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INFO-TURK


A non-government information center on Turkey

Un centre d'information non-gouvernemental sur la Turquie

30th Year / 30e Année
Octobre
 
2006  October
N° 338
53 rue de Pavie - 1000 Bruxelles
Tél: (32-2) 215 35 76 - Fax: (32-2) 215 58 60
editor@info-turk.be
Chief Editor /Rédacteur en chef: 

Dogan Özgüden

Responsible editor/Editrice responsable:

Inci Tugsavul
Human Rights
Pressures on  media
Kurdish Question
Minorities
Interior politics
Armed Forces
Religious affairs
Socio-economics
Turkey-Europe
Turkey-USA
Regional Relations
Cyprus and Greece
Migration

 
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Titres des évènements du mois
Titles of this month's events




  O Droits de l'Homme / Human Rights O

IHD To Justice Minister: End Isolation in Prisons

New Turkish Penal Code under spotlight of lawyers
Des membres de TAYAD bloquent un pont d'Istanbul
Behic Asci: "L'enfer c'est l'endroit où l'on ne vous entend pas"
Ankara condamné pour la perquisition étendue au domicile d'un avocat
BBC survey: Quarter of Turks back torture use
La réponse de Behic Asci à un appel pour cesser la grève de la mort
122 cercueils devant la Commission européenne à Bruxelles
La Turquie condamnée pour une enquête bâclée sur un meurtre
Une délégation belge à la Turquie en solidarité avec les grévistes de la faim
Children Face Police Questioning at Schools

Un député soumet la question des prisons de type F au Parlement
La Turquie condamnée dans trois affaires de torture à Strasbourg
La prison pour avoir jeté des oeufs vers le Premier ministre turc
UN Officials Visit Lawyer Behic Asci on Death Strike
The International Symposium's Final Declaration on Carceral Isolation
Deuxième symposium international sur l'isolement carcéral à Istanbul
Le Barreau d’Istanbul se préoccupe de la grève de la faim de l'avocat Asci
Appel: "Amplifions la lutte contre l'isolement carcéral en Turquie"
Gay Rights Upheld By Prosecution Again
Action de protestation contre le ministre Cemil Ciçek!
Children Tortured in Prison and Police Cars
Lawyers Denounce the Operation Against MLKP
TIHV: Polemics at the summit for postponing democratization
Mazlum-Der: Tension Leads to Restricting Freedoms
Dev-Yol members sentenced to life prison, 24 years after arrest
Intellectuals forego food to protest F-type prisons

TIHV's Recent Human Rights Reports in Brief


O Pression sur les médias / Pressure on the Media O

La guerre virtuelle des hackers turcs contre la France

92 Year Old Women Researcher On Trial
The Government Has No plans to change Article 301
Three More Journalists Charged Under 301
World Independent Media Meeting in Istanbul

The number of the imprisoned journalists in Turkey: 24
 Le lauréat du prix Nobel de littérature Pamuk critiqué par les nationalistes
EU: Don't compare apples with pears on Article 301

Une scientifique turque de 92 ans jugée pour des écrits sur le voile
69 Cases under Article 301 of the Turkish Penal Code
Yeni Asya Newspaper Charged Under 301

Radio "Anatolia's Voice" Banned For 30 Days

Procès contre les responsables de l'édition turque d'un livre de Chomsky
Columnist Dilipak owes Sezer YTL 10,500 over insult
Prix Nobel: réaction en demi-teinte de la presse turque

Orhan Pamuk a remporté le prix Nobel de littérature
Four New "301" Cases Against Daily Evrensel
IPA demands immediate acquittal of Publisher Ragip Zarakolu
Sakayan's Letter to Turkish Tribunal on Zarakolu Trial
Turkey's Journalists Want Organized Labour in Media
Article 301 Cases Against Writers Continue
Journalist Prosecuted on Influencing Justice
TRT staff claim fundamentalism on state TV channel
Daily Milliyet Case Goes to Criminal Court
La journaliste Calislar jugée pour ses écrits sur Atatürk
Publisher Ragip Zarakolu's "Insult" Trial Postponed
Rehn: Pas de marchandages sur la liberté d'expression
La Cour des droits de l'Homme condamne la Turquie
Inculpation pour la traduction d'un livre de Noam Chomsky
Two More Cases Under Article 301 of the TPC
Reporter Duru Sentenced For "Propaganda"


TIHV's Report on Recent Pressures on the Media


O Kurdish Question / Question kurde O

Trois militants kurdes tués, 2 soldats blessés dans des affrontements

International PEN's 2006 Report on Kurdish linguistic rights
Trois millions de signatures en faveur d'Öcalan

Final Resolutions of the Conference on the EU, Turkey and the Kurds
3rd International Conference on EU, Turkey and the Kurds
Turkish State's Pressures on Roj TV
Sparks fly over bilingual children's book in Diyarbakir
Deux soldats turcs blessés dans un premier accrochage après la trêve
La Turquie invitée à améliorer la situation culturelle des Kurdes
Un maire kurde poursuivi pour son soutien supposé au PKK
Un militant kurde tué lors de combats dans le sud-est de la Turquie

0 Minorités / Minorities 0

Les mesures de rétorsion contre la France restent limitées
CCLJ: "La mémoire du génocide des Arméniens"
Une fosse commune trouvée dans un ancien village arménien
IHF Report on Turkey: A Minority Policy of Systematic Negation
"La Liberté guidant le peuple" censurée dans des manuels turcs

RSF et Article 19 se déclarent contre le projet de loi sur le génocide
Rassemblement négationniste du Comité Talât Pacha à Paris
Lawyers want Chirac charged with insulting Turkish identity

Appel au boycott contre les programmes audiovisuels français
L'OSCE critique le vote des députés français sur le génocide arménien
Le Parlement turc dénonce le vote des députés français
Aznavour prend ses distances avec le vote de l'Assemblée

Appels au boycott des marques françaises en Turquie
Controversée sur l'entretien entre Chirac et Erdogan
Orhan Pamuk dénonce le projet de loi français
Les députés français ont adopté la  loi sur la négation du génocide arménien
Tollé en Turquie après le vote français sur le génocide arménien
Manifestation des Libanais arméniens contre les troupes turques
Communiqué du MRAX sur la loi française sanctionnant la négation
La Fédération arménienne dénonce les menaces "irrationnelles" d'Ankara

Les législateurs turcs enterrent un projet sur l'Algérie

L'Association allemande contre les génocides soutient le projet de loi

CGD Calls IFJ to React Against French Bill
Hrant Dink est prêt à être condamné en France
Les Arméniens de Turquie déplorent le projet de loi sur le génocide
Manifestations à Ankara contre un projet français sur le génocide arménien
La presse algérienne réservée sur le projet turc de "génocide français"
La Turquie menace la France de sanctions économiques
Mustafa Kemal a reconnu les massacres des millions de Chrétiens
Riposte d'Ankara: La Turquie pourrait adopter une loi sur l'Algérie
Tensions autour d'un projet de loi sur le génocide arménien

O Politique intérieure/Interior Politics O

Sezer met en garde contre tout recul de la laïcité en Turquie

Erdogan hospitalisé: "Scandale" de sécurité selon la presse
Turkish Parliament sets election date for November 4, 2007
Erdogan veut aplanir les tensions avec l'armée sur l'Islamisme
Le président Sezer met en garde contre la "menace réactionnaire" islamiste

O Forces armées/Armed Forces O

EU top envoy criticizes the military domination in Turkey
Charges against a retired army general dropped
Conscientious Objection Platform Launched in Turkey
Turkish military take over decision-making on key policies
Conscientious Objector Tarhan Sentenced to 25-month Prison
Investigation Against Researchers on the Turkish Army
An Analysis on the Turkish Army's Political Positions
TESEV stands firm in face of the Army Chief's brickbat
Le chef de l'Armée turque a rejeté les critiques de l'UE

O Affaires religieuses / Religious Affairs O

Des ultranationalistes turcs manifestent contre la visite du pape

Controverse en Turquie sur un projet de parc réservé aux femmes
Un résumé du catéchisme publié en turc pour le voyage du pape
Plus de 18 ans de prison pour le meurtrier d'un prêtre italien
Les convertis de Turquie à la recherche de leur identité
Des alévis à Strasbourg pour réclamer un enseignement laïc en Turquie
Un avion détourné par un turc converti au christianisme

O Socio-économique / Socio-economic O

Une fille de 15 ans tuée par son frère dans un nouveau "crime d'honneur"
L'économie turque "vulnérable" malgré des progrès macroéconomiques
15 Thousand Protest Government on Streets
Les sociétés turques perçues comme des "pros" de la corruption
Turkey "Social Forum" Convenes in Istanbul

O Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations O

Le rapport de la Commission européenne critique sur la Turquie
Le soutien conditionnel de la Belgique à la Turquie
Barroso: Turkey's EU reforms slowing down
Sondage: Deux Turcs sur trois n'ont pas confiance en l'UE
Barroso: L'UE inquiète de la lenteur des réformes en Turquie
L'UE prête à rappeler la Turquie à l'ordre, malgré la gêne causée par Paris
Merkel estime que le problème sur Chypre pourrait être résolu
Athènes met en garde Ankara contre "le rythme lent" des réformes
Sarkozy s'oppose à l'adhésion de la Turquie à l'UE
Scandale: Ankara refuse une visite d'eurodéputés à la Turquie
Olli Rehn somme Ankara de respecter ses engagements

O Turquie-USA/ Turkey-USA  O

Rencontre Bush-Erdogan sans mention explicite du PKK


O Relations régionales / Regional Relations O

Affrontements entre Kazakhs et Turcs sur un champ pétrolier kazakh
Les premiers soldats turcs de la Finul arrivent au Liban
Une frégate turque prend la mer pour rejoindre la Finul au Liban

O Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece O

Les restes des Chypriotes disparus ont commencé à être identifiés

Un rapport sur des "cobayes" chypriotes en Turquie
Chypre ne veut pas faire les frais des efforts de l'UE pour éviter une crise
Moratinos a effectué une mission discrète sur Chypre
Chypre bloquera les négociations UE-Turquie
Talat réclame une levée "inconditionnelle" de leur isolement
Rehn appelle à soutenir un plan finlandais sur Chypre

O Immigration / Migration O

Le bureau d'information DHKP-C pourquoi s'est il fermé?

