire mercredi pour réélire sa direction. (AFP, 21 sept 2025)
Tensions rise at parliament’s ‘peace’ committee as
pro-Kurdish MPs walk out
A parliamentary committee formed to support the ongoing Kurdish peace
process saw tensions rising during its 11th session today, after
remarks of an invitee prompted members of the pro-Kurdish Peoples’
Equality and Democracy (DEM) Party and main opposition Republican
People’s Party (CHP) to walk out.
The “National Unity, Solidarity, Brotherhood and Democracy Committee,”
established in August as part of the peace initiative, saw a brief but
heated dispute after a speech by Mehmet Bekir Şimşek, head of İTTİHAD,
a religious association invited to the meeting by the Kurdish Islamist
Free Cause Party (Hüda Par).
In his speech, Şimşek remarked, "The PKK waged war against the faith of
the Kurdish people. Why has not a single non-Muslim been killed? The
PKK has declared war on the beliefs of the Kurdish people. Dozens of
imams have been killed in the region. Each time they were killed, they
were accused of being spies, traitors, or even soldiers.
"And yet, somehow, not a single non-Muslim has been killed by the PKK
in the region. I’m not saying they should be killed. But why are
mosques specifically being targeted? How does tearing the Kurdish
people away from their faith through a Marxist-Leninist mindset serve
the interests of the Kurds? The traditions of the Kurdish people have
changed."
Members of the DEM Party responded strongly to Şahin's remarks before
walking out of the room. Saruhan Oluç said, “Can peace be made with
this kind of language? We’ve tolerated it until now, but you feed off
blood—shame on you, bloodshedders. May God damn you.”
Cengiz Çiçek added, “You killed people by hogtying them. You are the
ones who’ve been a curse upon the Kurds.”
These remarkes referenced the Hizbullah, a Kurdish Islamist group
distinct from the Lebanese organization, which clashed with the PKK in
the 1990s and killed hundreds of people, including journalists and
politicians whom it considered affiliated with the PKK. Victims were
often tortured by being "hogtied" and buried in what were called “grave
houses.”
Head of the İTTİHAD association, Enver Kılıçarslan, was convicted of
being a member of Hizbullah in a case concernin the 1999 killing of
Muslim feminist writer Konca Kuriş.
'This is not a place to reignite past traumas'
As tensions rose, Parliament Speaker Numan Kurtulmuş intervened,
saying, “Everyone is free to defend their own views, but not by
dredging up the past. Significant progress has been made; it is
essential that everyone pays attention to their language.”
He added that speaking over past grievances would not contribute to
finding a solution.
DEM and CHP deputies left the room after the exchange. After the
dispute, the session moved on to the speech by Tayyip Elçi, President
of the Foundation of Madrasa Scholars (MEDAV) and DEM deputies returned
to the room.
DEM deputy Meral Danış-Beştaş also criticized Şimsek's remarks. “This
is a peace table, not a place for reigniting past traumas or indulging
in a kind of murder pornography,” she told bianet.
Turkey launched its latest peace initiative last October following a
call by MHP leader Devlet Bahçeli, an ally of the ruling Justice and
Development Party (AKP). Bahçeli had suggested that jailed PKK leader
Abdullah Öcalan could benefit from the “right to hope” if he announced
the group’s dissolution.
Öcalan issued a call to lay down arms in February. The PKK formally
declared its dissolution in May and held a symbolic disarmament
ceremony in July. The parliamentary comittee has since been meeting to
outline further steps in the process, hearing from political groups,
civil society representatives, academics, and individuals. (BIA, 18
sept 2025)
La justice offre un répit au principal parti d'opposition
Un tribunal d'Ankara a reporté lundi au 24 octobre sa décision sur une
possible destitution pour "fraude" de la direction du principal parti
de l'opposition turque, le CHP, offrant un répit à la formation
politique visée par des enquêtes et arrestations à répétition.
Mais cette décision est interprétée par des experts comme une stratégie
destinée à maintenir sous pression le Parti républicain du peuple (CHP,
social-démocrate), sorti large vainqueur d'élections locales l'an
passé, afin d'attiser les divisions en interne.
"Des millions de personnes vous regardent, M. le juge. Votre décision
est capitale", avait lancé à l'ouverture de l'audience lundi matin Ugur
Poyraz, l'un des avocats du CHP.
Dimanche, des dizaines de milliers de personnes avaient défilé à Ankara
pour soutenir le CHP, qui rejette les accusations d'achats de vote lors
de son congrès de 2023 qui avait élu l'actuelle direction du parti.
"Ce procès est politique (...), c'est un coup d'État et nous
résisterons", a lancé à la foule le patron du CHP, Özgür Özel,
affirmant que "la cible n'est pas seulement le CHP, c'est aussi la
démocratie en Turquie".
M. Özel, qui a pris en novembre 2023 les rênes d'un parti encore sonné
par sa défaite six mois plus tôt à l'élection présidentielle, avait
mené le parti vers une éclatante victoire aux élections locales de mars
2024 aux dépens du Parti de la justice et du développement (AKP,
islmamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir
depuis 2002.
Mais l'embellie aura été de courte durée : la justice turque a entamé à
l'automne 2024 une vague d'arrestations pour "corruption" ou
"terrorisme" contre des élus du CHP.
Dix des 26 maires CHP de district d'Istanbul ont été arrêtés depuis et
le populaire maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, vu comme le plus sérieux
rival du président Erdogan, a lui aussi été placé derrière les barreaux
fin mars pour des accusations de "corruption" qu'il rejette.
- "Sans loi ni justice" -
Son arrestation, dénoncée comme un "coup d'État politique" par le CHP,
avait provoqué de nombreuses réactions internationales et suscité une
contestation inédite dans le pays depuis douze ans.
M. Özel tente depuis d'entretenir la fronde, en organisant chaque
semaine des rassemblements jusque dans des villes longtemps considérées
comme des bastions du président Erdogan.
Son sort paraît cependant extrêmement incertain depuis qu'un tribunal
d'Istanbul a destitué le 2 septembre la direction de la branche
stambouliote du CHP en raison d'accusations d'achats de votes au cours
d'un congrès également organisé en 2023.
Un administrateur désigné par l'Etat a été nommé à la tête de la
direction provinciale, un scénario qui pourrait être répliqué à la
direction nationale.
"La Turquie est entraînée dans l'abîme par un gouvernement qui dit :
+Nous aurons le dernier mot, peu importe pour qui vote le peuple+", a
affirmé lundi le porte-parole du CHP Deniz Yücel, fustigeant un
gouvernement "incapable de supporter la défaite".
"Je ne veux pas vivre dans un pays sans loi ni justice, où nous ne
pouvons pas nous exprimer. C'est pour cela que nous luttons et nous
continuerons (de le faire) sans relâche", avait déclaré dimanche à
l'AFP à Ankara Songül Akbaba, une retraitée de 51 ans.
Pour de nombreux observateurs, l'affaire s'apparente à une tentative
des autorités de transformer le CHP, plus ancien parti politique de
Turquie, en une coquille vide, une tentative qui si elle aboutissait
porterait un coup sévère au pluralisme dans le pays.
Dans une tentative de protéger sa direction, le CHP a convoqué un
congrès extraordinaire le 21 septembre afin de faire réélire Özgür
Özel. (AFP, 15 sept 2025)
Nouveau coup de filet contre l'opposition à Istanbul
Un procureur d'Istanbul a ordonné samedi l'arrestation de 48 membres de
la municipalité de Bayrampasa, un district d'Istanbul, dirigée par
l'opposition, notamment le maire, pour "corruption" a rapporté samedi
l'agence étatique Anadolu.
Le maire, Hasan Mutlu, élu du principal parti de l'opposition turque
CHP (Parti républicain du peuple, social démocrate) et son adjoint,
Lutfi Kadiogullari, ont été interpellés samedi matin pour "extorsion,
corruption, fraude aggravée et truquage d'appels d'offres", tandis
qu'une perquisition a été menée à la municipalité, selon la chaîne
privée d'information NTV.
"Les habitants de Bayrampasa ont élu Hasan Mutlu. Mais ils ne l'ont pas
supporté. Ils ne respectent ni les résultats des élections ni les urnes
ni la volonté du peuple", a réagi sur son compte X le chef du CHP à
Istanbul, Ozgur Celik, qui a été lui-même révoqué le 2 septembre par un
tribunal turc pour des irrégularités présumées au cours du congrès où
il a été élu en 2023.
Le CHP subit une pression judiciaire croissante via un grand nombre
d'enquêtes et d'interpellations visant ses élus, accusés de corruption,
comme au sein de la municipalité d'Istanbul, la plus importante ville
de Turquie, dont le maire, Ekrem Imamoglu, est emprisonné depuis mars.
(AFP, 13 sept 2025)
Le maire emprisonné d'Istanbul
comparaît pour "faux diplôme"
Le maire emprisonné d'Istanbul Ekrem Imamoglu, en détention depuis mars
pour "corruption", a comparu vendredi devant un tribunal de la ville,
accusé d'avoir falsifié son diplôme universitaire, une affaire qui
pourrait l'empêcher de concourir à la présidence.
Selon la justice, M. Imamoglu, considéré comme le plus sérieux rival du
président Recep Tayyip Erdogan, n'aurait pas dû être diplômé de
l'Université d'Istanbul dans les années 1990, ses deux premières années
d'études ayant eu lieu dans une université de Chypre-Nord non reconnue
à l'époque par le Conseil turc de l'enseignement supérieur.
A la veille de son arrestation en mars, l'Université d'Istanbul avait
ainsi annulé le diplôme de M. Imamoglu.
Or, selon la Constitution turque, tout candidat au poste de chef de
l'Etat doit pouvoir justifier d'un diplôme de l'enseignement supérieur.
Accueilli sous une pluie d'applaudissements jeudi dans la salle du
tribunal stambouliote de Silivri, situé dans l'enceinte de la prison où
il est incarcéré, M. Imamoglu a affirmé que l'acte d'accusation à son
encontre avait été rédigé par "quelqu'un qui sait que je le battrai aux
prochaines élections", selon l'agence de presse Anka.
Qualifiant cette affaire d'"absurde", le maire déchu d'Istanbul a
affirmé à la barre avoir obtenu son diplôme "à la sueur de [s]on front".
Un procureur a requis une peine allant de 2 ans et 6 mois à 8 ans et 9
mois pour "falsification de documents officiels" contre M. Imamoglu,
assortie d'une interdiction d'exercer des activités politiques.
L'avocat de M. Imamoglu, Mehmet Pehlivan - également emprisonné depuis
juin - est intervenu par visioconférence, mais a refusé de plaider,
affirmant n'avoir pu être autorisé à parler à son client avant
l'audience. (AFP, 11 sept 2025)
Un tribunal
d'Ankara rejette la destitution de la direction
du CHP à Istanbul
Un tribunal d'Ankara a rejeté jeudi une demande d'annulation du congrès
de la section d'Istanbul du principal parti d'opposition CHP et la
révocation de sa direction actuelle, contredisant la destitution
provisoire de celle-ci par une cour d'Istanbul mardi, a annoncé le
parti.
"Le procès d'annulation du congrès provincial d'Istanbul a été
définitivement tranchée aujourd'hui par le 3e Tribunal civil de
première instance qui l'a rejetée sur le fond. (...) Il faut maintenant
que la mesure conservatoire soit levée", a affirmé le président du CHP
Özgür Özel.
Un tribunal d'Istanbul avait décidé mardi dernier "la destitution
provisoire" de la direction provinciale du CHP pour "fraude éléctorale"
et avait nommé, comme mesure conservatoire, Gürsel Tekin,
vice-président du CHP entre 2010 et 2014, à la tête de la branche
d'Istanbul, provoquant des tensions entre élus et policiers dimanche et
lundi.
Selon le CHP, la décision du tribunal d'Ankara, prononcée sur le fond,
annule la destitution et la nomination provisoire d'un administrateur
par une cour d'Istanbul.
"Bien que des tentatives soient faites pour créer une perception
différente dans l'opinion publique, l'injonction provisoire du 45e
Tribunal civil de première instance d'Istanbul est actuellement en
vigueur et reste valable", a de son côté réagi l'avocat de Gursel Tekin
sur X, précisant que "les parties et les preuves" diffèrent entre les
deux procédures.
