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Droits de l'Homme / Human Rights
L’état de santé de maître Behic Asci s’aggrave
L’état de santé de l’avocat Behiç Asci en grève de la faim au finish depuis 267 jours pour des conditions de détenions humaines dans les mouroirs de type F s’aggrave. Parallèlement, la mobilisation prend une nouvelle dimension. Dernièrement, 1000 avocats ont défilés à Ankara pour soutenir les demandes de Maître Behiç Asçi. Ils ont demandé à ce que l’on considère la question de manière scientifique : l’isolement carcéral provoque de graves troubles de santé, cela devrait être suffisant pour que l’on révise ce régime.
Des artistes qui se sont rassemblés dans une formation contre l’isolement carcéral mènent des actions régulières. En effet, plus d’une centaine d’artistes, chanteurs et autres écrivains ont signé une déclaration commune appelant la fin de l’isolement carcéral. Des noms très prestigieux y figure. Dernièrement, Behiç Asci a même reçu la visite du grand auteur Yasar Kemal qui lui a témoigné son affection et qui a réaffirmer qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour le faire vivre.
La mère de Behiç Asçi et les familles des prisonniers misent en garde à vue : la négation des autorités continue.
Quelques jours auparavant, le 22 décembre, les familles de TAYAD dont la mère de Behiç Asçi –Neziha Erdogan- s’étaient enchaînées aux grilles de la résidence du premier ministre à Ankara. Elles ont très vite été placées en garde à vue. Les familles ont tout de même pu exprimer leur colère pendant une dizaine de minutes en hurlant : « Mettez fin à l’isolement ». Après toute cette mobilisation, le ministre de la justice, Cemil Ciçek, a été obligé de répondre aux nombreuses missives. Mais il a montré combien la vie d’un être humain n’avait pas de valeur pour sa personne en ignorant les déclarations des juristes, des chambres de métiers, du corps médical pour défendre le régime en place. Il insiste sur le fait que cette réforme a été réalisée pour être en accord avec les normes européennes. Pour lui, l’isolement n’est qu’une fiction, les revendications ne sont donc qu’une façon de pouvoir exister pour une organisation terroriste et ses sympathisants. Il rappelle qu’alors qu’il est possible d’avoir recours à des moyens légaux, les prisonniers préfèrent (!) faire le jeûne de la mort. Quand à Behiç Asçi, il l’accuse d’être l’avocat d’un mouvement terroriste. Il finit par user de démagogie en prétendant que les détenus sont tout simplement nostalgique de l’ère des dortoirs, et qu’ils ne veulent pas autre chose.
Behiç Asçi a alors répondu au ministère qu’il fallait qu’il mette enfin un terme à la démagogie dont il fait preuve depuis 7 ans. Il a démonté point par point la déclaration du ministère et a rappelé qu’un seul pas suffirait pour mettre fin aux traitements inhumains. Les « améliorations » dont se vente l’Etat ne représentent rien à ses yeux. En effet, c’est dans une perspective « d’amélioration » que l’on a mené l’opération « retour à la vie » le 19 décembre 2000 où 30 détenus ont trouvés la mort dans les prisons turques. Il exige non pas des promesses floues, mais des pas concrets en vu de l’établissement de conditions de détentions humaines. Quand à l’accusation du ministère consistant à dire que soutenir les grèves de la faim c’est soutenir une organisation terroriste, et définissant maître Asci comme « l’avocat d’une organisation terroriste », il répond que cette basse manœuvre est un classique des autorités. Il réaffirme qu’il est vain de chercher quelconque organisation derrière ce mouvement des grèves de la faim. Il s’agit tout simplement d’un mouvement devenu populaire qui a pour objectif de résoudre un problème relatif à la dignité humaine ; le corps médical, les chambres de métiers, des syndicats, artistes sont représenté dans cette manifestation. Ces derniers sont-ils des terroristes ? Behiç Asçi pose la question et y répond par la même occasion ; « si le ministre veut qualifier quelqu’un de terroriste, qu’il emploi le mot pour lui-même ». Il indique que la grève de la faim a commencé justement parce que les autorités n’ont pas avancé d’un seul pas. Cette grève n’est autre que l’unique moyen trouvé pour faire entendre les revendications. Ayşe Düzkan, écrivain, a publié il y a peu un livre intitulé « le livre Behiç Asçi » : l’avocat demande alors si cet auteur est aussi terroriste.
Maître Asci signale qu’il n’a pas la prétention de détruire l’Etat, qu’il attend simplement un pas concret. (deniz-demirkapi@hotmail.com, 30 décembre 2006)
Lynchers Go Free While Lynched is Condemned
Five members of the Solidarity Association of Prisoners' Families (TAYAD) and 11 other who tried to lynch them while distributing pamphlets in Trabzon back in April are acquitted.
On the other hand, the court condemned TAYAD member Cetin Guvenc to 4 months in prison plus damages for "insulting the security forces".
Guvenc's lawyer Taylan Tanay told bianet that the case was fouled, the ruling was given without considering all the facts.
The court's decision abides to the assumption that "it's not factual that the alleged crime was committed by the offenders standing trial".
Tanay commented, "that the aim of the court was to release the offenders, not to punish them". Anxious that this ruling will encourage further lynching, Tanay said that they will appeal for the decision.
On April 6 this year, 5 members of TAYAD in Trabzon distributing a leaflet about the isolation and hunger strikes in prisons were nearly lynched by a crowd consisting of nationalists.
The events then were sparked off when several people, alleged later to be plainclothes policemen by leftwing activists, shouted out in the town that the group had "burned the Turkish flag" and were "members of the pro-Kurdish guerilla group PKK".
Shortly after, local televisions carried the news that a Turkish flag had been burned down in the town bringing together a over a thousand people who attacked the TAYAD group which escaped from the beating by seeking shelter in a business center that was surrounded by the crowd.
The TAYAD members were then escorted out by the police and placed under custody after which five were arrested.
A subsequent attack occurred on April 11 when TAYAD members from different cities tried to make a press statement in the town center protesting the previous incident.
Lastly, TAYAD members were attacked by an angry crowd in a central park in the Black Sea town of Trabzon on June 25 while attempting to read out a press statement protesting conditions in the enhanced security F-type prisons.
The mob, numbering around 500, used fists and broken legs from chairs and tables to assault the TAYAD members in what the national media has dubbed as "a new lynch attempt" in recollection of a similar incident in April where five TAYAD members were nearly lynched.
The TAYAD group, fearing for their lives, sought temporary shelter under police protection in the public toilets of the Meydan Park and had to be forced out afterwards by policemen to board an armored vehicle that took them to the Trabzon police centre. (BIA, Ayca ORER, December 27, 2006)
Parliament speaker met with Hunger-striker Behic Asci's family
Parliament Speaker Bulent Arinc on Tuesday called on a lawyer who has refused food for 265 days in protest of high-security prisons to immediately end his protest, promising a review of prison conditions in the new year.
Arinc met with family members of Behic Asci, who has been refusing solid foods -- but not liquids -- since April 5, in a self-proclaimed "death fast" to protest conditions in the F-type maximum security prisons, where inmates are kept in one- or three-person cells. Human rights groups say prisoners are sometimes kept in solitary confinement and the cells provide very little opportunity for interaction between prisoners, leaving them isolated and vulnerable.
"Behic Asci must end this struggle which he calls a 'death fast,' that has been continuing for 265 days," Arinc said. "We want this death fast to end so that he may regain his health."
"We have seen the problems of F-type prisons and cell system," he said. "We saw that prisoners and convicts are kept away from social activities, families cannot meet their relatives one-on-one, some inhumane situations occur due to safety measures. Some prisoners even sink into depression due to the system. We should examine all problems individually and improve the situation."
Arinc noted that during 2007 budget debates in Parliament, the justice minister said he is open to discuss this topic while some changes can made to improve the situations. "The Parliament Speaker's Office is steering clear of any ideological fights. We think the most important thing is human life. With the support of the Human Rights Commission and non-governmental organizations we will investigate the issue."
"If he ends his hunger strike, I want to say that in the first week of January, a delegation will work on the issue," Arinc promised.
Asci's mother Fazilet Erdogan however, doubted Arinc's pledge would convince her son. "My son is as obstinate as I am," Erdogan said. "I don't think he will end the death fast until the isolation (of prisoners) is lifted." (The New Anatolian, 27 December 2006)
NGOs and lawyers voice support for Behic Asci on hunger strike
A group of lawyers visited acting Parliament Speaker Ismail Alptekin at his office to discuss lawyer Behic Asci, who has been on a hunger strike for 265 days to protest F-type high-security prisons and voice concerns of his clients spending time in these facilities.
Speaking on behalf of the group, Istanbul Bar member Kemal Aytac said, "On the one hand we have a colleague on a hunger strike and on the other we have an isolation problem which is also the reason for Asci's protest."
Aytac complained of "inhuman" treatment in the prisons and presented reports showing similar views expressed by the Turkish Doctors Union (TTB), Architects' and Engineers' Chamber, various bars and non-governmental organizations.
"While all these institutions say it exists, some are saying there is no isolation. This has to be dealt with. To improve the situation, advice from these institutions should be considered," said Aytac, in response to earlier remarks by Justice Minister Cemil Cicek who denied there was isolation in the prisons.
Acting Parliament Speaker Alptekin, who is also a lawyer, said, "First of all we are anxious about the life of our colleague. Parliament Speaker Bulent Arinc, who also worked as a lawyer for many years, has defended human rights in all platforms. He is also vigorously working to solve this situation."
Alptekin said that Arinc will pay a visit to Asci and his family on Wednesday. It is said that Arinc decided to meet Asci following letters from NGOs demanding he improve conditions in F-type prisons.
Some 17 NGOs and 23 writers sent a joint letter to Arinc seeking a solution to the problems of F-type prisons. The letter said that, including prisoners and relatives, 122 people have died in the fight against conditions in F-type prisons
"Imprisonment is obviously a deprivation of enjoyment of rights and freedoms but isolation is more like a penalty within penalty. Isolation is a practice that is against all legal regulations and it deserves a political reaction. Such a subject which has caused the loss of lives, requires social responsibility," said the letter.
Another group of jurists gathered in front of the Ankara Court House to voice their concerns about Behic Asci's hunger strike and F-type prisons. Contemporary Jurists' Association head Huseyin Yuksel Bicen asked for a study group to be formed by members of the Justice Ministry, bars and business chambers to seek a solution to the isolation problem in F-type high security prisons.
Beginning the death fast on April 5, International Lawyer's Day, Asci is on a hunger strike as an act of defiance against what he describes as "unjust" laws and as a stand of solidarity with hundreds of Turkish political prisoners denied their most basic human rights, and a call for solidarity to human rights supporters around the world.
According to Asci, prisoners in F-type prisons typically suffer from a range of psychological illnesses including stress, anxiety and depression. The authorities also routinely deny prisoners medical assistance and access to legal representation. Prisoners are arbitrarily refused visits from family members that they are legally entitled to, he said. Their books, newspapers and other reading material are confiscated, he charged, and letters sent to their families are heavily censored. (The New Anatolian, 26 December 2006)
TIHV's urgent appeal for a solution to the prisons' problem
In the year 2000, six years ago, an operation had been conducted under the name “Return to Life” to solve the prisons’ problem and to end the death fast action against the F-type prisons. While the negotiation had still been ongoing to stop the action the government had repeatedly announced that they would not conduct an operation. However, in the morning of 19 December 2000 at 04.30am the operation had been started simultaneously in 20 prisons against thousands of prisoners. 32 persons died and hundreds of prisoners were wounded during the so-called “Return to Life” operation.
Deaths During the “Return to Life” Operation on 19 December :
Bayrampaşa: Cengiz Çalıkoparan, Ali Ateş, Mustafa Yılmaz, Murat Ördekçi, Nilüfer Alcan, Fırat Tavuk, Aşur Korkmaz, Şefinur Tezgel, Yazgülü Güder Öztürk, Gülser Tuzcu, Seyhan Doğan, Özlem Ercan.
Ümraniye: Ahmet İbili, Ercan Polat, Umut Gedik, Alp Ata Akçagöz, Rıza Poyraz, Haydar Akbaba, Muharrem Buldukoğlu.
Çanakkale: Fidan Kalşen, Fahri Sarı, Sultan Sarı, İlker Babacan.
Bursa: Murat Özdemir.
Çankırı: İrfan Ortakçı, Hasan Güngörmez, Ali İhsan Özkan.
Uşak: Berrin Bıçkılar, Yasemin Cancı.
Ceyhan: Halil Önder.
Soldiers: Nurettin Kurt [Ümraniye], Mustafa Mutlu [Çanakkale]
Most of the investigations started after the operation in connection with the incident in the prisons on the allegations of excessive use of force, torture and ill-treatment had been ended with the decision of non-prosecution. On the other hand court cases were launched against the prisoners. Although the reports prepared by Forensic Institute and independent experts had proved that the security forces had fired by pointing the prisoners only few cases had been launched against the security forces after overcoming several judicial obstacles. After 6 years these cases are still ongoing.
After the “Return to Life” operation many investigations were started on the allegations of excessive use of force, torture and ill-treatment. The investigation started in connection with the incidents in Bartin, Ceyhan, Elbistan and Malatya prisons were ended with the decision of non-prosecution. The cases launched in connection with the incidents in Bayrampasa, Ümraniye and Çanakkale prisons against the prisoners and security forces are still on going. In Bayrampasa cases 167 prisoners and 933 securty forces, In Ümraniye cases 399 prisoners and 276 security forces, in Çanakkale cases 154 prisoners and 563 security forces are on trial.
The so-called “Return to Life” operation led to death of 32 persons and also could not finish the death fast action. In fact the operation caused death of more than 130 persons in connection with the F-type prisons and isolation problem. Death fast action is still ongoing today.
Death fast action in the prisons started on 20 October 2000. Due to death fast 48 prisoners died in the prisons, 13 persons died after having been released and 7 persons died during solidarity death fast action. The total sum of persons including the deaths during prisons’ operation who died in connection with the F-type prisons problem exceeded 130.
Unfortunately, prisons’ problem in Turkey could not be solved. After the operation the prisoners had been transferred to F-type prisons where they are serving there under isolation conditions. Scientific research had been made for years on the effect of isolation and the negative effects of isolation are known for years. Isolation in the prisons is inhuman and a human rights violation for its results.
General condition, bans on visits, books and papers, problems related to health and clothing in F-type prisons are serious obstacles for the moral and physical integrity and personality of prisoners. The researches on isolation proved that it has destructive effects on psychological health. Human beings need adequate sensual and social stimulus to be able to continue psychic, physiological and social life. According to the scientific researches lack of stimulus leads to certain symptoms. The longer the isolation is and the more insufficient the stimulus are the more destructive the effects are and the more serious psychological problems are.
4004 persons who served in F-type prisons applied to TIHV between 2003 and 2005. 203 applicants had psychiatric interview. Most of them were suffering from post traumatic stress disorder (PTSD), adjustment disorder, major depressive disorder and anxiety disorder.
Six years after the “Return to Life” operation we call firstly the government and also all parties to start negotiation and to find a way to solve the prisons’ problem in Turkey. We also want the cases related to the operation should be concluded the soonest possible.
Yavuz Önen
President
Human Rights Foundation of Turkey
December 19, 2006
Dispersion violente d'une manifestation le 1er mai: la Turquie condamnée
La Turquie a été condamnée jeudi par la Cour des droits de l'homme pour des mauvais traitements infligés à cinq personnes lors de la dispersion d'une manifestation le 1er mai 1998 à Istanbul.
Les juges de Strasbourg ont estimé qu'il y avait eu violation de l'article 3 (interdiction des traitements inhumains) de la Convention européenne. Ils ont alloué pour dommage corporel et moral, 12.000 euros à Seza Horoz et Güzel Sahin et 5.000 euros à Önder Dolutas, Birsen Gülünay et Gülizar Sahin.
Le 1er mai 1998, lors d'une manifestation organisée pour la Fête du travail, des heurts s'étaient produits à Istanbul où 36 policiers avaient été blessés et 261 personnes arrêtées et placées en garde à vue, dont les requérants.
Le jour même de leur interpellation, ces derniers firent l'objet d'un examen médical qui révéla des ecchymoses, enflures ou érythème.
En juin 1999, le procureur avait rendu un non-lieu concernant leurs plaintes pour mauvais traitements, estimant que le recours à la force avait été rendu nécessaire pour disperser cette manifestation. Une cour d'assises avait rejeté leur recours un an plus tard.
La CEDH a jugé jeudi dans son arrêt qu'il n'était pas établi que l'usage de la force "était absolument nécessaire" à la dispersion d'un rassemblement considéré comme illégal. (AFP, 21 déc 2006)
Protest against Ultra Right Terror in Universities
Violence in universities does not come to an end. Many students have been injured and tens of them have been arrested in ultra nationalits “Ülkücü” violence. Mersin University Professional Training School had to give a break to education. NGOs protested the attacks. DİSK and KESK trade union confederations, TMMOB the professional society of architects and engineers, TTB doctor’s association, Ankara 78' Generation Association, political parties ÖDP, EMEP and SDP, Pir Sultan Abdal Cultural Association, Halkevleri community centers, Patriotic Front and many others held a joint protest in Ankara. (antenna-tr.org, December 21, 2006)
5 Months Prison Sentence to Human Rights Defenders Under 301
Human Rights Association İstanbul former branch chairwoman Kiraz Biçici and IHD Bingöl branch chairman Rıdvan Kızgın received 5 months prison sentence under article 301 and it was commuted to a fine of 350 TL over speeches they made during a visit to Bingol IHD branch in 2003.
4 peasants were killed in Bingöl and those killed were claimed to be PKK militants. IHD Bingöl branch had made a press release a week before that incident that a group of PKK militants fdressed up as peasant were going round in villages asking for food. Then city chairman of IHD Bingöl branch Rıdvan Kızgın had received a threat call from someone who said to be the City Military Unit Commander.
IHD İstanbul city chairwoman Kiraz Biçici visited Bingöl to support Kızgın and they held a meeting in Bingöl IHD condemning the incident and the threat. The case is will be appealed. (antenna-tr.org, December 21, 2006)
Behic Asci: I will stop Death Fast When Isolation Ends
Behic Asci who is on his 260th day of death fast answered the calls to stop his action by saying "Ministry of Justice should solve the isolation issue. We want humans to be humane, it is shameful to negotiate on that".
General Secretary of the oppositional party CHP Mehmet Sevigen called on Behic Asci asking him to stop his action. Asci said: "It would be better if Mr Sevigen put pressure on the minister to solve the problem. Since the reason of my death fast, isolation cells did not go away. There has been no initiatives on that so far. The ministry said nothing. They are talkin about improvement but it’s abstract.”
Asci also answered the head of Prisons Department Kenan İpek. İpek had said "I can not understand this one man action. We will talk if he stops". Aşçı said: "I have tried everything in the last 6 yeras. Cases, complaints, press meetings, protest narches and demonstrations... I have done everything that a lawyer could do with no conclusion. That is why I began this action. İpek should solve the problem. Why does not the ministry make any concrete suggestion. I am not asking fır the keys of the prsons. I wan humane conditions." (antenna-tr.org, December 20, 2006)
DTP denounces PM, justice minister in support for lawyer Asci
A pro-Kurdish party official yesterday denounced both the premier and the justice minister, claiming they are ignoring a months-long hunger strike by a lawyer.
Democratic Society Party (DTP) Kars provincial head Mahmut Alinak, one of the most vocal figures in the party, filed complaints with the Ankara Chief Public Prosecutor's Office against Prime Minister Recep Tayyip Erdogan and Justice Minister Cemil Cicek.
The official said that the two were guilty of ignoring lawyer Behic Asci's hunger strike to protest F-type high security prisons and voice concerns of his clients spending their time there.
Beginning the death fast on April 5, International Lawyer's Day, Asci said that his strike is as an act of defiance against unjust laws, a stand of solidarity with hundreds of Turkish political prisoners denied their most basic human rights, and a courageous call for solidarity from human rights supporters around the world.
According to Asci, prisoners in the F-type prisons typically suffer from a range of psychological illnesses including stress, anxiety and depression. The authorities also routinely deny prisoners medical assistance and access to legal representation. Prisoners are arbitrarily refused visits from family members that they are legally entitled to, he said. Their books, newspapers and other reading material are confiscated, he charged, and letters sent to their families are heavily censored.
Alinak said in a written statement that Asci is approaching death and that it is the responsibility of the premier and the justice minister to put an end to this torture through abolishing F-type prisons.
Also yesterday, Mehmet Sevigen, a main opposition Republican People's Party Istanbul deputy, called on Asci from the Parliament platform to end his hunger strike.
Sevigen stated that Asci has achieved his aim and called on him to stop his hunger strike. "You have made headlines; you've reached your aim. If you stop the strike, the conflict between you and the justice minister may be solved," the deputy said. (The New Anatolian, 20 December 2006)
L'anniversaire de l'opération sanglante contre des prisonniers politiques
La Maison Populaire de Genève vient de diffuser la lettre ouverte à l'occasion du 7e anniversaire de l'opération "Retour à la Vie" pour écraser la résistance des prisonniers politiques contre l’introduction du régime d’isolation (prisons de type F).
Le 20 octobre 2000, plusieurs centaines de prisonniers commençaient une grève de la faim, en protestation contre l’introduction du régime d’isolation (prisons de type F).
Du 19 au 22 décembre 2000 (dès 4 heures du matin), il y a deux ans, les autorités turques lançaient leurs troupes à l’assaut d’une vingtaine de prisons, après 61 jours de grève de la faim.
Près de 10'000 soldats, policiers et membres des unités d’élite s’attaquaient, à l’aide de bulldozer, hélicoptères, lance-flammes, gaz fumigènes et armes lourdes, à des femmes et hommes épuisés et sans défense. Bilan officiel des opérations : 28 prisonniers politiques abattus et des centaines de blessés.
Depuis sept ans, le gouvernement turc n’a pas répondu aux revendications des prisonniers pour arrêter l’isolement dans les prisons, et de mettre fin aux jeûnes à morts qui continuent encore à l’heure actuelle, de ce fait, l’Etat turc est responsable de la mort de 122 personnes.
M. Behiç AŞÇI, avocat, est en jeûne à mort depuis environ 250 jours à Sisli / Istanbul. Mme. Gülcan GÖRÜROĞLU et Mme. Sevgi SAYMAZ est en jeûne à mort depuis 220 jours. Depuis, le 19 décembre 2000, il y a eu 122 personnes qui sont mort, 600 personnes sont resté handicapées. Ne restons pas sous silence face à cette hécatombe, luttons ensemble pour arrêter les décès !
Selon Maître Behiç AŞÇI « Dans un pays où y n’a aucun Etat de droit, la résistance est légitime ». Celui-ci a commencé le jeûne à mort pour lutter contre l’isolement dans les prisons carcérales et lutter contre la continuation des décès. Mme. Gülcan GÖRÜROĞLU et Mme. Sevgi SAYMAZ participe à cette grève pour mettre fin à la torture dans les prisons. Ne laissons pas ces personnes à la mort sans agir !
En tant qu’Association Maison Populaire de Genève, nous partageons l’opinion et la lutte de M. Behiç AŞÇI, Mme Gülcan GÖRÜROĞLU et Mme. Sevgi SAYMAZ pour mettre fin à l’isolement carcéral.
En tant que défenseurs et dépositaires des Droits de l’Homme, nous vous invitons encore une fois à faire votre devoir et à envoyer immédiatement une délégation d'observateurs en Turquie. Ne pas agir en ce sens signifie clairement partager la responsabilité de tous les prisonniers politiques qui décéderont.
Demir Sönmez, Président de la Maison Populaire de Genève, le 19 décembre 2007
(Pour plus informations : www.assmp.org <http://www.assmp.org/>
301 case over demanding that 1 May 1977 massacre file to be reopened
Ethem Dinçer chairman of Mersin 78' Generation Association is cahrged under article 301 and 216 (inciting hatred among the people and insulting Turkish Republic and its organs) over a press statement he made.
Dinçer had demanded on 28 April 2006 that the case of 1 May 1977 massacre to be opened. There was a mass killing on May the 1st 1977 during mayday demonstration in İstanbul’s Taksim Square leaving tens of people dead.
Perpetrators have not been found yet. Members of the association countrywide will inform the prosecutors tomorrow declaring that they too committed the same act participating in Dinçer’s crime. (antenna-tr.org, December 15, 2006)
University Teachers: “Don’t Touch My Student”
University teachers and student protested the increasing attacks in universities. Teachers Union Eğitim Sen Ankara Branch organised a protest march declaring they would not surrender to intimidation.
Around 150 teacher, research assistant and student held a silent march to the town center. University teachers opened a banner “Don’t Touch My Student” protesting thye violence and gangs in universities.
Ayten Alkan teacher at Political Sciences Faculty said univesities are attempeted to be drawn into an environment of violence and academics are theratened and attacked for their academic work and opinion. Alkan said that the students were attacked and lacked security.
Alkan added that the fascist mentality behind the attacks thrived on violence and targetted universities, an anvironment of freedom of thought and peace and the fraternity among different etnic groups.
Students also marched in Ege University. Around 400 people organised a march in the campus protesting chauvinistic hysteria. (antenna-tr.org, December 15, 2006)
Lawyer Behic Asci's Hunger Strike Closing to Death
Lawyer Behic Asci, who pursues a hunger strike since April 5 for the abolition of isolation practices in F-type imprisonment facilities, criticizes news that he's linked to a far-leftist group as "provocative". Already 122 people died at hunger strike since the introduction of the F-type facilities in December 2000.
The protesters demand partial improvements in existing practices while government forms a work group with NGOs and experts for a definitive solution to the problem.
Turkey's Human Rights Foundation (TIHV) report showed many prisoners suffer from psychological trauma and distress resulting from the isolation policies in facilities. The Bar Association of Istanbul made a statement today calling the government to end denial and save their colleagues from death.
Several NGOs, workers' unions, intellectuals and artists came together last week to make a call to the Minister of Justice to act before Ahci's strike reaches to its evident end. Union of Turkish Doctors (TTB) chair Gencay Gürsoy said that the government is insisting on a policy of denial.
Confederation of Revolutionary Workers' Unions (DISK) general secretary Suleyman Celebi noted that a democratization process, which would allow different thought to exist in Turkey must continue.
The platform, including writers, artists and academics made a declaration demanding an execution system compatible with international standards. (BIA News Center, December 13, 2006)
250th day of Behiç Asci’s hunger strike
We, the İstanbul Indymedia volunteers, want to get your attention for the ongoing isolation torture in Turkey. A lawyer, Behiç Asci, protesting the silence of the state as well as NGOs and public is going to die for he is on a hunger strike. All of us who have been silent regarding the case will bear the burden of this action if Asci turns out to be just another in more than 120 persons who died/was killed in protest of F-type prisons since 1996 in Turkey. On 13th of December, it was 250th day of Asci’s strike, and we do not want this beautiful man to pass away.
Judicial execution through F-type prisons takes on place in Turkey since 2000. Human rights defenders, NGOs and barristers have stood against the F-type prisons project, before it was put into practice by force. After political prisoners refused to be placed in these prisons, the state kicked off a series of simultaneous operations among nearly 20 prisons in Turkey on December 19, 2000. Heavy construction equipments, many security troops and soldiers got into the prisons using guns and chemical weapons to take prisoners to F-type prisons by force, during the operations deliberate force was used on prisoners and many prisoners were put into isolated cells despite the fact that they were soaking wet and heavily injured and 28 prisoners along with two soldiers had passed away.
F-type prison cells along with moderated E-type prison cells are based on individual or small-group isolation of prisoners; where ventilation, communication, visiting, health, defense and many other indispensable human rights are subject to usurpation under the name “amendment sanctions” and any efforts to go after such human rights abuses by the prisoners are either refused arbitrarily and/or punished by prison administrative authorities. No criminal complaints regarding the human rights abuses in this sense are let be taken to the authorities.
Among some of the many things that are prohibited at F-type prisons are talking while playing volleyball, archiving newspapers, listening to music from walkman, wearing garments brought by visitors. Also, the colors of the prisoners’ underwear are limited in case they make flags out of them, the flowers pasted on letters are deemed as reasons to tear the letters. Specifically petitions or letters complaining from the deeds of administrative or military personnel are hindered to be sent to lawyers or families of the prisoners. Photo albums are not permitted. Medical treatments for prisoners are impeded by unacceptable practices. The prisoners are not allowed to exchange books or lend money or garments, or keep more than three books at hand. Moreover, the use common lebensraums depend on a certain political view of the prisoners. Three to four times a day prisoners are forced to wear off their shoes and controlled, disquieted for any reasons, exposed to high-volume music, and similar humiliating acts during controls. And these are only a few of many inhuman daily practices observed at F-type prisons.
Such an execution model is an additional type of punishment exerted over prisoners unlawfully and is against humanity. 122 persons have passed away since 2000 in protests against F-type prisons and isolation practices at prisons. More than 600 were injured permanently physically or psychologically.
NGOs, trade unions and human rights defenders that have prepared reports and gone through researches on insulation and isolation at prisons so far all agree that F-type prisons are used for torture, cause irreversible damage on convicts’ and prisoners’ physical and psychological well-being, cultural and political identities.
Isolation practices but abstract individuals from any type of social relations are against the human nature and humanity. Turkey’s government and ministers of justice have done nothing to bring a solution to the problem so far but postpone them, and even closed the channels for dialogue. The government put the new law on execution into practice, which even adds to the current burden of isolation of prisoners.
The point reached as of today is nothing but a bunch of problems due to unlawful practices by the Ministry of Justice against the articles in the Turkey’s constitution that guarantees the right to live and the right to protect honour; against any human rights agreements, international law norms.
On April 5, Barrister Behiç Asci, who is a member of People’s Law Bureau and of Administrative Board of Contemporary Lawyers’ Association started death strike with the demand to abolish the isolation in his house in Istanbul. Similar actions - both in and outside prisons - against isolation continue.
The government should immediately take the required steps to halt further deaths and defects. By “steps” the following is implied: The Minister of Justice, Cemil Çiçek, should accept the reality that isolation practice is “subject to discussion” and meet with the spokespersons of the initiative against isolation. Until the discussion period is finalised, the problem should not be made harder with new practices. During this period, fundamental isolation practices of quantity and kind that would necessitate a discussion platform should be given up.
ACT NOW!
Write your messages to Turkey’s Minister of Justice, Cemil Cicek urging him to make a step for a solution to the ongoing tragedy regarding abuses and deaths due to f-type prisons in Turkey.
Please circulate this call as widely as possible.
ADDRESS AND SEND YOUR APPEALS TO:
Minister of Justice
Cemil Çiçek
e-mail: fkasirga@adalet.gov.tr
Web site: www.adalet.gov.tr
Fax: +90 312 4177113
Address: T.C. Adalet Bakanlığı, 06659, Kızılay, Ankara
(Istanbul Indymedia, December 13, 2006)
ECHR's November bill for Turkey is 400,000 euros
Turkey was ordered to pay nearly 400,000 euros by the European Court of Human Rights (ECHR) in eight cases last month, reports said yesterday.
The court, which focused on complaints of violations of the right to live, expression and association, delivered two verdicts condemning Turkey's now defunct military courts and military prosecutors judging civilians.
The court ordered the country to pay 2,000 euros to Koray Duzgoren, a journalist working for daily Yeni Safak, who applied to the court eight years ago, asking for the reversal of a domestic military court decision that imposed both fines and prison term over charges of disinclining people from fulfilling their military service. The ECHR asserted that the Turkish court was not neutral or independent and violated the right of expression and fair judgment.
In another decision Turkey was ordered to pay 2,500 euros for the trial expenses of Mehmet Cemal Kavak, the former branch head of the now-defunct pro-Kurdish People's Democracy Party (HADEP), who was found guilty by the disbanded State Security Court on charges of aiding and abetting an illegal organization at a demonstration in 1997.
The Turkish court handed down prison terms of almost four years but the Strasbourg court said in its decision mid-November that the court violated the right to fair judgment as it had a military public prosecutor.
The heaviest decision against Turkey came over a case launched by relatives of Engin Huylu, imprison after being found guilty of being a member of an illegal organization eight years ago and later died allegedly due to psychological and physical oppression he faced. Despite being admitted to hospital, twice he missed scheduled treatment due to staff shortages.
The court ordered Turkey to pay 20,000 euros --15,000 in damages and 5,000 for trial expenses -- in the case launched by Huylu's relatives who claimed they received less than they were entitled to under the law in the case heard by a Turkish court against the prison administration, the gendarmerie and health personnel. (The New Anatolian , December 12, 2006)
The European Left's appeal on Behic Asci's fatal situation
The Executive Board of the Party of the European Left has sent to the Turkish Government the following urgent appeal concerning the fatal situation of Lawyer Behic Asci on hunger strike in protest against prison conditions.
"The Executive Board of the Party of the European Left was informed of the situation of lawyer Behic Asci, advocate of defence of detainees in Turkish prisons, who has already exceeded the 240 days of hunger strike and his situation seems fatal.
"Independently from the Turkish authorities' opinion regarding his chosen method of protest, the sole fact that one advocate of defence of detainees feels he suffocates in his effort to practice his professional duty and the fact that a human life enters at risk compels us all to react.
"We demand therefore from the Turkish Government to act immediately.
"A human Life remains always an irreplaceable value that cannot be compensated nor with fabricated arguments neither with political intentions.
"This constitutes a fundamental value for any discussion on the culture that the humanity needs nowadays.
"Moreover whatever the opinion of the Turkish State on the political beliefs of Behic Asci and the defendants that he undertook to protect, the responsibility of the Turkish Government remains in totality, in order to ensure their terms on the unbiased exercise of vocation of advocate of defence.
"First condition for this is the protection of the life of Behic Asci."
Le jeune pâtre avait sauté sur une mine: la Turquie condamnée
La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné mardi la Turquie pour avoir violé le "droit à la vie" d'Erkan Erol, un enfant de neuf ans blessé par une mine antipersonnel en 1995 alors qu'il faisait paître ses moutons.
Elle alloue 30.505 euros tous dommages confondus à la victime, aujourd'hui âgée de 20 ans, concluant que la Turquie n'avait pas pris toutes les mesures nécessaires afin d'éviter un danger de mort ou de blessure.
Le 11 mai 1995, les moutons qu'Erkan faisait paître à Tunceli avaient pénétré dans une zone minée entourée d'une double rangée de fils barbelés placés à hauteur de la taille et de panneaux de mise en garde tous les 20 mètres.
Erkan et d'autres enfants avaient poursuivi les moutons en franchissant les barbelés. Il ramassa un engin qui explosa et dut être amputé d'une jambe à hauteur du genou.
L'arrêt de la CEDH reconnaît une atteinte au droit à la vie d'Erkan Erol, qui aurait pu mourir de cet accident, estimant "incompréhensible qu'une zone de pâturage ait été minée et simplement entourée de deux rangées de fils barbelés relativement écartées".
Les juges ont en revanche estimé qu'il n'y avait pas eu violation du "droit à un procès équitable" concernant une requête formulée par son père, qui était alors maire du village de Tuncelli. Sa fonction d'édile lui faisait obligation "d'alerter la gendarmerie de l'insuffisance des mesures prises et d'exiger des mesures supplémentaires", selon l'arrêt. (AFP, 12 déc 2006)
Rise of nationalism, discrimination and intolerance in Turkey
A prominent human rights group over the weekend called on the state to punish public servants overlooking or encouraging violence and cooperative attacks which has turned into a hot issue in the country for months.
Evaluating the current state of human rights in Turkey in a statement to mark the World Human Rights Day, Yavuz Onen, head of the Turkish Human Rights Foundation (TIHV) criticized the rise of nationalism, discrimination and intolerance to the other.
Onen stated that many journalists and authors are intimidated and attacked because of their statements, and he said that there is tension between the Cabinet and other actors of public.
He also pointed already raised tension to the members or sympathizers of the terrorist Kurdistan Worker's Party (PKK), and said that scores of people, who has no ties with the terror group, were attacked for allegedly being member of it.
He also criticized the attitude of certain public servants and key state officials encouraging violence.
A couple of governors and the Istanbul Police Chief drew the ire of public as well as human rights activists for their remarks seemingly backing perpetrators of cooperative attacks against mostly reportedly pro-PKK, Kurdish or left-wing groups.
Onen said that none of the governments, including the current one, had a stable program and a powerful will in the way of democratization, and that there is currently an attitude both in politicians and in public to see every step in the democratization as home works in the process of European Union membership rather than discussing the steps in terms of the needs of the country.
Onen also criticized the Justice and Development (AK) Party for severing relationships with civil groups while country passes through hard times in terms of human rights and the military for making displeasing statements on human rights.
TIHV reveals this year's human rights records
The TIHV, which also revealed data on human rights violations, said that between October 2005 and October 2006 62 people were killed in incidents which security officers used firearms.
42 people were also killed in armed and bomb attacks organized either by terrorist groups or by unknown perpetrators.
It is also stated that between the same period two people died in custody, and over 100 people filed complaints, applied to human rights associations or made statements to the media with claim that they were subjected to torture. In prisons, where the pressure is on the rise, 14 people died as a result of hunger strike, suicide or diseases.
Also in the first 10 months of this year, at least 112 authors, publishers, journalists faced legal proceedings because of their writings.
Underlining the importance of cooperation between governments and NGOs, Onen said that already enacted torture ban should be followed literally and barriers before freedom of expression should be lifted.
TBB head Ozok pledges to fight for further rights
In another written statement, Turkish Bars Association (TBB) head Ozdemir Ozok said that the human rights debates will go on unless the outmoded administration is removed.
Ozok stated that they will carry on their struggle for full democracy, human rights and for state of law. (The New Anatolian-Anka, 11 December 2006)
Nouvelles opérations répressives "anti-terroristes" à Istanbul
Autorisée par la loi anti-terroriste, le 7 décembre 2006, la section antiterroriste de la police d'Istanbul a perquisitionné simultanément plusieurs sièges de revues, radios et associations considérées proches du Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C) et arrêté un "grand nombre" d'opposants.
Lors de l'opération, la police a pris comme cible notamment la revue Yürüyüs, la maison d'édition Ozan yayincilik, la Fédération des droits fondamentaux (THF), le Centre culturel d'Idil, le Front des droits et des libertés (HOC) et l'Association pour la solidarité avec les familles de prisonniers (TAYAD).
En réagissant contre cette opération policière, une centaine de manifestants ont tenté de bloquer plusieurs rues du quartier d'Okmeydani, sur la rive européenne d'Istanbul, et incendié deux véhicules.
Visages masqués, les manifestants ont ensuite jeté des pierres et des cocktails Molotov en direction des policiers - environ 200 agents anti-émeutes soutenus par deux blindés - dépêchés sur les lieux, qui ont riposté avec des grenades lacrymogènes et des frondes, contraignant les manifestants à se disperser.
Un autre groupe d'une centaine de personnes a érigé une barricade avec des morceaux de bois et des pneus auxquels il a mis le feu dans le quartier de Gaziosmanpasa, une banlieue de la rive occidentale d'Istanbul.
Les manifestants ont marché sur le commissariat local et jeté des pierres sur les blindés bloquant leur chemin à une cinquantaine de mètres du bâtiment avant de se disperser, tandis que les forces de sécurité faisaient usage de gaz lacrymogène.
Il y a deux mois, la section antiterroriste de la police d'Istanbul avait perquisitionné plusieurs sièges de revues, radios et associations considérées proches du parti communiste marxiste-léniniste (MLKP). (Agences, 8 décembre 2006)
Mauvais traitements en détention: la Turquie condamnée à Strasbourg
La Turquie a été condamnée mardi par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour des mauvais traitements infligés à trois femmes suspectées d'appartenance à une organisation illégale pendant leur garde à vue.
Interpellées en mars 1998 dans le cadre d'une enquête sur les activités du parti communiste turc/marxiste léniniste, les trois requérantes affirmaient avoir été été menacées de mort, harcelées sexuellement, frappées, suspendues et arrosées de jets d'eau froide pendant leur détention provisoire.
Des ecchymoses et des tuméfactions avaient été constatées le 1er avril sur le corps de deux d'entre elles par un premier médecin tandis qu'un second mentionnait des lésions sur le dos de la troisième, examinée le lendemain alors qu'elle était détenue à la prison d'Ümraniye.
La CEDH a estimé qu'en "l'absence d'explications plausibles" de la part du gouvernement turc, les blessures constatées ne pouvaient qu'être attribuées à des "traitements pour lesquels le gouvernement (turc) doit être réputé responsable".
Elle a conclu à une violation de l'article 3 (interdiction des traitements inhumains) de la Convention européenne des droits de l'homme et décidé d'allouer 10.000 euros à Mmes Selvi Dönmez et Leyla Lüle et 7.000 euros à Meral Sahin pour préjudice moral. (AFP, 5 déc 2006)
Human rights group calls for PM to keep pledge
In a letter to Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, Yavuz Onen, head of the Turkish Human Rights Foundation (TIHV), urged the payment of $10,000 in support that the premier promised this year for a torture victim fund.
"In order to realize zero tolerance to torture, you have to contribute more to the funds for torture victims," Onen told the premier in his letter.
Onen reminded the prime minister that the United Nations' Voluntary Funds for Victims of Torture (UNVFT), celebrating its 25th anniversary, supports torture victims through specialist institutions providing humanitarian aid to victims and their families. Onen added that the fund accepts the voluntary contributions of governments, non-governmental organizations, firms and individuals, yet to meet demands increasing every year, a doubling of their budget is required.
"Some funding centers are about to close down due to financial problems," said Onen. "The TIHV, which was established in 1990 to help people subjected to torture and other inhumane treatment or punishment, is also receiving assistance from UNVFT."
Stating that TIHV has reached out and assisted nearly 10,500 torture victims over 16 years through five rehabilitation centers opened in Adana, Ankara, Diyarbakir, Istanbul and Izmir, Onen said that the foundation also helps to eliminate torture and provide post-torture trauma through the statistics they collect. "Alternative medical reports from TIHV are accepted by international courts and the European Court of Human Rights as well," said Onen, adding that TIHV has become both a national and international reference institution.
Addressing the prime minister, Onen said that the government didn't contribute to UNVFT in 2003 and 2004, while under his leadership.
"You promised to contribute $10,000 to the fund this year," said Onen. "Although, some administrative and legal regulations have been made towards the approach, the expressed zero tolerance on torture hasn't been reflected enough in practice, they are of course very valuable and meaningful." Onen went on to say that in order to implement these regulations successfully, supplementary measures are needed.
"It's obvious that the country needs a well-rounded approach to realize its stated zero tolerance on torture. So the government, taking into account the hard work of our foundation, should be more sensitive about efforts to eliminate torture in our country and should grant more money to the UNVFT." (The New Anatolian, 5 December 2006)
Pression sur les médias / Pressure on the Media
Journalist Kapmaz Charged with ‘Praising Öcalan’
Istanbul 11th. High Criminal Court opened a case against the reporter of Ülkede Özgür Gündem daily Cengiz Kapmaz with the charge of “praising the PKK leader Öcalan and PKK in two news reports”. Kapmaz is asked to be imprisoned for 9.5 years.
The first case against Cengiz Kapmaz was over his report “2555 Days” telling the story of Öcalan’s prison days after his capture and opened on 15 February 2006. Kapmaz was charged under TPC 215 and 218 and was asked to be imprisoned for 4.5 years. The hearing is on 16 February 2007 in İstanbul 11th. High Criminal Court.
The second case against him is over an interview he made with former DEP MP Orhan Doğan. The interview was published on 22 June 2006. Kapmaz was charged with propagandating for the terrorist organisation under ATL 3713 articles 7-2 and was asked to be imprisoned for 5 years. (antenna-tr.org, December 29, 2006)
"The picture in Kaos GL is Art not Pornography”
At the first hearing of the case against Kaos GL magazine over its latest issue’s front page, judge decided to listen Taner Ceylan, the painter of the picture published on the front page. Attorneys Oya Aydın, Yasemin Öz and Hakan Yılmaz, and the owner of the magazine Umut Güner attended the first hearing on 28 December. Güner told Ankara 2nd. Criminal Court of First Instance that the magazine is a gay magazine and the picture on the front page was a work of art and not pornography and asked for his acquittal.
Defense attorney Oya Aydın said that under Press Law the owner of the magazine was not liable when the owner of the work is known and available. Attorney said the picture belonged to painter Taner Ceylan and he resided in İstanbul. The case was postponed to 28 February 2007.