Deux mises au point relatives au communiqué sur les élections belges
Les ministres de la Justice et les pressions des états autoritaires - A.Morelli
Murat Denizli renonce à son mandat de conseiller communal
Communiqué commun: Ingérence et soumission alarmantes
Loups Gris infiltrés, complaisance et aveuglement des partis belges vis-à-vis du fascisme à la turque
La justice néerlandaise refuse l'extradition d'un membre présumé du PKK
L'action disciplinaire du PS contre les critiques au sein du parti
Une conseillère turque (PS) s'insurge contre le comportement d'Emir Kir
Un rappel de Kimyongür concernant le double standard d'Onkelinx

Un «loup gris » au PS, les camarades hurlent
Un "loup gris" qui cache la forêt
Un cuisant échec d'Onkelinx à Schaerbeek à cause de son Loup Gris
Des élus appartenant au lobby turc en Belgique
Campagne de protestation contre la complicité turco-suisse
Roelants du Vivier: "Dimanche, sanctionnez les négationnistes!"
Laurette Onkelinx (PS) glisse du génocide au massacre
Un Turc condamné pour avoir fait entrer des milliers de clandestins
Le rapprochement turco-suisse menace les réfugiés politiques
Appel commun aux électeurs démocrates de Belgique
Communiqué préélectoral de l'Assemblée et du Comité des Arméniens de Belgique
La chasse aux voix allochtones
Le PS, premier choix des candidats d'origine étrangère

Une dose de viande halal, un zeste de nationalisme turc
Özgüden: "The Kimyongür affair? A source of shame for Belgium!"

Droits de l'Homme / Human Rights

IHD To Justice Minister: End Isolation in Prisons

Turkey's Human Rights Association (IHD) Istanbul Branch sent a letter toJustice Minister Cemil Cicek on Friday calling for an end to isolation treatment in maximum security F-type prison compounds and establishing a dialogue that could prevent new deaths.

The letter said the Minister needed to show effort to end the controversial treatment of prisoners in F-type holdings and to be in dialogue with civilian society organizations and advocates of human rights.

"A dialogue is an important step to stop the deaths" it said. "Otherwise you will be the only one responsible for every death and every type of breach of human rights in prisons".

The IHD letter comes in the wake of the possible death of three more protestors of F-type prisons, in addition to the 122 convicts that have already died and the maiming of some 600 others who have been crippled for life in hunger strikes to protest the conditions as well as retaliatory security operations, some of which have led to international criticism.

Of particular importance to human rights activists is the "isolation" of captives in these compounds, sometimes for years, where they are held in poor conditions in one-man cells with little or no outside contact.

"This is a second punishment" argued IHD Istanbul Branch chair HurriyetSener noting that in a state of law only courts passed out punishment. "But to worsen conditions in prisons, methods of isolation and torture, these constitute a second punishment for the convicts" she said.

"This second punishment is against human rights and our efforts focus to end such practices".

The IHD letter warned Minister Cicek that he and the Ankara government may be at the brink of facing at least three more deaths of those in protest of the F-type conditions in addition to those that have already taken place.

It said hunger strikers Sevgi Saymaz at the Usak Covered Prison, Gulcan Goruroglu in her house in Istanbul and attorney Behic Asci were in the critical stage of their death strikes which it said was "at the limit of death". (BIA News Center, October 30,  2006)

New Turkish Penal Code under spotlight of lawyers

The Human Rights Agenda Association, the only human rights association based in Izmir, has published a booklet called "Freedom of Expression in the New Turkish Penal Code" under a project titled Reform the Penal Code for Human Rights, which points out some mistakes in the new Turkish Penal Code (TCK) and how they can be fixed. The TCK is nowadays a very popular issue because of the cases brought against writer Elif Safak, Nobel Prize winner Orhan Pamuk and journalist Hrant Dirink.

The president of the Human Rights Agenda Association, Orhan Kemal Cengiz, explaining the aim of the booklet to the Turkish Daily News in an exclusive interview, said: "The content of this work intends to demonstrate that problematic legal provisions underlie the restrictions on freedom of expression. We tried to show this by drawing attention to specific points of concern in the TCK."

"The booklet also deals with the way draft laws are developed. In Turkey legislation is usually passed without consulting the views of civil society," Cengiz said, and added: "We wish that the government, before introducing the TCK as law, had asked NGOs, bar associations, journalists and intellectuals for their views on it. The booklet you hold in your hands is an attempt to show what the penal code might have looked like if there had been a system of genuine consultation."

Cengiz said that despite the important steps taken in certain human rights areas, standard practice in Turkish courts has not changed. "The prosecution of writers, artists and journalists who have expressed their non-violent opinions is an everyday occurrence. For this reason, domestic and international organizations that closely monitor the situation in Turkey have reached the common conclusion that human rights problems in Turkey cannot be solved by legal changes alone and that 'minds must also change.' Genuine progress cannot be achieved without a change of mentality. If we look at the historical record of the judiciary in Turkey, we see an unfortunate pattern -- laws are interpreted in such a way as to narrow rather than broaden freedoms, and the values of the 'sacred state' take precedence over the freedoms of the individual."

"The conservative interpretation of law in Turkey is so extreme that some words and ideas are applied in a manner that directly contradicts common contemporary understanding of the terms in question," said Cengiz. "For example, the prohibition of hate speech (which does exist in several European countries) from Article 312 of the former TCK and Article 216 of the new TCK are hardly ever used to stop speeches inciting hatred against religious and ethnic minorities in Turkey (which are common). Ironically, these provisions are instead used to criminalize any expressions that acknowledge the actual existence of certain minority groups in Turkey. With such reflections in mind, the booklet was prepared to give guidance in achieving a practical path between these questions and the law. An examination of the work will show that freedom of expression problems in Turkey stem not only from narrow interpretations or from specific provisions such as the Law to Fight Terrorism; Turkish law as a whole is riddled with freedom of expression issues and difficulties."

Giving details about the booklet, Cengiz said, "The TCK contains at least 40 provisions; Articles 125, 126, 132, 214, 215, 216, 217, 218, 219, 220, 222, 225, 226, 237, 239, 260, 277, 285, 286, 288, 298, 300, 301, 304,305, 306, 313, 318, 319, 323, 327, 329, 330, 334, 336, 337, 339, 341. These articles in the new penal code contain many provisions; from insult, violation of the privacy of communication, incitement to commit an offense, praising offenses and offenders, inciting the population to enmity or hatred and denigration, incitement to disobey the law, revealing confidential commercial, banking or customer information, insulting the symbols of state sovereignty to insulting Turkishness, the republic, the organs and institutions of the state. These provisions have the potential to restrict freedom of expression, and there is a risk that these provisions may be applied on a wide range of issues in social life."

Cengiz stated that the views expressed in the booklet were those of the Human Rights Agenda Association but that they have been reached by taking into consideration the opinions and views of hundreds of people in an attempt to find a consensus. "We hope that this study will provide a new perspective for the general public on freedom of expression in Turkey and be an inspiration for our legislature. Finally, we want to emphasize that this work could never have been conducted without the contributions of many people and institutions. I commend this study in the hope that it will provide a new perspective and open fresh horizons for all those interested in the subject." He added that they had received financial support for the project by the National Endowment for Democracy.

In the introduction of the booklet it says: "It is now well known that Turkey's legal system has been going through a significant process of renewal in recent years. In the course of this process, there has been a spectrum of fundamental change in legal standards ranging from the 1982 Constitution right down to Ministry of Justice directives. This has been a fast-moving process, and as a consequence, theoreticians and practitioners in the field have not yet had an opportunity to examine in detail the regulatory administrative provisions. This at first sight seems insignificant but it has had considerable impact on implementation. Nor have they been able to give a sufficient evaluation of the Constitution, generally considered the most important legal document of the legal hierarchy. The new TCK stands among these documents as another text that has not received the scrutiny it deserves. To remedy this shortcoming the Human Rights Agenda Association has tried to identify some shortcomings of the TCK in the light of international human rights standards. As a first step, we have identified forty problematic articles and present them below, together with our opinions and recommendations."

"We would like to express our agreement with the opinion frequently expressed in the literature of criminal law over the past year that the new TCK (Statute No. 5,237) is full of systematic, contextual and linguistic shortcomings. Since the code has never been analyzed in detail, or tested by judicial decisions, it is likely that these shortcomings will give rise to problems in the future. In order to contribute to a belated analysis of the code, to focus on those provisions that restrict freedom of expression in Turkey, and to provide a legal perspective on individual articles that have been much debated and criticized in recent months, we launched a project entitled "Reform the Turkish Penal Code for Human Rights.' As part of this project, we first selected the 40 most problematic articles. We then set up a working group with a project coordinator and five lawyers. Their views can be found on our Web site www.rightsagenda.org. In February 2006, we held a workshop in Izmir. We held one in Ankara in March, in Istanbul in May and in Diyarbakir in July. The results of these workshops were drawn together to form this booklet. One of the most important aims of our work was to open the law for discussion. We hope that that this booklet will be a first step toward identifying the shortcomings and errors in the arguments arising from that discussion. As we share our opinion with the public, we trust that you will share your opinions with us." (Turkish Daily News, Serdar Alyamaç, October 27, 2006)

Des membres de TAYAD bloquent un pont d'Istanbul
 
Le 24 octobre dernier, une trentaine de membres de l'association d'entraide avec les familles de détenus (TAYAD) ont bloqué la circulation à Istanbul, sur le pont Fatih Sultan Mehmet qui enjambe le Bosphore.
 
Un peu plus tôt, une première manifestation de TAYAD organisée sur le pont s'était soldée par l'arrestation de 4 personnes.
 
Les manifestants avaient suspendu depuis le parapet du pont, un calicot géant d'une vingtaine de mètres de long appelant à mettre fin au régime d'isolement dans les prisons de type F.
 
Après que la police eut quitté les lieux avec les personnes interpellées, une deuxième manifestation s'est produite au même endroit.
 
Cette fois, les membres de TAYAD, plus nombreux, ont bloqué la circulation pendant près d'une demi heure.
 
C'est à coups de matraques et de gaz lacrymogènes que la police est parvenue à neutraliser ce deuxième groupe de manifestants.
 
On compte de nombreux blessés parmi ces derniers. 

Durant la manifestation, les familles de TAYAD ont publié le communiqué suivant:
 
Aujourd'hui, il paraît que c'est jour de fête! Au lieu de sentir le parfum de nos enfants qui nous enlacent, nous portons leur cercueil!

Savez-vous quels sentiments peuvent éprouver des papas et des mamans qui ne peuvent enlacer leur enfant un jour de fête ou qui attendent désespérément le jour où ce moment arrivera?

Nous, pères et nos mères, membres de TAYAD connaissons fort bien ce sentiment.

Cela fait tant d'années que nous avons perdu le goût de la fête...