La décision sur la direction d'Istanbul du CHP pourrait, selon les
observateurs, avoir un impact sur le verdict attendu lundi à Ankara
dans un procès qui vise cette fois-ci la révocation de la direction
nationale du CHP. (AFP, 11 sept 2025)
Les autorités entrent de force au siège de
l'opposition à Istanbul
Des échauffourées ont opposé lundi élus et policiers au siège régional
du principal parti de l'opposition turque à Istanbul, où un
administrateur désigné par l'Etat est parvenu à entrer par la force,
ont constaté des journalistes de l'AFP.
Toute la nuit et jusqu'à la mi-journée, des centaines d'élus et
partisans du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) ont
fait barrage aux abords et à l'intérieur du bâtiment, s'opposant à sa
prise de contrôle par les autorités qui ont destitué la semaine passée
la direction provinciale du parti.
Mais l'administrateur désigné par l'Etat, un ex-cadre du CHP, a pu
pénétrer à l'intérieur du bâtiment en début d'après-midi, aidé d'une
colonne de policiers équipés de boucliers.
Avant cela, les forces de l'ordre avaient fait usage lundi matin de gaz
lacrymogène et procédé à au moins une dizaine d'interpellations, selon
deux journalistes de l'AFP sur place.
La justice a révoqué mardi la direction du CHP à Istanbul pour des
soupçons d'irrégularités lors d'un congrès du parti en 2023.
Cette décision, survenue moins de six mois après l'arrestation du
populaire maire CHP d'Istanbul Ekrem Imamoglu, considéré comme le plus
sérieux rival du président Recep Tayyip Erdogan, agite l'opposition
turque car une décision similaire pourrait être prise lundi prochain
contre la direction nationale du CHP.
Dans ce contexte, le gouvernorat d'Istanbul a interdit jusqu'à mercredi
soir les manifestations dans plusieurs districts de la ville, dont
celui de Sariyer où se trouve le siège régional du parti.
L'accès à plusieurs réseaux sociaux et messageries, dont X, Instagram
et WhatsApp, est également restreint dans la mégapole turque depuis
dimanche soir, selon l'organisation de surveillance de l'accès à
internet Netblocks.
Les autorités, que le CHP accuse de mener un "coup judiciaire", ont
décidé de nommer Gürsel Tekin, vice-président du CHP entre 2010 et
2014, à la tête de la branche provinciale du parti.
M. Tekin, exclu par le CHP la semaine passée après avoir accepté
l'offre des autorités, a affirmé lundi vouloir "simplement sauver (le)
parti". (AFP, 8 sept 2025)
L'opposition convoque un congrès extraordinaire pour le 21
septembre
Le principal parti d'opposition de Turquie va convoquer un congrès
extraordinaire le 21 septembre, après qu'un tribunal a destitué sa
direction d'Istanbul sur des accusations de corruption, a rapporté une
source du parti à l'AFP samedi.
Cette décision intervient dans un contexte de pression politique
croissante sur le Parti républicain du peuple (CHP) après qu'un
tribunal a annulé cette semaine les résultats de son congrès provincial
d'Istanbul en octobre 2023, destituant son leader Ozgur Celik et 195
autres responsables.
Plus de 900 délégués du CHP ont soumis vendredi une pétition à une
commission électorale locale de la capitale Ankara pour autoriser le
congrès, a déclaré la source à l'AFP.
Ce congrès devrait définir la stratégie du parti alors qu'il est
confronté à une incertitude juridique.
Le CHP, la principale force d'opposition au Parlement turc, a remporté
une victoire majeure sur l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan lors
des élections locales de 2024. Depuis lors, le parti est devenu la
cible d'une vague d'arrestations et de procédures judiciaires qui ont
culminé en mars avec l'emprisonnement du populaire et puissant maire
d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, pour des accusations de corruption qu'il
dément.
L'arrestation et l'emprisonnement de M. Imamoglu, considéré comme un
rival clé du président Erdogan, ont déclenché des manifestations de rue
inédites depuis dix ans. Les autorités ont réprimé les manifestations
en arrêtant près de 2.000 personnes, dont la plupart ont ensuite été
libérées.
Mardi, un tribunal a destitué le leader du CHP d'Istanbul et des
dizaines de délégués du parti, tout en nommant une équipe de cinq
hommes pour les remplacer, ce qui a provoqué une chute de 5,5% du
marché boursier turc.
Le CHP a fait appel contre cette décision judiciaire.
Pour l'analyste politique Berk Esen, cette affaire représente une
"répétition" pour une affaire plus importante contre la direction
nationale du parti, visant à l'affaiblir en tant que force d'opposition.
Une procédure judiciaire presque identique pèse en effet sur sa
direction nationale, dans une affaire très suivie qui reprendra à
Ankara le 15 septembre.
Gul Ciftci, vice-présidente du CHP responsable des affaires électorales
et juridiques, a déclaré que le congrès extraordinaire "ne déterminera
pas seulement l'avenir de notre parti, mais réaffirmera également la
foi dans le pluralisme, la diversité et la politique démocratique en
Turquie", dans un commentaire publié sur X vendredi.
Elle a salué la décision concernant le congrès, prise grâce à la
volonté des délégués, comme "la preuve la plus forte que le CHP reste
debout face à toutes les tentatives d'intervention du gouvernement".
(AFP, 6 sept 2025)
Des milliers de manifestants pour dénoncer un nouveau
coup porté à l'opposition
Des milliers de personnes se sont rassemblées mercredi soir à Istanbul
pour protester contre la révocation la veille par un tribunal de la
direction dans cette mégapole du principal parti de l'opposition en
Turquie, le CHP, sur des soupçons d'irrégularités au cours d'un congrès
en 2023.
"Gouvernement, démission!", a crié la foule, agitant des drapeaux
turcs, dans le quartier de Zeytinburnu, un bastion de l'AKP, le parti
du président Recep Tayyip Erdogan, tandis qu'Ozgur Ozel promettait que
le Parti républicain du peuple (CHP), qu'il dirige, ne se laisserait
pas intimider.
"Ils pensent qu'ils vont faire taire le CHP et nommer une opposition
qui leur convient (...) mais nous ne nous soumettrons pas. Ce n'est pas
seulement l'opposition qui est menacée mais le multipartisme : c'est un
régime qui usurpe la démocratie", a-t-il lancé devant les
protestataires.
Le CHP, qui a remporté une large victoire face à l'AKP aux élections
locales de 2024 et qui progresse dans les sondages, a dénoncé la
décision prise mardi par la justice, la qualifiant de "coup d'État
judiciaire".
Ce parti a été frappé par une série d'arrestations et de poursuites
judiciaires, avec en point d'orgue l'emprisonnement en mars du
populaire et puissant maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, considéré comme
le seul candidat ayant une réelle chance de battre M. Erdogan dans les
urnes.
Le jugement de mardi a annulé les résultats du congrès provincial du
CHP dans cette ville en octobre 2023, écartant son chef Ozgur Celik et
195 autres personnes et nommant une équipe de cinq personnes pour les
remplacer.
Ce parti a fait appel mercredi de cette décision.
La direction nationale du CHP, contre laquelle des accusations
similaires ont été portées, pourrait subir pareil sort prochainement, a
fait savoir ce même jour le ministre turc de la Justice, Yilmaz Tunç.
Une audience à ce sujet est programmée pour le 15 septembre à Ankara.
(AFP, 3 sept 2025)
Nouveau coup judiciaire contre le
principal parti d'opposition
Un tribunal turc a révoqué mardi la direction d'Istanbul du principal
parti de l'opposition, le CHP, pour des irrégularités présumées lors de
son congrès en 2023. Une décision dénoncée comme "un coup d'Etat
judiciaire" par le parti qui va faire appel.
Cette mesure apparaît comme un nouvel épisode de la guerre que livrent
les autorités turques au premier parti d'opposition et surtout à ses
figures populaires, dont le maire d'Istanbul emprisonné, Ekrem Imamoglu.
Le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) a remporté une
large victoire face à l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan lors des
élections municipales de 2024 et progresse dans les sondages.
Dans son jugement, dont l'AFP a pu consulter une copie, le tribunal
annule les résultats du congrès provincial du CHP, excluant son chef à
Istanbul, Özgür Celik, ainsi que 195 membres de la direction et
délégués de ce parti.
Par ces procédures, l'objectif est d'évincer l'actuel président du
parti, Özgür Özel, en faisant annuler le résultat du congrès national
du CHP.
S'exprimant mardi soir à l'issue d'une réunion d'urgence des instances
du parti à Ankara, M.Özel a juré de "ne pas capituler" et dénoncé une
"décision politiquement et légalement nulle et non avenue".
"Nous sommes confrontés à un coup d'Etat judiciaire", a-t-il enchainé
lors d'un entretien à la chaine de télévision privée Halk TV, accusant
les autorités de vouloir "modifier les résultats électoraux par voie de
justice".
"Ils menacent de me retirer la direction du parti. Je vais me battre en
retour". a-t-il promis.
- Pression judiciaire croissante -
Le CHP subit une pression judiciaire croissante via un grand
nombre
d'enquêtes et d'interpellations visant ses élus, accusés de corruption,
comme au sein de la municipalité d'Istanbul, la plus riche et la plus
importante ville de Turquie, dont le maire est depuis mars derrière les
barreaux.
L'arrestation de l'édile, Ekrem Imamoglu, figure populaire de
l'opposition et principal adversaire potentiel du président Recep
Tayyip Erdogan à la prochaine échéance présidentielle, avait déclenché
un mouvement de contestation inédit dans ce pays depuis douze ans.
Sont de fait suspendues mardi "toutes les décisions prises au cours du
congrès provincial d'Istanbul" du CHP qui avait eu lieu le 8 octobre
2023, d'après le jugement rendu.
La mesure suppose également "la réintégration temporaire" des personnes
élues lors du précédent congrès ou la nomination d'un comité provisoire
qui serait jugé approprié par le tribunal.
Au congrès d'octobre 2023, Özgür Celik, élu à la direction du parti à
Istanbul avec le soutien d'Ekrem Imamoglu, l'avait emporté face à son
concurrent, Cemal Canpolat, un proche de l'ancien président du CHP,
Kemal Kilicdaroglu.
Ce dernier avait été le candidat malheureux de l'opposition à la
présidentielle de 2023.
Le parquet a ouvert une enquête contre M. Celik et neuf autres
responsables du parti pour des allégations de "fraude électorale", ce
qui peut leur valoir jusqu'à trois ans de prison.
Pour l'analyste politique Berk Esen joint par l'AFP, la décision de
mardi contre la direction d'Istanbul est une "répétition" avant une
nouvelle procédure judiciaire contre le CHP lui-même, afin de
l'affaiblir en tant que force d'opposition dans la perspectives des
prochaines élections.
M. Esen y voit le signe d'une "évolution vers une autocratie totale
(qui) signale la fin du multipartisme dans le pays tel que nous le
connaissons".
"Le gouvernement prend des mesures calculées pour éliminer Ekrem
Imamoglu, qu'il considère comme la seule véritable menace électorale,
et pour réduire le CHP à une opposition sous contrôle", assure-t-il.
(AFP, 3 sept 2025)
La commission nationale du parlement turc planchera
au moins jusqu'à l'hiver
La commission parlementaire chargée de préparer un cadre légal au
processus de paix en Turquie avec le Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK) achèvera ses travaux au plus tôt fin décembre, a
déclaré vendredi le président du parlement turc.
"La décision prise lors de la création de la commission était que ses
travaux se concluent le 31 décembre", a indiqué Numan Kurtulmus à
l'agence de presse officielle Anadolu, précisant que cette date
pourrait si nécessaire être repoussée de plusieurs mois.
La commission transpartisane, dont les travaux ont démarré début août,
a pour mission de réfléchir à des solutions pour une paix durable et un
désarmement complet du groupe armé kurde, dont le conflit avec l'Etat
turc depuis 1984 a fait plus de 50.000 morts selon Ankara.
Ses propositions seront ensuite soumises à l'aval du parlement turc, a
souligné son président, M. Kurtulmus.
La commission est composée de 48 députés, dont 25 du bloc au pouvoir
dominé par le parti AKP (islamo-conservateur) du président Recep Tayyip
Erdogan. Dans les rangs de l'opposition figurent notamment quatre élus
du parti prokurde DEM.
À la suite de discussions entamées en octobre avec les autorités via le
DEM, le PKK, considéré comme terroriste par Ankara, a annoncé en mai sa
dissolution, répondant à un appel en ce sens de son chef historique
Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999.