Attorney said that the picture was displayed in exhibitons including İstanbul Culture Foundation exhibition, ART 37 in Switzerland’s city of Basel, the 8th. İstanbul Bienal supported by Prime Ministry and Ministry of Culture and was published in the bienal’s booklet. (antenna-tr.org, December 29, 2006)
Translators: We Censored Dostoyevski for Fear
Book translators protesting their prosecution over book translations said that some translations of Dostoyevski's 'Karamazovs' had been censored for years for fear of the laws.
Conference Interpreters Association, Trade Union of Book Translators (ÇEVBİR), Translation Association, Literature and Scientific Works Owners Trade Union (EDİSAM), Turkish PEN, Publishers Union (YAY-BİR), Turkish Publishers Union and Publishers Trade Union made a joint press statement at the offices of Turkish Journalists Society (TGC).
The president of ÇEVBİR Tuncay Birkan said that a translator just does his work, it was unacceptable to imprison a translator for translating or interpreting. The press statement said that the Press Law held translators liable as “the owner of the work” when writer is abroad.
Birkan noted that the Press Law carried the intention of self censoring of translators and publishers and they would visit politicans in the coming weeks to lobby for amendment. Translators demanded an amendment of article 2 of Press Law. (antenna-tr.org, December 27, 2006)
Internet Offences Under Focus
The new draft bill brings upto 12 years prison sentence for publishing child pornography, exporting, renting, and possession will cause upto 5 years imprisonment. Transport Ministry is setting up a “Internet Board” for inspection.
Transport Ministry accomplished a draft law regulating internet crimes. The Internet Board under the ministry will be tasked to follow and inspect virtual world. Internet providers, bussinessmen, NGO reps and public officers will be on the board.
The board will report to Information Technology Security Center.
The center will set up a site and a phone line for informing about offences. (antenna-tr.org, December 27, 2006)
Le rédacteur en chef de l'unique revue gay en jugement
Le rédacteur en chef de l'unique magazine gay de Turquie, lui même militant de la cause des homosexuels, sera jugé à partir de jeudi pour pornographie et risque jusqu'à trois ans de prison, a-t-on appris mardi de l'association dont il fait partie.
Umut Güner, 29 ans, doit comparaître devant une Cour d'Ankara en raison d'un numéro du magazine gay et lesbienne Kaos --qui prend le même nom que l'association-- publié en juillet et confisqué par la justice pour la représentation notamment d'une peinture jugée obscène, a indiqué à l'AFP Ali Erol, secrétaire général de Kaos GL.
Il risque de six à trois ans de réclusion et une amende aux termes de l'article 226 du code pénal qui sanctionne "toute personne qui diffuse ou publie des images obscènes", a-t-il précisé, indiquant que le procès relevait de la liberté d'expression.
Le numéro confisqué par décision de la justice avant même sa distribution traitait de la question de la pornographie en général, hétérosexuelle et homosexuelle.
Le magazine est publié bi-mensuellement depuis 1994.
Depuis cette date, Kaos fonctionne comme un groupe informel qui organise des activités pour les gays et les lesbiennes qui, en tant que communauté, ont fait de plus en plus parler d'eux ces dernières années, notamment dans la perspective des ambitions pro-européennes de la Turquie.
Une procédure entamée l'an dernier par le gouvernorat d'Ankara pour fermer l'association avait finalement été rejetée plusieurs mois après.
Les préjugés homophobes demeurent puissants en Turquie, où les relations homosexuelles ne constituent toutefois pas un délit, comme dans d'autres pays musulmans. (AFP, 26 déc 2006)
Le nombre des journalistes emprisonnés s'élève à 22 à la fin d'année
La Plateforme de solidarité avec les journalistes emprisonnés (TGDP) a annoncé que, après cette opération, le nombre des journalistes emrpisonnés à la fin d'année s'élève à 22.
La grande majorité de ces journalistes avaient été arrêtés lors des opérations précédentes lancées en vertu de la loi anti-terroriste contre les publications comme Atilim, Özgür Halk, Genç Bakis, Dayanisma et Özgür Radio, considérées proches des organisations de gauche illégales.
Voici la liste des journalistes dans les prisons turques:
Emin Orhan, Atilim, la prison type-F N°2 à Tekirdag
Halil Dinç, Özgür Radio, la prison type-F N°2 à Tekirdag
Sinan Gerçek, la prison type-F N°2 à Tekirdag
Özge Kelekçi, Atilim, la prison spéciale à Gebze
Mustafa Naci Toper, Atilim, la prison type-D à Diyarbakir
Mehmet Güzel, Atilim, la prison type-E à Gaziantep
Serdal Işık, Atilim, la prison type-D à Diyarbakir
Ibrahim Cicek, Atilim, la prison type-F à Tekirdag
Sedat Senoglu, Atilim, la prison type-F à Edirne
Füsun Erdoğan, Özgür Radio, la prison spéciale à Gebze
Hasan Coşar, Atilim, la prison type-F à Sincan
Ziya Ulusoy, Atilim, la prison type-F à Tekirdag
Bayram Namaz, Atilim, la prison type-F N°1 à Edirne
Suat Kolca, Özgür Halk et Genç Bakis, la prison type-F à Edirne
Yasar Duman, Özgür Halk et Genç Bakis, la prison type-F à Edirne
Selahaddin Sumeli, Özgür Halk et Genç Bakis, la prison type-F à Edirne
Mahmut Bozdag, Özgür Halk et Genç Bakis, la prison type-F à Edirne
Memik Horuz, Isci-Köylü, la prison type-F à Bolu
Erol Zavar, Odak, la prison type-F à Sincan
Hatice Duman, Atilim, la prison spéciale à Gebze
Mustafa Gök, Ekmek ve Adalet, la prison type-F à Sincan
Baris Acikel, Isci Köylü, la prison type-F N°1 à Kandira
La TGDP appelle toutes les organisations de la presse et des droits de l'Homme à participer dans la campagne pour la lutte contre les lois liberticides et à envoyer des messages de voeux et de solidarité aux journalistes en prison.
e-mail: tutuklugazeteciler@mynet.com
gsm: 90-535929 75 86
Fax: 90-212-514 68 77
No news on 301 as government vows reform commitment
Plans for making necessary amendments to a controversial article of the Turkish Penal Code (TCK) that the European Union says restricts freedom of expression seem to have been shelved, with representatives from leading trade unions and nongovernmental organizations which have remained divided over possible changes conveying to Foreign Minister Abdullah Gül that they will be unable to draw up a joint proposal on changes.
Gul had asserted only on Tuesday that Turkey's mind has been extremely clear in pursuing reforms under any circumstances in line with the government's commitment to full EU membership.
Turkey is under EU pressure to amend or scrap the infamous Article 301 of the TCK, which has landed a string of intellectuals in court for denigrating Turkish identity or Turkishness or making comments about the alleged genocide of Armenians at the hands of the Ottoman Empire.
Yet the government has already been told by the NGOs not to expect any particular proposal to be drafted since there has been no eventual agreement over what needs to be done. Nevertheless, the NGOs also conveyed to Gül that they would continue supporting the government in steps to tackle the Article 301 question.
Late last month Gül had admitted that certain rulings made under Article 301 were harming Turkey's image and that the government would soon make the necessary amendments to the article.
However, at Wednesday's press conference -- the sole topic of which was Turkey's EU process -- the minister didn't mention Article 301, although he vowed commitment for reforms not solely for the EU, but particularly for the sake of Turkey's people. What is important is that Turkey prepare itself for the time when the EU says it is ready ... because the EU will one day become aware of Turkey's importance, he said.
According to journalist-author Etyen Mahçupyan, director of the Istanbul-based Turkish Economic and Social Studies Foundation's (TESEV) democratization program, Wednesday's press conference clearly revealed the government's fragility stemming from the mounting pressure of the upcoming elections.
I'm sure, members of the government, behind closed doors, agree that the article should be totally abolished. But they believe they can't pay the price of such a move, Mahçupyan told the Turkish Daily News.
In a move to bring its legislation in line with European standards, the government has sought support from NGOs to that effect. Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan last month met with representatives from leading trade unions and NGOs to hear their opinions on how to change Article 301.
The NGOs were expected to introduce a set of proposals and arrangements to the government to make the law more clear and prevent any misinterpretation.
Nevertheless, those representatives have not able to gather since November, Necdet Okcan, lawyer for the Confederation of Revolutionary Workers' Unions (DİSK), said, noting that since then Article 301 has actually dropped from the government's agenda since all discussions surrounding the EU membership process have been dominated by the Cyprus issue.
The basic disagreement among NGOs stem from the expression of Turkishness within the article. While some NGOs have argued that denigrating Turkish identity should be changed to denigrating the Turkish nation, other NGOs, however, have opposed the idea.
DİSK, the Confederation of Turkish Labor Unions (Türk-İş), the Labor Confederation (Hak-İş), the Turkish Confederation of Employers' Unions (TİSK), the Turkish Union of Chambers and Commodities Exchanges (TOBB), the Economic Development Foundation (İKV), the Turkish Industrialists and Businessmen's Association (TÜSİAD), the Turkish Agriculturalists' Union (TZD), the Turkish Doctors' Union (TTB) and the Professional Union of Radio and Television Broadcasters (RATEM) were among those NGOs. (Turkish Daily News, EMİNE KART & HACER BOYACIOGLU, December 21, 2006)
La Turquie de nouveau condamnée par la CEDH
La Cour européenne des droits de l'homme a une nouvelle fois condamné mardi la Turquie pour violations de la liberté d'expression dans plusieurs affaires, liées notamment à la question kurde.
Parmi les cinq plaignants, deux, Erdal Tas et Mehmet Emin Yildiz, rédacteur-en-chef et propriétaire du quotidien "2000'de Yeni Gündem", avaient été condamnés à des amendes par la Cour de sûreté d'Istanbul pour avoir publié des articles résumant des déclarations des dirigeants du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).
Deux autres, Bülent Falakaoglu et Fevzi Saygili, à l'époque rédacteur en chef et propriétaire du quotidien Yeni Evrensel, avaient été condamnés à la même peine pour avoir vivement critiqué deux policiers, devenus ainsi des "cibles" potentielles d'organisations terroristes, selon la Cour de sûreté.
Le dernier, Mehmet Erol Yarar, président de l'association des industriels et hommes d'affaires indépendants (MÜSIAD), avait été condamné pour un discours ayant incité le peuple à la haine sur la base d'une distinction fondée sur l'appartenance à une race ou une région.
La CEDH a estimé insuffisants les motifs retenus par les juridictions turques pour limiter la liberté d'expression des cinq plaignants et jugé "disproportionnées" les condamnations qui leur ont été infligées, comme en de nombreuses autres affaires similaires.
Elle a alloué aux requérants un montant global de 24.000 euros au titre du préjudice moral et 9.500 euros pour frais et dépens. (AFP, 19 déc 2006)
Les responsables de l'édition turque d'un livre de Chomsky acquittés
Un tribunal d'Istanbul a acquitté mercredi le propriétaire d'une maison d'édition, un traducteur et deux éditeurs accusés d'avoir "incité à la haine" en publiant la version turque d'un livre de l'intellectuel américain Noam Chomsky, a rapporté l'agence de presse Anatolie.
Ce procès, ouvert en octobre, était le dernier en date d'une série de poursuites lancées contre des intellectuels -dont le prix Nobel de littérature 2006 Orhan Pamuk- en raison de leurs prises de position sur des sujets sensibles, comme les massacres d'Arméniens commis sous l'empire ottoman.
Les quatre prévenus encouraient jusqu'à six ans de prison pour "incitation à la haine" raciale et "dénigrement de l'identité nationale" en raison de leur rôle dans la publication en mars de l'édition turque de "La Fabrique de l'opinion publique : la politique économique des médias américains".
Le livre, cosigné par Noam Chomsky et Edward S. Herman, analyse à travers l'exemple de plusieurs pays les influences dont font l'objet les particuliers et les médias.
Il contient des références au traitement imposé à la minorité kurde de Turquie dans les années 1990 -au plus fort de la lutte entre les séparatistes kurdes et les forces de sécurité turques- de manière jugée insultante par le ministère public.
La juge Sevim Efendiler a estimé qu'aucune responsabilité ne pouvait être imputée au regard du droit de la presse au propriétaire des éditions Aram, Fatih Tas, et aux éditeurs Ömer Faruk Kurhan et Taylan Tosun.
Elle a par ailleurs considéré que le travail du traducteur Ender Abadoglu relevait de la "critique approfondie", un droit garanti par la Constitution turque et la Convention européenne des droits de l'Homme.
M. Tas avait déjà été poursuivi et acquitté en 2002 pour avoir publié un autre livre de Noam Chomski qui critiquait déjà l'attitude d'Ankara à l'égard de ses Kurdes et les ventes d'armes par les Etats-Unis à la Turquie.
Le professeur de linguistique avait alors assisté à une des audiences à Istanbul pour manifester son soutien à l'éditeur et donné des conférences à Diyarbakir, la principale ville du sud-est anatolien à la population majoritairement kurde. (AFP, 20 déc 2006)
Acquittement d'une journaliste turque poursuivie pour insulte à Atatürk
Un tribunal d'Istanbul a acquitté mardi la journaliste turque Ipek Calislar, accusée d'avoir insulté le fondateur de la Turquie moderne Mustafa Kemal Atatürk dans un livre sur l'épouse de celui-ci, a affirmé à l'AFP l'avocat de Mme Calislar.
La cour a estimé que les éléments constitutifs du délit n'étaient pas réunis, a précisé Me Fikret Ilkiz.
Les charges retenues contre Mme Calislar, auteur d'une biographie de Latife Ussaki, la femme d'Atatürk, relèvent d'une loi spéciale protégeant la mémoire de l'homme d'Etat.
Elles faisaient encourir à la journaliste et à un rédacteur en chef du quotidien à grand tirage Hürriyet, qui avait publié des extraits du livre et a également été acquitté, une peine allant jusqu'à quatre ans et demi de prison.
Dans son livre "Latife Hanim", publié en juin, Mme Calislar cite un témoin décrivant comment Atatürk, risquant d'être agressé par un opposant politique armé, aurait revêtu un tchador -vêtement féminin islamique- pour quitter le palais présidentiel d'Ankara à la barbe de l'agresseur.
Les poursuites ont été lancées à la suite d'une pétition lancée par un lecteur. Une première audience avait eu lieu en octobre.
Le même jour, deux autres journalistes, Ahmet Altan et Abdurrahman Dilipak, ont été acquittés dans deux procès, l'un pour un article critiquant la justice et l'autre pour insulte à l'Armée turque. (AFP-Antenna.org, 19 déc 2006)
Kurdish paper Azadiya Welat Blames Journalists' Association
Contemporary Journalists' Association (CGD) declared a new arrangement can be made following criticism concerning the rejection of Kurdish newspaper Azadiya Welat's participation in the "Successful Journalists of the Year Contest".
The newspaper applied to the best page-layout category but was rejected on grounds that it isn't a "publication in Turkish".
Debate sparkled following CGD's reasoning that "publications in English, Arabic or Persian were also rejected" and Azadiya Welat editor-in-chief Tayyip Temel's accusation that they are treated as "others".
Temel argued that the contest's participation guide didn't include such a restriction.
"Furthermore, the page-layout isn't related to the language of the publication", he added.
"And the biggest problem is that the language that a third of the population speaks in this country is held at the same level with English or French".
"We stay by press and freedom of expression regardless of race, sex or language" said CGD Chair Ahmet Akbay.
He added that the executive committee will gather to debate a change in the contest guide to allow participation in languages other than Turkish. (BIA News Center, December 18, 2006)
Besikci stand trial under Article 301 on the demand of the Army Chief
Sociologist İsmail Beşikçi will stand trial over his article on Kurdish issue published in “Esmer” magazine. Beşikçi have been prosecuted and prisoned before over his ideas. There is another ongoing case against Beşikçi under article 216 over his opinion on Kurdish issue.
The General chief of Staff made a “classified” complaint to the Ministry of Justice on 19 January 2006 over Beşikçi’s article “We did not Talk, We were Repressed” and Ahmet Kahraman’s article “Phantom” published in popular culture magazine “Esmer”s December 2005 issue. The complaint also included the executives Ferzende Kaya and Mehmet Ali İzmir. The complaint was based on article 301 of TPC. Prof. Dr. Mehmet Emin Artuk of Marmara University Law Department was consulted as an expert. Artuk commented that Ahmet Kahraman’s article was in the scope of “right to give information and criticism” and did not insult the army, pointing that there was no grounds for a case.
Artuk also commented that Beşikçi’s article included some statements which could be considered as offnesive under article 216 of TPC (inciting hatred and hostility among the people”. Prosecutor Remzi Yaşar Kızılhan’s indictment led to a case against Beşikçi and executives of the magazine Ferzende Kaya and Mehmet Ali İzmir. Between 1 year and 6 months and 4 years and 6 months imprisonment was demanded. The next hearing is on 12 February 2007. (antenna-tr.org, December 18, 2006)
Publisher Ragip Zarakolu tried for insulting the Republic and Atatürk
Publisher Ragip Zarakolu's case where he's tried with 13.5 years imprisonment for "insulting the republic, its institutions and Ataturk" by publishing two books of Armenian writers, continued on December 14.
The judge postponed the case, ordering the translator of the books to be brought to court. This is seen as another attempt to try translators in freedom of expression cases.
Shafak and Tirman's translators
Zarakolu stands trial because of publishing Prof. Dora Sakaryan's "The Memorials of an Armenian Doctor" and George Jerjian's "Reality Will Set Us Free".
Prosecution demands 7.5 years in prison for "insulting and ridiculing the Republic and the State" of the first case and 6 years for "insulting Turkishness and the armed forces" for the latter.
Translators Lutfi Taylan Tosun and Aysel Yildirim are being prosecuted alongside Aram Publishing House owner Fatih Tas for the Turkish language copy of John Tirman's book "Spoils of War: The Human Cost of America's Arms Trade".
Writer Elif Shafak's translator Aslı Bicen was also tried when her book "Father and Bastard" put onto court with the claim of "insulting Turkishness".
Zarakolu's cases will continue in March 15. (BIA News Center, Erol ONDEROGLU, December 18, 2006)
Le PEN International lance une campagne contre l'inculpation de Hrant Dink
Le Comité des écrivains en prison du PEN (WiPC) vient de lancer une campagne pour attirer l'attention sur les écrivains de partout autour du monde qui sont emprisonnés ou qui risquent la prison pour des allégations de diffamation.
Le WiPC presse les pays d'abroger les lois qui traitent la diffamation comme un crime plutôt que comme un délit civil, et de retirer le terme « insulte » de tous les codes pénaux. Dans sa liste des cas de violations de la libre expression à travers le monde, dressée entre janvier et juin 2006, le WiPC a recensé 96 cas où des écrivains ont été incarcérés ou ont risqué de l'être sur des charges de diffamation pénale.
Pour lancer la campagne, qui se déroulera de novembre 2006 à avril 2007, le WiPC met en lumière cinq cas d'écrivains actuellement en prison ou poursuivis - en Chine, en Égypte, en Éthiopie, au Mexique et en Turquie.
Il s'agit des cas de Hrant Dink, rédacteur en chef de Turquie, du journaliste éthiopien Wesenseged Gebrekidan, de la reporter mexicaine Lydia Cacho, du « cyberdissident » chinois Yang Xiaoqing et des journalistes égyptiens Ibrahim Issa et Sahar Zaki.
Les membres du PEN de partout dans le monde vont écrire des lettres, faire de la publicité et organiser des événements d'appui à ces personnes et aux autres écrivains qui sont attaqués. Le WiPC entend aussi coordonner une série d'actions mensuelles centrées sur différentes régions où les lois pénales sur la diffamation étouffent la libre expression. (WIPC/IFEX, 19 décembre 2007)
Consulter les sites suivants :
- WiPC : http://www.internationalpen.org.uk/
- Définir la diffamation : http://www.article19.org/pdfs/standards/definingdefamation.pdf
- Comité mondial pour la liberté de la presse : http://www.wpfc.org/CampaignAgainstInsultLaws.html
- Manuel de campagne de la FIJ : http://www.ifj-asia.org/files/ifj_defamation_lr.pdf
Une sociologue finlandaise arrêtée en Turquie
DIYARBAKIR - Une sociologue finlandaise a été arrêté dans le sud-est anatolien à la population majoritairement kurde et sera expulsée de Turquie samedi, ont affirmé des sources sécuritaires locales et des diplomates.
Un responsable de l'ambassade de Finlande à Ankara a identifié la scientifique comme étant Kiristina Koivunen, arrivée en Turquie deux semaines plus tôt, mais a ajouté ne pas savoir pourquoi elle avait été arrêtée vendredi alors qu'elle quittait la ville de Van, proche de l'Iran.
L'ambassade a contacté le ministère turc des Affaires étrangères pour demander des explication et espérait recevoir des informations la semaine prochaine, a indiqué cette source, parlant sous le couvert de l'anonymat.
Mme Koivunen devait être envoyée à Istanbul et de là être expulsée du pays plus tard samedi, a ajouté le responsable finlandais.
Des sources de sécurité locales ont indiqué que la scientifique était expulsée car elle faisait l'objet d'interdiction d'entrée sur le territoire turc, mais la raison de cette mesure n'était pas immédiatement connue.
Selon des sources locales, Mme Koivunen, de l'université de Helsinki, a écrit dans un journal finlandais des articles sur les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). (AFP, 16 déc 2006)
Two 301 Cases Against Sinan Kara for Criticising the Army
Journalist Sinan Kara is prosecuted in two cases over two articles published in ‘Ülkede Özgür Gündem’ daily. He is charged with “insulting the army through press”.
İstanbul Public prosecutor’s office completed the investigation and opened the cases. Sinan Kara said 'If we can ctiticise politicans and the government we should be able to criticise the generals'. Beyoğlu 2nd. Criminal Court of First Instance opened two cases against Sinan Kara over his two articles published in ‘Ülkede Özgür Gündem’ daily.
He is charged under TPC articles 301/2 and 53/a,e. Public prosecutor Muzaffer Yalçın argued in the indictment that Sinan Kara “insulted the army” in his two article published on 22 and 26 September 2006.
The indictment qouted Sinan Kara's article 'Barracs Party': “In other countries the powers of the army is considered in the limits of law whereas in Turkey army is above the law... I think Mr. Yaşar (the chief of staff) should act at once, he should reregulate the military statue in line with the statue of a political party and set up BP that is Barracs Party”. The other case against Sinan Kara is over his article 'Killers on the Payroll”.
Another development is that the translators are included in the case against Ragıp Zarakolu under TPC article. (antenna-tr.org, December 15, 2006)
Second Case against Erol Özkoray over same Article
Journalist Erol Özkoray faces a second case over the same article criticizing the Turkish Army. He was acquitted over his article published in "Idea Politika" magazine yet he is charged now over the same article published on the website www.ideapolitika.com.
He was ordered to pay 200 TL compensation over a previous article but the highcourt reversed the case.
Preosecutor demanded double punishment of Özkoray under article 301 of TPC.
Journalist Özkoray said in his defense that he was acquitted by İstanbul 2nd. High Criminal Court over the same article before and asked for his acquittal. (antenna-tr.org, December 14, 2006)
Le lauréat du prix Nobel 2006 de littérature rentre sous haute sécurité
Orhan Pamuk, le lauréat du prix Nobel 2006 de littérature, est rentré tard mercredi en Turquie sous haute sécurité dans la crainte d'éventuels incidents en raison des controverses politiques qu'il a suscitées, ont rapporté jeudi les médias.
Aucun incident n'a cependant été signalé à l'aéroport d'Istanbul où il a été applaudi par quelques dizaines de passagers et leurs familles présents dans le terminal.
« Je suis un peu fatigué mais très content », a déclaré aux journalistes M. Pamuk qui avait appris avoir remporté en octobre le Nobel à l'université de Columbia à New York où il est professeur.
Il était ensuite brièvement revenu à Istanbul où il habite dans la plus grande indifférence de ses compatriotes avant de partir pour la Suède où le Nobel lui a été décerné dimanche.
La police anti-émeute s'est déployée massivement dans l'aérodrome après qu'une chaîne de télévision pro-nationaliste eut appelé les Turcs à accueillir le romancier à l'aéroport avec des drapeaux turcs.
« Ce prix appartient à la Turquie, à nous tous, à la culture et à la littérature turque dans laquelle je nage depuis des années comme un poisson », a dit souriant l'auteur de « Neige » et de « Le Livre Noir », vêtu d'un costume sombre et d'une cravate.
Orhan Pamuk, 54 ans, premier Turc à avoir été honoré de cette distinction, a suscité de vives polémiques en Turquie qui lui ont valu d'être qualifié de "« renégat » par les milieux nationalistes avec ses prises de positions sur le conflit kurde et la question arménienne, longtemps restés tabous.
Il a été poursuivi pour « dénigrement de l'identité nationale turque » après avoir affirmé dans un magazine suisse en février 2005 : « Un million d'Arméniens et 30.000 Kurdes ont été tués sur ces terres, mais personne d'autre que moi n'ose le dire ». Les poursuites ont été abandonnées début 2006. (AFP, 14 déc 2006)
Un enseignant turc suspendu pour avoir critiqué le culte d’Ataturk
Une université turque a suspendu l’un de ses professeurs pour des remarques faites à propos du fondateur révéré de la Turquie, Mustafa Kemal Ataturk, selon un responsable officiel, lundi.
L’affaire met en lumière l’ambivalence continue de ce pays candidat à l’Union européenne, concernant le soutien à la liberté d’expression.
L’université Gazi d’Ankara a suspendu le professeur Atilla Yayla la semaine dernière, après que ce spécialiste des sciences politiques ait critiqué Ataturk lors d’une conférence dans la ville d’Izmir, sur les rives de la mer Egée, selon un responsable de cette université d’Etat, qui a requis l’anonymat à cause des lois qui interdisent aux fonctionnaires de parler à des journalistes sans autorisation préalable.
D’après les reportages, l’enseignant a été suspendu après s’être référé à « cet homme », ce militaire homme d’Etat, avoir critiqué les statues et les représentations d’Ataturk qui décorent les bâtiments gouvernementaux et les écoles, et avoir déclaré que la période du parti unique sous Ataturk avait conduit à « une régression plutôt qu’à un progrès ».
La demande d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne apparaît considérablement embarrassée au vu de ce que les autorités européennes qualifient de ralentissement dans les réformes, y compris la liberté d'expression, et du refus de la Turquie d’ouvrir ses ports et ses aéroports à Chypre, membre de l’Union européenne. La Commission européenne a recommandé la semaine dernière que l’Union européenne gèle ses négociations sur 8 des 35 dispositions politiques dans les discussions sur l’adhésion de la Turquie, qui ont commencé en octobre 2005.
Ataturk a fondé une Turquie sécularisée et qui regarde vers l’Ouest sur les cendres de l’Empire ottoman en 1923, après avoir sauvé son pays de l’invasion des puissances occidentales. Des règlements imposent que ses portraits soient accrochés dans les bâtiments gouvernementaux et les écoles, mais l’affection des Turcs est si grande que beaucoup accrochent aussi son portrait chez eux, dans leurs magasins et leurs bureaux par respect pour leur chef.
Son image est restée la même malgré sa mort en 1938 d’une cirrhose du foie, mais de plus en plus de Turcs questionnent son héritage et la rigidité avec laquelle certains de ses successeurs – les kémalistes purs et durs dans l’armée, la bureaucratie et l’appareil judiciaire – interprètent ses principes pour s’opposer aux réformes libérales et au changement.
« Ils [les Européens] nous demanderont pourquoi les portraits et les statues de cet homme se trouvent partout », aurait déclaré M. Yayla à un groupe de jeunes gens appartenant au parti islamiste du Premier ministre, M. Recep Tayyip Erdogan.
Le recteur de l’université a maintenu lundi sa décision de suspendre temporairement M. Yayla, jusqu’à ce que l’enquête soit achevée.
Un professeur « n’est pas obligé d’aimer Ataturk, mais je ne puis permettre à quelqu’un qui est opposé aux principes fondamentaux de notre République, d’enseigner à nos étudiants. » a déclaré M. Yamac au journal Vatan dans un entretien publié lundi.
Les commentaires de M. Yayla ont divisé l’opinion publique turque. Un groupe de manifestants lui a envoyé un paquet contenant une bande adhésive ce week-end, afin qu’il puisse « bâillonner des professeurs ». D’autres ont envoyé une pétition à l’université déclarant que M. Yayla ne devrait pas être autorisé à enseigner. (Herald Tribune-traduction Yevrobatsi, 12 décembre, 2006)
Case Against Already Banned Publication Kaos GL
Public prosecutor's office on press filed a case against Kaos Gay and Lesbian Cultural Studies and Solidarity Foundation's publication Kaos GL's owner Umut Güner at the Ankara 2nd Court of First Intance.
Prosecutor Nadi Türkaslan claimed that a photograph published on the banned issue on pornography is obscene and can't be evaluated as art.
Güner will be tried with the Penal Code article 226/2 for up to 3 years imprisonment. The article formulates the crime of "dispersion of obscene writings, images and publications via press".
The issue in question was banned by court order and collected from the vendors on July 24. The association had put the case to the European Court of Human Rights (ECHR).
"That issue included a critism against the ponography industry" said Güner.
He remarked that the issue never met with public therefore it's impossible to claim that it degraded public morality.
"This is a non-existing case and it's a violation of our freedom of expression", Güner added. (BIA News Center, December 12, 2006)
Nobel in hand, Orhan Pamuk exits political stage
Along with the Nobel Prize for Literature Orhan Pamuk received on Sunday in Stockholm, he also walked away with elevated international status that both burdens and emboldens his new refusal to discuss political matters in public.
Pamuk declared to a German newspaper yesterday that he would no longer discuss politics publicly. "Sometimes I may not be able to shut up, but, as a matter of principle, I'm looking at the world from a cultural window," he said, according to the Anatolian News Agency. On Thursday Pamuk refused to give an interview with the BBC upon learning they would ask him about the political nature of the Nobel Prize, Turkish news channel NTV reported. The writer also said he was not reading news that is critical of him in Turkish newspapers.
His decision to go quiet on political issues might well be based on Turkey's political pressure cooker environment, in which he has become substantially less active than he was in the 1990s. Pamuk, whose best-selling novels include "Snow" and "My Name Is Red," earned the literature prize, according to the Nobel Committee for a body of work that illustrates the struggle to find a balance between East and West. The award for Pamuk, whose comments about the deaths of Armenians and Kurds and subsequent trial for "insulting Turkishness," created a perfect storm on the same day France voted to make denying the Armenian genocide a crime. The timing of the prize deepened Turkey's already heated conflict over EU membership and raised nationalist fists to new heights. It was in this environment that the Nobel Committee recognized the novelist for exploring "new symbols for the clash and interlacing of cultures."
However, in Sweden a more passive attitude toward the author prevails. The Turkish Ambassador to Sweden Necip Egüz said Swedish interest in Pamuk is huge. "Pamuk's books have been increasingly visible in Swedish bookshops during the last two years," Egüz said. He said the interest has peaked in recent weeks.
The awards ceremony at Stockholm's concert hall will be followed by a lavish banquet a few blocks away at City Hall. For the first time in 105 years the queen and king of Sweden included Turkish representatives in their annual dinner banquet that followed the award ceremony
Pamuk said he is "about to enter Nobel depression" while eating breakfast Friday morning, according to Turkish daily Hurriyet. Drawing attention to the demands that go with upholding a 105 year-old tradition, Pamuk said, "I now understand the significance of being a Nobel Prize winner. People want to touch me wherever they see me simply because I'm a Nobel Prize winner. I'm starting to see myself as a holy person." Pamuk said the Nobel victory had left him with mixed emotions. These are "the most difficult yet enjoyable times in my life, but I miss going on holiday" he said. "I hope this Nobel depression will end here. It wouldn't be easy to cope with this lifestyle forever."
In Stockholm Pamuk told a local radio station that inspiration hits an author in moments of utter solitude and self-doubt and that the secret to good writing is patience and stubbornness. Unlike last year's winner Harold Pinter, Pamuk did not use his lecture for political commentary, but focused instead on the sometimes-agonizing craft of writing.
Pamuk, 54, collected the US$1.4 million award in the award ceremony and, after a brief stay in Istanbul, is expected to return to Columbia University where he is a visiting professor. At a Stockholm press conference on Thursday, the writer said that winning the Nobel Prize had not changed his life, "except perhaps financially" Winners typically see a sharp climb in book sales and Pamuk's books are currently selling out and being reprinted in dozens of languages around the world.
A Turkish television station on Saturday urged Turks to gather en masse at the Istanbul airport to give the Nobel winner a hero's welcome on his return from the ceremony in Sweden. Private Haberturk television said the author had earned the same congratulatory welcome that Turkey's third-place World Cup soccer team received in 2002. However, the public appeal might fail to move viewers from the couch; Turkish daily Milliyet found in an extensive, Turkey-wide study that only 37 percent of Turks were pleased that Pamuk won the Nobel Prize.
Back at work in his study or in the classroom, Pamuk will be seeking to preserve a private life. Where the Nobel is concerned, the world and Turkey might have other plans in store. (TDN, December 11, 2006)
Local Journalist Threatened by MP's Relatives
Local weekly Haber 49 owner and editor-in-chief Emrullah Ozbey says ruling Justice and Development Party (AKP) MP Medeni Yilmaz's relatives threatened him to death because of an article questioning the actions of him.
Ozbey filed a complaint on December 6.
The article in question titled "Where's the equality?" was published six days ago, saying that local bureaucrats working on a corruption case were stripped of their posts by political pressure.
It states that the municipality's efforts to fight corruption are undermined by the double standards of the central government and holds the local MP's responsible.
Ozbey claims that two brothers of MP Yilmaz met him following the apparition of the article and threatened saying "you wouldn't be able to live here if you keep writing against us". (BIA News Center, Erol ONDEROGLU, December 8, 2006)
Journalist Erbil Tusalp to Pay Damages to PM
Birgun daily columnist Erbil Tusalp is condemned to 5 thousand YTL (around 2500 euros) in compensation to Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan for assaulting his personal rights.
Turkish PM's lawyer Fatih Sahin argued in court that the writer gave place to horrendous statements aimed at Erdogan in his column published on December 24, 2005.
Ankara 18th Civil Court of first instance judge Kayhan Duran partially accepted the allegations and ruled to damages half of the amount the Sahin asked for.
Writing in the same newspaper, journalist Yalcin Ergundogan's case where he's tried with three years imprisonment continued without a ruling on December 6.
Ergundogan was put on trial after a criminal complaint by Independent Turkey Party (BTP) Chairman Haydar Bas and faces up to three years imprisonment under article 480/1-2 of the previous Penal Code and article 11 of the Press Law 5187. (BIA News Center, December 8, 2006)
Yet Another Article 301 Case for Eren Keskin
Ex-chair of the Human Rights Association (IHD) Istanbul branch, Eren Keskin will be tried by "insulting Turkishness" via the debated article 301 of the Penal Code.
The prosecution demanded Keskin's trial because of her speech during the seminar on human rights organized by Democratic Society Party's (DEHAP) in 2004, where she said "the official history of Turkey is a dirty history".
Keskin told bianet that she recently learned the incident and gave her written testimony as demanded.
She added that currently there are five trials or investigations on her with regard to the article 301.
Senior state ministers are looking into a solution to Turkish Penal Code article 301 that was identified as one of the country's outstanding problems in the November 8 "Progress Report" of the European Commission but not everyone is hopeful that one can be found in time or even implemented.
The charge of "denigrating Turkishness" under article 301 has led to vast criticism in the recent months and some 60 plus court cases launched against journalists, writers and academics.
The government was recently told by business and union representatives that the scope of the article was too wide and this led to ambiguity and different interpretations at court. (BIA News Center, December 8, 2006)
Juridical Culture Bars Freedom of Expression
Joint Platform on Human Rights (IHOP) gathers international and local institutions as well as academics and activists for a three-day conference titled "Freedom of Expression: Principles and Turkey".
In the opening sessions Organization for Security and Cooperation in Europe (OSCE) representative on Freedom of Media Arnaud Amouroux talked about their activities in Turkey while Laurent Pech from Galway University Law School commented on the European Court of Human Rights decisions concerning freedom of expression.
Sophie Redmond of the Article 19 group, named after the Universal Declaration of Human Rights and works worldwide to combat censorship by promoting freedom of expression, and Christoffer Badse of the Danish Institute for Human Rights dealed with international law proceedings on the subject.
IHOP is an independent platform founded by Helsinki Citizens' Assembly, Human Rights Association (İHD), Amnesty International Turkey branch and Organization for Human Rights and Oppressed People (Mazlum-Der).
Organizing Ankara University (AU) Human Rights Center chair Gencay Şaylan made the opening speech and thanked all participants for coming together to talk on a critical subject in a critical period.
IHOP spokesperson Ayhan Bilgen noted that a mentality change is urgently needed in Turkey regarding freedom of expression side by side with legal improvements. "The authorities don't want to take the initiative" he added.
Taking from there, lecturer in Hacettepe University, Mustafa Erdoğan put the emphasis on the juridical culture causing the problems.
He urged that the legal norms are applied in consistency within the legal ground they're found on and added that the courts one too often scrutinize the freedom of expression by giving totally opposing decisions on similar occasions. He named this as the "influence of state perspective on jurisdiction".
Taking the stand, Amoroux said only five countries among 56 OSCE members presume imprisonment for false accusation offences.
Quoting BIA Media Monitoring Reports, Amoroux added that 16 articles of the new Turkish Penal Code are problematic regarding the freedom of expression.
Reporter of Constitutional Court Osman Can reflected his personal thoughts saying that the constitution needs to be read again with a liberating perspective.
Chair of Human Rights Association Yusuf Alatas claimed that the establishment in Turkey isn't based on a democratic institutional base. (BIA News Center, Erol ONDEROGLU, December 5, 2006)
TIHV's Report on Recent Pressures on the Media
December 21, 2006
Journalist on Trial... On 6 December, Istanbul Penal Court of First Instance No 2 continued to hear the case against Yalçin Ergündogan, writer with the daily Birgün, launched in connection the news he wrote under the title "Müritleri Haydar Bas’a baskaldirdi (Followers Of Haydar Bas Rised Against Him)" published on 26 April 2005. Defence Lawyer Tora Pekin announced that according to the official registry Haydar Bas’ official wife gave birth to 17 children after her 50 years. Pekin wanted the court to investigate this point and the court accepted the demand. The case was launched upon official complaint of Haydar Bas, Chairman of Independent Turkey Party (BTP), and the indictment wants Yalçin to be sentenced according to the Article 480/1 TPC and Article 11 of Law on Press. (TIHV)
Publisher and Writer on Trial... On 5 December, Istanbul Penal Court of First Instance No 2 started to hear the case against Sirri Öztürk, owner of Sorun Publishing, and writer Osman Tiftikçi in connection with the book “Osmanli’dan Günümüze Ordunun Evrimi (Evolution of Army Since Ottoman Era)”. The indictment wants the defendants to be sentenced according to the Article 301 TPC. The court adjourned the hearing to 6 March 2007 for the testimony of Tiftikçi. (BIA)
[Note: Since The Headquarters, Documentation Centre and Ankara Rehabilitation Centre of Human Rights Foundation of Turkey moved, Daily Human Rights Reports could not be released from 5 December to 21 December. TIHV Documentation Centre.]
Kurdish Question / Question kurde
322 Intellectuals' Petition for Peace on Kurdish Conflict
322 intellectual, activist, artist, academic and politicians released a petition today, demanding immediate peace in Turkey's Kurdish conflict.
Saying that violence wouldn't solve problems, the petitioners called on all parties to end militarist policies and push forward with civic proposals.
Seeing the ceasefire declared by Kurdish guerillas as an opportunity, the text includes urgent demands:
* We demand a step from state institutions, which will place human life instead of conflict and death, in the center of politics. The responsibility of resolution is on politicians in power.
* Legal arrangements are needed to get the guerillas back into social life. This is also indispensable to save the lives of soldiers doing their military duty region.
* 10 percent national electoral barrier should be lowered to ensure a fair political representation.
* All legal obstacles keeping the free social involvement of the Kurdish language and culture at stake should be abolished.
* Freedom of expression and right to organization should be fully implemented.
* A new initiative to eliminate social and economic injustices between regions should come into effect.
The petitioners asked everybody who strives for a free and secure life to dwell on the reasons that create the violence in the country.
Kurdish guerilla movement, Kurdistan Workers Party (PKK), unilaterally declared a ceasefire as of October 1.
It coincided with a public communiqué issued by more than 200 Turkish and Kurdish intellectuals demanding the PKK to end all armed acts unconditionally. (BIA, December 25, 2006)
Le principal parti pro-kurde dénonce l'absence de réaction à la trêve du PKK
Le principal parti pro-kurde de Turquie a dénoncé samedi "l'indifférence" d'Ankara au cessez-le-feu décrété unilatéralement fin septembre par la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
"Nous attendions du gouvernement qu'il profite de ce processus visant à mettre fin au bain de sang, mais malheureusement (...) l'Etat reste indifférent", a déclaré Ahmet Turk, président du Parti pour une société démocratique (DTP) à Diyarbakir, principale ville du sud-est turc à majorité kurde.
Il a notamment critiqué le président du Parlement Bulent Arinc pour avoir refusé de rencontrer un groupe de militants kurdes en décembre.
"Nous voyons cela comme un coup porté à la paix", a-t-il dit. "Aux yeux de notre peuple, le gouvernement n'a pas passé le test", a-t-il ajouté.
M. Turk a déclaré que son parti, qui n'est pas représenté au Parlement, continuerait à oeuvrer pour un règlement pacifique du conflit kurde.
Mais "nous sommes toujours prêts à payer le prix, à payer de notre vie pour la liberté et la démocratie", a-t-il ajouté.
Le PKK a décrété unilatéralement un cessez-le-feu fin septembre, prenant effet à compter du 1er octobre, appelant en substance Ankara à des négociations. Le même jour, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan lui opposait une fin de non recevoir, exigeant que le PKK dépose les armes. (AFP, 23 déc 2006)
Erdogan's audacity: "Kurds in Turkey don't have any rights problems".
"Turkey have serious problems in the frame of minority rights and Kurds are the mostly effected by those problems" said Husnu Ondul, former chair of Human Rights Association (IHD).
PM Erdogan responded to a question on rights of Kurds by journalists making reference to the rights of Turkish Cypriots during his visit to New York, saying "They have the same rights as any other ethnic group living on Turkish soil. There are more than Kurdish citizens in the parliament".
"Ethnical, regional, religious chauvinism must stop. We do this in Turkey, if it realizes also in Cyprus, problems would cease there too".
"PM is confused"
"He acknowledges the Kurdish problem when he goes to Diyarbakir and he forgets all about it in New York. He must resolve this contradiction first" said Pro-Kurdish Democratic Society Party (DTP) vice chair Hasip Kaplan.
He noted that the Kurdish problem went onto international stage with the Iraq's occupation and added that "maybe Erdogan doesn't have a problem but the world does. 20 million Kurds face gigantic problems in cultural, economical and political domains. It's political myopia not to see this fact".
Problems on several domains
Husnu Ondul puts the accent on cultural rights and political representation. He argues that there is a fear in Turkish society and establishment towards recognizing minority rights amounting to paranoia.
Ondul once again emphasized that human rights problems are universal but Kurds face distinct and more frequent violations. He summarized the areas of problem as follows:
* Language and related rights: Language is the most important aspect of being a distinct community. Kurds have problems protecting and developing their language. There are no academic studies nor practical institutions on Kurdish language.
* State's ignorance: As equal citizens, Kurds are pushed out of constitutional protection. Public sources are devoted only to the Turkish culture, all 26 other different ethnic groups lack public support that's under constitutional protection. On the contrary, people that try to work on those subjects are punished: Ismail Besikci is an example.
* Life under constant state of emergency: Especially in southeastern Turkey, -where the Kurdish population is concentrated- people lived most of the 80 years of the Republic under state of emergency. Military pressure is pervasive and ever-lasting.
* Political representation: Everybody knows that the 10 percent electoral barrier aims at keeping the Kurds out of the parliament. DTP's, HADEP's votes go to the bin while people get elected by 2 thousand votes.