Pour nous, la fête c'est croiser le regard heureux de nos enfants, entendre un petit mot de réconfort...

Or, depuis maintenant 7 ans, lorsque nous nous rendons en prison, nous ne voyons plus que des corps émaciés et visages livides. Les familles de TAYAD tout comme leurs enfants combattent l'isolement depuis 7 ans... Elle ont résisté à la douleur et ont toujours su garder la tête haute même lorsqu'elles ont dû porter chacun des 122 cercueils et ce, malgré leur vieillesse et leur faiblesse.

A chaque occasion, nous avons crié "LEVEZ L'ISOLEMENT, FAITES CESSER LES DECES"...

Notre voix a retenti aux quatre coins du monde mais elle n'a pas réussi à se faire écouter par le ministère de la justice, unique interlocuteur susceptible de réparer tant de forfaits. Le ministre a certainement entendu notre voix mais manifestement, nos griefs ne l'ont pas ravi...

Aujourd'hui, jour de fête du Ramadan, nous, familles de TAYAD organisons une action « d'éclat » pour faire entendre la voix, pour nous faire le souffle de nos enfants incarcérés.

Sur l'un des ponts qui enjambe le Bosphore, des membres de notre association répartis dans deux autobus sont occupés à bloquer la circulation pour faire entendre la voix de nos enfants. En ce moment, il y aurait déjà parmi les manifestants de nombreux blessés.

Nous tenons à souligner que nous, familles de TAYAD poursuivrons nos actions jusqu'à ce que l'isolement carcéral soit aboli et jusqu'à ce que les décès en prison auront cessé.

Arrêtez l'isolement
Vive la résistance honorable de nos enfants
Levez l'isolement, faites cesser les décès

(Hürriyet, Haber Türk, Halkin Sesi TV, 25 octobre 2006)

Behic Asci: "L'enfer c'est l'endroit où l'on ne vous entend pas"

Six ans exactement que dure le jeûne de la mort avec 122 décès au bout du compte. Avec ces détracteurs, ces partisans et puis ceux qui font mine de ne rien voir... Tant que les conditions d'isolement ne seront pas abolies, les décès ne cesseront pas. L'avocat Behic Asci est entré en jeûne de la mort le 5 avril, journée mondiale des avocats parce que dit-il, « je ne voulais plus voir mes clients livrés à eux-mêmes et dépérir jour après jour ».

Alper TURGUT (Cumhuriyet Hafta)

Un appartement à Sisli plutôt spacieux. C'est ma deuxième rencontre avec Asci depuis le début de son action. La première fois, il était sur pied. A présent, il est grabataire. Il a les joues affaissées. Son poids a chuté de 88 à 57 kg... Mais il n'a rien perdu de sa sérénité, de sa sagesse et de sa sobriété... Asci a 41 ans... Il a passé le cap du 200 e jour de jeûne de la mort. Mais comment fait-il pour tenir le coup? L'eau, le sucre, le sel, le café pur, les thés fruités et la vitamine B1, retardent son rendez-vous avec la mort. Atrophie de ses nerfs optiques, cécité partielle de son œil gauche, pertes d'équilibre, indigestions, inflammations, oedèmes, engourdissements, douleurs généralisées, insomnies, fatigues aiguës sont sur le point de le clouer au lit. Sur le mur, la photo de son collègue Fuat Erdogan assassiné en 1994 au café « Arzum » à Besiktas... Asçı persiste dans sa décision de poursuivre son jeûne et réclame la fin de l'isolement carcéral qu'il décrit comme un « enfer ». Selon lui, « l'enfer n'est pas l'endroit où l'on souffre mais l'endroit où l'on ne vous entend pas souffrir».

Mais au fait, qui est ce Behic Asci? Il est né le 11 mars 1965 dans la localité de Kocaali à Sakarya. Ses parents travaillaient dans la fonction publique. Il est l'aîné d'une famille de trois enfants. Il a un frère et une soeur. « Nous sommes de Sakarya depuis trois générations. Ma mère était accoucheuse et mon père travaillait dans les coopératives de crédit agricole ». Asci n'était âgé que d'un an lorsque sa famille dût quitter Kocaali en raison des obligations professionnelles de sa mère. La profession qu'exerçait sa mère contraignait la famille au à déménager régulièrement. Lorsque Asci était âgé de quatre ans, la famille s'installa à Iznik. Sa mère faisait alors le tour des villages de la région de Gemlik pour aider les femmes enceintes à enfanter. Finalement, la famille décida de s'installer à Karabük. Dans cette nouvelle escale, son père abandonna la fonction publique pour travailler en tant qu'ouvrier à l'usine sidérurgique de la ville. Asci termina ses études primaire et secondaire à Karabük. Lors du coup d'état militaire du 12 septembre, il est âgé de 15-16 ans mais comme il est encore éloigné de la politique, cet événement ne suscite aucun émoi en lui. Sa famille elle, nageait dans les eaux « sûres » de la politique. Asci se rappelle : « Mon père votait CHP (**). C'est un social-démocrate. L'intérêt de ma mère pour la politique consistait simplement à glisser son bulletin de vote dans l'urne. Mon père en revanche participait aux meetings et luttait pour le travail, pour le pain et contre toutes les injustices auquel il était confronté à l'usine . »

Au lycée, Asci se retrouvait dans la liste des étudiants les plus studieux. En deuxième année du lycée, il tomba amoureux. Au point de faire des plans d'avenir avec sa dulcinée. En revanche, ses parents connurent une « discorde conjugale violente ». Lorsqu'ils divorcèrent, le jeune Asci était en dernière année. Ce que retient Asci de cette époque-là, ce sont des disputes interminables... Il gardait espoir : « si je deviens un étudiant brillant, pensait-il, je pourrais empêcher leur divorce ». Sa réussite ne suffira pas à réunir la famille. En 1982, Asci est le 80e étudiant sur 1200, à obtenir le baccalauréat lui permettant l'entrée à la faculté de droit à l'université d'Ankara. Sa petite amie, elle, décroche la faculté d'agronomie de la capitale. Sa réussite le poursuit en première année d'études mais en raison de la séparation de ses parents puis du départ inopiné de sa petite amie avec qui il rêvait de se marier, Asci perd son intérêt pour les études. Celles-ci se prolongent à n'en plus finir... Sa désillusion sur l'université contribue également à sa débâcle. Asci qui croyait au droit et à la justice est dépassé par ses péripéties:

« Je voulais devenir un magistrat pour faire régner la justice autour de moi. Mais j'ai compris avec le temps que mes rêves n'avaient aucun lien avec la réalité. La situation de ma famille était désastreuse. Pour survivre, je suis devenu comptable. Je ne fréquentais l'université que d'examens en examens. Une fois l'échéance de mon logement étudiant arrivé à terme, j'ai cohabité avec des amis dans différents quartiers. J'ai été expulsé de l'école à trois reprises et à chaque fois, j'y suis retourné. Il m'a fallu dix ans pour décrocher mon diplôme ».

Le Behic Asci de ces années là était un étudiant social-démocrate qui ne participait jamais aux manifestations étudiantes, féru de littérature et qui n'a jamais lu rien de plus radical que le journal « Cumhuriyet ». C'est par les journaux qu'il suivait les nouvelles des manifestations étudiantes, des tortures et des incarcérations qu'ils subissaient. Ils se disaient alors que l'engagement révolutionnaire n'est pas une tâche facile...
 
Après avoir obtenu son diplôme, son rêve n'était désormais ni de gagner de l'argent, ni de devenir un avocat renommé. Pour lui, le métier d'homme de droit était et devait rester une activité non commerciale. C'est pourquoi, lorsque ses amis lui proposèrent le « bureau du droit pour le peuple » (Halkin Hukuk Bürosu) crée en 1988, il se joint à eux sans la moindre hésitation.  Il suivit son stage et obtint son certificat d'aptitude à la profession à Istanbul. En 1994, il s'inscrit enfin sous le numéro de matricule 20560 au barreau d'Istanbul.

Le bureau du droit pour le peuple, c'est l'endroit où Asci rencontre les révolutionnaires. « J'étais alors âgé de 30 ans. Et aujourd'hui encore, je continue d'apprendre la révolution » dit-il en souriant. Le bureau du droit du peuple était alors entretenu par Zeki Rüzgar et Murat Demir à Ankara et par Fuat Erdogan, Ahmet Düzgün Yüksel, Efkan Bolaç et Metin Narin à Istanbul. Le premier client d'Asci fut Sadi Özpolat. Lors de sa première visite à la prison de Sagmalcilar (alias prison de Bayrampasa), il était accompagné de gros préjugés:

« Je pensais rencontrer de grosses brutes martiales obsédées par la hiérarchie et les directives mais je suis tombé sur des gens gais et pleins d'humour. Pour un jeune avocat inexpérimenté, le dossier de Sadi Özpolat (*) était particulièrement costaud. Mais je gardais espoir. Car dans ce dossier, il y avait lacunes et des contradictions énormes dans les déclarations de la police. Les avocats expérimentés eux, se bidonnaient. Et moi, j'ai pu apprendre ce que signifiait les Cours de sûreté de l'Etat. Mon client a pris une perpète! »

CE N'EST PAS DU SUICIDE!

En dix ans, Asçı a eu près de 11.000 clients. C'est un chiffre extrêmement élevé. D'autant plus que parfois, il dût lui aussi siéger sur le banc des accusés. « J'ai plaidé dans des procès politiques instruits dans les cours de sûreté de l'Etat à Erzurum, Kayseri, Adana, Izmir, Ankara bien entendu Istanbul. J'ai fréquenté quasi toutes les prisons où se trouvent des détenus politiques » affirme-t-il. Concernant ses propres démêlés avec la justice, il dit ceci : « J'ai été traîné devant les cours de sûreté de l'Etat par trois fois mais acquitté dans un seul procès. Une fois pour appartenance, une autre pour aide à organisation clandestine. Ce dernier procès continue encore et toujours. J'ai en outre été placé en garde à vue à quatre reprises. J'ai une fois fait 35 jours de prison en tant que déserteur. Lors de l'opération policière du 1 er avril suite à laquelle 120 personnes ont été mises en examen et 80 en détention provisoire, j'ai été écroué à la prison de type F n° 2 de Tekirdag. Pendant 25 jours, j'ai été confiné dans une cellule individuelle. J'ai ainsi vu de l'intérieur le régime d'isolement carcéral que je connaissais de l'extérieur ».