Lors d'une cérémonie symbolique, une trentaine de ses combattants ont
brûlé symboliquement leurs armes le 11 juillet dans le nord de l'Irak.
(AFP, 29 août 2025)
Le ministre turc des Transports flashé à 225 km/h
Le ministre turc des Transports a écopé d'une embarrassante amende pour
un excès de vitesse à 225 km/h, après avoir été filmé par ses équipes
roulant à tombeau ouvert sur une autoroute du centre du pays.
Sur une vidéo mise en ligne dimanche soir sur son compte X, Abdulkadir
Uraloglu apparaît au volant d'une puissante Audi dont le compteur
grimpe jusqu'à 225 km/h, sur une portion limitée à 140 km/h.
Comble de l'ironie, la publication X se conclut par le mot-clé
#LaTurquieAccélère, que le ministre utilise régulièrement pour vanter
les nouvelles infrastructures du pays.
Aussitôt épinglé par les internautes, le ministre a répondu quelques
heures plus tard sur X à sa propre vidéo en affirmant avoir dépassé la
limite de vitesse "sans (s)'en rendre compte" en voulant "vérifier
l'état actuel de l'autoroute Ankara-Nigde".
M. Uraloglu a joint à son message une photo de la contravention de
9.267 livres turques (194 euros) dressée à son encontre, promettant
d'être "beaucoup plus prudent à l'avenir".(AFP, 29 août 2025)
Forces
armées/Armed Forces
« La
Turquie détruit comme le nucléaire »
Le salon IDEF 2025, tenu à Istanbul, a été le théâtre de révélations
majeures concernant les nouvelles avancées de l’industrie militaire
turque. L’événement a mis en lumière deux nouvelles bombes, Gazap et
NEB-2 Ghost, qui pourraient transformer les stratégies de défense et de
guerre modernes. Ces armes, par leurs caractéristiques innovantes,
renforcent la position de la Turquie sur la scène internationale et
posent de sérieuses questions sur l’évolution des armements
conventionnels vers des capacités destructrices comparables à celles
des armes nucléaires tactiques.
Les ambitions de l’industrie de défense turque
Le Salon international de l’industrie de la défense, organisé à
Istanbul, s’est imposé comme une plateforme clé pour présenter les
avancées technologiques militaires de la Turquie. L’événement, qui
s’est déroulé sur six jours et a couvert plusieurs sites prestigieux, a
permis de démontrer les progrès réalisés par les ingénieurs turcs. Ces
derniers, après des années de développement, ont réussi à concevoir des
armes qui sont désormais prêtes à être intégrées dans les arsenaux
militaires.
La présentation de ces bombes marque une rupture technologique
significative. Ces armes, conçues et certifiées selon des standards
rigoureux, sont le fruit de recherches intensives menées par le
ministère turc de la Défense. En exposant ces nouvelles capacités, la
Turquie envoie un message clair sur ses ambitions géopolitiques et son
désir de jouer un rôle de premier plan sur la scène mondiale.
« On n’a aucune preuve, on s’est plantés » : la Bulgarie fait
volte-face après avoir accusé la Russie de pirater l’avion d’Ursula von
der Leyen
Gazap : une arme de fragmentation avancée
La première des deux nouvelles bombes, Gazap, symbolise la colère par
son nom et sa puissance. Cette bombe de 970 kilogrammes redéfinit le
concept de fragmentation. Alors que les bombes traditionnelles
dispersent un nombre limité de fragments, Gazap en projette plus de 10
par mètre carré. Cette augmentation est rendue possible grâce à une
structure interne optimisée, contenant 10 000 particules calibrées pour
un effet maximal.
Dirigée par Nilufer Kuzulu, l'équipe de conception a mis au point un
système de fragmentation contrôlée, offrant une précision et une
efficacité redoutables. Contrairement aux bombes conventionnelles,
Gazap assure une dispersion méthodique des fragments, imitant l'effet
destructeur d'une grenade défensive sur une plus grande échelle. Cette
innovation place Gazap parmi les armes conventionnelles les plus
avancées de notre époque.
« Plus de failles pour Poutine » : le Danemark force les importateurs
européens à prouver que leur gaz ne vient pas de Russie avant 2027
Les effets thermobariques de Gazap
Outre sa capacité de fragmentation, Gazap intègre une technologie
thermobarique qui amplifie sa létalité. Ce type d'explosion utilise
l'air ambiant comme combustible pour produire une surpression et une
chaleur intense. Les températures atteignent 3 000°C, suffisantes pour
détruire des structures en acier et en béton. Les essais réalisés ont
montré une efficacité redoutable, avec des ondes de choc et une
explosion visible sur une large zone.
Cette puissance place Gazap parmi les armes non nucléaires les plus
meurtrières, capable de rivaliser avec certaines capacités nucléaires
tactiques. Cette avancée technologique soulève des préoccupations sur
l'évolution des conflits modernes et la nécessité de repenser les
stratégies de défense globale.
NEB-2 Ghost : percée des structures fortifiées
La bombe NEB-2 Ghost se distingue par sa capacité à pénétrer des
structures extrêmement résistantes. Avec un poids similaire à Gazap,
elle est conçue pour percer des bunkers et des infrastructures
fortifiées. Sa capacité à traverser 7 mètres de béton C50, bien au-delà
des capacités des missiles actuels, est rendue possible par un système
de détonation retardée.
Contrairement aux bombes traditionnelles, NEB-2 Ghost attend 240
millisecondes avant de détoner, permettant à la bombe de s'enfoncer
profondément dans sa cible. Cette approche garantit une destruction
maximale des structures internes, rendant cette arme redoutable pour
les cibles fortifiées. Ces capacités soulignent le potentiel
destructeur des nouvelles armes conventionnelles.
Implications géopolitiques et militaires
Les nouvelles bombes turques posent des questions cruciales sur
l'équilibre des forces militaires mondiales. Leur compatibilité avec
les avions de combat turcs et le potentiel d'intégration sur des drones
ouvrent la voie à des applications militaires variées. Alors que ces
armes se rapprochent des capacités destructrices des armes nucléaires
tactiques, sans franchir le seuil atomique, elles redéfinissent les
règles du jeu géopolitique.
Les implications de ces développements technologiques sont profondes.
Elles interrogent sur la future nature des conflits armés et sur la
manière dont les nations devront adapter leurs stratégies de défense.
Comment ces nouvelles armes influenceront-elles les relations
internationales et la stabilité mondiale ? (le-gaz.fr/, 21 sept 2025)
La Turquie va construire le plus
gros navire de guerre d’un pays méditerranéen
Le projet titanesque a officiellement été lancé la semaine dernière par
Recep Tayyip Erdogan. Au cours de l’événement Teknofest Blue Homeland
au Commandement du Chantier Naval, le président turc a donné le coup
d’envoi du projet MUGEM, futur premier porte-avions conçu et construit
dans le pays. Avec ses 285 mètres de long, 72 mètres de large et un
déplacement de plus de 60.000 tonnes, ce futur géant des mers dépassera
nettement le porte-avions français Charles de Gaulle (261 mètres,
42.500 tonnes), jusqu’ici navire amiral le plus puissant en
Méditerranée.
Avec ce nouveau projet, la Turquie entend frapper fort sur la scène
navale. «Notre porte-avions national peut actuellement poursuivre son
voyage d’ici à New York et revenir sans ravitaillement en carburant», a
indiqué l’ingénieur lieutenant Aykut Demirezen au quotidien Turkiye
Today, vantant ainsi les capacités d’autonomie du navire. Redessinée à
partir de calculs hydrodynamiques, son étrave permettrait une
diminution estimée de 1,5 % de la consommation de carburant.
Prévu pour être mis à l’eau entre 2027 et 2028 et entrer en service à
l’horizon 2030, le MUGEM (Milli Uçak Gemisi, «porte-avions national»)
doit accueillir une cinquantaine d’appareils, indique le média Yeni
Safak, proche du pouvoir. Contrairement aux bâtiments occidentaux
majoritairement centrés sur l’aviation pilotée, il sera pensé dès
l’origine pour des drones de combat de dernière génération : Kızılelma,
l’ANCA-III. Il pourra également accueillir le chasseur léger Hurjet
dans sa version navale. Ankara assure que plus de 80 % des composants
seront produits localement, gage d’indépendance stratégique.
«Notre objectif est l’indépendance maritime»
«Nous allons construire ce porte-avions plus grand que le TCG Anadolu.
Notre objectif est l’indépendance maritime et la supériorité
régionale», a martelé Erdogan, après avoir soudé symboliquement la
dernière pièce d’une rampe d’essai destinée aux futurs aéronefs
embarqués. Dans son discours, à Istanbul, le président turc a affirmé
que l’armée «écrit l’histoire» et «inspire les peuples opprimés, de la
Palestine à la Somalie».
Le projet s’inscrit dans la doctrine de la «Patrie bleue» (Mavi Vatan)
voulue par le dirigeant turc, qui vise à affirmer l’influence turque en
Méditerranée orientale, en mer Noire et jusqu’à la mer Rouge. Il
succédera au porte-aéronefs TCG Anadolu, entré en service en 2022, et
sera complété par un second bâtiment, le TCG Trakya, actuellement en
construction.
Si le calendrier est respecté, la Turquie rejoindra le club très
restreint des pays capables de concevoir un porte-avions de cette
taille – États-Unis, Russie, France, Chine. En revanche, il devrait
vite perdre son record : le PANG (Porte-Avions de Nouvelle Génération)
français deviendra le nouveau principal mastodonte de la Méditerranée
avec ses quelque 75 000 tonnes dans une dizaine d’années. (Le Figaro, 2
sept 2025)
Erdogan salue la livraison à l'armée du système "Dôme d'acier"
Le président Recep Tayyip Erdogan a qualifié mercredi de "tournant pour
la Turquie" la livraison à son armée par des entreprises publiques du
système de défense antiaérienne "Dôme d'acier", dans le contexte des
derniers grands conflits régionaux.
"Aujourd'hui, nous fournissons à notre armée le système Dôme d'acier,
composé de 47 véhicules d'une valeur de 460 millions de dollars, qui
inspirera confiance à nos amis et crainte à nos ennemis", a déclaré M.
Erdogan au cours d'une cérémonie, un an après le lancement de ce projet.
"Les récents conflits autour de nous ont révélé l'importance" des
systèmes radar pour détecter les menaces aériennes, a notamment
souligné le chef de l'Etat, qui s'exprimait au siège du géant turc de
l'industrie de défense Aselsan.
"Si un pays ne parvient pas à développer son propre système de
(détection) radar et de défense antiaérienne, il ne peut envisager son
avenir avec confiance face aux défis sécuritaires actuels, en
particulier dans notre région", a-t-il poursuivi.
"Ce système fera toute la différence pour la défense antiaérienne de la
Turquie. C'est un tournant pour la Turquie", a encore dit M. Erdogan.
"Nous sommes conscients de l'importance de ne rien laisser au hasard
(...). Avec le Dôme d'Acier, nous serons désormais dans une classe
supérieure en matière de défense antiaérienne", a insisté le président
turc.
En août 2024, la Turquie, membre de l'Otan, avait dévoilé son intention
de mettre en place un vaste système pour protéger son espace aérien sur
le modèle du célèbre "Dôme de fer" israélien.
Celui-ci "renforcera encore la dissuasion et l'efficacité de nos forces
armées (...) et garantira notre sécurité au plus haut niveau", a pour
sa part assuré le ministre de la Défense, Yasar Guler, également
présent à la cérémonie.
M. Erdogan a en outre inauguré les travaux en vue de doter la Turquie
d'une gigantesque base technologique d'une valeur d'un milliard et demi
de dollars, la qualifiant de "plus important investissement dans
l'industrie de la défense jamais réalisé en une seule fois dans
l'histoire de la République".
"Il s'agira de la plus grande installation intégrée de défense
antiaérienne de toute l'Europe", a-t-il déclaré, ajoutant, sans autres
précisions, que, d'ici à mi-2026, un premier élément de ce complexe
serait opérationnel.