EU Report
Some quotes on the issue included in the the European Comission's 2006 Progress Report on Turkey are as follows:
"As regards cultural rights, permission was granted to two local TV channels in Diyarbakır and to one radio in Şanlıurfa to broadcast in Kurdish. However, time restrictions apply, with the exception of films and music programmes. All broadcasts, except songs, must be subtitled or translated in Turkish, which makes live broadcasts technically cumbersome. Educational programmes teaching the Kurdish language are not allowed. The Turkish Public Television (TRT) has continued broadcasting in five languages including Kurdish. However, the duration and scope of TRT's national broadcasts in five languages is very limited. No private broadcaster at national level has applied for broadcasting in languages other than Turkish since the enactment of the 2004 legislation.
Children whose mother tongue is not Turkish cannot learn their mother tongue in the Turkish public schooling system. Such education can only be made by private education institutions. As concerns Kurdish all such courses were closed down in 2004. Therefore, there are no possibilities to learn Kurdish today in the public or private schooling system. Furthermore, there are no measures taken to facilitate access to public services for those who do not speak Turkish. As reported above, according to the Law on Political Parties, the use of languages other than Turkish is illegal in political life.
The court case against the Rights and Freedoms Party (HAK-PAR) regarding a speech in Kurdish continues. As regards the situation in the East and Southeast, progress has been made with regard to the compensation of losses resulting from terrorist acts. The ECtHR ruled that the compensation law allowed for the provision of adequate redress for persons who were denied access to their possessions in their place of residence.
The situation in the South-East has deteriorated since the resumption of violence by the PKK, which is on the EU list of terrorist organisations. During the period between November 2005 and June 2006, there were 774 terrorist attacks reported, which led to 44 military, 5 police and 13 civilian casualties. In the aftermath of the funerals of some PKK terrorists at the end of March, riots took place in Diyarbakir and spread to other cities in the region. Demonstrators attacked the police, civilian residents and shops. Ten civilians were killed during clashes with the police and security forces, including three children. Many civilians suffered bullet wounds.
There are widespread reports of excessive and arbitrary use of force by the security forces, even against ambulances. Investigations are ongoing to determine the causes of these deaths. The violence triggered by the March riots had a negative impact on the human rights situation. Over 700 people were detained and cases of ill treatment were reported. A number of security measures have been reinstated as a response to the escalation of terrorism, such as roadblocks and checkpoints in some provinces of the Southeast. On the legislative side, amendments to the anti-terror law were adopted in June 2006
The November 2005 Şemdinli bombing, which killed one person and injured others, also had a negative impact on the situation in the region. A court in Van imposed heavy prison sanctions on two gendarmerie officers and a former PKK member reported to work as a gendarmerie informer who were found responsible for the bombing. A Parliamentary Committee was established in November 2005 to investigate the Şemdinli events. The Committee has not published its report.
The overall socio-economic situation in the Southeast remains difficult and there is no comprehensive plan to address this issue. The positive statement of Prime Minister Erdogan in 2005 stressing the need to resolve through democratic means what he called "the Kurdish issue" was not followed up. There is almost no dialogue between the authorities and locally elected politicians. Furthermore, many locally elected politicians face court cases. Moreover, the 10% threshold under the electoral law makes it difficult for all but the nationwide largest parties to be represented in Parliament.
In spite of the ECtHR ruling in the Icyer vs.Turkey case of January 2006, the implementation of the Law on Compensation of Losses Resulting from Terrorist Acts raises several concerns. Overall, there seems to be divergences in the methods used by the compensation commissions. They have large discretionary powers and procedures are often cumbersome.
As a result, the payment of the amounts due is slow. There are concerns about the level of compensation. Furthermore, the conditions attached to the eligibility for compensation could leave a large number of potential beneficiaries outside the scope of the Law. There is also a heavy burden of proof on applicants to provide documentation, including property titles, which in many cases have never existed." (BIA News Center, Tolga KORKUT, December 20, 2006)
Rainbow became PKK propaganda
3 kids at the 8th grade of an elementary school in Batman’s Kozluk borrough have been removed from school for three days over pictures they painted. Kids were accused to have used yellow, red and green in the rainbows.
When students asked the reason the school management told them “those colours were PKK’s colours and they were disciplined for making propaganda for the organisation”. The school manager said "we removed them from school for 3 days so they stop their bad habits." Students protested the decision. (antenna-tr.org, December 20, 2006)
La Turquie condamnée 14 ans après le meurtre de Musa Anter
La Turquie a été condamnée mardi à Strasbourg par la Cour européenne des droits de l'Homme après le meurtre de Musa Anter, l'un des fondateurs du Parti du travail du peuple (HEP), écrivain et éditorialiste connu, en 1992.
Ses trois enfants, qui accusent les autorités turques d'avoir procédé à une "exécution extrajudiciaire", recevront conjointement 25.000 euros pour dommage moral et 3.500 EUR pour les frais et dépens.
Selon la Cour européenne, la Turquie a manqué à ses obligations de protéger la vie de Musa Anter, le sachant menacé, et de mener ensuite une enquête effective sur les circonstances du décès de cet homme connu pour ses sympathies pro kurdes, alors directeur de l'Institut kurde d'Istanbul.
Musa Anter avait été tué de cinq balles par un inconnu le 20 septembre 1992 à Diyarbakir où il avait été invité à un festival organisé par la municipalité.
Selon ses enfants, le meurtre a été commis par un ancien gendarme du JITEM (service des renseignements et de la lutte antiterroriste de la gendarmerie), qui s'est par la suite repenti et a revendiqué cette exécution dans un livre publié en septembre 2004.
La Cour européenne estime pour sa part qu'aucun fait concret ne permet de prouver qu'une exécution extrajudiciaire a été commise par des agents de l'Etat mais elle est convaincue que la Turquie aurait dû prendre des mesures pour protéger Musa Anter, une cible particulièrement exposée en raison de ses engagements politiques.
Par ailleurs, les juges strasbourgeois ont condamné la Turquie à verser 25.000 EUR pour dommage moral et matériel et 3.000 EUR de frais et dépens à un couple de Turcs résidant actuellement à Cologne (Allemagne), victimes de tortures policières lors de leur interrogatoire en 1994 à la section antiterroriste de la sûreté d'Istanbul. (AFP, 19 déc 2006)
KADEP becomes country's newest party
The country's 53rd political party was founded yesterday with the Participatory Democracy Party (KADEP) presenting its foundation application to the Interior Ministry.
In a speech after presenting the petition, party leader Serafettin Elci said that KADEP is a participatory, libertarian, pluralist, secular and a democratic political party, loyal to people's rights and freedoms and rule of law.
"The state order against a contemporary democratic approach and social structure should be changed," said Elci. "The most acceptable and equitable state model is a federal system. Only a federal system can find a reasonable and permanent solution to Turkey's fundamental problem with priority -- the Kurdish problem."
Elci stated that KADEP aims to solve the Kurdish problem through a federal system that would also respect Turkey's present borders. "KADEP rejects every kind of violence and adopts a democratic, pacifist and political struggle," said Elci.
Elected as Mardin deputy from the Justice Party (AP) in the 1977 general elections, Elci participated in the 1978 government under the leadership of Bulent Ecevit as housing minister. Spending 30 months in prison after the Sept. 12, 1980 military coup, Elci founded the Democratic Mass Party in 1997, which was closed in 1999 due to ideas in the party's program. (The New Anatolian, 20 December 2006)
Elci asks for rights for Kurds same as "what Turkey asks for Turkish Cypriots’"
Bringing to mind that Ankara has insisted on having a bi-communal state on the divided island of Cyprus saying that Turkish and Greek Cypriots on the island should live in a bi-zonal state, senior ethnic Kurdish politician Þerafettin Elçi argued that Turkey should grant the same rights -- which it sought for Turkish Cypriots -- to the Kurdish people living in Turkey.
Elçi is known for his stance favoring federalism as the optimal administrative system for multiethnic countries like Turkey and as a resolution to the Kurdish issue. In July, Elçi and his Free Kurds Group announced that they were getting prepared to form a new pro-Kurdish political party.
The Free Kurds Group held the last of a serial of regional gatherings in Diyarbakýr over the weekend. The group is prepared to submit a petition to the Interior Ministry next week in order to officially form a political party.
Around 1,500 people attended the gathering in Diyarbakir with some of them singing songs in Kurdish and reading poems in Kurdish.
Elçi started his speech in Kurdish and later continued in Turkish.
“What we want is extremely clear: The resolution formula for the Kurdish problem is a federative system,” Elçi said, noting that Kurds are the most crowded nation on the world which still doesn't have a state of its own.
“If we explain our rightful cause properly, then we can gain our rights and this can only happen with qualified persons taking responsibility. That's why we want to establish a political party,” he said.
“We want the rights which Turkey wants for Turkish Cypriots to be granted to the Kurds living in Turkey as well,” he added.
Elçi, who served in the pre-1980 Bülent Ecevit government as public works minister, faced prosecution after the 1980 coup because of his political statements and served a 30-month prison sentence. In the 1970s he caused a huge uproar when he said, “I have Kurdish origins” -- the first ever member of a Turkish Parliament who openly declared his Kurdish origin -- and for speaking in Kurdish to constituents from Diyarbakýr who did not know Turkish.
In 1997, Elçi established the Democratic Mass Party (DKP), which was closed down by the Constitutional Court on grounds that the party program included separatist elements. (TDN, December 18, 2006)
International Appeal: Turkey and Kurds, Give peace a chance!
The International Herald Tribune, December 16-17, 2006:
The unilateral "cease-fire declaration" of 1st October 2006, decreed by the PKK and by KONGRA-GEL, opens new and unprecedented political prospects for peace and reconciliation in Turkey. The search for a negotiated and non-violent political solution to the “Kurdish question” in Turkey also concerns the European Union and the entire international community. After the cease-fire, it is the task and duty of the Turkish authorities to take this new opportunity to engage in a public and transparent political process of discussion with the representatives of the Kurds of Turkey about the “Kurdish question”.
That is why we ask the Turkish Prime Minister, Recep Tayyip Erdogan, to embrace the spirit and the letter of the recent European Parliament's report “on Turkey’s progress to accession to the EU”, adopted on 27th September 2006 by the peoples’ representatives of the 25 European Union's Member States, especially those paragraphs asking Turkey to enter into direct discussions with the representatives of the Kurds of Turkey, a political process that will certainly have our support, the support of all European institutions and of the international democratic civil society.
We must support the cease-fire to give peace a chance, we must support the opening of direct discussions between Turkey and representatives of the Kurds to give democracy a chance, and the basic rights of the Kurdish people must finally be recognised.
Signatories of the Appeal: "TURKEY AND KURDS: GIVE PEACE A CHANCE!
Harold Pinter, Nobel Peace Prize Laureate, UK; Imre Kertész, Nobelprice Owner (Literature) Budapest/Berlin; Venerable Thich Quang Do, Unified Buddhist Church of Vietnam (UBCV); Rafto Prize 2006; Bianca Jagger, Council of Europe Goodwill Ambassador, UK; Vo Van Ai, President of Que Me; Jean Ziegler, Genf/Zürich, United Nations Special Rapporteur / UN Task Force Iraq; Paulos Tesfagiorgis, Lawyer and Rafto Prize Laureate 2003, Eritrea/USA; Vittorio Agnoletto, EP-Kurds Group, MEP-GUE/NGL; Monica Frassoni, Chair MEP-V-ALE Group; Francis Wurtz, Chair MEP-GUE/NGL Group; Hélène Flautre, Chair DROI, MEP-V-ALE; Luisa Morgantini, Chair DEVE, MEP-GUE/NGL; Frieda Brepoels, MEP-PPE; Marie-Arlette Charlotti, MEP-PSE; Jiri Mastalka, MEP-GUE/NGL; Ewa Pettersen Hedkvist, MEP-PSE; Renate Sommer MEP-PPE; Jens Holm, MEP-GUE/NGL; Panagiotis Beglitis, MEP-PSE; Britta Thomsen, MEP-PSE; Marios Matsakis, MEP-ADLE; Jean Lambert, MEP-V-ALE; Bernat Joan i Mari, MEP-V-ALE; Feleknas Uca, MEP-GUE/NGL; Baroness Sarah Ludford, MEP-ADLE; Roberto Musacchio, MEP-GUE/NGL; Baart Staes MEP-V/ ALE; Adamos Adamou, MEP-GUE; Pierre Jonckheer, MEP-PSE; Bairbre De Brún, MEP; Inger Segelström, MEP-PSE; Dimitri Papadimoulis, MEP-GUE/NGL; Umberto Guidoni, MEP-GUE/NGL; Tatjana Zdanoka, MEP-V-ALE; Willy Meyer Pleite, MEP-GUE/NGL; Mary Lou McDonald, MEP-GUE/NGL; Pierre Jonckheer, MEP-Green/EFA; Jan Andersson, MEP-PSE; Miguel Portas, MEP-GUE/NGL; Anna Hedh, MEP-PSE; Gabriele Zimmer, MEP-GUE/NGL; Asa Westlund, MEP-PSE; Giusto Catania, GUE/NGL; Vincenzo Aita, MEP-GUE/NGL; Enrico Speroni, MEP-NI; Bernadette Bourzai, MEP-PSE; Chiesa Giulietto MEP-PSE; Sven Wollter,; Dr. Mehmoud Othman Member of National Assembly of Iraq; Bodil Ceballos, Member of Swedish parliament; Gunvor G Ericson, Member of Swedish parliament; Peter Radberg, Member of Swedish Parliament; Pater Wolfgang Jungheim, Pax Christi Nassau-Lahnstein; Rashidi-Kalhur Ardishir, President, Southern California Division United Nations Association of the USA; Mel Boynton Claremont, CA; Dlawer Ala'Aldeen, Professor in Medicine, Editor-in-Chief, Zanin Scientific Journal; Dr. Dilan Roshani Nottingham, UK; Tove Skutnabb Kangas dr.phil., Roskilde University, Denmark & Åbo Akademi University, Finland; Robert Phillipson, Professor, Copenhagen Business School, Denmark; Dr Ahmadzadeh Hasham, Lecturer in Kurdish Studies; University of Exeter, UK ; Jaffer Sheyholislami, Linguistics & Applied Language Studies, Carleton University, Canada; Sen. Giovanni Russo Spena, Italy-Senate; Sen. Albonetti Martino, Italy-Senate; Sen. Alfonzi Daniela, Italy-Senate; Sen. Allocca Salvatore, Italy-Senate; Sen. Boccia Maria Luisa, Italy-Senate; Sen. Bonadonna Salvatore, Italy-Senate; Sen. Capelli Giovanna, Italy-Senate; Sen. Caprilli Milziade, Italy-Senate; Sen. Confaloneri Giovanni, Italy-Senate; Sen. Del Roio Jose Luiz, Italy-Senate; Sen. Di Lello Giuseppe, Italy-Senate; Sen. Emprin Erminia, Italy-Senate; Sen. Gaggio Adelaide, Italy-Senate; Sen.Gagliardi Rina, Italy-Senate; Sen. Giannini Fasco, Italy-Senate; Sen. Grassi Claudio, Italy-Senate; Sen. Liotta Santo, Italy-Senate; Sen. Malabarba Luigi, Italy-Senate; Sen. Martone Francesco, Italy-Senate; Sen. Menapace Lidia, Italy-Senate; Sen. Nardini Maria Celeste, Italy-Senate; Sen. Palermo Anna Maria, Italy-Senate; Sen. Sodano Tommaso, Italy-Senate; Sen. Tecce Raffaele, Italy-Senate; Sen. Turogliatto Franco, Italy-Senate; Sen. Valpiana Tiziana, Italy-Senate; Sen. Vano Olimpia, Italy-Senate; Sen. Zuccherini Stefano, Italy-Senate; Mecozzi Alessandra FIOM-Italy; Prof. Dr. Deltcho Balabanov, Sofia,Bulgaria; Eva Bulling-Schroder, Member of German Parliament; Ulla Hoffman, member of Central Committee of The Swedish Left Party, Member of Parliament; Kalle Larsson, member of Swedish Parliament (The Left Party); Siv Holma, Member of Swedish Parliament (The Left Party); Amineh Kakebaveh, member of International Committee of The Swedish Left Party ; Anelli Dostan, Psychotherapist , Sweden; Karla Lopes, member of Swedish Parliament(The Swedish Green Party); Hama Dostan, Novelist, Sweden; Dr. Helen Coley, Education and Social Research Institute, Manchester Metropolitan University, UK; Eugene Schoulgin, writer, Norway; Céline Delforge, Député ECOLO; Mahfoudh Romdhani, Députée PS Vice-Président du Parlement Bruxellois; Jan Beghin, Vice Président et Député du Parlement Bruxellois; Bernard Granjon, ancien président de Médecins du Monde, Jacques Fath, Membre du Comité exécutif national du Parti communiste français, Renée Le Mignot, vice présidente du MRAP, chargée des questions internationales, Christian Guyonvarc'h, vice-president of the Region of Brittany ; Jean Paul Nune, CIMADE, André Métayer, Président de l’association «Amitiés kurdes de Bretagne»; On. Iacopo Venier PDCI-Italy; Vendola Nichi, presedente regione della puglia-Italy; Paolo Beni Arci-Italy; Rafaella Bollini , Arci-Italy; Lionel Vandenberghe, sénateur-Spirit, au parlement fédéral de la Belgique; Cornil Jean sénateur PS/Belgique; Belhouari Talbia, députée fédérale PS/ Belgique; Maes Nelly Présidente du parti Alliance Libre Européenne/Belgique ; Genot Zoé députée fédérale ECOLO Belgique; Galand Pierre sénateur PS Belgique; Laloy Marie-José , sénatrice PS parlement fédéral de la Belgique; Wiriya Rawenduzy, Dr, veteran anti violence activist, Austria; Dr. Khidir Masum, President of Koya University - Iraqi Kurdistan; Hemin Seydi, lecturer; Dr. Nasir Simayi , Psychologist and Lecturer; Suleyman Chukeli , Lecturer, The Collage of Education, University of Koya; Tony Benn, former Labour MP and Cabinet Minister, UK; Lord Rea, House of Lords, UK; Lord Dholakia, House of Lords, UK; Martin Caton MP, UK; John Austin MP, UK; Hywel Williams MP, UK; Elfyn Llwyd MP, UK; Angus Robertson MP, UK; Mark Thomas, Comedian and Broadcaster UK; Liz Davies, Chair Haldane Society of Socialist Lawyers, UK; Dr Ghayasuddin Siddiqui, The Muslim Parliament, UK; Shauna Gillan, Barrister Matrix Chambers, UK; Brendan Finucance QC, Bar Human Rights Committee for England, Scotland and Wales; Prof. Bill Bowring, Birkbeck College, University of London, UK ; Stan Newens, former MEP and President of Liberation, UK; Richard McKane, Poet and Translator, UK; Frances Webber, Barrister, Garden Court Chambers, UK; Smita Shah, Barrister, Garden Court Chambers, UK; Ben Hayes, Statewatch, UK; Judith Vidal-Hall, Editor of Index on Censorship, UK; Lindsey German, Convenor, Stop the War Coalition, UK; Nick Hildyard, Policy Analyst, UK; Stephen Smellie, Secretary UNISON South Lanarkshire Branch and member of UNISON Scottish Committee, UK; Jonathna Bloch, Co-author of “Global Intelligence”, UK; Desmond Fernandes, Political Analyst, UK; Margaret Owen, Author and International Human Rights Lawyer, UK; Marion Kozak, women’s human rights campaigner, UK; Roger Tompkins, Humanist and International Lawyer, New Zealand and Cyprus; Maggie Bowden, General Secretary “Liberation”, UK; Baroness Helena Kennedy QC, House of Lords, UK; Richard Younger-Ross MP, UK; Bob Russell MP, UK; Linda Gilroy MP, UK; Alyn Smith MEP, UK; Stewart Hemsley, Chair Pax Christi, UK; Hugo Charlton, Barrister UK; Matt Wrack, FBU General Secretary, UK; Michael Ivers, Barrister, UK; Dave Stamp, ASIRT, UK; Nimalan Seevaratnam, Campaign for Truth and Justice, UK; Emma Ginn, National Coalition Against Deportation Campaign, UK; Jeremy Hughes, UK; Mark Barratt, People in Common; Nancy Furlog, Code Paik, UK, Estella Schmidt, UK; Hans Branscheidt, Mezopotamian Development Society e.V., Germany.
About 1 million persons displaced under the state of emergency
According to the findings of a research by Hacettepe University's Institute of Population Studies, the internally displaced persons (IDPs) in Turkey number between 950 thousand and 1 million 200 thousand.
Dilek Kurban from Turkish Economic and Social Studies Foundation (TESEV) says: "Until now official figures were around 350 thousand and policies were formulated based on these figures. All these policies should be reconsidered."
The results of institute's long anticipated research on forced migration or - to use the international terminology - internal displacement were finally made public.
Kurban underlines the fact that even the quantitative findings of the report are enough grounds to reevaluate all policies on internal displacement.
She draws attention to the fact that the report gives the answer to the most crucial question regarding policy making:
"This is the quantitative dimension of internal displacement which has occurred during the last twenty years from 14 provinces formerly ruled under the State of Emergency. According to the report, the number of IDPs is between 953,680 and 1,202,200 people."
The Institute carried out its quantitative study with approximately 6,000 representative households in fourteen provinces from which migration occurred - Adıyaman, Ağrı, Batman, Bingöl, Bitlis, Diyarbakır, Elazığ, Hakkari, Mardin, Muş, Siirt, Şırnak, Tunceli, Van-, ten provinces that received significant migration - Ankara, İzmir, Adana, Mersin, Bursa, Antalya, Malatya,Manisa, Kocaeli and households that represent the rural and urban regions of the other 57 provinces.
NGOs' involvement needed in policy making
Assistant Secretary to the Ministry of Interior Zekeriya Şarbak also commented during TESEV's international conference on "Internal Displacement in Turkey and Abroad" that the state had provided 345 thousand people with a total aid of 57 million YTL between the years of 2002-2006.
Kurban says: "The report shows that the number of IDPs is at least three, even four times as much as the official numbers. To develop effective solutions for any given problem, one needs first to properly diagnose it. Here, what should have been done as a first step was done last. All government policies developed so far have been designed on the basis of the official numbers which fall far below of the actual number of IDPs" and adds:
"The mistakes which have been made up to this point should not be repeated. Policies should be based on concrete data - not on estimates which are not supported by research. Furthermore, all government programs should be developed with the participation of civil society organizations and IDPs themselves."
Among the findings of the report Kurban draws attention to the following:
Half of the IDP population has not heard of the Return to Villages and Rehabilitation Program (RVRP):
According to the report among those who migrated from the fourteen provinces due to security related reasons and who were at least fifteen years old at the time of migration, 50.1% has heard of RVRP, 53.4% has heard of the Compensation Law and 79.0% has heard of the European Court of Human Rights (ECHR).
Among these, 25.1% have applied to the RVRP, 37.1% have petitioned the Compensation Law and 8.9% have filed suits with the ECHR.
Kurban said that these numbers are worrisome since all IDPs have a right to petition the Compensation Law and summed up the urgent measures to be taken as:
The deadline for filing petitions for the Compensation Law is January 3, 2006. This deadline should be immediately extended for at least another year.
The state should disseminate information on both the Compensation Law and the RVRP. The dissemination of information should be done in both Turkish and Kurdish and with the effective use of media. For instance, the Kurdish broadcasts on the Turkish Radio and Television (TRT) can be used for this purpose.
"The resources should be reexamined"
Kurban thinks that the findings of Hacettepe's study point to a need to reexamine resources as well.
According to the report, "55 percent of the population who migrated due to security reasons and did not yet return to their places of origin want to go back."
However, drawing attention to the findings of the same study that the majority of those who returned did so without any assistance and that the needs of most returnees were not met, Kurban remarks "This finding shows that the IDPs have been left to their own devices. The RVRP itself as well as the resources should be reexamined because while 55% want to return only 25% have applied to RVRP."
"Special policies should be developed for IDPs who do not wish to return"
According to the report those who do not wish to return to their places of origin are 45%. This is a significant portion of the population. Kurban thinks that the policies aimed at the IDPs who wish to remain in their new places of urban settlement should also be reevaluated.
"Aside from a pilot project implemented by the Van Governorship starting with September 29, no government policy has yet been developed regarding urban IDPs."
"The report is consistent with the stories of IDPs."
Kurban says that if one reads between the lines of the report, it is consistent with the findings of previous researches, which were either denied or ignored. She gives a few examples:
Both the PKK and the state are responsible: "When the report mentions migration for security related reasons; these reasons are listed as fear for the safety of one's life and property, eviction of villages whose security cannot be ensured, pressure to join the terrorist organization, demand to become village guards, prohibitions on the use of pastures. But the subjects of these acts are not identified. For instance who exerted pressure on these people to become village guards? We know from many studies that of course the pressure to join the terrorist organization comes from the PKK. And the pressure to become village guards from the state. Thus, the report proves that the narratives of IDPs are true.
The village guard system and ongoing clashes constitute obstacles to return: "The obstacles to return are listed as economic concerns, lack of infrastructure and security concerns. The security concerns are of two kinds: Village guards and the presence of PKK in the places of residence. Thus, as we always stress not abolishing the village guard system is an obstacle to return. So is the continuance of clashes."
People say that the security forces evicted villagers from their villages: "According to the report half of the security related migrations happened without notice. In cases where notice was given, it was almost always oral. The report does not specify by whom the notice was given. Once again, we know from other studies that the security forces were the ones that gave these notices. The report also confirms that village evictions were the reason behind migration."
Kurban sees the report as a "delayed yet positive step. It should be congratulated." Yet, she thinks that in order to "see the complete picture" regarding Turkey's internal displacement problem the survey questionnaire and the findings of the qualitative study should also be made public.
"Herein lies the responsibility of the State Planning Organization which coordinated the study. This data is in their hands and a participatory democracy necessitates transparency and sharing of information."
Kurban informs us that in the speech he gave during the press conference the Minister of Interior Abdülkadir Aksu said that they would evaluate and take into consideration the findings of the report; that policies would be formulated in line with the UN Guiding Principles and taking into account the choices of IDPs and that they were "aware of the socio-economic and psychological problems of urban IDPs."
Kurban says "This is a statement of political will" and adds "we should note this and closely monitor the implementation." (BIA News Center, Tolga Korkut, December 12, 2006)
PKK threatens to end ceasefire with Turkey
"We have put everything on the line to maintain the ceasefire... despite attacks, oppression and acts of elimination against us. In the face of these developments, the ceasefire has rapidly become impossible to implement," Cemil Bayik was quoted by the pro-Kurdish Firat news agency as saying on its website.
"Everyone should know that we will reconsider our decision (for a ceasefire)" if the Turkish government does not cease its attacks against PKK rebels, improve the treatment of the Kurdish community and pave the way for dialogue, he added.
The PKK, which has been fighting the Turkish army since 1984, ordered a unilateral ceasefire from October 1, saying it hoped this would pave the way for a dialogue to resolve the conflict.
The truce, like the previous ones called by the PKK, was quickly rejected by Turkey but fighting has decreased markedly since then.
Ankara's actions since the declaration of the ceasefire "have long ago given us the right to use our legitimate right of defence and retaliation", Bayik said.
"But there is a limit to this. If that limit is exceeded, it will not be accepted and will be met with great resistance," he added. (AFP-TDN, 11 December 2006)
Diyarbakir mayor demands cancellation of Ilisu dam project
A mayor from a pro-Kurdish party appealed on Thursday for the cancellation of a dam project in his country, saying it would destroy cultural heritage and do little to boost economic development.
"Of course we want economic and social development ... but development should not disregard people, nature and history," said Osman Baydemir, president of the Union of South Eastern Anatolia Municipalities and mayor of the southeastern province of Diyarbakir.
The Ilisu dam, on the Tigris River 47 kilometers north of the Syrian border, will be one of the largest dams in Turkey and is scheduled to be completed by 2013. A ground breaking ceremony took place in August with participation of Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan with several Cabinet ministers.
The project drew the ire from several civil groups especially located in the southeast of the country and the issue was also brought to Parliament's agenda with numerous question motions which also forced the State Waterworks Authority to involve in the tense debate over the efficiency of the project.
Opponents of the project say it will flood dozens of towns and destroy archaeological treasures including the medieval fortress city of Hasankeyf, which overlooks the Tigris.
"The cultural and historic heritage of Hasankeyf is indescribable. It is not comparable with other places and we have a large responsibility," Baydemir, speaking through a translator, said at a news conference organized by WWF.
Baydemir was in Vienna to lobby against project participation by an Austrian company, Andritz Va Tech Hydro. The company, whose financial involvement totals some 240 million euros, still needs an export guarantee from the Republic of Austria.
Baydemir argued that funding for the roughly 1.2 billion euros project should be invested in the region's cities, the construction of an international airport, restoration of cultural heritage sites and tourism.
In prepared English remarks provided later, Baydemir added that 40,000 hectares will be affected and that people would be evacuated "without a proper and effective resettlement plan."
Those in favor of the dam say it will create jobs and improve thousands of lives.
Some 40,000 people would benefit from it directly, said Yunus Bayraktar, Turkish project coordinator at a separate news conference at the Turkish Embassy.
Nihat Eri, a Turkish parliamentarian, said Turkey has no choice but to exploit its water resources.
"We have no oil, we have no gas ... the only thing we have is water," Eri said, noting that hydroelectric power was "clean energy." (VERONIKA OLEKSYN - The Associated Press, 09 December 2006)
Cinq militants kurdes tués lors d'un accrochage dans le sud-est
Cinq militants du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont été tués lors d'un accrochage avec les forces de sécurité turques dans le sud-est de la Turquie, a-t-on annoncé mardi auprès de l'armée.
L'accrochage a eu lieu dans une zone montagneuse de Beytussebap, dans la province de Sirnak, précise la même source, ajoutant que des abris mis en place par les rebelles ont été découverts dans cette région. (MAP, 6 décembre 2006)
DTP officials face jail time for 'praising terror'
The deputy leader of a pro-Kurdish political party stood trial yesterday along with the head of the party's southeastern Diyarbakir office.
Aysel Tugluk, deputy leader of the Democratic Society Party (DTP) and also lawyer for Abdullah Ocalan, inmate leader of the Kurdistan Workers' Party (PKK), and DTP Diyarbakir head Hilmi Aydogdu, face five-year prison terms on charges of praising terror and terror groups.
The indictment said that the two delivered speeches praising Ocalan and the PKK in September at a mass rally to mark World Peace Day.
Tugluk is quoted in the indictment as saying, "Almost 4 million people concurred that Mr. Ocalan can contribute to a democratic solution. This declaration cannot be overlooked. We give importance to the democratic solution declaration from the PKK on the Kurdish problem, which we believe will serve the establishment of a democratic and peaceful solution."
The party's Diyarbakir head was also quoted as saying that they call on all to support the declaration, which according to him overlaps the wishes of several civil groups in the country.
The indictment, which notes that both the U.S. and European countries recognize the PKK as a terrorist group, said that the defendants' calling for support for a declaration made public by the PKK is an offense. (The New Anatolian, 6 December 2006)
Talking Kurdish is prohibited in F-Type prison
Responsible editor of Genç Bakış magazine Suat Kolca and the employee Selahattin Sümeli in F-Type Prison claimed that there is a Kurdish ban for their families.
The families claimed that they were verbally and physically interfered by the guards for speaking Kurdish during their visit in the prison and the prosecutor told them that Kurdish was not allowed in prison.
Kolca's father Hamit Kolca said "They threatened to kick me out if I spoke Kurdish. So I had to stop speaking in the middle of the conversation". Hüseyin Sümeli also said that his conversation with his son was stopped by the guards because they spoke in Kurdish.
Hamit Kolca and Hüseyin Sümeli complained to Edirne Public prosecutor’s office where they got the answer "it is not allowed to speak in Kurdish in prison". Kolca and Sümeli visited their sons on 30 November. Kolca’s father said: "I wanted to speak with my son in Kurdish since it is our mothertounge. The guards threatened me, they said 'You will not speak in Kurdish or we kick you out'. They asked me to speak in Turkish. So I had to stop our conversation with my son.
Student arrested for saying “I am Kurdish, PKK is not a cause but effect"
M. Emin Demir a university student who said “I am Kurdish, PKK is not a cause but effecet” at a TV show and asked Erkan Mumcu the leader of Anavatan party questions was arrested, his house was raided and his computer was seized.
The prosecutor asked for his imprisonment for 4,5 years on the grounds of some data in his computer, some “banned books” found in his house and his words at the program. Demir said the data in his computer is from his univesity thesis and he submitted the thesis and got a grade of 100. (antenna-tr.org, December 6, 2006)
Internal Displacement Tied to Kurdish Problem
"There is a duality in policies regarding internal displaced persons in Turkey" said Bilgin Ayata of Johns Hopkins University taking floor at the two-day symposium organized by Turkish Economic and Social Studies Foundation (TESEV).
"The establishment pursues an open dialogue with the international community while refraining from naming the problem inside".
Titled "Internal Displacement in Turkey and Abroad: International Principles, Experiences and Policy Proposals", the symposium brings together academics, experts and practitioners who work on internal displacement as well as public officials from Turkey.
Ayata noted that the problem of displacement Turkish establishment has gone from denial to dialogue but this process brought together constraints as well as positive approaches.
She emphasized that this problem can't be analyzed in Turkey without taking into account the Kurdish problem asking "Is this a phenomena that individuals face or does it effect particular communities".
Defining displacement as the state's failure to protect its citizens, Ayata said, "This failure doesn't stem from an 'administrative crises' as told in the international arena. This is a direct result of assimilation policies driven by the state itself".
"The establishment didn't stop by denying the displacement; it turned the problem into an economically and socially motivated migration. We've to ask how and why Kurds are displaced".
"Therefore Kurds in Turkey deserve an apology and a home" said Ayata, adding that it's not shelter that she means by a "home" but "a home where one can live in equality, as equal citizens".
And she pointed to the solution saying "A dialogue process has begun but it's not enough. The solution will come from the inside and for this, the internally displaced should get organized". (BIA News Center, Tolga KORKUT, December 5, 2006)
Minorités / Minorities
Yildiz Köremezli-Erkiner répond à Hakki Keskin
Berlin. Hakki Keskin, député du Linkspartei, est toujours en conflit avec le Berliner Tagesspiegel suite aux déclarations du journal pointant son attitude vis-à-vis du génocide arménien de 1915/16. Dans une lettre adressée au journal, Keskin écrit que "une volonté délibérée d’extermination par l’Etat ottoman" n’est pas prouvée historiquement. L’adjoint à la Linksfraktion Bodo Ramelow déclarait ensuite au journal qu’il n’y avait pour lui "aucun doute" que 1915/16 correspondait à un génocide.
La réponse de Mme Yildiz Köremezli-Erkiner, représentante municipal du DIE LINKE.WASG à Frankfurt am Main:
HK n’est pas mon représentant !
Je voudrais d’abord être très claire sur le fait que HK, par son attitude très politique vis-à-vis de l’histoire de la Turquie, n’est en aucun cas mon porte-parole. Mes origines sont aussi en Turquie, et en tant que représentante municipal d’une grande ville j’ai aussi une responsabilité envers les immigrés d’origne turque. Mais à mon avis et au contraire de ce que dit Keskin, ce débat ne se réduit pas à savoir si l’Empire ottoman a eu une volonté délibérée d’extermination. En Turquie vivaient un peu plus d’un million d’Arméniens qui ont été contraints par diverses méthodes de quitter le pays, et un très grand nombre d’entre eux ont péri. Dans cette perspective, peu importe qu’il y ait eu volonté délibérée d’extermination et qu’on appelle cela génocide ou bien création de l’Etat national homogène ou encore autrement. Les Arméniens ne vivent plus en Anatolie depuis longtemps et, aussi bien en Turquie que dans la communauté turque d’Allemagne, on ne peut malheureusement toujours pas parler de manière ouverte et sereine des raisons de cette disparition.
Je me demande toujours de quoi ils peuvent bien avoir peur. Pourquoi ne peut-on toujours pas en parler ouvertement et exiger une mémoire digne de ce nom? Pourquoi les enfants turcs n’apprennent-ils rien à l’école sur ceux qui ont vécu en Anatolie avant l’arrivée des Turcs et sur les raisons de leur absence aujourd’hui? Pourquoi sont-ils toujours considérés uniquement comme une menace?
Pensent-ils peut-être que nous pourrions réinventer la vérité en fonction de nos besoins?
Précisément, l’Anatolie était il y a un siècle composée de différentes religions, langues et ethnies, et cette diversité constituait une richesse qui n’existe plus aujourd’hui. La diversité a disparu parce qu’à sa place a émergé une forme de culture homogène. Cette nouvelle forme a été et est accompagnée de contraintes et de pressions. Il est absolument indiscutable que plus d’un million de personnes qui appartenaient à la communauté arménienne de l’Empire ottoman ont perdu la vie lors de leur déportation dans le désert syrien notamment et lors de massacres. Pour moi comme pour de nombreux autres Turcs de gauche, cette perte s’exprime par une profonde désolation.
Je suis également étonnée qu’encore aujourd’hui une majorité de personnes en Turquie et en Allemagne soient si peu critiques et si amnésiques. Ils se soucient peu de savoir comment et pourquoi cette richesse culturelle a pu disparaître. Au lieu de cela domine une culture du déni de réalité, du détournement des faits et un refus de désolation. De mon point de vue, c’est également un obstacle pour l’appréhension de l’avenir.
En tant qu’hommes politiques de la gauche allemande et d’origine turque, nous avons une responsabilité envers l’Histoire de notre patrie d’origine et devons contribuer à briser cette culture de l’amnésie. De la même manière, nous sommes en partie responsable du devenir de l’Allemagne. Si nous devons lutter ici contre le racisme et le nationalisme, alors nous devons agir de manière identique avec la politique turque et avec notre politique pour la communauté turque d’Allemagne. C’est le seul moyen d’être crédible! (yevrobatsi.org - Original text: unge Welt vom 23.12.2006; Traduction: Antoine Chaudagne)
Ankara warns US over Armenian genocide bill
Faced with the possibility that the U.S. Congress will consider a proposal with regard to the alleged Armenian genocide, Spokesperson for the Turkish Ministry of Foreign Affairs Namik Tan asked the U.S. Administration to continue its long-lasting balanced and constructive policy.
At a weekly press conference Tan discussed news reports indicating that with the Democrats in control of both houses of Congress, the U.S. legislative body would consider a proposal on the alleged Armenian genocide. Tan noted that Turkey was following the efforts of the Armenian lobby to exploit the political situation in the United States with great concern.
Noting that bilateral relations between Turkey and the United States were multidimensional and strategic, Tan further said: “The U.S. has always been constructive and right minded vis-à-vis those kinds of efforts. We believe that the U.S. administration will continue the same approach. The relations between the U.S. and Turkey are so important that they transcend those insignificant issues.” Asked about the recent remarks made by Armenian authorities, Tan recalled that any concrete results from those efforts largely depended on Armenia’s flexible and constructive approach to resolve the regional problems in compliance with the international legal rules and regulations.
Tan noted that Turkey requested information from Azerbaijani authorities concerning the allegations made by Armenian-origin Turkish citizen Burak Bedikyan that he was maltreated and not admitted into Azerbaijan. Spokesperson Tan also noted that the European Union’s invitation letter to initiate negotiations in the field of industry and establishments has arrived in Ankara. Tan stressed that the letter did not meet Turkey’s expectations, as an invitation to start negotiations in four chapters was anticipated. (zaman.com, December 28, 2006)
Sylvester Stallone - "persona non grata" in Turkey
These days the Turkish society has chosen a new target. Turkish society learned from media that world famous actor and director Sylvester Stallone is going to shoot a film based on the “40 Days of Musa Dagh” novel by Austrian writer Franz Werfel.
Editor-in-chief of the Istanbul based “Marmara” daily Rober Hatechian informed “Radiolur” about the moods dominating in Turkey.
“One should accept that Stallone is very popular in Turkey with his “Rambo” and “Rocky” films, and the Turkish society felt a sudden disappointment, hearing the story,” Hatechian said.
Turkish directors urge the public to send electronic letters to the famous actor, they have even publicized Stallone’s e-mail. Turks are calling on the actor to refuse from this anti-Turkish idea, saying that it will greatly damage his reputation in Turkey. Sylvester Stallone has not responded to any of the letters yet. If Stallone yields to the pressure of Turks, he will probably become a national hero in Turkey. If he ignores the calls he will be hated.
“Stallone will hardly take these letters into consideration, moreover when he feels the support of the Diaspora, says Rober Hatechian.
By the way, this story served a s reason for critical publications against Franz Werfel.
“Many books have been published about the Armenian Genocide in different sites of the world, and the Turkish society has always been saying that these books are based on lie and have been written for propaganda aims. The same is said about Franz Werfel’s book,” Hatechian says.
After successful completion Stallone’s film will again become a topic of discussions in Turkey, everything is still ahead. The most that may happen is that the film will not be screened in Turkeot Stallone will be declared a persona non grata in the country. However, let’s not forget that Stallone is loved not only in Turkey, therefore the popularity of the film is undoubtedly guaranteed.
It’s worth mentioning that rumors say that the idea of shooting a film on the basis of Franz Werfel’s “40 Days of Musa Dagh” was inspired by Arnold Schwarzenegger. The Governor of California has promised to render his support. (collectifvan.org- Marlena Hovsepyan - "Radiolur", December 27, 2006)
Akçam: la Convention du Génocide est applicable au cas arménien
Info Collectif VAN - Nous vous proposons ci-dessous la traduction du compte-rendu de la conférence que l'historien turc Taner Akçam a donné à Amsterdam le 18 décembre 2006
Cours impressionnant par Akçam à Amsterdam
Par I. Drost
L'éloquent et bien documenté professeur d'Histoire turc Taner Akçam, a donné un cours à l'Université d'Amsterdam le 18 Décembre 2006.
La réunion était organisée par le CREA Studium Generale en coopération avec la Foundation Humanist Broadcasting (HUMAN) et le Centre Hollandais pour l'Holocauste et les Etudes du Génocide.
Taner Akçam était invité à donner un cours à Amsterdam suite au debat en cours actuellement dans les media et chez les hommes politiques hollandais concernant le Genocide Arménien. HUMAN a voulu contribuer de façon positive à ce débat en améliorant la connaissance sur le sujet. L'évènement a coïncidé avec la publication du nouveau livre d'Akçam “A Shameful Act: The Armenian Genocide and the Question of Turkish Responsibility” (Un acte honteux : le Génocide Arménien et la Question de la Responsabilité Turque), qui paraîtra en hollandais en mai 2007.
En prélude au cours, les participants de cet évènement, parmi lesquels de nombreux membres des communautés turque et arménienne de Hollande, ont regardé le documentaire hollandais “A wall of silence” ("Un mur de silence") de Dorothee Forma, une production HUMAN de 1997.
Ce documentaire met en parallèle les vies personnelles et professionnelles de l'universitaire arménien Vahakn Dadrian et du chercheur turc Taner Akçam, et leur appel pour la reconnaissance du génocide arménien.
En présentant le professeur Taner Akçam, le professeur de langue et de culture turques à l'Université de Leiden, a mentionné qu'Akçam est un des savants, qui représente "le sommet de l'art" dans son domaine de recherche.
Il combine dans sa recherche les publications scientifiques arméniennes, les documents des archives ottomanes et du Tribunal Militaire turc de 1919, ainsi que des documents trouvés dans les archives allemandes.
Après le dicours d'Akçam, de nombreux Turcs se sont mis debout pour protester plutôt que pour poser des questions, mais Akçam a paisiblement et efficacement réussi à leur donner une réponse claire en essayant dans le même temps de pacifier les Turcs en répétant cette affirmation : "nous devons apprendre à parler".
Akçam s'est concentré dans son cours, sur ses découvertes dans les archives ottomanes, spécialement les éléments disponibles dans les Archives du Premier ministre (Basbakanlik Osmanli Arsivi) à Istanbul.
Selon lui, de nombreux documents peuvent également être trouvés en ligne.
Il a mentionné en même temps que de nombreux documents avaient été retirés des archives.
Pour le nettoyage des archives lui-même il y a plus que des preuves ; des tas de documents concernant les déportations arméniennes et les massacres ont été détruits pendant le crime.
Il a expliqué également comment le nettoyage total des archives était impossible, même si le gouvernement (Jeune-Turc) demandait de les brûler directement après les avoir lus. Les ordres et les documents étaient toujours copiés pour différents départements et il est impossible de les retrouver et de les détruire tous.