« Ma cellule avait une superficie de 8 mètres carré. Quand on ajoute un lit et une armoire, il reste un tout petit espace à arpenter. Il vous est impossible de rencontrer un autre détenu. Et lorsque vous avez la chance d'en croiser un, le gardien fait écran avec sa veste . »

Asci poursuit avec quelques exemples de traitements humiliants : « La livraison des achats à la cantine, des journaux et des livres est conçue sur un rapport avec vos geôliers destiné à vous avilir : le gardien reste debout tandis que le détenu est obligé de se baisser pour recevoir ses commandes ou son courrier ». Cet exemple, soutient Asci, illustre de manière claire les motivations du gouvernement pour le choix de ce type de régime carcéral.

Asci a un client du nom de « Zafer » (Zafer signifie 'Victoire' NDT). Dans les lettres qu'il envoie à son client, tous les « Zafer » qui apparaissent, sont noircis par la commission de censure!
 
Il a un autre client en isolement qui s'est fait battre pour ne pas s'être levé durant le recensement. « Les gardiens, précise-t-il, lui cognèrent la tête contre le mur. Aujourd'hui, mon client souffre de pertes partielles de la mémoire. J'ai porté plainte mais les juges ont prononcé un non-lieu. Motif : le détenu s'est cogné la tête selon les directives de son organisation dans le but de protester contre le prétendu régime d'isolement ! » Asci interjette appel. Mais l'appel lui est refusé.

Les morts par grève de la faim au finish dans le quartier de Küçükarmutlu, les morts du 19 décembre au cours de l'opération militaire de « retour à la vie », les personnes embastillées suite à des interrogatoires sous la torture, ces trois clients qui se sont suicidés dans leur cellule, les détenus tombés malades en prison, les centaines de détenus infirmes en raison de l'incurie des autorités... Telles est le triste spectacle qui l'a poussé à entamer son jeûne de la mort. « En bref, je mène cette action au nom de ceux qui aspirent au bleu infini, aux montagnes, aux collines, à la terre, à un ciel limpide et surtout à la chaleur humaine ». Et d'ajouter « Je suis convaincu que l'on peut résoudre le problème de l'isolement. Sinon, je n'aurais jamais mené une telle action. Cela aurait été du suicide »...

Sa famille et ses amis accueillent son jusqu'auboutisme avec une certaine amertume. Sa mère n'est venue qu'une seule fois lui rendre visite. Son père étant malade, n'a pu se déplacer. Avec son frère et sa sœur, il entretient un contact téléphonique quasi quotidien. Ses visiteurs ne manquent pas : ex-détenus qui ont contracté le syndrome de Wernicke-Korsakoff, familles des victimes, journalistes, intellectuels. Notons en particulier le soutien affirmé de Mihri Belli et Sevim Belli, des musiciens Efkan Sesen, Mazlum Çimen, Metin Kahraman et Ferhat Tunç, du romancier Cezmi Ersöz, du poète Arif Damar, du président de la confédération révolutionnaire des syndicats ouvriers   (DISK) Süleyman Çelebi, du secrétaire général de la Confédération des travailleurs du public (KESK) Hasan Ayır, du président de l'Union turque des médecins (TTB) Gençay Gürsoy, du vice-président de l'Union des chambres des ingénieurs et des architectes (TMMOB) Hüseyin Yeşil... Même le romancier Yasar Kemal qui se dissocie de la méthode d'action par le jeûne, lui a rendu visite. Kemal lui avait d'ailleurs fait une promesse : « Nous te ferons vivre. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te faire vivre ».

(Article de Alper Turgut, publié dans Cumhuriyet Hafta, 22 octobre 2006 - Traduit par Bahar Kimyongür)

(*) Durant sa captivité à la prison de type E de Bayrampasa, puis à la prison de type F de Kandira, Sadi Özpolat a été le porte-parole du collectif des détenus du DHKP-C, le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple.

Ankara condamné pour la perquisition étendue au domicile d'un avocat

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné mardi la Turquie pour avoir étendu au domicile d'un avocat une perquisition dans des locaux de l'Association des droits de l'homme pour les peuples opprimés (Mazlumder) à Izmir.

En juin 1999, la cour de sûreté de l'Etat d'Ankara avait autorisé la perquisition du siège et d'antennes de l'association, soupçonnée d'actes contre "l'intégrité du pays et le régime séculier". Le sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur avait étendu le mandat au domicile et au bureau de Taner Kilic, un avocat membre du conseil de l'association.

Celui-ci a déposé une requête à Strasbourg reprochant aux autorités turques d'avoir violé le droit au respect de la vie privée et de la correspondance, garanti par la Convention européenne des droits de l'homme.

Les juges de Strasbourg ont estimé que le sous-secrétaire "s'était livré à une interprétation trop large du mandat émis par la cour de sûreté de l'Etat".

"La perquisition et les saisies ont été de grande ampleur et des documents protégés par le secret professionnel ont été saisis en dehors de toute autorisation", selon l'arrêt qui a alloué 2.000 euros à l'avocat pour préjudice moral. (AFP 25 oct 2006)

BBC survey: Quarter of Turks back torture use

Almost a quarter of Turks back the use of torture against prisoners in some circumstances, a BBC survey suggests, while nearly a third agree worldwide.

The survey was carried out for the BBC World Service by polling firm Globescan and the Program on International Policy Attitudes (PIPA).

Some 19 out of 25 countries surveyed agree that clear rules against torture in prisons should be maintained because it is immoral and its use would weaken human rights standards.

The proportion of Turks opposing torture was reported as 62 percent. More than 27,000 people in 25 countries were asked if torture was acceptable if it could provide information to save innocent lives. Some 36 percent of those questioned in the U.S. agreed that this use of torture was acceptable, while 58 percent were unwilling to compromise on human rights.

While most polled in the U.S. are against torture, opposition there is less robust than in Europe and elsewhere.

All of the countries surveyed have signed up to the Geneva Convention, which prohibits the use of torture and cruel and degrading behavior.

Israel showed the largest percentage of those polled endorsing the use of a degree of torture on prisoners, with 43 percent saying they agreed that some degree of torture should be allowed.

Meanwhile opposition to the practice is highest in Italy, where 81 percent of those questioned think torture is never justified. Australia, France, Canada, the UK and Germany also registered high levels of opposition to any use of torture. (The New Anatolian, October 20, 2006)

La réponse de Behic Asci à un appel pour cesser la grève de la mort

Dans un communiqué daté du 20 octobre 2006, la présidence du barreau d’Istanbul m'a invité à cesser mon action de jeûne de la mort. Dans son communiqué, la présidence du barreau cite une lettre du ministère qui stipulerait que l’« Etat fera le nécessaire pour mettre un terme aux jeûnes de la mort et aux grèves de la faim », que « l’élargissement des espaces de liberté des détenus sera réalisé » et que « les efforts pour l’amélioration du régime d’application des peines seront accomplis » et à son tour, la présidence souligne qu’elle se porte garante de la mise en acte des paroles du ministère de la justice dans la lutte contre l’isolement.
 
La lutte des barreaux contre les conditions carcérales et l’isolement est indiscutablement un point positif. C’est l’une de leurs raisons d’être. Jamais un barreau ne pourrait tourner le dos aux préoccupations de la population, ni aux questions humanitaires. En ce sens, le barreau d’Istanbul assume pleinement sa mission.
 
Cela dit, je pense que l’appel au renoncement de notre jeûne de la mort est basé sur une information lacunaire. Cet appel est en effet basé sur un vœu pieux du ministère de la justice concernant une amélioration future des conditions dans les prisons de type F. Or, il n’est pas clairement indiqué en quoi consistent ces « améliorations ». Quiconque examinera un tant soit peu l’histoire des prisons constatera que toutes les réalisations étaient motivées par un souci « d’améliorations ». Les prisons de type F ont été mises en services au nom de ces « améliorations ». L’isolement carcéral y a été appliqué en guise “d’amélioration". Et le règlement interne des prisons a été récemment renforcé au nom de ces « améliorations ». Sans que ces lacunes soient résorbées de manière claire et nette par le ministère, il me sera impossible de renoncer à mon jeûne.
 
D’après ce communiqué, il apparaît que le ministère de la justice prépare un projet relatif aux prisons. Si tel est le cas, quel est ce projet? Quelles sont concrètement les « améliorations » annoncées? Ces « améliorations » doivent être rendues publiques. Est-ce que ces améliorations répondent aux exigences des détenus et des condamnés concernant l’isolement spatial ? Ou bien s’agit-il de débats portant sur l’utilisation des salles de sport et des bibliothèques. Il faut savoir que les questions d’usage des salles de sport et de bibliothèque ne sont pas des questions liées à l’application de l’isolement cellulaire. Le régime d’application des peines du 21e siècle veut que même des prisons dotées de chambrées pour 20 détenus soient munies de salles de sport et de bibliothèques. Ces unités sont obligatoires pour les besoins physiques et intellectuels des détenus. Quoiqu’il en soit, l’existence de tels services ne résout pas le problème de l’isolement cellulaire. C’est pourquoi, nous demandons au ministère autre chose que ces manœuvres, c'est-à-dire de vraies clarifications quant à la levée de l’isolement cellulaire.
 
Il faut ne pas perdre de vue que des appels à la cessation de mon action  basée sur de telles données incomplètes ne feront que renforcer la position du ministère de la justice.
 
En effet, les appels à la rupture du jeûne lancés peu avant le massacre du 19 décembre avaient également contribué au discours démagogique du ministère et avait conforté celui-ci dans son intention de lancer « l’opération de retour à la vie » (*). C’est pourquoi, je suggère une réflexion responsable qui ne se base pas sur des artifices et qui tienne compte de la gravité de toutes les conséquences éventuelles.
 
Si le ministère accorde de la valeur à notre vie et à celle des détenus, il se doit d’être plus explicite à l’égard des améliorations qu’il entreprend d’effectuer.                

Maître Behic ASCI
www.tecritekarsi.com <http://www.tecritekarsi.com> , avukatbehic@gmail.com, Traduction: Bahar Kimyongür

(*) "Retour à la vie" est le nom donné à l'opération militaire de déportation des détenus vers les prisons de type F menée entre les 19 et 22 décembre 2000 et qui se solda par le mort de 28 détenus.

122 cercueils devant la Commission européenne à Bruxelles
 
Au 6e anniversaire de la grève de la faim des détenus politiques turcs, le vendredi 20 octobre, à 11h, un rassemblement sera organisé devant la Commission européenne, au rond-point Schuman, pour rendre hommage aux 122 détenus et à leurs amis et proches décédés suite à leur jeûne.  Il s'agit d'une manifestation pour rappeler la responsabilité des instances européennes dans le calvaire des détenus politiques reclus dans les fameuses prisons de type F et appeler ces dernières à inciter leurs homologues turcs au dialogue avec les détenus grévistes.

