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27e Année/27th Year - N°297

Mai/May 2003

 
 

Le MGK a obligé le gouvernement
de reporter les "réformes européennes"

Nouvelles ingérences de l'Armée
turque dans les affaires politiques
 


 

Amnesty: Atteintes aux droits de l'Homme en Turquie, malgré les réformes
*
L'ombre de l'Armée turque sur
la campagne électorale en Belgique
*
Cannes: Les cinéastes turcs à l'honneur
*
La Turque a remporté pour la première fois l'Eurovision
*
Le Parlement européen s'est déclaré
contre le pouvoir militaire en Turquie
*
Le chef de l'Armée turque:
Un des 42 prédateurs de la liberté de la presse
*
Turkish refusal
Murat Belge's article for Open Democracy
 


 
Politique intérieure/Interior Policy

Nouvelles ingérences de l'Armée turque dans les affaires politiques

Lors d'une conférence de presse restreinte, le chef d'état-major de l'armée turque, le général Hilmi Ozkok, a exprimé une fois de plus "l'inquiétude" des militaires concernant de récentes nominations de figures islamistes à des postes-clés de l'administration par le gouvernement ainsi que leur "réticence" concernant les exigences de l'Union européenne.

La conférence de presse à la militaire, à laquelle n'étaient pas invitées la presse étrangère ni la presse pro-islamique ou pro-kurde, faisait suite à une information parue vendredi dans le journal atatürkiste Cumhuriyet, reprise par d'autres quotidiens, faisant état d'un "malaise des jeunes officiers" quant aux projets de réforme du gouvernement, surveillés de près par l'armée qui se veut le gardien des valeurs républicaines et laïques du pays.

Selon ce quotidien, le général Ozkok aurait fait part, la semaine dernière, au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan du mécontentement de la hiérarchie militaire quant à une radicalisation de l'islam en Turquie, pays musulman au régime strictement laïc.

"Le général Ozkok a fait part d'inquiétudes générales (...) Il a surtout fait état d'un malaise (de l'armée) concernant des nominations", a affirmé à la chaîne de télévision d'information CNN-Turk le chroniqueur du journal Milliyet.

Le chef militaire a souligné que ces inquiétudes ne sont pas limitées aux "jeunes officiers", mais partagées à l'unanimité par tous les officiers de l'Armée turque.

Le chef de l'armée s'est affirmé en faveur d'une intégration de la Turquie à l'Union européenne, mais "à condition que l'unité nationale du pays ne soit pas remise en question", selon Ilnur Cevik, rédacteur en chef du quotidien de langue anglaise Turkish Daily News.

Selon la presse, les militaires craignent que les réformes pro-européennes à l'étude n'encouragent les mouvements séparatistes en Turquie.

Une nouvelle série de réformes, préparée par le gouvernement mais non encore soumise au parlement, prévoit notamment la levée de certains obstacles à la liberté d'expression et de religion, et vise à autoriser la diffusion d'émissions en kurde sur les stations de radio et les chaînes de télévision privées.

Le secrétaire général du Conseil national de sécurité, organe au moyen duquel l'armée exerce une influence sur la politique du gouvernement, avait récemment exprimé son opposition à plusieurs de réformes envisagées, dont la diffusion de la langue kurde sur des chaînes audiovisuelles commerciales, selon la presse.

La controverse actuelle "n'est pas digne de la Turquie (...) C'est très regrettable", a affirmé M. Gul à la presse avant son départ d'Ankara pour la conférence Euromed entre l'UE et les pays méditerranéens en Crète (Grèce). Il a relevé que les informations de presse apparaissaient à un moment où "la Turquie est plus que jamais impliquée dans un processus de rapprochement" avec l'UE. (Info-Türk - AFP, 26 mai 2003)
 

Le MGK a obligé le gouvernement de reporter les "réformes européennes"

"L'armée turque appuie les efforts du gouvernement pour rejoindre l'Union européenne, mais à condition que l'unité nationale du pays ne soit pas remise en question", a affirmé le 29 mai un des principaux généraux du pays, à un moment où la presse fait état de tensions entre militaires et civils sur l'ampleur des réformes nécessaires pour rejoindre le club européen.

Les déclarations du général interviennent alors que la presse fait état d'objections par les militaires aux réformes voulues par le gouvernement pour aligner le pays sur les normes européennes.

Les principaux généraux et ministres du pays se sont réunis mercredi pendant six heures au sein du Conseil national de sécurité, organisme consultatif mais particulièrement influant, pour débattre de ces réformes.

Peu de détails ont filtré sur la réunion, mais le gouvernement a annoncé jeudi un report d'un mois dans la soumission au parlement des réformes, signe probable que des différends demeurent entre état-major et gouvernement.

Selon la presse, les militaires craignent que certaines réformes, dont l'abandon d'une loi anti-terroriste et l'autorisation de diffusion d'émissions en langue kurde sur les chaînes commerciales de radio et télévision, n'encouragent les mouvements sécessionnistes kurdes et les mouvements pro-islamistes.

Le parti qui dirige depuis novembre le gouvernement a lui-même pour origine des mouvements pro-islamistes dissous et l'armée demeure particulièrement méfiante à son égard.

Lundi, le chef d'état-major, le général Hilmi Ozkok, a réitéré devant des journalistes de récentes mises en garde evers le gouvernement concernant de récentes nominations de figures islamistes à la tête de plusieurs administrations publiques.

Le chef de l'armée s'est également affirmé en faveur de l'intégration de la Turquie à l'UE, mais "à condition que l'unité nationale du pays ne soit pas remise en question", selon Ilnur Cevik, rédacteur en chef du quotidien Turkish Daily News.

Cette condition a également été évoquée par le général Buyukanit pour qui "l'objectif européen ne correspond pas aux objectifs des cercles séparatistes et obscurantistes qui ont des idées différentes concernant le système unitaire et laïc du pays".

"Ceux qui pensent que l'UE et ses valeurs leur permettront de mettre en oeuvre leurs objectifs obscurantistes et séparatistes seront inévitablement déçus", a-t-il ajouté. (AFP, 29 mai 2003)
 

L'ex-Premier ministre islamiste Erbakan élu chef d'un parti pro-islamiste

L'ex-Premier ministre islamiste turc, Necmettin Erbakan, 77 ans, a été élu sans surprise dimanche lors d'un congrès chef du parti pro-islamiste du Bonheur (Saadet) après la fin, en février, de l'interdiction de politique qui l'a frappé pendant cinq ans, rapportent les médias.

Accueilli sous les slogans "Erbakan moudjahidin (combattant de l'islam)" par des milliers de sympathisants du parti assis femmes et hommes séparément dans le complexe de sport où s'est déroulé l'événement, M. Erbakan, unique candidat, a recueilli la totalité des 960 voix exprimées.

Pionnier depuis le début des années 70 de l'islam politique en Turquie, pays musulman au régime strictement laïque, M. Erbakan avait été interdit de politique pour cinq ans, avec quatre de ses proches collaborateurs, pour "activités anti-laïques" en 1998 par la Cour constitutionnelle. Son parti de la Prospérité (Refah) avait été déclaré dissous.

Le gouvernement de coalition dirigé par M. Erbakan avait été forcé de démissionner en 1997 après un an au pouvoir à la suite de pressions de l'élite anti-islamiste et de l'armée, gardienne des valeurs républicaines et laïques.

A la suite de son interdiction, le mouvement islamiste s'était regroupé au sein du parti de la Vertu (Fazilet), lui aussi interdit en 2001 pour "activités anti-laïques".

Sont nées ensuite d'une scission au sein du mouvement deux autres formations: le Saadet, constitué de proches de M. Erbakan, et le parti de la Justice et du Développement (AKP), qui a remporté haut la main les dernières élections législatives de novembre et qui est actuellement au pouvoir.

Le Saadet n'est pas représenté au parlement, faute d'avoir franchi la barre des 10% de suffrages nécessaires à ce scrutin.(AFP, 11 mai 2003)
 

La Cour constitutionnelle rejette une retraite à 61 ans des fonctionnaires

La Cour constitutionnelle turque s'est prononcée jeudi contre une loi adoptée récemment au parlement par la majorité gouvernementale réduisant de 65 à 61 ans l'âge de la retraite dans la fonction publique, a annoncé à la presse le vice-président de la Cour Hasim Kilic.

"Il n'y aura pas de retraite à 61 ans", a-t-il indiqué, ajoutant que la mise en vigueur de cette loi a été suspendue.

La Cour s'était saisie du dossier après une requête du parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale formation d'opposition au parlement.

Cette loi, présentée par le gouvernement du parti de la Justice et du Développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), a suscité une pluie de critiques.

Ses opposants estimaient que, dans la diplomatie notamment, de nombreux ambassadeurs occupant des postes clés à travers le monde devraient partir immédiatement à la retraite, ce qui pourrait affecter la bonne marche de la politique étrangère du pays.

L'opposition accusait aussi le gouvernement d'avoir fait passer cette loi pour nommer des sympathisants de l'AKP à de futurs postes importants dans le secteur public. (AFP, 8 mai 2003)
 

Nouvelle tension entre le gouvernement islamiste et les chefs militaires

Le Conseil de Sécurité nationale (MGK) a déclaré qu'il fallait "protéger" la stricte laïcité de la Turquie. "La signification du principe de laïcité, qui est l'une des valeurs fondamentales de l'Etat, et la (nécessité de le) protéger avec soin ont été soulignés", a déclaré dans un communiqué le MGK au terme d'une longue réunion.

Le MGK est un organe para-militaire dans lequel les chefs de l'Armée turque, qui se proclament "gardiens de l'Etat laïc", pèsent de tout leur poids sur la vie politique du pays, édictant des "recommandations" à l'attention du gouvernement. Il se réunit tous les derniers mercredi du mois.

Les réunions du MGK sont présidées par le président de la république et ont lieu en présence du Premier ministre, de ses adjoints, des ministres de la Défense, des Affaires étrangères, de la Justice et de l'Intérieur. L'armée y est représentée par le chef d'état-majour et ses quatre principaux adjoints.

La réunion du 30 avril 2003 est intervenue dans le contexte d'une controverse entre l'armée et le parti au pouvoir de la Justice et du Développement (AKP, issue de la mouvement islamique) portant notamment sur le port du voile islamique en Turquie.

Cette polémique s'est traduite la semaine dernière par le boycottage par les responsables de l'Armée d'une réception donnée à l'occasion d'une fête officielle par le Président du Parlement, Bulent Arinc, dont la femme porte le voile islamique.

L'armée, à l'instar de la hiérarchie pro-laïque, est prompte à voir le port du foulard comme un signe ostensible de soutien à l'islam politique.

Les militaires turcs, qui se considèrent comme les gardiens du système laïque en Turquie, avaient forcé en 1997 le premier chef de gouvernement islamiste du pays à démissionner.

L'AKP, arrivé au pouvoir en novembre dernier, a récemment fait l'objet de critiques pour avoir nommé plusieurs figures islamistes à des postes de responsabilité au sein de l'administration et pour avoir apporté son soutien à un groupe islamiste oeuvrant à l'étranger qui est accusé de fondamentalisme.

La discussion au sein du MGK a également porté sur l'Irak, Chypre et les projets de pipeline régional, précise le communiqué.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan n'a fait aucune déclaration à l'issue de la réunion du MGK à laquelle il assistait.