Akçam a dit que les premières déportations et déplacements forcés avaient déjà commencé en 1913 avec la déportation des Grecs de la région de la mer Egée. Cette migration obligatoire a été étendue à d'autres minorités : les Assyriens et les Musulmans de Bulgarie, etc.
dont la vie a été affectée de différentes manières, selon les intentions du gouvernement.
Tandis que le but en ce qui concerne les Musulmans non-turcs était la turquification, dans le cas des Arméniens l'intention d'annihiler la population entière est, d'après beaucoup de documents, évidente.
En ce qui concerne la déportation, cette intention était présente car les autorités étaient conscientes de l'effet de ces déportations, mais continuaient toujours à manipuler de la même manière.
Les décrets publiés par le gouvernement concernant les propriétés arméniennes sont d'autres exemples évidents, qui donnent des indications fortes sur l'intention des Jeunes-Turcs d'annihiler les Arméniens.
Akçam a également expliqué pourquoi la Convention du Génocide de l'ONU (1948) est applicable au cas arménien. Par exemple, le transfert forcé d'enfants arméniens aux Musulmans constitue l'un des éléments de la définition de génocide de l'ONU. Comme c'est le cas pour les jeunes filles arméniennes mariées de force à des Musulmans. Ceci est bien documenté.
Répondant à une question concernant la proposition turque faite à l'Arménie de former une commission conjointe d'historiens turcs et arméniens, le professeur Zürcher a dit qu'un dialogue est nécessaire, mais que cette proposition n'est pas aussi innocente qu'elle en a l'air, à cause des conditions avancées par la Turquie. La Turquie veut que les historiens soient nommés par les gouvernements et aussi que toute discussion politique sur les sujets historiques soit suspendue pendant le travail de la commission. Ce ne devrait donc pas être étonnant que l'Arménie refuse la proposition dans de telles conditions.
Akçam a répondu à cette question en avançant une question de principe : comment une telle commission pourrait-elle fonctionner quand il n'y a aucune relation normale entre les deux pays ? Même une simple lettre d'Ankara doit d'abord aller à Tbilisi en Géorgie avant d'arriver en Arménie. Akçam reconnaît donc avec le gouvernement arménien qu'une commission est nécessaire pour traiter de toutes les questions. Il suggérerait aussi à l'UE de composer un plan incluant une approche point par point pour résoudre tous les problèmes.
Quand des Turcs ont brandi la traduction turque d'un livre (1923) du Premier ministre arménien (1918) H. Katchaznouni, dans lequel l'auteur aurait admis le rôle des troupes de volontaires arméniens dans l'armée russe, Taner Akçam a répondu, que même si c'est vrai, cela signifierait-il que le génocide n'a pas eu lieu ?
Et quelle était la culpabilité d'Arméniens vivant paisiblement loin des frontières russes, qui n'ont eu aucun rapport avec les événements en Turquie Orientale ? En comparant avec la Deuxième Guerre mondiale, le fait qu'un million d'Allemands ont été tués après que la guerre dans plusieurs pays signifie-t-il que l'Holocauste n'a pas existé ?
En se référant aux 100 000 Turcs présumés tués par des Arméniens, Akçam a rappelé que le chiffre donné par l'Armée turque en 1917 à cet égard, est au total d'environ 5000 morts, sur l'ensemble des territoires impliqués. Mais nous regrettons chaque victime, a-t-il ajouté.
Akçam a fait grande impression par la manière dont il a géré l'attitude parfois agressive de l'auditoire turc. Il a demandé de rester calme et de montrer plus de respect l'un envers l'autre, mais aussi il a répété et assuré que les Turcs et les Arméniens ne sont pas les deux seuls peuples au monde à avoir des problèmes l'un avec l'autre et qu'il y a des façons de résoudre ces problèmes, comme cela a été fait en Afrique du Sud, et que cela demande du temps et des efforts. (Copyright Abovian Armenian Cultural Association – Traduction: Info Collectif VAN, 21 December 2006)
Débat sur la pénalisation des négationnismes en Belgique
L'Institut Marcel Liebman a organisé ce mardi 19/12/2006, en collaboration avec la Revue Politique et l'UPJB, un débat contradictoire sur le thème de la pénalisation des négationnismes en général et celle du génocide arménien en particulier. Il y avait d'un côté les partisans (le sénateur FDF François Roelants du Vivier et le professeur Edouard Delruelle) et de l'autre côté les opposants de la pénalisation (les professeurs Olivier Corten, Ahmet Insel et Pieter Lagrou), le tout modéré par le journaliste-documentaliste Hugues Le Paige.
Ahmet Insel (Université de Galatasaray et Paris I) a insisté sur "la nécessité de libérer définitivement nos mémoires sans se focaliser uniquement sur le caractère génocidaire des massacres" mais "il existe suffisamment de lois en Belgique, en France et même en Turquie pour pénaliser des propos haineux". Le professeur turc a également évoqué son irritation "quand la Belgique, la France ou l'Argentine interviennent dans un débat qui concerne essentiellement les Arméniens et les Turcs. C'est un peu comme si les Turcs adoptaient des résolutions sur le passé belge au Congo. De notre côté, le débat n'est pas toujours perçu comme universel." Adoptant un ton plus critique en fin de débat, Ahmet Insel a également qualifié le musée à Van et le monument d'Igdir à la mémoire d'un "génocide turc" perpétrés par les Arméniens de "folie et politiquement bête" en soulignant la "responsabilité des gouvernements turcs et de la Turquie dans la minimisation des événements de 1915. Ils portent également une lourde responsabilité dans la transformation de certains responsables de ces massacres en héros national."
Pour le sénateur belge François Roelants du Vivier (MR-FDF) "le rôle du législateur est de favoriser l'étude et la mémoire mais aussi de sanctionner quand la paix sociale d'un pays est compromise par des attitudes négationnistes. C'est d'ailleurs à cause d'un arsenal juridique insuffisant que le Parlement a voté la loi du 20/03/1995 visant à punir la négation du génocide juif. Suite à une réflexion avec le MRAX, nous avons constaté que des négationnistes de la Shoah, du génocide tutsi et du génocide arménien d'une part existent et d'autre part portent atteintes à la paix sociale. Il ne faut pas amener une confusion entre la recherche historique et le négationnisme. Le négationnisme est une atteinte à l'histoire et à la vérité, il n'est pas question de restriction de la liberté d'expression. Enfin, l'histoire n'appartient pas exclusivement aux historiens, ils ne peuvent se substituer à la place du législateur. Moi, ma conviction est faite. Il y a bien eu génocide en 1915 et cela est bien prouvé par les télégrammes turcs de l'époque." En réponse à certaines interpellations, le sénateur belge a précisé qu'il était favorable à l'adhésion de la Turquie au sein de l'UE, qu'il invitait volontiers l'Assemblée nationale turque à se pencher sur les crimes commis par la Belgique au Congo et qu'il ne pouvait être question d'attitude électoraliste dans sa démarche compte tenu du nombre d'électeurs d'origine arménienne en Belgique.
Olivier Corten (ULB) refuse de se "prononcer sur la réalité de tel ou tel génocide. Il n'y a pas de débat sur les massacres mais sur le fait que ces massacres puissent être qualifiés de génocide. Le problème du négationnisme se rapporte donc sur un litige à propos de la qualification juridique." Le professeur belge lit une double définition (sens restreint et sens large) du mot "génocide" et estime que "les deux positions sont défendables". "La définition du génocide précise qu'il faut détruire un groupe en tant que tel et c'est bien là que réside le problème car si dans un but militaire de reconquête territoriale, on doit détruire ce groupe sans le visé en tant que tel, on ne peut pas vraiment qualifié les faits de génocide. De plus, il y a également le problème de la rétroactivité car la notion de génocide n'existait pas en 1915. Dès lors, si on veut retourner en arrière pour qualifier les faits par une notion qui n'existait pas à l'époque, je me demande jusqu'où on compte retourner en arrière. Peut-on ensuite pénaliser des gens qui remettent en cause une telle qualification juridique ?"
Pour rappel, la qualification juridique de "génocide" date du 9/12/1948 et a déjà été rétroactivement appliqué au génocide juif perpétré par le régime nazi durant la Deuxième Guerre mondiale. Génocide est un terme créé en 1944 par le juriste polonais Raphaël Lemkin qui cite comme exemple de génocide le massacre des Arméniens.
Pieter Lagrou (ULB) s'oppose également à la pénalisation des génocides car il estime que "la loi n'est pas là pour dire le vrai ou le faux. De plus, les lois mémorielles sont inutiles car simplement déclamatoires et les propos racistes tombent déjà sous le coup des lois antiracistes. Puis, ce type de loi mène à l'engrenage comme en France où nous avons vu pas moins de 4 lois mémorielles. En Belgique, je trouve que décréter seulement la pénalisation de 3 génocides est arbitraire et intellectuellement indéfendable. On risque d'avoir une course au label 'génocide'. Enfin, on se focalise trop sur des concepts juridiques difficilement maniables sur le terrain historique. Prenez le cas du Rwanda où les faits datant du 1/01/1994 au 31/12/1994 sont qualifiés de génocide, ce qui implique une exclusion des crimes avant et après cette période. Dans le cas arménien, je trouve difficilement soutenable d'exiger un aveu alors qu'on est en plein processus d'adhésion à l'Union européenne. Pourquoi ne pas évoquer alors les responsabilités grecques dans les catastrophes de Chypre et de Smyrne ? Les implications internationales du Royaume-Uni ou de la Russie dans le morcellement de l'Empire ottoman et la création des Etats arabes, les implications dans la déclaration de Balfour. Le débat ne doit pas simplement se focaliser sur 'oui' ou 'non' il y a bien eu un génocide."
Edouard Delruelle (ULg) demande "la reconnaissance par l'Etat turc de la barbarie commise pour reprendre le terme utilisé par le professeur Insel. Je suis pour la pénalisation des génocides car il n'y pas d'autres solutions actuellement. On ne peut pas parler de frein à la liberté d'expression car le débat sur les chiffres, l'ampleur,... de la Shoah continu même après l'adoption de la loi. Ce qu'on veut incriminer, ce sont des actes qui constituent une forme d'injures contre la cohésion sociale. C'est clairement l'intention de nuire de l'auteur qui est mise en cause. On ne vise pas le contenu des propos énoncés mais bien la condition de production de ces discours. Si je crie 'au feu' dans une salle, ce n'est pas le mensonge (pas de feu) mais bien la panique que ce discours génère qui est une forme d'agression. C'est toute la différence entre l'énoncé et l'énonciation. La négation volontaire des actes de barbarie si inouïs et si importants touchent l'identité même des victimes. Le problème est qu'il existe effectivement des ultranationalistes turcs, des antisémites et des ultranationalistes hutus, sinon la question de la pénalisation ne se posera même pas."
Parmi les nombreuses interventions du public, la plus remarquée aura probablement été celle d'un spécialiste de l'immigration turque en Belgique : "Je m'appelle Ural Manço, je suis d'origine turque et, pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis professeur aux Facultés universitaires de Saint-Louis (FUSL). Je voudrais dire que la réalité génocidaire des massacres perpétrés en 1915 ne souffre d'aucun problème pour moi. C'est un génocide, il n'y a aucun doute. Mais je me désolidarise des intentions malveillantes et des manipulations qui entourent souvent le traitement de ce débat sur la pénalisation du négationnisme. Car plus on légifère, plus on ajoute des lois, plus le nationalisme se renforce en Turquie. Le vrai débat de fond est la "dékémalisation" de la Turquie. Le Turc moyen doit aussi pouvoir faire son travail mémoriel car ma reconnaissance personnelle du génocide ne fait pas avancer les choses. Je pense que la reconnaissance officielle agrandirait la Turquie." (Mehmet Koksal, allochtone.blogspot.com, 20 décembre 2006)
Commentaire du Collectif VAN sur le Symposium négationniste
Notre site et notre veille media du 15/12/06 ont relayé certaines protestations contre un symposium se tenant à Bruxelles et proposant à l'UE d'adopter le modèle ottoman. Ci-dessous les commentaires de l'un de nos sympathisants de Bruxelles et les infos qu'il a glanées dans la presse et les media internet :
"La manifestation était organisée par l'Union Européenne des Turcs Démocrates d'Europe (UETD), association constituée à Bruxelles début 2006, par ce qui se veut l'élite de l'immigration turque. Il s'agit d'un lobby au service de la candidature de la Turquie à l'UE dont le symposium devait être la 1ère grande manifestation. Ce fut un fiasco, dont les organisateurs imputent la responsabilité au « puissant lobby arménien ». En effet, ce qui se voulait une opération de séduction de l'opinion publique européenne a choqué cette même opinion au point que :
1° l'université, qui avait accepté de louer une salle à l'UETD s'est désolidarisée de la manifestation et décidé de l'annuler (ce qu'elle n'a pas fait pour éviter un incident diplomatique)
2° la Commission européenne a donné instruction à chef d'unité Alain Servantie, orateur annoncé, de ne pas se rendre au symposium (il n'était pas présent)
Il se confirme qu'une collègue d'Emir Kir, Mme Brigitte Grouwels, secrétaire d'Etat de la région de Bruxelles-capitale, chargée de la fonction publique a participé comme annoncé et prit la parole. Elle sera interpellée prochainement à ce sujet au parlement bruxellois par un député de l'opposition.
Le ministre Aydin, Veinstein et Tariq Ramadan étaient présents et ont pris la parole.
La partie turque est sans doute si peu fière de son symposium que la presse turque et autre n'en a pratiquement pas rendu compte. Pourtant il serait du plus grand intérêt pour nos concitoyens européens d'ouvrir les yeux sur les véritables intentions d'Ankara pour l'Europe et le sort qu'il nous réserve, à savoir le statut de dhimmi.
La présence en vedette à la tribune de Mehmet Aydin, ministre d'Etat chargé des affaires religieuses et des relations avec les émigrés turcs, dans un auditoire universitaire de la capitale de l'Europe, donne tout son poids au message politique de l'UETD." (collectifvan.org, 20 décembre 2006)
La télévision turque invente un « génocide » en Suéde
Un documentaire préparé par la chaîne de télévision turque Turkish Radio et Television Corporation (TRT) accuse Orhan Pamuk d’avoir obtenu son prix nobel de littérature pour ses propos sur le génocide arménien mais reproche en représailles la Suède d’avoir commis elle aussi un génocide.
Produit et présenté par la journaliste Banu Avar le documentaire retrace les évènements survenus à la suite de la reconnaissance par Orhan Pamuk du génocide arménien dans un journal suisse mais surtout affirme que la Suède a commis un génocide contre la population indigène des Sami dont les persécutions « auraient duré jusqu’en 1980 ».
Selon la presse turque l’ambassadeur suédois Christer Asp était si « gêné de présentation de son pays » qu’il aurait contacté l’administration de la chaîne TRT et le ministère des affaires étrangères de turquie « pour exprimer son mécontentement ». Et « en conséquence la chaîne TRT a modifié des plans du documentaire sept ou huit fois ».
L’ambassadeur suédois aurait par ailleurs un E-mail au journaliste dans lequel il aurait exprimé sa déception au sujet du contenu du documentaire. « Pour des raisons qui me sont inconnues, ce documentaire semble avoir peint une image tordue de la Suède comprenant des accusations absurdes et non fondées sérieusement. J’apprécierais si vous pouviez m’envoyer une copie du programme afin que je puisse pour faire une évaluation plus détaillée sur cette question » aurait écrit Christer Asp.
L’ambassadeur qui a reconnu avoir envoyé un E-mail au producteur du film, affirme pour sa part n’avoir jamais contacté aucun fonctionnaire du gouvernement turc. La « liberté de la presse est un principe essentiel pour la Suède, aussi je n’ai jamais contacté ni le ministère turc des Affaires Etrangères ou la TRT » a-t-il déclaré à des journalistes turcs.
Pour la productrice turque « je n’ai pas inventé ce génocide » et « celui-ci est un fait confirmé par les scientifiques suédois et les historiens. »
Elle a également dit qu’elle avait dû demander l’accord des directeurs de TRT avant d’envoyer une copie.
Un fonctionnaire de la chaîne TRT, parlant sous couvert de l’anonymat, a déclaré qu’après une première diffusion la semaine dernière le documentaire allait être rediffusé prochainement. (armenews.com, 19 décembre 2006)
La mise au point de Manco sur ses paroles relatives au génocide
Le 15 décembre, nous avons publié les remarques de Pierre-Yves Lambert concernant un documentaire de la Télé-Bruxelles sur la négation du génocide arménien par une grande partie de la communauté turque bruxelloise. (A propos du documentaire de la Télé-Bruxelles sur la négation du génocide arménien)
Nous avons reçu du sociologue Ural Manco une mise au point relative à sa déclaration. Rappelant que ses paroles ont été raccourcies dans la diffusion du programme, Ural Manco informe nos lecteurs du texte complet de sa réponse à la question du journaliste de la TLB:
Q - Pourquoi il est si difficile de reconnaître le génocide arménien parmi les Turcs de Bruxelles?
A - Avant tout, la socialisation nationaliste, renforcée par le matraquage chauvin des médias populaires turcs, laisse peu de place à autre chose qu’une vision officielle de l’histoire et de l’identité nationales. Cette vision est également promue par des militants nationalistes de droite comme de gauche, actifs au sein de la communauté.
Soumis à l’idéologie officielle de leur pays d’origine, les membres de la communauté turque, majoritairement peu scolarisés, sont particulièrement mal armés pour exercer leur capacité d’esprit critique. L’accès de cette population à une vision plus complète de son histoire est difficile sans une réelle évolution dans ce sens en Turquie même.
A Bruxelles, des politiciens belges d’origine turque ont voulu tirer sur cette 'corde sensible' réputée électoralement rentable. Ce sont les politiciens d’origine turque qui sont en bonne partie responsables de la médiatisation de la question arménienne. C’est l’histoire universelle de l’arroseur arrosé.
Une autre raison qui provoque la crispation des Turcs, c’est l’instrumentalisation de cette question. Certaines composantes du monde politique belge et européenne, semblent se servir de cette question délicate en vue de faire obstruction à l’entrée de la Turquie à l’UE.
Je voudrais lancer ici un appel à l’ensemble des Arméniens et des Turcs de la Région: qu’attendez-vous pour vous rencontrer ? Dès 1999, les Grecs et les Turcs bruxellois ont décidé de se rencontrer et de collaborer pour l’organisation d’activités communes. Allez-y pour vous engager dans la même voie. (Ural Manco <manco@fusl.ac.be>, 18 décembre 2006)
Le Soir: Malaise ottoman à l'ULB
Gros émoi à l'Université libre de Bruxelles (ULB). En cause : le symposium qui s'y tient, ce vendredi, à l'initiative de l'Union des démocrates turcs européens (UETD). Il y sera question de l'expérience ottomane en tant que modèle d'intégration multiculturelle pour l'Europe. . . Plusieurs associations d'Arméniens, Assyriens, Kurdes ainsi que des Turcs progressistes ont écrit au recteur, Philippe Vincke, choquées par cette manifestation, qui émane selon elles « d'une organisation lancée en 2004 par l'AKP, parti islamiste au pouvoir, pour encadrer la communauté turque en Europe ». L'ULB prend ses distances : « Le symposium ne correspond pas à ce qui nous avait été annoncé (. . . ). Nous avons toutes les raisons de ne pas accepter la tenue d'une telle manifestation, mais nous nous sommes finalement résolus à ne pas l'annuler. »
L'UETD revendique vingt mille adhérents en Allemagne, en Autriche et au Benelux. Son antenne belge, constituée en 2005, a notamment pour objet « la promotion des intérêts des Turcs et des Européens d'origine turque auprès des institutions publiques du royaume de Belgique et des autres Etats membres de l'Union européenne » . Son président Esref Yagcioglu conteste toute allégeance, dans le dernier numéro du mensuel Binfikir : « Nous sommes plus occupés avec le PS, le CDH et le parti libéral qu'avec l'AKP. Ceux qui désirent s'occuper avec l'AKP n'ont qu'à partir en Turquie. »
« Inacceptable »
Parmi les orateurs attendus, vendredi : le ministre turc des Affaires religieuses Mehmet Aydin et l'historien Gilles Veinstein, connu pour avoir mis en doute l'existence du génocide des Arméniens. . . « Il est inacceptable que l'ULB héberge dans ses locaux une telle manifestation avec des participants nationalistes et négationnistes » , réagit Hayik Malikian, du Comité de défense de la cause arménienne.
Militant laïc de culture musulmane, Chemsi Chéref-Khan se déclare interpellé par « le fait que la Turquie, candidate à l'adhésion, ne vient pas nous proposer un débat sur le modèle de laïcité de la république kémaliste, mais plutôt un modèle ottoman basé sur le principe de la dhimmitude, qui constitue un modèle dans lequel une religion dominante tolère des religions dominées, moyennant l'obligation pour ces dernières de s'acquitter de certaines charges . On aurait aimé que l'initiative turque mette en avant le principe républicain de l'égalité entre les cultes, plutôt que le principe d'inégalité tolérée du modèle ottoman de la dhimmitude ».
Mehmet Saygin, secrétaire général de l'UETD, pose le débat sur un autre plan. . . L'Europe n'est pas un club exclusivement judéo-chrétien, dit-il, appuyant « de façon périphérique » la candidature de la Turquie à l'Union.
L'UETD contribue, dit-il, à « positiver » le statut des Turcs présents dans les pays européens et l'image de leur religion, l'islam, « victime de préjugés ». « L'islam constitue inévitablement une part importante du concept de multiculturalité » sur lequel devrait être basée l'identité européenne, dit Mehmet Saygin. « Sinon, je serai un éternel immigré. » (Le Soir, GUTIERREZ – RENIER, 15 décembre 2006)
Protestation contre un simulacre de symposium négationniste à l'ULB
Mr. Philippe Vincke
Recteur de l'Université Libre de Bruxelles
ULB CP130
Avenue F.D. Roosevelt 50
1050 BRUXELLES
Monsieur le Recteur,
Nos quatre organisations issues de l’émigration politique en provenance de Turquie, sont fort choquées d'apprendre qu'à l’Université Libre de Bruxelles aura lieu le 15 décembre un symposium sur le thème "L’Union Européenne en quête d’identité multiculturelle : l’expérience ottomane!".
Ce symposium est organisé par l'Union Européenne des Turcs Démocrates d'Europe (UETD) qui n'est qu'une organisation lancée en 2004 par l’AKP, parti islamiste au pouvoir, afin d’encadrer la communauté turque en Europe selon sa ligne politique.
Avec le soutien accru du gouvernement turc, elle joue actuellement le rôle d’organisme principal de lobby turc. Ce rôle attribué à l'UETD a été confirmé par le Premier Ministre Erdogan lors d'une réunion tenue le 25 mai 2006 à Berlin.
D'ailleurs, cette organisation s'est distinguée lors de la crise de caricatures de Mahomet par la plainte qu'elle a portée en mars 2006 contre le journal allemand Die Welt.
Il n'est pas étonnant que parmi les orateurs affichés se trouvent le ministre turc d'Etat chargé des Affaires Religieuses, membre du parti islamiste au pouvoir ainsi qu'un historien français connu pour ses positions négationnistes calquées sur la position officielle turque vis-à-vis du génocide arménien.
Il faut rappeler que, à part une secrétaire d'Etat régionale, aucune personnalité politique ou académique belge n'a accepté l'invitation pour cette mascarade "politico scientifique".
Pourtant, à notre grand étonnement, l'Université Libre de Bruxelles, un des fiefs de la laïcité et de l'esprit critique qui a toujours défendu la cause juste des peuples opprimés, permet à une organisation parastatale de faire la propagande de la négation du génocide des Arméniens et Assyriens en présentant l'expérience ottomane comme une identité à imposer à l'Union Européenne en quête d'identité multiculturelle.
En tant qu'organisations défenderesses des droits de l'Homme et des peuples, nous vous demandons d'annuler l'autorisation pour ce simulacre de symposium au moins pour le respect de la mémoire des victimes du premier génocide du siècle commis pour l'Empire Ottoman et par solidarité avec les victimes de la répression du régime d’Ankara qui souffrent actuellement dans les prisons turques.
Dans l'attente d'une suite digne d’une université libre, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Recteur, l'expression de nos sentiments très distingués.
Bruxelles, le 13 décembre 2006
Bogos Bogosian
L'Association des Arméniens Démocrates de Belgique
aadb.asbl@hotmail.com
Nahro Beth-Kinne
Les Associations des Assyriens de Belgique
nahro.beth-kinne@scarlet.be
Derwich Ferho
L'Institut Kurde de Bruxelles
http://www.kurdishinstitute.be
Dogan Ozgüden
La Fondation Info-Türk
http://www.info-turk.be
La réponse du Rectorat de l'ULB:
Bonjour Madame, Bonjour Monsieur,
En réponse à votre courrier, vous trouverez en annexe le communiqué que l'Université Libre de Bruxelles a transmis à presse belge concernant la conférence organisée le 15 décembre par l'UETD dans ses locaux.
Bien à vous,
Elise LENNERTZ
Assistante du Recteur,
ULB - Rectorat C.P. 130
50 avenue F.D.Roosevelt,
B-1050 Bruxelles
Tél. +32 2 650 23 17
Fax +32 2 650 36 30
e-mail : elennertz@admin.ulb.ac.be
Communiqué concernant la conférence de l’UETD
L’Université a pris une décision difficile concernant un symposium ainsi qu’une exposition qui doivent avoir lieu ce vendredi 15 décembre 2006 à la salle Dupréel.
En effet, après avoir accepté la tenue d’une conférence touchant à l’identité culturelle turque dans le cadre de la construction européenne, l’Université s’est trouvée confrontée à un changement progressif tant dans le titre que dans la liste des participants à cette manifestation. Après avoir pris conseil auprès de spécialistes de la question, nous en sommes venus à la conclusion suivante : nous avons toutes les raisons de ne pas accepter la tenue d’une telle manifestation mais nous nous sommes néanmoins résolus à ne pas l’annuler, et cela pour l’unique raison de ne pas provoquer d’incident diplomatique avec la Turquie. Nous déplorons la manière peu transparente avec laquelle cette manifestation s’est organisée en manipulant la bonne foi et l’ouverture de l’Université.
Nous tenons également à préciser ce qui suit concernant la façon dont nous entendons désormais faire respecter nos valeurs.
L’Université Libre de Bruxelles se veut ouverte au débat démocratique, quel qu’en soit le contenu. Cependant, dans le contexte de crise de la démocratie et de crise des valeurs par laquelle passe la société européenne dans son ensemble, l’ULB considère qu’il est de son devoir de se constituer en rempart contre tout discours à caractère potentiellement intégriste, et cela, tant au plan idéologique que religieux. L’ULB tient dès lors à faire savoir, et en particulier à toutes les personnes et communautés qui se sentent légitimement choquées par la tenue d’une telle manifestation en ses murs, qu’elle n’admettra plus désormais d’être prise en otage par des opposants —officiels ou masqués— à ce qui demeure ses valeurs : la laïcité politique, condition nécessaire à la pratique du libre examen. Elle estime dans ce contexte qu’il est de son devoir de ne pas confondre tolérance et relativisme culturel.
La réaction de FEAJD contre le maintien le "symposium" à l'ULB
La vive controverse provoquée par la tenue d’une conférence destinée à promouvoir l’Empire ottoman dans les locaux de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) a finalement conduit cette dernière à réagir.
Dans son communiqué de presse, l’ULB révèle que « après avoir accepté la tenue d’une conférence touchant à l’identité culturelle turque dans le cadre de la construction européenne, l’Université s’est trouvée confrontée à un changement progressif tant dans le titre que dans la liste des participants à cette manifestation ».
Confrontée à « la manière peu transparente » et à la « manipulation de la bonne foi et de l’ouverture de l’Université » avec lesquelles elle a été organisée, l’ULB considère avoir « toutes les raisons de ne pas accepter la tenue d’une telle manifestation ». Elle s’est néanmoins « résolue à ne pas l’annuler, et cela pour l’unique raison de ne pas provoquer d’incident diplomatique avec la Turquie. »
Selon certaines sources, l’ambassade de Turquie en Belgique aurait en effet dissuadé le recteur de l’ULB de déprogrammer le «symposium » où doit intervenir le Ministre turc des Affaires Religieuses, afin d’éviter de provoquer Ankara.
La Fédération a exprimé sa surprise et son indignation de voir les responsables de l’ULB prendre en considération des arguments diplomatiques étrangers à sa mission : « Nous voulons savoir si nos institutions ont encore la capacité de défendre nos valeurs face aux méthodes de tromperie et de dissimulation de l’Etat turc, quand celui-ci parvient à imposer sa propagande à une université européenne avant même qu’il ne soit dans l’Union européenne » a déclaré Laurent Leylekian, directeur exécutif de la Fédération.
« Il appartient maintenant à la société civile et aux intellectuels de Belgique de prendre toute la mesure de ce scandale pour le condamner sans détour. Y aura-t-il bientôt des cours de négationnisme à l’ULB pour l’unique raison de ne pas provoquer d’incident diplomatique avec la Turquie ? » a questionné Leylekian.
La Fédération a annoncé par ailleurs que la Commission européenne, également impliquée par la participation d’un de ses responsables à cette manifestation, n’a toujours pas pris la peine de répondre à son appel de se retirer de cette opération contestée. (E-mail : contact@eafjd.org, 14 décembre 2006)
A propos du documentaire de la Télé-Bruxelles sur la négation du génocide arménien
Documentaire de la télévision régionale Télé-Bruxelles sur la négation du génocide arménien par une grande partie de la communauté turque bruxelloise.
On notera que le seul Turc bruxellois interviewé dans le documentaire sur le sujet, le sociologue Ural Manço, se garde bien de se prononcer quant à l'utilisation du terme "génocide arménien", et évoque l'instrumentalisation de la question par des politiciens hostiles à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, ce qui est un faux argument: les politiciens belges (MR et Ecolo) qui demandent la pénalisation du négationnisme vis-à-vis de tout génocide, et non de la seule Shoah, sont justement favorables à l'adhésion turque. Il s'agit donc d'une tentative de noyer le poisson en faisant allusion à des situations ailleurs qu'en Belgique, ce qui n'est pas le débat ici. Par ailleurs, dans une tribune libre du Vif-L'Express coécrite avec Teoman Pamukçu, autre universitaire turco-belge, Ural Manço avait réduit l'année dernière le génocide arménien à la "thèse arménienne".
A noter une grosse erreur dans le documentaire: les images d'une commémoration du génocide montrent des drapeaux assyriens, il s'agit d'un événement organisé par des organisations assyriennes, pas arméniennes. (Pierre-Yves Lambert <pylambert@gmail.com>, 15 décembre 2006)
L’Argentine sur la voix de la reconnaissance du génocide arménien
Par 175 voix pour et deux absentions, l’Assemblée nationale argentine a adopté une loi qui fait du 24 avril, jour où débuta le génocide des Arméniens, un jour officiel de tolérance mutuelle et de respect pour les peuples à travers le monde.
A l’instigation du CDCA d’Amérique du Sud, cela faisait des mois que les députés argentins se penchaient sur ce texte, mais ils avaient du faire face à la forte opposition et aux tentatives d’obstruction de l’une de leur collègue, Patricia Fadel, membre du groupe parlementaire d'amitié turco-argentin qui avait obtenu le report de l’inscription de ce texte à l’ordre du jour de l’assemblée.
Une campagne de protestation avait alors été lancée, qui a abouti à l’inscription et au vote hier de cette proposition de loi qui donne également l’autorisation aux argentins descendants d’Arméniens employés de l’administration de s’absenter du travail le 24 avril. Une autorisation identique est donnée aux enfants d’origine arménienne qui pourront s’absenter de l’école ce même jour.
Il faut maintenant que le Sénat argentin adopte cette loi pour qu’elle entre en vigueur. Les discussions devraient débuter dès la semaine prochaine. (gamkonline.com, 1er décembre 2006)
Politique intérieure/Interior Politics
Obstacle Arises Facing PM Erdogan's Presidency
Professors of constitutional law talking to bianet say that there's a procedural obstacle facing the ruling Development and Justice Party (AKP) to solely elect the new president of the republic in May 2007.
As a fierce debate continues on the upcoming elections, leader of the main opposition Republican People's Party (CHP) Deniz Baykal declared that the party group won't adhere to the sitting in the national assembly in case the current PM Tayyip Erdogan declares his candidature.
Prof. Ibrahim Kaboglu of Marmara University says this would result in an early general election, which is due in November 2007.
This results from a parliamentary procedure, which says at least 367 MP's must attend to the sitting for the election to go forward. AKP holds the majority in the assembly but only with 354 seats.
The constitution states that the parliament must proceed with a general election in case it fails to elect a president. The existing president Ahmet Necdet Sezer would hold his position in the mean time.
Kaboglu states that a quorum of two thirds must be met in the national assembly to proceed with the presidential election.
Without such attendance, the election wouldn't go to further rounds where only a majority of the attendants is necessary to elect the new president.
This implication stems from the article 102 of the constitution, which defines the presidential election as an exception, says Kaboglu.
Supreme Court of Appeals Honorary Prosecutor, Sabih Kanadoglu agrees with this interpretation. Kanadoglu wrote in his column in Cumhuriyet newspaper that the Constitutional Court would overturn the election under such circumstances.
Another prominent scholar, Prof. Suheyl Batum also expressed his accord with Kanadoglu's interpretation.
The Kemalist opposition within and without the parliament -including the current president as well as the head of the army- declared fierce defiance to Erdogan's possible candidature putting forward his Islamist background.
Rising the issue of legitimacy of the existing one, they demand early elections so a new parliamentary composition would elect the new president,
On the other hand, Erdogan refuses to declare his party's presidential candidate. He argues, "the country has bigger problems and the issue of presidency will be resolved lawfully when the time comes".
Business circles stood by with Erdogan's attitude, saying early elections would harm ongoing stability and hurt ongoing economical policies. (BIA News Center, Tolga KORKUT, December 29, 2006)
L'opposition menace de boycott si Erdogan est candidat
Le principal parti d'opposition au parlement turc a menacé mercredi de boycotter le vote prévu en mai pour désigner le prochain président de la République si le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, un islamiste qui renie son passé, se présente candidat au poste.
"Je ne peux pas le dire dès maintenant avec certitude (...) mais nous ne serons pas dans le scénario du scrutin présidentiel", a déclaré Deniz Baykal, chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) lors d'un entretien à la chaîne d'information NTV.
"Si le Premier ministre ne fait pas d'effort pour aller vers un compromis (...) le Parti de la justice et du développement (AKP, de M. Erdogan) élira un président comme s'il désignait un président de son groupe parlementaire, c'est aussi simple", a-t-il souligné.
M. Erdogan qui dirige depuis novembre 2002 un gouvernement islamo-conservateur laisse planer le doute sur ses prétendues ambitions présidentielles. Le septennat non-renouvelable du chef de l'Etat sortant, Ahmet Necdet Sezer, fervent défenseur des principes laïcs, expire en mai.
Sous le régime parlementaire en vigueur en Turquie, le chef de l'Etat est élu par l'Assemblée nationale. Il a essentiellement un titre honorifique, démuni de tout pouvoir sur le plan exécutif.
L'AKP dispose d'une confortable majorité au parlement et devrait en principe pouvoir élire sans problème le candidat qu'il veut à la présidence.
Les détracteurs de M. Erdogan, qui se veut aujourd'hui "conservateur-démocrate", affirment qu'il ne peut prétendre à cette fonction suprême car il s'est illustré dans le passé par ses prises de positions contre la laïcité.
Les milieux pro-laïques sont par ailleurs irrités par le fait que son épouse, comme nombre de députés et ministres de l'AKP, porte le foulard islamique perçu comme un symbole de l'islam politique en Turquie musulmane mais laïque.
Le CHP considère la présidence comme "la dernière citadelle" de la laïcité et accuse le Parti de la justice et du développement de chercher de s'en emparer pour promouvoir ce qu'il qualifie de programme secret islamique. (AFP, 27 déc 2006)
Headscarf debate shakes Parliament, clouds budget debates
The last session of the tense budget debates late on Monday turned into an heated verbal exchange between ruling and opposition party leaders when it came to the headscarf issue.
The remarks of main opposition Republican People's Party (CHP) leader Deniz Baykal apparently attacking the wife of Premier Recep Tayyip Erdogan stirred the Parliament floor and led to a loud protest against Baykal.
"The headscarf is a piece of cloth to cover hair, it cannot cover the shame of one's wife," Baykal said, prompting Deputy Parliament Speaker Ismail Alptekin to ask Baykal to recant his words.
Ruling Justice and Development (AK) Party deputy group leader Eyup Fatsa tried to cool down the AK Party deputies, while Foreign Minister Abdullah Gul ordered them to sit down.
However, Baykal rejected withdrawal, and the deputy Parliament speaker called a recess after deputies of two parties began a harsh verbal exchange which escalated into a physical brawl.
After the five-minute break, Baykal, without offering an apology, said that his words were misunderstood in the tense atmosphere of Parliament and that he is absolutely against injecting one's family relations to politics.
However his conciliatory words didn't stop Prime Minister Recep Tayyip Erdogan from branding Baykal's address the most ill-mannered speech of the history of the republic and Baykal himself disrespectful.
"My words," said Baykal, "were about the personality and political path of the premier, I didn't mean to turn it into a family debate. I'm not interested in people's headscarves, but I do concern myself with the mentality of a person who wishes to be the next president."
"I said the headscarf is something irrelevant, it cannot cover the shame of a politician," he added, trying to assert that his words weren't meant to attack Erdogan's wife.
The debate then sharply turned into a presidential debate when Baykal said one's being prime minister doesn't necessarily lead to the presidency, alluding to presidential polls next May. "One should respect the Constitution, its people, and institutions to become president," Baykal added. "Without these preconditions, a rivalry merely out of partisanship violates the Constitution. That is what I'm saying."
He said that the post of president has a very special place under the Constitution and that it is the utmost post of responsibility where the proper and lawful operation of the constitutional regime is guaranteed.
Baykal, after giving a long list of reasons why he believes Erdogan should not be the next president, also scolded the ruling party for devastating the Turkish economy. He said that almost 23 million people are forced to live under the poverty line while one million of them face starvation.
He also accused the ruling party of bringing back corruption despite promises to put an end to this. "You fired a couple of public servants taking bribes of 20 euros at the Kapikule border gate, but what's happened to the others, the big fish?" asked Baykal.
Since the party came to power promising to fight corruption, two AK Party deputies have been expelled after voicing claims about the corruption of their party colleagues.
Erdogan, for his part, branded Baykal ignorant and biased and said that the AK Party government had brought the country to a point unimaginable to former governments.
Erdogan also said that all former governments became indebted to the International Money Fund but that the AK Party has paid back some $23 billion of this debt.
He accused Baykal of having depicted an imaginary presidential profile.
Responding to Baykal's verbal attacks, he also reiterated his support for and confidence in Yassin el Kadi, an allegedly terror financier on the UN's terrorist list.
In April, when the mysterious relationship between the AK Party and El Kadi made the headlines, Erdogan defended El Kadi by saying, "I know El Kadi and I believe in him as much as I believe in myself. He's a benevolent lover of Turkey and has investments here. There is no way he's connected to terrorist groups."
Middle Eastern businessman El Kadi's assets were frozen in several countries including Turkey after his name appeared on the United Nations Security Council's (UNSC) list of terror financiers. The decision was made by the Bulent Ecevit government in 2001 at the request of the UNSC, which prepared a report into the financial resources of international terrorist groups after the Sept. 11 terrorist attacks in the U.S.
Erdogan, when a CHP deputy called El Kadi a terrorist, scolded him by saying no one has right to speak of people he doesn't know. He also asked whether all people on the UNSC'S terror list are terrorists.
His words were met with CHP deputies' protests at that time.
Motherland Party (ANAVATAN) leader Erkan Mumcu also delivered a long address before the 2007 budget bill was passed, echoing Baykal's view that Erdogan isn't fit to assume the post of president.
"A person who has to deny a lie just hours after he tells it has no right to assume such significant posts," said Mumcu, adding that the country has been suffering from several problems under AK Party rule.
He also said that the country's primary mission should be getting rid of this government.
The CHP also got his share of Mumcu's criticism, who scolded the main opposition party for their tolerant attitude towards Erdogan and his party.
Mumcu, a former state minister from the ruling party, claimed that the government has no courage to fight corruption and that its fraud devastates the country more with each passing day.
"Shame on those who sell people's property to their enemies, shame on those used to cronyism and nepotism and shame on those who don't call for an accounting of this corruption, improper privatization. Shame on Erkan Mumcu unless he brings every week another corruption claim to the attention of people from this platform," he said, adding that the AK Party deputies lack the courage to look into his eyes. (The New Anatolian, 27 December 2006)
Le Parlement adopte un budget 2007 déficitaire
Le Parlement turc a adopté dans la nuit de lundi à mardi le projet de budget 2007, un texte qui prévoit une discipline financière stricte pour renforcer la stabilité économique acquise avec le soutien du FMI.
Le budget du gouvernement du parti de la Justice et du Développement (AKP), voté à 306 voix pour et 148 contre après une dizaine de jours d'examens particulièrement houleux à l'Assemblée nationale, prévoit des dépenses de l'ordre de 204,9 milliards de livres turques (139,7 milliards de dollars, 111.5 mds d'euros), ce qui représente une augmentation de 16,9 % par rapport à 2006.
Les revenus sont estimés à 188 mds de livres turques (128,3 mds de dollars et 102,4 mds d'euros) en hausse (bien hausse) de quelque 9% par rapport aux chiffres du budget précédent.
Le nouveau budget prévoit également un déficit de 16,7 mds de livres turques (11,3 mds de dollars et 9 mds d'euros). Le déficit prévu pour 2006 était de 14,6 mds de livres turques.
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a défendu le budget au terme d'une dernière séance marathon qui a duré au total plus de 35 heures, affirmant que les prévisions seraient respectées à la lettre.
Deniz Baykal, le chef de l'opposition social-démocrate a vivement critiqué ces prévisions, tirant notamment la sonnette d'alarme au sujet du déficit du commerce extérieur.
"Quand vous êtes arrivés au pouvoir en 2002 ce déficit était de 14 milliards de dollars, maintenant il est de 52 milliards de dollars. C'est très grave", a déclaré Deniz Baykal.
La dernière séance a surtout été marquée par une violente diatribe entre MM. Baykal et Erdogan au sujet de présumées ambitions présidentielles du Premier ministre, un islamiste qui renie aujourd'hui son passé.
Le vice-président du parlement Yilmaz Alptekin a du à un moment suspendre la séance après des protestations bruyantes provenant des rangs de l'AKP lorsque M. Baykal a dressé un long bilan selon lequel M. Erdogan ne devrait pas se présenter candidat pour l'élection présidentielle prévue en mai 2007.
"Quelqu'un qui n'a pas compris et qui n'aime pas Atatürk (fondateur de la Turquie moderne et laïque), quelqu'un qui est éclaboussé par des affaires de corruption ne doit pas être président de la République", a affirmé M. Baykal, sous les huées des députés de la majorité.
M. Erdogan qui laisse planer le doute sur ses ambitions à l'approche du scrutin présidentiel, a répondu en accusant le chef de l'opposition d'être un "ignorant".
La Turquie, qui s'est spectaculairement remise de deux crises financières graves, en 1999 et 2002, a enregistré une croissance record, réduit son inflation chronique et son déficit budgétaire.
Ankara a signé avec le FMI en 2005 un accord de stand-by triennal portant sur un prêt de 10 milliards de dollars, prenant le relais d'un précédent programme sur trois ans.
Elle a connu en 2005 une croissance de 7,6%. La croissance pour 2006 devrait se réaliser aux alentours de 5%.
Les analystes s'inquiètent cependant du risque que le gouvernement sacrifie à l'approche des élections législatives prévues en novembre 2007 sa rigueur fiscale au profit de politiques populistes dispendieuses. (AFP, 26 déc 2006)
TUSIAD chair rules out early elections for stability
Thursday's meeting of the Turkey's biggest business association saw financial groups declare open support to the government while urging concrete steps and utmost attention to maintaining economic stability, while also redrawing political lines ahead of the controversial presidential election next May, political analysts said on Friday.
Omer Sabanci, chair of the Turkey's Industrialists' and Businessmen's Association (TUSIAD, mildly warned the government at the ordinary high advisory board meeting of the group, putting emphasis on seven issues, including two critical elections in 2007.