Le communiqué des organisateurs du rassemblement:
 
Le 20 octobre 2000, 816 détenus politiques de trois formations de gauche, majoritairement du DHKP-C, entraient en grève de la faim dans une vingtaine de prisons-dortoir (prisons de type E) afin de bloquer le projet des prisons de haute sécurité, appelées « prisons de type F » et composées exclusivement de cellules individuelles et de cellule pour trois.
 
Ces détenus craignaient à juste titre d'être soumis, une fois confinés dans les cellules d'isolement, à la « privation sensorielle », une torture raffinée appelée également « torture blanche ».
 
Ils craignaient également d'être soumis aux mauvais traitements des matons, à l'abri des regards.
 
Dans les premières semaines de la grève de la faim des détenus politiques, toute la société civile turque était mobilisée autour des prisonniers grévistes au grand dam du gouvernement.
 
Des écrivains aussi éminents que Orhan Pamuk, Yasar Kemal, Oral Calislar et Can Dündar ainsi que le docteur Mehmet Bekaroglu, qui était un député membre de la commission des droits de l'homme du parlement, participaient alors à la médiation entre les détenus et le gouvernement.

On croyait encore au règlement du problème des prisons sans la moindre effusion de sang. C'était sous-estimer la nature militariste du régime d'Ankara.
 
Ainsi, le 13 décembre 2000, le Haut conseil de l'audiovisuel (RTÜK) imposa à la presse la censure concernant le jeûne des détenus politiques et les prisons de type F.
 
La nuit du 15 au 16 décembre 2000, soit au 57e jour de la grève de la faim, le gouvernement rompit le dialogue avec les détenus en congédiant la délégation des intellectuels.
 
Au 59e jour, de nombreux intellectuels turcs se postèrent devant la prison de Bayrampasa pour rencontrer les détenus mais en vain. Les autorités leurs refusèrent l'accès.
 
Et puis, vint le 19 décembre 2000…à 4h30 du matin, l'armée prit d'assaut 21 prisons et procéda à la déportation des détenus politiques vers les prisons de type F.
 
Au bout de quatre jours d'opération, cyniquement baptisée « Retour à la vie », 28 détenus sont assassinés et près d'un millier de détenus sont blessés et même violés.
 
En tout, 8 bataillons de la gendarmerie et 8 335 soldats furent mobilisés. La police et l'armée sortirent leurs panzers et leurs chars mais aussi des grues et des bulldozers. Vingt mille bombes furent lancées par les militaires dans les dortoirs. Rien qu'à la prison de Bayrampasa, six femmes prisonnières furent brûlées vives. Et plusieurs milliers de cartouches furent utilisées.
 
Ainsi, confinés dans des cellules individuelles, recouverts de boue et de sang, parfois criblés de balles et d'ecchymoses, à moitié nus dans le froid rigoureux de décembre (les radiateurs des prisons de type F qui étaient encore en chantier ne fonctionnaient pas encore) et livrés à eux-mêmes, les prisonniers politiques poursuivirent inexorablement leur grève de la faim.
 
Au dehors, les familles elles aussi  se mirent à jeûner.
 
Puis, le jeûne des détenus ayant été décrété « tabou national », les grévistes de la faim moururent en silence, les uns après les autres, tant en prison qu'au dehors, dans l'indifférence totale de la communauté internationale.
 
Aujourd'hui, le bilan macabre de ces grèves de la faim s'élève à 122 morts. Près de 600 autres grévistes de la faim ont contracté le syndrome de Wernicke-Korsakoff (amnésie et ataxie) après avoir été alimentés de force. Et ce bilan risque à tout moment de s'alourdir.
 
En effet, depuis le 5 avril dernier, un avocat dénommé Behic Asci du barreau d'Istanbul est entré lui aussi en grève de la faim. Il est relayé par deux jeunes femmes, Sevgi Saymaz détenue à la prison d'Usak (ouest de la Turquie) et Gülcan Görüroglu, une ex-détenue, mère de deux filles, qui jeûne dans son domicile dans le quartier modeste de Sakirpasa à Seyhan, dans la périphérie d'Adana (sud de la Turquie).
 
Tous trois n'ont qu'une seule exigence : l'entame d'un dialogue entre les prisonniers politiques et le gouvernement pour résoudre le problème de l'isolement carcéral. Ces grévistes de la faim n'imposent aucune contrainte quant au choix des interlocuteurs. Les barreaux d'avocats, de nombreuses chambres professionnelles telles l'Ordre des médecins (TTB) ou l'Union des chambres des ingénieurs et des architectes (TMOBB), des syndicats comme les Confédérations DISK et KESK ou encore des intellectuels de renommée internationale se sont proposés de jouer le rôle d'intercesseurs. Tout comme il y a 6 ans…
 
Pour le comité international de soutien aux familles des prisonniers politiques - TAYAD KOMITE.  (bahar_kimyongur@yahoo.fr - Tél : 0486 / 846 170 - http://www.tayad-committee.info/ )
 
La Turquie condamnée pour une enquête bâclée sur un meurtre

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné jeudi la Turquie pour une enquête bâclée après le meurtre d'un homme à Istanbul.

Selon l'arrêt, l'enquête "a été émaillée d'omissions flagrantes" et les autorités "n'ont pas réellement cherché à enquêter au sujet de la possible implication d'agents de l'Etat dans le meurtre".

En juin 1994, Adnan Yildirim et deux amis avait été interpellés à Istanbul par des hommes se présentant comme des policiers. Leurs corps avaient ensuite été découverts et une autopsie avait conclu qu'Adnan avait été abattu à bout portant.

Un suspect inculpé de meurtre avait été acquitté faute de preuves.

Les autorités n'ont pas mené d'enquête adéquate et efficace, se mettant en infraction avec la Convention européenne des droits de l'homme, selon la Cour qui a alloué 20.000 euros pour préjudice moral à la famille.

La Turquie condamnée également pour disparition après garde à vue

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné jeudi la Turquie pour atteinte au droit à la vie, dans l'affaire d'un jeune homme porté disparu depuis douze ans à la suite de son arrestation par des gendarmes dans le sud-est de la Turquie.

Soupçonné d'aide et assistance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Zeki Diril avait été interpellé avec un cousin en mai 1994 à Uzungeçit à la suite d'un contrôle d'identité.

Son cousin avait été libéré peu après mais Zeki n'a plus donné de signe de vie depuis son placement en garde à vue. La Cour a estimé que la Turquie "n'avait apporté aucune preuve" étayant que Zeki avait été libéré au terme de sa garde à vue, et conclu dès lors que cela n'avait pas été le cas.

Elle a alloué 50.000 euros à la famille du disparu.

Dans une autre affaire, la CEDH a également alloué 50.000 euros aux proches d'Azimet Demir, une mère de famille mortellement blessée en juillet 1997 par des tirs au mortier de la gendarmerie sur un village du sud-est du pays où de graves troubles opposaient les forces de sécurité aux membres du PKK.

La CEDH a notamment estimé qu'aucun élément ne permettait de dire que l'opération des gendarmes "avait été préparée et exécutée avec les précautions nécessaires pour la vie des civils concernés", et conclu à la violation du droit à la vie. (AFP, 19 oct 2006)

Une délégation belge à la Turquie en solidarité avec les grévistes de la faim

Le comité international de soutien aux familles des prisonniers politiques de Turquie (Tayad Komite) organise une conférence de presse le mercredi 18 octobre 2006 à 11h dans les locaux bruxellois de la Ligue des droits de l’homme (LDH).

Cette conférence de presse aura pour but de faire la lumière sur la situation dramatique des détenus dans les prisons turques de haute sécurité appelées « prisons de type F » et annoncera le départ d'une délégation humanitaire qui contribuera, par sa présence sur les lieux, à mettre fin à l’hécatombe des détenus dont la grève de la faim entrera le 20 octobre prochain dans sa 7e année.

La délégation belge se compose du sénateur Josy Dubié, de l'avocat George-Henry Beauthier et de Michaël Boireau, membre du Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association (CLEA).

Ce conflit carcéral oppose des grévistes de la faim convaincus que leur jeûne à outrance représente le seul et maigre espoir d’amélioration de leurs conditions de détention et un gouvernement turc inflexible qui tente par tous les moyens d’étouffer la critique à l’égard de sa politique pénitentiaire.
 
En 6 ans, ce conflit a déjà coûté la vie à 122 opposants politiques, pour la plupart des détenus, mais également de nombreux parents et amis de détenus.
 
La société civile turque est aujourd’hui, plus que jamais mobilisée, pour mettre un terme à la lente agonie des détenus et pour qu’une solution durable soit enfin adoptée par les autorités turques. Ainsi, notre conférence de presse ambitionne de donner un écho à ces forces démocratiques turques dont l’action nécessite un appui international.

Au programme de cette conférence de presse, nous pourrons compter sur les interventions de :

Michaël Boireau: membre du Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association
Josy Dubié : sénateur et délégué d’une précédente mission humanitaire en Turquie
Dogan Özgüden : journaliste et président de la Fondation Info-Turk
Özkan Güzel : ancien détenu des prisons de type F

(Tayad Komite, 18 octobre 2006)

Children Face Police Questioning at Schools

Turkey's Education and Scientific Workers Union (Egitim-Sen) Adana branch chairman Guven Boga says the police force and the gendarme have been involved in at least two recent incidents where primary school children were tailed or questioned in an attempt to reach their parents who have outstanding credit card debts.

In an interview with bianet, the unionists said a child at primary school age had in one incident being tailed outside by security forces who questioned him in a school bus while another had been called out of class and ordered to attend questioning in an administrative office at the school.

The police and the gendarme, technically both attached to the Ministry of Interior and policing urban and rural areas respectively, are blamed for doing the questioning in the two incidents which, according Boga, are "concrete incidents" that have been recorded in the province in the past ten days.

The schools subject to child questioning were identified as the Ata Primary School in Adana's Yuregir district and the Petrol Ofisi Primary School at Seyhan district.

"The gendarme who went to the Ata Primary School told the principal and assistant they needed to speak to the child of a parent who had an outstanding credit card debt" Boga explained.

In this incident, "the deputy principal calls the child out of his classroom and the gendarme question him in the deputy principal's room".

The second incident that Egitim-Sen says is set in stone, involves the arrival of plainclothes policemen at the Petrol Ofisi Primary School where they claim they need to speak to one of children due a parent's call-up for military recruitment and outstanding credit card debt.

Boga explains that in this incident the teacher involved did not allow for the interview to take place which prompted the visiting officers to then go up to the principal.