Le ministre du travail, Murat Basesgioglu, a indiqué à la télévision que "le gouvernement est sensibilisé à la question de la laïcité et n'est donc pas troublé" par le communiqué du MGK.

Quant au président du Parlement, Bulent Arinc, il a déclaré: "Le monde continue de tourner. Tout est sur les rails."

Toutefois, pour les observateurs estiment que l'armée "a déclenché un processus de surveillance de l'AKP" et "la laïcité sera désormais le principal sujet à l'ordre du jour." (AFP, 30 avril 2003)
 

The Turkish refusal
by Murat Belge

Turkey¹s triple role in the Iraq war confounded many experts. While its neo-Islamist government supported the US invasion of Iraq, and its military refrained from major incursion into the Kurdish-controlled north, its parliament refused help to American forces. Turkey¹s relations with the US were strained, yet without any diplomatic benefit from the EU to compensate. The crisis has shifted the political ground under Turkey¹s feet. Who will design the new maps?

The campaign to force regime change upon Iraq led by the United States found and then left Turkey in a new situation. The most interesting fact about it is the sudden, cool distance that developed between two countries who had been such close allies in so many earlier historical ³episodes². The difference between how it is seen from a certain distance and how it is viewed and evaluated from within may also be a point of interest.

Let us begin with this second point. The Turkish parliament rejected, albeit with a very small margin, a motion allowing US troops to attack Iraq from the north. Those who were against the military intervention in Iraq see Turkey as having thus played a very important part in trying to avoid war, even if its stance was in the event unable actually to stop the intervention.

This episode resulted in an abrupt, major shift in the previous image of Turkey ? presented mainly in the American media ? as bargaining for more and more money in return for granting its US ally a military advantage. Almost overnight, the role of the mercenary turned into that of the noble pacifist. Moreover, Turkey had dared to act in this way at the very time it was carrying out negotiations with the International Monetary Fund (IMF) in order to maneouvre out of yet another economic crisis.

Many people who watched this process from afar admired Turkey for its heroic resistance to pressure from its powerful traditional ally, the United States.

And this is what indeed happened. But seen from inside, the whole thing is much more complex and far less heroic.

Turkey¹s moment of decision

The best way to illustrate this is by looking at the way Turkey made the crucial decision not to support the United States.

The newly-governing Justice and Development Party (AKP), which came to power in the general election of November 2002, is mainly composed of moderate, progressive Islamists with an interest in social justice. It disclaims any tendency towards political Islam, even as it demonstrates its sympathy for its cultural and religious values.

Despite this restraint, the AKP has constantly been accused of ³Islamist fundamentalism² by the more radical, relentlessly secular forces ? loyal to the principles of the republic¹s founder, Kemal Ataturk ? who have ruled the state since its creation as a republic in 1923. This made the government¹s decision to support an American invasion of its neighbour, a country with a largely Muslim population, even more difficult. Opinion polls and other evidence showed that the idea of chastising Saddam and attacking Iraq was not popular in Turkey. Indeed, among all the political tendencies in the country at present, the most pronounced anti-American posture belongs to the Islamists ? which at least equals the anti-imperialism of the socialist left of the 1960s and 1970s.

Despite this popular pressure, the AKP leaders realised the importance of the US to Turkey and had no wish to give needless offence. Perhaps even more important in their calculations was their wish to play a part in Iraq¹s post-war reconstruction. In the event, the latter contributed greatly to the length of the negotiations with the US over military passage of its forces, and then to the vote of rejection in the parliament.

The new government had to look constantly in another direction during the approach to war. Between it and the powerful armed forces there is, to put it mildly, considerable mutual distrust. In all likelihood, the Turkish army did not want openly to advocate taking part in the US-led intervention in Iraq, given how unpopular this was. The army probably thought that the govenment would decide actively to support the US anyway ? and they were right, to the extent that the prime minister at the time (Abdullah Gül, now foreign minister) and his successor (Recep Tayyip Erdo?an) did want this course of action. By contrast, the republic¹s president, Ahmet Necdet Sezer, did not favour Turkish involvement and suggested waiting for the UN decision to make the intervention legitimate.

The dominant press outlets pressed for involvement, stressing the state¹s ³interests² and the necessity of acting alongside the ³superpowers². The government, wanting society to see that it was cooperating with the armed forces, called the National Security Council (MGK) to meet. The latter, however, failed to reach a clear decision ? or at least to make a declaration; a surprise to many as the NSC pronounces on each and every question in the country. The next day, the chief of the general staff said that while the Council was an advisory body for the government, ultimate decision-making power rested with the parliament. This was hailed by the newspapers as a democratic ³lesson² to everyone and proof of the loyalty of the military to parliament.

It was in this heightened atmosphere that the voting took place. The opposition Republican People¹s Party (CHP) had decided to vote as one against involvement in Iraq. The governing party faced some dissension in an early round of voting, but the number of critics was nowhere near enough to jeopardise the real vote.

But in the crucial round, twice the number of parliamentarians voted against the motion to permit the Americans passage through Turkey. This was as much a shock for MPs themselves as for the general public.

The army chief came up with a new statement the following day, saying that there were no ³good² courses available to Turkey ? only ³the better of the bad ones² ? in this case, he implied, unfortunate involvement on the side of the ³coalition². This was presumably addressed to the government, since the parliament (as we have seen) is by definition beyond the ³advisory range² of the army. However, the social democratic wing of the opposition then acted as if it was the recipient of the army¹s advice, by rescinding the ³party decision² if there were a repeat of the vote.

That second vote never came up. Turkey stayed out of the war. US troops and ships that had arrived in the country to prepare for action left after a while.

The European dimension

What had happened in Turkey, and how?

Here, it is essential to refer to events in the European Union shortly before the outbreak of this crisis. At the Copenhagen summit in December 2002, Germany and France had played a prominent role in deciding on a date when Turkey was to start negotiations for membership. But Turkey considered the resulting agreement, with a date of autumn 2004, too late. The government, which had adopted a sincerely pro-EU attitude was seriously disappointed, and took strong offense at this appearance of perceived lack of support from those it considered friends.

The Iraqi crisis followed not long after. There, Germany and France were the most prominent objectors to the ³American way² of solving the case. Beyond regarding Turkey as a country closer to the US than the EU, these two countries¹ attitude towards Turkey during Copenhagen and then during the build-up to war were probably not directly connected. They were more concerned at the fact that, apart from existing members like Spain and Britain, the EU candidate members turned out to be the warmest supporters of US intervention.

Yet it is somewhat surprising that, on the eve of war, the Turkish refusal received no noticeable response from France and Germany. Some Europeans account for this by the lack of cohesion within Turkey, as described above. This is true to a certain extent; the political party leaders were genuinely shocked by the parliamentary result and promised it would not be repeated. The armed forces and a significant part of the press obviously were in favour of intervention. But, still, the motion was rejected in parliament, which many people felt deserved a warmer acknowledgement from the two great European powers.

Many Turkish columnists were alarmed by this situation. Relations with the US were strained while those with the EU were not improved; does this mean further isolation? Supporters of military involvement in Iraq were obviously angered by the parliamentary vote; but those against were hardly enthused, because the vote was more the effect of a series of mistakes and misunderstandings than of a principled action against war and invasion.

Iraq and the US: a military-political faultline

Why was there not a second parliamentary vote? This may be the crux of the whole issue. The sore point in the long bargaining process between Turkey and the US was probably not money, but the Turkish military position vis-a-vis northern Iraq. Turkey had more or less explicitly stated that anything resembling an independent Kurdish state in the region would be considered a reason for war with the Kurds. The heart of the debate with the US may thus have been Turkey¹s demand to ensure a security presence in northern Iraq in accordance with its strategic objectives, which obviously did not conform to American plans on this occasion.

The details of these international negotiations are not completely clear. But it is possible to surmise that George W. Bush decided to assist the Kurds in preserving their autonomy in northern Iraq. (His father had followed a different course at the time of the first Gulf war in 1991, in ignoring the advice of the then Turkish president, Turgut Özal, that US forces should march on to Baghdad).

Once the war started, the retired Turkish army officers invited to comment on the fighting by all of the numerous TV channels made very disparaging remarks about American military prowess. They criticised the US plan as insufficient (unsupported as it was by operations from the north) and feeble. These officers¹ perception was hardly confirmed by the unexpectedly sudden surrender of Iraq. But in the war¹s aftermath, one of them spoke of the possibility of a clash between Turkish and US troops ? and added that no one could guess the outcome. Such comments, and many other signals, indicated that there could be serious disagreement between Turkish and American opinion about what should be done in northern Iraq.

In one incident, Turkish special troops were arrested by American soldiers in the act of smuggling arms into Iraq to hand over to Turcoman tribesmen. This has hardly contributed to an improvement of strained relations. In the Turkish press, the US was severely censured for broadcasting an event which would normally have been kept secret.

This continuing strain between Turkey and its closest strategic ally are paralleled by those within the country between the government and the armed forces. Recently, another semi-farcical link was added to a string of portentous events, with a rumour that the wife of the parliamentary speaker would appear at an official reception on a national holiday ? wearing a headscarf. As a result, the generals did not attend the reception. The media gleefully expected high tension at the next MGK meeting at the end of April, though apparently this was not fulfilled.

Thus, whether by mistake or not, Turkey finds itself standing on quite unfamiliar ground after regime change in Iraq. The most important novelty of the situation is the resentment between Turkey and the US, tangible in the statements of some American officials and ministers. The Turkish government is doing its best to restore friendly relations. The army is silent about the US, and about events in northern Iraq in general (retired army officers however are vociferously hostile). The press is divided on every point.

On the European front, it is time to wait and see. In the short run, European attitudes towards Turkey will probably be even more affected by the recent dramatic events in Cyprus. One crisis follows another. The legacy of these unforgettable months will be with the Turkish republic for many years to come.  (Open Democracy, May 21, 2003)

Forces Armées/Armed Forces

Plus de 60 soldats espagnols tués dans un accident d'avion en Turquie

Plus de 60 soldats espagnols, rentrant d'une mission de maintien de la paix en Asie centrale, ont été tués tôt lundi lorsque leur avion s'est écrasé près de Trabzon, dans le nord-est de la Turquie  Le bilan de l'accident  s'établit à 75 morts , soit un de plus qu'envisagé au départ, a affirmé mercredi un procureur local après que les médecins légistes aient découvert les restes d'un corps qui ne figurait pas sur le manifeste de vol.

Les 13 membres de l'équipage ukrainien de l'avion de transport YAK-42 ont également péri dans l'accident qui est intervenu alors que l'appareil tentait d'atterir à Trabzon pour se ravitailler en carburant.

Selon les responsables de l'aviation civile turque, cités par l'agence Anatolie, une erreur de pilotage serait à l'origine de l'accident.

L'appareil, qui volait à trop haute altitude et qui a été gêné par le vent, a dû abandonner une première tentative pour atterir à Trabzon. Les pilotes devaient alors tenter une nouvelle approche de la piste depuis la mer, mais l'avion s'est dirigé vers une région montagneuse à quelque 35 km de l'aéroport et a disparu des radars, selon les responsables de l'aviation civile.

Les débris de l'appareil ont été retrouvés à l'aube sur une pente raide de montagne où régnait un fort brouillard, selon les images diffusées par les télévisions.

Un total de 62 soldats espagnols, 40 de l'armée de Terre, 21 de l'armée de l'Air et un garde civil, ont été tués dans l'accident, a confirmé à Madrid le ministère espagnol de la Défense.