"Cet investissement va faire de la Turquie un acteur mondial en matière
de systèmes de défense". (AFP, 27 août 2025)
La nouvelle
bombe de l'Armée turque projette 10 000
fragments mortels
Baptiste Lemoine, Le Gaz, 30 août 2050
L’industrie militaire turque a récemment attiré l’attention mondiale
lors du salon IDEF 2025 à Istanbul, en présentant deux nouvelles bombes
qui redéfinissent la puissance de frappe conventionnelle. Les bombes,
nommées Gazap et NEB-2 Ghost, ont suscité un vif intérêt en raison de
leur capacité destructrice, comparable à celle des armes nucléaires
tactiques. Ces développements marquent un tournant majeur pour la
Turquie sur la scène géopolitique, suscitant des débats sur l’évolution
des guerres modernes et les implications stratégiques de ces
technologies avancées. Le salon IDEF a ainsi offert une plateforme pour
révéler ces innovations militaires révolutionnaires.
Un salon de l’armement qui marque l’histoire
Le Salon international de l’industrie de la défense d’Istanbul, connu
sous le nom d’IDEF, s’est imposé comme un événement incontournable sur
la scène mondiale. Lors de sa 17e édition, il a rassemblé les plus
grands acteurs de la défense pour présenter des avancées technologiques
significatives. Réparti sur plusieurs sites prestigieux, y compris
l’aéroport Atatürk, le salon a mis en lumière les ambitions
grandissantes de la Turquie dans le domaine militaire.
Les ingénieurs turcs ont profité de cet événement pour dévoiler leurs
dernières innovations, aboutissement de nombreuses années de recherche
et développement. Ces nouvelles armes, désormais prêtes à l’emploi,
représentent une avancée technologique majeure. Elles témoignent de la
volonté de la Turquie de se positionner comme un leader dans le domaine
des armements à l’échelle mondiale.
Gazap : la fragmentation portée à son paroxysme
La bombe Gazap, qui signifie « colère » en turc, incarne parfaitement
sa puissance destructrice. Avec un poids de 970 kg, elle réinvente le
concept de bombe à fragmentation. Sa capacité à disperser plus de 10
fragments par mètre carré est une performance impressionnante. Cette
prouesse est rendue possible grâce à sa structure interne, qui contient
10 000 particules calibrées pour se répandre sur un kilomètre.
Nilufer Kuzulu, chef de l’équipe de conception, souligne que ce système
de fragmentation contrôlé rend Gazap unique. Contrairement aux bombes
conventionnelles, elle imite l’effet d’une grenade défensive à grande
échelle. Cette technologie garantit une destruction ciblée et efficace,
positionnant Gazap parmi les armes les plus avancées de notre époque.
La dimension thermobarique : quand la physique devient terrifiante
L’aspect thermobarique de Gazap amplifie encore sa létalité. Cette
technologie utilise un mélange air-combustible pour créer une
surpression et une chaleur extrêmes, atteignant jusqu’à 3 000 °C. Une
telle température est suffisante pour faire fondre les matériaux les
plus résistants comme l’acier et le béton.
Les tests militaires ont illustré cette puissance avec une précision
frappante. Lors d’une démonstration, l’explosion a généré un éclair
intense suivi d’ondes de choc, recouvrant une vaste zone de 160 mètres
de large. Cette capacité de destruction exceptionnelle classe Gazap
parmi les armes conventionnelles les plus redoutables disponibles
aujourd’hui.
NEB-2 Ghost : l’art de percer l’impénétrable
La NEB-2 Ghost, deuxième révélation du salon, cible spécifiquement les
structures fortifiées. Pesant également 970 kg, elle dépasse les
capacités des missiles actuels en pénétrant jusqu’à 7 mètres de béton
C50. Ce béton est trois fois plus résistant que celui utilisé pour les
centrales nucléaires, illustrant la puissance de cette bombe.
Son système de détonation retardée, qui attend 240 millisecondes avant
d’exploser, permet à la bombe de s’enfoncer profondément avant
d’exploser. Les tests ont montré qu’elle pouvait pénétrer jusqu’à 90
mètres, provoquant des glissements de terrain massifs. Cette capacité
de pénétration fait de la NEB-2 Ghost une arme particulièrement
redoutable contre les cibles renforcées.
Une nouvelle donne géopolitique
La montée en puissance de l’industrie de défense turque reflète ses
ambitions croissantes sur la scène géopolitique. Compatible avec les
avions de chasse turcs, ces nouvelles bombes pourraient également être
adaptées pour les drones. Ces super-bombes conventionnelles soulèvent
des questions cruciales sur l’équilibre des forces mondiales.
En se rapprochant des capacités destructrices des armes nucléaires
tactiques, ces innovations redessinent les règles du jeu militaire. La
Turquie, en renforçant sa position stratégique, pose un défi important
aux autres puissances militaires. Quel sera l’impact de ces nouvelles
armes sur les relations internationales et la stabilité géopolitique
mondiale ?
Affaires
religieuses / Religious Affairs
La photo
nette et claire de l’islamisation du régime: Le
président des affaires religieuses
Ragip Duran, TVXS.GR, 20 septembre 2025
Le président de la République M. Erdogan a nommé jeudi dernier le Prof.
Safi Arpagus comme le nouveau Président d’une des plus grandes
institutions publiques du pays, la Direction des Affaires Religieuses
(Le Diyanet).
Le mandat de l’ex-Président le Prof. Ali Erbas, nommé à ce poste en
2017, n’est donc pas renouvelé. Il a été très critiqué pas seulement
par l’opposition, mais également par certains partisans d’Erdogan.
Né en 1961 dans un petit district d’Ordu (Mer Noire), M. Erbas,
bachelier du lycée coranique (Imam-Hatip) avait poursuivi ses études
universitaires à la Faculté de Théologie. Il est devenu Professeur en
2004. Il était depuis 2011 un cadre du Diyanet. Marié avec Mme Seher,
il est le père de 4 enfants. Son épouse était à la une des médias quand
elle avait demandé une voiture de service pour ses déplacements
personnels. Sa fille a été admise à une université publique alors
qu’elle ne remplissait pas les conditions requises.
Le Président Erdogan, islamiste d’apparence, accordait une importance
capitale au Président Erbas et à son poste. Alors qu’avant 2021, le
Président du Diyanet était au 52e rang du protocole officiel de
l’Etat, il est devenu la 12e personnalité dans la hiérarchie de l’Etat.
Il est devant le Chef de l’Etat Major de l’Armée, poste capital pour la
majorité des Turcs.
Autre changement majeur : Le budget du Diyanet était de 6.5 milliards
de Livres Turques (environ 133 millions d’Euros) en 2017 avec 117.000
cadres. Alors qu’aujourd’hui le budget est de 130 milliards de LT
(environ 2.7 milliards d’Euros) pour 140.000 cadres. La Direction du
Diyanet dépend désormais, directement du Palais d’Erdogan.
M. Erbas dès sa jeunesse était en étroite relation avec des
organisations islamistes et nationalistes. Il avait également de très
bons rapports avec la Communauté Gulen, alliée du passé, ennemi actuel
du Président Erdogan.
Les Kémalistes le détestent, car il avait plusieurs fois déclaré
publiquement son opposition à Moustapha Kemal Atatürk.
M. Erbas, tout au long de sa présidence, toujours très pro-Erdogan, n’a
pas omis d’affirmer ses antipathies contre les femmes, les personnes
LGBT, les couples non-mariés, la laïcité et les gens de gauche. Il a
été sévèrement contesté quand le 20 juillet 2020 la grande église de
Sainte Sophie a été encore une fois, par un décret présidentiel,
transformée en mosquée. Ce jour, M. Erbas équipé d’une grande épée
était sur la chaire pour réciter un sermon. Il avait loué l’esprit de
conquête de ses ancêtres agresseurs.
Lors de ses déplacements à l’étranger, il avait emmené avec lui des
‘’officiers’’ responsables de fer à passer et de linges. Il voyage dans
une voiture de luxe, blindé.
Selon son CV, il parle, l’arabe et le français, mais les vidéos de ses
performances linguistiques démontrent que cette information n’est pas
très exacte.
Il ne cesse de faire des sermons contre le gaspillage, mais il n’a pas
hésité pas à organiser une cérémonie de mariage très luxueuse pour sa
fille, en présence du Président Erdogan.
M. Erbas a été également désapprouve jeudi par l’ex-député d’Erdogan,
le journaliste Samil Tayyar: ‘’La Direction des Affaires Religieuses
n’a jamais été autant endommagée durant le mandat du dernier
Président’’.
Par ailleurs, ‘’La religion et le drapeau sont les meilleures
couvertures pour cacher l’ensemble des actes illégales et illégitimes
du pouvoir. Tu voles, mais tu dis que tu es musulman. Tu tues, mais tu
dis que c’est pour la patrie’’ avait dit Ahmet Chik, député du Parti
ouvrier de Turquie (4 députés, dont un en prison).
Un voyage
du pape en Turquie et au Liban en préparation pour
fin novembre
Des préparatifs sont en cours pour un voyage du pape Léon XIV en
Turquie et au Liban fin novembre, qui constituerait son premier
déplacement à l'étranger, ont indiqué à l'AFP des sources vaticanes.
Selon ce projet, à l'étude depuis plusieurs semaines, Robert Francis
Prevost effectuerait ce voyage en deux étapes, en Turquie pour le
1.700e anniversaire du Concile de Nicée, évènement majeur de l'histoire
de la chrétienté, puis au Liban.
Le déplacement, qui durerait un peu moins d'une semaine entre fin
novembre et début décembre, selon des sources vaticanes, n'a pas encore
été officialisé mais le pape avait confirmé en juillet son intention de
se rendre en Turquie.
Contacté, un porte-parole du patriarcat oecuménique de Constantinople a
confirmé à l'AFP que le patriarche Bartholomée Ier avait invité le pape
à la fête du trône du patriarcat le 29 novembre à Istanbul et à se
rendre avec lui à Iznik le lendemain pour l'anniversaire du premier
concile de Nicée.
Nicée, actuellement la ville d'Iznik, située à une centaine de
kilomètres au sud-est d'Istanbul, a accueilli en 325 le premier concile
oecuménique de l'histoire du christianisme, convoqué par l'empereur
Constantin Ier.
Cette assemblée d'environ 300 évêques de l'Empire romain a établi des
bases doctrinales toujours reconnues par de nombreuses confessions
chrétiennes.
Ce voyage devait initialement être effectué en mai par le prédécesseur
de Léon XIV, le pape François, décédé en avril à 88 ans.
De son côté, le patriarche libanais Bechara Raï, chef de l'Eglise
maronite, avait annoncé en août dans une interview à la chaîne
Al-Arabiya que Léon XIV se rendrait au Liban "d'ici décembre", une
information que le Saint-Siège n'avait pas commentée.
S'il était confirmé, ce voyage serait le premier déplacement
international du nouveau chef de l'Eglise catholique depuis son
élection le 8 mai.
Le pape François s'était rendu en Turquie en 2014, où il avait
rencontré le président Recep Tayyip Erdogan, une visite centrée sur le
dialogue oecuménique et la question migratoire.
Le dernier pape à avoir visité le Liban est Benoît XVI en septembre
2012.
En juin, Léon XIV avait reçu au Vatican le président Joseph Aoun,
chrétien maronite, qui lui avait remis une invitation à visiter le
pays. (AFP, 16 sept 2025)
Socio-économique
/ Socio-economic
Turkish
Airlines annonce la commande de 225 avions
Boeing
La compagnie nationale turque Turkish Airlines a annoncé vendredi la
commande ferme de 225 avions américains Boeing, au lendemain d'une
réception, la première depuis 2019, du président turc à la Maison
Blanche.
Après cet entretien de plus de deux heures entre Donald Trump et Recep
Tayyip Erdogan, la Turquie, membre de l'Otan, escomptait la levée des
sanctions américaines qui l'empêchent depuis 2020 d'acheter les avions
de chasse américains F-35, en représailles à l'achat par Ankara du
système de défense antiaérienne russe S-400.
S'exprimant dans la nuit devant la presse turque, dans l'avion qui le
ramenait de Washington, le chef de l'Etat a salué une "atmosphère
sincère, constructive et productive" lors de cet entretien, mais
"résoudre tous les problèmes en une seule réunion est, bien sûr,
impossible", a-t-il convenu, selon les propos rapportés par la
présidence.
La commande annoncée par Turkish Airlines vendredi, dont le montant n'a
pas été précisé, "porte sur 150 appareils livrables entre 2029 et 2034
et 75 en option"; et sur "150 appareils 737-8/10 Max, dont 100 en
commande ferme et 50 en option", détaille-t-elle.
En outre, "des négociations sont en cours avec Rolls-Royce et GE
Aerospace pour acquérir des moteurs montés sur les ailes, des moteurs
de rechange et des services de maintenance moteur" pour les B-787,
précise-t-elle.