Sabanci urged the government to provide a seamless presidential election process ensuring social compromise while asking the same for the general elections set for next November. He said that the general elections should be held no sooner than scheduled time for the sake of economic stability, a clear message to the opposition making clear the financial groups' stance.
Analysts said given that current positive economic conditions please business circles, businessmen will avoid pressuring the government unless the election debates turn into a controversy over the democratic secular regime.
The concern was clearly seen in Sabanci's words urging the government to avoid tense issues dominating the country's agenda, said the commentators, adding that TUSIAD's leader highlighted the recurring emphasis on threats to secularism and the government's allegedly habitual cronyism.
The government should also do its best to prevent issues raising tension in the country dominating people's minds, Sabanci urged, calling all his warnings part of a seamless whole. "Even a minor shortcoming on any of these topics will vex the country's goals," he underlined.
Branding the political opposition narrow-minded, Sabanci said that an opposition based on short-term strategies and interest is absolutely against Turkey's national interests in the long run, adding that the country needs an influential opposition with concrete projects and ideas to steer the country towards its ultimate goals.
"Timely general elections are not only essential for the economic stability Turkey has attained but also for giving up the country's habit it resorts to when it faces any representation problem," he added.
Sabanci also shared his economic foresight with the audience by saying that if economic and political stability is maintained next year with continued reforms and improvements in line with the country's pledge to the European Union, 2008 will bring great fortune for Turkey.
'Early elections a must for stability'
However the Republican People's Party (CHP), in an immediate response, expressed its opposition to the stance of TUSIAD on Friday, claiming that early elections are a must for economic stability.
CHP's deputy leader Mustafa Ozyurek claimed that besides hurting economic stability, if the elections are held late in 2007, this will also ruin a whole year which is highly likely to be dominated by election debates. "If we hold elections in April we can follow them with presidential elections in May, so we will save at least half of the year. If the general elections are held after the presidential election, then the prestige of the president's post will be open to debate." he added.
"What separates the CHP and TUSIAD is that although business circles formerly expressed opposition to Erdogan becoming the next president, they don't want early elections, but on the other hand we want polls in April," he added.
Also reiterating the CHP's rejection of a mass resignation drive, Ozyurek said that the premier says he will not accept resignations from the CHP and uses this as a weapon. This way he aims at splitting the CHP, claimed Ozyurek.
Under Article 84 of the Constitution, resignation of a deputy is valid after it is approved by a simple majority of deputies in Parliament.
Ozyurek firmly distanced his party from extreme options such as intervention to prevent the ruling party from electing the next president, saying they are in touch with civil society to solve the problem in democratic ways. (The New Anatolian, Burak Esen, 23 December 2006)
Turkey heading toward Çankaya wars for presidential elections
The European Union has left Turkey to "sleep" in 2007, when double elections -- presidential and general -- will take place. With the EU process put on ice, Turkey has now turned its face to the Çankaya elections slated for May 2007.
The battle of words that has emerged during the EU process has revealed that Turkey is heading toward the presidential elections with "teething problems." The gladiators have not yet entered the arena but the parties are clarifying their lines. In the arena, armor is being checked and swords sharpened for the last time. The preliminary preparations for a cutthroat quarrel are going on. The main political players are readying to start this high-tempo war.
Turkey is going through a very critical process. Those in politics have already started the preliminary cross-talk of this process. The basic argument is over who will go to Çankaya. The government led by Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan, whose party holds the majority, says it will elect the president, while the opposition says it will not allow the government to do so.
The impression the ruling Justice and Development Party (AKP) gives is that Prime Minister Erdoğan will move into the Çankaya Presidential Palace. Here is the basis of the AKP argument: With his recent stance at the last AKP congress, Erdoğan signaled that he would move to Çankaya. Instead of denying the claims, he diligently stressed that the current Parliament would elect the president and that the AKP would have a decisive influence. While doing so Erdoğan from time to time argued publicly that he is not insistent on becoming the president, hinting that some other member of his party could run for the presidential post. But the recent remarks made by Erdoğan expose his intention to move to Çankaya. According to the backstage scenarios circulating among AKP deputies, Erdoğan will wait until the last moment, then in light of the current debates he will review his position in early April. Of course, there are those within the AKP who want to see Erdoğan in Çankaya as well as those who want him to remain prime minister. If Erdoğan says he'll move to Çankaya, there is nobody in the party who will object to this.
AKP members who want to see Erdoğan in Çankaya in 2007 predict that Erdoğan will be president, Bülent Arınç will remain Parliament speaker and current Foreign Minister Abdullah Gül will be prime minister. This prediction is even being considered as a possible slogan for the November 2007 election campaign. There are some AKP members who believe President Ahmet Necdet Sezer has tied the hands of the AKP government and if this trilateral mechanism [Erdoğan, Arınç and Gül] is formed, they hope the power of the AKP holding the key posts will be used as leverage in the November election campaign. But still, the developments in Turkey that will take shape before mid-April could deter Erdoğan from moving to Çankaya at the last minute. Erdoğan could suggest another name from the AKP to replace him.
This should not be come as a "surprise" because the AKP is unable to measure the impact of the opposition's reaction, which will be joined with bureaucratic and social pressure. Therefore, the party's main policy is to wait until April and see as well as to act cautiously. The first option is Erdoğan moving to Çankaya. The second option will kick in at a point when the impact of the opposition-bureaucratic-social reaction is unable to be handled and that option would be to elect a deputy from the AKP parliamentary group for Çankaya. According to Erdoğan, current Foreign Minister Gül and Deputy Prime Minister Abdüllatif Şener are more moderate, though their wives wear headscarves. The names of Defense Minister Vecdi Gönül and State Minister Mehmet Aydın, whose wives do not wear headscarves, are also floating around. But still, all calculations build on the assumption that Erdoğan will become president in May. Some AKP members who believe that the AKP would be unsuccessful without Erdoğan are working determinedly to deter him from running for the presidency. The overall impact of these on Erdoğan will emerge before April.
Opposition's first card is early polls:
The opposition wing is getting broader every day. It's possible to count in that front the main opposition Republican People's Party (CHP), the Motherland Party (ANAVATAN) and the True Path Party (DYP) -- all with seats in Parliament -- as well as the Nationalist Movement Party (MHP), the Democratic Left Party (DSP) and the Social Democratic People's Party (SHP) from outside Parliament. A number of chambers, associations, unions and other nongovernmental organizations such as the Turkish Tradesmen and Artisans' Confederation (TESK) and the Union of the Ankara University Faculty of Political Science Graduates (Mülkiyeliler Birliği) can be regarded in that front. For example, Mülkiyeliler Birliği suggests "civilian disobedience" to deter Erdoğan from running for Çankaya, but there are also some from this front who have not made their voices heard.
In the coming days, they are expected to make their voices heard. The basic approach of this front is no secret to anyone. Before the presidential elections, they want to go for early elections in April 2007 and ensure the election of the new president by a new Parliament. The AKP is believed likely to sustain serious damage in early elections and therefore unable to play a determining role, with an impact on the restructuring of Parliament for the Çankaya elections. This front basically argues "Erdoğan does not believe in the Constitution and the secular republic" and says he's shown this with the appointments and decisions made over the last four years. President Sezer has also joined this front. While receiving members of the MHP last week, Sezer said Turkey needed early elections in April and added: "The current circumstances render necessary the early polls. In Turkey elections take place before the five-year term expires. So far, the elections have usually been held in less than five years, so there is nothing unusual about early polls. This is important for Turkey to [to be able to] relax. The great majority of the voters' will does not reflect in Parliament when the current picture is looked at. This indicates a lack of the principle of justice in representation. As an expert on constitutional law, I believe that justice in representation must be ensured. Therefore, I think it will be useful to reduce the election threshold to 7 or 8 percent."
Sezer-Erdoğan row:
Sezer is clear in his demand and suggests that a new Parliament elect the next president. It's noteworthy that Sezer draws attention to the principle of justice in representation in his argument and shows the elections as an address. At this point, it is necessary to mention Sezer's perception of the "threat against the secular democratic republic" and see how he is worried. Erdoğan's reaction was severe, though Sezer made his remarks behind closed doors. Erdoğan replied sharply to Sezer: "The governing provision of the Constitution is known, and we are obliged to act in line with this governing provision. They say we are a country governed by rule of law when it is convenient to do so for them. They say we should recognize law. There is no problematic structuring in Parliament. There is currently a ruling party that has 355 deputies in Parliament, so if a problem occurs or there is a problem in Parliament, the ruling party has the strength to make a decision at this point. This Parliament will elect the president on time and hold the general elections on schedule again. Parliament will decide on this. Those readying to secure seats in Parliament should respect this Parliament. That's to say, it is not possible to understand political parties -- indispensable elements of democratic life -- disregarding the country's interests for the sake of their own simple interests."
Arguments of the party leaders:
CHP leader Deniz Baykal has long been calling for early elections and argues the country's secular regime could be in danger, saying that society has been under tension and that early elections might put an end to the energy buildup. Baykal extends support to Sezer's call for early elections and says: "The president sees Turkey being dragged into a difficult period. The democratic patience is over. Renovation is needed and only the early elections can save Turkey from being dragged into a problematic period." DYP leader Mehmet Ağar joins forces with the opposition front, saying that April is too late to go for early elections. ANAVATAN leader Erkan Mumcu stands at a different point. Mumcu does not welcome Erdoğan running for Çankaya, but he does not directly say "yes" to early elections. He believes that debates over early elections mean time lost. DSP leader Zeki Sezer is another politician who is calling for early elections in April. MHP leader Devlet Bahçeli is also in favor of early elections and argues they should be held before the presidential elections in May.
Backed into a corner:
The AKP administration is insistently rejecting calls for early elections and the AKP holding the arithmetical majority in Parliament binds the hands of the opposition, which in a second move wants to debate their call for early elections in Parliament. In the upcoming days the CHP plans to draft a bill on early elections in March or early April. With this bill, the CHP aims at backing the AKP into corner. The AKP is believed to object to such a bill, but the CHP wants to give an impression to the public that the AKP is avoiding elections.
The nation's verdict:
The CHP will later stage public actions against the AKP. Demonstrations, meetings and propaganda against Erdoğan's Çankaya move will be made and voices for early elections will be heard. The last option in this regard is to seek the nation's verdict (sine-i millet), and the CHP administration has not yet made a decision on this issue. CHP leader Baykal said in a speech delivered at his party's parliamentary group on May 17, 2006: "We're now at the stage of explaining the danger and threat, and at the time when we reach a critical point in order to prevent this, nobody should doubt that we'll do our share." Some say on the basis of Baykal's remark that the CHP could resort as a last alternative to the nation's verdict in the event that the AKP remains insistent on holding elections as scheduled. There are some deputies within the CHP who talk about this. For example, CHP Istanbul deputy Bülent Tanla says, "The only way for early elections is the nation's verdict." According to backstage rumors, the CHP should seek the nation's verdict if it is sincere in its call for early elections because it is impossible the AKP will call for early elections as it has the power to elect the president with the majority it holds in Parliament, but if the CHP resorts to the nation's verdict and empties Parliament, an election would be obligatory.
Conspiracy claims:
Another issue circulating behind the scenes on the way to the presidential elections is conspiracy claims. Parliament Speaker Bülent Arınç first voiced this last week. He met with Chief of General Staff Gen. Yaşar Büyükanıt and then dined with Prime Minister Erdoğan. In an unexpected to move after his talks, Arınç said, "Unfortunately, we might face some manipulations, games and some conspiracies on the way to the presidential elections." Arınç went on to say that some aimed at pitting Parliament and the armed forces against one another, adding that they would not be successful because the "conspiracy" has become obvious. What then, was this conspiracy?
According to claims, a group of retired soldiers wrote a letter to the General Staff and asked it to intervene in the Çankaya elections. This was an undemocratic approach that recalls the era of coups. Arınç first sharply criticized this and later brought the issue onto the agenda during his visit to Gen. Büyükanıt. The chief of General Staff said he had received no such letter and put an emphasis on the democratic culture of the military. He reiterated that he would do whatever necessary if he received such a letter. This pleased Arınç, who later made several remarks about conspiracies and future events.
In the previous weeks, given the remarks made by National Intelligence Organization (MİT) Undersecretary Emre Taner in an address to the members of Parliament's EU Harmonization Commission, everyone in Ankara began to ask one another what was happening. The content of Taner's briefing was the possibility of "political murders." These are the issues mentioned as part of conspiracy theories.
All of these facts and closet developments show that the Çankaya wars have kicked off in Ankara. Swords have been unsheathed and everyone is impatiently waiting for the day the parties fight in the arena. It seems that the sphere of influence of the fight that will start with the new year will be broader than expected. (Turkish Daily News, GÖKSEL BOZKURT, December 17, 2006)
President Sezer calls for early elections in April
Turkish President Ahmet Necdet Sezer has called for early elections in April, a month before his mandate expires, Turkish Milliyet daily reported.
According to Milliyet, Sezer shared his views on the issue with Devlet Bahceli, the chairman of the National Movement Party (MHP), during the latter's courtesy visit to the presidential palace.
Sezer's term in office is set to expire in May 2007. The conditions in Turkey are getting graver, according to the president, and early elections in April are necessary. He also stated that the new president should be elected by the new parliament.
President Sezer also recalled that elections in Turkey were never held on time. “Elections are mostly conducted in a period shorter than five years. Until today, this period never exceeded three and a half to four years. Therefore, there aren't any obstacles for early elections. This is significant for Turkey's development,” Sezer was quoted as saying.
Commenting on the current condition of the Turkish Grand National Assembly (TBMM), the outgoing president remarked that the voters' will was not reflected on the representation of the parties in the parliament. He claimed that it shows that the representation of vox populi lacked justice. Sezer believes the election threshold should be reduced to seven or eight percent.
Erdogan: Current Parliament to Elect New Turkish President
Prime Minister Recep Tayyip Erdogan was forced to answer questions regarding the choice of a new president.
Turkish President Ahmet Necdet Sezer has called for early elections in April, a month before his mandate expires, the Turkish daily Milliyet reported.
In response, Erdogan said, “The present parliament will hold presidential elections at the appointed time.”
Erdogan answered journalists as he arrived to the headquarters of his ruling Justice and Development Party (AKP).
When journalists recalled that some newspapers had published stories saying that the presidential elections would be held by a “newly-elected parliament,” Erdogan said that the current article of the constitution regarding the timing of presidential elections was very obvious.
One of the journalists asked him, “The president has made a statement where he emphasized the importance of holding early elections in April, what would you say about that?”
Erdogan asked him where the statement had been made and said, “I haven’t heard anything; unless I hear it directly from Mr. President, I wouldn’t believe such things. Sorry, but I wouldn’t make an assessment on something I have heard from the press.” (Cihan News Agency-Zaman, December 13, 2006)
Le président Sezer dit ne pas avoir été informé de la proposition sur Chypre
Le président turc, Ahmet Necdet Sezer, n'était pas informé de la proposition de son gouvernement d'ouvrir pour un an un port et un aéroport au trafic chypriote pour remettre sur les rails les discussions sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, ont annoncé ses services samedi.
"Le président n'était pas informé, ni directement, ni indirectement, de cette offre", a indiqué son cabinet dans un bref communiqué.
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a aussitôt rejeté les critiques selon lesquelles son gouvernement n'aurait pas tenu préalablement informé les principaux dirigeants de la proposition d'Ankara.
Dans une intervention publique, samedi, M. Erdogan a estimé qu'il n'était pas nécessaire pour le gouvernement de délivrer une information préalable alors que la proposition n'avait pas été formulée par écrit.
"Si elle (l'offre) devenait un texte écrit, alors bien sûr nous en référerions au bureau du président ainsi qu'aux principales institutions", a ajouté le Premier ministre turc cité par l'agence de presse Anatolie.
Le président Sezer est le deuxième responsable turc de haut rang après le chef des armées, Yasar Buyukanit, à faire savoir qu'il n'avait été tenu au courant de la proposition d'Ankara.
Le général Buyukanit a raconté vendredi au quotidien Hurriyet qu'il avait appris son existence en regardant la télévision. Il a d'ailleurs jugé qu'elle s'écartait considérablement de la position officielle du gouvernement.
Malgré cette relative ouverture d'Ankara, les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE qui doivent avoir lieu lundi risquent d'être mises à mal : le Premier ministre finlandais Matti Vanhanen, dont le pays préside l'UE, a en effet jugé insuffisante vendredi l'offre faite par la Turquie. Un point de vue partagé par les ambassadeurs des 25.
Selon M. Vanhanen, vu le flou de l'offre turque, les ministres européens des Affaires étrangères discuteront lundi, comme initialement prévu, d'une éventuelle suspension des négociations avec Ankara sur la base de la recommandation de la Commission européenne du 29 novembre.
La Turquie a signé en 2005 un protocole qui étend son union douanière avec l'UE aux dix Etats entrés dans le bloc européen en 2004. Mais elle refuse de l'appliquer à la République de Chypre - la partie grecque de l'île qu'elle ne reconnaît pas - en lui ouvrant ses ports et aéroports. (AFP, 9 déc 2006)
Forces armées/Armed Forces
The Army's OYAK seeks to sell more expensive electricity
The cold weather in the country means more electricity consumption. The Ministry of Energy, which needed to buy electricity from private companies to meet the growing demand, was shocked by a bid quoted by the Turkish Armed Forces Assistance Fund (OYAK) on Thursday.
The Isdemir Company, which belongs to Erdemir and whose 91 percent of shares are owned by OYAK, bid 78 cents for one kilowatt-hour of electricity, tenfold the actual price which is between seven and nine cents. Unable to understand the justification of the company, the ministry will take the issue to the Competition Board and the Supreme Court of Energy. The public buys 17 percent of its electricity from such private companies.
The state buys the electricity consumed by people from power plants that belong to both the public and private sector. It also buys electricity from self-sufficient private companies that produce more if demanded to ensure regular electricity flow when the other power plants undergo maintenance or when unexpected rises occur in the consumption rates.
Officials noticed that consumption increased because of the snowfall and immediately contacted private companies to buy more electricity within the context of the Stabilization and Negotiation Regulation. Isdemir quoted the excessively high price of 78 cents for one kilowatt-hour of electricity that would be used by the electricity network of the state 5:00 p.m. – 6:00 p.m. The facilities of Isdemir obtain electricity also from the fuel it normally consumes to process iron and steel. This electricity is only used to meet the need of the factory at normal times. The excess, however, is sold either to the state or private companies upon demand. The eminently high price quoted by Isdemir prompted anxiety in the Energy Ministry. Minister Hilmi Guler and Undersecretary Sami Demirbilek were urgently informed of the development. The officials said they were shocked by the price offered and did not buy from them.
A ministry officials said: “Prices take shape under free market conditions in accordance with the balance between supply and demand. In the case of a deficiency in supplication, the prices naturally rise. Fortunately, this time we were able to cover our need and thus were not forced to buy from Isdemir. However, if we were not able to, we would have to buy at that incredibly high price, which in return would affect the consumer with a slight increment in the first bills.” Another official noted, “This price is definitely unacceptable whatever the reasoning behind it may be. We will warn the company and ask for a cost analysis. Also, we will submit the case to the Competition Board and the Regulation Board of the Energy Market.” He also emphasized, “The amount we are talking about is tiny compared to the total amount of consumption. The rise in the total price that would appear on the first electricity bills would be neglectably low. However, it would surely cause some future problems.”
The state buys electricity from the private sector with three different tariffs. An ordinary consumer pays 6.7 cents for a kilowatt-hour of electricity after midnight, 7.8 cents during the day and 9.2 cents at evening hours when more people are home and consumption reaches its highest level on a 24-hour basis.
Different tariffs are implemented to avoid exploitation of the system.(zaman.com, Ercan Baysal, December 29, 2006)
GTP Leader Beklevic's complaint against the Chief of Army
The leader of Strong Turkey Party (GTP) Tuna Bekleviç asked Şişli Public Prosecutor’s Office the outcome of their complaint last year on the chief of army Orgeneral Yasar Büyükanıt who had made a statement on the prosecutor of Semdinli case Ferhat Sarıkaya.
Bekleviç reminded that they applied to Şişli Prosecution Office on 5.12.2004 and added that their complaint has been covered up. Bekleviç said the example of what happened to Sarıkaya would put pressure on other prosecutors: “The chief of army Org. Yaşar Büyükanıt made a political statement to Hürriyet daily on 08.02.2006 hence committed an ofence under Military Penal Code article 148”. Bekleviç said ”In contemporary democracies those who are appointed can not intervene in the legislation and implementation act of political power and can not give orders to them”. (antenna-tr.org, December 29, 2006)
The MGK's critical declaration on EU-Turkey negociations
Turkey's civilian and military leaders reiterated their commitment Thursday to Turkey's bid to join the European Union, but said the bloc should not impose additional conditions on Ankara.
Top ministers and generals at a National Security Council (MGK) meeting discussed the EU's recent decision to partially halt Turkey's membership negotiations over a dispute with EU-member Cyprus.
A brief statement released at the end of the meeting said the "country maintains its commitment to the aim of EU membership" and was "continuing to work toward that aim with determination."
However, "criteria and measures that were not applied to other countries should not be applied to Turkey, and hurdles, such as Cyprus, which have nothing to do with the (membership) process should not be set," the statement said.
The government has repeatedly said Ankara would not abandon its struggle for membership despite the 25-nation bloc's decision earlier this month to freeze negotiations in eight out of 35 policy areas because of Turkey's refusal to open ports and airports to EU member Cyprus — whose government Ankara does not recognize.
Turkey insists it will only open ports and airports to Cypriots once an international embargo on the breakaway Turkish Cypriot state is lifted.
Cyprus has been divided between a Greek Cypriot south and a Turkish-occupied north since 1974, when Turkey invaded after an abortive Athens-backed coup by supporters of union with Greece. Only Ankara recognizes the breakaway state in the north, which has no trade relations with any other country. (The Associated Press, December 28, 2006)
Turkey - Israel Military Dialogue Meetings
JERUSALEM - Turkish Deputy Chief of General Staff Gen. Ergin Saygun and accompanying delegation comprising officials from General Staff Headquarters, National Defense Ministry and Defense Industry are continuing to hold meetings in Israel where they came for Turkey-Israel military dialogue meetings.
Turkish delegation arrived in Israel two days ago to assess cooperation projects on military area between Turkey and Israel as well as to set the joint working schedule for next year.
The delegation held meetings with Israeli Chief of General Staff Dan Halutz and Defense Ministry Undersecretary Gabi Ashkenazi. They also visited military industrial facilities in Israel.
The delegation will visit Cemetery for Turkish Soldiers in Ramle tomorrow, and then proceed to Jerusalem to visit Yad Vashem (The Holocaust Martyrs` & Heroes` Remembrance Museum), and return to Turkey the same day.
Within the scope of military dialogue between Turkey and Israel, Amos Yaron, former undersecretary of Israeli Defense Ministry, and an accompanying delegation had visited Turkey in January of 2005. (turkishpress.com, December 27, 2006)
Contrat 635 M USD pour moderniser flotte F-16 de la Turquie
Le groupe américain d'aéronautique et de défense Lockheed Martin a reçu du gouvernement américain un contrat de 635 millions de dollars pour la modernisation de la flotte de chasseurs F-16 de la Turquie, a annoncé mardi cette société dans un communiqué.
Au terme de ce contrat, daté du 22 décembre, Lockheed Martin fournira à l'armée de l'air turque 216 kits de modernisation pour ses avions de combat polyvalents F-16C et F-16D, ainsi que diverses prestations de type essais en vols, formation et support technique, a précisé le groupe.
L'exécution de ce contrat, qui s'appuie sur un accord gouvernemental américano-turc signé en avril 2005, doit durer jusqu'en février 2016, a-t-il ajouté.
Le ministre turc de la Défense Vecdi Gönül a affirmé fin octobre que son pays s'engagerait à acheter à Lockheed Martin une centaine de chasseurs de nouvelle génération F-35, pour une valeur estimée de 11 à 12 milliards de dollars.
Ankara devait annoncer sa décision finale d'ici la fin de l'année. (AFP, 26 déc 2006)
Military takes control of defense procurement
Turkey's military command has taken the nation's defense acquisition process into its hands after Gen. Yasar Büyükanıt took over as chief of general staff in August, overriding positions of the civilian government and the procurement agency on two top programs, officials and Turkish and U.S. analysts said.
The outcome is a change in priorities from an extensive emphasis on technology transfer and local work contribution in joint programs with foreign partners toward swift availability of weapons systems.
At a time of worsening ties between Ankara and the European Union, the military's approach generally means a preference for U.S. systems over European solutions.
"The Turkish military visibly has had a more assertive policy on defense procurement recently," said one U.S. industry source familiar with Turkish programs.
Some in Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan's ruling Justice and Development Party (AKP) government and many at the Undersecretariat for the Defense Industry (SSM) may not be happy with the military's growing role in procurement policies, but Erdoğan is apparently seeking to avoid confrontation with the commanders on this matter at a time when Turkey is gearing up for two key elections next year, analysts said.
Parliament should elect a new president in the spring, and parliamentary elections are due in November. Erdoğan has not announced whether he will stand as a presidential candidate, but the military -- which frequently accuses the government of undermining secularism -- is believed to be opposing his election as head of state.
Retired Gen. Hilmi Özkök, Büyükanıt's predecessor, clearly had a more hands-off position on defense procurement matters during his tenure between August 2002 and last August.
He would voice his and the military's views on acquisition matters with top government and civilian procurement officials but would not take a decisive position, analysts said.
But in the last few months, Büyükanıt made it clear that his leadership would be different.
There were two critical examples.
First, the military command in October fully backed a key move by the Air Force to opt for the U.S.-led F-35 JSF over the European Eurofighter Typhoon as the nation's new-generation fighter aircraft, rejecting a suggestion by SSM on behalf of the civilian side that a combination of F-35s and Eurofighters -- some 80 JSFs and 20 Typhoons -- be purchased, defense officials and analysts said.
The new-generation fighter aircraft program, worth more than $10 billion over the next 20 years, is the largest and most strategic defense project in Turkey's history.
At a time before the EU earlier this months moved to freeze membership talks with Turkey on eight of 35 policy chapters because of a Cyprus dispute, the civilian wing believed that diversification of Turkey's fighter fleet could bring strategic advantages, including reducing dependency on the United States and boosting defense ties with the EU.
But the Air Force's present fighters are all U.S.-designed aircraft, and the military preferred to continue the tradition. Also, diversification of fighters is an extremely costly business.
The military's position has prevailed, and the Defense Industry Executive Committee, Turkey's top decision-making body on defense procurement, announced after a Dec. 12 meeting that the Air Force would buy 100 F-35s.
The committee's members include Erdoğan, Büyükanıt, Defense Minister Vecdi Gönül and SSM chief Murad Bayar.
Second, at the same committee meeting the military blocked a move by the government and SSM to choose one of the two official bidders for the army's multibillion-dollar program to jointly produce at least 30 attack helicopters.
"There was a decision on the attack helicopter program. This decision ... had to be changed because of some hesitations," Gönül said after the meeting. He admitted the hesitations came from the military.
"It's apparent that the civilian government wanted to endorse either [the Italian-British] AgustaWestland's option or [the South African] Denel's alternative, but the military objected to both solutions," one defense analyst in Ankara said. "As a result, no final decision emerged from the committee meeting, and I believe that the chances of both options have greatly diminished after the military's opposition."
The attack helicopter issue was dropped out of the meeting's agenda after Büyükanit voiced the military's opposition to both AgustaWestland's A-129 Mangusta International and Denel Aviation's Rooivalk CSH-2 platforms, defense officials confirmed.
Analysts and industry sources said the U.S. Boeing Co. -- maker of the AH-64D Apache Longbow -- which is outside the official competition but has an alternative offer to sell its gunship through a Foreign Military Sales deal, may benefit from the failure of the Italian-British and South African solutions.
"There are a few reasons behind the military's increasing assertiveness," said one Ankara-based industry source. "One explanation could be that under Büyükanıt the military may be seeking to recapture the decisive say it lost during Özkök's tenure. Also, the military is apparently fed up with the SSM's policies for maximization of high technology transfer and local work contribution rates, which it believes is leading to huge delays in key programs, such as the attack helicopter project."
SSM's strict specifications on technology transfer and maximum Turkish industry input have prompted some companies from the United States -- known for its notorious reluctance on technology transfer matters -- to decline to formally bid for some Turkish programs.
While SSM says it wants to serve better Turkey's developing defense industry sector, some in the military believe that what they view as the procurement agency's extreme emphasis on Turkish share in joint programs sometimes reaches a degree of "reinventing the wheel" and causes unacceptable delays.
"For the military, the availability of weapons systems within a reasonable time is of critical importance. So this approach effectively means less emphasis on Turkish solutions in joint programs," said the Ankara-based analyst. "This also means a larger chance for U.S. manufacturers." (Turkish Daily News, Umit Enginsoy, December 25, 2006)
L'Armée turque est la première force armée de l'Europe et la 8ème du monde
Avec 514 000 militaires, l’armée turque est en 8e position mondiale et au premier rang européen.
Le quotidien britannique « Independent » a publié la liste des 10 premières armées du monde quant à l’importance numérique. La Chine avec un effectif militaire de 2 225 000 est en première position. Elle précède les Etats-Unis (1 426 000) et l’Inde (1 425 000). La Corée du Nord est 4e avec une armée estimée à 1 106 000 hommes.
La Russie est 5e avec 1 037 000 militaires. La Turquie est 8e avec un effectif militaire de 514 000 personnes. Par ailleurs, l’armée turque est dans ce classement en première position européenne. (Independent-armenews, 23 décembre 2006)
Conscientious Objector Arrested Once Again
Conscientious objector Halil Savda is arrested today on the case where he's tried with "disobedience to orders with intention of avoiding military duty totally or partially" as defined on article 88 of the Martial Penal Code.
Savda was present at the trial conducted in Corlu Martial Court.
He defended himself by declaring once again his conscientious objection to militarism and saying that he's forced to live as a "fugitive".
The court then ordered his arrest and Savda is sent to Corlu prison.
He was sentenced to 3 months imprisonment based on another article on January 2005 but the Martial Appeal Court overruled the decision.
The high court based it's decision on previous sentences Savda served from the same offence and proposed that he's tried on article 88.
Savda's lawyer Suna Coskun told bianet that the Ministry of Justice is refusing to make the reforms in accordance with the European Court of Human Rights (ECHR) decisions on this issue.
He noted that the issue is kept on hold, dooming conscientious objectors to live as "fugitives" and Savda doesn't want to oblige to such a treatment.
Human Rights Association (IHD) declared its solidarity with Savda and will make a press conference tomorrow.
Objecting to military service in Turkey is an offence and, as recent experiences have shown, one in which civilians who have not yet been recruited can face charges and sentences at military tribunals.
15 democratic mass organizations and political parties have united in recent months to launch a Conscientious Objection Platform to defend the rights of those who reject compulsory military service.
The platform demands the lifting of legislation that restricts anti-militarism and defines it as a punishable offence of "discouraging the people from military service".
Inclusive of the abolishment of laws under which conscientious objectors can be prosecuted for "insistence of disobeying orders" and sentenced to various terms of imprisonment, martial criminal law articles 87 and 88. (BIA News Center, Ayca ORER, December 8, 2006)
L'armée turque s'oppose à la proposition du gouvernement
Le commandant en chef de l'armée turque, le général Yasar Büyükanit, s'est ouvertement opposé à une proposition du gouvernement visant à éviter une suspension de ses négociations d'adhésion avec l'Union européenne, vendredi, dans le journal Hürriyet.
La Turquie a annoncé jeudi qu'elle était prête à ouvrir un port et un aéroport pendant un an aux bateaux et avions chypriotes pour éviter une suspension de ces négociations, mais attend dans ce délai un règlement global de la question chypriote.
"Cette ouverture signifie selon nous qu'il y a un éloignement de la position officielle de l'Etat (turc)", a estimé le général Büyükanit, dénonçant que l'armée n'ait pas été consultée au préalable.
Affirmant avoir appris la proposition "surprise" du gouvernement de la télévision, le général Büyükanit, qui parle rarement à la presse, a déclaré qu'un règlement à Chypre ne pourrait intervenir que "globalement" et non pas graduellement en ouvrant des ports aux Chypriotes grecs.
"Evidemment c'est la décision du gouvernement (...) je ne dirige pas la Turquie et ce n'est pas moi qui fixe la politique de l'Etat", a souligné le général Büyükanit qui affirme avoir usé de son droit de "représenter" l'armée turque "qui déploie 40.000 soldats là-bas", dans le nord (turc) de l'île divisée depuis 1974.
L'armée turque n'avait depuis des années manifesté une telle opposition à la politique étrangère d'Ankara.
Elle a été accusée dans le passé par l'UE d'une trop grande intervention dans la vie politique. (AFP, 8 déc 2006)
Affaires religieuses/Religious Affairs
Fête: Des centaines de sacrificateurs maladroits blessés
Des centaines de sacrificateurs maladroits se sont rués dimanche dans les hôpitaux à travers la Turquie pour soigner des coupures au couteau plus ou moins graves qu'ils se sont infligées à l'occasion de la fête du Sacrifice, Aïd al-Adha.
Au moins 1.179 personnes ont été traitées dans les services d'urgence de nombreuses villes, la plupart souffrant de blessures à la main ou au pied reçues par maladresse ou à cause d'un animal trop agité qu'ils s'apprétaient à sacrifier, a rapporté l'agence Anatolie.
Quatre personnes ont été assez grièvement blessées par des ovins qui se sont renversés sur eux, selon l'agence.
Trois autres personnes ont succombé à des crises cardiaques en tentant de contrôler les animaux.
A l'instar des années passées, certaines grandes municipalités ont mis en place des équipes chargées de capturer les taureaux révoltés à l'aide de pistolets et de fusils à seringue hypodermique.
Lors de cette importante fête musulmane de quatre jours, qui a débuté dimanche en Turquie, les fidèles sont appelés à égorger un ovin ou un bovin pour commémorer le sacrifice d'Abraham.
Mais chaque année, des incidents, parfois marqués par des blessures graves, ont lieu lorsqu'un taureau furieux s'échappe des mains de son propriétaire. (AFP, 31 déc 2006)
TDN: "Islamic capitalism" faces secular resistance
One of my primary school memories is of "domestic goods week." Our teachers used to order us to bring all kinds of authentic Turkish products, such as nuts, raisins and figs, to our classrooms and eat them collectively to celebrate the homegrown wonders of our motherland. "Don't ever buy foreign products," our teachers also said. "If you do so, foreigners will be exploiting us and our nation will become their slave."
That was in the early '80s, at a time when Turkey was run by a military dictatorship and still believed in the import-subsidization policies of the past two decades, which had been compatible with the economic wisdom of the times. Then came the Turgut Özal years (1983-93) during which Turkey opened its borders to foreign goods and capital and started to build a real market economy. Along with his good friends Ronald Reagan and Margaret Thatcher, Prime Minister (and later President) Özal was a revolutionary leader who argued that free markets are the only path to economic prosperity. His motto was "the three freedoms" -- of ideas, worship and entrepreneurship.
The Kemalist-socialist synthesis: Yet the spirit of "domestic goods week" never vanished. Özal's political opponents continuously accused him of deviating from the path of Atatürk, Turkey's revered founder. One of Atatürk's Six Principles was "statism," which was actually a practical solution in the years of global stagnation following the Great Depression. Moreover, Turks had the bad memory of the "capitulations," the unfair economic concessions given to foreign investors centuries ago, and which had been hazardous to the economy of the late Ottoman Empire.
After Atatürk, the combination of statism and the "anti-capitulationist" allergy to foreign capital became even more vindicated thanks to the rise of socialistic ideas among Turkey's intellectual elite. The same elite used to accuse the non-Kemalists -- who came to power in 1950 during Turkey's first free and fair elections -- of being agents of "American imperialism" and "international finance." Özal was the perfect scapegoat for the proponents of this "Kemalist left," but since 2002, there is an even better one: The Justice and Development Party (AKP) government led by Recep Tayyip Erdoğan.
AKP and business: Not everybody in Turkey is the greatest fan of Erdoğan's government, especially because of its Islamic credentials, but virtually nobody can deny its pro-business attitude. As Wall Street Journal Editor Matthew Kaminski noted (in his Oct. 22 piece, "Turkish Tiger"), the government has initiated "the most far-reaching privatization program in Turkish history" and has created "a thriving Muslim market economy with a large, independent private sector and a shrinking state."
Local businessmen agree. "We see that the conditions of economic freedom are improving," says Jeffrey P. Kemprecos, the Istanbul-based Director of External Affairs of the Merck Sharp & Dohme Pharmaceuticals. "Generally, foreign investment and technology transfer is welcomed, and in recent years, Turkey has taken steps to ensure intellectual property rights." Indeed attracting more foreign direct investment is one the government's most ambitious goals. Some of its staunchly secular critics accuse it of bringing in "Arab money," but it has been welcoming Israeli financiers as well. "Whoever wants to invest in my country is welcome," said Erdoğan in a famous speech. "Money has no religion or nationality." This is, of course, all bad news to the champions of the Kemalist left. They deeply abhor public religion and capitalism, and now they are getting both.
Globalization as colonialism? Those who are alarmed by the rise of what some have called "Islamic capitalism" are not only the campus Trotskyites but also some of the top officials of the state, including President Ahmet Necdet Sezer. In an address on Nov. 10, the anniversary of Atatürk's death, Sezer gave a reminder that Turkey had prospered in Atatürk's time "thanks to a fully independent economic policy." Turkey should resist globalization, the president added, "because it is indeed colonialism; they [the colonialists] couldn't succeed with guns, now they are trying it through economics." In recent years Mr. Sezer and the like-minded Constitutional Court have vetoed several new pieces of legislation that would have helped attract more "colonialism," i.e., investment. (That's why many foreign investors are unhappy about the never-ending impediments of "the bureaucracy.")
The country's generals seem to think along the same lines. Gen. Yener Karahanoğlu, the chief of the navy, recently declared "imperialism and universal capitalism" to be the enemies of the Turkish Republic, along with "irtica," a euphemism for public Islam. The speakers of the main opposition party, the Republican People's Party (CHP), repeatedly echo the same messages.
And all this creates an interesting contrast with Turkey's age-old modernization rhetoric. A government with a Muslim outlook is championing economic freedom, whereas the secularists, who traditionally define themselves as "modernists" and "progressives," are standing against it. It is a new Turkey in which faith and freedom flourish hand in hand. Max Weber and Alexis de Tocqueville should have lived to see. (Turkish Daily News, Mustafa AKYOL, December 18, 2006)
"Camel sacrifice" incident sparks controversy at Turkish Airlines
Transportation Minister Binali Yildirim has characterized this week's sacrifice of a camel in the apron area of Ataturk Airport by workers an "example of tactless behavior." The Turkish Airlines workers who sacrificed the camel were reportedly celebrating the successful return of an RJ100 type British-built airplane to the firm from which it had been ordered, following the discovery of a series of technical problems with the airplane.
While a preliminary investigation into the event is continuing, the head of Turkish Airlines' Airplane Maintenance Facility, Sukru Can, has been fired from his position, sources report.
Speaking about the "camel sacrifice" incident with reporters yesterday, Transportation Minister Yildirim had this to say:
"It is wrong to blame an entire organization for a mistake made by one colleague whose mind is still in the past. The necessary orders have been given in the wake of this incident, and that colleague has been removed from his job. The investigation is continuing. Sacrificing a camel is not a talent. It is more important that Turkish Airlines carries out its job well, and works on addressing any complaints that citizens using it might have. Which is why it is not fair to compare this giant, well-established company with a couple of tactless mistakes that might have been made. The important thing is that the necessary measures have been taken."
In a statement made in connection with the camel sacrifice incident by Turkish Airlines itself, the organization clarified that the workers had gathered money on their own initiative to buy and sacrifice the camel. Turkish Airlines also noted that they had given their own orders for an investigation into the matter.
The police headquarters at Ataturk Airport had this to comment on the incident: "We did not realize they were sacrificing a camel. We, thinking that they were going to sacrifice a ram, didn't think it would look good to have a ram walking out the doors of the airport and to the apron, so we gave permission for it to be driven there. But in fact there had been no permission received from the Goods Management Headquarters. The head of the Airplane Maintenance Facility lied to us about this." (Hurriyet, December 14, 2006)
Arrestation de 10 présumés terroristes liés à Al-Qaïda
La police turque a arrêté dix personnes soupçonnées d'être liées à la fois au réseau Al-Qaïda et à un réseau islamiste turc qui aurait été en train de préparer des attentats à la bombe, a indiqué samedi l'agence de presse turque Anatolie.
Les suspects ont été interpellés au cours d'opérations menées simultanément dans la capitale, Ankara, à Istanbul et dans la ville occidentale d'Izmir. La police a remonté la piste d'acheteurs de matériel servant à confectionner des explosifs commandé sur internet.
Au cours des perquisitions, la police a saisi ce matériel mais aussi découvert un CD recouvert d'un explosif prévu se déclencher au moment de son insertion dans un ordinateur, affirme Anatolie.
Plusieurs cartes d'une raffinerie de pétrole proche d'Izmir ont également été trouvées sur place.
Les suspects ont été mis en examen et incarcérés en attendant leur jugement. Aucune précision sur les chefs d'accudsation retenus contre eux n'a été fournie.
Les arrestations ont été menées le 28 novembre, au début du voyage de quatre jours dans le pays du pape Benoît XVI. Les enquêteurs n'ont cependant trouvé aucun indice permettant d'affirmer que les suspects préparaient effectivement un attentat contre le souverain pontife, écrit l'agence Anatolie.
Parmi les suspects figure un avocat d'Izmir âgé de 25 ans et seulement identifié par ses initiales, M.T., qui s'était décrit comme "le chef d'Al-Qaïda en Turquie" dans un entretien avec un magazine l'an passé.
Certaines des personnes arrêtées sont pour leur part suspectées d'appartenir au Front islamique des combattants du Grand-Orient (IBDA-C), un groupe radical clandestin responsable, au cours de la dernière décennie, d'attentats perpétrés à Istanbul contre des bars, des discothèques et des églises.
Une cellule locale d'Al-Qaïda est tenue pour responsable de quatre de ces attentats-suicides, commis en novembre 2003 contre deux synagogues, le consulat et une banque britanniques qui avaient fait 63 morts, des centaines de blessés et provoqué des dégâts considérables.
Soixante treize personnes - dont deux ressortissants syriens, sont actuellement jugées pour ces attentats. (AFP, 9 déc 2006)
Fin de la visite controversée de Benoît XVI en Turquie
Le pape Benoît XVI a achevé vendredi une visite de quatre jours en Turquie, placée sous le signe du dialogue entre les religions et de l'apaisement, après la controverse suscitée par ses propos sur l'islam. Il a regagné pour Rome après un dernier message de bonne volonté à destination des musulmans: l'Eglise catholique ne veut "rien imposer à personne".
Avant de décoller pour Rome à la mi-journée, le pape a célébré la messe dans la matinée à Istanbul pour les fidèles de la minuscule communauté catholique de Turquie. "Vous savez bien que l'Eglise ne veut rien imposer à personne, et qu'elle demande simplement de pouvoir vivre librement", a-t-il déclaré en français dans son homélie à la cathédrale du Saint-Esprit.
"Vos communautés connaissent l'humble chemin du compagnonnage de chaque jour avec ceux qui ne partagent pas notre foi", a-t-il ajouté devant les fidèles et le patriarche Bartholomée Ier, chef spirituel de 300 millions de chrétiens orthodoxes.
Benoît XVI a embarqué à la mi-journée à bord d'un avion spécial de la Turkish Airlines à destination de Rome, mettant fin ainsi à sa première visite dans un pays musulman.
Lors de la visite du Pape, les médias turcs ont exagéré deux informations comme "scoops sensationnels". D’une part, Benoît XVI s’est prononcé pour l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, d’autre part il a prié dans une mosquée comme un musulman. Ce sont des faits doublement exceptionnels, car dans les deux cas Benoît XVI contredit radicalement ce que professait le cardinal Ratzinger. Et c’est tant mieux, ajoute-t-on, car ainsi il fait amende honorable après sa provocation antimusulmane de Ratisbonne, et il abandonne son opposition au grand mélange des religions.
Selon une analyse du site des Jeunes catholiques nantais, "ces deux scoops sont deux mensonges. Aussi énormes que le battage médiatique avec lequel ils sont mis en scène."