Les militaires, essentiellement des officiers et sous-officiers, rentraient d'une mission de quatre mois à Manas (Kirghisztan) et à Kaboul (Afghanistan) où ils servaient au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), selon un porte-parole du ministère espagnol de la défense.

Parmi les militaires tués figurait le lieutenant-colonel José Ramon Sola Ferro, chef du contingent espagnol de l'Isaf.

L'avion, qui avait décollé de Kaboul dimanche soir, avait fait escale dans la nuit à Bishkek, Khighisztan, et devait rallier la ville espagnole de Saragosse.

Selon les images diffusées par la chaîne TRT, l'épave de l'appareil dont des pièces fumaient encore plusieurs heures après le crash qui s'est produit vers 04H45 (01H45 GMT), était éparpillée sur une grande superficie.

Militaires et pompiers s'affairaient dans les décombres de l'avion sous une fine pluie et un épais brouillard à la recherche des corps et des boîtes noires de l'appareil pour déterminer les causes de l'accident, selon Anatolie.

Le ministre espagnol de la Défense Federico Trillo, accompagné de médecins légistes et d'enquêteurs de l'Armée de l'air, devait quitter l'Espagne pour la Turquie lundi dans la journée, selon le ministère.

Quelque 120 soldats espagnols sont actuellement attachés à l'Isaf, une force internationale de 4.600 hommes venant de 29 pays, chargée du maintien de la paix autour de Kaboul.

Il s'agit de la plus importante perte d'hommes pour l'Isaf depuis la mise en place de cette force en décembre 2001 après l'intervention américaine qui avait mis fin au régime des Taliban et qui visait à chasser les terroristes responsables des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Les troupes espagnoles sont attachées au quartier-général de l'Isaf à Kaboul, à l'aéroport de la capitale et fournissent des spécialistes du génie ainsi que des experts en déminage.

L'avion était utilisé par l'Agence d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA) à laquelle les pays faisant partie de l'Isaf ont recours pour les déplacements de longue distance, a ajouté le ministère espagnol.

Il s'agit du troisième accident à toucher un avion ukrainien dans les derniers mois. Début mai, la rupture d'une porte en plein vol d'un Iliouchine 76, piloté par des Ukrainiens, a causé la mort d'une centaine de personnes, des policiers locaux, en RDCongo.

Le crash d'un Antonov An-140 a fait 44 morts, en majorité des Ukrainiens, en décembre dernier en Iran. (AFP, 26-28 mai 2003)

Le Parlement européen s'est déclaré contre le pouvoir militaire en Turquie

Le 12 mai 2003, la commission des Affaires étrangères du Parlement européen a adopté à une écrasante majorité le rapport de M. Arie OOSTLANDER (PPE-DE, NL) relative à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Les députés européens se sont félicités des progrès notables réalisés depuis octobre 2001 par la Turquie pour satisfaire aux critères politiques liés à l'adhésion, tout en précisant cependant que les conditions ne sont pas encore remplies pour ouvrir les négociations d'adhésion.

La commission a souligné la nécessité d'une réforme complète de l'État et a invité le gouvernement turc à mettre en place un nouveau système politique et constitutionnel garant des principes d'un régime laïc et d'un contrôle du pouvoir militaire par le pouvoir civil.

La commission a exprimé ses préoccupations face au "rôle excessif" détenu en Turquie par l'armée, rôle qu'elle considère comme un frein à son "évolution vers un régime démocratique et pluraliste". Les députés sont d'avis qu'à terme, il faudra abolir le Conseil national de sécurité dans son rôle et sa position actuels tandis que les représentants de l'armée devront quitter des organes civils tels que le Haut Conseil de l'éducation et celui de l'audiovisuel. Le Parlement turc doit avoir la haute main sur le budget de l'armée.

Le rapport de M. Oostlander ne fait pas de la culture judéo-chrétienne et humaniste un pré-requis à l'adhésion à l'UE, mais insiste sur le respect des valeurs universelles de la démocratie, de l'État de droit, des droits fondamentaux et de l'homme ainsi que des libertés de religion et d'opinion. Le rapport recommande également une attitude sereine vis-à-vis de l'Islam et de la religion en général.

Pour la commission des Affaires étrangères, la nouvelle constitution turque devra être assise sur les fondations démocratiques européennes qui stipulent le plein respect des droits de l'homme et des droits des individus et des minorités. C'est donc avec satisfaction qu'elle a pris acte de l'intention du Premier ministre turc, M. Erdogan, d'élaborer une nouvelle constitution.

Les députés ont également estimé que le système électoral devrait garantir une représentativité totale du Parlement. La Turquie doit respecter les langues et les religions minoritaires et, en particulier, créer une relation sereine et constructive avec ses citoyens de souche kurde.

Allant plus dans le détail, la commission des Affaires étrangères a plaidé pour que soient rejugés et immédiatement relaxés les anciens parlementaires du DEP, y compris Mme Leyla Zana, lauréate du prix Sakharov, pour que soit révisée la décision prise par le Tribunal constitutionnel turc d'interdire le HADEP, pour que soit étendu à tous les détenus l'accès à une assistance juridique et pour que soient prises des mesures énergiques pour abolir la torture et faire appliquer les normes carcérales internationales.

Pour tous les citoyens, quelle que soit leur origine, un véritable accès à la radiodiffusion et à la télédiffusion et à l'éducation en langue kurde et dans les autres langues non turcophones doit être garanti.

De même, les autorités turques doivent faciliter le travail des organisations non gouvernementales telles que Caritas en leur octroyant un statut légal.

Les députés expriment leurs vives inquiétudes au sujet des rapports faisant état de viols fréquents par les agents de la Sécurité de l'État de détenues, et plus particulièrement de femmes d'origine kurde et de dissidentes politiques.

Sur le plan des relations extérieures, les députés ont invité la Turquie à retirer ses troupes de la partie Nord de Chypre pour ouvrir la voie à la réunification de l'île mais aussi à favoriser un bon voisinage avec l'Arménie.

La Turquie devra coopérer avec les États voisins, l'Iran, la Syrie et l'Irak, pour assurer la sécurité de ses frontières tout en permettant aux citoyens d'origine kurde de ces différents pays de développer leurs échanges humains, culturels et économiques.

Après le vote, M. Oostlander s'est déclaré très satisfait du résultat. Il a admis que son rapport avait été quelque peu édulcoré par le vote, mais a souligné que le message restait clair: la Turquie a encore bien des obstacles à surmonter sur le chemin de l'adhésion à l'UE. Il est dès lors de la plus haute importance, selon lui, de dire clairement à la Turquie ce qui lui reste à faire.

En vertu de l'article 49 du traité sur l'UE, l'adhésion de tout nouvel Etat requiert l'avis conforme du Parlement européen. (PE, 12 mai 2003)
 

Terrorisme de l'Etat / State Terrorism

Court acquitted police officers accused of torture

On 29 May Beyoglu Criminal Court No. 2 concluded the case of 12 police officers, charged with having killed Ibrahim Yalçin Arikan (35), Avni Turan (38) and Recai Dinçel (36) during a house-raid in Bahcelievler quarter (Istanbul) on 24 March 1993.

The Court acquitted the defendant police officers Ali Osman Akar, Dursun Ali Öztürk, Adnan Tasdemir, Ayhan Çarkin, Kadir Uçar, Senol Aygün, Hüseyin Dogru, Ömer Kaplan, Süleyman Bolak, Ayhan Özkan, Selim Kostik and Ali Ersan ruling that "the defendants' action remained within the limits of self-defense and of executing the official orders".

During the house raid Hamza Ülkü, who was the owner of the house that was completely damaged in the raid, his wife Meral Ülkü and their 11-year old son Mehmet Ülkü could escape from being killed as they had been let to leave the house. Hamza Ülkü had later said that Ibrahim Yalçin Arikan was his classmate and that on that day he had come to his house to for a visit.

After the incident Istanbul branch of the IHD had made a statement recording the following: "The event is reflected as a clash, but there are many questions behind this reflection. The police disclosed that the raided house was not a safe-house, so how could it be possible to find such number of guns in a family house? It is also interesting that all three corpses were found in the bathroom that had no windows".

The autopsy reports later had disclosed that some 30 bullets were found in Recai Dinçel's body, 20 bullets were found in Avni Turan's body and at least 25 bullets were found in Ibrahim Yalçin Arikan's body. (Evrensel-TIHV, May 30, 2003)
 

Amnesty: Atteintes aux droits de l'Homme en Turquie, malgré les réformes

Malgré de récentes réformes législatives, les arrestations et inculpations pour opinions politiques et le recours à la torture demeurent pratiques courantes en Turquie, affirme Amnesty International dans un rapport annuel sur la situation dans ce pays publié mercredi.

"De nombreux prisonniers d'opinion continuaient d'être inculpés ou incarcérés, en particulier pour avoir exprimé leur opinion sur la question kurde, les prisons de type F ou pour avoir professé des idées islamistes", affirme l'organisation de défense des droits de l'Homme dans son rapport annuel 2003.

Soixante-six grévistes de la faim sont morts en Turquie depuis le début d'un mouvement de protestation en 2000 contre l'ouverture de prisons de haute sécurité, dites de type F, où des prisonniers condamnés pour faits politiques sont souvent isolés.

Par ailleurs, "la torture en garde à vue demeurait une pratique répandue, voire systématique dans les locaux des sections antiterroristes des postes de police du sud-est du pays, et les tortionnaires étaient rarement déférés à la justice", selon Amnesty.

L'état d'urgence, en place depuis de nombreuses années dans le sud-est de la Turquie en raison d'une rébellion armée menée par le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), a finalement été levé dans toute la région en novembre du fait d'un retour au calme.

Néanmoins "malgré des réformes législatives visant à alléger les restrictions qui limitent l'expression publique de l'identité kurde, les observateurs n'ont pas constaté d'amélioration significative dans la pratique", affirme Amnesty dans son rapport.

Le parlement turc, qui a aboli en août 2002 la peine de mort, sauf pour crimes exceptionnels, a également autorisé l'enseignement, dans des écoles privées, de la langue kurde, ainsi que la diffusion d'émissions en kurde sur les chaînes de la radio-télévision d'Etat.

"Les autorités n'ont, pour autant qu'on le sache, approuvé aucun programme d'études en langue kurde et des milliers de personnes ont été arrêtées après avoir signé des pétitions réclamant le droit à un enseignement en langue kurde", relève Amnesty.

"Certains détenus auraient été torturés ou maltraités: d'autres ont été inculpés de soutien au PKK", ajoute l'organisation de défense des droits de l'Homme.

La diffusion d'émissions en langue kurde n'a pas non plus commencé.

Amnesty relève par ailleurs que les règles régissant la détention ont été modifiées et des lois utilisées par le passé pour restreindre le droit à la liberté d'expression modifiées en vue de rapprocher la législation turque des normes de l'Union européenne que la Turquie souhaite rejoindre.