La compagnie, qui dessert plus de 320 destinations dans le monde au
départ de son hub d'Istanbul, sur tous les continents, avait annoncé en
décembre 2023 la commande de 355 Airbus à l'avionneur européen et
principal concurrent de Boeing.
"Avec ces commandes, nous souhaitons que l'ensemble de notre flotte
soit composée d'avions de nouvelle génération d'ici 2035, renforçant
ainsi notre efficacité opérationnelle et atteignant un taux de
croissance annuel moyen de 6 %" souligne vendredi la compagnie, qui
disait disposer de 491 appareils à la fin du mois de juillet.
La rumeur de cette commande circulait dans la presse avant la rencontre
des présidents Erdogan et Trump à la Maison Blanche.
Cette réception du président turc, boudé par l'administration démocrate
de Joe Biden, pendant plus de deux heures jeudi, était très attendue
par Ankara qui espère pouvoir reprendre ses commandes d'avions
militaires.
- "levée des sanctions" -
Donald Trump s'est dit jeudi prêt à lever "presque immédiatement" les
sanctions américaines contre le secteur turc de la défense. "Si nous
avons une bonne réunion, presque immédiatement", a déclaré le président
américain en réponse à une question de la presse.
Washington avait exclu la Turquie de son programme de modernisation des
avions de chasse F-16 et des chasseurs furtifs F-35 en 2019, avant
d'imposer un an plus tard des sanctions à Ankara, pourtant son allié au
sein de l'Otan, en raison de son achat du système russe de défense
antiaérienne S-400.
Le président américain a toutefois demandé à M. Erdogan de cesser les
achats de pétrole russe par la Turquie.
Ankara a conservé depuis le début de l'invasion russe en Ukraine en
février 2022 des relations avec Moscou et Kiev, fournissant à ce
dernier des drones de combat et une partie de sa marine, tout en
refusant d'appliquer les sanctions internationales à la Russie.
La Turquie a par ailleurs accueilli à trois reprises depuis le
printemps des négociations entre délégations russe et ukrainienne à
Istanbul.
Sans permettre d'avancer sur un éventuel cessez-le-feu, ces réunions
avaient débouché sur des accords d'échanges de prisonniers. (AFP, 26
sept 2025)
Après un été d'enfer, la Turquie éprouve sa pire
sécheresse en un demi-siècle
La Turquie subit sa pire sécheresse en plus d'un demi-siècle avec une
baisse des précipitations de 27% par rapport aux trois décennies
écoulées, et de plus de 60% dans le sud-est de l'Anatolie, selon les
relevés des onze derniers mois.
Entre le 1er octobre 2024 et le 31 août de cette année, il est tombé en
moyenne de 401,1 mm de précipitations sur le pays contre 548,5 mm
relevés entre 1991 et 2020, précise la Météorologie nationale (MGM)
dans son relevé mensuel.
"Les précipitations sur onze mois en Turquie ont chuté à leur plus bas
niveau des 52 dernières années" précise la MGM, avec un effondrement de
plus de 60 % dans la région de l'Anatolie du Sud-Est, dont Hatay
(l'antique Antioche), frontalière de la Syrie et traditionnellement peu
arrosées.
Elles ont reçu en moyenne moins de 250 mm en onze mois, contre plus de
1.000 mm, en moyenne, au cours des trente dernières années.
Les zones méditerranéennes ne sont pas en reste: la région de Marmara
(sud-ouest) et le long de la mer Egée (ouest) enregistrent le
plus
faible niveau de précipitations en dix-huit ans.
La Turquie a vécu un été d'enfer, le manque d'eau couplé à des
températures anormalement élevées avec le mois de juillet le plus chaud
en 55 ans (+ 1,9°C au-dessus des normales 1991-2020) et même un record
de 50,5°C relevé fin juillet à Silopi (sud-est).
La région d'Adana (sud), grande productrice d'agrumes, a
également
connu sa journée la plus chaude en 95 ans, avec une température record
de 47,5°C début août.
A Cesme (ouest), le lac de barrage est tombé à 3% de son niveau
habituel, au point de dévoiler une ancienne route, d'ordinaire
submergée, dont les images ont fait le tour des télévisions turques.
La situation, qui a généré de nombreux incendies de forêt dans l'ouest
en particulier et autour d'Hatay, a conduit les mosquées du pays à
célébrer début août des prières pour faire venir la pluie.
Selon une étude sur la désertification, publiée dans un rapport de
l'ONU début juillet, 88% du territoire turc est exposé au risque de
désertification.
Les précipitations devraient diminuer d'un tiers d'ici la fin du siècle
et les températures augmenter de 5 à 6°C par rapport aux moyennes
relevées entre 1961 et 1990, avancent les experts.
Cette météo hors norme a affecté d'importantes cultures d'exportation
pour la Turquie, comme les abricots, les pommes, les figues ou les
noisettes (70% de la production mondiale).
Fin août, le président Recep Tayyip Erdogan avait estimé les pertes
agricoles à 23 milliards de livres turques (480 millions d'euros) pour
les 50.000 agriculteurs assurés du pays et promis une aide de l'Etat
aux 420.000 sans aucune couverture, dont les revenus se sont effondrés.
(AFP, 23 sept 2025)
Gel, grêle, canicules: une saison en enfer pour
l'agriculture turque
"On a eu d'abord le gel, qui a ruiné les fleurs. Puis la grêle, quand
les fruits étaient à peine naissants", grimace Aleaddin Cogal,
producteur de citrons. Ensuite "un soleil tellement brûlant qu'il les a
cuits".
L'agriculteur de 42 ans énumère la succession de catastrophes
climatiques qui ont frappé cette année la région d'Adana, dans le sud
de la Turquie, l'une des zones agricoles les plus fertiles du pays.
"On a perdu près de 40% de nos récoltes avec ces trois désastres",
assure-t-il en désignant ses arbres chargés de fruits vert pâle, leur
peau fendue ou couverte de vilaines cloques brunes dues aux envolées
torrides de l'été.
"C'est comme si un incendie avait ravagé la récolte. Je n'ai jamais
vécu de journées comme celles-ci", renchérit Kemal Siga, ouvrier
agricole.
La Turquie a subi une multiplication de phénomènes météorologiques
extrêmes, effets du réchauffement climatique qui s'accélère, selon les
experts, dont les communautés agricoles ont été les premières victimes.
Les épisodes de gel ont porté un coup dur aux vergers de citronniers,
particulièrement sensibles au froid, dont la vallée de Cukurova, près
d'Adana, assure 40% de la production turque, selon Mehmet Akin Dogan,
directeur de la chambre d'agriculture locale.
"Cukurova est l'une des principales régions agricoles de Turquie et
contribue à sa production et à sa sécurité alimentaires. Mais les
effets du changement climatique commencent à menacer nos activités",
explique-t-il à l'AFP.
- Gelées et chaleurs intenses -
"Nous avons subi des gelées et des vagues de chaleur comme jamais
auparavant", déplore Mehmet Akin Dogan.
Fin février, le mercure a chuté à -8°C, puis de nouveau en avril,
rappelle le responsable, qui évoque également la grêle et même des
tornades.
Début août, à l'inverse, Adana a connu "la journée la plus chaude
depuis 95 ans", avec une température record de 47,5°C, poursuit-il. "La
seule chose qui nous a manquée, c'est une chute de météorite!"
"Les effets du changement climatique sont visibles, les agriculteurs ne
savent plus quoi faire", insiste-t-il, en espérant un "soutien urgent
du gouvernement".
Selon le relevé mensuel de la météo nationale (MGM), la température
moyenne en juillet en Turquie (26,9°C) a dépassé de 1,9°C la moyenne de
la période 1991-2020 (25°C). Au 8 août, les précipitations étaient à
80% des niveaux habituels autour de la mer Egée et même 95% à Marmara
(sud-ouest), où elles ont atteint leur niveau le plus bas en 65 ans.
Un record de 50,5°C a été relevé fin juillet à Silopi (sud-est).
Cette météo hors norme a affecté d'importantes cultures d'exportations
pour la Turquie, comme les abricots, les pommes, les figues ou les
noisettes (70% de la production mondiale), qui fournissent le géant
italien Ferrero pour sa pâte à tartiner, fauchées par le gel d'avril.
Le ministre de l'Agriculture, Ibrahim Yumakli, a évoqué 2,3 milliards
de livres turques de dégâts (48 millions d'euros) pour les noisetiers.
- "Pire que le séisme" -
"Je fais de l'abricot depuis 40 ans, je n'ai jamais rien vu de
tel.
Les gens n'essaient plus de sauver leur récolte mais leurs arbres",
confiait au printemps Orhan Karaca, directeur de la chambre
d'agriculture de Malatya, en Anatolie orientale (est). "Pire que les
ravages causés par le séisme" de 2023, avançait-il.
Selon le président turc Recep Tayyip Erdogan, les pertes agricoles
s'élèvent au total à 23 milliards de livres turques (480 millions
d'euros) pour les 50.000 agriculteurs assurés. Il a promis une aide de
l'Etat aux 420.000 sans aucune couverture, de plus en plus nombreux
alors que leurs revenus s'effondrent.
Les citrons risquent d'être "une denrée rare cet hiver" avec des prix
déjà élevés qui vont encore augmenter, avertit Aleaddin Cogal. "Ici à
Cukurova, on les paye déjà plus cher qu'en Finlande", jure-t-il. "Trois
euros le kilo, là-bas c'est deux."
"C'est une perte pour notre pays. J'allais exporter, ç'aurait rapporté
de l'argent. Mais avec le réchauffement qui embrouille le climat, ça
n'arrivera pas", s'émeut-il. (AFP, 3 sept 2025)
Haydarpasa, l'adieu aux rails d'une gare
mythique d'Istanbul
Pendant près de quarante ans, Senay Kartal a travaillé à Haydarpasa,
l'une des plus anciennes gares de Turquie située sur la rive asiatique
du Bosphore, dans le grondement des locomotives et l'agitation des
passagers.
Les voyageurs d'Anatolie arpentaient ses escaliers de marbre, valises
en main, s'émerveillant devant ce monument grandiose immortalisé dans
de nombreux films et d'où le Taurus Express, prolongement de
l'Orient-Express, quittait autrefois Istanbul à destination de Damas et
Bagdad.
Mais depuis 2013, ses voies sont silencieuses et le ministère turc de
la Culture l'a reprise pour la transformer en centre d'art.
Pour Senay Kartal, désormais retraitée de 61 ans, le bâtiment
néoclassique inauguré en 1908, posé au bord de l'eau, doit rester une
gare.
"Les gens venant d'Anatolie pouvaient passer la nuit dans les salles
d'attente, pas besoin d'hôtel", se souvient-elle.
"C'était un lieu magnifique, plein de mouvement et d'énergie. Cette
beauté a disparu", regrette-t-elle en évoquant l'imposante bâtisse qui
a survécu à l'effondrement de l'Empire ottoman, à la Première Guerre
mondiale, à des coups d'État et à un incendie qui l'a dévastée en
partie fin 2010.
- Migrations d'Anatolie -
La gare, d'où des Arméniens ont été déportés en 1915, a ensuite
vu
"affluer les migrants de la Turquie rurale vers Istanbul", rappelle
Ayça Yüksel, sociologue et spécialiste de l'histoire de Haydarpasa.
"Elle occupe une place particulière dans la mémoire de ceux qui ont
vécu cette migration. Nous les retrouvons dans la littérature, l'art et
le cinéma", souligne-t-elle.
Toujours debout, sa façade presque intacte après de longues années de
travaux, il ne lui manque que les trains pour lui redonner vie.
En 2013, la gare a fermé, d'abord pour être restaurée; puis des
fouilles, qui se poursuivent, ont révélé des éléments datant du Ve
siècle avant JC.
En 2024, la gare a été placée sous le contrôle du ministère de la
Culture et la première phase d'un futur Centre culturel et artistique
doit être achevée d'ici 2026.
Le projet implique de vider le bâtiment, dont une partie du complexe
abrite les logements du personnel ferroviaire, sommé de quitter le
lieux.
"Ce n'est pas seulement un bâtiment, c'est tout pour nous", objecte
Hasan Bektas, conducteur de train et membre de la Plateforme
Haydarpasa, collectif d'universitaires, d'urbanistes et d'employés
opposés au projet.