"Le pape n’a pas dit (à quelque moment que ce soit de son voyage) qu’il était favorable à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. C’est le Premier ministre turc Erdogan qui a dit que le pape lui a dit… Ce n’est pas du tout la même chose.
"A l’issue de la liturgie célébrée par le patriarche Batholomée Ier, Benoît XVI a appelé les chrétiens à « renouveler la conscience de l’Europe dans ses racines, ses traditions et ses valeurs chrétiennes, et leur redonner une nouvelle vitalité ».
"Dans leur message commun, Benoît XVI et le patriarche Batholomée Ier ont demandé aux catholiques et aux orthodoxes d’« unir leurs efforts pour préserver les racines, les traditions et les valeurs chrétiennes ».
"Maintenant, la visite de la mosquée.
"Le pape a poliment accompagné l’imam, s’est arrêté avec lui et a acquiescé quand l’imam a suggéré un moment de méditation. Il ne s’est pas tourné vers La Mecque, il est resté à côté de l’imam, qui, lui, était en effet tourné vers La Mecque. Si cet imam, en visite à Rome, était conduit par le pape derrière l’autel de Saint-Pierre, dirait-on qu’il s’est tourné vers Jérusalem ?
"D’autre part, contrairement à ce qu’on prétend, le pape n’a pas adopté une des postures de la prière musulmane, et n’a fait aucun geste propre aux musulmans. Il avait les bras croisés sous la poitrine, et ce que l’on voyait, ce qui apparaissait de façon spectaculaire, c’était sa croix pectorale en or, qui brillait sous les illuminations de la mosquée. C’est la croix du Christ qui est entrée au centre de la mosquée symbole de l’islam turc." (jc.nantes.free.fr, 1er décembre 2006)
Socio-économique / Socio-economic
Law Didn't Protect Woman Killed by Ex-Lover
Following news regarding women subjected to violence today, lawyer Senal Sarihan says legislation is flawed and one would have to gather evidence and witnesses on her own to gain legal protection.
According to an article that appeared on Milliyet on December 25, a woman was killed by ex-lover despite applying to the security forces and the attorney generalship for protection.
She received death threats and several physical assaults from her ex-lover until finally he killed her. In each incident, the legal authorities rejected her appeals on grounds that such wouldn't constitute enough grounds for legal action.
Women's rights activists Zelal Yalcin and Istanbul Bar Association executive member lawyer Nazan Moroglu emphasize that women subjected to physical or psychological violence have a hard time starting legal processes.
Ministry of Justice says an investigation will start into the incident and Istanbul Bar Association Chair Kazim Kolcuoglu considers filing a complaint against public prosecutor Hasim Guvercin who failed to protect the woman.
Lawyer Sarihan notes the difficulties of verifying threats between separated couples.
While individuals are protected against domestic violence by law no 4320, incidents that the law doesn't embrace results in fatality.
"There's a catch here. A psychological investigation for the ones that realize the threats must be ordered, but this is always neglected. The public prosecutors can demand it from the legal medicine department" adds Sarihan.
She also noted that the scope of the law no 4320 must be expanded to include incidents involving couples who aren't officially married, such as partners living together or couples bounded with the unofficial, traditional marriage.
"Lastly, we need special legislation and legal processes to protect women from violence".
Moroglu notes that there's a confusion and ignorance on the side of the public concerning what to do when faced with such threats.
There'd been only 13 thousand complaints to the Bar in Istanbul this year and Moroglu thinks this is too low for city of 12 million.
Yalcin summarizes it up: "Men hit and the state protects them". (BIA, Ayca ORER, December 27, 2006)
Women's rights in Turkey: improvements still needed
Turkey's legal framework on women's rights "has in general been satisfactory, but its substantive implementation remains flawed", says the EP Women's Rights Committee in its second report on women's role in social, economic and political life in Turkey, adopted on 20 December. The report emphasises that respecting human rights, including women’s rights, is a conditio sine qua non for Turkey's membership of the EU.
The own-initiative report by Emine Bozkurt (PES, NL), which follows up Parliament's July 2005 resolution on women's role in Turkey, highlights key areas of concern. It welcomes the start of active EU accession negotiations with Turkey, but "regrets the slowing down of the reform process in Turkey over the last year and the persistent problem with women's rights" and reiterates Parliament's call for "full and effective implementation of the Community acquis in the field of women's rights, particularly in the poorer regions of the country".
The report condemns violence against women, including honour killings, domestic violence, forced marriage and polygamy. It calls on the Turkish Government and the Commission to tackle "violence in general and honour crime in particular" as a priority and to set up special high-security shelters. The report also "stresses the importance of systematic investigation and effective punishment" and therefore the training of police and judicial authorities in gender equality issues and the fight against violence. The report calls on Turkish institutions to build alliances with all groupings - civil, social or religious - in society so as to initiate awareness-raising campaigns against violence against women.
The Committee expresses concern about the Commission's observation that women remain vulnerable to discriminatory practices in Turkey, due inter alia to a lack of education and a high illiteracy rate. UNICEF estimates that each year between 600,000 and 800,000 girls are either prevented by their families from going to school or do not attend it because of logistical difficulties. MEPs call on the Turkish government to ensure gender equality, especially in the south-eastern regions, in access to education and the labour market. The female employment rate is just under 25%, compared to the average women's employment rate in EU-25 of 55%.
MEPs also highlight the lack of accurate data on the situation, role and rights of women in Turkey. Finally, the report notes that political participation in Turkey is "too low". The Committee urges the political parties in Turkey, starting from the upcoming elections in 2007, to include more female candidates on the electoral list. (femm-press@europarl.europa.eu, Deccember 20, 2006)
Public Workers on Streets Against 2007 Budget
The public sector refused to go to work yesterday to protest laws regulating working conditions, which they say fail to provide sufficient rights on collective bargaining, association and strike.
News reports said as many as 250,000 civil servants, all members of the unions attached to the Confederation of Public Sector Trade Unions (KESK), refused to work in all state institutions, except schools, emergency units of hospitals and tax departments.
In Ankara, civil servants marched to Kızılay Square to protest the laws and call for the right to go on strike, democratization of the working life and better state spending on health and education expenses of the civil servants.
KESK Chairman İsmail Hakkı Tombul said in an address to protestors that the 2007 budget brought poverty to large segments of the society and warned that protests would continue if the government does not take their demands into consideration.
Tombul demanded the inclusion of NGOs and unions in the budget negotiations and listed their requests as follows:
* International Monetary Fund (IMF) and World Bank's structural accordance and stability programmes must be rejected. Stand-by agreements with the IMF should be cancelled, interior and exterior debts must be restructured.
* Privatizations and the sell off of social service facilities must stop.
* Black market economy should be taken under registration; illicit labor use, tax fraud should be sanctioned severely; tax control should be tightened.
* Public resources should be devoted to the production of quality public services. Resources for universal, equal, free public services should be included in the budget.
* A single unions act, including the right to strike and collective bargaining in accord with international standards, should be put in force.
* Wages and working conditions should be decided through a collective bargaining process. Job security shouldn't be scrutinized.
Tombul called on all MP's to object to the government's 2007 budget proposal saying, "a budget in favor of the workers and the poor is possible".
The talks on the budget start tomorrow (December 15) at the National Assembly.
92.1 percent of the 650 thousand people objected to the 2007 budget proposal during a street referendum conducted by NGOs on December 5.
A report by the KESK Research Center showed that the percentage of resources devoted to public workers' wages steadily drops since 1993.
At 6.97 percent of the GNP on the 2007 budget, Turkey ranks way behind European countries.
In addition, Organization for Economic Cooperation and Development (OECD) data state that the number of public workers in relation to the population is way too lower than developed countries while consecutive governments argue for a reduction in numbers to ease its burden on national budget. (Turkish Daily News-BIA, December 15, 2006)
Joint Project to Tackle Child Labour Begins
The field research to determine the problems working children face and socio-economic causes and consequences of child labor began in the southeastern city of Van.
The research which comprises of 11 thousand 21 households is done within the context of the Elimination of Worst Kinds of Child Labor Project.
"We aim at gathering data on working children of 6-17 age group on the fields of education, health as well as psycho-social and socio-economic characteristics of child labor in the region" said Project's Regional Coordinator Olcay Barlas.
The project is conducted by the Ministry of Labor and Social Security and in collaboration with the European Union (EU) and the International Labor Organization (ILO). It aims at orienting at least 1 500 working children to educational system by the end of 2007.
Research will reach 99 thousand households in total
The field research will help the government to build effective policies to eliminate the worst kinds of child labor by year 2015.
The target group of the project are children working on farms and fields as well as in industry and on the streets; seasonal workers in Sinop, Ordu, Van, Erzurum, Elazig, Cankiri and Kastamonu.
Vocational training and job opportunities will be provided to the families of the identified children, as unemployment and low family income is seen as a determinant cause of child labor. (BIA News Center, December 6, 2006)
Un mort et une centaine de blessés lors d'une tentative de lynchage
Une personne a été tuée et une centaine, la plupart des agents de sécurité, blessées lundi à Sirnak (sud-est) quand une foule qui voulait lyncher un violeur et tueur présumé s'est attaquée aux forces de l'ordre, a-t-on indiqué de source officielle.
La police a tiré en l'air pour disperser quelque 4.000 personnes qui se sont rassemblées devant l'hôpital de la ville à population majoritairement Kurde où était soigné un homme de 21 ans, présenté par ses initiales A.B et soupçonné d'avoir tué deux fillettes et violé six autres.
Il a été admis dans l'établissement après avoir été battu par ses co-détenus dans la prison où il avait été incarcéré le mois dernier dans l'attente de son procès.
La victime, un homme de 25 ans, a été tuée d'une balle --dont on ignore l'origine-- à la poitrine. La foule s'est attaquée aux agents de sécurité pour réclamer le suspect, obligeant la police à user de gaz lacrymogène.
Soixante-quinze membres des forces de l'ordre ont été blessés lors des violents incidents qui ont duré jusqu'à la nuit.
L'hôpital, ainsi que 16 voitures officielles, ont été sérieusement endommagés par des pierres et cocktails molotov lancés par la foule, selon les autorités. (AFP, 5 déc 2006)
"High Unemployment Keeps Minimum Wage Low"
Commission on Minimum Wage, made up of government, workers' and employers' representatives gathered to determine the legal nation wide minimum wage for 2007.
The net amount is already 380,46 YTL (around 200 euros), way below the poverty line as calculated by workers' unions and other research institutions.
Economist Mustafa Sonmez said the high unemployment rate forced people to settle down to work for the inhuman minimum wage.
While Social Security Institution (SSK) statistics show 3 million 500 thousand people getting the minimum wage, all sides agree that the number is much higher including the unregistered workers in the gray market.
Sonmez defined minimum wage as "the amount that a family of four can live on".
This amount should be based on moral and social needs rather than economic balances, he added.
"Low cost and abundance of the labor force are seen as a competitive advantage for exportation numbers of Turkey. Keeping the minimum wage low is a strategic policy of the last 25 years. The IMF and World Bank policies favor this approach."
According to Sonmez, a strong labor movement and political opposition is of paramount importance to affect the minimum wage determination process.
"As of now, the labor side has no influence whatsoever on the process. Unions are dismantled; left wing political parties are apathetical to the problem. Then this is a one sided game and the result is already decided".
The Comission on Minimum Wage is made up of five representatives each from the government, labor and employers' sides.
Establishment wise Turkish Workers' Unions Confederation (Turk-Is) is the labor side at the commission but its representative ability is criticized.
Left wing Revolutionary Workers' Unions Confederation general secretary Musa Cam accused Turk-Is of "playing the dummy" in the commission and urged them to withdraw.
Urging the government to lift its reserve on the first bend of the European Social Charter article 4, Cam lists their demand as follows:
"The minimum wage should be decided as net fee, all taxes on minimum wage should be abolished".
Regional minimum wage proposals should be avoided at all costs, Cam added.
Turk-Is Research Center calculated the hunger line as 605 YTL and the poverty line as 971 YTL for November 2006.
The commission will decide on the minimum wage in accord with the Regulation on Minimum Wage, which takes into account expenses like food, shelter and transportation.
The regulation also notes that the "social and economic conditions of the country should be in consideration".
This latter is used as an excuse to hold back the amount by government and employers' sides and the commission generally sees an collaboration between the two, moving aside the labor side. (BIA News Center, Kemal OZMEN, December 1st, 2006)
Relations turco-européennes / Turkey-Europe Relations
Zapatero et Erdogan présentent leur rapport à l'ONU
Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont présenté lundi devant l'ONU leur rapport sur "L'Alliance des civilisations" destinée à rapprocher l'Occident et le monde musulman.
MM. Zapatero et Erdogan avaient remis le rapport lundi matin au secrétaire général sortant de l'ONU, Kofi Annan.
L'objectif de "L'Alliance des civilisations" est d'éviter la consolidation d'"un mur de haine et d'incompréhension entre l'Occident et le monde musulman" à une époque où "la menace du terrorisme devient plus précise", a dit M. Zapatero, dans son allocution.
Plus de 40 pays ont rallié l'Alliance, preuve de "la prise de conscience grandissante de ce qu'il faut faire face au terrorisme", a-t-il ajouté.
Le rapport recommande une série de mesures pour promouvoir une compréhension à long terme entre les différentes cultures, notamment une forte révision du matériel éducatif, une augmentation des programmes d'échanges de jeunes, une campagne médiatique contre les discriminations et l'amélioration de la condition des femmes dans le monde.
M. Annan a souligné que le rapport "souligne que le problème n'est pas la foi mais plutôt les conflits, le terrorisme et d'autres événements survenus au cours des dernières années qui ont exacerbé les tensions entre les peuples".
"Nombre de ses suggestions, telles que les campagnes médiatiques pour lutter contre les discriminations ou une révision importante du matériel éducatif, sont destinées à encourager la tolérance et à rejeter les stéréotypes", a dit M. Annan.
L'idée d'"Alliance des civilisations" a été lancée en septembre 2004 à l'ONU par M. Zapatero. L'initiative est soutenue par la Turquie et par M. Annan.
Elle vise à rapprocher les institutions et les sociétés civiles pour surmonter les préjugés et les malentendus entre peuples de différentes cultures et religions. (AFP, 18 déc 2006)
L'Humanité: La frustration et le dépit des citoyens turcs
Déception, découragement, amertume, parfois même colère, telles sont les réactions que suscite dans l’opinion publique turque la décision européenne de geler - partiellement, sur certains chapitres, les négociations en cours depuis un an pour l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Seuls les nationalistes, malheureusement de plus en plus nombreux à droite comme à gauche, se frottent les mains de voir que « le train de l’Europe freine ». Les « pro-européens » les plus convaincus, au contraire, poussent un ouf ! de soulagement : « Le train freine, mais il poursuit son chemin », titrait hier le journal Radikal (centre gauche), rappelant que, de toute manière, le processus d’adhésion est « une longue marche » qui a connu et connaîtra encore des hauts et des bas, la Turquie ne pouvant espérer intégrer l’UE avant quinze ans au moins.
Encore quinze ans d’attente
Mais il est un sentiment unanimement partagé, celui que le premier ministre Erdogan a bien exprimé mardi soir devant le groupe parlementaire de son parti, l’AKP (1), qui, depuis son arrivée au pouvoir en 2002, a fait de l’adhésion à l’UE l’alpha et l’oméga de son programme : « Cette décision, a-t-il dit, est injuste pour la Turquie qui a multiplié les gestes de bonne volonté. »
Ce sentiment d’injustice, très largement répandu, ne tient pas tant au fait que l’UE exerce des pressions sur le gouvernement turc, mais à la manière de faire et à la raison mise en avant : le problème de Chypre. Car s’il est un domaine où l’AKP s’est distinguée des forces politiques classiques, c’est bien celui-là. « Nous refusons une politique nationaliste à l’égard de Chypre et nous avons soutenu le plan de réunification de l’ONU, que la partie grecque a rejeté », rappelle Ayse Bölhurer, jeune femme récemment promue à la direction de l’AKP (lire ci- dessous) : « Nous sommes déçus de voir que l’UE, au lieu d’oeuvrer en faveur de la réunification souhaitée par l’ONU, soutient le nationalisme grec. »
« Les Grecs, qui ont rejeté le plan Annan (2), sont primés et les Turcs, qui l’ont approuvé, sont réprimés », résume Bulent Akarcali, ancien ministre et ancien président de la commission mixte Turquie Parlement européen : « C’est pure hypocrisie de l’UE, qui cherche un alibi pour retarder, voire annuler l’adhésion de la Turquie. La vérité, c’est que certains États, comme la France, l’Autriche, l’Allemagne ou le Danemark, sont gangrenés par le racisme et que certains dirigeants comme Sarkozy ou Merkel ont fait de nous leur tête de turc... »
54 % de la population souhaite l’adhésion
Répercussion directe de cet état d’esprit dans les sondages : 40 % des citoyens turcs pensent que leur pays entrera dans l’Union européenne (contre 70 % il y a dix ans), même s’ils sont encore 54 % à souhaiter cette adhésion. Pour le professeur Suheyl Batum, recteur de l’université Bahçesehir à Istanbul, ces chiffres reflètent « plus une frustration qu’un rejet ». « Une bonne partie de la population a le sentiment que l’Europe ne veut pas de nous, se moque de nous et nous méprise, dit-il. En fait, les gens demandent que l’Europe soit claire : si on ne veut pas de nous, qu’on le dise tout de suite, mais qu’on cesse de chercher des prétextes. »
Besoins de réviser la Constitution
Comme beaucoup d’autres intellectuels turcs, Suheyl Batum regrette que l’Union européenne « ne se préoccupe pas suffisamment des dossiers qui font réellement problème dans le processus de démocratisation qu’a entamé la Turquie en se tournant vers l’Europe ». Pour ce constitutionnaliste de renom, l’un des plus graves concerne « l’absence d’indépendance de la justice, qui nécessiterait une révision profonde de la Constitution » : « Par exemple, le recteur de l’université de Van (Kurdistan - NDLR) a été emprisonné pendant 65 jours. Tous les autres recteurs sont allés le défendre, mais pas un représentant de l’UE n’a bougé le petit doigt... »
Hayri Kozanoglu, le président du Parti de la liberté et de la solidarité (ODP), est encore plus sévère à l’égard de l’Union européenne : « Nous souhaitons certes adhérer à l’UE, mais pas celle de la stratégie de Lisbonne et de la constitution néo-libérale que la France a rejetée. Cette UE là manque de plus en plus de cohérence et constitue de moins en moins un modèle démocratique à nos yeux. Elle critique la Turquie sur Chypre, mais elle se tait quand le gouvernement n’applique pas la charte sociale européenne, qu’il a pourtant signée. »
Gengis Aktar, économiste, professeur d’université, estime pour sa part que le gouvernement turc porte sa part de responsabilité dans la crise actuelle : « Depuis deux ans, ils n’ont rien fait pour faire avancer les dossiers pointés par la Commission, comme la justice ou les droits des minorités. On est même revenu en arrière dans des domaines comme la liberté d’expression, avec l’adoption de l’article 301 qui aboutit à des procès contre des écrivains, des journalistes accusés de "diffamer l’identité turque". Il s’agissait de ménager les nationalistes, mais ce calcul tactique s’est transformé en erreur stratégique : si on avait continué d’avancer sur tous ces dossiers, on aurait des arguments pour contrer l’offensive des anti-Turcs en - Europe. »
Les nationalistes en embuscade
Une offensive qui, compte tenu des échéances électorales, risque de se poursuivre en France, au plus grand bénéfice des nationalistes turcs et de l’armée, toujours en embuscade pour défendre un pouvoir qui reste grand, même si le gouvernement AKP l’a un peu écorné. Car il y a aussi, l’an prochain, des élections en Turquie : présidentielle en avril et législatives en novembre. On prête déjà à Erdogan l’intention de se présenter à la première - c’est l’Assemblée, où il dispose d’une majorité écrasante, qui élit le président - et à l’armée celle de l’en empêcher. Quant aux secondes, le MHP (ex-parti d’extrême droite fasciste des Loups gris) et le CHP (parti social-démocrate devenu ultra-nationaliste au point qu’une pétition circule pour le faire exclure de l’Internationale socialiste) pourraient s’y allier pour faire échec à l’AKP, en surfant sur la vague nationaliste qu’encourage l’attitude de l’Europe.(Françoise Germain-Robin, http://www.humanite.presse.fr, 15 décembre 2006)
(1) L’AKP se définit comme un parti libéral démocratique respectueux de la tradition musulmane turque et se compare aux partis chrétiens-démocrates européens.
(2) Le plan Annan de réunification de Chypre a été approuvé par référendum par la partie nord, occupée depuis 1974 par 40 000 militaires turcs, et rejetée par la partie grecque, qui a malgré cela intégré l’Union européenne en 2005.
Tony Blair affirme son soutien à l'adhésion de la Turquie à l'UE
Le Premier ministre britannique Tony Blair a affirmé samedi à Ankara son soutien à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, après la suspension la veille par les dirigeants des "25" de 8 des 35 chapitres des négociations d'adhésion entre le bloc européen et Ankara.
"Je soutiens fermement l'adhésion de la Turquie à l'UE. J'espère et je pense qu'il y a un chemin pour aller de l'avant", a déclaré M. Blair lors d'une conférence de presse avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.
Le Premier ministre britannique, un des plus ardents soutiens à l'adhésion de la Turquie à l'UE, s'est rendu à Ankara vendredi soir, après avoir participé à Bruxelles à un sommet européen au cours duquel les dirigeants des 25 ont validé une suspension partielle des pourparlers avec la Turquie.
La décision de geler 8 des 35 chapitres de négociations, prise lundi par leurs ministres des Affaires étrangères, fait suite au refus d'Ankara d'ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions chypriotes grecs.
"J'espère vraiment qu'il est possible pour l'Union européenne de montrer que malgré le gel de huit chapitres il y a encore 27 chapitres qui peuvent être négociés et je voudrais voir cela commencer à se produire aussi tôt que possible", a déclaré M. Blair.
S'exprimant peu avant de quitter la Turquie pour se rendre au Caire, première étape d'une tournée au Proche Orient, M. Blair a insisté sur le rôle stratégique de la Turquie, un pays à la population très majoritairement musulmane mais au régime laïc, à cheval entre Europe et Proche-Orient.
"La Turquie est placée pile entre le Proche-Orient et l'Europe", a-t-il souligné. "Si on avait besoin d'un rappel de l'importance stratégique de la Turquie pour l'UE, ce qui se passe actuellement au Proche-Orient en est un".
M. Erdogan a pour sa part critiqué la décision prise a Bruxelles, tout en affirmant que la Turquie continuerait de mener des réformes pour se rapprocher de l'UE.
"La relation de quelque 40 ans entre la Turquie et l'UE a été réduite à des questions secondaires comme l'ouverture de ports", a-t-il estimé. "L'UE a été injuste envers nous", a ajouté M. Erdogan. (AFP, 16 déc 2006)
Les leaders de l'UE valident le gel partiel des négociations avec la Turquie
Les chefs d'Etats et de gouvernement des 25 ont validé vendredi la suspension de 8 des 35 chapitres des négociations d'adhésion à l'UE de la Turquie à l'UE, qui refuse d'ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote grec.
Dans cette déclaration adoptée vendredi lors du sommet, les 25 "font leur" la décision prise lundi par leurs ministres des Affaires étrangères de geler 8 des 35 chapitres qui jalonnent les négociations d'adhésion de la Turquie pour son refus d'ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote grec.
Les dirigeants n'ont pas rouvert le débat sur ce sujet sensible qui menaçait jusqu'à il y a quelques jours d'empoisonner le sommet.
Les dirigeants européens, confrontés à des opinions publiques de plus en plus sceptiques, ont marqué le pas vendredi sur l’élargissement, estimant que l’Union devait mieux fonctionner pour pouvoir accueillir de nouveaux membres.
"Nous avons besoin d’assurer que les prochaines vagues (d’élargissement) seront des succès", a déclaré à l’issue du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des 25 le Premier ministre finlandais, Matti Vahanen, président en exercice de l’UE jusqu’à la fin de l’année.
"Il est important que les pays candidats remplissent les conditions et que l’UE soit capable de fonctionner efficacement et de se développer", a-t-il ajouté.
Les 25 ont pesé leurs mots vendredi sur les élargissements à venir, soucieux de resserrer la vis sans décourager les pays des Balkans (Croatie, Macédoine, Albanie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Serbie), les prochains sur les rangs après l’entrée dans l’UE de la Roumanie et de la Bulgarie le 1er janvier prochain.
Les dirigeants européens ont confirmé que l’"avenir" de ces pays était au sein de l’UE. Et ils ont rejeté une proposition du Luxembourg, de la Belgique et des Pays-Bas de faire d’une consolidation du fonctionnement actuel de l’UE un préalable ferme à la poursuite des élargissements, a expliqué le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker.
Mais "à part la Croatie, engagée dans des négociations avancées, les autres élargissements seront difficiles sans au moins (...) un réajustement des institutions", a-t-il estimé. La Croatie est le seul pays des Balkans à avoir entamé des négociations d’adhésion avec l’UE, qu’elle espère rejoindre en 2009.
Les 25 savent qu’une réforme des traités européens est nécessaire si l’Europe veut continuer à s’agrandir, au moins pour limiter le nombre de décisions prises à l’unanimité. Mais plus de 18 mois après le double rejet franco-néerlandais de la Constitution européenne qui devait régler ces questions, ils piétinent encore.
Les dirigeants européens comptent sur la présidence allemande de l’UE en début d’année prochaine pour dessiner une sortie de crise, à concrétiser sous mandat français fin 2008 avant les élections européennes de 2009.
En attendant, le Luxembourg et l’Espagne ont proposé jeudi d’organiser le 26 janvier à Madrid une réunion des 16 pays ayant comme eux déjà ratifié le texte pour déjà réfléchir sur des pistes.
Les chefs d’Etat et de gouvernement veulent surtout éviter de repartir de zéro sur un texte sur lequel ils avaient eu le plus grand mal à s’entendre. "La plupart des Etats membres aimeraient garder sinon le traité tel quel, au moins le maximum de substance possible", a reconnu Matti Vanhanen.
Vendredi, les 25 ont aussi "fait leur" la décision prise lundi par leurs ministres des Affaires étrangères de geler 8 des 35 chapitres qui jalonnent les négociations d’adhésion de la Turquie pour son refus d’ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote grec.
Jusqu’en début de semaine, la question de la Turquie, dont l’adhésion à l’UE reste hypothétique et pas envisagée avant au moins dix ou quinze ans, menaçait de troubler le sommet. Les dirigeants européens ne lui ont finalement réservé que deux lignes dans leurs conclusions.
"Nous gardons la porte ouverte pour la Turquie", a toutefois assuré le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso.
Au terme d’un sommet particulièrement terne, le Premier ministre finlandais a assuré que "le but" était précisément d’éviter que le dossier turc ne monopolise le débat, pour dégager du temps sur "l’élargissement en général".
"C’est pour les autres pays que nous avions besoin de le faire", a-t-il expliqué. "Il était important pour eux de savoir que s’ils continuent leurs réformes, ils auront vraiment une chance de rejoindre l’UE". (AFP-Armenews, 15 décembre 2006)
Chirac justifie le gel partiel des négociations avec Ankara
Le président français Jacques Chirac a justifié vendredi le gel partiel des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne tout en souhaitant que celles-ci aboutissent à terme.
La Turquie "n'a pas pu ou pas voulu respecter ses engagements" d'ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote grec, a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet européen.
Les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 ont entériné la décision de leurs ministres des Affaires étrangères qui ont gelé 8 des 35 chapitres thématiques qui jalonnent les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE.
"Il était normal que, sans la condamner et sans en tirer des conclusions extrêmes, l'Union européenne prenne des dispositions pour l'inciter a revenir le plus vite possible au respect des règles européennes, et en particulier de celles qui concernent les relations commerciales avec Chypre", a souligné M. Chirac.
Il a affirmé s'être "toujours prononcé en faveur de négociations, tout en sachant parfaitement que ces négociations seront longues et difficiles" en raison de l'importance des réformes exigées.
"Je ne sais pas le résultat de tout cela, mais nous souhaitons que ces négociations se poursuivent et se poursuivent jusqu'à un résultat positif". La fin des négociations entre Bruxelles et Ankara n'est pas prévue avant une quinzaine d'années.
La question turque divise profondément la majorité en France. L'un des principaux opposants à son entrée dans l'UE est le probable candidat de la droite aux prochaines élections présidentielles, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. (AFP, 15 déc 2006)
Erdogan dénonce une "injustice" mais promet de continuer les réformes
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé mardi la décision prise la veille par les 25 de ralentir les négociations d'adhésion de son pays à l'Union européenne mais affirmé que le processus de réformes se poursuivrait malgré cette "injustice".
"Malgré toute notre bonne volonté, la décision de l'UE est malheureusement une injustice pour la Turquie", a-t-il déclaré lors d'un discours au parlement.
"Les relations entre la Turquie et l'UE sont soumises à une rude épreuve", a indiqué M. Erdogan, qui a cependant souligné que son gouvernement continuerait "avec la même détermination" dans la voie des réformes pro-européennes.
"Quoi que l'UE dise, le processus de réformes se poursuivra", a renchéri son ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül, cité par l'agence Anatolie.
Il a estimé que la décision de l'UE "démontre son absence de vision" envers un pays dont les 25 soulignent tous l'importance stratégique.
"Cette décision contraste également avec l'objectif (d'adhésion à part entière) que nous avons fixé ensemble avec l'Union", a souligné M. Erdogan, qui a regretté que l'initiative de dernière minute de son pays n'ait pas abouti.
Celle-ci prévoyait l'ouverture pour un an d'un port et d'un aéroport turcs, en contrepartie notamment de la levée de l'isolement économique de la République turque de Chypre du Nord (KKTC), reconnue uniquement par Ankara, et d'un règlement global entre-temps de la question chypriote.
Ce dernier devrait se faire sous l'égide de l'Onu, seule plate-forme internationale, selon Ankara, capable de trouver une solution au problème.
Sur ce point, M. Erdogan a accusé le bloc européen de ne pas avoir tenu ses promesses et d'avoir cédé à la position intransigeante de l'administration chypriote-grecque.
M. Erdogan a répété que tant que durerait l'isolement de la KKTC, la Turquie n'avancerait pas pour mettre en oeuvre le protocole d'union douanière qu'il a signé en 2005 et qu'elle refuse d'appliquer à Chypre.
"En s'engageant sur ce protocole, la Turquie pensait que l'isolement de la KKTC serait rompu", a tenté d'expliquer M. Erdogan, dont le gouvernement est très critiqué par l'opposition parlementaire pour avoir signé ce document.
Pour la presse turque, la situation actuelle n'est pas le plus mauvais scénario, car les 25 sont d'accord pour dégeler les chapitres suspendus en cas de progrès turcs.
"Le train européen freine" titrait le journal Radikal (libéral), tandis que pour Zaman (islamiste modéré) "le train de l'UE poursuit son chemin". (AFP, Burak Akinci, 12 déc 2006)
Satisfaction de Chypre et de la Grèce de la décision de l'UE
Chypre a exprimé sa satisfaction mardi après la décision prise la veille par les 25 de ralentir les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne après son refus d'ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote-grec.
"Les conclusions du conseil (des ministres des Affaires étrangères de l'UE), correspondent, dans une large mesure, aux principaux objectifs que nous avions fixés", a déclaré à la presse le porte-parole du gouvernement, Christodoulos Pashiardis.
Selon lui, les chefs de la diplomatie chypriote et grecque, aidés par d'autres homologues européens, ont "mené une âpre bataille" pour neutraliser la volonté de certains d'adopter une approche plus souple vis-à-vis d'Ankara.
"Il n'y a pas de quoi triompher (...) Mais nous ne sous-estimons pas non plus l'importance" de cette décision, a-t-il poursuivi.
Chypre et la Grèce ont toujours fait campagne pour des sanctions plus sévères envers Ankara.
La Grèce a également exprimé sa satisfaction mardi après la décision prise la veille par les 25 de ralentir les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne après son refus d'ouvrir ses ports et aéroports au trafic chypriote-grec.
Les mesures décidées par les 25 sont "satisfaisantes" et correspondent aux objectifs que s'était fixés la Grèce, a affirmé la ministre des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis, à l'issue d'un conseil ministériel restreint.
"Le message est clair (...) la porte de l'Europe est ouverte pour la Turquie mais à la condition qu'elle accepte et respecte l'acquis communautaire", a ajouté la ministre.
Elle s'est aussi félicité qu'en arrivant finalement à un compromis, les ministres aient évité que s'ouvre "une faille" lors du sommet européen.
A côté notamment de Chypre, la Grèce était au départ en faveur de sanctions plus sévères envers la Turquie. (AFP, 12 déc 2006)
Accord pour ralentir les négociations d'adhésion avec la Turquie
Les ministres européens des Affaires étrangères ont trouvé lundi soir un accord à l'arraché pour ralentir les négociations d'adhésion à l'UE de la Turquie, évitant ainsi que ce sujet ultra-sensible gâche le sommet européen de jeudi et vendredi. "La présidence finlandaise est arrivée à un compromis sur une position commune de l'UE sur les négociations d'adhésion de la Turquie", a indiqué la présidence, déjouant ainsi les pronostics des analystes qui jugeaient un accord improbable lundi.
L'accord des 25 comporte plusieurs points, a expliqué la ministre française des Affaires européennes Catherine Colonna. Les 25 se sont d'abord entendus pour suspendre huit des 35 chapitres qui jalonnent les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, ralentissant de facto la marche de ce grand pays musulman vers l'Union, déjà prévue pour durer au minimum 10 ou 15 ans.
Ils ont aussi trouvé un compromis pour réévaluer "si nécessaire" tous les ans jusqu'en 2009 les progrès que pourrait effectuer la Turquie, sanctionnée lundi pour son refus d'ouvrir ses ports et aéroports aux Chypriotes grecs.
Enfin, ils sont d'accord pour dégeler les chapitres suspendus "à tout moment" en cas de progrès turcs.
Avec cet accord, les ministres évitent à leurs chefs d'Etat et de gouvernement un sommet qui s'annonçait houleux jeudi et vendredi à Bruxelles, la perspective d'adhésion à terme de la Turquie divisant profondément les 25.
Toutefois, les pays membres ont préféré de rester silents sur les autres violations de la Turquie est un manquement qui met gravement en danger la construction européenne : négation du génocide des Arméniens et pénalisation de son affirmation (article 305), torture, violations des droits socioculturels des Kurdes et de ceux des minorités religieuses, atteintes à la liberté d’expression (article 301)…
« La décision des Etats membres a ajouté à la confusion déjà existante dans les relations avec la Turquie » a déclaré la Présidente de la Fédération Euro-Arménienne, Hilda Tchoboian. « Le Conseil devrait se montrer plus crédible en fixant un délai raisonnable à la ratification par la Turquie de ce protocole ».
Elle souligne que, parallèlement à la violation du protocole d’Ankara, la Turquie viole également les nouveaux accords de voisinage de l’UE en refusant de lever le blocus de l’Arménie.
« Nous regrettons que l’offensive des gouvernements pro–turcs de l’Union ait eu raison de ceux qui veulent voir la Turquie adopter les règles européennes ; il est du devoir des citoyens européens de refuser les passe-droits accordés à ce pays que certains dirigeants veulent leur imposer » a conclu Hilda Tchoboian.
Reste à savoir comment Ankara accueillera cette décision. Avant de prendre position sur l'accord trouvé par les ministres européens des Affaires étrangères pour ralentir les négociations d'adhésion entre Ankara et l'UE, la Turquie va l'examiner, a indiqué lundi soir un porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Namik Tan.
"Nous ne pouvons rien dire avant d'avoir étudié le texte" qui "ne nous a pas encore été soumis officiellement", a-t-il déclaré à l'AFP.
Les ministres européens des Affaires étrangères se sont mis d'accord lundi pour donner un coup de frein aux négociations d'adhésion à l'UE de la Turquie, qui refuse toujours de s'ouvrir au trafic chypriote grec. Ils ont suspendu huit des 35 chapitres qui jalonnent les négociations d'adhésion à l'UE, ralentissant de facto la marche de la Turquie vers l'Union, déjà prévue pour durer 10 ou 15 ans.
Dans une tribune publiée lundi dans l'International Herald Tribune, le ministre turc des Affaires étrangères avait prévenu les 25 des "conséquences" d'un "déraillement" des négociations d'adhésion de son pays. (AFP-EAFJD, 11 déc 2006)
Athènes: "Une vieille formule dans un nouvel emballage"
La Grèce a qualifié vendredi de "vieille formule dans un nouvel emballage" l'offre d'Ankara d'ouvrir un port aux navires venant de Chypre pour éviter la suspension des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE).
"Avec la levée du brouillard d'informations qui entoure l'offre, je pense que chacun va voir de manière plus claire qu'il s'agit d'une vieille formule dans un nouvel emballage", a déclaré le ministre grec des Affaires étrangères George Koumoutsakos à la chaîne Sky News.
"Il y a juste eu une bonne politique de communication pour présenter (cette offre)", a-t-il ajouté.
La Turquie a annoncé jeudi qu'elle était prête à ouvrir un port et un aéroport pour une période d'essai d'un an aux bateaux et avions chypriotes pour éviter une suspension des négociations avec l'UE, mais qu'elle attendait dans ce délai un règlement global de la question chypriote.
Plusieurs pays de l'UE attendaient vendredi des clarifications sur une offre jugée trop floue, pour savoir si elle représentait une vraie percée par rapport au refus qu'avait toujours opposé jusqu'ici Ankara sur l'ouverture de ses ports et aéroports au trafic chypriote grec.
Avant l'annonce de cette offre, la Commission européenne avait recommandé mercredi de ralentir les négociations d'adhésion UE-Turquie, une recommandation que les 25 ne sont pas obligés de suivre et qui pourrait provoquer une crise avec Ankara. (AFP, 8 déc 2006)
Le nouveau geste controversé d'Ankara suffira-t-il à l'UE ?
L'Union européenne a annoncé jeudi que la Turquie lui avait proposé d'honorer en partie ses engagements en ouvrant un port aux navires chypriotes grecs, une offre immédiatement rejetée par Nicosie qui a estimé qu'elle "bafouait" l'Union.
"La Turquie a informé la présidence finlandaise (de l'UE) de son intention d'ouvrir provisoirement un port important aux navires chypriotes", a indiqué jeudi le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja.
La présidence avait dans un premier temps parlé d'un port et d'un aéroport mais il s'agit en fait d'un port et "probablement" d'un aéroport, a précisé un porte-parole finlandais.
A quatre jours d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE qui doivent se prononcer sur une suspension partielle des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, le ministre chypriote grec des Affaires étrangères George Lillikas a immédiatement rejeté la proposition qui, a-t-il déclaré, "bafoue l'UE parce qu'elle est dépourvue de tout contenu sérieux".
"Nous avons clairement dit à l'UE que ce n'était pas négociable", a-t-il ajouté, soulignant que la Turquie devait appliquer le protocole d'Ankara.
La Turquie a signé en 2005 ce protocole qui étend son union douanière avec l'UE aux dix Etats entrés dans le bloc européen en 2004. Mais elle refuse de l'appliquer à la République de Chypre (chypriote grecque), dans le sud de l'île divisée depuis 1974, et de lui ouvrir ses ports et aéroports.
En raison de ce refus, la Commission européenne a recommandé le 29 novembre la suspension de 8 des 35 chapitres des pourparlers d'adhésion turcs.
D'autres Etats membres de l'UE ont été plus positifs que Chypre sur l'offre turque.
Français et Grecs, parmi les moins enthousiastes face à la perspective d'une entrée de la Turquie dans l'UE, ont réclamé des clarifications d'Ankara. Mais Italiens, Allemands, Néerlandais et Finlandais, tout comme la Commission, ont estimé que l'offre pourrait éventuellement être une avancée importante si elle était inconditionnelle.
"Si ce pas se confirme, c'est évidemment un pas très important dans le sens de l'application complète du protocole d'Ankara", a notamment dit le président de la Commission José Manuel Barroso.
Ankara a refusé de commenter officiellement son offre. Mais un responsable turc a assuré sous le couvert de l'anonymat que son pays était prêt à ouvrir un port et un aéroport pendant un an, mais attendait dans ce laps de temps la résolution globale du problème chypriote sous l'égide de l'ONU.
Plusieurs sources diplomatiques européennes craignaient jeudi que cette offre soit "conditionnée" à la levée de l'isolement de Chypre du nord, via la reprise du commerce direct de l'UE avec le port chypriote turc de Famagouste et l'ouverture de l'aéroport chypriote turc d'Ercan. Des mesures que réclame depuis longtemps Ankara.
Les Chypriotes grecs, qui posent systématiquement leur veto à des mesures commerciales en faveur de la partie nord et sont les plus hostiles à une adhésion de la Turquie, ont insisté jeudi sur le fait qu'il était "hors de question" pour eux d'ouvrir l'aéroport d'Ercan.
Les Finlandais s'étaient heurtés à ces difficultés en tentant ces derniers mois de trouver un compromis avec Ankara et Nicosie. Avant d'annoncer la semaine dernière qu'ils jetaient l'éponge.
Le plan qu'ils avaient présenté fin septembre visait à lever l'embargo commercial infligé à la partie turque de l'île-- comme promis par l'UE et réclamé par Ankara-- moyennant l'ouverture de quelques ports turcs.
Mais les Turcs exigeaient aussi l'ouverture de l'aéroport d'Ercan.
Les ambassadeurs des 25 à Bruxelles doivent se réunir à nouveau vendredi pour éclaircir la question avant la réunion des ministres de lundi. (AFP, 7 déc 2006)
Paris et Berlin proposent un nouveau calendrier pour les négociations
Paris et Berlin ont proposé mardi que les 25 adoptent un nouveau calendrier pour les négociations qu'ils mènent avec la Turquie en vue de son adhésion à l'Union européenne, renonçant de facto à leur proposition de "clause de rendez-vous".
Ce calendrier s'ouvrirait en novembre 2007 avec les élections turques et la publication du rapport annuel de la Commission européenne sur les négociations d'adhésion avec Ankara, et se refermerait aux élections européennes du printemps 2009.
Tirant les conclusions de l'échec du protocole d'Ankara, qui concerne notamment l'ouverture des ports turcs aux bâtiments chypriotes et qui conditionne l'adhésion de la Turquie, les deux capitales avaient suggéré l'idée d'une "clause de rendez-vous".
Celle-ci, que Berlin avait repoussée à 18 mois, était destinée à se laisser le temps de faire le point sur les avancées du processus de négociations.
Mais la Commission européenne s'est montrée réticente à cet égard, appelant mardi la France et l'Allemagne à ne pas chercher à imposer de délais rigides à la Turquie pour qu'elle remplisse ses obligations vis-à-vis de Chypre, soulignant que dans le passé de telles contraintes "n'avaient produit aucun résultat".
Cette idée d'une date-butoir a également provoqué la colère des dirigeants turcs, estimant qu'une telle éventualité serait une "erreur historique".
Mardi, à l'occasion du sommet du Triangle de Weimar réunissant l'Allemagne, la France et la Pologne à Mettlach (sud-ouest de l'Allemagne), la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Jacques Chirac ont proposé un nouveau calendrier, moins rigide.
"Nous oeuvrerons pour que la Commission établisse un rapport entre les élections en Turquie et les élections européennes" sur l'état de ces négociations, a indiqué Mme Merkel lors d'une conférence de presse.
Durant cette période, "la Commission pourra alors dire encore une fois comment on va pouvoir aller de l'avant", a dit la chancelière.
"Il ne s'agit pas de fixer une échéance ferme", a-t-elle insisté, soulignant notamment que la proposition de la Commission était "une bonne base" pour le Conseil européen.
La Commission doit publier en novembre 2007 son rapport annuel sur ces négociations, et "Paris et Berlin proposent que les Etats européens se resaississent de cette question à l'occasion de ce rapport, et ce jusqu'aux élections européennes du printemps 2009", a expliqué un diplomate.
"Dans ce laps de temps, et sans notion de date-butoir, les Européens examineront les progrès" éventuels réalisés par la Turquie, selon cette source.
"Nous sommes d'accord pour tirer les conclusions de l'absence de progrès sur le protocole d'Ankara, nous regrettons cette absence de progrès", a souligné M. Chirac en conférence de presse, précisant que "la position de la France est exactement la même que celle que vient d'exprimer la chancelière".