"The principal then said they could not speak to the child in the school itself and after this he identified the child for them when outside" Boga said.

"The plainclothes policemen then get into the same service vehicle that the child has boarded and interrogate him there in front of his friends" he adds.

Boga told bianet it was unacceptable for children to be approached by the security forces of the state in this way and then forced to give information on their parents.

Blaming school administrators for allowing security forces into education establishments and bearing the initial responsibility of the trauma faced by the children involved, Boga said administrators of both schools had violated the ministry's own regulations on these issues as well as the rights of the children themselves.

He said that both an administrative and legal investigation needed to look into these cases and added that he himself had discussed the issue with the Adana Provincial Education Director who had promised to look into it.

"We must immediately rid ourselves of this shame of turning schools into barracks and police stations in the eyes of children" he said, condemning such acts which, he argued, created a lack of confidence in the children and distanced them from the school environment.(BIA News Center, Kemal OZMEN, October 18, 2006)

Un député soumet la question des prisons de type F au Parlement

Le député du Parti républicain du peuple (CHP) de la ville de Konya, Monsieur Atilla Kart a mis à l’agenda du parlement, le problème des prisons de type F, qui, en 7 ans, ont coûté la vie à 122 personnes et la santé à près de 600 autres.

Dans sa question écrite adressée au président du parlement réclamant une réponse du ministre de la justice Cemil Çiçek, Monsieur Kart s’interroge : « Au plus fort des grèves de la faim jusqu’à la mort qui ont causé un dommage moral désormais irréparable, dit-il, comment se fait-il que Monsieur le ministre reste si insensible face à un pareil désastre social et humain ?».

Monsieur Kart continue sa requête par une description des troubles physiques et mentaux incurables qu’entraînent les mesures en vigueur dans les prisons de type F et rappelle que la grève de la faim que l’avocat Behic Asci du barreau d’Istanbul a entamée le 5 avril dernier, se poursuit à ce jour. Monsieur Kart demande au ministre des précisions sur les points suivants:

* Y a-t-il un plan pour permettre à un certain nombre de prisonniers en préventive ou condamnés, de se rencontrer pendant la journée, dans des espaces de vie commune et ce, afin de diminuer les dommages dus à leur détention, sans pour autant qu’on en vienne à procéder à des transformations de l’espace de la prison ?

* Pourquoi ne donne-t-on pas de crédit et d’attention aux rapports et conclusions d’institutions telles que le barreau d’Ankara, l’ordre des médecins, l’association des droits de l’homme (IHD), l’association d’entraide avec les familles des détenus politiques (TAYAD) et l’association des droits de l’homme et de solidarité avec les opprimés (MAZLUMDER)?

 * Pourquoi les livres et les périodiques ne sont pas remis dans des temps acceptables ? Pourquoi certains journaux sont arbitrairement bloqués par les administrations pénitentiaires?

* Pourquoi évite-t-on de prendre les mesures requises qui ne nécessiteraient aucune contrainte financière, ni aucun aménagement architectural et qui n’entraîneraient aucun danger d’ordre sécuritaire? (www.bianet.org, Traduction : Bahar Kimyongür, 17 octobre 2006)

La Turquie condamnée dans trois affaires de torture à Strasbourg

La Cour européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg a condamné mardi la Turquie pour non respect de l'interdiction de la torture dans trois affaires dont l'une implique un garçon de douze ans maltraité par des policiers.

La Cour a notamment dénoncé les faibles condamnations (dix mois d'emprisonnement avec sursis) infligées à des policiers qui avaient, en 1995, battu dans leur commissariat Halil Ibrahim Okkali, un garçon de douze ans, apprenti ouvrier dans un garage d'Izmir, accusé de vol par son employeur.

La CEDH a ainsi regretté que les décisions turques n'aient pas tenu compte de "la gravité particulière" de ces mauvais traitements du fait de l'âge de la victime et conclu que les condamnations prononcées ne pouvaient avoir "aucune force dissuasive susceptible d'assurer la prévention efficace" de tels actes.

Dans une autre affaire, celle de Sultan Öner, interpellée par erreur avec ses enfants et battue sous leurs yeux par des gendarmes en octobre 2000, la CEDH a dénoncé le non-lieu prononcé par la justice turque à l'encontre des forces de l'ordre.

La Cour a non seulement considéré comme établi que la requérante avait subi des brutalités, mais que le système avait "failli à protéger" ses enfants mineurs.

La CEDH a également condamné la Turquie pour des mauvais traitements subis par Sabahattin Göçmen, qui purge actuellement une peine de 18 ans et neuf mois de prison pour appartenance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

La Cour estime pour établi que le requérant a été torturé, mais aussi qu'il n'a bénéficié ni d'une procédure équitable, ni du droit à un recours effectif.

Des sommes allant de 7.500 à 20.000 euros ont été allouées aux requérants de ces différentes affaires, au titre des dommages moraux et matériels. (AFP, 17 oct 2006)

La prison pour avoir jeté des oeufs vers le Premier ministre turc

Un tribunal du sud de la Turquie a condamné mardi deux militants de gauche à la prison et sept autres à des peines avec sursis pour avoir jeté des oeufs en direction du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

La cour de Mersin a qualifié l'attitude des deux manifestants d'"insulte au Premier ministre" et leur a infligé une peine d'un an et deux mois de prison, tandis que leurs comparses -condamnés chacun à 11 mois et 20 jours de prison- bénéficiaient du sursis au motif qu'ils n'allaient sans doute pas récidiver.

Les neuf prévenus, membres d'un petit groupe politique de gauche, ont été arrêtés en février après avoir jeté des oeufs en direction de M. Erdogan lors d'une inauguration.

Ils avaient tous manqué leur cible.

En avril, un autre militant de gauche a été condamné à 14 mois de prison avec sursis pour un délit analogue commis en juin 2005 à Trabzon (nord-est).

Un retraité est en cours de jugement pour avoir jeté un oeuf vers le Premier ministre à Bursa (nord-ouest) en janvier 2005, le projectile passant là encore à côté de M. Erdogan. (AFP, 17 oct 2006)

UN Officials Visit Lawyer Behic Asci on Death Strike

A delegation from the United Nations (UN) Working Group established by the Commission on Human Rights on Arbitrary Detention visited Turkish lawyer Behic Asci on the 194th consecutive day of his hunger strike launched to protest prison conditions and isolation of inmates and convicts.

Asci gave a detailed explanation of the isolation conditions faced by prisoners held at Turkey's special F-type compounds while lawyers of the Solidarity Committee Against Isolation gave delegation members their own accounts.

The visit to Asci, who continues his hunger strike in Istanbul and on behalf of the rights of his clients took place Sunday evening. The UN group led by judge Leila Zerrougui consisted also of judge Manuela Carmena, Secretary Miguel De La Lama and Ulrich Garms.

Asci stressed to the delegation that his protest was not linked to his own demands but that it was an expression of the demands of his clients. He described his hunger strike as a "death strike" and reiterated that isolation conditions imposed on captives at F-type prisons in Turkey were in clear contradiction to human rights.

He said he had achieved no result from all of the attempts he made to end this contradiction inclusive of administrative and judicial appeals but that the isolation system itself had intensified in the meantime.

During the half-hour interview with Asci, the delegation concluded that the lawyer's acts and his reasons fell within the scope of interest of the Working Group on Arbitrary Detentions and listened to the conditions the attorney described.

14 years imprisonment unbelievable

Following the visit to Asci, members of the delegation held talks with Lawyers of the Solidarity Committee Against Isolation that was attended by five Turkish lawyers.

Layer Bahri Belen and lawyer Taylan Tanay gave the group information on the condition of political prisoners, the conditions under which they were being held and the trial process.

Tanay's mentioning that one of her clients had been in prison for 14 years came across as unbelievable to the delegation who were told this was not an isolated case.

The meeting also addressed the situation of Ercan Kartal who has been held for 11 years at an F-type prison as the single occupant of a cell. The delegation took note of the court hearing Kartal's case alone with the case number and the Turkish lawyers were told his situation would be looked into.

The lawyers also asked the visiting UN group members to make urgent initiatives to end prison deaths at F-type compounds and gave the delegation a breakdown of events in the past seven years.

Noting this was not only their own request but the request of everyone living in this country including bar associations and intellectuals, the lawyers asked the UN group not to remain as an observer to the death of Asci.

One man's fight for many

The one-man hunger strike by Asci was launched on April 5 marking the World Lawyers Day and entered its 194th consecutive day this Sunday.

The government continues to ignore his demands to address the issue of isolation of prisoners in the country's controversial maximum security F-type prisons.

Unaddressed problems at F-type prisons have so far lead to the death of 122 inmates/convicts and left behind more than 600 others crippled.

Asci, an attorney of law, declared in April this year "I am starting a hunger strike for the abolishment of isolation in prisons. I am on a hunger strike for the right to life in a country where law and justice have are being destroyed" and has since raised the support of a number of democratic mass organizations calling on the Ministry of Justice to end inhuman treatment in F-type prisons and save the lawyers life.(BIA News Center, October 16, 2006)

The International Symposium's Final Declaration on Carceral Isolation

We, the endorsers of this declaration, who took part in the International Symposium on 'Isolation and the Struggle against Isolation' hosted by TAYAD (the Solidarity Association of Prisoners' Families) in Istanbul, from 14th-15th October 2006, salute the

resistance that was created in the F-Type prisons of Turkey, under conditions of isolation, and keep in honour the 122 heroes who fell as martyrs during this great resistance, which has entered its 7th year.
 
We support and salute the resistance of lawyer Behic Asci, who continues death fast for 193 days, the resistance of Gülcan Görüroglu, mother of two children, who continues her resistance for 161 days and the resistance of Sevgi Saymaz, who has carried on with her death fast for 156 days.

We are conscious that their resistance doesn't oppose only the F-Type prisons, but all repression and oppression policies in the world, first of all the repression, isolation and tortures in the prisons of other countries.

The resistance of the prisoners in Turkey is part of other acts of resistance in the region, and they complement each other. Also the resistance in Iraq, Lebanon and Palestine is waged against a common enemy.
 
We also keep in honour those who fell martyred in the resistance against the imperialist-Zionist occupation and aggression in Iraq, Palestine, Lebanon and Afghanistan. We support these acts of resistance, being aware that they are not only directed against the occupation by imperialism of the Middle East, but that they are the common resistance of the peoples to repression and policies of oppression worldwide.
 
Because imperialism and its collaborators aim to marginalise, to destroy and to force down individuals, organisations and states, one by one. In order to secure its hegemony and to create new markets, imperialism occupies countries which do not obey their orders, and they include anti-imperialist organisations on black lists and try to keep them isolated.