Pour M. Bektas, l'emplacement, face au Bosphore, aiguise l'appétit des
investisseurs.
"Leur objectif est toujours le même: faire du profit sur chaque bel
endroit. Le dévaloriser puis l'exploiter", s'emporte-t-il, affirmant
que "l'intérêt public n'a jamais été pris en compte".
- "Icône mondiale" -
En octobre 2024, le ministre de la Culture Nuri Ersoy s'était
pourtant
engagé à maintenir la gare en activité. "Il y aura des trains à
Haydarpasa et à Sirkeci (son pendant sur la rive européenne), un centre
culturel et un jardin public. Mais ni centre commercial ni hôtel",
avait-il promis.
Au début des années 2000, des projets audacieux avaient été évoqués:
sept gratte-ciel, un "World Trade Center", un stade olympique...
"Personne ne s'est jamais battu pour la conserver dans sa forme
originale", peste Hasan Bektas, pour qui Haydarpasa est pourtant une
"icône mondialement connue".
Tous les dimanches depuis 2012, des manifestants se rassemblent près du
bâtiment en scandant "Haydarpasa est une gare et doit le rester".
Nehir Güner n'était qu'une enfant quand la gare a fermé mais
l'étudiante de 22 ans, qui la contemple depuis le ferry qui l'amène à
l'université, a fini par rejoindre les manifestants.
"Il est évident que ce projet de centre d'art, c'est juste pour le
spectacle, (...) sans objectif derrière", accuse-t-elle.
Pour l'architecte Gül Koksal, Haydarpasa était bien plus qu'une gare,
avec ses logements, ses ateliers de réparation et son port. "C'est un
joyau, mais il n'a de sens que s'il est préservé et maintenu en vie
avec tout ce qui le compose", appuie-t-elle. (AFP, 5 sept 2025)
Turquie: le
marié tué par un tir de joie
Un jeune Turc a été tué par accident, lors de son mariage, par un
convive ayant tiré à l'arme à feu en signe de joie, a rapporté mercredi
l'agence de presse étatique turque Anadolu.
Selon Anadolu, le marié, âgé de 23 ans, est décédé des suites de ses
blessures mercredi matin, au lendemain de ses noces célébrées dans un
village de la province de Giresun (nord), située le long de la mer
Noire.
Une tante par alliance du marié, soupçonnée d'être l'auteure du tir
fatal, a été arrêtée, affirme Anadolu.
Les accidents résultant de ces traditionnels tirs de célébration sont
fréquents en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale,
quelque 40 millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart
illégalement.
Une personne avait déjà été tuée accidentellement et deux autres
blessées la semaine passée dans des circonstances similaires, lors d'un
mariage organisé dans la province voisine de Trabzon, selon les
autorités. (AFP, 27 août 2025)
Un nageur russe porté disparu lors de
la traversée du Bosphore
Un nageur russe de 29 ans a disparu dimanche à Istanbul lors de la
traversée annuelle du Bosphore à la nage, a annoncé lundi
l'organisateur, le comité olympique turc, qui insiste sur les moyens
mis en oeuvre pour retrouver le corps.
Le jeune homme participait à la 37ème édition de cette course très
populaire de 6,5 km, exigeante en raison des violents courants qui
parcourent le détroit entre Asie et Europe, à laquelle plus de 2.800
nageurs de 81 pays ont pris part.
"Nous travaillons en étroite collaboration avec les garde-côtes et la
police pour faire la lumière sur cet incident", assure le Comité
olympique turc (TMOK) dans un communiqué, affirmant que "les plus
hautes normes de sécurité" avaient été mises en place.
"La course se termine deux heures après l'entrée du dernier nageur dans
l'eau. À la fin, le parcours a été entièrement vérifié et il a été
constaté qu'il ne restait plus aucun nageur dans l'eau" affirme-t-il.
Le trafic des bateaux et cargos est interrompu pendant l'épreuve.
"Les plus sérieuses mesures de sécurité ont été mises en place par les
institutions compétentes" lors de cette traversée, qui mobilise "100
bateaux dont ceux des garde-côtes, de la Direction générale de la
sécurité maritime, de l'AFAD (agence de gestion des catastrophes et des
urgences), des pompiers et des équipes de recherche et de sauvetage
sous-marins".
Long de 32 kilomètres pour une largeur de 500 mètres à 3.000 mètres le
Bosphore traverse Istanbul de la Mer Noire, au nord, à la mer de
Marmara, qui débouche ensuite en mer Egée via le détroit des
Dardanelles. (AFP, 25 août 2025)
Deux
adolescents néerlandais décédés à Istanbul
Deux adolescents néerlandais ont été découverts morts dans leur hôtel
à Istanbul et leur père a dû être hospitalisé, rapportent samedi les
médias turcs qui semblent mettre en cause le repas pris par les deux
jeunes gens.
Selon la chaine de télévision privée NTV, les deux garçons âgés de 15
et 17 ans étaient morts à l'arrivée de la police et des secours,
alertés par l'hôtel où ils étaient descendus dans le quartier de Fatih.
"A leur arrivée, les ambulanciers ont constaté le décès des deux
enfants. Le père a été transporté à l'hôpital en ambulance", indique la
chaine selon laquelle les trois, en vacances en Turquie, s'étaient
rendus vendredi dans le quartier central et touristique de Taksim pour
diner.
NTV précise que le père de famille, âgé de 57 ans, a été transporté à
l'hôpital en état de choc mais que, contrairement à ses fils, il
n'avait pas mangé la veille.
De même, rapporte le site d'information Haber Türk, "le père de famille
a déclaré à la police avoir accompagné ses fils diner la veille dans le
quartier de Taksim mais n'avoir pas mangé".
NTV cite un employé de l'hôtel, Mehmet Kirdag, qui aentendu le père
appeler à l'aide.
"Il appelait ses enfants. Lorsque j'ai frappé à la porte et suis entré,
les deux fils étaient morts, l'un dans le lit, l'autre par terre (...)
À l'arrivée des ambulanciers, les deux jeunes hommes étaient décédés.
Le père était en état de choc".
NTV précise que la police a ouvert une enquête. (AFP, 23 août 2025)
Relations
turco-européennes / Turkey-Europe Relations
Council of Europe urges Turkey to ensure ‘right to
hope’ for life-sentenced prisoners
The Committee of Ministers of the Council of Europe reviewed the cases
of four prisoners known as the "Gurban group," including Kurdistan
Workers’ Party (PKK) leader Abdullah Öcalan, between Sep 15–17, to
assess whether Turkey is complying with its obligations regarding the
"right to hope." The evaluation focused on whether those serving
aggravated life sentences are given a meaningful prospect of release.
The committee assessed whether Turkey had met its obligations under the
European Convention on Human Rights (ECHR) for Abdullah Öcalan, Emin
Gurban, Civan Boltan, and Hayati Kaytan. All four are serving
aggravated life sentences, without the possibility of parole.
In its interim resolution, the committee called on Turkey to swiftly
and effectively implement the relevant rulings of the European Court of
Human Rights (ECtHR). It highlighted the urgent need to establish new
review mechanisms to address violations arising from the lack of
meaningful parole options for life-term prisoners.
The committee emphasized that a key role in these legal reforms should
be played by the "National Unity, Solidarity, Fraternity and Democracy
Committee," which was established in Turkey's parliament as part of the
new Kurdish peace process. The committee also stated that it expects
the parliament committee to take the lead in preparing and presenting
the necessary legislative proposals.
"The establishment of new and effective review mechanisms by the
authorities, especially legal regulations allowing life sentences to be
reviewed no later than after 25 years, is of vital importance," the
committee said in its decision. It further urged the commission to
accelerate legislative efforts and consider various alternatives in
this area.
The committee requested that Turkey provide detailed information by the
end of June 2026 on the measures taken and progress made. It also
encouraged Turkey to draw on the experiences of other Council of Europe
member states. (BIA, 18 sept 2025)
Un militant pro-démocratie libéré
après un mois en détention
Un jeune militant turc arrêté en Turquie début août après un discours
au Conseil de l'Europe dans lequel il dénonçait un "recul démocratique"
dans son pays a été libéré sous contrôle judiciaire, a indiqué lundi
l'institution basée à Strasbourg.
"Je salue la décision prise aujourd'hui de mettre fin à la détention"
d'Enes Hocaogullari, délégué jeune, pour la Turquie, du Congrès des
pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, "et de le libérer
sous contrôle judiciaire jusqu'à la fin de (son) procès", a déclaré
dans un communiqué Marc Cools, président de cet organe du Conseil de
l'Europe.
M. Hocaogullari avait été arrêté le 5 août à son arrivée à l'aéroport
d'Ankara avant d'être incarcéré à la prison de Sincan, près de la
capitale turque.
Le jeune homme de 23 ans, très impliqué dans la défense des droits
humains et des personnes LGBT+, avait dénoncé fin mars, lors d'une
réunion à Strasbourg, un "recul démocratique" en Turquie, quelques
jours après l'arrestation du maire d'opposition d'Istanbul, Ekrem
Imamoglu.
Il avait en outre accusé la police turque de "violations des droits
humains" et de "brutalité disproportionnée" à l'égard des manifestants
descendus dans les rues du pays.
Malgré sa libération, il reste poursuivi pour diffusion de fausses
informations et incitation à la haine.
"La décision d'aujourd'hui est un premier pas", a affirmé Marc Cools,
appelant les autorités turques à "abandonner toutes les charges
retenues contre Enes".
Chargé de renforcer la démocratie locale, le Congrès des pouvoirs
locaux et régionaux compte 306 membres représentant plus de 130.000
collectivités locales et régionales des 46 Etats membres du Conseil de
l'Europe.
Chaque pays envoie également à Strasbourg un délégué chargé de
représenter les jeunes pour un mandat d'un an. (AFP, 8 sept 2025)
Deux Françaises emprisonnées pour trafic de drogue
clament leur innocence
Deux jeunes Françaises interpellées fin février lors d'une escale à
Istanbul avec deux valises contenant 30kg de cannabis ont comparu jeudi
devant la justice turque, livrant deux récits diamétralement opposés.
Face aux juges du tribunal de Çaglayan, à Istanbul, vingt années
d'amitié ont volé en éclats quand Mariam D., 23 ans, et Ibtissem B., 22
ans, se sont succédé à la barre pour expliquer comment elles se sont
retrouvées à rentrer de vacances en Thaïlande avec deux valises
bourrées de cannabis.
"C'est Ibtissem qui m'a passé la valise, c'est elle qui connaissait le
garçon qui nous les a données", accuse d'entrée Mariam, cheveux
tressées et longue chemise taupe, qui jure n'avoir jamais vu l'homme en
question.
"Ma valise était cadenassée mais elle m'a dit que dedans il y avait des
cosmétiques. C'est mon ami d'enfance, donc je lui ai fait confiance",
soutient l'étudiante.
Dans son dos, Ibtissem encaisse sur son banc. "Défends-toi !", lui
intime une de ses tantes, assise trois rangs derrière au côté de sa
mère.
- "Pour la famille" -
Ibtissem se lève, deux longues nattes noires tombant sur chaque
épaule: "Je ne sais pas du tout pourquoi elle m'accuse, moi je vais
vous dire la vraie histoire", lance la jeune femme, entrée en sanglots
dans la salle d'audience trente minutes plus tôt.
Selon son récit, tout part d'une soirée dans une discothèque
thaïlandaise où les deux Parisiennes sympathisent avec une connaissance
de Taeric O., un ami d'enfance à qui Ibtissem avait confié se rendre en
vacances en Thaïlande.
"Avant de partir de la boîte il nous a demandé si on pouvait ramener
deux valises pour sa famille en Belgique (...), puis Taeric nous a dit
aussi que c'était juste des valises pour la famille, alors on a
accepté", affirme Ibtissem.
Au matin de leur vol retour pour Bruxelles, elle raconte voir son amie
Mariam dans le salon de leur appartement de Bangkok en compagnie de la
connaissance de Taeric O., deux valises posées à leur côté.
"J'ai même pas regardé s'il y avait des cadenas, j'ai fait confiance à
Taeric, surtout qu'on devait les donner à sa mère que je connais depuis
que je suis petite", poursuit Ibtissem.
- "Ma fille est innocente !" -
Mais à leur arrivée à Istanbul, où les deux jeunes femmes doivent
transiter quelques heures, la police turque découvre quinze kilos de
cannabis dans chacune des valises et les interpelle.