Mais, ajoute Amnesty, "ces changements étaient toutefois ambigus et insuffisants pour combattre les atteintes aux droits fondamentaux auxquelles ils étaient censés mettre un terme. En outre, ils ont rarement été mis en application". (AFP, 28 mai 2003)

Résolution européenne sur la perquisition dans les locaux de l'IHD

Le Parlement a adopté une résolution commune des groupes PPE-DE, PSE, ELDR, Verts/ALE, GUE/NGL et UEN sur la perquisition de locaux de l'Association turque des droits de l'homme (IHD). Le 6 mai dernier, des policiers des Services de la lutte antiterroriste ont perquisitionné les locaux du siège de l'IHD à Ankara, sous le contrôle du procureur de la Cour de sûreté de l'Etat. Alors que les Cours de sûreté de l'Etat sont un obstacle au développement de l'Etat de droit en Turquie et que leur suppression fait partie du programme du gouvernement, les députés demandent aux autorités turques de préciser immédiatement les raisons de cette action et de revoir leur législation afin de garantir la protection de la démocratie, de la transparence et des droits de l'homme en Turquie.

Les députés constatent que la Turquie a déjà modifié la plus grande partie de sa législation en matière de liberté d'expression et d'association mais ils regrettent que ces modifications laissent encore le champ libre pour des actions de répression policière et que peu de choses aient changé dans les faits. Le Parlement rappelle au gouvernement turc que la mise en oeuvre de réformes est un élément qui sera dûment pris en considération par la Commission lors de l'évaluation qu'elle fera du respect des critères de Copenhague par la Turquie en décembre 2004. Il insiste ainsi sur le fait que la volonté politique de la Turquie d'apporter des changements radicaux pour assurer le respect de l'Etat de droit est fondamentale pour le processus d'adhésion à l'UE. (Bureau de presse PE, 15 mai 2003)
 

Un mort et un blessé dans l'explosion d'une bombe à Ankara

Une femme a été tuée et une personne blessée mardi lors de l'explosion d'une bombe dans un café du centre d'Ankara, a rapporté l'agence Anatolie citant le procureur de la ville.

L'attentat est l'oeuvre d'un groupuscule clandestin d'extrême-gauche, selon la chaîne d'information en continue NTV qui cite des responsables de la sûreté.

"La victime a été tuée par une bombe. Nous enquêtons", a affirmé à la presse Ahmet Mutlu après s'être rendu sur les lieux de l'attentat, situé en plein milieu d'une artère commerciale qui a été bouclée par la police.

La femme tuée, Fatma Kayapinar était membre du Front-Parti de libération du peuple révolutionnaire (DHKP-C, interdit), selon NTV.

Son corps a été retrouvé dans les toilettes de l'établissement et elle aurait été tuée en manipulant l'explosif, selon la chaîne.

L'attentat n'a donné lieu à aucune revendication immédiate.

Un responsable du DHKP-C contacté par téléphone par l'AFP à Bruxelles a affirmé ne disposer d'aucune information sur cet attentat.

Le corps de la victime a été déchiqueté par l'explosion, selon des caméramen qui ont pu filmer l'intérieur du café du haut d'un immeuble adjacent.

La violente déflagration, qui s'est produite vers 09H15 locales (06H15 GMT), a provoqué des dégâts considérables dans le café, fréquenté surtout par des étudiants, soufflant les vitrines et démolissant une partie du plafond et des tables, a-t-on constaté.

Un copropriétaire de l'établissement à indiqué à la presse n'avoir reçu aucune menace.

Plusieurs attentats du même type ont récemment visé des restaurants à Istanbul, la principale métropole du pays, sans faire de victimes. (AFP, 20 mai 2003)
 

Les experts de l'ONU dénoncent la torture en dépit des progrès législatifs

Des experts de l'ONU, réunis à Genève dans le Comité contre la torture, ont condamné la persistance d'un recours répandu à la torture en Turquie, tout en saluant un ensemble de mesures législatives conséquentes, a indiqué jeudi l'ONU dans un compte-rendu.

Dans ses recommandations sur le deuxième rapport périodique qui lui a été fourni par la Turquie, examiné les 2 et 5 mai derniers, le Comité se déclare néanmoins préoccupé par "des allégations nombreuses et concordantes indiquant que la torture et d'autres traitements cruels, inhumains ou dégradants sont apparemment toujours pratiqués sur des personnes gardées à vue et ce, de façon répandue".

Les experts de l'ONU ont demandé à Ankara de veiller à ce que les garanties contre la torture sur les détenus emprisonnés pour des infractions relevant des tribunaux de sûreté de l'État "soient effectivement appliquées dans la pratique".
 Les détenus, affirment-ils, doivent bénéficier de l'assistance d'un médecin et d'un avocat, et communiquer avec leur famille. Les registres de détention doivent être strictement tenus.

Selon les conclusions des experts, malgré les nombreuses plaintes, il est rare en Turquie que des poursuites soient engagées contre des membres des forces de sécurité, et que des sanctions soient prises à leur encontre, les procédures étant d'une durée excessive et les peines prononcées sans rapport avec la gravité des crimes.

Le Comité recommande donc que les nombreuses allégations de mauvais traitements fassent l'objet sans délai d'enquêtes impartiales et approfondies, et qu'un système de plainte efficace et transparent soit institué.

Il demande à Ankara d'abroger la prescription pour les crimes de torture et de mauvais traitements, de juger rapidement les agents de l'État inculpés, et de veiller à ce qu'ils soient suspendus pendant l'enquête et rayés des cadres s'ils sont reconnus coupables.

Les experts de l'ONU ont cependant noté des motifs de satisfaction comme l'abolition de la peine capitale pour les crimes commis en temps de paix, la levée de l'état d'urgence, des réformes législatives et constitutionnelles portant sur la réduction de la durée de la garde à vue et sur la diminution du nombre des infractions relevant de la compétence des tribunaux de l'État. (AFP, 15 mai 2003)
 

Razzia dans l'Association de droits de l'Homme (IHD)

Aujourd'hui, le 6 mai 2003, à 9h, la police et le procureur de la Cour de la Sûreté d'Etat (SSC) ont effectué une razzia au siège et au bureau d'Ankara de l'Association des droits de l'Homme de la Turquie (IHD). Lors des recherches de trois heures, ils ont confisqué plusieurs documents et disques durs.

Cette recherche a été tenue sous le prétexte d'une enquête judiciaire contre la IHD, accusée "d'avoir aidé des organisations terroristes" en publiant des communiqués de presse en leur faveur.

Ender Büyükculha, président de la section d'Ankara de l'IHD, a déclaré qu'on n'a pas établi un PV correct relatif à des documents et d'autres publications saisies.

Büyükçulha a indiqué qu'ils n'ont pas été informés de la raison de cette razzia. Ils ont appris par après que la recherche a été effectuée en vertu des articles 169 et 312 du Code pénal turc et de la Loi anti-terreur.

Ces articles punissent les actes de "faire éloge aux organisations terroristes et aider et héberger des terroristes."

M. Sanar Yurdatapan, porte-parole de l'Initiative pour la liberté d'expression, a déclaré que cette pratique avait commencé après une instruction par l'ancien ministre de la Justice, Hikmet Sami Turk, à tous les procureurs de la République lors des négociations concernant les grèves de la faim dans les prisons de Type-F. Après cette instruction, les procès ont été ouverts contre tous ceux qui se sont opposés à ces prisons.

Cette pratique anti-démocratique a été étendue également aux étudiants qui ont donné des pétitions aux administrations d'universités pour que l'apprentissage de la langue kurde soit intégré dans le programme des cours.

L'idée de M. Turk's était très claire: "Qui bénéficient de ce genre de suggestions? Sans aucun doute, des organisations terroristes!. Par conséquent, telles déclarations doivent être considérées comme éloges aux organisations terroristes et leurs auteurs doivent être traduit devant la justice."

Husnu Ondul, président de l'IHD, a protesté contre cette pratique et a appelé l'attention sur une coïncidence: "Aujourd'hui, à 15h, nous étions invités à une réunion dans laquelle Ulusal Belge (le document national en réponse au document de l'Union européenne pour l'adhésion turque) devrait être discuté. Quand une partie de l'Etat turc prend une mesure vers la démocratie, l'autre partie du même Etat fait immédiatement quelque chose dans l'autre sens comme riposte et menace." (Info-Türk, 6 mai 2003)
 

Background information about the raid on the IHD

The IHD is Turkey's largest human rights organization. At least ten IHD members have been killed since 1991. Members of the Turkish security forces have been implicated in some of the killings, but in most cases the killers have never been identified. In May 1998, the then IHD president Akin Birdal was shot and critically injured at the IHD headquarters. Amnesty International believes the Turkish authorities created the climate for this assassination by trying to link them to the outlawed Kurdistan Workers' Party (PKK). Several IHD branches have also been closed on various pretexts.

In recent years, Turkey has introduced laws with the stated aim of restricting human rights violations perpetrated by security officials. However, there has been a huge rise in the number of cases being opened against the IHD and other human rights organizations and defenders. These cases are usually opened under Law No 2908 on Associations, Article 8 of the Anti-Terror Law, or Law No 2911 on Meetings and Demonstrations.

In the last two years there have reportedly been 437 cases opened against the IHD; in the previous 14 years a total of 300 cases had been opened. While such trials usually end in acquittal or a sentence which is suspended or commuted to a fine, Amnesty International considers that they constitute a form of judicial harassment designed to intimidate human rights defenders and restrict their activities. (Amnesty International, May 6, 2003)
 

Eren Keskin et Esber Yagmurdereli à Bruxelles pour une conférence d'AI
 

Amnesty International Belgique Francophone A.S.B.L. organise le 8 mai 2003 à 20 heures, une
conférence sur le thème des "Droits humains en Turquie : point de la situation et perspective
européenne" avec:

Mme Eren Keskin:  avocate et vice-présidente de l'Insan Haklari Dernegi (IHD, Association pour la défense
des droits humains en Turquie); elle dirige un programme d¹assistance juridique aux femmes victimes de
violences sexuelles en détention. Elle est persécutée et a été emprisonnée de ce fait.

M. Esber Yagmurdereli: avocat et écrivain ; défenseur des droits humains. Il a passé près de 20 ans en
prison et a été libéré en janvier 2001. L¹Institut des Droits de l¹Homme du Barreau de Bordeaux lui a décerné
le prix Ludovic-Trarieux 2000.

M. Dogan Özgüden: journaliste et rédacteur en chef de la revue électronique Info-Türk, exilé en Belgique
depuis 30 ans.  En 2003, la Turquie lui intente un procès pour « insultes à l¹armée ».

M. Joerg Volker Ketelsen:  fonctionnaire à la Direction Générale des Relations Extérieures à la
Commission européenne.

Modérateur :

Mme. Jenny Vanderlinden, responsable de la coordination Turquie à AIBF.

Lieu :

auditoire 2215, bâtiment H au campus du Solbosch
à l¹Université Libre de Bruxelles,
avenue Paul Héger

Accès gratuit
 

Le 1er mai: Une trentaine d'arrestations à Istanbul

La police anti-émeutes turque a procédé jeudi à une trentaine d'arrestations parmi des militants d'extrême gauche rassemblés à l'occasion du 1er mai sur la place Taksim, dans la partie européenne d'Istanbul, pour une manifestation jugée d'illégale, a rapporté l'agence Anatolie.

La police a chargé les manifestants après que ceux-ci eurent refusé de se disperser, a-t-on ajouté de même source.

La chaîne d'informations NTV a montré des images de policiers frappant des manifestants avec des bâtons et en traînant au moins un par les cheveux.

Plusieurs manifestants ont été blessés, selon Anatolie.

Les autorités avaient autorisé par contre plusieurs grands syndicats et associations à organiser des rassemblements à l'occasion du 1er mai dans plusieurs villes, dont Istanbul et Ankara.