This is the basis for the common struggle of the endorsers of this declaration. We, as endorsers of this declaration call upon the oppressed people and anti-imperialist forces all over the world, to unite our forces and to struggle against occupation and
isolation on this basis.
 
We endorsers of this declaration, accept, that the death fast resistance to isolation in Turkey demands urgent intervention and should therefore take priority on our agenda. In this framework we want concrete steps to be undertaken in order to remove the

isolation practices in the prisons. We raise our voice with those in Turkey, and call upon the Minister of Justice of the Turkish state.

The Minister of Justice should accept, that the isolation practice "is questionable" and should put an end to the isolation practices, engaging in talks with the persons concerned.

With this aim: We support the meeting, that will take place between October 31 and November 1, 2006, with responsible officials of the parliament in Ankara and the Ministry of Justice, in order to solve the problem of isolation and to stop the deaths, and we call democratic mass organisations, trade unions, sensitive persons, institutions and foundations to take part in this meeting.

In order to reach this aim, we took the following decisions:

The endorsers call for participation and support for the "V. International Symposium against Isolation", which will be held in Athens from 15th-18th December, 2006.

The endorsers express solidarity with the prisoners who are kept in isolation, torture, repression and tyrannic prisons as Turkey, Israel, Abu Ghraib, Guantanamo and Bagram and struggle for an end of the isolation conditions they are confronted with and the policies of censorship.

The endorsers struggle against the practice of isolation and embargoes against countries.
 
The endorsers decide to create a website with the function of supplying information about the struggle against isolation.

The endorsers decide that on the 19th December, which has been announced as the Day of Solidarity with the prisoners in Turkey during the symposium of 2005, common actions in support of the death fast resisters are held in each country to which participants belong.
 
The endorsers make it their aim, to organise new international symposia, panels and conferences, in order to raise higher the struggle and solidarity against isolation.

The endorsers express their solidarity with the resistance in Lebanon to imperialism and Zionism.
 
The endorsers strongly condemn the attacks of the Zionist state Israel against the Lebanese people and  advocate its punishment for this.

The endorsers accept that this declaration is open for signature to all individuals and institutions who struggle against isolation and show solidarity with the prisoners. (TAYAD KOMITE, October 15, 2006)

Deuxième symposium international sur l'isolement carcéral à Istanbul
 
Ces 14 et 15 octobre, le théâtre Muammer Karaca à Istanbul, accueille le 2 e symposium international sur l'isolement organisé par l'association des familles de détenus politiques (TAYAD) et par la Plateforme internationale de lutte contre l'isolement (PILI).

Des délégués venus de France, d'Italie, de Grèce, de Jordanie, du Liban et d'Irak ont pris la parole durant les différentes sessions de ce symposium. La courte intervention de l'avocat Behic Asci, en grève de la faim depuis 191 jours, a été la surprise du jour.  
 
Avant d'accéder à la salle de conférence, les quelque 400 visiteurs ont pu parcourir une galerie photo sur la résistance carcérale des détenus politiques et examiner une maquette de cellule ainsi que des croquis des prisons de type F.

Cependant, le public aura attendu plusieurs heures avant que le théâtre n'ouvre ses portes et ce, en raison des tracasseries imposées par la mairie d'Istanbul aux organisateurs de cet événement.

Finalement, après un message d'excuses pour le retard involontaire, de bienvenue et de remerciements adressé aux invités qui ont partagé « six années de douleurs » mais aussi « six années d'espoir et de joie » avec les familles, Mehmet Güvel, le président de TAYAD, a pu remettre, au nom des familles, les salutations chaleureuses « de nos enfants embastillés dans les prisons de type F ».

Monsieur Güvel a ensuite dressé un bilan de la lutte contre la réclusion solitaire en prison de type F et un inventaire des exactions systématiques dont sont victimes les détenus. Il termina par un appel à « la cessation de la pratique de l'isolement » et à « l'arrêt des décès de nos enfants! (sic) ».

Son intervention fut suivie par la projection d'un film montrant la dernière des grévistes de la faim décédés, Fatma Koyupinar et sur l'avocat Behic Asci qui, actuellement, observe le jeûne pour faire valoir le droit à la vie de ses clients.
 
Résistance carcéral: un axe de la résistance globale à l'oppression

Selon le déroulement du programme du jour, une première session a porté sur les diverses formes d'isolement politique imposés aux peuples et nations en résistance, les motivations politiques des autorités turques à vouloir imposer l'isolement carcéral et les moyens de lutte qui permettraient d'y mettre fin.

Maître Sahar Mahdi, avocate irakienne, Monsieur Sezgin Çelik, représentant de la Fédération turque des droits fondamentaux, Monsieur Mohammed Safa, secrétaire général du centre de réhabilitation pour les victimes des tortures du camp d'Al Khiam, le docteur Hisham Bustani, porte-parole de l'Alliance de la résistance populaire arabe et Monsieur Sandro Targetti, député communiste de la Province de Florence ont, tour à tour, décrit la situation carcérale de leur pays dans le contexte de la « guerre contre le terrorisme », avec une attention particulière aux traitements infligés aux détenus irakiens et palestiniens, au Mur d'apartheid en Palestine et au blocus imposés au gouvernement palestinien ainsi qu'aux récents bombardements et massacres perpétrés par l'armée israélienne au Liban et en Palestine.

Les divers orateurs ont en outre souligné l'importance de la résistance carcérale en Turquie dans le cadre de la rébellion généralisée à l'oppression impériale.

Cette première session s'est clôturée par une prestation poétique de Mehmet Özer dédiée aux prisonniers résistants.

L'avocat Behic Asci : « Nous sommes prêts à arrêter notre jeûne si… ».

L'avocat Behic Asci, en grève de la faim depuis plus de 190 jours, a, contre toute attente, fait une apparition furtive sur le podium. Durant sa brève intervention, il a expliqué les motivations qui l'ont poussé à se lancer dans une telle action, tout en soulignant que « la polémique ne doit pas tourner autour de la justesse de poursuivre ou non le mouvement des grèves de la faim jusqu'au finish, mais autour de la poursuite d'une politique pénitentiaire aussi inacceptable que l'isolement. » « Il est nécessaire, a-t-il dit, de concentrer toute notre énergie sur la levée de l'isolement. » Et de conclure que : « Si l'on nous propose une forme d'action plus efficace que la grève de la faim, nous serions prêts à renoncer à celle-ci. Notre but, a-t-il ajouté, est de mettre un terme à certaines conditions de détention et pour cela, nous sommes ouverts à toutes les suggestions ».

Médecins contre l'isolement carcéral

Dans l'après-midi, les débats ont porté sur la dimension médicale de l'isolement carcéral et plus précisément, sur les conséquences psychophysiques de la réclusion solitaire, la lutte des médecins contre cette forme de torture et l'attitude des médecins face à l'alimentation forcée des grévistes de la faim.

Cette deuxième session a été présidée par la professeur Sebnem Korur Fincanci, médecin légiste de l'Université d'Istanbul.  A cette session sont intervenus le docteur Metin Bakkalci, vice-président de l'ordre turc des médecins, le Docteur Antonis Karavas, représentant de l'Ordre grec des médecins, le docteur français Bernard Granjon, président d'honneur de « Médecins du Monde », le psychologue français Bertrand Guery également membre de « Médecins du monde » ainsi que Monsieur Mohammed Safa, secrétaire général du centre libanais pour la réhabilitation des victimes du camp d'Al Khiam.

Certains ex-détenus, victimes de la privation sensorielle et de la médicalisation forcée, ont également pris la parole.

Les allocutions des délégués ont été entrecoupées de lectures de messages de solidarité, dont celui des familles de TAYAD qui organisent un sit-in dans la parc Abdi Ipekçi à Ankara depuis 1124 jours, du politologue et journaliste Haluk Gerger, du sociologue Ismail Besikçi ainsi que de nombreux partis et syndicats de gauche.

Demain, deuxième et dernier jour du symposium, les exposés et les débats porteront sur les dimensions sociales et juridiques de l'isolement carcéral.  (Halkinsesi-tv et Atilim, 14 octobre 2006, Traduction: Bahar Kimyongür)
 
Le Barreau d’Istanbul se préoccupe de la grève de la faim de l'avocat Asci

Nous appelons le ministère de la justice à se préoccuper du cas de notre collègue Behic Asci qui observe un « jeûne jusqu’à la mort »

Notre collègue Behic Aşçı est en jeûne jusqu’à la mort depuis le 5 avril 2006 pour faire valoir la revendication de levée des conditions d’isolement dans les prisons.

Depuis ce jour-là, nous avons multiplié les tentatives auprès des autorités dans la perspective d’une levée des mesures d’isolement qui sont à l’origine de ce jeûne jusqu’à la mort et de l’instauration de conditions de détention humaines. Mais nous sommes dans le regret de constater que nos tractations sont demeurées stériles.

Les efforts considérables que nous avons déployés aux côtés d’autres organisations de masse démocratiques n’ont jamais eu la moindre motivation politique. Ces efforts ont au contraire, toujours et exclusivement été d’ordre « humanitaire ».

Comme nos revendications concernent dans une grande mesure les détenus de droit commun, on s’attendait légitimement à ce que les autorités fassent montre d’une attitude humaine éloignée de tout calcul politique. Or, le ministère a préféré rester de marbre face à une détermination qui, nous le rappelons, a pour ultime étape la mort.

Les 192 jours de grève de la faim mettent en danger la santé de notre collègue de manière « irréversible ». De la même manière, le maintien en isolement des détenus en prisons de type F provoque parmi eux des lésions physiques et morales incurables.

En tant que barreau d’Istanbul, nous réprouvons cette situation sinistre. Nous réprouvons le silence des autorités face à l’agonie de notre collègue.

Nous condamnons le modèle d’application des peines basé sur la réclusion solitaire en tant que châtiment plus grave que la condamnation proprement dite.

Nous demandons, par conséquent, au ministère de la justice, de prendre les mesures nécessaires en la matière et de les rendre publiques avant qu’il ne soit trop tard. (http://www.istanbulbarosu.org.tr, le 13 octobre 2006, Traduction : Bahar Kimyongür)

Appel: "Amplifions la lutte contre l'isolement carcéral en Turquie"

En 6 ans, la résistance contre la torture de l'isolement a tué 122 personnes et mutilé 600 autres . Le 20 octobre prochain, cette résistance entame sa 7e année .

Apathie, atrophie musculaire, épuisement, dépression, maux de tête, insomnie, dyslexie, perte de mémoire, « tinnitus » (acouphènes), croissance de cas de tuberculose, de cancer… Non, il ne s'agit pas d'une énumération abstraite de troubles psychophysiques.
 