Celle-ci a assuré que ce nouveau calendrier ne visait pas à rendre plus sévères les conditions d'adhésion de la Turquie, mais, a-t-elle rappelé, "notre but est que le protocole d'Ankara soit mis en oeuvre".
De son côté le président polonais Lech Kaczynski a déclaré que l'adhésion de la Turquie "tenait à coeur à la Pologne". Il a adressé une critique implicite à ses alliés européens: "les normes doivent certes être observées, mais également de la part de l'Union européenne", a-t-il dit.
La Commission a recommandé la semaine dernière aux 25 une suspension formelle d'une partie des négociations d'adhésion à l'UE lancées avec la Turquie en octobre 2005 en raison du refus d'Ankara d'ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions de la République chypriote grecque qu'Ankara ne reconnaît pas. (AFP, 5 déc 2006)
Les relations entre les 25 et Ankara ne cessent pas de se détériorer
Quatorze mois après l'ouverture de négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, les relations entre les 25 et Ankara n'ont cessé de se détériorer et le blocage des pourparlers renforce les doutes de voir un jour ce grand pays musulman rejoindre le club européen.
Preuve de cette dégradation, la Commission européenne vient d'appeler à »freiner» les négociations d'adhésion avec Ankara, alors même que les discussions, prévues pour durer au moins 10 ou 15 ans, font déjà du surplace depuis plusieurs mois.
Les 25 ne sont pas tenus de suivre cette recommandation. Ils sont si divisés sur la Turquie qu'il n'est pas exclu qu'ils ne sanctionnent même pas Ankara pour son refus d'accepter dans ses ports et aéroports les navires et avions de la République chypriote grecque, entrée dans l'UE en 2004 mais qu'Ankara ne reconnaît pas.
Mais la recommandation de la Commission confirme ce que tout le monde sentait depuis plusieurs mois: l'ouverture des négociations avec la Turquie en octobre 2005 n'a pas simplifié les relations de l'UE avec ce pays; l'hostilité face à son adhésion va croissante dans certains pays membres; et la division persistante de Chypre complique énormément les discussions.
Tout le monde est pourtant d'accord sur l'importance stratégique de la Turquie, à cheval entre Europe et Asie, membre de l'Otan, laïc mais à population majoritairement musulmane. Pays voisin de l'Irak et l'Iran, appelé à calmer les tensions entre l'Occident et le monde musulman, comme l'a rappelé le pape Benoit XVI lors de son récent voyage en Turquie.
Cette position stratégique n'a fait que s'accroître avec la montée des inquiétudes des Européens sur leurs approvisionnements en gaz et en pétrole venus de Russie. Si les Européens veulent diversifier leurs achats, la Turquie, plaque tournante pour le transit des hydrocarbures venus d'Asie centrale, est incontournable.
Mais la Turquie, avec ses 70 millions d'habitants, des partis politiques musulmans et nationalistes potentiellement puissants et des violations persistantes des droits de l'Homme, fait peur.
Une partie de la population de l'UE a déjà des états d'âme sur l'entrée dans l'UE en 2004 des anciens pays communistes d'Europe centrale, qui expliquent pour certains le rejet de la Constitution européenne par la France et les Pays-Bas. Et ne semble pas prête à repousser vers l'Orient les frontières européennes.
Un sondage européen publié en juillet montrait que seuls 39% des Européens étaient favorables à une entrée de la Turquie dans l'UE, alors que 48% y étaient opposés, même si ce pays remplissait toutes les conditions posées par l'Union.
Dans certains pays, les opposants à la Turquie recueillaient même une très large majorité: l'Autriche, l'Allemagne, le Luxembourg, la Grèce et Chypre, la Belgique.
La France, dont l'Assemblée nationale a courroucé Ankara en votant en octobre une proposition de loi rendant passible de prison la négation du génocide arménien de 1915-1917, fait souvent figure d'ennemi juré à une adhésion d'Ankara. Elle n'arrivait pourtant qu'en dixième position, avec 54% de sa population opposée à une adhésion de la Turquie.
Avec un tel sondage, le scepticisme croissant de certains dirigeants européens est compréhensible, d'autant qu'ils reconnaissent que l'élargissement de 2004 a laissé des séquelles et que les futures adhésions ne se feront qu'avec le soutien de l'opinion européenne.
Devant tant d'hostilité, les Turcs ne sont pas du genre à baisser la tête et à accélérer les réformes législatives qui prouveraient leur capacité à rejoindre l'UE.
Au contraire, les réformes ont ralenti en 2006, même si certaines ont été adoptées récemment. Certains analystes n'excluent pas qu'ils quittent d'eux-mêmes la table des discussions avec l'UE.
Les sondages confirment que la population turque est de moins en moins favorable à une adhésion à l'UE. Fin octobre, 32% seulement des Turcs soutenaient cette éventualité, contre 57,4% en septembre 2005 et 67,5% en 2004. (Tageblatt-collectifvan.org, 5 décembre 2006)
Berlin souhaite un réexamen dans 18 mois des progrès d'Ankara
L'Allemagne souhaite que l'Union européenne se donne 18 mois supplémentaires avant de décider, au vu des progrès réalisés par Ankara, si les Etats membres peuvent reprendre les pourparlers d'adhésion avec la Turquie, a déclaré lundi un porte-parole gouvernemental, à la veille d'un sommet franco-germano-polonais.
La chancelière Angela Merkel "considère comme un instrument approprié et tout à fait raisonnable" l'adjonction à la récente proposition de la Commission de ralentir les négociations avec Ankara d'une "clause d'examen", a expliqué lors d'un point de presse régulier Thomas Steg, le porte-parole adjoint du gouvernement allemand.
Cette clause permettrait aux 25 --auxquels s'ajouteront dès l'an prochain la Roumanie et la Bulgarie-- de conditionner la reprise des pourparlers d'adhésion à l'examen des progrès réalisés par Ankara, au bout d'un délai qui pourrait être de 18 mois, a-t-il précisé. "On verra dans les semaines à venir si c'est à cette solution qu'on aboutira", a-t-il encore indiqué.
Après la proposition formulée la semaine dernière par la Commission européenne de ralentir les négociations d'adhésion, les 25 "veulent réfléchir si on doit en rester à cette proposition, ou si le Conseil européen, après un certain délai - probablement 18 mois - évaluera à nouveau les progrès qui auront alors été accomplis (par Ankara)", a précisé M. Steg.
La manière de mener les négociations d'adhésion avec la Turquie fera partie des questions européennes à l'ordre du jour du sommet prévu mardi à Mettlach près de Sarrebruck (sud-ouest) entre Mme Merkel et les présidents français Jacques Chirac et polonais Lech Kaczynski.
La Turquie ayant refusé d'ouvrir ses ports aux navires chypriotes grecs, la Commission européenne a recommandé mercredi de suspendre les discussions d'adhésion sur 8 des 35 chapitres thématiques jalonnant les négociations Turquie-UE, dont ceux qui touchent aux questions d'union douanière.
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, qui semblent particulièrement divisés sur la question, doivent se prononcer le 11 décembre sur cette recommandation. (AFP, 4 déc 2006)
Paris et Berlin proposent une "clause de rendez-vous" à Ankara
La France et l'Allemagne proposent une "clause de rendez-vous" pour réévaluer si nécessaire la décision de suspension partielle des négociations d'adhésion de l'UE avec la Turquie, a-t-on appris lundi auprès de la présidence française.
Le président français Jacques Chirac rencontrera mardi à Mettlach (Allemagne) la chancelière allemande Angela Merkel, pour un sommet informel dans le cadre des rencontres dites de Blaesheim, avant de rencontrer le président polonais Lech Kaczynski dans le cadre d'un sommet du "Triangle de Weimar".
L'idée que comptent proposer M. Chirac et Mme Merkel à leurs partenaires européens, au Conseil européen des 14 et 15 décembre à Bruxelles, consiste à proposer à Ankara une "clause de rendez-vous pour qu'à un moment donné on puisse regarder si la Turquie a évolué et s'il y a lieu de revenir sur la décision" de la Commission, a-t-on appris dans l'entourage de M. Chirac.
La Turquie ayant refusé d'ouvrir ses ports aux navires chypriotes grecs, la Commission européenne a recommandé de suspendre les discussions d'adhésion sur 8 des 35 chapitres thématiques jalonnant les négociations Turquie-UE, dont ceux qui touchent aux questions d'union douanière.
Pour la présidence française, cette clause de rendez-vous est considérée comme "une clarification". (AFP, 4 déc 2006)
Prodi favorable à réexamen dans 18 mois des progrès d'Ankara
Le Premier ministre italien Romano Prodi s'est dit favorable lundi à un projet franco-allemand de fixer un nouveau rendez-vous avec la Turquie pour relancer si nécessaire ses négociations d'ahdésion à l'Union européenne, dans des déclarations à une télévision grecque.
Interrogé sur cette proposition, M. Prodi a estimé qu'elle pouvait "être utile", si elle permettait de "donner du temps à la Turquie pour dépasser l'année électorale" qu'elle va vivre.
Mais il a rejeté toute idée d'imposer à la Turquie des conditions supplémentaires pour son adhésion à l'UE, selon la traduction de ses propos faite par la chaîne privée Méga.
En visite officielle en Grèce, M. Prodi avait auparavant estimé qu'il fallait "laisser la porte ouverte à la Turquie", tout en lui signifiant que les règles d'adhésion sont les mêmes pour tous les pays, à l'issue d'une rencontre avec son homologue grec Costas Caramanlis. (AFP, 4 déc 2006)
Le PM finlandais évoque un "revers temporaire" pour la Turquie
Le Premier ministre finlandais Matti Vanhanen, dont le pays assume la présidence tournante de l'UE, a affirmé vendredi que la recommandation de la Commission européenne de ralentir les pourparlers d'adhésion avec la Turquie ne constituait qu'un "revers temporaire".
"La Turquie est et reste un pays avec lequel on mène des négociations (...) Je suis convaincu que la situation actuelle constitue un revers temporaire", a-t-il dit lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue Recep Tayyip Erdogan.
Il a souligné que le rythme des discussions d'adhésion dépendait de la Turquie, faisant référence à une éventuelle décision de ce pays de respecter son engagement douanier envers Chypre, qui se trouve à l'origine de la décision de la Commission.
"Il n'y pas d'accident de train", a-t-il précisé, reprenant la formule employée par plusieurs responsables européens. "L'intégration de la Turquie suit son cours. La vitesse va peut-être diminuer mais la station d'arrêt reste la même", a-t-il souligné.
Il a une nouvelle fois exhorté les Turcs à ouvrir leurs ports et aéroports aux navires et avions chypriotes grecs, raison pour laquelle la Commission européenne a recommandé mercredi de suspendre les discussions d'adhésion sur 8 des 35 chapitres thématiques jalonnant les négociations Turquie-UE, dont ceux qui touchent aux questions d'union douanière.
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, qui semblent particulièrement divisés sur la question, doivent se prononcer le 11 décembre sur cette recommandation.
M. Erdogan les a appelés à ne pas adopter telle quelle la recommandation de la Commission. "Pour nous, dans son état actuel, cette recommandation est inacceptable" a dit le Premier ministre.
"Nous attendons que soit prise une décision claire qui n'entravera pas le processus" de négociations, a-t-il dit.
"Les leaders européens ne doivent pas et ne permettront pas que le processus (d'intégration de la Turquie) soit pris en otage par un pays", a ajouté M. Erdogan, faisant référence à la République de Chypre, membre depuis 2004 de l'Union mais que la Turquie ne reconnaît pas.
Les chances sont minces de voir les 25 s'entendre sur la sanction à infliger à Ankara. Les grands pays réticents à l'adhésion de la Turquie, comme l'Allemagne et la France, ont assuré soutenir la proposition de la Commission.
Britanniques et Suédois estiment au contraire qu'elle va trop loin.
Lors d'un déjeuner offert vendredi aux ambassadeurs des Etats membres de l'UE, le chef de la diplomatie turque Abdullah Gül a fait part du "mécontentement" de son gouvernement concernant la recommandation de la Comission.
"En fin de compte, se sera à vous de décider, à terme, d'accepter ou non la Turquie, mais ne stoppez pas une Turquie qui tente de se transformer", a-t-il dit aux diplomates, selon l'agence Anatolie. (AFP, 1 déc 2006)
Turquie-USA/ Turkey-USA
Ankara presse les Etats-Unis d'intervenir contre le PKK en Irak
La Turquie demande aux Etats-Unis des mesures concrètes contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) installés en Irak, faute de quoi elle pourrait adopter une approche plus unilatérale dans sa lutte contre le PKK, a déclaré vendredi un officiel turc.
Le général à la retraite Edip Baser, chargé de coordonner avec Washington la lutte contre le PKK, a déclaré sur la chaîne d'information NTV qu'il discuterait de "pas concrets prioritaires" avec son homologue américain, le général à la retraite Joseph W. Ralston, quand ils se rencontreraient en janvier.
"Nous (la Turquie) avons un calendrier à l'esprit", a-t-il poursuivi. "Si nous ne sommes pas parvenus à des pas concrets d'ici l'arrivée à échéance de ce calendrier, (...) alors nous dirons qu'il n'y a pas de raison de continuer à perdre notre temps et nous mettrons un terme à cet effort conjoint".
Les chemins pourraient "se séparer" si les Etats-Unis rejettent les mesures que la Turquie juge appropriées pour lutter contre le PKK, a-t-il ajouté.
M. Baser a reconnu qu'il n'était "pas réaliste d'attendre des pas concrets, importants, contre le PKK en un jour", mais a déclaré qu'Ankara souhaitait voir des signes de progrès dès le début de l'année prochaine.
Il a également souligné qu'en cas de nécessité, la Turquie pourrait mener des opérations par-delà sa frontière avec l'Irak contre les camps du PKK établis dans les montagnes du nord de l'Irak et que "ce n'est pas une question dont qui que ce soit pourrait se mêler".
Ankara réclame de longue date une intervention des Etats-Unis contre le PKK, qui se sert de l'Irak comme d'une base arrière pour mener dans le sud-est de la Turquie, région à population majoritairement kurde, des opérations contre les forces de sécurité turques.
Mais Bagdad et Washington tardent à agir, affirmant être trop occupés par les violences frappant le reste de l'Irak.
En août, Ankara et Washington ont nommé MM. Baser et Ralston pour coordonner leurs efforts. (AFP, 22 déc 2006)
Former US soldiers supplies his view of Suleymaniye incident
Following statements made by Turkish Lieutenant General Koksal Karabay two evenings ago on the Haberturk TV channel in relation to the infamous "bag over head" incident which took place in July 2003 in Northern Iraq, an American troop commander has supplied his version of the events to Hurriyet.
The 26 troop commander, whose name was not revealed, but who gave permission for his photograph to appear in the newspaper, said that his regiment's raid on the Turkish Special Forces camp in Northern Iraq's Suleymaniye on July 4, 2003 was a complete surprise for the Turkish soldiers there. This was a complete reversal of statements made by Turkish Lieutenant General Karabay two nights on Turkish TV, when the general had asserted that "Turkish soldiers were ready and waiting in the building" for the arrival of the US soldiers.
According to the unnamed American troop leader, the Turkish soldiers were infact lying and watching TV in their camp when the US soldiers arrived. The same US troop leader noted that US forces had paid off local guards who had been hired to watch the Turkish headquarters, which is why there had been no notification before their arrival.
Speaking to the Hurriyet, the unnamed former US soldier also noted that had the Turkish soldiers at the camp been forewarned, and had they taken up arms against the US soldiers, there could have been serious repurcussions and death. Instead, noted the soldier, "Thank God the Turkish commander told his men to drop their arms....We caught your soldiers unaware. They didn't even have a chance to fight. Unfortunately, they had hired some Arab guards to watch the base and warn of danger, and we paid off these Arab guards." (Hurriyet - kurdishinfo.com, December 19, 2006)
US magazine claims Turkey giving arms to Turkmenis in Kirkuk
Hurriyet-In a statement to the US News & World Report, an unnamed US source told the magazine that "Turkey, which fears an independent Kurdistan, is supplying arms and money to the Turkmen population in Kirkuk." According to the article, Shiites in Kirkuk have allowed Mehdi Army militias to take up position in Kirkuk in order to put up a front against the Kurdish forces.
Adding to the portrait of the northern region of Iraq painted by the US News & World Report article, a US army commander, General Benjamin Mixon, is quoted as saying "We have to be ready, the tension will be very high." The same article notes that during Saddam's reign, ethnic Arabs were relocated to Kirkuk, while after the US invasion, Kurds had flowed by the thousands into the area. "We have to watch the situation carefully," says US General Raymond Odierno, while another unnamed US military source acknowledges "This area is like a powder keg." (Hurriyet - kurdishinfo.com, December 19, 2006)
Bush assure Erdogan de son soutien ferme à l'entrée de la Turquie dans l'UE
Le président américain George W. Bush a assuré vendredi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan de son "ferme soutien" à l'accession de son pays à l'Union européenne, à un moment important des négociations entre Bruxelles et Ankara, a indiqué la Maison Blanche.
M. Bush a appelé M. Erdogan vendredi et "a de nouveau exprimé son ferme soutien à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne", a indiqué une porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino.
Cette marque de soutien intervient à quelques jours d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE qui doivent se prononcer sur une suspension partielle des négociations d'adhésion de la Turquie.
Les deux dirigeants ont aussi parlé de la situation au Proche-Orient et les visites de M. Erdogan chez les voisins iranien et syrien de la Turquie ces tout derniers jours, a rapporté Mme Perino.
M. Bush a redit son "inquiétude" devant les projets qu'a l'Iran, selon lui, de se doter de l'arme nucléaire, ainsi que les activités "déstabilisatrices" de la République islamique et de son allié syrien dans la région, en particulier au Liban, a-t-elle dit.
La Turquie est un allié important des Etats-Unis et les Européens ne prennent pas tous bien le soutien apporté par M. Bush à la candidature turque.
Dans un nouvel épisode des difficiles tractations entre l'Union européenne et une Turquie majoritairement musulmane, cette dernière est menacée d'une suspension d'une partie des pourparlers d'adhésion, à cause de l'épineuse question chypriote et de son refus d'ouvrir ses ports et aéroports aux bateaux et avions chypriotes grecs.
They discussed the situation in the Middle East and the Prime Minister's recent visits to Iran and Syria. The President reiterated his concerns about Iran's nuclear weapons program and other destabilizing activities of Iran and Syria in the region, particularly in Lebanon. They also discussed Turkey's European Union accession talks. The President again expressed his strong support for Turkish membership in the EU. (AFP, 8 déc 2006)
Relations régionales / Regional Relations
Erdogan appelle les Irakiens à "regarder vers l'avenir"
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche au lendemain de l'exécution de Saddam Hussein que les Irakiens devaient "regarder vers l'avenir" et renoncer aux "sentiments de vengeance" afin de pouvoir se réconcilier.
Dans une première réaction officielle turque à la pendaison de l'ancien président irakien, M. Erdogan s'est déclaré très inquiet des conséquences que pourrait avoir cette exécution pour l'ordre public déjà très perturbé de ce pays voisin de la Turquie.
"Il y a actuellement une guerre civile en Irak (...) environ 650.000 personnes ont perdu la vie dans des violences. C'est bien-sûr une catastrophe", a-t-il dit à des journalistes à Istanbul, cité par l'agence Anatolie.
Il a exhorté la population irakienne à oeuvrer tous ensemble pour restaurer la sécurité dans le pays en abandonnant "les sentiments de vengeance".
Il a aussi souligné que la question irakienne était devenue pour Ankara une affaire "beaucoup plus privilégiée" que le dossier de l'Union européenne que son pays souhaite intégrer.
L'opposition social-démocrate au parlement turc a de son côté dénoncé l'exécution du président irakien déchu. "On ne peut assurer la paix et la justice avec une pendaison, ce n'est pas possible et c'est faux", a souligné Deniz Baykal, le chef du parti républicain du peuple (CHP), principale parti d'opposition à l'Assemblée turque.
"Qu'un pays (Etats-Unis) occupe un autre pays (Irak) et exécute son leader. C'est dérangeant", a-t-il encore souligné.
Les journaux turcs, libéraux ou pro-islamiste, étaient unanimes dimanche pour dénoncer le fait que Saddam Hussein ait été pendu le jour de la fête musulmane d'al-Adha.
La photo de l'ancien dictateur, la corde passée autour du cou par ses bourreaux, fait la une de tous les journaux.
"Exécution à la far west", titrait ainsi à la Une le quotidien Aksam qui estime que ce "show", orchestré par les occupants américains, n'est pas digne des temps modernes.
La Turquie a aboli la peine de mort en 2002 dans le cadre d'une série de réformes démocratiques pour se rapprocher des normes de l'UE. (AFP, 31 déc 2006)
Le parti pro-kurde de Turquie dénonce l'exécution de Saddam
Le Parti pour une société démocratique (DTP), principale formation pro-kurde de Turquie, a dénoncé samedi l'exécution de l'ancien président irakien Saddam Hussein.
"Même si c'est les Kurdes qui ont le plus souffert durant sa période de gouvernement (...) Saddam n'aurait pas du être pendu", a estimé Aysel Tugluk co-président du DTP dans un communiqué.
M. Tugluk a précisé que son parti s'opposait à la peine capitale et estimé que la pendaison du président déchu pourrait avoir pour conséquence l'embrasement davantage de l'Irak, déchiré par des violences confessionnels notamment.
"Saddam avait déjà été condamné dans les consciences. Cette punition est beaucoup plus sévère que la peine de mort que nous devons rejeter", a-t-elle encore affirmé.
Condamné à mort pour sa responsabilité dans l'exécution de 148 habitants chiites du village de Doujail dans les années 1980, en représailles à un attentat contre son convoi, Saddam Hussein a été exécuté samedi à l'aube.
La Turquie, pays voisin de l'Irak qui abrite une forte communauté kurde, n'avait pas encore réagi officiellement samedi en fin de matinée à cette exécution.
Ankara a aboli la peine de mort en 2002 dans le cadre d'une série de réformes démocratiques pour se rapprocher des normes de l'union européenne qu'elle souhaite intégrer. (AFP, 30 déc 2006)
FIDH : «une réponse à la barbarie par la barbarie »
La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) condamne avec la plus grande fermeté l'exécution par pendaison, ce samedi 30 décembre, de l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein.
La FIDH rappelle que, quelle que soit la gravité des crimes commis, la peine de mort n'est jamais justifiée. Selon Patrick Baudouin, président d'Honneur de la FIDH, "la peine de mort est la pire des réponses à apporter aux crimes commis par Saddam Hussein, puisqu'on répond à la barbarie par la barbarie ". " En outre", a-t-il ajouté, "au delà de la condamnation absolue de la peine de mort, l'exécution hâtive de Saddam Hussein prive les Irakiens et le monde entier d'un procès global concernant le massacre d'Haladja, l'opération Anfal et le massacre des chiites, qui aurait permis de mettre en lumière les complicités occidentales dont il a joui".
La FIDH déplore qu'une occasion historique de juger les crimes de Saddam Hussein selon les normes d'un procès équitable se traduise par une parodie de justice, conclue par une exécution qui ne peut que favoriser le cycle de violence en Irak. (fidh, 30 décembre 2006)
Iraqi MP calls for holding ‘retaliation conference’ against Turkey
While former Iraqi Prime Minister Ayad Allawi was having talks in Ankara on Tuesday, a member of his Iraqi National Accord proposed hosting a conference for Turkey's ethnic Kurds at the Iraqi Parliament, in apparent retaliation for the “Istanbul Conference” of the Iraqi Sunnis, held on Dec. 13 and 14.
“We are against interfering in the internal affairs of our neighbors,” Allawi said at a press conference following his talks with senior Turkish officials, when he was reminded of the proposal by Ayad Cemalettin, a member of the Iraqi Parliament from his national accord.
Cemalettin argued that it would be possible for a parliamentary group or political party to host the “Conference for Supporting Turkey's Kurds,” the Doðan News Agency (DHA) reported on Tuesday, citing a report on the Web site of the Patriotic Union of Kurdistan (PUK).
“Such a conference will be a start for opening very hot files that have so far had the Turkish government's red lines on them,” Cemalettin was quoted as saying by the agency, while he also claimed that the Turkish government has continued to interfere in the domestic affairs of Iraq.
Cemalettin said the conference hosted earlier this month in Istanbul was an example of Turkey's interference. The conference at the time sparked harsh reaction by Iraqi Shiite and Kurdish politicians, with many condemning the conference for exacerbating the sectarian divide. The head of the SCIRI Badr Organization, Hadi al-Amiri, said he found it unthinkable for a conference to convene under the pretense of supporting the Iraqi people while only inviting Sunnis, while Iraqi President and Kurdish leader Jalal Talabani said that Turkey's actions are strange: “On the one hand, [Turkey allows] the inflamers of a sectarian war to hold a congress and, on the other hand, it wants the regional Kurdish government to fight the PKK.”
Meanwhile, Iraq's special envoy for countering the Kurdistan Worker's Party (PKK), Shirwan al-Waili, said the Iraqi government was against attempts like the one Cemalettin offered, the agency reported. (Turkish Daily News, December 27, 2006)
Procès Saddam: "Coopération" anti-Kurde Irak-Turquie évoquée
L'accusation au procès de l'ancien président irakien Saddam Hussein sur la campagne Anfal a produit jeudi de nouveaux documents officiels de l'époque ordonnant l'utilisation de l'arme chimique et évoquant une "coopération" avec la Turquie sur les réfugiés kurdes.
Pour la quatrième journée consécutive, le procureur général Mounkithe Al-Faroun a exhibé devant le Haut tribunal pénal irakien des documents émanant de l'état-major et ordonnant la destruction de "bases des saboteurs" par des bombardements aériens et d'artillerie utilisant "l'arme spéciale".
Les termes "frappes spéciales" et "arme spéciale" font référence à l'usage d'armes chimiques, selon l'accusation.
Le procureur a ordonné à quatre reprises de couper les micros pour poursuivre les discussions à huis clos sur des documents concernant "les relations Irak-Turquie" de l'époque.
Il a ensuite montré à la cour un mémo demandant aux officiers irakiens "de coopérer avec la partie turque, selon les termes d'un protocole de coopération prévoyant le renvoi de tous les réfugiés kurdes".
Aucun autre détail n'a été donné sur cette "coopération".
Frontalière du Kurdistan irakien, la Turquie est engagée depuis des années dans la lutte contre les indépendantistes kurdes.
"Cela n'a rien à voir avec la réalité", a déclaré à l'AFP à Ankara un diplomate, parlant sous le couvert de l'anonymat. "Il s'agit d'une communication interne des Irakiens".
Il a notamment souligné que la communauté internationale se souvenait "très bien de l'assistance offerte par la Turquie aux Kurdes d'Irak", en référence à l'arrivée de 500.000 kurdes fuyant l'armée irakienne en 1991.
Saddam Hussein et six de ses anciens lieutenants sont poursuivis pour leur responsabilité dans les campagnes militaires Anfal (butin en arabe) menées à l'arme chimique, qui ont provoqué la mort de plus de 180.000 personnes au Kurdistan en 1987 et 1988, selon l'accusation.
Comme tout au long de la semaine, Saddam Hussein, vêtu d'un costume gris sombre et des livres à la main, était présent jeudi à l'audience aux côtés de ses co-accusés.
L'accusation leur a montré un ordre écrit de l'état-major, daté d'avril 1988, qui demandait "la destruction de toutes les bases des saboteurs, avec l'arme spéciale à l'aide de bombardements d'artillerie et aériens".
Un courrier du 28 août 1988 exige "la destruction de toutes les maisons" d'un village et conclut par: "en informer le président, que Dieu le bénisse".
Un autre document, signé le 21 août de la même année du chef d'état-major d'alors Nazar Abdul Kareem Faisal, ordonne de "traiter les populations avec des frappes à l'arme spéciale afin de créer la panique", souhaitant "une destruction totale dans la zone nord (...) avant un nouveau possible conflit avec l'Iran".
Enfin, un courrier d'avril 1988 ordonne aux forces irakiennes "d'utiliser la munition spéciale contre les forces ennemies aussi longtemps que possible et frapper les bases des saboteurs autant que nécessaire".
Cette lettre est "paraphée d'une signature que nous pensons être celle de Saddam Hussein", a affirmé le procureur.
"C'est la première fois dans l'histoire que l'armée d'un pays utilise l'arme chimique contre son propre peuple", a-t-il précisé.
"Il ne s'agit pas seulement d'armes chimiques, mais de la destruction de villages entiers, des civils... Qui a décidé?", a clamé M. Al-Faroun.
L'un des prévenus, Hussein Rachid, ancien numéro deux de l'armée, a réagi avec véhémence: "Quelle est ma responsabilité dans tout ça? (...) Vous voyez mon nom sur ces documents?", a-t-il lancé, avant de reconnaître: "En tant que numéro deux de l'armée je n'avais pas le choix, que pouvais-je faire d'autre?"
La prochaine audience a été fixée au 8 janvier. (AFP, 21 déc 2006)
La Turquie ordonne l'expulsion d'un dissident tchétchène
La Turquie a ordonné l'expulsion d'un dissident tchétchène recherché par la Russie, ont affirmé vendredi son avocat et des militants des droits de l'Homme, exprimant leur inquiétude sur son sort s'il est remis aux autorités russes.
Ouvais Abdoullaev, un ancien représentant en Turquie des rebelles séparatistes tchétchènes, a été arrêté en octobre à Istanbul en vue de son expulsion après avoir fait l'objet d'une interdiction du territoire turc, a déclaré à l'AFP son avocat Me Abdul Halim Yilmaz.
M. Abdoullaev a ensuite fait une demande d'asile politique mais elle a été rejetée et le ministère turc de l'Intérieur a offciellement notifié le mois dernier à l'interessé qu'il serait expulsé, a ajouté Me Yilmaz.
"Nous avons fait appel auprès d'un tribunal administratif pour faire annuler l'expulsion et nous sommes actuellement dans l'attente d'un résultat", a-t-il précisé.
Il a ajouté que l'affaire avait aussi été portée devant la Cour européenne des droits de l'Homme.
"Nous pensons qu'il y a un risque élevé qu'il soit confronté à la torture ou à des mauvais traitements en Russie", a-t-il indiqué.
Ouvais Abdoullaev a fait office en 1997 et 1998 de représentant en Turquie de l'ancien dirigeant tchétchène Aslan Maskhadov, même s'il n'a jamais été reconnu comme tel par le gouvernement d'Ankara.
Il vit en Turquie depuis 2002.
La section turque d'Amnesty international a affirmé avoir écrit une lettre au ministre de l'Intérieur Abdulkadir Aksu critiquant l'ordre d'expulsion et exprimant son inquiétude sur le traitement que le dissident pourrait recevoir en Russie.
"Nous voyons une grande contradiction dans le fait que les autorités turques prétendent que M. Abdullaev est en Turquie pour des raisons économiques et ne risque rien s'il est remis à la Russie alors qu'elles ont admis qu'il est recherché par la Russie en tant que "terroriste", affirme le groupe dans un communiqué.
"M. Abdoullaev est confronté au "risque de torture et/ou de mauvais traitements, procès inéquitable et d'emprisonnement en Russie en raison de ses opinions politiques et religieuses", ajoute le document. (AFP, 22 déc 2006)
Saakashvili seeks Turkey's support in row with Moscow
Georgian President Mikhail Saakashvili arrived in Ankara to seek Turkey's stronger support in their discord with Russia.
Turkish President Ahmet Necdet Sezer welcomed his counterpart with a state ceremony at the Presidential Palace. During the meeting of the two counterparts, Sezer informed Saakashvili on a new project for the Baku-Tbilisi-Erzurum natural gas pipeline following the already constructed Baku-Tbilisi-Ceyhan oil pipeline.
Sezer said that Turkey supported Georgia's political and territorial integrity and its sovereignty, at the joint press conference held after the meeting. He also expressed his wishes for a peaceful solution of the Abkhazia and South Ossetia conflict.
Saakashvili informed the press about their efforts for establishing of a free trade agreement between the two countries.
After meeting with Sezer, Saakashvili also met Turkish Foreign Minister Abdullah Gul and Foreign Trade Minister Kursat Tuzmen in Ankara.
The visiting president will visit Istanbul for a one day visit to realize his agenda on bilateral cooperation. In this regard, Saakashvili will meet Turkish businessmen at Turkish Union of Chambers and Commodity Exchanges (TOBB).
The already shaky relations between Georgia and Russia worsened after Saakashvili was elected in 2004. On September 27 this year, four Russian army officers were arrested for allegedly spying. As a result, Russia cut off the postal service to Georgia, deported Georgian citizens from Russia and closed down Georgian workplaces.
The last straw was Russia's increase in gas prices for 109.1 percent. Naturally Georgia denied paying such astronomic prices and Russia cut off the gas supplies. Georgia needs 1.8 billion cubic meters of gas and Turkey is expected to step in. (Cihan News Agency, December 20, 2006)
Elections palestiniennes anticipées: inopportunes, selon Erdogan
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a qualifié lundi de "très négative" et inopportune l'annonce du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas d'appeler à des élections anticipées dans les Territoires.
Organiser des élections si près du dernier scrutin de janvier 2006 qui s'est soldé par la victoire du mouvement islamiste Hamas "n'est pas adapté à la situation actuelle et est très négatif", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'ONU.
Soulignant que M. Abbas, membre du Fatah, et le Premier ministre Ismaïl Haniyeh, du Hamas, "ont franchi quelques étapes positives et ont commencé à travailler ensemble", Erdogan a ajouté: "Je ne pense pas que le moment pour ceci (l'appel à de nouvelles élections) est très opportun".
Faisant allusion aux pays occidentaux qui soutiennent l'appel de M. Abbas, M. Erdogan a souligné que "ceux qui considèrent la Palestine positivement auraient dû faire en sorte de s'assurer que les Palestiniens aient davantage d'aide économique parce que les résultats des élections (de janvier qui ont abouti à la victoire du Hamas) n'ont pas vraiment été respectés" par la communauté internationale.
Après la victoire du Hamas, une grande partie de la communauté internationale a décidé de couper l'aide financière et économique aux Palestiniens.
"Ceci a été la plus grave des erreurs (...) La volonté des Palestiniens n'a pas été respectée", a-t-il dit.
M. Erdogan était à l'ONU pour présenter avec le président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, un rapport sur "L'Alliance des civilisations".
"L'Alliance des civilisations", lancée en septembre 2004 à l'ONU, veut rapprocher les institutions et les sociétés civiles pour surmonter les préjugés et les malentendus entre peuples de différentes cultures et religions. (AFP, 18 déc 2006)
Un nouvel accord de coopération du gouvernement islamiste avec Israël
Israël et la Turquie ont signé un protocole d'accord pour conduire une étude de faisabilité sur la construction d'un pipeline reliant la Mer noire à la Mer rouge.
Le mémorandum a été conclu la semaine dernière lors d'une rencontre entre le ministre israélien des Infrastructure, Benyamin Ben Eliezer, et le ministre turc de l'Énergie, Hilmi Guler, de passage à Jérusalem.
L'étude concerne la construction de 4 immenses conduites dans la mer Méditerranée, lesquelles achemineraient respectivement du gaz naturel, de l'eau, de l'électricité et du pétrole depuis la Turquie jusqu'en Terre sainte (le gaz naturel et pétrole provenant de Russie). Après avoir alimenté Israël, ces précieuses matières premières devraient par la suite abreuver l'Autorité Palestinienne, la Jordanie, le Liban pour finalement être acheminées vers l'Inde, la Chine et la Corée du Sud.
Bien que rudement malmenée par des turbulences politiques récentes, la coopération économique entre la Turquie et Israël date de 1996, année de la signature d'accords de coopération militaire, suivis d'accords commerciaux bilatéraux.
Crise financière de l'économie turque en 2001, reprise du conflit israélo-palestinien, montée au pouvoir des islamistes, annulation d'un contrat sur l'importation d'eau, guerre du Liban, les sources de conflits entre les deux Etats n'ont pas manqué sans pour autant entamer la détermination de leurs dirigeants à œuvrer pour l'avenir de leur pays.
Plus de 150 sociétés israéliennes sont présentes en Turquie actuellement et le niveau des échanges entre Israël et la Turquie dépasse les 2 milliards de dollars.
Afin d'étudier la faisabilité de ce 'corridor d'énergie', les deux pays, qui examinent depuis plus de 5 ans les moyens de partager leurs richesses et leurs savoirs respectifs, devront débourser 40 millions de dollars. Les résultats devraient être connus d'ici une dizaine de mois. (EkoTürk News - guysen.com, 17 décembre 2006)
Assad-Erdogan ont discuté le Liban, de l'Irak et la Palestine
Le président syrien Bachar al-Assad et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan ont appelé mercredi à la coopération pour réduire la tension dans la région, après avoir discuté de trois dossiers brûlants, le Liban, l'Irak et les territoires palestiniens.
Selon l'agence officielle Sana, les deux dirigeants ont affirmé "la nécessité de déployer les efforts pour diminuer la tension dans la région, appelant les "Etats de la région à coopérer pour y réaliser la sécurité et la stabilité"
La situation au Liban, en Irak et dans les territoires palestiniens a dominé les entretiens des deux deux dirigeants qui ont convenu de "poursuivre la coordination et la consultation à propos des questions d'intérêt commun et celles touchant le Proche-Orient".
M. Erdogan était arrivé en milieu de journée à Damas pour une visite de quelques heures. Il a été accueilli à son arrivée à l'aéroport de Damas par son homologue Mohammad Naji Otri avant d'être reçu par le président syrien.
MM. Assad et Erdogan ont eu d'abord "un entretien en tête-à-tête qui a été élargi ensuite" aux délégations des deux pays, selon Sana.
Mardi, le Premier ministre turc avait annoncé à Ankara qu'il discuterait avec M. Assad des tensions au Liban et en Irak, ainsi que du conflit israélo-palestinien.
"Notre objectif est de voir comment la Turquie peut contribuer à rétablir la paix au Proche-Orient (...) La zone se trouve dans un chaos profond", avait-il dit.
La visite en Syrie de M. Erdogan intervient alors que le Liban est plongé dans une grave crise politique.
L'opposition libanaise, menée par le mouvement chiite Hezbollah, allié de Damas et de Téhéran, tient depuis vendredi un sit-in illimité pour demander le départ du gouvernement libanais de Fouad Siniora, soutenu par l'Occident.
L'Irak, voisin de la Turquie, est déchiré par des violences confessionnelles qui ont tué plus de 13.000 civils en quatre mois, selon les Nations unies alors que dans les territoires palestiniens, la crise politique persiste après l'échec du dialogue entre le Fatah et le mouvement islamiste Hamas sur un cabinet d'union nationale. (AFP, 6 déc 2006)
Erdogan évoque les questions régionales et l'énergie à Téhéran
Le Premier ministre turc Recep Tayip Erdogan a évoqué dimanche à Téhéran les questions régionales et les échanges commerciaux turco-iraniens avec les dirigeants de la République islamique.
"L'objectif principal de ce voyage est d'étudier les développements rapides de la situation internationale", a dit M Erdogan, cité par la télévision, lors d'un entretien avec le président Mahmoud Ahmadinejad.
Il a notamment mentionné "la situation délicate de la région, notamment en Irak, en Palestine et au Liban, et la responsabilité que les deux nations (turque et iranienne) éprouvent pour en trouver la solution".
La télévision iranienne n'a pas rapporté d'éventuels propos de M. Ahmadinejad à ce sujet.
Ce dernier a insisté sur la nécessité d'améliorer les échanges bilatéraux avec la Turquie, notamment dans le domaine de la fourniture d'énergie.
"Téhéran et Ankara peuvent étendre leurs échanges commerciaux et même investir ensemble dans d'autres parties du monde", a dit M. Ahmadinejad.
Soulignant les besoins croissants de l'Europe en matière énergétique, il a affirmé que "la République islamique est prête, avec la coopération de la Turquie, à contribuer aux besoins en énergie du monde".
Sur ce sujet, M. Erdogan a remarqué que les échanges commerciaux entre les deux pays, de 1,2 milliard de dollars en 2002, "sont aujourd'hui à six milliards, et j'ai bon espoir qu'ils atteignent dix milliards", a-t-il dit.
La balance commerciale penche en faveur de Téhéran, qui exporte avant tout du gaz vers la Turquie.
M. Erdogan, qui est accompagné du ministre turc de l'Energie Hilmi Gülern, a exprimé le souhait d'achats de gaz plus importants.
Le Premier ministre turc, arrivé samedi soir, a été reçu officiellement dimanche par le vice-président Parviz Davoudi avant de rencontrer le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.
S'agissant de l'Irak, Téhéran et Ankara accusent des Kurdes irakiens de fomenter des troubles dans leurs propres minorités kurdes.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne Mohammad Ali Hosseini a assuré dimanche dans un point de presse que les deux pays "partagent bien entendu une préoccupation commune sur la situation intérieure en Irak".
Cette préoccupation "découle de la présence des forces d'occupation, qui sera discutée". Téhéran a appelé à de multiples reprises à un retrait des forces américaines d'Irak, qu'il considère comme les principales responsables du chaos sécuritaire dans ce pays.
L'ayatollah Khamenei a estimé à ce sujet que les Etats-Unis ne pouvaient que s'enfoncer dans le "bourbier" en Irak, prédisant à Washington un retrait "dans le déshonneur" comme "pendant la guerre du Vietnam".
Au Liban, la Turquie a été le premier pays musulman à fournir des troupes pour la force de maintien de la paix des Nations unies, alors que l'Iran est accusé par les Occidentaux d'y soutenir le parti chiite libanais du Hezbollah.
La Turquie et l'Iran entretiennent des relations courtoises, mais fragilisées par des divergences stratégiques.
Ankara reste un allié de poids des Américains dans la région, alors qu'ils sont le premier adversaire de l'Iran. De même, la Turquie est le meilleur allié d'Israël au Proche-Orient, alors que l'Etat hébreu est l'ennemi juré de la République islamique.
Ces divergences fragilisent le développement des relations économiques et commerciales entre les deux voisins.
Un consortium turco-autrichien, Tepe-Akfen-Vie (TAV), a ainsi été évincé en 2004 comme opérateur du nouvel aéroport Imam Khomeiny de Téhéran, à cause de "liens avec les sionistes".
En 2005, c'est l'opérateur de téléphonie mobile turc Turkcell qui s'est vu annuler un gros contrat pour l'établissement du deuxième réseau du pays, sous la pression des députés conservateurs iraniens. (AFP, 3 déc 2006)
Chypre et la Grèce / Cyprus and Greece
Chypre: les restes de disparus remis à des familles en avril
NICOSIE - Le Comité de l'ONU pour les personnes disparues (CMP) à Chypre dans les années 1960-70 a indiqué jeudi dans un communiqué qu'il espérait être en mesure de remettre les premiers restes de victimes aux familles à compter d'avril 2007.
"L'an prochain, le CMP fera tous les efforts possibles pour apporter des réponses à un maximum de familles", précise le Comité dans ce communiqué.
Selon l'ONU, 1.468 Chypriotes grecs et 502 Chypriotes turcs ont disparu lors des violences communautaires de 1963-64 et au moment de l'invasion turque en 1974. Cette invasion a conduit à une division de l'île entre le sud sous administration chypriote grecque et la République autoproclamée turque de Chypre du nord (KKTC), uniquement reconnue par Ankara.
Longtemps bloquée par les tensions entre les parties, l'identification des ossements a commencé fin août au sein d'un nouveau laboratoire du CMP, situé dans la zone-tampon de Nicosie.
Animé par une équipe de 12 Chypriotes, grecs et turcs, et encadrés par deux anthropologues et deux archéologues étrangers, il est notamment financé par la Turquie et la Grèce.
Son coût de fonctionnement est estimé à 2,1 millions d'euros (2,8 M de dollars) pour 2007.
"Des fonds importants ont déjà été obtenus par le Comité qui continuent ses efforts pour en lever d'autres. Il est prévu que le projet dure plusieurs années", a souligné le CMP.
Fin octobre, les restes de 49 disparus chypriotes étaient en cours d'identification, en attendant l'exhumation de centaines d'autres, toujours enterrés dans des charniers à travers l'île.
Les charniers localisés ne couvrent que 60 à 80% du nombre total de disparus, selon le CMP.
En KKTC, les disparus ont tous été déclarés morts, alors que la République de Chypre considère toujours les siens comme vivants. (AFP, 21 déc 2006)
Ankara doit honorer ses engagements sans poser de conditions (Papadopoulos)
La Turquie doit honorer ses engagements envers l'Union européenne (UE) en ouvrant, sans condition, ses ports et aéroports au trafic chypriote-grec, a déclaré samedi le président de la République de Chypre, Tassos Papadopoulos.