Les avocats turcs des deux Françaises ont réclamé jeudi que des relevés
d'empreinte soient effectués à l'intérieur des deux bagages, afin
d'aider à démontrer qu'elles ne les ont jamais ouvertes et ignoraient
tout de leur contenu.
L'avocate française de la famille d'Ibtissem, Me Carole-Olivia
Montenot, affirme elle que Taeric O. aurait tout piloter depuis la
maison d'arrêt d'Amiens (nord de la France), où il était détenu au
moment des faits, ce que les deux jeunes femmes ignoraient, selon elle.
Aussi, affirme-t-elle, rien de cela n'aurait eu lieu s'il n'avait pu se
procurer un téléphone portable en détention.
Au fond de la salle d'audience du tribunal de Çaglayan, la mère
d'Ibtissem est inconsolable. "Ma fille est innocente !", clame-t-elle à
la levée de l'audience, avant d'être autorisée à étreindre sa fille
aînée un court instant.
"Ibtissem et Mariam se connaissent depuis la maternelle et elles n'ont
jamais fait de vagues. C'est un cauchemar", avait-elle confié à l'AFP
avant l'ouverture du procès.
Seconde audience et verdict attendus le 23 décembre. Si elles sont
reconnues coupables de trafic de drogues, Mariam D. et Ibtissem B.,
incarcérées à la prison de Silivri, en lisière d'Istanbul, encourent au
moins dix ans de prison. (AFP, 11 sept 2025)
Le Congrès du Conseil de l'Europe dit
"espérer" la libération d'un de ses délégués
Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe a
dit vendredi "espérer" la libération prochaine de l'un de ses délégués
détenu en Turquie, où son procès doit s'ouvrir lundi.
Enes Hocaogullari, délégué jeune du Congrès du Conseil de l'Europe
devant lequel il avait dénoncé fin mars un "recul démocratique" en
Turquie, avait été arrêté le 5 août à son arrivée à l'aéroport d'Ankara
avant d'être incarcéré à la prison de Sincan, près de la capitale
turque.
Le militant turc, qui avait tenu ces propos à Strasbourg dix jours
après l'arrestation du maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu,
est poursuivi pour diffusion de fausses informations.
Une délégation du Congrès du Conseil de l'Europe, dépêchée cette
semaine à Ankara, affirme dans un communiqué n'avoir au cours de sa
visite "rien entendu qui puisse justifier les poursuites pénales
engagées contre Enes Hocaogullari (...), ni son placement en détention
provisoire".
"La première audience du procès d'Enes Hocaogullari aura lieu lundi 8
septembre. Nous espérons que la justice prévaudra, que toutes les
charges seront abandonnées (et) qu'il sera immédiatement libéré", écrit
la délégation, qui affirme que "réduire les jeunes au silence, c'est
réduire la démocratie au silence".
Chargé de renforcer la démocratie locale, le Congrès des pouvoirs
locaux et régionaux compte 306 membres représentant plus de 130.000
collectivités locales et régionales des 46 Etats membres du Conseil de
l'Europe.
Chaque pays envoie également à Strasbourg un délégué chargé de
représenter les jeunes pour un mandat d'un an. (AFP, 5 sept 2025)
Des édiles européens sont allés soutenir le
maire emprisonné d'Istanbul
Les maires de plusieurs grandes villes européennes sont allés soutenir
jeudi à Istanbul le maire d'opposition de cette mégapole turque,
emprisonné depuis mars sur des accusations de corruption qu'il rejette.
La délégation, composée notamment des maires de Barcelone, Athènes,
Budapest, Belgrade et Sofia, s'est rendue devant la prison stambouliote
où est détenu Ekrem Imamoglu, une figure du principal parti de
l'opposition turque (CHP, social-démocrate) et le plus sérieux rival du
président Recep Tayyip Erdogan.
"Imamoglu n'est pas seul", a lancé le maire socialiste de Barcelone
Jaume Collboni en saluant son "courage". Il s'exprimait de l'hôtel de
ville d'Istanbul, devant lequel des foules avaient afflué chaque soir
fin mars après l'arrestation de M. Imamoglu.
"Les maires européens sont ensemble pour la liberté, la démocratie et
l'Etat de droit", a ajouté M. Collboni.
"Libérez Imamoglu !", a déclaré la maire d'Utrecht (Pays-Bas) Sharon
Dijksma, le maire de Zagreb Tomislav Tomasevic se disant quant à lui
"personnellement convaincu que le maire Imamoglu est innocent".
La délégation n'a pas été autorisée par les autorités turques à
rencontrer M. Imamoglu à l'intérieur de la prison de Silivri, selon le
maire par intérim d'Istanbul, Nuri Aslan, qui l'accompagnait au côté de
Dilek Imamoglu, l'épouse de l'édile déchu.
L'arrestation de M. Imamoglu, survenue alors qu'il s'apprêtait à être
investi candidat de son parti à la prochaine présidentielle de 2028,
avait déclenché le plus important mouvement de contestation en Turquie
depuis 2013.
"Sachez que ma détermination ne faiblit pas (...). Je continuerai de me
battre pour la démocratie, même derrière les barreaux", a affirmé M.
Imamoglu dans une lettre lue jeudi par son épouse. (AFP, 28 août 2025)
Turquie-USA-OTAN /
Turkey-USA-NATO
Trump à propos d'Erdogan: "Il en sait plus que
quiconque sur les élections truquées"
"Il en sait plus que quiconque sur les élections truquées", lance
Donald Trump, en pointant son invité Recep Tayyip Erdogan, à l'heure où
l'opposition et les médias subissent en Turquie une vaste répression.
Assis jeudi aux côtés de son homologue turc dans le Bureau ovale, le
président américain note que ce dernier était resté son "ami" pendant
son "exil politique", dû justement à une élection selon lui "truquée".
Ce terme d'"exil" fait référence à la durée du mandat de son
prédécesseur démocrate, Joe Biden.
Le milliardaire républicain persiste à dire que la victoire du
démocrate contre lui en 2020, confirmée par de multiples décisions de
justice, est le résultat d'une fraude électorale massive.
De Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir en Turquie depuis 2014, Donald
Trump a aussi dit jeudi : "C'est un homme dur. C'est un gars aux idées
très arrêtées. D'habitude je n'aime pas les gens qui ont des idées
arrêtées, mais j'apprécie toujours celui-ci".
Le principal parti d'opposition en Turquie est visé par des enquêtes et
arrestations à répétition, dont la plus frappante a été celle du maire
d'Istanbul. Ekrem Imamoglu, principal rival du chef de l'Etat, a été
interpellé le 19 mars et est toujours détenu.
Donald Trump, qui montre depuis janvier une volonté constante d'écarter
les contre-pouvoirs aux Etats-Unis, est fasciné par les régimes
autoritaires.
- "Fort et intelligent" -
Le républicain souligne volontiers la longévité de certains chefs
d'Etat, qui la doivent souvent à une répression systématique de toute
opposition.
Lui-même, au pouvoir de 2017 à 2021, a entamé en janvier son second
mandat et évoque parfois la possibilité d'en briguer un troisième, ce
que la Constitution américaine interdit.
Le président américain a ainsi complimenté en août le président
azerbaïdjanais Ilham Aliev, aux commandes depuis 22 ans, en estimant
que cela démontrait qu'il était "fort et intelligent".
Ilham Aliev a été élu en février 2024 pour un cinquième mandat, avec
90% des suffrages, après un scrutin sans véritable opposition selon les
observateurs internationaux.
Donald Trump a tenu des propos dans la même veine cette semaine,
pendant une entrevue à New York avec le président de l'Ouzbékistan,
Chavkat Mirzioïev.
"Vous êtes là depuis longtemps, n'est-ce pas? 15 ou 16 ans. C'est long
et la seule manière de rester au pouvoir dans un pays si longtemps est
d'être très intelligent et d'avoir une grande confiance en soi", a
commenté le président américain.
Chavkat Mirzioïev a été élu président en 2016. Il a été réélu en 2021,
puis à nouveau en 2023 lors d'une présidentielle anticipée organisée
après une réforme constitutionnelle lui permettant de rester plus
longtemps au pouvoir.
Il avait auparavant été Premier ministre de 2003 à 2016.
Lors des dernières législatives en Ouzbékistan, les observateurs
internationaux ont regretté "l'environnement politique toujours limité
n'offrant pas aux électeurs de véritable choix". (AFP, 26 sept
2025)
Trump
recevra Erdogan le 25 septembre pour discuter de gros
contrats d'aviation civile et militaire
Donald Trump a annoncé vendredi qu'il recevrait le président turc,
Recep Tayyip Erdogan, la semaine prochaine, jeudi 25 septembre, à la
Maison Blanche pour discuter en particulier de gros contrats d'aviation
civile et militaire.
"Nous travaillons sur de nombreux accords commerciaux et militaires,
dont un gros achat d'avions Boeing, une commande importante de F-16 et
la poursuite des discussions sur les F-35 (ndlr: deux types d'avions de
combat), que nous espérons conclure de manière positive", a écrit le
président américain sur son réseau Truth Social.
Washington avait exclu la Turquie de son programme de développement
d'avions de chasse F-35 en 2019, avant d'imposer un an plus tard des
sanctions à Ankara, pourtant son allié au sein de l'Otan, en raison de
son achat du système russe de défense antiaérienne S-400.
Mais le président turc avait indiqué en juillet être confiant quant à
une réintégration progressive de son pays dans ce programme, qui
mettrait fin au différend entre la Turquie et les Etats-Unis.
Le F-35 de Lockheed Martin, le plus sophistiqué des avions de chasse
américains, a été développé par les Etats-Unis en partenariat avec
d'autres pays de l'Otan, dans le cadre d'un programme appelé Joint
Strike Fighter (JSF).
Le Royaume-Uni, l'Italie, le Canada, l'Australie, les Pays-Bas, le
Danemark et la Norvège font partie de ce programme. (AFP, 19 sept 2025)
Relations
régionales / Regional Relations
La Turquie
ne rendra jamais l'Inscription de Siloé, artefact
convoité par Israël, affirme Erdogan
La Turquie ne rendra jamais l'Inscription de Siloé, un artefact
archéologique découvert à l'époque ottomane à Jérusalem et convoité
depuis des années par Israël, a affirmé vendredi le président turc
Recep Tayyip Erdogan.
"Sans vergogne, il cherche à obtenir l'Inscription. Nous ne vous
donnerons même pas un seul caillou de Jérusalem, encore moins
l'Inscription", a martelé le chef de l'Etat turc en s'adressant au
premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Datant du 8e siècle avant J.-C., l'Inscription de Siloé a été
découverte en 1880 dans un tunnel à Jérusalem sous domination ottomane
et a ensuite été transportée à Istanbul où elle est toujours conservée
au musée archéologique de la ville.
Cet artefact a provoqué lundi de nouvelles tensions entre la
Turquie
et Israël lorsque M. Netanyahu a affirmé que ses efforts pour le
récupérer en 1998 avaient été repoussés au motif qu'un tel retour
"indignerait" l'électorat islamo-conservateur de M. Erdogan, qui était
alors maire d'Istanbul.
Pour Israël, qui souhaite l'obtenir depuis des années, l'Inscription
constitue une preuve de la présence historique juive à Jérusalem.
S'exprimant lundi lors de l'inauguration d'une ancienne route récemment
fouillée sous Silwan, un quartier majoritairement palestinien et
densément peuplé de Jérusalem-Est, la partie occupée et annexée par
Israël de la ville, M. Netanyahu a décrit l'inscription comme l'une des
découvertes archéologiques "les plus importantes" d'Israël après les
manuscrits de la mer Morte.
En référence à une conversation avec le Premier ministre turc de
l'époque, Mesut Yilmaz, en 1998, M. Netanyahu a affirmé avoir offert à
Ankara des "milliers d'éléments ottomans" en échange de l'Inscription.
- "Indignation" -
Mais selon M. Netanyahu, M. Yilmaz a refusé cette offre, évoquant "un
électorat islamiste croissante mené par Erdogan" et que cela
provoquerait "une indignation si la Turquie donne à Israël une tablette
qui montre que Jérusalem était une ville juive il y a 2700 ans".
"Eh bien, nous sommes là. C'est notre ville. Monsieur Erdogan, ce n'est
pas votre ville, c'est la nôtre. Elle le sera toujours", a affirmé M.
Netanyahu, en réponse aux propos du chef de l'Etat turc décrivant
Jérusalem comme "notre ville" en 2020, en référence au passé ottoman de
la ville.