Ces maux ne sont qu'un échantillon de toutes les souffrances qu'endurent les prisonniers politiques de Turquie dans les pénitenciers de type F. Soumis à un régime de « privation sensorielle » aigu, le prisonnier en ressort souvent diminué à vie, physiquement et mentalement.
 
Lorsque l'on ajoute les lésions sociales, l'arbitraire juridique et les motivations politiques liés au régime d'isolement, on s'aperçoit indéniablement que les prisons cellulaires sont de véritables centres de torture.
Ces prisons sont d'ailleurs officiellement qualifiées de centres de "réhabilitation". En effet, le détenu y est soumis à un véritable programme de destruction psychique extrêmement subtil et pervers où toute forme de vie sociale est bannie, où les visites de familles ou d'avocats sont sensiblement restreintes, où le courrier est arbitrairement interdit. Les prisons de type F sont en quelque sorte l'équivalent des FIES en Espagne, des QHS en France et des Stammheim en Allemagne.
De même que l'isolement tue, l'inauguration de ces prisons n'a pas été moins meurtrière.
 
En effet, du 19 au 22 décembre 2000, l'armée perpétra un massacre jamais vu dans l'histoire du pays : 28 détenus ont été sauvagement tués et ce, durant leur déportation vers les prisons de type F. Ce massacre était destiné non seulement à inaugurer ces prisons de type F mais également à briser la résistance défensive des détenus commencée deux mois plus tôt. Mais depuis le début du mouvement de grève de la faim et malgré cet assaut d'une rare violence, les détenus politiques ont poursuivi leur jeûne sans la moindre interruption. Le bilan est effroyablement lourd : en 6 ans, 122 détenus ont perdu la vie et plus de 600 autres ont été mutilés par alimentation forcée.

Hormis les détenus, de nombreuses associations ont été soumises à une répression brutale, notamment l'association des familles de détenus TAYAD.

Plusieurs membres de l'association des familles ont d'ailleurs eux aussi entamé une grève de la faim et se sont ainsi sacrifiés en jeûnant "jusqu'à la mort" pour soutenir les prisonniers en résistance.
 
Entamé le 20 Octobre 2000, le mouvement de grève de la faim contre les prisons de type F continue et entame sa 7e année. Quoique les témoignages des proches des victimes et des détenus ainsi que les rapports d'experts scientifiques et des associations des droits de l'homme spécialisés en la matière confirment et dénoncent les exactions commises en prisons de type F, le ministre de la justice Cemil Ciçek continue d'ignorer ces griefs tout en défendant avec ferveur son modèle carcéral .

Six années durant, par la censure et la répression, le pouvoir a tenté de dissimuler les atrocités commises dans ses prisons. Mais malheureusement il a fallu 6 ans de résistance et d'agonie pour faire parvenir l'information à l'opinion publique. Il leur a ainsi été difficile de dissimuler la mort de 122 personnes.

Dernièrement, ce sont Serdar Demirel  et Fatma Koyupınar qui ont perdu la vie dans cette résistance, respectivement le 7 janvier 2006  et le 27 mars 2006.

Le 5 avril 2006, un avocat dénommé Behic Aşçı est entré en "jeûne jusqu'à la mort" pour défendre le droit à la vie et le respect de la dignité de ses clients. Il a été suivi le 1er mai 2006 par une détenue incarcérée à la prison d'Usak, dénommée Sevgi Saymaz. Elle a récemment été transportée à l'hôpital public d'Usak afin d'y être alimentée de force . Le 5 mai 2006, une ex-prisonnnière politique mère de deux enfants du nom de Gülcan Görüroglu a également entamé une grève de la faim au finish par solidarité avec ses ex-co-détenus.

En tant que comité international de soutien à l'association des familles TAYAD, nous, le Tayad Komite, organiserons une grève de la faim les 20, 21 et 22 octobre prochains afin de soutenir le combat juste des prisonniers et de leurs proches contre le régime d'isolement carcéral. En marge de cette action, nous envisageons un envoi massif de cartes postales aux grévistes de la faim mais aussi le lancement d'une campagne d'appels téléphoniques, de fax et de courriels à l'adresse du ministère de la justice. Dans les différents pays où nous nous trouvons, nous remettrons aux partis, syndicats et autres insitutions démocratiques des dossiers de presse sur les prisons de type F et ce afin de sensibiliser l'opinion publique sur le triste sort réservé aux prisonniers politiques.

D'ores et déjà, nous appelons toutes les associations et les individus qui s'opposent à la torture à joindre leur voix à la nôtre et à nous épauler dans la voie d'une solution au conflit des prisons autour des revendications suivantes:

1. L'isolement carcéral tue et continue de tuer. Il est impératif de mettre fin au régime d'isolement pour empêcher de nouveaux décès.
2. L'UE doit cesser de soutenir la politique carcérale en vigueur en Turquie.
3. Abandon de la politique coercitive de "pacification" et de "traitement" en vigueur dans les prisons de type F.
4. Création de conditions dans lesquelles les détenus peuvent communiquer mutuellement
5. Cessation de toute atteinte aux droits de visite, de courrier, de lecture, de défense, de plainte, de bénéficier des soins médicaux etc.

Pour contacter directement les grévistes de la faim:

Behic Asçı
Abide-i Hürriyet Caddesi
No: 133 Kat: 4 Daire: 9
Sisli / Istanbul
TURQUIE
Tel: 0090.212.3434633
Fax: 0090.212.2945271

Gülcan Görüroglu
Sakirpasa Mahallesi
37. Sokak No: 7
Seyhan / Adana
TURQUIE
Tel: 0090.322.4326066
veya 0090.537.5534814
E-mail
gulcangoruroglu@mynet.com
gulcangoruroglu@yahoo.com

Veuillez envoyer vos courriers de protestaion contre les institutions responsables des décès dans les prisons :

Ceza ve Tevkifevleri Genel Müdürlü ğü ( Direction générale des maisons pénales et des maisons d'arrêts) - Email: cte@adalet.gov.tr <mailto:cte@adalet.gov.tr>

Directeur: Suat Ali Ertosun - Fax: 0090.312.4146301; Email: ertosun@adalet.gov.tr

Ministre de la justice  Cemil Çiçek - Tel : 0090.312.4194669; Fax: 0090.312.4173954; Email: cemil.cicek@adalet.gov.tr <mailto:cemil.cicek@adalet.gov.tr>

Gay Rights Upheld By Prosecution Again

The Public Prosecutor's Office has formally rejected the appeal to close down the Association to Protect Transvestites, Transsexuals, Gays and Lesbians and Develop Cultural Activities - known shortly as the The Rainbow Association (Gokkusagi Dernegi).

The decision comes in response to an initiative made by the Bursa Governorship to have the association disbanded and locked down on grounds that the formation violated current association laws that governed no association could be founded with intentions against the law or public morality.

"Homosexuality is not an offense" said the final decision of the Prosecutor's Office basing its judgment of no proceedings on the European Convention on Human Rights.

"The founding members have stated that their intention was to come together in order to reach accord with the society and to defend their rights while explaining their identity, noting that they have not acted with a deliberate intention of offence" the Prosecutor's Office's decision said, after explaining that statements had been taken from individuals who were described as "suspects" by the Governorship.

The prosecution found no reason to restrict the foundation of this association having looked into the regulations of Gokkusagi and the decision itself said there was no offence committed nor was there any such limitation against forming an lawful association.

Signed by prosecutor Nazmi Guven, the decision concluded there was no need to prosecute any of the suspects nor to move to file a case for the closure of the association. Yet, the Governorship can still appeal against the decision within 15 days of being notified of it.

"Being gay is not immoral"

Last year, Deputy Governor Selahattin Ekremoglu of Turkey's capital Ankara had made a similar attempt to close down another well-known cultural association, the Kaos Gay and Lesbian Cultural Research and Solidarity Association (Kaos GL) on grounds that it was unlawful and against public morality.

The Prosecutor's Office of Ankara had then rejected Ekremoglu's complaint and in its opinion to the decision said "in an era where discrimination against sexual orientation is matter of debate, being gay is not immoral". (BIA News Center, October 10, 2006)

Action de protestation contre le ministre Cemil Ciçek!
 
Le ministre de la justice Cemil Ciçek accompagné de son homologue suisse Monsieur Christoph Blocher, conspué lors d’un symposium organisé à l’université d’Ankara.
 
Des heurts ont opposé des étudiants qui tentaient de bloquer le convoi des véhicules protocolaires et la police. Des suites de ce rififi, l’un des véhicules de la garde rapprochée du ministre Ciçek a percuté Ismail Sökelen, vice-directeur de la Sûreté d’Ankara,
 
Les deux ministres venaient de participer à la cérémonie d’ouverture d’un symposium organisé dans le salon « Mahmut Esat Bozkurt » de la faculté de droit et présidé par la présidente du Conseil d’Etat, Madame Sumru Cörtoglu et par le procureur de la république de la Cour de cassation, Monsieur Nuri Ok. Cet événement regroupait en outre de nombreux invités locaux et étrangers.
 
Dès le début de la cérémonie, un groupe d’étudiants s’est massé devant le bâtiment où se tenait le symposium et ce, afin de protester contre la présence du ministre de la justice Cemil Çiçek.
 
« Ministre assassin, tire-toi de notre université », « Nous ne voulons pas d’assassins dans notre université » scandaient les étudiants qui entendaient dénoncer les conditions de détention en vigueur dans les prisons de type F. Les étudiants ont par ailleurs brandi un calicot indiquant que « l’avocat Behic Asci est en grève de la faim jusqu’à la mort, depuis 183 jours » pour protester contre ces prisons de type F. Leur action se poursuivit jusqu’à la fin de la cérémonie d’ouverture.
 
Lorsque Monsieur Ciçek et son invité ont quitté l’édifice, les manifestants, de plus en plus en colère, ont bloqué le convoi protocolaire. La police tenta de prendre les manifestants en étau. Entre-temps, le ministre Ciçek et son homologue suisse ont dû attendre un long moment à bord de leur véhicule, avant de pouvoir quitter les lieux.
 
Dans l’altercation entre les manifestants et la police, un véhicule de la garde rapprochée du ministre Ciçek a percuté Monsieur Ismail Sökelen, le vice-directeur de la Sûreté d’Ankara, provocant sa chute. (www.medya24.com, le 4 octobre 2006, Traduction : Bahar Kimyongür)

Children Tortured in Prison and Police Cars

According to a research by Hacettepe University most of the childre