Les manifestations du 1er mai en Turquie ont donné lieu dans le passé à plusieurs reprises à des affrontements sanglants entre manifestants et forces de sécurité.

Ainsi en 1996, trois manifestants avaient été tués à Istanbul. Le 1er mai le plus meurtrier dans la métropole s'était produit en 1977, avec 37 morts parmi les manifestants rassemblés place Taksim. (AFP, 1 mai 2003)
 

Human rights violations in brief

Trade Unionists on Trial in istanbul

Sisli Penal Court of First Instance continued to hear the case against the organizing committee, including the Chairman of the Confederation Of Unions Of Public Laborers (KESK), Sami Evren, KESK General Secretary Mustafa Avci, KESK executive Güven Gerçek, Musa Çam, Ali Akdag, Ali Canci, Ali Osman Kart and Levent Dokuyucu, in connection with the demonstration held in Istanbul on 1 May 2002. The court acquitted the defendants. They were charged with shooting slogans and carrying posters banned by the governor. (Özgür Gündem-TIHV, May 1, 2003)

Five police condemnded for tortured surrendered

Of the police officers, who had been convicted of torture in the so-called Manisa Trial, Halil Emir, Atilla Gürbüz, Mehmet Emin Dal, Turgut Özcan and Fevzi Aydog reportedly surrendered on 2 May in Kayseri. The police officer Musa Geçer surrendered in Sivas. The police officers Turgut Demirel, Levent Özvez and Ramazan Kolak had previously surrendered. Engin Erdogan has not surrendered, yet. (Radikal-TIHV, May 3, 2003)

Pressures in Izmir Prisons

Baris Kimsesiz, who had been arrested on 14 January by Izmir SSC on charges of "aiding and abetting an illegal organization", was not allowed to see his relatives and visitors. His father Mahmut Kimsesiz announced that his son was held in a single-person cell in Bergama Prison. He also stressed that they went to the prison on 1 May and were not allowed to see his son without any reason. (Özgür Gündem-TIHV, May 4, 2003)

Detentions and Arrests of IHD officials

Ayten Kiran, chairwomen of the Association of Help for Prisoners' Relatives (THYY-DER) in Van and Züleyha Çinar, Human Rights Association (IHD) Secretary for Van branch, were detained for using the word "isolation" during a press conference organized by "Van Women's Platform" on 8 March. They were released by Van SSC on 2 May to be tried without arrest. (Özgür Gündem-TIHV, May 4, 2003)

Incident at the Yildiz Technical University

On 5 May, many students were injured during the fight occurred between left wing students and members of the Federation of Kemalist Thought Clubs (ADKF). After the police had intervened in the fight and detained many students in the morning, students continued to fight on Barbaros Boulevard. The police intervened and used tear gaz and truncheons to disperse the students. A student named Erkan Karaaslan was reportedly injured by a meat cleaver. 28 students and a police officer were hospitalized and many injured students reportedly did not go to a hospital because of fear of detention. (Evrensel-Milliyet-Özgür Gündem-TIHV, May 6, 2003)

Incident at the Yildiz Technical University-2

On 6 May, the police deployed joint searches in the Istanbul University and Yildiz Technical University in connection with the fights occurred between left wing students and members of the Federation of Kemalist Thought Clubs (ADKF), and detained 137 students. The police reported to have found a large number of knives, sticks, meat cleavers and stones during the searches. The interrogation of 58 students that had been detained on 5 May reportedly continues. Members of ADKF made a press release on 6 May alleging that they had been attacked by members of terrorist organizations who had been supported by members of the Communist Party of Turkey (TKP), the Party of Labor (EMEP) and the Socialist Democracy Party (SDP). On the other hand, students with TKP stated that the attack had been carried out by groups from outside the university and that 18 students with TKP were detained although they had not been involved in the incidents at all. (Cumhuriyet-Radikal-TIHV, May 7, 2003)

70-year old detainee subjected to ill-treatment

Hasan Basri Aydin (70), who was recently pardoned by the State President Ahmet Necdet Sezer, stated that he had been subjected to ill treatment while he was incarcerated. Aydin said "They forced me to take off my clothes. Then they made my legs opened and forced me to sit down and stand up continuously." Aydin had been imprisoned on 12 November 2002 upon the confirmation of his 40-month sentence by the Court of Cassation. (Özgür Gündem-TIHV, May 8, 2003)

Students on Trial in Bolu

On 6 May, Bolu Penal Court of First Instance convicted students charged in connection with the commemoration ceremony held for Kenan Mak, killed on 3 May 1998 at the Bolu Izzet Baysal University. The Court sentenced three students to 3 years' of imprisonment and six students to 18 months' imprisonment and a fine of TL 288 million each. The sentences of six students were suspended. Those convicted students had been dismissed from the school for two semesters. (Radikal-TIHV, May 8, 2003)

Rightist atttacks in Afyon

In Afyon a group of rightists attacked the commemoration of Deniz Gezmis, Hüseyin Inan and Yusuf Aslan, who had been executed on 6 May 1972. The juvenile Ö.S. was wounded during the incident. (10 May, Evrensel-TIHV, May 12, 2003)

Detentions and Arrests in Istanbul

Derya Gökmen, Gökhan Kaya and Emine Akkis were detained in Istanbul, when they were putting up posters of the journal "Partizan" on 10 May. (Evrensel-TIHV, May 11, 2003)

Hindered Demonstration in Ankara

Members of the teachers' union, Egitim-Sen, held a demonstration in Ankara on 10 May in order to demand the implementation of the contract signed between the Ministry of Education and their union. Teachers, who wanted to march towards the Ministry of Education, were hindered by the police. Thereupon they initiated a sit-in action and closed the street to traffic. Police forcibly dispersed the demonstrators by truncheons and pressurized water. Then teachers held a press release on Yüksel Street. Alaattin Dinçer, chairman of Egitim-Sen, who filed an official complaint against the Ministry of Interior on 11 May, stated that the police started to disperse the crowd without warning in advance. (Özgür Gündem-TIHV, May 13, 2003)

Detentions, Arrests in Istanbul

Erdinç Özbay and Gökhan Albun were detained in Istanbul, when they were putting up posters of the journal "Partizan" on 13 May. (Cumhuriyet-TIHV, May 14, 2003)

Pressure against Students in Ankara

Lawyer Ender Büyükçulha, chair for the Human Rights Association (IHD) Ankara Branch, announced that the lycee students D.P., Ç.K., and M.S. were subjected to police pressure for having participated in the May Day celebrations in Ankara. Ender Büyükçulha stated that on 8 and 12 May the students were taken from their classes by the police, interrogated at the administrative offices, forced to disclose information about several civil institutions and were threatened to be dismissed from school. Ender Büyükçulha further criticized the Vice-director of Dikmen Lyceeum, Abdullah I_žk and Vice-director of Ayrancž Trade Lyceeum, Mustafa Keskin for allowing the police to intterrotage the students in their offices. (TIHV, May 15, 2003)

Students Dismissed from School in Antep

Reports from Antep stated that 6 of the 7 students who had participated in the anti-war demonstration held by IHD in February, were dismissed from school, and the other student was transferred to another school. The students had been detained after the demonstration and then released by the public prosecutor in Antep. Thereafter, Antep Security Directorate had sent a written notification to disciplinary boards at the schools to initiate investigations against the students. The files were later examined by a high disciplinary board, composed of the Provincial Director of National Education and seven school-directors. (BIA-TIHV, May 15, 2003)

A 12-year old Trial ended in condemnation

On 13 May, Istanbul SSC passed its verdict in the case of one of the leaders of the 68's generation, Sarp Kuray, who had been on trial as the alleged founder of the so-called "16 June Movement". The Court sentenced Sarp Kuray to 12,5 years' imprisonment. The trial had started in 1991. During the first round of trials, the court had acquitted Kuray, but the Court of Cassation had later quashed this verdict. Thereupon a second case had been launched against Sarp Kuray and five other persons under Article 168 TPC. This case had ended on 19 March 2002. Kuray had been sentenced to 12 years' imprisonment according to Article 168 TPC. In case of the defendants Orhan Tatlican and Necdet Karahan the court had decided that for lapse of time. The arrest warrants for in absentia for the defendants Serdar Kaya, Mehmet Bülent Özbek and Mehmet Ali Bozdemir had been upheld.  The Court of Cassation later quashed this verdict, too, but this time on procedural grounds. Kuray had fled abroad following the military coup of 12 September 1980. He had returned Turkey on 23 October 1993. Following two months' imprisonment, he  had been released. Later Kuray had worked as the administrative of the  firm established jointly by Korkut Eken, the retired general convicted in the so-called Susurluk Case, and Mehmet Eymür, a former executive of the National Intelligence Agency (MIT). (Milliyet-TIHV, May 15, 2003)

Pressures on Human Rights Defenders

An investigation was launched against Selahattin Demirtas, chair for the Human Rights Association (IHD) Diyarbakir Branch, under Article 169 TPC (aiding and abetting an illegal organization), in connection with a press conference he held in February. Demirtas had reportedly said during the conference: "Those public officers, who argue that due to weather conditions it was not possible to go to Imrali are insulting the state". Selahattin Demirtas testified before the prosecutor at Diyarbakir SSC on 14 May. (Özgür Gündem-TIHV, May 16, 2003)

SDP Executive on Trial

On 15 May, Adana SSC continued to hear the case against Hüseyin Gür, chair for the Socialist Democracy Party (SDP) in Mersin province in connection with a speech he made on 18 February. The Court released Gür to be tried without remand and adjourned the hearing to a later date. The indictment wants Gür be charged under Article 169 TPC (aiding an illegal organization) for having referred to the PKK/KADEK leader Abdullah Öcalan as "Sayin (Esteemed) Öcalan". (Özgür Gündem-TIHV, May 16, 2003)

Detentions, Arrests in Istanbul

Sevilay Samay and Deniz Yalçin were detained in Istanbul while putting on the placards prepared by the journal "Isçi Köylü". Samay and Yalçin were released a while later. The police detained 67 persons in Ankara, Istanbul, Gebze (Kocaeli), Bursa and Sorgun (Yozgat) during the operations deployed against the radical Islamic organization "Hezb-al Tahrir". 15 persons were detained in Ankara, 26 in Istanbul, 6 in Gebze, 13 in Bursa and 6 in Sorgun. According to the reports, the alleged leader of the organization in Turkey, Yilmaz Çelik and the alleged Istanbul representative, Süleyman Ugurlu, were also among the detainees. The six persons who were detained in Gebze, Ilyas Öcal (26), Necmettin Aydogan (28), Selim Bölük (30), Fatih Günes (29), Korkmaz A. and H.D were later arrested. (Evrensel-TIHV, May 16, 2003)

Lawyer Beaten in Agri

Lawyer Ahmet Bagaç announced that he was beaten and insulted by soldiers at Gürbulak Gendarmerie Station (Agri) where he had gone to see one of his clients. Bagaç stated the following: "I went to Gürbulak Gendarmerie Station to get information about the condition of my client, Ayhan Demirkan, who had been detained on 26 April on charges of smuggling. The vice-commander of the Station with the first name "Kürsat" told me that the investigation of the file was run by Gürbulak Infantry Squadron No.2. Thereupon I went to the Station of Second Infantry Squadron. I told the soldier at the entrance gate that I was a lawyer and I was there in connection with an investigation. Then another soldier get out of the sentry-cabin and approached me with curses. He started to beat me. Another soldier kicked my neck. A captain stroke me three or four times. Then I shouted that I was a lawyer. The captain asked me to show my ID card. He looked at it and then threw it on my face. He said: ŒTell the one who sent you here that we treat a man as such. Now get out of here and do never come again'. I left there without seeing my client. Later I learned that the captain's name was Hakan Erçetin". Bagac took a medical report proving his inability to work for five days and filed an official complaint with the soldiers at Dogubeyazit Public Prosecution Office. (Özgür Gündem-TIHV, May 17, 2003)