Le président turc a de son côté accusé M. Netanyahu de "cracher de la
haine" contre la Turquie "pour ne pas avoir restitué l'inscription,
héritage de nos ancêtres".
"Jérusalem est l'honneur, la dignité et la gloire de toute
l'humanité et de tous les musulmans", a-t-il ajouté.
"En tant que musulmans, nous ne reculerons pas d'un seul pas concernant
nos droits sur Jérusalem-Est", avait-il affirmé mercredi.
Jérusalem compte certains des lieux les plus saints du judaïsme, du
christianisme et de l'islam. (AFP, 19 sept 2025)
Sommet en Chine: rencontre entre Erdogan et Poutine
Le président russe Vladimir Poutine s'est entretenu lundi avec son
homologue turc Recep Tayyip Erdogan du conflit en Ukraine en marge d'un
sommet en Chine, disant sa "reconnaissance" à Ankara pour son rôle de
médiateur.
Vladimir Poutine, cité par le Kremlin, a dit être "reconnaissant" à
l'égard de "nos amis turcs pour leur contribution significative aux
efforts politiques et diplomatiques visant à résoudre la crise
ukrainienne", lors de cette rencontre en marge d'un sommet de
l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) organisé par Pékin à
Tianjin.
La Turquie a accueilli trois sessions de pourparlers entre la Russie et
l'Ukraine cette année à Istanbul, qui ont "permis de progresser dans la
résolution de plusieurs questions pratiques dans le domaine
humanitaire", a encore relevé le chef d'Etat russe.
Mais, hormis des accords sur des échanges de prisonniers de guerre et
des dépouilles de soldats tués pendant le conflit, ces pourparlers
n'ont pas permis de réelles avancées vers la paix.
Vladimir Poutine s'est dit "convaincu que le rôle particulier de la
Turquie dans ces dossiers continuera d'être recherché".
La Russie a lancé un assaut d'ampleur contre son voisin ukrainien en
février 2022. Plusieurs dizaines de milliers de soldats et de civils
sont morts.
Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se trouvent en Chine pour le
sommet de l'OCS, organisé par le président chinois Xi Jinping.
La Turquie est parvenue depuis le début du conflit à maintenir ses
relations avec les deux pays.
Elle s'est abstenue de se joindre aux sanctions occidentales mais
insiste régulièrement sur l'importance du maintien de l'intégrité
territoriale de l'Ukraine.
Selon le Kremlin, il s'agit de la première rencontre cette année entre
Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan. (AFP, 1 sept 2025)
La Turquie ferme ses ports et son espace aérien aux navires et
avions israéliens
La Turquie, qui a suspendu l'an passé ses relations commerciales avec
Israël en réaction à la guerre dans la bande de Gaza, a annoncé
vendredi avoir fermé ses ports et son espace aérien aux navires et aux
avions militaires et officiels israéliens.
"Nous avons fermé nos ports aux navires israéliens (...) et nous
n'autorisons pas les avions (israéliens) à entrer dans notre espace
aérien", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan
devant le Parlement turc, sans préciser depuis quand ces restrictions
étaient en vigueur.
Une source diplomatique turque a précisé à l'AFP que la fermeture de
l'espace aérien ne concernait pas les avions de ligne israéliens
survolant la Turquie.
Les vols directs entre les deux pays avaient déjà été suspendus et des
avions transportant le président israélien Isaac Herzog et le Premier
ministre israélien Benjamin Netanyahu s'étaient déjà vu refuser l'accès
à l'espace aérien turc en novembre 2024 et en mai dernier, selon des
informations de presse.
"Aucun autre pays que le nôtre n'a totalement interrompu ses échanges
commerciaux avec Israël", a assuré M. Fidan au cours d'une session
extraordinaire au Parlement consacrée à la guerre dans la bande de Gaza.
Le chef de la diplomatie turque a précisé que les navires turcs avaient
également interdiction d'accoster dans les ports israéliens et que les
porte-conteneurs transportant des armes et munitions à destination
d'Israël n'étaient plus autorisés à entrer dans les ports turcs.
La grande entreprise israélienne de transport maritime ZIM avait déjà
annoncé lundi avoir reçu un avis des autorités portuaires turques
l'informant que "les navires détenus, gérés ou exploités par une entité
liée à Israël ne seront plus autorisés à accoster dans les ports turcs".
Les relations entre Israël et la Turquie, un des rares pays ayant une
population en majorité musulmane à le reconnaître, se sont détériorées
depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par
l'attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui accuse l'armée israélienne
de perpétrer un génocide dans ce territoire palestinien, a qualifié à
plusieurs reprises Israël d'"Etat terroriste" et estime que Benjamin
Netanyahu "a surpassé Hitler".
Des voix continuent en outre de s'élever en Turquie pour demander le
blocage des livraisons de pétrole azerbaïdjanais à Israël via le port
turc de Ceyhan (sud). (AFP, 29 août 2025)
La Russie a revu
ses exigences territoriales en Ukraine,
affirme Ankara
La Russie continue d'exiger de l'Ukraine la cession du Donbass (est),
qu'elle ne contrôle pas intégralement, mais est disposée à geler le
conflit dans le sud de ce pays le long des lignes de front actuelles, a
assuré jeudi soir le chef de la diplomatie turque.
Le Kremlin, interrogé vendredi, n'a ni démenti ni confirmé ces
affirmations, expliquant ne pas vouloir révéler "les détails" des
discussions.
L'armée russe occupe un cinquième environ du territoire ukrainien et
Moscou revendique l'annexion de cinq régions : celles dans l'est de
Donetsk et de Lougansk, qui forment le Donbass, celles dans le sud de
Kherson et de Zaporijjia, ainsi que la Crimée conquise en 2014.
Au cours de pourparlers à Istanbul plus tôt cette année, les
négociateurs russes avaient,en tant que condition préalable à l'arrêt
du conflit, exigé que l'Ukraine se retire totalement de ces cinq
régions.
Selon Ankara, la Russie a toutefois infléchi sa position à la suite du
récent sommet en Alaska entre le président américain Donald Trump et
son homologue russe Vladimir Poutine.
Les Russes ont ainsi "renoncé à cette exigence et restent sur les
lignes de contact, à l'exception d'une région (...). Il existe
actuellement un accord préliminaire concernant la restitution (cession
à la Russie, NDLR) de 25 à 30% de (la région de) Donetsk et le maintien
des lignes de contact (dans celles de) Zaporijjia et Kherson", a
déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, dans un
entretien avec la chaîne de télévision TGRT Haber.
Celui-ci n'a pas précisé si cet "accord préliminaire" avait été conclu
entre Moscou et Washington ou entre Moscou et Kiev, qui a jusqu'ici
catégoriquement rejeté toute concession territoriale, ni de quand il
datait.
A des questions posées vendredi à ce sujet par des journalistes, le
porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répondu que la Russie
préférait "ne pas révéler tous les détails de la conversation entre les
deux présidents, qui a eu lieu en Alaska".
Leurs discussions ont été "très constructives", s'est-il borné à
commenter au cours de son briefing quotidien, auquel participait
notamment l'AFP.
Sous couvert d'anonymat, des responsables avaient déjà fait état de
cette apparente inflexion russe.
En dépit d'une frappe meurtrière sur la capitale ukrainienne jeudi, qui
a fait au moins 23 morts, M. Fidan a salué des avancées sur le front
diplomatique.
Le ministre turc a toutefois reconnu qu'il serait "difficile" pour
l'Ukraine de céder des territoires, notamment la vaste région minière
et industrielle du Donbass, la portion la mieux défendue du front
composée de villes-forteresses et de centaines de kilomètres de
tranchées et de champs de mines.
"Une fois ce territoire abandonné, le territoire restant deviendra un
peu difficile à protéger", a souligné M. Fidan. (AFP, 29 août 2025)
Chypre
et la Grèce / Cyprus and Greece
Immigration
/ Migration
Kamel Daoud, prix goncourt 2024, dénonce
"l'entrisme islamiste" en Belgique
Frédéric Chardon, La Libre Belgique, 11 sept 2025
Dans sa dernière chronique publiée dans l'hebdomadaire Le Point, Kamel
Daoud pointe la dérive socio-culturelle de notre Royaume et de sa
Région-Capitale, Bruxelles. Aux yeux de l'écrivain français d'origine
algérienne, prix Goncourt 2024, la Belgique, ventre mou du combat pour
la laïcité, est menacée par l'islamisme. Il va même jusqu'à se demander
si la Belgique finira par devenir un émirat.
Kamel Daoud évoque notamment le cas de l'Athénée Royal du Sippelberg,
une école secondaire francophone à Molenbeek. Il y a quelques jours,
cet établissement a fait l'objet de critiques en raison du
communautarisme musulman qui y régnerait. Un local aurait été réservé à
la prière, les élèves refuseraient de suivre certains cours qui
heurteraient leur foi…
"L'affaire provoque quelques articles de presse et indignations,
entraîne un 'mode alerte' des ministres concernés, qui réclament des
éclaircissements. Les intéressés démentent, l'affaire s'embourbe entre
démentis et précautions oratoires, et elle passe sous les radars
rouillés du déni. Comme toutes les autres, ou presque", dénonce Kamel
Daoud.
Le "royaume de la démission collective"
L'écrivain, dont la vie est menacée par une fatwa lancée par un imam
salafiste en 2014, va plus loin et présente Molenbeek comme l'épicentre
de l'entrisme islamiste, le laboratoire inquiétant d'une révolution
culturelle en cours. "C'est ici que l'émirat se construit, dans le
désert du fédéralisme, au royaume de la démission collective. Molenbeek
: un nom au retentissement mondial qui incarne, pour beaucoup, cette
notion de 'perte des territoires' et d'islamisation que l'Occident vit
à la fois comme miroir de son déclin et occasion inhibée de son
renouveau identitaire nécessaire."
Poursuivant son raisonnement, Kamel Daoud estime que la Belgique est
gangrenée par sa passivité face aux périls que représente l'islamisme.
"Peu à peu, le plat pays du Nord est devenu, aux yeux des opinions, une
sorte de contre-exemple civilisationnel, un scénario possible et un
exemple à ne pas suivre pour l'Europe et l'Occident. Voilà ce qu'il
advient quand on confond, dit-on, confession et islamisme, inhibition
postcoloniale et précautions (la Belgique ayant colonisé, et
affreusement), culpabilisation et Histoire, communautarisme et
fédéralisme, déni et tolérance, monarchie et peopolisation des
identités nationales, immigration et dîme coloniale mémorielle à payer
face aux immigrations, etc. Aujourd'hui, ce royaume, c'est un peu
l'Europe, mais en mal, en pire, en possibilité dramatique. C'est ainsi
qu'on l'imagine."
Rome et Ankara renforcent leur coopération en matière
migratoire
Les chefs de la diplomatie italienne et turque ont signé jeudi un
accord prévoyant une collaboration accrue pour lutter contre
l'immigration clandestine, notamment en provenance de Libye.
Antonio Tajani et son homologue turc Hakan Fidan ont signé un "document
opérationnel" prévoyant le renforcement de la collaboration entre les
garde-côtes italiens et turcs pour combattre "le trafic d'êtres
humains" et "le crime organisé transnational", a déclaré le chef de la
diplomatie italienne lors d'un point de presse conjoint.
"Cela s'avérera très utile en Libye en particulier pour empêcher les
départs" de migrants clandestins, a déclaré M. Tajani.
"Nous travaillerons ensemble à la formation des forces de l'ordre pour
démanteler les réseaux criminels en Méditerranée", a-t-il dit.
M. Fidan s'est pour sa part dit déterminé à "renforcer le partenariat
stratégique" entre l'Italie et la Turquie et a insisté sur la nécessité
d'oeuvrer à un processus politique en Libye et de garantir sa
"stabilité".
"Nos deux pays ont intérêt à la stabilité de la Libye", a souligné son
homologue italien.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait accueilli début août à
Istabul un mini-sommet avec la Première ministre italienne Giorgia
Meloni et le Libyen Abdelhamid Dbeiba sur les migrations et la
stabilité en Libye.
La Libye demeure un pays de départ pour de nombreux migrants africains
qui tentent de gagner l'Europe en accostant sur les côtes grecques et
italiennes, principalement.
L'Union Européenne a signé en 2016 un accord avec la Turquie pour
lutter contre l'immigration illégale. (AFP, 11 sept 2025)
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