"Nous estimons que les obligations de la Turquie envers l'UE sont autonomes et indépendantes de tout autre dossier, et elle doit s'y conformer", a déclaré M. Papadopoulos à l'aéroport de Larnaca (sud) à son retour d'une visite en Chine.
Il a par ailleurs rejeté toute tentative de lier la question des obligations de la Turquie à celle de la division de l'île de Chypre.
"Il ne peut y avoir de relation entre les obligations de la Turquie et ce qui se passe à Chypre", a-t-il dit.
La Turquie a toujours dit qu'elle n'ouvrirait ses ports et aéroports aux Chypriotes-grecs, comme elle le fait pour tous les autres membres de l'UE, que lorsque l'UE tiendrait sa promesse d'alléger l'isolement économique de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), uniquement reconnue par Ankara.
Or, pour les autorités de la République de Chypre, dont l'autorité ne s'exerce de facto que sur le sud de l'île, chypriote-grec, cette levée de l'isolement constituerait une reconnaissance de la RTCN.
Par cette promesse, l'UE entendait récompenser les Chypriotes-turcs qui avaient voté pour la réunification de l'île, divisée depuis 30 ans, lors d'un referendum onusien en 2004. Mais les Chypriotes-grecs l'ayant rejetée, l'île était entrée divisée dans l'UE.
La Turquie a proposé jeudi d'ouvrir un port aux navires chypriotes-grecs, voire un aéroport, tout en refusant de parler de "conditions".
Chypre a déclaré qu'Ankara se moquait de l'UE, estimant qu'il ne faisait aucun doute que cette offre était conditionnelle à l'ouverture de l'aéroport de Tymbou (Ercan en turc) et le port de Famagouste, tous deux situés dans le nord de l'île.
Le Premier ministre finlandais Matti Vanhanen, dont le pays préside l'UE, a jugé vendredi l'offre turque insuffisante.
"C'était évident pour tout le monde que (cette offre était) une tentative pour détourner l'attention", a indiqué M. Papadopoulos.
Les ministres européens des Affaires étrangères doivent discuter lundi d'une éventuelle suspension des négociations avec Ankara. (AFP, 9 déc 2006)
La CEDH accorde 885.000 EUR à une chypriote-grecque spoliée
La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a alloué jeudi 885.000 euros d'indemnités à une chypriote-grecque spoliée de ses biens dans le nord de l'île lors de l'intervention turque en 1974, a-t-on appris auprès de la Cour.
Dans son arrêt, la CEDH précise qu'elle a décidé d'allouer cette somme à Myra Xenides-Arestis à titre de "satisfaction équitable" en l'absence d'accord trouvé avec les autorités de la République turque de Chypre du nord (KKTC, reconnue par la seule Turquie) sur le montant des dédommagements.
Mme Xenides-Arestis, qui vit aujourd'hui à Nicosie, reclame la restitution d'une propriété héritée de sa mère et qu'elle considère comme son domicile, mais qui se trouve aujourd'hui en zone turque, à Varosha.
Elle avait obtenu gain de cause sur le fond en décembre 2005 devant la CEDH, mais sa compensation avait été reportée à plus tard.
Son cas fait partie de quelque 1.400 requêtes introduites à Strasbourg par des propriétaires chypriotes-grecs spoliés pour mettre à profit la jurisprudence de la CEDH établie par l'affaire Titina Loizidou. Cette dernière a obtenu 1,12 million d'euros d'indemnisation en 1998.
A la demande de la CEDH, une commission de réparation a été créée l'an dernier par la KKTCpour trouver des accords amiables sur les dédommagements.
Mme Xenadis-Arestis avait refusé en juin dernier une offre de compensation de cette commission qui avait proposé 800.000 euros en attendant qu'un réglement politique global intervienne à Chypre.
La CEDH a repris ce chiffre pour le dommage financier subi, lui ajoutant 50.000 euros pour préjudice non financier et 35.000 euros pour frais et dépens.
Les questions de propriété figurent parmi les contentieux les plus importants sur Chypre depuis 1974. (AFP, 7 déc 2006)
Annan appelle les Chypriotes à parler sérieusement de réunification
Les dirigeants chypriotes grecs et turcs doivent démontrer par des actes qu'ils désirent sérieusement des discussions sur la réunification de leur île, déclare le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, dans un rapport publié mardi.
Selon ce rapport au Conseil de sécurité, le président chypriote (grec) Tassos Papadopoulos et celui de la République turque de Chypre du nord (RTCN, uniquement reconnue par Ankara), Mehmet Ali Talat, dans un accord passé en juillet, ont "reconnu que le statu quo est inacceptable et qu'un règlement global est à la fois désirable et possible".
"Ceci requiert volonté politique et sens du compromis", affirme M. Annan, qui appelle à "des actes des deux côtés pour combler le fossé entre paroles et actions".
En novembre, M. Annan avait rencontré à Genève M. Talat, qui avait réitéré la nécessité de mettre fin à l'isolement des Chypriotes turcs et promis de mettre rapidement en oeuvre l'accord de juillet.
M. Talat avait également déclaré que les propositions de M. Annan, approuvées par sa communauté par référendum en 2004 mais rejetées par les Chypriotes grecs, "continuaient de constituer la base de toute solution à l'avenir".
Le 8 juillet, MM. Papadopoulos et Talat s'étaient entendus pour poursuivre les pourparlers en vue d'une réunification de l'île divisée.
Cette réunion était la deuxième seulement en deux ans, depuis la tenue des référendums au sud et au nord de l'île sur un plan de réunification proposé par l'ONU.
Elle s'est tenue après des entretiens séparés du secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des affaires politiques, Ibrahim Gambari, avec les dirigeants chypriotes grec et turc, ainsi qu'avec des responsables à Athènes et Ankara.
Chypre est divisée en deux depuis 1974, lorsque l'armée turque a occupé le nord de l'île en réponse à un coup d'Etat chypriote grec visant à rattacher Chypre à la Grèce. (AFP, 5 déc 2006)
Athènes veut un messsage plus "ferme" de l'UE vers la Turquie
La ministre grecque des Affaires étrangères Dora Bakoyannis a déclaré dimanche que l'Union européenne (UE) devrait envoyer un message plus "ferme" à la Turquie lors du sommet européen du 11 décembre.
"L'UE doit envoyer un message ferme à la Turquie lors du prochain sommet européen pour la convaincre d'appliquer le protocole dit d'Ankara et ouvrir ses ports aux navires chypriotes", a indiqué Mme Bakoyannis lors d'un entretien à Flash, une radio privée d'Athènes.
Après le refus de la Turquie d'appliquer à la République de Chypre ce protocole, qui étend l'union douanière avec l'UE aux dix Etats entrés dans le bloc européen en 2004, la Commission européenne a recommandé mercredi de suspendre les discussions sur 8 des 35 chapitres thématiques jalonnant les négociations Turquie-UE.
"Athènes et Nicosie ont l'intention de demander le gel sur d'autres chapitres (thématiques) et l'imposition d'un calendrier pour convaincre la Turquie de se conformer à ses obligations", a prévenu Mme Bakoyannis s'alignant en partie avec la position du président chypriote Tassos Papadopoulos avec qui elle s'est entretenue vendredi à Nicosie.
Toutefois, la ministre a souligné que "les négociations Turquie-UE ne devaient pas s'arrêter" et a souhaité que les 25 aboutissent "à un compromis".
Le Premier ministre grec Costas Caramanlis avait indiqué mercredi que la recommandation de la Commission était "une base pour poursuivre les négociations au sein de l'UE" et qu'Athènes continuait de soutenir la perspective européenne de la Turquie "à condition qu'elle remplisse ses engagements". (AFP, 2 déc 2006)
La visite d'Abdullah Gül à Athènes à nouveau reportée
Le chef de la diplomatie turque Abdullah Gül a finalement ajourné une visite prévue les 7 et 8 décembre à Athènes, suite à plusieurs changements d'agendas à l'initiative grecque, a indiqué vendredi le ministère grec des Affaires étrangères.
Une nouvelle date pour cette visite est en cours de fixation par voie diplomatique mais "au vu des calendriers très serrés, il est très peu probable" qu'elle se déroule en décembre, a précisé à l'AFP le porte-parole du ministère, Georges Koumoutsakos.
La ministre grecque, Dora Bakoyannis, avait demandé mercredi le report de la visite car celle-ci coïncidait avec une importante réunion extraordinaire sur le Proche-Orient du Conseil de sécurité de l'ONU qui venait d'être programmée. Suite à un changement de date de cette dernière réunion, la ministre avait réitéré, jeudi, son invitation à M. Gül.
Entre-temps, celui-ci a également modifié son programme et n'était plus en mesure de venir à Athènes, a précisé le ministère grec.
Cette valse des dates s'est déroulée alors que la Commission européenne recommandait un ralentissement des négociations d'adhésion de la Turquie au vu du refus persistant d'Ankara d'appliquer à la république de Chypre l'accord d'Union douanière Turquie-UE.
Les ministres européens des Affaires étrangères devraient prendre une décision à ce sujet le 11 décembre. (AFP, 1 déc 2006)
Immigration / Migration
Musa Asoglu a mis un terme à la grève de la faim dans la prison de Bruges
Le communiqué du CLEA:
A 12h00 ce vendredi 22 décembre 2006, l'enseignant Musa Asoglu a mis un terme à la grève de la faim qu’il menait depuis le 30 octobre en protestation contre les conditions de détention inhumaines et dégradantes infligées par ordre de la Ministre de la Justice aux prisonniers politiques incarcérés à Bruges.
Les visites reçues, par lui et ses camarades, de trois médecins à l'appel du Clea et de quatre parlémentaires, en plus de l'arrêt du 12 décembre par la Cour d'Appel de Bruxelles imposant des astreintes au Ministère de la Justice en cas de non respect de l’obligation de lever les aspects les plus inhumains des conditions de détention des détenus de Bruges constituent une importante victoire qui a permis à Musa Asoglu de mettre fin aujourd’hui à sa grève de la faim.
Depuis le 7 novembre 2006, jour de l’arrestation de Bahar Kimyongür, le Clea a développé son difficile combat contre les lois antiterroristes qui menacent nos libertés et toutes leurs conséquences.
Pendant ces six semaines, il a centré sa mobilisation sur les conditions de détention inhumaines et dégradantes de Bahar et des trois détenus de Bruges : Musa Asoglu, Sukriye Akar et Kaya Saz.
Actions hebdomadaires du samedi à la Bourse des familles et proches des prisonniers politiques et du Clea, lettre ouverte à Laurette Onkelinx initiée par quelques personnalités du monde académique et démocratique et rassemblement devant son domicile, conférence de presse avec la Ligue des Droits de l’Homme et l’Observatoire International des prisons, motions syndicales, marche du 10 décembre de la Porte de Hal à la prison de Saint-Gilles…, autant d’initiatives qui ont mobilisé des centaines de personnes.
Parallèlement à ces actions, les avocats des détenus ont multiplié les démarches : référés et Cour d’appel contre les traitements inhumains et dégradants infligés aux prisonniers, pourvoi en cassation contre le jugement du 7 novembre…
Trois médecins, à l’appel du Clea, ont rendu visite aux trois détenus de Bruges. Quatre parlementaires ont également rendu visite aux quatre détenus. Ces faits, additionnés à l’arrêt de la Cour d’Appel de Bruxelles imposant des astreintes au Ministère de la Justice en cas de non respect de l’obligation de lever les aspects les plus inhumains des conditions de détention des détenus de Bruges (lumière jour et nuit et fouilles toutes les demi-heures, y compris la nuit), constituent une importante victoire qui a permis à Musa Asoglu de mettre fin aujourd’hui à sa grève de la faim. Le Clea se réjouit de la bonne nouvelle et restera vigilant en vue de s’assurer que la réalimentation lente et progressive de Musa Asoglu se fasse en des termes préservant sa santé.
Pour rappel, pendant tout ce temps, à Bruges, Musa Asoglu a poursuivi une grève de la faim de 53 jours entamée dès le 30 octobre contre la politique d’isolement et d’incarcération spéciale infligée par la Ministre de la Justice aux détenus du procès DHKP-C, en dépit des jugements rendus par les tribunaux.
Premières victoires
Tous ces efforts conjugués ont produit des résultats : ainsi, la direction de la prison de Bruges a abandonné partiellement, par ordre de la Cour d’Appel de Bruxelles, les mesures inhumaines et dégradantes : la lumière est éteinte la nuit dans les cellules des détenus en isolement, les fouilles corporelles humiliantes et incessantes ont cessé partiellement ; les détenus peuvent recevoir la visite de leurs connaissances et amis et avoir des contacts téléphoniques sporadiques. Mais, l’isolement persiste 24h/24h pour les prisonniers politiques de Bruges (23h/24h, si pas de visite, pour le prisonnier politique de Gand) : les prisonniers de Bruges ne peuvent pas encore avoir de visites à table, ni de contacts avec les autres prisonniers, ni d’accès à la bibliothèque et aux autres activités communes, ce qui reste une forme grave d’isolement.
Bahar Kimyongür a un accès sporadique à la petite bibliothèque (dont les ouvrages sont pour la plupart en néerlandais) de la prison, depuis quelques jours, grâce aux démarches de parlementaires amis. Dorénavant, il pourra recevoir les membres de sa famille, qui le visitent, à table et plus derrière une vitre. Pour la première fois, après 43 jours, il a pu serrer sa maman dans ses bras le 20 décembre 2006, et son épouse, le lendemain !!!
Le combat est loin d’être fini tant en ce qui concerne les conditions de détention que pour le caractère inique du jugement dont les prisonniers politiques de Bruges et de Gand sont les victimes. C’est pourquoi le Clea poursuit la mobilisation autour de ses objectifs :
-liberté pour Bahar
-annulation du procès et justice pour les quatre détenus
-interdiction de tout traitement inhumain et dégradant dans les prisons
-abrogation des lois antiterroristes.
Réveillon pour nos libertés
Pour fêter ensemble ces premières victoires et préparer celles de 2007, nous vous invitons à nous rejoindre lors de notre réveillon de fin d’année, le 31 décembre à partir de 19 heures, au 89 de l’avenue du Parc à Saint-Gilles (1060 Bruxelles).
Venez nombreux apporter un peu de réconfort aux familles des prisonniers !
Encore merci à toutes et à tous !
Le Clea, le 22 décembre 2006
Motion de défiance contre le secrétaire d'Etat PS Emir Kir
Lors de la séance plénière du parlement bruxellois de ce jeudi, le chef de file MR Jacques Simonet va déposer une motion de défiance contre le secrétaire d'Etat PS Emir Kir. Les réformateurs proposeront pour le remplacer la députée socialiste Sfia Bouarfa, apprend-on à la lecture de la presse francophone.
La raison du dépôt de cette motion de défiance est le refus -réitéré à plusieurs reprises par M. Kir- de répondre à une question posée par la députée MR Viviane Teitelbaum lui demandant s'il a signé ou non une pétition niant le génocide arménien.
Une controverse juridique risque de naître à la suite de ce dépôt de motion de défiance. Le réglement interne du parlement bruxellois prévoit en effet qu'une telle motion n'est recevable que si elle est signée par la majorité des membres du groupe linguistique auquel appartient le ministre concerné. "En contradiction avec la loi spéciale de 1989 qui pose pour seule condition l'obligation de désigner un successeur", rétorque Jacques Simonet. (belga, 21 décembre 2006)
Appel en cassation contre l’arrêt-DHKPC de la Cour d’appel de Gand
Les avocats des condamnés dans le procès DHKP-C ont introduit un appel auprès de la Cour de Cassation le 21 novembre 2006. Ils demandent la cassation de l’arrêt de la Cour d’appel de Gand du 7 novembre 2006.
Les avocats font appel auprès de la Cour de cassation avec, notamment, les arguments suivants :
1. La Cour d’appel de Gand a totalement eu tort d’accepter la composition d’un tribunal spécial à Bruges. Ceci s’est passé en laissant siéger à Bruges le juge Troch de Termonde, comme juge et président de la Chambre.
2. Ni à Bruges ni à Gand le caractère public des séances n’a été garantie. Ceci a tenu à l’écart des personnes qui voulaient assister au procès. A cause de mesures de sécurité hors du commun, la presse n’a pas assisté aux sessions de la Cour d’appel de Gand.
3. La Cour d’appel de Gand et le Tribunal correctionnel de Bruges se sont estimés totalement à tort compétents pour ce procès purement politique. Seule la Cour d’Assises est compétente.
4. La Cour d’appel enfreint par son arrêt la liberté d’expression et la liberté de réunion.
5. La Cour d’Appel de Gand a condamné les inculpés entre autres pour des faits qui n’ont pas été commis en Belgique et qui n’ont pas été commis par eux. Ils ont, notamment, été condamnés pour des faits qui se sont produits il y a des dizaines d’années et même plus. Certains des inculpés n’étaient même pas encore nés ou étaient de très petits enfants au moment des faits.
6. La Cour par ailleurs appliqué des lois pénales qui n’existaient pas au moment des faits.
7. L’instruction judiciaire a été menée totalement à charge. La Cour a rejeté toutes les requêtes d’instruction à décharge des inculpés.
8. La Cour a totalement retiré les faits de leur contexte. La Cour a obstinément refusé d’examiner la situation des droits de l’Homme en Turquie et de les impliquer dans leur jugement.
9. Tant le Tribunal correctionnel de Bruges que la Cour d’appel (de Gand) émettent respectivement dans leurs jugement et arrêt des déclarations politiques et donnent des opinions politiques.
10. Les droits de la défense ont été bafoués à de nombreuses reprises. Pour porter par la suite l’affaire devant la Cour des droits de l’Homme à Strasbourg, la cassation est en tout cas d’abord requise.
Les détenus sont soumis en prison à un régime inhumain : isolement, troubles du sommeil, fouilles corporelles.
Le président des référés a déjà interdit cinq fois ces traitements. La Ministre de la Justice ne s’en soucie pas.
Il existe pour les "terroristes" des lois spéciales, des juges spéciaux, des méthodes d’enquête spéciales, des peines spéciales, des traitements spéciaux dans les prisons.
Paul Bekaert
Avocat
Membre du Conseil d’administration de la Ligue des Droits de l’Homme
(Le Clea, 20 décembre 2006)
Italie: deux Turcs condamnés pour terrorisme, un troisième acquitté
ROME - Deux Turcs, accusés de terrorisme international et membres de l'organisation turque DHKP-C (Parti-Front de libération du peuple révolutionnaire), ont été condamnés mercredi à des peines de prison de 5 et 7 ans par une cour d'assises de Pérouse (centre), a rapporté l'agence Ansa.
Un troisième accusé, en fuite et qui était jugé par contumace, a été acquitté.
Er Avni, que le parquet avait présenté comme le contact de l'organisation en Europe, a été condamné à 7 ans de prison. Le procureur, qui avait fait écouter à la cour des revendications téléphoniques d'Er Avni pour des attentats perpétrés en Turquie, avait réclamé une peine de 10 ans de réclusion contre lui.
Sa compagne, Zeynep Kilic, a été condamnée à cinq ans de prison. La réquisition du procureur était de 8 ans de prison.
Le troisième accusé qui était en fuite, Remzi Ucucu, contre lequel le parquet avait réclamé 10 ans, a en revanche été acquitté.
Les ressortissants turcs du DHKP-C avaient été arrêtés en avril 2004 en Italie alors que des opérations similaires étaient menées contre l'organisation dans d'autres pays d'Europe et en Turquie. (AFP, 20 déc 2006)
Comment la Justice fait d'un citoyen belge un terroriste
Comme on l’a déjà évoqué dans nos précédentes éditions, Bahar Kimyongur, étudiant à l’ULB à l’époque des faits qui lui sont reprochés, a été condamné à 5 ans de prison ferme par la Cour d’appel de Gand, essentiellement pour avoir donné connaissance à la presse d’un communiqué d’une organisation turque d’extrême gauche, le DHKP-C. Pour arriver à ce résultat, les magistrats gantois se livrent à quelques raisonnements qui valent le détour. Et qui auraient eu pour résultat, s’ils avaient été appliqués à l’époque, d’envoyer également en prison quelques hauts dignitaires politiques qui s’enorgueillissent encore aujourd’hui d’avoir jadis « porté des valises » pour le FLN algérien dans son combat pour l’indépendance. Ou encore les représentants à Bruxelles de l’OLP de Yasser Arafat, de l’ANC de Nelson Mandela, peut-être un jour de Greenpeace... Cette condamnation clôture (provisoirement) un parcours judiciaire rocambolesque, puisqu’en début d’année on avait vu la ministre de la Justice Laurette Onkelinx (PS) essayer de le livrer à la Turquie à l’intervention des Pays-Bas, où il se rendait à un concert. Mais après un mois de détention là-bas le juge néerlandais avait jugé que les faits mis à sa charge n’étaient pas suffisamment graves que pour justifier une extradition, de surcroît dans un Etat dont le caractère démocratique est encore loin d’être garanti. La juridiction belge n’a pas eu de ces pudeurs : afin de pouvoir le condamner, elle en a fait un « dirigeant d’organisation terroriste » !
Il faut rendre justice au travail effectué par la Cour d’appel de Gand : pour être inacceptable sur le fond, dans la forme la décision est une merveille d’argumentation, un vrai cours de droit. Les attendus qui s’égrènent sur plus de 200 pages suivent une logique implacable. Une logique qui remonte au Conseil de l’Union européenne du 13 juin 2002, lorsqu’il a adopté une décision-cadre relative à la lutte contre le terrorisme. La Belgique a transposé cette décision-cadre par la loi du 19 décembre 2003 relative aux infractions terroristes. L’adoption de cette loi s’est déroulée sans vrai débat de fond, les parlementaires se contentant d’entériner la décision-cadre sans autre forme de procès. Un débat approfondi aurait cependant mérité de prendre place dans l’enceinte parlementaire tant les enjeux posés par cette loi sont importants. L’affaire Kimyongur en est un exemple éclatant.
La loi en question insère dans le Code pénal les concepts d’"infraction terroriste" et de "groupe terroriste". Une infraction devient terroriste lorsqu'elle peut, "de par sa nature ou son contexte, porter gravement atteinte à un pays ou une organisation internationale et est commise intentionnellement dans le but d'intimider gravement une population ou de contraindre indûment des pouvoirs publics ou une organisation internationale à accomplir ou à s'abstenir d'accomplir un acte, ou de gravement déstabiliser ou détruire les structures fondamentales politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d'un pays ou d'une organisation internationale". Une augmentation importante des peines est (notamment) prévue lorsque l'infraction est qualifiée d'infraction terroriste. Sans entrer à nouveau dans le détail des enjeux de cette loi, que les lecteurs du JDM connaissent bien puisque nous avons été parmi les premiers à manifester notre inquiétude dès avant son adoption, on pointera ce qui saute aux yeux à la lecture de cette disposition. Dans l’esprit des gens, la lutte contre le terrorisme concerne ceux qui exercent une violence aveugle contre des civils pour des motifs politiques et/ou religieux. Mais ce texte va beaucoup plus loin. Et il est susceptible d’une interprétation très subjective. Selon le pouvoir en place, il peut viser aussi bien Ben Laden que le Général De Gaulle, aussi bien les Brigades rouges que Gaïa.
Flou
Pourquoi ce flou qui permet de ratisser très large, ce qui est contraire à l’esprit même de la loi pénale ? Est-ce vraiment la prétendue précipitation dans laquelle ont été adoptées beaucoup de législations antiterroristes dans le monde, au lendemain du 11 septembre ? Il est permis d’en douter, et de plus en plus de gens en doutent. Les économistes le constatent dans leur coin, la fin de l’affrontement Est-Ouest a eu une conséquence collatérale sur les relations économiques et de travail dans nos sociétés, mais aussi dans les rapports Nord-Sud. Sans complexe, on creuse à présent les inégalités jusqu’à un niveau inconnu depuis le 19e siècle. Beaucoup s’attendent à ce qu’un jour cette injustice croissante provoque des rebellions plus ou moins dures (comme à Clabecq) et violentes (dans certains pays du Sud). Officiellement dirigée contre le terrorisme islamique, qui a bon dos, les nouvelles législations « antiterroristes » pourraient bien viser à réinstaurer par la même occasion une loi d’airain destinée à étouffer dans l’oeuf toute velléité de contestation, même seulement idéologique. Entendons-nous bien : par principe, il, convient de s’opposer à l’usage de la violence. Mais dans des contextes non démocratiques, où le pouvoir règne lui-même par la terreur, la violence est parfois le seul mode d’expression, si l’on peut dire, des parties en présence. Et il appartient en général à l’Histoire d’en juger la légitimité. C’est pourquoi des parias d’hier s’attablent souvent à coté des grands de ce monde le lendemain...
La particularité de l’arrêt de la Cour d’appel de Gand du 7 novembre 2006, c’est qu’il se livre à des considérations pour le moins acrobatiques pour asseoir l’application de la loi antiterroriste à Bahar Kimyongur en particulier. En effet, les autres prévenus (ils étaient onze au total) ne niaient pas leur appartenance au DHKP-C ni leur participation à l’organisation d’actes qui, pour ne pas être du terrorisme de masse puisqu’il s’agit d’attaques ciblées contre des dépositaires du pouvoir, n’en peuvent pas moins être qualifiés de terroristes. On ajoutera que ce groupement violent n’est qu’une petite partie d’une mouvance d’extrême gauche beaucoup plus large, non-violente, qui a pignon sur rue en Turquie ou presque. Pour sa part, même s’il se revendique sympathisant de cette mouvance, Bahar Kimyongur a toujours nié être membre du DHKP-C, son principal sujet de préoccupation étant la situation terrible des prisonniers politiques en Turquie, parmi lesquels bon nombre de membres du DHKP-C mais pas uniquement (le PKK kurde par exemple est beaucoup plus important en nombre). Il n’a jamais commis d’acte de violence ni y a participé en Belgique ou ailleurs, le fait principal qui lui est reproché est d’avoir donné connaissance à la presse qui le lui demandait, en marge d’une conférence de presse à propos des prisonniers, d’un communiqué du DHKP-C dans lequel celui-ci présentait ses excuses pour une tentative d’attentat qui avait mal tourné et fait des victimes « civiles ».
Provocation
La Cour commence par dénier toute possibilité de légitimité au combat du DHKP-C, puisque la dictature qu’il prétend combattre serait en réalité la conséquence de sa propre action : « Il n’appartient pas à la Cour de rendre un jugement de valeur sur l’histoire, ni de juger des positions politiques et des idéologies. Mais lorsqu’en termes de conclusions, les attentats commis par le DHKP-C sont présentés comme une « résistance légitime », avec pour conséquence aussi que les faits décrits en terme de citation sont justifiés comme la conséquence d’un « état de nécessité », il faut tout de même relever que, selon schéma historique précité par le neuvième prévenu KARATAS Dursun – secrétaire-général et dirigeant du DHKP-C – la répression de l’Etat turc (sans que la Cour ne doive juger celle-ci) constitue une réaction à « cette démonstration de force du parti ouvrier au sens large », caractérisé par la clandestinité et la lutte armée dans les villes et à la campagne, qui est propagée par le DHKP-C lui-même, ce qui exclut l’existence d’un état de nécessité. » Et de poursuivre : « En dehors de tout jugement sur la situation en Turquie, l’histoire apprend aussi que tous les mouvements extrémistes présentent de grandes similitudes entre eux, dans la mesure où ils veulent – par tous les moyens y compris par la violence- imposer leur idéologie à l’ensemble de la population (qu’en est-il alors du droit à l’autodétermination ?) de sorte qu’aucune opposition ne puisse être tolérée et que les opposants soient persécutés et même exterminés, et que la liberté d’expression et de réunion doivent naturellement être bannie. En ce sens, l’extrême gauche et l’extrême droite sont les deux aspects d’un même mal. Au cours de la période couvrant environ les cent dernières années, les violations des droits de l’homme les plus énormes et les plus horribles ont été commises aussi bien par des régimes fascistes que par des régimes communistes. » La conclusion tombe sous le sens : « Même si la nature, l’étendue et l’intensité de la répression contre les amis politiques et personnels du premier prévenu sont telles qu’aucune personne normalement constituée ne peut y rester insensible à tel point qu’il serait impossible de ne pas réagir, il s’agit alors par nature d’une réaction contre ce qui est déjà une réaction. Les « amis politiques » ne mènent pas vraiment de politique pacifique mais une lutte armée et violente contre l’Etat turc. Les prévenus ne peuvent donc en aucun cas soutenir que leur volonté et leur liberté de choix aurait été à ce point atteintes qu’ils ne pouvaient plus empêcher leur comportement. Leurs « amis politiques » avaient aussi le libre arbitre et la liberté de choisir d’éviter les faits qu’ils ont posés, et qui ont donné lieu à pareille répression (aussi repoussante soit-elle). »
Bureaucratie
La Cour s’intéresse ensuite au fonctionnement du DHKP-C : « En tant qu’organisation-cadre marxiste léniniste, le DHKP-C est construit de manière centralisée et hiérarchique. L’organe suprême est le congrès du parti. Le congrès du parti choisit les organes exécutifs : le secrétaire général, le comité central et le comité général. Le secrétaire général a des pouvoirs étendus et est en pratique irrévocable. (...) Le Comité Central exerce formellement la fonction dirigeante mais peut en réalité également être limité dans ses compétences par le Secrétaire Général. En dessous du Comité Central, le parti s’organise en comités et en cellules. Les comités ont pour mission « dans le territoire », dans la région ou dans l’unité dans laquelle ils se trouvent, de diriger et d’administrer le parti et les organisations de front, de développer la guerre et d’étendre l’organisation. Selon la prétention absolue à la domination d’un parti marxiste-léniniste, les membres sont étroitement liés à la structure de l’organisation et ils doivent faire preuve d’une obéissance inconditionnelle. Les membres du parti sont soumis à une procédure punitive qui, en cas de « mauvais » comportement, aboutit même à la peine de mort. (...)Le DHKP-C est aussi organisé en dehors de Turquie : sur base de l’objectif du DHKP-C, propager la « révolution mondiale » et vaincre « l’impérialisme » par des moyens guerriers, le front s’étend partout où il y a des « combats ». La conclusion n° 8 du congrès fondateur du parti du DHKP-C prévoit la mise sur pied d’un « front arrière » avec cet objectif en Europe. Ceci est réalisé par la création de bureaux du parti, aussi bien officiels qu’officieux. Il est clairement ressorti de l’instruction pénale que l’organisation du DHKP-C s’étendait aussi en Belgique. » Cet exposé est important, puisqu’il implique un fonctionnement très bureaucratique et hiérarchisé. Or, alors même que la totalité des archives du DHKP-C ont été trouvées par la police dans l’appartement qu’occupait le mouvement à la cote belge, on n’y retrouvera semble-t-il pas trace de l’implication de Bahar Kimyongur dans cette structure hiérarchique...
Un dirigeant ?
C’est donc sur des présomptions en contradiction avec le fonctionnement qu’elle a elle-même décrit que la Cour va tenter d’étayer que Kimyongur est un « dirigeant » de ce mouvement : « KIMYONGUR Bahar est - selon ses propres déclarations et celles d’ASOGLU Musa- responsable du bureau d’information du DHKP-C (pas de l’un ou l’autre mouvement politique d’extrême gauche ou d’inspiration communiste au hasard … mais bien du DHKP-C !) et il est par conséquent – avec ASOGLU Musa – un des portes paroles du DHKP-C. Il est habilité à défendre les idées et les points de vues du DHKP-C dans des interviews. KIMYONGUR Bahar organise aussi des manifestations au nom du DHKP-C ou pour le soutien de celui-ci (parfois autorisées, parfois pas) et dirige au cours de celles-ci les adeptes et sympathisants du DHKP-C (notamment dans des manifestation pour la libération de l’activiste du DHKP-C Fehriye ERDAL – voir dans les dossiers complémentaires, farde 24/24A, sous farde 2, volet b) de sorte qu’il est démontré aussi par de tels faits qu’il est habilité à agir et à organiser des activités au nom du DHKP-C. » La Cour poursuit son raisonnement : « L’importance essentielle des activités de KIMYONGUR Bahar et d’ASOGLU Musa pour le DHKP-C a été déjà soulignée ci-dessus (IV.4.7.1). Il s’ensuit que le bureau d’information du DHKP-C doit nécessairement être dirigé par des responsables fiables du DHKP-C : des gens qui peuvent, correctement et au bon moment, diffuser les communiqués souhaités à travers le monde, ce qui en même temps suppose qu’ils connaissent la structure de l’organisation du mouvement, qu’ils connaissent ou puissent reconnaître les instigateurs et les distributeurs des communiqués, etc. Les personnes ayant ces qualifications ne sont pas de simples forces d’exécution mais occupent des positions clés et– par leurs compétences pour organiser des actions et apparaître comme porte-paroles- doivent être considérés sans aucun doute comme des personnes dirigeantes. (…) KIMYONGUR Bahar lui-même est sans aucun doute bien conscient de l’importance de ses activités pour le DHKP-C et de son rôle dirigeant au sein de ce groupe. Même si « en elle-même » cette activité, peut, probablement, être considérée comme entièrement légale, elle est d’une importance essentielle pour le DHKP-C. La propagande est effectivement essentielle pour l’existence du groupe et la poursuite de la lutte armée, et donc aussi, par définition, de la poursuite des attentats contre les autorités turques, dont KIMYONGUR Bahar personnellement trouve d’ailleurs qu’ils sont légitimes. (…) »
Qu’on se le dise !
Et voici la conclusion d’ordre général – quasi législatif- que la Cour tire de son raisonnement : « La Cour veut également affirmer ici clairement qu’on ne peut tolérer sous aucun prétexte que des membres d’un groupe terroriste aillent revendiquer, confirmer ou justifier, un attentat terroriste en Belgique ou à partir de la Belgique, quelle que soit la manière ou les termes utilisés, ni qu’ils traduisent des informations générales sur les activités de cette organisation terroriste pour les diffuser dans le monde entier ou qu’ils fassent de la propagande en général au profit de cette organisation, ce qui doit être considéré comme « une activité du groupe terroriste » qui, par la finalité de cette propagande et par le besoin indispensable de publicité pour le maintien du groupe, contribue à la commission (future) de crimes par ce groupe terroriste. La revendication, le commentaire, la responsabilité d’un attentat et la publicité de ceux-ci à travers le monde est en réalité tout aussi important que la commission de l’attentat lui-même. Pour le groupe terroriste, ce n’est pas tant l’individu qui a été assassiné qui est important mais bien la signification qu’il en donne ou, en d’autres mots, le message qui est porté par celui-ci, qui doit donc être rendu mondialement connu, sans quoi cet attentat n’a plus aucun sens. »
La boucle est ainsi bouclée. On doit être considéré comme « membre » d’une organisation terroriste lorsque l’on « commente » (ce que Kimyongur s’est borné à faire) un communiqué de presse d’une telle organisation, et par ailleurs constitue une « activité du groupe terroriste » le fait de commenter « en tant que membre », un tel communiqué. La Cour précise même que « En l'espèce, ce ne sont donc pas tellement les activités du bureau d'information qui « en elles-mêmes », c'est-à-dire dépourvue d'intentions terroristes, peuvent effectivement être considérées comme légales, qui sont visées par la prévention N, de façon à ce qu'il ne peut être question de limitation ou d'un empêchement de droits fondamentaux et de liberté. La prévention N vise la répressiondu premier prévenu et du 11e prévenu KIMYONGUR, pour la seule raison qu'ils sont des personnes dirigeants d'un groupe terroriste, sans considération de la nature de leurs occupations quotidiennes qui pour le reste peuvent être tout à fait ou partiellement légale. D'ailleurs une activité en soi parfaitement légale peut constituer une infraction terroriste, notamment lorsque en faisant cela on participe à une activité quelconque d'un groupe terroriste, que ce soit par la fourniture de données ou de moyens matériels à un groupe terroriste ou par le financement sous quelque forme que ce soit de quelque activité d'un groupe terroriste lorsque leur la personne de ses que sa participation contribue à la commission d’infractions par le groupe terroriste. »
Pas tous les militants politiques, quand même
La Cour précise enfin comment faire la distinction entre les militants politiques : « Dans la législation concernant les infractions terroristes, le concept « d’intention terroriste » forme en effet le noyau de l'infraction. Il est donc évident que lorsque cette intention fait défaut, les personnes qui font usage du droit de grève ainsi que de leur liberté d'association, d'expression et de réunion, ne peuvent être poursuivis. L’idéaliste, le sympathisant, l'activiste ou le militant d'un mouvement d'extrême gauche ou d'un parti politique qui est actif dans un bureau d'information de son mouvement de son parti n’ont donc aucun souci en ce qui concerne le champ d'application de la loi concernant les infractions terroristes même quand il diffuse des pamphlets de façon contraire au droit, lorsqu'il organise une manifestation où qu'il organise des troubles. L’intention terroriste n’existe pas dans ce cas, ce qui fait qu’il ne peut être poursuivi sur piedc des articles 138 ou 140 du Codé pénal. Il en va autrement lorsque la même personne apparaît être « une personnes dirigeante d'un groupe terroriste » ou paraît « prendre part à une activité quelconque d'un groupe terroriste en ce compris le fourniture de données ou de moyens matériels à un groupe terroriste ou par le financement sous quelque forme que ce soit une quelconque activité d'un groupe terroriste, tandis que il sait que sa contribution participe à la commission d'un fait ou d'une infraction du groupe terroriste », alors il est effectivement punissable sur pied des articles 140 § 1 et 140 § 2 du code pénal, mais cela n'a rien à voir avec ses convictions politiques ou idéologiques puisque l'infraction terroriste est privée de quelque connotation politique, idéologique ou religieuse que ce soit. Il est donc punissable uniquement parce qu'il est une personne dirigeante ou participant à une quelconque activité d'un groupe terroriste, sans distinction sur base du fait qu'il est leader d'un mouvement d'extrême gauche d'extrême droite ou d'un mouvement religieux fanatique. » Qu’est-ce au juste qu’un dirigeant ? « Il suffit à cet égard qu'il soit personne dirigeante de ce groupe terroriste ou d'une branche de celui-ci, ce par quoi on vise l'importance de la fonction qu'il remplit, qui lui permet notamment d'intervenir ou de prendre la parole au nom du mouvement, de prendre des initiatives, d'entreprendre des actions et de pouvoir donner des instructions ou des ordres. Il n’est aucunement exigé qu'il soit le leader absolu (ou comme l'exprime la défense : le « Ben Laden ») du mouvement. Il peut donc également être un commandant local d'un groupe limité, leader d'une division logistique ou être responsable d'un bureau d'information de propagande du groupe terroriste et qu'il soit investi du pouvoir de prendre la parole au nom du groupe et organiser des actes. » A bon entendeur, salut. Le militantisme politique est devenu dans notre pays une activité à haut risque, du moins lorsqu’il est dirigé contre un pays « ami »...(Laurent Arnauts, Journal du Mardi, 18 décembre 2006)
L'arrêt de la Cour contre les conditions carcerales des prisonniers DHKC à Bruges
Demi Victoire! Le 12 décembre 2006, la Cour d’Appel de Bruxelles a rendu un arrêt favorable aux détenus concernant les conditions de détention infligées aux prisonniers politiques du DHKC à Bruges.
Pour rappel, l'enseignant Musa Asoglu y est à son 49e jour de grève de la faim en protestation contre ces traitements inhumains et dégradants en prison. La justice vient de lever les conditions dégradantes affectant les prisonniers politiques de Bruges. Franchira-t-elle le pas nécessaire pour la levée aussi des conditions inhumaines de la détention de ces prisonniers? Autrement dit, interdira-t-elle le cruel isolement qui affecte les détenus : enfermement 23h/24h, préau d'une heure sans présence d'autres détenus et, surtout, cette vitre glaciale empêchant tout contact avec leurs êtres-chers lors des visites ? La justice permettra-t-elle ainsi que Monsieur Asoglu puisse mettre fin au seul acte de liberté à sa portée : sa faim?
Rappelons que ce système d'isolement affecte aussi, pour une grande partie, le Belge Bahar Kimyongür, emprisonné à Gand.
La Cour a suivi en grande mesure le point de vue des avocats des détenus ainsi que les décisions précédentes en référé. Elle établit littéralement que les limitations suivantes aux droits constitutionnels des détenus ne peuvent être d’application : surveillance spéciale exécutée toutes les trente minutes jour et nuit, et notamment l’éclairage de la cellule entre 22 heures et 6 heures ; fouille complète ; interdiction des visites ou du contact téléphonique avec des membres de la famille, des amis ou des connaissances ; application d’un autre régime que celui des autres détenus en matière de communications orales et de correspondance avec les avocats.
Fait remarquable : la Cour condamne l’État belge à une astreinte de 250 euros par jour et par infraction à l’une ou l’autre des interdictions stipulées par l’arrêt. La Cour justifie cette astreinte par le fait que la Ministre de la justice et la direction de la prison de Bruges ont, jusqu'à présent, passé outre les décisions du juge des référés et ont même appliqué des mesures sans avoir pris une décision formelle et écrite.
Ils s'appelent Sükriye Akar, Musa Asoglu et Kaya Saz. Ils sont Allemande, Néerlandais et Allemand. Ils ont été soumis à des conditions spéciales de détention depuis leur incarcération le 28 février 2006 (isolés 23/24 heures et soumis à des troubles forcées du sommeil et à des fouilles humiliantes (anales, vaginales...) par décision de la Ministre de la Justice, ils ne pouvaient recevoir de visites (derrière une vitre) que de membres de leur familles nucléaires. Les familles habitant à l'étranger, ils étaient littéralement coupés du monde extérieur ! Recevoir des (courtes) lettres (de préférence en turc, anglais, néerlandais ou allemand, selon les cas), continuera à les réconforter. Voici l'adresse : Penitentiair Complex Brugge - Legeweg 200 - 8200 Sint Andries/Brugge. Merci pour eux. Le Clea (www.leclea.be, 17 décembre 2006)
"Chants et paroles pour la liberté d'expression": un succès!
Le Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association (CLEA) qualifie la soirée "Chants et paroles pour la liberté d'expression", organisée le samedi 9 décembre 2006 par quatre organisations issues de l'émigration politique en provenance de Turquie, dans les termes suivants: "Succès total ! L'assistance de plus de 400 personnes très motivées a fait de cette soirée multi-culturelle de chants et de danses... et d'interventions de personnalités d’horizons différents – une manifestation très réussie pour la liberté de Bahar Kimyongür, la défense de la liberté d’expression et la solidarité avec les victimes des lois liberticides." (http://www.leclea.be, 10 décembre 2006)
La soirée était une co-organisation de l'Association des Arméniens Démocrates de Belgique, les Associations des Assyriens de Belgique, l'Institut Kurde de Bruxelles et la Fondation Info-Türk, avec le soutien des organisations suivantes: Les Ateliers du Soleil, Le Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association (CLEA), la Ligue des Droits de l'Homme, Vrede vzw, FVK Rodenbachfonds, ATTAC Wallonie-Bruxelles, Liga voor Mensenrechten, le Centre de Promotion - Kollasuyu-nan Bolivia, Meervoud, la Confédération Européenne des Travailleurs de Turquie (ATIK), Atilim-Belgique, Halkin Sesi TV.
La famille de Bahar Kimyongür a participé à cette soirée exceptionnelle en tant qu'invitée d'honneur.
La soirée a été animée par les artistes suivants:
Le joueur de duduk Araik Arzouranian, le groupe de danses assyriennes Babylone, le groupe bolivien Kollasuyu-ñan-Bolivia, le chanteur kurde Baran G, le groupe kurde Mozaïk, le groupe de musique arménien Nor Seront, l'artiste belge Sophie Servais et le guitariste chilien Julio Soto Valdes, le groupe de danses arméniennes Sevan.
Lors de la soirée, les personnalités suivantes ont exprimé leur solidarité avec les victimes des lois liberticides et critiqué l'attitude répressive des autorités belges et turques:
Isi Halberthal (Premier Echevin de la Commune d'Etterbeek, PS), Prof. Dr. Ludo Abicht (Universiteit Antwerpen), Paul Bekaert (avocat et administrateur de Liga voor Mensenrechten), Adelheid Byttebier (membre du Parlement Bruxellois, Groen!), Jean-Marie Coen