Detentions and Arrests in Tuzla

Erdinç Özbay and Gökhan Bulum were detained on 19 May while putting up posters of the journal Partizan in Tuzla (Istanbul). 12 alleged members of "Hizb-ut Tahrir", who were detained during operations conducted in different cities, were arrested on 16 May on orders of Ankara SSC. One of them was namely Yilmaz Çelik. Of four detainees who were detained in Konya, on 16 May, was reportedly Mehmet Besir Varol, the leader of "Hezbollah". On 18 May, police detained three members of the Tabacco, Drink, Food and Allied Workers' Union (Tek Gžda-Is), who were protesting the Prime Minister. (Cumhuriyet, Evrensel, Milliyet-TIHV, May 17-19-20, 2003)

Armed Clash in Tokat

Tokat Governor Ayhan Nasuhbeyoglu announced that a militant of Liberation Army of Turkish Worker's and Peasents (TIKKO) died in an armed clash that occurred on 16 May. (Evrensel-TIHV, May 19, 2003)

Street Vendors Beaten by the Police in Izmir

The police heavily beat many street vendors in Konak district (Izmir) while at the same time taking their workbenches away from the street. The police, furthermore, detained the street vendor Erdal Sen (17). Erdal's brother Abdurrahim Sen told the following about the incident: "While taking the workbenches away, the police beat those vendors who resisted them. They used inproportional force; they handcuffed the people, kicked them, stoke with fists and truncheons. They also beat my brother Erdal and took him to Kemeralti Police Station. Later they took him to the prosecutor's office. From there he was taken to Forensic Medicine and Yesilyurt State Hospital respectively. Because of beating, my brother is currently unable to stand on his feet, he suffers from nausea and loss of sight". (Özgür Gündem-TIHV, May 22, 2003)

Medical Treatment Neglected

Reports from Ordu Prison stated that the common prisoner Muhittin Altžn was denied medical treatment despite the problems at his legs. His relatives stated that he had received treatment in 1995 for burning, but since his treatment had not been completed one of his legs became crippled and degenerative changes occurred in knee-joints. He was later incarcerated in Giresun and Ordu prisons, but in neither prison did he receive any treatment. A while ago he applied to the prison administration asking to be transferred to another prison with proper climatic conditions. Upon this application he was sent to a hospital. The doctors gave him a report indicating that since he did not have serious health problems, there was not need for his transfer to another place". (Özgür Gündem-TIHV, May 22, 2003)

Attack by Rightists in Canakkale

On 20 May, a group of extreme rightists attacked 6 students of Çanakkale 18 March University. The perpetrators ran away after the attack. The same persons raided the student Ozan Fžndžk's house at night. They left the house after beating Ozan's mother Nurten Fžndžk and his sister Ezgi. Seven persons were reportedly detained in connection with the attacks. Ozan Fžndžk made a statement asserting that there were students among the attackers whom he could identify. (Cumhuriyet-Evrensel-TIHV, May 22, 2003)

Trial for a poem in praise for Ataturk

A case was opened against Bülent Ulusoy, living in Ankara, on the allegation of insulting Atatürk. He had hanged on the windows of his office a poem by Neyzen Tevfik written in praise for Atatürk. A customer who went Ulusoy's office on 6 November 2002 complained about him at the prosecutor's office. Ulusoy was detained in connection with the complaint against him and was later released to be tried without remand. The indictment prepared by the public prosecutor in Ankara demands Ulusoy be charged under Law to Protect Atatürk. The case is pursued at Ankara Penal Court of First Instance No.13. (Milliyet-TIHV, May 22, 2003)

Former deputy questioned at the Susurluk Case

On 22 May, Istanbul Heavy Penal Court continued to hear the case against Sedat Edip Bucak, former MP for Urfa, on charges of "hiding Abdullah Çatli, against whom a decision of arrest in absentia had been issued", "forming a gang in order to commit a crime" and "keeping dangerous weapons". Bucak testified for the first time in connection with the so-called Susurluk Case. Bucak testified to the effect that he met Leyla Zana and Sedat Yurttas after being elected as MP during the elections of 1991 and they asked him not to act in accordance with the government. He added that he informed the Secretary of National Security Council (MGK) and started to act on orders of MGK. He continued: "Those days I met also Prime Minister, ministers, military and civil officials and they wanted me to help the government. I had met Hüyesin Kocadag before 1980, when he had been the Director of Urfa Security Forces. I knew Abdullah Çatli with the misnomer Mehmet Özbay. There were always officials with him. I have photos of Çatli, Eken, other officials and myself. But I wouldn't like to disclose them for reasons state security." Bucak also alleged that he had no idea about the guns and silencers found after the car accident in Susurluk. The court adjourned the hearing to a later date for a completion files. (Özgür Gündem-Yeni Safak-TIHV, May 23, 2003)

Case of Closure for Alevite Association

The Court of Cassation approved the decision of Ankara Penal Court of First Instance not to close the Union of Alevite Bektashi Organizations (ABKB). On 13 February 2002 Ankara Penal Court of First Instance No. 2 had ordered the closure of ABKB based on Article 5 of the Law on Associations since the statue of the Union stated that it would conduct teaching of the Alevite and Bektashi culture. The Court of Cassation had quashed this verdict on 5 November 2002 ruling that the Union had no intention to create a minority or a privileged class by establishing the dominance of the members of a certain religion or sect over the others and so the elements of crime had not materialized. On 26 February, Ankara Penal Court of First Instance No. 2 had rejected retrial of the ABKB launched by the Ministry of Interior. The public prosecutor appealed to the Court of Cassation for retrial, but the court approved the decision of the Ankara Penal Court of First Instance. (Cumhuriyet-TIHV, May 25, 2003)

Arrests for Death Fasts

The gendarmerie detained Melet Tukut, Ömer Ünal, Mustafa Yasar, Metin Günay, Günnaz Kuruçay, Firdevs Kirbiyik, Safak Kurt, Nursel Türüç and two unknown persons in Sarigazi (Istanbul) during the commemoration of Okan Külekçi, who died on 22 May 2002 due to death fast action in Tekirdag F-type Prison. (Evrensel-TIHV, May 25, 2003)

Armed Clashes in Tunceli and Giresun

TIKKO militants Emel Kiliç, Murat Aricak and Cem Karaca were killed during the clashes in Tunceli and Giresun in May. According to the press release by the journal "Partizan" Emel Kiliç was killed near Almus district of Tunceli on 15 May, Cem Karaca and Murat Aricak were killed in Alucra district of Giresun on 22 May. TIKKO militant Aycan Tato, who was killed on 24 May in Tunceli, was buried on 25 May. (Evrensel-TIHV, May 26, 2003)

Condemnations in DHKP/C Trial

The case against Ercan Kartal, Fadime Bastug and Berkan Abatay  on charges of "being members of the Revolutionary People's Liberation Pary/ Front (DHKP/C) and attempting to assasinate the seventh State President Kenan Evren" was concluded on 28 May. Istanbul SSC sentenced Kartal to life for "several actions including the killing of Özdemir Sabancž, Haluk Görgün and Nilgün Hasefe on 9 January 1996 and the assassination attempt against Kenan Evren". Ercan Kartal will not benefit from any conditional release and will stay in prison until he dies. Fadime Bastug was sentenced to 15 years' imprisonment for "membership in an illegal organization and attempting to assassinate Kenan Evren". The case against Abatay who died on 20 December 2002 as a result of his death fastr action was dropped. The first round of trials had ended on 22 April 1999. Abatay and Bastug had been sentenced to 12,5 years' imprisonment each and Ilhan Uçar had been sentenced to 3 years' 9 months'imprisonment. The other defendants Ercan Kartal, Filiz Gencer, Serif Minaz and Canan Ferai Kökerer, for whom death penalty had been sought initially, were acquitted. The Court of Cassation had later quashed the verdict relating to Kartal, Abatay and Ba_tu_, and confirmed the sentences of other defendants. The second round of trials had ended on 8 May 2001. Istanbul SSC had sentenced Kartal to death under Article 146/1 TPC (intending to overthrow the Constitutional order by force), and Abatay and Bastug to 15 years' imprisonment each under Article 168 TPC. The Court had decided to suspend the sentence against Ucar. (Radikal-TIHV, May 29, 2003)

Trial of Ržfat Yžldžržm

The case against Rifat Yildirim on charges of injuring Lawyer Mehmet Öztürk, then the chair for the Socialist Workers' Party (TSIP) in Burdur province, on 3 July 1979 was concluded. Öztürk was sentenced to 15 years' imprisonment. Yžldžržm had been acquitted in the trial pursued in connection with the killing of Assoc. Prof. Bedrettin Cömert. (Radikal-TIHV, May 29, 2003)

Human Rights Defenders on Trial

On 26 May Istanbul Penal Court of First Instance No. 7 concluded the case against 38 persons, including IHD executives and prisoners' relatives, on trial in connection with the press release held on 22 April 2000 at Sultanahmet square (Istanbul). The Court sentenced each defendant to 1,5 years' imprisonment and TL 91 million fine. The sentences of 35 defendants were suspended, while that of Eren Keskin, vice-chair of IHD, and IHD members Ümit Efe and Halit Dinler were not. (TIHV, May 29, 2003)

IHD Executives Fined

The public prosecutor in Diyarbakir fined the executives of Diyarbakir branch of the Human Rights Association (IHD) a total of TL 1,54 billion on the allegation that "they did not present the Police HQ the necessary information about branch executives". The procedure was based on Article 75 of the Law on Associations. If the IHD executives do not pay the fine within 10 days, they will be put on trial. Chair for IHD Diyarbakir Branch, Lawyer Selahattin Demirtas stated the following: "In October 2002 the Police HQ asked for the criminal records of our executive members. We sent them all the related records. Three of our executives had been put on trial in the past. We also sent the Police HQ the judicial minutes and verdicts concerning their cases. None of these records proved any obstacle for registering in an association. However, the Police HQ asked us to give them the detention and judicial records of the other six executives. We reminded them that according to legal provisions, we were not supposed to present them any judicial records, including verdicts, which are not indicated in one's criminal record. Despite this, the Police HQ asked us through a written note to give them all kinds of records relating to the detentions, arrests or releases of our executive members who had been tried under Articles 169 (aiding an illegal organization) and 168 (membership in an illegal organization) TPC. We did not do that as the demand itself was not legal. Upon this they made an official complaint against our executive board". Demirtas further stated that the process meant the punishment of those about whom a decision of acquittal or discontinuing the proceedings was issued. (Özgür Gündem-TIHV, May 30, 2003)

Trade Unionists Beaten and Arrested

On 28 May gendarme officers intervened in the two-hours-stop-work action held at Tuzla organized industry site (Istanbul) in protest of the employers' attitudes during collective bargaining processes, and detained chair for Tuzla branch of the workers' trade union Deri-Is, Hasan Sonkaya, and branch secretary, Musa Alyücel under beatings. Sonkaya and Alyücel were later arrested. (Özgür Gündem-TIHV, May 30, 2003)
 

Pression sur les médias/Pressure on the Media

WPFC concerned about journalist Hasan Özgün

In a 28 May 2003 letter to Turkish President Ahmet Necdet Sezer, which was copied to Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, the World Press Freedom Committee (WPFC)expressed its grave concern for the fate of journalist Hasan Özgün, a reporter with the "Özgür Gündem" daily newspaper.

After completing a nine-year prison term, Özgün was released in April and then immediately charged with "insulting state institutions," according to Article 159 of the Criminal Code, an indictment that carries a 12-year jail sentence.

The charges stem from Özgün's 1998 new trial petition in which he accused security forces of brutality in southeastern Anatolia and of murdering journalists belonging to pro-Kurdish newspapers. He also complained of harsh treatment during his imprisonment, including an injury to his knee, which required hospitalisation and still needs rehabilitation care.

Regardless of his physical condition and having just completed his prison term, Özgün has been drafted into the army while he waits for his insult trial, scheduled for 9 October.

WPFC believes Özgün is suffering a grave injustice and is the victim of Turkey's insult laws, obsolete pieces of legislation left over from autocratic times that shield public officials from the necessary scrutiny of the rest of society. Insult laws have been repeatedly denounced as anti-democratic obstacles to press freedom by several international organisations, including the United Nations Human Rights Commission, the Organisation for Security and Cooperation in Europe, the European Court of Human Rights and the Inter-American Commission on Human Rights.

In fact, the European Court, in its landmark Castells vs. Spain case, opined that "The limits of permissible criticism are wider with regard to the Government than in relation to a private citizen, or even a politician."

WPFC noted that Özgün has presented the Turkish government and the Turkish Armed Forces with a magnificent opportunity to disregard Turkey's insult laws by dismissing the charges against him, releasing him from military duty and allowing him to resume his journalistic work. (WPFC/IFEX, May 29, 2003)

Cannes: Les cinéastes turcs à l'honneur

Le 56e festival de Cannes a honoré dimanche soir deux réalisateurs - l'un turc, l'autre américain - et juste derrière eux, l'autre grand triomphateur de la soirée est le Canadien Denys Arcand.

Denys Arcand, Gus Van Sant et Nuri Bilge Ceylan ont à eux trois raflé la quasi-totalité des mises. Seule l'Iranienne Samira Makhmalbaf est parvenue à se glisser dans le palmarès pour emporter pour la deuxième fois le Prix du jury grâce à son film « A cinq heures de l'après-midi ». Elle avait été distinguée par ce même prix trois ans auparavant avec « Le tableau noir ».

Le président du jury Patrice Chéreau a souligné que les membres du jury avaient été en parfait accord dans leurs choix, lesquels ont nécessité de faire une entorse, « une violation » au règlement voulant qu'un film ne peut être distingué qu'une fois, à moins que la deuxième distinction soit un Prix d'interprétation.

C'est pourquoi « Elephant », de Gus Van Sant, a pu repartir non seulement avec le prestigieux végétal doré mais encore avec le Prix de la mise en scène.

« Recevoir les deux prix me semble cohérent. Lorsqu'un film plaît, on a aussi envie de récompenser sa réalisation », a réagi le cinéaste américain, lors de la conférence de presse des lauréats, expliquant que les choses se passaient comme ça notamment lors de la remise des Oscars.

Gus Van Sant n'en a pas moins jugé qu'être ainsi honoré était « miraculeux ».

« J'étais venu en 1995 avec 'Prête à tout' qui était présenté lors d'une soirée de gala. A part ça, je n'avais jamais réussi à présenter l'un de mes films à Cannes. J'ai le sentiment que gagner la Palme est une sorte de miracle, c'est une vraie chance, un grand bonheur », a-t-il ajouté.

En revanche, « Les invasions barbares » et « Lointain » restent dans les normes. Le premier emporte le Prix du scénario et le Prix d'interprétation féminine pour Marie-Josée Croze et le second le Grand Prix et un double Prix d'interprétation masculine pour Muzaffer Özdemir et Mehmet Emin Toprak.

Aucun des lauréats des prix d'interprétation n'était présent sur la Croisette ce dimanche soir. Mehmet Emin Toprak est décédé dans un accident de la circultion deux jours après la fin du tournage d' "Uzak".

« Ce sont des acteurs amateurs. Le plus âgé des deux est un ami. Le plus jeune était mon cousin et ils ont tous deux joué dans tous mes films », a expliqué le cinéaste Nuri Bilge Ceylan.

Ce n'est pas la première fois qu'un cinéaste turc est honoré par le festival de Cannes. En 1982, « Yol » de Yilmaz Güney avait remporté la Palme d'or, ex-aequo avec « Missing », de Costa-Gavras.

« Les jeunes générations ne connaissent pas Yimaz Güney », a déploré Nuri Bilge Ceylan, qui a toutefois précisé que « Yol » avait à nouveau été montré voici cinq ans dans les salles de cinéma, et avec succès.

« Le film n'était pas construit sur un seul personnage masculin mais sur deux et c'est pour ça qu'il est normal que les deux reçoivent le prix », a dit Ebru Ceylan, l'épouse du cinéaste qui joue également dans son film. (Reuters, 25 mai 2003)

La Turque a remporté pour la première fois l'Eurovision

La Turquie a remporté pour la première fois samedi soir le 48e Concours de l'Eurovision à Riga, la capitale lettone, avec "De tous mes moyens", chanté et dansé à l'Orientale par Sertab Erener, 39 ans, face à 25 autres candidats.

Visiblement émue et ravie de sa victoire, Sertab Erener a donné rendez-vous l'an prochain à Istanbul, sa ville natale, pour la prochaine compétition.

"Ce sera à Istanbul et il y fera beau", a-t-elle déclaré aux journalistes après avoir reçu son disque d'Or de l'Eurovision.

Jusqu'à la fin du décompte des points donnés par les télespectateurs des 26 pays participants, le score était très serré et ce sont les votes des Slovènes qui ont été décisifs, avec 167 points, contre 165 points pour le groupe belge Urban Trad.

En troisième position à un point près, 164, le duo homosexuel russe t.A.T.u, dont la chanteuse Youlia Volkova avait failli ne pas chanter en raison d'un problème de gorge.

Sertab Erener a séduit le public européen avec sa chanson variété de style tout à fait oriental. En chantant "De tous mes moyens j'essaierai une nouvelle fois de me faire aimer de toi" et "rien au monde ne pourrait m'arrêter", Sertab Erener a fait sur scène, pieds nus, de la danse du ventre, accompagnée de quatre danseuses: une Turque mais aussi deux Allemandes et une Autrichienne.

Pendant que la salle résonnait de rythmes orientaux endiablés, la scène ultra-moderne du complexe Skonto Hall a pris des couleurs de feu, rouge et jaune, sur un fond en ciel étoilé.

Après l'annonce des résultats finaux, détendue et grand sourire aux lèvres, Sertab Erener a salué les autres participants au concours à Riga, notamment le duo homosexuelle russe t.A.T.u, dont l'une des chanteuses a failli faire forfait en raison d'un problème de gorge.

"Je ne sais pas ce qui s'était passé avant le concours mais ce soir elles étaient très bonnes", a estimé Sertab Erener.
 A son tour, le groupe belge Urban Trad, deuxième au classement final, a félicité la Sertab Erener et lui a offert un drapeau et une tablette de chocolat belges.

Sertab Erener est l'une des chanteuses les plus populaires de son pays où elle a enregistré plusieurs disques. Ses albums se sont vendus tant en Turquie qu'à l'étranger. Elle a chanté avec des sommités comme José Carreras et Ricky Martin.
 Elle a annoncé la prochaine sortie de son disque comprenant sa chanson du Concours et une tournée de promotion à travers l'Europe.

La chanteuse turque a décliné la question sur la signification potentielle de sa victoire pour les préparatifs de son pays à devenir candidat à l'Union européenne.

"Je ne fais pas de politique", a-t-elle souligné.

L'an dernier à Tallinn, la Lettone Marija Naumova avait remporté le concours avec la chanson "I wanna", donnant à Riga la responsabililité d'organiser l'édition de cette année. Cette année ce pays s'est retrouvé en queue du peloton avec seulement cinq points.

Plus de 6.OOO spectateurs s'étaient retrouvés face à une grande scène de toutes les couleurs, dans un décor inspiré de sphères astronomiques et au milieu d'effets spéciaux impressionnants. Parmi eux, la présidente lettonne Vaira Veike-Freiberga et son Premier ministre Einars Repse.

Ce dernier a déclaré sa satisfaction pour la qualité de l'organisation du concours par son pays où tout a été fait pour prouver que cette ancienne république soviétique mérite bien sa prochaine entrée dans l'Union européenne et l'Otan.

"Le nom de la Lettonie a résonné à travers le monde. Nous avons prouvé que nous ne sommes pas moins bons que les autres capitales européennes", a-t-il estimé à la télévision lettonne juste après la fin du Concours. (AFP, 25 mai 2003)
 

Le romancier turc Orhan Pamuk lauréat d'un prix littéraire international

L'écrivain turc Orhan Pamuk s'est vu décerner le prix Impac 2003 pour son roman "My Name is Red" ("Mon nom est Rouge" dans sa version française), a annoncé lundi la mairie de Dublin, qui remettra officiellement le 14 juin cette récompense dotée de 100.000 euros.

"My Name is Red" a été élu meilleur roman de fiction par le jury du International Impac Dublin Literary Award, qui a estimé que l'histoire était "d'une intense beauté". "C'est un tour de force rare d'imagination littéraire et de digression philosophique", a souligné le jury international.

Le prix Impac a été créé en 1996 lorsqu'Impac (Improved Management Profitability and Control), une entreprise américaine de conseils, a versé plus de 2,5 millions d'euros pour créer un fond littéraire.

"Mon nom est rouge" est une immense fresque, la peinture détaillée d'Istanbul à la fin du XVIème siècle. Ce roman a été selectionné parmi huit finalistes d'une liste de livres choisie par plus de 150 librairies de 40 pays.

Le prix de 100.000 euros sera divisé entre l'auteur et son traducteur en anglais, Erdag Goknar, qui en recevra 25.000 euros.

Orhan Pamuk vit à Istanbul où il est né en 1952, dans une famille bourgeoise et francophile, dans la partie occidentale de la ville, au nord de la Corne d'Or, un quartier qu'il n'a pas quitté à l'exception de deux longs séjours aux Etats-Unis.

"Mon nom est rouge" est l'un des romans à succès d'Orhan Pamuk, après "La Maison de silence", "Le Livre noir", "Le Château blanc" ou encore "La Vie nouvelle", dont certains ont été traduits en plus de 20 langues.

L'écrivain Michel Houellebecq a été le lauréat 2002 du prix Impac et le premier Français à remporter ce prix international. (AFP, 19 mai 2003)
 

Scandal: New cases against Dr. Fikret Baskaya

Call from human rights activist Sanar Yurdatapan:
Dr. Fikret Baskaya, a well known prisoner of conscience of Turkey (information attached) has been subjected to two new cases. The first one for his 13 years old book and the second for an article he had written ten years ago. Paradigmanin Iflasi (Bankrupt of Paradigma) was published in April 1991 and the first case was opened after 15 days following the release. Dr. Baskaya was sentenced to 20 months of imprisonment and put in Haymana Prison. The book had 8 editions ?except the pirate versions- and no new case was opened for following 6 editions, but this last one.

That is not all. European Human Rights Court found Turkey guilty in the case Baskaya opened for this book, decided that the sentence was an open violation of freedom of expression and sentenced to pay compansation. Normally ?and lagelly- this decision should cancel all the results of the sentence. But yet, a new case has been opened with the same arguments, about the same parts of the book, once again. (Due to article 8/1 of famous Anti-Terror law.

The other case is opened for an article on sucularism that he wrote after Sivas massacre ?where 38 artists were burned in hotel by an angry crowd provoked by fascist militants- on July 1993. The article was first published in a daily and four years later, it was republished in a book titled ³writings against the stream².

The case was opened for the third edition of this book (January 2003) due to article 159/1 of Turkish Penal Code. (Insulting the State) In the press conference he made in Ankara, Dr. Baskaya asked the simple question once again: How can ³writing a book² be defined as an ³act of terror²? First hearing of the first case will be held at Ankara State Security Court No:1 on June 2nd., Monday, at 10:00 AM. (Sanar Yurdatapan, May 15, 2003)

Protest messages required to: Mr. Ahmet Necdet Sezer (President) Fax: +90 312 427 1330 Mr. Arinc (President of the Parliament) Fax: +90 312 420 5165 Mr. Recep Tayyip Erdogan (Prime Minister) Fax: +90 312 419 1644 Mr. Abdullah Gul (Minister of Foreign Affairs) Fax: +90 312 287 8811 Mr. Cemil Cicek (Minister of Justice) Fax: +90 312 417 3954
 

Mort d'un journaliste: Ankara condamné par la CEDH faute d'"enquête adéquate"

La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné vendredi la Turquie à indemniser le père d'un journaliste tué estimant que ce pays n'avait pas mené une "enquête adéquate" sur son décès.

La cour a en revanche rejeté le grief d'atteinte au droit à la vie invoqué par le père qui reprochait à des membres des services secrets de l'Etat d'avoir enlevé, torturé et tué son fils, Ferhat Tepe, reporter au journal Ozgur Gundem à Biltis, ou d'avoir été commanditaire de ces actes.

"Les circonstances du décès de Ferhat Tepe et le fait qu'il ait travaillé pour un journal pro-kurde militent en faveur des allégations de son père", a estimé la cour dans son arrêt. La juridiction ne peut toutefois "conclure au-delà de tout doute raisonnable" qu'il a été la victime d'un agent de l'Etat ou d'une personne agissant en son nom.

Le gouvernement soutenait que Ferhat Tepe avait été assassiné par le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, mouvement kurde interdit).

Pour tenter d'élucider les circonstances controversées de la mort du journaliste, trois représentants de la Cour ont entendu 24 témoins à Ankara en octobre 2000.

La cour a souligné que l'enquête n'avait pas été approfondie et que les autorités policières et judiciaires n'avaient pas pris de mesures pour identifier de possibles témoins. Elle a conclu qu'il y avait eu violation de la Convention européenne des droits de l'Homme "du fait que les autorités nationales ont failli à mener une enquête adéquate et effective sur les circonstances du décès du fils du requérant".

Elle a alloué au requérant 14.500 euros de préjudice moral et 14.500 euros pour les frais et dépens. (AFP, 9 mai 2003)
 

Procès contre trois intellectuels pour un livre sur les Kurdes écrit par Barzani

Le procès "pour propagande séparatiste" contre deux éditeurs et un traducteur turcs d'un livre sur l'histoire des Kurdes écrit par le dirigeant kurde irakien Massoud Barzani s'est ouvert jeudi devant une Cour de Sûreté de l'Etat d'Istanbul, a rapporté l'agence Anatolie.

Le procureur a réclamé jusqu'à sept ans de prison à l'encontre d'Ahmet Zeki Okcuoglu et Bedir Vatansever, respectivement éditeur et imprimeur de ce livre sorti en janvier, et de Vahdettin Ince, traducteur de l'ouvrage en arabe.

L'acte d'accusation épingle l'emploi, dans ce livre intitulé "Barzani et le mouvement de libération nationale kurde", du terme "Kurdistan turc" pour désigner le sud-est de la Turquie majoritairement peuplé de Kurdes, précise Anatolie.

Le parquet estime également que l'ouvrage du chef du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) critique le fondateur de la République turque, Mustafa Kemal Ataturk, selon l'agence.

Les autorités turques considèrent que le terme "Kurdistan" relaye les apirations nationalistes kurdes à l'indépendance du sud-est de la Turquie, en y associant les régions majoritairement kurdes de l'Irak et de l'Iran voisins.

Ankara soupçonne M. Barzani et l'autre grand leader kurde nord-irakien Jalal Talabani, chef de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), de se préparer à proclamer l'indépendance de la zone qu'ils contrôlent dans le nord de l'Irak, à la faveur de la chute du régime de Saddam Hussein.

Un tel développement, selon Ankara, pourrait relancer la rébellion kurde sur le territoire turque, où les accrochages ont quasiment cessé depuis prés de quatre ans.

Aucun des trois accusés n'était présent à l'audience jeudi et la cour a prononcé un mandat d'amener à l'encontre de M. Okcuoglu pour entendre son témoignage, a ajouté Anatolie. L'audience a été ajournée à une date ultérieure.

L'Union europienne (UE), à laquelle la Turquie veut adhérer, a souvent dénoncé les entraves à la liberté de pensée et d'expression des écrivains, intellectuels et journalistes mis en prison pour leurs écrits.(AFP, 8 mai 2003)
 

Le chef de l'Armée turque: Un des 42 prédateurs de la liberté de la presse

Chaque année, Reporters sans frontières publie la liste des prédateurs de la liberté de la presse. "Parce qu'ils menacent le droit de chacun à informer et à être informé, le public doit les connaître et les reconnaître." dit l'organisation de la presse.

Parmi ces 42 prédateurs figure également le chef d'état-major de l'Armée turque le général Hilmi Özkök.

Le samedi 3 mai, le public a pu découvrir les visages de ces prédateurs, exposés sur 13 camions publicitaires circulant dans Paris.

Les portraits des 42 nouveaux prédateurs de la liberté de la presse sont disponibles sur le site http://www.rsf.fr. Des militants islamistes armés en Afghanistan ou en Algérie à Robert Mugabe, président du Zimbabwe, les 42 prédateurs sont ainsi présentés de A à Z.

Les militants islamistes armés (Afghanistan, Algérie, Bangladesh, Cachemire, Pakistan, Philippines, etc.),, Abdallah ibn al-Seoud (Arabie Saoudite),, les services de sécurité (Autorité palestinienne),, Altaf Hossain Chowdhury (Bangladesh), Alexandre Loukachenko (Bélarus), Than Shwe (Birmanie), François Compaoré (Burkina Faso), Hu Jintao (Chine),  Carlos Castaño (Colombie), M. Marulanda, N. Rodríguez Bautista (Colombie), Kim Jong-il (Corée du Nord), Issaias Afeworki (Erythrée),  ETA (Espagne), Meles Zenawi (Ethiopie), Teodoro Obiang Nguema (Guinée Equatoriale), Jean-Bertrand Aristide (Haiti),  Ali Khamenei (Iran), Ariel Sharon (Israël), Noursultan Nazarbaïev (Kazakhstan), Général Khamtai Siphandon (Laos  Charles Taylor (Libéria), Mouammar Kadhafi (Libye), Mahathir Mohamad (Malaisie), Camarade Prachanda (Népal),  Gyanendra Shah Dev (Népal), Islam Karimov (Ouzbékistan), Joseph Kabila (R.D.Congo), Vladimir Poutine (Russie),  Paul Kagamé (Rwanda), Goh Chok Tong (Singapour), Les forces de sécurité (Sud des Philippines), Mswati III (Swaziland),  Bachar el-Assad (Syrie), La mafia du kidnapping (Tchétchénie), Gnassingbé Eyadéma (Togo), Zine el-Abidine Ben Ali (Tunisie), Separmourad Nyazov (Turkménistan), Général Hilmi Ozkok (Turquie), Leonid Koutchma (Ukraine), Nong Duc Manh (Vietnam), Robert Mugabe (Zimbabwe).
 

L'ancien chef d'état-major renonce à poursuivre en appel RSF

Hüseyin Kivrikoglu, l'ancien chef d'état-major de l'armée turque, a définitivement renoncé à faire appel du jugement rendu le 29 janvier 2003 par le tribunal de grande instance de Paris. Ce jugement déclarait la nullité de la poursuite engagée par Kivrikoglu contre RSF pour atteinte au droit à l'image et le condamnait à payer les frais de procédure et à verser 2 000 euros (environ 2 270 $US) de dommages et intérêts à l'organisation.

Ces poursuites avaient été engagées contre l'organisation suite à la présence d'une photo de Kivrikoglu, parmi les "prédateurs de la liberté de la presse", exposée sur une mappemonde gare Saint-Lazare, à Paris, le 3 mai 2002, à l'occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse.

Le montant des dommages et intérêts sera reversé par RSF aux familles de Mustafa Benli, Kemal Evcimen, Memik Horuz et Nureddin Sirin, emprisonnés pour leur responsabilité dans la diffusion d'informations ou de publications considérées par les autorités comme des "menaces pour l'ordre public" ou "l'unité de l'État", mais relevant pleinement de la liberté et du pluralisme d'expression.

Le 3 mai, pour rappeler que les journalistes osant critiquer l'armée sont systématiquement inquiétés, et pour dénoncer le droit de regard permanent de l'armée sur la presse et sur la vie politique du pays, le portrait du successeur de Kivrikoglu, le général Hilmi Ozkok, a figuré parmi les 42 prédateurs de la liberté de la presse identifiés par RSF. (RSF/IFEX, 6 mai 2003)
 

Recent Violations of press and expression freedom

Journalist on Trial in Istanbul

On 30 April Istanbul Penal Court No. 4 acquitted the journalist Coskun Ak. This was the third verdict of the court in this case. Coskun Ak had been in charge for the human rights forum of the internet provider Superonline and was put on trial for a message posted by an unknown participant. The court ruled that even the message insults the republic and its institutions it hadn't been written by the defendant. On 12 March 2002 court had passed its second verdict against Coskun Ak. The sentence of 40 months' imprisonment had been commuted to a fine of TL 6 million (appr. $ 4). The General Chamber of the Court of Cassation quashed the 40 months? imprisonment sentence given to Coskun Ak. The Court ruled that Ak's case should have been dealt within the scope of the legal amendments passed by the Turkish Parliament for adjustment to the European Union. The first trial against Ak had been concluded on 27 March 2001 at Istanbul Heavy Penal Court No.4 in 40 months' imprisonment. This sentence had been quashed by the Court of Cassation for „incomplete investigation?. After that, the Heavy Penal Court tried Ak for a second time and insisted on its first judgment. (Hürriyet, May 1, 2003)

Journalist sentenced to imprisonment and fines

On 5 May, three cases pursued against Sinan Kara, owner of the local newspaper Datça Haber, were concluded. In the first case, Kara was sentenced to one-year¹ imprisonment and a fine of TL 362 million on the grounds that "he threatened the owner of a construction firm². In the second case he was sentenced to a fine of TL 20 billion 284 million for ³publishing the closed-down newspaper". The third case launched against Kara for "submitting w